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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Guignol candidat

Posté par francesca7 le 18 février 2014

 au patrimoine mondial
immatériel de l’Unesco

(Source : Le Progrès)

 
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Le processus de préparation de candidature sera long. Il vient de démarrer. Stéphanie Lefort y pense depuis 2003. Depuis la création du label patrimoine immatériel. « Tout de suite je me suis dit que c’était l’occasion de faire reconnaître le théâtre de Guignol à l’international »

Dix ans après, c’est hier seulement qu’elle rencontrait la Ville dont le soutien est nécessaire. « On est sur la même longueur d’ondes », confiait la directrice du théâtre de Guignol à l’issue de l’entrevue. La veille, elle maniait des paroles rassurantes. « Il ne s’agit pas d’un concours. Nous ne sommes en compétition avec personne ».

Après le soufflé retombé dans la course au titre de Lyon cité de la gastronomie, la directrice du théâtre de Guignol tenait à préciser qu’« il n’y a pas de lutte de pouvoir. On ne peut que sortir gagnant. Le plus dur est derrière nous puisque ce théâtre existe sans discontinuer et que la Ville lui permet d’exister ».

Préparer le dossier de candidature sera long cependant. « Je dirais qu’il faudra qu’il soit scientifiquement irréprochable. Il faut que ce soit le meilleur dossier du monde », sourit la jeune femme. Les compétences d’historiens, d’experts, de gens du théâtre, de spécialistes du parler lyonnais, seront ainsi largement sollicitées.

L’occasion d’apprendre que peu d’écrits existent sur Guignol. « Le livre de référence est celui de Paul Fournel. Après il y a par exemple ce qu’a écrit Edmond Locard à propos de Laurent Mourguet son créateur : « Le plus grand auteur, non pas avec, mais à côté de Molière ». C’est beau, ce « à côté », n’est-ce pas ? ». Si inscription de Guignol au Panthéon du patrimoine de l’Humanité, il y avait, sa petite tête de bois rejoindrait ainsi sur la liste prestigieuse, le repas gastronomique français, le Fest Noz breton, la tapisserie d’Aubusson, la dentelle au point d’Alençon…

« Ce patrimoine immatériel est important car contrairement au bâti, il s’attache à ce qui est ténu, fragile », souligne Stéphanie Lefort. Continuer à faire du buzz sur le sujet, mais surtout lancer l’étape de recherche et de réflexion, est désormais d’actualité. « On est pour l’instant dans la salle d’attente », dit encore la directrice, convaincue que Guignol a toutes ses chances. « Nous sommes bien dans le cadre d’une pratique héritée de nos ancêtres et qu’on va transmettre. Quelque chose de non figé, qui évolue dans le temps car il ne s’agit pas d’accrocher Guignol à un mur mais de faire connaître tous les métiers d’art qui y sont associés ». Seul regret : « Jean-Guy Mourguet, dernier descendant, est décédé en octobre. J’aurais aimé que ça arrive de son vivant ».

Dominique MENVIELLE
Le Progrès

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Sur les routes de l’Histoire de France

Posté par francesca7 le 18 février 2014

  par Lorent Deutsch

(Source : Le Figaro)

 

 
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Après les rues de Paris, le comédien a arpenté les routes de France sur les traces de notre passé ­celtique, romain et royal. Le fruit de ses recherches et de ses promenades érudites, Hexagone, sort cette semaine en ­librairie. Une formidable leçon d’histoire et de géographie.

Vous savez pourquoi il y a tous ces platanes le long des routes nationales ? C’est Henri II qui les a fait planter en 1552 sur tout le territoire royal. A la fois pour bien délimiter le domaine public et empêcher les paysans d’empiéter sur celui-ci mais aussi pour avoir à disposition de grandes quantités de bois et pouvoir fabriquer ­rapidement des affûts de canon en cas de guerre soudaine. »

Depuis Métronome (immense succès de librairie : 1,5 million d’exemplaires vendus), on savait Lorànt Deutsch incollable sur Paris. On n’avait rien vu ni rien entendu. Son nouveau livre,Hexagone, promenade à la fois réjouissante, érudite et fascinante « sur les routes de l’Histoire de France », témoigne d’une passion qui va bien au-delà du périphérique et des portes de la capitale.

De la voie hérakléenne sur les pas d’Hercule au chemin moyenâgeux de la Regordane, de la Gaule celtique ou romaine à la monarchie capétienne, du port phocéen de Marseille à la cathédrale de Reims, des remparts romains de Strasbourg aux caves du Prince Noir à Montauban, de la colline de Fourvière au Mont-Saint-Michel, de Paris à ­Perpignan, le comédien a entremêlé histoire et géographie, figures de proue et anonymes, faits et légendes, bergères et princes pour restituer dans son nouveau livre (« écrit avec les pieds, donc »), avec la verve et l’enthousiasme qui font son charme et sa singularité, un récit national qui vaut bien ceux, fragmentaires, orientés ou ennuyeux (parfois les trois), imposés par l’Education nationale.

Pour présenter en avant-première aux lecteurs du Figaro Magazine le fruit de ses recherches et de ses pérégrinations, nous avons emmené le comédien dans le parc France Miniature, à Elancourt, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Paris. Là, des dizaines de lieux et de bâtiments parmi les plus remarquables de France ont été reconstitués à l’échelle 1/30. Parrain du Petit Paris reproduit, sur le même modèle, à Bessac, en Dordogne, l’acteur en train de terminer un tournage aux côtés de Denis Podalydès et de Didier Bourdon, n’y avait jamais mis les pieds. Il en est reparti enchanté, non sans avoir eu l’occasion de déployer « en direct » ses connaissances passionnées et encyclopédiques de l’histoire et de la géographie françaises : ému devant les moulins vendéens du mont aux Alouettes, excité devant le Trophée des Alpes de La Turbie marquant la première frontière entre la Gaule et l’Italie, intarissable devant Chambord, la corderie royale de Rochefort ou la cathédrale de Chartres…

LE FIGARO MAGAZINE – Comment est né Hexagone ?

Lorànt DEUTSCH - Après avoir terminé Métronome, je me suis senti un peu orphelin et comme sevré de ma passion pour l’Histoire. Dans les trois ans qui ont suivi, j’ai enchaîné quatre tournées théâtrales et je me suis retrouvé sur les routes pendant de longs mois. C’est là qu’a germé l’idée de reproduire dans un jardin plus vaste que mon cher Paris la méthodologie de Métronome : trouver ce qui se cache derrière les noms des villes, des villages, des lieux-dits et des rivières, comprendre pourquoi tel bourg a été abandonné et tel autre est devenu un chef-lieu de canton, déchiffrer les lettres gravées sur les pierres jalonnant les chemins de la Gaule celtique ou romaine, faire parler les murs, les ponts, les puits, les rues…

La géographie s’impose à nous dans sa réalité quotidienne, puisque c’est notre cadre de vie. Or, elle a été façonnée selon un mode d’emploi qui s’appelle l’Histoire. Je suis donc parti à la recherche de ce mode d’emploi, qui a permis de bâtir le pays merveilleux dans lequel nous vivons.

Vous mêlez à la fois les sources bibliographiques les plus sérieuses et un style à vous beaucoup moins classique. Ne craignez-vous pas que ce mélange des genres vous attire des reproches ?

J’ai appris l’histoire de France dans Balzac, Dumas et surtout Michelet, dont j’adore l’énergie romanesque et lyrique, fût-ce parfois au détriment de la vérité scientifique. Avec lui, on entre dans l’histoire de France par une porte décorée avec pinacle et macarons ! Il donne de la vie à des lieux ou à des personnes disparus ou morts ­depuis des siècles.

A ma modeste mesure, je me situe dans cette veine. Oui, j’entends à nouveau les critiques sur le fait que je ne suis pas un universitaire. Je les accepte, tout en rappelant la double définition du mot historien que donne Alain Rey dans son dictionnaire de la langue française : « celui qui s’intéresse à l’histoire » et « celui qui en fait une discipline scientifique ». Je ne prétends rien apporter de neuf. Je compile les travaux des spécialistes pour les retranscrire humblement, avec mes mots, mes sentiments et mes impressions.

En quoi vous différenciez-vous justement des autres historiens, y compris des non-scientifiques ?

Je m’intéresse surtout aux endroits et aux époques qui ont disparu du champ d’observation du grand public et je les remets en lumière. J’essaie de rééquilibrer les choses par rapport à ce qu’on trouve habituellement dans les livres pour raconter l’histoire autrement, en quittant le récit national classique qui passe par les grandes dynasties ou les grands thèmes comme les guerres de Religion, la Renaissance ou le pouvoir central monarchique, au profit de chemins de traverse qui me font croiser Dabogert, Charles le Chauve ou Jean Ier le Posthume autant que Louis XIV ou Napoléon.

On sent chez vous un attachement aux figures historiques…

Oui, et c’est en cela que je m’oppose farouchement à l’enseignement de l’histoire globalisante qui tend à les éliminer, au prétexte que leur mise en valeur serait synonyme de « repli identitaire » et surtout entraverait une approche de l’Histoire purement « laïque » ! Forcément : l’héroïsme de ces hommes et de ces femmes laisse supposer chez eux une forme de supériorité, donc d’inégalité, notion à certains insupportable. Sans compter qu’à les considérer comme plus élevés que les autres êtres humains, cela nous oblige à lever la tête, donc à risquer d’apercevoir l’ombre de Dieu…

Mais tout de même ! J’ai parfois l’impression que certains de nos dirigeants se croient en 1791 et sont sur le point de proclamer la République en danger ! Il est vrai que celle-ci n’a que cent cinquante ans au compteur quand la ­monarchie en affiche mille cinq cents : elle a encore peut-être besoin de se rassurer. Moi, je n’en suis pas là. Je dis simplement que l’histoire de France a besoin d’être incarnée. Ce sont les hommes qui ont fait l’Histoire, pas des concepts.

Vous faites la part belle aux époques celtiques et romaines. Pour quelles raisons ?

Toutes sauf idéologiques. Je ne préfère pas les chefs celtes aux Valois, aux Capétiens ou aux républicains, mais je veux donner la mesure du temps. Les Celtes sont restés près de mille ans sur notre territoire, il est normal d’en parler plus abondamment que de François Ier. J’ai juste un peu de mal avec l’histoire contemporaine, car je préfère que les os soient bien blanchis pour appréhender les événements avec assez de recul, sans aucun affect personnel.

Je vois bien qu’on peine à être objectif pour évoquer la décolonisation, l’Occupation ou l’Holocauste, car il existe encore des personnes vivantes qui ont souffert dans leur chair à l’occasion de ces événements. Moi-même, comment pourrais-je parler de la Seconde Guerre mondiale de manière sereine et rationnelle en sachant que la famille de mon père a disparu à Treblinka ? Cela m’est impossible.

Quels sont les lieux qui vous ont le plus impressionné durant votre tour de France ?

Aigues-Mortes et sa forteresse perdue dans les sables, qui résume si bien « le rêve évanoui » de Saint Louis ; Carcassonne, dont les murs résonnent encore des gémissements des Cathares torturés ; Mollans-sur-Ouvèze, dans la Drôme, où un Gaulois a dessiné sur la paroi d’une grotte un graffiti représentant un éléphant d’Hannibal qu’il avait dû voir passer devant chez lui. Quelle émotion de toucher des yeux ce témoignage écrit sur une pierre il y a 2 200 ans…

Informations pratiques : 
Hexagone. Sur les routes de l’Histoire de France, de Lorànt Deutsch, Michel Lafon, 384 p., 18,95 € LE COMMANDER SUR AMAZON

Jean-Christophe Buisson
Le Figaro

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Maisons normandes par Mély

Posté par francesca7 le 16 février 2014

 

par

F. de MÉLY

Illustrations de Jules ADELINE

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La maison de bois sculpté est de tous les pays : on la trouve en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, en Italie ; mais c’est surtout en France que les vieilles demeures étalent sur les supports de leurs encorbellements, les histoires symboliques, les figures de fortune, pour employer le terme du XVIe siècle, que la fantaisie des artistes sut modifier de mille façons.

