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A l’ombre de la Cathédrale Saint-Julien du Mans

Posté par francesca7 le 30 novembre 2013

 

 

280px-Le_Mans_-_Cathedrale_St_Julien_ext_02Érigée sur un promontoire entre le vallon d’Isaac et la Sarthe, la cathédrale possède sur son flanc ouest, une pièce rare et précieuse attestant de la présence ancienne de mégalithes. Il s’agit d’un menhir en grès d’une hauteur de 4,55 mètres. Ce menhir date de l’époque préhistorique et a été installé « Place Saint Michel » en 1778, suite à la destruction du « Dolmen de la Pierre au lait ». Le menhir fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889.

La fondation de la cathédrale remonterait au ive ou ve siècle. Les premières traces historiques sont celles de l’évêque Vulgrin en 1056. Il choisit lui-même l’emplacement de l’édifice, à l’opposé du mur d’enceinte nord de la ville. Ce choix ne s’avérera pas être le meilleur pour les futurs agrandissements de la cathédrale. C’est alors le « redressement moral et religieux du Mans ». Dix ans après cette première construction, l’édifice s’écroule. Les successeurs de Vulgrin décident de poursuivre son œuvre. L’évêque Arnaud, en fonction dès 1067, reprend la construction. En 1081, le chœur et la crypte sont bâties, de même que les fondations du transept et de ses tours. De cette « reconstruction », il ne reste aujourd’hui plus qu’un fragment d’arc du transept nord. L’évêque Hoël décide en 1085 d’achever les travaux de son prédécesseur. Admiratif du travail normand, il fait appel à des ouvriers de cette région pour poursuivre la construction. Les tours et les bas-côtés de la nef sont achevés dans ce style. Pendant cette longue construction, il est impossible pour les pèlerins d’approcher les reliques et les tombeaux de saint Julien, premier évêque du Mans et grande figure du christianisme oriental. L’économie mancelle en est entachée. Les habitants obligent alors l’architecte à ouvrir l’édifice aux visiteurs. Cela est fait le 17 octobre 1093. Une partie achevée de la cathédrale est montrée au public.

Les traces de l’histoire de la construction se perdent alors. La taille du chantier est gigantesque. C’est une véritable transformation. Seuls trois noms d’architectes restent sur les registres des archives de la ville. Il y en a certainement eu beaucoup plus… Le nouveau chœur est achevé en 1254. Il surpasse de 10 mètres de haut le reste de la cathédrale. Après 100 ans de tranquillité, les pierres de l’édifice sont de nouveaux sollicitées pour une reconstruction. Une sacristie est édifiée alors qu’elle communique au sud avec le déambulatoire qui a servi à la construction du chœur. Le bâtiment gagne encore en grandeur.

Les chanoines trouvent ensuite que la construction « à deux vitesses » de l’édifice a conduit à le rendre assez laid. La rencontre des genres entre les deux parties rénovées et non rénovées amoindrit la splendeur du bâtiment. Le transept et la nef doivent alors être relevés de 10 mètres, pour se situer à la même hauteur que le chœur lui-même. Les travaux sont entamés dès 1385 par l’architecte Jehan le Mazçon. Le transept sud est achevé vers 1392. C’est à cette date que Charles VI arrive au Mans. Une salle d’archives naît au-dessus du portail de la nef.

En 1403, les travaux du transept Nord commencent. C’est alors une période noire pour tout le Nord de la France. La guerre de Cent Ans stoppe les constructions. En 1419, la cathédrale menace de s’effondrer. Heureusement, ses fondations seront consolidées à temps. Le transept Nord est achevé vers 1430. C’est à cette date que la cathédrale prend le visage qu’on lui connaît aujourd’hui.

De nombreux autres projets avaient été faits dès la fin de la guerre de Cent Ans, pour agrandir ce bâtiment déjà impressionnant, notamment l’exhaussement de la nef. Mais les caisses étant vides, les agrandissements ne seront pas mis en œuvre. Le roi Louis XI soutient ces restaurations, notamment par ses lettres patentes expédiées le 21 novembre 1467. Il confirme de nouveau sa protection royale en septembre 1482.

De nombreuses restaurations ont été faites au fil des siècles. Au xxe siècle, aucun bombardement ne touche le bâtiment lors des deux guerres mondiales contrairement aux ponts de la ville. La pollution de l’air donne à l’extérieur de la cathédrale un aspect sombre dès les années 1970.

A l’ombre de la Cathédrale Saint-Julien du Mans dans EGLISES DE FRANCE 220px-Le_Mans_-_Menhir_SJ_02

La pierre Saint Julien

L’édifice est souvent comparé aux cathédrales de Reims ou de Chartres. Moins connue, celle du Mans a subi maintes constructions et reconstructions depuis sa fondation. Commencée vers 1060 par l’évêque Vulgrin, elle fut achevée sous sa forme actuelle vers 1430. Elle ne fut jamais véritablement finie. En effet, elle aurait dû être encore agrandie vers 1500, mais le manque de moyens fit se résigner les autorités religieuses de l’époque. Attaquée par la pollution de l’air au fil des ans, sujette au vieillissement naturel, la cathédrale Saint-Julien est un chantier quasi-permanent de rénovation. Elle abrite les tombes de saint Julien et de Charles d’Anjou. Située sur la butte du Vieux-Mans, cet édifice unique possède une haute tour culminant à quelque 64 mètres d’altitude, ce qui en fait l’édifice le plus haut de toute l’agglomération mancelle. Elle offre ainsi une vue panoramique exceptionnelle sur l’ensemble du Pays du Mans. La grande tour ouest fait l’objet depuis début 2009 de la restitution de la flèche culminante qui était autrefois la sienne. Cela devrait augmenter de quelques mètres encore la hauteur maximale de l’édifice.

Avec 283 613 visiteurs, la cathédrale Saint-Julien a été le monument le plus visité des Pays de la Loire en 2009.

vous y verrez Les grandes orgues, installées au fond du croisillon sud du transept, furent réalisées, entre 1529 et 1535, par le facteur Pierre Bert dans un buffet de style Renaissance, conçu et sculpté suivant les directives de Symon Hayeneufve. En 1634, les frères Jean et François de Héman restaurent l’orgue qui a alors 42 jeux. En 1848, la division du Récit est agrandie et celle du pédalier est renforcée par les frères Claude qui portent le nombre de jeux à 46.

En 1913, le nombre de jeux est augmenté à 52. Louis Vierne inaugure l’instrument ainsi transformé.

En 1954, la partie instrumentale est classée par les Monuments Historiques.

De 1959 à 1963, Pierre Chéron entreprend une restauration qui sera achevée par Joseph Beuchet pour la partie mécanique et la maison Danion-Gonzalez pour la partie sonore néoclassique. L’instrument est inauguré par Gaston Litaize en 1974.

L’évangélisation du Mans et la fondation de la première cathédrale sont dues à un jeune clerc, Julien, présenté comme un disciple direct du Christ par les Actes des évêques, ouvrage de l’évêque Aldric (IXe siècle). Pourtant, la fondation de la cathédrale du Mans ne saurait remonter à une époque si lointaine. On la date généralement du IVe siècle. Un menhir légendaire posé à l’angle sud ouest de la cathédrale symbolise son emplacement.

Le premier édifice est dédié à Sainte Marie et à Saint Pierre. L’emplacement du sanctuaire étant étroit, on opte pour un positionnement nord-ouest/sud-est. A la fin du Ve siècle, la titulature est étendue à Saint Gervais et Saint Protais (on les retrouve à Soissons). Mais, suite à la rédaction des Actes des évêques et au transfert du corps de Saint Julien dans la cathédrale, ce dernier s’impose peu à peu. Il devient l’unique patron de la cathédrale dans la seconde moitié du Xe siècle. A cette époque, on ajoute un déambulatoire au choeur (pour faciliter l’accès aux reliques) et on reconstruit la nef.

 dans SartheEn 1134, un incendie détruit le vaisseau central de la nef (couvert en bois). Un second incendie, en 1137, finit de détruire la cathédrale. Au XIIIe siècle (1220), le choeur est rebâti dans le style gothique. Philippe Auguste donne, en 1217, l’autorisation de l’étendre au-delà des murs antiques, ce qui implique de procéder à un remblaiement avant toute construction, pour compenser le dénivelé au sud-est. Le nouveau sanctuaire est consacré en 1254. Dans l’intervalle, plusieurs plans se sont succédés. Le premier architecte édifie un double déambulatoire ouvrant sur 13 chapelles. Les architectes normands (maîtres de Bayeux puis de Coutances) qui lui succèdent adopte une élévation classique mais de grande ampleur. Enfin, un troisième architecte (peut-être Jean de Chelles, le concepteur du bras nord de Notre Dame de Paris), importe d’Ile de France un style nouveau : le gothique rayonnant.

site internet : http://www.cathedraledumans.fr/

 

 

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La Boisserie, le cocon familial du général de Gaulle

Posté par francesca7 le 20 novembre 2013

 

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Après la guerre, le général de Gaulle avait fait reconstruire sa maison, très endommagée, en y accolant une tour afin d’y installer son bureau © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Tout l’été durant, Le Point.fr vous propose de découvrir l’histoire de maisons de vacances. Parfois loufoque. Souvent extraordinaire. Cette semaine, nous faisons étape en Haute-Marne, dans la propriété du général de Gaulle.

