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Et les contes de Perrault

Posté par francesca7 le 9 janvier 2016

Charles_Perrault_le_Petit_Poucet

Le Petit Poucet de Perrault

Agni, le dieu-feu, avant de briller sur l’autel, est caché ou perdu dans l’obscurité que suppose l’absence du sacrifice, si l’on n’a que lui en vue et qu’on le considère (c’est très souvent le cas dans les hymnes) comme la lumière, le jour, le soleil, ou le ciel par excellence. Il y est petit, pareil à un fœtus, disent et redisent les textes, il ne sera grand qu’une fois allumé et qu’il se dressera devant le sacrificateur sous la forme d’une flamme brillante. Il est sage ou savarit (vidvan), par emploi régressif en quelque sorte de l’épithète à laquelle il a droit quand il brille, quand il est éclairé et qu’il fait entendre sa voix omnisciente. Les libations qui le contiennent en puissance et auxquelles il est identifié si souvent sont au nombre de sept – elles sont sœurs (ou frères quand on les personnifie au masculin). La forêt où le Petit Poucet se perd avec ses frères et la maison de l’Ogre où il trouve un abri pendant la nuit sont deux figures différentes d’un même objet, l’obscurité du non-sacrifice.

Le Petit Poucet tue l’ogre  comme Agni tue le Raksas.

Celui-ci et celui-là s’emparent alors des richesses de leur victime, qui ne sont autres que les eaux abondantes et nourricières des libations auxquelles ils doivent la vigueur et l’éclat. Le Petit Poucet d’après les versions recueillies par Gaston Paris Ici, au lieu de conduire ses frères, Poucet dirige, soit des bœufs, soit des chevaux, soit un chariot, soit une charrue. Rien de plus fréquent dans le Rig-Véda que les vaches (ou bœufs)-libations, ou les chevaux, ou les chars, figures des flammes du sacrifice, qui traînent ou portent les libations sous la conduite d’Agni. D’ailleurs comme il s’agit du petit Agni, d’Agni-fœtus, il est encore invisible et caché, tantôt à l’intérieur des vaches-libations, tantôt dans le ventre du loup, tantôt enfin dans l’oreille du cheval ou du bœuf. Il y fait entendre sa voix qui représente ses crépitements et qui est généralement le signal de sa délivrance : on ne l’entend qu’au moment où il va échapper à l’obstacle et sortir de l’obscurité. Pour se rendre compte de la circonstance d’après laquelle le Petit Poucet serait le guide des sept bœufs de la Grande-Ourse, il suffit de se rappeler qu’en pareil cas, comme dans beaucoup d’autres du même genre, la mythologie indo-européenne s’est transformée en astronomie, où plutôt celle-ci a emprunté à celle-là sa nomenclature primitive.

imagesLes sept bœufs de la Grande-Ourse ont passé du ciel du sacrifice au ciel réel, à la faveur surtout du double sens (ours et chose lumineuse) du mot sanscrit Riksa. Ainsi, nos contes de fées ne sont ni une sorte de proles sine matre creata (progéniture engendrée sans mère), comme certains folkloristes ont voulu le croire, ni d’éternels vagabonds dont le pèlerinage a commencé on ne sait où. On pourrait encore montrer que, parmi les contes considérés à la fois comme « ethniques » et peu anciens, un grand nombre ne doivent cette apparence qu’à la mise en oeuvre, avec quelques détails nouveaux inspirés par le lieu de l’époque où la refonte s’est produite, de vieux thèmes légendaires, dont la véritable origine remonte aux hymnes liturgiques du genre de ceux que les Védas nous ont conservés. Et ceci explique comment tel conte de l’Inde peut avoir son correspondant en Occident (exemple : la légende de Purûravas et d’Urvaçi auprès de la fable de Psyché et celle de Mélusine) sans qu’il y ait eu influence directe d’une version sur l’autre. L’hypothèse, justifiée par tant de faits de la communauté d’origine à une très haute époque et sous une forme extrêmement rudimentaire, explique les ressemblances de tel récit du Pancatantra avec tel fabliau développé par les jongleurs, sans qu’il soit besoin d’admettre d’intermédiaires quelconques.

 Extrait de Revue de philologie française et provençale : recueil trimestriel consacré à l’étude des langues, dialectes et patois de France, 1893.

 

 

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, LEGENDES-SUPERSTITIONS, LITTERATURE FRANCAISE | Pas de Commentaires »

Pourquoi un Coq sur les Clochers

Posté par francesca7 le 6 novembre 2014

 

par le chanoine R. Gaudin

coq 5Pourquoi met-on, depuis longtemps, un coq sur le clocher des églises? 

Ecartons résolument la légende selon laquelle saint Pierre, pour empêcher les coqs de lui rappeler sa faute par leurs chants, aurait empalé l’un d’eux et, ainsi, rendu les autres, muets d’épouvante. Saint Pierre avait d’autres soucis que de faire taire les coqs et pratiquait trop l’humilité pour ne pas leur  être, au contraire, reconnaissant de lui remémorer sa faiblesse. Le coq des clochers n’est pas une perpétuation du légendaire coq empalé de saint Pierre. 

Pourquoi met-on, depuis longtemps, un coq sur le clocher des églises? 

Voyons ce que l’antiquité païenne et les premiers temps du Christianisme pensaient du coq. Un rappel de ce genre peut nous mettre sur la voie d’une réponse plausible. 

A – Le Symbolisme du Coq dans les Civilisations Anciennes.

Partout et toujours, le coq a eu pour qualités proverbiales la fierté, le courage et la vigilance. Aussi bien, dès avant le VIe siècle antérieur à notre ère, le trouvons-nous dans les arts des civilisations les plus évoluées sur les monnaies grecques, sur les monuments protohistoriques de la Gaule, sur la céramique cyrénéenne, sur des objets précieux de Babylonie, de l’Inde, de l’Extrême-Orient. Chez les Grecs et les Latins, le coq blanc fut consacré à Zeus-Jupiter. Voilà pourquoi Pythagore défendait à ses disciples de les tuer et de s’en nourrir. Le même coq blanc fut aussi l’oiseau d’Hélios Apollon. Il n’était pas rare de voir un coq aux pieds ou dans la main du dieu sur les bas-reliefs ou autres sculptures. Il y eut un rapprochement naturel de la divinité de la lumière et de l’oiseau qui, avant tous les autres, appelle l’aurore de ses cris impérieux et qui est ainsi une sorte de « prophète de la lumière ». 

Le chant du coq, explosion matinale de la vie qui commence, fit adopter le coq comme emblème de la vigilance. Une fable grecque veut que le soldat Alectryon, qui avait manqué d’attention dans la surveillance qu’Arès et Aphrodite lui avaient confiée, fut métamorphosé en coq, pour qu’il apprenne ainsi la vigilance. 

C’est encore parce que le coq sonne le réveil à tout ce qui l’entoure, qu’il fut associé au culte d’Hermès-Mercure, le dieu du commerce. Le musée Guimet conserve un curieux autel, découvert à Fleurieu (Ain). C’est un autel à Mercure. Sur l’une de ses faces, on voit un coq. 

Chacun sait que le coq était aussi l’oiseau d’Esculape et de son temple d’Epidaure. Dans les représentations du dieu de la médecine, l’oiseau de lumière et de vie est assez souvent opposé au serpent silencieux, sournois et porteur d’un mortel venin. Le serpent rappelle la maladie et la mort et le coq la guérison qui conserve la vie. Sur l’actuel blason de la Faculté de Médecine de Lyon figurent coq et serpent. 

Les Chaldéens, frappés de son activité matinale, crurent que le coq recevait, chaque jour, un influx divin, qui le poussait à chanter avant tout autre. Une monnaie grecque du VIe siècle avant J-C. porte un coq surmonté d’un signe astral, d’où partent des rayons. 

Les Grecs firent du coq l’emblème du courage militaire. Thémistocle sur le point de livrer bataille aux Perses, harangua ses hommes en leur recommandant l’exemple des coqs. En souvenir de ce fait, Athènes créa une fête annuelle, qui comportait principalement des combats de coqs. Les Gaulois eurent la même idée que les Grecs. On a des monnaies portant un coq. Des bijoux en forme de coqs furent trouvés dans les sépultures. Quelques bas-reliefs révèlent des enseignes militaires surmontées de coqs. Notons en passant que le coq ne fut pas l’ordinaire enseigne des Gaulois, comme on l’a souvent dit. Le sanglier est plus fréquemment employé que le coq. 

