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Les utopies de Charles Fourier

Posté par francesca7 le 29 juillet 2015

 

Peut-on imaginer une société harmonieuse, où les passions de chacun seraient totalement satisfaites – où l’insécurité, la pauvreté, endémiques en 1830, n’existeraient plus ? Vous en avez rêvé ?

Description de cette image, également commentée ci-aprèsCharles Fourier l’a fait ! Pour Fourier (1772 – 1837), Claude de Saint-Simon (1760 – 1825) qui prétend organiser la société pour favoriser l’industrie est un charlatan ! Fourier considère que les sociétés humaines sont des forêts de sentiments inexplorés, attaqués et repoussés par l’État et la religion, sentiments qu’il faut identifier comme on a pu le faire pour les végétaux. Il recense donc les passions (sensuelles, affectives, distributives) et imagine des unités de vie où les habitants sont rassemblés en fonction de leur passion dominante.

L’identification de la passion dominante permet de régler harmonieusement l’activité du groupe : les « cabalistes » qui ont la passion de l’organisation conduisent les travaux ; les « papillonnes » qui aiment le changement assurent les tâches saisonnières ou temporaires ; les « petites hordes » sont composées d’enfants chez qui on a remarqué une passion pour la manipulation d’immondices : ils vont servir d’éboueurs… Ainsi est obtenue une société qu’il qualifie de chimiquement parfaite. Chaque unité de vie, la phalange – qui remplace la famille, source de conflits et d’autorité –, compte 1 600 personnes, hommes et femmes à égalité.

BioFourier-Doc9-DecesElle est logée dans un phalanstère. C’est une sorte de palais en forme d’étoile au milieu d’un parc de 400 hectares Le logement et la nourriture y sont collectifs. Les salaires sont déterminés sur la base du capital, du travail et du talent. Tout y est réglé au préalable, jusqu’à la façon de s’habiller. La polygamie y est étendue à tous afin de ne plus contrarier les sentiments et de parvenir à une nouvelle forme de chasteté…

Le phalanstère comporte des galeries marchandes, des bibliothèques, un temple pour accueillir 1 500 personnes. 90 % des phalanstériens sont des cultivateurs ou des artisans ; les 10 % restants sont des artistes et des savants. Les enfants sont élevés en commun, l’éducation conjugue théorie et pratique, chaque membre – connaissant vingt métiers – en pratiquera cinq ou six par jour. Les disciples de Fourier tentent de réaliser l’utopie du maître : c’est un échec total. Seul le fabricant de poêles Godin (1817 – 1888) obtiendra des résultats positifs. Il crée en 1856 – à Guise dans l’Aisne – au lieu du phalanstère, le familistère. Il y institue le système coopératif. Ce familistère comporte 500 logements – familiaux et traditionnels… – au confort moderne : eau courante, toilettes, vide-ordures, luxe incroyable à l’époque.

On y trouve aussi un théâtre, des économats, des écoles, des pouponnières, une piscine, un lavoir, un parc… Le familistère, enfant de l’utopie fouriériste – qu’on peut visiter aujourd’hui à Guise – est tombé dans l’escarcelle capitaliste en l’an… 1968 !

 

La quête de Fourier est celle d’une harmonie universelle. Il présente sa théorie comme résultant d’une découverte scientifique dans le domaine passionnel, parachevant la théorie de la gravitation d’Isaac Newton dans le domaine matériel. Dans le cadre de cette théorie dite de l’Attraction passionnée, l’univers serait en relation avec les passions humaines, qu’il reflèterait. Ainsi déclare-t-il possible de s’informer sur les situations passionnelles humaines en observant notamment les animaux et les plantes terrestres, et en appliquant à ces observations un raisonnement analogique dont il donne quelques clés.

Fourier classe hommes et femmes en 810 catégories. Ces catégories correspondent à autant de passions, sous-passions, sous-sous-passions, etc., différentes. Sur cette base de 1 620 caractères qu’il appelle une phalange, il jette l’organisation des phalanstères composés, comme il se doit, d’autant de personnes.

De fait, chaque personne au sein du phalanstère œuvre selon ses affinités, tout en accordant une place particulière à l’agriculture, ainsi qu’aux arts et aux sciences.

Il pose ainsi les premières bases d’une réflexion critique portant sur la société industrielle naissante et ses défauts les plus criants. Selon lui, pour faire cesser les vices de la société civilisée, il suffit de faire confiance aux indications données par l’Attraction passionnée, cette impulsion donnée par la nature antérieurement à la réflexion et persistante malgré l’opposition du devoir, du préjugé, etc.

Charles Fourier considère ainsi que l’attirance naturelle des humains pour l’activité et la vertu est totalement entravée et pervertie par le travail, un état où l’homme s’impose à regret un supplice, et par la morale, cette mortelle ennemie de l’attraction passionnée.

Il propose donc, après mûrs calculs et réflexions, ces sociétés idéales composées d’une phalange de 1 620 individus de tous âges, nommées phalanstères, où chacun s’active dans de multiples groupes fréquentés successivement dans la journée. Les groupes principaux sont appelés des séries, constituées de gens réunis passionnément par identité de goût pour quelque fonction. L’intégration dans le groupe est réalisée en toute liberté et par choix réciproque, comme de nos jours se constituerait un orchestre amateur ambitieux.

Il faut savoir que chacun y est rétribué après répartition des dividendes annuels du phalanstère d’abord entre les séries, puis entre les groupes qui les composent. Vient ensuite la répartition entre les individus. La méthode est identique pour chaque échelle : le montant dépend du rang occupé dans le phalanstère. Ce rang est déterminé selon divers critères, appliqués à l’intérieur de trois classes : nécessité, utilité et agrément. Ce n’est pas la valeur marchande des produits qui entre en ligne de compte, mais leur capacité à susciter le désir de produire, et leur potentiel d’harmonisation du phalanstère (mécanique d’attraction et d’harmonie).

La répartition entre l’intérêt individuel et l’intérêt collectif se réalise équitablement grâce à l’existence d’intérêts croisés, du fait même de la participation de chaque individu à de nombreux groupes (effet du libre essor de la passion du changement, la papillonne). Les dividendes attribués au groupe sont ensuite répartis entre les individus qui le composent, en prenant bien soin de s’appuyer sur la cupidité en premier (accord direct), afin que la générosité (accord indirect) puisse s’exprimer ensuite. Sont ainsi constitués trois lots, 5 à 6/12e pour le travail, 4/12e pour le capital et 2 à 3/12e pour le talent (lot dont sont exclus les novices).

Les utopies de Charles Fourier dans FONDATEURS - PATRIMOINE 1280px-Phalanst%C3%A8re

Les dividendes ainsi perçus viennent en positif sur le compte de chaque individu (et non de chaque famille, les enfants étant émancipés dès l’âge de 3 ans). Sur ce compte sont inscrits en négatif le revenu minimum annuel garanti à chacun dès l’âge de trois ans révolus, et le coût des biens et services qu’il a obtenus du phalanstère au cours de l’année (costumes, repas, autres fournitures et services…). Le solde positif n’est donc distribué qu’en fin d’année, et seulement à leur majorité pour les mineurs.

Charles Fourier promeut ainsi plusieurs idées très innovantes dont la création de crèches, l’une des premières tentatives de libération de la femme. Il faut insister sur la libre et sage audace de Fourier à une époque où les femmes se trouvent en position subalterne :Les progrès sociaux, écrit-il, s’opèrent en raison des progrès des femmes vers la liberté et les décadences d’ordre social en raison du décroissement de la liberté des femmes. (Théorie des Quatre mouvements).

Fort de ses convictions, il tente de faire réaliser un phalanstère expérimental par quelques mécènes fortunés, mais n’y parvient pas de son vivant. Après sa mort, quelques tentatives de création de communautés utopiques ont bien lieu, mais à part le familistère de Godin, toutes faillissent du fait de querelles internes. De toute façon, aucune n’approche le bonheur promis par le théoricien socialiste, en raison du non-respect de ses prescriptions, sans doute trop libertaires pour l’époque de leur réalisation.

Quoi qu’il en soit, par sa réflexion sur l’organisation du travail, sur les relations entre les sexes, entre l’individu et la société…, il apparaît comme un précurseur et du socialisme et du féminisme français.

Dans le cycle de l’humanité de 80 000 ans présenté par Charles Fourier, la huitième période qu’il considère comme la première phase d’Harmonie rompt avec le système de domination au profit d’un système d’association domestique et agricole. Grâce à l’abondance générée par le libre cours laissé à la productivité naturelle des humains, le Phalanstère est un lieu de vie luxueux, et en même temps l’unité de base de la production. Il comprend un immense palais prolongé par des bâtiments ruraux, au-delà de la grande route qui limite la cour d’honneur. En Harmonie, l’industrie manufacturière est subordonnée à l’agriculture, elle-même réalisée en lien avec les cultures et passions locales. L’ensemble immobilier est ainsi placé dans un décor champêtre bigarré et entrelacé, en raison de la recherche du meilleur terroir pour chaque espèce cultivée. Charles Fourier nomme une telle organisation agricole l’ordre engrené pour le distinguer de l’ordre massif, celui de l’agriculture traditionnelle qui présente cultures et forêts en grandes masses séparées. Plus loufoque encore, certaines transformations écologiques qui devraient se réaliser : des hommes chevauchant des poissons pour se déplacer, des fontaines naturelles de limonade…

La planète est librement et constamment parcourue par de grandes bandes composées principalement de jeunes hommes et femmes, accompagnés d’adultes d’âge mûr passionnés d’aventure. Ils assurent les travaux d’ampleur exceptionnelle, et leurs passages successifs dans les phalanstères de la planète suscitent en particulier les intrigues amoureuses qui rendent la vie en harmonie digne d’être vécue. Logés au dernier étage dans les caravansérails, ils sont nourris par les phalanstériens avec les mets et préparations très gastronomiques que l’organisation en séries passionnées permet de produire en grande quantité et sans effort. Les fêtes se succèdent pendant le séjour, avec des spectacles hauts en couleur dont l’excellence est rendue possible par l’importance donnée aux arts de la scène, à la chorégraphie et à la gymnastique dans l’éducation dès le plus jeune âge. À ce sujet, il imagine même qu’à intervalles réguliers, de grands écrivains viendront au monde pour exalter la réussite de cette communauté.

Dans un phalanstère, les journées d’activité sont longues, les nuits sont courtes. Les phalanstériens ne connaissent pas la fatigue due à la monotonie des tâches, au non-respect des rythmes naturels, aux dissensions générées par l’absence de choix des compagnons de production et à la hiérarchie non fondée sur le talent. Bien au contraire, s’activer successivement dans de nombreux groupes passionnés est une joie de tous les jours, qui conduit la vieillesse à être belle et attirante. Ainsi la considération et l’affection des plus jeunes lui échoient-elles naturellement.

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La lavande flamboie dans ma campagne

Posté par francesca7 le 21 juillet 2015

LavenderPlante mellifère très courtisée par les abeilles, la lavande se reconnait facilement à ses fleurs en épis très odorantes, généralement mauves ou violettes. Plante estivale par excellence, la lavande est originaire du bassin méditerranéen et est une grande consommatrice de soleil. Sa récolte a généralement lieu en été, car les fortes chaleurs permettent à la fleur de sécréter ses essences les plus qualitatives, notamment pour produire l’huile essentielle de lavande. La fleur est ainsi largement utilisée en parfumerie, en médecine et dans la gastronomie. Dans le langage des fleurs, la lavande est associée à la tendresse. Source d’énergie positive, c’est une plante protectrice du foyer et des enfants.

Venue de l’ouest du bassin méditerranéen, la lavande était déjà utilisée par les Romains pour conserver le linge et parfumer les bains. En Provence, la lavande fut utilisée au Moyen Âge, pour la composition de parfums et de médicaments, mais c’est à partir du xixe siècle que sa culture se développa.

L’essor de la production française d’huile essentielle de lavande fine est lié à l’implantation de parfumeries dans la région deGrasse. La mise en culture organisée systématique du lavandin, dans les années 1950, prit ensuite le relais.

La culture de la lavande du Quercy apparut également sur les derniers versants du sud-ouest du Massif central avant 1936 à Roquecor en Tarn-et-Garonne. Celle-ci atteignit son apogée dans les années 1950 et 1960, et seuls quelques cultivateurs perpétuent encore cette tradition.

Après plusieurs crises qui entraînèrent la chute de la production et une régression des cultures, les plantations furent relancées par la stabilisation des surfaces à cultiver et le développement des moyens de distillation.

De nos jours, la plus grande fête consacrée à la lavande en France est célébrée depuis près de 70 ans à l’occasion du « Corso de la Lavande » à Digne-les-Bains et s’achève par un défilé de chars décorés de lavande.

Le phytoplasme du Stolbur a détruit 50% de la récolte française d’huile essentielle de lavande entre 2005 et 2010 la réduisant à entre 25 et 30 tonnes en 2011. La Bulgarie avec une production de 45 tonnes en 2010 et entre 55 à 60 tonnes en 2011 est devenue le premier producteur mondial de lavande avec 45 tonnes devant la France produisant de 25 à 30 tonnes à cette date. Les deux pays fournissent les trois quarts de la production internationale et entre 80% et 90% de l’huile essentielle de lavande bulgare est vendue en France.

