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Demoiselles à 4 ailes

Posté par francesca7 le 18 août 2013

Demoiselles à 4 ailes dans FAUNE FRANCAISE libellule_4taches_f2-300x167 

Vous voyez voler de tous côtés ces beaux insectes à quatre ailes de gaze, si connus sous le nom de Demoiselles. Leur appétit carnassier contraste singulièrement avec la forme élégante et gracieuse qui leur a mérité ce nom.

Avec quelle ardeur elles poursuivent dans les airs la proie ailée qui rarement peut leur échapper ; portées sur leurs ailes rapides, elles parcourent en un clin d’œil un espace considérable, et saisissent au vol la mouche qu’elles dévorent sans s’arrêter. Tout en elles est approprié à cette vie de rapine ; leurs ailes sont d’une grandeur démesurée, et leurs pieds sont courts et robustes, leurs mandibules sont très fortes, et leurs yeux, plus grands que ceux d’aucun autre insecte, leur permettent de voir dans toutes les directions.

Elles font parties de l’ordre des névroptères, dont elles sont le type ; leurs antennes sont en forme d’alène, composées de sept articles au plus, dont le dernier plus effilé dépasse à peine la tête ; leurs mandibules et leurs mâchoires sont entièrement couvertes par le labre et la lèvre ; elles ont trois petits yeux lisses les deux gros yeux à réseau, et leurs tarses ont trois articles.

On les partage en trois genres : les libellules, les aeshnes et les agrions. Les libellules et les aeshnes ne diffèrent guère que par la forme de l’abdomen, qui est court et aplati chez les premières, et, au contraire, cylindrique, grêle et allongé chez celles-ci. On remarque aussi une certaine différence dans les nervures des ailes, dont les antérieures présentent, près de leur base, chez les libellules seulement, une cellule triangulaire bien remarquable avec la pointe dirigée en arrière. Leurs larves ne diffèrent que par leur forme plus ou moins allongée ; elles ont toutes l’abdomen terminé par cinq lames dures et pointues.

Les agrions, au contraire, se distinguent bien par l’écartement des yeux, par leurs ailes plus étroites, plus faibles, qui sont rapprochées et appliquées les unes contre les autres au lieu d’être étalées. Leurs larves diffèrent aussi beaucoup ; ce sont celles que vous voyez plus effilées et plus délicates ; elles sont vertes et leur corps est toujours terminé par trois lames en nageoire, ce qui leur permet de nager dans l’eau et de se mouvoir avec un peu plus d’agilité. En donnant quelques coups de filet dans les marais, nous allons avoir toutes ces larves en quantité. Elles sont vraiment bien remarquables par la forme singulière de la pièce qui remplace la lèvre inférieure ; cette pièce, que Réaumur nommait la Mentonnière, recouvre, comme un masque, tout le dessous de la tête ; elle est allongée, un peu plus large en avant où elle porte deux crochets mobiles, et s’articule en arrière sur un pédicule presque aussi long et mobile qui leur permet de s’avancer beaucoup. La larve, dont les mouvements sont trop lents pour lui permettre de poursuivre sa proie, se sert de cette pièce pour atteindre le petit insecte qui passe à sa portée. Cette longue palette se déploie subitement comme un ressort qui se détend ; elle saisit la proie avec ses tenailles ou crochets, et la rapporte contre les mâchoires.

Une autre singularité de ces larves, c’est leur manière de respirer. Elle font entrer une grande quantité d’eau dans leur intestin, qui est garni à l’intérieur de douze rangées de petites taches noires, symétriques, composées de petits tubes respiratoires ; puis quand cette eau est épuisée de l’air qu’elle contient, elles la lancent avec force, et se procurent ainsi un moyen de changer de lieu, à la manière des pièces d’artifices ou d’artillerie, qui reculent par l’effet de l’inflammation de la poudre.

Publié dans FAUNE FRANCAISE | Pas de Commentaires »

Araignées en France

Posté par francesca7 le 12 février 2013

 

Environ 1 500 espèces d’araignées sont connues de France. La famille des Linyphiidae, typique des régions tempérées froides, compte le plus de représentant avec près de la moitié des espèces connues. Viennent ensuite les Salticidae (ou araignées sauteuses), la famille la plus riche d’espèce à travers le monde et particulièrement dans les régions tropicales et équatoriales. Vient ensuite la famille des Lycosidae (ou araignées loups).

