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Bussy-le-Grand et son Château (en 21)

Posté par francesca7 le 27 mai 2014

 

280px-Château_de_Bussy-Rabutin_113Château de Bussy-Rabutin

Roger de Rabutin, comte de Bussy, noble turbulent de la cour du Roi-Soleil et cousin de Madame de Sévigné passa ses années d’exil à redécorer le château familial.

 Le corps de logis Louis XIII flanqué de deux ailes disposées en U forme un ensemble sobre achevé en 1649. A l’intérieur, le comte trace à l’aide de tableaux insérés dans de délicates boiseries, une fresque très caustique de son époque et de la cour de Versailles. Sa vie amoureuse et militaire transparaît dans les pièces et galeries ornées de devises et de portraits. Visite de l’aile droite du château uniquement sur RV. 

Jardin à la française restauré dans son état du XVIIe s. 

Ouvert tous les jours. Du 15/05 au 14/09 de 9h15 à 13h et de 14h à 18h. Du 15/09 au 14/05 de 9h15 à 12h et de 14h à 17h. Fermé les 01/01, 01/05, 01/11, 11/11 et 25/12. Fermeture de la billetterie 20 mn après le départ de la dernière visite. Gratuit. (moins de 25 ans) A : 7.5 eTél. 03 80 96 00 03

 

Soirée galante au Château

A la lueur féerique des bougies, venez vivre une soirée de rêve. Jeudis 12/07, 26/07, 23/08 à 21h30 et 27/10 , à 19h30. 

Musée Gorsline – Route d’Etormay

Une ancienne grange transformée en galerie moderne expose les tableaux, dessins,  aquarelles et lithographies de Douglas Gorsline (1913-1985), un peintre américain amoureux de la Bourgogne. Peinture réaliste fragmentée, empruntant au cubisme et à la chronophotographie. Exposition temporaire 2012 : William Ivey Long, costumes de scènes par un grand maître de Broadway. . 

Ouvert du 01/06 au 30/09 du mar. au dim. de 15h à 19h ou toute l’année sur rendez-vous. A : 3 e. E (moins de 6 ans) : Gratuit. Etudiants : 1.5 e. Jeunes (6 à 18 ans) : 1e. Tél. 03 80 96 03 29

 

Châteauneuf-en-Auxois

Bussy-le-Grand et son Château (en 21) dans CHATEAUX DE FRANCESur un éperon rocheux dominant la riche plaine agricole se dresse l’imposante forteresse médiévale, gardienne des marches méridionales de l’Auxois. Autour se déploie châteauneuf-en-Auxois, classé l’un des  »plus beaux villages de France », petit bourg prospère et fleuri à la belle architecture de maisons de pierre décorées de frontons et de tourelles d’escalier des XVe et XVIe s. Le village possède d’autres atouts comme ses ruelles discrètes, ses

recoins ombragés ou ses jardins secrets qui donnent à cette commune un charme tout particulier. 

Château

Donjon carré du XIIème siècle, entouré de logis du XVème s. construits par Philippe Pot,

Conseiller des Ducs de Bourgogne, Chevalier de la Toison d’Or. La chapelle est ornée d’une fresque des apôtres. Le château conserve la réplique polychrome du tombeau de Philippe Pot (original au musée du Louvre), deux cheminées monumentales et une belle collection de tapisseries XVIIe sur la vie de Moïse. 

Ouvert du 03/01 au 15/05 et du 17/09 au 31/12 de 10h à 12h30 et de 14h à 17h45 et du   16/05 au 16/09 de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h45. Fermé lun. et les 01/01, 01/05, 01/11, 11/11 et 25/12. A : 5 e. E (moins de 12 ans) :  Gratuit. Jeunes (de 12 à 18 ans ) : 3.50 e. Tél. 03 80 49 21 89 / 03 80 44 37 56

 Visites nocturnes du château, en costume et à la bougie. Du 17/07 au 21/08, les mardis soirs, vers 21h45 6.50 e.

 

 

Publié dans CHATEAUX DE FRANCE, Côte d'Or | Pas de Commentaires »

LE VIGNERON du 19è siècle

Posté par francesca7 le 15 mai 2014

 

par F. Fertiault

~ * ~

 

                                Noë, vir agricola,… plantavit vineam
                                        (La Genèse.)

                                Quand des corbeilles de l’automne
                                S’épanche à flots un doux nectar,
                                Près de la cuve qui bouillonne
                                On voit s’égayer le vieillard.
                                        (BÉRANGER.)

 

images (14)ALLONS, en route ! loin, loin. De l’air pur, de vrais champs, de vraies vignes, des sabots, et de la terre par-dessus les sabots ! En Champagne ! en Bourgogne ! dans tous les pays où le soleil fait mûrir la grappe, où le pressoir fait ruisseler le vin ! Ce n’est plus cette fois la verdure étiolée, les fleurs blanchies de plâtre, les parodies champêtres dont la banlieue borde Paris : c’est de la belle et bonne campagne, en pleine province, à soixante, quatre-vingts lieues de la capitale, avec des moeurs et des habitudes toutes différentes, et au milieu de bonnes gens, paysans simples, ouverts et pleins de franchise, et qui la plupart n’ont, de leur vivant, quitté leur village que pour aller au marché de la ville voisine.

Laissez un peu de côté les douceurs de votre vie molle, nous avons là-bas une vie active à mener ; oubliez les gants glacés, les parfums pour les cheveux : nous n’avons à presser que des mains calleuses, et ce sont de gras bonnets de laine qui nous salueront ; revêtez, pour mieux faire, le pantalon de toile, la blouse au tissu rugueux, et surtout dites adieu à vos longs sommeils du matin, car nous allons suivre nos vignerons, et nos vignerons se lèvent l’hiver avant le brouillard, l’été avant la rosée. Nous n’allons pas seulement faire une promenade près d’eux, les examiner un jour en passant ; mais nous allons nous y installer, y prendre nos coudées franches, aiguiser comme eux la pioche et la serpette ; nous allons tailler la vigne et vendanger.

Jetons, si cela vous est agréable, un coup d’oeil sur l’habitation tout agreste de ces braves gens : un rez-de-chaussée, et au-dessus du rez-de-chaussée un grenier ; au pied de la porte quelques larges pierres inégalement tassées, et qui servent de dalles et d’escaliers ; au-dessus de la cabane, un toit, quelquefois en tuiles, mais que le temps a mordu et déchiré à belles dents ; au devant, une cour, que remplissent souvent un fumier et sa mare mal odorante ; un puits, avec sa margelle usée et son poteau à bascule ; tout près, un four ; à côté, le pressoir ; quelques pas plus loin, l’étable où rentrent à la nuit des vaches et des porcs. Maintenant faites serpenter de vigoureux pieds de vigne jusqu’au haut de ces murs lézardés et grisâtres ; laissez se montrer, par l’unique fenêtre de la façade borgne, le bout de quelques hardes séchant au soleil ; jetez à tous les coins bêche, pioche, brouette, instruments et ustensiles d’utilité ; faites barboter deux ou trois canards et autant d’enfants dans un baquet d’eau trouble, et vous aurez à peu près le premier plan de votre tableau. Ensuite, pour compléter le point de vue, regardez plus loin, par delà ces cailloux superposés sans ciment, et que nos paysans appellent un mur ; voyez le val se dérouler comme une longue robe semée de vignes, laissant comme des plis mille ondulations, mille courbures dans son terrain, et gagnant même le pied des montagnes qui l’encaissent. Le soleil dore un côté de cet immense bassin vignoble, les montagnes ombragent l’autre côté, et une ligne de lumière, se jouant sur les dentelures lointaines, vient terminer richement notre horizon. – Que dites-vous du paysage ? Si vous êtes artiste, vite un croquis sur votre album, et demi-tour ; faites claquer sous votre pouce ce loquet de bois qui hoche à son clou, et poussez la porte. Après avoir vu l’extérieur je veux vous montrer le dedans ; il faut faire connaissance avec les lieux où nous allons séjourner. Et d’abord ne vous étonnez pas s’il n’y a personne et si nous entrons si facilement ; dans ces petits villages un vol est rare comme une bonne action à Paris, et les habitants de cette maison sont allés travailler aux vignes sans fermer leur porte… ils n’en sont pas encore aux serrures incrochetables. Marchez vivement et ne craignez point d’accidents au parquet, il est fait de terre dure ; les murs, dont la fumée a caché la couche blanche de chaux, sont à peu près nus sauf quelques images ; au milieu de la chambre se dressent un énorme billot de chêne et deux bancs où l’on s’attable, mange et boit la piquette en famille ; aux coins, deux lits à la duchesse dont les quatre colonnes soutiennent des ciels et des rideaux de serge verte ; en face de vous l’immense cheminée dont le manteau vous abrite et sous lequel se groupent aisément huit ou dix personnes ; si vous montez au grenier, vous y verrez deux ou trois loques, humbles lambeaux se balançant sur des perches, tout ce que la gêne laborieuse peut avoir d’inutile. Puis, en descendant, rien, presque plus rien ; à peine de ces petites choses qui laissent deviner quelques contentements, quelques satisfactions intérieures… Où souvent l’indispensable manque, trouvez donc du superflu ! Cependant ces braves gens s’en contentent ; il y a tant de bonne humeur et si peu d’ambition parmi eux ! et ils savent si bien extraire de ce train de vie, tout dur et pénible qu’il est, les instants de plaisir et d’agrément qu’il peut leur procurer !

A quelque époque de l’année que vous le preniez, depuis le Verseau jusqu’au Capricorne, depuis les engelures jusqu’aux coups de soleil, le vigneron est toujours occupé ; les soins continuels qu’exigent ses travaux lui feraient d’ailleurs une nature laborieuse, et les mille caprices des saisons, les températures chaudes ou glaciales semblent ne pas arriver jusqu’à lui… sa vigne est son trésor ; il ne songe qu’à sa vigne. On le voit l’hiver, par la bise la plus aiguë, réparer, dans la cour ou à la porte du pressoir, les tonneaux qui doivent contenir son vin ; et cela pendant des journées entières ! – Instrument pauvre, et sachant qu’il le sera toujours, il n’en tourne pas moins dans le cercle vicieux de ses occupations. Il dépense sa part de force et d’énergie à faire prospérer des biens qui ne sont pas à lui, et dont il ne lui revient, en récompense, qu’une portion de ce qu’ils produisent.

Dès février, le voilà dans sa vigne, taillant, élaguant, émondant, faisant tomber à terre d’un revers de serpette toutes ces petites branches parasites qui prendraient de la sève sans donner de raisin. – Sur la fin de mars, sa bêche rafraîchit la terre autour de chaque racine : c’est alors que, se promenant de cep en cep, il épie avec avidité la naissance des premiers bourgeons ; son oeil s’anime, tout son visage sourit, il passe un doigt complaisant sur le foetus vert, et en un instant il l’a métamorphosé : il ne voit plus le bourgeon, il voit la grappe qui se dessine, la peau qui se tend, le grain qui s’enfle, le raisin qui mûrit, le cep qui se dépouille, la cuve qui s’emplit, et les tonneaux, l’écume à la bonde, entassés et alignés dans son pressoir. Pour se faire une idée du plaisir qu’il ressent à chaque nouvelle découverte, il faudrait se figurer un homme attendant un brin de fortune, et qui verrait ses écus pousser sur des arbres. Et quand il revient le soir, la bêche et la pioche sur l’épaule, le bout des oreilles rouge et soufflant dans ses doigts, il est rayonnant, et avant de toucher le seuil il appelle sa femme ; il ne secoue même pas ses souliers auxquels la terre gelée a cimenté ses guêtres, et on peut l’entendre s’écrier, en entrant et jetant sur le pavé le fond d’un verre de piquette qu’il vient de boire : « Marie-Jeanne, dans le Pré-Mourot ça fremille ; c’est plus clair-semé dans le Grand-Clos ; mais la Voie-aux-Moines va fièrement donner ; si âavri ne nous gèle pas j’aurons du raïin à faire becqueter tous les mouniaux du pays. » Le bourgeonnement du raisin, ce phénomène attendu par le vigneron comme le Messie par la gent judaïque, donne lieu à une autre opération : un cep ne durant que quelques années, il faut qu’on le régénère ; et c’est cette nouvelle génération que le vigneron, au premier indice des grappes, prélève en branches jeunes et vivaces qu’il couche et fait germe en terre, et qu’on appelle provins. – En mai… (puisque j’y suis, je vous débite mon almanach d’un bout à l’autre ; cet homme et son travail s’identifient tellement ensemble ! Séparez donc le chasseur de ses meutes et de son gibier !…), en mai la bêche soulève et retourne de nouveau la terre nourricière des ceps ; un peu plus tard on en relève ceux qu’on y a couchés, les ceps futurs encore en enfance, puis, pour les soutenir, on les accouple aux échalas, ces burlesques bâtons qui ont eu l’impudence de baptiser de leur nom tous ceux de nous qui tombèrent dans un moule un peu trop droit. – De derniers petits travaux, visites, coups d’oeil paternels, légers soins que vous pouvez comparer au pli d’un lange qu’une mère défait après avoir d’abord posé soigneusement son enfant dans le berceau, remplissent le temps qui doit s’écouler jusqu’à ce que le grain, gonflé par de douces et pénétrantes ondées, et doré ou bruni par le soleil, fasse préparer les paniers des vendangeurs.

