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La grande lessive d’autrefois

Posté par francesca7 le 30 août 2013

La grande lessive d'autrefois  dans LAVOIRS DE FRANCE telechargement-42

  Le terme « lessive », caractérise à la fois l’action de laver le linge, l’eau de lavage et le linge lui-même (du latin lineus, lin ; le linge désignant au départ la toile de lin) : on fait la lessive au lavoir, dans une buanderie, une laverie, à la main, dans une lessiveuse ou une machine à laver, encore appelée lave-linge. 

De tout temps la lessive fut l’apanage des femmes : laveuses, lavandières, blanchisseuses et repasseuses. Corvée autrefois longue et pénible, malsaine, le lavage du linge s’est transformé en une tâche quotidienne simple, rapide et relativement bon marché, et moins polluante qu’elle ne le fut autrefois, suite aux nombreux progrès technologiques qui se sont opérés au cours du siècle dernier. La lessive est devenue, de nos jours, une opération banale, pratiquée quotidiennement. 
Chaque jour, en France, on estime à 20 millions le nombre de lessives effectuées. 

  La plus ancienne description de lavage est faite par Homère (Odyssée chant V) : Nausicaa et ses compagnes apportent le linge du palais sur le fleuve. 

 A l’origine, la lessive se faisait avec les pieds : on foulait le linge. Le verbe “laver », en hiéroglyphes égyptiens, est représenté par deux pieds dans l’eau. C’est également avec les pieds que les foulons romains détergeaient le suint (matière grasse animale attachée à la laine des moutons).

   Mais la grande affaire de nos proches ancêtres, était la lessive à la cendre que l’on pratiquait dans tous les villages et les petites villes, deux fois l’an, au printemps avant les Rameaux, et à l’automne vers la Toussaint, selon les régions. 
C’était un événement important de la vie communautaire, un acte social qui rassemblait les femmes et donnait lieu à une vraie fête, avec repas, chants et danses qui faisaient oublier la fatigue.      

 Faire la buée [bue, bues, buées, bui(e)s), bugée ou bughée en Poitou-Charente], avec de l’eau portée à ébullition donc, désignait l’ensemble de l’opération, qui, à l’extérieur ou dans une pièce spécialement préparée (chambre à four, fournil, atelier, appentis ou coin de grange), se déroulait sur trois ou quatre jours, voire une semaine, suivant le volume de linge à laver  : une grande buée comptait en moyenne 70 draps, autant de chemises, et des dizaines de torchons et de mouchoirs. 

Les 3 grandes opérations de la buée

 Le tri se pratiquait dans les foyers : d’un côté le linge blanc, et de l’autre, les lainages et le linge fin. Le blanc lui-même étaittrié, car sa place dans le cuvier était conditionnée par sa finesse et son degré de saleté. 

  1) le trempage [échangeage, essangeage, essoinguage ou échange], correspondait au prélavage.
  Dans un baquet, à la maison, ou au lavoir (à la fontaine, au bord de la rivière, du ru, de l’étang ou de la mare), l’opérationconsistait à décrasser à l’eau, sommairement, pour en faire tomber les matières peu adhérentes et solubles (poussières, boues), le linge que l’on avait amassé, voituré en ballots ou brouetté. Ainsi, la crasse était-elle dissoute dans l’eau froide alors que les matières qui la constituaient auraient coagulé dans l’eau bouillante. 
Les saletés ou « sanies » les plus tenaces étaient frottées à la brosse sur une planche à laver striée. 

  2) Le lessivage
 Il s’opérait en 2 temps :


- L’encuvage
 

 Le grand cuvier (cuveau, bugadier ou bougadou dans le Sud-Ouest, biré ou biri en Bourgogne du sud) en bois cerclé de douelles comme un tonneau (il est parfois en terre cuite et s’appelle la ponne – en tôle zinguée au début du xxème siècle), pouvant atteindre 1,20 m à 2 m de diamètre sur un peu plus d’un demi-mètre de hauteur et contenir jusqu’à 400 litres d’eau, était sorti (ou loué) chez le tonnelier (après avoir été rempli d’eau un mois avant pour faire gonfler le bois) et posé sur un trépied (en bois ou en métal).  
   Si le cuvier disposait d’un trou de vidange, au fond, (vide-lessive, pissette, pisserotte, pissoir), on le bouchait avec une poignée de glui (paille de seigle longue et non brisée) ou de paille de blé, qu’on tordait avant de l’introduire en force ; dépassait alors un faisceau d’une dizaine de centimètres qui servait de bouchon filtrant ; le jus de lessive (le lissieu, le lessi) recueilli goutte à goutte tombait sous le trépied dans un bac de récupération, la jalle, (ou jarle) ou tinotte où on le puisait pour le réchauffer en permanence, dans la marmite, jadis accrochée à la crémaillère de la chemnée, ou, plus récemment, sur le fourneau situé à proximité, lequel servait aussi à cuire la nourriture des animaux. Dans bien des maisons, la place étant comptée, la cuisine pouvait avoir été débarrassée de ses meubles et transformée en buanderie.

  On mettait des branchages au fond du cuvier pour maintenir un écart entre le linge et la goulotte et faciliter l’écoulement futur de l’eau. Puis on disposait dans le cuvier, un grand vieux drap (généralement une grosse toile de chanvre), appelé charrier (cendrier ou, encore, flairé), pour envelopper la lessive : il servirait de filtre pour retenir les cendres et ne laisserait passer que le produit lessiviel bouillant, lors du coulage à chaud.  On déposait, après les draps (les linceux), généralement brodés aux initiales de la mariée, le linge de corps et les vêtements (chemises,  bonnets de nuit), puis les vêtements de travail, les blouses (bliauts, biauds ou biaudes), le linge de maison, les nappes et les serviettes, les torchons, jusqu’à ce que le cuvier soit plein ; des lamelles de savon et des racines d’iris (du fenouil ou de la lavande), étaient disposées entre chaque couche pour parfumer le linge. Pour ne pas laisser la lessive s’écouler sans traverser les tissus, les petites pièces étaient placées au fond, avant les plus grosses et tout le linge qu’on avait amassé était tassé au maximum.

Lorsque le linge recouvrait entièrement le charrier, on disposait, sur toute la surface, la charrée, soit dix à quinze centimètres de cendres qu’on avait retirées de la cheminée ou de la cuisinière et tamisées soigneusement, pour en éliminer les morceaux noirs de charbon de bois ; longtemps préparée à l’avance, elles provenaient d’arbres fruitiers, de châtaigniers, de frênes, de charmes, d’ormes, de peupliers ou de sapins : étaient proscrites les cendres de chêne, qui tachent, comme celles de tout bois dur*. Puis on ramenait les coins du charrier sur les cendres. 

« Châtaignier… : (ce) mot évoque une des deux maximes pratiques qui ont régi mon enfance : « ne mange pas la bouche ouverte, et ne jette jamais dans la cendre les épluchures de châtaigne ! » C’est que la cendre, fine mouture, était promise à la lessive. Où vous-a-t-on élevés pour que vous ignoriez qu’une pelure de châtaigne, un brandon de chêne mal carbonisé, peuvent tacher toute une lessive ? » (Colette,Prisons et paradis, p. 110) 

   Si le cuvier avait une bonde, on y enfonçait soit une cannelle reliée à une gouttière (ou coulotte), soit un drain en bois de sureau ou un tuyau, qu’on inclinait vers la casse de la chaudière (ou cassin – en fonte à la fin du XIXème siècle), contenant l’eau en train de chauffer à laquelle le jus de lessive, ainsi canalisé, se mêlerait directement. 

 - Le coulage ( ou échaudage ou ”bugade”) 
Pour que la bue fût bonne, la première coulée se faisait avec de l’eau chaude (surtout pas bouillante pour ne pas cuire la saleté) ; puis on faisait, lentement, couler l’eau (une soixantaine de litres environ), de plus en plus chaude, puis bouillante sur la charrée. La solution alcaline qui résultait de la macération des cendres végétales dans l’eau agissait comme lessive. 
Parfois, on y ajoutait des orties en décoction qui forçaient plus encore le blanchissage. 

  Le charrier finissait par être complètement recouvert et l’eau nettoyait lentement le linge qu’elle traversait ; puis, par la goulotte, elle retournait à la casse où elle chauffait de nouveau ; on la puisait (ou la « puchait »)  à l’aide du coule-lessive, (puisard ou puisette, sorte de godet ou de louche, en cuivre parfois, pourvu d’un long manche), puis on la réchauffait jusqu’à ébullition et reversait, toujours avec la puisette, au sommet du cuvier sur le charrier. 

On recommençait l’opération de transvasement pendant des heures, jusqu’à ce que la maîtresse de maison estimât que le linge devait être propre. Il était alors retiré brûlant du cuvier avec une pince en bois à longues branches ou un bâton fourchu et mis à égoutter sur des tréteaux.  

  On ne prétendait pas, en procédant ainsi, avoir éliminé la saleté ; mais, répandue sur l’ensemble du linge elle était rendue soluble par les cendres, et plus vite éliminée dans l’eau de la rivière. 

  Si l’ouvrage n’était pas achevé quand tombait le soir, la laveuse, pour conserver la chaleur et retenir dans le linge la vapeur active, couvrait le cuvier avec des sacs à grains, ou avec un couvercle fabriqué en paille de seigle et en noisetier, appelé le fleuriot, ou une grosse couverture. Après avoir macéré toute la nuit, le linge était dépoté le lendemain. 

Les cendres lessivées étaient récupérées au jardin (mélange de carbonate de potassium et de chlorure de potassium, la potasse est utilisée comme engrais et le bicarbonate de potassium est aussi un fongicide ["le terme potasse provient du néerlandais « potas » ou de l'anglais "pot ash" littéralement «cendre de pot»] wikipedia.

  3) Le rinçage et le battage du linge sur les bords de la rivière ou au lavoir 

L’opération du « retirage » (le troisième jour de la bue en général) était le fruit d’un effort harassant qui durait toute une journée : les lavandières transportaient le  » butin  » mouillé soit sur une brouette, dans des sacs de grosse toile ou des paniers d’osier, soit dans une hotte portée à dos. 

Les laveuses procédaient alors au dégorgeage à l’eau courante, à l’aide d’un battoir en charme ou en châtaignier, ou mieux, à l’aide d’une brosse de chiendent, le “chient”, au rinçage, agenouillées dans leur boîte à laver (ou carrosse ou cabasson – un coffre en bois de sapin) garnie de chiffons ou de coussins de paille, qui servaient de protection, munie d’une planche ou non.. Elles tendaient le linge à bout de bras, le laissaient flotter dans l’eau froide, le frottaient et le pressaient sur la selle avec la brosse, le rinçaient en le tordant et en le frappant avec le battoir pour le débarrasser de l’eau de lessive. 
 Elles pouvaient aussi travailler debout, la selle posée sur des tréteaux. [cf les accessoires des laveuses]

 L’azurage : on plongeait dans l’eau de chaque baquet de rinçage un sac de bleu contenant une poudre bleue provenant de l’indigotier ou de l’outremer, pour rendre le linge encore plus blanc. 

images-61 dans LAVOIRS DE FRANCE Le blanchissage : tout aussi éreintant que la précédente, l’opération consistait à étendre le linge au soleil, en plein champ, et à lui faire subir une série de manipulations pouvant durer  2 à 3 jours. Conformément aux préceptes de Diderot et d’Alembert, le linge était étendu à plat sur un pré, arrosé à plusieurs reprises avec un arrosoir de jardinier et retourné deux ou trois fois sens dessus dessous. Pendant trois jours, le soleil et l’eau achevaient « de lui donner un lustre et un blanc très parfait ».

 Le séchage  
– couvert : le linge était mis à sécher au grenier, aéré par des lucarnes, en mauvaise saison. 
– à air chaud, devant le poêle ou la cheminée. 
– en plein air, directement étendu sur l’herbe (ce qui présente l’avantage du blanchiment) pour les grandes pièces telles que les draps ou étendu sur des cordes, en plein vent, fixé par des pinces à linge qui n’étaient, avant les pinces à ressort, que de simples fourches de bois taillé ; et si la corde fléchissait, on la relevait à l’aide de perches en bois fourchues.  

L’expression « pendre le linge », utilisée autrefois, a été supplantée par celle, plus logique, « d’étendre le linge » et le terme « étendoir », remplacé par « séchoir », bien que ce dernier désigne plus souvent un système mécanisé de séchage (par une source artificielle de chaleur et/ou d’aération). 

Cette méthode de lavage, plus ou moins perfectionnée au cours du temps, fut pratiquée jusqu’après la première guerre mondiale : le linge sale passant ainsi, en plusieurs jours, de l’enfer (passage dans le cuvier) au purgatoire (séance de battoir au lavoir ou à la rivière), puis au paradis (rinçage, séchage, repassage et blanchiment). 

 Documents source : 

- Pour une histoire de la lessive en Nivernais au XIXe siècle Guy Thuillier. Annales. Économies, Sociétés, Civilisations.1969 Vol. 24 N°2 pp.377-390 
- Le savoir faire de nos grands parents : la bue ou la grande lessive - Mémoires vivantes /bulletin18   
- Un siècle de lavage du linge 
- Jours de lessive…Les techniques de lavage 
- Histoire de la machine à laver française, musée du lave linge
- La bugée, bughée, buée ou lessive à la cendre 

Publié dans LAVOIRS DE FRANCE | 1 Commentaire »

Lieu monastique de Fontevraud

Posté par francesca7 le 19 août 2013

 Lieu monastique de Fontevraud  dans CHATEAUX DE FRANCE 280px-fontevraud3

(dans le Maine et Loire)

L’abbaye est située dans l’ancienne province d’Anjou, sur la commune de Fontevraud-L’Abbaye, dans le Maine-et-Loire. Elle se situe à environ 12,5 km au sud-est de Saumur, 55 km au sud-est d’Angers, et 53 km au sud-ouest de Tours. Elle se trouve également à environ 3 km au sud de la Loire.

