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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    « Un monument restauré traduit les connaissances, les ambitions, les goûts, non seulement du maître d’oeuvre mais aussi du maître d’ouvrage : c’est le vrai révélateur de l’appréhension des édifices par une génération donnée, qui leur permet de reconnaître pour sien un édifice centenaire. » citation de Françoise Bercé.

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    Tout devient patrimoine : l'architecture, les villes, le paysage, les bâtiments industriels, les équilibres écologiques, le code génétique.

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    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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FAIRE DU TOURISME EN DORDOGNE

Posté par francesca7 le 10 avril 2015

La Roque-Gageac, au bord de la Dordogne.En Dordogne, on trouve des bastides, notamment à Monpazier, Villefranche-du-Périgord, Domme et ses remparts, Eymet et son château, et Saint-Aulaye, unique bastide du Pays Périgord vert.

La vallée de la Vézère et son bassin versant abritent la plus grosse densité de sites préhistoriques tels que l’abri Pataud, La Micoque, les sites de Laugerie-Haute et Laugerie-Basse, les abris du Moustier, de Cap Blanc et le célèbre abri de Cro-Magnon, et de grottes ornées paléolithiques telles que la célèbre grotte de Lascaux à Montignac, les grottes de Combarelles et de Font-de-Gaume aux Eyzies-de-Tayac et celle de Rouffignac.

Les villes fameuses de Sarlat, Bergerac, Nontron et sa mascarade des Soufflaculs, son jardin des arts, son Pôle des Métiers d’Arts, sa coutellerie « Le Périgord », Périgueux et ses ruines gallo-romaines, sa ville médiévale (MH et PSMV).

Le village du Bournat, l’abbaye de Brantôme (xie siècle), le parc archéologique de Beynac.

La Roque-Gageac, tout comme le proche château de Beynac, ont servi de décor durant les vacances d’été de 2009, pour le tournage du film Camping – Au Moyen Âge, La Roque Gageac comptait 1 500 habitants. À l’époque, la Dordogne faisait vivre pêcheurs et gabariers du port. De cette période demeure l’église recouverte de lauzes. Non loin se dresse, flanqué d’une tour ronde, le manoir de la famille Tarde, amie de Galilée. Pendant la guerre de Cent Ans, La Roque Gageac accueillit les évêques de Sarlat. Leur résidence, à l’extrémité du village, a été conservée. Dominant les maisons, les vestiges du château défient encore le temps.

Le 17 janvier 1957, un pan de la falaise s’éboule sur une partie du village, détruisant six maisons et une grange, coupant la route et terminant sa course dans la Dordogne. Trois personnes meurent.

Le 9 janvier 2010, un pan du plafond du fort troglodytique s’effondre entraînant la chute d’une partie du mur de courtine du fort, accroché à la paroi de la falaise depuis le xiie siècle, sur le côté du bâtiment d’accueil du site. Le 3 juin 2010, au début de la saison touristique, à la suite de la menace d’un rocher de 320 tonnes de s’effondrer sur le village et aux conclusions d’experts d’un danger imminent, la route départementale 703, traversant le village et surplombée par la falaise, est fermée pendant cinq semaines, avec évacuation des personnes les plus menacées. Des travaux de protection, notamment avec la pose de filets, sont effectués pour protéger les vies. À la suite de ces travaux, la RD 703 est rouverte le 10 juillet 2010 et les personnes ont pu regagner leur domicile.

La conséquence de ce danger est que le fort troglodytique n’est plus visitable. D’autres chutes de pierre sont en effet à craindre dans les années à venir.

À compter de novembre 2013, la route départementale 703 est fermée dans sa traversée du bourg de La Roque-Gageac pour une période de cinq mois, nécessaire à la création de voies piétonnes sécurisées de chaque côté de la route.

 

Castelnaud-la-Chapelle

e château de Castelnaud, classé monument historique en 1966, domine la vallée de la Dordogne et offre un magnifique panorama sur les sites de Beynac, Marqueyssac et la Roque Gageac.

280px-CastelnaudlachapelleGrottes et gisements préhistoriques du Conte et des Fours.

  • Musée de la Fauconnerie, salle vidéo ;
  • Musée Joséphine Baker (château des Milandes).
  • Musée de la Guerre au Moyen Âge, au château de Castelnaud : armes, machines de guerre ; animations.
  • Écomusée de la noix du Périgord.

 

Limeuil, centre de batellerie

Limeuil était un important centre de la batellerie aux xviiie et xixe siècles. Le village fut une cité florissante au xviiie et à la fin du xixe siècle. Limeuil comptait alors près de 80 artisans. Le confluent invitait en ces temps là, prospérité et richesse. Les restaurants l’Ancre du Salut et le Chai sont le témoignage de cette période. L’Ancre du Salut était le bureau de déclaration et le syndic des bateliers, tandis que le Chai servait de lieu de stockage des marchandises.

Les rivières étaient navigables au printemps et à l’automne (en périodes de crues et de fonte des neiges). Les bateliers disaient alors que la rivière était marchande ou de voyage.

L’ancienneté du village est attestée par de nombreuses traces de l’occupation des magdaléniens qui ont été retrouvées à Limeuil. Ils ont laissé de nombreux objets : des poinçons, des aiguilles, des hameçons, des harpons, des bâtons décorés de figures de renneset de poissons. Un lot de gravures a été découvert, présentant des rennes, des chevaux, des cervidés, quelques bouquetins, des bœufs, des ours… L’une des gravures représente un « renne broutant » (au musée de Saint-Germain-en-Laye, mais une copie est visible au musée national de Préhistoire des Eyzies).

  • Les jardins panoramiques de Limeuil offrent une vue sur le confluent Dordogne-Vézère. Ils se situent à l’emplacement de l’ancien château fort du village, qui se dressait sur un éperon rocheux. Ils présentent un jardin à l’anglaise ponctué de panneaux d’interprétation. En juillet et en août, différents ateliers sont proposés (tissage, vannerie, teinture, feutre, feuillard, land art).
  • Il ne reste que peu de vestiges du château de Limeuil. Seuls se dressent encore la tour carrée, la tour canonnière et le puits. Le château fut racheté en 1902 par le docteur Linarès (médecin du Sultan du Maroc), époque à laquelle furent créés les jardins à l’anglaise. À la mort du docteur, les jardins furent laissés à l’abandon. La commune les a rachetés en 1997 et les à confiés en 2007 à l’association Au Fil du Temps, pour les faire revivre et leur redonner leur cachet d’antan.
  • La chapelle Saint-Martin est une ancienne église romane du Périgord noir qui se distingue des autres par ses fresques et sa pierre de dédicace.

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A la découverte de Sarlat

Posté par francesca7 le 4 avril 2015

 

180px-P1070142_lanterne_des_morts_SarlatPérigueux est riche de 2000 ans d’histoire. De l’ancienne cité-gallo-romaine Vesunna aussi peuplée qu’aujourd’hui à la ville médiévale Renaissance, la ville compte 39 édifices inscrits ou classés Monuments historiques. C’est l’un des plus vastes secteurs sauvegardés de France. 

Le musée Vesunna conçu par Jean Nouvel retrace la vie quotidienne des anciens habitants de la cité sur les vestiges d’une ancienne demeure gallo-romaine. 

La cathédrale Saint-Front et ses coupoles byzantines dominent ces huit siècles d’histoire architecturale. Les marchés sont devenus incontournables les mercredis et samedi matins, surtout en hiver pour les marchés au gras primés et aux truffes.

Visitez le site de l’Office de Tourisme de Périgueuxwww.tourisme-perigueux.fr
Visitez le site du Musée Vesunnawww.perigueux-vesunna.fr

Sarlat s’est développée autour d’une abbaye bénédictine édifiée par Pépin le Bref. Au moyen âge, autour de la cathédrale, les échoppes et ateliers d’artisans participèrent à l’essor de la ville. 

De nombreux commerces nichés dans les maisons médiévales contribuent au charme des ruelles. 

Les immeubles aux façades anciennes, protégées par des toits de lauzes ont retrouvé leur authenticité. 

La majeure partie de ces monuments est inscrite ou classée Monuments historiques avec en symbole la Maison de La Boétie, fidèle ami de Montaigne.

A la découverte de Sarlat dans DordogneSarlat-la-Canéda, communément appelée Sarlat, Capitale du Périgord noir, aux confins des causses du Quercy, cette cité historique est un site touristique majeur, renommé pour sa parure monumentale datant essentiellement de la période médiévale et du début de la Renaissance (xiiie au xvie siècle). Son centre-ville, d’une grande homogénéité, est ainsi composé d’un lacis de ruelles et de venelles pittoresques, de placettes ombragées, bordées d’hôtels particuliers aux toits de lauze dont les plus célèbres sont la maison de La Boétie, l’hôtel du Barry, l’hôtel de Savignac ou encore le présidial. Centre névralgique de la ville, la place de la Liberté, bordée de terrasses, est le siège du marché, où se vendent les spécialités de la région : foie gras, truffes, figues et noix. Dans son prolongement, s’ouvrent en perspective la cathédrale Saint-Sacerdos et le palais des évêques, qui rappellent que Sarlat a été cité épiscopale pendant plusieurs siècles.

Le festival du film de Sarlat est un festival de cinéma se déroulant depuis 1991 au mois de novembre à Sarlat-la-Canéda, en Dordogne.

La spécificité du festival consiste en l’accueil de lycéens de classe terminale littéraire, « option cinéma », venus de toute la France. Ils ont la possibilité de préparer leur futur baccalauréat, en rencontrant les réalisateurs, scénaristes, techniciens, acteurs, ainsi que des critiques, historiens ou enseignants du cinéma, présents à Sarlat durant le festival

En 1964, le centre ville de Sarlat est l’un des tout premiers secteurs sauvegardés de France par application de la loi Malraux, quelques mois après ceux de Lyon et de Chartres, et le même jour que ceux de Montferrand et Saumur – Sarlat-la-Canéda compte 74 édifices comportant au moins une protection au titre des monuments historiques, soit 8,5 % des monuments historiques du département de la Dordogne.  d’entre eux font l’objet de deux protections et un autre de trois protections. 19 édifices comportent au moins une partie classée ; les 55 autres sont inscrits.

