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Les châteaux de la Loire

Posté par francesca7 le 15 mai 2014

 

Château de Cheverny

Château de Cheverny

Avant de se couvrir de magnifiques et luxueux châteaux de plaisance bâtis par les rois de France et leurs courtisans, la région comptait nombre de donjons et forteresses réputés imprenables. Mais rares sont ceux qui ont gardé intacte leur architecture d’origine : du Moyen Âge au 19 e s., il y en a donc pour tous les goûts…

Des donjons…

À l’ époque mérovingienne , les forteresses rurales résultent souvent de la mise en défense d’anciennes villaegallo-romaines ou de la réoccupation de sites de hauteur (Loches, Chinon). Ce type de construction subsiste sous les Carolingiens, mais la menace normande entraîne une vague de fortification.

Le château à motte (10 e s.) est une tour de bois de plan quadrangulaire bâtie au sommet d’une levée de terre, entourée d’une palissade et précédée d’un fossé. Le seigneur, sa famille, le chapelain et quelques gardes habitaient la tour. Dans les maisons de la basse-cour (délimitée par un fossé et par une levée de terre surmontée d’une palissade) vivaient la garnison, les artisans, les valets ; étables, écuries, granges, fours et parfois un oratoire venaient s’y ajouter. La reconstitution de St-Sylvain-d’Anjou permet de se faire une excellente idée de ce qu’étaient ces premiers châteaux. Le 11 e s. voit apparaître les premiers châteaux en maçonnerie. Les donjons de Loches, de Langeais, de Montbazon, de Chinon (Coudray), de Beaugency en sont de remarquables spécimens. La rivalité des comtes de Blois et d’Anjou a multiplié les constructions de donjons en pierre dans la région. Le comte d’Anjou Foulques Nerra en a été un grand bâtisseur. Le donjon du 12 e s.domine une basse-cour protégée par une enceinte extérieure en pierre, progressivement flanquée de tours et de tourelles.

… aux châteaux forts

Au 13 e s. , sous l’influence des croisades et du perfectionnement des techniques d’attaque, d’importantes innovations apparaissent. Le château se rétrécit et multiplie les organes défensifs en s’efforçant de supprimer les angles morts. L’enceinte se hérisse de tours, et le donjon est étroitement incorporé à l’ensemble. Donjons et tours adoptent un plan circulaire. La base des murs s’élargit ; la profondeur et la largeur des fossés augmentent ; les dispositifs de tir s’améliorent : archères de type nouveau, mâchicoulis en pierre, plates-formes, bretèches, etc.

Les églises et les monastères, les villes et certains villages n’ont pas échappé au mouvement général de fortification, surtout pendant la guerre de Cent Ans.

Sur le plan militaire, le 14 e s. apporte des améliorations de détail : le donjon s’engage dans la masse des bâtiments ; parfois il disparaît, l’ensemble se réduisant alors à un grand corps de logis rectangulaire défendu par de grosses tours d’angle. L’entrée, ouverte entre deux tours semi-circulaires, est protégée par un ouvrage avancé (barbacane) ou par un châtelet autonome. Les courtines se haussent désormais jusqu’à la hauteur des tours.

Au 15 e s. , un toit pointu, en poivrière, coiffe le dernier étage. Vers le milieu du siècle, l’artillerie royale devient la première du monde. Aucune forteresse ne résiste à la bombarde et l’architecture militaire subit une complète transformation : les tours deviennent des bastions bas et très épais, les courtines s’abaissent et s’élargissent jusqu’à 12 m d’épaisseur.

La région présente un cas assez exceptionnel avec le château de Brézé. Un remarquable ensemble troglodytique, protégé par de profondes douves sèches, a été créé au 15 e s. pour accueillir une garnison de 500 hommes. Il a été utilisé par les troupes du Grand Condé.

Palais Renaissance

Au 16 e s. , les préoccupations esthé­tiques et de bien-être atténuent l’aspect militaire des châteaux. Fossés, donjons, tourelles ne sont conservés qu’à des fins de prestige. Le toit très aigu, hérissé de cheminées sculptées, couvre des combles spacieux, éclairés par de hautes lucarnes monumentales. Alors qu’auparavant on réduisait les ouvertures, points vulnérables par excellence, les fenêtres se font désormais larges et sont encadrées de pilastres.

L’escalier monumental à rampes droites, voûté en caissons et axé au centre de la façade, se substitue à la tourelle d’un escalier à vis masqué. Les artistes italiens en créent de nouveaux modèles, à vis superposées (Chambord), à volées droites et plafonds à caissons (Chenonceau, Azay-le-Rideau, Poncé).

Dans la vaste cour d’honneur, une galerie – nouveauté venue d’Italie à la fin du 15 e s. – apporte une touche d’élégance. Seule construction tradition­nelle, la chapelle continue à utiliser la voûte d’ogives et le décor flamboyant. L’apport italien apparaît surtout dans l’ornementation en faible relief.

Plutôt que de modifier leur précédent château, certains propriétaires ont fait le choix de juxtaposer des ailes aux façades très différentes. C’est en particulier le cas aux châteaux de Blois et du Lude.

À la façade extérieure François I er du château de Blois, Dominique de Cortone (1470-1549), dit le Boccador (« Bouche d’Or »), a cherché à imiter la « travée rythmique », alternance de baies, de niches et de pilastres, inventée par Bramante. À Chambord et au Lude, le décor s’épure sous l’impulsion de maîtres locaux, tel Pierre Trinqueau.

Du classique 17e s. aux fantaisies du 19e s.

Après le départ de la Cour pour l’Île-de-France, de hauts personnages continuent d’élever de beaux édifices, comme le château de Brissac (ajouts du 17 e s. sur une forteresse médiévale), marqué par l’alternance des matériaux, ou la ville et le château de Richelieu (détruit), qui annoncent Versailles. Les artistes viennent désormais de Paris. Cheverny est l’exemple même de la belle demeure classique, assez sévère extérieurement, avec une symétrie rigoureuse. Citons aussi l’aile Gaston-d’Orléans du château de Blois, le château de Craon.

Le 19 e s. est une période particulière­ment propice à la construction de châteaux tant dans les Pays-de-la-Loire qu’en Sologne : les classes dirigeantes s’y font bâtir ou rebâtir châteaux et manoirs, autour desquels elles viennent chasser.

Néo-Renaissance, néogothique, néoclassique ou totales réinterprétations sont les styles adoptés pour ces milliers de constructions, au confort plus adapté à la vie moderne, ce qui explique que beaucoup restent habitées aujourd’hui.

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Château des Réaux

 

L’expression châteaux de la Loire regroupe sous une même appellation un ensemble de châteaux français situés dans le val de Loire. Ils ont la particularité d’avoir été, pour la plupart, bâtis ou fortement remaniés à la Renaissance française, à une époque où la cour des rois de France était installée dans cette région.

La notion de châteaux de la Loire revêt principalement une acception touristique, liée à cette exceptionnelle densité de monuments à visiter. Il n’existe ainsi aucune liste exhaustive des châteaux dits « de la Loire ». Ils sont généralement circonscrits aux anciennes provinces d’Anjou, de Touraine et d’Orléanais, mais certains auteurs étendent le domaine des châteaux de la Loire jusqu’aux portes de Nantes, dans l’ancienne province de Bretagne, et d’autres jusqu’à Nevers.

 

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Au cœur des mégalithes de CORSE

Posté par francesca7 le 1 mai 2014

 

À partir du 4 e millénaire av. J.-C. apparaît un ensemble de civilisations fécondes en monuments originaux. La richesse de la Corse est, à ce sujet, exceptionnelle dans le bassin de la Méditerranée. On a repéré plusieurs centaines de menhirs dans l’île et sans doute un certain nombre d’autres dorment encore sous la terre.

la_punta.1369682.18L’art des Mégalithiques

La civilisation mégalithique (de mégalithe : grande pierre) se développe dans l’île vers 4000 av. J.-C. et s’y maintient jusqu’aux environs de l’an 1000 av. J.-C.

Cette civilisation élabore ses techniques et son propre mode de vie agro-pastoral. On note la pratique des inhumations dans des coffres , puis dans des dolmens , grandes pierres plates posées sur des pierres dressées verticalement. Dans le même temps apparaissent des blocs monolithes dressés : les menhirs . Ils sont isolés ou groupés en alignements ou en cercles.

À la fin du néolithique (2500-2000 av. J.-C.), naissent les mystérieuses statues-menhirs . Environ 80 statues anthropomorphes sont connues en Corse. Munies d’un nez, d’une bouche et d’une paire d’yeux, elles sont parfois sexuées, et alors en majorité féminines. Celles du sud de la Corse sont souvent armées (poignards, épées). Selon certains archéologues, les Mégalithiques auraient représenté ainsi leurs ennemis tués au combat. Cette explication reste très controversée ; la statue-menhir serait plus simplement la représentation d’un personnage défunt ou d’une divinité.

La région de Sartène et la basse vallée du Taravo conservent les monuments les plus caractéristiques de cette époque : ne manquez pas de visiter le site de Filitosa et les mégalithes de Cauria. Des vestiges subsistent aussi dans le Niolo, le Nebbio et la Balagne.

Les monuments torréens

Vers le milieu du 4 e millénaire av. J.-C. apparaît la civilisation torréenne qui doit son nom aux nombreuses tours ( torre ) qu’elle édifie. D’une dizaine de mètres de diamètre, les tours disposent d’une petite pièce centrale. Certaines forment un ensemble beaucoup plus vaste avec le village appelé castellu et une enceinte fortifiée. Des murs cyclopéens protègent les lieux : ils sont constitués de gros blocs de pierre irréguliers, assemblés sans mortier. On a longtemps cru que ces vestiges étaient l’œuvre d’un peuple d’envahisseurs, les Shardanes. On pense aujourd’hui que la civilisation torréenne est une évolution du peuplement insulaire mégalithique liée aux échanges maritimes avec le reste du monde méditerranéen.

Les monuments torréens les mieux conservés se situent sur le plateau de Levie et dans la région de Porto-Vecchio. Le gisement de Filitosa, dans la basse vallée du Taravo, présente un intérêt exceptionnel.

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Les vestiges de l’Antiquité

Sites grecs et romains

Les vestiges grecs et romains ne se rencontrent en Corse que dans les sites archéologiques d’Aléria et de Mariana. Aléria fut surtout une base navale, important relais commercial avec la Grèce et l’Italie. On découvre dans le musée une collection de cratères et de pièces provenant de l’Attique (territoire de la cité d’Athènes), de bronzes, de mosaïques, de monnaies, de poteries. Cet art témoigne de la perméabilité du milieu insulaire aux influences artistiques du monde méditerranéen.

À l’embouchure du Golo, jouxtant l’église de la Canonica, Mariana était une cité antique et un port où stationnait une partie de la flotte de Misène.

L’art paléochrétien

Le christianisme se répand en Corse sans doute au 3 e s. La plus ancienne tradition qui soit établie avec quelque sérieux remonte au martyre de sainte Dévote en 202. Différents indices archéologiques permettent de penser qu’entre le 3 e et le 5 e s., tout un art fleurit sur l’île et qu’il connaît son âge d’or durant la seconde moitié du 4 e s. Des basiliques paléochrétiennes ont été localisées à Calvi, Ajaccio, St-Florent, Sagone, Mariana… Le baptistère et les mosaïques découvertes sur le site de Mariana donnent une idée assez précise du milieu artistique évolué de la Corse à cette époque. Mais il ne nous reste que peu de témoignages paléochrétiens car au 5 e s., tous les bourgs situés le long des côtes furent pillés et saccagés par les hordes d’envahisseurs arrivés par mer.