Le site s’étend dans une vallée, à la confluence de trois rus dont le principal s’appelle l’Arceau qui se jette en aval directement dans la Loire. L’abbaye se situe au sud de l’autoroute A85. Les sorties les plus proches sont la   Vivy en Maine-et-Loire et   Bourgueil en Indre-et-Loire. L’accès par la sortie   Vivy se fait via Saumur par la D347 au sud, puis la D947 vers l’est qui longe la Loire jusqu’à Montsoreau et continue au sud vers Fontevraud-L’Abbaye. L’accès par la sortie  Bourgueil se fait via la D749 qui passe la Loire au sud grâce au pont de Chouzé-sur-Loire, puis par la D7 qui longe le fleuve, traverse la Vienne en confluence de la Loire et rejoint Fontevraud-L’Abbaye au sud-ouest.

 

L’histoire de Fontevraud peut se lire dans son architecture, comptant plusieurs éléments remarquables pour leur ampleur et leur conception. Le vaste domaine de Fontevraud, composé de quatre prieurés et qui s’étend sur 14 hectares, fait l’objet depuis 1965 de chantiers de restauration permanents.

440px-Fontevraud_Abbey_map-fr.svg dans CHATEAUX DE FRANCE

L’église abbatiale

Construite entre 1105 et 1165, en tuffeau, l’église abbatiale croise les styles angevins et poitevins. Elle est composée d’un chœur élancé et épuré, contrastant avec la nef ornée d’une centaine de chapiteaux sur lesquels les trésors de sculpture romane sont d’une richesse exemplaire.La nef accueille les quatre somptueux gisants de la dynastie des Plantagenets : Aliénor d’Aquitaine, Henri II, Richard Cœur de Lion et Isabelle d’Angoulême.

Le cloître

Au cœur du monastère principal du Grand Moutier, les quatre galeries du cloître, mesurant jusqu’à 59 mètres de long, desservent les différents bâtiments monastiques : l’abbatiale, le réfectoire, les cuisines, les dortoirs … Il est le passage obligé pour les multiples trajets quotidiens des religieuses qui assistent à huit offices par jour.

La salle capitulaire, dans la galerie sud, est le lieu où les décisions importantes sont prises par l’assemblée des religieuses qui se réunit une fois par semaine sous l’autorité de l’abbesse. Les murs sont recouverts de fresques représentant les scènes de la Passion du Christ, réalisées au XVIe siècle. Elles sont décorées d’ajouts anachroniques : les portraits des abbesses qui se sont succédé à la tête de l’Abbaye.

Les cuisines

D’un style byzantin rapporté des croisades, ce bâtiment diffère des autres par sa pierre de Charente, plus dure que le tuffeau et supportant la chaleur, et par sa forme octogonale. D’une hauteur de 25 mètres, recouvert de 21 cheminées en « écailles de poisson », il est constitué à l’origine de huit absidioles rayonnantes. Trois absidioles ont aujourd’hui disparu. Ces cuisines, appelées « fumoir », étaient utilisées pour fumer les poissons, aliment principal des religieuses, élevés dans les viviers de l’Abbaye ou provenant des pêches en Loire.

Le réfectoire

Le réfectoire long de 46 mètres où les moniales prenaient leur repas dans un silence recueilli.

Les dortoirs

Situés sous une monumentale charpente en coque de bateau renversée, ils sont accessibles par un escalier renaissance couvert d’une voûte en berceau à caissons sculptés.

fleche-a-droiteVISITER LE SITE  : www.abbayedefontevraud.com

L’abbaye de Fontevraud est une ancienne abbaye d’inspiration bénédictine, siège de l’ordre de Fontevraud, fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel et située à Fontevraud, près de Saumur en Anjou (actuel Maine-et-Loire). Site de 13 ha établi à la frontière angevine du Poitou et de la Touraine, elle est l’une des plus grandes cités monastiques d’Europe.

Érigée dès sa fondation en monastère double dans l’esprit de la réforme grégorienne, l’abbaye de Fontevraud va s’attirer la protection des comtes d’Anjou puis de la dynastie des Plantagenêts qui en feront leur nécropole. Après un déclin à partir du xiiie siècle, l’abbaye est dirigée pendant presque deux siècles par des abbesses issues de la famille royale des Bourbons. La Révolution française porte un coup d’arrêt définitif à l’établissement religieux qui se transforme en établissement pénitentiaire jusqu’en 1963. Les différentes rénovations des édifices débutent dès lexixe siècle après le classement de l’abbaye au titre des monuments historiques en 1840 et se poursuivent jusqu’à nos jours. En 2000, l’abbaye de Fontevraud est classée au patrimoine mondial de l’Unesco avec l’ensemble du site culturel du Val de Loire.

L’ensemble monastique se compose aujourd’hui des deux monastères encore subsistants sur les quatre d’origine. Le plus important est le monastère du Grand Moutiers, ouvert au public, qui héberge l’église abbatiale, la cuisine romane et la chapelle Saint-Benoît du xiie siècle, ainsi que le cloître, les bâtiments conventuels, dont la salle capitulaire, et les infirmeries du xvie siècle. Certains des bâtiments hébergent aujourd’hui des salles de séminaire. Le prieuré Saint-Lazare, dont l’église date du xiie siècle, a été transformé en résidence hôtelière.

 

 

 

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dans la vallée de l’Orge, des légendes

Posté par francesca7 le 6 août 2013

Les Tribulations  de Gargantua

(D’après « Bulletins et Mémoires de la
Société d’anthropologie de Paris », paru en 1932)

 dans la vallée de l’Orge, des légendes dans LEGENDES-SUPERSTITIONS images-34

Le personnage de Gargantua marqua tant les esprits que furent forgées au fil du temps des légendes qu’on tenait encore pour des faits certains au XIXe siècle malgré leur patente invraisemblance, attribuant notamment au géant de se défaire de graviers de sable ou encore d’être à l’origine de buttes parsemant la vallée de l’Orge

Le fameux géant Gargantua est resté trop vivant dans les souvenirs des paysans du Hurepoix pour qu’il n’ait point eu une existence antérieure à l’épopée rabelaisienne. C’est ainsi qu’au confluent naturel de l’Orge et de la Remarde, près de l’étang d’Ollainville, se trouve une roche fichée en terre, haute de 1m95 au-dessus de la prairie et bien connue localement sous la désignation de « Pierre Mirou » ou « Beau Mirou ».

Le confluent véritable de l’Orge et de la Remarde se trouve, géographiquement parlant, au bas de Villelourette, vers la Pierre Mirou. La Remarde a été canalisée jusqu’à Arpajon, comme on peut nettement le constater à Egly. Cette canalisation dallée (en partie) pourrait bien dater de l’époque gallo-romaine étant donnée sa proximité avec la Grande Cité de Fréville, près d’Egly, qui florissait dans la région au troisième siècle de l’ère chrétienne.

On désigne encore cette roche par le nom de Pierre Mirau ou Beaumirault. Il faut comprendre que dans la langue française, jusqu’au dix-huitième siècle, l’o existait à la place de l’a. Nous avons la localité Arny, dans la région de Bruyères, que les vieux paysans nomment, Orny. Ce menhir, car c’en est un, atteste par son appellation la possibilité d’avoir pu servir à se mirer jadis dedans. Il est en grès quartzeux lustré et trois légendes s’y rattachent depuis sans doute fort longtemps.

Voici d’ailleurs la première : Gargantua, emportant un jour à Paris une hottée de sable et se sentant gêné par un gravier qui s’était glissé entre le pied et le patin, voulut s’en débarrasser. Il le jeta alors dans les prés situés entre Dourdan, Etampes et Châtres (aujourd’hui Arpajon). Ce gravier, c’est la Pierre Mirou. Signalons que Châtres faisait partie, au IIIe siècle, du « Territorium Castreuse ». Le nom de Châtres ne se mua en celui d’Arpajon, localité du Cantal, qu’au XVIIIesiècle, en raison de la possession de ce fief par Louis de Séverac, marquis d’Arpajon.

La seconde légende veut que Gargantua, pour se reposer, mit sa tête sur la butte du Panthéon, puis allongeant ses pieds sur les sommets de Saint-Nicolas et de Torfou, il laissa choir, près de Bruyères-le-Chatel, une défécation qui se pétrifia dans la suite en Pierre Mirou.

Enfin, la troisième est la suivante : Gargantua partant de Marcoussis, passe à Orny (lisez maintenant Arny), puis il jette au loin, dans les prés, le gravier qui lui blessait le pied : c’est le menhir, dit la Pierre Mirou.

Ce n’est point tout. Dans la première légende, tandis que Gargantua transportait à Paris une hotte pleine de sable, une des bretelles cassa et une portion de son contenu se répandit sur le sol en formant la butte Saint-Nicolas. Or, le géant n’eut pas de chance : à peine avait-il rebuté dans les prés de Saint-Sulpice le gravier qui l’incommodait, que la seconde bretelle cassa et que ce qui restait dans sa hotte, venant à tomber, décida de la butte Saint-Yon.

Dans la troisième légende, Gargantua, après avoir retiré le gravier qui le gênait, se sent fatigué ; il décharge une partie de son fardeau consistant en une hottée de terre. C’est ainsi qu’il créa la butte Saint-Nicolas. Un peu plus loin, il vida tout ce qui restait dans sa hotte et constitua ainsi la butte Sainte-Marguerite. Les deux buttes Saint-Nicolas et Sainte-Marguerite forment en réalité les deux buttes-témoins de Bâville, près de Saint-Chéron, dans les Yvelines actuelles.

Aux environs de Rambouillet, il a été rencontré naguère une nécropole appelée « Les Gargans ». Cette dernière renfermait des tombes romaines et mérovingiennes. Le nom de « Gargans » rappelle bien le souvenir de l’existence de géants dans la contrée. Dans la vallée de l’Orge, on cite volontiers les noms de certains individus doués d’une force musculaire herculéenne dans le genre de celle que devait posséder Gargantua et qui pouvaient effectivement porter sur leurs épaules deux sacs de farine de 159 kilos chaque et en plus un homme d’au moins 70 kilos en poids.

Dans une zone voisine d’Etampes, entre les stations de Tourz et d’Angerville, nous rencontrons un dolmen qui représente, suivant la légende, un gravier qui blessait le pied de Gargantua : c’est la pierre clouée ou « Kélouée », à Erceville, canton d’Outarville. A quelques centaines de mètres, au sud de ce dolmen, s’élève un grand tumulus dit la butte d’Halemont. Cette butte résulte des dépatures du géant. Gargantua, en se dépatant, ou si l’on veut en enlevant la boue, attachée à ses sabots, forma ainsi le tumulus. Le tumulus d’Halemont remonterait à l’âge de la pierre polie.

D’après des recherches sur les légendes se rattachant à Gargantua, ce géant aurait eu une taille aussi grande que celle des plus grands arbres de nos forêts. Il plaçait tous ses serviteurs dans ses poches. En outre, il était toujours suivi d’un jeune valet ou drôle qui portait sur son dos la farine et le vin pour son prochain repas. Quand Gargantua avait choisi un endroit propre pour établir sa cuisine et sa table, il s’arrêtait.

A ce moment, le drôle déchargeait les vivres et se mettait à construire un fourneau, très grand, de quoi cuire, cent pains. Les serviteurs du géant sortaient de ses poches ; en moins d’une demi-heure, ils disposaient et servaient la table. Le repas se composait ordinairement d’un bœuf rôti, de quelques veaux, moutons et cochons. Un des gens de Gargantua, monté sur la table, remplissait les fonctions d’écuyer tranchant ; pendant ce temps, les autres, au moyen d’échelles appuyées sur les épaules du géant, introduisaient dans sa bouche la viande et le pain ; le drôle y versait le vin.

Après le repas, Gargantua dormait trente à quarante heures ; le drôle veillait sur lui et les autres domestiques faisaient

images-33 dans LEGENDES-SUPERSTITIONS

 disparaître les reliefs du repas. Les gens s’en allaient ensuite chercher de nouvelles et abondantes provisions.

Comme Gargantua était d’aucunes fois pris de violentes coliques, il poussait de si formidables cris que les régions qu’il traversait à ce moment-là demeuraient incultes et inhabitées. C’est ainsi que Gargantua parvint à épuiser toutes les ressources des contrées qu’il parcourait. Ces croyances pourraient bien constituer une réminiscence du passage terrible des Sarrasins au huitième siècle dans la Gaule romaine : toute la cité de Fréville, près d’Egly, construite sur plus de 4 kilomètres autour d’un Forum, a été anéantie par le feu en 732.

Gargantua fut, affirme-t-on encore, enterré sous une grosse pierre (dolmen), avec force flacons pour lui servir en l’autre monde. La vie, dès lors, reprit normalement son cours.

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voyage d’agrément aux siècles derniers

Posté par francesca7 le 25 juillet 2013

voyage d’agrément aux siècles derniers dans HUMEUR DES ANCETRES 220px-chaise_de_poste

Dans son charmant essai sur le Voyage, Paul Morand, qui a, comme on sait, nous explique Charles Clerc, la passion de courir le monde, prétend que « si nos contemporains se déplacent tant, c’est qu’ils sont malheureux : d’où les voyages d’agrément ».

Cette boutade donnerait à croire que nos pères étaient gens heureux. Car la légende veut qu’ils aient été d’enragés sédentaires. Mais il reste à savoir si la légende n’exagère pas. De ce qu’on se déplaçait moins facilement qu’aujourd’hui, il y a cent ans (notre chroniqueur écrit en 1929), de ce qu’on ne songeait pas, et pour cause, à aller passer le week-end à Deauville ou au Touquet, faut-il en conclure que le goût des voyages était inconnu ?

Les plus illustres exemples s’inscrivent en faux contre cette opinion reçue. Entre 1830 et 1840, Victor Hugo a fait le voyage du Rhin ; Musset et George Sand celui de Venise ; Lamartine, le voyage en Orient, pour lequel il a nolisé, à Marseille, un brick de 250 tonneaux, l’Alceste, appartenant à l’armateur Bruno Rostand, grand-père du poète. Théophile Gautier a vagabondé Tra los Montes ; Dumas en Suisse ; Gavarni aux Pyrénées. Ce n’est déjà pas si mal !

