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LA VIE D’UNE POMME DE TERRE

Posté par francesca7 le 24 mars 2015

Anker_Die_kleine_Kartoffelschälerin_1886Originaire de l’Amérique andine, la pomme de terre est arrivée en Espagne vers 1560.

De là, elle est passée en Italie, en Allemagne et en Belgique, puis en Angleterre. Quant à son introduction en France, Olivier de Serres disait en 1600 qu’elle « est venue de Suisse en Dauphiné, depuis peu de temps ».

Dès 1601, Charles de L’Écluse note qu’elle est « si vulgaire en certains lieux d’Italie que l’on s’y nourrit de ses tubercules cuits avec de la viande de mouton, comme si c’était des raves ou des panais ». En France, Olivier de Serres prétend qu’on la prépare comme la truffe, avec laquelle il lui paraît aisé de la confondre. De fait, pendant plus d’un siècle, il est difficile de savoir si, lorsque les Français parlent de « truffe », ils désignent l’un ou l’autre aliment ; et ils appellent parfois « pomme de terre » le topinambour. Aucun livre de cuisine français ne mentionne la « pomme de terre » avant le milieu du XVIIIe siècle. Et, dans la plupart des régions où on la cultivait, il semble qu’elle ait servi à nourrir les cochons.

Il faut attendre 1795 pour qu’un traité culinaire, la Cuisinière républicaine, lui soit consacré ; et le règne de Louis XVI pour que Parmentier, qui en a mangé en Prusse, la mette au goût du jour à Paris. Mais c’est indépendamment de l’action de ce dernier qu’elle est introduite, à la même époque, dans l’alimentation des paysans pauvres de plusieurs provinces de France : Dauphiné, Auvergne, Franche-Comté, Lorraine, Alsace, Pyrénées et côte bretonne. Dans la montagne vivaroise, un observateur écrivait en 1781 : « Depuis quelque temps on mange en hiver beaucoup de pommes de terre. » En Alsace, on les coupe en tranches qu’on fait sécher au four (comme les fruits), pour mieux les conserver. Dans les années 1770, « les laboureurs font du pain en mêlant la pomme de terre avec de l’avoine et des vesces ». Les Alsaciens l’accommodent aussi à la façon des Lorrains, cuites dans l’eau bouillante ou sous la cendre chaude ; ou cuites au lait avec du beurre frais et du lard. Au XIXe siècle, finalement, il n’y a pas une province qui n’ait au moins une spécialité à base de pomme de terre ;

 LA VIE D’UNE POMME DE TERRE dans FLORE FRANCAISE 220px-Potato_sprouts

D’un côté, l’introduction de la pomme de terre dans l’alimentation des Français constitue un progrès historique : sans elle, l’essor démographique des XVIIIe et XIXe siècles n’aurait pas été possible. Mais elle est ressentie par les intéressés comme une dégradation de leur ordinaire : ainsi en Alsace où, vers 1775, ce tubercule est devenu « la ressource des habitants qui sont trop pauvres pour se nourrir de pain pendant l’année entière ».

La valeur nutritionnelle de la pomme de terre est liée à sa composition, principalement à sa teneur en matière sèche, qui se compose essentiellement de glucides, mais qui apporte aussi des protides, des vitamines, de sels minéraux, des fibres alimentaires et seulement des traces de lipides. La valeur nutritionnelle peut cependant être affectée par les modes de préparation culinaires dans la mesure où ils modifient cette composition, par exemple par la concentration de matière sèche, l’apport de matières grasses et la dégradation des vitamines.

Proche en moyenne de 23 %, la teneur en matière sèche peut varier de 13 à 37 %, notamment en fonction des variétés et de la durée du stockage.

La pomme de terre est un aliment relativement riche en amidon (75 à 80 % de la matière sèche) et parfois considéré comme un féculent, mais qui se rapproche des légumes par sa teneur élevée en eau (environ 80 %), contre seulement 12 % pour les céréales et légumes secs. Sa forte teneur en eau et la quasi absence de lipides en font un aliment modérément énergétique, environ 80 à 85 kcal/100 g, du moins lorsqu’elle est cuisinée sans apport de matières grasses. À titre de comparaison, 100 g de pommes de terre chips apportent environ 550 kcal.

L’amidon est constitué de 75 % d’amylopectine et de 25 % d’amylose. Une partie de cet amidon, environ 7 %, est constituée d’amidon résistant qui n’est pas assimilé au niveau de l’intestin grêle. Cette proportion peut augmenter (jusqu’à 13 %) si les pommes de terre sont refroidies après cuisson (par exemple pomme de terre en salade). L’amidon résistant est assimilé par les nutritionnistes aux fibres alimentaires, avec les mêmes effets bénéfiques, notamment parce qu’il augmente le lest intestinal et la sensation de satiété. Outre l’amidon, les pommes de terre contiennent une faible quantité de sucres, dont la teneur varie selon les variétés, l’état de maturité des tubercules et leur conditions de stockage. Il s’agit principalement de saccharose et de sucres réducteurs (glucose et sucrose). La présence de ces derniers est indésirable pour la production de frites et chips car elle entraîne pendant la friture le noircissement des produits finis (réaction de Maillard).

La teneur en protides, d’environ 2 % du poids frais, représente 8 à 10 % de la matière sèche, taux comparable à celui des céréales. Il s’agit pour une part de protéines hydrosolubles et pour une part d’acides aminés libres. Les protides de la pomme de terre ont une bonne valeur biologique, comparable à celle du lait de vache. Ils contiennent plusieurs acides aminés essentiels, en particulier la lysine dont l’abondance les rend complémentaires des protéines de céréales, mais avec une légère déficience en acides aminés soufrés (méthionine, cystine). Les principales protéines sont l’albumine, la globuline, la prolamine et la gluténine. Les tubercules contiennent également desglycoprotéines (patatine et lectine).

La pomme de terre est une bonne source de vitamines hydrosolubles, en particulier de vitamine C (acide ascorbique). Une portion de 300 g de pommes de terre bouillies fournit environ 50 % de l’apport journalier recommandé. De fait, dans de nombreux pays où elle est le premier légume consommé, la pomme de terre est la principale source de vitamines C dans la ration alimentaire moyenne des habitants. Par exemple aux États-Unis, cet apport était (en 1975) estimé à 20 % (contre 18 % pour les agrumes). La teneur en vitamine C est la plus élevée dans les pommes de terre primeur (40 mg/100 g) contre seulement 15 mg chez la pomme de terre de conservation. Cette teneur diminue pendant le stockage et après cuisson car c’est une substance sensible à la chaleur (thermolabile) et à la dissolution dans l’eau. La pomme de terre est aussi une source intéressante de vitamines B1 (thiamine), B2 (riboflavine), B3 (niacine), B5 (acide pantothénique), B6 (pyridoxine) et B9 (acide folique).

220px-Potato_harvest_and_farmers_Dieng dans FLORE FRANCAISELes sels minéraux représentent environ 1 % du poids des tubercules frais. Ils comptent plusieurs minéraux et oligo-éléments importants pour l’alimentation humaine, dont potassium (50 % du total), fer et magnésium, ainsi que calciumet phosphore. Le calcium, bien que sa teneur soit faible comparée à celle d’autres aliments comme les céréales, est mieux assimilé du fait du très faible niveau de l’acide phytique. Leur teneur élevée en potassium font des pommes de terre un aliment contre-indiqué en cas de défaillance rénale (hyperkaliémie). Inversement la faible teneur en sodium et la valeur élevée du ratio potassium/sodium les rend bénéfiques en cas d’hypertension.

 

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HISTOIRE DE CHOCOLAT : ON CRAQUE POUR LUI

Posté par francesca7 le 7 février 2015

 

Certains craquent pour lui sans discontinuer. D’autres le préfèrent à la pause café. De toute évidence, ses saveurs et ses recette ne laissent personne indifférent et le nombre de ses accros continue de grimper dans le monde… Retour sur la formidable épopée du chocolat.

Cocoa_farming_in_Ghana

DE LA FEVE AU CACAO

Si le cacaoyer pousse dans les zones équatoriales du globe, le tiers de la production de cacao provient de Côte d’Ivoire en Afrique, suivi du Ghana et de l’Indonésie. Parmi ses variétés, trois seulement produisent chaque année l’essentiel des 4 millions de tonnes de fèves consommées dans le monde. On citera le criollo, une espèce rare et très recherchée qui pousse au Mexique, au Venezuela, en Jamaïque mais aussi à Java, à Madagascar…

Ses fèves rondes et claires libèrent des arômes puissants et délicats.

Le forestèro est le plus robuste et le plus représenté en Afrique, au Brésil et en Equateur. Ses saveurs sont amères et ses arômes acides.

Le trinitario, croisement du criollo et du forestéro, tire son nom de la petite île de Trinidad d’où il est originaire. Aujourd’hui il est cultivé partout dans le onde et offre une puissance aromatique qui permet de créer des cacaos aux notes d’amandes, de noisettes, voir de tabac blond. Enfin, le caco très tannique cultivé uniquement en Equateur ou le cacao de Guyane sont très réputés mais confidentiels.

Le cacaoyer présente des gros fruits appelés cabosses qui peuvent produire de 2 à 7 kg de caco par an. Récoltées deux fois par an, les cabosses contiennent entre 29 et 50 graines, les fèves. Plusieurs étapes sont alors nécessaires pour transformer celles-ci en pâte de caco. Une fois ramassées, on les fait fermenter 2 à 7 jours dans des caisses en bois percées, puis sécher au soleil 15 jours. Nettoyées, les fèves sont ensuite torréfiées dans les chocolateries pour donner l’arôme et la couleur au cacao, puis concassées et débarrassées de leur coque.

Ensuite, ce grué est broyé pour obtenir une pâte liquide ; la pâte de caco, composée de beurre de cacao, de sucre et de matières sèches.

DES ORIGINES VRAIMENT LOINTAINES

Le cacaoyer est cultivé depuis plus de 3000 ans mais ce sont les Mayas qui, les premiers, l’ont exploité. Ils broyaient alors les fèves pour en faire un breuvage amer dégusté lors des mariages.

Considéré comme l’élixir des dieux, les bébés étaient bénis avec une branche d’arbre trempée dans un mélange d’au de source, de pétales de fleurs et de poudre de cacao. Plus tard, les Aztèques mélangèrent le cacao à de l’eau et l’aromatisaient de piment, de poivre, de vanille… pour faire une infusion qui boostait l’organisme et facilitait la digestion.

MariaTheresia_MaskeLe « xocoatl » prit le nom de « chocolat » chez les conquistadors espagnols qui l’aimaient avec de la cannelle, du sucre de canne ou de la fleur d’oranger.

Si on doit à Christophe Colomb, lors d’une étape au Nicaragua en 1502, d’avoir découvert les fèves de cacao, c’est Hemân Cortès, autre grand explorateur qui l’introduisit à la cour de Charles Quint en Espagne au XVIè siècle.

En France, le chocolat est servi au mariage de l’infante d’Espagne, Anne d’Autriche à Louis XIII. Mais c’est surtout Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV qui le fi connaître à Versailles : elle en raffolait et ses courtisanes aussi.

 

Ce n’est qu’à la Révolution française que l’on fabriqua des machines pour diffuser sa production.

LE CHOCOLAT VU PAR LE MEDECIN NUTRITIONNISTE Dr. LAURENCE PLUMEY auteur de « Le Grand Livre de l’Alimentation aux éditions Eyrolles et du site parolesnutritionniste.com 

Le chocolat est l’un des rares produits à être aimé de tous. Normal, il est gras et sucré et c’est ce qui le rend délicieux. Quelques chiffres qui incitent à en limiter la consommation : 550 kcal au 100 gr, 30 à 40 % de matières grasses, entre 50 et 60 % de sucres pour le chocolat blanc, mais seulement 20 % pour le noir.