L’héritage roman

L’art roman de Corse est considéré comme l’un des plus beaux d’Europe. Il éclôt sur l’île dès le 9 e s., atteint sa pleine maturité durant la seconde moitié du 11 e s. et se perpétue avec la même qualité jusqu’à la fin du Moyen Âge.

Les églises préromanes

Dès le 9 e s., des dizaines de petites églises et de chapelles rurales sont édifiées. La présence de bénédictins des îles toscanes stimule l’architecture romane primitive qui fleurit surtout, à l’écart du littoral, dans les lieux protégés des raids. Malheureusement, il ne reste aujourd’hui sur l’île qu’une quinzaine d’édifices, la plupart très ruinés. Citons St-Jean-Baptiste de Corte (9 e s.) avec son baptistère à peu près intact et Santa Maria de Valle-di-Rostino (10 e s.).

L’art roman pisan

Dès la fin du 11 e s., la république de Pise entreprend de réédifier les cathédrales côtières afin de repeupler les plaines littorales abandonnées. Elle reconstruit aussi les principales églises des vallées, les piévannies . Architectes, tailleurs de pierre, maîtres maçons et sculpteurs toscans viennent apporter leurs connaissances aux artisans corses. Ils élèvent des églises, principalement dans la Castagniccia, le Nebbio et la Balagne ; celles-ci servent également de maison du peuple et de tribunaux. L’église piévane de Carbini et l’abside de la cathédrale de Mariana représentent des chefs-d’œuvre du début de cette époque. Entre 1125 et 1160, période de maturité, on remarque en particulier la cathédrale du Nebbio à St-Florent et l’église St-Jean-Baptiste à Ste-Lucie-de-Tallano. À partir du milieu du 12 e s. apparaissent quelques édifices polychromes dont San Michele de Murato et La Trinité d’Aregno constituent les plus beaux exemples.

Le caractère si harmonieux de l’architecture pisane de Corse vient de la simplicité des lignes et de la pureté des volumes. Dans les édifices, seule l’abside est voûtée (d’un cul-de-four), mais jamais la nef, couverte d’une simple charpente, à l’exception de la chapelle San Quilico près de Figari.

Plan et dimension – La plupart des églises présentent une nef rectangulaire et un chœur semi-circulaire. Elles sont de dimensions modestes : 33 m de long pour la plus grande, la Canonica ; 7,5 m pour la plus petite, la chapelle San Quilico.

Matériau et appareillage – Les pierres, d’excellente qualité (schistes de Sisco, calschistes de la Canonica, granits de Carbini…), sont appareillées de la façon la plus heureuse. L’architecte conserve souvent les trous de boulin qui servaient à caler les échafaudages, et dans lesquels jouent l’ombre et la lumière. Les chevets ornés de bandes lombardes et de colonnettes engagées, les fenêtres-meurtrières ouvertes dans les murs latéraux, les losanges, rosaces et marqueteries, les toitures en lauzes ou pierres plates (teghje) constituent une architecture sobre et équilibrée.

Décoration – Des motifs sculptés apparaissent en façade, à la base des toits, aux encadrements des fenêtres. À partir de 1135, la polychromie naturelle de la pierre participe souvent à la décoration, comme l’illustre l’église de la Trinité d’Aregno. San Michele de Murato est aussi célèbre pour son parement en serpentine vert sombre et en calcaire blanchâtre que pour sa naïve décoration sculptée.

Les sculptures archaïques ornent parfois les corniches, les arcatures, les tympans des portails. D’un dessin stylisé, elles représentent des figures géométriques, des dents d’engrenage, des entrelacs, des animaux fabuleux, des scènes symboliques et des personnages énigmatiques exécutés en ronde bosse.

pt156664Des fresques habillent parfois l’intérieur de modestes sanctuaires. D’inspiration byzantine, elles seraient des œuvres d’artistes locaux du 15 e s. On admire les plus belles dans les chapelles de St-Michel de Castirla, San Nicolao de Sermano et Ste-Christine, près de Cervione. Le haut de la voûte est toujours occupé par le Christ en majesté entouré des symboles des évangélistes, tandis qu’en bas figurent les apôtres et des saints. Le style de ces fresques où dominent le vert clair, l’ocre et le rouge, rappelle l’art des peintres de Sienne au 13 e s.

Les canons de l’art roman continueront longtemps d’être appliqués en Corse : la chapelle Ste-Catherine de Sisco, par exemple, est de style roman et date pourtant du 15 e s. L’île passe ensuite presque sans transition du roman au baroque. On ne connaît que deux églises gothiques en Corse : St-François et St-Dominique à Bonifacio.

La floraison de l’art baroque

L’ancienne cathédrale de Cervione marque sans doute le point de départ, en 1584, de l’art baroque. Plus qu’un choix esthétique délibéré, le baroque corse apparaît comme une expression artistique du renouveau religieux lié à la Contre-Réforme.

Un renouveau religieux

Aux 17 e et 18 e s., sous l’occupation génoise, un style baroque très inspiré de l’Italie du Nord se développe dans les régions les plus aisées de l’île : la Balagne, la Castagniccia et la région de Bastia. Sans profusion monumentale extérieure, les églises offrent toutefois une façade ornée de corniches, pilastres, colonnes engagées supportant un décor de pinacles, volutes et coquilles, et sont souvent embellies d’un parement de pierres dorées. Un solide clocher carré, à plusieurs étages ajourés, domine l’édifice. Dans certains cas, il se dresse à l’écart de l’église.

Dans les villes génoises, notamment à Bastia, les sobres lignes de certaines façades d’églises contrastent avec des intérieurs somptueusement décorés d’ors, de marbres, de peintures en trompe l’œil, de meubles en bois sculpté, de stucs dorés de style baroque en honneur à Gênes au 17 e s. Dans les églises baroques de villages, on découvre de riches autels et des balustrades de chœur en mosaïques de marbre polychrome, importés de Ligurie. Les artistes locaux ont parfois exprimé un art haut en couleur et plein de saveur : l’église de Carcheto est un bon exemple de ce courant populaire.

Le rôle social des confréries – Apparues au 14 e s., les chapelles de confréries fleurissent par la suite dans toute la Corse en empruntant leur décor intérieur au riche répertoire baroque, tout en conservant un extérieur des plus simples.

L’architecture militaire

Littoral ceinturé de tours de guet, citadelles perchées sur des éperons, les témoignages d’architecture militaire sont toujours présents en Corse.

Les citadelles

Afin de développer les relations commerciales avec le monde méditerranéen tout en améliorant le système de défense de l’île, Gênes fonde à partir de la fin du 12 e s. les places fortes de Bonifacio, Calvi, Bastia, St-Florent, Ajaccio, Algajola et Porto-Vecchio. Les citadelles, dans lesquelles se serrent les hautes maisons, sont entourées de remparts défendus par des bastions.

Les tours

Pour lutter contre les invasions des pirates venus d’Afrique du Nord, l’ Office de Saint-Georges organise un système de surveillance et d’alerte sur 500 km de côtes en faisant construire des tours de vigie et de refuge. Dès que des voiles barbaresques se pointent à l’horizon, les guetteurs allument au sommet de l’édifice des feux qui alertent les villages. En outre, les notables font édifier des tours carrées qui servent d’habitation et, en cas de péril, d’abri. Aujourd’hui, sur les 85 tours dénombrées au début du 18 e s., 67 sont encore debout, plus particulièrement le long du Cap Corse et sur la côte ouest de l’île. Elles sont hautes de 12 à 17 m, d’une architecture rudimentaire, mais donnent au paysage une note romantique.

Les forts

Dans le Cap Corse (Rogliano) et en Corse-du-Sud (Tiuccia…), on observe des ruines de châteaux médiévaux qui appartenaient aux seigneurs de l’île. Quelques ouvrages militaires, conçus pour la défense d’un lieu stratégique, subsistent en partie. C’est notamment le cas du fort défendant le goulet de Tizzano dans le Sartenais.

L’architecture traditionnelle

Les villages

Dans les villages anciens, les maisons sont groupées dans un apparent désordre qui masque une organisation en blocs familiaux. Ils forment souvent un charmant dédale de ruelles empierrées en escalier et de passages couverts où il fait bon errer. Promenez-vous par exemple à Sant’Antonino en Balagne ou à Vescovato en Casinca. De rares villages conservent une maison forte (casa torra) , ancien habitat noble qui avait aussi une fonction défensive communautaire. On peut en observer à Ste-Lucie-de-Tallano , à Bicchisano , à Ste-Marie-Sicché.

La maison traditionnelle

Tout comme le village, la maison (a casa) est très importante pour un Corse. Il répugne à la vendre et même à la louer. Toujours simple et sobre, elle abritait autrefois la famille au grand complet. C’est une « maison bloc » à quatre pans, construite avec les pierres locales : blocs de schiste dans le nord de l’île, granit dans le centre et au sud, calcaire à Bonifacio et St-Florent. En montagne, les murs très épais sont percés d’étroites fenêtres empêchant le soleil d’entrer en été et les vents de s’infiltrer en hiver. Les toits sont recouverts de tuiles canal en Corse occidentale et de dalles de schiste lustré appelées teghje en Corse orientale, ce qui donne de jolis tons gris-bleu à Corte, verts à Bastia, gris-argent en Castagniccia. En Balagne, les toits sont remplacés par des terrasses utilisées pour le séchage des fruits au soleil.

Les bergeries

Disséminées dans les montagnes, elles sont plus ou moins abandonnées en raison de la décadence de la transhumance, mais abritent encore de mai à octobre quelques bergers et leurs bêtes. Ce sont de grossières constructions autour d’un assemblage de pierres sans mortier. L’installation du berger y est rudimentaire : sacabane (capanna) n’offre qu’une pièce sans fenêtre. Le berger dort sur un matelas de fougères disposé sur un bat-flanc. Il confectionne le fromage et le brocciu puis les dispose dans des caves-saloirs (casgili) . Si vous vous promenez dans le désert des Agriate, vous découvrirez quelques « paillers » , humbles constructions quadrangulaires en pierres sèches autrefois couvertes de branchages et d’un épais revêtement de glaise. En Castagniccia, on rencontre parfois, sous l’apparence de « bergeries », des séchoirs à châtaignes.

Les ponts génois

On désigne volontiers sous ce terme général tous les ponts tant soit peu anciens de l’île. En fait, quelques-uns datent de la période pisane. Puis, à partir du 16 e s., Gênes en fait construire un grand nombre sur des itinéraires très fréquentés afin de développer les échanges commerciaux et agricoles dans l’île. Ces ponts portent une arche unique et une étroite chaussée empierrée, à la brisure très accentuée. Leur hauteur et leur position à un endroit large du cours d’eau sont calculées en prévision des crues parfois subites et violentes sous le climat méditerranéen.

Les fontaines

Au bord des chemins, à l’entrée des villages ou en forêt, on peut se rafraîchir à la source de charmantes fontaines rustiques faites de galets.

 

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L’expérience de Martel dans la Vallée de la LOUE

Posté par francesca7 le 25 avril 2014

 

C’est la vallée des peintres, en particulier celle de Courbet qui puisa dans ses rives boisées l’inspiration de nombreux chefs d’œuvre. Elle offre, ramassées sur un court trajet, les spectacles les plus divers, les plus pittoresques, et intéresse aussi bien le curieux de géographie que le fervent de la nature, l’automobiliste que le promeneur.

L’histoire de la vallée de la Loue commence véritablement avec l’invasion des Burgondes. Jusque là, la région n’était qu’une immense forêt. Dès le 6ème siècle, des moines – Mouthier Haute Pierre perpétue leur souvenir (moûtier = monastère) – retirés dans cette solitude défrichent et cultivent la région. Plus tard, les comtes de Bourgogne font du château d’Ornans leur résidence d’été, d’autres féodaux surveillent la Loue, du haut de forteresses dont on rencontre encore les ruines. L’histoire de ce coin jurassien n’est faite alors que des rivalités, alliances et querelles de ces familles  seigneuriales.