Si les noms latins des lavandes ne posent plus guère de problèmes, il n’en va pas de même avec les noms courants. La même lavande devient française, anglaise ou espagnole selon le pays où elle est classée. On distingue quatre espèces principales :

  • Lavandula angustifolia, ou lavande vraie. Noms anciens : L. officinalisL. vera. Autres noms usuels : lavande anglaise (certains auteurs préférant donner ce nom à l’espèce L. dentata), lavande des Alpes, lavande fine. C’est la meilleure des lavandes pour la qualité de son huile essentielle. À l’état sauvage, elle pousse naturellement surtout en haute Provence au-dessus de 700 à 800 mètres d’altitude. Robuste, elle résiste aux contraintes climatiques des montagnes sèches de la haute Provence, mais elle peut être cultivée dans des régions plus septentrionales, d’autant qu’il en existe de nombreux cultivars. C’est un arbrisseau buissonnant pouvant atteindre 0,50 m de haut. Les feuilles, linéaires et de couleur gris-vert, ont une longueur variant entre 3 et 5 cm. Lors de la floraison (juillet-août), la plante développe de longs pédoncules non ramifiés terminés par des épis dont la couleur varie du mauve pâle au violet. Seule l’huile essentielle issue de cette production sur une zone déterminée bénéficie de l’Appellation d’origine contrôlée (AOC), huile essentielle de lavande de Haute-Provence. On recense environ 4 000 hectares cultivés dans les 4 départements producteurs.

  • Lavandula latifolia, ou lavande aspic. Nom ancien : L. spica. Par rapport à la précédente, ses feuilles sont plus larges (elliptiques) et très odorantes. La floraison est plus précoce (juin-août), et les fleurs ont une odeur très camphrée. Elles poussent à l’extrémité de tiges ramifiées, ce qui est le moyen le plus sûr de la différencier de la lavande vraie. Elle est beaucoup moins appréciée en parfumerie.

  • Lavandula × intermedia, ou lavandin, hybride naturel entre L. angustifolia et L. latifolia. C’est la troisième des lavandes provençales. Découvert un peu par hasard, il a été cultivé à partir des années 1930. Le lavandin est aujourd’hui l’espèce la plus cultivée, car sa fleur est plus productive en huile essentielle que la lavande vraie. Son essence de bonne qualité olfactive est plus camphrée que celle de la lavande, elle est très utilisée dans la parfumerie industrielle. Au cours des années, plusieurs variétés de cet hybride ont été sélectionnées et reproduites par bouturage. Les surfaces cultivées en lavandins sont estimées à 17 000 hectares. Les variétés les plus cultivées actuellement sont :
    • Lavandin Grosso 80 % des surfaces en lavandins
    • Lavandin Abrial 10 %
    • Lavandin Super 10 %

  • Lavandula stoechas, ou lavande stéchas, lavande papillon, cantueso (nom surtout donné à la sous-espèce L. stoechas pedunculata). À l’état sauvage, c’est certainement la lavande dont le territoire géographique est le plus vaste (tout le pourtour méditerranéen). Mais elle n’est d’aucune utilité en parfumerie : elle sent un peu le camphre, et rien d’autre. Elle se distingue des espèces précédentes par deux caractéristiques : d’une part elle apprécie surtout les terrains siliceux, notamment le schiste; de l’autre elle possède à l’extrémité de ses épis de grandes bractées violettes, souvent plus foncées que les fleurs proprement dites. Floraison : avril-juillet.

LavandulaLe mot lavande est un dérivé du verbe laver, peut-être issu de l’italien lavando (action de laver), et qui remonte au latin lavandaria : linge à laver, sans doute à l’origine de l’anglais lavender (lavendre vers 1265). Cette étymologie laisse penser que très tôt on a utilisé la lavande pour parfumer le linge fraîchement lavé. Des sachets de fleurs séchées sont traditionnellement placés dans les armoires, pour éloigner les mites et parfumer la garde-robe.

Les fleurs de lavande, séchées, sont très résistantes et conservent leurs arômes très longtemps. Un autre usage très ancien est celui de mettre de la lavande dans l’eau du bain pour son parfum et ses propriétés antiseptiques et calmantes.

L’essence de lavande contient des composants différents selon les espèces . On l’obtient traditionnellement par distillation des sommités florales. Au xixe siècle et au début du xxe siècle, la Provence était parsemée de petites distilleries familiales, qui ont peu à peu toutes disparu, victimes de crises de mévente et de l’industrialisation de la production.

C’est bien sûr la parfumerie qui fait le plus gros usage de la lavande. On peut tout parfumer avec elle, depuis les savonnettes jusqu’aux détergents et au papier hygiénique. Dans les parfums proprement dits, la lavande est surtout réservée aux hommes, soit en soliflore dans les eaux de toilette, soit en note de cœur dans les eaux de Cologne.

Dans le langage des fleurs la lavande signifie « Répondez-moi », dans un sens d’impatience méfiante, de questionnement amoureux. Dans une relation plus établie ou une relation amicale, c’est un symbole de « tendresse » : en relation avec sa couleur mauve bleutée, son parfum, ainsi que ses propriétés apaisantes et antiseptiques.

Les noces de lavande symbolisent les 46 ans de mariage dans le folklore français.

 

un site à visiter http://www.interflora.fr/tendances-florales-juin

 

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L’age d’or du CREUSOT

Posté par francesca7 le 29 mai 2015

 

le_creusot_et_ses_usines_-_Liv4-Ch02grand ensemble sidérurgique et grande ville industrielle situés en Saône-et-Loire, dont la principale phase de développement s’ouvre dans les années 1830.

L’histoire industrielle du Creusot commence à la fin du XVIIIe siècle, avec l’exploitation systématique du charbon local pour fondre le fer. Travaillant essentiellement pour la marine, la Fonderie royale, qui compte 4 hauts fourneaux et quelque 1 500 ouvriers en 1785, fait déjà figure de géante industrielle. Mais Le Creusot prend son véritable essor après le rachat des usines par un groupe d’hommes d’affaires, dont deux Lorrains, les frères Schneider. En 1836, ils fondent la Société des forges et ateliers du Creusot.

L’âge d’or.

• Le développement du Creusot est étroitement lié à l’histoire de la dynastie Schneider. En 1838, on y construit la première locomotive française. Symbole de l’industrialisation de la France dans la seconde moitié du XIXe siècle, la compagnie connaît une croissance quasi ininterrompue jusqu’à la Première Guerre mondiale. Sous la présidence d’Eugène Schneider, qui fut aussi maire et député du Creusot, ainsi que vice-président puis président du Corps législatif sous le Second Empire, la variété et la qualité de ses produits (matériel ferroviaire, artillerie) permettent de concurrencer la très puissante sidérurgie anglaise.

Après la mort d’Eugène Schneider, en 1875, la croissance se poursuit, sous la houlette de son fils Henri, puis de son petit-fils Eugène, malgré une période de crise entre 1882 et 1887. En 1914, les usines du Creusot emploient 15 000 ouvriers - sur une population de 38 000 habitants. L’acier occupe alors une place prépondérante dans la production.

Un capitalisme paternaliste.

• Ce développement ne saurait être compris indépendamment du système mis en place par les Schneider, et qui peut être considéré comme l’un des sommets du paternalisme industriel. Alors que, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la majeure partie de la production industrielle française dépend encore de petits ateliers ruraux ou urbains, le souci constant des Schneider est de fixer, discipliner et former la main-d’œuvre dans une grande ville-usine constituant un système clos. Dès 1837, des écoles sont créées pour assurer la formation des futurs employés de la compagnie, une initiative en rupture avec la tradition de transmission du savoir-faire ouvrier dans l’atelier. D’autre part, considérant que la préservation de la famille et de la propriété sont les meilleurs moyens d’assurer la moralisation et la « reproduction » de la main-d’œuvre sur place, les Schneider prennent progressivement en charge tous les aspects de la vie des Creusotins : santé, logement, retraite, allocations familiales.

La dépendance de la population à l’égard des Schneider, le poids politique de la dynastie, rendent toute opposition difficile, ou radicale. Les grèves sont peu nombreuses, mais dures : en 1870, les ateliers, puis les mines, sont paralysés ; la grève de 1899 donne lieu à un arbitrage du gouvernement et à la création des premiers délégués ouvriers, et celle de 1900, à l’exil de nombreux ouvriers hostiles aux Schneider.

Crises et déclin.

• Après la Première Guerre mondiale, tout en restant une grande ville industrielle, Le Creusot, concurrencé par d’autres sites, perd de son importance. En 1936, la nationalisation de la fabrication des armes et les lois sociales du Front populaire, qui rendent le paternalisme obsolète, réduisent l’emprise des Schneider sur la ville.

La reconstruction au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, puis l’édification européenne, la concurrence de nouveaux pays et de nouveaux matériaux, conduisent à d’importantes concentrations dans la sidérurgie française. Après la mort, en 1960, de Charles Schneider, dernier membre de la famille à la tête du groupe, la fusion des Forges et ateliers du Creusot avec les Ateliers et forges de la Loire donne naissance, en 1970, à Creusot-Loire, qui devient le premier groupe national pour les aciers spéciaux. Mais la crise frappe durement cette nouvelle société, qui fait faillite en 1984. Déclaré « pôle de conversion », Le Creusot - Le Marteau-pilonLe Creusot doit faire face à la suppression progressive de 3 000 emplois, ainsi qu’à une reconversion douloureuse. Pour partie, ses usines, emblématiques de la croissance industrielle française au tournant du siècle, ont été transformées en musée.

Le Creusot est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne. Elle fait partie de la métropole Rhin-Rhône. Le Creusot est la septième ville de Bourgogne en termes de population, avec 22 783 habitants, une agglomération de 34 272 habitants et enfin une aire urbaine de 42 846 habitants.

Le Creusot est une ville de la région Bourgogne, chef-lieu de cantons (Le Creusot-Est et Le Creusot-Ouest) du département de Saône-et-Loire. Avec environ 23 000 habitants, les Creusotins, elle est la troisième ville du département derrière Chalon-sur-Saône et Mâcon (préfecture). Son économie est dominée par la technologie de pointe dans le domaine des aciers spéciaux (Arcelor-Mittal), de l’énergie (Areva, General Electric Oil & Gas, Siag), des transports (Alstom, Safran-Snecma), etc. Le Creusot, forte de sa riche histoire industrielle, abrite un Écomusée ainsi que l’Académie François Bourdon, centre d’archives industrielles, qui retracent l’épopée de la dynastie Schneider, famille fondatrice de la ville. Depuis les années 1990, la ville développe ses atouts touristiques avec, comme principale vitrine, le Parc des Combes, où friands d’attractions et de balades en train touristique côtoient sportifs et amateurs de détente en pleine nature.

Le Creusot est, par ailleurs, le deuxième centre universitaire de Bourgogne (derrière Dijon), avec son Institut universitaire de technologie (4 départements, 6 licences professionnelles) et le centre universitaire Condorcet  (4 filières DEUG, DESS), antenne de l’université de Bourgogne.

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Le chemin de fer a transformé la FRANCE

Posté par francesca7 le 24 mai 2015

 

ELeDrac1A partir des années 1830, les ingénieurs élaborent une véritable science des chemins de fer, qui est enseignée dans les grandes écoles. Elle joint une théorie de l’utilité, à fondement principalement économique, à une science des systèmes, fondée essentiellement sur la technique. S’édifiant progressivement, dans l’incertitude et en fonction de l’expérience, elle combine trois filières techniques préexistantes : celles de l’utilisation de l’énergie, des matériaux et des communications à distance. Chacune va être bouleversée par les besoins nés de son exploitation. Ainsi, la sidérurgie de l’acier se substitue à celle du fer. La locomotive à vapeur connaît une transformation radicale, qui culmine en France, à la veille de la Grande Guerre, avec la série des machines compound du type Pacific 23. Dès les années 1900, la traction électrique fait son apparition sur quelques lignes de la banlieue parisienne et sur le réseau du Midi. L’adoption de la télégraphie, au début de l’exploitation, est suivie du développement, à partir des années 1880, d’un système de signalisation électrique semi-automatique. Ainsi, les exigences de l’exploitation ferroviaire contribuent largement à faire naître les technologies de la seconde révolution industrielle.

Le système technique ferroviaire est alors complémentaire de son organisation administrative, qui se caractérise par la division des tâches, la rigidité hiérarchique et l’autoritarisme. La principale vertu de l’agent des chemins de fer est l’obéissance, cette rigueur étant justifiée par la crainte de l’accident. Car la « culture ferroviaire » met en avant la sécurité, même si les métiers du rail ont longtemps figuré parmi les plus meurtriers et les plus dangereux. Le temps de travail journalier, initialement très long, n’est réduit qu’à partir des années 1890, sous la pression de l’État. En revanche, la durée d’activité est relativement courte, et des régimes de retraite sont établis précocement. L’échelle des fonctions correspond à celle des salaires et de la considération. Une grille d’avancement régissant l’ensemble de la carrière jusqu’à l’âge de la retraite est mise en place. Le statut de 1920, qui accorde aux agents des garanties précises, ne fait que doter d’une force légale cette organisation rigide des carrières et des rémunérations. La montée en puissance des syndicats s’affirme dans les années 1900, malgré l’« échec » de la grève de 1910.

Le chemin de fer a transformé la FRANCE dans AUX SIECLES DERNIERS 200px-Bordeaux-Paris_in_8_hours_%281897%29Le chemin de fer a transformé la France. La réduction des tarifs de transport de marchandises a donné une impulsion décisive à la production, tant agricole qu’industrielle. Mais, dès le Second Empire, le développement du réseau exacerbe également les concurrences interrégionale et internationale. La croissance devient de plus en plus sélective, surtout à partir des années 1880. Mais le fléchissement de l’augmentation du trafic qui survient à cette époque entraîne une redéfinition de la politique commerciale, laquelle contribue à la reprise des années 1890. En effet, une nouvelle conception du voyage se fait jour. Dans les années 1880, en rupture avec les conceptions antérieures, les compagnies engagent une véritable politique de promotion du voyage populaire. Elles réduisent massivement les tarifs, et multiplient les « trains de plaisir ». En outre, quelque peu poussées par la Compagnie des wagons-lits, fondée dans les années 1870, elles cherchent à promouvoir le voyage de luxe via l’accroissement du confort et de la vitesse. Le lancement, en 1883, du Calais-Nice-Rome express, ancêtre du mythique Train bleu de l’entre-deux-guerres, symbolise cette politique couronnée de succès. En revanche, l’essor du trafic de banlieue est plutôt subi que voulu.