 Araignées en France dans FAUNE FRANCAISE araignee-300x225

Elles sont dotées de huit pattes et ne disposent ni d’ailes ni d’antennes ni de pièces masticatrices dans la bouche. Leurs yeux peuvent être simples ou multiples. Elles sécrètent de la soie (une solution protéinée synthétisée par des glandes généralement situées à l’extrémité de l’abdomen) qui sert à produire le fil qui leur permet de se déplacer, de tisser leur toile ou des cocons emprisonnant leurs proies ou protégeant leurs œufs ou petits, voire de faire une réserve provisoire de sperme ou un dôme leur permettant de stocker de l’air sous l’eau douce.

Parmi les 40 000 espèces connues que compte cet ordre, une seule est herbivore : Bagheera kiplingi.

En tant que prédatrices, les araignées jouent un rôle majeur dans la régulation des populations d’insectes, et elles sont elles-mêmes régulées par des prédateurs souvent spécifiques (reptiles, oiseaux ou insectes de la famille des pompilidae). Elles se sont adaptées à presque tous les milieux, de cavernicoles à montagneux, des milieux arctiques à équatoriaux. Seuls les eaux salées, les très hautes altitudes et les milieux très froids n’ont pas été colonisés par les Araneae.

La branche de l’arachnologie qui leur est consacrée est l’aranéologie. La peur des araignées ou arachnophobie est une des phobies les plus communes.

À l’exception de celles appartenant à deux familles (les Uloboridae et les Holarchaeidae) et au groupe des Mesothelae (350 espèces en tout), les araignées peuvent inoculer un venin pour se protéger ou tuer leurs proies en liquéfiant leurs organes internes au moyens d’enzymes.

Les morsures de grandes espèces sont souvent très douloureuses, mais ne laisseront pas de séquelles. Seules 200 espèces connues infligent des morsures pouvant affecter la santé de l’Homme.

Les araignées (42 000 espèces connues en 2010 dont 1 600 recensées en France) ont conquis presque tout le domaine terrestre émergé hors haute montagne et zones polaires, certaines étant même capables de vivre en grande partie dans des bulles qu’elles construisent sous l’eau (en eau douce exclusivement). Elles sont donc ubiquistes. Beaucoup ont développé un mimétisme les rendant discrètes voire presque indétectables dans leur habitat. D’autres ont des comportements sociaux très développés.

240px-Pisaura_mirabilis_Luc_Viatour dans FAUNE FRANCAISEElles sont plutôt a priori généralistes en termes de proies, mais spécialisées en termes d’habitat. Pour la plupart des araignées, les proies sont cependant exclusivement des insectes ou leur larves et parfois d’autres acariens (« cannibalisme » possible) ou de petits crustacés terrestres (ex : cloportes..).

Les araignées interagissent avec leur environnement et entre elles en adaptant, pour certaines espèces au moins, leurs stratégies de chasse ; Par exemple, deux araignées sympatriques (occupant le même habitat forestier en Europe), Frontinellina frutetorum (CL Koch) et Neriene radiata (Walckenaer) (Araneae :Linyphiidae) vivent normalement à la même hauteur dans les arbres forestiers. Quand elles coexistent, ces deux espèces se montrent capables d’utiliser des hauteurs sensiblement différentes sur les arbres pour tisser leur toile. F. frutetorum sélectionne plutôt la strate plus élevée, alors que N. radiata tissera ses toiles, plus près du sol, ce qui permet aux deux espèces de limiter leur concurrence dans la même niche écologique. Ceci laisse penser qu’une plus grande diversité d’espèces invite les araignées à exploiter une plus large partie de leur environnement.

Les populations d’araignées sont dans la nature contrôlée par divers prédateurs, dont

  • des insectes, avec en particulier les guêpes, dont toutes les guêpes pompiles (Pompilidae) exclusivement prédatrice d’araignées, qu’elles piquent précisément au niveau des centres nerveux en les paralysant avant de les emporter dans le gîte d’élevage des larves, ainsi que les guêpes maçonnes(Sceliphron) construisent des urnes de terre qu’elles remplissent de petites araignées paralysées qui serviront à alimenter leurs larves)
  • de nombreux reptiles,
  • certaines amphibiens,
  • de nombreux oiseaux dits insectivores ou plus généralistes dont presque tous les oiseaux mangeant près du sol ou sur le sol (grivebergeronnettesrouge-gorgeroitelet, etc.. jusqu’au héron, en passant par les faisans, les poulespintadesperdrix…),
  • certains mammifères, dont chauve-souris, hérisson, renards ou mustélidés (dont belette, fouine…).