Tant de qualités chez le coq contribuèrent à en faire partout, chez les Anciens, une sorte de messager des dieux. Aussi bien eut-il le douloureux privilège — surtout le coq blanc — de servir, par ses entrailles ouvertes, à la révélation des volontés des dieux et à l’annonce des bonheurs ou malheurs futurs. C’est ce qu’exprime Rabelais quand il parle dans « Pantagruel » du « coq vaticinateur ». Le nom d’alectryomancie désigne cette pratique sanglante. 

Toujours à cause de ses qualités proverbiales, les Anciens croyaient que les entrailles du coq renfermaient une pierre mirifique: la « pierre alectorienne », talisman supposé de l’audace, de la vigueur, de la décision. N’a-t-on pas raconté que Milan de Crotone, qui tuait un taureau de son poing prodigieux, devait à la pierre alectorienne sa force surhumaine. Il est curieux de trouver un  archevêque de Rennes: Marbode, mort en 1123, qui rappelle cette légendaire tradition et ajoute que le même talisman donne l’éloquence aux orateurs et la fidélité aux époux. 

On a cru très longtemps que le gésier d’un coq castré contenait parfois une autre pierre  merveilleuse, capable de procurer à qui la portait, la sagesse et le bon sens. Le Moyen Age appelait ce talisman la « pierre de chapon » ou « chaponnette ». Un inventaire — celui du duc de Berry, oncle de Charles VI dressé en 1416, fait état « d’une pierre de chappon, tachée de blanc et de rouge, assize en un annel d’or: prisée quatre livres tournois ».

 

B – Le Coq dans les plus Anciennes Symboliques du Christianisme. 

Le caractère d’ « oiseau de la lumière » a été gardé au coq pendant tout le premier millénaire chrétien. A l’exemple des Egyptiens, qui avaient des lampes de terre ou de bronze en forme de coqs, les potiers chrétiens de Grèce et de Rome réunirent, eux aussi, le coq à l’idée de la lumière et donnèrent, entre autres sujets symboliques, à leurs lampes la représentation du coq. Sur l’une, le coq est accompagné d’une croix; sur une autre, il semble diriger une barque vers le port; sur une troisième, il porte une palme de triomphateur, telle la lampe trouvée à Ardin (Deux-Sèvres). A n’en pas douter, le coq est là l’emblème du Christ, chef de l’Eglise, guide et défenseur des fidèles. Sur une barque, il est le Christ dirigeant l’Eglise. Surmonté d’une palme, il est le Christ ressuscité, vainqueur de la mort. 

Depuis longtemps un beau témoignage a été rendu au coq. L’auteur du « Livre de Job » se demande si le Créateur ne lui a pas donné plus que de l’instinct:  « Qui a mis la sagesse au cœur de l’homme?

Qui a donné l’intelligence au coq? » (XXXVIII – 36). 

Le « Dictionnaire d’Archéologie Chrétienne » cite une ampoule en terre cuite des premiers siècles du Christianisme, sur laquelle on peut voir la Vierge Marie présentant son Fils nouveau-né à quelque personnage placé devant elle; au-dessus un coq bat des ailes et chante; à leurs pieds est un autre coq. 

512333053Le symbole est net: l’avènement de Jésus est pour le monde, au moral, ce qu’est l’apparition matinale du soleil, matériellement, pour la terre, apparition que chantent les coqs. La symbolique chrétienne ne s’est pas contentée de voir dans le coq l’emblème du Christ ou de l’associer à l’avènement du Messie. Elle l’a également uni à la Résurrection. N’est-ce pas à l’aube pascale que le miracle s’est accompli, c’est-à-dire au moment où retentit le chant du coq? Les lampes chrétiennes, décorées d’un coq porteur de palme, lui donnent l’insigne honneur de rappeler le Christ ressuscité.

Le chant du coq devient la voix du Christ. Le sens poétique de Prudence a fait ce rapprochement.

Dans son « Cathemerinon » (chants pour toute la journée), publié au début du IVC siècle, le poète chrétien consacre sa première hymne à « l’oiseau annonciateur du jour » (« Ales diei nuntius ») dont la voix sonore « appelle les âmes à la vie » chrétienne (« … ad vitam vocat »). Racine nous en a traduit les strophes: 

« L’oiseau vigilant nous réveille; Et ses chants redoublés semblent chasser la nuit; jésus se fait entendre à l’âme qui sommeille Et l’appelle à la vie où son jour nous conduit… » 

Saint Ambroise, évêque de Milan, lui aussi consacre au coq sa première hymne: « Le coq réveille les dormeurs Et presse les mal-éveillés… «  

Et l’on pourrait citer Denis d’Alexandrie, saint Basile… 

Le coq garde l’actualité dans la symbolique liturgique puisque, encore maintenant, l’Eglise fait réciter au bréviaire l’hymne de saint Ambroise dans les « Laudes » du dimanche et celles de Prudence, dans les « Laudes » du mardi. 

Quant à donner le coq en modèle aux prédicateurs, c’était chose facile. Saint Hilaire de Poitiers l’a fait dans une hymne:

« Le coq qui chante et qui bat des ailes

Ressent l’approche du jour.

Nous aussi, avant la lumière,

Annonçons au monde le Christ… » 

Saint Grégoire-le-Grand n’y a pas manqué: 

« Le prédicateur a le devoir de s’animer… comme le coq qui bat des ailes avant de pousser son chant… » (Morales: XXX). 

Le coq a même été associé à la fin du monde, en faisant de lui l’image du Juge suprême. La nuit rappelle la mort, mais le jour évoque la résurrection. Le chant du coq fait à l’aube ce que fera l’appel de l’ange de la résurrection, au jour où s’accomplira la définitive destinée des hommes. Mais le coq dressé au milieu d’une nature encore endormie entraîne à lui faire représenter le Christ lui-même.

Prudence, dans une hymne, écrit en effet le coq « est la figure de notre Juge ». Nous avons là l’explication de ces coqs gravés sur les plus anciennes sépultures chrétiennes; par eux s’expriment l’espérance et la foi dans la résurrection future. Nous donnons la même signification au petit coq en os, trouvé dans une sépulture mérovingienne de Blaye. 

La place du coq sous la tradition chrétienne ne se limite pas à des considérations mystiques. Elle s’étend aussi à la liturgie pratique. Dans la vie romaine, les « heures » — comme chacun sait — étaient des périodes de temps d’une certaine longueur et non pas de soixante minutes seulement. La première division légale de la journée ou « première heure » était au chant du coq. On l’appelait, à cause de cela, le « Gallicinium ». Elle allait d’environ une heure (style moderne) à trois ou quatre heures en été, à quatre ou six en hiver. L’Eglise, soucieuse de faire donner par ses fidèles les prémices du jour à Dieu, fit du « Gallicinium » l’heure de la prière par excellence. Les « canons d’Hippolyte », écrits à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle, indiquent expressément qu’une assemblée de prières aura lieu au « Gallicinium ». La « Peregrinatia Etherioe », de la fin du IIIe siècle, nous apprend qu’à Jérusalem le coq donne le signal de l’assemblée du dimanche. Des « Constitutions apostoliques » des IV et Ve siècles déclarent que, après la longue veillée pascale, les Baptêmes étaient conférés au chant du coq et qu’aussitôt après le « Gallicinium » il était permis de rompre le jeûne.

En Orient, le « Gallicinium » faisait partie de l’horaire monastique quotidien. Au Ve siècle, notamment chez les moines égyptiens, nous dit Dom Leclercq, certains monastères consacraient particulièrement deux temps à la prière en commun le « Gallicinium », au matin, et le « Lucernarium », le soir autrement dit: l’heure du coq et l’heure de la lampe.

 

Le plus ancien coq de clocher connu est celui de la cathédrale de Brescia. Il remontait au IXe siècle. Il était en cuivre doré. Le poète anglais Wolstan, au Xe siècle, parle du coq de la cathédrale de Winchester. La vieille chronique de Coutances nous apprend que le coq de la cathédrale fut frappé par la foudre en 1091. 

