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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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L’Economie Bretonne

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

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Malgré un net recul, l’agriculture et la pêche ont encore toute leur place dans l’économie bretonne. Parallèlement, une activité industrielle performante s’est développée autour de secteurs tels que l’agroalimentaire (premier secteur industriel breton), l’automobile, la construction navale et les télécommunications (deuxième pôle national). Un dynamisme qui attire un nombre croissant d’entreprises de haute technologie, pérennisant sur place les formations supérieures des universités et des grandes écoles.

Agriculture

Comptant près de 38 000 exploitations, l’agriculture conserve toute son importance en Bretagne, avec des produits phares comme le chou-fleur, l’artichaut, le porc ou la volaille. Sa capacité d’adaptation et son besoin d’innover en permanence lui permettent d’être aujourd’hui la première région agroalimentaire d’Europe.

Plus d’une exploitation bretonne sur deux fait de l’élevage de bovins et 15 % sont orientées vers l’élevage granivore (porcs et volailles). Sur le plan national, la Bretagne se situe au premier rang en produisant 21 % du lait, 25 % des veaux, 63 % de la viande porcine, 42 % des œufs et 35 % des volailles de chair.

Elle est aussi une région légumière avec les primeurs cultivés en zone côtière sur le littoral nord. En 2007, elle a produit plus de 80 % des choux-fleurs et des artichauts français, 30 % des petits pois et haricots verts et 25 % des tomates.

Avec l’application de la politique agricole commune et des nouvelles réglementations pour préserver l’environnement, il est vrai que l’agriculture bretonne a connu une transformation sans précédent. Depuis les années 2000, le nombre d’exploitations a chuté de 26 % du fait de la mondialisation des marchés et de la concurrence des pays émergents.

C’est pourquoi aujourd’hui les agriculteurs locaux misent avant tout sur la qualité de leur production, avec notamment l’émergence de l’agriculture biologique qui attire un nombre croissant d’exploitants depuis plusieurs années.

Pêche

vlcsnap-2014-03-27-17h56m05s165Qu’ils pratiquent la pêche côtière, la pêche hauturière, la grande pêche ou la pêche aux crustacés, les marins bretons ont su s’adapter aux techniques les plus modernes, et la Bretagne reste la première région française pour la pêche (près de 45 % des poissons « français » y sont pêchés). Pourtant, si l’activité est d’une importance économique et sociologique cruciale, le nombre de navires a chuté de moitié en trente ans, passant de 3 500 à moins de 1 600 immatriculations. Confrontée au cadre réglementaire strict de l’Europe, à des problèmes de ressources et à un renouvellement de sa flotte, la pêche en mer ne cesse de régresser, faisant craindre aux 9 000 marins concernés la perte de leur emploi. Les nouvelles méthodes de pêche ou la valorisation du poisson apparaissent comme des pistes de réflexion pour sauver la profession du naufrage.

Paradoxalement, la pêche artisanale se porte plutôt bien grâce au dynamisme de petits patrons qui réagissent très vite aux nouvelles interdictions et aux quotas qui changent sans cesse.

La pêche côtière

Sole, turbot, raie, bar, dorade, crustacés, mollusques… faites votre choix ! Pour la coquille St-Jacques vous ne pourrez éviter l’escale à St-Quay-Portrieux, où débarquent les pêcheurs de la baie de St-Brieuc, l’un des gisements de coquilles les plus riches des côtes françaises. La production est toutefois loin de toujours répondre aux besoins locaux : une ville comme St-Brieuc est approvisionnée en partie par Lorient. Sur le littoral atlantique, la pêche à la sardine, semi-industrielle, constitue une activité saisonnière de juin à septembre, mais la pêche y est avant tout l’affaire d’artisans qui se focalisent sur des espèces nobles : langoustines, soles, lottes, bars…

La pêche hauturière

S’opposant au cabotage, la pêche de haute mer est pratiquée des côtes islandaises aux côtes africaines et représente la principale activité des grands ports. Le thon est pêché à la traîne ou à l’appât vivant dans le golfe de Gascogne, à la senne tournante le long des côtes africaines. La pêche au thon blanc (germon), de juin à octobre, débute entre le Portugal et les Açores et s’achève au large des côtes irlandaises. Le thon tropical (albacore ou listao) est pêché par une trentaine de grands thoniers-congélateurs armés à Concarneau et basés en Afrique-Occidentale car les pêches se concentrent au large de la Côte-d’Ivoire.

La grande pêche

Elle désigne la pêche à la morue, pratiquée sur les bancs de Terre-Neuve, du Labrador et du Groenland. Elle fit autrefois la célébrité de Paimpol et de St-Malo, mais, aujourd’hui, l’essentiel des prises se fait à partir de St-Pierre-et-Miquelon. Les chalutiers actuels sont de véritables usines, équipées d’installations de filetage mécanique et de congélation.

La pêche aux crustacés

Surtout pratiquée sur les côtes rocheuses à l’aide de casiers ou de nasses, elle s’est aussi développée un temps dans les eaux exotiques. Les langoustiers-congélateurs de Camaret et Audierne, équipés de viviers et d’installations de congélation, partaient en effet pour plusieurs mois, sur les côtes de Mauritanie notamment. Mais cette pêche lointaine s’est éteinte à la fin des années 1980.

Autres ressources de l’Océan

Aquaculture et conchyliculture


Dans les années 1970, on prédisait à l’aquaculture marine un avenir enthousiasmant. Trente ans plus tard, la filière est en crise. En eau douce, grâce aux truites fario et arc-en-ciel, la production bretonne de l’aquaculture dite « nouvelle » se situe tout de même au deuxième rang français, après l’Aquitaine.

Du côté de la conchyliculture, l’élevage des huîtres (ostréiculture) et des moules (mytiliculture) constitue une activité importante en Bretagne. Grande productrice d’huîtres plates appelées « belons », avec 1 500 tonnes par an, la région a aussi développé ses parcs d’huîtres creuses (fines de Bretagne), notamment dans la baie du Mont-St-Michel et plus précisément à Cancale. La production annuelle d’huîtres est de 43 500 tonnes, soit 34 % de la production française. Quant aux moules de bouchot, elles sont cultivées de la baie du Mont-St-Michel à la baie de St-Brieuc, et dans l’estuaire de la Vilaine. En 2005, la production de moules dans la région représentait 34,5 % de la production nationale, avec près de 1 530 élevages.

Les conserveries

C’est Fouquet, ministre de Louis XIV, qui encouragea la mise en baril des poissons, méthode qui supplanta peu à peu la salaison et le séchage. Au début confite dans l’huile, la sardine a bénéficié du procédé de mise en conserve élaboré en 1810 par Nicolas Appert. Cette industrie, qui a beaucoup souffert de la concurrence des pays du tiers-monde, est principalement localisée dans la presqu’île de Quiberon et dans les ports de Douarnenez et Concarneau, où quelques entreprises artisanales continuent de travailler en partie avec des pêcheurs bretons. D’autres établissements à St-Quay-Portrieux profitent des excédents saisonniers de matières premières pour utiliser des produits bretons. Mais ces pratiques sont désormais minoritaires.

Recherche et innovation

La recherche, tant privée que publique, constitue une activité essentielle en Bretagne, classée 6 e région française pour la 

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création d’entreprises innovantes et 4 e région française pour les dépôts de brevets. Elle s’articule autour de quatre pôles majeurs : Rennes, Brest-Quimper-Roscoff, St-Brieuc-Lannion et Lorient-Vannes. Les deux grandes villes universitaires sont Rennes et Nantes (même si cette dernière ne fait pas partie de la région Bretagne). La création de L’Université européenne de Bretagne en 2007 a permis de regrouper l’ensemble des acteurs universitaires, des écoles d’ingénieurs et des organismes de recherche. Véritable pôle de recherche et d’enseignement supérieur, elle concourt à renforcer la visibilité internationale des équipes de recherche et de l’offre de formation en Bretagne.

