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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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La vie rurale, au fil des jours

Posté par francesca7 le 25 août 2014

 

La guerre finie, la vie a repris peu à peu, comme avant, car il faut bien se dire que jusqu’en 1940, la vie rurale n’a pas changé. Ce ne sont pas les commodités apportées par l’emploi de la fau­cheuse ou de la batteuse qui ont modifié grand chose. Le travail restait dur et on a vécu presque dans les mêmes conditions que les grands-parents et même bien des générations avant eux.

images (22)En avant la musique

Promenons-nous dans cette campagne au pas du cheval qui tire notre carriole. Voici un village niché dans les collines au nord-ouest du chef-lieu. Figurez-vous qu’à la fin du siècle précédent, vers 1895, il y avait dans ce village un instituteur pas­sionné de musique, bon instrumentiste, et qui avait su faire par­tager sa passion à beaucoup de jeunes, et même de moins jeunes, du pays. Il avait réussi à créer une fanfare qui compre­nait une quarantaine d’exécutants. Cette fanfare cessa en 1914, mais reprit la guerre finie, jusqu’en 1928.

Ce groupe de musiciens animait le pays ; l’hiver, on montait des pièces de théâtre, l’été on donnait des concerts…

Voici, justement, un de ces anciens musiciens. Écoutons-le.

« J’avais quinze ans à la fin de la guerre de 14. Un de mes oncles qui, comme mon père, avait eu la chance d’en revenir, m’a appris la musique. Il jouait du cornet à piston et je l’ai fait, moi aussi.

« Je me souviens même que lorsqu’il fallait déplacer la bat­teuse, tenez, dans le hameau que vous apercevez là, et qui est fort pentu, on se mettait à vingt-deux bonshommes qui tiraient la corde… et l’oncle, pour les encourager, marchait devant en jouant du piston !

Dans ce hameau, poursuit-il, habitaient mes grands-parents du côté de ma mère. Ils avaient une petite bricole, avec un âne, deux vaches que la grand-mère menait aux champs le long des chemins tout en tricotant à quatre aiguilles, des chaussettes ou des mitaines. Le grand-père était tisserand. Il tissait de la toile de chanvre, surtout, parce que tout le monde cultivait un coin de chanvre pour cela.

Ils avaient eu une seule fille : ma mère. Avant son mariage, ma mère allait en journée, travailler chez les uns les autres, à la vigne, aux asperges, dans les champs…

Une épidémie terrible

Mes grands-parents sont morts tous les deux en 1911, de l’épi­démie de dysenterie qui a causé bien des morts dans la contrée. Figurez-vous qu’un gars du bourg qui faisait son service dans les dragons était tombé malade de cette dysenterie. Il s’en était tiré à grand peine, à ce qu’on disait. Il était venu en convales­cence à la fin de l’été, au pays. Il paraît qu’un cousin de ma mère avait bu dans le même verre que lui… toujours est-il que ce cousin, et bien d’autres, mes grands-parents, sont morts de cette dysenterie contre quoi les médecins ne pouvaient rien.

J’ai été pris, moi aussi, par cette épidémie. Je suis resté au lit trente-trois jours. Un jeune médecin qui était ouvert aux méthodes nouvelles avait trouvé un remède. Il était venu d’Auxerre à bicyclette. Ce remède, il fallait le boire mélangé à du blanc d’oeuf. En deux jours, c’était fini. Ce jeune médecin a malheureusement été tué à la guerre.

Pendant l’épidémie, le préfet avait pris des mesures pour limi­ter l’extension du mal. Il ne fallait absolument pas quitter le pays ; tout déplacement était formellement interdit. Les gen­darmes, à cheval, faisaient le contrôle – léger, quand même – sur les routes.

Ensuite, on a fait dans toutes les maisons une désinfection générale. Ça a duré près d’une semaine. »

Il s’agissait sans doute, en cette année 1911, d’une espèce de typhoïde, avant-coureur de cette maladie qui fit tant de morts quelques années plus tard avec l’épidémie généralisée connue sous le nom de « grippe espagnole ».

Le marché à Auxerre…

Chaque semaine, le lundi, on allait au marché d’Auxerre vendre nos produits. Chacun y retrouvait ses « pratiques ». On vendait beurre, fromages, fruits, légumes selon la saison, et aussi volailles et lapins.

« J’accompagnais ma mère, nous explique un vieux voisin. J’attelais le cheval avant jour. On chargeait la carriole, et en route ! Le cheval trottait à peu près les deux tiers du chemin ; le reste, on le faisait au pas car les côtes sont rudes. Une fois, c’était la semaine avant Noël, on avait amené deux petits sacs de châtaignes. Voilà, tout au début du marché, une dame, bien arrangée et fiérotte, qui se présente : je voudrais des châtaignes cueillies et non ramassées, qu’elle dit. Je fais un clin d’oeil à ma mère et je réponds : il y en a dans le sac d’à côté, c’est des cueillies, mais elles coûtent le double ! Et l’affaire a été faite. Après, ma mère m’a disputé. Mais je lui ai dit que s’il y avait des gens bêtes et riches, il fallait en profiter. »

images (23)A midi passé, le marché se terminait. On allait déjeuner rue d’Egleny, explique 1e rescapé de la typhoïde de 1911, à l’hôtel de la Renommée. On demandait soit une portion soit une demi­portion selon son appétit. On nous servait du ragoût avec des légumes, un morceau de fromage, un morceau de tarte, et une chopine. Le repas coûtait 2 ou 3 francs. »

Puis on faisait les commissions et on prenait le chemin du retour.

… et au village

Jusqu’à la guerre de 1914, dans bien des villages se tenait un marché le dimanche matin. Y venaient des marchands de volailles, beurre, oeufs ou légumes. Ils ramassaient ainsi la pro­duction de ceux qui n’avaient pas vendu en ville ou ne pou­vaient y aller. Ils étaient équipés de grandes carrioles montées sur ressorts. Ils dételaient sur la place, et les gens leur appor­taient, dans leur brouette bien souvent, ce qu’ils avaient à vendre. Certains de ces marchands vendaient un peu de mer­cerie. Le boulanger d’un village attelait son chien à une toute petite carriole que le charron lui avait faite tout exprès, et il venait sur la place vendre la pâtisserie.

Un ancien jeune gourmand se souvient : « avec une pièce de deux sous, en bronze, on avait deux allumettes », deux gâteaux longs et feuilletés : pour dix centimes, donc.

Les artisans

Dans tous les bourgs ou à peu près, on trouvait tous les corps de métier indispensables à la vie rurale : boulanger, boucher, épicier, voilà pour la nourriture. On n’allait que de temps en temps chez le boucher, quant à l’épicerie on s’y approvisionnait surtout en sucre, café, épices et allumettes. L’huile, on la faisait à l’huilerie avec les noix ou la navette. A l’huilerie, on avait un litre d’huile pour trois litres de noix.

On allait chez le bourrelier pour les harnais. Quand on avait un nouveau cheval, on lui amenait pour qu’il prenne les mesures afin d’ajuster le collier. Il y avait aussi les métiers du fer, de la pierre et du bois : forgeron, maréchal-ferrant, maçon, char­pentier-couvreur, menuisier, charron, tonnelier. Outre les ton­neaux, cuves et autres seilles en bois, le tonnelier fabriquait aussi les garde-genoux, ces espèces de caisses dans le fond des­quelles on mettait de la paille, et que les femmes utilisaient au lavoir.

Pour se vêtir et se chausser, le tisserand vous fabriquait des tissus d’une solidité éprouvée, et les cordonniers et sabotiers se chargeaient de vous mettre les pieds au sec et à l’aise.

La plupart du temps on était en sabots, les chaussures étaient réservées aux grandes occasions de la vie, c’est-à-dire les céré­monies religieuses et familiales.

Ajoutez à tout ce monde un ou deux rouliers, les spécialistes des transports, et vous aurez un aperçu assez complet de la vie artisanale rurale d’avant la guerre de 1914.

Pardon ! J’oubliais de mentionner l’auberge où passants et rouliers faisaient halte volontiers.

« Chez nous, mon grand-père qui était tisserand, a fabriqué aussi jusqu’à la fin de sa vie les guides et les cordeaux pour les attelées de chevaux »… après lui, on achetait les cordeaux et les longes à vaches, sur la foire au chef-lieu de canton.

La vie aux champs

images (24)Du matin à la nuit, on travaillait aux champs, à la vigne, au bois, selon l’urgence et les saisons. Certaines productions, plus délicates, plus fragiles, demandaient des soins particuliers. Ainsi en était-il pour les asperges. De bon matin, panier au bras et gouge à asperges en main, on allait prendre la pousse de la nuit. Il convenait de mettre la cueillette en bottes de 2 ou 3 kg, en les plaçant dans un moule en bois. Pour protéger les pointes des asperges qui sont si tendres, mais fragiles, on mettait une poignée d’herbe fraîche. On rassemblait toutes les bottes dans des paniers en osier et, tous les deux jours, on livrait à la gare de Chemilly où le marchand les embarquait en wagons pour Paris.

Dans cet arc de terre sablonneuse qui met comme un accent circonflexe sur la partie nord d’Auxerre, avant 1914, la produc­tion d’asperges était très importante.

On faisait ses griffes d’asperges soi-même, et on les exploitait de dix à douze ans avant de les renouveler.

Souvent, pour les gros travaux, les petits paysans qui n’avaient qu’un cheval s’entraidaient. On attelait à deux bêtes, sur la charrue, l’une à côté de l’autre ; pour les charrois l’une devant l’autre. Tombereaux, voitures gerbières étaient les élé­ments usuels des équipages de transport. Car, dans une exploi­tation agricole, on n’a jamais fini de transporter, de la ferme aux champs, des champs vers les bâtiments, des bâtiments au mar­ché… Non, ce n’est jamais fini.

Quand on avait réussi à économiser suffisamment, on se fai­sait faire une carriole légère ou un quatre-roues qu’on appelait aussi char-à-bancs.

En 1911, un charron spécialisé d’Auxerre vous faisait un quatre-roues avec sièges en cuir, auto-vireur pour le train avant, boîtes d’essieux en cuivre à votre nom, lanternes et capote de cuir, pour mille francs-or. Voilà qui aujourd’hui représenterait une belle somme. Je crois volontiers que l’on pourrait traduire cette équivalence par un de ces véhicules qu’on dit être « bas de gamme », disons une 2 chevaux camionnette.

On attelait un cheval léger, bon trotteur et c’était un vrai plai­sir d’aller au marché, ou tout simplement rendre visite à sa parenté en pareil équipage.

Et puis, pour le reste des outils ou instruments de travail, les artisans vous les fabriquaient sur place, au pays.

Le maréchal, en deux soirées, vous faisait une rouelleuse ou décavaillonneuse pour la vigne qui ne devait rien à personne en solidité, finesse des mancherons, équilibre du versoir. Le char­ron montait des roues qu’on cerclait au feu ; c’était une vraie cérémonie les jours de cerclage de roues… et chaque artisan dans son domaine propre vous réalisait des merveilles de savoir-faire et de goût des belles choses.

Je parle ici des gens de nos pays de petites cultures diversi­fiées qui, vers 1900, avaient tous des chevaux. Mais je sais bien qu’en d’autres contrées où les boeufs étaient encore liés pour les labours ou les charrois, il était plus d’un maître charron qui vous taillait un joug à la mesure de vos bêtes, avec un souci de per­fection sans pareil.

