• BONJOUR A TOUS ET

    bienvenue (2)

     CHEZ FRANCESCA 

  • UN FORUM discussion

    http://devantsoi.forumgratuit.org/

    ............ ICI ............
    http://devantsoi.forumgratuit.org/

  • téléchargement (4)

  • Ma PAGE FACEBOOK

    facebook image-inde

    https://www.
    facebook.com/francoise.salaun.750

  • DECOUVERTES !

    petit 7

  • BELLE VISITE A VOUS

    aniv1

    PETITS COINS DE PATRIMOINE QUI SERONT MIS EN LUMIERE AU DETOUR DE NOTRE REGION DE FRANCE...

  • Cathédrale St-Etienne-Auxerre

    St-Etienne Cathédral, Auxerre

    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

  • M

    JE SUIS ORIGINAIRE MOI-MEME DE LA BOURGOGNE....

  • FRANCE EN IMAGES

    G

    « Un monument restauré traduit les connaissances, les ambitions, les goûts, non seulement du maître d’oeuvre mais aussi du maître d’ouvrage : c’est le vrai révélateur de l’appréhension des édifices par une génération donnée, qui leur permet de reconnaître pour sien un édifice centenaire. » citation de Françoise Bercé.

  • amis

  • Méta

  • amis

  • Architecture Française

    5

  • Artisanat Français

    1

  • A

  • amour-coeur-00040

  • montagne

    Tout devient patrimoine : l'architecture, les villes, le paysage, les bâtiments industriels, les équilibres écologiques, le code génétique.

  • 180px-Hlézard1

  • Patrimoine Français

    3

    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

  • a bientot

Enseignes Professionnelles à travers les âges

Posté par francesca7 le 4 juin 2016

 

 
 
De pittoresques enseignes décoraient jadis les boutiques parisiennes et donnaient aux rues de la ville la physionomie la plus originale. Quel spectacle amusant ce devait être que celui de ces rues étroites et tortueuses d’autrefois, avec toutes ces grandes enseignes qui se balançaient au bout de longues tringles de fer. Et si une ordonnance de 1766 exige qu’elles ne prennent plus la forme, dangereuse pour les passants, d’une potence, elles n’en connaissent pas moins un fabuleux essor, devenant même le support de messages politiques facétieux au XIXe siècle.

Le Moyen Age fut, dans nos vieilles villes, l’époque où les enseignes se multiplièrent. En ce temps-là, les rues ne portaient pas de nom, les maisons n’avaient pas de numéros. C’est par quelque enseigne connue qu’on désignait les unes et les autres. La place Saint-Michel dut son nom à une maison qui portait pour enseigne la figure de l’archange terrassant le démon ; de même la rue de l’Homme Armé, qui ne disparut qu’au XIXe siècle ; et aussi la rue de l’Arbre-Sec et celle du Chat-qui-pêche, qui existent encore aujourd’hui.

A Paris alors, les marchands des divers métiers avaient la coutume de mettre, à leurs fenêtres et sur leurs portes des bannières en forme d’enseignes, où se trouvaient figurés le nom et le portrait du saint ou de la sainte qu’ils avaient choisi pour patron ; cependant, on rencontrait aussi, parfois, au lieu d’une figure de moine ou de vierge martyre, divers emblèmes ou rébus qui exerçaient l’esprit sagace des curieux, dont le plaisir était grand de chercher le sens caché de l’enseigne.

 1

Il existait autrefois à Paris, une rue qui portait le nom de rue du Bout-du-Monde, parce qu’il y avait, dans cette rue, une enseigne sur laquelle on avait représenté un bouc, un duc (oiseau) et un monde. Autres exemples : A l’Assurance (Un A sur une anse) ; Au puissant vin(Au puits sans vin) ; A la vieille science (Une vieille femme qui sciait une anse). Ces compositions naïves suffisaient à amuser nos aïeux. Le goût s’en perpétua presque jusqu’à nos jours. Vers le milieu du XIXesiècle, on voyait encore sur le boulevard du Temple, près du cirque Olympique, un limonadier dont l’enseigne représentait un paysan qui coupait un épi, avec, au-dessous, cette légende : A l’Epi scié.

Les plus savants personnages ne dédaignaient pas d’user de ces jeux de mots dans leurs enseignes. C’est ainsi que le médecin Coitier, qui soigna Louis XI, et que le roi voulut faire pendre en un jour de mauvaise humeur, s’était fait bâtir une maison, sur laquelle il avait mis cet à peu près : A l’Abri-Coitier.

Mais nos aïeux ne se contentaient pas toujours de l’enseigne représentée par un bas-relief sculpté dans la muraille ou par un tableau se balançant au-dessus de l’entrée de la boutique. Ils employaient aussi l’enseigne vivante. Ainsi, la Truie qui filele Coq-Héronle Singe-Vert, étaient des animaux en cage dont l’adresse émerveillait les passants, et dont l’éducation prouvait la patience de l’industriel du XVe ou du XVle siècle.

A cette époque, l’enseigne était obligatoire. Une ordonnance de 1567 prescrit à ceux qui veulent obtenir la permission de tenir auberge, de faire connaître au greffe de la justice « leurs noms, prénoms, demeurances affectes et enseignes ». Un édit de Henri III de mars 1577 ordonne aux aubergistes de placer une enseigne à l’endroit le plus apparent de leurs maisons « à cette fin que personne n’en prétende cause d’ignorance même les illettrés ». Mais sous Louis XIV l’enseigne n’est plus que facultative. La pratique n’en diminue pas pour cela. Il n’est point à Paris, une boutique sans enseigne.

Même, la fureur des grandes enseignes parlantes prend à cette époque un développement considérable. Chacun veut avoir une enseigne plus volumineuse que celle de son voisin. Et tous ces attributs gigantesques qui se balancent en avant des maisons, au bout de longues potences, ne vont pas sans quelques inconvénients. Si bien qu’au XVIIIe siècle, le lieutenant de police Antoine de Sartine (1759-1774) se résolut à mettre ordre à cet abus. Par ordonnance de 1766, il prescrivit la suppression de ces potences menaçantes et ordonna que les enseignes seraient dorénavant appliquées en tableaux sur les murs, scellées de plâtre et cramponnées en haut et en bas. Le pittoresque y perdit, mais la sécurité des passants y gagna.

 

2

Jacques Coitier (ou Coictier, Coytier, Coittier) (1430-1506)

 

Mercier, dans son Tableau de Paris, a applaudi à cette réforme. « Les enseignes, écrit-il, sont maintenant (1780) appliquées contre le mur des maisons et des boutiques ; au lieu qu’autrefois elles pendaient à de longues potences de fer ; de sorte que l’enseigne et la potence, par les grands vents, menaçaient d’écraser les passants dans les rues. Quand le vent soufflait, toutes ces enseignes, devenues gémissantes, se heurtaient et se choquaient entre elles ; ce qui composait un carillon plaintif et discordant… De plus, elles jetaient, la nuit, des ombres larges qui rendaient nulle la faible lueur des lanternes.

« Ces enseignes avaient pour la plupart un volume colossal, et en relief. Elles donnaient l’image d’un peuple gigantesque, aux yeux du peuple le plus rabougri de l’Europe. On voyait une garde d’épée de six pieds de haut, une botte grosse comme un muid, un éperon large comme une roue de carrosse, un gant qui aurait logé un enfant de trois ans dans chaque doigt, des têtes monstrueuses, des bras armés de fleurets qui occupaient toute la largeur de la rue. La ville, qui n’est plus hérissée de ces appendices grossiers, offre pour ainsi dire, un visage poli, net et rasé ».

Et Mercier termine son article par un brillant éloge d’Antoine de Sartine, qui supprima impitoyablement le pittoresque des enseignes à potence. D’ailleurs, dès cette époque, les rues portaient des noms inscrits sur des plaques de tôle à toutes les encoignures ; de ce fait, les enseignes étaient moins indispensables qu’auparavant. Mais les maisons n’étaient pas encore numérotées. Une ordonnance de 1768 avait bien prescrit ce numérotage, mais les habitants n’en avaient guère tenu compte ; et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que, dans les voies les plus importantes de la capitale, les maisons portèrent régulièrement des numéros.

Les meilleurs artistes du temps passé n’ont pas dédaigné de peindre ou de sculpter des enseignes. Dans la plupart de nos vieilles villes, à Rouen, à Reims, à Amiens, à Beauvais, on en trouve qui sont, à coup sûr, l’œuvre de « tailleurs d’images », d’un indiscutable talent. On note également nombre d’enseignes peintes par les artistes les plus célèbres du XVIIIe et même du XIXe siècle. Tout le monde connaît, au moins par la gravure, la fameuse enseigne que Watteau peignit pour son ami Gersaint, le marchand de tableaux du pont Notre-Dame.

Chardin, le peintre exquis des intérieurs bourgeois, peignit dans sa jeunesse une enseigne pour un chirurgien parisien. Le panneau, qui n’avait pas moins de neuf à dix pieds de long, représentait un homme blessé d’un coup d’épée, qu’on apportait dans l’officine du chirurgien. Le commissaire, le guet, des femmes et toutes sortes de curieux remplissaient la scène et, détail intéressant, Chardin avait pris pour modèles des personnages de son tableau, les principaux membres de sa famille. La boutique pour laquelle l’enseigne fut faite était située en bas du pont Saint-Michel.

Le peintre Pierre Prudon (1758-1823) dit Prud’hon fit une enseigne pour un chapelier. Elle représentait deux ouvriers travaillant le feutre au milieu d’un amoncellement de chapeaux. En 1833, le peintre et dessinateur Auguste Raffet (1804-1860), en pleine célébrité, peignait une enseigne pour un fabricant de papier qui faisait l’angle de la rue Saint-Marc et de la place des Italiens, aujourd’hui place Boieldieu. Ce tableau représentait une accorte cantinière portant, au lieu du traditionnel tonnelet, une boîte à papier. François Boucher (1703-1770) fit une enseigne pour une sage-femme ; Philibert-Louis Debucourt (1755-1832) en peignit plusieurs : une pour un négociant de la place des Trois-Mariées, aujourd’hui place de l’École, à côté de la mère Moreaux ; et une autre pour Corcelet, le marchand de primeurs à l’enseigne du Gourmand. Le peintre Narcisse Diaz (1807-1876) décora de superbes panneaux une boutique de fruitier du marché Saint-Honoré.

Jean-François Millet (1814-1875), qui réalisa le célèbre Angélus (1859), dut peindre des enseignes pour vivre. Au coin de la rue Notre-Dame-de-Lorette et de la rue Saint-Lazare, il composa pour un magasin une enseigne représentant Notre-Dame-de-Lorette écrasant le serpent. Vers 1862, il exécuta peur un marchand de vins deux stores allégoriques : laVendange et la Moisson. A Cherbourg, il travailla pour un laitier et pour une sage-femme. Il fit même, pour la façade d’une baraque foraine, un tableau représentant le Maréchal Bugeaud à la bataille d’Isly ; et plus tard, le pauvre artiste disait mélancoliquement que c’était là, peut-être, une de ses meilleures toiles.

Sait-on qu’une enseigne, un jour, alarma le pouvoir ? Un restaurant de Paris fondé en 1792 — fermé en 1936 —, Le Bœuf à la mode, portait au début du XIXe siècle sur son enseigne un bœuf orné d’un châle, d’un chapeau à brides, en un mot habillé à la mode du Directoire (1795-1799), celle qui avait vu éclore les Incroyables et les Merveilleuses. C’est cette enseigne qui eut l’étonnante fortune d’inquiéter le gouvernement de Louis XVIII. L’Intermédiaire des chercheurs et curieux retrouva aux Archives un rapport de police ainsi conçu :

« Paris, 13 juin 1816.