En Normandie, la maison a des caractères absolument particuliers qui n’échappent pas à l’oeil de l’observateur ; il y a là un art qui appartient en propre à une école de maîtres-maçons, au service desquels sculpteurs, charpentiers, potiers, mirent tout leur talent ; de cette association, sont sorties les maisons normandes, telles que nous les voyons encore aujourd’hui.

La véritable maison normande se trouve dans la Vallée d’Auge et dans le pays de Caux. Lorsque le train qui file vers Caen a dépassé Bernay, le paysage change : aux champs labourés de l’Ile-de-France, aux forêts du Vexin, succèdent de gras pâturages sillonnés de rivières et plantés de pommiers ; la verdure la plus intense se développe dans des terrains d’alluvions, au sous-sol marneux, où la pierre fait absolument défaut. C’est là, dans ce pays où les ouvriers durent se plier aux nécessités de la situation, qu’il faut suivre l’entier développement de cette architecture, qui n’a pas pris naissance en cet endroit, mais qui, forcément, subit certaines modifications imposées par le manque absolu de matériaux de première nécessité.

Tandis que dans les demeures de bois des autres pays, tout le rez-de-chaussée jusqu’au premier étage est de pierres de taille ou de solide maçonnerie, c’est à peine si, dans ce coin de la Normandie, les fondements s’élèvent au-dessus de terre, à la hauteur nécessaire pour préserver la filière de l’humidité. La maison dès lors devient une véritable cage, démontable, transportable, et plusieurs habitations déplacées de nos jours, par leurs propriétaires, ont mis dans la suite les archéologues dans un grand embarras.

*
**

Il faut établir une distinction bien nette entre la maison de ville et le manoir de campagne, d’ailleurs aussi dissemblables que possible, à quelque point de vue qu’on les étudie. A la ville, la maison n’a qu’un espace resserré, où elle doit s’élever entre deux autres maisons qui l’aideront à soutenir une façade toute en hauteur ; tout au plus sera-ce une maison d’angle. Les conditions d’existence sont essentiellement différentes à la ville et à la campagne ; les moeurs, les coutumes, sont autres pour le bourgeois et pour le gentilhomme. Chez l’un, il faut le calme, l’espace ; chez l’autre, le mouvement des affaires, les mille épisodes de la vie communale à laquelle il prend une part active, les événements quotidiens, qui dans une ville du moyen âge, si éloignée d’un autre centre, prennent une importance capitale, donnent à l’existence une direction bien différente. Qu’importent à la ville les grandes pièces, les vastes salles où se réuniront les amis ! Le maître du logis tient-il boutique ? C’est au rez-de-chaussée, dans un sous-sol, que sont entassées les richesses de son commerce ; c’est là qu’il reçoit, derrière son comptoir : c’est là qu’il apprend et raconte les nouvelles, quand le temps ne lui permet pas d’être dans la rue, et encore les vastes encorbellements que l’architecte lui a ménagés sauront-ils le préserver du soleil et de la pluie. La rue est étroite, la boutique est sombre : c’est sous l’encorbellement encore qu’il transporte son magasin, qu’il fait voir, qu’il étale ses plus belles marchandises, si bien qu’un jour, par droit de conquête, il tentera d’occuper toute la rue, et que les édits les plus sévères parviendront à peine à lui faire comprendre que le passage est à tout le monde. Les chemins sont mauvais et les voitures rares ; on circule à cheval : qu’est-il besoin dès lors de ces vastes chaussées sans lesquelles il semble qu’on ne puisse vivre aujourd’hui ? A l’encorbellement du premier étage succède celui du second : puis le grenier, le galetas, les lucarnes, venant brocher sur le tout, font de la rue une sorte de puits qui va en se rétrécissant et au fond duquel s’agite toute une population de gens affairés : affairés, mais calmes, ou les Normands auraient bien changé : le temps pour eux n’est rien ; et les longues transactions, les interminables affaires sous un ciel souvent brumeux, se discutent sans fin à l’abri du toit qui s’avance et qui remplace ainsi les arcades du Midi ; les unes défendent du soleil, les autres de la pluie. N’est-ce pas aussi du terrain gagné que ce double avancement, n’est-ce pas sans bourse délier un léger agrandissement ? Nous parlons ici des rues marchandes, bordées d’échoppes, de boutiques, où les corporations agglomérées se faisaient par leur voisinage une saine et loyale concurrence ; d’autres rues plus tranquilles, que le pas d’un cheval ou le bruit du lourd marteau de porte retentissant, faisaient seuls tressaillir, étaient bordées de maisons plus vastes, mais moins ornées, occupées pendant l’hiver par les hobereaux du voisinage. Habitués qu’ils étaient aux grandes habitations de la campagne, leur demeure tient le milieu entre la maison de ville et le manoir. A celles-là nous ne nous arrêterons pas, les caractères des deux logis s’y appliquent également. Quelques longues colonnettes sculptées, un écusson sur une porte gothique à panneaux plissés, à laquelle pend une poignée de fer forgé, indiquent l’aisance du propriétaire.

De toutes ces vieilles villes, Lisieux est peut-être celle qui a le mieux conservé son aspect du moyen âge. Tout, encore aujourd’hui, semble d’un autre temps, et, pour un peu, on s’attendrait à voir sur le seuil de sa boutique, un homme en surcot, avec ses souliers pattés, coiffé du chaperon, vous proposant sa marchandise. Au rez-de-chaussée, des grilles ferment les fenêtres, moins compliquées certes que celles de la rue des Prouvaires, dont nous parle Guillebert de Metz dans sa description de Paris, à l’abri de laquelle on parlait à ceux de dehors « si besoin étoit sans doubter le trait ; » mais derrière elle, on s’attend encore à voir le gracieux hennin de la fille du crieur qui regarde la longue procession s’avancer vers l’église.

Les fenêtres prises dans l’entre-deux des colombages sont étroites. L’art du charpentier ne s’est pas encore élevé jusqu’au chevronnage en losange que nous voyons apparaître au XVIe siècle seulement ; alors, il faudra ménager de plus larges ouvertures, des fenêtres et non des jours ; plus tard, au XVIIe siècle, on en arrivera même à un développement si considérable, que de larges travées de vitraux finiront par remplir des parties entières du pan de bois. La maison ressemblera dès lors à une lanterne et, à des générations qui ont vécu dans l’exagération de l’obscurité, succéderont des enfants qui voudront l’exagération de la lumière.

A la fin du XVe siècle, le vieux sentiment gothique avec tous ses caractères fait un nouvel effort en Normandie ; alors que Michel Colomb, sur la Loire, sculpte à Nantes le tombeau du duc François II, cette large page qui nous dit la puissance réaliste de son ciseau, les vieux fabliaux français retrouvent, avec leur iconographie ancienne, la vogue qu’ils avaient perdue : Chanteclair, le coq, Fauvel, le renard, se reprennent à la vie, et viennent, non seulement dans les cathédrales, sur les stalles et sur les boiseries, étaler leur image parfois fort inconvenante, mais au faîte des maisons, les vieux bestiaires normands nous montrent la réaction qui se produit à ce moment.

Tous ces montants, toutes ces potilles appellent le ciseau du sculpteur ; mais si d’aucuns propriétaires élèvent de jolies demeures, bien peu cependant ont le moyen de couvrir entièrement de sculptures tous ces bois apparents. Les maisons où les têtes de poutres, les consoles disparaissent sous les modillons, sont communes ; celles-là sont rares, au contraire, qui comme la vieille demeure de la Salamandre semblent un grand bahut du XVIe siècle, reposant sur de forts piliers, entre lesquels le marchand ouvre sa boutique.

Le toit se couronne d’une vaste lucarne, si large quelquefois qu’elle tient toute l’étendue de la façade, sans être cependant un pignon ; suspendue en encorbellement, elle semble une adjonction, ce n’est qu’une chambre de plus gagnée sur la hauteur. On la prendra dans le toit mansardé au XVIIe siècle. Il faut alléger le poids de la maison, le mur forcément doit être moins épais, le maçon appelle à son aide le couvreur, et ce dernier garnit cette nouvelle portion de la façade, soit de tuiles aux tons vermeils, soit d’ardoises habilement taillées, soit d’un mince bardeau de bois dont les écailles, les losanges, les carrés, artistement entrelacés, deviendront un nouveau motif de décoration. A la fenêtre, de forts anneaux de fer soutiennent de longues perches de bois, sur lesquelles la ménagère fait sécher son linge et ses hardes, et le rayon de soleil qui descend sur ces cottes rouges, jaunes, entremêlées de draps et de nappes, donne, comme à Gênes et à Venise, un air de fête aux plus pauvres demeures, dont l’épi qui surmonte le toit vient mêler aux tons chauds de la tuile l’harmonie de son brillant émail.

Dans le Midi, tout est fait contre le soleil ; en Normandie, tout est disposé contre la pluie : les toits dépassent d’une façon exagérée les murs de la maison et, pour supporter leur avancement, le charpentier, sous la main duquel le moindre bois prend un aspect artistique, développe sur deux corbeaux aux figures grimaçantes cette gracieuse arcade gothique, qui couronne d’une façon si heureuse les entrelacements du pan de bois.

Quand un étage n’est pas protégé par une saillie de l’encorbellement supérieur, une sorte de petit auvent de tuiles ou d’ardoises défend la fenêtre contre l’eau qui fouette ; l’intérieur n’en est pas égayé, à notre point de vue s’entend ; l’étroite fenêtre à guillotine laisse filtrer peu de jour, les toits, les auvents le diminuent encore ; les chambres sont petites, mal disposées, se commandent ; un demi-jour y règne continuellement, mais ce clair-obscur, c’est la lumière pour l’artisan qui dans les sombres profondeurs de sa boutique se livre aux travaux les plus délicats. Que de fines dentelles, de délicates ciselures naissent sous les doigts de ces artistes dans un milieu où nous verrions à peine le siège qu’on nous offre et qu’un pauvre rayon de soleil ne vient jamais égayer. Mais pour l’apprenti la vie est pleine d’avenir, il sait qu’à son tour il deviendra maître quand il aura produit son chef-d’oeuvre, et le maître n’a qu’un souci, c’est de laisser intacte à ses enfants la réputation du magasin du Petit Saint-Georges ou de la Truie qui file.

*
**

Tout autre est le manoir. Dans la verdure que plaquent au printemps les larges taches roses des pommiers en fleurs, une légère colonne de fumée signale une habitation. Il nous faut la chercher, cachée chaudement, comme un nid, au pied de la colline qui l’abrite du vent de mer. Avançons sur le frais tapis vert qui descend en pente douce jusqu’à l’étang, au milieu d’une avenue d’arbres fleuris, qui sèment au vent du soir la neige de leurs pétales. Le calme règne ; dans l’herbage paissent les belles vaches qui lèvent à peine la tête au passage de l’étranger ; des chiens aboient, c’est que le maître du logis est chasseur, que dans les bois qui couronnent sa demeure il trouve de quoi satisfaire ses goûts cynégétiques. Il n’est pas belliqueux ; mais que la guerre arrive, que son seigneur l’appelle, il détachera la lourde épée dont ses aïeux se sont servi ; il montrera que le nom qu’il porte, nom qui sera plus tard inscrit sur la plaque de Dives, n’a pas dégénéré, et que le cri de guerre du duc Guillaume trouve un écho dans son coeur ; mais ce n’est pas sa carrière. A d’autres les combats ; la lutte, il la laisse aux seigneurs que leurs donjons de pierre, leurs fossés remplis d’eau mettent à l’abri d’un coup de main ; ce qu’il veut, c’est la vie paisible, tranquille, à laquelle la guerre de Cent Ans ne l’a pas habitué ; il veut jouir de la paix et c’est dans son domaine qu’il prétend la trouver.

