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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Les Arbres remarquables de France

Posté par francesca7 le 22 novembre 2015

 

 Les Arbres remarquables de France dans Côte d'Or 1024px-St-Pierre_d%27Exideuil_Tilleul_de_Sully_2012

Les arbres remarquables de France sont des arbres vivants exceptionnels par leur âge, leurs dimensions, leurs formes, leur passé ou encore leur légende. Ces ligneux représentent un patrimoine naturel et culturel qui doit être conservé.

« Arbre remarquable de France » est un label décerné, depuis 2000, par l’association A.R.B.R.E.S. (Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde) qui effectue un inventaire sur le territoire national. Ce label distingue des sujets exceptionnels, limités à environ 200 arbres.

Les communes, collectivités territoriales, établissements publics et propriétaires privés qui reçoivent ce label s’engagent, par un accord de partenariat, à entretenir, sauvegarder et mettre en valeur l’arbre distingué, considéré comme patrimoine naturel et culturel.

Chez moi, par exemple on pourra citer le tilleul de Sully qui est un tilleul remarquable et ancien dont l’origine remonterait à une décision de Sully, ministre d’Henri IV et grand voyer de France de faire planter des tilleuls ou des ormes dans les villages de France, devant la porte de l’église ou sur la place principale. De nombreux tilleuls de Sully subsistent encore dans les villes et villages de France, sans qu’il soit toujours possible d’établir que la plantation en est à relier à cette initiative de Sully.

On dit parfois « un sully » pour désigner un de ces arbres dont la tradition, le plus souvent orale, fait remonter l’origine à Sully.

Ces arbres étaient destinés à abriter les assemblées des villageois tenues au sortir de la messe pour traiter des affaires de la paroisse.

Les tilleuls de Sully, fragilisés par leur vieillesse, sont souvent victimes des intempéries, comme le tilleul de Planay (Côte-d’Or) : en partie creux à l’intérieur, il n’a pas résisté à la tornade du 27 juillet 2013. Le tilleul de Sainte-Colombe-des-Bois (Nièvre) a été fortement endommagé par un orage en 2007, celui de Montgibaud (Corrèze) par la tempête de décembre 1999. D’autres, de grande hauteur et isolés, ont été frappés par la foudre : à Saint-Romain (Côte-d’Or), le 25 avril 1924, àBlannay (Yonne) ; celui de Journans (Ain), coupé en deux par la foudre, a été consolidé avec une maçonnerie en briques et un cerclage métallique. Le tilleul de Sully de Saint-Martin-le-Vinoux (Isère), de 6 mètres de circonférence, consolidé par un tuteur en béton datant de 1881, se trouvait dans le cimetière du village ; âgé de 400 ans, le tilleul était répertorié dans l’inventaire des « arbres remarquables de France » ; il a été coupé en 2002 ; il s’agissait de l’arbre le plus âgé du massif de la Chartreuse. Quant aux ormes, ils sont victimes d’une maladie, la graphiose de l’orme.

A.R.B.R.E.S

Parlons de l’Intérêt de Sully pour les arbres

Sully a manifesté son intérêt pour la plantation d’arbres dans d’autres contextes que celui de ces tilleuls et ormes villageois. Nommé grand voyer de France en 1599, il a veillé à la réfection et à la modernisation du réseau routier du royaume ; il a fait planter des ormes le long des routes pour les ombrager. Nommé grand maître de l’artillerie de France, il aménage l’Arsenal de Paris et ses alentours selon un plan grandiose dû à Philibert de L’Orme ; en 1603, sur la berge de la Seine, une grande allée est plantée de mûriers, qui furent par la suite remplacés par des ormes.

 

ou bien encore, le CHENE….. Il nous dit !

Je suis du genre Quercus, qui viendrait du celte « kaerquez », « bel arbre », et me décline en plusieurs espèces : chêne pédonculé et chêne sessile ou rouvre en France ; mais aussi chêne vert, chêne liège, chêne chevelu, chêne blanc.

Qui mieux que moi symbolise la force et la majesté ?

De 40 m de hauteur, de tronc droit et puissant – jusqu’à 2 m de diamètre, voyez-un peu la chose – une longévité qui se compte en centaines d’années, des racines profondes et des branches massives et tortueuses, mon nom est Chêne !

Je suis tellement impressionnant que mon nom grec, dru, signifie « arbre », rien que ça !

Tout comme le Châtaignier et le Hêtre, j’appartiens à la famille des Fagacées, du grec phago, « manger », en référence à mes glands comestibles.

J’aime la lumière

En France, je recouvre 40% des forêts.

C’est sous ma forme « Chêne pédonculé » que je suis le plus connu, le plus typique des forêts françaises, même si je suis absent des Alpes du Sud et du pourtour méditerranéen. J’aime les climats très lumineux et ne supporte pas le couvert !

Je m’installe ainsi en lisère ou en haie, sur des sols compacts, profonds, frais et humides. Au dessus de 500 m, je ne pousse plus.

Associés au Hêtre, nous formons des chênaies-hêtraies.

Mes feuilles simples, alternes, mesurent de 7 à 13 cm de long et présentent un découpage en cinq à sept lobes si caractéristiques : arrondis asymétriques, séparés par des sinus relativement profonds.

Elles arborent une couleur vert foncé sur le dessus et une coloration plus pâle en dessous. La base de leur limbe est étroite et comporte deux petits lobes en oreillettes.

Mon feuillage ajouré permet le passage de la lumière, favorisant le développement des semis et d’un sous-bois arbustif.

En hiver, mes feuilles se dessèchent avant de tomber (feuilles marcescentes comme les membres des Fagacées en général), contrairement à celles du Chêne liège et du Chêne vert.

Sur un pied d’égalité

Côté reproduction, je suis monoïque : je porte mes fleurs mâles et femelles sur un même pied.

Mes chatons mâles, longs et jaunâtres, pendants, croissent de fin avril à mai, à l’extrémité de ma pousse annuelle. Tandis que mes chatons femelles, minuscules, sont placés dans une cupule à l’extrémité d’un long pédoncule.

Ils apparaissent sur mes pousses annuelles, peu de temps après la feuillaison.

Les fruits qui résultent de la fécondation sont des glands ovoïdes allongés, de 1,5 à 3 cm de long, groupés sur un long pédoncule (d’où mon nom).

Une cupule écailleuse les couvre sur un tiers. La fructification a lieu en septembre et octobre.

Comme la plupart des feuillus, je suis un Dicotylédone : à l’état embryon, dans la graine, je possède deux cotylédons, des lobes foliacés qui me servent de réserves.

Mon écorce

Mon écorce grise, lisse dans les premières années, se creuse de sillons longitudinaux roses et ocres de plus en plus profonds à partir de 20 ou 30 ans.

Un bois dur et durable

Mon bois est souple quand il est frais, dur en vieillissant, empêchant ainsi les vers de s’y loger.

Il est d’ailleurs le plus dur et le plus durable des bois européens. Il est donc utilisé pour la charpente, les traverses de chemin de fer et bien sûr pour l’ébénisterie et la sculpture. Mon bois est aussi très dense et très lourd, avec une densité supérieure à 1 tonne par m3.

Mis en œuvre sous l’eau, ma durabilité est presque illimitée. Idéal pour des pilotis !

Comme il résiste bien à l’eau, le bois de mes branches courbes était très utilisé pour la construction navale. Mon bois sert aussi à faire des tonneaux, une utilisation due à la qualité de mes bois de merrains et à la présence de tanin. Pour la même raison, mon écorce est utilisée pour tanner le cuir.

Côté alimentation, mes glands riches en amidon servaient à engraisser les porcs. Tandis que torréfié, ils peuvent être un substitut de café.

 

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Franche-Comté, la belle verte

Posté par francesca7 le 27 octobre 2015

franche-comte-gorges-noailes 

L’Est de la Franche-Comté est jurassien, l’Ouest flirte avec la Bourgogne, le Nord est vosgien et le Sud presque bressan, le tout est franc-comtois. La Franche-Comté est une région qui se partage entre la sévère beauté des hauts plateaux, des cascades, des rivières et des forêts.

La Franche-Comté, paradis du tourisme vert ! La formule peut paraître sortie d’un dépliant touristique, mais elle colle parfaitement à ces quatre départements dont l’arbre couvre presque la moitié de la superficie. La forêt est omniprésente, et l’on peut se perdre dans des ensembles forestiers parfois très vastes, secrets et profonds. Si le vert tient une place prépondérante en Franche-Comté, le bleu n’est pas en reste, avec 5 350 km de cours d’eau navigables, plus de 80 lacs et quelques milliers d’étangs. On considère l’eau comme un bienfait de la nature. Il ne pleut pas plus qu’ailleurs, mais ici les saisons sont encore plus marquées : les étés sont chauds, les hivers rudes. Ce qui est un atout : lorsque la neige recouvre les montagnes jurassiennes, les skieurs remplacent les randonneurs dans les villages transformés en stations de sports d’hiver à taille humaine. Un pays qui compte tant de fromages au caractère puissant (morbier, comté, mont-d’or, cancoillotte…), de vins charpentés (vin jaune, champlitte ou arbois) et de produits dont le nom seul évoque les saveurs (la montbéliard, la morteau, le jambon de Luxeuil, les cerises de Fougerolles…) mérite qu’on y pose son sac un petit moment.

Des signes d’occupation humaine datant d’environ 700 000 ans ont été retrouvés dans la vallée supérieure de la Saône, le versant sud des Vosges, la Trouée de Belfort, la bordure occidentale et les premiers plateaux du Jura. Ces hommes taillaient des pierres, confectionnaient des armes en silex ou en os et vivaient dans des cavernes. Une dent d’enfant datant de 400 000 ans a également été découverte à Vergranne, près de Baume-les-Dames. Ces découvertes attestent de la présence de l’homme en Franche-Comté au paléolithique inférieur.
Habitée au paléolithique inférieur, la Franche-Comté fut relativement unie dès l’Antiquité. À l’origine territoire des Séquanes, elle passa sous domination romaine après la chute de Vercingétorix. Occupée brièvement par les Burgondes après les Grandes invasions, elle fut annexée par lesFrancs en 534. Après la mort de Charlemagne, elle changea plusieurs fois de souverain, faisant partie, selon l’époque, du Royaume de Bourgogne, du Saint-Empire romain germanique, des Etats Bourguignons ou du royaume de France, elle fut une possession des rois d’Espagne de la maison de Habsbourg. Ce n’est qu’en 1678 par le traité de Nimègue que la Franche-Comté devient définitivement française, après une première tentative d’annexion, menée par Louis XIII, la terrible « guerre de 10 ans » (1635-1644), au cours de laquelle périrent plus de la moitié des Comtois de l’époque.

Durant la saison hivernale, les séjours se concentrent dans les massifs montagneux (stations des Rousses et de Métabiefprincipalement). La place du ski alpin est assez réduite ; en revanche, le ski de fond est pratiqué en de nombreux endroits.

Le marché de Noël de Montbéliard prend également une grande place touristique pendant le mois de décembre.

L’été, la Franche-Comté offre aux amateurs de randonnées, de cyclisme sur route (notamment grâce au ballon d’Alsace) et de VTT de nombreuses activités. On pratique également la pêche au bord des rivières et des lacs de la région, ainsi que le tourisme fluvial dans la vallée de la Saône. L’hôtellerie de plein air concentre près de 40 % de ses nuitées dans le Pays des Lacs avec la présence de campings de taille relativement importante. Tous hébergements confondus, près des deux tiers de la consommation touristique est faite d’avril à septembre.