« Un restaurateur nouvellement établi rue du Lycée, n°8, en face le corps de garde attenant au Palais-Royal, vient de faire apposer une enseigne au-dessus de son local qui a pour titre :Le Bœuf à la mode. Cet animal, symbole de la force, fait déjà parler beaucoup par la nature de son harnachement et de sa coiffure, qui se compose d’un cachemire rouge, d’un chapeau de paille surmonté de plumes blanches et orné d’un ruban bleu ; un autre ruban de même couleur est autour de son col et portant une espèce de toison d’or, comme la portent les souverains. Le chapeau qui représente la couronne est rejeté en arrière et prêt à tomber »,

« Cette raison, et particulièrement la réunion des trois couleurs réprouvées, ne paraissent être placées qu’avec une mauvaise intention, enfin il n’y a pas jusqu’à la classe vulgaire qui ne voie dans cette allégorie, une caricature des plus sales contre Sa Majesté.

« Signé : LE FURET ».

 3

Enseigne du restaurant Le Bœuf à la mode en 1816

 

Ces indications du Furet émurent suffisamment le comte Élie Decazes, préfet de police de Paris depuis le 7 juillet 1815, pour qu’il prescrivît un supplément d’enquête, d’autant qu’un autre rapport affirmait que les garçons du restaurant tenaient de mauvais propos :

« Je vous invite, écrivait Decazes, à faire vérifier sur le champ, ce qu’il pourrait y avoir de fondé dans ces remarques et à vous assurer des opinions politiques des propriétaires de l’établissement. Je n’ai pas besoin de vous engager à faire mettre dans cette espèce d’enquête, beaucoup de discrétion, et s’il paraissait convenable de faire disparaître cette enseigne, d’avoir soin que l’opération ait lieu sans éclat ».

Il faut croire que l’enquête définitive ne fut pas trop défavorable ou que l’esprit politique l’emporta sur un zèle maladroit ; l’enseigne resta et Louis XVIII n’en fut pas renversé.

Au surplus, il arriva parfois à l’enseigne de faire de la politique. Vers 1830, il y avait à Paris un pâtissier nommé Leroy qui avait écrit sur sa boutique : Leroy fait des brioches. La police s’émut de cette inscription qui semblait censurer irrespectueusement les actes de Louis-Philippe. Le commissaire appela le pâtissier et lui ordonna de changer son enseigne. Ce que fit le facétieux commerçant en remplaçant l’inscription par celle-ci : Leroy continue à faire des brioches. Il est à ce sujet assez amusant de noter qu’à Reims, déjà 40 ans auparavant selon Prosper Tarbé (Reims. Essais historiques sur ses rues et ses monuments, paru en 1844), « en 1790 demeurait sous les Loges un estimable pâtissier nommé Leroy. Déjà dans ce temps on avait trouvé le secret des réclames, et la science des enseignes était en progrès. Notre pâtissier donc écrivit au-dessus de sa porte : Leroy fait ses brioches. La monarchie était alors sur son déclin et l’on aimait à rire à ses dépens. »

C’est dans les mêmes années 1830 qu’un fruitier de la rue Saint-Denis fit peindre sur sa boutique le portrait de Louis-Philippe, avec cette inscription : « Spécialité de poires » — on sait que le célèbre Daumier fit paraître en 1831 dans le journal qu’il dirigeait, un portrait caricatural de Louis-Philippe intitulé La Métamorphose du roi Louis-Philippe en poire.

La République de 1848 ne fut pas mieux traitée par l’enseigne. Sur sa devanture, un marchand de tabacs avait fait peindre trois blagues au-dessous de la devise : Liberté, Egalité, Fraternité. Et comme enseigne, il avait écrit : « Aux trois blagues ». Un numéro du Phare de la Loire de 1930, donc un siècle plus tard, nous apprend qu’il existe alors un bureau de tabac d’une bourgade située non loin de Périgueux, arborant cette même enseigne.

4 

Enseigne À l’ours au 95 rue du Faubourg Saint-Antoine, en 1894

 

Que de choses il y aurait à dire sur l’humour de l’enseigne. L’esprit goguenard de nos pères se donna là libre carrière. Il y avait jadis, à Troyes, une enseigne avec ce titre : Au trio de malice. Elle représentait un singe, un chat et une femme. Et quelle variété de fantaisie dans les enseignes poétiques. On mentionnera le fameux quatrain inscrit sur la boutique d’un coiffeur de la rue Basse-Porte-Saint-Denis :

Passants, contemplez la douleur
D’Absalon pendu par la nuque.
Il eut évité ce malheur
S’il eût porté perruque.

Les coiffeurs se sont d’ailleurs signalés de tout temps par l’originalité poétique de leurs enseignes. On signalait, au début du XXe siècle, l’enseigne d’un perruquier de Brie-Comte-Robert, M. Toulemonde :

Sans parcourir le monde entier,
Sans voyager sur l’onde
Entrez chez ce perruquier
Vous verrez tout le monde.

Car l’esprit que prodiguaient nos pères dans leurs enseignes n’a pas complètement disparu. Mais ce sont les enseignes elles-mêmes qui n’existent plus guère. Dans son Voyage aux bords du Rhin, Victor Hugo disait : « Où il n’y a pas d’églises, je regarde les enseignes ; pour qui sait visiter une ville les enseignes ont un grand sens ». Hélas ! l’illustre poète n’aurait plus grand chose à regarder aujourd’hui.

 

(D’après « Le Petit Journal. Supplément du dimanche », paru en 1914)

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, AUX SIECLES DERNIERS, FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

Les Nains : sujets d’observation

Posté par francesca7 le 2 juin 2016

 

 

Juan_van_der_Hamen_enanoDE QUELQUES NAINS CÉLÈBRES 

Parmi les hommes remarquables par leur petitesse, dont les annales de la science ont conservé le souvenir, il en est quelques-uns qui ont acquis un certain degré de célébrité. Tels sont Jeffrey Hudson, né en 1619 ; Joseph Borwilawski, gentilhomme polonais, et Nicolas Ferry, dit Bébé, né en 1741.

Jeffrey Hudson fut présenté dans un pâté, à huit ans, par la duchesse de Buckingham, à la reine Henriette-Marie, femme de Charles Ier d’Angleterre ; à trente ans, il avait de hauteur 18 pouces anglais, qui en valent 17 des nôtres ; mais, à cette époque de sa vie, il commença à grandir, et finit par atteindre dans sa vieillesse la taille de 3 pieds 9 pouces anglais (3 pieds 6 pouces). Encore jeune, au milieu d’une fête de la cour, on le vit sortir, à la grande surprise des spectateurs, de la poche d’un employé du palais, dont la taille était, il est vrai, gigantesque. Le poète Davenant a composé en son honneur un poème intitulé la Jefferéïde, où il célèbre, entre autres exploits, une victoire remportée par Jeffrey contre un coq-d’inde.

En 1744, Jeffrey accompagna en France la reine Henriette ; un Allemand, nommé Crofts, s’étant laissé aller, sur son compte, à des plaisanteries que Jeffrey ne voulut point supporter, on en vint à un duel ; Crofts parut armé d’une seringue. Nouvelle fureur du nain, qui forçant son adversaire à un combat sérieux, à cheval et au pistolet, le tua du premier coup de feu. Jeffrey mourut en 1682, dans la prison de Westminster, où il était renfermé sous le poids d’une accusation politique.

Le nain Borwilawski, gentilhomme polonais, est célèbre par la variété de ses talents ; il écrivit lui-même son histoire, et sa réputation s’étendit dans toute l’Europe ; il présenta, comme Jeffrey, le phénomène d’accroissement de taille dans sa vieillesse.

Mais un nain qui a été un sujet intéressant d’observation pour les savants contemporains, est Bébé, né dans les Vosges, et dont le squelette est conservé dans les collections anatomiques du Muséum d’histoire naturelle. – Il était si petit, qu’on le porta au baptême dans une assiette garnie de filasse, et qu’il eut pour premier berceau un gros sabot rembourré. – Examiné à cinq ans par le médecin de la duchesse de Lorraine, il pesait 9 livres 7 onces, et était formé comme un jeune homme de vingt ans. Il fut conduit à la cour de Stanislas, pour qui il se prit d’une grande affection, et qui à son tour l’aima singulièrement. Ce prince chercha à lui faire acquérir de l’éducation ; mais Bébé, bien différent des deux nains dont nous avons parlé, ne put jamais apprendre à lire ; il ne sut jamais que danser et battre la mesure. Cependant il demeura vif et gai jusqu’à l’âge de quinze ans, où sa gentillesse l’abandonna ; il subit à cette époque une sorte de vieillesse prématurée, qui se termina à vingt-deux ans par sa mort. Il avait alors 33 pouces, tandis qu’il n’en comptait que 29 à quinze ans. On l’avait fiancé, vers la fin de sa vie, à une naine, nommée Thérèse Souvray, qui existait encore vers 1822, époque où elle vint se montrer Paris.

 

(D’après un article paru en 1834)

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, LITTERATURE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

Horloge florale du 18è siècle

Posté par francesca7 le 28 mai 2016

 

 
 
Au XVIIIe siècle le naturaliste Linné, à l’écoute d’une Nature généreuse, prend soin de l’observer et met au point l’Horloge de Flore, véritable et merveilleuse prouesse botanique, accompagnant le temps qui s’écoule et s’appuyant sur le simple fait qu’un grand nombre de plantes s’épanouissent et se ferment à des heures fixes

Delille, que l’on retrouve toujours dès que I’on s’occupe de la nature dont il fut le chantre favorisé, nous a laissé quelques vers qui ont pour objet l’horloge de Flore. L’idée principale de cette invention botanique est de réunir sur une même plate-bande des plantes dont les fleurs s’ouvrant et se fermant à des époques différentes, mais précises de la journée, indiquent chacune des heures comme le ferait un cadran.

1 

Horloge de Flore

 

Voici les vers de Delille :

Je vois avec plaisir cette horloge vivante ;
Ce n’est plus ce contour où l’aiguille agissante
Chemine tristement le long d’un triste mur ;
C’est un cadran semé d’or, de pourpre et d’azur,
Où d’un air plus riant, en robe diaprée,
Les filles du printemps mesurent la durée,
Et nous marquant les jours, les heures, les instants,
Dans un cercle de fleurs ont enchaîné le temps.

Rien de plus séduisant que l’idée qui a inspiré ces vers. Quoi de plus ingénieux en effet que d’obliger le Temps à nous avertir, pour ainsi dire lui-même, de sa marche, et par les effets qu’il amène dans le règne végétal.

Ces pensées riantes et nouvelles pour Linné, puisqu’il fut le premier qui les publia, durent lui faire éprouver la satisfaction la plus douce. Ce naturaliste avait observé que, depuis le lever du soleil jusqu’à midi, chaque heure du jour pouvait être indiquée comme l’époque précise de l’épanouissement d’une fleur ; il nota la fleur, en rapprochant son nom de l’heure à laquelle sa corolle avait coutume de s’ouvrir. Il remarqua ensuite qu’à partir de midi on pouvait, sur l’occlusion des fleurs, établir des rapports tout à fait semblables et non moins justes. Il imagina alors de rassembler ces fleurs sous un même coup d’œil, et le résultat de l’expérience ayant été satisfaisant, il communiqua aux sociétés savantes cette nouvelle aménité botanique sous le nom d’horloge de Flore.

