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La Police du 18ème siècle

Posté par francesca7 le 1 novembre 2013

La Police du 18ème siècle dans ARTISANAT FRANCAIS naval_recruits_police_-_paris_loc
(D’après Tableau de Paris, paru en 1782)

 

C’est une masse de corruption, que la police divise et partage en deux : de l’une, elle en fait des espions, des mouchards ; de l’autre, des satellites, des exempts, qu’elle lâche ensuite contre les filous, les escrocs, les voleurs, etc., à peu près comme le chasseur ameute les chiens contre les renards et les loups.

Les espions ont d’autres espions à leurs trousses, qui les surveillent, et qui voient s’ils font leur devoir. Tous s’accusent réciproquement, et se dévorent entre eux pour le gain le plus vil. C’est de cette épouvantable lie que naît l’ordre public. On les traite rigoureusement, quand ils abusent l’oeil du magistrat. Tel est l’ordre admirable qui règne dans Paris. Un homme soupçonné ou désigné est éclairé de si près, que ses moindres démarches sont connues, jusqu’au moment qu’il convient de l’arrêter. Le signalement qu’on fait de l’homme, est un véritable portrait auquel il est impossible de se méprendre ; et l’art de décrire ainsi la figure avec la parole, est poussé si loin, que le meilleur écrivain, en y réfléchissant beaucoup, n’y saurait rien ajouter, ni se servir d’autres expressions.

Les Thésées de la police courent toutes les nuits pour purger la ville de brigands ; et l’on peut dire que les lions, les ours, les tigres sont enchaînés par l’ordre politique. Il y a ensuite les espions de cour, les espions de ville, les espions de lit, les espions de rue, les espions de filles, les espions de beaux esprits ; on les appelle tous du nom de mouchards, nom de famille du premier espion de la cour de France. Les hommes de qualité font aujourd’hui le métier d’espions ; la plupart s’appellent M. le baron, M. le comte, M. le marquis.

Il fut un temps, sous Louis XV, où les espions étaient si multipliés, qu’il était défendu à des amis qui se réunissaient ensemble, d’épancher mutuellement leurs coeurs sur des intérêts qui les affectaient vivement. L’inquisition ministérielle avait mis ses sentinelles à la porte de toutes les salles, et des écouteurs dans tous les cabinets ; on punissait, comme des complots dangereux, des confidences naïves, faites par des amis à des amis, et destinées à mourir dans le lieu même qui les avait reçues.

Ces recherches odieuses empoisonnaient la vie sociale, privaient les hommes des plaisirs les plus innocents, et transformaient les citoyens en ennemis qui tremblaient de s’ouvrir l’un à l’autre. Tout homme attaché à la police, sous quelque dénomination que ce puisse être, n’est plus admis dans la bonne société, et l’on a raison. Le quart des domestiques servent d’espions, et les secrets des familles, que l’on croit les plus cachés, parviennent à la connaissance des intéressés.

Les ministres ont leurs espions à eux, séparément de ceux de la police, et les soudoyent : ce sont les plus dangereux de tous, parce qu’ils sont moins suspects que les autres, et qu’il est plus difficile de les reconnaître. Les ministres savent par ce moyen tout ce qu’on dit d’eux ; mais ils n’en profitent guère. Ils sont plus attentifs à ruiner leurs ennemis, à barrer leurs adversaires, qu’à tirer un sage parti des libres et naïfs avertissements que la multitude leur envoie ; car on s’explique toujours assez librement sur le compte des ministres : on ne porte véritablement de respect qu’à la personne des princes.

