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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Astronomie populaire

Posté par francesca7 le 20 février 2013

Astronomie populaire – par Arago

François Arago

GIDE et J. BAUDRY, Première édition, 1854 (Tome 1, pp. i-vi).

Paroles D’introduction prononcées le 15 mai 1841  ►

AVERTISSEMENT

DE L’AUTEUR

Astronomie populaire dans LITTERATURE FRANCAISE francois_arago

La mode des discours préliminaires est devenue tellement générale qu’il y aura de ma part une sorte de hardiesse à m’en affranchir, à commencer cet ouvrage, tout prosaïquement, par le commencement. Ma détermination est cependant très-facile à justifier : je ne crois pas devoir, au début, adopter une tonique qu’il me faudrait inévitablement laisser aussitôt que j’entrerai en matière. Je ne pense pas, d’ailleurs, que l’astronomie ait besoin de recourir a des ornements étrangers : la rigueur, la clarté des méthodes d’investigation dont elle fait usage, la magnificence et l’utilité des résultats, voilà ses vrais titres à l’attention des lecteurs éclairés. En semblable matière, des chiffres nets, précis, incontestables, seront plus saisissants que tout ce qu’il serait possible d’emprunter aux formes du langage.

Pourquoi, m’ont dit des amis à qui je faisais part de mon projet, ne pas présenter tout d’abord un aperçu historique des progrès de l’astronomie depuis les temps les plus reculés jusqu’à notre époque ? J’ai répondu : « Pour qui veut être clair et compris, cette idée n’est pas réalisable dans le préambule d’un traité d’astronomie. Comment parler de précession des équinoxes, de parallaxes, de perturbations, à des personnes qui sont censées ne pas connaître la véritable signification de ces expressions techniques ? L’histoire partielle de chaque question scientifique trouvera sa place à la suite des divers chapitres consacrés à l’exposition des magnifiques phénomènes de la voûte étoilée et à la démonstration des lois qui règlent le mouvement des corps répandus dans l’espace.

Les livres, depuis que les livres existent, se composent d’une préface, d’une table des matières et du corps de l’ouvrage. Dans la préface l’écrivain se fait pour ainsi dire connaître. Il expose les motifs qui l’ont dirigé, signale sa méthode, son but ; il énumère ses titres à la confiance. La table des matières renferme l’indication détaillée de toutes les questions que l’auteur a soulevées, abordées, discutées, des résultats auxquels il est arrivé. La préface et la table des matières doivent donc d’abord attirer et attirent en effet l’attention des lecteurs de tout ouvrage nouveau, excitent en première ligne la curiosité.

La préface de ce traité n’exige selon moi que quelques lignes. La table, au contraire, occupera une grande étendue ; mais aussi j’ai à faire passer successivement sous les yeux du lecteur, du moins par leur énoncé, les plus sublimes phénomènes du monde physique.

A part quelques additions rendues nécessaires par les progrès incessants de la science, l’ouvrage élémentaire que je donne aujourd’hui au public sous le titre d’Astronomie populaire, est la reproduction à peu près textuelle du Cours que j’ai fait à l’Observatoire pendant dix-huit années consécutives ; et comme je viens de dire qu’il est élémentaire, je dois expliquer le sens précis que j’attache à cette expression.

Il existe des traités dans lesquels leurs auteurs ont réuni tout ce que l’astronomie offre de plus simple, par exemple : notions sur le lever et le coucher des astres, sur l’inégale durée des jours solaires et leur influence sur les températures diverses qu’on éprouve dans différentes saisons, sur les éclipses de soleil et de lune, etc., etc. ; mais de telles notions sont loin de composer la science astronomique ; je me suis proposé d’embrasser, dans ma publication, la science tout entière ; mon livre sera complet, quant au but ; il ne sera élémentaire que par le choix des méthodes.

En publiant son élégant ouvrage sur les mondes, Fontenelle écrivait : « Je ne demande à mes lecteurs que la mesure d’intelligence qui est nécessaire pour comprendre le roman d’Astrée, et en apprécier toutes les beautés. » Je serai un peu plus exigeant, mais aussi je ne me bornerai pas, comme l’ancien secrétaire de l’Académie des sciences, à développer les théories plus ou moins plausibles qui ont trait à l’habitabilité des diverses planètes et de notre satellite ; j’aborderai les questions les plus délicates de la science. Pour atteindre ce but, j’aurai besoin de plusieurs définitions et théorèmes de géométrie, d’optique et de mécanique, dont l’énoncé, et même quelquefois la démonstration précéderont les développements de l’astronomie proprement dite. Ces théorèmes, très-simples, composent à vrai dire la géométrie, l’optique et la mécanique du sens commun. Je prie le lecteur de me pardonner l’aridité de ce début ; j’ose lui assurer qu’après qu’il se sera rendu maître de ces notions préliminaires, le reste de l’ouvrage ne lui offrira aucune difficulté. J’aurais pu, à toute rigueur, ne développer ces vérités que dans le cours du livre, au fur et à mesure des besoins, mais la marche que j’ai suivie me semble devoir être plus claire, et c’est pour cela que je l’ai adoptée. Au reste, des renvois à ces divers théorèmes ou définitions permettront à ceux qui le jugeraient préférable, de suivre cette dernière méthode.

