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Les recettes de beauté d’Agnès Sorel

Posté par francesca7 le 8 juin 2015

AgnesSorelAgnès, la belle Agnès ! Belle et qui le sait ! Au point qu’elle n’hésite pas à montrer de sa personne ce qu’elle sait parfait : son sein – elle montre même les deux, lançant la mode des poitrines à l’air, mode qui ne recueille pas que l’enthousiasme dans son entourage… Afin de posséder toujours un teint éclatant, la belle Agnès possède un onguent.

C’est Jacques Coeur qui lui en a rapporté d’Orient la composition : un litre de crème fraîche dans lequel on laisse macérer des pétales de roses, des fleurs de fèves et des nénuphars.

On cuit le tout au bain-marie jusqu’à ce que cela devienne une pâte onctueuse.

Elle utilise aussi du shampooing à la camomille, des masques au miel pour la nuit, et puis une crème contre les rides qui se prépare de la façon suivante : mélanger de la bave d’escargot, un soupçon de cervelle de sanglier, de la fiente de chèvre, des pétales d’oeillets rouges, et des vers de terre vivants.

Le tout est placé dans un mortier et travaillé au pilon. On ajoute ensuite un verre de sang de loup, pour donner de la couleur. Agnès Sorel applique quotidiennement cette préparation sur son visage avant le maquillage. Pétales d’oeillets, bave d’escargot, soupçon de cervelle, chaque matin. Parce qu’elle le vaut bien !

Issue donc de la petite noblesse, c’est en Picardie qu’elle reçut une éducation soignée. On pense qu’elle aurait vécu au château de Maignelay-Montigny dans l’Oise et que, comme il était d’usage d’envoyer les jeunes demoiselles parachever leur formation dans la haute aristocratie, on l’y prépara à occuper à la cour la charge enviée de demoiselle de compagnie d’Isabelle de Lorraine, reine de Sicile et femme du roi René, beau-frère du roi Charles VII. Cette charge n’était pas convoitée pour les avantages matériels qu’elle procurait : Agnès Sorel, placée dans la cour de Lorraine vers l’âge de quinze ans, ne recevait que dix livres par an, contrairement à d’autres demoiselles de cette cour telle Catherine de Serocourt, cousine de Jean de Serocourt, capitaine de Tarascon, qui se voyait octroyer la somme de quinze livres tournois. Elle lui était destinée dès son plus jeune âge du fait de sa naissance et des recommandations dont elle bénéficiait. Selon les commentateurs s’appuyant sur les chroniques de Monstrelet ou de Jean Chartier, la rencontre entre la jeune femme et le roi, qui est impressionné par sa beauté, a lieu à Toulouse (le 19 mars 1443 lorsque le roi Charles reçoit en grand cérémonial son beau-frère René et Isabelle de Lorraine, dans la suite desquels apparaît pour la première fois Agnès Sorel) ou à Saumur en septembre 1443.

Le roi de France, Charles VII, de vingt ans son aîné, la fait entrer au service de la maison angevine en 1444 pour la rapprocher de lui. Officiellement, elle est demoiselle de la maison de la reine Marie d’Anjou. Minaudant, elle résiste aux avances du roi pour accroître son désir et mieux se l’attacher.

Après avoir cédé à sa cour empressée, elle passe au rang de première dame officieuse du royaume de France puis gagne rapidement le statut de favorite officielle, ce qui est une nouveauté : les rois de France avaient jusque-là des maîtresses mais elles devaient rester dans l’ombre. Charles VII a d’ailleurs eu d’autres maîtresses, mais elles n’ont pas eu l’importance d’Agnès Sorel. C’est durant le séjour de Charles VII à Nancy, lors de fêtes royales vers la fin de l’année 1444, que le roi joute pour sa belle lors d’un tournoi. Il affiche à cette occasion sa maîtresse officielle qui fait sensation en apparaissant le dernier jour revêtue « d’une armure d’argent incrustée de gemmes ».

Les recettes de beauté d’Agnès Sorel dans FONDATEURS - PATRIMOINESon art de vivre et ses extravagances rejettent la reine dans l’ombre. Les voiles et autres guimpes sont abandonnés. Elle invente le décolleté épaules nues qualifié de « ribaudise et dissolution » par quelques chroniqueurs religieux de l’époque. De vertigineuses pyramides surmontent sa coiffure. Des traînes allant jusqu’à huit mètres de long allongent ses robes bordées de fourrures précieuses : martre ou zibeline. Elle met à la mode chemises en toile fine, colliers de perles. Elle traite sa peau avec des onguents faisant office de peeling, une crème contre les rides tous les matins et des masques au miel pour la nuit. Elle se maquille avec un fard à base de farine et d’os de seiche pilés qui lui donne un teint d’albâtre très prisé à l’époque, se met du rouge à lèvres à base de pétales de coquelicots, ce qui est condamné par les prédicateurs du Moyen Âge. Elle se fait épiler les sourcils et les cheveux sur le haut du front, ce dernier étant devenu le pôle érotique du corps de la femme à cette époque. Il ne s’agit pas de la « mode florentine » pour se donner un front plus bombé, mais pour équilibrer ses traits car elle a de très grands yeux disproportionnés par rapport à son visage. Rien qu’en 1444, le roi lui offre vingt mille six cents écus de bijoux dont des diamants taillés dont elle est la première à parer sa coiffure si l’on en croit les chroniqueurs de l’époque.

Pour se procurer ces atours précieux, elle devient la meilleure cliente de Jacques Cœur, marchand international et grand argentier du roi, qui a amassé des trésors dans son palais de Bourges. Elle consomme de grandes quantités d’étoffes précieuses et, bien sûr, toutes les femmes de la cour l’imitent.

Agnès Sorel sait jouer de son influence auprès du roi en compagne aimante de l’homme d’État. Elle impose ses amis au roi ou s’acquiert la faveur des conseillers de la Couronne, qui voient en elle le moyen de s’assurer la bienveillance royale, tels Pierre de Brézé, Étienne Chevalier, Guillaume d’Estouteville, Guillaume Cousinot, Prigent VII de Coëtivy ou Jacques Cœur. C’est grâce à ces manœuvres que le roi, en l’espace de quelques mois, lui octroie les fiefs de Beauté (d’où le surnom bien connu de « Dame de Beauté »), Vernon, Issoudun, Roquesezière et lui offre le domaine de Loches. Elle y fait aménager le château qui surplombe la ville.

Le dauphin, futur Louis XI, ne supporte pas la relation d’Agnès avec son père. Il estime que sa mère est bafouée et a de plus en plus de mal à l’accepter. Un jour il laisse éclater sa rancœur et poursuit, l’épée à la main, l’infortunée Agnès dans les pièces de la maison royale. Pour lui échapper, elle se réfugie dans le lit du roi. Charles VII, courroucé par tant d’impertinence, chasse son fils de la cour et l’envoie gouverner le Dauphiné.

Dès qu’elle est installée par Charles au Manoir de la Vigne au Mesnil-sous-Jumièges près de Rouen, elle est soudainement prise d’un « flux de ventre » selon Jean Chartier, chroniqueur officiel de la cour, et meurt en quelques heures le 9 février 1450, non sans recommander son âme à Dieu et à la Vierge Marie. En donnant naissance à un enfant prématuré de sept mois (sa dernière fille, qui décède quelques semaines après elle), celle qui fut la première maîtresse officielle d’un roi de France meurt officiellement à l’âge de vingt-huit ans d’une infection puerpérale. Elle a le temps de léguer ses biens à la collégiale de Loches pour que des messes y soient dites pour le repos de son âme, à l’abbaye de Jumièges où est déposé son cœur, ainsi qu’aux membres de sa famille et au roi à qui elle lègue ses bijoux.

Sa mort est si rapide qu’on croit tout d’abord à un empoisonnement. On accuse même Jacques Cœur, désigné comme exécuteur testamentaire, de l’avoir fait assassiner, mais il est lavé de ce chef d’inculpation. Les soupçons se portèrent alors jusqu’au xxie siècle sur le Dauphin, le futur Louis XI, ennemi du parti qu’elle soutenait

Une autopsie de son cadavre effectuée à l’occasion de l’ultime déplacement de son gisant dans la collégiale Saint-Ours de Loches en juin 2004, programmé pour des raisons muséographiques par le conseil général d’Indre-et-Loire, a révélé une ascaridiose (tube digestif infesté d’œufs d’ascaris), et qu’elle avait absorbé des sels de mercure, purge associée à de la fougère mâle utilisée pour bloquer la croissance des parasites. C’est l’ingestion d’une dose anormale de ce métal lourd qui a entraîné une mort très rapide, en moins de 72 heures. Cependant, les doses de mercure observées par l’analyse d’un poil de l’aisselle sont telles (dix mille à cent mille fois la dose thérapeutique) qu’il est difficile de croire à une erreur médicale. Le suicide ou l’empoisonnement (à cette époque le mercure était donné sous forme liquide avec de la mie de pain agglomérée pour éviter qu’il ne brûle l’estomac) de cette jeune mère vulnérable qui se relève de couches ne sont donc pas à écarter. Parmi les proches, ceux qui pourraient être des coupables idéaux figurent sa cousine germaine, Antoinette de Maignelais, qui trois mois après la mort d’Agnès Sorel prenait sa place dans le lit du roi, et son médecin, Robert Poitevin, qui était aussi un de ses trois exécuteurs testamentaires

Agnès Sorel était blonde cendrée et avait une peau très claire. Certains de ses contemporains disent qu’entre les belles c’était la plus belle du monde. Suivant la mode de l’époque, elle portait de profonds décolletés qui laissaient apercevoir le galbe de sa poitrine. Elle avait également un grand front qu’elle épilait à l’occasion ainsi que les lèvres soulignées de rouge comme l’exigeaient les critères de beauté de l’époque. Agnès prenait régulièrement des bains de lait d’ânesse afin de préserver la beauté de son teint clair. Les contrastes étant de mode, il fallait avoir un teint très clair, les cheveux soit bruns très foncés soit blond très clairs et avoir les lèvres bien rouges, ceci faisant d’elle une parfaite beauté.