Il avait formé trois divisions : fleurs météoriques, qui s’ouvrent ou se ferment plus tôt ou plus tard, selon l’état de l’atmosphère ; tropicales, qui s’ouvrent au commencement et se ferment à la fin du jour ; équinoxiales, qui s’ouvrent et se ferment à une heure déterminée. C’est cette dernière division qui constituait spécialement l’horloge de Flore. Voici vingt-quatre fleurs s’ouvrant successivement aux différentes heures du jour et de la nuit :

Minuit. Cactus à grandes fleurs.
Une heure. Lacieron de Laponie.
Deux heures. Salsifis jaune.
Trois heures. Grande décride.
Quatre heures. Cripide des toits.
Cinq heures. Emerocalle fauve.
Six heures. Epervière frutiqueuse.
Sept heures Laitron.
Huit heures. Piloselle. Mouron rouge.
Neuf heures. Souci des champs.
Dix heures. Ficoïde napolitaine.
Onze heures. Ornithogale (Dame-d’Onze-Heures).
Midi. Ficoïde glaciale.
Une heure. Œillet prolifère.
Deux heures. Épervière.
Trois heures. Léontodons.
Quatre heures. Alysse alystoïde.
Cinq heures. Belle de nuit.
Six heures. Géranium triste.
Sept heures. Pavot à tige nue.
Huit heures. Liseron droit.
Neuf heures. Liseron linéaire.
Dix heures. Hipomée pourpre.
Onze heures. Silène fleur de nuit.

Parmi les fleurs qui s’épanouissent à heure fixe, plusieurs ne se rouvrent plus après s’être fermées, comme les Keturies ; d’autres, comme la plupart des composées, s’épanouissent de nouveau le lendemain. Un grand nombre de fleurs ne s’ouvrent que la nuit. Tel est, parmi les plus remarquables, le Cierge à grande fleur (Cactus grandiflorus), originaire de la Jamaïque et de la Vera-Cruz.

Sa fleur magnifique, large de deux centimètres, s’épanouit et répand un parfum délicieux au coucher du soleil ; mais elle ne dure que quelques heures, et avant l’aurore elle se fane et se ferme pour ne plus s’ouvrir. Ordinairement il s’en épanouit une nouvelle la nuit suivante, et cela continue de même pendant plusieurs jours. On a vu ce cierge fleurir chez un jardinier du faubourg Saint-Antoine, le 15 juillet à 7 heures du soir.

Parmi les autres plantes qui ne s’épanouissent et n’ont d’odeur que la nuit, nous mentionnerons en particulier : les Nyctantes ou Jasmin d’Arabie, diverses espèces de Cestrum, d’Onagre, de Lychnis, de Silenes, de Géraniums, de Glaïeuls. Les Belles-de-Nuit doivent leur nom à cette propriété.

Le Souci d’Afrique s’ouvre constamment à sept heures, et reste ouvert jusqu’à quatre, si le temps doit être sec : s’il ne s’ouvre point, ou s’il se ferme avant son heure, on peut être sûr qu’il pleuvra dans la journée. Le Laitron de Sibérie reste ouvert toute la nuit, s’il doit faire beau le lendemain.

Les fleurs de Nymphaea se ferment et se plongent dans l’eau au coucher du soleil ; elles en sortent et s’épanouissent de nouveau lorsque cet astre reparaît sur l’horizon. Pline avait déjà remarqué ce mouvement. « On rapporte, dit-il (Liv. XIII, c. VIII) que dans l’Euphrate la fleur du Lotus se plonge le soir dans l’eau jusqu’à minuit, et si profondément qu’on ne peut l’atteindre avec la main : passé minuit, elle remonte peu à peu, de sorte qu’au soleil levant elle sort de l’eau, s’épanouit, et s’élève considérablement au-dessus de la surface du fleuve. »

Selon plusieurs auteurs, cette observation est l’origine du culte des Égyptiens pour le Nymphaea Lotus, qu’ils avaient consacré au Soleil. On en voit fréquemment la fleur et le fruit sur les monuments égyptiens et indiens. La fleur orne la tête d’Orisis. Horus ou le Soleil, est souvent représenté assis sur la fleur du Lotus. Hancarville a historiquement prouvé qu’ils donnent par cette fleur un emblème du monde sorti des eaux.

Un grand ami de la botanique, propriétaire aux environs de Paris, voulut un jour, dans le jardin de sa maison de campagne, vérifier l’horloge du professeur d’Upsal. Voici comme il s’y prit. Il y avait dans un des coins de ce jardin un bassin desséché qu’entourait une plate-bande circulaire. Il fit établir une horloge au centre du bassin dont un cadran occupait toute la surface, puis il plaça sur la plate-bande, au point correspondant de chacune des heures du cadran, la fleur qui devait servir à l’indiquer.

 2

Le naturaliste Linné, peint
en 1775 par Alexander Roslin

 

Ainsi, par exemple, de 4 à 5 heures, le tragopogon prateuse ; de 6 à 7 heures, le lactuca sativa ; de 11 heures à midi, l’ornithogalum umbellatum, et de même ensuite pour les plantes dont les fleurs devaient annoncer d’autres heures par leur occlusion ; de midi à une heure, le portulaca oleracea, etc., sans oublier le souci qui tenait une place honorable dans l’horloge linnéenne.

Après bien des peines, beaucoup de soins et de grands frais, notre connaisseur eut la satisfaction de réussir et d’offrir à ses amis une séance dont l’intérêt n’était pas moins vif que le spectacle en était amusant. Tout réussit au gré de ses souhaits et les heures furent indiquées à quelques minutes près.

On sent au reste combien une pareille horloge serait inférieure à nos pendules et au cadran solaire. Les difficultés qui peuvent s’offrir dans l’acquisition des plantes qui doivent la composer, les différents états atmosphériques qui peuvent survenir, contrarient souvent l’observateur, et celui qui ne voudrait pas d’autre mesure du temps, serait souvent exposé, comme le dit une phrase populaire, à chercher midi à quatorze heures.

Une invention analogue est le Calendrier de Flore, que l’on doit au même auteur. Linné ayant observé que les conditions de saison et de température, qui faisaient fleurir telle ou telle plante, étaient aussi ou contraires ou propices à tels ou tels travaux de la campagne, imagina de rassembler les plantes qui lui offraient cette concordance et d’établir un calendrier où il serait dit, par exemple : floraison du daphne mescreum, époque des semences, etc.

Voici comme il raisonnait : si la plante fleurit plus tôt qu’à l’ordinaire, c’est que la saison sera plus avancée qu’elle ne doit l’être à pareille époque, et les semences pourront donc sans inconvénient avoir lieu plus tôt ; si au contraire elle fleurit plus tard, il faudrait attendre pour semer ; les causes qui sont contraires à la floraison devant être également nuisibles aux semences. Ainsi , le cultivateur recevait de la nature même le conseil d’agir ou de rester en repos, et mieux averti que par les époques invariables que marque un calendrier ordinaire, il évitait les gelées et tous ces brusques changements de température qui lui enlèvent si souvent ses espérances et sa fortune.

Si l’utile venait ici se joindre à l’agréable, il faut reconnaître que ce calendrier devait exister avant le mémoire de Linné. Le cultivateur est observateur par état, et il n’est pas un paysan qui ne connaisse toutes les conditions atmosphériques beaucoup mieux qu’un physicien, et qui ne prédise d’une manière presque infaillible le temps serein ou la pluie, la grêle, le vent ou la gelée, l’expérience et l’habitude étant des guides sûrs.

Voici, toutefois, le Calendrier de Flore :

Janvier. Ellébore noire.
Février. Daphné bois gentil.
Mars. Soldanelle des Alpes.
Avril. Tulipe odorante.
Mai. Spirée filipendule.
Juin. Pavot coquelicot.
Juillet. Centaurée.
Août. Scabieuse.
Septembre. Cyclame d’Europe.
Octobre. Millepertuis de Chine.
Novembre. Xyménésie.
Décembre. Lopésie à grappes.

6

A l’exemple des botanistes qui ont construit une horloge de Flore, un chasseur naturaliste, s’il faut s’en rapporter au Bulletin mensuel de la Société protectrice des animaux, a dressé une horloge ornithologique, en notant les heures de réveil et de chant de certains oiseaux.

Après le rossignol, qui chante presque toute la nuit, c’est le pinson, le plus matinal des oiseaux, qui donne le premier signal aux chantres des bois. Son chant devançant l’aurore, se fait entendre d’une heure et demie à deux heures du matin. Après lui, de deux heures à deux heures et demie, la fauvette à tête noire s’éveille, et fait entendre son chant, qui rivaliserait avec celui du rossignol s’il n’était pas si court.

De deux heures et demie à trois heures, la caille, amie des débiteurs malheureux, semble par son cri : Paye tes dettes ! Paye tes dettes ! les avertir de ne pas se laisser surprendre par le lever du soleil. De trois heures à trois heures et demie, la fauvette à ventre rouge fait entendre ses trilles mélodieux. De trois heures et demie à quatre, chante le merle noir, l’oiseau moqueur de nos contrées, qui apprend si bien tous les airs, que Dureau de la Malle avait fait chanter la Marseillaise à tous les merles d’un canton, en donnant la volée à un merle à qui il l’avait serinée et qui l’apprit aux autres.

De quatre heures à quatre heures et demie, le pouliot se fait entendre. De quatre heures et demie à cinq heures, la mésange à tête noire fait grincer son chant agaçant. De cinq à cinq heures et demie, s’éveille et se met à pépier le moineau franc, ce gamin de Paris, gourmand, paresseux, tapageur ; mais hardi, spirituel et amusant dans son effronterie.

(D’après « Les végétaux curieux, ou Recueil des particularités les plus
remarquables qu’offrent les plantes, etc. » paru en 1824,
« Les merveilles de la végétation » paru en 1866
et « L’Année scientifique et industrielle » paru en 1863)

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, AUX SIECLES DERNIERS, FLORE FRANCAISE, FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

L’anneau de Jeanne d’Arc restera en France

Posté par francesca7 le 24 mai 2016

 
Fin de la « bataille » qui oppose depuis deux mois l’Angleterre et le Puy du Fou. Le Conseil des Arts britannique a indiqué ce jeudi qu’il renonçait à récupérer la relique de la Pucelle d’Orléans acquis par le parc vendéen le 26 février.

Porté par la Pucelle d’Orléans quand elle commandait les troupes françaises contre l’envahisseur britannique, récupéré à sa mort par les Anglais, racheté par des Français, réclamé par les Anglais, retenu par les Français, le modeste anneau de laiton de Jeanne d’Arc a connu une histoire mouvementée qui semble toucher à sa fin aujourd’hui.

À quelques jours à peine des fêtes qui se tiendront le 8 mai en l’honneur de la sainte, les Anglais renoncent définitivement à la relique. Inscrit à la dernière minute à des enchères qui se tenaient à Londres le 26 février, le propriétaire du Puy du Fou Nicolas de Villiers avait acquis le bijou à Londres pour la somme de 376.833 euros et l’avait rapporté en France, mais en ne demandant qu’après coup la licence d’exportation exigée par la loi.

 A1

L’anneau de Jeanne d’Arc. © Crédits photo : Jean-Sébastien Evrard / AFP

 

Au nom de cet oubli, le Conseil des Arts britannique l’avait sommé de rendre la relique dans les délais les plus brefs. La réponse de Nicolas de Villiers était ferme : « Cet anneau est tout ce qu’il nous reste de Jeanne d’Arc. Il est absolument hors de question de le céder. Nous ne livrerons pas une deuxième fois la Pucelle d’Orléans aux Anglais ».