Mais pourquoi des coqs sur les clochers? 

Nous ne pouvons répondre que par des conjectures. Cependant tout ce que nous avons dit de l’emblématique du coq chez les anciens et dans les premiers temps du christianisme, nous permet de croire que la tradition concernant le coq a continué de s’affirmer, mais sous une forme différente, par son installation au faîte des édifices saints. 

Lorsque nous avons sous les yeux de vieilles estampes, représentant les instruments de la Passion, accompagnant toujours la lance, l’éponge, les clous, le marteau, la couronne d’épines, la lanterne, nous voyons un coq perché sur une colonne. Il n’est pas tellement rare, non plus, de découvrir, sur des monuments chrétiens, un coq toujours perché sur une colonne. Il s’agit ou bien du coq qui a chanté au moment du reniement de Pierre, début de la Passion du Christ, ou bien de l’emblème, parmi les instruments de douleur, de la Résurrection proche. L’idée du coq sur le clocher a pu venir de cette figuration du coq de la colonne. La transition ne paraît pas impossible. 

téléchargement (1)Ce qui semble plus évident, après tous les symboles du coq dans l’emblématique chrétienne et les allusions poétiques ou mystiques des premiers chantres et orateurs du christianisme. C’est que le coq, haut placé, rappelle le Christ protecteur vigilant et défenseur de ses enfants, engagés dans la lutte contre le mal dont ils doivent sortir vainqueurs. Le coq-girouette toujours face au vent, est le Christ face aux péchés et aux dangers du monde et, par similitude, le chrétien face aux mêmes dangers et aux mêmes péchés. 

Une explication subsidiaire vaut d’être donnée. On a remarqué que souvent l’intérieur du coq des clochers contenait des reliques. Ainsi, le coq de Notre-Dame de Paris, descendu, il y a quelques années, pour une remise en état, renfermait des ossements. Cette constatation est à rapprocher des talismans légendaires attribués aux coqs blancs. On a imaginé que les ossements trouvés devaient appartenir à des saints locaux, protecteurs de la cité. Peut-être peut-on penser qu’autrefois,   lorsqu’on mettait une sainte émulation à se voler d’église à église les reliques vénérées, le reliquaire le mieux protégé était au sommet quasi-inaccessible du clocher.

 

Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente – année 1956

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Éloge de la France rurale

Posté par francesca7 le 28 juillet 2014

IL Y A CENT ANS DANS LE FIGARO – Tous les week-ends, Le Figaro explore ses archives de l’année 1913. Le 8 avril, un chroniqueur du journal célèbre le charme pittoresque des scènes de campagne.

Article paru dans le Figaro du 8 avril 1913.

téléchargement (6)Le village. Le village lorsqu’on l’aperçoit de loin, se distingue à peine des champs et des pentes pierreuses au flanc desquelles il est appliqué. On sent en le regardant qu’il n’est que l’humble refuge d’une espèce. La grande ville abuse l’homme en l’enfermant dans tous les artifices qu’il a créés, la petite ville elle-même fait un effort d’orgueil: le village seul, dans sa simplicité fruste et nue, dévoile les choses de sa vie et de sa mort. Très ancien, il ne garde pourtant rien qu’il puisse montrer de tout le passé dont il sort, et, dans son antiquité sans gloire et sans couleur, il nous représente seulement la morne succession des destinées ignorées, à jamais pareilles à travers des sociétés différentes. C’est au village qu’on revoit la suite des générations, qu’on ne discernait plus à la ville, dans le fleuve confus des passants. À l’entrée on rencontre les enfants: drôles et courtauds, gauches et solides, et criant entre eux comme de petits sauvages, ils se taisent brusquement, devant l’étranger. Les garçons jouent; les filles apprennent déjà leur rôle de mères et surveillent chacun un marmot dont elles répondent. Les hommes et les femmes travaillent, aux champs ou dans les maisons. Mais, près des portes, ou sur la place, on voit les vieillards. Après toute une vie de peines, leur décrépitude leur vaut enfin de l’oisiveté. Pauvres et propres, ils marchent à petits pas saccadés ou restent assis contre la muraille ils tiennent dans leur main un bâton noueux et tors qui ne se distingue pas d’elle. Les vieux paysans ne meurent pas de la même façon que l’homme des villes ils se dessèchent insensiblement, et, comme s’ils sortaient de la vie par une métamorphose insaisissable, ils ont l’air de se transformer peu à peu en branches et en racines. Entre ces vieillards hébétés, à l’heure où elles ont un peu de relâche, viennent se promener les jeunes filles. Elles chantent, et rient en se tenant par le bras; avec une coquetterie hardie et naïve, elles se sont parées d’un fichu au ton criard ou d’un foulard clair; sur plusieurs d’entre elles brille une beauté passagère, que flétriront bientôt les durs travaux: mais elles songent à l’avenir, sans penser au leur: leurs voix, leurs regards provoquent les jeunes gens et, derrière elles, à quelque distance, dressant ses cyprès, apparaît le petit cimetière.

Mais les personnages les plus solennels du village, ce sont les vieilles; l’âge, le temps, leur prêtent une sorte de majesté qui les fait ressembler à des déesses primitives: elles demeurent au fond des familles comme des figures de leur durée; elles vont chercher l’eau, soignent le feu, se livrent à toutes ces antiques occupations qui ont gardé quelque chose de presque sacré. Lorsqu’un événement imprévu appelle aux fenêtres tous les visages, le leur est le dernier à y paraitre, succinct et sévère. Elles ressemblent à des Parques. Ayant tout subi, elles connaissent les quelques lois qui dominent les accidents de la vie et, sans consentir à de vains débats, se contentent de prononcer les paroles brèves où leur sagesse se résume. J’en ai vu une qui, assise au pied d’un escalier extérieur appliqué à une maison, écoutait les réclamations d’une jeune femme. Celle-ci se plaignait de son mari; brune, assez belle, elle parlait d’un air sombre et d’une voix rauque, et semblait agiter toutes les résolutions de la violence et de la colère; la vieille ne l’interrompait point; mais, levant les yeux vers elle, elle lui répondait seulement avec une gravité fatidique, par le mot de toutes les destinées: «Patience, ma fille»

Dans le village survivent aussi les vieux métiers qu’on n’a pas encore gâtés. Son peu d’importance l’a préservé des magasins prétentieux de la petite ville: on n’y trouverait pas de pâtisserie ni de bazar. Seul, dans sa boutique caverneuse où les denrées ont l’air d’avoir son âge, le vieil épicier débite une marchandise douteuse, qui lui vient de loin. Mais le boulanger vend un pain dur et doré tout proche encore des moissons et des meules; le savetier cogne et creuse le bois et, parmi tous les sabots don il est entouré, semble travailler dans un chantier de navires.

Le maréchal-ferrant pratique son art selon des règles fixées depuis des siècles et des millénaires. Ce soir, au fond de la ruelle obscure, une carriole s’est arrêtée devant sa maison, pour qu’il remît à un cheval le fer que celui-ci venait de perdre. Aussitôt il a commencé à travailler. Le feu s’est élevé dans la forge, boiteux et dansant, comme du temps qu’il était un dieu; l’enclume a tinté quelquefois; le fer a rougi comme un croissant lunaire; le maréchal lui-même, qui besognait sans parler, avait cet air de ruse et de finesse que la Fable de tous les pays attribue à ceux qui collaborent avec la flamme. Le cheval patient ne remuait pas; quelques enfants obscurs s’étaient assemblés et ne bougeaient pas plus que lui. Sur tout cela flottait une poésie douce et vénérable, sortie de ce métier qui n’a point changé depuis très longtemps. C’était l’heure où se répand l’ombre, où tout semble être emporté dans son onde: et, pour n’y être pas entraîné, le petit village se fixait et se piquait au flanc du coteau par quelques lumières.

