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LA NAISSANCE DES PREMIERS MAGASINS

Posté par francesca7 le 19 avril 2016

Les grands magasins apparaissent sur les boulevards des grandes villes au début du XIXe siècle. Sur de plus vastes surfaces, ils disposent de comptoirs multiples, sont mieux approvisionnés et renouvellent régulièrement l’assortiment des produits offerts.

Ces grands magasins font suite aux petites échoppes médiévales situées dans des ruelles sombres, aux merceries du XVIIe siècle, ainsi qu’aux « marchandes de frivolités » du XVIIIe siècle.

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Les grands magasins succèdent également aux « magasins de nouveautés » (comme « La Fille d’honneur », « Les Deux Magots », « La Barbe d’or », « Aux Dames élégantes », « La Belle Jardinière »). Ces enseignes — qui vendaient tout ce qui concerne la toilette de la femme — étaient apparues dans la deuxième partie du XVIIIe siècle dans des rues-galeries, des rues-salons et des passages couverts, tous lieux qui favorisent un chalandage paisible à l’abri des intempéries et d’une circulation parfois anarchique. Ces grands magasins se présentent comme un nouvel espace de liberté pour les femmes bourgeoises dont la vie sociale se limite encore à l’époque aux fêtes familiales et à quelques sorties au théâtre. Pour leur respectabilité, des entrepreneurs comme Jules Jaluzot confient la tenue des stands non plus à des vendeurs hommes, les calicots, mais à des midinettes.

Accompagnant l’émergence des classes bourgeoises et de leur pouvoir d’achat, les grands magasins pratiquent l’entrée libre, des prix fixes (alors que les échoppes avaient tendance à vendre au plus cher, selon des prix « à la tête du client ») et affichés qui mettent fin au marchandage. Une marge plus faible compensée par un volume d’affaires plus important, rend les prix attractifs. Par ailleurs, la révolution industrielle favorise cette tendance de baisse des prix par la mécanisation et la production en série (notamment dans l’industrie textile), ce qui permet de diffuser une offre plus abondante et plus diversifiée (accélération du cycle de la mode qui se démocratise, logistique favorisée par le développement du chemin de fer). Sans que l’on puisse encore parler de démocratisation de la consommation, on remarque que « Les magasins proposent une offre plus large, régulièrement renouvelée et soutenue par les réclames, des soldes, des livraisons à domicile, la vente par correspondance ou les reprises de marchandises, ce qui accélère la rotation de stock ».

En 1852 à Paris, le premier grand magasin qui incarne véritablement cette révolution commerciale et offre un vaste choix de rayons (département) différents sur une très grande surface est le magasin Le Bon Marché, conçu et réalisé par Aristide Boucicaut.

Le Bon Marché est un grand magasin français, situé dans un quadrilatère encadré par la rue de Sèvres, la rue de Babylone, la rue du Bac et la rue Velpeau dans le 7e arrondissement de Paris. Le premier magasin Au Bon Marché a été fondé en 1838 et le bâtiment actuel a été construit en 1869. Il a été l’objet de multiples agrandissements par Boileau et Eiffel.

En 1989, après 151 ans d’existence, le magasin Au Bon Marché change de nom et devient Le Bon Marché.

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Pour attirer sa clientèle féminine, Boucicaut crée également les premières toilettes pour femmes, un salon de lecture pour leurs maris le temps qu’elles fassent leurs emplettes, poste plus de 6 millions de catalogues de mode (accompagnés d’échantillons de tissus découpés par 150 jeunes femmes uniquement affectées à ce travail) dans le monde entier au début du XXe siècle, parallèlement au développement du service de livraison à domicile et de la vente par correspondance franco de port. Il développe la publicité (affiches, calendriers, réclames, agendas annonçant des évènements quotidiens). Après les épouses, il cible les mères en distribuant des boissons, ballons rouges ou des séries d’images pédagogiques en « Chromos » pour leurs enfants, organisant aussi des promenades à dos d’âne. Les bourgeoises peuvent s’échapper du logis où la société les cloître et passer plus de douze heures dans le magasin à essayer les produits, notamment des vêtements, avant faits sur mesure, et désormais aux tailles standardisées. Certaines d’entre elles s’endettent ou deviennent cleptomanes, d’autres sont troublées à l’idée de se faire effleurer par des vendeurs qui leur enfilent gants ou chapeaux. La respectabilité du magasin étant remise en cause, Aristide Boucicaut fait engager des vendeuses qu’il fait loger dans les étages supérieurs du magasin et qui représentent la moitié du personnel dans les années 1880. En uniforme noir strict, elles peuvent être renvoyées pour n’importe quelle faute et sont à la merci des clientes. Mais elles peuvent bénéficier de la promotion interne (second, chef de comptoir puis gérant selon une progression non plus à l’ancienneté mais au mérite). Avec une gestion paternaliste inspirée par le socialisme chrétien de Lamennais, Aristide Boucicaut crée notamment pour ses salariés une caisse de prévoyance et une caisse de retraite, un réfectoire gratuit, un jour de congé payé hebdomadaire. Une salle de mille places est installée au sommet de l’immeuble pour accueillir des soirées.

En 1910, à l’initiative de Mme Boucicaut, afin de loger ses clients à proximité, est créé l’hôtel Lutetia qui reste le seul palace de la rive gauche. Le développement du chemin de fer et des expositions universelles attire à Paris les femmes de province et Mme Boucicaut cherche désormais à toucher une clientèle ouvrière par des prix toujours plus bas.

En 1911-1913, à l’angle de la rue de Sèvres et de la rue du Bac, un deuxième bâtiment de style art déco, est construit par les Ateliers Moisant-Lauren-Savey, successeurs d’Armand Moisant. Le bâtiment, en voie d’achèvement, est réquisitionné pendant la Première Guerre mondiale pour être transformé en hôpital militaire. Détruit par un incendie le 22 novembre 1915, il est reconstruit en 1924 par Louis-Hippolyte Boileau. Destiné à l’origine à accueillir l’univers de la maison, il abrite désormais La Grande Épicerie.

Le groupe LVMH de Bernard Arnault rachète Le Bon Marché en 1984 pour en faire le grand magasin du luxe de la rive gauche. Au premier semestre 2012, des travaux débutent pour un agrandissement de la surface de vente.

Un autre grand magasin, La Samaritaine, fut acheté à la famille Renan en 2001, rue du Pont-Neuf dans le 1er arrondissement, pour rejoindre également le giron de LVMH Distribution Services, puis fermé en 2005.

Début 2016, l’artiste chinois Ai Weiwei installe une œuvre d’art dans un hall du Bon Marché.

En 2016, une étude est lancée pour l’ouverture d’un nouvel espace de vente Le Bon Marché dans le 11e arrondissement de Paris

800px-Bon_Marché,_Paris_-_interior_viewActuellement, les deux principales enseignes de grands magasins sont les Galeries Lafayette (1893) et le Printemps (créé en 1865 par Jules Jaluzot, ancien vendeur du Bon Marché). Ces enseignes louent leurs espaces aux marques.

Outre les précédents, présents au niveau national, Paris compte Le Bon Marché (appelé couramment « le BM ») (1852), le Bazar de l’Hôtel de Ville (situé près de l’Hôtel de Ville, d’où son nom, il est couramment appelé le « BHV » et fut créé en 1856 par Xavier Ruel, ancien colporteur) et La Samaritaine (fermée en 2005 pour remise en conformité), voit le jour en 1869. Des grands magasins existent aussi dans certaines grandes villes, comme Midica (1946) à Toulouse ou le Grand Bazar (1886) à Lyon. Cas unique en province, Les Magasins Réunis (1890) de Nancy qui s’implantent à Paris mais également dans toute la France dans l’entre-deux guerres.

Autrefois, Paris abritait les activités des Grands Magasins du Louvre (1855-1974), de À la Belle Jardinière (1866-1974), du grand magasin À Réaumur (Gobert-Martin), au 82 à 96 rue Réaumur, du Grand Bazar de la rue de Rennes, du Palais de la Nouveauté, ou Grands Magasins Dufayel[15], sur le boulevard Barbès, du Petit Saint-Antoine, au 33 rue du Faubourg-Poissonnière, du grand magasin Au Gagne-Petit, avenue de l’Opéra, de la Maison Cheuvreux-Aubertot, sise boulevard Poissonnière et des Magasins Réunis.

Les grands magasins perdent de leur influence à partir des années 1970 avec l’essor de la grande distribution. Bernard Arnault et LVMH reprennent Le Bon Marché en 1985, puis la Samaritaine en 2000 ; François Pinault et PPR reprennent Le Printemps en 1992 (l’enseigne est revendue en 2006). Les magasins sont rénovés, mais la morosité est toujours présente. Ces groupes sont en difficultés à cause de grandes surfaces spécialisées comme Zara ou H&M qui sont également fabricants. Les Galeries Lafayette et le Printemps ont choisi à partir des années 2000 de jouer la carte du luxe, et ciblent une clientèle aisée.

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, AUX SIECLES DERNIERS, FONDATEURS - PATRIMOINE, HISTOIRE DES REGIONS, Paris | Pas de Commentaires »

La grande Histoire des Confitures

Posté par francesca7 le 9 avril 2016

 

 
 
La confiture, qui est aujourd’hui le dessert populaire par excellence, écrit en 1920 le chroniqueur Ernest Laut, était autrefois un mets de luxe, le sucre étant cher : on n’en mangeait pas une once par an, car on eût considéré comme pure folie d’employer cette denrée précieuse à la conservation des fruits qui n’avaient aucune valeur marchande.

Si dans les pays de vignobles on mangeait du raisiné, si dans les villes on pouvait trouver, chez le confiseur et à des prix abordables, quelques confiseries au miel, les pâtes de fruits au sucre de canne étaient coûteuses. Rabelais, en son quatrième livre de Pantagruel, qui fut écrit vers 1550, parle des confitures.

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C’est apparemment le premier de nos grands auteurs qui leur fasse cet honneur. Pantagruel, visitant l’île des Papimanes, et devisant de bonne chère, déclare que l’abondance des « confitures » sur une bonne table lui apparaît comme le complément indispensable d’un repas « resjouy ».

Et si l’hygiéniste averti qu’est Rabelais fait dire à son héros que les fruits cuits « en casserons, par quartiers, avec un peu de vin et de sucre, sont viande très salubre, tant ès malades comme ès sains ». Malheureusement, à l’époque où écrit Rabelais, cette « viande très salubre » n’est pas à la portée de toutes les bourses. Pantagruel est un grand seigneur bon vivant qui peut souffrir les plus coûteuses fantaisies ; mais les bourgeois, même aisés, ne mangent de fruits confits au sucre que dans les grandes occasions. Le saccharum ne se vend que chez l’apothicaire ; c’est assez dire qu’il se vend très cher. Ce n’est pas un aliment ; ce n’est pas même un condiment ; c’est un médicament.

