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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Principe amoureux ? Copper l’oe ou couper la tête de l’oie

Posté par francesca7 le 28 mai 2016

 
 
Dans les Poésies de Froissart figure le poème de la Cour de may, au sein duquel Amour enseigne à un jeune homme comment il doit se comporter avec les dames, et use de l’expression « avoir coppé l’oe », dont l’analyse révèle qu’il s’agirait d’un parallèle entre le fait d’avoir « déniché l’oiseau rare » et les célèbres jeux d’adresse déjà connus au Moyen Age et consistant à parvenir, avant tout autre, à couper la tête d’une oie…

Dans son édition des Poésies de Froissart, A. Scheler publie le poème de la Cour de May, Amour adressant les recommandations suivantes à un jeune homme :

D’en prier plusieurs garde t’en,
Ainçois a servir une enten,
Et croy qu’a dames abuser
Ou entendre a elles ruser
Pour contendre a les decevoir
Vault on moins, je di de ce voir,
Et communment il advient
Que le faulx a la faulsse vient :
Chascun cuide avoir coppé l’oe
Puis font l’un a l’autre la moe
En derrière, en veant de fait
Que chascun d’eux a bien pou fait
Et encore moins d’eür conquis.

Le sens de l’enseignement n’est pas douteux : il faut apporter à sa dame un cœur sincère et qui ne soit pas partagé entre plusieurs affections ; l’amant qui veut tromper celle qu’il courtise, en gardant un autre amour ou une autre intrigue, risque d’ailleurs de rencontrer une dame qui agira de même avec lui et ne lui donnera pas un amour sans partage ; chacun d’eux croira avoir fait merveille, en s’assurant un amour sincère au prix de son amour menteur, et tous deux seront dupés également.

 1

Si traduire « avoir coppé l’oe » par « avoir fait merveille » semble en accord avec le contexte, reste que cette traduction est bien abstraite et vague par rapport à l’expression originale si concrètement précise. Scheler écrit que l’expressioncopper l’oe, qu’il déclare proverbiale sans en signaler aucun autre exemple, « paraît signifier avoir les prémices en amour, être le premier amoureux ». A priori, il n’a pas entendu que oie, comme dans Les oies de frère Philippe, désigne la femme, et il ne semble pas avoir vu dans copper l’oe une métaphore, singulièrement déplaisante, pour « avoir les prémices d’une fille ». De toute manière, si l’on pouvait à la rigueur accepter le sens proposé par Scheler pour le « faux », le roué, qui s’imagine avoir affaire à une pure jeune fille, — en admettant qu’il s’agisse de jeunes filles, — comment attribuer à la dame « fausse » une erreur semblable ? Etre aimée uniquement, sans partage, cela ne veut pas dire être le premier amour d’un amant.

Dans avoir coppé l’oe, il n’y a sans doute pas la moindre allusion à l’amour, mais seulement l’idée que l’on a fait quelque chose de remarquable, de difficile, que l’on a fait un coup de maître, ou dans des styles divers, « déniché l’oiseau rare », ou bien « tapé dans le mille » ou encore « décroché la timbale », etc. À l’origine de l’expression, il doit y avoir quelque difficile jeu d’adresse où une oie, réellement ou par figure, jouait son rôle. On pourrait songer à un autre sens, ce lui de « être le maître, faire ses volontés, dominer » ; mais on ne comprendrait pas alors pourquoi le verbe serait au passé.

Ce pourrait être un jeu qui a été fort répandu dans le Nord et y est encore connu et qui, avec des variantes, a été joué dans les régions les plus diverses de la France et y a laissé des traces curieuses — jeux divers aboutissant à détacher la tête d’une oie ou d’un coq à Troyes au XVIIIe siècle, en Bretagne, en Auvergne, Béarn et Provence. Il a été sommairement expliqué par Littré, dans un passage de l’article oie : « Tirer l’oie se dit d’un jeu barbare qui consiste à attacher une oie par le cou et à y lancer des bâtons jusqu’à ce que le cou ait été rompu. » Et Littré cite un exemple emprunté à une comédie de Legrand, l’Usurier gentilhomme, où il est question d’un marinier qui va tirer l’oie.

Mais l’explication de Littré et le terme tirer ne s’accordent pas complètement avec la formule copper l’oe, car « rompre » n’est pas « couper ». Voici un texte plus net ; il a été imprimé par Espinas au tome IV de son ouvrage sur la Vie urbaine de Douai au Moyen Age : c’est une lettre de rémission accordée en 1393 par le duc de Bourgogne à un homme qui avait accidentellement tué un enfant :

« … Il et plusieurs autres, estant en la place que on dist au marchié des bestes en la dicte ville, s’estoient par esbatement accompaigniez pour geter deux oyseaulx de rivière, qui estoient penduz a un pel, pour deux gros que paier devoit chacun getteur a celui qui les oyseaux et pel avoit livrez, et quand le dit suppliant deubt geter a son tour, il deffubla son manteau et le bailla a garder [à un enfant] … et si comme le dit suppliant manioit une faucille qu’il cuidoit estre bonne et seure pour geter, en esmant son cop, le manche de bois lui demoura en la main et le fer yssi tout hors [et alla frapper l’enfant qui gardoit le manteau] … »

L’usage d’une faucille pour « geter » assure qu’il s’agit bien de couper le cou de l’oie, ou ici d’oiseaux de rivière, c’est-à-dire d’oiseaux ayant, comme l’oie, un cou assez long pour qu’on puisse l’attraper sans atteindre et abîmer le corps de l’oiseau comestible qui constitue le gain du vainqueur. Nous avons de plus dans ce texte l’indication importante du pel auquel sont pendus les oiseaux.

Pour le Moyen Age voici encore quelques mentions qui s’appliquent probablement au même jeu. Douai, vers 1230, ban de l’Échevinage : « On fait le ban que hom ki soit manans en ceste ville ne soit si hardi ki jete as auwes ne as anetes ne as borsetes ne a nule manière de tels giés. » Comme on le voit, l’oie pouvait être remplacée par le canard, autre oiseau à long·cou, ou même par une bourse pendue sans doute à un cordon assez long. Tournai, mars 1361, Registre aux bans : « qu’il ne soit personne aucune (…) qui d’ore en avant (…) jeueche as billes ne as oues. »

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Jean Molinet, Chroniques, ch. 274, parmi les jeux donnés aux noces du prince de Castille et de Marguerite d’Autriche (1497), outre une course de taureaux : « Une aultre manière de jeu, ou l’on tiroit de canne fut illec mis en train ». Jean Molinet, Chroniques, ch. 298 : « … Le connestable d’Espaigne (…) au partir, donna a pluseurs des gens, de monseigneur aucuns muletz, faisant a monseigneur bancquetz et mommeries de chasser les tors et de jouer aux cannes ».

Pour l’époque moderne, nous avons un témoignage très précieux dans uneEnquête du Musée de la Vie Wallonnefaite en 1924 à Saives-lez-Waremme et qui a pu enregistrer une partie de « jeterie à l’oie », sport jadis très répandu en Wallonie. Il y a eu des façons très diverses de jouer le jeu, c’est-à-dire de décapiter le malheureux animal suspendu vivant par la tête à une roue posée horizontalement (ce qui permet d’en installer plusieurs) ou à un pieu. Mais ce qui est intéressant à retenir dans l’enquête de Saives, c’est le nom et la nature de l’arme du joueur : c’est une barre métallique à section carrée et à arêtes tranchantes, faite pour couper le cou de la bête et non pour l’assommer, comme dans d’autres lieux où l’on se servait de bâtons, ainsi que le dit Littré ; cette arme qui « lancée avec force, (…) coupe net » s’appelle la sèle, et cette forme wallonne « répond, dit J. Haust, à l’ancien français seille « faucille » et se rattache à l’ancien haut allemand sichila (allemand moderne sichel « faucille ») ». Le jeu même s’appelledjèterèye ou taperèye, mais aussi sèlerèye, et l’on dit selî l’tièsse a l’awe « trancher la tête à l’oie », ce qui paraît correspondre exactement au copper l’oe de la Cour de may.

Ce jeu a été assez répandu pour donner naissance en wallon à un certain nombre d’expressions figurées que l’on trouvera dans le Dictionnaire liégeoisde Haut. L’une d’elles marque bien le caractère de compétition que présentait le jeu ; en effet, lorsqu’un joueur avait tranché le cou de l’oie ou du canard et par conséquent gagné la bête, il ne restait, au moins de cet enjeu, plus rien pour les autres joueurs : chacun à la vérité pouvait espérer réussir avant les autres, chaque joueur ayant droit à autant de « jeux », c’est-à-dire d’essais, qu’il verse de mises : « Chez les houilleurs de Seraing, dit Jean Haust, il existe une expression curieuse : djî lî a mètou l’awe « je lui ai mis l’oie » — « j’ai eu fini avant lui » ; vos n’sariz lî mète l’awe, il a todi faît pramir ».

C est ce caractère de jeu de compétition et non pas seulement de jeu d’adresse qu’on retrouve peut-être dans le vers : « Chascun cuide avoir coppé l’oe », entendez, « avoir gagné la partie » et aussi « avoir trompé l’autre ou du moins ses espérances ».

(D’après « Comptes-rendus des séances de l’Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres », paru en 1940)

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Habitudes parfois surprenantes des Grands écrivains

Posté par francesca7 le 16 mai 2016

 

 
 
De la vie d’un Balzac qui ne souffrait aucune exception à un rythme parfaitement réglé, à celle d’un Alexandre Dumas qui exigeait quelque constante agitation pour que s’exprime la fibre créatrice de l’artiste, l’existence des grands écrivains peut s’avérer être pétrie de singulières manies…

Balzac prétendait ne pouvoir bien travailler que le matin, et l’on va voir ce qu’il entendait par là ! L’auteur du LE PERE GLORIOT   se mettait au lit vers six ou sept heures du soir : il se levait à une heure du matin et travaillait jusqu’à huit.

Puis, il déjeunait copieusement, faisait un tour de promenade et se remettait à la besogne jusqu’à trois ou quatre heures de l’après-midi. Il prenait alors un bain, recevait quelques amis, dînait et se couchait. Il recommençait le lendemain ; cela dura quinze ans.

Un pareil système ne pouvait convenir à Alexandre Dumas père. Très nerveux, toujours en ébullition, il avait besoin de mouvement et exécrait — on le sait — l’existence réglée, où rien n’est laissé à l’imprévu. On raconte qu’un jour, ne pouvant mener à bien, dans le silence du cabinet, un roman qu’il avait en train, il s’embarqua dans une de ces lourdes diligences qui faisaient jadis le service entre Paris et le Havre. Pendant vingt heures il fut cahoté sur les pavés du chemin. Quand il arriva à destination son livre était composé de toutes pièces.

