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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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La vie Monastique en France

Posté par francesca7 le 3 décembre 2015

 

Benedictines--officeCelui qui, se posant la question d’une vocation monastique, se présente au monastère, est tout d’abord accueilli à l’hôtellerie pour un ou plusieurs séjours à proximité de la communauté. Il est alors appelé « regardant ».
Après ces quelques séjours, s’il ressent toujours un appel, il entrera au noviciat (lieu du monastère où vivent les novices) sous la direction du Père Maître : il devient « postulant ». Le maître des novices est choisi en fonction de son aptitude à gagner les âmes ; il doit être prudent, bien imprégné de la discipline monastique, sachant communiquer aux jeunes la sagesse des Pères et capable de leur servir de guide.

Au bout d’un an, si la communauté l’accepte, il prendra l’habit monastique et deviendra novice. Chez les cisterciens, l’habit de novice se compose d’une robe, d’un scapulaire et d’une chape blanche, en plus d’une ceinture. Le maître des novices aide les débutants à s’intégrer dans la famille monastique. Il les initie aux pratiques monastiques, particulièrement à l’œuvre de Dieu, à la lectio divina, à la prière et au travail manuel. Par leur prière et leur exemple, tous les frères les soutiennent et les entraînent à persévérer.

Au cours du noviciat on examine soigneusement si le novice tire un profit spirituel de sa participation à la vie monastique. Si vraiment il cherche Dieu, s’il est empressé à l’œuvre de Dieu, à l’obéissance, et, s’il est apte à vivre correctement, dans la solitude et le silence, les relations communautaires qui tissent la vie cistercienne dans l’Ordre, la communauté pourra l’admettre à la profession temporaire s’il le demande librement et une fois le noviciat accompli.

La profession temporaire est habituellement d’une durée de trois ans. Le scapulaire du jeune profès est noir et sa ceinture en cuir. Les vœux du moine sont au nombre de trois : vœu de stabilité, vœu de conversion de vie (chasteté et pauvreté) et vœu d’obéissance.
Après un ou deux ans, ou parfois quelque temps seulement avant sa profession solennelle, le jeune profès quittera le noviciat pour prendre sa place parmi les frères de la communauté. Il ne sera plus sous la direction du Père Maître, mais directement sous celle du Père Abbé.
La formation monastique se poursuit pendant le temps des vœux temporaires. Celle-ci est élaborée de telle sorte que, de plus en plus, les nouveaux profès entrent dans la connaissance du mystère du Christ et de l’Église ainsi que dans celle du patrimoine cistercien qu’ils s’efforcent de les faire passer dans leur vie.

Au terme de la période des vœux temporaires, après avoir mûrement réfléchi et pris conscience de la gravité de l’acte qu’il s’apprête à poser, le frère, en toute liberté, présente à l’abbé sa demande en vue de la profession solennelle. Si celui-ci le juge apte, il l’y admet. Le profès pourra alors prononcer ses vœux solennels et être définitivement membre de la communauté monastique. Il revêtira alors la « coule » (une aube à longues manches), véritable habit du moine. Certains enfin, selon les besoins de la communauté et selon leurs désirs propres, seront appelés au sacerdoce.

Tout au long de leur vie, les frères exerceront différentes charges au service de la communauté dans une inlassable recherche de Dieu. Animés du souffle de son Esprit, dans la charité fraternelle et la fidélité à l’égard de l’Église, ils s’acheminent joyeusement vers la plénitude de l’amour, sous la protection de la bienheureuse Vierge Marie, Reine de Cîteaux, à la rencontre du Père.

La vie monastique est facilement associée au Moyen Age, une époque où elle avait un rôle important dans la société. Mais ce rôle a disparu et les moines existent toujours. 

Ce simple fait indique que l’importance de la vie monastique se situe sur un autre plan que celui de l’action extérieure. Le monachisme se dédie à l’humilité plus qu’au prestige, au silence habité plus qu’à la prédication, au retrait plus qu’à la visibilité. 

La vraie aventure de ces hommes et de ces femmes est avant tout intérieure : par la prière, par le renoncement, dans la foi, l’espérance et l’amour, surtout avec l’aide de Dieu lui-même, moines et moniales cherchent à ouvrir leur coeur de plus en plus à l’amour de Dieu et des hommes.

TOUTE UNE HISTOIRE

Dès la fin du IIIe siècle de notre ère, c’est-à-dire à une époque où le christianisme est encore interdit et réprimé dans l’Empire romain, des groupes de chrétiens vivent une existence ascétique dans les déserts d’Egypte et de Palestine, dans la chasteté, la mise en commun des biens et le renoncement au superflu, et surtout la recherche de Dieu

moines-repasAu IVe siècle, les moines Antoine (pour les ermites) et Pacôme (pour les moines qui vivent à plusieurs) sont les pionniers de l’institution monastique, qui se diffuse très vite dans tout l’Empire où les chrétiens ne sont plus persécutés. On trouve déjà des moines en Gaule, notamment sur les îles de Lérins, et près de Tours, où saint Martin a créé un monastère. 

Au Ve siècle, les invasions germaniques et la chute de l’Empire romain d’Occident n’arrêtent pas la diffusion du monachisme. Il est très actif notamment en Irlande, dont les monastères rayonnent sur l’Europe, grâce à des moines comme saint Patrick et saint Colomban

Au VIe sièclesaint Benoît de Nursie écrit sa Règle, qui influencera profondément le monachisme d’Occident. 

Au VIIIe siècle, les monastères sont déjà nombreux en Gaule. 

Au IXe siècle, les invasions des Vikings détruisent de nombreuses abbayes. Mais les moines ne renoncent pas.
Par décision de l’empereur Louis le Pieux, la Règle de Saint Benoît est étendue à tous les monastères d’Occident. 

Au Xe siècle, fondation de l’abbaye de Cluny et installation des premiers moines au Mont Athos, la sainte Montagne. 

Au XIe siècle, fondation de la Chartreuse, de Cîteaux et de Grandmont, qui donnent naissance aux Ordres monastiques correspondants. 

Au XIIe siècle, l’Ordre de Cîteaux crée plusieurs centaines d’abbayes en Europe. 

Au XIIIe siècle, tandis que l’apparition des Ordres mendiants (Dominicains, franciscains) donne un nouveau visage à la vie religieuse, sainte Claire d’Assise renouvelle la place de la pauvreté dans la vie monastique féminine, en fondant l’Ordre des Clarisses

Au XVIe siècle, sous l’impulsion de la moniale carmélite sainte Thérèse d’Avila, l’Ordre du Carmel connaît une nouvelle vitalité: de nombreux monastères de Carmélites sont fondés. 

Au XVIIe siècle, les bénédictins et les cisterciens connaissent eux aussi des mouvements de réforme et de revitalisation. 

Au XVIIIe siècle, la Révolution française entraîne la fermeture de tous les monastères de France et des pays atteints par les troupes françaises. Mais certaines communautés s’enfuient en Europe centrale (les Trappistes), pendant que des communautés féminines se cachent pour continuer la vie monastique en secret. La Révolution permet d’autre part de redistribuer les richesses amassées en excès par certains monastères, et de supprimer certains abus, ce qui finalement aura rendu un service évident à l’institution monastique. 

Au XIXe siècle, les monastères renaissent en France, dans la pauvreté qui convient à des moines mais avec une grande vitalité. 

Au XXe siècle, les Ordres et congrégations contemplatives (notamment ceux réapparus en France au XIXe siècle, l’Ordre cistercien de la Stricte Observance, Congrégation de Solesmes, filiation de la Pierre-qui-Vire…) essaiment sur tous les continents

Aujourd’hui, la vie monastique catholique recrute moins dans les pays de « vieille chrétienté » (Europe, Amérique du Nord), et davantage là où le christianisme est plus jeune. 

Mais l’essentiel se trouve au-delà des statistiques: dans le coeur de chaque moine ou moniale, 
où brûle l’appel du Seigneur à Le chercher sans partage. 

site à visiter : http://www.abbaye-aiguebelle.cef.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=26:nous-rendre-visite&catid=27:nous-rendre-visite&Itemid=485

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Virée au Château de Blois

Posté par francesca7 le 24 novembre 2015

 Au chateau de blois

Durant le règne de Charles le Chauve, en 854, le Blisum castrum (« le château deBlois »), édifié sur les bords de la Loire, est attaqué par les Vikings. La forteresse reconstruite est au cœur de la région dont sont maîtres les comtes de Blois, puissants seigneurs féodaux aux xe et xie siècles, dont les possessions s’étendent à la région de Blois et de Chartres, et à la Champagne. La première forteresse, la « grosse tour », fut élevée par Thibaud le Tricheur au xe siècle. Vers 1080, une charte montre Thibaud III rendant la justice « dans la forteresse de Blois, dans la cour, derrière le palais, près de la tour, au parterre situé entre les chambres à feu du palais ». À la fin du xiie siècle est bâtie dans l’avant-cour la collégiale Saint-Sauveur.

Image illustrative de l'article Château de BloisAu xiiie siècle, le château est reconstruit par la famille bourguignonne de Châtillon. Le chroniqueur Jean Froissard le décrira comme« beau et grand, fort et plantureux, un des [plus] beaux du royaume de France ». Le dernier descendant de la famille de Châtillon,Guy II de Blois-Châtillon, vend en 1392 Blois à Louis d’Orléans, frère de Charles VI, qui en prend possession en 1397, à la mort de Guy II. Lorsque Louis d’Orléans est assassiné à Paris en 1407 sur ordre de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, sa veuve, Valentine Visconti, part vivre à Blois où elle s’éteint l’année suivante, après avoir fait graver sur les murs du château : « Rien ne m’est plus, plus ne m’est rien ».

En 1429, avant son départ pour lever le siège d’Orléans, Jeanne d’Arc est bénie dans la chapelle du château par Renault de Chartres, archevêque de Reims. Le fils de Louis d’Orléans, Charles, y est fait prisonnier par les Anglais. À son retour en 1440 de captivité en Angleterre, il fait du château de Blois un centre culturel ; il y lance un concours de poésie où s’illustre François Villon avec sa Ballade du concours de Blois. Il entreprend aussi de détruire certaines parties du vieux château, afin de le rendre plus habitable. De la forteresse de cette période ne restent dans le château actuel que la grande salle, datée du xiiie siècle, et la tour cylindrique du Foix.

Le château royal de Blois, situé dans le département de Loir-et-Cher, fait partie des châteaux de la Loire. Il fut la résidence favorite des rois de France à la Renaissance.

Situé au cœur de la ville de Blois, sur la rive droite de la Loire, le château royal de Blois réunit autour d’une même cour un panorama de l’architecture française du Moyen Âge à l’époque classique qui en fait un édifice clef pour la compréhension de l’évolution de l’architecture au fil des siècles. Les appartements royaux restaurés sont meublés et ornés de décors polychromes du xixe siècle, créés par Félix Duban dans la lignée des restaurateurs contemporains de Viollet-le-Duc.

On y trouvera par exemple, parmi tant d’autres… Galerie de la Reine

Le carrelage de la galerie de la Reine, créé par Félix Duban en terre cuite vernissée sur un modèle du xve siècle, a été restauré à la fin duxxe siècle. Il se présente sous la forme d’un réseau de formes géométriques bleues, blanches et jaunes. On peut y voir une exposition d’instruments anciens parmi lesquels :

  • un clavecin italien de Giovanni Antonio Baffo datant de 1572, remanié vers 1880 par Leopoldo Franciolini,
  • une mandoline en faïence de 1875 réalisée par Josaphat Tortat,
  • un violon en faïence de 1867, œuvre d’Ulysse Besnard,
  • une pochette de maître à danser en bois, marqueterie et ivoire.

La galerie est également ornée de bustes de rois de France, dont :

  • un buste de Henri II en bronze et marbre d’après Germain Pilon,
  • un buste de François Ier en armure du xvie siècle à l’auteur anonyme, acquis en 1926, remanié par Louis-Claude Vassé en 1756, moulage en plâtre patiné d’après une œuvre en bronze conservée au Louvre,
  • un buste de Charles IX en plâtre patiné,
  • un buste de Henri III en plâtre patiné,
  • un buste de Henri IV en plâtre.

On peut aussi observer un buste anonyme en plâtre du xixe siècle représentant Pierre de Ronsard, orné d’un épitaphe en marbre noir datant de 1607. La galerie conserve également plusieurs tableaux, dont une huile sur cuivre qui serait un portrait présumé de la princesse de Conti, vers 1610, et une huile sur toile de C. Martin, Marie de Médicis et le dauphin, 1603. En outre, la galerie abrite un ensemble de monnaies anciennes à l’effigie de Louis XII, François Ier, Henri II, Charles IX, Henri III et Henri IV.