 

L’univers ferroviaire fait alors irruption dans la création romanesque (Huysmans, les Sœurs Vatard, 1870 ; Zola, la Bête humaine, 1890) et picturale (Gustave Caillebotte, le Pont de l’Europe,1876 ; Claude Monet, la Gare Saint-Lazare, 1877). Les gares monumentales, chefs-d’œuvre de l’architecture du XIXe siècle, forment à la fois une frontière entre deux mondes, un espace clos fait de bruits, de ténèbres et de lumières, un lieu d’attente et de solitude, de départ et de séparation, d’arrivée et de rencontre. La littérature confère au voyage lui-même une signification poétique particulière et le charge d’une forte tension dramatique, présente aussi bien chez Valery Larbaud (A. O. Barnabooth,1913) que chez Guillaume Apollinaire (les Onze Mille Verges, 1907) ou Blaise Cendrars (Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, 1913).

La création de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), au mois d’août 1937, constitue l’aboutissement d’une négociation éclair engagée dès le vote de la loi de délégation de pouvoirs donnée au gouvernement Chautemps par le Sénat. La Haute Assemblée a refusé toute « réforme de structure », et écarté ainsi le risque - très réel - d’expropriation. La nationalisation des chemins de fer peut être menée en douceur, d’autant que les compagnies ne sont pas mécontentes de se décharger des responsabilités de l’exploitation. Elles obtiennent que l’organisation nouvelle ne porte pas atteinte aux intérêts de leurs actionnaires, et sauvent les domaines privés qu’elles avaient constitués. La SNCF est une société anonyme dont l’État détient 51 % du capital, 49 % restant aux mains des anciennes compagnies. Le conseil d’administration comprend des représentants de l’État, des compagnies et du personnel, ainsi que des membres de droit. Les clauses financières sont destinées à permettre le rétablissement progressif de l’« équilibre intégral ». La création de la SNCF s’accompagne d’un programme de coordination des transports, l’ambition initiale étant de réaliser une fusion dynamique des réseaux grâce à l’unification des méthodes d’exploitation.

La Seconde Guerre mondiale est, tout autant que la Première, une guerre des chemins de fer, malgré le rôle croissant joué par les transports automobiles. Durant l’été 1939, le plan de mobilisation fonctionne correctement. Mais, en 1940, la rapidité de l’avance allemande et la supériorité de la Luftwaffe rendent les transports par voie ferrée inefficaces, et, lors de la débâcle, le désordre est indescriptible. Pendant l’Occupation, le trafic voyageurs augmente considérablement. Le réseau ferré devient, notamment dans les derniers mois du conflit, un enjeu de la lutte contre l’occupant. Ainsi, le groupe Résistance Fer se livre à des activités de renseignements et à des actions visant à entraver le trafic : en juillet 1944, on compte 253 sabotages d’installations et 301 avaries de matériel. Puis, lors de la campagne de France, les installations ferroviaires figurent parmi les principales cibles des aviations alliées. Après le débarquement, les Américains ont recours au chemin de fer beaucoup plus tôt que prévu, car leurs camions s’embourbent ou sont immobilisés par des encombrements.

Dès 1947, le trafic est rétabli sur un réseau qui a été détruit aux deux tiers, et la reconstruction permet d’accélérer le processus d’unification. Mais l’histoire du rail, comparée à celle des autres moyens de transport, devient alors celle d’une lente contraction : 29 000 kilomètres de lignes effectivement exploitées au début des années quatre-vingt-dix, contre 43 000 kilomètres en 1938 ; 27 % du transport des marchandises en 1989, contre 64 % en 1955. Face à la percée de l’automobile, la part du rail dans les transports de voyageurs chute à 10 % depuis le début des années soixante-dix. Quant aux cheminots, on n’en compte plus que 182 000 en 1994, contre 500 000 en 1938. Et face à l’automobile et à l’avion, l’image du chemin de fer s’est longtemps teintée d’archaïsme. L’ont brouillée l’accumulation des déficits, l’accroissement spectaculaire de l’endettement et la fréquence des grèves, qui traduisent la profonde inquiétude des agents, mais ont aussi fait le jeu des concurrents.

370px-Ch_de_fer_Lyon_StEtienneMais la SNCF bénéficie aussi d’une autre image. Elle a connu, depuis la guerre, plusieurs mutations radicales. La loi de 1983, votée à échéance de sa concession, substitue au régime de la société anonyme celui d’un établissement public industriel et commercial, qui lui assure, en principe, une large autonomie de gestion. Ses structures administratives ont été constamment adaptées, depuis 1945, à la demande de transport. Dès les années soixante, se multiplient, à l’échelon central, les divisions fonctionnelles. En 1973 sont créées 25 « régions », qui se substituent aux anciens réseaux. Une nouvelle structure est mise en place en 1994 ; elle repose sur la distinction entre les directions techniques et fonctionnelles, les directions d’activité, les directions d’appui. Les succès technologiques de l’entreprise sont impressionnants, particulièrement dans le domaine de la traction. Les ingénieurs de la SNCF et les constructeurs qui ont travaillé pour elle ont adopté, dès le début des années cinquante, un modèle d’électrification révolutionnaire, utilisant directement le courant alternatif de 50 périodes, au lieu du courant continu de 1 500 volts, employé en 1920, ce qui a fortement réduit le coût des installations. Les ingénieurs ont développé une filière de locomotives Diesel et de locomotives à turbine à gaz qui a donné naissance aux turbotrains, dont le symbole a été le Paris-Caen. Ils ont imaginé des « trains d’affaires » rapides tels que le Mistral et le Capitole, et, dans la logique d’une culture de la « grande vitesse », nouvelle pour eux, le TGV Sud-Est, inauguré en 1981. Le réseau TGV s’est depuis étendu vers le Sud-Ouest, l’Ouest et le Nord. Aujourd’hui, les technologies mises en œuvre tendent à intégrer dans un système informatique unifié l’ensemble des composantes fonctions, y compris la traction. Aucun autre réseau de grande vitesse dans le monde ne réalise de telles performances. Le tunnel sous la Manche - percement décidé en 1984, inauguration en 1993 - a valorisé la liaison ferroviaire. Comme le note Jacques Réda, le chemin de fer devient ainsi, sous nos yeux, « une géante extension du métro ». D’autres options technologiques ont donné à la SNCF une image de modernité : adoption précoce et intégrale de l’informatique de gestion, conversion à l’automatisation, généralisation du calcul scientifique et du contrôle de sécurité, architecture nouvelle dans les gares TGV, conception du réseau RER avec la RATP. Le chemin de fer a constitué l’un des principaux vecteurs de la diffusion des technologies électroniques. Il a opéré, à partir des années soixante-dix, une profonde modification de ses politiques commerciales, comparable à celle des années 1880. La remise en cause du statut de la SNCF, amorcée en 1995, est due à un endettement insupportable. La loi de 1996 créée une séparation entre la gestion des infrastructures, confiée au Réseau ferré de France (RFF) et celle de l’exploitation du trafic que conserve la SNCF : une solution proposée dès les années 1830 par plusieurs ingénieurs des Ponts et Chaussées, et conforme à l’esprit de la loi de 1842. Ce régime permettra à l’entreprise de trouver un nouvel élan, comme le montre l’exemple des chemins de fer allemands.

e chemin de fer est parvenu à préserver une image de modernité sans effacer ce qui en a fait une source de méditation nostalgique. Après la guerre, le renouveau du thème ferroviaire dans une littérature de haute tenue est, de ce point de vue, caractéristique. Il est illustré par l’œuvre de Michel Butor, qui, dans la Modification, renoue avec une très ancienne tradition de réflexion amoureuse, portée par le rythme du train, ou, plus récemment, par celle de Jacques Réda, selon lequel « le train reste à présent ce qu’il fut d’emblée, c’est-à-dire religieux et collectif : mythologique ».

Sources Encyclopédiques

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Le développement de la voile en France

Posté par francesca7 le 12 mai 2015

 

france-a-la-voileCertains historiens font remonter la pratique de la navigation de plaisance à des dates très anciennes et évoquent les pharaons qui remontaient le Nil sur des galères uniquement conçues pour leur plaisir et leur confort ou, plus récemment, les fêtes nautiques organisées le long des côtes bataves, qui, dès le xviie s., annonçaient nos futures régates. Néanmoins, il est plus réaliste de faire remonter les origines du yachting au début du xixe s., époque à laquelle des sujets de la reine d’Angleterre commencent à se retrouver chaque été pour se confronter à bord de voiliers sur les rives du Solent, bras de mer séparant Plymouth de l’île de Wight, lieu de villégiature préféré de la haute société londonienne. En effet, si le plus ancien yacht-club du monde est créé en 1720 à Cork, sur la côte sud de l’Irlande, son existence éphémère incite plutôt à retenir, comme date de naissance du sport de voile, l’année 1810, où d’anciens officiers de la « Royale » britannique se réunissent en club pour passer le temps en bonne compagnie et éventuellement organiser des courses de yachts. C’est ainsi que naît le Royal Yacht Squadron.

En France, c’est en 1844 qu’est créé le premier yacht-club, la Société des régates du Havre. Mais c’est plus en amont sur la Seine que la régate prendra véritablement son essor, avec le Cercle de la voile de Paris (C.V.P.). Le C.V.P. se développe à partir de 1855 grâce à l’arrivée d’un nouveau type de voilier, le « clipper d’Argenteuil ». Les peintres impressionnistes (et parmi eux notamment Gustave Caillebotte) illustreront cet engouement pour la voile et feront partie du petit monde d’écrivains, d’artistes et de joyeux dilettantes qui s’en va naviguer sur la Seine à Chatou ou à Melun.

La première page de l’histoire de la voile française reste très ludique et bien peu « salée » jusqu’à la fin du xixe s. Ce n’est en effet qu’en 1882 que trois voiliers du C.V.P. entreprendront la traversée de la Manche pour aller observer le yachting britannique, à l’époque le plus développé du monde, dans ce qui est rapidement devenu son berceau historique : Cowes, ville située sur la côte nord de l’île de Wight. Au xixe s., le yachting reste une activité essentiellement anglo-saxonne. Si, outre-Manche, les yacht-clubs sont très aristocratiques, outre-Atlantique, ils rassemblent, à l’instar du New York Yacht Club créé en 1844, tout ce que le nouveau continent fait de mieux en termes d’entrepreneurs et d’industriels plus ou moins autodidactes et dotés de puissants moyens financiers. En 1850, ceux-ci sont informés de la préparation d’une grande manifestation anglaise, le Prince Albert’s Great Exhibition, dont l’un des organisateurs est John Scott Russell, célèbre architecte écossais, spécialiste de yachts. L’un des fondateurs du New York Yacht Club, John Cox Stevens, décide les membres de son club à créer un syndicat qui se charge de construire une goélette pour aller représenter les couleurs de l’industrie navale américaine. Georges Steers dessine la goélette America, qui met le cap sur les îles Britanniques en 1851 pour se confronter aux meilleurs yachts européens. Mais le commodore du Royal Yacht Squadron et ses adjoints utilisent les prétextes les plus fallacieux pour interdire le plan d’eau du Solent à l’America, qui n’est pas autorisée à concourir dans les grandes classiques de l’été. Les Américains lancent alors un défi par voie de presse, obligeant les yachts britanniques à relever le gant. Une course est donc organisée, dont le parcours consiste en un tour de l’île de Wight, que la goélette américaine mène d’un bout à l’autre devant le gotha du yachting britannique réuni là pour assister à ce qui devait être son triomphe et qui tourne à l’humiliation. La coupe de cent guinées rapidement commandée à un orfèvre londonien pour marquer l’événement part donc orner la vitrine aux trophées du yacht-club américain. La Coupe de l’America est ainsi le plus vieux trophée sportif, toutes disciplines confondues, qui soit encore mis en jeu.

Régater entre les bouées ou répondre à l’appel du large ?

Alors que la régate prend son essor, la voile va initier un autre type de vocation : l’aventure. Quelques milliardaires en mal d’exotisme se font construire de somptueux yachts comme le Sunbeam de la famille Brassey, qui fait le tour du monde en compagnie des 35 marins nécessaires à la manœuvre et à l’entretien de cette goélette. L’histoire de la voile va être marquée par le fabuleux exploit de Joshua Slocum, qui mènera tout seul son Spray autour du monde, entre 1895 et 1898. Un homme seul dans un voilier de 11,20 m de long seulement, comment est-ce possible ? Les exceptionnelles qualités nautiques de ce voilier, l’endurance du marin américain sont les réponses expliquant cet exploit. Il va susciter bien des vocations et, à l’aube du xxe s., de nombreux marins appareilleront pour la grande aventure. Parmi eux on trouve des figures étonnantes, des Anglo-Saxons pour l’essentiel comme le capitaine Voss ou Harry Pidgeon. Le premier Français à tenter l’aventure autour du monde sera Alain Gerbaut qui traversera l’Atlantique en 1923 et poursuivra son périple vers l’ouest pour ne rentrer en France qu’en 1929.

La première course au large est créée en 1906, ralliant Newport (Rhode Island) aux Bermudes. Cette compétition réunit les meilleurs voiliers de course américains. Les Britanniques ne peuvent pas rester en retrait et, en 1925, ils créent à la fois l’organisme qui régit les règles de la course au large, le Royal Ocean Racing Club (RORC) et ce qui va devenir la plus célèbre « classique » européenne : le Fastnet, du nom du phare qu’il faut aller virer, à l’occasion de cette compétition, au sud-ouest de l’Irlande. Cette course a lieu tous les deux ans. Son édition 1979 reste la course la plus meurtrière de l’histoire du yachting, avec 19 morts.

