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Un patrimoine à Montréal-la-Cluse

Posté par francesca7 le 10 mai 2015

(Ain)

 

imagesUN PEU D’HISTOIRE
L’histoire de Montréal-la-cluse commence à Senoches où existait au nord du bief du Landeyron un village celtique.
Ensuite s’installa à Orindis, au sud de ce même bief, un vicus gallo-romain. Orindis fut probablement détruit par l’invasion burgonde.

Après la destruction d’Orindis, un habitat se développa autour de l’église de Senoches édifiée sur une structure plus ancienne. Il est fait mention de cette bourgade dès 855 dans un acte de l’empereur Lothaire et en 1145 dans une bulle du pape Eugène III.

Montréal est né de la volonté des sires de Thoire : en 1170, Humbert par son mariage avec Alix de Coligny reçut Brion et Senoches, puis Étienne II construisit vers 1244-1248, sur un roc escarpé, au nord du château de Brion qui existait déjà, un château qu’il appela Montréal (Mons Régalis). 
Il fit appel aux gens de Senoches pour le construire, puis par la suite, pour édifier une enceinte au bas des rochers. Il leur accorda alors des franchises en avril 1287. En 1294, Montréal possédait déjà une école de formation de clercs. Il n’y eut bientôt plus qu’un seul curé pour les paroisses de Montréal et Senoches, et, dès le XVIe siècle, ne subsistait de cette dernière que sa petite église oubliée.

Après deux siècles de luttes parfois sanglantes avec les prieurs de Nantua, les sires de Thoire et Villars, en la personne de Humbert VII, vendirent leurs terres de montagne au Comte de Savoie AmédéeVIII.
Le 13 septembre 1414 un des officiers du comte de Savoie s’installa au château : des travaux de fortification firent de cette place « la ville capitale des possessions de montagne » des comtes puis ducs de Savoie.

Le 2 novembre 1523, Montréal fut vendu à Laurent de Gorrevod, Comte de Pont de Vaux. Une clause de rachat, immédiatmement appliquée, ramena la ville forte aux mains de CharlesIII, Duc de Savoie, qui la vendit et l’inféoda, le 1er septembre 1529, à messire de la Chambre, Baron de Meximieux.

En avril 1566, la terre de Montréal fut rachetée par Louis Odinet, Baron de Montfort qui n’en prit possession qu’en 1571, après avoir remboursé le montant de sa dette, aux héritiers de Louis de la Chambre. Montréal depuis le 22 juillet 1570 avait rang de Comté ; Louis Odinet le légua à son neveu Georges de Mouxi, seigneur de Saint Paul, qui le laissa à sa fille Gasparde.

Le château féodal fut détruit en 1602, puis reconstruit pour faire face à la guerre des Comtois et définitivement abattu en 1635.

Entre 1622 et 1720, à la suite de mariages et d’héritages, le Comté appartint à Louis de la Chambre de Seyssel, Marquis d’Aix, époux de Gasparde, puis à ses descendants. En 1720 il est vendu à Bernard de Budé; en 1757, les héritiers de celui-ci le cédèrent à Charles Joseph de Douglas, seigneur de Mépillat, Chiloup et Hautepierre ; son neveu Archambaud fut le dernier seigneur Comte de Montréal.
Montréal gardait cependant ses attributions judiciaires sur Bellignat, Giriat, Groissiat, Oyonnax, Peyriat, Saint-Martin-du-Fresne, Condamine-La-Doye, Martignat, Nerciat, Alex, Evron, Charbillat et pour moitié sur Volognat, Chevillard, Le Balmay. 
Les condamnés étaient pendus aux fourches de Port, quant aux hérétiques ils étaient brûlés au mollard de Mottant.

Des halles, restaurées au XIVe siècle.comme le prouvent des lettres patentes d’Humbert VII de Thoire et Villars du 26 octobre 1384, attestent que, très tôt, cette cité eut une grande activité ; situées à l’angle des chemin de la Halle et de la rue de la Ville, elles ont disparu dans l’incendie de 1779 qui détruisit le tiers de la vieille ville.

téléchargementOn se préoccupait constamment de l’amélioration des voies de communication et jusqu’à la Révolution la grande levée en terrassement, qui traverse le Couloux, fut un lieu de corvée pour tous les habitants de la communauté. Ceux-ci s’en plaignaient encore dans les cahiers de doléances.
Montréal fut aussi un centre administratif important : au XVIIe et XVIIIe siècles, la famille Delilia fournissait à chaque génération les châtelains notaires, les juges et les avocats au Comté.

Dès le milieu du XVIIe siècle la vie économique devient plus intense et évolue rapidement. Au Martinet une grande roue à aube, installée par Charles Joseph Douglas, actionne des marteaux qui façonnent le métal, fabriquent des clous et des tiges ; cette activité prend fin avant la Révolution. Le travail du bois a déjà pris le relais.