Bien que ne comptant que 9 739 habitants en 2010, Sarlat-la-Canéda est la 36e commune de France en termes de protections au titre des monuments historiques.

Visitez le site de l’Office de Tourisme de Sarlat : www.sarlat-tourisme.com

 

L’ancien monastère des Récollets de Sarlat-la-Canéda se situe dans un quadrilatère compris entre la rue Jean-Jacques-Rousseau et l’enceinte de la ville d’une part, et entre la rue de la Charité et la Côte de Toulouse d’autre part. En 1604, Louis II de Salignac de La Mothe-Fénelon est évêque de Sarlat et prend possession de son diocèse. Les guerres de Religion sont terminées et il devient nécessaire pour l’évêque de restaurer son diocèse. Il commande à son vicaire général, Jean Tarde (1562-1636) , une carte et un état de son diocèse.

Les guerres de Religion avaient vu s’affronter entre eux les membres des différents états de la société. i Sarlat était restée attachée au catholicisme, le protestantisme était présent dans le Périgord. Henri IV avait essayé de rétablir la paix dans les esprits en promulguant l’édit de Nantes.

Pour rapprocher les laïcs de l’église, l’évêque favorise l’installation des confréries de Pénitents blancs, en 1607, et bleus, en 1608.

En 1613, il soutient l’installation des Récollets à Sarlat, malgré l’opposition des Franciscains dont un couvent se trouvait dans le faubourg de Lendrevie (détruit aujourd’hui) depuis 1258-1260. L’ordre des Récollets était issu d’une réforme de l’ordre des Franciscains et se voulant proche de l’étroite observance de saint François.

Les habitants de Sarlat contribuent à la construction du couvent en achetant la maison de Tustal ainsi que d’autres maisons autour. La construction de l’église peut commencer en 1618. Son gros œuvre est terminé en 1626. Mais son aménagement intérieur n’est terminé qu’en 1651 avec la pose de la voûte lambrissée en planches de châtaignier.

L’église est à nef unique orientée vers le sud avec deux chapelles à l’ouest dédiées à saint Bonaventure et à Notre-Dame. La décoration de l’église est très simple. Éclairée par quatre fenêtres en plein cintre à l’est, le long de la rue Jean-Jacques-Rousseau, on y accède par un portail monumental de style baroque. Ce style de portail, assez rare dans le Périgord, peut être comparé à celui de l’hôtel de ville de Sarlat donnant sur la rue Fénelon datant de la même époque.

Le décor de l’église était complété par un retable achevé en 1647, mis qui a disparu au xixe siècle. On peut voir sur le mur nord une pierre gravée rappelant la date de construction et les circonstances. Les parents de Fénelon y ont été enterrés.

Pendant la Fronde, après la pris de Sarlat par l’armée du Grand Condé en 1653, les Récollets ont donné le signal de la révolte des habitants de la ville contre la soldatesque qui était logée chez eux.

En 1792, les derniers Récollets sont expulsés. L’église devient un club, puis est vendue comme bien national en 1796.

En 1804, elle est revendue et est occupée par les Pénitents blancs. Ils réaménagent la chapelle et ajoutent une tribune au nord.

Un chanoine de Notre-Dame de Paris leur donne un morceau de la Couronne d’épines en 1808.

Sarlat - Chapelle des Pénitents blancs et Récollets -560.JPGLe général-comte Fournier-Sarlovèze rachète en 1816 les deux chapelles situées à l’ouest où il fait célébrer des cérémonies en l’honneur de la famille royale.

Les deux confréries des Pénitents blancs et des Pénitents bleus s’unissent en 1876. Les Pénitents bleus font transférer dans la chapelle leur mobilier liturgique datant de 1705. La confrérie fait poser un vitrail daté de 1890 rappelant cette union.

La chapelle est désaffectée depuis 1914. Elle a alors servi de gymnase et d’entrepôt. Elle est transformée en 1970 en musée d’art sacré à l’initiative de la Société des amis de Sarlat.

La chapelle des Récollets, devenue l’église des Pénitents, ainsi que son cloître, ont été inscrits à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1937. La chapelle des Pénitents est classée au titre des monuments historiques en 1944.

 

 

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un village pittoresque de Dordogne

Posté par francesca7 le 31 octobre 2014

en 1900 Le Bournat

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Remontez la grande horloge du temps de cent ans en arrière. Tous vos sens seront en fête dans cette reconstitution grandeur nature d’un village périgourdin. Le Village du Bournat se vit autant qu’il se visite.

En 1990, Paul Jean Souriau cherche un lieu pour y reconstruire le village paysan dont il rêve afin de transmettre le patrimoine culturel de la région aux jeunes générations oublieuses des temps anciens. Le site idéal s’impose rapidement en plein coeur du Périgord, au Bugue sur les berges de la Vézère. Le lieu-dit s’appelle « Le Bournat ». Le Village s’étend aujourd’hui sur 7 hectares. C’est une réplique identique et grandeur nature d’un bourg du XIXe siècle, peuplé de ses habitants.

Chaque hâtiment abrite une scène ou l’univers d’un artisan : c’est ainsi que l’on découvre une scène de mariage avec 11 mannequins, la répétition d’un cantique par des enfants de choeur dans la chapelle, l’école du temps du « Petit Chose » avec son préau, sa cloche, ses encriers de porcelaine ; la maison typique avec son cantou, un repas de battage dans la grange, le chai, le séchoir à tabac, le poulailler, la borie, le moulin à huile de noix, le café « chez Paul », le lavoir, la mairie, la toilette des jeunes filles dans leur chambre …. Un café et ses curiosités.

Au gré de la visite, vous rencontrerez également des artisans qui exercent leur art. Sous vos yeux, on forge, on file la laine, on bat la faux, on tourne le bois, la pierre, on récolte le miel. C’est ainsi que l’on croise le sabotier, le feuillardier, le tourneur sur bois, la fileuse, la dentellière, le rempailleur, le forgeron, le bourrelier, le maréchal- ferrant, le gabarrier, les charbonniers, le souffleur de verre, etc… N’hésitez pas à leur poser des questions. Ils se feront un plaisir de partager leur passion.

Le Village du Bournat s’enorgueillit également de collections exceptionnelles. Le hangar à calèches recèle de richesses. Il abrite un cabriolet, une calèche, une charrette, un tonneau, une jardinière, un tombereau, un Milord et même un authentique corbillard.

La brocante rassemble des objets usuels de la paysannerie périgourdine d’il y a cent ans : ustensiles de cuisine, outils agricoles et bien d’autres, mais aussi des trésors que vous pourrez dénicher dans la galerie des jouets anciens (landau en meccano, pistolet, lance parachute, voitures à pédale, youpala, rameur en bois).

L’imprimerie regroupe d’anciennes machines. De temps à autre, des imprimeurs à la retraite viennent au Village pour expliquer les secrets de la xylographie, d’une linotype Heidelberg, d’une composeuse ou d’une plieuse. Au Village du Bournat, la fête est quotidienne : une authentique fête foraine 1900 entièrement gratuite : jeux d’adresse, de massacre, pousse-pousse, balançoires et manèges rétro.

Également, l’été, un petit train à l’ancienne vous permettra d’avoir une vision d’ensemble du parc. Il vous conduira au « Faubourg en Fête » aménagé de manèges actuels redécorés (ver à soie pour les adolescents avides de sensation,) un pousse-pousse d’autrefois et une chenille pour les enfants et pour toute la famille des chevaux galopants.

Au delà du plaisir pur que procure cette journée, vous pourrez profiter de l’ombre et vous reposer. Un service de restauration rapide est à la disposition des visiteurs, sous le grand chapiteau bleu du cirque du Village. Mais si vous préférez, vous pouvez déguster des spécialités au restaurant « Chez Paul », à vous de choisir !

POUR TOUT RENSEIGNEMENT : 
VILLAGE DU BOURNAT
Tél. 05 53 08 41 99 – Fax 05 53 08 42 01
Web www.lebournat.fr

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Les vins de Dordogne

Posté par francesca7 le 4 octobre 2014

 

images (7)Les vignobles de Cahors et de ­Bergerac étaient déjà renommés à l’époque gallo-romaine. Après la catastrophe du phylloxéra – elle avait totalement anéanti le vignoble lotois au 19 e s. –, ils ont retrouvé un nouvel essor et donnent des vins d’Appellation d’origine contrôlée de qualité.

Le vignoble de Bergerac

Le vignoble de Bergerac, sur lequel une large part est faite au cépage sauvignon, recouvre près de 13 000 ha répartis sur 90 communes. S’étalant en terrasses au-dessus de la vallée de la Dordogne, il se répartit en plusieurs zones donnant des crus différents : les bergerac et côtes-de-bergerac, le monbazillac, le montravel et les côtes-de-montravel, le pécharmant – plus ancien vignoble de bergerac –, le saussignac et le rosette.

Les vins blancs secs – Il s’agit des montravels, dont le terroir, berceau de Montaigne, est situé à proximité du St-Émilionnais, sur la rive droite de la Dordogne, autour de Vélines, et des bergeracs. Aromatiques, veloutés, fins et fruités, ils accompagnent parfaitement fruits de mer et poissons. Montravel et bergerac sont tous deux issus d’un assemblage de cépages sauvignon (essentiellement), sémillon et muscadelle.

Les vins blancs moelleux – Sous cette même désignation cohabitent des vins nuancés très agréables en apéritif, sur les viandes blanches et les fromages forts : les côtes-de-bergerac et les côtes-de-montravel conjuguent fraîcheur et rondeur ; la discrète appellation rosette se caractérise par des vins à la robe légèrement paillée ; quant aux saussignacs, récoltés aux limites de la « surmaturation », ils présentent une grande élégance.