C’est en 1850 que Pierre-Stanislas Maigreau-Blau, maire de Blois, fonde le musée des beaux-arts de Blois, qu’il installe dans l’aile François Ier. C’est en effet à cette époque que les provinces se dotent de leurs propres musées, encourageant ainsi l’étude des arts. Le maire de Blois défend son projet: « Il n’y a pas de chef-lieu de département en France qui ne soit aujourd’hui doté d’un musée. […] Il serait superflu d’examiner les avantages de ces sortes d’établissements. On sait de quel encouragement puissant ils sont pour les arts et les sciences, par les modèles ou les collections qu’ils offrent à l’étude ». Le musée sera finalement ouvert dans l’aile Louis XII en 1869.

Une seconde restauration est entreprise entre 1880 et 1913. Elle est confiée à un inspecteur général des monuments historiques, Anatole de Baudot, qui dirige essentiellement les travaux sur la restauration de la charpente et du plancher, sur quelques ornements, et sur l’élaboration d’un système d’évacuation des eaux de pluie. Alphonse Goubert, successeur de Baudot à la tête du chantier, décide de restaurer l’aile Gaston d’Orléans. C’est ainsi qu’il fait construire un escalier monumental en pierre, à partir d’esquisses de Mansart. Il crée également en 1921 un musée lapidaire dans les anciennes cuisines du château.

Pendant la seconde guerre mondiale, la façade sud du château (principalement l’aile Louis XII) est endommagée par les bombardements. Les vitraux de la chapelle sont notamment détruits. Les travaux de remise en état, commencés en 1946, sont confiés à Michel Ranjard.

Le 23 mai 1960, un timbre-poste représentant le château est émis.

Virée au Château de Blois dans Autre région 300px-Blois_LouisXII_interiorLe château est aujourd’hui la propriété de la ville de Blois. Dans les années 1990, une nouvelle restauration est conduite par Pierre Lebouteu et Patrick Ponsot. Les toitures, les façades extérieures et les planchers de l’aile François Ier, en particulier, ont été restaurés. Gilles Clément, paysagiste, a été chargé de travailler sur le parc. Pour faire vivre le château, un son et lumière utilisant les voix de Robert Hossein, Pierre Arditi ou Fabrice Luchini, écrit par Alain Decaux et mis en musique par Éric Demarsan, a été conçu dans les années 1990 : Ainsi Blois vous est conté….

Aujourd’hui encore, des restaurations ciblées continuent. Le château a accueilli 260 226 visiteurs en 2003

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Les chansons du moyen Age

Posté par francesca7 le 14 novembre 2015

 

Chants du moyen ageParmi les productions littéraires qui peignent le plus parfaitement et en plus grande liberté l’esprit de notre nation, il faut placer au premier rang la chanson. Vive, frondeuse, narquoise, pleine d’entrain et de mouvement, facile à retenir, la chanson française prend les formes le plus variées et abonde à toutes les époques.

Tour à tour héroïque, sentimentale, satirique, grivoise et surtout populaire, ce genre de composition, qui remonte chez nous aussi haut que l’érudition peut atteindre, n’a pour ainsi dire jamais laissé passer un événement, moins que cela, une mode ridicule, une aventure burlesque, sans rimer quelques couplets. On sait le vieil adage national : « Tous finit par des chansons. » Longtemps en France les chansons furent écrites en latin ; ce qui ne les empêchaient nullement de jouir de cette popularité dont nous parlions. Ainsi Hildegaire, évêque de Meaux sous Charles-le-Chauve, dit, en parlant de la bataille gagnée sur les Saxons, en 623, par Clotaire II : « On composa à propos de cette victoire un chant vulgaire (carmen publicum) qui se trouvait dans toutes les bouches, et que les femmes chantaient en dansant et en battant des mains. » Le pieux prélat nous a conservé deux strophes de ce poème écrit en latin barbare ; c’est une des plus anciennes chansons qu’on connaisse.

La langue française n’ayant commencé à être en usage qu’au douzième siècle, ce n’est donc qu’à partir de cette époque qu’il faut chercher des chansons écrites en français, si toutefois on peut donner ce nom à un idiome qui n’est guère accessible aujourd’hui qu’aux érudits. Les chansons des douzième et treizième siècles se font remarquer par leur simplicité, leur naïveté, et surtout par des inspirations sauvages et chevaleresques qui devaient au mieux s’harmoniser avec les mœurs guerrières des preux. La critique y notera aussi une richesse d’expressions poétiques qu’on ne s’attendrait certes pas à trouver dans une littérature à peine dégrossie.

Les croisades alimentèrent longtemps la verve des chansonniers, ou, pour parler la langue de ce temps, la verve des trouvères et des jongleurs. Ceux-ci voyageaient çà et là, s’arrêtant dans les châteaux, ou bien rassemblant le peuple au sortir des églises ; puis ils récitaient les exploits des croisés. La complainte si connue de Malbroug remonte aux guerres saintes ; l’auteur raconte les hauts faits d’un chevalier espagnol, surnommé le Membru ; et c’est seulement au siècle dernier que Membru fut tout à coup transformé en Malbroug. Ce changement, qui ne peut s’expliquer que par la parité accidentelle des deux vocables, paraît d’autant plus bizarre que le général anglais n’eut jamais rien de commun, ni dans sa vie ni dans sa mort, avec le croisé espagnol.

 troubadours

Quoi qu’il en soit, l’anachronisme fit la fortune de la complainte ; c’est à lui qu’elle doit d’avoir vécu. Les trouvères et les jongleurs ne se contentaient pas de chanter, en s’accompagnant d’un instrument, ces longues épopées qu’on appelle les chansons de Geste ; ils en composaient ; puis joignaient à leur talent de poète et de musicien celui de faire des jongleries, c’est-à-dire des tours d’adresses, des farces et même des sortilèges.

« Je te dirai ce que je sais, s’écrie un trouvère ; je suis joueur de vielle, de cornemuse, de flûte, de violon, de harpe, de symphonie, de psaltérion, et je connais mainte chanson… Je peux bien faire un enchantement, et j’en sais plus long que l’on ne pense. Quand je veux m’y appliquer, je lis, je chante comme un clerc, je parle de chevaleries, des hommes braves, et je sais bien dire quelles sont leurs armoiries. »

Quoique souvent proscrits par les anathèmes de l’Eglise, les trouvères, les jongleurs et les ménestrels formaient des corporations ayant leurs droits et leurs privilèges ; ils occupaient une place d’honneur dans les festins, les cérémonies et les fêtes publiques, et même les jours de combats ; on sait qu’à la fameuse bataille d’Hastings, le Normand Taillefer, un des plus anciens jongleurs dont l’histoire ait conservé le souvenir, marchait en chantant à la tête des troupes de Guillaume-le-Conquérant

A côté des trouvères de profession, qui d’ordinaire se recrutaient parmi le peuple, il y avait aussi une autre classe de chansonniers nom moins féconde : c’étaient les gentilshommes. Charles d’Anjou, roi de Sicile ; Pierre Mauclerc, comte de Bretagne ; le châtelain de Coucy, Quènes de Béthunes, Hugues de Lusignan, etc. , mais surtout Thibault, comte de Champagne, doivent prendre rang parmi les meilleurs poètes de leur temps. Ce qui prouve, pour le dire en passant, qu’au moyen-âge, peuple et gentilshommes étaient beaucoup moins illettrés qu’on ne le croit généralement.

Au seizième siècle, la chanson avait perdu le caractère héroïque qui la distingua particulièrement depuis saint Louis jusqu’à Louis XI ; elle s’abandonna en quelque sorte tout entière à la satire. En cela elle ne faisait que suivre le mouvement des idées. Le siècle de Rabelais, de Bonaventure des Périer, de Luther et de Calvin, fut un siècle de renaissance, mais aussi de destruction ; et, alors comme toujours, le sarcasme devint l’arme de prédilection.

Ainsi que les arts et les lettres, la chanson eut donc aussi sa renaissance, et cette renaissance fut marquée par une active intervention dans les affaires publiques. Du reste, les chansonniers qui, au quinzième siècle, se glorifiaient d’Eustache Deschamps, d’Olivier Basselin, de Christine de Pisan et de Charles d’Orléans, n’avaient point décliné ; ils pouvaient nommer, aux premières années du seizième siècle, deux remarquables esprits, Villon et Marot.

La chanson par laquelle nous allons commencer notre étude fut composée à l’occasion de la déroute de Pavie et de la prise de François Ier, événement trop connu pour que nous entreprenions de le raconter ici ; qu’il nous suffise de dire que ce récit burlesque est tiré de la collection manuscrite de Maurepas que possède la Bibliothèque royale.

I. Chanson sur la bataille de Pavie
1525

Hélas ! La Palice (1) est mort,
Il est mort devant Pavie ;
Hélas ! s’il n’estoit pas mort,
Il seroit encore en vie.

Quand le roy partit de France,
A la malheur il partit ;
Il en partit le dimanche,
Et le lundy il fut pris.

Il en partit le dimanche,
Et le lundy il fut pris ;
Rens-toy, rens-toy, roy de France,
Rens-toy donc, car tu es pris.

Rens-toy, rens-toy, roy de France,
Rens-toy donc, car tu es pris,
 » Je ne suis point roy de France,
Vous ne sçavez qui je suis.

Je ne suis point roy de France,
Vous ne sçavez qui je suis ;
Je suis pauvre gentilhomme
Qui s’en va par le païs.

Je suis pauvre gentilhomme
Qui s’en va par le païs ».
Regardèrent à sa casaque,
Avisèrent trois fleurs de lys.

Regardèrent à sa casaque,
Avisèrent trois fleurs de lys.
Regardèrent à son espée :
François ils virent escry.

Regardèrent à son espée :
François ils virent escry.
Ils le prirent, et le menèrent
Droit au château de Madry.

Ils le prirent, et le menèrent
Droit au château de Madry ;
Et le mirent dans une chambre
Qu’on ne voïoit jour ny nuit,

Et le mirent dans une chambre
Qu’on ne voïoit jour ny nuit,
Que par une petite fenestre
Qu’estoit au chevet du liet.

Que par une petite fenestre
Qu’estoit au chevet du liet.
Regardant par la fenestre,
Un courier par là passit.

Regardant par la fenestre,
Un courier par là passit.
Courier qui porte lettre,
Que dit-on du roy à Paris ?

Courier qui porte lettre,
Que dit-on du roy à Paris ?
 » Par ma foy, mon gentilhomme,
On ne sçait s’il est mort ou vif.

Par ma foy, mon gentilhomme,
On ne sçait s’il est mort ou vif.
« Courier qui porte lettre,
Retourne-t-en à Paris.

Courier qui porte lettre,
Retourne-t-en à Paris ;
Et va-t-en dire à ma mère,
Va dire à Montmorency (2).

Et va-t-en dire à ma mère,
Va dire à Montmorency :
Qu’on fasse battre monnoye
Aux quatre coins de Paris.

Qu’on fasse battre monnoye
Aux quatre coins de Paris ;
S’il n’y a de l’or en France,
Qu’on en prenne à Saint-Denis.

S’il n’y a de l’or en France,
Qu’on en prenne à Saint-Denis ;
Que le Dauphin on amène,
Et mon petit fils Henry (3).

Que le Dauphin on amène,
Et mon petit fils Henry ;
Et à mon cousin de Guise (4),
Qu’il vienne icy me requery.

Et à mon cousin de Guise,
Qu’il vienne icy me requery.
Pas plustost dit la parolle,
Que monsieur de Guise arrivy (5).

(1) La Palice, dont il est ici question, était le célèbre Jacques de Chabannes, sieur de La Palice, maréchal de France, tué à la bataille de Pavie, le 24 février 1525. Comme s’il eût prévu la triste fin de cette journée, il avait fait tous ses efforts pour empêcher le roi de livrer le combat.
(2) Le maréchal de Montmorency fut chargé de remettre aux envoyés de Charles-Quint la rançon des enfants de France.
(3) Henri, duc d’Orléans, depuis le roi Henri II.
(4) Claude de Lorraine, premier duc de Guide, cinquième fils de René II, duc de Lorraine.
(5) A la manière brusque dont se termine la chanson, on serait tenté de croire qu’il y manque quelques couplets.

Danse du moyen age

II. Chanson des corporeaux
1562

L’année 1562, date de la composition de cette chanson, vit naître la première guerre civile, provoquée, comme on sait, par le massacre de Vassy, où fut blessé François, duc de Guise. Toute la France prit les armes ; ceux-ci pour les catholiques, ceux-là pour le prince de Condé et les Huguenots. L’auteur de la chanson a voulu ridiculiser cette prise d’armes. Les Huguenots qui comptaient parmi leurs principaux chefs le comte de Grammont, Jean de Rohan et François d’Andelot, s’emparèrent d’abord d’Orléans, de Rouen et de quelque autres villes ; mais bientôt ils perdirent la bataille de Dreux. Les corporeaux étaient de bas officiers ayant sous leurs ordres une escouade de quelques soldats ; de là vient notre mot caporal. Il est difficile, en lisant les exploits grotesques du corporeau de 1562, de ne pas penser à don Quichotte.