 

2

Alexandre Dumas père

 

D’autres fois, il demandait à la musique ses meilleurs inspirations : souvent il venait au Conservatoire, se griser de mélodie, et, chez lui, écrivait l’un de ces merveilleux chapitres que chacun connaît. Enfin, on se rappelle qu’il aimait à se balancer sur les flots bleus du golfe de Messine dans une simple barque de pêcheur, pour y chercher, comme en rêve, quelqu’une de ses gracieuses héroïnes.

Théophile Gautier avait, lui aussi, cent façons de travailler. Dans certains bureaux de rédaction, on se rappelle encore à la fin du XIXe siècle comment il composait ses articles. Ecrivant debout sur une table spéciale, il avait à sa droite un sac de bonbons et à sa gauche une botte de cigarettes, dans lesquels il puisait alternativement.

Puis, quand il sentait l’inspiration faiblir, il s’arrêtait, et, à la stupéfaction de ceux qui le connaissaient peu, s’approchait d’une petite pompe qui se trouvait dans un coin, et pendant quelques minutes pompait de toutes ses forces. Cela, disait-il, renouvelait l’oxygène de son sang et lui donnait des idées. Puis il se remettait à écrire.

Dickens et Walter Scott, comme Balzac, travaillaient à hure fixe et surtout le matin. « Entre six et sept heures, dit quelque part l’auteur d’Ivanhoé, la muse me visite ; c’est là, pour moi, le meilleur moment de la journée, l’heure claire où je vois nettement ce que je cherche souvent en vain en d’autres instants du jour. « Quand je le puis, je ne travaille que le matin et flâne en fumant l’après-midi. C’est si bon, un cigare, après quelques heures de besogne ! »

(D’après « Le Nouvelliste illustré », paru en 1898)

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Le guérisseur des fous : Martin Degimard

Posté par francesca7 le 14 mai 2016

 

 
 
Au début du XXe siècle, le hasard d’un déménagement exhuma de sous un monceau de papiers à trier appartenant aux Archives départementales du Cantal un cahier de 18 pages in-folio, où se suivent, dans un ordre à peu près chronologique, de 1761 à 1781, 31 copies de lettres, annonces, certificats, attestations, tous documents à la gloire de Martin Degimard, docteur en médecine de Bort, inventeur d’un merveilleux spécifique contre la folie et les aliénations de l’esprit

imagesSur Martin Degimard, les renseignements que nous possédons se réduisent à bien peu de chose. Il fit ses études et obtint le titre de docteur à la célèbre Faculté de Médecine de Montpellier et, natif de Bort, il se fixa dans sa ville natale. Une pièce de procédure nous montre que la renommée que lui acquit sa découverte permit à Martin Degimard, quoique appartenant à une famille bourgeoise, de s’allier à la famille noble de Quinson. Nous devons donc nous borner à présenter une simple publication de textes.

Quoique à l’état de copies, l’authenticité de ces documents paraît hors de cause. Le dossier est, en effet, terminé par des attestations de Bernard Chasteau, « avocat en Parlement, bailli, juge civil, criminel et de police de la présente ville de Bort » et de Charles-Antoine Guirbail, bailli pour le duc de Castries, dans ses terres de Granges et Tauves, qui certifient que lesdites « copies de lettres missives et certificats ont été extraites mot à mot sur les originaux représentés par le sieur Martin Degimard et que foy doit y estre ajoutée ».

La première pièce est une lettre d’envoi, signée de la marquise de Salvert de Montrognon, « de l’approbation de Messieurs les quatre premiers médecins de la Cour, pour un malade de la première distinction, affecté de plusieurs maladies sérieuses, sans aliénation d’esprit » : « Voilà, Monsieur, la consultation que j’ai fait faire ; elle est de tout ce qu’il y a de plus habile dans le royaume, puisque c’est de Monsieur de Sénac, premier médecin du Roy, de M. de Lanove, médecin de la Reine, de M. de Bouillac, médecin de Madame la Dauphine, et rédigée par M. Petit, médecin de Monseigneur le duc d’Orléans. Vous voyez que votre conduite a été approuvée, il n’y a plus qu’à continuer de même. Je vous scay gré de votre zèle pour nos intérêts ; continuez, je vous en prie, et recommandez aussi l’ordre dans la maison si vous le pouvez. Donnez-moi de temps en temps des nouvelles du malade : vous voyez que je lui rends le bien pour le mal ; je pratique une religion qui me l’ordonne. Ma santé n’est pas bonne depuis longtemps. J’ai l’honneur d’être, Monsieur, plus que personne, votre très humble et très obéissante servante. Signé : LA MARQUISE DE SALVERT DE MONTROGNON. De Paris, le 12 novembre 1761 ». Et, au-dessus, est écrit à M. Martin Degimard, docteur en médecine, à Bort.

 

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Un aliéné

 

Le nom de la marquise de Salvert, célèbre dans la chronique galante de l’époque, vaut qu’on s’y arrête un moment. Jeanne-Marie de Méallet de Farges avait épousé en 1738 Guillaume de Salvert de Montrognon, seigneur de la Rodde, de Marse, lieutenant-général des armées du roi. Tous deux offrirent un parfait exemple de ces ménages si fréquents au XVIIIe siècle. Le marquis fut interdit et même enfermé pour dettes en 1748. Quant à sa femme, sa liaison avec son cousin germain, le baron de Lavaur, dura plus de trente ans, et ne cessa qu’à la mort du baron, en 1773. Cette belle et constante passion n’était, d’ailleurs, rien moins que désintéressée ; la marquise de Salvert sut profiter de l’état de décrépitude intellectuelle de son amant pour lui arracher in extremis un testament qui la faisait son héritière universelle au détriment des propres neveux du baron de Lavaur, les enfants de La Ronade. Ceux-ci attaquèrent le testament, et un procès en captation d’héritage se plaida en Parlement.

Quel était ce personnage « de la première distinction », à qui la marquise de Salvert déclarait rendre le bien pour le mal ? Peut-être le marquis de Salvert lui-même. La lettre est, en effet, du 12 novembre 1761, et nous savons que le marquis mourut en 1762. Le ton de cette lettre confirmerait d’ailleurs notre opinion. Comme bon nombre de personnes dont la conduite n’est pas à l’abri de toute critique, la marquise savait employer les mots de devoir et de religion, qui vont si bien dans la bouche des victimes innocentes et des épouses irréprochables. Cette première lettre, on le voit, ne fait pas mention du remède contre la folie inventé par Martin Degimard ; il y est même dit que le malade « de la première distinction » n’est pas atteint « d’aliénation d’esprit ». Au contraire, la seconde lettre de notre dossier, postérieure à la première de près de huit ans, parle précisément du fameux remède. Il semble bien que l’on en puisse placer la découverte durant ces huit années, de 1761 à 1769, et cette présomption devient fort vraisemblable, si l’on se rapporte aux termes mêmes de l’annonce du spécifique que nous citons plus loin. Cette annonce, du 8 août 1771, dit, entre autres choses, qu’après avoir guéri en 1761 diverses personnes « attaquées de maladies très sérieuses sans aliénation d’esprit », le sieur Degimard a fait « depuis quelque temps la découverte d’un spécifique, etc. ».

Le 6 mai 1769, Turgot, alors intendant de la province du Limousin, écrivait à M. Chasteau, subdélégué à Bort : « Je vous envoye, Monsieur, la copie d’un mémoire qui m’a été remis, par lequel on annonce que le sr Martin Degimard, docteur en médecine, demeurant à Bort, a un remède spécifique pour le traitement et la guérison des maladies de la folie, des vapeurs et la consomption. Je vous serai obligé de me mander s’il est vray que le sieur Martin Degimard demeure à Bort, et quel degré de confiance vous pensez qu’on puisse avoir dans ses traitemens. J’ai l’honneur d’être… Signé : TURGOT. La réponse du subdélégué sur la réalité de ces guérisons dut confirmer les termes du mémoire dont parlait Turgot, à en juger par les lettres et certificats qui, depuis lors, ne cessèrent d’arriver à Bort, non seulement de tous les points de la France, mais aussi de l’étranger.

C’est ainsi que Me Jean Ternat, prieur et curé de Salins, Pierre Bruny, marchand, Jean Delpeux, Gérard Mauria, Pierre Griffol, Dussol, licencié en droit, et Forestier, chirurgien juré, « tous notables habitans » du village de Fageoles, attestent « que le nominé Jacques Dauzet, fils à Guillaume, laboureur, habitant dudit village, attaqué depuis treize ans de folie héréditaire, a été guéri par le sieur Martin Degimard qui a employé à sa guérison le remède spécifique de sa composition, lequel a été administré par le sr Antoine Forestier, chirurgien du bourg de Saignes, à qui ledit sieur Martin avait donné sa confiance… A Salins, le 14 janvier 1770 ».

De même, un certificat de Jean Dominique de Monclard, chevalier, seigneur et baron de Monclard, Montbrun et Longuevergne, Georges Lescurier, bourgeois, seigneur de Fournols, François Lescurier, seigneur des Peyrières, Antoine Faucher, notaire royal, Jacques Lapeyre, Paul Lapeyre, marchands, et Pierre Delsuc, déclare que Martin Degimard a « traitté, guéry et rendu bien tranquille, sans aucune aliénation d’esprit, le sieur Jacques Robert, marchand, habitant du bourg d’Anglards attaqué depuis environ treize ans d’une folie héréditaire… Le 29 juillet 1770 ».

Enfin, un M. Bérenger, habitant à « Mongiens » en Piémont, annonçait en ces termes l’amélioration de l’état de son frère, le 27 mars 1770 : « Monsieur, mon frère me charge de mettre de l’argent au courrier pour avoir encore vingt-six prises de votre remède spécifique ; vous recevrez en conséquence soixante-dix-huit livres. Au reste, l’effet de votre remède s’est manifesté depuis quelque temps ; il y a mieux dans l’état de mon frère, aussi se flatte-t-il qu’il achèvera de lui rendre cette tranquillité d’esprit dont il jouissait avant sa cruelle maladie. J’ai l’honneur… ». Le même confirmait, le 3 avril 1773, les heureux effets du remède : « Le courrier qui vous porte celle-cy vous remettra soixante livres pour avoir encore de vos pilules ; je vous prie de m’en expédier quelques-unes courier par courier, en cas que vous n’en ayez pas le nombre complet. Votre spécifique mérite assurément toutes sortes d’éloges, puisque mon frère n’éprouve de soulagement que dans l’usage de celui-là seul, aussi en a-t-il un besoin pressant. Nous nous proposons de le lui faire continuer toute la vie s’il le faut, espérant que vous voudrez bien faire quelque léger sacrifice, veû que c’est une des bonnes pratiques que vous ayez ».