Les technologies de l’information et de la communication bénéficient également d’une implantation privilégiée qui s’appuie sur le partenariat entre les formations universitaires, les grandes écoles (Enst, Supelec, Enssat et Insa rien qu’à Rennes) et les industriels dominant le secteur. Ces entreprises sont organisées en pôles autour de grandes villes comme Rennes (Mitsubishi, Canon, Motorola), Lannion (Orange, Alcatel, Siemens) ou encore Brest avec Thalès. Le secteur emploie 42 000 personnes environ, dont 15 000 dans la recherche et développement.

Enfin, les sciences et technologies de la mer tiennent aussi une place prépondérante, grâce notamment au pôle européen de la recherche marine de Brest, qui a vu s’implanter l’Ifremer et le CNRS.

Technologies de l’information et de la communication

La Bretagne a acquis une réputation mondiale dans le domaine des TIC, du fait, notamment, des innovations majeures qui sont sorties de ses laboratoires publics et privés. Elle emploie 42 000 personnes environ regroupées autour de trois pôles, Lannion, Rennes et Brest, où ont vu le jour des technologies et des normes telles que le JPG, le MPG ou encore le MP3. Ce formidable potentiel de développement permet d’aborder l’avenir plutôt sereinement, notamment avec le développement du pôle de compétitivité Images et Réseaux, qui travaille sur le futur de la télévision numérique terrestre et de la TV 3D sur réseaux fixes et mobiles.

Pour favoriser l’accès d’un large public aux nouvelles technologies, 400 communes, regroupées dans le réseau « Cybercommunes », proposent depuis 1998 des espaces multimédias ouverts à tous, où des animateurs accueillent et guident le public. Ce réseau permet à chaque Breton de s’initier à l’informatique et à Internet à moins de 20 km de chez lui.

Industrie

Les chantiers navals

Bien qu’ayant perdu en dix ans plus du tiers des effectifs, la construction navale reste le quatrième secteur industriel en Bretagne et représente encore 4 % de l’emploi. Ce secteur sinistré pendant des années regroupe les chantiers de construction et de réparation navale militaires et civils, au service de la pêche, de la plaisance, de l’océanographie et du transport de passagers.

Avec les Chantiers de l’Atlantique à St-Nazaire, un site d’envergure mondiale capable de mettre en chantier des navires de 500 000 t, la construction navale s’est tournée vers la production de porte-conteneurs, de plates-formes de forage et de navires de croisière ; l’année 2003 restera dans les annales avec la construction du plus grand paquebot du monde, le Queen Mary 2 . C’est grâce à ce secteur de prestige que les chantiers ont pu prouver leur dynamisme et leur savoir-faire.

Le secteur automobile

L’implantation de Citroën dans l’agglomération rennaise dans les années 1960 a entraîné l’essor de l’industrie automobile en Bretagne autour d’un important réseau d’équipementiers et de sous-traitants. La filière Véhicules Bretagne se distingue par son expérience et son savoir-faire dans le domaine du véhicule spécifique et dédié. L’activité est très concentrée, notamment avec l’usine PSA (Peugeot Citroën) à Chartres-de-Bretagne employant 80 % des effectifs du secteur. Si on y ajoute les équipementiers, la zone d’emploi de Rennes concentre 88 % des effectifs bretons.

Ce secteur est aujourd’hui fortement soumis à la concurrence internationale et aux aléas de la conjoncture. Dans un contexte économique difficile, les industriels et équipementiers installés dans la région cherchent non plus seulement à accroître leur compétitivité mais aussi malheureusement à rationaliser leurs coûts de production.

Transports

La Bretagne est traversée par deux axes rapides qui aboutissent à Brest. La N 165 longe le littoral sud au départ de Nantes et rejoint Brest en passant par Vannes, Lorient et Quimper. Au nord, la N 12 aboutit à Brest après un long périple depuis le parvis de Notre-Dame à Paris, en desservant au passage Rennes, St-Brieuc, Guingamp et Morlaix. Sur ces deux axes, le trafic a augmenté de 20 % entre 1997 et 2004. Aujourd’hui, la priorité est à la desserte est-ouest avec l‘achèvement de la mise à deux fois deux voies de la N 164.

L'Economie Bretonne dans Bretagne 220px-TER_Breizh_trainLe train, notamment l’arrivée du TGV à Rennes et à Nantes, a fortement contribué au désenclavement des départements bretons en mettant les deux « capitales » régionales à 2h de Paris, et des villes comme Quimper et St-Malo en liaison directe avec la capitale (bien qu’à vitesse classique). Le projet BGV (Bretagne Grande Vitesse), mettra Rennes à 1h27 de Paris, Brest et Quimper à 3h08 (4h20 actuellement). Début des travaux en 2010.

Le transport maritime, enfin, voit sa fréquentation diminuer depuis dix ans, notamment avec une baisse du trafic transmanche passant sous le seuil des 800 000 passagers embarqués en 2007 contre 1 200 000 auparavant. La concurrence des compagnies à bas coût depuis les aéroports de province explique en grande partie cette baisse.

Tourisme

Le secteur touristique fait vivre près de 5 % des Bretons actifs, c’est dire son importance économique. En termes de fréquentation, la clientèle française est de loin la plus massive, avec plus de 73 millions de nuitées pour la seule année 2007 (dont plus de 17 % de Bretons !), devant la clientèle étrangère qui représente 3,8 millions de nuitées pour la même année (Britanniques 36 %, Allemands 15 %, Belges 8 % et Néerlandais 19 %).

Les atouts de la Bretagne sont multiples avec ses 2 730 km de côtes (un tiers du littoral métropolitain), ses 800 îles et îlots, ses fonds marins exceptionnels favorisant la biodiversité. Ce n’est donc pas un hasard si elle est la première destination maritime française. Aux plaisirs de la plage et aux sports nautiques associés (planche à voile, surf, plongée…) s’ajoutent la plaisance et la thalassothérapie.

Mais si la Bretagne est bleue, elle se veut également verte. Les parcs, réserves et espaces protégés sont nombreux, et il est possible de marcher, rouler ou trotter sur 3 700 km de sentiers de randonnée. Et si le temps ne s’y prête pas, la région recèle un patrimoine culturel et vivant d’une rare diversité.

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La Bretagne et le tourisme vert

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

 

170px-Huelgoat-1Quels chemins emprunterez-vous pour découvrir la Bretagne ? Suivrez-vous les traces des marins disparus, à la conquête de l’ Armor et de ses côtes aussi belles et sauvages que terrifiantes lorsque le vent se déchaîne ? Ou bien parcourrez-vous les chemins des parcs naturels de l’Argoat , cette Bretagne intérieure plus confidentielle qui dissimule tous les mythes celtiques ainsi que la légendaire forêt de Brocéliande ? Que vous optiez pour le sentier du littoral ou les rives du canal de Nantes à Brest , qui se jette dans la mer d’Iroise, vous ne serez jamais très loin de la grande bleue. 

Magique et envoûtante, cette « terre d’âme », comme l’appelait Julien Gracq, abrite encore toute la spiritualité des cultures celtique et chrétienne, des mégalithes du Morbihan aux enclos paroissiaux de Basse-Bretagne. Les esprits romantiques pourront revivre les pages les plus tourmentées de l’œuvre de Chateaubriand, inspiré par des falaises granitiques cernées d’écueils de Crozon ou de la pointe du Raz .

Que ceux que le climat décourage sachent qu’« en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour », comme le dit un ancien dicton. Les avis pourront diverger à ce sujet, mais finiront forcément par se rejoindre autour d’un verre de cidre et des bons petits plats au goût de la mer ou de beurre salé . D’ici 2012, le TGV devrait relier Brest et Quimper à environ trois heures de Paris : une aubaine pour les amateurs de festivals si nombreux dans une région en pleine effervescence culturelle.

