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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Citation sur la France.
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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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les ruines de Valchevrière

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

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Valchevrière fut un hameau du Vercors, qui se situait à côté de Villard de Lans, et au-dessus des gorges de la Bourne.

Avant la Seconde Guerre mondiale, ce hameau faisait beaucoup de commerce avec les villages voisins. Au moment du conflit, le hameau était occupé seulement l’été par les agriculteurs et leurs troupeaux. Au début de l’été 44, Valchevrière servait de camp aux maquisards commandés par le lieutenant Chabal, lui-même placé sous l’autorité du capitaine Goderville (de son vrai nom Jean Prévost, écrivain et journaliste réputé, un des rares intellectuels français à avoir pris les armes contre l’occupant nazi).

C’est lors de la vaste attaque allemande des 22 et 23 juillet 1944, que ce village fut détruit par les Allemands. Sur le belvédère qui domine le village, le lieutenant Chabal et ses hommes se sont sacrifiés pour retarder l’avance ennemie et sont morts les armes à la main. Les maisons furent ensuite incendiées. Le village est resté en l’état, avec ses poutres calcinées, ses pierres à nu et noircies.

Après la bataille de Valchevrière, le Vercors est à genoux. Huet, alias Hervieux, dernier chef de ce maquis, donne l’ordre de dispersion. Le 27, l’ennemi ratisse le massif et extermine les « terroristes ». Les rescapés tenteront de s’échapper par les forêts, notamment celle de Lente.

Valchevrière est un des symboles de l’héroïsme des résistants français.

Aujourd’hui, les ruines du hameau ont été débroussaillées et consolidées afin de permettre un cheminement de mémoire particulièrement émouvant. La chapelle au bas du village est le seul bâtiment ayant échappé à la destruction.

Aujourd’hui le village en ruine est resté en l’état, seule la petite chapelle est encore debout.

Le chemin dans les bois était l’un des itinéraires pour se déplacer dans le Vercors. Equipés de guêtres, avec des mules, les hommes passaient par Valchevrière jusqu’en 1895. Pour empêcher l’érosion et la formation d’ornières dues aux passages répétés des charrettes, les voies de circulation étaient pavées avec des blocs de pierres disposés de chant, ainsi l’eau pouvait s’écouler sans faire de dégâts. Les abords de ces chemins étaient soutenus par des murs inclinés pour offrir une meilleure résistance mécanique à la poussée du terrain. Aux endroits plats et non encaissés, ils étaient souvent bordés de frênes.

en vidéo : http://youtu.be/2cezVEf5zpg

Image de prévisualisation YouTube

Les premières évocations du village n’apparaissent qu’au XVIème siècle, dans des actes notariés de 1523, 1572, 1578, mais on ne sait ni quand ni comment ce village fut fondé. L’hypothèse la plus fréquente et la plus plausible est que son installation est liée à celle du prieuré : les hommes employés à la construction et au défrichage auraient été autorisés à organiser un habitat permanent à distance du lieu de vie des moines, à y fonder ou installer famille puis à y pratiquer une activité autonome de production d’autosubsistance. Le vallon abrité des vents dominants le permettait. L’isolement y contraignait : jusqu’au début du XIXème siècle, on n’accédait à ce lieu que par d’étroits sentiers.

Mais en même temps cet éloignement condamnait le village. Pas de secours extérieurs pour combattre les incendies survenus en 1842 et 1850, par exemple. Ces catastrophes en ont découragé ou ruiné plus d’un et des familles ont alors quitté le pays. Tout comme lors de « catastrophes naturelles » comme la sévère sécheresse de 1881. En outre, certaines formes du développement local, même, ont été défavorables au hameau. La construction de la route de désenclavement de Rencurel, vers 1870, en facilitant la circulation vers Choranche par les gorges de la Bourne a détourné le maigre trafic qui passait par Valchevrière. Et, phénomène inverse, l’ouverture d’une route forestière à partir de Villard, en 1890, pour exploiter la forêt de Chalimont a permis à quelques-uns de continuer à cultiver leur terre tout en s’en éloignant : installés au chef lieu , ils bénéficiaient de meilleures conditions de vie même si, fait nouveau, ils devaient « faire le trajet »… En 1921, il ne restait sur place que 6 foyers, dont d’ailleurs les enfants n’ont pas pris le relais.

aAujourd’hui, Valchevrière reste pourtant vivant. Lieu de mémoire visité par quelques-uns qui se rappellent et viennent exprimer en silence leur émotion, leur tristesse, leur rage. Lieu de silence et de paix où passent des amoureux de la nature. Lieu d’accès malaisé par les sentes forestières où se réalisent des fervents de sport….

Lieu de signes pour la communauté catholique qui en 2000 choisit son nom pour la paroisse nouvelle, créée par regroupement de huit villages, et y célèbre chaque année sa communion avec ses frères d’antan, à travers le temps, par le pèlerinage traditionnel de septembre et deux messes, l’une à cette occasion, l’autre en juillet pour faire mémoire du sacrifice de ceux qui tombèrent ici. Lieu qui vit encore pendant le long hiver grâce à la crèche installée dans la chapelle, présence de l’univers avec ses santons de bois précieux sculptés à Madagascar et offerts par un habitant de Villard et l’association A.I.M.E.R.
Lieu que présente encore pour quelques mois l’exposition organisée à Villard de Lans par la Maison du patrimoine et où il faut vous rendre si vous ne l’avez déjà vue.

Le hameau est resté en l’état de ruines. Valchevrière est un des symboles de l’héroïsme des résistants français.

Publié dans VILLAGES de FRANCE | Pas de Commentaire »

Maison des traditions agricoles et artisanales de l’Yonne

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

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Le Musée de Laduz est à moins de 150 km de Paris, près de la ville d’Auxerre.
Situé sur l’axe Paris-Lyon, le Musée de Laduz est une étape sur la route des vacances, proche de Chablis et Vézelay…

 

Musée des Arts Populaires
22 Rue du Monceau
89110 Laduz – Email: musee@laduz.com – Téléphone: 03 86 73 70 08

 

Une collection impressionnante d’objets
qui témoignent de la vie quotidienne du XVIIIe au début du XXe siècle.

Dans un site très agréable, on découvre une multitude de vieux outils:
 de quoi se remémorer, pour certains, ou découvrir, pour d’autres,
 des métiers aujourd’hui disparus. A noter également une exposition
 remarquable sur les jouets populaires, et une idée intéressante: 
l’ atelier  de création d’animaux en bois pour manège
animé par Vincent Humbert.

 

Le Musée des Arts Populaires de Laduz est l’oeuvre de toute une vie, de toute une famille : la Famille Humbert. C’est en 1962 que Raymond et Jacqueline Humbert viennent vivre à la campagne…

 

Un jour de printemps 1977, Raymond Humbert déclare à ses trois enfants:

Je fais un musée et vous allez m’aider. Pas n’importe quel musée! J’ai horreur des musées passéistes. —Raymond Humbert

Après les constructions et les rénovations des bâtiments, la première partie du musée ouvrira ses portes à Pâques, en 1986. la tâche est immense, d’autres bâtiments seront aménagés. Jusqu’à sa disparition en 1990, Raymond Humbert ne cessera de chercher et de collectionner des objets, témoins du patrimoine rural. Aujourd’hui, Jacqueline veille sur l’oeuvre commune.

À quoi sert un Musée d’Art Populaire si la réflexion sur le passé, sur la diversité, n’est pas une ouverture sur le présent et sur l’avenir ? —Raymond Humbert

 

Depuis 1986, le Musée des Arts Populaires de Laduz fonctionne en association culturelle: Les Amis du Musée. De nombreux adhérents la soutiennent. 

Un reportage vidéo réalisé pour le journal de 13 heures de TF1

À la demande de certains des visiteurs, nous proposons ici un lien vers le reportage télé diffusé , en juin 2011, sur le journal de Jean-Pierre Pernaud. Cliquez ici pour voir la vidéo sur le site de TF1

 

sculpture-450x335Le Musée de Laduz propose des stages et des ateliers destinés aux adultes, et aux enfants des écoles maternelles et primaires.

Le grand jardin – Le grand jardin naturel du  musée est à la lisière du bois. La présence des grands arbres, tilleuls, marronniers, frênes, chênes, aulnes, cormiers… agrémentée d’arbres fruitiers et de massifs fleuris, conduisent vos pas jusqu’à la mare.

Sur la terrasse, vous dégustez du thé, du café, du cidre, des petits gâteaux, des jus de fruits… 

 

LADUZ – est une commune française située dans le département de l’Yonne en région Bourgogne. Bourg de la vallée du Ravillon composé d’un village et de deux hameaux.
Si les terres de ce pays appartenaient à l’Auxerrois, la paroisse, comme presque toutes celles de l’aillantais dépendait de l’archevêque de Sens. Les guerres de religions ont donc marqué et façonné le paysage de l’aillantais.

St Vigile, évêque d’Auxerre, légua la villa de Ladugium au monastère Notre-Dame-la-d’Hors en 680. La paroisse appartint au diocèse de Sens.   Mention des premiers seigneurs en 1154.  

Le  Fief du comté de Joigny fut le siège d’une prévôté au 16P avec justice haute, moyenne et basse.  Terre possédée par le duc de Lesdiguières, puis par le marquis de Guerchy. 
 La Maladrerie a été rattachée vers 1700 à l’Hôtel-Dieu de Joigny. 
Le poète Roger de Collerye, dit Roger Bontemps, se retira dans sa vieillesse au village de Laduz. 

Vestiges préhistoriques et antiques : – Vestiges gallo-romains repérés par photo aérienne. 

Architecture civile  : – Corps de logis 18ème dit « Pavillon de chasse des seigneurs de Guerchy ».  

* Eglise paroissiale Sainte-Marie-Madeleine restaurée en 1554 : portail ogival début 16ème, nef plafonnée à baies en lancettes 13ème, choeur reconstruit 16ème ; statues lutrin 18ème. 

Laduz est renommé aujourd’hui grâce à son Musée Rural des Arts Populaires, conservatoire de la mémoire collective, rassemblant d’innombrables collections d’anciens outils et autres objets, tous remarquables. L’évolution des traditions agricoles et artisanales nous est ainsi présentée de façon vivante. 

