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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Les loups dans les villes

Posté par francesca7 le 18 avril 2014

 

chauffeursLa chasse ayant été suspendue depuis 1792, les loups se sont multipliés et, aussi affamés que les hommes, ils attaquent jusque dans les maisons. Pour stimuler les battues, des arrêtés sont publiés et des primes versées à chaque prise : 10 livres pour un adulte, 3 pour un louveteau. Le 10 Messidor an V, on les porte à 40 F pour un loup et une louve non pleine, 60 F pour une louve pleine et 20 F pour un louveteau. Pour toucher cette prime, il faut apporter comme preuve une tête coupée, l’oreille gauche ou les deux.

Cependant, tous les gouvernements ne se sont pas montrés sourds aux plaintes de la Vendée militaire. Au gré des hommes politiques, certaines propositions pour venir en aide aux Vendéens sont faites, comme la création de greniers, la reconstitution de l’outillage et des cheptels. Les départements accordent des primes et des encouragements.

Certains, comme un ingénieur nommé Cavoleau, propose des solutions concrètes ; il s’agirait de choisir une riche terre et de la faire régir pour le compte et aux frais de la nation : « les premiers frais de l’établissement seraient douze boeufs choisis parmi ceux appartenant à la nation, vingt belles brebis, les deux plus beaux taureaux, deux beaux étalons, quelques belles juments, quatre ou six béliers avec de belles brebis de Montagne et la plus grande espèce de cochon »… Ce cheptel s’agrandissant se perfectionnerait de son produit : « Partant de ce foyer, se propageraient de proche en proche les bonnes méthodes de cultures, les beaux types d’animaux et les grains dont l’expérience aurait démontré l’utilité. La nouveauté n’inspirerait plus de défiance parce qu’on serait rassuré par le succès »…

Ce projet n’est pas unique, certains mêmes se proposant de nationaliser les terres et d’y établir un kolkhoze avant l’heure.
En fait, il faudra attendre la prise du pouvoir par Bonaparte pour que le gouvernement prenne des mesures d’aide concrètes et à grande échelle.

Les gros bourgs ou les petites villes comme Clisson, Cholet, Mauléon sont dévastés. Les grandes villes sont pareillement touchées, notamment Nantes : « Assiégée depuis trois ans, frappée par les actes les plus atroces de la tyrannie, soumise à toutes les charges militaires, elle a vu ses négociants emprisonnés ou contraints d’aller chercher ailleurs la paix, la liberté qui conviennent à l’industrie, ses marchandises enlevées au maximum, ses vaisseaux mis en réquisition, ses capitaux perdus par l’insurrection des colonies, son commerce anéanti par la guerre maritime. »

A la famine, à la misère, aux maladies vénériennes s’ajoute un fléau nouveau : « les chauffeurs de pieds ». Des troupes de malfaiteurs composées de laboureurs affamés, d’anciens soldats se livrent au vol, au viol, à la torture, à l’assassinat.

A Frossay, comme partout ailleurs, les maires se plaignent qu’il leur soit impossible de faire la moindre police : « en dehors des bourgs, les brigands volent, pillent, assassinent toutes les nuits et souvent le jour ». Dans les Deux-Sèvres « le système de pillage et d’assassinat y prend un caractère alarmant ».

Parfois ce sont de véritables bandes de 1 500, voire même 2 000 hommes qui se constituent : alors, elles n’hésitent pas à menacer les bourgs comme Parthenay. Partout, ce sont les mêmes scènes : on pille, on lacère les papiers de l’administration. Les meuniers sont souvent visés car on les accuse d’abuser de la situation.

Face à cette situation, les populations désarmées sont la plupart du temps livrées à elles-mêmes. Certaines pour s’autodéfendre prennent les mesures qui s’imposent : en Brière, par exemple, les habitants fabriquent trois canons de bois liés de fer.

Des milices sont réquisitionnées, des gardes de nuit créées. Cependant, toutes ces mesures se révèlent insuffisantes comme s’en plaint le maire de Salartenne : « La famine ne tardera pas à faire sentir ses funestes effets dans le pays sans un meilleur ordre des choses… On ne souffre pas le cultivateur dans sa chaumière, sa fille et sa femme sont violées devant lui. On le rend témoin et quelquefois complice de cette infamie. La mort le poursuit de toutes parts et le désespoir le fait abandonner ses terres. Bientôt, ses champs seront couverts de ruine au lieu des belles moissons qu’ils produisaient autrefois. »

Pour affronter ces dangers, l’administration exhorte les Vendéens à la seconder. Cependant, elle continue à ne pas faire la distinction entre les criminels de droit commun et les rebelles politiques : « Savez-vous, citoyens, qui sont ceux qui violent vos asiles, portent une main criminelle sur vos prisonniers et vos propriétés ? Ce sont les émigrés, les prêtres qui se cachent pour méditer de nouveaux forfaits et leurs satellites… »

Elle pousse à la délation : « Arrêtez, dénoncez tous les individus qui se cachent ou qui vous sont inconnus » et menace : « Si vous ne prenez pas cette ferme résolution (…) votre sang coulera encore et nous aurons la douleur de ne pouvoir l’arrêter »…

 

Publié dans AUX SIECLES DERNIERS, FAUNE FRANCAISE, VILLAGES de FRANCE | Pas de Commentaire »

La HONTE DES LUCS BOULOGNE (Vendée)

Posté par francesca7 le 18 avril 2014

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C’est, le 28, le drame — la honte, la plus grande parmi toutes la honte des Lucs-de-Boulogne, non loin de Legé. Hommes, femmes et enfants ont cherché refuge dans la vénérable église Notre-Dame. aussi modeste qu’une chapelle, située au Petit-Luc, dans un tenare paysage. L’église est bien trop petite pour les contenir tous — ils sont près de six cents. Beaucoup se sont tassés autour du sanctuaire, n’essayant même plus de se cacher dans les fourrés du tertre voisin. L’arrivée, soudain, des Bleus, et le massacre. Sabres, baïonnettes, pics, crosses, souliers, frappent partout avec fureur, égorgent, éventrent, écrasent ; puis, d’une hauteur proche, le tir de canons fait s’écrouler l’église sur les suppliciés. Quatre-cent-cinquante-huit noms sont connus, parmi lesquels ceux de cent-dix enfants de moins de sept ans. Ils sont inscrits sur les murs de l’église actuelle, élevée sur les plans de la précédente. On y voit des familles entières : M. et Mme Renaud, par exemple, et leurs cinq enfants, de dix-sept, quinze, douze, six et quatre ans ; ou M. et Mme Métaireau et leurs sept enfants, de vingt-et-un, treize, dix, sept, six ans, de quinze mois, de quinze jours. D’autres et d’autres encore…

Cependant, timidement, quelques municipalités républicaines commencent à réagir : Fontenay-le-Peuple (ci-devant Fontenay-le-Comte), Les Sables-d’Olonne, Luçon, s’indignent auprès de la Convention des « tueries dont même les patriotes sont victimes Il faut dire en effet que nul n’échappait, en général, à la fureur des Colonnes.

Des maires se portant au devant des tueurs furent souvent massacrés, quelquefois même après leur avoir offert des vivres pour essayer de les amadouer. A une réclamation des deputés du Maine-et-Loire, le représentant Bourbotte avait répondu « que les maisons des patriotes étant toujours devenues des repaires de brigands, devaient ètre détruites puisque l’intérêt public le commandait Et rappelons l’ordre du jour de Grignon, que nous avons précédemment cité : « Je sais qu’il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays, c’est égal, nous devons tout sacrifier ”.

Aux réactions des municipalites vont bientôt s’ajouter celles de quelques représentants, Lequinio principalement, député du Morbihan à la Convention après l’avoir été à la Législative. Lequinio s’était pourtant avéré un impitoyable bourreau lorsque, quelques mois auparavant, il n’avait pas hésité à faire fusiller, à Fontenay-le Peuple, quelque cent prisonniers, en tuant un de sa main ; Lequinio qui avait écrit : ‘< Si la population qui reste sur les territoires en insurrection n’était que de quarante mille personnes, le plus court serait de tout égorger ! » Eh bien Lequinio va devenir le grand adversaire de Turreau dans un rapport au Comité de Salut public en date du 12 germinal (1er avril) avec le récit des crimes les plus accablants des Colonnes infernales et en mettant lui aussi l’accent sur les actions contre les patriotes.

Et les sentiments du Comité et de la Convention vont se préciser chaque jour davantage. Ainsi Faurès, député des Sables. s’écrie à la tribune de l’Assemblée :

— Il ne cesse de nous parvenir des détails. plus affreux les uns que les autres, sur les crimes dont se sont souillés quelques généraux indignes de servir la République. Je vous dis, citoyens, qu’il est de l’intérêt de la Nation d’en effacer jusqu’au souvenir. »

turreauBarère à présent, Barère, l’homme du 1er août :
Le Comité de Salut public espérait toujours que l’armée de l’Ouest s’occuperait bien plus de détruire les brigands que de sacrifier les habitants et détruire les fermes, les villages et les récoltes et la troupe royaliste, naguère éparse, s’est grossie de tous les mécontents que l’on doit à l’exécution barbare d’un décret dans un pays qu’il fallait seulement désarmer et administrer avec les bras nerveux d’un pouvoir militaire et révolutionnaire.
Ainsi Barère, fort hypocritement, désavouait les terribles mesures qu’il avait préconisées.