On raconte que pour prémunir les voyageurs contre l’ennui et le découragement qui souvent s’emparent d’eux dans la traversée des déserts sablonneux et brûlants de l’Afrique, les chefs des caravanes ne manquent jamais de leur dépeindre à l’avance les merveilles, les délices de l’oasis. Ainsi n’ai-je pas cru devoir faire ; mais j’ai cherché à enlever aux considérations techniques, sans lesquelles la marche du lecteur n’aurait rien d’assuré, tout ce qu’elles peuvent présenter de trop ardu dans la forme, en m’attachant cependant à leur laisser la plus entière exactitude. D’ailleurs, les méthodes astronomiques, vues en elles-mêmes, indépendamment des résultats merveilleux qu’elles ont donnés, sont très-dignes d’intérêt, dût-on les considérer seulement comme un exercice destiné à familiariser l’esprit avec la rigueur des déductions, et à le dispenser de l’étude des règles empiriques de la logique.

Il est de prétendues sciences qui perdraient presque tout leur prestige si on y faisait pénétrer la lumière. L’astronomie n’a rien à redouter de pareil. Quelque clarté que l’on répande sur les méthodes et les démonstrations, on n’aura pas à craindre que personne s’écrie : Ce n’est que cela ! l’immensité des résultats préviendra toujours une semblable exclamation. Je rechercherai donc tous les moyens d’être compris. Copernic disait, en 1543, dans son livre Des Révolutions : « Je rendrai mon système plus clair que le soleil, du moins pour ceux qui ne sont pas étrangers aux mathématiques. » Quant à moi, je trouve la restriction superflue ; je crois à la possibilité d’établir avec une entière évidence la vérité des théories astronomiques modernes, sans recourir à d’autres connaissances que celles qu’on peut acquérir à l’aide d’une lecture attentive de quelques pages. Je maintiens qu’il est possible d’exposer utilement l’astronomie, sans l’amoindrir, j’ai presque dit sans la dégrader, de manière à rendre ses plus hautes conceptions accessibles aux personnes presque étrangères aux mathématiques.

L’Annuaire du Bureau des Longitudes renferme plusieurs chapitres de mon ouvrage, que je n’y ai d’ailleurs insérés qu’en prévenant le lecteur qu’ils étaient extraits de mon Traité d’Astronomie populaire ; je les ai repris en y apportant seulement quelques modifications et développements. Fontenelle, que je cite pour la seconde fois, ne disait-il pas, en parlant d’un auteur qui reproduisait en propres termes des pages tout entières de ses anciens écrits : « À quoi bon changer de tours et d’expressions, quand on ne change pas de pensées ? »

Je n’ai pas tardé à m’apercevoir que ma détermination de placer l’historique de chaque question après l’exposition des faits servant de base aux solutions que j’adopte, rendait inévitables un grand nombre de répétitions ; mais cet inconvénient ne m’a pas arrêté, car les répétitions, sagement combinées, sont en matière de science un très-bon moyen d’éclaircir ce qui, de prime abord, avait paru douteux ; et la clarté est, selon moi, la politesse de ceux qui, voulant enseigner, s’adressent au public.

Je me suis, de plus, attaché à faire connaître les vrais auteurs des découvertes astronomiques que j’avais à mentionner ; et j’ai toujours scrupuleusement indiqué les traités de mes prédécesseurs où j’ai puisé des modes d’exposition à l’aide desquels je pouvais donner une forme élémentaire aux théories qui semblaient jusque-là exiger l’emploi de calculs difficiles et minutieux.

Si les auteurs de quelques traités récents avaient procédé avec la même justice, je n’aurais pas à faire remarquer que plusieurs démonstrations qu’ils présentent comme leur appartenant avaient été déjà exposées dans mes cours, auxquels ils ont souvent assisté. Mais ce n’est pas ici le lieu d’examiner la question de savoir s’il leur était permis de s’approprier mes leçons ; j’ai voulu seulement, en écrivant ce paragraphe, mettre le lecteur en garde contre des ressemblances, qui me feraient peut-être considérer comme un simple emprunteur, tandis que mon rôle véritable a été celui de prêteur.

Les historiens et les archéologues, tous les membres enfin de l’Académie des inscriptions, ne manquent pas de signaler, de reconnaître le travail ou la bonne fortune de ceux de leurs confrères qui ont été chercher des faits intéressants dans un livre perdu, caché sous la poussière de nos bibliothèques. Il n’en est pas de même dans le domaine de la science. Les faiseurs de livres en ce genre (en anglais Bookmakers) trouvent tout naturel de prendre à leur compte les travaux et les découvertes d’autrui ; les choses en sont même arrivées à ce point que le savant qui n’a pas fait mystère du fruit de ses labeurs court le risque de passer pour un plagiaire, de se voir confondu avec tels écrivains, que je pourrais nommer, qui n’ont composé leurs ouvrages qu’à l’aide de leurs souvenirs et d’une paire de ciseaux. Loin, bien loin d’envier les profits matériels d’une pareille industrie, je la dénonce, et je déclare que ceux-là qui l’exercent n’ont pas le moindre droit au titre de savant, au titre même d’érudit.

