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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Riquet : le génie des eaux

Posté par francesca7 le 3 septembre 2014

 

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 A l’âge de 51 ans, où beaucoup de personnes meurent au XVII è siècle, Pierre Paul Riquet entreprend sa « grande œuvre », la construction du canal des Deux Mers reliant l’Atlantique à la Méditerranée.

Deuxième grand chantier sous Louis XIV, classé au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco en 1996, le plaçant au même niveau que la Grande Muraille de Chine, le Mont Saint Michel ou Versailles, cette construction fut menée à bien, grâce à la volonté et le talent de Riquet. Qui était cet homme trop méconnu du public ?

Ses origines

Pierre Paul Riquet nait en 1609 à Béziers ; son ancêtre appartenant à la classe supérieure des romains au XII è siècle est venu s’installer à Marseille ; élu Premier Consul de la ville de la Seyne en Provence en 1346, il devient gentilhomme de la maison du comte de Provence et crée deux lignées de « Riquet » : Honoré Riquety qui donnera Mirabeau en 1789 et Noble Reynier Riquety de Béziers, ancêtre de Pierre Paul Riquet.

Son grand père possédait une boutique d’étoffes, son père était notaire à Béziers et excellent homme d’affaires, mais condamné pour faux en écritures. Pierre Paul est rapidement initié au commerce ; il ne fait pas d’études supérieures, mais apprend l’art de calculer et est attiré par la mécanique ; il s’exprime en langue d’oc et ne parle ni latin, ni grec.

De gabelou à Directeur de la Ferme du Languedoc

Il entre dans l’administration des gabelles du Languedoc dans les années 1630-1632 pour apprendre le métier de gabelou ou agent de la gabelle ; au poste de grenatier, il s’occupe de la gestion du grenier à sel, de l’achat et la vente du produit, de la vérification des faux, trafiquants et contrebandes. De receveur, il passe sous-fermier de tous les greniers du Haut Languedoc en 1648, puis fermier en 1652.

Constatant que le prix du transport est exorbitant, il monte une entreprise, mais les routes sont presque inexistantes, peu sûres et en piteux état. Ayant entendu parler à l’âge de 9 ans d’un projet de canal reliant Toulouse à Béziers, il pense que par ce biais, le coût du transport serait diminué de beaucoup.

Fermier général dans le Languedoc en 1661, il est recruté par la province du Roussillon et de Cerdagne afin de mettre en place cet impôt puisque la région précédemment espagnole et exempte de la gabelle, est devenue maintenant française depuis le mariage du roi. Les problèmes surviennent vite, le pauvre peuple est récalcitrant et gronde devant cette nouvelle taxe. Colbert à qui Riquet doit rendre des comptes suite à l’arrestation de Fouquet lui demande d’intervenir par la force. Il préfère négocier pour calmer les récalcitrants, malgré les révoltes, malgré l’assassinat de ses commis, jusqu’en 1670 où il doit accompagner les 4 000 soldats envoyés par le roi pour mater les rebelles. Colbert est clair « il faut absolument récolter la gabelle pour financer l’Etat, les guerres et le canal des Deux-Mers ».

Jusqu’en 1678, il gravit tous les échelons pour arriver au poste de Directeur de la Ferme du Languedoc malgré tous les soucis rencontrés, mais en amassant une belle fortune.

Le père de famille et l’homme

Après Béziers, il s’installe à Mirepoix, épouse une fille de contrôleur des tailles en 1638 lui donnant la même année Jean Mathias futur président à mortier de Toulouse, Pierre en 1641 qui meurt 15 mois plus tard, Elisabeth en 1645, Pierre Paul futur capitaine des gardes du roi et futur comte de Caraman baptisé en 1646. De constitution solide, ils échappent presque tous à plusieurs épisodes de peste qui déciment plus du cinquième de la population de la région de Toulouse. A la mort de son père en 1646, il déménage vers la Montagne Noire à Revel pour être à proximité des localités concernées par la collecte de la gabelle, aux environs de Castres et Mirepoix. Là, il commence à faire des essais pour « son futur canal », tout en ayant la joie d’avoir encore quatre nouveaux enfants.

Ce travailleur acharné se fait une bonne réputation, devient banquier privé, prêtant aux consuls de la ville, parfait homme d’affaires écrivant jusqu’à dix lettres par jour à différentes personnes pour des sujets variés, se déplaçant constamment d’une ville à l’autre, négociateur hors pair pour éviter des procès sans fin, constructeur, propriétaire du canal et chef d’entreprise proche de ses ouvriers, rationalisant le travail, fidélisant ses salariés en leur assurant une « mini sécurité sociale » et en les logeant, n’ayant jamais eu à faire face à des révoltes ni rebellions sur ses chantiers, constant dans ses projets et s’efforçant de les mener à terme, travaillant toujours dans un souci d’économie et de rentabilité, tout en gérant ses affaires de gabelles puisqu’il devient directeur de la ferme des gabelles du Languedoc et en obtenant la charge de munitionnaire des armées du roi ;  n’étant ni ingénieur, ni architecte, ni géographe mais avec du talent, une volonté de fer, beaucoup de capacités, une passion et un grand courage, parti de rien ou presque… il fait fortune.

Il peut acheter le « Fort de Bonrepos » et son domaine à environ 20 kms de Toulouse, se lancer dans sa reconstruction, ce château médiéval étant en très mauvais état. L’endroit considéré comme lieu stratégique de défense doit être réparé par la ville et l’entretien réglé par les Consuls ; grâce à ses négociations, il obtient le domaine, le château à vie de manière perpétuelle, à condition d’assurer la protection des villageois en cas d’attaque extérieure. Là, il achète des parcelles supplémentaires, fait abattre des morceaux de bâtiments en ruine, embellit la demeure à partir de 1654, conservant les matériaux pour les réutiliser, remettant en état des moulins et la briqueterie, logeant les principaux artisans pour les avoir sous la main, faisant office de maître d’ouvrage. En 1666, Bonrepos est presque habitable et Riquet est réhabilité dans sa noblesse, ne signera jamais « baron de … », mais écrira toujours Seigneur de Bonrepos, voulant rester discret, car dans sa jeunesse il a appris deux choses : ne jamais trahir son roi et ne jamais faire étalage de ses biens et sa fortune.

Riquet : le génie des eaux dans LEGENDES-SUPERSTITIONS 192px-FR06_P1100932cDans le but d’installer ses enfants, il acquiert aussi une maison dans Toulouse ainsi qu’un hôtel particulier à l’extérieur de la ville sur un domaine de quatre hectares avec une orangerie, des jardins, des prés et une glacière, sans oublier un hôtel à Paris. Un père aimant et soucieux de ses enfants, réalisant de belles alliances pour ses filles, toujours présent en cas de maladie ou lors d’un procès, ou encore pour sauver de la ruine et du déshonneur son second fils poursuivi pour dettes au jeu ; Riquet est jovial, bon vivant, d’un naturel franc ce qui lui apporte des ennemis mais aussi de fidèles amis.

La grande œuvre de Riquet

Le canal reliant les Deux-Mers fut un chef d’œuvre au temps de Louis XIV, le second chantier grandiose au temps du Roi Soleil…après Versailles. Tout le monde avait échoué pour construire le canal du Midi, Riquet a réussi à monter un projet « en béton », en insistant sur l’utilité économique et l’intérêt stratégique du canal, reliant l’Atlantique et la Méditerranée, en évitant le détroit de Gibraltar, en évitant le pillage de la marchandise et les taxes à payer à l’entrée ; il a été suffisamment persuasif pour le faire accepter par Colbert, malgré les 17 millions de livres, le financement du canal se faisant en trois parts : le roi, les états du Languedoc et Riquet ; son projet fut « choisi par le roi, de préférence à tout autre ». Il a su s’appuyer sur des personnes influentes à la Cour, il a su s’entourer d’une équipe compétente en qui il avait confiance.