Toutefois, sachez qu’un carré de chocolat n’apporte que 20 à 30 kcal et ce qu’il soit noir, au lait ou blanc. Donc, ne vous en privez pas. Et pour vous donner bonne conscience, sachez que le chocolat a beaucoup de qualités ; ses graisses sont bonnes pour le système cardio-vasculaire, il contient très peu de cholestérol et le chocolat noir est riche en magnésium et en antioxydants.

Il est donc autorisé, même en cas d’excès de mauvais cholestérol et de diabète. Ses effets « calmants et apaisants » pourraient s’expliquer par la présence de molécules qui agissent le système nerveux central, mais le pouvoir des émotions et des saveurs est sans doute bien supérieur. Peu importe la raison, pourvu qu’on ait l’ivresse, avec modération quand même.  

 

DES RECETTES QUI SE DECLINENT A L’INFINI

Irrésistible en cas de fringale ou par simple gourmandise, le chocolat nous remet en mémoire des souvenirs d’enfance… C’est pour cela qu’on l’aime tant. Ses recettes de déclinent à l’infini, qu’elles soient simples ou sophistiquées, de la boisson lactée au dessert de fête, en passant par les mignardises à l’heure du café (cookies, broches marbrées, macarons…), la pâte à tartiner, les mousses, crèmes, glaces et autres truffes… Côté associations, tout lui va ; les épices (vanilles, cannelle, gingembre, piment), les agrumes (le yuzu très à la mode), les fruits secs et les graines, les baies, les aromates (basilic…), les alcools et d’autres saveurs salées.

220px-BicerinLe monde entier en raffole même si les consommations et modes de dégustations varient souvent. Ainsi, les Hollandais aiment savourer leur célèbre poudre Van Houten noire et amère au petit déjeuner, les Belges l’adorent en pralines fourrées, les Italiens l’associent au café (capuccino, bicerin…)   et les Suisses l’aiment en blanc, au lait, avec des noisettes…

Aux Etats Unis, il est surtout consommé en cookies, barres chocolatées, brownies ou encore en muffins et, le 12 septembre, on célèbre la journée nationale du milk-shake au chocolat. Les Japonais l’aiment en bouchées crémeuses et fondantes dégustées à la Saint Valentin. Quant à la Chine et l’Inde, qui ont découvert il y a peu le chocolat, elles font aujourd’hui exploser la consommation mondiale.  

 

 

 

 

Publié dans Epiceries gourmandes, Les spécialités | Pas de Commentaires »

Histoire du confetti

Posté par francesca7 le 19 novembre 2014

 

220px-Romains_en_Carnaval_1857_-_RecadréÀ l’origine, les confettis jetés au Carnaval étaient des dragées (une confiserie italienne semblable à la dragée). Le mot signifie « dragées » en italien.

Orthographe – Pour le pluriel, l’orthographe italienne confetti a jadis été souvent employée dans la rédaction de textes en français. Cependant, aujourd’hui, le pluriel correct du mot confetti se forme par l’ajout d’un « s » à la fin, car, quand un mot d’origine étrangère est intégré à la langue française, il cesse d’être soumis aux règles grammaticales de son pays d’origine pour être soumis aux règles grammaticales françaises (rapport du Conseil supérieur de la langue française publié dans les documents administratifs du Journal officiel du 6 décembre 1990).

Confettis dragées et boulettes de plâtre

Le lancer de bonbons se pratique toujours au Carnaval, en Allemagne. En France, le jet de confettis-dragées existait jadis dans les fêtes et pas seulement au Carnaval. Comme on peut le voir, par exemple, en 1840, lors de la cérémonie du baptême et de la bénédiction de la cloche paroissiale à Étréchy, commune située près d’Étampes :

« À ce moment, une foule immense entoura la salle du festin où l’on vit pleuvoir une grêle de dragées; la joie était grande sur tous les visages, et l’enthousiasme à son comble. »

La pratique du jet de confettis-dragées durant les fêtes fut cependant abandonnée. L’explication qu’en donne l’abbé Richard dans sa description du Carnaval de Rome en 1770 est la suivante :

« Une sorte de politesse est de jeter des dragées et des confitures sèches aux gens de sa connaissance ou à ceux que l’on veut gratifier de quelque attention. Mais comme ces dragées se perdaient en partie dans la boue ou dans la poussière, on a imaginé d’en faire de très-petites de plâtre et d’amidon, qui sont plus lourdes et plus propres à l’usage auquel on les emploie. C’est une autre espèce de jeu qui a son agrément, surtout quand dans les instants de repos, deux carrosses qui s’en veuillent, se rencontrent et peuvent former un engagement. Il y a une sorte d’adresse à lancer les dragées, et à gagner la victoire dans ces combats. Elle consiste à faire le service promptement, à couvrir son adversaire de dragées, et à n’en point recevoir. »

Une autre explication de l’abandon des dragées est fournie par le Magasin pittoresque en 1836 :

« Confetti. — Au-dessus de la foule, sur les voitures, sur les trottoirs, sur les balcons, on voit presque sans cesse une grêle de petites dragées que les masques envoient aux spectateurs et que les spectateurs leur renvoient. Autrefois c’étaient des dragées fines et exquises. Mais l’usage de ces libéralités étant devenu trop général, et ces libéralités surtout étant devenues des perfidies, on ne se sert plus aujourd’hui que de petites boules de craie ou de plâtre, auxquelles on continue, seulement par extension, à donner le nom de confettis. »

Le nouveau confetti en plâtre fut baptisé à Paris « confetti italien ». Il ne fut jamais utilisé à Paris. On le fabriquait à l’aide d’un entonnoir.Goethe en parle, dans sa description du Carnaval de Rome, auquel il assista en 1787. Sa chambre à Rome donnait sur la via del Corso, ancienne via Flaminia et haut lieu du Carnaval romain. C’est là que se déroulait notamment la fameuse course de chevaux libres clou du Carnaval.

Histoire du confetti dans HUMEUR DES ANCETRES 220px-Lautrec_confetti_%28poster%29_1894Une brochure contre les confettis en papier, parue en 1895 indique une autre recette de confettis italiens :

« Comme les macaronis, les confettis sont d’origine italienne ; à Rome, à Naples, à Nice, on emploie sous le nom de confetti, une préparation mi-sucre et mi-plâtre, formant de petites dragées qui, projetées, se brisent en laissant une poussière inoffensive aussi bien pour la personne atteinte que pour ses vêtements. »

Il existait également des confettis en terre de Pouzzoles et d’autres en amidon.

Le confetti en plâtre exista au Carnaval de Nice. Il est ainsi décrit en 1888 :

Les fêtes commencent par un défilé de chars, masques, mascarades, voitures décorées, et cela au milieu d’une bataille effrénée à laquelle toute la population prend part : la bataille des confettis.

Les confettis sont des boulettes, de plâtre coloriées, de la grosseur d’un petit pois. Celui qui veut prendre part à la bataille emporte avec lui ses munitions et, le visage protégé par un grillage en fil de fer, la tête resserrée par un bonnet, armé d’une petite pelle qui sert à lancer les confettis, se jette bravement dans la mêlée ; alors gare au premier qui l’attaque.

En 1891, parlant aussi du Carnaval de Nice dans un de ses romans, André Theuriet décrit précisément « l’attirail nécessaire pour les batailles de confettis : pelles de fer-blanc, gibecières de coutil, masques de toile métallique. » Dans le même livre on trouve l’expression « aller aux confetti » ou « se voir aux confetti » pour dire : aller à la bataille de confettis, ou : se voir à la bataille de confettis.

Le jet de confettis a été encadré légalement, comme cela apparait en 1884 dans le Règlement général de police municipale de la ville de Paramé, qui n’a pas du être le seul du genre :

ART. 55. — Il est formellement défendu à toutes personnes de tirer dans les rues, places, maisons, cours, jardins, etc., ou par les fenêtres, des armes à feu, fusées, pétards ou autres artifices.

Il est également défendu de vendre et jeter des confettis dans les rues et places de la Ville.

ART. 56. — À l’occasion des fêtes publiques une autorisation spéciale pourra être accordée pour la vente et le jet des confettis ainsi que pour permettre de tirer des pétards et feux d’artifices.

Le confetti en papier apparut au Carnaval de Nice vers 1892 sous le nom de confetti parisiens, ce qui indique bien son origine. Par la suite et durant très longtemps, le confetti en plâtre continua à exister au Carnaval de Nice, parallèlement au confetti en papier. Il fut finalement interdit au début des années 1950.

L’usage « amoureux » des confettis

En Italie, comme le rapporte un ouvrage français publié en 1842, le jet de confettis est utilisé pour approcher les femmes durant le carnaval :

Les confettis, vous diront les Italiens, c’est l’espoir des amants, c’est une invention que le petit dieu Cupidon a léguée aux mortels affligés depuis le jour où les filles des rois ne vont plus laver leur linge à la fontaine. Les confettis, c’est la terreur des maris, la consolation des jeunes et beaux cavaliers, la déclaration à la mode, pendant les jours de carnaval.

Et en effet, voyez ! si la rue est plus blanche dans cet endroit qu’ailleurs, levez la tête, et vous découvrirez que c’est parce qu’il y a deux ou trois jolies femmes au balcon voisin. Mais étrangers, nous ne retirons du carnaval que de la poussière dans les yeux, et des trous dans nos chapeaux, comme le prolétaire ne connaît des tilburys que la boue qu’ils lui envoient; mais le carnaval pour un italien, est une semaine qu’on attend toute l’année, c’est une chose sérieuse comme une conspiration.

220px-Les_confettis%2C_chanson_1895 dans HUMEUR DES ANCETRESCar ce qui manque à l’amour surtout, c’est l’occasion et l’audace ; et pendant ces jours de saturnales, on trouve à la fois occasion et audace; et bien des amours timides qui n’avaient pas eu la hardiesse de se déclarer, peuvent dire, avec une poignée de confettis, ce que leur langue refusait d’avouer dans la crainte d’un échec ; et plus d’une beauté qui aurait eu trop peu d’énergie pour répondre à un aveu, en trouve assez pour répondre à une grêle de confettis. Est-ce un crime défendu par le confesseur et le catéchisme, que de jeter des boules d’amidon ? Où est le mal, sur quel catalogue le péché se trouve-t-il inscrit? — Puis, sans y penser, la main se trompe et l’on prend un bouquet par erreur, et l’ennemi s’en saisit, et au lieu de le mettre dans son arsenal pour le rejeter, il le place à sa boutonnière, et c’est là tout un dialogue qui veut dire : maudits soient les jaloux et les importuns, qui m’empêchent de vous dire combien je vous aime. — Mais maman a beau me l’ordonner, j’ai beau le vouloir moi-même, je ne puis m’en fâcher. — Serai-je assez heureux pour avoir le droit de le croire ? — Recevez ce bouquet comme un gage que je vous pardonne. — Plutôt mourir que de m’en séparer. — Partez, mais revenez, et péchez encore.

Voilà la traduction banale, comme toutes les traductions, du plus charmant dialogue, et le père qui l’entend ne peut s’en fâcher, ce qu’il y a de plus charmant encore. A une des fenêtres du Corso, au premier étage, comme toutes les jolies femmes, pour être plus exposée au feu des batteries des voitures, se trouvait la jeune et belle romaine que nous avons déjà vue, Bianca Teobaldi, un écran de filograme à la main, pour se protéger contre les confettis qui pleuvaient de toute part autour d’elle.

