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Les chauves-souris vivent dans les forêts

Posté par francesca7 le 29 septembre 2015

 

Les animaux présents dans le milieu naturel occupent tous les étages de la maison nature. On pense forcément aux grands mammifères, mais il ne faut pas oublier les oiseaux, chauves-souris, amphibiens, reptiles ou encore les insectes.

 téléchargement (3)

Les chauves-souris par exemple, elles sont présentes partout dans le monde. Les scientifiques estiment le nombre d’espèces à un millier, de tailles très variées (de plusieurs kilogrammes à seulement deux grammes). Après les rongeurs, elles représentent l’ordre le plus important chez les mammifères. Il existe deux sous-ordres, les mégachiroptères, très différents des microchiroptères.

 

Les mégachiroptères

Ils sont aussi appelés « renards volants », en raison de leur museau pointu qui ressemble à celui des renards. 

Ils ont une vue en couleur et vivent la journée suspendus aux branches des arbres, caractéristique qui leur a permis d’être connus du grand public. 

Originaires de l’Ancien monde, ils sont tous frugivores et participent à la dissémination des graines, favorisant la colonisation forestière.

Leur taille est très variable : avec une envergure de 1,7 m, Pteropus vampyrus est la plus grande chauve-souris au monde. La plus petite espèce ressemble plutôt à un microchiroptère de taille moyenne.

Les microchiroptères

Ils rassemblent le plus grand nombre d’espèces (759 connues à ce jour) pour 16 familles. En Europe, seules trois familles occupent l’espace aérien avec les vespertilionidés, les rhinolophidés et les molossidés.

  •  Les vespertilionidés

Sur les 320 espèces dans le monde (40 genres), 25 vivent en Europe.

Le museau est lisse et ne possède pas d’appendices nasaux. Les oreilles ont un tragus, les ailes au repos sont repliées le long du corps.

  • Les rhinolophidés

Sur les 70 espèces mondiales, 5 vivent en Europe.

Elles émettent des ultrasons au travers d’appendices foliacés appelés « feuilles nasales ». Les oreilles sont larges à la base, pointues à l’extrémité, et ne possèdent pas de tragus (ils ont un anti-tragus). Au repos, les ailes enveloppent l’animal.

  • Les molossidés

Sur les 52 espèces dans le monde, une seule vit en Europe.

Avec une lèvre supérieure comprenant 5 plis, ses narines s’ouvrent vers l’avant. L’uropatagium est court et la queue libre dépasse largement.

roussetteD’autres familles ont des aires de distribution plus locales, principalement sur les îles (les mystacinidés ne vivent qu’en Nouvelle-Zélande, les myzopodidés à Madagascar).

Toutes familles réunies, leurs régimes alimentaires sont très diversifiés : certaines sont insectivores, d’autres carnivores, piscivores, frugivores, végétariennes ou nectarivores. Ces dernières participent d’ailleurs à la pollinisation de nombreuses espèces forestières : c’est par exemple une chauve-souris qui assure la survie des Baobabs en Afrique.

Trois espèces, toutes sud-américaines, sont hématophages : Diphylla ecaudata et Diaenus youngi se nourrissent du sang des oiseaux, Desmodus rotondus de celui de plus gros animaux comme le bétail. Nous n’avons donc rien à craindre des Vampires en Europe.

Les chauves-souris à travers les âges

Les chauves-souris ont survécu à des climats changeants, d’abord tropicaux, puis tempérés et glaciaires.

Cette histoire commence il y a 55 millions d’années, soit 10 millions d’années seulement après la disparition des dinosaures. Icaronyteris sp. est alors certainement un animal qui saute de branches en branches, qui plane peut-être, pour capturer des insectes. 

23 millions d’années après (il n’existe pas de fossiles pouvant nous renseigner entre-temps), les continents ont leurs formes actuelles pour la plupart. Les chauves-souris profitent alors de leur capacité à voler pour aller d’île en île et coloniser toutes les terres émergées.

Il y a 20 millions d’années, les modifications climatiques laissent apparaître des forêts tropicales nombreuses, particulièrement en Europe. Les chiroptères en profitent pour se diversifier.

Face aux quatre grandes glaciations de ces deux derniers millions d’années, les espèces doivent quitter l’Europe vers le sud. Elles constituent des îlots de population qui recolonisent les territoires abandonnés après le retour du climat tempéré actuel.

L’apparition de l’homme, et sa faculté à coloniser l’espace, vont aider les chauves-souris à profiter de nombreux gîtes. Après avoir vécu dans les grottes avec l’homme préhistorique pendant longtemps, elles l’accompagnent maintenant dans ses habitations, aussi modernes soient-elles.

 

Source : ONF.com

 

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Plume de corbeau

Posté par francesca7 le 17 août 2015

 

Plume de corbeau dans FAUNE FRANCAISELes Français vont s’installer peu à peu dans une confortable collaboration avec l’occupant. Les fournisseurs s’empressent de répondre à ses besoins, d’autant plus qu’il paie bien, et comptant !

Le service des postes fonctionne lui aussi à plein régime : des lettres sans signature arrivent tous les jours dans les kommandanturs !

On y dénonce le voisin qui cache des Juifs, celui qui ravitaille la résistance, on révèle la véritable identité d’un étranger qui vient d’arriver sous un faux nom, on précise où se trouve l’aviateur anglais qui a été récupéré dans la nuit, on ajoute que l’argent parachuté pour la résistance a disparu, on se venge d’un amour déçu…

Bref, beaucoup de villes, petites ou grandes, beaucoup de villages sont devenus des corbeautières où s’installent des haines tenaces qui, souvent, vont se transmettre sur plusieurs générations.

Cependant, la collaboration n’empêche pas les occupants de se livrer au pillage économique de la France, avec pour conséquence des denrées contingentées et distribuées contre des cartes de rationnement.

Ce système permet le développement du marché noir : des denrées devenues rares sont vendues sans scrupule à prix d’or par ceux qui les possèdent ou par des intermédiaires. Untel fait du marché noir ? Vite, mon encre noire, et ma plume de corbeau…

Un marché noir relève généralement du secret de Polichinelle : tout le monde sait qu’il existe, tout le monde l’alimente (soit comme acheteur, soit comme vendeur). Une fraction des marchandises prévues pour le marché officiel est toujours détournée vers le marché noir, avec des complicités internes souvent à haut niveau ; cela accroît la pénurie et fait monter les prix au marché noir, au profit de ses organisateurs.

Les marchés noirs existent toujours et tendent à croître avec Internet. Ainsi, grâce à l’utilisation du réseau anonyme Tor, un marché noir nommé Silk Road spécialisé dans la vente de stupéfiants a vu son apparition.

Le monde du spectacle et de la musique est très touché par le marché noir. Environ 20 à 30% des places de spectacles et concerts sont récupérés par des réseaux revendant ces places au marché noir. A la mise en vente des places, des robots achètent les places automatiquement en très grand nombre provoquant une rupture de stock rapide. Ces places sont alors revendues auprès du grand public jusqu’à 10 fois leur prix d’origine. Le Prodiss, union du spectacle musical et de variété, a lancé le site levraibillet.fr  afin de sensibiliser le grand public et de lutter contre le marché noir.

LE CORBEAU

220px-Corbeau_et_croixLe corbeau, sans référence à une espèce en particulier, a une influence considérable sur la culture humaine, puisqu’on le retrouve aussi bien dans les mythes et contes traditionnels amérindiens nord-américains, sibériens ou nordiques, dans les légendes et la littérature de toutes les époques. Il y joue le plus souvent un rôle de fripon, de héros, ou contribue par sa ruse à la création de l’homme. Chez les inuits, le même mot désigne le corbeau et l’esprits des corbeaux réels.

