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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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La Fête du Train au Pays de Meursault (21)

Posté par francesca7 le 13 décembre 2013

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La 3ème édition, en 2013, de cet événement créé en 2008 accueillera des modèles uniques sur une surface de 2 5000 m². Pour rendre au mieux l’atmosphère ferroviaire, l’espace a été organisé en quatre quais. Tout au long du week-end, les visiteurs «voyageurs » pourront découvrir les clubs et les modèles sur le quai « Réseaux », ainsi que les entreprises sur le quai « Artisans », acquérir du matériel ou en échanger sur le quai « Bousier » et consulter les revues spécialisées sur le quai « Culturel ».

L’Orient Express entre en gare / Les 14-15 décembre 2013, les portes du centre sportif Saint Nicolas s’ouvriront sur  « la fête du train au pays des Grands Noms », exposition de modélisme ferroviaire qui attire un public passionné et nombreux.

Une des principales attractions de cette manifestation sera la présentation d’objets de la Compagnie des Wagons  Lits en partenariat avec la Cité du Train de Mulhouse. Celle-ci n’a pas hésité à délocaliser près de 80 pièces pour l’occasion. La reconstitution grandeur nature de l’intérieur d’un compartiment wagon-lit et d’un wagon restaurant avec leur mobilier (luminaires, vaisselle, affiches…) plongera le visiteur dans l’atmosphère des romans d’Agatha Christie.

Autre fait marquant, cette exposition sera l’occasion de dévoiler de nouveaux modèles réduits qui seront commercialisés en 2014. Amateurs ou néophytes, ne manquez pas ce rendez-vous unique et exceptionnel !

Les 14 et 15 décembre 2013, les portes du Centre Sportif Saint-Nicolas de Meursault
s’ouvriront à nouveau sur : « La Fête du Train au Pays des Grands Noms »

 Bien plus qu’une exposition ordinaire ou pluridisciplinaire, Meursault s’oblige à vous offrir un week-end d’exception…

… pleinement consacré à L’UNIVERS DU TRAIN !

téléchargement (1)

Nombreux sont les passionnés de modélisme ferroviaire à avoir manifesté leur intérêt et leur volonté de créer en exclusivité pour notre exposition des projets ambitieux !

En effet, 60% de nouveaux réseaux et dioramas seront réalisés spécialement pour Meursault.
Cette 3ème édition accueillera cette année des modèles uniques sur une surface totale de 2500 m², soit 500m² de plus qu’en 2010.

Le comité d’organisation perfectionne l’événement et manifeste sa volonté de coller davantage au thème du ferroviaire par la création de « quais » :

  • « Quai réseaux » dioramas, modules, clubs…
  • « Quai artisans » sociétés, entreprises…
  • « Quai boursiers » vente de matériel neuf et de collection
  • « Quai culturel » librairies, exposition de peinture…

 

Ces quais permettront de conduire le visiteur, considéré comme un « voyageur »,
à parcourir un itinéraire de découverte
« une sorte de dégustation d’une appellation à l’autre »

images (5) Ce que vous allez découvrir en 2013…

L’une des originalités de cette exposition sera l’agencement et la présentation d’objets de la Compagnie des wagons-lits (CIWL) en partenariat avec la « Cité du Train » de Mulhouse.

En effet, seront présentés notamment la reconstitution d’un compartiment wagon-lits « Lx » et en partie d’un wagon restaurant (CIWL) avec l’armement (service de table, argenterie, vaisselle, verrerie, luminaires, décoration d’intérieur etc…).

Par ailleurs, nous vous confirmons que la société REE Modèles fera une double opération de communication pour l’exposition de Meursault. En effet, une ou deux nouveauté(s) sera(ont) annoncée(s) en avant-première. La société présentera en exclusivité un prototype de matériel commercialisé en 2014.

Beaucoup d’autres surprises inattendues vous étonneront !

L’exposition permettra de mettre en scène des situations, de faire vivre des émotions pour retrouver l’énergie, la passion d’une époque à nos jours…

Un module ou réseau d’exception sera mis à l’honneur tout le week-end, et un trophée sera décerné.

en savoir plus sur www.fetedutrain-meursault.fr tél. 03 80 21 25 90

Publié dans AUX SIECLES DERNIERS, Côte d'Or | Pas de Commentaire »

L’eau courante dans les villes aux siècles derniers

Posté par francesca7 le 13 décembre 2013

 

images (3)Aux côtés des ouvrages spectaculaires que sont les aqueducs ou les qanât, la roue hydraulique, la noria, peut sembler de moindre technicité. Si son existence est attestée dès l’époque antique, les ingénieurs musulmans vont la perfectionner; ils vont aussi développer de grandes roues hydrauliques comme celles que l’on peut voir encore à Hama, sur l’Oronte en Syrie; elles sont attestées dès le Xe s. à Cordoue ou à Tolède. Les deux variantes de ces grandes roues à godets – leur diamètre varie entre 6 et 15 m – permettaient de puiser l’eau du fleuve ou de la nappe et de la verser dans des canalisations pour alimenter des bassins ou des fontaines. Si ces grandes roues ont aujourd’hui disparu des rives des fleuves hispaniques – une des grandes roues de Cordoue perdura sur les rives du Guadalquivir jusqu’en 1936 – de nombreux exemples subsistent encore dans la campagne. Le mécanisme désormais réalisé en fer est motorisé et les godets sont en métal mais le processus et la technique sont les mêmes que jadis. La noria associée à un canal d’irrigation – une seguia – permet une élévation de l’eau issue de la nappe phréatique ou d’un fleuve et sa distribution par gravité. Une fois captée et acheminée par des conduits en pierre ou en céramique, l’eau doit être distribuée.

Les textes nous apprennent l’existence de bassins de stockage à l’endroit où les aqueducs arrivaient en ville. À Séville, le bassin le plus important se trouvait à la porte de Carmona. De ce bassin répartiteur, des conduites, le plus souvent en poterie, permettent ensuite d’acheminer l’eau dans les différents quartiers et dans les maisons particulières même si celles-ci disposaient souvent d’un puits pour l’eau potable. Un soin particulier est toutefois donné à l’alimentation des mosquées comme à la desserte de leur salle d’ablutions et des centres du pouvoir. Au XIIe siècle, des conduites particulières alimentent l’alcazar et la grande mosquée en eau. Dans les mosquées, de vastes citernes situées sous la cour, permettent de recueillir les eaux pluviales et de pourvoir en eau les lieux d’ablutions. Des conduites alimentent les bains et les fontaines publiques, éléments clés des aménagements des quartiers.

Un véritable capillaire souterrain couvrait ainsi la ville pour satisfaire aux besoins de chacun. Il ne fait par ailleurs guère de doute qu’un corps de métier était chargé des adductions d’eau: les textes postérieurs à la reconquête attestent son existence. Un texte marocain du XIXe siècle, le Kitâb al-Istiqsa, témoigne de la compétence de ces « plombiers » : l’un d’eux interroge un ouvrier sur une fontaine accolée à la madrasa de Salé; il identifie aussitôt l’ouvrage comme mérinide, compte tenu de la composition des mortiers et de la technique mise en œuvre.

Le bon usage de l’eau a généré une abondante littérature juridique. Un « tribunal des eaux » existait à Valence: il était chargé de juger les litiges de distribution entre particuliers. Les traités de vie municipale (hisba) ou les sentences rendues par les cadis témoignent également de cette organisation du partage de l’eau et de son bon usage. Le traité de hisba d’ibn Abdûn, qui décrit l’organisation sévillane au début du XIIe siècle, nous apprend qu’un endroit particulier du fleuve était réservé au puisage de l’eau :

« Il devra être en amont là où le flux [de la marée] ne se fait plus sentir; c’est un lieu exclusivement réservé aux porteurs d’eau et le muhtasib devra veiller à ce que les femmes ne lavent pas leur linge à proximité ni que les bêtes viennent piétiner les berges et rendre ainsi l’eau boueuse. » La propreté de l’eau potable est partout l’objet de mesures de sécurité et d’hygiène assez précises. Aux côtés de la distribution d’eau, la collecte et l’évacuation des eaux usées fait également l’objet de dispositions particulières. L’Islam a hérité du système d’égouts de l’Antiquité ; ce dernier a été maintenu dans ses fondations tant urbaines que rurales. Les fouilles effectuées dans un faubourg occidental de l’agglomération cordouane ont mis au jour un quartier d’habitations du Xe siècle qui révèle un urbanisme orthogonal avec des rues pavées et un système d’égouts collectant les eaux usées. De même, un site de la rive sud du détroit de Gibraltar a révélé un palais de l’an mil, voisin de Sabta, lui aussi muni d’un système complexe de circuit de l’eau qui, après avoir arrosé le jardin et alimenté le bassin central du patio, passait par les latrines avant d’être évacuée. Plus tardivement, la ville mérinide de Chella aux portes de Rabat (Maroc) a révélé pour le XIVe siècle un quartier d’habitations à l’urbanisme régulier et muni d’un circuit de canalisations « d’eau propre » et d’un autre destiné aux eaux usées. Ibn Abdûn nous donne des indications précieuses: les égouts de Séville doivent être obligatoirement couverts; l’auteur signale aussi l’existence d’égoutiers. Ibn ‘Abd al-R’ûf qui témoigne sur la images (4)Cordoue du Xe siècle fait d’ailleurs d’identiques remarques sur les égouts. La distribution de l’eau dans la ville islamique est donc organisée, hiérarchisée ; elle fait l’objet de nombreux contrôles. Cette gestion a permis la création de véritables corps de métier mais elle a aussi créé un droit spécifique dont les textes aident l’historien à mieux comprendre les techniques et la place de l’eau dans les villes médiévales d’al-Andalus.

