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Maisons de pays en Bourgogne

Posté par francesca7 le 19 juin 2014

 

La Bourgogne est un seuil entre deux massifs anciens, le Morvan et les Vosges, une terre de passage entre le Bassin parisien et la vallée de la Saône, entre la France du Nord et le Midi méditerranéen. Les influences en matière de construction sont donc multiples et s’ajoutent à la diversité des terroirs. Les toitures de tuile plate ou vernissée, de lave ou d’ardoise, les constructions de calcaire ou de granite font l’attrait de l’architecture bourguignonne.

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Architecture du vignoble

C’est l’art de vivre du vigneron qui a contribué à l’élégance de l’architecture rurale de la Côte . Concentré dans les villages, l’habitat se cache parfois derrière de hauts murs et d’amples portails ; isolé au milieu des vignes, il s’entoure de bâtiments annexes plus ou moins considérables et de chais séparés (Clos de Vougeot).

On distingue trois sortes de maisons vigneronnes . La maison de base se compose d’une seule et unique pièce à vivre, comme « soulevée » par la cave dont les murs épais et la voûte de pierre conservent la fraîcheur et l’humidité. Vient ensuite le modèle intermédiaire, doté d’une écurie et d’une petite grange appelée « magasin ». Enfin, reconnaissables à leur galerie et leur escalier extérieur protégé par un auvent, les maisons plus cossues comportent une cuverie et un cellier. Les demeures de maîtres comme celles des ouvriers vignerons ont généralement ceci en commun : l’habitation à l’étage est desservie par un escalier de pierre extérieur au-dessus des caves et des celliers, et l’usage répandu de galeries, porches et auvents donne des façades ouvertes et plaisantes.

Dans l’ arrière-côte , c’est-à-dire sur les « hautes côtes », où l’on produit également du vin, les maisons et dépendances, étroitement imbriquées, sont souvent adossées à une pente, au cœur d’un village-rue accroché à flanc de coteau, le plus près possible des vignes. On y retrouve une certaine sobriété : un logis très réduit, en surélévation au-dessus de la cave peu ou pas enterrée, située sous l’escalier de pierre et protégée des variations de température par l’ampleur du palier, localement appelé « plafond » ; un « magasin », faisant office de cuverie ; un pressoir, surmonté d’un fenil où étaient engrangés bottes de paille et outils.

Le paysage est également parsemé ici et là de jolis castels flanqués de tourelles rondes ou carrées coiffées de toits pentus. Il s’agit d’exploitations agricoles consacrées tantôt à la vigne, tantôt à d’autres cultures. Et n’oublions pas les charmantes caillebottes , ou cabottes, cabanes faites de pierre sèche, parfois dotées d’une cheminée, qui servent d’abri aux viticulteurs pour déjeuner et stocker leurs outils.

En pays calcaire

Le calcaire domine dans la Côte-d’Or. Il se durcit en surface et fournit un matériau très résistant. La roche du jurassique se clive en moellons très plats et se délite en minces feuilles, les « laves », utilisées par les couvreurs.

Dans le Châtillonnais , les villages, peu nombreux, sont installés dans les clairières ou le long des vallées. La grande exploitation comprend de vastes bâtiments autour d’une cour centrale fermée par de hauts murs ; les entrées des granges téléchargement (1)sont généralement surmontées d’arcs surbaissés. La petite exploitation de la fin du 18 e s. abrite sous le même toit le logement et les bâtiments d’exploitation ; l’entrée de la grange est surmontée d’un linteau de bois. La pièce commune comporte une porte et une fenêtre accolées sur lesquelles s’alignent les ouvertures du fenil ou du grenier, qui bénéficient ainsi de la sécheresse assurée par la chaleur sous-jacente du logement. Le banc de pierre devant la maison est très fréquent en basse Bourgogne.

