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FAIRE DU TOURISME EN DORDOGNE

Posté par francesca7 le 10 avril 2015

La Roque-Gageac, au bord de la Dordogne.En Dordogne, on trouve des bastides, notamment à Monpazier, Villefranche-du-Périgord, Domme et ses remparts, Eymet et son château, et Saint-Aulaye, unique bastide du Pays Périgord vert.

La vallée de la Vézère et son bassin versant abritent la plus grosse densité de sites préhistoriques tels que l’abri Pataud, La Micoque, les sites de Laugerie-Haute et Laugerie-Basse, les abris du Moustier, de Cap Blanc et le célèbre abri de Cro-Magnon, et de grottes ornées paléolithiques telles que la célèbre grotte de Lascaux à Montignac, les grottes de Combarelles et de Font-de-Gaume aux Eyzies-de-Tayac et celle de Rouffignac.

Les villes fameuses de Sarlat, Bergerac, Nontron et sa mascarade des Soufflaculs, son jardin des arts, son Pôle des Métiers d’Arts, sa coutellerie « Le Périgord », Périgueux et ses ruines gallo-romaines, sa ville médiévale (MH et PSMV).

Le village du Bournat, l’abbaye de Brantôme (xie siècle), le parc archéologique de Beynac.

La Roque-Gageac, tout comme le proche château de Beynac, ont servi de décor durant les vacances d’été de 2009, pour le tournage du film Camping – Au Moyen Âge, La Roque Gageac comptait 1 500 habitants. À l’époque, la Dordogne faisait vivre pêcheurs et gabariers du port. De cette période demeure l’église recouverte de lauzes. Non loin se dresse, flanqué d’une tour ronde, le manoir de la famille Tarde, amie de Galilée. Pendant la guerre de Cent Ans, La Roque Gageac accueillit les évêques de Sarlat. Leur résidence, à l’extrémité du village, a été conservée. Dominant les maisons, les vestiges du château défient encore le temps.

Le 17 janvier 1957, un pan de la falaise s’éboule sur une partie du village, détruisant six maisons et une grange, coupant la route et terminant sa course dans la Dordogne. Trois personnes meurent.

Le 9 janvier 2010, un pan du plafond du fort troglodytique s’effondre entraînant la chute d’une partie du mur de courtine du fort, accroché à la paroi de la falaise depuis le xiie siècle, sur le côté du bâtiment d’accueil du site. Le 3 juin 2010, au début de la saison touristique, à la suite de la menace d’un rocher de 320 tonnes de s’effondrer sur le village et aux conclusions d’experts d’un danger imminent, la route départementale 703, traversant le village et surplombée par la falaise, est fermée pendant cinq semaines, avec évacuation des personnes les plus menacées. Des travaux de protection, notamment avec la pose de filets, sont effectués pour protéger les vies. À la suite de ces travaux, la RD 703 est rouverte le 10 juillet 2010 et les personnes ont pu regagner leur domicile.

La conséquence de ce danger est que le fort troglodytique n’est plus visitable. D’autres chutes de pierre sont en effet à craindre dans les années à venir.

À compter de novembre 2013, la route départementale 703 est fermée dans sa traversée du bourg de La Roque-Gageac pour une période de cinq mois, nécessaire à la création de voies piétonnes sécurisées de chaque côté de la route.

 

Castelnaud-la-Chapelle

e château de Castelnaud, classé monument historique en 1966, domine la vallée de la Dordogne et offre un magnifique panorama sur les sites de Beynac, Marqueyssac et la Roque Gageac.

280px-CastelnaudlachapelleGrottes et gisements préhistoriques du Conte et des Fours.

  • Musée de la Fauconnerie, salle vidéo ;
  • Musée Joséphine Baker (château des Milandes).
  • Musée de la Guerre au Moyen Âge, au château de Castelnaud : armes, machines de guerre ; animations.
  • Écomusée de la noix du Périgord.

 

Limeuil, centre de batellerie

Limeuil était un important centre de la batellerie aux xviiie et xixe siècles. Le village fut une cité florissante au xviiie et à la fin du xixe siècle. Limeuil comptait alors près de 80 artisans. Le confluent invitait en ces temps là, prospérité et richesse. Les restaurants l’Ancre du Salut et le Chai sont le témoignage de cette période. L’Ancre du Salut était le bureau de déclaration et le syndic des bateliers, tandis que le Chai servait de lieu de stockage des marchandises.

Les rivières étaient navigables au printemps et à l’automne (en périodes de crues et de fonte des neiges). Les bateliers disaient alors que la rivière était marchande ou de voyage.

L’ancienneté du village est attestée par de nombreuses traces de l’occupation des magdaléniens qui ont été retrouvées à Limeuil. Ils ont laissé de nombreux objets : des poinçons, des aiguilles, des hameçons, des harpons, des bâtons décorés de figures de renneset de poissons. Un lot de gravures a été découvert, présentant des rennes, des chevaux, des cervidés, quelques bouquetins, des bœufs, des ours… L’une des gravures représente un « renne broutant » (au musée de Saint-Germain-en-Laye, mais une copie est visible au musée national de Préhistoire des Eyzies).

  • Les jardins panoramiques de Limeuil offrent une vue sur le confluent Dordogne-Vézère. Ils se situent à l’emplacement de l’ancien château fort du village, qui se dressait sur un éperon rocheux. Ils présentent un jardin à l’anglaise ponctué de panneaux d’interprétation. En juillet et en août, différents ateliers sont proposés (tissage, vannerie, teinture, feutre, feuillard, land art).
  • Il ne reste que peu de vestiges du château de Limeuil. Seuls se dressent encore la tour carrée, la tour canonnière et le puits. Le château fut racheté en 1902 par le docteur Linarès (médecin du Sultan du Maroc), époque à laquelle furent créés les jardins à l’anglaise. À la mort du docteur, les jardins furent laissés à l’abandon. La commune les a rachetés en 1997 et les à confiés en 2007 à l’association Au Fil du Temps, pour les faire revivre et leur redonner leur cachet d’antan.
  • La chapelle Saint-Martin est une ancienne église romane du Périgord noir qui se distingue des autres par ses fresques et sa pierre de dédicace.

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Saint Jacques de Compostelle – Un Chemin Alchimique

Posté par francesca7 le 14 janvier 2015

 

280px-Vista_de_la_Catedral_de_Santiago_de_CompostelaIl me paraissait important de vous partager l’expérience, l’aventure que le groupe a vécue sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle du 9 juin au 16 Juin 2012 Important parce que nous parcourons tous, chaque jour ce chemin, sans même en avoir toujours conscience, chemin de l’Amour, chemin du Coeur !! 

Si 1600 kilomètres séparent le Puy en Velay de Saint Jacques de Compostelle, en ce qui nous concerne, notre chemin vers le cœur ne mesure que quelques centimètres. Cette distance est bien courte mais ô combien mystérieuse et complexe. Voilà le vrai chemin de Saint Jacques !

Nous étions 19 dans cette aventure et je remercie encore chaque pèlerin, car chacun d’entre eux véhiculait bien plus que ce que nous aurions pu le penser.  Nous savions que la programmation de ce séjour renfermait des indices, des symboles, des clefs et que le chemin nous préparait déjà à vivre une expérience hors du commun. Au-delà de ce nous avions déjà perçu concernant les cadeaux du chemin, nous savions que la route de Compostelle allait nous transformer, nous guérir, et nous surprendre de ses trésors alchimiques. 

Nous avions donc choisi de démarrer du Puy en Velay car ce lieu est un lieu hautement mystique et d’une beauté unique au monde. Le Puy est une cité Mariale dont la configuration géologique est exceptionnelle. Un évêque avait dit du Puy : « C’est ici la maison de Dieu et la porte du Ciel.. » Elle est tel un sanctuaire qui touche l’âme et les cellules dès que l’on s’en approche. Constellée de vestiges

antiques, environ 120 traces (dolmens, témoignages divers, ossements de géants (s’agitait-il d’Atlantes.. ?)..), elle offre bien plus que sa majesté visuelle. Elle fut un antique lieu de cultes, un creuset où les miracles se produisaient et se produisent encore. Elle a également pour trésor une fontaine qui fut condamnée et qui, selon les écrits, promet de ressurgir quand il sera le moment de marquer une Nouvelle Ere.. !!…Intéressant. Le lieu était déjà si sacré que les premiers chrétiens  semblent avoir rencontré des difficultés à implanter leur nouvelle religion. C’est peut être pour cette raison que le Puy en Velay accueille deux Vierges : La vierge Noire et Marie (l’une étant la mère nourricière : la Terre Mère et l’Autre, Marie, la Mère qui chérit les coeurs, les âmes de ceux qui souffrent ! 

Puis il y a la Cathédrale qui symbolise la Matrice Divine. On y pénètre par des escaliers montant qui font penser à une « pénétration » au coeur de la matrice féminine. Certains disent que cette entrée représente le nombril, je penserai vraiment à autre chose.. Qu’importe, le nombril reste toujours le cordon qui nous lie à l’origine, à la source. Dès lors que nous sommes initiés, nous sortons de la cathédrale par les oreilles. Nous avons donc posés des intentions dans ce sens. Ainsi, le groupe a ressenti comme un profond « chérissement » en ce lieu divin. (il y aurait plus à dire… mais une autre fois) Puis vint le départ sur le chemin qui va à Compostelle (compost = champ mais aussi composte) puis stèle qui signifie étoile.. Le champ des étoiles, ou passer du composte à l’étoile…, les deux  peut-être. 

Compostelle, la route des Etoiles, le chemin qui suit la Voie Lactée… Chemin de transformation, de transmutation que nous avons amorcé en accrochant, en conscience, à nos sacs, la fameuse coquille Saint Jacques. 

Mais que signifie cette coquille ?