Galilée, déjà aveugle depuis quelque temps, écrivait, en 1660, que se servir des yeux et de la main d’un autre, c’était presque comme jouer aux échecs les yeux bandés ou fermés. Pour moi, dans l’état de santé où je me trouve au moment où je dicte ces dernières lignes, ne voyant plus, n’ayant que quelques jours à vivre encore, je ne puis que confier à des mains amies, actives et dévouées, une œuvre dont il ne me sera pas donné de surveiller la publication.

Si vous souhaitez en connaitre un peu plus sur Arago ; alors lisez aussi ceci :

 

Extrait du tome 1 Astronomie populaire (Arago) En quatre tomes GIDE et J. BAUDRY, Première édition de 1854 à 1857.

180px-antonin_mercie_-_fracois_arago dans LITTERATURE FRANCAISEArago est né à Estagel (dans les Pyrénées-Orientales, alors le Roussillon), petite ville dont son père était le Maire, le 26 février 1786. Il est mort à l’Observatoire de Paris, le 2 octobre 1853.

Arago enfant fut sans doute conquis à l’astronomie par la visite à Estagel de Méchain. Ce dernier avait été chargé en 1792, avec Delambre, de mesurer la méridienne de France (à Méchain le sud, à Delambre le nord…!). En 1806, encore élève de l’École Polytechnique, Arago obtient de se voir confier avec Biot l’achèvement des travaux de ses deux illustres devanciers. Il est chargé d’achever la prolongation de la « méridienne » de France jusqu’aux îles Baléares. L’opération géodésique est suivie d’aventures périlleuses, qui le font passer pour mort: fait prisonnier par des pirates, il était détenu dans les prisons du Bey d’Alger… Mais l’opération était terminée. À son retour en France, en 1809, il est élu à l’Académie des Sciences. Il a 23 ans. Il en deviendra le Secrétaire perpétuel, le Président… Il s’installe à l’Observatoire de Paris où il vit désormais et dont il devient vite la figure marquante. Il y devient directeur des observations en 1834 et directeur délégué du bureau des longitudes en 1843. Arago peut être considéré comme le père de la vulgarisation scientifique moderne.

La carrière politique d’Arago commence en 1830. Élu et réélu député des Pyrénées-Orientales, puis de Paris, il restera parlementaire jusqu’au coup d’État de 1852. Il est membre du Conseil Général de la Seine, qu’il présidera deux fois, de 1830 à 1849. Ses convictions ardemment républicaines le poussent à participer à la Révolution de 1848 où il exerça d’ailleurs une action modératrice. Il est membre du Gouvernement provisoire, ministre de la Marine puis de la Guerre. C’est lui qui promulgue le décret abolissant l’esclavage aux Colonies. Il préside le Comité exécutif qui exerça le pouvoir du 9 mai 1848 jusqu’à la dissolution le 24 juin: à ce titre, il fut chef de l’État durant 46 jours…

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Hommage à Emile Zola

Posté par francesca7 le 20 février 2013

Emile Zola meurt asphyxié le
29 septembre 1902 : hommage lui est rendu

(Extrait de « Le Figaro » du 30 septembre 1902)

 

 Hommage à Emile Zola dans LITTERATURE FRANCAISE 180px-zola_1902b

Le 29 septembre 1902, la nouvelle se répandait : Zola est mort asphyxié et sa femme est mourante. La plupart de ses amis se rendent à l’hôtel de la rue de Bruxelles, à Paris, doutant encore que cette stupéfiante nouvelle fût vraie. Au milieu du XXe siècle, la thèse de l’assassinat sera avancée, commis par Henri Buronfosse, ramoneur, militant de la Ligue des patriotes, et qui aurait délibérément bouché la cheminée des Zola en raison de l’engagement de l’écrivain dans l’affaire Dreyfus. Au lendemain de son décès, le critique littéraire André Beaunier rend un vibrant hommage à son œuvre dans un article du Figaro.

Emile Zola est mort. Un accident absurde et par son absurdité même terrifiant, a tué cet homme robuste que n’avait dompté nulle souffrance. Avec une émotion poignante, c’est l’hommage des plus humble lettrés que j’apporte à la tragique mémoire de cet écrivain, l’hommage de quiconque est respectueux d’un immense effort d’art, entrepris énergiquement, continué sans relâche et sans défaillance jusqu’au dernier jour d’une laborieuse vie.

L’œuvre littéraire d’Emile Zola est admirée par les uns, détestée par les autres. Il fallait qu’il en fût ainsi. Aujourd’hui même qu’il est mort et que le drame de sa mort doit éveiller en toutes les âmes un pareil sentiment de déférence attristée, on ne saurait faire abstraction de l’hostilité que suscitèrent les hardiesses et l’intransigeance de son esthétique. Il voulait qu’il en fût ainsi. Il savait qu’une nouveauté dans l’Art, n’est jamais acceptée sans lutte, quand elle ne cherche pas à s’insinuer en douceur mais prétend s’imposer de vive force : elle provoque une résistance égale à son ardeur. Or, il avait cet orgueil et cette vaillance de ne consentir à nulle atténuation de son idée pour qu’on l’adoptât plus facilement.