Cent ans après Rabelais, le sucre commença seulement à entrer dans l’alimentation ; mais il demeura très coûteux, attendu qu’il fallait le faire venir des Indes occidentales. Et la confiture ne devint un mets bourgeois et familial qu’au début du XIXe siècle, après que benjamin Delessert eut trouvé, avec l’encouragement de l’empereur, l’art d’extraire le sucre de la betterave.

Cependant, si nos lointains aïeux n’avaient pas le sucre, ils savaient tirer parti du miel et le mélanger agréablement aux fruits. La Provence, notamment, avait gardé la recette des confitures au miel que les Romains lui avaient enseignée naguère. Elle appliqua cette recette à la confiserie des prunes de Damas que les seigneurs croisés rapportèrent dans le Midi au XIIIe siècle ; et ce fut, au dire des chroniqueurs, la plus délicieuse friandise qui se pût imaginer. Aix et Apt étaient alors, en ce pays, les deux villes les plus renommées pour leurs confitures.

On sait qu’en ce temps-là, lorsque quelque dignitaire ou quelque prince entrait dans une ville, il était d’usage que le Magistrat vînt en corps l’accueillir aux portes et lui offrir les produits les plus renommés de la cité. Quand le roi allait à Reims, les échevins le recevaient en disant : « Sire, voici nos vins, nos pains d’épice au miel et nos poires de rousselet. » Quand il allait à Aix, les capitouls lui disaient : « Sire, nous vous offrons nos cœurs et nos confitures. »

Les papes d’alors, qui étaient de fins gourmets, avaient à leur service toutes sortes d’écuyers de bouche spécialisés dans la fabrication des plats, des condiments et des friandises. Le moutardier du pape n’est point un personnage de légende, non plus que « l’écuyer en confitures ». En 1403, pendant le schisme d’Avignon, c’était un confiseur d’Apt, nommé Batarelly, qui remplissait à la cour papale ce rôle.

A Paris, dès le XVe siècle, les confitures tenaient une place importante dans les menus de la table royale. Nos aïeux, gros mangeurs de venaison et de pâtés, mangeaient, par contre, fort peu de légumes. Il est vrai de dire qu’ils ne connaissaient guère que le chou. Pour combattre l’échauffement qui résultait fatalement d’une consommation excessive de viande, de volaille et de gibier, ils n’avaient que les fruits.

Dans tous les repas d’apparat, on passait des marmelades et des confitures à la fin de chaque service. Ces confitures et ces marmelades, avec les pâtisseries diverses, composaient ce qu’on appelait le dormant, c’est-à-dire les plats qu’on mettait sur la table dès le début du repas et qui garnissaient le surtout. Ainsi, les convives avaient tout loisir de les contempler longuement et de s’en repaître la vue avant de les déguster.

Paris avait même des confiseurs en renom qui tenaient boutique et chez lesquels on allait savourer gâteaux et confitures. Parmi les vieilles rues parisiennes dont le nom ne dit rien à notre souvenir, il en est une qui consacre la mémoire d’un de ces confituriers en renom : c’est la rue Tiquetonne. Au temps du roi Charles V, en cette rue voisine de l’Hôtel de Bourgogne, rendez-vous de tous les beaux seigneurs et de toutes les gentes damoiselles, maître Roger de Quiquetonne, pâtissier-confiseur, avait sa boutique.

La compagnie la plus illustre et la plus galante y venait chaque jour déguster les produits de son art, lesquels, à ce que dit la chronique, étaient si parfaits, que le roi, voulant faire au pape et au connétable Duguesclin quelques présents savoureux, chargea maître de Quiquetonne de leur expédier un choix de ses meilleures confitures. La notoriété du confiturier devint telle, après qu’il eût reçu ce témoignage flatteur de la confiture royale, que la rue qu’il habitait prit son nom. Elle l’a gardée depuis lors, avec, toutefois, une légère altération qui transforma Quiquetonne en Tiquetonne.

Si l’on en juge par les menus qui nous sont parvenus des festins du temps passé, l’art des confituriers d’alors ne devait pas manquer de ressources. Taillevent, maître-queux de Charles VI, ne servit-il pas un jour à son maître tout un repas composé uniquement de gelées et de pâtes de fruits ? Ce cuisinier fameux faisait même entrer les fruits dans les sauces. Parmi les dix-sept sauces qui constituaient le fonds de la cuisine royale et dont il nous a laissé la liste dans son Viandier, figure une sauce aux mûres.

A Bar-le-Duc, à Apt, dans toutes les villes célèbres par la fabrication des confitures, on exploitait les recettes les plus variées. Cette dernière ville, au XVIIe siècle, était, suivant l’expression de Mme de Sévigné, « un vrai chaudron à confitures ». A Paris, les dames soucieuses d’avoir une bonne table, faisaient confectionner des confitures chez elles. Celles de Mme de Sablé étaient fort renommées. Louis XIV, que sa complexion et son alimentation prédisposaient aux inflammations d’intestin, consommait, de par l’ordre de la Faculté, force compotes, marmelades et pâtes de fruits. Toute la cour l’imitait. Les confitures n’eurent jamais plus de succès qu’en ce temps-là.

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 Elles prospérèrent plus encore du jour où nos colonies commencèrent à produire la canne à sucre. Mais elles demeuraient toujours d’un prix assez élevé et n’apparaissaient guère que sur la table des riches. Elles ne devaient se démocratiser qu’avec l’emploi de la betterave dans la fabrication du sucre. A partir du XIXe siècle, la confiture devint le dessert familial par excellence, à tous les foyers, celui du pauvre comme du riche. Symbole de la tranquillité des parents et de la joie des enfants, la tartine de confitures est le bon goûter dont les petits ne se lassent jamais.

Dans nos provinces, l’art des confitures est pratiqué partout : savez-vous que George Sand, en sa vieillesse, était plus fière de ses confitures que de ses romans ? A Nohant, elle manipulait magistralement la grande écumoire de cuivre ; et elle montrait, avec orgueil, soigneusement étiquetées et rangées sur des tablettes, toutes les confitures possibles et imaginables qu’elle avait faites de ses mains.

La fabrication familiale n’empêche pas l’industrie confiturière d’être prospère. Il y avait en France, avant la Première Guerre mondiale, des fabriques qui travaillaient de trois à cinq tonnes de fruits par jour. La consommation des confitures dépassait même, à ce qu’il paraît, la production des fruits, car on trouvait parfois certaines confitures d’importation qui n’avaient de confitures que le nom.

Ces marmelades étaient faites avec du fucus spinosus ou agar-agar, une sorte de colle qu’on extrait d’une algue fort commune dans les mers d’Extrême-Orient. Sucrée et colorée, cette gelose était traitée avec des essences constituées par des éthers formique, butyrique, acétique, benzoïque, oenanthique, amylvalérique, dilués dans un peu de glycérine, et qui lui donnaient vaguement le goût de prunes ou d’abricots, de groseilles ou de framboises, de pommes, de poires, de cerises ou de pêches.

(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1920)

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, FLORE FRANCAISE, FONDATEURS - PATRIMOINE, Les spécialités | Pas de Commentaires »

Le plombier et son histoire dans les temps anciens

Posté par francesca7 le 24 octobre 2015

 

1890.Une étude sur l’histoire du plombier est un exercice difficile, à la fois dans la recherche de la vérité avec la méthode historique la plus rigoureuse, ceci pour des périodes dont les métiers sont peu développés, souvent mal connus et pour lesquelles les écrits ne sont pas toujours venus jusqu’à nous. Cependant, si l’on n’a pas toujours de preuves concrètes de l’existence d’un plombier à une époque donnée, par les recherches archéologiques, les preuves des matériaux qu’il a pu utiliser sont souvent disponibles. La période du ve au xie siècle est la plus obscure et la plus mal connue de notre histoire. Avec les guerres et les invasions, les structures corporatives de la Gaule romaine ont disparu, ou du moins se seraient mises en sommeil, avant de renaître, peut-être, au xiie et xiiie siècle comme le suggèrent certains historiens.

Lorsque l’on considère la contribution que la plomberie et les sanitaires et donc les plombiers, ont apportés dans la santé et la qualité de la vie de nombreuses populations, alors beaucoup d’autres choses paraissent beaucoup moins importantes, car entre la perception d’un progrès et son effet réel, il y a souvent une différence qui n’est pas toujours visible.

Le mot plombier a évolué au cours des âges, avec des incohérences suivant les documents consultés : chez les Romains on les appelait,Plumbarius, dans la France au xiie siècle ils étaient Plunmiers, mais pas encore reconnus comme corporation ; ils étaient déjà Plommiers au xive et Plombeurs au xve siècle. Dans leurs statuts de 1549 promulgués par Henri II, ils sont des Plombmiers, alors que dans les statuts de 1648, le Maistre est nommé comme Maistre Plombier.

D’après le registre de la taille de Paris, il y avait en 1292 un Mestre Ploumier, du nom de Mestre Raoul, seul artisan de son état à porter le nom de plombier. L’histoire ne le dit pas quel était son travail.

Dans d’autres pays le mot pour définir le métier de plombier se rapporte à sa racine latine issue du plomb, plumbum, tel le plumber anglo saxon. En langue bretonne le plombier se dit plomer de plom, le plomb.

Aujourd’hui, en France, le plombier se fait également appeler installateur sanitaire.

Lorsque l’on remonte dans les temps anciens, dont les techniques sont venues directement jusqu’à nous, les vestiges mis au jour par les archéologues permettent d’avoir des preuves concrètes de l’existence, à la fois de réseaux d’eau, des matériaux transportant cette eau et des hommes qui assuraient la fabrication et la mise en place de ces réseaux. Ces réseaux de tuyauteries trouvés dans plusieurs parties du monde, sont directement liés aux installations d’eau actuelles, ceci par l’apport de techniques et de compétences des nouvelles générations de plombiers au cours des millénaires.

Aujourd’hui disparues, plusieurs grandes civilisations autour de la Méditerranée, ont depuis des millénaires contribué à la lente progression des techniques de captation, de traitement et de distribution de l’eau et donc au métier de plombier.

Le travail du plombier ne se limite pas à travailler sous un évier, à boucher les fuites, ou à refaire les salles de bains.

Bien qu’il s’agisse d’une partie importante du métier de plombier de réparer les fuites et d’apporter l’hygiène et le confort dans les logements, les usines ou les centres de loisirs, son travail est également de participer à d’autres réalisations beaucoup plus complexes et qui demandent un grand nombre de connaissances dans de nombreux domaines de la technique et des années d’expérience dans le métier.

Les entreprises de plomberie dans lesquelles travaillent les plombiers, peuvent réaliser de nombreux ouvrages de plomberie, chacune d’entre elles pouvant avoir sa spécificité et sa spécialité dans un ou plusieurs domaines de la profession

Le plombier et son histoire dans les temps anciens dans ARTISANAT FRANCAIS 150px-Robinet_au_Mont_St_Michel_FranceLe travail du plombier est à la fois varié et complexe, de par les différents matériaux susceptibles d’être utilisés ainsi que par le nombre de travaux amenés à être exécutés : installations pour l’eau, pour le gaz, la protection incendie, les gaz médicaux et bien d’autres fluides. Les lieux dans lesquels s’exerce le métier de plombier sont également variés : tous les lieux d’habitation, de soins et de loisirs, les immeubles de bureaux, les installations dans les usines et dans nos campagnes, etc.