La plus ancienne scie du pays « la scie de montréal » était située à l’entrée du moulin Montange, près du château dont elle dépendait.
Au moment de la Révolution, la scierie du Martinet, au bord de l’Ange sur la route d’Oyonnax, traitait l’autre moitié des bois de la commune. Totalement détruite, y compris la maison du scieur, par un incendie le 13 fructifor an III (31 août 1795) elle fut reconstruite par Louis Archambaud Douglas.
Le travail du bois garda une grande importance dans la commune : plusieurs scieries virent le jour entre 1870 et 1917; à La Cluse la dernière a disparu en 1988, celle du Martinet cessera bientôt son activité.

Dès 1846, le travail de la soie occupe près de 100 métiers. En 1859, le conseil municipal constate, que plus de la moitié des habitants de la commune travaillent ou dépendent du travail de la soie. Mais dès 1861, il déplore « la stagnation qui règne dans les affaires industrielles et surtout dans la soierie ».
En 1863 à La Cluse, une usine de tissage de la soie est organisée sur le modèle de Jujurieux, grâce à l’arrivée de trois sœurs contremaîtresses de la congrégation de Saint Joseph : 72 jeunes filles y travaillent et vivent en internat.
En parlant de La Cluse, A. Cartel écrit dans le Courrier de l’Ain du 20 janvier 1870: « c’est partout un cliquetis de métiers de soierie des plus assourdissants. Pas une maison qui ne soit remplie de métiers à tisser ; pas une personne qui n’ait un emploi dans cette industrie que semble avoir établi là son quartier général. Cinq représentants des principales maisons de Lyon y ont leur centre d’affaires. Des constructeurs de métiers, des tourneurs, des mécaniciens y sont constamment occupés ».
A la veille de 1914, il ne restait qu’une usine de soierie en activité et deux succursales d’ateliers lyonnais. A la place, s’installa et se développa le travail du plastique.
images (1)
L’agriculture, autrefois essentielle se maintint longtemps : en 1914 Montréal compte encore 70 exploitations, mais disparurent bientôt, d’abord les foires, puis les agriculteurs eux-mêmes; il n’en reste plus que deux aujourd’hui.

La vie quotidienne s’améliora régulièrement : création d’un nouveau captage public des eaux. Les travaux débutèrent en 1860 (conducteur de travaux E. Lardière) pour permettre l’arrivée et la répartition de l’eau en grande quantité dans les fontaines du bourg.
Puis un bureau de téléphone fut installé en 1906 dans l’ancienne mairie et en 1907 une recette de poste auxiliaire.

 

LA QUALITÉ DE VIE
Située à 6 kilomètres de Nantua, sur l’axe Lyon-Genève, Montréal-La-Cluse, s’étend sur 1 282 ha 19 a.

La commune de Montréal comprenait plusieurs hameaux dont, La Cluse était le principal : carrefour ferroviaire et routier, à la fin du XIXe siècle, La Cluse prit de l’importance. A partir de 1960, la construction des lotissements de La Plaine et de l’Ange fit de Montréal et de La Cluse une seule agglomération. En conséquence, à partir du 1er janvier 1980, le nom officiel de la commune devint Montréal-La-Cluse.

Graphies anciennes : De Monte Régali 1280, Apud Montem Regalem 1299, Curatus de Montréal et de Sénoches 1325, In Burgo Montis Régalis 1347, Le baillage de Montréal 1650, la Châtellenie de Montréal XVIIIe siècle, Delilia de Croze 1789.
Les habitants sont appelés les Montréalais.

L’agglomération s’allonge, depuis les bords du lac de Nantua, dans une plaine qui, de Saint-Martin-du-Fresne, s’étend vers le nord, entre les montagnes du Don et de l’Antessard. Sa vaste forêt se développe sur le plateau en arrière du « Don », jusqu’à Apremont, avec un dénivelé de 900 à 1000 m.

Le Lange (ou l’Ange) descendu d’Apremont par Oyonnax, Bellignat et Martignat coule en un lit sinueux ombragé de saules. Il porte ses eaux à l’Oignin après un parcours de 4km sur le territoire de la commune. Il reçoit à gauche quelques torrents : le plus important est le Landeron (ou Landeyron) qui coule dans une gorge profonde après avoir recueilli les eaux depuis la Latte et la Tour. A sa limite méridionale, la commune confine au lac de Nantua et au Bras du Lac qui conduit ses eaux à l’Oignin.

