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Histoire du confetti

Posté par francesca7 le 19 novembre 2014

 

220px-Romains_en_Carnaval_1857_-_RecadréÀ l’origine, les confettis jetés au Carnaval étaient des dragées (une confiserie italienne semblable à la dragée). Le mot signifie « dragées » en italien.

Orthographe – Pour le pluriel, l’orthographe italienne confetti a jadis été souvent employée dans la rédaction de textes en français. Cependant, aujourd’hui, le pluriel correct du mot confetti se forme par l’ajout d’un « s » à la fin, car, quand un mot d’origine étrangère est intégré à la langue française, il cesse d’être soumis aux règles grammaticales de son pays d’origine pour être soumis aux règles grammaticales françaises (rapport du Conseil supérieur de la langue française publié dans les documents administratifs du Journal officiel du 6 décembre 1990).

Confettis dragées et boulettes de plâtre

Le lancer de bonbons se pratique toujours au Carnaval, en Allemagne. En France, le jet de confettis-dragées existait jadis dans les fêtes et pas seulement au Carnaval. Comme on peut le voir, par exemple, en 1840, lors de la cérémonie du baptême et de la bénédiction de la cloche paroissiale à Étréchy, commune située près d’Étampes :

« À ce moment, une foule immense entoura la salle du festin où l’on vit pleuvoir une grêle de dragées; la joie était grande sur tous les visages, et l’enthousiasme à son comble. »

La pratique du jet de confettis-dragées durant les fêtes fut cependant abandonnée. L’explication qu’en donne l’abbé Richard dans sa description du Carnaval de Rome en 1770 est la suivante :

« Une sorte de politesse est de jeter des dragées et des confitures sèches aux gens de sa connaissance ou à ceux que l’on veut gratifier de quelque attention. Mais comme ces dragées se perdaient en partie dans la boue ou dans la poussière, on a imaginé d’en faire de très-petites de plâtre et d’amidon, qui sont plus lourdes et plus propres à l’usage auquel on les emploie. C’est une autre espèce de jeu qui a son agrément, surtout quand dans les instants de repos, deux carrosses qui s’en veuillent, se rencontrent et peuvent former un engagement. Il y a une sorte d’adresse à lancer les dragées, et à gagner la victoire dans ces combats. Elle consiste à faire le service promptement, à couvrir son adversaire de dragées, et à n’en point recevoir. »

Une autre explication de l’abandon des dragées est fournie par le Magasin pittoresque en 1836 :

« Confetti. — Au-dessus de la foule, sur les voitures, sur les trottoirs, sur les balcons, on voit presque sans cesse une grêle de petites dragées que les masques envoient aux spectateurs et que les spectateurs leur renvoient. Autrefois c’étaient des dragées fines et exquises. Mais l’usage de ces libéralités étant devenu trop général, et ces libéralités surtout étant devenues des perfidies, on ne se sert plus aujourd’hui que de petites boules de craie ou de plâtre, auxquelles on continue, seulement par extension, à donner le nom de confettis. »

Le nouveau confetti en plâtre fut baptisé à Paris « confetti italien ». Il ne fut jamais utilisé à Paris. On le fabriquait à l’aide d’un entonnoir.Goethe en parle, dans sa description du Carnaval de Rome, auquel il assista en 1787. Sa chambre à Rome donnait sur la via del Corso, ancienne via Flaminia et haut lieu du Carnaval romain. C’est là que se déroulait notamment la fameuse course de chevaux libres clou du Carnaval.

Histoire du confetti dans HUMEUR DES ANCETRES 220px-Lautrec_confetti_%28poster%29_1894Une brochure contre les confettis en papier, parue en 1895 indique une autre recette de confettis italiens :

« Comme les macaronis, les confettis sont d’origine italienne ; à Rome, à Naples, à Nice, on emploie sous le nom de confetti, une préparation mi-sucre et mi-plâtre, formant de petites dragées qui, projetées, se brisent en laissant une poussière inoffensive aussi bien pour la personne atteinte que pour ses vêtements. »

Il existait également des confettis en terre de Pouzzoles et d’autres en amidon.

Le confetti en plâtre exista au Carnaval de Nice. Il est ainsi décrit en 1888 :

Les fêtes commencent par un défilé de chars, masques, mascarades, voitures décorées, et cela au milieu d’une bataille effrénée à laquelle toute la population prend part : la bataille des confettis.

Les confettis sont des boulettes, de plâtre coloriées, de la grosseur d’un petit pois. Celui qui veut prendre part à la bataille emporte avec lui ses munitions et, le visage protégé par un grillage en fil de fer, la tête resserrée par un bonnet, armé d’une petite pelle qui sert à lancer les confettis, se jette bravement dans la mêlée ; alors gare au premier qui l’attaque.

En 1891, parlant aussi du Carnaval de Nice dans un de ses romans, André Theuriet décrit précisément « l’attirail nécessaire pour les batailles de confettis : pelles de fer-blanc, gibecières de coutil, masques de toile métallique. » Dans le même livre on trouve l’expression « aller aux confetti » ou « se voir aux confetti » pour dire : aller à la bataille de confettis, ou : se voir à la bataille de confettis.

Le jet de confettis a été encadré légalement, comme cela apparait en 1884 dans le Règlement général de police municipale de la ville de Paramé, qui n’a pas du être le seul du genre :

ART. 55. — Il est formellement défendu à toutes personnes de tirer dans les rues, places, maisons, cours, jardins, etc., ou par les fenêtres, des armes à feu, fusées, pétards ou autres artifices.

Il est également défendu de vendre et jeter des confettis dans les rues et places de la Ville.

ART. 56. — À l’occasion des fêtes publiques une autorisation spéciale pourra être accordée pour la vente et le jet des confettis ainsi que pour permettre de tirer des pétards et feux d’artifices.

Le confetti en papier apparut au Carnaval de Nice vers 1892 sous le nom de confetti parisiens, ce qui indique bien son origine. Par la suite et durant très longtemps, le confetti en plâtre continua à exister au Carnaval de Nice, parallèlement au confetti en papier. Il fut finalement interdit au début des années 1950.

L’usage « amoureux » des confettis

En Italie, comme le rapporte un ouvrage français publié en 1842, le jet de confettis est utilisé pour approcher les femmes durant le carnaval :

Les confettis, vous diront les Italiens, c’est l’espoir des amants, c’est une invention que le petit dieu Cupidon a léguée aux mortels affligés depuis le jour où les filles des rois ne vont plus laver leur linge à la fontaine. Les confettis, c’est la terreur des maris, la consolation des jeunes et beaux cavaliers, la déclaration à la mode, pendant les jours de carnaval.

Et en effet, voyez ! si la rue est plus blanche dans cet endroit qu’ailleurs, levez la tête, et vous découvrirez que c’est parce qu’il y a deux ou trois jolies femmes au balcon voisin. Mais étrangers, nous ne retirons du carnaval que de la poussière dans les yeux, et des trous dans nos chapeaux, comme le prolétaire ne connaît des tilburys que la boue qu’ils lui envoient; mais le carnaval pour un italien, est une semaine qu’on attend toute l’année, c’est une chose sérieuse comme une conspiration.

220px-Les_confettis%2C_chanson_1895 dans HUMEUR DES ANCETRESCar ce qui manque à l’amour surtout, c’est l’occasion et l’audace ; et pendant ces jours de saturnales, on trouve à la fois occasion et audace; et bien des amours timides qui n’avaient pas eu la hardiesse de se déclarer, peuvent dire, avec une poignée de confettis, ce que leur langue refusait d’avouer dans la crainte d’un échec ; et plus d’une beauté qui aurait eu trop peu d’énergie pour répondre à un aveu, en trouve assez pour répondre à une grêle de confettis. Est-ce un crime défendu par le confesseur et le catéchisme, que de jeter des boules d’amidon ? Où est le mal, sur quel catalogue le péché se trouve-t-il inscrit? — Puis, sans y penser, la main se trompe et l’on prend un bouquet par erreur, et l’ennemi s’en saisit, et au lieu de le mettre dans son arsenal pour le rejeter, il le place à sa boutonnière, et c’est là tout un dialogue qui veut dire : maudits soient les jaloux et les importuns, qui m’empêchent de vous dire combien je vous aime. — Mais maman a beau me l’ordonner, j’ai beau le vouloir moi-même, je ne puis m’en fâcher. — Serai-je assez heureux pour avoir le droit de le croire ? — Recevez ce bouquet comme un gage que je vous pardonne. — Plutôt mourir que de m’en séparer. — Partez, mais revenez, et péchez encore.

Voilà la traduction banale, comme toutes les traductions, du plus charmant dialogue, et le père qui l’entend ne peut s’en fâcher, ce qu’il y a de plus charmant encore. A une des fenêtres du Corso, au premier étage, comme toutes les jolies femmes, pour être plus exposée au feu des batteries des voitures, se trouvait la jeune et belle romaine que nous avons déjà vue, Bianca Teobaldi, un écran de filograme à la main, pour se protéger contre les confettis qui pleuvaient de toute part autour d’elle.

Les confettis paraissent rester très longtemps un moyen privilégié pour nouer un contact amoureux avec des femmes et jeunes filles inconnues en des temps où, en principe, pour pouvoir les aborder, il faut avoir été « présenté » au préalable. Quand, en 1894, Henri de Toulouse-Lautrec dessine une affiche publicitaire pour un fabricant londonien de confettis, il représente une très jolie femme bombardée par ces projectiles lancés par des mains masculines. Les textes qui parlent des confettis dans les années 1890-1910 soulignent que les femmes sont des cibles très recherchées par les hommes durant le Carnaval, et la chanson Les Confettis à son troisième couplet en 1895 parle d’une histoire d’amour qui commence par des confettis et fini par un mariage. Cet usage « amoureux » du confetti a certainement été une raison majeure et inavouée de l’hostilité acharnée de certains envers les confettis, qui, en 1919, déboucha sur son interdiction à Paris sous des prétextes fallacieux d’hygiène et d’économies.

Le confetti moderne en papier

Confetti lors d'un évènement artistiqueOù le confetti en papier que nous connaissons aujourd’hui fut-il inventé ? Il a été avancé en France l’hypothèse que ce fut en 1884 à une fête organisée par la presse de Milan, ou au Carnaval de Pau, vers 1880. C’est ce qui est écrit dans un article conservé dans les dossiers« Actualités Carnaval » à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. La réponse à la question de l’origine du confetti actuel parait se trouver en Italie. L’article du Wikipédia italien consacré aux confettis indique que c’est en 1875 que furent adoptées les chutes du papier utilisé pour l’élevage du ver à soie, en remplacement du confetti fait de billes en plâtre. L’idée en reviendrait à l’ingénieur Enrico Mangili, de Crescenzago, dans la province de Milan, qui a commencé à en faire le commerce. Selon certains, l’inventeur du confetti moderne en papier serait le physicien atomiste de Trieste Ettore Fenderl.

La vogue mondiale du confetti en papier commença à Paris au début des années 1890. Les journaux parisiens de ces années-là rapportent qu’elle débuta au Casino de Paris, en décembre 1891, à l’initiative de son administrateur, Monsieur Lué. Son père ingénieur àModane lui aurait fait parvenir les chutes de papier utilisées à cette occasion. Le lancement du nouveau confetti aurait eu lieu au cours d’une fête donnée pour le Carnaval de Paris, alors très grand et qui durait depuis la Saint Martin, le 11 novembre, jusqu’aux Jours Gras en février-mars, avec une reprise pour la Mi-Carême. La paternité du lancement du confetti à Paris est attribuée, sur la partition de la chansonnette « Les Confettis » éditée en 1895, « À Messieurs Borney et Desprez, Innovateur des Confettis Parisiens ».

Initialement chutes de papier perforé utilisé pour l’élevage du ver à soie, le premier confetti en papier était blanc. Il est décrit ainsi par Le Monde illustré, commentant un dessin figurant la bataille de confettis de la journée de la Mi-Carême 1892:

C’est aux bals de l’Opéra que le jeu a commencé, et par une innovation heureuse, au lieu de ces horribles bonbons de plâtre en vogue à Nice et en Italie et qui nécessitent un masque pour préserver le visage, et une housse pour garantir les costumes de leur éclaboussure, imaginez des centaines, des milliers de tout petits pains à cacheter, non collants, enfermés dans un sac, et qui, le sac ouvert, se répandent en neige voltigeante et planent dans l’air comme d’innombrables essaims de papillons blancs.

