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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Après moi le déluge

Posté par francesca7 le 3 octobre 2013

 Après moi le déluge dans EXPRESSION FRANCAISE images-48

C’est le propos d’un prodigue ou d’un sans-souci qui ne tient à rien

 

Alain Rey indique n’avoir trouvé une attestation de cette expression qu’en 1789. Elle est pourtant, selon les sources, associée quelques dizaines d’années auparavant soit à Louis XV, soit à sa favorite, Mme de Pompadour.
Il est donc étonnant de ne pas en trouver de trace écrite un peu avant, compte tenu de la notoriété de leurs auteurs présumés.

Bien entendu, le ‘déluge’ fait référence non pas à une simple pluie diluvienne ou à une inondation ‘banale’, mais à la catastrophe biblique qu’a été le Déluge dont seul Noé est sorti vivant avec sa famille et tous les couples d’animaux qu’il avait pu faire monter à bord de son arche, à partir du moment où Dieu lui a fait savoir qu’il allait se débarrasser de tous ces fichus hommes incorrigibles pécheurs.

On prête cette expression à Louis XV qui parlant de son dauphin, l’aurait employée pour dire qu’il se moquait complètement de ce qu’il pourrait faire après sa disparition.

Quelques écrivains attribuent cette odieuse maxime à Néron ou à Tibère. Dans les temps plus modernes, on dit qu’elle fut répétée par Louis XV qui, sentant craquer les vieux ressorts de la monarchie sous les continuelles secousses de la révolution menaçante, aurait dit : « Au reste, les choses comme elles sont dureront autant que moi ; après moi le déluge ». Paroles à peu près équivalentes à cette pensée : « Que le monde après moi devienne ce qu’il pourra, pourvu que je m’amuse ». Ces paroles furent recueillies, et la ruine de l’état monarchique fut la cause que notre langue possède une locution proverbiale de plus.

Quoi qu’il en soit, ces paroles ne laissent pas que d’être la devise d’hommes que dirige un esprit étroit et égoïste. Cette locution proverbiale : Après moi le déluge, est le propos d’une personne qui a peu de souci de ses héritiers ; elle répond à ce proverbe traduit du grec : Me mortuo, conflagret humus incendiis, ce qui signifie : Moi mort, que la terre soit embrasée par le feu.

Les Indiens disent : Quand je me noie, tout le monde se noie. Dans les causeries de Sainte-Beuve (1864-1869), on rencontre cette phrase : Après moi le déluge : telle était de Chateaubriand l’inspiration habituelle.

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des courses automobiles mémorables

Posté par francesca7 le 3 octobre 2013

 des courses automobiles mémorables dans CINEMA FRANCAIS telechargement-6

 1923 est la 1ère édition des 24 heures du Mans

Créée en 1923, cette course de légende véhicule des valeurs de sportivité, de défi et de progrès technologique innovant. Elle fait partie des épreuves sportives françaises historiques. Comme son nom l’indique, ce n’est pas une course de vitesse mais d’endurance. 24 heures, pour le grand public, signifient à juste titre fiabilité de la voiture ,l’endurance, même si le moteur est puissant et le pilote excellent.

Le Grand Prix d’endurance automobile du Mans, connu sous le nom 24 heures du Mans, constitue la course automobile d’endurance la plus ancienne et la plus prestigieuse du Monde

Image de prévisualisation YouTube

 

Depuis 1923, le principe n’a pas changé : deux pilotes doivent se relayer au volant durant 24 heures, tout en gérant la fatigue et le moteur de leurs machines lui aussi mis à rude épreuve. Des renversements de situation et du suspense…

Florilège en vidéos des courses les plus mémorables : 1966 première course de Ford et première victoire, 1980 la petite écurie Rondeau remporte la course, 1979 Paul Newman 2ème, 1982 Jacky Ickx gagne pour la 6ème fois…

Les essais de cette première édition se sont déroulés le vendredi 25 mai 1923. Ces essais n’étaient pas qualificatifs, la validation du pesage suffisait à la qualification d’office. La grille de départ s’établit en fonction de la cylindrée des véhicules par ordre décroissant (elle reprend ainsi l’ordre des numéros). Les Excelsior Albert 1er de 5,4 litres ayant la cylindrée la plus importante, elles s’élancent de la première ligne. Le départ s’effectue en ligne selon l’ordre suivant :

LA LÉGENDE

L’histoire du Mans en quelques dates / un site :  http://www.24h-lemans.com/fr/la-course/la-legende_2_1_1710.html

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Dans le vieux Cahors

Posté par francesca7 le 3 octobre 2013

        Dans le vieux Cahors dans CINEMA FRANCAIS images-47

Dans le vieux Cahors, des «enquêteurs du patrimoine» visitent des maisons dans l’espoir de mettre au jour des trésors médiévaux  (du Lot au Cantal). Plus au nord, à Autoire, un jeune architecte protège le château des Anglais, tandis que, près de la vallée de la Dordogne, celui de Castelnau-Bretenoux raconte neuf siècles d’histoire. Dans les causses du Quercy, où les nuits sont très sombres, Philippe Canceil tente de convaincre les communes d’éteindre les éclairages publics. Enfin, dans le Cantal, François Leleu survole les plus anciens volcans d’Europe, et Guy et Marie-Joe Chambon fabriquent du salers de tradition.

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Emission Des Racines et des Ailes sur France 3 (mercredi 19 septembre 2012 à 20h35 :

Le Lot, surnommé « Terre des Merveilles » avec plus de quatre cents édifices protégés au titre des monuments historiques, est un département riche en châteaux et en villages magnifiques. Dans le secteur sauvegardé du vieux Cahors, les « enquêteurs du patrimoine » de l’architecte et archéologue Gilles Séraphin visitent chaque maison pour mettre au jour des trésors médiévaux. Derrière les papiers peints et les faux plafonds mais aussi derrière les enduits qui recouvrent les façades, ils révèlent des merveilles pour mieux les préserver.

Plus au nord, à Autoire, un jeune architecte lotois a pour mission de protéger un monument inaccessible, le château des Anglais. Il n’hésite pas à descendre en rappel au-dessus de cette fortification datant de la guerre de cent ans pour mieux la comprendre cette fortification qui date de la guerre de cent ans !

Autre joyau : l’impressionnant château médiéval de Castelnau-Bretenoux et sa flamboyante couleur rouge raconte neuf siècles d’histoire. Classé monument historique dès 1862, il fut sauvé à l’aube du vingtième siècle par un lotois haut en couleurs : le chanteur d’opéra Jean Mouliérat y donnait de grandes fêtes avec le Tout-Paris de l’époque, comme les écrivains Colette et Pierre Loti, le sculpteur Auguste Rodin ou la dernière reine de Madagascar…

Mais le Lot, c’est aussi un vaste plateau calcaire, le Causse du Quercy. Si l’eau y est absente en surface, elle a creusé sous la roche d’innombrables cavités qui ont fait de cette région le berceau de la spéléologie. Avec le géologue Thierry Pélissier, nous pénétrons dans le plus profond gouffre d’Europe, celui de Padirac. En compagnie d’une jeune guide, nous partons ensuite sur les traces d’Edouard-Alfred Martel qui, le premier, l’explora il y a plus de cent ans.

La jeune femme fait pour la première fois le voyage pour atteindre « la Grande Barrière », une véritable montagne souterraine où Martel a apposé sa signature en 1899. Le Causse du Quercy abrite un autre patrimoine : un ciel très pur, épargné par la pollution lumineuse des villes. La profondeur de ses nuits en fait l’une des dernières « zones sombres » en Europe. Pour profiter du Triangle Noir, un passionné d’astronomie, Philippe Canceil, s’est s’installé dans la région il y a vingt ans. Aujourd’hui, il sillonne le causse afin de convaincre les communes d’éteindre la nuit leurs éclairages publics.

A peine franchies, les limites avec le département voisin, le Cantal, le paysage change radicalement. La chaîne des monts du Cantal, les plus anciens volcans d’Europe, marque de son empreinte les vallées profondes et les villages aux couleurs de roche basaltique. Un patrimoine géologique que survole pour la première fois en parapente le vulcanologue François Leleu.

Sur les contreforts de ce gigantesque ensemble volcanique, Guy et Marie-Joe Chambon continuent de s’isoler chaque été dans leur buron d’altitude pour fabriquer le célèbre fromage Salers de tradition. Coûte que coûte, ils préservent un savoir-faire, ainsi que les magnifiques vaches emblématiques de ce territoire, qui ont bien failli disparaître.

Au mois de mai, les plateaux de l’Aubrac cantalien se couvrent de blanc. C’est la couleur du narcisse, une fleur sauvage qui ne fleurit que deux semaines par an. Entre récolte manuelle et transformation, des étudiants de l’école de parfumerie de Grasse, originaires du monde entier, viennent se former au cœur du Cantal. Demain, ils élaboreront les plus grands parfums avec des extraits de narcisse.

