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Blanchisserie

Posté par francesca7 le 15 avril 2013

 

Une blanchisserie est un établissement, usine ou boutique où le linge, après avoir été blanchi, est repassé pour être livré aux clients.

On peut distinguer trois types de blanchisserie :

  • traditionnelle : désigne la boutique dédiée
  • en lieu public, où des utilisateurs louent une machine à laver le linge et le plus souvent un sèche-linge. Un service de repassage, différé, est parfois proposé par le gérant.
  • industrielle : il s’agit de l’échelle supérieure. Les clients de ces blanchisseries sont, par exemple, des collectivités locales, des entreprises, des hôtels, des hôpitaux ou des maisons de retraite. Ces blanchisseurs industriels tendent aussi à louer du linge.
  • Première étape, le lavage : après le triage et le comptage, le linge est envoyé dans un tunnel de lavage composé de plusieurs compartiments recevant environ 50 kg de linge chacun, ou dans des laveuses acceptant des charges de 30 à 250 kg de linge suivant les modèles. Le paquet de linge passe ensuite dans une presse pour l’essorage avant d’être envoyé vers les séchoirs.
  • Deuxième étape, la finition : le linge propre est envoyé dans une calandre qui repassera le drap et la plieuse, située juste derrière, pliera le linge aux dimensions voulues.

Blanchisserie industrielle

En Inde

La blanchisserie traditionnelle est le travail des dhobi wallah, la caste des blanchisseurs, à qui les familles indiennes remettent leur linge sale pour être emporté dans des centres de lavage où le travail sera fait à la main dans des trous de pierre. Le linge est lavé, puis est ensuite rendu. Le repassage peut aussi être sous-traité à des femmes qui repassent dans la rue devant le domicile du client.

Ces hommes et femmes qui s’occupent du linge des autres font partie de la classe des intouchables, c’est-à-dire des gens relégués aux tâches les plus ingrates de la société indienne, tout comme les balayeurs, les croque-morts, les barbiers, les cordonniers et les pêcheurs. A VOIR :  Caste des blanchisseurs 

 

DES VIDEOS :

 Film sur le lavage   : Image de prévisualisation YouTube

 

 

 Film sur la finition du linge : Image de prévisualisation YouTube

 

 

 Dhobi wallah en action Hommes à laver le linge dans le Dhobi Ghat. Seuls les hommes faire la lessive en Inde. Nous sommes allés les voir à Mumbai. Très intéressant! 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

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L’évolution des migrations au 19ème siècle

Posté par francesca7 le 12 avril 2013

  

De 1815-1914

 

Après les troubles de la Révolution, les migrations temporaires, saisonnières et internationale reprennent, mais au ralenti. Par exemple, de nombreux Français continuent à s’installer en Espagne, notamment en Nouvelle-Castille (des Cantaliens), jusqu’à la première guerre mondiale. La population française reste pourtant peu mobile et très sédentaire dans la première moitié du 19ème siècle. A part Paris et Bordeaux, la zone de recrutement des grandes villes, et encore plus celle des petites, ne se modifie guère.

L’apogée des migrations temporaires se situe à la moitié du siècle, avec peu de changements par rapport aux courants traditionnels : les scieurs de long du Forez et du Livradois sont de moins en moins nombreux entre 1820 et 1920, et de plus en plus remplacés par des Italiens en raison des bas salaires. L’essor des cultures industrielles donne un nouveau souffle à ces migrations limitées dans le temps et l’espace ; par exemple, l’arrachage des betteraves dans l’Oise attire 12 000 travailleurs en 1900.

La population rurale atteint son apogée vers 1850 avec 27,3 millions d’habitants, les régions les plus densément peuplées étant l’Est, le Bassin parisien, la région lyonnaise et les régions voisines de la Manche, en raison de leur richesse agricole et de leur activité industrielle de complément. Le peuplement rural ne change donc pas fondamentalement entre le Moyen Age et le 20ème siècle, même si les communautés les plus petites se réduisent. Les régions les plus urbanisées sont le Bassin parisien, le littoral de la Manche, la Lorraine du nord et l’Alsace, les dépressions orientales du Massif Central, les axes du Rhône et de la Garonne et le littoral méditerranéen, Bordeaux, Nantes, Clermont et les villes périphériques du Bassin parisien ont tendance à stagner, mais la France est criblée de petites villes très dynamiques.

 Ce tableau change progressivement dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Les migrations temporaires déclinent même si certains colporteurs-fleuristes de l’Oisans sont partis jusqu’en Russie, en Californie, au Mexique, au Pérou, en Argentine et au Brésil pour vendre des sachets de graines et des plants. Au contraire, les migrations saisonnières augmentent en raison de l’essor des cultures des fruits et légumes. Les alentours des villes se peuplent de maraîchers et de jardiniers pour nourrir les citadins de plus en plus nombreux. Ainsi, des Bretons, originaires par exemple de Roscoff, cultivent et vendent leurs fruits et légumes en Normandie, en Anjou, dans la région parisienne et passent même en Angleterre en 1905. Grâce au chemin de fer, ils se répandent aussi dans le nord de la France pour arracher les pommes de terre ; les Drômois dans le Comtat pour cueillir les fraises ; les Alpins dans le Bas-Rhone pour récolter les cerises et les pêches ; les Pyrénéens et les Landais font les vendanges dans le Bordelais, les Catalans et les habitants des Baléares ramassent les tomates de Marmande. Ces migrants de l’état provoquent l’essor des banlieues.

L'évolution des migrations au 19ème siècle dans AUX SIECLES DERNIERS migration-300x199

 Les migrations intérieures deviennent de plus en plus définitives.

Les ruraux migrent définitivement plus souvent, pour se marier dans un rayon plus large qu’auparavant, et surtout pour trouver un travail dans une ville moyenne ou grande. L’exode rural qui concernait naguère les cadets de famille qui se faisaient domestiques ou soldats, s’intensifie au cours du 19ème siècle, le monde rural ne commençant à se dépeupler qu’à la fin de celui-ci. Entre 1806 et 1911, 14 millions de ruraux ont quitté leurs campagnes essentiellement le Pas de Calais, les Côtes du Nord, la Seine Inférieure (Maritime), le Finistère, la Saône et Loire, toutes les régions de montagne. Cet exode a été réduit dans le Bassin parisien et le sillon rhodanien, faible en Ile de France et dans le Bordelais et inexistant sur le littoral méditerranéen.

 Les ruraux n’avaient ni conscience, ni intention de migrer définitivement, et au début, plus de la moitié sont rentrés après quelques années : les migrations ne deviennent définitives qu’au début du 20ème siècle. Les ruraux partaient pour des raisons économiques (mécanisation agricole, avance du chemin de fer, salaires plus élevés, ruine de l’artisanat rural) mais aussi culturels (goût de l’indépendance, fascination pour la vie urbaine, mirage de la ville providentielle, alimentés par le service militaire, essor de l’instruction). Beaucoup de solitude et d’ignorance, donc de craintes, disparaissent. Les ruraux, du reste, préfèrent travailler dans le « tertiaire » (administration, commerce, transports, armée) et peu vont en usine. Résultat, dans les campagnes, vers 1900, on trouve plus d’hommes que de femmes, plus de vieux que de jeunes, certains villages perchés du Midi sont abandonnés.

Les zones de plus fort immigration sont : dans l’ordre : la Seine, le Rhône, la Seine et Oise, les Alpes Maritimes et les Bouches du Rhône et elles sont très peu touchées par l’émigration. A contrario, les zones de forte émigration telles que le sud u Massif Central, les Alpes, la Nièvre, le sud-est du Bassin parisien, les départements bretons et pyrénéen reçoivent très peu d’immigrés. Le Nord, lui, a peu d’émigrés car il est industrialisé, et peu d’immigrés (si on excepte des belges) car la natalité y est forte. Dans certaines régions comme le Puy de Dôme, i n’y a ni immigration ni émigration ; dans d’autres comme la Loire-Inférieure (Atlantique), il y a émigration, mais pas immigration.