Les représentations qui restent d’Agnès Sorel sont :

  • La Vierge à l’enfant entourée d’anges de Jean Fouquet (partie droite du diptyque de Melun, conservé autrefois à la collégiale Notre-Dame de Melun) et maintenant au musée des beaux arts d’Anvers (Belgique). Agnès Sorel est vraisemblablement le modèle de cette Vierge Marie couronnée. Elle est représentée avec une petite bouche, un front haut et avec un sein découvert.
  • son gisant : attribuée au sculpteur Jacques Morel, la statue a été restaurée en 1807. À cette occasion, la tête et les mains ont été remplacées 

220px-TombeauAgnesSorel dans HUMEUR DES ANCETRESLes habitants de Loches et de Beaulieu-lès-Loches, deux villes alors rivales, se faisant face sur chaque rive de l’Indre, mais loin des intrigues de cour ont gardé longtemps de la jeune et charmante Agnès une image semblable de la charitable donatrice et un même souvenir de sa grande popularité. Son légendaire pouvoir de séduction est né de ce souvenir populaire, amplifié par l’art de Touraine.

Depuis deux siècles, l’Hôtel Lallemant de Bourges, maintenant Musée des Arts Décoratifs, possède une mèche de cheveux bruns attribuée à Agnès Sorel, qui était blonde. L’étude effectuée en 2004/2005 sur les restes de la favorite du tombeau de Loches a permis d’authentifier la mèche de cheveux de Bourges. La couleur actuelle serait le résultat naturel du passage des siècles.

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Lodève , ville de Louis VIII

Posté par francesca7 le 6 septembre 2014

 

(D’après « Le Magasin pittoresque » paru en 1906)

 
 
220px-Louis_VIII_le_Lion_(Jean-Fouquet)Les amateurs de pittoresque et les chercheurs de souvenirs auraient de quoi se satisfaire si, profitant d’une villégiature, ils allaient visiter l’ancienne cité des Volques, Lodève, plus tard, la ville de Louis, sise dans une vallée des Cévennes, au confluent de la Lergue et de la Soulondre. Posée au cœur de ce vallon comme un bouquet au fond d’une corbeille, elle est entièrement visible de tous les points, car de partout des monts l’enclavent et, de leurs cimes, permettent au regard d’en embrasser l’ensemble.

La hauteur la mieux située pour en analyser les détails est le Rocher des Fourches, mont sourcilleux menaçant la route de Montpellier. Au premier plan, la hauteur de Montbrun et la ville ; au second, les pentes du Grésac où s’étagent des vignes, que peuplent des mas, avec leur laurier en sentinelle dans un angle et la porte ombragée de la treille légendaire. L’arrière-plan et les lointains sont formés par la chaîne imposante de l’Escandorgue, contrée jadis volcanique, qui découpe ses crêtes élevées sur un ciel chaud et presque toujours bleu.

 

Vue de Lodève au XIXe siècle

 De temps très ancien, on fabriquait à Lodève le drap de troupes, fabrication bien réduite depuis la fin du XIXe siècle. Avant que Louis VIII s’intéressât à elle au point de lui donner son nom, que Henri IV et Sully l’avantageassent et que Colbert y fît construire des usines et la désignât fournisseuse de l’État, Lodève était une pépinière de tisserands et de fileurs. Chaque famille possédait son métier à tisser. Plus tard, ces métiers épars se réunirent. Plus tard encore, le monopole s’imposant et des capitalistes le désirant, les groupes se fondirent dans neuf ou dix usines qui absorbèrent tout le travail du pays. Ces usines, à la force hydraulique d’abord, ensuite à la vapeur, prospérèrent et furent le bien-être de la contrée de nombreuses années.

On ne peut guère fixer une date à la fondation de Lodève, mais on s’en fait une idée en apprenant qu’elle était en guerre avec les Romains, plus de cinq cents ans avant Jésus-Christ. La nuit des temps plane sur son origine. Placée au confluent de deux rivières, sur une colline en dos d’âne, première assise du Grésac, et à l’entrée du profond défilé des Fourches, elle était une des portes des Cévennes, et l’on conçoit que sa position stratégique ait fait choisir de bonne heure son emplacement par les premiers habitants du pays, sans doute l’avant-garde des Celtes venus d’Asie.

La légende attribue le nom de Lodèva à L’os d’Eve, trouvé là, paraît-il. Mais n’est-ce pas le comble du songe de supposer qu’un os, fémur ou tibia, humérus ou clavicule de la mère des humains, soit venu du paradis terrestre s’échouer sur les berges de la Largue ou de la Soulondres ? Peut-être les Celtes l’y apportèrent-ils, eux qui avaient passé à travers le paradis perdu ? Mystère !

A gauche du Rocher des Fourches se dresse la colline de Montbrun, où s’élevait le château féodal de ce nom. Le premier qui l’habita quand il ne se composait encore que d’une grosse tour, fut Harvaldus, comte de Lodève, en l’an 800 ; le second, Adon Ier, son fils et le troisième, Heldin, lequel, toute sa vie, semble avoir eu l’Évêque de Lodève pour bête noire. Il subsiste encore une légende locale à ce sujet ; mais elle est manifestement le résultat d’une erreur historique avant d’être une erreur des sens, puisqu’on y dit que le seigneur Heldin tirait le canon contre le clocher de l’Évêque, et cela au Xe siècle, alors que la découverte de la poudre ne devait avoir lieu que 400 ans plus tard.

Après Heldin, le comté de Lodève devint vicomté sous la suzeraineté de Guillaume Taillefer, seigneur de Toulouse. Ce privilège passa après aux comtes de Rodez, lesquels le vendirent avec tous les droits et prérogatives sur le Lodévois, pour 60 000 sols melgoriens, à Raymond de Madières, 42e évêque de Lodève en 1188. Et ce fut en 1225, sous le pontificat de Pierre IV, évêque, que le roi Louis VIII reconnut aux prélats de la cité le titre de comtes de Lodève et de Montbrun et leur accorda, en même temps, le droit de battre monnaie. Ce droit, ils le perdirent plus tard ; mais ils conservèrent le titre jusqu’à la Révolution, sous François-Henri de Fumel, le 109e évêque, de regrettée mémoire.

Sur la colline de Montbrun, il ne reste du passé qu’une longue muraille dentelée et une citerne vide à ciel ouvert. De la vigne chétive et des câpriers poussent sur un sol pauvre et éternellement lavé par les orages. C’est le refuge des couleuvres frileuses et des lézards gris qui y poursuivent les mouches. On y cherche en vain l’ombre de la douce Archimberta, la femme de Heldin et la mère de Nobilia ; le souvenir de Hugues II devenu évêque de Rodez ; de Ermengarde sa sœur qui prit le voile à Nonnenque et y mourut victime de son dévouement ; tant d’autres qui ennoblirent cette forteresse disparue et ce mont si vivant, aujourd’hui solitaire.

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 Pont sur la Soulondre et Tour de Saint-Fulcran

 

De là, on plane sur la ville, sur toute la vallée lodévoise au sol vert, aux vignes touffues, aux olivettes en quinconces, aux routes bordées de platanes géants, sur les pentes boisées d’arbousiers et d’yeuses, vallon chaud, plafonné d’un ciel italien et éclairé d’un soleil d’or. En descendant de Montbrun, on rencontre un pont de pierre. Il est étroit, avec deux refuges triangulaires. Ce pont est tout jaune et comme enfumé ; des œillets poussent entre les pierres et une végétation robuste de pariétaires le voile, comme voulant cacher sa vétusté. Il y a deux arches. En amont et en face de sa pile unique, se dresse une tour carrée et pleine ; c’est le brise-lames, le bouclier du pont.

Il semble plus âgé que la cité, ce pont. A quelle époque a-t-il été construit ? Au XIIe siècle peut-être, alors que Raymond de Madières, évêque de Lodève, acheta à Hugues II, comte de Rodez, la propriété de Montbrun et fit tracer le chemin à marcher qui longe le torrent de Bélbézès pour desservir le manoir ? Mais est-ce bien sûr ? Il était le seul pont reliant Montbrun à la ville, ce qui laisse supposer qu’il est de beaucoup antérieur à Mgr de Madières et qu’il a dû servir aux premiers seigneurs de Montbrun, lesquels, sans lui, se fussent trouvés isolés sur leur roc. A première vue, on a l’impression que tout le Moyen Age a passé sur lui. On le nomme le pont vieux.

Après l’avoir franchi, on arrive sur les boulevards, place des anciennes fortifications, aujourd’hui le tour de ville. En remontant le boulevard du côté de la Soulondre, on rencontre un enclos dans lequel il y a une tour. C’est l’enclos du collège. La tour a une origine lointaine ; elle porte à son faîte les pierres en saillie qui soutenaient les mâchicoulis. C’était une tour d’angle de la citadelle ; elle est aussi robuste qu’à ses premiers jours. Sous le toit, pend une cloche que le concierge met en branle aux heures de travail et de récréation.

Il existe trois tours comme celle-là à Lodève, la seconde sur le boulevard du Quai, la troisième à l’angle du boulevard Montalangue. Cette dernière a souffert des morsures du temps. Elles datent du XIIe siècle. Par la montée dite de Saint-Fulcran, on arrive sur la place de la cathédrale. Il y là les jardins des abbayes de Saint-Sauveur et Saint-Benoît, la première acquise par saint Fulcran, 30e évêque de Lodève, la seconde construite par lui dans les années 973 et 974. Ce prélat, qui était de haute noblesse et possédait une fortune princière, fit des dons considérables non seulement dans son diocèse, mais dans ceux de Montpellier et de Maguelonne, ce dernier, berceau de sa famille.