Dans le Mâconnais , les murs des maisons de vignerons sont bâtis avec du calcaire, utilisé presque à sec et sans enduit. Une galerie, protégée par l’avancée du toit, prolonge sur l’extérieur l’ancienne salle commune et sert, l’hiver, à vaquer aux occupations domestiques à l’abri de la pluie, l’été, de cuisine ou de salle à manger. Les ferronneries de porte, qui étaient autrefois fabriquées par le forgeron du village, présentent des modèles originaux de loquet de porte, d’entrée de serrure, de heurtoir, où s’ordonnent cœur, croix, oiseau et porte-bonheur.

En pays cristallin

Montagne ancienne vouée à l’élevage, le Morvan a donné naissance à des maisons sobres en granit, couvertes d’ardoises, et à des granges-étables dont la façade est protégée de la pluie par l’avancée du toit. L’habitat est groupé en hameaux dispersés, appelés « huis », à mi-distance des pâturages et des cultures et des bois.

La maison morvandelle est un volume simple et dépouillé. La souche de cheminée en pierre taillée, l’escalier extérieur, les encadrements des ouvertures donnent de la noblesse à cet habitat pauvre. Pour ne pas empiéter sur un espace intérieur réduit, composé d’une seule pièce commune, et parfois d’une chambre supplémentaire, l’accès au comble se fait par une échelle ou un escalier extérieur toujours situé sur le mur pignon.

Devenu un pays d’élevage bovin, le Morvan accueille de grosses exploitations composées de deux bâtiments de part et d’autre d’une cour, perpendiculaires à la rue. L’exploitation type présente sous le même toit l’habitation et la grange. Les couleurs chaudes du granit apparaissent, marquant l’irrégularité de l’appareillage.

Une mosaïque de toitures

Les splendides toitures de tuile de la région sont l’un des éléments forts de son identité. Le visiteur ne pourra qu’être ébloui par les toits de l’hôtel-Dieu de Beaune, de l’hôtel de Vogüé à Dijon ou du château de La Rochepot.

téléchargement (2)L’origine de ces tuiles vernissées polychromes , appareillées en motifs géométriques, lignes brisées, losanges, entrelacs ou chevrons, est mal connue ; elles proviendraient d’Europe centrale via les Flandres. Ces toits décorés étaient chargés de messages symboliques, politiques ou religieux, signalant le statut social d’un notable ou la réputation d’une communauté religieuse ou laïque. Les épis de faîtage sont également en terre cuite vernissée, les girouettes travaillées, et des ergots figurent sur les arêtes des toits à pans coupés, en particulier dans la Côte-d’Or.

Sur les reliefs, les vastes toits sont recouverts de tuiles plates dites tuiles de Bourgogne . Longues et étroites, fabriquées dans le Sénonais, celles-ci sont d’un brun assez foncé. Les moines cisterciens en recouvraient les toits de leurs abbayes. Malheureusement, la tuile mécanique d’emboîtement est venue remplacer ce matériau traditionnel.

Les laves calcaires sont des chutes de carrière sans valeur marchande, longtemps utilisées par les couvreurs. Dans les lavières, on levait ou « lavait » les croûtes superficielles pour atteindre la pierre à bâtir. Chaque « lave » pouvait être calée par des cailloux (comme sur l’église d’Ozenay, village du Mâconnais) pour que l’air puisse circuler entre les pierres, facilitant l’évaporation de l’eau et évitant le gel. Le poids considérable de ce matériau (de 600 à 800 kg au m ² ) nécessitait de fortes et coûteuses charpentes, ce qui n’empêche pas nombre de lavoirs et de fontaines d’en disposer.

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La Fête des blanchisseuses

Posté par francesca7 le 31 mai 2013

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La Fête des blanchisseuses  dans LAVOIRS DE FRANCE blanchisseuses  Fête, féminine et populaire, [...] des femmes prennent le temps de vivre, s’amusent entre elles, chantent, dansent, boivent, festoient, se costument, élisent des reines, y ajoutent des rois et défilent. À cette époque, c’est le seul moment où des femmes françaises votent (elles n’ont acquis le droit de vote qu’en 1945). Des milliers de femmes élisent des centaines de reines, des centaines de milliers mettent toute la ville en fête ; c’est « juste » cela, la Mi Carême. Toutes les blanchisseuses votent, sont éligibles, y compris les plus jeunes. 