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On constate trois sortes de migrations : celles de voisinage, entre les départements voisins, concernant les villes de Limoges, Tours, Caen, Rennes, Toulouse, Bordeaux, Cahors, Nancy, Dijon, Lyon, Valence et Marseille ; les migrations de moyenne distance dans un rayon plus large de quatre couronnes de départements qui ne peuplent plus que les grosses villes, Lyon, Marseille, Bordeaux et Paris ; Paris qui est le seul bénéficiaire des migrations à longue distance, et qui vident les départements du sud-est (sauf les environs de Marseille et Lyon) du sud-ouest (sauf Bordeaux) et de l’extrême-ouest, régions les plus isolées, les plus éloignées, les plus touchées.

Les migrations intérieures sont comme des fleuves qui déposent leur limon humain. Ainsi, les habitants de la Drôme s’installent d’abord en Avignon avant de s’établir à Marseille. Ceux du Finistère gagnent Paris, en passant par le Morbihan, l’Ille et Vilaine, la Mayenne, la Sarthe et l’Eure et Loir. Les soldes migratoires sont ainsi positifs avec les départements les plus éloignés de Paris et négatifs avec les plus proches. Même  constatation pour les flux qui mènent depuis le Massif Central (avec quelques détournements au passage à Bourges et Orléans), le midi méditerranéen (sauf arrêt à Lyon) ou l’Aquitaine (avec arrêts à Bordeaux et Tours). Voici tracés les grands axes des migrations internes, au dépens des régions les plus lointaines, donc les plus peuplées, car l’attachement à l’Eglise et à la famille ont maintenu une forte natalité plus longtemps qu’ailleurs, et ce surpeuplement rural a nourri l’émigration. Puis, suivant l’exemple précoce de la Normandie, malthusienne depuis le 17ème siècle, ces régions ont pratiqué un contrôle de la fécondité, unique en Europe, qui s’est généralisé dans toutes les couches sociales, surtout dans la deuxième moitié du 19ème siècle, au sud du massif Central d’abord, puis le Bassin aquitain, en Bretagne  et en Limousin et en Périgord. Ces émigrants vont dans les centres urbains, mais pas forcément dans les centres industriels ; car, qui part exactement ?

Des agriculteurs, souvent jeunes et célibataires, certes, mais seulement dans les régions où ils sont en surnombre, donc en surcharge à cause d’une forte natalité, comme en Bretagne ou dans le Massif Central. Beaucoup d’artisans des bourgs, aussi ruinés par la disparition de leurs petits métiers (bourreliers, tisserands, forgerons) face à la grande industrie croissante. Beaucoup d’enfants de gendarmes, de commerçants, de postiers, de médecins qui rêvent de réussir à la ville, et qui y vivent souvent dès leur adolescence, dans les lycées-pensionnats. Les foyers de dépopulation apparaissent en 1831 (Moyenne-Garonne), Normandie intérieure, Basses-Alpes et Cantal), et s’élargissent entre 1851 et 1872 au sud-ouest, sauf Bordeaux, au croissant sud de la Normandie (de la Manche à l’Eure et Loir), aux Côtes du Nord, au sud du Massif Central. Cette dépopulation se ralentit entre 1872 et 1891, puis reprend de plus belle après 1891 (plus de 62 000 personnes sont perdues par an dans 60 départements). Les migrants des régions urbanisées gagnent la ville la plus proche. Ceux des régions très rurales partent souvent hors de France.

 Si la population rurale passe de 24,5 millions en 1800 à 23 millions en 1914, avec une apogée en 1846, la population urbaine croît de façon spectaculaire et ininterrompue :

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5 millions en 1800, 7,8 millions en 1831, 11,8 millions en 1872, 15 millions en 1891 et 18,5 millions en 1911.

 Les facteurs déterminants de cette urbanisation ne sont pas la desserte ferroviaire, mais les emplois dans l’industrie textile, minière ou métallurgique, dans le commerce maritime, le tourisme pour les villes grandes et moyennes, et les fonctions administratives et économiques pour les plus petites. Toutes les villes recrutent d’abord, comme sous l’Ancien Régime, dans leur bassin démographique qui parfois dépasse les frontières (travailleurs belges dans les villes du Nord), et les migrants de plus en plus nombreux doivent s’installer dans les banlieues moins chères et plus lointaines où ils ont du mal à s’intégrer, les citadins de naissance liant souvent, comme aujourd’hui, criminalité et immigration, ce qui aboutit, déjà aux tensions xénophobes. La France peuplée, c’est la France urbaine et industrialisée. Comme sous l’Ancien Régime, les Français ont été peu nombreux à s’installer à l’étranger. Ils sont orIginaires des régions à fortes densités et faibles ressource,s souvent éloignées des grandes villes, frontalières ou montagneuses (Basses-Alpes, Pyrénées, Vosges, Massif Central…). Sans compter les colonies qui n’ont pas attiré beaucoup de candidats, on évalue leur nombre à 318 000 en 1861, 426 000 entre 1881 et 1886, 495 000 en 1901 et 610 000 en 1914. Avec des fluctuations entre 2 500 départs annuels en 1831,  25 000 en 1851 et 44 500 en 1901, on estime à 2 millions et demi les Français qui sont partis à l’étranger, mais beaucoup sont revenus.  Il s’agit essentiellement des frontaliers de la Suisse et de la Belgique en Europe ; des Alsaciens-Lorrains devenus subitement Allemands en 1871, 128 000 sur 1 549 738 recensés (dont environ 4 700 Strasbourgeois et 20 000 Messins), les registres étant consultables aux Archives nationales ; d’émigrants pour l’Amérique, sans commune mesure avec les autres peuples européens, britanniques, allemands, italiens ou russes ; et des colonies d’Afrique, surtout d’Afrique du Nord ; l’Asie (Indochine) et l’Océanie (Nouvelle-Calédonie, Polynésie…) attirant peu de monde.

 L’Algérie est, de très loin, la plus forte colonie de peuplement car sa conquête est la plus ancienne (1830), et sa colonisation la mieux organisée et la plus variée. Les essais de peuplement antérieurs à  1840 sont éprouvants et timides, en raison d’une occupation restreinte, d’une insécurité permanente, les bandes D’Abd-El Kader surveillant la Mitidja et le Chélif, ces plaines fertiles et larges qui sont « pacifiées » par Bugeaud en 1842-43. Parallèlement à une colonisation officielle, organisée par la direction de l’Intérieur, qui crée des centres de peuplement militaire à Beni-Merd, Orléansville, et de peuplement civil à Montpensier, Joinville. La Chifa, Boukarik et Blida, une colonisation libre s’amorce, créant le village spontané de Maison-Carrée et une quarantaine de fermes dans la Mitidja centrale. En 1847, quand Bugeaud démissionne, 100 000 colons peuplent l’Algérie. De 1848 à 1858, la colonisation s’intensifie dans la Mitidja et le Chélif, et gagne le Sahel et l’Ouest oranais : des ouvriers parisiens vaincus pendant les « journées de Juin » en 1848, sont envoyés à El Affroun, Bou Roumi, Marengo, dans la Mitidja, la Ferme, Pontéba, dans le Chétif, mais leur pauvreté, leur inaptitude agricole, leur démoralisation, l’insalubrité entraînent parfois paludisme et choléra et rendent leurs débuts très difficiles….

