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LA CITADELLE, UN PATRIMOINE VIVANT

Posté par francesca7 le 7 mars 2016

 

 

citadelle-besancon-

Une première mention écrite de la ville est Vesontio par Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, Vesentionem au Ier siècle avant Jésus-Christ, Visontione par Ausone et Besantionem IVe siècle par Ammien Marcellin. On a également retrouvé sur un portique dans la ville une inscription latine dédiée au dieu Mar(tis) Veso[nti(i), divinité topique associée au site comme cela était fréquent chez les Gaulois. Le nom de la ville signifiait donc « le domaine du (dieu) Vesontios » d’après Delamarre. Au IVe siècle, un B remplace le V de Vesontio et le nom de la ville devient Besontio ou Bisontion, puis subit plusieurs transformations pour donner Besançon en 1243.

Les recherches sur le sens du nom Vesontio/Vesontios ont donné lieu à plusieurs interprétations, mais aucune ne s’impose avec certitude. On a évoqué une racine préceltique *ves- associée à l’idée de hauteur et que l’on retrouverait notamment dans les noms du Vésuve et du Mont Viso, mais les toponymes basés sur cette racine sont très rares en France. Il convient probablement de relier le nom du dieu Vesontios à la rivière et à son méandre si caractéristique entourant presque complètement la ville (cf. la divinité fluviale représentée sur la Porte Noire): Jacques Lacroix propose la racine gauloise *ves-, de la racine indo-européenne *veis signifiant courber, tourner, enrouler, tandis que Pierre-Henri Billy évoque un autre sens de la même racine *veis: couler, s’écouler.

Durant le Moyen Âge, plus précisément entre le IXe siècle et le XIIe siècle, la ville est parfois surnommée Chrysopolis (« la ville d’or »). L’origine de cette appellation, qui apparaît dans un écrit de 821, n’est pas non plus bien établie : présence d’or dans le lit du Doubs, présence de nombreux édifices romains, plaisanterie « besan sum » (« je suis une pièce d’or »), rapprochement entre Byzance et Besançon, Chrysopolis ayant été dans l’Antiquité le nom d’un quartier de Byzance…

À la Belle Époque, alors que la ville connaît une intense activité thermale, elle est parfois appelée Besançon-les-Bains.

La ville de Besançon jouit d’une situation privilégiée sur l’axe structurant européen dit « Rhin-Rhône », voie de communication entre mer du Nord et Méditerranée, l’Europe du Nord et l’Europe du Sud. Elle est située plus précisément à la jonction de la région montagneuse d’élevage du massif du Jura et des vastes plaines cultivables fertiles franc-comtoises. La ville est placée sur le front externe du massif jurassien, dans la zone des faisceaux externes ; Besançon étant situé entre deux faisceaux, les faisceaux des Avant-Monts au nord et le faisceau bisontin au sud.

Elle se trouve dans la pointe nord-ouest du département du Doubs, dans la vallée du Doubs. Elle est distante d’environ 90 kilomètres de Dijon en Bourgogne, de Lausanne en Suisse et de Belfort aux portes de l’Alsace et de l’Allemagne. Sa distance avec la capitale nationale, Paris, est de 327 kilomètres à vol d’oiseau pour un cap de 304 °. Il est à remarquer également que Besançon se situe presque exactement au milieu d’un segment Lyon-Strasbourg, chacune de ces villes étant distante de 190 kilomètres environ.

Sa citadelle

Immanquable, dominant la vieille ville de Besançon de toute sa hauteur, la citadelle de Besançon, classée au Patrimoine de l’Unesco, emplit le méandre du Doubs. Dès 1668, Vauban avait repéré ce rocher défendu par la boucle accusée de la rivière. Étendue sur 11 hectares, la citadelle est considérée comme son chef d’œuvre. « Dites-moi, Vauban, votre citadelle est-elle en or ? », se moquait Louis XIV, au coût de son édification… Des kilomètres de remparts aménagés permettent une vision globale de la ville. Transformée en « patrimoine vivant », cette citadelle incontournable, se visite par le circuit de remparts, trois musées et un jardin zoologique, avec deux restaurants sympathiques pour vous soutenir. Une bonne  journée en perspective ! Mettez donc vos chaussures les plus confortables pour monter par les vieux quartiers, jusqu’à la première des trois enceintes.

La mémoire militaire de la citadelle est fort bien évoquée dans Patrimoinedefrance.fr (cf. La nouvelle vie des citadelles, par F. Lutz). Nous la complèterons en suggérant la visite de la Communication 110 qui relie sur 127 m les deux premières enceintes (tlj en été à 15 h). Ce tunnel camouflé en souterrain vient d’être restauré. On remarquera sur le seuil, l’utilisation d’une pierre tombale de la cathédrale. Dans la première cour, le musée Comtois expose sur deux niveaux une partie des collections de l’abbé Jeanneret. Des plaques de cheminées anciennes évoquent les fonderies locales, en reprenant les armes de la ville et ses deux colonnes romaines. Les marionnettes, tel Barbizier, célèbrent les personnages des crèches comtoises où le peuple aimait à  caricaturer les notables locaux.

Grimpez, grimpez vers les remparts pour photographier de tous côtés le panorama sur le Doubs et les toits de tuile de la vieille ville. Tours du Roi et de la Reine surmontées de fleurs de lys et échauguettes mènent au jardin zoologique aménagé dans les douves. Le seigneur Tigre de Sibérie vous regarde dédaigneusement du haut de son escalier tandis que les lions dorment, l’œil grand ouvert.

Redescendez vers les galeries du Muséum, avec aquarium, insectarium et noctarium où dansent les souris… Face au puits Vauban activé par une roue où les hommes faisaient office d’écureuils, le musée de la Résistance et son importante documentation inspirent le respect et le recueillement. Le projet d’une nouvelle muséologie est à l’étude. L’espace Vauban complète la visite, sans manquer, à l’entrée de la citadelle, sa statue debout sur une carte de France marquée de ses quarante fortifications. Vous serez étonnés par leur nombre et par leur emplacement.

 

 Basilique_St_Madeleine_Besançon

Besançon est classée Ville d’Art et d’Histoire depuis le 14 février 1986 et possède des fortifications inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis le 7 juillet 2008, au sein du Réseau des sites majeurs de Vauban créé en 2005 à l’initiative de la ville de Besançon. Le quartier Battant a fait l’objet d’un secteur sauvegardé de 30 hectares en 1964 tandis qu’en 1994 a été créé un secteur sauvegardé de 238 hectares pour la Boucle et les zones d’accompagnement, l’ensemble constituant actuellement le deuxième plus grand secteur sauvegardé de France.

Avec 186 édifices protégés au titre des monuments historiques en 2011, Besançon arrive en douzième position des communes comptant le plus de monuments classés.

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LA DISEUSE DE BONNE AVENTURE

Posté par francesca7 le 4 février 2016

 

La_Diseuse_de_bonne_aventure,(Louvre_INV_55)_02Le parcours et la présence des Tsiganes en Occident s’associe souvent aux mots divination, cartomancie et diseurs de Bonne Aventure. Toutefois ce peuple, originaire de l’Inde du Nord, est le fruit de fort anciennes civilisations. En particulier leurs talents et expertises, puis leurs us et coutumes, ont paru fort étranges aux Occidentaux…

Originaires du Nord de l’Inde, roulant leur bosse depuis plus de deux mille ans au gré des pays et contrées, ceux qu’on nomme aujourd’hui les Rroma ont fort bourlingué… en partageant généreusement leur culture.
On cite leur présence en Occident dans divers documents, avant même l’an 1,000 de notre ère…

Ces gens qu’on appelle Rroma, descendants des castes de guerriers de l’Inde, sont venus de la moyenne vallée du Gange en Inde du Nord via l’Empire byzantin vers la Perse (Iran actuel), la Grèce puis l’Europe. Arrivés en Grèce au IXième siècle, ils sont de la caste des Kshattriyas — un terme qui désigne un membre de la caste des Rois et Guerriers, l’une des quatre glorieuses castes hindoues: Kshattriyas, Brahmane, Vaisya et Sudra —. Les textes sacrés de l’Inde les ont glorifiés, en disant notamment: « Les personnes gouvernées par un aryen (Kshatriya) sont guidées par la grâce divine ». Un clin d’oeil à leur riche personnalité, et à leur grande valeur.

Au fil du temps et des nouveaux arrivages de migrants, on nomme aussi ces gens, Gitans (français), Gitanos (espagnol), Gypsys (anglais) ou Zott (arabe); en référence à une déformation du mot “Égyptiens”. Ce qui se tient, non pas en faisant référence à l’Égypte; mais plutôt, au terme de la « Petite-Égypte » qui au Moyen Âge, réfère à une région du sud de la péninsule du Péloponnèse en Grèce — une région qui depuis le Xe siècle, est appelée Morée (ou Morea en anglais) jusqu’en 1248 où après la Quatrième croisade par les Francs, l’on y fonde la principauté d’Achaïe ou de Morée —; une région nommée “Tzaconie” (sans doute pour “Atsinganoi” ou “Atsingani”, terme grec désignant le peuple Tsigane), que les gens appellent “Petite Egypte”. Il s’agit d’un fief gitan indépendant appelé le “fief de Abitabulo” ou, le “Feudum Acinganorum” (sur l’île de Paxos, annexée à Corfou), constitué d’une communauté stable et prospère. à noter qu’au cours de la seconde moitié du XIIIième siècle, Corfou a été incorporée dans la souveraineté d’Anjou, annexant ainsi l’île de Paxos.

Celle que l’on appelle Zingara ou Gitanelle à la fin du XIXe a en effet un goût marqué pour la parure, les bijoux et les vêtements bariolés, volontiers rayés – les rayures évoquant l’impureté et l’immoralité dans la culture occidentale. Dans les représentations, on la reconnaît à son attitude fière et dédaigneuse, son regard de braise, ses longs cheveux bruns, son teint bistre, sa tenue débraillée et ses attributs – tambourin, jeu de cartes, anneaux d’or et bracelets. Oisive voire lascive, cette bohémienne imaginaire fume parfois du tabac, joue de la musique et danse sans retenue. Vouée à l’expressivité et au cumul des sens, cette figure à la fois plastique et esthétique a partie liée avec l’art.

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Échos de l’attitude ambivalente de la société vis-à-vis de la femme gitane, les représentations montrent souvent une femme idéalisée – libre et séductrice, à la fois désirée et redoutée car transgressive – à l’opposé de la bohémienne réelle, ignorée et le plus souvent détestée et rejetée. Les images stéréotypées de la bohémienne reflètent ainsi des sentiments contradictoires – peur, mépris et méfiance autant que trouble, attirance et fascination – et donnent à voir les craintes et les préjugés de la société qui les a produites. Deux archétypes dominent amplement : la femme fatale et la diseuse de bonne aventure.

la bohémienne se distingue aussi par ses dons de divination. Diseuse de bonne aventure, elle lit les lignes de la main et tire les cartes. Bien qu’héritées de l’Antiquité et amplement répandues, les pratiques divinatoires sont alors réprouvées par l’église et par les pouvoirs publics. Dès le XVe, les images montrent que les bohémiennes sont à la fois admirées et craintes pour leurs pouvoirs magiques présumés. De plus, elles sont associées aux péchés de vol, de luxure et de divination ; entourées d’un halo de mystère et de superstition du fait de leurs liens supposés avec un monde occulte.