Cette passionnante collection, sans cesse renouvelée est l’œuvre de Raymond et Jacqueline Humbert que leurs fils, Denis, Jean-Christophe et Vincent, ont déjà bien relayée. 

 Un site : http://laduz.com/

 

 

Publié dans Bourgogne, MUSEES de FRANCE, Yonne | Pas de Commentaire »

Musée du Costume et de la Mode dans l’Yonne

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

 

L’histoire d’une famille et d’une passion Avallonnaise

Agnès Carton raconte que sa famille a toujours aimé les choses anciennes : « À 11 ans, j’ai désiré mon premier costume lors d’une vente à laquelle j’ai assisté. Avec ma famille, et en particulier ma sœur, nous avons accumulé les objets anciens. Avec la passion, en visitant les salles des ventes, les antiquaires et les particuliers, cela peut aller très vite ». La famille, installée en Picardie, dans un bâtiment rapidement devenu trop petit, a racheté l’hôtel particulier d’Avallon en 1990. Une fois la bâtisse restaurée, le musée a ouvert en 1991 avec trois salles ; il y en a douze actuellement.

Au cœur d’un hôtel particulier des 17ème et 18ème siècles sont exposés des costumes, tous issus de fonds privés, changeant annuellement. Des robes de mariées, aussi belles que variées, sont à voir dans la chapelle.

Ce musée invite chaque année ses visiteurs à un voyage dans le temps moins lointain mais plein de charme, à travers une présentation, à chaque fois renouvelée, de costumes et d’accessoires de mode anciens, déployés dans le cadre d’un ancien hôtel particulier des XVIIème et XVIIIème siècles ayant appartenu à la famille de Condé

 Musée du Costume et de la Mode dans l’Yonne dans MUSEES de FRANCE 180px-Avallon_2

THEME : Masculin Féminin tel sera le thème de cette année 2008. Le musée retrace en 12 salles l’histoire du costume d’homme pendant 300 ans et son influence sur le costume féminin.

A découvrir, l’habit de cour à la française au 18esiècle – l’habit brodé sous l’Empire et la Restauration – l’habit moderne à la fin du 18e siècle avec notamment les Incroyables – le triomphe de l’habit noir aux 19e et 20e siècles, les dessous de ces messieurs, l’unisexe pour les moins de 5 ans et les premiers costumes pour les plus grands – les costumes de sport – les accessoires du costume masculin et l’influence du masculin sur le féminin.

 

220px-Avallon-Mus%C3%A9e_de_l%27Avallonnais_%284%29 dans Yonne

Le musée du Costume à Avallon – Situé en plein centre-ville d’Avallon, le musée du Costume accueille tous les jours sans exception un public chaque année plus nombreux. Une collection rare de costumes datant du XVIII e siècle à nos jours retrace l’histoire d’une passion, celle de deux sœurs, Agnès et Sylvie Carton, consacrant aujourd’hui l’essentiel de leur temps à leurs 2 600 costumes. Ceux-ci en matériau délicat, mousseline ou cotonnade, ne doivent pas rester trop longtemps sur un mannequin. Ils sont soigneusement rangés à plat dans des boîtes en carton excepté la centaine d’entre eux choisie chaque année afin d’être présentée au public. L’exposition est consacrée cette année aux imprimés dans la mode du XVIIIe siècle à nos jours. Rayures, pois, fleurs, les imprimés sont donc à la mode au musée du costume.

le Musée du Costume attire 3000 à 4000 visiteurs par an, ce qui est à la fois peu et beaucoup. Aucune publicité n’est faite autour de ce musée puisqu’il n’a ni site internet ni chargé de communication. Ce musée ne compte pas non plus de conservateur, encore moins de muséographe ou de sercive des publics. En effet, ce musée extraordinaire a été monté de toute pièces par les deux charmantes soeurs Carton assistées de leur mère Marthe, âgée de 91 ans.

Avec leurs modestes salaires et pensions, elles se sont prises de passion pour la chine et la brocante. De quelques objets anciens est née une passion commune pour le costume. Aujourd’hui, elles ont amassé des centaines de costumes, objets, portraits, et en ont créé un musée de leurs propres mains. De la scénographie, au choix des thèmes d’exposition, à l’habillage des mannequins, aux visites guidées,les trois dames font tout elles-mêmes avec la plus grande passion.

Si j’essaye autant que faire se peut, faire connaître des lieux que j’ai visité par moi-même, j’ai eu écho de l’existence de ce musée grâce à un reportage mené par des journalistes du Monde dans la ville d’Avallon. J’estime que ce lieu insolite, peut être un prochain objectif de promenade très original!

Les douze salles, décorées avec du mobilier ancien et des tableaux qui varient selon le thème, illustrent tous ces aspects parfois inattendus des imprimés dans la mode. Agnès et Sylvie Carton, férues d’histoire, veulent avant tout faire partager leur passion. Les visites guidées et les explications sont toujours intéressantes : « La mode a toujours changé très vite, comme aujourd’hui. Au XVIII e siècle, la mode restait un phénomène réservé à la haute bourgeoisie. Au XIX e, avec l’industrialisation, tout change, la production de textile concerne tout le monde. Apparaît ensuite la haute couture, qui, d’une certaine façon, rétablit une aristocratie de l’élégance ».

6, rue Belgrand
Avallon 89200
tel: 03 86 34 19 95   fax: 03 86 31 63 67

Avallon : commune française située dans le sud du département de l’Yonne dans la région Bourgogne.

La ville, chef-lieu d’arrondissement, est située sur un plateau dominant la vallée du Cousin. Sa superficie est d’environ 2 673 hectares.

Selon l’historien Victor Petit :

« Avallon, ville d’origine extrêmement ancienne, est bâtie dans une situation remarquablement pittoresque. Aussi jugeons-nous utile de mettre sous les yeux de nos lecteurs une carte topographique des environs d’Avallon, un plan de l’ancienne ville et enfin une vue panoramique de la ville actuelle. La vue d’ensemble, prise du haut du parc des Alleux peut donner une idée générale de l’aspect agreste et charmant de la haute colline rocheuse sur le sommet de laquelle se développe la ville tout entière(…).

220px-Avallon_005Vers le centre du dessin on remarque les deux principaux monuments d’Avallon : l’église de Saint-Lazare, et, un peu sur la gauche, la tour de l’Horloge. En avant du clocher de Saint-Lazare se trouvent les restes de l’église Saint-Pierre. Un peu à gauche est le tribunal donnant sur la rue Bocquillot et aboutissant à la Petite-Porte en avant de laquelle on voit la charmante promenade dite Terreau de la Petite-Porte. La tour Gaujard est à gauche ; l’Eperon fortifié, qui domine la route de Lormes, est à droite et domine les beaux escarpements de roches granitiques qui plongent jusqu’au fond de la vallée. Le chevet de l’église Saint-Lazare cache le vaste bâtiment des Ursulines. La tour qui est en face porte le nom de l’Escharguet.

Plus à droite se voit une autre tour s’élevant au-dessus d’une énorme muraille défensive très bien conservée ainsi que sa petite guérite en pierre. Un peu plus à droite, on voit l’église neuve de Saint-Martin. Plus à droite encore, et précédée de quelques arbres verts, on remarque la sous-préfecture. Enfin, à l’extrémité du dessin, on aperçoit l’ancienne église Saint-Martin. En avant s’étend un immense terrain rocheux et ondulé qu’on nomme Les Chaumes. Le versant rapide de cette colline forme, à gauche, le vallon profond qui isole et borde, à l’est, tout un côté de la ville. Le fond de ce vallon est occupé par un petit cours d’eau venant de l’étang des Minimes. Une route longe ce ruisseau, qui traverse un groupe de maisons formant le faubourg de Cousin-La-Roche.

À droite, on voit la route de Quarré-les-Tombes, aboutissant au Pont-Claireau. Le cours du Cousin, divisé par plusieurs îles, occupe le premier plan (…) Remontons à la tour de l’Horloge. Derrière la tour Gaujard, mais à 700 mètres au-delà, se trouve l’Hôpital (…) À gauche de la maison d’école, on voit le Terreau de la Porte-Neuve. Au-dessous on reconnaît la bordure de la route de Lormes, contournant, en écharpe, le flanc cultivé de la montagne, et descendant droit au grand pont du Cousin, par le fond du vallon de l’ouest, arrosé par le petit cours d’eau du Pautot ou de Touillon. On entrevoit ce pont à la base de beaux escarpements de roches de la colline dite La Morlande, au sommet de laquelle s’élève une maison bourgeoise, qui, en construction en 1830, a pris le nom de Maison-d’Alger.

IllustrationEn avant du pont du faubourg de Cousin-le-Pont, s’élance d’une rive à l’autre la belle arche construite pour le passage des tuyaux des fontaines remontant au niveau de la ville après être descendus d’un plateau un peu plus élevé. C’est à l’extrémité de ce plateau que s’élève la belle maison des Alleux, placée au sommet de magnifiques escarpements de roches (…) Le camp des Alleux se trouve tout à fait en dehors de notre panorama et ainsi l’étroite et tortueuse vallée du Cousin est oubliée. La vallée n’est belle que vue de la ville, et la ville n’est réellement belle que vue de la vallée. »

Publié dans MUSEES de FRANCE, Yonne | 1 Commentaire »

Circuit dans la vallée de la Bienne

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

 

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Tout d’abord, la Bienne, affluent de l’Ain, a un cours très pittoresque, presque constamment en gorges. C’est un torrent qui naît près des Rousses, à 1 100 m d’altitude. De sa source à Morez, il suit une profonde entaille orientée Sud-Est-Nord-Ouest qui coupe par des cluses les chaînons jurassiens. Morez occupe l’un de ces cluses. Sortie de la ville, la rivière fait un coude à angle droit et prend la direction générale des vals de la région, c’est à dire Nord-Est – Sud-Ouest. A St Claude, dans le site magnifique, elle reçoit le Tacon, puis s’infléchit fortement vers l’Ouest et recommence à tailler son chemin au travers des chaînons montagneux. Elle prend ensuite un cours paresseux, trace de nombreux méandres au milieu des champs et des bois, avant de confondre ses eaux avec celles d el’Ain dans la retenue de Coiselet.