Les confettis paraissent rester très longtemps un moyen privilégié pour nouer un contact amoureux avec des femmes et jeunes filles inconnues en des temps où, en principe, pour pouvoir les aborder, il faut avoir été « présenté » au préalable. Quand, en 1894, Henri de Toulouse-Lautrec dessine une affiche publicitaire pour un fabricant londonien de confettis, il représente une très jolie femme bombardée par ces projectiles lancés par des mains masculines. Les textes qui parlent des confettis dans les années 1890-1910 soulignent que les femmes sont des cibles très recherchées par les hommes durant le Carnaval, et la chanson Les Confettis à son troisième couplet en 1895 parle d’une histoire d’amour qui commence par des confettis et fini par un mariage. Cet usage « amoureux » du confetti a certainement été une raison majeure et inavouée de l’hostilité acharnée de certains envers les confettis, qui, en 1919, déboucha sur son interdiction à Paris sous des prétextes fallacieux d’hygiène et d’économies.

Le confetti moderne en papier

Confetti lors d'un évènement artistiqueOù le confetti en papier que nous connaissons aujourd’hui fut-il inventé ? Il a été avancé en France l’hypothèse que ce fut en 1884 à une fête organisée par la presse de Milan, ou au Carnaval de Pau, vers 1880. C’est ce qui est écrit dans un article conservé dans les dossiers« Actualités Carnaval » à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. La réponse à la question de l’origine du confetti actuel parait se trouver en Italie. L’article du Wikipédia italien consacré aux confettis indique que c’est en 1875 que furent adoptées les chutes du papier utilisé pour l’élevage du ver à soie, en remplacement du confetti fait de billes en plâtre. L’idée en reviendrait à l’ingénieur Enrico Mangili, de Crescenzago, dans la province de Milan, qui a commencé à en faire le commerce. Selon certains, l’inventeur du confetti moderne en papier serait le physicien atomiste de Trieste Ettore Fenderl.

La vogue mondiale du confetti en papier commença à Paris au début des années 1890. Les journaux parisiens de ces années-là rapportent qu’elle débuta au Casino de Paris, en décembre 1891, à l’initiative de son administrateur, Monsieur Lué. Son père ingénieur àModane lui aurait fait parvenir les chutes de papier utilisées à cette occasion. Le lancement du nouveau confetti aurait eu lieu au cours d’une fête donnée pour le Carnaval de Paris, alors très grand et qui durait depuis la Saint Martin, le 11 novembre, jusqu’aux Jours Gras en février-mars, avec une reprise pour la Mi-Carême. La paternité du lancement du confetti à Paris est attribuée, sur la partition de la chansonnette « Les Confettis » éditée en 1895, « À Messieurs Borney et Desprez, Innovateur des Confettis Parisiens ».

Initialement chutes de papier perforé utilisé pour l’élevage du ver à soie, le premier confetti en papier était blanc. Il est décrit ainsi par Le Monde illustré, commentant un dessin figurant la bataille de confettis de la journée de la Mi-Carême 1892:

C’est aux bals de l’Opéra que le jeu a commencé, et par une innovation heureuse, au lieu de ces horribles bonbons de plâtre en vogue à Nice et en Italie et qui nécessitent un masque pour préserver le visage, et une housse pour garantir les costumes de leur éclaboussure, imaginez des centaines, des milliers de tout petits pains à cacheter, non collants, enfermés dans un sac, et qui, le sac ouvert, se répandent en neige voltigeante et planent dans l’air comme d’innombrables essaims de papillons blancs.

Le confetti commença à être fabriqué en grande quantité. Paris en exportait y compris à l’étranger. Les commandes comprenaient les couleurs souhaitées. Il fut même fabriqué du confetti doré.

Dès mars 1892, Pierre Véron, dans Le Journal amusant saluait le succès carnavalesque parisien des confettis :

Pour le surplus, comme plaisirs du jour, je ne vois guère dans le bilan que la mi-carême et l’exécution prochaine d’Anastay.

La mi-carême fait, d’année en année, un effort plus opiniâtre pour ressusciter la folie carnavalesque.

Cette fois, il y a cortège officiel avec gardes municipaux et visite à ce pauvre M. Carnot, qu’on met décidément à toutes les sauces. C’est le bœuf gras sans bœuf.

Mais ce qui contribue à égayer les populations plus efficacement que les patronages administratifs, ce sont les confetti. Depuis qu’on a imaginé ces affectueux bombardements, le gamin qui sommeille dans le cœur de tout homme s’est réveillé.

Ne nous en plaignons pas. Cela donne un peu d’animation à ce qui était morne, et c’est encore préférable, comme spectacle, aux échanges de gifles qui se pratiquent à la Chambre.

À ses débuts, le confetti était vendu à Paris au kilogramme ou au verre. L’emploi qui en fut fait avec le serpentin confina à une véritable épopée durant la période 1891-1914 des confettis et serpentins au Carnaval de Paris. Rapportant la journée de la Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal écrit que le 21 mars 1895 place de l’Opéra : « On ne songeait qu’à se lancer des confettis par poignées ; le sol en était jonché à ce point qu’on enfonçait dedans jusqu’aux chevilles. »

Selon Edmond de Goncourt, l’usage des confetti à Paris où il est ignoré jusqu’à cette date débute le jour de la Mi-Carême de 1892.

Durant la bataille de confettis, des nuages de poussières s’élèvent au dessus des combattants.

La Préfecture de police de Paris cherche très tôt à circonscrire l’usage des confettis et serpentins. En juin 1893, le Gil Blas débute ainsi son article annonçant l’ouverture de la fête de Neuilly, dite : fête à Neu-Neu, dans la banlieue proche de Paris :

Hier dimanche, beaucoup de monde à l’ouverture de la fête de Neuilly.

Les serpentins, les confetti et les plumes de paon avaient été formellement interdits par la préfecture de police.

Le confetti est interdit au bal de l’Opéra en 1895. Par ailleurs, il semble que sa propagation se soit faite progressivement. Par exemple, c’est seulement en 1897 qu’il apparaît à Melun, ville située à un peu moins d’une soixantaine de kilomètres de Paris par la route.

En 1911, Charles Le Goffic écrit à propos de la vogue du confetti à Paris :

Qui n’a vu, le lendemain du Mardi Gras et de la Mi-Carême, les chaussées couvertes d’une bouillie polychrome de quinze à vingt centimètres d’épaisseur ? Il ne se dépense pas, à Paris, en une seule journée de carnaval et pour peu que le temps soit beau, moins d’un million de kilogramme de ces minuscules projectiles. Quant aux serpentins, il faut renoncer tout de bon à compter les kilomètres et les myriamètres qui s’en déroulent.

En 1899, aux débuts du confetti en papier, on voit le romancier Ernest La Jeunesse utiliser l’expression : « être en confetti », pour parler de personnes en Carnaval couvertes de confettis :

Ils franchirent des hommes et des femmes en confetti qui prenaient des apéritifs moins colorés qu’eux, des cris d’intérieur et des rires en vadrouille de crépuscule, enjambèrent des tables de gaité, entrèrent en une salle isolée du premier.

En 1900 apparaît un néologisme lié aux confettis. Utilisé durant au moins une dizaine d’années, il est aujourd’hui oublié : Confettiste : qui lance des confetti.

La bataille de confettis qui débutait le mardi gras, le jeudi de la Mi-Carême, ne s’achevait que le lendemain matin très tôt. Le journal La Justice, rapportant un fait divers survenu le lendemain du mardi gras 1902, commençait ainsi son article :

La nuit dernière, vers les quatre heures, alors que les derniers confetti étaient jetés sur les boulevards ;

La quantité de confettis utilisés au Carnaval de Paris était telle que quelques heures après la fin des grandes batailles confettistes, l’eau de la Seine à la sortie des égouts parisiens, à Clichy, se métamorphosait subitement en « une immense banquise multicolore ».

Un des hauts lieux des grandes batailles de confettis à Paris était les grands boulevards. Au moment du Carnaval de Paris 1896, Jules Claretie relevait même qu’« au lieu de livres, les libraires des boulevards avaient garni leurs étalages de sacs de confettis ; les rondelles du carnaval chassaient l’in-18 et les in-8, débusquaient les romanciers et les poètes».

En 1907, le peintre tchèque Tavik František Šimon a réalisé un tableau Mi-carême, Paris montrant la bataille parisienne de confettis sous son aspect esthétique : un Pierrot blanc jette des confettis blancs sur deux jeunes filles au milieu d’un vaste espace au sol rendu blanc par les confettis.

En 1913, un journaliste écrit poétiquement, décrivant le Carnaval sur les boulevards :

Le flot compact des promeneurs sur lesquels neigeaient les flocons polychromes des confettis roulait sur les boulevards comme dans un canal illuminé.

Juste après la bataille, les chiffonniers fouillent le tapis de confettis. Comme le rapporte le Gil Blas dans son compte-rendu des fêtes parisiennes de la Mi-Carême 1903 :

A deux heures du matin, des patrouilles de gardiens de la paix repoussaient sur les trottoirs les derniers promeneurs, ne tolérant même pas sur la chaussée les chiffonniers qui, à la lueur d’une lanterne et armés de leurs crochets fouillaient dans l’épais tapis de confettis, à la recherche de la monnaie et des bijoux perdus.

Au cours des premières années de son emploi, à chaque Carnaval de Paris, les journaux relevaient les couleurs de confettis qui avaient été à la mode à cette occasion.

330px-CARAN_DACHE_CONFETTILe 10 mars 1904, jeudi de la Mi-Carême, L’Aurore publie en première page une mise en garde contre le danger des confettis :

Gare aux Confettis.

Aujourd’hui, jour de Mi-Carême, la bataille de confetti va reprendre sur les boulevards. Que les vaillants combattants nous excusent de troubler leurs jeux par de sérieux conseils. Le Bulletin mensuel de l’Œuvre des enfants tuberculeux nous oblige à leur dire que le confetti est un redoutable propagateur du coryza, de la grippe, de la conjonctivite, de la pneumonie et d’une infinité d’autres affections des organes respiratoires. Cela tient évidemment à ce que les petites rondelles de papier teint de couleur suspectes ont été tripotées par des mains plus ou moins propres.

Les médecins constatent chaque année, après les fêtes du Carnaval une recrudescence dans les maladies des yeux, de la gorge et des poumons. Les accidents graves signalés sont nombreux qui ne laissent aucun doute sur leur origine. L’analyse microscopique a révélé, d’ailleurs, dans le confetti, la présence du bacille de la fièvre typhoïde, du microbe de l’influenza, du bacille de la tuberculose et de quantités innombrables de streptocoques, de staphylocoques et autres microbes de nom aussi baroque et non moins dangereux.

Voilà ce que nous tenions à rappeler pour mettre les gens en garde contre un danger trop sérieux. La pluie fera le reste.

La fabrication des confettis en 1911 à Paris

L’Almanach pratique du « Petit Parisien » écrit fin 1911 :

La machine à découper les confetti est une perforeuse à multiples emporte pièce. Mue par la vapeur elle découpe automatiquement de longues bandes de papier de couleur. Les petits blocs de rondelles agglomérées par la pression, tombent dans une espèce de cylindre où tournent des ailettes d’acier, avec une vitesse folle… Les petits blocs, happés, battus, s’éparpillent en mille papillons qui, chassés par le violent courant d’air, s’amoncellent à la sortie du cylindre. Là, un homme les attire avec un râteau et les met en sacs à la pelle.

 

Les confettis sont des projectiles inoffensifs et festifs qu’on lance au moment de certaines fêtes et tout particulièrement durant le carnaval.