Citons aussi cette lettre, de M. Auzier de Laplaux, notaire royal dans la vallée d’Oust en Couserans (Ariège), annonçant la complète guérison de son fils et datée du 17 février 1781. Elle donne sur le cours de la maladie et de la guérison des détails assez minutieux qui ne sont pas sans intérêt. « Vers le commencement d’octobre, j’eus l’honneur de vous écrire l’état de mon fils qui se trouvait alors pour la seconde fois dans une espèce d’assoupissement léthargique qui lui dura exactement quinze jours, au bout desquels il commença à donner quelque signe de vie en répondant par monosyllabes, et prenant lui-même le bouillon, pale, maigre et deffait. Il se leva insensiblement de son lit, et recouvra peu à peu ses forces, se contentant de répondre par ouy ou par non, ne sortant jamais de sa maison et se cachant avec soin lorsque nos amis venaient le voir. Ce ne fut qu’aux fêtes de la Noel que je pus obtenir de luy de sortir ; il commença pour lors de parler, il fit ses visites, et depuis, il se produit au dehors et se comporte toujours avec discrétion, raison et prudence. Il a beaucoup engraissé et je l’occupe parfois à l’écriture ; souvent il dort toute la nuit, et jamais plus il n’avait été si tranquille qu’il l’est à présent. J’ai donc lieu de le croire parfaitement guéri ».

Il ne faut pas croire que Martin Degimard reçut seulement de bonnes paroles et des remerciements, voire même des demandes de « quelque léger sacrifice ». La reconnaissance de ceux qu’il avait guéris se manifestait par des marques plus solides. Par acte du 14 janvier 1770, passé à Mauriac par devant notaire, Guillaume Dauzet, père de Jacques Dauzet, dont nous avons vu le prieur de Salins attester la guérison, lui faisait don d’une somme de 600 livres, « avec convention expresse dudit sieur Martin Degimard, qu’au cas que cette maladie reprendroit ledit Jacques Dauzet pendant un an à compter de ce jour, il promet et s’oblige de lui faire les remèdes nécessaires et convenables pour lui remettre la tranquillité dans sa maladie, le tout aux fraix et dépens dudit sieur Martin, à la charge néantmoins d’être nourry, et son cheval, lorsqu’il sera obligé de faire des voyages audit village de Fageoles ».

 

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Turgot

 

Voici encore une « Lettre de Cette en Languedoc, petite ville et port de mer, pour un jeune homme attaqué depuis dix-huit ans de manie et traité par Messieurs les Professeurs de Montpellier, de Paris et autres médecins célèbres, que le sr Martin a guéry sans le voir et dont le père a fait une pension audit sieur Martin Degimard de la somme de 600 livres » : « De Cette, le 3 mars 1776. Monsieur, j’ai bien reçu les cent pilulles que vous m’avez fait passer par l’honneur de votre lettre du douze de ce mois, et le malade est charmé de votre nouvelle assurance d’une parfaite guérison ; il suivra exactement le régime que vous lui avez prescrit,et prendra son caffé tous les matins à la barbe des Esculapes. Il est trop persuadé de vos lumières, de votre conscience, bonne foy et talens, malgré la modestie qui règne dans toutes vos lettres, pour ne pas renoncer aux ordonnances de ceux qui se croient médecins de la première classe. Les bons effets qu’il éprouve de votre remède sont infiniment plus convaincants que tous les argumens frivoles de ces messieurs qui méritent à juste titre le nom de charlatans, puisqu’ils ne sont capables de rien produire de bon.

« Le malade s’inquiette seulement de l’opiniâtreté de sa maladie. Comme il a passé quelques jours sans votre remède, sa provision ayant finy, il a eu un petit retour de souffrance et vous suplie de ne pas lui laisser manquer de remèdes. Vous sçavez qu’il lui en faut tous les vingt-cinq à trente jours cent prises ; de grâce, ne mettez que trente jours d’un envoy à l’autre. Les dartres ont entièrement disparu depuis quinze jours ; il y a plus de dix-huit ans qu’il est attaqué. Pour la première fois, il ne faira plus usage d’aucune préparation d’opium, puisque vous le deffendez comme favorisant le délire et l’aliénation. J’ai l’honneur d’être sans réserve… Signé Charles, Frédéric, Ferbert. Permettez, s’il vous plaît, pour éviter la peine d’affranchir chaque fois les lettres, je vous envoye vingt-quatre livres pour vous dédommager des ports ».

Ces guérisons avaient attiré l’attention de l’intendant de la province ; et, en 1771, Martin Degimard, ayant été nommé collecteur d’impôts, obtint, « en considération des services qu’il rend journellement à un grand nombre de malades de la campagne », d’être déchargé de cette absorbante et parfois onéreuse fonction. « Madame, écrivait, le 12 août, Turgot à la baronne de Murat, j’ai reçu, avec la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, la requette par laquelle le sieur Martin Degimard, médecin à Bort, demande la décharge de la collecte à laquelle il a été nommé. Je me ferai, Madame, représenter sa requette au département prochain et je lui rendray avec plaisir la justice qui lui sera due ».

La « sensibilité » de Turgot, comme on disait au XVIIIe siècle, l’inclinait à se préoccuper du parti à tirer de la découverte du médecin de Bort pour la guérison ou le soulagement des aliénés de l’hôpital de Limoges. Il ajoutait : « Comme il paroit que ce médecin a le secret d’un remède qu’il a employé avec succès à la guérison des personnes qui ont l’esprit aliéné, je serais fort aise qu’il en fît l’essai sous mes yeux, et, s’il vouloit se rendre à Limoges, je le chargerais volontiers du traitement de quelques malheureux qui sont renfermés à la maison de force pour cause de folie. Je vous serai obligé, Madame, de le lui proposer. Je suis, avec respect… ».

L’offre fut acceptée, car, le 17 août 1772, Turgot s’informait, auprès de Degimard lui-même, des dépenses qu’entraîneraient le séjour du guérisseur et la cure des malades. « Je consens volontiers, Monsieur, que vous fassiez sous mes yeux l’essai de votre remède sur les particuliers attaqués de démence qui sont renfermés dans la maison de force établie en cette ville, mais je vous serai obligé de me mander, avant vous rendre ici, quel est, non seulement le traitement que vous demandez, mais encore l’objet de la dépense qu’il y a lieu de faire pour la cure de chaque particulier. Je suis… »

Les conditions proposées par Degimard, à savoir « cent livres pour la guérison de chaque particulier » plus sa pension, furent agréées, et Turgot lui donna rendez-vous à Limoges pour la fin d’octobre 1772. Mais un contretemps inattendu empêcha au dernier moment la réalisation de ce projet. Le 12 octobre, Turgot envoyait à Degimard ce court billet : « Je viens, Monsieur, de recevoir une lettre de la Cour, par laquelle on me marque de me rendre incessamment à Paris, ce qui dérange entièrement notre projet. Il faudra, en conséquence, remettre au printemps prochain le traitement que nous avions proposé, ou, du moins, à mon retour de Paris ». Cette lettre est suivie de ces mots : « Pour lors, Monsieur Turgot entre au ministère ; en conséquence, le sr Martin ne fut pas mandé ». Il y a là une erreur. Ce n’est, en effet, que deux ans plus tard, le 20 juillet 1774, que Turgot prit possession du ministère de la Marine. Ne possédant aucun document susceptible d’apporter un élément de contrôle ou de comparaison, nous ne pouvons que signaler cette erreur, imputable très probablement à l’inattention du copiste, sans pouvoir préciser si elle porte sur le commentaire dudit copiste ou sur la date même des lettres.

Quoi qu’il en soit, le projet de Turgot ne fut pas repris et Degimard ne put procéder à une cure « officielle ». Son spécifique n’en continua pas moins à faire merveille, à en juger par les remerciements et les certificats dont la transcription deviendrait monotone et que nous nous bornons à résumer. Dom Palis, bénédictin à Saint-Pè, près de Tarbes en Bigorre, après avoir pris douze pilules purgatives ou de longue vie qui l’ont bien purgé et quarante pilules raisonnables « éprouve une différence considérable dans tout son être, n’ayant plus cette tension dans les nerfs ; les idées ne sont plus confuses et ne causent plus de suffocation, ni ces tiraillements énormes, ces mouvements convulsifs involontaires et ces tremblements de tous les membres » (Lettre du 12 décembre 1772). M. Alberty, docteur piémontais, médecin de la marquise de Ricei, à Nice, certifie que l’oncle de celle-ci a éprouvé, après les premières pilules, « un soulagement marqué, n’ayant plus ces mouvements convulsifs que, depuis longtemps, il soufroit aux yeux » (Lettre du 4 janvier 1774).

 

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L’Aliéné. Peinture de Théodore Géricault

 

D’une lettre du docteur Audibert, chirurgien de la marquise de Gantes au Puget-lès-Fréjus en Provence, nous extrayons ce curieux passage : « Il seroit bien temps que je vous donne des nouvelles de notre malade, qu’un excès de dévotion avoit jeté dans des accès de manie singulière… Le soir même de la réception de vos remèdes jusqu’à la fin d’iceux, nous eûmes la satisfaction de voir que notre aimable dolente avançoit journellement vers la santé par degrés bien marqués, de façon que vers la my-novembre, elle eut recouvré la santé et la raison… Grâce à vos remèdes, elle jouit aujourd’hui de la plus parfaite santé, pratiquant ses exercices de dévotion sans donner dans aucun excès… »

L’abbé Faugières, vicaire de la ville de Sarlat, le sieur François Chaussade, natif de Chamblat, paroisse de Trizac et le sieur Jean Brugières, ancien vicaire de Giat en Auvergne, retrouvèrent également la santé et le calme de l’esprit. Le sieur Chaussade « fut fait prêtre sur la parole dudit sieur Martin Degimard après sa guérison d’une manie extravagante héréditaire… ; depuis ce temps-là, il a été vicaire à Orcines, près le Puy-de-Dôme, et est actuellement vicaire en Bourbonnois ». Quant à Jean Brugières, « attaqué de manie violente extravagante et se croyant possédé par trois démons qu’il avait, selon lui, dans l’estomach depuis un an, a resté deux mois en pension chez ledit sieur Martin Degimard et a célébré pendant seize jours la messe… Il est parti sur la fin de novembre, bien tranquille, et a été six mois vicaire à Saint-Sauves, sa paroisse, où il est actuellement communaliste et fait bien ses fonctions depuis sa guérison, sans aucune récidive ».