Au 16ème siècle, la vallée est comblée de bienfaits par les Granvelle ; mais au siècle suivant la lutte que mène Richelieu contre la Comté, puis la peste, la ravagent. Ornans en sort avec 800 habitants sur 2 800. Quand Louis XIV annexe la Compté, tous les châteaux sont démantelés.

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L’expérience de MARTEL – Un jour de l’été 1901, André Berthelot, fils du célèbre chimiste, se trouvant en promenade à la source de la Loue, remarqua que l’eau avait la couleur et l’odeur de l’absinthe. Il la goûta ; la Loue était bien transformée en apéritif gratuit. Or, l’avant-veille, à Pontarlier, au cours d’un incendie  l’usine Pernod, un million de litres d’absinthe s’étaient déversés dans le Doubs. La Loue semblait donc être une résurgence du cours d’eau jurassien.

La démonstration scientifique en fut faite par le grand savant Edouard-Alfred Martel. Il repéra, près de Pontarlier, une crevasse dans le lit du Doubs et y déversa un puissant colorant vert. Soixante-quatre heures plus tard, la source de la Loue était du même vert magnifique. Les usiniers des bords du Doubs, dont la force motrice était souvent réduite aux basses eaux, se mirent alors à recherche fiévreusement les crevasses du lit de la rivière pour les.  Les riverains de la Loue, craignant de voir tarir leur rivière, protestèrent contre cette pratique avec l’énergie du désespoir. Un arbitrage intervient ; il laissait en l’état des entonnoirs déjà bouchés, mais interdisait d’en obstruer d’autres ; un petit barrage, établi à l’extrémité Nord du lac de St Point, a transformé cette nappe d’eau en bassin de retenue qui régularise le débit du Doubs.

UN COURS CAPRICIEUX – Surgie du roc, la Loue – autrefois la Louve – court au fond des grandioses gorges de Nouailles, étroites, sinueuses et profondes, où les cascades se succèdent. Ce défilé résulte de l’effondrement de la voûte qui recouvrait le torrent, autrefois souterrain. Des résurgences secondaires apportent un supplément d’au ; elles naissent soit dans le lit même de la rivière, soit dans des grottes riveraines ; Puis les falaises s’écartent, formant, à Mouthier Haute Pierre et a Vuillafans, des bassins encaissés sur les pentes desquels poussent la vigne et les cerisiers. Bientôt, la Loue n’est plus le jeune torrent qui dévale impétueusement, mais une rivière assagie, reflétant paisiblement, dans son miroir, la coquette petite ville d’Ornans.

Entre Ornans et Chenevey Buillon, elle développe ses méandres entre des versants plus ou moins écarts, mais toujours élevés, dominés par ces corniches calcaires qui marquent l’entaille faite dans le plateau par la rivière, lors de son enfoncement progressif. Après Chenecey, la Loue parvient jusqu’à 3 km du Doubs, mais n’arrive pas à percer l’ultime chaînon qui l’en sépare ; reprenant vers le Sud sa course vagabonde, elle arrose la jolie vallée de Quingey. Un peu avant Port Lesney, changeant une dernière fois de direction, elle serpente mollement dans la plaine, avant de restituer du Doubs les eaux qu’elle en a reçues.

 

 

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le Fameux plan TURREAU

Posté par francesca7 le 9 avril 2014

 

colonnesLouis-marie Turreau était née à Evreux le 4 juin 1756. Il n’était ni comédien, ni auteur dramatique, ni artisan, mais ancien surnuméraire aux Gardes d’Artois. Lancé dans la politique en 1792. il avait été porté à la tête du bataillon des Volontaires de l’Eure. III a été très rapidement promu adjudant général le 7 juin 1793, général de brigade le 30 juillet, général de division le 18 septembre, et il va avoir sous ses ordres toutes les forces républicaines qui, avec des chefs de valeur, comme Kléber, Marceau. combattent maintenant partout victorieusement les royalistes.

En effet, depuis le décret de la Convention apeurée, la situation a beaucoup évolué. Ce n’est plus une Vendée inquiétante à qui on a affaire.

Au début de janvier 1794 la Vendée n’existait plus. Des 60000 combattants de la grande armée victorieuse, 4 et 5000 seulement, ayant pu repasser la Loire à Ancenis, avec La Rochejaquelein et Stofflet, se sont immédiatement dispersés, accablés. Leurs chefs se cachent. Charette, chassé de Noirmoutier et du pays de Retz. tient encore la campagne, seulement suivi par 400 fidèles. C’est sur cette Vendée là que va s’acharner Turreau.

En somme le décret du 1er août n’a été que peu appliqué. S’il y a eu des destructions et de terribles massacres, ce fut, en général, dans l’action, dans la folie des combats. Voici l’heure : cette Vendée, il faut l’achever, la détruire totalement, non seulement ses maisons, ses champs, ses récoltes, mais aussi ses habitants, tous ses habitants : les hommes survivants, bien sûr, mais aussi tous les autres les enfants, les femmes, les vieillards. Tout. Plus rien que des amoncellements de cadavres sur une terre déserte. On n’aura plus à craindre cette race maudite. plus à craindre alors seulement.

Et c’est un plan monstrueux. Ce plan. Turreau le doit en partie à son chef d’état-major, le général Robert, l’ancien comédien du théàtre de Tours (il a vingt-six ans) : six divisions, de deux colonnes chacune, marchant d’est en ouest sur une longueur de vingt lieues, ratisseront les territoires insurgés, avec comme points de départ : Les Ponts-de-Cé, aux portes d’Angers, Brissac, Doué-la-Fontaine, près de Saumur, Argenton-le-Peuple (ci-devant Argenton-le-Chateau), Parthenay et Bressuire. Ces colonnes seront justement appelées par l’Histoire : les Colonnes infernales. Outre les localités de départ seront seules épargnées celles formant les points de ralliement : Saint-Florent-le-Vieil, Luçon, Montaigu, La Chataigneraie, Sainte-Hermine, Machecoul, Challans, Chantonnay, Saint-Vincent, Cholet ; dix localités sur l’immense territoire s’étendant de Saumur à la mer et d’Angers à Niort !

 

Ce plan monstrueux, Turreau l’a soumis aux Représentants en mission. Précisant que le départ des colonnes a été fixé à la fin du mois de janvier. il leur écrit, le 15 (27 nivose) — et il faut lire et relire ce texte :

Mon intention est de tout incendier et de ne préserver que les points nécessaires à établir nos cantonnements propres à l’anéantissement des rebelles, mais cette grande mesure doit ètre prescrite par vous. Je ne suis que l’agent du Corps législatif, que vous devez représenter en cette partie. Vous devez également décider sur le sort des femmes et des enfants que je rencontrerai en ce pays révolté. S’il faut les passer tous au fil de l’épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité.

Les Représentants font la sourde oreille. Turreau s’adresse alors plusieurs fois au Comité de Salut public. Il écrit, le 17 janvier :
La promenade militaire que je médite sera terminée le 15 ou 16 pluviose (3 ou 4 février). Je le répète. je regarde comme indispensable de brûler villes, villages et métairies, si l’on veut entièrement finir l’exécrable guerre de Vendée, sans quoi je ne pourrais répondre d’anéantir cette horde de brigands. J’ai donc lieu d’espérer que vous l’approuverez. Je vous demande la grâce de me répondre par retour du courrier.

Le 19 janvier, une réponse enfin, où l’ambiguté le dispute à l’hypocrisie : Tu te plains, citoyen général. de n’avoir pas reçu du Comité l’approbation formelle de la totalité de tes mesures. Elles lui paraissent bonnes et tes intentions pures. mais éloigne du théâtre des opérations, il attend les grands résultats pour se prononcer dans une matière ou on l’a trompé tant de fois, ainsi que la Convention nationale

sacrifie

De toute façon les ordres sont simples : pas question de se battre contre des hommes armés ; au contraire, il faut cesser toute attaque, éviter toute embuscade, ne plus accepter la guerre comme une lutte, mais uniquement comme un moyen de supprimer son ennemi : il faut détruire, tout détruire sur son passage, dans des « promenades » c’est le nom que leur donnent les généraux — dont la marche est précisée de semaine en semaine.

La Vendée doit devenir un désert, une contrée neuve, sans passé, sans nom — on l’appelle maintenant le département « Vengé » —, sans caractère, et surtout sans habitants autochtones. Plus tard, on la peuplera de nouveaux habitants.

Ce plan n’aurait pu être effectué si on n’avait trouvé et les généraux pour commander ces colonnes et les hommes pour les composer. Pour ces derniers, on ramasse qui veut ; les candidats sont nombreux, car toute licence leur est octroyée : ils peuvent voler, violer, piller, comme ils l’entendent. Quant aux généraux, on chercherait en vain leurs noms dans la liste des chefs valeureux sur les champs de bataille d’Europe. Seules les atrocités ordonnées et accomplies sur une population sans défense doivent perpétuer leur souvenir dans l’Histoire et surtout dans la mémoire des vendéens : Cordelier, Grignon, Caffin, Crouzat, Lachenay, Amey… Sur tout le territoire de la Vendée militaire, pendant tout un semestre, on fusille, on égorge, on noie, on assomme, on sabre, on brûle. Aucun scrupule, aucun cas de conscience, aucune pudeur n’entravent la correspondance de ces généraux qui racontent à leurs chefs, avec flegme et même avec enthousiasme et humour, leurs actes les plus atroces.
Ces rapports, quasi quotidiens, nous les connaissons bien, grâce au livre de Savary, « officier supérieur des armées de la république », grâce aussi au volumineux dossier W22 des Archives nationales. Ce ne sont qu’exterminations, villes ou villages brûlés, hommes égorgés, femmes violées et éventrées, enfants écrasés, raffinements de barbarie, débauches au milieu du sang, froides vantardises de scélératesses, tous les excès et les turpitudes où se puisse porter la brute humaine dépourvue de conscience et de foi. Le tout relaté avec plaisanteries, jeux de mots, quolibets.

Grignon, le 22 janvier :
Toutes les métairies, les bourgs et les villages que nous avons rencontrés aujourd’hui comme hier, ont été passés aux flammes. Ma colonne de gauche en a fait autant. Nous en tuons près de deux mille par jour. »

Caffin, commandant la troisième division, et qui avait quelque difficulté avec l’orthographe : Je t’aubserve, camarade Turreau, que tu ne panse peut-être que le pays compause plus de quinze cent maisons, sans conter les métairies. Lorsque j’eincendis, je veux qui reste pas vaistiges et je commance le matin par les églises et les chappeles, après les maisons. J’ai fais tué ce matin cinquante-trois femmes, autant d’enfants. Pas un brigand n’a échappé. »

Cordellier, commandant la cinquième division :
J’ai brûlé toutes les maisons et tous les bois et égorgé tous les habitants que j’ai trouvés. Je préfère égorger pour économiser mes munitions. J’ai détruit ce matin trois cent cinquante hommes et femmes, la plupart sans armes. Tous les bestiaux ont été détruits. Mon adjoint Crouzat, commandant le seconde colonne, a tué hier au seul bourg de Gonnord trois cent dix brigands : vieillards, femmes et enfants, mis vivants dans le fossé. Dans ce moment, quarante métairies
éclairent » la campagne.