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Les migrations croissantes depuis la Révolution

Posté par francesca7 le 11 avril 2013


 

Du 19ème au 20ème siècle

La Révolution est aussi une rupture dans l’histoire démographique de la France car elle accélère des tendances déjà latentes à la fin du 18ème siècle : recul de la natalité et de la mortalité, surtout infantile, qui s’accentue jusqu’en 1939. La population française passe de 30 millions à 40 millions d’habitants, mais du 1er au 5ème rang européen avant même 1900. Elle doit renoncer à sa sédentarité séculaire. Le contrôle des naissances, à la fois précoce et généralisé, entraîne un vieillissement de la population et n’encourage sa mobilité qu’après l’essor du chemin de fer qui soulage, sans les vider, les campagnes de leur surcharge d’agriculteurs et d’artisans. L’immigration étrangère (essentiellement européenne) est dès lors nécessaire, unique en Europe par son ampleur. Et si beaucoup d’étrangers s’installent en France depuis le 19ème siècle, peu de Français la quittent, la plupart se contentant de laisser leurs villages pour la petite ville proche ou la capitale régionale ou nationale.

Les sources historiques de la démographie deviennent enfin sûres et complètes.

Les migrations croissantes depuis la Révolution dans AUX SIECLES DERNIERS sansculottes-225x300A partir de 1789, l’étude de la population, qui est née en France au 17ème siècle sur le mode anglais, devient de plus en plus rigoureuse et efficace au cours d’un 19ème siècle où les autorités créent, organisent et perfectionnent les instruments d’observation et les méthodes d’interprétation pour le mouvement naturel. Les migrations, elles, sont mal connues car elles n’ont pas de sources spécifiques et ne sont étudiées qu’indirectement avec l’analyse des recensements. La question capitale, « résidence lors du dernier recensement », n’est posée qu’en… 1962 !

 La Révolution a fait table rase du passé, y compris des intendants. Elle réclame des données démographiques, mais n’a pas les moyens administratifs ni matériels pour traiter les innombrables informations fournies par des milliers de curés enfin expérimentés, puis d’officiers municipaux qui ne le sont pas. En effet, la laïcisation brutale de l’état civil le 20 septembre 1792, dernier acte de l’Assemblée législative, et les graves troubles intérieurs compromettent aussi la qualité de l’enregistrement. Les mités des assemblées révolutionnaires ordonnent des enquêtes statistiques, mais avec des objectifs limités et divers et des résultats peu utilisables. Enfin, le décret de l’Assemblée constituante fait des juifs des citoyens français devant l’Etat.

Le Consulat crée le Bureau de la statistique (supprimé en 1815). Avec l’aide des préfets, nouveaux intendants, il organise les deux premiers recensements (1801 et 1805) qui évaluent la population française à 29,7 millions d’habitants. La Restauration confie ses statistiques à la Direction générale des départements qui publie les états de population de 1817, 1818, 1819 ; par exemple, « Les recherches statistiques de la vie de Paris et de la Seine », publiées par le préfet Chabrol sont remarquables. Du reste, les publications progressent quand, après le recensement de 1831, les statistiques reviennent au ministère de l’Intérieur pour celui de 1836 dont les résultats, mal exploités sont publiés dans le « Bulletin des lois », et ceux de 1841 et de 1846, dans « Territoire et population » (1855). Le premier recensement organisé par le ministère de l’Intérieur avec vérification, exploitation systématique et publication rapide date de 1851.

 L’année suivante, le Bureau de statistique générale de la France (SGF) est confié, avec une large autonomie, au ministère de l’Agriculture et du Commerce, d’où les recensements de 1856, 1861 et de 1866, dont les résultats sont publiés dans 11 volumes, mais avec là encore des erreurs et des oublis (par exemple, les soldats présents en Crimée, en Italie, au Mexique et en Algérie ces années-là). Avec la IIIè République, la SGF revient au ministère de l’Agriculture et du Commerce et doit s’occuper des recensements, des mouvements de population et des statistiques industrielles. Les recensements se succèdent tous les cinq ans à partir de 1871 (en fait en 1872, exceptionnellement, à cause de la défaite et de la Commune). L’organisation sérieuse et la publication rapide du recensement de 1876 en fait un des meilleurs du siècle.  Le sexe, l’âge, l’activité sont enfin demandés en 1901 et en 1911. les recensements deviennent totalement fiables au début de notre siècle, sauf à Lyon et à Marseille qui, rivales, gonflent leurs chiffres pour paraître plus peuplée qu el’autre, et Toulouse qui ne veut pas dépasser 150 000 habitants afin de conserver une subvention !

Même si de nombreuses villes ont pris l’habitude de publier des bulletins ou des annuaires statistiques municipaux, il reste que la SGF est devenue, en 1913, une grande institution nationale qui a décuplé son personnel, centuplé ses publications, et utilise des moyens modernes (60 mécanographes sur 100 employés qui exploitent mécaniquement le recensement de 1901). Les enquêtes démographiques sont devenues régulières et sûres, mais on a oublié de penser à la conservation des documents de base…

A partir de 1914, la connaissance des faits démographiques s’améliore beaucoup, la SGF dépendant du ministère du Travail, disposant de grands moyens, d’une mission claire et de publications régulières : « annuaires statistiques », mais aussi « bulletin trimestriel », « supplément mensuel » et, pendant quelques années, une « feuille hebdomadaire ». Pendant les années 30, le SGF souffre de sa dépendance par rapport à un pouvoir politique très instable, d’un manque de moyens, de rattachements à différents ministères, de réorganisations successives. Cette crise s’avère en octobre 1941 par l’apparition du Service national des statistiques, créé par René Carmille, qui fonde aussi un service de sondages en 1943 avant de mourir déporté à Dachau. Ce grand service moderne est rebaptisé ISEE en 1946, et élargit les publications en créant, en 1949, un Supplément au bulletin trimestriel qui devient, en 1956, « Etudes statistiques ». Le personnel et les publications se réduisent ensuite. La situation de l’INSEE s’améliore après 1962 avec plus de personnel, des moyens informatiques et des publication réformées, mais l’INSEE s’intéresse surtout aux problèmes d’immigration et délaisse la démographie. Celle-ci est observée et traité par l’INED, fondé le 24 octobre 1945 et dirigé par Alfred Sauvy jusqu’en 1962.

 

 

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Les boeufs blancs peuvent cacher des trésors

Posté par francesca7 le 7 avril 2013

 (en saône et loire)

Derrière les boeufs blancs, il y a tant de choses à voir et visiter ! D’abord Charolles.

Ici on ales mots justes pour vous présenter l’entrecôte persillée. D’ailleurs pour vous persuader de la rigueur des propos, la profession a créé un institut charolais qui propose des dégustations. Mais à Charolles on fait aussi dans la faïence. Bref, le souvenir de Charles le Téméraire aidant, vous quitterez, cette paisible petite ville en jurant d’y revenir. Ensuite, des châteaux. Par dizaines ils émaillent le bocage et d’ailleurs celui de Digoine est la première halte de cet itinéraire. Son théâtre, intacte depuis 1850, a vu déclamer Sarah Bernhardt et Offenbach créer certaines de ses valses et opérettes étonnant non ?

Les boeufs blancs peuvent cacher des trésors dans Saône et Loire boeuf

Paray le Monial retient l’attention à plus d’un titre. Sa basilique est la réplique, en plus modeste, de ce qu’était Cluny avant son démantèlement. Plus au sud, le Brionnais surprend par la qualité de ses églises, leur clocher et sculptures (Anzy le Duc, Semur en Brionnais). A St Christophe on est au cœur de la zone d’élevage. L’activité y est à son comble les jeudis matins, mais attention, inutile de se présenter sur le champ de force en milieu de matinée ; à cette heure la « floère » est tenue !

