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Répartition des étrangers de 1851 à 1911

Posté par francesca7 le 17 avril 2013

 

24 302 Suisses, sans oublier de très nombreux juifs (non dénombrés comme tels).

La plupart des étrangers s’établissement en ville. 57 % des Italiens et 58 % des Espagnols sont des hommes, et seulement 44 % des Allemands et 42 % des Anglais. Presque tous sont jeunes, donc actifs et laborieux. Ils travaillent peu dans l’agriculture, comme ouvriers agricoles et plus souvent saisonniers que permanents. On compte, chaque année, 50 000 Belges pour les moissons du Bassin parisien et autant d’Italiens dans le Midi pour la récolte des raisons et des olives. La plupart choisissent l’industrie, le commerce, le transport, la domesticité où ils assurent les tâches délaissées par les Français : mineur, maçon manutentionnaire, serveur, bonne, femme de ménage ou de chambre…. Leurs « concurrents », français de souche, autour de Lille, Marseille, Paris et des mines du Midi leur reprochent d’accepter de travailler à vil prix et de faire baisser les salaires, voire de devenir délinquants. Cette xénophobie entraîne parfois des rixes, et même des massacres (Aigues-Mortes, 1893). Leur intégration, annonçant leur assimilation rapide, passe le plus souvent par le mariage avec un Français, d’autant plus que la plupart des étrangers sont jeunes et célibataires ; pour les trois-quarts d’entre eux, ils épousent « français », et leurs enfants davantage encore.

Répartition des étrangers de 1851 à 1911 dans AUX SIECLES DERNIERS arrete

En conclusion, en 1914, et selon le recensement de 1911, dont les résultats ont été publiés en 1913, la France compte 39 602 258 habitants, dont 5 millions vivent dans les villages de moins de 500, 18,5 millions dans les communes entre 500 et 5 000 habitants et 16 millions dans les plus peuplées. Cette population est dispersée et mal répartie. Si, entre 1808 et 1866, l’Ouest restait très peuplé et le Sud-Est peu peuplé, en 1914 l’Ouest se dépeuple et le Sud Est et les régions du Nord de la France se sont largement peuplées. Un quart de la population française se concentre dans les départements de la Seine, de la Seine et Oise, du nord, du Pas de Calais, de la Seine Inférieur (Maritime), du Rhône et de la Gironde. Au Nord Ouest, seule est peuplée la région de Rouen ; à l’Ouest, seule la région de Nantes ; au Sud Ouest celle de Bordeaux ; au Sud Est, celles de Lyon et Marseille.

 La population est très faible dans les Hautes et Basses-Alpes, l’Ariège  , le Territoire de Belfort, la Lozère, le Tarn et Garonne, la Corse, les Landes. Quant à la mobilité croissante, elle concerne plus les migrations intérieures des campagnes vers les villes que les migrations internationales, les étrangers en France étant, depuis des siècles, plus nombreux que les Français à l’étranger. Face à 65 000 000 d’Allemand, la France ne possède que 40 000 000 d »’habitant et a perdu la suprématie démographique et politique qu’elle avait jusqu’à l’Empire. Sa population a peu de jeunes, beaucoup de vieux, beaucoup d’actifs et beaucoup de ruraux.

 

L’exode rural a deux formes : le modèle normand ou aquitain où il y a à la fois dépopulation naturelle et immigration, et le modèle breton et vendéen (voir auvergnat) où la forte natalité entraîne et alimente une migration intensive surtout vers l’agglomération parisienne. Il faut souligner la primauté du Nord, et avant tout de la région parisienne. En dépit de cet exode rural massif mais varié, il n’y a pas de « désert français » en 1914 ; la France rurale l’emporte encore sur la France urbaine, qui va en triompher définitivement après la première guerre mondiale, tombeau des paysans, au sens propre comme au sens figuré.

 A la faveur de leur émancipation de 1791, les communautés juives de France s’accroissent et se répandent (ils passent de 50 000 à 100 000). En Alsace-Lorraine, où ils sont 50 000 en 1868, ils quittent leurs ghettos campagnards et s’installent dans des villes qui leur étaient autrefois interdites : Strasbourg, Belfort, Mulhouse. Ils vont en Franche Comté (Dôle, Besançon), en Bourgogne (Dijon). Les juifs du Midi quittent le Comtat pour Lyon et Marseille (où il sont 4 000 à la fin du siècle). Les juifs de Paris sont 550 à la Révolution,  2 600 sous l’Empire, 8 000 en 1840,  30 000 en 1870, 40 000 en 1900. D’origine, ils sont bordelais, messins, avignonnais, mais ils sont submergés par les Alsaciens après l’annexion allemande. Après 1914, les juifs d’origine française deviennent minoritaires à l’arrivée des juifs russes, polonais et roumains qui fuient les pogroms et croient trouver, dans l’entre-deux-guerres, la paix et la liberté entre Belleville et la rue des Rosiers. En 1942, quand commence la « Solution finale » les juifs sont au nombre de 300 000. le temps du triomphe des Rothschild, des Péreire, des Fould, des Worms, des Rachels et des Offenbach est fini : l’affaire Dreyfus a réveillé l’antisémitisme latent des Français, et Adolf Hitler a su en profiter : 70 000 juifs de France mourront en déportation….

 Les communautés juives d’Afrique du Nord, présentes depuis l’époque carthaginoise, nombreuses à Kairouan, Constantine, Tlemcen, Alger et Fès sont heureuses de l’arrivée des Français à partir de 1830 : ils obtiennent la nationalité française (décret Crémieux, 1870). En 1962, ils étaient 140 000 en Algérie, 105 000 en Tunisie et 225 000 au Maroc. Si, depuis 1948, une bonne partie a émigré vers Israël, les autres sont revenus en France après 1962.

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Les Français dans le monde en 1911

Posté par francesca7 le 17 avril 2013

 

Des ouvriers parisiens vaincus pendant les « journées de Juin » en 1848, sont envoyés à El Affroun, Bou Roumi, Marengo, dans la Mitidja, la Ferme, Pontéba, dans le Chétif, mais leur pauvreté, leur inaptitude agricole, leur démoralisation, l’insalubrité entraînent parfois paludisme et choléra et rendent leurs débuts très difficiles. En même temps, la colonisation officielle continue en ouvrant de nouveaux centres à Alma, Rovigo, Maison-Blanche et en accroissant le peuplement des anciens comme Blida ou Orléansville. Enfin, la colonisation civile s’intensifie favorisée par la création de routes, d’assèchement de lacs, l’irrigation, la forte mécanisation agricole qui pallier au manque de mains d’œuvre. Le peuplement de la Mitidja passe de 2000 à 16 000 personnes entre 1842 et 1856.

 Après 1858, la colonisation officielle se raréfie et la colonisation civile libre triomphe, en dépit de plusieurs catastrophes (sécheresse, sauterelles, séismes, entraînant typhus et famine en 1867), et surtout avec la 3ème République, par l’arrivée des Alsaciens-Lorains en particulier ; au moins 5 000 des 128 000 qui ont effectivement quitté les provinces annexées par le Reich en 1871.