La première vague migratoire de ceux qu’on appelle Tsiganes — ou Rrom — remonte à presque 2,000 ans: puisque les Indiens ont commencé à migrer du Nord-Ouest de l’Inde — Pakistan du Sud-Est actuel — vers la Perse (Iran actuel) entre 224 et 642 de notre ère. Puis provenant tant du Centre que du Nord, de castes diverses, les Rrom ont aussi quitté l’Inde par vagues successives, souvent par petits groupes, entre les IIIe et Ve siècles; puis entre les VIIIe et IXe siècles. Puis un exode massif hors de l’Inde est survenu entre l’an 850 et l’an 1000 de notre ère. Des guerres entre royaumes? Des invasions d’autres civilisations? Assurément.

On cite d’ailleurs la présence des Tsiganes hors de l’Inde, à Bagdad (soit en Perse, ou Irak actuel) en l’an 442, alors que le Shah de Perse Bahram Gur persuade le Roi Indien Shangul de lui envoyer 10,000 musiciens Luri (autre nom désignant les Tsiganes), qu’il souhaite distribuer dans les différentes parties du royaume de Perse, pour distraire les pauvres et les indigents de son royaume; un fait rapporté par le poète Perse Firdawsi ainsi que par l’historien arabe Hamza of Hispahan (vers 950) qui relate le fait, en spécifiant 12,000 musiciens et amuseurs, hommes et femmes, qui jouent du luth. Plus de 500 ans après leur arrivée, Hispazam note: « Leurs descendants, même moins nombreux, sont toujours ici; ce sont les Zott (Zutti au pluriel). »

Entre les années 800 à 950 de notre ère, des groupes connus sous le nom de “Domba” — les Rroma, ou Tsiganes — commencent leur migration en partance de l’Inde du Nord, vers la Perse et l’Arménie.

On note aussi leur présence en l’an 800 près de la Thrace (péninsule balkanique partagée entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie). Il est dit que durant la famine qui a eu lieu du IXe siècle, Sainte Athanasie de Constantinople donna à manger à des “étrangers appelés Atsingani” (Tsiganes).

On fait aussi mention des Atsingani — des Tsiganes — en l’an 803 alors qu’un groupe d’Atsinganis a aidé Nicéphore Ier le Logothète, Empereur byzantin de 802 à 811, à réprimer une émeute en utilisant leur magie. En fait, l’Empereur mène une politique agressive contre le clergé et conséquemment en 803, il provoque la rupture entre les Empires romain d’Orient et d’Occident.

Longtemps après que les musiciens Luri furent amenés de force en Perse pour divertir les gens de la campagne, vers l’an 820, les Zotts arrivent sur les rives de la rivière Tigre, s’y installent et définissent leur État. En l’an 834 on les rencontre d’ailleurs à Khanaqin (Kurdistan du Sud, ancien territoire de la Perse ou Iran actuel). Ils profitent de la vie jusqu’à ce que les Byzantins — Constantinople et son Empire, sous le règne de Théodora impératrice de Byzance, région prospère grâce au commerce Europe-Asie; une civilisation gréco-romaine et chrétienne orthodoxe — attaquent la Syrie en 855. Cette année-là, un chroniqueur arabe nommé Tabari relate le fait qu’un très grand nombre de Zotts (nom Perse des Gitans) sont faits prisonniers (hommes, femmes et enfants), lors de l’attaque Bysantine de la Syrie. Après cette guerre, les Byzantins utilisent les Zotts comme esclaves pour consolider et élargir l’Empire. De belles prises, car les Zotts étaient connus pour leur excellent savoir-faire avec le bois, le métal et la construction; et qu’en plus de leurs habiletés dans le travail manuel, leur don pour prédire l’avenir et leurs compétences pour le divertissement, ont aussi une grande valeur.

En Europe, leur présence est attestée dès le début du XIVe siècle. Mais en Europe du Sud dès le début des années 1300, perçus comme musulmans, des groupes de tsiganes commencent à être réduits en esclavage (Valachie, Moldavie). Ainsi, suite à l’épidémie de peste noire (1346-1351) qui a dévasté l’Europe, il est documenté que des Tsiganes sont employés comme serfs ou esclaves comme paysans, pour remplacer les cultivateurs décédés. Le système féodal étant en force, ces paysans appartenaient — comme du bétail — à ceux qui possédaient les terres: soit des nobles, des officiers de l’armée ou des institutions religieuses. Et en vendant ou en transférant les droits d’une terre, les serfs et les esclaves étaient inclus dans la transaction. C’est ainsi qu’entre l’an 1364-1367, Vladislav Voivode (Prince) de Valachie, transféra un droit de propriété féodal, qui incluait 40 familles de Tsiganes, au Monastère de Saint-Anthony, près de Vodita en Roumanie.

Une mention des Tsiganes vient aussi du moine franciscain dénommé Simon Simeonis qui les a rencontrés à Candie sur l’île de Crète en 1322; il parle de gens ressemblant aux “Atsingani” — nom donné aux Tsiganes par les Grecs —, en ces termes: « Nous y avons vu un peuple hors de la ville qui se déclare être de la race de Cham, et qui l’adorent selon le rite grec. Ils errent comme un peuple maudit de place en place, sans s’arrêter du tout ou rarement, ne restant à un endroit pas plus que 30 jours ».

La Tzaconie — terme utilisé surtout lors de l’occupation française de la Morée et du Péloponnèse, en Grèce, de 1204 à 1430 — a (semble-t-il) aussi été appelée Zaconie, Zacanie ou Sacanie: des termes médiévaux pour désigner la Laconie. Cette région est située sur la côte, à l’extrême sud-est de la péninsule du Péloponnèse, en Grèce. Elle fut une des trois provinces de la Morée, avec le Brazzo di Maina (Arcadie) et le Belvédere (Achaïe et élide). Son chef-lieu était Mistra. Il semble que son nom soit une déformation médiévale de Laconie. Source principale: Wikipedia.

À l’aube du XVIIe siècle, Caravage lance à Rome une mode autour de la chiromancie qui perdurera partout en Europe jusqu’au XIXe siècle – allant de portraits à des scènes de groupes, truculentes et pittoresques, des Caravagesques aux bohèmes galantes de Watteau et de Boucher en passant par Georges de La Tour

Diseuseleur mode de vie nomade — force oblige: en France, ils furent contraints par le Pape à circuler pendant sept ans sans arrêt, sans être autorisés à s’installer quelque part —; leur style de vie, très différent de celui de la population sédentaire; ainsi que leurs us et coutumes (ménestrels, saltimbanques, musiciens, chanteurs, magiciens, diseurs mais surtout diseuses de bonne aventure — dire la baji, comme s’exprimerait Carmen la Bohémienne, dans l’oeuvre de Mérimée — ou devins ambulants, charmeurs de serpent, etc); et probablement surtout, cet esprit de liberté et de refus des entraves, qui s’exprimait aussi au niveau de la profession: puisque les tsiganes étaient travailleurs indépendants — et libres — plutôt que salariés. Secundo, leurs errances obligées sur les routes de l’Europe, pendant la guerre de cent ans, attirait parmi eux des bandes d’ex-soldats et de mendiants: ce qui a contribué à la dégradation de leur image. Tertio, la croyance fort répandue en Europe, que leur peau mate était un signe d’infériorité et de méchanceté… car le diable en personne, était dépeint comme “noir”. Puis quarto, il y avait un problème d’identité: puisque les tsiganes pouvaient être identifiés comme étant des Turcs, puisqu’ils sont entrés en Europe notamment par la voie des pays Islamiques et on les a considérés ennemis de l’Église et du royaume; certains les croyaient Égyptiens; et d’autres, Bohémiens. Et quinto, l’opposition aux tsiganes a aussi pris forme chez les gens de métier, qui par peur de la compétition ont eu tendance à exclure des concurrents et notamment, dans le métier du travail du fer. Pour que leur peuple survive, souvent forcés de se déplacer, ils ont du s’adapter; et voilà sans doute pourquoi leur renommée pour dire la Bonne Aventure et pratiquer la divination par l’entremise de divers arts divinatoires, s’est propagée de par tout l’Occident et perdure encore, même de nos jours. Et pourquoi pas… ne sont-ils pas des gens très spéciaux, des moteurs qui font évoluer les sociétés..?

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L’HISTOIRE DE France

Posté par francesca7 le 5 septembre 2015

 

LouisXV-Rigaud1Il y a probablement des centaines de siècles que l’Homme s’est répandu sur la terre. Au-delà de 2 500 ans, les origines de la France se perdent dans les conjectures et dans la nuit. Une vaste période ténébreuse précède notre histoire. Déjà, sur le sol de notre pays, des migrations et des conquêtes s’´étaient succède, jusqu’au moment où les Gaëls et Gaulois devinrent les maitres, chassant les occupants qu’ils avaient trouves ou se mêlant `a eux. Ces occupants ´étaient les Ligures et les Ibères, bruns et de stature moyenne, qui constituent encore le fond de la population française. La tradition des druides enseignait qu’une partie des Gaulois ´était indigence, l’autre venue du Nord et d’outre-Rhin, car le Rhin a toujours paru la limite des Gaules. Ainsi, la fusion des races a commencé dès l’âges préhistoriques. Le peuple français est un composé. C’est mieux qu’une race. C’est une nation. Unique en Europe, la conformation de la France se prêtait `a tous les ´échanges de courants, ceux du sang, ceux des idées.

La France est un isthme, une voie de grande communication entre le Nord et le Midi. Il y avait, avant la conquête romaine, de prodigieuses différences entre la colonie grecque de Marseille et les Cimbres d’entre Seine et Loire ou les Belges d’entre Meuse et Seine. D’autres éléments, au cours des siècles, se sont ajoutés en grand nombre à ceux-là. Le mélange s’est formé peu `a peu, ne laissant qu’une heureuse diversité. De l`a viennent la richesse intellectuelle et morale de la France, son équilibre, son génie. On dit communément que, dans cette contrée fertile, sur ce territoire si bien dessiné, il devait y avoir un grand peuple. On prend l’effet pour la cause. Nous sommes habitués `a voir `a cet endroit de la carte un Etat dont ´ l’unité et la solidité sont presque sans exemple. Cet Etat ne s’est pas fait tout ´ seul. Il ne s’est pas fait sans peine. Il s’est fait de main d’homme. Plusieurs

fois, il s’est écroulé mais il a ´été rebâti. La combinaison France nous parait naturelle. Il y a eu, il aurait pu y avoir bien d’autres combinaisons. Harmonieuse `a l’œil, la figure de notre pays est fort d´défectueuse `a d’autres ´égards. Du côté du Nord et de l’Est, la France a une mauvaise frontière terrestre qui l’expose aux invasions d’un dangereux voisin. De plus, Flandres, Allemagne, Italie, Espagne, l’inquiètent, la sollicitent, l’´écartèlent presque. Si elle possède l’avantage unique de communiquer avec toutes les mers européennes, elle a, en revanche, des frontières maritimes trop ´étendues, difficiles `a garder et qui exigent un effort considérable ou un choix pénible, l’Océan voulant une flotte et la Méditerranée une autre.