Toujours présent sur le terrain, il entreprend le piquetage du canal de Sète à Toulouse, balisant les sources et les ruisseaux, payant mieux ses ouvriers pour les retenir et accélérer les travaux, de quelques centaines d’hommes il en géra 12 000 qui ne rechignaient pas à la tâche. Sur tous les fronts, il s’occupe aussi du creusement du port de Sète, du recrutement du personnel, de la construction de logements pour les ouvriers, des écuries, des magasins, assiste à toutes les réunions, organise le travail, répond à toutes les lettres à Colbert, trouve une solution lorsqu’une église se présente sur le tracé du canal (il la fit démonter, garder les matériaux pour être remontée un peu plus à l’écart) ou lorsqu’il faut traverser une montagne sablonneuse en faisant creuser un tunnel de 165m avec consolidation de la voute en 8 jours.

Concessionnaire du canal, il prend en charge la construction et l’entretien, investissant sa fortune personnelle, devant très souvent emprunter à des tiers et rembourser les dettes, l’argent du roi ne venant pas régulièrement ; en échange il perçoit les taxes, les péages, les redevances sur le transport des marchandises ; il doit faire face aux jaloux et tourmenteurs ainsi qu’à la pression exercée par les contrôleurs de Colbert, à ses récriminations, mais il peut compter sur ses fils qui sont présents, qui l’aident dans son travail et qui le soutiennent. Il pourrait être fatigué, stressé, épuisé, débordé, mais il tient bon malgré sa maladie, malgré les suspicions de Colbert qui le soupçonne de puiser dans la caisse du canal pour installer ses fils !

Ce fut la passion et l’œuvre de la vie de Riquet, une affaire de famille où les fils, les gendres, les beaux parents ont participé et travaillé, les descendants de Riquet continueront à le gérer jusqu’au XX è siècle. De même, ce sont des familles entières, de pères en fils qui y ont travaillé, des éclusiers aux magasiniers… Une réussite humaine car les travaux furent faits à la force du poignet.

Ce fut un moment de bonheur en 1667 où la première pierre est posée avec la bénédiction de l’archevêque de Toulouse, mais Riquet ne verra jamais naviguer les barques, il meurt en octobre 1680, l’inauguration se faisant en mai 1681, il ne restait que 5.5 kms à construire sur les 240 kms de la longueur du canal…Riquet est alors porté très haut, par son opiniâtreté, sa force de caractère, son talent, son génie.

620px-Plan_canal_Midi dans LEGENDES-SUPERSTITIONS

Les autres réalisations de Riquet

Parallèlement au canal des Deux Mers, Riquet s’est occupé de la construction des 328 ouvrages d’art jalonnant le canal (aqueduc, moulins, déversoirs, scieries, auberges, écuries, forges, magasins, logements…) ; du port de Sète qui fut une réussite, une beauté d’après les constations du fils de Colbert (missionné pour vérifier !) ; de l’aqueduc de Répudre dans l’Aude qui a servi de modèle à Vauban, sans oublier la demande expresse de Colbert pour Versailles : amener l’eau aux fontaines, reliant les eaux de la Loire au dessus de Briare à l’aide d’un pont canal. Trop long, trop coûteux, on fait construire la machine de Marly ; de l’aqueduc de Castries près de Montpellier sur 7 kms ; du canal de l’Ourcq qui approvisionnera Paris en eau potable pour les habitants et les industries dont les travaux sont lancés en 1677 mais le chantier interrompu «qualifié d’inutile » à la mort de Riquet ; en 1670, le roi demande la distillation de bouteilles d’eau minérale des stations thermales de Balaruc-les-Bains ; Colbert, ne pouvant le laisser travailler en paix et accomplir sa « grande œuvre » le charge encore de faire une étude en 1676 pour le futur canal de Bourgogne (réalisé sous Louis XV), puis le futur canal du Centre (réalisé sous Louis XVI), ainsi que le canal de Provence reliant le Rhône à la Méditerranée qui deviendra l’actuel canal du Rhône à Sète.

Après Riquet

Riquet s’éteint donc le 1er octobre 1680, à 71 ans à Toulouse. Placé dans un caveau de l’Elise Saint Etienne, en toute discrétion, sans cérémonie, ses enfants installés à Paris ne purent être présents ; Colbert s’inquiétant de la fin des travaux, fait mettre des scellés sur les biens de la famille ! A force de plusieurs demandes de la famille, de l’entourage de Riquet et de personnes bien introduites à la Cour, Colbert envoie à Jean Mathias (le fils Riquet) les fonds nécessaires à l’achèvement du canal, le roi assurant la famille de sa protection.

Les deux fils s’entendant à merveille, agissant de concert, toujours en accord dans les décisions à prendre (chose rare pour l’époque dans des familles ayant des biens), firent achevés les travaux afin d’inaugurer le canal en mai 1681, avec la première barque voguant de Sète à la Garonne. De même qu’ils aidaient leurs sœurs en versant les dots prévues, aimables et conciliants avec tous, ne lésant personne lors du partage de l’héritage, malgré les 4 millions de livres de dettes laissées par Riquet, dont deux furent quand même prises en charge par Colbert.

Louis XIV dans ses Mémoires pour l’instruction du dauphin mentionnait « le canal avait permis au royaume de devenir le centre du commerce de toute l’Europe » ; il fut une mine d’or pour les enfants, mais il fallut encore attendre 44 ans pour être rentable !

 Pour aller plus loin

- Riquet, le génie des eaux : Portrait intime, de Mireille Oblin-Brière. Editions Privat, avril 2013.

- Le canal du Midi : Histoire d’un chef-d’oeuvre, de René Gast. Editions Ouest-France, Janvier 2006.

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L’affaire des possédées de Loudun

Posté par francesca7 le 3 septembre 2014

 

Dans la Vienne, au temps du règne de Louis XIII, dans les années 1630-1634, une affaire a défrayé la chronique, celle dite des « Possédées de Loudun ». Machination politique ? Reste des Guerres de Religion ? Vrai possession ? Sorcellerie ? Le fait est que, sous l’impulsion du Cardinal de Richelieu, Urbain Grandier (le curé) accusé d’être le diable, est mort inutilement sur le bûcher et les possessions n’ont malgré tout pas cessé. Revenons sur cette histoire !

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Urbain Grandier, le prêtre accusé

Urbain Grandier, né à Rovère, appartenant au diocèse du Mans, obtient après des études à Bordeaux, la cure de Saint Pierre du Marché et le canonicat de l’église de Sainte Croix, tous les deux à Loudun, et fait forcément des envieux et des jaloux car il est étranger à la région…

Peu diplomate, hautain, mais d’une grande éloquence, il ne fait que des mécontents en s’attaquant aux privilèges des Carmes de la ville et en ayant une conduite des plus suspectes pour un ecclésiastique, sa franchise et son libertinage ne plaisent pas. La rumeur court que Grandier abuserait de nombreuses femmes à l’intérieur de l’Eglise ! Il est condamné au jeûne (pain et eau) tous les vendredis pendant trois mois, interdit pour cinq ans dans le diocèse et pour toujours dans la ville de Loudun !

Faisant appel et gagnant, il fait une entrée spectaculaire avec une branche de laurier en main en 1631, en revenant à Loudun.

Ayant appris que le directeur du couvent des Ursulines vient de mourir, il postule pour cette place, en concurrence avec le chanoine de Sainte Croix… mais des bruits courent : des spectres et des fantômes sont apparus dans le couvent, un sortilège opéré au moyen d’une branche de rosier fleuri, ensorcelant toutes celles qui auraient senti les fleurs… les religieuses sont sujettes à des crises, certaines hurlent, d’autres blasphèment ou prononcent des obscénités ! Grandier est à nouveau accusé et avec ses manières de beau parleur, il gagne à nouveau son procès !

Et voici qu’entre en scène le Cardinal Richelieu : Louis XIII ayant la volonté de faire raser les châteaux forts de France, envoie le conseiller d’Etat Laubardemont, notamment à Loudun… qui rapporte les faits ci-dessus au Roi et au Cardinal. En même temps, parait un ouvrage, plutôt une satire mettant à mal Richelieu « la Cordonnière de la Reine-Mère ». Grandier est accusé de l’avoir écrit, car il correspond soit disant avec une femme originaire de Loudun, attachée au service de la Reine. Le prêtre est arrêté le 17 décembre 1633 puis emprisonné au château d’Angers ! Dans ses papiers saisis, on trouve un manuscrit contre le célibat des prêtres, destinée à Mlle de Brou son amie !