Le comité de subsistance et les colonnes infernales ont été particulièrement efficaces : « Elles ont incendié, se lamente un observateur, toutes les bourgades et chaumières, massacré une partie du reste des laboureurs, brûlé dans les greniers, ou dans les aires, le blé ou les herbes ; égorgé ou dévoré une quantité innombrable de brebis, de moutons et de boeufs, emmené ou détruit tous les chevaux et mulets ; consumé dans les flammes les laines, les lins, les chanvres et tout le mobilier. » La misère du pays est totale. Certes, quelques troupeaux errants ont survécu, mais ils sont ravagés par une épizootie. Les rescapés dépérissent faute de nourriture.

L’eau, déjà traditionnellement de mauvaise qualité, est inutilisable en raison du nombre de cadavres en décomposition qui s’y trouvent. En fait, toutes les descriptions sont identiques : le pays est ruiné, la population décimée connaît la famine à laquelle s’ajoute un autre mal méconnu jusqu’à présent — le mal bleu, entendons les maladies vénériennes.

On dispose de maints témoignages sur l’état extrême dans lequel se trouve la Vendée. Celui du maire de Machecoul ( au dessus ) est éloquent :

« Nos administrateurs vivent dans la détresse pour ne rien dire de plus. Il n’y a rien d’exagéré ni dans le tableau des dévastations que nous avons essuyées, ni dans celui de la dépopulation, ni dans l’idée qui a pu être fournie de la diminution des revenus des immeubles. Nous pouvons vous assu’ rer qu’il est un très grand nombre de propriétés qui n’ont rien produit de net depuis la guerre et pour lesquelles il faut payer des impositions. Ce sont particulièrement les maisons de Machecoul, lesquelles, n’ayant pas été totalement dévastées ont été rendues habitables au moyen de réparations qui ont absorbé les revenus de plusieurs années. Plusieurs propriétaires, qui n’avaient rien touché pendant l’insurrection et qui manquaient de moyens pour réparer, ont affermé ces maisons pour un grand nombre d’années à condition que les locataires emploieraient le montant du prix des loyers de toutes les années à rétablir et réparer.

« Les propriétaires des vignobles non cultivés pendant la guerre qui ont eu l’espoir de les rétablir et les moyens de l’entreprendre sont à peu près dans le même cas. Ils ont beaucoup de peine, n’en ont pour ainsi dire encore rien retiré et courent le risque d’en retirer peu pendant plusieurs années.

«.Les terres du haut comme du bas marais de la commune de Machecoul ne produisent encore rien cette année. Ces terres sont sous les eaux depuis plusieurs mois. Les bleds se trouvent pourris comme l’an dernier. Cependant, lorsque ces terres ne sont point submergées ou ne le sont que momentanément elles sont les plus productives. Mais il y a tout lieu de craindre que les fermiers ne puissent encore payer cette année leur fermage et qu’ils ne recueilleront presque rien. »

La situation générale de la Vendée militaire est identique à cette description locale. De l’aveu même du ministère : « Toutes les campagnes ont été dévastées. Elles ont perdu dans des incendies leurs villages, leurs bâtiments d’exploitation, tous leurs instruments aratoires, dans les combats une grande partie de leurs bestiaux, un tiers de leur population. Les vignes qui couvrent les coteaux de la Sèvre et les deux rives supérieures de la Loire ont péri faute de culture et chargent encore la terre d’un bois inutile faute de bras pour les arracher. Les champs, privés pendant trois ans de labour, sont incultes ou très imparfaitement défrichés. Les cultivateurs de ce département, forcés de venir acheter aux marchés de Nantes leurs denrées de première nécessité, ne se consolent de tant de privations que dans l’espoir toujours éloigné de recevoir des dédommagements et secours (…). »

 

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Le coq de mon voisin

Posté par francesca7 le 18 avril 2014

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par Jean-Claude Kaufmann

Mon voisin vient d’acheter un coq. J’habite à la lisière de la ville, là où les jardins peuvent prendre un petit air de campagne. Mais cela reste la ville malgré tout, avec ses codes, ses impératifs, sa culture. Concernant le bruit, par exemple. Dans la ville, il y a toutes sortes de bruits, les marteaux-piqueurs, les voitures dans les rues, les cris des fêtards. Des bruits que l’on tolère parce qu’ils font partie de cette culture urbaine. Naples ne serait pas Naples sans son ambiance (très) sonore ; Amsterdam ne serait pas Amsterdam sans le bruissement de ses bicyclettes. Mais le bruit que l’on tolère doit être un bruit urbain, consubstantiel à sa ville, un bruit non déviant. Soit qu’il soit trop fort, inutile, agressif ; soit qu’il soit le signe d’une autre civilisation ou d’un temps révolu.

Prenez les cloches. Elles scandaient heure par heure le temps des sociétés traditionnelles, annonçant à tout le village les décès (glas) ou les dangers (tocsin). Aujourd’hui, les plus beaux carillons peuvent se métamorphoser en nuisances. Un habitant de Vence a récemment porté plainte contre les cloches matinales de la cathédrale. Trop tôt, l’angélus ! Par arrêtés municipaux, elles sont progressivement réduites au silence. Mais ce n’est pas des cloches que je veux vous parler, c’est du coq de mon voisin. Commençons par les poules, si vous le voulez bien. La société se convertit tranquillement à l’écologie, et c’est une très bonne chose. L’agriculture productiviste, les élevages en batterie font peur, et l’on souhaite recycler davantage ses déchets. Or, élever quelques poules chez soi permet de jouer gagnant sur les deux tableaux. De ne plus remplir les sacs poubelles avec les restes de salade et de se régaler d’œufs « super-bio-maison » comme ceux d’autrefois. La mode des poules en ville est donc en train d’exploser. Bref, les poules, c’est très bien.

Mais un coq ? À quoi ça sert, un coq ? À féconder les poules ? On ne les élève pas pour avoir des poussins, seulement des œufs ! Un coq, ça sert uniquement à faire joli, à faire du bruit (ou à embêter son voisin). Un coq, ça ne sert à rien ! Si ! Si ! diront certains. Alphonse Allais avait rêvé de construire les villes à la campagne. Mais pourquoi ne pourrait-on pas réinventer la campagne dans la ville ? Voilà une révolution écologique ! Avec beaucoup plus d’arbres, des potagers, des poules, des vaches, des cochons. Et des coqs ! Pourquoi le chant d’un coq serait-il plus pénible qu’un marteau-piqueur en action ? Pourquoi ne pas retrouver les saveurs acoustiques des villages d’antan ? Qui ne rêverait d’être réveillé au chant du coq ? Sauf que celui de mon voisin a totalement perdu les rythmes du village, qu’il chante à toute heure. Et faux, d’une voix éraillée. Si nous voulons réinventer le village en ville, il faut quand même y mettre les formes !

 http://www.psychologies.com/Planete mars 2014

 

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Claude Monet, figure emblématique de l’impressionnisme

Posté par francesca7 le 16 avril 2014

(Extrait de « Le Gaulois » du 6 décembre 1926)

Claude Monet, figure emblématique de l’impressionnisme dans FONDATEURS - PATRIMOINE 318px-Claude_Monet%2C_Saint-Georges_majeur_au_cr%C3%A9puscule 

 

 
Au lendemain de la mort de Claude Monet survenue le 5 décembre 1926, Louis Gillet, historien d’art et de la littérature ayant rencontré le célèbre peintre à Giverny et qui l’avait encore croisé une semaine auparavant, évoque ce « dernier survivant d’un monde disparu » que révulsaient le snobisme et le charlatanisme en quelques lignes poignantes : au simple égrenage d’événements émaillant son existence, à l’énumération froide des œuvres de cette figure emblématique de l’impressionnisme, il préfère un portrait empreint de poésie, frappé au coin de la nostalgie et pétri de sensibilité

Claude Monet est mort. Depuis huit ou dix jours, je le savais indisposé. Mais il était encore si robuste, il respirait une telle santé, que je ne voulais pas croire qu’il fût vraiment malade. Une grippe ne pouvait avoir de prise sérieuse sur un tel homme. Ses quatre-vingt-six ans l’avaient un peu tassé, sans parvenir à courber cette tête et ces épaules puissantes. Levé à l’aurore, l’année dernière, je le voyais courir encore dans son jardin : je dis courir, du moins l’espace de quelques pas, et se retourner ensuite, du haut du petit perron, un sourire sur sa large face, en plein soleil, dans la gloire de son immortelle vieillesse.

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Claude Monet

 

Rien en lui ne sentait le déclin. L’âge s’ajoutait à sa personne comme une majesté de plus. Le souvenir de sa longue vie, radieuse aujourd’hui, mais longtemps combattue des orages, grandissait sa figure indomptée par les ans. J’avais beau le savoir souffrant, sa vigueur me donnait confiance. Sa mort étonne autant qu’elle afflige : elle me surprend comme si j’apprenais l’écroulement d’un roc, la disparition de ces falaises d’Etretat dont il a tant aimé les formes tourmentées, assiégées par la vague et assaillies par les tempêtes.