Cet emploi des deux tiers de l’année, que je viens de vous esquisser le plus rapidement possible, ne vous semble peut-être pas aussi pénible que vous vous l’étiez figuré d’abord ? c’est que je ne vous ai pas dit de combien d’anxiétés, d’inquiétudes et de frayeurs tout ce temps est rempli ; c’est que je ne vous ai pas fait voir le vigneron, le matin, le pied sur la porte, tremblant devant une nappe de givre ou de gelée blanche ; le jour, suivant d’un oeil inquiet et suppliant les nuages que le vent amasse ; c’est que je ne vous l’ai pas montré, la nuit, se levant quelquefois réveillé par un orage, debout, l’oreille collée à la fenêtre de sa cabane, et s’écriant : « Mon Dieu ! mon Dieu ! la grêle va tout ravager !… » – Pauvres gens, qui ont un si mince trésor et qui ne peuvent le serrer avec eux ! qui sont obligés d’attendre de la clémence des saisons qu’elles veuillent bien ne pas leur emporter l’existence, le pain de leur année ! Quel courage il leur faut ! et quelle confiance en leur sort !… Il est des métiers qui font croire à la Providence.

Tout va ainsi jusqu’au moment où les vacances, cet âge d’or des écoliers, viennent donner la volée à tous les travailleurs désireux de quelques semaines de repos. Alors, un beau jour, on voit le vigneron préparer sa voiture et ses boeufs, partir à vide, et gagner pas à pas et pesamment la ville la plus proche ; il va chercher les bagages du maître. Le maître (ne vous effrayez pas de ce titre qui sent tant soit peu la domination), le maître n’est autre chose que le propriétaire dont le vigneron cultive les vignes, bon diable dont l’humeur n’a pas la moindre teinte de despotisme, et qui vient, lui aussi en famille, s’installer dans le village et y passer deux ou trois mois. Je dis en famille, parce qu’il n’y arrive jamais qu’accompagné d’une foule de fils, de neveux et de nièces, excellentes petites créatures, pas gourmandes au fond, mais qui se promettent à l’envi de digérer les fraises, le lait et les fromages de la ferme, et surtout, surtout de faire la vendange.

Oh ! la vendange ! cette solennité des enfants, cette fête pour laquelle ils laissent toutes les fêtes ! Oh ! la vendance ! courir dans les vignes, broyer la grappe, se tacher de vin ! adieu les rudiments, adieux le collége ! adieu, adieu les vers champêtres ! ils font des dactyles avec une cabriole, et des spondées en tombant sur leur derrière. Oh ! la vendange, la vendange ! – Mais calmons un peu la turbulence de nos lutins ; voici le maître qui entre dans la ferme : « Bonjour ! père Thomas. – Ben le bonjour ! not’ mossieu. » Et les bonnets de laine de voler rapidement des têtes dans les mains. « Comment cela va-t-il ? – Mais, comme la vigne, pas trop mal. – Aurons-nous une bonne récolte cette année ? – Grâce à Dieu, j’avons eu le temps à l’avenant. – Le vin ?… – Ne sera pas piqué des vers, et j’aurons ben soif si je le buvons tout. – Et quel jour commençons-nous ? – Après demain. » La vendange enfin va s’ouvrir, la joyeuse, la bienheureuse vendange !

Cette grande époque, cette grande fête arrivée, le vigneron, la famille du vigneron, le maître et les amis du vigneron se préparent avec une activité joyeuse à ce travail, travail le plus important, le grand oeuvre de l’année. C’est le moment où ces braves gens ont le plus de fatigues, et c’est le moment où ils sont le plus gais. Les voilà qui partent par bandes, suivons-les, nous les verrons à l’ouvrage. Regardez ! chacun se distribue sa besogne : les uns, sans quitter les ceps, couperont le raisin et le jetteront dans les paniers ; les autres se tiendront à l’entrée de la vigne, chargés de hottes, que des porteurs spéciaux rempliront en y vidant les paniers des premiers ; d’autres, montés sur les voitures, transporteront les tonneaux que les hottes auront remplis, et les cuves du pressoir se rempliront bientôt à leur tour en engloutissant ce que les tonneaux leur auront apporté !

Alors ces hommes nus, leurs sabots terreux aux pieds, entreront dans ces vastes cuves, et, au risque d’être asphyxiés par la vapeur enivrante, fouleront jusqu’à ce que la bouche du réservoir bouillonne, et leur rende en vin ce qu’ils y ont jeté en grappes. – Aux premiers jets, les yeux épient, les tasses s’emplissent, les lèvres sirotent : « Le vin sera bon, il est vineux, fort en couleur ; ce sera du 1824, etc… » Et ces bons rois de la vendange, accoudés, assis sur des tonneaux (si la Bourgogne avait son Téniers !), s’étendent en dissertations, et prônent à l’envi les richesses que la cuve leur vomit. Ils en ont bien le droit peut-être, quand ces flots qui se précipitent sont du Nuits, du Pomard, du Chambertin, du Champagne, du Clos-Vougeot, et tant d’autres ! Et puis, n’est-ce-pas de leurs fortunes qu’ils parlent ? Le père y voit la dot de sa fille, et quand il aime bien sa Jeannie ou sa Catherine… dam ! il est content le vieux père, et il sourit, et il disserte.

Les vignerons sont ordinairement seuls autour des cuves, tant que ce n’est que le vin rouge qui coule ; mais à la coulée du vin blanc il se fait au pied du vaste récipient un cercle nombreux et avide. Propriétaires, voisins, enfants, neveux, nièces, tous ces groupes bienheureux que les vacances ont fouettés de la ville dans les villages, sont là, une tasse, un verre, une soucoupe à la main, et faisant le geste des Hébreux devant le rocher de Moïse… Ils goûtent le vin doux. Il est doux, c’est vrai ; mais pour être doux il n’en est pas moins traître, et gare à l’imprudent qui, séduit par sa douceur, se laisse entraîner à le goûter plusieurs fois !…

Quand le gâteau est cuit, on le partage ; partageons donc la récolte que voici terminée : « Père Thomas, combien de pièces ? – Eh ! not’ mossieu, j’avons ben la cinquantaine. » Et de cette cinquantaine, vingt-cinq descendent dans la cave du maître ; le pressoir du vigneron garde les vingt-cinq autres. Cette répartition se fait si rigoureusement, qu’elle enveloppe dans ses conditions jusqu’aux tonneaux où doit se dégonfler le ventre des cuves. Fais tenir ton bien, moi le mien ; chacun achète ses fûts pour loger son liquide. C’est juste.

images (15)Retournons aux champs, où nous allons voir le vigneron couper, arracher, cueillir, amonceler en petits tas les quelques autres récoltes, complément du revenu que lui fait dame nature. Pendant que, plié en deux et le sarcloir à la main, il creuse et sillonne la terre pour ne lui laisser rien de ce qu’elle lui a produit, jetez dans la hotte ces légumes qui sont là épars, haricots, raves, pommes de terre ; la pomme de terre surtout, cette séve du paysan, son pain quotidien. Aidez-le à la dégarnir de cette verdure importune, et quand vous aurez fait faire au tombereau les deux ou trois voyages nécessaires au transport de tout cela dans sa cour, vous irez prévenir la femme du propriétaire ; car le propriétaire, le plus souvent représenté par sa femme dans tous ces détails minutieux, doit encore venir partager, mais cette fois par portions inégales. Une petite brouette en porte un tiers chez le maître ; les deux autres tiers restent chez le vigneron, qui les blottit, pour son usage de tous les jours, à côté de quelques gerbes que lui ont données pendant la moisson un ou deux arpents de blé. C’est une part assez bien faite pour ce dernier ; mais la valeur en est si minime ! et il y a sous son toit tant de bouches qui ont faim !

Mais, me demanderez-vous, est-ce qu’on peut continuellement surveiller le vigneron dans tous ces partages ? et ne peut-il pas,lui, avoir quelques distractions en sa faveur ? – Non ; je vous ai dit qu’il était franc, et il est franc. Il n’y a pas, il est vrai, de si bon fruit qui ne puisse avoir une tache, et la ruse est une petite tache dont tout le monde a sa part, si légère et cachée qu’elle soit. Donc le vigneron a sa dose de ruse, et voici sur quoi elle s’exerce : de loin en loin dans les vignes se dressent quelques arbres à fruits, jetant plus ou moins de centimètres d’ombre à leurs pieds. Pour la récolte qu’ils donnent il n’y a pas de partage ; la politesse, ou pour mieux dire, la galanterie du vigneron en fait seule les frais. Il suffit qu’il en donne quelques-uns des plus présentables au maître, et le reste lui appartient. Eh bien ! voyez-vous la petite machination qui se prépare ? Il est trois heures du matin. A l’époque de ces fruits le maître n’est pas encore à la campagne. Le vigneron part, escorté de deux de ses fils. Tous trois marchent bravement, pliant sous une hotte ou un panier ; les fruits s’y montrent jusqu’au bord. Arrivés à la ville, Jean et Colas se dirigent droit au marché ; le père Thomas se détourne et va sonner la cloche de not’ mossieu. La femme le fait entrer, lui fait boire un coup : « Vous avez choisi, père Thomas ? – Not’ dame, c’est tout ce que j’ons pu trouver de mieux. » Une petite pièce de monnaie blanche le remercie ; il ferme la main, puis la porte, et retourne aider ses deux garçons à finir leur marché. Quels fruits pensez-vous qu’il ait portés à mossieur ? Vous avez deviné, et vous lui avez déjà pardonné. Cela ne vaut pas encore les sociétés en commandite.

Il y a bien encore par-ci par-là quelques légers mensonges. Qu’un négociant lui demande de la première cuvée ; s’il y en a, et tant qu’il y en a, il lui en donne. Mais si un second, un troisième, un quatrième arrivent, et que la première cuvée n’ait pas attendu le second, le troisième ou le quatrième acheteurs, le vigneron aborde sans trop se troubler les pièces d’une naissance postérieure, et… conclut le marché. Ne le blâmez pas ; c’est la plus grosse tromperie qu’il peut faire, et il la fait à son corps défendant. Le vigneron ne serait jamais marchand de vins à Paris ; il ne scellerait pas sous un cachet vert de l’eau de Seine et de la litharge de plomb. – Et d’ailleurs nous pouvons lui laisser ces légères supercheries pour l’indemniser de certains impôts que la coutume prélève sur lui. Pour n’en citer que deux, nous dirons que le curé, au moment de la vendange, fait faire une quête, et que tous ceux qui font du vin lui en donnent. Le second préleveur de dîmes est le maître d’école. Plus humble que le pasteur, il prend lui-même sur son dos une hotte de bois propre à contenir le vin, et fait sa tournée dans tous les pressoirs. Les bons vignerons l’accueillent, et laissent tomber dans l’énorme tirelire leur aumône liquide. – Aumône adroite souvent ; il peut tenir à un litre ou deux de vin que le fils d’un vigneron sache lire.

Ce degré d’instruction, le père ne l’a pas toujours atteint. Mais, s’il ne sait pas parfaitement lire dans les livres imprimés, il est en revanche un autre livre dans le déchiffrement duquel il est expert : c’est le ciel. Il ne connaît pas le baromètre, mais son flair infaillible lui tient lieu de tube et de mercure ; sa mémoire est un almanach vivant. Vous le voyez qui interroge le vent, les nuages : « Il fera beau. Il pleuvra. Mes pauvres raisins ! ce vent nord ne les réchauffera guère,… etc. » Et tous ces pronostics sont vrais.

Mais voilà nos ceps dégarnis. Quelques soirées d’automne, pendant lesquelles on tille le chanvre à la porte de la ferme, et l’hiver fera sentir ses premières haleines. Il ne fera pas bon à la campagne ; dépêchons. Dans cette rude saison, le vigneron, toujours soigneux, toujours prévoyant, s’occupe de toutes les réparations nécessaires à l’entretien de sa vigne. Il renouvelle la terre aux endroits où la terre a été ingrate ; il la force à être généreuse en la nourrissant d’engrais et de fumier ; il arrache et remplace les ceps inutiles qui n’ont pas donné de fruit ; en un mot il prépare son terrain, et c’est plaisir de voir comme il s’y prend pour que chaque année lui arrive féconde et profitable. Il a constamment une partie de terre occupée par les ceps en plein rapport, une autre par les jeunes pieds ou provins, et une troisième par la vieille vigne, de sorte que tous les ans il plante et il arrache. Il a ainsi trois générations de vigne contemporaines. C’est là être sage et précautionneux.

