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Dans l’Histoire du département des Vosges

Posté par francesca7 le 5 décembre 2014

 

(Région Lorraine)

 

images (10)La contrée qui est bornée à l’est par le revers occidental des Vosges et au sud par les monts Faucilles et une partie du plateau de Langres était habitée jadis par une population que César désigne sous le nom de Leuces (Leuci). Comme pour la plupart des peuples de l’ancienne Gaule, l’histoire ne commence pour les Leuces que du jour où ils se trouvent en contact avec les Romains. Ces conquérants, qui rencontrèrent sur le sol gaulois de si redoutables adversaires, n’eurent avec les Leuces que des rapports pacifiques.

Lorsque César, se disposant à marcher contre Arioviste et les Suèves, veut rassurer son armée épouvantée, il cite les Leuces parmi les peuples amis de Rome, et qui ont promis de fournir des vivres durant la campagne. C’est que les Leuces étaient des premiers menacés par cette formidable invasion germanique dont les Suèves étaient l’avant-garde ; ils ne virent dans César que le sauveur de la Gaule. César, d’ailleurs, eut soin d’entretenir leurs dispositions sympathiques.

On voit dans ses Commentaires que la conquête romaine ne pesa -pas durement sur leur pays ; dans un passage où il énumère les populations gauloises traitées avec le plus de faveur et qui conservèrent de grandes franchises après la réduction du pays en provinces, il cite en première ligne les Leuces. Rome, qui témoignait ainsi sa reconnaissance à un peuple ami, avait su apprécier aussi ses qualités guerrières ; Lucain vante l’habileté des Leuces à manier la fronde.

Dans la division de l’empire en provinces, les Leuces furent compris dans la Belgique première. Le pays des Vosges eut sa part des misères qui signalèrent la dissolution de l’empire ; au commencement du Ve siècle, lors de la grande invasion des barbares, il fut désolé par les Vandales, qui pénétrèrent jusque dans la vallée qui donne naissance à la Moselle et ruinèrent un château et une ville qui s’élevaient sur l’emplacement d’Épinal. Un peu plus tard, la domination des Francs, qui étaient aussi de rudes conquérants, s’étendit sur la Gaule, et le pays des Vosges fit partie du royaume de Clovis et, après sa mort, du royaume d’Austrasie, dont il forma la limite méridionale ; au delà des monts Faucilles commençait le royaume des Bourguignons.

Au milieu des troubles et des violences dont la période mérovingienne présente le triste spectacle l’histoire du département des Vosges est presque tout entière dans les légendes pieuses et dans les récits des chroniqueurs sur la fondation de quelques monastères, dont les plus célèbres furent Saint-Dié et Remiremont. Dans ces temps malheureux, on ne trouvait un peu de calme et de sécurité que dans la vie monastique.

Lorsque Charlemagne, voulant organiser l’empire, établit la division administrative en comtés et légations, le pays qui répondait à peu près au département des Vosges forma trois comtés désignés sous les noms suivants : comitatus Calvomontensis (entre la Moselle et la Meurthe), comitatus Segentensis (vers Mirecourt), comitatus Vosagus (au sud du précédent). Charlemagne et son fils Louis le Débonnaire avaient une prédilection marquée pour ce pays aux vastes et sombres forêts ; ils y venaient souvent en automne pour leurs grandes chasses impériales.

Dans le démembrement de I’empire carlovingien consacré par le traité de Verdun, le pays des Vosges fit partie des États de Lothaire ler, et échut ensuite à son fils Lothaire Il ; le royaume de ce prince, qui comprenait les pays situés entre la Meuse, l’Escaut et le Rhin, était appelé la France de Lothaire (Lotharingia), d’où est venu le nom de Lorraine. Pendant un demi-siècle, la possession de ces contrées fut un continuel sujet de guerre entre les tristes successeurs de Charlemagne, princes dégénérés, mais que le souvenir du grand empereur animait d’une insatiable ambition.

Lorsque, au commencement du Xe siècle, la Lorraine fut rattachée à l’empire germanique et divisée ensuite en duchés, le pays des Vosges fit partie du duché de Lorraine mosellane ou haute Lorraine, « qui eut pour premier duc, dit M. Gérard Gley, Frédéric de Bar, beau-frère de Hugues Capet, en 959, et qui appartenait en grande partie à des seigneurs ecclésiastiques ou laïques, dont l’autorité était presque sans bornes. » (Géographie physique et historique des Vosges). Les longues luttes des petits-fils de Charlemagne, et plus tard des rois de France et des empereurs d’Allemagne, pour la possession de la Lorraine favorisèrent l’indépendance des seigneurs, qui ne laissèrent aux ducs de Lorraine qu’une autorité restreinte et des domaines fort limités.

C’est ainsi que le pays des Vosges se couvrit de ces forteresses féodales dont les vestiges subsistent encore en beaucoup d’endroits. Ce serait une longue et fastidieuse histoire que celle des démêlés et des guerres de tous ces petits tyrans féodaux entre eux et de leurs révoltes contre les ducs de Lorraine.

Nous ne ferons pas davantage l’énumération des monastères et des églises qui furent fondés alors dans le pays des Vosges par les seigneurs. Remarquons seulement que plusieurs de ces monastères donnèrent naissance à des villes, que dans ces temps de barbarie les terres ecclésiastiques étaient ordinairement plus respectées que les autres, et qu’ainsi les habitations se groupèrent autour des églises et des monastères. Telle fut l’origine d’Épinal, de Saint-Dié, de Remiremont, etc.