Enfin, dans le nord du département, une poignée d’amoureux des trains fait revivre l’une des plus belles voies ferrées de France, laissée à l’abandon il y a vingt ans. Qu’ils soient cheminots à la retraite, professeur de musique ou gendarme, tous se retrouvent pendant leur temps libre pour restaurer les voies et faire circuler leur autorail. A la belle saison, ils ouvrent bénévolement la ligne au public pour faire partager au plus grand nombre ce patrimoine oublié…

Du Lot au Cantal, entre les trésors médiévaux du Quercy et les panoramas majestueux des volcans, ce sont deux univers très différents, mais une même passion pour le patrimoine .

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Les bouchers au Moyen-Âge

Posté par francesca7 le 2 octobre 2013

Les bouchers au Moyen-Âge dans ARTISANAT FRANCAIS telechargement-17

Extrait de Histoire de
LA CUISINE BOURGEOISE
du Moyen-Âge à nos jours
Maguelonne Toussaint-Samat

Les bouchers furent les premiers commerçants vraiment capitalistes. Ils formaient une caste spéciale de la bourgeoisie, certains disent même qu’elle en était distincte. Mais elle en a été, avec les drapiers et les gens de loi, la plus féconde des souches. Certains possédaient des fortunes énormes en biens de toutes sortes, dont les inventaires notariés laissent rêveur. De cette grande bourgeoisie bouchère, le représentant le plus éminent reste Etienne Marcel, à la tête d’un véritable holding (viande, orfèvrerie, banque). Les bouchers investissaient beaucoup d’argent dans l’achat des bêtes qu’ensuite ils débitaient. À côté d’eux, les autres professionnels de l’alimentation n’étaient guère que des artisans. Des gagne-petit.

Les bouchers ne reçoivent leur première charte qu’en 1134. Cependant, leur métier est l’un des plus anciens de l’alimentation. Ils constituent une société assez fermée, crainte même. Leur esprit belliqueux, vite porté à la révolte, leur assigne une place importante dans l’histoire des guerres civiles de notre pays, en particulier la guerre de Cent Ans et la lutte sanglante entre le parti du duc d’Orléans et celui du duc de Bourgogne.

 

images-18 dans Bourgogne

La boucherie
Tacuinum Sanitatis, XVe siècle
Paris, BnF, Département des manuscrits, Latin 9333, fol. 71v

Les rejetons mâles des familles propriétaires de boucheries sont tenus d’exercer le métier « de leurs deniers » à défaut de leurs bras. Mais le droit d’être reçu maître boucher appartient exclusivement aux héritiers de ces quelques familles, à condition qu’ils aient sept ans et un jour.

Il ne faut pas croire qu’aux XIVe et XVe siècles, les riches bouchers s’occupassent eux-mêmes des détails de leur profession. Ces hommes d’affaires avaient, pour l’abattage et la vente des bêtes, des varlets et des comptables, les patrons surveillant le commerce de haut et traitant par l’intermédiaire de facteurs, comme l’on disait, le négoce des bestiaux destinés à l’approvisionnement des grandes villes. Certains faisaient venir des troupeaux de très loin, et ainsi, jusqu’en 1498, les bouchers marseillais, constitués en associations coopératives, eurent le monopole de l’est du Massif central, d’où provenaient les milliers de moutons que l’on mettait à l’engraissement en banlieue, sur les bords de l’Huveaune, pour servir au fur et à mesure des besoins. Bien souvent, les chevillards (1) faisaient partie de la communauté juive méridionale.

A Paris, la Grande Boucherie se tenait dans le quartier qui deviendra la place du Châtelet. Au XVe siècle, on comptait trente-deux propriétaires d’étaux. C’était le siège d’une importante juridiction qui ne relevait que du Parlement, mais placée sous l’autorité du « maire », magistrat du roi ou du Châtelet, puis du maître de la Grande Boucherie, choisi parmi les plus riches des bouchers. Cette juridiction eut le plus souvent à juger des malversations commerciales, des fraudes ou des violences des garçons bouchers qui étaient de véritables terreurs. Aussi comprend-on bien que le bourgeois du Ménagier de Paris (« sorte de Larousse Ménager du XIIIe siècle », écrira l’historienne Marianne Mulon) conseillait ainsi à sa femme d’envoyer maistre Jehan, le dépensier de la maison, « es boucheries » (vers les boucheries), afin que se fissent sans danger les emplettes. Il prit tout de même soin d’énumérer tous les commerces, les prix pratiqués et les quantités de viande débitée, pour que la jeune épouse pût donner ses ordres en toute connaissance de cause.

En règle générale, en dehors de la période du carême, l’homme des villes médiéval s’avère très carnivore, ce qui reste d’ailleurs une constante urbaine à travers les siècles. Au XIIe siècle, les Berlinois consommaient ainsi 1,3 kg de viande par jour ! Si l’on en croit le Ménagier de Paris, la Corporation parisienne des bouchers vendait, par semaine, « y compris le fait du Roy, de la Royne et des Aultres nos seigneurs de France : 3 130 moutons, 512 bœufs, 582 porcs et environ 300 veaux… » Ces chiffres sont assez élevés si l’on tient compte de l’évaluation moyenne de 100 000 Parisiens retenue pour cette époque (et dont la majorité vivait très pauvrement).

L’agneau était ignoré : jusqu’à la fin du XIXe siècle, il fut suspecté d’insalubrité ; en vérité, il était trop cher. En revanche, le mouton restait la viande du peuple par excellence, du fait de son bas prix. La triperie avait toutes les faveurs du public. Son apprêt faisait presque toujours appel au safran (d’où les grandes quantités consommées de cet aromate).

Le veau (dit veel) était déjà une spécialité italienne, comme l’atteste ce courrier du fameux marchand de Prato, Francesco Datini, dans lequel il donne à son épouse des instructions pour un prochain repas : «Procure-toi une belle pièce de veau, comme celle que nous avions dimanche [...] Recommande à Belozzo de ne pas prendre du maremmano et dis-lui, s’il ne le sait pas encore, de s’approcher de l’échoppe où il y a le plus de monde et de dire : « Donnez-moi du veau de qualité pour mon gentilhomme de Prato » et ils te donneront ce qu’ils ont de meilleur. Et prie Margherita de le mettre au feu dans le chaudron où je l’ai fait la dernière fois et de bien enlever l’écume… »

Remarquons combien ces chefs de famille, ces commerçants avisés se montraient d’excellents maîtres de maison, de part et d’autre des Alpes. L’époque était, évidemment, très machiste, et le talent des femmes guère encouragé… Remarquons aussi que le veau, même le meilleur, se fait alors bouillir.

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La promenade du Thiou

Posté par francesca7 le 2 octobre 2013

La promenade du Thiou, le long
de la plus petite rivière de France

(Source : Le Dauphiné)

 La promenade du Thiou dans COURS d'EAU-RIVIERES de France telechargement-16

Aux nombreux promeneurs et touristes, le long de ses quais puis de ses berges, le Thiou offre une belle balade en plein coeur de ville. Lesavantages de cette pittoresque promenade familiale sans dénivelé sont ses ombrages et ses reflets ainsi que l’observation de la faune et de la flore.

Du lac d’Annecy, depuis le pont de la halle, jusqu’à sa confluence avec le Fier, affluent du Rhône, sur 3,5 km, c’est la plus petite rivière de France. Déversoir naturel du lac dont il dépend entièrement, il permit jadis de faire tourner moulins à farine, meule de coutelier, tanneries et manufactures diverses.

On peut encore apercevoir des traces de l’histoire avec la construction des bâtiments et des vannes. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, il n’y avait pas de quai. Les portes de certaines maisons s’ouvraient directement sur l’eau avec les anneaux qui servaient pour amarrer les barques. Vers 1874 a été réalisé le fameux système de régulation du cours, communément appelé « Les vannes du Thiou ».

Une promenade bientôt prolongée
Arrivé sur la passerelle bleue, nous rejoignons par la rive gauche la commune de Cran-Gevrier. Sur chacune des rives se trouvent des aires de jeux pour les enfants. Il est reposant ensuite de contempler dans le calme et le silence, les reflets des arbres sur la surface lisse de l’eau. À la passerelle de l’arc-en-ciel, selon la légende des 7 fées du Thiou, les larmes d’une fée, tombées dans le Thiou un jour d’arc-en-ciel, ont transformé les brillants reflets des écailles de poissons, en or.

Un peu plus loin, nous sommes au cœur de la ville de Cran-Gevier, à Chorus avec le cercle de l’eau, une petite île formée par le Thiou. Devant le centre culturel de La Turbine, on peut alors observer la cheminée des tissages, le roue à auget… La promenade sera bientôt prolongée au milieu de l’éco-quartier Les passerelles. Le pôle de l’image en mouvement et d’activités créatives va s’installer dans ce site après la réhabilitation des deux halls des anciennes papeteries. Le retour depuis le Pont Neuf peut se faire à présent par la rive gauche avec la promenade du Saint-Sépulcre.