Au fil du temps, ces oiseaux acquièrent une mauvaise réputation à cause de leur plumage noir, de leur cri rauque et de leur nécrophagie, en particulier dans l’Europe chrétienne, ce qui se traduit par une diabolisation progressive et une réputation d’oiseau de mauvais augure.

La plupart des références culturelles se rapportent à l’espèce commune du grand corbeau, mais il peut aussi se confondre avec la corneille. Sa symbolique a notamment intéressé le célèbre anthropologue français Claude Lévi-Strauss, qui suggère une hypothèse structuraliste selon laquelle le corbeau, tout comme le coyote, a obtenu un statut mythique parce qu’il était considéré comme un médiateur entre la vie et la mort…

Le grand corbeau vit dans des habitats sauvages variés, depuis les falaises côtières jusqu’aux hautes montagnes. On le trouve aussi dans les zones boisées et les forêts ouvertes, Grand Corbeaumême en terrain bas. Ils nichent dans les zones de falaises, mais on les trouve aussi dans la toundra et la forêt boréale, et même dans les zones urbaines. 
Le grand corbeau est résident dans son habitat. 

Comportements : Le grand corbeau est attiré par les charognes, et les insectes qui vivent sur ces charognes. Il est friand du placenta des brebis et des grands mammifères en général. Il se nourrit sur le sol et stocke toute sorte de nourriture. Les adultes sont très méfiants quand ils approchent d’une nouvelle carcasse, préférant attendre qu’il n’y ait pas de danger pour se nourrir. 
Le grand corbeau communique par des vocalises, mais aussi par des parades. Le couple qui défend son territoire et son nid poursuit les intrus sur de longues distances, et peut engager des combats aériens. 
Il ne migre pas, mais on peut observer des mouvements saisonniers pour éviter des températures extrêmes. Cette espèce très intelligente peut survivre dans l’Arctique, aussi bien que dans le désert ou les régions tempérées. 
Les parades observées ont lieu tout au long de l’année, plus intensément en automne et en hiver, et comprennent des vols acrobatiques. Les couples restent ensemble toute l’année, et sans doute pour la vie. La parade nuptiale effectuée au sol comprend des courbettes, avec le cou allongé et les plumes de la gorge ébouriffées. Le mâle déploie ses ailes et la queue, tend son cou vers le haut en se courbant, mais avec le bec tourné vers le sol. La femelle l’invite à l’accouplement en s’accroupissant légèrement et en faisant trembler sa queue.

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Un quête dans LA FORET DE COMPIEGNE

Posté par francesca7 le 8 avril 2015

(OISE)

250px-Poteau_du_carrefour_des_DryadesLes lieux au xie siècle occupés par la forêt étaient à l’époque gauloise un vaste marécage, qui sera partiellement cultivé à l’époque romaine comme le montrent les nombreux vestiges de fermes ou d’habitats gallo-romains.

La forêt proprement dite, autrefois appelée forêt de Cuise, s’étendait plus à l’est, probablement proche du village de Cuise. L’actuel bois de Cuise en faisait partie.

C’est là qu’en 561 selon Grégoire de Tours, le roi franc Clotaire Ier « s’en étant allé, comme il était, durant la cinquante et unième année de son règne, dans la forêt de Cuise (la forêt de Compiègne), occupé à la chasse, il fut saisi de la fièvre, et se rendit à Compiègne. Là, cruellement tourmenté de la fièvre, il disait : « Hélas ! Qui pensez-vous que soit ce roi du ciel qui fait mourir ainsi de si puissants rois ? ». Et il rendit l’esprit dans cette tristesse ».

Ce n’est que tardivement au Moyen Âge que les arbres colonisent ou recolonisent les marais, alors délaissés pour composer la forêt actuelle.

De nombreux souverains de France vont aimer y chasser. François Ier est le premier à la faire aménager en traçant 8 routes3. Louis XIV fait tracer le grand octogone et 54 routes, Louis XV et Louis XVI en feront percer d’autres, jusqu’à 200. Napoléon Ier fait amorcer la percée des Beaux-Monts. La forêt présente un relief varié se prêtant bien à la chasse : plateaux entaillés de vallons et de gorges, petites collines appelée les monts, ruisseaux et étangs.

La forêt de Compiègne compte aujourd’hui 1 200 km de routes et 311 carrefours baptisés. La forêt est aménagée depuis le Moyen Âge pour la pratique de la chasse à courre. En 1521, à l’époque de François Ier, on trace quatre axes principaux (8 routes) qui se coupent au carrefour du Puits du Roi. Sous Louis XIV, 54 nouvelles routes sont dessinées ; sous Louis XV 229.

Ces routes de chasse délimitent des triangles. Les routes autour du carrefour du Puits du Roi, lieu privilégié de chasse, forment des octogones.

En 1669, on commence à installer des poteaux indicateurs à chaque carrefour et le long des routes en forêt. Les carrefours principaux reçoivent un poteau indicateur caractéristique dessiné sous Charles X. Le nom du carrefour est à mi-hauteur du poteau, c’est-à-dire à hauteur des yeux d’un cavalier. Une marque rouge indique la direction du château de Compiègne, à l’initiative de Napoléon III, l’impératrice Eugénie s’étant égarée avec sa suite, un soir en forêt.

Promenades en forêt

La forêt compte 11 itinéraires de pistes cyclables aménagés par l’ARC. L’un d’eux relie Compiègne et Pierrefonds sur une piste de 11 3 km. L’avenue des Beaux-Monts traverse la forêt sur 4 kilomètres dans le prolongement du parc du Château de Compiègne. Le bout de l’avenue offre un point de vue sur Compiègne et notamment sur le château.

Les plantes, les arbres, les animaux, les ruisseaux, les mares… sont autant d’éléments constituant l’écosystème forestier. La forêt domaniale de Compiègne est un bel exemple de cette biodiversité que les forestiers entretiennent et gèrent au quotidien afin de la transmettre aux générations futures.  L’Office de Tourisme de l’Agglomération de Compiègne, en association avec des animateurs de l’Office National des Forêts, vous révèlent les mystères de la forêt de Compiègne.

En forêt de Compiègne, les poteaux de carrefour sont aussi très utiles. On en compte 310, tous baptisés de noms empruntés surtout à la toponymie locale, aux animaux, à la mythologie, à la vènerie, aux princes, aux officiers forestiers ; exemple : le carrefour des ruines rappelle le château de Barbe Bleue, le carrefour du dragon le combat du chevalier en armes vermeilles contre le guivre. Ces poteaux, dessinés en 1827 par Jean-Jacques Marie Huvé, architecte de Charles X, furent surmontés d’abord par deux ailes qui ornaient la boule sommitale. Au Second Empire, suite à l’égarement de l’Impératrice Eugénie, Napoléon III y fit placer, sur chacun d’eux, un trait rouge pour indiquer aux promeneurs la direction du palais de Compiègne. Ces traits rouges existent encore.

Ainsi ces poteaux ont le mérite de nous remémorer la vie passée, historique ou légendaire, de ce magnifique massif forestier forgé par les hommes.

On ne peut pas comprendre l’arbre sans l’homme, la forêt sans son histoire.

La répartition actuelle des essences forestières du massif de Compiègne est l’aboutissement de plusieurs années de gestion (coupes et plantations) pour la satisfaction des besoins de la société tout au long de l’histoire.

