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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

  • a bientot

Le Musée de la Résistance

Posté par francesca7 le 10 mars 2013

 

Il vous permettra de découvrir le rôle et l’importance de la Résistance dans cette région durant la Seconde Guerre Mondiale.

Musée de la Résistance en Morvan

Maison du Parc

58 230 Saint-Brisson

03.86.78.72.99

museeresistance.morvan@orange.fr

 

Inauguré le 26 juin 1983 par le Président François Mitterrand, le musée de la Résistance en Morvan permet de découvrir le rôle et l’importance de la Résistance dans cette région.

 Le Musée de la Résistance dans FONDATEURS - PATRIMOINE saint-brisson_-_maison_du_parc


Ce musée est né de la rencontre des anciens résistants du Morvan et des historiens-chercheurs de l’Université de Bourgogne.
 

   Il est géré par l’Association pour la recherche sur l’Occupation et la Résistance en Morvan(ARORM).

Face à la propagande allemande et vichyste, la Résistance s’organise : exemples de tracts et journaux clandestins, courageuses interventions de personnalités du Morvan… La deuxième salle présente les premiers actes de Résistance jusqu’à la formation des maquis (matériels divers, photographies, armes, tenues….) et l’aide apportée par les alliés (parachutages, containers, cartes, mannequin…).

 Première salle : l’Occupation

La première salle mentionne tout d’abord le patriotisme et la défense du Morvan en 1940, puis rapidement les effets de l’occupation allemande : l’occupation des villages et la répression nazie ; la restriction des libertés, la censure, la propagande et le STO (Service du Travail Obligatoire) ; le manque de nourriture et de ressources…

musee-re dans MUSEES de FRANCEDeuxième salle : la Résistance

Cette deuxième salle explique comment la résistance s’est organisée dans le Morvan afin de contrer la propagande allemande et le Régime de Vichy.

On y trouve de nombreux tracts et journaux diffusés dans la clandestinité, des armes et des tenues, des photographies et des cartes.

Tous ces objets et documents permettent de présenter les actes de résistance des personnalités du Morvan, la formation des maquis dans le massif, ainsi que l’aide fournie par les Alliés.

Troisième salle : la Libération et la Mémoire

Cette dernière salle présente des objets, des photos, des reconstitutions et un diaporama de la bataille de Crux-la-Ville du 12 au 16 août 1944, pour illustrer la libération du Morvan. Cette dernière eut lieu en septembre 1944 grâce aux maquisards morvandiaux.

On y trouvera également des photographies de manifestations et stèles commémoratives, ainsi que des poèmes et des lettres, servant à entretenir la philosophie de la Résistance et le souvenir des évènements de la Seconde Guerre mondiale.

Concours

Régulièrement, par l’intermédiaire de son service éducatif, le musée organise des concours sur le thème de la résistance, ou accompagne les élèves lors de concours nationaux.

telechargement dans NièvreConcours national de la Résistance et de la Déportation 2009-2010

Afin d’accompagner les élèves sur le thème « L’appel du 18 juin 1940 du général De Gaulle et son impact jusqu’en 1945 », le musée propose une visite guidée, la présentation d’un documentaire-fiction (La Résistance. Vivre libre ou mourir.) et la distribution d’un dossier basé sur des exemples locaux.

Concours d’écriture « Lettre de maquisard en Morvan »

En partenariat avec l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, le musée propose jusqu’en avril 2010 un concours destiné aux écoliers, collégiens et lycéens de Bourgogne. Ces derniers doivent d’écrire une lettre qu’un maquisard morvandiau aurait pu rédiger en 1940 et dans laquelle il raconterait ses conditions de vie, ses actions de résistant et ses émotions.

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, MUSEES de FRANCE, Nièvre | Pas de Commentaire »

Musée de l’Image dans les Vosges

Posté par francesca7 le 10 mars 2013

Musée de l’Image
à Épinal (Vosges)

Un printemps au musée, le nouveau programme du Musée de l’Image / Ville d’Epinal vient de voir le jour ! Conférences, visites, animations enfants, nocturnes.

Le musée de l’image est situé à Épinal dans les Vosges. La ville est connue pour sa tradition imagière. Cartiers et dominotiers à l’origine, les imagiers d’Epinal ont produit des images en feuilles depuis le xviiie siècle mais ce sont les imageries Pinot et Pellerin, qui font sa renommée au XIXe siècle. Pour valoriser ce patrimoine, la Ville d’Epinal a créé en 2003 le Musée de l’Image, qui gère aujourd’hui l’une des plus importantes collections d’images populaires françaises et étrangères du xviie siècle à nos jours.

Le Musée de l’Image conserve de nombreuses feuilles produites dans les grands centres imagiers français du xviie siècle à nos jours. Mais il est particulièrement riche de la période du xixe siècle qui voit la mise en place des imageries de l’ère industrielle dans l’Est de la France (Epinal, Metz, Jarville, Pont-à-Mousson…). Les imageries étrangères sont également présentes : Allemagne, Italie, Belgique, Espagne, Autriche… mais aussi Inde, Japon, Chine… Quelques éléments d’impression (bois gravés et pierres lithographiques) proviennent essentiellement de l’imagerie d’Epinal.

En juin 2010, la Ville d’Épinal a acquis la collection privée de M. Henri George. Cet ensemble de 85 000 pièces est composé non seulement d’imageries populaires mais également de vues d’optique, de chromos publicitaires, de canivets particulièrement rares et de nombreuses images religieuses, de littérature de colportage… Ces pièces de qualité et pour certaines très rares sont dévolues aux collections du Musée de l’Image. L’achat de cette collection triple le fonds du usée, qui conserve désormais la plus importante collection d’images populaires en France (110 000 environ).

Vivre le Musée de l’Image au fil du temps, des saisons… Des fins de semaine où Anecdotes et petites histoires émaillent le parcours de la salle permanente… Des Chroniques du soir qui racontent le contexte des images, un Week-end indien printanier qui conclue l’exposition temporaire… Une Nuit des Musées en compagnie de l’École supérieure d’Art de Lorraine, des vacances de Pâques qui permettent aux enfants de connaître le Musée comme leur poche… Le printemps est le temps du renouveau, des projets, des collaborations et des découvertes… et ce programme en est le symbole.

Printemps indien (23 avril 2011)
Que vous soyez déjà sensible aux charmes de l’Inde, ou curieux de découvrir d’autres horizons, amateur de saveurs lointaines, ou simplement passionné de cinéma, cette programmation est faite pour vous… Dans le cadre de l’exposition Connivence 1, un cinéma « from india » s’installe au cœur du musée. Avec Swades, l’un des rares films indiens contemporains à donner une vision (presque) exacte de l’Inde, vous verrez de sublimes paysages et découvrirez un village indien qui s’éveille à la modernité. Et pendant l’entracte, un encas sucré/salé aux saveurs épicées…

Dîner insolite du patrimoine (13 mai 2011)
Organisé par le Pays d’Épinal Cœur des Vosges. Le principe des dîners insolites ? 24 repas théâtralisés dans 12 sites, musées et monuments historiques qui s’ouvrent au public le temps d’une soirée. À Épinal, la Cité de l’Image participe à l’opération et Musée de l'Image dans les Vosges dans MUSEES de FRANCE images1vous accueille pour une visite à la nuit tombée du Musée de l’Image, suivie d’un repas au cœur des ateliers artisanaux de l’Imagerie.

