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Architecture de Philippe-Auguste

Posté par francesca7 le 24 octobre 2015

 

le chantier est censé démarrer en 1228

 Guédelon

Au démarrage du chantier, nous sommes en 1228. Louis IX, futur Saint-Louis, vient d’être sacré Roi à Reims. Mais trop jeune pour régner, c’est sa mère Blanche de Castille qui assure la régence du royaume jusqu’en 1235.

Localement, la Puisaye est sous le contrôle du baron Jean de Toucy. Elle est encadrée au sud-est  par le comté d’Auxerre-Nevers sous l’autorité de Mahaut de Courtenay et au nord par le Gâtinais capétien. A l’aube de la sixième croisade, la Puisaye se trouve alors dans une période de relative tranquillité.

Un hypothétique contexte social : 

Le commanditaire du château de Guédelon, Guilbert, serait un petit seigneur de Puisaye, vassal de Jean de Toucy, lui-même vassal du roi de France. Son suzerain vient de lui donner l’autorisation de construire son château. 

Son statut assez modeste dans la hiérarchie féodale et ses moyens financiers limités, l’incitent à faire ériger un « petit » château, loin des dimensions royales des châteaux du Louvre à Paris ou de Brie-Comte-Robert en Seine-et-Marne. On parlera alors de château-résidence pour évoquer Guédelon.

l’architecture de Philippe-Auguste

 Architecture de Philippe-Auguste dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-Gu%C3%A9delon11062004

Aucun vestige, aucune ruine, aucun bâtiment existant. Le futur château de Guédelon est une pure création utilisant les canons architecturaux instaurés par Philippe-Auguste aux XIIè et XIIIè siècle.

Philippe-Auguste, roi de France de 1180 à 1223, est à l’origine d’une standardisation de l’architecture militaire des châteaux dans les territoires philippiens. Les châteaux du Louvre à Paris, de Yèvre-le-Châtel dans le Loiret ou localement celui de Ratilly ou de Druyes-les-Belles-Fontaines dans l’Yonne en sont quelques exemples.

Un château dit philippien se caractérise de la façon suivante : un plan polygonal constitué de hautes courtines maçonnées dont les bases sont souvent talutées ; au pied de ces courtines, un fossé sec,  des tours d’angle cylindriques  munies d’archères à ébrasement simple et disposées en quinconce suivant les niveaux ; une tour d’angle, plus haute et plus grosse : la tour maîtresse, un châtelet entre deux tours défensif à l’entrée.

A cette période, Philippe-Auguste avait initié par le biais de traités, d’alliances et de mariages une politique capétienne d’expansion durable. Ce qui justifie l’adoption en terre icaunaise d’un modèle architectural francilien et non pas bourguignon.

Au milieu d’un espace naturel mettant à disposition toutes les matières premières nécessaires à la construction : pierre, bois, terre, sable, argile… des carriers, tailleurs de pierre, maçons, bûcherons, charpentiers, forgerons, tuiliers, charretières, cordier… bâtissent jour après jour un véritable château fort sous les yeux de milliers de visiteurs.

Quel que soit le créneau de réflexion retenu pour aborder ce chantier, Guédelon répond à bien des attentes de l’homme du XXIe siècle ! 

Guédelon est un chantier scientifique, historique, pédagogique, touristique et humain avant tout.

De saison en saison, les oeuvriers de Guédelon relèvent ce défi hors-norme. L’enceinte fortifiée, le logis et ses charpentes, la chambre et ses peintures murales, la cuisine et le cellier, les salles de tir et leurs imposantes voûtes d’ogives, une partie du chemin de ronde… ont été réalisés sous les yeux de milliers de visiteurs venus visiter ce chantier unique au monde.

Guédelon, construire pour comprendre

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Qui ne s’est jamais interrogé en visitant un monument sur les techniques de construction des bâtisseurs médiévaux ? D’où venaient les matériaux ? Comment étaient-ils acheminés ? Quels outils étaient utilisés ? Par quels procédés les bâtisseurs montaient-ils les lourdes charges ?

Guédelon tente au quotidien d’apporter des réponses à toutes ces questions encore en suspens.

A l’heure où les maîtres mots sont nature et écologie, Guédelon est aussi un espace de construction où le Moyen Âge donne de nombreuses pistes pour les constructeurs verts de demain. Guédelon est un chantier précurseur : ils vous diront tout sur les murs en torchis, l’assemblage de moellons, les murs à la chaux, la fabrication des tuiles de terre ou de bois, l’emploi des pigments naturels, le tressage des cordes de lin ou de chanvre…

Guédelon vu du ciel…

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LES CAHIERS DE DOLEANCES DE LA FRANCE

Posté par francesca7 le 21 octobre 2015

 

 
 
Travail destiné à brosser le portrait sans fard de la France à la veille de la Révolution, La France d’après les Cahiers de 1789, publié en 1897, révèle que le Tiers-Etat, qui supplie alors « le roi de défendre la foi contre les atteintes de la nouvelle philosophie », ne réclame pas l’ « égalité », ne songeant à l’abolition ni de la noblesse ni du clergé ; ne suggère jamais l’idée d’une guerre des classes, qui lui est étrangère ; que le désir de « liberté » n’a à l’époque jamais été assimilé au souhait d’instauration d’un système parlementaire. En revanche, les Français de 1789, affamés par des disettes successives, aspirent à de profondes réformes gouvernementales et administratives qui tardent à être menées, ainsi qu’à une plus grande unité législative préservant néanmoins une décentralisation propre à favoriser le développement de la vie intellectuelle, commerciale et industrielle des provinces.

Doléances

« Tout le monde a parlé de l’esprit de la Révolution française, les uns parce qu’ils avaient lu le Moniteur, les autres parce qu’ils avaient lu les comptes rendus du club des Jacobins » écrit en 1899 et quelques mois avant de devenir académicien, le titulaire de la chaire de poésie française à la Sorbonne Emile Faguet, dans Questions politiques. « Ce que la France voulait en 1789, l’a-t-elle dit ? Oui, elle l’a dit dans les Cahiers de 89. Lisons les Cahiers. C’est probablement le moyen de savoir ce qu’elle voulait », écrit quant à lui Edme Champion en 1897, dans La France d’après les cahiers de 1789, ouvrage à partir duquel Faguet se propose de décrire la France de 1789.

 

Or les Cahiers, qui, à la vérité, sont d’une lecture difficile, personne ne les a jamais lus, explique Emile Faguet. Tocqueville y a jeté les yeux ; mais il s’est arrêté beaucoup plus sur les papiers administratifs de la Touraine et du Languedoc. Taine a promené ses regards sur les Cahiers ; mais, comme M. Champion l’a irréfutablement prouvé, il ne s’y est pas appesanti beaucoup il faut l’avouer. M. Champion a lu tout ce qu’on en peut lire en France ; avec sa conscience et sa diligence infinie, il les a dépouillés complètement ; avec sa modestie bien connue il déclare encore que le travail auquel il s’est livré ne suffit pas, qu’il faut déterrer, et réunir et compulser d’autres cahiers encore, qui existent et qu’il n’a point vus ; mais enfin il a fait, en 1897, sur les véritables vœux de la France en 1789 l’enquête la plus sérieuse qui puisse être faite, et l’enquête qui n’avait été faite par personne.

Ce travail, mené à bien par l’homme le plus impartial du monde, est de tout premier intérêt ; cette « leçon de choses » est la plus solide leçon qui ait jamais été donnée sur la Révolution française. Les hommes du Tiers-État n’avaient pas lu la Révolution d’Edgar Quinet [républicain convaincu qui publia La Révolution en 1865]. Ils étaient aussi loin que possible de l’avoir lue et de l’écrire. Tout simplement ils mouraient de faim et désiraient cesser de mourir. Il n’y a pas autre chose dans les Cahiers de 1789.

Ont-ils désiré, comme on l’a beaucoup dit, l’Égalité, ce rêve de tous les Français ? Presque point. Les cahiers du Tiers ne la réclament jamais. Ils reconnaissent souvent qu’il ne faut point songer à abolir les distinctions et privilèges anciens qui font partie de la constitution du royaume et qui la consolident. Les beaux esprits, là-bas, à Paris, disent que le Tiers-État c’est toute la nation ; mais le Tiers-État ne le dit pas. Il ne songe à l’abolition ni de la noblesse ni du clergé comme ordres à part dans l’Etat. L’idée d’une Révolution politique ou l’idée d’une guerre de classes lui est totalement étrangère. Il ne songe qu’à vivre en bonne harmonie avec les autres ordres, mais il veut vivre ; il demande les moyens de vivre. Il ne demande pas davantage.

Ont-ils désiré la Liberté ? Le mot liberté est si vague qu’ici il faut préciser. La liberté politique c’est le self-gorvernment. Un peuple est libre quand le gouvernement est son délégué. Il est libre encore quand le gouvernement, sans être son délégué, est son subordonné. Il est libre donc quand il peut contrôler et ne pas ratifier les actes de son gouvernement ; il est libre quand le gouvernement ne peut pas lever sur le peuple un impôt non consenti par le peuple. Et en dernier analyse, ce dernier point suffit. Dès que le peuple a la clef de la caisse, le gouvernement par cela seul sera contrôle, donc subordonné, et ce sera à peu près la même chose que s’il était délégué. Un peuple libre est un peuple qui vote son budget. Un conseil des finances, nommé par le peuple et votant le budget, ce conseil ne fût-il pas législatif, voilà l’organe de liberté nécessaire à un peuple. Un peuple est libre quand il nomme une Chambre qui vote le budget.

Or le peuple de 1789 a-t-il demandé cela ? Pas le moins du monde, reprend notre académicien. Et ceci est tout à fait curieux. Je n’ai pas vu, dans tout ce que M Champion a cité des Cahiers, une seule allusion au système parlementaire. La Révolution a créé le système parlementaire en France ; mais la France de 1789 ne l’avait pas demandé. On me dira qu’il était contenu implicitement dans les vœux exprimés par la France en 1789. C’est mon avis. Quand les cahiers demandent qu’il ne soit pas permis « à qui que ce soit, s’autorisât-il du nom du roi et même d’un ordre surpris à Sa Majesté, de percevoir aucun impôt qui n’aurait pas été accordé par les états généraux, ou de prolonger la perception d’iceux au delà du temps pour lequel il l’aurait accordé », il est clair que cela mène à tout. Il est clair que si ce vœu est réalisé, il ne pourra l’être que par la perpétuité, au moins par la périodicité des états généraux votant l’impôt, et c’est le système parlementaire à bref délai, « dans toute sa beauté comme disait Beulé.

D’accord ; mais enfin ce système parlementaire, même à l’état rudimentaire, les cahiers ne le demandent pas ; ils n’y songent pas ; ils ne semblent pas en avoir la moindre idée. Disons la vérité : ils n’en ont pas la moindre idée. Leur pensée, c’est d’avoir une loi fixe, en finances comme en autre chose, obligeant le roi, lui traçant une limite, et que cette loi soit établie par les états généraux qu’ils sont en train de nommer. Et ensuite ? Eh bien, ils ne songent pas à ensuite. Ensuite, beaucoup plus tard, s’il y a de nouvelles infortunes, on réclamera des états généraux, comme on le fait aujourd’hui, on les nommera, et ils remédieront. La périodicité des états faisant la loi des finances et en contrôlant l’exécution, c’est-à-dire le système parlementaire, c’est-à-dire la liberté politique, est une idée qui n’existe pas dans les Cahiers. Les hommes de 89 n’ont pas plus songé à la liberté qu’à l’égalité.