Les Capucins « missionnaires au fond de la Syrie, sur le déclin du Mont Liban », expérimentèrent sur les indigènes l’efficacité du traitement. Le 10 juillet 1781, leur correspondant à Marseille écrivait à Degimard : « Les RR. PP. Capucins me témoignent toute la satisfaction possible des bons effets que votre remède a déjà produit dans ce pays-là ».

Il est une lettre qui mérite une mention particulière. Il y est question d’un prince que l’on ne savait pas, croyons-nous, avoir donné des craintes pour sa raison et dans l’entourage duquel on avait fait, avec succès, usage des pilules « raisonnables » du médecin de Bort. Le nom de ce prince, d’abord écrit, a été raturé, mais non si parfaitement que l’on ne puisse voir qu’il s’agit du duc de Penthièvre : « Lettre adressée au sr Martin Degimard de la part de Son Altesse sérénissime, Monseigneur le duc de [Penthièvre]. Au château de la Brugière, le 20 juillet 1770. Monsieur, vos pilulles raisonnables ont fait de si bons effets, que Monseigneur le duc de [Penthièvre] m’a chargé de vous demander un imprimé que vous donnez en envoyant vos pilulles, pour voir si le régime que vous ordonnez peut se faire sans beaucoup de peine. Comme la santé de ce prince m’est chère, je le porterai à faire usage de votre remède, s’il peut lui être salutaire. Je vous prie de vouloir bien remettre à mon envoyé cet imprimé ; vous obligerez celui qui a l’honneur d’être… Signé : Du [Hautier], capitaine au régiment de [Penthièvre] dragons ».

Sur la composition du remède lui-même, rien dans toutes ces lettres ne nous donne aucune indication. Nous ne pouvons qu’en constater les effets extraordinaires, et, pour le reste, nous devons nous en tenir aux termes assez vagues – ainsi qu’il convient – de l’annonce insérée dans le Courrier de Monaco du 8 août 1771, et la Gazette de France de La Haye du 17 septembre 1772. Nous n’y trouvons qu’une chose précise, c’est que Degimard n’était pas partisan du traitement par l’eau froide, bien inférieur du reste comme efficacité à ses pilules :

« Le sieur Martin Degimard, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, résidant à Bort, ville du Limouzin, par une longue expérience et une pratique solide qui lui ont mérité la confiance du public, et, en 1761, l’approbation de MM. les quatre premiers médecins de la Cour, pour la guérison de plusieurs personnes de la première distinction, et nombre d’autres attaquées de maladies très sérieuses sans aliénation, a fait depuis quelque temps la découverte d’un spécifique assuré contre la manie, la folie, la stupidité, la mélancolie, les vapeurs, la consomption, les convulsions, coliques, vomissements, migraines, diarrhées, dysenteries, aliénation d’esprit et toutes les maladies du genre nerveux. Il peut produire les certificats de guérison de plusieurs maniaques furieux, que l’honneur des familles l’empêche de rendre publics, dont les deux derniers, attaqués de folie héréditaire, ont été guéris l’année dernière en très peu de temps.

« Ce remède prodigieux, annoncé dans le Mercure de France et cette Gazette, lui a procuré des lettres d’Allemagne, du Piémont et autres royaumes de l’Europe, comme des principales villes de France, avec mille applaudissements. Son remède est aisé à prendre et opère en toute saison, ne donne aucun dégoût, ne fait aucun effet violent, et le régime en est doux, n’excluant que le salé et les liqueurs spiritueuses. Il s’envoie dans une lettre, et le sieur Martin Degimard ne demande de l’argent à ceux qui se rendent chez lui qu’après la guérison, et offre de le rembourser à ceux qui lui prouveront le mauvais effet de son remède, pourvu qu’on le prenne en suffisante quantité et avec les précautions qu’il indique en l’envoyant. Il n’use point de bains froids, dont il connaît les effets pernicieux. On trouve auprès de lui toute sorte de satisfactions ; il travaille à d’autres remèdes utiles au public. Le prix de ses consultations est de six livres, franc de port avec la lettre, si l’on veut une réponse. Son remède purifie aussi le sang et arrête l’effet des poisons. Le prix est de trente sols pour les riches et vingt sols pour les pauvres. Son adresse est à Bort, en Limouzin, par Paris et Clermont en Auvergne ». Les mots en italiques ne se trouvent que dans l’annonce deLa Gazette de France, postérieure d’un an à celle du Courrier de Monaco.

(D’après « Revue de la Haute-Auvergne » paru en 1904)

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Kalimantan exposition

Posté par francesca7 le 14 mai 2016

 

« La peur, l’accueil, le passage »

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Peut-être parce que les routes de notre pays, routes d’expansion ou de découverte, ne sont pas passées par ce que, longtemps, on a appelé Insulinde, cet archipel fiévreux qui va de la Malaisie aux Philippines en incluant l’arc indonésien, l’art des communautés ethniques de l’île de Bornéo reste en France l’un des plus mal connus des arts premiers. 

Hormis le cercle assez étroit de collectionneurs, de voyageurs, ou d’ethnologues dont les recherches et les travaux sont de diffusion très restreinte encore qu’ils aient beaucoup contribué à un déchiffrage des données, (historiques, géographiques, ethnologiques, etc … ) la familiarité des arts de l’île est encore superficielle. 

Dans de nombreux catalogues d’exposition ou de ventes publiques où des oeuvres, parfois importantes sont présentées, les attributions restent sommaires. On parle d’art «Dayak», ce qui signifie «les gens de l’intérieur» ou les « insulaires » et qui équivaut à peu près à l’appellation «d’art nègre», couramment utilisée dans les premières décennies de ce siècle pour qualifier l’art des différentes ethnies africaines.

 

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Bornéo est moins grande que l’Afrique, c’est certain.
Environ une fois et demie le territoire de la France. 

Mais la mosaïque des communautés y est extrêmement compliquée. On compte six grands groupes de Dayaks comportant des groupes principaux et des ethnies satellites ou apparentées, et pas moins de 200 tribus ou communautés distinctes, chacun ayant, par rapport à un «adat», (ensemble de traditions) des différences rituelles considérables, des dialectes, des modes de vie liés à des environnements différents, et, bien sûr, des styles d’expression complètement distincts, en dépit de thématiques communes. 

Cette connaissance, assez succincte, des arts de Bornéo - rituels ou usuels – n’est d’ailleurs pas que française. Les différents chercheurs ou amateurs qui ont travaillé sur ces thèmes restent, dans la plupart des cas, extrêmement réservés sur l’appartenance des objets (statues ou masques, par exemple) leur fonction d’utilisation au cours des cérémonies rituelles, le lieu où ils ont été collectés. 

Tout ici contribue à entretenir le flou, parfois même le mystère. Aussi bien la géographie que le découpage politique de l’île (le Nord en deux provinces, le Sabbah et le Sarawak, appartient à la Malaisie avec, en son centre l’enclave indépendante de l’Emirat de Brunei, le Sud, qui représenteles deux tiers des 740 000 km carrés de l’île étant indonésien et s’appelant Kalimantan). 

Parviendra-t-on dans l’avenir à affiner nos connaissances, à amener celles-ci au niveau où nous sommes parvenus avec l’art africain? 
Rien -n’est moins sûr. Bornéo, dans sa partie malaiseen tout cas est, comme de nombreux pays du Sud-Estasiatique, en train de sauter sans filet, de l’âge du bronze à l’espace Internet et les anciens dayaks ne sont pas d’une grande loquacité lorsqu’on évoque leurs rites, ce qui peut se comprendre. 

Les «coupeurs de têtes» n’ont arrêté leurschasses que depuis cinquante ans, c’est dire que les souvenirs en sont très proches. De plus le fond animiste reste vivant et fort, comme partout en Asie, ce que l’on sous-estime. Les conversions aux grands courants religieux, qu’ils soient aussi bien chrétiens que bouddhiste ou surtout islamiste, restent traversées de réminiscences rituelles, de superstitions, de codes ancestraux. 
De la Thaïlande aux Philippines, l’univers reste peuplé d’esprits qui assistent les Dieux. 

Et c’est à ces « esprits » que nous devons tant de richesses. 

Henry Lhong Henry Lonhg

Les textes (Henry Lhong), et les photos (Patrick Riou), de cette étude ont été publiés à l’occasion d’une exposition La peur, l’accueil, le passage, réalisée par Didier Pignon.

Cette exposition s’est tenue du 18 Février au 19 Avril 1997 au Centre Culturel Aerospatiale Toulouse. 

SOURCE : http://www.espritsnomades.com/artsplastiques/artspremiers.html

 

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Le moi supérieur des Français

Posté par francesca7 le 9 mai 2016

 

imagesIl est important de comprendre que la vie c’est l’autre, qu’on ne peut vivre dans le dédain d’autrui, que seul le partage et l’entraide permet de construire un monde en paix. Sans totalement délaisser le Moi, la personne va commencer à le faire changer, en Moi supérieur, en une individualité évoluée, qui garde sa distinction en tant que personne, en tant qu’humain, en tant qu’âme, mais comprend que nous faisons partie d’une même famille. L’identité se crée sans trop se cristalliser autour de l’humanité unie et indivisible. Le Moi supérieur est un ego social, ouvert, épanoui dans son contact avec les autres. Il possède plus de ponts que de remparts (bien qu’il en ait encore sur d’autres plans). Même s’il subsiste encore des « moi je », ils tendent le plus souvent vers des « nous sommes ». La personne conserve une identité en tant que personne, mais aussi et surtout elle a une identité globale autour d’un concept fédérateur, universel. Cela peut être celui d’une même humanité, comme de l’unité spirituelle du monde, d’un seul Dieu d’amour et non des religions qui divisent mais des concepts qui rassemblent. C’est bien de cela qu’il est question, c’est bien de cela dont cette bonne vieille humanité a besoin, de faire un saut quantique vers le Moi supérieur en attendant mieux, vers l’émergence d’une identité commune, unificatrice autant sur le plan social que spirituel.