Héritière d’une histoire mouvementée, la Franche-Comté conserve de nombreux monuments- son décor naturel, la variété de ses cristallisations et colorations, ses phénomènes géologiques et ses trésors historiques et préhistoriques en font un panorama époustouflant.

Franche-Comté, la belle verte dans Bourgogne 220px-MontbeliardeLe franc-comtois est une langue romane appartenant à la famille des langues d’oïl qui se parle notamment en Franche-Comté, mais aussi dans le canton du Jura en Suisse. Le franc-comtois fait partie d’un groupe linguistique qui comprend le picard, le wallon ainsi que le lorrain. Ces langues ont en effet un certain nombre de caractéristiques en commun, notamment une influence germanique.

La langue se retrouve sur les départements de la Haute-Saône, du Territoire de Belfort, du Doubs, dans la partie nord du Jura, ainsi que dans le canton du Jura et dans le Jura bernois (Suisse) ainsi qu’une petite partie du département du Haut-Rhin alsacien. Son domaine est limité au sud par les zones des parlers arpitans, à l’ouest par les parlers bourguignons et champenois et au nord par le lorrain.

En franc-comtois, Franche-Comté se dit « Fraintche-Comtè ».

Arpitan

La partie sud de la Franche-Comté (sud du département du Jura et du Doubs) fait partie de l’ensemble linguistique « arpitan ».

L’arpitan constitue l’une des trois grandes langues romanes avec l’occitan (langue d’oc) et le groupe des langues d’oïl. Cette langue possède de nombreuses variations locales et se décline en de nombreux dialectes. À mi-chemin entre le groupe des langues d’oïl et la langue d’oc, il constitue un groupe linguistique roman distinct. Il existe trois variantes dialectales parlées dans le sud de la Franche-Comté : le jurassien, appelé aujourd’hui arpitan comtois, le sauget, et le bressan.

L’arpitan comtois connait depuis 2012 un regain d’intérêt grâce à la sélection de l’artiste salinois Billy Fumey pour la demi-finale du LIET International.

En arpitan, Franche-Comté se dit « Franche-Comtât » (écrit en graphie ORB).

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L’histoire de Pierre le Vénérable

Posté par francesca7 le 24 mars 2015

 

Peter_the_VenerableAbbé de Cluny de 1122 à 1156 et grand intellectuel du XIIe siècle (Montboissier, Auvergne, 1094 - Cluny 1156).

Écolâtre puis prieur de Vézelay, Pierre le Vénérable est choisi comme abbé de Cluny en 1122, alors que la congrégation clunisienne traverse une crise profonde. En effet, depuis le début du XIIe siècle, le monachisme clunisien est sévèrement critiqué par les moines réformateurs, en particulier Bernard de Clairvaux et Guillaume de Saint-Thierry. De plus, le précédent abbé, contraint d’abdiquer par le pape, conteste l’élection de Pierre le Vénérable jusqu’en 1126. Cependant, à partir des années 1130, celui-ci entreprend de restaurer à la fois le patrimoine et le prestige de Cluny. Tout d’abord, il s’inspire du système cistercien des granges et des frères convers, et s’appuie sur une saine gestion des domaines, de manière à assurer le retour de la prospérité. Ensuite, le chapitre général de 1132 et les statuts de 1146 rétablissent la discipline monastique tout en renforçant la spécificité spirituelle de Cluny, c’est-à-dire la primauté accordée à la liturgie de l’office divin, face aux nouveaux ordres, en particulier celui de Cîteaux. Enfin, Pierre le Vénérable assure le rayonnement politique et intellectuel de Cluny. Ami de Suger, l’abbé de Saint-Denis, il rapproche la congrégation du royaume de France et du souverain capétien. Il participe aux grands débats de son temps en soutenant Abélard face à Bernard de Clairvaux comme en polémiquant contre les hérétiques, les juifs ou les musulmans. Il assure aussi le développement de la bibliothèque de Cluny et ordonne une traduction du Coran, qui fera autorité jusqu’au XVIe siècle. Pierre le Vénérable apparaît ainsi comme un parfait représentant de l’humanisme du XIIe siècle.

 

Pierre le Vénérable est né dans la famille noble des Montboissier entre 1092 et 1094 en Auvergne. Il est le fils de Pierre-Maurice de Montboissier et de la bienheureuse Raingarde de Semur.

Il entre très jeune au monastère clunisien de Sauxillanges en Auvergne, puis gravit les échelons de la carrière clunisienne : il fut notamment nommé écolâtre et prieur à l’abbaye de Vézelay dans les années 1116/1117 par le nouvel abbé de Cluny, Pons de Melgueil. Certains lui ont attribué le programme iconographique des chapiteaux de l’abbatiale romane de Vézelay.

Il voyage beaucoup et joue un rôle diplomatique important, notamment lors de l’élection pontificale lorsqu’il reconnaît en 1130 le pape Innocent II contre l’antipape Anaclet II.

Son activité intellectuelle fait de lui un représentant de la renaissance du XIIe siècle. Il fait traduire le Coran en latin, Lex Mahumet pseudoprophete. Connu comme polémiste, il rédigera ensuite des traités pour réfuter les doctrines israélites et musulmanes. En effet, il recommande d’établir des débats argumentés avec les théologiens des autres religions, plutôt que des Croisades.

Sa devise est : « La règle de saint Benoît est subordonnée à la charité ». Les accusations de Bernard de Clairvaux (saint Bernard) contre Cluny avaient été violentes et Pierre y avait répondu avec une dignité qui lui avait assuré la victoire. Il s’est ensuite réconcilié avec Bernard dont il est devenu l’ami et parfois le charitable critique. Quand Abélard, également dénoncé par saint Bernard, est condamné comme hérétique à être enfermé dans un couvent, Pierre le Vénérable l’accueille à Cluny comme un frère. À la mort d’Abélard, Pierre le Vénérable cède furtivement son corps à l’abbaye du Paraclet, dont Héloïse est abbesse, et rédige l’absolution plénière suivante : « Moi, Pierre, abbé de Cluny, j’ai reçu Pierre Abélard dans le monastère de Cluny et cédé son corps, furtivement apporté, à l’abbesse et aux religieuses du Paraclet. Par autorité de Dieu tout-puissant et de tous les saints, je l’absous d’office de tous ses péchés. ». Cette absolution fut, selon la coutume d’alors, gravée au-dessus du tombeau d’Abélard par l’abbesse.

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Considéré par l’historiographie du xxe siècle comme le dernier des grands abbés de Cluny, il succède à son oncle Hugues II de Semur. Il combat également l’hérésie de Pierre de Bruys.

Il réforme l’abbaye de Cluny, en proie à des difficultés financières. Il réforme le domaine seigneurial pour assurer le train de vie des moines (Dispositio rei familiaris). Les inventaires qui sont constitués (Constitutio expense cluniaci) sont une précieuse source pour les historiens, avec des données sur les rendements, les semences, les techniques agricoles… À noter le rôle essentiel d’Henri de Blois, évêque de Winchester, dans cet ouvrage.

Pierre le Vénérable est l’auteur d’un Livre des merveilles de Dieu. L’expression « Livre des Merveilles » sera reprise par d’autres voyageurs, comme Marco Polo.

Il est aussi l’auteur d’un traité contre les juifs : Aduersus Iudœorum inueteratam duritiem. Selon Dominique Iogna-Prat, Pierre le Vénérable est un « représentant d’un antijudaïsme radical ».

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UNE ENQUÊTE SUR JEAN COUSIN

Posté par francesca7 le 25 septembre 2014

 

 téléchargement (9)Jean Cousin est un de ces ouvriers de la première heure qui, à l’aurore du XVIè siècle, ont renouvelé l’art français. Il possédait le don merveilleux de tout savoir, de tout comprendre et cette diversité d’aptitudes dont les maîtres italiens de la Renaissance nous ont montré tant de glorieux exemples. A la fois peintre, sculpteur, graveur, verrier, architecte et écrivain, presque toujours il s’est montré sûr de sa main comme il l’était de sa pensée. Et cependant l’histoire ne possède encore que des lambeaux épars de sa vie. On ne sait au juste ni quand il est né ni où il est mort; on ignore la plupart de ses oeuvres, soit que les unes aient été détruites par le temps ou les révolutions, et que les autres aient péri sous la main de vandales qui prétendaient les restaurer ou les mettre en harmonie avec le goût moderne. Si bien que l’été dernier, M.Deligand, maire de Sens, dressant un long et consciencieux procès-verbal des faits, nous ne dirons pas connus, mais publiés sur son illustre compatriote, n’a obtenu de ce patient labeur qu’ un résultat fort triste, à savoir, que les points de sa vie tombés dans l’oubli l’emportent en nombre et de beaucoup sur ceux reconnus authentiques ou seulement vraisemblables.

Les études premières, les travaux et les faits essentiels d’une vie que jean cousin consacra toute entière au travail, sont tellement peu connus, qu’il n’est pas d artiste à qui l’on ait plus accordé de choses qui ne sont pas de lui. Toute peinture, toute gravure, sculpture ou verrière de son époque, et dont leurs auteurs sont restés ignorés, lui ont été attribués sans preuves, sans raisons suffisantes. Et il arrive maintenant, juste retour des choses d’ici-bas, que l’esprit de critique, ce trait vital du génie français, non content de lui avoir ôté ces oeuvres apocryphes, cherche à lui ravir l’un des rayons principaux d’une gloire dont il avait toujours joui sans conteste.

Jean Cousin a-t-il été sculpteur ? Cette question fut posée en 1858 par un de nos érudits d’art des plus compétents, M. Anatole de Montaiglon. Certes, Jean Cousin a été sculpteur, écrivions-nous vers ce même temps au savant bibliothécaire de  l’école des Chartes, car Ies comptes de la cathédrale de Sens, relevés par notre excellent archiviste, M Quantin mentionnent qu’une somme lui fut allouée en 1543, « pour avoir racoustré une « statue de la sainte Vierge. » D’autre part, les comptes de Fontainebleau, transcrits par M. de Laborde, mentionnent la vente, à lui faite, d’un bloc de marbre dont il ne voulait pas apparemment  faire des manches de couteau ; enfin la tradition, qu’il n’est guère permis de traiter légèrement, car elle nous a valu l’Iliade et la Bible, a toujours été sur ce point précise et invariable.