Il fut un batailleur forcené, un impitoyable ennemi. Possédé par sa conception de l’Art, à elle tout entier, il ne s’inquiéta point du goût des autres qu’il contrariait ou blessait. Il est naturel que son œuvre ait soulevé de grandes haines. Lui-même haïssait. Mais sa haine n’était ni personnelle ni mesquine : elle résultait de sa foi complète et absolue dans la valeur de son idée. Avec un peu de scepticisme, il se fût montré plus conciliant et plus tolérant. Quelque grâce qu’on trouve à des littératures plus aimables, celle-ci, par sa brutalité courageuse, commande l’admiration de ceux même qui ne sauraient s’y plaire.

Réalisme, naturalisme, expérimentalisme, les mots n’importent pas. Mais ce qu’affirmait Zola dès sa première manifestation, c’est que l’Art procède directement de la nature. Il niait les poncif surannés qui s’interposent entre l’artiste et la réalité, et il niait aussi les idéologies vagues qui altèrent la réalité, qui surtout l’appauvrissent et la privent de sa substance.

zola_au_figaro-206x300 dans LITTERATURE FRANCAISELorsque Zola commença d’écrire et lorsqu’il conçut – avec quelle puissance cérébrale ! — l’œuvre qu’ensuite il lui fallut trente ans pour exécuter, toute la pensée occidentale subissait l’influence de la philosophie positive. Le mouvement d’idées qu’Auguste Comte avait produit se transformait en un superbe épanouissement scientifique. Alors, comme jamais, on crut à la Science, et par la Science on crut à la réalité. On attendit de la méthode expérimentale une authentique révélation du monde et, dans la hâte où l’on était d’une telle prise de possession de ce qui est par ce qui pense, on s’enivra de certitudes anticipées. Les métaphysiques ont survécu à ces espoirs ; le domaine de l’hypothèse est demeuré vaste et déconcertant. Mais une grande époque s’était déroulée pendant laquelle on avait eu la glorieuse illusion d’être en contact avec la Vie et d’en saisir le secret.

Témoin des progrès incessants de la Science positive, Zola mit toute sa confiance dans la méthode expérimentale qui autour de lui faisait merveilles. Tandis que les physiciens, les chimistes, les savants de toute espèce l’utilisaient pour leurs découvertes particulières, il la voulut appliquer, lui, aux si complexes phénomènes de la vie sociale. Les lois que les physiologistes formulaient — celle de l’hérédité, par exemple — il en aperçut l’efficacité dans le désordre apparent des faits sociaux. Ce qu’il vit illustrait les théories et celles-ci expliquaient ce que son observation constatait.

Et c’est pourquoi il entreprit cette œuvre colossale, qu’il rêva signifiante et démonstrative. Voici, en quelque sorte, un synthétique échantillon de la vie telle qu’on la dut concevoir aux plus beaux jours du positivisme scientifique. Zola, bon serviteur de la Science, lui a laissé ce monument de sa dévotion parfaite. Plus de quarante volumes, où la Vie se révèle en tous ses aspects, divers, contradictoires, étonnants. Et, dans ces quarante volumes, plus de douze cents personnages : chacun d’eux a son individualité marquée, son caractère, ses passions, ses frénésies, et chacun d’eux participe à la vie d’un groupe qui agit sur lui et sur lequel il agit, participe à la vie de collectivités plus amples et enfin participe à la vie totale des êtres et des choses, des animaux, des arbres et des pierres, dans l’unité de la substance.

Cette grandiose vision de la réalité fut celle de ce génial écrivain. C’est la Nature que son œuvre évoque, avec la somptuosité de son Tout, avec la misère de ses détails. « Il n’y a rien de vil dans la maison de Jupiter », — cette parole de Spinoza, il la faudrait inscrire en épigraphe sur le premier volume des « Rougon-Macquart ». Le panthéisme exclut l’idée du révoltant et du laid. La Maison de Jupiter, qui est l’Univers absolu, dans lequel le réel et le possible s’identifient, n’admet de hideurs ni de turpitudes et l’accidentel s’y résorbe dans la nécessité de ce qui est.

Aussi ne faut-il point envisager la crudité de ses peintures comme du cynisme indécent ! On l’a dit et il s’est dit lui-même réaliste. Il le fut, car il posséda le don suprême de voir la réalité, de l’aimer et d’en susciter de vives images. Mais il fut idéalisé plus encore. II ne lui suffit pas de reproduire la réalité telle quelle, il l’expliqua et il l’interpréta. Comme le savant tire des faits les lois de leur développement, il induisit des phénomènes sociaux qu’il observait leurs principes générateurs. Et ici sa féconde imagination s’est donné carrière, son imagination romantique et lyrique, ainsi qu’on l’a définie, son imagination prodigieuse qui complétait l’insuffisance des documents, parfois, et qui surtout élargissait jusqu’à l’énorme la réalité entrevue.