Oui, tous ces gens-là, nos vieux artisans, étaient des artistes. Artiste aussi était le cultivateur qui, au labour, arrêtait ses che­vaux lorsqu’il voyait un brin de chiendent, l’arrachait soigneuse­ment, le secouait pour enlever la terre, et le mettait dans la poche de son gilet de toile. Ne souriez pas. J’ai connu cela et je garantis que les quatre ou cinq arpents de l’exploitation étaient tenus «comme un jardin ».

Les mesures agraires

Puisque je parle de surfaces, permettez que je vous dise com­ment on évaluait alors les territoires cultivés par chacun, dans l’Auxerrois du moins, car il y avait des variantes selon les contrées.

La plus petite mesure agraire, le carreau, valait 50 centiares. Venait ensuite la denrée, qui valait 16 carreaux, c’est-à-dire 8 ares.

Passons au quartier avec 12,72 ares, puis au demi-arpent qui en est à peu près le double, avec 25 ares ; enfin, voici l’arpent qui vaut 50 ares.

Pour en finir avec les chiffres dont je ne saurais abuser, j’ajou­terai simplement que l’on comptait pour semer six mesures de grain à l’arpent. Quant à la vigne, une rangée se nommait géné­ralement une perchée (bien qu’en d’autres lieux la perchée se rapporte à la perche qui vaut un quart d’arpent). Laissons là ces mesures que le système métrique est venu unifier précisément à la fin du XlXe siècle.

Je ne peux cependant m’empêcher d’apporter une dernière précision qui n’échappera pas aux vignerons, en rappelant qu’on taillait les pessiaux à 1,40 m.

Puisque nous parlons de vigne, continuons notre promenade à travers les jeunes plantations qui ont succédé à cette terrible désertification viticole amenée par le phylloxera. Les vignerons des grandes zones viticoles du département, qu’ils soient de Saint-­Bris, Chitry, Irancy, Coulanges ou du Chablisien, savent perti­nemment de quels cépages sont faits leurs vignobles. Mais ce petit pays de l’Auxerrois dont les anciens m’ont rappelé les temps « du siècle » s’est replanté en Gamay ; c’est pratiquement le seul cépage qui fut mis en place à cette époque. Je ne vous parlerai pas des travaux de culture de la vigne, qui sont suffi­samment connus. Peu de choses ont changé, au fond. Les traite­ments, plus rares alors, se faisaient manuellement.

Et le vin se vendait bien, dans cette contrée où les ouvriers qui tiraient l’ocre à quelques heures de marche, avaient souvent la gorge desséchée par la poussière de la mine.

Ces mêmes mineurs, et les compagnons scieurs de long que nous avons déjà rencontré dans les coupes, étaient aussi consommateurs d’eau-de-vie. Ils disaient que rien au monde ne pouvait égaler la goutte pour vous récurer la gorge encrassée de sciure ou d’ocre et, ma foi, je leur fais toute confiance sur ce point.

Les coteaux bien exposés au sud étaient aussi garnis de ver­gers. On récoltait les fruits pour l’hiver, on séchait sur claie, au four à demi refroidi, des pruneaux si bons pour le ventre, et on faisait du cidre pour la boisson courante. Le vin était vendu « pour faire des sous », il ne s’en buvait que le dimanche ou pour une grande occasion. On buvait aussi couramment de la piquette, cette « eau rougie » obtenue par un repiquage très mouillé de la vendange au pressoir.

Les autres cultures

On cultivait du trèfle violet, du trèfle incarnat, du sainfoin, de la luzerne. La première coupe de trèfle violet était fanée et engrangée pour nourrir les chevaux, de même que le sainfoin. Les autres plantes avec le foin de pré quand c’était le cas, ser­vaient à nourrir les vaches.

Nous parlerons des bêtes un peu plus tard. Mais les céréales, direz-vous ! Nous y arrivons.

A tout seigneur, tout honneur, voici le blé, dans les variétés telles que « Bon fermier », « Inversable de Bordeaux », « Saumur », « Blé bleu » dont la paille en fin d’épiaison avait des reflets bleus avant de virer au blanc, et aussi « Alsace » ou « Hybride du tré­sor » très lourd de grain et à paille raide.

En bonne année on récoltait de 8 à 10 quintaux l’arpent, ce qui faisait en bonnes terres à peu près 20 quintaux l’hectare. L’avoine et l’orge faisaient un bon quart de moins. On ne labou­rait pas bien profond avec les chevaux et on ne mettait pas d’engrais. L’assolement comportait blé, avoine et orge, suivis de légumineuses ou pommes de terre et betteraves.

Revenons un instant à ces cultures de légumineuses, notam­ment de trèfle, pour signaler que la graine de trèfle (trèfle de 2e coupe pour le violet) était vendue pour faire de l’huile à des marchands qui la chargeaient à la ferme dans leurs grandes voi­tures à cheval.

On cultivait aux champs la plus grosse partie des légumes nécessaires à la famille, et aussi pour vendre au marché du chef-lieu. Les variétés de pommes de terre se nommaient « Chardon blanc », « Chardon rouge », « Richter », « Bleue de Pologne », « Arly rose » et « Wotman » cette dernière réservée à l’engraissement des cochons.

On rentrait les pommes de terre en partie à la cave et surtout dans un coin de la grange où l’on protégeait le tas contre la gelée avec de la paille.

Au printemps, on refaisait du plant en prélevant dans le tas. On ne connaissait pas le doryphore à cette époque.

Dans les jardins, on se contentait de protéger la levée des petits semis contre les fourmis, avec de la cendre de bois.

Des soins pour tous

images (25)Les gens se soignaient tout seuls. C’était rare quand on allait chercher le médecin.

Il venait avec son cheval attelé à une voiture légère, une sorte de tilbury. Dans le coffre de la voiture, sous le siège, le médecin avait sa trousse et des médicaments du genre onguents pour les douleurs musculaires.

Mais, je le répète, pour les arias de la vie courante, on se passait de lui. Les vertus du grog étaient aussi pratiquées que connues. Pour les maux de gorge, on prenait une infusion de feuilles de ronce sucrée avec du miel. Les queues de cerise remédiaient aux ennuis de vessie, les pruneaux relâchaient le ventre cependant que le cassis en infusion soit par la feuille soit par le bois, l’hiver, vous le raffermissait. Les plaies se soignaient avec application de vin très sucré suivie d’un pansement recouvrant une feuille de géranium placée directement sur l’épiderme coupé. Pour les fou­lures et entorses intervenait la racine de « l’herbe à la foulure », en quelque sorte le bouillon-blanc, bien connu pour ses vertus émol­lientes. On écrasait la racine et on mélangeait avec un soupçon de saindoux, on appliquait sur la partie malade.

Mais arrêtons là une énumération que je ne donne qu’à titre d’exemple et dont la poursuite serait vite fastidieuse.

L’on savait aussi soigner les bêtes à partir des principes recon­nus aux plantes de l’entourage régional et transmis d’une géné­ration à l’autre depuis des temps très anciens.

Mais on devait pourtant quelquefois faire appel au vétéri­naire. Il venait à cheval en 1900, les sacoches de sa selle d’armes contenant les médicaments essentiels, d’ailleurs assez peu nom­breux.

Les bêtes

Le cheval tenant dans la vie et dans ce propos la place que l’on sait, je n’évoque ici que les autres animaux de nos fermes.

Dans toutes les exploitations, on entretenait au moins deux ou trois vaches. Elles broutaient l’herbe au bord des chemins, allaient au pré là où il y en avait, passaient en pâture sous bonne garde sur les prés communaux ou sur les repousses des vieilles luzernes. En hiver, en plus de foin et de paille, elles recevaient des betteraves grattées, nettoyées, passées au coupe-racines, mélangées aux balles conservées après les battages.

Et puis, il y avait la basse-cour, avec le cochon acheté au mar­chand, engraissé à la farine et aux pommes de terre mélangées à l’eau de vaisselle et aux résidus de laiterie ; on ajoutait aussi du chou-rave dans la pâtée du cochon parce que cela donnait bon goût à la viande.

Poules, dindes, pintades, canards composaient l’effectif de la volaille. Tout ce monde était nourri au grain, aux pâtées de pommes de terre, son et orties hachées. Les poussins et les din­donneaux étaient démarrés à la trempée de pain au lait, les petits pintadeaux au petit grain cassé et les petits canards à la pâtée aux oeufs durs écrasés et orties hachées.

Les enfants avaient fort à faire pour chasser la buse vorace qui faisait régner la terreur sur les couvées fraîches écloses, décri­vant dans le ciel de grands cercles sans même s’aider d’un coup d’aile et ponctuant son parcours de cris stridents annonciateurs de raids meurtriers.

Les dindes nous donnaient un mal de chien pour les retrou­ver, loin de la ferme, égrenant leurs petits dans les hautes herbes des prés… Quant aux pintades qui d’un coup d’aile gagnaient le faîte du toit et vous narguaient en chantant « tout craque, tout craque… », il fallait être particulièrement rusé et attentif pour trouver au creux des haies l’endroit où elles cachaient leur nid.

Au milieu de la cour, accueillant avec les gens de connais­sance, hargneux contre tout ce qui portait l’uniforme : gen­darmes, facteur, garde-champêtre, voici le chien qui sait tout faire : avertir, mordre, repousser, ramener les bêtes qui s’écar­tent… et chasser tout gibier sans rien demander à personne.

Le village

Église, mairie, école, tels sont les trois points d’ancrage de la communauté villageoise.

images (26)Mais pour que les choses se déroulent avec ordre et mesure, il est nécessaire que certains soient investis d’un pouvoir qui les rend gardiens de cette harmonie communautaire. Errer est humain disaient les anciens romains qui s’y connaissaient en matière de discipline. Pour empêcher ces errances donc, venus du chef-lieu de canton sur leurs chevaux, les gendarmes pas­sent de temps en temps, font une petite visite au maire et s’en vont. Et il y a le représentant permanent de la loi – c’est écrit sur la plaque de cuivre qu’il porte sur la poitrine – dans la com­mune : le garde-champêtre.

Participant de la vie rurale au rythme des saisons, il adapte cette espèce de morale civique dont il est le garant, en fonction du temps et de la nature.

Parcourant le territoire communal à pied, il connaît le moindre recoin de chemin creux, les passages de sangliers, comme les coulées de garennes dans les épines. Ce faisant, il a, comme on dit, des kilomètres dans les jambes.

A la Saint Jean d’été – le 24 juin – il prenait son fusil et, s’il voyait une volaille dans les champs, gare à elle! On enfermait les volailles, en effet, depuis la Saint Jean jusqu’après les vendanges.

Ainsi donc, si le garde-champêtre tuait une poule, il la rap­portait à son propriétaire qui devait donner 5 centimes pour la cartouche, sinon il emportait la poule et la vendait à son profit.

Les enfants, dès lors, redoublaient de vigilance à la garde du troupeau de dindes que l’on emmenait aux champs après mois­son, mais à qui il fallait interdire de manger noix ou raisins.

La maison

Au terme de cette promenade à travers la commune, c’est la maison qui nous attire encore et c’est vers elle que nous reve­nons.

Entrons donc, puisqu’on nous y invite.

La patronne est en train d’écosser des petits pois. Elle se hâte car, cueillis le matin même, ils devront être mis dans les bou­teilles, bouchés, cachetés, étuvés, avant le soir ; sinon, une fer­mentation se développe et la conserve est fichue. La lessiveuse attend, avec des chiffons pour caler les bouteilles afin qu’elles ne cassent pas pendant l’ébullition.

A Noël, pour accompagner une grillade du cochon tué depuis quelques jours, ce sera un régal de pouvoir ouvrir une bouteille de petits pois !