En arrivant sur le parvis, on voit, en face, les bâtiments de l’antique évêché, quoique son aspect, aujourd’hui, n’éveille rien d’antique. La porte monumentale se projette, et deux retraits en quart de cercle supportent des vases et des corbeilles de pierre où sont sculptés des flammes, des fruits et des fleurs. Certains font remonter l’origine de cette porte à Louis VIII. Elle est plutôt de Louis XIII par son style Renaissance. Le palais de l’évêché est au fond de la cour. L’aile de droite est le presbytère, le jardin de l’Evêché se trouve derrière. Ce jardin qui a vu plus de cent prélats, depuis saint Flour jusqu’à Fumel, est aujourd’hui un parc public, comme le palais est devenu l’Hôtel de Ville, comme son grand salon est devenu la salle du tribunal civil ; les autres pièces, la salle du conseil municipal, de la Justice de Paix, de la bibliothèque, etc.

 Lodève , ville de Louis VIII dans VILLAGES de FRANCE Lodeve-3

Cathédrale Saint-Fulcran à Lodève

 

La cathédrale ressemble à une aïeule donnant la main à un enfant. C’est non seulement le monument le plus ancien, mais le plus remarquable de Lodève. D’un style gothique, avec des parties de flamboyant. Partout l’ogive aux fines nervures ; nulle part le plein-cintre. Sa voûte, où court un parapet et que terminent deux tourelles à ciel ouvert, a 26 mètres de haut sur 107 mètres de long. Son clocher, tour carrée et robuste, a 52 mètres l’élévation. Il y a mille ans que tout cela est debout.

C’est l’évêque Fulcran qui fit élever cet imposant édifice. Ce prélat a laissé un si lumineux souvenir que son nom est entouré d’une vénération universelle. Fulcran fut le patron de Lodève. La plus grande fête, comme la plus grande foire, ont nom de Saint-Fulcran ; des rues, des avenues, des places, sont connues sous ce nom-là, et Lodève elle-même s’appelle : ville de Fulcran. Cet évêque descendait en ligne directe des comtes de Maguelonne par son père, et des comtes de Substantion, vieille villa Romaine, par Eustorgia, sa mère. Deux grands noms unis à deux immenses fortunes.

Louis8lelion.jpgFulcran vit le jour à Malaviella, propriété de sa mère, ou plutôt à Mérifous, qui en était une dépendance. Né en 909, Fulcran monta à 40 ans sur le trône épiscopal, où il passa 57 années. La première pierre de la cathédrale fut posée en 969 ; la construction dura cinq ans. L’évêque y consacra une partie de sa fortune.

En montant 280 marches, on arrive au dernier étage de la tour, où se trouvent les cloches. Devant la première ouverture, on s’arrête et on ferme les yeux. A cette hauteur, le vide prend le front, trouble le regard, et le vertige apeure. L’impression dissipée, on regarde. Toute la ville ondule et dévale jusqu’au confluent. Toute la vallée se déploie, majestueuse et belle, avec sa ceinture de collines et de monts rocheux, ardus, sauvages, aux bases pavées de prairies, étagées de vignes et bouquetées de bois.

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Arts et culture de Bretagne

Posté par francesca7 le 13 juillet 2014

 

images (13)Façonnée pendant des siècles à l’écart des grands mouvements artistiques du fait de son enclavement péninsulaire, la Bretagne n’en a pas moins intégré des influences venues d’ailleurs grâce à son exceptionnelle façade maritime ouverte sur le monde. L’isolement a favorisé l’expansion de la religiosité et son cortège de richesses architecturales et coutumières, les soucis défensifs ont produit des villes et des ports fortifiés, mais le commerce maritime a aussi importé de nouveaux dessins pour les broderies… Entre l’enclos paroissial, particularité régionale, la forteresse et la mer, les Bretons se sont constitué une culture originale et se sont illustrés dans différents arts et artisanats. De nos jours, ce dynamisme artistique transparaît non seulement dans l’intérêt porté aux arts plastiques, mais aussi dans le domaine littéraire, avec quelques auteurs d’envergure nationale.

L’architecture bretonne peut paraître austère et massive au premier coup d’œil. Sa dureté doit beaucoup à la principale matière première des édifices régionaux : le granit. Le socle du Massif armoricain a été pioché avec pugnacité pendant des siècles par les Bretons, qui ont su à merveille marier la rudesse du matériau avec celle de leur paysage.

Villes et villages

Flâner dans les vieux quartiers fait partie des charmes de la Bretagne. Il n’est guère de villes ou de bourgs qui n’aient conservé intactes des rues entières, ou tout au moins des maisons anciennes, généralement magnifiquement restaurées.

Vieilles maisons

L’architecture traditionnelle des villes et des campagnes bretonnes est bien plus diverse qu’on ne l’imagine au premier abord. Au détour des villages, on croise de petites maisons de pêcheurs frappées d’une ancre de marine, des fours à pain voûtés de briques, des moulins à marée à proximité des abers, des fermes massives aux toits de chaume ou d’ardoise, en pierres apparentes à l’intérieur des terres, parfois enduites dans les régions côtières pour les protéger de l’air salin. Disséminées au bord des routes, ces curiosités ne peuvent être envisagées d’un seul coup d’œil. Si l’on veut découvrir l’archétype du village breton, il faut se rendre à Locronan, dont l’ensemble de belles maisons cossues forme un patrimoine d’une valeur exceptionnelle.

Dans les villes, le granit est bien sûr à l’honneur, mais on rencontre aussi du schiste, du grès ou du pisé (une maçonnerie de terre argileuse), ou encore une combinaison de matériaux qui rythment très élégamment le paysage urbain de villes comme Vitré ou Morlaix. Sans être rares, ces habitations ne sont pas légion. De nombreuses maisons médiévales à pans de bois ont en effet disparu dans les grands incendies du 18 e s., comme celui de Rennes en 1720. Aussi les Bretons soignent-ils avec amour celles qui ont survécu, d’autant plus qu’à partir de la fin du 16 e s. chaque terroir se singularisait par un type d’architecture propre. Au 18 e s., à la suite d’édits interdisant le bois dans la construction, des hôtels particuliers en pierre ont remplacé ces belles demeures à détails gothiques, par trop inflammables. Les villes étant souvent closes par des murailles, il fallait aussi construire en hauteur pour trouver de la place. Apparurent alors des bâtiments classiques aux lignes plus sévères, mais qui ont toutefois su conférer un cachet élégant aux grandes villes de l’Ouest.

images (14)Les malouinières

À la fin du 17 e s. et au 18 e s., les armateurs de St-Malo s’étant considérablement enrichis, des gentilhommières fleurirent dans cette campagne que l’on nomme le « Clos-Poulet », au sud-est de la ville. Bien qu’elles ne soient pas toutes de mêmes dimensions, elles présentent une architecture homogène : cheminées élancées, toits à pente raide percés de lucarnes, façades crépies de blanc, parements de granit. Une particularité locale à remarquer si l’on visite la cité des corsaires.

Forteresses et châteaux

Le granit breton est un matériau sévère qui ne vieillit pas. N’étaient les lignes générales et le mode de construction qui permettent de les différencier, il ne serait guère possible de donner un âge aux monuments. Si l’on excepte les forteresses , on trouve peu de châteaux importants en Bretagne, contrairement aux édifices religieux. Cette répartition traduit parfaitement le caractère de la population dont tous les efforts artistiques furent dédiés à la religion. On peut néanmoins encore admirer aujourd’hui de beaux exemples de fortifications et de châteaux.

St-Malo et Guérande ont conservé la totalité de la ceinture de pierre qui les enserrait. De beaux exemples de remparts se rencontrent aussi dans des localités telles que Vannes, Concarneau et Port-Louis. Parmi les plus importantes forteresses, celles de Fougères et de Vitré sont particulièrement bien préservées. Dinan etCombourg ont leurs châteaux forts encore debout, tandis que Suscinio et Tonquédec offrent des ruines imposantes. La sentinelle avancée du fort La Latte occupe un site magnifique. Et si les édifices mi-forteresses mi-palais, tels Kerjean , Josselin ou le château des ducs de Bretagne à Nantes n’abondent pas, c’est que la noblesse bretonne était pauvre. On le voit, la diversité est au rendez-vous, qui ne tient pas même compte des incalculables manoirs-fermes des gentilshommes campagnards qui, sans renoncer à leur rang, n’hésitaient pas à cultiver leurs terres comme des paysans.

Architecture technique

Moulins à marée

Les moulins à marée existent au moins depuis le 12 e s. Très présents en Bretagne, notamment le long des rias et des fleuves soumis à de très forts marnages comme la Rance, ils sont particulièrement abondants dans le Morbihan. Comme leur nom l’indique, ces moulins ne pouvaient fonctionner sans les marées. Accolés à une digue, ils accumulaient de l’eau dans une réserve pendant les phases montantes de la marée. Au reflux, le retrait d’une simple vanne permettait d’actionner la roue et de moudre le grain. En période de mortes-eaux, les marées ne suffisaient pas à donner du travail à temps plein au minotier, qui construisait alors, sur une butte proche, un moulin traditionnel. D’allure austère et massive, les moulins à marée, aussi appelés moulins à eau bleue, constituent un superbe exemple d’architecture fonctionnelle bretonne. Comme pour leurs collègues à vent, c’est l’arrivée du chemin de fer, de l’automobile et de la mécanisation qui a eu raison de leur activité. Les images (15)derniers ont tourné jusque dans les années 1960.

Phares

Les constructeurs de phares ont dû faire face à des contraintes spécifiques pour élever les 50 édifices que compte la Bretagne (soit le tiers des phares français).

Les premiers critères de construction sont d’abord techniques. La portée géographique est induite par la rotondité de la terre. Plus un phare est haut, plus la rencontre du faisceau lumineux avec l’horizon est éloignée : le marin aperçoit le feu de plus loin. La portée lumineuse dépend avant tout de la puissance de la lampe, mais aussi de la composition de l’atmosphère qui se dégrade de nuit ou par temps pluvieux ou brumeux. Si la hauteur d’un phare est donc déterminée en fonction de la portée voulue (3 m de haut = 3,6 milles, 30 m = 11,5 milles, 100 m = 21 milles), sa forme l’est par l’endroit où il se trouve.

