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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Chauve-souris de nos ancêtres

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013

Chauve-souris : animal entouré de
superstitions et croyances

(D’après « Revue du traditionnisme français et étranger », paru en 1906)

Désignée dans le Bas Languedoc par le nom de rate-pennade, la chauve-souris, sur laquelle les enfants, inconscients de son singulier mode de vie, s’amusent à capturer, fait l’objet de plusieurs superstitions, dont celle de se prendre dans les cheveux sans qu’on puisse l’y déloger…

Chauve-souris de nos ancêtres dans FAUNE FRANCAISE chauvesouris

C’était un soir du mois d’août. Le soleil disparaissait à l’horizon ; la vesprée s’annonçait délicieuse. Le seul des portes et le devant des maisons s’étaient rapidement garnis de jeunes et vieilles villageoises à qui il tardait de faire la causette, et surtout de prendre le frais après ure journée dont la chaleur avait été accablante.

On s’interpellait d’un bout de la rue à l’autre. Traînant leurs chaises de paille derrière elles, telle jeune fille rejoignait un groupe voisin où devaient être son amoureux ou ses amies, tette femme allait se joindre à d’autres femmes parmi lesquelles se trouvait celle qui savait le plus de nouvelles du jour et savait le mieux les raconter.

Les enfants, dont j’étais, explique Paul Redonnel — qui nous livre ce récit se déroulant dans le Bas-Languedoc —, plus séduits par le jeu et plus désireux de courir que d’ couter, s’amusaient aux « olivettes », à « l’enfer », au « loup », passant avec une rapidité excessive d’un jeu à un autre, par quoi s’explique ce besoin ardent de vivre.

Soudain l’un de nous se mit à crier : « Une rate-pennade ! une rate-pennade ! », nom occitan francisé de la chauve-souris.

Nous nous mîmes à crier comme lui : « Une rate-pennade ! une rate-pennade ! ».

Des jeunes gens nous entendant piailler étaient vite entrés chez eux et en sortaient avec de grandes perches au haut desquelles ils avaient noué un chiffon quelconque. Postés à chaque extrémité de la rue comme s’ils échangeaient des signaux télégraphiques, ils se mirent à agiter dans le sens de la largeur, la perche perfide contre laquelle vint bientôt se heurter le pauvre animal nocturne.

Il paraît que la chauve-souris prend pour un oiseau le morceau de drap qu’on agite et qu’elle se précipite sur cette proie inespérée et meurtrière. A la vérité, maladroite dans son vol, elle vient s empêtrer dans le chiffon, dont une secousse de la perche la fait choir sur le sol. « Ça y est ! ça y est ! » crièrent tous les enfants en se précipitant sur la pauvre bête palpitante mais pour la regarder seulement, car aucun de nous n’aurait osé la saisir.

Un des jeunes gens, pour faire une farce, l’ayant prise, alla la déposer sur le cou d’une jeune fille que la peur fit s’évanouir, ce qui troubla un instant la joie de tout le monde. Heureusement, la syncope dura peu et la fin de la soirée se passa en plaisanteries de toutes sortes.

Ma grand-mère qui était une excellente conteuse et qui, malgré ses quatre-vingt huit ans sonnés, avait conservé son intelligence supérieure, sa lucidité d’esprit et un timbre de voix qui eût fait envie et bien des jeunes filles, m’avait appelé au milieu de tout ce brouhaha, poursuit notre narrateur.

On connaissait toutes les qualités de mon aïeule. En m’entendant appeler de la sorte, mes petits camarades, enfançons et enfançonnes, m’avaient suivi ; et en outre, sentant qu’elles allaient apprendre une belle histoire, des femmes et des jeunes filles avaient fait comme les enfants. En une minute, ma grand-mère fut entourée d’un cercle d’auditeurs respectueux, sympathiques et silencieux.

— Vous venez de tuer une chauve-souris, dit ma grand-mère, et vous avez, mes enfants, battu des mains quand cette pauvre bote est tombée par terre. Savez-vous que c’est une vilaine action et que vous êtes de mauvais cœurs ?

Nous ouvrions tout grands nos yeux et nous ne pouvions en croire nos oreilles.

— Comment, une rate-pennade n’était pas un animal qu’il fallait exterminer, comme la vipère, comme le serpent, comme le ver de terre ?