Saint Jacques de Compostelle - Un Chemin Alchimique dans Autre région 220px-Collection_du_Mus%C3%A9e_arch%C3%A9ologique_de_Grenoble_5Elle fut tout d’abord la preuve que le pèlerin rapportait quand il avait parcouru le chemin jusqu’à Santiago. La coquille renferme un autre savoir bien plus subtil. Il lui avait été attribué un pouvoir protecteur, elle permettait de distinguer les pèlerins, et elle permettait aussi de boire l’eau des rivières. Mais la coquille est bien plus sacrée que cela : les mystiques disent qu’elle symbolise la fécondité, le féminin sacré, la sexualité sacrée, la virginité, la naissance de la  Perle. On dit aussi qu’elle nous relie au Monde Souterrain, à la Déesse Mère, aux Eaux primordiales. Elle représente le Coeur, les miroirs, le creuset sacré, la rencontre de soi à soi. Elle purifie et les lithothérapeutes l’utilisent pour nettoyer leurs pierres. Mais la coquille va encore plus loin. Elle vibre d’une géométrie sacrée et ses stries sont au nombre de 12. Elle est alchimique. Botticelli n’a-t-il pas représenté la Naissance de Vénus … sur une coquille Saint Jacques. Vénus, Déesse de l’AMOUR ! La coquille est elle alors l’écrin de ce qu’il y a de plus précieux : L’AMOUR. Cela confirmerait-il que le chemin est bien le chemin de  l’Amour. 

La coquille s’impose dans beaucoup d’églises, sur la croix de saint François d’Assise. Stylisée elle représente la Fleur de Lys.. La Fleur de Lys, elle-même symbole de la Triple-Flamme… : l’AMOUR

DIVIN ABSOLU. Mais la coquille, c’est aussi la convergence des chemins, chemin visible et invisible,

chemin qui conduit à l’OUEST, l’Ouest si précieux dans les constructions : l’Ouest qui symbolise le Paradis ! Le chemin de Saint Jacques se dirige vers l’OUEST, vers la constellation du CHIEN, cette constellation qui guidait les pèlerins avertis. Mais cet Ouest ne nous suggère– t-il pas quelques réflexions : Pourquoi ce lieu ? Est-ce la quête du Paradis Perdu ? Y a t-il un lien avec l’Arche de Noé,  les Atlantes ? 

Alors que je m’intériorisais, je percevais cette information : Et si avant de sombrer, l’ATLANTIDE, qui était immense, se serait préparée en anticipant le déluge. Et s’il y avait, non pas, un seul Arche de Noé mais plusieurs afin que les Atlantes puissent « ensemencer » les Nouvelles Terres ? Et si chacun de ces « vaisseaux » (qui font penser aux charpentes des cathédrales) avait accosté sur ces différentes terres : le Mont ARARAT dans le Caucase (Turquie), dans l’ATLAS (d’où la richesse culturelle qui a été acheminée jusqu’en Egypte), dans La Ria de Noya en Galice où se situe Saint Jacques, Le Mont SaintMichel conduisant à Brocéliande et Chartres puis Paris, et Les Cornouailles en Angleterre (Tintagel), Glastonbury (lieu du Roi Arthur), Stonehenge, et l’Irlande… Certains revendiquent que l’Arche aurait échoué sur leur Terre. Et …, s’ils avaient tous raison… ? Est-ce pour cela que le Chemin de Saint Jacques est constellé d’objets celtes, de promontoires, de symboles puissants qui sillonnent tous ces lieux cités et qui s’avèrent être souvent les mêmes ? 

Alors pourquoi marcher vers l’Ouest ?

400px-Stjacquescompostelle dans HUMEUR DES ANCETRESMarcher vers l’ouest c’est poser nos pas dans les empreintes que nous ont léguées les Atlantes et dont la mission était de recréer un paradis sur Terre après le déluge. Mission qui, comme nous le constatons, n’a pas connu l’envol escompté ! Il nous aura fallu des siècles et des siècles pour   réapprendre la Vérité Sacrée et comprendre ce que les Initiés savaient déjà ! Les Druides, les   Sorcières, les Savants, les Sages savaient-ils tout cela ? Gardaient-ils dans le secret de leur coeur l’histoire troublante d’une civilisation qui a laissé un enseignement codé, des informations cryptées, une

langue des « oiseaux » pour protéger un Savoir sacré et un chemin qui serpente jusqu’au lieu où ils ont foulé pour la première fois la Galice ? 

La coquille symbolisée également par la patte d’oie, la Mère l’Oye si précieuse en Egypte Antique nous renvoie à la symbolique de L’Univers et a sa toute puissance. La Mère l’Oye représente

la Terre Mère…. L’oie : LA LOI, celle du Divin ! L’Oye, Loi : représente la Mise au Monde, la Création, la Naissance, un Nouveau Commencement… Est-ce cela que portaient en leur coeur les Atlantes ? Un nouveau commencement qui, malheureusement, a souffert d’une bien trop lente évolution. La chute, celle qui nous a coupés de notre Divinité a fait naitre en l’humanité ce désir fondamental : celui de reconquérir ce joyau perdu, cette Perle d’Amour ? Est-ce pour cette raison que tant de pèlerins empruntent le chemin tous les ans, conscients ou pas de la symbolique que véhicule chacun de ces pas, pas qui nous reconduisent à notre origine, du temps où nous étions des êtres déployés, unis à notre Divinité ? Est- pour cela que le chemin nous dépouille, nous nettoie, nous

guide, nous parle, nous entend, nous voit, nous murmure sa sagesse, s’adresse à  notre Temple physique. Chacun de nos pas réveille t-il la mémoire sacrée de l’Atlante qui vit encore dans nos cellules et qui s’impatiente de renaitre enfin ?  

Est-ce là le Nouveau Commencement ? Investis de cette approche, nous nous élancions sur le chemin de Compostelle ! Nos intentions écrites et inscrites en nous déclenchaient l’alchimie que nous étions venu chercher et honorer ! Chacun couvait en son ADN, la mission qui lui était propre sans même en avoir vraiment conscience. Il y a avait là une aventure orchestrée à un niveau supérieur et le temps nous révélait au fur et à mesure ce que nous devions comprendre. Nous savions que nous devions déposer en conscience et recevoir en conscience ce que le chemin nous avait déjà préparé. 

Afin que nos coeurs s’ouvrent et déposent des voiles devenus trop encombrants, chaque membre du groupe avait passé un accord céleste pour représenter un aspect mal intégré de l’humanité ou un aspect à déployer sans retenue. Cependant, la veille, un des pèlerins du groupe percevait une guérison qui touchait mon fils mais qui concernait tout un chacun. Lors d’un état d’éveil pur, elle perçut la guérison de mon fils qui devait se faire opérer de l’oeil. Son oeil gauche, suite à un grave accident, développait une membrane intérieure qui lui faisait perdre la vue ! Cette personne comprenait qu’autour de cette guérison se produisait un phénomène qui dépassait notre entendement. Il lui était communiqué ce qui devait être mis en place afin que le rituel de guérison soit fait en conscience et en reliance avec l’assistance Céleste. 

C’est alors que je perçois la symbolique de cette membrane. Lors de son accident, mon fils a subi une craniotomie et c’est la partie gauche de son crâne qui a été ôtée, comme si la lumière devait inonder l’hémisphère gauche, illuminant ainsi ce lobe du cerveau. En effet, le monde a fonctionné trop longtemps avec les énergies mal intégrées du Masculin. Cependant l’oeil gauche représente le regard provenant du coeur et l’oeil droit reste le regard de l’analyse et de la logique. Nos coeurs ont si longtemps été voilés de petitesses, de médiocrités, de haine, etc.que notre perception s’est atrophiée et nous avons développé un regard dur, un regard de jugement, de méfiance et d’intolérance.. Eliminer la membrane et nettoyer l’oeil de mon fils s’inscrivait alors dans la symbolique incroyable de cette purification. (« Dieu a besoin d’un corps » me répétait mon Indien Comanche) 

Le vendredi 15 juin, était le jour où nous avions décidé de prendre le temps afin d’assimiler tout ce processus alchimique. J’avais préparé un travail concernant La Puissance de la Vision. Personne ne  savait ce sur quoi s’appuyait mon travail (pas même la personne qui reçut l’information de la guérison de l’oeil de mon fils). Alors que nous étions assis dans l’herbe et que je présentais l’objectif de la journée, nous décidions de changer d’endroit tant le vent était froid et inconfortable. Au moment de nous lever, certains pèlerins remarquent dans l’herbe un crapaud. Plusieurs viennent y jeter un oeil.  Puis nous prenons nos affaires pour dénicher un écrin dans la forêt où le soleil réchaufferait nos os. Je présente alors un dessin représentant un crapaud, puis je refais circuler la même feuille que je présente sous un autre angle. L’image du dessin offre alors une belle tête de cheval. 

L’exercice a pour but de démontrer que selon l’angle d’attaque d’une image, d’une personne ou d’une situation nous ne voyons pas du tout la même chose, alors que nous avons face à nous la même représentation. J’insistais sur le regard que nous posions sur nous-mêmes et sur les autres, sachant que l’intention de ce regard ouvrait ou fermait le coeur ! Le coeur, point essentiel du chemin de Saint Jacques. Quelques minutes après nous être installés, se présente un magnifique cheval couleur fauve.. Synchronicité remarquable qui interpelle chacun d’entre nous.. Puis d’autres chevaux nous ont encerclés, clin « d’oeil » à l’enseignement tel un message vivant ! Puis nous avons fait un travail d’accueil de l’autre, accueil de ce que nous semblions ne pas accepter chez l’autre. 

L’ouverture de coeur de chacun était impressionnante au point d’en pleurer. Il nous était demandé de voir autrement et de laisser couler de nos yeux des regards emplis d’un amour infini ! Les coquilles s’ouvraient, chaque face de la coquille était le miroir de l’autre ! Magique. Puis les pèlerins ont déposé en conscience ce qu’ils désiraient offrir au chemin… 

220px-Peregrinos_llegando_a_Salamanca dans VILLAGES de FRANCEDe retour à Toulon, le soir même, je suis invitée à un anniversaire. Il est tard et je justifie mon retard en expliquant que je reviens du chemin de St Jacques. Je suis assise sur une banquette, et la personne qui se tient à ma gauche (la première à qui j’adresse la parole depuis le retour) me regarde et me dit : « Je pars la semaine prochaine au Puy, je suis l’architecte qui a été choisi pour baliser les monuments importants du chemin…. » WOW ?!?.. La personne qui reçu intensément l’information concernant l’oeil de mon fils, m’appelle le lendemain pour me dire que sa fille qui était au Maroc, lui a envoyé « l’oeil du Touareg » (paquet reçu alors qu’elle était sur le chemin). Le même jour, alors qu’elle est dans son atelier, une indonésienne, vient lui rendre visite pour lui offrir une poignée de perles de culture. Et plus encore.. d’autres événements ont ponctué notre retour… et l’alchimie poursuit son chemin.. 