Mais les secrets des cours n’échappent point par les espions ; ils s’échappent à l’aide de certaines gens, sur qui l’on n’a aucune défiance ; ainsi les vaisseaux les mieux construits font eau par une fente imperceptible, qu’on ne saurait découvrir. Ce qui intéresse dans les cours, et surtout dans la nôtre, c’est qu’il y a un degré d’obscurité, répandu sur les opérations. On veut pénétrer ce qui se cache ; on cherche à savoir jusqu’à ce qu’on connaisse ; c’est ainsi que la machine la plus ingénieuse ne conserve son plus haut prix que jusqu’à ce qu’on ait vu les ressorts qui la mettent en action. Nous ne nous attachons fortement qu’à ce qui ne se laisse pénétrer qu’avec peine. Avec le temps, les choses les plus mystérieuses prennent un caractère de publicité. La langue redira infailliblement ce que l’oeil a vu, et même ce qu’il aura soupçonné. 

220px-Trait%C3%A9_de_la_Police_par_Nicolas_de_La_Mare dans ARTISANAT FRANCAIS

Un lieutenant de police est devenu un ministre important, quoiqu’il n’en porte pas le nom ; il a une influence secrète et prodigieuse ; il sait tant de choses, qu’il peut faire beaucoup de mal ou beaucoup de bien, parce qu’il a en main une multitude de fils qu’il peut embrouiller ou débrouiller à son gré : il frappe ou il sauve ; il répand les ténèbres ou la lumière : son autorité est aussi délicate qu’étendue.

On connaît ses fonctions ; mais on ne sait peut-être pas qu’il s’occupe encore à dérober à la justice ordinaire une foule de jeunes gens de famille, qui dans l’effervescence des passions, font des vols, des escroqueries ou des bassesses ; il les enlève à la flétrissure publique : la honte en rejaillirait sur une famille entière et innocente ; il fait un acte d’humanité, en épargnant à des pères malheureux l’opprobre dont ils allaient être couverts : car nos préjugés, sous ce point de vue, sont bien injustes et bien cruels. Le libertin est enfermé ou exilé, et ne passe point par la main du bourreau : ainsi la police arrache aux tribunaux des coupables qui mériteraient d’être punis ; mais comme ces jeunes gens sont soustraits à la société, qu’ils n’y rentrent que quand leurs fautes sont expiées et qu’ils sont corrigés, la société n’a point à se plaindre de cette indulgence.

On fera seulement la remarque, qu’il n’y a guère de pendus que dans la classe de la populace : le voleur de la lie du peuple, sans famille, sans appui, sans protections, excite d’autant moins la pitié, qu’on s’est montré indulgent pour d’autres. On enlève tous les mois, sans beaucoup de façons, et sur le simple ordre d’un commissaire, trois à quatre cents femmes publiques ; on met les unes à Bicêtre, pour les guérir, les autres à l’hôpital, pour les corriger. Celles qui ont quelqu’argent, se tirent d’affaire. On voit passer toutes ces créatures, un certain jour du mois, devant le juge de police, seul juge en cette matière ; elles lui font une révérence ou lui disent des injures ; et il ne fait que répéter gravement, à l’hôpital, à l’hôpital.

Cette partie de notre législation est très vicieuse, parce qu’elle est très arbitraire : en effet, le secrétaire du lieutenant de police détermine seul l’emprisonnement et sa durée, plus ou moins longue. Les plaintes sont ordinairement portées par les gens du guet ; et il est bien étonnant qu’un seul homme dispose ainsi de la liberté d’un si grand nombre d’individus.

L’opprobre dans lequel ils sont tombés, ne justifie pas cette violence ; il serait facile de suivre une partie de la procédure usitée dans les cas criminels, puisqu’il s’agit de la perte de la liberté ; des filles innocentes, et que la timidité empêchait de répondre, se sont quelquefois trouvées confondues avec ces malheureuses.

Le lieutenant de police exerce de même un empire despotique sur les mouchards qui sont trouvés en contravention, ou qui ont fait de faux rapports : pour ceux-là, c’est une portion si vile et si lâche, que l’autorité à laquelle ils se sont vendus, a nécessairement un droit absolu sur leurs personnes.