Les vins blancs liquoreux – Le ­monbazillac occupe une place à part. Doré, onctueux, parfumé, ce vin se sert en apéritif ou avec le foie gras, les viandes blanches, poissons en sauce et les desserts. Issu de trois cépages (sémillon, sauvignon, muscadelle), il doit son bouquet particulier à la pourriture noble qui réduit l’acidité du raisin. Le procédé date de la Renaissance : la vendange (« tries ») s’effectue comme pour le sauternes en plusieurs fois ; on ne récolte à chaque passage que les grains parvenus à l’état souhaité. Le monbazillac acquiert toute sa saveur après deux ou trois années et peut se conserver trente ans. Son terroir s’étend sur 2 700 ha et cinq communes : Pomport, Rouffignac, Colombier, St-Laurent-des-Vignes et Monbazillac.

Les vins rouges – Les bergeracs, souples et fruités, se consomment jeunes (deux ou trois ans après la récolte), tandis que les côtes de bergerac, plus structurés, sont des vins de garde. Le pécharmant, excellent vin corsé et généreux, n’acquiert toutes ses qualités qu’après un long vieillissement. Ce dernier accompagnera idéalement un gibier en sauce ou un carré de bœuf, mais aussi un foie gras.

Les vins rosés – Seul le bergerac se décline en rosé. Récemment développé pour satisfaire une demande croissante, ce vin complète une gamme de vins d’appellation déjà très diversifiée. Issu de vinifications courtes, il se distingue par sa fraîcheur et sa vivacité.

Le vignoble de Cahors

Fort célèbres au Moyen Âge, les vins de Cahors, transportés par gabarres jusqu’à Bordeaux, puis par navires vers les différentes capitales d’Europe, étaient très recherchés. On raconte aussi que le roi François I er aurait exigé d’en faire transplanter des ceps au château de Fontainebleau. Le tsar Pierre le Grand ne voulait boire que celui-là. Mais, en 1868, le vignoble, alors en pleine prospérité, fut complètement détruit par le phylloxéra. Le sol fut laissé à l’abandon et les viticulteurs émigrèrent. Après la Seconde Guerre mondiale, on reconstitua le vignoble de Cahors essentiellement avec le cot noir (cépage rouge – connu aussi sous le nom ensoleillé de la vallée du Lot entre Cahors et Fumel. La véritable renaissance de ce vignoble eut lieu dans la décennie 1960-1970. D’une superficie de 208 ha en 1962, l’aire de production est à présent limitée et s’étend sur 5 500 ha. Le vignoble s’assoit sur deux terroirs : la vallée du Lot, où les terrasses sont constituées de sous-sols calcaires enrichis d’alluvions, et le causse calcaire, composé de pierrailles argileuses et marneuses.

Le cahors est un vin « noir », très tannique, ample en bouche, au goût corsé. Le vin du plateau est plus tonique et plus rude que celui de la vallée. La classification en AOC fut attribuée en 1971.

Un vin de Cahors jeune (à partir de trois ans) accompagnera avantageusement viandes en sauce, foie gras et charcuteries. Un vin plus vieux (une dizaine d’années), aux arômes plus subtils et raffinés, se mariera avec les viandes rouges aux cèpes, les truffes, les gibiers et le fromage.

Entre Cahors et Montauban, s’étend sur 400 ha le vignoble des coteaux du Quercy. Bénéficiant d’une appellation VDQS, ces rouges en majorité se boivent jeunes (entre 2 et 5 ans) ; les rosés s’apprécient dans l’année.

images (8)Liqueurs et eaux-de-vie

Dans la région, on ne fait pas pousser que de la vigne ! Prunes, noix, genièvre, noisettes sauvages, châtaignes, framboises, mais aussi… truffes sont, depuis des générations, le centre d’intérêt de liquoristes comme la famille Roque, originaire de Sarlat et installée à Souillac depuis le début du 20 e s. ou la distillerie Clovis Reymond de Villamblard.

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Pays de Dordogne Vers le Moyen Âge

Posté par francesca7 le 4 octobre 2014

images (6)Quelle unité pourrait-il y avoir dans la si longue période qui relie les Gaulois à la fin du Moyen Âge Le Périgord et le Quercy passent de la paix de l’Empire romain à sa chute, aux invasions barbares et à la restauration d’un pouvoir, cette fois féodal, mais lui aussi porteur de croissance et de culture.

La cohabitation gallo-romaine

Avant J.-C.

Au temps de la Gaule, le territoire actuel du Périgord est occupé par la tribu gauloise des Pétrocores, celui du Quercy par les Cadurques. Le pays des Pétrocores avait pour capitale Vesona (Périgueux) et celui des Cadurques, Divona (Cahors).

59-51 – Conquête romaine. La dernière résistance du peuple gaulois a lieu à Uxellodunum que les historiens situent dans le Quercy, au puy ­d’Issolud .

16 – L’empereur Auguste crée la province d’Aquitaine.

Après J.-C.

1 er -3 e s. – La Paix romaine. Pendant trois siècles, les villes se développent, de nombreux monuments publics sont édifiés. Dans les campagnes, autour des villes, de nouvelles cultures sont introduites : noyer, châtaignier, cerisier et, surtout, vigne.

235-284 – Les invasions (Alamans et Francs) ravagent la région. En l’an 276, plusieurs villes sont rasées.Vesunna se protège derrière un épais rempart élevé à la hâte avec les pierres de bâtiments publics romains démantelés.

Royaume d’Aquitaine, baronnies du Périgord

486-507 – Clovis, roi des Francs, conquiert la Gaule jusqu’aux ­Pyrénées après avoir défait le roi wisigoth Alaric II en 507 à Vouillé (près de Poitiers).

8 e s. – Les deux comtés du Quercy et du Périgord sont rattachés au royaume d’Aquitaine.

Fondation de l’abbaye de Brantôme.

9 e s. – Les vallées de l’Isle et de la ­Dordogne, ainsi que Périgueux sont dévastés par les Normands . De nombreux habitants se réfugient dans les cluzeaux, prenant la suite des hommes préhistoriques.

10 e s. – Les quatre baronnies du ­Périgord se mettent en place : Mareuil, ­Bourdeilles, Beynac et Biron, ainsi que les châtellenies d’Ans, ­Auberoche, Gurson… Le comté du Périgord passe à la maison des Talleyrand.

De puissantes familles se partagent le Quercy : les Gourdon, les ­Cardaillac, les Castelnau, les Turenne et les Saint-Sulpice.

Vers 950 – Début du pèlerinage de St-Jacques-de-Compostelle qui traverse la région.

12 e s. – Fondation d’abbayes dans le Périgord : Cadouin, Sarlat, Boschaud, Chancelade… et dans le Quercy : Rocamadour, Figeac, Souillac et Carennac.

1331 – Fondation de l’université

de Cahors.

Grandeurs et misères du Moyen Âge

11 e -13 e s. – La population augmente et se réunit en villages, les « sauvetés » (autour d’une église), et dans des ­villes nouvelles, les bastides, à partir desquelles elle défriche la forêt et draine les marais. L’Église tente d’imposer les trêves de Dieu, quarante jours de réflexion obligatoires avant d’entamer un conflit armé. La paix s’installe peu à peu, accompagnée de multiples progrès techniques.

Début 13 e s. – Croisade des albigeois. Simon de Montfort fait des incursions dans le Quercy et le Périgord.

1229 – Le traité de Paris entre Saint Louis, roi de France, et Raymond VII, comte de Toulouse, met fin à la croisade des albigeois.

14 e s. – Avec le retour des conflits, les récoltes s’amoindrissent, les famines se répètent, aggravées par les razzias sanglantes des routiers. Quand la peste arrive, elle trouve dans le Périgord et le Quercy des corps peu résistants : 1348, 1361, 1384 et 1400-1401 amènent des hécatombes.

 

 

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Curiosités naturelles de la Dordogne

Posté par francesca7 le 21 août 2014

 

(Région Aquitaine)

images (21)Bien que les collines qui couvrent en entier le département de la Dordogne ne soient pas élevées, cette région de la France n’en est pas moins très pittoresque, et assez riche en curiosités naturelles.

On y rencontre des sources abondantes, dont quelques-unes donnent naissance à de véritables rivières ; les plus remarquables sont, dans le bassin de la Vézère : la Doux de la Cassagne, qui alimente le Coly, et la Doux du Bugue ; dans le bassin de l’Isle : la source de la Glane, à quelques kilomètres en aval de Savignac-les-Églises ; celles du Toulon à Périgueux, celle du Gour de Saint-Vincent, alimentée par une perte de l’Auvezère au moulin du Souci, la fontaine de l’Abîme ou du Moulinot près de Razac, au pied même d’un talus du chemin de fer de Périgueux à Coutras ; celles de Sourzac : cette dernière s’échappe d’une grotte, et l’orme une petite rivière qui, après s’être précipitée d’une hauteur de 12 mètres, va se jeter dans l’Isle ; enfin, dans le bassin de la Dronne, celle du Puy-de-Fontas, à 1 500 mètres de Bourdeilles ; celle du Bouillidou de Creyssac, et, dans le bassin de la Lizonne, de nombreuses fontaines fort pures et fort abondantes.

Il est d’autres sources qui, pour être moins importantes, n’en sont pas moins remarquables. Nous ne citerons que le ruisseau de la Rège, qui laisse échapper des gaz inflammables ; la fontaine incrustante de Saint-Astier, la fontaine intermittente de Marsac ; les sources minérales de la Bachellerie, du Panassou, de Bandicalet, de l’Isle et de Fontaine-Cordelière.