Les possédées de Loudun

D’une beauté certaine et gracieux dans ses manières, il fait se pâmer les dames… mais ce sont des preuves insuffisantes pour l’accuser de crime ! On ressort donc l’ancienne accusation de sorcellerie. Il est interrogé pendant dix jours début février 1634, mais il nie toute accusation de sorcellerie et finit par ne plus répondre aux questions.

Et par hasard, plus de soixante témoins apparaissent, accusant Grandier d’avoir fait des pactes avec le diable et jeté un sort sur le couvent : les religieuses sont soumises à exorcisme, mais sans résultats, les jeunes filles et autres dames affirment que la supérieure du couvent est prise par sept démons, dont cinq ne veulent absolument pas sortir de son corps !

La procédure dure sept mois, pendant lesquels de nobles familles entières sont diffamées et dénoncées, quant à Laubardemont, il est attaqué et impliqué dans cette affaire. Le 2 juillet 1634, il fait apposer sur les murs de la ville un placard officiel mentionnant qu’ « il est expressément défendu à toutes personnes […] de médire ni autrement entreprendre de parler contre les religieuses et autres personnes de Loudun affliger des malins esprits, leurs exorcistes, ni ceux qui les assistent […] à peine de dix mille livres d’amende, et autre plus grande somme et punition corporelle, si le cas y échoit ».

Des lettres patentes sont délivrées le 8 juillet 1634 et une commission composée de quatorze membres est chargée de juger Grandier. La salle est ouverte au public, en espérant que le pays soit suffisamment indigné contre le curé afin que la sentence demandée soit acquise très rapidement.

Le procès

La salle est plongée dans l’obscurité, seule la grande table où siègent les juges est illuminée avec des flambeaux. Le tout est recouvert de drap noir, le banc de l’accusé lui aussi de drap noir mais décoré de flammes d’or, signe de l’accusation ! Le prévenu est entouré d’archers, les mains liées par des chaines que tiennent des moines, mais de manière très éloignée, craignant d’être trop près du diable ! Après quelques minutes d’un profond silence, Houmain l’un des juges prononce l’acte d’accusation, d’une voix si basse que personne ne peut comprendre un seul mot !

Les preuves sont divisées en deux parties : d’une part les dépositions des soixante douze témoins, d’autre part les « autres » résultant des exorcismes réalisés par des prêtres présents dans la salle. Le procès est interrompu par deux fois : la première fois à l’annonce de la mort de Mlle de Brou (l’amie de Grandier) et la seconde par l’irruption de Jeanne de Belcier, mère supérieure du couvent accompagnée de deux sœurs ! La mère supérieure est prise de remords et affirme que Grandier est innocent ! Tout n‘est qu’histoire fausse, venant de désirs charnels que sa beauté lui a inspirés… Jeanne de Belcier est jalouse et par ses accusations, voulait séparer Grandier et Mlle de Brou ! Elle se jette alors aux pieds de Grandier en déclamant « Peuple, il est innocent »…

Face à la foule qui éclate de colère, la séance est levée et le prévenu conduit dans une pièce voisine, où il est couché sur un instrument de torture, pour le supplice de la Question pendant plus d’une heure. Considéré comme grand criminel, il a droit à deux « coins » supplémentaires… ses membres sont totalement brisés.

Le jour où le jugement est prononcé, le 18 août 1634 à 5h du matin, Grandier tente encore de se défendre… mais est déclaré « atteint des crimes de magie, maléfice et possession arrivée par son fait ès personnes d’aucunes religieuses ursulines de Loudun et autres séculières mentionnées au procès, et condamné d’être brûlé vif, avec les pactes et caractères magiques estant au greffe, ensemble le livre manuscrit par lui composé contre le célibat des prêtres et les cendres jetées au vent ».

Le bûcher de Grandier

images (6)Grandier est porté par six hommes jusqu’à la place de Saint Pierre du Marché. Livide, comme si tout son sang s’était retiré, il est sommé d’embrasser un crucifix… rougi au fer et devant lequel il s’éloigne légèrement (et pour cause !). Il aurait du au préalable être étranglé, mais on s’en abstient : il est couché sur le bûcher, sa robe enduite de soufre, et on y met le feu ! Et malgré la pluie qui tombe, malgré le peuple qui approche pour le sauver, il se consume pour ne laisser qu’une main noircie, serrant une petite croix d’ivoire et une image de Sainte Madeleine entre ses doigts, en ce 18 août 1634 !

Les « possessions » ont continué encore quatre ans après la mort d’Urbain Grandier… Jeanne de Belcier mourut folle… on raconte que Laubardemont fut chargé du procès de Cinq-Mars, puis jeté dans le Rhône par le père

Joseph…

La mort d’Urbain Grandier ne rapporte rien, et peut être considéré comme un sacrifice humain inutile.

 Sources

Revue « La France Pittoresque » 2è trim. 2008

Tiré d’ « Histoire de la Magie en France depuis le commencement de la monarchie jusqu’à nos jours » et « Causes célèbres de tous les peuples ».

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le temps de travail au Moyen Age

Posté par francesca7 le 3 septembre 2014

 

 

44% des Français disent éprouver un stress important ou très important dans leur activité professionnelle, rapporte un récent sondage LH2 pour L’Express. La vague de suicides à France Télécom montre la réalité et la profondeur des souffrances endurées. Au XXIe siècle, le mot travail rime avec harcèlement, angoisse, surmenage. Question : travaille-t-on pour vivre ou vit-on pour travailler ? L’homme n’a pas toujours répondu de la même manière à cette question.

Prenez le Moyen Age, par exemple: on vous raconte en vidéo.

 Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=tkvt7jBKdZs

 

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Expression : Ne pas être dans son assiette

Posté par francesca7 le 1 septembre 2014

 

téléchargement (1)Naturellement on mangea très longtemps à même le plat commun posé sur la table. Cela jusqu’à une époque tout à fait récente dans les classes les plus pauvres de la société. L’assiette individuelle ne date que du début du XVIè siècle, d’abord chez les grands, puis chez les bourgeois. Quant à la fourchette, qui existait déjà mais pour des emplois rares, elle fut mise en usage quel temps plus tard à la cour d’Henri III et de ses mignons, dont on connaît le raffinement.

Son départ, ainsi chez les homosexuels, ne fit d’ailleurs pas bonne impression et freine que le peu son lancement. Un contemporain les trouvait grotesques, ces efféminés : « Premièrement ils ne touchaient jamais la viande avec les mains, mais avec des fourchettes, ils la portaient jusque dans leur bouche, en allongeant le col et le corps sur leurs assiette » (L’Ile des Hermaphrodites). Comique et dégoûtant… Outre la difficulté qu’il y a à se servir d’un tel instrument, ce parrainage ne lui donna pas bonne réputation et la fourchette eut du mal, si j’ose dire, à s’implanter. On lui préféra longtemps celle de « père Adam ».

Donc, avant d’être cette « vaisselle plate » dans laquelle on sert la nourriture, assiette signifiait seulement » position, manière d’être posé ». « Ce malade ne peut tenir longtemps dans la même assiette », dit Littré qui n’était pas anthropophage. C’est là le sens propre et ancien du terme, dérivé du même mot latin que « asseoir » et « assise » celui que l’on emploie encore lorsqu’on parle de la « bonne assiette d’un cavalier sur sa selle » – ou d’un pilote qui corrige l’ »assiette de son avion » – sa positon horizontale. Le mot désignait dans le même esprit la situation, l’emplacement d’un bâtiment ou d’une place forte : « Ma maison est telle qu’on ne la peut forcer sans canon ; elle est très avantageuse d’assiette et bien flanquée ». (Cyrano de Bergerac).

En matière de repas l’assiette désigna donc d’abord la positon des convives autour d’une table. Au XIVè siècle : « Deux maistres d’hostel pour faire laver, et ordonner l’assiette des personnes » (leur place),. Par extension on appela ainsi le service qu’ils avaient devant eux, et enfin le petit plat d’argent d’étain, de porcelaine, qui remplaçait chez les riches la vieilles écuelle à potage.