Mais a-t-il sculpté cette admirable statue de l’amiral Chabot, l’orgueil du Louvre et de l’art français, l’égale, ou peu s’en faut, des plus belles oeuvres de Michel-Ange ? L’attribution qui lui en est faite reposait uniquement sur assertion relativement récente (1606) de Félibien, lorsque nous trouvant à Sens en Décembre dernier, un érudit de cette ville, artiste à ses heures, M. de la Vernade, voulut bien nous communiquer, et même nous aider à transcrire d’un vieux manuscrit de famille, comtemporin de Jean Cousin, la preuve, décisive  en apparence, qu’il a sculpté la statue de Chabot. Ce manuscrit, bien connu dans notre département, à pour titre : Histoire de la ville de Sens, par Taveau, copiée et revue par P. Maulmirey, échevin de cette ville, en 1572, et l’aïeul de M. de la Vernade. Le manuscrit princeps, celui de Taveau, existe d’ailleurs à là bibliothèque de la ville, mais le passage en question avait échappé jusqu’ici aux biographes de Jean Cousin, bien qu’il eut été signalé, mais incomplètement, par M. Horsin Déon, en 1851, dans son excellent livre, devenu rare, De la Restauration et de la Conservation des Tableaux. Voici ce passage, transcrit avec un profond respect de l’orthographe, et qui voit ainsi le jour pour la première fois :

  »Jehan Cousin, natif d’un village nommé Soucy , en la banlieue de Sens, peintre fort gentil et excellent d’esprit, a monstré par les belles peintures qu’il a délaissées à la postérité la subtilité de sa main et a fait cognoistre que la France se peut vanter qu’elle ne le cède en rien aux gentils esprits qui ont été ès autres pays. Il a faict de beaux tableaux de peinture très ingénieuse et artiste, qui sont admirés par tous les ouvriers experts en cet art pour la perfection de l’ouvrage auquel rien ne deffault.

Oultre ce, il estait entendu à la sculpture de marbre, comme le tesmoigne assez le monument du feu admiral Chabot en la chapelle d’Orléans, au monastère des Célestins de Paris, qu’il a faicte et dressée et monstre l’ouvrage l’excellence de l’ouvrier. »

Ainsi donc, un témoignage contemporain et digne de confiance, accorde au grand artiste sénonais l’œuvre qu’on lui conteste. Mais M. de Montaiglon, que nous nous sommes empressés d’aviser de notre découverte, ne la trouve point décisive. Voici ses raisons : 

Paris 11 décembre 1868 

Monsieur et ami, 

Votre passage est très curieux. C’est la première fois qu’il se produit un texte antérieur à Félibien, et cela est important. Mais une chose reste certaine :
    1°) Que le cadre ovale de l’ancien tombeau de Chabot ne peut être que de la fin des Valois; par conséquent, l’ayant ou ne l’ayant pas sculpté, Cousin peut être l’auteur de la composition et du dessin et en avoir surveillé l’exécution;
    2°) Que la statue, la seule chose qui soit un chef d’œuvre est bien antérieure, ce qui résulte d’elle-même; elle est d’un goût non seulement antérieur au temps de Pilon, mais même au temps de Goujon; elle est contemporaine de François ler et de Chabot, et, dans mon opinion tout intime, plus voisine de sa nomination au grade d’amiral (1525) que de sa mort (1543).

Il faudrait donc que Cousin, à quarante ans de distances ait d’abord fait la statue vers 1530 et le cadre ornemental vers 1570, date du goût de ce dernier qui sent pleinement l’exagération menue et chargée des derniers Valois et des derniers temps de l’Ecole de Fontainebleau expirante.

Le cadre sculpté du tombeau, son arrangement architectural et ornemental, est bien du temps de Cousin, il pourrait être de lui; votre texte prouve qu’au lieu d’une possibilité il y a probabilité, certitude même. J’en ai fait la supposition, vous la confirmez. Mais la  statue même est en dehors. Elle est antérieur à Goujon, elle est du temps de François 1er ; Cousin l’a-t-il faite sous François 1er ? La grosse question est là et reste tout entière.

Je n’ai pas besoin de vous dire que si je me défends ce n’est pas pour mon opinion, mais pour ce que je crois la vérité. Ce que je demande c’est la preuve de deux choses, la preuve positive et, s’il se peut, pas unique, que Cousin a été non pas l’inspirateur direct d’une sculpture, – je l’ai accordé d’avance dès 1858 – mais un sculpteur au propre, un modeleur et un tailleur de marbre effectif, et aussi la preuve que la statue qui est archi-antérieure, qui n’est qu’employée et mise en oeuvre dans une décoration postérieure, est son oeuvre; de plus, ce qui serait bien nécessaire à la démonstration, qu’il a fait d’autres choses de sculptures et d’importantes, même de sublimes, parce qu’on ne fait pas un chef-d’œuvre comme celui-là sans être non-seulement un grand sculpteur, mais un sculpteur habituel, exercé, fécond et même uniquement un sculpteur.

Voilà, en gros et en courant, mon opinion ancienne et subsistante, pas du tout pour faire du paradoxe et de l’originalité, mais parce que jusqu’à la production de véritables preuves, je ne peux pas arriver à en avoir une autre. Je n’en reste pas moins votre tout dévoué en Cousin, malgré ma qualité d’hérétique, brûlable sur la place publique d’Auxerre.

téléchargement (10)« L’hérésie » de notre aimable et spirituel correspondant ne sent nullement le fagot ! N’est-il pas bon, n’est-il pas utile et profitable que la libre discussion aborde, pour les éclairer, tous les points qui divisent le monde de l’art, comme celui de la science et de la politique ? D’ailleurs, elle est déjà bien loin de nous la critique d’art telle qu’on l’entendait autrefois, en admettant sans examen ni contrôle les attributions souvent hasardées, parfois ridicules des enthousiasmes de clocher ! L’érudition moderne n’admet plus les faits qu’à bon escient. Ses arrêts n’en sont que meilleurs et souvent même décisifs. Le jugement porté par M. de Montaiglon sur l’œuvre sculpturale qui nous occupe, paraîtra probablement un peu absolu ; il n’en mérite pas moins un examen sérieux et approfondi auquel nous nous essayerons prochainement en temps et lieu. Rappelons seulement ici, en réponse au trait final de sa lettre, que le savant professeur de l’école des Chartes est l’un des bénédictins de l’art, un historien consciencieux, inexorable, épris avant tout de la vérité qu’il cherche sous toutes ses formes, même sous celle du doute, cette base première de la science. En publiant sa lettre, expression des doutes qui l’assiégent, nous voulons seulement offrir à nos érudits l’occasion de les lever.

Il nous paraît impossible, en effet, que dans le département de l’Yonne, et en particulier au pays Sénonais où tout est plein de Jean Cousin, où tout parle de lui, on ne puisse pas exhumer, soit des archives des villes, des presbytères, des châteaux, soit des comptes des fabriques d’église ou des études de notaire, un fait, une date, une trace quelconque de sa biographie, à l’aide desquels on puisse restituer l’œuvre à peu près complète du maître etmaintenir ce qu’on lui conteste. C’est à M. Deligand qu’on doit le peu que l’on sait de certain sur sa vie ; c’ est à un autre ancien officier ministériel, M. Hesme, de Villeneuve-le-Roi, qu’on doit aussi l’accroissement de ce premier fond et plusieurs indications d’un haut intérêt.

La terre natale de Jean Cousin ne peut en demeurer là; le dernier mot ne peut pas avoir été dit. On se rappelle qu’à la demande de M. Champfleury, et dans ces mêmes colonnes, nous ouvrîmes il y a six ans, à propos des anciennes faïences de l’Auxerrois, une enquête qui n’a pas été infructueuse. Celle que des fervents de l’art nous prient d’ouvrir aujourd’hui sur la vie et les oeuvres du grand maître sénonais, aura-t-elle également un sort heureux ? Nous l’espérons fermement. Le souvenir de Jean Cousin et de son talent est pour nos contrées comme une tradition de gloire, à laquelle chacun voudra s’efforcer d’ajouter encore. Pour cela, il ne faut qu’essayer d’éclairer les points restés obscurs de sa glorieuse carrière, qu’achever en un mot l’oeuvre heureusement commencée par MM. Hesme et Deligand.

C’est à l’année 1560 d’après le manuscrit de Maulmirey, qu’il faut fixer l’époque de sa mort, témoin ce passage traduit littéralement et avec ses lacunes :

« Il mourut à…, le jour de…1560 plus riche de nom que de biens de fortune, qu’il a de toute sa vie négligés… »

Félibien dit au contraire en 1666 :

« Il m’a esté impossible de sçavoir en quelle année il est mort, seulement qu’il vivait en 1589, véritablement fort âgé.»

Comment ne pas donner la préférence entre ces deux témoignages à celui de Maulmirey, digne de toute confiance parce qu’il fut le contemporain, le compatriote et probablement l’ami de Jean Cousin. Une tradition de famille le fait naître vers l’an 1500, mais ce n’est qu’une tradition et son autorité est singulièrement affaiblie par divers textes affirmant que Cousin naquit vers 1492 et même auparavant. Que ces textes soient confirmés par des preuves, et l’argument de M. de Montaiglon sur l’antériorité de style de la statue Chabot perd toute sa valeur.

Les compositions gravées par Jean Cousin sont aussi introuvables que ses dessins, de même que les oeuvres incontestables de son pinceau sont rarissimes.

Il en est jusqu’à trois que l’on pourrait citer :
L’une, le Jugement dernier, est au Louvre ;l’autre, la Pandore, à Sens, et la troisième, l’Artemise, à Auxerre, celle-ci certifiée par les principaux connaisseurs de Paris, par M. Reiset, notamment.

A notre avis, il en existe d’autres encore ; mais ces mêmes juges, à la suite d’ailleurs d’un malentendu, les tiennent maintenant pour des copies. Nous voulons parler des cinq portraits de la famille de Jean Cousin, que possède son descendant, M. Bouvier, receveur des contributions à Agen. On lui conteste encore le célèbre vitrail de saint Eutrope, de la cathédrale de Sens, dont certaines parties d’ailleurs sont peu dignes de lui ; on a trouvé qu’on pouvait même lui contester les oeuvres sorties de son ciseau.

Heureusement qu’il a signé les livres qu’il publia, comme Albert Durer, sur les proportions du corps humain et sur les moyens géométriques de dessiner ; aussi, personne n’a pu les lui contester. Sur ces livres, intitulés La vraye Science de Pourctraiture et L’Art de desseigner ; le manuscrit de Maulmirey s’exprime ainsi :

« Il ne se contenta pas de faire paroistre ses ouurages par la peinture et sculpture, mais encore il voulut communiquer à la postérité ce qu’il y avait d’excellence en son art et a laissé par escript un liure : De la Perspective, imprimé à Paris en l’an 1560, par Jehan Royer, qui est comme un directoire aux peintres pour pouvoir représenter en tableaux avec la géométrie toutes figures de palais, maisons, bastiments et choses qui se peuvent voir sur terre, soit haultes ou basses par raccourcissement selon l’esloignement de la veue ou distance, auquel liure il a mis les figures nécessaires pour l’intelligence qu’il auait luy même pourctraiter de sa main sur planches de bois.

  Il a faict un aultre liure qui est aussy imprimé :
Des raccourcissements des membres humains en l’art de peinture. Il mourut à…
le jour de…1560, plus riche de nom que de biens de fortune, qu’il a toute sa vie négligés comme tous homme de gentil esprit, faisant profession des arts et sciences, qui s’y sont arrestés. »

(Histoire manuscrite de la ville de Sens., par Jacques Taveau, procureur au bailliage, transcrite par Maulmirey, échevin de cette ville. – Sens, 1572).

Quant à notre appel, dont plusieurs journaux, après le journal L’Yonne du 17 décembre se sont fait les échos, il nous a valu déjà plus d’une communication intéressante de nos érudits et notamment la lettre suivante dont les indications, très nettes, très précises, pourront mettre sur la voie de découvertes importantes et décisives :

                        Auxerre, 19 décembre 1868.

Mon cher Monsieur, 

J’ai lu dans L’Yonne, du 17 courant, l’appel que vous faites à tous les amateurs des arts et de l’histoire des artistes, pour arriver à compléter la biographie d’un célèbre compatriote, Jean Cousin. Me permettez-vous de répondre à cet appel dans la mesure de ce que je sais et puis dire? Rassurez vous, je serai bref.