Au ive siècle av. J.-C., sur les pas d’Alexandre le Grand, lequel avait chassé les Perses d’Égypte, commence la dynastie gréco-égyptienne des Ptolémées et l’occupation de l’Égypte par les Grecs, puis au ier siècle, l’arrivée des Romains qui occupèrent le pays. Lors de cette présence romaine, les plombiers-soldats romains ont appris des plombiers égyptiens la fabrication et l’utilisation du cuivre pour les réseaux d’adduction d’eau, comme le faisaient les plombiers, esclaves ou hommes libres de l’Égypte ancienne, depuis des millénaires. Plus de deux millénaires plus tard, les plombiers de Rome, travailleront le plomb et réaliseront les fistulae, les tuyaux de plomb, de la même manière que les plombiers de l’Égypte ancienne travaillaient la feuille de cuivre, afin de réaliser des tuyaux pour les besoins des installations de plomberie de l’Empire romain.

Les différentes fouilles entreprises sur les les sites d’Égypte depuis les découvertes de Ludwig Borchardt, n’ont pas apporté, à ce jour, d’autres preuves concrètes de l’utilisation de tuyauteries en cuivre pour les réseaux d’eau, autres que celles du palais d’Abou Sir. Les pillages et la réutilisation des matériaux, ne permettent que difficilement la restitution de certaines techniques du passé, que ce soit pour la fabrication ou la pose de tuyauteries métalliques.

L’exploitation du cuivre dans les régions du pourtour de la Méditerranée date de 2300 ans av. J.-C. sur l’île de Chypre, d’où son nom latin : cyprium.

Avant l’arrivée des Celtes, dans le pays qui deviendra la Gaule après la conquête de César, vivaient des hommes, un peuple dont on sait peu de chose, quelques preuves bien visibles ou découvertes par les archéologues nous en apportent la preuve. Les dolmens et cromlechs indiquent la présence d’un peuple au Néolithique. Au premier millénaire avant notre ère sont arrivés les Celtes, venus de l’Europe centrale, ils sont «…les acteurs principaux de la protohistoire de toute l’Europe occidentale et centrale » . Si nous ne connaissons pas la langue parlée avant l’arrivée des Celtes, ceux-ci nous ont laissés leurs langues, lesquelles possèdent une certaine parenté linguistique, elles se sont perpétuées avec plus ou moins de rigueur au fil des générations : le breton, le gallois, l’irlandais, etc.

Les Celtes étaient un peuple de l’âge des métaux, mais ils ne bâtirent pas, comme les grecs et les romains des ensembles urbains, leur habitat était la hutte de torchis avec une couverture dechaume ; la maison du chef pouvait être en bois ; ces « bourgades » étaient parfois fortifiées. Il existe cependant quelques « villes » celtes, qui font encore l’objet de fouilles, telles Bibracte etAvaricum (actuellement Bourges). Les besoins en eau étaient directement pris dans la rivière proche, dans les ruisseaux et les sources qui pouvaient alimenter des fontaines. Un réseau d’égout a été trouvé à Bibracte, mais pas de technique ou de matériaux particuliers d’amenée d’eau et donc pas d’artisan pouvant s’apparenter à des plombiers.

De cette époque de notre histoire, les archéologues n’ont retrouvé qu’un matériel anépigraphe, c’est-à-dire sans la moindre inscription. Les Celtes n’ont pas utilisé l’écriture pour la transmission d’un savoir technique ou littéraire, du moins pouvant donner quelques informations sur les métiers de la construction, sauf pour l’ogham ou écriture oghamique de l’irlandais primitif . Les Celtes ont privilégié l’utilisation d’idéogrammes pour l’identification de l’identité celte, empruntés parfois à d’autres civilisations : le cheval, le triskèle, les dauphins, l’arbre, etc.  

Le métier de plombier a suivi une évolution dans le temps et dans l’espace ; il y a une continuité dans le métier au fil des civilisations et des générations. Continuité dans l’évolution des matériaux et des techniques de fabrication et de pose et donc dans les hommes qui ont servi le métier de plombier.

L’Égypte ancienne, comme d’autres civilisations à cette même époque, connaissait le travail du cuivre, la fabrication de tuyaux et leur utilisation dans le cadre d’adduction et de distribution d’eau aux palais et autres maisons des nobles.

Au cours de ces mêmes époques sont mis en place les réseaux d’eau dans la Vallée de l’Indus, le Pakistan actuel et sur les plateaux de la Perse, aujourd’hui l’Iran. Si des matériaux tels que le plomb ou le cuivre ne sont pas toujours découverts par les archéologues, les adductions d’eau dans les bâtiments ne peuvent pas être seulement en pierre ou en poterie, le plomb et le cuivre furent utilisés à un moment ou à un autre de la construction, un jour les archéologues en trouveront la preuve.

Les Grecs eux-mêmes, ne sont pas très bavards sur les matériaux utilisés pour l’alimentation de leurs thermes, mot qui vient du grec thermo, chaud et de leurs fontaines. À l’origine, les bains étaient froids. Les bains chauds avaient mauvaise réputation, suspectés d’amollir le corps tandis que l’eau froide, «…aguerrit le corps et le caractère».Cependant, les Grecs en vinrent vite à des bains tièdes, puis chauds dans les thermes, avec notamment les hypocaustes très utilisés par les Romains. L’Égypte, après être passée de dynasties en provenance de Haute et Basse Egypte, libyenne, puis perse avec Alexandre le Grand, connue le règne du fascinant Toutânkhamon et de la belle Néfertiti, voit arriver les Grecs avec les Ptolémées, puis les Romains et le couple célèbre César et Cléopâtre.  

Avec l’arrivée des armées d’Alexandre le Grand en Égypte, remplacées par les armées romaines et avec elles les artisans-soldats de Rome, va se mettre en place toute une formation, des échanges et une retransmission des techniques de construction des Égyptiens vers les artisans des armées conquérantes. Ces échanges porterons notamment dans la construction des thermes et des réseaux d’alimentation en eaux ainsi que la fabrication et l’utilisation de tuyaux en plomb. Ces matériaux et techniques seront reprises et utilisées par les collèges d’artisans de Rome, puis de l’Empire romain. Voici qu’arrivent les Plumbarius.    

1024px-Corolle_d%27eau. dans ARTISANAT FRANCAISLe plomb qui a donné dans plusieurs langues son nom au métier de plombier, était connu depuis l’antiquité dans de nombreuses civilisations. Un autre matériau qui va de pair avec le plomb, c’est l’étain. Si on mélange ces deux matériaux on a de la soudure, très utile pour le soudage des tuyaux et des tables de plomb et de cuivre et plus tard du zinc, ainsi que pour bien d’autres travaux anciens et modernes. L’étain, appelé aussi plomb blanc, sert à la protection et la soudure du cuivre ; l’étain était également utilisé en couverture pour étamer le plomb et donner aux couvertures une blancheur que ne peut lui donner le plomb de couleur noire légèrement bleuté lorsqu’il est neuf et gris terne après quelques années aux intempéries.

Le point de fusion du plomb est de 327 °C et celui de l’étain de 232 °C, avec la baguette de soudure à 28 % d’étain on atteint des températures de fusion autour de 300 °C. La soudure dite à l’étain est cependant assez délicate, de par la faible différence des températures de fusion.

Mais un autre type de plomb existe sur certains monuments historiques : c’est le plomb doré. On peut en voir sur l’aile sud du château de Versailles. Au temps de Louis XIV tous les éléments d’ornementation en plomb de ta toiture étaient dorés à l’or fin. Certaines statues en plomb coulé sont également dorées à l’or fin, comme la statue de la déesse du bassin de Flore réalisée en plomb doré et qui appartient à l’ensemble des bassins des Saisons à Versailles. Ce travail de plomberie décorative, poinçons, épis, a longtemps été exécuté par le principe du repoussage du métal ; celui-ci permet plus de légèreté dans les ouvrages que le principe par coulage du plomb. C’est jusqu’au xvie siècle que ce principe du repoussage va perdurer pour être remplacé par la fonte du plomb sur moule, laquelle permet la multiplication plus rapide d’éléments identiques. 

Les anciens avaient également trouvé que le mélange de cuivre et de plomb donnait un matériau bien utile et qui a donné son nom à une ère de l’histoire du monde : l’âge de bronze. Les besoins en plomb étaient très important, celui-ci venait de nombreuses régions de l’Empire romain, alors que l’étain venait principalement des mythiques îles Cassitérides, ou îles de l’étain au nord ouest de l’Espagne et plus tard en Cornouailles, au sud ouest de ce que l’on appelait alors l’île de Bretagne. 

En ces temps, un autre travail échoit aux plombiers et cela depuis longtemps et pour encore plusieurs siècles : c’est le doublage intérieur des cercueils, notamment pour recevoir le corps des rois et de la haute noblesse. Le tombeau de Childéric Ier, roi des Francs saliens, mort en 481 ou 482 et père de Clovis Ier, avait un cercueil composé de deux enveloppes de plomb. Le bon roi Dagobert, mort en l’an 639, avait lui aussi un cercueil doublé de plomb. « Ils fondent ( les plombiers) encore ces lames épaisses des cercueils destinés à garder, durant un si grand nombre de siècles, les cendres de ceux dont les pas sur la terre ont fait quelque bruit, laissé quelques traces ».

 L’empereur Napoléon Ier fut également à sa mort, inhumé dans un cercueil de plomb, puis exhumé en 1840 et transporté dans ce même cercueil vers la France.

Les guerres étant toujours plus coûteuses, une nouvelle taxe frappa les corporations en 1696 ; un décret du Conseil d’État du roi Louis XIV, en même temps qu’il taxait la corporation des plombiers de 7 000 livres, taxait les Maîtres (les artisans) par ce décret du 17 juillet 1696 , preuve de l’implication des plombiers dans la fabrication des doublures en plomb des cercueils :

« Le Roi en son Conseil a ordonné et ordonne qu’en payant par la communauté des Maitres Plombiers Fontainiers…veut et entend sa Majesté, que chaque Maitre qui livrera un cercueil, paye la somme de 6 livres au profit de la communauté…».