On a dit qu’il déformait la réalité, qu’il était donc un mauvais réaliste. Mille anecdotes courent sur la rapidité de ses enquêtes. Il ne conçut jamais la réalité toute seule, indépendante des idées que, suivant lui, elle contient, et c’est-à-dire, en somme, de ses idées à lui. En désespoir de cause, il déclarait que l’Art c’est la Nature telle qu’un tempérament la perçoit. S’efforça-t-il comme d’autres, comme Flaubert, comme le Tolstoï de jadis, d’être absent de son œuvre, de constituer son œuvre en dehors de lui ? Non, sans doute.

Son œuvre tout entière est pleine de sa pensée, pessimiste d’abord, et ensuite confiante dans la bonté définitive de la Vie. Le pessimisme des « Rougon-Macquart », jusqu’à l’Argent à peu près, est infini. Il résulte de la doctrine darwinienne : la lutte partout, la souffrance au tréfonds de tout, la mort condition de la vie. Etres et choses, tout être et toute chose, sont en conflit cruel avec le reste de ce qui est ; ils n’ont d’autre force pour la lutte que celle de leur instinct vivace et aveugle, et ne peuvent obéir qu’à cet instinct qui est leur essence même.

On a reproché à Zola de n’avoir vu que tristesse et que mal. Pareillement, de bons esprits en veulent à La Rochefoucauld de ne diagnostiquer, en l’âme humaine, que l’égoïsme. Il est vrai. Mais notre souriante bonhomie n’a-t-elle point de telles objections à faire aux romanciers embellisseurs qui, eux, négligent mal et tristesse et transforment la Nature en une trop agréable idylle ? Zola réintégrait l’homme dans la Nature, et la Nature apparaissait tragique et sanglante dans les hypothèses des savants. Il la vit ainsi, il vit l’homme ainsi, bête plus compliquée que les autres, mais de pareille complexion.

Oui, telle fut sa terrifiante vision de la Vie, jusqu’à ce qu’enfin son pessimisme tombât devant l’étendue même de la douleur universelle. Il prit une conscience plus juste de la Vie quand il cessa de la considérer en ses effets et la prit pour le seul absolu de ce qui est. Il y a la Vie qui s’éploie et se développe et se diversifie suivant ses lois, suivant ses volontés obscures et fécondes. Il ne faut pas la juger par rapport à autre chose qu’elle-même ; elle est à elle-même sa fin, sa raison d’être et son principe. Elle est la substance de tout. Elle est belle et elle est bonne. Alors, il écrivit l’évangile de la Vie.

130px-zola_leandreJe veux noter que cet optimisme vint à Emile Zola, dans le temps le plus douloureux, le plus cruel de son existence. Il avait essayé d’étendre au delà de l’œuvre littéraire ses idées et sa foi. Il souleva contre lui d’effrayantes hostilités qui ne sont pas encore apaisées. Un flot de haine le rejeta hors de son pays. Mais la souffrance personnelle ne modifia pas le dogme auquel sa pensée avait atteint : l’amour passionné de l’universelle Vie.

Voilà que disparaissent tous les grands écrivains d’hier. Qui les remplace parmi nous, hélas ! Flaubert, Daudet, Zola, ces trois amis, sont morts trop tôt pour les lettres françaises. Et la mort de chacun d’eux est bizarrement caractéristique de ce qu’ils furent. Flaubert est terrassé par l’opiniâtre labeur d’écrire ; Daudet succombe à ses nerfs fatigués de trop aigus frémissements, et la catastrophe où Zola périt a quelque chose de tragique et d’effrayant comme son œuvre.

Et c’est fini de ce visage que le génie tourmentait, de ce front « en forme de tour », de ces lèvres qui ne souriaient pas, de ces yeux attristés d’avoir trop longtemps vu la matière et ses jeux, de cette physionomie à la fois têtue et inquiète, de ces mains fortes et frissonnantes, de tout ce corps puissant, bâti pour la lutte.

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La Messe des Ombres d’Anatole France

Posté par francesca7 le 15 février 2013

L’Etui de Nacre – Anatole France

        La Messe des ombres

La Messe des Ombres d'Anatole France dans LITTERATURE FRANCAISE 180px-anatole_france_1921Anatole France (1844 – 1924), de son nom exact François-Anatole Thibault, écrivain français, lauréat du Prix Nobel de littérature.

Voici ce que le sacristain de l’église Sainte-Eulalie, à la Neuville-d’Aumont, m’a conté sous la treille du Cheval-Blanc, par une belle soirée d’été, en buvant une bouteille de vin vieux à la santé d’un mort très à son aise, qu’il avait le matin même porté en terre avec honneur, sous un drap semé de belles larmes d’argent.

— Feu mon pauvre père (c’est le sacristain qui parle) était de son vivant fossoyeur. Il avait l’esprit agréable, et c’était sans doute un effet de son état, car on a remarqué que les personnes qui travaillent dans les cimetières sont d’humeur joviale. La mort ne les effraie point : ils n’y pensent jamais. Moi qui vous parle, monsieur, j’entre dans un cimetière, la nuit, aussi tranquillement que sous la tonnelle du Cheval-Blanc. Et si, d’aventure, je rencontre un revenant, je ne m’en inquiète point, par cette considération qu’il peut bien aller à ses affaires comme je vais aux miennes. Je connais les habitudes des morts et leur caractère. Je sais à ce sujet des choses que les prêtres eux-mêmes ne savent pas. Et si je contais tout ce que j’ai vu, vous seriez étonné. Mais toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, et mon père, qui pourtant aimait à conter des histoires, n’a pas révélé la vingtième partie de ce qu’il savait. En revanche, il répétait souvent les mêmes récits, et il a bien narré cent fois, à ma connaissance, l’aventure de Catherine Fontaine.