Les hameaux s’égrènent le long du grand S que forme la route Lyon-Saint-Claude :
– La Cluse, au carrefour des nationales, altitude 476m;
– Le Landeyron, à la rencontre de la route nationale et du vallon du bief du Landeyron;
– Le Grand Pont et la mairie, situés au bord de l’Ange, à la jonction de la nationale et de la route montant au vieux Montréal :
– Les Narix, nouveau quartier à l’extrémité d’un branchement quittant la nationale à droite, peu après la sortie du Grand Pont ;
– Le Martinet, situé dans « les étroitures » de la vallée de l’Ange, à l’extrémité nord de la commune;
– Sur le pic situé à l’est et en avant de l’Antessard, fut construite aux environs de 1245, la première forteresse des Sires de Thoire et Villars, baptisée « Mons Régalis » (Mont Royal) ; ce puissant seigneur créa la « Ville » de Montréal au pied de son château.
Sur l’axe routier et ferroviaire, La Cluse-Bourg par le col du Berthiand sont situées :
– la Prairie, autour d’un ancien moulin jouxtant les deux ponts sur l’Ange.
– puis la nouvelle zone industrielle du Musinet, extrémité sud-ouest de la commune.

 

LES LOISIRS
Un intense réseau associatif offre de nombreuses possibilités. Nous citerons : le football (320 licenciés) – les boules (avec un boulodrome couvert et chauffé) – le tir à l’arc – la gymnastique – la lutte – le yoga – le tennis de table – le tennis – le twirling – la chasse – le Budo (école d’arts martiaux) – la batterie fanfare – le club de l’âge d’or – les pompiers – la sté Mogad’art (promotion de l’art) – la bibliothèque – la sté d’éducation populaire – le sou des écoles. Les pistes de ski de fond sont à 10 kms. Importantes possibilités de randonnées. Zone industrielle

ÉDUCATION
– 1 collège 720 élèves
– 1 école primaire 350 élèves
– 2 écoles maternelles 200 élèves accueillis dès 2 ans
– 1 restaurant scolaire

PERSONNES ÂGÉES
– rencontres hebdomadaires
– portage de repas à domicile

L’ÉCONOMIE
Particulièrement bien placé : échangeur autoroutier A404 – A40, en bordure de zone industrielle (à 30 minutes aéroport ST EXUPERY LYON SATOLAS).

La vie artisanale, commerciale et industrielle est particulièrement intense et encouragée par la Commune. Environ 1200 emplois existent à MONTREAL LA CLUSE et une zone industrielle de 18 hectares sera prochainement disponible à la vente, avec possibilité de petites, moyennes ou grandes surfaces.

Contact : MAIRIE de MONTREAL LA CLUSE 04 74 76 08 88

VISITER LE SITE 
www.montreal-lacluse.fr

Publié dans HISTOIRE DES REGIONS, VILLAGES de FRANCE | Pas de Commentaires »

La presse et ses Libertés

Posté par francesca7 le 14 mars 2015

 

 

250px-CBC_journalists_in_MontrealLa presse française contemporaine est le produit d’une histoire qui débute au XVIIe siècle.

L’État, décidé à la contrôler ou soucieux d’assurer les conditions de son développement, joue un rôle majeur dans sa consolidation progressive. La loi de 1881 fonde la liberté d’une presse moderne qui, depuis plus d’un siècle, semble s’interroger, sans trouver de réponse à une question centrale : comment concilier indépendance de l’information et contraintes économiques ?

Politique, littérature et liberté

Si la naissance de la presse en France se situe au XVIIe siècle, il faut en chercher les racines deux siècles plus tôt. Le XVe siècle, en effet, voit l’apparition de deux innovations majeures : tandis que l’imprimerie permet la reproduction des nouvelles à grande échelle, la poste en favorise la plus large diffusion. Bientôt se multiplient les supports occasionnels d’information : « canards » illustrés, ancêtres des journaux à sensations, qui se repaissent de crimes odieux, d’accidents sanglants et d’histoires fabuleuses supposées vraies ; libelles et autres pamphlets qui accompagnent les crises politiques et religieuses du royaume ; feuilles « volantes » en tout genre. Aux imprimés destinés au plus grand nombre s’ajoutent les « nouvelles à la main » qui alimentent régulièrement la haute société en indiscrétions glanées dans les couloirs des puissants.

En 1631, les Nouvelles ordinaires de divers endroits, de Jean Epstein, et la Gazette, de Théophraste Renaudot, introduisent en France une forme de nouvelles imprimées et périodiques qui, depuis deux décennies déjà, connaissent un vif succès en Europe du Nord, et singulièrement en Allemagne. Bénéficiant d’un privilège royal de vente et de distribution, forte d’un millier d’abonnés, la Gazette, qui a absorbé son concurrent, sert de relais à la propagande monarchique. Le monopole de l’hebdomadaire de Renaudot sur les informations politiques est cependant entamé, dès l’origine, par les gazettes étrangères qui pénètrent sur le territoire français sans obstacles grâce à la poste royale. La pratique du privilège est, un siècle plus tard, également étendue aux annonces, avecles  Affiches de Paris (1745).

