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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Une part de la légende des Rolling Stones

Posté par francesca7 le 22 février 2014

La villa Nellcôte,

Article Le Point.fr –  

À Villefranche-sur-Mer, les Rolling Stones, ici dans le salon de la Villa Nellcôte, s’offrent un séjour très rock’n'roll © Dominique Tarlé

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C’est un monument du rock depuis l’été 1971 où elle fut envahie par les Rolling Stones… après avoir servi de QG aux nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Rarement une résidence estivale aura été aussi indissociablement liée à un album que la villa Nellcôte, à Villefranche-sur-Mer sur la Côte d’Azur. La somptueuse bâtisse, érigée à la fin du 19e siècle par l’homme d’affaires Eugène Thomas, et louée par le guitariste et chanteur Keith Richards avec sa famille pour échapper au fisc anglais, servit de studio d’enregistrement au mythique Exile on Main Street.

Cet été-là, face à l’étendue bleue méditerranéenne, au milieu des pins et des palmiers, rien n’est véritablement prémédité. Ni l’enregistrement de l’album, ni le mariage de Mick Jagger et de Bianca, le 12 mai, à Saint Tropez. Après la noce, les fêtes se succèdent, aussi enfumées qu’alcoolisées, d’abord dans des hôtels azuréens puis chez Keith à Villefranche-sur-Mer. Amis, groupies, musiciens, ingénieurs du son et fournisseurs en substances illicites déferlent alors sur la villa Nellcôte, qui prend rapidement des allures de bivouac hippie. Et, soudain, le groupe se met au travail…

Séances nocturnes

L’immense cave de la maison se meut alors en studio d’enregistrement. On y installe sommairement l’électricité. Les séances de travail se déroulent le plus souvent la nuit, jusqu’à l’aube, et sont ponctuées par les coupures de courant dues à cette installation de fortune. Keith Richards et Mick Jagger prennent tour à tour la direction des opérations. L’atmosphère humide et si particulière des lieux stimule la créativité du groupe. Le jour, la vie coule entre virées en mer et balades en voiture de luxe.

180px-Eze-Cap_FerratTous les ingrédients de cet été particulier vont nourrir la légende des Stones. Et si, à sa sortie en 1972, leur double album Exile on Main Street, qui explore la musique populaire américaine du rock’n'roll au gospel, est plutôt mal accueilli par la critique, il est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs opus du groupe. À coup sûr, le plus « sex, drugs and rock’n'roll », à l’image de cette vie communautaire, sulfureuse, en pleine nature, autour du studio improvisé de la villa Nellcôte. 

Publié dans LEGENDES-SUPERSTITIONS, VILLAGES de FRANCE | Pas de Commentaire »

la Corse et la Nativité de la Vierge.

Posté par francesca7 le 21 février 2014

 

Entre foi et traditions la Corse célèbre cette fête Le 8 septembre.

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Si la Semaine Sainte et ses traditionnelles processions comme le Catenacciu de Sartène sont les célébrations religieuses corses les plus connues, le culte marial a une importance capitale dans la vie des Corses, culminant le 8 septembre lors des célébrations entourant la nativité de la Vierge Marie.

« Dio vi Salve Regina » (Que Dieu vous garde Reine)…l’hymne de la nation corse est dédié à la Vierge Marie. Un couplet ultime écrit en corse a été rajouté quand ce chant religieux a été décrété hymne officiel au XVIIIème siècle : Voi dai nemici nostri, À noi date vittoria, È poi l’Eterna gloria, In Paradisu (Sur nos ennemis, Donnez-nous la victoire, Et l’Éternelle gloire, Au Paradis). Il est chanté lors de toutes les célébrations ou concerts, entremêlant histoire, tradition, patriotisme et foi.

La Corse sous la protection de la Vierge Marie depuis le XVIIIème siècle

Lors de la consulte d’Orezza le 30 janvier 1735, la nation corse proclame son indépendance de Gênes, se plaçant sous la protection de la Vierge Marie. « Nous élisons pour la protection de notre patrie et de tout le royaume, l’Immaculée Conception Vierge Marie, et nous décrétons de plus que toutes les armes et drapeaux de notre dit royaume soient empreints de l’image de l’Immaculée Conception, que la veille et le jour de sa fête soient célébrés dans tout le royaume avec la plus parfaite dévotion et les démonstrations de joie les plus grandes… » Apparu en Corse au Vème siècle, le culte de la Vierge Marie devient alors prédominant dans une île où vénération et respect de la femme et de la mère sont au cœur de la culture. Dominique Verdoni, anthropologue spécialiste du patrimoine corse, souligne ainsi que «Les Corses sont très attachés à leur terre, qu’ils considèrent comme leur mère. Marie incarne l’île. »*

A Santa di U Niolu, Pancheraccia, Alesani, Lavasina…des lieux de pèlerinage à découvrir dans toute l’Île

la Corse et la Nativité de la Vierge. dans Corse 161px-Inmaculada_%28Zurbar%C3%A1n%29A chaque lieu, son miracle, son lieu de dévotion à la Vierge Marie, ses traditions religieuses. Le miracle de Pancheraccia, bien qu’il ne soit pas officiellement reconnu par l’Eglise catholique, date du XVIIIe siècle. La Vierge Marie a fait naître une source dans la montagne après être apparue à une fillette égarée et assoiffée. Cette année, la messe des célébrations du 8 septembre sera chantée par le groupe I Muvrini. A Casamaccioli, c’est le pèlerinage de Santa di U Niolu qui attire chaque année des milliers de personnes . Institutionnalisée en 1835, une foire atypique mêle les bergers et leurs bestiaux venus de toute la micro-région, les métiers et l’artisanat traditionnel corse. Naguère, ce rassemblement des bergers de la région après l’estive était le théâtre de joutes oratoires, les célèbres chjam’è rispondi. A Alesani, le couvent Saint-François attire lui aussi des centaines de pèlerins pour les célébrations du 8 septembre. C’est ici que fut couronné Théodore de Neuhoff, éphémère roi de Corse. L’édifice abrite la Vierge à la Cerise, célèbre peinture du XVème siècle dont l’original n’est sorti qu’en ce jour de célébration. Au Cap Corse, les fidèles se rendent au sanctuaire de Notre Dame des Grâces à Lavasina. Plusieurs miracles entourent ce lieu de culte et son célèbre tableau, tous en relation avec la Vierge Marie. Que l’on soit croyant ou simplement respectueux des traditions, les festivités du 8 septembre sont un temps fort à découvrir dans l’Île.

 

Publié dans Corse, HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

L’époque pisane et génoise de la CORSE

Posté par francesca7 le 21 février 2014

 

la Tour Genoise

la Tour Genoise

En raison des rivalités que connaît la Corse, au xie siècle, le pape accorde à l’évêque de Pise l’investiture des évêques corses et les Pisans commencent deux siècles de domination sur l’île. Sous le gouvernement des juges et des seigneurs pisans, des constructions sont édifiées (églises, ponts, etc.). Mais, Pise perd la protection pontificale et des rivalités internes l’affaiblissent. Gênes entre alors en conflit contre son ancien allié dans la lutte contre les Sarrasins. En 1284, à la bataille navale de Meloria, la flotte pisane est détruite. Plusieurs campagnes de Gênes (1289-1290) lui rallient les féodaux, alors que les Pisans renoncent à la Corse. La trêve signée par Pise en juillet 1299 accorde la domination totale de l’île par Gênes. Celle-ci devient génoise pour six siècles, en dépit du Saint-Siège, qui tente en 1297 de confier la direction de la Corse à la maison d’Aragon (Royaume de Sardaigne et de Corse). Les Génois doivent cependant défendre leur nouvelle conquête face aux menaces des Sarrasins (les tours qui ceinturent l’île sont construites plus tard dans ce but), des Aragonais, installés en Sardaigne, des Français, pour qui la Corse est un avant-poste contre l’Espagne. Mais Gênes fonde sa conquête sur sa puissance bancaire.

Gênes partage l’île en dix provinces, elles-mêmes divisées en pièves (les soixante-six pièves reprises du système féodal). Les Génois construisent (urbanisation : Bastia devient siège du gouverneur, ponts, routes, etc.), développent les vergers, importent de Corse vins, huiles, bois, huîtres, poix, mais imposent lourdement la Corse et s’assurent la quasi-exclusivité du commerce avec l’île. La langue et certains usages (religieux notamment) corses sont grandement influencés par l’occupant.

En 1297, le pape Boniface VIII tente de réaffirmer son autorité sur la Corse et la Sardaigne en y investissant Jacques II, roi d’Aragon, et en 1305, le pape Clément V renouvelle cette tentative. Les Aragonais ne s’attaquent qu’à la Sardaigne pisane, dans un premier temps. Les Génois, craignant de voir la Corse envahie, s’allient aux Pisans pour lutter contre les Aragonais en Sardaigne. Mais bientôt, Jacques II renonce à ses droits sur la Corse en échange de la paix en Sardaigne, et s’y installe. Cependant, en 1346, les troupes du roi d’Aragon Pierre IV débarquent versBonifacio, et une guerre éclate entre les Génois et les Aragonais et leurs alliés Vénitiens. Gênes sort victorieuse du conflit mais doit alors faire face à la montée de la puissance de la noblesse corse.

La rivalité entre les féodaux corses, les clans génois et le pape Eugène IV se conclut en 1453 par la cession du gouvernement de l’île à une banque, l’Office de Saint Georges. L’Office bâtit de nouvelles tours sur le littoral ainsi que des villes fortifiées : Ajaccio (1492), Porto-Vecchio (1539).