Un corporeau fait ses préparatifs
Pour se trouver des derniers à la guerre.
S’il en eût eu, il eût vendu sa terre ;
Mais il vendit une botte d’oignon.
Viragon, vignette sur vignon.

Un coporeau, avant que de partir,
Dévotement feit chanter une messe ;
Et si vous a sainte hardiesse
De n’assaillir jamais que des oysons.
Viragon, vignette sur vignon.

Un coporeau bravement se monta
D’un asne fort qui portoit la poirée,
Et son varlet d’une pecque (1) escrouppée (2),
Pour son sommier (3) il print le poullichon.
Viragon, vignette sur vignon.

Un corpeau greve (4) et cuissots (5) avoit,
Bien façonnez d’une longue citrouille,
Clouez de bois qui jamais ne s’enrouille ;
Un plat d’estain il print pour son plastron.
Viragon, vignette sur vignon.

Un corporeau des gantelets avoit,
Dont l’un étoit fait d’ozier et d’éclisse (6)
Pour l’autre il print une grande écrevisse,
Et meit la main dedans le croupion.
Viragon, vignette sur vignon.

Un coporeau en son escu portoit
Le rouge et le blanc de la sommellerie ;
D’ongles de porc sa lance étoit garnie,
Et sa devise étoit : « Nous enfuirons. »
Viragon, vignette sur vignon.

Un coporeau une arbaleste avoit
D’un viel cerceau d’une pipe (7) rompue,
Sa corde étoit d’estouppe toute écrue,
De bois tortu étoit le vireton.
Viragon, vignette sur vignon.

Un coporeau une harquebuze avoit
D’un franc sureau cueilly de cette année ;
Son casque étoit d’une courge escornée,
Et les boullets (8) de navets de maison.
Viragon, vignette sur vignon.

Un coporeau sa brigandine avoit
De vieux drappeaux et de vieille féraille,
Et si gardoit pour un jour de bataille
Un viel estoc d’un viel fer d’Arragon.
Vigaron, vignette sur vignon.

Un corporeau à la montre (9) s’en va ;
Il a prié monsieur le commissaire
De lui passer sa jument et son haire (10),
Et l’avouer pour vaillant champion.
Viragon, vignette sur vignon.

Un coporeau au trésorier s’en va :
 » Morbieu ! Sangbieu ! puisque le roy me paye,
Despeschez-vous de me bailler ma paye,
Et me conter des escus ou testons. « 
Viragon, vignette sur vignon.

Le trésorier à la bource fouilla,
Et lui a dit : « Corporeau, vaillant homme,
Contentez-vous, tenez, voilà en somme
Qurante francs en méreaux (11) et jettons ».
Viragon, vignette sur vignon.

Un corporeau retourne en sa maison ;
A son retour ses voisins il convie,
Leur dit :  » Voyez, je suis encor en vie ;
Gardé me suis de six coups de canon. « 
Viragon, vignette sur vignon.

Un corporeau à ses voisins compta
Qu’il avoit eu contre un reistre querelle,
Et toutesfois qu’à grands coups de bouteille,
Il l’avoit fait venir à la raison.
Viragon, vignette sur vignon.

Un coporeau à ses amis jura
Ne retourner jamais à la bataille,
Si pour s’armer n’avoit une muraille,
Cent pieds d’espais, et un voulge (12) aussi long.

Un corporeau devant Dieu protesta
Que, pour la peur qu’il avoit de combattre,
Il aimoit mieux chez lui se faire battre,
Que de chercher si loing les horions.
Viragon, vignette sur vignon.

(1) Cheval de rebut
(2) Morveux
(3) Cheval qui porte les bagages
(4) Armure des jambes
(5) Armure des cuisses
(6) Petits bâtons de bois flexibles comme l’osier
(7) Tonneau
(8) Projectiles de plomb qu’on lançait avec la fronde ou l’arc
(9) Parade
(10) Sorte de vêtement grossier
(11) Terme de dérision ; ici méreau signifie les petits cailloux qui servaient à compter
(12) Pique

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L’enfant caché de Philippe Auguste

Posté par francesca7 le 26 septembre 2015

 

 

philippeVers 1208 : Philippe Auguste rencontra une certaine « bourgeoise d’Arras » vers 1205, au lendemain de la mort de son épouse Agnès de Méranie, et à l’époque où les juges ecclésiastiques devaient se prononcer sur sa demande d’annulation de son mariage avec Ingeburge. De cette liaison extraconjugale naquit un fils, vers 1208, que le roi reconnut et prénomma Pierre Charlot, manière de rappeler la constante volonté des Capétiens de devenir empereurs, à l’image de Charlemagne. Élevé à la cour, Pierre Charlot, légitimé par le pape Honoré III, eut pour précepteur le prêtre Guillaume le Breton, qui lui dédia le célèbre et long poème

La Philippide, succession de chants : « Et toi, pour qui mon amour s’accroît à toute heure, en sorte que j’estime qu’il ne m’est pas permis de terminer cet ouvrage sans célébrer encore tes louanges, en qui la noblesse du cœur est la preuve de ton illustre origine, afin qu’il soit bien évident que tu es fils de ton père Philippe, toi, qui bien lavé de toute carie (Carie Lotus : jeu de mots sur Carlotus, Charlot), chéri en toute charité, véritablement digne de porter le surnom de Charlot, et qui, embellissant ton nom propre d’un surnom véridique, justifies l’un et l’autre de ces noms par tes vertus et par ta vie, toi à qui j’ai donné les premiers enseignements de l’enfance, et dont les heureuses dispositions secondent si bien la facile intelligence, que déjà tu pourrais passer pour mon maître, quoique tu sois à peine arrivé à ta quinzième année, Pierre, tends la main à celui qui accourt vers toi, qui se rattache à toi par ses espérances ; accueille son écrit d’un regard favorable, et rends-le tout aussitôt digne d’être lu, à l’aide de la force d’esprit que t’ont donnée la nature et l’étude. »

Pierre Charlot devint trésorier de l’église de Tours dès 1216, puis, en 1240, par dispense de Rome et grâce à l’insistance de son neveu Louis IX (Saint Louis), fils de Louis VIII, fut nommé évêque de Noyon. Il mourut le 9 octobre 1249, sans postérité, dans le naufrage de son navire, sur les côtes de Damiette.

 

Extrait des Petites anecdotes insolites de l’Histoire de France

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Le développement de la voile en France

Posté par francesca7 le 12 mai 2015

 

france-a-la-voileCertains historiens font remonter la pratique de la navigation de plaisance à des dates très anciennes et évoquent les pharaons qui remontaient le Nil sur des galères uniquement conçues pour leur plaisir et leur confort ou, plus récemment, les fêtes nautiques organisées le long des côtes bataves, qui, dès le xviie s., annonçaient nos futures régates. Néanmoins, il est plus réaliste de faire remonter les origines du yachting au début du xixe s., époque à laquelle des sujets de la reine d’Angleterre commencent à se retrouver chaque été pour se confronter à bord de voiliers sur les rives du Solent, bras de mer séparant Plymouth de l’île de Wight, lieu de villégiature préféré de la haute société londonienne. En effet, si le plus ancien yacht-club du monde est créé en 1720 à Cork, sur la côte sud de l’Irlande, son existence éphémère incite plutôt à retenir, comme date de naissance du sport de voile, l’année 1810, où d’anciens officiers de la « Royale » britannique se réunissent en club pour passer le temps en bonne compagnie et éventuellement organiser des courses de yachts. C’est ainsi que naît le Royal Yacht Squadron.

En France, c’est en 1844 qu’est créé le premier yacht-club, la Société des régates du Havre. Mais c’est plus en amont sur la Seine que la régate prendra véritablement son essor, avec le Cercle de la voile de Paris (C.V.P.). Le C.V.P. se développe à partir de 1855 grâce à l’arrivée d’un nouveau type de voilier, le « clipper d’Argenteuil ». Les peintres impressionnistes (et parmi eux notamment Gustave Caillebotte) illustreront cet engouement pour la voile et feront partie du petit monde d’écrivains, d’artistes et de joyeux dilettantes qui s’en va naviguer sur la Seine à Chatou ou à Melun.

La première page de l’histoire de la voile française reste très ludique et bien peu « salée » jusqu’à la fin du xixe s. Ce n’est en effet qu’en 1882 que trois voiliers du C.V.P. entreprendront la traversée de la Manche pour aller observer le yachting britannique, à l’époque le plus développé du monde, dans ce qui est rapidement devenu son berceau historique : Cowes, ville située sur la côte nord de l’île de Wight. Au xixe s., le yachting reste une activité essentiellement anglo-saxonne. Si, outre-Manche, les yacht-clubs sont très aristocratiques, outre-Atlantique, ils rassemblent, à l’instar du New York Yacht Club créé en 1844, tout ce que le nouveau continent fait de mieux en termes d’entrepreneurs et d’industriels plus ou moins autodidactes et dotés de puissants moyens financiers. En 1850, ceux-ci sont informés de la préparation d’une grande manifestation anglaise, le Prince Albert’s Great Exhibition, dont l’un des organisateurs est John Scott Russell, célèbre architecte écossais, spécialiste de yachts. L’un des fondateurs du New York Yacht Club, John Cox Stevens, décide les membres de son club à créer un syndicat qui se charge de construire une goélette pour aller représenter les couleurs de l’industrie navale américaine. Georges Steers dessine la goélette America, qui met le cap sur les îles Britanniques en 1851 pour se confronter aux meilleurs yachts européens. Mais le commodore du Royal Yacht Squadron et ses adjoints utilisent les prétextes les plus fallacieux pour interdire le plan d’eau du Solent à l’America, qui n’est pas autorisée à concourir dans les grandes classiques de l’été. Les Américains lancent alors un défi par voie de presse, obligeant les yachts britanniques à relever le gant. Une course est donc organisée, dont le parcours consiste en un tour de l’île de Wight, que la goélette américaine mène d’un bout à l’autre devant le gotha du yachting britannique réuni là pour assister à ce qui devait être son triomphe et qui tourne à l’humiliation. La coupe de cent guinées rapidement commandée à un orfèvre londonien pour marquer l’événement part donc orner la vitrine aux trophées du yacht-club américain. La Coupe de l’America est ainsi le plus vieux trophée sportif, toutes disciplines confondues, qui soit encore mis en jeu.

Régater entre les bouées ou répondre à l’appel du large ?

Alors que la régate prend son essor, la voile va initier un autre type de vocation : l’aventure. Quelques milliardaires en mal d’exotisme se font construire de somptueux yachts comme le Sunbeam de la famille Brassey, qui fait le tour du monde en compagnie des 35 marins nécessaires à la manœuvre et à l’entretien de cette goélette. L’histoire de la voile va être marquée par le fabuleux exploit de Joshua Slocum, qui mènera tout seul son Spray autour du monde, entre 1895 et 1898. Un homme seul dans un voilier de 11,20 m de long seulement, comment est-ce possible ? Les exceptionnelles qualités nautiques de ce voilier, l’endurance du marin américain sont les réponses expliquant cet exploit. Il va susciter bien des vocations et, à l’aube du xxe s., de nombreux marins appareilleront pour la grande aventure. Parmi eux on trouve des figures étonnantes, des Anglo-Saxons pour l’essentiel comme le capitaine Voss ou Harry Pidgeon. Le premier Français à tenter l’aventure autour du monde sera Alain Gerbaut qui traversera l’Atlantique en 1923 et poursuivra son périple vers l’ouest pour ne rentrer en France qu’en 1929.

La première course au large est créée en 1906, ralliant Newport (Rhode Island) aux Bermudes. Cette compétition réunit les meilleurs voiliers de course américains. Les Britanniques ne peuvent pas rester en retrait et, en 1925, ils créent à la fois l’organisme qui régit les règles de la course au large, le Royal Ocean Racing Club (RORC) et ce qui va devenir la plus célèbre « classique » européenne : le Fastnet, du nom du phare qu’il faut aller virer, à l’occasion de cette compétition, au sud-ouest de l’Irlande. Cette course a lieu tous les deux ans. Son édition 1979 reste la course la plus meurtrière de l’histoire du yachting, avec 19 morts.