La situation est brûlante, prenons conscience déjà en nous de nos limites, de cette faculté du mental/ego a fragmenter la vie en : « c’est ma femme, ma voiture, mon Dieu, ma bière, ma marque de capotes » ou d’autres perceptions plus sournoises, qui sous des airs civilisés, cachent une bestialité sans nom. Je fais allusion à tous les bien-pensants et moralisateurs de tout poil, qu’ils soient religieux ou politiques et qui, au nom d’idéologies, manipulent les masses parce qu’il n’ont pas finit leur adolescence ! Et oui, c’est un vrai problème, la grande majorité des autorités de ce monde ne se connaissent pas intérieurement. Ils n’ont pour la plupart jamais explorés toutes les structures de leur esprit pour y discerner les blessures passées, les frustrations et les manques. Il est très possible que nous soyons gouvernés par des enfants capricieux, voire au mieux des adolescents dans des corps d’adultes. Ils reproduisent les mêmes attitudes déguisées en bienséance diplomatique. Regardons les guerres, les conflits d’intérêt, les débats d’idées, projetons ça dans un bac à sable et on y est « donne moi mon seau sinon je te met la pelle sur la tête ».

Regardez donc ces cléricaux et leur besoin d’être aimés, rassurés par leurs fidèles. Leur rapport au père, Dieu le père, est très psychanalytique. Et surtout leur croyance infantile à être sous le regard d’un papa dans le ciel qui dicte leur conduite et les récompenses de la sucette magique appelé, éternité, ou que sais-je encore les 1000 vierges qui les attendent. Y a-t-il de vrais adultes sur cette planète ? Des femmes et des hommes qui ont plongé dans toutes les structures de leur être pour se connaître eux-mêmes au lieu de vouloir connaître les livres, les dieux et la médiocrité ambiante ? On passe son temps à vouloir tout connaître pour éviter de faire face à soi-même, on fuit sans cesse dans les divertissements le silence salutaire qui nous dit : « regarde ici l’ami. » On se bourre de savoir technique, de théologie moribonde, de savoir théorique en veux tu en voila. Nombreuses sont les stratégies d’évitement pour l’ego qui ne veut pas perdre de son importance. Alors que quand l’angoisse est vécue, elle ouvre une porte.

Moi supérieur

Je pense que vous commencez un peu mieux à cerner les causes de l’identité. Elle est un leurre crée par l’ego, une enveloppe protectrice qui le coupe du monde. Le philosophe grec Sénèque disait : « le grand malheur des hommes est qu’ils vivent dans leur monde et non dans le monde. » Chacun se crée sa bulle, son Dieu, sa vie après la mort, sa conception du monde, son imagerie illusoire et forcément comme tous les autres egos ont fait de même, la rencontre est douloureuse. Si encore l’humain se contentait de vivre sa névrose sur le plan personnel. Mais non il fait pire, il la légitimise, il forme des groupes qui renforceront les individus dans leur ignorance, voire pire, il l’érige au rang de déité, et truste les pyramidions de la culture, de l’art, de la médecine etc. La peur est polymorphe. Si vous êtes croyant par exemple, faites le test : changez votre icône par, au hasard, un balais brosse. Où une pomme de terre. Peu importe. Et vouez y la même adoration, vous verrez, ça marche !

On ne peut unir ce qui vit grâce et par la division, en ce sens mêmes les plus belles tentatives de dialogue interreligieux par exemple sont limitées par les egos identitaires que génèrent les religions elles-mêmes. Par définition, les religions ne sont pas faites pour se respecter mais bien pour s’opposer, ce qui donne lieu à des sommets d’hypocrisie et de bien pensance. Le dialogue ne pourra se faire que lorsque que toutes les religions ne seront plus, quand toutes les illusions seront balayées, quand tous les egos séparatistes auront volé en éclats pour construire ensemble une humanité radieuse.

L’identité
« Tu n’as rien à « prouver », ni à toi ni aux autres. Cesse de te demander qui tu es.
L’identité est un joug : on ne peut te manipuler que parce que tu as une image de toi-même.
L’identité est une prison. » 
[Pierre Lévy]

par Michael et Sylvain 

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Religion et Spiritualité en France

Posté par francesca7 le 5 mai 2016

 

 

Au jour d’aujourd’hui, il nous est possible d’effectuer un constat assez clair des différences et points communs qui séparent et unissent le concept de religion et celui de spiritualité. Tentons de définir dans un premier temps ce que désigne ces deux mots.

religion en france

La religion, au sens ou nous l’entendons communément, est une structure sociale qui régulait autrefois (et encore aujourd’hui dans certains pays) la vie d’un pays. Elle établissait des règles morales, des lois, régissait les différents événements de la vie (naissance, mariage, décès). En fonction des époques, des lieux et des ethnies, la religion était mise en place par des réformateurs politico-religieux dans le but d’amener un changement. Ces réformateurs se donnaient deux objectifs particuliers ; le premier, offrir une structure socioreligieuse pour réguler la société et le second, offrir un enseignement spirituel libérateur à celles et ceux qui étaient prêts pour l’initiation, la connaissance de soi. Ainsi, on pouvait distinguer un courant exotérique, une religion populaire, et un courant ésotérique réservé aux êtres plus avancés intérieurement. Malheureusement, les conflits d’intérêt semèrent la discorde entre les suiveurs des réformateurs, et ceux qui avaient pour charge la religion populaire ont commencé à se sentir en concurrence avec les responsables des voies ésotériques. Alors, les initiés durent soit se fondre dans la religion populaire et masquer leurs enseignements, soit partir de certaines contrées sous peine d’être mis à mort.

En ce sens les courants dits ésotériques se rapprochent de ce que l’on peut nommer aujourd’hui spiritualité. Puisque l’essentiel de leur message était d’apprendre à connaître l’être humain et le libérer de la dualité de son esprit, afin de lui permettre d’être en pleine conscience, libre et aimant. On retrouve ainsi un but commun dans toutes les voies foncièrement ésotériques ou initiatiques : la réalisation intérieure, que l’orient a nommé « l’éveil » et qui prend d’autres noms ailleurs pour un même fond.

Aujourd’hui, en occident précisément, nous vivons dans des républiques laïques, il nous est inconcevable de vivre dans un régime théocratique comme hier. Nous nous sommes battus pour être libre du clergé dogmatique ce n’est pas pour recréer de telles structures liberticides. Si la république laïque avec son propre système judiciaire et son éthique, qu’il convient d’ancrer, gère ce que la religion faisait jadis, en ce qui concerne la recherche intérieure il y a un manque. Historiquement la science s’est opposée au clergé en prônant la toute puissance de la raison, c’est une belle avancée, mais nous avons jeté le bébé avec l’eau du bain. Certes, il fallait critiquer et combattre les dogmes abrutissant du clergé, mais nous aurions dû, avant de tout jeter, regarder ce que proposaient les voies ésotériques et initiatiques. Celles-ci prônant à l’inverse du clergé une voie de libération intérieure, une voie d’équilibre entre raison et intuition et non un rejet de la raison comme l’a fait la religion et un rejet de l’intuition comme l’a fait la science. En fait la science a rejeté l’intuition et s’est réfugiée dans un autre pan de la dualité pour être le plus loin possible de la religion qu’elle rejeté. Et ainsi nous avons deux ennemis qui s’affrontent chacun sur un pan de la dualité, ne se rendant même plus compte qu’il existe une troisième voie, une voie d’équilibre.

PortraitLa spiritualité aujourd’hui peut être totalement dégagée du baume religieux dans lequel elle était enveloppée jadis. En réalité le chemin vers soi est bien codifié depuis des millénaires par les initiés, il suffit d’en comprendre la trame et de l’adapter au monde dans lequel nous vivons. C’est ce qu’ont toujours fait d’ailleurs les initiés, en fonction des régions où ils se trouvèrent, ils transcodifièrent leur enseignement pour l’adapter à la culture où ils se trouvaient. Nous savons bien que toute religion est le syncrétisme de celles qui l’ont précédée, cela devient très clair à force de recherche archéologique et historiographique. Ainsi le judaïsme est une fusion de religion égyptienne et chaldéenne, le christianisme, un mélange de judaïsme et de religion païenne, l’islam un mélange de zoroastrisme, de judaïsme et de christianisme. Même le bouddhisme a comme base l’hindouisme pour ensuite s’adapter aux contrées dans lequel il s’installa. Ainsi, aujourd’hui en étudiant toutes les voies intérieures du monde, en les expérimentant et en intégrant leurs fondements, nous pouvons aussi effectuer ce travail de transcodification.

Certains courant de la psychologie moderne comme le courant transpersonnel et intégral avec Ken Wilber ont effectué ce travail de transcodification. Ils ont crée des pratiques de connaissance intérieure proche de ce qui se faisait dans les écoles initiatiques du passé et dans les voies ésotériques des religions. Ils ont proposé des méthodes de connaissance de soi adaptées aux contextes dans lequel nous vivons aujourd’hui. La spiritualité à la différence de la religion n’est pas soumise au dogme et à la croyance ; si elle peut avoir des croyances comme l’évolution de la conscience de vies en vies par exemple, celle-ci sera toujours inclusive, universelle et ne s’imposera à personne. Ces hypothèses seront proposées au chercheur afin qu’il voit si cela a une cohérence quelconque. Mais au final, la spiritualité n’a que très peu de croyances, car elle base son vécu sur le réel, sur ce qui peut être expérimenté au présent, en soi et non par un savoir de seconde main provenant de l’extérieur.

La spiritualité est je pense garante de la paix mondiale, les religions aujourd’hui causent la plupart des conflits mondiaux. Ces conflits sont issus du fait que tous les êtres s’inquiètent de leur sort et veulent accéder au bonheur mais que chacun est voilé par l’idée qu’il se fait du moyen d’y accéder. En effet, les religions populaires ont élevé des mythes, afin de calmer les esprits de peu de conscience en attendant qu’ils puissent comprendre des vérités plus vastes. Mais, il s’est élevé aussi des autorités religieuses qui n’ont pas voulues que les masses évoluent réellement, car si ces masses connaissaient le « secret » elles n’auraient plus besoin de ces autorités qui vivaient (et vivent encore aujourd’hui) sur la crédulité des peuples. Par contre les courants ésotériques de ces religions savaient la vérité cachée sous le mythe, mais ils devaient être prudents avec cela.