 

Privés d’actualité politique par le privilège de la Gazette, les imprimeurs rivaux consacrent l’avènement des journaux qui, tels le Journal des savants (1665) ou le Mercure galant (1672), développent le commentaire scientifique et littéraire. Ces liens entre presse et littérature, première grande caractéristique française, sont définitivement établis à l’époque des Lumières. Les Encyclopédistes, de même que leurs adversaires, se regroupent autour de revues qui animent leur polémique. Au Nouvelliste du Parnasse de l’abbé Guyot-Desfontaines (fort véhément à l’égard de Voltaire), ou à l’Année littéraire de Fréron, répond avec pugnacité le Mercure galant, transformé enMercure de France, qui, sous la conduite de Marmontel, accueille d’Alembert, Condorcet, La Harpe ou Voltaire. 

Grâce à la poste, qui réduit et uniformise les tarifs, la presse pénètre rapidement la province dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La baisse des prix d’expédition assure à la première le monopole de distribution des journaux, et permet à la seconde d’offrir des abonnements à des coûts plus attractifs. En 1777 apparaît le premier quotidien français, le Journal de Paris, fondé trois quarts de siècle après le Times de Londres ! Les monopoles résistent mal au temps et à la pression de libraires qui, comme Panckoucke, lancent des organes de presse où l’on évoque tout autant l’actualité politique que les nouvelles littéraires. Le rythme de création des « feuilles » s’intensifie (plus d’une centaine de journaux voient le jour dans les années 1780) ; les pratiques de lecture collective favorisent la diffusion de l’information imprimée et, à la fin de l’Ancien Régime, le mot même de « journal » acquiert son sens moderne. 

220px-GazettedeFranceLa Révolution donne à la presse française son autre trait majeur : en instaurant la liberté d’expression, elle suscite le jaillissement des feuilles politiques. 158 journaux se créent au cours de la seule année 1789, et 1 400 titres nouveaux jusqu’à la fin du siècle. La demande est telle qu’une même feuille peut connaître trois éditions quotidiennes (matin, soir, et départements). Les tirages atteignent parfois 10 000 exemplaires et, dès 1791, la poste diffuse chaque jour plus de 100 000 journaux, auxquels s’ajoutent les numéros vendus par les colporteurs.

Les parlementaires influents utilisent la presse comme une arme de propagande : Mirabeau (le Courrier de Provence), Brissot (le Patriote français), Marat (l’Ami du peuple), Hébert (le Père Duchesne), Desmoulins (les Révolutions de France et de Brabant), etc. Jusqu’en 1792, ils jouissent d’une liberté presque illimitée. Mais, une fois la République fondée, la lutte des factions se traduit par des persécutions contre les journalistes, qui souvent paient de leur vie un engagement sans réserve.

Jusqu’aux débuts de la IIIe République, le destin des journaux est commandé par l’évolution heurtée de la liberté de la presse, que le pouvoir cherche périodiquement à museler. Dès 1800, Bonaparte supprime cinquante feuilles parisiennes pour n’en autoriser que treize, dont le Moniteur, devenu journal officiel. Frappées du droit de timbre, alourdies par une taxe postale en augmentation, étroitement surveillées par la censure, elles disparaissent les unes après les autres. En 1811, on n’en compte plus que quatre. En revanche, l’Empereur épargne la presse de province, qui assure la diffusion, auprès de la population, des décisions de l’État. 

Avec la Restauration, la presse d’information bénéficie d’un certain répit. Les journaux, dont le lectorat n’excède guère la couche des notables, renaissent : c’est le cas du Conservateur de Chateaubriand ou de la Minerve française de Benjamin Constant. La politique libérale se révèle cependant de courte durée : une ordonnance de 1820 rétablit la censure. Dix ans plus tard, en prétendant établir une législation particulièrement répressive contre la presse, Charles X provoque une réplique des journalistes groupés autour de Thiers et du National, prélude à une révolution qui aboutit à la chute des Bourbons. Quant à Louis-Philippe, il finit par renouer avec l’attitude de ses prédécesseurs. Cinq ans après avoir proclamé, par la Charte de 1830, la fin de la censure, il tente de se débarrasser des feuilles de l’opposition légitimiste ou républicaine en aggravant les délits de presse, en favorisant la suspension des journaux par les tribunaux et en alourdissant le cautionnement.

Exception faite de la brève IIe République qui rétablit la liberté (au printemps 1848, plus de 170 feuilles se créent à Paris), la politique répressive se poursuit jusqu’à la fin du Second Empire. Si Napoléon III tolère certains organes légitimistes (la Gazette de France), orléanistes (le Journal des débats), libéraux et républicains modérés (le Sièclela Presse), il n’adoucit le sévère régime de la presse qu’en 1868. Il supprime alors l’autorisation préalable et l’avertissement (qui pouvait entraîner l’interdiction du journal), mais maintient le cautionnement, le droit de timbre, et conserve aux tribunaux correctionnels le pouvoir de statuer sur les délits.