Il n’en est pas de même de ceux qui sont arrêtés au nom de la police ; ils ont pu commettre des fautes légères ; ils ont pu avoir des ennemis dans cette foule d’exempts, d’espions et de satellites, que l’on croit sur leur parole. L’œil du magistrat peut être incessamment déçu, et l’on devrait remettre à un examen plus sérieux la punition de ces délits ; mais Bicêtre engloutit une foule d’hommes qui s’y pervertissent encore, et qui en sortent plus méchants qu’ils n’y étaient entrés. Avilis à leurs propres yeux, ils se précipitent ensuite dans les plus grands désordres.

Je le répète, cette partie de notre législation est dans un chaos affreux : elle ressemble presque à celle qui détermine l’enlèvement des pauvres ; mais on ne songe seulement pas à remédier à ces lois abusives, qui se sont formées sous l’œil des tribunaux légitimes, sans qu’on puisse en connaître la validité, la sanction, ni l’origine. Il y a des moments où la police se relâche incroyablement ; et c’est après quelques accidents célèbres qu’elle reprend sa vigueur. On cache et l’on étouffe tous les délits scandaleux, et tous les meurtres qui peuvent porter l’effroi et attester l’invigilance des préposés à la sûreté de la capitale. On enterre par ordre de la police les suicides, après la descente et le procès-verbal d’un commissaire ; et l’on fait sagement : si l’on en publiait la liste, elle serait effrayante.

330px-Bundesarchiv_Bild_183-B10816%2C_Frankreich%2C_Paris%2C_JudenverfolgungLes accidents qui arrivent sur le pavé de Paris, ou par les voitures publiques, ou par la chute des tuiles, ou dans les bâtiments, sont de même ensevelis dans le silence. Si l’on tenait registre fidèle de toutes ces calamités particulières, l’épouvante ferait regarder avec horreur cette ville superbe. C’est à l’hôtel-Dieu, c’est à la Morne, que l’on aperçoit les nombreuses et déplorables victimes des travaux publics, et d’une trop nombreuse population. Au reste, c’est un terrible et difficile emploi, que de contenir tant d’hommes livrés à la disette, tandis qu’ils voient les autres nager dans l’abondance ; de contraindre, dis-je, autour de nos palais, de nos demeures brillantes, tant de malheureux, pâles et défaits, qui ressemblent à des spectres ; tandis que l’or, l’argent, les diamants remplissent l’intérieur de ces mêmes demeures, et qu’ils sont violemment tentés d’y porter la main, pour apaiser le besoin qui les tue. L’extravagance et la dissipation du luxe diminuent peut-être à leurs yeux la honte et l’injustice du vol.

Une audience du lieutenant de police est fort divertissante : on lui fait toutes sortes de plaintes et de demandes ; on l’approche, on lui dit un mot à l’oreille ; il répond par une phrase banale ; il prend des placets dans trois anti-chambres ; les mains du secrétaire ou du commis peuvent à peine les contenir. La populace occupe la dernière salle, et l’appelle en tremblant, monseigneur. Ce dernier rang est promptement expédié. Si ce magistrat voulait communiquer au philosophe tout ce qu’il sait, tout ce qu’il apprend, tout ce qu’il voit, et lui faire part de certaines choses secrètes, dont lui seul est à peu près bien instruit, il n’y aurait rien de si curieux et de si instructif sous la plume du philosophe : le philosophe étonnerait tous ses confrères.

Mais ce magistrat est comme le grand pénitencier ; il entend tout, ne rapporte rien, et n’est pas étonné de certains délits au même degré que le serait un autre homme. à force de voir les ruses de la friponnerie, les crimes du vice, les trahisons secrètes, et toute la fange impure des actions humaines, ce magistrat a nécessairement un peu de peine à croire à la probité et à la vertu des honnêtes gens. Il est dans un état perpétuel de défiance ; et, au fond, il doit posséder ce caractère-là ; car il ne doit rien croire d’impossible, après les leçons extraordinaires qu’il a reçues des hommes et des évènements, et sa charge lui commande un doute continu et sévère.