Je tenais à remercier ceux et celles qui se sont connectés à nous et qui ont maintenu la méditation du jeudi. Puisse cette expérience ouvrir des portes et déchirer des voiles. Puissions-nous ressentir enfin la beauté de ce que Nous Sommes et l’Amour infini !

Merci au chemin… 

Texte issu du Magazine « Vivre sa Légende »

Publié dans Autre région, HUMEUR DES ANCETRES, VILLAGES de FRANCE | Pas de Commentaires »

LE MARÉCHAL VAUBAN

Posté par francesca7 le 25 août 2014

 

 
 

 

SA NAISSANCE. SA FAMILLE.

Vauban, avec sa cicatrice ronde sur la joue gauche due à un coup de mousquet reçu lors du siège de Douai[1]. Tableau attribué à Hyacinthe Rigaud.Sébastien Le Prestre de Vauban naquit à Saint-Léger-de-Fourcheret, arrondissement d’Avallon (Yonne), le 15 mai de l’an 1633. Sa famille, du nom de Le Prestre était d’origine nivernaise, et possédait dans la paroisse de Bazoches, en Morvan nivernais, la petite seigneurie de Vauban, dont elle avait pris le nom. Voici, tel qu’il existe sur les registres de la commune, le texte de l’acte de baptême de ce grand homme :

« Le quinzième mai mil six cent trente trois, a esté baptisé Sébastien, fils d’Albin Le Prestre escuyer, et de dame Edmée Corminolt. Le parrain a été maistre Sébastien Clavin, prestre, curé de Cordois; la marraine Judith d’Ehain ; en présence de Georges Bierry. Signé : Clavin, Bierry et Orillard, curé. »

Le père de Vauban, qui n’était qu’un cadet, s’était ruiné dans le service, où il avait laissé le peu de fortune qu’il avait: et la situation très modeste de sa femme n’était pas de nature à modifier cet état de choses. Il y a quelques années, la maison qui vit naître Sébastien Le Prestre était encore à peu près telle qu’elle fût au XVIIe siècle. Elle est aujourd’hui transformée en grange par de regrettables travaux de maçonnerie qui lui ont enlevé tout caractère d’ancienneté. Elle fait face à une petite cour, et se trouve vers l’extrémité de la rue que suit le chemin de Quarré-les-Tombes.. Tel est le berceau de celui qui, plus tard, aimait à se dire le plus pauvre gentilhomme de France. On comprend que, dans de pareilles conditions, l’instruction qu’il reçut fut loin d’être brillante. Elle se borna à quelques notions d’arithmétique, de géométrie, ou plutôt d arpentage. Et c’est avec ce léger bagage, que le jeune Sébastien, ayant atteint sa dix-septième année, et obéissant à je ne sais quelle impulsion secrète et impérieuse, quitta un beau matin sa famille et son pays, traversa à pied une partie de la France et alla prendre du service dans le régiment de Condé qui se trouvait en ce moment sur la frontière des Pays  Bas.

 

CAMPAGNES ET TRAVAUX MILITAIRES

 

illus_bazoches023On était, à cette époque, au beau milieu des troubles de la Fronde. Le prince de Condé, déjà chef d’une faction puissante, négociait, avec l’Espagne, cette fameuse alliance, qui devait en faire, pour la couronne de France, un rebelle si redoutable. C’est dans ce parti que Vauban fit ses premières armes. Il se distingua fort dans l’exécution des fortifications de Clermont en Argonne, et, dès lors, sentit se révéler en lui ces immenses talents, qui devaient en faire un jour le plus célèbre ingénieur que les armées françaises aient produit jusqu’à présent, et que les étrangers nous envient encore, sans avoir pu l’égaler. Dans cette même année (1652), il prit une part active au  de Sainte-Menehould et s’y distingua par une action d’éclat, en passant une rivière à la nage, sous le feu de  l’ennemi. C’est de ce jour que commence, pour Vauban, cette célébrité qui ne fit que grandir sans cesse, pendant sa vie, comme après sa mort, et a fait, de son nom, l’un des plus glorieux des annales militaires.

L’année suivante, en 1653, après avoir brillamment servi, et reçu sa première blessure, dans la campagne qui s’était engagée, il tomba dans une embuscade de l’armée royale, et fut fait prisonnier. Voici en quels termes, un historien fort estimé, M. Camille Rousset rend compte de cet incident, qui, en même temps qu’il montra toute la fière énergie de cette âme d’élite, prouva en quelle haute estime le jeune volontaire de la Fronde était tenu par ses adversaires

« Un jour que Vauban était parti avec trois de ses camarades, ils tombèrent inopinément dans une patrouille de l’armée royale. Ses camarades déjà pris et lui tout prêt de l’être il trouva moyen de se jeter dans un chemin creux, et quand les royaux qui le poursuivaient s’y furent engagés à la file, tout à coup il tourna la tête, les arrêta court, et, tenant en joue leur chef, qui était un lieutenant du régiment de Sainte-Maure, il fit sa capitulation, à savoir qu’il ne serait ni maltraité, ni dépouillé, ni même démonté, de sorte qu’il entra dans le camp royal à cheval, en complet équipage et avec tous les honneurs de là guerre.

L’aventure fit du bruit ; on sut bientôt que le cavalier si avisé n’était autre que le hardi nageur de Saïnte-Menehould. Spirituel et brave, un soldat a deux fois sa réputation faite …»

Mandé par Mazarin, auprès de qui sa réputation était déjà parvenue, Vauban eut avec le cardinal un long entretien, à la suite duquel il fut engagé au service du roi, et envoyé, sous les ordres du plus célèbre ingénieur du temps, le chevalier de Clerville, au second  de Sainte-Menehould, qui fut reprise par les troupes royales, et dont Vauban fut chargé de faire réparer les fortifications.

Les travaux qu’il exécuta, à cette époque, le mirent d’emblée au premier rang des ingénieurs militaires. Dans les années suivantes, il dirigea les s de Stenay, Clermont, Landrecy, Condé, Saint-Guillain et Valenciennes. Dangereusement blessé, devant cette dernière ville, et à Stenay, il n’en continua pas moins de servir et, peu de temps après, il recevait, au  de Montmédy, trois blessures qui mirent ses jours en danger. «  Comme la gazette en parla, dit Fontenelle dans son Eloge de Vauban, on apprit dans son pays ce qu’il était devenu ; car, depuis six ans, qu’il en était parti, il n’y était point retourné et n’avait écrit à personne, et ce fut là la seule manière dont il donna de ses nouvelles. »

Ces brillants succès, qui furent accueillis dans toute la France par un sentiment de surprise et d’admiration, valurent à Vauban le commandement en chef dans les attaques des places de Graveline, d’Ypres, et d’Oudenarde. Il fut occupé, après la paix des Pyrénées, à démolir ou à construire des places, puis, dans la guerre de 1667, il eut la conduite de tous les sièges, que le roi fit en personne, reçut, au  de Donav, un coup de mousquet à la joue, dont il porta toujours la marque glorieuse, que l’habile sculpteur à qui l’on doit la statue de Vauban, à Avallon, a voulu reproduire dans le bronze. En 1668, nous trouvons Vauban occupé à fortifier les places de la Franche Comté, de Flandre et d’Artois. Il est nommé gouverneur de la citadelle de Lille qu’il venait de construire; puis emploie les courts loisirs que lui laisse le traité de paix d’ Aix-la-Chapelle, à achever les fortifications de Flandre, d’Artois, de Provence, de Roussillon et va même jusqu’en Piémont, avec Louvois, pour donner au duc de Savoie des plans et des dessins pour Verue, Verceil et Turin.

Survint la guerre de 1672. Elle ne fut pour Vauban qu’une suite d’actions d’éclat, ou de triomphes dus à son incomparable science d’ingénieur. Le plus célèbre de tous les s qu’il dirigea est incontestablement celui de Maëstricht, en 1673. Ce fut là, dit Fontenelle, qu’il commença à se servir d’une Méthode singulière pour l’attaque des places, qu’il avait imaginée par une longue suite de réflexions et qu’il a depuis toujours pratiquée. Il fit changer de face à cette partie si importante de la guerre. Les fameuses parallèles et les places d’armes parurent au jour. Depuis ce temps, il a toujours inventé sur ce sujet, tantôt les cavaliers de tranchée, tantôt les batteries à ricochet, et il avait porté son art à une telle perfection que, le plus souvent, ce qu’on n’aurait jamais osé espérer devant les places les mieux défendues, il ne perdait pas plus de monde que les assiégés.

« C’était là, ajoute l’auteur que nous venons de citer, c’était là son but principal, la conservation des hommes. Non seulement l’intérêt de la guerre, mais son humanité naturelle les lui rendait chers. Il leur sacrifiait toujours l’éclat d’une conquête plus prompte, et une gloire assez capable de séduire ; et, ce qui est encore plus difficile, quelquefois, il résistait en leur faveur à l’impatience des généraux, et s’exposait aux redoutables discours du courtisan oisif. »

  On ne saurait faire un plus grand éloge de celui qui a été un homme de guerre illustre entre tous. Et ces témoignages de l’histoire donneront toujours à la grandeur de Vauban, un caractère et une élévation tels, que si l’on peut dire que si elle n’a pas encore été atteinte, elle ne sera certainement jamais dépassée.

 Pendant la durée de la paix de Nimègue, Vauban fit le fameux port de Dunkerque, qui est considéré comme son chef d’œuvre, fortifia Strasbourg et Casai, et accomplit d’immenses travaux pour la navigation intérieure.

En 1688, la guerre s’étant rallumée, il fait les sièges de Philisbourg, de Manheim et de Frankendal, prend la place de Mons, en 1691, et l’année suivante devant Namur, conduit le siége de telle sorte, dit un historien du temps, « qu’il prit la place en trente jours de tranchée ouverte, et n’y perdit que 800 hommes, quoiqu’il s’y fut fait cinq actions de vigueur très  considérables ».

