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Pour L’attrait de la légèreté

Posté par francesca7 le 22 mars 2016

 

De Voltaire à Guitry, qu’il vente ou qu’il tonne, le Français méprise la pesanteur. Acceptable ou insoutenable désinvolture ?

La légèreté : qualité ou défaut ? Mon dictionnaire évoque une danseuse, une biche, un papillon, la flèche d’une cathédrale, le vin de Champagne… C’est donc une qualité. Ne loue-t-on pas la monte légère du cavalier, le toucher léger du pianiste, la main légère du dessinateur, la phrase légère de l’écrivain ? A-t-on jamais entendu en revanche glorifier la lourdeur d’un style ou l’épaisseur d’un esprit ? Vive la légèreté !

plumes

Hélas, quand le mot s’applique au comportement, ce n’est plus la même chanson. Le Grand Robert propose alors cette définition : « Caractère d’une personne qui manque de consistance, de profondeur dans ses jugements, de constance dans ses opinions, qui agit de manière peu réfléchie, inconsidérée ; (spécialt) caractère d’une personne qui ne prend rien au sérieux, tourne toute chose en plaisanterie. » Sont proposés comme synonymes : «désinvolture, frivolité, futilité, inconscience, insouciance, enfantillage, imprudence, inconstance, instabilité, irréflexion». A l’appui de cette peu flatteuse appréciation, quelques expressions et citations dénonçant « la légèreté proverbiale des Français ».

Voltaire enfonce le clou : « Il résulte que cette légèreté particulière aux Français a dans tous les temps produit des catastrophes bien funestes […] Des ruisseaux de sang ont coulé en France, parce que la nation est souvent peu réfléchissante et très prompte dans ses jugements. »

Bigre ! Il y a là de quoi couper toute envie de plaider en faveur de la légèreté. Par parenthèse, n’est-il pas paradoxal que Voltaire, qui est quand même un champion dans le genre, se montre aussi sévère pour ses compatriotes ? C’est la paille et la poutre. Je ne parle pas de la merveilleuse vivacité de son style, mais de certains de ses jugements pour le moins “prompts” et peu “réfléchissants”. Par exemple dans Candide, où il réduit le Canada à quelques arpents de neige que la France et l’Angleterre sont bien bêtes de se disputer. «Elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut », écrit-il. Minimiser l’action de Montcalm, n’était-ce pas faire preuve d’une coupable légèreté ?

Ambivalente comme les deux faces d’une même monnaie

Voltaire a raison sur un point : la légèreté est un trait de caractère spécifiquement français. Henri IV s’en plaignait déjà : « La légèreté des Français est grande. » Louis XIII aussi : « C’est une chose étrange que la légèreté des Français. » Ou encore Louis XVI : « Vous connaissez les Français : comme ils vont vite d’une extrémité à l’autre.»

Heureusement, cette pensée de Joubert contrebalance le manque de confiance de nos souverains dans leur bon peuple : « Les Français naissent légers, mais ils naissent modérés. Ils ont un esprit leste, agréable et peu imposant. Parmi eux, les sages même, dans leurs écrits, semblent être de jeunes hommes. »

Il s’agit à l’évidence des deux côtés de la même monnaie. Sur l’avers, la légèreté est représentée comme un défaut qui fait penser et agir étourdiment. Sur le revers, elle apparaît comme l’une des principales composantes de l’élégance.

Je prie le lecteur d’excuser le tour personnel de l’anecdote qui va suivre. Un jour, vers 12 ans, je demandai à ma mère de me raconter son souvenir le plus marquant de l’Occupation. Elle fit mine de réfléchir. Les drames n’avaient pas manqué. Mon père prisonnier de guerre… Mes oncles et tantes déportés… Mes parents obligés, après l’évasion de mon père, de se mettre au vert pour échapper à la chasse aux juifs… Enfin ma mère se prononça : « La crème. » Sa réponse étant trop elliptique pour moi, elle précisa : « À Châteauvieux [c’est le nom du hameau où mes parents s’étaient cachés], je me suis gavée de crème fraîche à en être malade. »

Je me souviens avoir été choqué par sa boutade et son clin d’œil amusé. Si elle avait pu échapper aux privations grâce aux fermiers du voisinage et se bourrer de crème pendant que les malheureux citadins étaient affamés par le rationnement, il n’y avait pas de quoi se vanter. Je suis maintenant moins prompt à la condamner. J’ai compris avec le temps que ce que je prenais pour cynisme et frivolité n’était que pudeur. Sachant qu’elle avait moins souffert que d’autres, elle ne voulait pas se poser comme victime, préférait ne pas mentionner son angoisse durant la captivité de mon père et la déportation des siens, et présentait délibérément les choses sous un jour humoristique. Pauvre mère, je ne te savais pas adepte de la litote. Je te demande pardon de t’avoir prise pour une égoïste et une écervelée, et de n’avoir pas deviné que prendre les choses à la légère était pour toi la suprême sagesse. Que tu pensais comme La Bruyère qu’il faut « rire avant que d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri ». Combien de fois pourtant t’ai-je entendu chantonner la profession de foi de Sacha Guitry : « Amusez-vous,/ Foutez-vous d’tout,/ La vie autrement est si tri-i-ste »…

Des années plus tard, entendant une dame de ma connaissance raconter sa guerre avec des trémolos dans la voix, je ne pus m’empêcher de rire sous cape en comparant sa gravité à la futilité affectée par ma mère. Pas plus résistante que juive, cette dame avait traversé les années noires dans un palace où elle n’avait, et c’est tant mieux pour elle, jamais manqué de rien. Son plus grand acte de courage fut de lamper des grands crus au péril de sa vie. Le bruit courait en effet que la Résistance avait empoisonné les vins fins entreposés dans les caves de l’hôtel pour envoyer ad patres les officiers allemands qui s’y gobergeaient. Songeant aux risques qu’elle avait courus en y prenant malgré tout ses repas, elle pâlissait rétrospectivement. Elle en était toute frissonnante. On lui aurait proposé une médaille, elle ne l’eût pas jugée imméritée.

Dans la préface de Jacques et son maître, la pièce qu’il a tirée de Jacques le fataliste, de Diderot, Milan Kundera raconte qu’à la fin du Printemps de Prague, lorsque les tankistes soviétiques vinrent remettre la Tchécoslovaquie sur le bon chemin, la légèreté des écrivains français des Lumières, en particulier Diderot, lui apparut comme un refuge. Un recours. Le seul antidote efficace contre les soldats russes, lourdauds inébranlables, convaincus d’agir pour le bien du petit frère tchèque.

Souvenez-vous encore de cette interview de Céline, après-guerre ; on lui demande ce que sera sa dernière pensée avant le grand voyage au bout de la nuit et il répond : « Qu’ils étaient lourds… » C’est de ses frères humains qu’il parle. Mais lui, par quel miracle échappe-t-il aux lois de la pesanteur ? Parce que, sa mère ayant tenu commerce de dentelles, il est le seul homme de France à distinguer le point d’Argentan du point d’Alençon. Ce qui lui a permis d’alléger son style, alors que la plupart de ses collègues romanciers ne faisaient pas dans la dentelle.

Cette réputation de légèreté que les artistes français se sont faite au fil des siècles, est-elle légitime aujourd’hui ? Avons-nous encore le droit de revendiquer l’héritage de Couperin, Marivaux, Voltaire, Diderot, Beaumarchais, Musset, Verlaine, Monet, Renoir, Fauré, Satie, Debussy, Poulenc, Jules Renard, Guitry, Cocteau et j’en passe ? À la postérité d’en décider. Pour moi, si j’en juge d’après le domaine que je connais le mieux, le théâtre, et si je compare nos productions à celles de l’étranger, il me semble qu’à la fin des fins nous sommes fidèles à nous-mêmes. Qu’on la siffle ou qu’on l’acclame, la légèreté française n’est pas qu’une idée toute faite. Personnellement, la pesanteur et la grâce demeurant antinomiques, j’y applaudis sans réserve. 

Réflexion de Jacques Nerson sur le site http://www.valeursactuelles.com/culture

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Mode de vie du lapin en France

Posté par francesca7 le 19 novembre 2015

 

Contrairement à son cousin le lièvrele lapin de garenne a tendance à vivre en colonies ou seulement en couple. Au sein des communautés on remarque une forte hiérarchie avec la présence d’une femelle et d’un mâle dominant. Plutôt nocturne, on peut éventuellement le rencontrer à l’aube ou au crépuscule mais son habileté fait qu’il fuit tel un sprinter quand il se sent repéré.
Il passe la majorité de son temps à s’alimenter et à dormir. Son régime alimentaire est composé d’herbes, d’écorces, de racines, de bourgeons, de ronces, de fleurs, de bulbes, de céréales, de carottes, de salades… mais aussi de ses excréments. En effet le lapin digère ses aliments en deux fois, c’est ce que l’on appelle la caecotrophie.

 Lapin français

Les lapins se reproduisent 4 à 8 fois par an. Les lapines font des portées allant de 3 à 6 lapereaux après une période de gestation de 30 jours. A leur naissance les petits lapins sont nus, aveugles, sourds et incapables de se déplacer. La femelle aménage un nid à l’intérieur du terrier composé d’herbes et de poils. Le taux de survie chaque année est en moyenne de 50 % pour les adultes et seulement de 20 % pour les lapereaux.

L’espérance de vie d’un lapin est de 9 ans en milieu naturel et la maturité sexuelle est atteinte entre 5 et 8 mois.
On note que c’est un animal très territorial. Son domaine vital s’étend entre 500 m² et 5 hectares.

Protection et prédation

Le virus de la myxomatose a été introduit volontairement en France dès 1952 par le Professeur Armand-Delille afin d’éradiquer la colonie de lapin qui pullule dans son domaine. 59 ans après, la myxomatose est toujours présente !

Même si l’on constate une baisse des populations au cours de ces dernières années, le lapin est malgré tout considéré comme nuisible dans certaines régions. L’homme est son principal prédateur avec un prélèvement annuel de 3 500 000 lapins. Enfin le renard rouxle loup gris, le putois, la fouine, la martre ou encore le blaireau et des oiseaux comme les hérons et les rapaces font partie des nombreux prédateurs du lapin de garenne.

En disant « lapin », on fait toutefois référence le plus souvent au lapin domestique issu du Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus), l’espèce sauvage d’origine européenne qui s’est répandue un peu partout, puisqu’elle est à la base desmultiples races de lapins élevées à présent dans le monde entier, y compris des lapins nains. Cependant, les lapins ne se limitent pas à cette seule espèce européenne : il existe en effet plus d’une vingtaine d’espèces de lapins sauvages dans le monde, réparties dans neuf genres biologiques, mais dont plusieurs sont menacées d’extinction et protégées au xxie siècle.