Le manoir est assez difficile à définir : ce n’est pas un château, ce n’est pas non plus une simple maison d’habitation : le vieux mot normand de maison manable ne saurait s’y appliquer. Si le propriétaire n’est pas toujours noble, en tout cas, c’est un homme libre, qui ne relève que de son seigneur, et qui sur sa terre est maître de bâtir, sans cependant pouvoir élever des travaux de défense. Aussi avec quel soin il construit sa maison. L’intérieur varie peu : au rez-de-chaussée, la grande salle basse qui communique directement avec le dehors ; à côté la cuisine ; et par derrière, l’escalier, dans une tourelle indépendante, qui donne justement à toutes ces demeures un caractère tout spécial, par la légèreté qu’elle apporte à l’économie de l’édifice ; l’extérieur, au contraire, est toujours différent ; ici rien n’arrête comme à la ville le libre développement de la construction et chacun dispose à sa fantaisie, qui le pignon, qui les lucarnes, qui la tourelle de l’escalier, demandant ensuite au sculpteur, plus habile, plus artiste peut-être que celui de la ville, d’orner suivant son goût les façades de sa demeure. Le lourd colombage, qui, dans la maison de ville du XVe siècle, coupe en deux les étroites fenêtres, s’amincit et devient un délicat morceau de bois, chargé d’écailles. Que le manoir soit petit, qu’il soit grand, qu’il date du XVe ou du XVIe siècle, tout y est à étudier, à examiner, parce que tout est soigné, fini, et que de longues années ont vu se succéder des artistes que l’amour de l’art, plus que celui du gain, semble avoir inspirés.

Maisons normandes par Mély dans LITTERATURE FRANCAISE 236px-Caen_Maison_des_Quatrans_faceDans la vaste salle du rez-de-chaussée, s’écoule pour ainsi dire la vie tout entière du gentilhomme campagnard. Plus constamment vivante, peut-être, que dans les grands châteaux, elle voit se succéder tous les amis du maître ; du vassal au seigneur, chacun y est reçu, et si le banc de bois est réservé au paysan, la haute chaire, garnie de ses couettes et de ses épaulières, attend le suzerain.

Noël du Fail, sieur de la Hérissaye, dans les Contes et Discours d’Eutrapel, nous en a laissé une description bien charmante qu’il faut reproduire dans son vieux texte imagé : « Dedans la salle du logis la corne de cerf ferrée et attachée au plancher, où pendent bonnets, chapeaux gresliers, couples et lesses pour les chiens, et le gros chapelet de patenostres pour le commun. Et sur le dressorier ou buffet à deux estages, la saincte Bible de la traduction commandée par le Roy Charles Quint y a plus de deux cens ans, les Quatre Fils Aymon, Oger le Danois, Mélusine, le Kalendrier du Berger, la Légende Dorée, le Roman de la Roze. Derrière la grande porte, force longues et grandes gaules de gibier et au bas de la salle, les bois couzus et entravés dans la muraille, demie-douzaine d’arcs avec leurs carquois et flesches, deux bonnes et grandes rondelles, avec deux espées courtes et larges, deux hallebardes, deux picques de vingt-deux piés de long, deux ou trois cottes de chemises de mailles dans le petit coffre plein de son, deux fortes arbalestres de passés avec leurs bandages et garrot dedans et sur la grande fenestre sur la cheminée trois haquebuctes, et au joignant la perche pour l’espervier, et plus bas à costé, le tonnelet, esclotaières, rets, filets, pautières, et aultres engins de chasse ; et sous le grand banc de la sale, large de trois piés, la belle paille fresche pour couchier les chiens, lesquels pour ouyr et sentir leur maître près d’eux, en sont meilleurs et vigoureux. Au demeurant deux assez bonnes chambres pour les survenants et estrangers et en la cheminée de beaux gros bois verd lardé d’un ou deux fagots secs qui rendent un feu de longue durée. » Sur les hauts landiers de l’âtre, l’écuelle d’étain est au chaud, et pendant qu’accoudé sur la vaste table qui occupe le milieu de la pièce, le maître mange sa bouillie de farine, dont les Normands étaient si friands qu’ils en avaient été nommés les bouilleux, il regarde à travers les losanges de plomb de sa fenêtre, la pièce d’eau bordée de joncs et de lèches, où vient sommeiller quelque peu avant d’aller grossir le ruisseau voisin, la source près de laquelle est bâtie le manoir. De grands cygnes y nagent paresseusement, et les poules d’eau affairées troublent dans leur indolence les grenouilles qui tachent de points verts, au milieu des nénuphars, le miroir liquide.

L’escalier en pas de vis nous conduit à la chambre à coucher ; le mobilier est succinct, mais les sculpteurs ont passé de longs jours à fouiller les panneaux du lit et ceux du coffre de mariage. Aux entrelacements flamboyants succèdent la mythologie et l’histoire de la Renaissance ; le Sacrifice d’Abraham, les Aventures de Jonas, Apollon et les Muses, entourées d’arabesques pansues, couvrent les coffres ou est serré le linge de la maison, qui ne doit pas tenir grand’place, à en juger par les inventaires du temps : quelques draps, quelques serviettes, là se bornent les toiles, même d’un grand château, à côté de nombreux draps d’or, des soies, des argenteries luxueuses.

Les Normands ont compris de bonne heure, et c’est à leurs expéditions en Italie qu’ils semblent le devoir, la gaieté et la richesse de ces carrelages chaudement émaillés, qui rappellent et les mosaïques et les tapis d’Orient. Aussi, dès que les fabriques des environs de Lisieux, du Pré d’Auge et de Manerbe, succédant à celles du Molay-Bacon, s’établissent, au commencement du XVIe siècle, elles voient s’ouvrir une ère de prospérité, qu’elles doivent à l’éclat, aux tons si gais, si harmonieux de leurs produits brillamment colorés. Pas une salle qui n’en soit pavée : plus tard même, nous verrons les carreaux de faïence mêlés aux colombages de bois extérieurs, dont la teinte mate et neutre fera encore mieux ressortir la vigueur de leur décoration.

De chaque côté du manoir s’élèvent les bâtiments de service. Ici, la laiterie et la fromagerie ; là, le pressoir et les caves ; le maître, de sa porte, peut surveiller ses gens ; au milieu, rompant la monotonie des lignes droites, le colombier octogone, qui dans l’architecture normande occupe une place qu’il ne faut pas négliger. Il nous dit l’importance de la propriété, car ici ce n’est pas aux nobles seuls qu’appartient le droit de colombier, c’est un droit terrien, bien plus qu’un droit seigneurial. Comme son pignon est joli, avec son double toit, surmonté de l’épi de faïence et coupé de grandes lucarnes bien disposées pour abriter les pigeons ! Dans l’entre-deux des colombages, des tuiles entremêlent élégamment leurs tranches sanglantes à la blancheur des mortiers, et les bois dans leurs montants encadrent d’une sombre ligne ce damier d’un nouveau genre. Sur les toits, des paons aux couleurs diaprées, dont la queue aux changeants reflets macule de larges taches d’émeraude la rouge toiture de tuiles, suivent d’un oeil curieux la jeune fille du maître qui cueille dans son jardin, pour s’en faire une coiffure, les roses dont les Normands étaient si fiers.

220px-Caen_saintsepulcre_porteromane dans NormandieNous sommes au XVIe siècle. Jamais ce moment artistique n’aurait vu s’élever le château de Granchamp, resté jusqu’à nos jours comme le type de la bizarrerie d’un architecte du XVIIe siècle : si mal distribué, si étrangement incommode, que les marquis de Saint-Julien, ses propriétaires, durent faire bâtir, à côté, au XVIIIe siècle, un château de pierre, capable de les recevoir. Il était loin, en effet, de ressembler à ce joli manoir de Belleau, démoli il y a quelques années seulement, de toute la Normandie peut-être le plus curieux ; pas un morceau de bois qui ne fût sculpté, pas une extrémité de poutre qui n’eût son écusson. D’abord, c’est la chasse du cerf avec toutes ses péripéties ; la poutre n’est pas assez large, par exemple, pour représenter le chasseur debout ? On le fera couché ; les chiens sont ceux du roi Modus. Puis nous trouvons la légende duRenard et du Singe, et tout à l’entour, la sirène, le chat-huant, la bièvre, le serpent, la tortue, qui ne sont autre chose que l’illustration du bestiaire de Guillaume le Normand. Le sculpteur a laissé aux abbayes, aux églises, le Lai d’Aristote et celui de Virgile, si gais dans leur composition, mais d’une philosophie trop élevée ; le propriétaire a voulu des sujets qu’il comprît : il n’en était pas de plus simple que la chasse et les animaux qu’il rencontrait chaque jour.

Tous ces vestiges du temps passé sont destinés malheureusement à disparaître dans un avenir prochain. A la ville, ce que l’alignement épargnera, sera démoli par le propriétaire ; à la campagne, ces vieilles bâtisses se lézardent, il faut les réparer, elles ne sont pas confortables, on fait construire une autre demeure. Encore quelques années, et de toutes ces vieilles habitations si pittoresques, il ne restera que le souvenir ; ce sont donc presque des adieux que nous leur faisons aujourd’hui.

Source : MÉLY, Fernand de (1852-1935) : Maisons normandes / ill. de Jules Adeline.- Paris : Boussod, Valadon et Cie, éditeurs, 9 rue Chaptal, 1889.- 14 p.- 2 f. de pl., ill. ; 32 cm. – (Extrait de la revue illustrée Les Lettres et les Arts, livraison du 1er décembre 1888).

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Au village Médiéval de St Bernard de Comminges

Posté par francesca7 le 16 février 2014

 

dans le département de la Haute-Garonne en région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Commingeois.

Au village Médiéval de St Bernard de Comminges dans VILLAGES de FRANCEVillage médiéval au coeur des Pyrénées

 C’est par les ruines de l’antique cité romaine de Lugdunum, la cité des Convènes que débute votre voyage dans le temps.

Temple, forum, théâtre, thermes et marché bourdonnent encore de l’effervescence d’une ville de 30 hectares peuplée par 5 à 10 000 habitants dans la 1ère moitié du IIe siècle après J.C.

Vous entrez dans la cité médiévale de Saint Bertrand de Comminges par l’une de ses trois portes. Les maisons à colombages du XV-XVIe siècles témoignent encore de la grandeur de la cité épiscopale.

L’architecture romano-gothique  de la cathédrale Sainte-Marie de Saint-Bertrand de Comminges (XI-XIIe) est élégante, les vitraux Renaissance, le choeur de stalles sculptées et les orgues du XVIe siècle sont remarquables. Vous apprécierez l’intimité du cloître roman du XIIe.

Etape sur une voie secondaire de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle (voie du piémont), la cathédrale abrite le tombeau de l’évêque Bertrand de l’Isle canonisé au XIIIe siècle.
La cathédrale de Saint-Bertrand, la chapelle Saint-Julien du Plan, la basilique paléochrétienne et la basilique Saint-Just-de-Valcabrère sont inscrites par l’Unesco au Patrimoine Mondial de l’Humanité au titre des “Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle”

Le site antique et la cité médiévale sont aussi à découvrir.

Avant la conquête de la région par les Romains, la région est le siège des Convènes (peuple ibéroaquitain, différent des Gaulois).

La ville des Convènes, qui devient par la suite Comminges, est fondée par Pompée à la fin de la guerre sertorienne.