 

Industrialisation de la presse et avènement d’une culture de masse

Malgré tout, par la richesse de ses innovations, la période prépare la révolution de la presse qui marque la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Trois domaines connaissent une sensible transformation. D’abord, celui de la fabrication du journal : la mécanisation, de plus en plus sophistiquée, favorise l’accroissement des tirages, la chute des coûts de revient, l’augmentation de la pagination. En 1867, le Petit Journal adopte la rotative Marinoni, qui peut imprimer jusqu’à 10 000 pages à l’heure. La pâte à bois remplace le papier chiffon. La lithographie, qui a permis l’introduction de l’illustration dans les journaux des années 1830, laisse bientôt la place à d’autres procédés (zincogravure, similigravure, héliogravure). En revanche, devant la résistance des ouvriers du Livre, la linotype ne s’impose guère avant 1905.

 

Ensuite, l’information se rationalise. L’agence Havas, créée en 1835, profite des progrès du réseau télégraphique pour s’imposer comme la source essentielle des nouvelles. À la veille de la Grande Guerre, une quarantaine de quotidiens bénéficient des services de la puissante agence de presse.

 

Enfin, le siècle innove en matière de modes de vente et de diffusion. En 1836, Girardin, avec la Presse, et Dutacq, avec le Siècle, inventent la presse à bon marché. Le principe en est simple : diminuer le prix de l’abonnement par l’augmentation du tirage et le recours aux annonceurs (publicité). Girardin parvient ainsi à réduire de moitié le tarif de ses abonnements. En innovant dans le contenu (roman-feuilleton), la presse à bon marché conquiert de nouveaux publics. À partir de 1856, les feuilles non politiques peuvent être transportées par des messageries privées aux tarifs attractifs. C’est ce qui permet au Petit Journal, lancé en 1863 par Millaud, de connaître son essor. Grâce au chemin de fer, il se répand sur tout le territoire. Prototype du « journal à un sou », le Petit Journal, qui mise d’emblée sur un public populaire friand de faits divers (comme l’affaire Troppmann, en 1869) et de romans-feuilletons, use des méthodes nouvelles de la publicité, tire bientôt à des centaines de milliers d’exemplaires et bouleverse l’histoire de la presse mondiale.

 

La dernière impulsion à l’avènement de la presse moderne est fournie par la République. Non seulement la loi du 29 juillet 1881 met en place un régime de liberté mais, en supprimant toutes les entraves financières qui pesaient jusqu’alors sur les journaux, elle ouvre totalement le marché de l’information. Grâce à l’abolition du timbre, la vente au numéro se généralise promptement : le Petit Journal est le premier à en bénéficier. La presse peut désormais répondre à la demande croissante, conséquence de l’alphabétisation des Français. Les tirages des quotidiens parisiens ne cessent d’augmenter : 200 000 exemplaires en 1863 ; 1 million en 1870 ; 2 millions en 1880 ; 5,5 millions en 1910. Entre-temps, le nombre de titres a quintuplé (de seize à quatre-vingts). Ces mutations profitent surtout à la grande presse d’information populaire, qui, avec ses éditions quotidiennes ou ses suppléments hebdomadaires illustrés, finit par supplanter les feuilles d’opinion. Les quatre « majors », le Petit Journalle Petit Parisien (1876),le Matin (1883), le Journal (1892), contrôlent 40 % du marché des quotidiens en 1914. À lui seul, le Petit Parisien diffuse, à la même date, 1,5 million d’exemplaires chaque jour. Les publications de province (la Petite Girondele Progrès de Lyonla Dépêche de Toulouse, etc.) profitent, à leur tour, de l’envolée. De 1880 à 1914, leur tirage total passe de 700 000 à 4 millions d’exemplaires.

 

Le contenu même de l’information se modifie en profondeur : les genres traditionnels (chronique, critique) cèdent le pas aux grand et petit reportages. Des feuilles spécialisées apparaissent, qui visent des publics particuliers, comme les femmes (le Petit Écho de la mode), les enfants (le Journal de la jeunessela Semaine de Suzette) ou les amateurs de sport (le Vélol’Auto). La photographie conquiert les magazines en images (l’Illustration, en 1890) avant la grande presse ; elle donne même naissance à un quotidien qui l’utilise comme argument de vente (Excelsior, 1910). Le Rire et l’Assiette au beurre renouvellent le genre caricatural.

 

Portée par la vague des changements économiques et sociaux du XIXe siècle, la presse est sortie de l’âge de l’artisanat pour entrer dans l’ère de l’industrie. Les grands journaux sont devenus de vastes entreprises qui exigent de puissants capitaux, aiguisent l’appétit des milieux d’affaires, attirent les annonceurs. Dès 1881, le Petit Journal s’est constitué en société anonyme au capital de 25 millions de francs. Le Matin, dirigé par un entrepreneur en travaux publics, Bunau-Varilla (lui-même associé à un banquier et courtier d’assurances, Poidatz), emploie 900 personnes en 1914. La concentration qui s’est engagée dès les années 1880 touche jusqu’à la distribution. À la veille de la guerre, la maison Hachette, après avoir acheté une à une les messageries concurrentes, a établi un quasi-monopole sur la diffusion de l’information.