Avant de mettre le feu aux bâtiments, on y enlevait les grains et les fourrages qui pouvaient y rester, car, jusqu’à ce sinistre mois de janvier 1794, la dévastation n’avait été que partielle. Il y avait donc, accompagnant la troupe, des agents des subsistances militaires ». C’est le témoignage d’un de ceux-ci, Beaudusson, que nous citons, entre des centaines que nous possédons, parce qu’il nous semble sur ce point particulièrement significatif. Nous sommes avec la quatrième division, dont Turreau commande lui-même une colonne :

Jusqu’à Cholet, ils ne cessèrent de tout incendier : châteaux, maisons, métairies. La route de Cholet à Vihiers (presque huit lieues !) était jonchée de cadavres. Partout, les champs voisins du grand chemin étaient couverts de victimes égorgées. Voulant m’assurer par moi-même s’il restait encore des subsistances à enlever des maisons à moitié brûlées, je me transportai dans quelques-unes. Mais qu’y trouvai-je ? Des pères, des mères, des enfants de tout âge et de tout sexe, baignés dans leur sang, nus, dans des postures que l’âme la plus féroce ne pourrait envisager sans frémissement. L’esprit se trouble même en y pensant.

Cependant, triomphant — pour un temps — Turreau, dès le 24 janvier, écrit au Comité de Salut public :
« J’ai commencé le plan que j’avais conçu de ma promenade en Vendée, en la faisant traverser par douze colonnes, qui ont déjà fait des merveilles : pas un rebelle n’a échappé à leurs recherches. Une quantité considérable de grains a été découverte et des ordres aussitôt donnés pour les faire filer sur les derrières. J’espère aussi avoir bientôt à vous offrir une collection intéressante de vases sacrés, d’ornements d’église et autres, d’or et d’argent. Enfin, si mes intentions sont bien secondées, il n’existera plus en Vendée sous quinze jours ni armes, ni subsistances, ni habitants que ceux qui, cachés dans le fond des forèts, auront échappé aux plus scrupuleuses perquisitions. Il faut donc que tout ce qui existe encore de bois de haute futaie soit abattu, à charge de vider le pays entièrement.

 

SUITE à l’intervention des municipalités républicaines qui commencèrent à réagir, Turreau, soudain, prend peur. Il va maintenant plaider coupable et changer totalement, humblement, de tactique. Il triomphait cependant, il y a quelques mois, et voici qu’il avoue :
« Tout ce qui m’a été conseillé de faire n’a abouti à rien. Les brigands se battent sur les ruines de leurs chaumières comme tant d’autres se battent pour préserver les leurs si elles étaient debout. Plus de cent Représentants et généraux sont venus s’user dans ce pays maudit. Cela
tient au courage fabuleux des brigands. Il y a quelque chose de surnaturel dans cette opiniâ treté dont aucun peuple n’a jamais donné l’exemple. Il faut abandonner ce système, c’est le seul moyen qui nous reste pour triompher d’un acharnement inexplicable. Nous avons été durs, essayons des voies de douceur. »

Il en était bien temps. Ses promenades avaient fait près de deux cent mille victimes !

Turreau, relevé de son commandement le 18 mai, est décrété d’arrestation le 30 septembre 1794, à la suite des rapports particulièrement accablants émanant du Comité révolutionnaire des Sables (les 9 et 11 août), de la Société populaire de Fontenay et de l’Administration du district de Challans (2 et 4 septembre). Jugé le 19 décembre 1795 pour un Conseil militaire, présidé par le général Berruyer et formé par Bonaparte, alors général en chef de l’armée de l’Intérieur. il est acquitté, à l’unanimité…« Toutes les fois que je me réveille la nuit. disait Marceau — qui avait, lui, loyalement combattu les insurges — toutes les fois que je me réveille la nuit en songeant aux terreurs de la Vendée, ces affreux souvenirs me déchirent. il n’y a plus de sommeil pour moi. » Turreau ne cessa jamais de dormir sur ses deux oreilles. Si le Directoire le tient un peu à l’écart, Napoléon le fait baron, grand officier de la Légion d’honneur, et l’envoie en 1807 aux Etats-Unis comme ministre plénipotentiaire — il y restera trois années — puis lui confie un commandement dans le corps de la Bavière de la Grande Armée. Tout simplement, après la première chute de l’Empire, il se rallie à la Couronne. Et pourquoi pas !

 

 

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Repères dans l’art des jardins de la Loire

Posté par francesca7 le 4 avril 2014

 

Un pays fleuri et cultivé au gré des modes : jardins médiévaux, inspirés de la Renaissance italienne, « à la française », « à l’anglaise » ou contemporains se succèdent comme autant de sources de plaisirs raffinés ou de pieuse méditation.

220px-Chateau_chenonceau_frLe jardin des origines

L’histoire se heurte à un obstacle majeur : le végétal est par essence éphémère. À part l’olivier qui peut collectionner les millénaires, les arbres vivent cent, cinq cents, exceptionnellement mille ans pour les ifs puis meurent. Et que dire des arbustes, des fleurs ou les légumes ? Reste-t-il quelque part dans le monde un jardin intact, un jardin des origines, ne serait-ce qu’un jardin romain, médiéval ou de la Renaissance ? Non. Ni en Val de Loire ni ailleurs. Justement, où les jardins sont-ils nés ? Étonnamment, l’étymologie, l’histoire et la Bible nous mènent vers une source plus ou moins commune des jardins d’Occident, qui est… un paradis ! Le mot paradis vient en effet du persan pairidaeza qui signifie jardin, enclos. Avec l’exil des Hébreux, ce mot donna pardes dans la Bible, puis paradeisos (notre paradis) en grec. Rappelons aussi que, dans la Bible, l’homme et la femme sont créés dans un jardin merveilleux, le paradis, planté d’arbres à fruits, abritant les animaux et d’où un fleuve, divisé en quatre bras (dont peut-être l’Euphrate), irrigue les quatre points cardinaux.

Le plan du paradis

Au-delà du mot, les origines de l’art des jardins se trouvent justement, via la Grèce antique et Rome, dans ces régions proches du Tigre et de l’Euphrate : elle passe par l’influence fondatrice de l’Égypte, où les tombeaux sont ornés de peintures idéalisées de jardins, avec leur technique d’irrigation et des plantes aux significations symboliques, puis par la découverte du pairidaeza, décrit pour la première fois par le Grec Lysandre au 5e s. av. J.-C. Ce visiteur émerveillé a pour guide le roi perse lui-même, Cyrus , présenté comme un roi jardinier, qui se préoccupe en personne de semer et de soigner ses arbres. Son jardin abrite entre ses murs des arbres fruitiers, baignés du parfum de multiples fleurs. Dans son palais d’Ispahan (6 e s. av. J.-C.), des fouilles ont mis au jour un de ces jardins clos, avec ses canaux et sa salle à colonnes, les tapis en reproduisant souvent le plan. De la même époque datent les célèbres jardins suspendus de Babylone . Quel lien le jardin occidental a-t-il avec ces lointaines descriptions ? Protégés dans un espace clos, les arbres et les fleurs, dont la vie en zone aride est conditionnée par l’irrigation, s’ordonnent le long de deux allées en croix bordées de canaux qui partagent l’espace du jardin en quatre. Ce plan traverse siècles et contrées de manière exemplaire : c’était vraisemblablement celui des Égyptiens, ce sera celui des jardins perses, babyloniens, grecs, romains, des jardins dits musulmans et des cloîtres monastiques !

Jardins des sens et sens du jardin

images (8)Ces jardins qui émerveillent les visiteurs naissent à la frange du désert et affirment dès l’origine toutes leurs fonctions actuelles. Leur mur protège des bêtes sauvages des arbres parfois rapportés de fort loin, portant des fruits comestibles. L’eau qui y coule avec un bruit charmant proclame une victoire de l’intelligence humaine sur la nature, l’ombre de ses arbres protège du soleil autant le visiteur qu’un second étage de végétation, qui compte des herbes aromatiques ou médicinales, des fleurs pour leurs couleurs et leur parfum, parfois aussi de beaux oiseaux. Bien-être, beauté, nourriture, soin, mais aussi science, pouvoir et prestige s’unissent pour combler les sens.

Jardin clos du Moyen Âge

« J’ai un jardin rempli de plantes parfumées où fleurissent la rose, la violette, le thym et le crocus, le lis, le narcisse, le serpolet, le romarin, le jaune souci, le daphné et l’anis. D’autres fleurs s’y épanouissent à leur tour de sorte qu’à Bourgueil le printemps est éternel… » écrit, en l’an 1100, l’historien et poète Baudry de Bourgueil à propos de son abbaye. Les sources en Val de Loire ne nous permettent pas de remonter au-delà du Moyen Âge, mais les abbayes de Bourgueil, Marmoutier ou Cormery possèdent un jardin. Traditionnellement, ces jardins monastiques sont divisés en parcelles carrées ou rectangulaires comprenant le potager (hortulus) , le verger(pomarius) , le jardin médicinal (herbularius) , et le cloître pour la méditation. S’y ajoute vers la fin du Moyen Âge un jardin clos (hortus conclusus) , image de la Vierge. Les fleurs – aux vertus symboliques – servent à fleurir les lieux saints. Les nobles possèdent aussi des jardins d’agrément, clôturés et divisés selon les mêmes principes, auxquels s’ajoutent de vastes parcs, avec bois et étangs.

Les méthodes de culture utilisent le plessis (tressage du bois surélevant, drainant et réchauffant le sol), la taille, le tressage des végétaux vivants. Les jardins comptent des banquettes de verdure où s’asseoir, des tonnelles, des prairies fleuries.

Quelques créations contemporaines permettent d’imaginer ces lieux. Le jardin en terrasses du château de Bloisa été aménagé par Gilles Clément en un jardin des fleurs royales (lis, iris et hémérocalles) et un jardin des simples (plantes aromatiques et médicinales). À St-Cosme , où Ronsard fut prieur, la rose est omniprésente : huit espaces y déclinent l’art du jardinage du Moyen Âge à la Renaissance.

Renaissance et perspective

Avec la Renaissance, les jardins, comme les autres arts, s’imprègnent d’influence italienne, qui passe d’abord par les récits admiratifs des voyageurs puis par la traduction d’ouvrages. Au 15 e s., les « carreaux » fleuris, installés par le roi René dans ses manoirs d’Anjou et par Louis XI au Plessis-lès-Tours, présentent des berceaux de feuillage et des fontaines à l’intersection des allées qui dispensent une douce fraîcheur au promeneur, distrait en outre par des animaux élevés en liberté ou gardés dans des ménageries et des volières. Charles VIII, enthousiasmé par les jardins qu’il découvre lors de sa campagne en Italie (1495), fait venir le jardinier napolitain Pacello de Mercogliano , qui aménage les jardins d’Amboise puis, plus grands et plus modernes, ceux de Blois. Entre 1553 et 1557, Diane de Poitiers fait réaliser les premiers jardins de Chenonceau (11 000 jours de travail, 7 000 tombereaux de terre transportée), qui mélangent arbres fruitiers, légumes et fleurs.

Si les techniques (tressage, taille) et la division des espaces restent les mêmes qu’au Moyen Âge, la distribution dans le plan s’ordonne et s’imprègne peu à peu de symétrie. Plus vaste que celui des jardins clos, il s’articule autour d’un axe principal incluant les bâtiments. Les jardins s’affirment en effet comme un prolongement de l’architecture des châteaux, dans une mise en scène toute théâtrale recelant des statues antiques. L’ eau , qui s’anime de canaux, jets, bassins, miroirs et cascades (à partir du 16 e s.) devient un élément central… Dans le même temps, l’art se veut plus proche de la nature et les jardins intègrent progressivement l’idée de perspective : même s’ils restent composés d’espaces clos, ils peuvent s’étager à flanc de coteau et ouvrir par quelques percées sur le paysage alentour. Les espèces cultivées restent les ifs, les buis et les charmes qui se prêtent à la taille sculpturale des jardiniers. S’y ajoutent des plantes nouvelles : un des premiers bigaradiers (oranges amères) français est offert en cadeau de mariage à Louis XII, la tulipe venue de Turquie éblouit les Flandres pour provoquer, un siècle plus tard, un fantastique mouvement de spéculation financière. Ces plantes exotiques alignées dans les parterres sont objets d’admiration au même titre que les statues ou bassins.