Le développement de la voile en France et dans le monde

téléchargement (3)En France, après l’époque des « régatiers en eau douce », le yachting se développe doucement. Les membres de la Société des Régates du Havre mettent au point un petit bateau de course : le « 10 m2 du Havre » et quelques membres des classes aisées, inspirés par leurs voisins d’outre-Manche font des ronds dans l’eau devant Dinard. Il faudra attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que la voile française connaisse une première impulsion grâce à Virginie Hériot, riche héritière des Magasins du Louvre. Elle fait construire une série de voiliers et participe aux compétitions internationales, et notamment aux jeux Olympiques de 1928 qu’elle remporte à bord d’Aile VI, à Sixhaven, non loin d’Amsterdam. Outre sa passion pour la régate, Virginie Hériot fait acte de profession de foi en naviguant. Elle organise de nombreuses conférences pour promouvoir son sport et s’attache à faire construire ses bateaux en France pour développer l’industrie nautique nationale. Entre deux régates, elle passe le plus clair de son temps à voyager à bord de sa superbe goélette, Ailée (remplacée bientôt par Ailée II). Malgré cette médaille d’or, il est vrai remportée par une femme dans un milieu de la voile très masculin (il tend à l’être moins de nos jours, et la voile est d’ailleurs un des rares sports avec l’équitation à être vraiment mixte), il faut attendre l’après-guerre pour que le yachting se développe à grande échelle en France et en Europe. Une fois les hostilités terminées, les Anglais reprennent l’organisation de la Semaine de Cowes, du Tour de l’île de Wight et de la course du Fastnet. C’est encore en Angleterre que, dans les années 1950, les yachtmen dignes de ce nom se doivent d’aller courir. Le RORC édicte les règles de course et seuls quelques Français fortunés viennent se frotter aux Anglais. Une exception toutefois parmi cette riche flottille de course : un yacht désuet, à peine restauré, d’aspect presque miteux, s’aligne aux départs donnés au large de Cowes en 1961 et en 1962. À la barre de ce Pen Duick, se trouve un certain Éric Tabarly. Dans son sillage, quelques skippers se tailleront une réputation comme André Viant qui remportera, deux années de suite, le titre de champion du RORC classe 3, en 1967 et en 1968, à bord de son Esprit de Rueil.

En 1960, les Anglais, sous l’impulsion de Blondie Hasler, organisent la première course transatlantique en solitaire : Plymouth-Newport. Cette première édition est remportée par sir Francis Chichester, le marin anglais alors le plus connu. Sans aucun doute, son exploit est-il largement commenté sur les quais de Cowes les deux étés où Éric Tabarly y mène son vieux Pen Duick. L’esprit inventif du marin français se met en branle quand il apprend que la deuxième édition de l’Ostar se déroulera en juin 1964. Il est convaincu qu’un bateau léger a besoin de moins de surface de voilure pour aller vite. C’est ainsi que naît Pen Duick II, un monocoque en contreplaqué, une révolution à l’époque quand on envisage de traverser l’Atlantique. Éric Tabarly remporte haut la main cette course ralliant Plymouth à Newport, en 27 jours et devançant de trois jours le second, Chichester. Son exemple va fasciner les navigateurs français qui, de plus en plus nombreux au fil des éditions, se présentent dans le bassin de Mill Bay Dock, à Plymouth.

images (6)L’esprit de cette transat est simple : un bateau, un homme, l’Atlantique. Pas d’autre règle, pas de jauge… on se situe aux antipodes de la course au large en équipage version RORC qui pourtant, dans les années 1960 et 1970, connaît aussi un formidable développement.

En effet, en 1957, l’Angleterre, toujours elle, a créé la première Admiral’s Cup, coupe attribuée après plusieurs épreuves courues dans la Manche (dont le Fastnet) et quelques régates très tactiques dans le bras de mer qui sépare l’île de Wight à l’Angleterre, le Solent. Organisée une année sur deux, l’Admiral’s Cup devient rapidement une sorte de championnat du monde de course au large par équipes (chaque nation doit aligner trois voiliers) et en équipage. Certains voiliers français y réalisent des coups d’éclats formidables comme Éric Tabarly qui, à bord du Pen Duick III, remporte en 1967 toutes les courses du RORC auxquelles il participe, et notamment le Fastnet qu’il survole. Mais il faut attendre 1991 pour que la France remporte, pour la première et seule fois de l’histoire, l’Admiral’s Cup. C’est l’équipe des « Corum-boys » menée par le tandem Pierre Mas-Bertrand Pacé qui signe cette victoire.

 

À la fin des années 1960, la voile commence à se structurer avec des épreuves solitaires, des courses en équipage… mais aussi des séries olympiques très dynamiques comme le Flying Dutchman à bord duquel les frères Marc et Yves Pajot remporteront une médaille d’argent aux jeux Olympiques de 1972, année où Serge Maury obtiendra l’or dans la série solitaire du Finn.

Notre providentiel marin français, Éric Tabarly, ne peut être sur tous les fronts et il faudra attendre le baron Bich, en 1970, pour que le défi de la Coupe America soit relevé par des Français. Dans cet univers exclusivement anglo-saxon, le baron voit une opportunité formidable pour percer le marché américain avec ses stylos à bille (les fameux Bics). Le yachting comme outil de marketing est une idée qui va faire son chemin et devenir une réalité incontournable. Marcel Bich va relever quatre défis en 1970, 1974, 1977 et 1980. Malgré ses échecs successifs, il est le premier Français à avoir eu la volonté de s’immiscer dans cette compétition réunissant le summum de la technologique nautique, de l’art de la régate et de l’effort sportif. Il a offert à certains talents l’occasion de s’épanouir, comme par exemple Bruno Troublé, barreur des derniers défis du baron, aujourd’hui grand organisateur de la Coupe Louis Vuitton, qui permet de sélectionner le meilleur challenger de la Coupe de l’America.

Les Français occupent actuellement le haut du tableau de la plupart des courses au large en solitaire mais ont néanmoins plus de difficultés à maintenir cette domination dans les épreuves en équipage, comme l’ex-Withbread, et ne sont pas en mesure d’inquiéter les Américains ou les Néo-Zélandais dans les compétitions où le collectif prime comme l’Admiral’s Cup ou la Coupe de l’America.

Source Encyclopédique

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LE SYMBOLISME DES CHATEAUX

Posté par francesca7 le 6 mai 2015

 

LE SYMBOLISME DES CHATEAUX dans CHATEAUX DE FRANCE 290px-Table_of_Fortification%2C_Cyclopaedia%2C_Volume_1Manifestation la plus représentative du système social médiéval fondé sur la féodalité, le château est, à la fois, la résidence d’un membre de l’aristocratie et de sa famille, le centre d’exploitation d’un domaine foncier, le lieu d’exercice d’un pouvoir de commandement.

Du premier Moyen Âge jusqu’à la Renaissance, il revêt l’aspect d’un édifice fortifié, dont le rôle politique et militaire s’applique au contrôle des frontières et des voies de communication, à la surveillance et à la protection des populations. Certains sont le centre d’un essor administratif, la « châtellenie » ou le « mandement », à l’intérieur duquel s’exerce un pouvoir de contrôle économique, judiciaire et militaire : le ban. Cependant, la plupart des châteaux sont de simples demeures faiblement fortifiées, les « maisons fortes ». Toutes catégories confondues, cet ensemble présente encore un maillage remarquable : en effet, subsistent, en France, les vestiges de près de trente mille sites fortifiés médiévaux.

L’évolution des châteaux

Les fortifications les plus anciennes sont assez proches, morphologiquement, des oppidums protohistoriques : les forteresses mérovingiennes et carolingiennes se présentent, le plus souvent, sous la forme de vastes enceintes. Destinées à servir de refuges à une population rurale dispersée, elles sont implantées à l’écart des agglomérations, sur des reliefs naturels escarpés - bords de falaises, éperons barrés, plateaux isolés - dont elles exploitent au mieux les avantages topographiques. Par ailleurs, certaines résidences impériales ou comtales traduisent, à travers une architecture palatiale, l’héritage de l’Antiquité romaine : il s’agit de vastes bâtiments dont l’élément majeur est une salle, l’aula, et qui constituent le lieu d’exercice du pouvoir public. La fin du Xe siècle et le début du XIevoient se multiplier les constructions de châteaux « privés », qui sont implantés sur des domaines ou dans des fiefs d’aristocrates ayant résidé jusqu’alors dans l’entourage des détenteurs de la puissance publique - comtes ou évêques. Ce phénomène prend une ampleur considérable, à tel point qu’il sera qualifié de « révolution castrale ».

La forme la plus fréquente que revêt le château à cette époque est la motte : un tertre artificiel de terre protégé par un fossé et, souvent aussi, par un rempart de terre. Un terre-plein - ou « basse cour » -, peu ou pas surélevé, ordinairement ovale, protégé à son tour par un fossé, lui est associé. Avant le XIIe siècle, les châteaux installés sur ces terrassements sont, dans la plupart des cas, en bois, qu’il s’agisse de la tour - réduit défensif et résidence seigneuriale - édifiée sur le tertre ou des bâtiments annexes disposés dans la basse cour. La motte castrale constitue le prototype du château médiéval, qui, à partir du XIIe siècle, est généralement bâti en pierre. L’élément principal en est le donjon, dont la forme diffère selon les régions. Dans la France du Nord et de l’Ouest, les donjons barlongs s’inspirent de la configuration de l’aula, dans des formes beaucoup plus massives (Langeais, Loches), tandis qu’ailleurs la tour carrée se substitue au château de bois (Albon). LeXIIIe siècle apporte de nouvelles mutations, qui prennent naissance principalement dans le domaine royal, sous l’influence de Philippe Auguste. Au chapitre des innovations : d’une part, la tour cylindrique remplace peu à peu la forme quadrangulaire (Château-Gaillard, Fréteval, Châteaudun), en passant parfois par des étapes intermédiaires de plan polylobé (Houdan, Étampes) ; d’autre part, l’ensemble castral s’organise selon un plan régulier (Dourdan). Dans ce cas, le donjon conserve une place éminente, qu’il soit situé en position de barrage, c’est-à-dire du côté le plus exposé de la forteresse (Coucy), ou qu’il fasse office d’ultime refuge (par exemple, au Louvre).

À la fin du Moyen Âge, le château fort adopte des formes complexes, avec la modernisation et la multiplication des structures défensives (qui doivent s’adapter à la diffusion de l’arme à feu) aussi bien que des parties résidentielles, qui s’organisent autour de plusieurs cours (Najac). L’architecture des maisons fortes est beaucoup plus variée ; les innovations techniques concernent dans une moindre mesure ces châteaux plus modestes, dont l’aspect est davantage tributaire du rang - et des moyens - de leur propriétaire. Il s’agit, le plus souvent, de logis pourvus d’éléments de défense et, à la fin de la période, nombre de ces établissements seigneuriaux sont encore construits en bois, parfois sur une plate-forme artificielle entourée de fossés.

Fortyfikacje

Les éléments défensifs

Le château fort médiéval prend appui, presque systématiquement, sur une topographie favorable pour asseoir sa défense - éminence naturelle ou barrière d’un cours d’eau -, que des travaux de terrassement complètent et renforcent : reliefs redécoupés et accentués, creusement de fossés, surélévations artificielles. Le donjon, ou tour maîtresse, concentre les éléments défensifs : l’épaisseur de ses murs (jusqu’à plus de 4 mètres à la base), la rareté de ses ouvertures (rez-de-chaussée aveugle, étroites fentes de tir), la protection de l’accès (porte au premier étage), des aménagements sommitaux (crénelages et mâchicoulis), le consacrent comme le pivot d’une défense renforcée par la possibilité de l’isoler du reste du château. La défense passive est assurée par la diversification des barrages : flanquements de courtines, chemise de protection de la base du donjon, redoublement des enceintes, chicanes. La défense active s’appuie principalement sur les superstructures de bois (hourds), qui permettent, depuis les créneaux et les différentes ouvertures de visée, une riposte efficace. L’accès au château bénéficie d’une protection particulièrement soignée, avec des systèmes de fermeture complexes associant herse et pont-levis, et accompagnés, à l’extérieur, de défenses avancées : bretèches, fossés et barbacanes, complétés, à l’intérieur, par un assommoir ménagé dans la voûte du couloir d’accès, ou une souricière.

La vue de châteaux aujourd’hui dégarnis de mobilier donne à penser qu’il ne s’agit plus que de coquilles de pierre. Or nombre de ces édifices n’étaient guère plus meublés aux temps mêmes de leur occupation. En effet, les seigneurs possèdent souvent plus d’un château, et se rendent de l’un à l’autre suivant la saison ou leurs obligations. Entre deux déplacements, à l’exception des châlits de bois, la demeure se vide de son mobilier comme de ses habitants. Le mode de vie itinérant de l’aristocratie impose l’usage d’un mobilier aisément transportable, ou pliant : les tables sont alors de simples plateaux de bois disposés sur des tréteaux, que l’on installe au moment des repas - d’où l’expression « mettre la table ». Les tabourets pliants, les coffres, servant à la fois de bagages et de rangements domestiques, sont emportés lors de chaque changement de résidence. L’armoire massive n’existe pas, et les dressoirs ne datent que de la fin du Moyen Âge. Avant la diffusion tardive du verre à vitre, on obture simplement les fenêtres avec du papier huilé, à l’arrivée du seigneur et de sa famille, on pourvoit à la hâte les salles de nattes de paille tressée, tandis que tapis, tentures, tapisseries et coussins voyagent de résidence en résidence. Ce mode de vie nomade n’empêche en rien le déploiement d’un grand luxe dans la décoration du château et dans l’aménagement des chambres. Outre les fresques et les peintures des poutres et des plafonds, les textiles, de couleurs vives, peints ou armoriés, et les carrelages somptueux, à motifs héraldiques, courtois ou animaliers, contribuent au confort et à la beauté des pièces. De multiples accessoires améliorent l’habitabilité : des pare-feu d’osier tressé, le luminaire, une vaisselle souvent ornée de motifs animaliers ou anthropomorphes, des verreries importées d’Italie, des céramiques de provenance parfois lointaine, islamique, voire extrême-orientale. En outre, dans les châteaux princiers, jardins, pièces d’eau, fontaines, et parfois un zoo, comme chez le roi René d’Anjou, le duc de Berry ou les rois de France, flattent le goût des puissants pour l’exotisme.