Voici le xie et xiie siècle, la foi chrétienne est très forte en cette fin du Moyen Âge, la civilisation urbaine connaît un nouvel essor, la ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent. Paris devient vers l’an 1200 la plus grande ville de l’Occident, avec une population estimée de 80 000 à 100 000 habitants et 200 000 habitants au xive siècle; ceci avant que ne s’abattent sur la France la Grande Peste et la guerre de Cent Ans. Comme pour le reste de la population, ces deux fléaux touchèrent un grand nombre d’ouvriers, faisant fortement augmenter les salaires par manque de personnel qualifié. Puis une nouvelle couche sociale se développa : la bourgeoisie marchande. Le clergé est très puissant, chacun dans sa paroisse veut faire plus beau que dans celle de son voisin, les riches bourgeois donnent pour le salut de leur âme, le commerce des indulgences se développe. C’est alors que les cathédrales fleurissent dans une partie de l’Europe et plus particulièrement en France : Saint Denis, Amiens, Beauvais, Orléans, Paris, etc. Une nouvelle catégorie de Maître d’Ouvrage voit le jour sur les chantiers : les abbés bâtisseurs de cathédrales, comme l’abbé Suger pour l’abbatiale de Saint-Denis.

La cathédrale de Chartres, partiellement ravagé en 1194, le clocher nord fut repris et surélevé au xiiie siècle, avec une flèche à la charpente en bois et une couverture en plomb. Lors de sa construction, la cathédrale Notre-Dame de Paris a nécessité 1320 plaques de plomb ; l’importance et le chef d’œuvre de sa charpente que l’on nome – la forêt – supporte une couverture en plomb d’un poids de210 tonnes.

La cathédrale Saint-André de Bordeaux, consacrée par le Pape Urbain II le 1er mai 1096, avait une couverture en plomb. Le samedi 25 août 1787, l’imprudence d’un couvreur travaillant sur la voûte principale, déclencha un incendie qui consuma en moins de deux heures la charpente du chœur. Elle fut recouverte en 1812 avec des matériaux moins fragiles en cas d’incendie.

C’est alors que pour le bonheur des plombiers, qui ne le savent pas encore, afin de glorifier Dieu et d’atteindre la Jérusalem céleste, les bâtisseurs sont passés de la grotte à la chapelle, puis à l’église et enfin à la cathédrale.

Les plombiers allaient montrer leur art dans les maisons de Dieu. Pas de pierre évier ou de salles de bains en ces lieux, mais ces constructions ont un toit et ce toit est souvent en plomb et le plomb en ces temps c’est l’affaire du plombier, même si à cette époque il s’appelle encore couvreur. Couvreur il l’est et son travail est la recouverture des mésons, mais le métier est encore régi par la corporation des charpentiers et placé sous l’autorité du Premier Charpentier du Roi. Dans le  Livre des Métiers, d’Étienne Boileau, Prévôt de Paris, rédigé en 1270 sur les corporations de Paris, aucun ouvrier ne porte le nom de plombier, il ne  recense même pas encore les couvreurs et ne parle que des charpentiers au sein de la même organisation juridique.

Le privilège du Premier Charpentier du Roi fut aboli sous Philippe le Bel par un arrêté du Parlement en 1314.

« La création d’un Maître Charpentier du Roi, placé au-dessus des jurés de chaque communauté, fut un réseau jeté sur elles par le despotisme ombrageux du monarque. Le peuple devenait fort, il inquiétait le pouvoir. On voulut s’immiscer dans ses affaires intimes, connaitre ses secrets, les ressources de la grande famille industrielle, et sous la pompe d’un mot, sous le vernis de l’honneur prétendu que la cour voulait faire à la classe industrielle, disparurent beaucoup de libertés qui devaient lui êtres chères…».

1024px-Int%C3%A9rieur_de_bains_publics_%C3%A0_Kashan_en_Perse_vers_-_Lithographie_de_Pascal_Coste.Au xiiie siècle, les statuts des charpentiers sont particuliers et le couvreur y figure au même titre que les charrons, les tonneliers ou les huissiers (menuisiers). Le Livre des Métiers d’Etienne Boileau, dénombre un total de 130 associations corporatives mais seulement six du bâtiment, aucune corporation de la couverture, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de couvreurs, mais pas encore organisés et indépendants, ils dépendaient des charpentiers et les recouvreurs de mésons avec eux. « Le Livre des Métiers , ne s’occupe aucunement des plombiers…Quant il s’agissait de couvrir quelque édifice avec des lames de plomb, ce qui était rare, ce travail était confié aux couvreurs qui s’adjoignaient des ouvriers spéciaux…» Les plombiers, couvreurs d’édifices se confondaient avec les couvreurs jusqu’au xvie siècle. « …quand l’on fera espiez (épis) pignons, lucarnes, enfaistements et aultres couvertures appartenant au dict mestier de plombmier, il conviendra …

La Taille de 1292 porte 7 ouvriers couvreurs et 21 sous le nom de recouvreurs de mésons. Les couvreurs, bien que faisant partie à cette date de la corporation des charpentiers, étaient comptés à part.

Si en France, en ce début du xive siècle, les plombiers, spécialistes de la pose du plomb sur les édifices, sont encore appelés recouvreurs de mésons et font partie de la corporation des charpentiers, il n’en est pas de même en Angleterre où ils sont déjà appelés  plumbers, ou du moins par le mot latin plombarius.

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RECIT « pompé » sur la TOILE…. il paraît que cet article appartient à Jean Pierre – qui m’a envoyé ce message : 
jeanpierre.pelon@gmail.com  ET JE L’EN REMERCIE    —-> (Cela ne me gène pas que l’on utilise certains passages de mon article,mais j’ai moi, la délicatesse (sinon l’obligation) d’en donner l’origine et les références. Il est vrai que le « copiez-coller » demande ni recherche ni amour propre, ce dont vous n’en connaissez sûrement pas la définition. Je ne vous salue pas, ce serai vous faire trop d’honneur. )

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PETIT RETOUR SUR LES MARCHANDES DE PLAISIRS

Posté par francesca7 le 28 août 2015

 

 

 
 
686601123Au XIXe siècle encore, on pouvait entendre crier le soir, dans les rues : Voilà l’plaisir, mesdames, voilà l’plaisir ! Y avait-il alors longtemps que l’on portait ainsi, de maison en maison, cette légère marchandise, si goûtée des enfants et de leurs bonnes ? D’où vient-elle ? De quelle époque date-t-elle ?

C’est que les plaisirs n’avaient pas toujours été ainsi nommés ; on les appelait autrefois dans toute la France, des oublies. Dans notre ancienne société française, les marchands de plaisirs étaient des oublieurs, ils tiraient leur nom des oublies qu’ils vendaient. Oublie, comme le fait remarquer un étymologiste, vient d’oublier, et l’on avait donné ce nom aux gâteaux en question, parce qu’ils sont si légers, qu’un moment après les avoir mangés, on ne s’en souvient plus, on les oublie. Vint un homme d’esprit qui les compara au plaisir, ce fantôme que les fils d’Adam poursuivent, et qui leur échappe au moment où ils l’atteignent. On se souvient souvent, avec un sentiment de jouissance, d’un obstacle surmonté, d’un grand péril auquel on a échappé, et d’une épreuve courageusement subie. De là le vers de Virgile :

Forsan et haec olim meminisse juvabit

on oublie bien vite un amusement, un plaisir. Comme la légère fumée d’une flamme éteinte, ce souvenir fugitif disparaît et s’évanouit.

Il serait difficile d’indiquer la date précise de l’invention des oublies ou des plaisirs. Ce qu’on peut affirmer, c’est qu’on en mangeait déjà au XIVe siècle. Il existe, en effet, un règlement du prévôt de Paris relatif aux oublieurs, mis à la suite de l’ordonnance du 9 septembre 1369. C’était ordinairement dans le carnaval, au cœur de l’hiver, que le commerce des oublies devenait considérable : vers sept heures du soir, quand le couvre-feu avait sonné et que la nuit régnait dans l’ancien Paris couvert de frimas, l’oublieur prenait son coffin rempli d’oublies, qu’il chargeait sur ses épaules et faisait retentir un cri bien connu. Alors les enfants et les servantes se mettaient aux croisées et l’appelaient.

 

Les oublieurs devaient prendre leurs précautions avant de se rendre à cet appel, car l’ordonnance précitée les condamnait à une amende si, à cette heure tardive, ils entraient chez un juif. D’autres fois, c’étaient de jeunes étudiants de l’Université qui les faisaient monter dans leur logis ; alors cette folle jeunesse leur demandait les dés avec lesquels les oublieurs jouaient leur marchandise contre quelques deniers, et, de gré ou de force, les transformaient en banquiers d’un pharaon où l’on jouait, non plus des oublies, mais de l’argent. C’était encore un cas prévu par les règlements du prévôt de Paris, qui mettaient à l’amende les oublieurs quand ceux-ci, oubliant leurs devoirs, empiétaient sur l’industrie mal famée des brelandiers.

Les oublieurs n’avaient pas le droit de se faire accompagner par un auxiliaire quand ils criaient le soir leur marchandise, cette interdiction le devant sans doute au fait qu’à cette époque la ville n’étant ni éclairée ni sûre : on craignait que, sous prétexte de vendre des oublies, ces marchands ambulants ne pratiquassent une industrie moins innocente et n’assaillissent les passants attardés.

Dans cette époque de réglementation, il y avait d’autres ordonnances que les oublieurs devaient observer : il leur était interdit, dans les foires et dans les marchés, d’étaler leurs oublies à une distance moindre de deux toises d’un autre oublieur.

Les oublies se faisaient alors, comme plus tard, dans un moule de fer. Mais il fallait un apprentissage, et il n’était pas donné à tout le monde d’être maître oublieur. Dans cette industrie, comme dans toutes les autres, on était obligé de faire ses preuves. Les oublieurs formaient une corporation qui avait des statuts. Or voici l’article premier de ces statuts : « Que nul ne puisse tenir ouvrouer ni estre ouvrier s’il ne faict en ung jour au moins cinq cents grandes oublies, trois cents de supplication, et deux cents d’estrées. » Cela revenait à plus de mille oublies, et, pour les faire en un jour, même en se levant de bonne heure, il fallait être très exercé, très habile, et avoir la main alerte et prompte.

De ce qui précède il résulte que ce qu’il y a de plus léger au monde, l’oublie ou le plaisir, a vécu plus longtemps que les constitutions qu’on disait immortelles. On avait vu disparaître les dynasties, s’écrouler les monuments les plus solides, tomber les gouvernements, et, après plus de quatre siècles écoulés, on mangeait encore des plaisirs au milieu du XIXe siècle.

Litho marchande de plaisirsC’est toujours pendant la soirée, et surtout pendant les soirées d’hiver, que les marchands et les marchandes de plaisirs parcourent à cette époque les rues de Paris, en criant leur marchandise. Seulement, l’ancien coffin des oublieurs du Moyen Age est remplacé par une espèce de petit tonneau à la forme allongée, et le tourniquet, avec son aiguille, qui marque sur un cadran le nombre des plaisirs ou des macarons gagnés, est venu se substituer aux dés de l’oublieur. L’ancienne crécelle est restée, et son cri aigu se marie avec les sifflements de la bise hivernale.