Au château d’Angers, l’actuel petit jardin méditerranéen rappelle ce goût des plantes exotiques , tandis que les jardins de Chenonceau, de Villandry, de Chamerolles et ceux en terrasses de Valmer évoquent les jardins Renaissance.

Le labyrinthe végétal

Généralement dessiné par des ifs, il apparaît dans les jardins à la Renaissance. Si au 16e s. il s’élève au niveau du genou, il se fait beaucoup plus haut à partir du 17e s., cachant dans ses méandres des jeux galants, une grotte… On en retrouve dans de nombreux jardins : Villandry, Chenonceau, Chamerolles…

Jardin « à la française »

images (9)En France, le 17 e et le 18 e s. poussent à leur paroxysme les principes et techniques de la Renaissance. Le plan d’ensemble du jardin dégage de vastes perspectives . Les bosquets et parterres ne sont plus seulement symétriques, ils sont aussi redistribués suivant leur fonction : le potager est caché, voire relégué, le verger aussi, sauf si ses arbres sont conduits en espalier (les techniques de taille atteignent un summum à Versailles). Lesparterres dessinés sont bordés de bosquets boisés, percés de larges allées en étoiles. L’ art topiaire , déjà présent dans les galeries, les haies, les pergolas, les charmilles, trouve une scène de choix dans les parterres de broderies, dont les arabesques de végétaux taillés se détachent sur fond de sable ou de gravier. Canaux, fontaines, bassins s’intègrent dans cette symétrie, de même que les fleurs exotiques, toujours présentes et mises en valeur dans des parterres légèrement surélevés. La rigueur triomphe, la nature est contrôlée, dominée, architecte et maître jardinier travaillent de concert. La mode des jardins « à la française » gagnera l’ensemble de l’Europe, du Portugal à la Russie, en passant par l’Angleterre, l’Autriche et la Hongrie.

Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, livre un atout horticole majeur au Val de Loire. Installé à Blois, celui-ci possède en effet le palais du Luxembourg et sa collection botanique. Par lui, les nouvelles introductions arrivent à Blois, dans un jardin hélas disparu aujourd’hui.

Jardin « à l’anglaise »

Promis à la même expansion que les jardins « à la française », les premiers parcs paysagers font leur apparition dans les années 1710 en Angleterre. Rompant avec l’accentuation perpétuelle de la géométrie, le plan simule au contraire un naturel trompeur fait de pittoresques allées tortueuses, de pelouses ondulées, de ruisseaux sinueux, de pièces d’eau, ruines, bancs, rochers, statues, bosquets… dont l’agencement très étudié semble l’œuvre du hasard. Les acclimatations d’arbres et de plantes exotiques continuent, mais doivent elles aussi s’intégrer de manière naturelle au site.

Les jardins romantiques ou « anglo-chinois » connaissent en France une grande vogue à la fin du 18 e s., stoppée par les troubles révolutionnaires. Des « fabriques » ou « folies » agrémentent ces parcs : imitations de ruines antiques, pyramides égyptiennes, pagodes chinoises, kiosques ottomans… La pagode de Chanteloup(1775-1778), imitation de celle des jardins royaux de Kew, à côté de Londres, et la rotonde de l’Abondance, construite par Soufflot pour faire la jonction entre l’orangerie et le château de Ménars, en sont de beaux exemples.

Le 19 e s. voit aussi la naissance des parcs urbains et un engouement pour les jardins de fleurs, favorisés par la production en serres. Le jardin du Mail d’Angers (1859) est un jardin public de style néoclassique, exceptionnellement fleuri à la belle saison, avec kiosque à musique et statues. Citons également le jardin d’horticulture du Mans, créé au 19 e s. par Jean-Charles Alphand, auteur des parcs parisiens des Buttes-Chaumont, Montsouris et Monceau.

L’éclectisme et l’exotisme sont à la mode à la Belle Époque, comme en témoigne le parc de Maulévrier (1899-1913), le plus grand jardin japonais d’Europe, œuvre d’Alexandre Marcel.

Les créations contemporaines

Peut-être parce qu’il reste trop proche, le 20 e s. donne l’impression d’avoir nourri de multiples tendances parmi lesquelles il est difficile de reconnaître un axe majeur. Par le thème de ses expositions (« Acclimatations », « Jardin des curiosités », « Potager », « Mosaïculture », etc.) le Festival international des jardins à Chaumont-sur-Loire , créé en 1992, offre un bon reflet de cette multiplicité. Avec plus de 160 000 visiteurs chaque été, c’est aussi la première manifestation française dans l’art des jardins et l’une des plus importantes d’Europe.

En Val de Loire, le jardin du 20 e s. s’est beaucoup tourné vers les reconstitutions historiques, dont Villandry est le précurseur (1906).

Les collections de plantes s’avèrent aussi un axe important. Retenons celles, nationales, du Pré de Culands (houx), du parc floral de la Source, à Orléans (iris, clématites), ou des Grandes Bruyères (roses à parfum, magnolias, cornouillers de Chine et d’Amérique).

Le paysagiste Gilles Clément (jardins du château de Blois et du musée du Quai-Branly à Paris) met en avant une autre tendance contemporaine, qui est comme une prolongation très radicale du tournant pris au 18 e s. par les parcs à l’anglaise. Ce principe, baptisé par lui « jardin en mouvement », prône une intervention minimale dans le jardin : les plantes meurent et se ressèment naturellement, le jardinier n’intervient que pour les contrôler ou favoriser leur croissance. Ce principe, qui requiert du jardinier la capacité à identifier toutes les plantes et une conception du site sans cesse en évolution, est appliqué dans quelques rares jardins (une partie du parc André-Citroën à Paris, parc Matisse à Lille, quelques lycées horticoles dont celui de St-Herblain près de Nantes).

 

 

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A l’Académie française : des révélations

Posté par francesca7 le 2 avril 2014

 

Le Point.fr - 

Dans une enquête riche en révélations, Daniel Garcia lève le voile sur les moeurs de l’Académie, mais surtout sur son exceptionnel patrimoine. Entretien.

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L’Académie française est une drôle de dame. Daniel Garcia a décidé d’y aller voir de plus près. Au bout du compte, le journaliste livre une enquête riche en révélations sur cette institution vieille de plusieurs siècles. De l’élection de François Weyergans au rang d’immortel aux secrets du marché de l’occasion de l’habit vert en passant par le rôle joué par les académiciens lors du mariage pour tous, les anecdotes ne manquent pas. Certaines tendent à faire sourire, d’autres sont révélatrices de coutumes peu orthodoxes. 

Dans un chapitre intitulé « Le Monopoly du Quai Conti », Daniel Garcia lève le voile sur l’immense richesse de l’Institut de France, la maison mère de l’Académie française et de ses soeurs. La Coupole est riche, très riche. Sa fortune est estimée à un milliard d’euros. Et ce, rien que pour les liquidités, s’il vous plaît. À quoi il convient d’ajouter plusieurs dizaines de propriétés : le château de Chantilly, son jardin et son musée, la maison Claude Monet à Giverny, la bibliothèque Mazarine, l’abbaye royale de Chaalis, des châteaux un peu partout en France (et en Europe), des centaines d’hectares ou encore des immeubles dans les plus chics arrondissements parisiens…

Le plus piquant n’est pas là. Daniel Garcia s’est intéressé à des dossiers inconnus ou presque du grand public. S’y croisent : Nicolas Sarkozy, Liliane Bettencourt et sa fille, Éric Woerth. L’auteur s’étonne aussi de la bienveillance suspecte de la Cour des comptes quant à la mauvaise gestion des finances de la Coupole. Le portrait le plus acerbe est consacré à Gabriel de Breuil, le chancelier de l’Institut de France. Moqué pour son extrême arrogance, pointé du doigt pour ses pratiques peu scrupuleuses, l’homme n’en ressort pas indemne. 

Le Point.fr : Depuis la sortie de votre livre choc à la mi-février, l’Institut de France a-t-il déposé plainte ? 

 

Daniel Garcia : La veille de la parution, l’Institut annonçait qu’il portait plainte pour diffamation. Près de deux mois plus tard, mon éditeur n’a toujours pas reçu d’assignation. Cela ne m’étonne guère. Trois académiciens m’avaient prévenu qu’il ne se passerait rien. Voilà où nous en sommes aujourd’hui. En revanche, mon éditeur a reçu plusieurs lettres, qui m’étaient destinées, d’employés de l’Institut disant leur souffrance ou leur colère de devoir travailler aux ordres du chancelier Broglie. 

Justement, à plusieurs reprises, vous sous-entendez que Gabriel de Broglie, le chancelier de l’Institut, donnerait dans l’abus de bien social et les détournements de fonds. Pouvez-vous être plus précis ?

Dans le cas, par exemple, de la vente de l’immeuble de l’avenue Gabriel, où Broglie est intervenu, je crois qu’en me lisant attentivement, on comprend de quoi il retourne. Ces 3,3 millions d’euros en liquidités, sortis des comptes de l’Institut à l’occasion de cette transaction, devraient en interpeller plus d’un. 

Comment Gabriel de Broglie peut-il agir avec autant d’impunité ? 

Gabriel de Broglie s’imagine vivre sous l’Ancien Régime. Il doit penser que tout lui est dû. Les anecdotes, innombrables, sur son arrogance, sont édifiantes. Et la façon dont il a délibérément cherché à cacher la pollution qui entachait la parcelle où sera construit l’auditorium André et Liliane Bettencourt, dont je parle maintes fois dans mon livre, prouve qu’il est aussi d’un cynisme absolu. 

A-t-il réagi à votre livre ? 

Oui ! En annonçant au « conseil d’administration » de l’Institut qu’il était candidat à sa réélection ! Il a argué auprès de ce docte aréopage, uniquement composé d’habits verts, que mon livre ayant bafoué son honneur, seule sa réélection pourrait le laver de cette infamie. C’est consternant. Mais il fait miroiter à ses futurs électeurs qu’il se débarrassera de Leticia Petrie, la directrice des services administratifs, qu’il avait pourtant lui-même recrutée, mais qui est unanimement contestée. Bref, il a trouvé un fusible commode. 

Le chancelier fait-il régner la terreur sous la Coupole ?

Disons qu’il profite de la lâcheté de nombreux académiciens. Quand il poursuit, par exemple, tel employé modèle de sa vindicte, sans raison apparente, plusieurs académiciens assurent la personne en question de leur soutien…, mais aucun ne fait rien, concrètement, pour le soutenir. 

Vous faites état des rapports successifs de la Cour des comptes qui, depuis trente ans, critiquent la gestion de l’Institut sans vraiment taper du poing sur la table. La Rue Cambon chercherait-elle à ménager le Quai Conti ? Y aurait-il, derrière cette indulgence, une volonté politique ?

Une volonté délibérée, non. Mais les académies ont su tisser d’habiles liens avec les réseaux de pouvoir. Songez qu’elles abritent plusieurs anciens ministres, un ancien président de la République (Valéry Giscard d’Estaing), un ancien gouverneur de la Banque de France, plusieurs Conseillers d’État, etc. Pierre Joxe, ancien premier président de la Cour des comptes, rêvait de l’habit vert – il hérita finalement du Conseil constitutionnel. François Mitterrand n’aurait pas dédaigné s’asseoir sous la Coupole… Le chancelier actuel sait habilement se servir de ces réseaux d’influence. 