Comment suivre, dans les quelques lignes d’une notice biographique, cette existence si remplie, dont chaque jour se compte, pour ainsi dire, par une page glorieuse dans l’histoire ? Mentionnons encore le siége de Charleroy en 1693, la défense de la Basse-Bretagne en 1694 et 1695, le  d’Ath, en 1697, et enfin, le dernier  qu’il conduisit, en 1703, celui du Vieux Brissach, place considérable, qui fut réduite à capituler au bout de treize jours et demi de tranchée ouverte, et qui ne coûta pas 300 hommes.

C’est dans le cours de cette même année que Vauban avait été élevé, contre son gré, à la dignité de maréchal de France. « Ce titre, dit Fontenelle, produisit les inconvénients qu’il avait prévus. Il demeura deux ans inutile, ne pouvant être employé avec des généraux du même rang, et faisant naître des embarras contraires au bien du service. Je l’ai souvent entendu s’en plaindre; il protestait que pour l’intérêt de l’Etat, il aurait foulé aux pieds la dignité avec joie.

En ce qui touche les travaux militaires de Vauban, il nous reste à parier de ses écrits sur l’art de la guerre et des fortifications. L’œuvre qu’il a laissée est immense, admirable ; c’est une création complète en ce qui concerne les travaux d’art, l’attaque et la défense des places fortes, la discipline militaire, les campements, etc… Nous n’avons ni la compétence, ni la place nécessaire pour analyser et nous étendre davantage sur ces travaux, qui, par leur méthode et leur clarté, séduisent et attachent les esprits même les plus étrangers à cette science. Qu’il nous soit permis cependant d’insister quelque peu sur un Mémoire présenté au roi par Vauban, mémoire auquel nos derniers désastres ne donnent que malheureusement trop d’actualité.

Il est intitulé : « L’importance dont Paris est à la France  et le soin que l’on doit prendre de sa conservation. »

Vauban demande que l’on fortifie Paris, par l’exécution de travaux de défense et d’approvisionnements, tels que cette ville devienne imprenable en cas d’invasion. « Paris capitale de la France, dit-il est le vrai cœur du royaume, la mère commune des Français, et l’abrégé de la France, par qui tous les peuples de ce grand Etat subsistent, et de qui le royaume ne saurait se passer sans déchoir considérablement de sa grandeur. »

Ne dirait-on  pas que ces lignes ont été écrites de nos jours, pour servir de leçon à certains gens ? Mais continuons :

LE MARÉCHAL VAUBAN dans FONDATEURS - PATRIMOINE 170px-Conduite_des_sieges« On ne saurait, ajoute-t-il, avoir trop d’égards pour Paris, ni trop prendre de précautions pour le conserver, d’autant plus que si l’ennemi avait forcé nos frontières, battu et dissipé nos armées, et enfin pénétré le dedans du royaume ce qui est très difficile, je l’avoue, mais non pas impossible, il ne faut pas douter qu’il ne fît tous ses efforts pour se rendre maître de cette capitale, ou du moins la ruiner de fond en comble. L’usage des bombes s’est rendu si familier et si terrible dans ces derniers temps, que l’on peut le considérer comme un moyen très sûr pour la réduire à tout ce que l’ennemi voudra avec une armée assez médiocre, toutes les fois qu’il ne sera question que de se mettre à portée de la bombarder. Or, il est très visible que ce malheur serait l’un des plus grands qui peut jamais arriver à ce royaume, et que, quelque-chose que l’on fût faire pour le rétablir, il ne s’en relèverait de longtemps et peut-être jamais.

J’avoue que le zèle de la patrie et le bien de l’Etat m’y a fait souvent songer. »

 N’y a-t-il pas dans ces lignes écrites, il y a plus de deux siècles et demi, et que l’on dirait d’hier, dans ces lignes qu’on ne peut lire aujourd’hui sans une poignante émotion, n’y a-t-il pas là comme une intuition de l’avenir, comme de secrets pressentiments, qui seuls peuvent expliquer, au milieu des grandeurs et des triomphes, les tristesses et les anxiétés qui tourmentaient l’âme du grand patriote?

En même- temps qu’il trace les plans destinés à pourvoir à la sûreté de la grande ville, à la garnir de munitions de guerre et de magasins de poudre, Vauban songe à la création de cases et magasins à blé. Pour lui, l’utilité de ces établissements ne se fait pas sentir seulement pour les temps de guerre; elle existe aussi et surtout, pour les temps de paix. Ici, comme dans toutes les œuvres de Vauban, nous retrouvons la marque de sa constante sollicitude pour les pauvres. L’auteur de la Dîme royale et de tant de projets de réforme, inspirés par un profond amour du peuple, se révèle tout entier dans ces quelques ligues :

Ces précautions (emmagasinage de blé, de légumes et d avoine) seraient d’autant plus utiles que, dans les chères années, le peuple à qui l’on pourrait vendre de ces grains à un prix modique s’en trouverait soulagé, et qu’aux environs de Paris, à quarante lieues à la ronde, et le long des rivières navigables, les blés s’y vendraient toujours à un prix raisonnable, dans le temps que la grande abondance les fait donner à vil prix, à cause des remplacements à faire dans les magasins ; ainsi les fermiers seraient mieux en état de payer leurs maîtres qui perdraient moins sur leurs fermes, et le pauvre peuple se trouverait soulagé dans ses misères. »

Cette pensée si touchante, qui vient d’une façon si simple et si spontanée sous la plume de l’homme de guerre, dans le cours même d’un travail où il semblerait devoir être complètement absorbé par un ordre d’idées bien différent, cette pensée nous sert de transition toute naturelle pour passer de Vauban, grand général et grand ingénieur à Vauban, grand économiste et grand réformateur.

SOURCE : texte signé : EM. G.   Almanach Historique et Statistique de l’Yonne- édition de l’année 1874- 

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Pays de Retz par Marc Elder

Posté par francesca7 le 11 février 2014

~ * ~

I

PdR_carteUNE route passe sur la crête, à cent mètres du littoral, joignant d’un trait presque droit Pornic à Bourgneuf-en-Retz. Soulignons-la de vert comme sur une carte Michelin. Son cours champêtre, varié par des échappées sur l’Océan, ne manque pas de pittoresque. On y voit les clochers du Clion, des Moustiers, fins comme pointe d’oignon monté en graine, la chapelle de Prigny à croupeton sous son orme, un horizon divers qui propose des jeux d’esprit sous la forme de mirages dont il faut deviner le sens. Pour moi, j’y vois ma jeunesse. Elle est éparse dans le paysage ainsi que la lumière insaisissable. A l’inverse des guides, qui recommandent les merveilles inconnues, je souligne cette route parce qu’elle m’est si familière que j’y puis circuler les yeux fermés, comme on circule dans l’insomnie au travers de sa conscience.

Rarement nous déplions cette carte que nous portons au fond du coeur. Elle est trop près, trop en nous pour que nous ne l’oubliions pas. La quiétude journalière n’a pas besoin de pilote : l’habitude mène la barque. Au large seulement, on ouvre le grand routier et l’oeil s’arrête à rêver de la terre natale, sous le contraste d’un ciel étranger. Ce n’est pas une géographie savante que la nôtre, irriguée et coloriée comme une planche anatomique ! C’est une humble carte, informe, tremblante, à la manière des levées anciennes, avec des images parlantes. Un enfant, un adolescent, un homme s’y manifeste. C’est nous-mêmes. Il semble que tout le pays ne soit autre chose qu’une lente histoire, sans souci des bornes, des reliefs ou de la ligne de partage des eaux. Sur la mer des petits bateaux, des poissons ; dans la rivière des baigneurs ; un chasseur sous bois et, derrière cette haie, des amoureux qui s’enlacent… Plus on regarde, plus les scènes se multiplient. La maison, l’église, le chêne se confondent avec le personnage, avec les soupirs, le rire, les larmes. Tout se trouble, tout se meut. Est-ce de la chair ? Est-ce de la terre ? Et ce nom qui nous sonne à l’oreille, le nom du pays, notre pays, ne mêle-t-il pas l’un à l’autre ?… Voilà : avec les ancêtres, revenants que je découvre d’année en année sous le voile d’une personnalité fallacieuse, je cache aussi un bloc de la machine ronde. Tout ce qui n’est pas eux, en moi, est poussière, la poussière de ce sol qui m’a permis de me dresser, fantôme de boue éphémère, pour le chérir. Immense ? Non ! Rien qu’un atome, une région qu’un oeil embrasse, à la mesure de nos faibles sentiments. Mais je crois bien que, sans le fait du prince, la patrie n’aurait pas été au-delà.

Depuis l’âge le plus tendre l’été me ramène au Pays de Retz.

Je m’arrête parfois sur cette route de Bourgneuf, un peu au-delà de la Bernerie, au lieu dit le Chambaraud. Il y a là une vigne, un cellier, gloire d’un ancien voilier qui les fonda naguère. Cet homme était court et portait, sur une barbe blanche, un visage qui avait l’air d’un soleil couchant sur la neige. Le vin blanc, qu’il caressait, lui ménagea, non sans prévenir, une congestion radicale. Il finit dans le faste d’un petit bourgeois glorieux et renté, ajoutant aux assises d’une propriété réputée les agréments du yachting et de l’auto. Il disait :

– Mes vignes, mon matelot, ma voiture. […]

A la vérité, les limites du Pays de Retz sont assez difficiles à définir, et l’ancien duché de Retz, qui s’accrut, à la fin du XVIe siècle, des communes de Vue et de Prigny, présentait une figure moins dense, des contours plus sinueux que ceux que je propose à la commodité du voyageur. Je prends conseil de mes souvenirs, non des archives, et il importe peu à la couleur du ciel ou de l’eau, a l’odeur substantielle du vent de mer que mes bornes soient imprécises. Je cherche ma trace, point une frontière. Pourtant je ne crois pas trop désobliger la géographie ni la tradition en désignant d’un bloc, sous le nom de Pays de Retz, ce musoir de terres basses, disposé à l’ouest du lac de Grand-Lieu, entre l’estuaire de la Loire et la baie de Bourgneuf.