Enfin, aux côtés de ses usages utilitaires, l’eau sert à l’agrément et au plaisir. Elle est en effet très présente dans les demeures grâce aux fontaines privées ou aux bassins qui ornent les cours et les jardins. Les palais nous en fournissent maints exemples. Une des premières illustrations de la présence de l’eau dans l’architecture est sans nul doute – on l’a vu -la ville palatine de Madînat al-Zahra.

Citons encore pour le XIe siècle le Castillejo de Murcie ou les jardins de la Contratâcion pour le XIIe siècle sévillan ou encore les parterres retrouvés sous le « Patio de las Muñecas » à l’alcázar de Séville. L’Alhambra de Grenade témoigne encore plus sûrement de l’importance de l’eau dans l’architecture. Dans l’Albaicin morisque une semblable hydraulique fut conservée après la reconquête de 1492.

Agnès Charpentier

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L’Histoire : parent pauvre de l’Education nationale

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

(Éditorial du 6 décembre 2004 paru dans le N° 13 de
La France pittoresque - janvier/février/mars 2005)

images (13)

A l’aube de sa quatrième année de parution, La France pittoresque poursuit son périple au cœur de la petite Histoire, captivante et vivante : celle qui redonne toute sa place aux multiples aspects de la vie quotidienne de nos ancêtres ; celle qu’une éducation nationale soucieuse d’un enseignement intelligent et utile du passé gagnerait sans doute à privilégier dans nos écoles.

Pourquoi ne pas aborder dès le plus jeune âge le thème des activités exercées autrefois et réglementées par de contraignants statuts ; d’une alimentation évoluant au gré de voyages entrepris par quelques téméraires explorateurs ramenant de nouvelles denrées ; des goûts vestimentaires tantôt dictés par un irrépressible besoin de rompre avec l’ordre établi, tantôt le simple fruit d’anecdotiques prescriptions médicales ; des institutions dont l’analyse et la connaissance, pour austères qu’elle puissent paraître de prime abord, deviennent attrayantes par la présentation de leurs conséquences au jour le jour ; des avancées scientifiques ayant bouleversé la façon qu’avaient nos ancêtres de se déplacer, de se soigner ou encore de s’informer ; des légendes qui, au delà de leur apparence naïve et festive, trouvent leur origine dans d’instructifs événements politiques ou religieux ?

Quoi de mieux en effet, pour bâillonner l’étouffant culte de l’immédiateté véhiculé par les journaux télévisés, qu’un apprentissage de ces quelques notions essentielles qui non seulement détrôneront avantageusement une accumulation trop longtemps instituée de connaissances encyclopédiques, mais donneront à chacun les clés d’une meilleure compréhension du monde qui l’entoure et auquel il doit faire face ? S’il prenait à quelque politicien le désir de convaincre que la modernisation d’un pays chargé d’histoire impose la désaffection des citoyens pour leurs traditions, souhaitons ceux-ci assez lucides pour démasquer l’audacieux charlatan s’apprêtant à les plonger dans le perfide esclavage de l’ignorance…

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

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Polluer plus pour gagner plus, véritable credo industriel

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

(Éditorial du 8 juin 2009 paru dans le N° 31 de
La France pittoresque - juillet/août/septembre 2009)

Esquisse d’une véritable politique environnementale visant à prévenir les nuisances olfactives et visuelles générées par la jeune industrie, l’arrêté de février 1806 du préfet de police de Paris classe en trois catégories les fabriques selon leur toxicité, à l’instigation de Chaptal, ministre de l’Intérieur démissionnaire qui attire l’attention sur l’imminence d’un bras de fer opposant les industriels aux riverains mécontents d’odeurs qu’ils jugent délétères émanant de leurs usines : les plus téléchargement (6)dangereuses doivent être éloignées des habitations, les plus incommodes sont tolérées, les plus insalubres sont placées sous surveillance, cependant que le Conseil de salubrité, gestionnaire de la santé publique créé en 1801, se doit d’enquêter avant toute nouvelle implantation.

Si ces mesures, étendues à tout l’Empire dès 1810, permettent dans un premier temps d’endiguer la pollution en contenant les émanations, en élevant les cheminées et en enterrant les eaux usées, elles s’avèrent bientôt insuffisantes pour contrer d’une part l’ampleur de la croissance industrielle, d’autre part une urbanisation non réglementée incitant la population à paradoxalement encercler les sites des manufactures. En 1881, selon l’avocat Maxime Napia, il est des industries pouvant devenir « de terribles foyers d’infection épidémique » ou exposer les maisons environnantes « à des risques continuels d’explosion ou d’incendie ».

Quand certaines « sont susceptibles d’émettre des vapeurs désastreuses pour les fruits de la terre », d’autres « ruinent à tout jamais la santé du personnel qu’elles emploient. (…) Laissé libre, sans aucun contrôle, l’usinier, talonné par une concurrence chaque jour plus acharnée, ne songera souvent qu’à réduire ses frais généraux au strict indispensable et négligera, par suite, les mesures d’hygiène les plus élémentaires ».

Plaintes et pétitions nombreuses adressées à l’Administration préfectorale et aux corps élus aboutissent en 1932 à la promulgation de la loi Morizet prohibant l’installation d’une usine de première ou deuxième classe dans les zones réservées aux habitations, mettant enfin en accord urbanisme et législation des établissements classés, alourdissant les pénalités encourues par des industriels qui ne peuvent plus ignorer les déchets qu’ils rejettent dans l’atmosphère.

Deux siècles après que Chaptal ait soulevé de prééminentes questions liées au développement durable, l’ampleur de la tâche demeure colossale…

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

 

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la vie d’un Poilu

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

 

Sur un front de 800 kilomètres, s’étendaient les tranchées, lieux aux conditions de vie désastreuses où les soldats attendaient les ordres. (article paru sur http://www.lepoint.fr

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La guerre ne devait pas durer, les stratégies envisagées par les états-majors des armées française et allemande n’envisageaient pas un enlisement du conflit, et pourtant ce dernier a duré jusqu’en novembre 1918 dans un quotidien rythmé au jour le jour par le danger et la mort. Le 3 août 1914, le plan Schlieffen est mis à exécution, la guerre de mouvement a commencé, mais elle va rapidement donner suite à un nouveau type de guerre pour lequel l’armée française n’était pas préparée : la guerre défensive et souterraine. 

La première ligne, synonyme d’enfer sur terre

images (11)L’adversité ne se résumait pas à l’ennemi, à l’homme d’en face, mais plutôt à un ensemble de fléaux imprégnant le quotidien de chaque soldat. Les affrontements directs n’ont jamais été incessants durant ce conflit. La boue, le froid, la faim, l’incertitude ou encore les corvées marquaient le quotidien du fantassin de la première ligne. Les tranchées n’étaient séparées parfois que de quelques mètres, il fallait être aux aguets en permanence, de jour comme de nuit. Les tirs d’artillerie, les coups de main, généralement nocturnes, ou encore la guerre des mines engendraient une incertitude constante, synonyme d’énorme pression psychologique. Le silence, le calme n’avaient rien d’apaisant, et, face à cette détresse psychique, les armées se sont évertuées à aménager une relève régulière. On passait des premières lignes au cantonnement selon des périodes incertaines en raison des vicissitudes inhérentes à cette drôle de guerre. 

L’une des missions affectées aux soldats des tranchées était de fournir des renseignements aux autorités militaires. Pour ce faire, des sections de volontaires risquaient leur vie en organisant des patrouilles et des coups de main. Ces entreprises nocturnes permettaient aux membres de la section d’échapper aux corvées habituelles mais furent également motivées par l’appât du gain, 50 francs par prisonnier ramené. C’est sur un sol boueux ou gelé que les corps francs rampaient, dans l’optique d’obtenir la moindre information sur le belligérant, au risque d’être confrontés à un poste ennemi ou bien même aux tirs de camarades non informés de leurs mouvements.