Vers 72 avant J.-C. le site devient romain, sous le nom de Lugdunum Convenarum. Hérode Antipas s’y serait établi en exil, accompagné d’Hérodiade et de sa fille Salomé qui ont laissé des traces dans l’imaginaire local.

L’époque romaine 

Au début du règne d’Auguste, vers les années 20 avant J.-C., la ville connait une première phase de développement autour d’un champ de foire installé dans la plaine. Ce développement s’inscrit dans une volonté de réorganisation des Gaules, avec la création de la province d’Aquitaine, qui va de la Loire aux Pyrénées et de l’Atlantique à l’Auvergne.

La ville obtient le titre de « colonie romaine ». C’est un statut privilégié qui témoigne de l’importance de la cité qui à cette époque s’étend sur une superficie de 32 ha et compte environ 10 000 habitants.
Au ive siècle, elle est intégrée à la province de Novempopulanie qui est une partie de l’Aquitaine, et perd petit à petit de son importance.
En 410 elle est acquise par les Wisigoths qui ont fait de Toulouse leur capitale.

Au ve siècle, on construit le rempart de la ville haute, mais la ville basse continue à exister et à s’embellir. Après la mort de Chilpéric Ier, en 585, la ville est assiégée lors du conflit de succession au trône des Mérovingiens.

Au Moyen Âge, Saint-Bertrand-de-Comminges devient une étape du chemin du Piedmont pour le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le haut Moyen Âge est marqué par la destruction de la ville basse et le repli des habitants vers la ville haute, ainsi que par un déclin démographique.

  • En 1063, Bertrand de l’Isle, petit-fils du comte de Toulouse est élu évêque du Comminges. Il améliore les conditions de vie de la population en développant l’agriculture, l’élevage et le commerce. Il entreprend la construction de la cathédrale et du cloître. C’est aussi sous son autorité que débute la construction de la basilique Saint-Just de Valcabrère. Il est canonisé en 1218, Lugdunum Conuenae prend alors le nom de Saint-Bertrand.
  • En 1295 le pape Boniface VIII, nomme Bertrand de Got, évêque de Comminges. Celui-ci devient en 1299 archevêque de Bordeaux, puis en 1305 premier pape à Avignon, sous le nom de Clément V. En 1304, il lance la construction d’une nouvelle église gothique et en 1309 il y transporte lui-même les reliques de saint Bertrand. Il favorise le culte du saint, faisant de son tombeau le centre d’un grand pèlerinage.
  • En 1350 l’église gothique est achevée sous l’autorité de Hugues de Castillon.
  • En 1456, le comté de Comminges est rattaché à la France, mais il conserve sa notoriété spirituelle.

320px-Orgues dans VILLAGES de FRANCE« Le canton de St-Bertrand de Comminges est maintenant le chef lieu. On voit près de la ville, sur la Garonne un atelier de marbrerie et une scie hydraulique de marbre à 36 lames. C’est surtout de la Broquère qu’on a la vue du bassin de Saint Bertrand. Il est très boisé et serré de buttes, dont la principale, couronnée de quelques maisons et de la cathédrale comme d’une forteresse, commande à ce qui l’environne, et présente un tableau des plus glorieux. Cette ville agréable, tirée de ses ruines par son évêque, devint un pèlerinage fameux, glorifié par de nombreux miracles. Les montagnards français et espagnols affluaient dans la ville et le faubourg inférieur, à ce point que, jusqu’aux champs et aux vergers, tout fourmillait de ces rustiques adorateurs. Ces souvenirs vivent encore : la belle cathédrale, les gloires du moine de Capadour et les honneurs rendus à ses reliques y rappellent au peuple les splendeurs du Moyen Âge. Les antiquaires seuls remontent plus haut et se souviennent des Romains. » 

 

Cathédrale Sainte-Marie informations pratiques

Image de prévisualisation YouTube

 http://youtu.be/t-g49xLKdPA

Horaires d’ouverture

Février – mars – avril – octobre :
de 10h à 12h et de 14h à 17h
Dimanche de 14h à 17h

Mai à septembre :

 

La cathédrale Saint B e r t r a n d de Comminges

Histoire de Bertrand  d e   l ‘ I s l e   J o u r d a i n

Bertrand était fils d’Aton, seigneur de L’Isle-Jourdain en Gascogne, et de Gervaise, donc petit-fils du comte de Toulouse, Guillaume Taillefer (950-1037). Cousin des comtes Guillaume IV (1060-1093) et Raymond IV de Saint-Gilles (1093-1105), Bertrand fut élevé probablement, comme tous les jeunes nobles de son temps, dans le cliquetis des armes, et certainement adoubé chevalier : militaribus armis est decoratus, écrit Vital son biographe. Même si nous ne savons rien de précis sur sa jeunesse – nous ignorons jusqu’à sa date de naissance – nous sommes en droit de supposer par quel cheminement sa vocation parvint à maturité.

saint-bertrand-2-L’Église du XIe siècle livrait un dur combat, celui de sa propre réforme. Libérer les institutions de l’emprise des laïcs, régénérer le clergé diocésain rongé par la simonie (trafic des sacrements et des charges pastorales) ou le nicolaïsme (concubinage ou mariage des prêtres), réformer les chanoines et leur faire mener la vie commune, restaurer la dignité de la papauté et la crédibilité du pontife romain, prendre en compte les aspirations du peuple de Dieu, telle était l’ambition de l’Église. Cette lutte contre les méfaits de la féodalisation porte le nom deRéforme grégorienne: inspirée par le moine Hildebrand, qui devint le pape Grégoire VII (1073-1085), elle s’en prit surtout à l’ingérence des laîcs dans les investitures abbatiales ou épiscopales et à l’incontinence des clercs. Combat de longue haleine, la réforme grégorienne fut menée d’abord par les papes Grégoire VI, Léon IX, Étienne IX, Nicolas II et Alexandre II.

le tournant décisif, au plan romain, sera pris en 1059, lorsque Nicolas II, soutenu par Hildebrand, réformera l’élection du pape et la confiera strictement aux cardinaux. En même temps, sous l’influence de saint Pierre Damien, Nicolas II insiste auprès des clercs sur la nécessité de la vie commune pour réaliser l’idéal évangélique. Partout on redécouvre la règle de Saint-Augustin et les mêmes mots reviennent dans les écrits de tous les réformateurs: conversion, vie commune, vie régulière…

C’est le choix que fit le jeune Bertrand de L’Isle en demandant à l’évêque de Toulouse, Izarn (1071-1105), son admission dans le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne.

Mêlé à la vie comtale et ecclésiastique de Toulouse, Bertrand n’a pas pu ignorer l’enjeu de sa vocation, ni la portée de son engagement. Il a sans doute vécu de l’intérieur le drame de l’évêque Izarn, réformateur intransigeant et autoritaire, arrivé presque à la limite du conflit avec la papauté à propos de la construction de la basilique St-Sernin en 1082.

Mais Bertrand n’eut pas le loisir de suivre les étapes du conflit. La réputation du jeune chanoine avait dépassé les limites du pays toulousain: à la mort de leur évêque, Auger (1079-1083), le clergé et le peuple commingeois vinrent lui proposer l’épiscopat. 

Lorsqu’il se fit transporter au pied de l’autel de la chapelle Notre Dame, dans sa cathédrale reconstruite, le 16 octobre 1123, l’évêque Bertrand voulut donner à sa mort la signification qu’appelaient ses quarante années d’épiscopat: rendre son âme à Dieu entouré de son clergé qu’il avait réformé, au milieu de son peuple qu’il avait libéré, guéri, soigné, évangélisé, au cœur de cette cité qu’il avait relevée de ses ruines. Et ce peuple ne s’y est pas trompé, qui l’a immédiatement considéré comme un saint, s’est mis à le prier et à lui demander des grâces.

Devenu évêque, Bertrand de L’Isle a participé aux conciles réformateurs de Bordeaux (1093), de Clermont (1095) et aussi à celui de Poitiers (1100) qui a décidé l’excommunication du roi Philippe Ier. Tout le reste de son temps a été consacré à son diocèse et l’histoire ne nous en dit pas plus long.

Alors, faut-il en rester là faute de documents sûrs ? Lorsqu’on ressent la densité morale et spirituelle d’une vie, on est souvent victime de la tentation d’en rajouter … Mais nous n’avons pas besoin d’en rajouter au sujet de saint Bertrand: il suffit de lire attentivement le recueil du notaire Vital et d’en comprendre la signification.

 

UN SITE A VISITER / http://www.cathedrale-saint-bertrand.org/

31510 Saint-Bertrand de CommingesTél : 05 61 95 44 44Fax : 05 61 95 44 95olivetains@wanadoo.frwwww.tourisme-haute-garonne.com

 

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qui sont les Angles d’Angles-sur-l’Anglin

Posté par francesca7 le 16 février 2014

 

 

170px-F06.Angles.1358Aux confins du Berry et de la Touraine, Angles-sur-l’Anglin doit son nom à la tribu saxonne des Angles qui envahit l’Angleterre au Vème siècle, ainsi qu’à la rivière qui sépare la partie haute et la partie basse du village. Quant à sa réputation, ce sont ses « jours », de magnifiques broderies faites à la main, qui la font depuis 150 ans et, beaucoup plus loin dans l’Histoire, sa frise sculptée magdalénienne (15000 ans !) du Roc aux Sorciers…

Angles sur l’Anglin, « l’un des Plus Beaux Villages de France », abrite un trésor de l’art préhistorique : une frise sculptée, gravée et peinte, unique au monde!

Le site du Roc aux Sorciers, découvert en 1950 en pied de falaise, au bord de l’Anglin, est un abri sous-roche habité et sculpté, daté d’il y a 15 000 ans.
La découverte d’oeuvres préhistoriques sculptées sur 20 mètres de long dans cet abri font du 
Roc -aux-Sorciers un site préhistorique majeur. 

Cette fabuleuse frise unique nous révèle l’univers des hommes de Cro-Magnon, peuplé de bouquetins, bisons, chevaux, félins, rennes et figurations humaines, dont l’exceptionnel ensemble des trois femmes sculptées.

Le Centre d’interprétation du Roc-aux-Sorciers vous propose, au travers de restitutions innovantes, de découvrir ce patrimoine.

 

Accessible aux personnes à mobilité réduite, frise tactile, Label Qualité Vienne. Le Centre vous propose de nombreux ateliers pédagogiques, conférences, contes, visites nocturnes, expositions et diverses autres activités.

Enfin! Lancement par le Ministère de la culture du site internet dedié aux abris sculptés de la Préhistoire. Naviguez librement parmis ces trésors de l’art préhistorique pourtant si méconnus, les sculptures en abri sous roche datant d’il y a près de 15000 ans. La frise sculptée du Roc-aux-Sorciers est merveilleusement mis en avant…

VISITEZ le site http://www.sculpture.prehistoire.culture.fr

 

Forteresse construite au XIème par évêque de Poitiers.

Dressée sur son éperon rocheux, elle domine de 48m la vallée de l’Anglin.

Remaniée aux XIIème et XVème , elle fut un point stratégique au carrefour des 3 régions : Poitou, Berry et Touraine.

Aux alentours de la 2ème guerre mondiale, par sécurité, on consolide l’édifice afin de conserver ce témoignage essentiel du passé. En 1985, il devient bien communal.

 Juché sur un piton rocheux, le château, monument emblématique de la cité.

Ouverture :

Juillet – Août tous les jours sauf le mardi de 11h à 12h30 et 14h30-18h30
Les week-end de Pâques, de l’Ascension, de la Pentecôte et des Journées Européennes du Patrimoine le deuxième week-end de septembre de 14h30 à 18h30.