L’HISTOIRE DE France dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Degradation_alfred_dreyfusSi la France n’est pas dirigée par des hommes d’un très grand bon sens, elle risque de n´négliger la mer pour la terre et inversement, ou bien elle se laisse entrainer trop loin, ce qui lui arrivera à maintes reprises. Si elle n’a soin d’ˆêtre forte sur mer, elle est `a la merci d’une puissance maritime qui met alors obstacle `a ses autres desseins. Si elle veut y ˆêtre forte, la même puissance maritime prend ombrage de ses progrès et c’est un nouveau genre de conflit. Près de mille ans d’une histoire qui n’est pas finie seront partagés entre la mer et la terre, entre l’Angleterre et l’Allemagne. Ainsi l’histoire de la France, c’est celle de l’´élaboration et de la conservation de notre pays `a travers des accidents, des difficultés, des orages, venus de l’intérieur comme de l’extérieur, qui ont failli vingt fois renverser la maison et après lesquels il a fallu la reconstruire. La France est une œuvre de l’intelligence et de la volonté.

A qui devons-nous notre civilisation ? ` A quoi devons-nous d’ˆêtre ce que ` nous sommes ? A la conquête des Romains. Et cette conquête, elle eût ´échoué, elle se fut faite plus tard, dans des conditions différentes, peut-ˆêtre moins bonnes, si les Gaulois n’avaient ´été divisés entre eux et perdus par leur anarchie. Les campagnes de César furent grandement facilitées par les jalousies et les rivalités des tribus. Et ces tribus ´étaient nombreuses : plus tard, l’administration d’Auguste ne reconnut pas moins de soixante nations ou cités.

220px-Siege-alesia-vercingetorix-jules-cesar dans HISTOIRE DES REGIONSA aucun moment, même sous le noble Vercingétorix, la Gaule ne  parvint à présenter un front vraiment uni, mais seulement des coalitions. Rome trouva toujours, par exemple chez les Rêmes (de Reims) et chez les Eduens de la Saône, des sympathies ou des intelligences. La guerre civile, ´ le grand vice gaulois, livra le pays aux Romains. Un gouvernement informe, instable, une organisation politique primitive, balancée entre la d´démocratie et l’oligarchie : ainsi furent rendus vains les efforts de la Gaule pour d´défendre son indépendance. Les Français n’ont jamais renié l’alouette gauloise et le soulèvement national dont Vercingétorix fut l’ˆâme nous donne encore de la fierté. Les Gaulois avaient le tempérament militaire. Jadis, leurs expéditions et leurs migrations les avaient conduits `a travers l’Europe, jusqu’en Asie Mineure. Ils avaient fait trembler Rome, où ils ´étaient entrés en vainqueurs. Sans vertus militaires, un peuple ne subsiste pas ; elles ne suffisent pas `a le faire subsister. Les Gaulois ont transmis ces vertus `a leurs successeurs. L’héroïsme de Vercingétorix et de ses alliés n’a pas ´été perdu : il a ´été comme une semence. Mais il ´était impossible que Vercingétorix triomphât et c’eût ´été un malheur s’il avait triomphé´

 

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, HISTOIRE DES REGIONS | Pas de Commentaires »

À Tourves, on a le goût du bouchon

Posté par francesca7 le 15 août 2015

 

Chaque année, quelques milliers de nostalgiques se réunissent mi-août pour reconstituer le grand chassé-croisé des touristes dans un embouteillage festif.

Image DR

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Rappelez-vous les années 1960, la nationale 7, seule voie rapide endossant la transhumance vers la Côte d’Azur. Quelques sections seulement étaient passées à 2 x 2 voies, jouant sur la circulation les effets d’accordéon lorsque le tuyau s’étranglait. Le chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens se faisait à ce prix-là et donnait lieu à des bouchons mémorables dans les villages, sortis de leur torpeur pour assister à une joyeuse pagaille, celle des visages pâles croisant les bronzés déjà déprimés par le retour. Certains n’hésitaient pas à rouler de nuit, car les voitures « chauffaient ». Les garagistes se frottaient les mains : ils faisaient leur année en deux mois.

Eh bien croyez-le ou non, le 15 août prochain, le village varois de Tourves, entre Saint-Maximin et Brignoles, va retrouver son bouchon historique des années 1960, le vrai, avec voitures d’époque et figurants parfaitement raccords. Les plus récentes datant de 1968, année où la déviation du village a été mise en place. Il fallait quand même oser avoir cette idée pour le moins incongrue. Et cette idée folle a germé dans l’esprit de Thierry Dubois, dessinateur, auteur de BD, amoureux de voitures anciennes et passionné par les routes et en particulier par la N7.

De Lapalisse à Tourves

« Pour moi, la nationale 7 est aussi importante pour notre histoire qu’une route gallo-romaine. Je l’ai photographiée dans tous les sens, j’ai rencontré les riverains, recueilli des témoignages d’anciens chauffeurs, gendarmes, garagistes, répertorié les anciennes stations-service art déco – il en reste six. La N7, c’est le symbole des Trente Glorieuses. Les villages sont nés sur cet axe, ils ont souffert et se sont développés, les rois de France l’ont emprunté. La N7, avec la N6 également, est devenue un mythe. »

téléchargementAlors, quand on lui demande « et l’idée de recréer un bouchon ? », il sourit. « Elle est venue en 2006 à Lapalisse, dans l’Allier, lors de l’ouverture de la déviation de la N7. La mairie voulait commémorer l’événement. Alors, on a organisé le dernier bouchon de la ville avec des voitures anciennes. Deux cent cinquante propriétaires ont répondu présents. Mais attention, il ne s’agissait pas d’un défilé de voitures anciennes, mais de recréer toute une époque. Devant la demande, on a recommencé en 2008 : succès avec 350 voitures. L’année dernière, 800 passionnés sont venus de toute la France. La mayonnaise a pris pour le plus grand bonheur des habitants et des commerçants. »

Alors, quand Thierry Dubois vient voir Paul Castellan, le maire de Tourves, pour lui proposer de reconstituer le bouchon qui avait marqué tous les esprits jadis et rendu son village célèbre, il n’a pas hésité. « Rendez-vous compte, confie-t-il, les jours de grands départs, 20 000 voitures par jour se croisaient dans la rue principale du village. Le record fut le 2 août 1965 avec 28 000 véhicules. Au centre, la largeur de la voie ne faisait pas plus de 4 mètres. Deux caravanes ne pouvaient pas se croiser. Vous imaginez le spectacle. Ça alimentait les conversations. Quant à l’animation, le sport, c’était de contempler les Parisiens dans les embouteillages. Le garde champêtre ne savait pas où donner du képi pour régler la circulation. Il avait fallu détacher des gendarmes pendant les deux mois d’été. Tous les anciens s’en souviennent. Alors, pensez, reconstituer cette époque, on a dit oui tout de suite. »

Ça sent le bouchon

Bouchon-Tourves-2015« La première reconstitution du bouchon de Tourves s’est déroulée en 2011. Les habitants ont adhéré sans problème, tout le monde a joué le jeu jusqu’à mimer des disputes. Pour la deuxième édition, on a reproduit les anciennes plaques émaillées Michelin et, aux entrées du village, on va placer les anciennes bornes kilométriques blanches à chapeau rouge. Elles indiqueront également les lieux touristiques à visiter. » Le succès est au rendez-vous, attirant la grande foule autour des 137 véhicules d’époque attendus pour l’édition 2015. pour un joyeux embouteillage, car « celui-là est librement consenti et même provoqué », dit Christian Cadars, qui organise désormais l’événement. Thierry Dubois, l’inspirateur, viendra avec deux camions « et quelques surprises dans sa besace ».

Alors, le 15 août, ça va être chaud à Tourves. Cette année, on n’attend pas moins de 140 véhicules de 1935 à 1968, capables de reconstituer une véritable carte postale des années 1960 et des grands départs sur la N7. La police municipale a sensibilisé la population : pas de voitures modernes garées dans les rues, ce serait une faute de goût. Et si les spectateurs peuvent s’habiller en vêtements d’époque, c’est encore mieux.

Le départ du « convoi » aura lieu dans un endroit qui sent le bouchon, à la cave viticole – il y a pire comme endroit -, et l’aller et le retour à travers le village se feront sur deux heures. Ensuite, à midi, aïoli géant organisé sur le cours de la République. Pour les possesseurs d’Eriba et autre Tesserault, un rétro camping est même prévu. En fait, Thierry Dubois souhaitait créer un esprit nationale 7 : « Nous voulons faire la fête en retrouvant toute une époque. On a un présent pas très drôle, un futur incertain. Alors, on retient le bon côté du passé. » Ses successeurs poursuivent l’aventure qui a déjà inspiré d’autres événements sentant le bouchon sur le parcours de la N7.

Pour en savoir plus:- L’association Routes nationales 6, 7, 86 historiques regroupe les communes riveraines. Son but : promouvoir le tourisme et le patrimoine existant autour de ces routes. Contact : Mairie de Tain-l’Hermitage, 2, rue Frankin-Roosevelt, 26600 Tain-l’Hermitage. Pour rejoindre le site nationale 7 : - http://routenationale7.blogspot.fr/- routenationale7@orange.fr – À lire, indispensable : C’était la Nationale 7, de Thierry Dubois, édition Paquet, 208 pages, 30 euros. Des centaines de témoignages, 650 photos d’époque, 65 dessins originaux. La bible de la N7 par le spécialiste incontesté.

ANDRÉ DEGON Publié le 14/08/2015 à 06:45 | Le Point.fr

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A la découverte de Sarlat

Posté par francesca7 le 4 avril 2015

 

180px-P1070142_lanterne_des_morts_SarlatPérigueux est riche de 2000 ans d’histoire. De l’ancienne cité-gallo-romaine Vesunna aussi peuplée qu’aujourd’hui à la ville médiévale Renaissance, la ville compte 39 édifices inscrits ou classés Monuments historiques. C’est l’un des plus vastes secteurs sauvegardés de France. 

Le musée Vesunna conçu par Jean Nouvel retrace la vie quotidienne des anciens habitants de la cité sur les vestiges d’une ancienne demeure gallo-romaine. 

La cathédrale Saint-Front et ses coupoles byzantines dominent ces huit siècles d’histoire architecturale. Les marchés sont devenus incontournables les mercredis et samedi matins, surtout en hiver pour les marchés au gras primés et aux truffes.

Visitez le site de l’Office de Tourisme de Périgueuxwww.tourisme-perigueux.fr
Visitez le site du Musée Vesunnawww.perigueux-vesunna.fr

Sarlat s’est développée autour d’une abbaye bénédictine édifiée par Pépin le Bref. Au moyen âge, autour de la cathédrale, les échoppes et ateliers d’artisans participèrent à l’essor de la ville. 

De nombreux commerces nichés dans les maisons médiévales contribuent au charme des ruelles. 

Les immeubles aux façades anciennes, protégées par des toits de lauzes ont retrouvé leur authenticité. 

La majeure partie de ces monuments est inscrite ou classée Monuments historiques avec en symbole la Maison de La Boétie, fidèle ami de Montaigne.