Exposé dans un monument unique
L’un refusait d’accorder la licence d’exportation. L’autre refusait de rendre l’anneau. Après un long bras de fer de deux mois, le Conseil des Arts vient de céder en remettant au Puy du Fou la pièce manquante pour que le transfert du bijou soit définitivement légal. « La bataille fut rude mais loyale », concluent avec soulagement les représentants du parc vendéen dans un communiqué.

Le 14 avril, Nicolas de Villiers avait envoyé à la reine d’Angleterre une lettre que s’est procurée le Figaro. Au nom de « l’histoire commune » de la France et de l’Angleterre, il y suppliait Elisabeth II « que la relique de notre grande héroïne puisse demeurer dans notre pays et que les difficultés juridiques soient vite aplanies par son arbitrage ». Il rappelle notamment que son « ancêtre la Reine Victoria avait manifesté le désir de restituer l’anneau à la France. » Nul ne saura si c’est cette missive qui a fait pencher la balance en faveur du Puy du Fou.

« Revenu en France, après six siècles d’exil, l’anneau de Jeanne d’Arc va finalement rester au Puy du Fou, a annoncé Nicolas de Villiers. Il fera l’objet d’une présentation provisoire cet été, puis il sera exposé dans un monument spécialement construit à l’extérieur du Grand Parc du Puy du Fou pour permettre à chacun d’admirer gratuitement ce trésor de l’Histoire de France. »

Marie-Amélie Blin
(Source : Le Figaro)

Accédez à l’article source

Publié dans AUX SIECLES DERNIERS, FONDATEURS - PATRIMOINE, HISTOIRE DES REGIONS | Pas de Commentaire »

Qui était Saint Antoine de Padoue ?

Posté par francesca7 le 24 mai 2016

 

 

 

Invoqué lors de la perte d’un objet, Saint Antoine de Padoue, canonisé le 30 mai 1232 et docteur de l’Église depuis 1946, est fêté le 13 juin de chaque année. Coup de projecteur sur une figure incontournable du patrimoine spirituel de l’humanité…

Né à Lisbonne aux alentours de 1195, Fernando Martins de Bulhões est issu d’une noble famille de tradition militaire, descendant de Charlemagne et apparentée à celle de Godefroy de Bouillon. Décédé le 13 juin 1231 près de Padoue en Italie, il vécut seulement 36 années sur cette Terre mais sa renommée dépasse aujourd’hui les frontières. Rares, en effet, sont les églises dans le monde qui n’abritent pas une statue de Saint Antoine avec un ou plusieurs de ses attributs que sont la bure franciscaine, l’enfant Jésus, le livre, les poissons, le cœur enflammé ou le lys…

PADOUE

Un disciple de Saint François d’Assise

Très tôt attiré par la spiritualité, Fernando entreprend des études de théologie à Coïmbra, chez les Chanoines Réguliers de Saint Augustin, études pour lesquelles il se révèle très doué. Il y est ordonné prêtre. Il a seulement 25 ans lorsque les dépouilles des premiers martyrs franciscains sont ramenées au Portugal. Cet événement, et le témoignage de ces existences sacrifiées, le bouleversent, déclenchant chez lui un profond désir de devenir disciple de Saint François d’Assise. Il rejoint alors les Frères Mineurs et prend l’identité de Frère Antoine. S’identifiant à ses prédécesseurs, il demande à être envoyé, lui aussi, en mission au Maroc. Le destin en décide autrement, Antoine devant être rapatrié pour cause d’ennui de santé. En 1221, il se retrouve à Assise, au chapitre de l’Ordre. Ses frères décèlent alors en lui des talents exceptionnels en matière de théologie et de prédication.

Un prédicateur hors pair

Le dégageant des tâches ménagères de la communauté, Saint François lui-même l’autorise à enseigner et à prêcher à Bologne, Toulouse, Montpellier et Limoges. Il parcourt ainsi de nombreuses contrées, en moine errant, se retirant parfois dans des grottes pour prier. On raconte qu’à Brive-la-Gaillarde, il retrouve miraculeusement un commentaire des Psaumes qui lui avait été dérobé. Le voleur deviendra par la suite un pieux novice… C’est sans doute à partir de cette anecdote que Saint Antoine reste aujourd’hui le Saint Patron des objets perdus. À cette époque, dans le sud de la France, un mouvement spirituel est en train de menacer la théologie catholique : le catharisme. Il s’agit d’une conception dualiste de la Création qui remet en cause le pouvoir temporel de l’Église. Récupéré de part et d’autre par des enjeux plus politiques que théologiques, Frère Antoine, fidèle aux vœux de pauvreté de son Ordre, convaincra beaucoup de cathares par son exemple, conjugué à une connaissance approfondie des textes sacrés et un talent d’orateur hors pair. Le pape Grégoire IX voit en lui le Trésor vivant de la Bible. Les spiritualistes cathares se définissent en tant que Chrétiens mais rejettent le symbole de la Croix, le sacrement de l’Eucharistie et surtout l’intercession ecclésiale. Antoine met toutes ses forces dans cette prédication pacifique jusqu’à épuisement.

Surnaturel et paranormal
L’existence de Saint Antoine de Padoue est connue également pour avoir été l’objet de nombreuses manifestations surnaturelles. Ainsi, Jean Rigauld, auteur d’une biographie du Saint, rapporte un phénomène étonnant dit de bilocation : présence physique en deux endroits à la fois. En 1226, lors du Jeudi Saint, Saint Antoine célèbre la messe dans son monastère. Au même moment, des témoins certifient l’avoir vu en train de prêcher dans un autre lieu… On raconte également une étrange histoire alors qu’il se trouve dans le couvent qu’il venait de fonder à Brive. Il se rend compte que le cuisinier n’a rien à sa disposition pour nourrir les moines. Saint Antoine contacte une notable de la ville pour qu’elle fasse apporter par sa servante des légumes se trouvant dans un jardin. Dehors, un violent orage éclate. La servante s’acquitte de sa tâche sans avoir été mouillée par la pluie ! Beaucoup d’autres faits relevant du paranormal sont encore attribués à Saint Antoine de Padoue, telles la quarantaine de guérisons miraculeuses qui incitent le pape à le canoniser le 30 mai 1232. S’agit-il du domaine de la légende ou de la réalité historique ? Libre à chacun de s’en faire une idée. Quoi qu’il en soit, la renommée du Saint n’est certainement pas due au hasard et dépasse les clivages au point d’être reconnu au-delà des mers et des océans. Il reste même le Saint Patron des Amérindiens. Si sa courte vie terrestre se termine à Arcelle, près de Padoue, le rayonnement de son esprit vivifie encore et toujours des milliers de fidèles de par le monde… 

En savoir plus sur http://www.signesetsens.com/psycho-biographie-qui-etait-saint-antoine-de-padoue.html#HxtCAD0f6baSlsUd.99

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

100 millions d’arbres en 25 ans 

Posté par francesca7 le 19 mai 2016

 » Juliano Ribeiro Salgado

« Le Sel de la terre », qui a remporté le César 2015 du meilleur documentaire, est un hommage au magnifique travail du photographe brésilien Sebastião Salgado. Coréalisé par son fils Juliano et Wim Wenders, « Le Sel de la terre » met en lumière l’autre projet un peu fou de Sebastião Salgado : reboiser les terres de la ferme familiale au Brésil. Juliano Ribeiro Salgado nous raconte ici la genèse d’Instituto Terra, un lieu porteur d’espoir et riche d’enseignements.


Image de prévisualisation YouTube

 

 

Plantes & SantéComment cette ferme familiale située dans la Mata Atlantica (Forêt atlantique) est-elle devenue un désert ?

Juliano Ribeiro Salgado Quand mon grand-père achète la ferme Bulcao dans les années 1950, située à Aimorés, dans la région de Minas Gerais, au Brésil, il y a plus de 600 hectares de forêt et la terre est riche. Il y pratique une agriculture de subsistance pour élever sa famille. Sans état d’âme, il coupe le bois, le vend et l’utilise comme bois de chauffage. Mon grand-père a surexploité cette terre car il voulait que ses enfants aient une meilleure condition que la sienne. Quarante ans après, involontairement, par manque d’instruction, il avait complè-te-ment éradiqué la forêt de sa ferme devenue un désert. Quasiment plus rien n’y poussait.

P. & S.Comment a débuté l’aventure de l’Instituto Terra ?

J. R. S. En 1997, mes parents ont décidé de replanter une forêt identique à celle qui existait. Mon père, qui avait photographié les pires drames humains, a ressenti le besoin de retrouver ce lien pur avec la terre. Au début, les fermiers de la région et mon grand-père pensaient que mes parents jetaient leur argent par la fenêtre. Il y avait en effet un taux de perte de 60 %, car mes parents ne possédaient pas le savoir-faire. Je me souviens qu’à l’époque, avant que l’on produise nos propres plants, les pousses arrivaient dans des sachets en plastique. Pour les planter, il fallait faire un trou dans la terre, attendre que l’eau de pluie s’accumule autour des plants et croiser les doigts pour que cela marche. Petit à petit, mes parents ont mis en place une pépinière avec une capacité de production de 80 000 plants. Au fur et à mesure, ils sont arrivés à une capacité de stockage d’un million de pousses par an. Ensuite, ils ont aussi eu accès à d’autres sources de financement comme des collectivités locales, des entreprises… Car au Brésil, les entreprises qui polluent sont obligées de financer des projets de reforestation. Aujourd’hui, le taux de perte de l’Instituto Terra s’élève à 20 %, et il peut produire un million d’arbres par an.

Arbres plantés

P. & S.D’où proviennent les espèces qui ont été plantées au départ ?

J. R. S. La ferme a reçu de la part des botanistes de la fondation SOS Mata Atlântica(forêt soumise à l’influence océanique, ndlr) des espèces endémiques comme le pau-brasil, l’ipê, lejequitibas géant, l’anacardier, des orchidées sauvages, des lys et des bégonias. La Mata Atlantica est la forêt la plus riche de la planète par sa biodiversité, mais la majorité des espèces y sont en voie d’extinction à cause de la déforestation. Elle ne fait plus que 7,3 % de sa superficie initiale. Sur les parties les plus érodées du terrain, on a planté des légumineuses d’origine exotique provenant du biome de la Caatinga (nord-est du Brésil, ndlr). On y trouve du mimosa, des acacias, des flamboyants. Leurs racines ont la particularité métabolique de fixer l’azote. Du coup, le sol est plus équilibré, il redevient fertile.

P. & S.Au niveau de la faune et de la flore, quelles espèces sont réapparues ?

J. R. S. C’est impressionnant, il y a un tas d’animaux qui sont revenus : des paresseux, des tortues, des renards gris, des perroquets, des colibris, des singes… et même des jaguars ! Ces deux espèces sont tout en haut de la chaîne alimentaire. C’est très bon signe quand elles sont de retour. Le dernier rapport de l’Instituto mentionne l’existence de 180 espèces environ. On a également retrouvé trois plantes connues pour leurs vertues médicinales telles que l’aroeira, l’angico et le cajueiro.