Les Français dans le monde en 1911 dans AUX SIECLES DERNIERS mitidja

 

Pour les autres territoires, le Sénégal voit l’occupation française s’intensifier dès 1816, tout en n’ayant que quelques centaines de colons avant que le général Faidherbe ne commence un véritable peuplement à partir de 1854 : Saint-Louis comptant, par exemple, 1 600 Européens et métis. Les comptoirs du golfe de Guinée, du Grand Bassam, d’Abyssinie et du Gabon ne possèdent que quelques colons. Pas plus de colons dans ceux de Madagascar, essentiellement l’île de Sainte Marie, réoccupés dès la Restauration, ou aux loges de Moka, Surate et La Calle, en Algérie, qui vont servir, on l’a vu, à la conquête systématique de l’Algérie. Ces comptoirs avaient été perdus ou abandonnés depuis la Révolution, ainsi que la Martinique, la Guadeloupe, Saint Pierre et Miquelon, tandis que l’Empire fait perdre définitivement à la France la Louisiane, vendue aux Etats-Unis, Saint Domingue, devenue la république d’Haïti, Sainte Lucie et Tobago entraînant, on le sait, un certain déclin des ports de Bordeaux, de Rouen et de Marseille, au début du 19ème siècle. D’abord timide et ponctuelle, la colonisation s’intensifie sous le Second Empire, sans pour autant entraîner un peuplement important : Nouvelle-Calédonie (1853). Cochinchine (1859 à 1867), Cambodge, qui devient « protectorat » en 1863, contre les éventuelles menaces de ses voisins, Siam et Cochinchine, et surtout l’Algérie.

 Les soldats français envoyés en Crimée (1854), en Italie du nord (1859) et au Mexique (1864) n’ont pas eu le temps de fonder beaucoup de familles sur place, sauf rares exceptions. La colonisation est jugée dangereuse par les premiers gouvernements de la 3ème République qui vient de naître dans le désarroi de la défaite de 1870, de la perte de l’Alsace-Lorraine, et de la révolte des communards, dont les survivants sont envoyés au bagne de Nouvelle-Calédonie, où les plus résistants et les moins découragés feront souche, ou du moins reviendront dans leur Paris natal, telle Louise Michel.

 Les quelques initiatives coloniales sont le fait d’officiers ou d’explorateurs en mal d’aventures et sont couvertes par le gouvernement de Monsieur Thiers, et encouragées secrètement par Bismarck qui a tout intérêt à faire détourner le regard des Français de la « ligne bleue des Vosges ». Jules Ferry reprend une politique coloniale de plus grande envergure, ers la Tunisie et le Tonkin, accessoirement vers le Congo, le Niger et le Pacifique. Mais il reste prudent, se sachant très attaqué par sa droite à cause du coût financier et humain des installations, et sur sa gauche nationaliste parce que la colonisation outre-mer détourne les Français de la revanche sur l’Allemagne ‘et non pas, comme on pourrait le croire, parce qu’elle, la Gauche, refus le principe de la colonisation). Ce n’est qu’après 1890 que la politique coloniale de la France gagne en ampleur et en organisation. L’Ecole coloniale est créé en 1889, l’Armée coloniale en 1893 ; le ministère des Colonies en 1894. Cette technique de colonisation parachève le peuplement de l’Algérie, la conquête de l’Indochine, de Madagascar, l’installation Afrique noire (AOF et AEF), en Tunisie et au Maroc ; les premières résistances au principe apparaissent dans une Gauche socialiste.

 

450px-World_1898_empires_colonies_territory dans AUX SIECLES DERNIERS

 

A la fin du 19ème siècle, en raison de sa faible croissance démographique, la France a dû faire appel à une très forte immigration. Ainsi, les étrangers ont été beaucoup plus nombreux à émigrer en France, que les Français à partir à l’étranger. Malheureusement, en dehors des recensement,s leur étude statistique et historique est rendu difficile par le manque de sources spécifiques, par les changements de frontières imposés par les guerres (en 1860, 700 000 Savoyards et Niçois deviennent Français et, en 1871, 1,5 million d’Alsaciens-Lorrains ne le sont plus) ; par un mauvais contrôle des entrées et des retours (certains étrangers rentrant vite chez eux, même naturalisés), enfin par les naturalisations croissantes qui transforment les étrangers en Français dans les recensements.

 Sous l’Ancien Régime, était étrangère toute personne née en dehors du royaume même de parents français, et française toute personne née en France même de parents étrangers qui, du reste, pouvaient obtenir des « lettres de bourgeoisie », c’est-à-dire « de naturalité » (terme définitivement remplacé par « naturalisation », à la fin du 19ème siècle). Pour encourager l’implantation étrangère, le premier code de la nationalité est adopté en juin 1889 : il donne la préférence au « jus soli » (nationalité acquise par résidence), plutôt qu’au « jus sanguinis » (par filiation) ; ainsi sont françaises les femmes étrangères mariées à des Français, les enfants nés en France de parents étrangers et qui y restent jusqu’à leur majorité et, s’ils souhaitent leur naturalisation, les étrangers qui résident en France depuis 10 ans consécutifs.

 Au début de la 3ème République, on évalue à 1 million le nombre d’étrangers ; en 1914 ; 2 millions sont étrangers, naturalisés ou francisés par mariage ou par naissance (sur 39 600 000 habitants). Nous connaissons les  étrangers presque exclusivement grâce aux recensements ; à partir de 1851, ils signalent la nationalité et l’implantation géographique ; celui de 1891 informe, en plus, sur leur lieu de naissance, leur âge, leur sexe, leur situation matrimoniale et leur profession. Malheureusement, on n’ a pas assez d’éléments pour connaître leur comportement démographie (fécondité, natalité, nuptialité, mortalité) ou leur méthodes d’assimilation comme le mariage avec des Français.

Le traité de Francfort favorise l’installation des Allemands dans l’Alsace-Loraine annexée ; dès 1871, on en recense 78 687 ; en 1910, 17 % des habitants du Reichsland sont d’origine allemande, 59 % sont Prussiens, presque tous Rhénans ; 14 % Bavarois, 13 % Badois et Palatins. A Strasbourg, ils sont 18 000 en 1880 et 60 000 en 1905, sur 180 000 habitants environ (48 000 civils et 13 000 militaires en 1910). L’immigration est encore plus forte à Metz, qui comte, en 1890, 24 664 Allemands contre 21 314 Messins d’origine.

Le groupe étranger le plus important au 19ème siècle est fourni par les Belges (128 100 en 1851 et 482 300 en 1885), mais par suite d’une naturalisation massive, ils ne sont plus que 287 100 en 1914 (soit près du quart de la population étrangère) ; depuis 1901, ils sont dépassés par le groupe qui venait auparavant en deuxième position : les Italiens (63 000 en 1851 et 419 200 en 1911), soit plus du tiers des étrangers. Les Espagnols font moins de 10 % des étrangers et les Suisses beaucoup moins encore. Les Anglais, relativement nombreux au début du siècle, ne sont qu’au sixième range en 1900 ; ils sont nombreux sur les côtes de la Manche et au Pays basque. Les Polonais, qui avaient émigré après leur défaite nationaliste de 1830, sont moins de 10 000 ; les Austro-Hongrois moins de 20 000. les autres groupes sont extrêmement réduits : russes, portugais, scandinaves, turcs, africains, asiatiques. Leur implantation varie peu entre 1831 et 1911, et concerne le département de la Seine et les régions frontalières de leur pays d’origine. En 1851, les départements les plus cosmopolites sont : le Nord (80 875 d’étrangers), la Seine (62 000), les Bouches du Rhône (14 855) et le Var (12 899). En 1881, après le Nord et la Seine viennent aussi la Meurthe et Moselle et le Pas de Calais. En 1911, la Seine a repris la première place. Les Belges s’installent dans les départements frontaliers de leur pays natal ; mais les Italiens, même s’ils préfèrent les départements du Midi, se répandent davantage, jusqu’en Lorraine (plus de 1 000 dans 30 départements en 1891) ; les Espagnols s’installent essentiellement dans le Sud-Ouest aquitain et languedocien. Les autres étrangers sont concentrés à Paris où l’on trouve, en 1911, environ 26 000 Russes, 14 500 Anglais.

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L’évolution des migrations au 19ème siècle

Posté par francesca7 le 12 avril 2013

  

De 1815-1914

 

Après les troubles de la Révolution, les migrations temporaires, saisonnières et internationale reprennent, mais au ralenti. Par exemple, de nombreux Français continuent à s’installer en Espagne, notamment en Nouvelle-Castille (des Cantaliens), jusqu’à la première guerre mondiale. La population française reste pourtant peu mobile et très sédentaire dans la première moitié du 19ème siècle. A part Paris et Bordeaux, la zone de recrutement des grandes villes, et encore plus celle des petites, ne se modifie guère.