Sur terre, les phares sont presque toujours de forme carrée. En mer, ils sont systématiquement de forme cylindrique, de manière à subir le moins possible la pression que leur infligent les vagues et le vent. Pour admirer certains des plus beaux phares français, nous vous recommandons la Route des phares et le Chemin des phares, qui empruntent les routes et les sentiers côtiers de Brest à Brignogan. Les plus beaux phares de Bretagne y sont concentrés, dont le phare des Pierres Noires (6 milles au large de la pointe St-Mathieu), peint en rouge et blanc, et le monumental phare de l’île Vierge (proche de Plouguerneau), le plus grand édifice de ce type en Europe grâce à ses 77 m.

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Artistes et écrivains Normands

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

220px-Coup_d'oeil_purin_1773La Normandie peut s’enorgueillir d’être une terre d’art et de lettres. Enluminures, tableaux et romans en témoignent : ses paysages et ses habitants ont maintes fois joué le rôle de muses. Ces œuvres permettent d’appréhender la région sous un autre angle.

L’enluminure

La Normandie recèle une exceptionnelle collection de manuscrits enluminés des 11e et 12e s., exhumés des nombreuses abbayes jalonnant la région. Inspirés par l’art carolingien, dotés d’un sens artistique remarquable, les Normands ont su déployer un savoir-faire original dans le décor de lettrines. Dans la plupart des manuscrits, une grande lettrine décore la première page et des lettrines secondaires couvrent la suite du texte. La lettrine ornée embellit le début d’un texte, parfois un chapitre ou un paragraphe. L’ornementation variant selon les lettres, les copistes ont joué avec trois types de formules : les initiales zoomorphiques, caractérisées par des corps d’animaux, franco-saxonnes, purement graphiques, et anglaises, marquées par un feuillage luxuriant. La singularité du travail normand réside dans l’invention des « rinceaux habités », arabesques végétales gagnant tout l’espace. Des êtres humains, des animaux ou des créatures fantastiques se meuvent subtilement dans l’enchevêtrement de rameaux arrondis. Le décor sophistiqué adoucit la rigueur d’une initiale, profite de son exubérance ou compose avec sa figure.

l’impressionnisme

Dans le domaine de la peinture, le 19e s. marque la victoire du paysage sur le tableau d’histoire ou la scène de genre, et la Normandie, terre bénie des Muses, va devenir le berceau de l’impressionnisme.

Lorsque les romantiques découvrent la Normandie, Eugène Isabey (1803-1886), paysagiste amoureux de la mer et de la lumière, travaille sur la côte encore déserte. Influençant directement Boudin, il est l’un des chaînons reliant l’école paysagiste de 1830 à l’impressionnisme. L’Anglais Richard Parkes Bonington (1802-1828), contemporain d’Isabey, traduit dans ses aquarelles la fraîcheur humide des plages.

Quelques années plus tard, dans les landes de La Hague, un jeune paysan méditatif, Jean-François Millet(1814-1875), néArtistes et écrivains Normands dans FONDATEURS - PATRIMOINE 276px-Charit%C3%A9%2C_Millet à Gruchy, près de Cherbourg, observe la vie campagnarde. Devenu peintre, il reste fidèle à cette vision réaliste ; aidé parfois d’un croquis hâtif, aux côtés de Mouchel et de Langlois, il dessine ou peint de mémoire des scènes célébrant avec un sentiment profond le travail de la terre : vanneurs, semeurs, moissonneurs.

Dans la seconde moitié du 19e s., l’activité artistique se concentre autour de la Côte de Grâce, près d’Honfleur. Les peintres sortent des ateliers pour travailler en plein air, en quête d’émotions, d’impressions. En Normandie, ils appréhendent la nature telle qu’elle se présente à l’œil, instable et nuancée, avec ses ciels en mouvement, la lumière de ses horizons marins. Mais au nord du Cotentin, Guillaume Fouace (1837-1895) préfère le portrait réaliste et les natures mortes.

Hommes de plume

Terre de bocages, d’abbayes et de manoirs, avec un littoral partagé entre les falaises, les plages de sable fin et les villas balnéaires, la Normandie a vu naître nombre d’écrivains et n’a jamais cessé d’inspirer les artistes et les hommes de lettres.

Au 12e s., Le Roman du Rou conte en vers l’histoire des ducs de Normandie une chanson de geste qui n’a pas été sans influencer Chrétien de Troyes. L’auteur, Robert Wace , né à Jersey vers 1110, fut clerc à Caen, puis chanoine à Bayeux.

Riche de nombreuses abbayes, la Normandie devient au 13e s. une terre d’élection pour la littérature. Auprès des moines et des clercs au fait de l’histoire et des traditions légendaires, les poètes trouvent inspiration et documentation pour des épopées baignées de merveilleux chrétien que sont les chansons de geste. Ainsi, sans doute, s’est élaborée La Chanson de Roland .

Au 15e s., Caen peut s’enorgueillir d’une université et compte au 16e s. nombre d’humoristes et de poètes, dont Jean Vauquelin de La Fresnaye, auteur de Satires et d’un Art poétique français . Mais le plus connu resteMalherbe (1555-1628), né à Caen.

Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889) – Grand seigneur du Cotentin, né à St-Sauveur-le-Vicomte, il est le fondateur du régionalisme normand. Aidé par un style brillant et chaleureux, redoutable par son intelligence acérée et son génie de la polémique, il s’efforce, comme les impressionnistes en peinture, de rendre l’atmosphère, la qualité, la rareté du pays. La ville de Valognes, où il passa une grande partie de son adolescence, tient une place importante dans son œuvre, notamment dans Ce qui ne meurt pas, Le ­Chevalier Des Touches, Les Diaboliques, etc .

Alexis de Tocqueville (1805-1859) – Issu de la vieille noblesse normande par son père, il ne découvre pourtant le manoir familial aux environs de Cherbourg qu’en 1828, et se passionne alors pour l’histoire du duché, puisant dans l’exemple de l’administration de Guillaume le Conquérant des théories politiques plus tard développées dans son œuvre. À son retour d’Amérique en 1836, il s’installe dans le Cotentin pour y mener une carrière politique au Conseil général de la Manche, qui prend fin en 1852 avec son refus de prêter serment au nouveau régime de Louis-Napoléon Bonaparte.

Jean de La Varende (1887-1959) – Né dans le château familial de Bonneville, dans l’Eure, il est cependant élevé en Bretagne, puis à Paris. Son œuvre romanesque, particulièrement riche en nouvelles, prend la plupart du temps pour cadre le terroir normand et les voyages maritimes. Empreinte d’une forme de passéisme romantique, elle exalte les valeurs traditionnelles de la terre, transmises par ses personnages, paysans ou hobereaux. La Varende publie notamment un recueil intitulé Pays d’Ouche (1934), ainsi que des essais sur la littérature qui dévoilent sa filiation littéraire : Flaubert et Barbey d’Aurevilly, normands comme lui.

Description de cette image, également commentée ci-après

Octave Mirbeau vers 1900.

Octave Mirbeau (1848-1917) – Né à Trévières près de Bayeux, journaliste et écrivain engagé, il prit part aux querelles littéraires et politiques de son époque jusqu’à défendre les idées anarchistes. Romancier au verbe truculent et imagé, il est le peintre féroce et ironique d’une société bourgeoise dans son Journal d’une femme de chambre , porté à l’écran par Luis Buñuel.

Victor Hugo (1802-1885) – Il a rédigé dans les îles Anglo-Normandes quelques-unes des plus belles pages de la littérature française. À la suite du coup d’État de Napoléon III, en 1851, Hugo quitte la capitale et choisit l’exil – qui durera 18 ans – à Jersey d’abord, où il compose les Châtiments et les Contemplations , puis à Guernesey d’où jailliront La Légende des siècles et Les Misérables .

Marie Ravenel (1811-1893) – Fille d’un meunier de Réthoville, à la pointe de Barfleur, elle commence à écrire des poèmes en 1833. Les recueils de la « meunière poète », qui chantent la beauté des paysages du Cotentin et des tempêtes sur la Manche, ont été publiés en 1852, 1860 et 1890.

Léopold Sédar Senghor (1906-2001) – Théoricien de la politique, critique littéraire, philosophe et surtout l’un des plus grands poètes noirs francophones, Léopold Sédar Senghor est né au Sénégal. Auteur d’une anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, président du Sénégal et premier Africain à entrer à l’Académie française en 1983, il fait de la ­Normandie la terre de sa retraite, dans le village paisible de Verson, aux portes de Caen, où il s’éteint en 2001.

 

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L’Observatoire de la Lanterne de Rochecorbon

Posté par francesca7 le 11 février 2014

 

 (D’après « Pages oubliées, légendes et traditions », paru en 1909)

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Dans l’ancien Comté de Touraine, au début du XXe siècle, Gaston Bonnery se laisse emporter par la beauté majestueuse de la Lanterne de Rochecorbon, aux environs de Tours, qu’il décrit comme un joyau, une tour svelte, de peu d’épaisseur, faisant partie jadis d’une fortification moyenâgeuse et qui comme une aiguille s’élance hardiment dans l’espace, tantôt brûlée par le soleil, tantôt lavée par les pluies, mais bravant toujours les intempéries des saisons et les insultes des siècles

Elle sollicite l’intérêt du touriste, aussi bien que l’attention de l’archéologue, écrit-il. Son origine remonte, en effet, à l’un de ces personnages qui illustrèrent le Comté de Touraine avant sa réunion à la couronne, sous Philippe-Auguste, c’est-à-dire, à cette noblesse qui avec le sang transmettait en l’héritage la foi, le courage et l’honneur. On raconte que Corbon, sire des Roches, qui vivait au seuil du XIe siècle, et dont la famille s’illustra par les actions d’éclat dans les Croisades, lui aurait donné son propre nom, de là sa transposition sous le vocable de Rochecorbon.