 

La dérive capitalistique de la presse inquiète d’autant plus les journalistes - désormais relégués au rang de simples employés - que les scandales politico-financiers révèlent une corruption organisée. Une série de rapports publiés entre 1889 et 1892 montre que la presse a reçu près de 60 % des 22 millions affectés à sa publicité par la Société du canal de Panamá. Du Temps au Gaulois, duFigaro au Radical, la liste est longue des titres compromis dans le trafic. Dès 1896, de semblables procédés se développent pour les emprunts étrangers (russes, notamment) ; mais le scandale n’éclatera qu’après guerre, en 1923. À ces sommes s’ajoutent celles des fonds secrets gouvernementaux dont bénéficient des feuilles comme l’Ordrel’Écho de Paris ou l’Opinion.

 

Sources encyclopédiques

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, FONDATEURS - PATRIMOINE, HUMEUR DES ANCETRES, LITTERATURE FRANCAISE | Pas de Commentaires »

AU TEMPS DU FACTEUR

Posté par francesca7 le 22 mai 2013

AU TEMPS DU FACTEUR dans ARTISANAT FRANCAIS poste-300x209

mon père né en 1927, dcd en 2007 – était lui-même facteur dans nos campagnes….

 

 

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Distribution du courrier : de Louis XI
au projet de « torpille postale »

(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1928)

Recevrons-nous, un jour prochain, nos lettres par la « torpille postale » ? s’interroge en 1928 un chroniqueur du Petit Journal, qui ajoute que cette torpille vous a un petit air belliqueux qu’on n’attendait guère d’une initiative des P.T.T., administration pacifique… Ce nouveau mode de distribution du courrier est alors l’occasion de revenir sur plusieurs siècles de lente évolution, et d’évoquer le temps, révolu, où le destinataire payait pour recevoir une lettre, où le coût du transport était directement lié à la distance parcourue, et où l’acheminement des envois en pays étranger exigeait jusqu’à quelques semaines

Rassurons-nous, écrit notre chroniqueur : la torpille postale ne sera torpille que dans sa forme : ses effets, loin d’être dangereux, seront bienfaisants, puisqu’ils nous permettront de recevoir nos lettres avec une rapidité inconnue jusqu’à présent. Nous apprenons ainsi que l’idée de cette « torpille postale » est de MM. Louis Hirschauer, ingénieur en chef de l’Aéronautique, et Augustin Talon, inventeur du chemin de fer du Midi.

Elle procède, semble-t-il, de l’idée du « chemin de fer volant », qu’il fut question de construire trois années plus tôt entre Paris et Saint-Denis, et qui consistait en une sorte de wagon-locomotive à hélice, guidé par un rail électrique aérien, que devaient supporter des pylônes placés de distance en distance. De même, la « torpille postale » sera constituée par un projectile fusiforme guidé par des rails que supporteront des pylônes hauts de 40 à 50 mètres et distants l’un de l’autre de 400 à 500 mètres. Cet obus voyageur, qui contiendra les lettres, les journaux, les paquets postaux, filera à la vitesse régulière de 360 kilomètres à l’heure. En deux heures et demie, une lettre ira de Paris à Marseille.

Il y a cent ans, écrit notre journaliste, évoquant ainsi le début du XIXe siècle, le même trajet ne demandait guère moins de huit jours, et le destinataire, en recevant la lettre, devait donner la somme de 1 fr. 20, qui représentait alors à peu près le prix d’une journée d’ouvrier.

Nul n’ignore que c’est à Louis XI qu’appartient la gloire d’avoir jeté, dans le milieu du XVesiècle, rappelle-t-il, les premières bases de l’institution postale. Il est vrai que le roi ne concevait cette institution que pour le service royal et ne se souciait guère de celui des particuliers ; amis ces derniers ne devaient pas tarder à apprécier pour eux-mêmes l’utilité des postes et à tirer parti de leur établissement. L’ordonnance de Louis XI est datée de Luxies (aujourd’hui Lucheux), près de Doullens. Le beffroi où le roi signa cet édit, le 19 juin 1464, est encore debout. Louis XI y ordonne « l’établissement de certains coureurs et porteurs de depesches en tous lieux de son royaume pour la commodité de ses affaires e ! diligence de son service ».

Pour cet objet. il veut que soient réunis « en toutes les villes, bourgs, bourgades et lieux que besoin sera, un nombre de chevaux courant de traitte en traitte, par le moyen desquels ses commandements puissent être promptement exécutés, et qu’il puisse avoir nouvelles de ses voisins quand il voudra… » L’institution des relais de poste une fois établie, il ne fallut pas longtemps à la nation française pour en sentir toute l’utilité. Bientôt, chacun voulut en profiter pour ses voyages ; et les particuliers furent admis à le faire, en acquittant une taxe prévue dans les ordonnances royales.