Dans ma pensée tous les efforts, toutes les suppositions que l’on fera `seront vaines aussi longtemps qu’on ne portera pas les recherches dans les archives des anciens notaires sénonais. Or, il existe à Sens, à la Chambre des notaires, un riche dépôt de minutes remontant au seizième siècle. C’est là surtout qu’il faut fouiller. Si on veut le faire sérieusement, on y trouvera, j’en ai l’entière certitude, des documents authentiques sur Jean Cousin, et notamment des marchés passés entre lui et des communautés religieuses pour des travaux d’art de diverses natures. 

Et alors la lumière que vous avez eu la bonne idée de provoquer se fera et les plus incrédules, M. de Montaiglon en tête, seront forcés de reconnaître que Jean Cousin a été peintre, sculpteur, etc.

images (6) 

Agréez, etc.                                                                                    

M. QUANTIN Archiviste de l’Yonne.

Nous avons pleine confiance dans l’indication précise que signale notre savant correspondant et l’espoir que les archives de la chambre des notaires de Sens, largement explorées, mettront sur la voie de faits précis, irrécusables, sans lesquels une Biographie de Jean Cousin ne peut être aujourd’hui entreprise sérieusement.
Nos érudits sont ainsi mis en demeure d’agir. Espérons qu’ils ne failliront point à la tâche et que leurs recherches arriveront à dissiper cette longue série de points d’interrogation dont se compose, en majeure partie, l’histoire de la vie et des oeuvres du grand artiste sénonais.

Le portrait accompagnant cette notice, nous le devons à l’extrême obligeance de M. Charles Blanc l’auteur de l’Histoire des Peintres et le fondateur de la Gazette des Beaux-Arts , deux entreprises qui tiennent, à des titres divers, le premier rang dans les publications artistiques contemporaines. Et cependant ce portrait, à nos yeux du moins, est non moins apocryphe que celui illustré par le burin d’Edelinck ; aussi le donnons nous à titre de simple document. 


J. LOBET-  Almanach Historique et Statistique de l’Yonne
- édition de l’année 1869 -

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LES FÊTES D’AVALLON

Posté par francesca7 le 6 août 2014

images (8)Rien n’a manqué à la solennité des fêtes d’Avallon, pour l’inauguration de la statue de Vauban. Les pluies de la veille avaient cessé, les nuages du matin se dissipaient, et c’est sous  les doux rayons d’un soleil d’automne, illuminant la scène, empourprant les paysages enchanteurs qui lui servaient de cadre, que sont apparus les traits du grand homme dont on honorait la mémoire.

Dès le samedi, la ville était encombrée de visiteurs qui avaient bravé l’incertitude du temps. Dimanche, vers midi, arrivait d’Auxerre un convoi aurait suffi à lui seul à faire une foule. Il amenait, avec les personnages officiels, les députés de I’Yonne, maires, conseillers généraux, et tous ceux qui s’étaient fait un devoir de prendre part à cette sorte de fédération départementale.

La population avallonnaise s’était de son côté, portée à leur rencontre, et la bienvenue était donnée par le chef de la municipalité, M. Mathé, dont l’attitude digne, simple et modeste répondent si bien au magistrat type républicain.

Vers deux heures, un cortège partant de l’hôtel de ville allait chercher à la sous-préfecture les représentants du gouvernement.

La cérémonie de l’inauguration a commencé par un discourt de M.Raudot, président de la commission pour l’érection de la statue.

La surprise et le succès ont été pour les paroles éloquentes, émues, du général Doutrelaine, faisant vibrer toutes les cordes patriotiques de l’assistance, et arrachant des larmes que nous avons vu couler sur plus d’une barbe grise.

Mais il appartenait surtout an maire plébéien de la ville d’Avallon de mettre en relief le côté le plus grand peut-être de la gloire de Vauban, et c’est ce qu’a fait M.Mathé avec une logique pleine d’élévation. C’est au nom du peuple à comme homme du peuple qu’il a restitué à Vauban sa gloire la plus pure et la meilleure, celle d’avoir étudié le mal social, d’en avoir gémi dans sa propre grandeur et d’y avoir cherché remède.

Le discours de M. Mathé a été accueilli aux cris chaleureux et fréquemment répétés de: « Vive la République ! »

Cette première partie de la solennité a été complétée par une intéressante notice sur la famille et la vie de Vauban, lue par un des héritiers de ce nom illustre.

L’accord plein de convenance qui s’était établi dans la première partie de la journée, l’enseignement moral que chacun avait tiré de cette grande mémoire évoquée, se sont retrouvés dans les toasts du banquet.

L’éloquent général a eu une réplique digne de son discours dans l’improvisation de l’honorable M. Guichard, buvant à l’armée, et développant son texte avec une verve et une ampleur qui rappelaient les plus beaux mouvements des orateurs les mieux inspirés. 

L’hôte fêté entre tous et par tous a été le colonel Denfert, l’héroïque défenseur de Belfort, dont l’ombre de Vauban a dû saluer la présence à cette solennité. On avait célébré le héros mort, Denfert l’a fait revivre en buvant à l’instruction du peuple, qui fera les Vauban de l’avenir.

Après deux autres toasts patriotiquement formulés et patriotiquement accueillis, de M. le préfet et de M. le Général de la subdivision, le banquet s’est terminé par un discours de M. Lepère, auquel il appartenait, comme président du conseil général de résumer toutes les bonnes paroles qui avaient été prononcées; il a rattaché l’œuvre de Vauban à la révolution de 1789 ; c’était la synthèse et la morale de cette belle journée.

Si les visiteurs emportaient un précieux souvenir de l’accueil si touchant qu’ils avaient reçu, les Avallonnais devaient être fiers de l’empressement sympathique avec lequel on avait répondu à leur invitation. MM. Ribière et Brunet étaient venus retrouver, comme amis, ceux qu’ils avaient administrés, dans des temps difficiles, sans rigueur et sans faiblesse.

La députation du département était venue s’associer à ces fêtes qui ont continué pendant toute la journée du lendemain, au milieu d’une foule aussi considérable, aussi sympathique et aussi irréprochable dans les manifestations de ses joies patriotiques.

 

                                                                                Extrait du journal L’Yonne de 28 octobre 1873.


SOURCE : texte signé : EM. G.   Almanach Historique et Statistique de l’Yonne- édition de l’année 1874- 

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Les Saisonniers d’autrefois

Posté par francesca7 le 2 août 2014

 

images (8)Le progrès a fini par chasser la poésie des campagnes. Mais de nombreux poyaudins se souviennent encore de ces cris pittoresques et de ces personnages hauts en couleur qui déambulaient, chaque année, dans les rues des villages. En diverses périodes les bourgs vivaient au son de ses voix saisonnières venues d’ailleurs. C’était le ramoneur, noir de suie, qui arrivait de Savoie à l’automne. Il se faisait entendre ainsi: « C’est le ramoneur qui va ramoner la cheminée, haut et bas! ». Sur les fêtes foraines, il y avait le marchand de guimauve qui s’égosillait: « A la gui-gui, à la guimauve !  Au chocolat pour les p’tits gars, à la vanille pour les p’tites filles; Au madère pour les belles-mères, Au citron pour les parents! ». Puis le rémouleur: « Y’a rien par là ? Couteaux, ciseaux, rasoirs ? Parapluies cassés, brisés, démanchés ? Allons les couturières, les lingères, les ménagères, les femmes d’état ! ». 

     Et puis il y avait le chiffonnier, le marchand de guenilles, qui s’écriait: « Avez-vous des vieilles ferrailles z’à vendre ? des vieux habits, des vieux chapeaux, des vieux galons ? avez-vous des vieilles bottes, des vieux souliers z’à vendre ? avez-vous de la mitraille z’à vendre ? arrr-chand de guenilles !». Au début du siècle, un certain Frispoulet de Saint-Sauveur, un sac de « cornuelles » (châtaignes d’eau) sur l’épaule, vantait ainsi sa marchandise sur les marchés de Puisaye: « Achetez-moi des cornuelles, les châtaignes qui percent la poche, qui piquent la fesse, qui grattent la cuisse!». Puis il y avait bien sûr le fameux marchand de peaux de lapin que beaucoup ont connu. Il s’exclamait, ainsi: « Peaux de lièvres, peaux de taupes, peaux d‘lapins ! Peaux d’lapins peaux-aux! ». 

    De temps à autre, passaient des bohémiens. On ne les appréciait guère dans les villages. Ils apparaissaient soudainement sur la place du village avec leurs roulottes aux couleurs vives et leurs chevaux éthiques. A tord ou à raison, chacun avait encore le souvenir d’une poule ou d’un canard qui avait mystérieusement disparu lors de leur dernier passage. Alors, c’est dire si l’on redoutait la venue de ces hommes portant anneaux aux oreilles et de ces femmes diseuses de « bonne aventure ». Ils avaient la réputation d’avoir la main leste mais ils fascinaient par leurs gestes agiles à faire naître les paniers et corbeilles d’osier.

   images (10) De nombreux travailleurs saisonniers passaient aussi dans les villages. Il y avait les marchands d’étoffes, les rempailleurs de chaises, les rétameurs et chaudronniers ambulants qui, faisaient fondre leur étain dans un grand chaudron. Les femmes leur apportaient leurs faitouts, leurs bassines ou leurs casseroles à rapiécer. On appréciait également les services du rémouleur pour son habilité à affûter les ciseaux, les outils ou les couteaux. Puis il y avait le montreur d’ours et les gens du cirque. Ils étaient surtout jongleurs ou trapézistes et ne possédaient que très peu d’animaux. Quelquefois un vieux dromadaire, un lama deux ou trois chevaux et quelques chèvres trompaient leur ennui en broutant l’herbe du champ de foire. Ils intriguaient beaucoup car ils représentaient les voyages et donc  » l’ailleurs ». C’était le cas avec le colporteur qui promenait dans une caisse en bois pendue à son cou un véritable inventaire à la Prévert. S’entremêlaient les objets les plus hétéroclites: almanachs, images pieuses, boutons, aiguilles, fil « au conscrit », peignes, épingles à cheveux, etc. Ce marchand ambulant était toujours très attendu car il faisait la liaison entre les hameaux. Il apportait ainsi les nouvelles des uns et des autres.

 

Jean-Claude TSAVDARIS – 1900 – 2000 – Cent ans de vie rurale en Puisaye – Paru en 2000

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Trésors maudits de la Pierre qui Vire

Posté par francesca7 le 2 août 2014

 

 à la «Pierre-qui-Vire»,  il y a un trésor, mais il est maudit, et celui qui veut y puiser, dans le meilleur des cas, se retrouve, à l’aube, Grosjean comme devant, les mains pleines de petits bouts de charbon, ou, en d’autres lieux, de feuilles mortes. S’il ne prend garde à s’échapper à temps, il peut perdre ce qui lui est le plus précieux, ou même la vie. Cet avertissement a été largement diffusé dans les campagnes françaises.

téléchargement (1)Le thème du trésor dévoilé pendant un bref et solennel instant, mais qu’il est interdit de toucher, est complémentaire de celui des prodiges accomplis par les pierres en ce «temps hors du temps» délimité par les douze coups de midi ou de minuit, l’angélus, le premier chant du coq, le lever du soleil au solstice d’été, les trois coups de l’ « attolite portas» aux Rameaux, l’évangile de la Résurrection (qui, rappelons le, était récité à l’origine au cours de la Veillée Pascale, cérémonie riche en symboles)…

On ne retrouve cependant d’exemples clairs et circonstanciés de cette asso­ciation des deux éléments de la légende que dans un secteur limité de notre dépar­tement: la Puisaye.