  Elles élisent des reines de lavoir ou bateau-lavoir et une reine de toutes les blanchisseuses. La fête a lieu au lavoir ou au bateau-lavoir et dure jusqu’au soir. Le défilé des Reines et le cortège de la Reine de toutes les blanchisseuses avaient une dimension très importante dans la vie festive parisienne. 

A partir de 1891, le président de la chambre syndicale des maîtres de lavoirs, M Morel, souhaitant sans doute également calmer la pression des femmes qui veulent plus de droit prend  l’initiative de fédérer les cortèges des employées des lavoirs parisiens ; 

Les maîtres de lavoirs, des hommes essentiellement (excepté une certaine Mme Massot, présidente de l’association  la Renaissance des Halles, seuls des hommes dirigeaient les halles et marchés parisiens), vont priver les femmes, les blanchisseuses, de leur fête en substituant à une liesse populaire, une fête de prestige, un spectacle de rue. Le prétexte invoqué – comme toujours en pareil cas les adversaires avancent masqués – sera l’efficacité et l’amélioration de la fête. Il y aura aussi l’argent, grâce auquel on récompensera, on fera plus beau, etc. Et aussi le mensonge, qui consiste à dire que la chose qu’on veut organiser c’est la même fête « améliorée ». Le nom est le même, le conserver est rentable, incontournable, mais le but est différent. Ce n’est plus une fête c’est un spectacle. La création d’un somptueux char de parade accompagné par une escorte de prestige et d’un manteau de cérémonie pour la Reine des Reines (qui remplace la reine de toutes les blanchisseuses) participera de cette prise de contrôle de la Fête des Blanchisseuses par les maîtres de lavoirs. Le manteau, d’ailleurs, semble être toujours resté la propriété des organisateurs et non de la Reine des Reines. C’est ce qui paraît ressortir à la lumière d’un procès survenu en 1914 : la Reine des Reines ayant choisi de conserver son manteau en vue de le porter par la suite à son mariage, les organisateurs de l’époque – le Comité des Fêtes de Paris, – poursuivent la jeune fille en justice pour le récupérer ; finalement, ils perdent leur procès. 

Dans les années qui suivirent 1891, une rivalité éclata entre dirigeants des lavoirs, halles et marchés parisiens qui s’emparèrent de la fête à partir de 1895. Puis ils furent éliminés par le commerce parisien, représenté par le Comité des fêtes de Paris (organisme privé) qui leur succéda en 1903.  

Le 24 mars 1892, la reine des reines se nomme Henriette Delabarre. 

Elle a été élue par les autres reines, au scrutin et au premier tour, par une trentaine de souveraines de lavoir qui ont donné aux membres du parlement une leçon de justice en s’inclinant devant la grâce, devant la beauté de leur compagne. Mlle Delabarre a seize ans. Blonde, la taille élancée, très aimable, très enjouée, elle fera, dans sa riche parure d’un jour, grand honneur à sa corporation, et tout Paris s’apprête à lui faire cortège. 

 Elle habite rue des Trois-Couronnes et travaille avec sa mère, reine aussi jadis, et sa jeune sœur au lavoir Moderne de la rue Oberkampf. [...] 

Il arrive également que l’on favorise les occasions de concurrence au prétexte d’honorer les blanchisseuses : c’est ainsi, par exemple, que pour une cavalcade organisée à Boulogne-sur-Seine le 1er juin 1913, est élue le 4 mai qui précède une Reine des Reines des 6000 blanchisseuses de la ville. [...] 

   Le Comité des fêtes de Paris, à partir de 1921, se révèle incapable de gérer ce qui reste de la fête des blanchisseuses. Il discute même de l’idée de déplacer la Mi Carême à un autre moment de l’année situé en dehors de la période traditionnelle et où le temps serait plus doux. Après diverses innovations douteuses, la fête disparaît dans les années 1930.   

Après la Grande Guerre, l’aventure redémarre très vite. Mais une crise frappe le comité organisateur qui s’éloigne de plus en plus de la tradition entraînant l’essoufflement progressif de la fête. Elle disparaît dans les années 1930, même si défilent encore un très grand cortège en mars 1946 et des cortèges d’enfants sur les Champs-Elysées, dans les années 1950 et jusqu’en 1960. 