La génération jeune qu’il met en terre chasse donc annuellement une génération décrépite et sèche, laquelle génération, loin d’être inutile une fois arrachée, va au contraire adoucir et égayer pour lui les heures grises et froides de l’hiver. Voyez-le amonceler, fagoter, lier et emporter. Suivons-le. Il va nous mener sous l’immense cheminée de la ferme ; et c’est là aussi que je voulais vous conduire, parce que c’est là que je veux vous faire assister à une des gaies et bruyantes veillées de la fin de novembre, à une de ces veillées classiques chez le vigneron. Du reste, je ne vous avais pas encore dit comment il se chauffe. Ce poétique sarment, que les romanciers font pétiller dans tous les âtres, et qu’il vient, lui le vigneron, de jeter par faisceau dans le sien, puis-je consciencieusement n’en rien dire, quand le voilà qui s’allume et brûle ? vous m’en voudriez.

images (16)Le même personnel que nous avons vu autour des cuves de vin doux se trouve réuni le soir dans la ferme. On fait un grand cercle devant la cheminée ; on s’asseoit comme on peut, sur des chaises, sur la paille, à terre ; une petite lampe de cuivre vacille en haut comme une étoile terne, et le foyer, le foyer rempli de sarment, jette ses larges reflets sur tous ces visages et leurs grandes ombres sur les murs. – On fait des paniers en osier, on égrène certaines récoltes, on monde des noix, on frotte au tranchant d’une pelle les grappes de maïs, dont les grains tombent en sautillant dans un van comme la grêle sur un toit d’ardoise. En même temps les grand’mères filent, les jeunes filles tricotent, les enfants rient, les amoureux se donnent des tapes ; puis les neuf heures sonnent, les rouets s’arrêtent, les rires et le sarment s’éteignent, les veilleurs étrangers se retirent, les autres se couchent… Quelques-uns rêvent des histoires qu’un oisif a contées pendant la veillée.

Jetée dans un moule aussi uniforme, la vie du vigneron doit avoir peu de phases saillantes. Elle n’est pas comme son vin, qui fermente, écume et fait sauter sa bonde. Calme et tranquille, un pied dans sa vigne, l’autre dans son pressoir, il atteint la fin de sa carrière. Une fois sorti de ses travaux, quand il a taillé ses plants et entonné son bourgogne, il ne reste plus guère de lui que le villageois ordinaire, l’homme aux moeurs simples, à la franchise un peu rude, au langage abrupte et imagé, aux affections cordiales, et (rarement) aux haines violentes : le paysan, en un mot. Le dimanche on le verra, comme les autres habitants de son endroit, aller le matin à la messe, l’après-dîner au cabaret, jouer aux quilles, danser à la musette ; puis, la nuit venue, rentrer à la ferme et se coucher. C’est aussi simple que cela, et comme il ne s’amuse que le dimanche, ces trois lignes résument à peu près tous les plaisirs qu’il peut se donner. Souhaitons-lui donc qu’il s’en donne tant qu’il pourra, car nous allons le laisser : l’hiver a aiguisé l’air, blanchi la terre de givre. Plus de feuilles vertes, de raisins, de vin nouveau pour cette année. La campagne est triste ; sortons de la ferme, et sans jeter un coup d’oeil en arrière sur le paysage qui fait grelotter, regagnons, regagnons Paris ; nous n’en sortirons que l’année prochaine, alors que nous ne serons pas forcés de dire tristement comme aujourd’hui : Adieu paniers, vendanges sont faites !

Texte établi sur un exemplaire (BM Lisieux : 4866 ) du tome 9 des Francais peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du XIXe siècle publiée par L. Curmer  de 1840 à 1842 en 422 livraisons et 9 vol. 

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Les châteaux de la Loire

Posté par francesca7 le 15 mai 2014

 

Château de Cheverny

Château de Cheverny

Avant de se couvrir de magnifiques et luxueux châteaux de plaisance bâtis par les rois de France et leurs courtisans, la région comptait nombre de donjons et forteresses réputés imprenables. Mais rares sont ceux qui ont gardé intacte leur architecture d’origine : du Moyen Âge au 19 e s., il y en a donc pour tous les goûts…

Des donjons…

À l’ époque mérovingienne , les forteresses rurales résultent souvent de la mise en défense d’anciennes villaegallo-romaines ou de la réoccupation de sites de hauteur (Loches, Chinon). Ce type de construction subsiste sous les Carolingiens, mais la menace normande entraîne une vague de fortification.

Le château à motte (10 e s.) est une tour de bois de plan quadrangulaire bâtie au sommet d’une levée de terre, entourée d’une palissade et précédée d’un fossé. Le seigneur, sa famille, le chapelain et quelques gardes habitaient la tour. Dans les maisons de la basse-cour (délimitée par un fossé et par une levée de terre surmontée d’une palissade) vivaient la garnison, les artisans, les valets ; étables, écuries, granges, fours et parfois un oratoire venaient s’y ajouter. La reconstitution de St-Sylvain-d’Anjou permet de se faire une excellente idée de ce qu’étaient ces premiers châteaux. Le 11 e s. voit apparaître les premiers châteaux en maçonnerie. Les donjons de Loches, de Langeais, de Montbazon, de Chinon (Coudray), de Beaugency en sont de remarquables spécimens. La rivalité des comtes de Blois et d’Anjou a multiplié les constructions de donjons en pierre dans la région. Le comte d’Anjou Foulques Nerra en a été un grand bâtisseur. Le donjon du 12 e s.domine une basse-cour protégée par une enceinte extérieure en pierre, progressivement flanquée de tours et de tourelles.

… aux châteaux forts

Au 13 e s. , sous l’influence des croisades et du perfectionnement des techniques d’attaque, d’importantes innovations apparaissent. Le château se rétrécit et multiplie les organes défensifs en s’efforçant de supprimer les angles morts. L’enceinte se hérisse de tours, et le donjon est étroitement incorporé à l’ensemble. Donjons et tours adoptent un plan circulaire. La base des murs s’élargit ; la profondeur et la largeur des fossés augmentent ; les dispositifs de tir s’améliorent : archères de type nouveau, mâchicoulis en pierre, plates-formes, bretèches, etc.

Les églises et les monastères, les villes et certains villages n’ont pas échappé au mouvement général de fortification, surtout pendant la guerre de Cent Ans.

Sur le plan militaire, le 14 e s. apporte des améliorations de détail : le donjon s’engage dans la masse des bâtiments ; parfois il disparaît, l’ensemble se réduisant alors à un grand corps de logis rectangulaire défendu par de grosses tours d’angle. L’entrée, ouverte entre deux tours semi-circulaires, est protégée par un ouvrage avancé (barbacane) ou par un châtelet autonome. Les courtines se haussent désormais jusqu’à la hauteur des tours.

Au 15 e s. , un toit pointu, en poivrière, coiffe le dernier étage. Vers le milieu du siècle, l’artillerie royale devient la première du monde. Aucune forteresse ne résiste à la bombarde et l’architecture militaire subit une complète transformation : les tours deviennent des bastions bas et très épais, les courtines s’abaissent et s’élargissent jusqu’à 12 m d’épaisseur.

La région présente un cas assez exceptionnel avec le château de Brézé. Un remarquable ensemble troglodytique, protégé par de profondes douves sèches, a été créé au 15 e s. pour accueillir une garnison de 500 hommes. Il a été utilisé par les troupes du Grand Condé.

Palais Renaissance

Au 16 e s. , les préoccupations esthé­tiques et de bien-être atténuent l’aspect militaire des châteaux. Fossés, donjons, tourelles ne sont conservés qu’à des fins de prestige. Le toit très aigu, hérissé de cheminées sculptées, couvre des combles spacieux, éclairés par de hautes lucarnes monumentales. Alors qu’auparavant on réduisait les ouvertures, points vulnérables par excellence, les fenêtres se font désormais larges et sont encadrées de pilastres.

L’escalier monumental à rampes droites, voûté en caissons et axé au centre de la façade, se substitue à la tourelle d’un escalier à vis masqué. Les artistes italiens en créent de nouveaux modèles, à vis superposées (Chambord), à volées droites et plafonds à caissons (Chenonceau, Azay-le-Rideau, Poncé).

Dans la vaste cour d’honneur, une galerie – nouveauté venue d’Italie à la fin du 15 e s. – apporte une touche d’élégance. Seule construction tradition­nelle, la chapelle continue à utiliser la voûte d’ogives et le décor flamboyant. L’apport italien apparaît surtout dans l’ornementation en faible relief.

Plutôt que de modifier leur précédent château, certains propriétaires ont fait le choix de juxtaposer des ailes aux façades très différentes. C’est en particulier le cas aux châteaux de Blois et du Lude.

À la façade extérieure François I er du château de Blois, Dominique de Cortone (1470-1549), dit le Boccador (« Bouche d’Or »), a cherché à imiter la « travée rythmique », alternance de baies, de niches et de pilastres, inventée par Bramante. À Chambord et au Lude, le décor s’épure sous l’impulsion de maîtres locaux, tel Pierre Trinqueau.

Du classique 17e s. aux fantaisies du 19e s.

Après le départ de la Cour pour l’Île-de-France, de hauts personnages continuent d’élever de beaux édifices, comme le château de Brissac (ajouts du 17 e s. sur une forteresse médiévale), marqué par l’alternance des matériaux, ou la ville et le château de Richelieu (détruit), qui annoncent Versailles. Les artistes viennent désormais de Paris. Cheverny est l’exemple même de la belle demeure classique, assez sévère extérieurement, avec une symétrie rigoureuse. Citons aussi l’aile Gaston-d’Orléans du château de Blois, le château de Craon.

Le 19 e s. est une période particulière­ment propice à la construction de châteaux tant dans les Pays-de-la-Loire qu’en Sologne : les classes dirigeantes s’y font bâtir ou rebâtir châteaux et manoirs, autour desquels elles viennent chasser.

Néo-Renaissance, néogothique, néoclassique ou totales réinterprétations sont les styles adoptés pour ces milliers de constructions, au confort plus adapté à la vie moderne, ce qui explique que beaucoup restent habitées aujourd’hui.

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Château des Réaux

 

L’expression châteaux de la Loire regroupe sous une même appellation un ensemble de châteaux français situés dans le val de Loire. Ils ont la particularité d’avoir été, pour la plupart, bâtis ou fortement remaniés à la Renaissance française, à une époque où la cour des rois de France était installée dans cette région.

La notion de châteaux de la Loire revêt principalement une acception touristique, liée à cette exceptionnelle densité de monuments à visiter. Il n’existe ainsi aucune liste exhaustive des châteaux dits « de la Loire ». Ils sont généralement circonscrits aux anciennes provinces d’Anjou, de Touraine et d’Orléanais, mais certains auteurs étendent le domaine des châteaux de la Loire jusqu’aux portes de Nantes, dans l’ancienne province de Bretagne, et d’autres jusqu’à Nevers.

 

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Au cœur des mégalithes de CORSE

Posté par francesca7 le 1 mai 2014

 

À partir du 4 e millénaire av. J.-C. apparaît un ensemble de civilisations fécondes en monuments originaux. La richesse de la Corse est, à ce sujet, exceptionnelle dans le bassin de la Méditerranée. On a repéré plusieurs centaines de menhirs dans l’île et sans doute un certain nombre d’autres dorment encore sous la terre.

la_punta.1369682.18L’art des Mégalithiques

La civilisation mégalithique (de mégalithe : grande pierre) se développe dans l’île vers 4000 av. J.-C. et s’y maintient jusqu’aux environs de l’an 1000 av. J.-C.

Cette civilisation élabore ses techniques et son propre mode de vie agro-pastoral. On note la pratique des inhumations dans des coffres , puis dans des dolmens , grandes pierres plates posées sur des pierres dressées verticalement. Dans le même temps apparaissent des blocs monolithes dressés : les menhirs . Ils sont isolés ou groupés en alignements ou en cercles.

À la fin du néolithique (2500-2000 av. J.-C.), naissent les mystérieuses statues-menhirs . Environ 80 statues anthropomorphes sont connues en Corse. Munies d’un nez, d’une bouche et d’une paire d’yeux, elles sont parfois sexuées, et alors en majorité féminines. Celles du sud de la Corse sont souvent armées (poignards, épées). Selon certains archéologues, les Mégalithiques auraient représenté ainsi leurs ennemis tués au combat. Cette explication reste très controversée ; la statue-menhir serait plus simplement la représentation d’un personnage défunt ou d’une divinité.

La région de Sartène et la basse vallée du Taravo conservent les monuments les plus caractéristiques de cette époque : ne manquez pas de visiter le site de Filitosa et les mégalithes de Cauria. Des vestiges subsistent aussi dans le Niolo, le Nebbio et la Balagne.

Les monuments torréens

Vers le milieu du 4 e millénaire av. J.-C. apparaît la civilisation torréenne qui doit son nom aux nombreuses tours ( torre ) qu’elle édifie. D’une dizaine de mètres de diamètre, les tours disposent d’une petite pièce centrale. Certaines forment un ensemble beaucoup plus vaste avec le village appelé castellu et une enceinte fortifiée. Des murs cyclopéens protègent les lieux : ils sont constitués de gros blocs de pierre irréguliers, assemblés sans mortier. On a longtemps cru que ces vestiges étaient l’œuvre d’un peuple d’envahisseurs, les Shardanes. On pense aujourd’hui que la civilisation torréenne est une évolution du peuplement insulaire mégalithique liée aux échanges maritimes avec le reste du monde méditerranéen.