L’âge des pataches
Lents voyages, assurément. Pataches, diligences et cabriolets ne mènent pas le rain d’enfer de nos rapides ou de nos autocars. Ils vont au petit trot de leurs chevaux, par des routes cahoteuses et ravinées. Il faut à cette époque dix-huit heures pour aller à Rouen par la diligence qui part le soir, à 5 heures, de la rue Notre-Dame-des-Victoires. Onze jours pour atteindre Barèges. Le Courrier de Lyon, de célèbre mémoire, met une semaine, quand il n’est pas dévalisé chemin faisant.

Ce qui n’empêche pas Victor Hugo de trouver que la chaise de poste est « chose étincelante et rapide ». Le chemin de fer, qu’Alfred de Vigny compare à un « taureau de fer soufflant et beuglant », n’en est encore qu’à ses débuts. Arago vient de s’opposer à la construction du tunnel de Saint-Cloud, sur la ligne Paris-Versailles, sous prétexte que « les tunnels risquent de donner aux voyageurs des fluxions de poitrine, des pleurésies et des catarrhes ».

On voyage donc à petites journées. Sur la grande route, à chaque relais, les aubergistes affairés rudoient leurs garçons d’écurie et leurs filles de cuisine, lorsque la diligence arrive dans un grand bruit de ferraille. On s’attable, parfois en hâte. Car la tyrannie du conducteur écourte de temps en temps le bon dîner — potage, quatre plats, dessert et vin — qui coûte deux francs dans les meilleurs hôtels de Normandie. Le comédien Samson paye deux sous une huître « pied de cheval », si énorme qu’elle fait l’essentiel de son souper. L’usage est alors de donner au garçon un sou par franc de pourboire, deux sous si l’on s’est fait servir en dehors de la salle commune.

On repart. Et si quelque accident de route survient, la seule ressource est d’attendre le passage d’une autre voiture.

Les premières plages
Ou va-t-on ? Quels sont alors les rendez-vous des lions et des dandys ? On les rencontre, dans la Forêt-Noire, à Bade dont Musset nous a dit les folles parties de roulette. On les croise sur la route de Dieppe, que la reine Hortense a lancée en y allant prendre des bains de mer. Une reine en costume de bain, c’était alors un événement ! Quand la duchesse de Berry, à son tour, eut recours aux bains de Dieppe, en 1824, un coup de canon annonça son entrée dans la mer et l’inspecteur des bains, en habit à la française, l’épée au côté, lui offrit cérémonieusement la main pour ses premiers pas dans l’eau salée.

Dieppe, en 1830, est l’unique plage fréquentée. Nul n’oserait encore, le long des côtes normandes, s’aventurer ailleurs. Mais voici qu’en 1838, un petit village de pêcheurs, à l’embouchure de la Touques, séduit le paysagiste Paul Huet. Un soir, chez Nodier, il le vante à Alexandre Dumas père, qui fait bientôt le voyage et trouve gîte chez la mère Oseraie, pour quarante sous par jour, repas compris.

Un mois plus tard, Dumas, dans tous les cafés du Boulevard, célébrait avec enthousiasme ce petit village, qui s’appelait Trouville. Dieppe était détrônée. La création du premier réseau de chemins de fer, en 1842, allait consacrer la vogue de ces plages, et de bien d’autres encore.

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La ménagère parisienne

Posté par francesca7 le 11 juillet 2013


par

M.-J Brisset

~ * ~

La ménagère parisienne dans ARTISANAT FRANCAIS menage-179x300LES femmes de province ont pendant longtemps paru posséder des droits exclusifs au titre glorieusement bourgeois de bonne ménagère. Et, en effet, la régularité des habitudes intérieures, la rareté de distractions extérieures, les traditions léguées de mère en fille, le besoin d’une occupation, d’une activité journalière, la nécessité d’entretenir et de consolider par les minutieux efforts de chaque jour une fortune à laquelle le temps ne semble devoir apporter aucun accroissement soudain, par-dessus tout le désir ardent qu’elles ont de surpasser ou d’égaler, à force d’économies intérieures, le luxe des femmes plus riches qu’elles, et de pouvoir soutenir sans crainte la surveillance inquisitoriale qu’elles exercent sans cesse les unes sur les autres, tout contribue à faire des femmes de province les ménagères par excellence, ménagères corps et âme, esprit et coeur, dans toutes les circonstances de la vie, et à toutes les heures de la nuit et du jour.

Mais, après avoir ratifié les droits incontestables de nos Françaises de province, qu’il nous soit permis de retracer ici le type modeste et jusqu’à présent ignoré de la ménagère parisienne.

Si Paris est l’Eldorado des femmes frivoles, s’il est le paradis des femmes riches, belles et coquettes, s’il est plein d’entraînements, d’enivrements, d’hommages et de séductions pour les femmes faibles et vaines, il est aussi le lieu des souffrances, des privations, de l’isolement et des angoisses intérieures, le lieu des épreuves et des travaux amers pour les femmes pauvres, honnêtes et fières. Les soins du ménage de la jolie Parisienne s’engourdissent au contact de l’eau froide qui doit purifier les légumes, ou se gercent et se crispent à l’action contraire de l’eau bouillante si nécessaire pour entretenir autour d’elle une rigoureuse et appétissante propreté. Mais il lui faut allumer le feu, préparer la viande saignante ; il lui faut apprêter l’éclairage du soir ; tout cela se fait promptement, proprement, avec activité, courage… et la jeune femme achève allégrement sa tâche, en songeant au retour de son époux aimé.

Après avoir, non sans un gros soupir, déjeuné seule à la hâte, elle procède maintenant à l’arrangement de son intérieur élégant. Le balai, le plumeau en main, elle range, remue, nettoie ; elle époussette et frotte avec amour chacun de ces meubles dans lesquels elle se mire ; elle les soigne avec un sentiment de reconnaissance, car tous font partie de son bonheur. Quelques-uns ont été apportés dans la communauté par le mari. C’était son ménage de garçon. Voici le petit bureau sur lequel il écrivait ces lettres d’amour si tendres, voici la toilette à glace mouvante qu’il interrogeait avec crainte, se demandant si sa figure d’austère et laborieux étudiant pourrait plaire à une jeune fille ; voilà sa pipe, ses pistolets, armes de vaurien, placées à tout jamais dans ce coin, où il a juré de les oublier, trophées conquis par l’amour, et auxquels la jeune femme adresse un sourire de triomphe et de défi.

D’autres meubles plus riches ont été donnés à la pauvre fille sans dot par quelque bonne parente morte depuis : leur vue attire souvent dans ses yeux quelques pieuses larmes de regret et de reconnaissance ; d’autres ont été achetés depuis son mariage du fruit de ses économies, et ceux-là, on le pense bien, ne sont pas les moins aimés.

Tout est en ordre maintenant ; les croisées, ouvertes un instant pour laisser entrer l’air libre qui doit renouveler l’atmosphère, sont refermées avec soin ; les blancs rideaux se drapent devant elles, élégamment relevés ; le lit, propret et rebondi, est recouvert d’une coquette enveloppe ; les fauteuils sont rangés, le feu est reconstruit, et voici que la jeune femme se met gaiement à sa toilette.

Alors s’opère une transformation prompte et complète, qu’étudierait avec intérêt le spectateur le plus indifférent. Le bonnet du matin, jeté avec mépris, laisse flotter les trésors d’une riche chevelure, et, de son habile main, l’adroite parisienne la dispose avec art en tresses, en bandeaux. Bientôt sa tête lisse, bouclée, élégante, semble sortir des mains du plus renommé des coiffeurs ; sa taille souple, qu’on devinait à peine sous l’ample manteau du marché, ou sous le peignoir de la balayeuse, enlacée à présent par un corset magique qui la maintient sans la gêner, et révèle ses formes sans les exagérer ni les comprimer, paraît dans toute la grâce de ses élégantes proportions ; une robe d’une étoffe peu coûteuse, mais bien faite et faite par elle ; un fichu frais, clair et léger, le tablier de soie à pochettes garnies, les fines mitaines recouvrant des mains auxquelles le citron et la pâte d’amande ont rendu toute leur blancheur primitive ; et voilà notre ménagère aussi coquette, aussi pimpante que pas une femme de Paris. Aussi digne qu’une duchesse, aussi gracieuse qu’une grisette ; vienne maintenant qui voudra la visiter !

Après un dernier coup d’oeil jeté à son miroir, elle dispose avec promptitude son établissement de travail. Une petite table est devant la fenêtre, une chaise de paille est auprès ; elle s’y installe, un tabouret sous ses pieds. A l’oeuvre, ma jolie couseuse, faites paraître les merveilles que savent créer vos doigts délicats ! A la fois couturière, lingère, modiste, brodeuse, ravaudeuse et quelquefois tailleur, la ménagère parisienne, entourée d’étoffes achetées au rabais, déploie ses multiples talents, ses industries innées. Voyez éclore sous ses doigts ce ravissant bonnet qui doit, le soir, parer sa jolie tête, et rivaliser de goût et de fraîcheur avec les coiffures des Simon, des Tulasne ! Plus de vingt fois essayé, le gracieux chiffon s’harmonise enfin avec la douce physionomie qu’il doit embellir encore ; ces fleurs légères se mêleront heureusement aux boucles soyeuses de la chevelure, les plis de ce tulle nuageux entoureront d’une auréole transparente ces jolis traits dont ils feront ressortir les lignes fermes et pures, et ce noeud de satin, jeté négligemment sur le côté, caressera, de ses bouts flottants, une blanche épaule découverte.

Comme pour calmer ensuite son imagination vivement surexcitée par ce travail d’inspiration, ou peut-être pour secouer l’enivrement de la coquetterie et ramener son esprit à de plus solides idées, la jeune femme se livre maintenant à un travail plus sévère. Avec une patience laborieuse, avec une agilité presque mécanique, elle conduit et ramène d’un mouvement uniforme l’aiguille qui traverse le lin. Il y a dans cette occupation des idées d’ordre, d’avenir, de durée : ce sont les premiers fondements matériels d’une bonne maison, ce sont là les oeuvres simples et graves de la femme forte de l’Écriture.

C’est maintenant au tour du mari. Il s’agit de déployer à son profit les talents si divers des industries parisiennes. Par où commencera la jeune femme, qui voudrait faire pour lui tant de choses à la fois ? Travaillera-t-elle au bonnet qu’elle lui brode en secret pour sa fête ? ou plutôt, s’occupant d’une nécessité plus pressante, sacrifiera-t-elle son chapeau de velours noir de l’année dernière, dont la forme est un peu passée de mode, pour renouveler le collet de l’habit qui, rajeuni par ce changement, les dispensera quelque temps encore d’une visite dispendieuse au tailleur.

Un coup de sonnette la tire de son hésitation. Elle va ouvrir. Ce sont deux jeunes femmes de son âge, deux compagnes de pension.

« C’est toi, Lise ! c’est toi, Hortense ! Que je suis aise de vous voir !

– Bonjour, ma bonne Maria ! Combien il faut monter pour arriver chez toi ! nous en sommes tout essoufflées.

– Entrez, venez, asseyez-vous ! »

Les jeunes femmes s’installent au coin du feu, ravivé par la ménagère. Elles jettent un regard d’inspection curieuse sur cet intérieur irréprochable pour le bon ordre, mais qui semble bien mesquin et bien triste à des filles de riches négociants, à des femmes de banquiers ou d’agents de change. On parle d’abord des anciennes compagnes qu’on a rencontrées dans le monde : ces deux dames en ont revu beaucoup, car, n’ayant rien à faire et s’ennuyant chez elles, elles sont à l’affût de toutes les occasions qui leur procurent l’emploi de quelques heures dans la journée.

Satisfaite de la comparaison intérieure qu’elle vient d’établir entre son riche hôtel et la modeste mansarde de celle qu’elle vient visiter, Hortense parle complaisamment de ses chevaux, de ses équipages, de ses tableaux, des riches tentures de ses appartements et du grand monde qui les assiége dans ses jours de réunion. La maîtresse de logis, avec une fierté douce, empreinte d’un sentiment vrai, lui répond par l’éloge de son mari qui, dit-elle, sera un jour, est déjà un homme de mérite, de son mari dont l’amour et les tendres soins l’empêchent de songer à désirer jamais une autre position que la sienne ! Puis, à chaque question, à chaque remarque faite par la curieuse Lise, ou par la dédaigneuse Hortense, et tendant à faire ressortir la pauvreté de leur compagne, elle répond par de malicieuses questions sur la beauté, le caractère, l’élégance, la tendresse ou l’esprit de ceux dont elles portent le nom. L’une est obligée de convenir que son marie est gros et lourd : il s’endort chaque soir près d’elle, il abhorre la musique, exècre la littérature, fait fi de la conversation !…

L’autre a épousé un avoué qui est aussi sur le chemin de la fortune. Petit, mince, actif et remuant, il a le génie des procès, et son grand art consiste à en inventer sans cesse pour le compte de ses clients. Il est vrai que, quand le procès ne donne pas, toute son activité, tant soit peu tracassière, se reporte sur son ménage où il contrôle tout ce qu’on fait.

A ces aveux, la ménagère sourit et répand un regard d’amour sur l’heureux asile de sa douce pauvreté.

Les jeunes femmes se retirent, non sans avoir fait promettre à l’humble maîtresse du lieu d’aller à son tour revoir ses jeunes amies : elle accepte l’expectative d’une visite pénible peut-être pour son amour-propre, mais son mari l’accompagnera ; une fois au bras de celui que son amour a choisi, elle sent qu’elle n’enviera rien à personne. C’est que son époux tant chéri, c’est là toute sa richesse, c’est là son luxe, son orgueil… orgueil sublime de la femme pauvre, dont toute la gloire est dans celui qu’elle aime !