C’est à 6 heures qu’il faut être à pied d’œuvre. L’itinéraire mène ensuite à Charlieu et sa très belle abbaye, sans oublier de faire les quelques pas qui conduisent au cloître des Cordeliers. Avec Parey, Charlieu est un point fort de ce programme de découvertes.

Proche de la Clayette, le château de Drée, fait l’objet d’une magnifique restauration intérieure. A ne pas manquer. Sur le chemin du retour, les 400 et quelques mètres du Mont des Carges donne une dernière fois l’occasion d e photographier le bocage charolais.

Charolles est une commune française, située dans le département de Saône-et-Loire et la région Bourgogne. Ses habitants sont appelés les Charollais et Charollaises1.

La ville a donné son nom au pays du Charolais, et est ainsi emblématique de la race bovine charolaise. Charolles est également connue pour ses faïences. Située au confluent de deux rivières, la ville est parsemée de nombreux canaux à l’origine de son surnom de Venise du Charolais.

Capitale du comté de Charolais au xiiie siècle, Charolles a appartenu aux ducs de Bourgogne, notamment Charles le Téméraire. Au xve siècle, la ville est passée aux rois d’Espagne, et ne fut intégrée au domaine royal français qu’au xviiie siècle. Bien que Charolles ait été désignée sous-préfecture de la Saône-et-Loire, elle n’a pas connu au xixe siècle l’essor industriel de ses proches voisines Paray-le-Monial et Digoin, et a conservé son charme de petite ville rurale.

La commune de Charolles est labellisée Village étape depuis 2006.

 

 

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Histoire de la Vilaine

Posté par francesca7 le 31 mars 2013

Histoire de la Vilaine dans COURS d'EAU-RIVIERES de France la_vilaine_a_rennesLa Vilaine a constitué une frontière naturelle entre deux territoires. Pendant l’Antiquité, elle séparait le pays des Vénètes, peuple gaulois vivant en Armorique et qui donna son nom à la ville de Vannes, de celui des Namnètes, autre peuple gaulois d’Armorique, qui vivaient autour de l’embouchure de la Loire et donnèrent son nom à la ville de Nantes. Par la suite, la rivière a constitué une limite entre le diocèses de Vannes et le diocèse de Nantes.

Durant la fin de l’Antiquité et le Haut Moyen Âge, en tant que voie de communication, elle a permis les incursions, ennemies ou non, telles que l’émigration des Bretons vers l’Armorique ou lesinvasions normandes. Au Moyen Âge, bordée de châteaux et d’abbayes, elle était surnommée la « rivière des ducs de Bretagne ». Pendant la Renaissance, entre 1571 et 1585, la Vilaine fut la première rivière canalisée de France, grâce aux études de Léonard de Vinci qui inventa l’écluse à sas . Son eau rapide et impétueuse , désormais contenue, les possibilités du trafic fluvial, apparu dès le xie siècle, augmentèrent.

La Roche-Bernard, ville fondée en 919 par un Viking nommé Bern-Hart, « Fort comme un ours », prend, grâce au trafic fluvial, un essor important dès le xie siècle et jusqu’au xixe siècle où son port atteint un développement inégalé. On y trouve alors de nombreux bateaux, caboteurs navigant de port en port sans s’éloigner des côtes ou chalands, destinés au transport des marchandises. Auxviie siècle, le port héberge un chantier naval prestigieux où, sur ordre de Richelieu, le premier vaisseau de ligne à deux ponts de la Royale, la Couronne, est construit entre 1629 et 1633. En 1759, suite à la défaite de la baie de Quiberon, sept vaisseaux et une frégate viennent se réfugier dans l’estuaire pour échapper à la capture ou à la destruction.

Le port de Redon a connu un développement important après la canalisation de la Vilaine à la fin du xvie siècle. Plus de 150 vaisseaux y abordaient en une seule marée ; les marchands deRennes, de Saint-Malo, d’Anjou, de Normandie, et de Mayenne y accouraient, pour de là transporter dans leurs provinces toutes sortes de marchandises qu’on y trouvait en abondance . En effet, ces dernières étaient déchargées à Redon ou transbordées sur des barges qui remontaient la rivière jusqu’à Rennes. Plusieurs maisons d’armateurs ou de négociants des XVIIe et XVIIIesiècles sont conservées sur le quai Duguay-Trouin ; elles attestent aujourd’hui de l’importante activité du port de Redon à cette époque. Rattaché à l’amirauté de Vannes, Redon était aussi le port d’attache du canot des Fermes qui surveillait la portion du fleuve comprise entre la Roche-Bernard et Redon. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la production, mesurée en tonneaux, des chantiers navals de Redon était supérieure à celle d’Auray ainsi qu’à celle de Vannes. Au XIXe siècle, les navires remontaient la Vilaine jusqu’à la Roche-Bernard et Redon chargés du sel produit dans les marais salants de Billiers et d’Ambon, de fer d’Espagne, de bois des pays nordiques, de chaux, de vin et de charbon. Ils repartaient avec les productions de pays, essentiellement du blé, et des poteaux de mines destinés à la Grande-Bretagne.

pont_saint-nicolas_sur_la_vilaine dans COURS d'EAU-RIVIERES de FranceMais l’activité commerciale sur la Vilaine a peu à peu périclité entre la fin du xixe siècle et le xxe siècle. Le développement du trafic ferroviaire et routier est à l’origine de ce déclin. Seul le « Saint-Germain » navigue aujourd’hui : il transporte jusqu’à Redon du sable prélevé au large de l’embouchure de la Loire. Il se partage la rivière avec les nombreux bateaux de plaisance amarrés aux ports d’Arzal, la Roche-Bernard et Foleux (commune de Béganne). Leur présence en Vilaine est possible grâce à la retenue d’eau suscitée par le barrage d’Arzal. Mis en eau en 1970, il a permis d’endiguer les fréquentes inondations hivernales dans la région de Rennes et de Vitré. Il se compose de 5 vannes de 18 mètres de large et 12 mètres de haut, pesant 50 tonnes chacune, d’une écluse longue de 85 mètres, et d’une digue de terre de 360 mètres de long reposant sur 25 mètres de vase. En amont, en plus d’un bassin de plaisance toujours en eau, il permet une retenue d’eau douce qui, traitée à Férel, approvisionne une grande partie de la région (triangle Auray/Redon/Saint-Nazaire).

Avant la construction du barrage et du le pont de la Roche-Bernard, achevé en 1839, et après l’abandon du pont de Rieux à la fin du Moyen Âge, la traversée de la Vilaine se faisait en bac. Plusieurs existaient le long de ses rives :

  • le bac de Guédas – le plus emprunté puisque sur l’ancienne route royale de Bordeaux à Brest – entre Marzan et la Roche-Bernard,
  • celui de Vieille Roche entre Arzal et Camoël (aussi dénommé passage de L’Isle car appartenant à la seigneurie de l’Isle en Marzan) était le lieu de passage d’une voie romaine,
  • et celui du Moustoir entre Arzal et Tréhiguier en Pénestin.

Au Moyen Âge et jusqu’à la Révolution, les droits prélevés sur ces passages allaient aux moines de l’abbaye de Prières à Billiers. En 1793, le montant de la traversée au Moustoir s’élevait à 0,05 franc pour un cheval ou un mulet plus cavalier et valise, à 0,60 franc pour une voiture suspendue à deux roues. Le bac consistait en un bateau plat dont le fond était souvent rempli d’eau par les vagues de la « Vilaine ». Les passagers arrivaient certes à bon port, mais les pieds mouillés ! Plusieurs plaintes ont été enregistrées, notamment au xixe siècle ; les passeurs y sont traités d’« abrutis ». Pourtant, ils avaient du mérite puisqu’avant la motorisation des bacs et pendant la seconde guerre mondiale (déficit en essence), la traversée se faisait par la force humaine, quand le courant et la marée le permettaient.