— Elle sort le soir, voilà son grand crime, continua mon aïeule ; or si elle sort le soir. c’est qu’elle nourrit ses petits et qu’elle ne trouve pas dans te réduit qui lui sort d’abri, une proie suffisante. On la hait parce qu’elle habite d’ordinaire les ruines. Qu’est-ce que vous voulez qu’elle vienne faire dans les maisons proprement tenues ?

Elle n’aurait pas de quoi manger, ni ses petits ! On la craint parce qu’on la croit coupable de boire le sang. Cela a peut être lieu dans d’autres pays que le notre et où ces sortes de mammifères sont appelés des vampires : car, en notre France, les chauves-souris sont exclusivement insectivores ; elles ne mandent que des insectes dont nous sommes heureux d’être débarrassés et qui sont nuisibles aux récoltes. A ce titre, la chauve-souris a droit à notre reconnaissance : il ne faut pas lui prouver notre gratitude en la tuant.

D’ailleurs ce n’est pas le seul grief qu’on lui fasse. On l’accuse aussi de trahir. La Fontaine dont vous avez appris par cœur les fables, en a écrit une sur elle : elle y tient un rôle blâmable, malgré la comparaison que vous puissiez établir entre elle et le sage, mais ta Fontaine calomnie souvent les bêtes qu’il a entendues parler.

— Pauvre chauve-souris ! poursuivit ma grand-mère en jetant un coup d’œil sur ses auditeurs étonnés et attentifs.

— Mais, madame. fit une petite fille moins timide que ses compagnes, on m’a dit que si la rate-pennade s’accrochait à ma tête, on ne pourrait lui faire lâcher prise qu’en coupant mes cheveux.

— Il faudrait, répondit mon aïeule, que ta mère fût bien maladroite pour ne pas dégager la chauve-souris plus ennuyée que toi de sa mésaventure. Ce serait pourtant plus facile que de débrouiller un écheveau de fil.

— Alors, si cela m’arrivait ?

— Eh bien ! si cela t’arrivait, tu n’aurais pas peur ; tu ne perdrais pas ta belle chevelure et on rendrait la liberté à la chauve-souris. La tuer, comme vous avez fait ce soir, en outre d’un meurtre inutile et lâche, ajouta la conteuse en s’adressant particulièrement aux mères de famille, c’est agir contre vos intérêts ; c’est, de plus, condamner à mort d’autres chauves-souris qui attendront inutilement leur mère dont l’aile les berçait tout à l’heure.

— Que dites-vous là ! fit remarquer respectueusement une auditrice cependant que notre jeune imagination voyait toute l’horreur du meurtre commis, et assistait au désespoir des petits abandonnés, demandant plaintivement leur mère aux échos des ruines.

— Il est vrai que vous ne savez pas que la chauve-souris agit, toute proportion gardée, envers sa progéniture, comme la meilleure des mamans envers ses enfants.

Oui, mes amis, reprit mon aïeule. La chauve-souris berce ses petits. Si vous me portiez la pauvre bête que tous avez tuée, je vous montrerais de quelle façon.

— Tenez, madame, la voilà, dit l’un de nous, que l’histoire de grand-mère avait guéri de sa répulsion pour la pauvre bête, et qui la lui tendit.

Alors grand-mère nous expliqua que, de ta petite griffe située à l’extrémité de la membrane qui lui sert d’aile, la rate-pennade s’accroche à l’interstice d’une corniche ou à la fente d’une poutre ; dans l’autre membrane repliée, elle a mis ses petits, et elle se balance rythmiquement, en leur chantant dans la langue que les petits comprennent, une chanson pour les endormir.

Quelquefois, elle s’élance vers un autre point, lorsqu’elle pense que la place choisie n’est pas propice, et elle reprend sa chanson et son bercement jusqu’à ce que le sommeil les ait gagnés : alors, elle les dépose tout doucement dans leur trou, et elle va chasser les insectes crépuscules dont elle se nourrit. C’est le seul instant qu’elle ait de libre, car elle ne remue point de la journée qui est pour elle la nuit.

— Nous ne tuerons plus de chauve-souris, dit un des jeunes gens qui s’étaient approchés.

— Il ne faut plus en tuer, dit ma grand-mère ; je ne vous demande pas de les aimer, si vous avez quelque répugnance pour elles ; mais respectez leur existence.