Tourisme vert, maritime ou culturel… Grâce à la diversité de ses paysages et à la richesse de son patrimoine, la Bretagne est la quatrième région touristique de France. Même les étrangers, qui sont de plus en plus nombreux à choisir d’y résider, le reconnaissent : il fait bon vivre en Armorique. Relation de cause à effet Le renouveau de la culture bretonne vient cimenter davantage une société régionale de plus en plus attractive sur le plan culturel, ce que confirme le succès grandissant des grands festivals devenus des événements européens. L’économie aussi compte des secteurs très dynamiques et, forte de ses pôles d’enseignement et de recherche, la région est par exemple très bien classée en matière de création d’entreprises innovantes.

La société bretonne a entamé le siècle avec un dynamisme certain, stimulé par une économie saine, un engouement touristique qui ne se dément pas et une hausse de la démographie qui ne se limite pas au retour des retraités : elle séduit désormais des Européens en quête de littoral et de « celtitude ».

Démographie

Arvor d’abord

La densité moyenne en Bretagne est sensiblement la même que celle de la France, soit 115 hab./km ² . La particularité bretonne est que les habitants sont concentrés sur le littoral et les villes (71,5 % de la population). La côte méridionale est de loin la préférée, puisqu’elle est habitée en continu de St-Guénolé à Vannes. Au nord, les Bretons se rassemblent dans les grandes villes comme Brest, Lannion, St-Brieuc ou St-Malo. Si l’on excepte Nantes, les grands pôles urbains de la région sont Rennes, devant Brest, suivis de villes intermédiaires comme Lorient, Vannes, Quimper, Lannion…

Le grand « retournement »

S’agissant de la démographie bretonne, certains observateurs s’amusent à parler de grand « retournement » par évocation du « grand dérangement » d’Amérique du Nord. Cette référence est suscitée par le solde migratoire positif de la région, c’est-à-dire qu’il y a plus d’arrivées que de départs. La tendance tient à différents facteurs, au nombre desquels il faut citer le retour au pays de retraités originaires de la région et surtout l’attractivité économique de la Bretagne, qui incite les actifs de plus de 30 ans à venir s’y installer.

La Bretagne et le tourisme vert dans BretagneAvec en moyenne 25 000 habitants supplémentaires par an depuis 2000, la population bretonne ne cesse d’augmenter. En 2008, la Bretagne se plaçait au 7 e rang des régions françaises avec 3 103 000 habitants.

Les nouveaux Bretons

Attirés par le climat, les infrastructures publiques et par la beauté du littoral, les étrangers sont de plus en plus nombreux à choisir la Bretagne pour lieu de villégiature ou de retraite. Confirmant une tendance amorcée il y a une dizaine d’années, les Britanniques sont de loin les plus nombreux à devenir Bretons, devant les Hollandais et les Belges.

Rayonnement

De nos jours, les Bretons émigrés sont estimés à 9 millions. Leur première région d’élection est la région parisienne, qui accueillerait toujours 1 million de natifs ou de personnes originaires de Bretagne (pour mémoire, on en comptait plus de 2 millions à la fin du 19 e s.). Tout le littoral français, riche en chantiers navals et en ports, est également une zone de prédilection pour les Armoricains, présents de Dunkerque à Bordeaux. En dehors des marins expatriés par voie maritime, portés par un esprit d’aventure certain, quelques vagues d’émigration collective (1921-1959) ont conduit nombre d’entre eux en Amérique (Argentine, États-Unis et Canada). Les Bretons sont partis de par le monde et partout ont fait souche. Ce qui caractérise le plus la diaspora, c’est son indéfectible esprit communautaire. Où qu’ils se trouvent, les Bretons se rassemblent en associations, communiquent, éditent, partagent et parlent du pays.

Culture

Considérées par l’Unesco « en danger sérieux d’extinction », les langues bretonnes (le breton et le gallo) sont aujourd’hui trois fois moins parlées qu’en 1900, avec 172 000 locuteurs. Cette remarquable différence n’est pas synonyme de régression culturelle, bien au contraire. Elle masque paradoxalement le renouveau de la culture bretonne. Jamais les éditeurs de la région n’ont publié autant de livres en breton. Pour redonner place aux langues bretonnes dans la société contemporaine, des moyens financiers et humains importants ont été mis en œuvre : apprentissage du breton à l’école, formation de nouveaux professeurs et développement des activités périscolaires bilingues. Créées en 1977, les écoles diwan ont aussi permis de préserver la vitalité de ces langues en proposant une scolarité tout en breton, de la maternelle au baccalauréat.

La volonté de décentralisation et les subventions européennes ont également beaucoup aidé les structures associatives à perpétuer la culture bretonne, mais rien n’aurait pu se faire sans la volonté locale d’irréductibles bretonnants.

Des fêtes locales aux festivals

Les grandes manifestations culturelles et les festivals sont assurément les vecteurs les plus charismatiques de la culture bretonne. Pourtant, ces grands rassemblements ne sont pas les seuls moments pendant lesquels la culture régionale s’exprime ; celle-ci se vit au quotidien au travers des pardons, des fêtes folkloriques ou familiales…

La culture bretonne rayonne de nouveau et s’inscrit dans un vaste mouvement européen de reconnaissance et d’affirmation des cultures régionales.

 

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Tout est bon chez les Bretons

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

 

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Un délicieux kouign-amann bien doré, de savoureuses crêpes sucrées, d’onctueux caramels au beurre salé, un plateau de fruits de mer coloré, et une bolée de cidre pétillant : la Bretagne se caractérise par la richesse de ses spécialités culinaires, la simplicité et la convivialité de ses plats, et bien souvent, la cuisine bretonne est perçue comme un véritable symbole de la culture bretonne.

Une véritable cuisine traditionnelle qui de générations en générations continue à plaire en France, qui se fait même un nom dans les autres pays et qui fait plaisir aux nombreux touristes de passage en Bretagne (ils repartent rarement sans avoir fait escale dans une crêperie, un restaurant typiquement breton ou un petit paquet de caramel ou biscuits bretons déniché dans une boutique de souvenirs !).

  1. La crêpe : pas besoin de se crêper le chignon, la crêpe, ça défonce le pancake ou tout ce qui se fait de similaire. Si vous en avez marre de la traditionnelle beurre-sucre, on vous propose 10 recettes insolites pour changer un peu…
  2. La galette saucisse : le « hot-dog breton », un élément majeur de la gastronomie bretonne, pas trop compliqué à faire : vous avez une galette ? vous avez une saucisse ? Bah voilà vous avez une galette saucisse. Preuve de son succès interplanétaire, les supporters du Stade Rennais en ont fait une chanson : « Galettes saucisse, je t’aime ! / J’en mangerai des kilos (et des kilos !) / Dans tout l’Ille-et-Vilaine / Avec du lait ribot ! »
  3. Le beignet au pommes : comme au McDo. Mais en meilleur. Et avec de la compote à température ambiante, pas à 800 degrés comme ceux servis par Ronald.
  4. Le Far Breton : plus efficace qu’un Smecta pour vous coller l’estomac bien au fond. Du flan, des pruneaux, le Breton n’est pas du genre à faire des machins en neige pour épater la galerie.
  5. Le Kouign-amann : peut-être le gâteau le plus difficile à épeler, rien que ça. Ah si, et le plus riche en calorie du monde aussi. Une bouchée et vous sentez votre sang s’épaissir dans vos artères. Du coup les Bretons n’en mangent presque jamais et en vendent par palettes entières aux touristes en ciré.
  6. Le Quatre-quarts : et oui, le gâteau star de toutes vos boums d’adolescents vient de bretagne. Pourquoi ce nom ? Facile, les 4 ingrédients (farine, sucre, beurre, œufs) sont en quantité égale.
  7. Les Galettes de Pont-Aven : avant d’être un film aux répliques cultes de Jean-Pierre Marielle, c’est aussi un gâteau
  8. Les fraises de Plougastel : c’est depuis l’un des plus jolis coins de Bretagne, au bord de la rade de Brest, que l’on inonde depuis plus d’un siècle l’Europe de fraises et de confitures. Et la « Fête des fraises », le 2ème dimanche de juin, est un événement incontournable.
  9. Les palets bretons : 1 cm et demi d’épaisseur, un goût de beurre qui ne se cache pas, et un biscuit qui ne trouve pas de rival quand il s’agit d’accompagner un café.
  10. Le pâté Henaff : si la Sarthe a ses rillettes, la Bretagne peut compter sur ces conserves de pâté fabriquées par une entreprise qui a toujours revendiqué son ancrage dans la région. Et pour une fois qu’une spécialité bretonne n’est pas constituée à 50% de beurre, on va le noter.
  11. Le cidre breton : autrefois, le Breton buvait du vin. Comme un trou. Du coup les autorités ont cherché à imposer une boisson un peu plus light, avec le même « voltage » que la bière, pour contenir les drames. Le cidre s’est imposé, et est devenu le compagnon idéal de la galette.
  12. Le chouchen : une légende veut que parfois, le venin de l’abeille reste dans cette boisson à base de miel, et que certains ivrognes peu attentifs basculent sur le dos. Le chouchen, c’est un peu le « fugu » breton.
  13. L’Andouille de Guémené : on pratique l’andouille dans plusieurs bourgades de France, mais la rivalité se joue clairement entre ces souillons de Vire en Normandie, qui se contentent de bourrer des lambeaux de tripaille dans un gros intestin et celle de Guémené, plus rafinée, qui présente des cercles concentriques de boyaux enfilées les uns dans les autres. Bon, ceci dit, ça reste des abats de porc.