Il habitait depuis quarante ans, à une lieue de Vernon, dans la vallée de l’Epte, une maison rendue célèbre dans l’univers par ses peintures et par l’arabesque charmante d’un quatrain de Mallarmé

Claude Monet que l’hiver ni
L’été sa vision ne leurre,
Habite en peignant Giverny,
Sis auprès de Vernon, dans l’Eure.

Je me rappellerai toujours la première visite que je lui fis. C’était à la fin de l’hiver, un jour éclatant de février. Les rivières débordaient, la campagne était inondée. Pour arriver jusqu’au village il fallut faire un long détour par-dessus le plateau. Les collines calcaires du Vexin nageaient seules au milieu des cultures noyées, comme sur un lac resplendissant. Tout avait ce jour-là un aspect sans âge, le sourire d’une nature éblouissante de jeunesse, telle qu’elle pouvait être il y a plusieurs millénaires, à l’aurore du monde primitif : plus rien de mesquin, de caduc ; on ne voyait que les grands traits de la création, la magnifique ampleur de l’ancien golfe de la Seine, avant l’homme et les premiers siècles de l’histoire. Et le vieillard, au milieu de ce monde rayonnant, où il n’y avait de vivants que le soleil et les eaux, semblait le dieu du paysage.

C’est l’été qu’il fallait le voir, dans ce fameux jardin qui était son luxe et sa gloire et pour lequel il faisait des folies, comme un roi pour une maîtresse. Ce jardin de miracle se divisait en deux parties devant la maison ; le parterre s’inclinait doucement en pente vers la rivière. Quatre carrés, séparés par une allée de roses, y formaient autour de pelouses des cadres d’une seule fleur. De quinzaine en quinzaine, à partir du printemps, on renouvelait ce tapis, c’étaient autant de tableaux qui se succédaient dans cet espace, autant de fêtes que le maître se donnait à lui-même, une suite d’enchantements qu’il s’offrait dans ce parterre de Klingsor. Qui n’a pas vu le jardin de Giverny au mois de juin dans le grand flamboiement d’or et le délice des iris, ignore une des féeries des Mille et une Nuits.

De l’autre côté du chemin de fer, que suit la ligne de Gisors, s’étendait un second jardin, d’un caractère tout différent : un bocage, un bosquet touffu, de grands arbres, des ombres où se suspend un clair obscur ému, et, parmi ce demi-jour, une lueur secrète, un miroir de bronze noir réfléchissant le ciel, ce ;jardin d’eau, l’étang des nymphéas. C’était là le joyau du maître, sa passion, la nymphe dont il était épris. Pour agrandir cet étang. il avait dépensé sans compter, élargi son domaine, détourné quatre fois le cours de la rivière.

Deux jardiniers, (il y en avait six à demeure chez Claude Monet) passaient deux heures matin et soir à faire la toilette de cet étang, à ôter les mauvaises herbes, à enlever les feuilles mortes. Tous les jours, le maître descendait là et s’absorbait quelques heures dans une contemplation muette : surface liquide, immobile, où traînaient des ciels à la renverse, des reflets de nuages, de couchants et de crépuscules, miroir des phénomènes, image de l’abîme incertain de la vie, à la surface duquel s’épanouit quelques moments la fleur de songe, le divin rêve du lotus.

D’autres diront la vie de Claude Monet, ses oeuvres admirables, les premières toiles « impressionnistes » (on sait que c’est de Monet que le nom a pris naissance, à cause d’un tableau intitulé Impression soleil levant) ; on dira ces ouvrages, tant bafoués naguère et devenus illustres, la Robe japonaise, la Gare Saint-LazareVétheuilAntibes, la Côte NormandeBelle-lsle, et les étonnantes séries », les Meules, les Cathédrales, les Peupliers au bord de l’Epte, ces poèmes de l’atmosphère, où le grand peintre réussit à fixer l’impalpable, à faire le portrait de l’immatériel, à décomposer le monde solaire en analysant le rayon, et à découvrir cette nuance que chaque heure ajoute à la teinte des choses, cette nuance propre de la lumière que les vieux conteurs appellent la couleur du temps.

Je sais qu’en ces dernières années il était bien porté de médire de l’impressionnisme. Mais je ne veux parler que de l’homme : il était le dernier survivant d’un monde disparu. Né la même année que Rodin, il demeurait seul, après Renoir, après Degas, d’une génération héroïque, une des plus brillantes qu’il y ait eu en France depuis le temps des Boucher et des Fragonard. Par-dessus les faux classiques de l’école impériale, il tendait la main à la pure tradition de chez nous : c’était le même sang qui coulait dans ses veines, la race et le sourire de la France, avec un lyrisme de plus, je ne sais quoi d’inspiré qu’on ne connaissait plus depuis Delacroix et Watteau. Cette impression de continuité, on l’avait en l’écoutant parler : entendre ses récits de jeunesse, entendre parler un homme qui avait connu Courbet et vu peindre Delacroix, qui parlait de ces grands morts comme de maîtres toujours présents, donnait une sensation singulière de grandeur.

 282px-Monet-Etretat-Lyon dans FONDATEURS - PATRIMOINE            182px-Claude_Monet_-_The_Manneporte_near_%C3%89tretat        276px-Claude_Monet_-_Regnv%C3%A6r%2C_Etretat_-_Google_Art_Project

Les Falaises à Etretat, par Claude Monet (1885)

 

Parvenu à l’âge du Titien, il continuait à peindre, toujours avec la même angoisse, le même tremblement, les mêmes accès de désespoir qu’éprouve un débutant qui ne sait rien de l’art. Dans ses dernières années, sa vue s’était trouvée menacée. Il avait subi deux fois l’opération de la cataracte. Il peignait cependant des paysages égarés, d’un aspect de plus en plus fiévreux, halluciné, dans des gammes impossibles, toutes rouges ou toutes bleues, mais d’une tenue magnifique ; on sentait toujours la griffe du lion.

Il était le dernier de sa génération. La gloire était venue, sans qu’il lui eût fait jamais une concession. Les mœurs nouvelles l’étonnaient. Le snobisme, le charlatanisme lui causaient une espèce de scandale et froissaient en lui je ne sais quelle intransigeance d’amour. Il n’aimait pas l’argent. « D’abord, la peinture se vend trop cher ! » s’écriait-il un jour, et il y avait dans sa voix du mépris et de la colère. Il lui semblait que la beauté vaut la peine qu’on souffre pour elle, et que c’était là sa dignité. Tout un hiver il avait vécu de pommes de terre, qu’il faisait pousser lui-même dans son jardin d’Argenteuil : c’est le souvenir dont il était le plus fier.

Dans ce monde moderne auquel il tournait le dos, il se trouvait désormais seul. De rares amis venaient le distraire dans sa retraite de Giverny ; le plus fidèle était M. Georges Clemenceau. On imagine sur le petit banc, au bord de l’étang des nymphéas, la méditation silencieuse des deux vieillards, et le ton dont le grand Vendéen pouvait dire au grand Normand : « Il n’y a plus que nous ! »

M. Clemenceau a fermé aujourd’hui les paupières de son ami. Il a fermé ces yeux qui auraient su voir dans la nature des merveilles nouvelles et arracher des voiles à ce vieil univers. Au bord de l’étang plein de songe, sa rêverie mélancolique se promena solitaire. Pleurez, ô nymphéas ! le maître n’est plus qui venait épier sur vos ondes, parmi les reflets du ciel et des eaux, la figure du rêve éternel de la vie.

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Comment Chaplin est devenu Charlot

Posté par francesca7 le 16 avril 2014

 

 

Il est né le 7 février 1914, dans « Charlot est content de lui ». Par quel prodige ? Et comment a-t-il conquis les foules ? Interview Le Point.fr.

220px-Charlie_Chaplin_portraitIl porte déjà la redingote et le melon, mais, sous le lourd maquillage noir, ses yeux n’ont pas encore la naïveté feinte qui les rendra si beaux. Ce 7 février 1914, avec Kid Auto Races at Venice, c’est déjà Charlot qui apparaît : un personnage tout entier collé au dieu du mime qui l’a fait naître, un « vagabond » admirable, suprêmement drôle, capable de transformer les ficelles les plus grosses en prodiges de finesse. Bientôt il mangera un à un ses petits pois sous l’oeil terrible du serveur qui lui présente la note, fera danser des petits pains, manquera d’étouffer sous une poitrine trop opulente. Puis mourra, de son propre chef, en laissant la grande histoire prendre l’avantage : c’est Le Dictateur, où Chaplin se met à parler. Christian Delage, historien et réalisateur, auteur de Chaplin, la grande histoire(éditions Place, 2002), explique comment Charlot est né, et pourquoi il a su, comme nul autre, soulever l’amour des foules.

Le Point.fr : Comment Chaplin construit-il Charlot ? 