 LES CAHIERS DE DOLEANCES DE LA FRANCE dans AUX SIECLES DERNIERS Cahier_Angers

Cela veut dire qu’ils étaient des monarchistes. L’idée qu’un Français de l’Ancien Régime se faisait de la monarchie était celle-ci : « Le roi gouverne. Il gouverne conformément à la loi ; car nous ne sommes pas des Turcs, nous avons des lois. Quand il ne gouverne pas conformément à la loi, c’est que la loi est mal faite ou qu’il n’y a pas de loi. Dans ce cas-là, il faut en faire une. Les états généraux sont institués pour faire ou suggérer une loi précise et conforme aux nécessités nouvelles que le temps apporte. Quand ils ont rempli cet office, ils s’en vont ; et le roi gouverne conformément à la loi nouvelle. » Et ne faut-il pas qu’il soit surveillé et contrôlé dans l’exercice de son pouvoir, dans la manière dont il exécute la loi ? Mais alors il ne gouvernerait pas ! Mais alors, vous n’avez donc pas confiance en lui ? Vous n’êtes donc pas monarchistes ?

Tout le monde en 1789 était monarchiste et personne ne voulait du pouvoir arbitraire ; et tout le monde, plus ou moins confusément, croyait qu’il suffisait d’une loi précise pour que le pouvoir ne fût pas arbitraire. Quant au gouvernement du pays par le pays, quant au système parlementaire continu, personne, presque, ne me semble y avoir songé, parce que cela, c’est, au fond, le républicanisme, et qu’il n’y avait pas de républicains en 1789.

Les Cahiers n’ont donc, en vérité, demandé ni l’égalité ni la liberté. Ont-ils songé, d’autre part, à une grande régénération morale de la nation, s’interroge ensuite Faguet ; se sont-ils dit que toute révolution profonde est une révolution religieuse ou ayant le caractère d’une révolution religieuse ? Encore moins. C’est la grande faute de la Révolution française, selon Quinet, de n’avoir pas voulu, osé ou daigné être une révolution religieuse. Quinet raisonne ainsi : « Si la Révolution française était une révolution purement économique et administrative, elle était finie le 4 août 1789. La preuve qu’elle était autre chose, dans les voeux, dans les désirs, dans les volontés, dans la conscience de la nation, c’est qu’elle n’a nullement été finie le 4 août. Elle a continué ; parce que la révolution économique n’était rien du tout, et que, à travers les tempêtes révolutionnaires, c’était la révolution religieuse que les Français poursuivaient. Seulement, mal servis par leurs commettants, ils n’ont pas réussi à la faire. Et elle n’est pas faite encore. Le progrès matériel, qu’est-ce que cela ? La révolution était autrement idéaliste. Une grande révolution religieuse qui voulait se faire, qui ne s’est pas faite, et qu’il faut accomplir, voilà la Révolution française. »

Il est possible, assène Emile Faguet ; mais les Cahiers de 1789 n’éclairent pas sur ce point, ou s’ils éclairent, ce n’est nullement pour nous diriger vers l’idée chère à Edgar Quinet. Il n’y a pas un mot de révolution religieuse, de révolution morale, de révolution de conscience dans les Cahiers de 89. Les Cahiers de 89 ne sont nullement philosophiques. La plupart veulent que la religion catholique demeure religion d’État. « La France, dit M. Champion, demeure si foncièrement catholique qu’elle a beaucoup de peine à se défaire de sa vieille intolérance. Ce n’est pas seulement l’Église ; qui, plus de dix ans après la mort de Voltaire, se résigne difficilement à l’édit en faveur des protestants et veut que la religion nationale conserve tous les privilèges d’une religion d’État ; c’est aussi une grande partie du Tiers. En général, quand il admet l’état civil des non catholiques et leur participation à certains emplois, il leur refuse toute place dans l’administration judiciaire, dans l’enseignement, dans la police ; ils n’auront ni temples, ni assemblées, ni cérémonies publiques ; ils seront tenus de garder le silence sur les questions religieuses. » A Auxerre, le Tiers supplie le roi de défendre la foi contre les atteintes de la nouvelle philosophie à Paris, il sait que « tout citoyen doit jouir de sa liberté de conscience ; mais l’ordre public ne souffre qu’une religion dominante, etc. » Lisez M. Champion. Au point de vue de la « révolution religieuse » les Cahiers de 1789 sont tout simplement réactionnaires.

Ainsi, affirme l’académicien, le peuple de 1789 est religieux et fidèle à l’Eglise catholique en immense majorité. Il la veut moins riche, oui ; il veut l’appauvrir, oui ; il veut l’abolition de la mainmorte et autres abus inouïs dont vous trouverez le détail dans M. Champion ; il veut que des richesses colossales qui ont été données au clergé pour servir au bien public, et qui, depuis longtemps, n’y servent plus du tout, soient enlevées à l’Église. Mais ici nous rentrons dans ce que j’appelle la révolution économique ; et il ne s’agit plus de révolution religieuse.

Liberté, égalité, transformation religieuse et morale voilà ce que les Cahiers de 1789 n’ont pas demandé du tout. Voilà quels n’étaient pas les vœux de la France en 1789. Mais quels étaient, donc ces vœux ? Voici.

Ce peuple mourait de faim. Les Cahiers sont une longue doléance d’un peuple qui voudrait manger un peu. « La misère extrême du peuple », voilà le refrain des Cahiers de la noblesse et du clergé. Quant au peuple il ne dit pas autre chose, et pour cause : « Je ne sais quoi demander, dit naïvement quelqu’un de Rocquencourt, la misère est si grande qu’on ne peut pas avoir de pain. » Les gens de Pontcarré : « Réduits à la plus affreuse indigence nous n’entendons que les cris d’une famille affamée à laquelle nous regrettons presque d’avoir donné le jour. » A Suresnes, où il y a cinq cents familles, cent cinq ont besoin de secours. A Châtellerault les paysans n’ont jamais mangé que du pain noir ; et maintenant, ils n’en ont plus. En Touraine « la moitié des ménages font réponse qu’ils n’ont pas de pain, versant des larmes, se désirant hors de ce monde ».

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La mendicité, à cette époque, c’est purement le brigandage en permanence. Les hordes de mendiants campent dans les paroisses et prélèvent leur impôt, après tant d’autres, par la terreur. « Nous, pauvres laboureurs, disaient les paysans du Boulonnais, sommes bien exposés à bien des peines, de faire l’aumône le jour et même la nuit, aussi bien ceux qui ne le peuvent pas que ceux qui le peuvent, crainte de mauvaises suites, à cause de la grande misère et autres choses. »

Il faudrait des hôpitaux, des asiles, des refuges pour canaliser toute cette misère onéreuse et redoutable. Encore (voici la note pessimiste et désespérée, qui est bien curieuse), encore on ne sait trop s’il le faut bien désirer, « ces établissements multipliant les débauches et les excès ; et l’on entend dire là où il y en a : Nous ne risquons rien de boire et de nous divertir nous irons à l’hôpital. » Quand un peuple en est là !… Voilà le tableau vrai. Savez-vous qui a fait le résumé le plus précis des Cahiers de 1789 ? C’est La Fontaine dans le Paysan du Danube.

Quelles sont pour les rédacteurs des Cahiers de 89 les causes de tant de maux affreux ? 1° L’absence de constitution fixe ; 2° L’absence de lois précises et les mêmes pour tous ; 3° Une administration déplorable ; 4° L’existence et le maintien des droits féodaux. Voilà les maux que les Cahiers de 1789 ont dénoncés. Ils ont voulu une révolution administrative et une révolution économique, et rien autre. Ils ont voulu que le domaine national eût son règlement, sa loi précise et fixe, une exploitation intelligente et sans gaspillage, et qu’ainsi tout le monde pût y trouver à peu près sa subsistance. Ils ont voulu exterminer du patrimoine le caprice, l’arbitraire, le temps perdu, l’argent perdu, le travail perdu, pour qu’il rendît au profit de tous et de chacun tout ce qu’il pouvait rendre. C’étaient des paysans qui trouvaient que la grande ferme n’avait ni bon règlement de travail, ni bons régisseurs, et qui voulaient qu’on leur accordât ces deux biens très précieux. Les vœux n’allaient pas au delà.

Premier point, sur lequel ils sont tous d’accord : donner une constitution à la France ; ne pas voter un sou de subsides avant d’avoir donné une constitution à la France. Ils se sont parfaitement aperçus que la France n’en avait pas. Elle en avait une, mais si ancienne, si surannée et si oubliée que c’était comme si elle n’eût pas existé. La faire revivre eût été lui en donner une vraiment nouvelle. Comme disait très bien M. de Staël un peu plus tard, c’eût été faire une constitution que de « faire marcher une constitution qui n’avait jamais été qu’enfreinte ». Ils avaient parfaitement raison. Ce qui manquait le plus à la France, c’était de savoir comment elle vivait. Elle n’en savait rien du tout. Le roi ne le savait pas ; les ministres ne le savaient pas ; les parlementaires n’en savaient rien, et les sociologues en ignoraient comme les autres. On allait absolument au hasard, c’est-à-dire en plein arbitraire, mais dans un arbitraire qui sentait qu’il n’était pas légitime, et qu’il aurait dû ne pas être. C’est la pire des situations. Le roi savait qu’il devait obéir à quelque chose, et ne savait pas à quoi obéir ; de sorte qu’il y avait dans ce gouvernement un mélange de témérité et de timidité, qui aboutissait à une perpétuelle inquiétude. L’inquiétude est le mal de la France depuis le XVIesiècle jusqu’au XIXe. C’est un état qui n’a pas de base. Savoir ce qu’on est, pour savoir un peu ce qu’on devient, c’est le souhait modeste des Cahiers de 1789, dans l’ordre sociologique.

Car, remarquez, tous demandent que l’on fasse une constitution, aucun ne dit laquelle il faut faire. Nulle indication là-dessus. Sont-ils pour l’ancienne constitution redevenue une vérité, comme la Charte de 1830 ? Sont-ils pour un essai du système anglais ? Sont-ils américains, et veulent-ils cette « démocratie royale » qui fut une idée à la mode parmi les beaux esprits de Paris, de 1789 à 1791 environ ? Ils ne le disent pas. Ils ne disent ni ceci ni cela. Le mot le plus net que je trouve sur ce point dans différents cahiers, entre autres dans celui du clergé de Provins, est celui-ci, ajoute Faguet : « Les abus contre lesquels la nation réclame ont une source commune, le pouvoir arbitraire. Ce n’est qu’en le resserrant dans de justes limites qu’on peut espérer de rétablir l’ordre dans diverses parties de l’administration. »

Resserrer les limites de l’arbitraire, soit ; mais cela, encore, est dire seulement qu’il faut une constitution. Il y a l’arbitraire, c’est-à-dire le chaos ; il faut sortir du chaos ; il faut qu’il y ait quelque chose. C’est tout ce qu’ils demandent. Une constitution, rien de plus. Ils semblent dire : « N’importe laquelle, mais une constitution. » Au fond c’est bien leur état d’esprit. En 1789, on veut que le gouvernement gouverne d’une façon régulière. Voilà tout. Il est vrai que c’est quelque chose.

Le second vœu des hommes de 89, voeu presque aussi unanime, est l’établissement de lois nettes et qui soient les mêmes pour toute l’étendue du royaume. Un peu moins d’unanimité ici. Certaine attache à des franchises ou privilèges locaux dans quelques cahiers. On souhaite bien l’immense avantage d’une législation unique mais on voudrait quelquefois le combiner avec les profits d’une situation privilégiée. C’est très humain. Reconnaissons cependant qu’en général, l’unité et la netteté de législation sont le souhait ardent des hommes de 1789.

J’en suis enchanté, poursuit l’académicien. Mon décentralisationnisme (pardon !) n’en gémit nullement. La pire décentralisation, c’est la décentralisation législative. La décentralisation, c’est une série de mesures, individuelles, locales, provinciales, nationales, pour favoriser le développement, ailleurs qu’au centre, de la vie intellectuelle, commerciale, industrielle. Cela n’a presque aucun rapport avec l’unité de législation. Sous une loi unique, mais bien faite, une immense activité locale peut être permise, encouragée, protégée, et même provoquée.