A la découverte de Sarlat dans DordogneSarlat-la-Canéda, communément appelée Sarlat, Capitale du Périgord noir, aux confins des causses du Quercy, cette cité historique est un site touristique majeur, renommé pour sa parure monumentale datant essentiellement de la période médiévale et du début de la Renaissance (xiiie au xvie siècle). Son centre-ville, d’une grande homogénéité, est ainsi composé d’un lacis de ruelles et de venelles pittoresques, de placettes ombragées, bordées d’hôtels particuliers aux toits de lauze dont les plus célèbres sont la maison de La Boétie, l’hôtel du Barry, l’hôtel de Savignac ou encore le présidial. Centre névralgique de la ville, la place de la Liberté, bordée de terrasses, est le siège du marché, où se vendent les spécialités de la région : foie gras, truffes, figues et noix. Dans son prolongement, s’ouvrent en perspective la cathédrale Saint-Sacerdos et le palais des évêques, qui rappellent que Sarlat a été cité épiscopale pendant plusieurs siècles.

Le festival du film de Sarlat est un festival de cinéma se déroulant depuis 1991 au mois de novembre à Sarlat-la-Canéda, en Dordogne.

La spécificité du festival consiste en l’accueil de lycéens de classe terminale littéraire, « option cinéma », venus de toute la France. Ils ont la possibilité de préparer leur futur baccalauréat, en rencontrant les réalisateurs, scénaristes, techniciens, acteurs, ainsi que des critiques, historiens ou enseignants du cinéma, présents à Sarlat durant le festival

En 1964, le centre ville de Sarlat est l’un des tout premiers secteurs sauvegardés de France par application de la loi Malraux, quelques mois après ceux de Lyon et de Chartres, et le même jour que ceux de Montferrand et Saumur – Sarlat-la-Canéda compte 74 édifices comportant au moins une protection au titre des monuments historiques, soit 8,5 % des monuments historiques du département de la Dordogne.  d’entre eux font l’objet de deux protections et un autre de trois protections. 19 édifices comportent au moins une partie classée ; les 55 autres sont inscrits.

Bien que ne comptant que 9 739 habitants en 2010, Sarlat-la-Canéda est la 36e commune de France en termes de protections au titre des monuments historiques.

Visitez le site de l’Office de Tourisme de Sarlat : www.sarlat-tourisme.com

 

L’ancien monastère des Récollets de Sarlat-la-Canéda se situe dans un quadrilatère compris entre la rue Jean-Jacques-Rousseau et l’enceinte de la ville d’une part, et entre la rue de la Charité et la Côte de Toulouse d’autre part. En 1604, Louis II de Salignac de La Mothe-Fénelon est évêque de Sarlat et prend possession de son diocèse. Les guerres de Religion sont terminées et il devient nécessaire pour l’évêque de restaurer son diocèse. Il commande à son vicaire général, Jean Tarde (1562-1636) , une carte et un état de son diocèse.

Les guerres de Religion avaient vu s’affronter entre eux les membres des différents états de la société. i Sarlat était restée attachée au catholicisme, le protestantisme était présent dans le Périgord. Henri IV avait essayé de rétablir la paix dans les esprits en promulguant l’édit de Nantes.

Pour rapprocher les laïcs de l’église, l’évêque favorise l’installation des confréries de Pénitents blancs, en 1607, et bleus, en 1608.

En 1613, il soutient l’installation des Récollets à Sarlat, malgré l’opposition des Franciscains dont un couvent se trouvait dans le faubourg de Lendrevie (détruit aujourd’hui) depuis 1258-1260. L’ordre des Récollets était issu d’une réforme de l’ordre des Franciscains et se voulant proche de l’étroite observance de saint François.

Les habitants de Sarlat contribuent à la construction du couvent en achetant la maison de Tustal ainsi que d’autres maisons autour. La construction de l’église peut commencer en 1618. Son gros œuvre est terminé en 1626. Mais son aménagement intérieur n’est terminé qu’en 1651 avec la pose de la voûte lambrissée en planches de châtaignier.

L’église est à nef unique orientée vers le sud avec deux chapelles à l’ouest dédiées à saint Bonaventure et à Notre-Dame. La décoration de l’église est très simple. Éclairée par quatre fenêtres en plein cintre à l’est, le long de la rue Jean-Jacques-Rousseau, on y accède par un portail monumental de style baroque. Ce style de portail, assez rare dans le Périgord, peut être comparé à celui de l’hôtel de ville de Sarlat donnant sur la rue Fénelon datant de la même époque.

Le décor de l’église était complété par un retable achevé en 1647, mis qui a disparu au xixe siècle. On peut voir sur le mur nord une pierre gravée rappelant la date de construction et les circonstances. Les parents de Fénelon y ont été enterrés.

Pendant la Fronde, après la pris de Sarlat par l’armée du Grand Condé en 1653, les Récollets ont donné le signal de la révolte des habitants de la ville contre la soldatesque qui était logée chez eux.

En 1792, les derniers Récollets sont expulsés. L’église devient un club, puis est vendue comme bien national en 1796.

En 1804, elle est revendue et est occupée par les Pénitents blancs. Ils réaménagent la chapelle et ajoutent une tribune au nord.

Un chanoine de Notre-Dame de Paris leur donne un morceau de la Couronne d’épines en 1808.

Sarlat - Chapelle des Pénitents blancs et Récollets -560.JPGLe général-comte Fournier-Sarlovèze rachète en 1816 les deux chapelles situées à l’ouest où il fait célébrer des cérémonies en l’honneur de la famille royale.

Les deux confréries des Pénitents blancs et des Pénitents bleus s’unissent en 1876. Les Pénitents bleus font transférer dans la chapelle leur mobilier liturgique datant de 1705. La confrérie fait poser un vitrail daté de 1890 rappelant cette union.

La chapelle est désaffectée depuis 1914. Elle a alors servi de gymnase et d’entrepôt. Elle est transformée en 1970 en musée d’art sacré à l’initiative de la Société des amis de Sarlat.

La chapelle des Récollets, devenue l’église des Pénitents, ainsi que son cloître, ont été inscrits à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1937. La chapelle des Pénitents est classée au titre des monuments historiques en 1944.

 

 

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Coq dans la culture

Posté par francesca7 le 7 novembre 2014

 

images (6)Le coq, animal familier qui sait se faire entendre, a trouvé une place importante dans de nombreuses religions et traditions. Symbole universel, les vertus qu’on prête à ces animaux, qualifiés de solaire, sont en effet innombrables. Porte-bonheur, prophète guérisseur, le coq incarne souvent le courage, l’intelligence, et on l’associe volontiers à la résurrection.

On attribue au coq de nombreuses qualités en rapport avec ses caractéristiques physiques ou son comportement.

Un symbole de virilité

Sa démarche, le buste en avant, le fait passer pour fier. Parce qu’il a pour lui seul de nombreuses poules, on en a fait un symbole de virilité : il est d’usage de dire d’un homme qui cherche à séduire les femmes qu’il fait le coq.

Un symbole de bravoure : les combats de coq

Parce qu’il porte à ses pattes de dangereux ergots et qu’il ne rechigne pas à se battre dans des combats à mort, on a fait du coq un symbole de bravoure. Dans l’Antiquité grecque, le coq représentait le courage militaire. Les Romaines sacrifiaient un coq à Mars, le dieu de la guerre, chaque premier jour du mois qui porte son nom. La plume de coq noir était, en Chine, l’emblème du guerrier courageux et intrépide.

Un symbole identitaire

•             le coq gaulois : symbole national de la France.

•             le coq de Barcelos : symbole de la ville de Barcelos et, par extension, emblème touristique du Portugal.

•             le coq hardi (patte droite levée et bec clos) : emblème de la région wallonne et de la communauté française de Belgique. Ces couleurs rouge sur fond jaune prennent leur origine de la ville de Liège. Il est également utilisé par le mouvement wallon.

Mythologie grecque

Un symbole religieux en tant qu’animal solaire : Le coq est universellement un symbole solaire parce que son chant annonce le lever du soleil, l’arrivée du jour si bien qu’on a pu croire que c’était lui qui le faisait naître. Cette tradition est explicite dans le Chantecler de Edmond Rostand.

On le croyait aussi capable d’écarter les fantômes au lever du soleil. En effet, le poète Serge Venturini a écrit le « Coq coloré du transvisible », bête solaire surgie des « nuits glaciales de l’enfance. Un joyeux clairon ».

220px-Katedrala_sv_Vit_cock_Praha_3926Symbolique chrétienne

Pour les chrétiens, le coq est l’emblème du Christ (« oiseau de lumière » que l’on retrouve dans la forme donnée aux lampes des potiers chrétiens de Grèce et de Rome2 et oiseau de résurrection3) et symbole de l’intelligence venue de Dieu. On lui prête le pouvoir de chasser les démons.

Au Moyen Âge, le coq symbolise le prédicateur qui doit réveiller ceux qui sont endormis.

Le coq est aussi le symbole du reniement de saint Pierre (il est un attribut récurrent du saint) qui, selon l’Évangile, aurait renié Jésus trois fois avant que le coq chante deux fois. Par la suite, chaque chant du coq rappelle au saint sa trahison3. Le coq, témoin de la trahison de Pierre, serait placé sur les clochers pour rappeler aux hommes leur faiblesse4. Comme le Christ, il annonce l’arrivée du jour après la nuit, c’est-à-dire, symboliquement, celle du bien après le mal. Le coq-girouette du clocher, toujours face au vent, symboliserait ainsi le Christ rédempteur qui protège le chrétien des péchés et dangers. Toujours est-il que la tradition du coq de clocher est attestée au IXe siècle, puisque le plus ancien coq de clocher connu, qui se trouve à Brescia, en Italie, date de 820, et qu’une bulle pontificale du Xe siècle aurait imposé le coq sur les clochers en souvenir de saint Pierre.

Il est comparé au muezzin, le religieux chargé d’appeler aux cinq prières quotidiennes de l’islam : comme lui, il réveille les croyants et les invite à la prière. Le muezzin remplit son devoir depuis une tour de la mosquée appelée minaret.

Un animal sacrifié dans les rites païens

Symbole solaire adoré par de nombreuses civilisations, le coq est aussi l’objet de rituels sanglants.

Rituels protecteurs

Les sacrifices d’animaux, en particulier de volailles, sont fort nombreux dans l’histoire de l’humanité. Ils ont pour but de s’attirer la faveur des dieux. Les Romains sacrifiaient des coqs aux dieux pour obtenir la protection de leur maison. Au XVIIe siècle, les marins de l’île de Ceylan, au sud de l’Inde, offraient des coqs au roi des vents pour s’assurer une navigation sans encombre. En Algérie, avaient lieu des sacrifices rituels de milliers coqs, le mercredi, dans le lieu-dit des Sept-Sources ou Sept-Fontaines, Seba-Aïoun, aux sept Djinns 

Symbole de vie dans les rites vaudou

Au Bénin où l’on pratique un culte appelé Vodoun, le coq est un symbole de vie. Selon la tradition, pour faire revenir à la vie quelqu’un qui est mort violemment, il convient de faire tournoyer un coq vivant par les pattes au-dessus de la dépouille. L’animal est ensuite sacrifié, et son foie est mangé cru. Ces rites ont traversé l’Atlantique avec les esclaves africains et survivent, en Haïti notamment, sous le nom de Vaudou.