L’apogée des migrations temporaires se situe à la moitié du siècle, avec peu de changements par rapport aux courants traditionnels : les scieurs de long du Forez et du Livradois sont de moins en moins nombreux entre 1820 et 1920, et de plus en plus remplacés par des Italiens en raison des bas salaires. L’essor des cultures industrielles donne un nouveau souffle à ces migrations limitées dans le temps et l’espace ; par exemple, l’arrachage des betteraves dans l’Oise attire 12 000 travailleurs en 1900.

La population rurale atteint son apogée vers 1850 avec 27,3 millions d’habitants, les régions les plus densément peuplées étant l’Est, le Bassin parisien, la région lyonnaise et les régions voisines de la Manche, en raison de leur richesse agricole et de leur activité industrielle de complément. Le peuplement rural ne change donc pas fondamentalement entre le Moyen Age et le 20ème siècle, même si les communautés les plus petites se réduisent. Les régions les plus urbanisées sont le Bassin parisien, le littoral de la Manche, la Lorraine du nord et l’Alsace, les dépressions orientales du Massif Central, les axes du Rhône et de la Garonne et le littoral méditerranéen, Bordeaux, Nantes, Clermont et les villes périphériques du Bassin parisien ont tendance à stagner, mais la France est criblée de petites villes très dynamiques.

 Ce tableau change progressivement dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Les migrations temporaires déclinent même si certains colporteurs-fleuristes de l’Oisans sont partis jusqu’en Russie, en Californie, au Mexique, au Pérou, en Argentine et au Brésil pour vendre des sachets de graines et des plants. Au contraire, les migrations saisonnières augmentent en raison de l’essor des cultures des fruits et légumes. Les alentours des villes se peuplent de maraîchers et de jardiniers pour nourrir les citadins de plus en plus nombreux. Ainsi, des Bretons, originaires par exemple de Roscoff, cultivent et vendent leurs fruits et légumes en Normandie, en Anjou, dans la région parisienne et passent même en Angleterre en 1905. Grâce au chemin de fer, ils se répandent aussi dans le nord de la France pour arracher les pommes de terre ; les Drômois dans le Comtat pour cueillir les fraises ; les Alpins dans le Bas-Rhone pour récolter les cerises et les pêches ; les Pyrénéens et les Landais font les vendanges dans le Bordelais, les Catalans et les habitants des Baléares ramassent les tomates de Marmande. Ces migrants de l’état provoquent l’essor des banlieues.

L'évolution des migrations au 19ème siècle dans AUX SIECLES DERNIERS migration-300x199

 Les migrations intérieures deviennent de plus en plus définitives.

Les ruraux migrent définitivement plus souvent, pour se marier dans un rayon plus large qu’auparavant, et surtout pour trouver un travail dans une ville moyenne ou grande. L’exode rural qui concernait naguère les cadets de famille qui se faisaient domestiques ou soldats, s’intensifie au cours du 19ème siècle, le monde rural ne commençant à se dépeupler qu’à la fin de celui-ci. Entre 1806 et 1911, 14 millions de ruraux ont quitté leurs campagnes essentiellement le Pas de Calais, les Côtes du Nord, la Seine Inférieure (Maritime), le Finistère, la Saône et Loire, toutes les régions de montagne. Cet exode a été réduit dans le Bassin parisien et le sillon rhodanien, faible en Ile de France et dans le Bordelais et inexistant sur le littoral méditerranéen.

 Les ruraux n’avaient ni conscience, ni intention de migrer définitivement, et au début, plus de la moitié sont rentrés après quelques années : les migrations ne deviennent définitives qu’au début du 20ème siècle. Les ruraux partaient pour des raisons économiques (mécanisation agricole, avance du chemin de fer, salaires plus élevés, ruine de l’artisanat rural) mais aussi culturels (goût de l’indépendance, fascination pour la vie urbaine, mirage de la ville providentielle, alimentés par le service militaire, essor de l’instruction). Beaucoup de solitude et d’ignorance, donc de craintes, disparaissent. Les ruraux, du reste, préfèrent travailler dans le « tertiaire » (administration, commerce, transports, armée) et peu vont en usine. Résultat, dans les campagnes, vers 1900, on trouve plus d’hommes que de femmes, plus de vieux que de jeunes, certains villages perchés du Midi sont abandonnés.

Les zones de plus fort immigration sont : dans l’ordre : la Seine, le Rhône, la Seine et Oise, les Alpes Maritimes et les Bouches du Rhône et elles sont très peu touchées par l’émigration. A contrario, les zones de forte émigration telles que le sud u Massif Central, les Alpes, la Nièvre, le sud-est du Bassin parisien, les départements bretons et pyrénéen reçoivent très peu d’immigrés. Le Nord, lui, a peu d’émigrés car il est industrialisé, et peu d’immigrés (si on excepte des belges) car la natalité y est forte. Dans certaines régions comme le Puy de Dôme, i n’y a ni immigration ni émigration ; dans d’autres comme la Loire-Inférieure (Atlantique), il y a émigration, mais pas immigration.

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On constate trois sortes de migrations : celles de voisinage, entre les départements voisins, concernant les villes de Limoges, Tours, Caen, Rennes, Toulouse, Bordeaux, Cahors, Nancy, Dijon, Lyon, Valence et Marseille ; les migrations de moyenne distance dans un rayon plus large de quatre couronnes de départements qui ne peuplent plus que les grosses villes, Lyon, Marseille, Bordeaux et Paris ; Paris qui est le seul bénéficiaire des migrations à longue distance, et qui vident les départements du sud-est (sauf les environs de Marseille et Lyon) du sud-ouest (sauf Bordeaux) et de l’extrême-ouest, régions les plus isolées, les plus éloignées, les plus touchées.

Les migrations intérieures sont comme des fleuves qui déposent leur limon humain. Ainsi, les habitants de la Drôme s’installent d’abord en Avignon avant de s’établir à Marseille. Ceux du Finistère gagnent Paris, en passant par le Morbihan, l’Ille et Vilaine, la Mayenne, la Sarthe et l’Eure et Loir. Les soldes migratoires sont ainsi positifs avec les départements les plus éloignés de Paris et négatifs avec les plus proches. Même  constatation pour les flux qui mènent depuis le Massif Central (avec quelques détournements au passage à Bourges et Orléans), le midi méditerranéen (sauf arrêt à Lyon) ou l’Aquitaine (avec arrêts à Bordeaux et Tours). Voici tracés les grands axes des migrations internes, au dépens des régions les plus lointaines, donc les plus peuplées, car l’attachement à l’Eglise et à la famille ont maintenu une forte natalité plus longtemps qu’ailleurs, et ce surpeuplement rural a nourri l’émigration. Puis, suivant l’exemple précoce de la Normandie, malthusienne depuis le 17ème siècle, ces régions ont pratiqué un contrôle de la fécondité, unique en Europe, qui s’est généralisé dans toutes les couches sociales, surtout dans la deuxième moitié du 19ème siècle, au sud du massif Central d’abord, puis le Bassin aquitain, en Bretagne  et en Limousin et en Périgord. Ces émigrants vont dans les centres urbains, mais pas forcément dans les centres industriels ; car, qui part exactement ?