Vallée classée, cette jolie rivière, longue de 66 Km, prend sa source à 370 m d’altitude aux pieds des monts de la Marche, vers Azerables (23). Elle rejoint la Gartempe après Angles-sur-l’Anglin.

Les paysages des bords de l’Anglin sont vraiment pittoresques et de nombreux sentiers pédestres, VTT et équestres permettent de les suivre.

 

Les activités de loisirs :

 

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LES MOYENS D’ASCENSION de la TOUR EFFEL AU 19ème siècle

Posté par francesca7 le 16 février 2014

(D’après Guide officiel de la Tour Eiffel, paru en 1893)

 

LES MOYENS D'ASCENSION de la TOUR EFFEL AU 19ème siècle dans Paris 220px-Tour_Eiffel_1905_championnat_de_l%27escalierLes Escaliers : 
On a les ascenseurs et les escaliers pour monter au premier et au deuxième étage, et un ascenseur seulement pour monter du deuxième étage au sommet.

Voulez-vous connaître d’abord le nombre total des marches à monter de la base au sommet de la Tour ? Il y en a 1.710 !

Dans les piles Est et Ouest sont disposés des escaliers à solides marches en chêne et larges de 4 mètre. Il y a 347 marches pour arriver au premier étage. On monte alternativement par ceux des piles Ouest et Est. Ces escaliers sont très doux, coupés par de nom-breux paliers. L’ascension n’y est nullement fatigante. 2.000 personnes peuvent prendre cette voie par heure, sans qu’il y ait encombrement.

Entre le premier et le deuxième étage, les quatre escaliers sont affectés au public, deux pour la montée, deux pour la descente. Ce sont ceux des piliers Ouest et Est. Ces escaliers sont héliçoidaux, de 0m,60 de largeur. Ici encore 2.000 personnes peuvent monter et descendre par heure.

Du deuxième étage au sommet, il y a bien encore un escalier héliçoidal tournant autour de l’axe même de la Tour ; mais c’est un escalier de service, qui n’est pas mis à la disposition du public.

Les Ascenseurs : 
La construction et le fonctionnement d’ascenseurs dans la Tour Eiffel constituent une opération délicate à cause de son inclinaison, qui varie de la base au 2e étage de 54° à 80°, et de la difficulté d’obtenir, à partir du deuxième étage, une ascension verticale de 161m,20.

Ces obstacles ont été heureusement aplanis, grâce à l’intelligent concours des principaux constructeurs. Ils offrent tous la plus parfaite sécurité aux visiteurs et étonneront les ascensionnistes par la hardiesse de leur construction.
Il y a, de la base au sommet, trois sortes d’ascenseurs.

Du sol au premier étage, quatre ascenseurs : deux de montée et descente, système Roux, Combaluzier et deux du système Otis. Le système Roux, Combaluzier et Lepape se compose du système ordinaire à pression hydraulique, le piston rigide remplacé, toutefois (pour obvier à l’inclinaison), par un piston articulé joint aux deux extrémités, et formant une espèce de chaîne sans fin fort ingénieuse. Les cabines de ce système ont 5 mètres de hauteur et peuvent contenir 100 personnes qu’elles élèvent en une minute au premier étage de la Tour.

Le système Otis, qui fonctionne dans les deux piles de service du premier étage, et qui fonctionne seul en suite pour franchir les 54 mètres du second étage, a obtenu de très grands succès aux Etats-Unis. Il se compose d’un piston à tige, se mouvant dans un cylindre de fonte placé aux pieds de la Tour, et actionné par l’eau des réservoirs du second étage.

Les cabines Otis ne tiennent que 60 personnes, mais leur vitesse ascensionnelle étant double de celle des autres systèmes, le rendement par heure est le même.
Les quatre ascenseurs de la première course sont, suivant les nécessités, au service du public à partir de dix heures du matin jusqu’à dix heures du soir.

M. Édoux, l’ingénieur parisien bien connu par l’établissement des ascenseurs du palais du Trocadéro, a été chargé de l’ascenseur du dernier tronçon, du deuxième étage au sommet. Le système de M. Édoux, si justement admiré en 1878, ne pouvait s’appliquer à la tour, puisque l’on imposait la condition de ne faire descendre au-dessous du second étage aucun des organes hydrauliques ou mécaniques destinés a la manœuvre de l’appareil.

M. Édoux a vaincu cette difficulté d’une façon ingénieuse. Il a divisé en deux parties la distance énorme de 161m,20 à franchir en obtenant le contrepoids nécessaire des ascenseurs par deux cabines, s’élevant, l’une de 116 mètres à 196m,60, l’autre redescendant du sommet à la hauteur du plancher intermédiaire de descente et de montée de l’ascenseur du second au troisième étage de la Tour Eiffel. Un réservoir, placé à 276 mètres de hauteur, assure le fonctionnement des pistons hydrauliques qui actionnent la cabine supérieure.

220px-Tour_Eiffel_Ascenseur_Roux,_Combaluzier_et_Lepape

Les cabines, fort élégantes, pourvues de sièges articulés et de banquettes, ont 14 mètres carrés ; elles peuvent contenir 65 personnes environ et élever 750 personnes à l’heure.

Nous avons dit que le plancher intermédiaire était le point de rencontre des deux cabines. Lorsque la cabine supérieure monte, la cabine à course inférieure (qui lui sert de contrepoids) descend tout naturellement. Il s’ensuit que, pour parcourir le trajet de 161m,20, il y a une station au plancher intermédiaire, comme dans un chemin de fer. Chaque cabine parcourant la moitié de la course, il y a échange de voyageurs sur le plancher intermédiaire sans le moindre encombrement, les « montants » passant par une autre porte que les « descendants ».

Il faut 1 minute 1/2 pour arriver au plancher intermédiaire, 1 minute pour l’échange des voyageurs d’une cabine à l’autre et 1 minute 1/2 pour la course supérieure. Total : 4 miaules, du second à la plate-forme supérieure. Un réservoir de 20.000 litres d’eau est placé au sommet de la Tour pour le service de l’ascenseur Edoux.

Enfin, un frein de sûreté (dispositif Blackmann) permet de répondre absolument de tout accident et d’affirmer que, mémo dans le cas de rupture d’un organe important de l’ascenseur, les visiteurs portés par la cabine n’auraient à redouter aucune chute. La durée de l’ascension totale, du pied au sommet, au moyen des ascenseurs, est de 7 minutes. On peut élever, par heure, 2.350 personnes au premier et au deuxième étage, et 750 au sommet. Par les escaliers et les ascenseurs réunis, on peut dire que chaque heure, 5.000 personnes peuvent visiter la Tour Eiffel.

En résumé, la question si complexe, si ardue, remplie de périls et d’incertitudes, des ascenseurs de la Tour Eiffel a été résolue à la grande gloire de l’industrie nationale. Ils offrent la plus parfaite sécurité aux visiteurs, et leur usage rapid

e, précis et mathématique jusqu’à ces grandes hauteurs, n’est pas l’une des moindres curiosités ni l’un des moindres agréments pour les visiteurs de la Tour de 300 mètres.

Le séjour dans la Tour est facultatif. Il est difficile d’imaginer le nombre de personnes que peut contenir la Tour, lorsqu’elle a son maximum de visiteurs. Les restaurants, la brasserie, la salle d’exposition au premier étage, soit pour les quatre 1.600 et 1.000 environ peuvent se mouvoir sur chacune des quatre galeries extérieures 4.000. Entre les restaurants, il y a des galeries et des terrasses intérieures pouvant contenir ensemble 400. Total pour le premier étage 6.000. On peut tenir 1.500 au second étage et 500 au sommet, ensemble 2.000.

Les personnes en voie d’ascension, plus les gens de service 2.000. Et vous aurez, lorsque la Tour sera saturée de visiteurs, un total d’environ 10.000. Dix mille personnes dans cette résille en fer ; quelle cage à mouches ! Quel bourdonnement ! quelle vie. Une ville dans un tube. Le mouvement perpétuel.

Les Tickets : 
On peut monter au premier étage par escalier ou par ascenseur, à son gré, puisque le prix de l’ascension est le 

même pour les deux modes.

Le tarif des visites à la Tour Eiffel est ainsi fixé : on monte pour 1 franc à la première plate-forme, pour 2 francs à la seconde, pour 4 francs à la troisième, pendant la semaine. Les prix sont de 50 centimes à la première plate-forme, 1 franc à la seconde, 2 francs à la troisième, le dimanche, soit 4 francs en semaine et 2 francs le dimanche, pour l’ascension complète.

Les trajets parcourus par le public sont, comme on sait, de 60, 415 et 276 mètres. L’administration peut ouvrir 40 guichets, suivant les nécessités : 8 au rez-de-chaussée, 1 à la première plate-forme et 1 à la deuxième pour la vente des tickets. On délivre des tickets bleus pour la première plate-forme, blancs pour la seconde et rouges pour le sommet.

La personne à destination de la première plate-forme remet son ticket bleu à l’arrivée. N’en ayant plus, elle ne peut monter plus haut que si elle achète un second ticket – le blanc – qui sert entre la première et la seconde plate-forme. Enfin, pour monter au sommet, il faut acheter un ticket rouge.

Et les piétons ? Ceux que les ascenseurs impressionnent, ou qui veulent se livrer à un exercice apéritif avant de dîner ou de déjeuner au premier étage, ont à leur disposition deux escaliers confortables pour le service de la première plate-forme : celui de la pile Ouest pour monter et celui de la pile Est pour descendre (alternativement).

Que l’on monte à pied ou en ascenseur, c’est le même prix et les tickets sont pareils. Si bien que les tickets une fois pris pour le premier ou le second, on peut faire le trajet d’une façon ou de l’autre. Vous voilà renseignés sur la Tour Eiffel, sur les moyens d’ascension, sur les prix des voyages. Il s’agit maintenant de se mettre en route.

L’ascension : Les Ascensions : 
La Tour est ouverte dès 10 heures du matin depuis le premier dimanche du printemps jusqu’à 10 heures du soir pendant la saison d’été, du 15 mai au 15 septembre. Avant et après ces époques, la Tour est fermée à la nuit. Un tableau placé à chaque pilier indique journellement aux visiteurs les ascenseurs qui fonctionnent pour les 1er et 2e étages, ainsi que l’escalier en service pour la montée au 1er étage.

La Tour est livrée au public à partir de 10 heures du matin. Dès ce moment, les ascenseurs qui conduisent an premier étage sont à sa disposition.

Il y a devant la face intérieure de chaque pile un élégant chalet où l’on délivre et où l’on contrôle les tickets. On prend, à volonté, son ticket pour l’étage auquel on désire se rendre.

Les jours où il y a foule, on ne peut pas prendre, en bas, les tickets pour le troisième étage ; parce que les moyens de locomotion, qui sont de 2.000 par heure jusqu’au second étage, ne sont plus que de 750 par heure entre le second et le troisième étage. Si les 2.000 personnes montées au second avaient un droit constaté par un ticket du troisième, pris au bas, et l’ascenseur ne pouvant en élever que 750 (par heure) du second au sommet, il en résulterait des discussions et des encombrements.

 dans ParisOn y a obvié en obligeant ces jours-là l’ascensionniste à reprendre un nouveau billet au second étage, s’il veut monter plus haut. Cela permet d’arrêter la délivrance des tickets aussitôt que la capacité de l’ascenseur Edoux est atteinte. On évite ainsi tout embarras.

Que vous décrire, que vous pourriez observer ou suivre dans un trajet qui ne dure pas une minute ? Si vous êtes du côté voulu pour voir le Champ de Mars, vous apercevez, en prenant place, les jardins, les fontaines, les statues, les palais et les dômes des Beaux-Arts et des Arts libéraux et le Palais des Machines. En somme, un grand et magnifique tableau taillé en pièces par les treillis et les entretoises.