En 1553, les Corses, menés par Sampiero Corso, alliés aux Français et aux Turcs d’Alger, entament une révolution qui prend Gênes par surprise. Bastia tombe en quelques heures, Corte se rend sans combattre, Saint-Florent et Ajaccio ouvrent leur porte aux révolutionnaires. Bonifacio et Calvi, peuplées de Ligures fidèles aux Génois, résistent à l’abri de leur citadelle. La première tombe, la seconde n’est jamais conquise. L’amiral génois Andrea Doria contre-attaque avec une armada face aux Français, qui ont dégarni la Corse après la victoire et le retrait de leurs alliés turcs. Le général français de Thermes voit les villes tomber tour à tour : Bastia tient huit jours, Saint-Florent résiste trois mois. Sampiero récupère Corte et Vescovato. La Guerre de Corse s’enlise en guerre d’usure : De Thermes et Sampiero sont écartés par la France au profit du général Giordanno Orsini. Le moral des Corses révoltés est entretenu par une suite de guérillas, malgré des représailles jusqu’à la trêve de Vaucelles (5 février 1556), quand Henri II de France rend à Gênes certaines places fortes. Les Génois ne reprennent possession de l’île tout entière qu’avec le traité du Cateau-Cambrésis (3 avril 1559).

L'époque pisane et génoise de la CORSE dans Corse 220px-Corsica_Prehistory_Casteddu_d%27AraghjuL’Office de Saint Georges, qui reprend le commandement de la Corse, impose une série de mesures jugées dictatoriales. La révolte du peuple corse repart lors du débarquement de Sampiero, aidé par Catherine de Médicis, au golfe de Valinco (12 juin 1564). Les insurgés reconquièrent l’intérieur de l’île, laissant les villes côtières aux Génois. Malgré les renforts envoyés rapidement, Gênes n’inflige aucune défaite décisive à Sampiero. Des villages sont détruits, Cervione brûlé, mais Corte se rend aux insurgés. La République doit faire appel aux Espagnols pour reprendre certaines places (1566), tandis que les renforts envoyés par la France à Sampiero s’avèrent inefficaces. Après nombre de trahisons et de désertions dans les rangs insurgés, Sampiero est tué près de Cauro (guet-apens d’Eccica-Suarella, 17 janvier 1567). Son fils de 18 ans ne continue la lutte que deux ans avant de s’exiler en France (1er avril 1569).

La République de Gênes exploite le Royaume de Corse comme une colonie, moyennant des droits à payer à l’Office de Saint Georges. L’administration est réorganisée autour de paroisses démocratiques, une crise ravage l’économie, Calvi et Bonifacio bénéficient de franchises et d’exemption pour leur fidélité aux Ligures, le gouverneur de la colonie instaure un système juridique corrompu. Les Statuts (décembre 1571) garantissent un minimum de justice et le Syndicat défend, pour un temps, les autochtones. Le maquis devient le refuge des condamnés par contumace, mais l’insécurité est réduite par une redevance sur les ports d’armes. Les impôts comme le commerce sont iniques et les Génois se réservent des monopoles. Après 1638, une nouvelle politique économique est alors instaurée : plantation d’arbres et de vignes, accroissement du cheptel, etc. mais aucun Corse ne peut accéder à la propriété. Les bergers corses sont chassés peu à peu des plaines, les autochtones grondent. En 1729, éclate la guerre d’Indépendance.

 

 

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La brebis corse

Posté par francesca7 le 21 février 2014

- La brebis corse, qui permet de transmettre la longue tradition pastorale de l’île de Beauté. Sanson considérait la race corse comme  » une variété misérable du groupe des Pyrénées « . Ce qui est certain, c’est que, depuis très longtemps, le climat, la faiblesse des ressources alimentaires et le mode de vie ont modelé le type ovin Corse et expliquent les échecs des essais d’amélioration par des apports de sangs extérieurs (Mérinos, Dishley, Barbarin) au XIX ème siècle. Mais fallait-il véritablement promouvoir de tels croisements ? Boyer et Sajous rapportent qu’en 1922, la production laitière des brebis Corses était égale à celle des brebis Lacaune, nettement plus lourdes (et que leur lait était plus riche en matière grasse 79.7 contre 70.5g/l). Cette équivalence n’existe plus, mais une question reste posée pour les éleveurs de plaine qui, s’ils souhaitent augmenter leur productivité en introduisant des béliers Sardes, se voient contraints de rompre avec les systèmes pastoraux traditionnels (plein air, transhumance, etc..) 

 Standard de race … L’homogénéisation de la population a permis d’établir le standard de la race Corse, dont nous empruntons la description au Docteur Romani (revue Technique laitière n665) : 

Animaux de format réduit : la taille varie chez la brebis de 0.50 m à 0.60 m, le poids vif de 30 à 40 kg pour un poids de carcasse de 13 à 20 kg. La taille du mâle peut atteindre 0.65 m pour un poids de 50kg. 

Tête : elle est très fine avec une farce longue ; chanfrein plat ou légèrement brusqué chez la brebis, plus busqué chez le bélier ; présence d’un toupet sur le front. Les oreilles sont petites, implantées bas et portées le plus souvent horizontalement. Les cornes sont parfois absentes chez la femelles ; lorsqu’elles existent, elles sont petites, minces et aplaties. Chez le mâle, elles sont annelées, enroulées en spirales et rejetées en arrière. La couleur des muqueuses varie avec celle de la toison. Elles sont noires pour les brebis noires ou d’un rose plus ou moins soutenu si la toison est grise ou blanche. 

Corps : il est régulier avec un thorax développé en hauteur, un dos droit, une croupe étroite et un gigot bien peu développé. 
Queue : elle est longue et fine (30 à 35). Membres : ils sont remarquablement fins. Les onglons sont de couleur blanche ou brune. Mamelle : elle est développée et conformée en  » pis de chèvre « . Elle présente parfois des trayons supplémentaires. Laine : la coloration de la toison est assez variable avec des sujets tirant sur le blanc (environs 50 %), de couleur noire (environ 30 %), de couleur grise, rousse ou cendrée (environ 20 %). Les brebis entièrement blanches sont plus rares. La toison est très ouverte avec inexistence de laine sous le cou, sur les membres et sous le ventre. Elle pèse de 1kg à 1.200kg et est composée d’une laine grossière et jarreuse à brins longs qui ne peut trouver son utilisation que dans la confection de tapis et de matelas. 

 Aptitudes, Extension… La race corse se définit par un petit format, une grande rusticité et de bonnes aptitudes à la traite et à la production . Agile et bonne marcheuse, ellle vit en plein air dans des zones arides de parcours et de montagne méditerranéens. Elle est exploitée essentielllement pour la production de lait destiné à la fabrication de fromages régionaux : Niolo, Venaco, Sartène… de même qu’une spécialité devenue depuis juin 1983, produit d’appellation contrôlée : le brocciu ; une partie de la collecte est néanmoins exportée par des industriels sous forme de féta. La race corse est la seule race européenne où l’on trouve encore une très grande variation des couleurs de la toison. 

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Demeure seigneuriale du Château d’Andelot

Posté par francesca7 le 21 février 2014

chateau andelot_b_smallDe sa construction, en 1206, aux années 1660, le château appartient à la puissante famille de Coligny, avant de passer à Gilbert V de Langheac, par son mariage à Barbe de Coligny, marquise d’Andelot. Le Château d’Andelot-Morval a été construit au XIIème siècle. C’était un château féodal avec trois portes successives garnies de tours et ponts-levis, il était entouré de fossés séparés par une imposante muraille. Le premier sire d’Andelot fut Humbert II sire de Coligny. Le dernier descendant fut Joachim de Coligny, sa fille vendit le château au XIIIème siècle au président de la quatrième chambre du parlement de Besançon, son fils prit le titre de marquis d’Andelot. Les paysans envahirent le château à la révolution et brûlèrent les archives et les chartes. Les biens furent confisqués. Le dernier marquis d’Andelot mourut en 1804, son frère émigra aux Etats-Unis où une des filles du marquis d’Andelot épousa un fils Belin d’une famille d’émigrés. Ferdinand Belin et son cousin Pierre du Pont de Nemours rachetèrent le château en 1924 pour le restaurer. Il ne restait que le donjon et les tours de la troisième porte au XIVème siècle. Aujourd’hui, entièrement restauré, il est devenu une hostellerie de luxe.

En 1702, leur petit-fils Marie-Roger vend le château à Joachim Guyénard, président au Parlement de Besançon. La famille de ce dernier garde la propriété jusqu’à la Révolution, puis émigre aux États-Unis.

Confisqué, le château est vendu comme bien national, en 1807, à la famille Viot, qui le conservent jusqu’en 1924.

À cette date, les descendants des émigrés Guyénard, Ferdinand Lammot Belin et son cousin Pierre S. du Pont, rachètent le château de leur ancêtre qu’ils restaurent et transmettent à leurs descendants, qui en sont toujours propriétaires.

Jusqu’à la Révolution, le château d’Andelot a une allure de vaste forteresse médiévale.
Pour accéder au donjon, le visiteur doit passer sur les pont-levis de trois portes garnies de tours, afin de franchir les trois enceintes successives et leurs larges fossés. L’une des tour de la dernière porte fait office de prison.

Lors de la Grande Peur, les paysans du village brûlent le château en même temps que les chartes de leur servilité et les archives seigneuriales.

De la forteresse ne demeure plus aujourd’hui que le donjon et la troisième entrée du xive siècle, inscrite aux monuments historiques depuis 1926.

Le château d’Andelot est une ancienne demeure seigneuriale, construite au xiiie siècle à Andelot-Morval, dans l’actuel département français du Jura.

chateau-de-andelot-39_f_smallLa construction du Château remonte au XIIe siècle, au temps des premiers seigneurs de Coligny qui 
       portaient les titres de sires de Coligny et du pays du Revermont et descendaient des comtes de Bourgogne. Le plus
       célèbre des Coligny à avoir habité le château est François, premier marquis d’Andelot & frère de l’amiral Gaspard de
       Coligny, assassiné lors du massacre de la Saint-Barthélemy  en 1572. Joachim de Coligny fut le dernier descendant
       mâle du lignage. 
       Sa fille, Anne Louise de Coligny, vendit la terre d’Andelot,  au début du XVIIIe siècle, à Joachim Guyennard. Son fils
       Gaspard Guyennard se fit confirmer en 1746, par lettres patentes du roi, le titre de marquis d’Andelot. 
       A la révolution, lors de la Grande Peur,  les paysans envahirent le château  et le brûlèrent, en même temps que les
       chartes de leur condition servile. En 1827, le château passa à la famille Viot. Au XIXe siècle il ne restait plus rien du
       puissant château féodal avec ses trois portes successives garnies de tours & pont-levis et ses larges fossés séparés
       par une épaisse muraille.