Catherine Fontaine était une vieille demoiselle qu’il lui souvenait d’avoir vue quand il était enfant. Je ne serais point étonné qu’il y eût encore dans le pays jusqu’à trois vieillards qui se rappellent avoir ouï parler d’elle, car elle était très connue et de bon renom, quoique pauvre. Elle habitait, au coin de la rue aux Nonnes, la tourelle que vous pouvez voir encore et qui dépend d’un vieil hôtel à demi détruit qui regarde sur le jardin des Ursulines. Il y a sur cette tourelle des figures et des inscriptions a demi effacées. Le défunt curé de Sainte-Eulalie, M. Levasseur, assurait qu’il y est dit en latin que l’amour est plus fort que la mort. Ce qui s’entend, ajoutait-il, de l’amour divin.

Catherine Fontaine vivait seule dans ce petit logis. Elle était dentellière. Vous savez que les dentelles de nos pays étaient autrefois très renommées. On ne lui connaissait ni parents ni amis. On disait qu’à dix-huit ans elle avait aimé le jeune chevalier d’Aumont-Cléry, à qui elle avait été secrètement fiancée. Mais les gens de bien n’en voulaient rien croire et ils disaient que c’était un conte qui avait été imaginé parce que Catherine Fontaine avait plutôt l’air d’une dame que d’une ouvrière, qu’elle gardait sous ses cheveux blancs les restes d’une grande beauté, qu’elle avait l’air triste et qu’on lui voyait au doigt une de ces bagues sur lesquelles l’orfèvre a mis deux petites mains unies, et qu’on avait coutume, dans l’ancien temps, d’échanger pour les fiançailles. Vous saurez tout à l’heure ce qu’il en était.

Catherine Fontaine vivait saintement. Elle fréquentait les églises, et chaque matin, quelque temps qu’il fît, elle allait entendre la messe de six heures à Sainte-Eulalie.

Or, une nuit de décembre, tandis qu’elle était couchée dans sa chambrette, elle fut réveillée par le son des cloches ; ne doutant point qu’elles sonnassent la messe première, la pieuse fille s’habilla et descendit dans la rue, où la nuit était si sombre qu’on ne voyait point les maisons et que pas une lueur ne se montrait dans le ciel noir. Et il y avait un tel silence dans ces ténèbres que pas seulement un chien n’aboyait au loin et qu’on s’y sentait séparé de toute créature vivante. Mais Catherine Fontaine, qui connaissait chaque pierre où elle posait le pied et qui aurait pu aller à l’église les yeux fermés, atteignit sans peine l’angle de la rue des Nonnes et de la rue de la Paroisse, là où s’élève la maison de bois qui porte un arbre de Jessé, sculpté sur une poutre. Arrivée à cet endroit, elle vit que les portes de l’église étaient ouvertes et qu’il en sortait une grande clarté de cierges. Elle continua de marcher et, ayant franchi le porche, elle se trouva dans une assemblée nombreuse qui emplissait l’église. Mais elle ne reconnaissait aucun des assistants, et elle était surprise de voir tous ces gens vêtus de velours et de brocart, avec des plumes au chapeau et portant l’épée à la mode des anciens temps. Il y avait là des seigneurs qui tenaient de hautes cannes à pommes d’or et des dames avec une coiffe de dentelle attachée par un peigne en diadème. Des chevaliers de Saint-Louis donnaient la main à ces dames qui cachaient sous l’éventail un visage peint, dont on ne voyait que la tempe poudrée et une mouche au coin de l’œil ! Et tous, ils allaient se ranger à leur place sans aucun bruit, et l’on n’entendait, tandis qu’ils marchaient, ni le son des pas sur les dalles ni le frôlement des étoffes. Les bas-côtés s’emplissaient d’une foule de jeunes artisans, en veste brune, culotte de basin et bas bleus, qui tenaient par la taille des jeunes filles très jolies, roses, les yeux baissés. Et, près des bénitiers, des paysannes en jupe rouge, le corsage lacé, s’asseyaient par terre avec la tranquillité des animaux domestiques, tandis que des jeunes gars, debout derrière elles, ouvraient de gros yeux en tournant entre leurs doigts leur chapeau. Et tous ces visages silencieux semblaient éternisés dans la même pensée, douce et triste. Agenouillée à sa place coutumière, Catherine Fontaine vit le prêtre s’avancer vers l’autel, précédé de deux desservants. Elle ne reconnut ni le prêtre, ni les clercs. La messe commença. C’était une messe silencieuse, où l’on n’entendait point le son des lèvres qui remuaient, ni le tintement de la sonnette vainement agitée. Catherine Fontaine se sentait sous la vue et sous l’influence de son voisin mystérieux, et, l’ayant regardé sans presque tourner la tête, elle reconnut le jeune chevalier d’Aumont-Cléry, qui l’avait aimée et qui était mort depuis quarante-cinq ans. Elle le reconnut à un petit signe qu’il avait sous l’oreille gauche et surtout à l’ombre que ses longs cils noirs faisaient sur ses joues. Il était vêtu de l’habit de chasse, rouge, à galons d’or, qu’il portait le jour où, l’ayant rencontrée dans le bois de Saint-Léonard, il lui avait demandé à boire et pris un baiser. Il avait gardé sa jeunesse et sa bonne mine. Son sourire montrait encore des dents de jeune loup. Catherine lui dit tout bas :