Mais aussi le Coco de Paimpol, les spécialité d’Artichaut et le caramel au beurre salé… Et vous, quel souvenir vos papilles ont gardé de la Bretagne ?

source http://www.topito.com/top-cuisine-bretonne

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L’artichaut est le fleuron du terroir breton

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Artichaut ou camus de Bretagne.

290px-ArtischocketoskanaIl descend du chardon sauvage, et serait originaire d’Afrique du Nord, d’Égypte ou d’Éthiopie. Son nom, qui provient de l’arabe al-haršwf (épine de la terre), apparaît en France à la Renaissance. On dit que c’est Catherine de Médicis qui l’apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa le roi de France. C’set sans doute peu après qu’il arrive en Bretagne, et l’appellation « camus de Bretagne » fait son apparition vers 1810.

Sa culture est délicate, et il a trouvé en Bretagne son terroir de prédilection : il craint le froid et le gel en hiver, et la chaleur en été. Le savoir-faire des producteurs est essentiel.

Le plant d’artichaut reste plusieurs années en terre. Au moment des récoltes, le producteur passe dans le champ, coupe un à un les capitules arrivés à maturité. Deux variétés de gros artichauts sont cultivées : le traditionnel camus de Bretagne et le castel, qui en est issu, cultivé depuis 1994.

 En Bretagne, on cultive surtout le plus volumineux des artichauts : le camus de Bretagne (deux ou trois têtes suffisent pour faire le kilogramme). Son capitule vert tendre, présente une forme arrondie et globuleuse. C’est ce bouton floral de la plante, constitué de bractées (ou feuilles) et d’un réceptacle (ou fond) qui fournit sa partie comestible. La plante, qui porte plusieurs capitules, monte à environ 1 mètre de hauteur. Ses gros capitules se cueillent lorsqu’ils sont jeunes, avant l’apparition des fleurs. La récolte se fait dans de vastes champs : les « artichautières ».

L’artichaut se reproduit par semis ou par « éclatage » (on repique les drageons apparus autour de la souche). La plantation des drageons s’effectue de mars à mai. En mai-juin, on butte ces drageons dans le champ. Après un éclaircissage, la récolte s’effectue l’été de la seconde année. La troisième année, intervient une nouvelle récolte, cette fois de mai à juin. Plus rarement, on laisse la culture en place une année supplémentaire.

L’artichaut en général (et le camus en particulier) est peu calorique, riche en fibres et en minéraux. Excellent pour le foie, il est aussi reconnu pour ses vertus diurétiques, dépuratives et antitoxiques. Plus filandreux que les autres variétés d’artichauts, le camus se consomme bouilli ou à la vapeur : ce sont ses feuilles charnues que l’on trempe dans une vinaigrette. Les fonds d’artichauts peuvent aussi être farcis.

Plante méditerranéenne (introduite en France par Catherine de Médicis qui l’apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa Henri II), l’artichaut est issu de l’évolution du chardon sauvage. Il se complait en Bretagne, au point de devenir le légume phare avec le chou (chou-fleur, brocoli, chou pommé) de la « ceinture dorée » : cette frange côtière autour de Roscoff, dans le Léon, s’étendant sur Trégor et le Goëlo, propice aux primeurs car fertile en limon et peu affectée par les variations de températures.

La présence de l’artichaut est signalée, avant la Révolution, à Belle-Île et autour de Saint-Malo, dans le Pays bigouden et le Quimperois. Mais, c’est autour de Roscoff (Léon), où il dispose des meilleurs sols pour s’épanouir. En général, on plantait de l’artichaut, une fois les pommes de terre arrachées. Au début du XXe siècle, l’artichaut se démocratise, quittant son statut de « légume de luxe ». Le camus de Bretagne (créé en 1810 par un agronome parisien) devient le préféré des français, dépassant le petit violet. Les années 70 marquent l’âge d’or de l’artichaut breton avec 100 000 tonnes produites sur la « ceinture dorée » ! En 1990, l’artichaut violet méditerranéen sera acclimaté avec succès en Bretagne, occupant des surfaces importantes. Malgré un « tassement », la Bretagne maintient son hégémonie sur l’artichaut devant le Languedoc-Roussillon et la Provence, assurant les trois quarts de la production nationale.

L’ Artichaut, une plante nommée cynara était connue des Grecs et des Romains. Reste à savoir à quoi elle correspondait exactement. On lui a attribué des pouvoirs aphrodisiaques. Il semble cependant que l’artichaut que nous connaissons ne soit apparu en Europe qu’à la fin du Moyen Âge, et qu’il s’agisse d’un chardon transformé par sélection par les horticulteurs (tout comme le cardon).

Il serait originaire d’Afrique du Nord, d’Égypte ou d’Éthiopie. Il est régulièrement cité par les agronomes arabes ; Ibn Al-’Awwâm, agronome andalou du Moyen Âge, décrit sa culture et sa reproduction par œilletonnage, les Andalous sélectionnent des variétés à grosse tête, écrit-il (art. 2 Chap. XXVIII du livre d’agriculture), ce qui montre qu’ils le consomment.

Sa culture est mentionnée en Italie du Nord à partir du xve siècle1. En 1532, on trouve la première mention de l’artichaut en Avignon, d’où il est diffusé dans le Comtat et le Languedoc. Cette fleur de chardon améliorée par les Arabes, a été apportée de Naples à Florence en 1466 par Filippo Strozzi. La tradition veut que son introduction en France soit liée au personnage de Catherine de Médicis, qui était très friande de fonds d’artichauts. La Florentine en apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa le futur roi de France, Henri II. Les explorateurs français et espagnols l’importèrent en Amérique. Louis XIV aurait été également un grand consommateur d’artichauts.

  • Le camus ou camus de Bretagne : le plus gros des artichauts (300 à 500 g/pièce) ; son capitule, vert tendre, a une forme très arrondie aux bractées très serrées, courtes et larges ; créé en 1810 par un agronome parisien, il est produit de mai à novembre dans l’Ouest de la France, notamment en Bretagne ; il se consomme bouilli ou à la vapeur, avec une vinaigrette, de la mayonnaise ou de la crème fraiche ; les fonds d’artichauts peuvent aussi être farcis.

L’herboristerie traditionnelle utilise l’artichaut en feuilles fraîches ou séchées, en jus (de plante entière ou en divers extraits liquides) ou en extraits solides. En France, la Note Explicative de l’Agence du médicament (1998) admet qu’il est possible d’utiliser la feuille d’artichaut

  • pour faciliter les fonctions d’élimination urinaire et digestive ;
  • comme cholérétique ou cholagogue ;
  • pour favoriser l’élimination rénale de l’eau.