Sources :  Wikipedia : Mi-Carême au Carnaval de Paris 
                               Reines du Carnaval de Paris 
                              Le marché aux blanchisseuses dans la rue aux Ours, Paris 1874 

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Les Lavoirs ou les blanchisseuses à Paris

Posté par francesca7 le 30 mai 2013

 

Histoire du blanchissage du linge à Paris

Jusqu’au XVIIIème siècle, le linge parisien se blanchit dans les faubourgs Saint-Marcel et dans le quartier des Gobelins.

D’autre part, dès le début du XVIIIème siècle, les blanchisseuses disposent de petits bateaux et l’obligation de laver dans des bateaux spéciaux s’étend. 

On construit alors des bateaux selles, plats et couverts, dont les bords sont garnis de tablettes. Les propriétaires des bateaux perçoivent une taxe de quatre sous par personne, plus un sou de location pour l’indispensable baquet. 

Les Lavoirs ou les blanchisseuses à Paris dans LAVOIRS DE FRANCE paris-300x162

Petit à petit, le métier s’organise et les premiers entrepreneurs s’installent, notamment sur les berges de la Seine à Paris. Moyennant un salaire mensuel, ils blanchissent chaque jour le linge des grandes maisons qui les emploient. 

Par mesure d’hygiène, un édit du 26 février 1732 interdit « à tous les blanchisseurs de lessive de continuer leur blanchissage dans le lit de la Bièvre, au-dessus de la Manufacture Royale [des Gobelins] et du clos Payen ». Les blanchisseurs se transportent extra-muros et s’installent à Gentilly, Arcueil et Cachan. En 1837 on compte 113 blanchisseries à Gentilly. La Bièvre commence à n’être plus qu’un égout à ciel ouvert. 

Le développement de l’hygiène et des soins de propreté, la réduction du temps de travail (loi du 30 mars 1900) entraînent un énorme développement de la profession.  [...] En 1900, les patrons blanchisseurs d’Arcueil-Cachan fondent avec ceux de Gentilly, Bourg-la-Reine, Bagneux, l’Hay-les-Roses et Antony, le Syndicat des Patrons-Blanchisseurs d’Arcueil-Cachan. 

A  Boulogne, près de Paris, où l’eau est réputée très peu calcaire, on creuse des trous dans la berge de la Seine. Les blanchisseuses descendues dedans, ont le linge posé sur le sol, juste à la bonne hauteur pour le laver. 

L’Illustration, en mars 1874, publie un dessin montrant le marché aux blanchisseuses dans la rue aux Ours, où celles-ci vont chercher du travail.

Les ouvrières blanchisseuses, à l’exception de celles employées dans la grande industrie et les vastes établissements, travaillent en général pour deux ou trois patrons. Elles touchent un salaire, plus le droit au lavage gratuit de leur linge personnel et de celui de leur famille. Les hommes, très minoritaires, sont presque exclusivement employés comme garçons de lavoir, livreurs ou attachés à des travaux mécaniques trop durs pour les femmes. 

Les ateliers de petite blanchisserie sont insalubres, au rez-de-chaussée, dans des ruelles où l’air ne pénètre jamais. Les buanderies sont uniquement aérées par la porte, le linge blanchi bouchant les fenêtres. La vapeur qui se dégage des fers chauffés au charbon de bois et au gaz pollue l’air de ces bouges étroits et encombrés. La législation visant à améliorer les conditions de travail reste mal appliquée. 

Il faut du courage pour accomplir, par tous les temps et dix heures par jour, en bord de Seine ou à la buanderie, ce labeur consistant à battre le linge, à le tremper, le tordre, le savonner, l’essorer, le plier. Le seul moment de détente est l’heure de la collation, vers 3 heures et demie ou 4 heures de l’après-midi, lorsque la patronne offre aux laveuses le verre de vin ou le café. Mais le linge doit être prêt si l’on veut conserver
sa place. Une place qu’il faut payer 5 centimes de l’heure et qui rapporte de 3 F à 4 F par jour. 