L’intonation du marchand n’avait pas beaucoup changé : Voilà l’plaisir, mesdames, voilà l’plaisir ! Si l’on se trouve au chevet d’un cher malade qui sommeille, combien on appréhende le passage de la marchande de plaisirs avec sa voix aiguë comme un clairon et nasillarde comme la clarinette d’un aveugle enrhumée par le brouillard ! On guette longtemps à l’avance le bruit grinçant de sa crécelle et la cantilène accoutumée, dont il est accompagné, et quand la rafale vous apporte les sons de cette fanfare, affaiblie par l’éloignement, on descend quatre à quatre l’escalier pour aller acheter à la terrible marchande une partie de ses plaisirs, à la condition expresse qu’elle ne fera pas retentir sa bruyante interpellation devant la maison. Elle cède, parce qu’elle est marchande et que, comme elle le dit, « il faut, avant tout, gagner sa pauvre vie », mais, elle cède à regret, parce qu’elle est aussi artiste. Elle tient presque autant à son appel : Voilà l’plaisir, mesdames, voilà l’plaisir ! que Dupré tenait à son ut de poitrine, et Mario à son ariette farorite, et elle fait un véritable sacrifice en acceptant votre argent.

Comme l’industrie a fait au XIXe de grands progrès, la marchande de plaisirs a étendu la sienne. Elle a joint en effet alors aux oublies de nos pères, qui sont toujours l’objet principal de son commerce, les macarons, les sucres d’orge, les gaufres et les croquets. La grande manufacture des plaisirs et des gaufres, à Paris, le quartier général des marchands et des marchandes de plaisirs, est dans ce temps-là situé aux Champs-Élysées, dans l’avenue Matignon, au coin de la rue de Ponthieu. C’est là qu’ils viennent s’approvisionner. C’est là aussi que s’arrêtent bien souvent les promeneurs en équipages et les piétons : L’enfant en montrera le chemin à sa mère.

Aux heures où les promenades publiques, les Champs-Élysées, les Tuileries, le Luxembourg, sont fréquentées par les enfants, les marchandes de plaisirs circulent dans les allées et vont offrir leur légère marchandise aux groupes dispersés sous les grands arbres. « Voilà la marchande de plaisir ! » s’écrient Armand, Berthe, Gaston et tous les bébés en chœur. Les mamans et les bonnes tirent leur bourse. Un plaisir n’a jamais troublé ou arrêté une digestion. Et puis, cette pâte légère est si cassante et si friable, que les petits oiseaux déjeunent toujours de la desserte des petits enfants. Qu’un coup de vent s’élève, voilà la moitié du plaisir qui s’envole et s’émiette sur le sable : c’est chère lie pour les moineaux francs.

A l’époque où le jardin des Tuileries était un jardin aristocratique, c’est-à-dire à l’époque où l’on n’y fumait pas et où Guignol n’y exhibait pas ses triviales marionnettes, les plaisirs n’entraient que par contrebande dans le jardin. On voyait une nourrice tenant sous des flots de mousseline un poupon qui ne criait jamais et semblait dormir toujours : c’était la contrebande des plaisirs qui pénétrait dans le jardin sous la forme d’un nourrisson. Quand la fausse nourrice voyait que les inspecteurs avaient le dos tourné, elle s’approchait des chaises où les mamans et les bonnes étaient assises, et, découvrant sa marchandise dorée, elle leur faisait ses offres de service. Cela paraissait bien bon aux bébés d’attraper les inspecteurs, qui tournaient systématiquement le dos à cet innocent manège ! S’il n’y a pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre, il n’y a pas de meilleurs aveugles que ceux qui sont décidés à ne pas voir.

Litho marchande de mouronCette stratégie devint par la suite inutile ; le laisser faire et le laisser passer régnèrent aux portes des Tuileries comme ailleurs, et l’époque où tout le monde mangeait des plaisirs dans ce beau jardin, quoique personne ne fût censé en vendre, ne fut plus qu’un souvenir.

Le XIXe siècle marqua le déclin de la profession : les palais, devenus plus délicats et plus exigeants, réclamaient des pâtisseries moins rudimentaires et moins primitives ; de même que les marchands de coco, ces Ganymèdes en plein vent qui versaient leur nectar à deux liards la timbale, n’existaient à la fin de ce siècle qu’à l’état d’échantillons et de memento du passé, depuis que la choppe de bière, le verre de punch, le mazagran et le verre d’absinthe avaient étendu leur empire sur les consommateurs populaires, la marchande de plaisirs s’en allait.

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Les utopies de Charles Fourier

Posté par francesca7 le 29 juillet 2015

 

Peut-on imaginer une société harmonieuse, où les passions de chacun seraient totalement satisfaites – où l’insécurité, la pauvreté, endémiques en 1830, n’existeraient plus ? Vous en avez rêvé ?

Description de cette image, également commentée ci-aprèsCharles Fourier l’a fait ! Pour Fourier (1772 – 1837), Claude de Saint-Simon (1760 – 1825) qui prétend organiser la société pour favoriser l’industrie est un charlatan ! Fourier considère que les sociétés humaines sont des forêts de sentiments inexplorés, attaqués et repoussés par l’État et la religion, sentiments qu’il faut identifier comme on a pu le faire pour les végétaux. Il recense donc les passions (sensuelles, affectives, distributives) et imagine des unités de vie où les habitants sont rassemblés en fonction de leur passion dominante.

L’identification de la passion dominante permet de régler harmonieusement l’activité du groupe : les « cabalistes » qui ont la passion de l’organisation conduisent les travaux ; les « papillonnes » qui aiment le changement assurent les tâches saisonnières ou temporaires ; les « petites hordes » sont composées d’enfants chez qui on a remarqué une passion pour la manipulation d’immondices : ils vont servir d’éboueurs… Ainsi est obtenue une société qu’il qualifie de chimiquement parfaite. Chaque unité de vie, la phalange – qui remplace la famille, source de conflits et d’autorité –, compte 1 600 personnes, hommes et femmes à égalité.

BioFourier-Doc9-DecesElle est logée dans un phalanstère. C’est une sorte de palais en forme d’étoile au milieu d’un parc de 400 hectares Le logement et la nourriture y sont collectifs. Les salaires sont déterminés sur la base du capital, du travail et du talent. Tout y est réglé au préalable, jusqu’à la façon de s’habiller. La polygamie y est étendue à tous afin de ne plus contrarier les sentiments et de parvenir à une nouvelle forme de chasteté…

Le phalanstère comporte des galeries marchandes, des bibliothèques, un temple pour accueillir 1 500 personnes. 90 % des phalanstériens sont des cultivateurs ou des artisans ; les 10 % restants sont des artistes et des savants. Les enfants sont élevés en commun, l’éducation conjugue théorie et pratique, chaque membre – connaissant vingt métiers – en pratiquera cinq ou six par jour. Les disciples de Fourier tentent de réaliser l’utopie du maître : c’est un échec total. Seul le fabricant de poêles Godin (1817 – 1888) obtiendra des résultats positifs. Il crée en 1856 – à Guise dans l’Aisne – au lieu du phalanstère, le familistère. Il y institue le système coopératif. Ce familistère comporte 500 logements – familiaux et traditionnels… – au confort moderne : eau courante, toilettes, vide-ordures, luxe incroyable à l’époque.

On y trouve aussi un théâtre, des économats, des écoles, des pouponnières, une piscine, un lavoir, un parc… Le familistère, enfant de l’utopie fouriériste – qu’on peut visiter aujourd’hui à Guise – est tombé dans l’escarcelle capitaliste en l’an… 1968 !

 

La quête de Fourier est celle d’une harmonie universelle. Il présente sa théorie comme résultant d’une découverte scientifique dans le domaine passionnel, parachevant la théorie de la gravitation d’Isaac Newton dans le domaine matériel. Dans le cadre de cette théorie dite de l’Attraction passionnée, l’univers serait en relation avec les passions humaines, qu’il reflèterait. Ainsi déclare-t-il possible de s’informer sur les situations passionnelles humaines en observant notamment les animaux et les plantes terrestres, et en appliquant à ces observations un raisonnement analogique dont il donne quelques clés.

Fourier classe hommes et femmes en 810 catégories. Ces catégories correspondent à autant de passions, sous-passions, sous-sous-passions, etc., différentes. Sur cette base de 1 620 caractères qu’il appelle une phalange, il jette l’organisation des phalanstères composés, comme il se doit, d’autant de personnes.

De fait, chaque personne au sein du phalanstère œuvre selon ses affinités, tout en accordant une place particulière à l’agriculture, ainsi qu’aux arts et aux sciences.

Il pose ainsi les premières bases d’une réflexion critique portant sur la société industrielle naissante et ses défauts les plus criants. Selon lui, pour faire cesser les vices de la société civilisée, il suffit de faire confiance aux indications données par l’Attraction passionnée, cette impulsion donnée par la nature antérieurement à la réflexion et persistante malgré l’opposition du devoir, du préjugé, etc.

Charles Fourier considère ainsi que l’attirance naturelle des humains pour l’activité et la vertu est totalement entravée et pervertie par le travail, un état où l’homme s’impose à regret un supplice, et par la morale, cette mortelle ennemie de l’attraction passionnée.

Il propose donc, après mûrs calculs et réflexions, ces sociétés idéales composées d’une phalange de 1 620 individus de tous âges, nommées phalanstères, où chacun s’active dans de multiples groupes fréquentés successivement dans la journée. Les groupes principaux sont appelés des séries, constituées de gens réunis passionnément par identité de goût pour quelque fonction. L’intégration dans le groupe est réalisée en toute liberté et par choix réciproque, comme de nos jours se constituerait un orchestre amateur ambitieux.

Il faut savoir que chacun y est rétribué après répartition des dividendes annuels du phalanstère d’abord entre les séries, puis entre les groupes qui les composent. Vient ensuite la répartition entre les individus. La méthode est identique pour chaque échelle : le montant dépend du rang occupé dans le phalanstère. Ce rang est déterminé selon divers critères, appliqués à l’intérieur de trois classes : nécessité, utilité et agrément. Ce n’est pas la valeur marchande des produits qui entre en ligne de compte, mais leur capacité à susciter le désir de produire, et leur potentiel d’harmonisation du phalanstère (mécanique d’attraction et d’harmonie).

La répartition entre l’intérêt individuel et l’intérêt collectif se réalise équitablement grâce à l’existence d’intérêts croisés, du fait même de la participation de chaque individu à de nombreux groupes (effet du libre essor de la passion du changement, la papillonne). Les dividendes attribués au groupe sont ensuite répartis entre les individus qui le composent, en prenant bien soin de s’appuyer sur la cupidité en premier (accord direct), afin que la générosité (accord indirect) puisse s’exprimer ensuite. Sont ainsi constitués trois lots, 5 à 6/12e pour le travail, 4/12e pour le capital et 2 à 3/12e pour le talent (lot dont sont exclus les novices).