Les araignées sont aussi victimes de maladies dues à des bactériesvirusparasites (dont champignons parasites (ex : Cordyceps ou champignons du genre Gibellula) qui peuvent les tuer comme cela existe assez fréquemment aussi chez d’autres arthropodes, dont on découvre encore de nouvelles espèces.

L’araignée tissant sa toile, comme vous ne l’aviez jamais vue ! 

EN VIDEO

http://www.dailymotion.com/video/xd4vf4

Symbolique Mondiale de l’Araignée

Depuis au moins quatre mille ans, l’araignée est utilisée comme symbole dans de nombreuses civilisations, soit comme prédatrice (on la retrouve dans de nombreux films d’épouvante), soit en raison de sa toile étonnamment régulière, fragile et évoquant la fragilité de nos certituaraignee-gif-003des et des apparences trompeuses, régulièrement reconstruite (1 à 2 fois par jour pour certaines espèces), mais si bien adaptée au piégeage des insectes, soit en raison du fil qu’elle tisse, qui évoque celui des Parques. L’araignée (ou sa toile) est présente dans certains décors, et dans divers mythes fondateurs en tant que démiurge, créatrice cosmique. Connue sous le nom de « Anansi » en Afrique de l’Ouest, elle est présentée comme ayant préparé le matériau qui a produit les premiers hommes. Créatrice du Soleil rayonnant, de la Lune et des étoiles, elle aurait aussi apporté les céréales et la houe aux hommes. Au Mali, une légende raconte que déguisée en oiseau, elle régule le temps et initie la rosée (Tegh 56). En Inde, les Upanishad voient un symbole de liberté dans l’araignée qui peut descendre, mais surtout s’élever le long du fil qu’elle crée selon ses besoins ; le fil équivalent du yogi étant la syllabe « Om » qui doit lui permettre de s’élever jusqu’à la révélation et à la libération.

Au Cameroun, les Bamouns pensaient autrefois que la mygale pouvait déchiffrer l’avenir. Le Ngaame (un des noms de la mygale) est lié au destin des hommes qu’il peut lire et traduire. On place des signes divinatoires au-dessus du trou d’une mygale et on interprète leur position après que celle-ci les a déplacés la nuit. Certains initiés Bambara ont le droit d’être appelés araignées, pour avoir atteint un niveau de vie intérieure et d’intuition réalisatrice très élevés.

Les Incas du Pérou utilisaient aussi l’araignée pour la divination (une araignée qui n’a pas au moins une patte pliée lorsqu’on soulève le pot sous lequel elle était maintenue prisonnière était un mauvais présage). Les Muisca lui attribuaient le pouvoir, sur un bateau en toile d’araignée, de transporter les âmes sur le fleuve des âmes des morts, et pour les Aztèques, elle symbolisait le dieu des enfers. Elle est un symbole parfois très positif, tel que chez les peuples altaïques de Sibérie et d’Asie centrale où on pensait qu’elle était une âme libérée d’un corps, ou un animal psychopompe. Les peuples montagnards du Sud-Viêt Nam ne doivent pas tuer d’araignées, car c’est une âme échappée de personnes qui dorment. La tuer pourrait tuer le dormeur.

On la retrouve plus ambigüe dans le mythe d’Arachné en zone méditerranéenne ; Arachné était une belle jeune fille ayant défié les dieux, qui s’est suicidée après avoir été frappée par Athéna qui n’avait pas supporté la beauté de ses toiles, mais à laquelle Athéna a ensuite donné une seconde vie en la transformant en araignée.

En Micronésie, dans les îles Gilbert, le seigneur araignée est l’être initiateur de tous les autres.

Les Ashantis pensent que les hommes ont été créés par une araignée primordiale. Des psychologues, sociologues, ethnologues et psychanalystes (Beaudoin par exemple) se sont intéressés au symbole que peut représenter l’araignée dans l’arachnophobie, l’araignée prédatrice, mais dont la vie ne tient qu’à un fil, certains y voyant aussi un symbole sexuel.

Le réseau de fils de la toile d’araignée (spiderweb) est à l’origine de l’utilisation du mot anglais Web, symbolisant le système d’interconnexion complexe de ce réseau.

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Pour répertorier les araignées rencontrées en France, je vous propose de vous rendre sur ce site : http://lesarthropodes.wifeo.com/taxinomie-des-araignees-2-.php

 

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