1024px-Egeskov_Slot_spejling_Edit_2 dans HISTOIRE DES REGIONSLe château n’abrite pas seulement les proches du seigneur. En l’absence de ce dernier, un concierge est parfois seul à y résider. En cas de besoin, une garnison réduite y séjourne. Lorsque le château est occupé, le nombre de serviteurs ou de commensaux croît : domestiques pour le service et le ménage, nourrices et gouvernantes pour les enfants, chapelain pour servir l’office dans la chapelle castrale et pour enseigner aux jeunes de 6 à 15 ans ; « galopins » d’écurie, fauconniers, veneurs, valets de chiens, pour s’occuper des chevaux, faucons et chiens de guerre ou de chasse ; enfin, un cuisinier et ses apprentis, les « enfants de cuisine », pour nourrir tout ce monde. S’ajoutent à la famille les serviteurs chargés des tâches administratives, scribes et officiers, et, dans les châteaux des seigneurs importants, des enfants pages. On comprend que très tôt les châteaux, de défensifs, se soient transformés en résidences d’un haut niveau de confort. Le château fort n’est donc pas seulement l’« image de pierre des guerres médiévales » (A. Chatelain), mais aussi une forteresse habitée.

Renaissance ou décadence ?

Cette évolution du château vers la demeure de plaisance est pleinement achevée à la Renaissance : les fonctions militaire et résidentielle tendent à se dissocier définitivement. Au début duXVIe siècle, le château, autrefois enfermé dans ses remparts, s’ouvre sur l’extérieur, recherche la lumière et l’ornementation : pinacles au sommet des toitures, galeries et escaliers à loggia ; des jardins recouvrent les fossés, qui sont donc aplanis. L’aspect fortifié s’atténue : on remplace les archères par de larges fenêtres à tous les niveaux, et l’échelle de bois menant à la porte fait place à un escalier monumental en pierre. De telles modifications sont dues, en grande partie, à un engouement de l’aristocratie pour l’architecture italienne ; il est suscité, dès la fin du XVe siècle, par les expéditions militaires françaises. Ainsi, le décor intérieur tout comme l’organisation spatiale des premiers châteaux italianisants, bâtis en Val de Loire, transforment profondément l’apparence de ces édifices. Toutefois, jusque dans les années 1530, ceux-ci constituent des exceptions.

En effet, le château de type médiéval ne disparaît pas pour autant et, sous l’effet des guerres de Religion, la poliorcétique se modernise même efficacement. On adopte le principe des tours d’angle à plan losangé, inspirées des bastions à l’italienne, et on élargit les fossés, qui conviennent tant à la défense qu’à la plaisance. En sous-sol sont installées des casemates de tir adaptées aux canons : la défense active, autrefois organisée du haut des tours, se déplace au ras du sol. AuXVIIe siècle encore, le château de type médiéval reste en fonction. Même si Vauban édifie de nouvelles citadelles avec bastions avancés de plan polygonal, nombre de forteresses sont simplement restaurées ou aménagées dans le respect des principes médiévaux, avec pont-levis, tours, hourds de bois et mâchicoulis. En revanche, dans les châteaux résidentiels, la noblesse de l’époque privilégie l’élégance au détriment du caractère à la fois militaire et rural des châteaux médiévaux. Ainsi, le château de Grignan, cité dès 1035, et dans lequel réside six siècles plus tard la marquise de Sévigné, est transformé en « palais d’Apollidon ». Cependant, même aménagés, les châteaux anciens ne peuvent rivaliser avec ceux édifiés après le Moyen Âge, et nombre d’entre eux disparaissent alors : déjà en ruine, ou volontairement démantelés, ils servent de carrières aux paysans ; des donjons sont transformés en tours de moulins à vent, comme en Forez ; des faïenciers installent leurs fours dans leurs bâtiments, comme à Vincennes ; enfin, les plus solides des anciennes forteresses, souvent de construction royale, qui sont les plus inconfortables aux yeux des hommes modernes, ne conservent que leur fonction de prison, à l’instar de la Bastille.

Les nouveaux châteaux, libérés de toute contrainte militaire ou topographique, se soumettent, dès lors, aux effets de mode et adoptent le style du temps : néoclassique dans les années 1750 et suivantes, avec plan carré, colonnes et frontons, puis néogothique durant la période romantique, férue d’un Moyen Âge régulièrement remis au goût du jour. Le XIXe siècle a même été qualifié de « second siècle d’or » du château et on dénombre encore, en 1888, quelque 40 000 châtelains : outre la vieille aristocratie et la noblesse d’Empire, les grands industriels et les banquiers font eux aussi rénover ou construire des 1280px-Chateau_de_Chenonceau_2008Echâteaux, souvent de type « moyenâgeux », en témoignage de leur réussite financière. Le château n’a rien perdu de son prestige : pour Napoléon III, et dans l’intention d’en faire une « habitation fort agréable », Viollet-le-Duc reconstitue le château de Pierrefonds sur des vestiges médiévaux. Même les grands propriétaires de vignobles s’attribuent des « châteaux » - 58 sont institués en 1855 - qui donnent leur nom aux vins du Bordelais ; mais il est vrai que les créateurs de nombre de ces vignobles appartenaient à l’aristocratie.

C’est la guerre de 1914 qui met fin à la construction castrale ; au demeurant, l’évolution des tactiques militaires impose alors de nouvelles formes de défense : au château médiéval, symbole intemporel de puissance, perché sur une éminence, succède, au XXe siècle, la fortification enterrée, avec ses tranchées et ses casemates, dont les bunkers souterrains de mise à feu des missiles atomiques ont représenté jusqu’à récemment un exemple extrême.

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A LA CUEILLETTE DE LA BOURRACHE

Posté par francesca7 le 3 mai 2015

 

La Bourrache : « Ego Bor ago, gaudia sempe ago » (moi la Bourrache, je donne le courage).

Borago_officinalis_Prague_2014_1Parcours de la Bourrache

Originaire d’Asie Mineure, la bourrache ou borrago officinalis est une plante annuelle qui pousse dans des endroits assez secs et ensoleillés, elle appartient à la famille des boraginacées. Elle se reconnaît à ses jolies fleurs bleu azur en forme d’étoile.

Le nom de la bourrache viendrait du latin « cor ago » qui veut dire : « je stimule le cœur » car elle était censée soulager le cœur et dissiper la mélancolie. Pour d’autres, elle viendrait du latin burra qui désignait une étoffe grossière à longs poils du fait de ses tiges recouvertes de poils raides.

En arabe son nom (abu rach) signifie « le père de la sueur » allusion à ses propriétés sudorifiques. Elle est aussi connue sous le nom de Langue de bœuf, Bourrage ou Pain des Abeilles.

On retrouve sa trace au Moyen Âge où déjà, le célèbre livre, voire grimoire, du nom de Grand Albert écrit par Albert le Grand, célèbre théologien et philosophe de l’époque la disait « génératrice de bon sang« ; dans l’Italie du XVI siècle, Pierandrea Mattioli, médecin et botaniste la recommandait contre les défaillances du cœur, pour rafraîchir les fiévreux et pour calmer leur délire.

Un peu de botanique

De tailles moyenne, la bourrache est une plante annuelle. Les tiges sont recouvertes de poils blancs raides et peuvent atteindre 50 cm. Les feuilles comme les tiges sont recouvertes de poils.

La floraison est extraordinaire par sa durée (juin à octobre), sa couleur et par la quantité de fleurs produites ce qui fait d’elle une plante très décorative.

Les fleurs un peu penchées sont groupées en inflorescences lâches de type cyme (pédoncules secondaires sont plus longs que le principal). Leurs pédoncules et leurs 5 sépales rouges pourprés contrastent bien avec les couleurs des autres pièces. La corolle forme un tube court terminé par 5 lobes triangulaires bleu vif qui alternent avec la pointe des sépales. De la gorge blanche de la corolle, bordée par 5 écailles à nectar, émergent 5 étamines dont les anthères (partie terminale renflée d’une étamine qui produit et libère le pollen) brun-noir-bleuté sont accolées en cône ; les grains de pollen sont blancs.

Mais la bourrache a bien d’autres vertus que sa beauté. Ses fleurs et ses feuilles sont comestibles et la sommité fleurie a des propriétés médicinales. De plus, c’est une plante mellifère. Il ne faut donc pas hésiter à en semer quelques graines en bordure du potager elle a en plus des propriétés répulsives envers les limaces ce qui n’est pas pour déplaire aux jardiniers.

 

800px-Borage-overv-hrLes propriétés thérapeutiques de la Bourrache

La Bourrache est une plante médicinale dont toutes les parties peuvent être utilisées. Elle est reconnue pour ses nombreuses vertus. Les vertus de cette plante ne s’exercent que lorsqu’elles est utilisée fraîche.

 

Elle est :

•Diurétique, grâce à la présence de nitrate de potassium qui stimule les glandes rénales sudorifique, lorsqu’il est nécessaire de transpirer dans le cas de forte fièvre dépurative, (nettoie le sang de ses impuretés) (dermatose, eczéma, herpès et autres maladies de la peau).

•Efficace en cas de constipation : infusion de 2 poignées de jeunes pousses fraîches dans un litre d’eau bouillante pendant 15 minutes. Boire dans la journée.
En plat : cuire comme des épinards.

•Émolliente et cicatrisante, acné : infuser 20 g de plante entière sèche dans 1/2 l d’eau 15 minutes. Filtrer. En lotion ou en compresse sur le visage.

•Adoucissantes pour les voies respiratoires par fumigation (après avoir préparé une décoction de 50 à 100 g de feuilles et de tiges par litre.

 

-pour les maux de gorge lors de fortes toux – infusion des feuilles (1 tasse / 4 fois par jour) pour adoucir l’inflammation de la gorge.

•Recommandée pour les hématomes et ecchymoses sous forme de cataplasme, ses feuilles soulagent et en usage externe.

•Agit sur les articulations douloureuses : décoction de 2 poignées de plante entière sèche, bouillies pendant 10 minutes. Appliquer en compresses.

•Efficace en cas de cycles féminins douloureux ou irrégulier.

 

L’huile de Bourrache

A LA CUEILLETTE DE LA BOURRACHE dans FLORE FRANCAISE 220px-20140629Borago_officinalisLongtemps utilisées comme plantes médicinales, la découverte des propriétés de l’huile est très récente.

Constitution de l’huile de Bourrache
L’huile de Bourrache est particulièrement riche en acides gras insaturés essentiels, notamment en acide linolénique (30/40 %) qui ne peut être synthétisé par l’organisme et doit donc être apporté dans l’alimentation par une huile végétale (tournesol, maïs, soja,) et en acide gamma-linolénique (AGL) (18/25 %). Il s’agit d’acides gras essentiels (que le corps ne peut synthétiser) de la famille des omégas participant notamment la constitution des membranes cellulaires.
C’est l’importante proportion en omégas 6 et surtout en AGL qui a fait toute la renomme de l’huile de Bourrache, huile extraite de la graine par première pression froid..

Les parties ariennes (fleurs et feuilles) contiennent certaines substances justifiant les usages traditionnels de la Bourrache :
– Acide malique ;
– Mucilages (activité émolliente) ;
– Nitrate de potassium (activité diurétique) ;
– Tannins ;
– Flavonoïdes ;
– Allantoïne ;
– Alcaloïdes pyrrolizidiniques.

 

Extraction de l’huile de Bourrache

L’extraction de l’huile de Bourrache peut se faire de plusieurs façons et le choix de la méthode est très important. En effet il va avoir une incidence sur la qualité et la quantité de l’huile qui sera extraite. Il faut savoir que les graines mûres (semblable à des grains de poivres) sont plus riches en huiles (30 %) que les graines vertes (15 %).

Les graines ne mûrissant pas toute en même temps, celles ramassées vertes et en attente de maturation auront une teneur en huile inférieure à celles ramassées à maturité. La teneur en AGL, quant à elle reste la même, c’est seulement la quantité d’huile qui diffère.

L’extraction de l’huile de Bourrache peut se faire de deux façons :
• par pression à l’échelle industrielle (grande quantité de graines) ;
• par solvant (petite quantité de graines).

Si le procédé est effectué à froid (entre 50 degrés) on obtient une huile vierge.

 

L’huile de Bourrache, l’huile anti-vieillissement

1024px-Borago_officinalis%2C_two_blossoms dans FLORE FRANCAISEBienfaits cosmétiques
Son utilisation en cosmétique est directement liée à sa composition en acide gras et en acide gamma linolénique. On connaît les bienfaits des acides gras sur la peau, la vieillesse diminue l’apport d’acide gamma-linolénique. C’est là que l’utilisation et la consommation de l’huile de Bourrache jouent un rôle important et redonnent à la peau son élasticité, son tonus et sa souplesse. Son rôle est très efficace contre les rides. Elle a également une action sur les ongles cassants, les cheveux secs et fragiles et les vergetures.