Le développement de la voile en France et dans le monde

téléchargement (3)En France, après l’époque des « régatiers en eau douce », le yachting se développe doucement. Les membres de la Société des Régates du Havre mettent au point un petit bateau de course : le « 10 m2 du Havre » et quelques membres des classes aisées, inspirés par leurs voisins d’outre-Manche font des ronds dans l’eau devant Dinard. Il faudra attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que la voile française connaisse une première impulsion grâce à Virginie Hériot, riche héritière des Magasins du Louvre. Elle fait construire une série de voiliers et participe aux compétitions internationales, et notamment aux jeux Olympiques de 1928 qu’elle remporte à bord d’Aile VI, à Sixhaven, non loin d’Amsterdam. Outre sa passion pour la régate, Virginie Hériot fait acte de profession de foi en naviguant. Elle organise de nombreuses conférences pour promouvoir son sport et s’attache à faire construire ses bateaux en France pour développer l’industrie nautique nationale. Entre deux régates, elle passe le plus clair de son temps à voyager à bord de sa superbe goélette, Ailée (remplacée bientôt par Ailée II). Malgré cette médaille d’or, il est vrai remportée par une femme dans un milieu de la voile très masculin (il tend à l’être moins de nos jours, et la voile est d’ailleurs un des rares sports avec l’équitation à être vraiment mixte), il faut attendre l’après-guerre pour que le yachting se développe à grande échelle en France et en Europe. Une fois les hostilités terminées, les Anglais reprennent l’organisation de la Semaine de Cowes, du Tour de l’île de Wight et de la course du Fastnet. C’est encore en Angleterre que, dans les années 1950, les yachtmen dignes de ce nom se doivent d’aller courir. Le RORC édicte les règles de course et seuls quelques Français fortunés viennent se frotter aux Anglais. Une exception toutefois parmi cette riche flottille de course : un yacht désuet, à peine restauré, d’aspect presque miteux, s’aligne aux départs donnés au large de Cowes en 1961 et en 1962. À la barre de ce Pen Duick, se trouve un certain Éric Tabarly. Dans son sillage, quelques skippers se tailleront une réputation comme André Viant qui remportera, deux années de suite, le titre de champion du RORC classe 3, en 1967 et en 1968, à bord de son Esprit de Rueil.

En 1960, les Anglais, sous l’impulsion de Blondie Hasler, organisent la première course transatlantique en solitaire : Plymouth-Newport. Cette première édition est remportée par sir Francis Chichester, le marin anglais alors le plus connu. Sans aucun doute, son exploit est-il largement commenté sur les quais de Cowes les deux étés où Éric Tabarly y mène son vieux Pen Duick. L’esprit inventif du marin français se met en branle quand il apprend que la deuxième édition de l’Ostar se déroulera en juin 1964. Il est convaincu qu’un bateau léger a besoin de moins de surface de voilure pour aller vite. C’est ainsi que naît Pen Duick II, un monocoque en contreplaqué, une révolution à l’époque quand on envisage de traverser l’Atlantique. Éric Tabarly remporte haut la main cette course ralliant Plymouth à Newport, en 27 jours et devançant de trois jours le second, Chichester. Son exemple va fasciner les navigateurs français qui, de plus en plus nombreux au fil des éditions, se présentent dans le bassin de Mill Bay Dock, à Plymouth.

images (6)L’esprit de cette transat est simple : un bateau, un homme, l’Atlantique. Pas d’autre règle, pas de jauge… on se situe aux antipodes de la course au large en équipage version RORC qui pourtant, dans les années 1960 et 1970, connaît aussi un formidable développement.

En effet, en 1957, l’Angleterre, toujours elle, a créé la première Admiral’s Cup, coupe attribuée après plusieurs épreuves courues dans la Manche (dont le Fastnet) et quelques régates très tactiques dans le bras de mer qui sépare l’île de Wight à l’Angleterre, le Solent. Organisée une année sur deux, l’Admiral’s Cup devient rapidement une sorte de championnat du monde de course au large par équipes (chaque nation doit aligner trois voiliers) et en équipage. Certains voiliers français y réalisent des coups d’éclats formidables comme Éric Tabarly qui, à bord du Pen Duick III, remporte en 1967 toutes les courses du RORC auxquelles il participe, et notamment le Fastnet qu’il survole. Mais il faut attendre 1991 pour que la France remporte, pour la première et seule fois de l’histoire, l’Admiral’s Cup. C’est l’équipe des « Corum-boys » menée par le tandem Pierre Mas-Bertrand Pacé qui signe cette victoire.

 

À la fin des années 1960, la voile commence à se structurer avec des épreuves solitaires, des courses en équipage… mais aussi des séries olympiques très dynamiques comme le Flying Dutchman à bord duquel les frères Marc et Yves Pajot remporteront une médaille d’argent aux jeux Olympiques de 1972, année où Serge Maury obtiendra l’or dans la série solitaire du Finn.

Notre providentiel marin français, Éric Tabarly, ne peut être sur tous les fronts et il faudra attendre le baron Bich, en 1970, pour que le défi de la Coupe America soit relevé par des Français. Dans cet univers exclusivement anglo-saxon, le baron voit une opportunité formidable pour percer le marché américain avec ses stylos à bille (les fameux Bics). Le yachting comme outil de marketing est une idée qui va faire son chemin et devenir une réalité incontournable. Marcel Bich va relever quatre défis en 1970, 1974, 1977 et 1980. Malgré ses échecs successifs, il est le premier Français à avoir eu la volonté de s’immiscer dans cette compétition réunissant le summum de la technologique nautique, de l’art de la régate et de l’effort sportif. Il a offert à certains talents l’occasion de s’épanouir, comme par exemple Bruno Troublé, barreur des derniers défis du baron, aujourd’hui grand organisateur de la Coupe Louis Vuitton, qui permet de sélectionner le meilleur challenger de la Coupe de l’America.

Les Français occupent actuellement le haut du tableau de la plupart des courses au large en solitaire mais ont néanmoins plus de difficultés à maintenir cette domination dans les épreuves en équipage, comme l’ex-Withbread, et ne sont pas en mesure d’inquiéter les Américains ou les Néo-Zélandais dans les compétitions où le collectif prime comme l’Admiral’s Cup ou la Coupe de l’America.

Source Encyclopédique

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Un patrimoine à Montréal-la-Cluse

Posté par francesca7 le 10 mai 2015

(Ain)

 

imagesUN PEU D’HISTOIRE
L’histoire de Montréal-la-cluse commence à Senoches où existait au nord du bief du Landeyron un village celtique.
Ensuite s’installa à Orindis, au sud de ce même bief, un vicus gallo-romain. Orindis fut probablement détruit par l’invasion burgonde.

Après la destruction d’Orindis, un habitat se développa autour de l’église de Senoches édifiée sur une structure plus ancienne. Il est fait mention de cette bourgade dès 855 dans un acte de l’empereur Lothaire et en 1145 dans une bulle du pape Eugène III.

Montréal est né de la volonté des sires de Thoire : en 1170, Humbert par son mariage avec Alix de Coligny reçut Brion et Senoches, puis Étienne II construisit vers 1244-1248, sur un roc escarpé, au nord du château de Brion qui existait déjà, un château qu’il appela Montréal (Mons Régalis). 
Il fit appel aux gens de Senoches pour le construire, puis par la suite, pour édifier une enceinte au bas des rochers. Il leur accorda alors des franchises en avril 1287. En 1294, Montréal possédait déjà une école de formation de clercs. Il n’y eut bientôt plus qu’un seul curé pour les paroisses de Montréal et Senoches, et, dès le XVIe siècle, ne subsistait de cette dernière que sa petite église oubliée.

Après deux siècles de luttes parfois sanglantes avec les prieurs de Nantua, les sires de Thoire et Villars, en la personne de Humbert VII, vendirent leurs terres de montagne au Comte de Savoie AmédéeVIII.
Le 13 septembre 1414 un des officiers du comte de Savoie s’installa au château : des travaux de fortification firent de cette place « la ville capitale des possessions de montagne » des comtes puis ducs de Savoie.

Le 2 novembre 1523, Montréal fut vendu à Laurent de Gorrevod, Comte de Pont de Vaux. Une clause de rachat, immédiatmement appliquée, ramena la ville forte aux mains de CharlesIII, Duc de Savoie, qui la vendit et l’inféoda, le 1er septembre 1529, à messire de la Chambre, Baron de Meximieux.

En avril 1566, la terre de Montréal fut rachetée par Louis Odinet, Baron de Montfort qui n’en prit possession qu’en 1571, après avoir remboursé le montant de sa dette, aux héritiers de Louis de la Chambre. Montréal depuis le 22 juillet 1570 avait rang de Comté ; Louis Odinet le légua à son neveu Georges de Mouxi, seigneur de Saint Paul, qui le laissa à sa fille Gasparde.

Le château féodal fut détruit en 1602, puis reconstruit pour faire face à la guerre des Comtois et définitivement abattu en 1635.

Entre 1622 et 1720, à la suite de mariages et d’héritages, le Comté appartint à Louis de la Chambre de Seyssel, Marquis d’Aix, époux de Gasparde, puis à ses descendants. En 1720 il est vendu à Bernard de Budé; en 1757, les héritiers de celui-ci le cédèrent à Charles Joseph de Douglas, seigneur de Mépillat, Chiloup et Hautepierre ; son neveu Archambaud fut le dernier seigneur Comte de Montréal.
Montréal gardait cependant ses attributions judiciaires sur Bellignat, Giriat, Groissiat, Oyonnax, Peyriat, Saint-Martin-du-Fresne, Condamine-La-Doye, Martignat, Nerciat, Alex, Evron, Charbillat et pour moitié sur Volognat, Chevillard, Le Balmay. 
Les condamnés étaient pendus aux fourches de Port, quant aux hérétiques ils étaient brûlés au mollard de Mottant.

Des halles, restaurées au XIVe siècle.comme le prouvent des lettres patentes d’Humbert VII de Thoire et Villars du 26 octobre 1384, attestent que, très tôt, cette cité eut une grande activité ; situées à l’angle des chemin de la Halle et de la rue de la Ville, elles ont disparu dans l’incendie de 1779 qui détruisit le tiers de la vieille ville.

téléchargementOn se préoccupait constamment de l’amélioration des voies de communication et jusqu’à la Révolution la grande levée en terrassement, qui traverse le Couloux, fut un lieu de corvée pour tous les habitants de la communauté. Ceux-ci s’en plaignaient encore dans les cahiers de doléances.
Montréal fut aussi un centre administratif important : au XVIIe et XVIIIe siècles, la famille Delilia fournissait à chaque génération les châtelains notaires, les juges et les avocats au Comté.

Dès le milieu du XVIIe siècle la vie économique devient plus intense et évolue rapidement. Au Martinet une grande roue à aube, installée par Charles Joseph Douglas, actionne des marteaux qui façonnent le métal, fabriquent des clous et des tiges ; cette activité prend fin avant la Révolution. Le travail du bois a déjà pris le relais.

La plus ancienne scie du pays « la scie de montréal » était située à l’entrée du moulin Montange, près du château dont elle dépendait.
Au moment de la Révolution, la scierie du Martinet, au bord de l’Ange sur la route d’Oyonnax, traitait l’autre moitié des bois de la commune. Totalement détruite, y compris la maison du scieur, par un incendie le 13 fructifor an III (31 août 1795) elle fut reconstruite par Louis Archambaud Douglas.
Le travail du bois garda une grande importance dans la commune : plusieurs scieries virent le jour entre 1870 et 1917; à La Cluse la dernière a disparu en 1988, celle du Martinet cessera bientôt son activité.

Dès 1846, le travail de la soie occupe près de 100 métiers. En 1859, le conseil municipal constate, que plus de la moitié des habitants de la commune travaillent ou dépendent du travail de la soie. Mais dès 1861, il déplore « la stagnation qui règne dans les affaires industrielles et surtout dans la soierie ».
En 1863 à La Cluse, une usine de tissage de la soie est organisée sur le modèle de Jujurieux, grâce à l’arrivée de trois sœurs contremaîtresses de la congrégation de Saint Joseph : 72 jeunes filles y travaillent et vivent en internat.
En parlant de La Cluse, A. Cartel écrit dans le Courrier de l’Ain du 20 janvier 1870: « c’est partout un cliquetis de métiers de soierie des plus assourdissants. Pas une maison qui ne soit remplie de métiers à tisser ; pas une personne qui n’ait un emploi dans cette industrie que semble avoir établi là son quartier général. Cinq représentants des principales maisons de Lyon y ont leur centre d’affaires. Des constructeurs de métiers, des tourneurs, des mécaniciens y sont constamment occupés ».
A la veille de 1914, il ne restait qu’une usine de soierie en activité et deux succursales d’ateliers lyonnais. A la place, s’installa et se développa le travail du plastique.
images (1)
L’agriculture, autrefois essentielle se maintint longtemps : en 1914 Montréal compte encore 70 exploitations, mais disparurent bientôt, d’abord les foires, puis les agriculteurs eux-mêmes; il n’en reste plus que deux aujourd’hui.

La vie quotidienne s’améliora régulièrement : création d’un nouveau captage public des eaux. Les travaux débutèrent en 1860 (conducteur de travaux E. Lardière) pour permettre l’arrivée et la répartition de l’eau en grande quantité dans les fontaines du bourg.
Puis un bureau de téléphone fut installé en 1906 dans l’ancienne mairie et en 1907 une recette de poste auxiliaire.

 

LA QUALITÉ DE VIE
Située à 6 kilomètres de Nantua, sur l’axe Lyon-Genève, Montréal-La-Cluse, s’étend sur 1 282 ha 19 a.