Elle va, tout en travaillant, nous apprendre une nouvelle bizarre : voilà que, depuis ce matin, chez la voisine, la cheminée n’arrête pas de fumer dans la maison. Ça n’est jamais arrivé. Le grand père, questionné, l’a confirmé : cette cheminée n’a jamais manqué de tirage. Et pourtant, en se penchant sous le manteau de l’âtre, on voit le ciel, tout naturellement. Rien, apparemment, ne bouche la cheminée.

Que se passe-t-il donc ?

« Ce soir, j’enverrai le gamin demander au garde de venir voir », a dit la voisine. Cette décision, pleine de sagesse, a reçu l’assentiment général.

 

Source : de Guy MARQUET – Les harnais de l’oubli – Témoignage
(116 pages – Prix de vente 14€50) aux Éditions de l’Armançon – Rue de l’Hotel-de Ville – 21390 Précy-sous-Thil

Publié dans Bourgogne | Pas de Commentaires »

Une bonne brassée de souvenirs

Posté par francesca7 le 6 août 2014

 

images (5)De même que l’on se charge de multiples et divers morceaux lorsqu’on va au bûcher chercher une brassée de bois pour le feu, de même j’ai voulu ici rassembler une brassée de souvenirs.

Ces souvenirs viennent de conversations avec plusieurs anciens qui m’ont raconté les choses du passé. Cette brassée est forte de cet apport de la tradition orale qui a fait si longtemps la richesse de la vie rurale et en a façonné l’humanisme profond.

« En 1892, m’a raconté ce vieil ami aujourd’hui disparu, le 28 avril, la neige a tombé toute la journée et elle a tenu trois jours. Le seigle commençait à épier, le colza était fleuri, les luzernes étaient déjà hautes de 20 centimètres… Tout a été nettoyé.

Ce jour-là, mon père, qui était jeune homme, devait aller à la noce d’un cousin, à dix kilomètres de l’autre côté du chef-lieu. Il devait gagner Auxerre à pied et là, prendre la diligence à six chevaux, boulevard Vaulabelle. Levé à trois heures du matin, il ouvre la porte et voit tomber la neige, si épaisse qu’on n’y voit goutte. Il attend, au coin du feu. A cinq heures, elle tombe tou­jours. Finalement, il est resté à la maison, et la neige ne s’est arrêtée qu’à la nuit tombante. »

« L’année suivante, me dit un autre ami, 1893, ce fut une grande sécheresse. Ça a commencé par un printemps d’une précocité exceptionnelle. » Pensez donc, sa mère se souvient que le 5 mars, ses parents faisaient leur première livraison d’asperges à la gare de Chemilly, ainsi que je l’ai évoqué dans l’un des premiers chapitres. Déjà en plein mois de février, les premières fleurs étaient là et les abeilles étaient sorties. Puis la sécheresse a continué. On a « éralé » des feuilles de gevrine, de peuplier, d’orme, de frêne, pour donner aux bêtes. »

Il se souvient aussi qu’en 1911 on avait dû « éraler » égale­ment. Le vin fut excellent. Et puis dix ans après, 1921, fut encore une année sèche, et une année exceptionnelle pour le vin. On coupait aussi cette plante bizarre qui tient du chardon et des ombellifères qu’on appelle communément « le chardon cornu­siau ». On le fauchait à la faux, on laissait sécher une journée, et puis on le battait au fléau pour l’amollir et ôter les gros piquants, et on le donnait aux vaches.

« Voyez-vous ce manche de marteau à casser les noix ? dit mon vieux voisin, eh bien, il est plus vieux que moi! »

En effet, ce manche d’outil avait été fait par son père, dans un morceau de houx ramené d’un voyage en Morvan. Il faut vous dire qu’en sa jeunesse, dans les années 1890, il allait avec un marchand d’Auxerre aux foires de Clamecy et de Corbigny d’où il ramenait, à pied, les boeufs de travail que l’autre destinait à sa clientèle d’agriculteurs du plateau, de débardeurs de bois, bref, de galvachers.

C’est donc en allant vers Corbigny qu’il avait coupé une branche de houx dans le bois, aux confins des collines morvan­delles.

Permettez au passage que je rappelle ce dicton qui vous situe la frontière du Morvan : « Corbigny n’est pas en Morvan, mais ses poules y vont aux champs. » En effet, le sol granitique du Morvan commence à Cervon, six kilomètres plus loin.

A propos, pour faire des manches d’outil, il faut couper le bois en nouvelle lune, il dure bien plus longtemps ; sinon, il se pique. C’est comme pour faire un bon balai de bouleau, il faut le couper en lune croissante.

Je viens de parler du travail d’accompagnateur de boeufs qui était assez occasionnel et occupait relativement peu. Il faut savoir que pour les travaux de la terre, à longueur de saisons, les domestiques se louaient à l’année.

Ainsi, dans un village situé entre Auxerre et Joigny, la louée « avait coutume », car ce n’était pas partout que se tenaient de telles manifestations. Donc, dans ce village, la louée se tenait le jour de la Saint Jean. (A Toucy, c’était à la Trinité). Le boucher tuait, pour la circonstance, au moins trois veaux. Il y venait tant de monde qu’il fallait ainsi pourvoir au repas proposé à l’auberge : le veau Marengo, pour 25 sous.

Cela se passait juste avant le siècle.

A cette journée, outre les accords qui se concluaient entre domestiques et maîtres, on pouvait se divertir aux stands de jeux d’adresse : quilles, jeux de lancer, concours de grimper ; il y avait aussi des manèges de chevaux de bois.

Des marchands vous proposaient les objets traditionnels d’usage culinaire, de la vaisselle, de la mercerie, et diverses bri­coles.

Les mères, pour calmer les gamins excités, les menaçaient de les attacher à la queue des chevaux des gendarmes.

En d’autres occasions, à la maison, on faisait rentrer les enfants le soir pour éviter que « la poule noire de Champ Cornu» les vienne attraper. Pour les empêcher de se pencher à la margelle du puits, on leur assurait qu’au fond, au ras de l’eau, « la mère Lusine » (déformation phonétique de cette gaillarde fée Mélusine) les attendait pour les noyer.

De temps en temps passait un chiffonnier. Il allait de contrée en contrée, de bourg en hameau, juché sur sa grande carriole attelée de son cheval péchard, qui portait accrochée au faîte de son collier une série de grelots pour qu’on l’entende venir.

Le bonhomme avait mis au point une formule qui, proclamée aux populations visitées, mettait les rieurs de son côté et lui atti­rait les sympathies que fait souvent naître la curiosité. Ayant sonné un long coup de sa trompe de corne, telle un olifant, il annonçait à voix forte : « Chiffons, ferrailles, bonnes gens ! Je vends, j’achète. sans échange. Et si c’est moi qui fais l’argent, c’est bien ma femme qui la mange! »

On lui vendait aussi bien les peaux de lapin que les vieux chiffons. On lui achetait l’almanach Vermot ou « le Bourguignon salé » édité à Auxerre, qu’il transportait dans son coffre de voi­ture, sous le siège.

Grande barbe poivre et sel, casquette à oreilles sur la tête, enveloppé d’une grande peau de bique, prenant dans sa taba­tière des prises qui déclenchaient d’homériques éternue­ments, il incarnait aux yeux des enfants l’image d’une sorte de père fouettard. Aussi n’était-il pas rare de les entendre menacer, en cas de désobéissance, d’être donnés au chiffonnier.

Mais en dehors de ces moments difficiles de l’éducation où le vouloir des enfants est aux antipodes des volontés des parents, la vie se déroule, pleine de richesses que vous apporte le sens de l’observation. C’est ainsi que dès la prime jeunesse, les enfants apprennent à reconnaître les bêtes, les plantes, les signes du temps et des choses :

Si l’humidité remonte, c’est signe de pluie ; de même qu’un grand cerne (halo) autour du soleil « plus le cerne est près, plus la pluie est loin ; plus le cerne est loin, plus la pluie est près » est, entre mille autres, un dicton qui souligne l’observation. Si le soleil lève jaune, c’est la pluie dans la journée. S’il couche rouge, c’est le vent à suivre.

On observe le vent du jour des Rameaux, le temps des trois jours des Rogations – ces trois jours qui précèdent l’Ascension – images dit-on du temps que l’on aura pour la fauchaison, (1er jour), la moisson (2e jour) et les vendanges (3e jour).

On évite de semer les haricots le jour de l’Ascension, parce qu’ils ne lèveraient pas ; et on tue le cochon en vieille lune pour que la viande se garde mieux.

De même c’est en lune décroissante qu’on sème l’avoine car elle graine mieux. On met le vin en bouteille en lune descen­dante de mars.

C’est encore en vieille lune que l’on plante les pommes de terre.

On apprend aux gamins à observer le vol des oiseaux, la hau­teur des nids dans les haies, la pousse des arbres et de la vigne. « A la Pentecôte, on voit la vigne de côte en côte », voilà qui est facile à retenir.

On soutire le vin après la pleine lune, par vent de secteur nord, c’est préférable. On sait que la floraison de l’aubépine (à ne pas confondre avec l’épine noire) annonce la fin des gelées. On traduit cela également dans cet adage « à la Saint-Pèlerin (18 mai) il ne gèle plus ni pain ni vin ».

Je passe pour les saints de glace, je laisse saint Médard et saint Barnabé et autres saints météorologiques, pour rappeler qu’à la Chandeleur les perdrix sont accouplées et qu’à Pâques, tôt ou tard, mais toujours en lune de mars comme chacun sait, il y a déjà des petites draines dans les nids. Peut-être dois-je préciser que la draine est une sorte de grive de grande taille, qui res­semble un peu au merle, bien que de plumage moins sombre, et que c’est elle qui, aux premiers soirs de douceur où l’on sent que l’hiver s’en va, s’enlève d’un coup d’aile à la cime des peu­pliers pour saluer de son sifflement enjôleur, les prémices du printemps qui vient.

images (6)Venait le temps d’été à son heure, et avec lui, après moisson, celui de la « glane ». Les enfants, à partir de sept ans étaient jugés suffisamment avertis des choses de la terre pour qu’on leur confie la garde des dindes et des oies, dans les chaumes. On « menait » sa troupe de volatiles, avec, comme houlette, une perche légère de noisetier, au bout de laquelle était fixée une ficelle de cinquante centimètres environ, et liée de son autre bout à un chiffon. C’était pour ne point « taler » les bestioles lorsque leur jeune gardien devait intervenir plus énergiquement qu’à la voix, afin de les dissuader de s’écarter du champ où le pacage était de rigueur.

J’en viens à la glane. Chaque enfant, en plus de son travail de gardien attentif devait glaner, ramasser les épis échappés aux moissonneurs. Chaque pâtre devait donc rentrer le soir avec sa glane, le plus souvent fourrée dans la musette qui avait préala­blement contenu son casse-croûte. La glane était destinée à la nourriture du reste de la basse-cour.

Les jours d’école, au retour du soir, les enfants selon la saison, ramenaient du pré les vaches à traire, rentraient le bois, cas­saient le fagot, cherchaient les oeufs dans les paillers, donnaient le biberon aux agneaux le cas échéant. C’était l’habitude chez beaucoup d’acheter dans les fermes, où il y avait un troupeau de moutons, les agneaux qui naissaient en double, et qu’on éle­vait au biberon.

En récompense de tous ces travaux, on avait son morceau préféré du coq que l’on mangeait à Pâques, et de la dinde sacri­fiée à Noël…

… Et c’est ainsi qu’on se retrouve un beau jour, au coin du feu, prenant au fond de sa mémoire une brassée de souvenirs pour les dire à un ami.