Mais ces villes, qui relevaient de la féodalité ecclésiastique ou laïque, grandirent en population et en importance, et il vint un temps où leurs habitants se trouvèrent assez forts pour se soustraire à la sujétion féodale. C’est au XIIIe siècle, du temps du due Ferry III, que la liberté bourgeoise s’établit dans le pays des Vosges, et que les villes y reçurent, comme dans presque toute la Lorraine, ce que l’on appelait la charte ou la loi de Beaumont ; Beaumont était une petite ville de Champagne, bâtie par un archevêque de Reims, qui avait attiré les habitants en leur accordant une constitution municipale d’après laquelle s’organisèrent un peu plus tard un grand nombre de villes.

Avec la liberté on vit renaître le commerce et l’industrie ; mais combien la sécurité manquait encore à ceux qui s’aventuraient hors des murs de leur ville ! On voit au XIVe siècle des marchands de Neufchâteau arrêtés sur la grande route et saisis, comme le serait une propriété, par des créanciers de leur seigneur. Une autre misère de cette époque était ces compagnies de pillards et de brigands qui se formaient à la faveur de la guerre entre la France et l’Angleterre, et dont les ravages s’étendirent jusqu’au pied des Vosges ; Neufchâteau fut horriblement dévasté par eux en 1371.

Au siècle suivant, le pays eut à souffrir de la guerre cruelle dans laquelle les maisons d’Anjou et de Vaudemont se disputèrent le duché de Lorraine. Le duc Charles le Hardi avait marié Isabelle, sa fille et son héritière, à René d’Anjou, qui avait hérité déjà du comté de Bar. René trouva un compétiteur dans Antoine de Vaudemont, d’une branche cadette de la famille ducale. Les prétentions de Vaudemont étaient appuyées par le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, et par les Anglais.

Mais une grande partie de la noblesse lorraine tenait pour René, qui avait reçu, en outre, quelques renforts français sous le commandement du fameux Barbazan et de Baudricourt, le capitaine de Vaucouleurs. Antoine de Vaudemont avait une armée composée surtout d’aventuriers anglais et de seigneurs bourguignons. Les deux rivaux se trouvèrent en présence près de Bulnéville (2 juillet 1431).

L’armée de Vaudemont avait l’avantage du terrain ; Barbazan conseillait à René de couper les vivres à l’ennemi pour le forcer à déloger ; mais les jeunes seigneurs lorrains et allemands qui entouraient René, comptant sur la supériorité du nombre, demandèrent le combat à grands cris. Barbazan fut tué dès le commencement de l’action ; sa mort mit le désordre dans l’armée ; l’artillerie de Vaudemont et ses archers décidèrent la victoire. René, tombé aux mains des Bourguignons fut emmené captif à Dijon.

A la captivité de René se rattache un épisode digne d’être mentionné ici. Après la bataille de Bulgnéville, la femme du prisonnier, Isabelle, vint implorer le secours de Charles VII ; la duchesse était accompagnée d’une de ses amies d’enfance, gracieuse jeune fille, dont la vue fit une vive impression sur le coeur de Charles VII ; c’était Agnès Sorel, « une des plus belles femmes que je vis oncques, dit un contemporain, et qui fit en sa qualité beaucoup de bien au royaulme. » Les maîtresses de nos rois n’ont pas souvent mérité pareil éloge.

Les hostilités ne s’arrêtèrent pas après la bataille de Bulgnéville. Pendant plusieurs années, Antoine de Vaudemont ravagea le pays avec ses bandes d’aventuriers ; Mirecourt fut pillé en 1438. La même année, Charles VII envoya des troupes au secours de René, son beau-frère, avec Lahire et Xaintrailles.

images (11)Ce fut un surcroît de malheur que l’arrivée de ces prétendus auxiliaires, qui pillaient également amis et ennemis. Enfin, la paix fut rétablie entre Vaudemont et René, qui consentit au mariage de sa fille avec le fils de son rival. Ce traité devait plus tard rendre la Lorraine au descendant de l’antique famille ducale ; mais la guerre avait cruellement pesé sur le pays vosgien, et d’ailleurs la tranquillité ne fut pas de longue durée pour ses habitants.

René Il de Vaudemont venait de succéder à Nicolas d’Anjou ; aussitôt Charles le Téméraire, l’ambitieux due de Bourgogne, envahit la Lorraine, se rend maître des Vosges et des villes voisines. Charmes, Mirecourt, Épinal et Saint-Dié sont forcés, Bruyères est saccagé, Neufchâteau et Remiremont sont obligés de se rendre. Mais la chasse de Granson, comme dit Comines, et le désastre de Morat marquèrent le terme des prospérités de la maison de Bourgogne, et le pays des. Vosges retourna avec le reste de la Lorraine sous l’autorité de René Il et de ses successeurs.

C’est dans les montagnes des Vosges que le duc Charles IV chercha un asile, lorsque ses imprudentes provocations fournirent à Richelieu un motif pour envahir la Lorraine. C’est à Épinal qu’il signa une première abdication. C’est à Mirecourt qu’il se retira lorsque Nancy fut occupé par une garnison française, et qu’il signa en 1634 une seconde abdication ; c’est encore parles Vosges qu’il rentra dans son duché, l’année suivante, à la tête d’une armée. C’est que le pays des Vosges était comme la citadelle de la Lorraine ; c’était un sol favorable à une guerre de partisans, comme Charles IV était réduit à la faire.

Mais, pendant que ce prince singulier balançait ainsi la fortune du grand ministre de Louis XIII, le pays se ressentait douloureusement de tous les maux de la guerre. Des soldats féroces pillaient et brûlaient les églises et les monastères, maltraitaient les religieuses et ouvraient le ventre des prisonniers pour chercher l’or qu’ils pouvaient avoir avalé. Aux excès de la cruauté humaine se joignirent la famine et la peste, qui dépeuplèrent des villages entiers.