La commune de Montréal comprenait plusieurs hameaux dont, La Cluse était le principal : carrefour ferroviaire et routier, à la fin du XIXe siècle, La Cluse prit de l’importance. A partir de 1960, la construction des lotissements de La Plaine et de l’Ange fit de Montréal et de La Cluse une seule agglomération. En conséquence, à partir du 1er janvier 1980, le nom officiel de la commune devint Montréal-La-Cluse.

Graphies anciennes : De Monte Régali 1280, Apud Montem Regalem 1299, Curatus de Montréal et de Sénoches 1325, In Burgo Montis Régalis 1347, Le baillage de Montréal 1650, la Châtellenie de Montréal XVIIIe siècle, Delilia de Croze 1789.
Les habitants sont appelés les Montréalais.

L’agglomération s’allonge, depuis les bords du lac de Nantua, dans une plaine qui, de Saint-Martin-du-Fresne, s’étend vers le nord, entre les montagnes du Don et de l’Antessard. Sa vaste forêt se développe sur le plateau en arrière du « Don », jusqu’à Apremont, avec un dénivelé de 900 à 1000 m.

Le Lange (ou l’Ange) descendu d’Apremont par Oyonnax, Bellignat et Martignat coule en un lit sinueux ombragé de saules. Il porte ses eaux à l’Oignin après un parcours de 4km sur le territoire de la commune. Il reçoit à gauche quelques torrents : le plus important est le Landeron (ou Landeyron) qui coule dans une gorge profonde après avoir recueilli les eaux depuis la Latte et la Tour. A sa limite méridionale, la commune confine au lac de Nantua et au Bras du Lac qui conduit ses eaux à l’Oignin.

Les hameaux s’égrènent le long du grand S que forme la route Lyon-Saint-Claude :
– La Cluse, au carrefour des nationales, altitude 476m;
– Le Landeyron, à la rencontre de la route nationale et du vallon du bief du Landeyron;
– Le Grand Pont et la mairie, situés au bord de l’Ange, à la jonction de la nationale et de la route montant au vieux Montréal :
– Les Narix, nouveau quartier à l’extrémité d’un branchement quittant la nationale à droite, peu après la sortie du Grand Pont ;
– Le Martinet, situé dans « les étroitures » de la vallée de l’Ange, à l’extrémité nord de la commune;
– Sur le pic situé à l’est et en avant de l’Antessard, fut construite aux environs de 1245, la première forteresse des Sires de Thoire et Villars, baptisée « Mons Régalis » (Mont Royal) ; ce puissant seigneur créa la « Ville » de Montréal au pied de son château.
Sur l’axe routier et ferroviaire, La Cluse-Bourg par le col du Berthiand sont situées :
– la Prairie, autour d’un ancien moulin jouxtant les deux ponts sur l’Ange.
– puis la nouvelle zone industrielle du Musinet, extrémité sud-ouest de la commune.

 

LES LOISIRS
Un intense réseau associatif offre de nombreuses possibilités. Nous citerons : le football (320 licenciés) – les boules (avec un boulodrome couvert et chauffé) – le tir à l’arc – la gymnastique – la lutte – le yoga – le tennis de table – le tennis – le twirling – la chasse – le Budo (école d’arts martiaux) – la batterie fanfare – le club de l’âge d’or – les pompiers – la sté Mogad’art (promotion de l’art) – la bibliothèque – la sté d’éducation populaire – le sou des écoles. Les pistes de ski de fond sont à 10 kms. Importantes possibilités de randonnées. Zone industrielle

ÉDUCATION
– 1 collège 720 élèves
– 1 école primaire 350 élèves
– 2 écoles maternelles 200 élèves accueillis dès 2 ans
– 1 restaurant scolaire

PERSONNES ÂGÉES
– rencontres hebdomadaires
– portage de repas à domicile

L’ÉCONOMIE
Particulièrement bien placé : échangeur autoroutier A404 – A40, en bordure de zone industrielle (à 30 minutes aéroport ST EXUPERY LYON SATOLAS).

La vie artisanale, commerciale et industrielle est particulièrement intense et encouragée par la Commune. Environ 1200 emplois existent à MONTREAL LA CLUSE et une zone industrielle de 18 hectares sera prochainement disponible à la vente, avec possibilité de petites, moyennes ou grandes surfaces.

Contact : MAIRIE de MONTREAL LA CLUSE 04 74 76 08 88

VISITER LE SITE 
www.montreal-lacluse.fr

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Sous le Dolmen

Posté par francesca7 le 20 décembre 2014

par Kamiko

images (2)voilà bien longtemps que je n’étais pas revenu en ces terres battues par les vents aux parfums d’embruns salés, hurlant parfois d’étranges messages aux oreilles de celles et ceux qui savent les entendre. Bois humides et moussus au parterre de feuilles mortes en décomposition parsèment un paysage par ailleurs plat, ou peu s’en faut, aux herbes rases et aux fleurs courbées. La première vision que j’ai de mon pays aimé, alors qu’impatiemment je m’en rapproche, est une falaise démesurée, aux rochers agrippés à l’escarpement comme des doigts désespérés, sur laquelle d’immenses vagues se jettent, aveugles au choc rude qui les éparpillent en des dizaines de gouttelettes, explosant en une gerbe de poussière d’eau blanche et odorante qui se collent à mon visage et à mes vêtements. Malgré cela chaque ressac s’acharne à s’écraser sur ces rochers, inlassablement, rongeant peu à peu la surface de la terre, grignotant imperceptiblement les pierres mouillées. Combat éternel entre ces deux éléments, dont l’arbitre imperturbable trône dans les nuages lourds et gris formant un couvercle clos à cet endroit magique. On dit qu’il pleut tout le temps par ici. C’est faux. Pas tout le temps. Mais il est vrai que le ciel de plomb y est souvent de mise. 

Avec précaution, je débarque au port, laissant mes pas me guider au travers des rues étroites et encombrées du village de pêcheurs dans lequel j’ai atterri. A peine sur le quai, je suis assailli par les voix criardes des hommes et des femmes rentrant de leur virée sur l’immensité azur de l’océan ou hélant le passant afin de récolter quelques pièces en vendant, au marché, le fruit de leur pêche. C’est avec un petit sourire de tendresse que je reste un instant perdu devant ce paysage unique de bateaux colorés ondulant lentement sur les eaux, au gré des vagues douces et rondes, bercé par le cri lointain des goélands, dominé par le clocher de l’incontournable église, bâtiment bien plus haut que les autres, majestueux diront certains, où les croyants se pressent comme des coquillages sur un rocher.  

Je ne suis pas de ceux-là. Du moins, pas de ceux qui croient en cet être qu’ils nomment Dieu. S’il existait un Dieu unique et miséricordieux, voilà longtemps qu’il m’aurait accordé le repos. Je crois plutôt que les anciens avaient raison. J’ai une autre croyance profondément ancrée en moi. Un credo ancestral, bien antérieur au nazaréen. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas l’important. Je me suis démené toutes ces années pour retrouver un souvenir, lui remettre la main dessus. Un souvenir qui m’a fait fuir d’ici, me lançant à sa poursuite un jour d’août. Cependant, aujourd’hui, je ne le cherche plus, j’ai usé toute mon énergie dans ce but chimérique et je n’en ai plus. Je viens me ressourcer. C’était il y a longtemps maintenant, je parcourais la lande encore verte et fleurie, sautillant joyeusement, chantant à voix haute pour repousser les esprits malins qui ne manquaient pas d’errer, disait-on, sur ces terres. Je revenais du marché avec, à mon côté, une bouteille d’hydromel que j’avais achetée fort cher et que j’avais entamée plus que de raison afin de fêter la nouvelle vie qui s’offrait à moi. J’étais jeune homme alors, insouciant et rêveur, souhaitant parcourir le monde, découvrir de nouvelles villes, de nouveaux peuples. Je rêvais d’aventures et de rhum, de soleil et de liberté. J’avais profité de ce jour où tout les villages alentour se réunissaient pour les marchés, pour trouver un capitaine qui fût susceptible de m’emmener loin de cette vie paysanne que je pensais miséreuse. A force de demandes et d’interrogations, un navire du Roy me prit à son bord. Il était en partance pour les Indes mystérieuses et lointaines. J’avais deux jours devant moi. Le temps de rentrer prévenir mes parents et mes frères de mon départ, de préparer quelques affaires et ce serait le grand saut ! 

Quelle hâte irrépressible envahissait mon coeur, quelle impatience envahissante de découvrir de nouveaux mondes ! Tant et si bien que je ne remarquais pas un petit être assis sur un rocher, perdu dans ses pensées, fumant la pipe dont il tirait de longues bouffées, recrachant une fumée opaque à la texture du brouillard. Je marchais sur lui sans le vouloir. J’en fut  déséquilibré et roulais dans l’herbe, le poussant, le heurtant, l’embarquant bien malgré moi dans une acrobatie miséreuse et douloureuse. J’étais énervé d’avoir été tiré de ma rêverie et m’adressai à lui, énervé, en frottant mes vêtements maculés de terre fraîche et d’herbe grasse. Je n’avais pas si mal que ça, l’alcool aidant. – Ne peux tu pas faire attention, petit homme ? On n’a pas idée de s’asseoir en plein milieu du chemin ! 

Le petit être se releva à ma suite, nettoyant ses vêtements colorés et ramassant sa pipe qui s’était brisée dans la chute. Il posait alternativement son regard sur le manche et sur le foyer, maintenant séparés de cet objet qu’il devait affectionner particulièrement. J’eus le temps de le détailler à cet instant. Notamment ses frusques. Elles étaient totalement dépareillées, de couleur vives et voyantes, lui donnant un air étrange et surnaturel. Sa barbe blanche poussant comme du genêt tombait jusqu’à son ventre rebondi et ses oreilles pointues dardaient dans tous les sens semblant douées d’une vie propre. Il ramassa ensuite son chapeau haut de forme cabossé et d’un coup sec à l’intérieur, le remit d’aplomb. En tout et pour tout, il devait mesurer une soixantaine de centimètres. Mon sang se glaça dans mes veines lorsque je le reconnus, sinon lui, du moins son espèce. Je venais de renverser un représentant du petit peuple ! On parlait d’eux le dimanche à l’église comme étant les suppôts du Diable, des séides du démon. Seuls quelques originaux dont le vieux Fanch qui vivait à l’orée du bois du Nevet les craignaient. Fanch m’avait souvent parlé d’anciennes légendes concernant ces êtres dont il disait qu’il était nécessaire de les respecter, non de les fustiger et j’étais enclin à le croire lui, plutôt que d’autres grenouilles de bénitier qui les voyaient comme de vilains personnages. Cependant, je savais que je venais de m’attirer son courroux par mon imprudence, mais surtout par mes paroles désastreuses et malpolies. 

- C’est ainsi que tu prends les choses, Guillaume ?

images (3)Le ton employé était froid. Sa voix ressemblait à une cascade de cailloux dévalant une pente. Il connaissait mon nom et ce n’était pas bon signe. Une odeur forte de terreau qu’il devait  exhaler fut soudain perceptible, malgré mon état d’ébriété. Je tentais d’arrondir les angles, usant de mes mains ouvertes pour montrer mon embarras. – Je suis désolé, petit être ! Je n’avais pas vu qu’il s’agissait de toi. Je pensais qu’un gamin se jouait de moi. Crois moi, j’en suis navré. Prends cet hydromel pour excuse, je t’en fais cadeau. 

Il réfléchissait. Le vieux Fanch m’avait dit que les êtres fées étaient facétieux. Il devait réfléchir à un mauvais coup à me faire subir. Enfin, il approcha d’une démarche gauche vers moi, dodelinant comme un animal peu sûr de lui. Je me pliai puis m’assis afin de me mettre à sa hauteur du mieux que je le pouvais. Il tendit sa main ouverte. Je m’empressais de lui donner la bouteille que je ramassais et qu’il leva sans effort. Il but une gorgée puis me rendit mon bien. – Merci de ton geste Guillaume. J’avais grand soif ! 

Pendant un instant je crus m’en être tiré à bon compte.

- Ne crois cependant pas t’en tirer de la sorte. Tu es inconscient et comme tous les jeunes gens de ton âge, irrespectueux et

ivrogne à tes heures ! Viens t’excuser chez moi et tu seras pardonné totalement. Devant le seuil de ma maison j’ai le pouvoir de te pardonner. 

- Qu’est ce à dire ? demandai-je.

Je ne voyais pas vraiment comment trouver sa maison. – A toi de la chercher. C’est simple et voici un indice qui te guidera jusqu’à moi. Les cieux l’ouvrent et la terre l’accepte. Elle est posée comme une assiette à l’endroit le plus beau de la Terre.

- Ca ne veut rien dire ! rétorquai-je.

- Oh que si, Guillaume ! D’ici là tu auras longue vie ! 