Les gorges de la Bienne sont longues de 25 km situées au cœur du massif et du département du Jura è La Bienne parcours le massif jurassien à travers une vallée encaissée, elle se resserre et les versants deviennent extrêmement raides, voire des falaises.  .

Circuit dans la vallée de la Bienne dans JuraDe Morbier à Valfin-lès-Saint-Claude, les gorges de la Bienne ont été creusées dans un synclinal en suivant le sens des plis jurassiens en direction du sud-ouest ; à partir de Valfin, la Bienne bifurque vers le sud et coupe l’anticlinal des côtes de la Bienne avant de suivre le sens du synclinal de Longchaumois de la cascade de la Vouivre à Saint-Claude. Les versants des gorges de la Bienne sont principalement constitués de calcaires sublithographiques du Kimméridgien.

Située sur le territoire du Parc naturel régional du Haut-Jura, le site des « Vallées et côtes de la Bienne, du Tacon et du Flumen » s’étale sur 14 982 ha, du nord au sud de Morbier aux Bouchoux, et de l’est à l’ouest des Molunes à Chancia.  Affluent de l’Ain, la Bienne naît de la confluence du Bief de la Chaille et de l’Evalude, à une altitude de 1 100 mètres. Flanquée à l’est comme à l’ouest de reliefs très accentués, elle entaille profondément le massif plissé jurassien jusqu’à Saint-Claude (environ 400 m d’altitude) où elle reçoit le Tacon, grossi du Flumen. Elle poursuit son cours plus calmement en traçant de nombreux méandres avant de confondre ses eaux avec celles de l’Ain dans la retenue de Coiselet (environ 310 m d’altitude). Le Tacon, son principal affluent, parcourt une combe longue et profonde (entre 1020 et 420 m d’altitude) avant de recevoir le Flumen. Celui-ci est formé à partir des eaux qui s’échappent de grottes ouvertes dans les couches calcaires ; ces résurgences sont alimentées par une série de pertes qui affectent les écoulements superficiels des plateaux voisins.

 

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Le CANTOU a ouvert ses portes le 20 septembre1997.
L’établissement, étant situé à proximité du village de Molinges, permet un accès assez simple et un environnement calme pour les occupants. Les terrasses offrent un espace de détente pour les occupants et leurs visiteurs. Chaque résident est muni d’une alarme, reliée au personnel. Le résident aménage le logement avec ses propres meubles, le décore à son goût, afin qu’il se sente comme chez lui, et peut garder son médecin traitant. Les familles peuvent venir manger après réservation, le résident peut sortir comme il le souhaite.

L’AAPPMA La Biennoise souhaite interdire la pêche sur 24 kilomètres, pour une durée indéterminée, à la suite de la forte mortalité de poissons découverte à la mi-mars dans cette rivière jurassienne. Sur son blog, le pêcheur jurassien précise que « les limites du secteur fermé à la pêche sont pour l’amont, la  confluence du Tacon avec la Bienne à St Claude et pour l’aval, la  confluence du Merdançon et la Bienne à Dortan« . Cette décision intervient alors que les analyses réalisées par l’ONEMA sur les poissons morts ne sont toujours pas connues. Aujourd’hui encore, Charles Varenne, le président de l’ AAPPMA, récupère des poissons morts au bord de cette rivière.  Et pourtant, selon l’association de pêche, des pêcheurs continuaient de pêcher et de manger leurs prises. La Biennoise veut également sauvegarder les truites encore bien portantes.

VIDEO 

http://www.dailymotion.com/video/xpm6ui

Le site des « Vallées et côtes de la Bienne, du Tacon et du Flumen », est également marqué par une forte activité industrielle représentée par quelques entreprises importantes et une multiplicité d’autres de petites tailles. Héritières d’une longue tradition locale, elles sont à l’origine de productions spécifiques telles la lunetterie, la taille de pierres précieuses et semi précieuses, les métiers du bois (tournerie…), le jouet… Plus récemment, de nouvelles industries sont apparues autour du plastique, du traitement de surface, du décolletage, des mécaniques diverses… 

 Ces entreprises, dont plusieurs restent encore à ce jour non raccordées à un réseau d’eau usée et rejettent directement leurs effluents dans la Bienne et son bassin versant, sont à l’origine de pollutions diverses : métaux lourds, matières en suspension, huiles, hydrocarbures… 

Les analyses réalisées au milieu des années 1990, au démarrage du contrat de rivière Bienne révélaient ainsi diverses pollutions dont la plus conséquente provenait des métaux lourds. Celle-ci était particulièrement importante en haute Bienne (secteur de La Doye, Morez, Morbier), les concentrations restant significatives jusqu’à l’amont de Saint-Claude. Plus à l’aval, on observe une diminution progressive qui pourrait en partie s’expliquer l’absence de rejets importants, l’augmentation des débits de la Bienne et le rôle de « piège à sédiments  » qu’a pu jouer le barrage d’Etable. 

A ce jour, et suite notamment, au contrat de rivière Bienne et à l’engagement de 11 industriels de la lunette de Morez à mettre en place des stations d’épuration autonomes et performantes, les concentrations en métaux (Chrome, Cuivre, Nickel, Plomb et Zinc) ont considérablement diminuées. A titre d’exemple, les cours d’eau de l’Evalude et du Chapy étaient, en 1995, les affluents de la Bienne les plus pollués par les métaux. Or, aujourd’hui, les analyses révèlent que ces cours d’eau ont retrouvé une qualité tout à fait satisfaisante. Cette très nette amélioration peut aujourd’hui être attribuée aux efforts des industriels en ce qui concerne l’Evalude, à l’amélioration du traitement des effluents sur la commune de Septmoncel en ce qui concerne le Chapy.

Activités estivales.  

On parle d’activités estivales mais il convient de rappeler que les loisirs ci-dessous présentés sont en réalité pratiqués du printemps (plus tardif sur les hauteurs du site que dans la vallée de la Bienne) à l’automne. 

Les activités de randonnée  

La première d’entre eux est nettement la randonnée pédestre et la promenade (plus courte et pratiquée sur l’ensemble des saisons sans neige par la population locale notamment). Des itinéraires balisés et entretenus par les communautés de communes en étroite collaboration avec le Parc naturel régional du Haut-Jura (pour la marche à pied mais également pour le VTT) jalonnent l’ensemble du site de la Bienne, du Tacon et du Flumen . Ils ont, pour la très très grande majorité d’entre eux, intégré les sensibilités environnementales. Localement toutefois, des traversées de pâturages (abritant souvent des milieux type pelouses sèches, sensibles à un piétinement important) ou le dérangement d’oiseaux rupestres sont signalées ; elles sont souvent le fait de promeneurs locaux qui s’écartent des sentiers balisés. C’est la raison pour laquelle, il semble important aux personnes ayant étudié cette problématique, de se donner les moyens d’informer les promeneurs. Signalons également, pour information et pour en terminer avec les activités dites « de randonnée » que le « grand huit », itinéraire équestre, traverse le site de la Bienne au gré des 2000 km de circuit qu’il emprunte dans le Jura, de la plaine de la Bresse aux montagnes du Parc Naturel Régional en passant par la région du vignoble et des lacs.

La pratique du VTT est également omniprésente sur le site mais est le fait d’un public beaucoup moins important du fait de son caractère particulièrement physique. Les adeptes de ce sport restent généralement sur les sentiers balisés à cet effet même si la traversée de milieux sensibles tels que les pelouses sèches ou pelouses sur dalles calcaires est à surveiller. Une course annuelle de renommée nationale traverse en partie le site et mérite d’être signalée : la Forestière.

 

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Les curiosités de BELLEY

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

 

Bellay, détruite par un incendie en 1385, la ville est reconstruire et entourée de fortifications par Amédée VII de Savoie (le Bugey appartenait à la Maison de Savoie depuis 1077. La « Vieille Porte » à l’extrémité du boulevard du Mail est un vestige de ces remparts. En 1601, le traité de Lyon rattache définitivement le Bugey et Belley sa capitale à la France. Belley située dans un riant bassin arrosé par le Furan, constitue un bon centre d’excursions dans le verdoyant Bugey. Animée par quelques activités commerciales et industrielles, la ville a su garder son atmosphère paisible de cité administrative. Belley s’honore d’avoir accueilli Lamartine et son collège (une statue du poète devant le collège Lamartine commémore ce souvenir) et doit à Brillat Savarin, l’in de ses enfants, sa renommée dans le monde de la gastronomie.

Jean_Anthelme_Brillat-Savarin

LA PHYSIOLOGIE DU GOUT – Quand, en 1755, nait à Bellay Jean Anthelme  Brillat-Savarin, sa carrière est déjà toute tracée ; il sera avocat, comme son père. Il s’installe donc confortablement dans la quiétude de la vie belleysane, s’intéressant aux sciences comme aux arts et animant les réunions de famille et d’amis à Belley ou à Vieu dans sa maison de campagne. En 1789, il est élu député du Tiers Etat et ne se départira pas, dans l’exercice de ses fonctions, de sa bonhomie, de sa tolérance. Il ne peut malgré tout échapper aux soupçons de la Terreur et, en 1794, alors que de retour à Belley il y avait été élu maire, il doit s’enfuir. Après un séjour en Suisses puis en Amérique, il regagne la France où il se retrouve Conseiller à la Cour de cassation durant le Consulat. Là, il occupe des loisirs à écrire, d’abord des ouvrages juridiques et politiques puis le petit chef d’œuvre qui lui vaudra la célébrité : La physiologie du goût. En trente méditations, il aborde tous les problèmes du bien manger et du bien vivre : les principes philosophiques côtoient les réflexions sur la gourmandise, le sommeil, les rêves ; des théories scientifiques il passe aux préceptes culinaires, sans jamais abandonner le ton débonnaire et joyeux qui a caractérisé toute sa vie d’érudit.