Christian Delage : Par tâtonnements. Au début, son personnage de vagabond porte un frac et un haut de forme. Il est très élégant, mais, alternativement, il apparaît aussi comme mal fagoté. Chaplin va hésiter un moment avant de le définir par son chapeau melon, son pantalon trop grand, les chaussures qui le font marcher en canard. De la tête à la ceinture, il est très bien habillé ; de la ceinture aux pieds, c’est un traîne-misère. Lorsqu’il crée sa société de production, il tourne d’ailleurs un film où on le voit arriver dans ses bureaux et vérifier dans son coffre-fort que ses chaussures y sont bien conservées – serait-ce là un signe de la richesse de son personnage ou de son créateur ? La carrière de Chaplin peut aussi se comprendre comme un écart progressif entre le milieu pauvre dont il est issu et qui inspire Charlot, et l’embourgeoisement très rapide qu’il vit par ailleurs : en quelques années, il devient l’homme de cinéma le plus riche des États-Unis.

REGARDEZ un extrait du Kid :

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http://youtu.be/Xh3z89u1NtY

D’où vient-il ? 

Photographie de Charlot l'air énervé tenant la main à un petit garçon en haillons

Né en 1889 à Londres, plusieurs fois placé en hospice, en particulier à Lambeth, Chaplin a grandi dans un milieu d’artistes, de saltimbanques. Il commence très tôt, sur le tas, et apprend alors deux choses essentielles : la pantomime, et le travail du corps lié à l’art du cirque. Il répète ses gestes jusqu’à la perfection. Il est extrêmement agile, extrêmement gracieux. C’est un point important : son personnage sera celui d’un vagabond, mais qui, en toutes circonstances, conservera une élégance presque aristocratique. 

Qu’est-ce qui, selon vous, le définit le mieux ? 

La centralité. Charlot est au centre, tout le temps, et très souvent il regarde la caméra. C’est le cas dès son premier film, Charlot est content de lui (Kid Auto Races at Venice) : il est au bord d’un circuit automobile et vient sans cesse au milieu de la piste. Charlot est ainsi. Il dérange les autres, irrite les gros, les grands, les puissants, provoque plus fort que lui, resquille, pince les fesses des femmes. À la différence du timide Buster Keaton, il n’est pas entièrement positif. C’est sans doute pour cette raison que le public se retrouve en lui.

REGARDEZ un extrait de Charlot est content de lui : 

 

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http://youtu.be/FfJmkwJT56A

Le succès est-il immédiat ? 

Oui, et international. Grâce à la pantomime, en effet, Charlot peut s’adresser au monde entier. Charlot soldat, en 1918, est distribué dans une vingtaine de pays. Les Français y sont particulièrement sensibles, et aussi bien les milieux populaires que les avant-gardes – comme Blaise Cendrars ou Fernand Léger. 

Comment l’expliquez-vous ? 

Il y a quelque chose dans son rapport au corps qui tient à l’épure, à la transformation d’un espace ordonné en un espace aux lignes brisées : une esthétique qui intéressait beaucoup les artistes des années 10 et 20. Mais cela est balancé par la grande perspicacité de Chaplin à l’égard des changements de la société. Comme le fordisme, comme la montée du nazisme. On lui a reproché de faire rire d’Hitler. Cela n’a pas de sens ! Avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Chaplin comprend au contraire que ce qui est en train de se produire va atteindre à l’humanité tout entière. Et il le donne à voir, comme toujours, à travers le double personnage qu’il joue : la fragilité du barbier, mais celle aussi du dictateur, qui s’effraie lui-même et finit débordé par sa propre folie. 

Le Dictateur est aussi le premier film parlant de Chaplin. C’est aussi la fin de Charlot ? 

Le parlant arrive dès 1927 et, jusqu’en 1940, tout l’enjeu pour Chaplin est de retarder son hégémonie. Dans Les Lumières de la ville, il met en scène cette contrainte : son personnage échoue à chanter. Ce qui est magnifique, c’est qu’il se résout à prendre la parole au moment de l’hitlérisme, et à faire de cette prise de parole un des noeuds de l’oeuvre : le dictateur s’exprime par onomatopées, par éructations. Le film rassemble, je crois, sa carrière tout entière.

REGARDEZ un extrait du Dictateur :

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http://www.youtube.com/watch?v=xfVNyMLOYGQ

Comment voulait-il être perçu ? 

Il était très soucieux de son succès et, à la tête de sa maison de production, contrôlait absolument toutes les étapes des films. Il organisait notamment des pré-projections pour voir où les gens riaient, où ils ne riaient pas, et ajuster au besoin. Tout passait par le personnage. Ce qui explique aussi qu’il ait toujours repoussé les avances de mouvements politiques. 

Il a pourtant été victime de ses opinions. 

Il y a là une convergence malheureuse de plusieurs éléments. D’une part, ses prises de position qui, dès les années 30, conduisent le FBI à le surveiller. D’autre part, les déboires conjugaux qui menacent de l’envoyer régulièrement devant les tribunaux. Sa rencontre avec la toute jeune Oona O’Neill, et leur mariage alors qu’elle est à peine âgée de 18 ans, provoque le scandale. Chaplin se retrouve avec, aux trousses, une presse peu amène à son égard. Puis apprend, alors qu’il est sur un bateau en direction de Londres, que son retour aux États-Unis est compromis. Il se replie en catastrophe en Angleterre, puis en Suisse. Certes, il va vivre dans une belle maison, auprès de ses huit enfants. Mais l’artiste est amer et isolé. Peu de temps avant sa mort il est rappelé en Californie pour recevoir un oscar d’honneur. Il joue le jeu, remet son melon, fait deux pas en Charlot. En faisant l’éloge de leur nation, il met les Américains devant leurs responsabilités, eux qui, après l’avoir adulé, l’avaient rejeté.

REGARDEZ Charlie Chaplin recevoir un Oscar d’honneur :

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http://youtu.be/J3Pl-qvA1X8

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LE PERSONNAGE DE GARGANTUA

Posté par francesca7 le 16 avril 2014

 

1311525-François_Rabelais_Vie_inestimable_du_Grand_Gargantua__Gargantua_visite_Paris

La naissance de Gargantua, telle qu’elle est relatée dans les Chroniques, mobilise une nuée de personnages, accourus de divers horizons mythologiques : «  Tous dieux, semi-dieux, nymphes, paranymphes, déesses et autres se montrèrent fort serviables audict enfantement  »MorganeCybèle, Proserpine, Ysangrine et Cornaline reçoivent l’enfant. Le soleil, la lune, le vent, les feuilles des arbres même suspendent un temps leur mouvement. Ysabelle et Philocatrix – l’aïeule de Mélusine - baignent le bébé. Et sont aussi présents FaunusSilvanus, ainsi qu’une floppée de satyres et de lutins.

A sa mort, Gargantua ira rejoindre en Féerie le roi ArthurMorganeOgier le Danois et Huon de Bordeaux.

Est-ce là le signe de l’importance du personnage ? Il faut bien sûr faire la part de la fantaisie du récit. Il n’en reste pas moins que notre géant national, dont Rabelais a su extraire la substantifique moelle, s’inscrit d’emblée au coeur d’un univers mythologique polymorphe : celui qui anime le territoire français et certaines régions des pays limitrophes.

Son nom pourtant reste ignoré jusqu’aux années 1630. Ou du moins, on n’en relève aucune trace littéraire, ni iconographique. Enfoui dans le secret des traditions populaires, ce n’est que bien plus tard qu’il apparaît sous la plume des folkloristes qui sont allés le dénicher dans les légendes locales et dans les toponymes.

Et là c’est une révélation : on le découvre quasiment partout, inscrit dans la mémoire collective. Il est omniprésent dans les paysages. Il s’affirme comme un personnage essentiel de l’imaginaire local. L’impressionnant relevé de ce qui est parvenu jusqu’à nous – et qui, de façon évidente, ne doit que très peu à Rabelais – est là pour en témoigner.

C’est donc tout naturellement que l’on est amené à s’interroger sur la nature de ce volumineux personnage. Il paraît bien téméraire pourtant de chercher à le cerner, à en esquisser le portrait. Et il convient de rester très prudent. Ce qui n’empêche pas d’imaginer ce qu’il peut avoir représenté, de proposer des pistes, de lancer des hypothèses : en dépassant le premier degré des grosses plaisanteries – encore que … ; en enquêtant sur les traces qu’il a laissées ; en scrutant ses faits et gestes, les lieux qu’il a marqués, les thèmes récurrents, les mots eux-mêmes.

Son personnage ne s’appuie pas sur un récit chronologique, biographique, mais plutôt sur une accumulation de faits qui se répètent de lieu en lieu. Il apparaît comme un être intemporel, qui manifeste sa présence et son pouvoir ici et là.

Avant tout c’est un géant, et il rentre par là dans une catégorie bien définie de l’imaginaire. Mais, contrairement à la majorité des géants, il n’est en rien méchant, ni menaçant, même si, du fait même de sa taille, on préfère plutôt le voir s’éloigner. Et, s’il lui arrive de faire des dégâts, c’est bien malgré lui, et il se montre souvent prêt à réparer. De même, contrairement à la plupart des géants, il n’est pas attaché à un lieu particulier : il ne cesse de voyager, de parcourir, d’ »arpenter » à grandes enjambées le territoire, dans sa quasi totalité.