Le chêne a été largement utilisé pour sa production de glands et la qualité de son bois aux dépends du hêtre moins apprécié. En forêt de Compiègne, Les chênes pédonculés et rouvres couvrent actuellement 31% de la surface boisée contre 40% pour le hêtre. Sans l’intervention de l’homme, le chêne occuperait un espace beaucoup plus réduit compte tenu de la nature des sols.

Les chênaies pédonculées sont installées sur des sols frais (limons, argiles ou tourbes), riches en éléments minéraux, souvent en bas de pente, alors que les chênaies sessiliflores, plus tolérantes s’adaptent aux sols plus pauvres et secs des hauts de pente et aux sols plus asphyxiants l’hiver. La longévité du chêne pédonculé est de l’ordre de 200 ans contre 400 pour les sessiles.

Un quête dans LA FORET DE COMPIEGNE  dans FLORE FRANCAISE 300px-Kellerwald_008Plantation de chênes pédonculés : la régénération naturelle est difficile sous notre climat soumis très souvent aux gelées tardives de printemps qui détruisent les fleurs. Les bonnes glandées n’ont lieu que tous les 5 ou 10 ans. Il faut dnoc introduire artificiellement le chêne par des plantations. Il s’agit ici d’un perchis de chênes pédonculés enrichi de quelques chênes rouvres, issu d’une plantation réalisée en janvier 1976 et dégagée pendant une dizaine d’années. La première coupe d’éclaircie a été marquée à 30 ans (en 2004). Les sujets mal conformés seront extraits afin de privilégier les arbres d’avenir. D’autres coupes d’éclaircies interviendront, espacées de 4, 6, 8 ou 10 ans, au fur et à mesure de la croissance des bois. Le peuplement sera renouvelé vers 180 ans.

Les arbres situés en haut de la pente seront plus vigoureux car ils bénéficient de meilleures conditions stationnelles (sol plus riche en éléments minéraux). Bien que d’origine artificielle, l’ensemble de ces chênaies constituent un biotype privilégié pour certains arbrisseaux menacés en France ou en Europe.

Un grand nombre d’arbres remarquables y sont répertoriés dont un if, l’if de Saint Pierre en Chastres, considéré comme le plus vieil arbre de la forêt avec ses plus de 900 ans et un chêne, le chêne Saint-Jean, le plus majestueux avec ses 2,5 m de diamètre.

C’est à ces arbres remarquables que nous allons nous intéresser. La longévité des arbres leur permet en effet d’être les témoins de l’histoire humaine, ils nous fascinent par la mémoire qu’ils portent en eux. Il est important à ce titre de les respecter et de les protéger. Ces arbres remarquable renferment des espèces très rares et protégées (insectes, mousses) ; c’est pourquoi il y a lieu de les conserver et que toute déclaration concernant leur avenir doit être mesurée.

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LA Fête de la Nature

Posté par francesca7 le 24 janvier 2015

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Créée en 2007 sur l’initiative du Comité Français de l’Union Internationale de Conservation de la Nature et du magazine Terre Sauvage avec pour l’objectif de, tous ensemble, célébrer la nature chaque année, la Fête de la nature, ce sont 5 jours de manifestations gratuites au contact direct de la nature, pour permettre à tous les publics de la découvrir ou la re découvrir

Des milliers de manifestations sont ainsi organisées par les associations de conservation et d’éducation à la nature, les collectivités locales, les établissements scolaires, les entreprises, les particuliers… sur tout le territoire français, en métropole et en Outre-mer, dans les villes comme à la campagne, mais aussi en Suisse, au Portugal, aux Pays-Bas.

La Fête de la Nature se déroule chaque année au mois de mai, à une date proche (sauf exception) du 22 mai, date de la journée internationale de la biodiversité.

Depuis 2009, la Fête de la nature est coordonnée en France par l’association éponyme, qui rassemble l’ensemble des organisateurs nationaux et partenaires de l’événement et œuvre pour accompagner les organisateurs de manifestation et porter la communication nationale de l’événement.

2013, cherchons les petites bêtes !
Pour sa 7e édition, la Fête de la Nature propose de porter le regard sur les petites bêtes en tous genres. Elles sautent, elles rampent, elles volent, elles se cachent dans les maisons, dans les herbes, dans le sol, sous les algues, dans les fissures… A vos loupes ! Pour partir à la recherche des plus petits des animaux.

Peu ou mal connus, les insectes et autres petites bêtes sont les véritables architectes et jardiniers de la nature. On est parfois loin de se douter de l’incroyable diversité des espèces dont abondent les différents milieux et des services primordiaux qu’ils nous rendent.

Parce que certaines sont de vrais bijoux : les cétoines vert métallisé, dans les fleurs de cerisiers ou dans les roses, les agrions aux ailes mordorées… Parce qu’il y a parmi elles des champions aux performances incroyables : comment le gosier du troglodyte, ce tout petit oiseau rond à la queue dressée qui se perche au ras du sol, est-il capable de produire un chant aussi puissant ? Comment font les argyronètes, ces araignées aux longues pattes, pour respirer dans leur bulle d’air accrochée aux plantes aquatiques sous la surface de la mare ?

Si les petites bêtes méritent que nous fassions attention à elles, c’est surtout à cause du rôle qu’elles jouent dans tout le fonctionnement de la nature, autour de nous. Ces petites bêtes participent à une multiplicité d’échanges, d’entraides avec les autres formes du vivant, sur terre, dans la mer…

Le Journal de la Fête
Réalisé par la rédaction du magazine Terre Sauvage, le Journal de la Fête de la Nature présente, en 8 pages, les ingrédients qui font l’événement 2013 : sélection officielle de manifestations, portraits de petites bêtes stars de l’édition 2013, témoignages d’acteurs de tous horizons… L’édition nationale est complétée par une édition francilienne réalisée avec Natureparif, partenaire en région de la Fête de la Nature.

Renseignements pratiques : 
Association Fête de la Nature :
26 rue Geoffroy Saint-Hilaire – 75005 Paris
Tél. 06 72 95 25 12
Web : http://www.fetedelanature.com
Facebook : http://www.facebook.com/lafetedelanature

(Source : Association Fête de la Nature)

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Les Demoiselles de la campagne

Posté par francesca7 le 14 septembre 2014

 

 

téléchargement (10)Vous voyez voler de tous côtés ces beaux insectes à quatre ailes de gaze, si connus sous le nom de Demoiselles. Leur appétit carnassier contraste singulièrement avec la forme élégante et gracieuse qui leur a mérité ce nom.

Avec quelle ardeur elles poursuivent dans les airs la proie ailée qui rarement peut leur échapper ; portées sur leurs ailes rapides, elles parcourent en un clin d’œil un espace considérable, et saisissent au vol la mouche qu’elles dévorent sans s’arrêter. Tout en elles est approprié à cette vie de rapine ; leurs ailes sont d’une grandeur démesurée, et leurs pieds sont courts et robustes, leurs mandibules sont très fortes, et leurs yeux, plus grands que ceux d’aucun autre insecte, leur permettent de voir dans toutes les directions.

Elles font parties de l’ordre des névroptères, dont elles sont le type ; leurs antennes sont en forme d’alène, composées de sept articles au plus, dont le dernier plus effilé dépasse à peine la tête ; leurs mandibules et leurs mâchoires sont entièrement couvertes par le labre et la lèvre ; elles ont trois petits yeux lisses les deux gros yeux à réseau, et leurs tarses ont trois articles.