Nous les rendons coupables d’un préjugé qui nous regarde ; ne commettons plus l’infamie de les châtier d’une renommée qu’elles n’ont rien fait pour obtenir et guérissons-nous de nos superstitions, de toutes nos superstitions, conclut Paul Redonnel.

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Loup, chant du coq, lion, cheval et la colombe

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013

 (Préjugés des Anciens sur le)

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1842)

Loup, chant du coq, lion, cheval et la colombe dans FAUNE FRANCAISE images-20

LE REGARD DU LOUP
Les Anciens croyaient que lorsqu’un loup jetait les yeux sur un homme avant que celui-ci eût aperçu l’animal, l’homme perdait la voix. Pline donne cette opinion comme reçue communément en Italie. « En Italie, dit-il, le regard des loups, à ce que l’on croit, est dangereux ; il enlève la voix à l’homme qui est vu le premier. » Virgile fait allusion à cette croyance dans une de ses églogues : « La voix échappe à Moeris : les loups ont aperçu Moeris les premiers. »

C’est de là aussi qu’est dérivé le proverbe Lupus in fabula (le loup dans la conversation), qui s’est conservé parmi nous, et qui s’applique lorsque, la personne dont on parlait survenant, il se fait silence tout à coup. Cette propriété malfaisante du loup, comme il a été facile de s’en assurer bien des fois, ne lui est nullement inhérente, et dépend simplement de la frayeur ordinaire éprouvée par celui qui, à l’improviste, se voit fixé par un animal de cette espèce.

LE CHANT DU COQ ET LE LION
On s’est imaginé que le chant du coq mettait en fuite le lion. Pline le dit expressément. Il prétend même que pour se garantir des lions et des panthères, il suffit de se frotter avec du bouillon de coq, surtout quand on a eu la précaution d’y mettre de l’ail.

Il n’y aurait rien d’absurde à croire qu’il existe quelque antipathie de nature entre ces deux espèces, mais le fait ne paraît pas confirmé par l’expérience. Les lions nourris dans les ménageries ne manifestent aucune frayeur quand retentit près d’eux la voix du coq. Il est vrai qu’ils s’y sont peut-être accoutumés ; et il ne serait pas impossible que des lions habitués à la vie du désert aient pris peur en entendant pour la première fois ce cri retentissant et véritablement belliqueux. Ce serait un effet de surprise et comme un éblouissement de l’oreille.

Quoi qu’il en soit, la prétendue terreur qu’il a la vertu d’inspirer au lion est devenue un des titres de gloire de notre oiseau national. Nos ancêtres se plaisaient à le représenter debout sur un lion, et, dans cette position courageuse, entonnant aux oreilles de son ennemi humilié sa triomphante fanfare. Cette image s’est perpétuée jusqu’à nous, et le Coq hardi est encore, dans quelques-unes de nos provinces, une des enseignes ordinaires des cabarets et des auberges. Je crois que les lions auraient le droit de se plaindre, comme dans la fable, du rôle peu honorable qui leur est donné dans cette peinture. Camerarius, dans ses Symboles, rapporte du moins à ce sujet un fait positif, et que l’on pourrait regarder comme une représaille de l’espèce lionne. « De notre temps, dit cet auteur, au palais du sérénissime prince de Bavière, un des lions, par un bond prodigieux, sauta dans la cour d’une maison voisine ; et là, ne s’effrayant ni du chant ni des clameurs des coqs, il les dévora bel et bien ainsi que plusieurs poules. »

LE CHEVAL ET LA COLOMBE ONT-ILS DU FIEL ?
Les Anciens se sont imaginé que le cheval n’avait point de fiel, et c’est une opinion qui règne encore chez beaucoup de gens, même chez les maréchaux peu instruits. Si l’on devait mesurer la force d’une opinion sur l’autorité de ceux qui l’ont soutenue, il faudrait respecter celle-ci, car elle est appuyée par Aristote. Le témoignage de Pline est également en sa faveur.

Il serait assurément bien extraordinaire, la bile étant un agent aussi essentiel de la digestion, qu’un animal d’un degré d’organisation aussi élevé que le cheval pût s’en passer. Si elle n’est pas nécessaire à celui-ci, elle ne devrait pas l’être aux autres davantage ; et la nature, en leur donnant l’appareil qui sécrète la bile et la conduit dans la cavité digestive, se serait livrée à une construction superflue, ce qui serait contraire à son économie habituelle : aussi la dissection anatomique prouve-t-elle que le fait en question n’est point exact.