Mais si je me retourne vers l’orient, sur cette butte de Chambaraud qui met à mes pieds l’offrande souriante de la mer, je vois le marais naître aux dernières ondulations des vignes, fuir et se perdre à l’infini dans ce fond de brumes tendres où les éléments se confondent. Les bourgs y marquent des îlots balisés par un clocher, les fermes, dispersées loin à loin, des traits roses, et les mulons de sel des points blancs. Là, dans les sables, le polder, commence la Vendée rase et sans fard, toute en eau et en ciel. Par delà Beauvoir, ombre de village sur une ombre d’horizon, j’imagine la pinède littorale où vient mourir un océan vert, Noirmoutiers articulé au goulet de Fromentine et l’île d’Yeu l’Invisible, qui n’est, pour les côtiers, qu’une flamme dans la nuit.

Toute cette contrée, étendue de Bourgneuf à Croix-de-Vie, excède mon sujet et dément mon titre. Nous sommes ici dans le Pays de Monts, mais il n’importe ! C’est le hors-d’oeuvre qui sauve parfois le rôt, et cette étrange région, où la Bretagne convulsée vient expirer dans la plaine, obsède bien trop ma mémoire pour que je la délaisse. Il en est des pays comme des hommes : les plus accidentés nous amusent, mais ce sont ceux dont l’âme se cache sous l’indifférence qui nous retiennent.

QUAND j’arrivais à Nantes, le premier août, la maison était sur le départ. Ma mère, qui attachait un prix incomparable à ses devoirs de maîtresse de maison, bouleversait l’appartement depuis une bonne quinzaine. Non seulement les housses couvraient les meubles du salon, le piano et les chaises de tapisserie que nous devions aux « doigts de fée » de mes tantes, mais encore tous les rideaux, toutes les tentures, tous les tapis étaient enlevés, battus, rangés entre des journaux frais, l’encre d’imprimerie ayant, paraît-il, la vertu d’écarter les mites. Dans le vestibule les malles attendaient que l’on voulût bien les retourner pour la cinquième ou sixième fois, afin de rechercher une savonnette ou un ruban dont on avait perdu la trace, et deux jours avant de prendre le train, on imposait au chat le régime sec afin qu’il ne s’oubliât pas dans son panier.

En deux heures de chemin de fer nous étions à la mer.

téléchargement (11)Elle s’annonce dès la gare de Bourgneuf-en-Retz par un brusque changement de décor, la campagne bocagère cédant soudain au marais. Une dernière haie, une dernière tache d’ajonc ou de bruyère, un dernier chêne, et la terre, rompant ses bornes habituelles, déferle à plat jusqu’à l’horizon où se meut l’ondulation grise de l’Océan. Hâlée, gercée, roussie, elle prend l’aspect d’un vieux paillasson sur lequel pousserait, par miracle, la fleur rose d’un toit, la fleur blanche d’un mulon de sel. Le train côtoie les salines, à peine trempées encore d’une eau pâteuse dont l’évaporation quotidienne amasse des croûtes sombres sur le pourtour. Le jonc monte des douves, aigu, acide. La vase des bossis craque au soleil comme poterie au four. La mer se rapproche, blonde et pâle, au point de toucher la ligne devant l’église des Moustiers, parmi ces sables fuyants où des vignes rachitiques agonisent.

La Bernerie n’était point encore devenue, à l’époque, cette aimable station balnéaire où la démocratie retrempe, aux souffles marins, le cuir d’innombrables chérubins promis à l’héroïsme guerrier que la République, une et indivisible, réserve à ses enfants. Aucun moniteur sur la plage, rempilé de Joinville, pour redresser les échines vacillantes, calmer les fièvres alcooliques sous le regard attendri d’une aïeule charnue. Point de fanfares, les jours de fête, pour égayer l’espadrille, achalander le bistrot, la jupe courte et le maillot de bain. Quelques familles vivaient seules, à la bonne franquette, parmi les naturels, et si le village avait déjà perdu tout caractère, il conservait du moins la fraîcheur âpre d’un rivage de France encore pur.

Le retraité de la marine ou des douanes, espèce quasi disparue sur le continent et qu’on ne retrouve plus guère que dans les îles, tenait le haut bout de la population. Les uns achevaient de gagner leurs invalides à l’aide d’une barque mouillée en belle rade, dont ils rafraîchissaient les couleurs à longueur d’année ; les autres cultivaient l’oeillet d’Inde et la pomme de terre – cette pomme de terre des sables si légère, si savoureuse, – entre deux rangées de coquilles Saint-Jacques. Chaque jour on les voyait à la côte, la vareuse nette, le sabot luisant et le béret sur l’oeil, faire le gros dos sous le soleil. Une fois le temps, l’un d’eux, en appétit de friture, plongeait un carrelet dans l’eau. La pipe, les nuages, la marée, les vents remplissaient leur journée avec les souvenirs des longs cours autour de la planète qu’ils roulaient dans leurs doigts comme un joujou. Le gabier Bardeau avait perdu un doigt à Iquique, Poussepain rapporté la gale de Macao et maître Dixneuf abandonné ses dents aux îles de Kerguelen, faute d’un citron pour juguler le scorbut.

Comment ma grand’mère fut-elle conduite à l’achat d’une petite maison à La Bernerie, je l’ignore ! Les affaires de ma grand’mère n’étaient jamais simples et j’ai ouï dire qu’il y eut aussi là des micmacs singuliers. Elle vécut dans la chicane, hantant la basoche et le tribunal dont elle se fit expulser, certain jour, par la maréchaussée, traquant ses locataires, ses amis, ses enfants, menant la procédure tambour battant contre le diable même, et spéculant à la sourde en compagnie d’aigrefins qui lui escamotèrent jusqu’à son dernier liard. Elle avait quatre-vingt-six ans quand elle mourut, ruinée sans le voir, mais furieuse encore de laisser à son sang quelques pierres. Sur son lit de mort elle avait conservé ce menton têtu, fiché comme un clou au bas du visage, son grand nez courbe, hautain, rapace, son front chimérique. Quand la camarde se présenta, elle lui fit un procès et plaida avec tant de fureur qu’on fut obligé de l’isoler. Elle perdit : elle perdait toujours !

La maison, un toit de paysan, s’adossait à une ferme au sommet d’une falaise. Un mur et un puits mitoyens servirent à mettre les avocats en branle : tout allait bien. Nous étions placés exactement au point où la côte rocheuse de la Haute Bretagne se perd, par une transition schisteuse, dans les sables qui enveloppent le littoral, presque sans interruption, jusqu’aux marches du pays basque. Les jours de grande marée, les vagues limoneuses battent encore là contre une frontière qu’elles achèvent de démanteler avec la complicité traîtresse des eaux de pluie. […]

Ce Pays de Retz n’est-ce pas, au fond, pour moi, des aubes et des crépuscules, aubes des départs radieux où le corps s’enivre de son sang, de ses muscles, crépuscules symphoniques où l’on n’est plus qu’une âme éparse ? Le soleil, ballon de cuivre qui rompt ses amarres, m’a souvent surpris au large, la barre en main, et regardant naître la terre à la lisière de l’écume virginale ! Sur Pornic, la côte s’élève, fait front. Les falaises de Gourmalon, de la Birochère, de la Rinais, marquées de bois et de moulins à vent, composent le massif central qui s’abaisse, vers l’ouest, jusqu’aux éboulis de la pointe Saint-Gildas, vers l’est jusqu’au marais de Bouin dont la courbe heureuse cerne la baie et rejoint le trait pur de Noirmoutier, l’île du sel. Le paysage n’a point de pittoresque bavard : il est sobre, presque effacé. Par son trait mince, où je retrouve la sûreté de pinceau d’un Hokousaï, par sa lumière frisée il me touche sans que j’aie besoin d’évoquer, par delà, les traces de l’homme. L’île fond dans la brume, blonde et bleue par temps calme, lavée à l’encre de Chine les jours d’orage. La mer se dépouille, verdit à mesure qu’on approche du Pilier qui guinde sur l’horizon le double signal de ses tours. […]La mer, la douce mer, la mer où l’on est seul, orgueilleusement seul, quel refuge ! Il y a une délectation morose et triomphante à s’y perdre hors de l’homme, cette délectation même qu’un Foucault demandait avidement au Hoggar et que tempèrent ici la féerie mobile du paysage, l’obligation constante de surveiller l’horizon. Le vent qui vient du sud est lourd, collant de mille ventouses ; le noroit brandit des lanières cinglantes qui sifflent haut ; les brises de l’est sont folles et, sautant par moment l’obstacle des falaises, assaillent traîtreusement les barques sans défense. Souffles divers, aspects nouveaux. Le visage sensible de l’eau écoute le ciel et se meut à sa voix comme un somnambule.

Une à une, j’ai appris les roches de la baie avec Eustache, depuis les platures écumeuses de la Couronnée, d’où l’on découvre les limons de la Loire, jusqu’aux bancs du Ringeaud, sous le clocher de Bouin. Pendant des années, il n’y a eut pas de jour d’été que nous n’employâmes à pêcher au tramail, à la balance, à la ligne, au haveneau. C’est dans les herbiers de Noirmoutier, sur les beaux fonds de sable clair, en eau vive, devant ce décor du Bois de la Chaise – blocs erratiques, chênes et pins, – qui semble emprunté au cap Brun, que l’on capture le noble rouget dont la chair, grillée entre deux feuilles de vigne, dégage un délicieux parfum de noisette. Le homard, le tourteau, l’araignée préfèrent les antres lointains du Sécé où se déroulent, dans un cristal d’aquarium, les longues laminaires gaufrées, tandis que le petit crabe nageant, au goût poivré, se tient plus à terre, dans les parages de la Préoire ou du Caillou. La crevette se déplace, hantant le littoral lorsque la mer s’endort aux brises d’amont. La sole, au contraire, attend la bourrasque pour dégîter. Et le maquereau, arc-en-ciel brisé issu des vagues, se chasse à l’hameçon au voisinage des sardiniers multicolores. Le Pays de Retz complétait l’enseignement de la Bretagne mouillée, pierreuse, et si charmante dans ses bocages discrets disposés le long des rivières. Le Morbihan est sans faconde comme le marais vendéen sans oeillade. Cette « presqu’île du vin rose et des moulins à vent », comme vous l’avez baptisée, mon ami Paul Fort, ne se met point en frais pour raccrocher. Son paysage rabougri, sans lyrisme, n’a guère que la confidence des chemins creux pour vous séduire, et sur le désert du polder il n’y a que le ciel. Mais comme ces créatures sans fard, sans splendeur, un peu ternes, un peu moroses, troublantes cependant, et auxquelles il faut arracher le secret, le pays vous prend à la longue et vous retient. On y est bien seul vis-à-vis de soi-même. Aucune fantaisie à portée de la main pour distraire la méditation qui s’amorce. Harmonieuse et lointaine, une géométrie tempère, à nos yeux barbares, la fureur d’agir. La bravade téléchargement (10)de ma jeunesse s’abîme dans les mirages et les eaux immobiles renvoient obstinément mon visage. Je l’y découvre encore en me penchant sur elles, imberbe et passionné.