Gustave Doré, illustration pour <i>Vie inestimable du Grand Gargantua</i>C’est ainsi que Dontenville a pu suggérer que Gargantua réalise « à grande profondeur, notre unité nationale ». Il apparaît de fait, à la façon du dieu gaulois Teutatès, dans un rôle de protecteur de la communauté : c’est un guerrier, spécialement missionné par Merlin auprès d’Arthur pour le défendre contre ses ennemis. Il lutte contre les envahisseurs, contre les armées ou les géants qui mettent en péril le pays, ou bien d’une certaine façon contre le christianisme, la nouvelle religion qui menace les anciennes croyances (ne serait-ce qu’en ingurgitant périodiquement des moines, même si c’est par inadvertance, mais toujours en faisant honneur à l’esprit « gaulois »).

Et pourquoi après tout ne pas y voir une préfiguration d’Astérix, consolidé par Obélix pour la force et la manie de porter des mégalithes. Bourquelot ne parlait-il pas de lui en ces termes : «  Peut-être Gargantua doit-il être regardé comme une sorte de personnification de la race gauloise en lutte contre les Romains. Les peuples italiques avaient paru aux Gaulois, lors de leur invasion au-delà des Alpes, de petits et chétifs soldats ; c’est par cette idée qu’on pourrait expliquer le type de Gargantua comme représentation de la force celtique.  »

Son gigantisme l’impose comme un être supérieur, dont la tête peut se perdre dans les nuages, et qui prend plaisir à s’asseoir sur les plus hautes montagnes et sur les tours des cathédrales pour prendre des bains de pied dans les lacs ou les fleuves. Un être qui domine toutes choses, protéiforme et omniprésent, qui passe sans transition ni contradiction de la taille humaine à celle des montagnes. Cela répond bien sûr aux nécessités du récit, mais traduit aussi un caractère surnaturel, divin, omnipotent, à la fois proche des hommes et dominant l’Univers. Et cela contribue à en faire un dieu suprême et miséricordieux. S’agit-il pour autant du dieu unique d’un probable monothéisme gaulois ?

Dontenville, lui, le voit accouplé à Mélusine. Mais il n’y a pas nécessairement simultanéité. G.-E. Pillard explique qu’il serait «  inutile de chercher une quelconque parédrie : Gargantua « solaire » serait le successeur de Mélusine devenue « lunaire ». Et, dans ce cas, Gallemelle pourrait recouvrir l’image de Mélusine devenue, dans la légende, la « mère » de Gargantua. En réalité, elle ne lui a pas donné naissance, mais elle l’a précédé.  »  Il a été qualifié de dieu solaire : il fait régulièrement le tour du monde, et son premier voyage, accompagné de ses parents, et guidé par la Grant Jument dont ils tournent la tête vers l’ouest, le mène d’un lointain Orient jusqu’au Mont-Saint-Michel. Et c’est là, au bord de la mer Occidentale, qu’il finira par s’éteindre, ou bien qu’il s’embarquera pour les îles enchantées. Selon Gaidoz, le caractère dévorant, avaleur, de Gargantua conserverait le souvenir de sacrifices humains autrefois adressés au dieu solaire. Dontenville, lui, en fait un dieu du soleil couchant, associé en une sorte de triade, à Orcus, le dieu de la nuit, et à Belenos, celui de la lumière solaire.

Gargantua en tout cas ne s’impose pas vraiment comme un véritable démiurge, mais bien plutôt comme l’ordonnateur du cosmos ; il se contente d’aménager le paysage : les cailloux coincés dans ses bottes ou sa pierre à affiler forment les menhirs ; les palets avec lesquels il joue deviennent les tables des dolmens ; la terre décollée de ses sabots, et les produits de ses vomissures ou de sa défécation génèrent tertres et collines ; il tarit les rivières en buvant, et engendre les fleuves en urinant … Joueur maladroit, il ne se fait remarquer ni par son adresse, ni par sa précision, ce qui permet d’expliquer les irrégularités et bizarreries de la nature. Son caractère mal dégrossi, à l’emporte-pièce, et sa dépendance vis-à-vis des contingences naturelles, peuvent suggérer un regard pour le moins sceptique quant à la perfection de la nature humaine, voire divine. On est bien loin de l’harmonie des sphères célestes … Est-ce là la trace d’une véritable vision du monde, ou bien le résultat du long déclin d’une religion oubliée ?

L’activité de Gargantua se recentre souvent sur ses fonctions digestives, de l’ingestion à la régurgitation ou à la défécation. Cela pourrait le définir comme un dieu du temps, de la mort, qui dévore tout sur son passage. Il se bat volontiers en lançant des raves, légume souterrain, associé aux morts. Et Pillard parle de son « énorme bouche qui ressemble à un gouffre », à la gueule de l’Enfer, et il suggère que sa dent creuse, où ceux qu’il ingurgite trouvent régulièrement refuge, peut être considérée comme un« véritable purgatoire ». Tout cela en ferait un psychopompe, un passeur vers l’autre monde. Autre rôle qui renvoie à l’archange solaire saint Michel, auquel il est si souvent géographiquement associé.

Ses perpétuelles pérégrinations, ses traversées de cours d’eau, peuvent aussi suggérer un parcours initiatique, tandis que l’engoulement et le retour à la lumière du jour de ceux qu’il avale semblent représenter une épreuve marquée par la mort et la résurrection. G.E. Pillard suit cette piste : «  Les « tombes » de Gargantua figureraient très bien les lieux de célébration de « mystères », avec épreuves initiatiques, les déplacements de Gargantua matérialiseraient des itinéraires sacrés reliant des lieux de pèlerinage, et les dépattures en marqueraient les principales étapes.  »

Gargantua pourrait aussi être un dieu de la génération : on a observé des rites de fécondité autour de pierres qui lui sont dédiées, et il est tentant de donner une interprétation phallique aux épisodes qui évoquent sa « troisième jambe ».

Henri Fromage, quant à lui, a exploré, à la suite d’Henri Dontenville, quelques thèmes sonores qui reviennent en leitmotiv dans les épisodes légendaires : mul/mun (meule, moulin, meunier, moine …) qui ferait référence au dieu gallo-romain Mars-Mullo ; pal(palet, pelles …) qu’il rattache au latin spelunca, « caverne, grotte, entrées du monde souterrain » et qui serait à rapprocher de Mercure ; boui (bouillie, boeufs, boue, bois …) qui renverrait au dieu Apollon-Borvo des sources bouillonnantes. Ainsi Gargantuaassurerait à lui seul les fonctions propres à Mars, Mercure et Apollon

Enfin, parmi les multiples conjectures que suscite ce personnage, un récit le montre naissant à Plévenon, pas plus gros qu’une équille, mais très long, au point que sa tête sortait de la bouche de sa mère. Et cela nous mettrait sur la piste d’un dragon, également « à grand gosier », selon les mots de Dontenville qui est tenté de le voir représenté sous la forme du serpent à tête de bélier de l’iconographie gauloise : «  On peut soupçonner un Gargantua primitif d’avoir eu partiellement forme de serpent, d’avoir été le géant anguipède, mieux encore, de s’être transformé complètement, selon des rites perdus, de serpent en géant.  »

Gustave Doré, illustration pour les <i>Œuvres</i> de François RabelaisMais, si Gargantua est si important, pourquoi a-t-il été si longtemps entouré de silence ? Pourquoi est-il resté dans l’ombre ? On peut supposer qu’il était en fait trop dérangeant, en tant que représentant d’une religion qu’il fallait effacer de la mémoire. Dans ses Légendes rustiques, George Sand disait de Georgeon que «  ce nom terrible qui présidait aux formules les plus efficaces et les plus secrètes, ne devait être confié aux adeptes de la sorcellerie que dans le pertuis de l’oreille …  » Georgeon, un avatar de Gargantua ? En tout cas, les dieux anciens furent diabolisés ; et sans aucun doute parla-t-on longtemps de Gargantua sous le nom du « Diable« . D’autre part, le nom de « Gargantua » ne semble pas très ancien. Il pourrait s’agir d’un qualificatif pour un dieu au nom volontairement caché, non nommé, et peut-être même sans nom. Tout simplement, « celui du mont Gargan », de ces monts sacrés, désormais dédiés à saint Michel ou bien associés à d’anciens cimetières, que l’on retrouve un peu partout sur le territoire, et même hors de nos frontières, notamment en Italie avec le Monte Gargano (près duquel Florimont tue le géant Garganeüs), ainsi que, semble-t-il, sur le mont Ararat.

Et l’on peut tout simplement envisager Gargantua comme une figure composite, englobant toutes les anciennes divinités diabolisées sous ce nom par la nouvelle religion.

Pour tout savoir, visitez : http://www.mythofrancaise.asso.fr/mythes/figures/GAmytho.htm

 

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Le fromage en France

Posté par francesca7 le 13 avril 2014

 

220px-Banon_et_fromages_de_chèvre_de_Haute-ProvencLe fromage en France fait partie des habitudes de consommation quotidiennes.