À l’instar des coups de main et patrouilles, les corvées avaient lieu majoritairement la nuit mais n’étaient pas réalisées par n’importe qui. En effet, le grade procurait un certain nombre d’avantages matériels et dispensait par la même occasion de bien des occupations exténuantes. Le répit n’existait pas pour les biffins, actifs de jour comme de nuit. Ainsi, les gradés ne laissaient jamais les troupes inactives en leur confiant des missions périlleuses. Ces corvées imposées aux soldats du « bas de l’échelle » furent nombreuses et conscrées par exemple à la consolidation des tranchées – installation de rondins, claies, gabions -, à l’aménagement du sol – pose de caillebotis -, à l’amélioration des défenses – par le biais de l’installation de réseaux barbelés, de chevaux de frise, de hérissons – ou encore au transport périlleux de fardeaux, grenades ou explosifs. Les déplacements entre les lignes arrière et la première ligne s’exécutaient à travers d’étroits boyaux sinueux et marécageux, quasiment à découvert, ralentissant les hommes et les exposant directement aux tirs des mitrailleuses adverses. 

L’accoutumance à la misère

En parallèle à ces missions-suicides, les fantassins devaient lutter contre la malnutrition et les maladies. Les évolutions technologiques sur le plan militaire ne sont pas sans conséquence pour les soldats dont le quotidien est marqué par la souffrance morale et physique. Les pathologies furent liées aux conditions de vie précaires dans les tranchées, et c’est ainsi qu’à de nombreuses reprises il y eut des évacuations pour cause de bronchite aiguë, de pleurésie et d’autres maladies pulmonaires. On note également l’apparition d’infections spécifiques au théâtre des tranchées, comme ce fut le cas avec les pieds gelés et « le pied de tranchée », conséquence directe de la confrontation permanente des pieds avec l’eau boueuse des tranchées, qui pouvait déboucher sur la gangrène. À cela se greffait une hygiène corporelle déplorable se traduisant par les parasites (poux, puces), le linge inchangé pendant des semaines, l’absence de toilette régulière, à laquelle s’ajoutaient les longues fosses d’aisance nauséabondes, les cadavres en putréfaction synonymes de jardin d’Éden pour la prolifération des rats, comme en témoigne Louis Barthas dans ses Carnets de guerre : « Les rats arrivaient affamés et par centaines dans nos abris. Si la nuit on n’avait pas pris la précaution de se couvrir la tête, plus d’un aurait ressenti au nez, au menton et aux oreilles, les dents aiguës de ces maudites bêtes. » 

images (12)L’omniprésence du danger et de la mort engendrait parallèlement des traumatismes psychologiques. Les cadavres en décomposition, les corps démembrés, les séquelles engendrées par les tirs d’artillerie imprègnent la journée du poilu au point d’aboutir à des troubles psychiques liés au stress, dont certains troubles post-traumatiques – comme l’obusite – qui provoquent des séquelles à long terme allant des troubles du sommeil aux maladies psychosomatiques graves. D’autres maladies viennent accabler les hommes des tranchées, comme la typhoïde, la dysenterie et les maladies intestinales qui résultent de la mauvaise qualité de l’alimentation. Légalement, il était prévu par soldat une ration journalière composée entre autres de 700 grammes de pain, 400 grammes de viande fraîche ou en conserve, 75 grammes de fromage, 35 grammes de café, 45 grammes de margarine ou de lard, entre 25 et 40 grammes de féculents (haricots blancs, petits pois, riz…), mais, en réalité, les quantités furent moins importantes et de moindre qualité. Le ravitaillement en nourriture constituait en lui-même une corvée puisque des soldats (volontaires ou désignés) devaient se rendre à l’arrière jusqu’aux cuisines pour ensuite effectuer le chemin inverse chargés de bidons. Il était donc fréquent que la nourriture soit livrée froide, soit déversée en raison des conditions d’acheminement difficiles ou encore non distribuée face à l’ampleur des affrontements. La malnutrition prédominait donc, tout comme la déshydratation et la mauvaise qualité de l’eau que les soldats faisaient bouillir pour la purifier. 

Les occupations et les quelques réjouissances… 

Dans le désoeuvrement, les diverses occupations s’orientaient vers les jeux de cartes – la manille pour les soldats -, la conversation et l’écriture. Certains passe-temps n’étaient pas accessibles à tous, comme la photographie. Les soldats des milieux urbains pouvaient se faire offrir un petit appareil photo, le Vest Pocket Kodak, dans l’optique de ramener des souvenirs du front. D’autres s’improvisaient collectionneurs ou plutôt pilleurs et se livraient à la chasse aux trophées (aigles impériales, fusils Mauser…). Certains fabriquaient des objets, des bijoux avec toutes sortes de matériaux fournis par les douilles, les ceintures d’obus, les boutons d’uniforme. Ces réalisations étaient préservées, vendues ou bien troquées. Pour autant, ces moments passés à l’arrière n’étaient pas perçus comme un havre de paix, comme l’a écrit Blaise Cendrars, volontaire étranger dans l’armée française puis membre de la légion étrangère, dans son ouvrage intitulé La main coupée : « L’on restait quatre jours en ligne et l’on redescendait pour quatre jours à l’arrière, et l’on remontait à l’avant pour quatre jours, et ainsi de suite jusqu’à la fin s’il devait y avoir une fin à cette triste histoire. Les poilus étaient découragés. Ce va-et-vient était bien la plus grande saloperie de cette guerre, et la plus démoralisatrice. » 

Le poilu trouve de la consolation dans la camaraderie et les beuveries, dans les courriers ou parfois les colis qu’il reçoit de l’arrière, malgré la censure, comme l’exprime Marcel dans un courrier à sa femme, le 31 juillet 1915 : « On vous dit le soldat est bien nourri sur le front, il a tout de reste, ce n’est pas difficile car ce que l’on nous donne est immangeable [...]. Heureusement qu’avec les colis que nous recevons tous nous pouvons presque vivre. » La livraison du courrier était un moment très attendu, privilégié, réconfortant, mais malgré tout douloureux face à l’incertitude du lendemain. 

Le soldat de la première ligne a connu l’enfer sur terre à travers un quotidien tellement difficile à relater, à imaginer, tant il apparaît comme irrationnel. Ce conflit marqua à jamais les esprits mais n’empêcha pas, vingt ans plus tard, un second conflit mondial lourd en conséquences et en désolation.

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LES POETES AU CAFÉ

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

 

par

Ernest Gaubert

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téléchargement (5)La mort de Jean Moréas et l’inauguration prochaine d’un monument à Gérard de Nerval ravivent la mémoire d’autre poètes qui, comme l’auteur des Stances et celui de la Bohème galante, vécurent au café, y rêvèrent, y parlèrent, et, parfois, y écrivirent la plus grande partie de leur oeuvre. Depuis le romantisme jusqu’à nos temps d’ailleurs, les hommes de lettres ont beaucoup vécu au café. Il semble pourtant que ces dernières années la jeunesse littéraire ait tendance à le déserter et préfère, même étroit, pour y discuter d’art et de poésie, le logis d’un camarade que l’arrière-salle d’une taverne.
    
Toujours les littérateurs fréquentèrent le cabaret et cette affection n’a pas été sans leur nuire dans l’esprit bourgeois. Leur pauvreté, leur dédain et leur ignorance des soins et des soucis d’un foyer, leur imposait le goût de ces lieux publics où ils retrouvaient, avec l’amitié de gens ayant les mêmes goûts, l’apparence d’un beau décor, une atmosphère familière et la double excitation de discuter et de boire. Boileau, Racine, Lafontaine, hantèrent les cabarets, y composèrent des épigrammes et des satires, y imaginèrent la perruque de Chapelain changée en comète, y rimèrent maintes parodies de Corneille. Plus tard, les célèbres couplets du Café Laurent attribués à Jean-Baptiste Rousseau lui valurent sa condamnation et l’on sait toutes les cabales tramées dans les arrière-boutiques du Palais-Royal et du Carrefour de Buci, les succès de Rivarol et de Chamfort au Caveau, tout ce que les conteurs libertins ont composé de gaillardises et de sottises, entre un pot de vin et une cruche de bière.
    

*
* *

Avec le romantisme, le café entre davantage dans la littérature, si j’ose dire. Dès l’instant où la collaboration des poètes s’étend aux journaux, où les artistes se mêlent à la vie politique, on les apercevra davantage dans les établissements à la mode. Cependant, une démarcation s’impose entre ceux qui fréquentent le café par un sentiment de snobisme, et par goût, ceux qui vont y chercher le plaisir, l’ivresse des alcools et des filles à la mode, et les autres, ceux qui vont au café, parce qu’ils y trouvent leur chez eux, leurs habitudes, des admirateurs et des contradicteurs, ceux à qui l’on peut dire, les trouvant installés sur la molesquine, parmi les fumées des cigares, ce que le comte de Tressan disait au chevalier de Boufflers le rencontrant sur la grande route : « Mon cher poète, je suis heureux de vous trouver chez vous. »
  
Roger de Beauvoir et Alfred de Musset furent parmi les premiers. L’auteur des Contes d’Espagne et d’Italie ne parlait pas littérature dans ces endroits-là. S’il menait Céleste Mogador au Rocher de Cancale, s’il retenait un cabinet du Cadran Bleu ou du Café Anglais, ce n’était point pour y illustrer de vains propos d’esthétique. Eugène Sue et Arsène Houssaye ne tenaient pas académie devant les coquilles de Hardy et les rognons en brochette de Riche, pas plus que devant les vins des Trois Frères Provençaux. Restaurateurs ou cafetiers, de Beauvilliers à Bignon en passant par Rô, Bolème, Henneveu, Méot, Legacque et Very, plus tard Magny, hôte des Goncourt et de Flaubert, recevraient certes la bohème autant que le monde, mais une bohème dorée, bavarde et non éloquente, plus éprise de bonne chère que des formules nouvelles de la tragédie ou du roman. A la porte du Café Tortoni, les frères Goncourt s’indignaient d’être éclaboussés par le cabriolet ou le coupé de M. le vicomte Ponson du Terrail, le seul homme de lettres qui eût voiture sur rue.
   