Du reste nos vénérables pères de 1789 n’entraient point dans ces considérations de haute sociologie. Comme en tous leurs voeux, ici comme ailleurs, leur idée politique était une forme de l’honnête désir de ne pas mourir de faim. Ils désirent la refonte des lois et l’unification de la loi parce que la Picardie n’a pas le droit de faire de l’eau-de-vie avec son cidre, tandis que la Normandie a le droit d’en faire avec le sien ; parce que tel parlement permet de couper le blé comme on l’entendra, ce qui paraît naturel, tandis que tel autre interdit de le couper avec une faux ; parce que le royaume est zébré de douanes intérieures qui rendent tout commerce presque impossible, font la pléthore ici et la famine quatre lieues plus loin ; parce qu’une marchandise expédiée de Guyenne en Provence acquitte sept droits ; parce que sur la route de Paris en Normandie par Pontoise, dans un certain espace de quatre lieues, il y a droit de barrage à Saint-Denis, droit de passage à Épinay, droit de travers à Franconville ; et cela peut s’appeler les droits réunis ; parce que les gens de Toul ne peuvent littéralement pas sortir de chez eux sans rencontrer toutes les lieues des gardes, bureaux, etc. ; parce que l’Alsace et la Lorraine, « provinces à l’instar de l’étranger commercent librement partout, excepté avec la France et la Franche-Comté ; parce qu’on ne peut avoir dans les petites villes avoisinant Paris ni un marché ni un marchand ambulant, crainte qu’ainsi Paris ne soit affamé, et que, pour cette cause, on doit vivre sans manger quand on habite Nanterre ; parce que les routes, sauf quelques-unes, ne sont pas entretenues du tout, les fonds perçus pour leur entretien étant employés à toute autre chose ; parce que tout semble concerté pour rendre impossible la communication entre eux des différents membres du corps territorial.

Si la législation est absurde, l’administration est déplorable. Que voulez-vous que nous fassions de nos enfants ? Des commerçants ? On vient de voir comme le commerce est facile et rémunérateur. Des agriculteurs ? L’agriculture, sans un commerce facile, prompt et libre, est stérilisée, quand il n’y aurait pas dans la mauvaise répartition des impôts et dans les droits féodaux d’autres causes de stérilité que nous verrons ci-après. Des soldats ? Grâce aux nouvelles mesures (car ici le gouvernement de Louis XVI est moins libéral que celui de Louis XIV) ils ne pourront jamais, sinon par des procédés qui sont des fraudes et qui sont dangereux, devenir officiers. Ici la noblesse elle-même est presque aussi desservie que le Tiers. La carrière militaire devient financière tout comme la carrière judiciaire. Un noble pauvre peut tout au plus devenir lieutenant-colonel. Un enfant dont le père est noble, mais surtout riche, « à peine échappé du collège vient avec un étalage de luxe humiliant pour les autres apprendre à un capitaine de grenadiers ce que ce dernier avait enseigné à son père. Les larmes aux yeux, la noblesse supplie Sa Majesté de laisser les grades supérieurs ouverts au mérite. »

(D’après « Questions politiques », paru en 1899)

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Martin, un saint comme on n’en fait plus

Posté par francesca7 le 4 juin 2015

Amiens, Janvier 336, il gèle à pierre fendre !

 Saint-MartinMartin qui est né en Pannonie, l’actuelle Hongrie, et qui est devenu soldat à quinze ans, sert en Gaule. À la porte de la cité, il rencontre un pauvre nu. Martin, chrétien convaincu, a déjà distribué tout ce qu’il a en cours de route, il ne lui reste que son manteau. Il se saisit alors de son épée, et coupe son vêtement chaud en deux, donnant au pauvre de quoi se vêtir – et l’autre moitié alors, il ne pouvait pas la donner ?

Non ! Elle appartenait à l’armée romaine dont il faisait partie ; généreux, Martin, pas voleur ! La nuit même, le Christ lui apparaît en songe : c’était lui le pauvre nu qu’il a secouru ! L’affaire se sait et voilà Martin déjà vénéré comme un saint.

Martin est baptisé à Amiens. Il s’emploie à persuader les paysans que leurs arbres sacrés et leurs temples doivent être remplacés par le culte chrétien. Ceux-ci un jour, pour se venger, l’attachent à un sapin. En face, ils en abattent un autre qui doit logiquement écraser notre saint ficelé ! Mais miracle : le sapin coupé vacille, se redresse et va tomber de l’autre côté. Cela se sait encore, et voilà Martin presque divinisé !

Mais, un jour, à Candes, au confluent de la Vienne et de la Loire, Martin meurt comme tout le monde ! Les moines de Ligugé et ceux de Marmoutier, villes où il avait fondé des monastères, se disputent sa dépouille. Ce sont les Tourangeaux qui l’emportent, Martin ayant été évêque de Tours. Cela se déroule au début de novembre 397.

Alors survient un phénomène étonnant : au passage de la dépouille de Martin, les arbres reverdissent, des roses s’épanouissent, la nature refleurit tout à coup ! Et chaque année la nature se souvient de ce miracle et nous offre… l’été de la Saint-Martin ! On inhuma Martin le 11 novembre, et on prit soin d’installer sa cape (la moitié restante – et romaine – du manteau donné au pauvre) dans un sanctuaire qu’on nomma tout simplement capella. Et puis le mot capella a donné naissance au mot « chapelle ». Tout simplement !

Saint Martin de Tours, aussi nommé Martin le Miséricordieux – Dans la région des Alpes, il fut un jour attaqué par des brigands. L’un des voleurs lui demanda s’il avait peur. Martin lui répondit qu’il n’avait jamais eu autant de courage et qu’il plaignait les brigands. Il se mit à leur expliquer l’évangile. Les voleurs le délivrèrent et l’un d’eux demanda à Martin de prier pour lui.

La Chrétienté est alors déchirée par des courants de pensée qui se combattent violemment et physiquement ; les ariens sont les disciples d’un prêtre, Arius qui nie que le Christ soit Dieu fils de Dieu au contraire des trinitaires de l’Église romaine ; à cette époque les ariens sont très influents auprès du pouvoir politique. Alors que Hilaire, un trinitaire, victime de ses ennemis politiques et religieux tombe en disgrâce et est exilé, Martin est averti « en songe » qu’il doit rejoindre ses parents en Illyrie afin de les convertir. Il réussit à convertir sa mère mais son père reste étranger à sa foi ; cette position peut du reste n’être que tactique, le père essayant de défendre son statut social privilégié.

En Illyrie c’est la foi arienne qui est la foi dominante et Martin qui est un fervent représentant de la foi trinitaire doit sans doute avoir de violentes disputes avec les ariens car il est publiquement fouetté puis expulsé. Il s’enfuit et se réfugie à Milan mais là aussi les ariens dominent et Martin est à nouveau chassé. Il se retire en compagnie d’un prêtre dans l’île déserte de Gallinara non loin du port d’Albenga et se nourrit de racines et d’herbes sauvages. Martin s’empoisonne avec de l’hellébore et il s’en faut de peu qu’il ne meure.

En 360, avec les canons du concile de Nicée, les trinitaires regagnent définitivement leur influence politique et Hilaire retrouve son évêché. Martin en est informé et revient lui-même à Poitiers.
Alors âgé de 44 ans, il s’installe sur un domaine gallo-romain qu’Hilaire lui indique près de Poitiers. Martin y crée un petit ermitage, que la tradition situe à 8 km de la ville : l’abbaye de Ligugé où il est rejoint par des disciples. Il crée ici la première communauté de moines sise en Gaule. Ce premier monastère est le lieu de l’activité d’évangélisation de saint Martin pendant dix ans. Il accomplit ses premiers miracles et se fait ainsi reconnaître par le petit peuple comme un saint homme.

Il crée un nouvel ermitage à 3 km au nord-est des murs de la ville : c’est l’origine de Marmoutier avec pour règle la pauvreté, la mortification et la prière. Les moines doivent se vêtir d’étoffes grossières sur le modèle de saint Jean-Baptiste qui était habillé de poil de chameau. Ils copient des manuscrits, pêchent dans la Loire ; leur vie est très proche de ce que l’on peut lire dans les Évangiles sur la vie des premiers apôtres, jusqu’aux grottes qui abritent dans les coteaux de la Loire des habitations troglodytes où s’isolent des moines ermites.

Le monastère est construit en bois ; Martin vit dans une cabane de bois dans laquelle il repousse les « apparitions diaboliques et converse avec les anges et les saints » : c’est une vie faite d’un courage viril et militaire que Martin impose à sa communauté.

Tout ce monde voyage à travers les campagnes à pied, à dos d’âne et par la Loire ; car Martin est toujours escorté de ses moines et disciples, sans doute en grande partie pour des raisons de sécurité car il ne manque pas de voyager très loin de Tours. Ailleurs l’autorité de l’évêque est limitée à l’enceinte de la cité, avec Martin elle sort des murs et pénètre profondément à l’intérieur des terres. Martin semble avoir largement sillonné le territoire de la Gaule ; là où il n’a pas pu aller, il a envoyé ses moines.

À cette époque les campagnes sont païennes, il les parcourt donc faisant détruire temples et idoles. Il fait par exemple abattre un pin sacré.

Il prêche avec efficacité les paysans, forçant le respect par l’exemple et le refus de la violence. Il prêche par la parole et par sa force, il sait parler aux petits et il utilise à merveille la psychologie par sa connaissance des réalités quotidiennes et l’utilisation de paraboles simples que le petit peuple comprend, tel que le Christ le faisait : ainsi il dit d’une brebis tondue « qu’elle accomplit le précepte de l’évangile basé sur le partage ».
Il remplace les sanctuaires païens par des églises et des ermitages et comprenant fort bien l’homme de la campagne et ses besoins, il se donne les moyens de le convertir alors que la foi chrétienne est encore essentiellement urbaine.

Marmoutier sert de centre de formation pour l’évangélisation et la colonisation spirituelle des campagnes ; c’est pour l’essentiel la première base de propagation du christianisme en Gaule.

Martin de Tours est présent à Trèves lorsque les évêques d’Espagne Hydace et Ithace demandent à l’empereur Maxime la condamnation de Priscillien. Celui-ci est condamné (pour motifs civils) au chef de magie. Rejoint par Ambroise de Milan (délégué par le jeune empereur Valentinien II), Martin demande la grâce pour Priscillien. Bien qu’Ambroise, menacé de mort par l’empereur, ne le soutienne pas, Martin obtient que les disciples de Prisicillien ne soient pas poursuivis. Le pape Sirice s’élevera contre les procédés de Maxime.

Par la suite, Martin de Tours refusa toujours de participer aux assemblées épiscopales, ce qui, avec ses efforts pour sauver de la mort Priscillien, le fit suspecter d’hérésie. L’empereur Théodose Ier déclara nulles les décisions de Maxime dans cette affaire ; Ithace sera déposé quelques années plus tard, et Hydace démissionnera de lui-même de sa charge.

Marmoutier comptait 80 frères vivant en communauté, issus pour la plupart de l’aristocratie ce qui permettait à Martin de jouir d’une grande influence et de se faire recevoir par les empereurs eux-mêmes. Il existe désormais une complicité entre les empereurs et les évêques, entre le pouvoir de la nouvelle foi et le pouvoir politique. Mais cela n’empêche pas Martin, à la table de l’empereur, de servir en premier le prêtre qui l’accompagne et d’expliquer que le sacerdoce est plus éminent que la pourpre impériale.

Martin, un saint comme on n’en fait plus  dans FONDATEURS - PATRIMOINE 290px-IndianSummerUn jour, voyant des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, il explique à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens. Et les oiseaux prirent ainsi le nom de l’évêque ; ce sont les martins-pêcheurs.