Croyez-vous que le prochain rapport de la Cour des comptes puisse changer la donne ? 

J’ai bien peur que non. Je connais trois personnes, au moins, qui, apprenant qu’un nouvel audit de l’Institut était lancé à l’automne dernier, se sont manifestées spontanément auprès de la Rue Cambon, pour expliquer qu’elles souhaitaient partager certaines informations sur la gestion de l’Institut. Ces trois personnes ne se sont pas concertées entre elles. Peut-être en existe-t-il d’ailleurs davantage. Mais je ne connais que ces trois-là, qui ont, disons, une certaine « surface sociale » et même, pour deux d’entre elles, « pignon sur rue ». Or, à l’heure où je vous parle, aucune des trois n’a été contactée par les magistrats chargés de l’audit de l’Institut. Je vous laisse imaginer leur déception…

La fièvre verte existe-t-elle encore ?

Tout en restant un fantasme pour beaucoup d’écrivains, l’Académie française, ne manque pas de candidats, mais elle est moins attractive qu’au XIXe siècle. Elle n’attire plus les grands auteurs. Le Clézio, Modiano, Sollers ont tous refusé de porter l’habit vert. Heureusement, l’Académie française ne se cantonne pas aux écrivains : elle s’est ouverte aux médecins, aux avocats… 

 ©  Éditions du Moment

À quoi devrait ressembler l’Académie du XXIe siècle ?

L’Académie voulue par Richelieu n’était pas une affaire d’argent. Avec le temps, c’est devenu une affaire de gros sous. Soit. Mais qu’au moins, en ce domaine, elle s’ouvre à la transparence.

 

Coupoles et dépendances, Enquête sur l’Académie française, par Daniel Garcia, éditions du Moment, 292 p., 19,95 euros. 

 

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Brigitte FONTAINE j’adore

Posté par francesca7 le 23 mars 2014

 

 

Brigitte FontaineBrigitte Fontaine (née le 24 juin 1939 à Morlaix) est une auteur-compositeur-interprète, comédienne, dramaturge et écrivain française.

Fille d’instituteurs, Brigitte Fontaine développe très tôt son goût pour l’écriture et la comédie. Son enfance, qu’elle déclare globalement heureuse, se déroule à Plouyé, une petite commune du Finistère, puis à Morlaix. Son bac littéraire en poche, elle se rend à Paris à 17 ans, pour devenir comédienne. Elle joue notamment au Théâtre de la Huchette dans La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco.

L’audience de Brigitte Fontaine s’est notablement élargie depuis le début des années 2000, et ses apparitions télévisuelles ne sont jamais banales. Humaniste et libertaire, Brigitte Fontaine l’est aussi depuis toujours dans ses engagements, comme lorsqu’elle signe le manifeste des 343 (en 1971 et en 2011), s’exprime (dès 1990) contre les guerres en Irak, soutient lesétrangers en situation irrégulière et se prononce contre les prisons.

 

Disques d’or (2001-2004)

Brigitte FONTAINE j'adore dans CHANSON FRANCAISE 250px-Brigitte_Fontaine_20100330_Salon_du_livre_de_Paris_1

Disques d’or, ses albums Kékéland (2001) et Rue Saint Louis en l’Île (2004) ont bénéficié de collaborations prestigieuses (Noir Désir, Sonic Youth,Archie Shepp, -M-, Gotan Project, Zebda, etc.) et se présentent comme des bouquets variés, comprenant tangos (PipeauRue Saint Louis en l’Île) et rock (Bis Baby Boum Boum), trip hop (God’s NightmareEloge de l’hiver) et reggae (Je fume), mêlant sentiments (Profond) et voyages (GuadalquivirFréhel), Betty Boop et la série noire (Rififi), Simone de Beauvoir et Rabelais… Depuis 2001, Brigitte Fontaine est en tournée dans toute la France (avec des escales en Belgique, en Suisse et même à Londres et Barcelone), accompagnée sur scène des mêmes musiciens (le bassiste Bobby Jocky, le guitariste Yan Péchin, le pianiste Dondieu Divin, le batteur Patrick Baudin, le violoncelliste Frédéric Deville et bien sûr le percussionniste Areski Belkacem).

Surgie de ma mémoire d’un tas de sable, Brigitte Fontaine dans un rituel plus proche de l’empire de la folie que de l’empire des sens, se détruisait implacablement avec pour compagnon d’enfer le tendre et fidèle Areski.
De ce tas de sable se bâtissaient tous les châteaux hantés, toutes les folles complaintes.
C’était à la Grange aux Belles en une année perdue comme un sou dans la poche.
Il n’y a plus de grange, quelques belles encore tournent autour de ces instants et passent muettes. 

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=zyQzKHGdO8c#t=11
 
Depuis ces moments de crucifixion où la carriole des jours allait à l’abîme, escortée par les fumées et les piqûres de rémission des faux paradis, depuis ces temps de nudité, Brigitte Fontaine est devenue la reine du Kékéland.
Ses dévots, ses serviteurs se pressent, et Brigitte tirée de l’oubli, du néant se laisse faire, étonnée de vivre encore.

 
220px-Brigitte_Fontaine-130911-0008WPAvant Daho et d’autres, avant les Japonais qui en ont fait une déesse androgyne, la belle araignée folle repliée dans son logis de l’Île Saint-Louis existait entre chats et paroles.
Ses comptines de la folie ordinaire des hommes et de l’amour se passaient comme philtres magiques, Brigitte la sorcière guérissait du mal, du point du jour qui arrive.

Écrivain aux élans rimbaldiens, Brigitte la renarde, la belle abandonnée, nous avait appris que plus jamais on ne mettrait de la terre dans la bouche de ceux qui parlent.
Higelin, puis Areski avaient mis une ombrelle de musique sur ces prophéties.
Max-Pol Fouchet avait diffusé leur spectacle sur France-Culture, exception non encore transgressée sur une radio publique. Il avait reconnu en Brigitte un grand poète, ce qu’elle est, derrière ses masques de petite fille cruelle ou inconsciente.

Elle aura donc tant parlé, tant déliré que nous ne savons plus qui a dit quoi, mais nous savons que ses mots sont mêlés à notre sang.

Mélange de quotidien fait de poussière et hasard, de dits de petite fille de l’autre côté du miroir, les chansons de Brigitte sont un monde en feu.
Elle, l’étoile noire, nous dit que nous ne serons plus chacun pour soi, mais ensemble dans nos cendres, dans nos utopies, dans nos toupies. Et les saisons en enfer reverdiront, et les festins couleront.
 
Fusée ironique et fuyante, elle tourne ses bras, ses mots et elle est comprise des chats, des enfants, des girouettes et des hommes de construction non ordinaire. Son public est mystique, je me souviens de ce long rappel où tous chantaient près d’une demi-heure devant la scène vide car elle ne revient jamais.

le site officiel : http://brigittefontaine.artiste.universalmusic.fr/

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Histoire Naissance des arts en Dordogne

Posté par francesca7 le 21 mars 2014

 

 

La Dordogne.Loin, loin… les traces de culture, les empreintes de l’homme en Périgord et en Quercy arrachent le visiteur au temps présent. Cette plongée dans le passé commence par des éclats de pierre, des dessins, des projections de couleurs et des lumières de flamme sur les parois bosselées de grottes obscures. Elle se prolonge par des châteaux forts, des bastides, témoins de conflits et de famines, mais aussi de temps de paix et de prospérité.

La richesse et la diversité des sites souterrains du Périgord et du Quercy ont fait la réputation de la région. Habitués que nous sommes à l’échelle de l’histoire chrétienne, le dépaysement est ici total : se côtoient, dans un même foisonnement de cavernes, l’œuvre patiente de la nature, mesurable en millions d’années, et celle de nos lointains et habiles ancêtres, il y a « quelques » dizaines de millénaires…

L’évolution du genre humain

L’ère quaternaire, dans laquelle nous vivons encore actuellement, commence vers – 1,8 million d’années. Elle est caractérisée par des cycles climatiques alternant phases glaciaires et périodes plus clémentes. Apparaît alors la faune animale moderne et se développe le genre humain, né à la fin de l’ère tertiaire.

L’apparition de l’homme

Les ancêtres de l’homme sont apparus en Afrique de l’Est, aux alentours de la région des Grands Lacs, du lac Tchad et de la vallée du Rift, vers – 7 millions d’années (voire plus). Le genre humain a quant à lui pris pied dans la même région et en Afrique du Sud il y a 2,5 millions d’années environ, avec Homo rudolfensis et Homo habilis. Ces derniers, premiers utilisateurs d’outils en pierre, inaugurent la période dite Paléolithique , l’âge de la pierre ancienne.

L’homme en Europe

De plus en plus de spécialistes admettent que le continent européen a été « colonisé » en plusieurs fois : les plus anciennes traces dont on soit sûr remontent à – 1,8 million d’années environ. Elles ont été découvertes à Dmanisi en Géorgie pour les premières, puis en Espagne, à Atapuerca et Gran Dolina, et remontent aux environs de – 780 000 ans. D’après certains préhistoriens, il existe des sites plus anciens, datés de – 2 millions d’années, dans le Massif central ainsi qu’à Sept-Fonds dans le Périgord, tandis que d’autres affirment que les outils trouvés sur ces sites, et qui ont servi à leur datation, ne seraient que des géofacts : des pierres fendillées par le gel et la foudre, confondues avec des outils taillés. Une dernière vague de peuplement, située vers – 500 000 ans, aurait apporté à ­l’Europe la domestication du feu (traces en Bretagne et dans le Var) et la taille dubiface . Cette ultime colonisation aurait évolué sur place, pour donner l’homme de Neandertal, il y a de cela environ 200 000 à 250 000 ans, tandis que le Périgord-Quercy semble avoir été investi par l’ Homo ergaster il y a 470 000 ans (site de la Micoque ).

L’homme de Neandertal

Cet homme, qui subit des phases de refroidissement du climat très intenses, enterre ses morts (comme le confirment les sites périgourdins de La Ferrassie , du Moustier et de Regourdou ), collectionne les fossiles et les belles pierres. Il s’essaierait à des œuvres d’art encore très frustes, comme en témoignent peut-être les cupules de La Ferrassie, et ses outils sont très élaborés.

L’homme moderne

L’homme anatomiquement moderne, Homo sapiens sapiens , apparaît vers – 200 000 ans en Afrique du Nord, de l’Est et au Proche-Orient. Deux sous-espèces sont connues : Homo sapiens idaltu , qui a vécu en Éthiopie vers – 160 000 ans, et Homo sapiens sapiens , l’homme de Cro-Magnon, c’est-à-dire nous. Ce dernier semble arriver en Europe au plus tôt vers – 43 000 ans, date approximative des éléments retrouvés dans les ­Balkans. Vers – 35 000 ans, on le retrouve en Périgord (premier site de description au lieu-dit Cro-Magnon , aux Eyzies, en 1868).