Des agriculteurs, souvent jeunes et célibataires, certes, mais seulement dans les régions où ils sont en surnombre, donc en surcharge à cause d’une forte natalité, comme en Bretagne ou dans le Massif Central. Beaucoup d’artisans des bourgs, aussi ruinés par la disparition de leurs petits métiers (bourreliers, tisserands, forgerons) face à la grande industrie croissante. Beaucoup d’enfants de gendarmes, de commerçants, de postiers, de médecins qui rêvent de réussir à la ville, et qui y vivent souvent dès leur adolescence, dans les lycées-pensionnats. Les foyers de dépopulation apparaissent en 1831 (Moyenne-Garonne), Normandie intérieure, Basses-Alpes et Cantal), et s’élargissent entre 1851 et 1872 au sud-ouest, sauf Bordeaux, au croissant sud de la Normandie (de la Manche à l’Eure et Loir), aux Côtes du Nord, au sud du Massif Central. Cette dépopulation se ralentit entre 1872 et 1891, puis reprend de plus belle après 1891 (plus de 62 000 personnes sont perdues par an dans 60 départements). Les migrants des régions urbanisées gagnent la ville la plus proche. Ceux des régions très rurales partent souvent hors de France.

 Si la population rurale passe de 24,5 millions en 1800 à 23 millions en 1914, avec une apogée en 1846, la population urbaine croît de façon spectaculaire et ininterrompue :

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5 millions en 1800, 7,8 millions en 1831, 11,8 millions en 1872, 15 millions en 1891 et 18,5 millions en 1911.

 Les facteurs déterminants de cette urbanisation ne sont pas la desserte ferroviaire, mais les emplois dans l’industrie textile, minière ou métallurgique, dans le commerce maritime, le tourisme pour les villes grandes et moyennes, et les fonctions administratives et économiques pour les plus petites. Toutes les villes recrutent d’abord, comme sous l’Ancien Régime, dans leur bassin démographique qui parfois dépasse les frontières (travailleurs belges dans les villes du Nord), et les migrants de plus en plus nombreux doivent s’installer dans les banlieues moins chères et plus lointaines où ils ont du mal à s’intégrer, les citadins de naissance liant souvent, comme aujourd’hui, criminalité et immigration, ce qui aboutit, déjà aux tensions xénophobes. La France peuplée, c’est la France urbaine et industrialisée. Comme sous l’Ancien Régime, les Français ont été peu nombreux à s’installer à l’étranger. Ils sont orIginaires des régions à fortes densités et faibles ressource,s souvent éloignées des grandes villes, frontalières ou montagneuses (Basses-Alpes, Pyrénées, Vosges, Massif Central…). Sans compter les colonies qui n’ont pas attiré beaucoup de candidats, on évalue leur nombre à 318 000 en 1861, 426 000 entre 1881 et 1886, 495 000 en 1901 et 610 000 en 1914. Avec des fluctuations entre 2 500 départs annuels en 1831,  25 000 en 1851 et 44 500 en 1901, on estime à 2 millions et demi les Français qui sont partis à l’étranger, mais beaucoup sont revenus.  Il s’agit essentiellement des frontaliers de la Suisse et de la Belgique en Europe ; des Alsaciens-Lorrains devenus subitement Allemands en 1871, 128 000 sur 1 549 738 recensés (dont environ 4 700 Strasbourgeois et 20 000 Messins), les registres étant consultables aux Archives nationales ; d’émigrants pour l’Amérique, sans commune mesure avec les autres peuples européens, britanniques, allemands, italiens ou russes ; et des colonies d’Afrique, surtout d’Afrique du Nord ; l’Asie (Indochine) et l’Océanie (Nouvelle-Calédonie, Polynésie…) attirant peu de monde.

 L’Algérie est, de très loin, la plus forte colonie de peuplement car sa conquête est la plus ancienne (1830), et sa colonisation la mieux organisée et la plus variée. Les essais de peuplement antérieurs à  1840 sont éprouvants et timides, en raison d’une occupation restreinte, d’une insécurité permanente, les bandes D’Abd-El Kader surveillant la Mitidja et le Chélif, ces plaines fertiles et larges qui sont « pacifiées » par Bugeaud en 1842-43. Parallèlement à une colonisation officielle, organisée par la direction de l’Intérieur, qui crée des centres de peuplement militaire à Beni-Merd, Orléansville, et de peuplement civil à Montpensier, Joinville. La Chifa, Boukarik et Blida, une colonisation libre s’amorce, créant le village spontané de Maison-Carrée et une quarantaine de fermes dans la Mitidja centrale. En 1847, quand Bugeaud démissionne, 100 000 colons peuplent l’Algérie. De 1848 à 1858, la colonisation s’intensifie dans la Mitidja et le Chélif, et gagne le Sahel et l’Ouest oranais : des ouvriers parisiens vaincus pendant les « journées de Juin » en 1848, sont envoyés à El Affroun, Bou Roumi, Marengo, dans la Mitidja, la Ferme, Pontéba, dans le Chétif, mais leur pauvreté, leur inaptitude agricole, leur démoralisation, l’insalubrité entraînent parfois paludisme et choléra et rendent leurs débuts très difficiles….

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Les migrations croissantes depuis la Révolution

Posté par francesca7 le 11 avril 2013


 

Du 19ème au 20ème siècle

La Révolution est aussi une rupture dans l’histoire démographique de la France car elle accélère des tendances déjà latentes à la fin du 18ème siècle : recul de la natalité et de la mortalité, surtout infantile, qui s’accentue jusqu’en 1939. La population française passe de 30 millions à 40 millions d’habitants, mais du 1er au 5ème rang européen avant même 1900. Elle doit renoncer à sa sédentarité séculaire. Le contrôle des naissances, à la fois précoce et généralisé, entraîne un vieillissement de la population et n’encourage sa mobilité qu’après l’essor du chemin de fer qui soulage, sans les vider, les campagnes de leur surcharge d’agriculteurs et d’artisans. L’immigration étrangère (essentiellement européenne) est dès lors nécessaire, unique en Europe par son ampleur. Et si beaucoup d’étrangers s’installent en France depuis le 19ème siècle, peu de Français la quittent, la plupart se contentant de laisser leurs villages pour la petite ville proche ou la capitale régionale ou nationale.

Les sources historiques de la démographie deviennent enfin sûres et complètes.

Les migrations croissantes depuis la Révolution dans AUX SIECLES DERNIERS sansculottes-225x300A partir de 1789, l’étude de la population, qui est née en France au 17ème siècle sur le mode anglais, devient de plus en plus rigoureuse et efficace au cours d’un 19ème siècle où les autorités créent, organisent et perfectionnent les instruments d’observation et les méthodes d’interprétation pour le mouvement naturel. Les migrations, elles, sont mal connues car elles n’ont pas de sources spécifiques et ne sont étudiées qu’indirectement avec l’analyse des recensements. La question capitale, « résidence lors du dernier recensement », n’est posée qu’en… 1962 !

 La Révolution a fait table rase du passé, y compris des intendants. Elle réclame des données démographiques, mais n’a pas les moyens administratifs ni matériels pour traiter les innombrables informations fournies par des milliers de curés enfin expérimentés, puis d’officiers municipaux qui ne le sont pas. En effet, la laïcisation brutale de l’état civil le 20 septembre 1792, dernier acte de l’Assemblée législative, et les graves troubles intérieurs compromettent aussi la qualité de l’enregistrement. Les mités des assemblées révolutionnaires ordonnent des enquêtes statistiques, mais avec des objectifs limités et divers et des résultats peu utilisables. Enfin, le décret de l’Assemblée constituante fait des juifs des citoyens français devant l’Etat.

Le Consulat crée le Bureau de la statistique (supprimé en 1815). Avec l’aide des préfets, nouveaux intendants, il organise les deux premiers recensements (1801 et 1805) qui évaluent la population française à 29,7 millions d’habitants. La Restauration confie ses statistiques à la Direction générale des départements qui publie les états de population de 1817, 1818, 1819 ; par exemple, « Les recherches statistiques de la vie de Paris et de la Seine », publiées par le préfet Chabrol sont remarquables. Du reste, les publications progressent quand, après le recensement de 1831, les statistiques reviennent au ministère de l’Intérieur pour celui de 1836 dont les résultats, mal exploités sont publiés dans le « Bulletin des lois », et ceux de 1841 et de 1846, dans « Territoire et population » (1855). Le premier recensement organisé par le ministère de l’Intérieur avec vérification, exploitation systématique et publication rapide date de 1851.