Sur son déclin, Alfred de Musset coulera des journées au Café de la Régence, s’enivrant de mélancolie, de solitude hargneuse et d’absinthe. Connaissant l’état de l’académicien, un jour, le patron d’un des établissements qui lui sont familiers, ancien boucher devenu limonadier, interdit au garçon de renouveler le verre de l’enfant du siècle. Musset insiste, le garçon explique l’ordre reçu. Le poète se lève et d’un mot cloue à son comptoir le cabaretier terrifié :

– Vous, à l’étal !…
   
Et d’un geste d’empire, il obtient que le serveur lui rapporte une nouvelle absinthe.
   
Près d’un quart de siècle, Aurélien Scholl anima une salle du Tortoni, de ses mots, de ses épigrammes, des mille traits d’un esprit scintillant et vif, de la magie d’une intelligence précise et malicieuse. Celui-ci encore, comme Musset, était un viveur. Ce sont les poètes d’exception, les derniers parnassiens, les poètes de Montmartre et les premiers symbolistes qui firent du café, un cénacle.
   
images (9)Lorsque le groupe de l’impasse du Doyenné se dispersa (Arsène Houssaye, Camille Rogier, Edouard Dourliac, Marilhat, Corot, Nanteuil, Roqueplan, Wattier, de Nerval), Gérard de Nerval voyagea aux routes d’or de la Syrie, puis revint errer à Paris, toujours hanté du souvenir de « son amour » et de mirages. Selon le mot de Théophile Gautier, « l’envahissement progressif du rêve allait rendre à peu près impossible la vie de Gérard de Nerval dans le milieu où se meuvent les réalités. » S’il passe alors de longues nuits dans les comptoirs et les marchands de vins des Halles, il ne faut pas le compter pourtant au rang des poètes de café. Son corps est là, mais son âme est ailleurs. « Pendant de longues heures, déclare le père de Mademoiselle de Maupin, nous avons écouté le poète transformé en voyant, qui nous déroulait de merveilleuses apocalypses et décrivait avec une éloquence qui ne se retrouvera plus, des visions supérieures en éclat aux magies orientales du hachich. »
   
Charles Baudelaire fut entraîné aux cafés du Quartier, par ce Privat d’Anglemont qui est le précurseur des poètes montmartrois. Il ne devait plus en sortir.
   
Le soir de la condamnation des Fleurs du Mal, les Goncourt qui ont soupé à son côté, nous laissent de lui ce portrait dans leur journal :

« Une tête de maniaque, une voix coupante comme une voix d’acier et une élocution visant à la précision ornée d’un Saint-Just et l’attrapant. »

C’est de cette voix d’acier qu’il interroge, sur un ton de juge d’instruction, maîtres d’hôtel et garçons, qu’il les exaspère de demandes précises ou de méticuleuses exigences. « Ce vin est-il bien récolté en coteaux, au mois d’octobre de telle année ?… – Ce verre est-il bien du milieu de la bouteille ? »
   
Nous avons vu Jean Moréas montrer de pareilles exigences, refuser trois fois un verre de kirsch ou de chartreuse, révolutionner tout le personnel d’un établissement pour obtenir, en fin de compte, un produit de marque ou de qualité inférieures au premier qu’il avait repoussé.
   
Au Café Taburey, au Café de la Rotonde, au Procope, au Café Lemblin, où il retrouvait Murger, Deroy, Fauchery, plus tard Cladel, au Divan Lepelletier, où on lui reprochait d’avoir publiquement méprisé Victor Hugo, ce dont il s’excusait, didactiquement et, tour à tour, hautainement silencieux ou dédaigneusement éloquent, Baudelaire ravivait toutes les conversations. « Il avait une foi naïve dans son infaillibilité », ainsi que le remarque un de ses biographes, et ce signe est assez représentatif de tous les intellectuels au café. Il raillait la gaieté courtoise de Monselet fréquentant le Casino de la rue Cadet.
   
De Louis Bouilhet à Théophile Gautier, de Barbey d’Aurevilly à Jules Vallès, que de littérateurs au café ! Bientôt, allait fleurir le temps où les écoles naîtraient au cabaret. Les Hirsutes, les Hydropathes ou bien d’autres se groupèrent autour des colonnes instables de soucoupes, sur le marbre sirupeux des guéridons. Jean Richepin, Maurice Bouchor, Raoul Ponchon devaient y instaurer leur Trinité audacieuse. Seul, le dernier, reste encore fidèle aux terrasses de la rive gauche.
   
Des dessins, des anecdotes, des études, ont fixé le souvenir lamentable et miraculeux de Paul Verlaine au d’Harcourt, au Procope, au François-Premier, à la Nouvelle Athènes. Quelques semaines avant sa mort, un de nos amis le rencontrait, traînant la jambe, le foulard sali, le feutre de travers, geignant dans un mac-farlane étriqué :

– C’est la fin de tout ! On m’a mis à la porte du café. Le garçon a refusé de me servir. Il m’a dit : « Vous relevez de l’assistance publique, c’est pas votre place ici… » L’assistance publique… Ah ! malheur !

Humilié, rageur et beau avec ses yeux d’une infinie tristesse, noyés et brillants, Verlaine frappait le trottoir du boulevard d’une trique furieuse…

Oh! Verlaine au café, les récits, les horizons, brusquement ouverts, sur le rêve, la beauté, l’art spontané et le sentiment !…

Là où Baudelaire raillait, féroce, ou excentrique, interrogeant : « Avez-vous mangé de la cervelle de petit enfant ? Elle a un goût de cerneaux ! » Verlaine priait et chantait en une langue nouvelle, avec des nuances de voix que nul n’avait encore entendues.

*
* *

Comme la jeunesse était venue vers Verlaine, au sortir de l’appartement familial de Mallarmé, rue de Rome, ce fut au café que le symbolisme naquit et que se sont fondées, depuis vingt-cinq ans, la plupart des revues jeunes. Dans son recueil d’anecdotes et de souvenirs sur le Symbolisme, M. Adolphe Retté nous montre toute une génération de poètes au café et dans le sous-sol de café. Trézenick, Paul Adam, Tailhade, Rachilde, Jean Lorrain, F.-A. Cazals, Moréas, le Cardonnel aujourd’hui prêtre en Italie, P.-N. Roinard, Ernest Raynaud, ont été d’abord des poètes en action et en verbe, disputant jusqu’à l’aube, pour la beauté, devant des verres. Ce qui ne devait pas les empêcher de créer une oeuvre et pour la plupart de se faire, plus tard, une existence parfois bourgeoise….
   
images (10)Le café mène à tout à condition d’en sortir, en littérature comme en politique. Ceux qu’on a appelés les poètes de Montmartre, ne pouvaient vivre qu’au café. Ils n’en sont pas tous sortis, quoique les Jean Ajalbert, Paul Bilhaud, Dominique Bonnaud, Maurice Boukay, Bruant, Georges Courteline, Hugues Delorme, Georges Docquois, Maurice Donnay, Maurice Vaucaire, Vicaire et combien d’autres qui sont là pour vérifier notre affirmation et rassurer sur les dangers du café.
   
Peu à peu, la race des bohèmes a disparu. Celle des grandes figures au café, Villiers de Lisle-Adam essayant ses histoires insolites sur les adolescents, Paul Arène chantant le Midi bouge, ou Oscar Wilde, désolé et féroce, contant un apologue, s’est éteinte…

Derrière les Invalides, au Café des Vosges, le samedi soir, François Coppée a mené jusqu’à la dernière semaine avant sa mort, pour l’apéritif, les jeunes poètes qui lui faisaient visite…
   
Les cafés littéraires se font rares. Au boulevard, le Napolitain seul retentit parfois de discussions littéraires. A l’Univers et au Lion Rouge, deux revues, la Phalange et les Argonautes, groupent parfois leurs rédacteurs. On ne va plus au café que pour y parler des morts et de monuments à leur élever. Il n’y a plus que les « comités de statues » qui les fréquentent. On n’y aperçoit plus un Jean Floux aux bottes rafistolées de ficelles et couchant dans une écurie… Ce pauvre Jean Floux, qui mourut le jour de son héritage, glissant sur un quai à la gare, devant le train qui allait l’emporter vers la fortune.
 