Nuit des Musées (14 mai 2011)
Le Musée de l’Image « à l’envers » ! Profitez de conférences à chaque heure et d’une intervention originale des étudiants de l’École Supérieure d’Art de Lorraine qui mettent en scène leur vision des Mondes renversés dans un parcours animé. Un avant-goût de l’exposition d’été du musée…

À ne pas manquer pendant la soirée : 4 mini-conférences, 4 horaires, 4 images qui n’auront plus de secrets pour vous… L’équipe de conservation du Musée de l’Image met en lumière quelques oeuvres de sa collection et vous fait partager son amour des images.

Et les enfants : Pendant que les adultes parcourent le musée, les enfants sont invités à rejoindre les animateurs, pour des ateliers sens dessus-dessous !

Les Chroniques du soir (les vendredis 13 mai, 20 mai, 27 mai, 3 juin 2011)
Pendant une heure, des cycles courts (chaque semaine pendant un mois), pour approfondir un sujet, en savoir plus sur les images et leur contexte… Une image n’existe qu’avec ses circonstances… Les images type Épinal sont avant tout des images de société : de la société qui les a faites et pour laquelle elles ont été faites. Quatre soirées en compagnie d’Alexandre Laumond, historien, pour entrer dans l’histoire de ce 19e siècle qui a vu les images s’épanouir puis peu à peu disparaître. Des interventions accompagnées d’images populaires mais aussi d’autres iconographies.

Anecdotes et petites histoires (tous les samedis et dimanches à partir du 9 avril 2011)
C’est nouveau au musée ! Chaque week-end, enfants, parents, grands-parents sont invités à suivre une visite guidée des collections. À cette occasion, le Musée de l’Image vous dévoile les anecdotes, secrets, trouvailles et petites histoires qui accompagnent la vie des images. Histoires et jeux invitent à l’observation, à la réflexion et au dialogue durant cette visite ludique et étonnante. Autant de détails qui permettront aux petits comme aux plus grands de voir, en moins d’une heure, que les images en disent plus qu’il n’y paraît…

Le Musée comme ma poche (26, 27, 28, 29 avril 2011)
Pour les vacances de printemps, place à l’exploration ! Un thème différent chaque jour pendant une semaine. Les enfants visitent les lieux et observent les images pour en comprendre les codes, les usages ainsi que les procédés d’impression. Une découverte en amenant une autre, les visites impromptues dans les salles d’exposition servent de point de départ à la création dans les ateliers du Musée… Toute une journée, ou deux, ou même la semaine entière, une chose est sûre, le Musée de l’Image n’aura plus de secrets pour vos enfants !

Site internet : http://www.museedelimage.fr
E-mail : musee.image@epinal.fr
Coordonnées postales : 42 quai de Dogneville, 88000 ÉPINAL
Coordonnées téléphoniques : 03 29 81 48 30

Publié dans MUSEES de FRANCE, Vosges | Pas de Commentaire »

L’oppidium de Bibracte

Posté par francesca7 le 7 mars 2013

 

L'oppidium de Bibracte dans Côte d'Or bibracte2Objet d’étude et site touristique L’oppidum de Bibracte fut la ville d’un siècle seulement, le 1er siècle avant J.-C., comme la plupart (sinon la totalité) des villes gauloises mentionnées par césar dans son récit sur la Guerre des Gaules.

Elle connut néanmoins une population importante, qui culmina vers 30-20 avant J.-C. et dont l’ordre de grandeur peut être fixé à 104 . Les raisons de son grand intérêt archéologique sont multiples. À son époque, il s’agit d’une des plus grandes agglomérations de la Gaule, dont l’importance est à la mesure de la puissance du peuple éduen.

Son abandon rapide, vers le changement d’ère, lorsque le peuple éduen décide de se doter d’une nouvelle capitale de physionomie purement romaine, à Autun (augustodunum), a permis une conservation exceptionnelle de ses vestiges, en l’absence de réoccupation ultérieure notable (à l’exclusion de deux modestes établissements religieux). On a donc aujourd’hui la possibilité, du moins théorique – car l’étendue de l’agglomération s’y oppose en pratique – de conduire une exploration extensive de la ville, alors que les autres sites gaulois contemporains de même importance sont soit fort érodés par l’agriculture (comme Gergovie, oppidum principal des arvernes), soit occultés par des occupations plus récentes (comme Besançon, oppidum principal des Séquanes).

Au terme d’un demi-siècle d’exploration  méthodique entre 1865 et 1914, et de deux décennies supplémentaires depuis 1985, avec des moyens accrus, l’oppidum de Bibracte nous livre l’image d’un site de contrastes (romero 2006).

On ignore encore les motifs exacts de l’installation de l’oppidum sur cette montagne peu facile d’accès et au rude climat. Les raisons semblent plutôt à rechercher du côté des préoccupations religieuses et politiques (la matérialisation d’un centre de rassemblement au cœur du territoire éduen) qu’économiques. Quoi qu’il en soit, une population importante s’est regroupée sur le mont Beuvray à l’extrême fin du IIème siècle avant J.-C. La ville qui se développe alors montre une grande vitalité économique. C’est un important lieu de consommation où les richesses du peuple éduen se concentrent et servent à acheter des denrées très variées, notamment du vin acheminé à grand prix et en grandes quantités depuis l’Italie centrale. C’est aussi un centre industriel où se côtoient des dizaines d’ateliers de bronziers, de forgerons, d’orfèvres…de fréquents incendies nous bibracte_porte dans MUSEES de FRANCEvalent de disposer de vestiges exceptionnellement conservés d’édifices à ossature de bois, qui étaient la norme dans la ville de la première moitié du Ier siècle avant J.-C. (ill. 4). On peut également suivre pas à pas l’introduction de manières de construire méditerranéennes (ill. 5) à partir du milieu du Ier siècle, Avec de vastes domus de type italique et un probable forum, qui suppose l’assimilation très précoce par les Éduens de modes de gouvernance d’origine romaine, peut-être en relation avec leur statut privilégié de civitas foederata au lendemain de la Guerre des Gaules.

En matière d’accueil du public, le mont Beuvray présente à la fois des avantages et des inconvénients (Barnoud et al. 2003). Au rang des avantages, il faut signaler avant tout le cadre naturel d’exception qui permet au site d’attirer un public familial et populaire nettement plus large qu’un musée traditionnel (cf. infra). Le même public apprécie également de découvrir un lieu animé, où les vestiges archéologiques sont en cours de dégagement et non pas figés dans un état issu de recherches achevées depuis des décennies, comme c’est généralement le cas.

La présentation de la ville gauloise au grand public est néanmoins rendue délicate par deux facteurs complémentaires.

Il s’agit d’abord de la grande étendue de la ville (2 km d’un bout à l’autre) et de son occultation quasi complète par la forêt: aucune appréhension d’ensemble de la ville n’est possible, les chantiers de fouilles étant dispersés dans des clairières sans continuité visuelle (ce qu‘un nouveau plan de gestion paysagère cherche à combattre ; cf. Guichard, Chazelle). D’un point de vue matériel, les grandes distances entre les points de visite compliquent la gestion des flux de visiteurs et rendent très coûteuses les tâches d’entretien des secteurs ouverts au public.

Il s’agit ensuite du caractère peu spectaculaire des vestiges architecturaux dégagés: dans de nombreux cas, les bâtiments ne sont plus perceptibles que par les empreintes dans le sol de leur ossature de bois. Le risque est grand de mettre trop en avant les vestiges d’architecture romanisée, plus facilement présentables car plus substantiels (maçonneries de pierre).