On travaille de très longues heures, six jours sur sept, sans congés payés, retraites ou congés maladies. Le travail des blanchisseuses et garçons de lavoirs est très physique. Celles qui pratiquent ce travail deviennent rarement centenaires. Très tôt, elles souffrent de rhumatismes, occasionnés par l’eau glaciale, ou de pleurésie, provoquée par les courants d’air. Les buandières meurent à 50 ou 60 ans, quelquefois plus jeunes, épuisées par l’effort ou rongées par l’alcool. 

L’alcoolisme constitue un grand fléau : les trois quarts des ouvriers absorbent régulièrement apéritifs, rhum du matin et absinthe. De nombreux cafés s’installent dans les grands centres de blanchissage. ** cf note Extrait de « les Faits-Divers Illustrés » du 14 janvier 1909. 

La profession est par ailleurs éprouvante. « Toute la journée dans un baquet jusqu’à mi-corps, à la pluie, à la neige, avec le vent qui vous coupe la figure ; quand il gèle, c’est tout de même, il faut laver… On a ses jupes toutes mouillées dessus et dessous » écrit V. Hugo dans Les misérables. 

En outre, le linge souillé augmente les risques de tuberculose, ce fléau du siècle. 

laverie dans Paris

La tuberculose est responsable de plus de la moitié des décès chez les blanchisseuses et repasseuses contaminées par le linge, rarement désinfecté à son arrivée. Les lésions de la peau, dues à l’emploi de lessives corrosives, les lombalgies, les varices, les accouchements prématurés sont le lot commun de ces femmes qui portent des charges trop lourdes et travaillent sans cesse debout. 

Le danger est tel que, en 1905, l’Administration estime nécessaire d’intervenir dans les lingeries industrielles, pour sauvegarder tant la santé du public que celle des blanchisseuses. 

Déjà, le transport en vrac du linge sale dans les trains de voyageurs, qui se faisait sans précaution aucune, est interdit. Désormais, ce linge ne pourra être introduit dans les ateliers qu’enfermé dans des sacs soigneusement clos. Avant tout triage et toute manipulation, le linge devra être désinfecté, en particulier celui en provenance des hôpitaux. Les ouvrières devront être pourvues de surtouts de protection et seront tenues de se laver à chaque sortie de l’atelier. Enfin, il leur sera interdit de consommer un quelconque aliment ou une quelconque boisson dans les ateliers de linge sale… 

  Un rapport de la chambre syndicale des blanchisseurs, adressé vers 1880 au ministère de l’intérieur, évalue à 104 000 personnes la population que le blanchissage fait vivre à Paris. Il y a, parmi elles, 94 000 femmes et 10 000 hommes, soit presque 10 femmes pour un homme.     

Au début du XXème siècle, l’entretien du linge de la capitale occupe 35 000 personnes à Paris et 25 000 en banlieue, dont une majorité de femmes. 

  
La corporation des blanchisseuses 

  Autrefois, les corporations féminines étaient le seul cadre où les femmes échappaient à la lourde tutelle masculine. 
La corporation des blanchisseuses est très importante, non seulement en nombre, mais aussi par sa présence quotidienne dans la rue. Car elles lavent mais aussi livrent le linge. Voir ainsi passer de nombreuses femmes et jeunes filles seules transportant du linge fait rêver plus d’un homme sur leur passage. Le linge transporté, entre autres, permet de les identifier. En 1868, Adrien Marx, pour Le Petit Journal parle de blanchisseuses : 