On les partage en trois genres : les libellules, les aeshnes et les agrions. Les libellules et les aeshnes ne diffèrent guère que par la forme de l’abdomen, qui est court et aplati chez les premières, et, au contraire, cylindrique, grêle et allongé chez celles-ci. On remarque aussi une certaine différence dans les nervures des ailes, dont les antérieures présentent, près de leur base, chez les libellules seulement, une cellule triangulaire bien remarquable avec la pointe dirigée en arrière. Leurs larves ne diffèrent que par leur forme plus ou moins allongée ; elles ont toutes l’abdomen terminé par cinq lames dures et pointues.

Les agrions, au contraire, se distinguent bien par l’écartement des yeux, par leurs ailes plus étroites, plus faibles, qui sont rapprochées et appliquées les unes contre les autres au lieu d’être étalées. Leurs larves diffèrent aussi beaucoup ; ce sont celles que vous voyez plus effilées et plus délicates ; elles sont vertes et leur corps est toujours terminé par trois lames en nageoire, ce qui leur permet de nager dans l’eau et de se mouvoir avec un peu plus d’agilité. En donnant quelques coups de filet dans les marais, nous allons avoir toutes ces larves en quantité. Elles sont vraiment bien remarquables par la forme singulière de la pièce qui remplace la lèvre inférieure ; cette pièce, que Réaumur nommait la Mentonnière, recouvre, comme un masque, tout le dessous de la tête ; elle est allongée, un peu plus large en avant où elle porte deux crochets mobiles, et s’articule en arrière sur un pédicule presque aussi long et mobile qui leur permet de s’avancer beaucoup. La larve, dont les mouvements sont trop lents pour lui permettre de poursuivre sa proie, se sert de cette pièce pour atteindre le petit insecte téléchargement (11)qui passe à sa portée. Cette longue palette se déploie subitement comme un ressort qui se détend ; elle saisit la proie avec ses tenailles ou crochets, et la rapporte contre les mâchoires.

Une autre singularité de ces larves, c’est leur manière de respirer. Elle font entrer une grande quantité d’eau dans leur intestin, qui est garni à l’intérieur de douze rangées de petites taches noires, symétriques, composées de petits tubes respiratoires ; puis quand cette eau est épuisée de l’air qu’elle contient, elles la lancent avec force, et se procurent ainsi un moyen de changer de lieu, à la manière des pièces d’artifices ou d’artillerie, qui reculent par l’effet de l’inflammation de la poudre.

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Préjugés des Anciens sur les Salamandres

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

 
 
La salamandre, pour la définir tout de suite familièrement, est une sorte de crapaud ayant une queue. Les mœurs de cet animal ne présentent aucune propriété extraordinaire, et cependant, sur la foi de quelques observations d’une très faible portée, il s’est accumulé peu à peu autour de son nom une réputation immense, notamment celle de posséder la vertu d’éteindre le feu.

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Lorsqu’on blesse ou qu’on irrite ce petit animal, il suinte de sa peau, visqueuse comme celle du crapaud, une humeur laiteuse, amère, d’une odeur forte et tout à fait repoussante. Cette propriété est fort simple, et évidemment destinée dans le plan de la nature à écarter de lui les ennemis que la paresse de sa marche ne lui permet pas de fuir. C’est là cependant ce qui est devenu le principe de toutes les fables qui se sont répandues sur le compte de la salamandre.

D’abord, il est incontestable que cette humeur est légèrement vénéneuse : elle fait périr, en effet, les insectes et les petits animaux ; mais on s’est assuré, par des expériences positives, qu’elle est sans aucune action délétère sur l’homme et sur les animaux d’une certaine taille. Cependant, chez les anciens, son poison a passé pour un des plus redoutables du monde. Pline assure qu’il suffit que la salamandre ait touché un fruit en passant pour que ce fruit se change aussitôt en un poison violent. Je croirais volontiers que dans l’empire romain on en était venu à forger une multitude de poisons que l’on rapportait à la main de la nature précisément parce qu’il y en avait un trop grand nombre qui ne sortaient que de celle des hommes.

Quoi qu’il en soit, cette mauvaise réputation de la salamandre, qui n’aurait guère le droit de régner que parmi les mouches et les autres insectes, s’est conservée dans nos campagnes. La salamandre est rangée presque partout par les paysans parmi les animaux les plus venimeux, et quand on en découvre quelqu’une on s’en débarrasse aussitôt avec une sorte d’horreur. Elle ne mérite cependant pas une réprobation plus énergique que le crapaud, car à l’égard des mœurs et de son venin elle est presque en tout pareille.

Mais cette faculté d’empoisonnement n’est que la moindre merveille de la salamandre. Sa plus fameuse propriété est d’éteindre le feu ; et l’on a vu au Moyen Age des savants qui, se fondant sur cette antipathie naturelle, prétendaient éteindre les incendies en jetant au milieu des flammes des salamandres. Ce préjugé a ses racines dans l’Antiquité. « La salamandre, dit Pline, est un animal si froid que rien qu’à toucher le feu il l’éteint comme le ferait de la glace. » Aristote enseigne à peu près la même chose, mais avec plus de réserve : « Cet animal, dit-il, à ce que l’on prétend, éteint le feu lorsqu’il y entre. »

Il y a là quelque vérité, mais il faut la bien préciser pour ne s’y point méprendre. Il est certain que si l’on met une salamandre sur quelques charbons, comme il se dégage immédiatement de son corps cette humeur laiteuse dont nous avons parlé, les charbons qui la touchent, s’ils ne sont pas trop forts et trop ardents, s’éteignent promptement ; mais cela ne tient nullement à la froideur de l’animal, car cette humeur serait toute chaude qu’elle n’éteindrait pas moins le feu sur lequel elle se répandrait, comme l’eau qui n’éteint pas moins le charbon quand elle est bouillante que quand elle est à la glace.

Mais de ce fait si simple, grâce aux exagérations de la théorie des sympathies et des antipathies, si puissante dans l’ancien état de la science, est sortie l’idée que la nature de la salamandre était antipathique à celle du feu, et de là la persuasion que la salamandre repoussant absolument le feu, cet agent ne saurait la consumer. Telle a été l’opinion vulgaire au Moyen Age ; et, pour la détruire, il a fallu que les savants de la Renaissance se livrassent à cet égard à des expériences positives.

Mathiole rapporte qu’il vit une salamandre mise dans un brasier et brûlée en très peu de temps. Picrius et Amatus font des déclarations semblables. Galien, chez les anciens, avait observé la même chose, car il dit que la salamandre supporte à la vérité l’action du feu, mais qu’elle finit bientôt par y être consumée ; et il recommande même ses cendres comme un médicament utile.