Un beau spectacle est celui qu’offre la Dordogne à Lalinde, où elle forme les rapides auxquels on a donné les noms de Saut de la Gratusse, du Grand-Toret et des Porcherons. N’oublions pas de parler des nombreuses grottes que renferme ce département et que l’on rencontre quelquefois en grand nombre dans les vallées où coulent les rivières. Celles qui offrent le plus d’intérêt sont les fameuses grottes des Eyzies, au-dessus du confluent de la Vézère et de la Beüne : des savants s’en sont beaucoup occupés et s’en occupent encore à cause des ossements et des divers débris de « l’industrie préhistorique » qu’on y a découverts et qui abondent non seulement sur ce point, mais encore dans toute la vallée de la Vézère ; celles du Moulin-Grenier, ou Chambre-Noire, de Saint-Laurent-sur-Manoir, de Gouts-Rossignols ; de Saint-Capraise-d’Eymet, de Lamonzie-Montastruc (belles stalactites) ; celles du Moustier, qui renferment des ossements ; d’Azerat, profonde d’au moins 200 mètres ; celle d’Ajat, où s’éteignent les flambeaux ; et enfin, la plus grande de toutes, une des plus remarquables de France, la grotte de Miremont, vulgairement désignée dans le pays sous le nom du Trou de Granville. Elle se compose d’un grand nombre de vastes salles et de couloirs remplis d’admirables stalactites. La Grande-Branche mesure 1 067 mètres, et la totalité de ses ramifications offre un développement de 4 229 mètres.

Les paysages gracieux et pittoresques abondent dans les vallées de la Dronne, de l’Isle, de la Dordogne, de la Vézère et de l’Auvezère. Nous citerons seulement les roches et les talus des rives de la Dordogne, vers Domme ; les beaux rochers qui bordent, au Moustier, le cours de la Vézère ; les gorges du Génis où court l’Auvezère ; enfin les rochers qui bordent ou surplombent la Dronne un peu en amont de Bourdeilles.

 

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Histoire de la Dordogne

Posté par francesca7 le 3 août 2014

 

(Région Aquitaine)

 

téléchargement (1)Antérieurement à la division territoriale de 1790, le département actuel de la Dordogne formait l’ancienne province du Périgord. Ce nom lui venait, à travers les modifications apportées par le temps et les variations du langage, des Petrocorii ou Pétrocoriens, tribu gauloise qui habitait la contrée quand les Romains y pénétrèrent.

Ici, comme ailleurs, les documents sur cette première période de notre histoire nationale sont rares et confus. L’origine celtique de ces ancêtres, l’exercice du culte druidique dans le pays, l’influence de ses ministres et l’existence d’une florissante capitale appelée Vesunnasont les principaux faits authentiques, incontestables, qui soient parvenus jusqu’à nous. Malgré le caractère essentiellement belliqueux des Gaulois en général, certains indices tendent à prouver que les Pétrocoriens n’étaient étrangers ni à l’industrie ni au commerce. Les scories qu’on rencontre assez fréquemment sur divers points du département permettent de supposer que les mines de fer, dont le sol est abondamment pourvu, étaient dès lors exploitées et leur produit travaillé dans des forges locales ; une inscription, trouvée sur le tombeau d’un certain Popilius, negotiator artis prosariae, nous révèle que l’art du tissage était connu et pratiqué ; on sait enfin que les Phocéens de Marseille venaient échanger les marchandises du Levant contre des fers, des lins et des étoffes en poil de chèvre.

La domination romaine fut établie dans le Périgord 63 ans avant l’arrivée de Jules César, et sans que cette conquête soit signalée dans l’histoire par aucune lutte sérieuse. C’est seulement après la défaite de Vercingétorix qu’un lieutenant de César est envoyé dans cette province pour y comprimer les élans patriotiques que la lutte héroïque des Arvernes avait réveillés, et à laquelle 5 000 Pétrocoriens avaient pris part. Le pays des Pétrocoriens était alors compris dans la Gaule celtique. Vers la fin du IVe siècle, il fut incorporé dans la seconde Aquitaine.

La révolte de Julius Vindex, dont la famille habitait le Périgord, révolte à laquelle les Pétrocoriens s’associèrent, est le fait capital qui se rattache le plus spécialement aux annales de la contrée. Le gouvernement romain y suivit ses différentes phases sans incidents notables. Dans les premiers temps, respect scrupuleux de la religion, des coutumes et du langage des vaincus ; envahissements successifs du paganisme et de la civilisation romaine pendant le IIe siècle ; apparition du christianisme, apporté, dit-on, dans le Périgord par saint Front, un des disciples du Christ ; dissolution des forces morales et matérielles de l’empire pendant les deux siècles suivants, et enfin au Ve révélation de son impuissance en face des invasions des barbares.

Le Périgord était compris dans les territoires dont les Wisigoths obtinrent l’occupation du faible Honorius.. On sait que ce prétendu accommodement, sur la valeur duquel cherchait à se faire illusion la vanité romaine, cachait une véritable prise de possession. Ce mensonge des mots tomba vite devant la réalité des choses, et l’empire wisigoth fut constitué. Les destinées du Périgord furent liées aux siennes jusqu’à la bataille de Vouillé, qui recula jusqu’aux Pyrénées les limites du royaume des Francs. L’espace était trop vaste, les races trop peu fondues, pour que la France de Clovis pût se constituer d’une façon durable. Ces partages de l’héritage royal, qui amenèrent de si déplorables déchirements, et contre lesquels se soulèvent les raisonnements de la critique moderne, étaient alors une nécessité des temps.

Sous le nom d’Aquitaine, l’empire wisigoth, qui avait ses limites naturelles et une espèce d’unité, cherchait fatalement à se reformer. La création des royaumes de Neustrie et d’Austrasie n’était qu’une satisfaction donnée à ces impérieux instincts ; et quand l’ambition des maires du palais voulut reprendre l’oeuvre de Clovis, la révolte des antipathies de race éclata dans la lutte acharnée que soutinrent les Aquitains pour leurs ducs héréditaires. Cette page de notre histoire appartenant plus spécialement aux annales des deux capitales de l’Aquitaine, Toulouse et Bordeaux, nous nous bornerons ici à en rappeler le souvenir, en constatant que le Périgord fit alors partie intégrante de ce grand-duché et fut mêlé à toutes les vicissitudes qui l’agitèrent.

L’invasion des Sarrasins, dont se compliquèrent les désastres de cette époque, a laissé dans le pays des traces sinistres que le temps n’a pas encore effacées. De nombreuses localités ont gardé des noms qui attestent le passage et la domination de ces farouches étrangers ; telles sont les communes des Sarrazis, de Maurens, de La Maure, de Montmoreau, de Fonmoure, de Mauriac, de Sarrasac et le puits du château de Beynac, désigné encore aujourd’hui sous le nom de puits des Sarrasins. La défaite des infidèles, la reconnaissance des populations et les sympathies du clergé furent les principaux titres qui valurent aux Carlovingiens la couronne de France.

Le héros de cette dynastie, Charlemagne, traversa le Périgord et y laissa des témoignages de son habile administration. Il fonda le prieuré de Trémolat et lui fit présent de la chemise de l’Enfant Jésus ; il dota le monastère de Sarlat d’un morceau de la vraie croix ; il y autorisa, en outre, la translation des reliques de saint Pardoux et de saint Sacerdos ; enfin plusieurs historiens lui attribuent la construction de l’église de Brantôme, gratifiée par lui, entre autres pieux trésors, des restes vénérés de saint Sicaire. Le Périgord fut alors gouverné, comme la plupart de nos provinces, par des comtes qui, dans la pensée de Charlemagne, devaient être des fonctionnaires amovibles, mais qui, sous ses successeurs, se rendirent indépendants et héréditaires.

images (2)Le premier fut Widbald ; il administra la contrée de 778 à 838. C’est sous le second de ses successeurs et pendant la durée du règne de Charles le Chauve que l’autorité des comtes se transforma en fief héréditaire. L’apparition des Normands, qui date aussi du milieu du XIe siècle, contribua beaucoup à l’établissement des grandes maisons féodales. C’est comme défenseur du pays que Wulgrin, déjà comte d’Angoulême, s’imposa au Périgord. C’était un vaillant guerrier, qui avait mérité le surnom de Taillefer pour avoir pourfendu d’un seul coup de son épée le casque et la cuirasse d’un chef normand.

Au milieu de l’enfantement de la société féodale, dans le chaos du Moyen Age où la force est le droit, Guillaume Wulgrin est un type assez complet de ces fondateurs de dynastie, rudes figures qui surgissent dans l’histoire bardées de fer, lance au poing et se taillant de petits États dans les dépouilles de la monarchie agonisante. A sa mort, ses deux fils se partagèrent ses domaines ; Guillaume, le cadet, eut le Périgord ; la ligne masculine de cette branche s’éteignit à la seconde génération, en 975, dans la personne d’Arnaud dit Bouratien, dont la soeur et unique héritière épousa le comte de la Marche (Hélie Ier) et apporta le Périgord en dot à son époux. Ce seigneur, souche de la seconde dynastie des comtes de Périgord, prit et laissa à ses descendants le surnom de Talleyrand, qu’illustra pendant quatre siècles cette puissante maison de Périgord. Son indépendance était presque absolue ; elle battait monnaie. C’est un Adalbert de Talleyrand-Périgord qui fit cette réponse devenue fameuse, et dans laquelle se résumait si bien la fierté féodale : « Qui t’a fait comte ? » lui demandait un jour Hugues Capet. « Qui t’a fait roi ? » lui répondit Adalbert. La seule puissance contre laquelle les comtes eussent parfois à lutter était celle des évêques. Ces démêlés se rattachant à l’histoire des villes épiscopales et n’ayant point eu d’ailleurs de sérieuse influence sur les destinées de la province, nous n’avons pas à nous en occuper ici.

Lorsque le mariage de Henri II avec Éléonore de Guyenne plaça le Périgord sous la domination anglaise comme relevant de l’ancien duché d’Aquitaine, les comtes de Périgord s’associèrent à tous les efforts qui furent alors tentés pour arracher le sol français au joug de l’étranger. La fortune ne favorisa point leur honorable résistance ; le pays fut occupé militairement, des garnisons ennemies furent placées dans les forteresses et châteaux, de nouvelles citadelles furent élevées ; mais le patriotisme périgourdin ne se découragea pas, et pendant cette longue et triste période, qui dura depuis Louis le Jeune jusqu’à Charles VII, si trop souvent le pays fut obligé de souffrir le pouvoir de l’Anglais, on peut dire à sa gloire qu’il ne l’accepta jamais.