… Et c’est ainsi que passe une vie à la lente cadence des sai­sons et des travaux des champs. On n’a même pas vu grandir la jeune génération que déjà les brumes du soir s’étendent sur la route.

 

Source : Guy MARQUET – Les harnais de l’oubli – Témoignage
(116 pages – Prix de vente 14€50) aux Éditions de l’Armançon
Rue de l’Hotel-de Ville 21390 Précy-sous-Thil

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Querelles de clochers en villages de Bourgogne

Posté par francesca7 le 31 décembre 2013

 

 

explo_2_21232_1_photo1_gL’église par exemple de DOMPIERRE EN MORVAN (Dompierre-en-Morvan était anciennement nommée Domus Petrus au XIIème siècle) est une des plus remarquables des environs. Bâtie en forme de croix latine, elle se compose de constructions de diverses époques. Le sanctuaire éclairé par une baie ogivale à meneaux est du 16ème siècle. Le chœur, du 12ème, porte une grosse tour surmontée d’un toit pyramidal qui abrite trois cloches (850 kg, 500 kg, 50 kg). Sur côté Nord on peut voir une chapelle gothique. La nef est du 16ème siècle. On remarque dans le portail le style de la Renaissance. Dans cette église, sont classés à titre définitif, depuis le 1er décembre 1913, deux vitraux datant de la fin du 14ème siècle et la statue en pierre de saint Pierre assis, du 15ème. 

En même temps (1887) que la construction d’un groupe scolaire, se pose aussi le problème « urgent » du clocher de l’église. Un projet de restauration déposé il y a 40 ans n’a pu être exécuté faute de ressources… voici le contenu :

« Le 3 avril 1887, le conseil municipal, considérant en effet que le clocher, depuis longtemps, menace ruine et qu’un accident imprévu peut hâter sa chute laquelle aurait des conséquences très graves, qu’il est en danger permanent pour les toitures environnantes ; que, d’après un examen sérieux fait par un architecte, il est évident que la flèche du clocher n’est susceptible d’aucune réparation utile, est d’avis (…) que les plans et devis dressés en vue des travaux soient approuvés. Le conseil, considérant que, de son côté, la commune n’a rien à affecter à cette dépense, mais qu’elle possède une réserve de bois communaux âgée de 17 ans, évaluée approximativement à 10 000 F (de l’époque), délibère : 

Mons le préfet est prié de bien vouloir autoriser la vente de la coupe (quart en réserve) que la commune de Dompierre possède au hameau de Courcelotte, et dont le produit sera destiné à couvrir les dépenses qu’entraîneront la reconstruction du clocher et l’élargissement des rues du hameau de Courcelotte ». 

Depuis une époque très reculée, le hameau de Courcelotte, considéré comme le plus pauvre de la commune et situé à proximité de l’essentiel des bois communaux, bénéficie d’affouages. Tous le sans, une coupe affouagère est évaluée et distribuée par feu, aux seuls habitants de ce hameau. Cet avantage en nature, toujours en vigueur aujourd’hui, a de tout temps été conservé avec vigilance ; « Touchez-pas à mon bois ! ». En mars 1890, le conseil municipal reprend la question du clocher, en sommeil pendant la construction du groupe scolaire, et constate à nouveau qu’il est extrêmement urgent de commencer les travaux projetés précédemment. La coupe de réserve a été vendue en 1888 et a rapporté une somme de 10 100 F, largement suffisante pour la reconstruction du clocher (9 335 F). Le reste sera consacré, comme prévu, à l’amélioration des rues de Courcelotte. 

Cette décision raisonnable pourrait satisfaire tout le monde, mais elle est âprement contestée par les habitants de Coucelotte. Ceux-ci comptent bien utiliser la totalité de la somme à leur profit ; avec le problème de l’école de Genouilly, c’est la deuxième pomme de discorde qui tombe dans le panier du maire. Protestations, réclamations et pétitions qui remontent jusqu’au ministère concerné, lequel donne raison au hameau (19 juillet 1890), bloquent la décision du conseil. Dans l’intérêt général de la commune, celui-ci ne peut accepter cet état de fait … 

La pression continua de monter…

En février 1894, une nouvelle pétition exige l’amélioration des chemins de Courcelotte et « que le hameau puisse être érigé en section spéciale, de manière à posséder des biens propres et avoir une représentation distincte au conseil municipal ». 

En réponse, « le conseil, considérant que le sectionnement de ce hameau entendu comme les pétitionnaires le réclament, amènerait la désorganisation de la commune, ne croit pas devoir s’arrêter sur cette question qu’il juge inopportune et à l’unanimité, est d’avis de la rejeter ».

Le 7 mars 1895, comme la situation est toujours bloquée, la majorité du conseil (quatre voix contre trois) abandonne le projet de reconstruction du clocher de Dompierre. Les trois conseillers désavoués expriment alors leur indignation en ces termes…

« (..) Mais reculer la difficulté n’est pas la résoudre, et dans le cas actuel, c’est l’aggraver. C’est pourquoi les soussignés estiment que la décision prise par la majorité du conseil est une désertion et un abandon des intérêts qui leur sont confiés, et peut avoir une conséquence matérielle et pécuniaire dont ils sont, selon nous, loin de se douter. Quant à nous, soussignés, sans cesser de considérer la commune comme un seul être collectif où les recettes et les dépenses doivent être (comme elles l’ont d’ailleurs toujours été jusqu’alors) communes dans un intérêt et un but également commun ; que toute autre interprétation est inique et despotique, et contraire aux principes égalitaires de la Révolution qui a supprimé les privilégiés et les parias. 

(…) Avant l’approbation de cette délibération, nous aurions peut-être prié M. le sous-Préfet, qui connaît moins que nous le milieu où nous nous agitons stérilement, d’user de la haute autorité morale auprès de nos honorables collègues et les engager à s’affranchir de toute autre préoccupation que l’intérêt général ; nous nous bornerons simplement auprès de nos concitoyens à décliner toute responsabilité résultant de la décision prise par la majorité de leurs mandataires ». 

images (1)En avril 1897, les habitants de Courcelotte poussent la provocation jusqu’à couper et s’approprier sans autorisation, les arbres qui se trouvaient sur le pâtis communal à proximité du hameau. « après une discussion assez vive, et après entente avec les représentants du hameau de Courcelotte et les autres représentants de la commune, le conseil fixe l’estimation des arbres et la somme pour chaque habitant qui a pris part au partage… » 

Le 30 novembre 1897, M. le maire démissionne à cause « des difficultés et des divisions existant tant au sien du conseil municipal que dans celui de la population elle-même ; constatant l’inutilité de ses efforts pour le bien de tous… » 

En juin 1898, le conseil remanié approuve les nouveaux plans et devis de reconstruction du clocher. En juillet, il votre les fonds nécessaires pour faire face à la dépense. Ces travaux seront financés par l’emprunt et par une subvention d’Etat. La situation e débloque. La réfection du clocher ne commencera toutefois que deux ans plus tard, en 1900, avec en prime l’obligation de refaire les toitures et les enduits de l’église qui se sont dégradés pendant tout ce temps. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le 21 juin 1900, « M. le maire est heureux d’annoncer que l’affaire (somme produite par la vent d’une ocupe de vois en 1888), soumise aux habitants de Courcelotte sous forme de référendum, a été approuvée par la totalité d’entre eux, et il invite l’assemblée à ratifier les conditions de l’accord. 

Le conseil, considérant que l’accord intervenu entre la commune t le hameau de Courcelotte (…) est de nature à satisfaire l’intérêt général, et par conséquent à rétabli la bonne harmonie entre la commune t le hameau, a l’unanimité,

  1. Accepte, au profit de la commune, (…) la somme de 2 500 F (offerte par Courcelotte) sur le produit de la coupe de réserve vendue en 1888,
  2. S’engage à faciliter aux habitants de Courcelotte l’emploi du reste en demandant l’établissement d’un projet de réparations à exécuter aux chemins, puis et lavoirs du hameau, et en appuyant ce projet auprès de l’administration ».

A la satisfaction générale, les travaux « urgents » concernant l’église (reconstruction de la flèche du clocher, réfection de certaines toitures et de tous les enduits des murs) sont exécuté au cours de l’année 19000. Ils seront réceptionnés définitivement en février 1902. 

Ce siècle commence bien…. 

MAIS….. COUP DE FOUDRE….. (témoignage de R.Devry)

Le clocher est détruit par la foudre, le 8 juin 1956.

Ce jour là en fin d’après-midi, le temps est clame, sans une goutte d’eau, au loin l’orage commence à gronder. Soudain une boule de feu, accompagnée d’un formidable coup de tonner, illumine le ciel, et la foudre tombe sur le clocher dégageant des courants électriques de tous côté sur  de grandes distances ; toutes les installations électriques des maisons avoisinantes sont détruites. Dans certaines maison toutes proches, des objets posés sur le rebord des fenêtres traversent les pièces et se retrouvent projetés contre les portes. 

D’autre part, la commune reçoit la visite de M. de sous-Préfet de Montbard, d’origine algérienne, celui-ci croyant à un attenta, se réfugie à l’abri de sa voiture, dans laquelle son chauffeur attend, et de ce fait n’est même pas allé voir l’état de l’église… 

téléchargement (1)Les dégâts sont considérables, le clocher est découvert, la charpente disloquée, la nef à ciel ouvert, plusieurs tonnes de pierres se sont écrasées à l’intérieur, bisant les dalles du sol, les bancs, les candélabres, une partie de la statue de saint Pierre, enfin les vitraux sont soufflés. Une véritable vision d’apocalypse ! Curieusement, à l’extérieur, le monument aux morts est intact, le courant électrique suivant le grillage a démoli les pierres de taille qui se trouvent en avant du monument ; des blocs de 150 à 200 kg ont été projetés à quatre ou cinq mètres de hauteur avant de retomber dans la rue. 

L’estimation des dégâts est évaluée à une dizaine de millions de francs anciens ; la commune n’étant pas très bien garantie par son assurance, la reconstruction, qui durera trois ans, se fera grâce à des subventions et surtout par des dons très nombreux. 

(Extrait du registre de délibérations)

« En raison de la visite de M. le Sous-Préfet de Montbard, le conseil municipal s’est réuni à la mairie, le 8 juin 1956, à 16 heures….

Alors que la séance se termine, éclate un coup de foudre d’une violence extraordinaire, il est près de 18 heures. Une lumière aveuglante emplit la mairie ; l’ampoule électrique éclate, un couvercle du combiné de téléphone est projeté à travers la pièce. Les conseillers assis sous le combiné sont projetés en avant. La foudre est tombée sur l’église et a provoqué une véritable catastrophe. Les ardoises du clocher et les tuiles de l’église ont été soufflées et sont retombées dans un rayon de plusieurs centaines  de mètres. La charpente du clocher est ébranlée et le mur Ouest de la base du clocher s’est écroulé. En tombant, il a percé la voûte de la nef qui s’est effondrée à l’intérieur. Par bonheur, le chœur, partie la plus ancienne de l’édifice, et les vitaux classés ont peu souffert. Toutes les maisons du voisinage ont été touchées. Les citres ont été brisées par dizaine (à remarquer que les débris sont tous tombés à l’extérieur) ; les compteurs électriques sont détruits ainsi que l’installation téléphonique. Plus tard, de la fumée s’échappant d’un arêtier du clocher, les pompiers de Précy sous Thil interviennent pour écarter tout danger d’incendie… »

 

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Les FORGES de la Bourgogne

Posté par francesca7 le 30 décembre 2013

 

 

Le second âge de fer. C’est M.Pierre-Marie-Eugène CHAMPION Dubois de Nansouty qui créa les forges de Précy sous Thil vers 1830 ; il en était le propriétaire ; notre Champion est le neveu du général que nous avons évoqué. Citons également un des fils du fondateur des forges, Charles-Marie-Etienne, qui après y avoir travaillé quelque temps, fut aussi un brillant général mais surtout l’initiateur de l’observatoire météo du Pic du Midi de Bigorre.