Le confetti commença à être fabriqué en grande quantité. Paris en exportait y compris à l’étranger. Les commandes comprenaient les couleurs souhaitées. Il fut même fabriqué du confetti doré.

Dès mars 1892, Pierre Véron, dans Le Journal amusant saluait le succès carnavalesque parisien des confettis :

Pour le surplus, comme plaisirs du jour, je ne vois guère dans le bilan que la mi-carême et l’exécution prochaine d’Anastay.

La mi-carême fait, d’année en année, un effort plus opiniâtre pour ressusciter la folie carnavalesque.

Cette fois, il y a cortège officiel avec gardes municipaux et visite à ce pauvre M. Carnot, qu’on met décidément à toutes les sauces. C’est le bœuf gras sans bœuf.

Mais ce qui contribue à égayer les populations plus efficacement que les patronages administratifs, ce sont les confetti. Depuis qu’on a imaginé ces affectueux bombardements, le gamin qui sommeille dans le cœur de tout homme s’est réveillé.

Ne nous en plaignons pas. Cela donne un peu d’animation à ce qui était morne, et c’est encore préférable, comme spectacle, aux échanges de gifles qui se pratiquent à la Chambre.

À ses débuts, le confetti était vendu à Paris au kilogramme ou au verre. L’emploi qui en fut fait avec le serpentin confina à une véritable épopée durant la période 1891-1914 des confettis et serpentins au Carnaval de Paris. Rapportant la journée de la Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal écrit que le 21 mars 1895 place de l’Opéra : « On ne songeait qu’à se lancer des confettis par poignées ; le sol en était jonché à ce point qu’on enfonçait dedans jusqu’aux chevilles. »

Selon Edmond de Goncourt, l’usage des confetti à Paris où il est ignoré jusqu’à cette date débute le jour de la Mi-Carême de 1892.

Durant la bataille de confettis, des nuages de poussières s’élèvent au dessus des combattants.

La Préfecture de police de Paris cherche très tôt à circonscrire l’usage des confettis et serpentins. En juin 1893, le Gil Blas débute ainsi son article annonçant l’ouverture de la fête de Neuilly, dite : fête à Neu-Neu, dans la banlieue proche de Paris :

Hier dimanche, beaucoup de monde à l’ouverture de la fête de Neuilly.

Les serpentins, les confetti et les plumes de paon avaient été formellement interdits par la préfecture de police.

Le confetti est interdit au bal de l’Opéra en 1895. Par ailleurs, il semble que sa propagation se soit faite progressivement. Par exemple, c’est seulement en 1897 qu’il apparaît à Melun, ville située à un peu moins d’une soixantaine de kilomètres de Paris par la route.

En 1911, Charles Le Goffic écrit à propos de la vogue du confetti à Paris :

Qui n’a vu, le lendemain du Mardi Gras et de la Mi-Carême, les chaussées couvertes d’une bouillie polychrome de quinze à vingt centimètres d’épaisseur ? Il ne se dépense pas, à Paris, en une seule journée de carnaval et pour peu que le temps soit beau, moins d’un million de kilogramme de ces minuscules projectiles. Quant aux serpentins, il faut renoncer tout de bon à compter les kilomètres et les myriamètres qui s’en déroulent.

En 1899, aux débuts du confetti en papier, on voit le romancier Ernest La Jeunesse utiliser l’expression : « être en confetti », pour parler de personnes en Carnaval couvertes de confettis :

Ils franchirent des hommes et des femmes en confetti qui prenaient des apéritifs moins colorés qu’eux, des cris d’intérieur et des rires en vadrouille de crépuscule, enjambèrent des tables de gaité, entrèrent en une salle isolée du premier.

En 1900 apparaît un néologisme lié aux confettis. Utilisé durant au moins une dizaine d’années, il est aujourd’hui oublié : Confettiste : qui lance des confetti.

La bataille de confettis qui débutait le mardi gras, le jeudi de la Mi-Carême, ne s’achevait que le lendemain matin très tôt. Le journal La Justice, rapportant un fait divers survenu le lendemain du mardi gras 1902, commençait ainsi son article :

La nuit dernière, vers les quatre heures, alors que les derniers confetti étaient jetés sur les boulevards ;

La quantité de confettis utilisés au Carnaval de Paris était telle que quelques heures après la fin des grandes batailles confettistes, l’eau de la Seine à la sortie des égouts parisiens, à Clichy, se métamorphosait subitement en « une immense banquise multicolore ».

Un des hauts lieux des grandes batailles de confettis à Paris était les grands boulevards. Au moment du Carnaval de Paris 1896, Jules Claretie relevait même qu’« au lieu de livres, les libraires des boulevards avaient garni leurs étalages de sacs de confettis ; les rondelles du carnaval chassaient l’in-18 et les in-8, débusquaient les romanciers et les poètes».

En 1907, le peintre tchèque Tavik František Šimon a réalisé un tableau Mi-carême, Paris montrant la bataille parisienne de confettis sous son aspect esthétique : un Pierrot blanc jette des confettis blancs sur deux jeunes filles au milieu d’un vaste espace au sol rendu blanc par les confettis.

En 1913, un journaliste écrit poétiquement, décrivant le Carnaval sur les boulevards :

Le flot compact des promeneurs sur lesquels neigeaient les flocons polychromes des confettis roulait sur les boulevards comme dans un canal illuminé.

Juste après la bataille, les chiffonniers fouillent le tapis de confettis. Comme le rapporte le Gil Blas dans son compte-rendu des fêtes parisiennes de la Mi-Carême 1903 :

A deux heures du matin, des patrouilles de gardiens de la paix repoussaient sur les trottoirs les derniers promeneurs, ne tolérant même pas sur la chaussée les chiffonniers qui, à la lueur d’une lanterne et armés de leurs crochets fouillaient dans l’épais tapis de confettis, à la recherche de la monnaie et des bijoux perdus.

Au cours des premières années de son emploi, à chaque Carnaval de Paris, les journaux relevaient les couleurs de confettis qui avaient été à la mode à cette occasion.

330px-CARAN_DACHE_CONFETTILe 10 mars 1904, jeudi de la Mi-Carême, L’Aurore publie en première page une mise en garde contre le danger des confettis :

Gare aux Confettis.

Aujourd’hui, jour de Mi-Carême, la bataille de confetti va reprendre sur les boulevards. Que les vaillants combattants nous excusent de troubler leurs jeux par de sérieux conseils. Le Bulletin mensuel de l’Œuvre des enfants tuberculeux nous oblige à leur dire que le confetti est un redoutable propagateur du coryza, de la grippe, de la conjonctivite, de la pneumonie et d’une infinité d’autres affections des organes respiratoires. Cela tient évidemment à ce que les petites rondelles de papier teint de couleur suspectes ont été tripotées par des mains plus ou moins propres.

Les médecins constatent chaque année, après les fêtes du Carnaval une recrudescence dans les maladies des yeux, de la gorge et des poumons. Les accidents graves signalés sont nombreux qui ne laissent aucun doute sur leur origine. L’analyse microscopique a révélé, d’ailleurs, dans le confetti, la présence du bacille de la fièvre typhoïde, du microbe de l’influenza, du bacille de la tuberculose et de quantités innombrables de streptocoques, de staphylocoques et autres microbes de nom aussi baroque et non moins dangereux.

Voilà ce que nous tenions à rappeler pour mettre les gens en garde contre un danger trop sérieux. La pluie fera le reste.

La fabrication des confettis en 1911 à Paris

L’Almanach pratique du « Petit Parisien » écrit fin 1911 :

La machine à découper les confetti est une perforeuse à multiples emporte pièce. Mue par la vapeur elle découpe automatiquement de longues bandes de papier de couleur. Les petits blocs de rondelles agglomérées par la pression, tombent dans une espèce de cylindre où tournent des ailettes d’acier, avec une vitesse folle… Les petits blocs, happés, battus, s’éparpillent en mille papillons qui, chassés par le violent courant d’air, s’amoncellent à la sortie du cylindre. Là, un homme les attire avec un râteau et les met en sacs à la pelle.

 

Les confettis sont des projectiles inoffensifs et festifs qu’on lance au moment de certaines fêtes et tout particulièrement durant le carnaval.

Initialement, ce furent des dragées, d’où le nom qui lui est resté, puis des boulettes de plâtre, appelés quelquefois en France confetti italiens, et, enfin, aujourd’hui, des petits morceaux de papier ronds de différentes couleurs. On les retrouve très souvent associés au serpentin, appelé aussi à ses débuts spirale ou spirale-opéra, dont la vogue mondiale commença au Carnaval de Paris 1892.

On ignore où le confetti en papier fut précisément inventé. En revanche, il est certain que son lancement mondial eut lieu au Carnaval de Paris en décembre 1891. On les utilisait jadis au carnaval en quantité bien plus importante qu’aujourd’hui. Les confettis en papier étaient couramment vendus au kilogramme. Il exista aussi autrefois des confettis en papier parfumé.

 

 

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J’ai une femme, c’est pour m’en servir

Posté par francesca7 le 24 août 2014

Article paru dans le Figaro du 21 janvier 1913.

téléchargement (6)Lorsqu’on voit un pauvre vieux chien souffrir et mourir, parfois on le tue afin d’abréger ses souffrances. C’est de la pitié mêlée aussi d’égoïsme, de cet égoïsme latent qu’on ne veut pas s’avouer à soi-même; à l’attendrissement devant la douleur, se mêle aussi de la lassitude et de l’ennui; les râles du pauvre chien auquel on était pourtant attaché émeuvent certes mais déchirent les oreilles souvent plus que le cœur; on les étouffe pour ne plus voir et entendre souffrir, et le vétérinaire arrive, qui tue le vieux chien fidèle. Dans une chambre d’agonie, au chevet d’un mourant, devant ce pauvre corps qui se débat contre la mort, on souhaite souvent le dénouement et le grand repos par pitié, mais aussi par la lassitude qu’on a soi-même éprouvée dans la lutte, par l’inutilité de l’effort, par le découragement ressenti devant les tisanes vaines sans cesse remuées, devant les potions qu’on sait inutiles et qui s’amoncèlent dans la chambre de malade, aux fades senteurs d’agonie. Qui dira de quelles pensées diverses et obscures est fait ce sentiment qu’on nomme la pitié?

La Cour d’assises jugeait hier un homme qui a tué sa femme parce qu’elle était malade, irrémédiablement perdue. Oh non pas pour abréger ses souffrances, mais parce qu’il était las de son agonie, et qu’il trouvait que la mort n’enfonçait pas assez vite ses griffes dans cette pauvre chair douloureuse qui se débattait contre elle. Un mari bourreau qui, pour ne plus entendre crier celle qu’il avait aimée jadis, et qui, elle, l’aimait toujours, l’appelait «mon chéri» avec tendresse, l’a lâchement jetée par la fenêtre et qui, avec un cynisme féroce, amené devant le commissaire de police, lui a dit tout simplement, sans un regret «J’ai une femme, c’est pour m’en servir. Du moment qu’elle n’était plus bonne à rien, je l’ai balancée».

Ce fut un des drames les plus sauvages qu’on puisse imaginer.

Dans un hôtel meublé de la rue de Sambre-et-Meuse, vivait le ménage Grasser. Le mari, ouvrier vernisseur, buvait et, bien souvent, la nuit, les voisins avaient dans l’escalier entendu son pas d’ivrogne, lourd et titubant. Cet alcoolique était violent; il avait jadis, pour ses brutalités, été condamné à six mois de prison avec sursis puis au régiment, pour outrages à un supérieur, il avait eu deux condamnations, ce qui lui valut, c’est son mot, un an «de rabiot».