Quant au transport des lettres, on prit d’abord l’habitude de joindre aux plis appartenant au gouvernement ceux qu’on voulait faire parvenir dans les mêmes lieux. Mais c’est seulement deux cents ans plus tard, sous le ministère de Richelieu, que ce service fut régularisé par M. d’Alméras, directeur général des postes du royaume. Un tarif des lettres fut fixé par un arrêt du Conseil d’Etat ; mais le produit ne servait qu’à indemniser les porteurs et les commis. L’Etat n’avait pas encore soupçonné le profit qu’il pouvait tirer des postes. C’est Louvois qui, le premier, songea à faire profiter le Trésor, en affermant l’exploitation de ce service. En 1672, la première année où fut établi ce monopole, les Postes rapportaient à l’État 1 200 000 livres. En 1695, le bail fui porté à 2 820 000 livres. Successivement, il fut augmenté pendant toute la durée du XVIIIe siècle. A la veille de la Révolution, les Postes fournissaient annuellement 12 millions au Trésor.

facteur dans ARTISANAT FRANCAISPourtant, jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les départs de Paris pour les diverses régions de France ne se faisaient qu’une fois par semaine. Ils devinrent peu à peu bi-hebdomadaires, puis tri-hebdomadaires, mais ce n’est qu’en 1828 que le service fut rendu quotidien pour toutes les villes où se trouvait un bureau. Les campagnes, jusqu’alors, étaient absolument négligées. Les villages éloignés des cités de quelque importance demeuraient à peu près privés de communications avec le reste du pays. L’administration se chargeait uniquement du transport des lettres jusqu’aux bureaux des viles. Le paysan qui attendait un pli en était réduit à venir le chercher lui-même à la ville. Certaines communes avaient des exprès ou des messagers à leur service dont la mission était d’aller une ou deux lois par semaine à la ville chercher la correspondance de leurs habitants. En résumé, l’administration ne servait directement qu’environ six millions de citoyens formant la population des villes et ne se préoccupait en aucune façon des vingt-sept millions d’habitants des campagnes.

La loi du 3 juin 1829 remédia à cet état de choses en étendant jusque dans les campagnes les service de l’administration des Postes. On créa un service de cinq mille « piétons » ou facteurs ruraux, qui furent chargés de parcourir de deux jours l’un au moins, les trente-cinq mille communes ne possédant pas de bureau de poste. Pour le transport des lettres et des paquets postaux, l’administration employait alors des voitures légères traînées par quatre chevaux, et dans lesquelles étaient ménagées trois places pour les voyageurs. Ces voitures partaient de Paris, centre du mouvement des postes, roulaient à fond de train sur Ies treize grandes routes de « première section », c’est-à-dire celles de Besançon, Bordeaux, Brest, Caen, Calais, Clermont, Lille, Lyon. Mézières, Nantes, Rouen, Strasbourg et Toulouse, et sur les neuf routes de « deuxième section » qui communiquaient de Bordeaux à Bayonne et à Toulouse, de Lyon à Marseille, d’une part, et à Strasbourg de l’autre ; de Toulouse à Avignon et à Bayonne, de Chatons à Nancy, de Moulins à Lyon, et de Troyes à Mulhouse.

Elles faisaient en moyenne du douze à l’heure — 348 kilomètres de moins que ne fera la « torpille postale ». Et l’on estimait alors que c’était une belle allure. Le temps moyen que mettait une malle-poste pour parcourir la distance d’une poste, ou deux lieues, était de 46 minutes. La route sur laquelle le service des relais se faisait avec la plus grande activité était celle de Bordeaux. Le courrier ne mettait que 48 heures à la parcourir dans toute son étendue, qui était de 77 postes, ou 145 lieues, et donnait un temps moyen de 37 minutes par poste. Celui de Lille venait après. Il fournissait sa course (30 postes ou 60 lieues) en 21 heures… les rapides de la Compagnie du Nord la faisant au début du XXe trois heures ; la torpille postale n’y mettra pas même trois quarts d’heure, affirmait-on alors.

Les communications avec l’étranger étaient encore, au début du XIXe siècle, fort irrégulières. On n’avait de rapports faciles qu’avec les pays limitrophes : la Belgique, l’Allemagne, l’Italie. En 1830, le transport des dépêches de France en Angleterre et d’Angleterre en France n’était pas encore journalier. Il ne le devint que trois ans plus tard ; et, dans le traité signé à cette occasion entre les deux pays, il fut soigneusement stipulé que même en cas de guerre, les paquebots de poste pourraient continuer leur navigation sans obstacle de part et d’autre. Dans la Méditerranée, ce ne fut qu’en 1837 qu’on service à peu près régulier fut établi entre Marseille, le sud de l’Italie et les pays du Levant. Les correspondances mettaient quatorze à quinze jours pour parvenir à Alexandrie et à Constantinople.

