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Presse pour enfants du XIXe siècle

Posté par francesca7 le 27 septembre 2014

 

 

 
téléchargement (4)Au XIXe siècle et jusqu’au début du suivant, c’est une presse enfantine de qualité, servie par des artistes talentueux et donnant plus tard naissance à une forme de dessins en action dont l’évolution aboutira aux dessins animés de Walt Disney, qui connaît un essor considérable : traduites dans toutes les langues européennes et se répandant sur les cinq continents, les célèbres images Pellerin perdent cependant leur hégémonie, la qualité étant bientôt sacrifiée sur l’autel du seul profit

L’image populaire, généralement appelée image d’Épinal, a tenu lieu de presse enfantine populaire durant tout le XIXe siècle. Certes, à cette époque, ont été publiés de nombreux magazines qui s’adressaient soit à la famille, soit à l’enfance seule, les premières de ces publications connaissant un très grand développement à partir du Second Empire.

Citons parmi les journaux de cette époque la Semaine des Enfantsle Journal des Familles(auxquels collaborèrent des illustrateurs de la valeur de Gustave Doré) et à une époque postérieure le célèbre Magasin d’Éducation et de Récréation fondé en 1862 par l’éditeur Hetzel (écrivain pour l’enfance sous le pseudonyme de P.-J. Stahl) et qui révéla au monde le curieux génie de Jules Verne. Après la guerre de 1870, on vit paraître le Petit Français illustréoù Christophe publia la Famille Fenouillardle Sapeur Camembertle Savant Cosinusle Journal des Voyages avec les romanciers Boussenard et Jacquolliot ; tout à la fin du siècle parut Mon Journal.

Mais toutes ces publications relativement coûteuses s’adressaient beaucoup moins à la totalité des enfants qu’aux seuls lycéens. Les écoliers se contentaient de l’image d’Épinal vendue un sou.

Les origines de l’image se confondent avec les origines de la gravure sur bois à la fin du XIVe siècle. Pendant longtemps l’image populaire s’adressa moins à l’enfance qu’aux paysans et aux artisans, ce, jusqu’au milieu du XIXee siècle. A cette époque l’imagerie, jadis purement artisanale, s’est industrialisée et les imageries sont devenues de véritables fabriques.

En 1845, la fabrique Pellerin d’Épinal compte 100 ouvriers dont 60 enfants. On fabrique plus de 5 millions d’images par an et celles-ci sont vendues par des colporteurs en France et dans le monde entier. Les enfants composent la majeure partie du personnel de la fabrique d’Épinal. Ils sont payés 12 sous par jour, soit moins d’un sou de l’heure. A cause du bas prix de la main-d’œuvre et malgré un outillage très primitif, les images sont vendues très bon marché. En 1845, les plus coûteuses valaient 4 centimes.

La fabrique d’Épinal est dirigée de 1822 à 1854 par Nicolas Pellerin (qui prend la suite de son père Jean-Charles Pellerin) et Germain Vadet. Si d’une part ces patrons intensifièrent la fabrication en l’industrialisant par l’introduction de nouveaux procédés techniques (remplacement des gravures sur bois par des stéréotypies et des lithographies), ils surent aussi orienter définitivement leurs images vers la clientèle enfantine. Sur les 1 100 images publiées par eux durant leurs trente-deux années de direction, plus de 800 s’adressent exclusivement à la clientèle enfantine, et quelques centaines seulement aux adultes, avec des effigies de saints et des tableaux représentant des événements contemporains, des batailles napoléoniennes ou des sujets religieux.

Le grand mérite de Pellerin à cette époque aura été d’inventer (industriellement parlant) ce que nous appelons l’histoire en images. Les histoires en images dont le type fut établi et fixé par Pellerin et Vadet (ils en publièrent 600) comportent au lieu d’un grand tableau (comme cela avait été précédemment la règle), 16 petits carrés expliqués chacun par une légende de 3 ou 4 lignes. Ainsi sont adaptés à l’usage de l’enfance des Contes de PerraultDon Quichotte,Madame Angot et sont créées des histoires nouvelles, au schéma naïf : le Petit désobéissant,le Château de l’Ogrele Bon Sujetl’École réformée, etc.

téléchargement (5)L’invention des histoires en petits carrés légendes est pour l’avenir des lectures enfantines un événement considérable. Avec ce genre d’images d’Épinal naît, en effet, une forme de dessins en action dont l’évolution aboutira plus tard aux dessins animés de Walt Disney. Le type d’histoires en images créé à Épinal sous la Restauration demeura longtemps, à de légères modifications près, le type conservé par la presse enfantine du monde entier. C’est aussi à Épinal que sont nés les soldats à découper en feuilles.

Le succès de la fabrique d’Épinal suscita en France de nombreux imitateurs (Metz, Nancy, Pont-à-Mousson, Strasbourg) et le règne de l’image se poursuivit durant tout le XIXe siècle. L’image française connaît pendant cinquante ans une vogue inouïe dans le monde entier. Les images Pellerin sont traduites dans toutes les langues européennes et elles sont répandues sur les cinq continents comme en témoigne un journaliste du Second Empire :

« Jugez de la joie et de l’étonnement qu’on éprouve en entrant dans la maison de bois du pionnier américain, dans la cabane des nègres de Madagascar, dans le wigwam de l’Indien de la Nouvelle-Ecosse, dans la hutte des Esquimaux, de trouver une image illuminée de jaune et de rouge représentant Geneviève de Brabant, le Juif errant, le Petit Poucet, Napoléon Ier, la Sainte Vierge, l’Enfant Jésus, avec des légendes en langue du pays et de lire en bas de ces papiers enfumés : Imagerie d’Épinal (Vosges) » (H. de la Madeleine, dans Le Temps, 7 avril 1866). Depuis, les pionniers américains prirent leur revanche. L’établissement de l’école laïque gratuite et obligatoire devait, après les années nécessaires à son organisation et à l’approfondissement de son action, modifier du tout au tout la situation de la presse et de la littérature enfantine.

Le jour où la quasi-totalité des Français eurent appris à lire, on connut un développement formidable de la presse et du journal à un sou en même temps que la création d’une littérature dite populaire sur laquelle s’édifia par exemple la fortune de beaucoup d’éditeurs comme celle des Fayard, éditeurs du royaliste Candide.

A cette époque, l’image d’Épinal connaît une décadence irrémédiable… Après 1880, Épinal ne fait plus guère que réimprimer ses anciens modèles. La mort en 1878 de l’habile illustrateur Pinot et la disparition du sensible Ensfelder ont marqué la fin d’une époque. Les modèles que créent après cette date Épinal et Pont-à-Mousson sont d’une extrême vulgarité et ils n’auront guère de succès auprès de l’enfance.

Il fallut pourtant attendre le début du XXe siècle pour voir naître une véritable presse enfantine pour les millions d’élèves de l’école laïque. A cette époque, l’évolution de la technique, le. perfectionnement des impressions par rotative et du clichage sur zinc permettent de fournir pour un sou (le prix d’une feuille d’Épinal) un journal de seize pages dont quatre au moins sont en couleurs. Le succès de cette formule auprès de l’enfance est foudroyant. De même que la fabrique d’Épinal avait dominé l’imagerie, la Société Parisienne d’Éditions (Offenstadt) a dominé la presse enfantine française entre 1900 et 1935. La Société Parisienne d’Éditions publia à partir de 1900 toute une série d’hebdomadaires s’adressant chacun à un public spécialisé.

C’est d’abord en 1901 le Petit Illustré, puis quand plusieurs années de succès ont prouvé que la presse enfantine était une excellente affaire, Offenstadt lance coup sur coup l’Épatant(1907) pour les enfants des ouvriers et spécialement pour les petits Parisiens, journal rempli de grosses farces et rédigé en argot ; Cri-Cri (1907), destiné aux enfants plus jeunes ; Fillette(1908), pour les petites filles ; l’Intrépide (1909), concurrence bon marché du Journal des Voyages, rédigé pour les garçons épris d’aventures et de voyages. Offenstadt publie également le Pêle-Mêle, journal dans le style du célèbre Almanach Vermot, destiné à la fois aux adultes et aux enfants et jusqu’à la Vie de Garnison, hebdomadaire grivois pour les militaires.

Les éditeurs rivaux des Offenstadt fondèrent les Belles Images et la Jeunesse illustrée (tous les deux édités par Fayard en 1902-1903), le Jeudi de la Jeunessela Croix d’honneurle Bon Point (fondé en 1911 par Albin Michel), la Semaine de Suzette (à partir de 1904 chez Gautier-Languereau), etc. Certains de ces journaux connurent une grande vogue et lancèrent, eux aussi, des types comme la Bécassine de Pinchon.

Un effort considérable fut également accompli par les catholiques, qui combattirent très violemment la presse Offenstadt en lui reprochant sa neutralité confessionnelle et son immoralité. La Bonne Presse, qui avait fondé en 1895 leNoël pour les jeunes filles de la petite bourgeoisie, lui adjoignit l’Étoile noëlliste, pour les plus petites. Elle modernisa le Pèlerin (fondé en 1870), destiné plus particulièrement aux adultes les moins lettrés mais qui touchait également un certain public enfantin.

Après la guerre de 1914, la Bonne Pressedevait publier BayardBernadetteCœurs VaillantsA la page (pour les jeunes gens) et cette maison d’édition possédait avant la Seconde Guerre mondiale une dizaine d’hebdomadaires destinés à l’enfance, aux jeunes ou à la famille.

De même que jadis les Pellerin d’Épinal s’endormirent sur leurs conquêtes, la Société Parisienne d’Édition, maîtresse trente ans durant de la majorité de la presse enfantine française ne prit pas la peine de se renouveler au fur et à mesure que passaient les années. Ce qui n’empêchait pas la presse Offenstadt de continuer à se vendre. On peut estimer qu’il sortait chaque semaine de leurs imprimeries un million ou deux millions de journaux vers 1930. Les autres éditeurs et la presse catholique se partageaient le reste de la clientèle enfantine.

Telle était la situation de la presse enfantine jusqu’en 1934. On y aurait vainement cherché des écrivains ou des artistes du talent des Stahl, des Gustave Doré, des Pinot, des Ensfelder, des Christophe, des Rodolphe Topfer, des Jules Verne, ou même des Jacquolliot, des Boussenard ou des Paul d’Ivoy. L’immense diffusion de la presse enfantine s’était accompagnée d’un indiscutable abaissement de sa qualité technique, morale, artistique, éducative. Les principales maisons avaient pour seul souci de vendre le plus de papier possible en payant le moins cher possible leurs collaborateurs, aussi les écrivains et les artistes un peu notoires se détournaient-ils de ces besognes mal rétribuées.

téléchargement (6)Mais du moins cette presse enfantine était-elle entièrement écrite, dessinée, rédigée dans sa totalité par des Français. Parmi une couche d’intellectuels de notre pays se perpétuaient des traditions techniques venues d’Épinal ou de la littérature romantique, ces hommes et ces traditions formaient une base solide sur laquelle un jour pouvait être tentée la rénovation de la littérature enfantine.

La concurrence étrangère n’existait en France que dans des domaines très limités. Citons pour mémoire les Nick CarterBuffalo Bill et autres Nat Pinkerton édités et réédités d’innombrables fois par Hachette en trente ans, et les dessins américains que reproduisaientNos Loisirs (Petit Ange) ou Dimanche illustré (Bicot, président de Club).

La situation de la presse enfantine française allait être totalement bouleversée à partir d’octobre 1934 par une invasion massive de notre pays par la presse étrangère, américaine, italienne et anglaise. C’était le Journal de Mickey qui allait le premier s’engager dans l’offensive contre la presse française.

(D’après « Les Annales politiques et littéraires », paru en 1894)

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Belle rencontre au MUSEE PEUGEOT de Sochaux

Posté par francesca7 le 28 juin 2014

Belle rencontre au MUSEE PEUGEOT de Sochaux dans MUSEES de FRANCE 170px-Armand_Peugeot

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Armand Peugeot (1849-1915)

 

 

Ouvert en 1984, le Musée peugeot rassemble dans une ancienne brasserie une belle collection d’automobiles, de cycles, d’outillage et autres objets (machines à coudre, moulins à café…) illustrant la production de la firme Peugeot depuis ses origines. Près de 75 modèles évoquent l’évolution des automobiles à l’emblème du Lion. Parmi les quadricycles vis-à-vis et les voiturettes caractéristiques de la période allant des débuts à 1904, remarquer celle élégamment décorée pour le bey de Tunis (1892).

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La Double Phaéton Type 81B de 1906, avec ses quatre places face à la route et ses pneus gonflables, témoigne déjà de progrès considérables. La Bébé, petite voiture créée en 1911 par Ettore Bugatti, connut un franc succès ; en quelques années plus de 3 000 exemplaires sortirent de l’usine. La Phaéton Lion Type V4C3 avec banquette arrière pliante, date de 1913. A partir de la 201 (1929) tous les modèles de la marque seront identifiés par un numéro à trois chiffres comportant le zéro au milieu. La 201 fut l’arme principale de Peugeot face à la Grande Crise économique ; la version « confort » sortie en 1932, sera la première voiture de grande série dotée de routes avant indépendantes.

 

Fin 1935 la 402 inaugure la ligne « Fuseau Sochaux », intégrant les derniers développements de la recherche en matière d’aérodynamique ; un prototype à base de 402 construit à six exemplaires par l’ingénieur J.Andreau, présenté au Salon de 1936, réalisait une économie de  carburant de l’ordre 35 %. La 402 Limousine équipée d’un gazogène et d’un coffre à charbon de bois (consommation 15 kg par heure) témoigne quant à elle de l’intensité de la pénurie énergétique en 1941.

 

Après la guerre, Peugeot innove encore avec la 203 et sa caisse monocoque tôlée. Suivent les modèles plus récents et les voitures de compétition ; le roadster 302 Darl’mat qui s’illustra au Mans en 1938, les 205 Turbo 16, championne du monde des rallyes en 1989, et turbo 16 Grand raid, première du Paris-Dakar 1990, etc…

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Parmi les cycles, on remarque surtout le Grand-bi de 1882, la première bicyclette. Le triporteur et le scooter se faufilent encore, en rêve parmi les embouteillages des années 1950. 