Son sourire était énigmatique. Il y eut soudain une forte bourrasque, charriant de la poussière, me forçant à mettre mes bras devant mes yeux afin d’éviter d’être aveuglé. Lorsque je regardai ensuite sur le chemin, il avait disparu. Emporté par le vent ou vision ? Je ne savais pas à quoi m’en tenir. La chaleur de l’alcool aurait aussi bien pu me causer illusion ! Je restai interdit un moment, rassemblant mes esprits et mes souvenirs qui déjà, se faisaient plus diffus, puis repris mon chemin, ne pensant plus à cette aventure dans les mois qui suivirent. Je partis alors sur les mers, voguant de par le monde, découvrant des richesses qui feraient pâlir d’envie les rois, j’admirais des beautés qu’envieraient toutes les dames de la cour, explorant des contrées si étranges, que l’imagination peinerait à les concevoir, palabrant avec des hommes et des femmes si différents que ma vie d’avant parût fade et triste. 

Les années passèrent, inlassablement. Mais je ne changeais pas. Pas une ride, pas une tâche qui, communément,

parsemaient la peau des mains des personnes âgées. Tant et si bien qu’un jour, accusé de sorcellerie, je fut mis aux arrêts dans la cale, attendant notre retour au pays pour, certainement, périr au bûcher. Signe de Dieu, je le crus, mais plus probablement aide des sylphes de l’air et des ondines de l’eau, une tempête providentielle me permit d’échapper à la vigilance de mes geôliers. Le naufrage du navire sur lequel je voguais me permit ensuite d’échapper à une mort certaine. Je m’accrochai à un bout de bois, résidu du mat de la goélette. La tempête semblait s’acharner à tout va, mais elle m’épargnait étrangement. Je survécus. 

Je me souvins alors des paroles du petit être. Je devais trouver sa maison au plus vite !

Je parcourus à nouveau le monde, une fois rentré à bon port, cherchant dans tous les lieux connus et inconnus l’endroit le plus «beau de la terre» qui, selon les dires mêmes du lutin, me verrait trouver l’entrée de son domaine. Aux Indes paradisiaques, aux Amériques immenses, au coeur de l’Afrique étrange, dans les confins nordiques où la glace et le froid règnent sans partage et en Asie mystérieuse et envoûtante, je cherchais. Les années  passèrent, par dizaines puis centaines, sans que je ne puisse trouver ce qu’en vain je convoitais. J’eus nombre de femmes, mais pas d’enfants. Je quittais à regret mes promises, au bout de quelques temps, de peur qu’elles ne découvrent mon secret et ne me dénoncent aux autorités successives dont j’ai connu les régimes. Que de peine à chaque fois, que de déchirement, que de larmes versées sur mon immortalité. Combien de fois me suis-je senti si bien en compagnie d’une dame dont la beauté divine m’aurait fait tout oublier, s’il n’y avait eu cette malédiction pesante, planant sur ma tête comme un nuage noir, annonciateur de malheur. J’ai pleuré des litres d’eau salée, brûlé plusieurs fois ma peau au four du soleil, tenté par trois fois de mettre fin à mes jours, mais rien n’y faisait. J’étais toujours là, bon pied, bon oeil. 

J’appris énormément de mes errances. Je compris notamment que je n’aurais jamais dû partir de chez moi. Que le seul  véritable bonheur que j’avais ressenti, c’était sur ces terres battues par les vents et inondées par les légendes. Après avoir parcouru la totalité du monde des hommes, j’avais besoin de revenir chez moi. Dans la contrée qui m’avait vu naître, quelques siècles auparavant. Les années disparurent, envolées comme des feuilles d’automne. Jusqu’à aujourd’hui. 

Je quitte le village côtier et m’enfonce dans les terres. Que de changements ici ! Que de mouvement ! Des voitures circulent maintenant de partout, les routes de bitume ayant remplacé les sentiers, de grandes villes se dressant aujourd’hui là où, jadis, ne se trouvaient que quelques cabanes de planches moisies. Je passe dans des champs, fais signe aux agriculteurs, circule dans les bois serrés de mon enfance, contemple les écureuils sur les branches, avance un peu au hasard, redécouvrant la terre de mes ancêtres. Je me demande si les descendants de mes frères vivent encore de nos jours ?

Quand bien même, qu’irais-je leur dire ? 

Une nuit passe, puis une autre. J’erre sans fin et sans but, m’enivrant simplement du parfum de la terre, de la couleur des cieux, de la douceur des embruns. Puis soudain, le troisième soir, alors que je m’enfonce un peu plus profond dans la lande, entre les nouvelles maisons et les anciens villages, j’aperçois un dolmen. Trois pierres grises et moussues dressées et gravées de signes inconnus, formant un triangle sur lequel repose une assiette de roche plate. Une assiette posée en plein milieu d’un champ, épargnée par la civilisation. Ce mégalithe aurait pu être là depuis la nuit des temps. Il l’était peut-être, d’ailleurs. Au dessus de lui, dans les cieux chargés, perçant les nuages, un rayon de soleil couchant, rosé et brillant vient frapper cet édifice millénaire et auguste, indiquant comme un doigt tendu, l’emplacement de ce qu’en vain, j’ai cherché de par le monde. Fumant la pipe sous le dolmen, le petit être me regardait, malicieux. Je tombai à genoux devant lui. -Tout ce temps j’ai cherché, tout ce temps j’ai erré, alors que tu étais à ma portée ? 

images (4)Il rit et le son éraillé qui sort de sa petite gorge fait trembler les poils de sa barbe.

- Oui, Guillaume. Mais qu’à cela ne tienne ! Tu es ici aujourd’hui !Ta malédiction est maintenant levée. Vis ta vie comme tu le dois, respecte nous dorénavant et sois bon avec les tiens. Tu vivras une vie d’homme. 

Je tombe au sol et je pleure. Tout ce que je n’avais pas encore pleuré sort finalement et maintenant de mes yeux rougis. La nuit durant je me vide de mes larmes sous le regard de la pleine lune aimante et souriante. Tous ces siècles d’errance prenaient fin. Toutes ces épreuves s’achevaient enfin. J’avais grandi, j’avais vieilli, j’avais mûri mais il me manquait toujours quelque chose. Une parcelle de mon être que je venais de retrouver, enfin. Ce n’est que le lendemain matin, aux premières lueurs de l’aube, que je reprends ma route. Le lutin a disparu. L’ai-je seulement vu ? 

Je ne vais pas loin cette fois ci. Je vais m’installer ici, c’est dit. Acheter ce terrain où repose ce dolmen, afin que pour toujours, il reste protégé de la folie des hommes. Le plus beau des terrains. Le plus bel endroit au monde. Je comprends maintenant.

 

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Histoire en Morbihan

Posté par francesca7 le 22 novembre 2014

 

440px-1852_Levasseur_Map_of_the_Department_Du_Morbihan,_France_-_Geographicus_-_Morbihan-levasseur-1852(Région Bretagne)

Des départements de la Bretagne, le Morbihan est celui qui offre le plus de souvenir de l’époque celtique. Son nom d’abord, qui est demeuré celtique (mor bihan, la petite mer) alors que tous les autres départements prenaient des noms nouveaux en laissant disparaître les anciens ; ensuite les nombreux monuments druidiques, ou. plutôt mégalithiques, dont il est parsemé, et qui semblent attester, selon certains historiens et archéologues, qu’il fut le siège principal du culte des druides.

D’autres pensent que ces monuments de l’âge de pierre, qu’à défaut de données plus précises on appelle aujourd’hui monuments mégalithiques, furent à l’origine répandus avec la même densité sur tout le sol de la France du nord, mais qu’à la suite des invasions, se dirigeant toutes de l’Orient à l’Occident, ils auront disparu avec les premières civilisations, et que leurs débris auront servi à la construction des habitations, des tombeaux mêmes des nouveaux venus : Francs, Suèves, Alains, Bourguignons, Vandales, Gots, Romains, etc. La Bretagne, qui par sa position à l’extrême occident de la France échappa à la plupart de ces envahisseurs, aurait naturellement conservé plus facilement ses monuments de l’âge primitif de l’homme.

A côté de Carnac, qui depuis longtemps jouit d’une réputation colossale en raison du nombre et de la dimension de ses menhirs, on peut citer aussi la lande du Haut-Brambien (lande de Lanvaux), par exemple (commune de Pluherlin). On compte ainsi plus de deux mille menhirs qui dépassent en grosseur ceux de Carnac. Menhirspeulvan, pierres droites,dolmens, tables de pierres, cromlechs, cercles de pierres, témènes, enceintes consacrées,tumulus, monuments de terre faits de main d’hommes, galgals, monticules formés uniquement de pierres de la grosseur d’un pavé, sans terre ni ciment, et sous lesquels on a souvent trouvé des grottes pleines de squelettes symétriquement disposés, d’armes, de vases de terre, routers, pierres branlantes, pierres percées où les paysans bretons superstitieux vont passer leur tête pour se débarrasser de la migraine, haches de pierre, qu’ils utilisent en les emmanchant dans une branche fendue qui, continuant de pousser et de grossir, se noue autour de la pierre tranchante d’une manière indissoluble ; tels sont les restes celtiques qu’on trouve dans le Morbihan. Nous allions oublier la langue, qui n’est pas le moins curieux de ces restes antiques, et que les paysans du pays parlent à peu près comme leurs ancêtres il y a deux mille ans.

Les Vénètes occupaient le Morbihan à l’époque de l’arrivée des Romains. Ce peuple, après s’être soumis à la première attaque, se repentit ensuite, prit les armes et opposa aux conquérants une des résistances les plus énergiques qu’ils aient rencontrées en Gaule. Il profita fort habilement de la disposition du sol, de cette disposition à laquelle le pays même devait son nom, c’est-à-dire des golfes nombreux par lesquels la mer a déchiré la côte, et qui forment une multitude de presqu’îles.

Les cités des Vénètes s’élevaient à la pointe de toutes ces péninsules dont la marée haute faisait autant d’îles inabordables aux troupes de terre. Lorsque les Romains avaient réussi, après de grandes peines, à s’emparer de quelqu’une de ces villes, ils ne tenaient pas pour cela les habitants, qui s’enfuyaient sur leurs vaisseaux avec tout ce qu’ils possédaient de plus précieux.

Les Vénètes avaient, en effet, une marine nombreuse, au moyen de laquelle ils entretenaient des relations fréquentes avec la Grande-Bretagne. Ils s’étaient rendus maîtres de la plupart des ports de cette côte et avaient imposé un tribut à tous ceux qui naviguaient dans leurs parages. Leurs vaisseaux de chêne, masses énormes, aux flancs épais, à la carène aplatie, à la proue haute comme une forteresse, aux voiles de peau, aux ancres pesantes, bravèrent d’abord les attaques des galères romaines comme elles bravaient le choc des flots dans les tempêtes.

Il fallut à César une tactique toute nouvelle. Il arma ses soldats de faux tranchantes placées au bout de longues perches avec lesquelles ils coupèrent les câbles des vaisseaux Vénètes. Ceux-ci, privés de l’usage de leurs voiles, masses inertes et immobiles, présentèrent un abordage facile et devinrent un champ de bataille où l’on combattit corps à corps. César avait rendu le combat naval semblable au combat de terre, et assuré la victoire aux Romains.

Ainsi se passa la dernière bataille livrée par les Vénètes, et pour laquelle ils avaient réuni dans le port de Dariorig (Dariorigum, que l’on croit être Auray) 220 navires. Les légions romaines sur les hauteurs, et le peuple de la ville sur les murailles, en contemplaient le spectacle. La plupart des Vénètes périrent dans les flots, les anciens de la cité dans les supplices ; le reste fut vendu à l’encan.

Le peuple du Morbihan a cessé depuis lors de former un corps de nation. Soumis aux Romains, il reçut en compensation de la servitude quelques avantages de la civilisation ; il vit son territoire sillonné par ces voies innombrables qui sont un des plus beaux titres de gloire des Romains.

Des recherches consciencieuses ont remis en lumière la plupart des voies romaines du Morbihan. On en trouve de toute grandeur, depuis 15 jusqu’à 70 pieds de large. Les landes, les lieux incultes et les forêts permettent de reconnaître fréquemment des tronçons de ces voies qui, au contraire, dans les lieux cultivés, ont la plupart du temps disparu sous les envahissements des propriétaires.

Ces voies retrouvées suivent en général une direction rectiligne, ce qui était au reste un caractère ordinaire des voies romaines, comme l’ont remarqué la plupart des savants qui se sont livrés à cette étude, comme l’observait déjà, chose curieuse, Beaumanoir dans sesCoutumes de Beauvaisis, au XIIIe siècle. Rencontrait-on une rivière, plutôt que de faire un détour, on construisait un gué artificiel. Ces routes s’offrent pavées de blocs de pierre bordés par d’autres blocs formant accotoirs. Sur les bords, à des distances de neuf ou dix lieues, on rencontre souvent des traces de stations ou mansions, qui marquaient les étapes des soldats romains et où ils trouvaient un abri et des magasins.