Bienfaits thérapeutiques
Sur le plan thérapeutique, on peut dire que l’huile de Bourrache du fait de sa richesse en acide gamma linolénique prévient tout dysfonctionnement du métabolisme lipidique.

Elle est recommandée en diététique pour son apport en acides gras essentiels. Diminuant les inflammations rhumatismales, l’huile de Bourrache prévient également les problèmes circulatoires et les maladies cardio-vasculaires. Elle diminue nettement le syndrome prémenstruel en agissant sur toutes ces manifestations (irritabilité, seins douloureux, rétention d’eau, douleurs abdominales, maux de tête…)

Posologie et usage
L’huile de Bourrache peut être prise sous forme de capsules pour un traitement interne ou directement appliquée sur la peau.

Usage interne
L’ingestion d’huile de Bourrache va contribuer à améliorer la souplesse de l’épiderme, empêcher la déshydratation de la peau, maintenir son élasticité, prévenir l’apparition des rides et renforcer ongles et cheveux cassants.
Prendre chaque jour une dose d’huile de Bourrache fournissant de 1,4 g à 2,8 g d’AGL, soit de 6 g à 12 g d’huile de Bourrache.

Conseil d’utilisation : 2 à 6 capsules par jour.

Usage externe, une huile miraculeuse
L’huile de Bourrache va principalement lutter contre la sécheresse cutanée et le vieillissement de la peau. La peau régénérée, sera plus douce, plus souple, plus tonique.

Petit truc : sur la peau, employez l’huile de Bourrache en la mélangeant à environ 5-10 % dans de l’huile d’amande douce ou de l’huile de macadamia.

Attention : l’huile de Bourrache est très facilement oxydable. Sa conservation demande le plus grand soin et doit se faire à l’abri de la lumière et de la chaleur pour éviter que sa teneur en acide gamma linolénique n’en soit affectée.

Contre-indications
Les personnes souffrant de troubles hépatiques, ainsi que les femmes enceintes et qui allaitent devraient éviter de consommer les parties aériennes de la Bourrache, à cause de leur teneur en pyrrolizidines (composés hépatoxiques).

Effets indésirables
Les parties aériennes de la Bourrache peuvent causer de la constipation, tandis que de fortes doses d’huile peuvent provoquer, comme c’est le cas pour toutes les huiles prises seules (sans autres aliments), des selles molles, des éructations et des ballonnements.

Parlons cuisine

Le goût des fleurs rappelle la saveur de l’huître, alors que celui des jeunes feuilles rappelle la saveur du concombre et elles peuvent être utilisées en les ciselant.

Les feuilles plus coriaces s’utilisent cuites, comme légume. On peut les cuisiner de la même façon que les épinards. On peut les ajouter dans les potées, tourtes, tarte, en mélange avec les pâtes ou tout simplement, farcies comme les feuilles de vigne, en omelettes, soupes, etc.

Les fleurs seront utilisées en beignets ou comme fleurs en sucre (confites) pour décorer les pâtisseries La fleur contient un alcaloïde non toxique, la thésinine, qui donne son goût dans la fabrication de bonbons au miel à base de Bourrache, servant à agrémenter les desserts.

 

Tartare au citron et à la Bourrache

Ingrédients (pour 10 personnes)
• 5 gros citrons Bio,
• 2 tranches de saumon,
• 2 tranches de thon blanc,
• 50 fleurs de Bourrache,
• 1 c. à c. de gingembre en poudre,
• 1 pincée de poivre du moulin,
• 1 pincée de sel,
• 2 c. à s. de sauce soja,
• 10 tranches de concombre pour le décor.

Préparation

• Coupez les citrons en 2 et récoltez la pulpe et le jus.

• Réservez les citrons, ils serviront de récipients.

• Coupez les poissons au couteau à la manière d’un tartare.

• Mélangez avec la pulpe coupée finement, la moitié du jus des citrons et le reste des ingrédients.

• Conservez 10 fleurs pour la déco.

• Remplissez des bacs à glaçons et laissez au congélateur 2 à 4 heures.

• Au bout de ce temps, pilez grossièrement le tartare givré et remplissez les citrons.

• Réservez 1 heure au frais avant de déguster, pour que le poisson dégèle.

• Ajoutez une tranche de concombre et une fleur par citron pour le décor.

Paupiette de Bourrache

Ingrédients (pour 12 paupiettes)
• 12 grandes feuilles de Bourrache crues,
• 1 petit fromage de chèvre mi-dur coupé en 12 parts,
• 6 tranches de jambon cru,
• 1 verre de céréales bien cuites (riz complet, lentilles) dans du bouillon de légume,
  pour obtenir une consistance épaisse,
• un peu de parmesan râpé,
• muscade,
• sel,
• poivre.

Préparation

• Formez des boulettes de la taille d’une grosse noix.

• Sur chaque feuille de Bourrache, déposez 1/2 tranche de jambon cru, une boulette de céréales, un morceau de chèvre.

• Emballez avec la feuille, fixer avec un cure-dents.

• Déposez dans un plat à gratin.

• Versez à mi-hauteur du bouillon de légumes, saupoudrez de parmesan et cuisez au four 20 minutes.

Omelette à la Bourrache

Ingrédients
• 750 gr de feuilles de Bourrache,
• 6 œufs,
• 100 gr de gruyère râpé,
• 2 gousses d’ail,
• sel,
• poivre,
• thym,
• Pimprenelle.

Préparation

• Battez les œufs, incorporez le gruyère et l’ail.

• Assaisonnez avec le sel, le poivre et le thym.

• Coupez les feuilles de Bourrache en lanières et ajoutez les œufs.

• Faites cuire l’omelette et saupoudrez de feuilles de Pimprenelle finement hachées.

 

Liqueur de Bourrache

Ingrédients
• 60 gr de fleurs,
• ¾ l d’eau-de-vie à 45°,
• 350 gr de sucre,
• 2 verres d’eau,
• 1 mandarine.

Préparation

• Mettez les fleurs et la mandarine dans l’eau-de-vie pendant 8 jours.

• Filtrez soigneusement et ajoutez le sirop fait avec le sucre et l’eau.

• Laissez vieillir 90 jours avant de déguster.

On peut aussi faire sans agrumes ce qui fait plus ressortir le parfum de la Bourrache.
Elle l’a faite en été et a donc remplacé la mandarine par un quartier de pamplemousse.

Tisane de Bourrache

Ingrédients
• 1 c. à s. de fleurs de Bourrache,
• miel.

Préparation

• Versez 1 tasse d’eau bouillante sur 1 c. à s. de fleurs.

• Laissez infuser pendant 10 min, passez.

• Buvez 2 tasses par jour, éventuellement sucrées au miel (en cas de rhume ou de bronchite).

Vous pouvez l’utiliser en fumigation contre les affections bronchiques, après avoir préparé une décoction de 50 à 100 g de feuilles et de tiges par litre.

Sources :
• Cookingout : www.cookingout.com
• Cuisiflor : www.cuisiflor.com
• Cuisine Sauvage : www.cuisinesauvage.com
• Guide Phytosanté : www.guide-phytosante.org
• Huile de Bourrache : www.huile-de-bourrache.com
• Joanno : www.joanno.com
• Manature 2 : www.manature2.com
• Plantaromes : www.plantaromes.com
• Plantes et Santé : www.plantes-et-sante.fr
• Rustica : www.rustica.fr

 

Infos complémentaires :
Pour tout savoir sur la bourrache : La bourrache : Une étoile au jardin ! de Bernard Bertrand – 157 pages – 11 euros. Éditions de Terran, Collection le Compagnon végétal. 

Jackie Thouny Site web : www.jackiecuisine.com

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La seconde révolution industrielle

Posté par francesca7 le 14 avril 2015

 

1c3a8re-rev« En revenant de l’Expo ».

Avec ses 48 millions de visiteurs, son palais de l’Électricité et de l’Automobile, avec la première ligne du Métropolitain et le Cinéorama, l’Exposition universelle de Paris, inaugurée le 14 avril 1900 par le président Loubet, apparaît comme l’événement fondateur de la Belle Époque : un pays - la France et son empire -, un régime - la République  -, contemplent et célèbrent leur propre gloire, manifestent leur rayonnement dans le monde et attestent un dynamisme économique retrouvé après la « grande dépression » (1870-1895).

Aussi, à côté de l’image emblématique du rentier thésaurisant ses francs or, s’affirme celle d’un capitalisme d’entrepreneurs audacieux. La reprise de l’investissement génère des taux de croissance inégalés, en particulier dans les secteurs industriels novateurs. Elle provoque également la recomposition de l’ensemble de l’appareil de production, même si plus de la moitié des salariés travaillent encore dans des entreprises de moins de cinq employés.

Certes, il reste encore de beaux jours aux bricoleurs de génie avant qu’ils ne soient relégués à la gloire improbable du concours Lépine (créé en 1901). Le tissu morcelé de l’industrie en petits ateliers favorise d’ailleurs la mise au point et la fabrication de ces produits de luxe que sont l’automobile et l’aéroplane. Mais, désormais, accompagnant l’idéologie scientiste, les mutations techniques sont soumises à une évaluation scientifique qui permet la promotion de la figure de l’ingénieur.

L’effervescence technologique.

• En moins de trente ans, la France passe de l’âge du fer, du charbon et de la vapeur à celui de l’acier, du pétrole et de l’électricité. Si la machine à vapeur est le symbole de la première révolution industrielle, le moteur à combustion interne (Daimler, 1889 ; Diesel, 1893) et la dynamo sont ceux de la seconde. Car la prospérité retrouvée est liée à de spectaculaires innovations technologiques qui feront dire à Péguy, en 1913, que « le monde a moins changé depuis Jésus-Christ qu’il n’a changé depuis trente ans » (l’Argent). De ce point de vue, la Belle Époque est pionnière : premier moteur à explosion, première automobile, premier film, premier aéroplane, premier essai de TSF, premier réseau électrique… De sorte que des commodités largement répandues après guerre sont, en 1900, des prodiges qui émerveillent les Français. Mais ce sont des prodiges auxquels ils n’ont pas tous accès ; l’éclairage domestique est encore largement tributaire de la bougie, du pétrole et, au mieux, du gaz. L’Exposition universelle de 1900 voit sans doute l’illumination par l’électricité de la tour Eiffel, et Paris devient la Ville Lumière ; c’est toutefois plus une prouesse technique que la preuve des bienfaits dispensés à tous par la « fée électricité ».

La France « d’avant l’orage »

• Électrique, l’atmosphère politique et sociale de la Belle Époque l’est également. Politiquement close en 1899, l’affaire Dreyfus l’est juridiquement en 1906, mais elle a provoqué une profonde redistribution, voire une fixation durable des comportements idéologiques et des doctrines au tournant du siècle : deux France se trouvent clairement face à face, et pour longtemps. À droite, l’affaire marque l’acte de naissance d’un parti nationaliste, autour des ligues et de l’Action française (créée en 1899), fort d’une doctrine - élaborée conjointement par Maurras et Barrès - qui mêle exécration de la démocratie et antisémitisme, enracinement dans « le culte de la terre et des morts » et exaltation des ardeurs bellicistes. À gauche, des regroupements s’opèrent également, concrétisés par la création de deux grands partis : le Parti républicain radical et radical-socialiste (1901) et la SFIO (1905). Dénonçant l’« alliance du sabre et du goupillon », le Bloc des gauches vote les lois sur les associations (1901) et sur la séparation des Églises et de l’État (1905). Lutte contre le « parti noir » à gauche, antisémitisme à droite : l’exacerbation des passions militantes trouvera bientôt un exutoire dans l’exaltation belliciste.

Vers une culture de masse.

téléchargement• À côté des couches sociales traditionnelles - bourgeois, ouvriers, paysans -, dont les conditions de vie demeurent peu ou prou semblables à ce qu’elles furent dans les décennies antérieures, des couches nouvelles se consolident : cadres d’entreprise, fonctionnaires de l’instruction publique et des PTT (les deux seules administrations ouvertes aux femmes…), commerçants de détail. Ils constituent peu à peu l’ossature d’une société urbaine qui impose ses styles de vie. Si les valeurs de la bourgeoisie, liées au travail, à l’épargne et à la famille - le thème nataliste est alors une obsession -, demeurent prégnantes, les dépenses ostentatoires se font plus nombreuses, en particulier celles liées au développement des loisirs.

Du caf’ conc’ où l’on chante - et l’on chante beaucoup - au music-hall où s’exhibent des nudités plus ou moins chastes - Ô Colette ! Ô Polaire ! -, en passant par le théâtre de boulevard, les lieux de spectacle connaissent un développement considérable ; leur succès n’est pas sans lien avec la niaiserie ou la polissonnerie mises en scène et qui accréditeront la part sulfureuse du mythe. Par ailleurs, les moyens de transport dits modernes permettent l’accès à des loisirs nouveaux, mais surtout à des loisirs de masse. Le « train de plaisir » puis l’auto entraînent avec eux un développement certain du tourisme : Michelin publie son premier guide en 1900, l’Office national du tourisme est créé en 1910. Bien avant les congés payés (1936), les vacances pénètrent jusque dans la petite bourgeoisie. Dans les milieux moins favorisés, l’usage de la bicyclette, qui devient autant un moyen de locomotion populaire qu’un sport, s’accompagne d’une large promotion à la fois commerciale et idéologique, ce dont témoigne le succès immédiat du Tour de France, créé en 1903. Le discours hygiéniste, qui recoupe aussi bien l’idéologie républicaine que celle de l’extrême droite, rencontre les moyens matériels de sa promotion : les thèmes de la santé par le sport, de la chasse aux miasmes, de l’aération, accompagnent l’essor de la pratique sportive -  et, avec elle, d’une presse spécialisée - et constituent un trait culturel original de la Belle Époque.