P. & S.Comment avez-vous fait revenir l’eau sur cette terre déserte ?

J. R. S. Le fleuve immense qui irriguait la vallée du Rio Doce derrière la maison de mon grand-père était quasiment asséché. Mais en replantant les arbres, l’eau est revenue. Les plantations ont stabilisé le sol, les racines des arbres retiennent l’eau et la libèrent lentement, ce qui empêche la terre de boucher les sources d’eaux. L’Instituto vient de passer à une étape supérieure : Nous avons signé un contrat pour replanter cent millions d’arbres sur vingt-cinq ans autour des 370 000 sources d’eau du fleuve Rio Doce. Du coup, dans la zone de la fondation, agriculteurs et fermiers doivent garder 30 % de forêt intacte, et l’Instituto s’engage en contrepartie à les aider pour replanter la végétation.

P. & S.L’Instituto Terra a donc pour vocation de replanter et d’éduquer les populations locales. Quelles actions ont été menées dans ce sens ?

J. R. S. L’Instituto a développé une école qui joue sur trois niveaux. Premièrement, donner des cours aux fermiers locaux pour moderniser leur technique de travail tout en préservant la terre. 
Deuxièmement, les meilleurs élèves des écoles de la région destinés à être agriculteurs, comme leurs parents, suivent une formation sur l’écologie. Troisièmement, les ingénieurs agronomes peuvent y suivre une spécialisation en récupération des terres dégradées.

P. & S.Concrètement, quels sont les impacts de tous ces bouleversements, de tous ces changements sur la région ?

J. R. S. L’Instituto Terra est le plus grand employeur de la région : une soixantaine d’employés travaillent sur le domaine pour planter des arbres. Deux millions et demi d’arbres ont été plantés, c’est le projet de reforestation le plus grand au Brésil. Visuellement, on voit que la terre a été guérie. C’est formidable ! Les fermiers qui habitent ces terres vivent dans de meilleures conditions et ont pris conscience qu’on pouvait cultiver les champs différemment. Leurs vaches polluent moins en utilisant moins d’espace et produisent plus de lait. Cela améliore leur vie, même si ce sont des gens qui restent très pauvres : dans de nombreux endroits, il n’y a pas d’électricité, l’eau courante est celle de la rivière ou du puits. Mais aujourd’hui, ils ne sont plus obligés de partir, leur terre est productive et ils gagnent de l’argent. L’Instituto Terra a ainsi construit une relation de proximité avec ces populations rurales en éveillant leur conscience écologique. Qui plus est, le succès de ce projet pilote est tel qu’il a contribué à développer des programmes identiques de reforestation dans les zones alentour.

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, FLORE FRANCAISE, FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

Habitudes parfois surprenantes des Grands écrivains

Posté par francesca7 le 16 mai 2016

 

 
 
De la vie d’un Balzac qui ne souffrait aucune exception à un rythme parfaitement réglé, à celle d’un Alexandre Dumas qui exigeait quelque constante agitation pour que s’exprime la fibre créatrice de l’artiste, l’existence des grands écrivains peut s’avérer être pétrie de singulières manies…

Balzac prétendait ne pouvoir bien travailler que le matin, et l’on va voir ce qu’il entendait par là ! L’auteur du LE PERE GLORIOT   se mettait au lit vers six ou sept heures du soir : il se levait à une heure du matin et travaillait jusqu’à huit.

Puis, il déjeunait copieusement, faisait un tour de promenade et se remettait à la besogne jusqu’à trois ou quatre heures de l’après-midi. Il prenait alors un bain, recevait quelques amis, dînait et se couchait. Il recommençait le lendemain ; cela dura quinze ans.

Un pareil système ne pouvait convenir à Alexandre Dumas père. Très nerveux, toujours en ébullition, il avait besoin de mouvement et exécrait — on le sait — l’existence réglée, où rien n’est laissé à l’imprévu. On raconte qu’un jour, ne pouvant mener à bien, dans le silence du cabinet, un roman qu’il avait en train, il s’embarqua dans une de ces lourdes diligences qui faisaient jadis le service entre Paris et le Havre. Pendant vingt heures il fut cahoté sur les pavés du chemin. Quand il arriva à destination son livre était composé de toutes pièces.

 

2

Alexandre Dumas père

 

D’autres fois, il demandait à la musique ses meilleurs inspirations : souvent il venait au Conservatoire, se griser de mélodie, et, chez lui, écrivait l’un de ces merveilleux chapitres que chacun connaît. Enfin, on se rappelle qu’il aimait à se balancer sur les flots bleus du golfe de Messine dans une simple barque de pêcheur, pour y chercher, comme en rêve, quelqu’une de ses gracieuses héroïnes.

Théophile Gautier avait, lui aussi, cent façons de travailler. Dans certains bureaux de rédaction, on se rappelle encore à la fin du XIXe siècle comment il composait ses articles. Ecrivant debout sur une table spéciale, il avait à sa droite un sac de bonbons et à sa gauche une botte de cigarettes, dans lesquels il puisait alternativement.

Puis, quand il sentait l’inspiration faiblir, il s’arrêtait, et, à la stupéfaction de ceux qui le connaissaient peu, s’approchait d’une petite pompe qui se trouvait dans un coin, et pendant quelques minutes pompait de toutes ses forces. Cela, disait-il, renouvelait l’oxygène de son sang et lui donnait des idées. Puis il se remettait à écrire.

Dickens et Walter Scott, comme Balzac, travaillaient à hure fixe et surtout le matin. « Entre six et sept heures, dit quelque part l’auteur d’Ivanhoé, la muse me visite ; c’est là, pour moi, le meilleur moment de la journée, l’heure claire où je vois nettement ce que je cherche souvent en vain en d’autres instants du jour. « Quand je le puis, je ne travaille que le matin et flâne en fumant l’après-midi. C’est si bon, un cigare, après quelques heures de besogne ! »

(D’après « Le Nouvelliste illustré », paru en 1898)

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, HUMEUR DES ANCETRES, LITTERATURE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

Le guérisseur des fous : Martin Degimard

Posté par francesca7 le 14 mai 2016

 

 
 
Au début du XXe siècle, le hasard d’un déménagement exhuma de sous un monceau de papiers à trier appartenant aux Archives départementales du Cantal un cahier de 18 pages in-folio, où se suivent, dans un ordre à peu près chronologique, de 1761 à 1781, 31 copies de lettres, annonces, certificats, attestations, tous documents à la gloire de Martin Degimard, docteur en médecine de Bort, inventeur d’un merveilleux spécifique contre la folie et les aliénations de l’esprit

imagesSur Martin Degimard, les renseignements que nous possédons se réduisent à bien peu de chose. Il fit ses études et obtint le titre de docteur à la célèbre Faculté de Médecine de Montpellier et, natif de Bort, il se fixa dans sa ville natale. Une pièce de procédure nous montre que la renommée que lui acquit sa découverte permit à Martin Degimard, quoique appartenant à une famille bourgeoise, de s’allier à la famille noble de Quinson. Nous devons donc nous borner à présenter une simple publication de textes.

Quoique à l’état de copies, l’authenticité de ces documents paraît hors de cause. Le dossier est, en effet, terminé par des attestations de Bernard Chasteau, « avocat en Parlement, bailli, juge civil, criminel et de police de la présente ville de Bort » et de Charles-Antoine Guirbail, bailli pour le duc de Castries, dans ses terres de Granges et Tauves, qui certifient que lesdites « copies de lettres missives et certificats ont été extraites mot à mot sur les originaux représentés par le sieur Martin Degimard et que foy doit y estre ajoutée ».

La première pièce est une lettre d’envoi, signée de la marquise de Salvert de Montrognon, « de l’approbation de Messieurs les quatre premiers médecins de la Cour, pour un malade de la première distinction, affecté de plusieurs maladies sérieuses, sans aliénation d’esprit » : « Voilà, Monsieur, la consultation que j’ai fait faire ; elle est de tout ce qu’il y a de plus habile dans le royaume, puisque c’est de Monsieur de Sénac, premier médecin du Roy, de M. de Lanove, médecin de la Reine, de M. de Bouillac, médecin de Madame la Dauphine, et rédigée par M. Petit, médecin de Monseigneur le duc d’Orléans. Vous voyez que votre conduite a été approuvée, il n’y a plus qu’à continuer de même. Je vous scay gré de votre zèle pour nos intérêts ; continuez, je vous en prie, et recommandez aussi l’ordre dans la maison si vous le pouvez. Donnez-moi de temps en temps des nouvelles du malade : vous voyez que je lui rends le bien pour le mal ; je pratique une religion qui me l’ordonne. Ma santé n’est pas bonne depuis longtemps. J’ai l’honneur d’être, Monsieur, plus que personne, votre très humble et très obéissante servante. Signé : LA MARQUISE DE SALVERT DE MONTROGNON. De Paris, le 12 novembre 1761 ». Et, au-dessus, est écrit à M. Martin Degimard, docteur en médecine, à Bort.

 

1

Un aliéné

 

Le nom de la marquise de Salvert, célèbre dans la chronique galante de l’époque, vaut qu’on s’y arrête un moment. Jeanne-Marie de Méallet de Farges avait épousé en 1738 Guillaume de Salvert de Montrognon, seigneur de la Rodde, de Marse, lieutenant-général des armées du roi. Tous deux offrirent un parfait exemple de ces ménages si fréquents au XVIIIe siècle. Le marquis fut interdit et même enfermé pour dettes en 1748. Quant à sa femme, sa liaison avec son cousin germain, le baron de Lavaur, dura plus de trente ans, et ne cessa qu’à la mort du baron, en 1773. Cette belle et constante passion n’était, d’ailleurs, rien moins que désintéressée ; la marquise de Salvert sut profiter de l’état de décrépitude intellectuelle de son amant pour lui arracher in extremis un testament qui la faisait son héritière universelle au détriment des propres neveux du baron de Lavaur, les enfants de La Ronade. Ceux-ci attaquèrent le testament, et un procès en captation d’héritage se plaida en Parlement.

Quel était ce personnage « de la première distinction », à qui la marquise de Salvert déclarait rendre le bien pour le mal ? Peut-être le marquis de Salvert lui-même. La lettre est, en effet, du 12 novembre 1761, et nous savons que le marquis mourut en 1762. Le ton de cette lettre confirmerait d’ailleurs notre opinion. Comme bon nombre de personnes dont la conduite n’est pas à l’abri de toute critique, la marquise savait employer les mots de devoir et de religion, qui vont si bien dans la bouche des victimes innocentes et des épouses irréprochables. Cette première lettre, on le voit, ne fait pas mention du remède contre la folie inventé par Martin Degimard ; il y est même dit que le malade « de la première distinction » n’est pas atteint « d’aliénation d’esprit ». Au contraire, la seconde lettre de notre dossier, postérieure à la première de près de huit ans, parle précisément du fameux remède. Il semble bien que l’on en puisse placer la découverte durant ces huit années, de 1761 à 1769, et cette présomption devient fort vraisemblable, si l’on se rapporte aux termes mêmes de l’annonce du spécifique que nous citons plus loin. Cette annonce, du 8 août 1771, dit, entre autres choses, qu’après avoir guéri en 1761 diverses personnes « attaquées de maladies très sérieuses sans aliénation d’esprit », le sieur Degimard a fait « depuis quelque temps la découverte d’un spécifique, etc. ».

Le 6 mai 1769, Turgot, alors intendant de la province du Limousin, écrivait à M. Chasteau, subdélégué à Bort : « Je vous envoye, Monsieur, la copie d’un mémoire qui m’a été remis, par lequel on annonce que le sr Martin Degimard, docteur en médecine, demeurant à Bort, a un remède spécifique pour le traitement et la guérison des maladies de la folie, des vapeurs et la consomption. Je vous serai obligé de me mander s’il est vray que le sieur Martin Degimard demeure à Bort, et quel degré de confiance vous pensez qu’on puisse avoir dans ses traitemens. J’ai l’honneur d’être… Signé : TURGOT. La réponse du subdélégué sur la réalité de ces guérisons dut confirmer les termes du mémoire dont parlait Turgot, à en juger par les lettres et certificats qui, depuis lors, ne cessèrent d’arriver à Bort, non seulement de tous les points de la France, mais aussi de l’étranger.