Messager des dieux

En Guinée-Bissau, au sud du Sénégal, le peuple des Bijogos se sert de poulets pour savoir si les étrangers sont les bienvenus. Leur roi ne peut décider seul d’accueillir un visiteur : il doit demander à l’esprit protecteur du village sa bienveillance. Pour cela, il saisit un poulet et lui tranche le cou d’un geste sûr. Quand le poulet s’immobilise, le roi verse les dernières gouttes de son sang sur une statuette représentant l’esprit protecteur. Une prêtresse l’aide à interpréter la réaction de l’esprit.

Un animal fabuleux et de légende

Le coq a donné naissance à des chimères, monstres à l’aspect composite.

Le basilic est un animal fabuleux qui a l’apparence d’un coq à queue de dragon ou d’un serpent aux ailes de coq. Pour le voir naître, il faut qu’un coq âgé de sept ans ponde un œuf, le dépose dans du fumier et le fasse couver par un crapaud ou une grenouille. La bête qui en sort, mi-coq, mi-reptile est redoutable : son regard ou son souffle suffit à tuer quiconque l’approche.

Un cocatrix est un animal fabuleux qui possèderait une tête de coq, des ailes de chauve-souris et un corps de serpent.

L’hippalectryon est un animal fabuleux de l’antiquité grecque, qui possède l’avant d’un cheval et l’arrière d’un coq.

Chantecler est un coq dans le Roman de Renart.

Vidofnir est, dans la mythologie nordique, un coq perché au sommet de l’arbre Yggdrasil.

La légende de St Tropez, en France

Caïus Silvius Torpetius, né à Pise, grand officier de la cour de Néron, fut séduit par les idéaux pacifistes. Converti par Saint Paul en l’an 68, il engendra la colère de l’empereur par son refus d’abjurer sa foi chrétienne. Il fut torturé, martyrisé et décapité à Pise et son corps jeté dans une barque sur l’Arno en compagnie d’un coq et d’un chien censés se nourrir du cadavre. Le courant Ligure ramena la barque jusqu’au rivage de l’actuel Saint-Tropez, autrefois appelé Héraclès. Les moines de l’Abbaye de Saint-Victor de Marseille, propriétaires au XIe siècle de la presqu’île, et de toutes les terres adjacentes, trouvèrent la barque, cachèrent le corps du saint martyr et élevèrent une chapelle qu’ils baptisèrent « Ecclesia Sancti Torpetis ». Torpes devint finalement Tropez. On raconte que le coq s’arrêta dans un champ de lin à quelques kilomètres de là. Le coq au lin donna le village Cogolin. Et le chien : Grimaud (chien en vieux français). La tête de Torpetius est encore conservée et vénérée à Pise.

80px-Blason_ville_fr_Gaillac-Toulza_(Haute-Garonne).svgLE COQ – Un symbole héraldique

Le coq est un meuble d’armoiries que l’on rencontre fréquemment.

Représentations : On dit du Coq, armé de ses griffes, barbé de sa barbe, becqué de son bec, crêté de sa crête, membré de ses jambes, lorsqu’ils sont d’un autre émail que son corps. On nomme aussi Coq chantant, celui qui a le bec ouvert et semble chanter ; hardi, celui qui a la patte dextre levée.

Le coq est représenté de profil, la tête levée, la queue retroussée, dont les plumes retombent en portions spirales et circulaires.

Un dragon à tête de coq est appelé basilic. Les ailes du basilic sont préférentiellement formées de plumes, et non membraneuses comme celles du dragon.

D’argent au basilic de sable, couronné, becqué et armé d’or, lampassé, ailé et dardé de gueules, qui est de Kazan.

 D’argent au coq hardi au naturel, soutenu de la date 1693 de sable, au chef d’azur semé de fleurs de lys d’or. Un coq :

•             crêté d’or symboliserait la garde et la vigilance.

•             sur une branche d’amandier ou de mûrier, symboliserait la diligence.

•             d’or sur champ d’azur symboliserait l’empressement à jouir de la faveur du prince.

•             échiqueté, sur une terrasse de pourpre, symboliserait la générosité après la bataille.

Des coqs symboliseraient la bravoure et la hardiesse. Des coqs combattants symboliseraient une guerre obstinée.

 

 

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Les cloches ont sauvé l’Abbaye de Moyenmoutier

Posté par francesca7 le 10 juin 2014

 (Vosges) en 984

(D’après « Le Pays lorrain » paru en 1907
et « Bulletin de la Société philomatique des Vosges » paru en 1888)

 
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Lorsqu’en 983, durant la trouble minorité de l’empereur Othon III, le bruit se répandit dans les Vosges que l’armée du roi de France Lothaire, en marche vers la Germanie, allait trouver devant elle les troupes du duc de Souabe, Cuonon, l’émoi fut grand au couvent de Moyenmoutier

La douloureuse Lorraine, tour à tour ravagée par ses voisins de l’est et de l’ouest, récemment dévastée par les incursions successives des bandes hongroises, allait-elle offrir un nouveau champ de bataille au heurt des convoitises guerrières et conquérantes ?

Les saints refuges où le labeur pacifique des hommes, la contemplation et l’étude tentaient de s’organiser à l’ombre de la croix, allaient-ils être livrés à la brutalité des gens de guerre, violemment dépossédés de leurs richesses et des reliques de leurs fondateurs, et rendus, par l’effet d’un seul combat peut-être ou du simple passage des soldats victorieux, à la désolation et à l’abandon d’où il faudrait des années pour les tirer ensuite ?

C’est en 671 que saint Hydulphe (ou Hidulphe), originaire du Norique, ancienne province romaine, avait fondé l’abbaye. Né en 612, il étudia les lettres et embrassa la cléricature à Ratisbonne ; mais c’est à Trèves qu’il fit profession de la vie monastique, et fut rapidement associé au gouvernement du diocèse. Il y rencontra Gondelbert, archevêque de Sens, et Déodatus, évêque de Nevers, qui quittèrent le monde et cherchèrent un asile dans les montagnes des Vosges : ce fut probablement à la suite d’entretiens avec eux qu’Hydulphe forma lui aussi le projet de se réfugier dans la solitude et de s’établir dans la même vallée que saint Gondelbert, un peu au-dessous, à distance égale de Senones et d’Étival, à douze kilomètres de Jointures, fondé et gouverné par Déodatus.

Hidulphe arriva dans les montagnes des Vosges avec une suite de prêtres et de serviteurs, les solitaires de la région l’accueillant avec empressement, chacun des monastères de la vallée arrosée par le Rabodeau lui cédant une portion de son territoire. De généreuses libéralités, soit en Alsace, soit dans la vallée, complétèrent bientôt le domaine de l’abbaye qui devint et resta jusqu’à ses derniers jours une des plus opulentes de la contrée. Hydulphe s’établit sur la rive gauche du Rabodeau, au confluent du Rupt-de-Pierry, Rivus Petrosus, qui descend de La Chapelle et du Paire ; il imposa à son monastère le nom de Medianum Monasterium, dont nous avons fait Moyenmoutier, parce qu’il est situé à distance presque égale de Senones à l’orient, d’Étival au couchant, de Saint-Dié au midi, et de Bonmoutier au nord.

La légende rapporte que les miracles se multiplièrent à Moyenmoutier. A la prière d’Hydulphe, les aveugles voyaient, les estropiés étaient guéris, les démons prenaient la fuite. Il fallut construire en dehors de l’enceinte monastique pour accueillir la foule nombreuse, sous peine de troubler le recueillement de la jeune communauté. Le saint mourut le 11 juillet 707. Vers le milieu du Xe siècle, l’église d’origine, construite pauvrement et à la hâte, menaçait ruine. L’abbé Adalbert, probablement en 963, entreprit de la reconstruire sur de plus vastes proportions, exhuma le corps de saint Hydulphe et l’enferma dans une châsse de bois décemment ornée.

Un éclatant miracle signala cette cérémonie fixée au 7 novembre. Depuis un mois, des pluies continuelles désolaient la contrée, avaient détrempé le sol et ne permettaient pas de sortir des cloîtres. Rien ne présageait un temps serein. Cependant abbés et religieux assemblés pour la translation demandaient à se rendre avec la châsse, la croix, les cierges, les encensoirs et les ornements sacrés, de l’église monastique à l’église paroissiale. A peine eut-on soulevé le couvercle du cercueil, tout à coup le sol s’affermit sous les pieds, et le soleil, longtemps voilé, brilla radieux. La procession se fit avec pompe, et toute l’octave fut favorisée d’un ciel pur.

Vingt ans plus tard, le vieil abbé Adalbert, qui avait relevé de ses ruines le monastère de Moyenmoutier et y avait fait refleurir la règle bénédictine, voyait avec douleur en 984 les menaces que la cruauté des temps faisait pendre sur l’effort de toute sa vie. Frappé de paralysie et sentant prochaine une fin que ses membres perclus appelaient comme une délivrance, il passait ses journées et ses nuits en prières, affalé plutôt que prosterné devant la châsse de Saint-Hydulphe, et priant avec larmes le bienheureux fondateur d’écarter de son monastère le fléau du conflit opposant Lothaire et Cuonon, ou d’abréger les jours de l’abbé.

Dans les cellules des religieux, dans les ermitages et les manses qui dépendaient du couvent, la vie claustrale, les exercices de piété, les travaux de tout genre étaient abandonnés, laissant place à une désolation gémissante et vaine ou à des prières qui, malgré leur ferveur, tenaient bien plus d’une supplication d’enfant que d’un acte de foi de chrétien. Et c’est à peine si, dans le désarroi universel, un religieux songeait à célébrer la messe dans l’une des cinq églises encloses dans l’enceinte du monastère.

Dans ces conjonctures, le frère Smaragde eut une vision pendant son sommeil. C’était un homme simple, fils d’un tenancier du couvent, et que les moines avaient de bonne heure pris à leur service parce qu’il avait une âme fidèle et fruste. En témoignage de ces qualités qui brillaient d’une lueur paisible et calme pareille à l’éclat loyal de l’émeraude, ils lui avaient donné le nom de Smaragde, que ne semblaient guère appeler sa lourde encolure, la gaucherie de sa démarche et la rusticité de ses manières. Seul de tous les religieux et de leurs serviteurs, il avait continué ses occupations coutumières au milieu de l’inquiétude où s’affaissait le couvent tout entier.

De prime à none et de matines à complies, il n’était heure canoniale où il ne sonnât les cloches du monastère pour des offices le plus souvent négligés ; et, tour à tour, des cinq églises Notre-Dame, Saint-Pierre, Saint-Jean, Saint-Epvre et Saint-Grégoire, le tintement argentin qui s’échappe des campaniles sonores continuait par ses soins à clamer dans la solitude forestière la fraîcheur aigrelette du matin, la pleine saveur du milieu du jour, le recueillement du crépuscule. Il ne négligeait pas d’arroser, dans les coins perdus que laissait inoccupés l’enchevêtrement des cloîtres et des préaux, les légumes et les fleurs que chérissait son esprit rustique. Et son plaisir était toujours de guider, le long de minces cordelettes, l’enroulement des plantes grimpantes – comme si l’incendie et le pillage n’avaient pas menacé d’anéantir bientôt, sous l’injure des échelles dressées et la fumée des torches, la fragile croissance des liserons et des clématites.