La femme était tuberculeuse au dernier degré; le moindre courant d’air, la moindre porte ouverte pouvaient la tuer; c’était, nous apprit le docteur Socquet, une affaire de quelques jours ou de quelques heures. Grasser l’avait soignée; on avait aperçu, dans la chambre de la malade, des tisanes et des potions mais il ne lui plaisait plus guère d’avoir une moribonde auprès de lui, il trouvait qu’elle traînait trop. Il l’avait dit à ses voisins, il l’avait répété à la malade elle-même, couchée dans son lit. On avait entendu la pauvre voix de Mme Grasser murmurer «Je t’en supplie, Georges, mon chéri, laisse-moi tranquille». Et le mari de répondre d’une voix râpeuse «Il y a assez longtemps que tu m’embêtes, il faut que ça finisse!»

Et cela ne finissait pas. Le 20 juillet 1912, pourtant, on devait emmener la malade à l’hôpital; elle était dans son lit, agonisante, les membres crispés déjà par la grande lutte contre la mort toute proche; au jour, on devait la conduire à Tenon, et la nuit s’avançait. Une nuit d’été, très chaude, toutes les croisées des chambres de l’hôtel meublé étaient ouvertes. Soudain, les voisins entendent du bruit. Ils se mettent aux fenêtres et aperçoivent Grasser tenant sa femme dans ses bras, la balançant dans le vide, au-dessus de la barre d’appui.

- Misérable! s’écrie l’un d’eux.

Grasser a entendu. Il rentre dans sa chambre. Les voisins restent aux fenêtres, et sans qu’ils aient eu le temps d’empêcher le drame, ils voient un effroyable spectacle. Grasser a de nouveau saisi sa femme. Elle a compris, il veut la tuer, elle n’a point la force de crier, sa voix n’est qu’un murmure, ses pauvres mains débiles s’accrochent à la barre d’appui de la fenêtre:

- Il faut que ça finisse! s’écrie le bourreau. Ça finira aujourd’hui. Tu ne vaux plus rien. Mieux vaut en finir tout de suite. Tu ne souffriras plus, tu seras mieux en bas qu’ici!

…Un bruit sourd, c’est le corps de la malheureuse qui s’abat sur une toiture voisine; Mme Grasser est tombée d’une dizaine de mètres, elle est morte. Le mari est toujours à la fenêtre, il regarde, et crie aux voisins qui vont ramasser le cadavre:

«Finissez-la donc.»

On arrête le meurtrier et on le conduit chez le commissaire de police.

- Pourquoi avez-vous tué? lui demande le magistrat.

- Je croyais ma femme morte et j’avais peur la nuit, à côté de son cadavre.

Mais bientôt ce système de défense est abandonné:

- Je l’ai jetée par la fenêtre parce qu’elle souffrait trop.

Il aurait tué par pitié, dit-il d’abord. Mais ensuite, brutalement, il se révèle féroce: «Elle ne valait plus rien, je l’ai balancée!»

Un médecin aliéniste, le docteur de Clérambault, a examiné Grasser. Ce bourreau sinistre n’est point fou; c’est un alcoolique, mais il n’a pas, eu lors du meurtre, de délire alcoolique; il n’a que de «petites tares», qui ne peuvent le faire bénéficier que d’une «légère atténuation de peine».

Ce rapport n’est sans doute pas du goût de l’accusé, et, à l’audience, nous aurons la comédie de la folie, assez mal jouée du reste.

Grasser est un petit homme, à l’œil gris farouche, au teint pâle et plombé de «voyou» parisien, au nez un peu rougi par l’alcool, à la moustache tombante et qui semble encore dégoutter d’absinthe. Il a l’air dur et violent, sa voix est râpeuse. Il fut camelot jadis et en a gardé l’accent gouailleur.

M. le président Brégeault l’interroge, et à la première question posée, Grasser ouvre une large bouche – il baille. Puis, il tire de sa poche un large mouchoir blanc, le déplie, le replie et le remet dans son veston.

- Qu’avez-vous à répondre?

- Je laisse la parole à mes avocats.

- Vous en avez donc plusieurs?

- Je l’ignore, répond Grasser.

- Oh, je vois quelle attitude vous allez prendre!

Grasser va nous jouer une scène de folie.

M. Brégeault nous raconte le drame, qui fut précédé de scènes atroces. Une nuit, par exemple, avant le crime, Grasser avait fait, pendant des heures, sonner un réveil-matin dans la chambre de la malade, sans doute pour hâter son agonie. «Ça ne va pas assez vite» avait-il dit à un témoin.

- Alors, vous l’avez «balancée», selon votre propre expression?

Grasser se dresse, cambre le torse, rejette la tête en arrière

- C’est un mot d’argot que j’ai appris

- Vous avez dit aux voisins «Finissez-la!»

- Dans un accès de folie, on dit bien des choses. Il faut savoir le début de ma folie.

- Chez le commissaire de police, vous avez dit (je cite vos paroles):«J’ai tué par mesure humanitaire et sur sa demande.» Voulez-vous nous donner quelques explications?

- C’est par un accès dû à je ne sais quoi, à une chose… L’acte que j’ai commis peut arriver à n’importe qui (Rires), à celui qui l’aurait attrapé comme moi. Un accès de folie arrive à tout, le monde. J’ai été privé de bien des choses; j’ai bien un col à manger du rôti. Il n’y a pas d’erreur et je suis très heureux comme cela.

Grasser, malgré ses propos incohérents a manqué son effet, on ne croira pas à sa folie. C’est à peine si on rira.

- Avez-vous soigné votre femme, parfois? demande le président. Vous avez dit que vous lui apportiez du lait.

- Oui, je me rappelle le lait de la rue Saint-Didier, cet homme-là a disparu bien brutalement.

- Vous avez dit un jour que vous aviez tué votre femme pour abréger ses souffrances?

images (10)- Je ne sais pas, j’ai des idées imaginaires

- Voulez-vous que je continue votre interrogatoire ou que je l’arrête?

- Je crois que pour aujourd’hui c’est suffisant.

On rit, cette fois. Grasser regarde la salle et ne peut s’empêcher lui-même d’esquisser un sourire.

Le docteur de Clérambault nous dit que, lorsqu’il l’a examiné, Grasser ne lui a point du tout paru fou.

- Mais, répond son avocat, Me Clerico, je n’ai jamais pu en tirer un mot sensé.

- Oh moi, dit le médecin, je n’en ai tiré que des choses sensées. Il m’a fait des mensonges, m’a donné des versions insoutenables, mais il était très sensé.

- Vous avez vu le médecin, demande le président à l’accusé, et vous avez avec lui souvent parlé?

- Il est, en effet, venu des médecins, mais ils ne m’ont pas vu; dans la nuit, on ne voit pas bien clair.

M. de Clérambault regarde Grasser.

- C’est de la simulation absolue, il n’y a qu’à voir l’attitude de l’accusé.

Et, quelques instants après, Grasser répondra à un témoin de la manière la plus nette et la plus sensée; le président lui dira:

-Tiens! Depuis la déposition du médecin, vous revenez à la raison.

Grasser se campe en arrière de nouveau; ses mains tapotent la barre:

- Tout ça, c’est des machinations! Je comprends toutes les choses à l’envers.

C’est en vain que Me Clerico demandera à la Cour un nouvel examen mental. Il citera aux juges le cas intéressant de Marie Bourette, l’empoisonneuse; on n’avait point voulu la faire examiner, malgré l’étrangeté de son attitude à l’audience, et quelque temps après sa condamnation on l’enfermait dans un asile d’aliénés. La Cour, estimant que le médecin aliéniste avait pu suffisamment se rendre compte de la nouvelle attitude de l’accusé pour le juger être un simulateur, a refusé une nouvelle expertise.

téléchargement (7)M. l’avocat général Fournier requiert avec talent.

Me Clerico a plaidé avec une grande chaleur; mais la cause était difficile, mauvaise, comme on dit au Palais.

- Accusé, avez-vous quelque chose à ajouter à votre défense?

- Non. Je me résume, je suis de la même opinion que mon avocat. C’est un frère.

Les jurés n’ont point, devant ce crime atroce, accordé de circonstances atténuantes, et Grasser a été condamné aux travaux forcés à perpétuité.

 

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Des rivières partout en Meuse

Posté par francesca7 le 22 juin 2014

 

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Le Département de la Meuse possède de nombreux cours d’eau de 1ère et 2ème catégorie dont vous trouverez le descriptif ci-dessous. Des étangs privés peuvent également vous accueillir, voir plus loin.  

Un site à visiter : http://michaelprobst.phpnet.org/wordpress/stage-sejour-peche-meuse

La Saulx

Rivière à truite par excellence, la Saulx est célèbre pour ces gros spécimens.
En parcourant cette jolie vallée calcaire aux paysages diversifiés et riche en patrimoine architectural, le pêcheur de salmonidés sera comblé.
Que vous recherchiez la Truite ou l’Ombre plus en aval, à vous de trouver la technique la mieux adaptée…

La Cousance

La longueur de son cours d’eau est de 28,8 km. La Cousances prend naissance à Souilly localité située sur le plateau du Barrois, dans le département de la Meuse. Elle se dirige d’abord vers l’ouest, mais après quelques kilomètres adopte la direction du nord, qu’elle maintient jusqu’à la fin de son parcours. De ce fait, elle coule parallèlement à l’Aire pendant la plus grande partie de son cours. Elle finit par se jeter dans l’Aire (en rive droite) à Aubréville, à onze kilomètres en amont (au sud) de Varennes-en-Argonne. Il existe un homonyme qui prend sa source à Narcy en Haute-Marne puis regagne la Meuse à Cousances. La Cousance serpente en Meuse avant d’aller confluer dans la Marne. Riche d’une belle population de Fario, ce ruisseau mérite le détour…

 

L'Ornain à Bar-le-Duc, franchi par le pont Notre-DameLa Chée et l’Ornain

L’Ornain est une rivière classée en première catégorie et appartient au domaine public. L’Ornain peut être considéré comme une offre de pêche de premier ordre. La rivière est densément habitée par des truites farios de belle taille, des vairons et aussi des vandoises. Situés dans le sud du département de la Meuse, la Chée et l’Ornain sont des cours d’eau de 1ère catégorie, tous deux affluents de la Saulx. Le premier présente les caractéristiques d’une petite rivière de plaine qui serpente entre pâtures et cultures, le second alterne courants rapides, grands plats et fosses profondes pour créer un cours très diversifié.

Tout au long de son parcours, la Chée est alimentée par de nombreux ruisseaux, qui servent de frayères naturelles aux truites autochtones. Les Farios de l’Ornain côtoient quant à elles, à partir de Ligny, quelques bancs d’Ombres Communs et des poissons blancs, telles que Vandoises et Chevesnes. 

Aire, Aisne, Biesme

L’AIRE d’une longueur de 125,6 km, elle prend sa source à Saint-Aubin-sur-Aire dans le département de la Meuse, à L'Aire à Varennes-en-Argonne.l’altitude 324 mètres, à deux kilomètres au sud-est de la forêt domaniale de Commercy.

Elle traverse ensuite ce département du sud au nord à la limite orientale du massif de l’Argonne, et conflue en rive droite avec l’Aisne en amont de Mouron, dans les Ardennes, par deux bras séparés d’environ 500 mètres sur les communes de Senuc et de Termes, à l’altitude 104 mètres.

Son bassin versant a une surface de 1 043 km2. Elle a un débit moyen de 13,6 m3/s.

Avant d’être capturée par l’Aisne, il y a environ un million d’années2, elle se jetait dans la Bar, un affluent de la Meuse.

Ce n’est pas une rivière navigable.

Le poisson le plus convoité par les pêcheurs de ce bassin, située à l’Ouest du département, est sans aucun doute la truite Fario. Ici, les passionnés de la pêche au toc, au vairon manié, au lancer, mais aussi de la pêche à la mouche fouettée se régalent.

En particulier sur l’Aire, cours d’eau de référence de ce bassin, où la gestion patrimoniale engagée par les principales AAPPMA depuis quelques années porte ses fruits. La qualité du peuplement de truites Fario sauvages ne cesse de s’améliorer et l’Ombre Commun semble vouloir s’y développer.