Les poètes nouveaux sont des poètes de salons et de thé de cinq heures. Ils sont « confortables » comme l’idéal chanté dans le Coffret de Santal :

Dormir tranquillement en attendant la gloire,
Dans un lit frais, l’été, mais, l’hiver, bien chauffé,
Tout cela vaut bien mieux que d’aller au café.

   
Ces vers sont de Charles Cros qui, lui, n’alla guère qu’au café, où il écrivait, d’ailleurs, un an avant Edison, le rapport présentant à l’Académie des Sciences le paléophone ou phonographe…
   
Comme Moréas, Charles Cros maudissait le café et y revenait souvent. Ce sera la morale de cette étude que de constater cet antagonisme les paroles et les actes des poètes…

ERNEST GAUBERT. (1880-1945) : Les Poètes au Café (1910).

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Le moulin maudit des Fonds de Quarreux

Posté par francesca7 le 9 décembre 2013

 

Les légendes d’Ourthe-Amblève – Frédéric Kiesel

Deux sites sont célèbres sur le cours de l’Amblève. La cascade de Coo fut amorcée par les travaux des moines de Stavelot, jadis, pour faire tourner la roue d’un moulin. En aval, c’est à un autre moulin – mais démoniaque – que les «Fonds de Quarreux» doivent, selon la légende, leurs encombrements de roches entre lesquelles se faufile la «rivière des aulnes» (Ambla Ewa).

téléchargement (3)Un modeste moulin à eau vivotait autrefois sur la rive, obligé de chômer quand les eaux étaient basses, endommagé lorsqu’elles s’écoulaient en torrent. La misère n’était jamais loin. La femme du meunier devait demander l’aumône pour habiller ses enfants, et il ne restait plus que trois vaches à l’étable, dont deux malades. De coûteux travaux étaient nécessaires pour réparer les dégâts causés par un orage à la roue à aubes, mais la bourse plate du meunier ne lui en donnait pas les moyens.

Aussi ce dernier apprit-il avec de grands espoirs que, venant de mourir, un lointain oncle de Hesbaye, réputé économe et riche, avait fait de lui son héritier. Prenant sa besace, il fit en hâte le long chemin pour assister aux funérailles de son parent. Hélas! lorsqu’il alla trouver le notaire, celui-ci lui apprit que, devenu sur le tard galant et dépensier, feu l’oncle avait dilapidé la plupart de ses biens. Après payement des funérailles et des droits dus au seigneur local, il ne restait au pauvre meunier qu’une poignée de thalers.

Il revenait donc chez lui, bien marri, et admirant avec mélancolie les beaux moulins à vents dont les ailes tournaient en ce temps-là sur le plateau de Hesbaye.
– Ah, murmura-t-il, je n’aurais à craindre ni les basses ni les trop hautes eaux si je pouvais, en mon pays de Quarreux, en construire un sur la hauteur. Je gagnerais enfin ma vie. Mais qui diable me donnera de quoi le construire ?

Prononcé sans y penser, ce mot «diable» avait été entendu. Le pauvre meunier n’avait pas remarqué, dans l’ombre épaisse d’un noyer, un homme aux yeux brillants, enveloppé dans une longue houppelande noire.
– Veux-tu vraiment posséder semblable merveille? lui demanda l’inconnu.
– Bien sûr, mais avec quoi payerais-je les travaux? Soupira le pauvre homme. Voici toute ma fortune.

Et il montra les quelques thalers de l’héritage.
– Tu n’as pas besoin d’or ni d’argent. Si tu te mets sous mon pouvoir, je puis t’en bâtir un, plus grand et beau que celui-ci, en une nuit. On y viendra depuis Stavelot jusqu’Aywaille pour faire moudre seigle et blé.

Lui tendant un parchemin, il poursuivit:
– Signe ceci avec ton sang. C’est un pacte. Rentre chez toi, tu y seras ce soir. Au premier rayon de l’aube, les travaux seront achevés, je te le promets, et les ailes tourneront. Dès lors, tu seras riche, et moi, je posséderai ton âme. Je viendrai la prendre dans dix ans.

Le pauvre homme signa. Pour son retour à Quarreux, la fortune entrevue lui fit hâter le pas. L’épouse du meunier fut tout étonnée de le voir revenu si tôt de chez feu l’oncle.

images (1)- Tu semblés joyeux, lui dit-elle. Un héritage va donc nous sauver de la misère? Montre-moi les beaux thalers de l’oncle défunt.

– Il y en a peu, mais nous serons pourtant, demain matin, riches du plus beau moulin de toute la région. Il aura des ailes comme en Hesbaye et le bon vent d’Ardenne les fera tourner.

Devinant quelque ténébreuse machination, l’épouse, qui était pieuse et sage, fit raconter à son homme quel marché il avait conclu. Elle en fut grandement alarmée:
– Tu dois reprendre ta parole, dit-elle.

– Je ne puis. J’ai signé avec mon sang. Mais ne crains rien. Demain, quand tu le verras en avion au premier rayon du soleil, comme cet homme me l’a promis, tu sauras que nos malheurs sont terminés. Et dix ans, c’est long.

Toute la nuit, la vallée retentit d’un vacarme pire que maint orage. Cent diables extrayaient pierres et roches, les transportaient au sommet, abattaient des chênes et les équarrissaient. Ils bâtissaient à grand ahan, charpentaient, s’affairaient aux rouages, fixaient des ailes, les entoilaient, taillaient d’énormes meules à grands coups de ciseaux dont les étincelles allumaient des éclairs.

Le meunier et sa femme ne purent fermer l’œil dans tout ce vacarme qui ne s’apaisa que peu avant le point du jour. Quelques minutes avant l’aube, moment fatidique, Satan vint chercher le meunier pour lui montrer son œuvre. Dressé dans le ciel, le moulin tout neuf luisait de tout l’éclat de ses pierres de quartz, aussi haut et majestueux que le château de Mont jardin. Immobiles, ses bras immenses semblaient attendre le premier rayon du soleil pour tourner au gré du vent vif du plateau. On eut dit qu’elles l’attendaient pour commencer à tourner, accomplissant, à la minute convenue, la promesse de Satan. Or celui-ci cachait mal une inquiétude subite.

Le jour se leva, éblouissant à l’horizon, et le moulin resta figé. Le Prince des Ténèbres comprit qu’il avait perdu: sa promesse n’était pas tenue. Mais qui avait bien pu se mettre en travers de ses desseins ?

Il le vit une minute trop tard. Pour sauver l’âme de son époux, la femme du meunier, priant la Vierge de Dieupart, s’accrochait de toutes ses forces à une aile, la paralysant au risque d’être brisée par elle.

Écumant de rage, Satan foudroya le moulin qui s’écroula, broyant dans ses débris la femme qui avait tenu le Malin en échec. Les pierres géantes des murs furent projetées dans l’Amblève jusqu’à grande distance. On les y voit encore de nos jours encombrer étrangement le cours de la rivière dans tout le site connu depuis sous le nom de «Fonds de Quarreux».

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le pont des fées

Posté par francesca7 le 9 décembre 2013

 

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Une légende vosgienne affirme qu’un chasseur de Gérardmer bien fait de sa personne et promis, lui avait-t-on assuré, à un radieux destin s’il ne se laissait pas séduire par quelque femme que ce fût, se laissa un jour bercer, sur les bords de la Vologne, par le baiser d’une ondine aux yeux vert d’eau, aux lèvres de corail et à la voix enchanteresse…

Sur le dessin, une femme tient un bébé dans ses bras alors qu'elle survole un cours d'eau et que la Lune éclaire la scène.Il y avait une fois, dans le pittoresque pays des Vosges, à Gérardmer, un chasseur si beau, si séduisant et si admirablement bien fait, qu’il n’était ni femme, ni fille, qui ne fût charmée par lui. Il poursuivait les animaux les plus sauvages, méprisant les dangers, heureux si quelque cerf ou quelque sanglier tombait sous ses coups. Dès le matin, alors que la fraîche aurore apparaissait, traversant ronces et broussailles, humides de rosée, il partait, toujours au guet, ne manquant jamais sa bête.

Et ainsi tout le jour. Il rentrait dans sa chaumière (car il habitait une chaumière et non un palais, étant aussi pauvre que beau), le soir, quand, depuis plusieurs heures déjà, la nuit était tombée, et à vingt-cinq lieues à la ronde on parlait de son courage, de ses prouesses. On achetait son gibier, qui lui rapportait gros, mais il avait huit petits frères et huit petites sœurs, pour qui il dépensait ce qu’il gagnait, voulant qu’ils ne manquassent de rien. Il se privait parfois même de nourriture, content si ceux qu’il aimait, avaient ce qu’il leur fallait. Il avait promis à ses parents, au moment où ils étaient morts, de prendre soin des seize marmots.

Tuant beaucoup de gros gibier, il s’habillait de peaux, et ce costume seyait à ravir à sa mâle beauté. Aussi, bien des filles eussent-elles été heureuses de l’avoir pour époux, car, comme nous l’avons dit plus haut, elles en étaient toutes folles. Mais, lui, ne les regardait même pas, n’en ayant ni le temps, ni l’envie, les trouvant toutes extrêmement laides.