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Lanterne de Rochecorbon

 

Ce fut aussi un Corbon qui employa, l’un des premiers chevaliers, dans ses chartes, la fameuse formule de : « Par la grâce de Dieu », alors réservée aux Princes du sang. C’est à Robert, Seigneur de Brenne, l’un de ses descendants, au commencement du XIIIe siècle, que la légende fait remonter la tour d’observation construite en ce lieu stratégique, tour qui n’a été l’objet d’aucun travail bien sérieux.

Un jour que ce jeune Chevalier rentrait d’une longue chevauchée, il aperçut un aigle dirigeant son vol vers le manoir de ses ancêtres, il banda son arc et abattit l’oiseau. A l’endroit ou tomba sa flèche, Robert fit élever judicieusement une tour fanal à l’extrémité du roc qui formait falaise et surplombait la vallée. L’architecte, avec un art prodigieux, avait su mettre à contribution le rocher où la sape et la mine y paraissaient impossible. Ce n’est ni un nid d’aigle, ni un repaire de brigands, mais un asile d’un pittoresque, saisissant qui domine la Loire, semant ça et là ses nombreux bancs de sable d’or.

De cet observatoire, les compagnons de guerre du baron d’Amboise, à la lueur tremblotante de l’immense fanal encensant le ciel, lui envoyèrent chaque jour par les airs les nouvelles du Comté. Le manoir féodal de la baronnie de Rochecorbon qui se dressait sur le haut du plateau, ne comporte pas une description qui serait aussi malaisée que superflue ; car il est tombé comme sont tombés tant de châteaux moyenâgeux dans un de ces drames politiques où les féodaux dévoués à leur suzerain luttaient les uns contre les autres pour se disputer le pouvoir, luttes qui nous sont parvenues par la tradition et les récits des chroniqueurs. Il est certain que les armes étaient la grande jurisprudence des temps, l’arbitraire et la force se mêlèrent à tout.

Les derniers possesseurs furent les seigneurs de Maillé et de Luynes, dont la mémoire est restée vivace dans nos annales tourangelles, mais dont l’historique et l’illustre généalogie ne saurait entrer dans ce cadre. De cette terre seigneuriale où les invités se donnaient rendez-vous, le bruissement des vents du ciel rend seul un gémissement sourd, comme la plainte vaine du passé sur des splendeurs disparues. Aujourd’hui tout est vide et silencieux. Sur ces hauteurs où des feux brûlaient naguère, viennent se reposer des hôtes éphémères, des oiseaux nocturnes troublant seuls de leurs appels lugubres, ou de leurs roulades mystérieuses la paix de la nuit ; ils aiguisent leur bec, dévorent d’innocentes victimes dont les ossements dépouillés de leur chair tombent à l’intérieur de la cheminée, comme en un immense charnier dissimulé sous une épaisse chevelure d’arbustes épineux.

Rien de mélancolique hélas ! comme le souvenir d’une grandeur déchue, ensevelie dans la poussière des ruines : sous la rafale du vent qui passe, on dit que comme le cerf altéré soupire après les sources d’eau, les âmes des défunts affranchis des biens terrestres y tiennent leur cour ainsi qu’autrefois, et disparaissent légères et gracieuses dans un arc-en-ciel dont la courbe aérienne forme un pont diaphane et radieux entre le ciel et la terre.

Vue d’en bas, la lanterne de Rochecorbon semble être taillée dans un même bloc qui s’effrite sans cesse, n’offrant plus au regard fasciné que les assises de quelques gros murs démantelés. Un sentier en lacet permet de monter au faîte du plateau, d’où l’on accède facilement à la base de la tour. Tout a été saccagé, pillé, incendié ; les matériaux épargnés ont été utilisés dans l’étendue du pays, et cependant tout rayonne de souvenirs et il circule toujours les histoires légendaires des hautes promesses des anciens maîtres de cette demeure, jadis inaccessible aux manants, et que nous, voyageurs, nous visitons avec une admiration et un respect avertis.

Ces ruines rappellent tant de noms écrits dans nos annales et réveillent tant d’échos de gloires et de malheurs. De ce lieu, on contemple le moutonnement des coteaux du Cher, sur lesquels s’étagent les silhouettes blanches de nombreuses villas, pendant qu’à travers la brume transparente se profilent les reflets lumineux de la croix des tours de la cathédrale Saint-Gatien, croix qui est le plus auguste de tous les étendards ; puis la pesante coupole de la Basilique, servant de gigantesque piédestal à la statue de Saint-Martin, autour de laquelle d’antiques tours carrées servent encore de sentinelles d’honneur, tours qui ont abdiqué le nom sous l’invocation duquel elles étaient placées jadis, pour prendre les noms bien bourgeois de Tours de Charlemagne et de l’Horloge ; le campanile de l’Hôtel de Ville lançant dans les airs sa flèche svelte et gracieuse, tout en projetant des rayons d’or sur les cimes verdoyantes des arbres centenaires qui lui font un mouvant rempart.

Plus loin encore, dans la trouée fugitive et endiguée qui livre passage au fleuve de la Loire, se déroulant comme un ruban d’acier, le monument énigmatique de la Pile Cinq-Mars. A nos pieds le soleil tombe languissamment sur la plaine féconde de la Ville-aux-Dames, petite bourgade qui doit son nom à un ancien monastère de femmes, dépendant de l’abbaye de Saint-Loup. Près la voie ferrée s’élève une petite chapelle à Notre-Dame-de-Prompts-Secours, rappelant une antique vierge vénérée jadis par des bergers, sous le nom irrévérencieux de Notre-Dame-des-Crottes.

Quoiqu’il en soit, les âmes tristes y trouvent du soulagement, et les esprits fatigués un attrait à la componction. Le petit village de Rochecorbon même se déploie le long de la chaussée ensoleillée, que longe un tramway à vapeur. Le temps passe vite en cette jolie vallée où la puissance divine a largement ouvert sa main. Que le soleil se lève ou qu’il éclaire le monde, qu’il soit a moitié de sa course ou à son déclin, l’aspect du paysage est toujours splendide. La nuit venue, les étoiles radieuses montrent le chemin des cieux. Celui qui veut réellement reposer son âme n’a qu’à laisser sa vue errer au delà des astres ; là, seulement existe une paix immuable. Etudiant les rapports mystérieux qui unissent l’homme à celui qui l’a créé, il pourra écouter la douce harmonie du langage que Dieu parle à son coeur. Il n’y a que les grandes scènes de la nature pour élever l’âme jusqu’à l’immensité et l’Infini de Dieu.

 

 

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Le château d’ Essey Villeneuve

Posté par francesca7 le 20 octobre 2013

 

 Château de Villeneuve

Le château d’ Essey Villeneuve dans CHATEAUX DE FRANCE a-essey

              Cité pour la première fois en 1372, il appartenait à Hugues de Pontailler, mais vraisemblablement antérieur,
      le château ne resta jamais longtemps entre les mains d’une même famille. Il fut transformé par les Vienne qui le 
      possédèrent de 1500 à 1580, par Daniel de Bellujon, qui en fut maître de 1617 à 1669 et par les Saint Quantin du
      Bled qui le tinrent de 1670 à 1780. Les principaux travaux semblent se situer vers 1620 et 1740. Une restauration 
      générale, due à la famille de Champeaux, est intervenue en 1855. Les travaux effectués pour le comte de Blet au
      milieu du XVIIIe siècle ont peut-être concerné la façade ouest, dont les fenêtres sont différentes, mais surtout les
      communs et l’aménagement extérieur, que l’abbé Courtépée  décrivait comme « jardins immenses, beaux vergers, 
      terrasses, parterre, bosquets ».

      L’édifice est construit sur un terrain plat en fond de vallée. Entouré d’un fossé franchi au sud par un pont dormant,
      le logis se compose de trois corps de bâtiment : un corps central au nord, une aile en retour d’équerre à l’ouest et
      une aile à 45° à l’est. Il est flanqué sur les angles extérieurs de quatre tours hexagonales, d’une tour hexagonale demi-hors-oeuvre un peu plus haute s’élève au centre de la façade nord du corps central. Dans la partie est du sous-sol de ce bâtiment se trouve une salle couverte de voûtes d’ogives reposant au centre sur deux piliers de  section octogonale et du côté des murs sur des culots, dont certains sont figurés ; elle ouvrait au nord sur les douves par deux archères avec chambre de tir et au sud par une troisième archère occultée par la cour actuelle.

La façade sud du corps principal est précédée d’un escalier donnant accès à une belle & large terrasse. La porte de l’aile ouest, encadrée d’un bossage un sur deux, est surmontée d’un fronton brisé à volutes. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont couronnées, hormis sur la façade ouest, d’un fronton triangulaire à base interrompue, les fenêtres  de l’étage de la façade nord, d’un fronton cintré, et celles des tours, de frontons  cintrés brisés à base interrompue. Le salon du rez-de-chaussée du corps central est pourvu d’une cheminée monumentale à décor sculpté et peint. De part et d’autre du portail en plein cintre qui donne accès à la cour, trois bâtiments de plan allongé constituent les communs…                                                                                                                           

                  

       Château de Villeneuve 21320 Essey, actuellement centre d’éducation spécialisé, ne se visite pas. Essey – Accueil des enfants souffrant d’un handicap mental : les IME

Les Instituts Médico-Educatifs (IME) sont des établissements médico-social tel que défini par la loi du 2 janvier 2002.

Ils sont agréés pour dispenser une éducation et un enseignement spécialisés pour des enfants et adolescents atteints de déficience à prédominance intellectuelle. Les tranches d’âges varient selon les établissements.

Ils regroupent les anciens IMP et IMPro. Les IME ont souvent été au départ des fondations caritatives, généralement à l’initiative de familles bourgeoises touchées par le handicap mental.