La Meuse

Des rivières partout en Meuse dans COURS d'EAU-RIVIERES de France 220px-Abbinden_der_Maas_von_der_Waal_1904_aus_Hochwasserschutzgr%C3%BCndenOù l’on peut pêcher le Gardon, la Carpe, le Sandre ou le Brochet, vous avez toutes les chances d’assouvir votre passion en venant parcourir les rives de la Meuse. Quelle soit « sauvage » ou par endroit, canalisée, la rivière vous enchantera par sa population piscicole aussi variée qu’insoupçonnée !!!

A l’image de nombreux cours d’eau, la Meuse voit son lit barré par des déversoirs et barrages qui ont pour but de régulariser l’ardeur de la rivière lors des crues. A proximité et en se conformant à la réglementation, se trouvent d’excellents postes à carnassiers, notamment en gros Brochets. De nombreux bras morts ou noues sont en communication avec la rivière et constituent des biotopes non seulement agréables et favorables à la pêche mais jouent un rôle important dans la reproduction des diverses espèces de poissons, notamment le Brochet.

Les extractions de sable ont laissé à la disposition de certaines AAPPMA des ballastières où la population de poissons est très importante, notamment les grosses carpes qui dépassent allègrement les 20 kilos. Quant aux traqueurs de carnassiers, ils auront le choix entre Brochets, Sandres et depuis peu le Silure.

A découvrir aussi, les ruisseaux de 1ère catégorie qui sillonnent la vallée et qui abritent une
importante population de Vairons et de Truites Fario.

L’accès à la rivière, dans l’ensemble est facilité par de nombreux chemins. Les voitures resteront garées le long de ceux-ci ! De nombreux campings bien aménagés sont à proximité des lieux de pêche et sont prêts à vous accueillir avec votre famille.

Orne, Longeau, Madine

L’Orne et le Longeau s’écoulent paisiblement vers l’Est. La tête du bassin versant du Longeau est classée en 1ère catégorie (18 km) jusque Saulx-les-Champlon. La pêche de la Truite au toc, est la technique la mieux adaptée sur ce ruisseau. En seconde catégorie, la pêche au coup, au vif et au mort manié, permettent de prendre des poissons blancs, Goujons, Perches et Brochets.

Que vous souhaitiez marcher et chercher les meilleurs postes, ou bien rester plus paisiblement au bord de l’eau, vous trouverez toujours un endroit poissonneux répondant parfaitement à vos attentes.
Pour les pêcheurs recherchant les grands espaces, le célèbre Lac de Madine est là… à prospecter en barque ou depuis les rives, les gros poissons trophées (Brochets, Perches, Sandres, Carpes) vous y attendent.

Les belles vallées de la Meuse :

Sillonnées par les rivières de 1ère et 2ème catégorie du même nom, vous y découvrirez de belles populations de Brochets, Perches, Carpes, Tanches, poissons blancs et Truites. Alors n’hésitez plus, venez prendre votre carte de pêche dans une de nos AAPPMA bordant ces cours d’eau.
Et croyez-moi, pour oublier ses soucis et les vicissitudes de la vie quotidienne, rien de tel qu’une bonne partie de pêche. 

Que vous gardiez le poisson que vous avez pris ou que vous le remettiez à l’eau, une seule chose comptera désormais : « revenir dès que possible dans ce petit coin de paradis ».

Fédération de la Meuse pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique
Moulin Brûlé
55120 NIXEVILLE
Tél. : 03 29 86 15 70       
www.federation-peche-meuse.fr

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Expression : Paris vaut bien une messe

Posté par francesca7 le 25 février 2014

 
citation apocryphe, attribuée à
Henri IV lors de son abjuration

(D’après « Erreurs et mensonges historiques » (Tome 2) 2e éd., paru en 1879)

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Edouard Fournier, l’auteur de recherches ingénieuses, savantes et souvent heureuses sur les mots prétendus historiques, rapportant le célèbre « Paris vaut bien une messe » dont la popularité est si grande et si déplorable, écrit dans son Esprit dans l’Histoire, recherches et curiosités sur les mots historiques : « C’est à mon sens un mot très imprudent. Si Henri IV en eut la pensée, lorsqu’il prit la résolution d’abjurer, pour en finir avec les difficultés qui lui barraient le libre chemin du trône et l’entrée dans sa bonne ville, il fut certes trop adroit pour le dire. »

Ce mot, qui est un vrai propos de corps de garde, n’a pu être tenu par Henri IV ; pour le démontrer sans ré-plique, il suffit de prouver que ce prince s’est sincèrement converti. Comme toute erreur a sa source quelque part et comme aussi tout mensonge a une sorte de raison d’être, il faut d’abord, en peu de mots, rechercher la source de cette erreur et la raison de ce mensonge, et il ne nous sera pas difficile de les trouver dans les divers aspects sous lesquels, jusqu’à ce jour, on avait envisagé Henri IV.

Comme l’a fort judicieusement constaté Berger de Xivrey : « Au XVIIIe siècle, on s’occupa surtout du prince galant et spirituel… Les premières années de notre siècle admirèrent avant tout dans Henri IV la bonté du cœur » (Recueil des Lettres missives de Henry IV, publié dans la Collection de documents inédits sur l’histoire de France). Il était réservé à notre temps de chercher et de retrouver dans le premier des Bourbons l’homme tout entier, le grand homme, c’est-à-dire, l’homme dont la franchise ne s’est jamais démentie un seul instant. C’est sous cet aspect qu’au XVIIe siècle, l’évêque Hardouin de Péréfixe (Histoire du roi Henri le Grand), précepteur de Louis XIV, s’était attaché à représenter — l’histoire à la main — la noble figure du prince le plus justement populaire.

 

 « Cependant, oserons-nous le dire, peu de règnes sont moins connus, et cette longue popularité semble plutôt une idée confuse de ce que ce prince a dû être qu’une notion exacte de ce qu’il a été. Le mouvement des circonstances et l’inclination particulière des esprits ont mis successivement en relief certains côtés de son caractère ; peut-être ne les a-t-on jamais tous indiqués ni tous embrassés dans leur ensemble. La bonhomie du roi Henri a nui à sa grandeur. La légende a amoindri l’histoire. Elle a retiré au génie du souverain ce qu’elle prêtait au charme de l’homme, et en le faisant aimer, elle l’a fait moins admirer. Exagération bientôt suivie de retours contraires !…

« Le premier historien de Henri IV, c’a été jusqu’ici Henri IV lui-même, dit Mercier de Lacombe, dans une remarquable étude sur ce prince intitulée La politique de Henri IV (parue dans le Correspondant de 1857) ; — le mot est aussi vrai que spirituel. Il est quelquefois dangereux pour les grands hommes de se montrer à découvert. Leur âme n’égale pas toujours leur génie. La mémoire de Henri IV n’a point eu à redouter ce péril… La publication des Lettres de ce prince confiée par M. Villemain aux soins éclairés de M. Berger de Xivrey, a plus fait pour Henri IV que les plus ardents panégyriques. »

C’est à ce recueil que nous allons demander le récit plein d’intérêt de la conversion de Henri IV, des causes qui la déterminèrent. Les Lettres de ce prince confirment l’authenticité des récits de Palma Cayet, d’Hardouin de Péréfixe et de de Bury (Histoire de la vie de Henri IV, roi de France et de Navarre), que nous reproduirons en tout ce qui concerne l’histoire de la conversion du premier des Bourbons.

L’homme ne s’étant jamais démenti dans Henri IV, il n’est pas sans intérêt et surtout sans utilité de rechercher quels liens retinrent si longtemps ce prince dans le sein du protestantisme. Né d’un père et d’une mère catholiques, Henri entra, dès sa naissance, dans l’Église catholique par le baptême qu’il reçut des mains du cardinal d’Armagnac, évêque de Rodez et vice-légat d’Avignon. Ses deux parrains (Henri II, roi de France, et Henri d’Albret, roi de Navarre, son grand-père) ainsi que sa marraine (Madame Claude de France) étaient catholiques. Nous insistons sur ces particularités, parce que le souvenir de son baptême catholique influa toujours sur Henri IV et ne fut pas un des moindres motifs qui déterminèrent sa conversion.

Né en 1553, ce prince perdit son père en 1562. Ce ne fut qu’à son retour de la cour de France en Béarn que Jeanne d’Albret, sa mère, « embrassa ouvertement le calvinisme ; mais elle laissa son fils auprès du roi (Charles IX), sous la conduite d’un sage précepteur, nommé la Gaucherie, lequel tâcha de lui donner quelque teinture des Lettres, non par les règles de Grammaire, mais par les discours et les entretiens. Pour cet effet il lui apprit par cœur plusieurs belles sentences, comme celle-ci : Ou vaincre avec justice, ou mourir avec gloire ; et cette autre : Les princes sur leur peuple ont autorité grande, / Mais, Dieu plus fortement dessus les rois commande. »

Le jeune prince n’avait que treize ans lorsque la Gaucherie mourut (1566) ; sa mère le fit revenir en Béarn et elle lui donna pour précepteur « Florent Chrétien,… tout à fait huguenot, et qui selon les ordres de cette reine, éleva le prince dans cette fausse doctrine », écrit Hardouin de Péréfixe. A l’âge de seize ans, il fut mis à la tête du parti protestant et apprit l’art de la guerre sous la conduite de Coligny. La sagesse de Henri lui acquit l’estime et la confiance de Charles IX et d’Henri III ; mais, trop de périls l’environnant à la cour de France, il s’enfuit, rentra dans le parrti huguenot, le seul parti qu’il pût avoir ; et quittant l’Église catholique, professa de nouveau sa première religion. Il est à croire, dit Péréfixe, qu’il le fit parce qu’il était persuadé qu’elle était la meilleure ; ainsi sa faute serait en quelque façon digne d excuse, et l’on ne pourrait lui reprocher que de n’avoir pas eu les véritables lumières. »

téléchargement (5)Il n’était pas aveuglément fanatique, car en 1577, les députés des États de Blois l’engagèrent à rentrer dans la religion catholique, il répondit à l’archevêque de Vienne qui portait la parole, « qu’il n’était point opiniâtre sur l’article de la religion ; qu’il avait toujours cru que celle qui lui avait été annoncée dès son enfance était la meilleure ; que la voie la plus sûre pour lui persuader le contraire n’était pas la guerre dont on le menaçait et qui achèverait la désolation du royaume », rapporte de Bury.

Quelques années après, lorsque Henri III envoya le duc d’Epernon à ce prince, pour l’assurer de son amitié et de ses bonnes intentions, l’inviter à venir à la cour et lui persuader que l’unique moyen de faire avorter les desseins de la Ligue était de changer de religion, Henri de Navarre lui répondit « qu’il conserverait inviolablement toute sa vie l’attachement et la reconnaissance dont il était pénétré pour Sa Majesté ; (…) qu’à l’égard de la religion, il n’était point opiniâtre sur cet article ; que lorsqu’on l’aurait convaincu qu’il était dans l’erreur, il ne balancerait pas à changer, n’ayant rien de plus à cœur que de contribuer de tout son pouvoir à la tranquillité de l’État. » Dès cette époque, et comme sous l’empire d’un pressentiment prophétique, le pape Sixte-Quint, si bon connaisseur en fait d’hommes, disait : « La tête de ce prince est faite exprès pour la couronne de France. »

Cependant, Henri III est frappé par le poignard de Jacques Clément ; le roi de Navarre accourt recueillir son dernier soupir et témoigne la plus grande douleur à la vue d’un si horrible attentat. « Il faudrait, dit de Bury, un peintre bien habile pour nous représenter d’un coup d’œil, dans un tableau, la scène qui se passait dans la chambre de Henri III. On verrait le roi de Navarre pénétré de la plus grande affliction, à genoux près du lit du roi, tenant entre ses mains celle de ce prince, qu’il arrosait de ses larmes, sans pouvoir proférer une seule parole ; Henri III, moribond, lui montrant d’un côté le corps de Notre-Seigneur entre les mains du ministre de l’Église, et de l’autre la couronne de France, pour faire connaître à Henri qu’elle serait toujours vacillante sur sa tête, s’il ne la faisait soutenir par la religion catholique, à laquelle il l’exhortait de se soumettre. On verrait les seigneurs catholiques, dans une contenance respectueuse, approuver par leurs gestes les discours du roi. »

Le 2 août 1589, vers quatre heures du matin, le roi de Navarre, âgé de trente-cinq ans, devint roi de France, par la mort de Henri III. Le même jour, il adressait aux principales villes du royaume une circulaire, où nous lisons ces lignes dignes de remarque : « Il a plu à Dieu nous appeler (…) à la succession de cette couronne, ayant bien délibéré aussi de donner tout le meilleur ordre que faire se pourra, avec le bon conseil et avis des princes et autres principaux seigneurs, à ce qui sera du bien et conservation de l’Etat, sans y rien innover au fait de la religion catholique, apostolique et romaine, mais la conserver de notre pouvoir, comme nous en ferons plus particulière et expresse déclaration » (Lettres missives de Henri IV).