On voit même que l’erreur avait été relevée dans les anciens temps ; car Absyrte, qui vivait sous le règne de Constantin, dit positivement dans ses Hippiatriques que le fiel a une place déterminée dans le foie du cheval. Cet animal, en effet, possède une vésicule de fiel comme tous les autres mammifères : seulement cette vésicule est moins développée et moins apparente que celle du boeuf et des autres ruminants, et c’est là ce qui a sans doute donné naissance au préjugé.

Il règne sur la colombe un préjugé semblable, et plus répandu encore. Ce préjugé n’a point, comme le précédent, l’avantage d’avoir été soutenu par Aristote et par Pline, car ces deux naturalistes affirment précisément le contraire ; et Galien se moque de ceux qui prétendent que le pigeon n’a point de fiel. Ce qui a sans doute contribué à étendre cette croyance, c’est que quelques écrivains ecclésiastiques, plus curieux de morale que d’histoire naturelle, n’ont point dédaigné de la ramasser pour en faire au peuple un sujet de leçon. Saint Augustin, saint Cyprien, saint Isidore, font l’éloge de la colombe comme n’ayant point de fiel. Mais cela ne doit point s’entendre à la lettre, ou tout au moins cela s’applique, non point à nos pigeons, mais à la colombe mystique, image du Saint-Esprit.

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la Dame du lac

Posté par francesca7 le 27 juillet 2013

 

Fée Viviane

la Dame du lac dans LACS DE FRANCE images-51La fée Viviane ou Dame du Lac est le nom d’un personnage des légendes arthuriennes. Ce personnage joue plusieurs rôle ; elle donne l’épée Excalibur au roi Arthur, guide le roi mourant vers Avalon après la bataille de Camlann, enchante Merlin ou redresse Lancelot du Lac après la mort de son père.

Les différents auteurs et copistes ont donné à la Dame du Lac divers nom : Viviane, Niniane, Nyneve….

Viviane vivant dans la forêt de Brocéliande ( dans laquelle vivent de nombreuses espèces féérique comme les fées ou les dragons), enleva le jeune Lancelot, alors qu’il était encore enfant, après la mort de son père le roi Ban de Bénoïc ; (mort de tristesse en apprenant que son royaume avait été brulé par son ennemi Claudas de la Terre Déserte ). Elle l’emmena au plus profond d’un très grand lac duquel il crut ne jamais pouvoir ressortir, ignorant qu’il s’agissait là du « passage » obligé pour rejoindre le royaume merveilleux et caché d’Avalon, l’île sacrée, ultime refuge de la tradition celtique. Dans d’autres textes il ne s’agit pas d’Avalon mais du lac de Diane (cf Le Merlin Huth, roman du XIIIe siècle) Sa mère, la reine Hélene se retira par la suite dans un couvent jusqu’à la fin de sa vie. Viviane enseigna les arts et les lettres à Lancelot, lui insufflant sagesse et courage, faisant de lui un chevalier accompli. Elle le mena alors à la cour d’Arthur, à Camelot, pour y être adoubé, et le présenta aux chevaliers de la Table Ronde, dont il devint le plus célèbre représentant.

Selon une des nombreuses variantes de la légende, Merlin succomba aux charmes de Viviane et elle lui demanda de lui enseigner ses secrets. Merlin apprit à Viviane pratiquement tout ce qu’il savait. Plus tard, Viviane fit tourner neuf fois un voile magique autour de son amant endormi. Il devint ainsi son « amant éternel ». Finalement, Viviane enferma Merlin dans une tour de verre (ou une grotte, d’après les différentes légendes). Une autre variante fait de Viviane la responsable de la mort de Merlin. En effet, voulant préserver sa virginité des assauts répétés du vieil Enchanteur, Viviane lui demande de l’initier à la magie. Dans le seul but de la conquérir Merlin accepte, tout en sachant (grâce à son don prophétique) qu’elle causera sa perte. Viviane l’enterre vivant dans une tombe grâce à un enchantement. (cf Le Lancelot en prose ou le Merlin Huth, romans du XIIIe siècle par exemple).