Au total, ces difficultés sont palliées en proposant aussi systématiquement que possible aux visiteurs un accompagnement par des guides animateurs, en mettant en avant le travail des archéologues autant que le résultat de leurs recherches – à ce titre, la visite de Bibracte peut se concevoir comme une visite d’entreprise – et en proposant, en complément de la visite du site, celle d’un musée où sont présentées les différentes facettes de l’archéologie de Bibracte, avec une mise en perspective européenne (ill. 6) 

mont-beuvray_-_cave dans NièvreDes missions de recherche et de formation ; Le cœur de l’activité scientifique de Bibracte est constitué par l’animation d’un programme de recherche archéologique sur la ville gauloise du même nom. Ce programme, ininterrompu depuis 1984, s’appuie sur les forces vives d’une quinzaine d’universités et instituts de recherche européens. Les partenariats actuellement les plus importants (2008) concernent des universités et centres de recherches basés dans les villes suivantes: Besançon, Bologne, Budapest, Dijon, Durham, Lausanne, Leipzig, Mayence, Paris, Rzeszow, Strasbourg, Vienne.

C’est en effet une originalité du programme de recherche d’être mis en œuvre par des chercheurs associés issus d’autres établissements, l’équipe permanente de Bibracte se contentant d’assurer la cohérence scientifique et le soutien logistique. Bibracte prend en charge l’intégralité des besoins techniques de ses chercheurs associés durant leurs séjours, soit, typiquement quatre à cinq semaines par an avec une équipe d’une quinzaine de collaborateurs et étudiants pour les opérations de terrain (fouille, prospection). Au total, ce sont quelque 6000 journées ouvrées d’intervenants extérieurs (étudiants stagiaires et chercheurs) qui sont encadrées chaque année.

Ces recherches se déroulent selon des cycles triennaux. Les documents de programmation sont évalués par les services du ministère de la culture, avec le concours du conseil national de la recherche archéologique, de même que les rapports annuels d’activité, auxquels contribuent les chercheurs associés .Le programme de recherche s’intéresse prioritairement à la ville gauloise elle-même: évolution de l’urbanisme et de l’architecture, étude des nombreux ateliers d’artisans du feu qu’elle abrite… il se déploie aussi de plus en plus sur des problématiques plus larges, tant du point de vue spatial que chronologique.

Des résultats substantiels ont ainsi été acquis récemment sur l’évolution à l’échelle millénaire de l’environnement végétal et des pollutions atmosphériques, à partir de l’étude pluridisciplinaire de tourbières proches de Bibracte.

Outre l’hébergement, les moyens logistiques permettent de subvenir à l’ensemble des besoins de la « chaîne opératoire » de l’archéologie: chantier (matériel lourd, conducteurs d’engins, topographe, photographe…), conditionnement et stockage des découvertes (restaurateur, magasinier, espaces de stockage), documentation (bases de données partagées, documentaliste, bibliothèque spécialisée sur les âges du Fer), édition (secrétaire d’édition, illustrateur, support éditorial). Ces outils partagés contribuent notablement à la promotion de méthodes de travail homogènes au sein de la communauté des archéologues protohistoriens et à la formation pratique des étudiants en Archéologie.

Le programme de recherche sert également de support au développement de nouvelles méthodes et nouveaux outils de recherche. Signalons par exemple des efforts importants pour développer un outil de documentation partagé par plusieurs dizaines de chercheurs et des expérimentations en cours pour la protection des chantiers de fouille et pour le relevé tridimensionnel des vestiges.

La logistique de Bibracte est également mise à profit pour l’organisation régulière de séminaires et colloques. Les actes de ces réunions scientifiques font généralement l’objet d’une publication dans la collection Bibracte, aux côtés des monographies qui rendent compte des recherches sur le Mont Beuvray et son environnement. Bibracte développe également des partenariats qui bénéficient de soutiens spécifiques de la part de la commission européenne (programmes Leonardo da Vinci, culture 2000…).

Signalons encore que les activités de recherche et de vulgarisation de Bibracte sont encadrées par un conseil scientifique constitué de huit experts européens reconnus dans la discipline. Un pôle régional d’attraction culturelle et touristique BiBracTE consacre la moitié de ses dépenses à valoriser l’archéologie auprès du grand public, au moyen d’un musée de site, d’expositions temporaires thématiques et de manifestations diverses. Pour cela, Bibracte peut s’appuyer sur une offre très diversifiée:

- un environnement naturel d’exception,

- un site archéologique en constante évolution,

- une vitrine de la civilisation celtique et des premières villes de l’Europe moyenne,

- des expositions et des événements tout au long de l’année,

- une politique active de démarchage et d’accueil du public,

- des activités éducatives pour les plus jeunes.

bibracte_musee_travail_du_bois-300x201 dans Saône et LoireAu total, ce sont entre 40000 et 45000 visiteurs qui sont accueillis chaque année au musée, dont 8000 scolaires. Ces chiffres sont stables depuis l’ouverture du musée en 1996, grâce à une politique promotionnelle soutenue et à un renouvellement régulier de l’offre événementielle (expositions, journées à thème…).

Le jeune public fait l’objet d’attentions particulières, avec une large gamme d’activités proposées dans le cadre scolaire et périscolaire (visites courtes, ateliers, « classes patrimoine », chantier école). Ces activités peuvent avoir une tonalité très archéologique ou historique, mais des approches plus variées sont proposées aux enseignants, à caractère artistique, scientifique, environnemental ou pluridisciplinaire. Une offre et des services spécifiques sont également proposés aux personnes disposant d’un handicap, quel qu’il soit (le site de Bibracte est labellisé Tourisme et Handicap).

Bibracte est aussi l’établissement culturel de référence du Pôle national de ressources éducatives « Patrimoine archéologique » mis en place en 2003 dans le cadre du plan interministériel pour l’éducation aux arts et à la culture. À ce titre, Bibracte s’investit fortement dans la formation des enseignants et médiateurs.

Un acteur du développement régional / ce fut une gageure du président Mitterrand que de décider de la création d’un important équipement scientifique et culturel au cœur du Morvan, un massif de moyenne montagne qui souffre depuis la fin du 19ème siècle d’une déprise agricole et d’une baisse démographique continues. Que l’on en juge: la population du Morvan est passée de 140000 à 35000 habitants en 150 ans, tandis que les communes où se situe le Mont Beuvray ont une densité de population de moins de dix habitants au km2. La population et les élus locaux attendent de BiBracTE une contribution notable à l’économie et à l’animation de ce territoire rural. Le défi était d’autant plus difficile à relever qu’un des principaux facteurs qui influent sur la performance d’un équipement qui accueille du public est sa situation au cœur d’un important bassin de population, alors que moins de 50000 personnes habitent aujourd’hui dans un rayon de 50 km autour du site et que l’infrastructure de ce territoire y est médiocre (pas de routes rapides, services publics en cours de démembrement…). Il fallait donc assumer ces contraintes et, autant que possible, les retourner pour en faire des avantages! De fait, si ses missions débordent largement du cadre régional, Bibracte revendique son attachement à la Bourgogne et au Morvan, en reconnaissant les obligations «sociales» que lui impose son implantation dans un territoire particulièrement déprimé du point de vue démographique et économique. L’impact de Bibracte sur le Morvan se décline de multiples façons :

- environ 40 emplois (équivalent temps plein, hors emplois fixes en sous-traitance), soit un pouvoir d’achat de plus de 1 M€ et une demande qui contribue à maintenir des services de proximité (bureau de poste, école…),

- des recettes à hauteur de 1 M€ pour les entreprises locales,

- des recettes fiscales directes à hauteur de 0,3 M€ pour les collectivités locales,

- des recettes induites pour l’économie touristique locale à hauteur de 0,5 M€ minimum (soit 20 € par visiteur de Bibracte résidant à l’extérieur de la Bourgogne, sur la base de 25000 visiteurs/an, ce qui est une base de calcul très prudente),

- une offre culturelle diversifiée pour le public local, notamment le jeune public,

- une notoriété (en progression) qui contribue fortement à l’attractivité touristique du Morvan et à la renommée de la région.