 

 
En 1924 Ferdinand Lammot Belin & son cousin Pierre du Pont de Nemours, descendants du dernier marquis d’Andelot,
rachetèrent le château de leur ancêtre pour le réparer et le faire revivre en retrouvant les racines de leur mémoire. 
  
Château d’Andelot, rue de l’Eglise, 39320 Andelot Morval, tel. 03 84 85 41 49, ouvert à la location privée de mai à
octobre

 

 

 

Publié dans CHATEAUX DE FRANCE, Jura | Pas de Commentaire »

histoire de la saucisse de Morteau

Posté par francesca7 le 21 février 2014

 

280px-Saucisses_de_Morteau_-_Photo_CRTLa saucisse de Morteau, appelée également la « Belle de Morteau », et à Morteau même, « bonne saucisse », est une saucisse fumée de manière traditionnelle dans des tuyésdans la région de Morteau dans le Haut-Doubs en Franche-Comté. Elle bénéficie d’un label IGP depuis 2010.

À l’origine la saucisse de Morteau est produite sur les plateaux et montagnes du massif du Jura du Haut-Doubs à une altitude supérieure à 600 mètres. La ville de Morteau se retrouve précisément au centre de l’aire traditionnelle des tuyés.

En 2006 une demande d’IGP est formulée sur ce produit et est obtenue en août 2010. La zone de production a ainsi été étendue à la seule Franche-Comté en totalité, incluant ainsi lessalaisonniers de la plaine afin de clarifier le marché et les situations conflictuelles entre fabricants « du haut » et ceux « du bas ».

Elle est plus grosse, un peu plus grasse et plus fumée que la saucisse de Montbéliard.

Son Histoire :

Depuis les temps anciens en Franche Comté, on conservait les viandes en les salant et en les fumant, pour faire face au climat rude et froid des plateaux du Jura.

Cette technique ancestrale s’est par la suite développée en parallèle de la tradition d’engraissement de porcs avec le petit lait issu de la fabrication des fromages comtois.

Ainsi dès l’Antiquité, les salaisons et viandes fumées Séquanes ont vu leur commerce dépasser les frontières des Gaules, jusqu’à Rome, où elles étaient l’objet d’un réel engouement.

La saucisse et le Jésu de Morteau, la saucisse de Montbéliard, le Jambon de Luxeuil, le Jambon fumé du Haut-Doubs, le Bresi sont devenus les fleurons des charcuteries et salaisons de Franche-Comté.

 

Mais revenons à notre Morteau…

Au commencement était la forêt…

Son implantation géographique n’est pas le fruit du hasard. L’histoire de la Morteau remonte au moins au XVIème siècle, lorsque les montagnons (paysans de la partie haute de la Franche-Comté) partent à la conquête des vastes forêts de sapins et d’épicéas des massifs jurassiens. Ils utilisent la seule chose qu’ils possèdent : le bois. Ils construisent des fermes dites « à tuyé », et se chauffent, cuisent et fument leurs salaisons dans cette pièce-cheminée située au centre de la maison.

La saucisse de Morteau faisait alors partie de l’alimentation rurale traditionnelle, plus particulièrement en repas du dimanche ou à Noël pour le Jésu de Morteau.

Puis la réputation et la consommation du produit se sont étendues en dehors de son berceau d’origine, diffusées par les marchands et voyageurs de passage à partir du XVIIIe siècle. 
 
Les siècles ont passé mais la tradition se perpétue !

histoire de la saucisse de Morteau dans Jura 220px-Saucisse_morteauAujourd’hui, la saucisse de Morteau est toujours fumée dans ces tuyés, de manière traditionnelle à la sciure de bois de résineux et de genévrier. Elle est également fabriquée à plus grande échelle de façon plus industrielle mais respecte toujours le procédé de fabrication qui a fait sa notoriété.

A l’heure actuelle, la production de saucisses de Morteau approche 4000 tonnes annuelles et pèse un poids économique important pour la filière porcine régionale.

L’appellation « saucisse de Morteau » bénéficie depuis le 2 janvier 2007 d’une protection nationale, en attendant prochainement l’enregistrement européen de l’IGP (Indication Géographique Protégée). Obtenue grâce à une initiative de «l’Association de Défense et de Promotion des Charcuteries et Salaisons IGP de Franche-Comté», cette protection traduit une volonté des professionnels de la filière de garantir une qualité certifiée et un savoir-faire unique. N’est pas Morteau qui veut !

Visite d’une ferme à tuyé

Dès le XVIe siècle, l’ingéniosité des anciens donne naissance à la célèbre ferme à tuyé. Une vaste demeure en harmonie avec la nature, capable de recueillir les eaux de pluie, d’affronter l’hiver, et surtout de nourrir avec bonheur toute la famille, grâce à son centre de vie : le tuyé. C’est le foyer, l’âme, la cuisine et le garde-manger. Il laisse fumer lentement en son coeur les salaisons, dont la fameuse saucisse de Morteau. Cette pièce centrale surmontée d’une immense hotte pyramidale tout en planches, peut mesurer de 12 à 15 mètres de haut. 

 

 

 

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Dans le Loiret : le Canal d’Orléans

Posté par francesca7 le 21 février 2014

 

 

Illustration.Le canal d’Orléans se situe dans la région Centre entièrement à l’intérieur du département du Loiret. Il court sur 78,65 kilomètres entre Orléans, où il débouche dans la Loire et Châlette-sur-Loing, où il rejoint le canal du Loing et le canal de Briare au niveau du bief de Buges. Sa partie ouest est située dans l’aire urbaine d’Orléans et la région naturelle du val de Loire, sa partie médiane dans la forêt d’Orléans et sa partie est dans la région naturelle du Gâtinais et l’aire urbaine de Montargis.

usqu’au début du xxe siècle, l’embouchure sur la Loire du canal d’Orléans ne se situait pas sur la commune d’Orléans, mais sur celle de Combleux, au lieu-dit la Patache, à une dizaine de kilomètres à l’est d’Orléans, ce que ne manquaient pas de faire remarquer les encyclopédistes du xixe siècle.

Après Orléans, Saint-Jean-de-Braye et Combleux, le canal traverse Chécy et change déjà d’orientation pour pénétrer dans la forêt. Sur la commune de Mardié, aux abords de l’ancien port de Pont-aux-Moines, il est traversé par l’actuelle route départementale 960 reliant Orléans à Châteauneuf-sur-Loire. Il passe ensuite à Donnery puis à Fay-aux-Loges, et dans ce dernier bief, il utilisa longtemps le cours même de la petite rivière du Cens. De l’écluse de Fay-aux-Loges, le canal traverse ensuite, après l’écluse de la Jonchère, des régions moins fertiles, d’aspect plus désolé, les habitations se font plus rares. Après Vitry-aux-Loges, on rejoint enfin l’étang de la vallée pour atteindre à ce point le seuil montagneux qui constitue la ligne de partage des eaux de la Seine et de la Loire ; on quitte le versant Loire, et le canal, à Combreux, pour entrer dans son bief de distribution. Celui-ci se développe sur les communes de Sury-aux-Bois et de Châtenoy. Différents étangs et réservoirs l’alimentent, en particulier la Noue Mazonne, où se termine le bief de partage. Le canal pénètre alors dans le bassin de la Seine : après les étangs du Gué des Cens et de Grignon, on retrouve l’ancien canal de Robert Mahieu : l’angle droit que forme le tracé à Vieilles-Maisons-sur-Joudry s’explique très bien par ce raccordement. Les difficultés suscitées aux bateliers par cette jonction amèneront plus tard les ingénieurs à en modifier les accès pour la rendre plus commode. Le canal se développe ensuite jusqu’à Buges par les territoires des communes de Coudroy, Noyers, Chailly-en-Gâtinais, Presnoy, Chevillon-sur-Huillard, Saint-Maurice-sur-Fessard, Pannes, Corquilleroy et enfin Châlette-sur-Loing.

 

Après avoir été la propriété de différents ducs d’Orléans, de Philippe à Louis-Philippe Joseph, le domaine du canal est acquis à la République en avril 1793, peu avant l’exécution à la guillotine du dernier duc. Mais, affermé à la compagnie Bellesme, celui-ci est mal entretenu et est vendu à une société privée, la Compagnie des canaux d’Orléans et du Loing par la loi du 23 décembre 1809. L’État rachète finalement une nouvelle fois le domaine à cette compagnie par la loi du 1er août 1860 et en confie la gestion à l’administration des ponts et chaussées.

Le canal est finalement déclassé par décision du 12 novembre 1954 et affecté au ministère de l’Agriculture. La partie déclassée du canal d’Orléans comprise entre les écluses de la Folie et de Combleux est donnée en location ausyndicat mixte de gestion du canal d’Orléans et de ses annexes par convention bail du 22 novembre 1978 pour une période de 18 années consécutives venant à échéance le 31 mars 1996.

Le bail entre l’État et le syndicat mixte du canal est toutefois résilié en 1984 et la gestion du domaine est confiée au Département du Loiret par décision du ministre chargé du domaine le 4 septembre 1984. Une convention est signée le 28 décembre 1984 entre la direction générale des Impôts et le Département dans le but de poursuivre, en l’intensifiant, l’opération de réhabilitation entreprise par le syndicat mixte, tout en préservant le caractère naturel du bien. La durée de la convention est fixée à 50 années courant à partir du 1er janvier 1985 et s’achevant ainsi le 31 décembre 2035. Parallèlement le département confie la gestion courante du domaine au syndicat mixte de gestion du canal d’Orléans en 1985.

Les Haleurs du canal

Les Haleurs du canal

Le déclassement du canal a pour conséquence son classement dans le domaine privé de l’État. Par ailleurs la loi du 30 juillet 2003 relative au transfert du domaine public fluvial de l’État ne s’appliquant pas dans le cas du domaine privé de l’État, la section du canal confiée en gestion ne lui a pas été transférée sur le plan domanial. Il ressort ainsi la répartition de domanialité suivante.