Au soir de sa vie, sa présence est requise pour réconcilier des clercs à Candes sur Loire, à l’ouest de Tours ; l’urgence de l’unité de l’Église fait que malgré sa vieillesse, il décide de s’y rendre. Son intervention est couronnée de succès, mais le lendemain, épuisé par cette vie de soldat du Christ, Martin meurt à Candes, à la fin de l’automne, le 8 novembre 397 sur un lit de cendre comme mouraient les saints hommes ; disputé entre Poitevins et Tourangeaux, son corps est subtilisé par ces derniers et rapidement reconduit par le fleuve jusqu’à Tours où il est enterré le 11 novembre.

Une légende veut que les fleurs se soient mises à éclore en plein novembre, au passage de son corps sur la Loire entre Candes et Tours. Ce phénomène étonnant donnera naissance à l’expression « été de la Saint-Martin » ou  l’été des Indiens (expression d’origine américaine) 

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UNE ENQUÊTE SUR JEAN COUSIN

Posté par francesca7 le 25 septembre 2014

 

 téléchargement (9)Jean Cousin est un de ces ouvriers de la première heure qui, à l’aurore du XVIè siècle, ont renouvelé l’art français. Il possédait le don merveilleux de tout savoir, de tout comprendre et cette diversité d’aptitudes dont les maîtres italiens de la Renaissance nous ont montré tant de glorieux exemples. A la fois peintre, sculpteur, graveur, verrier, architecte et écrivain, presque toujours il s’est montré sûr de sa main comme il l’était de sa pensée. Et cependant l’histoire ne possède encore que des lambeaux épars de sa vie. On ne sait au juste ni quand il est né ni où il est mort; on ignore la plupart de ses oeuvres, soit que les unes aient été détruites par le temps ou les révolutions, et que les autres aient péri sous la main de vandales qui prétendaient les restaurer ou les mettre en harmonie avec le goût moderne. Si bien que l’été dernier, M.Deligand, maire de Sens, dressant un long et consciencieux procès-verbal des faits, nous ne dirons pas connus, mais publiés sur son illustre compatriote, n’a obtenu de ce patient labeur qu’ un résultat fort triste, à savoir, que les points de sa vie tombés dans l’oubli l’emportent en nombre et de beaucoup sur ceux reconnus authentiques ou seulement vraisemblables.

Les études premières, les travaux et les faits essentiels d’une vie que jean cousin consacra toute entière au travail, sont tellement peu connus, qu’il n’est pas d artiste à qui l’on ait plus accordé de choses qui ne sont pas de lui. Toute peinture, toute gravure, sculpture ou verrière de son époque, et dont leurs auteurs sont restés ignorés, lui ont été attribués sans preuves, sans raisons suffisantes. Et il arrive maintenant, juste retour des choses d’ici-bas, que l’esprit de critique, ce trait vital du génie français, non content de lui avoir ôté ces oeuvres apocryphes, cherche à lui ravir l’un des rayons principaux d’une gloire dont il avait toujours joui sans conteste.

Jean Cousin a-t-il été sculpteur ? Cette question fut posée en 1858 par un de nos érudits d’art des plus compétents, M. Anatole de Montaiglon. Certes, Jean Cousin a été sculpteur, écrivions-nous vers ce même temps au savant bibliothécaire de  l’école des Chartes, car Ies comptes de la cathédrale de Sens, relevés par notre excellent archiviste, M Quantin mentionnent qu’une somme lui fut allouée en 1543, « pour avoir racoustré une « statue de la sainte Vierge. » D’autre part, les comptes de Fontainebleau, transcrits par M. de Laborde, mentionnent la vente, à lui faite, d’un bloc de marbre dont il ne voulait pas apparemment  faire des manches de couteau ; enfin la tradition, qu’il n’est guère permis de traiter légèrement, car elle nous a valu l’Iliade et la Bible, a toujours été sur ce point précise et invariable.

Mais a-t-il sculpté cette admirable statue de l’amiral Chabot, l’orgueil du Louvre et de l’art français, l’égale, ou peu s’en faut, des plus belles oeuvres de Michel-Ange ? L’attribution qui lui en est faite reposait uniquement sur assertion relativement récente (1606) de Félibien, lorsque nous trouvant à Sens en Décembre dernier, un érudit de cette ville, artiste à ses heures, M. de la Vernade, voulut bien nous communiquer, et même nous aider à transcrire d’un vieux manuscrit de famille, comtemporin de Jean Cousin, la preuve, décisive  en apparence, qu’il a sculpté la statue de Chabot. Ce manuscrit, bien connu dans notre département, à pour titre : Histoire de la ville de Sens, par Taveau, copiée et revue par P. Maulmirey, échevin de cette ville, en 1572, et l’aïeul de M. de la Vernade. Le manuscrit princeps, celui de Taveau, existe d’ailleurs à là bibliothèque de la ville, mais le passage en question avait échappé jusqu’ici aux biographes de Jean Cousin, bien qu’il eut été signalé, mais incomplètement, par M. Horsin Déon, en 1851, dans son excellent livre, devenu rare, De la Restauration et de la Conservation des Tableaux. Voici ce passage, transcrit avec un profond respect de l’orthographe, et qui voit ainsi le jour pour la première fois :

  »Jehan Cousin, natif d’un village nommé Soucy , en la banlieue de Sens, peintre fort gentil et excellent d’esprit, a monstré par les belles peintures qu’il a délaissées à la postérité la subtilité de sa main et a fait cognoistre que la France se peut vanter qu’elle ne le cède en rien aux gentils esprits qui ont été ès autres pays. Il a faict de beaux tableaux de peinture très ingénieuse et artiste, qui sont admirés par tous les ouvriers experts en cet art pour la perfection de l’ouvrage auquel rien ne deffault.

Oultre ce, il estait entendu à la sculpture de marbre, comme le tesmoigne assez le monument du feu admiral Chabot en la chapelle d’Orléans, au monastère des Célestins de Paris, qu’il a faicte et dressée et monstre l’ouvrage l’excellence de l’ouvrier. »

Ainsi donc, un témoignage contemporain et digne de confiance, accorde au grand artiste sénonais l’œuvre qu’on lui conteste. Mais M. de Montaiglon, que nous nous sommes empressés d’aviser de notre découverte, ne la trouve point décisive. Voici ses raisons : 

Paris 11 décembre 1868 

Monsieur et ami, 

Votre passage est très curieux. C’est la première fois qu’il se produit un texte antérieur à Félibien, et cela est important. Mais une chose reste certaine :
    1°) Que le cadre ovale de l’ancien tombeau de Chabot ne peut être que de la fin des Valois; par conséquent, l’ayant ou ne l’ayant pas sculpté, Cousin peut être l’auteur de la composition et du dessin et en avoir surveillé l’exécution;
    2°) Que la statue, la seule chose qui soit un chef d’œuvre est bien antérieure, ce qui résulte d’elle-même; elle est d’un goût non seulement antérieur au temps de Pilon, mais même au temps de Goujon; elle est contemporaine de François ler et de Chabot, et, dans mon opinion tout intime, plus voisine de sa nomination au grade d’amiral (1525) que de sa mort (1543).

Il faudrait donc que Cousin, à quarante ans de distances ait d’abord fait la statue vers 1530 et le cadre ornemental vers 1570, date du goût de ce dernier qui sent pleinement l’exagération menue et chargée des derniers Valois et des derniers temps de l’Ecole de Fontainebleau expirante.

Le cadre sculpté du tombeau, son arrangement architectural et ornemental, est bien du temps de Cousin, il pourrait être de lui; votre texte prouve qu’au lieu d’une possibilité il y a probabilité, certitude même. J’en ai fait la supposition, vous la confirmez. Mais la  statue même est en dehors. Elle est antérieur à Goujon, elle est du temps de François 1er ; Cousin l’a-t-il faite sous François 1er ? La grosse question est là et reste tout entière.

Je n’ai pas besoin de vous dire que si je me défends ce n’est pas pour mon opinion, mais pour ce que je crois la vérité. Ce que je demande c’est la preuve de deux choses, la preuve positive et, s’il se peut, pas unique, que Cousin a été non pas l’inspirateur direct d’une sculpture, – je l’ai accordé d’avance dès 1858 – mais un sculpteur au propre, un modeleur et un tailleur de marbre effectif, et aussi la preuve que la statue qui est archi-antérieure, qui n’est qu’employée et mise en oeuvre dans une décoration postérieure, est son oeuvre; de plus, ce qui serait bien nécessaire à la démonstration, qu’il a fait d’autres choses de sculptures et d’importantes, même de sublimes, parce qu’on ne fait pas un chef-d’œuvre comme celui-là sans être non-seulement un grand sculpteur, mais un sculpteur habituel, exercé, fécond et même uniquement un sculpteur.

Voilà, en gros et en courant, mon opinion ancienne et subsistante, pas du tout pour faire du paradoxe et de l’originalité, mais parce que jusqu’à la production de véritables preuves, je ne peux pas arriver à en avoir une autre. Je n’en reste pas moins votre tout dévoué en Cousin, malgré ma qualité d’hérétique, brûlable sur la place publique d’Auxerre.

téléchargement (10)« L’hérésie » de notre aimable et spirituel correspondant ne sent nullement le fagot ! N’est-il pas bon, n’est-il pas utile et profitable que la libre discussion aborde, pour les éclairer, tous les points qui divisent le monde de l’art, comme celui de la science et de la politique ? D’ailleurs, elle est déjà bien loin de nous la critique d’art telle qu’on l’entendait autrefois, en admettant sans examen ni contrôle les attributions souvent hasardées, parfois ridicules des enthousiasmes de clocher ! L’érudition moderne n’admet plus les faits qu’à bon escient. Ses arrêts n’en sont que meilleurs et souvent même décisifs. Le jugement porté par M. de Montaiglon sur l’œuvre sculpturale qui nous occupe, paraîtra probablement un peu absolu ; il n’en mérite pas moins un examen sérieux et approfondi auquel nous nous essayerons prochainement en temps et lieu. Rappelons seulement ici, en réponse au trait final de sa lettre, que le savant professeur de l’école des Chartes est l’un des bénédictins de l’art, un historien consciencieux, inexorable, épris avant tout de la vérité qu’il cherche sous toutes ses formes, même sous celle du doute, cette base première de la science. En publiant sa lettre, expression des doutes qui l’assiégent, nous voulons seulement offrir à nos érudits l’occasion de les lever.

Il nous paraît impossible, en effet, que dans le département de l’Yonne, et en particulier au pays Sénonais où tout est plein de Jean Cousin, où tout parle de lui, on ne puisse pas exhumer, soit des archives des villes, des presbytères, des châteaux, soit des comptes des fabriques d’église ou des études de notaire, un fait, une date, une trace quelconque de sa biographie, à l’aide desquels on puisse restituer l’œuvre à peu près complète du maître etmaintenir ce qu’on lui conteste. C’est à M. Deligand qu’on doit le peu que l’on sait de certain sur sa vie ; c’ est à un autre ancien officier ministériel, M. Hesme, de Villeneuve-le-Roi, qu’on doit aussi l’accroissement de ce premier fond et plusieurs indications d’un haut intérêt.

La terre natale de Jean Cousin ne peut en demeurer là; le dernier mot ne peut pas avoir été dit. On se rappelle qu’à la demande de M. Champfleury, et dans ces mêmes colonnes, nous ouvrîmes il y a six ans, à propos des anciennes faïences de l’Auxerrois, une enquête qui n’a pas été infructueuse. Celle que des fervents de l’art nous prient d’ouvrir aujourd’hui sur la vie et les oeuvres du grand maître sénonais, aura-t-elle également un sort heureux ? Nous l’espérons fermement. Le souvenir de Jean Cousin et de son talent est pour nos contrées comme une tradition de gloire, à laquelle chacun voudra s’efforcer d’ajouter encore. Pour cela, il ne faut qu’essayer d’éclairer les points restés obscurs de sa glorieuse carrière, qu’achever en un mot l’oeuvre heureusement commencée par MM. Hesme et Deligand.