André Bourgeois, dans Contes et légendes de Puisaye’ raconte une his­toire de trésor maudit: «Le Champ de l’Homme Mort». Entre Villiers-St-Benoît et Toucy, c’était autrefois un bois, un enchevêtrement d’épines acérées cachant un souterrain. Dans ce souterrain, un trésor fabuleux, gardé par le démon lui-même, sous forme d’un loup géant. La terre ne s’entrouvrait qu’au dimanche des Rameaux «lorsque, après la procession, le prêtre, revenu devant la porte de l’église, frappe trois coups avec la croix, et demande à entrer, alors que la voix du chantre répond à l’intérieur. Au premier coup frappé sur la croix, le trésor s’ouvrait, mais il se refer­mait au troisième coup, et le temps était court, malgré les répons en latin qui l’allon­geaient un peu. Pendant ces brefs instants, on pouvait y puiser à même.» Un pauvre «fondeur de chandelles», Marien Milandre, pressé par la misère et malgré le dan­ger, veut tenter sa chance.

Au premier coup, «les ronces s’écartent, le souterrain noir se montre, deux vantaux glissent et s’ouvrent tout au fond. Marien se hâte, il saute dans le trou, il court… et s’arrête, ébloui par la splendeur des pièces entassées. Il en saisit à poignée et, conscient du retard pris à admirer, il se retourne pour fuir. Trop tard ! Les vantaux se referment; contre lui, dans l’obscurité maintenant com­plète, il sent la gueule rouge et infernale du carnassier aux yeux de feu. L’homme est pris.» …On ne le retrouva que le mercredi suivant, «tout en lambeaux, le visage ensanglanté par les ronces; il écartait désespérément deux bras nus d’où les mains manquaient et d’où le sang dégoulinait abondamment…» Peu après, épuisé par l’horreur et l’hémorragie, Marien trépasse.

André Bourgeois note qu’une histoire identique lui a été contée: «le trésor était caché dans le «Bois du Guimiot», à Saint-Fargeau, et la victime, une femme Greslin.»

Quant à son éditeur, il ajoute en note: «Une histoire identique est située par les Toucycois au terrier des Cornillats. Le temps imparti au «candidat» expirait avec le dernier coup de cloche qui sonnait la messe de minuit.»

Charles Moiset rapporte une légende identique à celle de «l’Homme Mort», localisée à Tannerre-en-Puisaye, dans les ruines de l’ancien fort de la Motte-sous-­Champlay, à cette différence près qu’il n’y a pas de gardien du trésor et qu’il est recommandé à l’audacieux de se retirer avant que la procession ne soit rentrée dans l’église, sinon «la porte du trésor se refermerait et l’ensevelirait vivant» ».

Ainsi, Morvan et Puisaye ont nourri des traditions de trésors maudits dont il faut se garder d’approcher lorsque, suivant l’expression du chanoine Grossier «le rideau fragile des faits régis par les lois de la nature se déchire».

Il nous faut à présent remonter jusqu’à Verlin, en pays saltusien, pour nous retrouver en terre de féérie. L’abbé Désiré Lemoine, curé de Verlin, écrivait en 1853 à son supérieur hiérarchique, le curé-doyen Girard, de Saint-Julien-du-Sault, à propos du hameau des Guillots : «C’est dans ce village qu’un chasseur distingué tira plus de trente coups de fusil sur un lièvre boîteux et, quand il voulut mettre la main dessus pour le prendre, le lièvre s’avisa de parler comme un homme. C’est encore là que l’on voit, pendant la messe de minuit, la terre s’entrouvrir et que l’on aperçoit un trésor qui ferait la fortune de tout le monde, si on pouvait s’en emparer…» . Ainsi le modeste hameau des Guillots nous rappellera-t-il, d’un double clin d’oeil malicieux, le souvenir du bestiaire satanique et du trésor de Noël évoqués notamment à propos de la Pierre-qui-Vire.

Il n’a pas été possible jusqu’ici de relever une tradition équivalente en Sénonais, à l’exception de la légende du Biquin d’Or, et encore se situe-t-elle en marge du territoire sénon. A Ferrières-en-Gâtinais, le Biquin donc le chevreau, est censé apparaître dans des conditions précises. Le bon moment, c’est pendant la Messe de Minuit, au moment de l’élévation. L’enfant de choeur commence par donner un coup de sonnette et les fidèles, agenouillés, doivent baisser la tête et regarder vers le sol. Suivent trois coups brefs pendant lesquels le prêtre élève une grande hostie et le calice. Enfin une dernière sonnerie autorise les téléchargement (2)fidèles à se redresser. Mais atten­tion. précise la légende, c’est sur la route du Biquin d’or que la terre s’ouvrira, à une condition expresse, que tous les habitants se donnent la main autour du village ! Le plus étonnant dans ce «cercle magique», qui suppose l’absence de toute la commu­nauté d’une des cérémonies les plus importantes du cycle chrétien, est que cette légende soit citée au présent et non comme une superstition d’autrefois… (rapporté par Mme Françoise Souchet). Ferrières a intégré le fabuleux animal dans son patrimoine: il y a dans cette ville une rue du Biquin d’Or.

A cette exception non icaunaise près, on peut seulement signaler quelques particularités toponymiques évoquant les trésors cachés sous des pierres, comme les lieux-dits «La Pierre l’Argent», à la Chapelle-sur-Oreuse et la «Pierre aux Ecus» à Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes.

 

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Le guérisseur de l’Yonne

Posté par francesca7 le 7 juillet 2014

 

1Il habitait en haut de la colline à portée de regard du village. Cachée parmi les frondaisons sa demeure croulait sous les ans. Sur le seuil, les ronces et les orties enlaçaient la porte branlante. Il n’avait aucun confort et ne s’en souciait point. Il avait le front des gens têtus et le menton des hommes de caractère. Son regard curieux gardait, en dépit de son grand âge, la pureté des océans. Solitaire, il paraissait apprécier cet isolement. Il avait du caractère le guérisseur, débonnaire et très original, il possédait quelques similitudes avec les gros nounours mais comme les plantigrades, réagissait violemment dès qu’on égratignait sa délicate susceptibilité.

S’il se promenait dans les rues du bourg c’était toujours avec un carnier dans le dos. Il trimbalait parfois un renard mort dans sa musette, la tête passant d’un côté, la queue de l’autre. La bête n’était pas toujours très fraîche et la puanteur persistait après son passage.

Il lui arrivait de refuser la conversation, il prétendait alors avoir l’oreille paresseuse, mais il entendait parfaitement.

Il avait été un garde forestier actif. Très au courant des choses de la nature, il connaissait les plantes qui guérissent. Mais il ne faisait pas le rebouteux, ce n’est pas lui qui aurait manipulé une épaule luxée ou des vertèbres indisciplinées. Il n’avait pas envie de casser du bonhomme. – Laissons ces choses sérieuses aux gens sérieux. Moi si je ne vous fais pas de bien, je ne vous ferai pas de mal, clamait-il, avec un petit sourire amusé.

Les plantes et les remèdes de bonnes femmes, il connaissait. Il ne se faisait pas payer mais la petite pièce ou l’invitation à déjeuner étaient néanmoins bienvenues. Les patients n’étaient point légion et pourtant quand le médecin tardait à trouver le chemin de la guérison, certains lui faisaient confiance et souvent, mystère de la vie, ça marchait 1

Il connaissait les décoctions nécessaires à la confection de la tisane qui guérit la toux et recommandait pour le mal de gorge les gargarismes à la goutte ou au rhum, au choix disait-il et « tu peux avaler mais ne t’éloignes pas trop de ton lit ! Tu peux recommencer le lendemain mais surtout « gargouille » bien tout ça au fond de la gorge ».

Il y avait des adeptes même après le mal dépassé…

– Pour le cholestérol, rien de plus simple. Si ton toubib n’arrive pas à t’en débarrasser fais une cure d’oignons. Pendant quinze jours, tous les matins, tu fais bouillir un oignon bien épluché et froid ou chaud t’en avales un grand verre à jeun. Succès garanti ! C’est vrai ont affirmé les anciens mais ce n’est pas très bon, il faudrait un peu de sel.

– Ah non surtout pas !

– Pour les piqûres de guêpe ou d’abeille: retirer le dard, prendre trois herbes ou plantes différentes, bien montées en sève de préférence, et les écraser sur la plaie en frottant fort, il n’y aura ni enflure ni douleur.

– Pour les orties, frotter la peau avec la terre prélevée sur place ou encore avec des feuilles de plantain..

Pour son conseil le plus judicieux, donné en confidence aux intimes, il était nécessaire de tendre l’oreille afin de capter le précieux message.

– La sciatique ! Ah ! La sciatique ! J’voudrais pas prendre le pain des médecins mais c’est ben simple. Tu t’allonges par terre, les épaules ben calées au sol, en appui avec les mains sous une base solide, un meuble bas par exemple, les jambes repliées sur le thorax, genoux le plus près possible de la poitrine et sans décoller les épaules, tu bascules à droite puis à gauche.

Tu fais ça tous les matins, tu vas bien la décoincer c’te colonne.

Il n’avait pas grosse affluence de patients le guérisseur, c’est surtout à lui-même qu’il appliquait sa thérapie et ça semblait bien lui réussir au père Fouassier, jusqu’au jour où… Mais il était trop tard.

On n’a encore rien trouvé de mieux pour soigner les hommes que la mise en oeuvre des recherches effectuées depuis toujours par des scientifiques longuement préparés. Les êtres sont mortels et le médecin ne peut pas non plus l’impossible. Mais on ne lui reconnaît même plus le droit à l’erreur et la perfection qui n’est point le lot de l’humanité, de lui, est exigée.

Ce n’est pas le père Fouassier qui aurait pratiqué l’exorcisme, avec lui ni prières, ni apposition des mains. Il parlait parfois de ces pratiques avec une petite moue dubitative, aimant à rappeler que jadis on clouait les chouettes sur les portes de la grange pour conjurer la malédiction.

En parlant des « barreux » il avait toujours un petit sourire et son oeil malicieux pétillait de malice.

– Ces gars là, disait-il ont des formules secrètes; chacun a la sienne et s’oblige à en être le gardien. J’en connais cependant quelques-unes que je tiens de l’abbé Bourge, curé de Saint-Martin.

– Par exemple pour guérir les brûlures dites trois fois: Feu de Dieu perd ta valeur. Esoenareth et appliquez dessus de la confiture de groseilles.

– Pour l’amour: Prenez un trèfle à quatre feuilles, mettez-le dans l’eau bénite, faites-le sentir à la personne dont vous voulez être aimé, faites une prière dessus et dites 3 Pater et 3 Ave.

En dépit de ses dénégations on sentait bien que le vieil homme avait testé ces pratiques, par simple curiosité sans doute.

Mais le vieux garde n’était pas sot. Il prétendait que la nature avait prévu le remède pour chacun des maux qu’elle pouvait engendrer et que cette thérapie naturelle se trouvait toujours près du mal.