Les effets bénéfiques de l’artichaut sur le foie et la vésicule biliaire sont connus depuis longtemps et habituellement appréciés au lendemain de réveillons copieusement arrosés. Mais comme le remarque un peu sardoniquement Bruneton12 « Pour nombre de pharmacologues, les affections traitées par cholagogues et les cholérétiques auraient pour seule origine des irritations de la muqueuse gastrique : dans ces conditions, l’intérêt d’accroître la sécrétion de bile ou de stimuler la contraction vésiculaire n’apparaît pas très clairement. »

Contre-indications :

  • calculs biliaires ou obstruction des voies biliaires parce que l’artichaut stimule la production de bile
  • allergie aux plantes de la famille des composées (marguerites, asters, camomille, etc.)

L’extrait d’artichaut manifeste une aptitude à retarder l’oxydation des lipoprotéines de basses densité LDL (mauvais cholestérol). Et comme on sait que la lutéoline (et dans une moindre mesure la lutéoline 7-0-glucoside) manifeste aussi cette activité, on est en mesure de supposer que l’activité antioxydante de l’artichaut relèverait en partie de ses flavonoïdes. Rappelons que l’oxydation du LDL provoque sa précipitation sur les parois vasculaires et la formation de cellules spumeuses qui réduisent le diamètre des vaisseaux sanguins.

 

 

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le monopole du chocolat à David Chaillou

Posté par francesca7 le 27 mars 2014

28 mai 1659. Louis XIV attribue Le monopole du chocolat

Les premiers importateurs et fournisseurs de fèves de cacaoyer en France sont des Juifs marranes installés près de Bayonne. 

 

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Qu’on ne s’y trompe pas, la drogue la plus réclamée, la plus consommée de nos jours, ce n’est pas la coke, ni le cannabis, ni même le tabac ou le pinard. C’est le chocolat ! Avec l’avantage d’être en vente libre. En France, tout a commencé le 28 mai 1659, quand Louis XIV accorde à David Chaillou, premier valet de chambre du comte de Soissons, le privilège de fabriquer, de vendre et de débiter le chocolat dans tout le royaume de France pour 29 ans. Un dealer unique et officiel ! 

Deux ans plus tard, Chaillou ouvre sa première boutique à Paris, rue de l’Arbre-Sec, où les bourgeois peuvent, à leur tour, planer en avalant le doux breuvage des dieux aztèques. Jusque-là, seuls les aristocrates se shootaient en catimini dans leurs palais et hôtels particuliers. Le premier chocolatier de France fabrique son chocolat dans sa boutique avec les fèves reçues d’Amérique. Il les grille dans une bassine, puis les pile au moyen d’un lourd cylindre de fer de sa fabrication qu’il fait rouler sur une pierre chauffée inclinée. Chaillou propose des breuvages chauds bien mousseux comme il est de règle de consommer le chocolat à l’époque. Il vend également des gâteaux et des biscuits.

Un commerce tenu par les Juifs 

En France, les premiers importateurs de fèves sont les Juifs marranes chassés d’Espagne, puis du Portugal. Ils emportent avec eux l’art de fabriquer du chocolat. Dès 1620, plusieurs familles s’installent au Pays basque, plus précisément à Saint-Esprit, à deux pas de Bayonne, où elles font venir leurs fèves d’Amsterdam et du Venezuela. Ces marranes ne se privent pas non plus d’armer des corsaires pour piller les cargaisons espagnoles. Les premiers chocolats ainsi fabriqués sur le territoire français sont vendus aux chanoines de la collégiale de Saint-Esprit et de la cathédrale de Bayonne, ainsi qu’aux habitants fortunés.

Du cacao est également importé de Martinique où il est introduit en 1660 par le Juif Benjamin da Costa d’Andrade. Mais cela ne dure pas, car les jésuites font expulser les Juifs de l’île au profit des planteurs chrétiens, qui préfèrent cultiver la canne à sucre, plus rentable. En effet, la consommation du chocolat reste encore faible en France en raison de gros droits d’entrée. À Curaçao, à Cayenne, à la Jamaïque, au Venezuela, partout où le cacao est cultivé et collecté, les marchands juifs, surtout hollandais, tiennent les rênes du commerce. Au Pays basque, une guéguerre a lieu pour évincer les Juifs de ce commerce. Mais ceux-ci sont suffisamment astucieux pour ne pas être… chocolat.

Aliment qui trompe la faim

Pour en revenir à David Chaillou, originaire de Toulouse, il aurait effectué plusieurs séjours en Espagne à la recherche d’élixirs « qui pouvaient être utiles au corps humain ». C’est ainsi qu’il découvre le chocolat. Quand Louis XIV, en chemin pour aller chercher sa promise, l’infante d’Espagne, s’arrête à Toulouse, Chaillou passe à l’action. Il s’introduit d’abord auprès d’Olympe Mancini, nièce de Mazarin, et premier grand amour du roi. Celle-ci adore tellement le chocolat qu’elle obtient à Chaillou la charge de valet de chambre de son époux le comte de Soissons. Puis elle lui décroche la patente désirée. Le jeune homme la suit à Paris, où il doit encore attendre plusieurs mois pour que le Parlement enregistre la lettre patente royale.

Pourtant, le souverain ne prise pas vraiment le chocolat : « Cet aliment trompe la faim, mais ne remplit pas l’estomac », dit-il. La marquise de Sévigné note : « Il vous flatte pour un temps, et puis il vous allume tout d’un coup une fièvre continue. » 

 

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Pour s’être habillée en garçon.

Posté par francesca7 le 27 mars 2014

30 mai 1431. Si Jeanne d’Arc est brûlée 

Lors de son procès, elle promet de rester en robe. Mais, piégée dans sa prison par l’évêque Cauchon, on la surprend vêtue d’un pantalon. 

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Quand Jeanne d’Arc monte sur le bûcher, le 30 mai 1431, c’est grâce à un grossier piège monté par ses geôliers français et anglais. Sinon, il n’y aurait aucune raison de la faire flamber comme une crêpe Suzette. Entendre des voix ou faire la guerre n’est pas une raison juridique suffisante. Alors, ce diable d’évêque Cauchon lui fait promettre de ne plus s’habiller en homme, puis fait en sorte de l’y pousser. N’ayant pas tenu parole, cela fait d’elle une relapse. Dans ce cas, le verdict est la mort !

Ne refaisons pas tout le procès de la Pucelle, sachons simplement que, le 24 mai, les juges ecclésiastiques du tribunal organisent une mise en scène macabre pour l’amener à avouer ses fautes. Ils la traînent au cimetière Saint-Ouen de Rouen, où ils ont fait dresser un simulacre de bûcher. Terrorisée, la jeune fille reconnaît ses fautes et, contre la promesse de la faire transférer de sa prison tenue par des soudards, elle signe (d’une croix, alors qu’elle sait parfaitement écrire) tout ce qu’on veut sans pouvoir imaginer le piège machiavélique ourdi par ce cochon de Cauchon : elle reconnaît ne pas avoir entendu de voix, abjure ses erreurs et se soumet à l’autorité de l’Église. Elle accepte également de ne plus s’habiller en homme. Curieuse demande ! De retour dans sa cellule, les Anglais lui jettent quelques frusques féminines dont elle se vêt.