En 1826, il mourut et Belley, reconnaissante, lui a élevé sur le « Promenoir » une statue où apparaît en exergue une de ses maximes :

« Convier quelqu’un c’est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu’il est sous notre toit »

Description de cette image, également commentée ci-après

La Cathédrale Saint Jean : Reconstruire presque entièrement au 19ème siècle, elle a gardé son portail Nord, probablement du 14ème siècle – une porte surmontées d’un arc en ogive et entourée de deux arcatures aveugles. A l’intérieur, l’édifice a conservé un vaste chœur de six travées datant de 1473 dont le triforium possède de belles balustrades ajourées. Cinq chapelles richement décorées s’ouvrent sur le déambulatoire. La chapelle de la Vierge, derrière le maître-autel, renferme une imposante statue de la Vierge, en marbre, œuvre de Chinard (1756-1813). A gauche de l’autel, est exposée une châsse de saint Anthelme, évêque de Belley de 1163 à 1178 et patron de la ville. En bronze doré orné d’émaux, elle retrace la vie du saint en 12 scènes ; disposés sur le socle : le globe azur, la croix et les étoiles surmontant le coffre, représentant les armes des Chartreux dont il faisait partie.

La Maison natale de Brillat-Savarin : au n° 62 de la Grande Rue. Belle demeure à deux étages présentant des cintres en façade. Sa cour intérieure prolongée par un jardin s’orne d’une loggia, d’une façade à 3 étages de galeries et balustres et d’un vieux puits. Le buste de Brillat Savarin se dresse à l’extrémité Nord du Promenoir, face au Grand Colombier qu’il aimait et où il posséda le château de Vieu. 

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ENFANTS TERRIBLES ET GENIES de DOLE

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

 

Image illustrative de l'article Claude-François MaletMalet le conspirateur – Le général Malet, enfant de Dole, cousin de Rouget de Lisle, d’esprit indépendant et de tempérament républicains, devient suspects à Napoléon qui le fait incarcérer à Paris en 1808. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1812, Malet s’évade et tente avec quelques amis de se rendre maître des principaux organes de pouvoir. Mais la conspiration échoue, Malet est arrêté et fusillé avec neuf de ses compagnons.

Malet a su se constituer un réseau au point qu’une légende veut qu’il ait appartenu à la société des Philadelphes, une société secrète républicaine. Personnage procédurier et tatillon, il devient aigri pour avoir manqué un rôle national dans une carrière politique (par deux fois, il a échoué dans la mandature de député du Jura) ou militaire. Il est au moins certain qu’il ourdit une conspiration en 1808 avec des sénateurs républicains prévoyant d’apposer 12 000 affiches dans Paris proclamant la déchéance de l’Empire, pendant que l’Empereur est en Espagne. Trahi par un de ses complices, il est arrêté, et 55 personnes avec lui ; mais au lieu de lui infliger la peine capitale, on se contenta de le retenir dans une prison d’État à la Force en 1809. Il conçoit une deuxième conspiration le 29 juin 1809 alors que l’Empereur se trouve à Schönbrunn mais un « mouton » à la prison de la Force dénonce Malet à la police. Il est transféré à la prison de Sainte-Pélagie, puis placé en résidence dans la maison médicale du docteur Dubuisson en 1810, où il met au point son coup d’État avec plusieurs autres détenus politiques, notamment des royalistes comme l’abbé Lafon (membre de La Congrégation), Jules de Polignac ou Ferdinand de Bertier, au point que certains historiens pensent que Malet a été manipulé par les partisans du retour des Bourbons sur le trône.

 

180px-Dole_-_Maison_PasteurLa Famille de Pasteur – C’est à Dole, le 27 décembre 1822, que naît le grand savant. Son père, Joseph Pasteur, ancien sergent-major de l’armée impériale, licencié après la chute de Napoléon, a repris son métier de tanneur, il a épousé, en 1816, Jeanne-Etiennette Roqui.

Ce que furent ses parents, le grand homme, parvenu au faite des honneurs, l’a dit en une sorte d’oraison, le 14 juillet 1883, quand une plaque commémorative fut apposée sur sa maison natale :

« Oh ! mon père et ma mère !

Oh ! mes chers disparus, qui avez si modestement vécu dans cette petite maison, c’st à vous que je dois tout. Tes enthousiasmes, ma vaillante mère, tu les as fait passer en moi. Si j’ai toujours associé la grandeur de la science à la grandeur de la patrie, c’est que j’étais imprégné des sentiments que tu m’avais inspirés. Et toi, mon cher père, dont la vie fut aussi rude que ton rude métier, tu m’as montré ce que peut faire la patience dans les longs efforts… tu avais l’admiration des grands hommes et des grandes choses. Regarder en haut, apprendre au-delà, chercher à s’élever toujours, voilà ce que tu m’as enseigné… »

en 1827, la famille quitte Dole et se fixe à Arbois.


Marcel Aymé, hôte de Dole
 : Parfois surnommé « le paysan de Montmartre », Marcel Aymé (1902-1067) a vécu ses jeunes années à Villers-Robers, village de la Bresse comtoise, avant d’être confié à l’âge de sept ans à sa tante de Dole. Il va passer là son adolescence, laissant au vénérable Collège de l’Arc le souvenir d’un élève facétieux. Tenu d’interrompre pour raisons de santé des études d’ingénieur effectuées à Paris, il revient à Dole écrire son premier roman, Brûlebois, publié en 1926. Le talent de l’écrivain est rapidement reconnu : en 1929, le prix Renaudot est attribué à la Table aux crevés ; suivront La Jument verte, La vouivre…

la ville de Dole est très présente dans l’œuvre romanesque de Marcel Aymé ; on y reconnaît le champ de fore, l’hôpital, la gare, la rue Pasteur, la Grande Fontaine, la place du marché .. Le haut clocher de l’église notre Dame joue même un rôle déterminant dans l’intrigue policière du Moulin de la Sourdine.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsL’écrivain a été attaqué par tous ceux qui ne supportaient pas que ses romans décrivent assez crûment la France des années quarante et celle de l’épuration, mettant sur le même pied les collaborateurs monstrueux et les revanchards sinistres, décrivant avec une exactitude désinvolte le marché noir, les dénonciations, les règlements de comptes (UranusLe Chemin des écoliers). Mais il a surtout soutenu jusqu’au bout Robert Brasillach, tentant de faire signer à des intellectuels et des artistes de tout bord la pétition contre la peine de mort dont Brasillach était frappé. Albert Camus, Jean Cocteau, François Mauriac et d’autres l’ont signée, sauf Picasso qui venait d’adhérer depuis peu au parti communiste, ainsi que l’explique Claude Roy « J’ai souffert que mon parti d’alors s’oppose à ce que je participe à une demande de grâce. Picasso a refusé aussi pour la même raison. » Mais Brasillach a été fusillé quand même, de Gaulle ayant rejeté sa grâce, malgré la lettre que lui avait adressée l’ancien résistant Daniel Gallois qui avait appartenu à un mouvement de résistance : l’O.C.M,

 

 

 

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La mode en temps de guerre

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

Pour vous, Mesdames !

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L’exposition « Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre » retrace l’énergie déployée par les femmes pour se vêtir avec élégance. Photos !

« J’avais coupé cette jupe dans le pantalon de mon père, j’avais fait ce sac en ficelle, j’avais utilisé de la grosse toile pour faire des chaussures. J’avais deux jupes, une robe et pas davantage, avec ça on arrivait quand même à être élégante », confie Jeanne Guillin, adolescente à Lyon pendant la guerre.

L’évocation de ces prouesses restitue, avec les chaussures à semelles de bois et le trait sur la jambe imitant la couture du bas, tout un pan de la vie quotidienne des Françaises entre 1939 et 1945.

« On arrivait quand même à être élégante »

Pour la première grande exposition temporaire depuis sa réouverture, le Centre d’histoire de la résistance et de la déportation (CHRD) explore la vie à Lyon pendant la guerre en se penchant sur le thème de la mode et du vêtement. 

« Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre » retrace l’énergie déployée par les femmes pour se vêtir avec élégance malgré les restrictions et les difficultés de la vie quotidienne, dans une ville devenue « capitale de la mode » du fait du repli de nombreuses maisons de couture parisiennes. 

Si l’immense majorité des femmes récupère, recycle et transforme pour conserver allure et dignité, une minorité d’entre elles reste cliente de quelques maisons de haute couture et s’achète les robes de créateurs réputés.  

La presse féminine de l’époque offrent aux unes, les informations sur les collections, aux autres,  les astuces nécessaires pour suivre la mode « en toutes circonstances ». 

Crédit photo : Pierre Verrier – Collection particulière

L’exposition est accompagnée d’une application sous forme de jeu de rôle. Après avoir choisi son personnage et l’occasion, une tenue complète apparaît. Ses matériaux et sa confection sont expliqués et soulignent toute l’ingéniosité nécessaire. Chaque cas est en outre illustré de magazines de mode, de photographies d’époque et d’exemples d’accessoires à disposition des élégantes.

Une page Facebook a également été ouverte pour la durée de l’exposition. Elle retrace la vie d’une jeune Lyonnaise, Marguerite, à partir de 1942. Il s’agit d’un journal, qui aborde donc de nombreux aspects du quotidien.

téléchargement (1)POUR VOUS MESDAMES, LA MODE EN TEMPS DE GUERRE !

Dans une ville devenue « capitale de la mode » après le repli des maisons de couture parisiennes, les femmes lyonnaises déploient énergie et ingéniosité pour continuer à se vêtir avec élégance malgré les restrictions et les difficultés de la vie quotidienne. Dans l’exposition, différents univers conduisent le visiteur tour à tour dans les ateliers et les entreprises, signes de l’importance économique de la mode, sur les podiums où défilent les collections des grands couturiers et dans les kiosques à journaux, reflet de la richesse de la presse féminine de l’époque. Le public est également invité au coeur des foyers domestiques, où les femmes développent mille trouvailles pour confectionner leurs tenues, et déambule dans l’espace public qui voit la coquetterie s’ériger en arme psychologique et devenir presque un acte de résistance. La mode, acte de résistance L’exposition démontre que le vêtement peut être un médium passionnant pour comprendre les stratégies mises en place par une société soumise à la pression des événements. Elle dessine en filigrane l’image sociale de la femme et son évolution dans cette période si particulière. La mode, les nouveaux matériaux et le système D Dans le cadre contraint de la guerre, de nouvelles techniques apparaissent ou réapparaissent. Les artisans rivalisent d’ingéniosité et les femmes adaptent leurs pratiques pour confectionner vêtements et accessoires à partir de matériaux de récupération et d’après les directives de la presse féminine. La mode et le cinéma Une partie importante est consacrée au cinéma. Grâce à un prêt exceptionnel de la Cinémathèque française, nous exposons les tenues de Romy Schneider dans Le vieux fusil, d’Isabelle Adjani dans Bon voyage, de Carole Bouquet dans Lucie Aubrac ou encore les dessins virtuoses des robes créées pour Emmanuelle Béart dans Une femme française. Au côté de ces robes, une dizaine de costumes d’Un village français, alors que la dernière saison de la série début à en même temps que l’exposition.