La Vilaine est un fleuve côtier de l’ouest de la France, en Bretagne. Elle prend sa source à l’ouest du département de la Mayenne (53) avant de traverser l’Ille-et-Vilaine d’est en ouest puis du nord au sud après Rennes. Elle se jette dans l’océan Atlantique entre les communes de Muzillac et de Pénestin (Tréhiguier) toutes deux dans le département du Morbihan .

Elle donne, avec son affluent l’Ille, son nom au département d’Ille-et-Vilaine (35) dont elle arrose le chef-lieu, Rennes.

La Vilaine a donné son nom aux rochers qui bordent la Pointe de Pen Lan (Billiers, Morbihan). Le site, d’abord appelé Roche-Vilaine, s’est vu doté d’un complexe hôtelier prestigieux, imaginé par l’industriel Henri Dresch, aujourd’hui Relais et Châteaux **** appartenant à Bertrand Jaquet, et portant le nom de Domaine de Rochevilaine. Son emplacement singulier offre une vue dégagée sur la Vilaine, son embouchure et l’océan.

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Le Moulin des Lavoirs

Posté par francesca7 le 26 mars 2013

 …. à Saint-Florent sur Cher

Saint-Florent-sur-Cher (18-Le Cher) est une ville qui existe depuis la période gallo-romaine (« vicus aureus », le village doré, puis Bourg-Doré). Le premier monument construit fut l’église paroissiale au 11e siècle. Au 13e siècle s’est installée une seigneurie connue, dépendant directement de la grosse tour de Bourges. Le château servait de centre de contrôle du travail des mariniers et des flotteurs de la Marine Royale pour lesquels deux ports furent construits de chaque côté du pont. Des liens avec les villages voisins se créent grâce à la création d’une route entre Bourges et Saint-Florent en 1803, d’un nouveau pont en 1832, d’un viaduc en 1892 et l’arrivée du chemin de fer en 1893.

Avant 1790, il y avait à Saint-Florent des moulins banaux.

Le moulin de La Chaise, dont il est fait mention dans des actes administratifs de 1713 et 1775, appartenait au Seigneur du Coudray, et était situé sur le bras gauche du Cher. Il a été détruit en 1800.

Le moulin des lavoirs appartenait à la paroisse de Saint-Caprais. C’était une grande minoterie, dont les appareils étaient mis en mouvement par une  turbine hydraulique d’une puissance de 35 à 40 chevaux-vapeur. Ils se composaient de cinq paires de cylindres cannelés pour le broyage du froment, de huit paires pour le convertissage de semoule et gruau, enfin, de huit bluteries (sorte de tamis servant à séparer la farine du son) et d’un sasseur (filtre).

L’usine fabriquait en 24 heures entre 70 et 80 quintaux de farines fines.

Georges Vrinat fut le dernier minotier propriétaire de ce  moulin à froment. En avril 1936, Mr Baudin y installa la Société Centrale d’Oxygène (soudure, puis protection de surface par cadmiage et polissage).

Le moulin brûla en juillet 1960.

Le Moulin des Lavoirs dans LAVOIRS DE FRANCE le-moulin-300x196

LE HAUT FOURNEAU DES LAVOIRS : Témoin de la métallurgie en Berry

Construit en 1842, le haut fourneau des Lavoirs s’inscrit dans la longue tradition de la métallurgie berrichonne, qui remonte à l’Antiquité. Le Berry fut, en effet, une grande région productrice de fonte et d’un fer réputé.

Dans la période 1830-1850, pour répondre à une demande croissante (notamment pour les chemins de fer), des industriels installent des fourneaux, forges et fonderies afin de produire rapidement : fonte, fer et divers objets, et machines. C’est ainsi qu’en 1942, Le Marquis de Travan et demande l’autorisation d’établir un haut fourneau sur sa propriété des lavoirs à Saint-Florent. La force motrice sera l’eau, prise grâce à une dérivation du Cher dans la retenue du moulin des lavoirs. Il est prévu de produire annuellement de 2000 à 2500 tonnes de fonte. Le minerai provient des minières des bords du Cher à raison de 3000 à 4000 m3 par an. Le combustible utilisé sera le coke de Commentry à raison de 8000 m3 par an.

Œuvre du célèbre ingénieur Walter de Saint Ange, le haut fourneau des lavoirs constitue le type achevé d’une nouvelle génération de fourneaux lentement élaboré entre le milieu du XVIIe siècle et la décennie 1820. Au milieu du 19ème siècle, la crise économique va sonner le glas des usines métallurgiques de Rosières et des Lavoirs. Le site des Lavoirs cesse son activité en 1862.

Il nous reste aujourd’hui un bel ensemble bien conservé, qui a été inscrit aux monuments historiques le 31 août 1992. Outre le haut fourneau complet, le site comprend,  le canal de dérivation du Cher amenant l’eau, qui actionnait la roue de la soufflerie, les vestiges de l’ancienne chambre de la machine à vapeur, les chambres des soufflets et la halle de coulée, la maison du régisseur et les logements ouvriers. Enfin, il faut imaginer, sur la hauteur dominant la route départementale,  une halle à charbon (détruite aujourd’hui) ainsi qu’une  rampe d’accès au fourneau.

 

LAVANDIERE de St Florentin sur Cher   : Depuis les temps les plus reculés, le lavage domestique du linge fut une activité dévolue à la femme. Dès le 13ème siècle, la lessive du gros linge est en usage une fois, voire deux ou trois fois l’an. A côté de ces temps forts, il y a, pour le petit linge, le fameux jour de lessive.

Très tôt le matin, les lavandières se rendaient sur les bords du Cher, au lavoir du château, avec leur brouette lourdement chargée : baquet, battoir, brosse, savon et corbeille de linge sale. Une fois agenouillées dans  leur cabasson garni de paille, le travail pouvait commencer.

On lavait le linge au savon de Marseille, aux cristaux de soude ou à l’eau de javel, on le frappait énergiquement avec un battoir pour en extraire la lessive, on le frottait avec une brosse en chiendent, on le rinçait dans l’eau claire, puis on l’égouttait avant de l’essorer. Les lavandières étaient généralement des matrones aux épaules voûtées, aux reins brisés par la génuflexion prolongée, aux bras broyés par le brossage et la manipulation des grosses pièces, des draps lourds et humides, aux mains et aux genoux gelés, crevassés par les hivers rigoureux et l’eau glacée, les doigts déformés par l’arthrite. 

lavendieres dans LAVOIRS DE FRANCE

Le lavoir était cependant le lieu privilégié des rencontres féminines, un peu comme le café pour les hommes. Les nouvelles du village circulaient vite et les langues allaient bon train et souvent les chants résonnaient pour se donner de l’ardeur à l’ouvrage. S’il est vrai que le travail était harassant et les techniques utilisées fastidieuses, il  faut convenir aussi que c’était un monde où l’on s’entraidait et où la solidarité avait vraiment un sens.

Les lavoirs évoquent, de nos jours, une activité révolue. A partir des années 1950, l’arrivée de l’eau sur les éviers, puis l’apparition de la machine à laver le linge, sonneront la fin de cette dure besogne.

Les lavandières n’existent plus, mais leur histoire demeure.