Mais les deux acceptations du terme coexistèrent, avec aussi le sens figuré de « disposition, état d’esprit », « Garde au sein du tumulte une assiette tranquille » , conseille Boileau, tandis que La Bruyère fait cette constatation blasée : « Les hommes commencent par l’amour, finissent par l’ambition, et ne trouvent une assiette plus tranquille que lorsqu’ils meurent ». C’est de cette disposition qu’il s’agit lorsque nous ne somme spas « dans notre assiette » – dans notre meilleure forme.

Pourtant, à mesure que se répandait la faïence et la porcelaine, la confrontation des mots finissait par produire des effets cocasses. Par exemple dans cette phrase de Massillon, un prédicateur du XVIIIè, qui dans un éloge funèbre rend hommage à la sérénité du disparu : « Jamais un de ces moments de vivacité qui ait pu marquer que sa grande âme était sortie de son assiette »… ça aurait fini par faire des salades, il étai temps qu’un des deux sens se retirât. Ce fut la vaisselle qui m’emporta.

EXTRAIT de LA PUCE A L’OREILLE de Claude Duneton – Editions Stock 1973 – Anthologie des expressions populaires avec leur origine. 

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EXPRESSION : Entre la Poire et le Fromage

Posté par francesca7 le 1 septembre 2014

 

téléchargementLa poire a probablement été le fruit préféré de nos aïeux. A cause de son goût, bien sûr, de sa pulpe juteuse qui a donné « la poire pour la soif ». Peut-être aussi pour que la saison en est longue et les variétés nombreuses, contrairement aux autres fruits de l’époque, succulents aussi, mais tellement éphémères. Les poires les plus précoces étaient mûres en juillet, les plus tardives au début de l’hiver. Elle semble avoir été le symbole d l’exquise douceur : ne pas « promettre poires molles » voulait dire ne pas promettre un avenir tout rose, et lorsqu’il est question de partager une bonne chose avec quelqu’un, naturellement on coupe la poire en deux.

On mangeait des poires à la fin du repas, tout de suite avant le fromage, autre délice, qui le terminait. Cela ne paraît une bizarrerie qu’ première vue ; c’était au contraire une habitude assez logique dans les menus où les légumes brillaient par leur absence, et où il semble, contrairement à une image répandue, que l’on buvait surtout après le repas, et non pendant. Au fond il était peut-être mal commode de manier la coupe ou le hanap avec les mains pleines de graisse. C’est sans doute le sens de ce vieux proverbe : « La table ôtée doit-on laver et boire ».

Bref, les derniers rôtis de volaille ou de gibier avalés, la poire arrivait pour rincer agréablement la bouche, rafraîchir le palais et changer le goût des victuailles ; En somme elle jouait le rôle de la salade dans notre gastronomie. Voici un menu typique de 1228, extrait du Guillaume de Dole de Jean Renart :

Si s’en vont en la sale arrière

Ou li soupers ert atornez

Mout biaus de viandes assez ;

Faons de let, porciax farsiz

Et bons conins, poulez lardez

(de ce estoit granz la plentez)

et poires et formages viez.

Les poires et le fromage (abondant au Moyen Age ; on le faisait sécher au soleil pour le vieillir et le conserver) constituaient donc le dessert traditionnel de ces agapes et le régal des gourmets. Autre proverbe ancien :

Oncque Dieu ne fist tel mariage

Comme de poires et de fromage.

 

De ces usages il nous est resté l’expression familière « entre la poire et le fromage » : au moment où la panse pleine t le cœur réjoui on a le temps et l’envie de causer, voire de se laisser aller à la confidence ; Au début du XVIIè siècle un personnage de Sorel à qui on a demandé d’expliquer un rêve répond ; « … Nous en parlerons à soupé entre la poire et le formage ».

 

EXTRAIT de LA PUCE A L’OREILLE de Claude Duneton – Editions Stock 1973 – Anthologie des expressions populaires avec leur origine.

 

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POURQUOI LE MOT BAISER s’est-il transformé

Posté par francesca7 le 1 septembre 2014

 

 

images (1)Tous les professeurs vous diront que baiser, autrefois, voulait dire seulement « donner un baiser », que c’était un mot extrêmement chaste, entièrement pudique, que l’on baisait les mains, les pieds, le front, à la rigueur les lèvres d’une personne aimée, mais c’est tout ! 

Au lycée ou au collège on prend soin d’écarter vigoureusement des textes classiques tous les joyeux quiproquos que les élèves rigolards ne manquent pas de faire sur les vers des auteurs sacrés. 

C’est le sourcil froncé et la mine impatiente que le prof de français ramène le calme dans une classe de cinquième mise en turbulence par la réplique du jeune Thomas Diafoirus présenté à la ravissante Angélique qu’il doit épouser : « Baiserai-je papa » ? demande-t-il à son père. Rires sous cape, gros éclats, on pouffe dans les cartables, selon l’âge, le sexer et aussi la tête du prof, qui un peu gêné, tapote son livre ; «Tch ! tch ! ch !.. Ne soyez pas sots » – Il elle, explique, la gueule en coin, que Thomas demande niaisement (pourquoi, au fait ?) s’il doit « baiser la main » de la demoiselle pour lui dire bonjour . 

Il est entendu de même, une fois pour toutes, qu’au XVIIè siècle, faire l’amour avec quelqu’un voulait dire très purement lui « faire la cour, être en commerce amoureux », cela en paroles musicales et éthérées, de préférence en douze pieds, avec des feux, des flammes et des soupirs pour attiser l’ensemble. Il est bien entendu que les grands vieux auteurs vénérables ignoraient tout des tournures salaces, et que ce sont nos vilains esprits, tout récemment corrompus, qui tirent le sublime au ras des pâquerettes 

Malheureusement tout cela est entièrement faut.

Ou plus exactement si les mots en question avaient bien aussi, les sens que je viens de dire dans la langue classique de bonne tenue, il y avait belle lurette, au moment où Corneille et Racine écrivaient, que baiser et faire l’amour avaient dans la conversation privée le sens que tout le monde connaît de coïter, forniquer, bref, avoir des rapports aussi sexuels qu’ils puissent être – Que les élèves se rassurent, ils n’ont pas l’esprit plus mal tourné que les spectateurs du Malade imaginaire, lesquels éclataient bel et bien de rire en 1673 au « Baiserai-je papa ? »  pour la même raison, la seule qui rendre la réplique cocasse, la  double entende que Molière soi-même y avait mise : baiser les mains, ou le reste ? 

Les professeurs ne sont pas en cause ; ils ne font que suivre par manque d’information la tradition de pudibonderie des grands lexicographes, et de l’Université à leur suite. Pas l’ombre d’un soupçon de grivoiserie chez Pierre Larousse à l’article baiser, aucun non plus chez le Petit Littré, alors qu’à leur époque le mot courait les rues dans les chansons paillardes Un siècle et demi avant eux Furetière était à cet égard plus honnête. Après les « je vous baise les mains », etc, bien que tenu par la bienséance, il avoue dans une phrase admirable : « On dit odieusement qu’une femme baise ; pour dire qu’elle n’est pas chaste ». 

Dans sa définition de faire l’amour il est un peu plus sibyllin : « On dit qu’un jeune homme fait l’amour à une jeune fille quand i la cherche en mariage ; on dit aussi odieusement, qu’il s’est marié par amour ; c’est à dire désavantageusement et par l’emportement d’une aveugle passion ». Mais la vérité lui échappe ailleurs – il s’arrange pour la laisser échapper : « On dit aussi faire la bête à deux dos ; pour dire faire l’amour » – Or la vieille image de la « bête à deux dos » n’a jamais été synonyme de « courtiser » qui que ce soit avec de belles paroles… 

D’ailleurs Racine n’était pas encore né, ni Furetière, que Les Caquets de l’accouchée, en 1622, employaient « faire l’amour » sans l’ombre d’une ambiguïté : « [Elles] me demanda laquelle des deux conditions je voudrais choisir, ou d’estre cocu, ou abstraint à ne jamais faire l’amour |…] – J’aimerois mieux que tous les laquais de la Cour courussent sur le ventre de ma femme que d’estre abstraint à ne point faire l’amour », répond l’autre. 