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Alphonse Daudet et la mule du Pape

Posté par francesca7 le 7 mars 2014

extrait de LA MULE DU PAPE. issu des Lettre de Mon Moulin

téléchargement (8)Qui n’a pas vu Avignon du temps des Papes, n’a rien vu. Pour la gaieté, la vie, l’animation, le train des fêtes, jamais une ville pareille. C’étaient, du matin au soir, des processions, des pèlerinages, les rues jonchées de fleurs, tapissées de hautes lices, des arrivages de cardinaux par le Rhône, bannières au vent, galères pavoisées, les soldats du Pape qui chantaient du latin sur les places, les crécelles des frères quêteurs ; puis, du haut en bas des maisons qui se pressaient en bourdonnant autour du grand palais papal comme des abeilles autour de leur ruche, c’était encore le tic tac des métiers à dentelles, le va-et-vient des navettes tissant l’or des chasubles, les petits marteaux des ciseleurs de burettes, les tables d’harmonie qu’on ajustait chez les luthiers, les cantiques des ourdisseuses ; par là-dessus le bruit des cloches, et toujours quelques tambourins qu’on entendait ronfler, là-bas, du côté du pont. Car chez nous, quand le peuple est content, il faut qu’il danse, il faut qu’il danse ; et comme en ce temps-là les rues de la ville étaient trop étroites pour la farandole, fifres et tambourins se postaient sur le pont d’Avignon, au vent frais du Rhône, et jour et nuit l’on y dansait, l’on y dansait… Ah ! l’heureux temps ! l’heureuse ville ! Des hallebardes qui ne coupaient pas ; des prisons d’État où l’on mettait le vin à rafraîchir. Jamais de disette ; jamais de guerre… Voilà comment les Papes du Comtat savaient gouverner leur peuple ; voilà pourquoi leur peuple les a tant regrettés !…

 


 

Il y en a un surtout, un bon vieux, qu’on appelait Boniface… Oh ! celui-là, que de larmes on a versées en Avignon quand il est mort ! C’était un prince si aimable, si avenant ! Il vous riait si bien du haut de sa mule ! Et quand vous passiez près de lui, — fussiez-vous un pauvre petit tireur de garance ou le grand viguier de la ville, — il vous donnait sa bénédiction si poliment ! Un vrai pape d’Yvetot, mais d’un Yvetot de Provence, avec quelque chose de fin dans le rire, un brin de marjolaine à sa barrette, et pas la moindre Jeanneton… La seule Jeanneton qu’on lui ait jamais connue, à ce bon père, c’était sa vigne, — une petite vigne qu’il avait plantée lui-même, à trois lieues d’Avignon, dans les myrtes de Château-Neuf.

Tous les dimanches, en sortant de vêpres, le digne homme allait lui faire sa cour ; et quand il était là-haut, assis au bon soleil, sa mule près de lui, ses cardinaux tout autour étendus aux pieds des souches, alors il faisait déboucher un flacon de vin du cru, — ce beau vin, couleur de rubis qui s’est appelé depuis le Château-Neuf des Papes, — et il le dégustait par petits coups, en regardant sa vigne d’un air attendri. Puis, le flacon vidé, le jour tombant, il rentraitjoyeusement à la ville, suivi de tout son chapitre ; et, lorsqu’il passait sur le pont d’Avignon, au milieu des tambours et des farandoles, sa mule, mise en train par la musique, prenait un petit amble sautillant, tandis que lui-même il marquait le pas de la danse avec sa barrette, ce qui scandalisait fort ses cardinaux, mais faisait dire à tout le peuple : « Ah ! le bon prince ! Ah ! le brave pape ! »

[…]Ni la mule non plus, cela ne la faisait pas rire… Maintenant, à l’heure de son vin, elle voyait toujours arriver chez elle cinq ou six petits clercs de maîtrise qui se fourraient vite dans la paille avec leur camail et leurs dentelles ; puis, au bout d’un moment, une bonne odeur chaude de caramel et d’aromates emplissait l’écurie, et Tistet Védène apparaissait portant avec précaution le bol de vin à la française. Alors le martyre de la pauvre bête commençait.

Ce vin parfumé qu’elle aimait tant, qui lui tenait chaud, qui lui mettait des ailes, on avait la cruauté de le lui apporter, là, dans sa mangeoire, de le lui faire respirer ; puis, quand elle en avait les narines pleines, passe, je t’ai vu ! La belle liqueur de flamme rose s’en allait toute dans le gosier de ces garnements… Et encore, s’ils n’avaient fait que lui voler son vin ; mais c’étaient comme des diables, tous ces petits clercs, quand ils avaient bu !… L’un lui tirait les oreilles, l’autre la queue ; Quiquet lui montait sur le dos, Béluguet lui essayait sa barrette, et pas un de ces galopins ne songeait que d’un coup de reins ou d’une ruade la brave bête aurait pu les envoyer tous dans l’étoile polaire, et même plus loin… Mais non ! On n’est pas pour rien la mule du Pape, la mule des bénédictions et des indulgences… Les enfants avaient beau faire, elle ne se fâchait pas ; et ce n’était qu’à Tistet Védène qu’elle en voulait… Celui-là, par exemple, quand elle le sentait derrière elle, son sabot lui démangeait, et vraiment il y avait bien de quoi. Ce vaurien de Tistet lui jouait de si vilains tours ! Il avait de si cruelles inventions après boire !…

Est-ce qu’un jour il ne s’avisa pas de la faire monter avec lui au clocheton de la maîtrise, là-haut, tout là-haut, à la pointe du palais !… Et ce que je vous dis là n’est pas un conte, deux cent mille Provençaux l’ont vu. Vous figurez-vous la terreur de cette malheureuse mule, lorsque, après avoir tourné pendant une heure à l’aveuglette dans un escalier en colimaçon et grimpé je ne sais combien de marches, elle se trouva tout à coup sur une plate-forme éblouissante de lumière, et qu’à mille pieds au-dessous d’elle elle aperçut tout un Avignon fantastique, les baraques du marché pas plus grosses que des noisettes, les soldats du Pape devant leur caserne comme des fourmis rouges, et là-bas, sur un fil d’argent, un petit pont microscopique où l’on dansait, où l’on dansait… Ah ! pauvre bête ! quelle panique ! Du cri qu’elle en poussa, toutes les vitres du palais tremblèrent.[…]

 Alphonse Daudet et la mule du Pape dans FONDATEURS - PATRIMOINE 200px-Alphonse_Daudet

220px-Seal_FSC dans LITTERATURE FRANCAISE

Alphonse Daudet, né à Nîmes dans le département du Gard le 13 mai 1840 et mort à Paris le 16 décembre 1897 (à 57 ans), est un écrivain et auteur dramatique français. Certains des récits des Lettres de mon moulin sont restés parmi les histoires les plus populaires de notre littérature, comme La Chèvre de monsieur SeguinLes Trois Messes basses ou L’Élixir du Révérend Père Gaucher. Le premier vrai roman d’Alphonse Daudet fut Le Petit Chose écrit en 1868. Il s’agit du roman autobiographique d’Alphonse dans la mesure où il évoque son passé de maître d’étude au collège d’Alès (dans le Gard, au nord de Nîmes). C’est en 1874 qu’Alphonse décida d’écrire des romans de mœurs comme : Fromont jeune et Risler aîné mais aussi Jack (1876), Le Nabab(1877) – dont François Bravay est le « modèle » – les Rois en exil (1879), Numa Roumestan (1881) ou L’Immortel (1883). Pendant ces travaux de romancier et de dramaturge (il écrivit dix-sept pièces), il n’oublia pas pour autant son travail de conteur : il écrivit en 1872 Tartarin de Tarascon, qui fut son personnage mythique. Contes du lundi (1873), un recueil de contes sur la guerre franco-allemande de 1870, témoignent aussi de son goût pour ce genre et pour les récits merveilleux.

Daudet subit les premières atteintes d’une maladie incurable de la moelle épinière, le tabes dorsalis, une complication neurologique de la syphilis. Il continue cependant de publier jusqu’en 1895. Il décède le 16 décembre 1897 à Paris, à l’âge de 57 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

De 1845 à1847 Daudet est élève des Frères des écoles chrétiennes.

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Un roman journalistique d’émile Zola

Posté par francesca7 le 7 mars 2014

 

extrait dans :  Les sources de L’Argent

150px-Zola_LeandreCe roman a sans doute beaucoup coûté à Zola parce que le sujet lui était peu familier. Si le lecteur curieux parcourt les premières listes de 1870 constituant l’architecture de la saga des Rougon-Macquart, il s’étonnera de ne trouver aucune mention de l’Argent. Pourtant les aspects financiers étaient déjà bien présents dans la Curée par exemple. Mais, dans ce roman, la focalisation portait moins sur le désir effréné de richesse monétaire ou les spéculations foncières que sur la pourriture d’un monde sans foi ni loi. Zola a pris conscience peu à peu qu’il devait écrire cette enquête sur l’argent moderne, une des causes principales de la chute du régime impérial honni. Par ailleurs l’observateur naturaliste connaissait bien les deux ressorts de l’âme humaine soulignés dans ses Notes : « II n’y a que l’amour et l’argent ». La seconde forme essentielle du désir, surtout dans ses aspects contemporains du pouvoir des énormes sommes mystérieusement brassées loin du public, n’avait jamais été réellement et méthodiquement abordée.

