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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Dames de pierre d’Oliferne

Posté par francesca7 le 28 avril 2013

Dames de pierre d’Oliferne (Jura)

(D’après « Traditions populaires comparées » paru en 1854)

Célèbres par leurs enchantements, les flancs de la verte montagne d’Oliferne, où s’élèvent les ruines solitaires de l’ancien château, retentiront toujours du son des cors, des voix humaines et des aboiements prolongés qui composent le concert magique où se plaît encore, dit-on, l’âme de l’ancien seigneur de cette terre qui s’illustra par un véritable bras de fer avec le roide France

Un garde forestier, témoin oculaire de ces prodiges, assurait il y a bien longtemps, tout ému qu’il en était encore, qu’attiré un beau matin par le bruit de la chasse, il était arrivé à une clairière de la forêt ; que là il avait trouvé rassemblés, sous les amples rameaux d’un chêne, une foule de grands seigneurs, de belles dames et de piqueurs, les uns mangeant sur le gazon, les autres gardant les chevaux ou distribuant la curée à de nombreux limiers ; que la joie la plus vive animait le banquet ; que, n’osant aborder une société aussi brillante, il s’était reculé ; qu’il avait pris, pour s’échapper, un oblique sentier dans le bois ; mais qu’enchanté d’un spectacle si nouveau pour lui, il avait retourné la tête, afin d’en jouir encore… Plus rien, tout avait disparu. Dans de vieilles chartes, le nom de ce château fut quelquefois écrit Holoferne, comme celui que portait un général persan des troupes de Nabuchodonosor et qu’a rendu illustre l’acte courageux d’une héroïne d’Israël, Judith. Holoferne signifiait le vaillant capitaine ; et tout ce que l’on raconte du courage indomptable du seigneur d’Oliferne est si prodigieux, qu’on serait tenté de croire à un secret rapport entre le chasseur sauvage de cette montagne et la signification du nom qu’elle a porté.

 Dames de pierre d’Oliferne dans Jura chateau-olliferne

Ruines du château d’Oliferne

 

Le même garde forestier nous a donné sur l’ancien seigneur de celte terre des renseignements biographiques dont l’authenticité n’est pas moins certaine. L’ancien seigneur d’Oliferne avait été un puissant personnage de son époque. A croire notre garde forestier, il aurait balancé le pouvoir du roi de France ; et, suivant lui, c’était beaucoup dire ; mais il était aussi haut que son manoir. Le narrateur entendait par ces paroles que le baron était aussi orgueilleux que son château était élevé au-dessus des deux grandes vallées de l’Ain qu’il dominait, l’Anchéronne et la Valouse. Car on disait que cette forteresse de son domaine était de celles qu’on ne peut prendre ni conquérir que par l’art de la nécromancie (Essai sur l’histoire de la Franche-Comté). « Ce présomptueux vassal, disait le roi, se moque de tout le monde et se croit au-dessus de nous : je veux le forcer de rentrer dans des sentiments de soumission plus convenables à la condition d’un simple feudataire. »

Le monarque le menace, en conséquence, d’une guerre, par un envoyé qui lui en porte la déclaration : « Dites à votre maître, répond le seigneur d’Oliferne, qu’on ne récolte pas assez de foin dans tout son royaume pour remplir les fossés de mon château. » Les fossés de la forteresse d’Oliferne sont, en effet, la profonde vallée de la rivière d’Ain, d’une part, et le bassin de la Valouse, contenant tout le canton d’Arinthod, de l’autre ; avec le ténébreux ravin de l’Anchéronne et celui de Vescles, qui rendent, en effet, inabordable la haute position d’Oliferne. Inattaquable à la force brutale, le fier baron resta vainqueur ; il eut ensuite à se défendre contre la ruse. On ne chercha plus qu’à saisir sa personne, et des émissaires apostés le guettèrent pour le surprendre dans le sommeil. Or, se doutant bien de l’espionnage, que fit le rusé seigneur ? Partout où il se retirait pour passer la nuit, il arrivait sur un cheval ferré à rebours, de manière à faire croire qu’il était parti de ce lieu dans la direction des empreintes des fers de sa monture sur le sol.

A la fin cependant, soit par le nombre, soit par une plus habile stratégie, soit par la trahison, le roi se rendit maître de la formidable forteresse. Le seigneur s’échappa sans doute ; mais ses trois filles, saisies dans leur refuge, payèrent de leur vie la résistance de leur père. Elles périrent par le supplice de Régulus : on les renferma dans un tonneau que l’on garnit d’une multitude innombrable de clous, dont les pointes étaient tournées contre elles, et on les lança dans la pente de la montagne. Le tonneau roula ainsi jusqu’au fond de la vallée, trajet d’une demi-lieue qui fut fait en moins de deux minutes ; la rivière d’Ain le reçut dans ses flots.

La pitié du peuple, qu’émut cette triste aventure, imagina dès lors une métamorphose pour en perpétuer le souvenir. On montre sur la rive opposée, en face d’Oliferne, trois pointes de rocher, d’inégales hauteurs, et ces aiguilles s’appellent les Trois Damettes. On donne le même nom à la forêt qui couvre la montagne. Au reste, toute cette historiette, dont la moitié nous reporte aux temps mythologiques, et l’autre moitié aux hostilités de la France contre le comté de Bourgogne, est une de ces compositions populaires où la chronologie est ordinairement fort maltraitée, et à travers lesquelles il ne faut pas chercher de la vraisemblance. Ce qu’il y a de plus apparent dans ces traditions, c’est que le chasseur d’Oliferne ressemble singulièrement au chasseur nocturne qu’on appelle, à Condes, le roi Hérode, traversant la vallée de l’Ain la veille du Jour des Rois.

Ainsi, les pics des Trois Damettes d’Oliferne garderont un éternel souvenir de leur catastrophe, dont la couleur est aussi danoise ou Scandinave qu’orientale, grecque ou romaine. Leur supplice n’est pas de l’invention des seuls Carthaginois : vous le trouvez dans la Suède et le Danemark, à une époque fort ancienne, à en juger par les recueils poétiques du Folk Visor, où l’on voit un jeune roi menacer la jeune Karine, si elle ne veut pas être tout à lui, de la faire mettre dans un tonneau armé de pointes de fer, et qui l’y fait périr en effet. « Alors deux blanches colombes descendent du ciel et prennent la petite Karine. On n’avait vu venir que deux colombes : en ce moment, on en voit trois », écrit Marmier dans ses Souvenirs de voyage.

Les âmes toutes filiales des dames d’Oliferne n’ont pu se décider à se rendre où vont toutes les âmes ; elles ont préféré se réfugier dans les trois aiguilles de pierres, poste élevé d’où elles peuvent, tout le jour, contempler à leur aise, le manoir paternel, et dont elles se détachent, au soir, pour se promener dans ce romantique séjour. Tantôt leurs mânes vont s’asseoir, pâles et silencieux, au champ-Dolent - nom tout à fait druidique indiquant partout où on le rencontre la proximité d’un monument gaulois -, sur le bec de Grimona, ou sur les trois pierres de Brandon - indice d’un dolmen -. bornes de leur ancienne châtellenie ; tantôt on les voit marcher d’un pas grave à travers les forêts jadis sacrées de Trépierre - autre indice d’une pierre levée – et de Chastain – Castum nemus. Une autre fois, on les entendra gémir parmi les chênes dodoniens du mont de la Colombe, ou pleurer dans les roseaux de l’étang de Saint-Colomb.