En réalité baiser, coïter, est à l’origine un euphémisme de foutre – le terme exacte – et remonte dans cet emploi au moins au XVè siècle, sinon plus haut, comme l’indique ce passe du Mystère du Vieil Testament :

 

Je seroy là a me ayser

avec ma femme et la baiser !

Jamais, jamais ne le feroie !

 Au XVIè siècle il n’était déjà plus vraiment un euphémisme, ni dans ces cers de Marot : 

Il me branloit et baisoit aussi bien

Et homme vif comme vous pourriez faire,

 

ni dans le passage de Rabelais, où Panurge, offrant les servies de sa braguette à une belle bourgeoise de Paris, redouble le mot pour plus de précision : « O dieux et déesses célestes, que heureux sera celluy a qui ferez ceste grâce de vous accoler, de bayser bayser, et de frotter son lart avesques vous. Par Dieu, ce sera moy, je le voy bien ; car desja vous me aymer tout plain » (Pantagruel, chap.14). 

Enfin, au début du XVIIIè sicèle « baiser » avait acquis de très longue date le sens parfaitement cru que nous lui connaissons ; Le fameux poète dijonnais Alexis Piron – l’auteur du mot célèbre sur l’Académie française : « Ils sont là quarante, qui ont de l’esprit comme quatre » – n’en faisait aucun mystère :

Chaud de boisson, certain docteur en droit,

Voulant un jour  baiser sa chambrière,

Fourbit très bien d ‘abord de bon endroit.

 

Quant à faire l’amour il fut employé à son tour vers le milieu du XVIè siècle comme un euphémisme de baiser, déjà trop leste. S’il faut en croire Marot, qui résume pertinemment la question, c’st sous l’influence rigoriste des nouveaux calvinistes que la Cour châtia son langage :

Voilà, mon grand amy, ce qu’on soulait en Cours

De tous temps appeler foutre ou baiser sa mie,

Mais de nos Huguenots, la simple modestie

Nous apprend que ce n’est, sinon faire l’amour.

 

Fin d’une légende tenace sur le mauvais esprit des écoliers !… 

 

EXTRAIT de LA PUCE A L’OREILLE de Claude Duneton – Editions Stock 1973 – Anthologie des expressions populaires avec leur origine.

 

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La faune marine Bretonne

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

La situation géographique de la Bretagne, lieu de transition entre la Manche et l’océan Atlantique, favorise le passage de nombreuses espèces migratrices et offre un cadre de vie d’exception à une infinie variété de mammifères, de poissons et de coquillages.

Oiseauximages (5)

Le goéland argenté est l’oiseau le plus commun du littoral breton ; il repousse même son habitat jusqu’au cœur des villes (à Rennes, sa présence est attestée depuis 1987). Il se reconnaît au gris clair qui recouvre ses ailes (1,40 m d’envergure) et à ses pattes roses. La mouette tridactyle , que l’on confond souvent avec le goéland argenté, est nettement plus petite (1 m) et l’extrémité de ses ailes est noire, ainsi que ses pattes. Avec 1,70 m d’un bout de l’aile à l’autre, le fou de Bassan est le plus imposant des oiseaux de mer. Sa tête jaunâtre achève son long cou et domine de grandes ailes dont la pointe est teintée de noir. Légèrement plus petit (1,50 m) legrand cormoran se distingue de son cousin huppé par sa taille et son corps plus imposants. Tous deux de noir vêtus, ils arborent un bec en forme de spatule de couleur jaune. La plupart des sternes ont le dessus de la tête couronné de noir et n’excèdent pas 90 cm d’envergure (pour la sterne caugek). Leurs ailes et leur queue pointues permettent de les identifier à coup sûr. Le fulmar boréal est assez proche des goélands par la taille, mais il se distingue par la rigidité de son vol plané et par les deux narines tubulaires qui dépassent de sa mandibule. Le fulmar boréal partage cette singularité avec les puffins , les océanites tempête et les albatros , autres espèces de la même famille. L’océanite tempête, justement, est le plus petit volatile à fréquenter les côtes bretonnes. Ses 25 g pour 40 cm d’envergure, ses plumes brun-noir et ses mœurs nocturnes en font aussi le plus difficile à observer.

Le macareux moine , rare et donc aussi difficile à observer, est nettement plus reconnaissable grâce à son bec tricolore et son œil cerclé de rouge. C’est un oiseau pélagique, c’est-à-dire qu’il passe le plus clair de son temps en mer, mais on peut l’observer facilement sur l’île Rouzic, dans l’archipel des Sept-Îles (Côtes-d’Armor).

Coquillages, mollusques et crustacés

À marée basse, la mer dépose sur la grève planctons, micro-algues et autres nutriments qui favorisent la colonisation de l’estran par les coquillages et autres mollusques. Ces derniers font à leur tour le délice des oiseaux, des poissons… et des pêcheurs à pied.

Les bivalves

Le plus célèbre, et le plus consommé des coquillages, est certainement la coque . Vivant en groupes, elle s’enfouit de 10 cm dans le sable humide. Tout aussi réputée, la coquille St-Jacques se pêche quant à elle en mer, surtout du côté de St-Quay-Portrieux qui en est devenu la capitale.

Plus difficile à trouver, car solitaire, la palourde se repère grâce aux deux petits trous qu’elle laisse en surface (à ne pas confondre avec la clovisse , nettement moins savoureuse). Elle adore les cailloutis et noircit au contact de la vase. De son côté, la praire préfère les sables grossiers et il faut aller la chercher loin dans l’estran. On ne la ramasse pas en dessous de 4 cm.

Huîtres et moules sont parmi les plus faciles à repérer : elles restent accrochées à leur rocher, émergeant à marée basse. Les premières font la réputation de Cancale ou de Bélon et, les secondes, de la baie du Mont-St-Michel. Le dernier des bivalves pêchés sur la grève est le couteau , qui se trouve aisément grâce au trou en forme de huit qui aère sa galerie verticale.

Les monovalves

Les monovalves les plus courtisés sont les patelles et les berniques , reconnaissables à leur coque tronconique. Elles ne quittent pour ainsi dire jamais leur rocher. Les bigorneaux , que l’on peut ranger dans cette catégorie, cachent leur coquille en colimaçon dans les algues dont ils se nourrissent. Mentionnons ici un crustacé qui échappe à toute catégorie : le pouce-pied . Constitué d’un pédoncule mou (le pied) et d’un corps recouvert de plaques blanches, il foisonne particulièrement sur les rochers de Belle-Île où sa pêche est très réputée.

Les nageurs et les marcheurs

images (6)Les crevettes sont également très présentes sur les grèves. Il s’agit pour l’essentiel de crevettes grises, aussi appelées crevettes des sables. Plus rares, les bouquets se dénichent dans des mares profondes. De leur côté, les crabes sillonnent l’estran dès la marée descendante. Les verts sont de loin les plus fréquents et parfument à merveille les soupes de poisson. Nettement plus coriace, l’ étrille est également plus recherchée pour sa saveur que l’on compare souvent à celle du homard . Vous aurez peut-être aussi la chance d’attraper un jeunetourteau , reconnaissable à ses pinces disproportionnées. En revanche, ne comptez pas trop attraper un grand crustacé comme la langouste . Autrefois négligée, elle est aujourd’hui victime de son succès et a quasiment disparu des côtes bretonnes. Le homard, quant à lui, ne fréquente que les fonds rocheux proches du littoral et aurait aussi tendance à se raréfier.

Poissons et autres nageurs

Pour les découvrir, vous pouvez visiter un aquarium ou assister à un retour de pêche.