C’est à l’année 1560 d’après le manuscrit de Maulmirey, qu’il faut fixer l’époque de sa mort, témoin ce passage traduit littéralement et avec ses lacunes :

« Il mourut à…, le jour de…1560 plus riche de nom que de biens de fortune, qu’il a de toute sa vie négligés… »

Félibien dit au contraire en 1666 :

« Il m’a esté impossible de sçavoir en quelle année il est mort, seulement qu’il vivait en 1589, véritablement fort âgé.»

Comment ne pas donner la préférence entre ces deux témoignages à celui de Maulmirey, digne de toute confiance parce qu’il fut le contemporain, le compatriote et probablement l’ami de Jean Cousin. Une tradition de famille le fait naître vers l’an 1500, mais ce n’est qu’une tradition et son autorité est singulièrement affaiblie par divers textes affirmant que Cousin naquit vers 1492 et même auparavant. Que ces textes soient confirmés par des preuves, et l’argument de M. de Montaiglon sur l’antériorité de style de la statue Chabot perd toute sa valeur.

Les compositions gravées par Jean Cousin sont aussi introuvables que ses dessins, de même que les oeuvres incontestables de son pinceau sont rarissimes.

Il en est jusqu’à trois que l’on pourrait citer :
L’une, le Jugement dernier, est au Louvre ;l’autre, la Pandore, à Sens, et la troisième, l’Artemise, à Auxerre, celle-ci certifiée par les principaux connaisseurs de Paris, par M. Reiset, notamment.

A notre avis, il en existe d’autres encore ; mais ces mêmes juges, à la suite d’ailleurs d’un malentendu, les tiennent maintenant pour des copies. Nous voulons parler des cinq portraits de la famille de Jean Cousin, que possède son descendant, M. Bouvier, receveur des contributions à Agen. On lui conteste encore le célèbre vitrail de saint Eutrope, de la cathédrale de Sens, dont certaines parties d’ailleurs sont peu dignes de lui ; on a trouvé qu’on pouvait même lui contester les oeuvres sorties de son ciseau.

Heureusement qu’il a signé les livres qu’il publia, comme Albert Durer, sur les proportions du corps humain et sur les moyens géométriques de dessiner ; aussi, personne n’a pu les lui contester. Sur ces livres, intitulés La vraye Science de Pourctraiture et L’Art de desseigner ; le manuscrit de Maulmirey s’exprime ainsi :

« Il ne se contenta pas de faire paroistre ses ouurages par la peinture et sculpture, mais encore il voulut communiquer à la postérité ce qu’il y avait d’excellence en son art et a laissé par escript un liure : De la Perspective, imprimé à Paris en l’an 1560, par Jehan Royer, qui est comme un directoire aux peintres pour pouvoir représenter en tableaux avec la géométrie toutes figures de palais, maisons, bastiments et choses qui se peuvent voir sur terre, soit haultes ou basses par raccourcissement selon l’esloignement de la veue ou distance, auquel liure il a mis les figures nécessaires pour l’intelligence qu’il auait luy même pourctraiter de sa main sur planches de bois.

  Il a faict un aultre liure qui est aussy imprimé :
Des raccourcissements des membres humains en l’art de peinture. Il mourut à…
le jour de…1560, plus riche de nom que de biens de fortune, qu’il a toute sa vie négligés comme tous homme de gentil esprit, faisant profession des arts et sciences, qui s’y sont arrestés. »

(Histoire manuscrite de la ville de Sens., par Jacques Taveau, procureur au bailliage, transcrite par Maulmirey, échevin de cette ville. – Sens, 1572).

Quant à notre appel, dont plusieurs journaux, après le journal L’Yonne du 17 décembre se sont fait les échos, il nous a valu déjà plus d’une communication intéressante de nos érudits et notamment la lettre suivante dont les indications, très nettes, très précises, pourront mettre sur la voie de découvertes importantes et décisives :

                        Auxerre, 19 décembre 1868.

Mon cher Monsieur, 

J’ai lu dans L’Yonne, du 17 courant, l’appel que vous faites à tous les amateurs des arts et de l’histoire des artistes, pour arriver à compléter la biographie d’un célèbre compatriote, Jean Cousin. Me permettez-vous de répondre à cet appel dans la mesure de ce que je sais et puis dire? Rassurez vous, je serai bref.

Dans ma pensée tous les efforts, toutes les suppositions que l’on fera `seront vaines aussi longtemps qu’on ne portera pas les recherches dans les archives des anciens notaires sénonais. Or, il existe à Sens, à la Chambre des notaires, un riche dépôt de minutes remontant au seizième siècle. C’est là surtout qu’il faut fouiller. Si on veut le faire sérieusement, on y trouvera, j’en ai l’entière certitude, des documents authentiques sur Jean Cousin, et notamment des marchés passés entre lui et des communautés religieuses pour des travaux d’art de diverses natures. 

Et alors la lumière que vous avez eu la bonne idée de provoquer se fera et les plus incrédules, M. de Montaiglon en tête, seront forcés de reconnaître que Jean Cousin a été peintre, sculpteur, etc.

images (6) 

Agréez, etc.                                                                                    

M. QUANTIN Archiviste de l’Yonne.

Nous avons pleine confiance dans l’indication précise que signale notre savant correspondant et l’espoir que les archives de la chambre des notaires de Sens, largement explorées, mettront sur la voie de faits précis, irrécusables, sans lesquels une Biographie de Jean Cousin ne peut être aujourd’hui entreprise sérieusement.
Nos érudits sont ainsi mis en demeure d’agir. Espérons qu’ils ne failliront point à la tâche et que leurs recherches arriveront à dissiper cette longue série de points d’interrogation dont se compose, en majeure partie, l’histoire de la vie et des oeuvres du grand artiste sénonais.

Le portrait accompagnant cette notice, nous le devons à l’extrême obligeance de M. Charles Blanc l’auteur de l’Histoire des Peintres et le fondateur de la Gazette des Beaux-Arts , deux entreprises qui tiennent, à des titres divers, le premier rang dans les publications artistiques contemporaines. Et cependant ce portrait, à nos yeux du moins, est non moins apocryphe que celui illustré par le burin d’Edelinck ; aussi le donnons nous à titre de simple document. 


J. LOBET-  Almanach Historique et Statistique de l’Yonne
- édition de l’année 1869 -

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Influence des civilisations Bourguignonne

Posté par francesca7 le 27 mai 2014

 

 

Du vase de Vix aux vitraux modernes de la cathédrale de Nevers, la Bourgogne offre au visiteur un riche patrimoine, témoin de toutes les époques artistiques. Églises romanes, monastères cisterciens ou bénédictins, hôtels-Dieu et chemins de Saint-Jacques jalonnent cette terre de spiritualité. Petites cités et belles villes invitent à la flânerie, tout autant que les châteaux et leurs jardins.

180px-Chivres_-_saint_Léger_3Carrefour de routes et de voies d’eau, la région a connu, depuis la plus haute Antiquité, des migrations de peuples et subi l’influence de civilisations diverses. Sous le règne du monachisme, l’art roman fleurit autour de Cluny et de Cîteaux. Une autre période, très riche sur le plan de la création artistique, est celle du gothique tardif déployé à la cour des grands-ducs. Philippe le Hardi puis Philippe le Bon seront les mécènes d’une pléiade de peintres, sculpteurs, musiciens, originaires pour la plupart des « Pays-Bas » du duché.

L’art gallo-romain

Au moment de la conquête romaine, la capitale éduenne, Bibracte , rassemblait de nombreux artisans celtes qui excellaient dans le travail du bois, de la céramique et des métaux comme le fer, le bronze puis l’argent. Des sanctuaires votifs, comme ceux découverts aux sources de la Seine, jalonnaient les grandes voies de communication. Les Éduens, qui entretenaient depuis longtemps des rapports privilégiés avec Rome, virent avec l’implantation de la culture romaine un changement radical : celui du développement de l’urbanisation. Vers l’an 5 av. J.-C., Auguste décide de construire un nouveau chef-lieu selon les principes romains : plan orthogonal, grands axes routiers. Augustodunum (Autun) supplante Bibracte et devient une ville phare au niveau économique et culturel. D’autres cités, comme Alésia, Mâlain, Entrains, se développent sur des sites où l’artisanat prospère. Il faudra attendre le 2 e s. pour qu’apparaissent les premiers éléments (castrum de Divio) de la future capitale, Dijon .

Un art de tailleurs de pierre

La nouveauté apportée par les Romains dans le monde gaulois est le travail de la pierre , dont les monuments cultuels sont les premiers champs d’application. Beaucoup mieux conservés que les monuments et sculptures en bois, ils nous permettent d’apprécier l’art de la période gallo-romaine.

L’examen des stèles ou des sanctuaires est révélateur des différents degrés de romanisation : dans les grandes villes, l’influence de Rome est assez hégémonique, et de nombreux temples sont élevés en l’honneur d’Apollon, souvent associé à des divinités indigènes ; dans les campagnes, le panthéon romain parvient plus difficilement à assimiler les dieux celtes. Les matres gauloises, divinités de la prospérité et de la fécondité, restent très vénérées ; les sources sont encore fréquentées pour leurs pouvoirs curatifs ; les ex-voto anatomiques en bois y sont peu à peu remplacés par d’autres en pierre .

Une grande importance est donnée aux monuments funéraires, et les stèles, de plus en plus expressives et réalistes, donnent une image fidèle de l’organisation de la société gallo-romaine.

Les riches propriétaires se font construire des villas à la romaine : la cella gauloise est entourée de portiques, décorée de colonnes et de mosaïques, agrémentée de thermes et de salles chauffées par hypocauste (système de chauffage par le sol utilisé à l’époque romaine).

À l’aube de l’avènement de la culture chrétienne, amorcée à Autun par le martyre de saint Symphorien et accélérée par l’évangélisation de saint Martin, de nouvelles inspirations apparaissent, qui vont changer et marquer l’art de la région.

L’art carolingien

téléchargement (5)Une période inventive

Après la période d’éclipse du haut Moyen Âge, l’époque carolingienne (8 e -9 e s.) connaît un renouveau artistique qui se manifeste principalement en architecture . Parmi les éléments novateurs, on relève la crypte annulaire sous le chevet, la crypte-halle aux dimensions d’une véritable église souterraine, le chapiteau cubique. Les plans des édifices religieux sont simples et les constructions, de pierre grossièrement taillée, rudimentaires. On en voit des exemples dans l’ancienne crypte de St-Bénigne à Dijon, ainsi que dans celles de Ste-Reine à Flavigny-sur-Ozerain et de St-Germain d’Auxerre.

La sculpture s’exprime alors assez maladroitement : deux chapiteaux de St-Bénigne représentent, sur chaque face, un homme en prière, les mains levées vers le ciel. Travaillée sur place, la pierre témoigne des tâtonnements du sculpteur ; certaines faces sont restées à l’état linéaire. Vestige de la basilique construite au milieu du 8 e s., la crypte de Flavigny conserve quatre fûts de colonnes, dont trois semblent être romains et le quatrième carolingien ; les chapiteaux présentent un décor de feuilles plates d’une facture encore fruste.

À la même époque, fresques et enduits sont employés dans la décoration des édifices religieux. D’admirables fresques représentant avec beaucoup de vivacité la lapidation de saint Étienne ont été mises au jour en 1927 à St-Germain d’Auxerre.

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Lons le Saunier et Rouget de Lisle

Posté par francesca7 le 29 mars 2014

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excellent lieu de séjour pour les touristes qui veulent rayonner dans le « vignobles » ou sur les « plateaux », Lons le Saunier est aussi une station thermale qui utilise des eaux salines pour le traitement des troubles de croissance et des rhumatismes.