  « Vous avez certainement remarqué, comme moi, les voitures de blanchisseuses que la banlieue nous expédie tous les jours et qu’on voit stationner à Paris devant la porte des maisons. Ce sont, pour la plupart, d’énormes carrioles à deux roues recouvertes d’une bâche qui protège les paquets de linge contre les intempéries de l’air. Le cheval qui traîne cette cargaison immaculée est généralement dirigé dans les rues par une grosse femme dont les façons sont légèrement brusques… Observez la commère, lorsqu’elle ravive par un coup de fouet l’énergie défaillante de son vieux bidet. Ses traits se contractent, son visage prend une physionomie virile, et sa bouche lâche un Hue ! qui fait trembler les vitres d’alentour. Eh bien ! Ne vous y trompez pas : ces luronnes sont presque toutes d’excellentes mères de famille cachant sous la rudesse de leur allure des sentiments exquis, un cœur d’or et de précieuses qualités, dont beaucoup de belles dames sont dépourvues, Elles ne craignent pas, j’en conviens, de laisser voir leurs chevilles empâtées quand elles quittent ou gravissent le haut marchepied de leurs carrosses. La peau de leurs bras hâlée par le grand air et les vagues du fleuve n’a aucune analogie avec le satin, et leurs doigts macérés dans l’eau de savon manquent de la distinction et de la grâce, inhérentes aux mains des duchesses. Mais les blanchisseuses de la campagne ont d’autres avantages… »

  Octave Uzanne, dans  « Parisiennes de ce temps », ouvrage paru en 1900, parle de la dure vie des femmes de lavoir, « située au plus bas degré de la corporation. (…) Le lavoir où elle se casse les reins, ployée en deux, à rincer à grands coups de chien, à taper à larges coups de battoir le linge étuvé, est un vaste hangar, ouvert à tous les vents, où en toute saison elle vit, les bras plongés dans l’eau, suant et grelottant à la fois, tant elle met d’action à tremper, couler, savonner, frotter, essorer, sécher et plier la marchandise ».

C’était un métier de maîtresses femmes, de femmes fortes, courageuses et costaudes. C’était un métier de « fortes en gueule ». 
Elles avaient même la réputation d’être de sacrées buveuses, si l’on en croit Octave Uzanne : « La femme de lavoir ne supporterait pas cette existence enragée si elle ne buvait ; l’alcool la brûle et la soutient. C’est une pocharde terrible, et elle ne sort guère d’un état de demi-ébriété furibonde. » Uzanne poursuit son étude de mœurs et reconnaît en elles des dames plutôt dévergondées, ce qui n’était pas sans déplaire aux hommes. Elles battaient la mesure à grands coups de battoir. Les langues y étaient aussi agiles que les bras qui lavaient. Elles maniaient le cancan aussi sûrement que la brosse. Et, les crêpages de chignon n’étaient pas rares. Témoin la scène racontée par Zola, cette bagarre mémorable entre une Gervaise offusquée et une dénommée Virginie, jolie fille impudente, dont la sœur venait de conquérir Lantier, l’amant de Gervaise. Commencée à coups de seau d’eau, l’échauffourée se termina par une retentissante fessée administrée par Gervaise sur le derrière rebondissant de Virginie.

  De condition très modeste, ces ouvrières et ouvriers sont des personnes énergiques, faisant un travail physique et aimant bien s’amuser ; car la vie des blanchisseuses et des rares hommes présents dans les blanchisseries, garçons de lavoirs qui portent l’eau et patrons, ne comporte guère de loisirs. 

Or, la Mi Carême (jadis aussi la fête des débitants de charbon et des porteurs d’eau) est une grande fête féminine. Qui plus est, populaire. L’importante corporation des blanchisseuses va l’organiser. 

Une fois par an donc, la Mi Carême, qui fait partie de la grande fête populaire du Carnaval de Paris, sera la journée des blanchisseuses. 

blanchisseurs

Lieux de travail pénible, les Halles, lavoirs et marchés deviennent pour elles, lieux de liberté en ce jour de fête et de congé. En 1868, Timothée Trimm appelle la Reine du lavoir, « souveraine du battoir» et une coupure de presse du 26 mars 1870, conservée dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, appelle la fête des blanchisseuses « la fête des battoirs ». 