Certes, une si grande autorité aurait dû mettre entrave à l’exagération ; mais le merveilleux, une fois né, s’arrête rarement avant d’être parvenu au terme de la carrière. L’incombustibilité de l’animal une fois implantée de cette manière dans les imaginations, on a oublié bien vite la pauvre petite salamandre des fossés et des caveaux humides, et l’on est allé jusqu’à donner à l’animal lui-même une organisation franchement fantastique. On lui a attribué le feu pour séjour habituel, comme l’eau aux poissons ou l’air aux papillons ; on a voulu qu’il y puisât sa nourriture ; on lui a fait souffler et vomir la flamme ; on lui a supposé des ailes pour se mouvoir plus à l’aise dans cet élément subtil ; on lui a ôté son humble figure, et on en a fait un dragon : voilà la généalogie de cette furieuse salamandre du blason de François Ier.

téléchargement (6)Il se conçoit que l’on ne se soit pas arrêté en si beau chemin. Les voyageurs, qui pouvaient prétendre avoir rencontré des salamandres aux pays lointains, n’avaient pas à se faire grand scrupule de rapporter des preuves matérielles de leur mensongère trouvaille. Aussi vit-on circuler pendant un temps, dans le commerce des curiosités naturelles, des étoffes faites avec de la laine de salamandre : on en était venu à donner de la laine à ce dragon. Cette laine, ou plutôt encore cette soie, était blanche, fine, d’une assez grande souplesse, et résistait en effet parfaitement bien à l’action du feu le plus ardent. On pouvait en faire des tissus, et, à l’aide de ces tissus, braver non pas la violence du feu, mais le danger de voir les vêtements s’enflammer au simple contact de la flamme : aussi la laine de salamandre eut-elle un moment une célébrité rare.

Le fait est que si l’on avait dû juger de l’incombustibilité de la salamandre d’après celle de cette prétendue laine, il aurait fallu regarder l’animal comme réellement doué de la propriété prodigieuse que le vulgaire lui attribuait. Mais cette substance provenait-elle réellement d’un animal ? Là était la question, et, malheureusement pour les amis du merveilleux, il s’est trouvé que la laine de salamandre était tout simplement un minéral filamenteux bien connu des naturalistes, et connu même des anciens sous le nom d’asbeste.

 

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Produire BIO. En France

Posté par francesca7 le 2 mai 2014

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Des plantations de nectarines et d’abricots à n’en plus finir. Des cerisiers et des pommiers à perte de vue. Et, au bout d’un sentier, une pancarte qui annonce : « Le temps bio ». Au-dessous, on peut lire : « Agriculture biologique : je protège mon environnement ». Nous sommes, ici, en territoire protégé, en plein coeur de la vallée de la Têt, à Saint-Féliu-d’Avall, sur l’exploitation de Dominique Courtial. Ce soir, après les travaux des champs, il a convoqué d’autres producteurs, bio comme lui. De retour de Paris, où il s’est rendu au siège du distributeur Biocoop, il a une bonne nouvelle à leur annoncer : « Cette réunion est une belle avancée : la bataille des marges de la grande distribution, nous la remporterons. Ce prix moyen d’achat, nous le fixerons », leur lance-t-il, optimiste.

Ces petits producteurs, à la tête d’exploitations familiales de 2 à 5 hectares, pour la plupart issus de l’agriculture conventionnelle, sont membres deTerroirs bio Languedoc-Roussillon, une association créée en 2003 sous l’impulsion d’Alterbio, un bureau de vente et d’expédition associé à Biocoop. L’intérêt ? Écouler, sous une même marque, Couleur Midi, et selon un strict cahier des charges, leur production, à travers 340 magasins en France. « Cette organisation nous assure la possibilité de vivre dignement de notre travail », confie Vincent Mignot.

Ce maraîcher de Thuir, qui produit 150 000 pieds de salades, 30 tonnes de tomates, 25 de concombres, 20 d’aubergines, 15 de céleri, et même des blettes, du chou-rave et du fenouil, se souvient, il y a vingt ans, de sa décision de se lancer dans le bio : « On nous traitait de fous, personne n’y croyait. Et surtout pas les banques.  » Depuis, les temps ont changé : la filière a fructifié et nombreux sont les candidats à vouloir les rejoindre. »Nous accompagnons 30 à 40 conversions chaque année », confie Patrick Marcotte, à la tête de Civam bio 66, l’association qui, chargée de promouvoir l’agriculture biologique dans les Pyrénées-Orientales, fédère 300 producteurs. »Ceux qui ne sont attirés que par des raisons économiques ne tiennent pas longtemps », prévient-il.

Ingéniosité. 

images (17)L’agriculture biologique est une lutte quotidienne, un combat acharné contre les éléments naturels. Autant dire que, cette année, Dame nature n’a pas été tendre : il y a eu les inondations automnales, les neiges hivernales, le gel tardif du printemps. Et c’en était fini des pieds de salades et brocolis de Jacques Ey, producteur à Banyuls-dels-Aspres. « Sans produits chimiques et pesticides comme béquilles, nous sommes plus vulnérables aux attaques », dit-il. Jacques aurait pu baisser les bras. Et pourtant, il croit dur comme fer à sa petite affaire. »Comme ces marins qui malgré les tempêtes aiment la mer, nous aimons notre terre », justifie-t-il. Vincent Mignot, plus rationnel : « En vingt ans, il n’y a pas eu le moindre signe d’essoufflement, juste quelques petits phénomènes conjoncturels, ici et là. »

Alors, les producteurs bio retroussent leurs manches sans moufter. Et même, cela leur plaît. »Dans l’agriculture conventionnelle, nous appliquions machinalement les calendriers de production, pondus par la chambre d’agriculture et les fabricants de pesticides. Notre métier n’avait plus de sens, déplore Vincent Mignot.En agriculture biologique, les défis sont permanents et notre savoir-faire est constamment sollicité. » Pour venir à bout des ravageurs, ils ont trouvé l’Amblyseius swirskii, un acarien, prédateur de thrips, une petit cigale dévastatrice, et l’Aphidius colemani, la star des parasitoïdes. Voilà deux ans, en coopération avec le réseau d’expérimentation transfrontalier Redbio, Vincent Mignot a accueilli des populations de Tuta absoluta, un ravageur de solanacées qui fait des miracles.

Préservation. 

Et puis, il y a ces méthodes pleines de bon sens, des anciens, qu’ils se sont réappropriées. A commencer par la rotation des cultures, qui protège les sols des maladies, et la solarisation triennale, dont Vincent Mignot est un expert : « Elle permet de diminuer sensiblement le stock de graines adventices et de limiter les pathogènes », assure-t-il. Hier, il a fait le plein en eau de sa parcelle en prévision du jour où l’ensoleillement sera le plus fort : il la couvrira alors d’un film plastique qui chauffera le sol et anéantira les indésirables. Tous ont compris la nécessité de replanter des haies pour protéger leurs vergers des vents et attirer de nouveaux prédateurs, comme les mésanges bleues, capables d’anéantir jusqu’à 15 kilos d’insectes. »Ecoutez donc ce battement d’ailes, se félicite Alain Pigeon, au milieu de ses 3 hectares de terres maraîchères, à Argelès-sur-Mer. Cela signifie que mes nichoirs ont bien fonctionné. » Au déversement systématique d’engrais et de pesticides ils ont préféré le laisser-faire et l’observation. Et ne le regrettent pas : « La nature est bien faite et nous y sommes plus attentifs », ajoute Alain Pigeon, fier de participer à la préservation de l’environnement. »La filière bio, nous l’exploitons jusque sous nos serres, assure Vincent Mignot,l’arrosage se fait au goutte-à-goutte et nos tuteurs sont couverts de ficelle biodégradable. » L’avenir ? Ils l’envisagent avec optimisme. »Avec cette agriculture pleine d’espoirs, nous pouvons nous projeter », assurent-ils. Dominique Courtial vient d’intégrer une Amap pour développer des circuits courts ; Alain Pigeon, lui, projette de lancer une nouvelle production de plantes aromatiques et médicinales ; Vincent Mignot, d’accroître ses productions. Cette année, il a même monté de nouvelles serres, avec l’aide… de son banquier.

images (18)Le boom du bio

En agriculture biologique, on comptait 25 producteurs, en 1980, dans le département. Aujourd’hui, ils sont 500. Avec 2200 exploitations, 74596 hectares (dont 48 316 certifiés bio et 26280 en conversion), 8% de sa surface agricole en bio, le Languedoc-Roussillon est la deuxième région bio en France. C’est aussi le premier vignoble bio, avec 1000 viticulteurs et 16500 hectares de vignes, et la première région de production pour les fruits à noyaux: en 2013, la production régionale d’abricots, pêches et nectarines devrait atteindre 6000 tonnes. Parmi les légumes, il existe des produits leaders comme la salade, dont 10 millions de pieds sont produits chaque hiver.