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la pierre de Pellot

Posté par francesca7 le 28 avril 2013

En Bourgogne

Les Roches des fées croqueuses d’âmes ; « la pierre de Pellot »

Ensuite nous nous arrêtons en ‘Burgondie’ pour y admirer plusieurs mégalithes des plus étonnants à la Roche en Brenil, à Montmilien et leurs environs où là il s’agit de pierres abritant des ‘fées croqueuses d’âmes’ (rien que ça !) et ayant pour noms le ‘siège Arthur’, ‘Poron Meurger’, ‘dolmen de Beuffnie’ et les ‘pierres Pelot’. Ce site mérite un arrêt particulier car il abrite une pierre branlante qui s’animait en chancelant au contact d’un coupable, et forcément un fauteuil du Diable près d’une roche plane à cupule évidement appelée ‘à sacrifices humains’ (tant qu’à faire peur autant le faire complètement). Cet endroit nous a particulièrement surpris par sa ressemblance étonnante, en un point, avec le site entre les deux Rennes, où nous situons l’emplacement d’où pouvait avoir été extrait la roche pour les encadrements du porche de l’église de Saunière ; marches taillées dans la roche, même espèce que cette dernière, etc… sans oublier la similitude entre les roches branlantes du lieu et celle citée par l’abbé Boudet. Le reste des ensembles de ces roches bourguignonnes nous rappellent à s’y méprendre les sous-bois et roches du Pilat près de la chapelle de Ste Magdeleine.

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Le navire des Morts

Posté par francesca7 le 29 mars 2013

Apparition du Navire des Morts
 

Un vaisseau fantôme est un navire maudit qui, selon une légende, est condamné à errer sur les océans, conduit par un équipage de squelettes et de fantômes, tel le légendaire Hollandais volant. Il peut aussi s’agir de l’apparition spectrale d’un navire disparu ou naufragé dans des circonstances particulièrement tragiques.

Par extension, en référence à ces légendes, on donne également le nom de vaisseaux fantômes aux épaves retrouvées en mer avec leur équipage mort ou disparu, parfois inexplicablement, dont le plus célèbre exemple est le brick Mary Celeste.

Plusieurs traditions sur ce thème ont longtemps perduré en Bretagne, qu’il s’agisse de la Lestr an Anaon, du Bag er Maru (barque des morts), du Bag noz (bateau de nuit) dont le capitaine est le premier (ou le dernier) mort de l’année, ou du navire immense qui circulait la nuit dans le golfe du Morbihan, condamné à errer jusqu’à la fin des temps avec à son bord les âmes des pires criminels. On retrouve pareillement un peu partout en Europe des histoires de gigantesques navires errants qui servent de paradis aux marins morts. Ce sont le Roth Ramback en Irlande, leMerry Dun en Angleterre, le Refanu dans le nord de l’Europe, le Chasse-Foudre et le Galipétant en France, ainsi que la Patte-Luzerne qui fréquentait surtout la côte méditerranéenne. Nul ne sait si ces légendes d’embarcations transportant des morts sont à l’origine du mythe des vaisseaux fantômes, mais l’association entre bateaux et défunts préexistait dans les esprits.

Le navire des Morts dans LEGENDES-SUPERSTITIONS mirages_marins

D’après une légende très accréditée en Normandie, un bruit sinistre se fait entendre pendant la nuit de la Toussaint, du 1er au 2 novembre, à la pointe de la jetée de Dieppe. Une tourmente se lève sur la mer, et du milieu des vagues le Navire des Morts paraît, ainsi appelé parce que sont à bord les trépassés de l’année. Se promenant longtemps sur les flots dans le silence et dans les ténèbres de la nuit, il s’y abîme ensuite aux sons d’un chœur chanté par les morts, sur l’air du Dies irae.

Le jour des Morts est pour les marins une grande solennité ; ce jour leur rappelle tous les naufrages de l’année : ils prient avec ferveur pour ceux qui reposent au fond des flots. Toutefois, parmi les victimes, il en est toujours un certain nombre que leurs parents ou leurs amis ont négligées, qui attendent des messes, des prières, et ont un compte à régler avec les vivants ; de là l’histoire qu’on vous raconte à Dieppe.

Presque chaque année, le jour des Morts, on voit apparaître au bout de la jetée un des navires qui ont péri depuis un an ; on le reconnaît : ce font ses voiles, ses cordages, sa mâture ; c’est bien lui. Le gardien du phare lui jette la drome, l’équipage du vaisseau la saisit, et l’attache à l’avant-pont, suivant l’usage ; alors le gardien de crier aux gens du port : « Accourez , accourez ! Veuves, voici vos maris ; orphelins, voici vos pères ! » Et les femmes accourent, suivies de leurs enfants ; tous s’attellent à la drome et halent le bateau. Bientôt il est dans le bassin, près du quai ; chacun reconnaît ceux qui sont à bord. « Bonjour, mon homme ; bonjour, mon père ; bonjour, Pierre, Nicolas, Grégoire ; » l’équipage ne répond pas. « Allons, amenez vos voiles » ; les voiles restent tendues. « Venez donc, que nous vous embrassions. » A ces mots on entend sonner la messe, et aussitôt les voiles, le bateau, l’équipage, tout disparaît ; les femmes et les enfants des naufragés s’en vont à l’église en pleurant. « Payez vos dettes », murmure autour d’eux la foule des spectateurs.

Cette légende est quelquefois contée d’une autre manière. Les Polletais disent que le jour des Morts, à la nuit tombante, il arrive parfois qu’on voit s’approcher du bout de la jetée du Pollet un bateau que l’on prendrait pour un bateau du port. Le maître haleur, trompé par l’apparence, s’apprête à jeter la drome ; mais, lorsqu’il étend les bras, la figure du bateau s’évanouit, et l’on entend par les airs des voix plaintives : ce sont celles des hommes du Pollet qui, dans le cours de l’année, sont morts à la mer, loin des yeux de leurs parents, et sans sépulture.

Un marin qui oublie les vœux et les promesses qu’il fait aux saints pendant la tempête, ne trouve jamais dans l’autre monde ni trêve ni repos. Si vous en doutez , sachez ce qu’il advint, il y a quelques siècles, au bedeau de Notre-Dame-des-Grèves, l’église du Pollet. Le lendemain d’une grande tempête, vers minuit, le bedeau entend sonner la messe ; il saute à bas du lit, se frotte les yeux, prête l’oreille ; c’est bien la cloche de l’église. « Est-il déjà jour ? » Il ouvre sa lucarne ; la lune, cachée derrière les nuages, répandait une faible clarté. « Le soleil va se lever, dit-il ; j’ai donc bien sommeillé ? » Et le voilà qui endosse sa casaque et descend à l’église. La porte est ouverte ; un prêtre est au pied de l’autel. « Sers-moi la messe », lui dit le prêtre ; et le pauvre bedeau prend les burettes en tremblant.

Mais quand vient le moment du sacrifice, quand le prêtre va pour porter le calice à ses lèvres, il pousse un cri, sa chasuble tombe ; il n’est plus qu’un squelette. « Maître Pierre, dit-il au bedeau, mon pauvre Pierre, tu ne reconnais pas Reynaud, dont le bateau a péri le lundi de Pâques sur la roche d’Ailly ? J’avais fais vœu d’une messe à Notre-Dame, et j’ai oublié mon vœu. Je voudrais, pour m’acquitter, la dire moi-même, cette messe ! mais quand je vais pour communier, tout l’enfer passe par ma gorge ; je brûle, maître Pierre ! Dites à mon fils de ne pas oublier les messes qu’il aura promises à Notre-Dame. » Selon d’autres récits, le squelette n’est pas celui d’un maître de bateau, mais bien celui d’un prêtre. Dans ce cas, la légende est une leçon populaire donnée au clergé lui-même.