« J’aimerais mieux être décapitée sept fois »

Trois jours plus tard, le 27 mai, elle demande à ses gardes anglais de lui enlever ses chaînes pour pouvoir se lever. L’un d’eux se précipite sur elle, mais c’est pour lui arracher ses habits de femme, la laissant nue. Les autres lui lancent ses anciens habits d’homme. Elle refuse de les enfiler : « Messieurs, vous savez qu’il m’est défendu : sans faute, je ne le prendrai point. » Ceux-là se contentent de ricaner. Durant toute la matinée, elle reste aussi peu vêtue qu’une nudiste sur l’île du Levant. Vers midi, dame Nature lui rappelle que même une future sainte doit satisfaire à certains besoins. Comme il n’est pas question de sortir en tenue d’Ève, elle se résout à enfiler ses habits d’homme pour « nécessité de corps ». Quand elle réintègre sa geôle, elle a beau pleurer et supplier, les Anglais refusent de lui rapporter sa jupe. La voilà donc retombée dans son hérésie…

On l’a compris, tout cela avait été prémédité par Pierre Cauchon, l’évêque de Beauvais. Le mardi 29 mai, le tribunal ecclésiastique qui l’a convoquée la condamne comme relapse. Elle n’a pas tenu sa parole de ne plus s’habiller qu’en femme. Normalement, la sentence aurait dû être prononcée par le tribunal séculier. Mais l’évêque n’a pas envie qu’on lui sabote sa stratégie. Dès le lendemain matin, le moine frère Martin Ladvenu annonce la sentence à Jeanne, qui s’effondre.

Elle pleure, interpelle le moine : « Hélas ! me traite-t-on ainsi horriblement et cruellement qu’il faille que mon corps net et entier, qui ne fut jamais corrompu, soit aujourd’hui consumé et rendu en cendres ! Ah ! j’aimerais mieux être décapitée sept fois que d’être ainsi brûlée. Hélas ! si j’eusse été en la prison ecclésiastique à laquelle je m’étais soumise et que j’eusse été gardée par des gens d’Église, non pas par mes ennemis et adversaires, il ne me fût pas si misérablement méchu comme il est. » Paroles rapportées par frère Jean Toutmouillé (sic) qui accompagne Ladvenu. À croire qu’il a un magnétophone dans sa capuche. Jeanne se confesse, puis reçoit les derniers sacrements, ce qui est plutôt curieux dans la mesure où elle est excommuniée et déclarée hérétique. Au chanoine Pierre Maurice elle demande : « Maître Pierre, où serai-je ce soir ? » Et lui de répondre, sans se mouiller : « N’avez-vous pas espoir en Dieu ? » Elle lui répond que, Dieu aidant, elle sera probablement au paradis. Mais elle a beau tendre l’oreille, cette fois, elle n’entend pas de voix pour confirmer son espoir… 

« Jésus, Jésus »

Menée par le bourreau, Geoffroy Thérage, encadrée par huit cents hommes de guerre anglais portant haches et glaives, Jeanne d’Arc est conduite sur la place du Vieux-Marché où le bûcher est dressé. Tout au long du chemin, le moine Ladvenu et d’autres lui font sermon. Elle pleure, se lamente. La plupart des hommes d’Église qui l’accompagnent, ainsi que nombre d’Anglais, sont gagnés par la compassion. En chemin, elle réclame une croix, qu’un paysan lui fabrique avec deux morceaux de bois. Elle la glisse dans son corsage. À l’arrivée sur place, le bourreau a du mal à attacher Jeanne au poteau entouré de fagots, car il est placé plus haut que d’habitude. Elle demande alors à Ladvenu et à un autre moine nommé Isambart de La Pierre de tenir un crucifix devant elle.

Elle gémit à plusieurs reprises : « Jésus, Jésus. » Est-il sourd ? La foule est émue. Un soudard anglais qui avait promis d’être le premier à mettre un fagot dans le bûcher est frappé par la grâce. Le bourreau met le feu sous les fagots. Une lourde fumée âcre s’élève, entoure la jeune femme qui s’entête à appeler Jésus. Mais, apparemment, les voix ne vont que dans un seul sens… Bientôt, la fumée la cache. Elle meurt probablement asphyxiée. Les Anglais demandent au bourreau de pousser en arrière les fagots pour que le corps de Jeanne en train de brûler soit visible de tous. Qu’un petit plaisantin ne vienne pas par la suite raconter qu’elle n’est pas morte brûlée. Le feu éteint, il reste au milieu des cendres encore quelques morceaux bien saignants, notamment le coeur, étrangement intact, selon plusieurs témoins. Le feu est allumé une deuxième fois pour réduire tout cela en cendres, puis une troisième fois. Enfin, acte ultime, pour que personne ne vienne récupérer les cendres en guise de reliques, le cardinal de Winchester demande au bourreau de les répandre dans la Seine. Ainsi meurt Jeanne, pour un pantalon.

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Grâce au courage héroïque de Louis Lachenal

Posté par francesca7 le 27 mars 2014

3 juin 1950. Maurice Herzog vainc l’Annapurna.

Durant des décennies, l’alpiniste et politique français fait figure de héros, rejetant son compagnon de cordée dans l’ombre. Réhabilitation.

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Louis Lachenal n’a pas vraiment le temps ni le coeur à se réjouir d’avoir atteint le sommet de l’Annapurna. Il domine le monde de 8 091 mètres, mais il reste soucieux. Il ne sent plus ses pieds, ses orteils sont certainement gelés, il va les perdre. Mais son compagnon de cordée, Maurice Herzog, tient à savourer l’instant. Ils sont les deux premiers hommes à vaincre un sommet de plus de 8 000 mètres. Il se sent dans la peau d’un Copé ayant enfin pris la tête de l’UMP… Momo veut une photo pour immortaliser ce moment. Il fait signe à Louis de préparer son appareil tandis qu’il se confectionne un petit drapeau tricolore pour l’attacher à son piolet. Il le brandit triomphant. C’est lui le vainqueur. À peine s’il pense à la présence de Louis. Du reste, il ne le prendra même pas en photo !

Le mystique Herzog savoure cet instant unique, aboutissement de plusieurs mois d’efforts surhumains. Il plane au-dessus de l’humanité. Il ne veut plus redescendre. Une heure s’écoule au grand dam de Lachenal dont les pieds se transforment en deux glaçons qui raviraient un amateur de whisky on the rocks. Mais le chef de l’expédition n’y prête guère attention, n’est-il pas en train de bâtir sa légende ? Dans le livre qu’il publiera à son retour, vendu à des millions d’exemplaires, Maurice Herzog occupe le premier rôle. De même, le film de l’expédition n’est tourné qu’à sa seule gloire. Il est temps de parler des combattants de l’ombre.

Les géants himalayens, ces inconnus

La bataille de l’Annapurna commence sitôt après la Seconde Guerre mondiale. Épuisée, vidée, déprimée, la France a besoin de se trouver des victoires et des héros. Être la première nation à vaincre un sommet de plus de 8 000 mètres dans l’Himalaya serait susceptible de redonner le moral aux Français. D’autant que plusieurs expéditions européennes viennent de s’y casser les dents. La Fédération française de la montagne confie la direction de l’expédition à Maurice Herzog, chasseur alpin, résistant, et excellent alpiniste. Lequel fait immédiatement appel aux meilleurs guides alpins de l’époque : Louis Lachenal, Lionel Terray, Gaston Rébuffat. Il recrute également un cinéaste, un médecin et un diplomate. Après quelques mois de préparation, les membres de l’expédition s’envolent pour la région centrale du Népal sans avoir encore choisi le sommet à vaincre. À l’époque, le royaume népalais vient tout juste de s’ouvrir au reste du monde et Google n’a pas encore ratissé chaque centimètre carré de la planète. Les géants himalayens sont de parfaits inconnus.

Les membres de l’expédition consacrent leurs premières semaines à explorer la région. Ils hésitent entre plusieurs sommets. Finalement, c’est le cinéaste de l’expédition, Marcel Ichac, qui trouve le passage menant au massif à conquérir. Le choix définitif se porte sur l’Annapurna. Pas d’hélico disponible à l’époque pour amener le matériel, ni de route et de camion. Une armée de sherpas transporte les lourdes caisses de l’expédition. Il faut se presser, car la mousson guette. La marche d’approche est longue. Ensuite, il faut installer plusieurs camps, de plus en plus haut. Finalement, le 3 juin à l’aube, c’est l’ultime coup de reins à donner pour vaincre le monstre himalayen.