Les monuments torréens les mieux conservés se situent sur le plateau de Levie et dans la région de Porto-Vecchio. Le gisement de Filitosa, dans la basse vallée du Taravo, présente un intérêt exceptionnel.

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Les vestiges de l’Antiquité

Sites grecs et romains

Les vestiges grecs et romains ne se rencontrent en Corse que dans les sites archéologiques d’Aléria et de Mariana. Aléria fut surtout une base navale, important relais commercial avec la Grèce et l’Italie. On découvre dans le musée une collection de cratères et de pièces provenant de l’Attique (territoire de la cité d’Athènes), de bronzes, de mosaïques, de monnaies, de poteries. Cet art témoigne de la perméabilité du milieu insulaire aux influences artistiques du monde méditerranéen.

À l’embouchure du Golo, jouxtant l’église de la Canonica, Mariana était une cité antique et un port où stationnait une partie de la flotte de Misène.

L’art paléochrétien

Le christianisme se répand en Corse sans doute au 3 e s. La plus ancienne tradition qui soit établie avec quelque sérieux remonte au martyre de sainte Dévote en 202. Différents indices archéologiques permettent de penser qu’entre le 3 e et le 5 e s., tout un art fleurit sur l’île et qu’il connaît son âge d’or durant la seconde moitié du 4 e s. Des basiliques paléochrétiennes ont été localisées à Calvi, Ajaccio, St-Florent, Sagone, Mariana… Le baptistère et les mosaïques découvertes sur le site de Mariana donnent une idée assez précise du milieu artistique évolué de la Corse à cette époque. Mais il ne nous reste que peu de témoignages paléochrétiens car au 5 e s., tous les bourgs situés le long des côtes furent pillés et saccagés par les hordes d’envahisseurs arrivés par mer.

L’héritage roman

L’art roman de Corse est considéré comme l’un des plus beaux d’Europe. Il éclôt sur l’île dès le 9 e s., atteint sa pleine maturité durant la seconde moitié du 11 e s. et se perpétue avec la même qualité jusqu’à la fin du Moyen Âge.

Les églises préromanes

Dès le 9 e s., des dizaines de petites églises et de chapelles rurales sont édifiées. La présence de bénédictins des îles toscanes stimule l’architecture romane primitive qui fleurit surtout, à l’écart du littoral, dans les lieux protégés des raids. Malheureusement, il ne reste aujourd’hui sur l’île qu’une quinzaine d’édifices, la plupart très ruinés. Citons St-Jean-Baptiste de Corte (9 e s.) avec son baptistère à peu près intact et Santa Maria de Valle-di-Rostino (10 e s.).

L’art roman pisan

Dès la fin du 11 e s., la république de Pise entreprend de réédifier les cathédrales côtières afin de repeupler les plaines littorales abandonnées. Elle reconstruit aussi les principales églises des vallées, les piévannies . Architectes, tailleurs de pierre, maîtres maçons et sculpteurs toscans viennent apporter leurs connaissances aux artisans corses. Ils élèvent des églises, principalement dans la Castagniccia, le Nebbio et la Balagne ; celles-ci servent également de maison du peuple et de tribunaux. L’église piévane de Carbini et l’abside de la cathédrale de Mariana représentent des chefs-d’œuvre du début de cette époque. Entre 1125 et 1160, période de maturité, on remarque en particulier la cathédrale du Nebbio à St-Florent et l’église St-Jean-Baptiste à Ste-Lucie-de-Tallano. À partir du milieu du 12 e s. apparaissent quelques édifices polychromes dont San Michele de Murato et La Trinité d’Aregno constituent les plus beaux exemples.

Le caractère si harmonieux de l’architecture pisane de Corse vient de la simplicité des lignes et de la pureté des volumes. Dans les édifices, seule l’abside est voûtée (d’un cul-de-four), mais jamais la nef, couverte d’une simple charpente, à l’exception de la chapelle San Quilico près de Figari.

Plan et dimension – La plupart des églises présentent une nef rectangulaire et un chœur semi-circulaire. Elles sont de dimensions modestes : 33 m de long pour la plus grande, la Canonica ; 7,5 m pour la plus petite, la chapelle San Quilico.

Matériau et appareillage – Les pierres, d’excellente qualité (schistes de Sisco, calschistes de la Canonica, granits de Carbini…), sont appareillées de la façon la plus heureuse. L’architecte conserve souvent les trous de boulin qui servaient à caler les échafaudages, et dans lesquels jouent l’ombre et la lumière. Les chevets ornés de bandes lombardes et de colonnettes engagées, les fenêtres-meurtrières ouvertes dans les murs latéraux, les losanges, rosaces et marqueteries, les toitures en lauzes ou pierres plates (teghje) constituent une architecture sobre et équilibrée.

Décoration – Des motifs sculptés apparaissent en façade, à la base des toits, aux encadrements des fenêtres. À partir de 1135, la polychromie naturelle de la pierre participe souvent à la décoration, comme l’illustre l’église de la Trinité d’Aregno. San Michele de Murato est aussi célèbre pour son parement en serpentine vert sombre et en calcaire blanchâtre que pour sa naïve décoration sculptée.

Les sculptures archaïques ornent parfois les corniches, les arcatures, les tympans des portails. D’un dessin stylisé, elles représentent des figures géométriques, des dents d’engrenage, des entrelacs, des animaux fabuleux, des scènes symboliques et des personnages énigmatiques exécutés en ronde bosse.

pt156664Des fresques habillent parfois l’intérieur de modestes sanctuaires. D’inspiration byzantine, elles seraient des œuvres d’artistes locaux du 15 e s. On admire les plus belles dans les chapelles de St-Michel de Castirla, San Nicolao de Sermano et Ste-Christine, près de Cervione. Le haut de la voûte est toujours occupé par le Christ en majesté entouré des symboles des évangélistes, tandis qu’en bas figurent les apôtres et des saints. Le style de ces fresques où dominent le vert clair, l’ocre et le rouge, rappelle l’art des peintres de Sienne au 13 e s.

Les canons de l’art roman continueront longtemps d’être appliqués en Corse : la chapelle Ste-Catherine de Sisco, par exemple, est de style roman et date pourtant du 15 e s. L’île passe ensuite presque sans transition du roman au baroque. On ne connaît que deux églises gothiques en Corse : St-François et St-Dominique à Bonifacio.

La floraison de l’art baroque

L’ancienne cathédrale de Cervione marque sans doute le point de départ, en 1584, de l’art baroque. Plus qu’un choix esthétique délibéré, le baroque corse apparaît comme une expression artistique du renouveau religieux lié à la Contre-Réforme.

Un renouveau religieux

Aux 17 e et 18 e s., sous l’occupation génoise, un style baroque très inspiré de l’Italie du Nord se développe dans les régions les plus aisées de l’île : la Balagne, la Castagniccia et la région de Bastia. Sans profusion monumentale extérieure, les églises offrent toutefois une façade ornée de corniches, pilastres, colonnes engagées supportant un décor de pinacles, volutes et coquilles, et sont souvent embellies d’un parement de pierres dorées. Un solide clocher carré, à plusieurs étages ajourés, domine l’édifice. Dans certains cas, il se dresse à l’écart de l’église.

Dans les villes génoises, notamment à Bastia, les sobres lignes de certaines façades d’églises contrastent avec des intérieurs somptueusement décorés d’ors, de marbres, de peintures en trompe l’œil, de meubles en bois sculpté, de stucs dorés de style baroque en honneur à Gênes au 17 e s. Dans les églises baroques de villages, on découvre de riches autels et des balustrades de chœur en mosaïques de marbre polychrome, importés de Ligurie. Les artistes locaux ont parfois exprimé un art haut en couleur et plein de saveur : l’église de Carcheto est un bon exemple de ce courant populaire.

Le rôle social des confréries – Apparues au 14 e s., les chapelles de confréries fleurissent par la suite dans toute la Corse en empruntant leur décor intérieur au riche répertoire baroque, tout en conservant un extérieur des plus simples.

L’architecture militaire

Littoral ceinturé de tours de guet, citadelles perchées sur des éperons, les témoignages d’architecture militaire sont toujours présents en Corse.

Les citadelles

Afin de développer les relations commerciales avec le monde méditerranéen tout en améliorant le système de défense de l’île, Gênes fonde à partir de la fin du 12 e s. les places fortes de Bonifacio, Calvi, Bastia, St-Florent, Ajaccio, Algajola et Porto-Vecchio. Les citadelles, dans lesquelles se serrent les hautes maisons, sont entourées de remparts défendus par des bastions.

Les tours

Pour lutter contre les invasions des pirates venus d’Afrique du Nord, l’ Office de Saint-Georges organise un système de surveillance et d’alerte sur 500 km de côtes en faisant construire des tours de vigie et de refuge. Dès que des voiles barbaresques se pointent à l’horizon, les guetteurs allument au sommet de l’édifice des feux qui alertent les villages. En outre, les notables font édifier des tours carrées qui servent d’habitation et, en cas de péril, d’abri. Aujourd’hui, sur les 85 tours dénombrées au début du 18 e s., 67 sont encore debout, plus particulièrement le long du Cap Corse et sur la côte ouest de l’île. Elles sont hautes de 12 à 17 m, d’une architecture rudimentaire, mais donnent au paysage une note romantique.

Les forts

Dans le Cap Corse (Rogliano) et en Corse-du-Sud (Tiuccia…), on observe des ruines de châteaux médiévaux qui appartenaient aux seigneurs de l’île. Quelques ouvrages militaires, conçus pour la défense d’un lieu stratégique, subsistent en partie. C’est notamment le cas du fort défendant le goulet de Tizzano dans le Sartenais.

L’architecture traditionnelle

Les villages

Dans les villages anciens, les maisons sont groupées dans un apparent désordre qui masque une organisation en blocs familiaux. Ils forment souvent un charmant dédale de ruelles empierrées en escalier et de passages couverts où il fait bon errer. Promenez-vous par exemple à Sant’Antonino en Balagne ou à Vescovato en Casinca. De rares villages conservent une maison forte (casa torra) , ancien habitat noble qui avait aussi une fonction défensive communautaire. On peut en observer à Ste-Lucie-de-Tallano , à Bicchisano , à Ste-Marie-Sicché.

La maison traditionnelle

Tout comme le village, la maison (a casa) est très importante pour un Corse. Il répugne à la vendre et même à la louer. Toujours simple et sobre, elle abritait autrefois la famille au grand complet. C’est une « maison bloc » à quatre pans, construite avec les pierres locales : blocs de schiste dans le nord de l’île, granit dans le centre et au sud, calcaire à Bonifacio et St-Florent. En montagne, les murs très épais sont percés d’étroites fenêtres empêchant le soleil d’entrer en été et les vents de s’infiltrer en hiver. Les toits sont recouverts de tuiles canal en Corse occidentale et de dalles de schiste lustré appelées teghje en Corse orientale, ce qui donne de jolis tons gris-bleu à Corte, verts à Bastia, gris-argent en Castagniccia. En Balagne, les toits sont remplacés par des terrasses utilisées pour le séchage des fruits au soleil.

Les bergeries

Disséminées dans les montagnes, elles sont plus ou moins abandonnées en raison de la décadence de la transhumance, mais abritent encore de mai à octobre quelques bergers et leurs bêtes. Ce sont de grossières constructions autour d’un assemblage de pierres sans mortier. L’installation du berger y est rudimentaire : sacabane (capanna) n’offre qu’une pièce sans fenêtre. Le berger dort sur un matelas de fougères disposé sur un bat-flanc. Il confectionne le fromage et le brocciu puis les dispose dans des caves-saloirs (casgili) . Si vous vous promenez dans le désert des Agriate, vous découvrirez quelques « paillers » , humbles constructions quadrangulaires en pierres sèches autrefois couvertes de branchages et d’un épais revêtement de glaise. En Castagniccia, on rencontre parfois, sous l’apparence de « bergeries », des séchoirs à châtaignes.

Les ponts génois

On désigne volontiers sous ce terme général tous les ponts tant soit peu anciens de l’île. En fait, quelques-uns datent de la période pisane. Puis, à partir du 16 e s., Gênes en fait construire un grand nombre sur des itinéraires très fréquentés afin de développer les échanges commerciaux et agricoles dans l’île. Ces ponts portent une arche unique et une étroite chaussée empierrée, à la brisure très accentuée. Leur hauteur et leur position à un endroit large du cours d’eau sont calculées en prévision des crues parfois subites et violentes sous le climat méditerranéen.

Les fontaines

Au bord des chemins, à l’entrée des villages ou en forêt, on peut se rafraîchir à la source de charmantes fontaines rustiques faites de galets.