 

chateau-de-villeneuve-21_dd_small dans Côte d'Or

La Côte d’Or dispose de trésors d’architecture civile : des ruines féodales (Thil, Chaudenay, Vergy, Mont Saint Jean, Montbard), châteaux forts, maisons fortes (Châteauneuf Corcelles les Arts, Posanges), châteaux renaissance ou XVIIe siècle (Commarin, Bussy Rabutin, Epoisses, Chailly sur Armançon, Jours lès Baigneux) où les traces de système défensif  font place au goût du confort et de l’embellissement, châteaux édifiés au XVIIIe par la noblesse parlementaire, le château d’Arcelot à Anceau, le château Beaumont sur vingeanne, le château Lantenay, le château Grancey, le château Bressey/Tille, le château Vantoux à Messigny & Vantoux, château Fontaine Française à voir aussi le château de Montfort à l’architecture unique, il  a connu d’illustres propriétaires et hébergea le Saint Suaire de nombreuses années, et également les grands châteaux viticoles, Pommard etc Nous répertorions tous les châteaux de la Côte d’Or 21 : châteaux forts en cote or, forteresses & manoirs en cote d’or 21, vestiges de chateau et ruines importantes en cote or.

       

Actuellement 161 châteaux, 28 châteaux forts et 3 manoir recensés, les châteaux détruits et les mottes féodales ne sont pas recensés

 

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La forêt de Chateaubriand

Posté par francesca7 le 14 juillet 2013

La forêt de Chateaubriand dans POESIE FRANCAISE 320px-foret

Forêt silencieuse, aimable solitude, 
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude ! 
Prestiges de mon coeur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse : 
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse, 
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler. 
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière 
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux, 
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière, 
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux ! 
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit, 
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit, 
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts ! 
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ? 
D’autres vous rediront des amours étrangères ; 
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

François-René de CHATEAUBRIAND   (1768-1848)

 

170px-anne-louis_girodet-trioson_006 dans POESIE FRANCAISEFrançois-René, vicomte de Chateaubriand, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, est un écrivain romantique et homme politique français. Il est considéré comme l’un des précurseurs du romantisme français et un des grands noms de la littérature française en général.

Si le rôle politique de Chateaubriand dans la mouvance royaliste au moment du Premier Empire et de la Restauration est resté mineur, il en va tout autrement dans le domaine littéraire où sa place est grande. En effet ses descriptions de la nature et son analyse des sentiments du « moi » en ont fait un modèle pour la génération des écrivains romantiques en France (« Je veux être Chateaubriand ou rien » proclamait le jeune Victor Hugo). Il a aussi, le premier, dans René, ou les Effets des passions (1802) formulé le « vague des passions » qui deviendra un lieu commun du romantisme et fera de René le personnage emblématique de cette sensibilité nouvelle, créée avec une prose ample et rythmée que ses détracteurs qualifieront d’ampoulée. 

Il participera aussi au goût pour l’exotisme de l’époque en évoquant l’Amérique du Nord où il a voyagé dans Atala (1801) ou Les Natchez (1826) ou encore dans le récit de son voyage en Méditerranée dans Itinéraire de Paris à Jérusalem en 1811.

L’œuvre monumentale de Chateaubriand reste les Mémoires d’outre-tombe (posthumes, 1849-1850) dont les premiers livres recréent son enfance et sa formation dans son milieu social de petite noblesse bretonne à Saint-Malo ou à Combourg alors que les livres suivants relèvent davantage du tableau historique des périodes dont il a été le témoin de 1789 à 1841. Ce qui fait de ce texte à la fois un chef-d’œuvre de l’autobiographie romantique et une mine d’informations pour l’historien.

Le vicomte François-René de Chateaubriand est issu d’une très vieille famille aristocratique ruinée de Saint-Malo où elle s’est établie en 1757, famille qui a retrouvé sa dignité d’antan grâce à la réussite commerciale du père de Chateaubriand, le comte René-Auguste (René-Auguste de Chateaubriand, chevalier, comte de Combourg, seigneur de Gaugres, le Plessis l’Épine, Boulet, Malestroit en Dol et autres lieux). Cette réussite commerciale est fondée sur le commerce avec les colonies où il fut corsaire en temps de guerre, pêcheur de morue et négrier en temps de paix. Cadet de dix enfants, dont quatre sont morts en bas âge, le jeune François-René doit d’abord vivre éloigné de ses parents, à Plancoët où il est placé en nourrice chez sa grand-mère Madame de Bédée qui l’amène souvent chez son grand-oncle, au manoir de Monchoix. Il a trois ans quand la réussite de son père permet à ce dernier de racheter en 1771 le château de Combourg en Bretagne, dans lequel la famille Chateaubriand s’installe en 1777. François-René y passe une enfance qu’il décrira comme souvent morose auprès d’un père taciturne et d’une mère superstitieuse et maladive mais gaie et cultivée, Apolline Jeanne Suzanne de Bédée, fille du seigneur de La Bouëtardaye.

Il fait successivement ses études aux collèges de Dol (1777 à 1781), de Rennes (1782) et de Dinan (1783), il obtient un brevet de sous-lieutenant au régiment de Navarre à 17 ans, sous les ordres de son frère Jean-Baptiste (lequel le présentera à la Cour pour qui il ressent « un dégoût invincible »), puis est fait capitaine à dix-neuf ans. Il vient à Paris en 1788, où il se lie avec Jean-François de La Harpe, Jean-Pierre Louis de Fontanes et autres écrivains de l’époque, et fait ses débuts littéraires en écrivant des vers pour l’Almanach des Muses. Il est alors nourri de Corneille et marqué par Rousseau.

En janvier 1789, il participe aux États de Bretagne. En juillet de la même année, il assiste à la prise de la Bastille avec ses sœurs Julie et Lucile.

Il se marie en 1792 avec Céleste de La Vigne-Buisson (Céleste de Chateaubriand), descendante d’une famille d’armateurs de Saint-Malo, âgée de 17 ans. Ils n’auront pas de postérité.

 

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Origine et signification des noms de famille

Posté par francesca7 le 25 avril 2013

 

« De bien des gens, il n’y a que le nom qui vaille quelque chose »

La Bruyère, « Les Caractères ».

 A-t-on déjà mal orthographié votre nom ?

cela a pu se produire dans un registre ou dans une lettre quelles sont les erreurs types d’orthographe ou de prononciation relatives à votre noms ? Cela vous touche personnellement parce que votre nom est votre propriété et votre identité, et il dit au monde qui vous êtes. Historiquement, les noms ont représenté une empreinte digitale de la vie, peut-être un indice sur la personnalité de l’individu. Connaître les coutumes dans le pays d’origine de nos ancêtres peut nous aider à retrouver les traces de notre famille dans les villes ou villages, nous renseigner sur leurs activités ou nous donner une idée de leur aspect physique. La fascinante histoire des noms de famille remonte à des milliers d’années. Comment et où ils ont apparu, ce qu’ils signifiaient à l’origine, la diversité de leur orthographe est une science appelée l’onomastique.

 Le premier peuple connu pour avoir possédé des noms de famille est le chinois.

 Certaines légendes laissent penser que l’empereur Fushi a ordonné par décret l’usage des patronymes, ou noms de famille, vers 2 852 avant J.C. La coutume veut que les Chinois possèdent trois noms. Le patronyme est en première position, suivi de l’un des 438 mots du poème sacré chinois, Po-Chia-Hsing. Ce nom de famille est suivi d’un nom de génération tiré d’un poème de trente caractères et adopté par chaque famille. Le prénom vient en dernière place.

Origine et signification des noms de famille dans AUX SIECLES DERNIERS genealogie

 Au début, les Romains n’avaient qu’un nom. Ils ont pourtant fini par changer cette coutume pour en utiliser trois. Le prénom ou « praenomen », était placé en première position, suivi du « nomen » qui désignait la « gens », ou clan, et enfin du « cognomen » qui désignait la famille. Certains Romains ajoutaient un quatrième nom, « l’agnomen », pour commémorer une action illustre ou un événement remarquable. Lorsque l’empire romain a commencé à décliner, les  noms de famille sont devenus confus et l’usage du nom unique a refait surface dans les mœurs.

 Au début du Moyen Age, les gens étaient désignés pas un seul prénom. Mais, petit à petit, on a pris l’habitude d’ajouter un autre nom pour distinguer les individus. Ce nom venait souvent d’une quelconque particularité ; par exemple, le lieu de naissance (Saint François d’Assise), un caractère descriptif (Lambert Le Tort, vieux poète français baptisé ainsi en raison de son apparence physique), le métier (Piers Plowman, « Pieu Laboureur »), ou le nom du père (Lief Eriksson).

 Au 12ème siècle, l’usage d’un second nom est devenu tellement répandu que, dans certains endroits, on considérait qu’il était vulgaire de n’en avoir qu’un. Cependant, bien que cette coutume ait été à l’origine de tous les noms de famille employés aujourd’hui, les noms du Moyen Age ne s’appliquaient pas aux familles, et n’étaient pas héréditaires. Il est difficile de savoir avec exactitude comment les noms ont évolué pour devenir des noms de famille héréditaires et fixes, étant donné que la coutume a progressé lentement sur une période de quelques siècles. Il existait de nombreux noms fixes, parallèlement aux sobriquets provisoires et aux traits de caractère ou physiques utilisés par le peuple comme noms de famille. L’usage moderne et héréditaire des noms de famille est une pratique qui est apparue en Italie, dans l’aristocratie vénitienne vers le 10ème ou le 11ème siècle. Les croisés ont remarqué cette coutume, et de retour de Terre sainte, ils l’ont bientôt répandues dans toute l’Europe. La France, les iles Britanniques, l’Allemagne et l’Espagne ont commencé à adopter cet usage car il devenait de plus en plus important de distinguer les individus. Dans les années 1370, le terme « nom de famille » figure déjà dans certains documents, et a acquis une certaine connotation affective et d’appartenance familiale. Les hommes cherchaient parfois à assurer la survie de leur nom de famille en encourageant un collatéral à l’adopter lorsqu’ils n’avaient pas de descendant mâle direct. Nous pouvons constater que la transmission d’un nom de famille est devenue une affaire d’honneur. Mais nous connaissons mal les raisons qui ont amené à adopter les noms de famille héréditaires, et nous en sommes réduits à faire des hypothèses.