 Site connu dès la préhistoire, sa fondation remonte au moins à l’horizon 100 av. J.-C. ; les Séquanes dominaient alors la région jusqu’à la conquête romaine.

À l’époque gallo-romaine, la ville s’appelait Ledo salinarius (en latin : la ville du sel). Les ressources en sel étaient déjà exploitées (voir salines de Lons-le-Saunier et histoire du sel du Jura). La ville tirant son nom de la source Lédonia, autour de laquelle s’est constituée la ville dès le Moyen Âge.

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Franciade.

Lons-le-Saunier est la préfecture du département du Jura, d’après la loi du 2 pluviôse an VIII (29 mars 1800).

Les curistes bénéficient des bienfaits de la source Lédonia depuis 1892 au centre thermal Ledonia, situé dans le parc des bains.

Le Docteur Jean Michel (Jean-Marie-Vital Michel), chirurgien de l’hôpital de Lons-le-Saunier, a été torturé et abattu par l’occupant allemand le 27 avril 1944 en représailles des soins apportés à des maquisards blessés.

Au cours de la seconde Guerre mondiale, Lons-le-Saunier est libérée le 2 septembre 1944 par les troupes débarquées en Provence.

 

Rouget de Lisle : L’auteur de La Marseillaise naît, en 1760, au n° 24 de la ruelle du Commerce. Son père est avocat du roi. Entré dans l’armée, Rouget devient capitaine du génie, mais ce n’est pas un foudre de guerre, ses goûts le portent vers la versification et la musique. D’une veine féconde – le musée de Lons conserve quatre volumes entiers des chants – il charme les salons.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsC’est en avril 1792, à Strasbourg, sa garnisons, qu’il compose le « Chant de guerre pour l’Armée du Rhin », devenu La Marseillaise. Le pète-musicien commet ensuite l’imprudence de dédier un hymne à Henri IV. Il est emprisonné jusqu’au 9 thermidor.

Vivant chichement – il copie de la musique – Rouget retourne au pays natal. A Montaigu, où se trouve la maison de campagne familiale, il mène de 1811 à 1818 la vie du vigneron, puis revient à Paris. Pauvre comme Job, il est emprisonné à St Pélagie pour une dette de 5OO francs et libéré grâce à la générosité du chansonnier Béranger. En 1830, des amis de Choisy le Roi le recueillent à demi paralysé, presque aveugle. A ce moment, Louis Philippe accorde au vieillard une pension de 1 5OO francs qui soulage sa misère pendant les six dernières années de sa vie.

La défection de Ney : Après le départ de Napoléon pour l’Ile d’Elbe, le Maréchal Ney rallié au Louis XVII, a été nommé commandant de la division militaire de Besançon. Mais l’Empereur débarque au golfe Juan et, par Grenoble et Lyon , se dirige sur Paris. Ney part pour lui barrer la route. Toujours impulsif, il déclare : « Je le ramènerai pieds et poings liés dans une cage de fer ».

Image illustrative de l'article Michel NeyArrivé à Lons le 14 mars 1815, le maréchal passe les troupes en revue sur la promenade de la Chevalerie. Ce sont des cris de « Vive l’Empereur » qui l’accueillent. Impressionné, repris par le passé, Ney change de camp une fois encore et clame sa nouvelle conviction : « La cause des Bourbons est à jamais perdue ». Il rejoint Napoléon à Auxerre, et se jette dans ses bras. En juillet 1815, Louis XVIII reprend son trône et, en décembre, un feu de peloton termine la glorieuse carrière du «  brave des braves ». Le maréchal Moncey, bisontin « tête de bois », qui a refusé de siéger dans le conseil de guerre, se fait destituer et emprisonner.

 

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Symbolisme du nouvel an

Posté par francesca7 le 22 mars 2014

 

 
 
220px-C.sf.,_urbino,_francesco_xanto_avelli,_tondino_con_allegoria_del_nuovo_anno,_1530En parlant des étrennes, on ne peut se dispenser de remonter, non pas aux Grecs, mais du moins aux Romains, inventeurs de cet usage. Le premier endroit de l’histoire romaine nous apprenant cette coutume est de Symmachus, auteur ancien, qui nous rapporte qu’elle fut introduite sous l’autorité du roi Tatius Sabinus, qui reçut le premier la verbène (verveine) du bois sacré de la déesse Strénia, pour le bon augure de la nouvelle année.

Soit que les Romains imaginassent quelque chose de divin dans la verbène, soit qu’ils faisaient allusion au nom de cette déesse Strénia, dans le bois de laquelle ils prenaient la verbène, avec le mot de strenuus, qui signifie vaillant et généreux : aussi le mot strena, qui signifie étrenne, se trouve quelquefois écrit strenua chez les Anciens, pour témoigner que c’était proprement aux personnes de valeur et de mérite qu’était destiné ce présent, et à ceux dont l’esprit tout divin promettait plus par la vigilance que par l’instinct d’un heureux augure. 

Après ce temps-là, l’on vint à faire des présents de figues, de dattes et de miel, comme pour souhaiter aux amis qu’il n’arrivât rien que d’agréable et de doux pendant le reste de l’année. Ensuite les Romains, quittant leur première simplicité, et changeant leurs dieux de bois en des dieux d’or et d’argent, commencèrent à être aussi plus magnifiques en leurs présents, et à s’en envoyer ce jour-là de différentes sortes, et plus considérables ; mais ils s’envoyaient particulièrement des monnaies et médailles d’argent, trouvant qu’ils avaient été bien simples, dans les siècles précédents, de croire que le miel fût plus doux que l’argent, comme Ovide le fait agréablement dire à Janus.

Avec les présents, ils se souhaitaient mutuellement toute sorte de bonheur et de prospérité pour le reste de l’année, et se donnaient des témoignages réciproques d’amitié : et comme ils prenaient autant d’empire dans la religion que dans l’Etat, ils ne manquèrent pas d’établir des lois qui la concernaient, et firent de ce jour-là un jour de fête, qu’ils dédièrent et consacrèrent particulièrement au dieu Janus, qu’on représentait à deux visages, l’un devant et l’autre derrière, comme regardant l’année passée et la prochaine. On lui faisait ce jour des sacrifices, et le peuple allait en foule au mont Tarpée, où Janus avait quelqu’autel, tous habillés de robes neuves.

Néanmoins, quoique ce fût une fête, et même une fête solennelle, puisqu’elle était encore dédiée à Junon, qui avait tous les premiers jours de mois sous sa protection, le peuple ne demeurait pas sans rien faire ; chacun commençait à travailler à quelque chose de sa profession, afin de n’être pas paresseux le reste de l’année.

Enfin, l’usage des étrennes devint peu à peu si fréquent sous les empereurs, que tout le peuple allait souhaiter la bonne année à l’empereur, et chacun lui portait son présent d’argent, selon son pouvoir. Auguste en recevait en si grande quantité, qu’il avait accoutumé d’en acheter et dédier des idoles d’or et d’argent, comme étant généreux, et ne veillant pas appliquer à son profit particulier les libéralités de ses sujets.

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Le dieu Janus

 

Tibère, son successeur, qui était d’une humeur plus sombre et n’aimait pas les grandes compagnies, s’absentait exprès les premiers jours de l’année, pour éviter l’incommodité des visites du peuple, qui serait accouru en foule pour lui souhaiter la bonne année. Ces cérémonies occupaient même si fort le peuple, les six ou sept premiers jours de l’année, qu’il fut obligé de faire un édit par lequel il défendait les étrennes, passé le premier jour. Caligula, qui posséda l’empire immédiatement après Tibère, fit savoir au peuple, par un édit, qu’il recevrait les étrennes le jour des calendes de janvier, qui avaient été refusées par son prédécesseur ; et pour cet effet il se tint tout le jour dans le vestibule de son palais, où il recevait à pleines mains tout l’argent et les présents qui lui étaient offerts par le peuple.

Claude, qui lui succéda, abolit ce que son prédécesseur avait voulu rétablir, et défendit, par arrêt, qu’on n’eût point à lui venir présenter des étrennes, comme on avait fait sous Auguste et Caligula. Depuis ce temps, cette coutume demeura encore parmi le peuple. Les Romains pensaient qu’il y avait quelque chose de divin dans les commencements.

Plus tard, le concile d’Auxerre, tenu en 587, défendit de faire, le premier jour de l’an, des sacrifices de génisses ou de biches et d’aller faire des vœux devant les arbres consacrés aux faux dieux. Les étrennes, jointes à des sacrifices, étaient véritablement diaboliques.

Lorsqu’en France l’année débutait encore à Pâques, continuait-on de donner des étrennes le premier jour de janvier ? Il semble que oui. Dans les lettres du roi Jean, en date de juillet 1362 et contenant des statuts pour la confrérie des drapiers, il est dit « que ladite confrérie doit seoir le premier dimanche après les estraines, si celle de Notre-Dame n’y eschoit. » Le dimanche dont il est question ici est le premier dimanche de janvier, si l’on s’appuie sur le témoignage de Du Cange qui, dans son Glossaire, prouve, par différents passages, que lorsque l’année ne commençait qu’à Pâques, on ne laissait pas de regarder le premier jour de janvier comme le premier jour de l’année. 

L’ancienne chronique de Louis, duc de Bourbon, comte de Clermont, grand-chambrier de France conforte ce témoignage. On y lit au chapitre second : « De Clermont partit ledit duc Loys, s’en vint à son duché de Bourbonnois à Souvigny, où il arriva deux jours avant Noël, l’an de grâce 1363 ; et là vindrent par devers luis ses chevaliers et écuyers, et le quart jour des fêtes, dit aux chevaliers, le duc en riant : Je ne vous veux point mercier des biens que vous m’avez faicts, car si maintenant je vous en merciois, vous vous en voudriez aller, et ce me seroit une des grandes déplaisances que je pusse avoir… ; et je vous prie à tous que vous veuillez estre en compagnie le jour de l’an en ma ville de Molins, et là je vous veux étrenner de mon cœur et de ma bonne volonté que je veux avoir avec vous. »

Et au troisième chapitre : « L’an qui courait 1363, comme dit est, advint que la veille du jour de l’an fut le duc Loys en sa ville de Molins, et sa chevalerie après lui… ; et le jour de l’an, bien matin, se leva le gentil duc pour recueillir ses chevaliers et nobles hommes pour aller à l’église de Notre-Dame de Molins ; et avant que le duc partist de sa chambre, les vint étrenner d’une belle ordre qu’il avait faicte, qui s’appeloit l’écu d’or. » Au chapitre cinq on lit enfin : « Si les commanda le duc à Dieu, et eux pris congé de lui se partirent… Les gens partis de cour, vint le jour des Rois, où le duc de Bourbon fit grande feste et lye-chère. »

Rappelons que si sous les Mérovingiens, l’année commençait le 1er mars dans plusieurs de nos provinces, elle débuta à Noël sous Charlemagne, dans tous les territoires soumis à sa juridiction. Sous les Capétiens, le jour de l’an coïncidait avec la fête de Pâques, usage presque général au Moyen Age. En certains lieux, l’année changeait le 25 mars, fête de l’Annonciation. Le concile de Reims, tenu en 1235, mentionne cette date comme « l’usage de France ». C’est le roi Charles IX qui rendit obligatoire, en 1564, la date du 1er janvier comme origine de l’année.

A la fin du XIXe siècle, avec l’apparition du Père Noël dans la publicité des grands magasins, la coutume d’offrir des cadeaux le 1er janvier disparut, le jour des étrennes se confondant dès lors avec celui de Noël : on offrit les cadeaux le 25 décembre.