320px-Bibracte_Musee_Salle_des_maquettes dans YonneNéanmoins, il faut bien reconnaître que la « greffe » de Bibracte dans son environnement rural a eu quelques difficultés à prendre. L’installation de l’équipement a en effet été rondement menée dans le cadre de la politique de Grands Travaux de l’État, sans toujours prendre le temps de la concertation.

Certains, au niveau local, ont donc pu vivre Bibracte comme un projet parisien qui ne les concernait pas. Cette période semble aujourd’hui définitivement révolue, et Bibracte est aujourd’hui inscrit en bonne place dans les politiques publiques régionales et locales. Depuis 2008 et au terme d‘un traité de concession de quinze ans, Bibracte s‘est transformé en Établissement public de coopération culturelle (EPCC), un nouveau statut créé par le législateur en 2002 pour mutualiser les moyens nécessaires à l‘exploitation des établissements culturels. Les membres fondateurs de Bibracte EPCC sont pour la plupart d‘anciens actionnaires de la SAEMN : l’État, le conseil régional de Bourgogne, le conseil général de la Nièvre, le conseil général de la Saône-et-Loire, le Parc naturel régional du Morvan et le centre des Monuments nationaux. Ce statut fournit à Bibracte une meilleure garantie de soutien financier de la part de ses financeurs publics, tout en préservant l‘autonomie de gestion dont bénéficiait la SEM.

Le centre de recherche et de formation Le développement des activités de recherche et de formation ne requiert pas d’ajustage des équipements, l’objectif étant plutôt de profiter des disponibilités encore existantes dans le calendrier d’occupation des locaux et d’améliorer la qualité et (ou) l’impact des actions, tout en profitant de réseaux scientifiques déjà bien établis à l’échelle européenne.

Dans le domaine de la recherche, Bibracte souhaite consolider son rôle de lieu de référence européen pour les études consacrées à la période celtique et à l’émergence de la civilisation urbaine en Europe moyenne. Le programme de recherche sur le mont Beuvray doit pour cela demeurer un laboratoire permanent où les nouvelles hypothèses doivent être testées et débattues. Ce rôle de lieu de référence a été tenu par le passé par d’autres sites et institutions (notamment par le site de Manching en Bavière, fouillé de façon exemplaire par l’institut archéologique allemand dans les années 1950-1970), mais Bibracte n’a plus de tel « concurrent »

Aujourd’hui. Dans le domaine de la formation, Bibracte espère devenir un (le?) lieu de référence en Europe pour la formation pratique des archéologues. Le chemin pour y parvenir est déjà en partie parcouru, dans la mesure où le site accueille d’ores et déjà le plus important programme de recherches archéologiques de terrain organisé dans la durée.

Rappelons tout d’abord qu’une petite moitié du public qui fréquente le mont Beuvray n‘utilise pas les services culturels proposés par Bibracte. Sur les 43000 visiteurs du musée, près de la moitié réside en Bourgogne, ce qui explique l’attention particulière portée à la politique événementielle, afin de donner à ce public le goût de revenir, au moins une fois tous les deux ans. Les étrangers comptent pour 20 %, très majoritairement issus de Belgique et des Pays-Bas. Au total, la diversité du public est le reflet assez fidèle de la clientèle touristique du Morvan: un public familial, aux revenus souvent peu élevés, adepte du tourisme vert et exigeant sur la qualité de son environnement. Ce public est très différent de celui, bien plus nombreux, qui fréquente les églises romanes et les caves viticoles de la côte bourguignonne, entre Dijon et Mâcon. Ceci montre qu’il existe un potentiel important de développement de la fréquentation, pour peu que l’on parvienne à capter les touristes de la côte bourguignonne. De la même manière, les Bourguignons qui constituent le gros contingent du public de Bibracte sont en fait des locaux, le site parvenant très mal à drainer les habitants des principaux centres urbains de la région, tous situés en périphérie de celle-ci et à plus de 80 km de Bibracte.

La stratégie du plan de développement consiste à construire une offre culturelle qui permette de fixer les visiteurs sur une journée entière (contre rarement plus de trois heures précédemment). De cette façon, on espère pouvoir mobiliser des visiteurs potentiels en résidence (fixe ou touristique) à trois heures de trajet de Bibracte. Avec une offre qui ne permet pas aujourd’hui de capter des visiteurs à plus de 1h30 de trajet, le « bassin de chalandise » de Bibracte pourrait ainsi passer théoriquement de moins de 400 000 à plus de 10000000 personnes.

bibracte_musee_-200x300Bien que Bibracte soit le résultat d’un projet décidé au plus haut niveau de l’État, il est sans doute utile de rappeler que l’établissement actuel et les équipements qu’il gère sont le fruit d’un développement largement empirique et d’une histoire qui n’a pas toujours été exempte de débats contradictoires, entre l’État, les acteurs politiques locaux et les archéologues. Ces derniers ont vu leurs espérances largement rattrapées par les ambitions des politiques, à tel point qu’ils ont pu, par moments, avoir le sentiment que la gestion du site leur échappait. Rappelons ainsi que les Archéologues qui participaient aux premières campagnes de fouille, au milieu des années 1980, étaient loin d’imaginer l’ampleur que prendrait l’entreprise. Bibracte a donc bénéficié d’heureux concours de circonstances et des bonnes intuitions de quelques-uns.

Le programme de recherche a eu le bon goût de s’internationaliser par nécessité (car on manquait d’archéologues français spécialistes du sujet) au moment où la construction européenne avait besoin d’initiatives symboliques; la structure de gestion, qui devait être une solution provisoire, le temps des constructions, s’est révélée suffisamment robuste et efficace pour pouvoir être maintenue quinze années…

De cette histoire atypique, est née un équipement original et d’une certaine façon paradoxal, parce qu’il allie ce que l’on a coutume d’opposer ou du moins de traiter de façon séparée, par exemple:

- le local et l’international: un ancrage fort sur un site patrimonial du Morvan et un fonctionnement fondé sur des réseaux scientifiques résolument européens,

- le culturel et le rural: Bibracte est l’exemple unique d’un équipement culturel décidé au niveau national et implanté en pleine campagne (moins de 50000 habitants dans un rayon de 50 km),

- le patrimoine culturel et l’environnement: l’intérêt du site de Bibracte/Mont Beuvray vaut autant pour ses qualités environnementales (forêt séculaire au cœur d’un paysage préservé de bocage) que pour ses vestiges archéologiques (ceux de la plus importante agglomération de la Gaule à l’époque de césar),

- le scientifique et l’économique: l’établissement Bibracte gère une chaîne opératoire complète

conservation, étude et mise en valeur d’un site, exploitation culturelle et touristique,

- l’échelon politique local et l’échelon national : l’État/ministère de la culture est résolument le chef de file des partenaires publics de Bibracte, mais les collectivités locales (région, départements, PNRM) sont étroitement associées à sa gestion.

Bibracte peut donc être considéré comme une sorte de laboratoire où l’on expérimente la façon de traiter conjointement la recherche archéologique, la gestion du patrimoine, la coopération internationale, la revitalisation d’un territoire rural… au moyen d’un outil de gestion intégrée lié à un site patrimonial emblématique. L’histoire qui s’est déroulée ces vingt dernières années au mont Beuvray, avec ses succès et ses moments difficiles, constitue un important capital d’expérience qui témoigne, selon nous, de l’intérêt, tant pour le patrimoine que pour la population qui en est le dépositaire, de ce mode de gestion, qui prend en compte à la fois les exigences de conservation et de connaissance des spécialistes et les besoins d’appropriation des communautés locales.