 Les gouvernements sont devenus de plus en plus tributaires des documents écrits. Les activités du gouvernement, et en particulier la levée des taxes et l’exaction du service militaire, concernaient une couche de plus en plus grande de la population, et peut-être s’est-il avéré nécessaire d’identifier les individus avec précision. Dans certaines des plus grandes communautés urbaines en particulier, les noms individuels ne suffisaient plus à distinguer les gens pour des raisons sociales et administratives. A la campagne, l’administration seigneuriale, pour qui la succession héréditaire était capitale, réclamait des moyens de conserver la trace des familles, et pas seulement des individus. Nous savons que vers 1450 au plus tard, la plupart des gens, quel que fût leur rang dans la société, portait un nom de famille fixe et héréditaire. Ce nom permettait d’identifier la famille, de créer un lien avec les ancêtres et de perpétuer son identité. Il n’est donc pas surprenant que les gens aient tenu à conserver leur nom de famille et en aient été fiers. Il était fort regrettable de ne pas avoir de descendant mâle à qui transmettre le nom dont on avait soi-même hérité et que l’on portait avec orgueil.

 Les noms de famille sont apparus aux 15ème et 16ème siècles et ont très vite eu du succès en Pologne et en Russie. Les pays scandinaves, liés par leur coutume qui voulait que l’on utilise le nom du père comme nom de famille, n’ont pas employé les noms de famille proprement dits avant le 19ème siècle. La Turquie a attendu 1933, lorsque le gouvernement a obligé le peuple à adopter cette pratique.

 Dans presque tous les pays, les noms de famille ont d’abord été employés par la noblesse et les riches propriétaires terriens, puis cette pratique a gagné la classe des marchands et des bourgeois. Les premiers noms permanents étaient ceux des barons et des propriétaires terriens qui prenaient celui de leur manoir ou de leur fief. Ces noms sont devenus fixes car les terres se transmettaient de père en fils. Les paysans et les membres des classes moyennes qui cherchaient un statut légitime ont imité les pratiques de la noblesse, ce qui a généralisé l’usage des noms de famille.

 En raison des modifications de l’orthographe et de la prononciation au fil des ans, il serait bien difficile de dresser un simple classement des noms de famille. Beaucoup de mots anciens avaient un sens différent, ou sont aujourd’hui désuets. De nombreux noms de famille dépendaient de la compétence et de la discrétion de celui qui l’écrivait. Le même nom peut parfois être orthographié de plusieurs manières dans le même document.

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Les Manoirs Bretons

Posté par francesca7 le 13 avril 2013

 

Concentrés surtout dans le nord de la Bretagne, les premiers manoirs apparaissent à la fin du 14ème siècle. Le 15ème siècle précise les particularités de cette architecture résidentielle volontiers ostentatoire, telles la grande salle au rez de chaussée et la tour d’escalier, devant ou derrière le logis.

L’influence de la Renaissance se manifeste en Bretagne que vers 1560 ; symétrie des façades, nouveau décor des cheminées, rampes d’escalier droites. La guerre de la Ligue brise cet élan. Au 17ème siècle, quand la construction reprend, la noblesse délaisse peu à peu les manoirs au profit des châteaux.

Les Manoirs Bretons dans Bretagne manoir-breton-300x224

La période qui suivit la Guerre de succession de Bretagne (1341~1381) 
fut qualifiée d’ « Age d’Or de la Bretagne, ou de Belle Renaissance Bretonne ». 
En effet, alors que le royaume de France était encore profondément engagé dans la Guerre de Cent Ans, la Bretagne, sortie d’un conflit fratricide, qui l’avait laissée exsangue, désormais en paix avec l’Angleterre, put se consacrer entièrement à sa reconstruction :

Les industries du chanvre et du lin, de la morue séchée, les vins et alcools du pays nantais, le sel de Guérande, le commerce maritime avec le reste de l’Europe, lui permirent d’accéder à un niveau de richesse inouïe. Les deux siècles qui suivirent virent la province se couvrir de milliers de manoirs, d’églises et de chapelles…   

Un musée du Manoir Breton existe :  http://manoirbodilio.free.fr/musee_manoir_breton.htm

 

55 maquettes y sont répertoriées à l’échelle, plus de soixante panneaux explicatifs, des documents d’époque et fac-similés, des éléments interactifs en font un outil pédagogique incontournable pour les amateurs d’histoire et d’architecture, les enseignants y trouveront matière à l’approche concrète de nombreuses disciplines scolaires… C’est, à ce jour, la seule exposition permanente sur ce sujet, en Bretagne.

Le bâtiment est parfois désigné aussi par « gentilhommière », l’habitation d’un « gentil », c’est-à-dire d’un noble de naissance.

Avec son allure de petit château implanté sur un fief ou un « domaine », c’est donc bien souvent, dans un village ou un hameau, la bâtisse la plus vaste, la plus belle et la mieux équipée, puisqu’y habitait un hobereau, qui pouvait, contrairement à d’autres, plus fortunés et puissants, encore, ne pas disposer d’autres résidences telles qu’un hôtel particulier dans la ville proche, plus confortable en hiver.

On peut distinguer un manoir d’un château par le fait que l’exploitation agricole était essentielle pour le manoir et gérée directement par son seigneur, qui n’avait pas le privilège d’exercer des fonctions plus honorifiques, militaires ou administratives (acquises non par compétence, mais par achat de « charges »).

Le manoir est donc aussi dans toutes les provinces et jusqu’à la Révolution française le centre décisionnel de la figure locale de la petite noblesse, faisant exploiter elle-même les terres de son domaine par « ses » paysans, ses plus proches voisins, « son » peuple.

Plus rarement encore, des documents anciens, dans certaines régions, font état de « manoir non amasé », désignant une terre sans maison (mas,masure ou maisière), parce que détruite depuis parfois un temps indéterminé.

Le domaine du manoir était largement autosuffisant et faisait commerce de certains surplus avec d’autres manoirs afin d’acheter le cas échéant quelques produits rares. Au gré du développement des marchés dans les villes du Moyen Âge, les manoirs commencèrent à se spécialiser dans certaines productions : fabrication de fromage, élevage de porcs, viticulture, culture des céréales ou des légumes, etc.

Le « maître » occupait le manoir avec sa famille, quelques domestiques et serviteurs.

La population du domaine était composée essentiellement de paysans (c’est-à-dire de roturiers). Les terres étaient initialement peuplées principalement de serfs qui passaient une grande partie de leur temps à travailler la terre du seigneur en échange de sa protection. Les serfs possédaient ou exploitaient pour leur subsistance juste quelques bandes de terre dans des champs du manoir. Si le serf n’était pas un esclave, il n’était pas pour autant libre. Il ne pouvait se marier, changer de métier ou quitter le manoir sans la permission de son seigneur, mais il avait tout de même quelques droits. Son statut était héréditaire et donc transmis à sa descendance. Sa terre ne pouvait lui être ravie dans la mesure où il remplissait ses obligations vis-à-vis de son seigneur. Si la relation entre seigneur et vassal peut sembler a priori comparable à celle de serf et seigneur, le Moyen Âge faisait une distinction nette entre un contrat honorable visant à fournir au seigneur un service militaire et le simple travail fourni par le serf.

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Le château de Posanges

Posté par francesca7 le 20 mars 2013

 

Le château de Posanges dans CHATEAUX DE FRANCE le_chateau_de_posanges

Depuis la Révolution, le château de Posanges a successivement appartenu aux familles Thenadev, Lestre et Lanibert. Acheté 6,000 francs en 1810 par un membre de la famille Lestre, il était encore évalué 6,000 francs dans le partage de sa succession en 1837. 11 y a déjà quelques années que M. le docteur Lacoste, maire de Vitteaux, est devenu propriétaire de cette belle ruine; entre de telles mains la conservation en est aussi assurée (possible. Mais qui peut répondre de l’avenir? Pour ne rien laisser au hasard, il m’a semblé utile de faire précéder mon étude sur les seigneurs de Posanges, d’une description complète du château. J’ai ainsi mêlé « archéologie à l’histoire, me souvenant du conseil de M. de Caumont, qui, dans un livre devenu classique, conjure ses confrères (l’explorer et de décrire les monuments civils et militaires du moyen âge plus particulièrement que tous les autres, parce qu’ils sont aussi plus que tous les autres exposés à la destruction.

A quelques kilomètres de Vitteaux , la route départementale qui mène de cette ville à la station des Laumes traverse le petit village de Posanges ‘, dont les maisons couvertes de chaume ou écrasées sous de lourds toits de lave, se divisent en deux groupes principaux, les unes étagées, à droite de la route, sur un coteau pierreux, les autres baignées, pour ainsi dire. Par les eaux quelquefois terribles de la Brenne . Sur la rive droite de cette rivière et à une distance à peu près égale des collines qui en dessinent le bassin, on remarque les ruines assez bien conservées (l’un manoir féodal qui passe à juste titre pour un des spécimens les plus remarquables de l’architecture militaire bourguignonne au 15ème  siècle.

La grande féodalité avait choisi, pour y percher ses nids d’aigle, les collines abruptes et les crêtes les plus escarpées des montagnes.

On trouve encore en Bourgogne quelques vestiges des grandes citadelles de cette première époque. Elles étaient toutes situées sur les hauteurs. Témoins Saulx-le-Duc ‘, ce nid à rat.. comme disait Henri IV; Mont-St-Jean, qui balança au X1Ve siècle la puissance des ducs de Bourgogne; Thil, dont les écorcheurs s’emparèrent en 1366 ; Charny; Salmaise, ancienne châtellenie ducale; Sombernon ‘, Montbard , Semurr ‘, et un grand nombre d’autres moins importantes.