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Au temps de la Mine

Posté par francesca7 le 17 mars 2013

(Sâone et loire 71)


Ils sont encore nombreux à conserver, au fond de leur cœur, le souvenir de la mine. Que reste-t-il aujourd’hui de ce passé dur, mais où pourtant régnait entre tous les hommes, une solidarité exemplaire ? C’est à la découverte de ce monde révolu que nous convie cet itinéraire au centre de la Bourgogne.

Quitter Châlon sur Saône par le N80 jusqu’au Creusot. Le musée de l’Homme et de l’industrie retrace l’histoire de la dynastie des Schnerder et celle de la métallurgie à la fin du 19ème siècle. Au sud de l’agglomération, on rendra hommage au marteau-pilon, symbole de la cité. Autun, était, il y a quelques dizaines d’années le centre d’un bassin minier. Pour voir des blocs de houille, il faut maintenant visiter le Muséum d’histoire naturelle. Il faut dire qu’à Autun, on passera tout de même plus de temps à visiter la cathédrale Saint-Lazare, son magnifique tympan et ses chapiteaux que les vestiges des terrils d’autan !

En direction de Montceau les Mines, le temple des Mille Bouddhas retiendra l’attention. Le thème de la mine se retrouve à Montceau qui abrite un musée des fossiles et surtout à Blanzy ou un chevalement de 22 m de haut signale le carreau de l’ancien puits St-Claude. On peut visiter ces anciennes installations. On regagnera Châlon sur Saône par le Mont St Vincent et les charmantes petites villes de St Gengoux le National, Buxy et Givry.

 

L’histoire des mines françaises

Comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne, la France a su tirer de son sous-sol de nombreuses richesses qui ont permis, au 19e siècle et au 20e siècle, son essor industriel et commercial.

Ces produits sont des combustibles (charbon et lignite), des minerais (du fer, du plomb, du zinc, un peu d’antimoine, Au temps de la Mine dans Saône et Loire minesdu manganèse, du cuivre…), des substances industrielles (le sel, la potasse, les schistes bitumineux, la fluorine, l’uranium…).

Contrairement à une idée reçue, la France n’a jamais été autosuffisante ni en combustible ni en minerais, sauf pendant quelques années pour le minerai de fer. En particulier, elle a toujours dû importer son charbon, même dans les années 60′, alors que la production atteignait son maximum de capacité.

Une mine est éphémère. Le développement de l’industrie minière, d’une façon générale, suit de nombreux aléas : expansion ou récession de l’industrie, variation des cours des matières premières, pressions environnementales, etc. C’est la raison, entre autres, pour laquelle cette industrie demeure très irrégulière. Ainsi, par exemple, il n’est pas rare qu’une mine fasse l’objet d’une fermeture tout juste après son début d’exploitation. Par exemple, à la suite de la chute des cours boursiers. Mais encore, elle peut être rouverte de nombreuses années plus tard, ou, à nouveau fermée (de manière répétitive). Il faut aussi tenir compte des aléas géologiques, pas toujours discernables au moment des recherches. Ainsi, il est assez souvent arrivé qu’une mine, sur laquelle on fondait des espoirs, se soit rapidement avérée inexploitable à la suite de nombreuses failles (infiltrations d’eau importantes, grisou, etc.). Enfin, un autre élément négligeable à prendre en compte résulte des progrès technologiques : les minettes phosphoreuses lorraines, inexploitables avant l’invention des aciers Bessemer, ce sont avérées aujourd’hui impropres à la filière fonte hématite.

La France a été un important producteur de métaux non ferreux (ZnS-blende et PbS-galène) ainsi que de matières premières non métalliques (BaSO4-barytine, CaF2-fluorine) particulièrement abondantes dans des gisements à l’interface entre socle ancien et séries sédimentaires transgressives. Ces zones de circulations de fluides ont piégé les solutions minérales. Dans cette catégorie de gisements, on peut citer des mines de la Haute vallée de la Maurienne, les mines de Fontsante dans les Alpes Maritimes, Montagne Noire, Cévennes, massif de l’Arize en, Ariège et du Massif de Mouthoumet, dans l’Aude.

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Histoire de la Sarthe

Posté par francesca7 le 17 mars 2013

 Histoire de la Sarthe dans Sarthe sarthesa

La Sarthe fait partie de la région Pays de la Loire. Elle est limitrophe des départements de l’Orne, d’Eure-et-Loir, de Loir-et-Cher, d’Indre-et-Loire, de Maine-et-Loire et de la Mayenne.

La Sarthe est structurée autour de trois cours d’eau : la Sarthe (Le Mans, Sablé-sur-Sarthe), l’Huisne (La Ferté-Bernard, Connerré, Le Mans) et le Loir (La Flèche).

Au nord du département, le paysage est plus proche de celui de la Normandie. Sur une trentaine de kilomètres, une partie nord du département est appelée Maine normand. Il contient les paysages dits des Alpes mancelles.

À l’est du pays manceau, le paysage se rapprochant de l’Eure-et-Loir , du Loir-et-Cher et aux abords du Bassin parisien est dénommé le Perche sarthois. Le pays du Perche Sarthois est situé à un endroit géographique à partir du canton du pays du Gesnois (Connerré - Montfort-Le-Gesnois) jusqu’au département de l’Orne. Sa plus grande commune est La Ferté-Bernard.

Au sud-est, le climat est approchant de celui du centre et tout particulièrement de la Touraine. Tout l’ouest du département va de pair avec les espaces de la Mayenne et de l’ancienne province de l’Anjou, avec des terres agricoles et des exploitations fermières de taille moyenne.

L’Insee et la Poste lui attribuent le code 72.

Le département de la Sarthe est à dominante rurale ; il crée une véritable antinomie avec son chef-lieu : la ville du Mans. Ce département est vaste et relativement peu peuplé puisque l’aire urbaine du Mans comprend presque la moitié de la population totale du département. Il compte 576 741 habitants avec les doubles comptes et un peu plus de 560 000 sans.

Le nord de la Sarthe s’articule avec les Alpes mancelles au niveau de Fresnay-sur-Sarthe. Un peu plus au nord, de nombreuses vallées longeant la Sarthe offrent un paysage de bocage. Le département possède beaucoup de forêts notamment
celles de Perseigne, de Bercé ou le Bois de Changé.

On peut considérer le département sous deux faces : l’une urbaine ou extra-urbaine avec l’agglomération de Le Mans Métropole ainsi que son aire urbaine s’étendant sur 90 communes et regroupant quelque 300 000 habitants. À noter que démographiquement, c’est plus de la moitié de la population totale du département qui est ainsi comprise dans Le Mans et sa grande couronne. Le reste du département reste à dominante agricole et est peuplé de manière peu dense et inégale. De tradition industrielle le département et notamment Le Mans ont subi de plein fouet la régression industrielle à partir des années 70. Mais ils se sont relevés et possède aujourd’hui un rythme démographique respectable qui fait augmenter la population nettement depuis 5-6 ans

Les habitants de la Sarthe sont appelés les Sarthois. La devise du département est : En Sarthe, 24 heures comptent plus qu’ailleurs. Cette devise tient beaucoup à l’organisation des courses d’endurance de 24 heures, impliquant au fil du temps plusieurs disciplines sportives, depuis 1923 et la première édition des 24 Heures automobiles du Mans.

 Le territoire est balayé dès la fin du 3ème  siècle par les invasions des Alamans et des Francs. La ville du Mans s’entoure alors de murailles toujours visibles aujourd’hui et magnifiquement conservées. 

Le pays subit au Haut Moyen-âge, les nombreux incursions pas toujours pacifiques des Bretons venus de l‘Ouest dès le Vème siècle et des Normands descendus du Nord au 9ème  siècle.. Entre deux « visites », le territoire connaît des périodes de prospérité.