D’ailleurs il y avait aussi une autre raison… Une vieille femme, que dans le pays on disait être une fée, qui s’était trouvée à sa naissance et qui était sa marraine, avait assuré qu’il serait beau et courageux et qu’il arriverait aux plus hautes distinctions, si, toutefois, il ne se laissait séduire par quelque femme que ce fût. Il connaissait la chose et se tenait sur ses gardes.

Un jour, que depuis l’aube il poursuivait une biche, qu’il n’avait pu atteindre avant midi, il se sentit si pris de fatigue, qu’il s’endormit sur les fougères, à l’ombre des grands arbres, au bord d’un torrent dont l’eau blanche et mousseuse tombait de cascade en cascade. Là, dans la forêt touffue, l’air était plein d’agrément. Un vieux pont, tout en roches construit, il y a des siècles et des siècles, par les mains agiles des fées, dit-on, en cet endroit joignait les versants des montagnes voisines. Les yeux fermés, le chasseur paraissait hanté de songes délicieux, et sa beauté avait un éclat resplendissant.

Il dormait, bercé par le chant des oiseaux et le clapotement de l’onde, quand il sentit, soudain, un baiser qu’on lui déposait sur la joue. Devant lui se présente le plus merveilleux spectacle qu’il ait jamais vu : une femme, plus belle que le jour, est là qui le regarde. Ses yeux sont vert de mer, ses joues sont incarnates et ses lèvres de corail. Ses cheveux blonds d’or tombent jusqu’à ses pieds, cachant à demi un corps admirable, où scintillent quelques gouttelettes d’eau irisée, semblables à des perles. Elle sourit au chasseur de l’air le plus aimable.

Deux petits être se font face parmi des plantes. À la gauche, une fillette aux cheveux longs est assise sur un champignon, alors qu'un garçon lui tend les bras. Entre les deux sur le sol se trouve une couronne.Ebloui par tant de charmes, il croit rêver encore. Les paroles s’arrêtent dans sa gorge, tellement il est occupé à la considérer !…

Mais elle s’approche, entoure de ses bras, blancs comme l’albâtre, le cou du jeune homme, et, d’une voix qui semble être une musique céleste, lui dit : — O mon beau chasseur, pourquoi ne réponds-tu pas à mon baiser ?… Te fais-je peur ?… je suis celle qui te protège, et qui, par son génie, de loin veille sur toi, la nuit quand tu reposes, le jour, quand tu cours le bois, dont l’esprit te suit partout, et qui, sans cesse, écarte de toi tous maux !… Viens… Viens auprès de moi, ô mon beau chasseur !

Emu par ce discours, il se sent si vivement plein de feu, qu’il se met à genoux devant elle, et s’écrie :

— Oh non, toi qui es si belle et si aimable, je n’ai pas peur de toi, de toi qui sans cesse me protège, dis-tu, oh non, je n’ai pas peur de toi !…

Et il l’assure qu’il l’aime plus que lui-même, la serre avec ardeur sur sa poitrine et couvre ses mains de baisers. Elle le regarde en souriant, puis reprend :

— O mon beau chasseur, viens !… viens dans mon palais de cristal, où les années passent plus vite que les jours, où l’on vit heureux dans des plaisirs sans nombre et des joies sans fins, où il fait toujours beau, où l’on est toujours tranquille, dans mon palais de cristal, viens, ô mon beau chasseur !…

Elle l’embrasse, le caresse, le serre plus fort dans ses bras. Séduit, il se laisse faire, et peu à peu s’abandonne. Ils roulent, tous deux, enlacés, sur la mousse, puis sur le chemin. Elle l’entraîne jusqu’au bord du torrent… Déjà ils touchent les algues vertes. Elle l’embrasse, l’embrasse encore, puis, soudain, le sentant en sa toute puissance, rit aux éclats, et le précipite, avec elle, dans l’eau profonde !…

Le chasseur avait poussé un grand cri, le torrent avait fait entendre un sourd mugissement, qui avait retenti bien loin dans la montagne. Puis, tout redevint calme : l’eau blanche continua à tomber de cascade en cascade, les oiseaux à chanter et les vieux sapins à être doucement balancés par le vent…

Jamais le chasseur ne revint dans sa chaumière, où ses huit petits frères et ses huit petites sœurs sont morts de faim. Mais on parle toujours de lui dans le pays. Une crainte superstitieuse s’attache à l’endroit où il a disparu. Depuis on n’y passe plus qu’en tremblant, et durant les longues soirées d’hiver, à la veillée, dans les pauvres cabanes, les vieilles femmes racontent aux petits enfants étonnés, l’histoire du jeune chasseur, devant les cheminées allumées.

Eux, sont pris de peur, à ce récit, car on leur assure que parfois, à minuit, les antiques échos des vertes forêts des Vosges, répercutent encore les cris effrayants que le chasseur pousse du fond des eaux, ou qu’encore on entend sortir de dessous les ondes des chants d’amour d’une mélodie divine, où s’emmêlent dans une harmonie suave, la voix forte et mâle de celui qui n’est plus et la voix enchanteresse et tendre de l’ondine aux yeux vert d’eau et aux lèvres de corail…

Moralité :

Tout conte doit avoir en soi moralité,
Afin que notre esprit en ait leçon plus ample,
Ainsi que dans Peau d’Aire, ou dans le Chat Botté,
Ce bon Monsieur Perrault nous en donne l’exemple.
Adonc, il vous siéra, de cet écrit, tirer
La leçon, qu’il ne faut, jamais, à sa marraine
Désobéir en rien, pour ne pas attirer
Sur soi de grands malheurs : c’est là chose certaine !
Puis, qu’il est dangereux de se laisser tenter
Par les offres de qui, cherchant à vous séduire,
Du charme de ses yeux a su vous enchanter.
Avant qu’il fût longtemps il pourrait vous en cuire ;
Car si, dans les transports de ces primes instants,
Votre cœur est rempli de doux chants d’allégresse,
Vous compterez, hélas ! de plus nombreux moments
Où la douleur fera crier votre détresse.

 

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les fées et sorciers (Franche-Comté)

Posté par francesca7 le 9 décembre 2013

 

(D’après « Souvenirs de voyages et traditions populaires », paru en 1841)

 

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La Franche-Comté a ses légendes féeriques venues d’Orient par les pèlerins, par les croisades ; celles qui sont venues du Nord par les guerres et les voyages ; et celles dont l’origine est si incertaine, dont la forme est si bien appropriée au caractère franc-comtois, que la région les revendique comme lui appartenant réellement

Ainsi dans ses forêts, ses rivières, au fond de ses vertes vallées, au sein de ses lacs bleus, habitent les fées et les génies, les sylphes et les kobolds. Sur le plateau de Haute-Pierre, on a vu quelquefois passer une autre Mélusine, un être moitié femme et moitié serpent. C’est la Vouivre. Elle n’a point d’yeux, mais elle porte au front une escarboucle qui la guide comme un rayon lumineux le jour et la nuit.

Lorsqu’elle va se baigner dans les rivières, elle est obligée de déposer cette escarboucle à terre, et, si l’on pouvait s’en emparer, on commanderait à tous les génies, on pourrait se faire apporter tous les trésors enfouis dans les flancs des montagnes. Mais il n’est pas prudent de tenter l’aventure, car au moindre bruit la Vouivre s’élance au dehors de la rivière, et malheur à celui qu’elle rencontre.

Un pauvre homme de Moustier, qui l’avait suivie un jour de très loin, et qui l’avait vue déposer son escarboucle au bord de la Loue, et plonger ses écailles de serpent dans la rivière, s’approcha avec précaution du bienheureux talisman ; mais, à l’instant où il étendait déjà la main pour le saisir, la Vouivre, qui l’avait entendu, s’élance sur lui, le jette par terre, lui déchire le sein avec ses ongles, lui serre la gorge pour l’étouffer ; et n’était que le malheureux eût reçu le matin même la communion à l’église de Lods, il serait infailliblement mort sous les coups de cette méchante Vouivre. Mais il rentra chez lui le visage et le corps tout meurtris, se promettant de ne plus courir après l’escarboucle.

Dans la grange de Mont-Nans, il y a, depuis trois ou quatre générations, un esprit servantcomme les kobolds de l’Allemagne et les trolls du Danemark, qui fait la bénédiction de la maison. C’est lui qui prend soin de l’étable, conduit les bestiaux au pâturage, protège la grange, prépare la litière des chevaux, et remplit chaque matin l’abreuvoir d’une eau pure et limpide. On ne le voit pas, mais sans cesse on reconnaît ses bons offices ; on s’aperçoit qu’il a veillé sur les récoltes et sur les moissonneurs. Pour le conserver, il ne faut que lui abandonner une légère part des produits de la ferme, lui garder à la grange ou au foyer une place très propre, et ne pas médire de lui, car il entend tout ce qu’on dit, et se venge cruellement de ceux qui l’injurient.