En 1868, Timothée Trimm appelle la Reine du lavoir, « souveraine du battoir» et une coupure de presse du 26 mars 1870, conservée dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, appelle la fête des blanchisseuses « la fête des battoirs ». 
Ce jour-là, comme l’écrit Le Constitutionnel en 1846, les blanchisseuses élisent leur reine dans chaque grand lavoir, et vont ensuite à l’église, vêtues de blanc. Aux blanchisseuses de Paris, viennent se joindre celles de la banlieue, que l’on voit arriver par toutes les barrières avoisinant la Seine, vêtues de blanc aussi, et voiturées dans les charrettes de leurs patron. 

Publié dans LAVOIRS DE FRANCE, Paris | 4 Commentaires »

Les Bateaux-Lavoirs

Posté par francesca7 le 26 mars 2013

Le 3 février 1851 : instauration
des bateaux-lavoirs à Paris

Instauration des bateaux-lavoirs à Paris. Les lavandières étant réputées de moeurs légères, nombreux étaient les hommes en quête d’aventures et venant troubler leur travail le long des cours d’eau.

Pour enrayer cette prostitution, on créer des endroits où elles pourraient laver en toute tranquillité. Dans les faits, un seul bateau-lavoir fut construit, à Montmartre. Détourné de son objectif initial, les lavandières le fréquentant peu, il devint le rendez-vous des peintres et des artistes de la Belle Epoque.

Les Bateaux-Lavoirs dans LAVOIRS DE FRANCE bateau_lavoir--300x193Le Bateau-Lavoir est un immeuble situé dans le quartier Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris. Il est principalement connu pour avoir été, depuis 1904, une cité d’artistes, lieu de résidence et de réunion de nombreux artistes peintres, mais aussi de gens de lettres, de gens de théâtre et de marchands d’art. Un incendie l’ayant gravement endommagé en mai 1970 (il n’en restait que la façade), il a été entièrement reconstruit en 1978. Il comporte 25 ateliers d’artistes étrangers.

Histoire

Au numéro 13 de la place Émile-Goudeau (autrefois place Ravignan) et de la rue Ravignan, une maison remplace vers 1860 la guinguette du Poirier-sans-Pareil qui avait dû fermer vers 1830 suite à un affaissement de terrain. Construite en grande partie en brique et en bois sur le flanc d’une carrière éboulée, son rez-de-chaussée (aucun étage en façade avant) situé au numéro 13, correspond au deuxième étage de sa façade arrière, la dénivellation de terrain commandant la distribution intérieure originale. Elle est compartimentée en petits logements d’une pièce répartis de chaque côté d’un couloir rappelant les coursives d’un paquebot. Ce serait l’origine du nom de Bateau. Pour Lavoir ce nom ne lui aurait été donné que par ironie par Max Jacob, la maison ne comportant qu’un unique poste d’eau. En 1889, le propriétaire fait appel à un architecte pour la transformer en ateliers d’artistes dont la majorité donnait sur l’arrière. Avant de prendre le surnom de Bateau-Lavoir on l’appelait la Maison du Trappeur.

Le premier artiste à s’y installer en 1892 est le peintre Maxime Maufra, de retour d’un séjour en Bretagne. L’endroit devient rapidement un lieu de rencontre, où l’on remarque notamment la présence de Paul Gauguin. Entre 1900 et 1904, l’endroit est occupé par deux groupes d’artistes, des Italiens dont le plus célèbre est Ardengo Soffici et desEspagnols regroupés autour de Paco Durrio. Puis Picasso arrive en 1904 (il y demeure jusqu’en 1909 et y garde un atelier jusqu’en 1912). Sa période bleue étant terminée, il entame les tableaux de la période rose qui prend fin en 1907. En 1907 sa toile Les Demoiselles d’Avignon y est dévoilée marquant le début du cubisme. À cette époque les habitants se nomment Kees van Dongen, Juan batteaux-lavoirs1-300x176 dans LAVOIRS DE FRANCEGris, Constantin Brancusi, Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob. En 1908 le Douanier Rousseau y est accueilli par un mémorable banquet. Le Bateau-Lavoir perd de son animation à partir de la Première Guerre mondiale au profit du quartier de Montparnasse et de La Ruche, son équivalent de la rive gauche. La maison fut aussi surnommée la Villa Médicis de la peinture moderne (par analogie avec la villa Médicis à Rome).