L’historique des guerres de l’Angleterre et de la France n’entre pas dans le cadre de notre récit ; nous déterminerons seulement par quelques dates l’influence qu’elles exercèrent sur le sort de notre province. Le Périgord, conquis par Henri II Plantagenet, revint à la France en 1224, fut rendu à l’Angleterre en 1258, puis confisqué en 1294 par Philippe le Bel, restitué de nouveau à l’Angleterre en 1303, reconquis par Philippe de Valois, cédé encore une fois par le traité de Brétigny, repris par Charles V, remis sous l’autorité anglaise vers la fin du règne de Charles VI, et enfin acquis définitivement, réuni pour toujours à la couronne de France en 1454.

Dans l’intervalle de ces orages, nous avons à citer un voyage de saint Louis dans le Périgord. Ce prince, avant de partir pour sa seconde croisade, voulut aller s’agenouiller devant le suaire du Christ, précieuse relique sur l’authenticité de laquelle nous nous garderons bien de nous prononcer, conservée dans un monastère de bernardins à Cadouin. Saint Louis traversa le pays, accompagné des seigneurs de sa cour, et, voulant éviter Sarlat, à cause de la mésintelligence qui existait entre l’abbé et les consuls de la ville, il s’arrêta au château de Pelvezis. A la même époque se rattache une certaine extension des franchises municipales, signe précurseur de la chute de la féodalité.

L’état de la France s’était bien modifié sous le coup des dernières crises qu’elle venait de traverser. C’est à la monarchie surtout qu’avait profité cette lutte de deux siècles contre l’étranger, lutte pendant laquelle elle avait si souvent paru près de succomber. L’intelligence de Cette situation nouvelle semble avoir échappé aux comtes de Périgord, qui, se croyant encore au temps des Wulgrin et des Boson, affectaient envers la couronne une indépendance qui n’était plus de saison.

Archambaud V, dit le Vieux, qui vivait dans les dernières années du XIVe siècle, contesta au roi certains droits que la couronne revendiquait sur Périgueux et essaya .de soutenir ses prétentions par les armes ; un premier arrangement arrêta les hostilités ; mais quelque temps après le comte intraitable recommença la guerre. Il fut vaincu ; un arrêt de mort contre le coupable et de confiscation pour le comté avait été rendu ; le roi fit au seigneur rebelle grâce de la vie, ne conserva que Périgueux comme gage de sa victoire et abandonna au fils d’Archambaud tout le reste des domaines paternels.

Mais le fils se montra moins sage encore que son père. Il réclama avec menaces la ville dont il se croyait injustement dépouillé. Cette fois, il n’y eut même plus besoin d’une expédition militaire pour réduire l’incorrigible. Une tentative de rapt 220px-Périgueux_vray_pourtraictsur la fille d’un .bourgeois de Périgueux fit de lui un criminel vulgaire ; on instruisit son procès, et un arrêt du parlement, à la date du 19 juin 1399, le condamna au bannissement et à la confiscation de tous ses biens. En lui s’éteignit la puissance de cette antique famille, qui possédait le Périgord depuis l’an 866, et qui, de Wulgrin à Archambaud VI, comptait une succession de vingt-sept comtes.

Le roi Charles VI donna le comté de Périgord au duc d’Orléans, son oncle. Celui-ci le laissa à Charles, son fils, qui, étant prisonnier en Angleterre, le vendit en 1437 pour seize mille réaux d’or à Jean de Bretagne, comte de Penthièvre. Ce dernier eut pour héritier Guillaume, son frère, qui ne laissa que trois filles. L’aînée épousa Alain, sire d’Albret, dont le fils fut roi de Navarre, et la petite-fille de celui-ci apporta en dot le Périgord, avec ses autres États, à Antoine de Bourbon, qu’elle épousa et qui fut père de Henri IV. Le Périgord faisait donc partie des domaines de ce monarque lorsqu’il monta sur le trône, et il fut alors réuni à la couronne.

L’influence qu’exerçait dans la province la maison d’Albret y facilita les progrès de la réforme religieuse, surtout lorsque la reine Jeanne eut embrassé avec tant d’ardeur la foi nouvelle ; le Périgord devint un des théâtres de l’affreuse guerre qui déchira la patrie à cette époque. Peu de contrées furent éprouvées aussi cruellement. Sanctuaires violés, églises détruites, villes prises d’assaut, partout le sac, le pillage, l’incendie, les massacres, telle est l’oeuvre du fanatisme, tel est le tableau que nous ont laissé les historiens contemporains de cette lamentable période.

La paix eut beaucoup à faire pour cicatriser de pareilles blessures, elle fut, grâce au ciel, rarement troublée pendant les temps qui suivirent ; mais le repos donné par le despotisme ne régénère pas les populations ; l’espèce de sommeil léthargique dans lequel nous voyons le Périgord s’endormir de Henri IV à Louis XV, le silence qui se fait autour de la province pendant la durée de deux siècles ne sont point des indices de prospérité ; le salut devait venir d’ailleurs. Quelque indispensables, cependant, que fussent devenues des réformes réclamées par la monarchie elle-même, ce n’est pas sans une sorte de protestation qu’elles se firent jour sur ce vieux sol de la féodalité. Le Périgord avait do longue date ses états particuliers ou provinciaux ; c’était le sénéchal qui les convoquait en vertu de lettres patentes ; le comte et plus tard le gouverneur y occupaient le premier rang ; les quatre barons du Périgord, qui avaient le privilège de porter le nouvel évêque de Périgueux à son entrée dans la ville, Bourdeilles, Beynac Biron et Mareuil, prenaient place après l’ordre du clergé les maires et consuls marchaient à la tête du tiers état.

Lors de la convocation des derniers états, en mars 1788, M. de Flamarens, évêque de Périgueux, refusa de prêter le serment exigé, et le clergé fut obligé de se nommer un autre président. Cette inoffensive boutade n’entrava pas la marche des événements, et lorsque éclata la Révolution, le Périgord fut l’un des premiers à y adhérer. Il envoya à la Convention nationale les représentants du peuple Romme et Lakanal, mais, si les agitations politiques le troublèrent un moment, il dut à sa position, loin des frontières, d’être préservé des invasions que les fatales années de 1814, dé 1815, de 1870 et de 1871 déchaînèrent sur la France. Aussi ce département n’a-t-il cessé, depuis, de prospérer.

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Une littérature enracinée de Dordogne

Posté par francesca7 le 30 juillet 2014

 

images (7)Plumes novatrices

Troubadours, trouvères et ménestrels, ces termes similaires font voyager et évoquent à la fois la poésie, la musique et le Moyen Âge. Accompagnant la naissance de la langue d’oc, ils sillonnent la région et inventent des airs porteurs de poésies lyriques. Guillaume IX de Poitiers (1071-1127), comte de Poitiers, duc d’Aquitaine et de Gascogne, dit « le Troubadour », est le premier connu parmi eux. Siégeant souvent à Bordeaux, il oriente son lyrisme vers un « nouvel art d’aimer » qui, repris et accentué par ses successeurs troubadours, aboutira à la fin’amor , l’amour courtois occitan. Encouragée par les seigneurs, cette poésie lyrique originale s’étend bientôt au Quercy et s’épanouit dans les cours féodales. Le simple nom des plus célèbres de ces troubadours renvoie aux villes environnantes : ­Bertand de ­Gourdon, Aimeric de Sarlat, Arnaut Daniel de Ribérac et Giraut de Borneuil, natif d’Excideuil. Un autre type de chanson, le sirventès , est créé dans la région ; il ne se ­distingue de l’art des troubadours que par le sujet traité – des thèmes guerriers – et un ton satirique. Bertran de Born (v. 1140 – v. 1215), seigneur de Hautefort, est l’instigateur de ces pièces politiques et morales, qui lui ont été inspirées par son conflit avec son frère pour faire valoir son droit à être seigneur indépendant.

Amour, amitié et politique

L’apogée de la Renaissance littéraire s’illustre avec Clément Marot (1496-1544). Né à Cahors d’une mère gasconne et d’un père normand, Marot excelle dans les épigrammes et les sonnets par lesquels il séduit la Cour et le roi. Ses jeux littéraires et son ingéniosité s’illustrent dans son fameux poème Beau tétin dans lequel il chante et décrit à ravir le corps féminin :

« Tétin refait, plus blanc qu’un œuf,

Tétin de satin blanc tout neuf,

Toi qui fait honte à la rose

Tétin plus beau que nulle chose ».

Pierre de Bourdeille (v. 1540-1614), plus connu sous le pseudonyme d’abbé de Brantôme, s’attaque aux huguenots lors des batailles de Meaux et Dreux. Gentilhomme de la chambre sous Charles IX, il se retire dans son château de Richemond près de Brantômeaprès la mort du roi et écrit ses mémoires, des chroniques sur la cour des Valois et Vie des hommes illustres . « Femmes et amours sont compagnes, marchent ensemble et ont une même sympathie », écrit-il : son goût pour l’amour et les femmes devient célèbre et ses ouvrages sont taxés de légèreté par ses contemporains.

Né en 1530 à Sarlat, Étienne de La Boétie , après des études de droit à l’université d’Orléans, devient conseiller au Parlement de Bordeaux. Philosophe et politicien, il rédige, alors qu’il est âgé d’à peine dix-huit ans, le Discours de la servitude volontaire ou Contr’un , un réquisitoire contre l’absolutisme. Illustré par de nombreux exemples tirés de l’Antiquité, ce texte pose la question de la légitimité de toute autorité sur une population et lui permet de critiquer la situation politique de son temps. C’est à cette période que naît l’amitié entre La Boétie et un autre philosophe, Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592). Cette amitié deviendra célèbre : c’est en son honneur que, à la mort de La ­Boétie, Montaigne abandonne le stoïcisme. Dans ses Essais , rédigés dans la tour de la libraire de son château , il évoque cette relation essentielle : « En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel, qu’elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui ; parce que c’était moi. »

Également originaire du Périgord, Fénelon (1631-1715) passe toute son enfance dans le château du même nom. Il commence ses études à Cahors, puis gagne Paris. Il aurait composé à Carennacson célèbre roman Les Aventures de Télémaque (1699). Dans son voyage pour retrouver son père Ulysse, Télémaque séjourne dans différents pays aux gouvernements autoritaires puis dans le gouvernement idéal de Salente. L’ouvrage, non destiné à la publication, permet à Fénelon, sous couvert d’Antiquité, de donner une leçon de politique au dauphin Louis de France (1682-1712), petit-fils de Louis XIV et futur père de Louis XV.