La France compte près de 1 000 fromages différents dont des pâtes molles, des pâtes persillées, des pâtes pressées et des pâtes cuites non pressées. En France, 45 fromages bénéficient de l’Appellation d’Origine Contrôlée et 38 d’une Appellation d’Origine Protégée (cf. Les Apellations d’Origines).

La filière du fromage en France est constituée d’environ 30 000 producteurs de lait, de 1 400 producteurs de fromage, affineurs ou non, de 250 transformateurs coopératifs de fromage, 227 transformateurs privés de fromage et de 154 affineurs exclusifs de fromage.

Avec 24 kg de fromages consommés par an et par habitant, les Français sont parmi les plus gros consommateurs du monde, juste derrière les Grecs (25,4 kg). C’est le produit laitier le plus consommé, devant le yaourt. En 2003, les ménages français ont acheté 589 473 tonnes de fromages. Cette dépense représente 6,8% du budget alimentaire et 41%du budget produit laitiers.
L’image du fromage en France est caractérisée par une forte dimension plaisir : très apprécié pour l’excellence de son goût et sa dimension conviviale, il est facilement proposé aux invités. Le fromage en France est doté d’une image positive en termes de santé, grâce à ses apports en calcium, en protéines et en énergie. Le fait qu’il soit perçu par certains comme un aliment gras (voir encadré) présente tout de même un frein à la consommation, essentiellement chez les femmes et chez les seniors. Enfin, l’offre de fromage en France est jugée de qualité inégale et moins accessible que les autres produits laitiers en termes de prix : le bon fromage est associé à des prix plus élevés.

Ainsi, certains Français (principalement des femmes soucieuses de la dimension santé de leur alimentation, pour lesquelles le fromage est source de calories) déclarent le remplacer par un yaourt en fin de repas. D’autres, en revanche, le remplacent par un dessert lacté ; il s’agit souvent de femmes jeunes (15-35 ans) à la recherche de produits de plaisir, de grignotage ou de compensation, mais également de produits pratiques permettant une consommation individuelle.

7 % des Français souhaiteraient pourtant manger davantage de fromage : ce sont des personnes prises dans des dimensions de plaisir, d’émotion, de vitalité, qui recherchent des produits simples et rapides à consommer. À l’inverse, 8 % des Français souhaiteraient en consommer moins : ceux-là obéissent plutôt à des logiques de restriction alimentaire ; ils évitent aussi de manger trop gras et se sentent coupables lorsqu’ils mangent du fromage. Notons tout de même que les gros consommateurs sont ceux qui souhaitent en consommer plus et qu’à l’inverse les petits consommateurs déclarent souhaiter en consommer moins.
La variété de l’offre de fromage en France (plus de 1000 variétés) soutient la consommation des individus, qui atteint en moyenne 6 actes par semaine par consommateur.

Avec plus de la moitié des actes de consommation les pâtes molles (camembert, coulommiers, munster…) et les pâtes pressées cuites (emmental, comté,..) sont les fromages les plus répandus et les plus consensuels.
Les fromages de chèvre, de consommation plus sélective et plus régionale, séduisent par leurs formats, leurs goûts variés.
Les nombreux autres fromages de France permettent à chacun de différencier et de varier sa consommation en fonction de ses préférences, ses connaissances, des habitudes du foyer et de la région géographique.

En France, Les hommes consomment plutôt des fromages traditionnels à goût typé, camembert ou pâtes persillées, les femmes surconsomment des fromages aux goûts doux : fromages frais salés ou fondus. Les enfants (2-14 ans) consomment surtout des fromages fondus ; par ailleurs la part de leur consommation hors domicile est plus importante.

Retrouvez la présentation, l’histoire et la fabrication du fromage en France :

• Le fromage de Savoie   
• Le fromage d’Auvergne 
• Le fromage Corse   
• Le fromage alsacien Le fromage en France dans Les Fromages
• Le fromage de Normandie   
• Le fromage du Nord   

• Le fromage de Bourgogne  
* Le fromage du Jura
Le fromage de Provence
* Le fromage basque

 SOURCE / http://androuet.com/index.php

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La parcelle Romanée-Conti

Posté par francesca7 le 13 avril 2014

La parcelle Romanée-Conti a été délimitée par les moines dès le XIIe siècle. Un tracé bien précis qui en fait un solitaire parmi d’autres diamants.

Romanée-Conti_-_vinhedo_-_RLa Romanée-Conti couvre 1 hectare, 80 ares et 50 centiares. Une exposition un peu originale, une présence d’argile très fine, une profondeur de terre importante et un drainage naturel parfait feraient la différence avec ses voisines. 

Si l’on peut matérialiser certains grands terroirs – argile bleue de Pétrus, graves de Margaux… -, il n’en est rien pour la reine bourguignonne. Du moins, rien de visible. Perché sur les murets, à flanc de colline, on a beau écarquiller les yeux, rien ne semble distinguer le solitaire des autres diamants qui l’entourent. Dans le long défilé des premiers et grands crus entre Gevrey et Vougeot, la parcelle baptisée Romanée-Conti n’est donc pas plus extraordinaire qu’une autre. Dans cette quasi-monotonie, une simple borne signale l’existence du paradis des vins, la limite sud-est du plus grand des grands vins de Bourgogne, monopole des familles de Villaine et Leroy. 

La Romanée-Conti couvre 1 hectare, 80 ares et 50 centiares. Son premier rang de vignes commence le long d’une petite route de vignerons, son dernier s’arrête au sentier des Raignots, large de 1,50 mètre, qui la sépare d’un autre grand cru, Richebourg. « La Romanée-Conti regarde le sud, et, au point de rupture avec le Richebourg, il y a un changement de pente léger vers le nord-est et donc une rupture géologique et micro-climatique », assure Aubert de Villaine, associé-gérant du domaine. Une exposition un peu originale, une présence d’argile très fine que l’on ne trouve pas forcément chez les voisins, une profondeur de terre importante, un drainage naturel parfait : voilà ce qui ferait la différence entre ce morceau de prince (elle appartint effectivement à Louis-François de Bourbon, prince de Conti) et les autres. Du moins, voilà ce qu’on peut en dire. Pas grand-chose, donc.

Le dogme 

Et pourtant, même si la Romanée-Conti a engendré une multitude de légendes, une chose est sûre : cette délimitation extrêmement précise de un hectare, quatre-vingts ares et une poignée de centiares existe depuis le XV siècle, peut-être même le XIIe, sans qu’on l’ait modifiée. « Elle a été dessinée avec le vignoble de Vosne par les moines du monastère de Saint-Vivant, qui dépendait de Cluny, alors que Richebourg était organisé par les moines de Cîteaux. Et le point de rencontre des influences de ces deux grands ordres religieux, c’est là, à la limite des Échezeaux et des Richebourg. » Pourquoi les moines ont-ils organisé un partage aussi précis, pour quelle raison ont-ils donné ce contour à la future Romanée-Conti ? Et surtout pourquoi les partages, les ventes, les invasions, les guerres, la Révolution, bref, des siècles d’histoire tumultueuse, ont-ils respecté ce choix initial ? Mystère et boule d’argile. 

Richard Olney, qui a écrit sur la Romanée-Conti l’ouvrage de référence*, nous dit tout des moines, clercs, grand seigneurs, bourgeois, ou Roi-Soleil qui ont eu à la fréquenter et consacre un chapitre au « génie du terroir » sans vraiment nous donner ses références. Là encore, c’est peut-être Aubert de Villaine, qui nous met sur la bonne piste : « Ces terroirs, que les siècles ont respectés, et quels qu’en soient les propriétaires, ont eu parfois des faiblesses. C’est comme la papauté : les papes passent, mais le dogme reste. Et le dogme, c’est le mariage intime avec un cépage, le pinot noir. Il faut imaginer qu’il a été sélectionné, je dirais raffiné par les moines qui sont allés le chercher dans les forêts de Bourgogne, pour devenir ce qu’il est, un cépage neutre qui ne fait de grands vins que sur les grands terroirs. » 

Le « mulch » 

La parcelle Romanée-Conti  dans Les Vins 220px-Romanee-Conti_-_sele%C3%A7%C3%A3o_1999Le mystère insondable est sans doute là : une adéquation subtile entre un raisin et un sol, un climat, une exposition, une alimentation en eau – la Romanée-Conti ne souffre jamais de la sécheresse. Tout cela déterminé par des années, des siècles d’observations. « Regardez les nuances sur les grands crus, dit encore Aubert de Villaine : l’exubérance de l’Échezeaux, le côté soyeux du Grand-Échezeaux, La Tache, spectaculaire, qui tape du poing sur la table, surtout quand elle est jeune, la Romanée-Conti, beaucoup plus réservée, qui demande à être vraiment connaisseur pour l’apprécier. Elle ne commence à être elle-même qu’à partir de 15 ans. » 

Les hommes n’ont pas seulement observé, ils ont aussi travaillé ces terroirs. Du temps des Conti, les paysans allaient chercher la terre fine des plateaux pour amender les vignes. Pourquoi sur les plateaux ? Parce qu’on avait compris que c’est de là que naturellement elle venait, véhiculée par le ruissellement des eaux de pluies. Il y avait aussi le « provignage », qui a duré jusqu’en 1945 à la Romanée-Conti. Cette opération relevait du mystique autant que de la pratique culturale. Pour reproduire la vigne, en effet, on « sacrifiait » un bon pied, qu’on enterrait couché dans une fosse en laissant juste deux sarments, qui, en se développant, créaient deux ceps nouveaux. « Quand on a arraché en 1945, pour reconstituer le vignoble, raconte Aubert de Villaine, il y avait une épaisseur de racines entremêlées – on appelle cela un « mulch » – sur plus d’un mètre de hauteur. Notre première récolte a eu lieu en 1952. Le vin était extraordinaire. André Noblet, notre ancien chef d’exploitation, était sûr que les nouvelles vignes avaient puisé dans ce mulch le caractère de la Romanée-Conti… »

Romanée-Conti, Richard Olney, éditions Flammarion. 