– La nature, disait-il est bien meilleure chimiste que l’homme.

Mais il disait aussi qu’elle était impuissante face aux pandémies et à l’usure de l’organisme ainsi qu’au disfonctionnement des organes.

C’était un érudit qui avait fait de hautes études à Paris au lycée Condorcet, mais il aimait trop la nature et la solitude pour résister à l’appel des forêts. -

Il savait que notre planète qui compte 800.000 espèces végétales dont 300.000 à fleurs, fournit un dixième de ses ressources à la recherche pharmaceutique et cosmétique.

téléchargement (17)Il prétendait qu’on fabriquait une molécule de synthèse connue sous le nom d’aspirine à partir de la reine-des-prés, encore appelée ulmaire.

Il citait le pavot comme étant la fleur du bien puisque donnant le fruit qui produit l’opium, base de la morphine. On sait depuis qu’elle peut-être également la fleur du mal puisqu’on l’a détournée de son noble destin pour en faire l’héroïne.

Il reconnaissait que les guérisseurs avaient, pour certains, un réel succès auprès des patients pour avoir obtenu des résultats convaincants:

– C’est la foi qui sauve. Ces gens là ne guérissent que les malades imaginaires mais c’est déjà un bon résultat !

Le vieil homme était apprécié pour sa lucidité et son humour, pourtant lorsqu’il est parti pour le dernier voyage, rares ont été ses concitoyens à l’accompagner. Il avait depuis trop longtemps recherché l’isolement.

 

Source : de Pierre JEAUNEAU  - CIEL DE  PUISAYE  Edité en décembre 2001- 

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, Yonne | Pas de Commentaire »

l’Apocalypse du Pauvre à Saint-Léger-Vauban

Posté par francesca7 le 7 juillet 2014

 

images (26)On voit, d’après ce défilé de pierres animées, que l’on peut à sa suite parcourir une bonne partie de notre département.

Ce n’est cependant qu’à son extrême sud, dans les granites du Morvan, que l’on trouvera une tradition de mégalithe animé parée d’un éventail complet de symboles fantasmagoriques: la légende de la Pierre-qui-Vire de Saint-Léger-Vauban.

La Pierre-qui-Vire, que l’on a considéré quelque temps comme un dolmen, est surmontée depuis 1853 d’une grande statue de la Vierge Marie, érigée par les moines bénédictins du monastère de Sainte-Marie-de-la-Pierre-qui-Vire, en exécution d’un vœu de son fondateur, le Père Muard, décédé peu après en 1854.

Une première version de la légende nous est fournie par l’abbé Louis Brullée dans son Histoire du Père Muard parue en 1864 (39). II s’agit d’un extrait du discours prononcé par le R.P. Saudreau, du monastère de Flavigny, lors de l’érection de la statue.

«Il y a dix-huit siècles, lorsque la main divine de Jésus-Christ n’avait pas encore fixé au ciel du monde le soleil de l’Evangile, qui devait dissiper la nuit du paganisme, et détruire les horreurs de son culte, ce lieu était consacré à l’idolâtrie. Autour de ce dolmen se rassemblaient les peuplades nombreuses des Gaulois; ils venaient offrir leurs hommages, adresser leurs prières à leurs divinités, et assister aux sacrifices qui se faisaient en leur honneur. Là, sur cette pierre, coulait le sang des animaux et quelquefois un sang plus noble, le sang royal de la création, le sang de l’homme. Là, au sein de cette forêt, habitaient les prêtres païens, c’étaient les Druides».

Dans le chapitre V de son ouvrage consacré aux monuments, Paul Sébillot a montré que l’association entre dolmens, gaulois et sacrifices humains avait toutes les caractéristiques d’une légende moderne, forgée par quelques érudits vers 1780 et largement répandue par ceux que l’on a appelés par la suite les «celtomanes». Malgré les nettes réfutations apportées par Cambry et Legrand d’Haussy dès 1800, puis par Prosper Mérimée en 1840, on pouvait lire en 1876 dans le Dictionnaire Breton-Français de Troude, V° Dolmen: «Ils [Les Gaulois] y faisaient des sacrifi­ces humains ou autres, ainsi que semblent l’attester les petites haches et les coins trouvés sous ces monuments, ainsi que les rigoles tracées sur les pierres pour l’écoulement du sang … ».  

Le R.P. Saudreau, en 1853, était manifestement encore sous l’influence celtomane. On peut difficilement lui jeter la pierre quand on pense à quel point cette légende des sacrifices humains sur les dolmens est encore vivace chez certains de nos contemporains de la fin du XXe siècle…

En 1870, Victor Petit, à qui on ne la faisait pas, ouvre une première brèche dans le mur de désinformation qui entoure la Pierre-qui-Vire. D’abord, il relève deux éléments-clefs de l’authentique légende morvandelle: «L’une des légendes relatives à la Pierre-qui-Vire est celle-ci: la pierre virait (tournait) toutes les fois que minuit sonnait au clocher de Vaumarin. Or, à Vaumarin, hameau d’une vingtaine d’habitants, il n’y eut jamais ni église ni chapelle. Ces sortes de jeux de mots sont très nombreux en Morvan et on doit s’en défier sans cesse. Les villageois du Mor­van n’ont pas de plus grand plaisir que de se «gausser des messieurs de la ville». Il ne nous semble pas possible que ce bloc ait jamais pu être tourné ou ébranlé par la main des hommes.» Quant à l’explication celtomane, elle ne convainc pas plus Victor Petit qui rejette en bloc les trous creusés «pour recevoir le sang des victi­mes», les rassemblements de Gaulois, les sacrifices, et ajoute même que la Pierre­qui-Vire «n’offre rien de plus remarquable que d’autres pierres agglomérées sur le sommet d’une petite butte qui domine le petit hameau des Barraques, près de la lisière de la forêt de Saint-Léger … » .

Même traitement pour la «Roche des Fées» de Quarré-les-Tombes, «massif rocheux de granit à gros grain, fort curieux à étudier pour la juxtaposition et la superposition des différents blocs qui le composent. On peut facilement parvenir sur le sommet de ce groupe dans lequel l’imagination populaire locale voit ou croit voir une foule de choses, notamment la table où on égorgeait les victimes, le fau­teuil du juge et surtout les rigoles par lesquelles coulait le sang des victimes. Des villageois raconteront sérieusement tous les détails des sacrifices humains prati­qués par «les prêtres de l’ancien temps». Tous ces récits fantastiques se répètent avec une ténacité singulière. Nulle réfutation n’a chance d’être écoutée et encore moins d’être accueillie comme vraie» 

images (27)La «ténacité singulière» remarquée par Victor Petit n’aurait-elle pas été nourrie des explications distillées par le curé-doyen de Quarré-les-Tombes, l’abbé Henry, qui était présent en 1850 lors de l’installation du Père Muard et écrivait en 1875 : «La Pierre-qui-Vire: roche aplatie et à peu près ronde, qui a plus de 12 m de circonférence… Elle a évidemment servi à faire des sacrifices, car en déblayant le terrain qui l’entoure, on trouva, en 1853, un fragment de coquille marine» (43). L’abbé Henry ne rapporte pas ici une légende, mais contribue à en asseoir une autre. Pourtant le curé-doyen est au courant du fait que «cette pierre tourne toutes les fois que midi sonne à Vaumarin, hameau de six feux, le plus rapproché de la Pierre-qui-Vire, et qui n’a jamais eu d’horloge…»

La thèse de la rotation resurgit, mieux étayée, dans la petite brochure intitu­lée «Une excursion dans le Morvand en 1872», par A L. Morlon (44). «Voici la Pierre­qui-Vire; et tout d’abord, vire-t-elle ? Non. A-t-elle jamais viré ? Je ne le crois pas, puisqu’elle est en équilibre sur deux points. Cependant, cette légende se raconte: quand, à midi, le soleil dardait ses rayons sur le dolmen et que l’Angélus sonnait à Vaumarin, la pierre virait trois fois. Le Père Isidore nous donne une explication aussi simple que juste; si la pierre, dit-il, ne tournait pas sur elle-même, elle oscillait facilement de bas en haut, et il se souvient de lui avoir imprimé avec une seule main un mouvement vertical d’une dizaine de centimètres. Nous regrettons de ne pou­voir en faire autant; la partie jadis branlante a été maçonnée en dessous. Le monu­ment se compose d’une grosse pierre posée sur un rocher; elle a trois mètres de long, deux de large et un mètre d’épaisseur environ. Au dessus les religieux ont placé depuis le 27 septembre 1853 une sainte Vierge de grande dimension.»

A.L. Morlon réfute ensuite l’origine artificielle du mégalithe, qui pour lui n’est que le résultat d’un phénomène classique d’érosion. Mais il ne peut renoncer à évoquer nos glorieux ancêtres: «Ici, nous le croyons, se tint une assemblée de Gaulois; on évoqua Hésus ou Teutatès, et les druides, par leur éloquence, enflam­mèrent le courage des guerriers éduens et leur inspirèrent le goût des combats…»

L’abbé Poulaine, dans son Guide du touriste dans l’Avallonnais , a sim­plement passé sous silence l’aspect légendaire du site, se contentant d’affirmer son origine naturelle.

Retour en scène des druides en 1933, dans le Guide du Morvan, publié par le Comité de Propagande Touristique du Morvan, sous le titre «La Pierre-qui-Vire»: «Remarquable chemin de croix taillé dans le roc : autel celtique supportant une statue de la Vierge»… et à propos des rochers légendaires d’Uchon: «…qui furent utilisés soit comme tombeaux, soit comme autels, par les Druides»…

Les versions de la légende notées par ces auteurs font pâle figure en regard de celles qu’ont rapportées, chacun de son côté, Jean Puissant, G. Bidault de l’Isle  et A. Guillaume.

Les deux premiers textes diffèrent par quelques points, mais l’essentiel est préservé. D’une part, plus question de druides, de gaulois ou de sacrifices san­glants. Le Morvan semble avoir chassé ces fantômes tardifs du Siècle des Lumières et «récupéré ses chaussures». Bidault de l’Isle écrit avoir entendu personnellement cette légende d’un vieux paysan morvandiau, au cours d’une veillée, à St Germain des Champs, à la fin du XIXe Siècle. Or donc, en ce temps-là, chaque nuit de Noël, les fées venaient «…danser en rondes infernales autour de la pierre au-dessus de laquelle trônait le démon lui-même.» Dans l’intervalle des douze coups de minuit sonnant à la chapelle de Vau-Marin, la roche tournait sur elle-même, découvrant une crypte regorgeant de fabuleux trésors. On disait qu’il était possible, durant ce bref laps de temps, d’y puiser à pleines mains.

Une jeune paysanne, Jeannette, décide, malgré la défense maintes fois proférée, de profiter de l’aubaine. Trouvant un prétexte pour ne pas assister à la messe de minuit, elle se rend, portant son bébé avec elle, jusqu’à la roche maudite. Au premier coup de minuit, la crypte s’ouvre, elle descend, pose l’enfant sur le tas – et se sert copieusement, insoucieuse du temps qui s’écoule. Au douzième coup, alors que la roche commence à se remettre en place, elle reprend conscience et s’échappe de justesse, oubliant le bébé au fond du trou. Réalisant trop tard que la cavité est à nouveau scellée, Jeannette tente, mais en vain, de repousser le lourd couvercle.