Quand Saint Hydulphe apparut au frère Smaragde, il était revêtu de ses ornements épiscopaux et tenait son bâton pastoral à la main, tel que le figurait son portrait suspendu dans l’oratoire Saint-Epvre. Il sembla même au naïf garçon que la peinture qu’il avait si souvent contemplée dans le demi-jour de la chapelle représentait le saint fondateur sous des traits plus imposants, avec une auréole plus éblouissante ; une moindre magnificence lui paraissait émaner du personnage plus humain qui, cette nuit-là, vint interrompre son sommeil de bon et simple travailleur. Mais il n’eut pas le loisir de s’étonner, car le saint prit aussitôt la parole, et, après avoir évoqué la détresse des temps, demanda à frère Smaragde s’il était homme à sauver le monastère.

Malgré sa foi ingénue et l’attachement instinctif qu’il portait à cette abbaye où tenaient toutes ses racines, le frère Smaragde avait trop le sentiment de la hiérarchie pour accepter que le bienheureux patron de Moyenmoutier vînt proposer à un humble serviteur comme lui quelque chose qui, sans doute, ressemblerait fort à un miracle. Il répondit donc sans ambages : « Et comment, grand saint Hydulphe, ne vous adressez-vous pas à l’abbé lui-même ? N’est-ce pas lui qui fit déposer vos reliques dans notre plus chère église ? Et, le jour même où ces dépouilles sacrées y furent transportées, n’est-ce pas lui que vous honorâtes d’un éclatant miracle en faisant luire tout à coup, au ciel pluvieux de novembre, le soleil caché depuis deux mois, et en redressant toute droite, malgré la bise, la flamme courbée des cierges ? »

Frère Smaradge s’étonna dans son sommeil de sa soudaine éloquence. Lui qui d’ordinaire ne sortait de son mutisme coutumier que pour retomber bientôt, après un petit nombre de paroles, dans un silence plus obstiné, il sentit croître sa surprise quand, le saint lui ayant demandé une seconde fois s’il était prêt à sauver le couvent, il répliqua vivement : « Il y a encore, grand saint Hydulphe, le diligent Valcandus, qui est, dit-on, aussi savant que tous les autres moines réunis. Il ne sort guère de sa celle écartée que pour aller chercher, sur les rayons de la librairie, les livres les plus gros et les plus lourds qu’il peut trouver. Et il convient de ne pas oublier non plus le vénérable Tietfried. Vous savez qu’il a découvert jadis, grâce à une apparition de saint Boniface, les restes de ce glorieux martyr de la légion thébéenne. N’est-ce pas à lui que reviendrait, plutôt qu’à moi, l’honneur de sauver le monastère auquel il a donné ainsi un protecteur nouveau ? »

Et comme le saint réitérait son appel : « Notre prévôt Encibold, de qui je dépends pour toutes mes tâches domestiques, m’en voudrait certainement si j’étais l’artisan de salut choisi de préférence à lui. Vous ne sauriez croire, grand saint Hydulphe, quel homme ingénieux est le père Encibold. C’est lui qui a trouvé que l’abbaye de Moyenmoutier est au centre d’une croix formée par les cinq monastères du Val de Saint-Dié, et comme son office veut qu’il se tienne lui-même au milieu de ce couvent-ci, il dit en souriant qu’il est au centre de la chrétienté dans les Vosges. Il serait si heureux d’être l’instrument d’un miracle ! »

Smaragde fut lui-même effrayé d’en avoir tant dit, et d’avoir rappelé la plaisante vanité d’Encibold, dont s’égayait tout le monastère. Il vit d’ailleurs que saint Hydulphe le regardait sévèrement, et il ajouta avec humilité : « Mais si vous persistez, ô grand saint, à descendre jusqu’à moi, le plus infime de vos serviteurs, pour sauver le monastère que vous avez fondé, je suis prêt à donner ma vie pour vous obéir. »

Le saint lui répondit : « Ta résistance serait châtiée dès ici-bas si elle ne venait de ta grande ingénuité de cœur. Sache que tu as été choisi de préférence à d’autres parce que, seul de tous ceux du couvent, tu as marqué par la simple constance de tes occupations que tu croyais à ta manière au miracle dont tu vas être l’instrument. A ton réveil, tu prendras avec toi cinq chariots attelés de bœufs ; avec l’aide des bûcherons de la forêt, tu dépendras les cloches du monastère, et tu iras les cacher en divers lieux écartés. Laisse faire ensuite à Dieu et continue de le servir à ta façon. »

Smaragde se réveilla au point du jour et accomplit point par point les prescriptions du saint. Les cloches des cinq églises furent enlevées et placées sur des chariots, pour être transportées au pied de la Haute-Pierre, à Malfosse, à Coichot. La plus grosse de toutes et la plus aimée fut cachée sous le pont du Rabodeau : c’était celle dont jadis l’abbé Adalbert avait doté l’abbaye, et qui, cédée pour un temps à l’évêque de Toul, avait perdu la suavité de son timbre pendant toute la durée de son exil dans la ville épiscopale.

Et voici comment s’accomplit le miracle promis par saint Hydulphe. Le duc de Souabe, poursuivant jusqu’à la Meurthe le roi Lothaire qui battait en retraite, campa avec ses bandes non loin de Moyenmoutier, à la celle de Saint-Ehrhard, sur le ruisseau d’Hurbache. Ayant décidé de rançonner le couvent, il se mit en route dans la direction de la vallée de Rabodeau : le rapport téléchargement (8)de ses éclaireurs affirmait que la sonnerie des cloches du monastère suffirait à le guider dans les forêts d’alentour. Mais son armée, découragée, se débanda peu à peu à la suite d’un prodige inouï : pendant deux jours et une nuit, des tintements de cloches résonnèrent en cinq endroits différents de la montagne et de la vallée. Une large sonnerie de fête s’échappait des rives du Rabodeau, tandis que d’agiles carillons, des tocsins précipités se faisaient écho du sein des solitudes forestières.

On eût dit que cinq couvents célébraient à la fois toutes les cérémonies, appelaient à tous les offices, annonçaient toutes les heures du jour et de la nuit. Rien n’apparaissait cependant aux regards : mais une nappe sonore semblait sourdre en divers endroits de la terre, des rochers et des arbres. Les hordes du duc Cuonon, courant de l’un à l’autre de ces invisibles clochers, se remplissaient de colère et de confusion : peu s’en fallut qu’elles n’en vinssent aux mains avec elles-mêmes, et le chef souabe donna le premier l’ordre de la retraite pour éviter une mêlée fratricide.

Quant au frère Smaragde, il reprit sa vie laborieuse et simple et demanda comme unique faveur, lorsqu’il sentit sa mort prochaine, d’être enseveli près du pont de Rabodeau, à l’endroit où la plus harmonieuse de ses cloches avait, trente-six heures durant, vibré de tout son métal pour décevoir l’envahisseur barbare et l’écarter du monastère.

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Frère Smaragde sauve une abbaye dans les Vosges

Posté par francesca7 le 6 avril 2014

 

Abbaye de Moyenmoutier (Vosges) sauvée
par ses cloches et le frère Smaragde en 984

(D’après « Le Pays lorrain » paru en 1907
et « Bulletin de la Société philomatique des Vosges » paru en 1888)

 
 
images (6)Lorsqu’en 983, durant la trouble minorité de l’empereur Othon III, le bruit se répandit dans les Vosges que l’armée du roi de France Lothaire, en marche vers la Germanie, allait trouver devant elle les troupes du duc de Souabe, Cuonon, l’émoi fut grand au couvent de Moyenmoutier

La douloureuse Lorraine, tour à tour ravagée par ses voisins de l’est et de l’ouest, récemment dévastée par les incursions successives des bandes hongroises, allait-elle offrir un nouveau champ de bataille au heurt des convoitises guerrières et conquérantes ?

Les saints refuges où le labeur pacifique des hommes, la contemplation et l’étude tentaient de s’organiser à l’ombre de la croix, allaient-ils être livrés à la brutalité des gens de guerre, violemment dépossédés de leurs richesses et des reliques de leurs fondateurs, et rendus, par l’effet d’un seul combat peut-être ou du simple passage des soldats victorieux, à la désolation et à l’abandon d’où il faudrait des années pour les tirer ensuite ?

C’est en 671 que saint Hydulphe (ou Hidulphe), originaire du Norique, ancienne province romaine, avait fondé l’abbaye. Né en 612, il étudia les lettres et embrassa la cléricature à Ratisbonne ; mais c’est à Trèves qu’il fit profession de la vie monastique, et fut rapidement associé au gouvernement du diocèse. Il y rencontra Gondelbert, archevêque de Sens, et Déodatus, évêque de Nevers, qui quittèrent le monde et cherchèrent un asile dans les montagnes des Vosges : ce fut probablement à la suite d’entretiens avec eux qu’Hydulphe forma lui aussi le projet de se réfugier dans la solitude et de s’établir dans la même vallée que saint Gondelbert, un peu au-dessous, à distance égale de Senones et d’Étival, à douze kilomètres de Jointures, fondé et gouverné par Déodatus.

Hidulphe arriva dans les montagnes des Vosges avec une suite de prêtres et de serviteurs, les solitaires de la région l’accueillant avec empressement, chacun des monastères de la vallée arrosée par le Rabodeau lui cédant une portion de son territoire. De généreuses libéralités, soit en Alsace, soit dans la vallée, complétèrent bientôt le domaine de l’abbaye qui devint et resta jusqu’à ses derniers jours une des plus opulentes de la contrée. Hydulphe s’établit sur la rive gauche du Rabodeau, au confluent du Rupt-de-Pierry, Rivus Petrosus, qui descend de La Chapelle et du Paire ; il imposa à son monastère le nom de Medianum Monasterium, dont nous avons fait Moyenmoutier, parce qu’il est situé à distance presque égale de Senones à l’orient, d’Étival au couchant, de Saint-Dié au midi, et de Bonmoutier au nord.

La légende rapporte que les miracles se multiplièrent à Moyenmoutier. A la prière d’Hydulphe, les aveugles voyaient, les estropiés étaient guéris, les démons prenaient la fuite. Il fallut construire en dehors de l’enceinte monastique pour accueillir la foule nombreuse, sous peine de troubler le recueillement de la jeune communauté. Le saint mourut le 11 juillet 707. Vers le milieu du Xe siècle, l’église d’origine, construite pauvrement et à la hâte, menaçait ruine. L’abbé Adalbert, probablement en 963, entreprit de la reconstruire sur de plus vastes proportions, exhuma le corps de saint Hydulphe et l’enferma dans une châsse de bois décemment ornée.

Un éclatant miracle signala cette cérémonie fixée au 7 novembre. Depuis un mois, des pluies continuelles désolaient la contrée, avaient détrempé le sol et ne permettaient pas de sortir des cloîtres. Rien ne présageait un temps serein. Cependant abbés et religieux assemblés pour la translation demandaient à se rendre avec la châsse, la croix, les cierges, les encensoirs et les ornements sacrés, de l’église monastique à l’église paroissiale. A peine eut-on soulevé le couvercle du cercueil, tout à coup le sol s’affermit sous les pieds, et le soleil, longtemps voilé, brilla radieux. La procession se fit avec pompe, et toute l’octave fut favorisée d’un ciel pur.