Initialement, ce furent des dragées, d’où le nom qui lui est resté, puis des boulettes de plâtre, appelés quelquefois en France confetti italiens, et, enfin, aujourd’hui, des petits morceaux de papier ronds de différentes couleurs. On les retrouve très souvent associés au serpentin, appelé aussi à ses débuts spirale ou spirale-opéra, dont la vogue mondiale commença au Carnaval de Paris 1892.

On ignore où le confetti en papier fut précisément inventé. En revanche, il est certain que son lancement mondial eut lieu au Carnaval de Paris en décembre 1891. On les utilisait jadis au carnaval en quantité bien plus importante qu’aujourd’hui. Les confettis en papier étaient couramment vendus au kilogramme. Il exista aussi autrefois des confettis en papier parfumé.

 

 

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La Langue d’Oc

Posté par francesca7 le 21 mars 2014

La Langue d’Oc dans FONDATEURS - PATRIMOINE 370px-Carte_du_Languedoc.svg

Tendez l’oreille aux mélopées locales : les accents, parfois rocailleux, portent encore la trace des belles sonorités colorées de deux langues sœurs, l’occitan (la langue d’oc) et le catalan.

Fiers troubadours

Oyez gentes dames ! Fini le temps où l’on vous traitait de « souveraines pestes » et de « sentinelles avancées de l’enfer » ; place à l’amour courtois ! Au 11e s., les seigneurs deviennent chevaliers et honorent leur belle. Vient alors l’idée de s’entourer de poètes capables de « trouver » eux-mêmes leurs chansons ; ce sont les « troubadours ». Certains sont princes, d’autres démunis mais tous jouent le même air : l’amour pur, inspiré par une femme idéale.

Parmi les plus célèbres, citons Jaufré Rudel , seigneur de Blaye, qui « s’enamoura de la comtesse de Tripoli sans la voir… » (amor de lonh) , Bernard de Ventadour , chantre de la fin’amor (l’amour parfait), Peire Vidal au lyrisme extravagant, Guiraut Riquier … Mais fin’amor ne signifie pas indifférence au monde : pour preuve, lessirventés (poèmes à caractère satirique), parfois très violents, contre les armées du nord.

Les cours méridionales retentissent jusqu’au 13e s. de leur langue raffinée : l’occitan.

L’occitan

Ce terme ancien a pris de nos jours le dessus sur celui de « langue d’oc ». Les langues « d’oïl » et « d’oc » étaient ainsi nommées pour la façon dont on disait « oui » en chacune d’elles. La limite passait au nord du Massif central, si bien que l’occitan comporte les dialectes languedocien, gascon, limousin, auvergnat, provençal et nissard (parlé dans le pays niçois). Le mot Languedoc lui-même apparut au 13e s. pour désigner les terres royales, du Rhône à la Garonne, appartenant autrefois au comte de Toulouse et au roi d’Aragon. On a peine aujourd’hui à imaginer l’aura de cette langue dans le monde cultivé de l’époque : Dante ne songea-t-il pas à écrire sa Divine Comédie dans la langue des troubadours ?

Cependant, après les croisades contre les Albigeois, l’usage de l’occitan déclina, du moins dans les cours. En 1323, des poètes toulousains tentèrent de le réhabiliter par des Jeux floraux de pure tradition médiévale. En 1539, l’ ordonnance de Villers-Cotterêts lui porta le coup de grâce en imposant dans les documents administratifs le dialecte d’Île-de-France. Dès lors, parlée essentiellement dans les campagnes, la langue d’oc se fractionna en dialectes, souvent baptisés « patois » pour nier tant la langue que la culture. Les maîtres de la Troisième République se donnent pour mission de l’éradiquer, mais c’est la Première Guerre mondiale et les changements qui s’ensuivent qui lui portent le coup le plus sévère.

L’occitan connaît cependant plusieurs sursauts : en 1819, avec la publication, par Rochegude, d’une anthologie de poèmes de troubadours ; en 1854, lorsque le Félibrige réforme l’orthographe du provençal. L’Escòla Occitana (1919) et l’Institut d’études occitanes de Toulouse (1945) jouent un rôle décisif dans son renouveau en lui redonnant une graphie plus conforme aux formes classiques. Il faut cependant attendre la loi de 1951 pour que son enseignement, aujourd’hui largement dispensé sur la base du volontariat, soit admis, dans les calendretaspour les plus petits, puis au collège (1997). Il survit aussi dans l’accent ou dans certains mots : c’est le « francitan ».

Le catalan

220px-Sant_Climent_de_TaüllTrès proche de l’occitan, hérité comme lui de la présence romaine, le catalan est le lien culturel des anciens pays du comté de Barcelone (9e-10e s.). Son apogée se situe au 13e s., avec les écrits de Ramon Llull. À partir du 16e s., il périclite : la monarchie centralisatrice de Philippe II prescrit le castillan. Puis le traité des Pyrénées (1659) l’interdit en Roussillon.

Tenace, le catalan se perpétue à l’oral mais sa renaissance littéraire ne date que du 19e s. Essentiel à l’identité culturelle du Roussillon, son usage s’affirme au début des années 1980 dans les écoles maternelles et l’édition.

L’identité catalane aujourd’hui

Si le catalan est la langue officielle en Andorre et en Catalogne espagnole, côté français, et grâce au soutien venu du sud, la langue des « anciens » semble prendre un coup de jeune. Pour preuve du regain d’intérêt envers l’apprentissage du catalan : le Capes proposé par l’université de Perpignan ou encore les cours d’initiation dispensés dans les écoles maternelles et primaires, et les bressolas , écoles ou l’enseignement est donné entièrement en catalan. Le théâtre, la littérature et la poésie contribuent également à faire résonner dans les contrées la langue régionale. De nombreuses associations de « catalanophones » œuvrent pour une renaissance de la langue. En France et en Espagne bien sûr, mais aussi en Italie ou encore au Canada, un peu partout dans le monde, des partisans du catalan font entendre leur voix. Ces liens sociaux ainsi tissés à travers le monde sont une force incontestable pour la culture catalane.

À vous de parler ! Le « u » se prononce « ou », le « v », « b », le « x », « ch », le « ll », « yeu », le « ig », « itch », et le « ny », « gne ».

Écrivains et poètes

Le Languedoc-Roussillon a donné naissance à d’importants écrivains et poètes. Si le fabuliste Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), originaire de Sauve, n’est guère connu aujourd’hui, il n’en va pas de même de l’auteur d’ Il pleut bergère et, accessoirement, du nom des mois du calendrier républicain, Fabre d’Églantine(1750-1794). Ferdinand Fabre (1827-1898), né à Bédarieux, qui chante le Languedoc dans Les Courbezon ,L’Abbé Tigrane , Taillevent …

Nul n’ignore le poète Paul Valéry (1871-1945) : l’auteur du Cimetière matin est né à Sète où il repose. C’est à Carcassonne que le Narbonnais Joë Bousquet (1897-1950), paralysé par une blessure de guerre en 1918, a écrit la majeure partie de son œuvre. Le turbulent Joseph Delteil (1894-1978) fut un compagnon des surréalistes. Le Cévenol Jean-Pierre Chabrol (1925-2001) était un passionnant conteur de sa montagne. Citons également les Nîmois André Chamson , Marc Bernard et Jean Paulhan , qui régna longtemps sur les lettres françaises, de son bureau de la NRF. Quant au prix Nobel 1985, Claude Simon (1913-2005), il était viticulteur à Salses. De nos jours, un autre Nîmois, Jean-Pierre Milovanoff a pris la relève avec talent (La Splendeur d’Antonia) .

D’autres auteurs se sont exprimés en occitan, comme Max Rouquette (1908-2006) : l’auteur de Vert paradis , le Rouergat Jean Boudou (Joan Bodon, 1920-1975), né à Crespin dans l’Aveyron, auteur des Cailloux du chemin ,Le Livre de Catoïe , Robèrt Lafont (1923-2009), linguiste, théoricien du régionalisme, mais aussi dramaturge, poète et romancier (Vida de Joan Larsinhac) , Yves Rouquette (né en 1936 – originaire de Camarès dans l’Aveyron, a écrit Cathares , Occitanie ) et son frère Joan Larzac , prêtre et auteur d’une remarquable œuvre poétique. Citons également le fin poète de Carcassonne, René Nelli (1906-1982).

La littérature en catalan est quant à elle illustrée, de ce côté-ci des Pyrénées, par un poète, Josep Sebastiá Pons, et deux jeunes écrivains contemporains, Joan Luís Luís et Joan Daniel Bezsonoff .

Sur la scène

 dans GardNombre de grands interprètes de la chanson française sont languedociens ou catalans : il n’est que de citer le Sétois Georges Brassens , le Narbonnais Charles Trenet ou l’inénarrable Piscénois Boby Lapointe pour s’en convaincre. D’autres interprètes marchent de nos jours sur leurs traces, comme la Carcassonnaise Olivia Ruizou le Perpignanais Cali . Installé à Céret, le pianiste Pascal Comelade poursuit quant à lui une œuvre culte, sorte de synthèse des musiques populaires. Charles Cros (1842-1888) n’a pas chanté… Mais l’inventeur du phonographe, né à Fabrezan, et par ailleurs poète, a donné son nom à une académie qui récompense chaque année les meilleures productions discographiques françaises. D’autres ont fait le choix de s’exprimer en occitan, notamment Claude Marti qui symbolisa la renaissance occitane des années 1970 ou, aujourd’hui, le BiterroisJoanda dont le son pop-folk mêle guitares et instruments traditionnels. Mais la chanson n’est pas le seul domaine dans lequel les hommes d’oc se sont illustrés. Ils ont touché au cinéma ( Agnès Varda , qui passa une partie de sa jeunesse à Sète, l’avocat réalisateur audois André Cayatte ) et au théâtre : on ne peut oublier les novations du Sétois Jean Vilar , tandis que le dramaturge Claude Alranq ,fondateur du mythique Teatre de la Carrièra, perpétue en occitan la tradition du théâtre populaire.

 

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Jean-Claude Pascal, chanteur oublié

Posté par francesca7 le 12 janvier 2014

 

Jean-Claude Pascal naît dans une famille de riches industriels du textile. Sa mère, Arlette Lemoine, est l’arrière-petite-fille du couturier Charles Frédéric Worth. Son père, Roger Villeminot, décède l’année de sa naissance.

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http://youtu.be/tpEZdGoqMbg

jean-claude Pascal, un Comédien : Il éprouve énormément de mal à supporter l’atmosphère à la fois superficielle et artificielle qui régnait dans le milieu de la mode. 
Il se fait alors comédien au théâtre avec Pierre Renoir, puis joue dans la Dame aux camélias avec Edwige Feuillère, laquelle dit de lui qu’il est exceptionnellement beau. 
En 1947, il entre au cours Simon et prend le pseudonyme de Jean-Claude Pascal. 
En 1949, il débute au théâtre aux côtés de Pierre Renoir puis Edwige Feuillère dans la dame aux camélias. Il entame alors une carrière prometteuse au cinéma mais son physique de séducteur romantique le confine dans des rôles de jeune premier sans grande épaisseur.

La liste des films et des actrices partenaires de Jean-Claude Pascal donne un aperçu de la carrière du comédien. 
1953 Les crimes de l’amour avec Anouk Aimée 
1953 Alerte au sud, avec Giana Maria Canale 
1954- Le Grand Jeu, avec Arletty 
Le chevalier de la nuit, 
1955 Le fils de Caroline chérie avec 
1955 Les mauvaises rencontres avec Anouk Aimé 
1956 La châtelaine du Liban avec Giana Maria Canale 
1959 La Belle et l’empereur avec Romy Schneider 
1962 : La salamandre d’or avec Valérie Lagrange et Madeleine Robinson 
1966 Comment ne pas épouser un milliardaire avec Magali Noël 
1968 Angélique et le sultan avec Michèle Mercier

300px-Jean-Claude-Pascal-GambaisJean-Claude débute sa scolarité secondaire, en 1938, au Collège Annel, à Compiègne, et la conclut au Lycée Janson-de-Sailly à Paris. En 1944, à l’âge de 17 ans, il s’engage dans la Deuxième division blindéedu général Leclerc. Il est le premier soldat français à entrer dans Strasbourg, en novembre 1944, alors que l’armée allemande est encore en train d’évacuer la ville. Il reçoit pour cela, la Croix de guerre en 1945.