C’est ainsi que Me Jean Ternat, prieur et curé de Salins, Pierre Bruny, marchand, Jean Delpeux, Gérard Mauria, Pierre Griffol, Dussol, licencié en droit, et Forestier, chirurgien juré, « tous notables habitans » du village de Fageoles, attestent « que le nominé Jacques Dauzet, fils à Guillaume, laboureur, habitant dudit village, attaqué depuis treize ans de folie héréditaire, a été guéri par le sieur Martin Degimard qui a employé à sa guérison le remède spécifique de sa composition, lequel a été administré par le sr Antoine Forestier, chirurgien du bourg de Saignes, à qui ledit sieur Martin avait donné sa confiance… A Salins, le 14 janvier 1770 ».

De même, un certificat de Jean Dominique de Monclard, chevalier, seigneur et baron de Monclard, Montbrun et Longuevergne, Georges Lescurier, bourgeois, seigneur de Fournols, François Lescurier, seigneur des Peyrières, Antoine Faucher, notaire royal, Jacques Lapeyre, Paul Lapeyre, marchands, et Pierre Delsuc, déclare que Martin Degimard a « traitté, guéry et rendu bien tranquille, sans aucune aliénation d’esprit, le sieur Jacques Robert, marchand, habitant du bourg d’Anglards attaqué depuis environ treize ans d’une folie héréditaire… Le 29 juillet 1770 ».

Enfin, un M. Bérenger, habitant à « Mongiens » en Piémont, annonçait en ces termes l’amélioration de l’état de son frère, le 27 mars 1770 : « Monsieur, mon frère me charge de mettre de l’argent au courrier pour avoir encore vingt-six prises de votre remède spécifique ; vous recevrez en conséquence soixante-dix-huit livres. Au reste, l’effet de votre remède s’est manifesté depuis quelque temps ; il y a mieux dans l’état de mon frère, aussi se flatte-t-il qu’il achèvera de lui rendre cette tranquillité d’esprit dont il jouissait avant sa cruelle maladie. J’ai l’honneur… ». Le même confirmait, le 3 avril 1773, les heureux effets du remède : « Le courrier qui vous porte celle-cy vous remettra soixante livres pour avoir encore de vos pilules ; je vous prie de m’en expédier quelques-unes courier par courier, en cas que vous n’en ayez pas le nombre complet. Votre spécifique mérite assurément toutes sortes d’éloges, puisque mon frère n’éprouve de soulagement que dans l’usage de celui-là seul, aussi en a-t-il un besoin pressant. Nous nous proposons de le lui faire continuer toute la vie s’il le faut, espérant que vous voudrez bien faire quelque léger sacrifice, veû que c’est une des bonnes pratiques que vous ayez ».

Citons aussi cette lettre, de M. Auzier de Laplaux, notaire royal dans la vallée d’Oust en Couserans (Ariège), annonçant la complète guérison de son fils et datée du 17 février 1781. Elle donne sur le cours de la maladie et de la guérison des détails assez minutieux qui ne sont pas sans intérêt. « Vers le commencement d’octobre, j’eus l’honneur de vous écrire l’état de mon fils qui se trouvait alors pour la seconde fois dans une espèce d’assoupissement léthargique qui lui dura exactement quinze jours, au bout desquels il commença à donner quelque signe de vie en répondant par monosyllabes, et prenant lui-même le bouillon, pale, maigre et deffait. Il se leva insensiblement de son lit, et recouvra peu à peu ses forces, se contentant de répondre par ouy ou par non, ne sortant jamais de sa maison et se cachant avec soin lorsque nos amis venaient le voir. Ce ne fut qu’aux fêtes de la Noel que je pus obtenir de luy de sortir ; il commença pour lors de parler, il fit ses visites, et depuis, il se produit au dehors et se comporte toujours avec discrétion, raison et prudence. Il a beaucoup engraissé et je l’occupe parfois à l’écriture ; souvent il dort toute la nuit, et jamais plus il n’avait été si tranquille qu’il l’est à présent. J’ai donc lieu de le croire parfaitement guéri ».

Il ne faut pas croire que Martin Degimard reçut seulement de bonnes paroles et des remerciements, voire même des demandes de « quelque léger sacrifice ». La reconnaissance de ceux qu’il avait guéris se manifestait par des marques plus solides. Par acte du 14 janvier 1770, passé à Mauriac par devant notaire, Guillaume Dauzet, père de Jacques Dauzet, dont nous avons vu le prieur de Salins attester la guérison, lui faisait don d’une somme de 600 livres, « avec convention expresse dudit sieur Martin Degimard, qu’au cas que cette maladie reprendroit ledit Jacques Dauzet pendant un an à compter de ce jour, il promet et s’oblige de lui faire les remèdes nécessaires et convenables pour lui remettre la tranquillité dans sa maladie, le tout aux fraix et dépens dudit sieur Martin, à la charge néantmoins d’être nourry, et son cheval, lorsqu’il sera obligé de faire des voyages audit village de Fageoles ».

 

2

Turgot

 

Voici encore une « Lettre de Cette en Languedoc, petite ville et port de mer, pour un jeune homme attaqué depuis dix-huit ans de manie et traité par Messieurs les Professeurs de Montpellier, de Paris et autres médecins célèbres, que le sr Martin a guéry sans le voir et dont le père a fait une pension audit sieur Martin Degimard de la somme de 600 livres » : « De Cette, le 3 mars 1776. Monsieur, j’ai bien reçu les cent pilulles que vous m’avez fait passer par l’honneur de votre lettre du douze de ce mois, et le malade est charmé de votre nouvelle assurance d’une parfaite guérison ; il suivra exactement le régime que vous lui avez prescrit,et prendra son caffé tous les matins à la barbe des Esculapes. Il est trop persuadé de vos lumières, de votre conscience, bonne foy et talens, malgré la modestie qui règne dans toutes vos lettres, pour ne pas renoncer aux ordonnances de ceux qui se croient médecins de la première classe. Les bons effets qu’il éprouve de votre remède sont infiniment plus convaincants que tous les argumens frivoles de ces messieurs qui méritent à juste titre le nom de charlatans, puisqu’ils ne sont capables de rien produire de bon.

« Le malade s’inquiette seulement de l’opiniâtreté de sa maladie. Comme il a passé quelques jours sans votre remède, sa provision ayant finy, il a eu un petit retour de souffrance et vous suplie de ne pas lui laisser manquer de remèdes. Vous sçavez qu’il lui en faut tous les vingt-cinq à trente jours cent prises ; de grâce, ne mettez que trente jours d’un envoy à l’autre. Les dartres ont entièrement disparu depuis quinze jours ; il y a plus de dix-huit ans qu’il est attaqué. Pour la première fois, il ne faira plus usage d’aucune préparation d’opium, puisque vous le deffendez comme favorisant le délire et l’aliénation. J’ai l’honneur d’être sans réserve… Signé Charles, Frédéric, Ferbert. Permettez, s’il vous plaît, pour éviter la peine d’affranchir chaque fois les lettres, je vous envoye vingt-quatre livres pour vous dédommager des ports ».

Ces guérisons avaient attiré l’attention de l’intendant de la province ; et, en 1771, Martin Degimard, ayant été nommé collecteur d’impôts, obtint, « en considération des services qu’il rend journellement à un grand nombre de malades de la campagne », d’être déchargé de cette absorbante et parfois onéreuse fonction. « Madame, écrivait, le 12 août, Turgot à la baronne de Murat, j’ai reçu, avec la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, la requette par laquelle le sieur Martin Degimard, médecin à Bort, demande la décharge de la collecte à laquelle il a été nommé. Je me ferai, Madame, représenter sa requette au département prochain et je lui rendray avec plaisir la justice qui lui sera due ».

La « sensibilité » de Turgot, comme on disait au XVIIIe siècle, l’inclinait à se préoccuper du parti à tirer de la découverte du médecin de Bort pour la guérison ou le soulagement des aliénés de l’hôpital de Limoges. Il ajoutait : « Comme il paroit que ce médecin a le secret d’un remède qu’il a employé avec succès à la guérison des personnes qui ont l’esprit aliéné, je serais fort aise qu’il en fît l’essai sous mes yeux, et, s’il vouloit se rendre à Limoges, je le chargerais volontiers du traitement de quelques malheureux qui sont renfermés à la maison de force pour cause de folie. Je vous serai obligé, Madame, de le lui proposer. Je suis, avec respect… ».

L’offre fut acceptée, car, le 17 août 1772, Turgot s’informait, auprès de Degimard lui-même, des dépenses qu’entraîneraient le séjour du guérisseur et la cure des malades. « Je consens volontiers, Monsieur, que vous fassiez sous mes yeux l’essai de votre remède sur les particuliers attaqués de démence qui sont renfermés dans la maison de force établie en cette ville, mais je vous serai obligé de me mander, avant vous rendre ici, quel est, non seulement le traitement que vous demandez, mais encore l’objet de la dépense qu’il y a lieu de faire pour la cure de chaque particulier. Je suis… »

Les conditions proposées par Degimard, à savoir « cent livres pour la guérison de chaque particulier » plus sa pension, furent agréées, et Turgot lui donna rendez-vous à Limoges pour la fin d’octobre 1772. Mais un contretemps inattendu empêcha au dernier moment la réalisation de ce projet. Le 12 octobre, Turgot envoyait à Degimard ce court billet : « Je viens, Monsieur, de recevoir une lettre de la Cour, par laquelle on me marque de me rendre incessamment à Paris, ce qui dérange entièrement notre projet. Il faudra, en conséquence, remettre au printemps prochain le traitement que nous avions proposé, ou, du moins, à mon retour de Paris ». Cette lettre est suivie de ces mots : « Pour lors, Monsieur Turgot entre au ministère ; en conséquence, le sr Martin ne fut pas mandé ». Il y a là une erreur. Ce n’est, en effet, que deux ans plus tard, le 20 juillet 1774, que Turgot prit possession du ministère de la Marine. Ne possédant aucun document susceptible d’apporter un élément de contrôle ou de comparaison, nous ne pouvons que signaler cette erreur, imputable très probablement à l’inattention du copiste, sans pouvoir préciser si elle porte sur le commentaire dudit copiste ou sur la date même des lettres.

Quoi qu’il en soit, le projet de Turgot ne fut pas repris et Degimard ne put procéder à une cure « officielle ». Son spécifique n’en continua pas moins à faire merveille, à en juger par les remerciements et les certificats dont la transcription deviendrait monotone et que nous nous bornons à résumer. Dom Palis, bénédictin à Saint-Pè, près de Tarbes en Bigorre, après avoir pris douze pilules purgatives ou de longue vie qui l’ont bien purgé et quarante pilules raisonnables « éprouve une différence considérable dans tout son être, n’ayant plus cette tension dans les nerfs ; les idées ne sont plus confuses et ne causent plus de suffocation, ni ces tiraillements énormes, ces mouvements convulsifs involontaires et ces tremblements de tous les membres » (Lettre du 12 décembre 1772). M. Alberty, docteur piémontais, médecin de la marquise de Ricei, à Nice, certifie que l’oncle de celle-ci a éprouvé, après les premières pilules, « un soulagement marqué, n’ayant plus ces mouvements convulsifs que, depuis longtemps, il soufroit aux yeux » (Lettre du 4 janvier 1774).