A la suite d’une assemblée, la noblesse de France fit promesse à Henri de le reconnaître pour roi, à ces conditions : « 1° Pourvu qu’il se fît instruire dans six mois ; car, on présupposait que l’instruction causerait nécessairement la conversion. 2° Qu’il ne permît aucun exercice que de la religion catholique. 3° Qu’il ne donnât ni charge, ni emploi aux huguenots. 4° Qu’il permît à l’assemblée de députer vers le pape, pour lui faire entendre et agréer les causes qui obligeaient la noblesse de demeurer au service d’un prince séparé de l’Église romaine

« (…) Le roi leur accorda facilement tous les points qu’ils demandaient, hormis le second. Au lieu duquel il s’engagea de rétablir l’exercice de la religion catholique, par toutes ses terres, et d’y remettre les ecclésiastiques dans la possession de leurs biens. Il fit dresser une déclaration de cela, et après que les seigneurs et gentilshommes de marque l’eurent signée, il l’envoya à cette partie du Parlement, qui était séante à Tours, pour la vérifier », nous apprend Péréfixe.

Henri IV aurait peut-être dès lors change de religion, pour donner aux seigneurs catholiques la satisfaction qu’ils demandaient : il était assez éclairé pour connaître celle qui était la véritable ; mais, la politique l’obligeait d’avoir de la condescendance pour les huguenots. Leur parti était trop considérable, pour qu’on ne le ménageât pas. D’ailleurs, dès lors, —comme par le passé, — il parlait toujours avec respect du pape et des prêtres, rapporte de Bury. Plus nous avançons et plus nous recueillons des preuves de la foi et de la piété de ce grand cœur, si plein de noblesse et de franchise.

Sur le champ de bataille d’Ivry (14 mars 1590), au moment d’engager le combat, « il leva les yeux au ciel, et joignant les mains, appela Dieu à témoin de son intention, et invoqua son assistance, — le priant de vouloir réduire les rebelles à reconnaître celui que l’ordre de la succession leur avait donné pour légitime souverain. Mais, Seigneur (disait-il), s’il t’a plu en disposer autrement, ou que tu voies que je dusse être du nombre de ces rois que tu donnes en ta colère, ôte moi la vie avec la couronne ; agrée que je sois aujourd’hui la victime de tes saintes volontés ; fais que ma mort délivre la France des calamités de la guerre, et que mon sang soit le dernier qui soit répandu en cette querelle », nous révèle Péréfixe.

On sait quelle fut l’issue de cette glorieuse journée. Vainqueur de ses ennemis, Henri IV rapporta tout l’honneur de l’avantage à Dieu seul. « Il a plu à Dieu — écrivait-il le soir même de la bataille d’Ivry — de m’accorder ce que j’avais le plus désiré : d’avoir moyen de donner une bataille à mes ennemis ; ayant ferme confiance que, en étant là, il me ferait la grâce d’en obtenir la victoire, comme il est advenu cejourd’hui… La bataille s’est donnée, en laquelle Dieu a voulu faire connaître que sa protection est toujours du côté de la raison. C’est un œuvre miraculeux de Dieu, qui m’a premièrement voulu donner cette résolution de les attaquer, et puis la grâce de le pouvoir si heureusement accomplir. Aussi à lui seul en est la gloire, et de ce qu’il en peut, par sa permission, appartenir aux hommes, elle est due aux princes, officiers de la Couronne, seigneurs et capitaines (…) Je vous prie surtout d’en faire rendre grâce à Dieu, lequel je prie vous tenir en sa sainte garde. » Le même jour, il écrivait au duc de Longueville : « Nous avons à louer Dieu : il nous a donné une belle victoire… Dieu a déterminé selon son équité (…) Je puis dire que j’ai été très bien servi, mais surtout évidemment assisté de Dieu, qui a montré à mes ennemis qu’il lui est égal de vaincre en petit ou grand nombre. »

A un vaillant capitaine, il dit : « Monsieur de La Noue, Dieu nous a bénis… Dieu a montré qu’il aimait mieux le droit que la force (…) Que nous puissions cueillir les fruits de la guerre que le bon Dieu nous a faits. » Le 18 mars, il écrit au maire et aux jurats de Bordeaux : « Nous avons voulu vous faire part de cette nouvelle, pour vous exhorter premièrement en rendre grâces à Dieu, à qui seul en est la gloire, ayant par plusieurs effets particuliers et admirables témoigné en cette occasion qu’il est toujours protecteur des bonnes causes et ennemi des mauvaises, et avec les actions de grâces y joindre vos dévotes prières, à ce qu’il lui plaise continuer sa bénédiction sur notre labeur jusqu’à la perfection de notre dessein, qui n’est que la paix et union universelle de tous nos sujets et la tranquillité en tout ce royaume. »

La clémence et la générosité d’Henri IV furent égales à sa bravoure, « et la manière dont il usa de la victoire fut une preuve certaine qu’il la tenait de sa conduite plutôt que de la fortune », rapporte Péréfixe. Des bataillons suisses avaient combattu contre lui dans les rangs de ses ennemis ; non seulement il leur pardonna, mais encore il les fit reconduire dans leur pays, adressant aux cantons de bonnes paroles qui les touchèrent profondément et dont ils se montrèrent toujours reconnaissants. Il tint la même conduite généreuse à l’égard des Français, ses adversaires, qu’il venait de vaincre. « Il n’eut rien plus à cœur que de faire connaître à ses sujets qu’il désirait épargner leur sang, et qu’ils avaient affaire à un roi clément et miséricordieux, non pas à un cruel et impitoyable ennemi. Il fit crier dans la déroute : Sauvez les Français… Il prit à merci tous ceux qui demandaient quartier, et en arracha tant qu’il put des mains des soldats, acharnés à la tuerie ».

Et combien religieuse fut la conduite d’Henri IV, lorsqu’en 1589, étant entré dans Paris, il empêcha le pillage et la profanation des églises ; c’était le jour de la Toussaint : grâce à l’ordre parfait que le roi sut faire régner, les offices eurent lieu au milieu du plus grand calme, et les catholiques de son armée y assistèrent pieusement avec les Parisiens. Malheureusement Henri IV fut obligé de s’éloigner, et ce ne fut que l’année suivante qu’il put revenir sous les murs de la capitale. En peu de temps, Paris fut réduit aux horreurs de la famine ; « le cœur du roi fut tellement serré de douleur (à cette nouvelle), que les larmes lui en vinrent aux yeux, et s’étant un peu détourné pour cacher cette émotion, il jeta un grand soupir avec ces paroles : O Seigneur t tu sais qui en est la cause ; mais, donne-moi le moyen de sauver ceux que la malice de mes ennemis s’opiniâtre si fort à faire périr.

« En vain les plus durs de son conseil, et spécialement les huguenots, dit Péréfixe, lui représentèrent que ces rebelles ne méritaient point de grâce ; il se résolut d’ouvrir le passage aux innocents. Je ne m’étonne pas (dit-il), si les chefs de la Ligue et si les Espagnols ont si peu de compassion de ces pauvres gens-là, ils n’en sont que les tyrans ; mais, pour moi qui suis leur père et leur roi, je ne puis pas entendre le récit de ces calamités sans en être touché jusqu’au fond de l’âme et sans désirer ardemment d’y apporter remède. Je ne puis pas empêcher que ceux que la fureur de la Ligue possède ne périssent avec elle ; mais, quant à ceux qui implorent ma clémence, que peuvent-ils mais du crime des autres ? Je leur veux tendre les bras. »

Ce jour-là même, plus de quatre mille malheureux sortirent de Paris, et dans le transport de leur reconnaissance, ils criaient : « Vive le roi ! » A l’exemple de Henri IV, ses officiers et ses soldats firent passer des vivres aux Parisiens et sauvèrent la vie à une foule de pauvres familles. La conduite du roi fut empreinte d’un caractère tout particulier de respect à l’égard des prêtres catholiques.

Le moment approchait où les bonnes dispositions de Henri IV et sa piété allaient le préparer à écouter la voix de l’Église catholique. Les huguenots, effrayés de la perspective de cette conversion qui ruinait leurs projets ambitieux, sollicitèrent Elisabeth et les princes protestants d’Allemagne « de lui envoyer de grandes forces », par le moyen desquelles ils croyaient le faire venir à bout de la Ligue, « après quoi il n’aurait plus besoin de se convertir, et a que cependant ils le tiendraient toujours obsédés a par ces troupes étrangères. En effet, Elisabeth, qui avait une extrême ardeur pour la religion protestante, s’intéressa fort dans la cause de ce roi, l’assista toujours généreusement, et sollicita avec chaleur les princes d’Allemagne d’y concourir avec elle. Au même temps (1591), les huguenots pressaient à toute force qu’on leur donnât un édit pour l’exercice libre de leur religion. Ils le poursuivirent si fortement, qu’il fallut le leur accorder, et on l’envoya au parlement séant à Tours ; mais, on ne put jamais obtenir qu’il le vérifiât qu’avec ces mots : « par provision seulement ; se montrant aussi ennemi de cette fausse religion, qu’il l’était des factions de la Ligue. »

téléchargement (6)Sur ces entrefaites mourut Sixte-Quint, dont Henri IV appréciait le caractère et dont il avait reçu plus d’une invitation paternelle de se convertir. Enfin, en 1593, le roi consentit à se faire instruire « par des moyens qui ne fissent point de tort à sa dignité et à sa conscience », et il permit aux catholiques de son parti de faire savoir au pape (Grégoire XIV) quelles étaient ses dispositions. « Il ne faut pas douter — dit de Bury, — que ce prince, après ce qui s’était passé depuis la mort de Henri III, et la promesse qu’il avait faite aux seigneurs catholiques de son parti de se faire instruire, n’eût fait les plus sérieuses réflexions sur ce qui concernait sa conscience ; il était trop instruit pour n’avoir pas reconnu la différence qu’il y avait entre les deux religions.

« La religion catholique était si ancienne et si authentiquement établie par une suite de miracles incontestables et par une tradition non interrompue depuis tant de siècles… qu’il n’était pas possible à un cœur droit, qui cherche la vérité, de ne la pas préférer à une religion toute nouvelle dont les auteurs n’avaient donné aucune preuve de leur mission, et étaient connus pour n’avoir agi que par des mouvements purement humains et intéressés, et dans le dessein d’anéantir la hiérarchie ecclésiastique. Henri avait été témoin de tout le sang que le protestantisme avait fait répandre dans le royaume et des désordres qu’il y avait causés.

« La politique, dont Dieu permet quelquefois que les hommes se servent pour accomplir les desseins qu’il a sur eux, empochait Henri de se livrer à ce qu’il entrevoyait lui être plus utile. Elle lui avait servi pour retenir les Huguenots dans son parti et lui aider, par leur secours, à venir à bout de ses ennemis : elle lui faisait appréhender que s’il quittait cette religion, ils ne l’abandonnassent et ne l’empêchassent de terminer une guerre longue et cruelle, qui réduisait à la dernière misère des peuples qu’il chérissait et qu’il voulait rendre heureux. Enfin, la providence, secondant la bonté de son cœur et la droiture de ses sentiments, lui inspira le désir de rentrer dans la religion catholique, en lui faisant connaître tous les avantages que ses sujets en retireraient et la gloire qu’il acquerrait lui-même.