— Monseigneur, qui fûtes mon ami et à qui je donnai jadis ce qu’une fille a de plus cher, Dieu vous ait en sa grâce ! Puisse-t-il m’inspirer enfin le regret du péché que j’ai commis avec vous ; car il est vrai qu’en cheveux blancs et près de mourir, je ne me repens pas encore de vous avoir aimé. Mais, ami défunt, mon beau seigneur, dites-moi qui sont ces gens à la mode du vieux temps qui entendent ici cette messe silencieuse.

Le chevalier d’Aumont-Cléry répondit d’une voix plus faible qu’un souffle et pourtant plus claire que le cristal :

— Catherine, ces hommes et ces femmes sont des âmes du purgatoire qui ont offensé Dieu en péchant comme nous par l’amour des créatures, mais qui ne sont point pour cela retranchées de Dieu, parce que leur péché fut, comme le nôtre, sans malice.

« Tandis que, séparés de ce qu’ils aimaient sur la terre, ils se purifient dans le feu lustral du purgatoire, ils souffrent les maux de l’absence, et cette souffrance est pour eux la plus cruelle. Ils sont si malheureux qu’un ange du ciel prend pitié de leur peine d’amour. Avec la permission de Dieu, il réunit chaque année, pendant une heure de nuit, l’ami à l’amie dans leur église paroissiale, où il leur est permis d’entendre la messe des ombres en se tenant par la main. Telle est la vérité. S’il m’est donné de te voir ici avant ta mort, Catherine, c’est une chose qui ne s’est pas accomplie sans la permission de Dieu.

Et Catherine Fontaine lui répondit :

— Je voudrais bien mourir pour redevenir belle comme aux jours, mon défunt seigneur, où je te donnais à boire dans la forêt.

Pendant qu’ils parlaient ainsi tout bas, un chanoine très vieux faisait la quête et présentait un grand plat de cuivre aux assistants qui y laissaient tomber tour à tour d’anciennes monnaies qui n’ont plus cours depuis longtemps : écus de six livres, florins, ducats et ducatons, jacobus, nobles à la rose, et les pièces tombaient en silence. Quand le plat de cuivre lui fut présenté, le chevalier mit un louis qui ne sonna pas plus que les autres pièces d’or ou d’argent.

Puis le vieux chanoine s’arrêta devant Catherine Fontaine, qui fouilla dans sa poche sans y trouver un liard. Alors, ne voulant refuser son offrande, elle détacha de son doigt l’anneau que le chevalier lui avait donné la veille de sa mort, et le jeta dans le bassin de cuivre. L’anneau d’or, en tombant, sonna comme un lourd battant de cloche et, au bruit retentissant qu’il fit, le chevalier, le chanoine, le célébrant, les clercs, les dames, les cavaliers, l’assistance entière s’évanouit ; les cierges s’éteignirent et Catherine Fontaine demeura seule dans les ténèbres.

Ayant achevé de la sorte son récit, le sacristain but un grand coup de vin, resta un moment songeur et puis reprit en ces termes :

— Je vous ai conté cette histoire telle que mon père me l’a contée maintes fois, et je crois qu’elle est véritable parce qu’elle est conforme à tout ce que j’ai observé des mœurs et des coutumes particulières aux trépassés. J’ai beaucoup pratiqué les morts depuis mon enfance et je sais que leur usage est de revenir à leurs amours.

C’est ainsi que les morts avaricieux errent, la nuit, près des trésors qu’ils ont cachés de leur vivant. Ils font bonne garde autour de leur or ; mais les soins qu’ils se donnent, loin de leur servir, tournent à leur dommage, et il n’est pas rare de découvrir de l’argent enfoui dans la terre en fouillant la place hantée par un fantôme. De même les maris défunts viennent tourmenter, la nuit, leurs femmes mariées en secondes noces, et j’en pourrais nommer plusieurs qui, morts, ont mieux gardé leurs épouses qu’ils n’avaient fait vivants.
Ceux-là sont blâmables, car, en bonne justice, les défunts ne devraient point faire les jaloux. Mais je vous rapporte ce que j’ai observé. C’est à quoi il faut prendre garde quand on épouse une veuve. D’ailleurs, l’histoire que je vous ai contée est prouvée dans la manière que voici :

Le matin, après cette nuit extraordinaire, Catherine Fontaine fut trouvée morte dans sa chambre. Et le suisse de Sainte-Eulalie trouva dans le plat de cuivre qui servait aux quêtes une bague d’or avec deux mains unies.

D’ailleurs, je ne suis pas homme à faire des contes pour rire. Si nous demandions une autre bouteille de vin !…

Extrait de L’Étui de nacre, Calmann-Lévy, 1899 (pp. 109-119).