En juin 1934, Charles et Yvonne de Gaulle, avec leurs trois enfants, rêvent de grand air et de tranquillité. Ils sont à la recherche d’un espace protégé où leur fille Anne, trisomique, puisse évoluer en toute sécurité, à l’abri des regards. Blottie derrière son mur d’enceinte dans une nature luxuriante, La Boisserie, une ancienne brasserie située en Haute-Marne, leur paraît idéale. Sans eau courante, elle n’a rien d’une maison bourgeoise…

Mais la bâtisse, au coeur d’un parc de deux hectares, se trouve à une distance raisonnable de Paris et également à proximité des principales garnisons de l’Est où le jeune lieutenant-colonel est amené à se rendre. Elle est également proche de l’abbaye de Clairvaux, où le militaire a l’habitude de se confesser.

Traversée du désert

Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que La Boisserie prend sa forme actuelle. Bombardée et incendiée par les Allemands qui l’ont occupée, elle doit être en grande partie reconstruite. La grande tour où le général installe son bureau, au rez-de-chaussée, est érigée à cette époque. Le chef de la France libre y trouve refuge après sa démission de la tête du gouvernement provisoire le 20 janvier 1946 ; il y rédige ses mémoires de guerre pendant sa longue traversée du désert. « C’est ma demeure. Dans le tumulte des hommes et des événements, la solitude était ma tentation. Maintenant, elle est mon amie. De quelle autre se contenter quand on a rencontré l’histoire ? » raconte-t-il.

Même après son élection en 1958 à la présidence de la République, de Gaulle revient très régulièrement à La Boisserie pour les week-ends et les vacances. « Là, regardant l’horizon de la terre ou l’immensité du ciel, je restaure ma sérénité », dit-il dans ses Mémoires d’espoir. Lui qui n’aime guère le téléphone fait pourtant installer celui-ci dans une pièce exiguë afin de converser avec les membres du gouvernement. Au calme, dans son bureau, il rédige aussi ses discours les plus délicats. Flanquée jour et nuit d’une garde militaire à cette époque, La Boisserie demeure néanmoins une résidence privée à une exception près… Car, pour poser la première pierre de la réconciliation franco-allemande, les de Gaulle y reçoivent le chancelier Konrad Adenauer les 14 et 15 septembre 1958. La Pietà du XVe siècle offerte par le dirigeant allemand à la maîtresse de maison trône aujourd’hui encore dans le salon.

« Juste les Compagnons de la Libération »

Quatre ans plus tard, le 22 août 1962, sur le chemin de la base aérienne de Villacoublay, où attend un hélicoptère à destination de Colombey-les-Deux-Églises, la DS présidentielle est prise pour cible à quelques centaines de mètres du rond-point du Petit-Clamart. Le général refuse alors que le village de Haute-Marne soit placé sous la sécurité de l’armée pour ne pas perturber la vie des habitants. Après son retrait de la vie politique, le 28 avril 1969, c’est d’ailleurs auprès d’eux qu’il choisit de s’installer définitivement.

Il se consacre alors à la rédaction de ses Mémoires d’espoir dans son bureau de La Boisserie. Le 9 novembre 1970, alors qu’il entame une partie de patience dans la bibliothèque, le général est pris d’un malaise. Terrassé par une rupture d’anévrisme, il ne s’en relèvera pas. « Je veux être enterré à Colombey. À mes obsèques, ni président, ni ministre, ni n’importe quel autre représentant de quelque assemblée. Juste les Compagnons de la Libération. Sur ma tombe : Charles de Gaulle, 1890- … Rien d’autre ». Ainsi repose-t-il aux côtés de sa fille Anne, décédée pendant l’hiver 1948, non loin de La Boisserie qui avait si bien abrité l’intimité de la famille.

 

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Le rationnement au quotidien de 1942

Posté par francesca7 le 25 septembre 2013

 

Continuer de vivre, trouver de quoi se nourrir relevait du défi.

 Le rationnement au quotidien de 1942 dans AUX SIECLES DERNIERS nantes-rationnement-guerre-vivre-privations-1198677-jpg_1069797

« Le pain que nous mangeons en avril 1942″ : le petit mot manuscrit entoure deux tranches de pain noir soigneusement emballées dans du plastique. Aujourd’hui objet de musée (1), cette dérisoire pitance est un émouvant marqueur de quatre années de privations où le minimum vital était devenu un luxe souvent inaccessible.

Début 1944, et surtout depuis le débarquement allié en Normandie, les conditions de vie des Nantais se dégradent. Les tickets de rationnement n’ont jamais autant justifié leur nom : par mois, chaque adulte a désormais droit à 2 kilos de pommes de terre, 360 g de viande, 100 g de beurre, 2 oeufs, 10 g d’huile… Délivrés par la mairie, ces simples bouts de papier cartonné sont le sésame pour survivre. Encore faut-il avoir les moyens d’acheter comptant les denrées, parfois introuvables si on n’accepte pas de payer trois ou quatre fois le prix officiel. Les arrivages sont incertains, surtout dans le Nantes dévasté par les bombardements. Alors, on va chercher dans les campagnes voisines des produits frais. Ou on tente le marché noir.

Les enfants sont les premières victimes de ces restrictions. Et ce n’est pas l’ »innovation » de la Biscuiterie nantaise, un biscuit à la caséine baptisé Renfor, qui améliore leur situation, malgré ce qu’en dit la propagande vichyste. La Croix-Rouge distribue du lait condensé pour les bébés début août 1944 pour pallier les carences d’approvisionnement.

C’est l’art de la débrouille. Les semelles des chaussures sont de bois. Des chutes de métal issues des usines ACB ou de la SNCASO on se fait des ustensiles de cuisine. Les rouets renaissent pour filer de la laine de récupération. Une simple couverture devient un manteau. Les plus téméraires taillent des chemises dans des morceaux de parachutes récupérés.

Les nombreux cafés de la ville restent des endroits où l’on tente d’oublier. Mais les hurlements réguliers des sirènes viennent rappeler aux Nantais qu’ils ne vivent pas seulement une occupation, mais qu’ils sont au coeur de la guerre. L’inconscience collective qui les faisait regarder les avions dans le ciel s’est évanouie en septembre 1943. Désormais, ils se précipitent dans les abris de la défense passive, traumatisés par les images des 3 000 immeubles détruits, des 1 500 morts qui ont endeuillé chaque famille nantaise. Murs éventrés, gravats hâtivement entassés : les Nantais ne flânent plus rue du Calvaire ou quartier Cathédrale. Le poumon commercial où cohabitaient jadis les grands magasins (Decré, Prisunic, La Belle Jardinière, les Galeries Lafayette, le Grand Bon Marché…) est à bout de souffle. En cet été 1944, les commerçants ont trouvé refuge dans des baraquements sur les cours Saint-André et Saint-Pierre. Et Decré n’est plus qu’une échoppe aménagée avec des moyens de fortune rue de Briord, dans d’anciennes réserves épargnées.

Cet été-là, les interdictions vont se multiplier : les cafés et bars sont fermés à partir de 21 heures, avant de se voir signifier une fermeture totale début août. Les rares automobiles à essence sont interdites de circulation et celles utilisant le gazogène très réglementées dans leurs déplacements.

La consommation électrique devient problématique. Elle est exclusivement réservée aux hôpitaux, à la SNCF, aux PTT, alors que l’usage du gaz n’est possible que trois fois par jour. La désorganisation est totale, d’autant que les derniers bombardements de 1944 ont détruit l’usine des eaux de la ville.

A l’approche des troupes américaines, la ville exsangue retient son souffle. Plus de bus, plus de tram. Et ses habitants se voient interdire de quitter la ville… Le pourraient-ils vraiment alors qu’on se bat au nord et que les ponts sont minés au sud ?

Lire la suite…. 

 

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Laïta, la rivière du Pouldu

Posté par francesca7 le 19 juillet 2013

(En bretagne)

Laïta, la rivière du  Pouldu dans Bretagne laitaL’Ellé et l’Isole constituent les principaux affluents de la Laïta. Un peu en aval des deux autres elle reçoit les eaux du Dourdu, un cours d’eau long de 10,2 km qui prend sa source à Mellac et traverse la ville de Quimperlé. Plus loin en aval, elle reçoit les eaux du ruisseau Le Frout, long de 7,7 km, qui traverse la forêt de Carnoët et celles du ruisseau du Quinquis, long de 4,6 km. Mais sur le plan hydrologique il serait plus judicieux de considérer la Laïta comme la partie maritime du cours de l’Ellé, cette rivière constituant le plus important des tributaires. En effet le bassin versant de l’Ellé a une surface de 608 km² à Quimperlé contre 224 km² pour l’Isole. Si l’on additionne la longueur de la rivière Ellé et de l’estuaire de la Laïta on obtient un fleuve d’une longueur de 76 km selon le SANDRE. La Laïta draine une surface de 832 km² à son point de départ à Quimperlé et de 917 km² à son embouchure au port du Pouldu.

La Laïta est le nom de l’estuaire formé par l’Ellé et l’Isole après leur confluence. C’est un nom d’origine bretonne, Laita. On l’appelle aussi, à son embouchure, la rivière du Pouldu.