Il faut arriver jusqu’au règne de Léopold, que le traité de Ryswick (1697) remit en possession de la Lorraine, pour voir la fin des calamités de ce pays. Quelques années plus tard, les combinaisons de la politique européenne donnèrent à la Lorraine un souverain étranger, Stanislas Leczinski.

On sait combien fut brillant le règne de ce prince ; mais n’oublions pas que les magnificences de Lunéville étaient coûteuses et que les impôts pesèrent lourdement sur la population des compagnes. Néanmoins, de sages mesures signalèrent aussi le règne de Stanislas ; c’est ainsi qu’après la famine de 1741 des greniers d’abondance furent établis à Épinal, Saint-Dié, Mirecourt, Neufchâteau, etc. En 1766, à la mort de Stanislas, le pays des Vosges suivit le sort du reste de la Lorraine, qui devint province française. Compris dans le grand gouvernement de Lorraine-Barrois, il était divisé alors en neuf bailliages : ceux d’Épinal, de Saint-Dié, de Bruyères, de Remiremont, de Darney, de Mirecourt, de Châtel, de Charmes et de Neufchâteau, relevant de la cour souveraine de Nancy, qui fut érigée en parlement par Louis XVI.

Le décret de 1790 qui divisa la France en départements établit le département des Vosges et lui donna pour chef-lieu Épinal. Les habitants d’un pays qui souffrait depuis des siècles des abus de la féodalité ecclésiastique ne pouvaient accueillir qu’avec sympathie et comme une ère réparatrice la Révolution. Si la condition nouvelle imposée à la Lorraine au XVIe siècle excita des regrets chez une population attachée à sa vieille dynastie, ils durent s’effacer alors devant un sentiment nouveau.

Jusqu’alors, les Vosgiens ne connaissaient la France que par des invasions militaires et des exactions financières ; ils comprirent, mieux que les édits royaux de Louis XV, qu’ils n’avaient pas à se plaindre de leur destinée, qui les ramenait après tant de siècles dans la grande famille française.

Signalé pour son patriotisme en 1792, le département des Vosges fut la premier, en 1800, à acquitter la plus forte partie de ses contributions ; le gouvernement consulaire, pour reconnaître ce patriotique empressement, décréta que la place Royale à Paris prendrait le nom de place des Vosges ; elle conserva ce nom jusqu’à la Restauration, pour le reprendre en 1848, le perdit sous le second Empire et le recouvra après 1870.

En 1814, ces braves populations montrèrent combien elles étaient françaises de cœur. Les armées coalisées marchaient sur la France ; Blücher arrivait par le nord de la Lorraine et Schwarzenberg par le haut Rhin ; les deux armées devaient se réunir sur la haute Meuse. Une partie du corps de Schwarzenberg fut arrêtée quelque temps dans les Vosges par une héroïque résistance ; et, quelques mois plus tard, lorsque, après la bataille de Montereau, l’armée autrichienne fit un mouvement de recul, ce fut encore dans les Vosges qu’elle éprouva le plus de pertes.

Peut-être l’étranger n’eût-il pas franchi la frontière, si Napoléon eût compris plus tôt que, dans cette lutte suprême, il fallait s’abandonner à cet énergique patriotisme des masses, dont les Vosgiens donnèrent alors un si bel exemple.

Le département des Vosges eut beaucoup à souffrir pendant la guerre de 1870-1871. Un des premiers envahis, il fut le dernier évacué et à la signature de la paix il perdit un canton entier, celui de Schirmeck, comprenant les communes de : Schirmeck, Barembach, La Broque, Grandfontaine, Natzviller, Neuviller-la-Roche, Rothau, Russ, Waldersbach, Wildersbach, Wisches, et la partie septentrionale du canton de Saales, c’est-à-dire les communes de Saales, de Bourg-Bruche, de Colroy-la-Roche, de Plaine, de Saint-Blaise-la-Roche, de Saulxures et de Ranrupt ; en tout, 18 communes, et une population d’environ 22 000 habitants. L’invasion et l’occupation étrangère lui avaient coûté 8 millions 785 723 fr. 85.

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Histoire des Vosges

Posté par francesca7 le 23 juillet 2014

 

(Région Lorraine)

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La contrée qui est bornée à l’est par le revers occidental des Vosges et au sud par les monts Faucilles et une partie du plateau de Langres était habitée jadis par une population que César désigne sous le nom de Leuces (Leuci). Comme pour la plupart des peuples de l’ancienne Gaule, l’histoire ne commence pour les Leuces que du jour où ils se trouvent en contact avec les Romains. Ces conquérants, qui rencontrèrent sur le sol gaulois de si redoutables adversaires, n’eurent avec les Leuces que des rapports pacifiques.

Lorsque César, se disposant à marcher contre Arioviste et les Suèves, veut rassurer son armée épouvantée, il cite les Leuces parmi les peuples amis de Rome, et qui ont promis de fournir des vivres durant la campagne. C’est que les Leuces étaient des premiers menacés par cette formidable invasion germanique dont les Suèves étaient l’avant-garde ; ils ne virent dans César que le sauveur de la Gaule. César, d’ailleurs, eut soin d’entretenir leurs dispositions sympathiques.

On voit dans ses Commentaires que la conquête romaine ne pesa -pas durement sur leur pays ; dans un passage où il énumère les populations gauloises traitées avec le plus de faveur et qui conservèrent de grandes franchises après la réduction du pays en provinces, il cite en première ligne les Leuces. Rome, qui témoignait ainsi sa reconnaissance à un peuple ami, avait su apprécier aussi ses qualités guerrières ; Lucain vante l’habileté des Leuces à manier la fronde.