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Promouvoir la Littérature

Posté par francesca7 le 8 février 2013

 

Promouvoir la Littérature dans LITTERATURE FRANCAISE 180px-carl_spitzweg_021-159x300Chanson de geste, romain courtois, poésie bourgeoise…. C’est au moyen âge que la littérature française a pris son essor pour évoquer les valeurs de l’époque : la bravoure, l’amour, la hardiesse, l’audace…. Mais c’est la littérature française du XVIIème siècle qui marquera les esprits avec les classiques de Pierre Corneille, Jean Racine, Molière, Jean De La Fontaine ou Blaise Pascal. Le XVIIIème siècle sera le Siècle des Lumières sous l’impulsion des textes de Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot ou Montesquieu. Le XIXème siècle a consacré le romantisme et le réalisme de François-René de Chateaubriand, Victor Hugo, Standhal, Gustave Flaubert ou Emile Zola. Depuis le début du XXème siècle, la littérature française se caractérise, tant pour les romans que pour les essais, par les crises historiques, politiques, morales ou artistiques. Vous trouverez sur Internet de nombreux sites consacrés à la littérature française. On peut les catégoriser par genre (philosophie, poésie, fiction, théâtre, jeunesse…) ou période (du XVIème siècle au XXIème siècle). Ces sites proposent des extraits, des biographies, des analyses, des citations, etc. A l’instar de Gallica Classique, le site officiel de la Bibliothèque Nationale de France qui met à disposition les textes des auteurs de référence de la littérature française, quelques sites permettent de lire des œuvres à l’écran ou de les télécharger gratuitement sous forme de livre électronique pour les retrouver sur un ebook, un téléphone mobile ou un ordinateur de poche. Il en est de même pour les œuvres les plus récentes, disponibles, quand à elles, en version payante chez certains libraires en ligne spécialisés.

Litterature Abebooks - 110 millions de livres proposés par plus de 12 500 librairies sont actuellement disponibles.
Littérature

Association Jacques Rivière et Alain-Fournier - L’Association a pour objectifs de promouvoir la connaissance des auteurs en France et l’étranger et de veiller sur le respect de leur oeuvre et sur leur mémoire.
Littérature: Auteurs: 20e siècle: Langue française: Alain-Fournier

Exigence littéraire: Louis Ferdinand Céline - Bibliographie, chronologie, étude des idées.
Littérature: Auteurs: 20e siècle: Langue française: Céline, Louis Ferdinand

 

Et bien d’autres encore à retrouver ici : http://www.litterature.com/

 

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Le patrimoine Littéraire

Posté par francesca7 le 8 février 2013

Le patrimoine Littéraire dans LITTERATURE FRANCAISE arcimboldo_librarian_stokholmLe sentiment que le livre est le moyen le plus sûr de transmettre un héritage remonte à des époques lointaines. Il s’est agi tout d’abord, pour les bibliothécaires de l’Antiquité et du Moyen Âge, de conserver les tex tes par tous les moyens, quitte à les transférer d’un support à l ’ autre, et à perdre la qualité de référence de l’original. C’est à l’époque moderne que se développe le souci de conserver le document dans sa forme originelle : le mot « conservateur » dans son acception actuelle apparaît à la Renaissance. La recherche des manuscrits les plus anciens et celle de l’Antique prépare la voie au développement des techniques auxiliaires de l’histoire. Au XVIIe siècle, un humaniste comme Peiresca une approche résolument moderne des livres, Gabriel Naudé publie ses « instructions » ; mais il faudra encore du temps pour que le champ de la restauration et celui de la restitution soient encore précisément délimités.

 L’ évolution de la notion de conservation des monuments typographiques et paléographiques est en cela comparable à celle de la restauration des monuments historiques. Charles Nodier rend hommage aux grands relieurs – restaurateurs de son temps, en qui il voyait les artisans d’une « ingénieuse palingénésie ». Des pastiches de reliure ancienne en vogue au XIXe siècle au souci actuel de respect archéologique du document, il y a une prise de conscience progressive, et jamais définitive, de la modestie et du nécessaire pragmatisme du rôle des conservateurs du patrimoine écrit et graphique.

 Témoins et victimes de la durée historique et de l’histoire des fonds auxquels ils ont successivement appartenu, les documents de bibliothèques sont des objets complexes dont la préservation et la restauration échappe à tout axiome général, comme à toute « recette » systématique ou définitive. En outre, et au contraire de la plupart des autres patrimoines dont elles constituent souvent des clefs d’accès, ces collections ont un caractère massif et sériel qui rend les choix particulièrement délicats.

 Désormais documents anciens comme modernes, y compris les nouveaux supports de l’information, sont justiciables de « traitement physique de masse », les productions récentes ne sont plus les seules à alimenter les catalogues collectifs et les fonds des XIXe et XXe siècles ont vu leur blason redoré par l’importance donnée dans le décret du 9 novembre 1988 à la notion plus large de fonds anciens, rares, ou précieux

 BARRE SEPARATION

Extrait de :  Protection et mise en valeur du patrimoine des bibliothèques de France par  Jean – Sébastien DUPUIT – Directeur du livre et de la lecture

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