Sardines et maquereaux composent le gros de la faune aquatique côtière. Les premières possèdent un corps fin, élancé et une peau argentée recouverte de fines écailles. Les maquereaux sont beaucoup plus gros, jusqu’à 30 cm, et le dessus de leur peau présente une irisation bleu-vert. Ces deux espèces se déplacent en banc. Vous avez peu de chance de vous retrouver face à face avec une lotte , aussi appelée baudroie. Ce poisson particulièrement hideux – son horrible tête représente la moitié du corps – vit dans les fonds vaseux et peut atteindre 50 kg. Le lieu jaune , à ne pas confondre avec le lieu noir qui fréquente les eaux écossaises, est un poisson très prisé des amateurs ; il mesure jusqu’à 1,30 m. Le bar , poisson très combatif apprécié des pêcheurs pour sa sportivité est également recherché par les gourmands. Pouvant peser 8 kg, il se rencontre dans les eaux agitées et se reconnaît à ses deux nageoires dorsales de même taille et à sa grande tache noire proche de l’ouïe.

Ces vingt dernières années, pas moins de vingt-cinq espèces de mammifères marins ont été observées le long des côtes bretonnes. Phoques gris et veaux marins les fréquentent assidûment, tout comme les dauphins (bleu et blanc, grand dauphin) qui résident à l’année en Bretagne. Vous les verrez en cabotant notamment autour de l’île de Sein ou encore en mer d’Iroise. Le rorqual à museau pointu se laisse aussi régulièrement apercevoir, alors que le rorqual commun est… rare.

Du côté des cétacés de grande taille, on observe au large la visite de quelques spécimens de baleines à bosse et de cachalots.

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L’Armor et les îles

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

Les quatre cinquièmes du pourtour breton sont baignés par les flots. Les Gaulois appelaient cette zone « Armor », ou plus rarement « Arvor », ce qui signifie « pays au voisinage de la mer », par opposition à l’Argoat, le « pays de l’intérieur ».

images (3)La côte bretonne

Extraordinairement découpée, elle totalise 2 700 km ; elle n’en mesurerait que six cents si elle s’était contentée d’être rectiligne. Cette longue dentelle rocheuse compte une multitude de paysages magnifiques composés de criques et de grèves, de hautes falaises comme à Quiberon, de caps déchiquetés comme à la pointe du Raz, d’îles et d’écueils comme à Ouessant, de larges baies comme à Morlaix, d’amas granitiques comme à Ploumanach, de promontoires escarpés comme à Fréhel, de golfes comme celui du Morbihan et de rias comme dans les Abers. Tous ces panoramas sont rythmés par le va-et-vient régulier des marées et le ballet incessant des bateaux. Cette merveilleuse diversité fait toute l’originalité de la côte bretonne.

Et, comme si cette grande variété ne suffisait pas au plaisir des yeux, l’Armor a comme fractionné la totalité de son littoral pour mieux nous envoûter. En effet, au gré des promenades, on remarquera que la végétation est brûlée par le vent salin là où la côte est exposée, qu’elle est exubérante là où elle est abritée et qu’y poussent sans effort mimosas, palmiers, eucalyptus, lauriers-roses et autres plantes emblématiques des climats méridionaux.

Les îles

Les côtes bretonnes sont les plus riches de France en îles, îlots et archipels. On en compte plus de cent vingt, dont une petite vingtaine est habitée. La plus vaste, 86 km 2 , est Belle-Île , suivie de loin par Ouessant (18 km 2 ) et Groix (15 km 2 ). Toutes les autres n’excèdent pas 3 km 2 , la plupart étant d’une superficie inférieure au kilomètre carré.

Toutes les îles bretonnes appartiennent au Massif armoricain, qui, loin de se limiter aux terres visibles, se prolonge sous la mer. Au large du Léon et du Trégor, le massif court sur plusieurs kilomètres, et repousse ses limites jusqu’à 50 km dans les zones du golfe normando-breton et le long du Morbihan. Le littoral de Bretagne Sud, justement, est longé par une dorsale rocheuse qui supporte Belle-Île, Groix, Hœdic et les Glénan . Au nord et à l’ouest, les fonds marins sont composés de dépôts grossiers de graviers qui soutiennent des myriades d’affleurements rocheux (les Sept-Îles , Bréhat , Callot , Cézembre , etc.).

Quelle que soit leur taille, les milieux insulaires, même à un jet de pierre du continent, sont d’une importance écologique primordiale. Isolés et faiblement bâtis, ils constituent des sites de préservation exceptionnels de la faune et de la flore.

Les oiseaux sont les premiers à apprécier les îles, qui sont des sites de nidification et d’élevage privilégiés grâce à l’absence de prédateur naturel. Certaines îles ont bien été colonisées par des rats échappés de navires ou négligemment importés par l’homme, mais le Conservatoire du littoral et d’autres associations s’attachent à restaurer ces écosystèmes en faisant disparaître les prédateurs gourmands en œufs frais. C’est notamment le cas dans l’archipel des Sept-Îles au large de Perros-Guirec, et particulièrement de l’île Rouzic qui accueille plus de 15 000 couples de fous de Bassan.

Vagues et marées

L’Armor est continuellement frappé par les vagues, qu’éloignent ou rapprochent les marées.Les vagues , ou, comme disent les marins, les lames, sont un mouvement ondulatoire produit par le vent. Même lorsque la brise ne souffle plus, l’ébranlement se propage à de grandes distances : c’est la houle . Par une illusion d’optique, l’eau semble se déplacer, mais il suffit de regarder flotter un bouchon pour constater qu’il reste immobile. Près du rivage, le mouvement ondulatoire des vagues est freiné par le fond : un déséquilibre se produit et la crête de la lame s’écroule en longs rouleaux d’écume avec un bruit sourd et rythmé, c’est le ressac . Quand la vague atteint un obstacle abrupt, rocher ou falaise, elle est soulevée, lance des embruns, puis retombe de tout son poids. Les jours de tempête, le spectacle peut être prodigieux.

Curieux phénomène que celui des marées . Il est causé par l’attraction de la Lune et, dans une moindre mesure, par celle du Soleil. Lorsque la Lune est au-dessus de la mer, elle attire l’eau vers elle, le niveau de la mer s’élève : c’est la marée haute. Six heures plus tard, la Lune n’est plus au-dessus de l’eau, l’attraction n’opère plus : c’est la marée basse. Lorsque le Soleil et la Lune sont à peu près alignés par rapport à la Terre, l’attraction est plus forte : c’est la marée de vive eau ou grande marée. Ce phénomène se reproduit tous les quinze jours, lors de la pleine lune ou de la nouvelle lune. En Bretagne, les plus importantes se produisent en mars et septembre, lors des équinoxes.

L’amplitude des marées varie selon les zones littorales qu’elles concernent. Dans la baie du Mont-St-Michel, elle atteint un record avec 14 m de marnage . En allant vers l’ouest, ce dernier diminue peu à peu jusqu’à se limiter à 6 m à Brest. En Bretagne Sud comme dans tout le golfe de Gascogne, l’amplitude moyenne des marées est de 5 m.

Quelle que soit son importance, la marée transporte de gigantesques quantités d’eau, qui soumettent la faune et la flore à de fortes turbulences et à des périodes successives d’immersion et d’émersion. Leur régime provoque aussi la formation de courants plus ou moins puissants selon la morphologie des côtes. Dans les baies (comme St-Brieuc, Douarnenez, Mont-St-Michel, Morlaix, etc.), ils sont relativement faibles et excèdent rarement 1 nœud, alors qu’ils atteignent facilement 3 nœuds sur le littoral nord. Dans les passages très étroits, comme les raz de Sein et d’Ouessant, ils peuvent monter jusqu’à 9 nœuds, soit 4,50 m/s !

images (4)La flore

L’autre grande richesse des littoraux est la flore, dont les conditions de vie fluctuent énormément au rythme des marées et du climat.

Certaines plantes sont baignées plusieurs heures par jour par l’eau salée, comme la soude maritime ou l’aster. D’autres sont fouettées jour et nuit par les embruns. D’autres encore baignent dans des vasières (spergulaires), s’épanouissent dans les dunes (oyats et liserons des dunes) ou dans les baies (salicornes). Toutes font preuve d’une extraordinaire capacité d’adaptation en créant des stratégies de croissance et de reproduction en synergie avec leur milieu, si dur soit-il. Si les îles et les îlots représentent l’essentiel des espaces protégés, c’est justement pour pérenniser la richesse et la diversité de ces plantes, et des animaux qui les fréquentent.