Après la mort de sa mère Ygraine, Viviane eut soin de Morgane, faisant d’elle une magicienne, tandis que Merlin l’enchanteur prit soin de l’éducation de son demi-frère, le futur roi Arthur. Selon d’autres textes, Morgane n’est pas la demi-sœur d’Arthur mais sa sœur et celle-ci ne fut pas élevée par Viviane mais elle aurait appris, elle aussi, sa magie de Merlin. Bien au contraire, toute deux s’affrontent à l’aide de leur magie. Viviane protège Arthur, sa cour et l’idéal courtois et chevaleresque qu’il incarne, tandis que Morgane veut la perte de son frère et de sa belle-sœur, la reine Guenièvre. (cf Le Lancelot en prose, le Merlin Huth et La Mort le roi Artu par exemple). Dans son Cycle de Pendragon, Stephen Lawhead reprend la figure de la Dame du Lac sous un nom différent : Charis, fille du Roi Suprême d’Avalon (plus connue sous le nom d’Atlantide). Marié au prince breton Taliesin, dans la Bretagne de bien avant Pendragon, ceux-ci auraient enfanté dans la douleur Merlin l’Enchanteur. Après la mort de Taliesin, Charis s’occupera de Merlin et elle ira reposer dans le lac de Logres, d’où son nom de Dame du Lac.

viviane_dame_du_lac_histoire dans LEGENDES-SUPERSTITIONS

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Légende du chien enragé

Posté par francesca7 le 29 juin 2013

 

Légende du chien enragé dans LEGENDES-SUPERSTITIONS legende1

Le soleil brillait au ciel, les troupeaux cachaient leurs têtes sous l’ombre des arbres, et l’étang bordé de vieux hêtres était presque à sec. De temps en temps les hennissements d’un cheval tourmenté par les mouches, le beuglement d’un bœuf dérangé par son paisible sommeil, se mêlaient au bourdonnement des insectes ou au bruit des fléaux que les batteurs faisaient retentir sur toutes les aires du village. C’était un des plus chauds étés que l’on eût ressentis depuis longtemps.

Des femmes assises sur leurs seuils jouaient avec leurs enfants ou travaillaient à l’aiguille, tandis que quelques hommes, attablés dans le cabaret de la mère Catherine, buvaient en fumant. Mais bien que l’on remarquât parmi eux le chantre Grégoire et le maître d’école, Jean Millot, celui-ci le plus causeur, celui-là le plus bavard de la paroisse, tous gardaient le silence depuis quelque temps, comme si la chaleur du jour leur eût ôté jusqu’à la force de penser et jusqu’au désir de parler. A la vérité, les sujets de penser manquaient depuis quelque temps à Saint-Adrien. Rien de mémorable ne s’y était passé depuis deux mois ; pas une mort, pas un mariage, pas un baptême, pas même un mari qui eût battu sa femme à la connaissance des voisins. Il y avait disette absolue d’événements, et il fallait se résigner à vivre sur des faits usés que la curiosité avait déjà retournés dans tous les sens.

On se taisait donc depuis quelque temps, lorsque Richard le perruquier entra. Richard était la gazette vivante de l’endroit. Grâce à lui, les nouvelles se transmettaient en un instant d’un bout de la paroisse à l’autre, et Dieu sait quelles transformations elles subissaient pendant ce voyage ! L’arrivée de Richard fut une bonne fortune pour les buveurs.

- Eh bien, lui demanda le chantre, quoi de neuf aujourd’hui ?

Mais la chaleur avait ôté au perruquier lui-même sa loquacité. Il répondit qu’il ne savait rien, et se fit servir un pot de cidre près de la porte. Jacques le charron, petit bossu malin et taquin, haussa les épaules et secoua la tête.