 L’année suivante, le Bureau de statistique générale de la France (SGF) est confié, avec une large autonomie, au ministère de l’Agriculture et du Commerce, d’où les recensements de 1856, 1861 et de 1866, dont les résultats sont publiés dans 11 volumes, mais avec là encore des erreurs et des oublis (par exemple, les soldats présents en Crimée, en Italie, au Mexique et en Algérie ces années-là). Avec la IIIè République, la SGF revient au ministère de l’Agriculture et du Commerce et doit s’occuper des recensements, des mouvements de population et des statistiques industrielles. Les recensements se succèdent tous les cinq ans à partir de 1871 (en fait en 1872, exceptionnellement, à cause de la défaite et de la Commune). L’organisation sérieuse et la publication rapide du recensement de 1876 en fait un des meilleurs du siècle.  Le sexe, l’âge, l’activité sont enfin demandés en 1901 et en 1911. les recensements deviennent totalement fiables au début de notre siècle, sauf à Lyon et à Marseille qui, rivales, gonflent leurs chiffres pour paraître plus peuplée qu el’autre, et Toulouse qui ne veut pas dépasser 150 000 habitants afin de conserver une subvention !

Même si de nombreuses villes ont pris l’habitude de publier des bulletins ou des annuaires statistiques municipaux, il reste que la SGF est devenue, en 1913, une grande institution nationale qui a décuplé son personnel, centuplé ses publications, et utilise des moyens modernes (60 mécanographes sur 100 employés qui exploitent mécaniquement le recensement de 1901). Les enquêtes démographiques sont devenues régulières et sûres, mais on a oublié de penser à la conservation des documents de base…

A partir de 1914, la connaissance des faits démographiques s’améliore beaucoup, la SGF dépendant du ministère du Travail, disposant de grands moyens, d’une mission claire et de publications régulières : « annuaires statistiques », mais aussi « bulletin trimestriel », « supplément mensuel » et, pendant quelques années, une « feuille hebdomadaire ». Pendant les années 30, le SGF souffre de sa dépendance par rapport à un pouvoir politique très instable, d’un manque de moyens, de rattachements à différents ministères, de réorganisations successives. Cette crise s’avère en octobre 1941 par l’apparition du Service national des statistiques, créé par René Carmille, qui fonde aussi un service de sondages en 1943 avant de mourir déporté à Dachau. Ce grand service moderne est rebaptisé ISEE en 1946, et élargit les publications en créant, en 1949, un Supplément au bulletin trimestriel qui devient, en 1956, « Etudes statistiques ». Le personnel et les publications se réduisent ensuite. La situation de l’INSEE s’améliore après 1962 avec plus de personnel, des moyens informatiques et des publication réformées, mais l’INSEE s’intéresse surtout aux problèmes d’immigration et délaisse la démographie. Celle-ci est observée et traité par l’INED, fondé le 24 octobre 1945 et dirigé par Alfred Sauvy jusqu’en 1962.

 

 

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Les migrations intérieures de la France

Posté par francesca7 le 6 avril 2013

 

(saisonnières, temporaires, définitives)

 les sources pour les étudier sont malheureusement réduites : citons les listes nominatives des dénombrements, comme les listes de bourgeoisie, ou les documents relatifs à un groupe donné (par exemple, les engagés pour les Antilles), les prêtres, les « congés et translations de domicile » enregistrés par les greffes des élections (uniquement pour le 18ème siècle), enfin les passeports, mais ils sont rares, et les « registres des étrangers » ; sans oublier les actes de mariage et de décès qui indiquent les lieux de naissance, utilisables surtout après le code Louis, voire les contrats de mariage déposés chez les notaires.

La sédentarité des ruraux d’explique par l’attachement à leur « pays » d’origine, par le besoin de préserver, sinon d’accroître les biens familiaux, et par la nécessité des solidarités, villageoises ; de même, par l’impossibilité de trouver un travail en ville, et aussi, la crainte d’être isolé, seuls, condamné à la déchéance comme tous ces vagabonds qui errent dans les campagnes ou se réfugient dans les ville sen temps de crise (épidémie, famine…) et qui attirent à la fois la peur et la pitié. Le Languedoc et la Normandie, par exemple, ont connu dans la seconde moitié du 18ème une telle poussée démographique, que le flot des errants s’est amplifié. 

Les ruraux effectuent pourtant de nombreux petits déplacements : pour se marier en évitant l’endogamie (qui est fort en montagne) et en laissant l’aîné choisir d’abord (les cadets doivent souvent partir plus loin). Généralement l’épouse quittait son village pour suivre son mari (sauf dans les Pyrénées). Pour travailler aussi, quand on n’a pas de terre : les métayers, les brassiers, se déplacent en famille ; les ouvriers agricoles et les cadets de famille partent seuls. 

Il existe aussi des migrations saisonnières et temporaires, essentiellement parmi les hommes. Dès le 15ème siècle, les gens de Queyras vont travailler en Provence ou en Italie, les Auvergnats en Espagne. Ces déplacements de courte durée, ne sont bien connus qu’à partir de 1808, quand les préfets notent dans leurs rapports annuels, qu’environ 100 000 montagnards descendent dans la plaine pour deux ou trois mois ; les plus nombreux aident aux travaux agricoles : vendangeurs et surtout moisonneurs ; les autres vivent d’un petit commerce, comme les portefaix, les exposants, les marchands qui viennent aux foires de Bordeaux de mai à octobre. 

Quand le déplacement s’allonge, entre sept et neuf mois, commençant le plus souvent automne et s’achevant au début de l’été, pendant la « morte saison agricole », les montagnes se vident de leurs hommes qui descendent dans le plat pays pur être porfaix. Charbonniers, forgeurs, colporteurs, voir, pour les Briançonnais, maîtres d’école. Certains, non spécialisés, sont manœuvres et font un peu tous les métiers ;  tels les « pionniers » du Livradois qui défrichent les forts, draînent les marécages, curent les fossés et les canaux (en Sologne, par exemple). D’autres sont spécialistes dans la réparation du métal, comme les chaudronniers auvergnats. Qu’ils exercent des activités de force et souvent rebutantes, des artisanats ou du commerce de détail itinérant, ces migrants parcourent, pendant cette longue mauvaise saison, des distances importantes.

Les migrations intérieures de la France dans AUX SIECLES DERNIERS travail_du_bois

Les travailleurs du bâtiment, eux, métier oblige, partent de mai à octobre et s’installent durablement dans les villes. Les maçons et tailleurs de pierre originaires du Limousin (et surtout de la Creuse) sont si nombreux, qu’à Paris on à finir par désigner tous les maçons comme « limousins ! Profitant de la croissance urbaine et de l’interdiction de construire des maisons en bois dès le milieu du 17ème siècle, ils s’installent par milliers à Paris (6000 en 1698, 12 000 en 1764, 20 000 en 1790, soit un tiers de la population adulte de la Haute Marche, leur pays d’origine). Ils partent à pied, en groupe, et vivent dans des chambrées inconfortables louées par des « marchands de sommeil », originaires aussi de leur pays. Lyon, Bordeaux, Nantes, Rouen profitent de ces maçons saisonniers. 

Les colporteurs, ou porte-balles auvergnats, dauphinois ou savoyards transportent, seuls ou avec un mulet, une caisse à tiroir d’environ 40 à 60 kg à travers toute la France, la Suisse, l’Allemagne l’Espagne. On retrouve aussi en Espagne des habitants de tout le Sud-Ouest, plaine et montagne, parti s pour quelques mois. Les Auvergnats ne reviennent d’Espagne que tous les trois ou quatre ans, l’espace de deux ou trois mois, puis repartent. 