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Dans la division de l’empire en provinces, les Leuces furent compris dans la Belgique première. Le pays des Vosges eut sa part des misères qui signalèrent la dissolution de l’empire ; au commencement du Ve siècle, lors de la grande invasion des barbares, il fut désolé par les Vandales, qui pénétrèrent jusque dans la vallée qui donne naissance à la Moselle et ruinèrent un château et une ville qui s’élevaient sur l’emplacement d’Épinal. Un peu plus tard, la domination des Francs, qui étaient aussi de rudes conquérants, s’étendit sur la Gaule, et le pays des Vosges fit partie du royaume de Clovis et, après sa mort, du royaume d’Austrasie, dont il forma la limite méridionale ; au delà des monts Faucilles commençait le royaume des Bourguignons.

Au milieu des troubles et des violences dont la période mérovingienne présente le triste spectacle l’histoire du département des Vosges est presque tout entière dans les légendes pieuses et dans les récits des chroniqueurs sur la fondation de quelques monastères, dont les plus célèbres furent Saint-Dié et Remiremont. Dans ces temps malheureux, on ne trouvait un peu de calme et de sécurité que dans la vie monastique.

Lorsque Charlemagne, voulant organiser l’empire, établit la division administrative en comtés et légations, le pays qui répondait à peu près au département des Vosges forma trois comtés désignés sous les noms suivants : comitatus Calvomontensis (entre la Moselle et la Meurthe), comitatus Segentensis (vers Mirecourt), comitatus Vosagus (au sud du précédent). Charlemagne et son fils Louis le Débonnaire avaient une prédilection marquée pour ce pays aux vastes et sombres forêts ; ils y venaient souvent en automne pour leurs grandes chasses impériales.

Dans le démembrement de I’empire carlovingien consacré par le traité de Verdun, le pays des Vosges fit partie des États de Lothaire ler, et échut ensuite à son fils Lothaire Il ; le royaume de ce prince, qui comprenait les pays situés entre la Meuse, l’Escaut et le Rhin, était appelé la France de Lothaire (Lotharingia), d’où est venu le nom de Lorraine. Pendant un demi-siècle, la possession de ces contrées fut un continuel sujet de guerre entre les tristes successeurs de Charlemagne, princes dégénérés, mais que le souvenir du grand empereur animait d’une insatiable ambition.

Lorsque, au commencement du Xe siècle, la Lorraine fut rattachée à l’empire germanique et divisée ensuite en duchés, le pays des Vosges fit partie du duché de Lorraine mosellane ou haute Lorraine, « qui eut pour premier duc, dit M. Gérard Gley, Frédéric de Bar, beau-frère de Hugues Capet, en 959, et qui appartenait en grande partie à des seigneurs ecclésiastiques ou laïques, dont l’autorité était presque sans bornes. » (Géographie physique et historique des Vosges). Les longues luttes des petits-fils de Charlemagne, et plus tard des rois de France et des empereurs d’Allemagne, pour la possession de la Lorraine favorisèrent l’indépendance des seigneurs, qui ne laissèrent aux ducs de Lorraine qu’une autorité restreinte et des domaines fort limités.

C’est ainsi que le pays des Vosges se couvrit de ces forteresses féodales dont les vestiges subsistent encore en beaucoup d’endroits. Ce serait une longue et fastidieuse histoire que celle des démêlés et des guerres de tous ces petits tyrans féodaux entre eux et de leurs révoltes contre les ducs de Lorraine.

Nous ne ferons pas davantage l’énumération des monastères et des églises qui furent fondés alors dans le pays des Vosges par les seigneurs. Remarquons seulement que plusieurs de ces monastères donnèrent naissance à des villes, que dans ces temps de barbarie les terres ecclésiastiques étaient ordinairement plus respectées que les autres, et qu’ainsi les habitations se groupèrent autour des églises et des monastères. Telle fut l’origine d’Épinal, de Saint-Dié, de Remiremont, etc.

Mais ces villes, qui relevaient de la féodalité ecclésiastique ou laïque, grandirent en population et en importance, et il vint un temps où leurs habitants se trouvèrent assez forts pour se soustraire à la sujétion féodale. C’est au XIIIe siècle, du temps du due Ferry III, que la liberté bourgeoise s’établit dans le pays des Vosges, et que les villes y reçurent, comme dans presque toute la Lorraine, ce que l’on appelait la charte ou la loi de Beaumont ; Beaumont était une petite ville de Champagne, bâtie par un archevêque de Reims, qui avait attiré les habitants en leur accordant une constitution municipale d’après laquelle s’organisèrent un peu plus tard un grand nombre de villes.

Avec la liberté on vit renaître le commerce et l’industrie ; mais combien la sécurité manquait encore à ceux qui s’aventuraient hors des murs de leur ville ! On voit au XIVe siècle des marchands de Neufchâteau arrêtés sur la grande route et saisis, comme le serait une propriété, par des créanciers de leur seigneur. Une autre misère de cette époque était ces compagnies de pillards et de brigands qui se formaient à la faveur de la guerre entre la France et l’Angleterre, et dont les ravages s’étendirent jusqu’au pied des Vosges ; Neufchâteau fut horriblement dévasté par eux en 1371.

Au siècle suivant, le pays eut à souffrir de la guerre cruelle dans laquelle les maisons d’Anjou et de Vaudemont se disputèrent le duché de Lorraine. Le duc Charles le Hardi avait marié Isabelle, sa fille et son héritière, à René d’Anjou, qui avait hérité déjà du comté de Bar. René trouva un compétiteur dans Antoine de Vaudemont, d’une branche cadette de la famille ducale. Les prétentions de Vaudemont étaient appuyées par le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, et par les Anglais.