Des paysages littéraires

mauroisAuteur contemporain, André Maurois (1885-1967) écrit du Languedoc : « Tu vas voir une province toute sertie de merveilles naturelles ou architecturales, donc ne sois pas pressé. Donne-toi le temps d’un détour pour regarder un village qui n’est pas sur ta route. » Originaire de Seine-Maritime, il découvre la région par son épouse Simone de Cavaillant, propriétaire du manoir d’Essendiéras près d’Excideuil. Il y passe ses vacances et le transforme en lieu de rendez-vous d’artistes, de penseurs et de savants.

Jacquou le Croquant (1899), grand roman à succès qui relate une histoire de jacquerie paysanne au début du 19e s., est l’œuvre d’ Eugène Le Roy (1837-1907), originaire de Hautefort. Le succès du roman est tel qu’il est d’abord adapté au petit écran en 1969 par Stellio Lorenzi, puis pour le cinéma en 2007, par Laurent Boutonnat. Christian Signol , auteur contemporain originaire du Quercy, connaît également le succès avec ses innombrables œuvres souvent inspirées de sa région natale. Son roman La Rivière Espérance est devenu un feuilleton télévisé en 1995. Peintre et écrivain, ­ François Augiéras (1925-1971) passe son enfance à Périgueux et fait de la région l’héroïne de ses romans autobiographiques ( Domme ou l’Essai d’occupation , Une adolescence au temps du Maréchal ). Bien différent, Pierre Michon (né en 1945) est l’auteur de La Grande Beune (1998), roman sur la confrontation entre un instituteur et la société rurale périgourdine.

 

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Traditions et art de vivre en Dordogne

Posté par francesca7 le 21 mars 2014

 

Un simple coup d’œil sur une carte en dit déjà beaucoup : boisés, le Périgord et le Quercy ne comptent pas de grande ville. L’habitat, essentiellement rural et relativement dispersé, s’accorde à une économie reposant d’abord sur l’agriculture. Symboles par excellence de l’art de vivre à la française, truffes, foie gras, cèpes et confits se dégustent partout, de la simple auberge de campagne aux prestigieuses tables étoilées.

240px-Fruits_au_foie_gras_de_canard,_marché_de_Brive-la-Gaillarde,_FranceGastronomie

« Le meilleur guide de ma santé à table, c’est la volupté que j’éprouve en mangeant », se plaisait à dire Montaigne qui donna à la gastronomie périgourdine le titre de « science de gueule ». La cuisine du Quercy n’est pas en reste, qui propose aussi nombre de plats, tour à tour subtils et copieux. Une bonne table bien garnie, telle semble être la maxime que ces deux gastronomies ont adoptée et sur laquelle elles ont assis leur réputation… Jugez plutôt.

Parmi les bonnes tables de la région, nous vous recommandons plus particulièrement les tables étoilées par le Guide Michelin dont vous trouverez la liste p. 14.

Un art de vivre

Comment peut-on passer ici à côté de la gastronomie, alors que presque chaque ville et chaque village du Périgord comme du Quercy possède son marché au gras Quand, n’en déplaise aux Lyonnais et aux Bourguignons, dans l’esprit des Français, gastronomie rime avec Périgord Talleyrand, fort de ses attaches périgourdines, n’a-t-il pas gagné ses plus rudes batailles diplomatiques autour d’une table somptueusement servie faisant du pâté truffé et du monbazillac ses plus sûrs alliés De nos jours, Périgord rime avec art de vivre, fumets délicats et produits du terroir : ces truffes, cèpes, noix et surtout oies, canards et porcs qui font la fierté des fermes du pays.

La soupe

Le repas commence par le traditionnel tourin quercynois, soupe au confit d’oie, à l’ail ou à l’oignon, à laquelle on ajoute de la graisse d’oie saupoudrée d’une cuillère de farine. Roborative et goûteuse, elle est servie sur du pain bis.

Les entrées

Puis viennent le foie gras ou le pâté de foie ou de perdrix, le gésier de canard en salade, l’omelette aux cèpes ou à la truffe. Cette dernière, considérée par le gastronome Curnonsky comme « l’âme parfumée du Périgord », ponctue tous les plats de ses larges taches sombres et règne sur les foies gras, les pâtés, les volailles, les ballottines et les galantines. Elle embellit tout ce qu’elle touche grâce à son arôme qui imprègne les aliments. Ne dit-on pas que le secret d’une bonne brouillade aux truffes consiste à enfermer œufs et truffe dans une boîte hermétique le temps que les puissants arômes du champignon traversent la coquille

Mais la truffe ne peut donner toute satisfaction au gastronome que si elle est proposée fraîche ou en très bonne conserve artisanale. Elle peut alors se consommer crue en salade, ou encore, luxe suprême, entière, seulement cuite sous la cendre.

Le far est une entrée nettement plus traditionnelle. C’est une simple pâte (farine, œufs et lait) mêlée de lard, de jambon, de blettes ou de laitue, d’oignon, d’ail et de persil, mise à cuire en terrine. Une variante est la mique, pâte à lever mélangée aux légumes de la soupe à même la casserole.

Les plats de résistance

Bien sûr, il n’y a pas d’œufs sans volatiles. Les volailles constituent une des bases de la gastronomie périgourdine et quercynoise. Incontournable, le confit d’oie aux pommes sarladaises – pommes de terre sautées à cru, à la graisse d’oie, saupoudrées d’un hachis d’ail et de persil – mais aussi le magret de canard aux cèpes ou aux morilles, la poularde en estouffade… Les sauces les plus fréquemment employées sont la « rouilleuse » (un fond de farine roussi au beurre et mouillée au vin ou au sang), qui accompagne et colore la fricassée de volaille, et la sauce Périgueux, sauce Madère mijotée à partir de carcasses de ces mêmes volailles, à laquelle on incorpore des truffes bien fraîches.

Le Quercy résonne du bêlement des moutons de race caussenarde. Une viande tendre et goûteuse, légèrement teintée de rouge, et tour à tour fondante ou croustillante selon le mode de cuisson. Les recettes ne manquent pas : épaule farcie, rouelles de gigot fermier à la persillade, ris d’agneau aux cèpes, daube au vin de Cahors…

Les poissons ne sont pas en reste : le sandre est accommodé à l’oseille, les écrevisses en soupe, le saumon au foie et aux cèpes… Curieusement, le poisson s’accompagne souvent de porc comme dans la préparation du brochet aux lardons ou de la carpe au confit.

Traditions et art de vivre en Dordogne dans DordogneLa farce est fréquemment utilisée dans la cuisine locale : onctueuse et relevée, parsemée de foie et de truffes, elle garnit les volailles – comme le fameux cou d’oie farci – le gibier et les cochons de lait. Les huiles jouent aussi un rôle important dans les préparations culinaires du Périgord et du Quercy. Tout particulièrement l’huile de noix, désormais pressée à chaud dans de magnifiques moulins. Une grosse meule de pierre réduit les cerneaux en une pâte mise à chauffer à 60 ° C au four à bois. Enveloppée dans une toile, cette pâte est ensuite pressée. Les résidus, appelés « tourteaux », servent encore parfois d’appât aux pêcheurs. L’huile très parfumée sera alors coupée avec une huile moins aromatique pour pouvoir servir

d’assaisonnement.

Confits et foies gras

Fond rituel des cuisines périgourdine et quercynoise, le confit était avant tout un procédé qui permettait aux paysans de conserver les différentes parties de l’oie après en avoir récupéré les foies gras. Aujourd’hui spécialité gastronomique, les confits sont toujours préparés de manière traditionnelle. Les morceaux découpés sont cuits dans leur graisse pendant trois heures, puis conservés dans des pots de grès, les tupins. Ce procédé est utilisé pour l’oie, le canard, la dinde et aussi la viande de porc (les confits de porc sont appelés « enchauds »). La graisse d’oie pure remplace le beurre dans la cuisine périgourdine (Alexandre Dumaine, dit Curnonsky, l’un des plus énergiques défenseurs de la gastronomie française, la disait en conséquence « sans beurre et sans reproche ») et sert entre autres à faire revenir les pommes de terre sarladaises.

La préparation – Le foie gras convient bien à la conserve qui se commercialise sous diverses formes, aussi convient-il de bien distinguer l’appellation du produit : un foie frais, vendu sous vide, se conserve trois à quatre jours dans le réfrigérateur ; un foie gras entier consiste en un ou plusieurs lobes simplement dénervés et assaisonnés, puis stérilisés dans leur graisse (la version mi-cuit doit être conservée à +3 °C et consommée rapidement) ; un bloc de foie gras est une reconstitution de fragments de lobe malaxés à très grande vitesse, puis émulsionnés par adjonction d’eau. Le foie gras est aussi présenté sous forme de parfait (75 % de foie gras), de mousse, de pâté, de médaillon ou de galantine (50 % de foie gras).

La dégustation – Les foies gras se servent frais (compter 50 g par personne) et se découpent avec un couteau trempé dans l’eau chaude ; ils s’accompagnent volontiers d’un verre de monbazillac ou de pécharmant, un rouge de haute tenue. Les foies frais sont destinés en particulier à être poêlés, manipulation très gourmande mais difficile à réaliser.