Christian Philippe-Janon
Le Dauphiné

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Le plus petit fleuve de France

Posté par francesca7 le 2 octobre 2013

La Veules, le plus petit
fleuve de France à vélo

(Source : Paris Normandie)

 Le plus petit fleuve de France dans COURS d'EAU-RIVIERES de France telechargement-15

Veules-les-Roses. Histoire, patrimoine, faune et flore, plage…, le circuit du plus petit fleuve de France, la Veules, reste passionnant, charmant, permet de s’échapper et de repartir requinqué

Soyons honnête. A vélo, la virée ressemble plus à une promenade tranquille, avec tout de même quelques petites montées et descentes aussi sèches que courtes. A Veules-les-Roses, le circuit du plus petit fleuve de France s’arpente sans encombre, à condition toutefois d’être matinal. Sans quoi, vous risquez de croiser trop de piétons.

Se perdre est conseillé, au bout, il y a toujours la mer
Le départ se fait au pied de la falaise. Petit tour circulaire vers la mer, en devisant le bleu du ciel (pour de vrai) histoire de se dire qu’au bout de la boucle, la mer sera toujours là, version été (pour de vrai). Tout de suite, il faut se hisser pour redescendre rapidement vers la place du marché, rebaptisée place des Ecossais le jour de la Libération. Les habitations, rehaussées largement de briques, de silex, sont plutôt bien entretenues. Mais c’est la salle Anaïs Aubert qui attire l’œil. Une salle de cinéma qui aligne quatre ou cinq films, en alternance. Un bon point pour la cité.

Quelques maisons fort bien fleuries plus loin, le circuit évoque les tisserands par le biais de magnifiques chaumières. L’atmosphère humide, de faibles écarts de températures ont contribué à la régularité et à la finesse du fil de coton sorti de ces belles bâtisses de Veules. Jusqu’en 1847, quand les métiers à tisser mécanique ont commencé à se faire entendre. Un coup d’œil sur la chapelle en grès édifiée en 1162 – dernier vestige du couvent fondé par les Pénitents du Tiers Ordre de Saint-François d’Assise -, et il faut (un peu) forcer sur les pédales pour rejoindre la cressonnière, lieu incontournable de Veules-les-Roses. Pas de chance, c’est l’été et le cresson est maigrichon.

C’est à partir de fin juillet que les semis ou bouturages sont effectués, pour s’achever en mars. Il faut 6 à 8 semaines pour que les bottes (ou chignons) soient formées, prêtes pour la consommation. Pour l’heure, aux sources de la Veules, même un peu vides, les lieux conservent leur magie. Avec des canards colverts à observer, à moins de dénicher (avec un peu de patience) une poule d’eau. Les abords de la cressonnière alternent avancées, recoins pour déboucher sur de nouveaux points de vue, et forcément admirer l’un des onze moulins de la boucle.

Redescendre vers un des plus beaux endroits du circuit, l’abreuvoir. Jadis, le gué était la seule entrée de Veules, et les animaux venaient s’y désaltérer. On s’y attarde sans se faire prier tellement les chaumières sont belles, et les truites pas farouches du tout. Cela dit, les lieux constituent des frayères pour la Fario. Interdiction de pêcher par conséquent. Même considération de l’autre côté de la rue principale de Veules, où le Moulin Anquetil en impose, tourne allègrement.

Incendiée lors de la bataille de Veules en juin 1940, sa roue se joue du temps. La suite, superbe, est faite d’un sentier qui alterne montées, descentes, angles droits, passages entre les arbres, le tout rythmé toujours par les moulins : celui des Aïeux, des Tourelles, du Marché, de la Mer… Les habitations embrassent constamment le plus petit fleuve de France. Il est vrai qu’avec des Pucheux (récipients), on puisait autrefois l’eau dans ce fleuve. La Veules, justement, débouche sur la mer. La voilà de nouveau, toujours bleue et charmeuse.

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Le Passeur d’eau de Sougnez

Posté par francesca7 le 1 octobre 2013


Les légendes du Val d’Amblève  par Marcelin La Garde.

Le Passeur d'eau de Sougnez dans LEGENDES-SUPERSTITIONS images-5Lorsqu’en hiver, à la nuit tombante, je quittais l’école que tenais le vénérable M. Evrard, curé dé Dieupart, pour m’en revenir au village de Sougnez, où demeuraient mes parents, une de mes plus grandes terreurs d’enfant c’était de passer à côté de deux croix qui s’élevaient non loin de l’Amblève, le long du sentier qu’une belle route a aujourd’hui remplacé. J’avais entendu de si étranges récits sur les événements à la suite desquels ces croix avaient été placées là !

L’une, en calcaire du pays, avait la forme ordinaire et portait ces mots : « Ici est mort, le 17 février 1785, à l’âge de 49 ans, Jean-Baptiste Piret, de Sougnez. Priez Dieu pour son âme. »

L’autre, en schiste noir, était fort basse, tandis que la ligne horizontale s’étendait démesurément dans le sens de l’orient à l’occident. On connaissait bien le fait tragique qu’elle rappelait : il se liait mystérieusement à celui dont l’autre croix consacrait le souvenir; elle recouvrait les restes d’un inconnu, et l’on ignorait qui l’avait plantée. Enfin, elle portait une inscription écrite en caractères que nul n’avait pu jusque là déchiffrer. Je me souviens même d’avoir un jour entendu un fort savant homme, ami de mon père, dire en hochant la tête : «Ce n’est pas là une croix ! » et parler ensuite de carrés magiques, de monuments cabalistiques, que sais-je ?

Toujours est-il qu’aucun Segnien ne serait passé par là sans se signer ni sans se hâter, surtout le soir. Qu’on juge donc de ce que je devais ressentir les jours où de noirs nuages parcouraient le ciel, où le vent soufflait dans les arbres dépouillés du bois de Mont jardin, et où les eaux de l’Amblève grondaient sourdement, moi dont l’enfance avait été bercée par des contes de revenants, de sorciers, de sotais, de feux-follets, de loups-garous. Bien souvent, Marie-Jeanne, notre portière, m’avait parlé de la mort malheureuse du diseur de bonne aventure, et de la vengeance posthume, exercée par lui sur le passeur d’eau.

L’Amblève, cette rivière aux eaux basses et limpides en été, grossit, à l’époque où fondent les neiges des Fagnes, au point d’inonder souvent toute la vallée; et alors son courant, en certains endroits, a une rapidité qui rend le passage en nacelle extrêmement dangereux. Aussi, avant l’établissement du pont qui existe aujourd’hui entre Remouchamps et Sougnez, les communications entre les deux rives étaient-elles parfois interrompues durant des semaines entières. Cependant, le 1772 à 1785, si grosse qu’eut été la rivière, on l’avait toujours passée, grâce à la vigueur et l’audace des frères Jean-Baptiste et Pierre Piret, auxquels le passage d’eau était affermé, et qui semblaient se faire un jeu des dangers que présentait la traversée.

Ils avaient fait la guerre de Sept ans et étaient sortis des dragons pour venir achever leur existence dans le village qui les avait vu naître. On comprend qu’ayant assisté à beaucoup de combats, ayant vu du pays et ayant reçu de la nature une taille de six pieds, il devaient jouir dans l’endroit d’une très grande influence, ce que, il faut bien le dire, le curé ne voyait pas sans peine, car ils avaient rapporté de la vie des camps certaines habitudes qui étaient d’un mauvais exemple pour ses paroissiens. Ils juraient, ils étaient joueurs et hantaient beaucoup le cabaret, où ils attiraient du monde par les histoires, d’ordinaire peu édifiantes, qu’ils racontaient. A part cela, on les tenait pour de braves gens, incapables de nuire au prochain.

Il y avait toute une semaine que la rivière offrait un aspect tel que les vieillards ne se rappelaient point l’avoir vue en cet état; et pas un jour les frères Piret n’avaient cessé de se mettre à la disposition de ceux qui pouvaient requérir leurs services. Le nombre en était fort petit, il est vrai, car le passage était dangereux, et les deux bateliers, dans ces circonstances exceptionnelles, se faisaient largement payer.