La chronique rapporte qu’un seigneur de Vergy, ambassadeur en Espagne, disait au roi que bat le  foin de la Castille ne rempli pas les fossés. Des ravins escarpés, de profondes vallées, de hautes assises de rochers formaient la défense naturelle de ces forteresses, qu’une double ou triple enceinte et un système savamment combiné de tours, (le courtines, de tranchées pratiquées dans le roc aux endroits les plus accessibles, achevaient (le rendre imprenables. Dans quelques provinces reculées et essentiellement montagneuses, ce genre de constructions militaires survécut aux temps féodaux proprement dits. On pourrait citer sur les pics basaltiques des Cévennes, dans les montagnes de l’Auvergne, aux premiers plans des Alpes dauphinoises, un grand nombre de ces châteaux que la Révolution trouva encore habités et à peu près intacts. Forcés et pillés par les Suédois de Gustave-Adolphe dans leur course rapide à travers l’Alsace, ce fut seulement sous les coups des généraux de Louis XIV que tombèrent les vieux burgs de la chaîne des Vosges.

 En Bourgogne il n’en fut pas ainsi. Nos dues, modelant leur politique sur celle des rois de France, s’attaquèrent de bonne heure aux grandes maisons féodales qui, issues pour la plupart des anciens (dues ou comtes bénéficiaires, s’étaient partagé aux Xe et X1C siècles, lit du pays. A la fin du XIVe siècle, ces familles quasi souveraines ont presque toutes disparu; les unes se sont éteintes ; d’autres ont émigré ; celles qui subsistent encore et n’ont pas quitté le sol bourguignon, abandonnent peu à peu les sauvages retraites de leurs montagnes. On les voit affluer à la cour des ducs de la seconde race et se construire de somptueux hôtels dans les grandes villes de la province.

posanges-225x300 dans Côte d'OrParmi les châteaux de ces vieilles races éteintes ou amoindries, il en est un certain nombre qui, par achat, confiscation ou alliance, sont entrés dans le domaine ducal. Ils seront désormais gouvernés par de simples châtelains aux gages du souverain, ou bien les ducs les emploieront, SOUS le nom de domaines engagés, et avec les vastes terres de leur dépendance, à récompenser les loyaux services de leurs officiers. Au point de vue militaire, ces châteaux ainsi réduits ne sont plus une puissance; on se borne à ne les point laisser tomber en ruines, mais voilà tout. Quant à ceux qui ont échappé à ces premières tentatives de centralisation, leur importance disparaît bientôt avec la grande féodalité qui se meurt.

Le château de Posanges affecte la forme d’un rectangle légèrement allongé du nord-est au sud-ouest , et enfermé entre quatre murailles ou courtines d’égale hauteur et parfaitement parallèles.

Percées de rares et étroites meurtrières et, sur la face sud—ouest, de trois larges fenêtres à embrasures évasées, ces courtines sont commandées aux quatre angles par autant de tours rondes. Il y a quelque différence, mais peu sensible, dans les dimensions de ces tours, dont la décoration consiste en un simple cordon peu saillant courant à la moitié ou aux deux tiers de la hauteur. Trois d’entre elles sont encore surmontées de leurs toits coniques, qui reposent, non pas sur des créneaux, connue il se voit le plus souvent, mais sur de simples corniches. Celui de la quatrième est entièrement rasé. Les fossés larges et profonds sont aujourd’hui à sec et ont perdu, sur la plus grande partie de leur parcours, le revêtement en maçonnerie qui devait sans doute en consolider la contrescarpe. Une simple dérivation des eaux de la Brenne les rendrait aisément à leur première destination.

A Posanges, ce qui frappe tout d’abord, c’est le parfait état de conservation de l’édifice. Les matériaux étaient excellents, l’appareil irréprochable, de telle sorte que le temps n’a pu entamer ses épaisses et solides murailles. Le premier coup d’oeil vous jette dans une complète illusion. Si quelques groseilliers sauvages ne surgissaient çà et là au sommet des remparts ou que de gracieuses touffes (le pariétaires ne fussent suspendues aux linteaux des fenêtres, à coup sûr oit croirait cette féodale demeure encore habitée par ses nobles hôtes et les meurtrières dont elle percée toutes prêtes à vomir la mitraille.

La façade principale n son aspect au nord-est. La grande porte à cintre surbaissé qui la divise en deux parties égales est la seule qui donne accès dans la place. Elle était précédée d’un pont-levis dont les étroites rainures sont encore visibles. A gauche s’ouvre la poterne ou guichet autrefois destiné aux piétons, et au-dessus du cintre ou remarque une niche avec tin cartouche sculpté et cette inscription :

AD MAJOREM — 1715 — DE! GLORIAM

Les chambres des étages supérieurs sont uniformément rondes ou à pans coupés, et éclairées par une ou deux fenêtres étroites avec bancs de pierre dans l’embrasure. Partout les traverses des plafonds sont visibles.

Çà et là on remarque des meurtrières ouvertes sur la campagne. Enfin chaque pièce a sa cheminée, une de ces cheminées façon 15ème siècle, dont le manteau repose sur de minces colonnettes engagées à hase prismatique. Ici encore la décoration est très simple. Point de sculptures, à part quelques écussons sur la tablette des cheminées j’ai relevé celui des Dubois de Posanges et celui de Bourgogne moderne, dont les quartiers ont été maladroitement intervertis.

On accède aux divers étages de chacune des tours de la façade par un escalier à vis percé alternativement de meurtrières et de petites fenêtres carrées, et se terminant à la hauteur des combles par un lanternon en bois. De là le regard embrasse l’ensemble du château. Avant de redescendre, le visiteur aura soin (le donner un coup d’oeil aux charpentes ; c’est surtout dans la grosse tour du sud-ouest qu’on en peut admirer l’élégante disposition, la hardiesse ingénieuse et le parfait échantillonnage. Elles ont leurs analogues dans les tours du vieux château de Semur.

Un chemin de ronde sans parapet intérieur – l’extérieur est en partie démoli, – régne au sommet des remparts sur trois côtés du rectangle et joint les quatre tours entre elles, Des deux tours (du sud-ouest, il n’y en a qu’une, avons-nous (lit, qui soit restée intacte. C’est celle de gauche. Mais aussi c’est la plus remarquable et par la solidité de son appareil et par l’ampleur de ses proportions

Je n’étais pas seul dans ma visite aux ruines de Posanges. J’avais pour compagnon un ami, archéologue presqu’aussi novice mais  moins zélé que moi, et nous nous proposions de terminer par l’église notre petit voyage d’exploration, d’autant plus qu’on nous y avait signalé l’existence d’une tombe dont nous désirions relever l’estampage. Pour quiconque se pique tant soit peu d’archéologie, la moindre église de campagne n’a-t-elle pas d’ailleurs son importance? C’est entre le donjon et le clocher que, pour la plupart de nos villages, s’est déroulé le modeste drame de leurs annales et, à défaut de documents écrits toujours rares, quelquefois introuvables, on est bien souvent réduit à demander à ces vieilles pierres, témoins véridiques des siècles écoulés, le secret de leur histoire. Malheureusement l’église de Posanges n’est pas ancienne et l’on ne saurait rien imaginer de plus rustique. C’est un bâtiment rectangulaire, bas, écrasé, sans architecture et sans clocher, quelque chose comme un mot d’un peu moins vulgaire qu’une grange. Elle est située entre la Brenne et les fossés du château, à deux pas de la maison Commune qui se dresse à ses côtés, comme une puissance nouvelle, toute fière de ses deux étages et de son irréprochable badigeon. On l’a  construite il y a une cinquantaine d’années sur l’emplacement (l’une église qui menaçait ruine et qui remontait au 15ème siècle. C’est ce qui résulte de l’inscription suivante en belle minuscule gothique provenant di, l’ancienne église et aujourd’hui encastrée dans une embrasure de fenêtre

CESTE EGLE, FVT DEIMEE LE 1ÏMIlR JO D’AOVST L’

MIL CCCC XLVIII.

posanges1-225x300Outre cette inscription il reste encore de l’ancienne église une crédence d’un assez bon style, ornée de l’écusson des Dubois, et la tombe dont il a été question tout-à-l’heure.

En vérité c’est peu de chose, mais l’archéologue se contente souvent à bon marché.  A la fin du XIIIème  siècle, Posanges appartenait à l’illustre maison de Frolois qui portait, comme on sait, dans ses armes, le faruh’ d’or et d’azur de Bourgogne ancien. Eu 1299, le lendemain de Pâques charnel, Eudes de Frolois reconnut tenir eu fief du duc Robert, ta ville de Varnicourt et celle de Posanges, où il y avait déjà une maison forte, comme nous l’apprend l’acte d’hommage’.

Eudes de Frolois mourut en 1308 et les généalogistes ne lui donnent qu’une fille, mariée dans la maison de Mailly , C’est, croyons nous, une erreur. On peut très—vraisemblablement lui attribuer encore deux fils : Jean et Miles. Jean, l’aîné, hérita des plus importantes seigneuries de soit et jouit d’une grande faveur à la cour de nos ducs. Leduc Eudes IV, qui l’appelait son cousin, lui confia la charge considérable de maréchal de Bourgogne, et, pour le récompenser de ses services, il réunit en 1348, tous les fiefs que ce seigneur possédait en Bourgogne et pour lesquels il devait plusieurs hommages, en un seul fief qui reléverait désormais du duché sous la condition d’un seul et unique hommage. On peut juger du rang élevé que tenait Jean de Frolois dans la noblesse terrienne de Bourgogne par la simple énumération de ses seigneuries. Il y en avait trop dans la mouvance de la châtellenie ducale de Salmaise, deux dans celle dit de Frolois qu’un seigneur de ce nom avait cédé au duc Robert 11 dès l’année 1298, et une dizaine d’autres réparties dans plusieurs bailliages et parmi lesquels nous citerons seulement la maison forte de Posanges. 

Ecrit par J. D’ARBAUMONT. Issu du document original 

 

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