Sochaux est le centre de production le plus important d’automobiles Peugeot, précédant les sites de Mulhouse, Poissy et Valenciennes. L’usine ne cesse de s’agrandir. Le détournement de la rivière Allan s’est traduit par un gain de 12 ha qui autorise désormais une application optimale du principe des « flux tendus ». On fabrique à Sochaux des 205, des 605 et surtout des 405 dans les années 1995. Atelier d’emboutissage et sa ligne de presse programmable, atelier de tôlerie illuminé du jaillissement des gerbes d’étincelles, pose des éléments d’habillage, fascinant ballet des robots, robots soudeurs, robots ajusteurs de pare-brise… Par delà les profondes mutations technologiques vécues par cette industrie, demeure la pérennité d’une vocation : mettre au monde des automobiles. 

Puis, en 1988 à proximité de son site industriel historique de Sochaux (dans l’agglomération de Montbéliard), en Franche-Comté. Le Musée de l’Aventure Peugeot est devenu  l’association « l’Aventure Peugeot » musée historique de l’industrie Peugeot fondé par Pierre Peugeot ! 

En mai 2010, pour le 200e anniversaire de Peugeot, une extension de 1 500 m² permet d’exposer 35 véhicules de plus portant leur nombre à 130.

 

Aujourd’hui : 450 véhicules dont une centaine sont exposés

  • 300 cycles et motocycles dont une cinquantaine sont exposés
  • 3 000 objets estampillés à la marque
  • 6 000 m² de surface d’exposition.

 


 

SOCHAUX qui n’est d’abord qu’un village jusqu’au début du xxe siècle, connait un essor très important à partir de 1912 avec l’implantation d’une usine de la société des Automobiles Peugeot qui deviendra le plus grand site industriel de France, employant jusqu’à 40 000 salariés dans les années 1970. Il ne reste rien des premières masures des xiie et xiiie siècle de Sochaux. Peu d’informations nous sont parvenues de Sochaux au Moyen Âge. On ne trouve trace du village de Souchy que dans un texte officiel daté de 1189 et traitant d’aumônes que les habitants devaient payer à l’abbaye de Belchamp à côté de Sochaux.

Sochaux n’est alors qu’une communauté dépendante des comtes de Montbéliard vassaux de l’Empire germanique. Elle ne sera rattachée à la France qu’en 1793 suite à la Révolution française, en même temps que le comté de Montbéliard.

 

La commune de Sochaux comptabilisant entre 3 500 et 5 000 habitants. En 2011, la commune comptait 4 027 habitants. Pour la mémoire des habitants, c’est le Temple et l’ancienne mairie qui forment le cœur du village de Sochaux. Autrefois, le temple était la maison commune et inversement. Le visage actuel du temple et de la maison commune date de 1905 : autrefois, l’ancien temple comportait un fronton triangulaire avec un œil de bœuf en son milieu. Lorsqu’il est décidé de créer la Maison Commune, il a été rajouté un étage pour abriter la salle du conseil municipal et un balcon en fer forgé.

La maison du prince est la plus vielle bâtisse de Sochaux ; il semble qu’elle date du xvie siècle. Elle fait face à l’ensemble ancienne mairie et temple. L’origine de ce bâtiment reste inconnue, mais il est probable qu’aucun prince n’y ait jamais logé. La maison semble en effet trop petite (une cave inondable, une pièce habitable au 1er étage et des combles sous le toit).

Elle a été restaurée en 1993 et est utilisée actuellement comme lieu d’exposition du patrimoine historique et culturel local. La famille Peugeot est connue depuis le xve siècle.

 

LA FAMILLE -  Les Peugeot sont agriculteurs, meuniers et notables, de religion protestante luthérienne, engagés. Le 12 avril 1960, Éric Peugeot, quatre ans et demi, fils de Roland et Colette Peugeot, est enlevé dans le parc à enfants du golf de Saint-Cloud. Une demande de rançon ponctuée de menaces de mort est retrouvée près du toboggan où jouait le petit garçon. L’opinion publique est en émoi. Les parents cèdent au chantage en remettant au ravisseur la somme de 50 millions de francs. La somme est remise en billets à Paris, passage Doisy. Le petit Éric retrouve la liberté 48 heures seulement après son enlèvement. Il faudra onze mois d’enquête pour que les preneurs d’otage, Pierre-Marie Larcher et Robert Rolland, soient arrêtés et traduits en justice.

L’enfant fut séquestré dans un pavillon de Grisy-les-Plâtres, un village situé dans le département du Val-d’Oise

 

 

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Une terre laborieuse en pays de Rhône

Posté par francesca7 le 23 juin 2014

 

La préhistoire

Les découvertes actuelles situent l’arrivée de l’homo sapiens dans la région aux alentours de 40 000 ans av. J.-C. ; les dessins de la grotte Chauvet sont réalisés 10 000 ans plus tard. Déjà, la vallée du Rhône est une voie de passage. Des groupes s’y sont installés ; l’agriculture, l’artisanat et le commerce (ambre, étain…) s’y développent bientôt.

images (8)Les époques gauloise et romaine

Au 7 e s. avant notre ère, les Celtes s’installent de part et d’autre du Rhône : Helviens sur la rive droite, Allobroges sur la rive gauche.

Les Romains comprennent rapidement l’importance stratégique du Rhône : ils s’en servent comme voie de pénétration pour leurs produits, mais aussi pour leur civilisation. Les légions romaines s’installent à Vienne, capitale des Allobroges, et sur la rive gauche du fleuve en 121. Vers l’an 43, la conquête de la Gaule achevée, Munatius Plancus fonde Lyon en installant des colons romains sur les hauteurs qui dominent les rives de la Saône ; Lyon devient capitale des Gaules en 27. Grand centre économique et intellectuel, Lyon est aussi le point de départ de la diffusion du christianisme en Gaule. Elle le reste malgré les persécutions de Marc Aurèle en l’an 177 (martyres des premiers chrétiens dans l’amphithéâtre de Lyon).

En 280 apr. J.-C., l’empereur Probus enlève aux Lyonnais le monopole de la vente du vin en Gaule. C’est le début du déclin de Lyon devenue, sous Dioclétien, simple capitale de province.

Le Moyen Âge

Les Burgondes , puis les Francs se substituent aux Romains dans la région : c’est, du 5 e au 6 e s., la période des grandes invasions mais aussi de la fondation des premières abbayes dans la vallée. Au 8 e s. ont lieu les incursions arabes qui pénétreront jusqu’à Poitiers.

En 843, le traité de Verdun partage l’empire de Charlemagne entre les trois fils de Louis le Débonnaire. Lothaire reçoit les territoires allant de Rouen à la mer du Nord, la Provence, la vallée du Rhône et la Bourgogne. Bientôt, l’ensemble du territoire voit l’ascension de puissances féodales : ici, les comtes de Forez et les évêques de Viviers dont le domaine deviendra le Vivarais. Une première église est construite au sommet du rocher d’Aiguilhe au Puy-en-Velay, attirant les pèlerins à partir du 10e s. C’est une période de croissance économique, urbaine et démographique qui s’instaure sur la région et au-delà. Les 11e et 12e s. voient naître de nouvelles abbayes en Vivarais : Mazan, Bonnefoy… Les comtes d’Albon, « Dauphins de Viennois », étendent leurs possessions ; leurs terres, du Rhône aux Alpes, recevront le nom de Dauphiné.

Parallèlement, le développement des cités entraîne l’octroi au 13 e s. de nombreuses chartes de franchises communales. À la même époque, la puissance du royaume de France s’impose progressivement. Elle se conclut par le rattachement du Dauphiné à la France et la constitution des États du Dauphiné en 1349. Le 14 e s. est entaché par deux handicaps majeurs : la peste, qui ravage la proche Auvergne en 1348 et se maintient ensuite de manière endémique, et la guerre anglaise, qui sévit avec quelques débordements en Auvergne jusqu’à la fin du siècle.

Le temps des foires

images (9)Le calme et la prospérité reviennent dans la région, se traduisant par la création de l’université de Valence en 1452, la nouvelle spécialisation de St-Étienne dans la fabrication d’armes à feu, et le développement des foires et marchés, dans le Velay et à Lyon. Les premières foires de Lyon sont instituées en 1419 par le dauphin Charles, futur Charles VII. Dès 1463, Louis XI confirme les foires de Lyon par privilèges royaux. La ville devient une plaque commerciale et financière inévitable pour toute l’Europe. Au nombre de quatre par an au milieu du 15e s., les foires de Lyon déclinent au 16 e s. pour des raisons fiscales et des difficultés économiques plus ou moins liées aux guerres d’Italie, puis aux guerres de Religion. C’est pourtant à leur occasion que Rabelais publie à Lyon, en 1532 et 1534, son Pantagruel et son Gargantua .

Cocons, magnans et soierie

De la Chine à Lyon

Jolie histoire que celle de la découverte de la soie ! Selon la tradition, une princesse chinoise prenait en effet le thé à l’ombre de son jardin, selon les règles de l’art quand, plof ! une boule blanche tomba dans son bol. L’élégante dame entreprit donc de l’en retirer, avec des baguettes, bien sûr. Mais les baguettes glissaient sur la boule, elle dut s’y reprendre à plusieurs reprises et, surprise, finit par voir la boule blanche tourner comme une toupie dans la décoction bouillante : un cocon de bombyx du mûrier était tombé dans son thé, elle avait attrapé la soie et découvrait que ce fil, résistant, était d’une longueur impressionnante (jusqu’à 1,5 km). Histoire ou légende ? Qui sait ? Toujours est-il que la soie est utilisée en Chine dès le 17 e s. av. J.-C. et que le secret de sa fabrication y est gardé pendant vingt-trois siècles.

Après avoir traversé la Perse et l’Inde, l’élevage des vers à soie passe la Méditerranée (particulièrement en Italie) aux alentours du 12 e s., arrive en Provence avec les papes d’Avignon. En 1450, Charles VII accorde à Lyon le monopole de la vente de la soie dans le royaume, mais la ville est devancée vingt ans plus tard par Tours. Louis XI, François I er , puis Henri IV se mêlent de l’affaire et encouragent la culture de la soie, ce dernier avec l’aide du savant Olivier de Serres. En 1536, s’installe à Lyon une manufacture ; quelque soixante ans plus tard, l’importation de soierie est interdite.

L’essor

La soierie lyonnaise, en même temps que les élevages de magnans, prend un grand essor au 18 e s., avec des dessins et des techniques d’une complexité croissante. Élevage et tissage deviennent une activité majeure dans l’ensemble de la région. À l’aube du 19 e s., Jacquard invente une machine automatisant en partie le travail du canut, ouvrier de la soie. La production explose et, à sa suite, les révoltes de canuts en 1831, 1834, 1848 et 1885.

La crise

En 1850, la pébrine, maladie du ver à soie, ravage la sériciculture du Vivarais. Lorsque Pasteur y trouve un remède, le marché s’est orienté vers d’autres sources ; les magnaneries disparaissent une à une. Malgré le perfectionnement de son savoir-faire, le tissage ne tarde pas à prendre la suite : la Première Guerre mondiale, l’apparition des tissus synthétiques portent le coup de grâce à la grande époque de la soierie lyonnaise. Quelques grandes maisons en perpétuent néanmoins le souvenir, aujourd’hui encore.

La Révolution et l’essor de l’industrie

téléchargement (6)La Révolution offre à Lyon sa première municipalité lyonnaise, mais, bientôt, la résistance lyonnaise à la Convention engendre les terribles représailles de la Terreur. Comme dans le reste de la France, une fois les troubles calmés, la croissance industrielle prend son essor : 1800 voit les débuts de la fabrication de la mousseline à Tarare, que suivront les industries des cotonnades quelque trente ans plus tard. Le chemin de ferrelie St-Étienne à Andrézieux en 1827, puis à Lyon en 1832. Dix ans ne sont pas passés avant que ne suive l’inauguration du canal de Roanne . En 1880, le phylloxéra détruit la moitié du vignoble ardéchois, mais les vignes sont rapidement remplacées par des vergers dans les vallées du Rhône et de l’Eyrieux. Enfin, la fin du siècle assiste à la naissance de l’ industrie chimique lyonnaise et l’essor de la métallurgie dans la vallée du Rhône.

L’occupation et la libération

Alors que le gouvernement vaincu de la France s’installe à Vichy, la ligne de démarcation passe au nord de la région. À la fin de 1940, Lyon devient la capitale de la Résistance réfugiée en zone libre. La ville ne tarde pourtant pas à être occupée par les Allemands, le 11 novembre 1942, rendant plus dangereux les actes de résistance : en mai 1943, Jean Moulin est arrêté près de Lyon par la Gestapo. Dans le Vercors, au mont Mouchet, les Allemands détruisent les maquis. En 1944, les combats de la ­Libération gagnent la vallée du Rhône. Les ponts sont détruits par les Allemands. C’est en 1987 que sera jugé le chef de la Gestapo pour la région lyonnaise,Klaus Barbie . Condamné pour crimes contre l’humanité à Lyon, il décédera en prison en 1991.

L’industrie, l’énergie et la cité internationale

L’industrialisation et l’équipement de la vallée du Rhône tendent d’abord à s’accentuer : construction des ouvrages de Donzère-Mondragon (1948-1952) ; mise en service à Pierrelatte d’une usine de séparation isotopique, portant l’enrichissement de l’uranium à un taux supérieur à 90 % (1967), construction à Creys-et-Pusignieu de Superphénix, premier réacteur européen à neutrons rapides (1986). La région est desservie par le premier TGV, qui relie Paris à Lyon en 1981. Au-delà de son influence régionale, Lyon aspire à compter parmi les plus importantes capitales européennes. Ancien Premier ministre, Raymond Barre est élu en 1995 maire de Lyon ; il prend la suite de Michel Noir. En 1996, Lyon confirme sa dimension internationale en accueillant le sommet du G7. Sa « cité internationale », son opéra et son orchestre national ont su aussi se hisser au plus haut rang. Rivale de Milan et Barcelone, Lyon signe cependant des accords depuis 1998 avec la Lombardie et la Catalogne afin de développer des liens économiques et politiques.