Voilà qu’un soir du mois de février de l’année 1784, comme ils étaient attablés au cabaret de devant l’église, occupés à faire une partie de cartes, près d’un bon feu, un voisin vint leur dire qu’un individu s’impatientait à les attendre près de leur demeure, pour qu’ils le conduisissent à l’autre bord.
— A-t-il l’air d’avoir la bourse bien garnie ? demanda Jean-Baptiste.
— Ma foi, répondit le voisin, je n’ai pas fait grande attention à sa mise.
— Alors, dis-lui de venir ici : nous l’examinerons à la lampe et verrons combien de pintes il y aura à tirer de lui.
Un instant après parut un homme d’une quarantaine d’années, au teint basané, aux cheveux crépus, pauvrement, bizarrement habillé et ayant un sac de cuir sur le dos. Son entrée suscita un murmure d’étonnement.
— Tiens, dit à voix basse Bertirie la cabaretière à son mari, je parie que c’est un joueur de tours et qu’il fait partie de la troupe d’Egyptiens qui a passé par ici il y a quinze jours: car une des femmes m’a dit qu’elle attendait son mari, resté malade à Verviers.
— Eh bien ! camarade, vous voudriez donc passer l’eau ? demanda Jean-Baptiste à l’inconnu.
— Oui, et vous me feriez bien plaisir, reprit celui-ci avec un accent qui trahissait son origine étrangère.
— Mais il est huit heures et demie et la rivière a l’air d’une mer : c’est dangereux et ça coûte cher. Combien pouvez-vous donner ?
A ces mots, la figure du voyageur se couvrit d’une teinte de tristesse.
— Je ne suis, dit-il, qu’un pauvre homme; je sors de maladie, j’ai une femme et des enfants que je dois rejoindre et auxquels je ne puis même apporter un morceau de pain.
— Dans ce cas-là, vous nous demandez donc de travailler pour le roi de Prusse, nous qui avons servi l’Autriche… Vous êtes mal tombé.
— J’ai une « plaquette »; je vous la donnerais bien volontiers, mais je ne posseède que cela au monde et j’ai encore douze lieues à faire.
— Une plaquette ! s’écria Jean-Baptiste en éclatant de rire. Vous m’offririez deux beaux escalins que je refuserais. Ecoutez donc un peu cette musique…
Le bruit du vent se mêlait, en effet, au clapotement lugubre des flots, battant le rivage.
— O mes braves gens ! dit le malheureux d’une voix suppliante, en s’adressant à deux ou trois buveurs qui avaient paru prendre, quelque intérêt à son sort, intercédez pour moi… Si vous saviez… Je dois absolument être demain au point du jour à Houffalize pour y rejoindre ma famille. Oh ! oui, je dois y être absolument… sans cela, Dieu sait ce qui peut y arriver… Voyez, ne suis-je pas déjà assez à plaindre ? Je viens de Verviers, sortant de maladie, je n’ai rien pris en route et je dois marcher encore toute la nuit, par un temps pareil ! Tout le monde était attendri, et il n’y eut pas jusqu’à Pierre Piret, quoique cependant il n’osât jamais contrarier son frère, qui ne dit :
— Allons, Baptiste, le bon Dieu nous paiera.
 Le bon Dieu, dis-tu ? Est-ce que le bon Dieu se mêle des affaires de ces nécromanciens-là ? Ne vois-tu donc pas que c’est un Egyptien ? Bien sûr qu’il veut se rendre au sabbat… Merci que j’y prête les mains. Qu’il s’adresse au diable pour que le diable le porte sur son dos. Satan fera bien cela pour un de ses serviteurs.
Ces paroles, dites très sérieusement par un homme écouté d’ordinaire comme un oracle, changèrent soudain les dispositions des naïfs auditeurs; et il en fut même parmi eux qui jetèrent un regard furtif sur les pieds de l’étranger pour s’assurer qu’ils n’étaient pas fourchus.

telechargement dans LEGENDES-SUPERSTITIONSDe grosses larmes vinrent aux yeux de l’infortuné resté debout, et dont les jambes chancelèrent.
— Est-ce possible, dit-il, ne pourrais-je continuer ma route ?… Ciel, secourez-moi !
Il se laissa tomber sur une chaise et parut en proie au plus violent désespoir. Puis, se levant tout à coup, il se jeta aux pieds de Jean-Baptiste et joignit les mains :
— Ah ! s’écria-t-il, je vous en conjure, par ce que vous avez de plus sacré, aidez-moi à poursuivre mon chemin. Il y va du bonheur ou du malheur de toute une pauvre famille qui demandera aux esprits célestes de veiller sur vous jusqu’à la fin de vos jours. Que vais-je devenir, que deviendront-ils si je dois m’arrêter ici, ajouta-t-il avec une sorte d’égarement.
— Mon cher, dit Baptiste, vous autres qui faites métier de prédire l’avenir, vous auriez dû prévoir cela.
Et il poussa un éclat de rire auquel répondit toute la compagnie.
L’étranger se redressa et, se dirigeant vers la porte, il prononça ces paroles avec une dignité qui avaient quelque chose d’imposant : — Eh bien! votre refus inhumain ne m’arrêtera pas, mais que je succombe ou que je survive au danger que je vais braver, vous n’échapperez point à la punition qui frappe tôt ou tard ceux qui manquent de charité.
Il y eut, après la sortie du voyageur, un silence de quelques minutes.
— 
Après tout, dit Pierre Piret, qui sentait le besoin de raffermir sa conscience, ces Egyptiens ne méritent aucune pitié; ils vivent de ruses et de rapines, et volent même des enfants.
— Oui, reprit la femme du cabaretier, mais j’ai entendu dire qu’ils jettent aussi des sorts, et savent faire revenir ceux qui sont dans l’autre monde.

Tous se regardèrent en frissonnant, excepté Jean-Baptiste qui haussa les épaules et proposa de faire une nouvelle partie; mais ses partenaires, visiblement troublés, manifestèrent l’intention de se retirer, et chacun regagna sa demeure comme dix heures sonnaient.

Le lendemain matin, tous les habitants de Sougnez étaient réunis près du passage d’eau, et les rumeurs les plus confuses circulaient dans cette foule. Des deux nacelles appartenant aux frères Piret, l’une avait disparu, quoiqu’elle fût solidement attachée à un anneau de fer fixé dans le mur du cimetière. La scène qui avait eu lieu la veille au cabaret de devant l’église était déjà connue de tout le village, et l’opinion unanime était que le bohémien avait voulu se transporter lui-même à l’autre rive.

— Il devait être tout de même bien pressé de rejoindre sa famille, disait une bonne femme, pour s’être exposé tout seul à un pareil danger.
— Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, reprenait un vieillard; ces gens-là connaissent, pour se tirer d’affaire, mille moyens ignorés des bons chrétiens.
— Pauvre homme ! pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé, disait un troisième interlocuteur.
— Qu’est-ce que j’entends là ? s’écria tout à coup Jean-Baptiste d’une voix tonnante : pauvre homme ! Comment, vous êtes assez sans cœur pour plaindre un suppôt de l’enfer qui a causé ma ruine ? Car que sera devenue ma nacelle ? Perdue à jamais !… Si, grâce à ses maléfices, il a échappé, lui, il aura laissé méchamment aller ma Jeannette, qui est probablement brisée en mille pièces à l’heure présente.
— Toujours faut-il, dit Pierre, que nous allions faire quelques recherches. Voyons, Baptiste, explorons d’abord les deux côtés de la rivière jusqu’à Aywaille. Moi, mon idée était de passer cet individu, et je me disais que Dieu nous en récompenserait. Nous devons bien le croire, puisque déjà il nous punit.
— Va chercher les ferrés et les avirons, dit Baptiste d’un ton brusque.
Les deux frères allaient quitter le rivage lorsque quelqu’un s’écria :
— Mais voyez donc là-bas derrière l’île de la Madeleine, au milieu des aulnes et des peupliers, voyez ce point noir; ne serait-ce pas la nacelle, qui se sera accrochée là ?
Tous les yeux se portèrent dans la direction indiquée, où se trouvait un massif d’arbre dont les eaux baignaient le pied. Les uns déclarèrent que c’était une grosse pièce de bois flottante, d’autres soutinrent que c’était quelque animal noyé; car parfois, quand les eaux s’étaient retirées, on retrouvait des moutons, des chèvres, des porcs et jusqu’à des vaches et des chevaux, que le courant avait surpris et entraînés la nuit.
— Nous passerons par là, dit Baptiste en s’éloignant du rivage, et nous saurons ce que c’est.

La frêle barque fendit obliquement les flots auxquels, grâce aux poignets vigoureux des frères Piret, elle opposa une résistance qui lui permit de gagner l’autre bord en moins de dix minutes, mais beaucoup en aval du point d’où elle était partie. Là, elle se trouvait à peu de distance du bouquet d’arbres dont nous avons parlé, et on put voir Pierre et Baptiste faire de grands gestes et causer d’une façon très animée.

Ils se dirigèrent enfin vers l’objet qui semblait avoir excité leur surprise, le recueillirent dans leur nacelle et cinglèrent vers l’autre rive ; mais on remarqua, à la manière dont ils manœuvraient, qu’il y avait en eux une sorte de défaillance. Ils abordèrent enfin tout au bas du village, où se porta la foule, avide d’avoir le mot de l’énigme.

Au fond de la nacelle gisait le cadavre de l’infortuné qui la veille avait tant supplié les frères Piret de le transporter de l’autre côté de la rivière. L’émotion fut vive parmi ces braves gens, et tous s’exhalèrent en plaintes sur son sort, sur le sort de sa famille qu’il était si désireux de rejoindre. Baptiste, qui avait l’air très sombre, jeta sur le cadavre un regard plein de colère.