Cependant l’heure du dîner s’approche, et la visite un peu longue des camarades de pension a peut-être nui au pot-au-feu abandonné depuis le matin à lui-même. Vite un coup d’oeil et un coup de main pour les derniers travaux de la cuisine ! Le maître va bientôt rentrer, il faut qu’il trouve tout en ordre, et que sa femme, libre de tout soin du ménage, soit alors entièrement à lui. Il faut qu’à peine il se doute que sa gracieuse compagne est aussi sa servante, triste idée qui gâterait pour lui les joies du retour et troublerait le bonheur de la réunion. Sa femme lui épargnera autant qu’elle le pourra l’aspect des travaux grossiers, des privations nombreuses qu’une position modeste impose à celle qu’il voudrait environner des prestiges de la gloire et des jouissances de la richesse. Cette pénible vérité glacerait  ses inspirations, empoisonnerait ses travaux et finirait trop brusquement ce rêve d’avenir, où, d’avance, il acquitte toutes les dettes que son coeur a contractées envers l’ange de son propre foyer.

Toujours est-il que, patiente et résignée, elle a interrompu plus d’une fois ses travaux de la journée pour aller ouvrir avec préoccupation le meuble qui contient toute la fortune du ménage. Elle a souvent tourné machinalement entre ses doigts quelques pièces restées au fond d’un tiroir, en se chicanant elle-même avec une sorte de remords sur les dépenses faites, et en se demandant avec crainte qui pourvoira aux exigences de l’avenir ! Elle a bien cherché dans son esprit quelle économie nouvelle elle pourrait encore inventer, quelle privation nouvelle elle pourrait encore supporter. N’a-t-elle pas supprimé à l’insu de son mari la femme de ménage qui, le mois dernier encore, venait la soulager des travaux les plus pénibles ? N’a-t-elle pas renoncé à nombre d’habitudes prises, à nombre de petites douceurs dont le bien-être lui était personnel ?… N’a-t-elle pas abandonné et la lecture, et le dessin, et la musique, doux passe-temps de sa vie de jeune fille, pour ne rien dérober aux travaux utiles de ces heures dont elle leur a fait l’abandon ? Que peut-elle faire de plus, elle pauvre femme, dont l’inépuisable industrie, dont l’imagination infatigable ne trouvent à s’exercer que sur l’emploi de rares et chétives finances, que sur les infimes économies de chaque jour ?

Pour ceux que la terre nourrit, le temps, en épuisant les provisions amassées par une sage prévoyance, ramène de nouveaux produits, et tandis que le laboureur, retenu chez lui par le froid, par la neige, qui contristent la campagne, voit baisser avec peine le blé qu’enserre sa grange, il se ranime à l’idée que, cachée sous la terre durcie, une nouvelle moisson se prépare pour lui.

Mais pour l’habitant des grandes villes qui voit s’épuiser les ressources du passé, sans que l’avenir lui offre aucune promesse, pour le malheureux citadin qui n’a devant lui que quelques pièces de monnaie au fond d’une bourse légère, qui n’a pour tout domaine que les murs inféconds d’un quatrième étage dont on viendra bientôt réclamer le lourd loyer, il y a des moments d’angoisse inexprimable, et chaque jour qui s’enfuit, en enlevant une parcelle de l’irretrouvable métal, semble un pas de fait vers l’horrible abîme de la misère et de la faim.

Personne ne comprend, ne ressent mieux ce supplice que la femme parisienne. Élevée dans une atmosphère d’élégance et de délicatesse, loin de l’air libre des champs et des travaux vivifiants de la campagne, elle a acquis en finesse de perceptions, en vivacité d’émotions, en délicatesse d’organes, tout ce qui lui manque en richesse de santé et en énergie musculaire. Sur cette organisation irritable et nerveuse, les chagrins ont plus de prise ; pour cet être faible et impressionnable les inquiétudes sont plus poignantes et les travaux plus accablants.

Pourtant une énergie sublime vient tout à coup en aide à la femme honnête et pure, qui souffre ainsi sous les yeux de Dieu seul, et lorsque le coup de sonnette attendu lui annonce le retour de son mari, elle court lui présenter un visage joyeux, plein de confiance et d’espoir.

Ce sont là ses moments de bonheur. Voici enfin celui au bien-être duquel elle a travaillé tout le jour, celui pour lequel elle trouve tous les sacrifices doux et faciles à remplir, celui sur la tête duquel reposent tant de rêves de gloire et d’avenir. Il y a bien encore au milieu des joies de la réunion quelques moments pénibles et qui réveillent dans le coeur de la pauvre femme tout un monde de chagrins oubliés ; soit que le mari se plaigne doucement de l’exiguité de son repas, soit qu’il trouve moins gai que de coutume le feu dans lequel une main prévoyante a ménagé le bois qui se fait rare au logis ! Mais il y a tant de foi dans l’avenir chez cet homme sûr de lui-même, il y a tant de nobles intentions, tant d’idées créatrices, tant d’amour stimulant au coeur, que sa douce et faible compagne se retrempe à ce feu sacré et puise de nouveau, près de celui qu’elle aime, la force et la confiance qui doivent alimenter son dévouement de chaque jour.

Aussi, combien la soirée sera douce ! Ira-t-on dans le monde où, déjà le mérite du mari et les grâces de la femme leur assurent un accueil flatteur ? Affrontera-t-on, à l’aide du manteau, des socques et de toutes les précautions bourgeoises employées en pareille circonstance, le froid, l’humidité d’une soirée d’hiver, si hostile pour la femme légèrement vêtue qui se rend à pied dans ces fêtes parfumées où les autres n’arrivent qu’en voiture ?…. ou, sans quitter les vêtements chauds de la saison, profitera-t-on de ces deux billets de spectacle donnés au mari, et qu’il a rapportés tout triomphant ?

menagere dans LITTERATURE FRANCAISEEh bien, non ! Il fait bon dans la chambre échauffée, le vent souffle au dehors froid et aigre, et il y a du bruit et de la boue dans rues… Ils sont si bien là tous les deux ! Ils ont tant de moyens d’employer agréablement cette soirée !… Et ce piano, sur lequel les doigts de la jeune femme s’exerçaient autrefois avec tant de succès, et ces livres nouveaux qu’ils veulent lire ensemble, et ce travail important qu’il a, lui, entrepris et d’où dépend peut-être tout son sort à venir, et l’ouvrage qu’elle n’a pas pu, elle, achever dans la journée !…

Ainsi se passe la soirée du ménage parisien. Assis au coin du feu devant la table qu’ils ont approchée, l’un écrivant, et s’interrompant plus d’une fois de son grand travail pour contempler à ses côtés cette chaste et suave figure qui resplendit aux reflets de la lampe, s’interrompant aussi pour lire ou pour communiquer à celle qu’il aime la pensée éclose sous l’inspiration qu’elle a fait naître ; l’autre cousant, simple ménagère, et laissant tomber, à l’appel de son époux, avec un doux regard, un bon conseil, une parole encourageante, un jugement judicieux et sain.

Et après ces travaux si doux, faits qu’ils sont en commun, la table est éloignée, les siéges se rapprochent, une main cherche une autre main. En regardant luire les derniers tisons qui achèvent de se consumer, on parle de l’avenir, on parle de ses espérances, de ses projets, on se console, on s’encourage, on rêve à deux les honneurs, la gloire et la fortune. On a des protecteurs, des amis, du talent !

Mais plus rien ne brûle dans l’âtre. Les charbons qui, tout à l’heure, faisaient briller leurs formes capricieuses, sont maintenant réduits en poussière ; les bruits lointains de la rue sont assoupis, et minuit sonne à la petite pendule en palissandre placée sur la cheminée.

« Il est tard ! dit le jeune homme.

– Il est tard ! » répète faiblement la jeune femme.

Au bout de quelques instants, les conversations ont cessé, la lampe n’éclaire plus la petite chambre bien close, et l’enivrement du bonheur, des illusions, des espérances règne seul dans ce modeste réduit.

Bientôt l’ange qui veille sur les amours bénis du ciel salue le doux sommeil des époux, en leur répétant ces bonnes et saintes paroles de la Bible : « La femme forte est la joie de son mari, elle lui fera passer en paix toutes les années de sa vie… Comme le soleil se levant dans le ciel, qui est le trône de Dieu, orne le monde, ainsi le visage d’une femme vertueuse est l’ornement de sa maison. »

Texte établi sur un exemplaire (BM Lisieux : 4866 ) du tome 3 des Francais peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du XIXe siècle publiée par L. Curmer  de 1840 à 1842 en 422 livraisons et 9 vol. 

 

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Arbois EN JURA

Posté par francesca7 le 30 mai 2013


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Arbois est une commune française située dans le département du Jura et la région Franche-Comté.

Vacances d’été dans le Jura : découvrez Arbois

Située dans le département du Jura, dans la région de Franche-Comté, la commune d’Arbois est célèbre pour ses multiples attractions touristiques : culturelles et naturelles.

Arbois est connu pour son vignoble millénaire ainsi que pour sa production viticole riche et raffinée. Arbois produit les meilleurs vins du Jura et dispose d’un terroir riche qui varie entre produits d’apiculture bio, charcuterie artisanale, produits laitiers naturels d’origine contrôlée. Un séjour gastronomique permettra aux gourmets de découvrir toute la richesse de la cuisine jurassienne, dans un cadre naturel et authentique.

Arbois est par ailleurs une destination de tourisme culturel qui est prisée pour la richesse de son patrimoine ainsi que pour la valeur historique et architecturale de ses différents monuments : le château Pécauld avec son musée de la vigne et du vin, les tours, l’église Saint-Just, etc.

Arbois est traversée par la rivière Cuisance, et fait partie du Revermont puisqu’elle se trouve au pied du premier plateau du Jura, à la sortie de la reculée des Planches dans laquelle la Cuisance prend sa source.

Associée à Salins-les-Bains et Poligny, elle forme le « Pays du Revermont ».

Les premières pentes du plateau du Jura sont consacrées aux vignobles, et la forêt couvre le dessus du plateau et les pentes en ubac.

 Arbois possède un paysage typique du Revermont. La plaine est plutôt occupée par une agriculture de type céréalière avec des parcelles de taille moyenne. Les bas du coteau sont principalement cultivés en prairies entourées de petites haies pour l’élevage laitier. Certaines vignes sont cultivées dans la même zone. Le reste des coteaux est occupé par de petites parcelles de vigne avec quelques prés disséminés suivant les zones. Le haut des coteaux et le plateau sont recouverts de bois.

 La ville est à 40 minutes environ en voiture de Dole (35 km), Besançon (48 km) et Lons-le-Saunier (38 km). À 10 minutes, on trouve la gare TGV de Mouchard (ligne Paris / la Suisse). Il faut compter 1 h 30 environ pour Genève et 1 h 45 pour Lyon.

  • Gare SNCF d’ARBOIS.

Tous les TER Franche-Comté (Besançon – Lyon ou autre) desservent cette gare.

  • aérodrome, de code OACI LFGD, avec une piste à usage restreint.

La petite cité historique bénéficie d’un climat très clément et peu humide. La présence des vignes en témoigne et les rivières de la Loue et du Doubs sont assez éloignées pour limiter les nappes de brouillard en hiver, l’influence de la petite rivière La Cuisance étant faible. Le climat est plutôt continental, froid en hiver avec peu de neige toutefois, et chaud en été.

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L’histoire de la ville d’ARBOIS

 

Petite Cité Comtoise de Caractère,

Site du Pays d’Art et d’Histoire 

 La richesse du sol, la qualité du site, prédestinent la ville à devenir un fief important des Comtes de Bourgogne. Seigneurs et religieux élevèrent de nombreux édifices. Le bourg s’étend alors autour de l’église Saint-Just et de la forteresse comtale. Au XIIIème siècle, il est protégé par une épaisse muraille flanquée de tours. 

Longtemps balancé entre le Saint Empire romain germanique et le royaume de France, la seigneurie d’Arbois est aux XVIème et XVIIème siècles une terre des princes de Habsbourg, et rois d’Espagne. La cité devient française en 1674 après le siège de Louis XIV. 

Arbois 1ère cité républicaine de France : au cours de l’insurrection du 13 avril 1834, les arboisiens proclament la République « no sin tou t’sefs », « nous sommes tous chefs ».

Arbois peut être fière de la richesse de son patrimoine : châteaux, églises, anciens couvents, remparts, maisons nobles, bourgeoises ou vigneronnes, fontaines, moulins témoignent de la vitalité de la cité. Le témoin le plus évocateur reste probablement l’église Saint-Just édifiée du XIIème au XVIIIème siècle. L’imposant clocher de pierre rousse semble surgir d’un océan de vignes.

C’est une promenade à travers le temps qu’Arbois vous invite à découvrir : ses ruelles et ses quartiers empreints de l’histoire de la Franche-Comté.

ARBOIS, Pays de Pasteur

Louis Pasteur, inventeur du vaccin contre la rage, aima profondément son pays dans lequel son père Jean-Joseph, tanneur, vint s’installer en 1830.

 C’est à Arbois que le principal du collège, pressent chez le jeune Pasteur, l’étin­celle prête à jaillir. Malgré l’éloignement lié à ses fonctions, Louis Pasteur revient chaque année dans la cité et dans « Le Château de la Cuisance », la seule demeure qu’il possède en propre.

 Et c’est dans ce pays de vignoble qu’il médite les vastes et lointains desseins qui l’entraînent, par une logique inflexible à passer de la cristallographie, à l’étude de la fermentation puis à celle des maladies animales et humaines. Enfin, il crée l’œnologie moderne, et ses travaux sur les maladies du vin lui donnent un modèle expérimental pour sa théorie des germes et le conduit à la pasteurisation.

 Le savant trouve aussi la sérénité pour réaliser un travail considérable de rédaction de notes aux académies, de synthèses scientifiques. Dans le laboratoire qu’il a fait aménager, il fabrique des vaccins vétérinaires et observe au microscope du sang ou des cerveaux rabiques.

 Les moments de détente sont consacrés aux promenades à sa vigne ou aux sources de la Cuisance ; il participe au cortège du Biou et à la vie arboisienne. Dans le petit cimetière, il aime à se recueillir sur les tombes familiales. Le savant affirme lui-même, en 1864, qu’Arbois était une « ville chère à tant de titres ».

 Après la mort du savant, Madame Pasteur, ses enfants et petits-enfants reviennent fidèlement en Arbois. Hommages, manifestations se succèdent encore au fil des années.

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ARBOIS, pays des VINS

Arbois tire son étymologie du celte « ar » et « bos » signifiant « terre fertile ».