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Les forges ont commencé de fonctionner vers 1834, en réduisant d’abord des minerais trouvés à proximité (Aisy sous Thil) dans un, puis deux hauts fourneaux au charbon de bois. 

En 1836, le minerai de fer (sorte de roche rougeâtre) était extrait des mines de Thostes et Beauregard exclusivement. Il était amené aux forges de Précy par des attelages puis par un petit train, en 1860. Ce minerai était chauffé à très haute température dans quatre hauts fourneaux pour séparer la fonte de la roche. La fonte liquide coulait et refroidissait dans des moules. On obtenait de grosses barres de fonte amenées ensuite aux forges de Maisonneuve et Rosée pour être transformées en fer marchand.

En 1840, quatre hauts fourneaux de grande capacité, au coke, sont élevés à Aisy pour exploiter au mieux l’excellent minerai de Thostes. Ces usines au coke étaient uniques et les plus importantes de Côte d’Or ! 

Malheureusement, en 1848 ce fut la crise et MM. De Nansouty furent évincés par leurs actionnaires ; la superbe machine était en place, mais n’avait encore rien rapporté. Reprise en 1850 par la société des forges de Châtillon Commentry, l’usine et les mines ont été très prospère jusqu’à la guerre de 1870. Le site de Rosée fut abandonné. 

Le canal de Bourgogne est achevé en 1832. Le fer est transporté avec des voitures à chevaux jusqu’à Pont Royal. Les résidus étaient déposés en tas ; ils ont été utilisés pour l’élargissement de la route de Rouvray à Saulieu. 

Les forges employaient plus d’une centaine de personnes à temps complet ; les ingénieurs, le directeur, les ouvrier (mineurs – charretiers, ouvriers des hauts fourneaux). Mais il devait y avoir en plus beaucoup de personnes à temps partiel, surtout pour l’extraction du minerai et le transport. Ce personnel venait des villages de Précy, Aisy, Montigny saint Barthélemy et Thostes. 

Selon la conjoncture, le nombre d’emplois était très variable ; jusqu’à 325 ouvriers à Maisonneuve, 85 mineurs à Thostes et 70 à Beauregard ! 

Le directeur habitait l’ancienne maison de M. Blondeau père, aux forges. Le château de Vitry était l’habitation des ingénieurs et des chefs d’équipes. Dans la maison qui fait face à celle de M.Pichenot logeaient les célibataires ; on l’appelait la caserne. Toutes les maisons,  gauche ont été construites à cette époque (en montant la côte de Maison Neuve). Les forges ont été installées à Précy, au bord du Serein, pour utiliser la force motrice de l’eau. 

Dans les mines de Thostes, les mineurs extrayaient le minerai de fer en creusant des galeries souterraines au pic et  à la pelle ; le minerai était chargé sur des wagonnets et roulé à l’air libre. Les galeries sont maintenant (en partie)  effondrées.

Ces mines distinctes fournissaient deux types de minerai complémentaires ; celui de Thoste, friable, siliceux et celui de Beauregard, en roche, calcaire. Le mélange des deux minerais contient naturellement les fondants nécessaires à la réduction et fournit près de 50 % de fer. Pour chauffer les hauts fourneaux, on utilisait du coke en provenance de Rive de Giers (Loire) ; il arrivait par péniches sur le canal de Bourgogne, à Pont Royal. Il était amené du port à Précy par les tombereaux qui avaient transporté les barres de fer. Elles étaient ensuite emportées par péniches.

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Les forges cessèrent de fonctionner vers 1880, l’exploitation n’étant plus rentable, le minerai s’étant appauvri. Effectivement, la production des mines cessa en 1878, le minerai rentable était épuisé. Ce fut le constat du maitre-mineur Jean Marie Gueux qui conduisait l’extraction depuis 1836, avec une grande compétence. Le dernier haut fourneau en activité à Maisonneuve (et en Côte d’Or) s’éteignit en 1882. 

Sur un journal des forges datant de 1843 (apporté par François Pichenot) nous avons relevé :

-          Un manœuvre gagnait ; 1,25 F par jour.

-          Un maçon : 2 F par jour.

Il y avait des puddleurs, des lamineurs, des aides-puddleurs, des manoeuvres, des réchauffeurs, des dégrossisseurs, des ragaucheurs, des redresseurs, des leveurs d’aviot, des botteleurs. 

Parmi les noms figurant sur ce registre de comptes, on retrouve beaucoup de noms connus encore actuellement.

 

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le Morvan – un pays pour les ports de pleine nature

Posté par francesca7 le 2 décembre 2013

 

VENEZ ME REJOINDRE SUR LE FORUM : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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a la lecture des pages concernant le Morvan, vous avez déjà imaginé tout le charme de la région de Saulieu, Précy sous Thil et Liernais. Quelle que soit votre passion, elle vous attend de pied ferme. Balades en voiture, les départementales tranquilles tissent un réseau tortueux de ville sen hameaux, sans jamais s’éloigner vraiment d’une voie rapide pour votre retour.

Randonneurs à pieds, vos meilleures chaussures seront bien usées avant d’avoir parcouru sentiers et allées forestières en tous sens. Plusieurs topos-guides vous décrivent une large palette de cheminements. Adeptes du vélo tout terrain, vous vous régalerez en mixant à votre guise petites routes, charrières et sommières tout en prenant garde de vous méfier de certains beaux chemins qui fondent parfois bien vite dans les champs et les forêts, ne laissant qu’une maigre trace impraticable. Des itinéraires balisés vous attendent là aussi. Et is la neige est de la partie, sautez sur vos skis de fond, vous jubilerez en réutilisant tout ce réseau.

L’aventure vous fait rêver, essayez le nouveau « parcours Aventure » de Précy sous Thil. Emotions garanties. Mais attention, balises, chemins dégagés et même… les ponts peuvent manquer ! Pour amateurs avertis.

L’escalade vous attire, les superbes falaises granitiques de Vieux Château, entièrement équipées de neuf ces dernières années, s’abrient à l’ombre des grands pins, baignant leurs pieds dans les eaux fraîches du Serein. Toutes les possibilités épuisées, descendez vers Dun les Places. Les rochers du « Montal » et du « chien » vous préparent encore quelques belles heures de grimpe. (Un excellent topoguide décrit en détails toutes ces possibilités).

Enfin, si le temps se gâte, il vous reste la belle structure artificielle d’escalade en salle de Saulieu, référence régionale, qui accueille chaque année les principales compétitions bourguignonnes. Mais peut-être préférez-vous flâner au trop d’un cheval ? Plusieurs centres équestres vous attendent et vous proposent promenades à la journée ou stages, à cheval ou à poney. Planez au-dessus des sites et paysages ? L’aéro-club de Saulieu-Liernais vous emportera vers les nuages. A moins qu’amateurs d’émotions fortes, vous ne préfériez l’action et dégringoler les torrents du Morvan en rafting ou hydrospeed. Parcours de santé, golf, tennis, piscine, chasse et pêche, tout est possible par ici. Et puis, régalez-vous de ces paysages creusés de vallons et agrémentés de villages et hameaux à l’aspect si différent l’un à l’autre. Flanez, prenez le temps de découvrir.

Quelque que soit votre choix, sur terre ou sur l’eau, sur les sentiers ou glissant au rythme des vents sur une planche à voile ou un dériveur basé parmi les lacs du Pays, vous pourrez vivre votre passion ou en découvrir de nouvelles. Certes, il n’y a pas ici de Mont Blanc à gravir, d’amazone à descendre ou de Hoggar à traverse, mais vous découvrirez qu’il existe bien peu de régions capables de vous proposer une telle palette d’activités réalisables dans l’excellentes conditions dans un décor de verdure étonnamment riche en vielles pierres, légendes et curiosités diverses.

Réunir richesse du patrimoine, beauté des paysages et possibilités sportives sur un même territoire, voici la force de ce pays, le Pays de Saulieu, Précy sous Thil et Liernais.

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les Généraux d’Empire en Bourgogne

Posté par francesca7 le 14 novembre 2013

 

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Des jeunes hommes de tous les villages participèrent aux guerres de la Révolution et de l’Empire. La Révolution apporta la conscription obligatoire et le pays vit partir ses enfants pur des guerres lointaines dont très peu devaient revenir : l’armée du Rhin, Austerlitz, campagne de Russie, Waterloo, etc… En 1814, les Cosaques occupèrent notre région de Bourgogne et terrorisèrent les populations de nos villages. Durant les guerres du 19ème siècle, de nombreux jeunes furent incorporés dans des bataillons qui combattirent en Espagne, en Afrique, en Crimée. En France, en 1870-1871, les Prussiens séjourneront dans nos villages après la défaite de l’armée Française. 

Bonaparte, Premier Consul, est passé par Maison-Neuve, à deux reprises au cours de l’année 1800. En 1805, quatre mois après avoir été sacré empereur, Napoléon 1er retraversait Précy sous Thil pour se rendre à Milan, en compagnie de l’Impératrice Joséphine. Le Pape Pie VII dont la suite était composée de cent vingt personnes réparties en trente voitures, le suivait à quatre jours d’intervalle. 

 Le 21 ventôse an XIII (11 mars 1805)le sous-préfet de Semur en Auxois adresse la lettre suivante au maire de Précy sous Thil, Lazare Chevalier.

 « Je vous préviens que Sa Majesté Impériale doit incessamment traverser cet arrondissement en suivant la route de Troyes à Autun passant par Châtillon, Montbard, Semur et Saulieu. 

Vous connaissez les honneurs qui doivent être rendus à Sa Majesté lorsqu’il passe sur le territoire d’une commune. Ce qui est prescrit à cet égard se trouve clairement expliqué par le décret du 24 messidor dernier. (Titre III, Secton2. Bulletin des lois n°10). Aussi est-ce bien moins pour vous en rappeler les dispositions que je vous écrits que pour vous engager à prendre dès à présent toutes les mesures pour que Sa Majesté Impériale soit le témoin de l’amour qu’ont pour son auguste personne tous les Français, et particulièrement vos concitoyens. Faites-leur connaître au plus tôt le bonheur dont ils vont jouir. Retracez-leur les devoirs qu’ils ont à remplir en cette circonstance et ne les privez pas par l’ignorance où vous les laisseriez de l’avantage de manifester leur dévouement et leur reconnaissance pour le héros qui veille sans cesse à leur prospérité. 

Que les maires, les adjoints accompagnés du Conseil Municipal et d’un détachement de la Garde Nationale attendent l’Empereur sur la limite de leurs municipalités ; que le ministre du culte, si l’église est sur la route de S.M se trouve sur la porte en habits sacerdotaux avec son clergé. 

Que les cloques sonnent à son entrée sur la commune ; que toutes les familles se trouvent sur le passage de Sa Majesté ; que les cœurs se livrent à la joie en le voyant ; que les acclamations publiques soient la preuve non équivoque de leur satisfaction et de leur allégresse. Vous serez sans doute prévenu d ‘une manière certaine du jour du passage de l’Empereur ; mais s’il en était autrement, je compte assez sur votre zèle pour être persuadé que vous ne négligerez rien pour être instruit de ce moment et pour en avertir vos voisins. 