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LES MAÎTRES CHANTEURS

Posté par francesca7 le 6 mai 2014

 

par

Francis Guichardet

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LES philologues des prisons n’ont pas encore établi d’une manière exacte et positive l’origine du mot chanteur, qui est venu enrichir la langue française en prenant depuis quelques années une nouvelle signification. Si nous nous en rapportons aux littérateurs de la Force, et aux grammairiens de la police correctionnelle, faire chanter signifie exploiter la crédulité, les vices, et la poltronnerie de certaines gens, et leur soutirer de l’argent à l’aide de promesses ou de menaces. Nous croyons donc rendre hommage aux autorités compétentes, et éclairer un point obscur des vocabulaires d’argot, en accordant le titre de maître chanteur aux sommités de la profession, aux professeurs habiles qui donnent, à des prix plus ou moins élevés, de savantes leçons aux élèves de leur choix.

Et cependant, les membres habiles de cette dangereuse corporation n’ont encore rien eu à démêler avec la justice. Bien que leur existence soit liée à tout ce qu’il y a de plus abject dans ce monde d’escrocs, de joueurs, de tripoteurs d’affaires véreuses, d’usuriers, d’industriels sans industrie, qui se répandent chaque matin sur le pavé de Paris, ils ont su conserver de belles relations, de nombreuses connaissances, même des amitiés parmi cette société toute parisienne, composée de gens qui, mettant en première ligne la dissipation, l’agitation et le plaisir, s’inquiètent assez peu de la moralité et des ressources des compagnons de leurs débauches. Grâce à cette indifférence, ils peuvent à leur aise choisir le terrain de leurs exploitations, et se mettre à l’abri d’une surveillance trop active. Et puis, qui songe à s’enquérir de leurs moyens d’existence ? N’ont-ils pas toutes les apparences du comfortable et du bien-être ? Ne font-ils pas partie de cette jeunesse dorée, dont le crédit s’est fondé sur des espérances imaginaires ou sur une fortune depuis longtemps dissipée ? Ne sont-ils pas toujours et partout charmants convives, beaux joueurs, causeurs amusants ? N’ont-ils pas ce premier vernis d’instruction qui suffit à la population flottante dont ils s’entourent, et qui attire ces intimités de rencontre si faciles à contracter ? Lorsque, dans leurs jours de fortune, ils ont joué le rôle d’amphitryons, ne l’ont-ils pas fait avec une magnificence digne d’un millionnaire de bon goût ? Si, parfois, dans les moments difficiles, ils usent largement de la bourse de leurs amis, en abusent-ils jamais ? Et si, faute de mémoire, ils oublient ces emprunts forcés, ne les payent-ils pas par leur obligeance, par un dévouement à toute épreuve, par les offres les plus généreuses ? Qu’un de leurs intimes ait besoin d’argent, ils se transforment aussitôt en courtiers, et déterrent à grand’peine un de ces banquiers raisonnables dont la mission sur cette terre est de faire oublier la parcimonie d’un père ou d’un tuteur. Que l’affaire présente des difficultés, ils s’empressent de devenir eux-mêmes solidaires des engagements exigés, se contentant, par décence, de partager les bénéfices de l’opération. Soyez poursuivi par une lettre de change usuraire, ils viennent à votre secours ; et, forts de leur expérience, vous pouvez marcher les yeux fermés dans cette voie de jugements, d’oppositions, de règlements, d’appels ; priviléges du débiteur, chemins de traverse qui procurent, en dépit des recors, quelques derniers mois de soleil et de liberté. C’est ainsi qu’ils se font accepter, c’est en s’initiant à toutes les affaires de leurs amis, qu’ils se rendent indispensables. Et qui oserait mettre en doute leur loyauté et l’honnêteté de leurs expédients ? N’ont-ils pas donné vingt fois des preuves de susceptibilité et de courage ? Ne sait-on pas qu’ils tiennent plus à l’honneur qu’à la vie, et que, pris sur le fait, ils répondraient comme un aventurier célèbre : « Il vous est permis de penser que nous sommes des fripons, mais nous ne souffrons jamais qu’on nous le dise ! »

images (8)Cette assurance, le maître chanteur sait la conserver dans le cours de ses exploitations. Préparé à tout événement, il calcule avec sang-froid toutes les chances d’une entreprise ; il en devine d’avance les écueils, et son audace parvient souvent à les surmonter. Rarement, il est vrai, il lui est nécessaire de déployer une grande énergie : la faiblesse, les erreurs, et la timidité de ses adversaires, viennent lui donner de faciles triomphes, et la peur est toujours l’un de ses plus puissants auxiliaires. Et puis, le voit-on jamais s’aventurer sans qu’il soit sûr de réussir ? Ne connaît-il pas le côté faible de ses victimes ? n’a-t-il pas des coups imprévus à leur porter ? Une jeune femme est nonchalamment couchée sur les coussins de son boudoir. Elle a dit le matin qu’elle était souffrante, et que sa porte resterait fermée pour tous : cependant sa femme de chambre vient lui annoncer qu’une personne inconnue demande à lui parler. Après plusieurs refus, l’insistance du visiteur, et surtout quelques mots écrits à la hâte, lui font changer de résolution ; elle consent enfin à recevoir ce personnage mystérieux. Celui que l’on vient d’introduire est un jeune homme aux manières distinguées, à la mise élégante ; il salue avec grâce, et paraît être façonné aux usages de la bonne compagnie.

« Madame, dit-il, après avoir accepté un siége à côté de la jeune femme, j’ai d’abord à m’excuser de venir ainsi troubler votre solitude. Je me serais empressé de respecter la consigne que vous avez donnée à votre femme de chambre, si l’affaire qui m’amène n’intéressait pas et votre avenir et votre repos.

– Mais, monsieur, de quoi s’agit-il donc ? Les quelques lignes que vous venez de me faire remettre m’ont effrayée ! Qui vous envoie ? que désirez-vous ? et, surtout, qui êtes-vous ?

– Je suis un peu des amis de M. Alfred D…

– Eh bien ! qu’y a-t-il de commun entre M. Alfred et moi ? Je le connais à peine… Je l’ai rencontré quelquefois dans des réunions, dans des bals, comme on rencontre tout le monde ; mais ce jeune homme n’a jamais été admis chez moi.

– Il est heureux pour lui, madame, qu’il n’ait pas le même reproche à se faire. Il a eu le bonheur de vous recevoir plusieurs fois.

– Monsieur !

– Eh ! je ne viens pas ici, madame, vous demander compte de vos actions, et vous faire subir un interrogatoire. Je ne me reconnais pas le droit de contrôler vos démarches, et je vous prie simplement de m’accorder quelques minutes d’attention.

– Parlez, monsieur, parlez ; je vous écoute.

– Voilà le but de ma visite. Comme vous devez le savoir, M. Alfred D… est parti depuis quelques jours, laissant le soin de ses affaires et la clef de son appartement à l’un de ses amis. Poussé par un instinct de curiosité fort blâmable, cet indiscret ami a découvert une correspondance qui vous intéresse, je crois, au dernier point.

– Et que prétend-il faire de cette correspondance ? Où donc voulez-vous en venir ?

– Ne craignez rien, madame. Ces lettres sont aujourd’hui entre les mains d’une personne qui en connaît tout le prix, et qui les garde précieusement.

– Mais c’est un vol, une infamie, un abus de confiance !

– Veuillez vous calmer, madame. Il est un moyen de réparer la négligence de M. Alfred ; grâce à la cupidité du nouveau dépositaire de ces lettres, il est facile de se les faire restituer.

– Je vous comprends, enfin, monsieur. Je suis tombée dans un guet-apens ; je suis victime d’une horrible machination ! Vous êtes donc un voleur, monsieur ? Sortez, sortez d’ici, ou je vais vous faire chasser.

– La colère, madame, est une mauvaise conseillère, dit le chanteur sans se déconcerter. Vous n’appellerez pas, vous ne me ferez pas chasser, et je suis même certain que plus tard vous vous montrerez reconnaissante du service que je vous rends aujourd’hui. » Puis, reprenant après un instant de silence : « Vous devez savoir, madame, qu’il existe une personne qui payerait ces lettres bien cher.

– Et qui donc, monsieur ?

– Votre mari. Il paraît que, victime d’un déplorable aveuglement, monsieur votre mari s’obstine à méconnaître le trésor qu’il possède ; et, s’il avait entre les mains des preuves suffisantes, il serait tout disposé à vous intenter un procès en séparation.

– Et vous avez eu la pensée…

– Non, madame : nous avons cru prendre le parti du plus faible en nous adressant d’abord à vous.

– Ainsi, c’est de l’argent qu’il vous faut ! Que demandez-vous ? Vous faites là, monsieur, un bien misérable métier.

– Je ne fais que remplir avec conscience la mission dont je me suis chargé.

– Abrégeons, monsieur, abrégeons ce triste débat. Qu’exigez-vous de moi ?

– Si nous estimions, madame, votre correspondance à sa juste valeur, nous vous en demanderions un prix fort élevé ; mais, dans l’espoir de vous être agréable, le dépositaire consent à s’en dessaisir contre une indemnité de cinq mille francs.

– Cinq mille francs, grands dieux ! Mais, où voulez-vous que je trouve cette somme ?

– Je sais, madame, qu’il est assez rare de trouver chez une jolie femme cinq mille francs d’économies ; aussi n’ai-je pas entièrement compté sur cette ressource. Mais vous possédez des bijoux, des diamants sur lesquels il est facile d’emprunter, et je vous dirai comme le bandit espagnol Jose Maria : Vous êtes assez belle, madame, pour pouvoir vous passer pendant quelque temps de ces parures inutiles.

– Je vois, monsieur, que vous possédez à fond les ressources de votre métier. Et quand vous faut-il cette somme ?

– Si je ne craignais pas d’être importun, je reviendrais ce soir ; ou s’il vous convient mieux de la faire remettre chez moi, j’attendrai à l’heure que vous voudrez bien m’indiquer la personne qui en sera chargée.

– Revenez, monsieur, revenez ce soir ! Après m’avoir humiliée comme vous l’avez fait, serai-je encore forcée à mettre des étrangers dans la confidence de cette sale affaire ? Du reste, monsieur, je ne crois pas avoir besoin de réclamer votre discrétion ; et, s’il vous reste encore un peu d’honneur, je ne pense pas que vous soyiez tenté de divulguer un secret dont vous tirez d’aussi beaux avantages !

– Je mets toujours la plus grande conscience dans ces sortes de transactions, et je veux vous en donner une preuve, ajoute le chanteur, en remettant à sa victime un petit paquet cacheté : Voici votre correspondance. Vous aurez le temps de l’examiner avant ma seconde visite. Si par hasard il manque quelques lettres, j’aurais l’honneur de vous les remettre ce soir. »

C’est ainsi que le maître chanteur se constitue à son profit le vengeur de la morale et des maris, et lorsqu’il n’a plus rien à demander à ce terrain fertile, il se met à la piste d’une nouvelle affaire, et souvent son choix s’arrête sur l’un des commensaux de son cercle habituel. Un jeune dissipateur est sur le point de réparer, à l’aide d’un brillant mariage, les nombreux échecs de son patrimoine. Déjà les bans sont publiés : quelques jours encore, et les erreurs de jeunesse seront tout à fait effacées, lorsque un matin, un obligeant ami vient brusquement interrompre ses rêves dorés, et prendre une large part à son bonheur.

« Tu dors, malheureux, tu dors, et la foudre gronde sur ta tête ! Élisa, cette créature angélique, n’est plus la femme que nous avons connue autrefois si douce, si timide, si réservée. En apprenant que tu allais contracter un riche mariage, sa jalousie s’est réveillée, et elle ne parle de rien moins que de déposer son enfant sur l’autel nuptial ! Évitons un pareil scandale ! appliquons à l’instant la recette de Figaro. Cette recrudescence de passion n’est autre qu’un caprice de mille écus ; à ce prix seulement, la malheureuse consent à se taire. Pour prévenir tout danger, j’ai promis cette somme, persuadé que tu ferais honneur à un engagement pris en ton nom. »

images (9)Quelquefois le chanteur, exalté par le succès de plusieurs affaires de ce genre, se décide à abandonner les sphères secondaires, pour essayer ses forces sur un théâtre plus élevé. Arrivé alors à l’apogée de la profession, sa perspicacité se développe, ses investigations deviennent plus actives, ses plans sont mieux combinés. Il ne s’agit plus désormais de ces misérables produits dont il a bien voulu se contenter pour se faire la main ; il faut maintenant que les bénéfices probables de son industrie prennent des proportions gigantesques, et lui donnent au besoin quelques années de repos. Cette scène nouvelle n’est pas abordable pour tous, et, si quelques-uns parviennent à s’y faire accepter, le plus grand nombre ne vient s’y essayer que pour subir des chutes éclatantes. C’est dans cette troupe privilégiée que se retrouvent ces individus dont l’existence est un problème, et qui, sans avoir une position avouée, jouissent cependant de quelque crédit dans certains bureaux de ministères. La vie qu’ils mènent depuis des années laisse supposer que les services qu’ils peuvent rendre sont assez largement rétribués ; mais leurs actions et leurs démarches sont entourées d’un voile tellement épais, qu’il est impossible de définir le caractère de leurs attributions. Sous le couvert d’une occulte protection, leur discrétion obligée résiste rarement à l’appât d’une gratification brillante, et, grâce au mystère dont ils s’entourent, ils abusent plus aisément de la confiance qui leur est accordée. Vers la fin de la restauration, une lettre compromettante tomba ainsi entre les mains de trois maîtres chanteurs. Le signataire de ce précieux autographe était l’un des personnages les plus éminents de l’époque, et l’on savait qu’il était assez riche pour le racheter à un prix très-élevé. L’occasion était belle ! La lettre est lue, commentée, appréciée. Chaque ligne est une fortune, chaque mot est un trésor. Les prétentions des intéressés montent en un instant jusqu’à soixante, quatre-vingt, cent, cent vingt mille francs ! Une audience est demandée : le plus expérimenté de la bande sera le plénipotentiaire. Au jour indiqué le maître chanteur se présente avec son assurance ordinaire dans les salons du duc ***. Une fois introduit dans le cabinet du ministre, il tire gravement une lettre de son portefeuille, et en la lui présentant il lui dit :

« Monsieur le duc, l’original de cette lettre est entre les mains d’une personne qui pourrait en faire un mauvais usage. C’est dans le but de vous en prévenir que j’ai eu l’honneur de vous demander une audience.