« Il prit donc la ferme résolution de quitter la religion protestante ; et pour cet effet, il écrivit à plusieurs archevêques, évêques et doctes personnages du royaume des lettres de cachet, pour les prier de se rendre auprès de lui, le 15 juillet, désirant d’être instruit par eux dans la religion catholique, apostolique et romaine, à quoi il promettait qu’ils le trouveraient tout disposé, ne cherchant que la voie la plus sûre pour faire son salut », écrit de Bury. C’est alors qu’eut lieu au village de Suresnes, près de Paris, une fameuse Conférence au sujet de l’instruction et de la conversion du roi, entre l’archevêque de Bourges, MM. de Chavigny, de Rambouillet, de Schomberg, de Bellièvre, de Pontcarré, de Thou, Revol et de Vic, pour Henri IV ; et d’autre part l’archevêque de Lyon, l’évêque d’Avranches, l’abbé de Saint-Vincent, MM. de Villars, Averson, Jeanin, de Pontarlier, de Montigny, du Pradel, Le Maistre, Bernard, Dulaurens et de Villeroi, de la part des États.

Parcourons la correspondance de Henri IV, à cette époque, pour y trouver l’expression franche et sincère de ses sentiments religieux. Le 8 mai 1593, il écrivait au duc de Nivernais, pair de France : « Lesdits députés de part et d’autre promettent beaucoup de fruit de ladite conférence, ce que je désire plus que chose du monde, pour le repos général de mon royaume : à quoi je tiendrai la main et apporterai de ma part tout ce que je pourrai pour le repos de mon royaume et le contentement de tous mes sujets catholiques. »

Et deux jours après, il dit au prince de Conti, que les partisans de l’Espagne essaient de paralyser, de toutes les manières possibles, l’heureux effet de la nouvelle de son retour à la foi catholique, qu’ils prétendent n’être qu’une feinte et une tactique toute politique de sa part pour se maintenir sur le trône de France. « Je vous prie de vous trouver (le 10 juillet prochain), pour mettre la main à un si bon œuvre, si profitable, avec l’aide de Dieu, qui en fera, s’il lui plaît, sortir le fruit conforme au désir des gens de bien. »

Henri IV s’ouvre entièrement et sans réserve à l’évêque de Chartres (le 18 mai) : « Le regret que je porte des misères où ce royaume est constitué par quelques-uns qui, sous le faux prétexte de la religion, duquel ils se couvrent, ont enveloppé et traînent lié avec eux en cette guerre le peuple ignorant leurs mauvaises intentions, et le désir que j’ai de reconnaître envers mes bons sujets catholiques la fidélité et affection qu’ils ont témoignées, et continuent chaque jour, à mon service, par tous les moyens qui peuvent dépendre de moi, m’ont fait résoudre, pour ne leur laisser aucun scrupule, s’il est possible, à cause de la diversion de ma religion, en l’obéissance qu’ils me rendent, de recevoir au plus tôt instruction sur les différends dont procède le schisme qui est en l’Eglise, comme j’ai toujours fait connaître et déclaré que je ne la refuserai ; et n’eusse tant tardé d’y vaquer, sans les empêchements notoires qui m’y ont été continuellement donnés. Et bien que l’état présent des affaires m’en pourrait encore juste ment dispenser, je n’ai toutefois voulu différer davantage d’y entendre, ayant à cette fin avisé d’appeler un nombre de prélats et docteurs catholiques, par les bons enseignements desquels je puisse, avec le repos et satisfaction de ma conscience, être éclairci des difficultés qui nous tiennent séparés en l’exercice de la religion. »

« Et d’autant que je désire que ce soient personnes qui, avec la doctrine, soient accompagnées de piété et prudhommie, a n’ayant principalement autre zèle que l’honneur de Dieu, comme de ma part j’y apporterai toute sincérité, et qu’entre les prélats et personnes ecclésiastiques de mon royaume, a vous êtes l’un desquels j’ai cette bonne opinion ; à cette cause, je vous prie de vous rendre près de moi en cette ville (de Mantes), le 15e jour de juillet, où je mande aussi à quelques autres de votre profession se trouver en même temps, pour tous ensemble tendre à l’effet les efforts de votre devoir et vocation ; vous assurant que vous me trouverez disposé et docile à tout ce que doit un roi très-chrétien, qui n’a rien plus vivement gravé dans le cœur que le zèle du service de Dieu et le maintien de sa vraie église. »

Et dans une lettre circulaire, qui fut très répandue, Henri IV répétant les mêmes protestations de sa sincérité, ajoute : « Nous sommes très disposé à recevoir et suivre ce que par bons enseignements l’on nous fera connaître appartenir à la vraie piété et religion. » La franchise du roi le porta à avertir ses coreligionnaires de l’ouverture de la conférence de Suresnes, et tout en leur faisant pressentir l’issue probable de cette conférence, il les assura de son affection et de sa bienveillance, comme par le passé (lettre du 25 mai). Le 30 mai, écrivant au grand-duc de Toscane, le roi de France lui montre son désir de plus en plus ardent de rentrer dans le sein du catholicisme, n’imputant son retard à le faire qu’à la difficulté des temps et à la mauvaise volonté de certains chefs de la Ligue :

« Quoique les mêmes empêchements qui continuent toujours la part de mes ennemis, avec la même animosité et rigueur qu’ils ont accoutumé, me pourraient encore justement excuser de cette action, si j’avais intention de la tirer en longueur, ou frustrer mes dits bons sujets de leur désir et attente, ainsi que mes ennemis en veulent faire valoir l’opinion, à la justification de leurs faux prétextes, toutefois, je me suis résolu de surmonter les susdites incommodités pour accélérer le contentement des uns, faire voir à découvert les mauvaises intentions des autres (…) ; et à cet effet j’ai convoqué auprès de moi, au 20e de juillet prochain, plusieurs prélats et docteurs catholiques, pour mon instruction et me résoudre avec eux des points qui nous ont jusques ici tenus séparés les uns des autres, en la foi et créance de la religion, espérant que Dieu assistera de sa grâce par son Saint-Esprit, cette mienne résolution selon le saint zèle que j’y apporte, qui ne tend qu’à embrasser et suivre la vraie voie de mon salut. »

L’opposition systématique de certains chefs de la Ligue continuait toujours à l’endroit de Henri IV ; ils n’épargnaient rien pour semer dans l’esprit du peuple le doute et la défiance au sujet des intentions du roi, — comme le prouve une longue lettre d’Henri IV au marquis de Pisany. On y voit la prudence, la sagesse, la franchise et surtout la patience inaltérable de ce prince en face des odieuses menées de ses ennemis et de ceux de la France. Il avait été à même d’apprécier la conduite pleine de tact de René Benoît, curé de Saint-Eustache, un des hommes les plus savants de cette époque ; il l’appela à Mantes près de lui, pour être un des docteurs qu’il chargeait du soin de l’instruire dans la vraie foi :

« Dès l’heure que j’ai eu la volonté de penser à ma conversion, j’ai jeté l’œil sur vous pour être l’un de ceux desquels j’aurai l’assistance fort agréable à cette occasion. La réputation de votre doctrine, laquelle est suivie d’une vie non moins louable, me fait espérer de recevoir beaucoup de service et de contentement de vous, si j’en suis assisté. Ce qui est cause que je vous fais ce mot pour vous faire connaître combien je l’aurai agréable ; même que vous prépariez, à cet effet, quelques-uns de votre collège, que vous connaîtrez avoir la crainte de Dieu et être accompagnés d’esprit doux, et aimant le bien et repos de mes sujets… » En attendant, « que j’aie part en vos prières. »

Dans les premiers jours de juillet de la même année, le roi exprimait à l’archevêque de Bourges son vif désir de rentrer dans le sein de l’Église catholique, en dépit de la difficulté des temps et des complots de ses ennemis : mon intention serait plutôt de devancer la conférence que de la reculer, tant j’en désire les effets, espérant bien que ceux qui publient que ce que je propose faire est à fard et à feintise auront toute occasion de s’en dédire, et les effets contraires à leurs opinions se reconnaîtront si près d’eux que, s’ils n’en veulent être les témoins, ils en pourront au moins avoir souvent de bien certaines nouvelles (…) J’espère que Dieu me fera la grâce d’y porter l’esprit vide de toute autre passion que ce qui est de sa gloire, de mon salut et du bien de cet État. »

Le 12 juillet, Henri IV écrivit au consistoire de Nîmes, à propos des complots formés contre la France par les protestants, qui prenaient prétexte de la prochaine abjuration du roi, pour troubler le pays. Malgré ce nouvel embarras, le 16 juillet il mandait M. de Rambouillet : « Vous savez que le 20e de ce mois approche, qui est le jour auquel j’ai assigné la convocation que je fais faire à Saint-Denis pour y recevoir l’instruction à laquelle je me suis disposé dès mon avènement à cette couronne. Et, comme aussitôt après, je délibère de m’y faire sacrer et couronner, suivant les anciennes coutumes observées par les rois mes prédécesseurs, et qu’en une si célèbre solennité que sera celle-là, il faut que les choses se fassent avec les mêmes cérémonies qui, de tout temps, ont été gardées en pareil cas, etc. »

Ici, laissons parler un témoin oculaire, un contemporain non suspect, l’ex-ministre protestant Palma Gayet, qui assista aux conférences que nécessita l’instruction du roi. « Dieu depuis longtemps avait touché le roi sur la réalité au sacrement de l’Eucharistie, et qui, toutefois, était encore en doute sur trois points, savoir ; de l’invocation des saints, de la confession auriculaire et de l’autorité du pape. » A l’ouverture de la conférence, le roi disait à M. d’Ossat : « Vous savez la déclaration que j’ai faite, à mon avènement à la couronne, de me laisser instruire en la religion catholique et romaine. Vous savez aussi l’intention pour laquelle j’ai permis que les princes et seigneurs catholiques aient envoyé des ambassadeurs et des agents vers le pape, pour aviser au moyen de mon instruction et de ma conversion. »

Puis, apprenant à M. d’Ossat son intention de se faire instruire en la foi catholique, il ajouta : « J’espère que Dieu nous regardera de son œil de miséricorde, et donnera à mon peuple le fruit de la paix tant désirée. Je sais que les rois qui ont plus de pitié de leurs peuples s’approchent aussi plus près de Dieu, qui fera réussir mon dessein à sa gloire… Nul ne peut douter que quand même je me fusse déclaré catholique dès mon avènement à cette couronne, que, pour cela, mon peuple n’eût pas eu la paix ; ceux de la religion les huguenots) eussent pu désirer un protecteur particulier, et il y eût eu du danger de ce côté, vu ce qui s’en est passé autrefois, etc. » Ces paroles charmèrent M. d’Ossat, et lui firent concevoir l’espérance bien fondée de la prochaine conversion de Henri IV.