Convoitée par ses puissants voisins, elle est rattachée à l’Anjou en 1126. Geoffroy le Bel, dit Plantagenêt, épouse au Mans Mathilde, héritière de l’Angleterre et de la Normandie. Ainsi, lorsqu’en 1154 Henri II Plantagenêt monte sur le trône d’Angleterre, le Maine fait partie des possessions anglo-normandes jusqu’à ce que Philippe Auguste reprenne le Maine et le rattache à la couronne de France.

Au XIIème siècle, la vie économique se développe, le Mans est une cité prospère. Le réseau de cités que nous connaissons aujourd’hui est à peu près en place dès le 13ème  siècle. Mais, de nouveaux conflits (la guerre de Cent ans, le soulèvement des protestants) arrêtent cette expansion. La pacification ne revient qu’en 1589, avec la prise du Mans par Henri IV. Le Maine se trouve alors rattaché à la Généralité de Tours. 

sarthe-2-300x194 dans SartheAprès les terribles pestes du 17ème  siècle, le 18ème  siècle est marqué par le  développement de l’agriculture et de plusieurs industries : le textile tout d’abord (toile de chanvre étamines qui sont notamment exportées vers l’Amérique latine), la métallurgie, la tannerie, la verrerie, la boissellerie et enfin, le marbre de Sablé et les bougies du Mans.

Lorsque les départements sont constitués, en 1790, les Manceaux sont libérés de la tutelle de Tours. La guerre civile éclate et la Sarthe connaît, pendant la Révolution, des jours troublés. Blancs et Bleus s’y affrontent. Les Vendéens sont écrasés au Mans le 10 décembre 1793 mais la chouannerie reste très présente.
Le calme revenu, la révolution agricole s’amorce. En 1810 est construit le premier four à chaux sarthois à Juigné.


Parallèlement à l’essor de l’agriculture et du commerce, l’industrie textile ne peut soutenir la concurrence et décline. L’urbanisme témoigne d’une intense activité commerciale. Mamers, Sablé-sur-Sarthe, La Flèche, Saint-Calais se développent. L’activité du rail permet une croissance massive des échanges commerciaux. Au milieu de cette effervescence, la guerre de 1870 est marquée par l’invasion prussienne et la défaite de Chanzy lors de la bataille du Mans en janvier 1871. C’est de cette époque que date la fondation ou l’extension d’entreprises et de groupements industriels : sociétés d’assurances, industries Bollée, établissements Carel.

sarthes-300x209La guerre 1914-1918 marque une rupture, mais occasionne un nouveau départ. Le Mans développe de nouvelles industries : Louis Renault y construit des ateliers dès 1936. C’est aussi pendant l’entre-deux-guerres (1923) que la course automobile des 24 Heures du Mans, de renommée mondiale, se développe.

Depuis 1945, de nouvelles industries ont été amenées par la décentralisation économique. Ce développement est à la fois celui du Mans et de tout le tissu rural.

 La Sarthe qui recouvre essentiellement la partie orientale de l’ancienne province désignée sous le nom de Haut Maine, est un pays de transition et un carrefour dès l’Antiquité. 

Parmi les premiers habitants de ce qui deviendra la Sarthe, on note différentes peuplades dont les Aulerques Cénomans, qui feront de Vindunum leur capitale. Des fouilles ont révélé l’importance et la prospérité de cette ville à l’époque gallo-romaine.

 

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Histoire du Gard

Posté par francesca7 le 25 février 2013

Histoire du Gard dans Gard carte-du-gard

Le département du Gard est un point de rencontre entre la Provence, le Languedoc, les Cévennes et la Camargue, et borde la Méditerranée.

Le 4 mars 1790, le département du Gard est créé en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d’une partie de l’ancienne province de Languedoc.

pont1 dans GardLa première trace historique est celle du peuple celte des Volques qui prirent, en s’établissant dans cette contrée au tour du IIIe s.av.n.è., le surnom d’Arécomiques, c’est-à-dire Volques du pays plat, pour se distinguer des Volques Tectosages du côté de Toulouse. La civilisation orientale fut apportée sur ces rivages par les Phéniciens, qui, du XIIIe au XIe siècle avant Jésus-Christ, y fondèrent de nombreux comptoirs ; par les Rhodiens, qui, vers -900, fondèrent Rhoda à l’embouchure du Rhône ; enfin, par les Phocéens, fondateurs de Marseille. On se rappelle les expéditions lointaines auxquelles s’associèrent les Arécomiques, sous Segovesos, Bellovesos, Brennos. Entraînés sans doute par les Massaliotes dans le parti de Rome, les Arécomiques s’opposèrent au passage d’Hannibal et tentèrent de l’arrêter sur les bords du Rhône. Il les vainquit à la bataille du Rhône et passa (-218).

L’influence de Massilia décida les Arécomiques à se soumettre volontairement (-121) au proconsul En. Domitius ; en récompense, le Sénat permit à Nemausus (Nîmes) et aux vingt-quatre bourgs placés dans sa dépendance de conserver leurs lois, leur religion et leurs usages. Rome trouva depuis dans les Arécomiques des sujets toujours fidèles et toujours étrangers aux mouvements qui agitèrent la Gaule. Quelques années après, les Cimbres et les Teutons traversèrent tout le pays entre le Rhône, les Cévennes et les Pyrénées, et fondirent sur l’Espagne pour revenir ensuite se faire battre par Marius.

L’attachement que les Arécomiques vouèrent dès lors au vainqueur des barbares du Nord et à son héritier Sertorius leur valut la haine de Sylla et de Pompée, qui donna une partie de leurs terres aux Marseillais. Par la même raison, ils furent favorablement traités par Jules César et par Auguste. Leur pays fut compris dans la Narbonnaise, plus tard, dans la Narbonnaise première, et se couvrit de monuments romains qui font du Gard le département le plus riche en antiquités de cette époque.

stLes invasions barbares, arrêtées depuis Marius par la puissance romaine, recommencèrent en 407. Crocus, roi des Vandales, dévasta la Narbonnaise et renversa plusieurs monuments romains. Il fut vaincu par le second Marius. Aux Vandales succédèrent les Wisigoths auxquels fut soumis le pays de Nîmes. Clovis le leur enleva un instant. Mais la victoire d’Ibba, général ostrogoth, le leur rendit, et leur domination n’y fut plus troublée que par la révolte du duc Paul sous Wamba (672).

En 720, les Sarrasins, sous l’émir Zama, se répandent jusqu’au Rhône ; ils sont vaincus deux ans après par Eudes d’Aquitaine. Iousouf prend le même chemin en 737 ; Charles Martel le bat à son tour. Pour la troisième fois le pays de Nîmes est envahi par les Sarrasins en 752 ; mais il se révolte, forme une ligue et chasse les étrangers. Le chef qui avait été porté à la tête de cette sorte de république, Ansemond, ne se sentant pas assez de forces pour résister longtemps aux Maures, se mit sous la protection de Pépin le Bref et lui livra Nîmes en 752. Pépin donna le gouvernement de Nîmes et d’Uzès à Radulfe, qui fut le premier comte (753).

À la Renaissance, et surtout aux xviiie siècle et xixe siècle, le Gard connaît un impressionnant essor. Notamment, de grandes manufactures de tissus se développent notamment en Cévennes — ainsi, et ce n’est pas une légende, les premiers jeans (Levi’s) furent réalisés à Nîmes avec une toile résistante, d’abord conçus pour les bergers cévenols et pour les marins Gênois, ensuite pour les colons de l’ouest américain, chercheurs d’or et « cow-boys ». D’où les termes « Jean (Gênes) Denim (De Nîmes)». Des métiers à tisser cette toile sont visibles au Musée du Vieux-Nîmes. Bientôt la production d’étoffes et du bas de soie s’exporte en Europe et aux Indes espagnoles. Les deux tiers de la population active de Nîmes sont employés dans le textile. La ville et le département s’enrichissent. Le Gard change.