Le lapin est un gibier traditionnel, classé en cuisine avec les volailles. C’est aussi un animal très présent dans de nombreux domaines culturels. L’« animal aux longues oreilles » est évoqué dans l’art et la littérature tout autant que dans la culture populaire, la mythologie et la symbolique de plusieurs continents. De nombreux personnages célèbres de fiction sont des lapins, notamment dans l’univers enfantin. Le mot « lapin » est par ailleurs utilisé aussi bien comme patronyme que comme marque commerciale.

Un lapin chiné de noir et d'ocre jaune avec des yeux noirs et des oreilles moyennesContrairement aux lièvres, tous les lapins vivent en groupe et creusent des terriers qui peuvent être complexes quand le terrain, ou garenne, est favorable. Ils se distinguent aussi de leurs cousins lièvres par le fait que les lapereaux naissent nus et aveugles. Les petits doivent rester cachés dans un nid tapissé du poil ventral de leur mère, creusé à même le sol ou au fond d’un terrier. Ils sont soignés et allaités par la lapine durant plusieurs semaines, en début et en fin de journée, avant d’être capables de se débrouiller seuls. Vers deux semaines, ils commencent à grignoter des végétaux puis, vers quatre à cinq semaines, ils suivent leur mère avant de prendre leur indépendance. Une femelle peut avoir de trois à cinq portées par an, après une durée de gestation qui dure environ un mois. Le nombre ou le poids à la naissance des lapereaux est très variable en fonction de la taille de la portée et selon les espèces ou les races.

Strictement herbivores, les lapins se nourrissent à la belle saison surtout d’herbes diverses et de plantes fourragères. En hiver, les lapins n’hibernent pas, ils grignotent en revanche un peu tout ce qu’ils peuvent trouver comme végétation comestible. Le Lapin de Nuttall est même capable de grimper sur des troncs d’arbres inclinés pour trouver un peu de verdure en zone désertique. Comme tous les léporidés, ils pratiquent la cæcotrophie qui consiste à ingérer certaines de leurs déjections partiellement digérées pour en récupérer les derniers nutriments et micro-organismes. Les autres crottes forment des groupes de boulettes très sèches, abandonnées sur leurs lieux de pâturage. Une autre pratique d’hygiène commune avec les lièvres consiste à prendre des bains de poussière dans une dépression du sol, sec et gratté.

La stratégie de survie des lapins consiste à rester toujours en vue d’un refuge possible. De son côté, la hase ne rejoint le nid qu’à l’aube ou au crépuscule, restant loin des lapereaux le reste du temps afin de ne pas signaler ses petits aux prédateurs. Si l’un des membres de la colonie repère un danger, il ne crie pas mais tape rapidement le sol du pied pour alerter ses congénères, mais quand il est capturé et craint pour sa vie, il pousse un glapissement, sorte de puissant cri aigu. En cas d’alerte, les lapins sont capables de rester très longtemps immobiles pour passer inaperçus, ne prenant la fuite qu’au dernier moment, en zigzagant pour dérouter le poursuivant.

Ces animaux sont surtout actifs à l’aube et au crépuscule. Durant le jour, ils se cachent par exemple dans les buissons, sous les souches ou les tas de bois ou encore les vieux bâtiments agricoles. Ils n’hibernent pas et par grand froid cherchent refuge dans un terrier qu’ils creusent eux-mêmes ou abandonné par un autre animal.

Malgré toutes ces précautions, un lapin vit rarement très vieux dans la nature. Quand ils ne meurent pas en bas âge, dévorés par des serpents et des petits carnivores comme les Mustélidés, les chats, etc. ou bien broyés dans leur nid par les engins agricoles, les adultes sont capturés bien avant d’atteindre un âge avancé par des prédateurs plus costauds (rapaces nocturnes ou diurnes, Canidés, Félins…). Les hivers trop rigoureux ou au contraire sans neige suffisante pour s’enterrer leur sont fatals, à moins qu’ils ne soient décimés par les zoonoses. Les lapins sont également chassés par l’homme ou écrasés le long des routes, si bien que leur espérance de vie moyenne est d’une année dans la nature, même s’ils peuvent vivre deux ans ou plus en théorie.

Pour leur part, les lapins domestiques de compagnie peuvent vivre une dizaine d’années, s’ils sont bien soignés. Certains individus battent des records de longévité en dépassant une quinzaine d’années.

Les lapins ont une capacité de reproduction importante avec plusieurs portées par an de plusieurs petits. Certaines espèces peuvent même se montrer très envahissantes quand les conditions leur sont favorables. Avec cinq portées par an pouvant compter chacune jusqu’à 12 petits, on a calculé que la descendance théorique d’un seul couple de lapins de garenne pourrait atteindre le chiffre de 1 848individus à la première génération, si tout facteur de mortalité précoce était écarté8. C’est ainsi que 24 lapins de garenne introduits en1874 ont suffi à submerger l’Australie qui a compté jusqu’à 30 millions d’individus, faute de prédateurs et de virus pour limiter leur prolifération.

Même dans le cas d’une espèce volontairement introduite et qui se reproduit modérément, celle-ci peut perturber l’écosystème. Elle peut être un vecteur de maladies, ou de parasites, et occuper la niche écologique des espèces indigènes en causant notamment des dégâts sur la végétation. Ce fut par exemple le cas lors des essais d’introduction en Europe de lapins américains (Sylvilagus sp.) et en particulier du Lapin de Floride (Sylvilagus floridanus). En 1989, l’Union européenne a finalement mis fin à l’expérience en préconisant l’éradication totale des spécimens survivants déjà introduits.

Lapin vue de face, assis sur son train arrièreToutefois, les maladies comme la myxomatose ou la fièvre hémorragique virale, la réduction ou la dégradation de leur habitat naturel, que ce soit sous l’action de l’homme ou des changements climatiques, ou bien la chasse excessive ont progressivement réduit certaines populations de lapins, faisant craindre la disparition locale ou totale de bon nombre d’espèces. Le Lapin riverin par exemple a perdu 60% de ses effectifs entre 1990 et 2010 environ, par perte de son habitat. Or ces léporidés font partie des espèces clé de voûte, d’importance vitale pour bon nombre de prédateurs qui se retrouvent affectés par leur déclin. Même le prolifique Lapin de garenne est menacé dans sa péninsule Ibérique d’origine depuis la fin du xxe siècle, à cause de l’épidémie de fièvre hémorragique, mettant en danger du même coup le Lynx ibérique (Lynx pardinus) ainsi que l’Aigle ibérique (Aquila adalberti). On comprend donc les enjeux qu’il y a à mettre en place des mesures de protection de ces animaux comme le préconise l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

 

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UN PAUVRE HERE

Posté par francesca7 le 31 mai 2015

 

EXPRESSION FRANCAISE

Dans la même série des parias (du « tamoul parayan ! homme de la dernière caste des Indiens, qui est un objet de mépris et d’exécration ») « le pauvre hère » a sa place assurée.

Quittez les bois, vous ferez bien,

Vos pareils y sont misérables,

Cancres, hères et pauvres diables

 

1617095880_smalldit le gros chien de La Fontaine au loup maigre et affamé.

Deux hypothèses sont en présence pour ce hère unique. Traditionnellement on le fait venir de l’allemand Herr, « seigneur » employé par dérision, mais pour Bloch et Wartburg « il n’est pas impossible qu’il se rattache plutôt à haire » et ce serait alors un pèlerin, un moine mendiant ou autre pénitent de choc portant la « haire ».

Un usage bien oublié que cette chemise en crin ou poil de chèvre, appelée aussi cilice, mise à même la peau pour se faire mal, pour se torturer, s’écorcher l’épiderme en marchant, dans la plus pure tradition masochiste appelée gaiement « esprit de mortification »…. Certains y ajoutaient même les clous pour être bien sûrs de leur effet. Saint Louis, monarque passablement réactionnaire et confit en dévotion, était friand de ces plaisirs – d’où son grade posthume : « En l’abeïe du Lis sont les heres que Saint Loys portait, une faite à la manière de garde-corps longue jusque desouz la ceinture, et l’autre faite à la manière de ceinture »….

Pourtant, la haire était un objet décrié depuis longtemps et le symbole de l’hypocrisie religieuse de celui qui « en fait trop ». Molière a repris cette notion-là dans Tartuffe : « Laurent donnez-moi ma haire avec ma discipline » mais la plaisanterie comme le personnage étaient traditionnels depuis des siècles. En 1225, alors que Saint Louis était encore un gamin, le Roman de la Rose présente Papelardie, l’hypocrite, la bigote, la fausse marmiteuse toujours occupée :

De fere Deu prieres faintes

et d’apeler et sainz et sainttes

fu par samblant ententive

don tot a bones ovres faire,

et si avoit vestue haire.

 

En tout cas c’est bien dans le sens de pèlerin, de moine errant et faux dévot, que Rabelais emploie le mot. Il défend l’entrée de son abbaye de Thélème à beaucoup de gens, mais en tout premier lieu il est écrit sur la porte :

 

Cy n’entrez pas, hypocrite, bigot

Ny Ostrogots, precurseurs des magots

Haires, cagotz, caffars empantouflez

Geux mitouflez, frapars escorniflez

Befflez, enflez, fagoteurs de tabus, etc…

(Gargantua, chap. XXII)

Il est vrai qu’il emploie aussi ailleurs, « pauvre haire » pour désigner un pénis. Panurge ayant manqué d’ être rôti à la broche par les Turcs raconte : « Un jeune Tudesque … regardoit mon pauvre haire esmouché, comme il s’estoit retiré au feu ; car il ne me alloit que jusques sur les genouls » (Pantagruel, chap.II). A moins que justement son zizi, avec son capuchon, ne lui fasse penser à un moine…

Enfin le pauvre hère est un minable. A la même époque Bonaventure Des Pétriers parle d’un « renard qu’il avait fait nourrir petit ; et lui avait-on fait couper la queue, et pour cela l’appelait-on le hère ».

Remarque pratique, qui peut rendre service à certains : « Here, est aussi un jeu de cartes, où l’on ne donne qu’une carte à chaque personne. On la peut changer contre son voisin et celui à qui la plus basse carte demeure perd le coup. Le here est le jeu des pères de famille, parce qu’ils y font jouer jusqu’aux plus petits enfants » (Furetière).