(D’après « Lettre de Jacob Spon à Stoffel » paru en 1674 et « Le Mercure » de juillet et décembre 1735)

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La Bourgogne est une terre de passage

Posté par francesca7 le 16 mars 2014

 

 

Histoire

Terre d’épopée, la Bourgogne a vu s’affronter Jules César et Vercingétorix. Terre de spiritualité, elle conserve l’immense héritage monastique des deux grands ordres religieux du Moyen Âge. Terre des fameux ducs de Bourgogne, grands mécènes, la région est alors au faîte de sa puissance et de sa renommée. Terre riche et nourricière, sillonnée de cours d’eau, elle a vu ses paysages se modeler au gré des inventions et des créations de l’homme.

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Louis XI

Une terre de passage

Mille ans après les Burgondes, la Bourgogne gouvernée par des princes a bien failli être de nouveau un puissant royaume. Si le nez de Louis XI eût été plus court… Il convient donc de faire la claire distinction entre l’histoire de la Bourgogne et l’histoire de France, en particulier avant la fin du 15 e s.

Époque préhistorique

Dès les prémices du peuplement de l’Europe, la Bourgogne est un lieu de passage et d’échanges entre le Bassin parisien et la vallée de la Saône, les pays du Nord et la Méditerranée. L’homme de Cro-Magnon vit dans les grottes d’Arcy-sur-Cure, quand il les préfère aux campements. La mise au jour d’ossements et d’outillages à la roche de Solutré atteste l’existence d’établissements humains entre 18 000 et 15 000 ans avant l’ère chrétienne. Ce site paléolithique a d’ailleurs donné son nom à l’outillage de pierre en forme de feuilles de laurier, depuis lors désigné comme solutréen .

Antiquité

Avant J.-C.

8 e s . – Invasion des Celtes (civilisation dite de « Hallstatt », du nom d’un village autrichien célèbre pour ses épées de fer) et apparition de tertres funéraires et de sépultures par incinération ou par inhumation, comme celles de Blanot et de Villethierry.

v. 530 – Début de la société gauloise et développement du commerce avec les négociants grecs d’Italie du Sud, ce dont témoigne le trésor de Vix, découvert sur la route de l’étain, dans la région de Châtillon-sur-Seine. À l’âge de La Tène, la région est habitée par trois peuples gaulois : les Éduens , le plus puissant de Gaule avec les Arvernes, qui a pour capitale l’oppidum de Bibracte ; les Séquanes , au bord de la Saône ; les Lingons , sur le plateau de Langres, dans le Châtillonnais.

58 – Menacés par les Helvètes, les Éduens demandent le secours de Rome, leur alliée. Par sa victoire près de Montmort (non loin de Bibracte), Jules César commence la conquête des Gaules.

52 – Insurrection générale des Gaulois contre l’envahisseur romain. Les Éduens s’allient aux Arvernes après la victoire de Vercingétorix à Gergovie. Assiégé à Alésia, le chef des Arvernes rend les armes à César, qui entreprend la rédaction de ses Commentaires sur la guerre des Gaules .

Après J.-C.

21 – Les Éduens, conduits par Sacrovir , se révoltent sans succès contre l’empereur romain Tibère et prennent en otage à Augustodunum (Autun) des fils de chefs gaulois qui recevaient une éducation romaine.

70 – Avec la Pax romana , la civilisation gallo-romaine s’épanouit à Autun et Sens.

313 – Par l’édit de Milan, l’empereur Constantin accorde aux chrétiens la liberté de culte : au cours du siècle, le christianisme s’étend en Bourgogne, avec les saints Andoche, Bénigne et Reine. En 418, saint Germain, ancien commandant de garnison romaine, devient évêque d’Auxerre.

356 – Invasion germanique.

La Burgondie

442 – Originaires de l’île de Bornholm, dans la mer Baltique, et porteurs d’une civilisation avancée, les Burgondes s’installent dans le bassin de la Saône et du Rhône puis fondent un royaume auquel ils donnent leur nom : Burgundia , qui deviendra Bourgogne. Le roi Gondebaud institue par la loi Gomb330px-Les_pagis_bourguignons_au_9e_siècleette l’égalité entre sujets romains et burgondes. Mais l’Empire romain d’Occident se disloque : Rome est prise en 476 par des Barbares venus de l’est.

500 – Clovis , roi des Francs, vainc les Burgondes, qui deviennent tributaires des Mérovingiens. En 534 , ses héritiers annexent le royaume burgonde, qui occupe le quart sud-est de la France actuelle.

734 – Charles Martel reprend en main la Bourgogne après les invasions arabes. À la mort de son fils Pépin le Bref (768), la région va à Carloman, frère de Charles I er . Ce dernier s’en empare en 771.

841 – Dans la lutte pour l’Empire de Charlemagne, Charles II le Chauve bat son frère Lothaire à Fontanet (Fontenoy-en-Puisaye, près d’Auxerre). Par le traité de Verdun (843), l’Empire d’Occident est démembré entre les fils de Louis le Pieux : la Bourgogne franque, qui s’arrête à la Saône, revient à Charles le Chauve ; la Bourgogne impériale, dont le nord deviendra le comté de Bourgogne, ou Franche-Comté, est attribuée à Lothaire .

Le duché de Bourgogne

Les ducs capétiens tiendront une place importante dans la politique du royaume de France. à leur époque, la Bourgogne deviendra un véritable bastion de la chrétienté : c’est l’ère du rayonnement des grands ordres monastiques établis à Cluny, Cîteaux et Clairvaux.

Fin 9 e s . – Ayant repoussé les Normands, Richard le Justicier, comte d’Autun, fonde le duché qui englobe lespagi , c’est-à-dire les comtés, de la zone franque.

910 – Fondation de Cluny par Guillaume d’Aquitaine.

1002-1016 – Le roi de France Robert II le Pieux, fils d’Hugues Capet, occupe la Bourgogne.

1032 – Henri ier, fils de Robert II le Pieux, cède le duché à son frère Robert I er le Vieux (branche bourguignonne de la maison capétienne) afin de préserver son trône. Langres, Troyes, Sens, Auxerre, Mâcon et Nevers n’en font plus partie.

1098 – Fondation de l’abbaye de Cîteaux.

1146 – Saint Bernard prêche à Vézelay la deuxième croisade. Après leur échec devant Damas, Germains et Français rentrent en 1149.

1186 – Le duc Hugues III de Bourgogne, qui mène une active diplomatie matrimoniale, se soumet à Philippe Auguste.

La Bourgogne est une terre de passage dans Bourgogne 180px-Philip_II_duke_of_burgundy

Philippe le Hardi

Le retour à la Couronne

1477 – À la mort de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, Louis XI annexe la Bourgogne ducale au domaine royal et crée le parlement de Dijon. Lesée d’une grande part de son héritage, Marie de Bourgogne , fille du défunt duc, épouse la même année le futur empereur germanique Maximilien de Habsbourg. Elle lui donne un fils, Philippe le Beau, et une fille, Marguerite d’Autriche. à la mort de Marie, en 1482, le reste des territoires de l’ancien duché revient à son époux.

1482 – Le traité d’Arras met fin à la guerre de succession franco- germanique, la Bourgogne ducale revenant au royaume de France.

1519 – À la tête du Saint Empire romain germanique, Charles Quint , fils de Philippe le Beau, est prince bourguignon et francophone. L’un de ses principaux objectifs est de reconquérir ses droits à l’héritage du duché de Bourgogne. Son rêve est d’ailleurs de prendre place parmi les siens dans la chartreuse de Champmol.

1525 – Le désastre de Pavie , en février, contraint François Ier à céder le Milanais et la Bourgogne, à laquelle Charles Quint renoncera plus tard (paix de Cambrai en 1529, puis traité de Crépy-en-Laonnois en 1544).

1559 – Par le traité de Cateau-Cambrésis , qui marque la fin des guerres d’Italie, la province est définitivement rattachée au royaume de France.

1595 – Henri IV bat les Espagnols à Fontaine-Française, libérant la Bourgogne. L’Espagne garde le Charolais.

1601 – La Bourgogne s’agrandit de la Bresse, du Bugey et du Valmorey, acquis au duc de Savoie.

1631-1789 – À partir du règne de Louis XIII et jusqu’à la Révolution, les princes de Condé se succèdent comme gouverneurs de la province, partageant le pouvoir avec l’intendant de la généralité de Dijon (justice, police et finances). En 1650, le Grand Condé implique ses administrés dans la fronde contre le jeune roi Louis XIV.

1693-1710 – Années difficiles : la région connaît plusieurs famines.

1789 – En juillet, Saint-Florentin est l’un des centres d’où part la Grande Peur. Près de Cluny et de Cormatin, des groupes de paysans révoltés sont battus par les milices. Les coupables de ces jacqueries sont condamnés à Dijon.

1790 – Le 24 février, la province est divisée en quatre départements . Les grands domaines du clergé, dont les vignobles, sont vendus à la bourgeoisie. Le Clos de Vougeot passe de la poche des moines de Cîteaux à celle de banquiers parisiens.

De la fin de l’Empire à la Libération

1814 – Napoléon rompt les négociations de Châtillon-sur-Seine, qui auraient permis de faire la paix avec l’Autriche, la Russie, l’Angleterre et la Prusse, sur la base des frontières de 1792.

1816-1822 – Invention de la photographie par Nicéphore Niépce à Saint-Loup-de-Varenne, au sud de Chalon-sur-Saône.

1832 – Le canal de Bourgogne est ouvert à la navigation.

1836 – Les frères Schneider rachètent la fonderie du Creusot.

1837 – Lamartine est élu député de Mâcon.

1842 – Lamartine fonde à Mâcon le journal Le Bien public .

1848 – Lamartine proclame la II e République et intègre le gouvernement provisoire comme ministre des Affaires étrangères.

1849 – Inauguration de la gare ferroviaire de Dijon et ouverture de la section Dijon ville-Châlon-sur-Saône de la ligne Paris-Lyon.

1859 – Première vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune.

1873 – Le maréchal Mac-Mahon , natif de Sully (Saône-et-Loire), vaincu à Sedan mais vainqueur des communards, est nommé président de la République par les monarchistes. Tenant de l’ordre moral, il institue un pèlerinage à Paray-le-Monial.

1878 – Destruction du vignoble par le phylloxéra .

1914 – À Châtillon-sur-Seine, Joffre lance l’ordre du jour du 6 septembre : « Au moment où s’engage une bataille… le moment n’est plus de regarder en arrière. »

1934 – La création de la confrérie des Chevaliers du tastevin à Nuits-Saint-Georges sort le vignoble bourguignon de sa léthargie.

juin 1940 – Le 11, Paul Reynaud et Winston Churchill tiennent un conseil suprême à Briare. Le 17, alors que de Gaulle est parti à Londres, les Allemands sont sur place.

1940-1944 – Pétain rencontre Goering à Saint-Florentin le 1 er décembre 1941. La ligne de démarcation traverse la Bourgogne du Sud : elle suit le Doubs, puis la Saône jusqu’à Chalon (en zone occupée), descend au sud jusqu’à Montchanin, et longe le canal du Centre jusqu’à la frontière de l’Allier.

Le Mâconnais reste en zone libre. La Résistance est active en Bourgogne : les forêts du Châtillonnais et du Morvan abritent le maquis.

Le frère Roger Schutz, venu de Suisse, mais de mère bourguignonne, s’installe à Taizé . Il y jette les bases d’une communauté œcuménique ; ses premiers hôtes sont des juifs réfugiés.

Septembre 1944 – Le 14, la division Leclerc et l’armée de Lattre de Tassigny opèrent leur jonction près de Châtillon-sur-Seine. Le 11, Dijon est libéré .

Notre époque

1945 – Le chanoine Kir est élu maire de Dijon.

1953 – Découverte du trésor de Vix dans le Châtillonnais.

1970 – Création du Parc naturel régional du Morvan .

1971 – Le dernier service hospitalier quitte l’hôtel-Dieu de Beaune. Le bâtiment est désormais entièrement dévolu aux  dans Bourgognevisites.

1976 – La communauté de l’Emmanuel organise sa première session d’été à Paray-le-Monial.