– Et quel usage pensez-vous qu’on puisse faire de cette lettre ? réplique froidement le ministre, après avoir parcouru le papier.

– Il me semble, monsieur le duc, que si cette lettre tombait entre les mains de vos ennemis, ce serait une arme dangereuse dont ils pourraient abuser.

– Et c’est sans doute dans mon intérêt que vous êtes venu m’en indiquer le détenteur ?

– Votre Excellence a trop la connaissance des hommes  pour croire à un semblable dévouement.

– Quel prix demande-t-on ?

– Le possesseur croit l’estimer au-dessous de sa valeur en réclamant une indemnité de cent vingt mille francs.

– Je vois que vous traitez les choses fort grandement. Mais ces prétentions sont très-exagérées, et puis cette pièce a peu d’importance pour moi ; et, si on s’avisait de la publier, les personnes intéressées mériteraient tout au plus un reproche de négligence. Cependant je ne veux pas que votre démarche soit infructueuse… Êtes-vous bien sûr que cette lettre soit écrite par moi ?

– Dans une heure, je puis présenter l’original à Votre Excellence.

– Eh bien ! revenez. Nous pourrons nous entendre… Vous me semblez avoir assez d’adresse, du sang-froid… Il serait peut-être possible de vous utiliser. Précisément, nous aurions quelqu’un à envoyer aux colonies… un homme sûr, éprouvé…

– Je suis aux ordres de monsieur le ministre.

– Revenez donc dans une heure. »

Le maître chanteur est enchanté, ravi ! La manière dont il a été reçu lui donne une haute idée de lui-même. Déjà il se croit un personnage politique, et, dans ses rêves ambitieux, il songe au moyen de profiter seul de sa bonne fortune et de sacrifier ses affidés. Dans ce but, le récit de son entrevue est arrangé à sa guise : à l’entendre, les bénéfices de l’entreprise seront au-dessus de toute prévision. Enfin la lettre lui est remise, et, pour la seconde fois, il est introduit dans le cabinet ministériel.

A peine le duc *** a-t-il la lettre entre les mains, qu’il s’écrie d’un ton indigné :

« Monsieur ! il paraît qu’à toutes les belles qualités que j’ai reconnues chez vous, vous pouvez ajouter celle de faussaire ! Ceci est un faux, et je garde cette pièce pour la remettre à la justice !

– Mais, monsieur le ministre, balbutie le chanteur, anéanti sous ce coup inattendu, je puis vous affirmer…

– Vous voudriez peut-être me faire croire que vous avez agi de bonne foi ? Vous êtes bien heureux que je ne vous fasse pas arrêter sur-le-champ ! Dès ce jour, votre conduite sera activement surveillée. » Puis, après avoir sonné : « Huissier, reconduisez monsieur ! »

Revenu de son émotion, l’habile chanteur s’aperçut un peu tard qu’il venait d’avoir affaire à plus fort que lui ; et il eut besoin de tout son courage pour supporter les malédictions de ses deux associés, qui s’attendaient à tout autre dividende.

Dans ces derniers temps, les mêmes chanteurs furent plus heureux, et pourtant ils s’adressèrent à un personnage vieilli dans la diplomatie. De prétendues pièces officielles, habilement fabriquées, et soustraites, disait-on, aux affaires étrangères, furent présentées à un ministre résident. Il s’agissait d’une convention secrète, qui, au mépris des engagements contractés, sacrifiait les intérêts de la nation si bien représentée par le vieux diplomate. Des entrevues eurent lieu, des rendez-vous mystérieux furent donnés. L’un des complices, chamarré de croix, s’affubla avec succès du titre de secrétaire d’ambassade. L’affaire avait été heureusement combinée : elle arriva à bonne fin, et les chanteurs puisèrent à pleines mains dans les fonds secrets de la représentation étrangère. Plus tard, la vérité fut connue, et le rappel du ministre devint le dénoûment de cette étrange mystification.

images (10)Souvent les chanteurs forment entre eux une espèce de tribunal secret, un corps de police formidable. Revêtus de ce nouveau caractère, il est presque impossible d’échapper à leurs perquisitions incessantes, à leur espionnage de chaque jour. Vices, passions, erreurs, faiblesses, crimes et délits, tout cela rentre alors dans leur ressort. Qui ne connaît le malheur de ce pauvre banqueroutier sur le point d’atteindre la frontière, brusquement arrêté, au moment de toucher au port, par un ordre d’arrestation imaginaire, et obtenant sa liberté, un instant compromise, au prix de cinquante mille francs ? Et ce juif payant deux fois au poids de l’or, d’après un tarif à lui, un énorme lingot de cuivre, d’abord parce qu’il croit faire un excellent marché, et ensuite parce qu’on le menace de le dénoncer comme recéleur ? Et ces malheureux attirés dans un rendez-vous  par une femme charmante, bonheur interrompu par l’apparition soudaine d’un père ou d’un mari de circonstance venant réclamer le prix de leur honneur ? Et ces fidèles conservateurs d’un goût emprunté à l’antiquité, et ces vieux débauchés toujours en quête des jeunes filles au-dessous de quinze ans, ne sont-il pas tombés dans les piéges tendus par cette redoutable corporation ?

Parlerons-nous du chantage littéraire, et de ces pauvres diables déshonorant, faute de mieux, le titre d’homme de lettres ; de ces fondateurs de journaux et de publications en projet envoyant à qui de droit des missives dans le genre de celle-ci :

    MONSIEUR,

Nous comptons donner de la publicité à une affaire dans laquelle  vous êtes personnellement compromis. Votre réputation d’intégrité, quelque bien établie qu’elle soit, ne pourra résister aux preuves évidentes que nous avons sous les yeux. Nous vous prions donc de nous dire quelles sont vos intentions à cet égard.
                        Recevez, etc.

ou bien :

    MADAME,

Nous allons faire paraître la première livraison d’un ouvrage intitulé Biographie des femmes entretenues. Ce livre sera orné de charmants portraits sur acier. Voudriez-vous accorder une ou deux séancesà notre dessinateur ordinaire ? Dans le cas où notre proposition ne serait pas agréée, nous osons espérer que vous voudrez bien nous indemniser de la perte d’un aussi gracieux modèle. Alors seulement, nous consentirions à priver nos lecteurs de tous les détails qui nous ont été communiqués sur vous.

                        Veuillez agréer, etc.

La législation nouvelle est venue heureusement comprimer l’élan de cette littérature exceptionnelle. Les chanteurs littéraires n’ont plus aujourd’hui que de rares successeurs ; et si, de temps à autre, laGazette des Tribunaux vient nous révéler quelques essais de transactions de ce genre, ils ont eu déjà pour tout bénéfice une condamnation correctionnelle, écueil dangereux où viennent souvent échouer les aventureuses expéditions des maîtres chanteurs.

 

Source -   Texte établi sur un exemplaire (BM Lisieux : 4866 ) du tome 9 des Francais peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du XIXe siècle publiée par L. Curmer  de 1840 à 1842 en 422 livraisons et 9 vol. 

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L’AVENTURE DES COOPERATIVES LAITIERES

Posté par francesca7 le 28 avril 2014

 A LA FIN DU XIXEME SIECLE ET AU DEBUT DU XXEME

La plus grande aventure que va connaître la chèvre en Poitou est l’œuvre de la coopération laitière. En 1873, le phylloxéra, originaire d’Outre-Atlantique,  ravage les vignes charentaises. Les vignerons se convertissent en producteurs laitiers, bientôt imités pour d’autres raisons par les agriculteurs des départements limitrophes. Ces anciens viticulteurs remplacent la vigne par la production fourragère et particulièrement la luzerne.

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Dès la fin des années 1870, des marchands collectent le beurre dans les fermes et organisent son expédition vers les villes. Devant l’insuffisance de recettes et les marges prises par les marchands au désavantage des éleveurs producteurs, l’un d’entre eux, Eugène Bireau lance la première beurrerie coopérative à Chaillé près de Surgères (17). Il s’inspire en cela des fruitières du Jura qui sont des fromageries coopératives. Son initiative, reprise par beaucoup d’autres, permet de créer à Surgères l’Association Centrale des Laiteries Coopératives des Charentes et du Poitou. On comptera jusqu’à 154 coopératives , dont une soixantaine, de tailles très inégales, qui transforment du lait de chèvre. Ce mouvement est sans précédent dans l’histoire.

En 1906, à Bougon (79),  le pasteur Esnard fonde la première fromagerie coopérative traitant le lait de chèvre. Le projet d’usine prévoit la transformation de 1500 litres de lait de chèvre par jour. Plusieurs années plus tard, dans les entreprises où des beurreries sont déjà en place à la Mothe Saint-Héray, Lezay, Saint-Loup sur Thouet, le lait de chèvre est ramassé en même temps que le lait de vache. Le véritable essor des fabrications se produit avec l’arrivée de la boîte en bois pour emballer le fromage. Le titre générique de « chèvre boîte » en tire son origine.

lagrangetteLe mouvement est lancé. Les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne vont devenir les premiers départements producteurs de lait de chèvre. Une économie de marché se substitue progressivement à une économie de subsistance. Le monde rural connaît ses premières mutations. En réponse à la révolution industrielle et à l’exode, de nouveaux marchés s’ouvrent dans les zones urbaines. De nombreuses productions agricoles prennent alors leur essor : lait et viande en Normandie, viande en Limousin, vin dans le midi. En Poitou-Charentes, les spécialités locales s’affirment nettement avec le beurre, les fromages de chèvres, le Chabichou du Poitou, le  Mothais, le chèvre boite et les gros fromages de Couhé et de Ruffec en tête.

Entre les deux guerres, la dynamique industrielle se poursuit avec la mise en place d’une transformation industrielle de lait de chèvre dans de nouvelles laiteries (Celles sur Belle, Soignon, Saint-Saviol, Gençay, Chaunay etc…). Cette caractéristique distingue le Poitou-Charentes des autres régions françaises où la transformation à la ferme avec vente directe ou vente à l’affineur s’est maintenue.

La réussite des coopératives tient à la dynamique des hommes de l’époque qui ont eu la volonté et l’esprit pionnier de se rassembler dans une période économique difficile. Il leur a fallu innover technologiquement pour s’ouvrir et conquérir les marchés, notamment parisiens.

voir la collection d’étiquettes de Pierre Montazeau

 

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Histoire de la mode : du parasol au parapluie

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

 

Histoire de la mode : du parasol au parapluie dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-Parasolerie_Parisienne_1964Le parasol existe depuis les temps anciens pour se protéger du soleil. Mais comme on craignait plus le soleil que la pluie à cette époque, le parapluie mit beaucoup de temps à apparaître. Ce n’est qu’àpartir du XVII è siècle, que le parasol se transforme pour être revêtu de toile gommée. Il servira alors contre la pluie, mais sera aussi utilisé à des fins défensives !

 Le parasol

Cet instrument existait depuis environ 2000 avant J.C. Répandu en Orient, on le retrouve en Grèce puis à Rome où chaque individu s’en servait sur le Forum et aux jeux du cirque, car le velum prévu pour protéger les spectateurs, n’était pas entretenu.

Avec le temps, ce parasol était devenu bien encombrant comme le raconte Henri Estienne dans ses « Dialogues du nouveau langage françois italianzé » en 1578 « devenu d’une grandeur démesurée, soutenu d’ un baston, et tellement faict, qu’estant ployé et tenant bien peu de place, quand ce vient qu’on en a besoin, on l’a incontinent ouvert et estendu en rond, jusqu’à couvrir trois ou quatre personnes » ; et Montaigne approuve en racontant « que ces parasols dont l’Italie se sert, chargent plus les bras qu’ils ne déchargent la tête ».

Les cavaliers en faisaient un grand usage lorsqu’ils partaient à cheval, pour éviter les inconvénients de trop de soleil, l’extrémité du manche étant fixée à leurs cuisses. On constate donc curieusement que l’on prémunissait plus du soleil que de la pluie.

Le parasol utilisé comme parapluie

409px-Claude_Monet_012Au Moyen âge, le parapluie n’existant pas encore, on portait un capuchon sur le vêtement, nommé balandras ou chape à pluie, agrémenté pour certains comme celui d’Henri IV en 1595 « un chapeau de pluie garny de taffetas ». Au XVII è siècle, le parasol est revêtu de toile cirée et Tabarin écrit en 1622 « que c’est de son immense chapeau qu’on tira l’invention des parasols, qui sont maintenant si communs en France, que désormais on ne les appellera plus parasols, mais parapluyes et garde collets, car on s’en sert aussi bien en hyver contre les pluyes qu’en esté contre le soleil ».

Cet instrument avait la forme d’un petit dais rond, comme celui qui protégeait la tête du petit Louis XIII âgé de six ans et tenu par son page Bompar. Utilisé uniquement à la Cour par ces dames qui voulaient se prémunir du « troisième élément qui tombe », les hommes préféraient la cape contre la pluie.

Un artisan décida de créer un parasol avec du bouracan utilisable contre la pluie et de la toile cirée. Cet instrument était maintenu par un anneau de cuivre fixé à l’extrémité de baleines de 80 centimètres de longueur et un manche en chêne lourd, le rendant incommode, car il pesait 1600 grammes.