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Les dividendes ainsi perçus viennent en positif sur le compte de chaque individu (et non de chaque famille, les enfants étant émancipés dès l’âge de 3 ans). Sur ce compte sont inscrits en négatif le revenu minimum annuel garanti à chacun dès l’âge de trois ans révolus, et le coût des biens et services qu’il a obtenus du phalanstère au cours de l’année (costumes, repas, autres fournitures et services…). Le solde positif n’est donc distribué qu’en fin d’année, et seulement à leur majorité pour les mineurs.

Charles Fourier promeut ainsi plusieurs idées très innovantes dont la création de crèches, l’une des premières tentatives de libération de la femme. Il faut insister sur la libre et sage audace de Fourier à une époque où les femmes se trouvent en position subalterne :Les progrès sociaux, écrit-il, s’opèrent en raison des progrès des femmes vers la liberté et les décadences d’ordre social en raison du décroissement de la liberté des femmes. (Théorie des Quatre mouvements).

Fort de ses convictions, il tente de faire réaliser un phalanstère expérimental par quelques mécènes fortunés, mais n’y parvient pas de son vivant. Après sa mort, quelques tentatives de création de communautés utopiques ont bien lieu, mais à part le familistère de Godin, toutes faillissent du fait de querelles internes. De toute façon, aucune n’approche le bonheur promis par le théoricien socialiste, en raison du non-respect de ses prescriptions, sans doute trop libertaires pour l’époque de leur réalisation.

Quoi qu’il en soit, par sa réflexion sur l’organisation du travail, sur les relations entre les sexes, entre l’individu et la société…, il apparaît comme un précurseur et du socialisme et du féminisme français.

Dans le cycle de l’humanité de 80 000 ans présenté par Charles Fourier, la huitième période qu’il considère comme la première phase d’Harmonie rompt avec le système de domination au profit d’un système d’association domestique et agricole. Grâce à l’abondance générée par le libre cours laissé à la productivité naturelle des humains, le Phalanstère est un lieu de vie luxueux, et en même temps l’unité de base de la production. Il comprend un immense palais prolongé par des bâtiments ruraux, au-delà de la grande route qui limite la cour d’honneur. En Harmonie, l’industrie manufacturière est subordonnée à l’agriculture, elle-même réalisée en lien avec les cultures et passions locales. L’ensemble immobilier est ainsi placé dans un décor champêtre bigarré et entrelacé, en raison de la recherche du meilleur terroir pour chaque espèce cultivée. Charles Fourier nomme une telle organisation agricole l’ordre engrené pour le distinguer de l’ordre massif, celui de l’agriculture traditionnelle qui présente cultures et forêts en grandes masses séparées. Plus loufoque encore, certaines transformations écologiques qui devraient se réaliser : des hommes chevauchant des poissons pour se déplacer, des fontaines naturelles de limonade…

La planète est librement et constamment parcourue par de grandes bandes composées principalement de jeunes hommes et femmes, accompagnés d’adultes d’âge mûr passionnés d’aventure. Ils assurent les travaux d’ampleur exceptionnelle, et leurs passages successifs dans les phalanstères de la planète suscitent en particulier les intrigues amoureuses qui rendent la vie en harmonie digne d’être vécue. Logés au dernier étage dans les caravansérails, ils sont nourris par les phalanstériens avec les mets et préparations très gastronomiques que l’organisation en séries passionnées permet de produire en grande quantité et sans effort. Les fêtes se succèdent pendant le séjour, avec des spectacles hauts en couleur dont l’excellence est rendue possible par l’importance donnée aux arts de la scène, à la chorégraphie et à la gymnastique dans l’éducation dès le plus jeune âge. À ce sujet, il imagine même qu’à intervalles réguliers, de grands écrivains viendront au monde pour exalter la réussite de cette communauté.

Dans un phalanstère, les journées d’activité sont longues, les nuits sont courtes. Les phalanstériens ne connaissent pas la fatigue due à la monotonie des tâches, au non-respect des rythmes naturels, aux dissensions générées par l’absence de choix des compagnons de production et à la hiérarchie non fondée sur le talent. Bien au contraire, s’activer successivement dans de nombreux groupes passionnés est une joie de tous les jours, qui conduit la vieillesse à être belle et attirante. Ainsi la considération et l’affection des plus jeunes lui échoient-elles naturellement.

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FAIRE DU TOURISME EN DORDOGNE

Posté par francesca7 le 10 avril 2015

La Roque-Gageac, au bord de la Dordogne.En Dordogne, on trouve des bastides, notamment à Monpazier, Villefranche-du-Périgord, Domme et ses remparts, Eymet et son château, et Saint-Aulaye, unique bastide du Pays Périgord vert.

La vallée de la Vézère et son bassin versant abritent la plus grosse densité de sites préhistoriques tels que l’abri Pataud, La Micoque, les sites de Laugerie-Haute et Laugerie-Basse, les abris du Moustier, de Cap Blanc et le célèbre abri de Cro-Magnon, et de grottes ornées paléolithiques telles que la célèbre grotte de Lascaux à Montignac, les grottes de Combarelles et de Font-de-Gaume aux Eyzies-de-Tayac et celle de Rouffignac.

Les villes fameuses de Sarlat, Bergerac, Nontron et sa mascarade des Soufflaculs, son jardin des arts, son Pôle des Métiers d’Arts, sa coutellerie « Le Périgord », Périgueux et ses ruines gallo-romaines, sa ville médiévale (MH et PSMV).

Le village du Bournat, l’abbaye de Brantôme (xie siècle), le parc archéologique de Beynac.

La Roque-Gageac, tout comme le proche château de Beynac, ont servi de décor durant les vacances d’été de 2009, pour le tournage du film Camping – Au Moyen Âge, La Roque Gageac comptait 1 500 habitants. À l’époque, la Dordogne faisait vivre pêcheurs et gabariers du port. De cette période demeure l’église recouverte de lauzes. Non loin se dresse, flanqué d’une tour ronde, le manoir de la famille Tarde, amie de Galilée. Pendant la guerre de Cent Ans, La Roque Gageac accueillit les évêques de Sarlat. Leur résidence, à l’extrémité du village, a été conservée. Dominant les maisons, les vestiges du château défient encore le temps.

Le 17 janvier 1957, un pan de la falaise s’éboule sur une partie du village, détruisant six maisons et une grange, coupant la route et terminant sa course dans la Dordogne. Trois personnes meurent.

Le 9 janvier 2010, un pan du plafond du fort troglodytique s’effondre entraînant la chute d’une partie du mur de courtine du fort, accroché à la paroi de la falaise depuis le xiie siècle, sur le côté du bâtiment d’accueil du site. Le 3 juin 2010, au début de la saison touristique, à la suite de la menace d’un rocher de 320 tonnes de s’effondrer sur le village et aux conclusions d’experts d’un danger imminent, la route départementale 703, traversant le village et surplombée par la falaise, est fermée pendant cinq semaines, avec évacuation des personnes les plus menacées. Des travaux de protection, notamment avec la pose de filets, sont effectués pour protéger les vies. À la suite de ces travaux, la RD 703 est rouverte le 10 juillet 2010 et les personnes ont pu regagner leur domicile.

La conséquence de ce danger est que le fort troglodytique n’est plus visitable. D’autres chutes de pierre sont en effet à craindre dans les années à venir.

À compter de novembre 2013, la route départementale 703 est fermée dans sa traversée du bourg de La Roque-Gageac pour une période de cinq mois, nécessaire à la création de voies piétonnes sécurisées de chaque côté de la route.

 

Castelnaud-la-Chapelle

e château de Castelnaud, classé monument historique en 1966, domine la vallée de la Dordogne et offre un magnifique panorama sur les sites de Beynac, Marqueyssac et la Roque Gageac.

280px-CastelnaudlachapelleGrottes et gisements préhistoriques du Conte et des Fours.

  • Musée de la Fauconnerie, salle vidéo ;
  • Musée Joséphine Baker (château des Milandes).
  • Musée de la Guerre au Moyen Âge, au château de Castelnaud : armes, machines de guerre ; animations.
  • Écomusée de la noix du Périgord.

 

Limeuil, centre de batellerie

Limeuil était un important centre de la batellerie aux xviiie et xixe siècles. Le village fut une cité florissante au xviiie et à la fin du xixe siècle. Limeuil comptait alors près de 80 artisans. Le confluent invitait en ces temps là, prospérité et richesse. Les restaurants l’Ancre du Salut et le Chai sont le témoignage de cette période. L’Ancre du Salut était le bureau de déclaration et le syndic des bateliers, tandis que le Chai servait de lieu de stockage des marchandises.

Les rivières étaient navigables au printemps et à l’automne (en périodes de crues et de fonte des neiges). Les bateliers disaient alors que la rivière était marchande ou de voyage.

L’ancienneté du village est attestée par de nombreuses traces de l’occupation des magdaléniens qui ont été retrouvées à Limeuil. Ils ont laissé de nombreux objets : des poinçons, des aiguilles, des hameçons, des harpons, des bâtons décorés de figures de renneset de poissons. Un lot de gravures a été découvert, présentant des rennes, des chevaux, des cervidés, quelques bouquetins, des bœufs, des ours… L’une des gravures représente un « renne broutant » (au musée de Saint-Germain-en-Laye, mais une copie est visible au musée national de Préhistoire des Eyzies).

  • Les jardins panoramiques de Limeuil offrent une vue sur le confluent Dordogne-Vézère. Ils se situent à l’emplacement de l’ancien château fort du village, qui se dressait sur un éperon rocheux. Ils présentent un jardin à l’anglaise ponctué de panneaux d’interprétation. En juillet et en août, différents ateliers sont proposés (tissage, vannerie, teinture, feutre, feuillard, land art).
  • Il ne reste que peu de vestiges du château de Limeuil. Seuls se dressent encore la tour carrée, la tour canonnière et le puits. Le château fut racheté en 1902 par le docteur Linarès (médecin du Sultan du Maroc), époque à laquelle furent créés les jardins à l’anglaise. À la mort du docteur, les jardins furent laissés à l’abandon. La commune les a rachetés en 1997 et les à confiés en 2007 à l’association Au Fil du Temps, pour les faire revivre et leur redonner leur cachet d’antan.
  • La chapelle Saint-Martin est une ancienne église romane du Périgord noir qui se distingue des autres par ses fresques et sa pierre de dédicace.

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Un métier de bouche de nos ancêtres

Posté par francesca7 le 8 novembre 2014

BoucherLe boucher est un artisan chargé de la préparation et de la vente de la viande. L’origine  étymologique de ce mot vient de l’activité marchande qu’exerce une personne à vendre de la viande de bouc.

Il achète la viande dans les abattoirs ou chez des grossistes, sur pied ou déjà abattue. Il la découpe et la désosse, puis s’occupe de sa vente dans la boucherie. Habituellement, il se limite aux viandes de boeuf, de veau, de cochon et de mouton, et vend aussi de la volaille. Le commerce des viandes de porc est traditionnellement réservé aux charcutiers. La viande de cheval est vendue par le boucher chevalin. De nos jours, cette stricte délimitation des rôles tend à s’estomper.