 

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton 

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FONTAINE Brigitte – la poétesse particulière

Posté par francesca7 le 24 décembre 2014

 

 Brigitte la renarde, la belle abandonnée, nous avait appris que plus jamais on ne mettrait de la terre dans la bouche de ceux qui parlent. Elle aura donc tant parlé, tant déliré que nous ne savons plus qui a dit quoi, mais nous savons que ses mots sont mêlés à notre sang. Mélange de quotidien fait de poussière et hasard, de dits de petite fille de l’autre côté du miroir, les chansons de Brigitte sont un monde en feu. Elle, l’étoile noire, nous dit que nous ne serons plus chacun pour soi, mais ensemble dans nos cendres, dans nos utopies, dans nos toupies. Et les saisons en enfer reverdiront, et les festins couleront.

Image de prévisualisation YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=zyQzKHGdO8c#t=21

Dans sans doute sa plus belle chanson, « Les Vergers », elle n’oublie rien des colonisations qui nous terrassent , mais avec le drapeau noir des délires, des pleurs et des sourires, elle parle de libération. Elle nous dit que dans cette vie, cruelle pourtant, personne ne marche vers nulle part et que personne n’est hall de gare. Sa déraison est notre rosée, notre liberté. Elle est la fée Mélusine, elle qui a dû être la part magique des rosées des forêts de Morlaix qu’elle foulait enfant. Elle sait les mots de passe et les comptines qui font des herbes des harpes, elle nous apprend aussi que le bonheur ne saurait avoir de mémoire.
Brigitte chante en lévitation, les portes ont des ailes, nous avons tous des grains de sable dans les yeux sans son armoire faite de lavande et de fumées.

Extrait du site : http://www.espritsnomades.com/sitechansons/fontainebrigitte.html

21044082_20130925181436812.jpg-cx_160_213_x-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxBrigitte Fontaine (née le 24 juin 1939 à Morlaix) est une auteur-compositeur-interprète, comédienne, dramaturge et écrivain française. Fille d’instituteurs, Brigitte Fontaine développe très tôt son goût pour l’écriture et la comédie. Son enfance, qu’elle déclare globalement heureuse, se déroule à Plouyé, une petite commune du Finistère, puis à Morlaix. Son bac littéraire en poche, elle se rend à Paris à 17 ans, pour devenir comédienne. Elle joue notamment au Théâtre de la Huchette dansLa Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco.

L’audience de Brigitte Fontaine s’est notablement élargie depuis le début des années 2000, et ses apparitions télévisuelles ne sont jamais banales. Humaniste et libertaire, Brigitte Fontaine l’est aussi depuis toujours dans ses engagements, comme lorsqu’elle signe le manifeste des 343 (en 1971 et en 2011), s’exprime (dès 1990) contre les guerres en Irak, soutient les étrangers en situation irrégulière et se prononce contre les prisons.

En marge des hit-parades (1969 – 1979

Brigitte Fontaine devient alors une figure de l’underground français. En une demi-douzaine d’albums publiés pour la plupart par le label indépendant Saravah, Brigitte Fontaine explore, sans se soucier des hit-parades, différents mondes poétiques. Renonçant aux rimes, usant parfois du talk-over, elle enregistre, avec très peu de moyens et souvent sur deux pistes, des chansons qui abordent avec humour ou gravité, selon l’humeur, des thèmes aussi divers que la mort (« Dommage que tu sois mort »), la vie (« L’été, l’été »), l’aliénation (« Comme à la radio », « Où vas-tu petit garçon »), la folie (« Ragilia »), l’amour (« Je t’aimerai ») ou encore l’injustice sociale (« C’est normal »), l’inégalité des sexes (« Patriarcat »), l’idéologie et le crime (« Le 6 septembre »), le faux engagement politique (« L’Auberge (Révolution) »), le racisme (« Y’a du lard »), voire elle-même et son compagnon (« Brigitte », « La harpe jaune », « Nous avons tant parlé »)… Le couple construit une œuvre foisonnante et cohérente à la fois, à l’écart des programmateurs de radio et de télévision, dans une liberté totale – sauf cas de censure, mentionnés par Benoît Mouchart dans sa monographie de Fontaine.

Parce qu’ils voguent entre pop, folk, électro et world music, les albums L’incendie et Vous et nous par exemple, du tandem Areski-Fontaine, figurent parmi les disques les plus inclassables de la scène française. Près de trente ans plus tard, l’audience internationale de ces 33-tours (réédités depuis en CD) a pris de l’ampleur, notamment grâce aux propos enthousiastes que tiendront à leur sujet dans la presse anglo-saxonne les membres du groupe Sonic Youth. Les disques « Brigitte Fontaine est folle » et « Comme à la radio » sont même réédités pour la première fois à destination des États-Unis en décembre 2013 par le label indépendant Superior Viaduct. Mais ils ne sont pas encore parvenus aux oreilles du grand public francophone, pour qui le travail de Brigitte Fontaine reste beaucoup moins connu que ses apparitions médiatiques.

Les prestations scéniques de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem ne sont pas à cette époque des tours de chant traditionnels : mêlant improvisation théâtrale et chansons, leurs performances s’inscrivent davantage dans le genre du « happening » que dans celui du concert au sens propre. Les instrumentations sont d’ailleurs réduites à leur plus simple expression, les artistes n’hésitant pas à chanter a capella lorsqu’ils ne s’accompagnent pas eux-mêmes à la guitare, aux percussions, au mélodica ou à l’accordéon. De 1973 à 1979, ils seront seuls en scène, sans être soutenus par un orchestre. Ils se produisent alors principalement en France, mais aussi dans toute la francophonie et en Algérie. Ils donnent également de nombreux spectacles dans des prisons et des hôpitaux pyschiatriques.

Disques d’or (2001-2004)

Disques d’or, ses albums Kékéland (2001) et Rue Saint Louis en l’Île (2004) ont bénéficié de collaborations prestigieuses (Noir Désir,Sonic Youth, Archie Shepp, -M-, Gotan Project, Zebda, etc.) et se présentent comme des bouquets variés, comprenant tangos (PipeauRue Saint Louis en l’Île) et rock (Bis Baby Boum Boum), trip hop (God’s NightmareEloge de l’hiver) et reggae (Je fume), mêlant amour (Profond) et voyages (GuadalquivirFréhel), Betty Boop et la série noire (Rififi), Simone de Beauvoir et Rabelais… Il aura fallu attendre 2001, Y’a des zazous, un duo avec -M- et une reprise (un comble) pour que Brigitte Fontaine accède à une certaine popularité, mais pour cela il a fallu aussi qu’elle s’illustre dans une poignée de talk shows à la télévision, souvent de mauvaise foi, qui fixent pour longtemps son image de « folle ». Des tubes potentiels sont ignorés par les diffuseurs auprès du grand public, Fontaine est assez connue mais insuffisamment pour son oeuvre..

Depuis 2001, Brigitte Fontaine est en tournée dans toute la France (avec des escales en Belgique, en Suisse et même à Londres et Barcelone), accompagnée sur scène des mêmes musiciens (le bassiste Bobby Jocky, le guitariste Yan Péchin, le pianiste Dondieu Divin, le batteur Patrick Baudin, le violoncelliste Frédéric Deville et bien sûr le percussionniste Areski Belkacem).

En mars 2011, Brigitte Fontaine publie trois nouveaux recueils de textes aux Belles-Lettres/Archimbaud, parmi lesquels figure une anthologie de chansons et de poèmes intitulée « Mot pour mot ». Le cahier « Livres » du quotidien Libération salue cette parution le 31 mars 2011  en consacrant deux pages à l’œuvre écrite de Brigitte Fontaine, « une alternance de mélancolie anxieuse et d’enragement social que l’école rangerait sans difficulté au panthéon romantique ». Son nouvel album intitulé L’un n’empêche pas l’autre paraît le 23 mai 2011. Le 29 juin 2011, elle chante sur la scène du Bataclan avec Mathieu Chédid, Jacques Higelin, Grace Jones et Areski Belkacem. En juillet 2011, elle tourne dans Le Grand Soir, nouveau film de Benoît Delépine et Gustave Kervern, où elle interprète la mère des personnages joués par Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel tandis qu’Areski interprète leur père. Le 30 janvier 2012, Bertrand Cantat rejoint Brigitte Fontaine sur la scène du Trianon pour interpréter en duo « Les Vergers », une chanson de 1975 reprise en duo sur L’un n’empêche pas l’autre, ainsi que le très rock « Bis baby boum boum », un autre duo Fontaine-Cantat extrait de Kékéland, et, lors du rappel, pour « Soufi » (albumProhibition) où il se substitue à Grace Jones.

Brigitte_Fontaine_-_Lydia_MetralEn octobre 2012, les éditions Actes Sud publient « Portrait de l’artiste en déshabillé de soie », où Brigitte Fontaine dévoile ses pensées intimes sans jamais céder à l’exercice des « mémoires » : point d’anecdotes au fil du texte, mais plutôt une suite de révélations et d’illuminations poétiques qui prolongent sous une forme nouvelle le travail de l’écrivain. En attendant la sortie de son prochain disque, Brigitte Fontaine fait une prestation remarquée sur scène, aux côtés de Christophe Miossec, Kent et Albin de la Simone, à l’occasion de plusieurs concerts hommages à Alain Bashung (le spectacle « Dernières nouvelles de Frau Major ») sous la direction musicale de Yan Péchin. Elle partage la même année avec l’accordéoniste Patrick Fournier une des Nuits de Nacre du festival de Tulle.

En septembre 2013, Fontaine assiste à la Gaîté Lyrique à la première projection publique du documentaire Reflets et Crudités qui lui est consacré (sorti au cinéma le 2 octobre) et publie son album J’ai l’honneur d’être avec la collaboration d’Areski et de Jean-Claude Vannier, dont le premier extrait, « Crazy Horse », fait l’objet d’un clip signé Enki Bilal. Les Inrocks se fendent d’un nouvel article élogieux quoique maladroit, mais pas d’une couverture. Elle effectue ensuite une tournée qui passe en novembre par le Bataclan. Elle provoque la surprise en reprenant à cette occasion la chanson « Je suis décadente (la concierge gamberge) » qu’elle n’avait plus jamais interprété sur scène depuis 1965. Le 11 avril 2014, elle est une des têtes d’affiche, avec Grand Corps Malade, du festival Porte-Voix d’Oloron. Elle présente trois spectacles différents aux Bouffes du Nord les 5, 6 et 7 juin 2014, alternant concert acoustique, lecture musicale et concert avec son groupe au grand complet (Yan Péchin, Patrick Baudin, Dondieu Divin, Bobby Jocky et Areski Belkacem). En novembre 2014, elle publie chez Flammarion Les Hommes préfèrent les hommes (titre d’une des chansons – polar et hymne homosexuel – de son dernier album), un recueil de seize histoires dont, outre la nouvelle titre, la première et la plus longue, « Nuit d’hiver », « Le Prépuce », « La Classe », « Les Sardines », « Gravissimo », « Aladdin et les Quarante Voleurs », « Les Brunes préfèrent les blondes », « Les Sacs », « Interview comme les autres », « Un coma impossible », « Le Matin de la fatalité », « Boucle d’or », « Futur », « Les Tickets de restaurant », « Enki et Miss Fatma, conte de Noël » – cette dernière écrite en alexandrins ; la couverture est un portrait de l’écrivain par Enki Bilal.