Fichier: Bibracte333 crop.jpg

Bibliographie :

Barnoud et al. 2003 : Barnoud (P.), Boura (F.), Gorlier (J.), Guichard (V.). – L’aménagement de l’oppidum gaulois de Bibracte: chronique de quinze années de tâtonnements.

In:BaLsamo (I.) dir. — Vestiges archéologiques en milieu extrême, actes de la table ronde de Clermont-Ferrand (2000).

Paris: Centre des monuments nationaux, 2003, p. 150-163.

Guichard, Moreau 2000 : Guichard (V.), Moreau (r.).

— La conservation de la documentation archéologique au Centre archéologique européen du mont Beuvray.

In: DEYBER-PERSIGNAT (D.) dir. — Le dépôt archéologique, conservation et gestion pour un projet scientifique et culturel, actes des Assises nationales de la conservation archéologique, Bourges, 26-28 novembre 1998.

- Bourges:Editions de la ville de Bourges, 2000, p. 55-61.

- Romero 2006 : ROMERO (a.-M.). — Bibracte: l’aventure archéologique sur le mont Beuvray. Dijon; Glux-en-Glenne : France Territoires magazines; BIBRACTE, 2006.

 

 

 

 

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Château-Musée Lafayette

Posté par francesca7 le 21 février 2013

Château-Musée Lafayette (Haute-Loire)

 

 Le château de Chavaniac, maison-forte située à Chavaniac-Lafayette, à 92 km au sud-est de Clermont-Ferrand, entre Brioude (24 km) et le Puy (30 km) (France), dans le département de la Haute-Loire est la maison natale du marquis de La Fayette.

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Le petit village de Chavaniac, baptisé depuis la Révolution Chavaniac-Lafayette en l’honneur de l’illustre Général Lafayette qui y vécut il y a bientôt deux siècles et demi, est situé sur le versant ensoleillée et lumineux des Monts du Velay.

Son altitude étagée de 700 à 750 m d’altitude lui donne un vaste horizon allant du Puy de Dôme au Cézallier en passant par le Sancy et lui vaut un climat particulièrement tonique et favorable aux asthmatiques. 40 minutes suffisent pour se rendre de la capitale de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay, au Pays de Lafayette ; 1h15 de la capitale auvergnate Clermont-Ferrand ; 1h45 de Saint-Etienne et 2h30 de Lyon.

Situé à l’extrême limite de deux territoires, celui du Haut-Allier et du Parc Naturel du Livradois Forez, ce petit village tranquille et paisible, fort de ses 333 habitants, n’en offre pas moins à ses visiteurs deux sites d’importance qui lui confèrent une notoriété qui dépasse les frontières de l’Auvergne et de la France.

D’une part le Premier Conservatoire Botanique du Massif Central qui a vu le jour en 1998 et qui prévoit d’ouvrir ses portes au public en 2001. D’autre part le Château-musée Lafayette, demeure natale du Général Lafayette et lieu symbole de l’amitié Franco-Américaine en l’honneur du passé prestigieux de celui qui fut son propriétaire et des missions de l’association Franco-Américaine Le Mémorial Lafayette qui gère le site depuis 1916.

Surnommé Le Manoir des Deux Mondes, le Château natal du Général Lafayette propose depuis 1997 une visite originale et moderne où l’on se surprend à découvrir ou à redécouvrir la vie du marquis de Lafayette plongée dans une ambiance XVIIIe.

Musique, commentaires sonores et jeux de lumière accompagnent les visiteurs, 45 minutes pendant lesquelles le château et les grands moments de la vie du Général leur appartiennent entièrement. Ainsi l’abolition de l’esclavage, la liberté et les droits de l’homme sont à l’honneur et la grande aventure américaine de Lafayette est relatée en image…

Le charme de la visite se poursuit par un grand moment de liberté dans le parc du château. Trois hectares en terrasse, clairsemés de plusieurs petits étangs et de plusieurs petits espaces de jardins qui offrent à la curiosité des visiteurs des variétés d’arbres et d’arbustes originaires de différents pays du monde.

Plus bas un grand étang est ouvert à la pêche touristique et un espace est réservé au mini-golf. Dans cette atmosphère magique tout est fait pour vous faire passer un agréable moment de détente et montrer l’importance du souvenir de Lafayette dans la demeure familiale cher à son cœur…

Naïma AKARMOUDI

POUR TOUT RENSEIGNEMENT : 
Château-Musée Lafayette
43230 Chavaniac-Lafayette
Tél. 04 71 77 50 32 – Fax 04 71 77 55 44

Association Le Mémorial Lafayette
28, rue des Chevaliers St Jean
B.P 77 – 43002 Le Puy en Velay
Tél. 04 71 04 26 40 – Fax 04 71 02 45 78
Web www.chateau-lafayette.com
Mail info@chateau-lafayette.com

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 Histoire

Le château de Chavaniac dont la construction remonte au xive siècle a été en partie détruit par un incendie en 1701. Le marquis de La Fayette y est né en 1757. Il s’est marié en 1774 avec Adrienne de Noailles, avec laquelle il a eu quatre enfants, Henriette, morte en bas âge, puis Anastasie, Georges et Virginie qui ont séjourné au château.

Héros de la guerre d’indépendance américaine et de la Révolution, Lafayette est honoré puis rejeté par les révolutionnaires français, car il vote contre la mort du roi. La chute de la monarchie en 1792, le force donc à quitter la France. Lafayette est alors fait prisonnier par l’Autriche et emprisonné à la forteresse d’Olmütz. Il est alors considéré comme un traître n’ayant pu sauver Marie-Antoinette qui est d’origine autrichienne et le roi de France. Lafayette ne reviendra en France qu’en 1799.

Le château sera modernisé par Lafayette à partir 1791 (architecte Vaudoyer) puis vendu comme bien d’émigré en 1793, suite à son départ, mais c’est la tante de La Fayette qui rachète le château.

En 1917, un industriel américain d’origine écossaise, John Moffat, l’achète au nom de l’association « Memorial Lafayette » et le fait rénover de fond en combles afin d’abriter les collections historiques de Lafayette, glanées des deux côtés de l’Atlantique. Il est meublé en style Louis XVI.

Suite à la mort de John Moffat en 1966, l’association franco-américaine « Memorial Lafayette » poursuit la gestion du château puis en transfère la propriété, en juillet 2009, au Conseil général de la Haute-Loire, qui à son tour reprend l’administration du château et fait refaire la toiture.

Les drapeaux américain et français flottent en permanence sur le château, pour honorer le rôle clé joué par Lafayette dans l’aide militaire apportée par la France aux jeunes États-Unis, à travers un corps expéditionnaire de 5 000 soldats commandé par le général Rochambeauet l’amiral de Grasse.

La flotte française rassemblée à Yorktown pour empêcher tout mouvement anglais par la mer conduira à la capitulation anglaise du général Cornwallis à Yorktown en 1781. L’indépendance américaine ne sera donc effective que cinq années après la déclaration officielle de 1776, après l’aide décisive de La Victoire (premier bateau affrété par Lafayette) et de la flotte de 200 navires qui coûtera son trésor puis sa couronne et sa vie au roi Louis XVI, suite à la convocation des États-Généraux à Versailles en 1789…

Lafayette, citoyen d’honneur américain, a vu son nom donné à une trentaine de villes et comtés et au square faisant face à la maison blanche à Washington.

Lafayette refusera 2 fois la magistrature suprême en France, en 1790 lorsqu’il est élu Président de la fête de la Fédération, puis en 1830, où après la Révolution on lui offre la Présidence de la République, à laquelle il renoncera pour une nouvelle restauration.