Au pied d'un arbre, un lutin observe une fée qui marche près de lui.Quant à la Dame verte, c’est la sylphide, la déesse, la fée des prairies de Franche-Comté : elle est belle et gracieuse ; elle a la taille mince et légère, comme une tige de bouleau, les épaules blanches comme la neige des montagnes, et les yeux bleus comme la source des rochers. Les marguerites des champs lui sourient quand elle passe ; les rameaux d’arbres l’effleurent avec un frémissement de joie, car elle est la déesse bien-aimée des arbres et des fleurs, des collines et des vallées. Son regard ranime la nature comme un doux soleil, et son sourire est comme le sourire du printemps.

Le jour, elle s’assoit entre les frais taillis, tressant des couronnes de fleurs, ou peignant ses blonds cheveux avec un peigne d’or, ou rêvant sur son lit de mousse au beau jeune homme qu’elle a rencontré. La nuit, elle assemble ses compagnes ; et toutes s’en vont, folâtres et légères, danser aux rayons de la lune, et chanter. Le voyageur qui s’est trouvé égaré le soir au milieu des montagnes de France-Comté a souvent été surpris d’entendre tout à coup des voix aériennes, une musique harmonieuse, qui ne ressemblait à rien de ce qu’on entend habituellement dans le monde : c’étaient les chants de la Dame verte et de ses compagnes.

Quelquefois aussi les malines sylphides égarent à dessein le jeune paysan qu’elles aiment, afin de l’attirer dans leur cercle, et de danser avec lui. Que si alors il pouvait s’emparer du petit soulier de verre d’une de ces jolies Cendrillon, il serait assez riche ; car, pour pouvoir continuer de danser avec ses compagnes, il faudrait qu’elle rachetât son soulier, et elle l’achèterait à tout prix.

L’hiver, la Dame verte habite dans ces grottes de rochers, où les géologues, avec leur malheureuse science, ne voient que des pierres et des stalactites, qui sont pourtant toutes pleines de rubis et de diamants dont la fée dérobe l’éclat à nos regards profanes. C’est là que, la nuit, les fêtes recommencent à la lueur de mille flambeaux, au milieu des parois de cristal et des colonnes d’agate. C’est là que la Dame verte emmène, comme une autre Armide, le chevalier qu’elle s’est choisi. Heureux l’homme qu’elle aime ! C’est pour cet être privilégié qu’elle a de douces paroles, et des regards ardents, et des secrets magiques ; c’est pour lui qu’elle use de toute sa beauté de femme, de tout son pouvoir de fée, de tout ce qui lui appartient sur la terre.

Une autre fée franc-comtoise mérite que nous parlions d’elle, la fée Arie. Celle-ci n’a ni l’humeur aussi folâtre, ni la vie aussi joyeuse que la Dame verte ; mais c’est la bonne fée de nos chaumières ; elle aime l’ordre, le travail ; partout où elle reconnaît de telles vertus, elle répand ses bienfaits ; elle soutient dans ses devoirs la pauvre mère de famille et les jeunes gens laborieux. Presque jamais on ne la voit, mais elle assiste à tout ce qui se fait dans les champs ou sous le toit du chalet ; et si le blé que le paysan moissonne est mieux fauché, si la quenouille de la jeune fille se file plus vite et donne un fil plus beau, c’est que la fée Arie était là, et qu’elle a aidé le paysan et la jeune fille. C’est elle aussi qui récompense les enfants obéissants et studieux ; c’est elle qui fait tomber sur leur chemin les prunes des arbres voisins, et leur distribue, à Noël, les noix sèches et les gâteaux ; ce qui fait que tous les enfants connaissent la fée Arie, et parlent d’elle avec espoir.

Une petite ville des montagnes de Franche-Comté a été plusieurs fois témoin d’une apparition merveilleuse. A un quart de lieue du Maiche, au-dessus d’une colline, on aperçoit les restes d’un château entouré de broussailles et de sapins. Là vivait jadis un seigneur avare, dont le coeur était fermé à tout sentiment d’équité, et qui, pour assouvir sa passion sordide, soumettait sans cesse ses vassaux à de nouvelles exactions, et volait le bien de ses voisins. Il est enterré au milieu de ses trésors, mais il ne peut y trouver le repos. Il voudrait pouvoir échanger son sépulcre splendide contre la tombe de terre fraîche où dort si bien le paysan ; mais il est condamné à rester là où il a vécu, et il passe la nuit à se rouler sur son or et à gémir.

Dieu, touché de ses souffrances et des prières que ses descendants ont fait faire pour lui, a cependant ramené l’espoir dans son coeur, et lui a permis de venir dans ce monde chercher quelqu’un qui le délivre. Tous les cent ans, à jour fixe, quand l’obscurité commence à envelopper les campagnes, le vieux seigneur sort de son manoir, tenant une clef rouge et brûlante entre les dents. Il rôde dans les champs, entre dans les enclos, et s’approche de la ville, offrant à tout le monde son visage cadavéreux et sa clef enflammée. Celui qui aurait le courage de prendre cette clef et de le suivre deviendrait à l’instant même possesseur d’immenses trésors, et délivrerait cette pauvre âme des tourments qu’elle endure. Jusqu’à présent, personne n’a encore osé se rendre à son appel…

En Franche-Comté, lorsqu’une femme veut devenir sorcière, le diable, pour ne pas l’effrayer, lui apparaît sous la figure humaine et quitte son vilain nom de Belzébuth ou de Satan pour en prendre un qui caresse mieux l’oreille, tel que Vert-Joli, Joli-Bois, Verdelet, Joli, etc. Les sorcierssont tenus d’aller au sabbat. Ceux de la contrée de Saint-Claude avaient rendez-vous dans un champ écarté de toute habitation, et près d’une mare d’eau. Ils s’y rendaient habituellement le jeudi et les veilles de grandes fêtes, les uns en se mettant à cheval, les autres en montant sur un mouton noir.

Sur la peinture, trois êtres se trouvent dans ce qui semble un château : un garde à la gauche, un noble au milieu et une femme prenant son bain dans une pièce fermée. La femme possède des ailes et une queue de serpent.Là se trouvait Satan, le monarque des enfers ; Satan, sous la forme d’un bouc, tenant une chandelle allumée entre ses cornes. Chaque sorcier était obligé de lui offrir une chandelle verte, et de lui faire une autre politesse fort peu récréative. Puis, toute la gente ensorcelée chantait, buvait, mangeait, parodiait les prières de l’église et la messe, et l’orgie durait jusqu’au jour, jusqu’à l’heure où le coq chantait ; car on sait que le chant du coq a un grand pouvoir sur les mauvais esprits. Quelquefois l’âme seule s’en allait au sabbat. Le corps restait immobile et comme endormi ; l’âme s’échappait à la dérobée et passait la nuit dans son infernale réunion.

Un jour, un paysan s’aperçut que sa femme couchée à côté de lui ne bougeait, ni ne soufflait. En vain, il l’appelle à haute voix ; en vain, il la tire par les bras. Impossible de l’éveiller. Mais, aux premiers rayons du matin, elle se leva en poussant un grand cri. Le paysan, tout troublé, s’en alla raconter cet événement : la femme fut interrogée, et déclara qu’il ne fallait attribuer son profond sommeil qu’à la fatigue qu’elle avait éprouvée la veille en travaillant tout le jour dans les champs. On ne la crut pas, et elle fut brûlée.

Dans ces nuits passées au sabbat, on ne s’occupait pas seulement de boire et de manger. Il y avait quelquefois de graves conciliabules, où Satan donnait à ses adeptes des leçons de science cabalistique. Les vieilles sorcières racontaient avec orgueil leurs méfaits, et les jeunes s’instruisaient à cette édifiante école. A la fin de la séance, Satan avait coutume de demander aux jeunes femmes nouvellement enrôlées sous sa bannière une mèche de cheveux, ce qui fit dire que la façon de faire que les amoureux observent parfois d’avoir quelques bracelets de cheveux de leurs maîtresses procède du démon, les boucles de cheveux étant peut-être des chaînes magiques liant la conscience…

 

 

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Neuilly prend des airs de campagne

Posté par francesca7 le 8 décembre 2013

 

 

Foi de Jean-Christophe Fromantin, qui, sans être étiqueté  » écolo « , a entrepris une vaste opération d’embellissement de la ville. Les voitures ont été repoussées hors des contre-allées et des arbres replantés par centaines. Les parcs et jardins ont été réaménagés, dans le souci d’ » améliorer le cadre de vie « , de favoriser les activités et de créer de la  » sociabilité « . Cela ne va pas sans mal car les résidents, attachés à leurs traditions, se montrent parfois réfractaires aux mutations. Afin de ne pas heurter les susceptibilités, Jean-Christophe Fromantin a fait l’habile choix de transformer le paysage en douceur. Dès son arrivée, il a mis en place des modes de circulationdouce, faisant la part belle aux piétons et aux cyclistes, réduisant le prix du stationnement à la semaine de moitié – à 5 euros. Son ambition affichée consiste à faire de Neuilly  » une ville dans le jardin « , un peu comme à Ville-d’Avray.