Foie gras d’oie ou de canard Tout dépend de la finalité du produit : le foie gras d’oie, 4 % à peine du marché, occupe une place privilégiée dans le cœur des gourmets. Plus cher que le foie de canard, il est apprécié pour ses saveurs délicates, sans préparation de préférence. Quant au second, il aura connu un notable développement, le canard étant plus facile à élever que l’oie. Les connaisseurs se délectent de son goût rustique et de sa facilité à être cuisiné.

Le fromage

220px-Fromages dans Epiceries gourmandesNul n’ignore l’existence du rocamadour, petit fromage de chèvre emblématique du Quercy qui se décline aussi sur la table de différentes façons : pané ou rôti sur un lit de salade, nappé de miel, ou tout simplement frais, de préférence crémeux, c’est-à-dire après neuf jours d’affinage. Ceux qui apprécient les arômes plus puissants le choisiront sec. D’autres préféreront la texture molle de la trappe d’Échourgnac, rehaussée par les saveurs de la liqueur de noix qui l’imprègne. Monial, ce fromage périgourdin est issu d’une petite production artisanale.

Les desserts

Les desserts de la région sont tout aussi généreux que les autres préparations, avec les gâteaux ou les tartes aux noix, les tourtières aux pruneaux, mais surtout, le pastis. Loin de celui de Marseille, le pastis du Quercy, croustillant et parfumé, se mange à pleine bouche. Rappelant pour certains la pastilla marocaine, ce dessert feuilleté se gorge de beurre et de pommes marinées dans le rhum et l’eau de fleur d’oranger. Plus fruste, le ­pescajun, grosse crêpe cuite comme une omelette, peut aussi bien être servi avec du sucre ou accompagner une viande.

Les digestifs

Le vin de noix reste un digestif très apprécié. On l’élabore à partir des noix de juillet, cueillies encore vertes et mises en macération dans du bon vin et un doigt d’eau-de-vie. Au bout de trois mois, le jus obtenu est filtré. On sait aussi sortir des armoires d’innombrables eaux-de-vie élaborées discrètement à partir de poire ou de prune. Le ratafia est un vin réalisé à partir du moût de raisin, qu’il faut boire vite, car sa fermentation est incontrôlable.

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Histoire Naissance des arts en Dordogne

Posté par francesca7 le 21 mars 2014

 

 

La Dordogne.Loin, loin… les traces de culture, les empreintes de l’homme en Périgord et en Quercy arrachent le visiteur au temps présent. Cette plongée dans le passé commence par des éclats de pierre, des dessins, des projections de couleurs et des lumières de flamme sur les parois bosselées de grottes obscures. Elle se prolonge par des châteaux forts, des bastides, témoins de conflits et de famines, mais aussi de temps de paix et de prospérité.

La richesse et la diversité des sites souterrains du Périgord et du Quercy ont fait la réputation de la région. Habitués que nous sommes à l’échelle de l’histoire chrétienne, le dépaysement est ici total : se côtoient, dans un même foisonnement de cavernes, l’œuvre patiente de la nature, mesurable en millions d’années, et celle de nos lointains et habiles ancêtres, il y a « quelques » dizaines de millénaires…

L’évolution du genre humain

L’ère quaternaire, dans laquelle nous vivons encore actuellement, commence vers – 1,8 million d’années. Elle est caractérisée par des cycles climatiques alternant phases glaciaires et périodes plus clémentes. Apparaît alors la faune animale moderne et se développe le genre humain, né à la fin de l’ère tertiaire.

L’apparition de l’homme

Les ancêtres de l’homme sont apparus en Afrique de l’Est, aux alentours de la région des Grands Lacs, du lac Tchad et de la vallée du Rift, vers – 7 millions d’années (voire plus). Le genre humain a quant à lui pris pied dans la même région et en Afrique du Sud il y a 2,5 millions d’années environ, avec Homo rudolfensis et Homo habilis. Ces derniers, premiers utilisateurs d’outils en pierre, inaugurent la période dite Paléolithique , l’âge de la pierre ancienne.

L’homme en Europe

De plus en plus de spécialistes admettent que le continent européen a été « colonisé » en plusieurs fois : les plus anciennes traces dont on soit sûr remontent à – 1,8 million d’années environ. Elles ont été découvertes à Dmanisi en Géorgie pour les premières, puis en Espagne, à Atapuerca et Gran Dolina, et remontent aux environs de – 780 000 ans. D’après certains préhistoriens, il existe des sites plus anciens, datés de – 2 millions d’années, dans le Massif central ainsi qu’à Sept-Fonds dans le Périgord, tandis que d’autres affirment que les outils trouvés sur ces sites, et qui ont servi à leur datation, ne seraient que des géofacts : des pierres fendillées par le gel et la foudre, confondues avec des outils taillés. Une dernière vague de peuplement, située vers – 500 000 ans, aurait apporté à ­l’Europe la domestication du feu (traces en Bretagne et dans le Var) et la taille dubiface . Cette ultime colonisation aurait évolué sur place, pour donner l’homme de Neandertal, il y a de cela environ 200 000 à 250 000 ans, tandis que le Périgord-Quercy semble avoir été investi par l’ Homo ergaster il y a 470 000 ans (site de la Micoque ).

L’homme de Neandertal

Cet homme, qui subit des phases de refroidissement du climat très intenses, enterre ses morts (comme le confirment les sites périgourdins de La Ferrassie , du Moustier et de Regourdou ), collectionne les fossiles et les belles pierres. Il s’essaierait à des œuvres d’art encore très frustes, comme en témoignent peut-être les cupules de La Ferrassie, et ses outils sont très élaborés.

L’homme moderne

L’homme anatomiquement moderne, Homo sapiens sapiens , apparaît vers – 200 000 ans en Afrique du Nord, de l’Est et au Proche-Orient. Deux sous-espèces sont connues : Homo sapiens idaltu , qui a vécu en Éthiopie vers – 160 000 ans, et Homo sapiens sapiens , l’homme de Cro-Magnon, c’est-à-dire nous. Ce dernier semble arriver en Europe au plus tôt vers – 43 000 ans, date approximative des éléments retrouvés dans les ­Balkans. Vers – 35 000 ans, on le retrouve en Périgord (premier site de description au lieu-dit Cro-Magnon , aux Eyzies, en 1868).

On pense qu’il cohabite et échange avec l’homme de Neandertal, tout en le repoussant progressivement – volontairement ou non – vers le Nord de la France (restes de Neandertal découverts à Arcy-sur-Cure, en Bourgogne) et le Sud de l’Espagne au-delà du fleuve Tage (site de Zafarraya). C’est vraisemblablement là que l’homme de Neandertal s’est éteint il y a 30 000 ans, peut-être victime du climat et d’une fécondité plus faible. AuMésolithique (période intermédiaire entre Paléolithique et Néolithique, de – 10 000 à – 6 000 ans environ), le climat évolue, devenant comparable à celui que nous connaissons aujourd’hui. Plus tard, vers – 6 000 ans, une nouvelle vague de peuplement arrive du Proche-Orient : ce sont les pasteurs et les agriculteurs du Néolithique , qui remplacent progressivement les derniers chasseurs-cueilleurs (voir les quelques objets au musée du Périgord à Périgueux ). Les sociétés se développent, se hiérarchisent, se sédentarisent, édifiant sur place menhirs et dolmens ; vers – 3 000, c’est l’ âge des métaux , puis le début de l’histoire…

Pourquoi le Périgord-Quercy

Pourquoi les hommes, arrivés du Moyen-Orient et d’Afrique se sont-ils installés au bord des rivières du Sud-Ouest de la France Pas pour le climat, mais parce que le gel de l’eau infiltrée dans les falaises calcaires avait élargi d’innombrables failles en abris. Des grottes surtout, sous le surplomb desquelles nos ancêtres furent à couvert des intempéries et réchauffés par le rayonnement nocturne de la roche. L’homme n’a jamais habité à l’intérieur des cavernes, trop frais, humide et sombre, mais bien toujours à l’entrée, et de façon temporaire : il n’était ni cavernicole ni sédentaire ! De là, les premiers Périgourdins-­Quercynois allaient cueillir baies et fruits dans des forêts alors très denses, chasser les ruminants et le gibier en migration sur les plaines alluviales et les pelouses calcaires, et boire dans les rivières.

Les cultures de l’homme préhistorique

220px-Schmerling_Caves02Neandertal, puis Cro-Magnon ont littéralement « vécu sur la bête », en particulier sur le renne dont les troupeaux étaient considérables en cette époque où le climat oscillait entre tempéré froid et glacial. Cette variation cyclique s’est traduite par des modifications des écosystèmes. Steppe, taïga et toundra, accueillant mammouths, rhinocéros laineux, aurochs, cerfs géants et rennes, se sont succédé en Périgord-Quercy durant tout le quaternaire. L’outillage nécessaire à la capture des proies évolua et, avec lui, les techniques de transformation de la pierre puis des os, des peaux et des matières végétales. De façon générale, l’évolution s’est faite dans le sens de l’économie de la matière première, les sites à bons silex étant rares (l’un des plus riches se trouve près de Bergerac). ­Comment En affinant sans cesse la taille et en utilisant des supports plus petits, des éclats plutôt que des rognons de silex, par exemple. Moteur du développement humain, l’industrie des outils a été une véritable culture. Elle a connu des évolutions majeures, des étapes à dénommées « cultures » ou « industries » et décrites grâce à ce que la préhistoire nous a laissé comme vestiges après tant de millénaires : des silex taillés en bifaces, des outils d’os et des grottes ornées de peintures, de gravures ou de sculptures.

Du galet à la pointe fine

Premiers temps

On divise le Paléolithique en plusieurs périodes dites archaïque (ou « très ancien Paléolithique »), ancien, moyen et supérieur.

Paléolithique archaïque – Il correspond aux premiers temps de l’évolution humaine, de – 4 à – 1,5 million d’années ; il est essentiellement africain. Nos prédécesseurs utilisaient alors de simples cailloux qu’ils travaillaient à peine ( peeble tool culture , ou culture des galets aménagés ).