C’est ainsi qu’en 1835, un laboureur du village de Lescorno, près du bourg de Surzur, a découvert sur le bord de la voie romaine une pierre monumentale portant cette dédicace :Imperatori Caesari Piavonio Victorino Pio felici Augusto, et tout à l’entour des cendres entassées, des briques brisées, des vases en terre cuite, traces évidentes d’une station romaine. Quant à l’inscription, elle est très curieuse, puisqu’elle atteste la souveraineté d’un des successeurs de Posthumus dans les Gaules. Bien des noms de lieux rappellent la présence des Romains dans le pays : Voie (Via), Estrée, Estrelle, Estrac (Stratum), Les Millières (Milliarium), etc.

images (16)Ainsi l’occupation romaine fut aussi forte dans le Morbihan que dans le reste de la Gaule. Le commerce eut aussi quelque prospérité. La petite mer fut de nouveau visitée par les vaisseaux marchands sous son nouveau nom latin de Mare conclusum que lui donne César. On hésite toutefois à prononcer si César a désigné par là simplement le golfe du Morbihan, en avant de Vannes, ou l’espèce de bassin maritime formé par la presqu’île de Quiberon, les îles d’Houat et d’Hoedic, et qui reçoit la Vilaine.

Certains auteurs considèrent comme une colonie des Vénètes du Morbihan les Vénètes plus tard fondateurs de Venise, qui occupèrent le fond de la mer Adriatique. Après l’empire romain, l’histoire du pays qui nous occupe se confond avec celle des comtes de Vannes. Nous renvoyons à cette ville et à celles qui la suivent pour l’histoire ultérieure du département, qui, désormais, n’offre plus guère d’ensemble.

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Description du département de l’Oise de Cormeilles

Posté par francesca7 le 22 novembre 2014

 

téléchargement (3)Le canton de Cormeilles est placé entre ceux de Crevecœur, de Breteuil, et de Luchy. Les sites de ce canton sont très pittoresques ; ils offrent un pays sombre et sauvage, qui plaisait extrêmement à l’imagination rembrunie de J. J. Rousseau : que de hauteurs, que de précipices ! on ne peut passer d’une commune à l’autre sans avoir à franchir des ravins et des fondrières : dans les grandes pluies le voyageur est entouré de chûtes d’eaux, de cascades, et de torrents fort dangereux.

Le sol est ingrat ; un quart des terres seulement y donne du froment : les produits de la nature lui sont arrachés par l’infatigable activité des habitants.

Des terrains montueux, escarpés, pierreux, donnèrent l’idée de planter des vignes ; elles dépérirent d’années en années. La commune de Bonneuil est la seule où l’on en trouve encore ; mais on l’arrache sans replanter : cette commune est peuplée d’hommes laborieux, qu’on accuse d’être un peu défiants et très intéressés.

On ne peut citer en ces lieux qu’une prairie superbe ; elle s’étend depuis Fontaine et Bonneleau jusqu’à Croissy ; le foin qu’elle produit est d’une excellente qualité. Toutes les terres en général au nord de Cormeilles sont détestables, si l’on en excepte Blanc fossé où elles sont de quelque rapport.

La petite rivière de Seille arrose et traverse cette prairie.

À Fontaine il y a des eaux ferrugineuses très estimées par l’apothicaire Walot : il a fait des dépenses pour leur donner quelque crédit. Celles de Bonneleau guérissent les pâles couleurs. La stérilité des terres force les habitants à travailler la laine : ce moyen de subsistance s’oppose à l’émigration qui jadis avait lieu dans ce pays ingrat ; un père de dix ou douze enfants les établit en leur donnant un métier pour toute dot. À quelques époques heureuses on a vu régner une assez grande aisance dans ce canton ; mais la cherté, la rareté des laines, le peu de produit des manufactures de serges de blicourt et de sakatis, qui ne sont recherchées ni par les villes voisines ni par les étrangers, laisse les habitants dans un état dangereux de stagnation et de misère.

Les étoffes dites sakatis, qui fournissent un vêtement commode et peu dispendieux, ont été inventées il y a près de quarante ans par des fabricants de Cormeilles, entre autres par feu Jean Mention, et par Louis Ménard, qui vit encore.

Il ne faut pas attendre beaucoup de lumières et de civilisation d’une agrégation d’individus qui ne quittent jamais leurs chambres, ou les boutiques étroites qu’ils nomment veilles : leur vie sédentaire, le besoin d’agitation chez des êtres toujours assis donnent à leur imagination une activité productrice ; de pieuses fables, de faux miracles, des histoires de sorciers, de devins et de revenants, les délassent de leur immobilité.

C’est dans le château d’Hardivillers, peu distant de Cormeilles, que se passa le fait si répandu que je vais raconter.

À certaines époques de l’année, spécialement à l’approche de la fête des morts, on entendait un bruit affreux, des hurlements épouvantables dans le château d’Hardivillers ; la nuit il paressait en feu. Le fermier seul, avec lequel l’esprit était apprivoisé, osait habiter cette demeure de démons et de réprouvés ; si quelque malheureux passant y couchait une nuit, il était si cruellement traité que six mois après il portait encore la marque des coups qu’il avait reçus : les paysans du voisinage voyaient des milliers de démons sur les toits, dans les cours, à toutes les fenêtres du château ; ces démons se promenaient quelquefois en bande dans la prairie, vêtus en présidents, en conseillers de robes rouges, mais toujours entourés de tourbillons de feu ; ils s’asseyaient en rond, faisaient paraître et condamnaient à mort un gentilhomme du pays, qui cent ans auparavant avait eu la tête tranchée. On voyait quelquefois dans cette assemblée sabbatique se promener un des parents du maître du château, donnant le bras à une fort jolie femme qui depuis quelques temps avait disparu…On ne parlait que des merveilles du château d’Hardivillers. Cinq ans s’étaient écoulés ; le propriétaire du château était forcé de louer sa terre à vil prix. Il soupçonna, éclairé par ses réflexions, par quelques faits, par les observations profondes de quelques philosophes, que les ruses de quelques filous pouvaient déterminer tous ces tours de lutins Escorté de deux braves, à l’époque la plus dangereuse, à la Toussaints, veille de la fête des morts, il se rendit à son château, armé jusques aux dents ; les esprits se tinrent tranquilles en annonçant dans le village qu’ils étaient enchaînés par le démon du président, plus fort et plus subtil qu’eux : ils se contentèrent de remuer des chaînes, dont le bruit fit accourir la femme et les enfants du fermier ; ils se jetèrent à genoux pour empêcher nos braves de se rendre dans la chambre où ce bruit se faisait entendre : « Messieurs, leurs criaient-ils, que peut la force humaine contre des gens de l’autre monde ? M. de Féquencourt a tenté cette entreprise, il en revint le bras cassé ; M. d’Wrseles pensa périr accablé sous le poids de bottes de foin ». Tous ces exemples n’arrêtèrent point les braves compagnons du président : ils montèrent, le pistolet d’une main, une bougie de l’autre ; ils ne virent d’abord qu’une épaisse fumée, traversée de quelques traits de flamme, à l’aide desquelles on apercevait confusément l’esprit en costume de cartes-postales-photos-La-Rue-du-Sac-CORMEILLES-60120-60-60163008-maxipantalon ; il avait de plus une grande paire de cornes, et derrière lui pendait une longue queue. Un des deux gentilshommes éprouve un moment de frayeur ; l’autre le rassure en lui montrant que le démon n’a pas même l’esprit de souffler leurs lumières ; ils s’avancent, tirent presque à bout portant un coup de pistolet : le fantôme s’arrête et les fixe ; cependant le spectre recule, évite de se laisser saisir : le gentilhomme avance ; l’esprit prend son parti, s’enfuit, descend un petit escalier ; le gentilhomme le suit, traverse la cour et le jardin : l’esprit ne disparaît que dans la grange. Notre brave, sans quitter la place, appelle le président : on cherche ; on découvre une trappe, qu’un verrou fermait dans l’intérieur ; on fit sauter la trappe, et dans le souterrain on trouva notre pantalon caché sous des matelas qui l’avoient reçu dans sa chute. On reconnut l’honnête fermier couvert d’une peau de buffle à l’épreuve du pistolet : il avoua toutes ses ruses, et se tira d’affaire en comptant à son maître les arrérages de cinq années.

La morale a moins perdu dans cette contrée par la révolution que dans beaucoup d’autres pays ; la paix et l’union y règnent ; la tendresse paternelle, la piété filiale, la fidélité conjugale y sont en honneur. Un peu d’emportement, cette chaleur naturelle à l’esprit du Picard, y donne lieu quelquefois à des procès, qui presque tous finissent chez le juge-de-paix.

Texte issu de Tome 1 par Jacques Cambry

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Histoire du département de l’Oise

Posté par francesca7 le 15 novembre 2014

 

(Région Picardie)

téléchargement (4)Le territoire du département de l’Oise fut primitivement habité par les Bellovakes, lesSilvanectes et les Veromandues. Ces peuples prirent deux fois part au soulèvement de la Gaule contre César, qui, dans ses Commentaires, vante leur courage et leur habileté. Vaincus sur le territoire des Rèmes, en 57, ils perdirent leur capitale, Bratuspantium (Beauvais ou Breteuil). Cinq ans plus tard, ils se donnèrent pour chef le Bellovake Corrée, dont la mort héroïque rendit les Romains maîtres du pays, qui, subjugué, mais non soumis, pendant longtemps encore résista à leur domination, en l’an 29, avec les Trévires, et plus tard avec les Belges.

Après ces vaines tentatives, Rome introduisit dans le pays définitivement conquis son administration, et, si les sauvages habitants de cette partie de la Gaule-Belgique perdirent quelque chose du courage farouche de leurs ancêtres, ils reçurent en échange les bienfaits de la civilisation. De vastes terrains furent défrichés, les forêts s’éclaircirent, les villes s’élevèrent. Il reste aujourd’hui des traces des immenses travaux entrepris par les Romains dans cette contrée : c’est une voie qui traverse le département et qui porte le nom de chaussée Brunehaut, parce que, dans la suite, elle fut réparée par cette reine d’Austrasie.

Dioclétien comprit le territoire des Bellovakes dans la IIe Belgique. Leur principale ville, qui longtemps avait porté le nom de Caesaromagus et qui était une des plus importantes stations de la voie romaine qui unissait Rothomagus (Rouen), Ambiani (Amiens) et Parisii (Paris), eut le nom de Civitas Bellovacorum, avec le droit de cité.

Par la suite, on la désigna sous le nom de Bellovacum, Beauvais. Le christianisme y fut porté dans le Ier siècle de l’ère chrétienne par saint Lucien, fils, disait-on, d’un sénateur romain du nom de Lucius, que saint Pierre avait converti. Ce premier apôtre du Beauvaisis avait deux compagnons, saint Maxien et saint Julien, qui souffrirent avec lui le martyre.

Il paraît que la foi chrétienne s’établit difficilement dans cette contrée ; car, pendant les trois premiers siècles, un grand nombre de ceux qui s’étaient convertis y subirent de fréquentes persécutions. A cette même époque, le pays des Bellovakes eut beaucoup à souffrir des premières invasions des barbares en Gaule ; Dioclétien avait donné à cette partie de l’empire, pour la gouverner, Constance-Chlore, avec le titre de César.

Les Francs et les Alamans firent des invasions si fréquentes que toute l’ancienne Belgique fut en grande partie dépeuplée (292-305) ; il fallut que ce César, pour repeupler la contrée, autorisât, à l’exemple de l’empereur Probus, des colons germains à s’y établir.

Lorsque survinrent en Gaule les grandes invasions des Francs, cette partie septentrionale fut la première conquise ; elle vit, vers 430, le chef de la tribu Salienne, Clodion le Chevelu, franchir la Somme et promener ses bandes dévastatrices au midi de cette rivière ; mais Clodion fut chassé par le patrice Aétius, et c’était à Clovis qu’il était réservé de s’établir définitivement entre le Rhin et la Seine. Le patrice Syagrius, faible représentant des empereurs en Gaule, fut vaincu à Soissons en 486. Sa défaite entraîna la soumission du pays d’entre Rhin et Seine, et par conséquent de la contrée du Beauvaisis.

Cette partie des États de Clovis passa en héritage à son fils Clotaire, qui fut roi de Soissons en 511 ; celui-ci la laissa à Chilpéric Ier, époux de Frédégonde (561 à 584). Au temps de Clotaire II, la fille de l’un des principaux seigneurs du royaume fonda aux environs de Beauvais, à Oroër (Oratorium), une abbaye qui est devenue célèbre ; Angadresme, fille de Robert, chancelier du roi, était recherchée en mariage par un seigneur du Vexin, Ansbert ; mais elle préféra, à une position brillante, la retraite obscure et pieuse d’Oroër.