- Je ne m’étonne plus, dit-il, que la canicule ait desséché mon puits ; elle a fait bien plus si elle a tari la parole dans le gosier de Richard. 
- Veux-tu que je raconte l’histoire d’un bossu que sa femme a fait coucher sans souper le mardi-gras ? répliqua celui-ci. 
- Raconte plutôt celle d’un perruquier que l’adjoint du maire a mis à la porte en lui laissant la mesure de sa semelle quelque part. 
- Allons, allons, s’écria le maître d’école en s’entremettant, allez-vous vous dire des injures à propos de la canicule ?… N’avons-nous pas tous nos défauts et nos infirmités ?… 
- C’est vrai, reprit le perruquier ; mais nous les portons entre les deux épaules… comme certain ornement d’une de mes connaissances… ce qui fait que nous ne les remarquons jamais. 
- Ce que vous exprimez là, Richard, est très philosophique. Esope a écrit quelque chose de semblable. Il a dit, je crois, que tout le mal de la terre était renfermé dans les deux poches d’une besace ; la poche de devant qui frappe nos yeux renferme les vices des autres ; celle de derrière nos propres vices. 
- D’où il faut conclure, ajouta le malin perruquier, que plus la poche de derrière est grosse, plus nous sommes vicieux. Que pensez-vous de cela, maître Jacques ?

Jacques, qui feignait de causer avec un autre buveur, ne répondit rien, mais il lança à Richard et au maître d’école un regard haineux ; il était surtout irrité contre ce dernier, qui, en voulant arrêter la querelle, avait fourni à son adversaire un thème de plaisanterie facile sur sa difformité. Après un instant de silence, il se leva et alla se placer à la porte du cabaret ; Richard venait de demander un second pot de cidre.

- Vous n’êtes pas enragé au moins, dit le maître d’école en riant, car vous buvez de bon coeur ! 
- Ca pourrait bien lui arriver un des ces jours, observa aigrement le bossu ; car M. le maire et ceux qui le conseillent ne s’inquiètent guère d’empêcher un malheur : les chiens courent partout dans la commune comme si nous étions au moins de décembre. 
- Au fait, reprit le perruquier, qui saisissait toujours avec empressement l’occasion d’appuyer une critique, ça n’est pas prudent ; et vous monsieur Millot, qui êtes secrétaire de la mairie, vous auriez dû en parler à ces messieurs. 
- Nous y avons bien pensé ; mais que faire ? 
- Ordonner que les chiens ne sortent que muselés. 
- Empoisonner ceux que l’on rencontre par les chemins. 
- Recommander au garde-champêtre de tuer ceux qui ne sont point à l’attache.

Tous ces moyens avaient été proposés en même temps par le forgeron, le chantre et le perruquier.

- Eh ! messieurs, reprit le maître d’école, vous oubliez que les chiens de la paroisse sont utiles ; si on les musèle, si on les empêche de se montrer dans les chemins, et si on les tient à l’attache, qui aidera à reconduire les troupeaux ? 
- Parbleu, que les bergers se passent de chiens ! 
- Vous êtes forgeron, Jacques, répondit M. Millot en souriant. 
- Et bien, à la bonne heure ; il vaut mieux que nous soyons exposés à être mordus et à enrager !… Merci !… C’est bien la peine de nommer au maire des adjoints et un conseil municipal pour protéger les chiens de berger… 
- Eh tenez, ajouta Jacques en montrant à une assez grande distance un chien qui descendait vers le village en courant ; une supposition que ce roquet fût enragé, sait-on tout ce qu’il pourrait arriver de malheurs à Saint-Adrien ?

Un enfant qui s’était approché de la porte de l’auberge pour écouter la discussion, entendit ces dernières paroles, et courut, quelques maisons plus loin, vers sa mère qui causait avec d’autre femmes.

- Voyez-vous, s’écria-t-il, le chien qui vient là-bas au bout du village, le forgeron a dit que peut-être il était enragé. 
- Seigneur Dieu ! est-il possible ?

Toutes les femmes se séparèrent, et regagnèrent en courant leurs maisons.

- Qu’y a-t-il ? demandèrent les voisins. 
- Un chien enragé !

Ce cri, un chien enragé ! répété de proche en proche, arriva en un instant au bout du village ; les mères firent rentrer leurs enfants, toutes les portes se fermèrent, quelques hommes qui travaillaient à une carrière voisine furent appelés, et arrivèrent armés de pioches, de leviers et de pierres. Ils rencontrèrent le chien qui avait déjà traversé le village et était sur le point d’en ressortir ; mais effrayé en les voyant, il rebroussa chemin. Il allait passer devant l’auberge de Catherine, lorsqu’avertis par les clameurs, le chantre, le perruquier et le forgeron sortirent :