1981 – Mise en service du TGV sud-est .La Bourgogne est desservie par les gares du Creusot-Montchanin et de Mâcon-Loché.

1981 – Le 10 mai, François Mitterrand est élu président de la République. Il prononce à Château-Chinon, dont il est le maire depuis 1959, sa première allocution radiotélévisée.

1982 – Cinq cents ans après son rattachement à la France, création de la région Bourgogne .

1985 – Alors que les fouilles, financées par le ministère de la Culture et de la Communication, y ont repris depuis presque un an, François Mitterrand proclame Bibracte « site national ».

1994-1996 – Ouvertures au public du Centre archéologique européen de Bibracte et du musée de la Civilisation celtique.

2001 – Inauguration du TGV Yonne-Méditerranée , qui dessert Sens et Laroche-Migennes (près d’Auxerre).

2003 – Création de la 100e AOC : st-bris (vin blanc sec produit à partir de cépage sauvignon).

2005 – Les Hospices de Beaune confient la vente aux enchères des vins à Christie’s .

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Maison des traditions agricoles et artisanales de l’Yonne

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

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Le Musée de Laduz est à moins de 150 km de Paris, près de la ville d’Auxerre.
Situé sur l’axe Paris-Lyon, le Musée de Laduz est une étape sur la route des vacances, proche de Chablis et Vézelay…

 

Musée des Arts Populaires
22 Rue du Monceau
89110 Laduz – Email: musee@laduz.com – Téléphone: 03 86 73 70 08

 

Une collection impressionnante d’objets
qui témoignent de la vie quotidienne du XVIIIe au début du XXe siècle.

Dans un site très agréable, on découvre une multitude de vieux outils:
 de quoi se remémorer, pour certains, ou découvrir, pour d’autres,
 des métiers aujourd’hui disparus. A noter également une exposition
 remarquable sur les jouets populaires, et une idée intéressante: 
l’ atelier  de création d’animaux en bois pour manège
animé par Vincent Humbert.

 

Le Musée des Arts Populaires de Laduz est l’oeuvre de toute une vie, de toute une famille : la Famille Humbert. C’est en 1962 que Raymond et Jacqueline Humbert viennent vivre à la campagne…

 

Un jour de printemps 1977, Raymond Humbert déclare à ses trois enfants:

Je fais un musée et vous allez m’aider. Pas n’importe quel musée! J’ai horreur des musées passéistes. —Raymond Humbert

Après les constructions et les rénovations des bâtiments, la première partie du musée ouvrira ses portes à Pâques, en 1986. la tâche est immense, d’autres bâtiments seront aménagés. Jusqu’à sa disparition en 1990, Raymond Humbert ne cessera de chercher et de collectionner des objets, témoins du patrimoine rural. Aujourd’hui, Jacqueline veille sur l’oeuvre commune.

À quoi sert un Musée d’Art Populaire si la réflexion sur le passé, sur la diversité, n’est pas une ouverture sur le présent et sur l’avenir ? —Raymond Humbert

 

Depuis 1986, le Musée des Arts Populaires de Laduz fonctionne en association culturelle: Les Amis du Musée. De nombreux adhérents la soutiennent. 

Un reportage vidéo réalisé pour le journal de 13 heures de TF1

À la demande de certains des visiteurs, nous proposons ici un lien vers le reportage télé diffusé , en juin 2011, sur le journal de Jean-Pierre Pernaud. Cliquez ici pour voir la vidéo sur le site de TF1

 

sculpture-450x335Le Musée de Laduz propose des stages et des ateliers destinés aux adultes, et aux enfants des écoles maternelles et primaires.

Le grand jardin – Le grand jardin naturel du  musée est à la lisière du bois. La présence des grands arbres, tilleuls, marronniers, frênes, chênes, aulnes, cormiers… agrémentée d’arbres fruitiers et de massifs fleuris, conduisent vos pas jusqu’à la mare.

Sur la terrasse, vous dégustez du thé, du café, du cidre, des petits gâteaux, des jus de fruits… 

 

LADUZ – est une commune française située dans le département de l’Yonne en région Bourgogne. Bourg de la vallée du Ravillon composé d’un village et de deux hameaux.
Si les terres de ce pays appartenaient à l’Auxerrois, la paroisse, comme presque toutes celles de l’aillantais dépendait de l’archevêque de Sens. Les guerres de religions ont donc marqué et façonné le paysage de l’aillantais.

St Vigile, évêque d’Auxerre, légua la villa de Ladugium au monastère Notre-Dame-la-d’Hors en 680. La paroisse appartint au diocèse de Sens.   Mention des premiers seigneurs en 1154.  

Le  Fief du comté de Joigny fut le siège d’une prévôté au 16P avec justice haute, moyenne et basse.  Terre possédée par le duc de Lesdiguières, puis par le marquis de Guerchy. 
 La Maladrerie a été rattachée vers 1700 à l’Hôtel-Dieu de Joigny. 
Le poète Roger de Collerye, dit Roger Bontemps, se retira dans sa vieillesse au village de Laduz. 

Vestiges préhistoriques et antiques : – Vestiges gallo-romains repérés par photo aérienne. 

Architecture civile  : – Corps de logis 18ème dit « Pavillon de chasse des seigneurs de Guerchy ».  

* Eglise paroissiale Sainte-Marie-Madeleine restaurée en 1554 : portail ogival début 16ème, nef plafonnée à baies en lancettes 13ème, choeur reconstruit 16ème ; statues lutrin 18ème. 

Laduz est renommé aujourd’hui grâce à son Musée Rural des Arts Populaires, conservatoire de la mémoire collective, rassemblant d’innombrables collections d’anciens outils et autres objets, tous remarquables. L’évolution des traditions agricoles et artisanales nous est ainsi présentée de façon vivante. 

Cette passionnante collection, sans cesse renouvelée est l’œuvre de Raymond et Jacqueline Humbert que leurs fils, Denis, Jean-Christophe et Vincent, ont déjà bien relayée. 

 Un site : http://laduz.com/

 

 

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LES CHAMPIONS D’AUXERRE

Posté par francesca7 le 31 décembre 2013

 

 

Dès le 1er siècle, c’est une ville importante dont ont témoigné les vestiges découverts récemment lors de fouilles. 

L’influence intellectuelle et spirituelle de la cité au Moyen Age repose en grande partie sur le rayonnement de l’évêque Saint Germain (début du 5ème siècle) et des pèlerinages organisés auprès de son tombeau. Au 12ème siècle, Auxerre est déclarée « ville sainte » par la papauté. La ville a donné le jour à Paul Pert (1833-1886), savant physiologiste et homme d’Etat éminent de la IIIème République , à Marie Noël (1883-1967), poétesse dont les œuvres (Les Chansons et les heures, Chants et psaumes d’automne, Le Cru d’Auxerre) témoignent d’une douloureuse recherche de la paix intérieure, et en 1932, au réalisateur de Cyrano de Bergerac (tourné en partie à Dijon et à Fontenay) Jean-Paul Rappeneau. 

Depuis les années 1980, la ville s’est fait connaître à l’international grâce à son équipe de football, L’AJA.  L’entraîneur, Guy Roux, habitant Appoigny, au Nord d’Auxerre, est parvenu à lui faire réaliser le rare doublé championnat/coupe de France en 1996. le centre d’entraînement est une véritable pépinière de talents, vendus très cher aux grandes équipes européennes (citons Ferrei, Cantona, Boli ou Diomède).

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Quartier de la Marine – Autrefois domaine des voituriers d’eau, il a gardé ses ruelles sinueuses. Prendre la rue de la Marine pour voir les vestiges de la tour d’angle Nord-Est de l’enceinte gallo-romaine, traverser la charmante place St Nicolas, qui porte le nom du patron des Mariniers, pour atteindre la place du Coche d’Eau. Au n°3, maison du 16ème siècle abritant les expositions temporaires du musée du Coche d’Eau. Remonter la rue du Docteur Labosse pour rejoindre la rue Cochois. On gagne le centre ville par la place St Etienne devant la cathédrale puis à gauche par la rue Maison Fort puis Joubert. 

Le centre ville conserve nombre d’intéressantes vieilles demeures, la plupart du 16ème  siècle. La rue Fécauderie (deux maison à colombage possédant un poteau cornier sculpté à l’angle de la rue Joubert, et passage Manifacier) même à la belle place de l’Hôtel de Ville, où figée parmi les passants, se dresse une statue polychrome de Marie Noël en vieille dame. 

Tour de l'Horloge d'AuxerreLa tour de l’Horloge – De style flamboyant cette tour, construite au 15ème siècle, sur les fondations de l’enceinte gallo-romaine, était appelée aussi tour Gaillarde (du nom de la porte qu’elle défendait) et faisait partie des fortifications ; le beffroi et l’horloge symbolisaient les libertés communales accordées par le comte d’Auxerre. L’horloge (17ème siècle) présente un double cadran indiquant sur les deux faces les mouvements apparents du soleil et de la lune. Le cadran astronomique fut célébré par Restif de la Bretonne, qui a vécu plusieurs années de sa jeunesse dans un atelier d’imprimeur au pied de cette tour. 

Si l’on déambule dans le quartier, on peut encore voir l’Eglise St Eusèbe, vestige d’un ancien prieuré, qui conserve une belle tour du 12ème siècle décorée d’arc polylobés. La flèche de pierre est du 15èmese siècle. A l’intérieur, remarquer le chœur Renaissance, la belle chapelle axiale et des vitraux du 16ème siècle Fermé à la visite pour travaux. La plus ancienne maison d’Auxerre, place Robillard, des 14ème et 15ème siècle. Un bel hôtel Renaissance dit « de Crole » à lucarnes et corniche sculptées, rue de Paris. On rejoint les quais de l’Yonne au niveau de la passerelle (vue) par la rue des Boucheries puis la rue Sous-Murs, qui tire son nom des murailles de la cité gallo-romaine qui la bordaient ; maisons après maison. 

La Cathédrale Saint Etienne – Ce bel édifice gothique a été construit du 13ème au 16ème siècle. A cet emplacement, un sanctuaire, fondé vers 400 par saint Amâtre et embelli au cours des siècles suivants, fut incendié à plusieurs reprises. En 1023, Hugues de Châlon entreprit aussitôt après le sinistre la construction d’une cathédrale romane. 

En 1215, Guillaume de Seignelay fit réaliser une cathédrale gotique, dont le chœur et les verrières étaient achevés en 1234. en 1400, c’est au tour de la nef, des collatéraux, des chapelles et du croisillon Sud. Dernier élément, la tour Nord, vers 1525. en façade, de style flamboyant, la façade est encadrée de deux tours aux contreforts ouvragés ; la tour Sud reste inachevée. La façade est ornée de 4 étages d’arcatures surmontées de gâbles. Au-dessus du portail central, légèrement en retrait, une rosace de 7 m de diamètre s’inscrit entre les contreforts. Les célèbres sculptures des 13èmer et 14ème siècle ont été mutilées au 16ème lors des guerres de Religions et la tendre pierre calcaire a souffert des intempéries. Au portail de gauche, les sculptures des voussures retracent la vie de la Vierge, de St Joachim et de Ste Anne ; le registre restant du tympan représente le couronnement de la Vierge. Les médaillons du soubassement traitent différentes scènes de la Genèse. 

Le portail de droite est du 13ème siècle. Le tympan divisé en 3 registres, et les voussures sont consacrés à l’enfance du Christ et à la Vie de St Jean-Baptiste. Au registre supérieur des soubassements sont représentées 6 scènes des amours de David et de Bertsabée – 8 statuettes placées entre les pinacles symbolisent la Philosophie (à droite avec une couronne) et les Sept Arts libéraux. A droite du portail, un haut-relief représente le Jugement de Salomon. Des deux portails latéraux, celui du Sud, du 14ème siècle, consacré à St Etienne, est le plus intéressant. Le portail Nord est dédié à St Germain.

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