  • 1676 : Robert Mahieu, négociant en bois en Forêt d’Orléans, demande l’autorisation au Duc d’Orléans (1640-1701) de creuser une voie d’eau entre le Loing (pour rejoindre Paris via la Seine) et le secteur de Lorris. 
  • 1677-1678 : ouverture du tronçon entre Vieilles Maisons et Buges. 
  • 1679 : Robert Mahieu veut prolonger le Canal jusqu’à la Loire à Orléans. Par manque de fonds, il cède le Canal au Duc d’Orléans qui l’abandonne à son tour à un architecte et à un financier. 
  • 1681 : début de la construction du Canal. Entre-temps, le Duc reprend la concession et confie le chantier à Jean de Creil. 
  • 1686-1691 : Jean-Baptiste de Régemortes dirige la fin de la construction du Canal. 
  • 1692 : ouverture du Canal d’Orléans. Succès immédiat: le 5 Mars 1692 passage du premier bateau de la Loire à la Seine.

 1692-1793 : « Siècle d’or » du Canal d’Orléans ». Près de 2 000 bateaux remontent la Loire depuis Nantes et gagnent Paris par le Canal d’Orléans. 

  • 1793 :A la Révolution, Le Canal d’Orléans devient un Bien National; son propriétaire, Philippe Égalité, duc d’Orléans (1747-1793) est guillotiné . 
  • 1863 : après différents propriétaires, la gestion du Canal est confiée aux Ponts et Chaussées pour 91 ans. 
  • 1879 : pour concurrencer le chemin de fer, Charles Freycinet lance un programme de modernisation des canaux français. L’idée de prolonger le Canal jusqu’à Orléans est évoquée. 
  • 1908-1921 : Travaux du deuxième tronçon Combleux – Orléans (appelé Canal Latéral à la Loire): inauguration le 3 juillet 1921. 
  • 1954 : le chemin de fer entraine le déclin de la navigation sur le canal d’Orléans, qui est ensuite déclassé. 
  • 1978 : création du Syndicat Mixte de Gestion du Canal d’Orléans. Il réunit le Département du Loiret et les 20 communes riveraines. 
  • 1985 : l’État confie au Département du Loiret la gestion du domaine pour 50 ans. Ce dernier mène depuis un programme régulier de restauration.

 

 

 

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Au temps de la Fronde

Posté par francesca7 le 20 février 2014

Jeu du hoca (L’engouement pour le)

(D’après « Musée universel », paru en 1875)

 
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La Fronde (1648-1653), née d’un mécontentement prenant sa source dans la crise économique et l’augmentation de la pression fiscale en vue de faire face aux dépenses de la guerre de Trente Ans, assiste à l’essor du jeu du hocal’appât du gain séduisant nombre de personnes cependant qu’il n’y avait en réalité qu’un seul gagnant : le banquier

À la suite de Mazarin que les faveurs d’Anne d’Autriche avaient fait successeur de Richelieu, une véritable invasion d’Italiens, roués et avides, s’abattit sur la France. Ceux des compatriotes de Giuseppe Mazarini qui ne pouvaient avoir directement part aux finances de l’Etat, levaient tribut sur la crédulité publique pour leur propre compte, et à l’aide de leur génie particulier.

A côté d’un d’Emeri, surintendant des-finances, qui, selon l’expression de Retz, « ne cherchait que des noms pour trouver des édits », et du Napolitain Tonti, qui imagina les emprunts viagers, des aventuriers de toute classe poursuivaient la fortune par un chemin tout aussi sûr, quoique moins ambitieux.

Leurs brelans et tripots réunissaient chaque soir une nombreuse société d’élégants et de débauchés qui se passionnaient pour les jeux de hasard, que le dévergondage de la spéculation avait rendus tristement célèbres en Italie. Il y avait toujours un gagnant : le banquier. Quant au joueur, il payait son droit d’apprentissage. Ces gains, souvent énormes, devinrent une ressource pour l’Etat, et s’il faut en croire les médisants pamphlets de la Fronde, Mazarin, non content de lever un droit régalien sur les académies, en partagea quelquefois les bénéfices.

De tous les jeux de hasard qui se disputèrent alors la vogue, le plus renommé, le plus dévorant, fut le hoca. Les papes Urbain VIII et Innocent X, témoins des ruines que la manie de ce jeu avait accumulées en Italie, portèrent des édits sévères contre ceux qui le tenaient. Proscrit à Rome, lehoca se réfugia à Paris, où il jouit bientôt d’une faveur inouïe, grâce à la tolérance, bien plus, à la complicité des pouvoirs. Il y eut des académies de hoca dans chaque quartier de Paris : Prompti, Maure, Rabbosi et la signora Anne se partagèrent l’affluence des joueurs, dont la bourse s’allégeait à chaque fois.

Les émotions politiques, les barricades, la guerre civile n’arrêtèrent pas cet engouement. La Fronde fut l’âge d’or du hoca, célébré par les Mazarinades, et joué, non seulement dans des maisons spéciales, mais chez les particuliers, aux corps de garde, dans toutes les réunions et sous tous les rangs de la société. La cruelle leçon qui avait instruit l’Italie se fit cependant sentir à la France ; le Parlement s’émut des banqueroutes continuellement provoquées par l’adresse des banquiers, essaya d’interdire leurs indignes tromperies, et se fit le défenseur des familles qui élevaient vers son autorité leurs cris désolés. Mais en vain ; jusqu’à la mort de Mazarin et pendant l’agonie de son système, le hoca prospéra, malgré les défenses et les peines édictées contre lui.

Voici quel était ce jeu. On avait un grand tableau divisé par raies, en trente carrés, au milieu desquels étaient gravés trente numéros. Sur l’un ou plusieurs de ces numéros, celui qui jouait contre le banquier mettait la somme qu’il voulait hasarder. Pour décider son gain ou sa perte, il y avait un sac contenant trente boules marquées intérieurement des mêmes numéros que ceux qui étaient gravés dans les carrés du tableau. On mêlait et secouait le plus possible ces boules dans le sac. Ensuite, un des joueurs qui avaient mis au jeu — et cent personnes pouvaient y mettre en même temps —, tirait une des boules du sac, l’ouvrait, annonçait et montrait le numéro.

Si celui qui était pareil sur le carré du tableau était couvert de quelque somme, il fallait que le banquier payât vingt-huit fois cette somme. Par exemple, s’il y avait un louis sur ce numéro, il en payait vingt-huit ; mais tout ce qui était couché sur les autres numéros, perdu pour les joueurs, appartenait au banquier, lequel avait d’ailleurs pour lui deux des numéros de profit. En effet, on mettait indifféremment sur trente numéros, et il n’en payait que vingt-huit aux gens que le hasard favorisait. Cela ne constituait aux joueurs que vingt-huit chances contre trente.

On comprend ce que devenaient les intérêts des joueurs entre les mains habiles du banquier qui devait souvent piper les boules plus à la grecque qu’à l’italienne, et qui d’ailleurs bénéficiait d’une mise ; car, proportionnellement, il devait payer 29 fois la mise au lieu de 28.

Il fallut, pour déraciner le hoca, une déclaration royale qui vint renforcer, le 18 décembre 1660, les arrêts du Parlement, désarmé devant la passion dominante. Un an après (1661), Mazarin meurt ; la France est épuisée, la misère est générale ; tous les jeux cessent un instant faute d’argent, mais pour reprendre bientôt avec une nouvelle ardeur à la cour éblouissante de Louis XIV.

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Danses poitevines

Posté par francesca7 le 20 février 2014

Danses maraîchines : une
réputation traversant les siècles

(D’après « La tradition en Poitou et en Charentes », paru en 1897)

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La réputation des Poitevins comme danseurs est sans doute antérieure au XIIIe siècle, et quatre siècles plus tard, ils n’avaient pas dérogé, représentant la France dans le ballet des nations, divertissement donné à la suite du Bourgeois gentilhomme de Molière. Quant aux danses du Marais, leur cachet d’originalité piquante frappe tous les voyageurs.

Au XIIIe siècle, le recueil de proverbes appelé le Dit de l’apostoile mentionne : Li meillor sailléor en Poictou. Au XVe siècle, des villageois amenés dans la province font diversion par leurs joyeuses gambades à la sombre mélancolie du prisonnier volontaire de Plessis-lès-Tours, le roi Louis XI.

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Ces bergers et ces bergers dansaient au son de leurs hautbois, cornemuses et musettes. Tous ces instruments se fabriquaient au bourg de Croutelle, déjà renommé par les travaux délicats – les finesses – de ses habiles tourneurs, et là peut-être, avait été inventé le coutre aux deux tuyaux chambrés dans une unique tige de buis, qui remplaça l’antique flûte double à branches isolées, venue des Romains. C’est de Croutelle que les étudiants de Poitiers tiraient au XVIe siècle leurs flûtes et leurs sifflets.

Paul Contaut, qui écrit au XVIIe siècle, nous apprend qu’on y faisait encore en 1628 descornets à bouquin, hautsbois, cornemuses, chèvres-sourdes, flageols, piffres et flustes. Depuis longtemps les hautbois entraient pour la majeure part dans les orchestres quand ils ne les composaient pas uniquement. On les voit figurer au sacre de Louis XIV en juin 1664, dans les fêtes municipales de Toulouse comme dans la solennité des mairies à Poitiers et à Niort.

Le hautbois du Poitou, dont il est parlé maintes fois dans les anciens auteurs, était le plus souvent employé avec les cornemuses. On désignait sous ce nom de hautbois toute une série d’instruments ; cette famille, puisque telle est l’expression consacrée, a été figurée par le Père Mersenne dans son Harmonie universelle(1636). Le dessus chantait avec les cornemuses, et souvent le chalumeau de ces derniers instruments était fait avec un soprano et un ténor de hautbois du Poitou (Henri Lavoix).