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l’Environnement Bourguignon : La faune

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

 

images (18)Dans les terroirs de bocages , constitués depuis le Moyen âge et présents surtout dans le sud de la région, les haies vives hébergent de nombreux oiseaux, insectes, mammifères et reptiles, qui y trouvent à la fois le gîte et le couvert.

Campagnols, musaraignes, hérissons et même renards s’y rencontrent communément ; des prédateurs ailés, tels que pies-grièches, huppes fasciées ou buses variables profitent de la richesse du milieu.

La tombée du jour marque le début du ballet des chauve-souris : vous aurez peut-être la chance d’apercevoir le petit rhinolophe dans sa quête nocturne de moustiques, de papillons et d’araignées. Ne le dérangez pas : son espèce est en régression.

Dans les zones de culture , les perdrix grises, les cailles des blés, les grives, les alouettes, les busards cendrés, les lapins de garenne et les lièvres sont encore visibles, même s’ils souffrent tous de la mécanisation agricole.

Dans les forêts du Châtillonnais, du Tonnerrois ou des Bertranges, dans la Nièvre, les cervidés sont très nombreux. On vient les entendre au moment du brame au début de l’automne. S’il est exceptionnel de croiser un cerf et des biches, il est en revanche facile de rencontrer des chevreuils. Renards, sangliers et chats sauvages sont les hôtes de ces bois, tout comme les mésanges, sitelles, troglodytes et autres grimpereaux.

De la Loire à la Saône et ses plaines inondables, des étangs de la Bresse à ceux de la Puisaye et aux sources de la Seine, les milieux humides sont le lieu de rassemblement de milliers d’oiseaux migrateurs. Ces espaces naturels, fragiles, sensibles aux intrusions humaines, méritent d’être respectés et préservés. Sur les grèves de la Saône, il est possible d’observer les courlis cendrés et les râles des genêts.

Les étangs et marais sont fréquentés par grèbes et canards de surface (colverts) ou plongeurs (fuligules) ; échassiers (hérons, bécassines), passereaux et petits rapaces (busards des roseaux, milans) abondent. à partir des lieux d’observation aménagés sur les berges, ou depuis votre embarcation en naviguant sur les canaux, vous observerez à loisir les habitants à plumes des roselières. Vous serez ébloui par l’élégance des aigrettes, la vivacité des martins-pêcheurs et l’habileté du balbuzard pêcheur. Ne négligez pas pour autant une gent ailée plus modeste, celle des libellules et agrions. Pensez aussi à écouter, les soirs d’été, le concert improvisé des rainettes et crapauds.

Pas moins de 40 espèces de poissons fréquentent les eaux de la région, témoignant ainsi de leur qualité.

Les rivières aux eaux vives et fraîches, telles que l’Ouche, la Tille et la Bèze, sont peuplées de truites fario et d’écrevisses (dont la pêche est interdite dans la région) ; les bras calmes de la Loire abritent des brochets, et la Saône le géant silure.

Les saumons et les lamproies viennent de nouveau se reproduire dans la Loire et l’Allier.

Les étangs et les lacs (il y en a, dit-on, près de 5 000 en Bourgogne), quant à eux, sont le royaume des carpes et des poissons blancs, tandis que les canaux sont appréciés des sandres et des gardons.

images (17)Les berges de la Loire sont habitées par les castors, qui se nourrissent de feuilles et d’écorce. Travailleurs acharnés, ils érigent de véritables barrages de branchages, ouvrages d’art qui leur servent d’abri. De nombreux étangs et rivières de Bourgogne abritent d’autres rongeurs, les tristement célèbres ragondins. Importés d’Amérique du Sud, ils se sont multipliés dans un environnement favorable. Leurs terriers sapant les berges, ils sont aujourd’hui considérés comme nuisibles. En revanche, les loutres ont pratiquement disparu.

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Salamandre et son histoire

Posté par francesca7 le 1 février 2014

220px-Nutrisco_et_extinguo_Salamandre_de_François_I_AzayLa salamandre, pour la définir tout de suite familièrement, est une sorte de crapaud ayant une queue. Les mœurs de cet animal ne présentent aucune propriété extraordinaire, et cependant, sur la foi de quelques observations d’une très faible portée, il s’est accumulé peu à peu autour de son nom une réputation immense, notamment celle de posséder la vertu d’éteindre le feu.

Lorsqu’on blesse ou qu’on irrite ce petit animal, il suinte de sa peau, visqueuse comme celle du crapaud, une humeur laiteuse, amère, d’une odeur forte et tout à fait repoussante. Cette propriété est fort simple, et évidemment destinée dans le plan de la nature à écarter de lui les ennemis que la paresse de sa marche ne lui permet pas de fuir. C’est là cependant ce qui est devenu le principe de toutes les fables qui se sont répandues sur le compte de la salamandre.

D’abord, il est incontestable que cette humeur est légèrement vénéneuse : elle fait périr, en effet, les insectes et les petits animaux ; mais on s’est assuré, par des expériences positives, qu’elle est sans aucune action délétère sur l’homme et sur les animaux d’une certaine taille. Cependant, chez les anciens, son poison a passé pour un des plus redoutables du monde. Pline assure qu’il suffit que la salamandre ait touché un fruit en passant pour que ce fruit se change aussitôt en un poison violent. Je croirais volontiers que dans l’empire romain on en était venu à forger une multitude de poisons que l’on rapportait à la main de la nature précisément parce qu’il y en avait un trop grand nombre qui ne sortaient que de celle des hommes.

Quoi qu’il en soit, cette mauvaise réputation de la salamandre, qui n’aurait guère le droit de régner que parmi les mouches et les autres insectes, s’est conservée dans nos campagnes. La salamandre est rangée presque partout par les paysans parmi les animaux les plus venimeux, et quand on en découvre quelqu’une on s’en débarrasse aussitôt avec une sorte d’horreur. Elle ne mérite cependant pas une réprobation plus énergique que le crapaud, car à l’égard des mœurs et de son venin elle est presque en tout pareille.

Mais cette faculté d’empoisonnement n’est que la moindre merveille de la salamandre. Sa plus fameuse propriété est d’éteindre le feu ; et l’on a vu au Moyen Age des savants qui, se fondant sur cette antipathie naturelle, prétendaient éteindre les incendies en jetant au milieu des flammes des salamandres. Ce préjugé a ses racines dans l’Antiquité. « La salamandre, dit Pline, est un animal si froid que rien qu’à toucher le feu il l’éteint comme le ferait de la glace. » Aristote enseigne à peu près la même chose, mais avec plus de réserve : « Cet animal, dit-il, à ce que l’on prétend, éteint le feu lorsqu’il y entre. »

Il y a là quelque vérité, mais il faut la bien préciser pour ne s’y point méprendre. Il est certain que si l’on met une salamandre sur quelques charbons, comme il se dégage immédiatement de son corps cette humeur laiteuse dont nous avons parlé, les charbons qui la touchent, s’ils ne sont pas trop forts et trop ardents, s’éteignent promptement ; mais cela ne tient nullement à la froideur de l’animal, car cette humeur serait toute chaude qu’elle n’éteindrait pas moins le feu sur lequel elle se répandrait, comme l’eau qui n’éteint pas moins le charbon quand elle est bouillante que quand elle est à la glace.