La Laïta est un fleuve côtier soumis à la marée qui prend naissance à Quimperléau point de confluence de l’Ellé et de l’Isole. Le fleuve coule dans une vallée qui a été creusée par l’action conjointe des eaux de l’Ellé et de l’Isole. La vallée a été envahi par la mer à la fin de la dernière glaciation suite à la remontée du niveau marin. Aujourd’hui, elle constitue une ria ou un aber. La Laïta serpente depuis Quimperlé en direction du sud vers l’Océan Atlantique. Elle s’y jette au port du Pouldu après un parcours légèrement sinueux de 17 kilomètres. Son tracé sert de frontière naturelle entre les départements du Finistère et du Morbihan. Les rives du fleuve sont boisées et accidentées. Sa rive droite est notamment en partie occupée par la forêt domaniale de Carnoët (sur une longueur d’environ 6 km). L’entrée de la ria est rendu difficile d’accès à cause d’un banc de sable sous-marin mouvant. En effet, lorsque le vent souffle de Sud ou d’Ouest une barre se forme rendant la navigation dangereuse.

Le nom Laïta ou Laita n’apparait pour la première fois dans des écrits officiels qu’en 1825, sur le cadastre de Quimperlé. Dans les écrits datant d’avant la Révolution française, la rivière qui coule de Quimperlé à la mer porte toujours le nom d’Ellé. Cependant Jean-Baptiste Ogée, dans son Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne paru en 1778 et Jacques Cambry, dans son ouvrage Voyage dans le Finistère ou État de ce département en 1794 et 1795, mentionnent la Laïta. Sur les cadastres de Guidel et de Clohars-Carnoët de1818 et 1823 cette rivière est appelée rivière de Quimperlé2. L’origine du nom Laita demeure obscure. Il pourrait s’agir d’une déformation du mot Lothéa, du nom d’une ancienne paroisse que celle-ci longeait.

Les rives de la Laïta étaient déjà fréquentées aux temps préhistoriques, comme en témoigne la présence d’un tumulus dans la forêt de Carnoët. Le comte plus ou moins légendaire Conomor, véritable Barbe Bleue breton, y aurait élu domicile au vie siècle. Les vestiges de son château, le château de Carnoët, sont encore visibles aujourd’hui. En l’an 868, les Vikings remontèrent le cours de la rivière et détruisirent la ville de Quimperlé, appelée à l’époque Anaurot. Vers 1170, des moines originaires de l’abbaye cistercienne de Langonnet, sous la conduite de leur abbé Maurice Duault, s’établirent sur les rives de la Laïta et y fondèrent un établissement monastique, qui prendra par la suite le nom d’ Abbaye Saint-Maurice de Carnoët. Au début du xviiie siècle, des navires de 100 tonneaux pouvaient remonter la Laïta jusqu’à Quimperlé, mais l’ensablement progressif du lit de la rivière et l’apparition d’une barre à son embouchure, leur en interdirent bientôt l’accès. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, à l’arrivée des troupes de libération américaines du général Patton en Bretagne, les Allemands se replièrent sur la région de Lorient pour y constituer une poche de résistance. La Laïta servit alors de ligne de démarcation occidentale à la poche de Lorient. Les Allemands ne franchirent pas la ria mais n’hésitèrent pas à bombarder la rive opposée, prenant pour cible l’Abbaye Saint-Maurice de Carnoët dont les bâtiments furent gravement endommagés.

La Laïta est responsable de fréquentes et graves inondations dans la basse ville de Quimperlé mais au cours de ces dernières années la situation semble s’être aggravée. Pour un seuil de débordement de 3 mètres, les crues de 1883, 1925, 1974 et 1995 ont atteint 4,50 mètres. Mais avec près de 6 mètres, la crue de décembre 2000 a battu tous les records! Les causes sont multiples, l’irrégularité des débits de l’Ellé et surtout de l’Isole, le rôle des grandes marées, l’endiguement des rivières depuis 300 ans, les modifications du bocage et des cultures en amont.

 

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Cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers

Posté par francesca7 le 18 juin 2013

La Cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers est une cathédrale catholique romaine, située à Nevers dans la Nièvre (France). Elle est dédiée à saint Cyr (Cyricus), martyr à l’âge de trois ans, en 304, et à sa mère sainte Julitte (Julitta). Elle est aussi un monument national français, situé dans la ville de Nevers. C’est le siège du diocèse de Nevers.

Cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers dans EGLISES DE FRANCE st-cyre

Le culte de saint Cyr et sainte Julitte à Nevers

Martyrs des premiers siècles de l’ère chrétienne, Cyr et Julitte furent suppliciés vers l’an 304, au cours des dernières grandes persécutions ordonnées par l’empereur romain Dioclétien. Leur martyre eut lieu à Tarse, ville natale de saint Paul, située dans le sud de l’actuelle Turquie. Leur vie est semi-légendaire, mais l’authenticité de leur martyre est incontestable.

Très vite après leur mort, leur culte et la vénération de leurs reliques se répand dans tout le bassin méditerranéen, en Syrie, en Palestine, en Ibérie (actuelle Géorgie), en Pont, en Lydie et jusqu’en Italie où une église est consacrée à saint Cyr dès le vie siècle. Le culte des deux martyrs se répand en Gaule à partir du ve siècle ; Amâtre, évêque d’Auxerre entre 386 et 418 (qui a fait le voyage en Asie mineure en compagnie de saint Savin, lequel se fixe ensuite dans le Poitou) rapporte des reliques des deux saints, offre un bras de saint Cyr à saint Savin et distribue d’autres reliques à divers églises (Toulouse, Arles, etc).

Jérôme, évêque de Nevers de 795 à 815, place son action pastorale et la restauration de son diocèse sous le patronage de saint Cyr et va chercher des reliques de celui-ci et de sa mère à Auxerre et dans le Poitou ; les reliques sont accueillies à Nevers dans la liesse générale. La cathédrale de Nevers leur est officiellement consacrée au début du ixe siècle.

Le roi des Francs Raoul, qui fut duc de Bourgogne, fait enchâsser d’or le chef de saint Cyr sous l’épiscopat de Tedalgrin, évêque de Nevers de 928 à 947. En 1594, toutes les reliques de saint Cyr et de sainte Julitte possédées à Nevers sont réunies dans un seul reliquaire. En 1793, le reliquaire est caché à Nolay pour échapper à la destruction par les révolutionnaires. Conservées alors dans une boite modeste, les reliques sont en 1861 placées dans un magnifique reliquaire néobyzantin inuguré en grande pompe le 16 juin 1861, jour de la Saint-Cyr. Ce reliquaire est placé en1872 dans le ciborium du nouvel autel de la cathédrale à la suite d’un vœu de Mgr Fourcade, évêque de Nevers à l’époque. Le reliquaire a disparu dans le bombardement du 16 juillet 1944.

Histoire de la cathédrale St Cyr de Nevers

Implantation sur un lieu religieux païen

La butte de Nevers a été très tôt un site religieux. Les vestiges d’un temple gallo-romain dédié à Janus ont été découverts vers 1904, lors de fouilles archéologiques au pied de l’édifice.

Le diocèse est établi à Nevers au vie siècle avec la construction d’un premier édifice dédié à saint Gervais et saint Protais. L’édifice a été occidenté (chœur à l’ouest). Cette disposition particulière peut s’expliquer par la nécessité primordiale de s’implanter sur le site païen, sans pour autant tourner le dos à la ville. Or à cette période, l’emprise de la ville reste limitée et l’orientation de l’édifice aurait mis l’entrée à l’opposé du centre politique, côté des remparts.

La légende du songe de Charlemagne

À la fin du viiie siècle, l’édifice est en très mauvais état.

La légende raconte que Charlemagne aurait rêvé être poursuivi en forêt par un sanglier furieux et qu’en implorant l’aide céleste, un enfant à demi-nu aurait promis de le sauver s’il lui donnait un vêtement. Le monarque acceptant, l’enfant s’en serait allé, à califourchon sur le sanglier.

À son réveil, Charlemagne aurait convoqué ses conseillers et leur aurait raconté ce rêve. Parmi eux, Jérôme, évêque de Nevers, expliqua au roi que l’enfant qu’il avait vu était saint Cyr, que la cathédrale de Nevers lui était désormais dédiée et que le vêtement qu’il lui demandait était de l’argent pour reconstruire le vénérable édifice. Charlemagne, touché, versa argent et biens au diocèse de Nevers.

L’édifice fut reconstruit. Cet épisode est relaté dans la cathédrale sur le dernier chapiteau de la nef, côté sud, et sur le pignon du chevêt roman, reconstruit par l’architecte Victor Ruprich-Robert à la fin du xixe siècle.

Vicissitudes romanes et gothiques

180px-Nevers_cathedrale_vue_01 dans EGLISES DE FRANCEAu début du xiiie siècle, le groupe cathédral se présente sous la forme d’un narthex à deux travées voûtées, donnant au nord sur un baptistère polylobé, dont la fondation remonterait au vie siècle et au sud sur la chapelle épiscopale Saint-Jean construite en bel appareil de pierre. L’église cathédrale se compose d’une nef probablement charpentée, d’un transept de même et d’un chœur composé d’une crypte semi-enterrée et d’une tribune haute, disposition héritée des édifices de la renaissance carolingienne (ex : l’abbaye de Saint-Riquier, dans la Somme). Deux tours flanquent les façades orientales du transept, au nord et au sud.