 

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Le coq de mon voisin

Posté par francesca7 le 18 avril 2014

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par Jean-Claude Kaufmann

Mon voisin vient d’acheter un coq. J’habite à la lisière de la ville, là où les jardins peuvent prendre un petit air de campagne. Mais cela reste la ville malgré tout, avec ses codes, ses impératifs, sa culture. Concernant le bruit, par exemple. Dans la ville, il y a toutes sortes de bruits, les marteaux-piqueurs, les voitures dans les rues, les cris des fêtards. Des bruits que l’on tolère parce qu’ils font partie de cette culture urbaine. Naples ne serait pas Naples sans son ambiance (très) sonore ; Amsterdam ne serait pas Amsterdam sans le bruissement de ses bicyclettes. Mais le bruit que l’on tolère doit être un bruit urbain, consubstantiel à sa ville, un bruit non déviant. Soit qu’il soit trop fort, inutile, agressif ; soit qu’il soit le signe d’une autre civilisation ou d’un temps révolu.

Prenez les cloches. Elles scandaient heure par heure le temps des sociétés traditionnelles, annonçant à tout le village les décès (glas) ou les dangers (tocsin). Aujourd’hui, les plus beaux carillons peuvent se métamorphoser en nuisances. Un habitant de Vence a récemment porté plainte contre les cloches matinales de la cathédrale. Trop tôt, l’angélus ! Par arrêtés municipaux, elles sont progressivement réduites au silence. Mais ce n’est pas des cloches que je veux vous parler, c’est du coq de mon voisin. Commençons par les poules, si vous le voulez bien. La société se convertit tranquillement à l’écologie, et c’est une très bonne chose. L’agriculture productiviste, les élevages en batterie font peur, et l’on souhaite recycler davantage ses déchets. Or, élever quelques poules chez soi permet de jouer gagnant sur les deux tableaux. De ne plus remplir les sacs poubelles avec les restes de salade et de se régaler d’œufs « super-bio-maison » comme ceux d’autrefois. La mode des poules en ville est donc en train d’exploser. Bref, les poules, c’est très bien.

Mais un coq ? À quoi ça sert, un coq ? À féconder les poules ? On ne les élève pas pour avoir des poussins, seulement des œufs ! Un coq, ça sert uniquement à faire joli, à faire du bruit (ou à embêter son voisin). Un coq, ça ne sert à rien ! Si ! Si ! diront certains. Alphonse Allais avait rêvé de construire les villes à la campagne. Mais pourquoi ne pourrait-on pas réinventer la campagne dans la ville ? Voilà une révolution écologique ! Avec beaucoup plus d’arbres, des potagers, des poules, des vaches, des cochons. Et des coqs ! Pourquoi le chant d’un coq serait-il plus pénible qu’un marteau-piqueur en action ? Pourquoi ne pas retrouver les saveurs acoustiques des villages d’antan ? Qui ne rêverait d’être réveillé au chant du coq ? Sauf que celui de mon voisin a totalement perdu les rythmes du village, qu’il chante à toute heure. Et faux, d’une voix éraillée. Si nous voulons réinventer le village en ville, il faut quand même y mettre les formes !

 http://www.psychologies.com/Planete mars 2014

 

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Vallée du Rhône

Posté par francesca7 le 15 mars 2014

 

  • Rapide et majestueux, le Rhône est le plus puissant des fleuves français. Au sud de Lyon, sa course vers le Midi offre l’aspect d’une percée magnifique et spectaculaire. Il est une route romantique à lui seul, la vallée qu’il traverse étant baignée de soleil et fouettée par le mistral ! DeTournon-sur-Rhône à Valence, la route panoramique tracée en corniche offre d’extraordinaires points de vue. La montée en lacets est raide mais éblouissante ; on domine la plaine valentinoise et l’on aperçoit à l’est la haute barre du Vercors. Avant de descendre sur St-Péray, le panorama de St-Romain-de-Lerps est immense et couvre pas moins de treize départements ! C’est l’un des plus grandioses de la vallée du Rhône. 
    Composée d’une mosaïque de paysages, cette vallée fascine par ses couleurs différentes, du plateau de la Dombes aux gorges de l’Ardèche, du Haut-Beaujolais montagneux aux volcans du Velay … La partie la plus impressionnante est certainement l’Ardèche dont les gorges sont connues de tous les amateurs de descente en canoë ! Mais il serait dommage de négliger les Préalpes drômoises qui ont conservé un cachet unique avec leurs villages perchés surgissant des champs de lavande. La petite ville de Dieulefit est un vrai bijou, avec ses potiers et ses souffleurs de verre…
    Pour les passionnés de vin, la vallée du Rhône abrite quelques-uns des plus beaux crus de France comme ceux de Côte-Rôtie, d’ Hermitage et de Condrieu, où les cépages syrah et viognier ont trouvé leur terre d’élection.

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Nature et paysages Ardéchois

Entre les fleuves Rhône et Loire, entre les reliefs du Massif central et ceux des Alpes, les rivières se faufilent, s’étalant rarement dans des vallées sinueuses, creusant plutôt des gorges, des avens et des grottes spectaculaires. Ce travail de l’eau sur et sous terre livre de quoi retracer l’évolution du climat au cours des millénaires, mais surtout vient sillonner toute une palette de monts et montagnes, plateaux et vallées, plaines et collines.

Dans une éblouissante variété de couleurs, du plateau de la Dombes aux gorges de l’Ardèche, du Haut-Beaujolais montagneux aux volcans du Velay, la vallée du Rhône se compose sans nul doute d’une mosaïque de paysages parmi les plus majestueux de France. La vallée et le fleuve n’ont en effet jamais cessé de cultiver leurs richesses naturelles et géologiques.

La formation du relief

Vallée du Rhône  dans Ardèche 220px-Torchis_Vestige_d%27une_grange_picarde_%C3%A0_CatheuxÀ la fin de l’ère primaire, il y a environ 200 millions d’années, un bouleversement de l’écorce terrestre (plissement hercynien) fait surgir le sol granitique du Massif central sous forme de hautes montagnes.

Durant l’ère secondaire, les sédiments calcaires s’accumulent à la périphérie du massif qui s’aplanit sous l’action de l’érosion. S’ensuit, pendant la première moitié de l’ère tertiaire, un affaissement progressif du socle hercynien de direction générale nord-sud : il est à l’origine du couloir rhodanien. Le plissement alpin exerce ensuite une formidable poussée sur le Massif central qui, trop rigide pour se plisser à son tour, bascule d’est en ouest en se disloquant. À la faveur des fissures, le magma interne, en fusion, jaillit ; des volcans s’édifient.

Au début de l’ère quaternaire, il y a environ 2 millions d’années, le Rhône, charriant de grandes quantités de matériaux arrachés aux montagnes voisines, crée des systèmes complexes de terrasses alluviales. Au milieu de cette ère, les glaciers ont de leur côté « sculpté » les paysages en se retirant : reliefs constitués de moraines, lacs tels que ceux de la Dombes et du Bas-Dauphiné.

Les pays du couloir rhodanien

La Bresse

Vallonnée et sillonnée de nombreux ruisseaux, les « caunes », la plaine de la Bresse s’étend de la Saône au Revermont jurassien. Les sols lourds sont difficiles à travailler, c’est pourquoi la région s’est essentiellement tournée vers l’élevage, particulièrement avicole.

La Dombes

C’est un plateau argileux au sol imperméable parsemé d’étangs. Le plateau se termine sur les vallées qui l’enserrent sur trois versants par les côtes assez abruptes de la Saône à l’ouest, et du Rhône au sud. Au nord, il se confond avec la Bresse. Les eaux de fonte du glacier rhodanien ont creusé la surface de légères cuvettes et laissé sur leurs bords les moraines, accumulation des débris qui l’entraînaient. Le charme de la Dombes naît des lignes sereines de ses paysages, de ses rangées d’arbres et de ses eaux dormantes.

Le Bas-Dauphiné

Au sud-est de Lyon, le Bas-Dauphiné a vu ses reliefs s’édifier lors de la fonte des glaciers durant l’ère quaternaire. Ses paysages sont multiples. Entre Lyon et le plateau de Crémieu, connu pour ses grottes et ses pâturages, les prairies voisinent avec les champs cultivés. Viennent ensuite les collines granitiques et schisteuses des Balmes viennoises qui font place à l’est aux vallées étroites qui découpent le plateau desTerres Froides . Enfin, plus au sud, aux vastes étendues boisées des plateaux de Bonnevaux et de Chambaransuccède la large et riche plaine céréalière de la Bièvre-Valloire . Ce sont les arbres fruitiers autour de Beaurepaire, ainsi que les terrasses bien cultivées de la vallée de l’Isère, qui annoncent les vergers de la vallée du Rhône.

Le Valentinois et le Tricastin

De Tain au défilé de Donzère, la vallée du Rhône s’élargit à l’est du fleuve, jusqu’aux premières collines des Préalpes, en plaines compartimentées qui forment une transition entre le nord et le sud de la vallée. La plaine de Valence montre les premiers caractères du Midi méditerranéen avec ses terrasses alluviales en gradins, ses rangées de mûriers, l’« arbre d’or » qui lui donne parfois un aspect bocager, et surtout sa multitude de vergers. Les oliviers recouvrent les versants du bassin de Montélimar avant d’alterner avec les vignes sur les collines sèches du Tricastin .

Le Beaujolais

Au nord, le Haut-Beaujolais est une zone montagneuse de terrains, essentiellement granitiques, issus du plissement hercynien. Sur les versants abrupts dévalent les affluents de la Saône orientés ouest-est.

Le Bas-Beaujolais , au sud, est surtout formé de terrains sédimentaires de l’ère secondaire qui furent fortement fracturés. Parmi eux, les calcaires tirant sur l’ocre lui valent l’appellation de « pays des Pierres Dorées ».

Fichier: Côtes du Rhône par Roger SABON et pairing.jpg alimentaireLe Lyonnais

Entre le bassin de St-Étienne, les monts de Tarare et l’agglomération lyonnaise, ce plateau est marqué de hautes croupes herbeuses, de bois de pins et de hêtres, et de vergers sur les versants les mieux exposés. Le Mont-d’Or y forme un ensemble aux allures accidentées. Le Lyonnais s’achève dans le superbe promontoire de Fourvière, qui domine le confluent de la Saône et du Rhône, et sa grande métropole.

Le Forez et le Roannais

Dans les monts du Forez, jusqu’à près de 1 000 m d’altitude, s’étend le domaine des champs et des prairies bien irrigués. Plus haut, des forêts de sapins et de hêtres couvrent les pentes. À partir de 1 200 m dominent les croupes dénudées des hautes chaumes , vastes espaces composés de landes montagnardes. Au pied de ces montagnes, la plaine humide du Forez a été comblée par les alluvions à l’ère tertiaire. Elle est piquetée de buttes volcaniques.

Le bassin de Roanne, séparé du Forez par le seuil de Pinay, est un pays rural fertile, orienté vers l’élevage et dominé, à l’ouest, par les coteaux couverts de vignes des monts de la Madeleine.

Le Pilat et le bassin stéphanois

Le massif du Pilat offre une silhouette pyramidale rehaussée de beaux ensembles forestiers qui lui donnent un air montagnard. Ses sommets, qui atteignent 1 432 m au crêt de la Perdrix, sont coiffés de blocs de granit appelés « chirats » .

À ses pieds, la région de St-Étienne, formée par les dépressions du Furan, de l’Ondaine, du Janon et du Gier, épouse la forme en amande du bassin houiller qui s’étend entre la Loire et le Rhône. Celui-ci correspond à un pli synclinal (« en creux ») de couches carbonifères, formées à la fin de l’ère primaire. Ce sillon s’élève à une altitude variant entre 500 et 600 m.

Le Velay et le Devès

Les vastes plateaux basaltiques, nommés planèzes , du pays vellave cumulent à près de 1 000 m. L’originalité de ces paysages est soulignée par les concrétions de ces volcans en forme de dôme appelés « sucs » , hardis pitons formés par des laves pâteuses. Ces planèzes herbeuses piquetées de fermes isolées voient la vie pastorale dérouler ses scènes traditionnelles sur les pentes des massifs du Meygal et du Mézenc, tandis que la région d’Yssingeaux leur adjoint une activité liée aux industries du Puy-en-Velay et de St-Étienne.

Les monts du Devès forment un vaste plateau aux coulées basaltiques. Sur la ligne de faîte marquant le partage des eaux entre les bassins de la Loire et de l’Allier, des lacs profonds comme celui du Bouchet occupent encore les cratères d’explosion. La planèze est parsemée d’environ 150 cônes volcaniques. Le point culminant est le Devès lui-même (1 421 m).

Le Vivarais

Il forme la plus grande partie du rebord oriental du Massif central. Il se caractérise par ses grandes coulées basaltiques descendues des volcans vellaves, par ses arêtes schisteuses et par les phénomènes d’érosion de son pays calcaire.