Mais de ce fait si simple, grâce aux exagérations de la théorie des sympathies et des antipathies, si puissante dans l’ancien état de la science, est sortie l’idée que la nature de la salamandre était antipathique à celle du feu, et de là la persuasion que la salamandre repoussant absolument le feu, cet agent ne saurait la consumer. Telle a été l’opinion vulgaire au Moyen Age ; et, pour la détruire, il a fallu que les savants de la Renaissance se livrassent à cet égard à des expériences positives.

Salamandre et son histoire dans FAUNE FRANCAISE 220px-FeuersalamanderMathiole rapporte qu’il vit une salamandre mise dans un brasier et brûlée en très peu de temps. Picrius et Amatus font des déclarations semblables. Galien, chez les anciens, avait observé la même chose, car il dit que la salamandre supporte à la vérité l’action du feu, mais qu’elle finit bientôt par y être consumée ; et il recommande même ses cendres comme un médicament utile.

Certes, une si grande autorité aurait dû mettre entrave à l’exagération ; mais le merveilleux, une fois né, s’arrête rarement avant d’être parvenu au terme de la carrière. L’incombustibilité de l’animal une fois implantée de cette manière dans les imaginations, on a oublié bien vite la pauvre petite salamandre des fossés et des caveaux humides, et l’on est allé jusqu’à donner à l’animal lui-même une organisation franchement fantastique. On lui a attribué le feu pour séjour habituel, comme l’eau aux poissons ou l’air aux papillons ; on a voulu qu’il y puisât sa nourriture ; on lui a fait souffler et vomir la flamme ; on lui a supposé des ailes pour se mouvoir plus à l’aise dans cet élément subtil ; on lui a ôté son humble figure, et on en a fait un dragon : voilà la généalogie de cette furieuse salamandre du blason de François Ier.

Il se conçoit que l’on ne se soit pas arrêté en si beau chemin. Les voyageurs, qui pouvaient prétendre avoir rencontré des salamandres aux pays lointains, n’avaient pas à se faire grand scrupule de rapporter des preuves matérielles de leur mensongère trouvaille. Aussi vit-on circuler pendant un temps, dans le commerce des curiosités naturelles, des étoffes faites avec de la laine de salamandre : on en était venu à donner de la laine à ce dragon. Cette laine, ou plutôt encore cette soie, était blanche, fine, d’une assez grande souplesse, et résistait en effet parfaitement bien à l’action du feu le plus ardent. On pouvait en faire des tissus, et, à l’aide de ces tissus, braver non pas la violence du feu, mais le danger de voir les vêtements s’enflammer au simple contact de la flamme : aussi la laine de salamandre eut-elle un moment une célébrité rare.

Le fait est que si l’on avait dû juger de l’incombustibilité de la salamandre d’après celle de cette prétendue laine, il aurait fallu regarder l’animal comme réellement doué de la propriété prodigieuse que le vulgaire lui attribuait. Mais cette substance provenait-elle réellement d’un animal ? Là était la question, et, malheureusement pour les amis du merveilleux, il s’est trouvé que la laine de salamandre était tout simplement un minéral filamenteux bien connu des naturalistes, et connu même des anciens sous le nom d’asbeste.

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Développement de la cigale en France

Posté par francesca7 le 6 novembre 2013


Développement de la cigale en France dans FAUNE FRANCAISE 220px-Cigale-au-repasLa phase embryonnaire de la cigale

Toute vie commence par un œuf. Celui, ou plutôt ceux produits par les cigales sont pondus par les femelles à l’intérieur de végétaux vivants ou morts. Ils y sont regroupés en sortes de petites chambres ou logettes. Selon les espèces, celles-ci peuvent être séparées ou non en deux, formant alors deux cellules ou locules. Le nombre d’œufs par logette carie selon les espèces, mais ne dépasse généralement pas la vingtaine. C’est ainsi, serrés en quinconce les uns contre les autres, que les œufs se développent. De ceux-ci on ne connaît presque rien, les stades embryonnaires n’ayant jamais été décrits. A l’abri dans la moelle des végétaux, les œufs souffrent pourtant d’une double prédation, l’une naturelle, l‘autre due à l’activité humaine. Ils sont en effet sensibles aux attaques de différents parasite,s en particulier celles d’autres insectes, tels les très petits hyménoptères charcidiens qui trouvent dans les œufs de cigales des hôtes pour le développement de leur propre progéniture.

De plus, certains acariens s’en repaissent. Le fauchage des bords de routes ou des friches par l’homme annule également toutes les chances de développement. Les feux de forêt, dont la fréquence correspond aux pontes des cigales, sont fatals aux œufs. Cependant, s’ils n’ont lieu que tous les trois à cinq ans, les populations arriveront à se maintenir et c’est même dans les brûlis que l’on trouve parfois le plus de cigales. La phase embryonnaire aboutit à l’éclosion des œufs qui donne naissance à une larvule dont la grandeur n’atteint pas les 2 mm. Celle-ci effectuera sa première mue sur le seuil de son hôte végétal et se laissera tomber au sol avant de s’enfouir et de commencer une longue et laborieuse période larvaire.

La phase larvaire et la métamorphose

De toutes les phases, c’est la plus longue. La cigale de l’Orne (cicada orni) peut passer de deux à dix ans sous terre, tandis qu’une espèce nord-américaine (Magicicada septemdecim) se nourrit de la sève de racines pendant 17 ans. La durée de cette phase n’est pas encore bien comprise, mais différentes hypothèses sont proposées : importance des conditions climatiques, disponibilité des ressources alimentaires, action d’un parasite prédateur ayant lui-même un cycle à durée fixe ou encore conséquence des périodes glaciaires. En France, les durées sont totalement inconnues pour la plupart des espèces. Quoi qu’il en soit, durant ces longues années, les larves qui sont aveugles creusent des galeries à partir desquelles elles aménagent des logettes situées à proximité d’une racine dont elles ponctionneront la sève. Leurs pattes sont adaptées aux travaux souterrains et l’urine sert de ciment aux particules de terre excavées. Les larves peuvent s’enfouie à plusieurs dizaines de centimètres de profondeur, évitant ainsi la zone du sol gelée durant l’hiver.

Cinq mues rythment cette phase. La première, s’effectue avant l’entrée en terre alors que la dernière, souterraine, annonce la période dite nymphoïde préparant la larve à sa sortie et à sa métamorphose qui la transformera en adulte ailé. De fait, les cigales appartiennent  aux insectes dits hémimétaboles, le passage de l’état larvaire à l’état imaginal se réalisant en une seule étape puisqu’il n’existe pas de nymphe véritable comme, par exemple, chez les papillons. Ainsi, la larve ayant effectué son développement sort de terre au début de l’été. Elle cherche alors un support végétal herbacé ou arboré et, fixée par ses deux pattes antérieures, commence sa métamorphose. Cette ultime mue débute toujours par un déchirement de la cuticule selon une ligne sagittale dorsale, appelée ligne ecdysiale. Puis, peu à peu, tout d’abord tête en bas, l’insecte sort de sa dépouille larvaire ou exuvie. Enfin, libéré totalement de son ancienne enveloppe, il reste immobile durant trois longues heures, temps nécessaire au durcissement de sa nouvelle cuticule. C’est là un instant critique qui fait de la cigale une proie facile pour d’autres prédateurs tels que les guêpes, les oiseaux ou encore l’homme qui s’en nourrissait au temps de la Grèce antique et qui les cuisine encore dans de nombreuses régions du monde.