Mais voici l’ascenseur en route, doucement d’abord, et le tableau semble s’abaisser. Vous avez à peine éprouvé cette sensation, que les treillis se resserrent et obstruent la vue. La forêt de fer s’épaissit : on ne voit plus rien du tout. On est arrivé. Un peu moins d’une minute pour atteindre le premier étage. Ce n’est pas la peine de s’en passer.

Si vous n’avez qu’un billet bleu de premier étage, il faut en prendre un autre, un billet blanc pour monter au second. Au second, ainsi qu’il vient d’être dit, on peut prendre un billet nouveau (rouge) pour monter au troisième.

 

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Maupassant et les Corbeaux

Posté par francesca7 le 15 février 2014

 

                                     extrait de : Le  Corbeau et « la Pléiade »

 

                                                                                                      Par Jacques Bienvenu

 

 téléchargement (7)      Il convient de donner un rappel des événements qui jalonnent l’incroyable histoire de la mystification d’Adrien Le Corbeau. C’est à la fin de l’année 2000, que je publiais un article intitulé  « Le canular du Corbeau », dans la revue Histoires littéraires, Dans cet article, je montrais que les souvenirs de Madame X fréquemment cités dans « la Pléiade » et attribués à Hermine Lecomte du Noüy étaient des faux.   

         Toutefois, à la publication de cet article Louis Forestier, l’éditeur de Maupassant dans « la Pléiade », n’a pas cru à la dénonciation des faux comme l’atteste la réédition ultérieure de 2003 des contes et nouvelles. A la fin de cette année 2003 je complétais ma démonstration dans un article publié dans L’Angélus intitulé « Le retour du Corbeau » dans lequel j’ajoutais des preuves irréfutables et je  révélais notamment que le faussaire connu en France sous le nom d’Adrien Le Corbeau était d’origine roumaine. Cette fois il devenait impossible de nier la vérité. Dès lors, M. Forestier dans un moment d’inquiétude a juste  signalé dans l’édition de 2004 l’existence de mon premier article et maintenu l’ensemble de ses textes dans l’édition de 2005.Compte tenu de cette résistance opiniâtre de l’éditeur de Maupassant, je donnais un article dans ma revue l’Angélus, intitulé «  Le triomphe du Corbeau dans la Pléiade ». Enfin je publiais un dossier complet de cette affaire en annexe du « Dictionnaire Maupassant » de Sandrine de Montmort  publié aux éditions Scali en 2007. J’y  précisais, à l’aide de documents inédits, les raisons profondes de l’identification de Madame X à Hermine Lecomte du Noüy. 

        Or, en mars 2008, coup de théâtre ! Voici que dans la nouvelle édition des contes de « la Pléiade », Louis Forestier comprend enfin ! Il se décide à éliminer toutes les références aux écrits d’Adrien Le Corbeau ! 

        Voyons,  à présent, comment l’éditeur scientifique de Maupassant a effectué ses modifications. Jusqu’à cette date il écrivait dans ses notes sur Le Horla (tome II, p.1617):

Pierre Borel (Le Destin tragique de Guy de Maupassant, p.31) est le seul à affirmer que Guy voyait son double au temps où il fréquentait Chatou et Bezons. On sait ce que valent, souvent, les affirmations de ce critique. Il pourrait s’agir du démarquage hâtif d’une observation faite plus tard par Hermine Lecomte du Noüy (dans ses souvenirs fréquemment cités, parus dans La Grande Revue, octobre 1912)”. « Savez-vous, qu’en fixant longtemps mes yeux sur ma propre image réfléchie dans une glace, je crois parfois perdre la notion du moi? En ces moments-là, tout s’embrouille dans mon esprit et je trouve bizarre de voir là cette tête, que je ne – reconnais plus. Alors il me paraît curieux d’être ce que je suis, c’est-à-dire  quelqu’un .Et je sens que si cet état durait une minute de plus je deviendrais complètement fou. »

 Ce texte me paraît clairement poser les limites d’une expérience qu’on tire trop vite vers celle du double, thème fantastique par excellence.

 Observons au passage que le critique niait la  problématique du double dans Le Horla en s’appuyant sur le texte du faussaire ! Dans l’édition de 2008, (même page) l’éminent spécialiste supprime l’extrait des souvenirs de Madame X qu’il remplace par le texte de Maupassant beaucoup plus sûr, il est vrai, que celui d’Adrien Le Corbeau. Voici la transformation de l’édition 2008 (p.1617) : 

Pierre Borel (Le Destin tragique de Guy de Maupassant, p.31) est le seul à affirmer que Guy voyait son double au temps où il fréquentait Chatou et Bezons.On sait ce que valent, souvent, les affirmations de ce critique. Il faut se reporter au texte du conte  (p.931) qui sur ce point concorde avec la première version : «  Je ne vis rien d’abord, puis, tout à coup, il me sembla qu’une page du livre resté ouvert sur ma table venait de tourner toute seule. Aucun souffle d’air n’était entré par ma fenêtre. Je fus surpris et j’attendis. Au bout de quatre minutes environ, je vis, oui,  je vis, de mes yeux une autre page se soulever et se rabattre sur la précédente, comme si un doigt l’eut feuilletée. Mon fauteuil était vide, semblait vide. »

Ce texte me paraît clairement poser les limites d’une expérience qu’on tire trop vite vers celle du double, thème fantastique par excellence. 

     Or, Louis Forestier tronque  volontairement la dernière phrase qui est : 

 Mon fauteuil était vide, semblait vide ; mais je compris qu’il était là, lui, assis à ma place, et qu’il lisait. 

            Il est certain qu’avec la dernière phrase ainsi censurée, le texte n’a plus rien à voir avec la question du double. Décidemment, le travail du faussaire aura été contagieux ! C’est vraiment tragique !  Par ailleurs,  M. Forestier a retiré les  deux pages du texte de Madame X citées dans les notes de La Mère Sauvage. M. Pierre Danger se voit ainsi  gratifié d’une immense citation à la place des écrits du faussaire. Le nom de Pierre Danger est orthographié Pierre « Dangé ». Un pseudo de plus dans cette histoire de faussaires. 

           Mais ceci n’est rien. Dans l’introduction du tome I des contes de Maupassant l’éditeur de Maupassant citait avant ses rectifications un passage du texte de Le Corbeau :  «  Il me semblait vraiment que mon âme se fut, en quelque sorte, dissoute dans cet élément trouble qui me baignait et qu’elle flottait au-dessus de ma tête. »(P.LIX). Dans l’édition 2008 (toujours p.LIX), Louis Forestier supprime le texte du Faussaire et le remplace par un texte de Maupassant . Il  remplace aussi  la note n°4 qui mentionnait Le canular du Corbeau par :  Sur l’eau, P. 57-58.  Le problème est que juste une ligne après, l’éminent professeur oublie de supprimer une citation du faussaire : «  Savez-vous qu’en fixant longtemps mes yeux sur ma propre image réfléchie dans une glace, je crois perdre la notion du moi ». On reconnaît une partie du passage cité  de Madame X dans les notes du Horla ! De plus l’éditeur renvoie ce passage cité page LX  en note à : Ibid.,P. 684.qui est la référence aux souvenirs de Madame X et non à Sur l’eau. J’ajoute  à titre documentaire que son édition était tellement infestée par les faux écrits de Madame X, qu’il en a oublié, par exemple, un long passage à la page 1623 du tome I nouvelle édition 2008 où il cite encore  selon ses propre termes Hermine Lecomte du Noüy dans La Grande Revue du 25 mars 1913.

 

Tentons cependant d’être positif. Que M. Forestier ait enfin compris au bout de huit années que les articles de Madame X étaient faux et qu’il les élimine peu à peu, même très grossièrement, dans « la Pléiade », il faut s’en réjouir. Tout de même,  il est des choses inacceptables. Dans la nouvelle édition de 2004 Louis Forestier avait ajouté en note ( n°4) après avoir cité l’article du faussaire la référence de mon article : 

On a émis l’hypothèse que cet article serait l’œuvre d’un  faussaire   (voir : « Le canular du Corbeau », Histoires littéraires, octobre-décembre 2000, n° 4.) 

Après avoir fait disparaître cette note, un chercheur correct aurait pu au moins reconnaître que le « ON » ne s’était pas trompé et en donner référence. Bien entendu, il n’en est rien. L’honnêteté intellectuelle n’est pas le fort de l’éditeur de Maupassant. C’est avec la plus grande discrétion que ces modifications se sont accomplies. Enfin,  pour être tout à fait complet sur le sujet, signalons que plusieurs mois après les vastes changements opérés dans « la Pléiade », paraissait un article qui nous apprenait en outre qu’Adrien Le Corbeau avait déjà publié des prétendus souvenirs sur Maupassant dans un journal roumain, souvenirs beaucoup moins élaborés, il est vrai, que ceux de La Grande Revue mais qui en reprenaient certains passages.

téléchargement (8)L’art de Maupassant est fait d’équilibre entre le récit des péripéties, les descriptions limitées et fonctionnelles, et le jeu entre discours direct / discours indirect / discours indirect libre. Il est aussi marqué par l’utilisation de phrases plutôt courtes avec une ponctuation expressive et de paragraphes eux aussi plutôt courts, voire très courts, qui donnent une mise en page aérée. La langue, quant à elle, est soutenue dans le récit et dynamique dans le discours direct, recherchant même le pittoresque en transcrivant les paroles des personnages populaires. Son aversion naturelle pour la société ainsi que sa santé fragile le portent vers la retraite, la solitude et la méditation. Il voyage longuement en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, en Sicile, en Auvergne, et chaque voyage est pour lui synonyme de volumes nouveaux et de reportages pour la presse. Il fait une croisière sur son yacht privé, nommé « Bel-Ami », d’après son roman de 1885. Cette croisière, où il passe par Cannes, Agay et Saint-Tropez lui inspire Sur l’eau. Il y aura un « Bel-Ami II ». De ses voyages, il garde une préférence pour la Corse ; il place même le paysan corse au-dessus du paysan normand, car hospitalier… Quoi qu’il en soit, cette vie fiévreuse, ce besoin d’espaces, et souvent pour oublier la maladie qui l’accapare, ne l’empêchent pas de nouer des amitiés parmi les célébrités littéraires de son temps : Alexandre Dumas fils lui voue une affection paternelle. Guy tombe également sous le charme de l’historien-philosophe Taine rencontré à Aix-les-Bains.

S’il reste ami avec Zola et Tourguéniev, en revanche l’amitié de Maupassant avec les Goncourt dure peu : sa franchise et son regard acéré sur la comédie humaine s’accommodent mal de l’ambiance de commérage, de scandale, de duplicité et de critique envieuse que les deux frères ont créée autour d’eux sous l’apparence d’un salon littéraire à la manière du xviiie siècle… La brouille avec les Goncourt commence à propos d’une souscription pour un monument à la gloire de Flaubert.

En 1887, son frère Hervé est interné une première fois, et retombe malade en fin d’année. En août 1889, il est de nouveau interné à l’asile de Lyon-Bron. Il y meurt en novembre.

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BLAISE PASCAL et ses discours

Posté par francesca7 le 15 février 2014

 

 

Premier discours de Blaise Pascal

Pour entrer dans la véritable connaissance de votre condition, considérez-la dans cette image.

Un homme est jeté par la tempête dans une île inconnue, dont les habitants étaient en peine de trouver leur roi, qui s’était perdu ; et, ayant beaucoup de ressemblance de corps et de visage avec ce roi, il est pris pour lui, et reconnu en cette qualité par tout ce peuple. D’abord il ne savait quel parti prendre ; mais il se résolut enfin de se prêter à sa bonne fortune. Il reçut tous les respects qu’on lui voulut rendre, et il se laissa traiter de roi.