Au contraire, quand le bateau a été bien baptisé, qu’il a de bons parrains, que tous les matelots ont fait leurs Pâques ; quand ils ont à bord de l’eau bénite et des crucifix, alors survienne un orage, vous voyez au fort de la tempête l’équipage se doubler tout à coup. Vous étiez six matelots, vous voilà douze : chacun a son sosie qui travaille à côté de lui. Aussi comme la manœuvre est rapide ! comme le vaisseau triomphe du vent et de la vague ! c’est le saint son patron et quelques saints ses amis qui sont descendus pour le sauver.

En 1848, Mme de Saint-George présente au concours de l’Académie des Jeux Floraux une ballade intitulée Le Navire des Morts se rapportant à la légende de Dieppe pendant la nuit de Toussaint. Erigée en Académie en 1694, Louis XIV en ayant édicté les statuts, l’Académie des Jeux Floraux est considérée comme la plus ancienne société savante d’Europe, connue dès le XVIe siècle sous le nom de Compagnie des Jeux Floraux, nouvelle dénomination du Consistoire du Gai Savoir créé en 1323 par plusieurs poètes et concours littéraire en langue d’oc récompensant chaque année un troubadour d’une violette dorée à l’or fin, dont la première édition eut lieu le 3 mai 1324.

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Légende de Bourgogne

Posté par francesca7 le 29 mars 2013

 

Des  histoires de mon village   

Le Morvan, sa forêt, sa faune sauvage, quel dur pays autrefois. Anciens prédateurs des loups, les lynx ont disparu. Les Loups également.

 Autrefois, les meutes hantaient la région. Ces petits groupes de cinq à huit marchaient à la queue leu leu, ne laissant qu’une trace. Sur les toits, la « tuile à loups » accrochée à la crête, sifflait avec le vent froid du Nord, annonçant bien souvent l’arrivée de ces animaux refoulés. Dans la maison étaient accrochées la « fourche aux loups » très meurtrière et la « rhombe » que l’on faisait tourner au bout d’une ficelle et qui émettait un bruit effrayant les loups.

 Dans sa demeure de Précy sous Thil (mon village), le père Boyard, moustache pendante, évoque sa journée de travail au bas fourneau. On extrait le minerai de fer puis, sans le laver, on le fond sur place dans de vastes fours de 1,5 à 2 mètres de haut. Quand le bois pour la chauffe ou le minerai pour la fonte s’éloignent du centre d’activité, on reconstruit une nouvelle installation plus loin. Les journées sont longues. On se repaît sur place. Justement, ce jour même, Jacob, grand ami d’Hyppolyte, s’est distingué par son féroce appétit. Un vrai Gargantua !

Voici l’histoire qu’il raconta 

Légende de Bourgogne dans Côte d'Or beuffenie-31-300x202 « Ah ah ah ! reprend le père, si jamais il devient grand comme Gargantua, notre Jacob ! … Tien, vous savez les enjambées qu’il faisait Gargentua ? Eh bien, d’un coup il allait du mont Dieu au mont Ligault. D’ailleurs, pour tout vous dire, le mont Dieu et le « Ligault » ne sont jamais que des mottes de terre tombées de ses bottes, tout comme le « Mouron ». Sans lui mes fils, vous seriez dans une plaine sans fin.

Une autre fis, Gargantua se reposé là-bas derrière. Il s’endormit la bouche ouverte et commença à ronfler. Le ciel s’assombrit. Les premiers éclairs zèbrent l’espace. Sur le coteau, un berger rassemble en hâte son troupeau. Les nuages de plus en plus épais noircissent encore la nuit. Les premières gouttes piquent l’herbe sèche. Vite, vite, un abri ! Là, une caverne ! Allez « le chien » aide-moi. Allez « mes moutons », rentrez vite vous protéger. Et il frappe le sol de sa houlette pour rythmer ses paroles. Hélas, cent fois hélas, cette grotte n’est autre que la bouche grande ouverte de notre géant. Enervé par tous ces picotements, d’un hoquet agacé, il avale brusquement tout à la fois bêtes et hommes.

A son réveil, un peu pâteux, Gargantua assoiffé fait quelques pas hésitants. S’étirant, il s’approche de la Brème, et d’une gorgée, assèche la pauvre petite rivière. Réveillé, il doit faire face à des besoins bien naturels. Et ainsi, ses spectaculaires évacuations nous créent l’étang de la Vénarde et… la Seine ! Ragaillardi, il refait deux ou trois pas. Tout va mieux à présent, ou presque, car au cinquième, la fatigue de la nuit se faisant sentir, croisant du regard une belle pierre carrée, la Pierre-Champeu, apte à former un siège idéal, il s’assoit et se repose quelques instants, ne manquant pas de laisser l’empreinte de son fessier dans la roche.

Parfois, lors de ses passages dans la région, Gargantua fait halte au moulin Cassin, près de Dompierre en Morvan. Il grignote rapidement la soupe de douze hommes et vingt livres de pain. »

Vraiment, le père Hippolyte connaît tout de Gargantua, et ce soir, devant l’âtre rougeoyant, il n’en finit pas de raconter anecdotes sur anecdotes tout en dégustant lentement sa vieille « Fine de Bourgogne« .

En son époque, la Germaine, mère du père Boyard fut une nourrice si appréciée du Morvan qu’elle finit par connaître la capitale. Quand elle fut à même d’allaiter, elle alla à Paris comme beaucoup d’autres pauvres femmes passer quelque mois pour vendre son lait aux riches bourgeois. Elles devinrent célèbres les nourrices du Morvan. Certaines accueillaient des enfants de l’assistance dans leur ferme. En 1880, 1 500 enfants surnommés les Petits Paris furent recasés en Morvan. Ah ! elle vécu à la dure notre Germaine, et sa fille ne lui ressemble guère, la blonde Jeannette.

la-dame-blanche-de-thil1-300x154 dans LEGENDES-SUPERSTITIONS Cette jeune fille, la Jeannette, gaie et jolie, qui aime danser et le fait bien. Pour la Fête Dieu, elle a déjà gagné deux fois le fromage blanc traditionnel offert par la municipalité à la meilleure danseuse. Ensuite, la lauréate offre son présent qui baigne dans de la délicieuse crème fraîche et un des pauvres du village de son choix. Quelle fierté pour Jeannette. Par contre, le jour de Carnaval, elle n’est pas plus fière que les autres filles du bourg. C’est le jour où la Beuffenie, vieille et laide fée légendaire, vient chercher son Epathie, écheveau de fil préparé par toutes les fileuses. Et gare à celles qui ne filent pas ! La Beuffenie les emporte pour toujours avec elle.

 Tout la région connaît la Beuffenie (ou Boefnie). Elle préside le sabbat, dit-on. Dans le ravin de la Gallafre, on entend le bruit de ses fêtes. Si vous osez vous y aventurer, vous y trouverez de bien étranges pierres sculptées qui ne sont autres que… son siège, sa marmite, son lit… etc. qu’elle changea en roches le jour de son départ. Mais prenez garde de ne pas vous faire prendre par la nuit sans avoir dans votre sac un peu de pain et de sel pour vous protéger des maléfices, faute de quoi, on ne vous reverra jamais.