Début du xxe siècle

Les premiers feux du xxe siècle ont été consacrés à la suite des travaux de restauration : réfection complète des balustrades des chéneaux (avec parfois une modification sensible des décors en place), remplacement des pinacles et reprise des arcs boutants. Ces interventions sont aisées à lire sur les façades de l’édifice de par l’emploi de la pierre de Garchy, plus dure, trop dure, et finalement plus blanche que la pierre de Nevers initiale.

La rue de l’Abbé Boutillier est percée en 1904, au sud de la cathédrale, détruisant l’ancien réfectoire et la salle capitulaire médiévale, la moitié d’un édifice du xviiie siècle et la chapelle duxvie siècle côté du chevet roman. Une cour anglaise est creusée au pied du chœur roman afin de percer de larges baies à même d’éclairer la crypte. C’est lors de cette fouille que les vestiges du temple de Janus sont exhumés. Une base de colonne est toujours visible, sous une plaque, dans la cour anglaise.

Le chœur gothique est enrichi d’une somptueuse mosaïque de marbre réalisée par la maison Favret à Nevers et illustrant sur un schéma rayonnant autour du cyborium de Gautherin les douze signes du zodiaque. La couverture du campanile est refaite vers 1910, en supprimant hélas une partie des ornements en plomb (rayons de soleil). Le jacquemart est restauré en 1913 par la maison Henry-Lepaute et remonté sur une gaine en chêne neuve en remplacement de la travée mur de chœur sur laquelle il reposait, détruite au milieu du xixe siècle dans le cadre du projet de renouvellement des stalles. Le dallage en pierre est remplacé dans presque tout l’édifice.

Les extérieurs de l’édifice

180px-089_Nevers_Cath%C3%A9drale_Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte_Vitraux_modernesLa Cathédrale Saint-Cyr – Sainte-Julitte de Nevers connaît une histoire architecturale exceptionnelle depuis le vie siècle. La plus remarquable de ses spécificités est qu’elle comporte deux choeurs, l’un roman (xie) et l’autre gothique (xive) situés à l’opposé l’un de l’autre. La Cathédrale est dédiée aux martyrs Saint-Cyr et Sainte-Julitte depuis le ixe siècle quand l’Evêque de Nevers, Saint-Jérôme, fit bâtir une vaste église épiscopale, grâce à l’aide de Charlemagne. Parmi ses trésors, on trouve une ancienne cuve baptismale, des peintures murales de différents siècles, une chapelle de « l’Immaculée Conception » et ses peintures murales du xixe, de l’orfèvrerie, des menuiseries… objets souvent listés aux Monuments Historiques. Une grande partie fut détruite en 1944 durant la seconde guerre mondiale. C’est à ce moment-là que l’on découvre le baptistère du vie siècle.

Le chœur

Le chœur roman (xie) est situé au-dessus d’une crypte dans laquelle se trouve une superbe « mise au tombeau ». Il abrite une fresque exceptionnelle représentant le Christ en Gloire.

Le chœur gothique fut construit au xive siècle

Le baptistère

Lors du retrait des déblais des bombardements de la cathédrale, les ouvriers ont découvert des objets et des morceaux de marbre datant d’une époque bien antérieure à celle de la cathédrale. Par conséquent, une équipe d’archéologues a investi les lieux pour y faire des fouilles. Ils y ont découvert les vestiges du fond baptismal qui se trouvait en lieu et place de l’actuelle cathédrale. Désormais, le baptistère n’est plus accessible, pour éviter son érosion. Il est symbolisé par un plan au niveau du sol de la cathédrale, situé juste au-dessus de lui.

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Fosse au Dragon, à Mézières (Ardennes)

Posté par francesca7 le 9 juin 2013

  (D’après « Revue d’Ardenne et d’Argonne » paru en 1894) 

Tous les Macériens (noms des habitants de Mézières, avant sa fusion avec Charleville en 1966) connaissent la Fosse au Dragon, écrit Paul Hanrion en 1894. C’est un trou, dans le lit de la Meuse, situé au sud du faubourg de Saint-Julien, derrière la maison qui porte l’enseigne du Beau Séjour, poursuit-il. La rivière est en cet endroit assez profonde et les tourbillons nombreux qu’elle y forme ont causé souvent la mort de baigneurs imprudents : de là une mauvaise réputation qui remonte à plusieurs siècles. Mais d`où vient ce nom de Fosse au Dragon ? La légende nous le dira

Fosse au Dragon, à Mézières (Ardennes) dans LEGENDES-SUPERSTITIONS fosse-au-dragonUn des treize chanoines du chapitre de l’église collégiale de Mézières, qui vivait vers la fin du XIIe siècle, s’était épris, dit-on, d’un amour terrestre pour une nonne d’un couvent voisin d’Annonciades Célestes. L’annonciade ne sut pas y rester insensible ; mais Dieu punit terriblement les coupables. La nonne donna le jour à un petit monstre, qui, en grandissant, devint un dragon d’une méchanceté sans pareille. Il dévorait les enfants et les jeunes filles, et rendait la ville déserte par ses hurlements et par l’odeur empoisonnée qu’il dégageait. On résolut de l’enfermer, afin de pouvoir l’enchaîner plus facilement. Prêtres et chevaliers sortirent par la porte Saint-Julien en longue procession à la rencontre de la bête ; un saint évêque s’avança intrépidement et l’aspergea d’eau bénite. On enferma le monstre vaincu dans une cave, mais on jugea plus prudent de le faire périr ; on le traîna à grand’peine hors de la ville et on le précipita dans la Meuse. Il fit de vains efforts pour s’échapper, et, en se noyant, il creusa le gravier du fleuve de ses longues griffes. Depuis lors, il y a en cet endroit, un trou qui prit le nom de Fosse au Dragon, et dont on n’a jamais, paraît-il, pu trouver le fond. 

C‘est là une des variantes de la légende. L’histoire était connue depuis fort longtemps ; elle a dû être maintes fois modifiée et amplifiée par l’imagination populaire. Une autre version a été conservée par dom Ganneron, chartreux du Mont-Dieu, dans ses Centuries de l’Etat ecclésiastique du pays des Essuens (1640). Ce récit est curieux ; aussi le reproduisons-nous en entier. 

« Il arriva autrefois qu’un chanoine de ladite église [l'église collégiale de Mézières, fondée vers 1190 par Manassés VI, comte de Rethel et son fils Hugues], homme curieux des secrets de nature, voulut expérimenter que deviendrait, un ver de terre qui pourrait vivre longuement. Il en enferma un dans une petite fiole, lui donnant aliment convenable pour sa sustentation. Quand il le vit grossir et que la fiole ne le pouvait plus contenir, il le mit dans une bouteille, et à mesure qu’il grossissait, il le transportait de vase en vase, de plus grand en plus grand. Enfin il devint si gros, qu’il fut contraint de le mettre en un tonneau ; mais comme sa curiosité ne se bornait point, voulant en avoir le passe-temps jusqu’au bout, il fit faire une cage de fer en sa cave où il le mit ; mais telle épreuve lui coûta la vie et la perdition de la ville, pour l’infection de l’air qui s’en allait suivre. Car, comme ce ver était devenu dragon, jetant feux et flammes, le pauvre chanoine fut contraint d’en raconter l’histoire à ses amis pour tirer conseil d’eux, comme il se devait délivrer du malheur qui le menaçait et toute la ville. 

« Conclusion fut prise de le tirer de la cave et de le jeter dans la rivière de Meuse. Cela fut aisé assez dire, mais Dieu sait si ceux qui eurent charge de le traîner avec sa cage sur le pont, eurent belle peur d’être infectés de l’haleine de ce dragon. On trouve donc invention de le tirer et de le mener à la vue du monde sur le pont, d’où il fut précipité dans la rivière, en laquelle, après avoir fait quelques sauts et virevoltes, il s’alla enfin noyer à quelque espace de là ; depuis quoi, on ne le vit plus, et le peuple remarqua fort bien la place où il fut abîmé. 

« Voilà, se dira quelque Aristarque, un beau petit conte qui sent le papin des enfants du Rethelois et les élans de quelque vieille édentée de Mézières. Je l’ai cru ainsi auparavant, mais depuis que des gens honorables et personnes religieuses me l’ont assuré ainsi, j’ai changé de croyance. On fait annuellement une procession à Mézières, au lieu où ledit dragon fut abîmé, qu’on appelle la procession des jambons, à cause que chaque ecclésiastique doit avoir pour son assistance et distribution un jambon, selon les termes de la fondation. Cette histoire aussi est dépeinte aux vitres de l’église, et dit-on que le chanoine s’enfuit, craignant la fureur du peuple ». L’usage de fournir ce jambon est constaté notamment en 1764, dans le bail de la cense de Saint-Julien à Pierre Lacatte (Archives départementales des Ardennes). La procession se faisait après le mardi de la Trinité et c’était le fermier de cette cense qui le donnait au doyen de Mézières. 