Arbois fut la première Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) française en date du 15 mai 1936. Elle est aussi aujourd’hui la première du Jura par son volume de production, de l’ordre de 45 000 hectolitres par an.

 Cette appellation est répartie sur 13 communes avec un total de 843 hectares.

La Séquanie, qui n’était pas encore la Franche-Comté, et ses vins sont évoqués par Pline. Avant François 1er ou Henri IV c’est Philippe le Bel qui introduit les vins d’Arbois à la cour de France. En 1774, une liste de 14 bons plants pour le vin est publiée. Dès lors, cette sélection garantit la qualité et accroît la notoriété des vins d’Arbois. A partir de 1863, Louis Pasteur, père de l’œnologie moderne, effectue ses travaux sur les maladies des vins dans la cité. Le phylloxéra n’atteint le vignoble arboisien qu’en 1886 et le détruit par vagues jusqu’en 1895. Le 23 février 1906, alors qu’une loi taxe à la circulation des vins et des alcools et menace le droit de bouilleurs de crus, les vignerons déclenchent une grève de l’impôt. Cette même année l’une des premières coopératives de vinification de France est créée, à l’image des fruitières pour la fabrication du Comté.

 Dès 1907, les vignerons obtiennent un certificat d’origine garantissant la provenance et la protection de la marque « vin d’Arbois » préfigurant la future AOC.

Ce n’est qu’en 1986 que la ville acquiert le titre de « Capitale des vins du jura ».

Lieux et monuments

  • Église Saint-Just (XIIe-XVIe-XVIIIe s), Rue du Souvenir, classée au titre des monuments historiques depuis 1913;
  • Maison des consorts Brand (XIIIe s), Rue de Bourgogne, dont la cave est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1941;
  • Ancienne collégiale Notre-Dame (XIVe-XVIIIe s), Rue Notre-Dame, transformée en halle à blé en 1802, puis de nos jours en centre culturel;
  • Château Bontemps (XVIe s), Rue du Vieux-Château, inscrit au titre des monuments historiques depuis 1989;
  • Château Pécauld (XVIe s), actuel musée du Vin, inscrit au titre des monuments historiques depuis 1988;
  • Tour Gloriette (XVIe s), Rue de la Tour, inscrite au titre des monuments historiques depuis 1927;
  • Chapelle Notre-Dame Libératrice (XVIIe s), à l’Hermitage (Avenue Pasteur).
  • Hôtel d’Achey (XVIIe s), puis Sarret de Grozon (XIXe s), Grande Rue, actuel musée d’art exposant, entre autres, des tableaux de Gustave Courbet;
  • Couvent des Ursulines (XVIIIe s), actuel hôtel de ville, Rue de l’Hôtel de ville, classé au titre des monuments historiques depuis 1995;
  • Maison du général et baron d’Empire Delort (XVIIIe s), Rue de la Faïencerie, inscrite au titre des monuments historiques depuis 2006;
  • Moulins Béchet (XVIIIe s), Avenue Louis Pasteur, inscrits à l’IGPC depuis 1996;
  • Demeure dite « Château » (XVIIIe s), Rue de Verreux, partiellement inscrite au titre des monuments historiques depuis 1997;
  • Maison Pasteur (XVIIIe s), Rue de Courcelles, classée au titre des monuments historiques depuis 1937;
  • Fontaine aux Lions (XIXe s), Place de la Liberté;
  • Fontaine (XIXe s), Rue de Courcelles;
  • Fruitière vinicole (XIXe s), Rue Jean Jaurès, inscrite à l’IGPC depuis 1996;
  • Hôtel de Broissia (XIXe s), Grande-Rue, inscrit au titre des monuments historiques depuis 1941;
  • Centrale hydroélectrique (début XXe s), Rue des Familiers, inscrite à l’IGPC depuis 1996;
  • Saut de la Cuisance, depuis le pont de la Rue de l’Hôtel de ville;
  • Vignoble arboisien (partiellement replanté au XIXe s);
  • Belvédère de l’Hermitage (XXe s).

À voir à proximité d’Arbois :

  • Vignes expérimentielle de Louis Pasteur, à Montigny-les-Arsures;
  • Grotte, sources et cascade de la Cuisance, à Les Planches-près-Arbois;
  • Ruines du château de La Châtelaine.

 

 Bons plans pour vos vacances en Arbois :

Si vous avez envie de passer vos vacances en Arbois, vous pouvez consulter le site Jura Tourism qui vous fournit toutes les informations nécessaires pour préparer votre séjour.

Nous vous informons sur tous les prestataires proposant des hébergements en Arbois et dans ses environs. Ainsi, vous avez un large choix parmi les locations de gîtes meublés, les chambres d’hôtes, les campings en pleine nature, les hôtels, les résidences collectives ou encore les chalets authentiques en bois.

Vous découvrirez également sur notre site, les sites naturels et les paysages à ne pas rater lors de vos vacances en Arbois. Les lacs du Jura, les cascades, les plaines à perte de vue, les grottes, les tourbières sont des attractions naturelles que vous pouvez découvrir dans le cadre des balades et excursions en montagne : randonnées équestres, randonnées pédestres balades en bateaux, circuits vtt). Vous pouvez aussi découvrir Arbois dans le cadre de circuits organisés à l’instar de la Route des vins, Route des sapins, Route des lacs, ou encore Route de Pasteur qui permet de découvrir la maison et le laboratoire personnel du grand savant natif d’Arbois.

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PETITE VIDEO SUR LA VILLE D’ARBOIS : 

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Mairie d’Arbois • 10 rue de l’Hôtel de Ville • 39600 ARBOIS • Tél. : 03 84 66 55 55 • Email : mairie@arbois.fr

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Histoire de l’Abbaye de Fontevraud

Posté par francesca7 le 24 mai 2013

 (maine et Loire)

Histoire de l’Abbaye de Fontevraud   dans EGLISES DE FRANCE abbaye

La fondation

L’abbaye de Fontevraud est fondée en 1101 par le moine et ermite Robert d’Arbrissel. En 1096, celui-ci reçoit du pape Urbain II en visite à Angers, une mission de prédication. Devenu prédicateur itinérant, Robert d’Arbrissel se voit bientôt suivi par une foule nombreuse, d’hommes et de femmes de différentes classes sociales. Il s’installe entre 1099 et 1101 dans un vallon nommé Fons Ebraudi et y fonde avec ses disciples une maison mixte, rompant avec les règles du monachisme ordinaire. En période de réforme grégorienne, l’attitude de Robert lui attire les foudres de la hiérarchie religieuse : la cohabitation d’hommes et de femmes dans un même lieu passe mal, et Robert scandalise quand il dort au milieu des femmes. Cette proximité entre les sexes voulue par Robert s’explique par la pratique par l’ermite du syneisaktisme, pratique ascétique qui consiste en la cohabitation chaste de personnes de sexe différent afin de surmonter les tentations charnelles.

En 1101, la maison se transforme en un monastère double. Il sépare ainsi les hommes (le monastère Saint-Jean-de-l’Habit) des femmes (le monastère du Grand-Moûtier). Deux autres structures sont également créées: le monastère de la Madeleine pour les pécheresses repenties et le couvent Saint-Lazare pour les lépreux . L’ordre de Fontevraud est reconnu dès 1106 par l’évêque de Poitiers et par le pape Pascal II. Les premiers bâtiments sont bâtis dans le premier quart du xiie siècle, peu après la fondation. Les grandes familles de l’aristocratie locale, les comtes d’Anjou notamment, ne tardent pas à soutenir la fondation. Ermengarde d’Anjou est un des premiers membres de la famille comtale angevine à prendre l’abbaye en considération. Fille de Foulque le Réchin, elle fait ratifier par son frère, Foulque V, ses dons à l’abbaye de Fontevraud. Elle s’y retire vers 1112 et ne quitte l’abbaye qu’en 1118. L’année suivante, on consacre le chœur et le transept de l’église abbatiale, bientôt suivi de la nef à coupoles.

Robert d’Arbrissel fixe alors les premiers statuts de l’abbaye à destination des moniales. Quand il décide de reprendre son itinérance, il confie la direction de l’abbaye à une femme, Hersende de Champagné. Une première abbesse, Pétronille de Chemillé, est ensuite élue en octobre 1115, avant la mort de Robert, le 25 février de l’année suivante. Son corps est enterré dans le chœur de l’abbatiale de Fontevraud, alors en construction. De nombreux religieux refusent cependant de se soumettre à l’administration d’une femme, et certains décident de déserter le monastère. Pétronille de Chemillé puis Mathilde d’Anjou, qui lui succède en 1149, décident de faire intervenir le pape pour faire cesser les départs. Le problème disparaît après l’intervention du pape Anastase IV en 1154. Il réapparaît cependant plus tard au xviie siècle.

Pendant tout le xiie siècle, l’ordre de Fontevraud n’en finit pas de s’étendre : à la mort de Robert d’Arbrissel, il compte déjà 35 prieurés, regroupant deux mille religieux et religieuses. Suger, abbé de Saint-Denis, comptabilise entre quatre et cinq mille moniales vers 1150. À la fin du siècle, on compte une centaine de prieurés dans toute la France, puis par la suite, en Espagne et en Angleterre.

La nécropole des Plantagenêts

La transformation de l’abbaye en nécropole dynastique des Plantagenêts participe grandement à son développement. Henri II, marié à Aliénor en 1152, y fait sa première visite le 21 mai 1154. Le couple confie à l’abbaye ses deux plus jeunes enfants : Jeanne, née en 1165, et Jean, futur roi d’Angleterre. Ce dernier quitte l’abbaye après cinq ans, tandis que Jeanne ne la quitte qu’en 1176, pour son mariage. En 1180, Henri II finance la construction de l’église paroissiale de Fontevraud, l’église Saint-Michel, construite près de l’abbaye. En 1189, épuisé moralement et physiquement par la guerre que lui mènent ses fils et le roi de France, Henri II meurt à Chinon. Aucune disposition n’avait été prise pour préparer les funérailles. Bien que l’ancien roi ait pu parler d’être enterré à Grandmont, dans le Limousin, il est difficile de transporter le corps en plein été et personne ne souhaite prendre le temps du voyage. Fontevraud est alors choisie par commodité, afin de parer au plus pressé.

320px-Loire_Maine_Fontevraud1_tango7174 dans EGLISES DE FRANCERichard Cœur de Lion meurt le 6 avril 1199, à Châlus-Chabrol. Sur le choix de sa mère Aliénor, la dépouille est conduite à Fontevraud et enterrée le 11 avril aux côtés de son père. Jean Favier émet l’idée qu’avec ce choix, Aliénor souhaite créer une nécropole dynastique, sur les terres ancestrales de la famille Plantagenêt, mais également à la frontière avec le Poitou, et l’Aquitaine, sa terre natale. Jeanne, affectée par la mort de son frère, se rend à Rouen auprès de son frère cadet, Jean. Enceinte et affaiblie, elle fini par se retirer à Fontevraud et y meurt le 11 juillet 1199 en donnant naissance à un enfant, Richard, qui vivra juste assez pour être baptisé.

En 1200, de retour de Castille, Aliénor décide, à plus de 80 ans, de se retirer quasi définitivement à Fontevraud. Elle meurt quatre ans plus tard, le 1er avril 1204 à Poitiers, et est enterrée aux cotés de son mari, de son fils Richard et de sa fille Jeanne. Après la mort d’Aliénor, ses fils et petit-fils continuent de considérer l’abbaye comme une nécropole familiale. En 1250, Raymond, comte de Toulouse et fils de Jeanne, est enterré à sa demande auprès de sa mère. En 1254, Henri III, fils de Jean, organise le transfert de la dépouille de sa mère Isabelle d’Angoulême, alors enterrée en Angoumois à l’abbaye Notre-Dame de La Couronne, jusqu’à Fontevraud. Son cœur y est déposé à sa mort.

Le déclin

La fin de l’empire Plantagenêt met l’abbaye dans une situation délicate. Ses possessions s’étendent sur tout le domaine de l’ancien territoire plantagenêt, y compris en Angleterre. Les possessions angevines et tourangelles sont passées du coté du roi de France, mais celles de Poitou et de Guyenne sont encore sous influence anglaise plus ou moins forte qui participe à une sorte d’anarchie féodale en Aquitaine. Cette situation s’ajoute à la pauvreté croissante de l’ordre de Fontevraud. À la fin du xiie siècle, l’abbesse Mathilde de Flandre fait mention de « l’excessive pauvreté dont nous souffrons ». Pour pallier ces difficultés financières, en 1247, les moniales sont autorisées à bénéficier des biens de leurs parents en succession. La création de nouveaux prieurés fontevristes est arrêtée. En 1248, le pape Innocent IV impose l’abbaye de dix livres tournois pour l’entretien de l’évêque de Tibériade, contribution refusée par l’abbesse qui prétexte le coût que représentent les 700 religieux et personnels de l’abbaye à nourrir. En cette fin de xiiie siècle, l’abbesse est obligée d’échanger le domaine des Ponts-de-Cé près d’Angers au comte d’Anjou contre une rente de 300 setiers de blé et 70 livres en argent. En 1297, l’évêque fixe le nombre maximum de moniales du Grand-Moutier à 300, contre 360 auparavant http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Fontevraud – cite_note-NH27-27.

Aux difficultés financières s’ajoute le début de la guerre de Cent Ans. En 1369, l’abbaye perd environ 60 % de ses rentes foncières, aggravant une situation financière déjà difficile. L’abbaye n’est pas pillée pendant la guerre, mais les environs sont ravagés à plusieurs reprises en 1357, 1369 et 1380. En 1460, Guillaume de Bailleul, prieur de Saint-Jean de l’Habit, rapporte l’affaiblissement de l’ordre fontevriste. Il visite cinquante prieurés, dont trois sont abandonnés par les fontevristes. La plupart ne comptent plus que quelques religieux.