La “folle” de l’île Saint-Louis nous lit ses écrits, mélange de douce démence teintée de poésie brute.

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Aura-t-elle un bonnet d’aviateur sur la tête ? Des mini-couettes ? Une robe de bure ? En tout cas, la surprise ne viendra pas — ou pas seulement — de sa tenue. Elle viendra de sa prestation. Car si personne n’ignore qu’elle est une authentique rockeuse, iconoclaste comme on n’en fait plus et comme on n’en entend pas assez, on oublie trop souvent que Brigitte Fontaine est aussi poétesse, romancière et conteuse. Auteure d’autant de livres que de disques, et toujours aussi subversive. La plume pile dans le mille, toujours bien enfoncée pour remuer le cocotier des idées convenues et des tabous en tout genre. Démonstration in vivo cette semaine : l’insaisissable s’apprête à lire des extraits de son dernier ouvrage fraîchement paru, images (1)Les hommes préfèrent les hommes (Flammarion). Un recueil d’histoires teintées polar, sexe et sang, qui content, entre autres, les (més)aventures de Viandox et Spontex… L’entendre dire ses textes sur scène, assise à sa petite table, faussement sage, entourée de musiciens, est une expérience rare : l’embarquement intellectuel et sensoriel vers un surréalisme cruel et juste, une drôlerie acide, une pertinence implacable. On a beau savoir qu’elle est capable de tout, Brigitte Fontaine n’a pas fini de nous surprendre. Intelligence politique et poétique étourdissante.

 

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LA VENERIE ou L’ART DE LA CHASSE

Posté par francesca7 le 30 novembre 2014

 

ChasseMeuteLa chasse a toujours été la distraction favorite des hommes de guerre en temps de paix – c’est-à-dire dans les périodes plus ou moins brèves où la chasse à l’homme n’est pas ouverte. En fait, s’il reste quelques cerfs, daims, chevreuils, sangliers, et même des lièvres sur la planète, c’est que le gibier a toujours fait l’objet d’une protection toute particulière et d’une surveillance pointilleuse. Par exemple il a presque toujours été interdit au commun des mortels de chasser. La chasse, comme le port de l’épée, était autrefois l’apanage de la noblesse qui en faisait son principal loisir de plein air. Louis XI, chasseur passionné du XVè siècle, avait établi, déjà, des réserves de chasse, et se souciait beaucoup de la reproduction et de la protection des espèces. Il adorait les animaux cet homme, au point qu’il fut le premier à se constitue rune ménagerie privée.

LA VENERIE – La vénerie – autrefois « venaison » – est l’art de chasser le gibier à poil, généralement le gros  gibier, à l’aide de chiens courants, et de chevaux pour courir après les chiens. Un veneur est un chasseur en cet équipage. La chasse à courre –  » courre » est ni plus ni moins l’ancienne forme du verbe courir – est la chasse par excellence, la « mère de la chasse , « la chevauchée fantastique », selon les auteurs. C’est un sport d’origine et d’usage hautement aristocratiques, une survivance dans les temps modernes des mœurs de la chevalerie. On n’y emploi que des termes d’ancien français, sorte d’argot huppé qui exprime des codes, des lois, des traditions presque immuables depuis quatre ou cinq siècles.

Sans l’ancien Régime ces gens qui chassaient en grande pompe tout en interdisant aux autres de le faire avaient suscité une telle haine, et probablement une telle frustration que ce fut – jointe à quelques autres vexations, bien sur – une des causes les plus épidermiques de la fureur populaire lors de la révolution de 1789. La rage était si interne que les paysans profitèrent de l’occasion pour massacrer méthodiquement les chiens de chasse – les pauvres bêtes elles, n’avaient pas pu émigrer. Ils exterminèrent ainsi toutes les meutes de France, au point que la race des lévriers venue du Moyen Age se trouva éteinte. C’est un fait peut connu, mais le génocide fut si complet que lorsque, par la suite, certains s’avisèrent de constituer des meutes, il leur fallut importer des chiens de l’étranger, principalement d’Angleterre.

Décidément les bonnes choses ont toujours provoqué des excès … Je me demande d’ailleurs – c’est une parenthèse – quelle sorte de ressentiment peut produire aujourd’hui en Afrique l’habitude  de certains aristocrates des ex-colonies anglaises de choisir, faute de gibier convenable un indigène jeune, résistant et léger, et de le chasser à courre sous le soleil des savanes avec meutes, musique, uniformes, tout le cérémonial féroce que l’on réserve aux renards et aux loups…

Si dans le détail de son déroulement, la chasse à courre exige une habileté et une science des animaux et des terrains assez extraordinaire, son principe est simple : il consiste à débusquer un animal choisi, et au lieu de le tuer tout de suite, ce qui rendrait la plaisanterie un peu trop courte et ne vaudrait guère le dérangement, on le traque avec des chiens et des chevaux jusqu’à ce que la bête haletante et totalement épuisée s’offre sans résistance au couteau de son saigneur qui la « sert » – c’est le terme technique – d’un coup au cœur.

Ce divertissement d’une très grande noblesse, et qui s’apparente du reste un peu à la corrida espagnole, occupe largement une journée entière, d e l’aube au crépuscule ; Il arrive aussi parfois que la nuit tombe sans que l’animal ait été rejoint, qu’il réussisse à échapper à la vigilance de tout le monde et sauve ainsi sa peau et le reste ; Cette éventualité ne rend l’aventure que plus palpitante.

Un fin limier.

La première phase de l’entrepris e consiste donc à déterminer qui sera le héros de la journée. Pour cela la « quête » est organisée dès la veille au coir afin de repérer les bêtes dignes d’intérêt. Elle est effectuée par les « valets de limiers » qui se livrent à un premier repérage dans les bois. Elle st repris eau petit matin pas les piqueurs qui localisent alors avec précision les « enceintes » où se tiennent les êtes, afin que le « maître d’équipage »= puisse faire un choix définitif. (On ne court qu’un seul animal par chasse , et le même du matin au soir, quelles que soient les péripéties).

images (11)Le limier – de «liem », lien – est un chien en laisse. « Il ne doit pas être un chien comme les autres. Sa première qualité est d’être haut de nez, mais il doit également être obéissant et secret, c’est à dire ne donner de la voix, et encore de façon discrète, qu’à bon escient ». Mais c’est son maître qui, tel un Sioux, utilisant différents indices (traces au sol, branches froissées, etc…) détermine, sans l’avoir vu , la nature, l’emplacement, et même l’âge de l’animal à traquer ; Le limier au bout de sa laisse lui sert pour ainsi dire de pifomètre avancé !

Aller sur les brisées.

L’endroit où l’animal a passé est marqué par une branche brisée. Ces repères, disposés d’une façon particulière font penser aux flèches des jeux de piste. Un piqueur averti suivra ce conseil du XIVè siècle :  « Où tu en perdras la vue [du cerf] guette une branche brisée, quand  tu t’en iras »

Les brisées, dit Furetière, sont les « marques que laisse un chasseur dans un chemin on a passé le gibier, qui sont ordinairement des branches d’arbres qu’il brise ou qu’il coupe, et qu’il jette aux chemins dans l’étendue des « quêtes ». Il ajoute : « On dit figurément, marcher sur les brisées de quelqu’un pour dire, suivre ses traces, imiter son exemple. On le dit aussi de ceux qui entreprennent le même dessein, qui écrivent sur le même sujet, quoi qu’ils le traitent diversement ».

Le petit Poucet n’avait sûrement pas eu le temps vu sont jeune âge, de s’initier aux subtilités de la chasse à courre … Les brisées, appliquées à lui-même, lui auraient évité bien des déboires.

Faire buisson creux.

Au Moyen Age cette première partie de la chasse s’appelait « buissonner ». U buisson était alors non seulement n’importe quel arbuste, mais aussi un taillis. En 1228 le jeune et bel empereur du Guillaume de Dole, voulant se débarrasser des maris gêneurs et des fiancés pointilleux pour festoyer avec leurs dames, organise au petit jour une grande chasse où il envoie gaiement toute le monde à l’exception de lui-même et de quelques joyeux compagnons :

Aux jalous et aux envieux

faisoit bailler épées et cors …

aux uns a prié qu’ils allassent

buissonner avec les archers ;

et li autres aux liemiers

poursuivre, qui sont bons aux cerfs.

 

Faire buisson creux c’est donc venir à l’enceinte alors que l’animal a déjà déguerpi. « On dit aussi – précise Furetière – qu’on a trouvé buisson creux lorsque qu’on n’a pas trouvé en une affaire ou en un lieu, ce qu’on espéroit d’y rencontrer. Ce proverbe est figuré. Et tiré de la chasse, où on dit qu’on a trouvé buisson creux, quand on n’a rient trouvé, ou qu’un cerf s’en est allé de l’enceinte ».

 

images (13)Mettre sur la voie

C’est tout de même une déconvenue exceptionnelle ; Dès que le cerf est lancé, «on arrête les chiens d’attaque et l’on met la meute sur la voie ». Une petite sonnerie de fanfare, puis : « Tous les chiens alors empaument la voie, c’est à dire partent sur la piste, en poussant des clameurs magnifiques. Cette voie, sur laquelle le cerf les a précédés, il sen suivent, au nez, tous les détours, où qu’elle les mène, pendant des heures ». (P.Vialar).

Le problème est que la meute peut s’égarer momentanément, tomber dans une des ruses du gibier, il faut alors que les veneurs la « remettent sur la voie ». La locution, comme on peut le constater, est plus ancienne que le chemin de fer.

issu du livre : « La puce à l’Oreille » aux éditions Stock 1978

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Nautisme en Bretagne

Posté par francesca7 le 13 juillet 2014

 

images (10)Le succès du Salon nautique international de Paris témoigne de l’engouement de ces dernières années pour le nautisme. La Bretagne est historiquement et culturellement la région la plus concernée par cette activité synonyme d’aventure, de sport, de grand air et surtout de liberté.