Mais nous n’en avons pas fini avec la danse. En 1565, Claude Gouffier. seigneur d’Oiron, donne à la cour, pendant le voyage de Charles IX à travers la France, le spectacle de nos divertissements agrestes, et le roi prend un tel plaisir aux branles du Poitou qu’il demeure trois jours au château de son grand écuyer. Ce branle du Poitou jouissait dune telle vogue qu’on le voit noté quelques années plus tard dans l’Orchésographie du Langrois Thoinot Arbeau (anagramme de Jean Tabourot), imprimée en 1588.

Cette passion des Poitevins pour la danse éveilla sans doute chez eux le sentiment musical. Un recueil rarissime intitulé : Airs de cour comprenans le trésor des trésors, la fleur des fleurs et eslite des chansons amoureuses extraictes des oeuvres non encore cy-devant mises en lumière des plus fameux et renommez poètes de ce siècle, a été imprimé à Poitiers, par Pierre Brossardeu, 1607. Ces recueils voyaient ordinairement le jour à Paris ; la publication faite à Poitiers est l’indice certain d’un mouvement artistique dont la province offre alors peu d’exemples.

Et Lambert, « qui plus est », naissait à Vivonne en 1610. Celui qui devait être dans la suite le beau-père du grand Lulli, n’était encore que simple enfant de chœur à la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude, lorsque Moulinié, maître de musique de Monsieur, l’entendit pour la première fois. Sa voix était si belle qu’il voulut l’emmener à Paris, où il confia au chanteur de Niert le futur maître de chapelle du grand roi, nous apprend Tallemant des Réaux. Une petite part de son éducation musicale ne reviendrait-elle pas à nos humbles joueurs de musette du Poitou ?

Un grave magistrat, Pierre Rohert du Dorat, lieutenant général de la Basse-Marche, a laissé un gracieux tableau des divertissements champêtres en Poitou au commencement du XVIIesiècle. On nous permettra de n’en rien omettre :

« De grande ancienneté, on faisait état en France des hautbois du Poitou. On lit dans Philippe de Commines, dans Bouchet et dans Pierre Mathieu que l’on fit venir de Poitou des bergers qui savaient jouer des hautbois, cornemuses et musettes et chanter pour réjouir le roi pendant sa grande maladie mélancolique, desquels hautbois tout le Limousin et la Basse-Marche ne manquent pas, car il n’y a point guère de paroisses qu il n’y ait nombre de telles gens qui en savent très bien sonner, même les gavottes et branles du Poitou tant simples que doubles.

« C’est une chose admirable de voir de pauvres rustiques, qui ne savent point de musique, jouer néanmoins toutes sortes de branles à quatre parties, soit supérieur, la taille, haute contre et basse contre sur leurs cornemuses, musettes et hautbois, à la Ionique, car tous les branles que l’on appelle du Poitou, non ceux de France, sont loniques ou Lidiens. C’est-à-dire du cinquième au septième ton que Platon au livre de ses Lois et Aristote en saRépublique, défend à la jeunesse parce qu’ils ont grande force d’amollir les cœurs, de laquelle danse lonique parle fort Lucian dans son traité de la danse, et Horace dit que les vierges romaines apprenaient de son temps les mouvements loniques.

« Ces musiciens font entre eux les quatre parties et sont si bien accordants avec leurs dits instruments que c’est chose fort belle et fort douce de les entendre et n’y rapportent d’autre artifice que la seule nature qui le leur enseigne, qui est une chose du tout admirable de voir tous ces pauvres villageois jouer ainsi toutes les sortes de pièces qu’on leur peut dire et les mettre sur les quatre parties fort bien et avec belle méthode et c’est que les plus versés en la musique ne sauraient guère mieux faire.

« D’autres jouent fort bien de la flûte allemande [ou flûte traversière], du fifre, du flageolet, sifflet, chalumeau et telles autres gentillesses que les poètes grecs et latins ont décrites dans leurs bucoliques et pastorales, de sorte que paravant toutes ces guerres, tributs, subsides et grandes tailles, des passages journaliers des gendarmes qui sont venus depuis l’an 1630 en çà [c’est-à-dire vers 1630. Les mouvements de troupes n’ont dû finir qu’après la fin de la Fronde, en 1653]. L’on ne voyait par les villes, bourgs et villages et sous les ormeaux, châtaigniers et cerisiers de la campagne que danses au son des cornemuses et hautbois ou bien des chansons entre jeunes hommes et jeunes filles, les jours des dimanches et de fêtes.

 

téléchargement (1)« Le peuple desdits pays observe entre autres choses de danser au son des hautbois et des cornemuses aux fêtes des saints de la paroisse, à savoir : la vigile de la saint Jean-Baptiste et la vigile de Noël que l’on fait aux églises champêtres et pendant l’offerte, le curé de la dite paroisse ou son vicaire, commence le premier à chanter le Noël qui dit :

Laissez paître vos bestes, pastoureaux,
Et par monts et par vaux,

puis tous les paroissiens chantent avec lui le reste du Noël. A la sortie de la messe de minuit tous les jeunes laboureurs, bergers, jeunes femmes et bergères, se mettent tous à danser le reste de la nuit au son des cornemuses et hautbois jusqu’à la messe du point du jour, que s’il fait beau la dite nuit, que le temps soit serein et qu’il fasse lune, ils dansent devant l’église ou au cimetièreselon que la commodité de la place est propre, que s’il fait mauvais temps et pluie, ils se retirent dans quelque grange prochaine et illec le curé leur fait fournir de la chandelle ainsi que j’ai vu pratiquer en mes jeunes années en l’église paroissiale de Dinsac, que de Saint-Sornin de la Marche, et autres.

« Les mêmes danses se pratiquent aussi la vigile de saint Jean-Baptiste, au mois de juin, autour du feu de joie que chaque village faisait, que s’il n’y avait pas de cornemuses et d’hautbois, ils dansaient aux chansons dont les jeunes femmes et bergères sont fournies à foison.

« Comme au jour de la dédicace des églises paroissiales, les paysans tenaient leurs ballades avec grande joie faisant un roi, le festinant et dansant le reste du jour avec les femmes et filles du village. (…) Saint Augustin au sermon de la Tempérance et saint Cyprien (sermon 3), parle des banquets, ballets et des danses que faisaient les anciens chrétiens aux fêtes des saints devant les églises, si bien qu’il ne faut pas s’étonner si dans la Basse-Marche, dans le Limousin et dans le Poitou, de grande ancienneté l’on a la coutume de danser le jour des fêtes de la dédicace des églises au son des hautbois et des cornemuses…

« En la solennité de la mairie de Poitiers qui se fait le quatorzième jour de juillet, l’on y voit grande quantité d’hautbois de Poitou. Ces hautbois sont employés ordinairement aux ballades du Limousin, la Marche et Poitou, aux mariages, aux frairies et confréries et en toutes réjouissances publiques. »

Nous ne voudrions pas multiplier les citations et cependant comment ne pas mentionner encore la Feste de village, petit poème d’un autre robin, Julien Colardeau, procureur du roi à Fontenay, publie en 1637. II y a de tout à cette fête, jusqu’à des marionnettes, et les divertissements chorégraphiques n’y sont point oubliés :

Cet autre danse les sonnettes
Voltigeant comme un papillon.
Voy-je pas sous ce papillon
Un joueur de marionnettes… ?

Un aveugle au bout de la table
Leur joue sur son violon
La gavote ou le pantalon
Ou quelque chanson délectable.

Comme on le voit, il n’est pas question de la courante de village, que la Saintonge a pourtant conservée jusqu’à nos jours, ni même du vieux branle du Poitou. Nous ignorons ce qu’étaient les sonnettes et le pantalon. La gavote, encore dansée sous le gouvernement de Juillet, et le passe-pied, dont il va être bientôt parlé, n’étaient que des dérives du branle. On retrouve dans le passe-pied ces gracieux balancements du corps déjà indiqués dans le branlepar l’Orchésographie de Toinot Arbeau en 1588.

A voir comme chacun se serre
Fixe en un point également,
Il semble que leur mouvement
Vient non pas d’eux mais de la terre.

Les demoiselles des bourgades
Viennent au son des chalumeaux
Et sous un palais de rameaux
Se plaisent à voir leurs gambades.

Cet attrait pour nos jolies danses n’a rien pour nous étonner. Le branle du Poitou avait été importé à la cour, il y fut sous Louis XIV le prototype du menuet, que l’on dansait encore au commencement du XIXe, désigné à I’origine sous le nom de menuet poitevin. A la fin du règne du grand roi, les Poitevins n’avaient point dérogé : ce sont eux qui représentent la France dans le ballet des nations, divertissement donné à la suite du Bourgeois gentilhommede Molière, dont la première représentation eut lieu a Chambord devant Louis XIV, en 1670. Boulainvilliers, dans son Etat de la France, dédié au Dauphin père de Louis XV, mort en 1712, parle encore du grand talent des bergères du Poitou pour la danse et le chant. « On connaît, dit-il, leur réputation à cet égard. »

Il est un touchant souvenir à rappeler. Eléonore d’Olbreuse, cette Maintenon protestante du Poitou, avait, nous dit un de ses panégyristes, « une forte passion pour la danse et y réussissait admirablement bien, de sorte qu’aucune fille de qualité ne pouvait mieux danser qu’elle faisoit ; surtout elle divertissoit souvent la Princesse et la compagnie par ses danses poitevines et champêtres apprises dès sa tendre jeunesse. » On sait que la future duchesse de Brunswick-Zell, tout d’abord dame d’honneur de Marie de La Tour, avait été donnée par la duchesse de Thouars a Amelie de Hesse, princesse de Tarente, sa bru, épouse d’Henri de La Tremoille. C’est la princesse dont il est ici parlé.

Eléonore accompagnait alors sa nouvelle maîtresse en Hollande, elle y fut la plus brillante étoile des fêtes de Breda suivies par le galant duc Georges Guillaume. Le prince, épris cette fois d’une passion durable, n’hésita pas dans la suite à épouser solennellement la pauvre et sage suivante. Le portrait si heureusement retrouvé suffirait à excuser cette prétendue mésalliance. Mme d’Olbreuse cependant ne charmait pas moins par sa conversation vive et spirituelle que par sa beauté, et tout cela ne se rehaussait-il pas encore de la grâce avec laquelle elle dansait le menuet poitevin ?