Par ailleurs, cette pression de prédation pourrait être une des raisons pour lesquelles nombre d’espèces se métamorphosent la nuit. Néanmoins, le soleil couché, les chauves-souris, dont l’action prédatrice n’ a pas encore été estimée, s’en nourrissent peut-être aussi ; toujours est-il que si la métamorphose se déroule bien, sans ailes atrophiées comme on l’observe souvent, elle donne naissance à une cigale qui hantera pour deux à trois semaines les collines méditerranéennes.

cigales-accouplement dans FAUNE FRANCAISELa phase imaginale : le « chant », l’accouplement, la ponte.

Après leur transformation, mâles et femelles s’alimentent : tout comme les larves, ils piquent les végétaux à l’aide de leur trompe ou rostre et prélèvent quelques gouttes de sève. Les cigales n’ont pas de préférences alimentaires pour certaines essences végétales et les ponctions qu’elles leur infligent ne leur sont en aucune manière néfastes en France.

C’est également quelque temps après leur sortie de terre que les mâles, et uniquement eux, commencent à produire un chant, ou à plus proprement parler, une cymbalisaiton. Les poètes et les félibres en firent une musique alors que d’autres la qualifièrent de méchant bruit. C’est notamment le cas du célèbre naturaliste Jean-Henri Fabre qui nous présente la manifestation la plus audible de la biologie des cigales de manière bien peu élogieuse :

« …. Et là, du lever au coucher du soleil, elle me martèle de sa rauque symphonie.

Avec cet étourdissant concert, la pensée est impossible ; l’idée tournoie, prise de vertige, incapable de se fixer [ …]

Ah ! Bête ensorcelée, plaie de ma demeure que je voudrais si paisible, on dit que les Athéniens t’élevaient en cage pour jour à l’aise de ton chant. Une, passe encore, pendant la somnolence de la digestion ; mais des centaines bruissant à la fois et vous tympanisant l’ouïe lorsque la réflexion se recueille, c’est un vrai supplice ! »

 Quelle que soit sa qualité mélodieuse, cette production sonore est une invitation à l’adresse des femelles pour s’accoupler. Il s’agit donc avant tout d’un appel sexuel. Celui-ci est produit par un appareil unique en son genre il est constitué d’une paire de cymbales abdominales à laquelle sont associées des membranes accessoires, des volets protecteurs et une vaste chambre résonnante logée dans l’abdomen. Les cymbales se présentent comme une fine plaque parcheminée vibrante renforcée par des baguettes rigides, dont le nombre et l’arrangement sont propres à chaque espèce. De puissants muscles déforment chacune de ces baguettes, provoquant à chaque fois un petit claquement. Leur contraction très rapide produit ainsi le « chant ». Les cymbalisations montrent une extraordinaire diversité. En effet, à partir d’un appareil aux principales modalités de structure et de fonctionnement communes, les quinze espèces françaises et les quelque 3 000 autres espèces vivant de par le monde, produisent toutes des signaux sonores différents. Intensité, fréquence et composition temporelle différent en effet entre chaque espèce.

En France, on connaît bien sûr la célèbre ritournelle de la cigale de l’orne ou bien les accents modulés par les mouvements oscillants de l’abdomen de la cigale grise. En revanche, les longs et monotones grésillements émis par les six espèces du genre Tibicina le sont un peu moins. Les rapides motifs produits t^te en bas par la cigale noire n’appartiennent pas vraiment à notre image sonore de la Provence alors qu’elles envahissent pourtant les bas-côtés d’autoroutes et les ronds-points des communes du sud-est continental. Le rythme de la petite cigale tambour est-il aussi connu que son nom vernaculaire semble le faire croie ? Et que dire des productions sonores très aiguës des petites espèces ?

Tettigetta pygmea forme des chœurs dans les chênes, tandis que les communes cicadetta montana et cicadetta fangoana produisent une cymbalisation continue terminée par un léger point final. Du rythme de la symbalisation, on dit qu’il ressemble au caquètement des poules, mais très aigu, il s’en distingue aisément. Enfin, l’appel de cicadetta cerdaniensis est si discret que personne n’y avait prêté attention jusqu’à l’année 2000, date de sa découverte.

 Néanmoins, toutes ces descriptions ne reflètent que notre propre interprétation agrémentée d’un brin d’imagination. Elles ne sont pas suffisantes à une description rigoureuse. Pour cela, il est nécessaire d’utiliser les outils développés par la bioacoustique. Les onogrammes permettent alors de décrie objectivement les sons produits par les cigales. Leur comparaison permet de déterminer avec sécurité l’espèce enregistrée, parfois sans même l’avoir vue. Les cymbalisations ne sont produites que pour une température minimale de 24-25° C et nuages ou vent violent les interrompent. Lors de leur appel, les mâles adoptent une posture particulière parfois spécifique. Certaines espèces cambrent abdomen laissant voir une partie de l’appareil cymbalique. D’autres lèvent plus ou moins les ailes au-dessus du corps jusqu’à atteindre une positon dite « en ailes de mouches » comme chez par exemple les espèces du genre Tibicina. Qui plus est, les cigales présentent deux stratégie s d’appel : la première consiste à répéter inlassablement le même signal au même poste à l’exemple de Tettigetta pygmean, l’autre consiste à produire quelques signaux et à changer de lieu d’appel à chaque fois, comme on l’observe chez Cicadetta montana ou Cicadetta cerdamiensis.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsConduite par l’appel des mâles, les femelles viennent à leur rencontre. On ne sait si les cymbalisations de plusieurs mâles environnants sont le support d’une sélection sexuelle, c’est à dire si les femelles opèrent un choix en fonction de la « qualité » des cymbalisations. Lorsqu’enfin deux individus de sexe opposé ne sont plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, les mâles de certaines espèces, à l’instar de celles du genre Tibicina, produisent des signaux sonores dits de cour. En général, plus brefs et plus modulés en intensité que les signaux d’appel, ils permettent à la femelle de localiser précisément les mâles dans l’entrelacs des branches ou des tiges. Au moment du contact, le mâle se place sur l’un des côtés de la femelle, qu’il maintient par ses pattes antérieures. Les deux individus ainsi positionnés s’accouplent. La posture, en forme de « V » est gardée durant environ vingt minutes, puis les partenaires se séparent.

Le mâle s’envole et recommence à cymbaliser pour tenter de s’accoupler une nouvelle fois tandis que la femelle récemment fécondée cherche un support pour y introduire ses œufs.  Là encore, il n’existe pas d’hôte végétal spécifique. A l’aide de son ovipositeur en forme de tarière, la femelle fore l’écorce végétale et dépose ses œufs dans les logettes précédemment décrites. Ce travail, que seules les femelles de Cicadatra atra et Tittigella pygmea accomplissent régulièrement la t^te en bas, peut demander plusieurs dizaine de minutes durant lesquelles les femelles, immobiles, constituent de nouveau des proies de choix. Les femelles meurent peu après la ponte mais les œufs, dans le végétal, donneront naissance à une nouvelle génération de cigales adultes dans deux ou..   dix ans.

Par Jérôme Sueur et Stéphane Puissant. Au courrier de la nature.

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