 

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le champagne de l’excellence

Posté par francesca7 le 12 avril 2014

 

À l’origine « danseuse » d’un fourreur de la Belle Époque, le domaine produit une cuvée millésimée uniquement les très bonnes années.

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L’histoire de Salon ressemble à la trame d’un roman réaliste et historique. Au début de l’aventure, il existe pour de vrai un monsieur Salon, Eugène-Aimé de son prénom. Champenois, fils d’un artisan charron, il a très vite quitté les roues de charrette et les pieds de vigne pour « monter » à Paris et faire fortune dans un tout autre secteur : la fourrure. Eugène-Aimé fréquente le Maxim’s des princes russes et de la Belle Otéro. On le décrit comme un des brillants personnages de la Belle Époque. Pour se faire plaisir, briller auprès des dames et régaler ses amis, il acquiert un hectare de vigne dans un des plus fameux crus de champagne : Le Mesnil-sur-Oger. C’est une des communes références de la Côte des Blancs, au sud d’Épernay, royaume du cépage chardonnay. Le Mesnil a un terroir particulier, qui donne des vins tranchants, de très longue garde, rarement aimables dans leur jeunesse, mais d’une grande subtilité aromatique avec le temps. 

Le champagne Salon, au départ de son histoire, ne se destinait donc pas au circuit commercial. Mais par la suite Eugène-Aimé récupère les raisins de plusieurs parcelles autour, et crée sa propre marque, assez confidentielle, connue et appréciée surtout des professionnels champenois. Eugène-Aimé meurt solitaire en 1943. On dit que depuis le début des hostilités il ne sortait plus guère de chez lui. 

 

Dans le « nid d’aigle » d’Hitler

téléchargement (9)Une année passe, puis les Alliés débarquent. Parmi eux, Bernard de Nonancourt, dont la mère est une Lanson, du champagne du même nom. Son frère, résistant, est mort ; lui a réussi a rejoindre en vélo Grenoble où le futur abbé Pierre l’a aidé à rejoindre l’Espagne. De là, il a gagné l’Angleterre et s’est mis au service du général de Gaulle. Engagé dans l’armée Leclerc, il dirige le commando qui, désobéissant aux ordres du commandement américain (mais avec la bénédiction de Leclerc), s’empare du fameux « nid d’aigle » d’Hitler, son repaire de Berteschgaden. Là sont entreposés nombre de trésors volés à la France dont plusieurs milliers de bouteilles : les chiffres varient, peut-être 500 000… Les plus grands crus de Bordeaux, de la Bourgogne, les grandes cuvées de Champagne… Bernard de Nonancourt et ses hommes fêtent l’événement et débouchent une bouteille qu’ils trouvent dans une des caisses qui servent à entreposer ces vins : du Salon 1928. Le goût de ce vin, certes une très grande année, lui restera à jamais en mémoire et Nonancourt se fait le serment que si un jour Salon est à vendre, il l’achètera.

Après la guerre, Bernard de Nonancourt a développé avec succès la marque Laurent-Perrier – rachetée par les Lanson en 1925 – et il a tenu parole. Quelques années plus tard, quand une marque d’apéritif, qui l’avait maintenu en l’état, décida de se séparer de Salon, il en deviendra le propriétaire et le gardien de l’orthodoxie… 

Inverser la marche du temps 

Salon est toujours élaboré a partir de la vigne historique d’Eugène-Aimé, complété par les raisins provenant d’une vingtaine de parcelles – les mêmes depuis le début du siècle. Sauf une cependant : le Clos Tarin, qui est devenu le Clos du Mesnil de Krug en 1979. Salon ne produit qu’une seule cuvée, pur chardonnay et millésimée, uniquement les très bonnes années : 37 seulement en un siècle ! « Dans la décennie 80, nous avons réalisé seulement quatre millésimes et rien entre 1990 et 1995. En revanche 95, 96 et 97 ont été embouteillés. Nous n’avons pas produit de millésime 98, car il manquait d’acidité », explique son directeur, Didier Depond. 

Coupe de champagneSalon conserve très longtemps ses bouteilles avant de les commercialiser (Le 99 est en vente en ce moment chez les cavistes) et conserve en permanence dans ses caves entre dix et douze millésimes différents. Les bouteilles (80 000 en moyenne pour chaque millésime) sont mises à la vente quand oenologue et directeur les jugent à maturité suffisante. Parfois même, ils inversent la marche du temps, proposant le 88 avant le 85 jugé encore un peu trop jeune. Une dégustation des vieux millésimes de la marque constitue évidemment un événement rare et particulièrement délicieux. 

Les grands millésimes

Salon 1976, année de la grande sécheresse (et d’impôt concomitant). Les vendanges ont commencé fin août. Nez crème au beurre, amande grillée, bouche encore jeune, solide, aux saveurs de miel et d’épices, très long, toujours délicieux aujourd’hui.

Salon 1982. Peut-être le plus beau : un nez de truffe blanche, note de cire, puissant, riche, bouche grasse, ronde, structurée, ample, des saveurs de pêche blanche et de pâtisserie. Beaucoup de volume, mais sans se départir de l’élégance : un monument.

Salon 1988. Des arômes de brioche, épices douces, citron confit. 

Salon 1990. Doré soutenu, tilleul, épices, citron vert, floral, nez très frais, bouche structurée, acidité présente mais sans agressivité, délicat, du gras, très rond, dense mais élégant, très flatteur. 

Millésimes exceptionnels 1961,1959, 1955, 1948 et même encore en très bonne forme le 1928 qui avait tant plu au jeune officier de Nonancourt…

 

article paru LePoint.fr 

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Histoire de la Tomme d’Arles

Posté par francesca7 le 12 avril 2014

Tomme_d'Arles La tome d’Arles est un fromage de Provence frais au goût de brebis. Sans croûte, elle se présente nue, recouverte d’une feuille de laurier. C’est un fromage fondant et onctueux qui favorise la digestion en fin de repas. 

On trouve dans la littérature le mot  » TOME  » orthographié avec un ou deux « m ». Dans les paragraphes qui suivent les deux orthographes sont utilisées en fonction de l’auteur cité. En Provençal, le mot  » toumo  » ne prenant qu’un  » m « , il semble plus juste d’adopter la forme  » tome « , qui de plus, évite la confusion avec d’autres fromages très différents tels la  » tomme de Savoie  » par exemple. La définition du Larousse des fromages à la rubrique CAMARGUE, donne un aperçu global du produit et de son contexte de fabrication : » CAMARGUE (Provence) – brebis.

Au printemps, la Camargue est envahie par d’immenses troupeaux de moutons transhumants vers les basses Alpes. On fait du lait des brebis, de frais fromages accommodés de thym et de laurier. On les appelle Gardian ou Tome d’Arles, où d’ailleurs on peut rencontrer près des arènes, des marchands ambulants de ce fromage très agréable frais et qui, en durcissant, acquiert un arôme profond ( d’Avril à Juin ). «  

L’élevage en pays d’Arles.

 La commune d’Arles, depuis le XIIème siècle, a peu à peu cédé ses terres aux particuliers, se contentant de réserver un droit de parcours, ou droit d’Esplèche, laissant les coussouls et pâtis, de la Mi-Carême à la Saint Michel, à la libre disposition des éleveurs qui payaient un impôt foncier à la commune. 

Fin XVIIIème, on trouvait en Crau et en Camargue trois grandes catégories de troupeaux de brebis :

* Ceux qui venaient des Alpes ( troupeaux de transhumance inverse ). 
* Ceux qui appartenaient aux éleveurs arlésiens qui ne possédaient aucune terre, les troupeaux de  » nomades « ).
* Et enfin les troupeaux des tenants du foncier, les plus nombreux que l’on trouvait sur l’ensemble de la Crau et sur les espaces incultivables de la Camargue.

Au XIXème siècle on assiste d’une part à une mise en valeur de la Crau et de la Camargue, avec des travaux d’assèchement, d’assainissement et d’irrigation, ce qui a eu pour conséquence de restreindre l’espace destiné aux troupeaux et d’autre part une évolution des bêtes avec l’introduction du mérinos d’Espagne qui, croisé avec la vieille race locale cravenne va aboutir à la formation d’une race : le mérinos d’Arles. Rustique et résistant, cet animal est très bien adapté à la transhumance, ne craignant pas les longues marches ni les variations de température. De plus, doté d’une toison épaisse, le mérinos d’Arles a une laine longue et fine d’une qualité remarquable. 