Lors que le sentiment, bien plus que le devoir, nous dirige, il faut pour peu lui prescrire et s’en rapporter à lui. 

J’ai l’honneur de vous saluer.

Signé N.Bethé ».

 

Lazare Chevalier, maire de Précy sous Thil, prépare l’événement par ces lettres :

-          Le 6 germinal (26 mars), aux laboureurs, propriétaires de chevaux :

« Messieurs,

En exécution des ordres que je viens de recevoir à l’instant, vous êtes requis au nom du Gouvernement de tenir prêts pour le 17 courant, dix sept chevaux, dont douze de trait, garnis de harnais, tels que bricoles et récolements de berline et cinq bidets pur le passage de l’Empereur et S.S. Pie VII. Ces chevaux ne seront employés que comme chevaux de remplacement et seront mis à la disposition de M. Ronneau, inspecteur du relais qui aura lieu à la Maison Neuve et seront payés à raison de trois francs par jour et par cheval et pendant les jours de service seulement ».

 

-          Le 20 germinal (9 avril) au commandant de la Garde nationale du canton de Précy sous Thil :

« Monsieur,

En exécution des ordres que je viens de recevoir et que je vous transmets, je vous invite à commander un détachement de la Garde nationale du canton de Précy pour se trouver à la Maison-Neuve le 16 germinal dans la matinée, afin de rendre les honneurs à S.M l’Empereur qui doit passer. Je ne vous prescrits pas le nombre d’hommes que vous devrez commander, mais je m’en rapporte à votre prudence, persuadé que vous commanderez en personne et que vous sortirez le drapeau.

 

J’ai l’honneur de vous saluer.

                                                               Signé L. Chevalier »

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NOS GENERAUX D’EMPIRE

Etienne-Marie-Antoine Champion, comte de Nansouty (1768-1815) est un descendant des seigneurs de Nans sous Thil. Cet homme remarquable a servi tous les régimes mais avant tout, son pays : la France.

 Malgré sa noble naissance, notre officier défend vaillamment la République à la tête de ses unités de cavalerie dans l’armée du Rhin, en 1792 et 1793. 

De la même génération que Bonaparte, il prend une part décisive à toutes les grandes batailles de Napoléon 1er. Sa bravoure et son habileté lui ont valu tous les honneurs de l’Empire. Il ne craint pas non plus de s’opposer à l’Empereur ; a la bataille de Craonne (1814), soucieux de la vie de ses hommes, le général refuse de lancer une attaque qu’il considère comme suicidaire. Napoléon, interloqué, lui demande le motif de cet ordre intempestif. Nansouty lui répond :

« J’y vais seul, il n’y a qu’à mourir et je ne ferai pas tuer inutilement mes soldats ! » 

Sébastien Etienne Heudelet (1770-1857) né à Dijon, est d’origine modeste. En 1792, il s’engage comme volontaire et simple soldat dans l’armée du Rhin. De là, son intelligence et son courage lui valent d’être élu lieutenant par ses camarades. Il gravit ensuite tous les échelons de la hiérarchie militaire jusqu’au grade de général de division (1805). 

Comme Nansouty, après avoir sauvé la république, Heudelet s’illustre sur les mêmes champs de batailles de l’Empire. En 1808, nos généraux reçoivent le titre de compte de la nouvelle noblesse impériale. Leurs noms sont gravés sous l’Arc de triomphe, à Paris. 

Etienne Hudelet est aussi un personnage éminent de notre histoire locale. En 1710, il rachète à Gaspard Monge le domaine de Bierre les Semur dont il avait eu un véritable coup de foudre, en le visitant quelques années plus tôt avec son épouse Marie-Thérèse. Le couple, surnommé « les amoureux de Bierre » s’attelle à une tâche immense car le château a subi les outrages du temps et des révolutionnaires depuis la mort de Marc-Antoine II, en 1795. 

Nouveaux propriétaires terriens, sans fortune, les Heudelet remettent en état leur bien avec astuce, courage et obstination. Ils transforment les fermes «  d’opérette » que sont le Hameau et Prélée en exploitations agricoles prospères. Nombre d’innovations sont mises en œuvre car le domaine doit être autosuffisant. 

Pendant près de vingt années, Etienne Heudelet représente le canton de Précy sous Thil au conseil général de la Côte d’Or. 

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La part des Impôts en Bourgogne à la Révolution

Posté par francesca7 le 14 novembre 2013

 

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Sous l’Ancien Régime, de lourdes charges pesaient sur le paysan qui (selon Turgot) se voyait prendre, pour 100 F de revenu, 75 F environ par le roi, le curé et le seigneur, soit les ¾ du produit de son travail. Même les petits nobles et le bas clergé dénonçaient les souffrances publiques. 

La révolution de 1789 fut marquée dans notre région de Bourgogne par le meurtre par la foule en furie de M. Filsjean, seigneur de Sainte Colombe, près de Vitteaux (21)

 

VOICI LE CAHIER DE DOLEANCES DE PRECY SOUS THIL

« le 15 mars 1789 pour obéir aux ordres de  Sa Majesté portée sur les lettres patentes données à Versailles le 24 janvier précédent, les chefs de famille de la communauté s’assemblèrent au son de la cloche sur la place de l’église en présence de Lazare Chevalier, notaire à Précy, en vue de rédiger le cahier de doléances de la paroisse.

 

Les plaintes suivantes furent alors formulées : 

  1. L’excès de la persécution que nous éprouvons par la multiplicité des impôts ne provient que de la volonté des ministres et de leurs agents tant dans l’administration que dans la finance, sans égard aux lois du royaume, en dissipant insensiblement le produit et la peine du malheureux, qui souvent pour un retard se trouve exposé à être dépossédé de quelques halions dont ces ministres ne se serviraient pas pour le dernier de leurs valets.
  2. Que suivant les intentions du Roi manifestées dans le résultat du conseil du 27 décembre 1788, il faudrait que les ministres fussent à l’avenir responsables de l’emploi de toutes les sommes levées sur le peuple.
  3. Que tous les subsides que les Etats Généraux jugeront indispensablement nécessaires aux besoins de l’Etat, (toutes dépenses inutiles préalablement retranchées) fussent répartie également entre tous els citoyens sans distinction de privilèges, à raison seulement de leurs propriétés.
  4. Qu’à l’avenir et pour prévenir les abus qui se rencontrent trop souvent aux Etats de cette province, il faut dire aux Etats Généraux que chaque bailliage pourrait se faire représenter par des députés par lui choisis en nombre suffisant relativement à la population pour proposer et remontrer et que s’il se réunissait quelques suffrages en sa faveur, il y fut fait droit.
  5. Qu’il fut fait une réforme dans tout ce qui est abusif, principalement dans la partie des fermes qui a pour objet la revente du sel utile au peuple, et qui, chose incroyable devient l’impôt le plus considérable à raison de la multiplicité des sujets commis pour cette perception.
  6. Enfin que les corvées, sources inaltérables (lapsus pour intolérables) soient à jamais abolies et qu’à l’avenir pour en tenir lieu, il fut départi (réparti) sur les trois ordres un impôt réuni à celui des autres subsides, toujours à raison des propriétés. 

Il est ensuite ajouté : 

Nous reconnaissons d’autant plus le poids de toutes ces surcharges que notre cote part (quote-part) des impositions est très considérable à raison : 

  1. Du peu d’étendue de notre finage et de la médiocrité du terrain qui peu fertile ne laisse aux malheureux cultivateurs que les maux dont ils sont journellement accablés.
  2. Que la majeure partie des fonds sont possédés par  des forains (propriétaires non résidents) qui ne font aucune consommation de leurs revenus dans l’étendue de la communauté.
  3. Que le peu qui nous reste, devient absorbé par des charges envers le seigneur, prises sous le nom de tailles seigneuriales, droits de lodz, dîmes et tierces sur toute l’étendu du finage à raison de dix sept gerbes l’une.
  4. Enfin que la rivière appelée Le Serein traverse la majeure partie des fonds les plus précieux dudit Précy ce qui nous cahier-de-doleances_2589821-Mcause un préjudice considérable surtout dans la belle saison, où nous avons le malheur de nous vor i ravir par le moyen des crues toutes nos belles productions. 

Suivent les signatures : Leclerc de Ruffey – Fauléau, Grignard – Guichard – Delavault – Bizouard – Rigneau – Jean Gaitet – Sennequier -  Gabriel Verrier – Paul Fleurot – François Meurger – M. Laquin – Claude Melon – François Gombert – Dognion – Claude Garceau – Fournier – Héliot – Lazarre Beaupain – C. Clément – Lazare Chevalier.

 

 

 

 

 

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la vie dans nos campagnes Bourguignonnes

Posté par francesca7 le 12 novembre 2013


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Au milieu du 19ème siècle, peu de changements étaient survenus dans les conditions d’existence des habitants de nos campagnes depuis le Moyen Age. Comme au bon vieux temps, nos grand-mères filaient la quenouille, le tisserand fabriquait la toile, le drap ou « bouège ». L’huilier du village pressurait le colza ou la navette pour en extraire l’huile de ménage, l’huile de chènevis était réservée à l’éclairage. On ne connaissait alors que l’antique lampe à huile qui éclairait à peine. On cultivait surtout le seigle et l’orge qui entraient en grande partie dans la composition du pain et aussi le blé, l’avoine, le chanvre, la vigne.

En ce temps-là, il y avait peu de prairies ; on n’élevait que le bétail indispensable à la culture qui se faisait principalement avec des bœufs. Rien n’était change dans la manière de cultiver, ni dans les instruments agricoles. On ne connaissait toujours que la faucille, le fléau, le van, la charrue à soc de bois, etc… aussi, les grands travaux agricoles qui se font actuellement en quelques jours, demandaient alors des semaines.

Le battage des crains durait tout l’hiver. On avait le temps on ne se pressait pas, les chants et les sonores éclats de rire de la jeunesse égayaient les longues journées de labeur.

La faucille régnait en souveraine, elle était employée seule au fauchage de la récolte. Aussi, l’apparition vers 1860, des premiers « râtelots » provoqua la curiosité et la méfiance des vieux du pays. Ils disaient que ces « outils égrenaient le blé en le secouant trop fort, qu’ils ne le coupaient pas assez bas. On  aura beau faire, concluaient-ils, rien ne remplacera le travail à la main ».

Plus tard ils firent des réflexions analogues à propos de tous les progrès modernes : tarares, batteuses à chevaux ou battoirs à vapeur (1880). A chaque invention nouvelle, les vieux hochaient la tête, disant toujours que « ça ne remplacerait jamais la main de l’homme et qu’ils ne voulaient pas s’en servir »…

A cette époque, il y avait une grande ferme à  Précy sous Thil et une quarantaine de petites exploitations de complément. Tous les artisans et commerçants avaient un petit lopin de terre qu’ils cultivaient ; ils élevaient une ou deux vaches pour le lait. Le boulanger, le docteur, le vétérinaire avaient un cheval. A Précy, les trois premières voitures automobiles appartinrent au docteur, au vétérinaire et au chef du bureau d’enregistrements.

La moindre parcelle de terre était cultivée ; il y avait beaucoup plus de champs que de prés. Les ouvriers agricoles étaient souvent mal logés et mal payés ; i n’y avait pas de limitation de la durée de travail, aussi, ils  devaient commencer tôt le matin et ne terminaient que très tard le soir, il n’y avait pas non plus de congés payés, ni d’assurances, ni de retraite ; ceux qui avaient eu un accident ou qui étaient trop vieux pour travailler étaient souvent réduits à la mendicité.