Vingt ans plus tard, le vieil abbé Adalbert, qui avait relevé de ses ruines le monastère de Moyenmoutier et y avait fait refleurir la règle bénédictine, voyait avec douleur en 984 les menaces que la cruauté des temps faisait pendre sur l’effort de toute sa vie. Frappé de paralysie et sentant prochaine une fin que ses membres perclus appelaient comme une délivrance, il passait ses journées et ses nuits en prières, affalé plutôt que prosterné devant la châsse de Saint-Hydulphe, et priant avec larmes le bienheureux fondateur d’écarter de son monastère le fléau du conflit opposant Lothaire et Cuonon, ou d’abréger les jours de l’abbé.

Dans les cellules des religieux, dans les ermitages et les manses qui dépendaient du couvent, la vie claustrale, les exercices de piété, les travaux de tout genre étaient abandonnés, laissant place à une désolation gémissante et vaine ou à des prières qui, malgré leur ferveur, tenaient bien plus d’une supplication d’enfant que d’un acte de foi de chrétien. Et c’est à peine si, dans le désarroi universel, un religieux songeait à célébrer la messe dans l’une des cinq églises encloses dans l’enceinte du monastère.

Dans ces conjonctures, le frère Smaragde eut une vision pendant son sommeil. C’était un homme simple, fils d’un tenancier du couvent, et que les moines avaient de bonne heure pris à leur service parce qu’il avait une âme fidèle et fruste. En témoignage de ces qualités qui brillaient d’une lueur paisible et calme pareille à l’éclat loyal de l’émeraude, ils lui avaient donné le nom de Smaragde, que ne semblaient guère appeler sa lourde encolure, la gaucherie de sa démarche et la rusticité de ses manières. Seul de tous les religieux et de leurs serviteurs, il avait continué ses occupations coutumières au milieu de l’inquiétude où s’affaissait le couvent tout entier.

De prime à none et de matines à complies, il n’était heure canoniale où il ne sonnât les cloches du monastère pour des offices le plus souvent négligés ; et, tour à tour, des cinq églises Notre-Dame, Saint-Pierre, Saint-Jean, Saint-Epvre et Saint-Grégoire

images (7)

, le tintement argentin qui s’échappe des campaniles sonores continuait par ses soins à clamer dans la solitude forestière la fraîcheur aigrelette du matin, la pleine saveur du milieu du jour, le recueillement du crépuscule. Il ne négligeait pas d’arroser, dans les coins perdus que laissait inoccupés l’enchevêtrement des cloîtres et des préaux, les légumes et les fleurs que chérissait son esprit rustique. Et son plaisir était toujours de guider, le long de minces cordelettes, l’enroulement des plantes grimpantes – comme si l’incendie et le pillage n’avaient pas menacé d’anéantir bientôt, sous l’injure des échelles dressées et la fumée des torches, la fragile croissance des liserons et des clématites.

Quand Saint Hydulphe apparut au frère Smaragde, il était revêtu de ses ornements épiscopaux et tenait son bâton pastoral à la main, tel que le figurait son portrait suspendu dans l’oratoire Saint-Epvre. Il sembla même au naïf garçon que la peinture qu’il avait si souvent contemplée dans le demi-jour de la chapelle représentait le saint fondateur sous des traits plus imposants, avec une auréole plus éblouissante ; une moindre magnificence lui paraissait émaner du personnage plus humain qui, cette nuit-là, vint interrompre son sommeil de bon et simple travailleur. Mais il n’eut pas le loisir de s’étonner, car le saint prit aussitôt la parole, et, après avoir évoqué la détresse des temps, demanda à frère Smaragde s’il était homme à sauver le monastère.

Malgré sa foi ingénue et l’attachement instinctif qu’il portait à cette abbaye où tenaient toutes ses racines, le frère Smaragde avait trop le sentiment de la hiérarchie pour accepter que le bienheureux patron de Moyenmoutier vînt proposer à un humble serviteur comme lui quelque chose qui, sans doute, ressemblerait fort à un miracle. Il répondit donc sans ambages : « Et comment, grand saint Hydulphe, ne vous adressez-vous pas à l’abbé lui-même ? N’est-ce pas lui qui fit déposer vos reliques dans notre plus chère église ? Et, le jour même où ces dépouilles sacrées y furent transportées, n’est-ce pas lui que vous honorâtes d’un éclatant miracle en faisant luire tout à coup, au ciel pluvieux de novembre, le soleil caché depuis deux mois, et en redressant toute droite, malgré la bise, la flamme courbée des cierges ? »

Frère Smaradge s’étonna dans son sommeil de sa soudaine éloquence. Lui qui d’ordinaire ne sortait de son mutisme coutumier que pour retomber bientôt, après un petit nombre de paroles, dans un silence plus obstiné, il sentit croître sa surprise quand, le saint lui ayant demandé une seconde fois s’il était prêt à sauver le couvent, il répliqua vivement : « Il y a encore, grand saint Hydulphe, le diligent Valcandus, qui est, dit-on, aussi savant que tous les autres moines réunis. Il ne sort guère de sa celle écartée que pour aller chercher, sur les rayons de la librairie, les livres les plus gros et les plus lourds qu’il peut trouver. Et il convient de ne pas oublier non plus le vénérable Tietfried. Vous savez qu’il a découvert jadis, grâce à une apparition de saint Boniface, les restes de ce glorieux martyr de la légion thébéenne. N’est-ce pas à lui que reviendrait, plutôt qu’à moi, l’honneur de sauver le monastère auquel il a donné ainsi un protecteur nouveau ? »

Et comme le saint réitérait son appel : « Notre prévôt Encibold, de qui je dépends pour toutes mes tâches domestiques, m’en voudrait certainement si j’étais l’artisan de salut choisi de préférence à lui. Vous ne sauriez croire, grand saint Hydulphe, quel homme ingénieux est le père Encibold. C’est lui qui a trouvé que l’abbaye de Moyenmoutier est au centre d’une croix formée par les cinq monastères du Val de Saint-Dié, et comme son office veut qu’il se tienne lui-même au milieu de ce couvent-ci, il dit en souriant qu’il est au centre de la chrétienté dans les Vosges. Il serait si heureux d’être l’instrument d’un miracle ! »

Smaragde fut lui-même effrayé d’en avoir tant dit, et d’avoir rappelé la plaisante vanité d’Encibold, dont s’égayait tout le monastère. Il vit d’ailleurs que saint Hydulphe le regardait sévèrement, et il ajouta avec humilité : « Mais si vous persistez, ô grand saint, à descendre jusqu’à moi, le plus infime de vos serviteurs, pour sauver le monastère que vous avez fondé, je suis prêt à donner ma vie pour vous obéir. »

Le saint lui répondit : « Ta résistance serait châtiée dès ici-bas si elle ne venait de ta grande ingénuité de cœur. Sache que tu as été choisi de préférence à d’autres parce que, seul de tous ceux du couvent, tu as marqué par la simple constance de tes occupations que tu croyais à ta manière au miracle dont tu vas être l’instrument. A ton réveil, tu prendras avec toi cinq chariots attelés de bœufs ; avec l’aide des bûcherons de la forêt, tu dépendras les cloches du monastère, et tu iras les cacher en divers lieux écartés. Laisse faire ensuite à Dieu et continue de le servir à ta façon. »

Smaragde se réveilla au point du jour et accomplit point par point les prescriptions du saint. Les cloches des cinq églises furent enlevées et placées sur des chariots, pour être transportées au pied de la Haute-Pierre, à Malfosse, à Coichot. La plus grosse de toutes et la plus aimée fut cachée sous le pont du Rabodeau : c’était celle dont jadis l’abbé Adalbert avait doté l’abbaye, et qui, cédée pour un temps à l’évêque de Toul, avait perdu la suavité de son timbre pendant toute la durée de son exil dans la ville épiscopale.

Et voici comment s’accomplit le miracle promis par saint Hydulphe. Le duc de Souabe, poursuivant jusqu’à la Meurthe le roi Lothaire qui battait en retraite, campa avec ses bandes non loin de Moyenmoutier, à la celle de Saint-Ehrhard, sur le ruisseau d’Hurbache. Ayant décidé de rançonner le couvent, il se mit en route dans la direction de la vallée de Rabodeau : le rapport de ses éclaireurs affirmait que la sonnerie des cloches du monastère suffirait à le guider dans les forêts d’alentour. Mais son armée, découragée, se débanda peu à peu à la suite d’un prodige inouï : pendant deux jours et une nuit, des tintements de cloches résonnèrent en cinq endroits différents de la montagne et de la vallée. Une large sonnerie de fête s’échappait des rives du Rabodeau, tandis que d’agiles carillons, des tocsins précipités se faisaient écho du sein des solitudes forestières.

On eût dit que cinq couvents célébraient à la fois toutes les cérémonies, appelaient à tous les offices, annonçaient toutes les heures du jour et de la nuit. Rien n’apparaissait cependant aux regards : mais une nappe sonore semblait sourdre en divers endroits de la terre, des rochers et des arbres. Les hordes du duc Cuonon, courant de l’un à l’autre de ces invisibles clochers, se remplissaient de colère et de confusion : peu s’en fallut qu’elles n’en vinssent aux mains avec elles-mêmes, et le chef souabe donna le premier l’ordre de la retraite pour éviter une mêlée fratricide.

Quant au frère Smaragde, il reprit sa vie laborieuse et simple et demanda comme unique faveur, lorsqu’il sentit sa mort prochaine, d’être enseveli près du pont de Rabodeau, à l’endroit où la plus harmonieuse de ses cloches avait, trente-six heures durant, vibré de tout son métal pour décevoir l’envahisseur barbare et l’écarter du monastère.

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L’IMPRIMERIE EN EUROPE AUX XVe ET XVIe SIÈCLES

Posté par francesca7 le 1 novembre 2013


Les premières productions typographiques

et les premiers imprimeurs.

~*~

En dehors de l’intérêt que présente cet opuscule à tous ceux qui s’intéressent aux débuts de l’imprimerie, il offre une particularité curieuse qui réside dans sa confection même.

Depuis plus de quatre siècles la composition typographique a toujours été exécutée à la main. Ce qui faisait dire souvent à ceux qui ont discouru des choses de l’imprimerie que la typographie, en ce qui concerne spécialement la composition, était restée dans les limites que lui avaient assignées Gutenberg, Fust et Schœffer.
L'IMPRIMERIE EN EUROPE AUX XVe ET XVIe SIÈCLES dans Alpes Haute Provence yriarte02
Il était réservé au XIXe siècle – et les tentatives premières qui remontent presque au début de ce siècle se sont formulées plus nettement et ont abouti à de sérieux résultats dans ces vingt dernières années de donner une formule nouvelle à la composition typographique.

Jusqu’à cette heure le progrès le plus réel qui ait été réalisé dans la composition mécanique semble dû à la Linotype (machine qui compose, espace, justifie, fond et distribue), dont l’idée première appartient à James C. Cléphane, typographe à Washington et qui a été perfectionnée à la suite d’incessantes et patientes recherches par Mergenthaler.

La Linotype, véritable merveille de mécanisme, est appelée dans un prochain avenir à prendre dans l’imprimerie la place importante que lui assignent, dans notre siècle de vapeur et d’électricité, la rapidité de travail qu’elle donne et l’économie de temps et d’argent qu’elle permet de réaliser.

L’Imprimerie en Europe aux XVe et XVIe siècles a été, sauf les premières pages, entièrement composé par la Linotype, et la composition a été exécutée par un seul ouvrier en une journée de 10 heures.