Publié dans Côte d'Or, LEGENDES-SUPERSTITIONS | 3 Commentaires »

L’histoire des sorcières de Mâlain

Posté par francesca7 le 29 mars 2013

 

La fête des sorcières de mâlain.. (Côte d’Or 21)

L’histoire raconte:

L'histoire des sorcières de Mâlain dans Côte d'Or sorcieresLoin des fables ancestrales, si Mâlain fête de nos jours ses sorcières, c’est qu’en 1644 le procès que firent les villageois à quelques femmes et hommes, est de triste mémoire.

A Mâlain, tout commence déjà par une légende qu’on évoque depuis la nuit des temps.

Cérès, déesse antique de la fertilité, cherchait désespérément sa fille disparue depuis des lunes et des lunes. Au hasard de ses pérégrinations, son chemin croisa celui d’Aloîs, un enfant du pays à la grâce et au charme troublant.

Celui-ci, connaissant la région comme personne, entraîna Cérès jusqu’à l’entrée d’une cavité située sous la colline de Mâlain.

« Voici l’entrée de l’enfer, où Pluton a enfermé ta fille » avoua-t-il à Cérès.

Voilà ce que la mémoire populaire retint de cette légende païenne: L’antre du démon était situé sous la colline de Mâlain, là ou se trouve le château à présent.

De nos jours encore on nomme cette cavité » le trou de diable ».

Mais au Moyen-Âge, curieusement, cette légende ne semble pas effrayer les bergers qui font de cette cavité une bergerie aménagée. L’année 1640 est particulièrement ardue pour les habitants de Mâlain. Pluies, gelées, et grêles viennent à bout des potagers, vergers et donc des fruits et légumes des paysans. La disette menace et en ces temps obscurs, il est facile d’attribuer cette malchance météorologique à des preuves d’existence du diable et de ses condisciples. On cherche alors des coupables et on s’en prend à quelques femmes et hommes sous des prétextes fallacieux.

Comme souvent à cette époque, les villageois décident de faire justice eux-mêmes. En fait de justice , il s’agirait plutôt d’une pantomime parodiant celle-ci. On garrotte les supposés sorcières et sorciers, on les emmène au bord de l’ouche à hauteur de Pont-de-Pany. Les pouces attachés aux gros doigts de pieds, ils sont jetés à l’eau.

Ceux qui s’enfoncèrent dans l’eau furent reconnus innocents mais décédèrent dans d’atroces souffrances. Ceux qui surnagèrent, malgré les coups de fourche, furent jugés coupables. Ultime ignorance, une femme qui plaignit chrétiennement le supplice de ces pauvres gens fut lapidée par la foule et, dit-on, enterrée sous une pierre. La justice des lieux jugea une dizaine de ces pauvres gens. Et ceux qui réussirent à surnager furent condamnés a être pendus puis leurs corps brûlés. Peine heureusement levée par le Tribunal de Dijon qui gracia ces pauvres hères. Mais le mal était fait et la suspicion demeura envers ces personnes pendants de longues décennies, et leur descendants eurent toutes les peines du monde à s’intégrer.

Voilà pourquoi de nos jours on peut assister une fois tous les deux ans à la fête des sorcières à Mâlain. Les villageois expient ainsi leur fautes en fêtant celles qui furent jugées coupables il y a fort longtemps.

 C’est ainsi que tous les deux ans nous fêtons ensemble ce festival!!!

Mâlain, ce petit village situé en Bourgogne, est depuis fort longtemps le théâtre d’étranges histoires. Dès le moyen-âge, en 1640 exactement, il est le témoin de plusieurs procès en sorcellerie lors desquels, les accusateurs capturaient de prétendu sorcier, leur attachaient les pouces avec les orteils et les jetaient ensuite dans la rivière.

Comme on peut le deviner la plupart des accusés coulaient à pic, lorsque c’était le cas les juges affirmaient alors que ces pauvres gens ne possédaient en réalité aucun pouvoir surnaturel et les déclaraient innocents. Mais il arrivait aussi parfois que certains des prisonniers parvenaient à remonter à la surface, pour les habitants il n’y avait alors plus de doute possible, ils étaient sûrs que ces êtres étaient la source de tous leurs malheurs et les forçaient à couler à coup de fourche.

Ainsi leur famille et leurs descendants, considérez comme infâmes par les villageois, subirent ensuite et jusqu’à il y a peu temps encore, de lourdes persécutions. D’ailleurs il existe encore aujourd’hui dans ce village des familles dont on dit que les membres sont les descendants de ces sorciers.

Même si cette histoire est des plus sinistres il n’en est rien comparée à la légende de ville qui prétend qu’autrefois vivait dans ce village, une jeune et jolie jeune fille blonde prénommée Mâlain, qui était aimée de tous les habitants. Malheureusement ceux-ci n’ont pu rien faire et restèrent stupéfaits lorsqu’un jour un homme noir vint l’enlevé et l’emmena avec lui dans l’antre des enfers. Bizarrement on trouve encore aujourd’hui, situé en contrebas du château de la ville, une grotte que les villageois de l’époque prétendaient qu’elle était l’accès direct aux enfers et qui fut ensuite appelée le trou du diable.

Mais le plus étonnant dans l’histoire de ce village est qu’il était habité, il y a peu de temps encore par 666 habitants. Et comme chacun le sait, 666 est considéré comme le nombre du Diable. Enfin c’est ce qui est dit dans la Bible, plus précisément dans le chapitre 13, verset 18, du livre de l’Apocalypse. 666 y est décrit comme le nombre représentant l’imperfection totale ou le mal absolu, mais il serait également l’incarnation d’un homme ayant vraiment existé, mais dont on ne connait pas réellement l’identité.

Certains ont proposé Néron, ce cruel empereur romain tristement célèbre pour ces persécutions envers les chrétiens. Il paraitrait, selon une science ésotérique qui consiste à associer des lettres avec des chiffres, que l’on obtiendrait pour le nom de Néron le chiffre 666. D’autres prétendent que l’addition des lettres de Lucifer donnerait également 666.

Il n’en fallait pas plus pour que certaines personnes y voient la preuve indiscutable du lien qui existerait entre ce nombre et le Diable lui-même. Le diable, cet ange déchu et maître des enfers qui possède beaucoup de noms différents y compris celui de Malin.

Malin, Mâlain, la ressemblance de ces deux noms est-elle une simple coïncidence ou un avertissement ? La ville de Mâlain serait-elle réellement la porte qui mène aux enfers ? Actuellement personne ne peut le dire, même pas les habitants de ce petit village. Chacun est donc libre de pouvoir se forger sa propre opinion.

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Morvan, un pays de légendes et traditions

Posté par francesca7 le 21 mars 2013

 

Histoire de la famille BOYARD.

Le Morvan, sa forêt, sa faune sauvage, quel dur pays autrefois. Anciens prédateurs des loups, les lynx ont disparu. Les loups également ; autrefois, les meutes hantaient la région. Ces petits groupes de cinq à huit marchaient à la queue leu leu, ne laissant qu’une trace. Sur le toit, le « tuile à loups » accrochée à la crête, sifflait avec le vent froid du Nord, annonçant bien souvent l’arrivée de ces animaux redoutés. Dans la maison étaient accrochées le « fourche aux loups » très meurtrière et la « rhombe » que l’on faisait tourner au bout d’une ficelle et qui émettait un bruit effrayant les loups.

 

 Dans sa demeure de Précy sous Thil , le père Boyard, moustache pendante, évoque sa journée de travail au bas fourneau. On extrait le minerai de fer puis, sans le laver, on le fond sur place dans de vastes fours de 1,5 à 2 mètres de haut. Quand le bois pour la chauffe ou le minerai pour la fonte s’éloignent du centre d’activité, on reconstruit une nouvelle installation plus loin. Les journées sont longues. On se repaît sur place. Justement, ce jour même, Jacob, grand ami d’Hippolyte, s’est distingué par son féroce appétit. Un vrai Gargantua !