Mais comme il ne pouvait oublier sa condition naturelle, il songeait, en même temps qu’il recevait ces respects, qu’il n’était pas ce roi que ce peuple cherchait, et que ce royaume ne lui appartenait pas. Ainsi il avait une double pensée : l¹une par laquelle il agissait en roi, l’autre par laquelle il reconnaissait son état véritable, et que ce n’était que le hasard qui l’avait mis en place où il était. Il cachait cette dernière pensée et il découvrait l’autre. C’était par la première qu’il traitait avec le peuple, et par la dernière qu’il traitait avec soi-même.

Ne vous imaginez pas que ce soit par un moindre hasard que vous possédez les richesses dont vous vous trouvez maître, que celui par lequel cet homme se trouvait roi. Vous n’y avez aucun droit de vous-même et par votre nature, non plus que lui : et non seulement vous ne vous trouvez fils d’un duc, mais vous ne vous trouvez au monde, que par une infinité de hasards. Votre naissance dépend d’un mariage, ou plutôt de tous les mariages de ceux dont vous descendez. Mais d’où ces mariages dépendent- ils ? D’une visite faite par rencontre, d’un discours en l’air, de mille occasions imprévues.

Vous tenez, dites-vous, vos richesses de vos ancêtres, mais n’est-ce pas par mille hasards que vos ancêtres les ont acquises et qu’ils les ont conservées ? Vous imaginez-vous aussi que ce soit par quelque loi naturelle que ces biens ont passé de vos ancêtres à vous ? Cela n’est pas véritable. Cet ordre n’est fondé que sur la seule volonté des législateurs qui ont pu avoir de bonnes raisons, mais dont aucune n’est prise d’un droit naturel que vous ayez sur ces choses. S’il leur avait plu d’ordonner que ces biens, après avoir été possédés par les pères durant leur vie, retourneraient à la république après leur mort, vous n’auriez aucun sujet de vous en plaindre.

Ainsi tout le titre par lequel vous possédez votre bien n’est pas un titre de nature, mais d’un établissement humain. Un autre tour d’imagination dans ceux qui ont fait les lois vous aurait rendu pauvre ; et ce n’est que cette rencontre du hasard qui vous a fait naître, avec la fantaisie des lois favorables à votre égard, qui vous met en possession de tous ces biens.

Je ne veux pas dire qu’ils ne vous appartiennent pas légitimement, et qu’il soit permis à un autre de vous les ravir ; car Dieu, qui en est le maître, a permis aux sociétés de faire des lois pour les partager ; et quand ces lois sont une fois établies, il est injuste de les violer. C’est ce qui vous distingue un peu de cet homme qui ne posséderait son royaume que par l’erreur du peuple, parce que Dieu n’autoriserait pas cette possession et l’obligerait à y renoncer, au lieu qu’il autorise la vôtre Mais ce qui vous est entièrement commun avec lui, c’est que ce droit que vous y avez n’est point fondé, non plus que le sien, sur quelque qualité et sur quelque mérite qui soit en vous et qui vous en rende digne. Votre âme et votre corps sont d’eux-mêmes indifférents à l’état de batelier ou à celui de duc, et il n’y a nul lien naturel qui les attache à une condition plutôt qu’à une autre.

Que s’ensuit-il de là ? que vous devez avoir, comme cet homme dont nous avons parlé, une double pensée ; et que si vous agissez extérieurement avec les hommes selon votre rang, vous devez reconnaître, par une pensée plus cachée mais plus véritable, que vous n’avez rien naturellement au- dessus d’eux. Si la pensée publique vous élève au-dessus du commun des hommes, que l’autre vous abaisse et vous tienne dans une parfaite égalité avec tous les hommes ; car c’est votre état naturel.

Le peuple qui vous admire ne connaît pas peut-être ce secret. Il croit que la noblesse est une grandeur réelle et il considère presque les grands comme étant d’une autre nature que les autres. Ne leur découvrez pas cette erreur, si vous voulez ; mais n’abusez pas de cette élévation avec insolence, et surtout ne vous méconnaissez pas vous-même en croyant que votre être a quelque chose de plus élevé que celui des autres.

Que diriez-vous de cet homme qui aurait été fait roi par l’erreur du peuple, s’il venait à oublier tellement sa condition naturelle, qu’il s’imaginât que ce royaume lui était dû, qu’il le méritait et qu’il lui appartenait de droit ? Vous admireriez sa sottise et sa folie. Mais y en a-t-il moins dans les personnes de condition qui vivent dans un si étrange oubli de leur état naturel ?

Que cet avis est important ! Car tous les emportements, toute la violence et toute la vanité des grands vient de ce qu’ils ne connaissent point ce qu’ils sont : étant difficile que ceux qui se regarderaient intérieurement comme égaux à tous les hommes, et qui seraient bien persuadés qu’ils n’ont rien en eux qui mérite ces petits avantages que Dieu leur a donnés au-dessus des autres, les traitassent avec insolence. Il faut s’oublier soi-même pour cela, et croire qu’on a quelque excellence réelle au-dessus d’eux, en quoi consiste cette illusion que je tâche de vous découvrir.

Lire la suite sur : 

220px-Blaise_Pascal_VersaillesBlaise Pascal, né le 19 juin 1623 à Clairmont (aujourd’hui Clermont-Ferrand) en Auvergne et mort le 19 août 1662 à Paris, est unmathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français.

Enfant précoce, son père l’éduque. Les premiers travaux de Pascal concernent les sciences naturelles et appliquées. Il contribue de manière importante à l’étude des fluides. Il a clarifié les concepts de pression et de vide, en étendant le travail de Torricelli. Pascal a écrit des textes importants sur la méthode scientifique.

À 19 ans1, en 1642, il invente la calculatrice mécanique et après trois ans de développement et 50 prototypes, il la présente à ses contemporains en la dédiant au chancelier Séguier. Dénommée machine d’arithmétique, puis roue pascaline et enfin pascaline, il en construisit une vingtaine d’exemplaires dans la décennie suivante.

Mathématicien de premier ordre, il crée deux nouveaux champs de recherche majeurs : tout d’abord il publie un traité de géométrie projectiveà seize ans ; ensuite il développe en 1654 une méthode de résolution du « problème des partis » qui, donnant naissance au cours duxviiie siècle au calcul des probabilités, influencera fortement les théories économiques modernes et les sciences sociales.

Après une expérience mystique qu’il éprouva à la suite d’un accident de carrosse en octobre 1654, il se consacre à la réflexion philosophique et religieuse. Il écrit pendant cette période Les Provinciales et les Pensées, ces dernières n’étant publiées qu’après sa mort qui survient deux mois après son 39e anniversaire, alors qu’il a été longtemps malade (sujet à des migraines violentes en particulier).

 

 

 

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Marguerite Duras et les prostituées

Posté par francesca7 le 15 février 2014

 

 

 

 

Extrait de : Les prostituées blanches

Dans L’Amant, Marguerite Duras établit enfin le lien ténu qui unit la femme de l’ambassadeur à la jeune fille blanche. Et ce lien passe par la réprobation. En effet, le suicide scandaleux du jeune homme isole la dame, la désigne d’emblée à l’opprobre public, et c’est à elle que s’identifie la jeune fille lorsqu’à son tour elle est en butte au scandale du déshonneur. Elles se rejoignent dans la réprobation populaire parce que toutes deux ont un amant :

« La même différence sépare la dame et la jeune fille au chapeau plat des autres gens du poste. De même que toutes les deux regardent les longues avenues des fleuves, de même elles sont. Isolées toutes les deux. Seules, des reines. Leur disgrâce va de soi. Toutes deux au discrédit vouées du fait de la nature de ce corps qu’elles ont, caressé par des amants, baisé par leurs bouches, livrées à l’infamie d’une jouissance à en mourir, disent-elles, à en mourir de cette mort mystérieuse des amants sans amour. C’est de cela qu’il est question, de cette humeur à mourir. Cela s’échappe d’elles, de leurs chambres, cette mort si forte qu’on en connaît le fait dans la ville entière ».

C’est littéralement et progressivement que le texte procède à l’identification de l’enfant (« la petite prostituée blanche du poste de Sadec » ) et de la femme de l’ambassadeur (« la prostituée de Calcutta » ). Les deux personnages apparaissent tout d’abord séparément dans la formulation conjonctive « la dame et la jeune fille au chapeau plat » pour ensuite se rejoindre dans la locution « toutes les deux », réitérée à trois reprises. La formulation en écho « de même que… de même… » souligne l’identité respective des deux femmes pour mieux mettre l’accent sur leur principale ressemblance (« de même elles sont »). Le pluriel s’efface ensuite devant le singulier lorsqu’il s’agit d’évoquer « la nature de ce corps qu’elles ont, caressé par des amants, baisé par leurs bouches ». Un même corps de prostituée, voilà ce qu’elles ont.

L’enfant a besoin de cette réprobation, elle qui éprouve toujours (comme Marguerite Duras elle-même) une honte, un sentiment de culpabilité, elle qui s’étonne, en quittant la chambre de son amant qu’il n’y ait « personne pour la punir, la battre, la défigurer, l’insulter » 

Duras atteint ici « la source de la fascination et de l’écriture »  étroitement liées par l’amour et la mort, retrouvant ainsi la nature même de l’écrit telle qu’elle l’a toujours conçue :

« Je me suis dit qu’on écrivait toujours sur le corps mort du monde et, de même, sur le corps mort de l’amour. Que c’était dans les états d’absence que l’écrit s’engouffrait pour ne remplacer rien de ce qui avait été vécu ou supposé l’avoir été, mais pour en consigner le désert par lui laissé » 

Marguerite Duras est donc parvenue à se libérer de cette fascination pour Anne-Marie Stretter, et ce par son écriture. Elle a refermé l’écriture sur son sujet – « on n’écrit rien en dehors de soi, ça n’existe pas »  – et a posé son écriture autobiographique comme seule capable de remonter aux origines de l’écrit. Grâce au meurtre de la mère, elle a pu, enfin, dire « je ».

 

images (12)Marguerite Duras, nom de plume de Marguerite Germaine Marie Donnadieu, est une écrivaine, dramaturge, scénariste et réalisatrice française, née le 4 avril 1914 à Gia Dinh (autre nom de Saïgon), alors en Indochine française, morte le 3 mars 1996 à Paris.

Par la diversité et la modernité de son œuvre, qui renouvelle le genre romanesque et bouscule les conventions théâtrales et cinématographiques, elle est un auteur important de la seconde moitié du xxe siècle, quelles que soient les critiques qui aient pu être adressées à son œuvre.

En mai 1987, Marguerite Duras est citée comme témoin au procès de Klaus Barbie mais refuse de comparaître. En juin de la même année, elle publie La Vie matérielle, suivi en septembre par Emily L..

L’Amant devient un projet de film du producteur Claude Berri. À la demande de ce dernier, elle s’attelle à l’écriture du scénario, bientôt interrompu par une nouvelle hospitalisation, le 17 octobre 1988. Souffrant de crise d’emphysème et subissant une trachéotomie, elle est plongée dans un coma artificiel dont elle ne s’éveille que cinq mois plus tard.

Pendant ce temps, le réalisateur Jean-Jacques Annaud est contacté. Il accepte de réaliser le film et se met à en faire l’adaptation. Marguerite Duras sort de l’hôpital en automne 1989 et reprend le projet en cours en rencontrant le cinéaste. La collaboration tourne court et le film se fait sans elle. Se sentant dépossédée de son histoire, elle s’empresse de la réécrire : L’Amant de la Chine du Nord est publié en 1991, juste avant la sortie du film. Duras a désormais des difficultés physiques pour écrire. Cependant, d’autres livres paraissent ; ils sont dictés ou retranscrits. C’est le cas de Yann Andréa Steiner (1992) et d’Écrire (1993). En 1995, paraît l’ultime opus C’est tout, un ensemble de propos recueillis par Yann Andréa, réédité en 1999 dans sa version définitive.