Le renouveau

220px-Abbaye_Fontevraud_-_CuisinesÀ son arrivée à la tête de l’abbaye en 1457, l’abbesse Marie de Bretagne, fille de Richard d’Étampes s’empresse de réformer l’ordre: elle supprime les prieurés trop pauvres et rédige une nouvelle règle. Aussitôt sacré, le roi Louis XI n’hésite pas à soutenir l’abbaye. Il en confirme de nouveau les privilèges le 15 octobre 1479. Malgré l’appui du pape, la successeure de Marie de Bretagne, Anne d’Orléans, peine à imposer la réforme aux moniales. En 1491, seul six prieurés de l’ordre sont réformés.

Renée de Bourbon est élue abbesse en 1491, à la mort d’Anne d’Orléans. Elle est la première des cinq abbesses issues de la famille royale de Bourbon à être élue à Fontevraud. Aussitôt élue, elle fait appliquer la réforme et entreprend une rénovation architecturale. Sous son abbatiat, sont construites la clôture de l’abbaye longue d’un kilomètre trois cents et une galerie accolée au transept nord de l’abbatiale. Elle réaménage la partie sud du cloître en y construisant à l’étage quarante-sept cellules pour les moniales, et fait reconstruire le réfectoire. Louise de Bourbon lui succède et poursuit la rénovation du Grand Moutiers en reconstruisant les trois autres galeries du cloître et en aménageant l’aile est. Elle fait reconstruire dans cette dernière la salle de la communauté et la salle capitulaire où le peintre angevin Thomas Pot réalise les peintures de la Passion du Christ. En 1558, une inondation détruit la plupart des bâtiments de l’infirmerie Saint-Benoît, tout en épargnant la chapelle. Louise de Bourbon meurt en 1575, après avoir été abbesse pendant 41 ans. C’est Éléonore de Bourbon qui lui succède, poursuivant elle aussi les travaux. Elle termine le grand dortoir et décide de reconstruire l’infirmerie de Saint-Benoît, dévastée par les inondations de 1558 : les travaux, considérables, coûtent 37 410 livres.

Louise de Bourbon de Lavedan devient abbesse en 1611. Elle crée en 1618 un séminaire pour les religieux de Saint-Jean de l’Habit à La Flèche et acquiert en 1632 le fonds du sénéchal de Saumur pour constituer une bibliothèque au monastère. De même, elle fait creuser des fossés et ériger une muraille autour de Saint-Jean de l’Habit afin que les religieux puissent vivre en clôture stricte, en minimisant les contacts avec le monde extérieur. Cependant, avant même la mort de Louise en 1637, le conflit entre l’abbesse et les religieux resurgit : tout comme à la fondation de l’ordre, les religieux n’acceptent que difficilement qu’une femme ait autorité sur eux. Les désertions se multiplient, des religieux de Saint-Jean de l’Habit quittent le monastère pour rejoindre d’autres ordres. Des bulles papales tentent d’endiguer le mouvement, mais il faut attendre 1641 pour y mettre un terme : l’abbesse Jeanne-Baptiste de Bourbon obtient du Conseil d’État un arrêt qui confirme l’importance et le rôle de l’abbesse dans l’ordre. Les moines révoltés se soumettent. En 1642, la règle de l’ordre de Fontevraud est imprimée.

En 1670, l’abbaye compte 230 religieuses, 60 religieux ainsi que plusieurs laïcs chargé de l’administration et des serviteurs au nombre de 47. La mort de Jeanne-Baptiste va profondément marquer le destin de l’abbaye : l’ancienne abbesse n’ayant pas choisi de coadjutrice comme le voulait la coutume, la nouvelle abbesse est alors nommée par le roi lui-même. Le 16 août 1670, Louis XIV nomme à la tête de l’abbaye et de l’ordre Marie-Madeleine Gabrielle de Rochechouart, sœur demadame de Montespan qui a connu la vie à la cour du Roi. À la tête de l’ordre, Gabrielle de Rochechouart tente de supprimer les abus et les dérogations à la règle qu’elle enjoint de suivre strictement. Elle achève également la construction du noviciat, aménage des jardins, fait construire une galerie liant l’abbaye au parc Bourbon et poursuit la construction du palais abbatial. Plus intellectuelle que théologienne, la nouvelle abbesse met en place une certaine vie mondaine en recevant sa famille ou en faisant jouer à l’abbaye Esther, la pièce de Jean Racine, dérogeant à la règle de l’ordre. Madame de Montespan elle-même séjourne un an à l’abbaye en 1689, attirant une partie de sa cour.

Louise-Françoise de Rochechouart prend la tête de l’abbaye à la mort de Gabrielle en 1704. En juin 1738, les quatre filles cadettes de Louis XV arrivent à Fontevraud où le roi les confie à l’éducation des religieuses. Un nouveau logis est construit, à l’ouest, le logis Bourbon, achevé en 1741, agrandi de nouveaux aménagements en 1747. Les filles de Louis XV y resteront jusqu’en 1750. Les dernières abbesses, Marie-Louise de Timbrone et Julie-Gillette de Pardaillan prolongent le palais abbatial, construisent les bâtiments de la Fannerie et des étables, et érigent le portail d’entrée actuel, à la veille de la Révolution43.

Révolution et suppression de l’Ordre

La Révolution française va porter le coup fatal à l’abbaye et à l’ordre de Fontevraud. Suite aux évènements révolutionnaires, la situation financière de l’abbaye s’aggrave rapidement : la dîme, qui lui rapportait 600 livres par an, n’est plus perçue. Dans lanuit du 3 au 4 août, l’Assemblée nationale décrète la fin des privilèges et déclare l’imposition des privilégiés pour les six derniers mois de l’année 1789.

Le coup de grâce arrive le 2 novembre 1789 : les biens du clergé sont déclarés biens nationaux. L’abbaye compte encore 70 religieuses, 40 converses et une vingtaine de religieux et l’ordre de Fontevraud dirige encore 52 prieurés. Mais l’abbesse refuse d’évacuer les lieux. L’unité de la communauté de Fontevraud est maintenue pendant plusieurs mois.

Le 30 avril 1790, le maire de Fontevraud, Alexandre Guerrier, ancien moine de Saint-Jean de l’Habit, arrive à la porte de son ancien couvent avec la municipalité. Le couvent ne compte plus que 21 religieux et 18 frères convers. On dresse l’inventaire des biens et un certain nombre de religieux en profitent pour quitter l’ordre et recevoir en échange une pension de l’État. Le 19 juillet, l’administration du district de Saumur procède à l’inventaire du mobilier du reste de l’abbaye : celui ci prend huit jours et se termine le 26. À l’exception d’une sœur converse, les religieuses déclarent toute leur intention de rester sur place. Le 5 août, l’administration engage les derniers frères de Saint-Jean de l’Habit à quitter l’abbaye et leurs verse un acompte sur leur pension. Le 2 juin 1791, le couvent est totalement vide et le 16 août, on vend le mobilier restant, signant la fin de Saint-Jean de l’Habit.

Le 17 août 1792, la Convention décrète que les bâtiments encore occupés par des religieux doivent être évacués avant octobre. Les religieuses quittent peu à peu l’abbaye pendant l’automne. Julie-Gillette de Pardaillan d’Antin, la dernière abbesse, quitte l’abbaye la dernière, le 25 septembre 1792. Le domaine est alors divisé en lots, et le mobilier est difficilement vendu le 15 octobre. Le 30 janvier 1793, une troupe pénètre dans l’abbaye malgré l’interposition du gardien, et commence à piller et saccager les bâtiments. Les sarcophages et cercueils du caveau des abbesses sont brisés et les ossements laissés à l’abandon ou jetés. Pour éviter de nouveaux pillages, la municipalité s’empresse de vendre les biens restants. Les 106 anciens religieux et religieuses résidant encore à Fontevraud assistent à l’ultime dispersion du mobilier et aux martelages des blasons et enseignes de l’Ancien régime. En pleine Terreur, l’atmosphère est lourde et les anciens occupants de l’abbaye deviennent suspects aux yeux de l’administration.

En l’An III, la municipalité prend des mesures pour éviter les dégradations et vandalisme quotidiens des bâtiments. L’église de Saint-Jean de l’Habit menace ruine, mais la municipalité ne possède pas les moyens financiers de procéder aux réparations. On met fin à l’affermage des terrains de l’abbaye qui favorisent les pillages quotidiens.

La prison

prison-200x300Le 18 octobre 1804, Napoléon Ier signe un décret qui transforme l’abbaye en établissement de détention, ainsi que celles de Clairvaux et du mont Saint-Michel. Les travaux de conversion, confiés à l’ingénieur des Ponts et Chaussée Alfred Normand, s’échelonnent de 1806 à 1814. Des réaménagements successifs seront apportés jusqu’à la fermeture de la prison, le 1er juillet 1963, sans toucher à l’essentiel des structures. Prenant appui sur l’ancienne clôture, Normand fait construire un véritable chemin de ronde autour du Grand Moutiers. Des nouveaux bâtiments sont construits près de l’abbatiale et dans les cours. La nef de l’abbatiale est séparée par deux niveaux de planchers pour y loger les détenus, le chœur fait office de chapelle. Si certains bâtiments sont détruits ou fortement endommagés, les travaux et la transformation en prison ont néanmoins sauvé le gros œuvre de la ruine. Les premiers prisonniers arrivent dès 1812. La prison est officiellement ouverte le 3 août 1814, employant alors une vingtaine de personnes. En 1817, Fontevraud devient une maison de force et de correction pour dix-neuf départements. De nouveaux aménagements sont nécessaires. En 1821, l’architecte Durand est nommé à l’ancienne abbaye. Afin de gagner un maximum de place, il supprime un grand nombre de cloisons et cherche à multiplier les étages, notamment dans la nef de l’abbatiale. Les coupoles de celle-ci sont alors rasées pour aménager les combles en 1825. L’aile nord du cloître se voit adjoindre un étage supplémentaire et le réfectoire se voit ajouter un plancher.

Des ateliers et des manufactures sont mis en place utilisant la main d’œuvre des détenus, les populations locales trouvant ainsi un substitut à la communauté religieuse qui leur avait procuré jusque-là une certaine aisance économique. Ils fabriquaient notamment des boutons en nacre, des gants, des filets, des couvertures pour l’armée et assuraient également la transformation du chanvre et du lin. Les femmes détenues quittent Fontevraud en 1850, année où elles sont transférées à Rennes.

Fontevraud fut considérée comme la centrale pénitentiaire la plus dure de France, avec celle de Clairvaux. La plupart des détenus sont évacués à la fermeture de la prison, sauf une quarantaine, employés à l’entretien des espaces verts et à la démolition des installations pénitentiaires. Ils quittent définitivement la prison résiduelle, le quartier de La Madeleine, en 1985, date à laquelle les lieux sont rendus à la « vie civile ».

Évolution du nombre de détenus dans la prison centrale de Fontevraud

 Population comptée à part lors des recensements de la commune de Fontevraud-L’Abbaye. Ces chiffres incluent tous les détenus, mais également les militaires et internes sur l’ensemble du territoire communal (environ 120 du chiffre total).

Restauration et ouverture au public

Dès 1840, grâce à l’action de Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, l’ancienne abbaye de Fontevraud figure sur la première liste nationale de classement des monuments historiques. Progressivement, plusieurs bâtiments sont libérés de leur affectation : le cloître en 1860, le réfectoire en 1882, la tour d’Évrau et l’église abbatiale, longue de 90 mètres, au début du xxe siècle et sont progressivement restaurés. De la fermeture en 1963 à la fin du xxe siècle, les chantiers de restauration presque ininterrompus lui ont donné l’aspect que le visiteur découvre désormais.

Aucune communauté religieuse n’étant susceptible de faire revivre l’abbaye, le Centre culturel de l’Ouest est fondé en 1975. Son but est « la défense, le développement, l’animation et la promotion de l’abbaye de Fontevraud ». Cette association organise des classes du patrimoine, des manifestations artistiques, des stages d’initiation aux métiers d’art, au chant, et accueille des congrès, principalement axés sur l’Angleterre, l’architecture et le chant choral.

Aujourd’hui

L’abbaye royale de Fontevraud, centre culturel de l’Ouest est membre du réseau européen des centres culturels de rencontre (40 membres au début du xxie siècle en Europe).

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LES TRESORS DU JURA

Posté par francesca7 le 13 mai 2013

LES TRESORS DU JURA dans Jura tresor-jura-300x191

Le Bois – Depuis le début du 20ème siècle, outre ses usages domestiques, le bois des forêts jurassienne aliment nombre d’industrie.

La forêt du Rissous fournit des bois dits de résonance (épicéa), très appréciés des fabricants d’instruments de musique. Les boîtes qui contiennent les fromages de Normandie et de l’est viennent de Bois-d’Amont ; le hêtre est employé pour la fabrication de chaises, de meubles de bureau et de cuisine, le sapin et l’épicéa pour la charpente. Le buis convient bien à la fabrication d’objets en bois tourné (jeux d’échecs à Clairvaux, par exemple). On fait aussi des poteaux, des panneaux etc… avec les déchets de scierie.

En raison de la longueur et de la rigueur de l’hiver, chaque habitant fait une large provision de vois de feu. Le hêtre débité en petites bûches est particulièrement recherché. Enfin, les petits bois résineux soigneusement écorcés, débités en rondins de 1m et empilés le long des routes, sont destinés aux usines de pâte à papier ; le bois n’a pas seulement servi à ces usages économiques ; de bons artistes locaux y ont sculpté les stalles de l’abbaye de Montbenoît et celles de la cathédrale de Saint Claude.

L’Horlogerie – La première montre française fut fabriquée vers la fin du 15ème siècle. C’est alors une réduction de l’horloge portative dont les poids sont remplacés par un ressort ; mais bientôt, le mouvement s’affine et les modèles sont déjà nombreux pendant la seconde moitié du 16ème siècle. A la cour des rois Henri II et Henri III, les femmes les portent souvent en pendentifs et les hommes en ornent même les pommeaux de leurs dagues. Le cadrant de ces montres ne comporte qu’une aiguille, celle des heures. En 1674, un grand événement se produit dans le monde de l’horlogerie ; le Hollandais Huygens invente le balancier à ressort spiral. Vingt ans plus tard, les frères Dumont, maître horlogers, sortent les premières montres exécutées à Besançon. Elles sont faites à la main, pièce par pièce. Trois quarts de siècle passant et en 1767, Frédéric Japi, du village de Beaucourt, fabrique mécaniquement des ébauches montres avec des machines e son invention. Sa production remporte un vif succès et atteint le chiffre de 3 000 à 3 500 montres par mois. En 1793, un horloger suisse, Mégevand, et quatre vingt compatriotes maîtres ouvriers, proscrits de leur pays pour fleurs opinions avancées, viennent se réfugier à Besançon. Les artisans de la ville, furieux de cette concurrence, veulent prendre les étrangers. Mais la Convention les prend sous sa protection, leur avance de l’argent pour qu’ils créent une fabrique et une Ecole Nationale d’Horlogerie. Ils doivent recevoir, aux frais de la République, deux cents apprentis par an. Mégevand met au point la fabrication en série.