Source : extrait de  ELDER, Marcel Tendron pseud. Marc (1884-1934) : Pays de Retz.- Paris : Emile-Paul, 1928.- 99 p.-1 f. de pl. en front. : couv. ill. ; 20 cm. - (Portrait de la France ; 21).

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Jules Verne et les secrets du Bugarach – Itinéraire mystérieux de Clovis Dardentor

Posté par francesca7 le 21 novembre 2013

 

 Jules Verne et les secrets du Bugarach – Itinéraire mystérieux de Clovis Dardentor dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Jules_Verne_in_1892

 

Il est vrai que Jules Verne aimait assez choisir pour nom à ses personnages des patronymes correspondant à des noms de lieux. Cependant, sa description du capitaine commandant le navire qui emmène son héros en Algérie ne pourrait-elle pas être celle d’une montagne ? Nous verrons un peu plus loin qu’il ne s’agit pas d’un hasard. Mais auparavant, sans doute faut-il parler de certains aspects de l’œuvre de Jules Vernes généralement ignorés. Des dizaines de milliers de livres sont été écrits sur ce romancier, lu partout dans le monde. On a dit un peu tout et n’importe quoi à son sujet, le taxant tantôt d’être de droite, voire royaliste, tantôt d’être de gauche, voire anarchiste. On l’a dit homme à femmes mais aussi homosexuel. Bref, chacun s’arrange avec son Jules Vernes, ce qui au passage contribue à son universalité.

 

Un enseignement caché 

Pou l’opinion publique il est surtout un auteur pour la jeunesse et une sorte de précurseur scientifique de génie. Sans doute ces appréciations recouvrent-elles une réalité, mais très partielle. Bien sûr, Verne écrivait pour éduquer, mais pas seulement les enfants. Sans doute, la science est largement présente dans son œuvre, cependant son rôle n’a pas été d’inventer mais de prolonger les développements techniques susceptibles de se produire à partir d’inventions déjà réalisées à son époque. Par contre, il est un aspect de l’œuvre de Jules Verne dont on ne parle jamais : son aspect secret, caché, ses textes derrières le texte. Jules Verne était un grand amateur de cryptogrammes et autres jeux de mots. Il en a truffé ses ouvrages, ce qui est plus qu’aisément vérifiable, faisant de son œuvre un gigantesque message chiffré. Il a utilisé à ce propos une méthode dont la création est attribuée à Swift, l’auteur des « Voyages de Gulliver » : l’Ars punica sive flos linguarum, autrement dit la fameuse langue punique chère à l’abbé Boudet. 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsOr, il ne s’agissait pas pour Jules Verne d’un simple amusement, même s’il dût  y prendre beaucoup de plaisir. En fait il nous laissait par ce biais de véritables messages. 

Jules Verne et la Franc-maçonnerie 

C’est ainsi que son œuvre contient de nombreuses évocations de la Franc-Maçonnerie. La construction de son roman « Les Indes Noires » est calquée sur « La flûte enchantée » l’opéra de Mozart. On peu trouver dans chaque personnage ou presque une correspondance dans l’œuvre de l’illustre musicien. Or cet opéra était un opéra maçonnique. Jules Verne a tenu dans les « Indes Noires » non seulement  à le transposer, mais à surcharger son texte d’allusions maçonniques. J’incite vivement ceux qui s’intéressent à lire ce roman. Par ailleurs, des clés maçonniques parsèment un peu toute l’œuvre de Jules Verne. Si l’on pouvait facilement se procurer des rituels et les transposer, il était beaucoup moins évident à l’époque d’accéder aux rituels des hauts grades. Pourtant on voit, dans Michel Strogoff, le héros combattre un ours au corps à corps, puis plus tard être supplicié et devenir aveugle après qu’une épée chauffée au rouge eut été placée devant ses yeux. Or, dans « La Franc Maçonnerie templière et occultiste » le Forestier écrit à propos des grades d’Elus ou de Vengeance ; « Le candidat se présentait au vénérable avec des gants maculés de rouge, déclarant que le sang qui tachait ses mains était celui de l’ours, du tigre et du lien que les criminels avaient dressés à garder l’entrée de leur repaire ; le récipiendaire consentait à mourir dans les plus terribles supplices, après que ses yeux aient été privés de la lumière par le fer route s’il violait jamais son serment de discrétion ». C’est exactement ce qui arrive à Miche Strogoff qui viole son serment de discrétion pour sauver s amère. On pourrait aligner des pages et des pages quant aux liens de l’œuvre de Jules Verne avec la Franc-Maçonnerie, mais ce n’est pas l’objet de cet article.

 

La Rose-Croix et la société angélique.

 Signalons tout de même que ses romans sont également truffés d’allusions à la Rose-Croix et, encore une fois, chacun peut le vérifier sans grande difficulté. C’st le cas dans De la Terre à la lune , Bourses de voyage  , Les enfants du Capitaine Grant  , Robur le Conquérant  , Maître du Monde   et surtout Le Tour du Monde en 80 jours , liste qui est loin d’être exhaustive.  Et puisque nous parlons du Tour du Monde, il faut indiquer au passage que ce roman marque le lien de Jules Verne avec une société initiatique fort peu connue ; la Société Angélique. Philéas Fogg, qui possède toutes les caractéristiques d’une maître Rose-Croix, évoque directement cette société mystérieuse dont le Maître-livre était Le Songe de Poliphile, ouvrage crypté de la renaissance. La société Angélique se nommait également Le Brouillard. 

Or, le valet de Philéas Fogg, Passepartout nous incite par son nom à décrypter le roman par l’intermédiaire de la langue des oiseaux. Un « passe-partout » n’est-il pas appelé aussi un rossignol, nom de l’oiseau qui annonce la lumière ? Décomposons le nom du héros Philéas Fogg. Eas, en grec revêt une notion de pluralité, d’universalité comme poli en latin. Philéas n’est donc autre que Poliphile. Tiré par les cheveux ? Alors, dites-moi pourquoi Philéas s’appelle Fogg, c’est à dire le Brouillard en anglais, comme le deuxième nom de cette société Angélique qui a le songe de Poliphile pour grimoire.

 

CLOVIS D’ARDENTOR

 Venons-en maintenant à Clovis Dardentor. Cet ouvrage est très particulier. C’est apparemment un modeste roman géographique, écrit pour nous faire découvrir l’Oranie. Oui, mais… Pour bien comprendre, il nous faut faire un petit détour par la Languedoc. Là, dans une modeste bourgade située à trente kilomètres au sud de Carcassonne, Rennes le Château, un curé a fait fortune à la fin du XIX ème siècle. Parti sans un sou, il a complètement restauré et décoré son église, construit une confortable villa, créé des jardins, fait édifier une terrasse sur rempart avec une tour de verre pour ses plantes, construit une tour néo-gothique qui lui servait de bibliothèque, et mené une vie mondaine sur fond d’invitation de divas et d’hommes politiques. Bien sûr, tout le monde s’est demandé d’où venait l’argent de l’Abbé Saunière. Trafic de messes ? L’Eglise a tenté de le coincer sur ce chapitre sans doute en partie réel. Mais surtout, l’hypothèse tenant la corde est celle de la découverte d’un trésor,. Ce trésor pourrait être celui du temple de Jérusalem, pillé par Titus en 70 après Jésus-Christ et récupéré à Rome par Alaric en 410. Autre hypothèse, un trésor appartenant aux descendants des rois mérovingiens. Pour faire court, après l’assassinat de Dagobert II, son fils Sigebert IV serait parvenu à s’échapper et se serait réfugié à Rhedae, actuel Rennes le Château, donnant une postérité à la royauté mérovingienne. Depuis, les « rejetons ardents » de cette dynastie seraient en attente d’une reconquête du pouvoir. En l’occurrence, peu importe la part de réel dans tout cela. Ce qui compte c’est que de telles croyances aient été véhiculées au XIXè siècle dans des sociétés dites initiatiques. Tous éléments que vous connaissez déjà pour la plupart d’entre vous, je n’insisterai donc pas. Rennes le Château, lieu de la survivance de la dynastie mérovingienne et abritant un trésor tel que celui du temple de Salomon, quel rapport avec Jules Verne ?

 Tout simplement : Clovis Dardentor.

 

Image illustrative de l'article Clovis Dardentor

L’or des rejetons ardents : Jules Verne a laissé dans ce roman un nombre étonnant de clés liées à cette histoire. Relevons-en quelques unes. D’abord le titre. Jules Verne ne cesse d’utiliser des jeux de mots et chez lui, un jeu de mot peut en cacher un autre. En général dans ce cas, le premier est grivois et détourne de l’idée de chercher autre chose ; en l’occurrence, Clovis Dardentor est un riche commerçant de Perpignan sans enfant et qui cherche quelqu’un à adopter pour lui laisser son héritage. Situation parfaitement résumée par le titre : Clovis Vit Dard en or, Son sexe (vit), fermé (clos) n’a pu lui assurer une descendance et pourtant ce sexe (dard) aurait pu rapporter beaucoup d’or (en or) à celle-ci. Tiré par les cheveux ? Je n’y peux rien, c’est la méthode même de  Jules Verne, mais ce que je peux dire c’est que ce type de rapprochement n’est pas fortuit (lisez l’abbé Boudet, il emploie la même méthode). Un jeu de mots en cachant un autre, découvrons le second : Clovis Dardentor : l’OR des REJETONS ARDENTS des descendants de CLOVIS (les mérovingiens). Vous n’êtes pas encore convaincus, c’est normal. Alors suivons Clovis Dardentor dan son aventure et nous verrons en chemin que tout cela est cohérent. Et c’est bien d’un secret caché et d’un trésor que Jules Verne va nous parler car, comme le dit son valet Patrice : « Monsieur avait parlé… parlé… et de choses qu’il vaux mieux taire, à mon avis, lorsqu’on ne connaît pas les gens devant qui l’on parle ».