Ces migrations temporaires ou saisonnières s’expliquent par la difficulté de vivre en montagne, mais aussi par les besoins des régions d’accueil en matière de petit commence, d’artisanat et construction ; aussi, les emplois plus nombreux et les salaires plus élevés offerts par les villes (le double pour les maçons) qui vont permettre aux migrants de revenir se marier au pays natal en ayant accru leur patrimoine. Ceci s’ils avaient la chance de revenir car, le migrant étant plus exposé aux accidents et aux maladies, bon nombre d’entre eux finissaient leur vie à l’hôpital urbain. Leurs épouses, restées au village la plupart du temps pour travailler la terre et élever les enfants, devaient affronter la responsabilité de collecter la taille et de jouer le rôle de consul dans certains villages car la moitié des hommes étaient partis.      

Les migrations définitives sont plus rares. Au 17ème siècle, seule l’Alsace, fortement dépeuplée et dévastée par la guerre de Trente Ans, la peste et la famine, nécessite encore une véritable colonisation qui se fera par 13 000 Suisses, des Allemands, des Suédois, des Savoyards, des Champenois et des Lorrains ; la Franche-Comté, elle aussi es très touchée et recevra des immigrants suisses et savoyards essentiellement.

 Dès le 16ème siècle, mais surtout au 18ème siècle, on constate, en revanche, un début d’exode rural en direction des grandes villes comme Bordeaux, Narbonne, Rouen, Lilles, Lyon, Marseille et paris, qui ont chacune leur domaine réservé, leur bassin démographique, qui s’élargit avec les années. La région fournit les immigrants non spécialisés (servantes, journaliers), les artisans du bois (tonneliers, charpentiers de la vallée de la Garonne), du textile, de l’habillement, du cuir. Des régions plus lointaines offrent des travailleurs à spécialité ; les maçons du Limousin, les chaudronniers auvergnats, les pâtissiers commingeois à Bordeaux ou suisses des Grison dans toutes les villes… 

On estime à 50 000 ces ruraux s’installant tous les ans dans les villes, mais nombre de ces immigrants ne restent pas toujours ; par exemple, un tiers des Rouennais nés ou non dans la ville en partent ; un couple de Versaillais sur deux quitte la ville royale avant leurs dix ans de mariage. Ces immigrants ruraux quittent leur première ville d’accueil pour une autre, plus grande et plus attractive (souvent Paris) ; ou parce que leur installation a échoué ; ou, s’ils sont marginaux ou délinquants, afin d’échapper aux autorités ; ou, enfin, pour les filles-mères pour cacher leur grossesse et accoucher loin de chez elles. 

L’immigration urbaine est donc liée à la croissance des villes, en particulier Versailles et Paris. Entre 1660 et 1717, Versailles passe de quelques centaines d’habitants à 30 000, venus de toute la France du nord-ouest, mais aussi des diocèses de Limoges et de Bourges (pays d’origine des travailleurs du bâtiment), de Savoie (pays des domestiques). Paris passe de 200 000 habitants vers 1500 à 300 000, en 1565 et 480 000 en 1715, et recrute partout. N’oublions ni Brest ni Rochefort, qui de villages, deviennent des villes par la volonté de Colbert. Si Toulouse plafonne après 1650, Bordeaux s’accroît considérablement après 1740 et Marseille après la peste de 1720, attirant les habitants de la vallée du Rhône, de la Haute-Provence, et surtout de la côte de Toulon à Gênes. 

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Mouvements migratoires de l’an mille à la Renaissance

Posté par francesca7 le 27 mars 2013

 

Mouvements migratoires de l'an mille à la Renaissance dans AUX SIECLES DERNIERS plan-terrier-251x300Entre l’an mille et la Renaissance, les sources sont un peu moins rares : polyptyques (inventaires des biens ecclésiastiques), pouillés (inventaires de paroisses), généalogies, listes des chefs de famille imposables, compoix (comptes des tailles), cadastres locaux, études des prix agricoles et de l’extension des terres cultivées, sont largement utilisables. Pourtant, les recensements sont rarissimes et, pour les listes des feux (foyers), il est difficile de différencier le nombre de chefs de famille de celui des habitants. Les statistiques restent ponctuelles dans le temps et l’espace, et les chiffres toujours approximatifs. Rien ne peut être évalué avec précision.

Entre le 11ème et le 14ème siècle, on constate un essor démographique général, bien qu’inégal selon les régions et les périodes. Les seigneurs laïques ou ecclésiastiques, maîtres du sol, et les paysans, leurs utilisateurs, ont le même intérêt et la même attitude ; pour cultiver davantage, il faut défricher, peupler les plateaux (Picardie, Normandie, Bourgogne, Auvergne), fonder des villages nouveaux, des bourgs. L’Aquitaine se couvre de sauvetés, de 300 bastides et castelnaux (Mirande, Villefranche de Rouergue, Libourne) ; le Bassin parisien de Granges et de Villeneuves. La densité est forte dans les régions littorales (les incursions normandes et sarrasines sont terminées), céréalières et viticoles.

 A partir du 12ème siècle, les villes anciennes s’accroissent, des villes nouvelles naissent (Montpellier en 985, Lille en 1065, La Rochelle en 1130) et se peuplent d’immigrants venus des régions voisines, voire plus éloignées ; les surnoms d’origines des nouveaux venus deviennent leurs patronymes et indiquent leur provenance : Le Breton, Picard, De Soissons, L’Anglais, Catalaun.. Si Lyon compte beaucoup de « Lombards » en fait originaires du Pémont et de la Toscane (Florence, Sienne, Pistoie), d’Anglois, d’Allemands, de Provençaux, de Parisiens, de Genevois et de Jurassiens, c’est qu’elle est située sur la principale route commerciale de l’Europe, celle qui relie l’Italie du nord à la Flandre. Cette route passe aussi par la Campagne, dont les foires attirent, tous le sans, des milliers de drapiers flamands, de marchands de fourrures scandinaves venus d’Allemagne, et de négociants en cuirs venus d’Espagne, leurs principaux clients étant les Italiens qui leur vendent des épices et des plantes tinctoriales. Elle intéresse notamment les Siennois, pour les facilités de change et la banque.

 La deuxième route commerciale relie l’Espagne à la Flandre et favorise le développement de l’immigration vers Toulouse, Bordeaux, Périgueux. Limoges et Paris, qui a sa propre foire annuelle : le lendit. Quelques Chartrains sont nés de Bretagne ; des habitants d’Arras sont venus d’Espagne, de Gad, de Bruges, de Pavie et même de Messine ; des « Lombards » d’Asti et de Chieri, et des Cahorcins vivent à Mets, grande place financière. Des italiens, des Aragonais et des Anglais habitent à Périgueux ; des Catalans, des Aragonais et des Provençaux sont à Narbonne ; des Catalans à Carcassonne ; des Espagnol à Toulouse.

 Du 12ème siècle à la fin du 13ème siècle, Paris passe de 50 000 à 80 000 habitants et compte : des Normands, des Bourguignons, des Bretons, des Flamands et aussi des Italiens (tous appelés « Lombards »), ainsi que des Anglais, des Allemands et des Espagnols.

 Au début du 14ème siècle, Paris affiche 200 000 habitants, comme Venise : Nantes, Bordeaux, Narbonne environ 30 000 ; Metz 25 000 et Lyon 20 000. La France, avec 16 millions d’âmes dépasse de loin l’Italie (8 millions) et l’Angleterre (3 millions), mais les grandes calamités des années 1340-1450, vont entraîner un déclin démographique considérable. La peste noire, commencée en 1348, récidive très souvent et rue en un siècle entre 1/8 et 1/3 de la population, selon les endroits. Les famines et disettes, qui ont repris dès  1315, font d’autant plus de ravages que la France entière est dévastée par les soldats et les brigands de la « guerre de Cent Ans ».