téléchargement (1)Un arbre pour quatre habitants

Avec ses 37 hectares d’espaces verts et ses 13 000 arbres (dont 8 000 platanes et 3 000 marronniers), la ville, située à l’orée du bois de Boulogne et du Jardin d’acclimatation, dispose d’un cadre exceptionnel. » A Neuilly, on compte un arbre pour 4 habitants, alors que la moyenne nationale est d’un arbre pour 25 habitants, se félicite le maire.Cette trame verte sera renforcée et étendue. « L’objectif n’est pas de doubler les surfaces, mais de développer des aménagements paysagers le long des avenues. » Sur 130 rues, 72 sont déjà arborées, précise Michel Deloison, l’adjoint à l’urbanisme.Nous améliorerons le cadre de vie en plantant des arbres dans les rues qui en sont dépourvues, tout en jouant sur la diversité avec des espèces rares – micocouliers, savonniers, magnolias, mûriers… « 

L’avenue du Roule prend le large

C’est le premier chantier à avoir été lancé. Entre les rues Madeleine-Michelis et Parmentier, la construction d’un parking souterrain de 351 places confiée à la société Vinci a permis de résoudre en partie les problèmes de stationnement dans le quartier. Seul bémol : la réalisation a nécessité l’abattage, il y a un an, côté impair, de platanes vieux de 50 à 60 ans. » D’ici cinq ans, on aurait de toute façon fini par les abattre « , certifie Michel Deloison. Le maire compte compenser cette perte. » Les arbres seront remplacés par des sujets de 12 mètres de hauteur et de 60 centimètres de circonférence « , dit-il. 27 nouveaux platanes ont déjà fleuri le long de l’avenue. Une seconde rangée de 33 arbres verra le jour début juin.

Les trottoirs seront élargis sur 15 mètres. Fini, les contre-allées bitumées envahies par les véhicules. Au pied des arbres, des espaces verts seront aménagés sur 3 000 mètres carrés. Il y aura du gazon et 13 000 arbustes de 4 mètres de hauteur – plantation prévue fin mai. » Les oiseaux viendront se nourrir de leurs fruits « , ajoute Frédéric Martini, responsable du service des espaces verts. Sur ces allées bucoliques, les piétons déambuleront au milieu d’une végétation luxuriante, oubliant presque les 15 000 véhicules qui traversent chaque jour l’avenue. Entre le trottoir et la file de stationnement, des pistes cyclables seront aménagées. » Il n’y a là rien de spectaculaire, note Arnaud Teullé, conseiller d’opposition UMP. Il accuse le maire d’avoir  » arraché autant d’arbres, dont une quarantaine dans le secteur Sainte-Marie pour construire un gymnase, et d’autres, centenaires, sur le côté pair de l’avenue du Roule. «  Le responsable municipal aux espaces verts assure que  » tous les arbres seront remplacés « .

Les places, nouvelles aires de vie

L’ambition du maire n’est pas qu’esthétique. Il souhaite renforcer  » l’esprit de village «  caractéristique de Neuilly. » Les principales places vont être transformées en espaces de vie, dit-il.Une douzaine d’entre elles le seront, dans les cinq ans, ainsi que les avenues et les rues qui leur sont raccordées. « 

Une première expérience a été tentée place de la mairie, où une quarantaine de fauteuils Luxembourg en fer, au dossier incliné, familiers du jardin éponyme à Paris, ont été installés. Pris d’assaut les jours de beau temps, ils ont contribué à l’animation d’une place sinistre et désertée. Des lecteurs assidus s’y retrouvent ainsi que des écoliers après la classe. » Pour lutter contre l’isolement des jeunes et des personnes âgées, il suffit de redonner une âme à ces espaces publics qui ont perdu leur vocation d’échanges et de rencontres, observe Jean-Christophe Fromantin. Nous voulons leur rendre leur attractivité en créant des animations tout au long de l’année. «  Chaque semaine, ce marathonien passionné donne rendez-vous aux habitants sur la place, pour un footing dominical dans le bois de Boulogne. Avec succès : 50 à 100 adeptes le rejoignent dès 9 h 30.

téléchargement (2)Parcs : les enfants au paradis

Après cinq mois de travaux, le square Massiani, bercé par le chant des oiseaux, est un petit coin de paradis en plein coeur de la ville qui suscite l’émerveillement des enfants. Le square a une particularité : il a été audacieusement partagé en deux zones. D’un côté, un espace de repos avec au centre un massif de pensées, tulipes, impatiences, bégonias offre un coin de rare tranquillité aux habitants qui viennent se détendre à l’ombre des marronniers. » Un cèdre offert par la communauté libanaise de Neuilly devrait être planté et une sculpture en marbre blanc de 2 mètres du Neuilléen Victor Gingembre sera inaugurée le 19 mai « , indique le maire. Là aussi, une dizaine de fauteuils Luxembourg sont à la disposition du public, avec le même succès que devant la mairie. Cependant, à peine le parc avait-il ouvert que des protestations sur la propreté se sont fait entendre :  » Les bancs sont couverts de crottes de pigeon, c’est inadmissible ! «  s’indigne une mère de famille.

Au fond du parc, derrière de hautes barrières autoverrouillantes spécialement conçues pour éviter que les enfants ne s’échappent dans la rue, une aire de jeux a été aménagée. Tout a été étudié dans les moindres détails. Au sol, un revêtement en résine perméable absorbe l’eau jusqu’à la nappe phréatique afin d’éviter la formation de flaques d’eau. Plus loin, un gazon artificiel sillonne la zone de jeux. » Le maire n’a pas la fibre écolo : il a rasé l’ancienne pelouse naturelle « , déplore Arnaud Teullé. A la municipalité, le responsable des espaces verts assure que, » plus propre et plus économique, ce gazon artificiel permet aux enfants de jouer sans se salir et d’éviter le gaspillage d’eau « .

Rue du Pont pour tous les âges

A côté de l’actuelle maison de retraite de la rue du Pont, une crèche devrait voir le jour en 2011. Le jardin qui les séparera sera entièrement rénové. » Il ne faudrait pas que la crèche empiète sur notre territoire et que notre jardin soit réduit « , s’inquiète une retraitée. Tout a été prévu : le jardin sera partagé entre des zones vouées aux enfants et des aires de repos entièrement repaysagées, pour les personnes âgées. » Entourées d’enfants, les personnes âgées se sentiront moins isolées « , estime Frédéric Martini. Un paysagiste planche sur l’aménagement du futur parc, trois propositions devaient être soumises au maire en mai. Entre un écrin japonisant, un jardin à l’anglaise et un parc à la française, il lui reviendra de choisir. » J’ai une préférence pour le jardin japonais avec ses érables, ses azalées boules, ses rhododendrons nains et ses graviers fixes plus sécurisants pour les enfants, ajoute le responsable des espaces verts.Les lilas et les aubépines seront conservés, le rhus typhina avec ses baies empoisonnées sera remplacé. « 

Afin de faciliter le mélange des générations, une passerelle sera édifiée entre le jardin de la maison de retraite et le square de l’Eau albienne, appelé à être en partie rénové. Début des travaux au printemps 2011.

Une ruche à l’île du Pont

La nouvelle bourdonne : Neuilly pourrait produire son propre miel. Avec l’implantation d’une dizaine de ruches, l’île du Pont deviendra la première station apicole de la ville. » 1 000 mètres carrés de plantes mellifères, du thym et de la bruyère ont été aménagés « , détaille le préposé municipal aux espaces verts. Quatre essaims devraient être implantés fin mai, 6 autres fin août. Encadrés par un apiculteur, cinq agents volontaires s’occuperont des ruches. La première récolte est prévue fin août pour une production estimée entre 30 et 40 kilos. La présence des abeilles dans un rayonnement de 3 kilomètres en ville implique l’emploi de produits phytosanitaires 100 % naturels et le bannissement des produits chimiques.

images (13)Déchets : plus propre la ville

La propreté a toujours été un sujet sensible pour les Neuilléens. » La ville manquait de poubelles « , reconnaît Michel Deloison. En un an, 450 poubelles en plastique transparent ont été installées. Comme les résidents se plaignaient de voir ce qu’elles contenaient, elles ont été remplacées par des poubelles opaques. » Nous récoltons plus de 20 mètres cubes de déchets par jour et plus un papier ne jonche les trottoirs « , note l’adjoint à l’urbanisme. A son arrivée, le maire a généralisé les bayaleuses aspiratrices de déchets, un genre de Kärcher à haute pression d’eau chaude qui décape les trottoirs englués de chewing-gum. » La ville paraît plus propre « , se félicite Michel Deloison. » On est passé d’un extrême à l’autre, accuse Arnaud Teullé.Le nombre des cantonniers a été réduit de 80 à 23 personnes et l’eau a été supprimée dans les caniveaux. L’avantage écologique de ces machines qui utilisent de l’eau et du gasoil reste à prouver. «  Réplique de Frédéric Martini :  » 500 000 mètres cubes d’eau et 500 000 euros sont économisés chaque année. «  

 

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