La voile

Véritable pépinière de marins, la Bretagne est la région la plus maritime de France. Un proverbe dit que : « Les Bretons naissent avec de l’eau de mer autour des yeux et l’Océan coule dans leurs veines dès les premiers jours. » Aussi la voile est-elle ici plus qu’un sport, c’est une seconde nature, un élément à la fois indissociable du paysage et un art de vivre qui confine pour beaucoup à la passion.

Les grands marins

Certes, tous les grands marins ne sont pas bretons… quoiqu’ils le soient tous un peu, tellement la Bretagne incarne la mer. Et dans cet univers sans frontières, il n’y a pas un « voileux » qui ne connaisse Bernard Moitessier, Yves Le Toumelin et Éric Tabarly, l’idole des houles, malheureusement disparu au large du pays de Galles en juin 1998.

L’osmose entre ce dernier et ses bateaux ainsi que sa droiture ont ennobli l’image de la voile dans l’esprit des profanes. Il laisse un souvenir impérissable et un sillage où navigue cette pépinière de marins formés à ses côtés : Olivier de Kersauzon, Marc Pajot, Philippe Poupon, Jean Le Cam, Alain Thébault et Yves Parlier.

Les formules 1 de la mer

La famille des grands marins s’est nettement agrandie depuis quelques années, surtout depuis que la voile est réellement entrée dans le monde de la compétition. Grâce au financement de marques qui ont compris l’énorme force d’attraction que ce sport exerce sur les foules, des bateaux de plus en plus performants sortent des chantiers de Lorient, de Vannes ou de Nantes, aussitôt engagés dans des courses au long cours souvent passionnantes, toujours éprouvantes. Ces « formules 1 » de la mer utilisent désormais des matériaux performants à haute résistance tels le spectra, le Kevlar ou le titane. Elles sont barrées par de véritables vedettes qui ont pour nom Florence Arthaud, Isabelle Autissier, Frank Camas, Alain Gautier, Paul Vatine, Laurent Bourgnon ou Loïck Peyron.

Courses en solitaire ou par équipes et records de traversée animent le monde de la voile tout au long de l’année.

Les grandes courses

À tout seigneur tout honneur. La Bretagne est le cadre de départs ou d’arrivées de compétitions devenues prestigieuses. La plus célèbre est probablement la Route du rhum, qui relie la pointe du Grouin à Pointe-à-Pitre à bord de monocoques et multicoques. Elle a lieu tous les quatre ans (première édition en 1978, prochaine édition en 2010) ; ses vainqueurs ont pour nom Marc Pajot, Philippe Poupon, Laurent Bourgnon et Michel Desjoyeaux.

D’autres courses ont soulevé l’enthousiasme des foules, par exemple : La Baule-Dakar, difficile à cause de la traversée du golfe de Gascogne en automne, ou Québec-St-Malo, à cause de ses baleines et ses icebergs, ou encore Lorient-les Bermudes-Lorient, davantage connue sous le nom de Transat en double. La Course du Figaro démarre en juillet d’un port breton, vendéen ou normand, tandis que la Course de l’Europe fait étape dans les grands ports du nord au sud de l’Europe. Il y a aussi la Route des hortensias, une course conviviale qui relie la Bretagne aux Açores, ou le Trophée « Cutty Sark », qui relie Aalborg à St-Malo.

La régate ou le sport pour tous

Avec la construction en série, l’industrie nautique a délaissé l’artisanat pour produire aujourd’hui des embarcations réalisées en matériaux de synthèse, qui ont mis cette discipline à la portée de toutes les bourses. On en veut pour preuve les 700 écoles de voile de la Fédération française de voile, et les plus de 1 000 clubs qui se répartissent sur l’ensemble de l’Hexagone.

On est aujourd’hui bien loin des premières courses qui opposaient des canots de pêche vers 1850. Monocoques et multicoques de tous types sont amarrés aux pontons des ports de plaisance, et chacun rêve de participer un jour à une course, fût-elle la plus modeste d’entre toutes, ou au « Spi Ouest-France », organisé tous les ans à La Trinité-sur-Mer, qui permet aux anonymes de côtoyer certains grands noms de la voile.

L’encombrement des ports

Depuis les années 1960, la démocratisation de la plaisance a entraîné une hausse continue du nombre d’immatriculations de bateaux. Cette croissance pose le problème crucial des anneaux. Les bateaux occupent donc de plus en plus de mouillages sauvages ou improvisés, ce qui ne va pas sans une certaine dégradation des paysages.

Pour pallier les atteintes à l’environnement et à la saturation des ports bretons, les autorités réfléchissent à des solutions qui permettraient de contenter les 10 000 plaisanciers en liste d’attente, tout en offrant des places d’escale pour les étrangers de passage. Il existe déjà un port à sec à St-Philibert dans le Morbihan. Les autres options envisageables sont de transformer des ports bouées en ports permanents, et de convertir certains bassins de commerce ou militaires en ports de plaisance (Brest, Roscoff, Le Légué, du côté de St-Brieuc).

Les vieux gréements

images (11)Tradition sur mer

Depuis la fin des années 1970, des passionnés de la mer ont entrepris de remettre en valeur des bateaux jugés dépassés et périmés par la modernité. Sensibles à leur silhouette magnifique, des particuliers ou des associations décidèrent de les restaurer entièrement ou d’en construire des répliques. Ainsi naquit un véritable engouement pour les « vieux gréements » qui, si l’on en croit les marins, procurent un plaisir inégalable à ceux et celles qui les barrent – en fait, un gréement est l’ensemble des cordages et poulies nécessaires à la manœuvre des navires à voiles.

Une passion que traduisent à merveille ces grands rassemblements de voiliers traditionnels qu’organisent régulièrement les grands ports. La France possède quelques bateaux de cet ordre. Le plus prestigieux, le plus grand, est le Bélem , dont le port d’attache est Nantes. Ce trois-mâts barque (58 m de long, 1 200 m 2 de voilure) a été lancé dans ce port en 1896 pour transporter du cacao, du rhum et du sucre, et navigua comme « antillais » jusqu’en 1914. Entièrement restauré de 1979 à 1985, il accueille des stagiaires.

Pour tous les goûts

– Les goélettes , bâtiments à deux mâts très voilées, sont mondialement connues (Brest en possède un magnifique exemplaire reconstruit, La Recouvrance, du nom de son quartier le plus célèbre).

– Les bisquines , bateaux de pêche à la ligne et au chalut, originaires de Normandie et en service à Cancale jusqu’au début du 20 e s., sont probablement les plus renommées, grâce à la superbe Cancalaise à coque noire, qui a été entièrement reconstruite. Ces bateaux participaient à des régates qui attiraient déjà les touristes sur la Côte d’Émeraude durant la seconde moitié du 19 e s.

– Également réputés, les chasse-marée sont des bateaux côtiers à trois mâts que l’on rencontrait aux abords des abers ; aujourd’hui, La Belle Angèle prouve à quel point ils tenaient bien la mer.

– Nettement plus petits, les sinagots étaient destinés au dragage des huîtres dans le golfe du Morbihan et en baie de Quiberon. Un des derniers exemplaires mouille dans le port de Séné, qui a donné son nom à ce type d’embarcation.

– Les langoustiers portent un nom plus explicite ; La Belle Étoile , à la coque blanche et aux voiles rouges, est aujourd’hui amarrée au port de Camaret, ancien grand port langoustier.

– Les lougres effectuaient du cabotage, comme le Corentin au large de l’Odet ou le Grand-Léjon au large de St-Brieuc.

– Les flambarts naviguaient autrefois exclusivement sur les côtes septentrionales de Bretagne et servaient notamment au ramassage du goémon ; on peut en revoir depuis qu’ont été lancés l’ An Durzunel de Loguivy et l’Ar Jentilez de Perros-Guirec.

– Les chaloupes sardinières naviguaient, elles, sur les côtes méridionales de Bretagne ; le Telenn Mor de Douarnenez en préserve le souvenir.

– Les cotres sont de petits bateaux à un seul mât. Le Renard , construit à l’occasion des festivités de « Brest 1992 », est la réplique du dernier bateau de Robert Surcouf, le corsaire malouin.

– Les sloops sont aussi de petites embarcations à mât unique. Mais il y a encore les sloops coquilliers brestois, les forbans du Morbihan, les dragous des Côtes-d’Armor, etc. On le voit, la flottille des vieux gréements est variée et correspond à des navigations différentes.

 

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Hérisson trop mignon !

Posté par francesca7 le 29 juin 2014

 

Solitaires, peut-être même taciturnes les hérissons sont des voisins inoffensifs, discrets et « rendant service ».

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Confusions possibles dans la nature

Pas de risque de confusions en France, où il n’existe qu’une espèce de hérisson sauvage.
Les auteurs jusqu’à Buffon prétendaient qu’il en existait deux : le hérisson à museau de chien et le hérisson à museau de cochon. La science actuelle est formelle, il n’existe à l’état sauvage dans l’hexagone qu’une seule et même espèce : le hérisson européen ou erinaceus-europaneus. N’en déplaise donc aux chroniqueurs anciens (et aux gens du voyages qui le consomment encore) « l’eurchon » (c’est un de ses noms en vieux français) à museau de cochon n’est pas meilleur dans l’assiette que l’eurchon à museau de chien.

En anglais, il est hedgehog : le cochon que l’on trouve dans les haies.

Il existe des risques de confusions en Italie où, le porc-épic à crête est très bien représenté dans la nature depuis que les romains de la Rome Antique l’acclimatèrent pour se régaler de sa chair.

Il existera peut-être des risques de confusions en France avec le hérisson blanc africain. Lorsque celui-ci sera devenu chez nous, comme aux Amériques, un animal de compagnie. Ce nac (Nouveaux Animaux de Compagnie) est une charmante petite bestiole qui la bonne (ou la mauvaise) idée d’avoir des poils blancs, soyeux et très agréables au toucher. Cette particularité en fait une peluche vivante, idéale pour les petits citadins en mal d’émotions « naturelles ».

Il est l’objet d’une démesure à l’américaine. Aux Etats-Unis on recense 400 000 de ces hérissons. Leurs maîtres se réunissent en congrès. Le business est lucratif : au plus fort du trafic, dans les années 80, un couple parti du Nigéria, où il ne valait pas plus qu’un rat, s’est vendu 6 000 $.

Attention la détention des hérissons d’Europe, comme de tous les autres, est interdite en France. Le site du Sanctuaire des Hérissons peut vous donner la marche à suivre si vous trouvez un hérisson malade ou blessé.