Comme on le voit, précise Paul Hanrion, un des vitraux de l’église rappelait aux habitants de Mézières la légende du dragon, qui avait fourni matière au grand vitrail, placé derrière le maître-autel. Le bombardement de 1815 l’avait laissé intact : il fut détruit en 1870. On a replacé dans la fenêtre flamboyante qui surmonte la porte de la sacristie, au sud de l’abside, tous les débris qu’on a pu retrouver. Ces débris, provenant de tous les anciens vitraux de l’église, ont été réunis de manière à occuper toute la fenêtre. Ils ne présentent aucune unité et sont placés pêle-mêle. En haut et à gauche de ladite fenêtre, on voit un fragment, bien petit, de la superbe verrière. Du dragon, il ne reste qu’un morceau d’environ 8 centimètres de hauteur sur 10 de largeur. Le monstre a la face grimaçante : on dirait qu’il possède une tête de singe : la partie antérieure du corps est verte ; ce qui en reste est jaunâtre. Il est encastré dans un panneau représentant un évêque, levant le bras comme pour bénir ou jeter de l’eau sainte ; à côté de l’évêque on a rassemblé un arbre couvert d’oiseaux, une tête de chien et un grand lévrier jaune, qui faisaient peut-être partie du vitrail primitif. 

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Au château d’Angers

Posté par francesca7 le 4 mai 2013

 

Le château d’Angers, aussi appelé château des ducs d’Anjou, est situé dans la ville d’Angers dans le département de Maine-et-Loire en France.

La forteresse est édifiée sur un promontoire de schiste ardoisier qui domine la Maine. Le site est occupé dès l’antiquité du fait de sa position défensive stratégique. Par la suite, les comtes d’Anjou y installent leurs demeures, jusqu’à la fin de l’empire Plantagenêt qui voit le royaume de France conquérir le comté d’Anjou. Louis IX fait construire le château actuel au xiiie siècle tandis que les ducs d’Anjou le transforment en résidence seigneuriale au xve siècle. Yolande d’Aragon y donne naissance à René d’Anjou. Au xviie siècle, suite aux troubles des guerres de religion, le roi ordonne la destruction du château, mais seule la partie supérieure des tours est détruite. Il est par la suite transformé en prison, puis en garnison et dépôt de munition pendant la Seconde Guerre mondiale. Au début du xxie siècle, il héberge la tenture de l’Apocalypse et est un des sites touristiques les plus visités de Maine-et-Loire. Son ouverture au tourisme est gérée par leCentre des monuments nationaux.

De la Révolution à aujourd’hui 

Pendant la Révolution, en 1789, le château devient le siège du Comité Révolutionnaire d’Angers. Au début de messidor an I (fin juin 1793), les Vendéens, de retour de la Virée de Galerne, assiègent sans succès la ville et son château. La forteresse est alors de nouveau utilisée comme prison durant la Terreur et les guerres de Vendée.

En 1806, la démolition de l’ouvrage avancé de la porte des Champs est autorisée afin de mettre en place un boulevard. Le château est converti l’année suivante en prison civile et militaire. En 1813, la chapelle est coupée par un étage afin d’accueillir deux cents marins anglais prisonniers des guerres napoléoniennes. Deux ans plus tard, après la défaite définitive de l’empereur, les Prussiens occupent la forteresse. Elle est réoccupée en 1817 par l’armée française qui la transforme en arsenal et en garnison. En 1857, le Conseil Général devient propriétaire du château pour la somme de 20 000 francs mais doit en contrepartie s’occuper de l’entretien des parties historiques du site. Le château est classé Monument historique en 1875 alors que l’armée dégrade le Logis royal et la chapelle et met en place des constructions militaires.

En 1912, la ville d’Angers prend les fossés en location et les aménage en jardins. Elle y place des daims et biches en 1936. Des négociations ont lieu entre l’armée et la Direction générale des Beaux-Arts concernant le château. En juillet 1939, les négociations aboutissent et les plans de restauration sont ébauchés. Le projet est interrompu par la Seconde Guerre mondiale. Les Allemands occupent le site et y entreposent leurs munitions. Les 15 et 16 mai 1944, l’armée allemande procède à l’évacuation des hommes présents et de leurs munitions, par crainte des bombardements alliés. Dix jours plus tard, les 25 et 26 mai, Angers subit son premier bombardement. Six bombes tombent sur le château, dont trois dans l’enceinte même. Une voûte de la chapelle s’effondre, le Logis royal est incendié, les toitures sont arrachées.

Au château d'Angers dans CHATEAUX DE FRANCE angers

En 1945 démarre la reconstruction de la chapelle sous la direction de l’architecte Bernard Vitry. Les constructions militaires légères sont démontées. En 1948, les jardins sont plantés et le château est ouvert au public. La restauration de la chapelle est complétée trois ans plus tard et celle-ci est inaugurée par l’évêque d’Angers. En 1952, la décision est prise de construire un bâtiment pour accueillir la tenture de l’Apocalypse. Celui-ci est inauguré le 30 juillet 1954. Entre 1970 et 1979, le quai Ligny est progressivement rasé par la ville afin d’aménager des voies rapides sur la rive gauche des berges de Maine et dégageant ainsi la vue sur les murailles.

Entre 1992 et 2003, une série de fouilles archéologiques préventives est réalisée par l’AFAN puis l’INRAP dans le cadre de la rénovation de la galerie de l’Apocalypse. Ces fouilles permettent notamment la mise au jour des vestiges du palais comtal, ainsi que des vestiges des occupations néolithiques, gauloises et romaines. En 2007, l’espace d’accueil et de billetterie est réaménagé. En février 2009, un nouvel espace d’accueil pour la galerie de l’Apocalypse est aménagé. Celui-ci intègre une boutique et un espace vitré permettant de présenter le cairn néolithique et les vestiges des chambres du palais comtal.

Le 10 janvier 2009, aux alentours de 16h00, un incendie ravage le Logis royal. Il serait dû à un dysfonctionnement d’un chauffage électrique. Grâce à la réactivité des employés, les précieuses tapisseries sont mises à l’abri et aucune œuvre n’est détruite. La toiture du bâtiment est en revanche détruite. Les dégâts sont estimés à 2 millions d’euros. La ministre de la Culture, Christine Albanel, déclare que la reconstruction du bâtiment sinistré est envisagée pour le second trimestre 2009. Au final, les travaux dureront trois ans pour un budget trois fois supérieur. L’incendie a en effet non seulement détruit la toiture, mais l’eau pour l’éteindre suivi du gel les jours suivants ont grandement endommagé toute la maçonnerie qui a dû être changée en grande partie. Par ailleurs, les bâtiments de France en ont profité pour rendre le monument accessible aux personnes à mobilité réduite en installant un ascenseur.

D’octobre 2009 à janvier 2010, le château accueille l’exposition internationale « Splendeur de l’enluminure. Le roi René et les livres », organisée pour le 600 ans de la naissance du roi René. Celle-ci expose 47 manuscrits et feuillets enluminés dont 23 exposés pour la première fois en France. L’exposition permet au château d’attirer 190 000 visiteurs en 2009, soit le record du nombre d’entrées sur une année, en faisant un des sites les plus visités de Maine-et-Loire. En juin 2012, la rénovation du logis royal est terminée, et le rez-de-chaussée est ouvert aux visiteurs en l’attente de l’installation d’une scénographie en 2014.

L’enceinte et les tours

La forteresse construite par Saint Louis en 1230 comprend dix-sept tours érigées avec une alternance de schiste et d’assises de tuffeau. Elles sont hautes d’une trentaine de mètres, larges d’environ dix-huit mètres et reliées entre elles. Une dix-huitième tour existait auparavant, en dehors de l’enceinte, vers la Maine, la tour Guillon. Elle servait à l’approvisionnement du château. La tour Guillon a été démolie en 1832. Les massifs remparts construits de 1230 à 1240 à l’instigation de Saint Louis ont une circonférence d’environ 800 m de long. En tout, c’est une zone de 25 000 m2 qui est couverte par la forteresse. Du côté nord, l’abrupt du plateau est tel que les architectes n’ont pas jugé nécessaire de compléter les défenses.

 320px-Chateau_angers_jardin_interieur dans CHATEAUX DE FRANCE

Les fossés-jardins

Les fossés ont été creusés dès la construction de la forteresse sous le règne de Saint Louis. Au sud, ils séparaient alors le château — bâti sur la colline du même nom — du faubourg de l’Esvière. Au nord, ils imposaient la limite entre la Cité et le château. Ils furent agrandis au XIVe puis au xvie siècle. Deux puits s’y situent : un à l’est, l’autre au nord. Bien que la Maine passe au pied du château, il n’a jamais été question de mettre les fossés en eau, principalement à cause du dénivelé du terrain.

Sous le roi René, les fossés auraient été transformés en lices pour le déroulement des tournois que le duc appréciait tant. Au xviiie siècle, les fossés hébergent des jardins et des potagers. La ville d’Angers devient locataire des fossés en 1912. De 1936 à 1999, des biches et des daims y sont installés. Aujourd’hui, les fossés ont été transformés en jardins.