Aujourd’hui, cette prudence n’est plus de mise, notre monde a été réveillé par la science qui malgré son réductionnisme desséchant a tout de même permis de donner goût à la compréhension par delà les superstitions. Nous pouvons donc aisément révéler les « secrets » des initiés du passé afin de démystifier et libérer les croyants eux-mêmes du piège mythique dans lequel ils vivent pour certains. Grâce à l’histoire, l’archéologie, l’étude des mythes, la compréhension des symboles et surtout la compréhension intérieure, nous pouvons facilement remettre les pendules à l’heure et proposer la vérité qui se cachait sous le boisseau.

spiritualité

Ici je développe très rapidement, car cela sera démontré dans des articles suivants, que la vérité globale sur les religions est qu’elles ne furent pas révélées par un Dieu personnel, puisque selon la science ésotérique il n’existe pas de Dieu personnel. Dieu ou les dieux furent des mythes créés volontairement par les fondateurs pour tenter de réguler les peuples dont ils avaient la charge. Ainsi on codifia des récits mythiques et ont donna les clés de leur interprétation aux seuls initiés. La Torah est donc le fruit du chemin intérieur de Moise (s’il a existé) ou de ceux qui la rédigèrent, puis elle fut réécrite de nombreuses fois, des passages ayant été enlevés, d’autre rajoutés en fonction des desiderata des rois ou prêtres, et fonction des contingences guerrières de l’époque. Pour les évangiles, nous savons aujourd’hui qu’il y a très peu de chance pour que le Jésus des quatre évangiles canoniques ait réellement existé. Ces quatre évangiles étant une petite partie des dizaines d’autres qui existaient à l’époque, et qui étaient le fruit des écoles initiatiques qui rédigeaient des mythes initiatiques pour la compréhension intérieure des disciples. Mais ensuite, pour des raisons politico-religieuse, l’empire romain utilisa le christianisme non par foi, mais par intérêt et ainsi par le glaive il se développa. Pour l’islam c’est un peu la même chose, nous disposons de très peu de preuve de l’existence de Mahomet et les Corans les plus anciens retrouvés furent datés bien postérieurement à la naissance présumée de l’islam. L’analyse du Coran et des hadiths démontrant qu’ils sont une synthèse d’écrits juifs, chrétiens avec quelques éléments de mystique païenne. Le soufisme quant à lui, s’il apparaît dans une profondeur, est antérieur à l’islam et il est lié aux écoles initiatiques et non à la « révélation » coranique. Pour ce qui est des religions orientales c’est assez différent, l’hindouisme est la plus ancienne religion actuelle, elle n’a jamais essayé de se répandre par prosélytisme et ses fondements religieux sont assez ouverts, sans compté que sa mystique est restée intacte. Pour le bouddhisme, s’il a prit pied sur l’hindouisme en s’opposant à la dégradation du culte de l’époque, il est très ouvert et non dogmatique en général. Il s’est adapté dans les contrées où il s’est répandu avec une certaine souplesse, en incluant les religions et spiritualités qui y étaient déjà.

Les religions orientales ont laissé plus de place à la spiritualité et ainsi en les étudiant nous pouvons emprunter de nombreux éléments très intéressants pour l’élaboration d’une voie spirituelle occidentale et actuelle. Des êtres comme Bouddha par exemple relevaient plus du chercheur spirituel que du prophète missionné par un Dieu personnel. Le but était d’apprendre à connaître la conscience humaine et trouver un chemin de libération, qui mène au bonheur. Notre but est le même que celui du Bouddha jadis, trouver un chemin de libération qui mène au bonheur et qui s’adapte aux besoins des humains de ce siècle. Pour cela, non seulement il convient d’étudier toutes les religions, mystiques et voies initiatiques, mais il convient de les pratiquer, de les expérimenter et de voir ce qui est le plus efficace pour libérer l’humain de la peur et l’amener à vivre pleinement l’amour dans le cœur. Tout ceci peut réellement amener à l’émergence d’une société plus épanouie et en paix, si les êtres qui la constituent sont heureux et libre d’aimer, alors ce monde pourrait peut-être espérer en faire autant un jour. C’est en tout cas le pari d’Unisson, il parait utopique pour certains, mais comme disait Victor Hugo : « l’Utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain » sans le prendre comme une autorité, je pense qu’il savait ce qu’il disait par cela.

La religion aujourd’hui n’est plus adaptée, les outils qui servaient hier n’arrivent pas à comprendre les humains du 21 ème siècle. Notre monde n’est plus le même, c’est un fait, les modes d’accession au spirituel ne sont plus les mêmes non plus. Certains restent ancrés dans la religion parce qu’ils pensent (mais c’est tout simplement un conditionnement basé sur la peur de l’inconnu) qu’elle offrira l’au-delà. Mais avant de vouloir l’au-delà il convient de comprendre l’eau d’ici et maintenant. Dans toutes les voies initiatiques du passé (qui côtoyaient les religions populaires et les besoins de l’au-delà des peuples) on ne visait pas un au-delà illusoire, mais on essayait de comprendre ce qu’est la conscience humaine. Car, par expérience, les initiés savaient que les croyances en l’au-delà étaient des créations mentales et qu’elles n’étaient pas la réalité puisqu’elles se basaient plus sur l’inconscience de la peur de ne plus être plutôt que sur la conscience d’être. Voila pourquoi le tronc commun de ces voies indique que celui qui connaît la source de sa conscience crée sa propre réalité dans ce monde et dans l’autre. Ainsi, ils invitèrent ceux qui voulaient comprendre la vérité à méditer profondément et à remonter à la source de leur conscience, à l’unité foncière. Ainsi, les divers concepts sur l’au-delà élaborés par les religions voilent une compréhension symbolique et intérieure, mais tant que l’être ne s’est pas connu lui-même, il croira en la réalité d’un paradis et d’un enfer.

templeLa spiritualité laïque, tout comme les voies initiatiques, enseigne qu’il n’existe que la conscience et ce que celle-ci crée sa propre réalité. Elle énonce que toutes croyances, imageries, mots, concepts, dogmes n’est pas la réalité et de manière ultime, que tout ce qui peut être observé par la conscience est transitoire, impermanent. La seule chose qui soit réel dans le sens de stable et permanent étant la conscience témoin. Nous étudions ainsi la conscience humaine sous tous les aspects, les outils étant le corps, les sens, les émotions, les pensées. En étant cette conscience témoin la vie se vit clairement et librement sans craintes du passé ou du futur. La mort physique est aussi pleinement comprise grâce à l’expérimentation méditative et la compréhension de ce qu’est la conscience pure. En étudiant les processus de la mort à la lumière des écrits initiatiques et de l’expérience personnelle, nous pouvons ainsi préparer l’être à ces phases de l’existence. Comprendre la mort et son processus, s’est comprendre ce qu’est bien vivre et pourquoi nous vivons. Quand l’esprit est clair, lavé de toutes croyances, préjugés, projections, la conscience pure jaillie et la compréhension de toute la structure de l’être et du monde devient évidente. La mort physique est vue comme une étape dans l’évolution de la conscience et non comme une finalité. En comprenant le moteur évolutif qui sous-tend toute l’existence, nous pouvons comprendre que si l’espèce a évolué, la conscience aujourd’hui fait évoluer l’espèce dans son intériorité.

Je résume ici, mais au fond si l’on vient à s’intéresser à la spiritualité c’est aussi pour comprendre ce qu’est la vie et pourquoi la mort. Le chemin n’a que pour seul but de se libérer de la peur de la mort, c’est tout et c’est déjà l’essentiel. De part le passé, des milliers d’hommes et de femmes ont expérimenté cela, nous bénéficions ainsi de leur recherche et nous pouvons y associer les nôtres. La science évolue de son côté, elle essaye de sortir de l’ornière réductionniste dans laquelle elle a été forcée de se mettre pour lutter contre le dogmatisme de l’église. Des scientifiques courageux depuis Einstein à Jean Pierre Garnier-Mallet (physicien quantique) tentent d’élaborer des ponts entre science et spiritualité. La physique quantique, les neurosciences, la parapsychologie avancent grandement dans le but de trouver une explication universelle à la conscience humaine. La spiritualité laïque avance avec ces êtres qui bravent les résistances aux changements que l’on retrouve aussi dans les universités et les centres de recherches.

La spiritualité c’est juste la vie et la vie est UNE, il n’y a pas d’un côté la vie de la religion, de l’autre la vie de la science et entre les deux un conflit puéril à savoir qui aura le dernier mot. La vie est UNE et l’humain a autant besoin de rationalité que d’intuition, une vie que de raison devient froide et binaire, coupée d’une certaine créativité par peur de sortir du cadre. Une vie faite que d’intuition peut mener rapidement au manque de lucidité, de cohérence. En ce sens la spiritualité laïque, même si ce n’est qu’un concept de plus, propose la ré-union de la raison et de l’intuition et l’unité de l’être humain.

Je pense que cela vaut la peine d’être expérimenté, mais avant cela il convient d’effectuer un travail de fond en soi pour se déconditionner de ce qui empêche l’être de libérer sa créativité. Voila pourquoi nous proposons des pratiques, des lectures, des méditations ; tout ceci pour travailler directement et établir des prises de conscience pleines et entières.

Il n’est pas possible à un esprit conditionné par une religion dogmatique d’accéder directement à la compréhension de la spiritualité. Il lui faudra étapes par étapes travailler sur son déconditionnement progressif, qu’il se libère par un travail intérieure des chaînes mentales qui l’emprisonnent.

Il n’est pas possible à un esprit conditionné par une science réductionniste d’accéder directement à la compréhension de la spiritualité. Il lui faudra étapes par étapes travailler à l’ouverture de sa conscience à l’intuition, oser franchir le pas vers ce qui dépasse les limites de la raison.

Honnêtement tout ceci est possible car cela a été expérimenté, nous savons par expérience et non par croyance que la liberté humaine réside, comme l’avait énoncé le bouddha entre autre, dans « la voie du milieu »  ; une voie d’équilibre qui crée l’équilibre en soi et autour de soi.

Je ne demande à personne de croire à tout ce qui a été énoncé jusqu’ici, j’invite à expérimenter directement et si cela ne fonctionne pas et bien on pourra tout rejeter en bloc et revenir aux fonctionnements habituels. Je demande juste de ne pas juger ce qui est proposé d’un regard lointain élaborant des arguments pour s’éviter d’accueillir.

Tout est ouvert et je suis prêt à échanger avec tous afin d’éprouver ce que j’avance puis ensuite de venir avec moi expérimenter si cela fonctionne ou pas, j’ose ; à vous de voir si cela parle au-dedans de vous …

par Michael du magazine Unisson

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LORSQUE REVIENT La Prière

Posté par francesca7 le 26 avril 2016

La concentration sur le coeur est dans la Prière, ce qu’on appel la phase de « Receuillement », que l’on pourrait écrire « Re-Coeu-illement ». Dans cette phase on se retire littéralement dans son coeur, jusqu’à ce qu’un sentiment d’apaisement et d’espace nous envahisse totalement. Le geste de la prière, qui est de joindre les mains au niveau du coeur nous aide à porter notre attention sur le coeur . ( Tout fermant peut-être également le circuit énergétique ) . Les yeux clos sont également dirigé vers le bas. Le but n’est pas que d’être concentré sur le coeur mais d’être concentré dans le coeur, ce qui est différent. Ce qu’on y trouve est silencieux, pur, transparent, léger, électrisant. Nos mains sont très « magnétiquent » : à ce vous pouvez les imposer sur des endroits de votre corps. Vous devriez pouvoir sentir  l’énergie  le parcourir avec une certaine « intelligence. »

prière

Dans la Prière nous adressons une demande au sujet de quelque chose et attendons une «réponse ». Dans la Prière on invoque Dieu. L ‘ »Invocation » ne demande pas de rituel particulier : cela consiste simplement à avoir l’idée de Dieu à l’esprit dans cet état d’apaisement total. Généralement lors de l’invocation, les yeux montent d’eux-mêmes vers le ciel.