images (7)La ruine. Loin des chétives maisons des hommes, ample, droite, superbe, la reine de la solitude trône au sommet de sa colline inculte. Sur elle passe le souffle subtil des hauteurs. Elle dresse encore ses tours, ses murailles, et sur ses terrasses démantelées des pins ont poussé, des cyprès montent d’un seul jet comme pour la défendre. De loin, elle paraît dédaigneuse; de près, elle rit. Ornée et fleurie avec une sorte de faste sauvage, toutes les plantes rudérales foisonnent entre ses pierres et dans ses fossés. Les renoncules ouvrent leurs calices vernis, les orchidées dressent leurs hampes, la pâquerette abonde, la violette et la primevère se promènent et se rencontrent dans l’herbe; le lierre vorace s’applique aux murs, y suspend ses profondes draperies, où bougent et filtrent quelques oiseaux. Un d’eux s’envole avec un cri bizarre; un autre, plus mystérieux, s’inquiète sans vouloir s’enfuir, et sans doute est-ce l’âme enchantée d’un ancien châtelain, qui ne peut se détacher des lieux où elle vécut. Quelques corbeaux croassent d’un air noble sur une corniche. Deux petits faucons, du haut d’une tour, se jettent brusquement dans l’azur et, après y avoir voleté quelques instants, y restent suspendus et immobiles, les ailes raides comme de petites épées. Au loin un village exhale sa fumée bleuâtre. La ruine ne fumera jamais plus: elle oublie et dépose sa vieillesse humaine dans l’enfance de ses fleurs; elle se redonne à la nature. On retrouve encore, sur des chapiteaux, les feuillages taillés dans la pierre; mais partout la plante vivante rejoint et enguirlande, comme pour la relever de sa longue captivité, la plante sculptée. Le paysage bouche seul les grandes fenêtres vides, à travers lesquelles la ligne pure des lointaines montagnes neigeuses se répand comme une mélodie, tandis que les plus hautes de ces baies ouvertes n’ont, pour les remplir, qu’un pâle et suave vitrail d’azur.

Le pays. Je me suis assis au haut du coteau pauvre et fleuri, d’où je vois toute la variété de l’espace et d’où j’aperçois au loin les caprices sauvages du printemps. De larges nuées oppressent les montagnes certaines manœuvrent lourdement pour se grouper; d’autres se vaporisent en pluie. L’ombre et le soleil se disputent un pays palpitant; sur une pente traîne un arc-en-ciel déchiré, tandis que d’un autre côté apparaît un azur aussi suave qu’un visage de convalescente. Sur une crête, se détache une statue ferme et noire, qui est un berger; et jeune, candide, audacieux, jeté en avant et ouvrant les bras, un arbre en fleurs semble, en face des nuées obscures, l’épouvantail divin qui fera fuir l’hiver.

images (8)Je reste immobile, étendu, l’âme distraite: l’espace vague endort mes yeux et je ne choisis point entre mes sensations confuses. J’écoute le vent: il ne couvre pas d’un souffle égal tout le paysage: il voyage ici et là; tantôt il passe en m’effleurant dans la vieille herbe blanchie; tantôt je l’entends ailleurs, près de la rivière ou dans les pins. Alentour les friches fleurissent; le jaune épais des ajoncs alterne le jaune léger des genêts. Près de moi, j’aperçois les plaques bleues du polygala; la pervenche ouvre son œil sérieux pour regarder tout le printemps. Fleurs chétives et tenaces, petites princesses rustiques, dames de la terre et du vent, je vous connais je sais que de chacune de vous relève une maladie à laquelle vous portez remède; il y a l’herbe-aux-verrues et le casse-lunettes; l’une de vous guérit la migraine, une autre le rhume; mais je sais surtout qu’à vous toutes, quand on ne fait que contempler les étendues que vous recouvrez modestement et respirer vos parfums mêlés, vous guérissez l’inquiétude humaine. L’oreille, au bord de l’espace, s’amuse à recueillir et à sauver les bruits qui s’y perdent. Par moments une petite troupe d’oiseaux s’élance, en plongeant d’une pente à l’autre. Quand je ne les vois plus, j’entends leurs chants monter çà et là. Ils répètent avec grand soin une petite phrase modeste, comme une leçon qu’ils veulent savoir, et ainsi ils donnent l’idée d’artisans au travail, plutôt que d’artistes inspirés. Soudain un vrai chant s’élève. Quel est cet oiseau caché? On sent dans son hymne la complaisance légère et presque inévitable du poète pour ses accents, mais on y sent bien autre chose. Un chant est toujours une demande. Pourtant, c’est en vain que celui-ci se répand, et les appels qu’échangent toujours les autres oiseaux ne font que rendre plus frappante la solitude du chant magnifique. Soudain, du fond de l’espace, un autre chant semblable perce et arrive jusqu’ici, et cette réponse faible, obstinée, lointaine, a quelque chose de si émouvant qu’elle met les larmes aux yeux.

Par Abel Bonnard

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Lâcher d’oiseaux pour la Pentecôte

Posté par francesca7 le 20 juillet 2014

à l’origine de curieuses enseignes

(D’après « Les fêtes légendaires », paru en 1866)

Si l’usage voulait que l’on lâchât des oiseaux pour célébrer l’entrée des rois de France à Paris, la coutume prévalait également dans les églises de la capitale pour la Pentecôte, et fut d’ailleurs à l’origine d’un fait marquant que les marchands de vin du Pont-aux-Oiseaux immortalisèrent en arborant de pittoresques enseignes

Au Moyen Age, dans les fêtes d’hiver, comme l’usage des bancs n’était pas encore introduit, on couvrait les dalles des églises de paille et de foin, afin que le peuple pût s’asseoir et s’agenouiller, et, dans les fêtes d’été, on jonchait l’enceinte sacrée de fleurs et de feuillages. A Noël, on commençait à mettre la paille ; aux Rameaux ou Pâques-Fleuries, comme disaient si poétiquement nos pères, on la remplaçait par des branches de buis ; à la Pentecôte, l’une des premières fêtes du printemps, on jonchait les églises de fleurs.

images (15)Dans celles de Paris, principalement à Notre-Dame et à Saint-Jacques-la-Boucherie, lorsqu’on chantait l’hymne du Veni Creator, une colombe blanche descendait des voûtes sacrées. Au même instant, par des orifices réservés, on lâchait des oiseaux, des fleurs, des étoupes enflammées et des oublies. On donnait à croire à l’assistance que ces différents objets partaient de la voûte céleste, et leur signification était facile à expliquer : les fleurs, les oiseaux et les oublies annonçaient la satisfaction de Dieu et les étoupes enflammées sa colère, selon que chaque assistant avait été assailli par l’un ou par l’autre. C’était un heureux ou mauvais présage. Cette cérémonie, qui prouve la candeur de nos aïeux, se fait encore le jour de la Pentecôte dans quelques églises de Flandre : on y donne la liberté à plusieurs pigeons blancs.

Cet ancien et curieux usage de donner la liberté aux oiseaux, se pratiquait aussi à l’entrée des rois de France dans leur bonne ville de Paris. D’après un édit, les oiseleurs de Paris étaient tenus de donner ce jour-là la clef des champs à des milliers d’oiseaux. C’était à ce prix qu’on leur permettait d’occuper, sur le Pont-au-Change, une place pour exercer leur commerce ; ils n’avaient le droit d’y rester que les jours de fête. En 1461, lors de l’entrée de Louis XI, ils en lâchèrent une si grande quantité que le soleil en fut obscurci. L’entrée des rois se faisait toujours par la porte Saint-Denis, après la station d’usage au clos Saint-Lazare. Singulière coïncidence, c’est aussi par là qu’ils en sortaient, pour aller occuper leur dernière demeure dans les caveaux de cette nécropole royale. Le chemin de la mort était le même que celui du triomphe.

François Ier abolit toute impression de livres dans tout le royaume, sous peine de la hart, fit arrêter tous les protestants, et ordonna, en 1536, une procession extraordinaire dans Paris. Toutes les rues furent pavoisées ; tous les religieux et religieuses, avec leurs bannières et toutes leurs reliques, y assistèrent. Chacun avait une torche à la main. Une grand’messe fut célébrée à Notre-Dame. On laissa échapper plusieurs milliers d’oiseaux, auxquels on avait attaché des petits billets, portant ces mots de sinistre augure : Ipsi peribunt, tu autem permanebis : ils mourront, mais vous resterez. On voulait frapper l’esprit des hérétiques et leur donner l’exemple d’un grand respect pour les reliques, que les protestants ne respectaient guère. Calvin, Clément Marot, Amyot et beaucoup d’autres grands écrivains s’exilèrent pour échapper au bûcher. Rabelais se faufila entre les deux partis en les faisant rire l’un et l’autre.