 

Langue des oiseaux ou Gai savoir.

 

D’ailleurs, il fait des allusions semi-voilées à plusieurs reprises à des grilles de décryptage et au moyen d’opérer une triangulation pour arriver au lieu du dépôt. Clovis Dardentor s’embarque pour l’Algérie sur un bateau nommé l’Argelès, autrement dit « la voie de l’argent », celle qui amène à son héritage. Ce navire est commandé par le capitaine Bugarach. Nous avons cru que ce nom peu courant est aussi celui de la montagne principale, et, quasiment sacrée, de la région de Rennes-le Château : le Pic Bugarach. Hasard ? Sûrement pas puisque ce capitaine est décrit exactement comme une montagne. Il domine tout le paysage, il a en quelque sorte la tête dans les nuages : « Le maître après Dieu, c’une voix qui roulait entre ses dents comme la foudre entre les nuées d’orage ». De plus, au bas du pc, existe un hameau précisément nommé « Les Capitaines ». Et Verne continue, toujours en employant la langue des oiseaux, celle du Gai Savoir, comme nous l’indique Jean Taconnat, « gai comme le plus pinsonnant des pinsons », ce à quoi Clovis répond : « Ah ! Ah ! Monsieur Jean, vous avez donc repigé votre gaieté naturelle ». Comme quoi il y a effectivement quelque chose à « piger » dans une histoire. Poursuivons en 220px-Rennes_le_Chateau_Turmabrégeant la multitude d’éléments reliant Clovis Dardentor à Rennes-le-Château et à sa région. Clovis se rend à Oran (en or). Il est accompagné de Marcel Lornans (l’or est dans la mare salée). Il part de Sète et de son mont Saint-Clair (songeons à l’importance de la famille de Saint Clair ou Sinclair liée au mystère de Rennes le Château à travers la chapelle de Rosslyn) qui porte une chapelle « de la Salette ». A cette occasion, il évoque « les vastes salines du midi que borde un canal de circonvallation ». Nous verrons que jusqu’au bout cette histoire sera une histoire salée.

 

Au passage, Clovis s’arrête aux Baléares. Jules Verne insiste sur la fondation de la ville qui « datait de l’époque où les Romains occupaient l’île après l’avoir longuement disputée aux habitants déjà célèbres pour leur habileté à manier la fronde. Clovis Dardentor voulut bien admettre que le nom des Baléares, fût dû à cet exercice dans lequel s’était illustré David, de même que le pain de la journée n’était donné aux enfants qu’après qu’ils aient atteinte le but d’un coup de leur fronde ». Comment ne pas songer à ce passage du curieux ouvrage de l’abbé Boudet sur Rennes-Les bains, dans lequel, parlant de David, il écrit : « Il mit la maint dans sa panetière, il en prit une pierre, la lança avec sa fronde… ». Il y a assimilation chez l’un, comme chez l’autre, de la fronde de David et du pain, tout comme il existe, dans la région de Bugarach, à Rennes les Bains, une « pierre du pain   » ronde comme une balle de fronde. Notons au passage que l’origine du nom des Baléares donnée par Jules Verne semble bien être une pure invention de sa part. Jules Verne parle aussi du torrent de la Riena à Palma, en réalité la Riera. Pourquoi cette confusion si ce n’est pour mettre en évidence avec Riena, les deux Rennes  de l’Aude : Rennes-le Château et plus encore Rennes les Bains ?

 

DE RENNES LES BAINS AU BUGARACH

 Lorsqu’il arrive à Majorque, Clovis se rend à la cathédrale de Palma, son guide à la main. Il nous décrit la magnificence du lieu, mais oublie tout simplement de parler de deux magnifiques chaires renaissance que les guides de l’époque ne manquaient pas de signaler. Or elles sont l’œuvre d’un artiste du XVIè siècle nommé Juan de Salas. Quant au retable admiré par Clovis, il  ne peut s’agir que de celui qui, occupe le fond de la chapelle du Corpus Christi. Cette œuvre a été réalisée par Jaime Blanquer. Par ses oublis ou ses imprécisions, Jules Verne, tout en voilant le renseignement aux autres, attire l’attention de celui qui cherche sur les noms de ces artistes : Jaime Blanquer et Juan de Salas, autrement dit la Blanque et la Sals, les deux rivières naissant au Bugarach. La promenade à Palma ne cesse d’être l’occasion de faire référence à Rennes. Citons l’une d’entre elles au passage ; pour se rendre au château de Bellver, Clovis passe par le Terrento, sorte de faubourg « considéré comme une station balnéaire ». Ce calembour, car c’en est un, « terreno-balnéaire », se traduit par « sur les terres de Rennes les Bains ». C’est bien de Rennes les Bains que Jules Verne nous incite à partir pour un circuit qui précisément nous conduira au Bugarach. 220px-%27Clovis_Dardentor%27_by_L%C3%A9on_Benett_19 dans HISTOIRE DES REGIONSArrivé à Oran, Clovis décrit les lieux, évoquant les eaux du Bain de la Reine aux saveurs franchement salines à Mers el-Kébir près du ravin du Salto del Cavallo, ce qui n’étonnera pas les amateurs de l’énigme de Rennes le Château. Puis, il repère sur la carte des Chemins de Fer une « ligne rouge » (Roseline-Rouge ligne) permettant de faire un voyage circulaire en Oranie. Tout au long, Jules Verne, qui est pourtant toujours très précis dans sa documentation, accumule les erreurs sur des altitudes, la contenance de certains barrages à son époque, les chiffres de population, etc, erreurs pouvant être très grossières. A chaque fois il nous donne des indictions et des repères permettant de progresser à partir de Rennes les Bains en direction de Bugarach. Il emploi également, de nouveau sa méthode des indications par omission. C’est ainsi qu’il parle du fleuve Maeta se jetant « dans une vaste baie entre Arzeu et Mostaganem » Pourquoi diable ne désigne-t-il pas le lieu exact où se jette la fleuve ? Parce qu’il s’agit de Port aux Poules dont le nom nous ramène une fois de plus à Rennes le Château dont la seigneurie appartenait à la famille Hautpoul.

Nous pourrions aussi nous arrêter sur ce commandant Beauregard auquel Jules Verne fait allusion trois fois en deux pages, et nous demander s’il ne s’agit pas d’une allusion à ce Beauregard qui, au XVè siècle, se disait issu de Salomon, duquel naquit la seconde branche de la famille de Blanche-fort, elle-même  liée à Rennes le Château.

 

DES ERREURS OPPORTUNES

 

Je vous engage à lire Clovis Dardentor, guide de l’époque en main, et à relever les erreurs du texte. Si vous avez la curiosité de chercher au fur et à mesure des liens entre ces erreurs et des lieux de la région  de Rennes le Château, vous serez comme pris par la main et conduits au but. Par exemple lorsque Jules Verne vous fait passer par Maeta, il commet une erreur. Il s’agit en fait de Makta. De quoi se poser la question : k ou é. Or sur le chemin sur lequel Jules Verne veut nous conduire en fait, vous vous trouvez exactement à ce moment là au Caoussé. Au bout, la route que nous sommes incités à suivre aboutis tout à côté du Bugarach en un lieu nommé Les Salines. Notons les allusions répétées à des salines tout au long de l’ouvrage. Et au bout du bout, à qui revient l’héritage de Clovis ? A Louis Elissane qu’il adopte. Louise, nom dérivé, tout comme Lovis de Clovis et Elissane anagramme intéressant si l’on emploie les méthodes de Jules Verne : ELISSANE = E. SALINES, soit à l’est des salines. Là où se situe la fontaine salée autour de laquelle tournent de nombreuses histoires et légendes et qui fut l’objet d’un article dans le dernier numéro de ce magazine (SACREE PLANETE).

 

LA CAVERNE AUX TRESORS

 

Il y aurait infiniment plus à dire sur les liens entre Clovis Dardentor et le trésor de Rennes le Château, sur les allusions fort nombreuses aux Bains de Rennes, à Blanchefort, à leau salée, et même à des éléments contenus dans « La Vraie Langue celtique » de l’abbé Boudet, etc. Clovis ne nous conduit-il pas à côté de Mascara, en quelque sorte la Maison de l’Arche, dont un des quartiers, Baba-Ali ne peut qu’évoquer la caverne au trésor. Il faudrait également aller à la pêche aux renseignements dans Robur le Conquérant et Maître du Monde, entre autres. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer un passage de Rou où celui-ci survole une partie des Etats-Unis dans un vaisseau volant : « après avoir franchi les montagnes noires couvertes de sapins et de cèdres, l’Albatros volait au-dessus de ce territoire que l’on a justement appelé les mauvaises terres du Nebraska – un chaos de collines couleur d’ocre, de morceaux de montagnes qu’on aurait laissées tomber sur le sol et qui se seraient brisées dans leur chute. De loin ces blocs prenaient les formes les plus fantaisistes. Ca et là, au milieu de cet énorme jeu d’osselets, on entrevoyait des ruines des cités du moyen âge avec forts, donjons, châteaux à mâchicoulis et à poivrières ». Avez-vous déjà vu des forts du Moyen âme aux Etats-Unis ? Par contre si vous survolez le méridien zéro du nord au sud, après avoir survolé la Montagne Noire, vous passez au-dessus de la cité de Carcassonne, des collines d’ocre des Corbières et des donjons tels que Arques et autres château dits Cathares. 

Relisez l’oeuvre de Verne avec d’autres yeux, elle vous est ouverte si vous savez voir et vous ne regretterez pas ce voyage dans le texte. En tout cas, si Jules Verne a dédié « Clovis Dardentor« , et cette seule œuvre, à ses petits-enfants, ce n’était certainement pas pour leur dédicacer un vague vaudeville. Ce roman aboutit très directement au Bugarach et à son secret qui pourrait bien être celui du « Mont Royal » de Robur, le Maître du Monde.

 

*Rennes-le-château : un site intéressant ici : http://rennes-le-chateau-archive.com/

Article de Michel Lamy paru dans le magazine SACREE PLANETE.