Mais une grande partie de la noblesse lorraine tenait pour René, qui avait reçu, en outre, quelques renforts français sous le commandement du fameux Barbazan et de Baudricourt, le capitaine de Vaucouleurs. Antoine de Vaudemont avait une armée composée surtout d’aventuriers anglais et de seigneurs bourguignons. Les deux rivaux se trouvèrent en présence près de Bulnéville (2 juillet 1431).

L’armée de Vaudemont avait l’avantage du terrain ; Barbazan conseillait à René de couper les vivres à l’ennemi pour le forcer à déloger ; mais les jeunes seigneurs lorrains et allemands qui entouraient René, comptant sur la supériorité du nombre, demandèrent le combat à grands cris. Barbazan fut tué dès le commencement de l’action ; sa mort mit le désordre dans l’armée ; l’artillerie de Vaudemont et ses archers décidèrent la victoire. René, tombé aux mains des Bourguignons fut emmené captif à Dijon.

hoteldepA la captivité de René se rattache un épisode digne d’être mentionné ici. Après la bataille de Bulgnéville, la femme du prisonnier, Isabelle, vint implorer le secours de Charles VII ; la duchesse était accompagnée d’une de ses amies d’enfance, gracieuse jeune fille, dont la vue fit une vive impression sur le coeur de Charles VII ; c’était Agnès Sorel, « une des plus belles femmes que je vis oncques, dit un contemporain, et qui fit en sa qualité beaucoup de bien au royaulme. » Les maîtresses de nos rois n’ont pas souvent mérité pareil éloge.

Les hostilités ne s’arrêtèrent pas après la bataille de Bulgnéville. Pendant plusieurs années, Antoine de Vaudemont ravagea le pays avec ses bandes d’aventuriers ; Mirecourt fut pillé en 1438. La même année, Charles VII envoya des troupes au secours de René, son beau-frère, avec Lahire et Xaintrailles.

Ce fut un surcroît de malheur que l’arrivée de ces prétendus auxiliaires, qui pillaient également amis et ennemis. Enfin, la paix fut rétablie entre Vaudemont et René, qui consentit au mariage de sa fille avec le fils de son rival. Ce traité devait plus tard rendre la Lorraine au descendant de l’antique famille ducale ; mais la guerre avait cruellement pesé sur le pays vosgien, et d’ailleurs la tranquillité ne fut pas de longue durée pour ses habitants.

René Il de Vaudemont venait de succéder à Nicolas d’Anjou ; aussitôt Charles le Téméraire, l’ambitieux due de Bourgogne, envahit la Lorraine, se rend maître des Vosges et des villes voisines. Charmes, Mirecourt, Épinal et Saint-Dié sont forcés, Bruyères est saccagé, Neufchâteau et Remiremont sont obligés de se rendre. Mais la chasse de Granson, comme dit Comines, et le désastre de Morat marquèrent le terme des prospérités de la maison de Bourgogne, et le pays des. Vosges retourna avec le reste de la Lorraine sous l’autorité de René Il et de ses successeurs.

C’est dans les montagnes des Vosges que le duc Charles IV chercha un asile, lorsque ses imprudentes provocations fournirent à Richelieu un motif pour envahir la Lorraine. C’est à Épinal qu’il signa une première abdication. C’est à Mirecourt qu’il se retira lorsque Nancy fut occupé par une garnison française, et qu’il signa en 1634 une seconde abdication ; c’est encore parles Vosges qu’il rentra dans son duché, l’année suivante, à la tête d’une armée. C’est que le pays des Vosges était comme la citadelle de la Lorraine ; c’était un sol favorable à une guerre de partisans, comme Charles IV était réduit à la faire.

Mais, pendant que ce prince singulier balançait ainsi la fortune du grand ministre de Louis XIII, le pays se ressentait douloureusement de tous les maux de la guerre. Des soldats féroces pillaient et brûlaient les églises et les monastères, maltraitaient les religieuses et ouvraient le ventre des prisonniers pour chercher l’or qu’ils pouvaient avoir avalé. Aux excès de la cruauté humaine se joignirent la famine et la peste, qui dépeuplèrent des villages entiers.

Il faut arriver jusqu’au règne de Léopold, que le traité de Ryswick (1697) remit en possession de la Lorraine, pour voir la fin des calamités de ce pays. Quelques années plus tard, les combinaisons de la politique européenne donnèrent à la Lorraine un souverain étranger, Stanislas Leczinski.

On sait combien fut brillant le règne de ce prince ; mais n’oublions pas que les magnificences de Lunéville étaient coûteuses et que les impôts pesèrent lourdement sur la population des compagnes. Néanmoins, de sages mesures signalèrent aussi le règne de Stanislas ; c’est ainsi qu’après la famine de 1741 des greniers d’abondance furent établis à Épinal, Saint-Dié, Mirecourt, Neufchâteau, etc. En 1766, à la mort de Stanislas, le pays des Vosges suivit le sort du reste de la Lorraine, qui devint province française. Compris dans le grand gouvernement de Lorraine-Barrois, il était divisé alors en neuf bailliages : ceux d’Épinal, de Saint-Dié, de Bruyères, de Remiremont, de Darney, de Mirecourt, de Châtel, de Charmes et de Neufchâteau, relevant de la cour souveraine de Nancy, qui fut érigée en parlement par Louis XVI.

Le décret de 1790 qui divisa la France en départements établit le département des Vosges et lui donna pour chef-lieu Épinal. Les habitants d’un pays qui souffrait depuis des siècles des abus de la féodalité ecclésiastique ne pouvaient accueillir qu’avec sympathie et comme une ère réparatrice la Révolution. Si la condition nouvelle imposée à la Lorraine au XVIe siècle excita des regrets chez une population attachée à sa vieille dynastie, ils durent s’effacer alors devant un sentiment nouveau.