- Au chien enragé !… Tuez, tuez ! hurlèrent ceux qui le poursuivaient. 
- Qu’avais-je dit ? s’écria Jacques en saisissant un caillou ; l’administration veut notre mort à tous… Frappez, frappez ! s’il en réchappe nous sommes perdus !

rge dans LEGENDES-SUPERSTITIONSDans ce moment le chien arrivait à la porte du cabaret ; une grêle de pierres lui barra le passage ; il voulut se retourner, mais les carriers le reçurent sous leurs pioches et l’achevèrent. Tout cela s’était fait en quelques secondes, si bien que lorsque le maître d’école arriva au milieu de la mêlée, le pauvre animal venait de rendre le dernier soupir.

- Mon Dieu ! dit-il en l’apercevant, c’est Finot, le chien de la veuve Cormon ; êtes-vous bien sûrs, mes amis, qu’il fût enragé ?… 
- En voilà de l’incrédulité à la saint Thomas, dit le bossu ; est-ce que vous n’avez pas entendu tout le village crier après lui tout à l’heure ? 
- Avec ça qu’il fait une chaleur à enrager tout le monde, fit observer un carrier. Holà ! hé ! la mère Catherine, donnez ici un pot de cidre. 
- Et puis voyez comme l’écume lui sort de la gueule. 
- Et la langue donc !… Bien sûr que si on ne l’eût pas tué, il eût ravagé le pays. 
- Heureusement qu’on veille un peu plus au grain que l’administration, dit Jacques en avalant un verre de cidre ; pour ma part je puis me vanter d’avoir donné son compte au roquet. 
- Laissez donc, dit le chantre ; j’ai vu ma pierre l’attraper à la tête ; c’est alors qu’il a tourné sur lui-même comme un sabot. 
- Sont-ils encore bons enfants ceux-là avec leurs pierres ! s’écria un carrier en riant ; ça l’aurait peut-être empêché de filer son noeud, si nous n’avions pas été là ? Regardez ma pioche plutôt ; elle est pleine de sang.

La discussion allait s’animer sur la question de savoir qui avait pris le plus de part à cette triste exécution, lorsqu’une vieille femme arriva en écartant tout le monde :

- Finot ! dit-elle ; qu’avez-vous fait de Finot ?…

Et apercevant le chien immobile et sanglant, elle jeta un cri : 
- Vous l’avez tué… Mais depuis quand a-t-on le droit de tuer le chien de quelqu’un ?… Qui a fait cela ?

Tout le monde gardait le silence.

- Hé bien… vous ne voulez pas répondre, s’écria la vieille femme, qui flottait entre la douleur et la colère… C’est bien brave d’avoir massacré le chien d’une pauvre veuve !… Vous n’auriez pas fait cela quand j’avais mon fils, lâches que vous êtes… il vous aurait tous mangés jusqu’au dernier… Ah ! les méchants, de tuer un pauvre chien qui ne leur faisait aucun mal !

La vieille femme se mit à pleurer.

- Pardon, mère Cormon, lui dit le maître d’école doucement, mais on a dit que Finot était enragé. 
- Enragé !… Il y a un quart d’heure à peine qu’il dormait tranquille à ma porte. De méchants enfants sont venus le tourmenter ; je n’ai pu les empêcher… Je suis seule, moi, et on peut me faire ce que l’on veut… Finot s’est enfin échappé ; je venais pour le chercher, et ce n’est qu’en voyant de loin beaucoup de monde rassemblé ici que j’ai deviné quelque malheur…

Il y eut, après cette explication, un moment de silence, pendant lequel tous les spectateurs se regardèrent avec embarras.

- Aussi, c’est la faute des carriers, dit le bossu ; ils sont arrivés en poursuivant Finot et criant au chien enragé ! 
- C’est bien à toi de parler ; tu lui as porté le premier coup. 
- Ce n’est pas vrai ; c’est le chantre. 
- Du tout ; c’est celui-là avec sa pioche.

La même querelle qui avait eu lieu quelques instants auparavant allait recommencer, mais cette fois pour savoir qui n’avait pas tué le chien de la veuve ; celle-ci l’interrompit brusquement ; 
- Vous avez tous fait le coup, dit-elle, et je vous déteste tous ; je ne puis me venger, car je suis une pauvre femme sans parents et sans amis ; mais je prierai Dieu qu’il vous punisse.