 

images (4)Le Poitou est, pour les vieilles danses, une terre privilégiée. Une bonne partie des rondes qui, dans nos diverses provinces, divertissent la jeunesse, viennent de cette région. Les danses maraîchines surtout (Challans et les environs) ont un cachet d’originalité piquante qui frappe tons les voyageurs. Auteur, notamment, La chanson populaire en Vendée, Sylvain Trébucq témoigne :

« Dans les premiers jours de septembre 1896, un dimanche, je me trouvais à Saint-Jean-de-Monts, chez des amis. J’étais venu là pour contempler cette magnifique plage et pour noter de vieilles danses. Je trouvai toute la population en fête, chantant, dansant, se livrant à mille jeux organisés par des baigneurs, sur les bords de la mer. Un soleil radieux donnait à l’immense Océan des reflets métalliques. Sous leurs coiffes blanches, les Montoises éclataient en rires sonores. De tous côtés, des rondes s’étaient formées, vives, légères, bien rythmées, et, dominant le bruit et les chansons, l’excellente petite fanfare de la ville, dirigée par M. Thibaud, instituteur-adjoint, achevait de donner à la fête un aspect de franche et communicative gaieté.

« Le soir, au milieu des lanternes vénitiennes et de feux d’artifice, des groupes nombreux et exubérants se formèrent dans toutes les directions. Les voix robustes des hommes se mêlaient aux douces voix des femmes, et les refrains sonores, hé ! hé ! hé ! se détachaient dans l’ensemble, énergiquement soulignés par des mouvements continuels du corps. Voici, au reste, la description de ces rondes, telles que je les ai vu danser à Saint-Gilles et à Saint-Jean-de-Monts. »

Et Trébucq de décrire plusieurs rondes.

Maraîchine à deux (branle)
Le cavalier et sa cavalière, se tenant par la main, avancent de quatre pas en sautant, reculent d’autant de pas et répètent ces deux mouvements. Au quatrième pas de la deuxième reprise, la cavalière se place devant le cavalier, qui la fait sauter en la saisissant par la taille. Les deux danseurs se séparent, font quatre pas, ou plutôt quatre sauts, en tournant sur eux-mêmes ; au quatrième pas, le cavalier fait sauter la cavalière une deuxième fois. Puis les danseurs reprennent leurs places pour recommencer la même série d’évolutions. Durant toute la danse, les danseurs balancent les bras et impriment à tout le corps une gesticulation constante.

Maraîchine à trois (branle)
Les danseurs (un cavalier et deux cavalières, le cavalier au milieu – dans d’autres localités, c’est le contraire : deux cavaliers, une cavalière) avancent, puis reculent de quatre pas en sautant, puis recommencent. Au quatrième pas de cette reprise, le cavalier fait sauter la cavalière de droite, tourne sur lui-même en faisant quatre pas ainsi que les cavalières. Le cavalier fait ensuite sauter la cavalière de gauche, tourne sur lui-même quatre pas (ainsi que les cavalières), fait sauter une deuxième fois la cavalière de droite. La cavalière de gauche tourne sur elle-même. Les trois danseurs reculent de quatre pas pour reprendre leurs places.

La Barrienne (danse-ronde de la Barre de Monts)
Les danseurs font quatre pas en avant en avançant les mains vers le centre du cercle qui se rétrécit. Ils se séparent, deux par deux, font huit pas, chaque cavalier tenant sa cavalière par la main ; le cavalier fait sauter sa cavalière en la soulevant par la taille et en s’aidant du genou droit. Les danseurs font encore quatre pas en marchant en rond ; puis les cavaliers font sauter une deuxième fois les cavalières. Ils font encore quatre pas ; les cavalières sont enlevées une troisième fois, puis les danseurs reforment le rond en se prenant par la main.

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La femme de province

Posté par francesca7 le 18 février 2014

 

par

Honoré de Balzac

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EN acceptant pour femmes celles-là seulement qui satisfont au programme arrêté dans la Physiologie du mariage, programme admis par les esprits les plus judicieux de ce temps, il existe à Paris plusieurs espèces de femmes, toutes dissemblables : il y a la duchesse et la femme du financier, l’ambassadrice et la femme du consul, la femme du ministre qui est ministre et la femme de celui qui ne l’est plus ; il y a la femme comme il faut de la rive droite et celle de la rive gauche de la Seine. Foi de physiologiste, aux Tuileries, un observateur doit parfaitement reconnaître les nuances qui distinguent ces jolis oiseaux de la grande volière. Ce n’est pas ici le lieu de vous amuser par la description de ces charmantes distinctions avec lesquelles un auteur habile ferait un livre, quelque subtile iconographie de plumes au vent et de regards perdus, de joie indiscrète et de promesses qui ne disent rien, de chapeaux plus ou moins ouverts et de petits pieds qui ne paraissent pas remuer, de dentelles anciennes sur de jeunes figures, de velours qui ne sont jamais miroités sur des corsages qui se miroitent, de grands châles et de mains effilées, de bijouteries précieuses destinées à cacher ou à faire voir d’autres oeuvres d’art.

Mais en province il n’y a qu’une femme, et cette pauvre femme est la femme de province ; je vous le jure, il n’y en a pas deux. Cette observation indique une des grandes plaies de notre société moderne. La jolie femme qui, vers avril ou mai, quitte son hôtel de Paris et s’abat sur son château pour habiter sa terre pendant sept mois, n’est pas une femme de province. Est-elle une femme de province, l’épouse de cet Omnibus appelé jadis un préfet, qui se montre à dix départements en sept ans, depuis que les ministères constitutionnels ont inventé le Longchamp des préfectures ? La femme administrative est une espèce à part. Qui nous la peindra ? La Bruyère devrait sortir de dessous son marbre pour tracer ce caractère.

Oh ! plaignez la femme de province ! Ici l’encre devrait devenir blême, ici le bec affilé des plumes ironiques devrait s’émousser. Pour parler de cet objet de pitié, l’auteur voudrait pouvoir se servir des barbes de sa plus belle plume, afin de caresser ces douleurs inconnues, de mettre au jour ces joies tristes et languissantes, de rafraîchir les vieux fonds de magasin que cette femme impose à sa tête, de cylindrer ces étoffes délustrées, de repasser ces rubans invalides, remonter ces rousses dentelles héréditaires, secouer ces vieilles fleurs aussi artificieuses qu’artificielles, étiquetées dans les cartons, ou serrées dans ces armoires dont les profondeurs rappelleraient aux Parisiens les magasins des Menus-Plaisirs et les décorations des opéras qu’on ne joue plus ? Quel style peut peindre les couleurs passées de la bordure qui entoure le portrait de cette pâle figure ? Comment expliquer que les robes sont flasques en province, que les yeux sont froids, que la plaisanterie y est, comme les semestres des rentes sous l’empire, presque toujours arriérée ; que les coeurs souffrent beaucoup, et que le laisser-aller général de la femme de province vient d’un défaut de culture de ce même coeur infiniment négligé, mal entretenu, peu compris. La femme de province a un coeur, et s’en sert très-peu ou mal, ce qui est pis. Or la vie de la femme est au coeur, et non ailleurs. Aussi la sagesse des enseignes a-t-elle précédé les lois de la science médicale, en disant la femme sans tête pour exprimer une bonne femme, la vraie femme. Une femme heureuse par le coeur a un air ouvert, une figure riante ; jamais vous ne verrez une femme de province réellement gaie ou ayant l’air délibéré. Presque toujours le masque est contracté. Elle pense à des choses qu’elle n’ose pas dire ; elle vit dans une sorte de contrainte, elle s’ennuie, elle a l’habitude de s’ennuyer, mais elle ne l’avouera jamais. J’en appelle à tous les observateurs sérieux de la nature sociale, et une femme de province a des rides dix ans avant le temps fixé par les ordonnances du Code Féminin, elle se couperose également plus promptement, et jaunit comme un coing quand elle doit jaunir ; il y en a qui verdissent. Les femmes de province ont des blessures à l’esprit et au coeur, blessures si bien couvertes par d’ingénieux appareils que les savants seuls savent les reconnaître, et si sensibles qu’il est difficile à un Parisien d’être une demi-journée avec une femme de province sans l’avoir touchée à l’une de ses plaies et lui avoir fait grand mal. Il a imité ces amis imprudents qui prennent leur ami par le bras gauche sans voir les bandelettes dont l’humérus est enveloppé et qui le grossissent. L’amour-propre impose silence à la douleur. L’ami ventousé par Hippocrate présente dès lors sa droite et refuse sa gauche à cette aveugle amitié. La femme de province, si elle rencontre un étourdi, ne sait bientôt plus quel côté présenter.

Sachons-le bien ! la France au dix-neuvième siècle est partagée en deux grandes zones : Paris et la province : la province jalouse de Paris, Paris ne pensant à la province que pour lui demander de l’argent. Autrefois Paris était la première ville de province, la Cour primait la Ville ; maintenant Paris est toute la Cour, la Province est toute la Ville. La femme de province est donc dans un état constant de flagrante infériorité. Aucune créature ne veut s’avouer un pareil fait, tout en en souffrant. Cette pensée rongeuse opprime la femme de province. Il en est une autre plus corrosive encore : elle est mariée à un homme excessivement ordinaire, vulgaire et commun. Les gens de talent, les artistes, les hommes supérieurs, tout coq à plumes éclatantes s’envole à Paris. Inférieure comme femme, elle est encore inférieure par son mari. Vivez donc heureuses avec ces deux pensées écrasantes ! Son mari n’est pas seulement ordinaire, vulgaire et commun, il est ennuyeux, et vous devez connaître ce fameux exploit signifié à je ne sais quel prince, requête de M. de Lauraguais, par lequel on lui faisait commandement de ne plus revenir chez Sophie Arnoult, attendu qu’il l’ennuyait, et que les effets de l’ennui, chez une femme, allaient jusqu’à lui changer le caractère, la figure, lui faire perdre sa beauté, etc. A l’exploit était joint une consultation signée de plusieurs médecins célèbres qui justifiaient les dires de la signification. La vie de province est l’ennui organisé, l’ennui déguisé sous mille formes ; enfin l’ennui est le fond de la langue.