On pense qu’il cohabite et échange avec l’homme de Neandertal, tout en le repoussant progressivement – volontairement ou non – vers le Nord de la France (restes de Neandertal découverts à Arcy-sur-Cure, en Bourgogne) et le Sud de l’Espagne au-delà du fleuve Tage (site de Zafarraya). C’est vraisemblablement là que l’homme de Neandertal s’est éteint il y a 30 000 ans, peut-être victime du climat et d’une fécondité plus faible. AuMésolithique (période intermédiaire entre Paléolithique et Néolithique, de – 10 000 à – 6 000 ans environ), le climat évolue, devenant comparable à celui que nous connaissons aujourd’hui. Plus tard, vers – 6 000 ans, une nouvelle vague de peuplement arrive du Proche-Orient : ce sont les pasteurs et les agriculteurs du Néolithique , qui remplacent progressivement les derniers chasseurs-cueilleurs (voir les quelques objets au musée du Périgord à Périgueux ). Les sociétés se développent, se hiérarchisent, se sédentarisent, édifiant sur place menhirs et dolmens ; vers – 3 000, c’est l’ âge des métaux , puis le début de l’histoire…

Pourquoi le Périgord-Quercy

Pourquoi les hommes, arrivés du Moyen-Orient et d’Afrique se sont-ils installés au bord des rivières du Sud-Ouest de la France Pas pour le climat, mais parce que le gel de l’eau infiltrée dans les falaises calcaires avait élargi d’innombrables failles en abris. Des grottes surtout, sous le surplomb desquelles nos ancêtres furent à couvert des intempéries et réchauffés par le rayonnement nocturne de la roche. L’homme n’a jamais habité à l’intérieur des cavernes, trop frais, humide et sombre, mais bien toujours à l’entrée, et de façon temporaire : il n’était ni cavernicole ni sédentaire ! De là, les premiers Périgourdins-­Quercynois allaient cueillir baies et fruits dans des forêts alors très denses, chasser les ruminants et le gibier en migration sur les plaines alluviales et les pelouses calcaires, et boire dans les rivières.

Les cultures de l’homme préhistorique

220px-Schmerling_Caves02Neandertal, puis Cro-Magnon ont littéralement « vécu sur la bête », en particulier sur le renne dont les troupeaux étaient considérables en cette époque où le climat oscillait entre tempéré froid et glacial. Cette variation cyclique s’est traduite par des modifications des écosystèmes. Steppe, taïga et toundra, accueillant mammouths, rhinocéros laineux, aurochs, cerfs géants et rennes, se sont succédé en Périgord-Quercy durant tout le quaternaire. L’outillage nécessaire à la capture des proies évolua et, avec lui, les techniques de transformation de la pierre puis des os, des peaux et des matières végétales. De façon générale, l’évolution s’est faite dans le sens de l’économie de la matière première, les sites à bons silex étant rares (l’un des plus riches se trouve près de Bergerac). ­Comment En affinant sans cesse la taille et en utilisant des supports plus petits, des éclats plutôt que des rognons de silex, par exemple. Moteur du développement humain, l’industrie des outils a été une véritable culture. Elle a connu des évolutions majeures, des étapes à dénommées « cultures » ou « industries » et décrites grâce à ce que la préhistoire nous a laissé comme vestiges après tant de millénaires : des silex taillés en bifaces, des outils d’os et des grottes ornées de peintures, de gravures ou de sculptures.

Du galet à la pointe fine

Premiers temps

On divise le Paléolithique en plusieurs périodes dites archaïque (ou « très ancien Paléolithique »), ancien, moyen et supérieur.

Paléolithique archaïque – Il correspond aux premiers temps de l’évolution humaine, de – 4 à – 1,5 million d’années ; il est essentiellement africain. Nos prédécesseurs utilisaient alors de simples cailloux qu’ils travaillaient à peine ( peeble tool culture , ou culture des galets aménagés ).

Paléolithique ancien – De – 1,7 million d’années à – 500 000 ans, il est possible de distinguer l’acheuléen , avec production de bifaces, et le tayacien , avec une industrie – propre au Périgord-Quercy – travaillant sur éclats et sans bifaces (site de La Micoque). Ensuite, les bifaces prennent des formes plus variées, donnant naissance au micoquien , subdivision locale de l’acheuléen nommée à partir du site où elle a été décrite.

Paléolithique moyen – Cet âge, de – 500 000 à – 40 000 ans environ, est caractérisé par l’apparition de la technique de débitage Levallois , une méthode très ingénieuse pour obtenir de bons outils bien calibrés. Cette période porte le nom de moustérien , c’est en effet celle du site du Moustier, où il a été décrit pour la première fois. Les outils sont façonnés avec moins de matière, ils sont réalisés à partir d’éclats, les bifaces gagnent en finesse.

On rencontre la culture moustérienne en Périgord, sur les sites du Moustier, de La Ferrassie et du Regourdou. Elle fut pratiquée surtout par l’homme de Neandertal, mais aussi par l’homme moderne.

Paléolithique supérieur : deux cultures cohabitent – Aux alentours de – 40 000 ans, deux humanités cohabitent encore en Périgord et Quercy. Deux humanités, deux cultures. D’un côté, l’industrie du châtelperronien et l’homme de Neandertal (site de La Ferrassie). Aux outils typiquement moustériens s’ajoutent la taille de lames et de « couteaux », la fabrication de pointes, d’outils en os et les premiers bijoux. Cantonnées à la France et au Nord de l’Espagne, les techniques du châtelperronien disparaissent de ces régions avec l’homme de Neandertal, vers – 30 000 ans. De l’autre côté, l’homme moderne, de type ­ aurignacien , avec une culture que l’on retrouve dans toute l’Europe depuis – 36 000 ans. L’outillage, d’une haute finesse, est fait de grandes lames, parfois « étranglées », et de pointes de sagaies en os ( abri Pataud ). La parure est bien développée (perles, pendeloques), mais curieusement, alors qu’ailleurs l’art est très élaboré (Sud-Ouest de l’Allemagne, grotte Chauvet en Ardèche), il reste assez fruste dans ces régions : il est fait de gravures sur blocs, de cupules, de symboles féminins et animaux schématiques (abris Blanchard et Castanet , à Castel-Merle, et aussi au musée du Périgord à Périgueux, abri Cellier). L’aurignacien s’efface ensuite, en Périgord et en Quercy, devant le gravettien vers – 29 000 ans.

Gravettien : art pariétal et sculpture

Localement appelé périgordien supérieur, le gravettien se répand uniformément en Europe. En Périgord, il dure jusque vers – 22 000 ans. Les outils sont principalement des pointes à dos (tranchant d’un seul côté, l’autre côté permettant la prise en main), des pointes pédonculées (avec une ébauche de manche), ainsi que des burins de formes particulières (abri Pataud, La Ferrassie, Laugerie-Haute ). L’art se développe ( abri Labattut , Castel-Merle, abri du Poisson ), l’art sur paroi – pariétal – apparaît : c’est le début de l’ornementation des grottes deCougnac et Pech-Merle . Le gravettien est typique, notamment dans sa façon de représenter la femme, avec une forte poitrine, un ventre proéminent et des hanches généreuses (stéatopygie). Au début du 20 e s., on prenait ces « Vénus » pour des représentations réalistes. Aujourd’hui, on penche plutôt Histoire Naissance des arts en Dordogne dans Dordogne 220px-Solutrean_tools_22000_17000_Crot_du_Charnier_Solutre_Pouilly_Saone_et_Loire_Francepour des conventions stylistiques exprimant la fécondité.

Solutréen : la retouche par pression

Décrit à Solutré, en Saône-et-Loire, le solutréen est présent seulement en France, au Portugal et en Espagne. La période glaciaire est alors à son paroxysme (– 21 000 ans). Le travail de la pierre est de toute beauté, ayant acquis, grâce à la retouche par pression (au lieu de taper sur la pierre, on exerce une pression dessus pour détacher un éclat plus petit et plus fin), une très grande finesse : aiguilles à chas – invention de l’époque –, pointes à cran, feuilles de laurier (outils ayant la légèreté et la finesse d’une feuille de laurier) sont parmi les outils les plus caractéristiques. Outre sa finesse, cet art solutréen offre un mélange très intéressant de naturalisme et d’archaïsme : si les figures commencent à s’animer, l’ensemble reste massif et très stylisé (voir le bouquetin de l’abri Pataud et le bloc du Fourneau du Diable, exposé au musée national de ­Préhistoire des Eyzies). Selon le préhistorien Jean Clottes, les signes « aviformes », en forme d’accolades, datent aussi de cette époque (Cougnac et Pech-Merle). Sur ces sites, un nouveau thème figuratif apparaît, celui de « l’homme blessé », au corps percé de traits. Le solutréen se prolonge par la culture du badegoulien, avant de laisser la place au magdalénien, qu’il a pu influencer partiellement.

Magdalénien : mouvement, réalisme et perspectives

Étendu à toute l’Europe et débutant vers – 18 000 ans, le magdalénien (dont le nom vient du site de la Madeleine) se caractérise aussi par un réchauffement du climat ponctué d’épisodes plus froids. Il se divise en trois phases, en raison de la formidable explosion des formes d’art et d’outillage.

Magdalénien ancien – Il correspond à l’époque de Lascaux (vers – 17 000 ans), sanctuaire de cette culture. Bien qu’encore empreint de certaines conventions du solutréen (« perspective semi-­tordue » des encornures, représentées de trois quarts alors que l’animal est figuré de profil), le style montre des figures animées qui gambadent sur les parois avec une grande liberté d’expression. Un même thème, celui du « chasseur en difficulté », se retrouve tant à Lascaux qu’au Villars . Il semble que les premiers décors de la grotte de Font-de-Gaume remontent à cette époque.

L’outillage osseux se développe et se régionalise (différents types de sagaies par exemple). Les outils en silex prennent une forme triangulaire.

Magdalénien moyen – Entre – 16 000 et – 13 000 ans, on assiste à une sorte d’explosion de l’art en Périgord, dont on trouve de multiples traces à l’abri du Cap Blanc , l’abri Reverdit , à Castel-Merle, Bara-Bahau , St-Cirq-du-Bugue , ­ Bernifal , aux Combarelles , à Font-de-Gaume ou encore Rouffignac . Ces quatre derniers sites présentent un signe commun, en forme de maison, appelé tectiforme . Le style des figures est plus réaliste et la perspective des encornures (bois de cerfs, etc.) est respectée. Parallèlement, l’art mobilier sur objets en os, bois de cervidés et ivoire atteint une grande maîtrise ( Laugerie-Basse ).

Magdalénien supérieur – De – 13 000 à – 10 000 ans, cette période voit la fin de la phase glaciaire. Un nouvel outil ­apparaît alors : il s’agit du harpon . L’art a évolué vers un style ­hyperréaliste , presque « photographique », évolution très visible sur l’art mobilier ( La ­Madeleine , Laugerie-Basse, voir au musée national de Préhistoire des Eyzies) et dans l’art pariétal (grotte de la Mairie, à Teyjat , et peut-être certaines figures des ­Combarelles). Finalement, le magdalénien fait place au Mésolithique ; l’art change de forme, se fait plus schématique : c’est la culture de l’azilien.

Les pionniers de la recherche

Depuis la plus haute Antiquité, le mythe de « l’homme sauvage » accompagne la pensée occidentale. Il revient à Jacques Boucher de Perthes (1788-1868) d’avoir écorné ce mythe, en créant la préhistoire, science de l’étude de l’humanité et de son environnement avant l’invention de l’écriture.

L'Homme primitif de Paul Dardé et le Château de Tayac, abritant une partie du Musée national de Préhistoire.C’est surtout dans la région des Eyzies-de-Tayac que cette science se développe : à la suite des prospections d’Édouard Lartet et d’Henry Christy, à la fin du 19 e s., de nombreuses fouilles sont conduites dans cette région, notamment par les abbés Amédée et Jean Bouyssonie, Louis Capitan, Émile Cartailhac, l’abbé Lemozi et Denis Peyrony. Le docteur H. Martin (1864-1936) invente alors la taphonomie, l’étude des altérations des ossements après leur dépôt. Mais il faut attendre la découverte de la grotte de La Mouthe, en 1895, pour faire admettre l’existence de l’art pariétal. Les travaux de l’abbé Henri Breuil (1877-1961) mettront alors de l’ordre dans les classifications chrono-stratigraphiques et contribueront à faire connaître l’art paléolithique.