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Le navire des Morts

Posté par francesca7 le 29 mars 2013

Apparition du Navire des Morts
 

Un vaisseau fantôme est un navire maudit qui, selon une légende, est condamné à errer sur les océans, conduit par un équipage de squelettes et de fantômes, tel le légendaire Hollandais volant. Il peut aussi s’agir de l’apparition spectrale d’un navire disparu ou naufragé dans des circonstances particulièrement tragiques.

Par extension, en référence à ces légendes, on donne également le nom de vaisseaux fantômes aux épaves retrouvées en mer avec leur équipage mort ou disparu, parfois inexplicablement, dont le plus célèbre exemple est le brick Mary Celeste.

Plusieurs traditions sur ce thème ont longtemps perduré en Bretagne, qu’il s’agisse de la Lestr an Anaon, du Bag er Maru (barque des morts), du Bag noz (bateau de nuit) dont le capitaine est le premier (ou le dernier) mort de l’année, ou du navire immense qui circulait la nuit dans le golfe du Morbihan, condamné à errer jusqu’à la fin des temps avec à son bord les âmes des pires criminels. On retrouve pareillement un peu partout en Europe des histoires de gigantesques navires errants qui servent de paradis aux marins morts. Ce sont le Roth Ramback en Irlande, leMerry Dun en Angleterre, le Refanu dans le nord de l’Europe, le Chasse-Foudre et le Galipétant en France, ainsi que la Patte-Luzerne qui fréquentait surtout la côte méditerranéenne. Nul ne sait si ces légendes d’embarcations transportant des morts sont à l’origine du mythe des vaisseaux fantômes, mais l’association entre bateaux et défunts préexistait dans les esprits.

Le navire des Morts dans LEGENDES-SUPERSTITIONS mirages_marins

D’après une légende très accréditée en Normandie, un bruit sinistre se fait entendre pendant la nuit de la Toussaint, du 1er au 2 novembre, à la pointe de la jetée de Dieppe. Une tourmente se lève sur la mer, et du milieu des vagues le Navire des Morts paraît, ainsi appelé parce que sont à bord les trépassés de l’année. Se promenant longtemps sur les flots dans le silence et dans les ténèbres de la nuit, il s’y abîme ensuite aux sons d’un chœur chanté par les morts, sur l’air du Dies irae.

Le jour des Morts est pour les marins une grande solennité ; ce jour leur rappelle tous les naufrages de l’année : ils prient avec ferveur pour ceux qui reposent au fond des flots. Toutefois, parmi les victimes, il en est toujours un certain nombre que leurs parents ou leurs amis ont négligées, qui attendent des messes, des prières, et ont un compte à régler avec les vivants ; de là l’histoire qu’on vous raconte à Dieppe.

Presque chaque année, le jour des Morts, on voit apparaître au bout de la jetée un des navires qui ont péri depuis un an ; on le reconnaît : ce font ses voiles, ses cordages, sa mâture ; c’est bien lui. Le gardien du phare lui jette la drome, l’équipage du vaisseau la saisit, et l’attache à l’avant-pont, suivant l’usage ; alors le gardien de crier aux gens du port : « Accourez , accourez ! Veuves, voici vos maris ; orphelins, voici vos pères ! » Et les femmes accourent, suivies de leurs enfants ; tous s’attellent à la drome et halent le bateau. Bientôt il est dans le bassin, près du quai ; chacun reconnaît ceux qui sont à bord. « Bonjour, mon homme ; bonjour, mon père ; bonjour, Pierre, Nicolas, Grégoire ; » l’équipage ne répond pas. « Allons, amenez vos voiles » ; les voiles restent tendues. « Venez donc, que nous vous embrassions. » A ces mots on entend sonner la messe, et aussitôt les voiles, le bateau, l’équipage, tout disparaît ; les femmes et les enfants des naufragés s’en vont à l’église en pleurant. « Payez vos dettes », murmure autour d’eux la foule des spectateurs.