Paléolithique ancien – De – 1,7 million d’années à – 500 000 ans, il est possible de distinguer l’acheuléen , avec production de bifaces, et le tayacien , avec une industrie – propre au Périgord-Quercy – travaillant sur éclats et sans bifaces (site de La Micoque). Ensuite, les bifaces prennent des formes plus variées, donnant naissance au micoquien , subdivision locale de l’acheuléen nommée à partir du site où elle a été décrite.

Paléolithique moyen – Cet âge, de – 500 000 à – 40 000 ans environ, est caractérisé par l’apparition de la technique de débitage Levallois , une méthode très ingénieuse pour obtenir de bons outils bien calibrés. Cette période porte le nom de moustérien , c’est en effet celle du site du Moustier, où il a été décrit pour la première fois. Les outils sont façonnés avec moins de matière, ils sont réalisés à partir d’éclats, les bifaces gagnent en finesse.

On rencontre la culture moustérienne en Périgord, sur les sites du Moustier, de La Ferrassie et du Regourdou. Elle fut pratiquée surtout par l’homme de Neandertal, mais aussi par l’homme moderne.

Paléolithique supérieur : deux cultures cohabitent – Aux alentours de – 40 000 ans, deux humanités cohabitent encore en Périgord et Quercy. Deux humanités, deux cultures. D’un côté, l’industrie du châtelperronien et l’homme de Neandertal (site de La Ferrassie). Aux outils typiquement moustériens s’ajoutent la taille de lames et de « couteaux », la fabrication de pointes, d’outils en os et les premiers bijoux. Cantonnées à la France et au Nord de l’Espagne, les techniques du châtelperronien disparaissent de ces régions avec l’homme de Neandertal, vers – 30 000 ans. De l’autre côté, l’homme moderne, de type ­ aurignacien , avec une culture que l’on retrouve dans toute l’Europe depuis – 36 000 ans. L’outillage, d’une haute finesse, est fait de grandes lames, parfois « étranglées », et de pointes de sagaies en os ( abri Pataud ). La parure est bien développée (perles, pendeloques), mais curieusement, alors qu’ailleurs l’art est très élaboré (Sud-Ouest de l’Allemagne, grotte Chauvet en Ardèche), il reste assez fruste dans ces régions : il est fait de gravures sur blocs, de cupules, de symboles féminins et animaux schématiques (abris Blanchard et Castanet , à Castel-Merle, et aussi au musée du Périgord à Périgueux, abri Cellier). L’aurignacien s’efface ensuite, en Périgord et en Quercy, devant le gravettien vers – 29 000 ans.

Gravettien : art pariétal et sculpture

Localement appelé périgordien supérieur, le gravettien se répand uniformément en Europe. En Périgord, il dure jusque vers – 22 000 ans. Les outils sont principalement des pointes à dos (tranchant d’un seul côté, l’autre côté permettant la prise en main), des pointes pédonculées (avec une ébauche de manche), ainsi que des burins de formes particulières (abri Pataud, La Ferrassie, Laugerie-Haute ). L’art se développe ( abri Labattut , Castel-Merle, abri du Poisson ), l’art sur paroi – pariétal – apparaît : c’est le début de l’ornementation des grottes deCougnac et Pech-Merle . Le gravettien est typique, notamment dans sa façon de représenter la femme, avec une forte poitrine, un ventre proéminent et des hanches généreuses (stéatopygie). Au début du 20 e s., on prenait ces « Vénus » pour des représentations réalistes. Aujourd’hui, on penche plutôt Histoire Naissance des arts en Dordogne dans Dordogne 220px-Solutrean_tools_22000_17000_Crot_du_Charnier_Solutre_Pouilly_Saone_et_Loire_Francepour des conventions stylistiques exprimant la fécondité.

Solutréen : la retouche par pression

Décrit à Solutré, en Saône-et-Loire, le solutréen est présent seulement en France, au Portugal et en Espagne. La période glaciaire est alors à son paroxysme (– 21 000 ans). Le travail de la pierre est de toute beauté, ayant acquis, grâce à la retouche par pression (au lieu de taper sur la pierre, on exerce une pression dessus pour détacher un éclat plus petit et plus fin), une très grande finesse : aiguilles à chas – invention de l’époque –, pointes à cran, feuilles de laurier (outils ayant la légèreté et la finesse d’une feuille de laurier) sont parmi les outils les plus caractéristiques. Outre sa finesse, cet art solutréen offre un mélange très intéressant de naturalisme et d’archaïsme : si les figures commencent à s’animer, l’ensemble reste massif et très stylisé (voir le bouquetin de l’abri Pataud et le bloc du Fourneau du Diable, exposé au musée national de ­Préhistoire des Eyzies). Selon le préhistorien Jean Clottes, les signes « aviformes », en forme d’accolades, datent aussi de cette époque (Cougnac et Pech-Merle). Sur ces sites, un nouveau thème figuratif apparaît, celui de « l’homme blessé », au corps percé de traits. Le solutréen se prolonge par la culture du badegoulien, avant de laisser la place au magdalénien, qu’il a pu influencer partiellement.

Magdalénien : mouvement, réalisme et perspectives

Étendu à toute l’Europe et débutant vers – 18 000 ans, le magdalénien (dont le nom vient du site de la Madeleine) se caractérise aussi par un réchauffement du climat ponctué d’épisodes plus froids. Il se divise en trois phases, en raison de la formidable explosion des formes d’art et d’outillage.

Magdalénien ancien – Il correspond à l’époque de Lascaux (vers – 17 000 ans), sanctuaire de cette culture. Bien qu’encore empreint de certaines conventions du solutréen (« perspective semi-­tordue » des encornures, représentées de trois quarts alors que l’animal est figuré de profil), le style montre des figures animées qui gambadent sur les parois avec une grande liberté d’expression. Un même thème, celui du « chasseur en difficulté », se retrouve tant à Lascaux qu’au Villars . Il semble que les premiers décors de la grotte de Font-de-Gaume remontent à cette époque.

L’outillage osseux se développe et se régionalise (différents types de sagaies par exemple). Les outils en silex prennent une forme triangulaire.

Magdalénien moyen – Entre – 16 000 et – 13 000 ans, on assiste à une sorte d’explosion de l’art en Périgord, dont on trouve de multiples traces à l’abri du Cap Blanc , l’abri Reverdit , à Castel-Merle, Bara-Bahau , St-Cirq-du-Bugue , ­ Bernifal , aux Combarelles , à Font-de-Gaume ou encore Rouffignac . Ces quatre derniers sites présentent un signe commun, en forme de maison, appelé tectiforme . Le style des figures est plus réaliste et la perspective des encornures (bois de cerfs, etc.) est respectée. Parallèlement, l’art mobilier sur objets en os, bois de cervidés et ivoire atteint une grande maîtrise ( Laugerie-Basse ).

Magdalénien supérieur – De – 13 000 à – 10 000 ans, cette période voit la fin de la phase glaciaire. Un nouvel outil ­apparaît alors : il s’agit du harpon . L’art a évolué vers un style ­hyperréaliste , presque « photographique », évolution très visible sur l’art mobilier ( La ­Madeleine , Laugerie-Basse, voir au musée national de Préhistoire des Eyzies) et dans l’art pariétal (grotte de la Mairie, à Teyjat , et peut-être certaines figures des ­Combarelles). Finalement, le magdalénien fait place au Mésolithique ; l’art change de forme, se fait plus schématique : c’est la culture de l’azilien.

Les pionniers de la recherche

Depuis la plus haute Antiquité, le mythe de « l’homme sauvage » accompagne la pensée occidentale. Il revient à Jacques Boucher de Perthes (1788-1868) d’avoir écorné ce mythe, en créant la préhistoire, science de l’étude de l’humanité et de son environnement avant l’invention de l’écriture.

L'Homme primitif de Paul Dardé et le Château de Tayac, abritant une partie du Musée national de Préhistoire.C’est surtout dans la région des Eyzies-de-Tayac que cette science se développe : à la suite des prospections d’Édouard Lartet et d’Henry Christy, à la fin du 19 e s., de nombreuses fouilles sont conduites dans cette région, notamment par les abbés Amédée et Jean Bouyssonie, Louis Capitan, Émile Cartailhac, l’abbé Lemozi et Denis Peyrony. Le docteur H. Martin (1864-1936) invente alors la taphonomie, l’étude des altérations des ossements après leur dépôt. Mais il faut attendre la découverte de la grotte de La Mouthe, en 1895, pour faire admettre l’existence de l’art pariétal. Les travaux de l’abbé Henri Breuil (1877-1961) mettront alors de l’ordre dans les classifications chrono-stratigraphiques et contribueront à faire connaître l’art paléolithique.

Découvertes modernes

Les préhistoriens ne recherchent plus aujourd’hui les belles pièces, mais à reconstituer des tranches de vie. Désormais, le moindre indice est traqué et analysé. Les nouvelles fouilles de l’abri Castanet ont ainsi permis de découvrir des centaines de fragments de perles en ivoire de mammouth. Grâce à la microscopie électronique à balayage et à l’expérimentation, le préhistorien américain, périgourdin d’adoption, ­Randall White est parvenu à en reconstituer la chaîne de fabrication. On parvient également à dater des échantillons de plus en plus petits : c’est la datation d’un simple bigorneau du collier associé aux squelettes de l’abri Cro-Magnon qui leur a donné un coup de jeune : on les pensait aurignaciens, ils sont gravettiens ! L’imagerie numérique, en particulier médicale, vient également au secours des préhistoriens : en scannant les ossements fossiles, il est possible désormais d’en étudier l’intérieur sans avoir à les découper, et de déterminer les processus de croissance, voire les pathologies. Le traitement d’images, employé par ­Norbert Aujoulat pour l’étude des peintures à Lascaux, a ressuscité les gestes des artistes. Nous savons de quels pinceaux ils se sont servis, combien de couches ils ont appliqué, quelles nuances de couleurs ils ont employées : la technique des peintres magdaléniens apparaît désormais aussi complexe que celle d’un Michel-Ange ou d’un Raphaël…

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