L’avènement du cinéma et celui de la presse populaire en sont deux autres. Comique avec Max Linder, fantaisiste avec Méliès, mélodramatique avec Zecca, ce « divertissement forain », en se sédentarisant rapidement, devient un phénomène culturel de masse. Sous l’impulsion de Pathé et de Gaumont, c’est bien déjà le cinéma moderne qui commence, tel le Fantômas de Louis Feuillade (1913), à « allonger son ombre immense sur le monde et sur Paris ». Belle, l’époque l’est aussi pour la presse, qui connaît un véritable âge d’or - qu’elle ne retrouvera plus après 1914. On sait le rôle de l’Aurore dans l’affaire Dreyfus : de fait, la presse constitue un vecteur d’opinion plus puissant que jamais. Modestes par leurs titres, le Petit Parisien et le Petit Journal fournissent chacun quotidiennement à plus d’un million de lecteurs des nouvelles rapides, « à l’américaine ». Reporter-détective, le journaliste de la Belle Époque, c’est Rouletabille et c’est Fandor. Mais la véritable originalité réside dans la multiplication des titres spécialisés : instruction primaire oblige, la presse enfantine est la mieux servie, et on assiste à la naissance des journaux imagés - on ne dit pas encore « bande dessinée » - qui proposent les aventures des Pieds Nickelés dans l’Épatant(1908), tandis que les adultes lisent le Vélo ou son concurrent, l’Auto-Vélo, qui est à l’origine du Tour de France.

De l’Art nouveau à l’avant-garde

S’il est un domaine où la Belle Époque coïncide avec le mythe qu’elle a inspiré, c’est incontestablement celui de l’art. Dans les quelques années qui séparent l’Exposition universelle et la guerre se produit un brassage esthétique exceptionnel, qui touche tous les domaines de la création et en redistribue profondément les enjeux. Au tournant du siècle, l’Art nouveau, qui est un phénomène européen, s’impose comme la réponse radicalement nouvelle à l’industrialisation et aux formes traditionnelles en matière d’art décoratif et d’architecture. Les meubles de Majorelle, les verres de Gallé, les bijoux de Lalique, les affiches 2-g-meuble-chemineede Mucha, expriment la revendication de la volupté dans les formes végétales et les féminités serpentines : il s’agit de faire plier la matière, d’exalter une nature stylisée dans les objets manufacturés. Considéré comme l’expression du progrès dans l’art, l’Art nouveau se voit en quelque sorte consacré dès 1900 par la commande passée à Hector Guimard par la très officielle Compagnie du métropolitain.

Mais, au moment où l’Art nouveau s’officialise et où les impressionnistes se voient enfin reconnus, l’art moderne se construit dans l’exaltation du rythme, du mouvement, de la déconstruction des formes et des perspectives. « À la fin tu es las du monde ancien », proclame Apollinaire dans Alcools(1913) : l’irruption du concret, les pulsations et les saccades du monde moderne investissent largement le champ de la création. Au Salon d’automne de 1905, les « fauves » (Matisse, Derain, Vlaminck) radicalisent le message de Gauguin, et les cubistes (Braque, Picasso, Gris) tirent les conséquences des leçons de Cézanne. L’art nègre impressionne Picasso, qui peint les Demoiselles d’Avignon (1907). Debussy trouve la formule musicale pour se libérer du drame wagnérien (Pelléas et Mélisande, 1902) ; les Ballets russes renouvellent l’idée de spectacle total. L’année 1913 représente, de ce point de vue, un moment de grâce : Proust publie Du côté de chez Swann (à compte d’auteur !), Apollinaire Alcools ; Braque expose la Femme à la guitare ; Stravinski crée le Sacre du printemps. Il s’agit là d’une avant-garde dont le ressort, brisé en août 1914, ne sera retendu qu’après la guerre. Mais le XXe siècle est né.

Retour au mythe

Si la capacité de survie d’une époque se mesure aux images qu’elle suscite rétrospectivement dans la mémoire collective, la Belle Époque est, de toutes les périodes courtes - à peine vingt ans -, celle qui provoque aujourd’hui encore une intense nostalgie quand elle n’est pas une référence pour notre propre fin de siècle.

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Les grandes transformations de Paris au XIXe siècle

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

haussmann-travauxDans les premières décennies du XIXe siècle, Paris n’a pas encore totalement rompu avec la structure urbaine mise en place à l’époque médiévale. En témoignent la faible superficie de la ville et la forte concentration des fonctions urbaines dans un espace restreint. Aucune spécialisation du sol n’est à l’œuvre : les quartiers centraux, proches du fleuve (quartier Saint-Honoré, quartier des Marchés, quartier des Lombards, quartiers des Arcis), rassemblent, dans un dédale de rues étroites, le bâtiment de la Banque de France, le siège social de la Caisse d’épargne, l’Hôtel des Postes, les bâtiments des Messageries installés à proximité des imprimeries et des journaux, les commerces de draps, les Halles, les bouchers qui tuent sur place les animaux, les mégissiers qui traitent les peaux… L’absence de spécialisation fonctionnelle renvoie à l’importance des relations de proximité et à la concentration des activités au centre-ville. Cette concentration, ainsi que la présence de garnis où loge une main-d’œuvre instable d’hommes de peine, de portefaix, de débardeurs, indispensables aux activités commerciales et portuaires, d’ouvriers du bâtiment qui ne peuvent guère s’éloigner de la place de Grève, leur lieu d’embauche, expliquent les très hautes densités observées dans le centre de la capitale.

Afin de pallier la saturation de l’espace urbain, la pratique de la surélévation - on élève les combles afin d’y créer de nouveaux espaces d’habitation, soit en ayant recours à des constructions en pans de bois, soit en modifiant le profil de la charpente, soit en utilisant une maçonnerie légère - et celle du « bourrage des parcelles » sont généralisées. À la profondeur des parcelles parisiennes correspond alors une hiérarchie des activités qui renvoie à l’éloignement par rapport à la rue, comme l’a montré François Loyer : « À l’alignement, les fonctions nobles du logement et du commerce ; sur cour, des logements de moindre prestige et des stocks ou des activités artisanales… Cette descente dans la hiérarchie peut aller jusqu’à l’activité maraîchère, en cœur d’îlot, lorsque les parcelles sont très profondes. »

Paris est alors une « ville malade » et sa restructuration s’impose d’urgence. Entreprise durant la première moitié du siècle, celle-ci ne prendra véritablement toute sa portée et sa signification qu’au cours du Second Empire. Non que la ville ait ignoré les transformations avant l’arrivée d’Haussmann à la préfecture de la Seine, en juin 1853 ; mais les grands travaux prennent, dès ce moment, des dimensions nouvelles : globalement, les sommes engagées par le baron pour transformer Paris sont quarante fois supérieures à celles engagées sous la monarchie de Juillet, lorsque Rambuteau était préfet de la Seine. On connaît la charge satirique - les Comptes fantastiques d’Haussmann - que Jules Ferry écrira juste avant la chute du préfet, en janvier 1870, y dénonçant les emprunts exorbitants exigés par cette politique de grands travaux.

« Paris assaini, agrandi, embelli » : la formule est inscrite sur l’arc de triomphe dressé pour l’inauguration de la rue Malesherbes par Napoléon III, en 1861. Ce slogan résume assez pertinemment les objectifs des transformations opérées sous le Second Empire. Haussmann raconte en ces termes sa première rencontre avec l’empereur, lors de son arrivée à Paris : « Il était pressé de me montrer une carte de Paris sur laquelle on voyait, tracées par lui-même, en bleu, en rouge, en jaune et en vert, suivant leur degré d’urgence, les différentes voies nouvelles qu’il se proposait de faire exécuter. » Les travaux sont effectués en trois étapes, qui correspondent à trois réseaux de circulation coordonnés. Le premier est mis en place bien avant 1858 : il réalise la « grande croisée de Paris », au niveau du Châtelet, au carrefour de l’axe est-ouest (rue Saint-Antoine et rue de Rivoli) et de l’axe nord-sud (boulevard de Sébastopol et ce qui deviendra le boulevard Saint-Michel). Le cœur de la ville, où l’entassement des habitants était maximal, est ainsi aéré ; l’Hôtel de Ville et l’île de la Cité sont dégagés. L’objectif du second réseau, financé par l’État et par la Ville, est de relier les différents quartiers de la capitale. Le troisième réseau, financé par la Ville seule, doit favoriser les échanges entre l’ancien Paris intra muros et les espaces annexés le 1er janvier 1860. Au terme des travaux, qui se poursuivent après la chute d’Haussmann, l’ensemble du réseau de circulation parisien est entièrement réaménagé. Le prolongement de la rue de Rivoli et le percement du boulevard de Strasbourg sur la rive droite, celui du boulevard Saint-Michel sur la rive gauche permettent, pour reprendre la formule du préfet de la Seine, « de satisfaire aux nécessités d’une circulation toujours plus active. » Parallèlement, la mise en place d’un réseau polyétoilé à l’est - place du Trône (aujourd’hui place de la Nation) - et à l’ouest - place de l’Étoile, (aujourd’hui place Charles-de-Gaulle) - réorganise l’ensemble du trafic et entraîne un désengorgement du centre. Les grands boulevards issus de cette réorganisation se caractérisent par leur monumentalité. Ils sont autant d’emplacements prestigieux pour les sièges sociaux des grandes sociétés et pour les grands immeubles cossus. Lors de l’inauguration du boulevard Malesherbes, qui traverse la plaine Monceau et l’ancienne Petite-Pologne, la presse saisit bien la signification sociale des transformations opérées : à la place des « vastes superficies où on ne rencontrait que des taudis de logeurs, des cahutes de chiffonniers, des chantiers de toutes espèces, des cloaques de toutes odeurs… [s'édifie] cette ville de palais que nous bâtit M. Pereire du côté de ParisCourcelles ».

La manière dont Paris a été restructuré pendant la seconde moitié du XIXe siècle a provoqué une déconcentration de la monumentalité, qui prend toute sa signification lorsqu’on la compare aux transformations survenues au même moment à Vienne. Donald Olsen, qui a comparé les deux capitales, souligne que, si l’on avait procédé de la même façon sur les bords du Danube et sur les rives de la Seine, les Champs-Élysées auraient accueilli l’Opéra et le Louvre, la Sorbonne et la Chambre des députés, l’Hôtel de Ville et la Bourse…

Les transformations de la capitale n’ont évidemment pas été sans conséquences sur la répartition de la population. Mais l’« haussmannisation » n’a pas entraîné, comme on l’a trop souvent avancé, un départ immédiat des catégories populaires du centre ville. Jeanne Gaillard a dénoncé le schématisme d’une telle interprétation : « La population ouvrière [...] tend à rester sur place. Tout indique que, refoulée par les travaux, elle ne va pas d’une traite jusqu’aux arrondissements extérieurs ; à la place libre et aux loyers moins chers, elle continue de préférer la proximité du centre où se trouvent ses fournisseurs et ses clients. Le Parisien de cette époque est peut-être nomade, mais un nomade dont le terrain de parcours est très étroitement limité. » Les quartiers situés aux abords immédiats de l’Hôtel de Ville, où se situe la croisée de Paris, enregistrent, dès 1856, une baisse démographique, tandis que les quartiers voisins connaissent un accroissement brutal, dû principalement à une augmentation très forte de la population vivant en garnis. À la veille de l’annexion de 1860, Paris intra muros compte 1 175 000 habitants répartis sur 36 kilomètres carrés, soit une densité moyenne de 327 habitants à l’hectare ; la petite banlieue, entre le mur des Fermiers généraux et les Fortifications, s’étend sur 43 kilomètres carrés et compte 364 000 habitants, soit une densité moyenne de 84 habitants à l’hectare. Ces chiffres indiquent, sans équivoque, l’extrême concentration de la population dans le vieux centre. Maurice Garden a suivi, du Second Empire aux années 1980, l’évolution des densités dans les vingt quartiers de Paris : la répartition de la population s’inverse aux dépens des quartiers centraux et au bénéfice des quartiers périphériques. À la veille de la Première Guerre mondiale, la première ceinture autour du centre ancien est, à son tour, saturée, et l’essentiel de la croissance résulte de celle des arrondissements créés en 1860, qui rassemblent, en 1906, la moitié des habitants de la capitale.

Ces transformations se sont accompagnées de mutations dans les relations que la capitale entretient avec l’industrie. Les initiatives royales avaient permis la création de grandes manufactures, mais c’est surtout sous le Premier Empire que l’industrie a connu un véritable essor. Une enquête de la Chambre de commerce pouvait, sans risque d’être contredite, conclure à la veille de la révolution de 1848, que « Paris a depuis longtemps pris sa place au nombre des villes manufacturières de premier ordre en France. Ses produits, variés à l’infini, sont connus du monde entier… » On dénombrait alors 350 000 ouvriers, employés dans quelque 65 000 entreprises. Dès le Second Empire, le déclin des grands établissements industriels s’amorce. Haussmann n’est guère favorable à la croissance industrielle dans Paris. L’annexion de 1860 est donc, à cet égard, un moyen de contrôler et de limiter le développement industriel des arrondissements extérieurs. On assiste alors à une lente et irréversible désindustrialisation de la capitale au profit des banlieues.

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Languedoc Roussillon et son histoire

Posté par francesca7 le 14 octobre 2014

 

images (1)Aux 12e et 13e s., le succès remporté par une hérésie, le catharisme, met à feu et à sang les terres du comte de Toulouse. La croisade contre les Albigeois entraîne des conséquences politiques inimaginables, à commencer par le rattachement au domaine royal de ce qui pouvait apparaître comme un État en gestation. Sa violence a durablement traumatisé les esprits languedociens et sans doute contribué à la méfiance envers tout ce qui émane du pouvoir central.