«  ah ah ah  reprend le père, si jamais il devient grand comme Gargantua notre Jacob !….

Tiens, vous savez les enjambées qu’il faisant Gargantua ? Eh bien, d’un coup il allait du mont Dieu au mont Ligault. D’ailleurs, pour tout vous dire, le mont Dieu et le « Ligault » ne sont jamais que des mottes de terre tombées de ses bottes, tout comme  le « Mouron », sans lui mes fils, vous seriez dans une plaine sans fin.

Une autre fois, Garguantua se reposa là-bas derrière. Il s’endormit la bouche ouverte et commença à ronfler. Le ciel s’assombrit. Les premiers éclairs zèbrent l’espace. Sur le coteau, un berger rassemble en hâte son troupeau. Les nuages de plus en plus épais noircissent encore la nuit ; les premières gouttes piquent l’herbe sèche. Vite, vite, un abri ! Là, une caverne ! Allez « le chine », aide-moi. Allez « mes moutons », rentrez vite vous protéger. Et il frappe le sol de sa houlette pour rythmer ses paroles. Hélas, cent fois hélas, cette grotte n’est autre que la bouche grande ouverte de notre géant. Enervé par tous ces picotements, des hoquets agacés, il avale brusquement tout à la fois, bêtes et hommes.

A son réveil, un peu pâteux, Gargantua assoiffé fait quelques pas hésitants. D’étirant, il s’approche de la Brème, et d’une gorgées, assèche la pauvre petite rivière. Réveillé, il doit faire face à des besoins bien naturels. Et ainsi, ses spectaculaires évacuations nous créent l’étang de la Vénarde et… la Seine ! Ragaillardi, il refait deux ou trois pas. Tout va mieux à présent, ou presque, car au cinquième la fatigue de la nuit se faisant sentir, croisant du regard une belle pierre carrée, la Pierre-Champeu, apte à former un siège idéal, il s’assoit et se repose quelques instants, ne manquant pas de laisser l’empreinte de son fessier dans la roche.  

 Parfois, lors de ses passages dans la région, Gargantua fait halte au moulin Cassin près de Dompierre en Morvan. Il grignote rapidement la soupe de douze hommes et vingt livres de pain ».

 Vraiment, le père Hippolyte connaît tout de Gargantua, et ce soir, devant l’âtre rougeoyant, il n’en finit pas de raconter anecdotes sur anecdotes tout en dégustant lentement sa vieille « Fine de Bourgogne ». On regarnit le feu. Les flammes se réveillent. Demain, Antoine, un fils Boyard, le plus jeune, va partir pour accompagner le bois jusqu’à Paris. Quelle chance il a l’Antoine de voir Paris ! La cathédrale, l’Ile de la Cité ! Mais quel métier aussi.

 L’Antoine fait partie des 2 600 voituriers d’eau (les convoyeurs) qui guident les bûches sur la Seine et sur l’Yonne en mars et avril.

Morvan, un pays de légendes et traditions dans LEGENDES-SUPERSTITIONS coupeur-de-bois-11

 

Enfant, il aimait grimper aux arbres ou marcher sur le faîte des murs. Aussi, quand vint l’heure de son indépendance, il quitta chaque année sa famille au printemps pour se tourner tout naturellement vers cette dure profession. Les barrages peinent à maintenir de leurs muscles de béton leurs réserves de mètres cubes d’eau pleines à craquer ; comme à chaque voyage, la mère s’inquiète. De plus, l’Antoine garde une réputation de traînard, jamais accroché au rythme astreignant des heures. Et traîner dans la région, quel risque énorme de rencontrer du côté de Nan sous Thil, le « Chien Barrai ». Une seule solution, fuir sans se retourner ou l’horrible bête féroce noire et blanche se jette sur le voyageur et le dévore.

 Alors, tous comptes faits, autant savoir son fils occupé à guider les bûches.

 Toujours inquiète la mère, la Germaine Boyard. Un soir un moineau se trouva enfermé dans l’église et voletait en quête de sortie, butant en tintant contre les vitraux. Quelle peur ! Elle crut bien entendre le père Loritot officier. Je vous explique :

 Le père Loritot est mort depuis plusieurs mois. Prêtre courageux, il travaillait sans relâche, mais ne réussit pas à terminer toutes les messes qu’il avait à dire avant d partir pour le Ciel. Aussi, dans les saisons qui suivirent, on entendit son âme revenir à la nuit tombée terminer son ouvrage. On entendit tourner les pages du grand livre de messe et chaque matin suivant, on constatait la disparition d’hosties. Plus jeune, Germaine fut une des nourrices si appréciées du Morvan. Elle aussi connaît la capitale. Quand elle fut à même d’allaiter, elle alla à Paris comme beaucoup d’autres pauvres femmes passer quelque mis pour vendre son lait aux riches bourgeois. Elles devinrent célèbres les nourrices du Morvan…

 

Certaines accueillaient des enfants de l’assistance dans leur ferme. En 1880, 1 500 enfants surnommés les Petits Paris furent recasés en Morvan. Ah ! elle vécut à la dure notre Germaine, et sa fille ne lui ressemble guère, la blonde Jeannette. Une jeune fille gaie cette Jeannette, une jeune et jolie fille qui aime danser et le fait bien. Pour la Fête Dieu, elle a déjà gagné deux fois le fromage blanc traditionnel offert par la municipalité à la meilleure danseuse. Ensuite, la lauréate offre son présent qui baigne dans de la délicieuse crème fraîche à un des pauvres du village de son choix. Quelle fierté pour Jeannette. Par contre, le jour de Carnaval, elle n’est pas plus fière que les autres filles du bourg. C’est le jour où la Beuffenie, vieille et laide fée légendaire, vient chercher son Epatie, écheveau de fil préparé par toutes les fileuses. Et gare à celles qui ne filent pas ! La Beuffenie les emporte pour toujours avec elle.

 

Tout la région connaît la Beuffenie (ou Boefnie). Elle préside à sabbat, dit-on. Dans le ravin de la Galaffre, on entend le bruit de ses fêtes. Si vous osez vous y aventurer, vous y trouverez de bien étranges pierres sculptées qui ne sont autres que… son siège, sa marmite, son lit…. Etc., qu’elle changea en roches le jour de son départ. Mais prenez garde de ne pas vous faire prendre par la nuit sans avoir dans votre sac un peu de pain et de sel pour vous protéger des maléfices faute de quoi on ne vous reverra jamais.

 Mais revenons à la maison des Boyard. De belles bûches grésillent dans la cheminée. La plus belle bûche de la réserve, souvent longue de deux mètres, de préférence en bois dur de charmes (ou parfois en chêne) sèche tranquillement en attendant Noël. Ce soir-là, sacrée « souche de Noël », elle entretient précieusement la flamme toute la nuit et parfois même jusqu’à l’Epiphanie, tandis que la famille se rend à la messe de minuit. Comme bien des choses changes ! On jouait, on s’amusait en attendant l’heure de cette grande messe. On jouait au rouleur de noix, on jouait au charbon ardent. Vous ne connaissez pas ?