Que faire ? Ah ! l’on se jette avec désespoir dans les confitures et dans les lessives, dans l’économie domestique, dans les plaisirs ruraux de la vendange, de la moisson, dans la conservation des fruits, dans la broderie des fichus, dans les soins de la maternité, dans les intrigues de petite ville. Chaque femme s’adonne à ce qui, selon son caractère, lui paraît un plaisir. On tracasse un piano inamovible qui sonne comme un chaudron au bout de la septième année et qui finit ses jours, asthmatique, à la campagne. On suit les offices, on est catholique en désespoir de cause, l’on s’entretient des différents crûs de la parole de Dieu ; l’on compare l’abbé Guinaud à l’abbé Ratond, l’abbé Friand à l’abbé Duret. On joue aux cartes le soir, après avoir dansé pendant douze années avec les mêmes personnes dans les mêmes salons. Cette belle vie est entremêlée de promenades solennelles sur le mail, sur le pont, sur le rempart, de visites d’étiquette entre voisins de campagne. La conversation est bornée au sud de l’intelligence par les observations sur les intrigues cachées au fond de l’eau dormante de la vie de province, au nord par les mariages sur le tapis, à l’ouest par les jalousies, à l’est par les petits mots piquants.

Un profond désespoir ou une stupide résignation, ou l’un ou l’autre, il n’y a pas de choix, tel est le tuf sur lequel repose cette vie féminine et où s’arrêtent mille pensées stagnantes qui, sans féconder le terrain, y nourrissent les fleurs étiolées de ces âmes désertes. Ne croyez pas à l’insouciance ! L’insouciance tient au désespoir ou à la résignation.

La femme de province dans AUX SIECLES DERNIERS 230px-Louis_Le_Nain_007Quelque grande, quelque belle, quelque forte que soit à son début une jeune fille, née dans un département quelconque, elle devient bientôt femme de province. Malgré ses projets arrêtés, les lieux communs, la médiocrité des idées, l’insouciance de la toilette, l’horticulture des vulgarités l’envahissent nécessairement. L’être sublime et passionné que cache toute femme s’attriste, et tout est dit, la belle plante dépérit. Dès leur bas âge, les jeunes filles de province ne voient que des gens de province autour d’elles, elles n’inventent pas mieux, elles n’ont à choisir qu’entre des médiocrités, car les pères de province marient leurs filles à des garçons de province, et l’esprit s’y abâtardit nécessairement. Personne n’a l’idée de croiser les races. Aussi, dans beaucoup de villes de province, l’intelligence y est-elle aussi rare que le sang y est laid. L’homme s’y rabougrit sous les deux espèces : la sinistre idée de la convenance des fortunes y domine toutes les conventions matrimoniales. J’y ai vu de belles jeunes filles, richement dotées, mariées par leur famille à quelque sot jeune homme du voisinage, enlaidies, après trois ans de mariage, au point de n’être pas non point reconnaissables, mais reconnues. Les hommes de génies éclos en province, les hommes supérieurs sont dus à des hasards de l’amour. Quand la femme de province est devenue ce que vous la voyez, elle veut alors justifier son état : elle attaque de ses dents acérées comme des dents de mulot, les nobles et terribles passions parisiennes ; elle déchire les dentelles de la coquetterie, elle ronge les beautés célèbres, elle entame le bonheur d’autrui, elle vante ses noix et son lard rances, elle exalte son trou de souris économe, les couleurs grises de sa vie et ses parfums monastiques. Toute femme de province a la fatuité de ses défauts. J’aime ce courage. Quand on a des vices, il faut avoir l’esprit d’en faire des vertus.

L’infériorité conjugale et l’infériorité radicale de la femme de province sont aggravées d’une troisième et terrible infériorité qui contribue à rendre cette figure sèche et sombre, à la rétrécir, à l’amoindrir, à la grimer fatalement. Toute femme est plus ou moins portée à chercher des compensations à ses mille douleurs légales dans mille félicités illégales. Ce livre d’or de l’amour est fermé pour la femme de province, ou du moins elle le lit toute seule, elle vit dans une lanterne, elle n’a point de secrets à elle, sa maison est ouverte et les murs sont de verre. Si, dans la province, chacun connaît le dîner de son voisin, on sait encore mieux le menu de sa vie, et qui vient, et qui ne vient pas, et qui passe sous les fenêtres, avant de passer par la fenêtre. La passion n’y connaît point le mystère. L’un des plus agréables flatteries que les femmes s’adressent à elles-mêmes est la certitude d’être pour quelque chose dans la vie d’un homme supérieur, choisi par elles en connaissance de cause, comme pour prendre leur revanche du mariage où elles ont été peu consultées. Mais, en province, s’il n’y a point de supériorité chez les maris, il en existe encore moins chez les célibataires. Aussi, quand la femme de province commet sa petite faute, s’est-elle toujours éprise d’un prétendu bel homme ou d’un dandy indigène, d’un garçon qui porte des gants, qui passe pour monter à cheval ; mais, au fond de son coeur, elle sait que ses voeux poursuivent un lieu commun plus ou moins bien vêtu.

Quand une femme de province conçoit une passion excentrique, quand elle a choisi quelque supériorité qui passe, un homme égaré par hasard en province, elle en fait quelque chose de plus qu’un sentiment, elle y trouve un travail, elle est occupée ! aussi étend-elle cette passion sur toute sa vie. Il n’y a rien de plus dangereux que l’attachement d’une femme de province. Elle compare, elle étudie, elle réfléchit, elle rêve, elle n’abandonne point son rêve, elle pense à celui qu’elle aime quand celui qu’elle aime ne pense plus à elle. Vous avez passé quelques mois en province, vous avez dit par désoeuvrement quelques mots d’amour à la femme la moins laide du département ; là, elle vous paraissait jolie, et vous avez été vous-même. Cette plaisanterie est devenue sérieuse à votre insu. Madame Coquelin, que vous avez nommée Amélie, votre Amélie vous arrive à six ans de date, veuve et toute prête à faire votre bonheur, quand votre bonheur s’est beaucoup mieux arrangé. Ceci n’est pas de l’innocence, mais de l’ignorance. Vous la dédaignez, elle vous aime ; vous arrivez à la maltraiter, elle vous aime ; elle ne comprend rien à ce que l’on a si ingénieusement nommé le français, l’art de faire comprendre ce qui ne doit pas se dire. On ne peut pas éclairer cette femme, il faut l’aveugler.

Toutes ces impuissances de la province prennent les noms orgueilleux de sagesse, de simplicité, de raison, de bonhomie. On ne saurait imaginer la masse imposante et compacte que forment toutes ces petites choses, quelle force d’inertie elles ont, et combien tout est d’accord : langage et figures, vêtement et moeurs inférieures. Dans la toilette d’une femme de province, l’utile a toujours le pas sur l’agréable. Chacun connaît la fortune du voisin, l’extérieur en signifie plus rien. Puis, comme le disent les sages, on s’est habitué les uns aux autres, et la toilette devient inutile. C’est à cette maxime que sont dues les monstruosités vestimentales de la province : ces châles exhumés de l’Empire, ces robes ou exagérées, ou mal portées, ou trop larges, ou trop étroites ! La mode s’y assied au lieu de passer. On tient à une chose qui a coûté trop cher, on ménage un chapeau. On garde pour la saison suivante une futilité qui ne doit durer qu’un jour.

Quand une femme de province vient à Paris, elle se distingue aussitôt à l’exiguïté des détails de sa personne et de sa toilette, à son étonnement secret et qui perce, ou ostensible et qu’elle veut cacher, excité par les choses et par les idées. Elle ne sait pas ! Ce mot l’explique. Elle s’observe elle-même, elle n’a pas le moindre laisser-aller. Si elle est jeune, elle peut s’acclimater ; mais passé je ne sais quel âge, elle souffre tant dans Paris, qu’elle retourne dans sa chère province. Ne croyez pas que la différence entre les femmes de province et les Parisiennes soit purement extérieure, il y a des différences d’esprit, de moeurs, de conduite. Ainsi la femme de province ne songe point à se dissimuler, elle est essentiellement naïve. Si une Parisienne n’a pas les hanches assez bien dessinées, son esprit inventif et l’envie de plaire lui font trouver quelque remède héroïque ; si elle a quelque vice, quelque grain de laideur, une tare quelconque, la Parisienne est capable d’en faire un agrément, cela se voit souvent ; mais la femme de province, jamais ! Si sa taille est trop courte, si son embonpoint se place mal, eh bien ! elle en prend son parti, et ses adorateurs, sous peine de ne pas l’aimer, doivent la prendre comme elle est, tandis que la Parisienne veut toujours être prise pour ce qu’elle n’est pas. De là ces tournures grotesques, ces maigreurs effrontées, ces ampleurs ridicules, ces lignes disgracieuses offertes avec ingénuité, auxquelles toute une ville s’est habituée et qui étonnent les Parisiens. Ces difformités orgueilleuses, ces vices de toilette existent dans l’esprit. A quelque sphère qu’elle appartienne, la femme de province montre de petites idées. C’est elle qui, à Paris, trouve de bon goût d’enlever à sa meilleure amie l’affection de son mari. Les femmes de province sont assez généralement enleveuses ; elles ressemblent à ces amateurs qui vont aux secondes représentations, sûr que la pièce ne tombera pas. Elles ne savent pas se venger avec grâce, elles se vengent mal ; elles n’ont pas dans le discours ni dans la pensée l’atticisme moderne, ce parisiénisme (ce mot nous manque), qui consiste à tout effleurer, à être profond sans en avoir l’air, à blesser mortellement sans paraître avoir touché, à dire ce que j’ai entendu souvent : – Qu’avez-vous, ma chère ? quand le poignard est enfoncé jusqu’à la garde. Les femmes de province vous font souffrir et vous manquent, elles tombent lourdement quand elles tombent ; elles sont moins femmes que les Parisiennes. Mais, ce qui dans tout pays est impardonnable, elles sont ennuyeuses, elles ont le bonheur aussi ennuyeux que le malheur, elles outrent tout. On en voit qui mettent quelquefois un talent infini à éviter la grâce.