Dès l’âge de 10 ou 12 ans, les enfants allaient travailler aux champs ou garder les vaches ; on ne parlait pas de distractions comme maintenant ; les gens des campagnes avaient une vie beaucoup plus simple. On n’achetait la viande de boucherie qu’à l’occasion des fêtes, presque jamais de fruits et de légumes ; il n’y avait pas de confort dans les maisons (pas de sanitaires, d’appareils électroménagers, d’eau courante, d’électricité).

En un demi-siècle, la vie a beaucoup changé. En 1912, une vache valait de 500 à 600 F, un sac de blé 24 F, une moissonneuse-lieuse : 900 F environ.

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En ce qui concerne la santé en ses temps là…..

Avant l’invention de la pénicilline, beaucoup de maladies étaient très graves ; la broncho-pneumonie, la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la rage, la variole, la typhoïde, etc… mon père est mort à 32 ans nous raconte l’ancien du village, d’une crise d’appendicite, j’avais 4 ans dit-il. Beaucoup de jeunes mouraient avant l’âge de 20 ans, surtout de la tuberculose ; il n’y avait rien à faire. Le frère de mon père en est mort nous dit-il encore….

Il n’y avait pas de vaccination préventive. Actuellement nous sommes vaccinés contre la variole, la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite…

La lèpre était aussi une maladie incurable ; les lépreux étaient rejetés par la société ; on pense qu’au hameau de Maison-Dieu par exemple, à 2 km de Précy sous Thil, il existait une léproserie tenue par des religieux qui recueillaient les lépreux et adoucissaient leur sort. Les médicaments étaient préparés par le pharmacien ; on utilisait beaucoup de plantes médicinales ; camomille, sureau, tilleul, primevère, violette, avec lesquelles on faisait des infusions.

Au début du 20ème siècle, il y avait deux pharmacies à Précy sous Thil ; l’une dans la maison de Mme Cassier (Editons de l’Armançon aujourd’hui), l’autre à l’emplacement de la charcuterie, (agence d’assurances). Il n’y avait pas non plus d’ambulance puisqu’il n’y avait pas d’automobiles. On ne transportait pas les malades comme on le fait maintenant.  Il y avait cependant à Précy, une maison d’accueil où on amenait les malades qui ne pouvaient pas être soignés à domicile.

La vie de l’agriculteur d’autrefois était très pénible physiquement (très peu de machines ; tous les travaux se faisaient à la force des bras), mais vivant en « économe fermée », ses besoins étaient beaucoup moins importants qu’aujourd’hui.

-          Les labours s’effectuaient avec une charrue tenue à la main traînée par deux chevaux ou plus, selon les terres. Il fallait une certaine adresse pour faire un sillon bien droit. Dans la région dont je vous parle, la mienne en l’occurrence, la Côte d’Or (21), on attelait des juments qui servaient à la fois d’animaux de trait et de bêtes d’élevage.

-          Les semailles étaient faites à la main ; on semait « à la volée » (le geste auguste du semeur !). le seul engrais était le fumier.

-          La fenaison ; elle a toujours été important dans notre région d’élevage. A la fin du siècle dernier, le foin était encore fauché à la faux. Les faucheuses firent leur apparition vers 1900. Le fanage et la mise en ligne puis en tas se faisaient à la main. Un peu plus tard, il y a des faneuses et des râteleuses, tirées elles aussi par des chevaux. Le foin était rentré en vrac.

-          La moisson se faisait encore à la main avant la guerre de 1914-1818 ; elle devait se mécaniser grâce à l’achat de javeleuses, pour les petits exploitants et de moissonneuses-lieuses pour les autres. C’est autour de 1910 que l’on vit ces machines pour la première fois ; ce fut un gros progrès pour l’époque.

 Au début du 20ème siècle, le battage ne se faisait déjà plus à la main (au fléau) mais il existait encore des manèges entraînés par des chevaux faisant tourner de petites batteuses. Pour moi nous dit Monsieur Rémond, le battage s’est toujours fait par des entrepreneurs qui déplaçaient leur matériel de ferme en ferme. La batteuse (on disait souvent le battoir) était actionnée par une machine à vapeur. Pour cette journée de battage, on pratiquait l’entraide entre exploitants du même village ou de villages voisins. Ces journées étaient très pénibles mais c’était aussi l’occasion de bien manger et bien boire ; après « la soupe », tout le monde chantait.

 Dans notre région, les tracteurs apparaissent vers 1950, les ramasseuses-presses, moissonneuses-batteuses vers 1960. Cette mécanisation de l’agriculture constitua un énorme progrès. Avant l’existence du tramway, le courrier était ramassé et apporté par une voiture à cheval, qui chaque jour, assurait une liaison entre Mont Saint Jean et Les Laumes (21). Le cheval était chargé à Précy sous Thil ; ce service était assuré par un entrepreneur qui laissait ses chevaux dans l’écurie de la maison où habite actuellement la famille Pichenot. Au début de la Grande Guerre, comme les journaux de Paris mettaient plusieurs jours pour arriver, un télégramme parvenait chaque jour à la Poste et le texte était affiché de façon à ce que les habitants aient des nouvelles fraîches du front. La Poste se trouvait à cette époque dans la maison Chaumien.

La Poste actuelle était occupée par un chapelier qui, de plus, fabriquait des cannes et des pipes. Le courrier était distribué par sept facteurs qui se déplaçaient uniquement à pied ; un facteur faisait par exemple chaque jour ; Précy-Thoste, aller et retour. Plus tard, ils ont utilisé des bicyclettes. Vers 1895, le courrier fut amené à Précy par le tramway. La presse écrite existait au début du 20ème siècle ; un journal arrivait chaque jour de Paris ; deux hebdomadairs étaient imprimés à Semur en Auxois. Ces journaux étaient distribués par une vieille femme qui est morte écrasée par une des premières voitures automobiles…

Pendant la guerre 1914-1918 un petit journal bimensuel était imprimé à Précy sous Thil ; « Les nouvelles du pays » et envoyé gratuitement aux soldats ; son impression était financée par une souscription locale, il comportait une page en patois. Les chemins n’étaient pas goudronnés ; ils étaient souvent en très mauvais état et creusés de « nids de poules ». Monsieur Rémond a vu les premiers avions en 1911. En 1912, un aéroplane s’est posé sans dommage dans les champs de Chenault et toute la classe est allée voir. Il était en panne d’essence.

Vers 1935, un grand ballon dirigeable, « le Graf Zeppelin », est passé au dessus de Précy sous Thil à 1 heure du matin ; beaucoup de Précyliens sont sortis, en chemise de nuit, attirés par les bruits de moteurs.

Les gendarmes logeais dans l’ancienne gendarmerie, il s se déplaçaient à cheval, plus tard à bicyclette…. Et la maison qui sert actuellement d’hôtel de ville à Précy sous Thil a été construite vers le milieu du 19ème siècle par un gros vigneron (toute la côte de Thil était plantée de vignes) ; ces vignerons furent ruinés par le phylloxéra. Le grand-père de M. Rémond a charrié des matériaux pour la construction de cette maison. Cette maison qui appartient ensuite à M. Foucauld fut achetée par la commune de Précy en 1945 pour la somme de 8500 F.

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 Beaucoup de maisons furent construites entre 1850 et 1900 ; une seule de 1900 à 1950 ; celle où habite M. le Docteur…. Ceux qui ne pouvaient plus travailler étaient réduits à la mendicité. Ils allaient de village en village, de fer en ferme et demandaient un peu de nourriture et l’autorisation de coucher dans la grange ou une écurie ; parfois ils effectuaient un petit travail ; curer les vaches. Ceux qui étaient trop vieux et totalement incapables de travailler recevaient des bons de pain de  la mairie et mendiaient. Les conditions de travail étaient très rudes : de 10 à 14 heures par jour, pas de congés payés, des salaires très faibles permettant tout juste de vivre. 

Au début du 20ème siècle, les habitants de Précy sous Thil s’éclairaient encore à la lampe à pétrole. Précy fut électrifié pour la première fois en 1910 grâce à un  procédé artisanal ; l’électricité (courant continu de 220 volts) était produite par une dynamo entraînée par la turbine du moulin de « Chantereine ». C’est le propriétaire de l’hôtel de ville qui avait entrepris et financé cette installation ; les utilisateurs payaient 5 F par lampe et par an, sans limitation de consommation.

En 1932, la société « La Grosne » installait le courant alternatif 110 volts pour Précy et Chenault ; ce courant fut transformé en 220 volts lors du renforcement du réseau. C’est aussi la fin de l‘ère agricole ; début de l’ère industrielle ;

A cette époque, Précy sous Thil, chef-lieu de canton faisaient partie de l’arrondissement de Semur (sous-préfecture). Le malaise paysan, l’exode vers la ville et même à l’étranger ont profondément bouleversé les structures sociales de cette époque. Selon les souvenirs de M. Rémond et d’après les renseignements des anciens, l’étude démographique à Précy sous Thil en 1900 aurait révélé : 240 foyers pour 620 habitants (230 foyers pour 595 habitants en 1975). Artisanat et commerce :

 2 sabotiers, 2 serruriers mécaniciens, 2 maréchaux-ferrants, 2 charrons, 3 bourreliers, 4 cordonniers, 2 menuisiers, 2 coiffeurs, 2 chapeliers marchands de cannes et parapluies, 2 horlogers bijoutiers, 2 bouchers, 1 charcutier, 2 peintres, 2 plâtriers, 1 maçon, 3 boulangers, 2 couteliers, 1 photographe libraire, 6 épiciers, 2 marchands d’étoffe, 1 marchand de fer, 1 marchand de bois, 2 marchands de bestiaux, 3 marchands de vin, 1 marchand de matériaux de construction, 4 cafetiers restaurateurs, 4 cafetiers, 1 marchand de grains, 1 meunier, 2 tonneliers.

Une tannerie et un grand moulin ont cessé leur activité à cette époque ainsi qu’une tuilerie. 25 ans auparavant, la fonderie des forges avait déjà cessé, elle aussi, de fonctionner, ce qui explique la diminution de la population précylienne qui de 820 habitants au milieu du 18ème siècle  est passée de 620 à cette époque. Il y a avait aussi un ingénieur des ponts appelé « agent voyer », 2 chefs cantonniers, 2 cantonniers habitant Précy, 7 facteurs et un receveur des PTT, un juge de paix, 1 employé huissier, 1 employé de l’enregistrement, 2 notaires, 2 percepteurs, 2 vétérinaires, 2 docteurs. Seules les exploitations de subsistance avaient quelques bovins de viande en 1900 alors qu’aujourd’hui ce cheptel est le plus important.

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Le Travail des enfants aux Forges.

Posté par francesca7 le 12 octobre 2013


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Les enfants sont également mis à contribution. Par un courrier du 19 décembre 1837, M. le ministre du Commerce demande la création de commissions d’arrondissement pour connaître la condition des enfants occupés dans les fabriques ; cette enquête est menée à l’aide d’un questionnaire en 10 points :

  1. Depuis quel âge les enfants sont-ils reçus dans les fabriques ?
  2. Quels sont les salaires qui leur sont attribués ?
  3. Quelle économie résulte, pour le fabricant, de la substitution des enfants à des ouvriers adultes ?
  4. Quelle est la durée de leur travail ?
  5. Sont-il s soumis à des travaux de nuit ?
  6. Les enfants des deux sexes sont-ils confondus dans les mêmes métiers ?
  7. Appartiennent-ils le plus souvent aux ouvriers eux-mêmes occupés dans les fabriques et dans quelle proportion ?
  8. Quel est leur degré d’instruction ? Suivent-ils les écoles ? les suivent-ils le jour, le soir ou le dimanche ?
  9. Quel est l’état de la moralité des enfants ?
  10. Sont-ils l’objet de mauvais traitements de la part des maîtres ou de ceux qui les emploient ?