 

3

L’Aliéné. Peinture de Théodore Géricault

 

D’une lettre du docteur Audibert, chirurgien de la marquise de Gantes au Puget-lès-Fréjus en Provence, nous extrayons ce curieux passage : « Il seroit bien temps que je vous donne des nouvelles de notre malade, qu’un excès de dévotion avoit jeté dans des accès de manie singulière… Le soir même de la réception de vos remèdes jusqu’à la fin d’iceux, nous eûmes la satisfaction de voir que notre aimable dolente avançoit journellement vers la santé par degrés bien marqués, de façon que vers la my-novembre, elle eut recouvré la santé et la raison… Grâce à vos remèdes, elle jouit aujourd’hui de la plus parfaite santé, pratiquant ses exercices de dévotion sans donner dans aucun excès… »

L’abbé Faugières, vicaire de la ville de Sarlat, le sieur François Chaussade, natif de Chamblat, paroisse de Trizac et le sieur Jean Brugières, ancien vicaire de Giat en Auvergne, retrouvèrent également la santé et le calme de l’esprit. Le sieur Chaussade « fut fait prêtre sur la parole dudit sieur Martin Degimard après sa guérison d’une manie extravagante héréditaire… ; depuis ce temps-là, il a été vicaire à Orcines, près le Puy-de-Dôme, et est actuellement vicaire en Bourbonnois ». Quant à Jean Brugières, « attaqué de manie violente extravagante et se croyant possédé par trois démons qu’il avait, selon lui, dans l’estomach depuis un an, a resté deux mois en pension chez ledit sieur Martin Degimard et a célébré pendant seize jours la messe… Il est parti sur la fin de novembre, bien tranquille, et a été six mois vicaire à Saint-Sauves, sa paroisse, où il est actuellement communaliste et fait bien ses fonctions depuis sa guérison, sans aucune récidive ».

Les Capucins « missionnaires au fond de la Syrie, sur le déclin du Mont Liban », expérimentèrent sur les indigènes l’efficacité du traitement. Le 10 juillet 1781, leur correspondant à Marseille écrivait à Degimard : « Les RR. PP. Capucins me témoignent toute la satisfaction possible des bons effets que votre remède a déjà produit dans ce pays-là ».

Il est une lettre qui mérite une mention particulière. Il y est question d’un prince que l’on ne savait pas, croyons-nous, avoir donné des craintes pour sa raison et dans l’entourage duquel on avait fait, avec succès, usage des pilules « raisonnables » du médecin de Bort. Le nom de ce prince, d’abord écrit, a été raturé, mais non si parfaitement que l’on ne puisse voir qu’il s’agit du duc de Penthièvre : « Lettre adressée au sr Martin Degimard de la part de Son Altesse sérénissime, Monseigneur le duc de [Penthièvre]. Au château de la Brugière, le 20 juillet 1770. Monsieur, vos pilulles raisonnables ont fait de si bons effets, que Monseigneur le duc de [Penthièvre] m’a chargé de vous demander un imprimé que vous donnez en envoyant vos pilulles, pour voir si le régime que vous ordonnez peut se faire sans beaucoup de peine. Comme la santé de ce prince m’est chère, je le porterai à faire usage de votre remède, s’il peut lui être salutaire. Je vous prie de vouloir bien remettre à mon envoyé cet imprimé ; vous obligerez celui qui a l’honneur d’être… Signé : Du [Hautier], capitaine au régiment de [Penthièvre] dragons ».

Sur la composition du remède lui-même, rien dans toutes ces lettres ne nous donne aucune indication. Nous ne pouvons qu’en constater les effets extraordinaires, et, pour le reste, nous devons nous en tenir aux termes assez vagues – ainsi qu’il convient – de l’annonce insérée dans le Courrier de Monaco du 8 août 1771, et la Gazette de France de La Haye du 17 septembre 1772. Nous n’y trouvons qu’une chose précise, c’est que Degimard n’était pas partisan du traitement par l’eau froide, bien inférieur du reste comme efficacité à ses pilules :

« Le sieur Martin Degimard, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, résidant à Bort, ville du Limouzin, par une longue expérience et une pratique solide qui lui ont mérité la confiance du public, et, en 1761, l’approbation de MM. les quatre premiers médecins de la Cour, pour la guérison de plusieurs personnes de la première distinction, et nombre d’autres attaquées de maladies très sérieuses sans aliénation, a fait depuis quelque temps la découverte d’un spécifique assuré contre la manie, la folie, la stupidité, la mélancolie, les vapeurs, la consomption, les convulsions, coliques, vomissements, migraines, diarrhées, dysenteries, aliénation d’esprit et toutes les maladies du genre nerveux. Il peut produire les certificats de guérison de plusieurs maniaques furieux, que l’honneur des familles l’empêche de rendre publics, dont les deux derniers, attaqués de folie héréditaire, ont été guéris l’année dernière en très peu de temps.

« Ce remède prodigieux, annoncé dans le Mercure de France et cette Gazette, lui a procuré des lettres d’Allemagne, du Piémont et autres royaumes de l’Europe, comme des principales villes de France, avec mille applaudissements. Son remède est aisé à prendre et opère en toute saison, ne donne aucun dégoût, ne fait aucun effet violent, et le régime en est doux, n’excluant que le salé et les liqueurs spiritueuses. Il s’envoie dans une lettre, et le sieur Martin Degimard ne demande de l’argent à ceux qui se rendent chez lui qu’après la guérison, et offre de le rembourser à ceux qui lui prouveront le mauvais effet de son remède, pourvu qu’on le prenne en suffisante quantité et avec les précautions qu’il indique en l’envoyant. Il n’use point de bains froids, dont il connaît les effets pernicieux. On trouve auprès de lui toute sorte de satisfactions ; il travaille à d’autres remèdes utiles au public. Le prix de ses consultations est de six livres, franc de port avec la lettre, si l’on veut une réponse. Son remède purifie aussi le sang et arrête l’effet des poisons. Le prix est de trente sols pour les riches et vingt sols pour les pauvres. Son adresse est à Bort, en Limouzin, par Paris et Clermont en Auvergne ». Les mots en italiques ne se trouvent que dans l’annonce deLa Gazette de France, postérieure d’un an à celle du Courrier de Monaco.

(D’après « Revue de la Haute-Auvergne » paru en 1904)

Publié dans AUX SIECLES DERNIERS, FONDATEURS - PATRIMOINE, HISTOIRE DES REGIONS, HUMEUR DES ANCETRES, LITTERATURE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

Kalimantan exposition

Posté par francesca7 le 14 mai 2016

 

« La peur, l’accueil, le passage »

  •  

 

 1

Peut-être parce que les routes de notre pays, routes d’expansion ou de découverte, ne sont pas passées par ce que, longtemps, on a appelé Insulinde, cet archipel fiévreux qui va de la Malaisie aux Philippines en incluant l’arc indonésien, l’art des communautés ethniques de l’île de Bornéo reste en France l’un des plus mal connus des arts premiers. 

Hormis le cercle assez étroit de collectionneurs, de voyageurs, ou d’ethnologues dont les recherches et les travaux sont de diffusion très restreinte encore qu’ils aient beaucoup contribué à un déchiffrage des données, (historiques, géographiques, ethnologiques, etc … ) la familiarité des arts de l’île est encore superficielle. 

Dans de nombreux catalogues d’exposition ou de ventes publiques où des oeuvres, parfois importantes sont présentées, les attributions restent sommaires. On parle d’art «Dayak», ce qui signifie «les gens de l’intérieur» ou les « insulaires » et qui équivaut à peu près à l’appellation «d’art nègre», couramment utilisée dans les premières décennies de ce siècle pour qualifier l’art des différentes ethnies africaines.

 

2

Bornéo est moins grande que l’Afrique, c’est certain.
Environ une fois et demie le territoire de la France. 

Mais la mosaïque des communautés y est extrêmement compliquée. On compte six grands groupes de Dayaks comportant des groupes principaux et des ethnies satellites ou apparentées, et pas moins de 200 tribus ou communautés distinctes, chacun ayant, par rapport à un «adat», (ensemble de traditions) des différences rituelles considérables, des dialectes, des modes de vie liés à des environnements différents, et, bien sûr, des styles d’expression complètement distincts, en dépit de thématiques communes. 

Cette connaissance, assez succincte, des arts de Bornéo - rituels ou usuels – n’est d’ailleurs pas que française. Les différents chercheurs ou amateurs qui ont travaillé sur ces thèmes restent, dans la plupart des cas, extrêmement réservés sur l’appartenance des objets (statues ou masques, par exemple) leur fonction d’utilisation au cours des cérémonies rituelles, le lieu où ils ont été collectés. 

Tout ici contribue à entretenir le flou, parfois même le mystère. Aussi bien la géographie que le découpage politique de l’île (le Nord en deux provinces, le Sabbah et le Sarawak, appartient à la Malaisie avec, en son centre l’enclave indépendante de l’Emirat de Brunei, le Sud, qui représenteles deux tiers des 740 000 km carrés de l’île étant indonésien et s’appelant Kalimantan). 

Parviendra-t-on dans l’avenir à affiner nos connaissances, à amener celles-ci au niveau où nous sommes parvenus avec l’art africain? 
Rien -n’est moins sûr. Bornéo, dans sa partie malaiseen tout cas est, comme de nombreux pays du Sud-Estasiatique, en train de sauter sans filet, de l’âge du bronze à l’espace Internet et les anciens dayaks ne sont pas d’une grande loquacité lorsqu’on évoque leurs rites, ce qui peut se comprendre. 

Les «coupeurs de têtes» n’ont arrêté leurschasses que depuis cinquante ans, c’est dire que les souvenirs en sont très proches. De plus le fond animiste reste vivant et fort, comme partout en Asie, ce que l’on sous-estime. Les conversions aux grands courants religieux, qu’ils soient aussi bien chrétiens que bouddhiste ou surtout islamiste, restent traversées de réminiscences rituelles, de superstitions, de codes ancestraux. 
De la Thaïlande aux Philippines, l’univers reste peuplé d’esprits qui assistent les Dieux. 

Et c’est à ces « esprits » que nous devons tant de richesses. 

Henry Lhong Henry Lonhg

Les textes (Henry Lhong), et les photos (Patrick Riou), de cette étude ont été publiés à l’occasion d’une exposition La peur, l’accueil, le passage, réalisée par Didier Pignon.

Cette exposition s’est tenue du 18 Février au 19 Avril 1997 au Centre Culturel Aerospatiale Toulouse. 

SOURCE : http://www.espritsnomades.com/artsplastiques/artspremiers.html

 

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

Jacques Salomé Un passeur de vie

Posté par francesca7 le 12 mai 2016

 

Après un parcours “ labyrinthe ” qui est allé de la comptabilité à la psychologie, en passant par la sculpture et la poterie, Jacques Salomé a dirigé une Maison d’enfants pendant quinze ans. Il s’est donc passionné pour les relations humaines en découvrant que les êtres humains étaient, selon lui, des infirmes pour la plupart et cela en raison du type d’éducation reçue. Jacques Salomé, auteur d’ouvrages célèbres, a écrit trente-deux livres, organisé des stages et des séminaires qui ont vu défiler, selon sa secrétaire, plus de soixante-deux mille personnes en trente ans ! Jacques Salomé se dit “ enfant de la psychanalyse ”, a été psychanalysé et est resté marié vingt ans à une psychanalyste… Il est, par ailleurs, père d’une famille de cinq enfants dont il dit que ce sont eux, en fait et surtout, qui l’ont bousculé, dérangé dans ses certitudes et ses croyances. Jacques Salomé a également créé la “ Méthode Espère ”, méthode pédagogique qui a l’ambition d’inviter les gens à apprendre à communiquer autrement, d’acquérir des “ règles d’hygiène relationnelle ”, d’autant qu’il souligne qu’à titre personnel, il a longtemps pratiqué les deux grands pièges du comportement humain : l’accusation de l’autre et l’auto-dévalorisation…

J.Salomon

Jacques Salomé : Freud n’a pas eu d’analyste ; il a pioché dans son inconscient avec beaucoup d’angoisse et d’errances aussi ; cet homme a été un passeur de vie pour beaucoup. Ce que les héritiers et disciples font de la psychanalyse, c’est autre chose ; il y a, à la fois, les gardiens du temple et puis, toutes les déviations.