A cette coutume de donner la liberté aux oiseaux dans Notre-Dame se rattache un fait légendaire, assez curieux pour être raconté, et qui a donné naissance à l’enseigne de plusieurs boutiques de marchands de vin, qui ne se doutent guère de cette respectable origine. Il y avait à Paris un pont, connu sous le nom de Pont Marchand ; il avait remplacé le Pont-aux-Meuniers ; le populaire l’avait baptisé du nom de Pont-aux-Oiseaux. Il avait été construit par le capitaine Marchand, comme l’indiquait une table en marbre, placée à son extrémité, et sur laquelle on lisait ce distique : Pons olim submersus aquis, nunc mole resurgo. Mercator fecit, nomem et ipse dedit. 1609.

Les anciens ponts étaient bordés de maisons, de telle sorte que le passant ne se doutait pas qu’il était sur la Seine, dont la vue lui était cachée par ces bâtisses sur pilotis. Le feu les consumait souvent, comme le Petit-Pont de Paris, qui brûla en 1718 par suite d’une croyance superstitieuse. Une mère dont le fils s’était noyé dans la Seine crut, pour retrouver son corps et lui donner la sépulture, devoir abandonner au cours de la rivière un pain sur lequel était placé une chandelle allumée, et que saint Antoine de Padoue ferait arrêter cette lumière flottante sur l’endroit où serait le corps. La chandelle rencontra un bateau chargé de foin et l’enflamma ; on coupa les cordes qui le retenaient afin qu’il allât brûler au milieu de l’eau, mais il vint s’arrêter sous le pont, qui fut réduit en cendres, ainsi que la plupart des maisons.

Le Pont-aux-Meuniers, qui s’était écroulé le 23 décembre 1598 et que Charles Marchand – constructeur du Pont-Neuf – acheva de réédifier en décembre 1609, avait une particularité remarquable qui lui fit donner le nom de Pont-aux-Oiseaux. Toutes ses maisons, construites en bois, étaient uniformes et peintes à l’huile ; chacune était distinguée par une enseigne représentant un oiseau, d’où son nom : Au Merle-Blanc, au Coulon, au Rossignolet, au Corbeau, au Coq-Héron, au Faucon, au Grand-Duc, au Pivert, au Grand-Pélican-Blanc, au Coq-Hardi, à la Chouette-Huppée…

A l’extrémité s’élevait la taverne d’un marchand de vin et liqueurs, qui prit pour enseigne :A la Descente du Saint-Esprit. Elle représentait une colombe aux ailes déployées, tête en bas, et sortant d’un nuage grossièrement figuré, absolument comme on le voit encore aujourd’hui à la porte de quelques boutiques. Or, voici ce que dit la chronique sur l’origine de cette fameuse enseigne.

Le tavernier, dont la légende n’a pas conservé le nom, avait une fille appelée Colombette, douce, sage et modeste comme son homonyme. La renommée de la maison n’était pas grande. A peine quelques malandrins y allaient par ci par là essayer de boire sans bourse délier. Le guet venait souvent mettre le holà, et conduisait au Châtelet, méditer sur l’utilité des angelots, les truands désargentés.

Or, il advint qu’un jour de Pentecôte, Colombette alla ouïr la grand’messe à Notre-Dame, et, chose singulière, quand, après le Veni Creator, commença la cérémonie des oiseaux, une pauvre colombe toute blanche, effrayée de voir une si grande foule, vint, tête baissée, se cacher dans la capeline de la jeune fille, comme si elle eût compris que là elle aurait un nid sûr et serait bien protégée. C’était une sœur qui venait demander protection à sa sœur ; aussi Colombette se garda bien de la repousser. Comme le populaire croyait que ces oiseaux venaient du ciel, que c’était Dieu qui les envoyait, on regarda cette préférence pour la fille du tavernier comme un fait extraordinaire ; on la crut prédestinée.

téléchargement (8)La jeune fille emporta la colombe à la maison paternelle et en eut un soin extrême. L’événement, raconté et commenté par les commères de la Cité, attira beaucoup de monde. La maison prit pour enseigne : A la Descente du Saint-Esprit et prospéra presque miraculeusement. Colombette ne manqua pas d’épouseurs, choisit bien, et fonda une bonne maison, qui continua de génération en génération.

Par un grossier jeu de mots, on multiplia cette enseigne en disant que c’était à la descente de l’esprit de vin, de l’esprit pur de tout mélange. Plusieurs fois on essaya de former la corporation des marchands de vin et liqueurs, mais ils ne surent jamais se tenir en association ; l’esprit de corps leur a manqué. C’est le seul état important qui ne figure pas dans la liste des corps de métiers au Moyen Age, où l’on voit cependant la corporation des tonneliers. Le Pont Marchand ou Pont-aux-Oiseaux, fut détruit par un incendie en octobre 1621, en même temps que le Pont-au-Change. Le premier ne fut pas reconstruit.

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ORIGINE des CHANTS DE NOEL

Posté par francesca7 le 24 décembre 2013

 

Noël et chants de Noël au Moyen Age 

(D’après « Recherches sur nos vieux noëls
considérés comme chants populaires » paru en 1864)

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Les anciens « Noëls » au sein desquels le latin le céda peu à peu aux différents patois, sont sans doute ceux qui offrent le plus d’intérêt parmi les chants populaires du Moyen Age et de la Renaissance ; et par chants populaires, il convient d’entendre ces productions naïves de l’esprit public, où se reflètent l’histoire, les mœurs et les croyances de nos aïeux

Le Moyen Age nous paraît embrasser, en littérature et dans les beaux-arts, non pas la durée qui sépare historiquement la chute de l’empire romain et celle de l’empire d’Orient (416-1453) ; mais les beaux siècles de la chevalerie et des croisades, des trouvères et des troubadours, de l’architecture ogivale et du symbolisme chrétien, sans lequel nos cathédrales seraient un corps sans âme.

L’âge d’enfance de notre langue commence, pour ainsi dire, avec la monarchie française, mais le serment de Charles le Chauve est peut-être le plus ancien monument que nous en ayons. Sous les derniers Carolingiens et les premiers Capétiens, l’État fut désolé par des troubles et des guerres dont le contrecoup affaiblit les études ; la langue latine, jusqu’alors très en vogue, se dénatura, et cette corruption, jointe à celle du celtique, enfanta une multitude assez confuse de patois tudesques et romans. Cependant l’idiome populaire, avec ses nombreux dialectes, fut admis dans le temple pour la prédication ; et les motifs de cette concession, réclamée par les besoins de la classe illettrée, s’étendirent aux cantiques spirituels : c’est qu’ils interprétaient aux fidèles les psaumes et les hymnes liturgiques, dans un langage qui leur devenait plus familier que le texte. Peu à peu, le latin se vit réduit à demander un asile aux cloîtres, aux chancelleries du royaume et aux écoles du clergé séculier.

Ces modifications de la langue. usuelle dans le domaine religieux, donnèrent une physionomie nouvelle à ses produits. Ainsi, bien que le cantique soit en général toute poésie sacrée qui se chante, il devint, dans un sens plus restreint, une composition en langue vulgaire sur divers sujets de morale et de piété. Le Noël, destiné à célébrer la naissance du Christ et les mystères qui s’y rattachent, n’est donc qu’une espèce originale, une nuance du cantique fait de main d’homme. L’absence d’inspiration divine, le tour de phrase et la rime inhérente à notre versification, le distinguent largement du cantique sacré des Hébreux. Abstraction faite du nom, qui n’apparaît que plus tard, le Noël existait au moins dès la fin du XIe siècle. Lambert, prieur de Saint-Wast d’Arras, en parle au siècle suivant comme d’une pratique universellement reçue, c’est-à-dire antérieure au temps où il privait. D’après lui, « les fidèles se consolaient des ténèbres de la nuit de Noël par l’éclat d’un nombreux luminaire, et, d’une voix vibrante, ils chantaient des cantiques populaires selon l’usage des Gaulois : Lumine multiplici noctis solatia praestant, / Moreque Gallorum carmina nocte tonant.