« Dernières forces »

Par miracle, ce matin-là, le soleil se lève sur un ciel dégagé, mais il fait terriblement froid. Maurice désigne Louis Lachenal pour l’accompagner dans l’ascension finale. À cette altitude, chaque pas demande un effort colossal et une volonté de fer. Chaque goulée d’air est une torture. Les pieds et les mains s’engourdissent à cause du froid intense. Durant six heures, les deux hommes s’acharnent à grimper vers le sommet qui paraît maintenant si proche. Il faut encore franchir une falaise rocheuse, ils s’engagent dans un couloir de neige. « Ils y jettent leurs dernières forces », commente Marcel Ichac, qui les filme de loin. Et de conclure aussitôt : « Et vient le moment qu’ils attendaient depuis des mois. Au-dessus d’eux, il n’y a plus rien que le ciel. » Comme c’est beau. 

Mais la vraie de vraie réalité est moins héroïque. Louis Lachenal la révèle dans ses Mémoires, dont la version corrigée sera publiée post-mortem, en 1996. Lors de leur montée vers le sommet, Lachenal sent que le froid est en train de transformer ses pieds en produit Picard : « Je savais que mes pieds gelaient, que le sommet allait me les coûter. Pour moi, je voulais donc descendre. J’ai posé à Momo la question de savoir ce qu’il ferait dans ce cas, il m’a dit qu’il continuerait. Et j’estimais que, s’il continuait seul, il ne reviendrait pas. C’est pour lui et pour lui seul que je n’ai pas fait demi-tour. Cette marche au sommet n’était pas une affaire de prestige national. C’était une affaire de cordée. » Louis sacrifie donc ses orteils pour offrir à Momo son statut de héros. Les Mémoires de Louis Lachenal, que voilà un beau cadeau à faire aux caciques de l’UMP… 

La descente est à nouveau un calvaire. Dans son best-seller, Herzog se donne une fois de plus le beau rôle au détriment de son camarade. Pourtant, c’est lui qui laisse tomber ses gants, ce qui lui vaut la perte de plusieurs doigts. Les deux hommes finissent par rejoindre deux de leurs camarades qui les attendent un peu plus bas. Tous quatre poursuivent la descente éprouvante, perdus dans le brouillard. Par miracle, ils retrouvent au bout de deux jours le gros de l’expédition. Lachenal et son camarade sont redescendus à dos de sherpas dans la vallée après un mois de marche. À l’époque, pas d’hélico pour reprendre les alpinistes à 500 mètres sous le sommet… Lachenal, le héros modeste de l’Himalaya, s’en tire avec une amputation d’une partie de ses pieds. L’autre, le héros de littérature, y perd plusieurs doigts et orteils, mais gagne l’immortalité. 

 

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A d’autres, dénicheur de merles

Posté par francesca7 le 26 mars 2014

 

téléchargement (2)Dans le recueil facétieux de Boursault (tome II, page 153), publié en 17S8 et ayant pour titre :Lettres nouvelles, on trouve comme explication de cette locution proverbiale tant soit peu originale, l’anecdote suivante :

« Un paysan, s’étant accusé à confesse d’avoir brisé une haie pour aller reconnaître un nid de merles, le confesseur lui demanda s’il avait enlevé les merles. – Non, répondit le paysan ; ils n’étaient pas encore assez gros ; je les ai laissés pour qu’ils puissent croître jusqu’à samedi ; j’irai alors les dénicher, afin de les faire fricasser dimanche. Que fit le curé. Il profita du renseignement (qui cependant lui avait été donné sous le sceau du secret), et s’en alla le vendredi matin dénicher lui-même les oiseaux. Le samedi, le paysan se leva de grand matin, mais trouva la place vide.

« Il en fut consterné tout d’abord, puis il eut un doute que le curé lui avait fait une supercherie ; néanmoins il n’osa rien dire. Quelque temps après, le paysan qui avait encore sur le cœur le tour que lui avait joué le curé retourna à confesse. Le prêtre lui fit une question sur une particularité de son existence ; mais le paysan, se méfiant de lui, répondit par ces mots : A d’autres, dénicheur de merles ; je ne me laisse pas attraper deux fois. »

Le récit de cette anecdote apprend l’usage que l’on doit faire de cette locution proverbiale. On l’emploie contre ceux que l’on croit vous avoir trompé à votre insu, pour leur donner à entendre qu’on n’ignore pas ce qu’ils ont fait et que l’on ne veut pas être de nouveau leur dupe.

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Les loups ne se mangent pas entre eux

Posté par francesca7 le 26 mars 2014

 

 
 
Les méchants s’entendent et ont soin de ne pas se nuire entre eux

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  • Il se réveilla; et ses yeux en s’ouvrant rencontrèrent deux prunelles phosphorescentes. « Les loups ne se mangent pas entre eux, mon petit, murmura le bandit; tu n’as pas la mâchoire assez bien endentée pour me mordre. » — (Théophile GautierLe Capitaine Fracasse, 1863)

Ce proverbe français, à l’origine lointaine et incertaine, signifie que « les méchants, les gens malhonnêtes ne se nuisent pas entre eux » (Petit Robert de la langue française).

On l’utilise souvent pour montrer du doigt une supposée complicité entre deux personnes considérées comme malhonnêtes.

Il a existé sous d’autres formes comme « un loup ne mange point l’autre » (XVème siècle). Balzac le reprend dans Scènes de la vie privée et publique des animaux : « Les loups ne se mangent point ».

Dans différentes langues, on trouve des proverbes au sens plus ou moins équivalent à celui-ci :

-       « dog does not eat dog » en anglais,

-       « une corneille n’arrache pas l’œil à une autre », en allemand,

-       « le corbeau ne crève pas l’œil du corbeau » en russe…

Les Italiens disent : Il lupo non mangia della carne di lupo. — Le loup ne mange pas de la chair de loup. Voici l’explication qu’on trouve de notre proverbe dans le Traité de la chasse du loup, à la suite de la Vénerie de Jacques de Fouilloux (1561) : « Quand les loups estant en chaleur suivent la louve, ils exercent cruellement leur férocité les uns contre les autres ; (…) hors de là, ils s’entr’aiment, s’entr’entendent et s’entre-suivent comme font larrons en foire. »

Les latins disaient : Canis non est caninam. — Le chien ne mange pas de la chair de chien. Proposition plus exacte que celle par laquelle on l’a remplacée ; car Buffon assure que les loups s’entre-dévorent et que, si l’un d’eux est grièvement blessé, ils le suivent à la trace de son sang et s’attroupent pour l’achever. II ajoute qu’il n’y a que le loup qui mange volontiers du loup.

Les deux hommes-loups, si drôlatiquement dessinés par Grandville, sont deux chicanoux de la pire espèce, hurlant à qui mieux mieux dans le prétoire, l’un pour les intérêts de Jean, l’autre pour ceux de Pierre, et, hors de là, déposant leur feinte colère, se pressant les mains, rapprochant leurs museaux, devant la porte d’un restaurant où ils vont s’attabler amicalement, à la grande stupéfaction de Pierre et de Jean, dont la figure bouleversée, à l’aspect inattendu de ce qui se passe, témoigne qu’ils ont bien compris que, sans prendre part au repas, ils seront obligés de payer l’écot.

Cette scène paraît être la mise en œuvre de l’opinion exprimée, en Auvergne, contre les avocats, dans une phrase proverbiale que voici : « Quand ils plaident, vous croiriez qu’ils vont se mordre et s’avaler ; mais en quittant l’audience, ils vont dîner ensemble et manger l’argent du pauvre plaideur. »

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la prophétie du Pain

Posté par francesca7 le 24 mars 2014

 

Présages et ordalies par le pain,
la paille, la charrue

(D’après « Le pain » paru en 1909)

 
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Nous ne devons pas nous étonner que le pain et le blé soient doués de vertus prophétiques, et qu’ils excellent à marquer des présages ainsi que divers objets avec lesquels ils ont été en contact et qui appartiennent à leur domaine, tels que paille et instruments de culture, charrue, herse, faucille, fléau, etc.