De retour de la messe de minuit, le mari, furieux contre la jeune mère, jette « l’or du diable» au fumier. Puis, aidé de voisins et amis, il essaie à son tour d’ébran­ler la dalle, sans succès. Quand à l’or maudit, le matin venu, il n’en reste que petits fragments de charbon…

Un an après, une année passée en remords et ferventes prières, la malheu­reuse épouse revient à la pierre, qui s’ouvre à nouveau, découvrant le bébé en train de se réveiller. Alors qu’elle va s’en saisir, un ange apparaît et lui fait un petit sermon dont la conclusion est: «Sache désormais te défendre des tentations que le Diable sème sur la route des âmes pour les mieux entraîner à leur perte!» Puis l’être de lumière interdit, d’un geste de son épée, à la pierre de virer désormais, dérobant à jamais ses trésors aux yeux des hommes. Il trace une croix sur le bloc et disparaît. : la terre tremble alors, secouant les chaumières, faisant déborder le Trinquelin, et le plus étonnant de l’histoire, la chapelle de Vaumarin disparaît sans laisser de trace !

«C’est depuis ce temps là, conclut le conteur, qu’il n’y a plus jamais eu de sabbat dans le voisinage de la Pierre-qui-Vire» . Et de préciser que ce n’est que « bien plus tard» que les moines construisirent là une abbaye et installèrent la grande statue de la vierge à l’enfant sur le «dolmen».

Le texte de Jean Puissant, publié deux ans avant celui de Bidault de l’Isle, comporte quelques éléments supplémentaires. Tout d’abord, le fait que la pierre, avant d’être cimentée, «bougeait au moindre choc». C’est bien ce que racontait le Père Isidore à ses visiteurs de 1872. De plus, elle faisait peur: passer dans ses para­ges exposait à des accidents de toutes sortes. Enfin, contrairement à l’autre version essentiellement moralisatrice, l’auteur insiste fortement sur les distorsions de la perception dont étaient victimes les personnes qui s’attardaient auprès de la Pierre-qui-vire.

La_Pierre_qui_Vire,_à_Saint-Léger-Vauban«Ils sentaient leurs cheveux se dresser sur leur tête, une sueur froide leur le dos, le sang battre leurs tempes, et leurs jambes flageolantes étaient pri­vées de mouvement. Alors ils voyaient d’étranges spectacles. Lesquels ? A leur retour, ils ne se confiaient pas volontiers, mais leurs regards se tournaient en dedans d’eux-mêmes, et ils frissonnaient. Malgré leur discrétion, on avait pu, au cours des ans, recueillir des bribes de renseignements, contradictoires, d’ailleurs. Les uns avaient vu des ombres imprécises environner la pierre; les autres avaient pu distin­guer des faces hideuses de monstres aux yeux luisants et aux becs avides; certains avaient du tourner autour du rocher dans la ronde des fées, et s’y étaient affaissés, évanouis de fatigue; quelques uns parlaient d’un gigantesque vieillard aux traits effrayants qui leur barrait le chemin, ou encore d’une belle jeune femme à la robe blanche et aux bras nus, qui restait assise sur le bloc de granit, les fixant d’un regard étrange qui les faisait défaillir. Mais tous étaient d’accord sur un point. Tous avaient vu la pierre tourner d’elle-même. Une force invisible les clouait au sol et les obligeait à regarder» (50). Et c’est là que se rejoignent Puissant et Bidault de l’Isle: c’est pendant les douze coups de minuit de la nuit de Noël que s’ouvre la crypte, découvrant « des diamants, des rubis, des topazes et des pièces d’or qu’un enchanteur avait entassés là en un trésor fabuleux.» Quelques instants pendant lesquels on perdait ses repères «car à ce moment-là les minutes paraissaient des siècles».

La mise en garde est ici des plus nettes: ceux qui ont essayé de toucher au trésor de l’enchanteur ont disparu à jamais. Un vieillard, «Simon-Bras-de-fer», avoue avoir perdu courage au dernier moment.

Dans le texte de Jean Puissant, la jeune femme, nommée tantôt «Marie de la Roche» tantôt «Marie des Roches», est veuve. Elle méprise tous ces couards d’hommes et croit pouvoir mettre la main sur le trésor. Mais comme la Jeannette, son tablier plein de richesses, elle sort de la crypte en oubliant son enfant. Ce n’est que rentrée dans sa cabane qu’elle s’en rend compte.

Il lui faudra attendre la Noël suivante. Elle passe l’année dans la douleur et la misère, sans profiter de son trésor, et, le moment venu, jette or et pierreries dans l’excavation où l’attendait son fils qui «lui tendait les bras, ses grands yeux bleus ouverts, souriant, tel qu’il était un an auparavant, le jour où elle l’avait perdu.»

Marie saisit son fils et… remercie la «Pierre-qui-Vire» !

La version de Jean Puissant s’arrête ici: point d’ange, point de tremble­ment de terre, point de chapelle évanouie. La pierre garde tous ses pouvoirs.

Une troisième version de la légende, antérieure aux précédentes, présente l’intérêt d’être entièrement écrite en parler morvandiau. Elle fait partie d’un ouvrage intitulé L’Ame du Morvan, édité en 1923 par Mme Gervais, à Saulieu. L’auteur, le docteur A. Guillaume, exerça la profession de vétérinaire à Saulieu de 1901 à 1943.L *Ame du Morvan a été rééditée en 1971 par les «Amis du Vieux Saulieu». Sous le titre «Lai Pierre-que-Vire», l’auteur énonce, dans une version développée, la légende dont Puissant et Bidault de l’Isle ont recueilli, chacun de son côté, des élé­ments différents. En sus, Guillaume pimente son texte d’une série de notations pro­pre à réjouir les folkloristes. Deux éléments retiendront particulièrement notre at­tention.

D’abord, une série d’indices typiquement «sabbatiques». Au milieu des divers cris d’animaux dont retentissaient les bois «jor et neut, mas seurtout de neut», « on entendot étou des autes breuts que venint de por d’ ilai et de lai rivière, qu’on ne saivot pas pair quoué qu’al étint faits! peu, quéque fois des mouénées lumières qu’ ment des luyottes qu’ ai’llint que venint por lâvent dans les fonds. On viot don et on entendot! Les mondes de tot por d’ ilai és ailentours dünt que tot ce qu’on croyot été des bêtes, étint des sorciers et des sorciéres que se chouingint qu’ment çai pou v’ ni an sabbait…» – traduction littérale: «jour et nuit, mais surtout de nuit, on enten­dait aussi d’autres bruits qui venaient de par-là et de la rivière, qu’on ne savait pas par quoi ils étaient faits! Puis, quelquefois des petites lumières comme des vers luisants qui allaient et venaient par là-bas dans les fonds. On «voyait» donc et on «entendait» ! Les gens de la région disaient que tout ce qu’on croyait être des bêtes étaient des sorciers et des sorcières qui se transformaient comme çà pour venir au sabbat.»

On trouve ici, avec les mystérieux bruits nocturnes et les lueurs qui vont et viennent, le thème des animaux qui seraient en fait des sorciers déguisés en route pour le sabbat. Sébillot  a noté parmi ces nocturnes le lièvre, qui nous renvoie quelques instants en Sénonais. Sur les confins de Gron et Collemiers, non loin du sommet boisé du «Bois Gorgon», un climat s’appelle «Les Demoiselles», évoquant les fées; un autre, le «Marchais au Pesme» (du latin «pessimus», le très mauvais, le pire: un des noms du Diable) et un autre enfin la «Côte aux Lièvres». Le «Bois Gorgon» serait-il un nouveau repaire de «sabbatins»?

L’autre élément à retenir concerne un rite particulier de la veillée de Noël, consistant à secouer avec un tison la bûche de Noël dans l’âtre pour la faire «éveyer», c’est-à-dire jeter des étincelles:
«Evêye, évêye, évêyons
Autant de gerbes que de gerbeillons !…»

«Paisse que vous saivez que pus lai cheuche de Noé en breulant, fait d’évêyies vou d’étincelles qu’ment qu’on dit en ville, chi vous eumez mieux, pus a y airé de gerbes tant grousses que p’tiotes ai lai mouéchon.» Autrement dit: «parce que vous savez que plus la souche (ou bûche) de Noël en brûlant fait d’ «évêyies» ou d’étincelles comme on dit en ville, si vous aimez mieux, plus il y aura de gerbes tant grosses que petites à la moisson.»

Ceci pour rappeler que cette nuit, à nulle autre pareille, impose des rites: la veillée, avec les «éveyies» de la «chuche» en prélude â la Messe de Minuit, rite capital auquel il ne faut pas se soustraire. De plus, à cause de la loi sur le jeûne – le prêtre ne pouvait célébrer et les fidèles communier qu’en étant à jeûn depuis mi­nuit -, on n’entrait dans l’église que les douze coups sonnés… laps de temps où s’ouvrait également le monde interdit !

Le Morvandiau – il n’en a pas le monopole – est un chrétien formaliste. A part Noël, il y a d’autres dates sacralisées à l’extrême, et notamment l’une d’entre elles qui, encore de nos jours, semble surpasser la Nativité dans la ferveur popu­laire: les Rameaux.

A ce sujet, la version du docteur Guillaume, la plus ancienne et la plus complète concernant la Pierre-qui-Vire, a un antécédent: curieusement, l’ouvrage de l’abbé Baudiau cité plus haut présente, sous une forme dépouillée bien que paradoxalement noyée dans le mélodrame, les éléments essentiels que l’on retrouve, près d’un siècle plus tard, dans les trois versions du XXème siècle. Il s’agit d’un texte, également rédigé en patois, avec traduction en regard, et intitulé «La veuve et le trésor du dimanche des Rameaux» .

Baudiau ne donne d’abord qu’une localisation vague: «sur le flanc d’une des montagnes du Morvan», sans plus de précision. Ensuite, comme chez Puissant, la pierre est le siège de phénomènes paranormaux: «.., ain groos carté d’raice, lai qu’ot dieient qu’in viot, aine piarre lai voù qu’las fées v’neient las autefois s’aichéte. Ol y fiot toot d’moinme quéequ’fois aine peute çarue !». Baudiau donne en regard une traduction adaptée, dépatoisée pourrait-on dire: «…un bloc de rocher où il se faisait diverses apparitions: une grosse pierre sur laquelle les druidesses du pays venaient s’asseoir autrefois. On y entendait, en effet, de temps en temps, un bruit effrayant.»

En voici une deuxième traduction, plus littérale: «…un gros quartier de roche ­où il se disait qu’on «voyait», une pierre où les fées venaient autrefois s’as­seoir. Il s’y faisait même quelquefois un vilain chahut !»…

Au passage, notons deux termes importants:

- on «voyait»: allusion aux apparitions. Guillaume, rappelons le, en rajoute : « on viot don et on entendot !» et le même mot a été employé (voir supra) à Villlemanoche, sous la plume de Tavoillot à propos d’une série de pierres «où l’on voit encore».

- la «peute çarue»: l’adjectif «peut», au féminin «peute», désigne en Mor­van le diable, dont il ne faut pas prononcer le nom. «Peut» signifie «laid», et «peute çarue» n’est autre qu’un «chahut d’enfer». On retrouve en Sénonais l’adjectif «put»: à Thorigny-sur-Oreuse existe la «Mardelle au Put». A Collemiers, il y a également un Marchais au Pesme». Le Dictionnaire de Jossier ne cite pas «pesme», que l’on trouvera dans le Larousse del’Ancien Français (53) avec le sens de «très mauvais, très méchant», cependant que «put» (id. p. 483) signifie en premier «puant, sale, infect» et en second: «mauvais, méchant». Ces deux climats feraient donc référence au diable et par voie de conséquence, au sabbat !