Ce qui ce passe ici dépend des personnes, (Cette dernière phase est à expérimenter par soi-même.) Ou se laisse « monter intérieurement et envahir par Cela où c’est plutôt un morceau de Cela qui se détache et descend dans le coeur en provoquant une Joie indescriptible.

Dans tous les cas il faut rester à l’écoute : des révélations qui se produisent. Parfois il peut se produire des régressions spontanées, si envahi par Cale, vous imposez les mains à certains endroits du corps.

Etapes

  1. Pensez à la situation qui nous préoccupe, nous dérange.
  2. Se recueillir. Joindre ses mains au niveau du coeur, les yeux clos tournés vers le bas : concentrez-vous sur votre coeur jusqu’à ce que vous soyez concentré dans votre coeur. Cela se traduit par un sentiment d’apaisement et d’espace qui nous envahit.
  3. Adresser notre demande par rapport à la situation qui nous préoccupe.
  4. Invoquer Dieu, simplement y penser et se laisser porter.
  5. Demeurer dans cet état sans penser à problème.

5.b Faites des impositions des mains sur vous-même.

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Recette du grimoire du Petit Albert

Posté par francesca7 le 24 avril 2016

Grimoire

 

Les travaux relatifs à la mise au point d’une cape d’invisibilité temporelle présentés en janvier 2012 dans la revue britannique Nature, ne sont pas sans évoquer un lointain grimoire, Le Petit Albert, rédigé en latin et inspiré par les écrits du théologien Albert le Grand né en 1193. Une édition de 1704 nous donne le procédé de fabrication d’un anneau permettant à qui le porte de se rendre invisible, ainsi que l’antidote à qui voudra ne point être trompé par l’anneau qui nous occupe

Versé dans la théologie, les sciences et la philosophie, professeur d’université, en particulier à la Sorbonne, Albert le Grand, canonisé par le pape Pie XI en 1931 et proclamé la même année docteur de l’Église, s’intéressa à l’alchimie et à la magie. Le titre latin original du Petit Albert – imprimé pour la première fois en France en 1668 mais dont nous ignorons l’identité de l’auteur, il connut un succès considérable, des traductions étant diffusées par colportage – était Alberti Parvi Lucii libellus de mirabilibus Naturae arcanis, l’ouvrage contenant une multitude de recettes et procédés chargés de mystères.

 

 

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Albrecht von Bollstädt, connu sous le
nom d’Albert le Grand (1193-1280)

 

 

 Une édition de 1704 intitulée Le solide trésor des merveilleux secrets de la magie naturelle et cabalistique du Petit Albert, nous livre la façon de confectionner un anneau d’invisibilité, au chapitre Pour se rendre invisible par le moyen d’un anneau :

On rapporte du fameux Gigez, qu’il parvint au trône de la Lydie par le moyen d’un anneau magique qui le rendant invisible lui donna la facilité de commettre adultère avec la reine et de tuer le roi. Les sages Cabalistes nous ont laissé la méthode de fabriquer des anneaux qui aient pareillement la vertu de l’invisibilité.

Il faut entreprendre cette opération importante un jour de mercredi de printemps sous les auspices de Mercure, lorsque l’on connaîtra que cette planète fera en conjonction avec une des autres planètes favorables, comme la Lune, Jupiter, Vénus ou le Soleil, et ayant de bon Mercure fixé et bien purifié on en formera une grosse bague qui puisse entrer facilement dans le doit du milieu de la main ; on y enchâssera dans le chaton une petite pierre que l’on trouve dans le nid de la huppe et on gravera autour de la bague les paroles suivantes :

Jésus passant
Par le milieu d’eux
S’en allait

Puis ayant posé cette bague sur une petite plaque de Mercure fixe, laquelle sera faite en orme de petite palette, on fera le Parfum de Mercure comme il est marqué ci-devant [voir note en fin de texte] et on exposera trois fois de suite la bague sur la plaque dans la fumée du parfum et l’ayant enveloppé dans un morceau de taffetas de la couleur convenable à la planète on le portera dans le nid de la huppe d’où on a tiré la pierre et on la laissera durant neuf jours et quand on la tirera on fera encore le parfum comme la première fois.

Puis on la gardera précieusement dans une petite boîte faite avec du Mercure fixe pour s’en servir dans les occasions. La manière de s’en servir n’est autre que de mettre cette bague à son doigt en tournant la pierre en dehors de la main et elle a la vertu de tellement fasciner les yeux des assistants que l’on est en leur présence sans être vu. Et quand on veut être vu, il faut tourner la pierre en dedans de la main et fermer la main en forme de poing.

Porphirius et Jamblic, Pierre d’Abano et son Maître Agripa soutiennent qu’un anneau fabriqué en la manière dont on voit ici la figure représentée, a la même vertu et propriété. Il faut prendre des poils qui sont au-dessus de la tête de la furieuse hyène, on en fait de petites tresses avec lesquelles on fabrique l’anneau comme on le voit ici, et on le porte pareillement dans le nid de la huppe durant neuf jours et l’on fait les parfums comme il a été dit précédemment sous les auspices de Mercure, on s’en sert de même que de celui fait avec du Mercure, excepté que l’on l’ôte absolument du doigt quand on ne veut pas être invisible.

Venait à la suite de ce mode opératoire pour confectionner l’anneau d’invisibilité, un chapitre intitulé :

 

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Un anneau d’invisibilité

 

Pour n’être point trompé et fasciné par l’anneau d’invisibilité.

Comme il n’y a point de poison dans la nature qui n’ait son antidote, la sage providence du créateur ayant fait toutes choses avec poids et mesure, ne permet point de prestige qu’il n’ait son remède. Si l’on veut donc se précautionner contre l’effet de l’anneau cabalistique de Mercure on aura une bague composée en la manière suivante.

On formera un anneau avec du plomb affiné et bien purgé en la façon que l’on a expliquée à l’endroit ci-devant où l’on a parlé des talismans des nombres mystérieux des planètes, et dans le chaton de cette bague de plomb on enchâssera un œil de jeune belette qui n’aura porté des petits qu’une fois et fur le contour de la bague on gravera les paroles suivantes : Aparuit Dominus Simoni.

La fabrique de cette bague se fera un jour de samedi, lorsque l’on connaîtra que Saturne sera en opposition avec Mercure ; on fera trois fois le Parfum du Samedi [voir note en fin de texte], on enveloppera la bague dans un morceau de linceul mortuaire et on l’enterrera dans un cimetière où on la laissera durant neuf jours, puis l’ayant retiré on fera trois fois le Parfum de Saturne et l’on s’en servira.

Ceux qui ont inventé cet anneau, ont raisonné sur les principes de l’antipathie qui se trouve entre les matières qui composent ces deux anneaux qui ont des effets si opposés ; en effet il n’y a rien de plus antipathique à la hyène que la belette. Et Saturne est presque toujours rétrogradé à Mercure, ou quand ils se rencontrent dans le domicile de quelques-uns des signes du Zodiaque, c’est toujours un aspect funeste et de mauvais augure.

Notes : Parfums du Mercredi et du Samedi pour l’anneau d’invisibilité et son antidote Parfum du Mercredi sous les auspices de Mercure : ce parfum doit être composé de graine de frêne, de bois d’aloès, de bon storax [styrax officinalis], de benzoe [styrax benzoin], de poudre d’azure [pierre d’Arménie, également appelée pierre d’azur femelle ou encore azur occidental], de bouts de plumes de paon. Vous pulvériserez et incorporerez ces drogues avec du sang d’hirondelles et un peu de cervelle de cerf, vous en ferez une pâte, et de cette pâte vous en formerez de petits grains, pour vous en servir trois à trois dans les occasions quand ils seront secs.

Parfum du Samedi sous les auspices de Saturne : ce parfum doit être composé de graine de pavot noir ; de graine de jussiane, de racine de mandragore, de poudre d’aimant et de bonne myrrhe. Vous pulvériserez bien toutes ces drogues, et les incorporerez ensemble avec du sang de chauve-souris et de la cervelle de chat noir, vous en ferez une pâte et de cette pâte vous formerez de petits grains pour vous en servir trois à trois dans les occasions quand ils seront bien secs.

(D’après « Le solide trésor des merveilleux secrets de la magie naturelle et cabalistique », paru en 1704)

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LA MACHINE A SILHOUETTE

Posté par francesca7 le 21 avril 2016

 

 
 
Si le parrain innocent du mot Silhouette, qui désigne la simple représentation de l’ombre projetée par un objet et plus particulièrement de la figure et du corps humain, est un certain Étienne de Silhouette qui vécut au XVIIIe siècle et s’illustra en préconisant des économies drastiques pour relever les finances de l’État, le terme, devenu d’usage courant, ne fut admis par l’Académie qu’en 1835. Mais comment s’imposa ce dessin d’une teinte uniforme dont le bord ou le contours seuls se détachent du fond ?

Si le premier dessin, exécuté sur une pierre, de souvenir ou d’après nature, représentait non seulement le contour, mais aussi les points saillants d’un objet qui avaient frappé l’œil du dessinateur, la première silhouette fut quant à elle la première représentation exacte d’un objet, son auteur s’étant contenté de tracer le contour de l’ombre de cet objet se détachant sur une surface plus claire.

Voici donc la silhouette occuper une place intéressante, non seulement dans l’histoire primitive des manifestations de l’intelligence de l’homme, mais aussi dans l’histoire du portrait. Elle reproduit imparfaitement, mais fidèlement, la figure humaine, alors que l’artiste l’interprète à sa façon, avec sa conception visuelle, avec le sentiment qu’il prête à son modèle, enfin suivant les moyens dont il dispose : son talent et son procédé de reproduction.

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Cherchons l’origine de cet amusement, de cette fantaisie graphique qui, malgré l’attrait qu’elle présente, n’exige qu’un peu d’habileté. Des recherches conduisent à deux thèses diamétralement opposées. Certains écrivains qui ont étudié la question, en particulier Vivarez et Grand-Carteret, deux noms qui marquent dans l’histoire de nos collections, attribuent cette invention à Étienne de Silhouette lui-même.