Les exemples abondent, nous n’en citerons que quelques-uns, sans nous astreindre ni à les présenter en un ordre strict que comporte difficilement la matière, ni à toujours les accompagner d’éclaircissements.

Quand une maison brûle, si le pain sur la table est entièrement consumé, le malheur en veut à la famille et la demeure sera bientôt détruite par un nouvel incendie. Nuit de Saint-Sylvestre, pour connaître ce qui vous arrivera l’année d’après, regardez dans le four tout noir et écoutez bien les bruits que vous entendrez. Ce procédé n’est pas à la portée des gens dépourvus d’imagination. Le four est ici un équivalent magique du sein de la Terre.

En cette même nuit, piquez un couteau dans le pain pour une heure ou deux. Si des miettes adhèrent, année pluvieuse. Si la lame est humide, année de disette. Voulez-vous adresser au sort des questions personnelles ? Pensez votre demande, mais rien n’en dites. Jetez sur la table cinq boulettes de pain. Si elles tombent en croix, réponse affirmative ; elle est négative si elles affectent tout autre forme. Des boulettes, c’est bien, des grains d’orge ou de blé, ce serait encore mieux.

Pain cuisant, en partie se déchirant, noces prochaines. Pain cuit fendu tout à fait et séparé en deux ou trois tronçons, tristes nouvelles, mort d’un proche, cœur blessé. Le mariage sera-t-il heureux ? Dans une assiette d’eau, jetez de l’avoine ; si elle surnage, bon signe, sinon non. Au dîner de noces, faites rafle des débris de pain laissés par les convives, et, sans mot dire, cachez-les dans votre armoire. La personne mourra première dont le pain est premier à moisir. Effet de sympathie.

Nuit de Saint-André, faites un pilot de farine ; au matin si votre petite pyramide s’est éboulée, réglez vos comptes avec le monde et avec Dieu, préparez-vous à faire mort chrétienne. La nuit du 17 juin, une goutte miraculeuse tombe du ciel dans le Nil et lui donne le pouvoir de grossir et d’enfler. C’est la crue qui va commencer, et tous les habitants vont et viennent le long du fleuve, tâchant dans l’obscurité de discerner la chute de la malheureuse goutte. Après le coucher du soleil, il en est qui, tentant la Providence, pétrissent de la farine dont ils font des boulettes sur lesquelles ils impriment chacun son cachet et les laissent toute la nuit sur la terrasse, sous la rosée qui descend des étoiles. Au matin ils les regardent attentivement. Une boulette sans fissure appartiendrait à quelqu’un qui ne vivrait plus longtemps, mais une boulette largement fendillée présage longue vie.

la prophétie du Pain dans Epiceries gourmandes 200px-Pompei_paneUn des communiants mourra bientôt si dans le saint ciboire il se trouve une hostie en trop, rien qu’une. Si après avoir bien balayé, on est surpris de voir encore une paille sur le plancher, on aura bientôt des hôtes, et cela s’explique ainsi : aux temps du bonhomme Jadis, on festoyait sur des pailles et jonchées. Vous rencontrez deux pailles en croix sur votre chemin ? C’est une invitation à retourner sur vos pas. Vous passez outre. Gare qu’une autre croix se dresse bientôt sur une tombe que vous devinez. Gare encore si une botte de paille tombe du grenier sans raison suffisante. Pensez donc ! Les morts sont couchés sur la paille. Et gare si un brin de paille tombe sur le dos d’une poule qui l’emporte sans y faire attention. Et si la paille porte épi, bientôt on emportera un jeune homme au cimetière.

Un vol a été commis. Que le maître assemble la maisonnée, distribue à tous et à chacun des pailles de même longueur qu’il se fera rendre quinze ou vingt minutes après… Celle du voleur aura allongé. Le procédé réussit au moins une fois, un jour que le voleur se trahit en mordant le bout de sa paille pour la faire paraître plus courte. « Mon petit Jean, si le pain que te donne Bonne Maman se casse et s’ébrigaille dans tes mains, c’est que tu aurais oublié de faire ta prière. Ma petite Jeanne, si le couteau de maman qui te sert à goûter ne veut pas aller droit, c’est que tu as menti, pas n’est un long temps ».

Mais voici quelque chose de plus étonnant que tout le reste. Quelqu’un s’est noyé, il s’agit de retrouver son corps. Eh bien ! Cuisez un pain, sur sa croûte écrivez le nom de l’homme disparu, puis jetez la miche à l’eau, et suivez ses mouvements. Elle cherchera sa direction, flottera ici et là, en apparence au gré du vent et des courants, et finira par s’arrêter sur le cadavre.

Plus encore que la pioche ou le joug, la charrue a été de tout temps chose sacrée. En Russie et en Allemagne, on dit que, pour préserver un village des épidémies, il n’est meilleur moyen que de dresser à l’entour un sillon avec une charrue traînée par deux vaches blanches, par des vaches noires, il n’importe. Le procédé nous remet en mémoire le rite prescrit par les augures de l’Etrurie pour la fondation des villes, et que suivit Enée pour l’établissement d’Eryx en Sicile.

L’ordalie par le soc de la charrue portait le nom technique de judicium ferri ou d’examen pedale. Des socs au nombre de six, neuf ou douze étaient rangés sur le sol à intervalles égaux, on les avait chauffés à rouge, et l’accusé prouvait son innocence s’il pouvait marcher, sans être blessé, sur le fer incandescent. Cette épreuve était imposée aux laboureurs, aux paysans et, en général, au menu peuple. Quant aux nobles, ils avaient l’avantage le plus souvent d’en appeler au jugement de Dieu par l’épée et de s’administrer des coups d’estoc et de taille en fait de preuves et d’arguments.

Dans son Superstition and Force, Lea rapporte, d’après la Gazette de Bombay, un fait de ce genre qui s’est passé à Oudaïpour, en Inde, en 1873. Un cultivateur, pour se disculper de quelque méfait, fut obligé de tenir un soc chauffé à blanc dans ses mains nues ou à peu près, car les feuilles de pipoul dont il les avait enveloppées ne leur donnaient qu’une protection illusoire : le pipoul, plante sacrée, n’avait dans l’espèce qu’une signification religieuse. Jacob Grimm le remarquait déjà : c’est parce que la charrue était un objet sacré que la justice en appelait à son témoignage. On l’employait pour contrecarrer les malices des jeteurs de sorts, pour mâter et dompter les suppôts du Diable. Et comme on comptait par feux les familles d’un canton, l’on comptait par charrues les exploitations agricoles d’un district. Les paysans français évaluaient les superficies de terrains arables par charrues, journaux ou journées de labourage ; et c’est pour s’accommoder à leur langue que la métrologie officielle a adopté la désignation d’ares et d’hectares.

Suivant l’ancien droit germanique, la Trêve de Dieu ou la Paix du Roi devait s’étendre autour du castel, demeure du 

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monarque suzerain, au nord et au septentrion, au levant, au couchant, sur une étendue de terrain qu’on déterminait en mesurant dans chaque direction trois milles – vingt-et-un kilomètres environ – plus trois largeurs de champ, plus trois largeurs de sillon, plus neuf grains d’orge rangés bout à bout. Ce qui prouve, remarque encore J. Grimm, que le grain d’orge était l’unité qu’on mettait à la base des mesures de surfaces. Il y avait aussi la paille comme mesure de longueur, à laquelle se rapporte mainte superstition encore vivace au début du XXe siècle, entre autres celle de mesurer un malade avec des pailles, et, selon que sa taille a varié, le lendemain ou trois jours après, il doit guérir ou mourir.

Il n’est de meilleure preuve de la haute vénération qu’entretenaient nos ancêtres pour la charrue que la rigueur extrême avec laquelle ils en défendaient la propriété. Qui dérobait une charrue était condamné à mort ; il était réputé sacrilège et non moins coupable que s’il avait volé des vases sacrés dans une église. La charrue, disait-on, est de Dieu qui sacre le paysan avec le hoyau, comme le noble avec l’épée et le roi avec le sceptre.

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