Voilà qu’apparaissent de superbes hôtels particuliers dans les villes et villages, voilà que se dessine un renouveau urbain. À Nîmes, par hasard, au siècle des Lumières, on redécouvre le sanctuaire romain de la Source. On en fait un grand projet d’urbanisme. L’industrie de la soie se reconvertit dans la confection de châles grâce aux premiers métiers Jacquard initiés par Turion, un ouvrier nîmois. Trente années de réussite fulgurante placent le Gard et Nîmes l’industrielle à un rang européen.

Mais la concurrence lyonnaise est rude en cette deuxième moitié du xixe siècle. Très vite, avant de perdre de l’argent, on réinvestit les capitaux du textile dans le vignoble. La culture de la vigneest facilitée par la construction du canal du Midi, le transport du vin et du charbon des Cévennes par celle du chemin de fer, très développé dans le Gard dès la moitié du xixe siècle (notamment grâce à l’industriel Paulin Talabot et à l’ingénieur Charles Dombre).

gardEn 1863, la ville gardoise de Pujaut est la premier foyer européen d’infestation du phylloxéra.

Passée la crise du phylloxéra, c’est une nouvelle ère de relative prospérité. Les villes se couvrent d’hôtels particuliers. Enfin, la gare centrale du Gard à Nîmes devient le centre de transit du charbon cévenol vers Beaucaire, le Rhône et Marseille. Mais ce charbon est vite concurrencé par le charbon venu d’Angleterre et la population finit par stagner vers 1900. Ce département a toujours été inspiré par de multiples cultures, ceci étant notamment dû à sa situation géographique exceptionnelle a mi chemin de l’Italie et de l’Espagne : la culture latine, provençale, protestante, cévenole, camarguaise — et en particulier la tauromachie —, languedocienne.

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Lavoir (bassin public)

Posté par francesca7 le 24 février 2013

 Lavoir (bassin public) dans LAVOIRS DE FRANCE chenieres_lavoir_1

Un lavoir est un bassin alimenté en eau généralement d’origine naturelle qui a pour vocation première de permettre de rincer le linge après l’avoir lavé. Il est le plus souvent public, gratuit ou payant selon les communes mais peut être privé, attaché à une seule maison ou une seule ferme et pouvant être mis à la disposition de voisins moyennant une redevance.

Contrairement à une représentation très répandue, les lavandières ne s’y rendaient le plus souvent pas pour laver le linge mais pour l’y rincer. Le passage au lavoir était en effet la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d’eau, il pouvait avoir lieu dans les habitations ou les buanderies où le linge s’accumulait avant la « grande lessive », mais le rinçage nécessitait de grandes quantités d’eau claire, uniquement disponible dans les cours d’eau ou dans une source captée. Il existe cependant des lavoirs avec plusieurs bassins, le bassin en aval servant de rinçoire, ceux en amont de lavoir (lavage du linge proprement dit) voire d’abreuvoir.

À l’origine, le lavoir est une pierre plate ou une simple planche posée au bord d’un cours d’eau, d’une mare ou d’une source, sans abri. La pollution due à la révolution industrielle, les épidémies puis l’hygiénisme entraînent le développement de constructions spécifiques à la fin du xviiie siècle qui voit les communes se munir de bassins situés au bas d’une prairie, en contrebas d’une source ou d’une fontaine, en bordure d’un ruisseau, d’un canal, d’une rivière ou d’un fleuve où peut être amarré un bateau-lavoir.

En France, les épidémies de choléra, de variole et de typhoïde incitent le Parlement à voter la loi du 3 février 1851 qui accorde un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30 % la construction des lavoirs couverts et prévoit que « « c’est au lavoir commun que la laveuse trouvera une distribution commode d’eau chaude et d’eau froide, des appareils de séchage qui lui permettent une économie de temps, et qui lui évite d’effectuer (le blanchissage) dans l’habitation ». Les travaux étant mis en adjudication sur rabais à la chandelle expliquent chez les entrepreneurs une certaine similitude de conception et de matériaux. Le lavoir reste en usage jusqu’à la moitié du xxe siècle dans les villes où l’eau n’est pas polluée ou il n’existe pas de blanchisseries mais leur utilisation est progressivement abandonnée au cours de ce siècle. Malgré la résistance au progrès des lavandières, le lavoir est remplacé par les lessiveuses, les lavoirs mécaniques, les machines à laver vers 1950 puis les laveries automatiques. Il subsiste toutefois de nombreux témoignages de ces sites pittoresques aux styles architecturaux d’une grande variété selon les régions et périodes historiques.

Parties d’un lavoir

Un lavoir peut être composé de :

  • Banc de lavoir : banc de pierre de taille adossé aux murs intérieurs servant d’étagère pour poser le linge propre et les effets des laveuses
  • Bassins : en amont le rinçoir, en aval le lavoir, l’abreuvoir
  • Ciel ouvert (impluvium) : pour éviter aux lavandières les courants d’air, certains architectes conçurent des lavoirs à façades aveugles éclairés par une ouverture zénithale
  • Dallage : les abords du bassin sont généralement dallés ou pavés afin que les lieux soient aisés à nettoyer et sont munis d’une rigole.
  • Étendoir : barres en bois ou en métal suspendues au dessus du bassin de lavage sur lesquelles le linge était mis à égoutter
  • Latrines : garder les mains dans l’eau fraîche a un effet diurétique mais rares sont les lavoirs qui possèdent un cabinet d’aisance
  • Pierre à laver : pierre basse inclinée vers l’eau bordant un cours d’eau ou la margelle du bassin.

 320px-bonnevaux_doubs_-_lavoir-abreuvoir_1 dans LAVOIRS DE FRANCE

La lessive dans l’habitat même posant de nombreux problèmes (vapeur humidifiant les murs, écoulement de l’eau), le linge n’est alors lavé que deux fois par an (la lessive devient mensuelle dans les années 1900 et hebdomadaire dans les années 1930), les moins fortunés gardant leurs vêtements jusqu’à complète utilisation. Ces « grandes lessives » appelées « buées » durent généralemnt trois jours : le premier, le linge est immergé dans d’énormes baquets de bois pour un premier décrassage ; le deuxième, le linge est lessivé dans ces mêmes baquets ou d’autres cuves recouverts d’une toile sur laquelle on pratique le coulage, c’est-à-dire le versement de l’eau bouillante à l’aide d’un récipient à long manche sur une épaisse couche de cendres dont le carbonate de potasse constitue un excellent agent nettoyant ; le troisième, le linge est rincé et essoré au lavoir.

Le bord du lavoir comportait en général une pierre inclinée. Les femmes, à genoux dans une sorte de bac en bois, le « garde genoux », jetaient le linge dans l’eau, le tordaient en le pliant plusieurs fois, et le battaient avec un battoir en bois sur la pierre afin de l’essorer le plus possible. En général, une solide barre de bois horizontale permettait de stocker le linge essoré avant le retour pénible en hotte, brouette, carriole ou charrette vers le lieu de séchage. Certains étaient équipés de cheminées pour produire la cendre nécessaire au blanchiment. Lorsque les femmes y lessivaient également leur linge, elles le frottaient le brossaient avec du savon fabriqué artisanalement ou de la cendre de bois, puis le rinçaient en ajoutant quelques boules de bleu (poudre à base d’indigo) pour l’éclat et des racines de saponaires pour l’assouplir, enfin elles le parfumaient à l’aide de rhizomes d’iris.

 

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