220px-Foteviken2 dans ArdècheLe Haut-Vivarais s’étend du mont Pilat et du Velay à la vallée du Rhône. Le sombre et austère pays des Boutières, aux gorges profondes et étroites, vit de l’élevage du gros bétail et de l’exploitation de ses forêts de sapins.

De la haute vallée de l’Allier au bassin de Joyeuse, le Vivarais cévenol est dominé par l’échine de la montagne de Bauzon et par la crête du Tanargue. À l’ouest, la « montagne » est encore marquée par les volcans du Velay. À l’est, les « serres » schisteuses, crêtes étroites et allongées aux pentes abruptes, séparent des vallées profondes.

De Lablachère et de Privas à la vallée du Rhône, le Bas-Vivarais calcaire forme un ensemble de bassins et de plateaux où se manifeste la nature méridionale. Au nord, le plateau du Coiron, aux falaises de basalte noir, le sépare du Haut-Vivarais ; ses vastes planèzes s’inclinent vers l’est : elles sont caractérisées par leurs dykes(murailles) ou leurs necks (pitons) – appareils volcaniques dégagés par l’érosion de leur revêtement meuble – dont le plus célèbre est celui de Rochemaure. Le plateau calcaire des Gras se présente comme une succession de causses avec leur pierraille blanchâtre, leurs rochers ruiniformes, leurs avens et leurs vallées creusées en gorges.

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qui sont les Angles d’Angles-sur-l’Anglin

Posté par francesca7 le 16 février 2014

 

 

170px-F06.Angles.1358Aux confins du Berry et de la Touraine, Angles-sur-l’Anglin doit son nom à la tribu saxonne des Angles qui envahit l’Angleterre au Vème siècle, ainsi qu’à la rivière qui sépare la partie haute et la partie basse du village. Quant à sa réputation, ce sont ses « jours », de magnifiques broderies faites à la main, qui la font depuis 150 ans et, beaucoup plus loin dans l’Histoire, sa frise sculptée magdalénienne (15000 ans !) du Roc aux Sorciers…

Angles sur l’Anglin, « l’un des Plus Beaux Villages de France », abrite un trésor de l’art préhistorique : une frise sculptée, gravée et peinte, unique au monde!

Le site du Roc aux Sorciers, découvert en 1950 en pied de falaise, au bord de l’Anglin, est un abri sous-roche habité et sculpté, daté d’il y a 15 000 ans.
La découverte d’oeuvres préhistoriques sculptées sur 20 mètres de long dans cet abri font du 
Roc -aux-Sorciers un site préhistorique majeur. 

Cette fabuleuse frise unique nous révèle l’univers des hommes de Cro-Magnon, peuplé de bouquetins, bisons, chevaux, félins, rennes et figurations humaines, dont l’exceptionnel ensemble des trois femmes sculptées.

Le Centre d’interprétation du Roc-aux-Sorciers vous propose, au travers de restitutions innovantes, de découvrir ce patrimoine.

 

Accessible aux personnes à mobilité réduite, frise tactile, Label Qualité Vienne. Le Centre vous propose de nombreux ateliers pédagogiques, conférences, contes, visites nocturnes, expositions et diverses autres activités.

Enfin! Lancement par le Ministère de la culture du site internet dedié aux abris sculptés de la Préhistoire. Naviguez librement parmis ces trésors de l’art préhistorique pourtant si méconnus, les sculptures en abri sous roche datant d’il y a près de 15000 ans. La frise sculptée du Roc-aux-Sorciers est merveilleusement mis en avant…

VISITEZ le site http://www.sculpture.prehistoire.culture.fr

 

Forteresse construite au XIème par évêque de Poitiers.

Dressée sur son éperon rocheux, elle domine de 48m la vallée de l’Anglin.

Remaniée aux XIIème et XVème , elle fut un point stratégique au carrefour des 3 régions : Poitou, Berry et Touraine.

Aux alentours de la 2ème guerre mondiale, par sécurité, on consolide l’édifice afin de conserver ce témoignage essentiel du passé. En 1985, il devient bien communal.

 Juché sur un piton rocheux, le château, monument emblématique de la cité.

Ouverture :

Juillet – Août tous les jours sauf le mardi de 11h à 12h30 et 14h30-18h30
Les week-end de Pâques, de l’Ascension, de la Pentecôte et des Journées Européennes du Patrimoine le deuxième week-end de septembre de 14h30 à 18h30.

Vallée classée, cette jolie rivière, longue de 66 Km, prend sa source à 370 m d’altitude aux pieds des monts de la Marche, vers Azerables (23). Elle rejoint la Gartempe après Angles-sur-l’Anglin.

Les paysages des bords de l’Anglin sont vraiment pittoresques et de nombreux sentiers pédestres, VTT et équestres permettent de les suivre.

 

Les activités de loisirs :

 

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En piste pour Castelnaud-la-Chapelle

Posté par francesca7 le 12 février 2014

 

Dordogne Aquitaine

Le village de Castelnaud et son château.A une dizaine de kilomètres de Sarlat, Castelnaud-la-Chapelle surplombe le confluent entre la Dordogne et le Céou dans un panorama splendide faisant face à ses voisins de Beynac-et-Cazenac et de La Roque-Gageac. Connu pour ses deux châteaux, le château fort magnifiquement restauré abritant le Musée de la Guerre au Moyen Âge et le château des Milandes, ancienne propriété de Joséphine Baker, le village et son habitat périgourdin typique recèle lui aussi de nombreux atouts…

Castelnaud la Chapelle, classé parmi »Les Plus beaux villages de France »,dominant le confluent de la Dordogne et du Céou, caractérisé par sa disposition en terrasses que l’on gravit au grè des petites ruelles escarpées, est un village d’une richesse patrimoniale exceptionnelle. Ses maison très typiques, son monument aux morts, ses pigeonniers, ses points de vue, ses sentiers de promenades et des randonnées sans oublier ses falaises et ses rivières qui en font un lieu de prédilection pour les loisirs de plein air et le dépaysement. L’agriculture, l’artisanat, les commerces, la richesse de la vie associative et des loisirs assurent la vie et le renom de cette commune petit certes mais active et prospère.

 

Les premiers habitants…
Dans un univers primitif dominé par le règne végétal, minéral et animal, l’homme tente de survivre. Pour cela, il trouve un refuge avec les grottes à mi-hauteur des falaises du Comte situées à la confluence des vallées du Céou et de la Dordogne, elles soulignent l’importance du site dans le choix de l’homme.

Des millénaires plus tard…
Par sa situation géographique, contrôlant l’une des principales voies de communication fluviales et terrestres, les paroissiens de Castelnaud furent les premiers témoins d’un passé tumultueux et connurent bien des vicissitudes au cours des siècles dominés par les guerres.

Au XII° siècle, le château avec sont bourg castral apparaissent. Le XIV° siècle, c’est la guerre de Cent Ans où anglais et français se disputent ce site frontière entre deux royaumes. Après la peste de 1348, le XV° siècle est l’annonce d’une paix relative.

Castelnaud devient une place française et un développement démographique et économique s’instaure doucement. La famille de Caumont, seigneur de Castelnaud, bâtit pour y vivre le château des Mirandes (Les Milnades) moins austère que la forteresse. Le XVI° siècle est sous l’influence des guerres de religions. Le XVIII° siècle et sa Révolution française : le château est abandonné, les privilèges sont abolis, les paysans découvrent la liberté.

Les XIX° et XX° siècles agitent l’esprit des hommes : le transport par voies fluviales est supplanté par l’arrivée du chemin de fer. L’industrialisation s’introduit dans le monde rural. L’exode rural et les deux guerres mondiales conduisent à une désertification. Un tournant économique lié au tourisme est pris en 1947 lorsque le château des Milandes est racheté par Joséphine Baker.

 

PATRIMOINE
Eglise dans le bourg, chapelle des Milandes, église de Fayrac, la croix de la Mission, château de Castelnaud, château des Milandes, château de Lacoste, château de Fayrac, maisons nobles, site des falaises du Comte (30 grottes préhistoriques protégées mais non classées), cales, 3 moulins sur le Céou, cabanes, pigeonniers, fours à pain, calvaires, monument aux morts, fontaines, lavoirs et puits

 

Château de Castelnaud – Musée de la Guerre au Moyen Age

‘est le château le plus visité du midi de la France. Château fort construit sur un éperon rocheux. Magnifique panorama sur la vallée de la Dordogne. Entièrement consacré à l’art de la guerre au Moyen âge : collection d’armes et d’armures, restitutions grandeur nature de machines de guerre (magonneau, trébuchet, pierrière, bricole). Jardin d’inspiration médiévale, donjon meublé. Circuit de visite libre (multimédia, bornes interactives, maquettes). Visite guidée sur le thème de la guerre au Moyen Age en français, anglais et néerlandais, spectacles de marionnettes, essayage d’armures et de costumes, démonstrations de forge, tir au trébuchet, maniements d’armes et spectacle nocturne sont proposés au grés des saisons (vacances scolaires, ponts de mai, juillet, août et septembre), consultez le programme sur le site Internet : castelnaud.com.Librairie-boutique   spécialisée Moyen Age. Taverne en été. Fête de l’artillerie médiévale : samedi 27 et dimanche 28 mai.

Château des Milandes

Incontournable en Périgord ! La visite est une merveilleuse plongée dans la vie de château à l’époque de Joséphine Baker dont le destin reste hors du commun. Château du XV°. Individuels : visite avec brochure et commentaires audio. Spectacle de rapaces dans les jardins à la française. Brasserie (mi-avril/mi-octobre). Boutique. Parking gratuit. Animations pédagogiques de fauconnerie (enfants de 5 à 10 ans) pendant les vacances de Pâques.

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Jardins de Marqueyssac – Belvédère de la Dordogne

Le jardin le plus visité du Périgord, 6 km de promenades, visite libre, 150 000 buis centenaires. Panoramas exceptionnels sur la vallée de la Dordogne. Restaurant au salon de thé du château (avril à novembre). Activités réservées aux enfants pendant l’été, WE fériés, vacances scolaires : atelier bricolage « Curieux de nature », initiation escalade et Via Ferrata. Chasse aux oeufs de Pâques (sur résa.). Soirée aux chandelles tous les jeudis soir en Juillet/Août. Tourneur sur bois en saison. Librairie et Boutique de la nature. Pique-nique couvert.

24220 VEZAC
Tél. +33 5 53 31 36 36
Fax. +33 5 53 31 36 30
site web : www.marqueyssac.com
N�Siret : 40129143000023

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Les jardins de la Daille

Ancienne ferme quercynoise sur le causse. Pigeonnier avec toit en lauzes, fournil. Un jardin à l’anglaise au creux d’un terrain valloné et ouvert sur la campagne. En terrasses modelées par le terrain mixed borders, shrub borders, jardin entouré de murs en pierre sèche, tendance jardin de curé, jardin d’iris, basse cour, fournil, tonnelle, bassin. Goûters à déguster sous la tonnelle et visites du jardin à l’anglaise. Ouvert du 01/05 au 30/09 du vendredi au lundi inclus et jours fériés de 16h à 18/30. Label « Jardin remarquable ».

24250 FLORIMONT-GAUMIER
Tél. +33 5 53 28 40 71

 

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Le Bourg des Moustiers en Bretagne

Posté par francesca7 le 11 février 2014

 

280px-Juigné-des-Moutiers_-_rue_du_bourgLe bourg des Moustiers, mieux que Bourgneuf pourtant plus avancé dans le sud, donne l’avant-goût de ces villages vendéens blancs et roses, aux toits serrés autour d’un petit clocher ancien à flèche d’ardoise. La place, devant l’église, agrandie exagérément aux dépens de la cure, à seule fin d’assurer le triomphe des principes républicains, conserve encore – pour combien de temps ? – un caractère puéril et noble grâce à ses arbres et aux façades endimanchées. Un beau retable du XVIIe siècle, animé, bistourné, colorié, dans la manière de ceux que l’on voit si fréquemment en Bretagne, – Lampaul, Guimiliau, Saint-Thégonec, – illustre richement l’abside de l’église sous une voûte bleue semée d’étoiles.

Mais le chef-d’oeuvre des bourgs maraîchins est Bouin, disposé en oasis sur le marais, avec ses clochetons qui montrent les cornes par-dessus un bouquet de charmes.

Pour mettre de l’ordre dans le circuit, prenons la route où nous l’avons laissée à la sortie de Bourgneuf, dans son banc d’huîtres fossiles. Elle court vers Bouin, puis vers Beauvoir-sur-Mer d’un trait à peu près droit, soulignant le littoral à deux ou trois kilomètres d’intervalle, sans d’ailleurs qu’on puisse le soupçonner. La mer, dans ce polder saumâtre, à peine arraché aux entrailles de l’Océan et encore tout engluée de ses vases, est toujours imprévue. On marche à son niveau, plus bas les jours d’équinoxe, derrière des digues qui contiennent malaisément son humeur. On la sent, on la respire, on la voit dans le sel, le nuage, la mouette, l’anguille, dans ces crabes avides qui hantent les étiers gras, et on ne peut la saisir, vrai jeu de colin-maillard. Puis un écart vous la découvre soudain, immense, d’un bloc, telle qu’elle vit au fond de la baie, livide, souillée, hachée de vagues courtes, ce clapotis sombre en accent circonflexe que les Hollandais ont peint, autour de leurs barques à livarde, avec tant d’exactitude.