L’hérésie cathare

Venu d’Orient (en particulier de Bulgarie, ce qui a valu à ses adeptes le surnom de « boulgres »), le catharisme doit son nom au grec katharos (« pur »). L’évêque Nicétas de Constantinople fonde le « dualisme radical » en 1167 au concile de St-Félix-Lauragais. Issus du catholicisme mais niant la divinité du Christ, les cathares opposent un monde spirituel de lumière et de beauté au monde matériel de Satan qui emprisonne l’homme. En outre, ils refusent les rites traditionnels (baptême et mariage) ce qui attise la colère des clercs. Le seul sacrement administré est le consolamentum , pour l’ordination d’un parfait ou la bénédiction d’un croyant à l’article de la mort.

Parfaits et croyants

L’Église cathare est dirigée par quatre évêques (ceux d’Albi, d’où le nom d’Albigeois, de Toulouse, de Carcassonne et d’Agen). Mais ce sont les parfaits ou bonshommes , qui mènent une existence austère afin de se libérer de l’emprise du malin et d’accéder à la pureté divine, qui la propagent dans la population des croyants, simples fidèles. L’hérésie connaît d’abord un franc succès en ville dans le milieu de l’artisanat et du négoce, puis dans les campagnes sous la protection des seigneurs Roger Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne, et Raimond-Roger, comte de Foix. Quant au comte de Toulouse, Raimond VI, il ferme les yeux.

Guerre et répression

Rome tente de regagner du terrain : en prêchant auprès des croyants, avec saint Dominique de Guzmán ou en essayant de persuader Raimond VI de renoncer à protéger les hérétiques. En vain. En mars 1208, l’assassinat près de St-Gilles de Pierre de Castelnau, légat du pape Innocent III envoyé auprès du comte de Toulouse, déclenche la croisade.

Celle-ci est menée par les « barons du Nord », conduits par Simon de Montfort et Gui de Lévis. À la surprise générale, Raimond VI prend la croix : c’est qu’il s’agit pour lui, en se joignant à la croisade, d’éviter la confiscation de ses terres au profit des croisés, sort promis à tout soutien des hérétiques.

La campagne est ponctuée d’atrocités : le sac de Béziers (1209) est précédé de l’apostrophe célèbre mais vraisemblablement légendaire : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » Carcassonne tombe la même année et Trencavel, qui n’avait pas eu la prudence de son suzerain, et sur qui reposait la résistance, est emprisonné et égorgé. Les croisés s’emparent des places fortes de Minerve, Termes, Puivert (1210) et Lastours (1211). Raimond VI fait alors appel à son beau-frère, le roi d’Aragon, Pere (Pierre) II, mais celui-ci est tué lors de la bataille de Muret (1213). Simon de Montfort met alors la main sur le comté de Toulouse, avant de succomber à son tour sous les remparts de la Ville rose (1218).

Des comtes de Montfort au royaume de France

Succédant à son père en 1222, Raimond VII entreprend la reconquête de ses territoires, devenus fief d’Amaury de Montfort, le fils de Simon. Vite débordé, Amaury doit céder ses droits au roi de France en 1224.

Le combat change alors d’âme. Louis VIII en personne mène la croisade : c’est le nord contre le sud, le royaume de France contre les comtés occitans. Le traité de Meaux (1229) clôt la « guerre sainte » : Raimond VII est contraint par Saint Louis de signer le traité de Lorris (1243) : sa fille unique, Jeanne, est mariée au frère du roi, Alphonse de Poitiers : cette union sans descendance a pour conséquence l’annexion à terme au royaume de France des possessions du comte de Toulouse.

Les derniers réduits cathares sautent les uns après les autres : Peyrepertuse tombe en 1240. Après l’attentat d’Avignonnet, 6 000 croisés assiègent le fief de Montségur : 225 cathares sont brûlés vifs (1244) et les rescapés n’obtiennent qu’un sursis au château de Puilaurens. La guerre albigeoise s’achève par la chute du bastion de Quéribus en 1255. En 1258, le roi de France, par le traité de Corbeil tient les Cinq Fils de Carcassonne : Peyrepertuse, Puilaurens, Termes, Aguilar et Quéribus, formidable barrage dressé face aux Aragonais. La fin des opérations militaires ne signifie pas pourtant le retour au calme pour les Languedociens. Vient le temps de la répression : l’Inquisition se met en place : enquêtes, questions, condamnations se succèdent, contribuant à la profonde cicatrice laissée par les événements dans la conscience populaire. Ce n’est qu’en 1321 que Guillaume Bélibaste, dernier parfait connu, monte sur le bûcher à Villerouge-Termenès.


Protestantisme : de la naissance à la révolte

La Réforme rencontra un grand succès, tant dans la noblesse et la bourgeoisie des villes que dans la paysannerie. Hélas ! Louis XIV, « travaillé » par le parti dévot, multiplia les persécutions avant de révoquer l’édit de Nantes. Les difficultés économiques aidant, l’exaspération se traduisit par une guerre qui contribua à dessiner le paysage politique de la région pendant plus de deux siècles.

La province de Languedoc

images (2)Guerres, avec invasions récurrentes des « bandes espagnoles », famines et épidémies marquent la charnière du 14e et du 15e s. dans les Pyrénées et en Languedoc. Cependant, le protestantisme s’implante en Languedoc, notamment dans les Cévennes et à Montpellier, et la région est à nouveau troublée en 1559 par une guerre sanglante entre protestants et catholiques. L’ édit de Nantes va ramener le calme en 1598, même si les tensions reprennent après la mort d’Henri IV : c’est la paix d’Alais (1629) qui va assurer un temps la liberté de conscience des protestants. Les gouverneurs de Languedoc (la famille Montmorency, puis les Conti) s’installent à Pézenas, plutôt qu’à Montpellier, place forte huguenote. La petite cité va alors connaître sa période de splendeur et se couvrir d’hôtels particuliers. Ce n’est qu’en 1685 que l’intendant Basville s’installe à Montpellier, qui trouve alors un rang de « capitale régionale » qu’elle n’a plus quitté depuis.

Le mauvais zèle de Louis XIV

En 1661, Louis XIV entreprend une vive campagne contre la « religion prétendue réformée » (RPR) : il impose aux huguenots de loger ses soldats, les redoutés « dragons », qui commettent les rudes « dragonnades ». Croyant à tort que sa politique engendre de nombreuses conversions – les rapports biaisés des intendants, soucieux de plaire à la Cour, ne sont pas étrangers à sa décision –, le Roi-Soleil décide de révoquer l’édit de Nantes : les temples sont démolis et les pasteurs chassés. Un véritable exode s’ensuit, vers Genève et les Pays-Bas. Trois à cinq cent mille protestants privent alors l’agriculture, le commerce, l’industrie, la science et les arts de leur force vive. Pour endiguer l’hémorragie, on emprisonne, on bastonne, on enlève les enfants, on condamne aux galères, on brûle parfois… Les pasteurs se réfugient dans des montagnes retirées : c’est le « désert » (en référence au désert biblique des Hébreux) où se tiennent des assemblées. Les pasteurs desservent clandestinement les villages, et « régularisent » lors de leurs passages un état civil aussi oral qu’officieux.

La révolte des camisards

En juillet 1702, l’assassinat de l’abbé du Chayla, qui retenait des huguenots prisonniers dans le château du Pont-de-Montvert sur le Tarn, donne le signal d’une insurrection générale : deux ans durant, les « camisards » (du languedocien camisa , chemise qu’ils portaient par-dessus leurs vêtements pour se reconnaître la nuit) partent en guerre contre le pouvoir catholique, menant une guérilla ponctuée d’audacieux coups de main.

Jean Cavalier et Pierre Laporte, dit Roland sont les deux chefs les plus célèbres des 3 000 à 5 000 camisards, largement soutenus par la population cévenole. Face à eux : 30 000 hommes et trois maréchaux, dont Villars, qui est assez habile pour amener Cavalier à négocier. Accusé de trahison par ses compagnons, celui-ci s’exile en Angleterre. Roland, lui, est capturé et brûlé à Nîmes en 1702. C’est la fin de la résistance camisarde.

Pour autant, les persécutions ne cessent véritablement qu’en 1787, avec la signature de l’édit de Tolérance par Louis XVI. Les protestants peuvent désormais exercer un métier, se marier et faire constater officiellement les naissances. En 1789, ils tiennent le haut du pavé lors de la Révolution qui leur garantit la pleine liberté de conscience .


Le temps des mutations

La politique de grands travaux encouragée par Colbert avait posé les bases d’une première industrialisation… Pourtant, en dépit de l’exploitation du bassin houiller des Cévennes, le Languedoc-Roussillon passe à côté de la révolution industrielle du 19e s. et reste ancré dans l’agriculture jusqu’à ce que pointent les activités touristiques.

Quelques atouts majeurs pour son développement économique remontent à la fin du 17e s. : aménagement du port de Sète par Colbert à partir de 1666, percement du canal du Midi par Pierre Paul Riquet entre 1666 et 1680, développement des manufactures de textile (Villeneuvette). La Cévenne se voue alors à l’élevage du ver à soie après la destruction de la châtaigneraie par un hiver très rigoureux (1709). Pratiquée depuis le 13e s., cette activité avait pris un premier essor sous Henri IV, grâce à l’agronome Olivier de Serres et au pépiniériste nîmois Traucat… La plantation intensive de mûrier, plat exclusif du ver à soie, va permettre à « l’arbre d’or » de supplanter « l’arbre à pain » pour quelque temps. Mais, malgré les découvertes de Pasteur, la sériciculture décline à partir du milieu du 19e s., sous l’action conjuguée de la pébrine (maladie du ver à soie), de l’apparition des fibres synthétiques et de la concurrence extrême-orientale.

Tourisme et industrie

C’est avec le 19e s. qu’apparaît une activité nouvelle, le tourisme : les cures thermales d’Amélie font fureur sous Louis-Philippe, tandis que se développe le goût pour l’escalade dans les Pyrénées. Les Cévennes se lancent quant à elles dans l’exploitation des minerais de fer, de plomb et surtout de houille à Alès, Bessèges et La Grand-Combe. Dans le même temps, les forges catalanes, connues depuis le 12e s., disparaissent.

Le « Midi Rouge »

À la terrible crise du phylloxera (1868-1872) qui avait ruiné tant de viticulteurs, puis à la découverte d’un autre fléau, le mildiou, champignon qui pourrit le vignoble, s’ajoute au début du 20e s. une série de facteurs économiques défavorables. La greffe de plants américains, résistants au premier, provoque une surproduction de vins sans qualité et encourage la pratique de la chaptalisation (ajout du sucre). La concurrence sévère des vins d’Algérie et les importations sauvages entraînent la chute des cours.

La révolte des gueux

Divisé en départements depuis 1790, le Languedoc avait prouvé à plusieurs reprises – opposition au coup d’État de Napoléon III en décembre 1851, Commune de Narbonne en 1870-1871 – sa capacité de résistance. La crise du vin semble imposer une réaction. Les protestations enflent et des manifestations monstres se succèdent dans les principales villes languedociennes à l’appel du Tocsin , le journal animé par un cafetier d’Argeliers (Aude), Marcellin Albert . Le maire emblématique de Narbonne, Ernest Ferroul , renvoie son écharpe tricolore, comme plus de 600 maires de la région, et prend la tête des révoltés qui se baptisent eux-mêmes les « gueux ».

L’affaire prend une ampleur considérable : ils sont un million à Montpellier le 9 juin. Le 17, le gouvernement donne l’ordre d’arrêter les leaders. Le 19, la troupe tire à Narbonne et six manifestants sont tués. Mais, fils de viticulteurs pour la plupart, les soldats du 17e régiment d’infanterie basé à Agde fraternisent avec les manifestants. Ils se mutinent et marchent sur Béziers. La situation est quasi insurrectionnelle : Marcellin Albert monte à Paris pour négocier avec le président du Conseil, Clemenceau. Mais le brave cafetier n’est pas rompu aux roueries de la politique : à la fin de la réunion, Clemenceau lui avance quelques francs afin qu’il puisse regagner le pays… et s’empresse de le faire savoir, déconsidérant ainsi le malheureux aux yeux de ses camarades !

Cependant, l’Assemblée nationale vote des mesures afin de prévenir la fraude (« mouillage » et « sucrage »), ce qui donnera naissance aux services de répression des fraudes, bien connus aujourd’hui, ainsi qu’à la mise en place des vins d’appellation d’origine (1919), ancêtres des AOC. Afin de pallier les méventes, les vignerons s’organisent en coopératives : la première voit le jour à Lézignan en 1909. Ces caves mettent à en commun des outils de vinification, et assurent la commercialisation.

images (3)Croissance urbaine et stations balnéaires

Le Languedoc-Roussillon va voir les accords d’Évian (1962) se traduire par l’installation massive de rapatriés d’Algérie. Pour faire face à cet afflux, les municipalités édifient en hâte des quartiers en périphérie. Parallèlement, le plan d’aménagement du littoral Languedoc-Roussillon, décidé en 1963, fait surgir de terre des stations créées de toutes pièces : La Grande-Motte, Le Cap-d’Agde, Canet-Plage ou St-Cyprien-Plage…

Le tourisme devient le principal moteur de l’économie régionale, d’autant que les activités traditionnelles périclitent : le vignoble va de crise en crise, le bassin minier des Cévennes s’éteint en 1989. Les années 1970 sont marquées par des luttes désespérées pour la survie de cette économie traditionnelle : les manifestations-happenings contre l’extension du camp du Larzac, comme le renouveau occitan, culturel mais aussi politique, sont emblématiques de cette période.

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