La chapelle

À l’intérieur du château, s’élève la chapelle construite à la demande de Yolande d’Aragon, épouse de Louis II d’Anjou. Sa construction débute en 1405 et s’achevé en 1413. Elle est dédiée àsaint Jean-Baptiste. Avec sa nef unique rectangulaire et ses trois travées de voûte à l’angevine, elle témoigne du style architectural du gothique angevin. L’édifice est large (22,85 mètres de long et 11,90 mètres de large) et peu élevé (14,90 mètres sous voûtes) avec un décor typiquement du xve siècle (nervures prismatiques, base en bouteille). Les trois clefs de voûte sont finement sculptées : la première représente les armoiries de Louis II et Yolande, la seconde est ornée de l’écu couronné de Louis II. La clef de la troisième voûte représente une croix à double traverse, symbole de la Vraie croix d’Anjou, reliquaire possédé par la maison d’Anjou et présent sur ses armoiries et qui fut exposé dans la chapelle entre 1412 et 1456. Les portes actuelles de la chapelle de style gothique sont les portes d’origines.

Sur la face sud a été placé l’oratoire seigneurial, ou loggia seigneuriale. Celle-ci, construite sous Yolande, a été reprise par René qui l’a améliorée par l’ajout d’une triple arcature tri-foliée donnant vue sur l’autel. L’oratoire est orné du côté de la chapelle par des décors et moulures en pierres, tous les ornements saillants ont cependant été détruits lors de l’occupation militaire de l’édifice. Seul subsiste aujourd’hui les traces en négatif. On y accédait soit par une porte extérieure, soit par la chapelle. Une cheminée, dont le conduit était dissimulé par un contrefort et un pinacle, permettait de chauffer la pièce.

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L’éclairage se fait principalement par la verrière du chevet plat, orientée à l’est. Chaque travée est percée de deux verrières, une au nord, l’autre au sud. Les vitraux originels ont été détruits. Cependant, on peut encore trouver dans la verrière sud de la première travée les vestiges d’un vitrail du xve siècle appartenant originellement à l’abbaye de Louroux. Transporté en 1812 à l’église deVernante, il est donné en 1901 au Musée d’Archéologie et remonté dans la chapelle de l’ancien hôpital Saint-Jean d’Angers. Il est finalement remonté dans la chapelle du château en 1951. Il représente le roi René et sa femme Jeanne de Laval à genoux, en prière, encadrant la Vierge.

Évolution de la fréquentation du château d’Angers

                                             Évolution de la population

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

173 702

168 806

171 404

170 991

160 583

171 378

141 171

145 724

139 543

                                                            Évolution de la population, suite (1)

2006

2007

2008

2009

2010

2011

-

-

-

136 367

150 150

143 883

188 550

168 607

180 931

-

-

-

 

 

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Le Cassis de Dijon

Posté par francesca7 le 29 avril 2013

 

Le cassis, pour sa part, entre dans la préparation de bonbons, les cassissines, de gelées, confitures, jus de fruits et surtout de la liqueur dire « crème de cassis » (AOC « Cassis de Dijon ») commercialisée depuis un siècle et demi par Lejay Lagoute. Une variété particulièrement aromatique de cette groseille, dite « noire de Bourgogne », se trouve en abondance sur les coteaux de Nuits. La recette de la crème est très simple : les baies sont broyées avant de macérer dans de l’alcool neutre additionné de sucre.

Le Cassis de Dijon dans Côte d'Or cassis1-226x300

Réputé pour ses vertus pharmaceutiques et nutritionnelles, les baies de cassis sont recommandées par de nombreux spécialistes. Aujourd’hui, elles sont fréquemment préconisées, en particulier pour sa teneur en vitamine C : elles en contiennent quatre fois plus que l’orange et deux fois plus que le kiwi. Leur richesse en vitamines E, en fibres, en antioxydants ainsi que leur action bénéfique sur la circulation sanguine sont également des facteurs profitables. Consommé dans un premier temps grâce à l’infusion de ses feuilles, le cassis est rarement dégusté à l’état de fruit frais. En pâte de fruit, confiture, ratafia, crème, sirop ou nectar, le cassis connaît une évolution perpétuelle. Aujourd’hui, il est mis à l’honneur dans la confection des smoothies : boisson sans alcool réalisée à partir de fruits et légumes frais à forte teneur en vitamines.

Le cassis est également l’un des composants essentiels dans la confection des grands parfums : il est l’un des seuls fruits à pouvoir être utilisé sous forme naturelle en parfumerie, où il est reconnu pour son boisé, son fruité et son amertume.

Le principe du cassis de Dijon ou principe « Cassis de Dijon » est le nom donné au principe de la reconnaissance mutuelle, par les États membres de l’Union européenne, de leurs réglementations respectives, en l’absence d’harmonisation communautaire.

Le cassis utilisé par Lejay Lagoute, le créateur de ce petit bijou, est cultivé dans quatre régions : la Bourgogne (35%), le Val de Loire (35%), l’Oise (20%) et la vallée du Rhône (10%).  L’utilisation d’un cassis 100% français s’inscrit dans la volonté de maîtrise de qualité que s’impose Lejay Lagoute.

Achetant chaque année 1 400 tonnes de cassis, Lejay Lagoute est le premier transformateur français de cassis frais. La Maison utilise uniquement deux variétés : le Noir de Bourgogne et le Black Down. Le Noir de Bourgogne est reconnu pour sa richesse gustative et olfactive : c’est la variété la plus aromatique de cassis. Le Black Down est, quant à lui, une variété moins acide, plus sucrée.

Visite le site officiel : http://www.lejay-lagoute.com/

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L’histoire du Cassis de Dijon :

L’invention de la crème de cassis survient à une époque où la France se transforme. Les innovations techniques et scientifiques bouleversent le mode de vie des Français.

L’arrivée du chemin de fer en 1852 à Dijon provoque à son tour un accroissement du trafic de marchandises. La ville de Dijon s’industrialise et devient un carrefour ferroviaire important. D’un stade artisanal, la production de la crème de cassis devient alors industrielle, la production s’accroit et la Maison développe ses exportations.

La France comme le reste du monde découvrent la crème de Cassis de Dijon ! Un « blanc cassis » devenu « un Kir »

Arrivée progressivement dans les cafés à la seconde moitié du 19e siècle, la crème de cassis est ajoutée au Vermouth de Chambéry, très populaire à l’époque, ainsi qu’au vin blanc de comptoir souvent un peu acide : cet ajout lui apporte moelleux et fruité.

Au début des années 1950, le député maire de Dijon, le Chanoine Kir, homme politique d’envergure, pittoresque et haut en couleurs, prend l’habitude d’offrir à ses invités le « blanc cassis » : alliance de Bourgogne aligoté et de cassis de Dijon. Reconnu pour son engagement massif pour la ville de Dijon, il a marqué l’esprit de la ville par son franc parlé légendaire.

Le 20 novembre 1951, sur papier à en-tête de l’Assemblée Nationale, le Chanoine Kir rédige le courrier suivant : « le Chanoine Kir, député-maire de Dijon, déclare donner en exclusivité à la Maison Lejay Lagoute, représentée actuellement par Roger Damidot, le droit d’utiliser son nom pour une réclame de cassis, dans la forme qu’il lui plaît et notamment pour désigner un vin blanc cassis. »

Forte de cet accord, la Maison Lejay Lagoute dépose la marque « un KIR® » dès mars 1952. Souvent enviée, la marque appartient définitivement à la société Lejay Lagoute depuis l’arrêt de la cour de cassation d’octobre 1992.

Innovateurs et entrepreneurs, les dirigeants de Lejay Lagoute mesurent l’importance d’utiliser la publicité pour diffuser leurs produits. Débute ainsi la saga publicitaire de Lejay Lagoute.

Dans les années 1930, Lejay Lagoute inspire les artistes, dont Henry Le Monnier, affichiste et illustrateur. La Maison fait appel à lui pour communiquer sur sa nouvelle marque SISCA : l’art se mêle à la publicité.

À la fin des années 1940, la Maison prend la parole sur les ondes radiophoniques, avec des annonces publicitaires qui donnent le ton : véritable « liqueur de la bonne humeur » !

Dès 1949, une dizaine de cars publicitaires sillonnent la France. La foule arrive nombreuse pour déguster le célèbre cassis de Dijon. Belfort, Vittel, Angoulême, La Rochelle ou encore Biarritz sont autant de villes participantes : Lejay Lagoute conquiert la France.

Dès les années 1950, la Maison occupe une place importante dans les foires et les salons. On y découvre tous les produits Lejay Lagoute, et plus particulièrement sa crème de cassis.

Durant les années 2000, au Japon, elle fait appel au célèbre photographe Hajime Watanabe. Dès 1859, La Maison reçoit une souscription de la part des producteurs, consommateurs et cafetiers de Dijon. Reconnaissance suprême pour Lejay Lagoute qui se voit ainsi confirmer sa légitimité d’inventeur de la crème de cassis par les Dijonnais.

C’est au cours de majestueuses Expositions universelles que Lejay Lagoute reçoit quantité de récompenses et de médailles. C’est le début de l’aventure internationale : Lejay Lagoute part à la conquête du monde. Ces nombreux diplômes confirment la règle d’or instaurée par la Maison : la recherche constante de la qualité.

Ces récompenses sont toujours d’actualité : en 2006, Lejay Lagoute obtient le trophée Cap Export, remis par la ministre déléguée au Commerce extérieur, récompensant les meilleures PME exportatrices : des entreprises qui trouvent dans l’export des relais de croissance pour leur développement et pour l’emploi. En plus d’avoir traversé le temps, la recette inventée en 1841 parcourt le monde. Distribuée sur tous les continents, la crème de cassis Lejay Lagoute est devenue « l’ambassadrice » de Dijon à l’étranger.