Peu à peu, au milieu du règne de Louis XIV, on l’utilisait régulièrement. Les maîtres boursiers-colletiers-pochetiers qui avaient le droit de les confectionner, remplaçaient alors la toile cirée par du taffetas gommé, tendu sur de légères tiges en jonc. Avec un anneau glissant le long du manche, on pouvait le fermer ; pour le rouvrir, on remontait l’anneau et on l’arrêtait avec une grosse épingle. Peu d’écrits existent, seul Furetière le décrivait comme étant « un petit meuble portatif ou couverture ronde qu’on porte à la main pour défendre sa tête des grandes ardeurs du soleil, servant aussi pour se défendre de la pluie et alors quelques-uns l’appellent parapluie ». Un ambassadeur anglais a mentionné en 1675 « de petits ustensiles forts légers que les femmes emploient ici pour se garantir du soleil et dont l’usage nous semble très commode ». Avant la fin de son règne, Louis XIV accorde à un industriel, le monopole de fabriquer les parapluies « brisés ne pesant que cinq à six onces, vendus enfermés dans des étuis de sept à huit pouces de long sur un et demi de large ».

Pendant la Régence, le dais rond devenait l’ombrelle, montée sur des bambous des Indes, décorée de crépines d’or et d’effilés de perles, panaches de plumes et reflets de soie, prenant le charmant nom de « balancier des Grâces ».

Un instrument qui sert à tout

En 1757, le parapluie de taffetas étant très à la mode à Paris, il se transformait en parapluie-canne « on a imaginé pour la plus grande commodité des voyageurs, des parasols et des parapluies contenus dans une canne, de manière qu’en poussant un ressort qui est adhérent à la canne qui sert d’étui au parasol, on fait rentrer ou sortir celui-ci, suivant qu’on le juge à propos et qu’on en a besoin. Ainsi, l’instrument qui auparavant servoit de point d’appui pour soulager la marche du voyageur est changé tout à coup en un autre pour le mettre à couvert de l’ardeur du soleil ou de l’incommodité de la pluie ».

Dix années plus tard, l’usage voulait « de ne jamais sortir qu’avec son parapluie et de s’incommoder à le porter sous le bras pendant six mois pour s’en servir peut-être six fois ; ceux qui ne veulent pas se confondre avec le vulgaire aiment mieux courir le risque de se mouiller que d’être regardés comme des gens qui vont à pied, car le parapluie est la marque qu’on n’a pas d’équipage ». Comme bien des gens étaient dans ce cas, un service de parapluies publics est créé en 1769, destinés surtout à la traversée des ponts, car il y avait suffisamment d’ombre dans les rues étroites. Une compagnie obtint le privilège pour la location de parasols « il y aura des bureaux à chaque extrémité du Pont-Neuf ; les parapluies seront rendus au bureau de l’autre côté, moyennant deux liards par personne.

220px-Gustave_Caillebotte_-_Jour_de_pluie_%C3%A0_Paris dans HUMEUR DES ANCETRESLe parapluie de 1770 était constitué d’ « un manche en deux pièces réunies par une vis, dont les branches se repliaient au moyen de brisures ». Mais bien vite, c’est le conflit dans les corporations entre les tourneurs qui fabriquaient les manches et les boursiers qui assemblaient et vendaient les instruments, puis les boisseliers (ouvriers du bois travaillant à la confection du manche) et les boursiers voulant chacun s’attribuer le droit de créer et vendre les parapluies. Finalement le Parlement décrète en septembre 1773 que les boisseliers doivent se contenter de fournir aux boursiers le manche des parasols. Puis en 1776, les boursiers furent réunis aux ceinturiers et aux gantiers avec des statuts où ils avaient « aussi le droit de fabriquer et faire toutes sortes de parapluies et parasols, les garnir… ».

A la Révolution, le parapluie devient populaire, servant de tente aux marchandes, mais aussi d’épée : en mai 1793, Théroigne de Méricourt fut frappée au visage et fouettée avec les parapluies de l’assistance, au milieu d’une assemblée. Les parasols des Muscadins rivalisaient avec ceux des Jacobins ; l’ombrelle était réservée aux Merveilleuses : ce fut une profusion d’étoffe précieuse, avec utilisation de fil d’or, d’argent, de cachemires, aux couleurs éclatantes dénommées « soupirs étouffés, regrets inutiles, carmélite, cuisse de puce, œil de roi, cheveux de la reine, cuisse de nymphe émue »… jusqu’aux abbés munis de parasol violet clair ou lilas !

Sources : « Les ornements de la femme » paru en 1892.

 

LE PARAPLUIE

170px-Kasa0078L’homme a toujours cherché à se protéger du soleil et de la pluie au moyen de dispositifs mobiles et portables : parasols, ombrelles, parapluies et en-cas ont répondu, au fil des siècles, à cette demande. Le parasol, objet d’utilité pratique dont l’origine reste obscure (certains la font remonter à une légende chinoise du XIIe siècle avant notre ère) est chargé d’une riche symbolique. De taille et de poids importants, et exigeant donc d’être porté par un serviteur, il est tour à tour symbole de dignité religieuse, royale ou papale, attribut mythologique et même emblème héraldique. Présent dans l’Égypte ancienne, il symbolise la voûte céleste que le pharaon soutient au-dessus de ses sujets, il est gravé sur les bas-reliefs du palais d’Assurbanipal en Assyrie, sculpté par Phidias sur les frises du Parthénon en célébration de la fête des Parasols, offert en remerciement par Alexandre III en 1177 au doge Ziani et figure dans les armes du pape Eugène IV (1431-1437). C’est encore comme symbole de dignité royale qu’il abrite Le Chancelier Séguier en 1660 (tableau de Charles Lebrun, musée du Louvre), Marie-Thérèse et Louis XIV en 1660 à l’occasion de leur entrée triomphale à Paris (gravure au cabinet des Estampes, Bibl. nat.). Le chancelier sera, au demeurant, violemment critiqué pour avoir joui de deux privilèges réservés au roi : deux parasols portés par des serviteurs et cheval blanc.

C’est en 1622, dans les farces de Tabarin, qu’apparaît le mot parapluie, mais jusqu’à la fin du XVIIIe siècle les termes parasol et parapluie sont utilisés indifféremment l’un pour l’autre : parasol de toile cirée (donc contre la pluie) dans l’Inventaire du mobilier de la Couronne, 1673 ; parasol-parapluie de Jean Marius (1710) ; pour les dictionnaires de Richelet (1680) et de Trévoux (1771), le parasol « sert à se défendre du soleil et de la pluie », et le parapluie « sans sens bien défini, c’est tout au plus un parasol ». L’Encyclopédie quant à elle précise en 1765 : « recouvert de toile cirée, l’ustensile s’appelle parapluie, recouvert de soie, parasol ». L’ombrelle-parapluie et surtout l’en-cas perpétuent longtemps ce double usage. Mais comme il est impensable d’être vu avec un parapluie, signe que l’on ne possède pas d’équipage, le parapluie est proposé en 1769 en location pour traverser le Pont-Neuf. Il mêle, comme le parasol, utilité et valeurs symboliques : patriotique, il est blanc en 1788, vert en 1789, rouge sang en 1791, bleu de France en 1804 ; politique, ses poignées à visages de conspirateurs hantent en 1831 les nuits du préfet de police Vivien (dessin de Grandville, journal La Caricature). Et que dire de l’immense parapluie de soie rouge qui impressionna vivement les populations africaines et permit à l’explorateur Roger Caillé de voyager sans encombre vers Tombouctou en 1828 ; Il devient « objet d’usage » au XIXe siècle, grâce aux nombreuses améliorations techniques (plus de cent trois brevets d’invention et de perfectionnement entre 1808 et 1851). Si la forme des pièces (noix, coulants, fourchettes, etc.) composant la monture n’a que peu changé depuis le XVIIIe siècle (cf. planche de l’Encyclopédie de Diderot, t. IX), les matériaux comme l’acier, utilisés à la place de l’os (chez les Étrusques), du bois, des fanons de baleine ou du cuivre, ont permis une miniaturisation de l’objet fabriqué. Dès 1705, l’ingénieux Jean Marius, de la corporation des boursiers, avait proposé un « parapluie pliant » à armature métallique, pesant cinq onces (moins de 160 g) et mesurant six pouces (moins de 23 cm), au lieu des 2 kilogrammes et un mètre vingt des parapluies traditionnels, mais cette invention ne semble pas avoir eu tout le succès espéré, seule la princesse Palatine la mentionne en 1712 dans une lettre. Et bien d’autres inventions pratiques, telles que dragonne, systèmes d’ouverture et de fermeture automatiques viennent tout au long des années perfectionner la fabrication.

L’usage du parapluie s’étend alors rapidement à toutes les couches de la société ; on trouve même, à la fin du XIXe siècle, un « parapluie d’embuscade » dans le paquetage des douaniers ; Dans l’Angleterre victorienne, les banquiers l’adoptent à leur tour. Il symbolise alors la confiance et la sécurité (nombre de compagnies d’assurances et de banques le font, aujourd’hui, apparaître dans leurs publicités). Devenu « accessoire de mode » avant la Seconde Guerre mondiale, il profite de toutes les fantaisies de couleurs et de matières offertes par les couturiers et les fabricants.

295px-Carl_Spitzweg_036L’ombrelle, elle, existe dès l’Antiquité, « objet de mode » décrit par Aristophane, Ovide et Juvénal entre autres, cependant que Montaigne, lors de son voyage en Italie, critique l’objet « plus encombrant qu’utile » (le mot est alors masculin). La gravure de Jean de Saint-Jean d’après Bonnart Dame se promenant à la campagne (1675) est sans doute la première représentation de l’ombrelle moderne. Sous Louis XVI, hissée par Rose Bertin au sommet des énormes coiffures, elle laisse les mains libres pour la canne et l’éventail. Véritable phénomène de société jusqu’aux premières années du XXe siècle, objet de convoitise pour les femmes de toutes conditions, l’ombrelle est alors beaucoup plus qu’une simple protection contre le soleil : « [...] que de drames, que d’émotions elle a caché de son nuage de soie [...] » (R. M. Cazal, 1844).

« Marquise » au manche brisé pendant tout le second Empire, elle grandit dans la seconde moitié du siècle, en complément indispensable de toute toilette d’été. Des malles sont spécialement conçues pour elle par des bagagistes comme Vuitton, et l’écrin contenant poignée, aiguillettes et embout d’ombrelle est un cadeau de mariage très apprécié. Mais malgré l’intérêt que des couturiers comme Drecoll, Redfern, Lanvin ou Schiaparelli lui ont porté, la vie moderne et active a fait disparaître un accessoire que seules quelques mariées romantiques persistent encore à utiliser.

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L’Economie Bretonne

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

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Malgré un net recul, l’agriculture et la pêche ont encore toute leur place dans l’économie bretonne. Parallèlement, une activité industrielle performante s’est développée autour de secteurs tels que l’agroalimentaire (premier secteur industriel breton), l’automobile, la construction navale et les télécommunications (deuxième pôle national). Un dynamisme qui attire un nombre croissant d’entreprises de haute technologie, pérennisant sur place les formations supérieures des universités et des grandes écoles.

Agriculture

Comptant près de 38 000 exploitations, l’agriculture conserve toute son importance en Bretagne, avec des produits phares comme le chou-fleur, l’artichaut, le porc ou la volaille. Sa capacité d’adaptation et son besoin d’innover en permanence lui permettent d’être aujourd’hui la première région agroalimentaire d’Europe.

Plus d’une exploitation bretonne sur deux fait de l’élevage de bovins et 15 % sont orientées vers l’élevage granivore (porcs et volailles). Sur le plan national, la Bretagne se situe au premier rang en produisant 21 % du lait, 25 % des veaux, 63 % de la viande porcine, 42 % des œufs et 35 % des volailles de chair.

Elle est aussi une région légumière avec les primeurs cultivés en zone côtière sur le littoral nord. En 2007, elle a produit plus de 80 % des choux-fleurs et des artichauts français, 30 % des petits pois et haricots verts et 25 % des tomates.

Avec l’application de la politique agricole commune et des nouvelles réglementations pour préserver l’environnement, il est vrai que l’agriculture bretonne a connu une transformation sans précédent. Depuis les années 2000, le nombre d’exploitations a chuté de 26 % du fait de la mondialisation des marchés et de la concurrence des pays émergents.

C’est pourquoi aujourd’hui les agriculteurs locaux misent avant tout sur la qualité de leur production, avec notamment l’émergence de l’agriculture biologique qui attire un nombre croissant d’exploitants depuis plusieurs années.

Pêche

vlcsnap-2014-03-27-17h56m05s165Qu’ils pratiquent la pêche côtière, la pêche hauturière, la grande pêche ou la pêche aux crustacés, les marins bretons ont su s’adapter aux techniques les plus modernes, et la Bretagne reste la première région française pour la pêche (près de 45 % des poissons « français » y sont pêchés). Pourtant, si l’activité est d’une importance économique et sociologique cruciale, le nombre de navires a chuté de moitié en trente ans, passant de 3 500 à moins de 1 600 immatriculations. Confrontée au cadre réglementaire strict de l’Europe, à des problèmes de ressources et à un renouvellement de sa flotte, la pêche en mer ne cesse de régresser, faisant craindre aux 9 000 marins concernés la perte de leur emploi. Les nouvelles méthodes de pêche ou la valorisation du poisson apparaissent comme des pistes de réflexion pour sauver la profession du naufrage.

Paradoxalement, la pêche artisanale se porte plutôt bien grâce au dynamisme de petits patrons qui réagissent très vite aux nouvelles interdictions et aux quotas qui changent sans cesse.