Le jeune du rouleur de noix dérive du jeu des œufs de Pâques. Vous ne connaissez pas non plus ! Eh bien voilà…. On fait cuire les œufs au dur avec pour les colorer, de la suie pour le mauve, de la stellaire pour le jaune vif, des pelures d’oignons simples pour le jaune foncé ou grillées pour l’ocre, de l’anémone pulsatile pour le violet, des bourgeons de peupliers, de l’oseille… Des motifs préalablement dessinés avec un corps gras gardent leur couleur initiale. Puis les enfants les font rouler sur une planche inclinée en visant un autre œuf installé à la base. Bien vite, ils se retrouvent en mille morceaux et le gagnant les rangent ou, prudent, les grignotent tout de suite pour éviter de se les faire reprendre dans une remise en jeu.

 Quant au charbon ardent, imaginez la scène. On prend dans l’âtre un charbon bien rougeoyant que l’on suspend au plafond jusqu’à hauteur de la boche de deux joueurs situés face à face. Alors, chacun commence à souffler en essayant d’expédier la braise vive à la figure de son adversaire. Le premier touché ou le premier qui s’écart a perdu.

 De retour de l’église, un repas réunit les amis. On chante, d’abord des cantiques, on manque un repas de fête souvent assorti d’une belle oie, on s’amuse.

 Adrien Boyard se lève. Aîné des enfants, il travaille tout à côté à la ferme du père Jacquenot. Actuellement, tous font très attention aux bêtes. Une drôle d’affaire vient d’arriver à  Lédavrée. Une histoire de sorcier pour tout vous dire. Constatant que ses bêtes s’affaiblissaient de jour en jour, un riche fermier de Lédavrée est allé voir le sorcier local en quête de conseil. Après étude approfondie de ce cas, l’homme de l’art déclara être face à un cas d’envoûtement une seule solution, démasquer le coupable. « La formule est simple, expliqua-t-il. Ce soir à minuit, vous taperez de toutes vos forces sur un tonneau. La première personne qui se présentera sera votre opprimeur ». Ainsi fut fait. A minuit, un bruit sourd et régulier réveilla la campagne. Le gendre du propriétaire se précipita et découvrit son beau-père tapant à tour de bras. Une dispute éclata, mais notre homme, pris d’un doute, en resta là, préférant retourner voir le sorcier.

« Intéressant, conclut notre expert en cas spéciaux. Je vous prescris une nouvelle formule. Ecoutez-moi : ce soir à minuit, vous bouterez le feu à un buissons proche de la ferme et le premier qui se présentera sera votre tourmenteur ». Ainsi fut fait de nouveau et de nouveau, le gendre se précipita un seau à la main. De nouveau, uns dispute éclata, un petit peu plus violente toutefois. De nouveau, notre homme se calma pris d’un doute. Les choses auraient pu durer longtemps, le fermier allant voir le sorcier, le sorcier conseillant une nouvelle solution… Mais un des jours suivants, le commis de ferme fut surpris détournant du fourrage pour le donner à ses propres bestiaux. On comprit alors que les animaux de la ferme se mourraient tout simplement de faim.

 L’Adrien sort dans la cour terreuse. Des corbeaux dérangés croassent de colère. Il pense aux gens de Beurizot, les « Croulous de cras » ; qui de nuit vont à la chasse aux corbeaux avec de grands sacs de toile sombre. Ainsi équipés, ils secouent les grands arbres pour faire tomber ces noirs volatiles dans leurs pièges. Le voici arrivé près de ses vaches. Tout est calme. Adrien avance avec sa lanterne. La Blanchette meugle un petit coup. Rien de grave, juste une petite blessure au cou qu’elle rappelle à son maître. Adrien sourit de nouveau. « Ah, ma Blanchette ! Ils t’auraient arrangé ceux de Massingy les Semur. Quelle histoire !


De vrais Ecossais ». Comme vous savez, des touffes d’herbe poussent souvent sur les vieux toits. Pourquoi la laisser perdre ? Ils attachèrent alors une vache par le cou pour la hisser sur cette prairie de fortune. La pauvre bête hurlait de douleur alors qu’une des malins s’écriait : « Ecoutez-la, elle est si pressée de manger qu’elle meugle d’impatience ». Sacrés villageois ! Ne dit-on pas que ces avares légendaires se chauffent en battant l’air à coup de pelle pour le réchauffer. Et les poussins, connaissez-vous la meilleure méthode pour en avoir un maximum à  moindre frais ? Eh bien, plantez donc des plumes de poules !

Adrien inspecte aussi ses bœufs. De puissantes bêtes de trait que l’on a oubliées aujourd’hui. Elles tirent tout à cette époque. Charrues, charrettes, débardage de bois…. Et même quelquefois des statues, mais pas forcément avec succès. A Saint-Martin de la Mer un habitant essaya de transporter la statue de la Vierge de Conforgien (89) jusqu’au moulin Chamboux (21). Mais les boeufs refusèrent de démarrer. A Sussey également. On attela plusieurs paires de bœufs pour abattre la Pierre Pointe mais les cordes se brisèrent tandis qu’un pigeon blanc s’envolait, petite fée déguisée, âme de la Roche.

 En ce temps-là, les animaux étaient d’une importance capitale. Ils faisaient presque partie de la famille. A Noël, on leur offrait le plus beau foin appelé la « gerbe de Noël », on leur donnait à boire de l’eau pimentée d’une pincée de cendre de la bûche de Noël. Ne dit-on pas d’ailleurs que, cette nui-là, les animaux parlent entre eux ?

 Adrien s’en retourne dans la maison. Antoine le voiturier, l’homme des forêts, anime la discussion. On évoque l’affaire de Saulieu, l’affaire du bis des Carons. Une vieille affaire. Deux bûcherons se querellant en viennent à se battre à coups de hache. L’un coupe la tête de l’autre avec tant de rage et d’énergie qu’elle tombe violemment au sol. Si violemment qu’une profonde trace vierge de toute végétation en garde l’empreinte depuis des années.

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La Germaine n’aime pas bien toutes ces histoires. « Sans doute des histoires de femmes » grommelle-t-elle. La Jeannette se révolte. Mais la mère tient à garder le dernier mot. « Toi ma jolie, attends un peu d’être mariée pour discuter ». Mariée ! La jeannette ne rêve qu’à la veillée des Rois. Enfin, elle saura. Ce soir-là, en effet, on jette les feuilles de buis sur la plaque bien chaude du poêle. Avec la chaleur, elles sautent aussitôt en l’air. Auparavant, on pose une question. Si la feuille pirouette et retombe à l’envers, la réponse à cette question est OUI. Si elle se repose sur la même face, la réponse est NON. Et vous vous doutez bien des questions toutes prêtes que notre Jeannette a en tête. Plus tard viendra mardi gras…

 On chante de ci, de là :   Mardi-Gras, n’t’en vas pas, j’ferons des crêpes, j’ferons des crêpes.

 

                                           Mardi-Gras, n’t’en vas pas, j’ferons des crêtes et t’en auras.

Et puis voici la Borde, fête du premier dimanche de Carême. Toute la journée, les jeunes quêtent au village paille, fagots et bûches pour dresser un immense bûcher. Dans certains villages, cette quête dure tout le mois. Les jeunes mariés fournissent une longue perche à laquelle on accroche un mannequin de paille. Le soir, après une retraite aux flambeaux à travers le village, on boute le feu à la pyramide. Quand les dernières flammes fatiguées se retranchent dans les braises rougeoyantes, on entreprend dans la pénombre un concours de sauts par-dessus le brasier endormi dans lequel on enfourne les galettes traditionnelles. Quant à celui qui n’aurait offert ni paille ni fagots, ni bûches ni troncs, malheur à lui.