Ansbert, de son côté, touché de la grâce divine, se consacra au service du Seigneur et devint par la suite archevêque de Rouen. Angadresme, mise au nombre des saintes, pour sa vie pieuse, est devenue la patronne de Beauvais. Le Beauvaisis se trouvait sur les frontières de la Neustrie et de l’Austrasie ; il fut donc souvent le théâtre de la lutte des Austrasiens et des Neustriens, sous les maires Ébroïn et Pépin d’Héristal.

Sous les règnes de Pépin le Bref et de Charlemagne, plusieurs années de paix et de prospérité vinrent réparer les maux occasionnés par les guerres désastreuses qui avaient, sans interruption, désolé le pays pendant le cours de la première race ; des gouverneurs, placés sous la surveillance des legati et des missi dominici, furent donnés aux diverses parties de l’empire, et le territoire du département de l’Oise fut partagé en différents pagi, qui portèrent les noms de leurs principales villes, et qui étaient administrés par des comtes et des barons.

Ils n’étaient d’abord que simples gouverneurs et représentants de l’autorité impériale ; mais ils se rendirent indépendants sous les faibles successeurs de Charlemagne et reçurent de l’un d’entre eux, Charles le Chauve, en 877, la confirmation de leur usurpation et possédèrent alors ces fiefs à titre héréditaire. En même temps que la féodalité commencent les ravages exercés par les ’pirates normands dans toute la Gaule et en particulier dans le pays des anciens Bellovakes ; au milieu du IXe siècle, Hastings, qui, bien que né en Gaule, s’était joint aux Northmans et était devenu un de leurs chefs les plus célèbres, pénétra dans le Beauvaisis après avoir brûlé, près de Paris, l’abbaye de Saint-Denis, et détruisit les monastères de Saint-Oroër et de Saint-Germer.

A cette période du Moyen Age, l’histoire du département se divise forcément en trois parties ; la première, qui concerne le Beauvaisis, sera suffisamment traitée à l’article consacré spécialement à la ville évêché comté de Beauvais ; des deux autres, l’une comprend le Valois, dont les villes principales étaient Senlis et Crépy, et l’autre la ville de Clermont, qui eut des comtes particuliers.

Le Valois, pagus Vadensis, s’étendit, sous les deux premières races, aux territoires de Senlis, Soissons, Crépy, Meaux et Reims ; sa capitale était Crépy, et il en prit souvent le nom deComitatus Crispeius, Crispeiensis, Crispeicus ; une partie de ce pays appartient aux départements qui avoisinent l’Oise. Cependant nous donnerons ici le nom de ses principaux comtes, dans l’impossibilité où nous sommes de scinder son histoire et en considération de Crépy, sa capitale.

Un comte du nom de Pépin, frère du puissant comte de Vermandois, Herbert, en reçut l’investiture sous le règne du roi Eudes, successeur du faible Charles le Gros, qui avait été déposé en 887, à la diète de Tribur. Après lui, le Valois passa à une famille étrangère. Le comte Raoul II partagea, vers 1040, ses États entre ses deux fils, Raoul III le Grand et Thibaut III, qui fut comte de Blois. Le vaste château de Crépy fut séparé en deux parties ; Raoul reçut l’habitation avec ses dépendances, et Thibaut le donjon.

Après la mort du roi Henri Ier, Anne de Russie, veuve de ce prince, se retira dans le monastère de Senlis ; Raoul l’y vit et résolut de l’épouser ; Anne y consentit. Raoul était marié ; il fit accuser d’infidélité sa femme Éléonore, divorça et célébra publiquement son nouveau mariage en 1052. Mais l’épouse répudiée recourut au pape, qui fit faire, par les archevêques de Reims et de Rouen, une enquête dont le résultat fut favorable à Éléonore. Sommé de répudier Anne, le comte Raoul s’y refusa ; il fut excommunié et n’en persista pas moins dans sa faute.

téléchargement (5)Une version généralement accréditée fait retourner Anne de Russie auprès de son père, après la mort du roi, son mari. Celle que nous reproduisons a été adoptée par les savants bénédictins de Saint-Maur et le P. Ménétrier.

Le fils de Raoul, Simon (1074), fut assez puissant pour combattre le roi de France et lui reprendre quelques places que celui-ci lui avait enlevées. Deux années après avoir succédé a son père, le comte Simon fit transporter la dépouille du grand Raoul de la ville de Montdidier au monastère de Saint-Arnould de Crépy. Présent à l’exhumation du cadavre, il fut si vivement frappé de ce spectacle, qu’il résolut de quitter toutes les pompes de la vie et de se consacrer à Dieu.

Vainement ses amis, pour lui faire oublier cette résolution et resserrer les liens qui l’attachaient au monde, lui firent prendre une femme ; il consentit à épouser Judith, fille d’un comte d’Auvergne. Mais la nuit même de leurs noces les deux époux convinrent de se séparer et d’aller vivre tous deux dans la retraite. Simon partit avec trois compagnons, les plus vaillants chevaliers de sa cour, qu’il avait convertis, et se rendit au monastère de Sainte-Claude, puis dans les gorges du Jura, défrichant et fertilisant des terres jusque-là incultes. Simon fit passer le Valois dans la maison de Vermandois ; ce comté y demeura jusqu’à l’époque de sa réunion à la couronne, par Philippe-Auguste, en 1214.

Le roi saint Louis accorda, en 1224, le Valois à la reine Blanche, sa mère. Cette grande princesse étant morte en 1252, à l’abbaye de Maubuisson, près de Pontoise, le Valois fut réuni de nouveau à la couronne. Mais, deux ans avant sa mort, saint Louis l’aliéna encore en faveur de son quatrième fils, Jean Tristan, comte de Nevers, qui, né à Damiette pendant la première croisade du saint roi son père, mourut, ainsi que celui-ci, en 1270, pendant la seconde.

Le Valois rentra donc de nouveau dans le domaine royal à l’avènement de Philippe le Hardi. Celui-ci le donna en 1285 à Charles, son deuxième fils, qui fut la tige des rois de France de la branche des Valois. Cependant le Valois ne fut pas réuni à la couronne en 1328, à l’avènement de Philippe VI. Ce prince le donna en apanage à son cinquième fils Philippe, qui s’était distingué à la bataille de Poitiers, et qui fut l’un des otages envoyés en Angleterre pour la délivrance du roi Jean.

A sa mort, en 1375, le Valois rentra au domaine royal ; mais le roi Charles VI l’en détacha pour le donner, en 1392, à son jeune frère Louis d’Orléans, en faveur duquel il l’érigea, en 1406, en duché-pairie. Les contrées qui composent le département de l’Oise eurent grandement à souffrir des désordres du malheureux règne de Charles VI. Déjà, sous les rois Philippe VI et Jean le Bon, elles avaient été ravagées par les bandes de paysans soulevés qui prenaient le nom de Jacques.

La jacquerie était sortie, selon une tradition locale, du village de Frocourt-en-Beauvaisis. Les Jacques avaient pillé un grand nombre de villages et la ville de Senlis, lorsqu’ils furent atteints et défaits par le dauphin Charles, depuis Charles V, alors régent pour son père, prisonnier en Angleterre. Le soulèvement se porta plus loin vers le Midi ; mais les misères de toute sorte et les dévastations de la guerre étrangère jointes à la guerre civile dépeuplèrent ce malheureux pays, comme au temps des premières invasions des barbares.

Le duc de Bourgogne entra dans les campagnes de l’Oise et les dévasta, pendant la sanglante rivalité des Armagnacs et des Bourguignons ; puis, après la victoire d’Azincourt (1415), les Anglais s’emparèrent du Beauvaisis et du Valois. Cette partie de la France fut reconquise par Charles VII vers 1430. Jeanne Parc, après avoir fait le siège d’Orléans et remporté la victoire de Patay, poursuivit les Anglais jusqu’au delà de l’Oise, les atteignit à Gerberoy et les battit de nouveau en 1430.

Les Anglais ne renoncèrent cependant pas à leurs tentatives sur le Beauvaisis. Vers 1436, ils se saisirent, dans Beauvais même, par un coup de main habile, du fameux capitaine La Hire, pendant que celui-ci jouait à la paume, et Charles VII fut obligé de leur donner Clermont pour la rançon de son général.

Il est bon, avant de passer à l’histoire des temps modernes, de dire quelques mots des comtes de Clermont. Le premier qui soit connu portait le nom de Renaud ; il fut un des chefs de l’armée conduite en 1054 par Eudes, frère du roi Henri Ier, contre Guillaume le Bâtard, duc de Normandie. Les Français furent battus, et le comte Renaud ne trouva son salut, dit Orderic Vital, que dans la vitesse de ses pieds. Hugues Ier et Renaud II lui succédèrent. Le fils de ce dernier, Raoul Ier, reçut du roi Louis VII la dignité de connétable de France.

II eut plusieurs démêlés avec le chapitre de Beauvais et fut excommunié deux fois ; mais il racheta ses fautes en accompagnant en Terre sainte, à la troisième croisade, en 1189, les rois Philippe-Auguste et Richard Coeur de Lion. Son petit-fils Thibaut le Jeune mourut sans enfants, et Philippe-Auguste, toujours prêt à mettre à profit les occasions d’agrandissement, réunit le comté de Clermont à la couronne.

Le roi de France disposa de cette acquisition, vers 1218, en faveur d’un fils, Philippe Hurepel, qu’il avait eu d’Agnès de Méranie. Ce dernier, qui fut aussi comte de Boulogne, le laissa à une fille, à la mort de laquelle saint Louis réunit de nouveau Clermont au domaine royal (1258). Mais, en 1269, il s’en défit en faveur de son sixième fils Robert, après lequel le comté de Clermont passa à la maison de Bourbon (1318). Robert de France eut pour bailli dans son comté le célèbre Beaumanoir, qui, en 1283, recueillit et rédigea les Coutumes de Beauvaisis,« le premier, dit Loysel, le plus grand et plus hardy œuvre qui ait été composé sur les coutumes de France. »

Pendant les guerres de Louis XI avec les derniers grands vassaux, le Valois et le Beauvaisis furent envahis par le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Il sera question plus loin de l’héroïsme des femmes de Beauvais (1472). Les rois Louis XI et Charles VIII témoignèrent leur reconnaissance aux fidèles sujets du Beauvaisis en leur accordant, à plusieurs reprises, d’importants privilèges.

En 1474, Louis XI donna à Beauvais une somme de 972 livres pour faire construire une chapelle à Notre-Dame. L’année suivante, le chapitre de cette ville reçut 3 000 livres pour acheter le seigneurie de Rotangis ; puis, en 1477, en récompense d’un prêt de 600 écus d’or, les habitants furent investis du droit, qui leur avait été enlevé depuis peu, de nommer leur maire.

La peste sévit dans la contrée qui nous occupe vers cette époque ; mais les ravages qu’elle causa furent peu de chose, en comparaison des misères que les querelles de religion entraînèrent dans le siècle suivant. En 1586, l’état des campagnes était des plus misérables ; une disette cruelle s’était jointe aux oppressions du pouvoir et aux brigandages des gens de guerre ; la population, sans ressources et affamée, se formait par bandes, qui s’en allaient la nuit dans les villages et s’emparaient du peu de blé que possédaient les malheureux paysans.

Après les guerres de religion vinrent celles de la Ligue, à laquelle prirent part les villes, puis vinrent les troubles de la minorité de Louis XIII ; la peste exerça de cruels ravages, en 1629 et 1635, dans toute la contrée qui s’étend d’Amiens à Beauvais. La Fronde causa de nouvelles agitations.

Le XVIIIe siècle ne fut pas exempt de misères : épidémies, disettes, troubles intérieurs. La Révolution survint, et ses premières réformes furent accueillies sans scènes de violence. La classe bourgeoise se montra dévouée à la Constituante, et ce parti modéré exerça dans les villes une grande influence.

téléchargement (6)La condamnation de Louis XVI jeta la consternation dans Beauvais ; deux commissaires de la Convention, Mauduit et Isoré, furent envoyés dans cette ville et, au moment de l’insurrection de la Vendée, levèrent, dans l’Oise, un bataillon de 800 hommes, qu’ils firent marcher contre le département royaliste. Collot d’Herbois vint à son tour à Beauvais ; de cette ville il se rendit à Senlis, où il promulgua un arrêté contre les parents de nobles et d’émigrés. Cependant la Terreur révolutionnaire ne fit pas, dans le département, beaucoup de victimes.

Pendant l’invasion de 1814, les habitants, animés d’un noble sentiment de patriotisme, prirent les armes et se portèrent à la rencontre de l’ennemi. L’époque impériale, la Restauration et les dix-huit années du gouvernement du roi Louis-Philippe rendirent à l’Oise le calme et la prospérité qui semblaient avoir fui ses laborieux habitants.

Mais, pendant la guerre de 1870-1871, le département fut un des premiers envahis ; il eut beaucoup à souffrir de la présence d’un ennemi implacable ; et lorsque enfin le territoire fut évacué, l’invasion allemande se traduisit pour lui par une perte de 11 567 175 francs 62 centimes.

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