Il convient de noter que la jeune IIIe République est traversée par quelques scandales financiers retentissants dont le Bel-Ami de Maupassant paru cinq ans plutôt s’était déjà fait l’écho lui aussi. L’affaire de la « dette tunisienne » devenue marocaine sous la plume de Maupassant n’est pas sans rappeler le coup fourré de Sadowa dans l’Argent. Au moment où Zola écrit son roman le scandale de Panama bat son plein. Rappelons que Ferdinand de Lesseps, pour subventionner un projet mal évalué au départ, a massivement fait appel aux capitaux des petits épargnants (le fameux « bas de laine »), en recourant à des hommes d’affaires qui soutiennent la publicité de l’investissement en achetant largement des journaux peu consciencieux. C’est cette stratégie payante que reprend d’ailleurs Saccard.

Zola est démuni face aux questions financières, au droit des sociétés, aux cotations boursières. Il n’a même pas de compte bancaire. Son éditeur, Fasquelle, lui avance au fur et à mesure l’argent dont il a besoin. Il va donc constituer un dossier de plus de mille pages pour combler ses connaissances lacunaires avouées à demi-mot, à deux reprises, dans le premier chapitre du roman : « ce mystère des opérations financières où peu de cervelles françaises pénètrent » ; « ce mystère des opérations financières, d’autant plus attirant pour les cervelles françaises que très peu d’entre elles les pénètrent ». Zola a donc consulté plusieurs ouvrages pour s’initier à cette religion de la finance. Il a lu les Mémoires d’un coulissier de Feydeau, l’ouvrage de Mirecourt sur La Bourse et celui d’Aycard sur Le Crédit mobilier. Il bénéficie des leçons de son éditeur, qui a pratiqué le métier d’agent de change avant de se lancer dans la librairie. Il s’est surtout beaucoup inspiré du krach de l’Union générale survenu en janvier 1882. Le polytechnicien Bontoux avait repris en 1878 cette banque qui avait connu des difficultés. Par une gestion audacieuse, il avait fait grimper la valeur de l’action jusqu’à des hauteurs insoupçonnées, enrichissant tout un petit peuple d’actionnaires. C’est que Bontoux avait eu la lumineuse idée de drainer l’épargne religieuse vers sa banque catholique. Pourtant au début de 1882, ce fut l’effondrement du cours, l’action perdant les neuf dixièmes de sa valeur. Poursuivi pour escroquerie, le banquier se réfugia en Espagne d’où il rédigea, pour sa défense, une apologie qui parut en librairie en 1888. Zola a de plus étudié dans les numéros du Droit les comptes rendus d’audience du procès Bontoux qui s’acheva sur la condamnation de l’intéressé à cinq ans de prison en 1883. L’opinion française est alors travaillée par l’ouvrage antisémite de Drumond, la France Juive. Bontoux, lui aussi, invoque un complot des Juifs et des francs-maçons pour expliquer la déroute de son œuvre bien-pensante et, de fait, lui et ses actionnaires avaient bien été ruinés en partie par la spéculation des Rothschild. Ces accusations vont d’ailleurs resservir à l’occasion du scandale de Panama, permettant à plusieurs personnalités d’échapper à la vindicte populaire. Elles contribueront à faire enfler notablement le ressentiment antisémite à l’occasion de l’Affaire Dreyfus. Elles sont bien présentes dans le roman de Zola.

Plus anecdotique, la scène scabreuse qui oppose Saccard à Delcambre à propos de l’entretien de la baronne Sandorff tire son origine d’un fait divers de l’époque : Edwige Sapia fut bien l’objet d’une empoignade de mauvais garçons entre deux notabilités, le banquier Jules Mirès (condamné à cinq ans de prison en 1861 pour la faillite de la Caisse générale des chemins de fer) et Gustave Louis Chaix d’Est-Ange, avocat et homme politique français.

Un roman journalistique d’émile Zola dans FONDATEURS - PATRIMOINE 150px-Zola_1870Le personnage de Saccard a plusieurs origines : d’abord le père de Zola, trop tôt disparu lors des sept ans d’Émile. Le fils a gardé de lui le souvenir ébloui d’un entrepreneur moderne, hardi, engagé dans le progrès social. Zola a également été marqué par le spéculateur et industriel Hector de Sastres, qui fut l’ami et le protégé du ministre Jacques Louis Randon. Bien sûr, Saccard a hérité aussi de quelques caractéristiques de Paul Eugène Bontoux. Zola a donné à Saccard la confiance en soi, l’optimisme chevillé au corps, l’esprit visionnaire, le sens des opportunités économiques de ces personnalités. Notons également que quelques traits de Bontoux et du père ont été attribuées à Hamelin, l’ingénieur brillant, appliqué, utopiste.

Zola a donc réuni plus de mille pages de notes pour rédiger son roman. Il s’est livré à une étude du dossier comme un journaliste moderne. Si ses confrères se sont parfois montrés très critiques à l’égard de ces compilations laborieuses qui, selon eux, cachaient un manque d’inspiration ou d’audace créatrice, il nous faut bien reconnaître que Zola se présente comme un écrivain moderne, scrupuleux, appliquant à la fiction romanesque les méthodes du journalisme d’investigation

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Émile Zola (à l’état civil Émile Édouard Charles Antoine Zola) est un écrivain et journaliste français, né à Paris le 2 avril 1840 et mort dans la même ville le 29 septembre 1902. Considéré comme le chef de file du naturalisme, c’est l’un des romanciers français les plus populaires , les plus publiés, traduits et commentés au monde. Ses romans ont connu de très nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision.

150px-ZOLA_1870 dans LITTERATURE FRANCAISEEn 1888, alors que Zola s’interroge sur le sens de son existence à la veille de la cinquantaine, sa vie bascule brutalement. N’avait-il pas soufflé à Goncourt : « Ma femme n’est pas là… Eh bien je ne vois pas passer une jeune fille comme celle-ci sans me dire : « Ça ne vaut-il pas mieux qu’un livre ? » » ? Par ailleurs, il est présenté à la Société des gens de lettres par Alphonse Daudet en 1891, et accueilli en son sein « exceptionnellement par acclamation et à main levée à l’unanimité. » Il est élu au comité, puis élu et réélu président de l’association de 1891 à 1900. Il exerce très sérieusement ses fonctions : il intervient dans la presse pour présenter son organisation et ses valeurs, il fait reconnaître la société comme établissement d’utilité publique, le droit de la propriété littéraire et la défense des auteurs en France progressent sous son autorité, des conventions avec des pays étrangers, comme la Russie, sont signées.

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Le Géant de la forêt de Brocéliande

Posté par francesca7 le 6 mars 2014

Le Géant  de la forêt de Brocéliande

confronté
au pouvoir des fées

(D’après « Revue du traditionnisme », paru en 1908)

180px-Brocéliande166Amené à rencontrer le géant de la forêt de Brocéliande à la disposition duquel il se met en échange d’une vie insouciante durant un an, Jean Le Gouic renonce bientôt à sa vie débauchée et se promet de vivre en honnête homme. Trop tard… Le géant entend bien profiter du pacte, et lui demande des services surhumains dont le jeune breton ne s’acquitte que grâce à l’intervention d’une fée devenue elle-même l’esclave du magicien de Brocéliande. S’ensuivent ruses et courses effrénées pour échapper au géant et tenter de le terrasser…

Voici longtemps, rapporte au début du XXe siècle Etienne Péan, sabotier dans le bois de la Fleuriais, à Ercé-en-Lamée, un jeune homme de Plélan dans le pays Gallo, dissipa, en quelques années, une fortune péniblement gagnée par des parents laborieux. Une fois ruiné et abandonné de tous ceux qui l’avaient aidé à manger son bien, il n’eut pas assez de courage pour se mettre au travail, et, ennuyé, résolut d’en finir avec la vie.

Afin d’exécuter son dessein, il s’en fut dans la mystérieuse forêt de Brocéliande où, jadis, l’enchanteur Merlin et la fée Viviane se donnaient rendez-vous. Là, errant tristement près de la fontaine de Barenton, sous les vieux chênes, il se vit arrêté soudain par un Géant, qui se campa fièrement devant lui en disant : « Jeune homme, je sais ce que tu viens faire ici ; je connais aussi bien que toi l’état de ta bourse, aussi je vais t’offrir !e moyen de te tirer d’embarras. Ecoute-moi bien : si tu consens à revenir ici, dans un an, te mettre à ma disposition, tu pourras jusque-là continuer ta vie de plaisir. – J’accepte, répondit l’étourdi. Donnez-moi de l’or et dans un an je serai votre esclave. – Cherche dans ta poche, reprit le Géant, tu as des louis, et il y en aura toujours. Va, amuse-toi, mais reviens ici à l’époque convenue. »

Jean Le Gouic – c’était son nom – recommença à semer l’or à pleines mains. Mais les plaisirs qui le charmaient autrefois finirent par le fatiguer et l’ennuyer. Les idées sérieuses s’emparèrent de son esprit. Il délaissa ses-compagnons de débauche et rentra dans la voie du devoir. Les bons principes que sa mère lui avait inculqués dans son enfance, germèrent enfin dans son cœur, nous apprend encore la légende. L’or, qui provenait d’une source douteuse, fut désormais employé à secourir les malheureux, et croyant que le géant en voulait à ses jours, il résolut de vivre en honnête homme et de mourir en chrétien.

Le temps s’écouta vite, et le jour fatal arriva. Brave comme un breton qu’il était, il n’appréhenda point la mort, et se rendit sans crainte au rendez-vous. De retour dans les sentiers de la grande forêt, Jean aperçut un homme qui venait vers lui, courant à toutes jambes, et emportant dans ses bras une robe rose qu’il cherchait à cacher sous sa blouse. Reconnaissant aux allures de cet homme un voleur, Le Gouic se précipita sur lui, le saisit au collet, et lui arracha le vêtement des mains, en lui demandant où il l’avait pris. Le fripon, surpris au moment où il y pensait le moins, perdit contenance, se jeta aux pieds du jeune homme et lui demanda grâce en lui racontant qu’il avait dérobé cette robe à des jeunes filles qui étaient à se baigner dans un étang voisin.