C’est l’un des premiers travaux qui aient été exécutés en France, à l’aide de la Linotype. Les imperfections matérielles qu’on pourra rencontrer dans cet ouvrage sont inséparables des premiers essais. Mais déjà les résultats s’améliorent et sont de nature à satisfaire les esprits les plus rebelles.

En publiant ces notes chronologiques, nous devions au lecteur quelques éclaircissements sur la confection matérielle du volume et dégager ce point spécial qu’un ouvrage relatant les labeurs accomplis patiemment et péniblement par la main des ancêtres typographiques, il y a quatre siècles et plus, est aujourd’hui mis à jour presque automatiquement, grâce aux combinaisons ingénieuses et multiples d’une machine à composer.

AVANT-PROPOS
Le relevé chronologique des premières productions de la typographie en Europe et des noms des imprimeurs qui, les premiers, ont exercé l’art d’imprimer depuis Gutenberg (XVe siècle) jusqu’à la fin du XVIe siècle, nous semble devoir offrir quelqu’intérêt aux érudits et aux amateurs bibliographes.

Des monographies spéciales à certains pays ont été publiées et contiennent des indications plus ou moins étendues sur les origines de l’imprimerie dans telle ou telle partie de l’Europe, dans telle ou telle ville.

Mais nous ne pensons pas qu’un travail d’ensemble présentant les noms des premiers typographes en Europe et les titres des premiers ouvrages qui virent le jour du XVe au XVIe siècle ait été publié jusqu’ici.

Nous aidant des renseignements divers empruntés aux historiens de l’imprimerie, aux bibliographes, aux manuels et catalogues les plus complets, nous avons dressé un relevé aussi précis que possible, nous attachant à la reproduction fidèle des titres des ouvrages, dans leur orthographie souvent bizarre, complétant ces indications sommaires par des notes intéressantes touchant l’histoire de l’imprimerie.

Nous souhaitons que l’aridité apparente de ce travail qui nous a demandé de patientes recherches soit excusée et que ce modeste essai soit accueilli avec une indulgente faveur.
L. D.

FRANCE
________

220px-Buchdruck-15-jahrhundert_1 dans Ariège
ABBEVILLE (Somme), 1486.

L’imprimerie est exercée dans cette ville dès cette date. Jehan Dupré, l’illustre typographe parisien qui imprimait le « Missale » de 1481 confie à un artisan d’Abbeville, Pierre Gérard, les caractères et le matériel nécessaires a l’établissement d’une imprimerie considérable. Premier livre imprimé la « Somme rurale», complétée par Jeban Boutillier.

AGDE (Hérault), 1510.

Le premier livre paru dans cette ville, « Breviarium ad usum beatissimi protomartyris Agathi Diocaesis patroni », a été imprimé par Jehan Belon, qui avait également des presses à Valence en Dauphiné, sa patrie.

AGEN (Lot-et-Garonne), 1545.

On attribue l’introduction de l’imprimerie dans cette ville et l’impression du premier ouvrage à Antoine Reboul, qui fit paraître à cette date un ouvrage du célèbre César Frégose, devenu évêque d’Agen en 1550 : « Canti XI de le Lodi de la S. Lucretia Gonzaga di Gazuolo », etc.

AIX (Bouches-du-Rhône), 1552.

Le premier livre imprimé est un « Règlement des advocats, procureurs et greffiers et des troubles de cour », etc., par François Guérin. L’imprimeur est probablement Pierre Rest, ou Roux, bien que des privilèges aient été accordés en 1539 et 1545, aux libraires d’Aix, par François Ier, et que l’imprimeur de Lyon, Antoine Vincent, ait obtenu la permission pour trois ans (1536-39) d’imprimer les Ordonnances du pays de Provence.

ALBI (Tarn), 1529.

Le premier livre imprimé à cette date dans la quatrième des cités de l’ancienne Aquitaine est : « Sensuyt la vie et légende de madame saincte Febronie, vierge et martyre ». Le présent livre faict imprimer par Pierres Rossignol, marchât et bourgioys Dalby.

ALENÇON (Orne), 1530.

Le premier livre connu, « Sommaire de toute médecine et chirurgie », par Jean Gouevrot, vicomte du Perche, sort des presses de maistre Simon du Bois. A la fin du XVIe siècle et pendant tout le XVIIIe, une famille d’un nom très connu, les Malassis, fournit de nombreux imprimeurs à Alençon.

ANGERS (Maine-et-Loire), 1476.

C’est la cinquième ville de France dans laquelle ait pénétré l’imprimerie. Le premier ouvrage imprimé est la « Rhetorica nova » de Cicéron, qui dispute la priorité au « Coustumier d’Anjou », le plus ancien Coutumier français que l’on connaisse. La « Rhétorique » porte à la fin : « Audegani per Johanem de Turre atque Morelli impressores. »

ANGOULÈME (Charente), 1491.

Tous les bibliographes font remonter à cette date l’introduction de l’imprimerie dans cette ville par la publication de cet ouvrage : « Auctores octo Continentes libros videlicet », etc. etc. Le nom de l’imprimeur est inconnu. Au XVIe siècle, il faut citer parmi les imprimeurs la famille des Minières.

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Histoire du Gard

Posté par francesca7 le 25 février 2013

Histoire du Gard dans Gard carte-du-gard

Le département du Gard est un point de rencontre entre la Provence, le Languedoc, les Cévennes et la Camargue, et borde la Méditerranée.

Le 4 mars 1790, le département du Gard est créé en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d’une partie de l’ancienne province de Languedoc.

pont1 dans GardLa première trace historique est celle du peuple celte des Volques qui prirent, en s’établissant dans cette contrée au tour du IIIe s.av.n.è., le surnom d’Arécomiques, c’est-à-dire Volques du pays plat, pour se distinguer des Volques Tectosages du côté de Toulouse. La civilisation orientale fut apportée sur ces rivages par les Phéniciens, qui, du XIIIe au XIe siècle avant Jésus-Christ, y fondèrent de nombreux comptoirs ; par les Rhodiens, qui, vers -900, fondèrent Rhoda à l’embouchure du Rhône ; enfin, par les Phocéens, fondateurs de Marseille. On se rappelle les expéditions lointaines auxquelles s’associèrent les Arécomiques, sous Segovesos, Bellovesos, Brennos. Entraînés sans doute par les Massaliotes dans le parti de Rome, les Arécomiques s’opposèrent au passage d’Hannibal et tentèrent de l’arrêter sur les bords du Rhône. Il les vainquit à la bataille du Rhône et passa (-218).

L’influence de Massilia décida les Arécomiques à se soumettre volontairement (-121) au proconsul En. Domitius ; en récompense, le Sénat permit à Nemausus (Nîmes) et aux vingt-quatre bourgs placés dans sa dépendance de conserver leurs lois, leur religion et leurs usages. Rome trouva depuis dans les Arécomiques des sujets toujours fidèles et toujours étrangers aux mouvements qui agitèrent la Gaule. Quelques années après, les Cimbres et les Teutons traversèrent tout le pays entre le Rhône, les Cévennes et les Pyrénées, et fondirent sur l’Espagne pour revenir ensuite se faire battre par Marius.

L’attachement que les Arécomiques vouèrent dès lors au vainqueur des barbares du Nord et à son héritier Sertorius leur valut la haine de Sylla et de Pompée, qui donna une partie de leurs terres aux Marseillais. Par la même raison, ils furent favorablement traités par Jules César et par Auguste. Leur pays fut compris dans la Narbonnaise, plus tard, dans la Narbonnaise première, et se couvrit de monuments romains qui font du Gard le département le plus riche en antiquités de cette époque.

stLes invasions barbares, arrêtées depuis Marius par la puissance romaine, recommencèrent en 407. Crocus, roi des Vandales, dévasta la Narbonnaise et renversa plusieurs monuments romains. Il fut vaincu par le second Marius. Aux Vandales succédèrent les Wisigoths auxquels fut soumis le pays de Nîmes. Clovis le leur enleva un instant. Mais la victoire d’Ibba, général ostrogoth, le leur rendit, et leur domination n’y fut plus troublée que par la révolte du duc Paul sous Wamba (672).

En 720, les Sarrasins, sous l’émir Zama, se répandent jusqu’au Rhône ; ils sont vaincus deux ans après par Eudes d’Aquitaine. Iousouf prend le même chemin en 737 ; Charles Martel le bat à son tour. Pour la troisième fois le pays de Nîmes est envahi par les Sarrasins en 752 ; mais il se révolte, forme une ligue et chasse les étrangers. Le chef qui avait été porté à la tête de cette sorte de république, Ansemond, ne se sentant pas assez de forces pour résister longtemps aux Maures, se mit sous la protection de Pépin le Bref et lui livra Nîmes en 752. Pépin donna le gouvernement de Nîmes et d’Uzès à Radulfe, qui fut le premier comte (753).

À la Renaissance, et surtout aux xviiie siècle et xixe siècle, le Gard connaît un impressionnant essor. Notamment, de grandes manufactures de tissus se développent notamment en Cévennes — ainsi, et ce n’est pas une légende, les premiers jeans (Levi’s) furent réalisés à Nîmes avec une toile résistante, d’abord conçus pour les bergers cévenols et pour les marins Gênois, ensuite pour les colons de l’ouest américain, chercheurs d’or et « cow-boys ». D’où les termes « Jean (Gênes) Denim (De Nîmes)». Des métiers à tisser cette toile sont visibles au Musée du Vieux-Nîmes. Bientôt la production d’étoffes et du bas de soie s’exporte en Europe et aux Indes espagnoles. Les deux tiers de la population active de Nîmes sont employés dans le textile. La ville et le département s’enrichissent. Le Gard change.

Voilà qu’apparaissent de superbes hôtels particuliers dans les villes et villages, voilà que se dessine un renouveau urbain. À Nîmes, par hasard, au siècle des Lumières, on redécouvre le sanctuaire romain de la Source. On en fait un grand projet d’urbanisme. L’industrie de la soie se reconvertit dans la confection de châles grâce aux premiers métiers Jacquard initiés par Turion, un ouvrier nîmois. Trente années de réussite fulgurante placent le Gard et Nîmes l’industrielle à un rang européen.

Mais la concurrence lyonnaise est rude en cette deuxième moitié du xixe siècle. Très vite, avant de perdre de l’argent, on réinvestit les capitaux du textile dans le vignoble. La culture de la vigneest facilitée par la construction du canal du Midi, le transport du vin et du charbon des Cévennes par celle du chemin de fer, très développé dans le Gard dès la moitié du xixe siècle (notamment grâce à l’industriel Paulin Talabot et à l’ingénieur Charles Dombre).

gardEn 1863, la ville gardoise de Pujaut est la premier foyer européen d’infestation du phylloxéra.

Passée la crise du phylloxéra, c’est une nouvelle ère de relative prospérité. Les villes se couvrent d’hôtels particuliers. Enfin, la gare centrale du Gard à Nîmes devient le centre de transit du charbon cévenol vers Beaucaire, le Rhône et Marseille. Mais ce charbon est vite concurrencé par le charbon venu d’Angleterre et la population finit par stagner vers 1900. Ce département a toujours été inspiré par de multiples cultures, ceci étant notamment dû à sa situation géographique exceptionnelle a mi chemin de l’Italie et de l’Espagne : la culture latine, provençale, protestante, cévenole, camarguaise — et en particulier la tauromachie —, languedocienne.

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