Psychanalyse Magazine : Qu’est-ce qui vous a fait connaître ?

J. S.  : Ce sont mes livres. Je suis un auteur populaire et je le vis avec simplicité. Ont été édités quelques trois millions d’exemplaires. Le domaine dans lequel j’écris n’est pas courant, contrairement à ce que les gens pensent. Un roman a 1,2 coefficient de lecture, mes livres ont un coefficient de lecture de 5,6. Ce sont les chiffres d’une enquête réalisée par la FNAC et les bibliothèques municipales… Une de mes filles, qui est dans la communication, me disait : Tu n’es pas célèbre, tu es populaire… Je lui ai demandé la différence et elle m’a répondu que quelqu’un de célèbre est quelqu’un d’admiré et quelqu’un de populaire est quelqu’un d’aimé. Je vois, d’ailleurs, dans les témoignages que je reçois ou dans les salons de livres, puisque je ne fais plus de stages, que mes lecteurs viennent avec beaucoup de reconnaissance ; j’ai une grande gratitude envers eux. Je suis émerveillé de ce que font les femmes et les hommes. Ils s’emparent d’une idée, s’en servent comme levier et changent quelque chose dans leur vie. Le travail reste à faire ; ce n’est pas le coup de baguette magique qui va régler tous les problèmes mais c’est un élément déclencheur, un focalisateur d’énergie.

P. M. : Que pensez-vous de la société d’aujourd’hui ?


J. S.  : Elle favorise une culture de la dépendance ! L’âge de la dépendance a reculé de dix ans en un siècle. Il y a cent ans, un jeune homme de 17-18 ans était capable à 80 % de subvenir à ses besoins. Aujourd’hui, vous avez de grands “ dadais ” de 26-28 ans qui sont toujours chez papa-maman, auxquels on donne de l’argent avec lequel ils vont acheter les cigarettes de leur copine ! Ces jeunes-là sont les parents de demain ! Comment vont-ils apprendre l’autonomie à leurs propres enfants ?

P. M.  : Donnez-vous une explication à ce phénomène ?

J. S. : Il y a deux mouvements en ce début du troisième millénaire ; un mouvement d’uniformisation, de nivellement, la culture Coca Cola, Mc Do, les grandes surfaces : ce sont ces entités qui décident, actuellement, de ce que l’on mangera dans cinq ans ou du nombre de mètres carrés de plage que l’on devra consommer ! Et puis, parallèlement, un mouvement plus individualiste, plus marqué chez les femmes d’ailleurs ; elles font bouger la communication depuis trente ans, tentant de se réapproprier un pouvoir de vie, faisant un travail de thérapie, d’éveil, de nettoyage de la tuyauterie relationnelle et personnelle. Les hommes sont un peu plus en retard, d’où ce décalage dans les couples. Les Américains ont calculé que la durée moyenne dans la communication du couple américain est de deux minutes et demie par jour ; en France, c’est le double mais ce n’est pas mieux. Allez dans un restaurant, vous reconnaîtrez un couple marié d’un autre : le couple marié bouffe, les autres pas ; ça ne veut pas dire qu’ils ne parlent pas mais c’est une communication fonctionnelle du genre, Tiens le bifteck est plus tendre que la fois précédente, ou Il faudra penser à mettre de l’essence dans la voiture… Ce n’est pas : Voici ce que je sens, voici ce que j’éprouve, voici ce que j’ai envie de te dire et que je ne t’ai pas encore dit… Une communication de l’ordre de l’intime, de l’ordre du partage qui fait que l’on ne sort pas de l’échange comme on y est entré ; on devrait partir avec quelque chose de plus. Ainsi assiste-t-on à une augmentation croissante de divorces dont 70 % sont demandés par les femmes, malgré leur situation économique souvent précaire ; elles se retrouvent la plupart du temps en HLM, dans un trois pièces et n’ont plus le confort de leur pavillon…

P. M. : Sont-elles plus courageuses ?


J. S.  : Oui, beaucoup plus quand on connaît les conditions dans lesquelles se passe le divorce ! Dans 30 % des cas, le mari leur fait la guerre mais elles lâchent tout pour avoir la paix. Ce n’est pas que nos désirs soient malsains, ils sont bons en général mais ils deviennent terrifiants quand ils sont imposés à l’autre, jusqu’à parfois le rendre malade. Par contre, je ne suis pas d’accord avec les analyses faites par les sociologues sur les raisons de la violence à l’école et dans les familles. Je crois que l’accélération de la violence est due au fait que les enfants d’aujourd’hui ont un seuil de frustration tellement bas que toute rencontre avec la réalité est vécue par eux comme une violence.

portrait-salomon

P. M. : Dénoncez-vous la violence à la télévision ?


J. S.  : Je ne lui donne pas l’importance qu’on veut bien lui accorder. Elle a une double fonction : une fonction cathartique car le fait de visualiser cette violence évite aussi de la mettre en jeu, et une possible fonction identificatoire. Pour ma part, je me place sur un autre plan, sur le plan énergétique que je dirais plutôt négatif avec des énergies basses. La télévision peut aussi entraîner une difficulté à communiquer. Aujourd’hui, il y a une classe de déshérités de la convivialité, de l’échange, du partage. Huit millions de personnes seules en France parlent à leur chat, à leur chien ! J’oppose communication de consommation, souvent confondue avec circulation de l’information, à communication relationnelle, celle qui me permet de me relier, qui m’amplifie, qui fait que je me rencontre parce que nous sommes fondamentalement des êtres de relation. Il y a un appauvrissement de la communication intime qui engendre une communication avec tous les autres langages virtuels. Aux Etats-Unis, on soigne les dépendances au Net. Il y a toute une pathologie qui se développe, ainsi qu’une sorte d’hémorragie vers le magique. On n’a jamais autant consulté les cartomanciennes ! Je travaille presque à contre-courant, essayant de réhabiliter l’intime, la capacité de se dire les besoins essentiels qui ne sont plus pris en compte. Lorsqu’un enfant dit qu’il est triste, il a simplement besoin d’être entendu comme étant un enfant triste. Il ne veut pas qu’on s’empare de sa tristesse pour mettre un cataplasme dessus ; il doit être entendu dans le registre où il parle, dans son “ ressenti ” et non sur des généralités : être reconnu tel que l’on est et non tel que l’autre voudrait que l’on soit, être valorisé, éprouver le sentiment d’avoir une valeur dans ce monde, une place.

P. M. : De quel type de famille êtes-vous issu ? 


J. S. : Ma mère m’a eu à dix-sept ans avec un garçon de quinze ans. Elle était une enfant abandonnée de l’Assistance Publique. Ce n’est pas par hasard si j’ai fait ce métier de réconciliation. J’ai passé ma vie à réparer symboliquement les questions cachées et ouvertes de ma mère. Elle avait une qualité, c’est qu’elle parlait et j’ai toujours su que mon beau-père n’était pas mon géniteur, même si je l’appelais papa.

P. M. : Avez-vous rencontré votre père ?


J. S.  : Je l’ai retrouvé à cinquante ans. Je n’ai pas retrouvé mon père, ni mon papa, j’ai retrouvé mes origines. La deuxième fois que je l’ai vu, je lui ai dit, Je ne veux pas passer le reste de ma vie à t’accuser d’avoir abandonné maman, de ne pas t’être occupé de moi ; je voudrais te remercier pour le cadeau que tu m’as fait : la vie. Il était très ému et, plus tard, avant de mourir, il m’a dit : Tu sais - il a eu cinq enfants lui aussi - de tous mes enfants, tu es celui qui m’a proposé la relation la plus vivante, la meilleure pour moi… Il y avait, en lui, une forte culpabilité ; d’ailleurs, la femme qu’il a rencontrée à dix-neuf ans, après ma mère, avait deux enfants qu’il a reconnus alors qu’il n’avait pas pu reconnaître son premier enfant. Cette femme décédée, il en a rencontré une autre qui avait, elle aussi, deux enfants ; il les a reconnus, se retrouvant avec quatre enfants pas de lui. Cette femme est partie en Espagne, son pays d’origine ; il n’a pas voulu la suivre et a élevé ses enfants. Sa troisième femme, avec qui il s’est marié, lui a donné cinq enfants. Il fallait qu’il paye, inconsciemment, d’une façon ou d’une autre…

Pour revenir à la relation à ma mère, elle est le personnage central de mon enfance et d’une grande partie de ma vie. Je lui dois beaucoup ; très aimé par elle, elle m’a cependant élevé dans ce que j’appelle le système sape, ce système que je dénonce et qui cultive l’incommunication à base d’injonctions, culpabilisation, chantage avec, de plus, une sincérité effroyable ! C’est d’ailleurs ce qui m’a fait comprendre, plus tard, qu’il ne fallait pas confondre amour et sentiment. Lorsque, par la suite, je lui ai parlé de tout cela, elle est tombée des nues car elle pensait avoir bien fait. Elle avait été élevée ainsi et, moi-même, j’ai commencé à élever mes enfants de la sorte, ce qui m’a rendu sourd pendant trente ans de l’essentiel. Ce système nous colle à la peau car, comme Obélix, on est tombé dedans quand on était petit. Je dérape quelquefois mais mes enfants me remettent tout de suite sur les rails. Je suis d’abord un enfant de la mère, j’ai une reconnaissance très grande, même si j’ai souffert de ces systèmes que je qualifie aujourd’hui d’anti-relationnels mais c’était le seul que ma mère avait, alors, à sa disposition.

P. M. : On peut dire, aussi, qu’elle a offert son enfant à l’humanité car elle aurait pu se faire avorter…

téléchargement (1)
J. S. : Ma mère m’a dit deux choses : Quand j’ai vu que j’étais enceinte, comme je n’ai pas eu de mère, je pensais que je ne pouvais pas être une bonne mère pour toi, donc j’ai pensé faire une interruption de grossesse, non pas comme un rejet et un abandon mais comme un acte d’amour… Mais elle m’a gardé. Elle était de l’Assistance Publique et je suis donc né à l’Assistance Publique ! Une année plus tard, elle était placée comme bonne à tout faire chez des pharmaciens, avec l’enfant que j’étais dans ses bras. Ces gens-là, n’ayant pas d’enfant, souhaitaient m’adopter. Là aussi, elle a hésité mais ne m’a pas confié car il y avait déjà une relation entre nous. Une femme qui lâche son enfant, c’est qu’elle se sent impuissante à l’aimer…

En savoir plus sur http://www.signesetsens.com/

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, LITTERATURE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

12345...25
 

leprintempsdesconsciences |
Lechocdescultures |
Change Ton Monde |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | C'est LE REVE
| Détachement Terre Antilles ...
| ATELIER RELAIS DU TARN ET G...