— Et ma nacelle ! ma nacelle ! murmura-t-il, les poings crispés et d’une voix étouffée.
En ce moment arrivait le curé, M. Labeye, véritable type du bon pasteur du village :
— Baptiste, dit-il d’un air sévère, le ciel vous punit justement; priez-le pour qu’il ne se montre pas plus rigoureux à votre égard.
— Bah ! un vagabond, peut-être un païen.
— Et la parole du bon Samaritain, que j’ai expliquée dimanche au prôme ?… Vous n’en avez guère profité, paraît-il.

Cependant, divers objets découverts dans le sac de l’inconnu, certaines figures dont certaines parties de son corps étaient tatouées, ne laissèrent aucun doute sur sa race ni sur sa profession.

Il appartenait évidemment à ces tribus errantes de Bohémiens ou Egyptiens, peu connus aujourd’hui, mais qui, au dix-huitième siècle encore, parcouraient les villages reculés, et surtout ceux des Ardennes, où elles pratiquaient la chiromancie et la cartomancie et se livraient à l’art de guérir les hommes et les animaux. Quelle sépulture devait-on lui donner ? Les eaux s’étant retirées, le lendemain, de l’endroit où il avait été retrouvé, il fut décidé que sa dépouille mortelle y serait déposée.

Le vagabond eut donc pour lieu de repos la lisière d’un chemin. On remarqua, à partir de ce moment, un grand changement chez Jean-Baptiste Piret : il n’avait plus sa gaieté habituelle et on le voyait souvent tout pensif. Les uns disaient que c’était à cause de la perte de sa barque, dont quelques fragments avaient été aperçus du côté de Douxflamme ; d’autres soutenaient que la mort de l’étranger entrait pour la plus grande part dans son chagrin, qu’il avait du reste coutume de noyer par des libations fréquemment répétées, car, quoiqu’il ne se fût jamais montré sobre, on fit également la remarque qu’il buvait bien plus qu’auparavant.

Le 17 février 1785, un an jour pour jour après la mort du bohémien, vers 9 heures du soir, Jean-Baptiste et Pierre buvaient dans le même cabaret où nous les avons vus déjà, et qu’ils n’avaient guère quitté de la journée. Ils semblaient plongés dans une espèce d’abrutissement. Deux habitués seulement se trouvaient avec eux et ne rompaient le silence qu’à de rares intervalles. Le temps était calme et l’on n’entendait guère au dehors d’autre bruit que celui des eaux de l’Amblève, bien moins grosses cependant que l’année précédente.

Tout à coup, le cri « A l’aiw ! » se fit entendre dans le lointain. Tous prêtèrent l’oreille.
— Il y a une pratique, Baptiste, dit le cabaretier.
— C’est une idée, répondit Baptiste. Quelque chouette dans le clocher de l’église.
Mais le cri « A l’aiw ! » retentit de nouveau avec plus de force.
— C’est tout de même quelqu’un qui nous appelle de l’autre bord, dit Pierre. Allons, frère, en marche.

Baptiste fit un long et sonore bâillement et s’étendit sur sa chaise sans répondre.
— Lève-toi donc ! continua Pierre; es-tu sourd ?
— Non, mais je ne me dérange pas si tard sans savoir qui c’est… Il n’y a peut-être que deux à trois liards à recevoir. Merci.
— Et quand même, allons à tout hasard ! Si, comme dit notre curé, Dieu nous tient compte d’un verre d’eau donné en son nom, il sera bien autrement content d’un passage d’eau… pour l’amour de lui.
— Laisse-moi tranquille, répliqua Baptiste : quand je te dis que je n’y vais pas.
On cria une troisième fois « A l’aiw ! » avec un accent qui tenait de la détresse.
— Le pauvre homme se désespère de ne rien voit venir, dit la cabaretière. Par pitié, vous devriez bien aller le prendre, Baptiste. Vous ne voudriez pas, sans doute, avoir sur la conscience un nouveau malheur…

A ces mots, le front de Baptiste se plissa. Il resta quelques secondes irrésolu et finit par sortir en grommelant, suivi de son frère. Or, un drame terrible et mystérieux allait s’accomplir.

Les deux passeurs d’eau étaient à peine sortis depuis un quart d’heure que des cris lamentables se firent entendre et jetèrent l’épouvante dans tout le village.
— Au secours ! au secours ! criaient deux voix qui semblaient sortir du sein des eaux.
Et à la faible clarté de la lune, on vit une nacelle renversée descendre le courant, et deux hommes se débattant au milieu de la rivière. On n’avait aucun moyen de les secourir et leur mort était considérée comme inévitable. Bientôt, en effet, l’un d’eux disparut, et un cri d’épouvanté frappa l’air, tandis qu’on suivait avec anxiété les mouvements de l’autre, qui parvint enfin à atteindre miraculeusement le rivage. C’était Pierre Piret, mais il tomba aussitôt dans un évanouissement suivi d’un délire qui dura jusqu’au lendemain.

Que s’était-il donc passé ? Pierre raconta que lorsqu’ils étaient arrivés au milieu de la rivière, ils avaient vu distinctement une forme humaine sur l’autre bord ; mais qu’à mesure qu’ils approchaient, cette forme paraissait vouloir se dérober à leurs regards en se plaçant derrière un buisson; ils n’en avaient pas moins avancé et, au moment où la nacelle allait aborder, ils se trouvèrent face à face avec le bohémien mort l’année précédente.

La terreur leur fit tomber gaffes et avirons des mains. Le fantôme, dont les yeux flamboyaient, sauta sur l’avant de la barque et la fit chavirer, en poussant un éclat de rire infernal, pendant qu’une volée d’oiseaux de nuit semblait quitter le rivage et se diriger vers le bois de Mont jardin. Pierre ne vit plus rien; mais il entendit Baptiste lui crier d’une voix expirante :
— Adieu, frère !… C’en est fait… il m’entraîne…
Et comme Pierre Piret achevait son récit, on vint annoncer que le corps de Jean-Baptiste avait été jeté par les eaux juste à la place où le diseur de bonne aventure avait été enterré,
— Je l’avais bien prédit ! s’écria Bertine la cabaretière. Et l’on se moquait de moi quand je parlais de sortilèges et de morts sortant du cercueil !
— Ah ! dirent les anciens à Pierre, tu l’as échappé belle, toi, mais tu avais intercédé pour lui auprès de ton frère, et il t’a été tenu compte de tes bonnes intentions : ta charité t’a sauvé.

Le pauvre Pierre, conformément à la vieille coutume qui, dans nos campagnes, veut qu’un monument pieux rappelle toute mort arrivée par accident, fit élever à son frère une croix à l’endroit où le noyé avait été retrouvé. Mais peu de jours après, une main restée inconnue plaça aussi un monument sur la tombe du diseur de bonne aventure, et ce monument singulier, objet d’une superstitieuse terreur, a été respecté pendant plus d’un demi-siècle. Les deux croix, élevées en même temps et rappelant des catastrophes si étrangement liées, ont disparu le même jour, lorsque la route de Louveigné à Aywaille a été construite; et c’est le long de cette route, assis sur un tertre, ayant sous mes pieds la tombe oubliée du pauvre bohémien, que j’ai écrit la présente histoire.

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La capote du pendu (légende)

Posté par francesca7 le 1 octobre 2013

Les légendes du Val d’Amblève par Marcelin La Garde.

La capote du pendu (légende) dans LEGENDES-SUPERSTITIONS images-3

Au milieu de la presqu’île vaste et escarpée que forme l’Amblève sinueuse — entre le charmant village de Nonceveux et celui de Remouchamps — s’élève un tilleul, véritable nain de sa race, car il est vieux de plusieurs siècles, et son tronc est rabougri, son branchage est maigre et chétif. On l’appelle aujourd’hui simplement le tilleul de Nonceveux; mais, dans le temps où l’on aimait à évoquer le souvenir des choses passées, il portait le nom de Tilleul des pendus. L’histoire suivante expliquera cette dénomination.

Il y avait un jour — c’était un dimanche de printemps après les vêpres — réunion de tous les moutonniers de Sougnez et de Remouchamps, dans une friche située entre les deux villages : il s’agissait de procéder à l’élection d’un berger, car, dans nos Ardennes, les possesseurs de bétail nomment entre eux, et à la pluralité des voix, le gardien du troupeau commun, et quoique ceci se soit passé il y a bien longtemps — sous l’ancien régime — les usages, en beaucoup d’endroits, sont restés les mêmes.

Deux candidats étaient sur les rangs pour la place vacante : Léonard Wixhou et Noël Burnot. L’assemblée était présidée, comme toujours, par le plus âgé de ses membres, lequel, après avoir énuméré les titres invoqués de part et d’autre, fit connaître les charges et les avantages de l’emploi : ces derniers consistaient à recevoir un gage de dix couronnes, à être hébergé toute l’année par les moutonniers à tour de rôle et pendant un nombre de jours proportionné à celui de leurs brebis; enfin, à pouvoir élever, aux dépens de la communauté, une bête sur vingt-cinq. Tout cela bien établi, pour qu’aucune contestation ne pût jamais s’élever, le vieillard fit placer les deux postulants, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche, en invitant les moutonniers à se ranger du côté de celui qui avait leur préférence.