A Beauvoir deux chemins, l’un tournant vers l’île de Noirmoutier, que l’on peut atteindre, à mer basse, par le passage du Gois, l’autre poursuivant du côté de Fromentine où commencent les sables du pays de Monts, maintenus par la pinède jusqu’aux approches de Croix-de-Vie. Une marge de verdure borde désormais la côte, simple trait coloré, tracé par la baguette des forestiers pour assigner sa limite à l’Océan qui, libéré de l’enclave de la baie, est redevenu l’Atlantique glauque, chassé de l’ouest sans répit, houle après houle. La route passe sur le front des pins avec tant d’autorité que pas un seul ne songe à sortir du rang. Ils demeurent chez eux, à droite, dans les dunes. Le marais s’étend à gauche, mais moins dépouillé depuis la Barre-de-Monts où vibrent les premiers peupliers blancs. L’écran des bois propage un calme bienfaisant. Favorisé par l’eau du sol, la végétation repart en couche épaisse, d’un vert suintant. Des petits ponts en dos d’âne franchissent les douves et, du haut de leur échine, l’oeil saisit au vol le scintillement clair des innombrables canaux. Discrète, à demi enfuie, la maison, qui porte le nom de bourrine, est peu visible. Les maçons la bâtissent avec cette terre du marais, pâteuse comme la glaise, grise comme la cendre, féconde comme l’engrais, qui ne cède qu’à la fré, pelle étroite et longue, semblable à une curette. On passe les murs au lait de chaux. On ouvre une porte, une lucarne. On coiffe le tout d’un chaume compact qui tombe à moins de deux mètres du sol et on plante un rosier près du seuil.

Il faut descendre par Notre-Dame-de-Monts, Saint-Jean-de-Monts, jusqu’au Pissot pour remonter vers Bouin par la belle route du Perrier, amorcée entre deux haies de peupliers splendides qui rafraîchissent l’atmosphère, brisent le soleil et concentrent en même temps, à cette croisée de chemins chargée de foins engrangés, une odeur chaude comme à l’aisselle d’une blonde. Les rouliers boivent au tournebride, la paille jonche le sol, des régiments de poules barrent la route. Même l’été les roseaux et les aulnes éclatent de verdure. Au second pas dans la prairie l’eau poisse aux semelles, vous happe. Il semble, à s’enfoncer dans les champs, que la terre flotte et va sombrer. Elle sombre. Voici l’hiver. Le marais n’est plus qu’une nappe froide anéantie sous la foulée sans fin des escadrons du suroit.

Jusqu’à Saint-Gervais, seul point de la contrée où l’écorce terrestre fait le gros dos le temps d’offrir une vue cavalière du polder, le charme mélancolique n’est point rompu. En traversant le Perrier, Sallertaine, Saint-Urbain, on retrouve, sur les clochers, le chaperon d’ardoises pointu, la maison à croupeton sommée d’une cheminée imposante comme un grenadier de son bonnet à poil, les villages en choux-crème qu’on mangerait, les barges de paille carapaçonnées de tresses, les mulons de sel et les tas de bousas séchés qui remplacent le bois sous le trépied. La propreté vendéenne est merveille ! Chaque jour est fête pour la bourrine. Modeste mais non pas misérable, très près de la vie primitive, simple, rude, elle a toujours l’air de revenir de la lessive. C’est une tradition de blanchir au moins une fois l’an ou de passer des enduits légers, roses, gris ou jaunes, sur le crépi. Les volets sont nets, les briques peintes et les tuiles d’un ton unique, tendre, languide, un ton de géranium amenuisé jusqu’à l’insaisissable par le soleil et les brouillards.

La rue des Salorges, à la sortie de Bouin, avec ses maisonnettes toutes semblables, toutes coloriées, toutes appétissantes est le modèle du genre. Le coeur pâme dans cette imagerie et vous éprouvez soudain une grosse envie de vous arrêter, d’entrer dans une de ces demeures, de vous asseoir entre la huche et le vaisselier et de ne plus jamais repartir. La terre battue est molle aux pieds, les solives fumées consolantes, le lit profond. Ah ! que vous allez bien dormir ! Vous écoutez ? Le silence… Vous regardez ! Un rayon meurt, une fleur penche, l’âtre soupire… Comme la vie est loin, comme votre âme s’évase, comme vos bras pèsent ! Les ruelles sont blanches alentour comme des communiantes, l’hôpital, précédé d’une demi-douzaine d’ormeaux, a des façons de béguinage sous sa coiffe à l’ancienne mode, les moulins tournent sur le champ de foire, quatre moulins minces, hauts comme des phares, pareils à de grands vieillards secs qui parlent à l’aide de signes un langage inconnu. Irez-vous boire ? Les cabarets portent l’enseigne de La Providence ou de La Grâce de Dieu et vous n’avez plus soif que du ciel. Près de l’église une bonne femme vend des chaussons aux pommes, dodus, lourds de compote, dont la pâte sent le beurre, le froment, et, à l’entrée du bourg, il  y a une treille miraculeuse qui produira des raisins jusqu’au coeur d’octobre.

Une jeune fille chante en tirant l’aiguille, dans la boutique du boulanger : profil arrondi, cheveux noirs lissés, prunelle en velours. Elle patoise un peu, mais je démêle, en prêtant l’oreille, un couplet surpris jadis aux lèvres de ma mère :

    Dans le jardin de ma tante il y a quatre coins.
Dans le premier coin il y a un jasmin,
Je vous aime d’un amour sans fin.
Dans le second coin il y a une rose,
Je voudrais vous embrasser mais je n’ose.
Dans le troisième il y a un oeillet,
Dites-moi tout bas votre secret.
Dans le quatrième est un pavot,
Ce que vous dites bas, dites-le haut

Dans une auberge de Bois-de-Céné également, devant une pauvre limonade, j’ai éprouvé cette douce fascination du silence, de la blancheur et de ces vieilles choses ignorantes qui ont gardé leur premier sourire. Le chêne des tables luisait profondément autour du billard couvert d’une housse en cretonne. Des lampes de cuivre étincelaient au plafond et les verres dans les placards d’angle. Entre les rideaux frais on distinguait, d’un côté, l’église courtaude derrière ses ifs, de l’autre une cuisine dorée où travaillait la patronne. Un parfum de pomme, de fumée, d’encaustique, auquel se mêlait l’odeur terreuse de carreaux trop souvent lavés et qui ne sèchent point, collait aux murs de la maison. Seul l’horloge du clocher bougeait, tous les quarts d’heure, mais on finissait par ne plus l’entendre. Deux paysans s’attablèrent et révèrent longtemps sans mot dire, en trinquant. Ils m’avaient salué avec courtoisie, comme le font encore les anciens – écho qui expire ! – le long des routes vendéennes.

Je vous jure qu’il faut un effort pour reprendre le bâton quand cette présence du vide vous a frôlé ! Ne m’avez-vous pas dit, mon cher Sageret, que Bouin est l’unique lieu du monde où vous avez dormi, parfaitement dormi, de ce grand sommeil qui est l’image de la mort ?

Compensation : la route est vivante. Bétail, volaille, dindons, canards, goélands, moulins, nuages et vent, tout s’agite à l’entour de son ruban étroit qui sinue au travers des pacages et des bossis ensemencés de fèves. Le vent surtout, ce vent du marais, prompt et jamais las, trempé, sauri, gâté par le relent des vases en dépit des bouffées toniques de l’étable et du foin, rampe ou galope jour et nuit au ras des herbes. Cette terre basse n’est pour lui que le prolongement de la mer. Nul obstacle, nul repli, pas même l’ondulation des houles. Il arrive en pleine force, en pleine lancée : il fauche. Dès novembre, aux premiers crachins, il commence de battre la bourrine-champignon, où l’homme se clapit près d’un feu de bouses, tandis que l’eau sournoise monte inexorablement, les deux complices se rejoignent sous la nue bouchée qui couvre de ses brumes leur tyrannie sans pitié. Je me souviens que la femme du peintre Milcendeau, exilée sous son chaume de Soullans, disait les larmes que le hurlement incessant de l’hiver arrachait à ses nerfs brisés.

Le Bourg des Moustiers en Bretagne dans Bretagne 220px-Juign%C3%A9-des-Moutiers_-_prieur%C3%A9_de_la_Primaudi%C3%A8reAu soleil de juin, c’est une fête de voir les troupeaux bien nourris, grands boeufs pâles, vaches au mufle huileux, disposer, sur les fonds verts, la masse décorative de leurs formes graves. L’heure du lait, le soir, les groupe aux échaliers près des bidons qui attendent. Les filles portent les sceaux crémeux, bras nus et la crinière coulée sur la nuque dans une résille. Les moutons font tache de-ci, de-là ; les poules s’affairent, bien campées, l’oeil vif ; les canards bâfrent, culs-de-plomb qui tranchent de l’aventurier en jouant de la corne. Mais ils ne feront jamais qu’un voyage au marché de Saint-Jean-de-Monts, de Challans ou de Machecoul, les pattes liées au fond d’un cageot, et l’âne en rit qui les conduira.

Lui, du moins, il engraisse. Bête de misère dans les régions tondues, l’âne tient au Pays de Retz sa prébende. Le poil frais, l’oreille vive, agile et bonhomme, il hante les fermes, les grèves, les foires, les chemins. On le voit paître les fossés en frétillant de la queue, traîner des charges de bousas, des montagnes de paille de fèves et porter le sel gris, tantôt poussé par un paysan en chapeau maraîchin, tantôt conduit par une femme abritée sous la coiffe en anse de panier qu’on nomme quinchenotte. Il est à l’échelle des maisons et sa fine couleur s’accorde naturellement aux pastels du paysage. Si j’avais à doter le marais d’armoiries parlantes, je choisirais, pour le représenter, l’eau, le nuage et l’âne. C’est un malin, en dépit de sa réputation, et un sage. J’ai eu naguère une bourrique qui n’avait rien de plus pressé que de se rouler dans la poussière chaque fois qu’on lui passait l’étrille. Elle m’apprit ainsi à mépriser les vanités mondaines dont le cheval et ceux qui le montent sont tout farcis.

Petit à petit, d’ailleurs, l’âne cède le pas à l’automobile et c’est dommage. M. Guilloux, l’historien du marais breton-vendéen, nous apprend que jadis, du XVe au XVIIIe siècle, la baie de Bourgneuf fournissait de sel une bonne moitié du monde civilisé. Des flottes de la Hanse le venaient charger en l’île de Bouin, tandis qu’huguenots et papistes argumentaient à coups de rapières, aux entours de Beauvoir, sur la façon correcte de gagner le ciel. On disait, en Allemagne, le sel de la Baye, sans plus, et il faisait prime. Mais la vase envahissait les côtes, les salines. Des siècles de lutte n’empêchèrent pas la défaite. On dut planter où la mer cristallisait. Le marais salant devint le marais gât, en culture, et la fève, le blé, le foin éliminèrent lentement le sel. Il n’est plus aujourd’hui qu’une ressource médiocre en comparaison des céréales, de l’élevage. Les nourrisseurs de Paris écument les marchés : volailles grasses, prés-salés, veaux laiteux. Et la mécanique, qui vous aplatit proprement un poulet sur le macadam, chasse à son tour notre lambin de bourricot.

J’ai remarqué pourtant que cette richesse d’après guerre avait moins atteint le pittoresque qu’on ne l’a dit, en Bretagne comme en Vendée. Bien des paysans de la vieille Armorique ont profité de l’argent pour remonter leur garde-robe en veste de velours, en gilets brodés, en tabliers de soie. Au marais on bâtit toujours la bourrine en regard des murs de pierre. Et, ma foi, j’ai beau y regarder de près, je retrouve encore intacte la nature et les hommes qu’ont peints Lepère et Milcendeau.

Le premier avait choisi le marais par élection, pour s’y recueillir quelques mois chaque année, le second tenait au sol par ses ancêtres, et il y a entre eux la différence du sang comme entre demi-frères. Il faudrait ignorer la maîtrise de Lepère, sûr de ses moyens jusqu’à éblouir, son intelligence, sa sensibilité, pour douter de la façon admirable dont il a pu interpréter les massifs d’arbres au bord des routes, – oh ! le beau souvenir des frondaisons de Watteau ! – la plaine submergée où le maraîchin pousse la yole sous les tétards, le hameau transi, la nue convulsive, le marché grouillant. Le drame de la terre et de l’eau où se débat l’homme, ce monde mouvant, dilué, sans fond, sur quoi se dressent des troncs cornus, des baliveaux instables et une volonté de vivre, il en a pénétré et rendu la grandeur tragique. Et il a été touché par la lumière aussi, cette lumière moelleuse, à facettes, qui réserve à ce lopin de boue une richesse incomparable.