 Entre 1346 et 1376, les chevauchées du roi anglais Edouard III, de ses enfants, le Prince Noir et le duc de Lancaster, déciment la Picardie, l’Artois, le Poitou, l’Aquitaine mais, surtout, la Normandie et l’Ile de France ; Au début du 15ème  siècle, l’expédition du roi Henry V dévaste tout le sud-ouest. Les grandes compagnies de « routiers » et autres « écorcheurs », qui sont en fait des gens d’armes débauchés par les trêves, et déserteurs en mal de pillages (d’origine anglaise, écossaise, allemande, gasconne, navarraise, espagnole et même française), ont saccagé l’Auvergne, le Midi et la Provence, jusque là encore épargnée par le conflit franco-anglais. Puis, ce sont les guerres contre la Bourgogne et la Bretagne.

 Outre le fait que ces étrangers ont dû laisser quelques enfants après leur passage, ils ont contraint de nombreuses populations à fuir ville set villages. A partir de 1419, il y a même eu des migrations forcées ; ainsi, Henry V a expulsé, entre 1415 et 1419, les habitants de Harfleur, Caen, Cherbourg, Honfleur et Rouen, qui se sont réfugiés dans les villages voisins, dans les ville bretonnes (Vitré, Fougères, Dinan, Dol, Rennes, Nantes et même Poitiers), afin d’implanter des anglais dans les maisons vacantes. La tentative échoua et, à part Harfleur, les ports normands ne reçurent que très peu d’Anglais. 

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Histoire de la Bretagne

Posté par francesca7 le 24 mars 2013

Histoire de la Bretagne dans Bretagne la-bretagne

En 8000 avant Jésus-Christ, époque préhistorique, l’Armorique est peuplée dès le paléolithique de rares chasseurs qui poursuivent mammouths et cerfs. Entre 3000 et 1800 avant JC la chasse et la cueillette cèdent la place à l’agriculture et à l’élevage. La civilisation mégalithique apparaît. Ses populations, organisées à l’abri de camps fortifiés, donnent naissance à l’art des pierres levées, qui s’accompagne d’un extraordinaire culte des morts. De très nombreux menhirs, dont certains pèsent 100 tonnes,  des cairns qui peuvent atteindre 70 m de longueur et des dolmens constitués de dalles de 20 tonnes, sont érigés sur l’ensemble de la région. La fin de cette période se traduit par une ouverture sur le monde, le long de la vallée de la Loire ou par la mer.

De 1800 à 600 avant Jésus-Christ, à l’âge de bronze, l’Armorique connaît une civilisation brillante qui commence avec le Nord (Germanie et Scandinavie) et avec le Sud (péninsule Ibérique). Elle produit des haches à talon et des épées originales. L’importance des dépôts d’objets en bronze retrouvés témoigne d’une incontestable prospérité.

En 500 avant JC, à l’Antiquité, les Celtes, qui maîtrisent la métallurgie du fer, pénètrent en Armorique, après avoir déferlé sur l’Europe, et bouleversent son économie. Habiles en toutes choses, ils s’imposent aux autochtones et s’organisent en «cités ». Ce sont les Nammètes dans le nord de la région nantaise, les Vénètes dans l’actuel Morbihan, les Osismes à la pointe du Finistère, les Coriosolites dans les Côtes d’Armor, et les Redones dans le nord-est de la péninsule. Les Celtes, dont la société est hiérarchisée en classes, entretiennent des ateliers où l’on travaille à merveille les métaux précieux.


En 57 avant JC
, les Romains tentent d’achever la conquête de la Gaule, mais les puissants Vénètes excellents marins, s’y opposent. Ils résistent également sur terre, mais contre toute attente, ils sont défaits sur mer un an plus tard. L’Armorique devient gallo-romaine ; elle va tirer profit de la pax romana. Les uns et les autres  semblent vivre en bonne intelligence sans perdre leur identité. L’activité agricole est intense et le commerce florissant. Il se développe aussi bien sur mer que sur terre où des voies larges et nombreuses, jalonnées de bornes militaires quadrillent le pays.

Au 5ème siècle, arrivée des Bretons. L’empire romain s’étiole progressivement entre 235 et 400, et des peuples barbares venus d’Europe centrale en profitent pour l’envahir. L’Armorique n’échappe pas aux destructions et aux pillages, occasionnels puis systématiques, qui mènent l’économie à la ruine. Cependant, la pression des Scots d’Irlande et la colonisation de l’île de Bretagne par les Saxons vont provoquer l’immigration des Bretons vers la péninsule Armoriciane. Déjà chrétiens, ils évangélisent l’Armorique, organisent les paroisses et fondent les premiers monastères.

De 400 à 938, Naissance de la Bretagne. Une période de conflits entre les Bretons et les Francs, notamment les Carolingiens, s’ouvre en 752. Elle s’achève en 832, lorsque Louis le Pieux nomme un envoyé impérial, Nominoë à la tête de la Bretagne. Cet aristocrate breton va très vite tirer profit de la mort de son protecteur, en 840. Il engage son pays vers l’indépendance, écrase les Francs près de Redon en 845, oblige Charles le Chauve à signer la paix et poursuit sa conquête vers l’est, donnant ainsi une identité à la Bretagne. Il meurt à Vendôme, en 851, ce dont Charles le Chauve tente de tirer parti. Mais le fils de Nominoë, Erispoë, entend bien poursuivre l’œuvre paternelle et son armée écrase une nouvelle fois les Francs. Erispoë est assassiné par son cousin Salomon (Salaün), qui étend son territoire jusqu’au Cotentin. A son tour, Salomon périt, victime des membres de sa famille qui se partagent la Bretagne avant de s’entre-déchirer. Les Normands, qui se sont déjà livrés à plusieurs incursions, en profitent, à partir de 913, pour envahir et ravager le pays, détruisant notamment l’abbaye de Landévenne. Ils sont chassés par Alain Barbe-Torte qui, fort de ses victoires, s’impose comme duc en 938. La Bretagne entre ainsi de plain-pied dans le système féodal. Nantes en est la capitale ; la langue bretonne est parlée dans tout l’Ouest, suivant une ligne Dol-Rennes-Saint-Nazaire.

Au Moyen Age, de 938 à 1213, la Bretagne Ducale. La période qui suit n’est que querelles et révoltes. Les prétendants au duché de Bretagne complotent, se font la guerre, s’assassinent et se déchirent jusqu’à ce que Philippe Auguste Marie Alix, fille de Conan IV, à un prince capétien, Pierre 1er de Dreux, dit Mauclerc, qui s’empresse d’organiser le duché et d’en reconstruire l’unité. Il met en place une administration efficace, développe le commerce maritime, n’hésitant pas à s’allier à l’Angleterre. Ses successeurs oeuvrent dans le même sens ; la Bretagne est prospère et paisible mais pour peu de temps.

En 1341, la Guerre de Succession. En 1341, à la mort de Jean III, Jean de Montfort, son demi-frère, et Jeanne de Penthièvre, sa nièce, épouse de Charles de Blois, rivalisent pour la succession du duché. Montfort obtient l’aide du roi d’Angleterre. Edouard III, déjà engagé dans la guerre de Cent Ans. En 1347, Charles de Blois est capturé par les Anglais et la guerre de Succession s’enlise jusqu’à ce que, en 1363, Jean de Montfort soit reconnu par le roi de France, Charles V, et devienne Jean IV. Mais l’accord est vite annulé car le duc se range à nouveau au côté des Anglais. Le conflit franco-breton prend fin en 1381, quand Jean IV prête hommage au roi de France. Le règne de Jean V (1399-1442) marque l’apogée de la civilisation bretonne.