Après la Libération, il s’installe à Paris et étudie brièvement à la Sorbonne. Jean-Claude Pascal (né Jean-Claude Villeminot, le 24 octobre 1927, à Paris et mort le 5 mai 1992, à Clichy-la-Garenne) est un acteur, chanteur et écrivain français. Il s’engage en 1944 dans laDeuxième division blindée et reçoit la Croix de guerre.

Après avoir été un temps styliste de mode, il fait ses débuts en 1949 dans le cinéma, où il incarne des rôles de séducteur. Il entame également, en 1955, une carrière de chanteur de charme. Il remporte le Concours Eurovision de la chanson pour le Luxembourg, en 1961, grâce à la chanson Nous les amoureux.

Au début des années 1980, il se reconvertit en écrivain et en historien, publiant romans noirs et romans historiques, ainsi que ses mémoires.

Il est nommé commandeur des Arts et des Lettres, ainsi que chevalier de la Légion d’honneur.

Il meurt dans l’anonymat, à l’âge de 64 ans, d’un cancer de l’estomac.

Jean-Claude Pascal : un Chanteur 
Lassé de jouer des rôles de « beau gosse » et de jeune premier, Jean-Claude Pascal se lance dans la chanson. 
A l’aube des années 60, il délaisse peu à peu le cinéma : « J’en avais marre de jouer les puceaux ridicules », pour se consacrer à la chanson. 
Le public découvre alors une voix chaude, caressante et un interprète exigeant, amoureux des beaux textes. 
A l’âge de 33 ans, Jean-Claude Pascal donne son premier tour de chant à Bobino avec des chansons signées par de jeunes auteurs alors inconnus : Jean Ferrat, Serge Gainsbourg, Bernard Dimey. 
En 1961 il obtient le Grand prix de l’Eurovision avec la chanson « Nous les amoureux » et interprète de nombreuses chansons de Gilbert Bécaud (celui-ci était né le même jour, le 24 octobre 1927, à la même heure que lui). 

Jean-Claude Pascal fait ses débuts en tant que chanteur, en 1955, avec la chanson Je voudrais, écrite par Charles Aznavour. Il donne son premier récital en 1961, à Bobino, avec des chansons signées par de jeunes auteurs comme Jean Ferrat, Serge Gainsbourg et Bernard Dimey.

En 1961, la télévision luxembourgeoise le sollicite pour la représenter à la sixième édition du Concours Eurovision de la chanson. Le samedi 18 mars, à Cannes, il remporte le concours pour le Luxembourg, avec la chanson Nous les amoureux, écrite par Maurice Vidalin et composée par Jacques Datin.

Si, au sens premier, les paroles de la chanson s’entendent comme le combat de deux amoureux contre les préjugés de la société de l’époque, en réalité elles dénoncent – sans que le grand public ne s’en doute – la répression des amours homosexuelles et prédisent une évolution prochaine des esprits à leur égard, ainsi que le chanteur lui-même devait le reconnaître plus tard.

En 1962, il reçoit le prix de l’Académie Charles-Cros. En 1967, il obtient un grand succès commercial avec sa reprise en allemand des Neiges du Kilimandjaro, de Pascal Danel. Il enregistre de nombreux albums et reprend des morceaux de Charles Aznavour, Guy Béart, Gilbert Bécaud, Barbara ou Jacques Brel. Il ralentit sa carrière de chanteur au début des années 1970, pour se consacrer à nouveau au théâtre et à la télévision.

En 1981, pour marquer le vingtième anniversaire de sa victoire au Concours Eurovision de la chanson, la télévision luxembourgeoise lui demande de la représenter à nouveau. Il participe à la vingt-sixième édition du concours, avec la chanson C’est peut-être pas l’Amérique, mais termine cette fois à la onzième place.

En 1983, il enregistre un dernier album de chansons inédites, dont la plupart des textes ont été écrits par Gilbert Sinoué.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsÀ partir de 1983, Jean-Claude Pascal entame une carrière d’écrivain. Son premier ouvrage, Le Beau Masque, est publié en 1986. Il s’agit d’une autobiographie partielle, dans lesquelles il se concentre sur sa carrière cinématographique. Il y décrit ses nombreuses rencontres avec des actrices et ses souvenirs de tournage.

Il se lance ensuite dans l’écriture de romans policiers (Le Panier de crabes, en novembre 1986, ainsi que ses suites, Le Fauve, en février 1987, et La Garce, en avril 1987). Il poursuit avec des romans (L’Arc-en-ciel de novembre, en mars 1989, etL’Enfant et les Giboulées, en janvier 1990).

Encouragé par Philippe Erlanger, il rédige deux ouvrages historiques. En 1988, La reine maudite, biographie de Marie Stuart, et en 1991, L’amant du roi, biographie du duc de Luynes, favori du roi Louis XIII.

Jean-Claude décède à l’hôpital Beaujon de Clichy-la-Garenne, le 5 mai 1992, à l’âge de 64 ans, des suites d’un cancer de l’estomac. Il était demeuré célibataire et sans enfants. Conformément à ses dernières volontés, il est incinéré. Ses cendres sont dispersées dans la baie du Mont Saint-Michel et dans la baie d’Hammamet, en Tunisie, où il possédait une villa. Sa mère placera une plaque à son nom, sur la porte de la chapelle du caveau familial, au Cimetière du Montparnasse.

De son vivant, Jean-Claude fut élu plusieurs années de suite « homme le plus élégant de France ». Sa garde-robe fut exposée en 2004, au Musée de la chemiserie et de l’élégance masculine, à Argenton-sur-Creuse, dans l’Indre.

 

un site à consulter avec passion : http://encinematheque.net/seconds/S48/index.asp

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Le poète Charles Cros crée le phonographe avant Edison

Posté par francesca7 le 28 décembre 2013

30 avril 1877.

Le poète Charles Cros crée le phonographe avant Edison

 sans trouver d’investisseur…

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Savant, fantaisiste et poète, Charles Cros est aussi ami de Verlaine et de Rimbaud. Son paléophone est une idée de génie…

Le 30 avril 1877, l’Académie des sciences enregistre un pli cacheté déposé le 18 octobre précédent par un certain Charles Hortensius Émile Cros, 34 ans. Le document décrit un procédé d’enregistrement et de reproduction des phénomènes perçus par l’ouïe. Cet appareil est nommé paléophone par son inventeur. Ce qui signifie : voix du passé. Sans entrer dans les détails, il est constitué d’une membrane vibrante dotée en son centre d’une pointe qui repose sur un « disque animé d’un double mouvement de rotation et de progression rectiligne ». Animée par la membrane, l’aiguille trace un sillon sur le disque, et, inversement, lorsqu’on fait repasser la pointe dans le sillon, la membrane restitue le signal sonore. Le premier enregistrement effectué par l’inventeur vient d’être retrouvé. En tendant l’oreille, on entend : « Moi, ce qui m’embête, c’est que j’ai toujours un compte ouvert à l’UBS« …

Le paléophone est simple et efficace, sauf que Cros ne trouve personne pour financer la fabrication d’un prototype. Il a beau frapper à toutes les portes, macache ! Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Le 10 octobre 1877, l’abbé Lenoir décrit dans La Semaine du clergé l’invention de Charles en la rebaptisant phonographe. De l’autre côté de l’Atlantique, l’article est-il tombé sous les yeux de Thomas Edison, le Steve Jobs du XIXe siècle ? En tout cas, des rumeurs courent bientôt que lui aussi travaille sur une machine à enregistrer les sons. Charles Cros s’en inquiète. On va lui piquer son invention ! Il se précipite à l’Académie des sciences, réclame à hue et à dia qu’elle ouvre son enveloppe pour marquer officiellement son antériorité. L’enveloppe est bien ouverte le 8 décembre, mais deux jours après la première démonstration d’enregistrement d’une voix humaine par Edison. Et le 17 décembre, l’inventeur milliardaire dépose une demande de brevet pour son phonographe. Cros a les crocs. Mais rien n’y fait. Il reste sans voix.

Quasi surréaliste

Charles Cros n’est pas qu’un inventeur. Ami de Verlaine, c’est un poète à l’inspiration quasi surréaliste. C’est un visionnaire. Enfant précoce, il décroche le bac à 14 ans et, à 16 ans, il enseigne déjà l’hébreu et le sanscrit. À 18 ans, il est professeur de chimie à l’Institut des sourds-muets. Son esprit est d’une curiosité insatiable, il avale livre sur livre et retient tout. C’en est presque effrayant. Son imagination est une fontaine bouillonnante d’où s’échappent de nombreuses inventions. Lors de l’Exposition universelle de 1867, il présente un télégraphe automatique. La photographie ne pouvait le laisser indifférent. Il publie un traité sur la solution générale au problème de la photographie des couleurs. Il est persuadé que les minuscules éclats de lumière observés par les astronomes sur Mars et sur Vénus (des reflets du Soleil sur les nuages, en fait) sont produits par de grandes villes. Aussi envoie-t-il une pétition au gouvernement français pour qu’il fasse construire un miroir parabolique capable de transmettre un signal aux Martiens et aux Vénusiens.

Grâce à sa maîtresse, Nina de Villard, qui tient un salon couru rue Chaptal, il se lie avec la bohème de l’époque. Il côtoie Manet, Renoir, Sarah Bernhardt, mais aussi les poètes parnassiens. Cependant, il se sent plus proche des poètes maudits. Comme Verlaine, il fréquente, fin 1871, le légendaire cercle zutiste qui se réunit dans la chambre du pianiste Ernest Cabaner, à l’hôtel des Étrangers (boulevard Saint-Michel, à l’angle de la rue Racine). Il y rencontre le chansonnier et caricaturiste André Gill, le poète et auteur dramatique Léon Valade ou encore le journaliste Camille Pelletan. Un jour, il accompagne Verlaine à la gare du Nord pour accueillir un frêle adolescent débarquant de Charleville : Arthur Rimbaud. Charles Cros tombe sous le charme du jeune poète qu’il invite à séjourner chez lui, rue de Tournon. Mal lui en prend, l’infernal garnement le remercie en se torchant avec une de ses précieuses revues. Cros le fiche à la porte. Le poète inventeur s’immerge dans le cercle des Hydropathes (ceux que l’eau rend malades), le club littéraire fondé par Émile Goudeau en 1878. Il écrit : « Hydropathes, chantons en choeur/ La noble chanson des liqueurs. » Après 1881, les Hydropathes se réunissent au Chat noir de Rodolphe Salis. Cros n’hésite pas à monter sur scène pour réciter ses poèmes, en particulier le fabuleux « Hareng saur ».

Lire la suite ici…. http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/30-avril-1877-poete-et-inventeur-charles-cros-imagine-le-phonographe-avant-edison-30-04-2012-1456560_494.php

 

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LES POETES AU CAFÉ

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

 

par

Ernest Gaubert

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téléchargement (5)La mort de Jean Moréas et l’inauguration prochaine d’un monument à Gérard de Nerval ravivent la mémoire d’autre poètes qui, comme l’auteur des Stances et celui de la Bohème galante, vécurent au café, y rêvèrent, y parlèrent, et, parfois, y écrivirent la plus grande partie de leur oeuvre. Depuis le romantisme jusqu’à nos temps d’ailleurs, les hommes de lettres ont beaucoup vécu au café. Il semble pourtant que ces dernières années la jeunesse littéraire ait tendance à le déserter et préfère, même étroit, pour y discuter d’art et de poésie, le logis d’un camarade que l’arrière-salle d’une taverne.
    