 ORIGINE des CHANTS DE NOEL dans CHANSON FRANCAISE 220px-Gelati_Gospel_%28A%29Mais ne serait-ce alors qu’une pieuse innovation de cette époque ? Il ne semble pas, car saint Paul écrivait aux Ephésiens : In psalmis, et hymnis, et canticis spiritualibus… cantantes Domino. Cette gradation est digne de remarque ; d’abord les psaumes, puis les hymnes, enfin les cantiques, peut-être même non inspirés. Pour nous borner aux Noëls sous forme d’hymnes latines, nous dirons que beaucoup de celles-ci furent chantées primitivement comme de simples cantiques ; ce n’est qu’au XIIe siècle qu’on les aurait insérées dans le corps de l’office romain. Quant aux séquences ou proses rimées, qui surgirent en masse depuis les Carolingiens, elles n’étaient souvent que des chants monastiques ou populaires, consacrés ensuite par la liturgie. Et comme la langue latine fut généralement celle du peuple jusqu’à la formation du patois rustique et des patois romans, il en résulte que ces hymnes et ces proses étaient à l’instar de vrais cantiques vulgaires, spécialement à son usage.

On ne saurait donc révoquer en doute que ces cantilènes, d’un genre mixte, n’eussent déjà leur place marquée dans les mœurs et coutumes de nos bons aïeux ; l’anniversaire de la Nativité dut surtout en fournir le motif. Depuis le IIe siècle, il jouissait d’une grande popularité. Clément d’Alexandrie, qui mourut en 217, en fait mention comme d’une immense fête de famille, introduite dès l’origine au foyer domestique. Saint Jean-Chrysostome se félicitait, dans une homélie de circonstance, du zèle des Orientaux à célébrer Noël ; mais il ajoutait que ce culte leur venait des contrées de l’Occident. Plus tard, nous voyons que ce jour de liesse ouvrait l’année civile des Francs, et qu’on y échangeait les souhaits d’usage à cette occasion. Le Pape Léon III l’avait choisi pour le sacre impérial de Charlemagne ; ce monarque ceignit le nouveau diadème au milieu de vivat où transpirait notre vieux cri de joie. Flodoard, écrivain du Xe siècle et chanoine de Reims, y fait allusion dans sa chronique si intéressante.

Ce serait ici le lieu de rechercher l’étymologie du mot Noël, employé pour désigner le mystère de la Nativité, les chants qui le traduisent par les rythmes de l’harmonie et l’un de nos cris nationaux du Moyen Age. Sous ce dernier aspect, nous le constatons au baptême de Charles VI. Monstrelet nous apprend que lorsque Philippe le Bon, duc de Bourgogne, ramena sa sœur à son beau-frère le duc de Bedfort, « y fut faicte grand’joie des Parisiens : si crioit-on Nouëlpar les carrefours où ils passoient ». A-peu près vers le même temps, lors du sacre de Charles VII à Reims, « tout homme cria Noël, et les trompettes sonnèrent en telle manière, qu’il sembloit que les voultes de l’église se dussent fendre ».

Le primitif Nouël selon l’ancienne prononciation latine, appartient a l’époque de formation de notre idiome national. Les uns y ont vu une abréviation d’Emma-nuel (Dieu avec nous), par suppression des deux premières syllabes, pour avoir un cri de joie populaire vif et dégagé. D’autres le font dériver de Natale, le jour natal ou la nativité du Christ ; le patois bourguignon l’avait corrompu en naunadau et naulet, expressions qui se retrouvent souvent dans les Noëls de La Monnoie ; les Bisontins disaient Nouë, les Picards noë ou simplement no, etc. Enfin il en est qui le prennent pour synonyme de nouvel, en latin novus, le nouveau-né par excellence, le nouvel Adam ; c’est ainsi que nos pères disaient encore le renouveau pour le printemps, et, dans la Bretagne, on continue à désigner le Christ au berceau sous le nom d’Enfant-Noël. Aucune de ces étymologies ne paraît improbable, et peut-être faut-il les voir toutes réunies dans une sorte de synthèse. Quoi qu’il en soit, le mot Noëlfut affecté de bonne heure aux cantiques sur les mystères de la Crèche, et ces compositions naïves ont revêtu trois formes successives : les proses rimées, les farcis et les noëls proprement dits.

On appelle proses, en liturgie, des cantiques affranchis de toute règle métrique. Régulièrement, elles sont en latin, et, quand on les insérait dans le Missel, elles prenaient le nom de seqentia, séquence, ou ce qui suit le Graduel avant l’Evangile. D’Ortigue pense que le Moyen Age composa quelques proses en langue vulgaire, pour l’instruction du peuple qui n’entendait pas le latin ; mais il ne nous en est parvenu aucune, à moins qu’on ne veuille entendre par là des cantiques où le compositeur ait fait bon marché de la rime et de la cadence. Du reste, on voit que l’étymologie du mot prose est une abréviation de pro sequentia.

 dans CHANSON FRANCAISELe Missel romain, qui renferme d’admirables séquences pour les fêtes de Pâques, de Pentecôte, du Saint-Sacrement et des Trépassés, n’en a point sur la Nativité ; mais il en était autrement dans presque tous les diocèses qui suivaient un rit particulier. Le supplément au Glossaire de Ducange nous apprend qu’aux Matines de Noël, on chantait vers le XIIe siècle, à Cambrai, trois proses latines. Ailleurs on les remplaçait par une cérémonie dont il sera question aux Noëls farcis. Ajoutons que presque tous nos vieux eucologes, même selon le rit romain, ont une prose attribuée à saint Bernard et traduite en vers français qui sont loin d’être irréprochables. En voici une imitation du début, insérée dans un ancien Recueil des Noëls de Langres : « Déjà le feu dont la minuit / Se trouve richement peinte, / Verse le sommeil et sans bruit / Roule sur la Terre-Sainte, / Quand, par miracle non pareil, / D’une étoile naquit le soleil ». Saint Bernard avait dit : « Res miranda ! / Natus est… sol de stella : / Sol occasum nesciens, / Stella semper clara ».

Plusieurs strophes de cette prose nous montrent déjà un gracieux mélange de rimes accouplées et de rimes croisées. Or c’est une probabilité qu’il existait alors - nous sommes toujours au XIIesiècle - des cantiques en dialecte vulgaire, et surtout des Noëls, les uns et les autres frappés au coin de ce cachet propre à la Muse gauloise. La rime est chez nous, plus que partout ailleurs, une sorte de produit de terroir. Aussi la retrouve-t-on chez nos poètes primitifs, tels que Pierre-le-Troubadour. Des philologues vont même jusqu’à en faire honneur à Bardus V, roi des Gaules, de qui nos bardes auraient pris leur nom.

Le latin perdit souvent, au Moyen Age, sa physionomie de langue transpositive, pour mieux s’identifier avec notre génie national. On pensait en français et l’on écrivait en latin calqué sur la pensée. La basse latinité de cette époque nous en fournirait une foule d’exemples. Citons, du XIIIe siècle, le Puer nobis nascitur et le Votis Pater annuit, toujours à rimes croisées. Enfin, nous signalerons comme un des morceaux les plus populaires du genre, l’Adesle fideles. Le XIevolume des Annales archéologiques de Didron renferme un mystère dramatique, tout en latin, de la Nativité. On le jouait dans l’Armorique, au XlVe siècle. Tous les dialogues sont rimés et plusieurs se chantaient sur des airs spéciaux, qui se rapprochaient du plain-chant. D’abord écrits par des moines et des clercs, ces drames furent représentés par eux, et cette circonstance nous explique pourquoi l’idiome vulgaire n’y parut que lorsque les bourgeois prirent part à ces jeux spirituels. Ces proses et ces mystères ou drames religieux sont un prélude au second type de Noëls, les farcis.