La pêche côtière

Sole, turbot, raie, bar, dorade, crustacés, mollusques… faites votre choix ! Pour la coquille St-Jacques vous ne pourrez éviter l’escale à St-Quay-Portrieux, où débarquent les pêcheurs de la baie de St-Brieuc, l’un des gisements de coquilles les plus riches des côtes françaises. La production est toutefois loin de toujours répondre aux besoins locaux : une ville comme St-Brieuc est approvisionnée en partie par Lorient. Sur le littoral atlantique, la pêche à la sardine, semi-industrielle, constitue une activité saisonnière de juin à septembre, mais la pêche y est avant tout l’affaire d’artisans qui se focalisent sur des espèces nobles : langoustines, soles, lottes, bars…

La pêche hauturière

S’opposant au cabotage, la pêche de haute mer est pratiquée des côtes islandaises aux côtes africaines et représente la principale activité des grands ports. Le thon est pêché à la traîne ou à l’appât vivant dans le golfe de Gascogne, à la senne tournante le long des côtes africaines. La pêche au thon blanc (germon), de juin à octobre, débute entre le Portugal et les Açores et s’achève au large des côtes irlandaises. Le thon tropical (albacore ou listao) est pêché par une trentaine de grands thoniers-congélateurs armés à Concarneau et basés en Afrique-Occidentale car les pêches se concentrent au large de la Côte-d’Ivoire.

La grande pêche

Elle désigne la pêche à la morue, pratiquée sur les bancs de Terre-Neuve, du Labrador et du Groenland. Elle fit autrefois la célébrité de Paimpol et de St-Malo, mais, aujourd’hui, l’essentiel des prises se fait à partir de St-Pierre-et-Miquelon. Les chalutiers actuels sont de véritables usines, équipées d’installations de filetage mécanique et de congélation.

La pêche aux crustacés

Surtout pratiquée sur les côtes rocheuses à l’aide de casiers ou de nasses, elle s’est aussi développée un temps dans les eaux exotiques. Les langoustiers-congélateurs de Camaret et Audierne, équipés de viviers et d’installations de congélation, partaient en effet pour plusieurs mois, sur les côtes de Mauritanie notamment. Mais cette pêche lointaine s’est éteinte à la fin des années 1980.

Autres ressources de l’Océan

Aquaculture et conchyliculture


Dans les années 1970, on prédisait à l’aquaculture marine un avenir enthousiasmant. Trente ans plus tard, la filière est en crise. En eau douce, grâce aux truites fario et arc-en-ciel, la production bretonne de l’aquaculture dite « nouvelle » se situe tout de même au deuxième rang français, après l’Aquitaine.

Du côté de la conchyliculture, l’élevage des huîtres (ostréiculture) et des moules (mytiliculture) constitue une activité importante en Bretagne. Grande productrice d’huîtres plates appelées « belons », avec 1 500 tonnes par an, la région a aussi développé ses parcs d’huîtres creuses (fines de Bretagne), notamment dans la baie du Mont-St-Michel et plus précisément à Cancale. La production annuelle d’huîtres est de 43 500 tonnes, soit 34 % de la production française. Quant aux moules de bouchot, elles sont cultivées de la baie du Mont-St-Michel à la baie de St-Brieuc, et dans l’estuaire de la Vilaine. En 2005, la production de moules dans la région représentait 34,5 % de la production nationale, avec près de 1 530 élevages.

Les conserveries

C’est Fouquet, ministre de Louis XIV, qui encouragea la mise en baril des poissons, méthode qui supplanta peu à peu la salaison et le séchage. Au début confite dans l’huile, la sardine a bénéficié du procédé de mise en conserve élaboré en 1810 par Nicolas Appert. Cette industrie, qui a beaucoup souffert de la concurrence des pays du tiers-monde, est principalement localisée dans la presqu’île de Quiberon et dans les ports de Douarnenez et Concarneau, où quelques entreprises artisanales continuent de travailler en partie avec des pêcheurs bretons. D’autres établissements à St-Quay-Portrieux profitent des excédents saisonniers de matières premières pour utiliser des produits bretons. Mais ces pratiques sont désormais minoritaires.

Recherche et innovation

La recherche, tant privée que publique, constitue une activité essentielle en Bretagne, classée 6 e région française pour la 

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création d’entreprises innovantes et 4 e région française pour les dépôts de brevets. Elle s’articule autour de quatre pôles majeurs : Rennes, Brest-Quimper-Roscoff, St-Brieuc-Lannion et Lorient-Vannes. Les deux grandes villes universitaires sont Rennes et Nantes (même si cette dernière ne fait pas partie de la région Bretagne). La création de L’Université européenne de Bretagne en 2007 a permis de regrouper l’ensemble des acteurs universitaires, des écoles d’ingénieurs et des organismes de recherche. Véritable pôle de recherche et d’enseignement supérieur, elle concourt à renforcer la visibilité internationale des équipes de recherche et de l’offre de formation en Bretagne.

Les technologies de l’information et de la communication bénéficient également d’une implantation privilégiée qui s’appuie sur le partenariat entre les formations universitaires, les grandes écoles (Enst, Supelec, Enssat et Insa rien qu’à Rennes) et les industriels dominant le secteur. Ces entreprises sont organisées en pôles autour de grandes villes comme Rennes (Mitsubishi, Canon, Motorola), Lannion (Orange, Alcatel, Siemens) ou encore Brest avec Thalès. Le secteur emploie 42 000 personnes environ, dont 15 000 dans la recherche et développement.

Enfin, les sciences et technologies de la mer tiennent aussi une place prépondérante, grâce notamment au pôle européen de la recherche marine de Brest, qui a vu s’implanter l’Ifremer et le CNRS.

Technologies de l’information et de la communication

La Bretagne a acquis une réputation mondiale dans le domaine des TIC, du fait, notamment, des innovations majeures qui sont sorties de ses laboratoires publics et privés. Elle emploie 42 000 personnes environ regroupées autour de trois pôles, Lannion, Rennes et Brest, où ont vu le jour des technologies et des normes telles que le JPG, le MPG ou encore le MP3. Ce formidable potentiel de développement permet d’aborder l’avenir plutôt sereinement, notamment avec le développement du pôle de compétitivité Images et Réseaux, qui travaille sur le futur de la télévision numérique terrestre et de la TV 3D sur réseaux fixes et mobiles.

Pour favoriser l’accès d’un large public aux nouvelles technologies, 400 communes, regroupées dans le réseau « Cybercommunes », proposent depuis 1998 des espaces multimédias ouverts à tous, où des animateurs accueillent et guident le public. Ce réseau permet à chaque Breton de s’initier à l’informatique et à Internet à moins de 20 km de chez lui.

Industrie

Les chantiers navals

Bien qu’ayant perdu en dix ans plus du tiers des effectifs, la construction navale reste le quatrième secteur industriel en Bretagne et représente encore 4 % de l’emploi. Ce secteur sinistré pendant des années regroupe les chantiers de construction et de réparation navale militaires et civils, au service de la pêche, de la plaisance, de l’océanographie et du transport de passagers.

Avec les Chantiers de l’Atlantique à St-Nazaire, un site d’envergure mondiale capable de mettre en chantier des navires de 500 000 t, la construction navale s’est tournée vers la production de porte-conteneurs, de plates-formes de forage et de navires de croisière ; l’année 2003 restera dans les annales avec la construction du plus grand paquebot du monde, le Queen Mary 2 . C’est grâce à ce secteur de prestige que les chantiers ont pu prouver leur dynamisme et leur savoir-faire.

Le secteur automobile

L’implantation de Citroën dans l’agglomération rennaise dans les années 1960 a entraîné l’essor de l’industrie automobile en Bretagne autour d’un important réseau d’équipementiers et de sous-traitants. La filière Véhicules Bretagne se distingue par son expérience et son savoir-faire dans le domaine du véhicule spécifique et dédié. L’activité est très concentrée, notamment avec l’usine PSA (Peugeot Citroën) à Chartres-de-Bretagne employant 80 % des effectifs du secteur. Si on y ajoute les équipementiers, la zone d’emploi de Rennes concentre 88 % des effectifs bretons.

Ce secteur est aujourd’hui fortement soumis à la concurrence internationale et aux aléas de la conjoncture. Dans un contexte économique difficile, les industriels et équipementiers installés dans la région cherchent non plus seulement à accroître leur compétitivité mais aussi malheureusement à rationaliser leurs coûts de production.

Transports

La Bretagne est traversée par deux axes rapides qui aboutissent à Brest. La N 165 longe le littoral sud au départ de Nantes et rejoint Brest en passant par Vannes, Lorient et Quimper. Au nord, la N 12 aboutit à Brest après un long périple depuis le parvis de Notre-Dame à Paris, en desservant au passage Rennes, St-Brieuc, Guingamp et Morlaix. Sur ces deux axes, le trafic a augmenté de 20 % entre 1997 et 2004. Aujourd’hui, la priorité est à la desserte est-ouest avec l‘achèvement de la mise à deux fois deux voies de la N 164.

L'Economie Bretonne dans Bretagne 220px-TER_Breizh_trainLe train, notamment l’arrivée du TGV à Rennes et à Nantes, a fortement contribué au désenclavement des départements bretons en mettant les deux « capitales » régionales à 2h de Paris, et des villes comme Quimper et St-Malo en liaison directe avec la capitale (bien qu’à vitesse classique). Le projet BGV (Bretagne Grande Vitesse), mettra Rennes à 1h27 de Paris, Brest et Quimper à 3h08 (4h20 actuellement). Début des travaux en 2010.

Le transport maritime, enfin, voit sa fréquentation diminuer depuis dix ans, notamment avec une baisse du trafic transmanche passant sous le seuil des 800 000 passagers embarqués en 2007 contre 1 200 000 auparavant. La concurrence des compagnies à bas coût depuis les aéroports de province explique en grande partie cette baisse.

Tourisme

Le secteur touristique fait vivre près de 5 % des Bretons actifs, c’est dire son importance économique. En termes de fréquentation, la clientèle française est de loin la plus massive, avec plus de 73 millions de nuitées pour la seule année 2007 (dont plus de 17 % de Bretons !), devant la clientèle étrangère qui représente 3,8 millions de nuitées pour la même année (Britanniques 36 %, Allemands 15 %, Belges 8 % et Néerlandais 19 %).

Les atouts de la Bretagne sont multiples avec ses 2 730 km de côtes (un tiers du littoral métropolitain), ses 800 îles et îlots, ses fonds marins exceptionnels favorisant la biodiversité. Ce n’est donc pas un hasard si elle est la première destination maritime française. Aux plaisirs de la plage et aux sports nautiques associés (planche à voile, surf, plongée…) s’ajoutent la plaisance et la thalassothérapie.

Mais si la Bretagne est bleue, elle se veut également verte. Les parcs, réserves et espaces protégés sont nombreux, et il est possible de marcher, rouler ou trotter sur 3 700 km de sentiers de randonnée. Et si le temps ne s’y prête pas, la région recèle un patrimoine culturel et vivant d’une rare diversité.

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Un pays de novateurs en Vallée du Rhone

Posté par francesca7 le 21 mars 2014

 

Qui a conçu la montgolfière ? Qui sont les inventeurs du cinématographe ? Et la machine à coudre ou le métier à tisser : qui les a créés ? La région s’avère être une pépinière de savants et d’ingénieurs dignes du concours Lépine (lequel est justement né à Lyon !).

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Le ballon des frères Montgolfier

Dans les dernières années de l’Ancien Régime, les frères Joseph (1740-1810) et Étienne (1745-1799) de Montgolfier , descendants de l’une des plus anciennes familles de papetiers d’Europe, ont acquis la célébrité en réussissant les premières ascensions en ballon.

Poursuivant inlassablement sa recherche d’un gaz plus léger que l’air, Joseph fait une première expérience concluante avec un parallélépipède en taffetas qu’il emplit d’air chaud en faisant brûler un mélange de paille mouillée et de laine. Associant son frère à ses recherches et après plusieurs tentatives fructueuses, dont l’une menée dans les jardins de la papeterie familiale à Vidalon-lès-Annonay, il lance avec succès son premier aérostat, place des Cordeliers à Annonay, le 4 juin 1783.

Mandés dans la capitale pour renouveler leur exploit devant le roi, ils décident de se séparer momentanément, le temps que l’un d’eux accomplisse cette mission. C’est ainsi que le 19 septembre de la même année fut inauguré à Versailles, sous la conduite d’Étienne et devant la famille royale et la Cour médusées, le premier vol habité. Au ballon est attachée une cage à claire-voie, où les premiers passagers de l’espace sont un coq, un canard et un mouton. En quelques minutes, le Réveillon , timbré sur fond bleu du chiffre du roi, s’élève dans les airs, puis va se poser en douceur dans le bois de Vaucresson. Le mammifère et les deux volatiles ont parfaitement supporté le voyage ! Tous les espoirs sont permis.

La chaudière de Marc Seguin

Marc Seguin est né à Annonay en 1786. Il n’a pas seulement, avec son frère Camille, contribué à améliorer la technique des ponts suspendus par câbles de fer. Une autre de ses découvertes allait avoir une influence considérable sur le développement des chemins de fer.

Les premières locomotives produisaient à peine assez de vapeur pour atteindre 9 km/h. Appliqué en 1830 à laRocket (fusée), l’une des locomotives de l’Anglais Stephenson, le nouveau système de chaudière tubulaire se révèle une remarquable innovation : la plus grande quantité de vapeur dans un appareil de petites dimensions multiplie la vitesse par 7, puis 10. Lors d’une première expérience, la fusée atteignit 60 km/h. Aux essais suivants, elle fut même poussée à près de 100 km/h.

Conscient de l’importance de son invention, Marc Seguin laissa le brevet tomber dans le domaine public, refusant de tirer un profit personnel de l’intelligence dont le ciel l’avait favorisé. On doit enfin à Marc Seguin des travaux sur les bateaux à vapeur, ainsi que l’idée de remplacer les rails en fonte par des rails en fer et les dés en fer par des traverses en bois. Il mourut en 1875.

Description de cette image, également commentée ci-après

Du fil à l’étoffe

La soie de Serres

Olivier de Serres , le père de l’agriculture française, naît à Villeneuve-de-Berg en 1539 et meurt en 1619 dans son domaine du Pradel, près de sa ville natale. Gentilhomme huguenot, exploitant lui-même ses terres, il mesure les ruines causées par les guerres de Religion. Aussi, lorsque Henri IV, après la publication de l’édit de Nantes en 1598, fait appel aux bonnes volontés pour restaurer le royaume, Olivier de Serres consigne son expérience dans une étude sur L’Art de la cueillette de la soie . L’idée entre dans les vues du roi : l’extension de la culture du mûrier permettrait d’arrêter les sorties d’or pour l’achat d’étoffes étrangères. Henri IV donne l’exemple. Il fait planter 20 000 pieds de mûriers aux Tuileries ; une magnanerie modèle est construite. La sériciculture s’étendra ensuite à la moitié de la France.