La femme de province n’a que deux manières d’être : ou elle se résigne, ou elle se révolte. Sa révolte consiste à quitter la province et à s’établir à Paris. Elle s’y établit légitimement par un mariage et tâche de devenir Parisienne : elle y triomphe rarement de ses habitudes. Celle qui s’y établit en abandonnant tout ne compte plus parmi les femmes. Il est une troisième révolte qui consiste à dominer sa ville et à insulter Paris ; mais la femme assez forte pour jouer ce rôle est toujours une Parisienne manquée. Aussi la vraie femme de province est-elle toujours résignée.

Voici les choses curieuses, tristes ou bouffonnes qui résultent de la femme combinée avec la vie de province.

Une jeune fille s’est mariée ; elle était belle, elle reste encore pendant quelque temps belle malgré le mariage ; elle est proclamée une belle femme. La ville est fière de cette belle femme ; mais chacun la voit tous les jours, et quand on se voit tous les jours, l’observation se blase. Si cette belle femme perd un peu de son éclat, la ville s’en aperçoit à peine. Il y a mieux, une petite rougeur, on la comprend, on s’y intéresse ; une petite négligence est adorée, une toilette qui ne se renouvelle pas est une concession à la philosophie du pays. D’ailleurs la physionomie est si bien étudiée, si bien comprise, que les légères altérations sont à peine remarquées, et peut-être finit-on par les regarder comme des grains de beauté. Un Parisien passe par la ville, un de ses amis lui vante la belle madame une telle, il le présente à ce phénix, et le Parisien aperçoit un laidron parfaitement conditionné. Il arrive alors des aventures comme celle-ci. Un jeune homme a quelques jours d’exil à passer dans une petite ville de province, il y retrouve l’éternel ami de collége, cet ami de collége le présente à la femme la plus comme il faut de la ville, une femme éminemment spirituelle, une âme aimante et une belle femme. Le Parisien voit un grand corps sec étendu sur un prétendu divan, qui minaude, qui n’a pas les yeux ensemble, qui a passé quarante ans, couperosé, des dents suspectes, les cheveux teints, habillé prétentieusement, et le langage en harmonie avec le vêtement. Le Parisien fait contre bonne fortune mauvais coeur, et se garde bien de revenir à ce squelette ambitieux. Le Parisien moqueur félicite son ami de son bonheur, il le mystifie en prenant cet art convaincu que prennent les Parisiens pour se moquer. La veille de son départ, le Parisien, questionné par son ami sur l’opinion qu’il emporte de la petite ville, répond quelque chose comme : « Je me suis royalement ennuyé, mais j’ai toujours eu la plus belle femme de la ville ! » Le lendemain matin, l’ami le réveille ; armé d’une paire de pistolets, il vient lui proposer de se brûler la cervelle, en lui posant ce théorème : « Si vous avez eu la plus belle femme de la ville, ce ne peut être que ma maîtresse, allons nous battre, vous n’êtes qu’un infâme. »

On vous présente à la femme la plus spirituelle, et vous trouvez une créature qui tourne dans le même genre d’esprit depuis vingt ans, qui vous lance des lieux communs accompagnés de sourires désagréables, et vous découvrez que la femme la plus spirituelle de la ville en est simplement la plus bavarde.

Deux femmes également supérieures et toutes deux en province, où l’auteur de ces observations a eu la douleur de les trouver, expliquent admirablement le sort des femmes de province.

La première avait su résister à cette vie tiède et relâchante qui dissout la plus forte volonté, détrempe le caractère, abolit toute ambition, qui enfin éteint le sens du beau. Elle passait pour une femme originale, elle était haïe, calomniée, elle n’allait nulle part, on ne voulait plus la recevoir, elle était l’ennemi public. Voici ses crimes. Pour entretenir son intelligence au niveau du mouvement parisien, elle lisait tous les ouvrages qui paraissaient et les journaux ; et, pour ne jamais se laisser gagner par l’incurie et par le mauvais goût, elle avait une amie intime à Paris qui la mettait au fait des modes et des petites révolutions du luxe. Elle demeurait donc toujours élégante, et son intérieur était un intérieur presque parisien. Hommes et femmes, en venant chez elle, s’y trouvaient constamment blessés de cette constante nouveauté, de ce bon goût persistant. La priorité des modes et leur perpétuelle coïncidence avec leur apparition à Paris, choquaient les femmes qui se trouvaient toujours en arrière d’une mode, et, comme disent les amateurs de courses, distancées. Une haine profonde s’émut, causée par ces choses. Mais la conversation et l’esprit de cette femme engendrèrent une bien plus cruelle aversion. Cette femme se refusait au clabaudage de petites nouvelles, à cette médisance de bas étage qui fait le fond de la vie en province. Elle ne souffrait chez aucun homme ni propos vides, ni galanterie arriérée, ni les idées sans valeur ; elle parlait des découvertes dans la science, dans les arts, des poésies nouvelles, des oeuvres fraîches écloses au théâtre, en littérature ; elle remuait des pensées au lieu de remuer des mots. Elle fut atteinte et convaincue de pédantisme, chacun finit par se moquer effrontément de ses nobles et grandes qualités, d’une supériorité qui blessait toutes les prétentions, qui relevait les ignorances et ne leur pardonnait pas. Quand tout le monde est bossu, la belle taille devient la monstruosité. Cette femme fut donc regardée comme monstrueuse et dangereuse, et le désert se fit autour d’elle. Pas une de ses démarches, même la plus indifférente, ne passait sans être critiquée, dénaturée. Il résultait de ceci qu’elle était impie, immorale, dévergondée, dangereuse, d’une conduite légère et répréhensible. – Madame une telle, oh ! elle est folle : tel fut l’arrêt suprême porté par toute la province.

La seconde avait deviné l’ostracisme que sa résistance lui vaudrait, elle était restée grande en elle-même, elle livrait son extérieur seulement à ces minuties. Ce fut à elle que je demandai le secret de l’amour en province, je ne voyais pas dans la journée une seule occasion de lui parler, dans toute la ville un seul lieu où l’on pût la voir sans qu’elle fût observée. « Nous souffrons beaucoup l’hiver, me dit-elle ; mais nous avons la campagne ! » Je me souvins alors qu’au mois d’avril ou de mai, les jolies femmes d’une ville de province sont les premières à décamper. En province, la maison de campagne est le fiacre à l’heure de Paris. Quoique l’homme le plus spirituel de la ville, un homme d’avenir, disait-on, et qui fit un épouvantable fiasco à la Chambre, lui rendît des soins, cette femme mourut jeune et dévorée comme par un ver : la supériorité comporte une action invincible qui, au besoin, réagit sur celui que la nature a doué de ce don fatal.

Une des fatalités qui pèsent sur la femme de province est cette décision brusque et obligée dans les passions, qui se remarque souvent en Angleterre. En province, la vie est définie, observée, à jour. Cet état d’observation indienne force une femme à marcher droit dans son rail ou à en sortir vivement comme une machine à vapeur qui rencontre un obstacle. Les combats stratégiques de la passion, les coquetteries qui sont la moitié de la Parisienne, rien de tout cela n’existe en province. Il y a dans le coeur de la femme de province des surprises comme dans certains joujoux. Elle vous a parlé trois fois pendant un hiver, elle vous a serré dans son coeur à son insu ; vient une partie de campagne, une promenade, tout est dit ; ou si vous voulez, tout est fait. Cette conduite, bizarre pour ceux qui n’observent pas, a quelque chose de très-naturel. Au lieu de calomnier la femme de province en la croyant dépravée, un poëte, un philosophe, un observateur, comme l’a été Stendhal dans Rouge et Noir, devinerait les merveilleuses poésies inédites, savourées à elle seule, toutes les pages de ce beau roman dont le dénoûment seul est connu de l’heureux sous-lieutenant ou du roué capitaine, qui en profitent.

Paris est le monstre qui fait toutes ces victimes, le mal a sept lieues de tour et afflige le pays entier. La province n’existe pas par elle-même. Là seulement où la nation est divisée en cinquante petits états, là chacun peu avoir une physionomie, et une femme y reflète alors l’éclat de la sphère où elle règne. Ce phénomène social existe encore en Italie, en Suisse et en Allemagne ; mais en France, comme dans tous les pays à capitale unique, l’aplatissement des moeurs sera la conséquence forcée de la centralisation ; aussi les moeurs ne prendront-elles du ressort et de l’originalité que par une fédération d’états français formant un même empire, ce qui peut-être n’est pas à désirer. L’Angleterre ne jouit pas de ce malheur, elle a quelque chose de plus horrible dans son atroce hypocrisie, qui est un bien autre mal. Londres n’y exerce pas la tyrannie que Paris fait peser sur la France, et à laquelle le génie français finira par remédier. L’aristocratie anglaise (méditez bien ceci), qui comprend toutes les supériorités, qui les produit ou se les assimile, l’aristocratie couvre le sol ; elle vit dans ses magnifiques parcs, elle ne vient à Londres que pendant deux mois, ni plus ni moins ; elle est toute en province, elle y fleurit et la fleurit. Londres est la capitale des boutiques et des spéculations, on y fait le gouvernement. L’aristocratie s’y recorde seulement pendant soixante jours, elle y prend ses mots d’ordre, elle donne son coup d’oeil à sa cuisine gouvernementale, elle passe la revue de ses filles à marier et des équipages à vendre, elle se dit bonjour et s’en va promptement : elle ne se supporte pas elle-même plus que les quelques jours nommés la saison. Aussi, dans la perfide Albion du Constitutionnel, y a-t-il chance de rencontrer de charmantes femmes tous les points du royaume, mais de charmantes femmes Anglaises !

DE BALZAC


 Honoré de Balzac (1842).jpgsource : BALZAC, Honoré de (1799-1850) : La femme de province (1841).

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