Inscription aux monuments historiques de la partie non incendiée monuments historiques le 31 mai 1965.

Parmi les nombreuses personnes ayant fréquenté l’endroit, on peut citer : Amedeo Modigliani, Henri Matisse, Georges Braque, Fernand Léger, André Derain, Raoul Dufy, Maurice Utrillo, Jean Metzinger, Louis Marcoussis, Guillaume Apollinaire, Edmond-Marie Poullain, Alfred Jarry, Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Gertrude Stein, Charles Dullin, Harry Baur, Ambroise Vollard, Daniel-Henry Kahnweiler, Berthe Weill,Jacques Gaston Emile Vaillant, Robert Tatin, Maurice Denis, Kees van Dongen, Endre Rozsda, Ksenia Milicevic, Pierre Mac Orlan, Marie Laurencin, Pablo Picasso, Gen Paul, etc.

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Les Lavandières d’antan

Posté par francesca7 le 24 février 2013

 

Chargées de l’entretien du linge des familles aisées et bien que jamais érigées en corporation régulière, les blanchisseuses ou lavandières doivent se plier au XVIIe siècle aux exigences d’une administration parisienne veillant à la bonne hygiène des tissus nettoyés, et s’assurant que cette activité soit exercée notamment au sein de bateaux-lavoirs.

Les blanchisseuses furent d’abord appelées lavandières, nom qu’elles conservèrent durant plusieurs siècles. La Taille de 1292 cite 43 lavandiers ou lavandières, parmi lesquels « Jehanne, lavandière de l’abbaie » de Sainte-Geneviève ; elle habitait la « rue du Moustier »…

Spectacle de Lavandières interprété pour nous…. En vidéo Image de prévisualisation YouTube

Une lavandière désigne toute femme qui lavait le linge à la main, dans un cours d’eau ou un lavoir tandis qu’une laveuse est une femme qui faisait profession de laver le linge. Un nom voisin était buandière. Le mot de lavandière se reprendra avec l’habitude de parfumer le linge propre avec de la lavande.

En toutes saisons, une lavandière devait d’abord apporter le linge au bord d’un cours d’eau ou dans un lavoir public. À genoux sur une pierre plate ou sur le bord incliné du lavoir, elle jetait le linge dans l’eau, le frottait avec de la cendre, le rinçait et le tordait en le pliant plusieurs fois. Elle le battait ensuite avec un battoir en bois afin de l’essorer le plus possible. Finalement elle plaçait le linge essoré dans un panier ou une brouette pour l’amener vers le lieu de séchage.

Les artistes, peintres et poètes, ont souvent embelli l’image de ces femmes du peuple, en les présentant dans un cadre romantique et des paysages magnifiés. En fait, leur condition sociale et matérielle était dans la plupart des cas difficile : les femmes devaient, tout en lavant, s’occuper de leurs plus jeunes enfants. Certaines exerçaient parallèlement l’activité de nourrice. Leurs mains étaient très souvent abîmées pour avoir trempé trop longtemps et trop fréquemment dans l’eau bouillante ou au contraire dans l’eau parfois glacée des lavoirs.

Les blanchisseries ont pris la relève de cette activité, et la généralisation de l’eau courante dans les habitations, puis la généralisation de l’emploi des machines à laver, ont définitivement fait disparaître ce métier pénible au milieu du xxe siècle.

Les Lavandières d'antan dans LAVOIRS DE FRANCE 300px-eld_9_-_la_courneuve_-_le_lavoir

Lavandières célèbres

  • Catherine Ségurane, est une « bugadiera » du xvie siècle, qui s’illustra en montant aux créneaux du bastion Sincaïre, à Nice, pour assommer avec son battoir à linge un porte-étendardottoman avant de lui arracher son drapeau.
  • La Mère Denis, de son vrai nom Jeanne Marie Le Calvé, née en 1893 était, dans les années 1970, une des dernières lavandières authentiques ayant exercé de 1944 à 1963. Au cours des années 1970, elle devint célèbre en étant l’emblème des publicités pour la marque de machines à laver Vedette.

 

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