Le métier de boucher, au nombre des professions les plus anciennes, n’est pas si courant autrefois, surtout dans les campagnes. Le boucher n’en est pas moins un personnage important de la société. Avec ses outils et ses tâches de sang, il est craint et respecté, et souvent fort en bouche. Avec celle des boulangers, la corporation des bouchers, puissante et respectée, est l’une des plus anciennes de France, organisée depuis l’époque gallo-romaine. Elle se targue d’avoir donné à la France un roi : Hugues Capet !

Il fait aussi commerce de tous les sous-produits du bétail : peaux pour fabriquer les vêtements, chaussures, selles et harnais ; les suifs qui servent à faire les chandelles ; la laine, les os, la corne…

Il est souvent déjà un petit notable, en relation économique avec les campagnes alentour, par l’intermédiaire des fameux marchands. Cette puissance économique, mais aussi le prestige et la crainte attachés à des hommes qui côtoient chaque jour la mort, le couteau à la main et le tablier éclaboussé de sang, explique le rôle important, voir politique, qu’ils jouent parfois. À la Renaissance, les bouchers poursuivent leur ascension. Déjà placés au rang des bourgeois au Moyen Age, ils vont devenir en outre des hommes cultivés. Leurs filles épousent des banquiers et des fonctionnaires. Leurs fils deviennent médecins et avocats. L’aristocratie de la boucherie occupe les postes importants de l’État, cédant l’étal aux compagnons. La boucherie reste longtemps aux mains de quelques familles. 

Les maîtres bouchers sont des personnages puissants, craints et respectés, dont le titre se transmet de père en fils. Sous l’Ancien Régime, on compte notamment une vingtaine de famille de bouchers à Paris, cinq à Limoges, mais peu dans les campagnes, où chacun tue sa propre poule, son cochon… ou se passe de viande.

 Extrait en partie de « Les métiers d’autrefois », de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, éditions Archives et Culture.

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Les petits métiers

Posté par francesca7 le 10 août 2014

 

téléchargement (3)Il me revient en mémoire quelques petits métiers disparus. En voici quelques uns : le Caïfa, le rétameur, la marchande de harengs, le châtreux, le marchand de peaux de lapin.

Joseph venait de Saint-Sauveur avec son triporteur à pédales. Il vendait du café, marque Caïfa naturellement, des pâtes, des conserves… le tout en petite quantité. Quel métier de galère de parcourir quinze à vingt kilomètres avec un tel chargement sur les routes accidentées et non goudronnées des environs du chef‑lieu!

Il est vrai qu’il avait Rampan, un gros chien roux au poil ras qui lui tenait compagnie et l’aidait à monter les côtes avec son collier d’attelage!

Le rétameur, lui, passait deux fois par an. Petit retour en arrière: l’alu et l’inox étaient inconnus, seules étaient utilisées les casseroles en fer étamé, parfois un chaudron en cuivre. Les fourchettes étaient en fer et les cuillères en étain, inutile de dire qu’elles se tordaient facilement, il fallait donc les remplacer. Le rétameur installé sur la place de l’église récupérait les morceaux gardés précieusement et les faisait fondre. Liquéfié, l’étain était versé dans des moules et chacun récupérait des cuillères neuves. C’est également dans cet étain liquide qu’il trempait les casseroles qui ressortaient brillantes.

Fine était marchande de harengs. Chaque semaine elle recevait plusieurs caisses de harengs en gare de Saint-Sauveur et chaque jeudi, d’octobre à avril on la voyait arriver bien emmitouflée dans un grand capuchon noir, avec aux pieds de gros brodequins et sur la tête un bonnet noir qui lui cachait les oreilles. Elle poussait une sorte d’étal monté sur deux roues de bicyclette que son bricolier de mari lui avait fabriqué. Ainsi de hameau en hameau, de maison en maison elle offrait ses harengs frais et quelques saurs.

Le châtreux : en Poyaude souvent il fallait deux chevaux pour labourer et faire les charrois. Quand je dis deux chevaux c’était souvent une jument et un cheval hongre. Les jeunes poulains étaient alors castrés, non pas par le vétérinaire qui demandait un prix fou, mais par le châtreux de Leugny qui vous faisait çà en deux coups de cuillère à pot pour quelques pièces mais souvent assorties d’un gros lapin ou d’un poulet.

Le marchand de peaux de lapin : chaque famille élevait pour sa consommation de nombreux lapins; ces bêtes étaient tuées et dépouillées à la ferme. Les peaux étaient tendues sur des fourchines ou bourrées de paille, puis mises à sécher sous le hangar attendant le passage du marchand.

Tous les deux ou trois mois, Ladent, le marchand de peaux de lapin passait avec son vélo à deux porte‑bagages et muni d’un petit grelot. L’homme, d’une cinquantaine d’années, avait une belle moustache à la gauloise et un bagout de première catégorie. Il portait été comme hiver un vaste paletot de chasse, une casquette enfoncée jusqu’aux oreilles et une sorte de sacoche attachée à sa ceinture où se trouvaient pêle-mêle pièces et billets.

images (4)Avec lui arrivait une forte odeur de suint, de sauvagine et de vieille graisse dont l’individu était imprégné et que Mirette la chienne avait détectée bien avant son arrivée dans la cour !

Une peau de lapin représentait une valeur de 10 à 15 sous selon l’épaisseur, la grandeur, la couleur. Les blanches étaient les plus chères. Après une longue discussion les peaux étaient ficelées sur un des porte‑bagages et payées. Alors notre bonhomme buvait un coup de cidre ou de marc, racontait les derniers potins du village et reprenait sa route en criant: Peaux de lapins! Peaux!

 Vocabulaire : Bricolier : bricoleur
En deux coups de cuillères à pots : très rapidement
Fourchines : petites fourches

 

Source :  Gilbert PIMOULLE  PARFUMS D’ ENFANCE  En Puisaye, autour de 1920 – édité en 1999

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Maisons de pays en Bourgogne

Posté par francesca7 le 19 juin 2014

 

La Bourgogne est un seuil entre deux massifs anciens, le Morvan et les Vosges, une terre de passage entre le Bassin parisien et la vallée de la Saône, entre la France du Nord et le Midi méditerranéen. Les influences en matière de construction sont donc multiples et s’ajoutent à la diversité des terroirs. Les toitures de tuile plate ou vernissée, de lave ou d’ardoise, les constructions de calcaire ou de granite font l’attrait de l’architecture bourguignonne.

images (16)

Architecture du vignoble

C’est l’art de vivre du vigneron qui a contribué à l’élégance de l’architecture rurale de la Côte . Concentré dans les villages, l’habitat se cache parfois derrière de hauts murs et d’amples portails ; isolé au milieu des vignes, il s’entoure de bâtiments annexes plus ou moins considérables et de chais séparés (Clos de Vougeot).

On distingue trois sortes de maisons vigneronnes . La maison de base se compose d’une seule et unique pièce à vivre, comme « soulevée » par la cave dont les murs épais et la voûte de pierre conservent la fraîcheur et l’humidité. Vient ensuite le modèle intermédiaire, doté d’une écurie et d’une petite grange appelée « magasin ». Enfin, reconnaissables à leur galerie et leur escalier extérieur protégé par un auvent, les maisons plus cossues comportent une cuverie et un cellier. Les demeures de maîtres comme celles des ouvriers vignerons ont généralement ceci en commun : l’habitation à l’étage est desservie par un escalier de pierre extérieur au-dessus des caves et des celliers, et l’usage répandu de galeries, porches et auvents donne des façades ouvertes et plaisantes.

Dans l’ arrière-côte , c’est-à-dire sur les « hautes côtes », où l’on produit également du vin, les maisons et dépendances, étroitement imbriquées, sont souvent adossées à une pente, au cœur d’un village-rue accroché à flanc de coteau, le plus près possible des vignes. On y retrouve une certaine sobriété : un logis très réduit, en surélévation au-dessus de la cave peu ou pas enterrée, située sous l’escalier de pierre et protégée des variations de température par l’ampleur du palier, localement appelé « plafond » ; un « magasin », faisant office de cuverie ; un pressoir, surmonté d’un fenil où étaient engrangés bottes de paille et outils.

Le paysage est également parsemé ici et là de jolis castels flanqués de tourelles rondes ou carrées coiffées de toits pentus. Il s’agit d’exploitations agricoles consacrées tantôt à la vigne, tantôt à d’autres cultures. Et n’oublions pas les charmantes caillebottes , ou cabottes, cabanes faites de pierre sèche, parfois dotées d’une cheminée, qui servent d’abri aux viticulteurs pour déjeuner et stocker leurs outils.

En pays calcaire

Le calcaire domine dans la Côte-d’Or. Il se durcit en surface et fournit un matériau très résistant. La roche du jurassique se clive en moellons très plats et se délite en minces feuilles, les « laves », utilisées par les couvreurs.

Dans le Châtillonnais , les villages, peu nombreux, sont installés dans les clairières ou le long des vallées. La grande exploitation comprend de vastes bâtiments autour d’une cour centrale fermée par de hauts murs ; les entrées des granges téléchargement (1)sont généralement surmontées d’arcs surbaissés. La petite exploitation de la fin du 18 e s. abrite sous le même toit le logement et les bâtiments d’exploitation ; l’entrée de la grange est surmontée d’un linteau de bois. La pièce commune comporte une porte et une fenêtre accolées sur lesquelles s’alignent les ouvertures du fenil ou du grenier, qui bénéficient ainsi de la sécheresse assurée par la chaleur sous-jacente du logement. Le banc de pierre devant la maison est très fréquent en basse Bourgogne.

Dans le Mâconnais , les murs des maisons de vignerons sont bâtis avec du calcaire, utilisé presque à sec et sans enduit. Une galerie, protégée par l’avancée du toit, prolonge sur l’extérieur l’ancienne salle commune et sert, l’hiver, à vaquer aux occupations domestiques à l’abri de la pluie, l’été, de cuisine ou de salle à manger. Les ferronneries de porte, qui étaient autrefois fabriquées par le forgeron du village, présentent des modèles originaux de loquet de porte, d’entrée de serrure, de heurtoir, où s’ordonnent cœur, croix, oiseau et porte-bonheur.

En pays cristallin

Montagne ancienne vouée à l’élevage, le Morvan a donné naissance à des maisons sobres en granit, couvertes d’ardoises, et à des granges-étables dont la façade est protégée de la pluie par l’avancée du toit. L’habitat est groupé en hameaux dispersés, appelés « huis », à mi-distance des pâturages et des cultures et des bois.

La maison morvandelle est un volume simple et dépouillé. La souche de cheminée en pierre taillée, l’escalier extérieur, les encadrements des ouvertures donnent de la noblesse à cet habitat pauvre. Pour ne pas empiéter sur un espace intérieur réduit, composé d’une seule pièce commune, et parfois d’une chambre supplémentaire, l’accès au comble se fait par une échelle ou un escalier extérieur toujours situé sur le mur pignon.