Les premières compositions romanes que nous ayons, en fait de Noëls, sont mélangées de latin et ont produit ce qu’on appelle des pièces farcies ou simplement des farcis. Nous en signalerons une qui date du XIIIe siècle et qu’a signée Pierre Corbeil, archevêque de Sens. La moitié de cette pièce est une prose latine et rimée sur l’un des animaux que la tradition populaire a placés dans l’étable de Bethléem. Elle est ordinairement désignée par son début Orientis partibus, et se trouve, avec le refrain en vieux français, dans l’ouvrage de M. d’Ortigue, cité plus haut. Cette composition a servi d’accompagnement, sinon de thème, à une cérémonie bizarre en l’honneur de la Nativité du Christ. On l’a baptisée du nom de fête des fous, parce que le peuple s’y abandonnait aux transports d’une gaîté folle, en dédommagement des anciennes saturnales. Dans le principe, l’Eglise ne jugea point à propos d’interdire ces réminiscences païennes, mais elle ne les tolérait qu’en les épurant, au pied de la Crèche, et en leur donnant une autre direction. Cependant il y eut des abus où les clercs se laissèrent parfois entraîner, et plus tard on dut les supprimer.

Les divers épisodes de la fête des fous se prolongeaient jusqu’au 14 janvier, avec changements de scènes et de mystères dramatisés. Les animaux légendaires de Bethléem y jouaient un rôle important. Comme ils avaient réchauffé l’Enfant-Dieu de leur haleine, nos candides aïeux ne pouvaient les oublier, et chacun d’eux avait sa prose et sa fête particulière. Leur naïve reconnaissance aimait donc à les associer aux effusions de leur joie ; aussi le bœuf et son compagnon recevaient-ils une véritable ovation les deux premiers jours de la Nativité. Dès que, pour annoncer la cérémonie, un héraut avait crié Noël, « aussitôt, disent les chroniqueurs du temps, le peuple se mettait en liesse ». Puis l’on amenait l’un après l’autre, sous le porche de l’église, les élus de cette fête populaire, auxquels on chantait des couplets farcis.

Quelle est, maintenant, leur valeur morale et littéraire ? Comme moralité, on y pressent certaines analogies avec les aphorismes de La Fontaine ; témoin ce passage de l’Orientis : « Dùm trahit vehicula, / Dura terit pabula ». C’est la devise : « Travail et sobriété ». Ils y trouveraient un double élément d’amélioration dans leur sort. D’un autre côté, il était bien légitime de se livrer aux plus gais transports, puisque les hôtes naturels de l’étable semblaient les partager, et que leur exemple eût fait rougir les indifférents. Quant au cachet littéraire de ces poésies mixtes, il nous offre cette curieuse progression de notre idiome national, cherchant à évincer la langue latine : d’abord l’élément latin y domine, mais il laisse empiéter sur son terrain ; puis, les deux langues rivales, la mère et la fille, y occupent une place à-peu près égale ; en dernier lieu, le français reste maître du champ de bataille, après six siècles d’antagonisme.

Citons pour exemple de la phase intermédiaire, un Noël rajeuni par la Renaissance, mais dont l’original datait du vrai Moyen Age ; il est intitulé : La joie des bestes à l’advenement de Jésus-Christ :

Comme les bestes autrefois
Parloient mieux latin que françois,
Le coq, de loin voyant le faict,
S’ecria : Christus natus est !

Le bœuf, d’un air tout ébaubi,
Demande : Ubi ? ubi ? ubi ?
Et la chèvre, à ce Tu autem,
Respond que c’est à Beth…lé…hem

Maistre baudet, curiosus Eamus !
Et droit sur ses pattes, le veau
Mugit deux fois : Volo, volo ! 

C’est bizarre et moins que poétique, surtout si l’on y joint l’harmonie imitative usitée alors au foyer domestique (le Christus natus est du coq se chantait d’une voix stridente ; le triple oubi du bœuf imitait bien son mugissement ; le bêlement de la chèvre était rendu par la prononciation chevrotante de Bethléem ; etc.) ; mais n’oublions pas que ces chants furent créés par les masses d’un peuple encore peu civilisé. Il ne faut pas s’y méprendre : les vrais chants populaires sont l’œuvre successive de plusieurs générations, sans auteurs connus. Cependant, un jour donné survient un collecteur qui les met en ordre, les édite et parfois les corrige maladroitement.

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à la Petite Ecurie du roi

Posté par francesca7 le 27 octobre 2013

(Source : Le Figaro)

à la Petite Ecurie du roi dans CHATEAUX DE FRANCE 220px-des_cylindres_hemispheres_colonnes_segmens_ou_portions_de_spheres_cones_etc._geometrie_pratique_t._1_pl._39-203x300Un lieu inconnu au coeur même de Versailles ? On n’ose y croire. D’autant qu’il ne s’agit pas de quelque modeste édifice accolé aux dépendances du bâtiment, mais d’une construction du grand Jules Hardouin-Mansart lui-même : l’ancienne Petite Ecurie du roi. A l’intérieur : une admirable collection de sculptures et de moulages historiques d’après l’antique.

En termes savants, on appelle cela une gypsothèque. Un endroit où 5000 chefs-d’œuvre se tiennent sagement en rangs serrés, tous siècles mélangés, où la mythologie côtoie la religion et l’histoire, où les bustes des grands hommes regardent vers les nymphes. C’est l’un des plus beaux endroits de Versailles, le plus onirique aussi, et le plus secret. Fermé au public depuis trente ans, il va être possible de le visiter sur réservation. Mais avant même son ouverture, nous l’avons photographié : voici un Versailles jamais vu.

La longue histoire de cette gypsothèque est superbe. Si l’on y voit tant de chefs-d’œuvre, c’est qu’elle réunit trois fonds importants : la collection de moulages du Louvre, celle de l’Ecole des beaux-arts et celle de l’Institut d’art et d’archéologie qui dépend de la Sorbonne. Il y a là des pièces très anciennes qui attestent du goût de Louis XIV pour l’antique. C’était un dogme pour le roi que la perfection des anciens : on ne peut, comme l’écrira La Bruyère, les égaler qu’en les imitant. Colbert impose aux pensionnaires de l’Académie de France à Rome leur stricte copie. Si bien que peu à peu affluent à Paris les moulages de plâtre et, à Versailles, les répliques de pierre ou de marbre. Ces copies favorisent la mainmise de l’Etat sur les arts et sont la règle dans les manufactures, celle des Bâtiments du roi et celle des Meubles de la Couronne : ainsi, rien ne s’oppose à l’étatisation générale du monde artistique. Mais les collections royales s’enrichissent de manière spectaculaire, on en a ici la preuve.

L’autre source de la gypsothèque de Versailles est l’Ecole des beaux-arts. Les moulages étaient accumulés dans les salles entourant la vaste cour vitrée aménagée par Duban au XIXe siècle. Ils seront en partie saccagés en mai 1968, comme les témoignages d’un enseignement académique honni, et couverts de graffitis, dont certains seront laissés bien visibles lors de la restauration des moulages. On a en effet estimé qu’ils faisaient partie de l’histoire des œuvres et de celle de l’enseignement des arts. Ce fonds témoigne d’une fascination pour l’art romain et les grands modèles venus d’Italie, bien avant ceux de la Grèce que les archéologues ne mettent au jour qu’à la fin du XVIIIe siècle.

C’est d’abord l’art grec classique puis l’art grec archaïque, révélé par les fouilles de Délos, d’Olympie et de Delphes, qui sont connus à une époque où le voyage en Grèce reste encore rare. Ce n’est qu’autour de 1930 que ces moulages seront un temps exposés au Louvre sur les paliers de l’escalier de La Victoire de Samothrace, où Debussy les vit et où la Colonne des danseuses de Delphes lui inspira une ode. Comme le souligne Jean-Luc Martinez, conservateur général du patrimoine et responsable de la gypsothèque du Louvre à Versailles : « La présence dans les mêmes murs des moulages et des marbres originaux montre l’importance que revêtaient alors ces plâtres, parfois présents dans les salles en complément des originaux. » Aujourd’hui, plus aucun musée ne se permettrait cette confusion.

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Versailles et ses jardins

 

Les moulages retrouvent donc avec la gypsothèque de Versailles leur vocation première : être un conservatoire de formes et de civilisations disparues. Le cadre qui les abrite est l’un des plus beaux bâtiments du XVIIe siècle français. Construite par Hardouin-Mansart en 1678, la Petite Ecurie témoigne de la science de l’architecte pour la maîtrise des volumes et de l’espace. Il faisait, disait-on, preuve de promptitude dans la conception, de rapidité dans l’exécution. Il avait la réputation d’être hardi sur les chantiers, docile juste ce qu’il fallait devant le roi, doué pour imaginer l’accord qui « va de soi » entre le beau et l’utile. Les volumes grandioses qu’il a su donner à la Petite Ecurie allaient la désigner pour accueillir la gypsothèque en 1970. Puis il fallut aménager les galeries dans l’intention d’y recevoir un public désireux de découvrir l’originalité comme l’importance historique et artistique de l’ensemble. Les visiteurs qui le voudront pourront désormais voir les moulages présentés sur 2500 mètres carrés, révélant l’importance de ces œuvres dans l’affirmation de l’art exemplaire qu’est le classicisme français.