Découvertes modernes

Les préhistoriens ne recherchent plus aujourd’hui les belles pièces, mais à reconstituer des tranches de vie. Désormais, le moindre indice est traqué et analysé. Les nouvelles fouilles de l’abri Castanet ont ainsi permis de découvrir des centaines de fragments de perles en ivoire de mammouth. Grâce à la microscopie électronique à balayage et à l’expérimentation, le préhistorien américain, périgourdin d’adoption, ­Randall White est parvenu à en reconstituer la chaîne de fabrication. On parvient également à dater des échantillons de plus en plus petits : c’est la datation d’un simple bigorneau du collier associé aux squelettes de l’abri Cro-Magnon qui leur a donné un coup de jeune : on les pensait aurignaciens, ils sont gravettiens ! L’imagerie numérique, en particulier médicale, vient également au secours des préhistoriens : en scannant les ossements fossiles, il est possible désormais d’en étudier l’intérieur sans avoir à les découper, et de déterminer les processus de croissance, voire les pathologies. Le traitement d’images, employé par ­Norbert Aujoulat pour l’étude des peintures à Lascaux, a ressuscité les gestes des artistes. Nous savons de quels pinceaux ils se sont servis, combien de couches ils ont appliqué, quelles nuances de couleurs ils ont employées : la technique des peintres magdaléniens apparaît désormais aussi complexe que celle d’un Michel-Ange ou d’un Raphaël…

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les couleurs du Périgord

Posté par francesca7 le 1 mars 2014

Passion Patrimoine : 
(mercredi 18 juillet 2012 sur France 3)

 PerigordS

 L’émission Tv  » Des Racines et des Ailes » conjugue proximité et ouverture sur le monde. Les émissions, réalisées en France et à l’étranger, racontent l’histoire d’un pays, d’une civilisation, d’une période ou de personnages emblématiques…
 
Entre Aquitaine et Massif central, le Périgord dévoile un patrimoine exceptionnel au gré de ses couleurs emblématiques : vert, blanc, pourpre et noir ! De grottes préhistoriques en châteaux, de bastides séculaires en villages de caractère, le Périgord nous offre un étonnant voyage à travers le temps…

Sarlat est la capitale du Périgord noir. Romain Bondonneau est historien et auteur de guides sur sa cité dont il explore inlassablement les monuments comme la mystérieuse lanterne des morts. Avec un photographe italien tombé amoureux de la région, il survole pour la première fois en montgolfière la majestueuse vallée des châteaux.

Toujours dans le Périgord noir, un autre passionné protège la Vézère. Guide et ancien champion de canoë, Philippe Colomy connaît toutes les merveilles de cette rivière. Chaque année, il organise avec les membres de son association un grand nettoyage au fil de l’eau, au pied du majestueux village troglodytique de la Madeleine. Ce belvédère marque l’entrée dans la Vallée de l’Homme célèbre pour ses sites préhistoriques. C’est ici qu’a débuté l’étude de la préhistoire, au 19ème siècle. Ici qu’a été découverte la grotte de Lascaux il y 70 ans.

Fragile et totalement fermée au public, Lascaux est néanmoins régulièrement étudiée par les scientifiques. Exceptionnellement, une caméra a été autorisée à filmer Muriel Mauriac, la conservatrice de la grotte, au cours d’une mission de surveillance. Un voyage fascinant dans une grotte de légende façonnée par l’homme il y a 17.000 ans !

Direction Belvès, où le nouveau propriétaire d’une demeure seigneuriale a découvert dans son grenier une peinture murale du 15ème siècle représentant les neuf preux. Il a fait appel à Cornelia Cione, venue d’Italie, pour rendre à l’œuvre oubliée tout son lustre. L’occasion aussi de découvrir le majestueux château de Jumilhac, au cœur du Périgord vert. Henry de la Tour du Pin, son propriétaire, a lui aussi mis au jour des fresques datant de la Renaissance !

Dans les lumières automnales de la forêt de Champs-Romain, Jean-Pierre Biaussa, un fin connaisseur des cèpes, transmet son savoir à un jeune scientifique qui étudie les secrets du champignon-roi, le véritable trésor du Périgord. Au sud de la vallée de la Dordogne, un jeune couple fait revivre une tradition oubliée, la récolte du safran. Une épice rare et chère qu’il réserve à Philippe Latreille, un chef cuisinier enfant du pays. Passionné par la préparation du foie gras, il organise régulièrement des stages pour faire redécouvrir aux Périgourdins l’art de le cuisiner…

En Périgord pourpre, l’abbaye médiévale de Cadouin est en restauration. Un chantier d’envergure mené par Patrick Palem. Dans son atelier de Périgueux, il restaure avec les techniques les plus récentes des pièces venues du monde entier. Enfin, dans la vallée du Bergeracois, un château renaît grâce à l’obstination d’une association de passionnés. Malmené et pillé depuis trente ans, Bridoire vient d’être racheté par Jacques Guyot, un fou de monuments historiques ! En famille et avec l’aide des habitants du village, l’édifice va enfin pouvoir ouvrir ses portes au public…

Accédez à la présentation

 

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Château-musée de Nemours

Posté par francesca7 le 27 février 2014

 

 

Symbole de la ville de Nemours

Ancré dans l’histoire de la ville, le Château-musée de Nemours a rouvert ses portes après plusieurs années de restauration. A l’occasion, la municipalité a monté une exposition : « Du Château au musée : Histoires à raconter », afin de (re)découvrir les moments forts du monument devenu musée.
  
chateau-musee-de-nemours> Histoire du château

Construit au cœur de la cité médiévale à partir de XIIe siècle, le château de Nemours constitue l’un des rares châteaux de ville d’Île-de-France encore visible à l’heure actuelle.

D’abord propriété seigneuriale, puis ducale, il connaît de nombreux remaniements au fil des siècles. Au XVe siècle la famille d’Armagnac le fait restaurer tandis qu’en 1673, Philippe d’Orléans, devenu propriétaire grâce à son frère Louis XIV, organise les travaux qui donneront au château l’allure qu’il conserve encore actuellement :

Après la Révolution, le château devient propriété de la ville. Et ce n’est qu’en 1903, après restauration qu’il est transformé en musée par un comité présidé par le sculpteur nemourien Justin-Chrysostome Sanson (1833-1910). A l’origine composé d’œuvres de l’atelier de Sanson et du peintre Ernest Marché (1864-1932) et de l’imprimeur en taille-douce Adolphe Ardail (1835-1911). Son fonds s’étoffe grâce à différents dons (archéologie locale, sciences naturelles, tapisseries, faïences révolutionnaires). Depuis, le musée est remarquable pour sa collection d’arts graphiques (estampes, dessins, photographies), de peintures et de sculptures emblématique de l’art de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

En 1977, le bâtiment est classé monument historique. L’institution obtient le label « musée de France » suite à la loi-musée du 4 janvier 2002. En 2008, le château reprend ses activités de musée après trois ans de fermeture et plusieurs mois de travaux de rénovation sous la houlette de l’architecte en chef des Monuments Historiques, Jacques Moulin.

> Exposition « Du Château au musée : Histoires à raconter », du 17 février au 30 juin 2009

Organisée par la ville de Nemours, l’exposition « Du château au musée : Histoires à raconter » offre la possibilité de revivre l’histoire du château, de ses origines à sa transformation en musée au début du XIXe siècle ; l’occasion également de revoir les œuvres qui ont constitué la première collection du musée.

Les photos accompagnées de la mention « © RMN » illustrant ce musée sont la propriété de la photothèque de la Réunion des Musées Nationaux.

 

L’histoire de Nemours débute au xiie siècle, avec la création d’une seigneurie. Le premier seigneur de Nemours est Orson en 1120.

Le château ainsi que l’église Saint-Jean-Baptiste en centre-ville, sont construits vers 1170 à la demande de Gauthier de Villebéon, grand chambellandes rois Louis VII et Philippe Auguste. La ville est incendiée en 1358 durant la guerre de Cent Ans. L’église est détruite dans cet incendie, puis reconstruite à partir de 1445 pour s’achever en 1555. Le chœur date de cette reconstruction. En 1850 et 1890, l’intérieur de l’église est aménagé avec la pose de vitraux et d’un maître autel en hommage à Jean-Baptiste.

Château-musée de Nemours dans CHATEAUX DE FRANCE

La ville devint domaine royal quand elle fut acquise par Philippe III le Hardi (1274). Elle fut érigée en duché-pairie par Charles VI lors d’un échange de terres en 1404 avec Charles III le Noble, roi de Navarre. Le duché de Nemours restait toutefois un domaine royal du roi de France, et était grevé d’un droit de réversion. Ainsi devait-il être rendu à la couronne au décès de Charles III en 1425. Blanche Ire de Navarre, fille de Charles III de Navarre, tenta de s’opposer à cette réversion en voulant en rendre hommage au roi. Si le roi avait accepté cette démarche, il aurait implicitement reconnu que le duché était une possession pleine et entière de la maison de Navarre. Mais le roi refusa cet hommage pour cette raison. Blanche en fit alors hommage au roi d’Angleterre, et le duché lui fut subséquemment confisqué par la couronne. Blanche avait cependant promis à sa sœur Beatrice une donation de 60 000 livres et une rente de 4 000 livres prises sur le duché de Nemours, le tout devant servir de dot à la fille de Béatrice, Eléonore de Bourbon, lors du mariage de cette dernière à Bernard d’Armagnac. Bernard d’Armagnac n’ayant pas reçu la dot de sa femme, son père le comte d’Armagnac intenta un recours contre Blanche. Un arrêt de 1446 ordonnant le paiement de ces sommes sur le duché de Nemours, fut opposé par le procureur général sur la base du droit de réversion. En 1461 Louis XI céda par lettres patentes le duché de Nemours en apanage à Jacques d’Armagnac.

Jacques d’Armagnac étant décédé en 1477, le duché revenu de droit une fois de plus à la couronne, ses fils Jean d’Armagnac-Nemours et Louis d’Armagnac demandèrent à Charles VIII la restitution de l’apanage du duché de Nemours. En 1491 Charles VIII leur accorda par lettres patentes le don du droit du roi sur le duché, mais le droit de réversion y fut maintenu. Si bien qu’à leur mort ce fut en vain que leur sœur Marguerite d’Armagnac, dernière descendante de Charles III de Navarre, comtesse de Guise, mariée à Pierre de Rohan-Gié, tenta de perpétuer la possession du duché de Nemours en voulant elle aussi en rendre hommage au roi : le procureur du roi s’opposa à en recevoir l’hommage, et les décès de Marguerite d’Armagnac et de Pierre de Rohan en 1507, sans enfants pour hériter, retourna derechef les terres à la couronne et mit fin à cette dispute. Subséquemment, Louis XII donna l’apanage du duché de Nemours à son neveu Gaston de Foix en échange du comté de Narbonne (1507), puis au décès de ce dernier en 1515 François Ier fit de même pour l’époux de sa tante Philiberte de Savoie, Julien de Médicis fils de Laurent le Magnifique. Philiberte décédée en 1524, François Ier fit don de l’apanage à sa mère Louise de Savoie3.

Etant restée pendant 150 ans dans la maison de Savoie, la ville échut enfin en 1666 à Louis XIV, qui en fit don à Philippe d’Orléans, son frère, dont la postérité l’a gardée jusqu’en 1789. Le titre deduc de Nemours est porté par Louis d’Orléans, deuxième fils du roi Louis-Philippe2.

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