Ce fut Léonard Wixhou qui eut pour lui le groupe le plus nombreux et qui fut, par conséquent, proclamé. Après avoir juré d’être bon et fidèle berger, l’élu dut se rendre dans chaque étable pour faire, suivant la naïve expression employée, connaissance avec les brebis confiées désormais à ses soins, y dire à haute voix un Pater et un Ave et y faire une aspersion d’eau bénite afin de prouver qu’il était pur de toute accointance avec l’esprit malin.

Ce Léonard Wixhou était cependant étranger au pays, puisqu’il provenait du banc de Jalhay, et jamais de sa vie il n’avait gardé les moutons, tandis que Noël Burton était du hameau de Sedoz et avait appris tout jeune le métier en accompagnant son oncle, l’ancien berger. Mais Wixhou était un compère très cauteleux et très insinuant, qui avait su se rendre depuis longtemps les moutonniers favorables par d’habiles flatteries et des contes joyeux; de plus, il avait la réputation de connaître une foule de secrets pour guérir gens et bêtes, ce qui entraîna son élection.

Pendant la première saison, les choses allèrent fort bien, et les partisans de Noël eux-mêmes durent avouer que le choix avait été excellent; mais à l’époque des neiges, Léonard s’absenta à plusieurs reprises, sous prétexte d’aller voir ses parents. Un jour, il ramena avec lui une jeune femme qu’il déclara être sa sœur, se fit bâtir une maisonnette, fréquenta les cabarets et se montra le dimanche à l’église, mieux habillé que les paysans les plus huppés de la paroisse, ce qui fit beaucoup jaser. Le scandale fut grand surtout lorsque, à Pâques, on le vif porter une ample capote de drap, comme en avaient seuls les seigneurs et les gens de loi. On l’entoura de toutes parts, on l’accabla de quolibets, on alla même jusqu’à lui demander s’il n’avait, pas dépouillé quelqu’Anglais. Bref, il se hâta de rentrer chez lui pour reprendre sa blouse, et ne s’avisa plus d’exhiber sa malencontreuse capote.

Tout cela avait donné lieu à bien des réflexions, quand une maladie jusqu’alors inconnue vint ravager le troupeau : les bêtes moururent en quelques heures, et aucun remède ne parvint à en sauver une seule de celles qui furent attaquées. Le berger se chargeait lui-même de les écorcher et de les enfouir, car il avait tant parlé du danger de cette opération, que personne n’eût voulu la tenter.

Cependant, son ancien concurrent avait, au sujet de cette épidémie inexplicable, hasardé certains propos qui avaient été attribués à la jalousie. Piqué au vif, il se promit de tirer la chose au clair, et il acquit la preuve que Wixhou donnait aux brebis un breuvage qui les faisait mourir, et que sa sœur allait nuitamment en vendre la chair dans les villes voisines.

Il existait, et il existe aujourd’hui encore parmi les moutonniers, une juridiction chargée d’aplanir les différends qui pourraient s’élever, soit entre eux, soit avec le berger, et au besoin de punir et de révoquer celui-ci. Le tribunal des moutonniers s’assembla donc secrètement et déféra l’affaire à la cour de justice de Remouchamps.

Léonard et sa complice furent immédiatement arrêtés. Mais la soi-disant sœur se hâta de renier toute parenté avec le coupable et, pour obtenir sa liberté, fit des révélations qui aggravèrent tellement la position de celui-ci, qu’il fut condamné à être pendu comme l’auteur d’une longue série de méfaits. La haute cour d’Aywaille confirma la sentence.

Le jour de l’exécution, une foule immense couvrait tout le plateau qui couronne le bois de Mont jardin; dans un rond-point qui se voit encore, s’élevait la potence.

Léonard Wixhou, pour mourir, avait revêtu la capote qu’il avait renoncé à porter à cause des plaisanteries qu’elle lui avait attirées. Arrivé sur le lieu du supplice et voyant tout près de lui Noël Burnot, son dénonciateur, il lui dit, à voix haute, qu’il lui pardonnait de grand cœur et que, pour preuve, il le priait de vouloir accepter sa capote, qui valait bien vingt patagons. Noël reçut le cadeau avec joie; mais on remarqua que le patient, au moment de se dépouiller de son vêtement, avait sur les lèvres un sourire fort peu naturel dans un pareil moment et qui dénotait certainement une mauvaise pensée… Après l’exécution, plusieurs le dirent à Noël, qui ne fit qu’en rire et se promit bien de profiter de ce chaud vêtement quand viendrait l’hiver. Toutefois, lorsqu’il sollicita la place de berger, plusieurs moutonniers superstitieux ayant subordonné l’octroi de leur suffrage à la condition qu’il se défasse de la défroque du pendu, il dut se résigner à la tenir dans son armoire.

Noël, devenu berger, songea à se marier. Il y avait à Lorcé une jeune fille qui lui convenait et il se rendit à la fête de ce village vêtu de sa capote, parce qu’il s’était dit qu’ainsi habillé, il produirait plus d’effet. Mais celle qu’il recherchait affecta de ne pas vouloir l’entendre.

II se mit alors à boire outre mesure et, dans une dernière explication qu’il eut avec la cruelle, exalté par l’ivresse et la jalousie, il dit qu’il mourrait si elle persistait à ne pas l’accepter.

Là-dessus, il sortit de la salle de bal.

Quelques heures après, des jeunes gens des environs, qui traversaient les bois pour retourner chez eux, le trouvèrent pendu à un chêne.

La jeune fille, qui se rappelait ses dernières paroles, qu’elle n’avait pas prises au sérieux, vit dans ce malheur un effet de sa coquetterie et fut longtemps inconsolable. Mais, à part elle, tout le monde l’attribua à une maligne influence renfermée dans la capote de Léonard Wixhou, que le misérable, qui était réputé comme s’occupant de magie, avait évidemment ensorcelée pour infliger à son ennemi une mort semblable à la sienne.

Noël avait, pour unique héritier, un neveu orphelin âgé de cinq ou six ans, qui se nommait comme lui, car il l’avait tenu sur les fonts baptismaux. C’est à ce neveu qu’échurent tous ses biens, y compris les vêtements qu’il portait le jour de sa mort.

II

images-4 dans LEGENDES-SUPERSTITIONSDe longues années s’étaient écoulées ; le petit Noël Burnot était devenu un homme d’âge mûr et, grâce à son travail et à ses économies, il avait établi au Sedoz une métairie qui lui permettait de tenir un cheval et cinq belles vaches. C’était ce que nous appelons dans nos campagnes un bon moyen propriétaire.

Il avait toujours vécu très simplement et, comme il avait renoncé à toute idée de mariage, il se montrait négligé dans sa mise, jusqu’à porter, même aux jours de grandes fêtes, des blouses déteintes et rapiécées, des chausses ravaudées et des souliers sans boucles. Qu’on juge donc de la surprise générale lorsqu’un dimanche ‘ on le vit paraître à l’église vêtu d’une capote qui allait à merveille à sa taille élevée.

L’office terminé, il se rendit au cabaret où il fut naturellement l’objet de nombreuses questions et d’une foule de plaisanteries. Il alla s’asseoir silencieusement à l’écart; les uns remarquèrent que sa mine avait quelque chose de sombre et d’inusité, d’autres prétendirent que c’était un air grave qu’il se donnait à cause de son nouveau costume.

Noël sortit accompagné de quelques habitants de Nonceveux et, arrivé au tilleul, il s’assit au pied de l’arbre, sur un tertre, disant qu’il était fatigué et qu’il éprouvait le besoin de se reposer quelques instants. Ses compagnons continuèrent leur route. Mais après avoir fait quelques centaines de pas, l’un d’eux se retourna et vit avec stupéfaction que Burnot était grimpé sur le tilleul, en train de se passer le cou dans un nœud coulant qu’il avait fait à l’aide de sa cravate. Ils coururent vers lui et arrivèrent au moment où le corps allait tomber dans le vide. Noël se trouva très contrarié de ce qu’on l’eût empêché de se pendre, déclarant qu’il en avait la plus grande envie et s’en promettait une jouissance infinie. Les braves gens qui l’avaient arraché à la mort le reconduisirent chez lui; ils ne le quittèrent que quand le curé, qu’on avait fait appelé, fut arrivé.

Le pauvre Noël, qui s’était mis au lit avec la fièvre, se montra alors très repentant de sa coupable tentative, dit qu’il n’y comprenait rien et jura de ne plus recommencer.

La capote qu’il avait revêtue ce jour-là était celle de son oncle…

Il l’avait conservée pendant plus de quarante ans et ne s’était enfin hasardé à la porter que parce qu’un maquignon verviétois, qui était venu chez lui la veille et à qui il l’avait montrée, lui avait dit qu’un homme comme lui, ayant un aussi beau vêtement, était bien sot de ne pas s’en servir.