Jusqu’alors, les Vosgiens ne connaissaient la France que par des invasions militaires et des exactions financières ; ils comprirent, mieux que les édits royaux de Louis XV, qu’ils n’avaient pas à se plaindre de leur destinée, qui les ramenait après tant de siècles dans la grande famille française.

Histoire des Vosges dans Vosges 300px-Battle_of_Montereau_by_LangloisSignalé pour son patriotisme en 1792, le département des Vosges fut la premier, en 1800, à acquitter la plus forte partie de ses contributions ; le gouvernement consulaire, pour reconnaître ce patriotique empressement, décréta que la place Royale à Paris prendrait le nom de place des Vosges ; elle conserva ce nom jusqu’à la Restauration, pour le reprendre en 1848, le perdit sous le second Empire et le recouvra après 1870.

En 1814, ces braves populations montrèrent combien elles étaient françaises de cœur. Les armées coalisées marchaient sur la France ; Blücher arrivait par le nord de la Lorraine et Schwarzenberg par le haut Rhin ; les deux armées devaient se réunir sur la haute Meuse. Une partie du corps de Schwarzenberg fut arrêtée quelque temps dans les Vosges par une héroïque résistance ; et, quelques mois plus tard, lorsque, après la bataille de Montereau, l’armée autrichienne fit un mouvement de recul, ce fut encore dans les Vosges qu’elle éprouva le plus de pertes.

Peut-être l’étranger n’eût-il pas franchi la frontière, si Napoléon eût compris plus tôt que, dans cette lutte suprême, il fallait s’abandonner à cet énergique patriotisme des masses, dont les Vosgiens donnèrent alors un si bel exemple.

Le département des Vosges eut beaucoup à souffrir pendant la guerre de 1870-1871. Un des premiers envahis, il fut le dernier évacué et à la signature de la paix il perdit un canton entier, celui de Schirmeck, comprenant les communes de : Schirmeck, Barembach, La Broque, Grandfontaine, Natzviller, Neuviller-la-Roche, Rothau, Russ, Waldersbach, Wildersbach, Wisches, et la partie septentrionale du canton de Saales, c’est-à-dire les communes de Saales, de Bourg-Bruche, de Colroy-la-Roche, de Plaine, de Saint-Blaise-la-Roche, de Saulxures et de Ranrupt ; en tout, 18 communes, et une population d’environ 22 000 habitants. L’invasion et l’occupation étrangère lui avaient coûté 8 millions 785 723 fr. 85.

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Louis XVII, l’évadé du Temple

Posté par francesca7 le 11 janvier 2014

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Est-il bien mort en 1795, où est-il inhumé ? Malgré l’analyse ADN, on n’en a pas fini avec la disparition du petit roi.

On pensait en avoir fini avec le mystère de l’évadé du Temple et du petit roi caché, définitivement résolu, en 2000, par les travaux de Philippe Delorme. Après avoir contacté la noblesse française, l’historien avait cette année-là publié une enquête historique et scientifique, basée sur une étude d’ADN du coeur de l’enfant mort au Temple et autopsié par le docteur Pelletan. Un médecin qui avait soustrait le petit coeur sur la dépouille qui lui avait été présentée comme celle de Louis-Charles, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, puis qui l’avait roulé dans du son, avant de le placer dans son mouchoir. En comparant l’ADN de l’organe desséché à celui des descendants de la reine, les analyses génétiques, réalisées par les laboratoires de Louvain et de Muenster, établirent que ce coeur était celui d’un enfant apparenté à Marie-Antoinette, en lignée féminine. Dès lors, on pensa la troublante énigme enfin résolue. Et on en déduisit que le coeur conservé à Saint-Denis était bien celui de Louis XVII. C’était sans compter sur la hargne des tenants de l’exfiltration et de la survie de Louis XVII, qui, un temps anéantis par les révélations de Delorme, allèrent faire renaître l’énigme de ses cendres, à grand renfort d’arguments.

Un palpitant au parcours rocambolesque

Qu’est-ce qui prouve, en effet, que le coeur étudié est bien celui de Louis XVII ? Bien qu’il soit identique pour tous les individus d’une même lignée maternelle, un code génétique mitochondrial n’est pas unique. Dans des cas exceptionnels, des personnes peuvent avoir le même profil ADN mitochondrial (transmis par la mère) sans avoir le moindre degré de parenté. Ce coeur peut donc être aussi bien celui de Louis XVII que celui d’un Habsbourg ou d’un parfait inconnu. Surtout, le parcours rocambolesque de ce petit palpitant, un temps conservé dans un bocal d’alcool, a connu de bien curieuses vicissitudes, changeant plusieurs fois de main avant d’être placé, en 1975, dans la crypte royale de la basilique de Saint-Denis, où sont enterrés ses parents et une grande partie des rois de France. Comment attester sérieusement que ce précieux viscère, qui a été volé, perdu, retrouvé sur du sable, est celui de l’enfant du Temple ? Louis-Charles a eu un frère aîné, Louis-Joseph, décédé en juin 1789, à huit ans, d’une tuberculose et dont le coeur a, lui aussi, été conservé. De là à imaginer une inversion, il n’y a qu’un pas. Et c’est dans cette brèche que se sont engouffrés les « survivantistes », pour qui la mort au Temple est une trop mauvaise fin pour une histoire aussi passionnante.