Étienne de Silhouette, né à Limoges en juillet 1709, avait épousé la fille d’Astruc, médecin de Louis XV, et jouissait d’une grande fortune personnelle. Après avoir beaucoup voyagé, notamment en Angleterre où il remplit des missions diplomatiques et financières, la faveur de Mme de Pompadour le fit nommer, le 4 mars 1759, Contrôleur général des Finances, portefeuille considérable à cette époque.

Pénétré des idées nouvelles philosophiques et économiques, il débuta par un Mémoire au roi, resté célèbre, où il attaquait de front les errements financiers, en demandant la suppression des fermiers généraux et en préconisant un régime d’économies, seul capable de relever les finances de l’État. On conçoit sans peine que ses premières mesures furent favorablement accueillies dans le peuple et la bourgeoisie.

Il devint vite populaire, et une estampe de la Collection Hennin nous le montre chassant à coups de fouets les fermiers généraux et autres maltôtiers à cheval, ayant la plupart des femmes en croupe. Cette gravure a pour titre : Déroute des Fermiers Généraux et de leurs Croupiers et Croupières. Événement arrivé sous l’auspice de la Comette le 6 May 1759. Elle est accompagnée des vers suivants :

François, au premier trait du chef de la finance
Reconnois un Rosny, un Colbert, un Louvois
Deja par ses Conseils, il procure à la France
Le Moïen assuré de terrasser l’Anglois.

Achève Silhouette, achève ton Ouvrage
De Louis, le Bien aimé rends le nom glorieux ?
Enrichissant ton Roy, tu peux Ministre Sage
En le rendant Vainqueur, rendre son Peuple heureux.

Mais nous étions en pleine Guerre de Sept Ans, il fallait de l’argent, et tout ce monde de traitants qui le fournissait en pillant le Trésor, se tourna contre M. de Silhouette. La disgrâce fut rapide. Le 21 novembre de la même année, il dut résigner ses fonctions et se retira dans la seigneurie de Bry-sur-Marne qu’il venait d’acquérir. Il s’occupa d’œuvres de bienfaisance, reconstruisit le château de Bry, y mourut le 20 janvier 1767. Il fut inhumé dans le chœur de l’église.

Les auteurs précédemment cités disent que, pour occuper les loisirs de cette retraite un peu forcée, il imagina de découper avec des ciseaux, dans du papier, le profil des amis qui venaient le visiter, et d’en faire ainsi de petits portraits qui eurent une vogue considérable et provoquèrent l’engouement du public.

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Mais voici une autre opinion : dès qu’Étienne de Silhouette émit la prétention de réduire les pensions, de supprimer les privilèges, il eut contre lui tous ceux qui profitaient de ces régimes. Il fut accablé de brocards et de caricatures, sous les coups desquels il tomba. Comme il demandait aux grands potentats de faire des sacrifices, jusqu’à envoyer leur vaisselle d’argent à la Monnaie, on surnomma « Culotte à la silhouette » des culottes où le gousset n’existait plus ; et, dans des caricatures, le personnage n’était représenté que par son ombre, puisqu’on lui avait tout enlevé.

Mercier, l’auteur du célèbre Tableau de Paris paru en 1782, grand historien de nos mœurs à cette époque, fait naturellement allusion à la silhouette à propos d’un sujet qui en est fort éloigné : La Courtille. Voici ce qu’il dit :

« Tandis que Ramponneau augmentait en célébrité, celle d’un contrôleur général des finances, monté à cette place avec la plus haute réputation, tomba précipitamment. Il fit plusieurs écoles, quoique doué d’esprit et de connaissances. Dès lors, tout parut à la SILHOUETTE, et son nom ne tarda point à devenir ridicule. Les modes portèrent à dessein une empreinte de sécheresse et de mesquinerie. Les surtouts n’avaient point de plis, les culottes point de poches ; les tabatières étaient de bois brut ; les portraits furent des visages tirés de profil sur du papier noir, d’après l’ombre de la chandelle, sur une feuille de papier blanc. Ainsi se vengea la Nation. » (Tableau de Paris, édition corrigée et augmentée de 1783).

Mais cela est un peu vague, et ne résout pas le problème. Ainsi, jusqu’ici, aucune preuve, et même aucune trace ne nous reste de l’origine précise d’un petit fait qui eut une si considérable répercussion. Remarquons cependant, dans l’ouvrage Papeterie et Papetiers, de John Grand-Carteret, cet extrait de la Feuille nécessaire du 3 décembre 1759, quinze jours après la disgrâce d’Étienne de Silhouette, à propos des papiers de tenture :

« Aujourd’hui ces tapisseries sont couvertes de portraits à l’ombre. Nos dames, à l’imitation de Debutade, tracent partout les traits de leurs amis sur un papier noir qu’elles découpent ensuite, elles donnent même leurs portraits sans que cela tire à conséquence : utile invention qui multiplie partout la figure de ce qui vous intéresse et en fixe le souvenir dans une imagination trop légère ».

Qui est ce Debutade : un fabricant de papier de tentures ou un silhouettiste ? Peut-être est-ce là l’origine que nous cherchons. Quoi qu’il en soit, nous nous trouvons en présence d’une invention — laissons le mot — qui se répandit comme une vraie traînée de poudre, et dont le principe a toujours été et sera longtemps employé dans les arts graphiques. Cela tient à ce que ce procédé de représenter une figure ou un objet par une masse noire se détachant en plein sur du blanc, frappe énergiquement notre sens visuel, et lui laisse une impression plus rapide et plus profonde que les dessins, où les détails plus ou moins bien rendus exigent de l’œil un travail de recherche et de compréhension.

La silhouette-portrait donna naissance aussitôt à une petite industrie qui fut, comme l’a si bien dénommée Vivarez, celle du portrait à bon marché, réalisé à l’aide d’un physionotrace, application plus artistique de la silhouette, l’art du dessinateur et du graveur venant ajouter au simple contour de la silhouette les traits de la figure et les ornements de la tête.

 

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Machine sûre et commode pour tirer des silhouettes. Gravure de Schellenberg publiée
au sein de l’Essai sur la physiognomonie destiné à faire connaître l’homme et à le faire aimer,
par Casper Johann Lavater (1781)

 

Le procédé originaire de fabrication est le même, puisqu’il s’agit d’abord de fixer sur une surface claire l’ombre portée par un objet éclairé. La gravure ci-dessus montre comment se faisaient les portraits à la silhouette. La personne est assise pour garder l’immobilité, elle est éclairée par une simple bougie et l’opérateur trace sur un écran les contours de l’ombre projetée. Mais lorsque nous regardons ces petits portraits, hauts de 3 à 4 centimètres, nous devons observer qu’ils n’étaient pas uniquement obtenus de cette façon, car l’ombre projetée est plus grande que le modèle, et c’est là où les sciences nouvelles sont intervenues.

Il fallut procéder à une seconde opération pour réduire cette image à la proportion que nous voyons. Cela est on ne peut plus facile et il n’est pas nécessaire de rechercher l’emploi d’appareils compliqués, voire même du pantographe. Il suffisait de projeter à nouveau, sur un écran, la silhouette directe, fortement éclairée, pour lui donner plus de netteté, en interposant, à une distance convenable, une lentille biconvexe. La nouvelle image obtenue sur l’écran se présentait réduite à la dimension voulue. Elle était, il est vrai, renversée ; mais c’était une difficulté insignifiante pour l’opérateur.

Certains opérateurs utilisaient la bougie et l’écran, d’autres la chambre noire, d’autres le pantographe ; mais le véritable mérite du physionotrace résidait dans le talent des peintres en miniature qui gravaient sur cuivre les silhouettes en y ajoutant les détails de la physionomie. Le physionotrace disparut naturellement dès l’apparition de la photographie sous Louis-Philippe.

(D’après « Bulletin de la Société archéologique, historique
et artistique Le Vieux Papier », paru en 1923)

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Fête des laboureurs

Posté par francesca7 le 17 avril 2016

 

Une des places de Montélimar porte le nom de Mai ou des Bouviers. C’est là que, le 30 avril de chaque année, les bayles et les laboureurs plantent le mai. C’est une sorte de prélude à la fête des laboureurs, qui a lieu le jour de la Pentecôte. La fête durait autrefois trois jours, comme la Pentecôte elle-même. Le premier était principalement consacré à des cérémonies religieuses. Les laboureurs et les bayles assistaient à la messe avec des bouquets d’épis ; ils étaient précédés par leurs syndics portant des houlettes ornées de rubans. Après la messe, on allait sur la place des Bouviers danser autour du mai. Des banquets champêtres, des farandoles et des danses remplissaient la journée.

Laboureurs

La fête du lendemain était encore plus gaie. Les laboureurs, avec leurs syndics, montés sur des mules bien harnachées et ornées de rubans, portant chacun en croupe une femme ou une fille de laboureur, parcouraient, avec la musique, les fermes des environs. Ils distribuaient le pain bénit dans chacune, donnaient des sérénades, et faisaient danser les habitants de la ferme. Une table bien servie les attendait dans toutes.

Le troisième jour était le plus solennel et avait un but utile : c’était celui où l’on tirait la raie ou le sillon. Les laboureurs, les propriétaires et la population presque entière, se réunissaient dans un champ. Ceux qui s’étaient fait inscrire pour le concours amenaient leurs charrues ornées de rubans : c’était à celui qui tirerait la raie la plus profonde, la plus longue et la plus droite. Il y avait beaucoup de difficultés à vaincre : on les multipliait pour mieux éprouver l’habileté du laboureur. Les raies finies, elles étaient parcourues par des prud’hommes, qui adjugeaient le prix au plus digne. Des laboureurs s’exerçaient dans le cours de l’année à mériter cette distinction ; et l’on attribue à cet antique usage la bonté des charrues dont on s’est toujours servi à Montélimar. En faisant revivre cette ancienne fête en 1818, l’administration municipale l’a réduite à un jour.

Elle est aussi célébrée dans les campagnes des environs de Valence, et notamment à Beaumont, Montéléger, Montmeyran et Upie. Le roi de la fête, choisi par les jeunes gens, a pour sceptre une pique couronnée d’épis ; tous les assistants ont a la boutonnière un bouquet d’épis. La première journée se passe en festins et en danses. Le lendemain, on se rassemble dans les champs : chacun fait amener sa charrue, et l’on figure les travaux du laboureur.

(D’après « Statistique du département de la Drôme », par M. Delacroix)

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