Ceci pour rappeler que, malgré la distance, le Sénonais est bien le fils du Morvan. L’Yonne ne charrie-t-elle d’ailleurs pas, sous forme de sable, les débris des granites qu’elle caresse dans son cours supérieur ?

Chez Baudiau comme chez Puissant, la jeune femme est veuve, avec un bébé. Le moment est différent: il s’agit de l’«Attolite portas», lorsque, après la procession des Rameaux, le prêtre frappe trois coups à la porte de l’église à l’aide de la croix (pendant quelques minutes a lieu un dialogue, à travers la porte, entre le prêtre et le chantre). La suite est analogue: ouverture de la roche, apparition du trésor… la femme se sert, oublie l’enfant sur le tas d’or et ne peut le récupérer qu’une année après. Enfin, apparition de l’ange qui tire la morale de l’histoire: «Soovins-toi qu’lai plus groosse ricesse d’aine mère, iot son p’tiot» .

L’abbé Baudiau, à l’instar de ses contemporains et confrères les abbés Henry et Brullée et le R.P. Saudreau, déjà cités, y était pourtant allé de son couplet celtomane à propos de la Pierre-qui-Vire: «… cet autel solitaire, où le sacrificateur gaulois immolait, dans les dangers de la patrie, d’aveugles et ignorantes victimes …».

Malgré cette tendance à évoquer le «passé druidique» du Morvan dès qu’il s’agissait de mégalithes, de folklore ou de superstitions, le curé de Dun-les-Places, qui comprenait parfaitement le patois, fut le premier à consigner fidèlement – à une druidesse près -, avec cette tendresse particulière qu’il portait à ses ouailles, la légende du trésor maudit. Qu’il ne l’ait pas localisée montre que peut-être à l’épo­que elle ne l’était pas: l’essentiel du message ne visait pas une pierre particulière. Il s’agissait plutôt d’une mise en garde générale, d’un défaut de la cuirasse humaine contre lequel on devait être prévenu, en Morvan comme ailleurs.

La riche ornementation de ces quatre récits contraste avec le caractère el­liptique des traditions du nord de l’ Yonne, mais peut-être certains éléments recueillis au bord du Trinquelin peuvent-ils servir de clef pour décrypter les «fragments sénonais.», d’autant que la Pierre-qui-Vire n’est pas unique en France: celle de Bussière-Dunoise (Creuse) se soulève également pendant la messe de minuit et laisse voir d’immenses trésors.

D’abord, le thème du sabbat, que l’on retrouve à Villemanoche comme à Theil-sur-Vanne et Vaumort, autour du «Petit doigt de Gargantua» près d’Avallon et du «Marchais Chabot» de Champigny-sur-Yonne, ainsi qu’à Chéu «au Sauvoy, lieu­dit Chaumecey»; la toponymie sabbatique du nord de l’ Yonne pourrait d’ailleurs faire l’objet d’une recherche particulière.

Passons encore quelques instants en compagnie de l’abbé Baudiau. Pour le curé de Dun-les-Places, le sabbat fait partie de l’histoire, et les traditions qui s’y réfèrent reposent sur le souvenir d’événements très réels et relativement récents.

«La croyance aux sabbats, où l’on dansait en rond autour du diable, qui y apparaissait sous la forme d’un bouc et se faisait adorer, était naguère très répandue dans le Haut-Morvan. Son origine remontait au druidisme, qui y conserva, jusque dans ces derniers siècles, d’aveugles sectateurs. Ceux-ci, faisant un odieux mé­lange des pratiques chrétiennes et des superstitions païennes, se rendaient, de nuit et en secret, au fond des forêts les plus sombres, les plus désertes, où quelque vieux druide, déguisé, pendant le jour, en pâtre ou en marchand, leur prêchait l’antique croyance de la caste et les initiait à ses rites.

images (28)«Ces réunions impies furent désignées sous le nom de sabbat, et les sectateurs sacrilèges sous celui de sorciers. L’imagination populaire, qui exagère et défigure tout, tenait pour certain qu’ils s’y transportaient par les airs, au moyen d’ une graisse diabolique, dont ils se frottaient les membres». Les «sabbatins» auraient donc constitué une véritable internationale de la «vieille religion». Cette idée est encore partagée de nos jours par différents auteurs. Ainsi, le celtisant Gwench’lan Le Scouëzec la défend-il avec insistance dans un ouvrage réédité en 1996 .

De même, suivant les auteurs du Guide de la France mystérieuse, qui rap­pellent que les sabbats et autres pratiques de sorcellerie furent sévèrement réprimés jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, «il est vraisemblable que les sorciers et les sorcières ont été groupés, dans toute l’Europe, en sectes ou en sociétés secrètes qui ont op­posé au catholicisme des initiations fondées sur des rites païens archaïques. L’am­pleur des poursuites judiciaires et policières entreprises dans tous les pays de la chrétienté pour exterminer des milliers d’«adorateurs du diable», l’unanimité de la jurisprudence, l’uniformité des aveux et des confessions des accusés sont autant de faits qui démontrent l’existence d’un vaste mouvement de croyances et de prati­ques hérétiques, principalement répandues durant les siècles qui précédèrent et qui suivirent la Réforme» .

Mais la théorie selon laquelle l’«ancienne religion» aurait été organisée par-delà les frontières et ce jusqu’à la fin du XVIIIè siècle, n’est-elle pas, à son tour, une construction d’intellectuels sans rapport avec la réalité?

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Le long de la ruelle Guichard

Posté par francesca7 le 7 juillet 2014

Villemanoche est une commune française située dans le département de l’Yonne en région Bourgogne.

Il y a beaucoup de grosses, très grosses pierres sur les coteaux de Villemanoche et encore plus dans les bois qui les surmontent. C’est, avec Champigny­-sur-Yonne, un prolongement de la forêt de Fontainebleau.

téléchargement (16)Le 9 mars 1991, en fin d’après-midi, par un chaud soleil attirant déjà quelques vipères sur les grès du «Haut pays», j’avais rendez-vous au bout du chemin du Moulin avec M. Jacques Rouif, maire-adjoint de Villemanoche. Après avoir parcouru une centaine de mètres à travers un fouillis de repousses d’acacias, il étendit le bras et annonça: «Voilà le monstre !». J’avais devant moi la «Roche Bran­lante», bloc de «sablon» gris clair de près de 9 mètres de hauteur. La largeur du grès à la base avoisine 6 m d’un côté, 4 à 5 m de l’autre. La face tournée au soleil levant est verticale et évoque un clocher d’église avec son sommet en pyramide, comme – taillé en berceau», écrivait l’abbé Prunier (3).

«Ma mère, ajouta M. Rouif, raconte que la «Roche Branlante» va boire un coup dans l’Yonne une fois par an, pendant la messe de minuit… en passant par la ruelle Guichard!» (Mme Rouif est née en 1907).

La ruelle Guichard prend naissance une vingtaine de mètres à l’ouest de l’église de Villemanoche. Sa largeur n’excède guère 3 mètres au début. Après un parcours sinueux, elle dévale soudain la pente en ligne droite, se rétrécissant constamment, et finit par un goulet d’à peine l m 50 de large entre deux maisons de la rue de Paris. Détail suggestif, la maison de gauche, bombée, présente une large fissure à quelques mètres du sol, comme si une masse énorme l’avait heurtée à plusieurs reprises ! Jean Ray aurait pu en tirer une terrifiante histoire. Remarquons au passage que la ferme de M. Rouif est au chevet de l’église… tout près de la ruelle Guichard !

Face au débouché de la ruelle, rue de Paris, une autre maison. Le passage est donc bouché: c’était déjà le cas sur le cadastre de 1812. Par où la géante rejoi­gnait-elle l’Yonne ? Peut-être, n’en étant plus à un exploit près, sautait-elle par dessus les toits ? L’histoire ne le dit pas…

L’instituteur J.A. Tavoillot écrivait même à propos de la Roche Branlante(4): «Autrefois, dit-on, on pouvait facilement la mettre en mouvement. Cela n’est pas croyable. Il est vrai que cette roche, dans sa partie hors sol, pèse déjà au moins 300 tonnes… (Les anciens, de façon générale, énonçaient les prodiges de la Roche Bran­lante comme des faits authentiques, à l’indignation de ceux qu’Antoine de Saint-­Exupéry eût appelés les «grandes personnes»).

Mais quel rapport entre la nuit de Noël et cette soudaine activité, d’essence païenne, voire animiste, d’une roche que ne surmonte même pas une croix ? Ce n’est pas pour se faire baptiser qu’elle va vers l’eau et l’Yonne n’est pas le Jourdain…

Le message comprend en fait deux éléments: la nuit de Noël, avec son moment fort, la Messe de Minuit, qui commence traditionnellement le douzième coup sonné, et l’éveil de la Roche qui, dans ce cas précis, va «boire à l’Yonne» à deux bons kilomètres… Pour faire bonne mesure, elle évite soigneusement de lon­ger l’église où les fidèles sont censés être en prière et emprunte sans problème apparent un passage trois fois trop étroit pour elle.

Pas question de s’absenter du Saint Office pour voir cela, d’autant plus, comme fit remarquer un petit enfant à qui je racontais cette histoire, que l’on ris­quait fort de se faire écraser !

L’enfant aurait-il spontanément trouvé, sous la légende, le message crypté ? Nous verrons un peu plus loin, en d’autres parages, un avertissement beaucoup plus clair. Notons seulement que cette fameuse nuit, qui suit de peu le solstice d’hiver­ -mort et renaissance de la lumière- est aussi celle où les animaux parlent!

téléchargement (15)G. Bidault de l’Isle note ainsi (5) : «On raconte en Franche-Comté et en Suisse romande qu’un paysan sceptique voulut s’en assurer et pour ce faire n’assista pas à la messe de minuit et se cacha dans l’étable. A l’heure dite, il entendit entre ses boeufs la conversation suivante: «Dis donc, Rousset, nous aurons un rude travail cette semaine! – Comment çà, Rosier, tout notre labeur est pourtant achevé? – Oui, mais nous serons obligés de conduire le cercueil de notre maître qui doit mourir dans trois jours…» On ne dit pas ce qu’en pensa le paysan, ni si le pronostic fut confirmé, mais cette histoire suffit à détourner les gens curieux de la région de répéter l’expérience pour leur compte.»

Bidault de l’Isle ajoute: «Cette croyance en la faculté qu’ont les animaux de parler lors de l’Élévation pendant la messe de minuit est très répandue aussi en Bourgogne, notamment dans l’Yonne. Elle était autrefois très affirmée. Dans l’Auxerrois, le Morvan, l’Avallonnais, nul n’en doutait. Mais personne n’osait s’en assurer, de peur d’apprendre, comme le paysan sceptique ci-dessus, un fâcheux pronostic. A Fulvy, le bétail frappait du pied et à Viviers il fléchissait un genou au moment même où il allait pouvoir parler… Aussi, lorsque le maître apparaissait portant la nourriture de minuit, s’efforçait-il de ne pas demeurer dans l’étable aussitôt la provende déposée au râtelier.»

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