« Avant que de dire ce qui se passa en cette conférence, dit Palma Cayet, comme j’ai dit ci-dessus, que, dès longtemps, le roi croyait la réalité au sacrement de l’Eucharistie, je rapporterai ici quelques particularités qui se sont passées sur ce qu’il a été quelquefois repris de se convertir. Environ l’an 1584, (…) on conseilla audit sieur roi de Navarre de chercher les moyens de se réconcilier avec le Saint-Siège. Le sieur de Ségur, un des principaux conseillers, en communiqua même avec quelques ministres qu’il jugeait être traitables, pour aviser aux moyens de se réunir à l’Église catholique romaine, ce que l’on désirait faire doucement et sans en faire grand bruit. Sa Majesté s’y trouva tellement portée, qu’en un discours particulier il dit à un des ministres de sa maison : Je ne vois ni ordre ni dévotion en cette religion (la protestante) ; elle ne gît qu’en un prêche qui n’est autre chose qu’une langue qui parle bien français ; bref, j’ai ce scrupule qu’il faut croire que véritablement le corps de Notre-Seigneur est au sacrement, autrement tout ce qu’on fait en la religion n’est qu’une cérémonie. »

« Or, du depuis, les remuements de la Ligue commencèrent. Ledit sieur de Ségur (…) manda à Sa Majesté qu’il n’était pas temps de parler de conversion, et, quoiqu’il le lui eût conseillé, qu’il ne fallait pas qu’il le fît encore, parce qu’étant prince souverain dans ses pays, il ne devait ployer sous la volonté de ses ennemis ; mais, devait s’évertuer de maintenir sa liberté et défendre sa religion, jusques à tant que, par bonne instruction paisiblement et volontairement, il fût satisfait de tous doutes. A cet avis se conforma celui de tout son conseil. On ne trouva que trop de raisons d’État pour le lui persuader ; toutefois, on a tenu que, sans l’avis d’un opinant en son conseil, celte conversion se fût poursuivie et qu’il fût venu, dès ce temps-là trouver le roi…. » Les autres sont de contraire opinion, et disent que les princes de la Ligue n’eussent pas laissé de prendre les armes, et qu’ils « n’en voulaient pas tant à la religion qu’à la couronne. »

« Depuis que ce prince eut été contraint de prendre les armes, il ne laissa toutefois, au plus fort même de ses affaires, de conférer particulièrement avec ceux qu’il jugeait doctes des points principaux de sa religion, et se rendit tellement capable de soutenir des points débattus par les ministres, selon leur façon de faire, que plusieurs fois il en a étonné des plus entendus d’entre eux. On dira que c’était pour le respect de Sa Majesté ; mais, je dirai que c’est de la seule vivacité de son esprit et l’exact jugement qu’il fait de toutes choses, en quoi il ne reçoit aucune comparaison avec prince ou philosophe qui ait jamais été ; (…) si bien qu’il connaît les affections à la mine et les pensées au parler.

« II continua toujours celte forme d’instruction ; même, étant venu à la couronne de France, il m’envoya (à moi qui écris) mandement par bouche et lettres, (…) à ce que j’eusse à lui en dire mon avis sommairement ; ce que je fis en trois grandes feuilles de papier, lesquelles le sieur Hesperien, ministre, lui porta et se les fit lire durant qu’il assiégeait la ville de Vendôme. Depuis, Sa Majesté a toujours continué cette recherche d’instruction par écrits et en devis (conversations) particuliers avec gens doctes, jusques à ce temps ici qu’il donna sa parole au sieur d’Ossat d’embrasser tout à fait la religion catholique, et, pour quelques difficultés qu’il avait encore, de s’en faire résoudre par les prélats. »

Maintenant, continuons ce récit par la bouche de Péréfixe, qui était bien instruit :

téléchargement (7)« Le roi vint à Saint-Denys, où se rendirent plusieurs prélats et docteurs, par le soin desquels il s’était fait instruire. Un historien rapporte que le roi faisant faire devant lui une conférence entre les docteurs de l’une et de l’autre Église, et voyant qu’un ministre tombait d’accord qu’on se pouvait sauver dans la religion des catholiques, Sa Majesté prit la parole, et dit à ce ministre : Quoi ! tombez-vous d’accord qu’on puisse se sauver dans la religion de ces messieurs-là ? » Le ministre répondant qu’il n’en doutait pas, pourvu qu’on y vécût bien, le roi repartit très judicieusement : La prudence veut donc que je sois de leur religion, et non pas de la vôtre, parce qu’étant de la leur, je me sauve selon eux et selon vous, et étant de la vôtre, je me sauve bien selon vous, mais non pas selon eux. Or, la prudence veut que je suive le plus assuré.

« Ainsi, après de longues instructions, dans lesquelles il voulut amplement être éclairci de tous ses doutes, il abjura son erreur, fit profession de la foi catholique et reçut l’absolution dans l’église abbatiale de Saint-Denis, au mois de juillet (1593), par le ministère de Renaud de Beaune, archevêque de Bourges. Dès le jour même on vit toute la campagne, depuis Paris jusqu’à Pontoise, éclairée de feux de joie ; et grand nombre de Parisiens qui, étant accourus à Saint-Denis pour voir cette cérémonie, remportèrent à Paris une entière satisfaction et remplirent toute la ville d’estime et d’affection pour le roi ; tellement qu’on ne l’y appela plus le Béarnais, comme auparavant, mais absolument le roi. »

Le 25 juillet, Henri IV envoya, par toute la France, la lettre circulaire suivante sur son abjuration : « Suivant la promesse que nous fîmes à notre avènement à cette couronne par la mort du feu roi (,..) dernier décédé, (…) et la convocation par nous faite des prélats et docteurs de notre royaume, pour entendre à notre instruction, par nous tant désirée et tant de fois interrompue par les artifices de nos ennemis, enfin nous avons, Dieu merci, conféré, avec lesdits prélats et docteurs, assemblés (…) pour cet effet, des points sur lesquels nous désirions être éclairci ; et après la grâce qu’il a plu à Dieu nous faire par l’inspiration de son Saint-Esprit, que nous avons recherchée par tous nos vœux et de tout notre cœur pour noire salut, et satisfait par les preuves qu’iceux prélats et docteurs nous ont rendues par écrits des apôtres, des saints pères et docteurs reçus en l’Église, reconnaissant l’Église catholique, apostolique et romaine être la vraie Église de Dieu, pleine de vérité, et laquelle ne peut errer, nous l’avons embrassée et sommes résolus d’y vivre et mourir.

« Et pour donner commencement à cette bonne œuvre, et faire connaître que nos intentions n’ont eu jamais d’autre but que d’être instruits sans aucune opiniâtreté, et d’être éclaircis de la vérité et de la vraie religion pour la suivre, nous avons cejourd’hui ouï la messe, et joint et uni nos prières avec ladite Église (…) résolus d’y continuer le reste des jours qu’il plaira à Dieu nous donner en ce monde ; dont, nous vous avons bien voulu avertir, pour vous réjouir d’une si agréable nouvelle, et confondre par nos actions les bruits que nos dits ennemis ont fait courir jusqu’à cette heure, que la promesse que nous en avons ci-devant faite était seulement pour abuser nos bons sujets et les entretenir d’une vaine espérance, sans aucune volonté de la mettre à exécution : de quoi nous désirons qu’il soit rendu grâces à Dieu, par processions et prières publiques, afin qu’il plaise à sa divine bonté nous confirmer et maintenir le reste de nos jours en une si bonne et si sainte résolution. »

Le même jour, Henri IV apprit la nouvelle de son abjuration à ses anciens coreligionnaires, en ces termes pleins d’une franche dignité : « Je fais présentement une dépêche générale pour vous donner à tous avis de la résolution que j’ai faite de faire dorénavant profession de la religion catholique, apostolique et romaine… Ce que j’en ai fait n’ayant été qu’à fort bonne intention, et principalement pour la seule assurance que j’ai d’y pouvoir faire mon salut, et pour n’être en ce point différent des rois mes prédécesseurs, qui ont heureusement et pacifiquement régné sur leurs sujets, espérant que Dieu me fera la même grâce, et que par moyen seraient ôtés non seulement les prétextes, mais aussi les causes des divisions et révoltes qui minent aujourd’hui cet État ; étant pour cela mon intention qu’il ne soit fait aucune force ni violence aux consciences de mes sujets, (…) et qu’ainsi qu’il a plu à Dieu m’ordonner roi de tous mes sujets, que je les aimerai et aurai tous en égale considération. »

Une autre circulaire du roi — conçue en des termes vraiment paternels — contenait pour les villes de la Ligue un oubli complet des injures passées et une promesse entière de bonne affection pour l’avenir : « Nous savons assez par expérience combien peut en âmes consciencieuses le désir de conserver la religion et la crainte de la perdre. C’est pourquoi nous excusons la difficulté et refus que plusieurs de nos sujets ont fait jusques ici de nous reconnaître, pour la différence de la religion que nous tenions lors, avec la leur, et pour l’occasion qu’ils avaient de redouter que nous n’y voulussions apporter quelque changement (…) Notre domination légitime leur sera aussi douce et profitable que l’état où ils sont à présent réduits leur est ruineux et insupportable. »

Voici enfin quelques fragments des lettres qu’Henri IV écrivait alors au pape, pour lui apprendre son abjuration et l’assurer de la sincérité de son dévouement :

« Très-Saint-Père,

« Ayant, par l’inspiration qu’il a plu à Dieu me donner, reconnu que l’Église catholique, apostolique et romaine est la vraie Église pleine de vérité et où gît le salut des hommes, conforté encore en cette foi et créance par l’éclaircissement que m’ont donné les prélats et docteurs en la sainte faculté de théologie (que j’ai à cette fin assemblés), des points qui m’en ont tenu séparé par le passé, je me suis résolu de m’unir à cette sainte Église, très résolu d’y vivre ou mourir, avec l’aide de Celui qui m’a fait la grâce de m’y appeler, (…) et de rendre l’obéissance et respect dus à Votre Sainteté et au Saint-Siège ; (…) et m’assurant, Très-Saint-Père, que Votre Sainteté ressentira la joie de cette sainte action, (…) j’ai bien voulu (…) lui donner par ce peu de lignes de ma main ce premier témoignage de ma dévotion filiale envers Elle, la suppliant très affectueusement de l’avoir agréable et recevoir d’aussi bonne part comme elle procède d’un cœur très sincère et plein d’affection, de pouvoir par mes actions mériter sa sainte bénédiction…

« Votre bon et dévot fils, Henry »

Et cet autre extrait : « Je supplie Votre Sainteté , autant affectueusement qu’il m’est possible, de prendre entière confiance et assurance de la foi que d’Ossat lui donnera de ma part de l’honneur que je lui veux rendre, croyant, s’il lui plaît, que si je n’avais intention de mériter les bonnes grâces et faveurs de Votre Sainteté, pour être utile à la religion et à la chrétienté, (…) je ne m’engagerais à Votre Sainteté, ni en la recherche de sa bienveillance, si librement et rondement que je fais. Mes ennemis me peuvent bien passer en artifice et dissimulation, mais non en franchise et candeur. »

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deux pays dans l’AIN

Posté par francesca7 le 20 novembre 2013

 

Dombes

Dombes

Le département de l’Ain se divise en deux pays tout à fait différents et qui sont presque d’égale étendue : il se compose en effet, à l’est, de montagnes et de plateaux, malheureusement de moins en moins boisés, qui portent le nom de Jura ; à l’ouest, de vastes plaines plus ou moins parsemées de bois ou d’étangs.

Le Jura n’est point un ensemble de chaînes exclusivement français ; il a bien en France une étendue considérable sur plusieurs départements, mais il couvre aussi l’ouest de la Suisse, et, au delà du cours du Rhin (qui le perce à la fameuse cascade de Schaffhouse), au delà même du Danube, il se poursuit encore en Allemagne, sous des noms qui ne sont plus celui de Jura. Sur le territoire de l’Ain, le Jura se compose de chaînes et et de plateaux parallèles qui, de l’ouest à l’est, s’élèvent de plus en plus : aussi l’arête principale du département se dresse-t-elle tout à fait à l’est du territoire, au-dessus des confins de la Suisse et de la Savoie. Cette arête, la plus haute non seulement du département de l’Ain, mais aussi de tout le système des montagnes du Jura, est orientée du nord-nord-est au sud-sud-ouest.

Elle est comprise dans l’ancien pays de Gex, entre la frontière de Suisse et de Savoie, le cours du Rhône et la profonde vallée de la Valserine, affluent du Rhône. Là se dresse le Crêt de la Neige, le plus haut des monts Jurassiens. Cette montagne, située à une douzaine de kilomètres en ligne droite au sud-ouest de Gex et à près de 20 km à vol d’oiseau au nord-est de la station de Bellegarde, n’a pas moins de 1 725 mètres d’altitude, c’est-à-dire de hauteur au-dessus du niveau moyen des mers. Le Crêt de la Neige est ainsi nommé d’une vaste excavation, longue de 150 mètres, large de 5 à 15, profonde de 20 à 30, où la neige se conserve pendant une grande partie de l’été, et atteint au printemps 12 à 15 mètres d’épaisseur.

Si, du Crêt de la Neige, on suit la chaîne dans la direction nord-nord-est, on rencontre d’autres cimes élevées : le Montoissey (1 671 mètres d’altitude) ; le Colomby ou Colombier de Gex (1 691 mètres), qui doit son nom au modeste chef-lieu d’arrondissement, jadis capitale d’un petit État, qu’elle domine ; le Montrond (1 600 mètres), qui se dresse également dans le voisinage de Gex et commande le col de la Faucille, ouvert à 1 323 mètres.