Encouragé par ce premier succès, Olivier de Serres publie en 1600 Théâtre d’agriculture et Mesnage des champs . L’auteur y préconise le labour profond, l’alternance des cultures, le soufrage de la vigne, les prairies artificielles, la culture du maïs, de la betterave à sucre, du houblon et probablement de la pomme de terre qu’il appelle « cartoufle » : autant d’innovations mises en pratique au Pradel.

Description de cette image, également commentée ci-après

Olivier de Serres

Jacquard et les risques du métier

Joseph-Marie Jacquard naît à Lyon en 1752. Son père, petit fabricant en étoffes façonnées, l’emploie à « tirer les lacs », ces cordes qui font mouvoir la machine compliquée servant à former le dessin de la soierie. L’enfant, de santé fragile, n’y résiste pas. On le place chez un relieur, puis chez un fondeur de caractères.

Après la mort de son père, Jacquard tente de monter une fabrique de tissus. Son inexpérience commerciale et ses recherches pour perfectionner le tissage le ruinent. Il doit se placer comme ouvrier chez un fabricant de chaux du Bugey, tandis que sa femme tresse la paille. En 1793, il s’engage dans un régiment de Saône-et-Loire avec son fils ; celui-ci sera tué à ses côtés. Rentré à Lyon, Jacquard travaille le jour chez un fabricant et, la nuit, à la construction d’un nouveau métier et d’une machine à fabriquer les filets de pêche. La République cherche des inventeurs : Carnot, ministre de l’Intérieur, fait venir Jacquard à Paris.

En 1804, Jacquard retourne à Lyon pour achever le métier auquel son nom est resté attaché. À un attirail de cordages et de pédales exigeant le travail de six personnes, il substitue un mécanisme simple, permettant à un seul ouvrier d’exécuter les étoffes les plus compliquées aussi facilement qu’une étoffe unie. Trois ouvriers et deux ouvrières se trouvent supprimés pour chaque métier ; dans une ville qui compte alors 20 000 métiers, des dizaines de milliers d’ouvriers se voient menacés dans leur travail. Les canuts se dressent contre cette « évantion » qui leur coupe les bras.

Pourtant, Jacquard parvient à convaincre les canuts de l’utilité de sa découverte. Des fabricants montrent l’exemple et, en 1812, plusieurs « Jacquards » fonctionnent à Lyon. Retiré à Oullins, leur inventeur peut enfin goûter un repos bien mérité. Il décède en 1834.

La machine à coudre de Thimonnier

Aussi opiniâtre que le tisseur lyonnais, Barthélemy Thimonnier (1793-1857) n’eut pas comme lui le bonheur de voir sa découverte exploitée dans son pays natal.

Lorsque la famille s’installe en 1795 à Amplepuis, le jeune Barthélemy est placé comme apprenti tailleur. En 1822, il s’installe comme tailleur d’habits à Valbenoîte près de St-Étienne. Hanté par l’idée de coudre mécaniquement et s’inspirant du crochet utilisé par les brodeuses des monts du Lyonnais, il construit dans le secret un appareil en bois et en métal permettant d’exécuter le point de chaînette. La machine à coudre était née.

Pour parvenir à breveter son invention, il s’associe à Auguste Ferrand , répétiteur à l’école des mineurs de St-Étienne. Une demande est déposée le 13 avril 1830 au nom des deux associés.

Thimonnier quitte ensuite St-Étienne pour la capitale où, bientôt, le premier atelier de couture mécanique voit le jour au 155 rue de Sèvres. Là, 80 machines à coudre fonctionnent six fois plus vite que manuellement. Cela déclenche la haine des tailleurs parisiens qui, lui reprochant de vouloir ruiner leur profession, saccagent l’atelier ; Thimonnier, ruiné, revient à Amplepuis, où il reprend son métier de tailleur.

En 1848, une compagnie de Manchester s’intéresse à son « couso-brodeur ». Épuisé par 30 ans de travail et de luttes, il s’éteint à l’âge de 64 ans, trop tôt pour connaître l’extraordinaire essor de la machine à coudre.

Un pays de novateurs en Vallée du Rhone dans Ardèche Thimonnier_portreto

Barthélemy Thimonnier

Un grand médecin : Claude Bernard

Il y a du sucre dans le foie, plus précisément du glycogène : par cette grande découverte (1843), le physiologisteClaude Bernard permit d’expliquer les mécanismes du diabète en 1853. Théoricien fondamental de la médecine expérimentale, il a aussi contribué à comprendre le système nerveux. Quel parcours pour ce membre des académies de Médecine et des Sciences, cet enseignant qui délivra des cours à la Sorbonne et au Collège de France ! Il est l’auteur de La Science expérimentale (1876).

Fils d’humbles vignerons de St-Julien dans le Beaujolais, Claude Bernard est né en 1813 : on peut voir sa maison au hameau de Chatenay, près du musée qui lui est consacré. C’est, dit-on, grâce au curé du village qu’on l’envoya étudier à Lyon. De là, il « monta » à Paris pour étudier la médecine.

Lumière ! et le cinéma est né…

En 1882, un photographe venu de Besançon, Antoine Lumière, s’installe dans un hangar de la rue St-Victor à Lyon et entreprend la fabrication de plaques sèches au gélatino-bromure, selon une formule qu’il a trouvée. Quatre ans plus tard, il a déjà vendu plus d’un million de plaques sous le nom d’« étiquette bleue ». Les deux fils de l’ancien photographe, Auguste (1862-1954) et Louis (1864-1948) Lumière , associés à leur père, travaillent à un appareil de leur invention. Ils le présentent en 1895 à la Société d’encouragement. L’appareil, qui reçoit finalement le nom de cinématographe, est présenté à Lyon le 10 juin 1896.

D’abord indifférent, le public se rue bientôt pour voir les dix premiers films, courtes saynètes dont l’humour n’a pas vieilli. Sortie d’un hangar lyonnais, la prodigieuse aventure du cinéma commençait…

Tony Garnier et la Cité industrielle

« En matière d’urbanisme, toute idée neuve et hardie est intéressante » : cette phrase de Tony Garnier, l’un des plus grands architectes du 20 e s., résume bien son élan. Né à Lyon en 1869, il y laissera à sa mort, en 1948, une œuvre abondante et innovante qui influencera de nombreux confrères, dont le célèbre Le Corbusier. Après ses études aux écoles nationales des Beaux-Arts de Lyon et de Paris, il travaille dans l’atelier de Julien Guadet et se passionne très vite pour la conception d’une Cité industrielle. Son projet mêle une organisation rationaliste et fonctionnelle des lieux à une vision utopique d’une société qui n’aurait besoin ni de police ni de religion, mais serait régie par la loi du travail. En architecture, il emprunte des éléments classiques à la Grèce et recourt à des matériaux encore mal connus, comme le béton armé.

En 1905, le nouveau maire, Édouard Herriot, lui confie la direction des « Grands Travaux ». Tony Garnier commence par un coup de maître, en construisant une immense halle (halle Tony-Garnier) au cœur des nouveaux abattoirs de La Mouche. Il poursuit en réalisant un stade olympique (stade de Gerland), un hôpital pavillonnaire (hôpital Édouard-Herriot), une école de tissage, le quartier d’habitation des États-Unis, le monument de l’île du Souvenir au parc de la Tête d’Or…

Image illustrative de l'article Tony Garnier

Tony Garnier

Autres personnalités de la région

Beaux-Arts

Raymond Depardon , grand photographe, fondateur de l’agence Gamma et cinéaste, est né à Villefranche-sur-Saône en 1942. Dans le livre La Ferme du Garet , il raconte son enfance dans le Beaujolais.

Hector Guimard (1867-1942), architecte, est né à Lyon. Cet adepte de l’Art nouveau est le créateur des premières bouches de métro parisiennes.

Pierre Cécil Puvis de Chavannes (1824-1898) est né à Lyon. Classé parmi les peintres académiques, il fut cependant admiré par les symbolistes et de jeunes confrères avant-gardistes tels que Gauguin.

Cinéma

Jean-Pierre Jeunet est né en 1953 à Roanne. Cinéaste, il est l’auteur, entre autres, de Delicatessen et duFabuleux Destin d’Amélie Poulain .

Muriel Robin , comédienne et humoriste, est née en 1955 à Montbrison.

Bertrand Tavernier , cinéaste, est né en 1941 à Lyon. Son Horloger de Saint-Paul se déroule dans sa ville natale. Il est également président de l’Institut Lumière basé à Lyon.

Histoire

L’ abbé Pierre , alias Henri Grouès (1912-2007), est le fondateur du mouvement Emmaüs chargé de lutter contre la pauvreté.

Marc Bloch (1886-1944), historien du Moyen Âge. Juif et résistant, il est fusillé par les Allemands en 1944 près de Lyon, sa ville natale.

Antoine Pinay (1891-1994) est né à St-Symphorien-sur-Coise. Ministre de l’Économie, il instaura le « nouveau franc » en 1959.

Émile Loubet (1938-1929), natif de Marsanne, fut élu président de la République en 1899. Son septennat se déroule sous une III e République secouée par l’affaire Dreyfus.

Laurent Mourguet (1769-1844), ouvrier de la soie reconverti en forain et arracheur de dents, crée le personnage de Guignol vers 1808.

Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre. En 1617, il a fondé la première Confrérie de la Charité à Châtillon-sur-Chalaronne.

Littérature

Paul Claudel (1868-1955), poète, dramaturge, essayiste, est enterré dans le parc du château de Brangues, non loin de Morestel.

Frédéric Dard (1921-2000), écrivain prolifique, fit vivre sous sa plume près de 200 aventures à son héros, le commissaire San-Antonio. Il est inhumé au cimetière de St-Chef en Dauphiné, commune de son enfance.

Louise Labé (1524-1566), poétesse de l’école lyonnaise de la Renaissance, crée avec Maurice Scève l’un des premiers salons littéraires de la région.

Éric-Emmanuel Schmitt , auteur de théâtre, est né en 1960 à Ste-Foy-lès-Lyon. Les questions spirituelles hantent les pièces à succès de ce normalien. Le Visiteur (1994) fut couronné par trois molières.

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), écrivain et aviateur, naît au 8 de la rue du Peyrat à Lyon (rebaptisée aujourd’hui rue Antoine-de-St-Exupéry).

Musique

Hector Berlioz (1803-1869), grand compositeur, est natif de la Côte-St-André. Il est l’inventeur d’un style polyphonique dont l’influence s’est exercée jusqu’à nos jours.

Benjamin Biolay , auteur, compositeur, interprète, naît le 20 janvier 1973 à Villefranche-sur-Saône. Au conservatoire de Lyon, il apprend le trombone et obtient deux premiers prix en 1990.

Pierre Boulez , né en 1925 à Montbrison, chef d’orchestre et compositeur dodécaphoniste, est une personnalité majeure de la musique contemporaine française. Il a fondé l’lnstitut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) à Paris.

Liane Foly , chanteuse, est née en 1963 à Lyon.

L’Affaire Louis Trio , originaire de Lyon, groupe qui fit carrière au milieu des années 1980 avec Chic planète,s’est séparé. Le chanteur Hubert Mounier poursuit actuellement une carrière en solo.

Anne Sylvestre , chanteuse et auteur d’une foule de chansons enfantines, est née en 1934 à Lyon.

Sciences

André-Marie Ampère (1775-1836) est né à Polémieux-au-Mont-d’Or, près de Lyon. Physicien et chimiste français, il est le fondateur de l’électromagnétisme.

Jean-Baptiste Guimet (1785-1871), polytechnicien, fait fortune à Lyon avec la fabrication du bleu outremer artificiel de son invention. Son fils Émile (1836-1919) collectionna les œuvres d’art asiatiques visibles au musée Guimet de Paris.

Léopold Ollier (1830-1900), originaire des Vans en Ardèche, est considéré comme le véritable créateur de la chirurgie orthopédique moderne.

Sports

Aimé Jacquet , né le 27 novembre 1941 à Sail-sous-Couzan (Loire), était le sélectionneur de l’équipe de France de football qui fut sacrée championne du monde en 1998.

Alain Prost , champion du monde de course automobile en 1985, 1986, 1989 et 1993, est né en 1955 à Lorette (Loire).

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Un roman journalistique d’émile Zola

Posté par francesca7 le 7 mars 2014

 

extrait dans :  Les sources de L’Argent

150px-Zola_LeandreCe roman a sans doute beaucoup coûté à Zola parce que le sujet lui était peu familier. Si le lecteur curieux parcourt les premières listes de 1870 constituant l’architecture de la saga des Rougon-Macquart, il s’étonnera de ne trouver aucune mention de l’Argent. Pourtant les aspects financiers étaient déjà bien présents dans la Curée par exemple. Mais, dans ce roman, la focalisation portait moins sur le désir effréné de richesse monétaire ou les spéculations foncières que sur la pourriture d’un monde sans foi ni loi. Zola a pris conscience peu à peu qu’il devait écrire cette enquête sur l’argent moderne, une des causes principales de la chute du régime impérial honni. Par ailleurs l’observateur naturaliste connaissait bien les deux ressorts de l’âme humaine soulignés dans ses Notes : « II n’y a que l’amour et l’argent ». La seconde forme essentielle du désir, surtout dans ses aspects contemporains du pouvoir des énormes sommes mystérieusement brassées loin du public, n’avait jamais été réellement et méthodiquement abordée.