L’envolée – Le développement des ventes est, dès lors, très rapide. En 1835, à Besançon, on fabrique 80 000 montres ; en 1878, 240 000. L’industrie horlogère gagne de nombreuses villes de la Comté. L’hiver, dans les petits villages de la montagne, les ouvriers travaillent à domicile à la fabrication de certaines pièces ou au montage.

Les heures incertaines – A la fin du 19ème siècle, la concurrence Suisses impose une évolution de l’activité, qui perd son caractère rural et artisanal pour se concentrer dans des usines modernes. Un nouvel essor s’amorce après la Seconde Guerre mondiale, mais il est interrompu à la fin des années 1970 ; l’irruption de la montre à quartz et des fabrications bon marché, les difficiles et brutales adaptations qu’elles induisent plongent l’industrie horlogère jurasienne dans une grave crise dont tous les centres de production ne se relèveront pas. Cependant, la réorientation vers les produits « haut de gamme », l’accent mis sur la précision et le recours à la sous-traitance ont sauvé la fabrication des montres qui se maintient à Besançon, Morteau, Villiers le Lac ou Maîche, Morez et Morbier étant pour leur part spécialisés depuis le 17ème siècle dans les horloges comtoises et horloges monumentales.

La métallurgie -  Au Moyen Age, la force des cours d’eau actionne les souffleries et les martinets des forges. Le minerai se trouve souvent dans les sables ou dans les calcaires voisins recouverts de bois. Force motrice, matière première et combustible sont donc proches les uns des autres. Au 16ème siècle, sous la domination de l’Autriche, clouteries, tréfileries, fabriques d’essieux, de fers sont installées le long de l’Ain, de la Bienne, de la Loue. Au 18ème siècle, les forges, encore plus nombreuses, travaillent pour la France. Elles livreront ensuite quantité d’armes aux armées de la Révolution et de l’Empire. Il y a alors tant de « fourneaux » qu’un historient écrit ; « L’on aurait dit que, dans une si petite province, Vulcain avait choisi sa demeure ». Cet essor dure jusque vers 1860. A cette date, les forêts sont dévastées et le combustible fait défaut, le minerai des « ferrières » locales s’épuise. Et surtout on découvre les gisements plus riches de  Lorraine et le procédé de la fonte au coke remplaçant la font au bois ; une à une, les forges comtoises s’éteignent et les martinets deviennent silencieux. Aujourd’hui l’aciérie électrique de Champagnole, l’usine d’automobiles Peugeot de Sochaux Montbéliard, fondée par une famille de maîtres de forges, ou les ateliers de construction de trains à grande vitesse –TGV et locomotives électriques Alsthom de Belfort comptent par mi les plus prestigieux  héritiers de cette tradition métallurgique franc-comtoise.

Les pierres et les diamants – La taille des pierres précieuses a été connue dès l’Antiquité, sauf celle du diamant qui a été pratiquée pour la première fois aux Pays Bas au 15ème siècle. Au 18ème siècle, la région de St Claude et de Septmoncel a commencé à tailler des pierres fines et l’industrie diamantaire, introduite en 1876, s’est développée tout naturellement dans un pays où les lapidaires se succèdent de père en fils. La taille des pierreries d’imitation – verroterie ou synthétique – a pris un rapide essor. Certaines entreprises ont acquis une nouvelle dimension en s’orientant vers la fabrication du diamant industriel et en produisant des outils et filières utilisées en métallurgie et en bijouterie.

Le sel – dès la préhistoire, Salins et Lons le Saunier alimentaient le trafic de sel vers l’Europe centrale ; plus tard, à leur tour, les Romains exploitèrent les salines jurassiennes. Jusqu’au 19ème siècle, les chaudières ont été chauffées au bois, ce qui explique la situation de certaines salines, comme celle d’Arc et Senans installées assez loin des gisements d’eau saumâtre, mais à proximité d’une forêt. En certains endroits, les cendres accumulées formaient de véritables collines. Les paysans de la Bresse venaient à Lons le Saunier, au Puits-Salé, remplir leur char à bœufs de ces cendres, qu’ils utilisaient pour amender leurs terres. Les salines de la Franche Comté, dont les plus importantes furent longtemps celles de Salins et de Montmorot, produisaient encore près de 50 000 tonnes de sel en 1965.

Le pari sur l’avenir – La fabrication des pipes à Saint Claude, la lunetterie à Morez relèvent également d’une longue et prestigieuse tradition. Mais de plus en plus prévaut l’image d’une industrie reconvertie, orientée vers les hautes technologies ; tandis qu’Oyonnax, figure de proue de la « Plastic Valley », acquiert la stature de pôle européen de la plasturgie, Besançon se hisse au rang de capitale des microtechnique (nouvelle spécialité régionale, associant la mécanique de précision à la micro-électronique) et de l’électronique « Temps fréquence » (partie moderne de la chronométrie). La modernisation du réseau routier s’est concrétisée par la réalisation des autoroutes A36 (Mulhouse Beaune) et A 39 (ouverture de la section Dijon-Dole, fin 1994) ; le réseau ferré bénéficie aujourd’hui des lignes TGV Paris Besançon et Paris Lausanne et Berne, qui permet de relier Paris à Frasne en moins de 3 h…

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La table de Bourgogne

Posté par francesca7 le 23 mars 2013

La table de Bourgogne dans Bourgogne bourguignon-300x225

Tout porte à croire que la Bourgogne est née à une tablée attachée à son terroir et cultivant l’art de vivre, la région se définit par la bonne chère. La réputation de ses vins et de sa gastronomie est établie depuis l’époque gallo-romaine – les enseignes culinaires conservées au musée archéologique de Dijon en témoignent -, mais c’est au temps des Grands Ducs que notre gourmandise nous porte, lors d’une fastueuse réception au palais, et l’on rêve un instant des fumets affriolants qui émanent du chaudron magique des cuisines ducales. De nos jours, les établissements de renommée mondiale – Côte St Jacques à Joigny, Lameloise à Chagny, côte d’Or à Saulieu – les états généraux de la gastronomie française à la Foire internationale de Dijon perpétuent la tradition du bien-boire et du bien-manger avec moins de cérémonie, l’assiette de pays accompagnée de son verre de vin peut aussi donner du bonheur…

Les produits locaux : Les solides

Plantureuse province, la Bourgogne dispose pour la viande de l’élevage de l’Auxois (bovine et chevaline), du Bazois et du Charolais ; de la Bresse en matière de volailles, chapons et dindes ; de forêts profuses en gibier, parmi les plus réputés de France. Le pigeonneau du Morvan, que l’on trouve sur la table soit rôti soit en croûte, est élevé en volière.

La région fournit des légumes de premier ordre, de délicieux champignons –mousserons, cèpes, morilles, girolles, truffes aussi, des fruit succulents (cerises de la région d’Auxerre – bigarreaux, marmotte et burlat), des poissons blancs de la Loire et de la Saône, truites et écrevisses des rivières morvandelles aux eaux vives, et bien sûr des escargots.

Longue tradition aussi, d’origine quelquefois bénédictine, la fabrication de formages :   les « pâtes molles » Soumaintrain et Epoisses  , tous deux au ton ocre, ce dernier très coulant et très fort, à la croûte lavée au marc (l’une des 34 AOC en France) ; le non affiné saint florentin, de la région Auxerroise ; le bouton de culotte, un chèvreton élaboré en Mâconnais, c’est le fromage le plus cher ; le « trappiste » Cîteaux, à la pâte pressée non cuite. Un « grand moment » gustatif sera l’alliance d’un grand nom millésimé avec l’un d’entre eux.

kir_royal dans Bourgogne      Le vin : le repas débute par un moment de convivialité : l’apéritif. Sur ce chapitre, l’ambassadeur de Bourgogne s’appelle le Kir et de préférence, Royal. Pour le réussir, il convient de prendre une ligueur de cassis peu alcoolisée, c’est à dire 16°, parce qu’il faut équilibrer le sucre de la liqueur avec la légère « acidité » du vin blanc aligoté, en respectant la proportion : 1/5 de ligueur et 4/5 de vin. La recette du Kir royal est la même, mais le champagne – de préférence un mousseux, crémant de Bourgogne par exemple – remplace le vin blanc.

Ensuite, il s’agit de choisir le vin adapté aux mets qu’ils vont accompagner. On peut recommander de servir :

-          avec huîtres, coquillages, poissons : chablis, meursault, pouilly-fuissé, mâcon ou autres vins blancs secs servis frais et non frappés (10-12°) ; le puligny-montrachet accord parfaitement ses arômes de noisette grillée et d’amande fraîche aux fruits de mer ; pour atténuer le gras du saumon fumé, un simple aligoté convient très bien ;

-          avec volailles, viandes blanches et plats légers : chambolle-musigny, côte de beaune, mercurey, beaujolais ou autres vins rouges légers servis à la température de la cave (15-16°)

-          avec gibier, viandes rouges cèpes et formages : chambertin, côte de nuits, pommard et autres vins rouges corsés servis chambré (16-18°) ; pour autant, avec les chèvres secs, ne pas hésiter à déboucher une bouteille de blanc tel qu’un pouilly fumé délivrant ses arômes de bois brûlé et de végétaux.

vinLe choix d’un vin doit tenir compte du renom de son cru mais aussi du millésime qui peut largement en modifier la qualité ; les conditions climatiques déterminent en effet une hiérarchie des années, qui sont parfois très contrastées …

Même s’ils n’ont pas l’exceptionnelle longévité du vin jaune du Jura, les vins de Bourgogne vieillissent assez bien et atteignent leur apogée après quelques années ; le temps de garde conseillé est le plus souvent de 5 à 7 ans, mais il va de 8 à 10 ans pour les grands vins blancs et de 10 à 15 ans pour les grands vins rouges. Le vieillissement est variable selon les conditions de stockage, qui doivent respecter certaines règles ; lieu sombre et aéré, température stable de 15° environ, terre battue couverte de gravier, hygrométrie de 70 %. Précisons pour finir que les bourgognes rouges, moins tanniques que les bordeaux, ne demandent pas à être décantés avant le service (ceux qui voudraient approfondir le sujet au point d’en faire métier peuvent s’inscrire à l’université de Dijon qui prépare au diplôme national d’œnologue).

Avec le café, les agapes se termineront agréablement sur un marc de Bourgogne. Cet alcool ambré et charpenté est produit par la distillation des marcs de raison – peaux et pépins – et vieilli en fûts de chêne.

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Juliette Gréco

Posté par francesca7 le 11 mars 2013

 

Juliette Gréco, née le 7 février 1927 à Montpellier, est une chanteuse et actrice française. Elle vit dans le département de l’Oise.

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Rejoignez également son site officiel : http://www.juliettegreco.fr/ 

Une enfant 

Juliette Gréco dans CHANSON FRANCAISE juliette_grecoEn 1939, elle est petit rat à l’Opéra de Paris. Sa mère est résistante. Capturée, elle est emprisonnée, toute jeune, à Fresnes, mais elle ne sera pas déportée à cause de son jeune âge, contrairement à sa mère et sa sœur aînée Charlotte qui seront envoyées à Ravensbrück d’où elles ne reviendront qu’en 1945, après la libération du camp par les Soviétiques. Début 1942, Juliette est libérée de Fresnes et, après avoir récupéré ses affaires au siège de la Gestapo dans le 16e arrondissement de Paris, elle se retrouve à 15 ans seule et sans ressources « sur l’avenue la plus belle du monde, l’avenue Foch » avec un ticket de métro en poche1. Elle se rend alors chez la seule personne de sa connaissance résidant dans la capitale, Hélène Duc, qui fut son professeur de français à Bergerac et une amie de sa mère. Elle sait qu’Hélène habite rue Servandoni, près de l’église Saint-Sulpice. Celle-ci la loge dans la pension où elle-même demeure et la prend en charge.

Une jeune femme libre

Le quartier de Saint-Germain-des-Prés est à deux pas de là et, en 1945, Juliette découvre le bouillonnement intellectuel de la rive gauche et la vie politique à travers les Jeunesses communistes. Hélène Duc l’envoie suivre les cours d’art dramatique dispensés par Solange Sicard. Juliette décroche quelques rôles au théâtre (Victor ou les Enfants au pouvoir en novembre 1946) et travaille sur une émission de radio consacrée à la poésie.

Juliette noue des relations amicales avec de jeunes artistes et intellectuels de Saint-Germain-des-Prés, dont Anne-Marie Cazalis et Boris Vian. C’est dans l’un des bistrots de la rue Dauphine, Le Tabou, qu’elle découvre par hasard grâce à son manteau quelle avait posée sur la rampe et qui était tombé en bas d’un escalier, que celui-ci dispose d’une grande cave voûtée inutilisée que le patron appelle « le tunnel ». Juliette et ses copains trouvent l’endroit idéal pour y faire de la musique et danser tout en discutant philosophie. Il suffit d’une semaine pour que les curieux viennent en nombre pour observer cette nouvelle et bizarre faune baptisée « existentialistes ». Juliette, devenue la célèbre muse de Saint-Germain-des-Prés sans avoir rien accompli de probant, décide alors de justifier sa célébrité en optant pour la chanson. Jean-Paul Sartre lui confie une sorte de mélopée qu’il a écrite pour sa pièce de théâtre Huis clos et lui conseille d’aller voir le compositeurJoseph Kosma pour que celui-ci en réécrive la musique qu’il ne trouvait pas réussie. C’est ainsi que Juliette interprète Rue des Blancs-Manteaux, œuvre née de la plume du chantre de l’existentialisme et d’un compositeur rompu à l’art de mise en musique de la poésie (notamment celle de Jacques Prévert).