Nous avons oublié le dernier des Boyard, l’aîné. Un homme de courte taille, souvent en voyage. Il n’est point voiturier d’eau comme son frère, ni galvacher, charretiers célèbres du Morvan qui livrent les lourds marchandises aux gares et aux usine. Joseph a trouvé sa vocation. Compagnon, il taille les pierres. Tout un art. Travail recherché qui lui conduit d’une grande demeure à un autre, d’églises en basiliques. Réparations, restaurations attendent les maîtres. Le village de Saint Thibault, tout près d’ici, n’est-il pas un lieu de culte pour tous ces Jacques, adeptes du « Tour de France » ? 

Il fut embauché à Vézelay, sa grande fierté, et plus simplement au château rouge de Viserny, celui-là même qui possède un fabuleux trésor gardé par un énorme taureau noir. A Vic sous Thil, ce rôle de gardien est voué  à  la Vouivre. Animal légendaire, serpent ici, dragon là. A Fontangy, elle demeure au fond d’une sombre grotte. A La Roche en Brenil, elle loge au Château Vernon et se plaît à ravir les enfants en détournant leurs parents avec des pièces d’or dispersées à bon escient, surtout le jour de la Fête-DIEU. 

compagnons-218x300Joseph connut aussi le miracle de Viserny alors qu’il travaillait à la nouvelle chapelle. Quelle histoire ! On s’en souvient encore. Les répliques de sainte Christine arrivaient de Rome pour venir à Viserny, tirées par une robuste et infatigable mule. A flanc de montagne, l’animal pourtant puissant dut redoubler d’efforts, si fort et si fort qu’il en grava l’empreinte de son pied dans la roche au lieu-dit aujourd’hui le « Pas de la Mule ». Au village, la construction de la chapelle commençait. Mais chaque matin, on trouvait l’ouvrage de la veille détruit et même, un beau jour, les outils demeurèrent introuvables. Après de longues recherches, on les découvrit rangés sur le flanc du coteau ? Alors, la vérité s’imposa. La chapelle devait être édifiée ici même. Ainsi fut fait et les travaux ne connurent plus d’incidents, saint Christine elle-même dirent certains, transportant de grosses pierres dans son tablier.

Parfois, quand son ouvrage ne l’appelle pas trop loin de la maison pour plusieurs mois, Joseph s’arrange pour rentrer plus régulièrement. Il doit prendre garde, lorsque la nuit arrive, aux feux follets qui éblouissent le voyageur et l’entraînent au bord d’un étang où il tombe et se noie sous les rires des oiseaux de nuit, des arbres et des pierres amusés. Et puis, on fait parfois d’étranges rencontres. L’autre semaine, à la croisée des chemins du haut, il surprit deux individus occupés à minuit à percer le cœur d’un bœuf avec une épingle, veille formule d’envoûtement propre à faire ressentir les mêmes douleurs à la personne évoquée en pensée.

 Vous connaissez maintenant tous les Boyard. Peut-être cette rapide présentation s’est-elle égarée de temps à autre hors des frontières d’une chronologie bien précise. Mais à travers ces six personnages, vous avez certainement imaginé la richesse des traditions, légendes et coutumes de mon Pays grâce à ces quelques bribes tirées de l’écheveau fantastique tissé par la Beuffenie avec les épaties du jour de Carnaval.

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La Dame Blanche de Thil, en Côte d’Or

Posté par francesca7 le 15 mars 2013

« Le nom de cette Dame ? L’époque où elle vécut ? Mystère !

 En effet, toute belle et parée comme il convient à une jeune épousée le jour même de ses noces, après les cérémonies multiples, religieuses ou autres et les longues agapes du temps, la jeunesse éprouva le besoin de se détendre.

 On choisit, parmi les innocentes distractions de l’époque, une partie de cligne musette (cache-cache). Tout un essaim de damoiselles et damoiseaux s’éparpilla à la recherche d’une cachette sensationnelle ; on peut assez bien s’imaginer les gracieux déploiements de costumes d’une de ces époques brillantes s’égayant dans toutes les parties du Château de Thil (Côte d’Or), alors dans son plus beau, avec les cris, les rires, les réparties et les exclamations que suscitent les découvertes les plus inaccessibles ; en tout cas, notre jeune mariée dut très vitre tomber en arrêt devant un grand coffre ouvert et vide, ce qui laisse supposer qu’il était au rancart dans quelque dépendance, soit dans cette cave en forme de chapelle qui, devenue trop petite, venait d’être abandonnée, soit dans une embrasure de la haute tour où l’on n’accédait que par le corps de garde et dont la dernière pièce n’avait pas d’issue par le haut, malgré les deux étages qui la surplombaient.

La Dame Blanche de Thil, en Côte d'Or dans LEGENDES-SUPERSTITIONS chateau-de-thil1

 Ce qui est sûr, c’est que la belle trouva cette cache sensationnelle à son goût et s’y enferma prestement en laissant retomber sur elle le lourd couvercle de chêne… Si lourd, si épais que tous ses efforts pour le soulever durent être vains, comme ses appels….

 On appela, on chercha toute la nuit et durant plusieurs jours, craignant un enlèvement. La fête du être écourtée dans quelle angoisse et quel affolement pour le jeune marié ! Personne ne soupçonna, ni ne découvrit le secret du coffre, ce qui laisse bien à penser qu’il ne servait plus.

 Ce ne faut, dit encore la légende, qu’un siècle plus tard qu’on découvrit le coffre contenant le squelette encore habillé de cette guillemette ! Elle fut la seule femme inhumée dans la crypte de la collégiale de Thil, parmi les chanoines. La pierre tombale ne précise ni le nom de famille, ni la date… »

 Depuis lors, une dame blanche hante les ruines de Thil et la montagne de Nan sous Thil ! D’ailleurs, Lucien Logeat y fait référence d’entrée dans son ouvrage sur Nans sous Thil et nous indique que son apparition annonce une calamité, qu’on en menace les petits garnements…

 

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Le fauteuil du Loup en Côte d’Or

Posté par francesca7 le 15 mars 2013

 

Dans son histoire de Vic sous Thil, Charles Prudhon note « qu’au début du 19ème siècle, les paysans venant à passer près de la roche de Galafre (goinfre) ne manquaient jamais de s’arrêter pour crier :

-          En Gallas ! En Gallas !

Les jeunes gens du pays (les communiants) se rendaient en Galafre pour y faire entendre ce cri. Il faut faire appel, selon Prudhon, à nos ancêtres. Autour de l’énorme pierre de granit, durement s’assembler plus d’une fois les anciens Gaulois, lorsqu’ils honoraient leurs dieux ou tenaient leurs conciliabules. Les échos de ce ravin durent souvent entendre ces mots que dans leur enthousiasme, prononçaient nos ancêtres. C’est ce souvenir qui s’est transmis jusqu’à nos jours (1880). »

A Dompierre en Morvan (21) le fauteuil du loup est une grosse pierre de granit d’environ deux mètres au carré. Le dessus et le flanc de ce poron (pierre) est curieusement creusé en forme de siège, d’où son nom. Il est situé au bord d’un chemin menant au pâtis des « méchants prés » en longeant la lisière nord du bois de la Feuillouse.

Tous les ans, le jour des Rameaux, la roche s’ouvre en deux au moment où la procession sort de l’église du village…

Dans ses flancs, l’on découvre alors une sorte de caverne, remplie des plus riches trésors. Mais aussitôt que la procession rentre à nouveau dans l’église du village, le fauteuil du loup se referme promptement sur le malheureux qui aurait osé y pénétrer.