Il y aurait eu certainement un rapprochement à faire entre ce qui venait de se passer et ce qui avait eu lieu jadis; mais les anciens événements étaient entièrement oubliés et Noël lui-même les avait toujours ignorés.

A quelque temps de là, Burnot s’étant rendu à la foire de Theux, pour laquelle il s’était habillé de son mieux, éprouva encore l’envie de se pendre et il l’eût satisfaite, si son garçon de charrue, qui l’accompagnait, et à qui il avait fait des confidences, ne fût resté tout le temps auprès de lui.

Il alla s’en confesser au curé. Celui-ci lui conseilla d’assister à tous les offices, certain dimanche où tombait précisément la fête de je ne sais quel saint, protecteur spécial contre les envies de suicide.

Le dimanche en question, Noël qui, vu la circonstance, avait encore endossé sa capote, se rendit à la messe accompagné de plusieurs de ses voisins, ce dont il se félicita fort, car sa fatale envie lui reprit quand il passa près du même tilleul auquel il avait voulu se prendre peu auparavant. Il en fut de même à son retour; heureusement il avait encore du monde avec lui.

Après son dîner, il fit sa sieste comme il en avait l’habitude le dimanche. Il s’éveilla que les vêpres étaient près de sonner et de Sedoz à Sougnez, par les hauteurs, il y a plus d’une demi-lieue !

Il se mit à courir, espérant assister encore à une partie de l’office divin. Mais comme il allait arriver à Remouchamps, il rencontra un paysan de Nonceveux, nommé Lambert Ménil, qui l’arrêta en lui annonçant que les vêpres venaient précisément de finir.

Grand fut le désespoir de Noël, qui se trouvait ainsi ne pas avoir accompli son vœu.

Son interlocuteur cependant mentait ; mais voulant pousser la goguenarderie jusqu’au bout, il lui dit :
— II ne faut pas tant vous désoler, Noël… Je sais tout… L’affaire est facile à arranger : achetez-moi le mérite que j’ai acquis aux vêpres; je vous le céderai volontiers.

Il faut savoir que de pareilles transactions ont quelquefois lieu chez nous avec une entière bonne foi. Rien de plus commun que de voir, entre autres, des gens qui font des pèlerinages pour le compte d’autrui.

Noël, dont le moral était extrêmement abattu, puisqu’il y allait non seulement de sa vie en ce monde, mais surtout du salut de son âme, saisit avec empressement cette idée et demanda à Lambert de faire son prix.

— Le marché sera vite conclu, dit celui-ci, qui était marchand de fruits et voyageait souvent : donnez-moi votre habit, et je vous donnerai mon sarrau, qui est de fine toile toute neuve.

Le malheureux accepta avec joie et les vêtements furent échangés sur le champ.
Quand les deux hommes se séparèrent, il était nuit close, car on était en février.

Noël, arrivé à Sougnez, apprit, à sa grande indignation et à sa grande inquiétude, que Lambert n’avait pas assisté aux vêpres. Cependant, depuis le marché, il se sentait tout autre, il but et fit sa partie de cartes en homme parfaitement disposé à vivre. Il était sept heures quand il se mit en route, seul, pour retourner chez lui.

Chaque fois qu’il passait auprès du fatal tilleul, il n’osait lever les yeux, même quand il n’avait aucune envie de se pendre, tant le souvenir de sa folie l’accablait.

Ce soir-là, il résolut de regarder l’arbre en face comme pour le défier; mais à peine y eut-il porté le regard, qu’il poussa un grand cri et recula d’horreur.

Le corps d’un homme pendait à la branche principale, un corps couvert d’un long vêtement noir et dans lequel il reconnut Lambert Ménil.

Toutefois, une réflexion vint tempérer la vive émotion qu’il ressentait.

« C’est Dieu qui l’a puni, se dit-il; il s’est joué d’une chose sainte, le coquin… Respect à la volonté de Dieu ! »

Le calme et l’assurance lui revinrent peu à peu, et il finit par se dire qu’il serait bien fou de ne pas profiter de l’occasion pour rentrer secrètement en possession de sa capote, qui lui avait été extorquée à l’aide d’un si odieux moyen.

Après d’assez longues hésitations, et non sans frissonner, il opéra, avec le cadavre de Lambert, la contrepartie de l’échange qui avait eu lieu dans l’après-dîner, et il se hâta de regagner Sedoz.

Mais lorsqu’il arriva à la première maison du hameau, il entendit une femme pousser un grand cri et la vit rentrer chez elle en fermant la porte avec bruit; plus loin, deux jeunes filles s’enfuirent comme à l’approche d’un fantôme; plus loin encore, des enfants tombèrent la face contre terre.

Devant cette terreur inexplicable dont il était l’objet, il se sentit tellement troublé qu’il ne songea à interroger personne, et se dirigea vers sa maison. Sa servante se sauva en le voyant, mais son domestique, qui avait été soldat, osa le regarder en face.

— Ma foi, maître, dit-il, je vois que c’est bien vous en chair et en os; mais que vous en soyez revenu, c’est plus difficile à comprendre.
— Que me débites-tu là ?
— Voilà plus d’une heure que les fils à Bléret ont annoncé que vous étiez pendu au tilleul de là-haut. Nous sommes allé voir à plusieurs : c’était effectivement vous, et il a fallu, pour m’empêcher de couper la corde, les prières de mes compagnons et la peur que j’ai de la justice, qui ne veut pas qu’on touche aux pendus avant son arrivée. Enfin, vous revenez bien portant, c’est le principal. Mais que va dire le mayeur, qu’on est allé quérir ?

Noël, à cette nouvelle qui compliquait sa situation, tomba accablé sur sa chaise… Puis il sentit que ses idées se troublaient et, en proie à une sorte de délire, il s’échappa de sa maison et se mit à courir avec une telle rapidité que son domestique ne put le suivre.

Il erra quelque temps dans les bois, ensuite il remonta la côte dans la direction de Remouchamps. Il était à quelques pas du tilleul lorsqu’il vit une lumière qui précédait un groupe d’hommes. Il se coucha à terre et reconnut le mayeur et ses échevins, suivis de leurs assesseurs et d’autres personnes. Il entendit pousser des cris de surprise et prononcer ces mots :

— Ce n’est pas lui!… C’est Lambert Ménil!… Qu’est-ce que cela signifie ?
— Le voilà ! le voilà ! dit quelqu’un qui avait aperçu sa forme noire, étendue sur la terre grisâtre.

— Où donc ? où donc ? demandèrent plusieurs voix. Le pauvre Noël se leva, tandis que les justiciers, effrayés, s’enfuyaient de toutes parts. Il se mit à courir dans la bruyère, les yeux fermés, à travers les ronces et les genêts. Après un quart d’heure de cette course désordonnée, il se heurta contre un obstacle : c’était le fatal tilleul, vers lequel il était revenu sans le savoir. Il sentit alors que des mains s’abattaient sur lui et entendit des voix qui s’écriaient :
— Nous le tenons enfin !

Noël comparut devant la cour de justice de Remouchamps, qui se trouva dans la position du juge de l’Avocat Patelin, placé entre les moutons et le drap du bonhomme Guillaume. Il avoua tout ce qui s’était passé entre lui et Lambert et la cour fut avec lui d’avis que le Ciel, en donnant à Ménil l’envie de se pendre, avait voulu le punir de son action malhonnête et sacrilège.

La séance finie, Noël, loin d’être heureux de cette issue, se montra sombre et abattu. Ses amis le firent boire pour l’égayer un peu et le retinrent jusqu’assez avant dans la soirée. Le lendemain, on le; trouva pendu au tilleul de Nonceveux, et bien mort cette fois.

Inutile de dire qu’il était vêtu de la capote de Léonard Wixhou, laquelle échut, on ne sait comment, au greffier de la cour de Remouchamps, François Bonhomme, qui, à l’aide de ses archives, en reconstitua l’histoire telle que nous l’avons racontée d’après son manuscrit.

Ce vêtement de malheur resta, comme une curiosité, dans la famille Bonhomme jusqu’en 1819, où un Anglais, lord S…, qui était venu de Spa passer quelques jours sur les bords de l’Amblève, désira le voir et en fit l’acquisition à la suite d’une visite au Tilleul des Pendus.