 

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Une Bretagne de mégalithes

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

téléchargement (2)Ces monuments de pierre brute ont été à la source d’une inépuisable série de légendes et d’interprétations. La potion magique de nos irréductibles Gaulois n’est néanmoins pas responsable de toutes ces pierres levées qui ne cessent de nous intriguer par leur aspect colossal.

Une constellation de pierres levées

Que sait-on au juste de cette mystérieuse civilisation des mégalithes qui a atteint son apogée dans le pays vannetais bien avant qu’Obélix ne devienne le plus illustre des tailleurs de menhirs

On dénombre en Bretagne quelque 6 000 menhirs et plus de 1 000 dolmens, sans compter les cairns, comme celui de Barnenez dans la baie de Morlaix, et les dépôts funéraires (la Table des Marchands à Locmariaquer).

Les cairns sont apparus au néolithique ancien (vers 5 000 av. J.-C.). Géographiquement cantonnés au littoral, ces assemblages de dolmens prennent des formes variées, tantôt agencés en coude, en transept, en V ou en simple couloir comme à Gavrinis. Au cours du néolithique moyen (vers 4 000 av. J.-C.), les chambres funéraires se sont allongées et ont progressivement changé de type architectural tout en se dotant d’un art pariétal très riche. À la fin du néolithique, elles évoluèrent en allées couvertes (comme celles de la Roche-aux-Fées ou de Gavrinis), parallèlement à l’apparition de sépultures à entrée latérale. À la différence des cairns, menhirs et dolmens, les allées couvertes se répartissent sur l’ensemble de la Bretagne.

Les constructeurs

L’homme est présent en Bretagne depuis quelque 600 000 ans. À l’ Homo erectus qui domestique le feu vers 450 000 av. J.-C. succède, vers 35 000 av. J.-C., l’homme « moderne », chasseur-cueilleur nomade qui se sédentarise progressivement. Vers 7 000 av. J.-C., les agriculteurs du Proche-Orient colonisent l’Europe. Vers 5 000 av. J.-C., l’océan Atlantique stoppe net leur progression. Arrivés à la fin de la terre (Finistère), ils vont remplacer les communautés locales et prendre possession du sol. Et voici que, pour enterrer leurs morts, ils élèvent des mégalithes, des « grandes pierres ».

Face à ces témoignages du passé, l’homme et la femme d’aujourd’hui ne peuvent manquer d’être impressionnés par leur masse, leur aspect cyclopéen. En effet, un mégalithe peut peser plus de 300 t. Le déplacer nécessitait donc le concours de plusieurs centaines de personnes. Soit on faisait rouler la pierre sur des rondins (jusqu’à 10 km), soit on la plaçait sur un radeau pour descendre la rivière ou traverser la baie. Pour la dresser, on la faisait glisser dans une fosse sur une rampe inclinée, puis on la stabilisait avec de la terre et des cailloux. Et le tour était joué !

Religion et société

Il va de soi que seul un pouvoir politiquement fort avait la faculté d’« inviter » ses sujets à construire des tombes gigantesques pour une petite élite. Un pouvoir fort et des divinités puissantes. Au néolithique, il s’agit de la femme et du taureau. La femme est présente sous forme d’écussons ou de stèles anthropomorphes, le taureau n’est bien souvent représenté que par un simple U figurant ses cornes.

Les mégalithes avaient une fonction funéraire et de prestige. Placés sur des hauteurs, taillés dans des roches nobles, ils étaient visibles de loin. Ces symboles des divinités tutélaires veillaient sur les villages et structuraient le territoire. Les alignements paraissent orientés en fonction des équinoxes ou des solstices, mais il serait imprudent de se laisser aller à des théories astronomiques hasardeuses. On peut supposer que, dans une société d’agriculteurs, les travaux étaient rythmés par des cérémonies, comme ce fut le cas chez nous jusque dans les années 1950.

Survivances et folklore

Nombre de légendes se sont attachées à expliquer les mégalithes, de même qu’une myriade d’interprétations romantiques. Les unes et les autres ont engendré fées et farfadets sur un lit de superstitions. La réalité est plus simple.

Au 2 e millénaire, à l’âge du bronze, le mégalithisme est progressivement abandonné. À l’âge du fer, certains mégalithes sont démolis et réincorporés dans d’autres ensembles. Eh non ! Les Gaulois n’élevaient pas de menhirs, dommage pour Obélix… Les Romains, eux, s’en servaient comme bornes routières. Les Bretons ont cependant toujours éprouvé du respect pour ces grandes pierres, d’où un culte païen qui a survécu à tous les efforts d’une Église oscillant sans cesse entre destruction et tentative de récupération ; de nombreux menhirs sont ainsi christianisés, comme ceux de Brignogan-Plages par exemple.

Des légendes pittoresques sont nées au cours des siècles. Ne dit-on pas que le soir de Noël, les menhirs de Carnac vont boire sur la grève de Saint-Colomban…

images (2)Fouilles et conservation

Depuis quelques années, les sites mégalithiques de Bretagne sont victimes de leur succès. Le meilleur exemple en est Carnac . Du fait d’une forte fréquentation, des allées ont commencé à se creuser entre les blocs, déchaussant ces derniers. Pour la sécurité du public et la préservation des alignements, le site a donc été clôturé. La question se pose aujourd’hui de son devenir et de son mode d’exploitation, sachant que la décision servira sans doute de modèle à d’autres sites confrontés aux mêmes problématiques. Comme pour tous les grands sites, la question se pose de l’équilibre à maintenir entre l’ouverture au public et la préservation du patrimoine.

 

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Histoire de la liberté Bretonne

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

Dans l’imaginaire populaire français, la Bretagne druidique occupe une place de choix, au point d’avoir donné naissance au sympathique personnage d’Astérix qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. Les sources manquent, il est vrai, sur ces premiers âges, permettant ainsi la libre interprétation. Et les impressionnants mégalithes, menhirs et autres, dressés sur les terres bretonnes bien avant l’arrivée des Celtes, ne font qu’ajouter au mystère… Ce n’est vraiment qu’à partir du Moyen Âge que les chroniqueurs commencent à relater en détail l’histoire bretonne, enrichie des heures de gloire de Du Guesclin et d’Anne de Bretagne, reine d’un duché encore distinct de la couronne de France. Plus tard, du 17 e s. au 19 e s., les armateurs, les corsaires et les pêcheurs succéderont à ces figures historiques, construisant à leur tour la légende et liant indéfectiblement la Bretagne à la mer.

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L’antique Armor

L’homme manifeste sa présence en Bretagne il y a près de 600 000 ans. Quelque 150 000 ans plus tard, voici qu’un Homo erectus y taille des galets, puis, vers 35 000 av. J.-C. passe un chasseur-cueilleur nomade, qui se sédentarise au mésolithique, soit vers 7 000 av. J.-C.

Avant l’ère chrétienne

6 e s. av. J.-C. – Les Celtes arrivent dans la péninsule, pour eux Armor (pays au voisinage de la mer). Ils succèdent à un peuple mal connu, dresseur de mégalithes.

56 av. J.-C. – César détruit la flotte des Vénètes, le peuple le plus puissant d’Armorique, et conquiert tout le pays.

Des Romains aux Francs

Pendant quatre siècles, la civilisation romaine accomplit son œuvre. Puis les invasions barbares ruinent l’Armor.

460 – Arrivée des Celtes de Grande-Bretagne (dénommée alors Bretagne, Britannia ). Ces colons évangélisent l’Armorique, qu’ils nomment Petite Bretagne. L’État reste anarchique.

799 – Charlemagne soumet toute la Bretagne.

Le duché de Bretagne

En 826, Louis le Pieux fait duc de Bretagne un seigneur vannetais, Nominoé, qui se libère de la suzeraineté franque. Il rassemble toute la Bretagne sous son autorité et ouvre une dynastie royale indépendante. En 952 meurt le dernier roi de Bretagne, Alain. Suit alors une période de désordre et de misère qui se prolongera jusqu’à la fin du 14 e s.

1341 – La guerre de Succession s’ouvre à la mort du duc Jean III. Sa nièce, Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois, que soutiennent les Français, et son frère Jean de Montfort, allié des Anglais, se disputent le duché.