Sanctuaire des hérissons : site du sanctuaire des hérissons
7 rue de Noye
80 440 Fouencamps
Tél. : 03.22.09.21.03
Tél. : 06 83 77 15 68.

Risque de confusions sous d’autres latitudes

Il existe 14 espèces de hérissons dans le monde. Les quatre principales sont :

  • le hérisson d’Europe ;
  • le hérisson à longues oreilles ;
  • le hérisson du désert ;
  • le hérisson africain à ventre blanc.

images (13)Description du hérisson européen

Animal d’apparence trapue lorsque les pattes arrières sont repliées dans la position de repos. De silhouette beaucoup plus élancée lorsqu’il se déplace et que les membres postérieurs sont en mouvement. Il est recouvert de piquants jaunâtres et bruns sur le dos, le front et les flancs. Le ventre est recouvert de poils jaunâtres et raides. La queue est très courte, le museau a toujours l’aspect d’un groin. Tous les hérissons européens sont donc à museau de cochon !
Il mesure entre 25 et 30 cm. Son poids varie suivant les saisons entre 450 et 1 200 gr.

Alimentation :
C’est un omnivore à tendance insectivore.
Le gros de son régime alimentaire est constitué avant tout de vers de terre, de larves et de gros insectes adultes. Il aime les fruits sauvages en particulier les mûres ainsi que les fruits des vergers, les pommes, les figues et les raisins. Il fait ventre des oeufs et des oisillons qu’il trouve au sol. Bien qu’il ne soit pas immunisé mais simplement protégé par ses piquants, il s’attaque aussi aux vipères adultes.
Ce régime alimentaire en fin de chaîne, le rend vulnérable aux concentrations d’insecticides contenus dans les proies qu’il ingère. Cet empoisonnement lent et sournois est sûrement la principale menace qui plane sur l’avenir de cet animal.

Attention ! Le lait est un aliment toxique pour un hérisson adulte.

Activité : 
C’est solitaire nocturne. Capable de se déplacer rapidement mais bruyamment. Il grimpe facilement et descend parfois en se laissant tomber, l’épaisseur de ses piquants amortissant sa chute.
Grâce à ses 5 à 7 000 piquants, il se transforme en forteresse lorsqu’il se sent menacé. Ces piquants sont des poils transformés en épines creuses. Ces armes défensives sont mues par une multitude de muscles striés répartis sur toutes les parties dorsales et latérales du corps. Elles sont réputées comme étant extrêmement résistantes puisqu’une seule de ces épines peut supporter l’ensemble du poids du hérisson. Elles se renouvellent tous les 18 mois.
Les hérissons n’aiment pas les climats trop marqués. Ils se mettent bien-sûr en léthargie pendant l’hiver mais ils peuvent aussi choisir cette stratégie pour lutter contre la sécheresse et les chaleurs excessives de l’été.

Reproduction

Le moment des amours entre avril et début août, précisément les quelques heures de séduction et les quelques minutes d’accouplement, constituent les uniques et les brefs instants où mâle et femelle sont ensemble.

La parade est démonstrative et bruyante. Le mâle en tournant frénétiquement autour de la femelle souffle comme un soufflet de forge. Il m’est arrivé, par une chaude nuit de juin d’être attiré et étonné par ce genre de manège audible à une bonne centaine de mètres. L’obscurité m’empêcha de voir les détails de l’affaire mais très rapidement les deux animaux se séparèrent et prirent des chemins résolument différents. On a longtemps cru que l’accouplement se faisait ventre à ventre pour éviter le contact des piquants mais des observations plus récentes décrivent une position plus « classique » chez les animaux, le problème du contact étant résolu par une lenteur et une attention extrême.

Après 5 semaines de gestation, 5 à 6 petits naissent dans un nid fait d’herbes sèches dans un buisson ou dans un terrier de lapin déserté. Ils sont aveugles, glabres mais déjà avec des piquants. Ces piquants sont mous et ne durciront que lentement au contact de l’air, et ne seront définitifs qu’au bout d’un mois. La femelle s’occupe seule de la portée qu’elle allaite pendant 21 jours.

Un hérisson peut vivre pendant une dizaine d’années si…

Prédateurs :
Ils sont nombreux. Avec en premier lieu les rapaces et particulièrement les hiboux grands-ducs mais aussi les chiens errants et les renards auxquels on prête toutes sortes de stratagèmes pour réussir à les dévorer.

Répartition et perspectives : 
En dessous de 1 000 mètres d’altitude, il y a des hérissons partout en France à l’exception des îles d’Ouessant, de Sein et d’Yeu.

Les hérissons font l’objet d’une protection intégrale mais rien ne les prémunis contre la circulation automobile et la disparition des milieux qui leur sont favorables.

Article réalisé par Jean-Pierre Fleury.

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La mort des géants

Posté par francesca7 le 8 juin 2014

Les forces en présence ne pouvaient guère laisser d’espoir aux Vendéens. En face de Charette et de Stofflet, qui va lui aussi reprendre la lutte, le jeune général Lazare Hoche.
A peine vingt-sept ans, mais des talents militaires qui l’ont hissé au grade de général. Le Directoire, en août 1795, lui donnait toute l’armée des côtes s’élevant à 80000 hommes.
Sa mission : écraser la rébellion. 

BLa mort de Stofflet

Le chevalier Charette avait trente-trois ans, le courage et la ruse d’une bête fauve habituée à déjouer la mort jour après jour. Mais ses troupes avaient fondu et la défection du comte d’Artois (novembre) a fait souffler un vent de découragement chez la plupart des Vendéens. Du jour au lendemain, Charette va se retrouver avec un millier de fidèles.

Les Vendéens n’y croyaient plus. Continuer la lutte par fidélité au roi ? Mais il se désintéressait de ses derniers défenseurs. Pour la religion ? Mais le général Hoche permettait désormais de pratiquer librement le culte, et lui-même poussait ses généraux à se montrer aux offices. Contre la conscription ? Mais Hoche l’avait fait lever. Alors, à quoi bon ! Même les prêtres vendéens déconseillaient la reprise des combats.

Des grands chefs de l’insurrection, il ne restait, en cet automne 1795, que les deux farouches ennemis, Charette et Stofflet. Tout les séparait, sauf le but de leur combat. Stofflet reprit les armes, le 26 janvier 1796 sur l’ordre du comte d’Artois, qui lui fut apporté avec le brevet de lieutenant général par le chevalier de Colbert. Comme Charette, il n’y croyait plus :

— Mes amis, déclara-t-il, nous marchons à l’échafaud ; mais c’est égal, vive le roi quand même !
Lui aussi espérait un prince. Gomme Charette il dut se contenter du brevet de général. Il ne put réunir plus de quatre cents hommes.

C’est à lui que Hoche va d’abord s’attaquer. Traqué dans ce Bocage qui est son royaume à lui. Stofflet se cache le 23 février 1 796 dans la ferme de la Saugreniere. Le bâtiment se trouve loin de toutes les routes, à l’abri de toute perquisition. Là, à la fin du jour, se tient une réunion entre l’ancien garde-chasse et cinq de ses fidèles, et des émissaires de la chouannerie mainiaute et normande. La rencontre a été organisée par l’abbé Bernier, futur négociateur du Concordat, qui saura bientôt faire comprendre à Bonaparte, à travers l’explication du combat des Vendéens, tout l’intérêt pour lui du rétablissement de la paix religieuse. A la nuit, on se sépare. Les conjurés s’éloignent en pataugeant dans la neige. A la ferme ne restent que Stofflet, son officier d’ordonnance Charles Lichstenheim, et quatre Vendéens.

A quatre heures du matin deux cents soldats et vingt-cinq cavaliers cernent la ferme. Qui a dénoncé Stofflet ? On ne le saura jamais. On a soupçonné l’abbé Bernier, sans preuves.

Stofflet pensait finir sur l’échafaud. Il se trompait. Il est fusillé à Angers, sur la place qui s’appelait le champs de Mars. C’est le 25 février, à neuf heures du matin. Il refuse le bandeau qui doit lui ceindre les yeux en disant :

Un général vendéen n’a pas peur des balles.
Il commande le feu en criant
— Vive la religion, vive le roi !
Il s’écroule.

Méfiez-vous, notre général. Voilà les Bleus !
Ce cri. poussé par des enfants. Charette va l’entendre sans cesse dans les semaines qui suivent, les quatre semaines qui aboutissent à sa capture.

Hoche (gauche), talonné par le Comité de Salut public, et plus encore exaspéré par cette guerre qui n’en est pas une et qui s’éternise, déploie des forces énormes pour traquer le fugitif. Il met le paquet : 32500 hommes répartis en cinq colonnes ratissent jour et nuit les clos et les champs entourés de fossés ou bordés de haies, perquisitionnent dans les fermes et les châteaux. interrogent. menaçent…

— Ne laissez pas reposer votre proie. insiste Hoche.
Tous les moyens sont bons pour attraper ce renard trop rusé, méme les pires :
— Faites déguiser quelques hussards et volontaires en paysans munis de cocardes blanches…

Sur l’ordre du général Hoche, l’adjudant général Jean-Pierre Travot a lâché son commandement des Sables pour diriger les recherches sur le terrain méme. Depuis le 18 janvier 1796. il suit le fugitif et sa troupe, on pourrait dire « pas à pas », réussissant a abattre quelques-uns des Blancs qui entourent Charette, mais ne parvenant pas à prendre la tête. Travot arrive toujours trop tard. Dans la paroisse de Maché (Vendée). que son gibier vient de quitter, il promet les 6000 louis d’or que l’on dit étre en possession du fugitif à qui le dénoncera.

Le 21 février, dans un château près du village de La Bégaudière, Charette lance son dernier ordre de rassemblement
De par le Roi. Il est ordonné à tous les hommes en état de marcher et de porter les armes. de se rassembler et de me rejoindre de suite sous peine de mort.

Les commandants de paroisses et les conseillers civils me répondront sur leur tète de l’exécution du présent ordre.
Le chevalier Charette

Un commandement bien impératif pour le proscrit qui ne dispose plus que d’un effectif très réduit, une centaine d’hommes dont la moitié à cheval, et qui fond jour après jour. Les défections, les trahisons se multiplient. Travot, sur dénonciation de paysans, s’empare des dépôts de poudre et de fusils de Charette. Au combat de La Begaudière, le chevalier vendéen réussit une fois encore à s’échapper, mais son escorte est décimée. Cette fois ce sont 400 grenadiers qui canardent les Blancs. Une trentaine reste sur le terrain, et des meilleurs : le frère de Charette, un de ses cousins, MM. de la Porte, Beaumel’ c. le porte-fanion…

Travot envoie à Hoche un bulletin de victoire.
La noblesse, les émigrés, les chefs, ont fait les frais de cette journée, trente au moins ont été tués.
Au soir du 22 mars, le fugitif et sa petite bande trouvent un refuge dans la ferme du métayer Delhommeau, à La Pellerinière. sur la rive ouest de la rivière la Boulogne qui se jette plus au nord dans le lac de Grand-Lieu.
Il pleut et la nuit vient de tomber. Depuis le matin, ils n’ont cessé de marcher dans les petits chemins creux, car ils n’ont plus de chevaux. essuyant les coups de feu des chasseurs de montagne du commandant Gautier. Charette est blessé et tremble de fièvre. Ils sont là quarante-six, qui lui sont entièrement dévoués. Les cernant dans un périmètre terriblement restreint : douze mille hommes.