Toujours les littérateurs fréquentèrent le cabaret et cette affection n’a pas été sans leur nuire dans l’esprit bourgeois. Leur pauvreté, leur dédain et leur ignorance des soins et des soucis d’un foyer, leur imposait le goût de ces lieux publics où ils retrouvaient, avec l’amitié de gens ayant les mêmes goûts, l’apparence d’un beau décor, une atmosphère familière et la double excitation de discuter et de boire. Boileau, Racine, Lafontaine, hantèrent les cabarets, y composèrent des épigrammes et des satires, y imaginèrent la perruque de Chapelain changée en comète, y rimèrent maintes parodies de Corneille. Plus tard, les célèbres couplets du Café Laurent attribués à Jean-Baptiste Rousseau lui valurent sa condamnation et l’on sait toutes les cabales tramées dans les arrière-boutiques du Palais-Royal et du Carrefour de Buci, les succès de Rivarol et de Chamfort au Caveau, tout ce que les conteurs libertins ont composé de gaillardises et de sottises, entre un pot de vin et une cruche de bière.
    

*
* *

Avec le romantisme, le café entre davantage dans la littérature, si j’ose dire. Dès l’instant où la collaboration des poètes s’étend aux journaux, où les artistes se mêlent à la vie politique, on les apercevra davantage dans les établissements à la mode. Cependant, une démarcation s’impose entre ceux qui fréquentent le café par un sentiment de snobisme, et par goût, ceux qui vont y chercher le plaisir, l’ivresse des alcools et des filles à la mode, et les autres, ceux qui vont au café, parce qu’ils y trouvent leur chez eux, leurs habitudes, des admirateurs et des contradicteurs, ceux à qui l’on peut dire, les trouvant installés sur la molesquine, parmi les fumées des cigares, ce que le comte de Tressan disait au chevalier de Boufflers le rencontrant sur la grande route : « Mon cher poète, je suis heureux de vous trouver chez vous. »
  
Roger de Beauvoir et Alfred de Musset furent parmi les premiers. L’auteur des Contes d’Espagne et d’Italie ne parlait pas littérature dans ces endroits-là. S’il menait Céleste Mogador au Rocher de Cancale, s’il retenait un cabinet du Cadran Bleu ou du Café Anglais, ce n’était point pour y illustrer de vains propos d’esthétique. Eugène Sue et Arsène Houssaye ne tenaient pas académie devant les coquilles de Hardy et les rognons en brochette de Riche, pas plus que devant les vins des Trois Frères Provençaux. Restaurateurs ou cafetiers, de Beauvilliers à Bignon en passant par Rô, Bolème, Henneveu, Méot, Legacque et Very, plus tard Magny, hôte des Goncourt et de Flaubert, recevraient certes la bohème autant que le monde, mais une bohème dorée, bavarde et non éloquente, plus éprise de bonne chère que des formules nouvelles de la tragédie ou du roman. A la porte du Café Tortoni, les frères Goncourt s’indignaient d’être éclaboussés par le cabriolet ou le coupé de M. le vicomte Ponson du Terrail, le seul homme de lettres qui eût voiture sur rue.
   
Sur son déclin, Alfred de Musset coulera des journées au Café de la Régence, s’enivrant de mélancolie, de solitude hargneuse et d’absinthe. Connaissant l’état de l’académicien, un jour, le patron d’un des établissements qui lui sont familiers, ancien boucher devenu limonadier, interdit au garçon de renouveler le verre de l’enfant du siècle. Musset insiste, le garçon explique l’ordre reçu. Le poète se lève et d’un mot cloue à son comptoir le cabaretier terrifié :

– Vous, à l’étal !…
   
Et d’un geste d’empire, il obtient que le serveur lui rapporte une nouvelle absinthe.
   
Près d’un quart de siècle, Aurélien Scholl anima une salle du Tortoni, de ses mots, de ses épigrammes, des mille traits d’un esprit scintillant et vif, de la magie d’une intelligence précise et malicieuse. Celui-ci encore, comme Musset, était un viveur. Ce sont les poètes d’exception, les derniers parnassiens, les poètes de Montmartre et les premiers symbolistes qui firent du café, un cénacle.
   
images (9)Lorsque le groupe de l’impasse du Doyenné se dispersa (Arsène Houssaye, Camille Rogier, Edouard Dourliac, Marilhat, Corot, Nanteuil, Roqueplan, Wattier, de Nerval), Gérard de Nerval voyagea aux routes d’or de la Syrie, puis revint errer à Paris, toujours hanté du souvenir de « son amour » et de mirages. Selon le mot de Théophile Gautier, « l’envahissement progressif du rêve allait rendre à peu près impossible la vie de Gérard de Nerval dans le milieu où se meuvent les réalités. » S’il passe alors de longues nuits dans les comptoirs et les marchands de vins des Halles, il ne faut pas le compter pourtant au rang des poètes de café. Son corps est là, mais son âme est ailleurs. « Pendant de longues heures, déclare le père de Mademoiselle de Maupin, nous avons écouté le poète transformé en voyant, qui nous déroulait de merveilleuses apocalypses et décrivait avec une éloquence qui ne se retrouvera plus, des visions supérieures en éclat aux magies orientales du hachich. »
   
Charles Baudelaire fut entraîné aux cafés du Quartier, par ce Privat d’Anglemont qui est le précurseur des poètes montmartrois. Il ne devait plus en sortir.
   
Le soir de la condamnation des Fleurs du Mal, les Goncourt qui ont soupé à son côté, nous laissent de lui ce portrait dans leur journal :

« Une tête de maniaque, une voix coupante comme une voix d’acier et une élocution visant à la précision ornée d’un Saint-Just et l’attrapant. »

C’est de cette voix d’acier qu’il interroge, sur un ton de juge d’instruction, maîtres d’hôtel et garçons, qu’il les exaspère de demandes précises ou de méticuleuses exigences. « Ce vin est-il bien récolté en coteaux, au mois d’octobre de telle année ?… – Ce verre est-il bien du milieu de la bouteille ? »
   
Nous avons vu Jean Moréas montrer de pareilles exigences, refuser trois fois un verre de kirsch ou de chartreuse, révolutionner tout le personnel d’un établissement pour obtenir, en fin de compte, un produit de marque ou de qualité inférieures au premier qu’il avait repoussé.
   
Au Café Taburey, au Café de la Rotonde, au Procope, au Café Lemblin, où il retrouvait Murger, Deroy, Fauchery, plus tard Cladel, au Divan Lepelletier, où on lui reprochait d’avoir publiquement méprisé Victor Hugo, ce dont il s’excusait, didactiquement et, tour à tour, hautainement silencieux ou dédaigneusement éloquent, Baudelaire ravivait toutes les conversations. « Il avait une foi naïve dans son infaillibilité », ainsi que le remarque un de ses biographes, et ce signe est assez représentatif de tous les intellectuels au café. Il raillait la gaieté courtoise de Monselet fréquentant le Casino de la rue Cadet.
   
De Louis Bouilhet à Théophile Gautier, de Barbey d’Aurevilly à Jules Vallès, que de littérateurs au café ! Bientôt, allait fleurir le temps où les écoles naîtraient au cabaret. Les Hirsutes, les Hydropathes ou bien d’autres se groupèrent autour des colonnes instables de soucoupes, sur le marbre sirupeux des guéridons. Jean Richepin, Maurice Bouchor, Raoul Ponchon devaient y instaurer leur Trinité audacieuse. Seul, le dernier, reste encore fidèle aux terrasses de la rive gauche.
   
Des dessins, des anecdotes, des études, ont fixé le souvenir lamentable et miraculeux de Paul Verlaine au d’Harcourt, au Procope, au François-Premier, à la Nouvelle Athènes. Quelques semaines avant sa mort, un de nos amis le rencontrait, traînant la jambe, le foulard sali, le feutre de travers, geignant dans un mac-farlane étriqué :

– C’est la fin de tout ! On m’a mis à la porte du café. Le garçon a refusé de me servir. Il m’a dit : « Vous relevez de l’assistance publique, c’est pas votre place ici… » L’assistance publique… Ah ! malheur !

Humilié, rageur et beau avec ses yeux d’une infinie tristesse, noyés et brillants, Verlaine frappait le trottoir du boulevard d’une trique furieuse…

Oh! Verlaine au café, les récits, les horizons, brusquement ouverts, sur le rêve, la beauté, l’art spontané et le sentiment !…

Là où Baudelaire raillait, féroce, ou excentrique, interrogeant : « Avez-vous mangé de la cervelle de petit enfant ? Elle a un goût de cerneaux ! » Verlaine priait et chantait en une langue nouvelle, avec des nuances de voix que nul n’avait encore entendues.

*
* *

Comme la jeunesse était venue vers Verlaine, au sortir de l’appartement familial de Mallarmé, rue de Rome, ce fut au café que le symbolisme naquit et que se sont fondées, depuis vingt-cinq ans, la plupart des revues jeunes. Dans son recueil d’anecdotes et de souvenirs sur le Symbolisme, M. Adolphe Retté nous montre toute une génération de poètes au café et dans le sous-sol de café. Trézenick, Paul Adam, Tailhade, Rachilde, Jean Lorrain, F.-A. Cazals, Moréas, le Cardonnel aujourd’hui prêtre en Italie, P.-N. Roinard, Ernest Raynaud, ont été d’abord des poètes en action et en verbe, disputant jusqu’à l’aube, pour la beauté, devant des verres. Ce qui ne devait pas les empêcher de créer une oeuvre et pour la plupart de se faire, plus tard, une existence parfois bourgeoise….
   
images (10)Le café mène à tout à condition d’en sortir, en littérature comme en politique. Ceux qu’on a appelés les poètes de Montmartre, ne pouvaient vivre qu’au café. Ils n’en sont pas tous sortis, quoique les Jean Ajalbert, Paul Bilhaud, Dominique Bonnaud, Maurice Boukay, Bruant, Georges Courteline, Hugues Delorme, Georges Docquois, Maurice Donnay, Maurice Vaucaire, Vicaire et combien d’autres qui sont là pour vérifier notre affirmation et rassurer sur les dangers du café.
   
Peu à peu, la race des bohèmes a disparu. Celle des grandes figures au café, Villiers de Lisle-Adam essayant ses histoires insolites sur les adolescents, Paul Arène chantant le Midi bouge, ou Oscar Wilde, désolé et féroce, contant un apologue, s’est éteinte…

Derrière les Invalides, au Café des Vosges, le samedi soir, François Coppée a mené jusqu’à la dernière semaine avant sa mort, pour l’apéritif, les jeunes poètes qui lui faisaient visite…
   
Les cafés littéraires se font rares. Au boulevard, le Napolitain seul retentit parfois de discussions littéraires. A l’Univers et au Lion Rouge, deux revues, la Phalange et les Argonautes, groupent parfois leurs rédacteurs. On ne va plus au café que pour y parler des morts et de monuments à leur élever. Il n’y a plus que les « comités de statues » qui les fréquentent. On n’y aperçoit plus un Jean Floux aux bottes rafistolées de ficelles et couchant dans une écurie… Ce pauvre Jean Floux, qui mourut le jour de son héritage, glissant sur un quai à la gare, devant le train qui allait l’emporter vers la fortune.
 