Jean, d’un air de mépris, repoussa du pied le voleur, s’empara du vêtement et s’empressa d’aller le rapporter aux baigneuses de l’étang. Il les découvrit, cachées sous les oseraies, au nombre de trois, jolies à ravir et couronnées de fleurs. Deux d’entre elles parées, l’une d’une robe blanche comme la neige, l’autre d’une robe d’un bleu d’azur, étaient occupées à remplacer le vêtement absent de leur sœur par des feuilles de roseaux et des guirlandes da myosotis. Elles jetèrent de légers cris en apercevant l’étranger ; mais rassurées en le voyant s’avancer timidement vers elles, tenant son chapeau d’une main et de l’autre la robe dérobée qu’il leur offrit en expliquant comment elle était en sa possession.

Après avoir remercié le jeune homme du service qu’il venait de leur rendre, elles lui exprimèrent leur crainte de le voir en ces lieux. « Vous ignorez, sans doute, lui dirent-elles, que vous êtes sur les domaines du géant de la forêt de Brocéliande, et que s’il vous voit, c’en est fait de votre liberté. – Hélas ! je ne le sais que trop, répondit-il, je lui appartiens corps et âme, et c’est ici qu’il m’a donné rendez-vous. » Il leur dit en deux mots son histoire, et les engagements qu’il avait contractés. Elles le plaignirent sincèrement, et lui promirent de faire tout ce qui dépendrait d’elles pour lui être utile. « Nous aussi, ajoutèrent-elles, nous sommes ses esclaves ; mais filles d’un magicien, moins puissant que le géant, nous possédons cependant des talismans qui pourront peut-être vous servir dans les épreuves que vous fera subir le maître de ces lieux. » Elles lui promirent de revenir le lendemain, au même endroit, et s’éteignirent dans la crainte d être surprises par le géant.

Le Géant  de la forêt de Brocéliande  dans BretagneCelui-ci arrive bientôt et félicita Jean de son exactitude. « Je vois bien, dit-il, que je n’ai pas affaire à un ingrat, aussi je veux bien faire quelque chose pour toi. Je te récompenserai selon tes désirs, si dans trois mois tu m’as construit sur les landes incultes que tu aperçois du côté de Concoret. une ferme avec des étables pouvant contenir un troupeau de trois cents têtes, et si tu as transformé le sol en prairies, étang et terres labourées. – Ce que vous exigez est impossible, lui répondit tristement Le Gouic. La vie entière d’un homme ne suffirait pas pour créer ce que vous demandez. – Rien n’est impossible à l’homme courageux et bien doué. D’ailleurs c’est ton affaire ; réfléchis et mets-toi à l’œuvre ou sinon tu iras pour le reste de tes jours, augmenter !a nombre de mes serviteurs. »

Le géant s’en alla, laissant le pauvre garçon tout penaud de ce qu’il venait d’entendre. Jean passa la journée à gémir sur son sort, et le lendemain, la jeune fille à la robe rose le trouva au même endroit, plus accablé que la veille. Elle releva son courage, l’assurant que ce qu’on lui demandait n’était pas impossible. En effet, trois mois n’étaient pas écoulés, qu’à la place du sol ingrat qui ne produisait que des bruyères et des ajoncs, s’élevait une ferme magnifique avec jardin, prairies, étang et terres en plein rapport. Rien ne manquait. Ce prodige était dû, il est vrai, au pouvoir de la jaune fille. Le géant, prévenu de la transformation de son domaine, vint féliciter Jean et lui dit : « Je suis content de toi ; mais cela ne suffit pas. Il faut encore que tu abattes, dans l’espace de quinze jours la moitié de la forêt qui est devant toi. – Vos exigences n’ont pas de bornes, répondit le jeune homme indigné. Je le vois bien, vous en voulez à ma vie. Prenez-la plutôt à l’instant et que ce soit fini. »

Le magicien ne répliqua pas et s’éloigna. Grâce encore au concours de l’enfant à la robe rose, la forêt fut abattue dans le délai fixé. Le géant, ravi et étonné en même temps, supposa que Le Gouic possédait un talisman, et voulut se l’attacher. Tiens, lui dit-il, je veux être généreux envers toi, je te rends la liberté. Cependant, si tu voulais encore essayer de ravir à un magicien de mes ennemis, un oiseau d’une rare beauté, qu’il tient enfermé dans une tour et que je convoite depuis des années sans pouvoir réussir à m’en emparer, je te donnerais pour femme la plus jolie créature du monde. »

Jean songea aussitôt à sa protectrice et répondit : « Maître, je veux bien essayer ; je ne réponds pas de réussir, mais je promets de faire tout ce qui dépendra de moi. – Va, lui dit le géant, si tu parviens à satisfaire mon désir, je n’aurai rien à te refuser. » Jean Le Gouic, effrayé de son audace, attendit avec impatience le moment où il pourrait revoir celle qu’il aimait plus qu’il n’osait se l’avouer à lui-même. Il s’en alla l’attendre sur les bords de l’étang où elle le rejoignit bientôt. En apprenant ce dont il s’agissait, elle rougit, devinant le motif qui avait guidé le jeune homme ; mais promptement remise de son émotion, elle lui dit : « La tâche que tu as acceptée est vraiment téméraire. Il y va de notre vie à tous les deux. Je crains bien que nous ne réussissions pas mais puisque tu as promis d’essayer, mettons-nous à l’ouvrage. »

Ils se dirigèrent vers la tour renfermant l’oiseau tant désiré. Malheureusement ils avaient été devancés par le géant qui passait sa vie à rôder autour de la demeure de son ennemi. En l’apercevant, la jeune fille s’écria : « Nous sommes perdus, si le magicien nous voit ensemble. Il m’exilera dans un pays où tu ne pourras me retrouver, aussi n’hésite pas, coupe-moi bien vite par morceaux et enfouis moi sous le gazon de la forêt. Seulement n’oublie aucune partie de mon corps, car autrement quand je reviendrai à la vie, il me manquera la partie de moi-même que tu auras néglige d’enterrer. »

Bien qu’il lui en coûtât de déchirer le corps de la charmante enfant, il fit ce qu’elle lui demandait, et cacha, au pied d’un arbre, sous les feuilles et la mousse, les membres chéris de sa bien-aimée. Le géant, qui l’aperçut, vint le remercier de l’empressement qu’il mettait à accomplir son dessein. « Je réfléchis, répondit Jean, aux moyens à employer pour m’emparer de l’oiseau ; mais pour cela j’ai besoin d’être seul afin de me recueillir. » Le magicien lui renouvela ses promesses et prit congé de lui.

Le malheureux jeune homme était fort inquiet. Aussi, dès que le géant eut disparu, s’empressa-t- il de déterrer le corps de son amie. Il rapprocha les uns des autres les membres déchirés. les oignit d’un onguent que la jeune fille lui avait remis à cet effet, et sa joie fut extrême lorsqu’il la vit renaître et s’animer. O ciel ! Dans sa précipitation, il avait oublié d’enfouir l’un des doigts de la main gauche, et déjà sans doute, un animal carnassier l’avait emporté, car il fut Impossible de le retrouver. Les deux amoureux étaient désolés. Malgré tout son pouvoir, l’infortunée magicienne ne pouvait remplacer le doigt perdu. Elle oublia néanmoins son chagrin pour consoler Jean, et afin de le distraire elle lui parla des moyens à employer pour ravir l’oiseau.

 dans LEGENDES-SUPERSTITIONS« Ecoute bien, lui dit-elle, je vais te changer en milan. Ainsi métamorphosé, tu t’en iras tournoyer au-dessus du donjon, assez loin pour éviter tes flèches des gardiens, et cependant assez près pour attirer leur attention. Moi, ajouta-t-elle, je vais prendre la forme d’une souris pour me glisser dans la tour. Une fois là, je deviendrai un aigle, et de mes serres puissantes je saisirai la cage d’or qui renferme l’oiseau, que j’enlèverai dans les airs, si les gardiens m’en donnent le temps. Maintenant à l’oeuvre et du courage ! Si je réussis, j’irai m’abattre au bord de l’étang, témoin de notre première rencontre. Si au contraire j’échoue et je succombe, pense quelquefois à moi, et sauve-toi au plus vite car le géant exaspéré te ferait un mauvais parti. »

Voyant que Jean s’attendrissait à l’idée de ne plus la revoir, elle ajouta : « Le moment est venu d’agir, du courage et en avant ! » De sa baguette magique, elle le toucha et aussitôt un terrible milan s’éleva dans les airs et s’en alla planer au-dessus du château. Les gardiens lui lancèrent des flèches qui ne l’atteignirent pas.

Pendant que le milan faisait ses évolutions, une toute petite souris montait prestement les degrés de ta tour, et se glissait dans la pièce où se trouvait l’oiseau dans sa cage d’or. Tous les gardiens étaient sur la plate-forme, essayant d’atteindre le milan. Prompte comme l’éclair, la souris se changea en aigle, enleva la cage et l’oiseau, en passant par-dessus la tête des hommes qui, tellement surpris, ne songèrent même pas à tirer sur le ravisseur. L’aigle alla s’abattre au bord de l’étang. Le milan l’y suivit. Tous les deux reprirent leur forme première, et vraiment heureux de leur succès, s’embrassèrent avec effusion. « Il n’y a pas un instant à perdre, dit la jeune fille, nous pourrions être poursuivis ; porte cet oiseau au géant, et profite de sa joie pour obtenir ce que tu désires, car bientôt il n’y consentirait plus. »

Jean s’empressa d obéir. Le magicien, en apercevant l’objet de ses rêves, devint fou de bonheur. Il embrassait Jean et prodiguait à l’oiseau les noms les plus tendres. Il dansa autour de la cage comme un insensé. Le Gouic lui rappela sa promesse. « Oui, répondit le géant, je consens à te donner pour femme l’une de mes trois jolies esclaves. Je vais les faire venir, recouvertes d’un voile qui leur cachera la figure. Le hasard décidera de ton sort. » Le jeune homme allait protester contre cette manière de faire, lorsqu’il aperçut sa bonne amie derrière la porte qui, un doigt sur la bouche, lui faisait signe de se taire en lui montrant sa pauvre main mutilée. « C’est vrai. pensa-t-il, je la reconnaîtrai toujours, et il accepta l’offre du maître. »

Les trois jeunes filles furent introduites, recouvertes d’un voile qui les dérobait à tous les regards. Une main seule paraissait. L’amoureux n’hésita pas et se précipita aux pieds de la jeune fille en disant au géant : « Voici celle que mon cœur a choisie ! » Le magicien avait une préférence marquée pour cette esclave et sembla contrarié. Il ne sut même pas cacher son mécontentement et répondit d’un air de mauvaise humeur : « Jeune homme, tu as la main heureuse ! »

Cependant les fiançailles eurent lieu le-jour même, et la noce fut fixée à bref délai. Après la fête, les deux jeunes gens se rendirent au jardin pour causer de leur bonheur. La jeune fille fit remarquer à son fiancé la contrariété du maître.