 

Le lendemain. très tôt, dans [aube livide. Charette se réveille. Ses derniers fidèles sont allonges autour de lui son domestique Bossard et Pfeiffer, son garde du corps, un Allemand farouche et devoué comme un chien-loup, puis les survivants de son état-major : Samuel et Charles de l’Espinay de La Roche-Daveau, le chevalier de Gousinot, La Bouere… et puis l’épicier Joseph Renolleau. le bourrelier Pierre Morisseau. le forgeron Louis Sorin.

Charette a-t-il un pressentiment ? Il fait ses adieux a l’abbé Remaud, un prètre réfractaire qui le suit depuis longtemps :

— Vous me quitterez aujourd’hui. l’abbé. et vous passerez en Angleterre où vous direz a Monseigneur le comte d’Artois que je saurai mourir en chevalier français…
Il n’a pas le temps de finir…
— Les Bleus ! crie une sentinelle ou ouvrant brusquement la porte.
Il faut fuir. encore une fois. Courant a moitié courbe. Charette passe la Boulogne. Son petit groupe de tête se compose de Bossard et Pfeiffer du garçon meunier Jaunâtre et de Samuel de l’Espinay. Les autres suivent en peloton. [oreille aux aguets, le fusil à la main.
On arrive au hameau de La Guyonniére, un hameau tranquille.
— Allons, dit Charette, ils ne nous auront pas cette fois encore !

Il a parlé trop tôt. Sa présence aussitôt signalée. a déclenché un vaste mouvement d’encerclement. Fantassins et cavaliers convergent sur lui en provenance des Lucs au sud, de Montaigu à l’est et de Saint-Philbert au nord. A la sortie du village de La Guyonnière, qu’il traverse d’ouest en est, Charette tombe sur les grenadiers du général Valentin arrivant des Lucs.
Aussitôt, les Blancs se dispersent. Ils fonçent dans les chemins creux, sautent les haies. courent en ligne brisée, toujours talonnés par les grenadiers.

Charette est reconnaissable de loin avec son chapeau à panache blanc et à ganses d’or. Pfeif fer s’en rend compte. Il arrive par derrière, fauche le chapeau d’un geste du bras, s’en coiffe et met le sien sur la tête de son général. Puis il court comme un fou.
Il a vu juste ! Le tir se concentre sur la cible qu’il forme avec son panache. Atteint par trois balles, il culbute sur le sol. Des grenadiers s’élancent sur lui…

— C’est moi, Charette, dit-il.
Il meurt aussitôt. Le général Valentin accourt. Il exulte déjà ! Quel rapport triomphant il pourra faire à Hoche !
Il déchante immédiatement : ce n’est pas Charette qui gît à ses pieds. La chasse reprend.

Vers onze heures. Charette et les 35 hommes qui lui restent, prennent un peu de repos dans une ferme située au Sableau. Les habitants de la ferme ont disparu. Charette pose ses deux pistolets sur la table et coupe un morceau de pain. Il n’a pas le temps de le porter à sa bouche : des coups de feu claquent.

Charette, sans même reprendre ses pistolets, attrappe son espingole au vol et saute par la fenêtre. Avec trois de ses hommes, il se cache dans un taillis, juste le temps de tirer sur le général Valentin, de le rater, et de repartir en courant. Un quart d’heure plus tard, il rejoint ses hommes au hameau de La Boulaye.

Au même moment, le général Travot et 80 chasseurs entrent au château de La Chabotterie. A vol d’oiseau, il se trouve à peine à deux kilomètres de La Boulaye. Le château, à moitié incendié par la guerre vendéenne, se trouve sur la route qui monte de Belleville à Clisson. Travot décide une halte. Au moment où il se met à table, on lui amène un paysan qui a des révélations à faire. C’est un traître. On pense qu’il s’agissait du nommé Buet, et qu’il voulait venger la mort du curé de la Rabatelière abattu par les hommes de Charette. A l’entendre, il sait où se cache Charette, il est prêt à le livrer. Travot saisit ses armes et accompagné du capitaine Verges à la tete des quatre-vingt chasseurs, il part en courant avec le paysan.

Tout près de là, au hameau de La Boulaye. les Blancs se heurtent à la colonne du commandant Dupuy. Obligés de fuir à nouveau, ils foncent vers le nord-est, traversent au pas de course le village de La Morinière, puis enfilent un chemin passant au sud du château de La Chabotterie. li est midi. Sous les yeux ébahis des habitants, Charette et ses compagnons dévalent la petite route traversant le hameau du Fossé et s’engloutissent dans les taillis de La Chabotterie. Il suffit de les traverser pour atteindre le bois de l’Essart d’où il pourra gagner cette forét de Gralas où il sera en sûreté. Mais le chemin qui traverse les taillis est fermé aux deux extrémités par ce que les Vendéens appellent des « échaliers « . Ce sont des clôtures épaisses Aformées de ronces et d’épines, qui ne s’ouvrent que difficilement. On ne les déplace que pour le passage des charrettes et carrioles.

L’escalade du premier échalier se fait sans trop de mal. Il faut vite gagner l’autre bout du chemin. Encore une escalade, déjà plus pénible, puis Charette et ses derniers fidèles tombent sur le sol. se ramassent et détalent à toutes jambes. Mais. juste devant eux, surgissent Travot et ses chasseurs. Charette fait demi-tour, se hisse a nouveau sur l’espalier, non sans mal car son épaule droite a été atteinte par une balle la veille. et réussit à retomber de l’autre côté. Mais les deux issues sont bouchées, et quatre cents cavaliers cernent ce taillis de trois hectares.

Charette prend le parti d’essayer une sortie à travers la broussaille, vers le pré de la Musse. Mais il tombe sur le capitaine Vergés à l’affût. Le capitaine saisit ses deux pistolets et tire des deux mains a la fois en se précipitant sur le fugitif. Charette recule précipitamment, la figure inondée de sang car une balle l’a atteint au front, labourant le front en diagonale. Une autre penétre dans son épaule déjà blessée. Les forces lui manquent. Depuis le matin il court presque sans une halte dans une boue épaisse qui colle a ses bottes. Il n’en peut plus, il tombe et perd conscience. Son fidèle Bossard le prend sur ses épaules mais il n’a pas fait cinq pas qu’une balle l’abat raide mort. Samuel de l’Espinay se précipite alors et saisit le corps de son général sous les aisselles. Il veut le dissimuler derrière un fourré. Les Bleus surgissent de tous côtes. L’Espinay descend le premier, presque à bout portant, puis, criblé de balles s’écroule.

 

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Brigitte FONTAINE j’adore

Posté par francesca7 le 23 mars 2014

 

 

Brigitte FontaineBrigitte Fontaine (née le 24 juin 1939 à Morlaix) est une auteur-compositeur-interprète, comédienne, dramaturge et écrivain française.

Fille d’instituteurs, Brigitte Fontaine développe très tôt son goût pour l’écriture et la comédie. Son enfance, qu’elle déclare globalement heureuse, se déroule à Plouyé, une petite commune du Finistère, puis à Morlaix. Son bac littéraire en poche, elle se rend à Paris à 17 ans, pour devenir comédienne. Elle joue notamment au Théâtre de la Huchette dans La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco.

L’audience de Brigitte Fontaine s’est notablement élargie depuis le début des années 2000, et ses apparitions télévisuelles ne sont jamais banales. Humaniste et libertaire, Brigitte Fontaine l’est aussi depuis toujours dans ses engagements, comme lorsqu’elle signe le manifeste des 343 (en 1971 et en 2011), s’exprime (dès 1990) contre les guerres en Irak, soutient lesétrangers en situation irrégulière et se prononce contre les prisons.

 

Disques d’or (2001-2004)

Brigitte FONTAINE j'adore dans CHANSON FRANCAISE 250px-Brigitte_Fontaine_20100330_Salon_du_livre_de_Paris_1

Disques d’or, ses albums Kékéland (2001) et Rue Saint Louis en l’Île (2004) ont bénéficié de collaborations prestigieuses (Noir Désir, Sonic Youth,Archie Shepp, -M-, Gotan Project, Zebda, etc.) et se présentent comme des bouquets variés, comprenant tangos (PipeauRue Saint Louis en l’Île) et rock (Bis Baby Boum Boum), trip hop (God’s NightmareEloge de l’hiver) et reggae (Je fume), mêlant sentiments (Profond) et voyages (GuadalquivirFréhel), Betty Boop et la série noire (Rififi), Simone de Beauvoir et Rabelais… Depuis 2001, Brigitte Fontaine est en tournée dans toute la France (avec des escales en Belgique, en Suisse et même à Londres et Barcelone), accompagnée sur scène des mêmes musiciens (le bassiste Bobby Jocky, le guitariste Yan Péchin, le pianiste Dondieu Divin, le batteur Patrick Baudin, le violoncelliste Frédéric Deville et bien sûr le percussionniste Areski Belkacem).

Surgie de ma mémoire d’un tas de sable, Brigitte Fontaine dans un rituel plus proche de l’empire de la folie que de l’empire des sens, se détruisait implacablement avec pour compagnon d’enfer le tendre et fidèle Areski.
De ce tas de sable se bâtissaient tous les châteaux hantés, toutes les folles complaintes.
C’était à la Grange aux Belles en une année perdue comme un sou dans la poche.
Il n’y a plus de grange, quelques belles encore tournent autour de ces instants et passent muettes. 

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=zyQzKHGdO8c#t=11
 
Depuis ces moments de crucifixion où la carriole des jours allait à l’abîme, escortée par les fumées et les piqûres de rémission des faux paradis, depuis ces temps de nudité, Brigitte Fontaine est devenue la reine du Kékéland.
Ses dévots, ses serviteurs se pressent, et Brigitte tirée de l’oubli, du néant se laisse faire, étonnée de vivre encore.