Les poètes nouveaux sont des poètes de salons et de thé de cinq heures. Ils sont « confortables » comme l’idéal chanté dans le Coffret de Santal :

Dormir tranquillement en attendant la gloire,
Dans un lit frais, l’été, mais, l’hiver, bien chauffé,
Tout cela vaut bien mieux que d’aller au café.

   
Ces vers sont de Charles Cros qui, lui, n’alla guère qu’au café, où il écrivait, d’ailleurs, un an avant Edison, le rapport présentant à l’Académie des Sciences le paléophone ou phonographe…
   
Comme Moréas, Charles Cros maudissait le café et y revenait souvent. Ce sera la morale de cette étude que de constater cet antagonisme les paroles et les actes des poètes…

ERNEST GAUBERT. (1880-1945) : Les Poètes au Café (1910).

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Francis Lemarque, une carrière

Posté par francesca7 le 24 octobre 2013


Francis Lemarque, de son vrai nom Nathan Korb, est un auteur-compositeur-interprète et poète français, né à Paris le 25 novembre 1917, et mort le 20 avril 2002 à La Varenne-Saint-Hilaire.

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La seule vidéo de cette chanson de ce MONSIEUR de la chanson Française ! Enregistré lors de l’émission « Succès fous ». Pour info, ceux qui veulent connaitre la version allemande, regardez le film « Les sentiers de la gloire » avec K.Douglas, film culte et magnifique !

Si un chanteur français symbolise la ville de Paris, c’est certainement FRANCIS LEMARQUE. Au cours d’une carrière longue et discrète, il a écrit près d’un millier de chansons dont « À Paris », devenue un standard international, interprété par des dizaines d’artistes à travers le monde. 

Francis Lemarque, une carrière dans CHANSON FRANCAISE biog-248x300Son parcours artistique, entre engagement politique et poésie romantique, est l’oeuvre d’un artiste infatigable, qui a sillonné le monde entier.

25 Novembre 1917, naissance rue de Lappe, dans une famille modeste, il a huit ans, quand il commence à chanter dans les rues il est contraint, dès l’âge de 11 ans, d’aller travailler en usine.

1932 :
Avec son frère Maurice ils forment un numéro de duettistes les FRERES MARC.

Au cours d’une carrière longue et discrète, couronnée par plusieurs Grand Prix du disque de l’académie Charles-Cros, il a écrit et composé près de 400 chansons, dont À Paris, devenue un standard international repris par des dizaines d’interprètes à travers le monde entier, et Quand un soldat, interprétée avec succès par Yves Montand, et dont les paroles engagées lui vaudront les foudres de la censure en 1953.

Le petit Nathan Korb naît dans un petit deux pièces au second étage du 51 de la rue de Lappe à Paris au-dessus du bal des Trois colonnes. Sa mère, Rose, est originaire de Lituanie, tandis que son père, Joseph, tailleur pour dames, est juif polonais. L’enfant grandit avec son frère Maurice et sa sœur cadette Rachel, dans le quartier de la Bastille, bercé par les bals musettes de la rue de Lappe. Avec son frère, il connaît une enfance délurée et joyeuse avant de quitter l’école dès l’âge de onze ans pour travailler en usine. Il gardera tout au long de sa vie un véritable amour pour ce quartier et il fêtera ses soixante-quinze ans au Balajo.

En 1933, son père meurt de la tuberculose. Fasciné par les bals musette depuis son enfance, Nathan et son frère Maurice intègrent après une rencontre en 1934 avec Sylvain Itkine en 1934 le groupe Mars que ce dernier a créé dans l’esprit du Groupe Octobre, affilié à la Fédération des Théâtres ouvriers de France. Il a alors dix-sept ans. Sur les conseils de Louis Aragon, les deux frères créent un duo, Les frères Marc, qui profitera des événements du Front populaire pour se produire dans les usines et se faire connaître. Ils rencontrent Jacques Prévert et Joseph Kosma, qui est un temps leur pianiste. Léo Noël chante en duo avec Francis Lemarque dans les années 1938-1939 pour remplacer Maurice Lemarque, le frère de Francis appelé sous les drapeaux. Ce duo se retrouvera ainsi en tournée avec Pierre Dac, Paul Meurisse, Joseph Kosma…

Description de cette image, également commentée ci-aprèsEn 1940, il est mobilisé et affecté comme « lieutenant-guitariste » aux activités musico-théâtrales de l’armée. En 1940 il passe en zone libre et s’installe à Marseille. C’est là qu’il rencontre Jacques Canetti, qui deviendra par la suite son agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord dont une semaine de récitals avec le guitariste gitan Django Reinhardt. Sa mère déportée en 1943 meurt à Auschwitz. Fidèle à son idéal communiste, il rejoint le maquis puis s’engage dans le régiment du douzième Dragon.

Après la guerre, Lemarque chante dans des cabarets de Saint-Germain-des-Prés. L’année 1946 sera décisive, deux événements marquent sa vie : il rencontre Ginny Richès qui deviendra son épouse, et il voit pour la première fois Yves Montand sur une scène parisienne. Son style unique bouleverse le jeune Francis qui se met à écrire en pensant à lui. Il fait sa connaissance par l’intermédiaire de Jacques Prévert. Montand, séduit par ses compositions, choisit immédiatement des titres : Je vais à piedMa douce valléeBal petit bal… Leur collaboration durera de longues années pendant lesquelles Francis Lemarque lui écrira près de trente chansons. Il compose la musique du film Playtime de Jacques Tati, sorti en 1967.

Il écrira de nombreuses chansons avec des coauteurs dont Michel Legrand et Georges Coulonges avec qui il a écrit Paris Populi, un spectacle musical qui célèbre la Capitale et son histoire de 1789 à 1944, mettant en scène les combats de Paris pour la liberté. Parmi ses plus grands succès, on relève Marjolaine (1957) dont les mélancoliques paroles sont écrites sur un vieil air du folklore allemand, Der treue Husar.

Francis Lemarque ne se lasse pas d’écrire et de chanter avec un dynamisme exceptionnel. Sa dernière représentation a eu lieu à Viarmes, dans le Val-d’Oise, le 27 janvier 2001 à l’âge de quatre-vingt-trois ans.

Avec Charles Trenet et Henri Salvador, Francis Lemarque a vécu l’une des plus longues et des plus riches carrières de la chanson et nombre de ses titres appartiennent à la mémoire collective de la culture française. Lemarque a été censuré dans les années 1953 avec sa chanson Quand un soldat publiée aux éditions Métropolitaine.

Le thème de Paris et son éternel accordéon revient souvent dans les chansons de Lemarque par des descriptions des quartiers populaires, non sans rappeler Aristide Bruant. Sa carrière sera celle d’un auteur et d’un chanteur profondément attaché au Paris populaire et à la chanson française.

Il s’éteint brutalement en 2002, dans sa quatre-vingt-cinquième année, dans sa maison de La Varenne-Saint-Hilaire. Il repose à côté d’Yves Montand dans le cimetière du Père-Lachaise (44e division) à Paris.

 

 

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l’AFFICHISTE – naissance d’un métier

Posté par francesca7 le 28 septembre 2013

l’AFFICHISTE - naissance d'un métier dans ARTISANAT FRANCAIS emil_mayer_063

Naissance d’un métier

Le mot affichiste apparaît, mais avec un tout autre sens, vers 1780 et désignait la personne qui participe à l’élaboration des affiches, c’est-à-dire d’une « feuille périodique » essentiellement typographiée et généralement placardée sur les murs et destinée à donner des informations locales ou nationales sur des sujets variés. Non signées, elles ne sont pas assimilée à des œuvres d’art.

À la fin du xixe siècle, alors que l’affiche gagne ses lettres de noblesse grâce notamment à l’apparition de grands formats en couleurs lithographiés2, des artistes comme Jules Chéret ou Alfons Muchaacquièrent une véritable notoriété en se spécialisant plus ou moins dans la conception de ce genre de support relevant de la publicité. Toutefois, tous les pays occidentaux connaissent cette même effervescence : citons les artistes du mouvement Arts & Crafts, puis de la Glasgow School of Art et enfin, à Chicago, où un artiste comme William H. Bradley travaille déjà en agence.

En France, des peintres renommés, comme par exemple Henri de Toulouse-Lautrec, ne dédaignent plus de travailler sur des affiches, ni dans l’idée de promouvoir un produit ou un spectacle. De nombreuxillustrateurs également conservent une clientèle publicitaire en plus de leur activité pour la presse.

Vers 1900, avec notamment Leonetto Cappiello, l’affiche de style art nouveau fait école. Les premiers mobiliers urbains y contribuent : colonne Morris, larges panneaux dans le métropolitain, murs peints, etc.

Peu à peu, de nouveaux métiers apparaissent, ceux de graphiste et de designer : un créateur d’images et de formes nouvelles voit s’élargir l’étendue de ses possibilités d’expression et l’affiche étant l’une de ces composantes, rares sont ceux qui se définissent alors comme affichiste. Certaines affiches des années 1910-1920, notamment dans les pays anglo-saxons, sont restées anonymes.

File:Privat-Livemont-Cercle Artistique de Schaerbeek-1900.jpgUn affichiste est une personne responsable sur le plan artistique de la création d’une affiche.

L’art décoratif, et l’art moderne d’une manière générale, permet à de nombreux affichistes d’exprimer leur talent et de s’affirmer comme tels.

Le jeune Charles Gesmar, protégé de Mistinguett à partir de 1916, confirmera la gloire de celle-ci grâce à ses affiches devenues célèbres depuis.

Dans les années 1920, l’affiche se met à la page de l’épure qui domine l’art graphique, grâce à des créateurs comme Paul Iribe ou Cassandre qui formera Raymond Savignac. C’est aussi l’apparition du photomontage qui permet à l’affichiste de combiner la photographie et la typographie.

Dans les années 1950, les techniques de sérigraphie vont permettre l’éclosion d’une nouvelle école qui influencera le pop art.

Dans les années 1950-60, le Polonais Roman Cieslewicz fut à la tête d’une importante école d’affichistes (essentiellement de films, de pièces de théâtre et de propagande pour le parti communiste au pouvoir) qui parvient à exprimer un certain nihilisme dans un contexte pourtant étroitement surveillé par la censure.

Ces trente dernières années, les techniques offset puis numériques, mais aussi l’innovation en matière de supports d’affichage donnent aux affichistes de nouveaux potentiels d’expression.

1899 – 1903 : la recherche du style Cappiello

 De 1899 à 1903 Cappiello reste avant tout un caricaturiste. Comme Chéret il fait appel à de jolies femmes qui semblent sorties tout droit du music hall : taille corsetée, joli décolleté, très souriantes voire aguichantes (« Le Frou-Frou », sa première affiche, « Absinthe Gempp Pernod », « Pur Champagne Damery »). Il caricature des artistes en tête d’affiche pour des pièces de théâtre et des revues : Odette Dulac, Réjane, Louise Balthy, Polaire; mais aussi pour des affiches de biens de consommation : Jeanne Granier pour les vins de « L. Segol Fils » et tout particulièrement de nombreux acteurs et actrices pour les « Nouilles – Macaronis FERRARI » comme nous l’avons vu dans la page des caricatures de Cappiello. Tout revient comme si aujourd’hui on utilisait les vedettes les plus en vue du showbiz pour promouvoir des pâtes! Le succès était assuré.

Il commence à mettre ses personnages en mouvement. C’est le début de ce qu’il appellera « l’arabesque » : « E. & A. Mele », « Absinthe Ducros fils ».

Aujourd’hui

L’affichiste contemporain travaille avec différents intervenants de la chaîne graphique :

  • un commanditaire (qui fait appel à ses talents pour la conception) et qui peut être
    • une agence de publicité
    • un client en direct
  • un photographe
  • des graphistes (lettrage, dessins, colorisation, etc.)
  • un papetier
  • un imprimeur, etc.