Toujours en partant du Crêt de la Neige, qui trouve successivement en suivant la chaîne dans la direction opposée, c’est-à-dire vers le sud-sud-ouest : le Reculet, tout voisin du Crêt de la Neige, puisque ces deux cimes ne sont guère séparées que par une heure de marche sur des sentiers rocailleux : il a 1 720 mètres, trois seulement de moins que le Crêt de la Neige ; la Roche (1 648 mètres) ; le Crêt de la Goutte (1 624 mètres), entre Collonges et Châtillon-de-Michaille ; le Grand-Crédo (1 608 mètres) : ce dernier, promontoire superbe autour duquel tourne le Rhône, domine les admirables gorges de ce fleuve, le fort de l’Écluse, la Perte-du-Rhône, Bellegarde, la Combe de la Valserine, et de son sommet on voit le Léman, le lac d’Annecy, Ie lac du Bourget. C’est à travers cette montagne qu’a été percé le tunnel du Crédo, long de 3 900 mètres, pour le passage du chemin de fer de Paris à Genève.

Les autres chaînes du Jura comprises dans le département de l’Ain n’ont point une élévation aussi grande que celle du pays de Gex ; elles ne sont pas non plus aussi bien délimitées. Celle qui vient immédiatement à l’ouest peut s’appeler Chaine du Grand Colombier ou Chaîne du Valromey : elle baigne, à l’est, le pied de ses escarpements dans le Rhône ; à l’ouest, elle tombe sur le Séran, petit affluent du grand fleuve, et plus au nord, sur la combe qui contient le petit lac de Silan.

On y distingue surtout, du sud au nord, autrement dit de Culoz à la frontière du département du Jura : le Colombier ou Grand Colombier (1 554 mètres), qui s’élève au-dessus de Culoz, entre le Rhône, l’Arvière et le Séran : de sa cime, on voit Lyon, la vallée du Rhône, les lacs savoisiens, le Léman et d’innombrables montagnes ; le Crêt du Nu (1 555 mètres) ; le Crêt de Chalame (1 548 mètres), entre la Valserine et la Semine, son tributaire. C’est là, par l’altitude comme aussi par la situation (en partant de l’est), le second chaînon du Jura.

Le troisième chaînon, beaucoup moins haut que le second et à plus forte raison que le premier, leur est parallèle comme le sont d’ailleurs plus ou moins entre elles les diverses chaînes du Jura : il se dirige donc à peu près du sud au nord, du grand coude méridional du Rhône aux frontières du département du Jura.

Deux enfoncements très curieux, deux cassures de la montagne le coupent en trois parties ; et ces cassures sont extrêmement importantes en ce que chacune d’elles a permis à un chemin de fer de passer sans de grands travaux, sans de longs tunnels, de la vallée de l’Ain dans celle du Rhône en aval de Genève. La cassure du sud, entre Ambérieu et Culoz, sert à la ligne de Paris à Turin par le tunnel des Alpes, entre les gorges de l’Albarine et du Furand ; c’est une combe stérile, an fond de laquelle se trouvent trois étangs nommés lacs des Hôpitaux. La cassure du nord, entre le lac de Nantua et le lac de Silan, qui appartiennent, le premier au bassin de l’Ain, le second au bassin du Rhône, donne passage au chemin de fer direct, de Paris à Genève par Nantua : la hauteur du col au-dessus de la mer est sur ce point de 623 mètres ; elle n’est que de 370 aux Pierres-Croisées, dans la passe des Hôpitaux.

Ainsi ce troisième chaînon se divise en trois tronçons : celui du sud, entre le Rhône, le Furand, la combe des Hôpitaux et l’Albarine, porte quelquefois, dans soit ensemble, le nom d’Innimont, d’une montagne couverte de broussailles ; il a pour sommet la plus haut le Molard de Don (1 219 mètres), au-dessus du vallon de Rossillon, parcouru par le Furand. Dans le tronçon central, traversé par le col de la Rochette (1 119 mètres, à l’est de Hauteville), la cime culminante, le Crêt de Planachat, dans la forêt de Cormaranche, a 1 237 mètres. Le tronçon du nord est le moins élevé des trois.

Le quatrième chaînon s’allonge entre le troisième chaînon et la rive gauche de l’Ain, qui coule dans une vallée tortueuse et profonde. On y remarque un petit nombre de montagnes ayant plus de 1 000 mètres : le mont de Chaney, au nord de Tenay ; l’Avocat, qui commande à l’ouest la cluse de Cerdon, à l’est le vallon supérieur de l’Oignin ; le Charvet et le Luisandre, au-dessus d’Ambérieu, sont moins hauts, le premier n’atteignant que 754 mètres, et le second que 809.

A l’ouest du cours de l’Ain se dresse le cinquième et dernier chaînon, la plus bas de tous, mais non le moins beau, vu de la plaine immense qui, de son pied, s’étend bien au delà de la Saône, jusqu’à la base des montagnes du Beaujolais. On lui donne souvent, du moins dans la partie centrale, juste à l’orient de Bourg-en-Bresse, le nom de Revermont. Le Suran, tributaire de droite de l’Ain, le coupe en deux portions parallèles : celle de l’est, entre l’Ain et le Suran, a moins d’élévation que celle de l’ouest ; dans cette dernière, où naissent, dans de jolies combes, les rivières peu rapides qui vont arroser la Bresse, se dresse le mont de Nivigne (771 mètres), au nord-est de Treffort, au-dessus du val de Suran, tout à la frontière du département du Jura.

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Châlon sur Saone

Sa pente, très faible, est à l’ouest, au nord-ouest ou au nord, suivant le cours de ses lentes rivières, la Veyle, la Reyssouze, la Sane-Vive, la Sane-Morte, le Sevron et le Solnan. Son altitude varie presque toujours entre 200 et 250 mètres, et sa hauteur moyenne au-dessus des mers est à peu près celle de Bourg-en-Bresse, soit environ 225 mètres. Bien que d’un sol froid, composé de cailloux roulés et d’argile, quoiqu’elle ait encore çà et là des landes, des taillis, des étangs, elle ne manque pas de fertilité, et peu à peu la culture en a fait un pays de bon rapport.

La Bresse, au sud, se continue par le Pays des Dombes, contrée curieuse qui a longtemps mérité sa réputation d’insalubrité, mais qui maintenant devient de moins en moins malsaine depuis qu’on en a desséché les innombrables étangs. Composée du même sol que la Bresse, d’une terre compacte retenant facilement les eaux à la surface, elle se prêtait admirablement à la création d’étangs, et de fait, on en comptait plus de mille au début du XIXe siècle.

« Cette région, disait M. Élisée Reclus il y a plus de 150 ans, est un damier d’innombrables vasques argileuses emplies par les eaux dormantes ; des buttes de quelques mètres de hauteur, connues dans le pays sous le nom de poypes, s’élèvent çà et là entre les nappes lacustres et y reflètent leurs bouquets de verdure. La plupart des étangs sont de création moderne, il est vrai, et même la région du pays où ils sont le plus nombreux aujourd’hui était couverte de cultures au quatorzième siècle. Des guerres féodales firent disparaître la population de villages entiers, les eaux s’amassèrent dans les bas-fonds, les ruisseaux s’obstruèrent ; l’aspect de la contrée changea peu à peu. Il fallut abandonner l’ancien système de culture et remplacer les labours par la pêche. Puis, quand les champs inondés avaient repris leur fertilité première, après deux années de repos ou davantage, on vidait l’étang pour le soumettre pendant un an aux cultures ordinaires. Vers 1850, les terres alternativement noyées et asséchées y occupaient une superficie de près de 20 000 hectares dont les deux tiers environ étaient sous l’eau. » Depuis cette époque, la Dombes ont rapidement changé d’aspect ; les étangs ont disparu, et avec eux la fièvre paludienne.

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escale en Bretagne : d’ile en ile

Posté par francesca7 le 22 septembre 2013

 escale en Bretagne : d'ile en ile dans Bretagne 1354361-les-iles-cachees-de-la-mediterranee-300x200

Sur cette petite mer intérieure fermée par la Presqu’ile de Rhuys, s’égrènent des centaines d’iles et d’ilots, royaumes des pêcheurs ou des oiseaux migrateurs. Le Golfe du Morbihan, aurait été créé, dit-on, par les larmes des fées chassées de la forêt de Brocéliande. Les fées y auraient ensuite jeté leur couronne qui seraient devenues les iles. Une jolie légende pour des paysages bel et bien féériques. De marées en courants, parcourez les les trésors du Golfe du Morbihan.

dans le Morbihan

Isolée au cœur du Golfe du Morbihan, l’ile aux Moines est cependant la plus grande des iles du Golfe. Ses maisons basses blanchies à la chaux et ses magnifiques paysages lui ont valu le surnom de « perle du Golfe ». 

L’ile d’Arz

Seconde plus grande ile du golfe du Morbihan, après l?ile aux Moines, l?ile d’Arz jouit d’une nature préservée que l’on découvre le long de ses marais ou de ses vasières à marée basse. C’est également ici que les oies bernarches de Sibérie viennent y prendre leurs quartiers d’hiver. Le Moulin de Pen Castel de l’ile d’Arz

itué entre Sarzeau et Port Navalo, le moulin à marée de Pen Castel, probablement édifié au début du XIIe siècle, a été classé monument historique depuis 1933. En activité jusqu’aux années 1920, Il compte parmi les plus beaux de la région. 

L’ile de Boëdic

Au nord du Golfe du Morbihan, l?ile de Boëdic est une petite ile privée dépendant de la commune de Séné. Sa fameuse chapelle, à la pointe Ouest, sert de repère aux marins. 

Le territoire de Baden

Vaste étendue bordant le Golfe du Morbihan, le territoire de Baden compte quatre îles : l?ile du Rénaud, l?ile du Grand Vézy, l?ile du Petit Vézy et les Sept Iles. 

L’ile de Berder

Véritable ile à marée haute et presqu?ile à marée basse, Berder est reliée par un passage long de 80 mètres à Larmor-Baden. 

L’ile de Brannec

au Sud-Est de l?ile aux Moines, l?ile de Brannec, littéralement en breton l?ile aux corbeaux, est une ile privée de 5,2 hectares, dépendant de la commune de Sarzeau

Le Crouesty

Plus grand port de plaisance de Bretagne, Le Crouesty est également connu pour rassembler chaque premier weekend du mois de novembre, le plus grand évènement de troc de bateaux d’occasion lors duquel des centaines de vendeurs de voiliers et de petits bateaux à moteurs se donnent rendez-vous. 

Marais salants à Saint-Armel

A Saint-Armel, en face de l?ile de Tascon, le marais de Lasné se divise en divers espaces dédiés à la saliculture, l’ostréiculture et une zone de quiétude pour la faune. 

L’ile Quistinic

A une centaine de mètres à l’ouest de la presqu?ile du Passage, Quistinic est une petite ile de forme quadrangulaire entièrement occupée par une ancienne pêcherie. 

Salines de Suscinio

Joyau de la presqu’ile de Rhuys, le château de Suscinio, autrefois symbole de la puissance des ducs de Bretagne, surplombe les salines. 

L’ile Reno

D’une surface de 7 hectares, l?ile Reno n’est accessible que lorsque les coefficients de marée sont très élevés lors des grandes marées d’équinoxe. 

Les îles cachées de la Méditerranée

Au large des côtes de la Mediterranée, se dressent des îles au charme sauvage ponctuées de criques, de vestiges de forteresses militaires ou de plages aux eaux cristallines. Il règne sur ces petits bouts de terre une quiétude que seul le chant des cigales vient troubler.

Le meilleur de la Bretagne en 100 photos

Ses sites naturels ou insolites, ses châteaux, ses plages… Tous les lieux que vous devez absolument visiter lors de votre séjour en Bretagne.

Les plus beaux villages de Bretagne

Finistère, Morbihan, Côtes d’Armor ou Ille-et-Vilaine, la Bretagne se découvre au gré de ses petits villages portuaires et campagnards.

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