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Dans une lettre adressée au maire de Précy sous Thil, M. de Nansouty expose la situation en ces termes (ADCO – 10 M 10) :

« Forge de Maisonneuve, le 22 janvier 1838

Monsieur le Maire,

Mon fils, sachant l’intérêt que j’apporte, malheureusement presque en pure perte, aux choses qui ont rapport aux enfants employés dans nos forges et à leur progrès religieux et moral, a attendu mon retour pour me communiquer la lettre qui vous a été adressé à leur sujet le 18 Xè (décembre) dernier par M. le sous-préfet et m’a chargé d’y répondre.

L’ayant donc consulté et les employés sur les questions matérielle, j’ai l’honneur de vous transmettre la réponse aux divers chefs de cette lettre en ce qui regarde les enfants employés dans notre fabrique.

  1. On y reçoit les enfants à l’âge de 12 ou 13 ans et dorénavant autant qu’il se pourra après leur première communion.
  2. Le salaire des premières années de ces enfants est de 15 francs et selon qu’ils sont bons ouvriers et que leurs forces augmentent, ce salaire croît en proportion ainsi dans cette première condition un enfant de 16 ans peut avoir 20 ou 25 F ; 18, 30 ou 35  F ; à 20 ans cela peut aller à 40 F.
  3. Par le genre de travail de notre fabrique, c’est moins par économie que l’on emploi des enfants que parce que le travail qu’on leur donne (en majeur partie le redressement du fer) est plus approprié à leur taille où celle des hommes faits ne conviendrait pas et avec beaucoup de fatigue ne feraient pas aussi bien soit par taille trop grande ou défaut de l’agilité et de la légèreté de l’enfance pour les autres travaux accessoires.
  4. La durée de leur temps de travail est de 12 heures sur quoi il n’y a de travail réel que de 7 à 9 heures.
  5. Alternativement, ils ont une semaine de travail de jour et une semaine de travail de nuit.
  6. Les garçons seuls sont admis à l’atelier.
  7. Ils appartiennent le plus souvent aux ouvriers employés à la forge comme fils ou frères. Les deux tiers sont de cette classe et sur l’autre tiers, une bonne moitié se compose d’enfants trouvés (au sujet desquels je ferai plus bas une remarque). Si par cette proportion l’on entend celle des enfants (par rapport) aux ouvriers adultes, nos deux forges de Rosey et Maisonneuve se compensant, les enfants en forment à peu près moitié ; Maisonneuve a plus d’adultes et moins d’enfants, Rosey a plus d’enfants et moins d’adultes ; chacune selon la nature du travail de l’usine.
  8. Leur instruction dans l’état actuel ne peut être que faible et demeurer à ce qu’ils en apportent en entrant à l’usine, le travail empêchant presque toute suite à ce qu’un enfant de la campagne en peut posséder à 12 ans si les parents y ont mis quelque zèle, c’est-à-dire un peu de lecture et presque point d’écriture. Si les parents ont été pauvres ou négligents, elle est nulle et reste nulle car le travail étant d’une semaine, de 6 heures du matin à 6 heures du soir, le repas et le sommeil occupent la soirée et la nuit.

Si le travail est de nuit, il est plus fatigant, le repas en rentrant et le repos jusqu’à trois heures environ occupent ( ?) le temps où les écoles sont ouvertes. Quelques enfants avides d’apprendre ont essayé de suivre l’école la semaine de nuit, ils n’ont pu y résister longtemps. Ils n’apprenaient pas et ne se reposaient pas. Il faudrait une salle d’école et un maître consacrant ( ?) une heure et demie chaque soir avant d’entrer en tournée et autant à la suite pour ceux sortant de tournée, c’est à dire du travail. Cela a été essayé dette année durant quelques mois, à Rosey où le nombre d’enfants et même d’ouvriers et la bonne volonté du maître d’école à se rendre sur les lieux et à la forge même a facilité la chose. Si les enfants n’ont point fait leur première communion, la difficulté est extrême pour leur exactitude nécessaire aux instructions ; le travail en souffre et les compagnons des enfants qui s’absentent en sont surchargés. (Un enfant de 7 ans, fort à la vérité, vient en ce moment de remplacer un frère, trois fois par semaine  pendant les deux heures de catéchisme). Il serait donc bien à propos que non seulement le maître d’école mais encore M. le curé, le dimanche, emploient ( ?) ces heures consacrées à l’instruction. Le curé, trouvant les enfants avec l’habitude de s’assembler le dimanche, continuerait une instruction forcément trop superficielle pour les matières morales et religieuses à la portée des enfants et qu’ils oublient trop vite. Cette réflexion et ce désir mènent  naturellement à déplorer que les heures de travail et de repos privent également – facile de pouvoir avoir, le dimanche, à l’heure de la sortie et de la rentrée au travail, le sacrifice divin – les ouvriers adultes comme les enfants de toute espèce de prière et d’office religieux à moins d’un zèle rare et que l’on ne peut guère attendre d’ouvriers fatigués. Ils vivent ainsi sans culte et sans Dieu, devenant machines comme leurs mécaniques selon la remarque de l’auteur du Paupérisme. Que l’on me pardonne cette digression. La moralité des enfants et des ouvriers, leurs économies, en devant diminuer l’influence trop proche du cabaret, y gagneraient beaucoup.

  1. La moralité des enfants sans être ce que l’on désignerait ainsi que celle des adultes dont les discours influent sur les enfants qui les entourent au travail, est loin d’être nulle. Elle offre pour ainsi dire une moyenne. Un peu d’aide profiterait ( ?) beaucoup et quelques enfants ont offert des traits à remarquer.
  2. La nécessité force à placer les enfants sous l’autorité des chefs de four et maîtres ouvriers dont la grossièreté abuse quelque fois de sa force ; on ne peut pas dire cependant que cela aille jusqu’aux traitements absolument mauvais. Cet article est d’ailleurs l’objet de la surveillance des employés ; par exemple il y a peu, qu’ici, un maître fut mois à l’amende pour avoir corrigé un enfant en lui versant ( ? illisible) au lieu d’au sur le corps. Un autre, à Rosey, en encouru 14 F d’amende, c’est à dire un tiers ou un quart de  son gage mensuel pour en avoir frappé un jusqu’à le rendre malade un jour ou deux. Une femme ou une mère réclamerait des punitions plus fortes, les employés les jugent suffisantes. L’autorité peut décider ;

A Maisonneuve, le nombre des enfants employés à l’usine est de 16.

coaltub dans Bourgogne

A Rosey, le 25.

Généralement, ils sont gais, forts et bien portants et si les parents les nourrissent bien comme le permet le gage même le plus faible, ils ne se plaignent ni n’ont l’air de supporter un travail au-dessus de leurs forces. Généralement leur travail paraît leur plaire. Mais qui penserait ( ?) à une plainte contre l’avidité des nourrices à qui sont confiés les enfants trouvés. J’ai commencé à m’entendre à ce sujet avec M. le Préposé à leur soin résidant à Saulieu, mais la difficulté est grande pour s’opposer à l’abus. Je crois le gage de 15 F par mois suffisant pour entretenir (avec économie) un enfant de 12 à 16 ans placé en sus dans une famille établie et quelque peu nombreuse. Lorsque le gage croît et arrive à 25 F par exemple, il doit être possible de mettre quelque chose à la Caisse d’Epargne pour le jeune homme quoiqu’encore enfant et soumis à la puissance paternelle ou bien de son nourricier ; presque toujours celui-ci abuse et traite l’enfant comme un bétail qui lui rapport et sur lequel il fait le plus de gain possible. Ile nourrit parce qu’il lui faut bien des jours pour rapporter son mois mais il le vêt et le raccommode le moins qu’il peut.

320px-Mill_Children_in_Macon_2 dans HUMEUR DES ANCETRESEn ce moment, à Rosey un enfant trouvé, modèle de labeur et d’intelligence, âgé de 18 ans, petit et délicat, gagne jusqu’à 30 F par mois. Le nourricier le laisse en haillons prétendant que l’enfant mange ses trente francs et lui coût au-dessus. Et à côté de ce modèle d’activité, l’enfant, modèle de désintéressement, refuse de quitter celui qui l’a nourri petit et l’a pris comme enfant et préfère lui abandonner son gain plutôt que d’économiser ailleurs.

En vous priant, Monsieur le maire d’excuser cette lettre trop longue et qui me laisse pourtant encore le désir de vous entretenir ainsi que M. le sous-préfet, je vous prie de recevoir l’expression de ma plus haute considération.

 

 

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Le 1er service postal en Bourgogne

Posté par francesca7 le 12 octobre 2013

 

  Jean Focard (1689-1769) habitant d’Aisy sous Thil en Cote d’Or, nous apprend qu’en « l’an 1734, on fit un grand chemin au finage d’Aisy de Vitteaux tirant à Rouvray. L’an 1735, on continua d’y travailler toujours. Tous ces ouvrages-là font beaucoup de peine au petit peuple ».

Il s’agit de remplacer l’ancienne route romaine de Dijon à Paris (vert) au parcours accidenté et infestée de brigands tapis notamment dans les forêts de Saint Seine l’Abbaye par un itinéraire moins périlleux (rose) reliant le chemin de la diligence à Rouvray passant par Précy sous Thil, Vitteaux, Sombernon…

 

Le 1er service postal en Bourgogne dans ARTISANAT FRANCAIS maschine_zum_ubersetzen_der_diligencen_auf_eisenbahnwaggons

 Cette heureuse initiative est due à Marc-Antoine Chartraire, compte de Montigny, Charigny et (surtout) de Bierre fort intéressé par un nouveau grand chemin carrossable pour se rendre de Dijon à son château de Bierre les Semur.

En ce début de siècle des lumières, la situation est des plus lamentables ; Marc-Antoine dont nous reparlerons met plusieurs jours pour aller à Dijon, Point d’aisy n’a plus de pont : Le Serein   est traversé à gué, par bac ou sur des planches jetées sur quelques grosses pierres provenant probablement du vieux pont romain qui, faute d’entretien, s’est écroulé et n’a jamais été reconstruit. En cas de crue importante, il faut passer par Vic pour franchir la rivière !

Ainsi, entre 1734 et 1743, Marc-Antoine ordonne l’aménagement de sa route et comme celle-ci est royale, il fait appel à la corvée royale pour tous ces travaux ! En financier avisé, il achète, à Précy, les terrains bordant ce nouveau chemin et y installe d’abord une hôtellerie avec relais de poste ; le relais de Maison-Neuve.

Jean Focard écrit encore qu’en « l’an 1742, le 20 mars, on a commencé la levée dudit point de Précy. Il y avait 120 ouvriers de bras avec des brouettes à bras pour faire ladite levée. L’an 1743 l’on a construit une maison appelée la Maison-Neuve, au proche de Précy pour la grande poste qui a commencé à passer le premier juillet de l’an 1743. La poste était de quatre chelles avec trois chevaux à chaque chelle et deux courriers à cheval par chelle dont elle continuera par chaque semaine ».

Autrement dit, se met en place un service postal constitué de quatre chaises de poste attelées chacune de trois chevaux, chaque chaise étant conduit par deux cavaliers.

Fichier: FrenchRoyalPost1829.jpg

 

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