 

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deux pays dans l’AIN

Posté par francesca7 le 20 novembre 2013

 

Dombes

Dombes

Le département de l’Ain se divise en deux pays tout à fait différents et qui sont presque d’égale étendue : il se compose en effet, à l’est, de montagnes et de plateaux, malheureusement de moins en moins boisés, qui portent le nom de Jura ; à l’ouest, de vastes plaines plus ou moins parsemées de bois ou d’étangs.

Le Jura n’est point un ensemble de chaînes exclusivement français ; il a bien en France une étendue considérable sur plusieurs départements, mais il couvre aussi l’ouest de la Suisse, et, au delà du cours du Rhin (qui le perce à la fameuse cascade de Schaffhouse), au delà même du Danube, il se poursuit encore en Allemagne, sous des noms qui ne sont plus celui de Jura. Sur le territoire de l’Ain, le Jura se compose de chaînes et et de plateaux parallèles qui, de l’ouest à l’est, s’élèvent de plus en plus : aussi l’arête principale du département se dresse-t-elle tout à fait à l’est du territoire, au-dessus des confins de la Suisse et de la Savoie. Cette arête, la plus haute non seulement du département de l’Ain, mais aussi de tout le système des montagnes du Jura, est orientée du nord-nord-est au sud-sud-ouest.

Elle est comprise dans l’ancien pays de Gex, entre la frontière de Suisse et de Savoie, le cours du Rhône et la profonde vallée de la Valserine, affluent du Rhône. Là se dresse le Crêt de la Neige, le plus haut des monts Jurassiens. Cette montagne, située à une douzaine de kilomètres en ligne droite au sud-ouest de Gex et à près de 20 km à vol d’oiseau au nord-est de la station de Bellegarde, n’a pas moins de 1 725 mètres d’altitude, c’est-à-dire de hauteur au-dessus du niveau moyen des mers. Le Crêt de la Neige est ainsi nommé d’une vaste excavation, longue de 150 mètres, large de 5 à 15, profonde de 20 à 30, où la neige se conserve pendant une grande partie de l’été, et atteint au printemps 12 à 15 mètres d’épaisseur.

Si, du Crêt de la Neige, on suit la chaîne dans la direction nord-nord-est, on rencontre d’autres cimes élevées : le Montoissey (1 671 mètres d’altitude) ; le Colomby ou Colombier de Gex (1 691 mètres), qui doit son nom au modeste chef-lieu d’arrondissement, jadis capitale d’un petit État, qu’elle domine ; le Montrond (1 600 mètres), qui se dresse également dans le voisinage de Gex et commande le col de la Faucille, ouvert à 1 323 mètres.

Toujours en partant du Crêt de la Neige, qui trouve successivement en suivant la chaîne dans la direction opposée, c’est-à-dire vers le sud-sud-ouest : le Reculet, tout voisin du Crêt de la Neige, puisque ces deux cimes ne sont guère séparées que par une heure de marche sur des sentiers rocailleux : il a 1 720 mètres, trois seulement de moins que le Crêt de la Neige ; la Roche (1 648 mètres) ; le Crêt de la Goutte (1 624 mètres), entre Collonges et Châtillon-de-Michaille ; le Grand-Crédo (1 608 mètres) : ce dernier, promontoire superbe autour duquel tourne le Rhône, domine les admirables gorges de ce fleuve, le fort de l’Écluse, la Perte-du-Rhône, Bellegarde, la Combe de la Valserine, et de son sommet on voit le Léman, le lac d’Annecy, Ie lac du Bourget. C’est à travers cette montagne qu’a été percé le tunnel du Crédo, long de 3 900 mètres, pour le passage du chemin de fer de Paris à Genève.

Les autres chaînes du Jura comprises dans le département de l’Ain n’ont point une élévation aussi grande que celle du pays de Gex ; elles ne sont pas non plus aussi bien délimitées. Celle qui vient immédiatement à l’ouest peut s’appeler Chaine du Grand Colombier ou Chaîne du Valromey : elle baigne, à l’est, le pied de ses escarpements dans le Rhône ; à l’ouest, elle tombe sur le Séran, petit affluent du grand fleuve, et plus au nord, sur la combe qui contient le petit lac de Silan.

On y distingue surtout, du sud au nord, autrement dit de Culoz à la frontière du département du Jura : le Colombier ou Grand Colombier (1 554 mètres), qui s’élève au-dessus de Culoz, entre le Rhône, l’Arvière et le Séran : de sa cime, on voit Lyon, la vallée du Rhône, les lacs savoisiens, le Léman et d’innombrables montagnes ; le Crêt du Nu (1 555 mètres) ; le Crêt de Chalame (1 548 mètres), entre la Valserine et la Semine, son tributaire. C’est là, par l’altitude comme aussi par la situation (en partant de l’est), le second chaînon du Jura.

Le troisième chaînon, beaucoup moins haut que le second et à plus forte raison que le premier, leur est parallèle comme le sont d’ailleurs plus ou moins entre elles les diverses chaînes du Jura : il se dirige donc à peu près du sud au nord, du grand coude méridional du Rhône aux frontières du département du Jura.

Deux enfoncements très curieux, deux cassures de la montagne le coupent en trois parties ; et ces cassures sont extrêmement importantes en ce que chacune d’elles a permis à un chemin de fer de passer sans de grands travaux, sans de longs tunnels, de la vallée de l’Ain dans celle du Rhône en aval de Genève. La cassure du sud, entre Ambérieu et Culoz, sert à la ligne de Paris à Turin par le tunnel des Alpes, entre les gorges de l’Albarine et du Furand ; c’est une combe stérile, an fond de laquelle se trouvent trois étangs nommés lacs des Hôpitaux. La cassure du nord, entre le lac de Nantua et le lac de Silan, qui appartiennent, le premier au bassin de l’Ain, le second au bassin du Rhône, donne passage au chemin de fer direct, de Paris à Genève par Nantua : la hauteur du col au-dessus de la mer est sur ce point de 623 mètres ; elle n’est que de 370 aux Pierres-Croisées, dans la passe des Hôpitaux.

Ainsi ce troisième chaînon se divise en trois tronçons : celui du sud, entre le Rhône, le Furand, la combe des Hôpitaux et l’Albarine, porte quelquefois, dans soit ensemble, le nom d’Innimont, d’une montagne couverte de broussailles ; il a pour sommet la plus haut le Molard de Don (1 219 mètres), au-dessus du vallon de Rossillon, parcouru par le Furand. Dans le tronçon central, traversé par le col de la Rochette (1 119 mètres, à l’est de Hauteville), la cime culminante, le Crêt de Planachat, dans la forêt de Cormaranche, a 1 237 mètres. Le tronçon du nord est le moins élevé des trois.

Le quatrième chaînon s’allonge entre le troisième chaînon et la rive gauche de l’Ain, qui coule dans une vallée tortueuse et profonde. On y remarque un petit nombre de montagnes ayant plus de 1 000 mètres : le mont de Chaney, au nord de Tenay ; l’Avocat, qui commande à l’ouest la cluse de Cerdon, à l’est le vallon supérieur de l’Oignin ; le Charvet et le Luisandre, au-dessus d’Ambérieu, sont moins hauts, le premier n’atteignant que 754 mètres, et le second que 809.

A l’ouest du cours de l’Ain se dresse le cinquième et dernier chaînon, la plus bas de tous, mais non le moins beau, vu de la plaine immense qui, de son pied, s’étend bien au delà de la Saône, jusqu’à la base des montagnes du Beaujolais. On lui donne souvent, du moins dans la partie centrale, juste à l’orient de Bourg-en-Bresse, le nom de Revermont. Le Suran, tributaire de droite de l’Ain, le coupe en deux portions parallèles : celle de l’est, entre l’Ain et le Suran, a moins d’élévation que celle de l’ouest ; dans cette dernière, où naissent, dans de jolies combes, les rivières peu rapides qui vont arroser la Bresse, se dresse le mont de Nivigne (771 mètres), au nord-est de Treffort, au-dessus du val de Suran, tout à la frontière du département du Jura.

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Châlon sur Saone

Sa pente, très faible, est à l’ouest, au nord-ouest ou au nord, suivant le cours de ses lentes rivières, la Veyle, la Reyssouze, la Sane-Vive, la Sane-Morte, le Sevron et le Solnan. Son altitude varie presque toujours entre 200 et 250 mètres, et sa hauteur moyenne au-dessus des mers est à peu près celle de Bourg-en-Bresse, soit environ 225 mètres. Bien que d’un sol froid, composé de cailloux roulés et d’argile, quoiqu’elle ait encore çà et là des landes, des taillis, des étangs, elle ne manque pas de fertilité, et peu à peu la culture en a fait un pays de bon rapport.

La Bresse, au sud, se continue par le Pays des Dombes, contrée curieuse qui a longtemps mérité sa réputation d’insalubrité, mais qui maintenant devient de moins en moins malsaine depuis qu’on en a desséché les innombrables étangs. Composée du même sol que la Bresse, d’une terre compacte retenant facilement les eaux à la surface, elle se prêtait admirablement à la création d’étangs, et de fait, on en comptait plus de mille au début du XIXe siècle.

« Cette région, disait M. Élisée Reclus il y a plus de 150 ans, est un damier d’innombrables vasques argileuses emplies par les eaux dormantes ; des buttes de quelques mètres de hauteur, connues dans le pays sous le nom de poypes, s’élèvent çà et là entre les nappes lacustres et y reflètent leurs bouquets de verdure. La plupart des étangs sont de création moderne, il est vrai, et même la région du pays où ils sont le plus nombreux aujourd’hui était couverte de cultures au quatorzième siècle. Des guerres féodales firent disparaître la population de villages entiers, les eaux s’amassèrent dans les bas-fonds, les ruisseaux s’obstruèrent ; l’aspect de la contrée changea peu à peu. Il fallut abandonner l’ancien système de culture et remplacer les labours par la pêche. Puis, quand les champs inondés avaient repris leur fertilité première, après deux années de repos ou davantage, on vidait l’étang pour le soumettre pendant un an aux cultures ordinaires. Vers 1850, les terres alternativement noyées et asséchées y occupaient une superficie de près de 20 000 hectares dont les deux tiers environ étaient sous l’eau. » Depuis cette époque, la Dombes ont rapidement changé d’aspect ; les étangs ont disparu, et avec eux la fièvre paludienne.

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