Le coeur du premier dauphin, profané en 1793

Louis XVII, l'évadé du Temple dans AUX SIECLES DERNIERSPour Laure de la Chapelle, présidente du Cercle d’études historiques pour la question Louis XVII (CEHQ) et juriste de formation, le coeur analysé en 2000 ne peut être que celui de Louis-Joseph. Philippe Delorme réfute cette thèse, après l’avoir un temps envisagée. À chaque étape de son périple, depuis la tour du Temple jusqu’à la crypte de Saint-Denis, la relique a fait l’objet de procès-verbaux officiels, de certificats d’authenticité, de déclarations sur l’honneur et d’actes notariés. Pour que l’échange ait été possible, il aurait fallu que le coeur du frère aîné de Louis XVII ait été disponible. Or, celui-ci a été profané par les révolutionnaires en 1793 avec les autres coeurs royaux du Val-de-Grâce. Il réapparaît en 1817, entre les mains du maire du 12e arrondissement (l’actuel 5e), qui le remet à son légitime destinataire, Louis XVIII. Le roi entend réunir les deux coeurs, en vue de les transporter à Saint-Denis. Celui de Louis-Charles échoue à l’archevêché de Paris, avant d’être remis aux Bourbons espagnols. Celui de Louis-Joseph disparaît sans laisser d’adresse. Aucun document historique ne prouve que les deux coeurs se sont retrouvés côte à côte, et qu’il peut donc y avoir eu substitution. Quel intérêt Pelletan ou ses héritiers auraient-ils eu à agir ainsi ? Le coeur qui a été analysé dans les deux laboratoires n’a pas été embaumé, contrairement aux usages royaux. Pelletan s’est contenté de le placer dans un bocal rempli d’eau et d’alcool, comme une vulgaire curiosité anatomique. Or, celui de Louis-Joseph, comme tous les coeurs princiers conservés au Val-de-Grâce, a probablement été embaumé comme le voulait la tradition.

Une kyrielle de faux dauphins

Dès 1795, année de la mort de Louis XVII, des rumeurs font courir le bruit que le dauphin, remplacé dans sa geôle, aurait été libéré du Temple. Ce mythe de la survie du jeune prisonnier se développe tout au long de la première moitié du XIXe siècle. Il est favorisé par la restauration de la monarchie en France, par le goût romantique pour les histoires de conspiration ainsi que par les conditions d’isolement total imposées au dauphin. De quoi semer le doute sur l’identité du petit prisonnier, atteint de la scrofule par manque d’hygiène, vivant accroupi, à demi muet, la tête rasée et pratiquement méconnaissable. De nombreux faux dauphins, suffisamment crédibles pour réunir autour d’eux une cour d’adeptes, vont hanter la France, dont les plus célèbres sont certainement Naundorff, Richemont, Hervagault et un métis du nom d’Eleazar Williams ayant vécu en Amérique. Aujourd’hui encore, la lignée des Naundorff, descendants de Wilhelm Naundorff – le moins folklorique de tous -, continue de revendiquer l’héritage de la couronne de France, bien que déboutée par des tests ADN qu’elle avait demandés sur les restes de son aïeul.

Et si c’était le fils de Madame Poitrine ?

Derrière tous ces prétendants, on trouve une ribambelle de pistes, sans l’approche d’une preuve, qui évoquent des points de chute potentiels pour le petit roi évadé. Il y a la piste « auvergnate », avec le Velay, où plusieurs familles sont persuadées d’être les rejetons du dauphin. Une autre, tout aussi fantaisiste, évoque une survie de Louis XVII dans une ferme de Saulx-les-Chartreux, dans l’Essonne, et même à Saint-Domingue. 

De toutes ces pistes, une histoire méconnue du public a intrigué Didier Audinot, spécialiste des énigmes : celle de deux lettres signées Louis-Charles, datées du 27 mars 1867 et dont l’auteur, âgé de 87 ans, prétendait être le véritable Louis XVII. L’une avait été envoyée au directeur du journal Le Figaro, la seconde au Grand Journal, une gazette qui avait publié une étude sur les usurpateurs. La première, acquise en 1972 par un collectionneur, faisait suite à un article sur le décès du comte de Ligny-Luxembourg, l’un des prétendus dauphins recensés. L’auteur avance que le comte de Ligny-Luxembourg n’est autre que le frère de lait du premier dauphin, décédé en 1789. Louis avait, en effet, une nourrice, Madame Poitrine, qui alimentait d’autres enfants en sevrage. Si on s’en tient à cette hypothèse, l’un de ses fils aurait été éduqué à la manière de Louis XVII pour, à un moment donné, prendre sa place, pendant ou après l’enfermement dans le Temple. Par la suite, cette doublure aurait abusé des connaissances acquises et serait devenue l’un des faux prétendants, en l’occurrence le comte de Ligny-Luxembourg. L’auteur mystérieux de ces deux missives se présentait comme un pauvre vieillard, oublié du monde. Il est clair qu’il ne supportait pas la concurrence, imposée par une bonne quarantaine de faux dauphins !

Les enveloppes qui auraient permis d’en identifier la provenance ont été perdues. Quant à l’envoi imminent de ses Mémoires, accompagnés prétendument de pièces authentiques, on l’attend toujours. Seule la lettre autographe, celle du Figaro, fut soumise à une expertise graphologique. On la compara aux devoirs effectués par le dauphin au début de sa détention. Et curieusement, les deux écritures semblaient se confondre, tant par l’orthographe que par la forme des lettres et la manière dont elles ont été rédigées. Le vrai Louis XVII a-t-il fini sa vie obscure, sous les cocotiers, à la veille… de la désastreuse guerre de 1870 ? Après plus de deux cents ans, la disparition de Louis XVII fait toujours fantasmer. Chaque année, un livre est publié sur le sujet et un prétendant au trône de France se manifeste. Souvent des personnes de naissance inconnue ou nées sous X.