Louis XIV, collectionneur d’antiques
Amateur passionné, le roi avait rassemblé un magnifique ensemble de statues antiques. Elles sont à nouveau réunies à Versailles le temps d’une exposition, qui, selon Catherine Pégard, présidente de l’Etablissement public du château de Versailles, évoque « un style associé à un lieu de pouvoir ». Elle ajoute : « La passion de Louis XIV pour la collection fut une aubaine magnifique pour les plus grands artistes dont les chefs-d’œuvre allaient parfois surpasser leurs modèles antiques. » Versailles, nouvelle Rome, telle était l’ambition du souverain pour qui l’Antiquité était la référence suprême. L’exposition, qui rappelle cette référence, réunit plus de 200 œuvres parmi lesquelles les antiques les plus illustres, de retour à Versailles pour la première fois depuis la Révolution. L’antique, c’est d’abord un ensemble de peintures et de sculptures qui sont les témoignages recherchés des brillantes civilisations disparues.

Louis XIV, comme tous les souverains d’Europe, cherche à les acquérir (Vénus pudique, dite aussi Vénus Médicis, un titre qui souligne sa prestigieuse provenance) ou à les faire copier (Bacchus enfant). Ces statues sont ensuite installées à Versailles dans les grands appartements et les jardins. Elles donnent l’image d’une Antiquité recomposée à la gloire du roi, mais elles jouent aussi le rôle de modèles pour les créateurs appelés à collaborer au grand chantier versaillais. Quant aux peintures, leur faculté persuasive les rend précieuses : le mythe du héros et du Roi-Soleil, auquel Versailles va vouer son hymne immense, sera forgé à des fins politiques (François Lemoyne, L’Apothéose d’Hercule). Durant ce long siècle dédié au classicisme inspiré de l’antique, à peine entend-on un murmure qui, contre le consensus général, réhabilite l’imagination aux côtés de la raison et soutient que « la poésie est plus vraie que l’histoire ». Celui qui l’affirme s’appelle Nicolas Poussin.

Image illustrative de l'article Petite ÉcurieRenseignements pratiques : 
La réservation est ouverte 14 jours avant la date de la visite, au musée du Louvre ou au 01.40.20.51.77. Prochaines dates de visite : samedi 23 février 2013 à 14 h et samedi 23 mars 2013 à 14 h.

« Versailles et l’antique », château de Versailles (galerie basse, salles d’Afrique et de Crimée), jusqu’au 17 mars 2013. La scénographie de l’exposition est de Pier Luigi Pizzi, catalogue sous la direction d’Alexandre Maral et de Nicolas Milovanovic (Editions Artlys).

Le rapport entre le Roi-Soleil et l’antique est également évoqué dans Le Figaro Histoire du mois de décembre consacré à Louis XIV (132 p., 6,90 €) article de : Véronique Prat Le Figaro

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Hymne au Soleil de E.Rostand

Posté par francesca7 le 6 mars 2013


Hymne au Soleil de E.Rostand dans POESIE FRANCAISE soleil-00007Hymne au soleil   soleil-000071 dans POESIE FRANCAISE

Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière, 
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel, 
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière, 
Se divise et demeure entière 
Ainsi que l’amour maternel !

Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre, 
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu 
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître, 
L’humble vitre d’une fenêtre 
Pour lancer ton dernier adieu !

Tu fais tourner les tournesols du presbytère, 
Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher, 
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère, 
Tu fais bouger des ronds par terre 
Si beaux qu’on n’ose plus marcher !

Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes ! 
Sois béni parmi l’herbe et contre les portails ! 
Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes 
Et qui fais les petits détails!

C’est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre 
Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit, 
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre, 
A chaque objet donnant une ombre 
Souvent plus charmante que lui !

Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses, 
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson ! 
Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses ! 
Ô Soleil ! toi sans qui les choses 
Ne seraient que ce qu’elles sont !

Edmond ROSTAND   (1868-1918)

edmond_rostand_en_habit_vert_01-206x300Edmond Eugène Joseph Alexis Rostand, né le 1er avril 1868 à Marseille, mort le 2 décembre 1918 à Paris 7e, est un auteur dramatique français.

Edmond Rostand est le père du fameux biologiste Jean Rostand.

Edmond Rostand naît en 1868 dans une famille aisée de Marseille. Il est le fils de l’économiste Eugène Rostand, et l’arrière-petit-fils d’Alexis-Joseph Rostand (1769-1854), un maire de Marseille.

En 1880, son père mène toute sa famille, Edmond, sa mère et ses deux cousines, dans la station thermale en vogue de Bagnères-de-Luchon. Hébergés d’abord dans le « chalet Spont », puis dans la « villa Devalz », ils font ensuite édifier la « villa Julia », à proximité du Casino. Edmond Rostand passe plus de vingt-deux étés à Luchon, qui lui inspire ses premières œuvres. Il y écrit notamment une pièce de théâtre en 1888, Le Gant rouge, et surtout un volume de poésie en 1890, Les Musardises. C’est dans cette station thermale et touristique qu’Edmond Rostand se lie d’amitié avec un homme de lettres luchonais, Henry de Gorsse avec lequel il partagea le goût pour la littérature.

Il poursuit ses études de droit à Paris, où il s’était inscrit au Barreau sans y exercer et, après avoir un temps pensé à la diplomatie, il décide de se consacrer à la poésie. En 1888, avec son amiMaurice Froyez, journaliste parisien, il se rend au champ de course de Moustajon et ils y décorent leur équipage d’une abondance de fleurs des champs. Ils font sensation devant un établissement à la mode, le café Arnative, et improvisent en terrasse une joyeuse bataille de fleurs avec leurs amis. C’est ainsi que naquit le premier « Corso fleuri », ayant traditionnellement lieu le dernier dimanche d’août à Luchon, et où le gagnant se voyait remettre une bannière.

Le Premier avril 1888, il fonde avec son ami Maurice Froyez le « Club des natifs du premier avril », dont les statuts stipulent que ses membres jouiront à vie du privilège d’entrer gratuitement dans tous les établissements publics, opéras, théâtres, champs de course et maisons closes, de pouvoir rire aux enterrements afin de les rendre moins sinistres, de bénéficier à leur naissance du parrainage du chef de l’État et, en outre, de se voir attribuer un appartement de fonction dans un des Palais nationaux, résidence pourvue de tout le confort souhaitable et d’une domesticité jeune, accorte et complaisante.

Dans le train pour Montréjeau, son père fait la rencontre de Madame Lee et de sa fille Rosemonde Gérard, et les invite à prendre le thé à la villa Julia. Le 8 avril 1890, Edmond épouse Rosemonde, poétesse elle aussi, dont Leconte de Lisle était le parrain, et Alexandre Dumas le tuteur.

Rosemonde et Edmond Rostand auront deux fils, Maurice, né en 1891, et Jean, né en 1894.

rostandluchonEdmond quitte Rosemonde en 1915 pour son dernier amour, l’actrice Mary Marquet.

Edmond Rostand obtient son premier succès en 1894 avec Les Romanesques, pièce en vers présentée à la Comédie-Française, mais c’est surtout Cyrano de Bergerac, qui triomphe dès la première en 1897, que la postérité retiendra. Dans les années 1910, il collabore à La Bonne Chanson, Revue du foyer, littéraire et musicale, dirigée par Théodore Botrel.

Après l’insuccès critique de Chantecler, Rostand ne fait plus jouer de nouvelles pièces. À partir de 1914, il s’implique fortement dans le soutien aux soldats français.

Il meurt à Paris, le 2 décembre 1918, de la grippe espagnole, peut-être contractée pendant les répétitions d’une reprise de L’Aiglon.

Il repose au cimetière Saint-Pierre de Marseille, sa ville natale.

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