Ainsi, Lejay Lagoute rencontre un formidable succès en Asie dès les années 1980. Depuis 1995, l’exportation de bouteilles à destination du Japon est multipliée par vingt. Le Canada, La Chine et l’Australie sont aussi de grands adeptes de la fameuse crème de cassis, reflet de la tradition française. Kir Royal®, l’incontournable

Alliance subtile de macérations de baies de cassis et de vin effervescent français soigneusement sélectionné, Kir Royal ne contient ni ajout d’eau, ni colorant et est garanti sans conservateurs. Kir Royal offre une alternative contemporaine, fruitée et équilibrée, avec un produit gourmand, tout en rondeur.

Kir Royal est l’expression unique du savoir-faire de Lejay-Lagoute, créateur de la crème de cassis à Dijon en 1841.

L’appellation « cassis de Dijon »

Officiellement décrétée le 21 décembre 1923 par un arrêt de la Cour d’appel de Dijon, l’appellation « cassis de Dijon » garantit des caractéristiques spécifiques dues à la production de la crème de cassis de Dijon. Aujourd’hui, Lejay Lagoute fait partie des rares liquoristes à pouvoir utiliser l’appellation « crème de cassis de Dijon ».

Visite le site officiel : http://www.lejay-lagoute.com/

Une page de l’histoire de Dijon vient de se tourner titrait le Bien Public (journal local) en Février 2013 car sur un vaste terrain, où pendant plus de 100 ans, l’entreprise Lejay-Lagoute a prospéré,

Tout près de la place de la République, dans le quartier Clemenceau, les anciens locaux de l’entreprise Lejay-Lagoute laisseront place à un ensemble immobilier, composé d’immeubles d’habitation, de résidence hôtelière et de commerces (voir encadré).

Après une phase de déconstruction, la démolition des bâtiments, sur un terrain de plus de 6 000 m², a commencé (notre édition du 15 février). Seule sera conservée l’ancienne façade de l’usine, à l’angle des rues de Mulhouse et Ledru-Rollin, sur laquelle trône cette inscription : “Maison Lejay-Lagoute fondée en 1836 : ses cassis, ses liqueurs, son Kir, son Kir royal”.

Détruite et reconstruite pendant la guerre

« Tout au départ, Denis Lagoutte était installé au n°63 de la rue Chabot-Charny », explique Christian Albouy, directeur général de Lejay-Lagoute, à Dijon. « En 1841, lorsqu’il invente la crème de cassis, son succès est tel qu’il déménage au 13-15 rue des Moulins, avec un nouvel associé M. Mutin, pour y créer la “Fabrique des liqueurs Lagoutte et Mutin”. À cette époque, Lagoutte s’écrivait avec deux “t”. » En 1854, l’activité s’installe rue Saint-Nicolas (l’actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau), et rue Saint-Martin (l’actuelle rue Auguste-Comte). Puis en 1890, sur la propriété entre la rue Ledru-Rollin et la rue Jean-de-Cirey, où l’entreprise devenue Lejay-Lagoute par le mariage de la fille du fondateur, va prospérer pendant plus de 100 ans.

Au plus fort de son activité, quatre-vingt-dix salariés y sont employés. « L’usine fut en partie détruite le 16 juin 1940 lors de l’arrivée des troupes allemandes aux portes de Dijon, lors d’un bombardement, qui a également touché la caserne Krien, l’usine à gaz, et le secteur des Poussots… Les locaux ont été progressivement reconstruits à partir de 1941 », continue Christian Albouy.

Depuis janvier dernier, Lejay-Lagoute s’est installé dans une usine neuve, rue Étienne-Dolet, en zone CapNord où soixante-cinq personnes sont employées. « L’indication “crème de cassis de Dijon” contraint l’entreprise à s’installer géographiquement dans la ville de production », précise le directeur, ajoutant : « Avec la démolition de l’ancienne usine, c’est un pan de l’histoire de Lejay-Lagoute qui se tourne. Mais le vrai patrimoine de l’entreprise, c’est son personnel et ses produits ! C’est l’ensemble du personnel, qui se relaie depuis 1836, qui a construit la vraie histoire de Lejay-Lagoute ».

Et la bonne nouvelle, c’est que le cassis de Dijon ne connaît pas la crise !

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Danse et musique Bretonne

Posté par francesca7 le 13 avril 2013

 

La Bretagne est traversée du nord au sud par une frontière linguistique délimitant deux espaces culturels distincts. Biniou-bombarde, clarinette et kan ha diskan (chant de déchanté) sont omniprésents dans les traditions musicales du centre de la Bretagne et du nord Finistère. A l’est, autour de Saint Malo et de Cancale, se superposent des traditions de vielle, de violon et d’accordéon diatonique pour accompagner les danses populaires. Aujourd’hui, sonneurs et danseurs ont abandonné le costume traditionnel, mais les musiciens animent toujours les festoù noz.

Danse et musique Bretonne dans Bretagne bombarde-119x300LA BOMBARDE : instrument à perce conique et à anche double, de la famille des hautbois, le modèle à six trous et typique du pays vannetais.  

NOCE A PLOUGASTEL DAOULAS : « La danse était l’expression d’une conscience collective qui se fortifiait dans les grands travaux en commun et à l’occasion de ces alliances qu’étaient les mariages ».

SONNEUR DE CLARINETTE : La clarinette, appelée treujenn gaol en haute Cornouaille (tronc de chou), s’est implantée en centre Bretagne au 19ème siècle. Son aire d’extension va de l’est des monts d’Arrée jusqu’en haute Bretagne et du Trégor aux limites sud des Cotes d’Armor. Au siècle dernier, les sonneurs utilisaient des clarinettes à cinq clés.

TROUPE DE KERFEUNTEUN : Plus d’une centaine de cercles celtiques présentent, sous forme scénique, les danses et costumes traditionnels de leur région. La gavotte, qui se dense en chaîne ouverte ou fermée, est l’une des plus anciennes danses.

L’ACCORDEON DIATONIQUE : Surnommé « boite à vent » ou « boîte du diable », il était en vogue en haute Bretagne au 19ème siècle.

L’accordéon était très populaire en Bretagne, surtout pour l’an-dro et ses danses en couples (dañs kof ha kof). Surnommé boèze ou pouche en pays gallo et boest an diaoul (boite du diable) en zone brittophone, il eut du mal à se faire une place parmi les instruments traditionnels. À l’entre deux guerres, l’accordéon chromatique s’est installé en Bretagne au contact des autres cultures et le jazz a influencé la formation de groupes qui animaient les bals populaires. Balayant à l’époque la vielle et le violon, il était perçu comme un danger. Des accordéonistes contemporains comprennent Cocktail Diatonique, Régis Huiban, Bruno Le Tron, Patrick Lefebvre, Yann Dour, Yann-Fanch Perroches, Alain Pennec.

BINIOU KOZH : Cornemuse traditionnelle à son aigu, qui ne comporte qu’un seul bourdon, par opposition au biniou gras (grand). Le couple biniou-bombarde reste « l’instrument » par excellence du sud de la Bretagne.

Autrefois, la harpe était utilisée, notamment à la cour des ducs de Bretagne. Mais elle a laissé peu de traces après l’époque ducale. La harpe celtiqueest ressortie de l’oubli à la fin du 19e siècle, grâce à un mouvement « néo-druidique » renouant avec des traditions anciennes, tant en Bretagne qu’au pays de Galles. Au début des années 1950, Alan Stivell et son père Georges Cochevelou, suivis par d’autres, ont œuvré pour sa réintroduction. Georges Cochevelou a construit la première nouvelle harpe bretonne, la « Telenn gentañ ». Elle est maintenant bien établie et connue sous le nom de harpe celtique. Les artistes bretons modernes sont Myrdhin, An Triskell, Kristen Noguès, Dominig Bouchaud.

Ce que l’on appelle aujourd’hui danse bretonne est un ensemble de pratiques gestuelles issues de l’ancienne danse traditionnelle, pratiquée essentiellement dans les milieux paysans de Bretagne jusque dans l’entre-deux-guerres. Cette première approche mérite toutefois d’être nuancée d’emblée : les influences et les emprunts ont en effet existé entre les petites villes, les bourgs et les campagnes. Le milieu où s’est développée la danse traditionnelle bretonne doit donc être entendu comme une société rurale, mais pas exclusivement paysanne. Enfin, précisons que la tradition s’est éteinte à des moments variables selon les pays, dès la Première guerre mondiale dans certains cas, ou plus tard, après 1945. Comme toute danse traditionnelle, la danse bretonne se caractérise par une forme (en ronde, en chaîne, en couples), un pas (souvent en 4, 6 ou 8 temps) et enfin, un style. La grande majorité des danses, surtout les plus anciennes, sont des danses collectives, en rond ou en chaîne. Le cortège de couples est une forme plus récente, apparue à la fin du 19e siècle.