Devenu un pays d’élevage bovin, le Morvan accueille de grosses exploitations composées de deux bâtiments de part et d’autre d’une cour, perpendiculaires à la rue. L’exploitation type présente sous le même toit l’habitation et la grange. Les couleurs chaudes du granit apparaissent, marquant l’irrégularité de l’appareillage.

Une mosaïque de toitures

Les splendides toitures de tuile de la région sont l’un des éléments forts de son identité. Le visiteur ne pourra qu’être ébloui par les toits de l’hôtel-Dieu de Beaune, de l’hôtel de Vogüé à Dijon ou du château de La Rochepot.

téléchargement (2)L’origine de ces tuiles vernissées polychromes , appareillées en motifs géométriques, lignes brisées, losanges, entrelacs ou chevrons, est mal connue ; elles proviendraient d’Europe centrale via les Flandres. Ces toits décorés étaient chargés de messages symboliques, politiques ou religieux, signalant le statut social d’un notable ou la réputation d’une communauté religieuse ou laïque. Les épis de faîtage sont également en terre cuite vernissée, les girouettes travaillées, et des ergots figurent sur les arêtes des toits à pans coupés, en particulier dans la Côte-d’Or.

Sur les reliefs, les vastes toits sont recouverts de tuiles plates dites tuiles de Bourgogne . Longues et étroites, fabriquées dans le Sénonais, celles-ci sont d’un brun assez foncé. Les moines cisterciens en recouvraient les toits de leurs abbayes. Malheureusement, la tuile mécanique d’emboîtement est venue remplacer ce matériau traditionnel.

Les laves calcaires sont des chutes de carrière sans valeur marchande, longtemps utilisées par les couvreurs. Dans les lavières, on levait ou « lavait » les croûtes superficielles pour atteindre la pierre à bâtir. Chaque « lave » pouvait être calée par des cailloux (comme sur l’église d’Ozenay, village du Mâconnais) pour que l’air puisse circuler entre les pierres, facilitant l’évaporation de l’eau et évitant le gel. Le poids considérable de ce matériau (de 600 à 800 kg au m ² ) nécessitait de fortes et coûteuses charpentes, ce qui n’empêche pas nombre de lavoirs et de fontaines d’en disposer.

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Les femmes guerrières

Posté par francesca7 le 8 mai 2014

 

Quand la Vendée se soulève en 1793, des comtesse, et marquises caracolent en amazone à la tête d’escouades à leur solde, des femmes du peuple, portant habit d’homme, se mêlent aux troupes. Nombre d’entre elles périrent sur le champ de bataille, d’autres furent guillotinées, certaines réussirent à échapper à la mort et nous laissèrent des témoignages. 

guerriere

Pourquoi des femmes étaient-elles présentes dans cette sanglante bagarre ? La plupart d’entre elles y avaient été forcées par les circonstances parce qu’elles cachaient des prêtres réfractaires, parce que leurs époux ou leurs fiancés étaient partis au combat, ou parce que les Bleus étaient venus un jour brûler leurs manoirs et leurs fermes, elles avaient rallié l’armée des insurgés… Parmi elles, on trouve des femmes et des filles de conditions très différentes. De nobles dames, mais aussi un grand nombre de paysannes, de marchandes de volailles, de lingères. Plutôt que de se faire guillotiner, fusiller ou noyer, elles préféraient mourir en combattant ou en soignant les blessés.

Certaines courent aussi les routes par simple goût de l’aventure, c’est très stoïquement qu’elles ont accepté de coucher sur une planche, sous un arbre, dans une étable, de manger, de dormir n’importe où. L’imprévu, le risque de se faire prendre, bien loin de les inquiéter, les exaltent.

Elles se révèlent des guerrières intrépides : Mme de Lescure (bas gauche), qui porte le bragon brosz – le pantalon bouffant des Bretons — fait le coup de feu, comme n’importe quel cavalier. Pour venger son père torturé par les Bleus, une pâle et maigre fille nommée Renée Langevin a voulu servir chez les houssards. Au combat de Dol, elle devait abattre plusieurs adversaires. Souvent, il lui arrivait de dire sombrement – Je ne suis riche que de ma mort. » Pourtant elle survécut, mais pour demeurer en prison jusqu’à la Restauration.

Jeanne Giraudeau. patronne de l’auberge de La Croix d’Or, à Montaigu, voyant un jour son mari qui s’enfuyait, le ramena aussitôt sur le champ de bataille. Perrine Loiseau ne se fit sabrer qu’après avoir abattu trois Républicains. Mlle Regrenil, une jeune novice de vingt ans, ayant dû quitter le couvent des ursulines de Luçon devint « la houssarde » dans la bande de Bejarry. Elle montait le cheval d’un soldat ennemi qu’elle avait su désarmer. Marie-Antoinette Adams. épicière à Puybelliard, combattait aussi à cheval, dans l’armée du Centre. Sa maison avait été brûlée et son mari, dont elle était séparée, était un ardent Républicain. N’ayant plus rien à perdre, elle manifestait une telle fougue au combat que ses compagnons l’avaient surnommée « le chevalier Adams ». Sa témérité devait lui être fatale. Capturée, les Bleus la fusillèrent.

Dans l’armée de Bonchamps, Renée Bordereau, vingt-trois ans, combattit six ans, reçut sept blessures. Capturée aussi, elle sauva sa tête, mais on l’enferma deux ans dans l’une des geôles du Mont-Saint-Michel…

A Legé, où Charette avait établi son poste de commandement, beaucoup de femmes et de jeunes filles étaient venues se mettre sous la sauvegarde de l’honneur vendéen.

Parmi les belles brigandes, les juments de Charette, c’est ainsi que les appelaient les Bleus, Mmes de La Rochefoucauld. de Bruc.du Fief, de Bulkeley et d’autres encore, se battaient héroïquement. Certaines, comme la comtesse de Bruc, devaient être massacrées au cours des multiples combats qui journellement mettaient aux prises des adversaires également implacables. Des jeunes filles, les soeurs de Couêtus, Mlle de la Rochette, devaient être sauvées par le général Travot. après leur capture. En dépit de leur témérité. Mmes de Bulkeley et du Fief eurent aussi la chance de survivre…

L’armée catholique et royale comptait dans ses rangs des femmes de toutes les conditions. François Charette de la Contrie est entouré de ses « amazones », belles, nobles, adroites au tir et excellentes cavalières. Son aide de camp est Mme de Fief, Victoire-Aimée, née Libault de la Barassières. Son mari a émigré. Elle, est restée. Elle a rejoint l’armée pour venger la mort d’un fils. Petite, jolie, vêtue de tissu de Nankin, elle galope en tête de ses troupes, armée de deux pistolets, ou va à pied, usant d’un fusil de chasse. Louis XVIII lui fera don de son portrait en guise de décoration. 

Mme Bulkeley (à gauche), née Latour de la Cartrie, ne lui cède en rien en beauté et en intrépidité. A cheval, en robe verte, écharpe blanche à la taille et pistolet à la ceinture, elle commande une compagnie de chasseurs à sa solde. Arrêtée en 1794, condamnée à mort, elle obtient un sursis grâce à une fausse déclaration de grossesse. Elle réunit aussitôt quelques centaines d’hommes et retourne se battre. Elle échappera aux balles, aux sabres, aux boulets, aux fusils et à la guillotine, survivra encore à deux mariages (elle aura eu quatre maris) et vivra jusqu’à l’âge de soixante dix-neuf ans. La jeune comtesse du Bruc aura moins de chance, elle périra à Beaupréau, sabrée par un hussard, tombée d’un cheval mal sanglé.

Roturières et paysannes ne s’en laissent pas conter non plus : à la bataille de Torfou, lorsque les Vendéens fuyent, face aux terribles Mayençais de Kléber, elles se mettent en travers de leur chemin, les insultent, menacent de prendre les armes à leur place. Ils s’en retournent. Ils vainquent. A Dol, dans les mêmes circonstances, la femme de chambre de Mme de la Chevalerie s’empare d’un cheval, fait volte-face en criant : « Au feu les Poitevines », ce qui laisse le temps à Mme de Bonchamps de ramener les renforts qu’elle a réussi à rassembler.

Dans l’armée de Charette, une demoiselle Lebrun, seize ans, fille d’un boulanger de Mortagne, monte en caleçon et en jupon, la chevelure retenue dans un foulard, et une blanchisseuse commande à des troupiers.

Un des tambours de l’armée de d’Elbée est une fillette de treize ans. Elle est tuée à Luçon. A cette même bataille, participe Marie-Antoinette de Puybelliard. Elle est vêtue en homme, mais toute l’armée du général Sapinaud de la Verrie sait qui elle est. Arrêtée chez elle, un peu plus tard, elle sera fusillée.

Jeanne Robin, fille de métayer, entre dans les rangs de M. de Les-cure, avec son père, son frère, son fiancé et son chien. Lescure avait menacé de renvoyer et de tondre toute femme qu’il trouverait dans son armée (hormis la sienne, qui l’avait suivi d’autorité…). Lorsque Jeanne lui avoue son sexe, il ne peut lui refuser les souliers qu’elle demande pour continuer à marcher avec lui. Il est vrai que c’est :elle qui, en première ligne, lui criait : « Mon général, vous ne me dépasserez pas, je veux aller plus près des Bleus que vous ». Elle alla si près qu’une balle la coucha sur le champ de bataille. Le curé, ramené en hâte par son fiancé, n’eut que le temps de consacrer leur union avant de lui fermer les yeux. Elle avait vingt ans.

Des archives témoignent encore que l’épouse d’un fileur de Botz-en-Mauges et la fille d’un journalier de Saint-Georges-duPuits-de-la Garde, ont accompagné leurs hommes en se faisant passer pour leur frère et pour leur fils, mais combien d’autres femmes anonymes sont tombées en Vendée, qui se battaient pour l’honneur, l’idéal ou la survie parce qu’elles avaient décidé de ne pas attendre sur les cendres de leurs foyers que les détenus syphilitiques, libérés à cet effet par la Convention, viennent les violer, que les commissaires de la République les fassent fusiller, guillotiner ou noyer dans les eaux tumultueuses de la Loire… ?

Mme la marquise de Bonchamps avait tiré le canon à La Flèche, harangué avec succès et ramené au combat les paysans de Dol après avoir vu mourir son mari. Tombée aux mains des Bleus, elle refusa de livrer les noms qu’on lui demandait.

En conséquence de quoi, le tribunal révolutionnaire la condamna à mort à l’unanimité. Après de vaines démarches et interventions sans effet, les proches de la marquise envoyèrent sa petite fille, Zoé, en ultime recours, implorer son sursis. Les juges amusés lui demandèrent de leur chanter sa plus jolie chanson. La fillette , sans se troubler, entonna clair et fort le premier couplet qui lui vint à l’esprit, pour l’avoir si souvent répété avec sa mère : un chant résolument royaliste… Mme de Bonchamps fut grâciée !

 roturieres

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