Il convient de noter que la jeune IIIe République est traversée par quelques scandales financiers retentissants dont le Bel-Ami de Maupassant paru cinq ans plutôt s’était déjà fait l’écho lui aussi. L’affaire de la « dette tunisienne » devenue marocaine sous la plume de Maupassant n’est pas sans rappeler le coup fourré de Sadowa dans l’Argent. Au moment où Zola écrit son roman le scandale de Panama bat son plein. Rappelons que Ferdinand de Lesseps, pour subventionner un projet mal évalué au départ, a massivement fait appel aux capitaux des petits épargnants (le fameux « bas de laine »), en recourant à des hommes d’affaires qui soutiennent la publicité de l’investissement en achetant largement des journaux peu consciencieux. C’est cette stratégie payante que reprend d’ailleurs Saccard.

Zola est démuni face aux questions financières, au droit des sociétés, aux cotations boursières. Il n’a même pas de compte bancaire. Son éditeur, Fasquelle, lui avance au fur et à mesure l’argent dont il a besoin. Il va donc constituer un dossier de plus de mille pages pour combler ses connaissances lacunaires avouées à demi-mot, à deux reprises, dans le premier chapitre du roman : « ce mystère des opérations financières où peu de cervelles françaises pénètrent » ; « ce mystère des opérations financières, d’autant plus attirant pour les cervelles françaises que très peu d’entre elles les pénètrent ». Zola a donc consulté plusieurs ouvrages pour s’initier à cette religion de la finance. Il a lu les Mémoires d’un coulissier de Feydeau, l’ouvrage de Mirecourt sur La Bourse et celui d’Aycard sur Le Crédit mobilier. Il bénéficie des leçons de son éditeur, qui a pratiqué le métier d’agent de change avant de se lancer dans la librairie. Il s’est surtout beaucoup inspiré du krach de l’Union générale survenu en janvier 1882. Le polytechnicien Bontoux avait repris en 1878 cette banque qui avait connu des difficultés. Par une gestion audacieuse, il avait fait grimper la valeur de l’action jusqu’à des hauteurs insoupçonnées, enrichissant tout un petit peuple d’actionnaires. C’est que Bontoux avait eu la lumineuse idée de drainer l’épargne religieuse vers sa banque catholique. Pourtant au début de 1882, ce fut l’effondrement du cours, l’action perdant les neuf dixièmes de sa valeur. Poursuivi pour escroquerie, le banquier se réfugia en Espagne d’où il rédigea, pour sa défense, une apologie qui parut en librairie en 1888. Zola a de plus étudié dans les numéros du Droit les comptes rendus d’audience du procès Bontoux qui s’acheva sur la condamnation de l’intéressé à cinq ans de prison en 1883. L’opinion française est alors travaillée par l’ouvrage antisémite de Drumond, la France Juive. Bontoux, lui aussi, invoque un complot des Juifs et des francs-maçons pour expliquer la déroute de son œuvre bien-pensante et, de fait, lui et ses actionnaires avaient bien été ruinés en partie par la spéculation des Rothschild. Ces accusations vont d’ailleurs resservir à l’occasion du scandale de Panama, permettant à plusieurs personnalités d’échapper à la vindicte populaire. Elles contribueront à faire enfler notablement le ressentiment antisémite à l’occasion de l’Affaire Dreyfus. Elles sont bien présentes dans le roman de Zola.

Plus anecdotique, la scène scabreuse qui oppose Saccard à Delcambre à propos de l’entretien de la baronne Sandorff tire son origine d’un fait divers de l’époque : Edwige Sapia fut bien l’objet d’une empoignade de mauvais garçons entre deux notabilités, le banquier Jules Mirès (condamné à cinq ans de prison en 1861 pour la faillite de la Caisse générale des chemins de fer) et Gustave Louis Chaix d’Est-Ange, avocat et homme politique français.

Un roman journalistique d’émile Zola dans FONDATEURS - PATRIMOINE 150px-Zola_1870Le personnage de Saccard a plusieurs origines : d’abord le père de Zola, trop tôt disparu lors des sept ans d’Émile. Le fils a gardé de lui le souvenir ébloui d’un entrepreneur moderne, hardi, engagé dans le progrès social. Zola a également été marqué par le spéculateur et industriel Hector de Sastres, qui fut l’ami et le protégé du ministre Jacques Louis Randon. Bien sûr, Saccard a hérité aussi de quelques caractéristiques de Paul Eugène Bontoux. Zola a donné à Saccard la confiance en soi, l’optimisme chevillé au corps, l’esprit visionnaire, le sens des opportunités économiques de ces personnalités. Notons également que quelques traits de Bontoux et du père ont été attribuées à Hamelin, l’ingénieur brillant, appliqué, utopiste.

Zola a donc réuni plus de mille pages de notes pour rédiger son roman. Il s’est livré à une étude du dossier comme un journaliste moderne. Si ses confrères se sont parfois montrés très critiques à l’égard de ces compilations laborieuses qui, selon eux, cachaient un manque d’inspiration ou d’audace créatrice, il nous faut bien reconnaître que Zola se présente comme un écrivain moderne, scrupuleux, appliquant à la fiction romanesque les méthodes du journalisme d’investigation

Lire la suite sur : http://www.etudes-litteraires.com/zola-argent.php#ixzz2lIh0Vb94

Émile Zola (à l’état civil Émile Édouard Charles Antoine Zola) est un écrivain et journaliste français, né à Paris le 2 avril 1840 et mort dans la même ville le 29 septembre 1902. Considéré comme le chef de file du naturalisme, c’est l’un des romanciers français les plus populaires , les plus publiés, traduits et commentés au monde. Ses romans ont connu de très nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision.

150px-ZOLA_1870 dans LITTERATURE FRANCAISEEn 1888, alors que Zola s’interroge sur le sens de son existence à la veille de la cinquantaine, sa vie bascule brutalement. N’avait-il pas soufflé à Goncourt : « Ma femme n’est pas là… Eh bien je ne vois pas passer une jeune fille comme celle-ci sans me dire : « Ça ne vaut-il pas mieux qu’un livre ? » » ? Par ailleurs, il est présenté à la Société des gens de lettres par Alphonse Daudet en 1891, et accueilli en son sein « exceptionnellement par acclamation et à main levée à l’unanimité. » Il est élu au comité, puis élu et réélu président de l’association de 1891 à 1900. Il exerce très sérieusement ses fonctions : il intervient dans la presse pour présenter son organisation et ses valeurs, il fait reconnaître la société comme établissement d’utilité publique, le droit de la propriété littéraire et la défense des auteurs en France progressent sous son autorité, des conventions avec des pays étrangers, comme la Russie, sont signées.

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Musée de la Pipe et du Diamant de Saint-Claude en Jura

Posté par francesca7 le 2 février 2014

 

Image illustrative de l'article Musée de la Pipe et du Diamant de Saint-Claude2 musées en un :  au musée de la pipe et du diamant, vous découvrirez tout sur l’art de fabriquer les pipes, mais aussi sur le métier de lapidaire. Ces deux métiers ont fortement marqué l’industrialisation de la ville de St Claude. 

Dans le musée de la pipe, vous pourrez admirer des chefs d’oeuvres de différents artisans, dont certains qui ont été élus meilleurs ouvriers de France. Une collection de tabatière est également présentée, ainsi qu’une collection de pipes du XiXe siècle. L’histoire de l’industrie de la pipe à St Claude vous est exposée. Vous découvrirez également les différentes étapes de la fabrication d’une pipe en bruyère, ainsi qu’un panorama de la pipe à travers le monde. Des vidéos vous apporteront des informations complémentaires, et vous découvirez également la Confrérie des maîtres-pipiers et ses membres célèbres ! 

Du coté du musée des lapidaires, vous verrez la reconstitution d’un atelier de taille du début du XXè siècle, avec des automates grandeur nature pour animer chaque poste de travail. Des reproductions de joyaux célèbres vous enchanteront. Des vidéos vous permettront également de mieux découvrir ce métier.

Musée de la pipe et du diamant (39-Saint-Claude-Jura)

 Image de prévisualisation YouTube

http://youtu.be/CIjALxioxsw

 

La confrérie des maîtres pipiers et l’association des diamantaires et lapidaires du Haut-Jura ont créé ce musée pour présenter leur travail et des collections de pipes et de pierres précieuses. On peut y voir une exposition permanente de pipes qui datent des temps les plus reculés jusqu’à nos jours. C’est ici qu’on fabrique des tabatières et des pipes, depuis le XVII ème siècle. Saint-Claude est d’ailleurs devenu la capitale mondiale de la pipe. L’histoire du tabac et la pipe sont évoquées par le biais d’une présentation riche et unique au monde. Saint-Claude mérite véritablement son titre de capitale de la pipe !

Le Musée de la Pipe et du Diamant de Saint-Claude est un musée de la pipe, des diamants et des pierres précieuses fondé en 1966 à Saint-Claudedans le Haut-Jura

Saint-Claude est au xixe siècle le centre mondial de l’industrie de la pipe et un site réputé de taille du diamant et des pierres précieuses.

La Confrérie des Maitres-Pipiers et l’Association des Diamantaires du Haut-Jura de Saint-Claude se sont associées pour présenter dans ce musée l’histoire de la fabrication des pipes ainsi que l’histoire de l’industrie de la taille des pierres précieuses à Saint-Claude.

Logo de l’association

Y sont exposés : collections de pipes d’hier et d’aujourd’hui, tabatières, diamants, pierres précieuses et pierres de synthèse taillés, chefs d’œuvres de différents artisans, outils et machines d’autrefois, atelier de fabrication et de taille, photos, documents, projection de vidéo…

Adresse : 1 Bis Rue Gambetta, 39200 Saint-Claude

Téléphone :03 84 45 17 00

 

Article de presse sur : http://www.leprogres.fr

La tradition a été respectée. Roger Vincent, pipier sculpteur Meilleur ouvrier de France (MOF), a déposé, ce mardi matin, dans la vitrine de la collection des présidents de la 5e République du Musée de la Pipe et du diamant, de Saint-Claude, la pipe sculptée qu’il a créée à l’effigie de François Hollande.

Il s’agit d’une tradition familiale, mais aussi une attente des collectionneurs et du Musée de la Pipe et du diamant de Saint-Claude. Un an après l’élection de François Hollande, la pipe à l’effigie de président français est venue rejoindre une prestigieuse collection.

Cette pièce unique, élaborée en bruyère naturelle et entièrement faite à la main, a nécessité 11 mois de travail à son créateur, Roger Vincent, pipier sculpteur MOF. Trois autres modèles de pièces de collection ont été créés à ce jour, vendus 350 euros.

Après inventaire, Roger Vincent en fera donation à la ville. Et il devrait profiter du 25e congrès du concours des MOF en 2015 pour la remettre en main propre à l’Elysée, au président François Hollande.

téléchargement (3)Pourquoi Saint-Claude est elle devenue la capitale mondiale de la pipe et du diamant ?
La réputation de Saint-Claude s’étend bien au-delà des frontières de l’hexagone, même si tout le monde ne sait pas toujours bien situer où la ville se niche sur la carte de France ! Impossible d’affirmer depuis quand on fume la pipe. L’objet moderne aurait fait son apparition un peu avant le XVIe siècle. Mais pour fumer la pipe il faut du tabac, introduit en France par Jean Nicot en 1560. Mais pourquoi Saint-Claude est-elle devenue la capitale mondiale de la pipe ? Pour le comprendre il faut remonter le temps. La Ville était un centre religieux célèbre pour son abbaye. Elle devint ensuite un lieu de pèlerinages grâce à l’un de ses abbés, Claude. Avec la venue des pèlerins débute la fabrication et le commerce des objets de piété en bois tourné. Puis au fil des siècles la gamme des produits s’élargit aux objets profanes et usuels. On ne sait pas exactement quand les tourneurs orientèrent leur activité vers les pipes, toutefois, il semble que les premières virent le jour au début du XVIIIe siècle. C’est vers 1750 que l’usage de la pipe se répandit. Les premières étaient fabriquées avec des bois de pays, elles devaient donc être doublées d’un foyer métallique pour ne pas se consumer ! L’importation de la racine de bruyère, vers 1850, matériau plus résistant, dope le développement, et la fabrication des pipes à Saint-Claude et transforme l’activité artisanale en une véritable industrie qui emploie 6 000 ouvriers en 1925.
Quant à la lapidairerie, ou taille des pierres fines et synthétiques, elle était implantée dans le Haut-jura depuis le XVIIIe siècle. La taille du diamant, pratiquée d’emblée en usine par une main d’œuvre qualifiée et mieux payée que celle de la pipe, prend son essor à Saint-Claude entre 1885 et 1914. La guerre, puis la crise économique de 1929 provoquèrent la disparition de nombreuses entreprises. 

Aujourd’hui les savoir-faire des artisans se sont mis au service de l’industrie. Parallèlement, l’artisanat traditionnel, fabrication des pipes et taille de pierres précieuses se maintiennent dans les deux secteurs, artisanal et industriel.

Après la seconde guerre mondiale, l’évolution des techniques est impressionnante. Le plastique remplace bon nombre de matériaux. Les industries traditionnelles déclinent pour faire place à la transformation du plastique. Dans toute la vallée de Bienne, c’est l’embellie du plastique et la naissance de la « Plastics vallée » qui s’étend de Nantua à Morez. Cette vallée a été ainsi baptisée par un journaliste américain qui a comparé l’état d’esprit qui règne sur cette terre d’innovations permanentes à celui de la mythique Silicon Valley en Californie. Imagination et créativité irriguent en permanence les 1 500 entreprises de la Plastics Vallée dans toutes les étapes de la filière plasturgie : conception, réalisation d’outillages, fabrication de machines, transformation de polymères, finition, décoration, recyclage, logistique industrielle… 

La vie économique est également rythmée par l’outillage de précision, les équipements automobile, électriques et électroniques. A Saint-Claude, c’est la sous-traitance pour l’industrie automobile qui domine. A cette activité s’ajoute le développement du tourisme.

Les vagues migratoires du XIXe et XXe siècles
En augmentation régulière depuis 1860, l’immigration italienne atteint son maximum dans les années 1920, allant jusqu’à représenter 12 % de la population sanclaudienne. Au fil des ans, les portugais prennent le relais, suivis, par ordre d’importance, des algériens et des espagnols. Plus récemment, ce sont les turcs qui se sont installés et oeuvrent au sein des entreprises locales.

 

 

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