Mais dans sa Bièvre, dans ses Quais de la Seine, dans sa Normandie, dans toute son oeuvre, je sens la même acuité, les mêmes raffinements de métier, le même oeil. Milcendeau possédait deux regards. En Vendée, un nouveau génie l’habite. Il n’est plus uniquement l’artiste qui met son savoir et ses dons au service d’un sujet qui l’émeut. Il est visionnaire. Ses morts, des paysans à bourrine, parlent en lui. Le marais, sous ses crayons ou son pinceau, devient religieux. Aucun effet, aucune déformation de style, mais une vérité grave jusqu’au recueillement, profonde jusqu’à l’angoisse.

Lui seul a crayonné, avec la naïveté savante d’un Clouet qui va d’emblée aux traits essentiels, le maraîchin rasé, plissé, tanné, coiffé d’un chapeau rond, vêtu d’un frac en forme de boléro et d’un pantalon collant à pleines fesses. Lui seul a fixé dans des gouaches, des dessins parfaits et sans détours, l’âme chaude, contenue, des filles à cheveux plats, brunes sanguines aux lèvres estompées, aux beaux yeux sombres, au menton court. S’il aimait la mutilation des vieux visages, le printemps craintif des adolescentes rustiques n’a pas manqué de l’attirer. Il y a dans ses horizons gris une fatalité qui fait mal. Ses toits de chaume ne posent pas, ils souffrent. Ses intérieurs fascinent. Milcendeau prend le marais et nous ouvre son coeur. Passant ailleurs, il est ici de la famille. Et s’il a rapporté d’Espagne une oeuvre lucide, c’est que le maraîchin rappelle dans ses traits, sa vêture, les paysans du Léon dont il serait, dit-on, un descendant émigré.

Chacun va où son démon le pousse et il n’est pas vrai de prétendre que l’artiste fait ce qu’il veut. Ces quelques lieues carrées où le Pays de Retz s’ajuste au Pays de Monts, ont inspiré des peintres diversement. Peské a pris l’arbre en bûcheron, en poète. Antral a pris l’eau et les signes primitifs d’une nature élémentaire.

chapelle5_200x600 dans VILLAGES de FRANCEJ’ai découvert Antral au bourg des Moustiers, dans la maison de la mère Pinson, un beau matin qu’une brise vinaigrée enfilait la ruelle. Il venait de Nantes : escale au port, aux rues chaudes, tordues, fades, lumineuses, musicales. La Loire et le lac de Grand-Lieu l’avaient préparé à ces horizons déserts que hachurent, au premier plan, un jonc maigre, des osiers, et il tenait de la mer la révélation des cieux dramatiques. Il ne fut pas longtemps à prêter l’oreille pour entendre la langue du Pays de Retz, les sables pâles comme un champ d’avoine, les vasières opalines, la baie lourde, bilieuse, arrondie dans un beau mouvement circulaire, les étiers taillés dans une terre pourrie – le Collet, les Brochets, l’Époids, – où christe-marine, algue, pourpier sucent leur vie côte à côte et qu’un balisage de perches rustiques prolonge dans le large, les douves des salines, croûtées comme un visage malade, les poteaux du télégraphe si hauts sur la plaine, les coiffes blanches, les maisons blanches, le vent…

Un soir de septembre, ces soirs si grands chez nous où les nuages s’arrêtent, échafaudent leurs masses et s’ouvrent tout à coup dans un éclatement pourpre, j’ai quitté Antral. Il emportait dans ses cartons ce pays où nous avions roulé ensemble, où il ne reviendra peut-être jamais. Je me suis retrouvé seul sur la route, avec la chaleur mélancolique d’une forte poignée de main et cette pesanteur de l’âme qui suit les évasions exaltées. Le crépuscule couvait encore des braises rouges dans ses cendres soufrées. Un phare s’alluma : le Pilier qui me fait signe du côté de l’aventure depuis tantôt quarante ans. Je vis la mer, molle et passionnée comme une phrase de Chopin, musique fanée qui vous brise… Ah ! que cette terre que je traîne aux semelles me parut pesante, en rentrant !

 

Extrait de ELDER, Marcel Tendron pseud. Marc (1884-1934) : Pays de Retz.- Paris : Emile-Paul, 1928.- 99 p.-1 f. de pl. en front. : couv. ill. ; 20 cm. - (Portrait de la France ; 21).

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Trouvères et troubadours : la musique au Moyen Âge

Posté par francesca7 le 22 janvier 2014

 

 

 

BernardDeVentadourUn des aspects particulier de la musique du Moyen Âge en France s’épanouit dans l’art des trouvères et des troubadours, art profane entièrement monodique, alors que la musique d’église de l’époque s’oriente progressivement vers un art polyphonique. Depuis un passé immémorial, ces compositions mélodiques se propagent, célébrant le plus souvent la nature, l’histoire, l’amour ou les métiers. Parfois accompagnés de danse, ils présentent tous une simplicité charmante et une réelle fraîcheur de sentiments. Mais il faut arriver au IX e siècle pour voir apparaître en grand nombre des créations non religieuses qui expriment le désir d’élargir le domaine de l’art.

 

Trouvères et troubadours

L’initiative de ce mouvement poétique et musical prend sa source dans le midi de la France. Les premiers à s’engager dans cette voie sont les « trobadors » de Provence, puis les pays de langue d’oc (au sud de la Loire entre la mer, les Alpes et les Pyrénées). Les trouvères ou poètes-musiciens du nord continuent l’œuvre commencée par les troubadours. Cet art particulièrement florissant au XII e et XIIIe siècle, dont nous avons conservé des manuscrits, révèle environ deux cents chansons de troubadours et près de deux mille chants de trouvères (le chansonnier de st-Germain, le chansonnier du Roy et le chansonnier d’Arras). 

Ces poètes des vers et des sons, inventeurs de forme nouvelles toujours écrites avec le plus grand soin,  »soupirent » après leur dame, rendent hommage à leurs suzerains, chantent leurs terres natales ou proclament la gloire de Dieu, soit dans la langue du pays soit en latin. Ils s’accompagnent d’un instrument à corde pincée la « rote », (modifié dès le XI e siècle par le jeu avec archet, la viole) qui double la mélodie et que l’on trouve représenté sur les vitraux des cathédrales. 

Jongleurs et Goliards

Leurs compositions étaient souvent exécutées par les « jongleurs », sortes de musiciens professionnels ambulants et amuseurs en tous genre qui, la vièle sur le dos, la besace au côté, déambulaient de châteaux en châteaux, de villages en villages, avec leur répertoire musical agrémenté de farces. L’hiver pendant le carême ces jongleurs appelés plus tard ménestrels, se rendaient aux écoles de « Ménestraudie » où ils apprenaient les règles de leur art, le jeu de la viole et les chansons nouvelles.

 Les Goliards poètes- musiciens itinérants vivaient en marge des institutions qui les avaient formés. Composés de clercs d’étudiants et de moines ils tournaient en dérision les valeurs dominantes de leur époque par leurs créations satiriques et parodiques. Ils menaient une existence aux mœurs dissolues. Un manuscrit conservé dans un monastère bavarois le « Benedictbeuren » d’où son nom Carmina Burana (chant de Beuren) contient l’immense répertoire des goliards. On y trouve des pièces provenant de toute l’Europe écrites en latin, en vieil Allemand et en ancien Français (du XI e au XIIIe siècle). S’y côtoient de gracieux chants d’amour, des chansons à boire et des satires anticléricales et irrévérencieuses. 

Les genres de compositions

Presque toutes les œuvres procèdent du genre strophique, avec ou sans refrain et demeurent le reflet de la civilisation du Moyen Âge, de son histoire sociale et littéraire : elle est l’expression de la foi chrétienne, de l’esprit chevaleresque à l’époque des croisades et de toutes les nuances de la poésie courtoise. 

- La plus courante est le Canso (chanson) dont les six couplets sont bâtis sur les mêmes rimes.

- La Séréna (sérénade) décrit les lamentations du chevalier amoureux.

- Le Plahn est un chant de deuil.

- L’Aube (ou aubade) parle de la tristesse de deux amants contraints de se séparer au lever du jour.

- Les Siventès sont des satires politiques.

- La Ballade est destinée à être dansée.

- La Pastourelle révèle l’amour qu’inspire une bergère.

- La Chanson des croisades met en valeur la prouesse des croisés au service de la foi et l’urgence de la quête amoureuse exacerbée par le danger. 

-          Le Partimen (jeu-parti en langue d’oïl) et la Tenso sont des œuvres crées par plusieurs troubadours elles parlent le plus souvent d’amour.

 La chanson courtoise au Moyen Âge

Le culte de la femme est au Moyen Âge le centre d’où émane toute poésie et se présente comme une sorte de transposition de l’amour divinisé, d’une grâce naturelle et prenante, la mélodie garde un ambigu assez restreint. La langue d’oïl est plus rude, moins fluide mais plus nerveuse, rendant l’intonation nette et franche, tandis que la langue d’oc chantante et caressante s’agrémente d’ornements mélodiques expressifs et souples qui lui confère un charme particulier. Notons le Rondeau qui fut très en vogue dès le début du XIII e siècle où le refrain se répète à la fin de chaque strophe et s’intercale au milieu de chaque couplet.

Principaux compositeurs. Ces poètes- musiciens se rencontrent dans toutes les classes de la société : moines et comtes, fermiers, marquis, marchands ou clercs (on y retrouve même des femmes compositeurs).

Citons quelques troubadours : Guillaume IX comte de Poitiers qui fut l’un des premiers à partir en croisade. Marcabru gascon du XI e siècle auteur de la chanson des croisades, qui se fit moine, Bernard de Ventadour à la fin du XII e siècle, Gaucelm Faidit auteur du Planh sur la mort de Richard Cœur de lion, Hambault de Vaquaires rendant un hommage d’une exquise délicatesse à la dame de ses pensées dans la ravissante « Estampiella Kalenda Maya » et surtout Jaufré Rudel auteur de la délicieuse « Canso à la princesse lointaine »qui fut chantée plus tard par Rostand. 

Trouvères et troubadours : la musique au Moyen Âge dans CHANSON FRANCAISE troubadourms6Parmi les trouvères, Chrétien de Troyes et Gautier d’Epinal, le châtelain de Coucy, aux mélodies originales, Thibault IV comte de Champagne au XIIIe siècle dont les œuvres se distinguent par la délicatesse du sentiment et la grâce de l’expression. L’humble ménestrel Colin Muset manie admirablement le genre satirique. Arras voit se se développer le style des trouvères-bourgeois (le jeu-parti de la pastourelle). Le plus connu est Adam de la Halle auteur du jeu de Robin et de Marion, et de très beaux rondeaux. 

La chanson savante à l’étranger

Les pays germaniques ont eux aussi leurs trouvères et troubadours : ce sont les « Minnesänger » (du mot ancien Minne indiquant la pensée sentimentale (dont l’objet est la femme aimée) et Sänger le chanteur. Cet art se développe dès la fin du XIII e siècle et prend tout son essor le siècle suivant. Parmi les plus célèbres citons : le duc Henri IV de Breslau, le margrave Othon de Brandebourg, le moine de Salzbourg. L’on retrouve également des trouvères bourgeois, les Meistersinger, maitres-chanteurs populaires dont les chants plus lents et plus religieux annoncent déjà le choral luthérien. 

Au XIX e siècle Wagner illustre dans Tannhauser un célèbre tournoi à la Wartburg et dans « les maître-chanteurs de Nuremberg » met en scène cette corporation, en particulier un nom illustre : Hans Sach.

Dans sa  »divine comédie », Dante cite les troubadours Français devenus célèbres. Le roi Denis du Portugal introduit dans son pays la culture poétique provençale en appelant des compositeurs Français à sa cour. En Italie, st-François D’assise, dont le « Cantique des créatures » était probablement chanté, marque le point de départ du mouvement lyrique religieux en langue populaire. Enfin en 1252, Alphonse X, roi de Castille grand amateur de musique et de poésie s’est rendu célèbre par ses cantiques à la vierge. 

Un grand nombre d’œuvres de trouvères et de troubadours existent encore de nos jours. Si elles nous paraissent parfois simples et naïves, on ne peut nier leur grand charme poétique, leur vive spontanéité et leur souplesse rythmique. Cet art représente pour la musique Française au Moyen Âge une tradition originale basée sur l’esprit chevaleresque d’une part et sur les croisades d’autre part. Toutes les manifestations de ces formes musicales et chantées consistent à  »servir  » ( servir Dieu, servir le suzerain, servir la femme) mais également à diffuser de manière attrayante des informations et un peu de rêve dans toutes les couches sociales… 

Bibliographie

- Brève histoire de la musique au Moyen-Age de Olivier Cullin. Fayard, 2002.

- La musique du Moyen Age de Albert Seay. Actes Sud, 1992.

- Chansons des trouvères de Samuel N Rosenberg. Poche, 1995.

- Au temps des troubadours de Geneviève Brunel-Lobrichon. hachette, 1999.

 

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