L’enfant du cimetière Sainte-Marguerite

 dans AUX SIECLES DERNIERSLe 10 juin 1795, à 21 heures, un cortège d’une trentaine d’âmes quitte la prison du Temple en direction du cimetière Sainte-Marguerite, affecté aux inhumations des guillotinés. Dans le cercueil de bois blanc se trouve l’enfant mort deux jours plus tôt. D’après le témoignage du fossoyeur, Pierre Bertrancourt, surnommé Valentin, qui a procédé à l’enterrement, le corps du gamin a été jeté dans une fosse commune, avant d’en être exhumé, pour être réinhumé dans un cercueil de plomb, contre le mur de fondation de l’église. 

En 1846 et 1894, des exhumations eurent bien lieu, mais les ossements retrouvés dans la bière étaient ceux d’un enfant de 15 à 18 ans, alors que le dauphin n’avait que 10 ans lorsqu’il est mort. En 1979, une troisième exhumation a eu lieu sans apporter d’élément nouveau quant à l’identité de ce corps. Mais les hypothèses continuent de fleurir : le corps du dauphin aurait été subtilisé et remplacé par celui d’un autre. Et puis, a-t-on cherché au bon endroit ? Au moins quatre témoins se contredisent sur le lieu d’inhumation. Dans ce cas, le corps du dauphin repose toujours quelque part dans l’enceinte du cimetière.

En 2004, pour les besoins d’une étude de la population parisienne sous l’Ancien Régime, la terre du cimetière est retournée, le caveau de l’enfant du Temple ouvert. Étrangement, aucun examen ADN n’a été pratiqué sur les ossements prélevés : enfermés dans des sacs-poubelles, ils ont été mis dans les sous-sols de l’église. Si l’énigme n’a toujours pas été élucidée, l’enquête se poursuit. En juin dernier, le CEHQ Louis XVII a acquis quatre mèches de cheveux provenant de l’exhumation de l’enfant du Temple en 1894. Si l’on retrouve la même signature ADN que celle inscrite dans les gènes de la reine, on aura la preuve que l’enfant du Temple est bien Louis XVII. Affaire à suivre.

À lire L’énigme Louis XVII par Jean-Baptiste Rendu, Larousse, 2011.

Louis XVII, la vérité par Philippe Delorme, Pygmalion, 2000.

Louis XVII, son enfance, sa prison et sa mort par R. Chantelauze, d’après les documents des Archives nationales, 1884. À télécharger sur : www.archive.org/stream/louisxviisonenf00louigoog#page/n6/mode/2up

Essai de bibliographie sur Louis XVII par Lionel Parois, Au passé simple,1992.

Histoires incroyables de l’histoire de France par Didier Audinot, 2008.

 

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Le château de Lux

Posté par francesca7 le 20 octobre 2013

 Image illustrative de l'article Château de Lux


Le château de Lux est une ancienne forteresse, maintes fois réaménagée à différentes époques. Il est situé à Lux en Bourgogne.

 

Il a été une ancienne propriété des gouverneurs de Bourgogne, des Saulx-Tavannes et des Condé.

Le château, la chapelle et les vestiges du xiiie siècle font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le8 janvier 1946

Le premier seigneur connu de Lux est Guy de Til-Châtel qui, en 1184, se plaça dans la mouvance du duc de Bourgogne et obtint l’autorisation de fortifier le château.

En 1443, il fut acquis par Odot de Malain. Les Malain, qui descendaient de banquiers enrichis au service des ducs, en firent une demeure à la fois puissante et élégante précédée d’une basse cour et défendue par quatre tours rondes, des courtines surmontées d’un chemin de ronde couvert, des fausses braies et des fossés alimentés en eau par la Tille qui baignait son flanc occidental. Il était en fort mauvais état quand roger de Bellegarde, gouverneur de Bourgogne; l’acquit en 1624. En 1646, il passa à Henri de Bourbon, prince de Condé, qui le céda en 1668 à Claude du Housset, marquis de Til-Châtel, lequel le donna à sa nièce, Catherine Daguesseau, lors de son mariage, en 1683, avec Charles-Marie de Saulx-Tavannes. Les Saulx-Tavannes l’ont conservé jusqu’en 1845 et l’ont totalement transformé: les fortifications ont disparu, les baies et les dispositions intérieures du corps de logis ont été modifiées par les architectes Le Jolivet et Jean Caristie de 1749 à 1751, de nouveaux aménagements intérieurs sont intervenus au début du XIXèS, les fossés ont été comblés et les abords transformés, d’abord en jardin à la française, puis parc à l’anglaise.

Le château de Lux dans CHATEAUX DE FRANCE 220px-chateau_de_lux_-_04A Lux, Les prospections aériennes et les fouilles archéologiques ont révélé l’existence d’un site gallo-romain d’une superficie de 9 ha. Le site présente de grands bâtiments organisés autour de cour. Les fouilles et prospection ont révélé la présence de maçonneries importantes, de mosaïques, d’hypocaustes et d’adductions d’eau. La nature exacte du site n’est cependant pas aisée à préciser. Le site ne constitue pas une agglomération ordinaire et ressemble plutôt à une très grande villa. Toutefois les bâtiments résidentiels de la pars urbana manquent et seule semble attestée la résidence d’un vilicus. La présence d’un bras fossile de la Tille le long de bâtiments et le plan de certains bâtiments peut laisser penser qu’il s’agit d’entrepôt liés à la navigation fluviale.

À partir de 1917, le village abrita l’un des plus grands hôpitaux vétérinaires de France, destiné aux chevaux et mis en place par l’armée américaine. Il se trouvait sur la route de Spoy, près de la Tille et de la voie de chemin de fer, afin de communiquer avec le camp et la gare régulatrice d’Is-sur-Tille.

 

 

 

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