1364 – Charles de Blois est battu et tué à Auray, malgré l’aide de Du Guesclin Cette guerre ruine la Bretagne.

Réunion de la Bretagne à la France

De 1364 à 1468, les ducs de la maison de Montfort relèvent la Bretagne. C’est la période la plus éclatante de son histoire. Les ducs, véritables souverains, ne rendent qu’un hommage théorique au roi de France.

En 1488, le duc François II, entré dans la coalition féodale dirigée contre la régente de France, Anne de Beaujeu, est battu à St-Aubin-du-Cormier et meurt. Sa fille, Anne de Bretagne, lui succède.

1491 – Anne de Bretagne épouse Charles VIII, mais reste duchesse et souveraine de Bretagne.

1498 – Charles VIII meurt accidentellement, Anne retourne dans son duché.

1499 – Anne redevient reine de France en se mariant avec Louis XII. Le duché reste distinct de la Couronne.

1514 – Anne de Bretagne meurt. Sa fille, Claude de France, hérite du duché. Elle épouse François d’Angoulême, futur François I er .

1532 – François I er fait ratifier l’union définitive de la Bretagne et de la France par le parlement de Vannes.

Loyalisme et révoltes

En 1588, la Bretagne se soulève contre son gouverneur, le duc de Mercœur, qui veut profiter des troubles de la Ligue pour s’approprier la province. Trop mystique pour verser dans le protestantisme, celle-ci ne connaît pour ainsi dire pas les guerres de Religion, d’autant plus qu’en 1598, Henri IV vient à Nantes signer l’édit qui met fin aux luttes religieuses.

1534 – Le Malouin Jacques Cartier découvre l’estuaire du St-Laurent.

1664 – Création à Lorient, par Colbert, de la première Compagnie des Indes orientales.

1675 – Révolte dite du « papier timbré », qui dégénère en jacquerie.

1720 – La tentative du marquis de Pontcallec d’établir une République bretonne échoue.

1764 – Le parlement de Rennes et son procureur général La Chalotais s’opposent au gouverneur d’Aiguillon. Le prestige de l’autorité royale est entamé. La Révolution s’annonce.

1765 – De nombreux réfugiés acadiens s’installent à Belle-Île.

1773 – Naissance de Surcouf à St-Malo.

La Révolution

1789 – Les Bretons accueillent la Révolution avec enthousiasme.

Dès la session des États de Bretagne de janvier 1789, la bourgeoisie régionale se heurte à la noblesse. Le conflit qui s’ensuit fait notamment 3 morts à Rennes. La Révolution passe mais les paysans bretons, qui représentent près de 90 % de la population, se méfient de plus en plus d’une bourgeoisie dont ils perçoivent mal les desseins.

L’exécution de Louis XVI, la persécution des prêtres et la campagne de conscription nationale (300 000 hommes doivent être enrôlés dans l’armée) finissent de les convaincre de rejoindre l’insurrection royaliste.

1793 – Noyades en série à Nantes par le sinistre Carrier. Les prisons étant saturées, et la guillotine jugée trop lente, il ordonne que l’on fasse couler des bateaux entiers chargés d’hommes et de femmes. Avertie, la Convention le rappelle à Paris. Il est guillotiné à son tour en 1794 pour excès de violence…

Histoire de la liberté Bretonne dans Bretagne 220px-R%C3%A9volte_FouesnantLa Chouannerie

1793-1804 – La chouannerie est le nom donné à l’insurrection royaliste dont les artisans avaient adopté le hululement du chat-huant comme signe de ralliement.

Parallèlement au soulèvement de la Vendée, les chouans mènent leur propre mouvement dès l’automne 1793. Ils ne sont alors qu’une poignée d’hommes sans expérience, sans équipements et sans réel espoir de succès face à l’armée républicaine qu’ils se contentent de harceler.

Le renfort d’effectifs de l’armée vendéenne, défaite à Savenay, et le ralliement de nobles exilés leur permettent de s’organiser et d’obtenir des promesses de soutien des Anglais. Dans le même temps, les républicains négocient la paix en leur promettant liberté de culte et amnistie. Le traité signé au château de la Jaunaye le 17 février 1795 est rapidement dénoncé par Charette. Les chouans doivent soutenir un important débarquement d’émigrés à Quiberon en juin de cette même année. Les troupes royalistes remportent quelques succès, mais les rivalités entre les chefs provoquent de grosses erreurs stratégiques. Repoussées dans la presqu’île, elles sont défaites et massacrées par les troupes du général Hoche.

La reprise des persécutions religieuses en 1797 marque le début du troisième et dernier mouvement chouan qui s’achève en 1804 par l’exécution de Cadoudal . Ce dernier, fils d’un cultivateur des environs d’Auray, était l’un des principaux chefs de la chouannerie bretonne avec le marquis de La Rouërie , né à Fougères et instigateur du mouvement.

1832 – Échec d’une tentative de révolte, organisée par la duchesse de Berry, à Nantes. C’est le dernier soubresaut.

Le 20 s. et l’essor d’une grande région

1909 – La grève des soudeurs des conserveries concarnoises dégénère en émeute.

1914-1918 – La Bretagne paie un lourd tribut en vies humaines à la Grande Guerre (plus de 250 000 victimes).

Après les mesures de débretonnisation de la III e République, la région va voir briller le flambeau du nationalisme breton. En attendant, l’aviateur morbihanais Le Brix prend de l’altitude et effectue, avec Costes, le premier tour du monde aérien en 1927-1928.

1918 – Fondation du parti nationaliste breton Breiz Atao (Bretagne toujours) qui donnera lui-même naissance au PAB (parti autonomiste breton) en 1927 et au PNB (parti nationaliste breton) en 1932.

1940 – Les habitants de l’île de Sein sont les premiers à rallier le général de Gaulle.

1941 – Le gouvernement de Vichy décide de redessiner le paysage régional français. La ville de Nantes et la Loire-Atlantique (Loire-Inférieure) sont séparées de la Bretagne. Ce découpage sera repris sous la IV eRépublique, lorsque la Loire-Atlantique sera rattachée administrativement aux Pays-de-Loire par décision ministérielle (1956).

1942 – Audacieux coup de main anglo-canadien contre la base de St-Nazaire. Il porte le nom d’opération « Chariot ».

1944-1945 – La fin de l’occupation nazie en Bretagne voit se multiplier les destructions, notamment à Brest, Lorient, St-Malo et St-Nazaire.

1951 – La formation du Comité d’études et de liaison des intérêts bretons (Celib) prélude au renouveau économique de la Bretagne.

1962 – Première liaison de télévision par satellite réalisée à Pleumeur-Bodou.

1965 – La langue bretonne est admise parmi les épreuves du bac.

1966 – Mise en service de l’usine marémotrice de la Rance et de la centrale nucléaire des Monts-d’Arrée.

1967 – Le naufrage, en mars, au large des côtes anglaises, du pétrolier Torrey Canyon engendre la première « marée noire » en Bretagne.

1969 – Création du Parc naturel régional d’Armorique.

1970 – Création du Parc naturel régional de Brière.

1975 – Premiers forages pétroliers entrepris en mer d’Iroise.

1977 – Naissance de l’école Diwan , bilingue breton-français.

1978 – Institution de la Charte culturelle et du Conseil culturel de Bretagne. Échouage de l’ Amoco Cadiz devant Portsall. Près de 80 communes refusent les indemnités et se portent partie civile contre le pétrolier.

1985 – Mise en place d’une signalisation routière en français et en breton.

1990 – Les Côtes-du-Nord deviennent les Côtes-d’Armor.

1992 – Indemnisation des communes sinistrées par l’ Amoco Cadiz .

1994 – Grand incendie du parlement de Bretagne à Rennes.

2004 – « Brest 2004 » sacre la fête de la voile dans une Bretagne plus que jamais maritime.

2007 – Vote du budget de la LGV (ligne grande vitesse) Bretagne-Pays de la Loire, qui doit mettre Rennes à 1h30 de Paris. Le lancement des travaux est prévu pour 2010.

 

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