Le fauteuil du Loup en Côte d'Or dans LEGENDES-SUPERSTITIONS le-fauteil-du-loup-300x225

 

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Gargantua en Côte d’Or

Posté par francesca7 le 15 mars 2013

 

Gargantua en Côte d'Or dans LEGENDES-SUPERSTITIONS gargantua-180x300Voici un autre personnage légendaire indissociable de la Beuffenie : C’est Gargantua

 Nous laissons à François Rabelais le soin de présenter son charmant personnage (de l’adolescence de Gargentua – 1534 – Chapitre XI)

« Gargantua, depuis les troys jusque à cinq and, fut nourry et institué en toute discipline convenente, par le commandement de son père et celluy temps passa comme les petits enfants du pays ; c’est assavoir à boyre, manger et dormir ; à manger, dormir et boyre ; à dormir, boyre et manger.

Tousjours se vaultroit par les fanges, se mascaroyt le nez, se chauffourroit le visaige, aculoyte ses souliers, baisloit souvent au moustaches, et couroit voulentiers après les parpaillons, desquelz son père tenoit l’empire. Il  pissoit sus ses souliers (…) il se mouschoyt à ses manches, il mourvoit dedans sa souppe, et patroilloit par tout lieux, et beuvoit en sa pantoufle… »

 Notre Gargantua évoqué plus haut est un géant qui hanta la région de notre Morvan. Il pouvait être le compère de la Beuffenie qui rançonnait les passants pour leur soutirer pain et sel, denrées ô combien précieuses en ces temps reculés.

 La légende dit aussi que Gargantua nous aurait laissé quelques traces de son passage  à nous autres … Il faisait des enjambées de plus d’une lieue (4 km). Pour son dîner, il ingurgitait facilement un bœuf entier, quatre à cinq brebis, dix poules ! Un jour qu’il avait tellement soir, il assécha la Brenne sur deux lieues de long….

Une autre fois, après avoir bu à la source de la « fontaine froide », Gargantua ronflait, un pied près de Nan sous Thil, l’autre près de Fontangy. Il y eut soudain un violent orage. Si profond était son sommeil, que le géant ne s’aperçut même pas qu’un troupeau de moutons conduit par son berger s’engouffra dans sa bouche grande ouverte, afin d’échapper à la pluie. Le pauvre berger qui explorait l’immense caverne qu’était la bouche de Gargantua le réveilla en le piquant de sa houlette. Le géant s’ébroua, avala le troupeau et son gardien, secoua la terre collée à ses semelles….

 Les « pâtons » qui s’en détachèrent sont devenus la Butte de Thil, la montagne de Nan et le mont Ligot.

 Les mauvaises langues prétendent qu’on le  doit au fait que le géant y soulagea ses intestins encombrés, après un festin avec la Beuffenie !

 

 

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La Beuffenie en Côte d’Or

Posté par francesca7 le 15 mars 2013

 

La Beuffenie en Côte d'Or dans LEGENDES-SUPERSTITIONS beuffenie-1-222x300

Cette légende est typique de la haute vallée du Serein mais aussi de l’Armançon. La Beuffenie est une espèce d’ogresse, de croque-mitaine en cotillon qui hante quelques sites de l’Auxois, caractérisés par des amas de rochers étranges et d’accès difficile.

En 1883, P.Sébillot, dans son Gargantua, écrit : « dans la commune de Pont d’Aisy (21), existe une pierre à écuelle aux dimensions assez vastes, appelée la Chaudière de la fée et du Galafre. La capacité de la chaudière indique que c’était un rude gourmand ; il y faisait la cuisine avec la fée Beuffenie qui était bien aussi une méchante sorcière… »

 Au Sud du village d’Aisy sous Thil, le portrait, petit ruisseau affluent du Serein, a creusé dans le granit, un vallon portant le nom de Galafre. L’endroit est boisé, abrupt, profond et sombre ; une impression curieuse, oppressante se dégage de ce site chaotique, encombré de roches et d’arbres morts, déracinés par le vent ou foudroyés. Son exploitation passée, comme carrière, ajoute encore au désordre naturel.

 

A proximité du ruisseau, parmi tous les rochers couverts de mousse et de polypode vulgaire, un énorme bloc granitique de 4,30 md e long sur 2 m de large est percé d’un trou rond de 45 cm de diamètre et autant de profondeur ; la chaudière des fées ou le cuvier de la fée ou encore le cuvier d’lai Beuffenie. Une cavité aussi régulière dans un granit aussi dur ne semble pas naturelle et garde tout son mystère ; peut-être doit-on remonter aux cérémonies druidiques de nos ancêtres les Gaulois pour hasarder une explication ?

 Peut-être doit-on reculer encore davantage ?

beuffenie-2-192x300 dans LEGENDES-SUPERSTITIONS La légende nous dit que c’était la marmite d’une fée fort méchante, décrite comme une vieille « fonne peute et reufouse » (femme laide et crasseuse) qui avait élu domicile en Galafre. On pouvait y voir sa maison, sa grange, son écurie qui n’étaient autres que des espèces de grottes formées par les « porons » (pierres, rochers) de granit que le hasard avait superposés.

 La Beuffenie est morte depuis peu, dit-on, et son mobilier a été transformé en roche. Bien qu’elle n’existe plus, sa mauvaise influence persiste encore. Il n’y a qu’un moyen de conjurer ses maléfices lorsqu’on la rencontre, c’est d’avoir sur soi du pain et du sel. Quelquefois, la nuit, des voix montent de ce vallon perdu :

-          En Galafre, y seu (je suis) !

-          Sans ton pain, sans toi sau (sel) de Galafre t’n’ sortirô !

 

Le soleil couché, il est déconseillé de cheminer, la besace vide, sur le sentier raboteux qui longe le ravin maudit. On prétend que plusieurs personnes qui n’avaient pas pris cette sage précaution n’ont jamais reparu…

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A Thostes, la Beuffenie habite la « Pierre de Rochefort », dans un massif de roches, avec plusieurs cavités, à l’extrémité nord-ouest du village. Après des pluies abondantes, l’eau ruisselle sur la pierre et on dit alors que « la Beuffenie fait sa blie » (lessive). Les enfants ne doivent en aucun cas s’approcher dans son repère…

 

A Clamerey, la Beuffenie vient filer sa quenouille à minuit, en certains lieux écartés, en particulier sur un rocher dominant l’Armançon appelé encore le « Poron d’lai Beuffenie ».

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A Nan sous Thil, la pierre s’appelle aussi le « Poron des Crouèches ». Les filles et les femmes filent la laine des moutons ; les mauvaises fileuses sont promise à la sorcière : « Si t’n’filô pas, lai Beuffenie t’prenrô ! »

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A Vic sous Thil, Thil la Ville et Noidan, les enfants sont menacés de la Beuffenie, une vieille femme qui les emportera pour les faire bouillir dans sa marmite s’ils ne sont pas sages.

 Et près de Lacour d’Arcenay, la Louise, une méchante fée, fait sa cuisine dans deux gros trous à peu près ronds creusés dans un énorme bloc disposé comme une pierre tournante : le Perron de la Louise. Non loin de la là se trouve un rocher à peu près semblable ; « le perron de la Jaquette ». La nuit, montée sur l’une de ces pierres, la Jaquette, redoutable fée, cherche par ses cris à égarer et à effrayer les voyageurs.

Toutes ces épouvantables créatures se réunissent quelquefois en Galafre et surtout sur Ligot. Elles y mènent grand tapage, à l’occasion du sabbat, présidé par la Beuffenie, bien sûr !

PS : Le terme de Galafre peut être rapproché du vocable de « goinfre » et la Beuffenie de celui de « bouffe ».

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