Une chanteuse 

En 1949, disposant d’un riche répertoire (de Jean-Paul Sartre à Boris Vian…), Juliette Gréco participe à la réouverture du cabaret le Bœuf sur le toit. Elle rencontre cette année-là Miles Davis dont elle tombe amoureuse. Il hésite à l’épouser, ce qui est impensable aux USA (à l’époque, les unions entre Noirs et Blancs sont illégales dans de nombreux États américains). Ne voulant pas lui imposer une vie aux États-Unis en tant qu’épouse d’un Noir américain, et elle ne voulant pas abandonner sa carrière en France, ils renoncent et Miles rentre à New York à la fin mai.


En 1951, elle reçoit le prix de la SACEM pour Je hais les dimanches. En 1952, elle part en tournée au Brésil et aux États-Unis dans la revue April in Paris. En 1954, elle chante à l’Olympia.

Elle rencontre le comédien Philippe Lemaire, sur le tournage du film Quand tu liras cette lettre de Jean-Pierre Melville et l’épouse le 25 juin 1953. Ils divorcent en 1956 après la naissance de leur fille Laurence-Marie (née le 24 mars 1954).

Elle repart pour New York et ses interprétations des plus grands auteurs français enthousiasment les Américains[réf. nécessaire]. Hollywood la courtise. Elle rencontre le producteur Darryl Zanucksur le tournage du film Le soleil se lève aussi d’Henry King (1957). À présent vivant en couple avec Darryl, elle tourne dans quelques-unes de ses productions jusqu’en 1961, notamment : Les Racines du ciel, (1958,John Huston), Drame dans un miroir (Richard Fleischer, 1960), films dans lesquels elle partage l’affiche avec Orson Welles. En 1961, avec le film d’aventure Le Grand Risque de Fleischer s’achève sa carrière « hollywoodienne », en même temps que sa relation avec Darryl Zanuck.

Au début des années 1960, elle revient à la chanson et ne la quitte plus. Elle chante (notamment), Jacques Brel, Léo Ferré, Guy Béart et aussi Serge Gainsbourg alors un quasi inconnu.

En 1965, elle se produit gratuitement dans les Maison des jeunes et de la culture de la banlieue parisienne, devant un public constitué d’étudiants et d’ouvriers. Toujours en 1965, elle tient un rôle de premier plan dans le feuilleton télévisé Belphégor ou le Fantôme du Louvre. La même année, lors d’un dîner de têtes d’affiches organisé par un grand magazine populaire, elle se retrouve assise aux côtés de Michel Piccoli… et tombe amoureuse de l’acteur. Ils se marient en 1966. Le couple se sépare en 1977.

Du 16 septembre au 23 octobre 1966, le TNP accueille pour la première fois dans sa grande salle (2 800 places) du Palais de Chaillot deux chanteurs : Juliette Gréco et Georges Brassens.

En 1968, elle inaugure la formule des concerts de 18 h 30 au théâtre de la Ville à Paris. Elle y interprète l’une de ses plus célèbres chansons, Déshabillez-moi.

Elle enregistre en avril 1969 un titre de Didier Rimaud à la demande de son ami François Rauber, Faudrait aller plus loin, chanson intégrée à l’album Difficile amour de Bernard Geoffroy.

Au début des années 1970, Juliette Gréco effectue de nombreuses tournées à l’étranger, notamment en Italie, en Allemagne, au Canada et au Japon), alors qu’en France, son succès semble marquer le pas. En 1972, elle quitte les productions Philips, chez qui elle enregistre depuis plus de 20 ans, pour les productions Barclay et sous ce label sort deux albums : Juliette Gréco chante Maurice Fanon (1972) et Je vous attends (1974), opus essentiellement écrit par Henri Gougaud, exception faite deTa jalousie de Jean-Loup Dabadie et de la reprise de L’Enfance, chanson de Jacques Brel, (extraite de son film de 1973, Le Far West). Parallèlement, Gérard Jouannest, son pianiste et accompagnateur depuis 1968, devient son compositeur exclusif qu’elle épousera en 1988.

Nouveau changement de maison de disque en 1975. Elle quitte Barclay pour graver ses deux albums suivants chez RCA Victor : Vivre en 1975 et Gréco chante Jacques Brel, Henri Gougaud, Pierre Seghers ; À cette occasion, elle reprend sa plume de parolière (exercice auquel elle s’est déjà essayée en 1969), pour écrire successivement : Fleur d’orangeLe Mal du temps et L’Enfant(1975) et Pays de déraison et L’amour trompe la mort (1977). Sa carrière de parolière s’achève avec ces cinq titres.

Suite de nouveautés de 1982 à 1983. Consécutivement à la parution de ses mémoires (Jujube, Éditions Stock, 1982), Juliette Gréco établit sous la direction artistique de Gérard Meys son anthologie discographique telle qu’elle la conçoit à ce moment de sa carrière. François Rauber réalise les arrangements et dirige d’orchestre tandis que Gérard Jouannest est au piano. Cette anthologie est commercialisée en trois volumes séparés (voir section « Discographie / Anthologie et intégrale »).

Toujours chez les Disques Meys, Gréco enregistre un nouvel album : Gréco 83 où, encore une fois, de nouveaux auteurs venus d’horizons divers lui écrivent du sur mesure, dont Les Années d’autrefois, du journaliste Richard Cannavo, qui devient un titre incontournable de ses tours de chant. Parmi les autres auteurs figurent le dessinateur de BD Gébé (Bleu sans cocaïne), l’auteur-compositeur-interprète Allain Leprest (Le Pull-over, musique de Jean Ferrat) et le parolier Claude Lemesle (Y’a que les hommes pour s’épouser).

images2 dans CHANSON FRANCAISEElle est faite Chevalier de la Légion d’honneur par le Premier ministre Laurent Fabius, le 23 octobre 1984.

Elle retrouve son public de l’Olympia en 1991 et l’album live du concert est édité par Philips

Elle enregistre en 1993, un album écrit par Étienne Roda-Gil sur des musiques de João Bosco, Julien Clerc, Gérard Jouannest et Caetano Veloso, (entres autres).
En octobre, un nouvel Olympia précède une tournée.

Après une absence discographique de quatre ans, elle enregistre, en 1998, pour les disques Meys un album écrit par Jean-Claude Carrière. Son récital au théâtre de l’Odéon à Paris en mai 1999 est enregistré.

En 2003, elle enregistre chez Polydor un nouvel album sur des textes de Christophe Miossec, Marie Nimier et Jean Rouault, Benjamin Biolay et Gérard Manset. L’ensemble est mis en musique par Gérard Jouannest et François Rauber.

Elle retrouve l’Olympia en 2004.

En 2006 elle part pour New York enregistrer un album avec des musiciens de jazz qui parait en France sous le titre Le Temps d’une chanson. Elle le chante sur la scène du théâtre du Châtelet à Paris seulement accompagnée d’un piano et d’un accordéon.

Le 10 mars 2007, les Victoires de la musique la couronnent d’une « Victoire d’honneur » pour toute sa carrière. Pour la première fois, le 27 octobre 2007, elle donne un concert à la Salle Pleyelaccompagnée d’une formation réduite.

En novembre 2008, elle enregistre en duo la chanson Roméo et Juliette avec Abd Al Malik (album Dante).

Fin 2008-début 2009, elle prépare un nouvel album réalisé à partir de textes d’Olivia Ruiz et d’Abd Al Malik.

En mars 2010, un nouveau documentaire, Je suis comme je suis de Brigitte Huault-Delannoy, est projeté en son honneur et en sa présence à Montréal (Place des Arts).

Fin mai 2011, le compositeur Louis Siciliano lui propose d’interpréter avec Bichou, chanteur vauclusien, une de ses dernières compositions intitulée Bonjour Paris. Juliette Gréco accepte ; l’enregistrement de la chanson doit être effectué en septembre 2011.

Le 27 juillet 2011 elle donne le concert de clôture du festival de Valence sur la scène du Parc Jouvet, accompagnée par son pianiste Gérard Jouannest ainsi que d’un accordéoniste. Des centaines de spectateurs l’applaudissent et lui offrent une longue standing ovation.

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Proche de la gauche, elle a cosigné, avec Pierre Arditi, Maxime Le Forestier et Michel Piccoli une lettre ouverte4, le 4 mai 2009, à l’intention de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, appelant les députés socialistes à adopter la loi Création et Internet.

En janvier 2012, elle sort un nouvel album Ça se traverse et c’est beau…, un hommage à Paris. Marie Nimier, Thierry Illouz, Amélie Nothomb, François Morel, Antoine Sahler, Philippe Sollers,Gérard Duguet-Grasser ou encore Jean-Claude Carrière figurent entre autres parmi les auteurs des chansons de cet album. Melody Gardot, Marc Lavoine et Féfé l’accompagnent chacun en duo etGuillaume Gallienne y interprète un texte.

En février 2012, elle est pour trois soirs sur la scène du théâtre du Châtelet de Paris.

Le dimanche 5 février 2012, à l’occasion de son 85e anniversaire, elle est la vedette de la soirée sur Arte qui diffuse une interview (Juliette Gréco, l’insoumise) suivie de son concert de 2004 à l’Olympia ; pour les téléspectateurs allemands, les chansons de son concert ont été sous-titrées par des textes allemands dus à la plume de Didier Caesar (Dieter Kaiser).

greLe 12 avril 2012, Juliette Gréco reçoit, des mains du maire Bertrand Delanoë, la Grande médaille de vermeil de la Ville de Paris. Bertrand Delanoë déclare : « Il était temps que sa ville lui dise merci. Juliette Gréco, c’est la Parisienne. La Parisienne d’aujourd’hui et la Parisienne qui incarne le temps de Paris qui ne passe jamais ». La chanteuse, qui a souvent représenté la France et Paris à l’étranger, répond : « Je ne suis pas née à Paris, j’ai vu le jour à Montpellier. Mais j’ai été mise au monde ici ».

En Allemagne, le samedi 14 avril 2012, elle monte de nouveau sur la scène du Theaterhaus de Stuttgart (de) pour un concert donné à guichets fermés, accompagnée par son pianiste et mariGérard Jouannest, devant un public ravi qui, pour la remercier, se lève pour l’applaudir.

 

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Les recettes de Juliette 

Juliette Gréco s’applique à interpréter et révéler de nouveaux auteurs et compositeurs, démarche artistique qui semble l’enthousiasmer davantage que d’écrire elle-même ses chansons. Elle s’essaie néanmoins à l’écriture en commençant par une fantaisie ; elle interprète, lors de l’émission radiophonique À la croisée des chemins diffusée le 31 décembre 1969, accompagnée au piano par Michel Legrand et sur une musique de Marius Constant, une vraie « surprise du chef » : une savoureuse recette de cuisine, le Suprême de volaille aux crevettes (pour le réveillon)Note 6. Ensuite, dans ses deux albums enregistrés sous le label RCA Victor, elle interprète notamment et très sensuellement, sur une musique de Gérard Jouannest, Le Mal du temps (1975) et Pays de déraison (1977) tandis qu’elle paraît préférer le titre qu’elle consacre à la maternité, L’Enfant (1975).

Rejoignez également son site officiel : http://www.juliettegreco.fr/

 

 

Aperçu de quelques chansons interprétées par Gréco 

  • 1950 : Si tu t’imagines, poème de Raymond Queneau mis en musique de Joseph Kosma.
  • 1950 : La Fourmi, poème de Robert Desnos mis en musique par Joseph Kosma.
  • 1951 : Je suis comme je suis, paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph KosmaNote 8.
  • 1951 : Les Feuilles mortes, du film Les Portes de la nuit de Marcel Carné, paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph KosmaNote 9.
  • 1951 : Sous le ciel de Paris, du film Sous le ciel de Paris de Julien Duvivier, paroles de Jean Dréjac et musique d’Hubert Giraud.
  • 1951 : Je hais les dimanches, paroles de Charles Aznavour et musique de Florence VéranNote 10,Note 11.
  • 1953 : La Fiancée du pirate, extraite de L’Opéra de quat’sous, adaptation française d’André De Mauprey d’après des paroles de Bertolt Brecht, musique de Kurt Weill.
  • 1954 : Coin de rue, paroles et musique de Charles Trenet
  • 1955 : Chanson pour l’Auvergnat, paroles et musique de Georges Brassens
  • 1960 : Il n’y a plus d’après, paroles et musique de Guy Béart
  • 1961 : Jolie Môme, paroles et musique de Léo Ferré
  • 1961 : C’était bien (Le P’tit bal perdu), paroles de Robert Nyel et musique de Gaby Verlor
  • 1962 : Accordéon, paroles et musique de Serge Gainsbourg
  • 1962 : Paris canaille, paroles et musique de Léo Ferré
  • 1963 : La Javanaise, paroles et musique de Serge Gainsbourg
  • 1966 : Un petit poisson, un petit oiseau, paroles de Jean-Max Rivière et musique de Gérard Bourgeois
  • 1967 : Déshabillez-moi, paroles de Robert Nyel et musique de Gaby Verlor
  • 1970 : Les Pingouins, paroles et musique de Frédéric Botton
  • 1971 : La Chanson des vieux amants, paroles de Jacques Brel et musique de Gérard Jouannest
  • 1971 : J’arrive, paroles de Jacques Brel et musique de Gérard Jouannest
  • 1972 : Mon fils chante, paroles de Maurice Fanon et musique de Gérard Jouannest
  • 1977 : Non monsieur je n’ai pas vingt ans, paroles d’Henri Gougaud et musique de Gérard Jouannest
  • 1983 : Le Temps des cerises, poème de Jean-Baptiste Clément et musique d’Antoine Renard
  • 1988 : Ne me quitte pas, paroles et musique de Jacques BrelNote 12
  • 2006 : La Chanson de Prévert, paroles et musique de Serge Gainsbourg
  • 2009 : Le Déserteur, paroles et musique de Boris Vian

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