Quant aux relations entre la France et l’Amérique, elles étaient alors des plus précaires. Aucun service régulier. En 1839, les correspondances françaises pour les Etats-Unis étaient encore tributaires de l’Angleterre, qui venait d’établir une ligne de paquebots à vapeur de Bristol à New-York. Ces ancêtres des transatlantiques faisaient le voyage en douze jours. Et l’on se plaignait beaucoup, en ce temps-là, de l’administration des postes : non point à cause de la lenteur qu’elle mettait à acheminer tes correspondances — les moyens de transport en usage ne lui permettaient pas de faire mieux — mais parce que le port des lettres était frappé de taxes excessives.

Jusqu’au moment où apparut la taxe unique par le moyen du timbre, le coût du transport des lettres était proportionnel à la distance. A l’époque où l’Etat prit le monopole des postes, c’est-à-dire vers 1675, une lettre coûtait, de Paris à Bordeaux, cinq sols ; de Paris en Angleterre, dix sols — il y avait deux bateaux par semaine — ; de Paris à Liège, seize sols. C’était cher, mais il faut tenir compte de la difficulté des communications et de l’état des chemins en ce temps-là. Le 8 décembre 1703, une nouvelle ordonnance royale fixa le tarif suivant : pour un trajet inférieur à 20 lieues : 3 sous ; de 20 à 49 lieues : 4 sous ; de 40 à 60 lieues : 5 sous : de 60 à 80 lieues : 6 sous : de 80 à 100 lieues : 7 sous ; de 100 à 120 lieues : 8 sous ; de 120 à 150 lieues : 9 sous ; de 150 à 200 lieues : 10 sous.

En 1759, dans la déclaration royale du 8 juillet, on voit tenir compte, pour la première fois, du poids de la lettre. Ce poids est fixé à 2 gros — prés de 8 grammes — avec le tarif suivant : pour moins de 20 lieues : 4 sous ; de 20 à 40 lieues : 6 sous ; de 40 à 60 lieues : 7 sous ; de 60 à 80 lieues : 8 sous ; de 80 à 100 lieues : 9 sous ; de 100 à 120 lieues : 10 sous ; de 120 à 150 lieues : 12 sous ; pour 150 lieues et au delà : 14 sous.

Le décret du 22 avril 1791, en stipulant que le poids de la lettre pouvait atteindre un quart d’once, fixa à 4 sous le transport d’une lettre dans le même département. Peu de temps après, le 27 nivôse an III (7 janvier 1795), ce prix fut porté à 5 sous. D’autres décrets modifièrent encore les taxes, mais ce ne fut pas pour les réduire au contraire.

Dans le premier tiers du XIXe siècle, on se plaignait plus fort que jamais en France, de l’énormité des taxes dont était frappé le port des lettres. Ces taxes étaient toujours, comme deux siècles auparavant, calculées suivant la distance. Elles étaient énormes pour les lettres qui allaient d’un bout de la France à l’autre. Au tarif de 1828, il fallait payer vingt-quatre sous pour expédier une lettre de Marseille à Paris. Heureusement, un grand progrès devait s’accomplir bientôt par l’emploi du timbre-poste. Un Anglais, sir Rowland Hill, l’inventa en 1835. Mais l’Angleterre ne mit l’invention en pratique que cinq ans plus tard. La Suisse suivit l’exemple en 1843 ; puis le Brésil et les Etats-Unis en 1847.

La France n’entra dans l’union postale, en même temps que la Belgique et la Bavière, qu’en 1849. A parti du 1er janvier 1849, le port des lettres fut fixé uniformément à 0,20 franc. Un an plus tard, le gouvernement élevait Ie tarif à 0,25. En 1853, on revenait à 0,20, pour remonter de nouveau à 0,25 en 1871. Plus tard, on se décida pour 0,15. Enfin, en 1906, les lettres ne coûtèrent plus que 0,10 franc. A cette époque, le port des lettres à 0,10, les Anglais l’avaient depuis trois quarts de siècle.

Nous n’en aurons joui que pendant 10 ans. Au mois de janvier 1917, le prix du timbre fut remonté à 0,15 ; augmenté de nouveau en avril 1920 et fixé à 0,25, tarif qui n’avait pas été appliqué depuis les jours de misère et de deuil de 1871 ; puis successivement porté depuis depuis 1925 à 0,30 franc, puis à 0,40 pour aboutir finalement au tarif, considéré en 1928 comme excessif de 0,50 franc. Et notre chroniqueur d’espérer qu’il en restera là… ajoutant que c’est déjà trop d’en être revenu à des taxes qui faisaient justement, cent ans plus tôt, l’indignation de nos aïeux.

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