– C’est vrai, répondit Jean tout à sa joie, mais maintenant il n’y pense plus.
Tu ne le connais pas encore, reprit la magicienne. Heureux aujourd’hui d’avoir obtenu un oiseau qui n’a pas son pareil au monde, demain il aura oublié ce qu’il te doit et suscitera des empêchements pour retarder notre union.
– Alors que faire ? Partons ! Fuyons cet être fantasque et méchant.
– C’est le seul parti raisonnable. Allons chez mon père qui est roi d’un pays lointain. Ce pauvre vieillard est dans les larmes, depuis le jour où ma sœur et moi avons été enlevées à sa tendresse, par le géant jaloux du bonheur des autres.
– Fuyons au plus vite, répétait Jean.
– Oui, mais pour cela, reprit la jeune fille, il faut profiter des ténèbres, et exécuter fidèlement ce que je vais te dire.
– J’écoute, répondit l’impatient amoureux.
– Lorsque la nuit sera venue, tu te glisseras dans l’écurie du géant, et là tu prendras et selleras le cheval le plus laid, le plus maigre, le plus misérable que tu rencontreras.
– Pourquoi cela ?
–Je n’ai pas le temps de te répondre. Cours, pendant que je vais, de mon côté, tout préparer pour notre départ.

Le soir même, Jean se rendit à l’écurie du géant, et remarqua dans un coin, une pauvre vieille haridelle qui n’avait que les os et la peau, et paraissait incapable de faire un pas, tant elle était éreintée. Au lieu de suivre les conseils de sa fiancée, Jean crut qu’il valait mieux, pour eux, prendre le cheval fort et vigoureux qui se trouvait placé à côté du premier ; cet animal semblait, en effet, devoir dévorer l’espace. Son choix fait, il rejoignit la jeune fille qui, selon son habitude, lui avait donné rendez-vous au bord de l’étang. Celle-ci jeta les hauts cris en voyant la bête, et reprocha à son ami de n avoir pas eu confiance dans ses paroles. « Le cheval que tu as pris, lui dit-elle, serait bon dans une autre occasion ; mais il ne pourra jamais lutter de vitesse avec celui dont tu as fait fi, et qui, tâtonna par le géant, fera ses vingt lieues à l’heure. Néanmoins, ajouta-t-elle, contentons-nous de ce que nous avons, et sauvons-nous au plus vite ! »

Jean s’élança sur le coursier. La jeune fille prit place en croupe derrière lui et ils partirent au galop, voyageant ainsi toute la nuit. Le matin, lorsque le soleil commença a briller, le cheval déjà fatigué ralentit le pas, et la peur d’être poursuivis s’empara des cavaliers qui osaient à peine se communiquer les tristes pressentiments qui les obsédaient. Leurs craintes ne se réalisèrent que trop tôt, et un nuage de poussière qu’ils aperçurent derrière eux vint confirmer leur appréhension. Pour comble de malheur, une rivière leur barra le chemin, et à la suite de pluies torrentielles, le passage à gué, qui existait en cet endroit, n était plus praticable.

La jeune fugitive recouvra son sang-froid ; elle eut recours à la baguette magique qui lui avait été donnée par une fée sa marraine, en toucha son compagnon, et tous les deux, abandonnant le cheval à lui-même, furent immédiatement changés en ablettes qui se précipitèrent dans la rivière. Le géant avait tout vu. Une fois sur le bord de la rivière, il prit la forme d’un brochet, et continua sa poursuite au fond de l’eau. Malgré leur agilité, les petits poissons auraient sans doute été dévorés par le monstre, s’ils ne s’étaient rapprochés de la rive et métamorphosés en rats des champs, qui se sauvèrent à travers les foins. Le brochet, à son tour, se changea en belette, et la chasse recommença de plus belle.

Les malheureux rats sentaient leur poil se soulever sous le souffle de l’animal qui les poursuivait, lorsqu’ils prirent soudain la forme de deux alouettes qui montèrent dans l’air comme une fusée. La belette devint faucon et s’élança dans les nuages. Les petits oiseaux se laissèrent tomber comme une balle au milieu d’un buisson touffu qui les déroba à l’œil de l’oiseau de proie. Une fois sur le sol, ils se changèrent en vers de terre, se blottirent sous une motte de gazon, et purent ainsi échapper à leur ennemi. Celui-ci chercha vainement sans pouvoir deviner ce qu’ils étaient devenus. Il avala même des cailloux, supposant que ce devait être eux, puis enfin de guerre lasse s’en alla, croyant les avoir mangés.

Lorsque Jean Le Gouic et sa fiancée eurent la certitude d’avoir échappé aux poursuites du géant, ils reprirent la forme humaine et continuèrent leur voyage. Ils arrivèrent dans la ville où Jean était né, et où il avait une sœur qu’il aimait tendrement. Manifestant le désir de la voir, il pria la princesse de l’accompagner. « Non, répondit-elle, je ne veux être présentée à ta famille que lorsque je serai devenue ta femme. » Jean insista mais sans succès. « Conduis-moi dans une hôtellerie où tu viendras me reprendre, lui dit ta jeune fille. Seulement n’oublie pas encore les recommandations que je vais te faire, il y va de notre bonheur. Tu ne peux être embrassé par aucune femme, pas même par ta sœur, sous peine de perdre la mémoire. Tu oublierais tout ce qui s’est passé, et tu ne songerais même plus que je t’attends pour me conduire chez mon père. »

Jean, bien que surpris, jura de ne se laisser embrasser par aucune femme, et se rendit chez sa sœur. Cette dernière, en revoyant l’enfant prodigue qu’elle croyait perdu, voulut s’élancer à son cou mais il sut éviter ses caresses en se précipitant sur ses neveux qu’il dévora de baisers. La jeune femme fut très contrariée de voir que son frère cherchait à la fuir, n’en faisant rien paraître cependant, et la journée se passa en festins pour célébrer le retour du voyageur. Le soir venu, il se retira dans la chambre qu’il habitait autrefois et où rien n’avait été changé parce qu’on espérait toujours son retour. Exténué de fatigue il se coucha et s’endormit presque aussitôt. Sa sœur voulant avoir une explication au sujet de la froideur de Jean, se rendit dans sa chambre, mais le trouvant endormi, ne voulut pas le réveiller et, s’approchant doucement de son lit, l’embrassa sur le front, comme elle le faisait lorsqu’il était enfant.

Le lendemain, Jean se réveilla tard. Il lui sembla avoir fait un singulier rêve, se rappelant confusément un voyage dans une forêt, la rencontre d’un géant et de magiciennes roses, blanches et bleues ; mais tout cela était tellement vague dans son esprit qu’il n’y fit pas grande attention. Sa sœur désira le garder près d’elle, et comme il était intelligent et instruit, son beau-frère lui procura un emploi suffisamment lucratif et qu’il remplit consciencieusement. Des mois et des années s’écoulèrent ainsi. Un jour que Jean était allé à la chasse, par une chaleur excessive, il fut pris d’une soif inextinguible qui l’obligea à chercher une ferme pour se rafraîchir. Dans la métairie où il entra, ce fut une servante fort jolie qui lui servit à boire. Il regarda attentivement la figure de cette jeune fille, lorsque, soudain, la main mutilée qu’il aperçut lui rappela tout son passé.

Il se mit à pleurer comme un enfant, et se jeta aux genoux de sa fiancée pour lui demander pardon. « Relève-toi. Jean, lui dit-elle. Tu n’as pas manqué volontairement à ta promesse, la fatalité seule est cause de notre malheur. » Elle lui raconta alors ce que lui-même ignorait, c’est-à-dire le baiser de sa sœur, et par suite l’oubli complet de tout ce qui lui était arrivé.

– Et toi, lui dit-il, qu’es-tu devenue depuis notre séparation ?
– Je suis restée aussi longtemps que mes ressources me l’ont permis dans l’hôtellerie où tu m’avais conduite. Puis, n’ayant plus d’argent, il me fallut chercher une occupation pour pouvoir vivre. J’aurais peut-être pu m’en aller, en mendiant, jusqu’aux états du roi mon père, mais je n’ai pas eu le courage de quitter le pays que tu habitais. Je vins ici, sous des habits de paysanne, demander à entrer comme servante ; on m’accepta et j j’y suis restée. »

Sans plus tarder, Jean Le Gouic voulut partir pour le pays du père de sa bien aimée. Ils achetèrent un cheval pour continuer leur voyage comme ils l’avaient commencé, et, cette fois, le trajet se fit sans encombre. L’infortuné roi, en revoyant sa fille, versa des larmes de joie. Lorsqu’il eut connaissance des projets formés par les deux jeunes gens, il en fut ravi, espérant bien trouver dans son gendre un fils dévoué et soumis. Le mariage eut lieu ; et aussitôt après, sur les conseils de sa femme, Jean enrégimenta des soldats, les forma à tous les exercices de la vie militaire, et ne tarda pas à avoir une armée assez forte pour lui permettre d’aller combattre, avec des chances de succès, le géant de la forêt de Brocéliande, afin de délivrer les deux autres princesses.

La nouvelle épouse voulut accompagner son mari pour l’aider de son pouvoir. Le roi, fier de leur audace, les encouragea, et le moment de la séparation arrivé, leur donna sa bénédiction. L’entreprise réussit. Le Gouic et le géant combattirent corps à corps. Le jeune breton prouva, par son courage et son sang-froid, qu’il était de noble race. Il parvint, après une lutte qui dura plus d’une heure, à terrasser son ennemi. Les jeunes filles furent ainsi délivrées et ramenées à leur père. Par reconnaissance, le roi se démit de sa couronne en faveur de son gendre, qui n’accepta que sur les instances de toute la famille. Son règne fut des plus heureux, et l’union la plus parfaite ne cessa d’exister à la cour du jeune roi breton.

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