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Patrimoine campanaire

Posté par francesca7 le 1 mars 2013

Conservation du patrimoine campanaire en France et en Belgique

Patrimoine campanaire dans CLOCHES de FRANCE 1              2 dans CLOCHES de FRANCE                3

Les guerres sont les pires ennemies des cloches. Déjà au cours de la guerre de Cent Ans de 1337 à 1453 on note des pillages et des pertes campanaires importantes. Françoise Michaud-Fréjaville, dans son étude Naudin Bouchard, une carrière de fondeur orléanais pendant la guerre de Cent Ans, publiée au Bulletin de la Société archéologique et historique de l’Orléanais, n.s., 11/92 (1991), p. 23-32, montre le lien entre le développement de l’artillerie au cours de cette guerre et certains fondeurs de cloches se reconvertissant en fondeurs de canons. Les guerres de religion vont continuer de ravager le patrimoine campanaire. Une série de huit grands conflits où se sont opposés catholiques et protestants, appelés aussi huguenots, va toucher le royaume de France dans la seconde moitié du xvie siècle. C’est ainsi que disparaîtra en 1580 la Non Pareille une cloche de 1516 de la cathédrale de Mende, la plus grosse de France à ce jour avec 25 tonnes. Elle est détruite par le capitaine huguenot Mathieu Merle. Le notaire Destrictis de Mende rapporte : « …Comme on ne pouvait parvenir à rompre la Non Pareille, on fit faire un grand feu, au-dessous et aux environs, et on la fit échauffer de telle sorte qu’après on la rompit aisément ». Le métal fut récupéré pour faire des couleuvrines et deux gros canons. Seul resta le battant en fer de 470 kg ce qui parait peu compte tenu du poids couramment estimé de la cloche , il ne faut pas perdre de vue toutefois que le quintal du Midi et du Gévaudan d’ancien régime pesait cinquante kilos environ (48,5) au lieu des 100 du quintal métrique actuel (il manqua de disparaître plus tard en 1793, les membres du comité révolutionnaire voulant le vendre mais personne ne s’en porta acquéreur). La guerre de Trente Ans (1618-1648) s’accompagna des mêmes destructions.

Le vol de la cloche

La cloche date de 1823. Le 24 mai de cette année 1823, la commune fait fondre l’ancienne campane de 280 kilos qui est fendue et menace d’éclater à la moindre utilisation. Il est probable qu’elle est déjà endommagée en 1811, car on trouve dans les archives communales une délibération du conseil où il est question de sa vente et de sa fonte. La nouvelle cloche est réalisée par Pierre Courteaux, fondeur dans les Vosges, et pèse 657 kilos.

Pendant la première guerre, l’enlèvement des cloches est systématique dans les villages occupés : 123 villages de Meuse perdent ainsi leur sonnerie. Un trou est percé dans le clocher de l’église (clocher que la commune a fait réparer en 1876 à la suite d’un ouragan qui l’a détruit), la cloche jetée à terre et emportée vers l’Allemagne pour être fondue le 7 août 1917. Plusieurs photographies font état de cet enlèvement : l’une d’elle est prise par les Allemands eux-mêmes le jour de l’enlèvement, au pied du clocher, l’autre, prise vers 1930, montre encore les traces du passage de la cloche par un trou très large percé dans le clocher et rebouché, provisoirement, par des planches qui déparent quelque peu la couverture d’ardoises.

vol-e-cloche

La commune est longtemps dépourvue de sonnerie, mais lorsque éclate la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle cloche a été installée dans le clocher. Elle reste visible quelque temps, encore accrochée à son battant. Puis, lorsque sont abattues les ruines du sanctuaire, quelques habitants vont la cacher sous un tas de pierres et de gravats à proximité de la place. Des témoins affirment l’avoir vue dans sa cachette près de la place de l’église. Malheureusement, elle a disparu.

 Le patrimoine campanaire tant français que belge, a été ensuite menacé à plusieurs reprises par la Révolution française et toutes les guerres qui s’ensuivirent. Pour convertir le bronze en monnaie ou en canons, plusieurs lois furent votées par les assemblées révolutionnaires entre 1791 et 1795. Le décret du 23 juillet 1793 ordonnait que « chaque commune a la faculté de conserver une cloche qui serve de timbre à son horloge » (cloche civique). Ce décret proclame la Patrie en danger et va justifier la récupération par les révolutionnaires des cloches afin d’en fondre le bronze pour le convertir en canons. Au total, cent mille cloches disparurent dans la tourmente. Napoléon, pour les besoins de son immense armée, en fit aussi grande consommation. La cloche de Lignières (Cher) a heureusement échappé à ces mesures : fondue à Orléans pendant la révolution en 1790, elle porte la mention « Vive la nation, vive le Roi » et des fleurs de lys. Celle de Quintat (Haute-Savoie) porte la mention « Si je survis à la Terreur c’est pour annoncer le bonheur ». Dès la date de la signature du Concordat le 8 avril 1802, la reconstitution du patrimoine campanaire dans les édifices ouverts au culte se fit lentement. Le véritable repeuplement des clochers ne se fit cependant que sous le Second Empire et la IIIe République.

La Première et la Seconde Guerre mondiale furent désastreuses pour le patrimoine campanaire européen et notamment français et belge. La Basilique de Saint-Nicolas-de-Port conserve par exemple dans une chapelle une cloche de 1832, percée lors du bombardement du 19 juin 1914.

horlogerie_monumentÀ noter des figures prestigieuses comme le campanologue canadien Frank Percival Price (né en 1021) qui fut expert-conseil de la Commission interalliée sur la conservation en temps de guerre des monuments artistiques et historiques dans les zones de guerre, et de la Commission du Vatican sur la restauration des cloches. Sous les auspices de la section des enquêtes sur la science et la technologie ennemies de l’Armée canadienne, il entreprit une étude sur la réquisition et la destruction des cloches pour fins de guerre. Il aida également les commissions gouvernementales de la Belgique, de la France, de l’Autriche, des Pays-Bas, de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Italie au recouvrement des cloches perdues. En 1975 il fut nommé président honoraire de la Fédération mondiale de carillons.

En France selon les recherches et les chiffres de Percival Price, sur environ 75 000 cloches recensées en 1939, près de 1 160 auraient été confisquées et détruites par l’occupant, essentiellement dans les trois départements d’Alsace-Lorraine (plus précisément l’Alsace-Moselle), annexés et traités comme le reste de l’Allemagne, ainsi que dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais dont l’administration militaire allemande relève alors non pas de Paris mais de Bruxelles. Cependant il faut ajouter à ce chiffre, les cloches non dénombrées détruites par les bombardements.

En Belgique ce fut le fondeur George II Slegers (1907-1910) qui œuvra activement pour le remplacement des centaines de cloches disparues au cours de la Seconde Guerre mondiale. Avant la Seconde Guerre mondiale, la Belgique possédait près de 12 000 cloches dont le poids total était évalué à six mille tonnes. Après les réquisitions de juin et de juillet 1944, les 4 566 cloches enlevées par l’occupant représentent un poids de 3 794 825 kg, soit une perte de près de 60 % du patrimoine campanaire belge. Rien que dans le diocèse de Liège, 840 cloches sont portées manquantes pour un poids total de 1 205 599 kg.

La cloche est non seulement un instrument soumis aux aléas de l’histoire, mais elle est également soumise aux caprices des éléments : vieillissement du métal, intempéries, oxydation, ce qui demande un entretien régulier par des artisans campanaires. Par grand froid (moins de -10 °C) on s’abstient de sonner les cloches en volée car elles sont alors fragilisées. On pense que c’était par exemple à cause du froid que l’une des cloches des plus importantes de France, la Maria Regina de Strasbourg (environ 21 tonnes) et qui datait de 1521, s’était irrémédiablement fêlée.

L’art campanaire regroupe plusieurs corps de métier : la fonderie, la musique, la charpente, la serrurerie, la mécanique, la mécanique horlogère, l’électricité, l’électronique. Aujourd’hui, aucune norme ni règle officielle ne régit la profession. Devant ce fait, des artisans campanaires réunis en coopérative d’entreprises ont décidé : d’établir un programme de formation reconnu du personnel (première en France et en Europe) ; d’établir des cahiers des charges précis pour les prestations d’électrification, de restauration et d’installation en matière de cloche et d’horlogerie.

220px-Strasbourg_Cath%C3%A9drale_Notre_Dame_installation_cloches_1978L’École nationale du patrimoine a organisé en juin 1997 un séminaire sur « la connaissance et la gestion du patrimoine campanaire », qui portait en particulier sur :

  • Le récolement

Inventaire et vérification systématique des cloches lors des tournées de visites des églises rurales ; Récolement des cloches classées au titre des monuments historiques (154 cloches recensées) ; Inventaire général du patrimoine départemental (époques, sonneries, coutumes) ; Demandes de protection des cloches anciennes nouvellement repérées ; Publications.

  • L’entretien

Contact avec les entreprises spécialisées et visites sur place des installations sous contrat d’entretien. Vérification du lien « joug cloche » ainsi que de la fixation du battant ; Analyse des éléments extérieurs liés à l’entretien et au bon fonctionnement ; échelles d’accès, abat- son, lumière, présence de pigeons (conservation préventive). Sensibilisation des propriétaires et affectataires.

  • Les travaux

Avis sur devis d’entreprises. Restauration des « ensembles » cloche-beffroi, cloche-clocher, beffroi-clocher, cloche-beffroi-clocher ; Propositions d’interventions particulières à chaque cas en milieu rural ; Soudures (apport scientifique, précautions, intérêt et difficultés de création de cloches neuves) ; Programmations à long terme.

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