Le château, devenu château Chavagniac-Lafayette, abrite le musée du général, homme d’état et humaniste Lafayette.

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Musée de la Poupée en France

Posté par francesca7 le 8 février 2013

 

Consulter le site : www.poupendol.com

 

Mademoiselle Marie Koenig et son exceptionnel Musée de Poupées Provinciales continue à vous intéresser. 
Le site qui lui a été consacré il y a déjà plusieurs années est toujours très visité. ( koenig.html )  

citation : Nous avons trouvé chez notre jeune libraire préféré de Normandie un petit livre bleu intitulé :   » Journal des poupées «   » Organe de la SOCIÉTÉ DES POUPÉES «  

En fait toute l’année reliée de 1902 du supplément au Journal des Petites Filles, lui-même issu de la Poupée Modèle.

Chacun d’eux comporte 16 pages de lecture diverses et charmantes plus une première et dernière de couverture en papier bleu pâle.  Ce n’est donc pas un simple petit prospectus mais un vrai petit journal édité par Tedesco.

 Ce livre relie bien entendu douze numéros  du  » JOURNAL DES POUPÉES  » et commence en janvier ;  mais notre intérêt se porta immédiatement sur le numéro d’avril qui commence par Une Réception au Musée des Poupées

 Musée de la Poupée en France dans MUSEES de FRANCE musee-poupee

Habillée en costume de mariée, celui-ci très détaillé nous, est  décrit minutieusement : d’abord, le  » dalguen  » ( bandeau  ) «  car notre coiffure ne serait pas authentique et les visiteurs qui s’y connaissent le remarqueraient….« . Par dessus celui-ci, un  » dalleden  » ( linge blanc ) auquel on adaptera un  » bourdelen « , morceau de zinc ( ! ) ou de bois ( ! ), destiné à soutenir le fond de la coiffe. Sur cet édifice, on pose le bonnet du pays, très simple, c’est un large bandeau terminé par deux pattes qui se relèvent en ailes et s’attachent par une épingle au fond de la coiffe. Voilà résumées, la mariée et sa coiffe. 

Dans la suite de l’article, elle retrouve un  » pays  » le joueur de biniou, Yves, qui lui présente Vivette, une adorable arlésienne qui se mit à chanter  » O Magali ma tant amado…. », vêtue de son  » aise  » ( corsage ) de drap noir, sa  » capello  » de tulle plissé et sa  » mireille  » ( cravate blanche nouée sur le chignon ).  Ensuite apparait la petite Fadette qui récite à une pêcheuse sablaise sa chanson connue  » Fadet, Fadet, mon petit Fadet …

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Les poupées des Provinces

Posté par francesca7 le 8 février 2013

Musée (Un) des poupées des provinces
de France créé à la fin du XIXe siècle

(D’après « Almanach pratique du Petit Parisien », paru en 1908)

Publié le LUNDI 4 FÉVRIER 2013, par LA RÉDACTION

 

Les poupées des Provinces dans MUSEES de FRANCE poupee-243x300Qui se serait imaginé que nous aurions un jour, en France, à Paris, un musée de Poupées, et qu’il serait impossible de faire une visite à ce petit monde inanimé, à ce monde des légendes et des contes, au milieu duquel doivent circuler, invisibles, les ombres des frères Grimm et d’Andersen, sans le quitter avec une très douce émotion au cœur ? s’interroge le Petit Parisien en 1908, dont un chroniqueur s’émerveille devant les quelques centaines venues de tous les coins de France, témoins des coutumes locales et des costumes pittoresques de nos anciennes provinces dont les particularités tendent, déjà, à disparaître pour se fondre dans une universelle unification…

Tous ceux qui s’en iront contempler, rue Gay-Lussac, l’œuvre née des patients efforts et de la volonté de Mlle Koenig — inspectrice de l’Enseignement —, éprouveront ce sentiment et le manifesteront à la créatrice de ce petit palais de la Poupée. C’est dire, sans doute, qu’il ne s’agit plus d’une simple exposition sans caractère et sans portée. Il ne faut point contester, assurément, le mérite et la grâce de la Poupée française, si élégante, d’une finesse exquise et Parisienne jusqu’au bout des doigts. Mais, pour l’admirer, pour lui sourire, pour lui envoyer, du coin de l’œil, un bonjour amical et charmé, il n’est pas indispensable d’aller rue Gay-Lussac. Il suffit de se promener sur les boulevards. Elles sont là, derrière les glaces des magasins, des centaines, vous aguichant avec audace, d’un geste délicieusement mutin dans son excessif parisianisme.

Le musée des Poupées est à la fois aussi bien et mieux que cela. Dans la pensée de sa fondatrice, il devait répondre, et il répond, en effet, à une jolie préoccupation française. Comment, à propos de quoi, est-il venu à l’esprit de Mlle Koenig de rassembler et de nous faire voir, sous une forme artistique et délicate, toutes les vieilles petites patries qui constituèrent, par leur union, notre forte patrie ? C’est ce que l’auteur de ces lignes ne sait pas très bien. Et s’il avoue son ignorance, c’est un hommage qu’il rend à la fondatrice du musée des Poupées, réservée et modeste pour son compte, autant qu’elle se montre empressée, loquace, enthousiaste, dès qu’il faut présenter, détailler, vanter ces douzaines et ces douzaines d’enfants de son rêve, pour lesquels elle éprouve une affection quasi maternelle, et qu’elle est la première à regarder avec des yeux ravis et un peu émus.

Quoi qu’il en soit, Mlle Koenig eut un jour cette idée qu’il serait intéressant de rassembler, dans un local unique, et d’en faire en quelque sorte une grande et pittoresque famille, des poupées provenant de toutes les provinces de France, et portant le costume de leur pays d’origine. C’était ouvrir un champ nouveau à l’étude des particularités de noire vie nationale intime ; c’était apporter une documentation originale à tous ceux qui aiment à s’initier aux mille détails de l’existence française, et qui savent quels trésors offrent à leur curiosité les mœurs et les coutumes de nos anciennes provinces.

Il eût été facile d’exécuter ce projet sur place, avec les ressources que recèlent nos bibliothèques. Mais Mlle Koenig voulait davantage. Il ne lui suffisait pas de montrer aux visiteurs de son musée une poupée habillée en poitevine, en normande, en béarnaise, en angevine, alors même que la ressemblance eût été absolue. Elle entendait que sa Poupée fût vraiment de sa province, de la tête aux pieds, dans ses ajustements, dans les moindres parties de son costume et de sa parure. A son avis — et elle avait raison — c’était là ce qui devait assurer à son œuvre un mérite indiscutable et la rendre digne de toutes les sympathies.

Elle se mit en campagne et commença par réunir une quarantaine de poupées de Bretagne, qui occupent une des places d’honneur au musée de la rue Gay-Lussac. Ce fut l’origine d’une collection qui n’a peut-être pas sa pareille au monde, et qui comprend, à l’heure actuelle, environ cinq cents personnages, hommes et femmes, sans oublier les marmots — car les poupées ont toujours beaucoup d’enfants.