Mais l’érosion des prix de la laine, commencée dès le début du XXème siècle, et la concurrence des laines étrangères va contraindre l’éleveur à s’orienter vers une production d’animaux de boucherie. On observe alors une évolution de la race mérinos d’Arles. 

Après la seconde guerre mondiale, on assiste au développement des activités agricoles sur les espaces traditionnellement réservés aux troupeaux : extension de la riziculture en Camargue, extension des cultures fourragères en Crau, et cultures de produits maraîchers, de melons ou de blé dur. 

Histoire de la Tomme d'Arles  dans Gard 220px-Goat_familyParallèlement au développement agricole, l’installation du complexe de Fos-sur-Mer va voir l’extension des zones urbaines. Les revenus apportés par la vente de la laine deviennent de plus en plus mineurs : dans les années 50, la laine couvrait tout juste les frais du voyage à pied ! Et la majorité des rapports proviennent de la vente d’agneaux de boucherie. Autrefois, les troupeaux transhumants étaient menés par des boucs castrés, dont les cornes s’étaient ainsi développées, les  » menons « . Ces boucs appartenaient à la race du Rove ; ils sont aujourd’hui remplacés par des moutons conducteurs appellés floucats. Leur nombre est variable pour chaque troupeau, environ un pour 200 ou 300 bêtes environ. Les chèvres qui accompagnaient les troupeaux, fournissant du lait pour améliorer la nourriture des bergers et aussi fabriquer des fromages, voient leur nombre diminuer d’année en année. Il y avait près de 3900 chèvres dans les troupeaux transhumant vers les Basses-Alpes en 1946. En 1960, environ 80% des troupeaux comportaient encore

 
Les origines de la tome d’Arles.

Louis STOUFF, historien, dans son ouvrage  » Ravitaillement et alimentation en Provence au XIV et XVème siècles  » , nous renseigne sur les habitudes en matière de consommation de fromage :  » On offre au roi René des ‘fromaiges rons des presurs’. Les chanoines du chapitre Ste Trophine à Arles mangent traditionnellement à l’époque de Pâques des fromages frais et salés. Le mot tomme est utilisé, il est difficile de savoir à quoi il correspond ; à Arles il paraît désigner des fromages de brebis car on trouve des instruments destinés à la fabrication et à la conservation de la tomme chez les bergers qui ne possèdent que des brebis. «  

220px-Mas_de_l%27Amar%C3%A9e_cabane_de_gardian_en_1903. dans Les FromagesDans cette définition, ce fromage frais et salé, de brebis, semble correspondre à l’actuelle tome d’Arles. 
Louis STOUFF toujours, dans son livre  » Arles à la fin du moyen-âge  » , nous parle des pastres :  » Le lait se recueille dans des seaux, la production et la fabrication des fromages sont l’un des revenus. En 1390, un pastre s’engage à traire les bêtes et à fabriquer le fromage … ils ont des claies pour les faire sécher, l’un d’eux a sans doute douze douzaines de fromages en cours de séchage, leur équipement comprend de petits paniers pour égoutter les fromages frais. «  

On consommait aussi du fromage de chèvre :  » caseum de baucio  » , en provenance de la chaîne des Alpilles, domaine des chèvres. 

Le mot tome, utilisé par Pline l’ancien semble désigner un commencement de fromage plutôt qu’un fromage proprement dit, c’est à dire un caillé pas encore affiné. On portait à Rome des fromages mous en provenance de Lozère ou du Gevaudan, nommés en patois  » toumo  » . ( A. FABRE – le roquefort de Pline l’ancien ). 

Frédéric MISTRAL, dans  » Mireille  » , traduit tomme par fromage frais et dans le chapitre 6 du poème du Rhône, il précise : 
 » Jonchée ( toumo ), fromage frais que l’on fait égoutter sur des joncs et que l’on retourne de temps en temps  » , d’où la locution  » vira coume uno toumo  » ( tourner comme une tomme ). Toujours d’après Mistral, les  » fiscello  » étaient des petits ronds de jonc ou d’osier sur lesquels le lait caillé était mis à égoutter, mais la tomme se moulait dans des vases de poterie percés de trous. Les tommes préparées avec du lait de chèvre ou de brebis sont d’un blanc très pur, d’un coupe fine lisse et brillante. ( R. JOUVEAU – La cuisine provençale de tradition populaire ).

 
Les débuts de la tome d’Arles.

En 1923, Mr. A. CONDUCHE, alors employé saisonnier de Roquefort, dans une laiterie à Moules, près d’Arles, achète sa propre laiterie en Arles. Il n’avait pas de troupeau, il organisait le ramassage du lait ( exclusivement de brebis car il reprochait aux chèvres leur faible rendement ) d’Octobre à Mai, sur Nîmes, St Gilles et Vauvert, trois localités du département voisin, le Gard. 

En période de pointe, il traitait jusqu’à 1500 litres de lait par jour, la majorité était transformée sur place en roqueforts qui étaient envoyés par la suite dans les caves de Roquefort pour affinage, le reste de la production se répartissait en : 
– Un fromage frais et nu L »ARLESIENNE  
– Un fromage ½ sel LOU GARDIAN  
– Un fromage plus sec LOU PASTRE
  
Vendus sur les marchés d’Arles, Nîmes, Avignon et Tarascon. ( ces trois noms étaient déposés sous une marque commerciale ) Le nom de  » gardian  » est encore communément utilisé pour nommer la tome d’Arles.L a production de Mr. CONDUCHE a cessé en 1952, par insuffisance de lait. 

Aujourd’hui, on trouve le successeur de Mr. CONDUCHE en la personne de Mr. René BOUET, issu d’une famille de bergers depuis plus de 150 ans, à Vauvert dans le département du Gard. Associé avec son gendre, Stéphane LEMERCIER, il est le dernier à poursuivre cette production, dans sa fromagerie  » le Mas du Trident  » , à Vauvert avec 300 brebis. Leur fromage, commercialisé sous le nom de  » Trident « , se trouve sur les marchés de Provence, les crémiers, épiciers et restaurateurs de la région.

En dehors de la commercialisation, la tome d’Arles a toujours été fabriquée dans les mas de Camargue, pour l’auto-consommation et nourrir les ouvriers qui travaillaient dans ces fermes. Certains habitants de la périphérie d’Arles avaient de petits troupeaux de chèvres et faisaient de la tome avec la même recette, les mêmes méthodes, pour leur propre consommation.

 La fabrication de la Tome d’Arles.

   La tome d’Arles est un fromage frais de type caillé présure. Elle est de forme carrée ( la forme carrée ne vient pas de la forme des moules, qui sont ronds, mais du fait que les fromages sont stockés côte à côte, très serrés ). Elle mesure 6 cm de côté et 1,5 cm d’épaisseur.  

images (12)Sans croûte, elle se présente nue, recouverte d’une feuille de laurier. Le lait était tout d’abord traité à 60 °C pendant 30 minutes, ce qui correspondait à une pasteurisation basse, obligatoire pour éviter la brucellose, ou fièvre de malte ou fièvre ondulante. Les contrôles vétérinaires actuels dispensent de cette opération. Le lait n’était pas écrémé. L’emprésurage se faisait à une température de 30 à 33 °C, avec environ 35 ml de présure ( 10.000 ) pour 100 litres. La coagulation durait 60 à 90 minutes selon la température ambiante, de 25 à 30 °C. Le caillé était découpé au sabre en cubes de 5 cm., sauf pour  » l’Arlesienne « , afin de soutirer le sérum. Le moulage était individuel et à la louche, dans des faisselles en terre ou en fer et plus récemment en plastique ( 8 cm. de diamètre et 6 cm. de haut ). Le pressage se faisait par la pression naturelle, on tournait le fromage toutes les deux heures ( sauf  » l’Arlesienne  » qui n’était pas retournée ) et le démoulage s’effectuait au bout de 24 heures.  » Lou Gardian  » était salé, poivré, et saupoudré de thym, laurier, fenouil en poudre et recouvert d’une feuille de laurier entière. Ce même gardian pouvait aussi être vinaigré ou trempé dans l’alcool.

Stéphane LEMERCIER définit son fromage ainsi :  » Une pâte fraîche, blanche, souple, au goût remarquablement fin et subtil, de forme carrée, parfumée aux herbes de Provence, recouvert d’une feuille de laurier, voilà le Trident, spécialité de Camargue au lait de brebis. Régal des gens de Camargue et de  » bouvine « , il est souvent consommé en entrée à la façon de Jean LAFONT ( célèbre manadier de Camargue ), accompagné d’une salade de tomates et poivrons ou autre légume de saison et surtout arrosé d’une huile d’olive locale, une mise en bouche formidable au début d’un repas « .

Pierre ANDROUET, qui préconisait de l’accompagner des  » listels  » de Camargue ou de clairette de Bellegarde, a écrit sur  la tome d’Arles un jugement flatteur :  » C’est à mon goût un des fromages les plus délicats qui soient «  .

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