Le dimanche 3 mars 1996, à huit heures, Marguerite meurt au troisième étage du numéro 5 de la rue Saint-Benoît. Elle allait avoir quatre-vingt-deux ans. Les obsèques ont lieu le 7 mars, en l’église Saint-Germain-des-Prés. Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse. Sur sa tombe, son nom de plume, deux dates et ses initiales : M D.

 

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Au Château Margaux

Posté par francesca7 le 14 février 2014

 

Au Château Margaux  dans CHATEAUX DE FRANCE 200px-Margaux94_1« On ne saisit jamais la vraie capacité de puissance que révèle l’équilibre. » Petite phrase, sentence, lâchée au cours d’un de ces nombreux points sur le millésime de l’année par Paul Pontallier, directeur du cru. Elle résume la philosophie du lieu et peut-être, sans doute, celle qui anime la démarche de ces premiers crus classés. Le classement éternel de 1855 leur a apporté la sérénité et un certain détachement vis-à-vis de l’agitation autour. Tel nouveau riche, grenouille, veut paraître plus fort que le boeuf ? Peu importe, son succès sera temporaire. Au mieux, une génération. Eux, les grands premiers classés immuablement, peuvent travailler dans le calme, loin de la pression des modes. « Pas d’oenologie vaudou ici », nous a lâché un autre jour Paul Pontallier, qui excelle dans cet exercice de frappe chirurgicale contre les ridicules. Racheté à la grande famille de propriétaires et de négociants Ginestet en 1977 par André Mentzelopoulos, « un épicier grec », disait-on, propriétaire alors des magasins Félix Potin, Château Margaux était en mauvaise passe. Corinne, la fille d’André, a pris la suite en 1990 avec l’aide financière de la famille Agnelli (Fiat). Puis, en 2003, elle est devenue seul maître à bord en rachetant les parts des Agnelli. Elle est aujourd’hui la propriétaire d’un cru au mieux de sa forme. 

Ne pas chercher le superflu, il n’habite pas ici. Château Margaux, c’est l’efficacité dans la discrétion. Pas de pharaons pour déplacer le Nil, pas d’annonce grandiose, pas d’innovation haute technologie. Paul est un flegmatique, sorti d’un de ces romans écrits par un diplomate. Un roman d’avant-guerre, quand on avait la gentillesse de confier des ambassades aux écrivains sans héritage. On le devine bien plus anxieux que son sourire. Ce doit être quelque chose, la responsabilité d’un tel monument ! Un monument vivant, qui se régénère chaque année, qui refait sa vie tous les ans, qui remet sans cesse en cause ses acquis. Il n’y a pas de force de l’habitude. On ne déclenche pas les vendanges comme on va au bureau. On ne décide pas d’écouler une cuve, de stopper la macération à la suite d’une causette avec un copain devant la machine à café ou parce que c’est l’arrêt du bus. Pourtant, à chaque visite, on a l’impression que c’est simple. Que le monde se divise en deux, d’un côté les grands terroirs (comprenez Château Margaux), de l’autre les autres. On cite volontiers comme très grand millésime à Margaux le 1900, un peu difficile à trouver chez le caviste… Le 2000 l’est sans doute un peu moins : le nez ne trompe pas : quand Margaux fleure bon ce mélange de cerise noire et de framboise, la suite est souvent prometteuse. Texture soyeuse, tanins fondus, souples, tissant une trame serrée et onctueuse. Une grande complexité de saveurs, du solide et du doux… Viennent en suivant 2005 et le plus que parfait 2009. « Aussi loin qu’on remonte dans le passé, on voit s’opposer comme d’irréconciliables ennemies la viticulture de qualité, pratiquée par des maîtres aristocratiques ou opulents, et la viticulture simplifiée, dont se contentent les petites gens », écrivait Roger Dion en 1952 (Le paysage et la vigne, Payot, 2004). Grands techniciens, grands moyens, grands hommes, grands terroirs, tout se confond. La notoriété du passé a su les séduire, à eux de l’entretenir. Et c’est ce que font les héritiers du classement de 1855.

C’est dans ce périmètre que sont évidemment plantés les grands cabernet-sauvignon du château, qui sont fortement présents dans l’assemblage du grand vin. L’encépagement de Lafite comprend 70 % de cabernet-sauvignon, 25 % de merlot (plus 3 % de cabernet franc et 2 % de petit-verdot). Mais on notera que, bien souvent, l’assemblage retenu pour le grand vin comporte un pourcentage supérieur de cabernet-sauvignon et peu de merlot (toujours plus de 80 %). Lafite n’est pas un vin de rondeur mais de finesse. En 1994, Lafite a surpris tout le monde en annonçant un 100 % cabernet-sauvignon sans une trace de verdeur ou de dureté, un vin de finesse que l’on pourrait imaginer d’une année bien plus ensoleillée. Et pourtant. Flotte pour les vendanges, maturité compliquée à obtenir : beaucoup de 1994 présentent les côtés anguleux de tanins pas assez bronzés au soleil. Souvent, les responsables ont choisi d’augmenter la proportion de merlot dans les assemblages. Ce cépage est précoce et apporte de la rondeur, tandis que le cabernet-sauvignon est un timide tardif qui, parfois, fait attendre les vendangeurs jusqu’à la mi-octobre. Mais c’est une spécialité de Lafite que de sublimer les millésimes moyens. On retrouve cette manie déroutante avec le 2004. Parmi les grands millésimes de Lafite, on retient le 1982, mais les 1986, 1988, 1989 sont peut-être un cran au-dessus dans la précision et l’équilibre. Quant au 1990, c’est aujourd’hui un vrai bonheur. Dans cette décennie 1990, le coup d’éclat de Lafite s’est joué avec un millésime qui ne plaît pas forcément aux palais sucrés ou aux amateurs de vins guimauves : 1996. Acidité, verdeur, tanins sévères, le millésime a connu peu de défenseurs au moment de sa sortie. Les vins se sont arrondis et, pour ceux qui fréquentent les salles de ventes, c’est l’occasion de se faire plaisir avec des bouteilles de grande garde. Lafite, dans ce millésime, surpasse tout le monde. Pour nous, le plus grand demeure le merveilleux 1959. Suave, émouvant comme un grand bourgogne, raffiné comme seuls les grands cabernet-sauvignon peuvent l’être. 1959 fut une année chaude, solaire. Mais dans le verre, aucune trace de chaleur, de fruits trop mûrs ou de pruneau : que de la dentelle et de la fraîcheur… La trilogie 2008 (raffiné), 2009 (truffe), 2010 (complétude) est remarquable aussi bien qu’intouchable, car c’est à cette époque que les riches amateurs chinois ont découvert Lafite et fait grimper les prix… 

article paru LePoint.fr 

 

280px-Château_MargauxLes premières traces du château remontent au xiiie siècle avec la mention d’une forteresse connue sous le nom de « Château de La Mothe Margaux ». C’est le marquis Douat de La Colonilla qui fit raser l’antique château fort et combler les canaux et les douves.

Le château actuel est de style palladien et a été bâti entre 1810 et 1816. C’est l’édifice d’architecture néoclassique le plus important du bordelais. Il a été conçu par l’architecte Louis Combe sur quatre niveaux agrémentés de larges baies. La façade principale est constituée d’un péristyle colossal de quatre colonnes ioniques, surmontés d’un fronton triangulaire. Les chais, d’une longueur de 100 mètres et d’une largeur de vingt trois mètres, possèdent une belle charpente de chêne soutenue par des colonnes doriques. Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 19464.

Propriétaires successifs de Margaux

Les propriétaires de Margaux, recevant le domaine par alliance ou mariage, constituent une longue lignée remontant au 24 novembre 1377, lorsque Bernard d’Albret lègue la Mothe à sa sœur Rose d’Albret, épouse de Bertrand de Montferrand. Vers 1420, est réalisée une alliance des Montferrand et des Dufort-Duras qui possèdent le château jusqu’en 1437 avec Médard de Dufort-Duras (qui a laissé son nom au château Dufort, voisin du château Margaux). Le 26 mai 1447, François de Montferrand est qualifié de baron Margaux. En 1479, Thomas de Dufort le vend à Jean Gimel un jurat de Bordeaux. Le 24 mars 1479, la fille de Thomas de Dufort épouse Jehan de Lory qui en devient le propriétaire, puis son fils Louis de Lory en 1557. À sa mort c’est son frère Isaac qui lui succède.

En 1590, Guy de Lestonnac achète le château à son cousin Isaac et ce sont ses petits enfants Pierre de Lestonnac et Olive de Lestonnac qui sont légataires en 1611 à la mort de leur grand-père. Le 20 novembre 1653, Jean-Denis Aulède, fils de Pierre hérite du château. Il est nommé officiellement baron de la Mothe à la mort de sa tante en 1658. Le 2 août 1682, la fille de Jean-Denis épouse le comte Joseph de Fumel. Le château reste dans la famille jusqu’en 1768.

En 1770, le comte Élie du Barry devient seigneur de Margaux par son mariage avec la demoiselle Laure de Fumel, nièce de Joseph. Le comte du Barry changea son titre en comte d’Argicourt (dû à l’éclat que la comtesse donnait à son nom). En 1793, les Argicourt émigrèrent, certains périrent sur l’échafaud dont Élie du Barry. Le château est confisqué par les révolutionnaires et vendu en 1802 comme Bien nationalau bénéfice partiel de Laure de Fumel, dernière héritière.

Le 14 février 1802, le château est vendu aux enchères au marquis Bertrand Douat de la Colonilla pour 652 000 francs de l’époque. En 1816, avec le décès du marquis, le château est légué à ses quatre enfants : Thomas, Antoine, Joséphine et Marguerite. Le 17 août 1835, Margaux est mis en vente et acquis par le banquier espagnol Aguado pour 1 300 000 francs. En 1879, Frédéric Pillet-Will acquiert le vignoble de château Margaux appartenant aux héritiers du banquier Alexandre Aguado pour 5 000 000 francs or. Il investit des sommes importantes pour rendre tout son éclat à la propriété, mais ses efforts sont anéantis par le phylloxéra. C’est alors lui qui lance le concept de deuxième vin en créant le Pavillon rouge de Château Margaux. Le duc Louis Charles Marie de La Trémoille, en se mariant avec mademoiselle Pillet-Will, fille du comte, devient « seigneur de Margaux » jusqu’en 1925. À cette date le domaine est vendu à une société d’actionnaires ayant à sa tête Pierre Moreau, courtier en vins et homme de confiance du duc de La Trémoille. Vers 1950, Fernand Ginestet, à la tête d’une grande maison de négoce de vins de Bordeaux, se porte acquéreur du domaine et met son fils Pierre à s’occuper du négoce.

téléchargement (1)En 1977, André Mentzelopoulos achète à la famille Ginestet l’ensemble du domaine et le restaure. Ces investissements marquent le retour de Château Margaux au rang des Premiers Crus. En poursuivant le programme d’investissement défini par son père, Corinne Mentzelopoulos, dans les années qui suivent la disparition d’André, va réussir à faire face à l’explosion de la demande pour les grand vins de Bordeaux à partir de 1982. Elle s’associe en 1990 à la famille Agnelli, qui détient la majorité, avec 75 % du capital de Château Margaux. Cette association va durer jusqu’en 2003, date du décès de Giovanni Agnelli. Le groupe italien revend alors ses parts à Corinne Mentzelopoulos qui redevient l’unique actionnaire du domaine. Le prix du rachat aurait été de 350 millions d’euros. Actuellement, Corinne Mentzelopoulos dirige le domaine avec l’aide de l’œnologue Paul Pontallier.

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