Les visiteurs s’arrêtent longtemps, devant ces Bretons, venus de tous les points du pays de Brizeux. Il y a là des gens de Cornouailles et de Léon, de jolies filles du Scorff et d’autres dont on croit voir les pieds blancs, pendant au fil de l’eau, du haut du vieux pont Kerlo ; les hommes de Saint-Brieuc y coudoient les femmes de Fouesnant ; on distingue, un peu à l’écart, comme des gens pour qui la danse et le biniou n’ont plus autant de mérite qu’autrefois, des vieux et des vieilles qui ont l’air de se conter des choses mystérieuses et un peu terribles, ainsi qu’il s’en passe aux approches de la baie des Trépassés ; et celui-là, dans un coin, ressemble fort à un bon petit tailleur, de qui la langue et l’aiguille marchent de compagnie, et qui coud des braies neuves tout en affirmant qu’il ne fait point bon, à minuit, devers la pointe de Penmarch. Enfin, on aperçoit des Chouans authentiques, le scapulaire au cou, le cœur sanglant au revers de la veste, solides et farouches, attendant les Bleus et prêts à s’égailler au premier signal venu de n’importe où.

Ces Chouans sont authentiques, ai-je dit. C’est là ce qui rend précieux le musée des Poupées, tel que l’avait conçu Mlle Koenig, tel qu’elle est parvenue à l’établir. Une poupée qui ne serait pas vraie, qui ne constituerait pas un document sérieux, complet, ne vaudrait rien à ses yeux, et c’est sans la plus légère hésitation qu’elle l’expulserait de son Panthéon en miniature.

Les centaines de petits personnages de la rue Gay-Lussac n’ont pas été confectionnés et costumés à Paris, sauf en ce qui concerne les types parisiens, comme celui de cette amusante élève de l’école communale, que vous apercevrez s’en allant le nez au vent, la natte dans le dos, vive, alerte, comique, la mine éveillée, en gamine avisée, qui sait bien qu’elle ne marchera pas longtemps sur le trottoir sans être divertie par le spectacle d’une de ces mille petites comédies que la rue de la capitale offre perpétuellement aux passants. Cette poupée-là, saisissante d‘exactitude, et de bonne humeur, a été vêtue dans une école de Paris. Elle sort des mains de ses grandes soeurs, et c’est pourquoi elle conserve un air de famille auquel on ne saurait vraiment pas se tromper.

Il en a été de même partout. Mlle Koenig — que les obstacles et les difficultés ne faisaient qu’exciter, et qui ne reculait pas à l’idée de l’effarement que sa prétention de faire entrer les Poupées dans le domaine de la grave et solennelle pédagogie causerait au premier instant — Mlle Koenig, pourvue de Bretons exacts, résolut de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Ce n’est pas le lieu de raconter comment elle parvint, étant éloquente et persuasive, à amener ses chefs à accepter ses projets. Le fait certain, c’est qu’elle gagna la partie, allant jusqu’à obtenir asile dans le Musée Pédagogique pour l’intéressante population qu’elle traînait derrière elle.

Ces poupées, elles les demanda aux directrices des écoles primaires et des écoles normales, disant ce qu’elles devaient être et comment elle les voulait. Il les lui faut rigoureusement vraies. Souliers, bas, chapeaux, les petits bijoux et les fines dentelles, les menus accessoires de la toilette, les jupes et les jupons, la lingerie, les coiffes légères et les jolis fichus, tout a été fait dans le pays, avec des « matériaux » du pays. Et c’est ainsi qu’on n’est pas en face d’une simple apparence, d’un jouet ordinaire, mais d’une réalité précieuse, à laquelle il est possible d’accorder une attention justifiée par l’excessive probité de la confection.

Voici, par exemple, une admirable petite Fadette, arrivée tout droit de Châteauroux, et qui paraît fraîchement sortie du roman de George Sand. Vous pouvez vous pencher sur elle et l’étudier avec la sévérité du juge et du connaisseur. Rien ne manque à son ajustement, qui est un chef-d’œuvre de goût. Aussi ne me suis-je pas montré surpris de rencontrer là une jeune femme au crayon habile, s’emparant de cette chère Fadette, qui eût mis des larmes de joie aux yeux de la bonne dame de Nohan, pour en orner une artistique édition des œuvres champêtres de l’auteur de la Mare au Diable et des Maîtres sonneurs, édition qui se prépare en un pays voisin, ami de la France.

N’est-ce pas une récompense précieuse pour Mlle Koenig ? C’est à son jeune musée qu’on vient frapper, quand on veut présenter au public un personnage réel. On y songera de plus en plus, et elle aura cette satisfaction de voir apprécier à sa juste valeur une œuvre que certains considérèrent peut-être comme futile à l’origine, alors qu’elle était destinée à contribuer à l’instruction générale et à sauver de l’oubli le pittoresque d’une France qui devient chaque jour plus uniforme. Peut-être devrions-nous le regretter, mais il appartient à d’autres de discuter cette question.

Chacune des poupées de la rue Gay-Lussac est, en son genre, une petite Fadette. Même souci de la fidélité dans l’exécution, même minutie patiente dans le détail. Il arrive donc que, peu à peu, grâce aux concours rencontrés, provoqués par Mlle Koenig, se forme une histoire presque vivante de la France d’autrefois, de la France des provinces, de cette France que les chemins de fer entamèrent si vigoureusement, et qui disparaît à mesure que les progrès s’accumulent, rendant les communications plus intenses et coulant les citoyens dans un semblable moule. C’est le progrès !

Pouvait-il se rencontrer une initiative plus heureuse, plus méritoire, que celle qui consistait à empêcher l’oubli de se faire sur ce passé encore si récent et déjà si lointain ? Avant longtemps, que restera-t-il des coiffes normandes, des capulets du pays bigourdan, des bonnets angevins qui mettent une ombre délicieuse sur les yeux des filles des Ponts-de-Cé, et du coquet mouchoir des Bordelaises ? Tout s’en va. Tout tombe dans le néant ! Pourquoi ? Qui a pu faire croire à ces paysans, à ces charmantes enfants, que nos vestons ridicules, nos niais pantalons, nos absurdes chapeaux, nos confections féminines valaient mieux que ce qui faisait d’elles et d’eux des créatures ayant leur allure propre, leur originalité, leur beauté, autant de qualités qui en entraînaient d’autres et rendaient la vie provinciale moins banale ?

Mais à quoi bon formuler de vains regrets. Ce qui est fait est fait, et nous ne remonterons pas le courant. Sachons gré à Mlle Koenig d’avoir voulu nous rendre, au moins avec des Poupées, l’ensemble de ces chères petites patries, si actives, d’une intellectualité souvent si forte. Qu’elles subsistent dans la mémoire des érudits, dans le cabinet de travail de l’écrivain, c’est bien ! Mais il fallait les rappeler à la foule, les enseigner à l’enfance, les montrer à tous souriantes, coquettes, pimpantes, avec leurs atours particuliers, leur richesse de goût, le coloris du costume, et c’est ce qu’a fait la créatrice du musée des Poupées de la rue Gay-Lussac, à Paris.

Dès lors, comment ne pas comprendre la joie avec laquelle elle se transforme en guide, lorsque vous lui demandez de vous faire faire connaissance avec sa famille ? Car, je tiens à le répéter, c’est une famille que possède là Mlle Koenig. Elle en est fière. Elle la contemple avec une légitime satisfaction, partagée, d’ailleurs, par sa fidèle collaboratrice et amie, Mlle Duhamel, qu’elle se plaît à nommer gaiement « mon lieutenant », et qui possède aussi sa part de maternité en cette œuvre qu’on n’aborde pas sans l’admirer, l’aimer immédiatement.

Suivons-la donc ! Accompagnons-la dans ce voyage qui nous paraîtra trop bref, et tâchons de nous souvenir des explications qu’elle veut bien nous donner avec une modestie et bonne grâce parfaites. A tout seigneur, tout honneur ! Nous abordons une reine pour débuter ! C’est Marie-Antoinette, en grand costume d’hiver. Pourquoi Marie-Antoinette ? me direz-vous ? Et pourquoi l’abbesse d’Epinal, sainte Radegonde, Marguerite d’Alençon et quelques autres personnages historiques ? C’est qu’il y a une section que je nommerai volontiers de « reconstitution », dans ce musée de la rue Gay-Lussac, et qui est destinée à remplacer ce que les conditions locales ne permettent pas toujours de donner.