Selon un cahier des charges destiné à produire la charte graphique, il doit privilégier tel ou tel format (parfois plusieurs). Certains concepteurs d’affiches ne signent pas leurs travaux, exerçant leur métier au sein d’une agence de publicité et de communication, leurs compétences de graphiste sont alors requises.

Avec l’arrivée de l’automobile, les vitesses s’accélèrent. L’affiche n’a plus de temps pour interpeller l’homme de la rue. Il faut qu’elle s’impose à lui rapidement. Cappiello a bien compris ce changement, il va définir dès 1900 les bases de ce qu’on appellera « l’affiche moderne ». Il nous dit :  » lorsque je conçois un projet d’affiche, ma première préoccupation est la recherche de la tache. Cette chose difficile à définir, qui à grande distance, accrochera le regard du passant par l’intensité de sa couleur, le chatouillera par titillement de ses tons et le retiendra assez de temps par l’agrément de son aspect pour le contraindre à lire l’affiche. » (Annales Politiques et Littéraires, 1er juin 1907).

Il invente la théorie de l’arabesque : «  structure essentielle de la composition, son épine dorsale en quelque sorte, le parti décoratif qui reliera entre eux les différents éléments pour lui donner «  la forme  » ».

153px-Etienne_Moreau-N%C3%A9laton-Arts_de_la_Femme dans ARTISANAT FRANCAISGrâce à la mise au point de la lithographie, l’affiche n’a pu vraiment démarrer que vers 1850. Les premiers grands affichistes comme Chéret, Mucha, Toulouse-Lautrec, Steinlen s’adressent aux piétons et à ceux qui circulent en voiture à cheval. Du fait de la lenteur des déplacements les affiches ont le temps d’être regardées. Ce sont de grandes estampes avec un dessin chargé de mille détails. Il crée ce que l’on appelle aujourd’hui le logo d’une marque : Maurin Quina s’est fait largement connaître par la représentation qu’il en a fait : « Le diable vert », Klaus par « le chocolat du cheval rouge », Villiod : par « L’homme à la clé »… La société Thermogène écrit dans ses publicités après la publication de l’affiche Cappiello : « Exigez le Pierrot crachant le feu ». Quant au Chocolat Poulain, le petit cheval de Cappiello gambade toujours sur les emballages. Il existe encore aujourd’hui, 100 ans après, de nombreux exemples où le motif de l’affiche de Cappiello est toujours en vigueur sur les représentations de la marque. Il a été le premier à oser vanter un produit sans le représenter.

Dans les villes, souvent tristes et monotones, les rues deviennent ses galeries de tableaux. Ses affiches sont de magnifiques décorations qui se suffisent à elles mêmes. Elles apportent par leurs oppositions chromatiques la joie de leurs soleils et de leurs feux d’artifice de couleurs. Elles sont non seulement vivantes, mais elles sont aussi entraînantes, éblouissantes. Les génies de Cappiello, ses diables, ses fées, ses animaux caracolent, piaffent, dansent, jouent, agissent, bougent et nous entraînent dans un tourbillon d’ivresse.

Par opposition et pour frapper, Cappiello dessine quelque fois des affiches statiques. Tellement étonnantes pour le passant dont il a formé l’œil à ses arabesques, qu’elles en sont encore plus remarquées : Villiod, L’Œuvre, Kub, l’Ami du Peuple.

 220px-Flickr_-_%E2%80%A6trialsanderrors_-_Le_Ballon%2C_advertising_for_French_aeronautical_journal%2C_ca._1883

Alain Weill, né le 7 septembre 1946, est un spécialiste de l’affiche, expert, critique d’art et collectionneur français.

Essayiste, Alain Weill a consacré de nombreux ouvrages et catalogues d’exposition aux arts graphiques et à l’affiche publicitaire.

Il est expert en arts graphiques et création publicitaire, notamment près la Compagnie des commissaires-priseurs, mais aussi critique gastronomique, membre fondateur du Conseil des arts culinaires.

Il a été le directeur-conservateur du Musée de l’affiche (1971-1983) et assuré la direction artistique du Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont de 1990 à 2001.

Il est le président du jury European Advertising Award (EPICA).

 

 

 

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Notre chère Barbara

Posté par francesca7 le 28 septembre 2013

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Née dans le 17e arrondissement de Paris au 6, rue Brochant, Monique Serf passe dans ce quartier des Batignolles les premières années de sa vie en compagnie de ses parents, Jacques Serf, juif alsacien, et Esther Brodsky, de sa grand-mère russe et de son frère Jean, de deux ans son aîné. Sa famille s’agrandit : une deuxième fille, Régine, naît à Roanne en 1938 et un deuxième garçon, Claude, voit le jour à Tarbes en 1942.

Bien avant que la guerre n’éclate, sa jeunesse est marquée par des déménagements successifs. De la rue Nollet à Paris en 1931 au 6, boulevard Gaston Crémieux à Marseille en 1937, ceux-ci redoubleront sous l’occupation nazie pour fuir la chasse faite aux Juifs par le gouvernement de Vichy. S’y ajouteront les séparations pour déjouer les dénonciations. À la fin de la guerre, les membres de la famille se retrouvent au Vésinet.

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Barbara aura à supporter le comportement incestueux de son père pendant son enfance. Â l’âge de dix ans et demi, à Tarbes, son père abuse d’elle. Sa jeunesse bascule soudain « dans l’horreur » d’où personne, pas même sa mère, ne tentera de la sauver. Il recommence plusieurs fois, elle multiplie les fugues, en vain. Un jour, en Bretagne, n’en pouvant plus, elle se précipite à la gendarmerie, où son père vient la chercher et laisse entendre qu’elle affabule. L’affaire est classée. Elle refusera d’évoquer le drame en public, sauf dans ses Mémoires.

Le « bouche à oreille » aidant, le succès ne se fait pas attendre, le mariage (avec Claude Sluys) non plus (31 octobre 1953) ni l’occasion d’enregistrer deux chansons chez Decca au début de l’année 1955 : Mon pote le Gitan et L’Œillet blanc, diffusées en 78 tours et 45 tours.

En 1955, les époux se séparent. À la fin de cette année-là, Barbara retourne à Paris où elle chante dans de petits cabarets : « La Rose rouge », en 1956, « Chez Moineau », en 1957 puis à « L’Écluse » où elle a déjà chanté pour de courts engagements. En 1958, elle réussit à s’imposer, sous le surnom de « La Chanteuse de minuit », si bien que sa notoriété grandit et attire un public de fidèles, en particulier parmi les étudiants du Quartier latin. C’est cependant bien sous le nom de Barbara qu’elle effectue son premier passage à la télévision le 12 juillet 1958, sur l’unique chaîne de la RTF, dans l’émission Cabaret du Soir, où la présentatrice la compare à Yvette Guilbert et lui assure « qu’elle deviendra certainement une grande vedette ».

À cette époque, elle commence à écrire. Remarquée et engagée par Pathé Marconi, elle enregistre (sous le label « La Voix de son Maître ») son premier disque 45 tours 4 titres avec deux de ses propres chansons : J’ai troqué et J’ai tué l’amour et au printemps 1959, son premier 33 tours (Barbara à L’Écluse).

En décembre 1959, apprenant que son père, qui avait fui sur les routes pour noyer son crime dans le vagabondage et la déchéance, est mourant et la réclame auprès de lui à Nantes, elle se précipite à son chevet. Malheureusement, elle arrive trop tard pour recueillir son mea culpa et lui accorder son pardon. À la vue de son corps, à la morgue, ses sentiments oscillent entre fascination, panique, mépris, haîne d’une part et un immense désespoir d’autre part9. Au lendemain de l’enterrement, elle commence l’écriture de la chanson Nantes, qu’elle terminera quelques heures avant son passage au théâtre des Capucines le 5 novembre 1963 ; ce sera l’une de ses plus grandes chansons.

En 1960, elle change de maison de disques pour signer chez Odéon. Elle enregistre Barbara chante Brassens et Barbara chante Jacques Brel : le premier de ces albums est couronné par l’Académie Charles-Cros dans la catégorie « Meilleure interprète ».

Son album Seule est l’une des meilleures ventes de 1981. Son plus grand succès sur scène est celui qu’elle présente la même année à l’hippodrome de Pantin (emplacement actuel du Zénith de Paris). Elle offre là bien plus que de simples concerts, ses représentations sont de véritables messes dont les rappels ininterrompus se prolongent jusque tard dans la nuit. Elle interprétera notamment Regarde, chanson pleine d’émotions qu’elle composa et chanta pour la campagne présidentielle de François Mitterrand à partir du 8 avril 1981. C’est lors de ce spectacle phare que la voix de la chanteuse, pour la première fois, et irrémédiablement, se brise. Elle ne cherchera pas à le cacher mais saura au contraire s’en servir pour renforcer l’aspect dramatique et authentique de son interprétation.

Se renouvelant sans cesse, la chanteuse continue d’attirer un public très jeune. L’année suivante, on lui décerne le Grand Prix National de la Chanson en reconnaissance de sa contribution à la culture française. Par ailleurs, elle développe une relation de travail et d’amitié avec la vedette cinématographique montante Gérard Depardieu et son épouse Élisabeth. En 1985, elle coécrit la musique et le texte de la pièce Lily Passion avec Luc Plamondon, dans laquelle elle joue et chante avec Depardieu. Sorte d’autobiographie romancée, c’est l’histoire d’une chanteuse qui voua toute sa vie à son public. La première représentation a lieu au Zénith de Paris, le 21 janvier 1986. L’été venu, elle est invitée sur la scène du Metropolitan Opera de New York pour un Gala Performance, donné le 8 juillet. Elle accompagne au piano le danseur étoile Mikhaïl Barychnikov qui danse sur deux de ses chansons (Pierre et Le Mal de vivre).

À cette période elle devient active dans la collecte de financements pour le traitement du sida. Elle rend visite aux malades dans les hôpitaux et dans les prisons. Lors de ses concerts, elle met des corbeilles de préservatifs à la disposition des personnes venues l’écouter ; engagement dont témoignera artistiquement le titre Si d’amour à mort.

En 1988, elle est faite chevalier de la Légion d’honneur par le Président François Mitterrand.

En 1991, elle enregistre Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke pour les Éditions Claudine Ducaté. Elle dédicacera cet enregistrement dans une librairie parisienne, la même année.

 dans CHANSON FRANCAISEEn novembre/décembre 1993, Barbara est à nouveau sur la scène parisienne du théâtre du Châtelet. C’est alors que des problèmes de santé la contraignent à interrompre les représentations. Après quelques jours de repos, elle retrouve son public, le temps d’enregistrer le spectacle, puis renonce à poursuivre et annule les dernières représentations. Suit une tournée. Son ultime apparition sur scène aura lieu le soir du samedi 26 mars 1994 au Centre de congrès Vinci de la ville de Tours.

Après 16 années passées loin des studios, elle enregistre douze nouvelles chansons durant l’été 1996. Pour ce disque, Jean-Louis Aubert signe le texte Vivant poème et Guillaume Depardieu celui de À force de. Sorti le 6 novembre, cet album sobrement intitulé Barbara, sera son chant du cygne.

Monique Andrée Serf, dite Barbara (ou Barbara Brodi à ses débuts), est une auteur-compositeur-interprète française, née le 9 juin 1930 à Pariset morte le 24 novembre 1997 à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, âgée de 67 ans et inhumée dans la 4e division du Cimetière parisien de Bagneux.

Sa poésie engagée, la beauté mélodique de ses compositions et la profondeur de l’émotion que dégageait sa voix lui assurèrent un public qui la suivit pendant quarante ans.

 

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