Le lord avait une jeune et belle femme, dont il était fort jaloux, et qu’un de ses compatriotes recherchait particulièrement. Que se passa-t-il entre les deux gentlemen, qui semblaient être très liés ? On l’ignore. Mais un jour on trouva l’amant supposé pendu à un arbre dans le bois de Géronstère, et le Journal de Liège, en rapportant ce fait sous la date du 27 août de l’année précitée, ajoute ceci : « Outre que rien ne faisait prévoir chez M. B…. une aussi fatale détermination, on a été très surpris de le trouver, lui, qui était un type d’élégance, affublé d’une vieille capote de forme gothique, au sujet de laquelle il court, du reste, à Spa, des bruits que leur absurdité nous empêche de reproduire. Toujours est-il qu’à la suite de ces bruits, un autre Anglais, lord S…, s’est empressé de quitter la ville. »

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Comment les serpents sont devenus venimeux

Posté par francesca7 le 29 septembre 2013


Comment les serpents sont devenus venimeux dans LEGENDES-SUPERSTITIONS images-14

Au temps où le monde était encore jeune et que toutes choses étaient différentes, la terre ne connaissait pas la nuit. Le soleil brillait constamment dans le ciel et bêtes et gens ne pouvaient pas dormir. Si, par hasard, ils fermaient l’œil, tout de suite l’éclat et la chaleur du soleil les réveillaient. Seuls, les serpents se trouvaient bien et étaient toujours frais et dispos. Pour la bonne raison que c’étaient eux qui détenaient la nuit et les ténèbres.

Mais un jour, cela prit fin. Quand les Indiens apprirent que les serpents recelaient la nuit et les ténèbres, ils envoyèrent leur plus grand chef au chef suprême des serpents pour le prier de leur donner au moins un petit peu de la nuit et des ténèbres.

Le grand chef des Indiens s’enfonça donc loin au cœur de la forêt, là, où le grand chef des serpents avait sa résidence. Le grand chef des serpents l’accueillit fort peu civilement :

« Qui ose troubler ma quiétude ? »

« Je suis le chef de tous les Indiens, répondit le visiteur, et je viens te demander un peu de nuit et de ténèbres. En échange, je t’offre notre meilleur arc et des flèches. »

Mais le chef des serpents n’avait que faire d’un arc et des flèches :

« Comment m’en servirais-je, je n’ai pas de mains ! Donne-moi autre chose ! »

Le grand chef des Indiens s’en retourna donc bredouille. Il convoqua le Grand Conseil, raconta ce qui était arrivé et ils décidèrent d’offrir au grand chef des serpents une crécelle. Un grand chef  avait toujours besoin d’une crécelle pour présider aux danses rituelles.

Donc, le chef des Indiens s’enfonça pour la seconde fois au cœur de la forêt. Le chef des serpents attendait sa visite. Quand il vit la crécelle, il hocha la tête :

« C’est une bien belle crécelle, mais qu’en pourrais-je faire, moi qui n’ai pas de mains ? »

« Si tu veux, proposa le chef des Indiens, je peux te l’attacher à la queue. »

Il la lui attacha effectivement. Le grand chef des serpents agita sa queue et la crécelle grinça, quoique assez faiblement. Le grand serpent fut assez content :

« Ce n’est pas exactement ce que j’aurais souhaité, mais je puis quand même te donner un peu de nuit et de ténèbres. »

Et il fit apporter au chef indien un petit sac de cuir.

« Merci, grand chef, dit celui-ci, pour ce quelque peu de nuit et de ténèbres. Mais dis-moi ce que tu voudrais pour nous donner la nuit tout entière et toutes les ténèbres ? »

« La nuit entière et toutes les ténèbres, cela vaut un grand prix, reprit le grand serpent. Une crécelle n’y suffit pas. Il faudrait m’apporter une grande cruche de ce poison dont vous enduisez vos flèches. »

Le grand chef indien ne voyait pas pourquoi les serpents avaient besoin de ce poison, mais il ne posa pas de question. Il emporta son petit sac et l’ouvrit dès qu’il fut arrivé au village. La nuit et les ténèbres se répandirent sur le monde et tous les Indiens goûtèrent un délicieux repos. Mais il fut de courte durée. Le sac ne contenait que très peu de nuit et de ténèbres et, bientôt, la lumière du soleil vint les réveiller. Et tout recommença, le jour était long et la nuit bien courte. Dès que bêtes et gens avaient goûté un court instant de sommeil, le soleil ramenait un nouveau jour. Cela ne faisait pas le compte des Indiens qui convoquèrent le Grand Conseil et y décidèrent de recueillir le poison demandé par les serpents. Ce fut une longue tâche car ils ne recueillaient le poison que goutte à goutte, mais ils parvinrent enfin à en emplir une grande cruche. Et le grand chef des Indiens s’enfonça pour la troisième fois au cœur de la forêt. Le grand serpent attendait sa visite et il dit :

« Je savais bien que tu reviendrais. Je t’ai fait préparer dans ce sac une longue nuit et les ténèbres. Cela vous suffira sûrement. »

Le grand chef des Indiens remit la cruche de poison au grand serpent, prit le sac et dit :

« Merci, grand serpent. Mais je voudrais savoir pourquoi tu as besoin de ce poison. »

« Parce que, répondit le grand serpent, la plupart des miens sont petits et faibles. Tout le monde les persécute. Quand nous aurons du poison, nous pourrons nous défendre. Va, maintenant, mais n’ouvre pas ce sac avant d’être arrivé dans ton village. Si tu le faisais trop tôt, les ténèbres envahiraient le monde avant que j’aie pu répartir convenablement le poison entre tous les serpents. Et il n’en résulterait rien de bon, ni pour les tiens, ni pour les miens ! »

Le grand chef indien promit de ne pas ouvrir son sac avant d’être arrivé chez lui et s’en fut, tout à fait satisfait, vers son village. Mais sur sa route, il rencontra le perroquet qui se mit à crier à tous les échos :

« Le grand chef indien revient de chez les serpents, il rapporte dans son sac la longue nuit et les ténèbres ! »

Aux cris du perroquet, toutes les bêtes de la forêt accoururent et supplièrent le grand chef d’ouvrir tout de suite son sac pour qu’en sortent la longue nuit et les ténèbres.

Le grand chef essaya de les raisonner :

« Attendez un moment que j’aie rejoint mon village. Je l’ai promis au grand serpent ! »

Mais les animaux ne voulurent pas l’écouter, ils ne voulaient pas attendre une minute de plus, ils lui arrachèrent son sac des mains et l’ouvrirent. Immédiatement le monde ne fut plus que nuit et ténèbres. C’était juste le moment que le grand serpent avait choisi pour distribuer le poison aux siens. Mais dans la nuit profonde, il ne voyait plus ce qu’il faisait, les serpents se bousculèrent, renversèrent la cruche et le poison s’en échappa. Si bien que certains serpents s’emparèrent d’une grande quantité de poison, d’autres en eurent peu et d’autres encore n’en eurent pas du tout.

Désormais, il y eut donc des serpents venimeux et d’autres qui ne l’étaient pas. La famille du grand chef faisait partie des serpents venimeux, mais tout le monde pouvait s’en garder car ils portaient tous une crécelle à la queue. 

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Le premier porc-épic (Légendaire)

Posté par francesca7 le 29 septembre 2013


 

Le premier porc-épic (Légendaire) dans LEGENDES-SUPERSTITIONS images-132Au temps où le monde était encore jeune et où toutes choses étaient différentes, il y avait un chasseur. Il vivait seul dans une chaumière solitaire et ne fréquentaient jamais les autres hommes. Il n’allait à la chasse avec personne. Voilà comment il chassait : il attendait que les autres revinssent le soir avec leur gibier, il tuait un chasseur, lui prenait sa proie et ainsi avait de quoi se nourrir.

Il continua cette pratique très longtemps mais vint un jour où les autres chasseurs se rendirent compte de ses agissements. Ils comprirent que c’étaient le chasseur solitaire qui les tuait tous l’un après l’autre et résolurent de l’en châtier. Un matin, ils prirent leurs javelots et encerclèrent la hutte où vivait le chasseur solitaire. Celui-ci dormait, couché sur sa natte, le visage contre terre et n’entendait ni ne voyait rien. Il ne s’éveilla pas quand les branches craquèrent dans les fourrés.

« C’est quelque bête », se dit-il, et il continua à dormir.

Puis l’herbe se mit à bruire mais le chasseur n’ouvrit pas l’œil pour si peu.

« C’est quelque insecte », se dit-il, et il continua à dormir.

Finalement les javelots volèrent, mais le chasseur ne tourna même pas la tête.

« C’est quelque oiseau », se dit-il, et il resta bien tranquillement allongé.

Mais ce n’était pas une bête, ce n’était pas un insecte, ce n’était pas un oiseau. C’étaient des chasseurs portant des javelots pointus. Ils les lancèrent de toutes leurs forces sur l’échine du chasseur solitaire et quand ils virent qu’il ne bougeait pas, ils le crurent mort et s’en furent, satisfaits d’avoir assouvi leur vengeance.

Mais le chasseur n’était pas mort. Il vivait encore et quand les hommes se furent éloignés, il se glissa à quatre pattes dans un trou qu’il avait creusé sous sa hutte. Il y resta jusqu’à ce que ses blessures guérissent. Mais il ne put tirer les javelots de son échine. Ils s’enracinèrent dans son corps et il les porte encore maintenant. Et le chasseur solitaire marche toujours encore à quatre pattes et quand craquent les branches, quand bruissent les herbes et que s’approche un ennemi, il se glisse bien vite dans un trou.

Et on l’appelle  « Porc-épic ». 

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