A Versailles, par exemple, la couleur pittoresque fait un peu défaut. Je crois qu’on chercherait vainement dans la ville et les environs des types spéciaux. Et, pourtant, là aussi on a voulu apporter un concours amical à Mlle Koenig, et comme on ne pouvait pas lui envoyer une Poupée versaillaise, on s’est inspiré du passé, on s’est retourné vers la demeure des rois de France, et l’on a fait choix de Marie-Antoinette, qui trône superbement, au milieu d’une large vitrine, entourée d’une véritable cour. Elle est superbe, mais vous remarquerez qu’elle n’intimide pas ses voisins, ces paysans et ces filles des champs qui, par un étrange retour des choses d’ici bas, sont peut-être plus regardés que la souveraine !

Et comme si le monde des Poupées se modelait sur le nôtre, voici qu’à deux pas de la reine nous apercevons un robuste ouvrier tanneur, occupé à sa besogne, et qui n’est autre que Félix Faure, l’ancien Président de la République ! Que la distance paraît courte du brave tanneur à la reine qui vécut à Versailles ! Et quel admirable thème pour les gens qui aiment à philosopher à propos de n’importe quoi !

C’est maintenant la Normandie, la belle et riche Normandie, pays des gras pâturages. Elle est représentée brillamment, dans ces Etats-Généraux des provinces de France ! Quels fichus et quels bonnets, rivalisant de richesse et d’ampleur. Oh ! vous pouvez vous pencher, regarder à la loupe ! Vous constaterez que les dentelles sont de vraies dentelles, qu’il ne manque rien à la reconstitution du costume, et que ces magnifiques Normandes de Coutances, d’Evreux, de Rouen sont semblables, sous tous les rapports, à leurs sœurs de là-bas.

Une fois encore je répéterai que le mérite supérieur de l’exposition permanente imaginée par Mlle Koenig consiste dans ce souci de l’exactitude qui donne un prix considérable à cet original petit musée national, ce qui lui vaudra la faveur des chercheurs curieux et des fureteurs patients. C’est une réflexion qui renaît à chaque pas, et que chacun fera à son tour. Quoi de plus charmant, à ce point de vue, que ces deux dentellières du Puy, si graves devant leurs fuseaux, vêtues de leurs atours des dimanches et très occupées à poursuivre une exquise dentelle que les visiteuses ne contemplent pas sans une envie bien naturelle.

 A deux pas, ce sont des femmes de Chaumont, de Troyes, de Vesoul, puis la formidable cohorte de la vieille Armorique, y compris une jeune mariée de Douarnenez, suivie de sa noce, sans oublier le joueur de biniou en l’absence duquel il n’y a jamais de bonne fête. Les Angevines ne sont pas éloignées, non plus que les Sablaises, avec leurs jupons courts et leurs sabots qui ne les empêchent point d’être élégantes et lestes.

aurore-198x300 dans MUSEES de FRANCELe Poitou est présent ; sa demoiselle de la Mothe-Sainte-Héraye, avec sa coiffure bizarre et son minuscule tablier, faisant vis-à-vis à une « jeunesse » de Niort, portant fièrement un châle à longues franges, est engageante au possible. Plus rébarbatifs sont les gens de la Lozère, dont nous avons ici un groupe imposant, augmenté d’une monture moins fine que robuste, mais il ne faut jamais juger sur la mine, et ces Lozériens ont de bonnes âmes. La preuve, c’est qu’ils sont chez Mlle Koenig, qui ne voudrait pas donner asile à de mauvais garçons. Ils dépareraient sa collection si charmante.

Ce n’est pas le reproche qu’on adressera à cette vieille Cévenole que vous apercevez, se rendant à la messe, avec son capuchon, . son manteau, de longues boucles à ses oreilles, et s’appuyant sur un extraordinaire parapluie, relique monumentale, ne s’ouvrant que dans le cas d’extrême urgence, et sous lequel s’abritèrent des générations successives. Elle a plaisir à vivre, cette bonne femme, sans montrer, néanmoins, autant d’exubérance que Lou Racho à son « retour du Mazet ».

Il est extraordinaire, ce jardinier nîmois, extraordinaire de vie et d’allure ; ce qui l’est davantage encore, ce que la gravure ne saurait rendre et qu’il faut examiner de près, c’est le soin inouï apporté dans la reconstitution de cet amusant personnage, affublé de ses divers outils, de sa pioche, d’une invraisemblable casquette, d’un gilet aux boutons ahurissants et d’une paire de souliers à clous énormes comme on ne saurait en inventer. Ce Racho est, à lui seul, une merveille entre cent autres, mais je lui comparerai, néanmoins, le ménage de Moulins, veillant sur l’enfant endormi dans son berceau, et qui n’est point en danger de s’échapper, tant il est solidement attaché, quoiqu’il paraisse encore bien jeune pour essayer de courir à travers la campagne.

Passons le Berry, le Dauphiné, ne donnons qu’un coup d’œil rapide aux pêcheuses d’Oléron, puis entrons dans les Landes et saluons au passage les résiniers et les bergers, ces derniers juchés sur leurs échasses ; le hasard nous ramène auprès des Auvergnats, des gens de la Creuse et de ceux de la Savoie, de la Corse et de l’Alsace, que ces rapprochements imprévus ne paraissent point choquer et qui font excellent ménage sous l’œil de leur protectrice. Nous nous trouvons bientôt dans les Pyrénées, et c’est l’apparition des bérets, des rouges capulets, des bonnets brodés des Catalanes, des sabots ouvragés des Bergers et des bergères de Bethmale, tout ce qu’on a pu voir à droite et à gauche, et qu’on est heureux de rencontrer, habilement rassemblé, leçon quasi vivante, que nul ensuite ne saurait oublier, et qui rattache le musée des Poupées à ce qu’il y a de meilleur dans l’art pédagogique. Faut-il ajouter que les belles filles d’Arles ne sont point oubliées, non plus qu’une foule d’autres desquelles les noms ne me reviennent pas.

Voici une belle dame toulousaine des environs de 1840, très fière d’une toilette qui avait bien son charme. Elle a pourtant de redoutables rivales dans deux Parisiennes, l’une de 1845 et l’autre de 1862, charmantes, exquises, et qui nous apprennent que les mamans de nos mamans étaient aussi jolies que leurs filles et petites filles, ce dont nous nous doutions un peu. De pareilles Poupées vous font rêver…

Notre chroniqueur rapporte qu’en quittant les Poupées de Mlle Koenig, et cependant que la salle était déserte, que le soleil baissant, le jour devenait plus discret, il y avait dans ce coquet musée comme une atmosphère de paix et d’intimité, avec une petite nuance de fantasmagorie, un atome de fantastique. Je me pris à penser, ajoute-t-il, à tout ce que les vieux conteurs ont dit de l’âme des Poupées, de la vie dont elles s’animent lorsqu’elles sont seules, des fêtes qu’elles se donnent entre elles et où elles font tant de bizarres petites manières, avec de si curieuses révérences. Et, une fois, il me vint à l’esprit que les vieux conteurs avaient peut-être raison, qu’ils savaient là-dessus plus de choses que nous, et qu’ils pouvaient fort bien avoir surpris ces étonnants secrets. Mlle Koenig, à qui je m’en ouvris, n’était pas éloignée de penser comme moi !… conclut-il.

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