 
220px-Brigitte_Fontaine-130911-0008WPAvant Daho et d’autres, avant les Japonais qui en ont fait une déesse androgyne, la belle araignée folle repliée dans son logis de l’Île Saint-Louis existait entre chats et paroles.
Ses comptines de la folie ordinaire des hommes et de l’amour se passaient comme philtres magiques, Brigitte la sorcière guérissait du mal, du point du jour qui arrive.

Écrivain aux élans rimbaldiens, Brigitte la renarde, la belle abandonnée, nous avait appris que plus jamais on ne mettrait de la terre dans la bouche de ceux qui parlent.
Higelin, puis Areski avaient mis une ombrelle de musique sur ces prophéties.
Max-Pol Fouchet avait diffusé leur spectacle sur France-Culture, exception non encore transgressée sur une radio publique. Il avait reconnu en Brigitte un grand poète, ce qu’elle est, derrière ses masques de petite fille cruelle ou inconsciente.

Elle aura donc tant parlé, tant déliré que nous ne savons plus qui a dit quoi, mais nous savons que ses mots sont mêlés à notre sang.

Mélange de quotidien fait de poussière et hasard, de dits de petite fille de l’autre côté du miroir, les chansons de Brigitte sont un monde en feu.
Elle, l’étoile noire, nous dit que nous ne serons plus chacun pour soi, mais ensemble dans nos cendres, dans nos utopies, dans nos toupies. Et les saisons en enfer reverdiront, et les festins couleront.
 
Fusée ironique et fuyante, elle tourne ses bras, ses mots et elle est comprise des chats, des enfants, des girouettes et des hommes de construction non ordinaire. Son public est mystique, je me souviens de ce long rappel où tous chantaient près d’une demi-heure devant la scène vide car elle ne revient jamais.

le site officiel : http://brigittefontaine.artiste.universalmusic.fr/

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Histoire des Grands Ducs de Bourgogne

Posté par francesca7 le 16 mars 2014

 

 

C’est sous la dynastie des Valois, branche cadette de la dynastie capétienne, que la Bourgogne devient en un peu plus d’un siècle (1361-1477) une puissance politique de premier plan. À Dijon, les grands-ducs d’Occident mènent un train fastueux. Leur prestige est d’autant plus grand que la monarchie française est affaiblie par la folie de Charles VI et la guerre de Cent Ans. Cependant, tout s’effondre à la mort de Charles le Téméraire, qui s’est fait nombre d’ennemis : c’en est fini de l’État bourguignon.

170px-Philippe_le_Hardi_mg_1694Philippe II le Hardi, le bien nommé (1363-1404)

Lors de la bataille de Poitiers contre le Prince noir (1356), Philippe, âgé d’à peine 15 ans, combat héroïquement aux côtés de son père, le roi de France Jean le Bon. Il se voit qualifier de « hardi » lorsque, blessé et emprisonné avec son père, il assène un soufflet à un gentilhomme anglais qui tient des propos désobligeants pour le roi. Lorsqu’il fait son entrée solennelle à Dijon en novembre 1364, ses titres de courage lui ayant valu le duché, Philippe est un beau chevalier, aimant le jeu, le luxe et les femmes, ne négligeant rien pour servir les intérêts de sa maison.

Par son mariage en 1369 avec la veuve de Philippe de Rouvres, Marguerite de Flandre , il hérite à la mort du comte de Flandre en 1384 d’un important territoire : Nivernais, comté de Bourgogne, Franche-Comté, Artois et Flandre, qui fait de lui le plus puissant prince de la chrétienté.

Dans le palais qu’il a fait reconstruire à Dijon, il convie peintres et sculpteurs de son domaine de Flandre. Il est toujours somptueusement vêtu et son chapeau est garni de plumes, douze d’autruche, deux de faisan et deux d’oiseaux des Indes. Un collier d’or avec un aigle et un lion portant sa devise, « En loyauté », des rubis, des saphirs, des perles à profusion constituent sa parure habituelle.

Soucieux d’assurer à sa dynastie une nécropole royale, Philippe, premier pair de France, fonde la chartreuse de Champmol et charge le sculpteur Jean de Marville des plans de son tombeau. Les plus beaux marbres sont apportés de Liège, les pierres d’albâtre de Gênes. À sa mort, il a dilapidé sa fortune au point que ses fils doivent, pour payer les funérailles, mettre en gage l’argenterie ducale. Selon la coutume de Bourgogne, sa veuve vient, en signe de renonciation à la succession mobilière, déposer sur le cercueil sa bourse, son trousseau de clés et sa ceinture.

Histoire des Grands Ducs de Bourgogne dans AUX SIECLES DERNIERSJean sans Peur (1404-1419)

Né à Dijon en 1371, chétif et laid, mais brave, intelligent et ambitieux, Jean de Nevers s’illustre en avril 1396 par une grande parade à Dijon, pour fêter son départ en croisade contre les Turcs, cette dernière tournant au désastre à Nicopolis. Il n’est libéré qu’au prix d’une rançon astronomique.

Succédant à son père, Philippe le Hardi, mais plus prudent et rusé que lui, il reprend la lutte au Conseil royal face au parti de son cousin et ennemi Louis d’Orléans, frère du roi dément Charles VI, et prône des réformes administratives. Il espère en toute simplicité régner sur la France. Comme Louis a pour emblème un bâton noueux, Jean adopte un rabot, signifiant par là qu’il saura bien un jour « planer ce bâton ». Ce qu’il réalise en commanditant l’assassinat de son rival le 23 novembre 1407. Il quitte aussitôt Paris.

Avec la paix de Chartres et le pardon du roi, Jean sans Peur regagne la capitale, mais il est violemment combattu par la faction des Orléans, que dirige désormais, à la place du nouveau duc Charles, captif des Anglais depuis Azincourt (1415), le beau-père de celui-ci, Bernard d’Armagnac. Ce triste conflit des Armagnacs et desBourguignons dresse les Français les uns contre les autres (entre 1411 et 1435), en pleine guerre de Cent Ans, au profit des envahisseurs anglais.

Après le massacre des Armagnacs, fin mai 1418, Jean fait son entrée triomphale à Paris le 14 juillet au bras d’Isabeau de Bavière . Henri V d’Angleterre ayant pris Rouen, « le Renard de Bourgogne » recherche un accord avec le dauphin, le futur roi Charles VII. Lors de leur entrevue au pont de Montereau, le 11 septembre 1419, il est « traytreusement occis et murdry » d’un coup de hache par un proche du dauphin.

151px-Philippe_III_de_Bourgogne dans BourgognePhilippe III le Bon (1419-1467) et la Toison d’or

Par esprit de vengeance, mais aussi pour préserver la Bourgogne, Philippe III le Bon, fils unique de Jean sans Peur, s’allie aux Anglais. Il est l’un des signataires du traité de Troyes en 1420, par lequel le dauphin est déchu de ses droits.

Lors de l’entrée de Philippe le Bon à Dijon en 1422, les Bourguignons fidèles au roi de France prêtent hommage à Henri V d’Angleterre tout en précisant dans les textes que c’est simplement par respect de la volonté du duc. Dix ans plus tard, sur les instances de Jeanne d’Arc, Charles VII est sacré à Reims et tente de reconquérir son royaume. En réaction, Philippe le Bon cherche à s’allier la noblesse en fondant, à l’occasion de son mariage à Bruges avec Isabelle de Portugal (janvier 1430), l’ordre souverain de la Toison d’or.

La même année, Jeanne d’Arc est capturée à Compiègne par le Bourguignon Jean de Luxembourg, puis livrée aux Anglais pour 10 000 écus d’or. Par le traité d’Arras (1435), dans la crainte de se retrouver isolé, Philippe change d’alliance, se réconcilie avec Charles VII et agrandit en contrepartie son domaine (comtés d’Auxerre et de Mâcon, villes de la Somme à titre précaire). Dijon, qui a perdu un peu de son lustre au profit de Bruges et de Bruxelles, devient cependant la capitale d’un puissant État qui comprend une grande part de la Hollande et de la Belgique, le Luxembourg, la Flandre, l’Artois, le Hainaut, la Picardie et le territoire compris entre la Loire et le Jura. Cinq grands officiers, le maréchal de Bourgogne, l’amiral de Flandre, le chambellan, le grand écuyer et le chancelier Nicolas Rolin , des poètes et des artistes comme Van Eyck entourent le duc, qui possède l’une des cours les plus fastueuses d’Europe. Souvent vêtu de noir, le prince n’en aime pas moins les pierres précieuses, les joutes, les banquets et les femmes : on lui connaît une trentaine de maîtresses. Ce déploiement de luxe engendre quelques tensions : en 1453, l’année qui met un terme à la guerre de Cent Ans, les états généraux à Dijon s’insurgent contre les privilèges outranciers des commensaux de Philippe, la cour étant installée à Bruxelles.

159px-Charles_the_Bold_1460Charles le Téméraire (1467-1477)

Le dernier des ducs Valois de Bourgogne, peut-être le plus célèbre, grand, fortement charpenté, vigoureux, aime la chasse et les exercices violents. Dès 1465, son père lui a confié le commandement des armées de Bourgogne. C’est aussi un esprit cultivé qui connaît le flamand, l’anglais, le latin et consacre du temps à l’étude ; l’histoire surtout le passionne. Il est audacieux, orgueilleux et dévoré d’ambition et, comme dit de lui le perspicace Commynes (historiographe passé de son service à celui du roi) : « Il désiroit grant gloire, qui estoit ce qui plus le mectoit en ces guerres que nulle autre chose et eust bien voulu resembler à ces anciens princes dont il a tant esté parlé après leur mort. »

Puisque son père a porté le même nom que Philippe de Macédoine, il rêve de devenir un nouvel Alexandre. Lors de ses rares venues à Dijon, de grandes fêtes sont organisées autour de la mythologie grecque.

Le rêve de conquête du Téméraire, c’est de rattacher les moitiés nord et sud de ses principautés afin de créer un royaume. Pour cela, et pour lutter contre les rébellions que suscite son très habile rival Louis XI , il soutient des guerres continuelles. Il est proche de la réussite lorsque, en 1475, il conquiert la Lorraine, mais ses troupes sont épuisées et subissent des défaites contre les Suisses. Il meurt en assiégeant Nancy (envisagé comme capitale), défendue par René d’Anjou, duc de Lorraine, qui avait repris la ville trois mois plus tôt. Son corps est retrouvé dans un étang glacé, le visage rongé par les loups, ses ennemis l’ayant dépouillé « en la trouppe, sans le congnoistre ». À propos de la triste fin de la dynastie, Olivier de La Marche parle du « grand trabuchement » de 1477.

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