Cette légende est quelquefois contée d’une autre manière. Les Polletais disent que le jour des Morts, à la nuit tombante, il arrive parfois qu’on voit s’approcher du bout de la jetée du Pollet un bateau que l’on prendrait pour un bateau du port. Le maître haleur, trompé par l’apparence, s’apprête à jeter la drome ; mais, lorsqu’il étend les bras, la figure du bateau s’évanouit, et l’on entend par les airs des voix plaintives : ce sont celles des hommes du Pollet qui, dans le cours de l’année, sont morts à la mer, loin des yeux de leurs parents, et sans sépulture.

Un marin qui oublie les vœux et les promesses qu’il fait aux saints pendant la tempête, ne trouve jamais dans l’autre monde ni trêve ni repos. Si vous en doutez , sachez ce qu’il advint, il y a quelques siècles, au bedeau de Notre-Dame-des-Grèves, l’église du Pollet. Le lendemain d’une grande tempête, vers minuit, le bedeau entend sonner la messe ; il saute à bas du lit, se frotte les yeux, prête l’oreille ; c’est bien la cloche de l’église. « Est-il déjà jour ? » Il ouvre sa lucarne ; la lune, cachée derrière les nuages, répandait une faible clarté. « Le soleil va se lever, dit-il ; j’ai donc bien sommeillé ? » Et le voilà qui endosse sa casaque et descend à l’église. La porte est ouverte ; un prêtre est au pied de l’autel. « Sers-moi la messe », lui dit le prêtre ; et le pauvre bedeau prend les burettes en tremblant.

Mais quand vient le moment du sacrifice, quand le prêtre va pour porter le calice à ses lèvres, il pousse un cri, sa chasuble tombe ; il n’est plus qu’un squelette. « Maître Pierre, dit-il au bedeau, mon pauvre Pierre, tu ne reconnais pas Reynaud, dont le bateau a péri le lundi de Pâques sur la roche d’Ailly ? J’avais fais vœu d’une messe à Notre-Dame, et j’ai oublié mon vœu. Je voudrais, pour m’acquitter, la dire moi-même, cette messe ! mais quand je vais pour communier, tout l’enfer passe par ma gorge ; je brûle, maître Pierre ! Dites à mon fils de ne pas oublier les messes qu’il aura promises à Notre-Dame. » Selon d’autres récits, le squelette n’est pas celui d’un maître de bateau, mais bien celui d’un prêtre. Dans ce cas, la légende est une leçon populaire donnée au clergé lui-même.

Au contraire, quand le bateau a été bien baptisé, qu’il a de bons parrains, que tous les matelots ont fait leurs Pâques ; quand ils ont à bord de l’eau bénite et des crucifix, alors survienne un orage, vous voyez au fort de la tempête l’équipage se doubler tout à coup. Vous étiez six matelots, vous voilà douze : chacun a son sosie qui travaille à côté de lui. Aussi comme la manœuvre est rapide ! comme le vaisseau triomphe du vent et de la vague ! c’est le saint son patron et quelques saints ses amis qui sont descendus pour le sauver.

En 1848, Mme de Saint-George présente au concours de l’Académie des Jeux Floraux une ballade intitulée Le Navire des Morts se rapportant à la légende de Dieppe pendant la nuit de Toussaint. Erigée en Académie en 1694, Louis XIV en ayant édicté les statuts, l’Académie des Jeux Floraux est considérée comme la plus ancienne société savante d’Europe, connue dès le XVIe siècle sous le nom de Compagnie des Jeux Floraux, nouvelle dénomination du Consistoire du Gai Savoir créé en 1323 par plusieurs poètes et concours littéraire en langue d’oc récompensant chaque année un troubadour d’une violette dorée à l’or fin, dont la première édition eut lieu le 3 mai 1324.

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