Aux Temps Modernes, 1488,  Anne de Bretagne fait parler d’elle, fille du duc François II, mort en 1488 et dont les troupes ont été battues à Saint Aubin du Cormier par l’armée royale. Alors qu’elle n’a  que douze ans, elle épouse par procuration l’archiduc Maximilien de Habsbourg. Mécontent, Charles VIII envie ses troupes en Bretagne et conquiert la plupart des villes ; réfugiée dans Rennes encerclée par les Français, la duchesse, abandonnant l’archiduc, accepte d’épouser le roi. Le mariage a lieu au château de Langeais en décembre 1491. Charles VIII meurt en 1498, Anne en profite aussitôt pour frapper sa monnaie, rétablir la chancellerie et réunir ses états. En janvier 1499, elle épouse à Nantes un autre roi de France, Louis XII d’Orléans, qui lui laisse tout loisir pour s’occuper de son duché, lequel connaît paix et prospérité. Lorsqu’elle meurt, le 9 janvier 1514, Anne est devenue la figure emblématique dans laquelle se reconnaît le peuple de Bretagne. A la mort de Louis duchesse-anne-178x300 dans BretagneXII, en 1515, Claude, leur fille aînée, apporte le duché en dot à François 1er. Ce dernier s’empresse d’obtenir l’aval des états de Bretagne, moyennant la préservation de quelques droits spécifiques, dont un parlement. Le 21 septembre 1532, la Bretagne devient une province de la France.

1600, l’Ancien Régime. Dès lors, le pouvoir central contrôle et gère la Bretagne qui bénéficie en contrepartie d’aides économiques ; l’argent afflue, le commerce maritime et les industries se développent. A croissance démographique décolle. En 1561, Rennes devient le siège de Parlement, au détriment de Nantes, moins proche de Paris. Cette cour de justice a autorité sur les cours locales. Le ralliement de Mercoeur, gouverneur de Bretagne, à la cause des ligueurs fait entrer le pays dans les guerres de Religion (1588-1598). Des brigands tels que La Fontenelle en profitent pour mettre le pays à feu et à sang. Au début du règne de Louis XIV, les exactions fiscales (impôts sur le papier timbré, le tabac et la vaisselle d’étain) provoquent les révoltes de 1675, celle du Papier timbré dans les villes de Haute Bretagne et celle des Bonnets rouges dans les campagnes de Basse Bretagne. La
répression est féroce. Elle laisse la Bretagne exsangue et s’accompagne de mesures qui détruisent son commerce, en particulier, à l’initiative de Colbert, celui des toiles de lin exportées vers l’Angleterre.

En 1789, la bourgeoisie rennaise, très au fait des idéaux en vogue et animée d’un sentiment antinobiliaire, entre en conflit avec la noblesse dès janvier 1789 à l’occasion de la session des états de Bretagne. Des heurts, qui font trois victimes, ont lieu les 26 et 27. Ce sont les premières violences de la Révolution. Rapidement pourtant, la Bretagne va faire marche arrière : le peuple, composé à 90 % de paysans, s’interroge sur le rôle réel des bourgeois dont il craint le comportement futur et réagit vivement à l’obligation du serment civil exigé du clergé et refusé d’emblée par 80 % des prêtres. L’annonce de la conscription obligatoire de trois cent mille hommes par tirage au sort met le feu aux poudres. La première émeute a lieu à Cholet le 2 mars 1793.

 

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Histoire des Migrations humaines

Posté par francesca7 le 5 mars 2013

 

Contrairement à l’opinion commune, les recherches d’histoire familiale ne sont ni simples ni aisées. Elles se fondent essentiellement sur la recherche de documents d’archives qui peuvent nous renseigner sur les filiations des hommes et des femmes qui nous sont précédés. Or, ces sources sont de plus en plus rares à mesure que l’on remonte dans le temps, et parfois, d’une fiabilité réduite, voire douteuse.

Histoire des Migrations humaines dans AUX SIECLES DERNIERS les-civilisations-191x300

Pour compliquer les choses, nos ancêtres avaient beaucoup moins recours à l’administration que nos contemporains et, en conséquence, leur existence laissait beaucoup  moins de traces, surtout s’ils n’étaient ni nobles, ni riches, ni fonctionnaires royaux. Bien que cette différence de traitement puisse nous choquer, il faut admettre qu’il est plus facile de remonter la généalogie d’une famille noble ou de riche bourgeoisie, que celle d’une famille d’artisans ou de paysans sans fortune.

De tout temps, le souci des propriétaires et des seigneurs de connaître le nombre de leurs serviteurs (esclaves, serfs, paysans, artisans) n’a été réalisable que de façon fort limitée. Il n’a pu s’exécuter sur une grande échelle qu’à partir du 16ème siècle.

L’obligation pour les prêtres de tenir des registres de baptême, de mariage et de décès est instituée par François 1er en 1539, et celle de déclarer les grossesses, par son fils Henri II, quelques années plus tard. Mais l’idée d’étudier ces mines de renseignements démographiques se situe vers 1959 ! Après un oubli au 17ème siècle, le besoin de connaître le nombre de Français (futurs contribuables et soldats potentiels), est repris par Louis XIV à la fin de son règle, sur les suggestions de Boisguibert et de Vauban. Mais cela n’est vraiment appliqué de façon régulière et scientifique qu’après la Révolution, et les recensements de la France ne sont fiables que lorsque sa population s’est géographiquement stabilisée.

Les premières synthèses sur la population française ont environ 100 ans (travaux de Levasseur, Chervin et Schône)  et paraissent au moment où les Français prennent conscience de leur affaiblissement démographique face aux Allemands en pleine expansion (contre lesquels ils rêvent d’une revanche de plus en plus aléatoire) et qui risquent d’envahir la France, soit avec les soldats, soit avec des immigrants.

La Société de démographie historique, fondée par Renhard et Armengeaud en 1963, organise la recherche, et ses membres, souvent professeurs d’université, poussent leurs étudiants à publier des centaines de monographies de villages (d’ailleurs mal répartis sur le territoire national) visant à reconstituer les familles ; mais seulement les familles stables et non pas les migrants, les nomades ou les marginaux.

Pour pallier à ces insuffisances, Louis Henry lance à l’Institut National des études démographique, dès 1958, deux enquêtes dont les résultats sont publiés dans différentes revues, de 1972 à 1978, permettant une synthèse de la population française depuis le début du 16ème siècle. J.N Biraben a lancé, en 1982, une deuxième enquête pour systématiser le comptage des registres paroissiaux depuis 1570. Mais pour les périodes antérieures, les sources restent très fragmentaires, imprécises et peu fiables.

Plus on s’éloigne dans le temps, plus les sources s’avèrent rares et difficiles, et pourtant les déplacements de population sont très importants. Le peuplement de la France a connu des étapes essentielles et des vagues successives d’origines diverses. Aux peuples indigènes de la préhistoire se sont ajoutés les Indo-Européens (Celtes, Grecs, Carthaginois, Romains), puis les Germains (Francs, Wisigoths, Burgondes, Saxons), sans oublier les Viking, les Sarrasins, les Hongrois et les Bretons. Le peuplement s’achève à peu près en l’an mille. Mais les migrations intérieures, les émigrations du 16ème au 19ème siècle, ainsi que les immigrations depuis le siècle dernier, modifient ce peuplement déjà varié et ancien.

Procédant par ordre chronologique, nous distinguerons trois périodes successives ; la première évoquera le peuplement, les invasions et les mouvements de population en France de la préhistoire à la Renaissance ; au cours de la deuxième, nous étudierons l’enregistrement des familles et le début de l’émigration française du 16ème au 18ème siècle ; la troisième portera sur les migrations depuis la Révolution.

Remerciements à Mme Janine Cacciuttolo, professeur d’histoire – maîtrise de l’université de Nanterre – Paris X. 

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