Quand la veuve fut partie, il y eut quelques instants de confusion ; tout le monde parlait ensemble, et chacun cherchait à se justifier de la part qu’il avait eue dans la mort de Finot. On remonta à la cause de l’accident, et l’on finit par savoir comment la supposition exprimée par le forgeron avait été transformée en passant de bouche en bouche, et était devenue réalité. Quand tout eut été éclairci, le maître d’école secoua la tête : 

- Ceci est une grande leçon, mes amis, dit-il ; vous n’avez tué qu’un chien aujourd’hui ; mais êtes-vous sûrs de n’avoir jamais tué un de vos semblables de la même manière ? Cette pauvre femme qui était là tout à l’heure avait autrefois un fils qui la rendait heureuse, et qui s’était mis en service pour pouvoir la mieux secourir. Un vol fut commis chez son maître, et quelqu’un eut l’imprudence de dire : – Si l’on allait soupçonner Pierre ! Un autre, qui avait mal entendu, répéta qu’on soupçonnait Pierre ; puis un troisième, que c’était Pierre le voleur ; si bien qu’il fut chassé honteusement de chez son maître. Chacun alors s’éloigna de lui ; on refusa de l’employer, et le pauvre garçon, dégoûté d’une probité qui ne lui avait servi à rien, et ne pouvant plus vivre, n’eut d’autre ressource que de faire réellement ce dont on l’avait d’abord accusé sans raison. Il y a quelques mois qu’il est mort en prison. Ces exemples devraient nous rendre prudents et moins prompts dans nos jugements. La vérité, en passant par plusieurs bouches, finit par devenir mensonge. Ne croyons point le mal sans preuve, de peur de nous associer à une injustice. Il ne suffit pas pour tuer un chien d’avoir entendu crier qu’il était enragé !

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Légende de la chèvre Noire

Posté par francesca7 le 29 juin 2013

 

La chèvre étant, de tous les animaux, celui que préfèrent les divinités de la terre féconde et des profondeurs infernales dans les plus anciennes conceptions de la mythologie grecque,  et cette idée perdurant à l’époque gallo-romaine ainsi qu’en témoignent les nombreux sarcophages gallo-romains sur lesquels figure l’animal, faut-il y voir une explication à la légende relatant l’apparition d’une chèvre noire lorsqu’une ancienne croix fut mutilée dans un cimetière de la Drôme menacé par l’installation d’une gravière ?

Le Zeus primitif, plus d’une fois symbolisé par des haches en pierre, fut le Dieu des cavernes et fut élevé dans un antre du massif crétois de l’Ida, au coeur de cette montagne qu’Hésiode appelait la Montagne aux Chèvres. Zeus passait pour avoir été nourri par la chèvre Amalthée, dans l’antre de Psychro, situé dans le mont Lassithi, au sud de la ville crétoise de Lyktos. Ce sanctuaire, où l’on a retrouvé de nombreux ossements de chèvres, était beaucoup plus ancien que celui de l’Ida et paraissait avoir été fréquenté surtout aux XIIe et XIe siècles avant notre ère

Les idées romaines à ce sujet sont encore plus significatives, puisque la chèvre apparaît sur un très grand nombre de sarcophages. Pour ne citer que la Gaule seule, le recueil d’Espérandieu indique à Narbonne un tombeau sur lequel figurent des chèvres ; dans la région de Tarbes, un fragment de stèle avec des chèvres en train de brouter ; à Saint-Cricq, près d’Auch, un sarcophage où deux chèvres s’attaquent à coups de cornes. A Saint-Médard-d’Eyran, deux sarcophages représentent de nombreuses chèvres, isolées ou groupées, en même temps que les divinités chtoniennes (du mot grec signifiant la terre), allongées par terre et tenant à la main des cornes d’abondance. Si l’on ajoute ces innombrables bas-reliefs, où le Mercure gallo-romain est accompagné d’une chèvre, sans doute parce qu’il remplit ici le rôle d’une divinité psychopompe, l’on est obligé de reconnaître que la chèvre a pris, dans l’antiquité polythéiste, une grande importance dans les conceptions funéraires et infernales.

En outre, les dieux infernaux étant également les dispensateurs des richesses, il n’est dès lors pas étonnant : 1° que les cavernes, les puits funéraires et les tombeaux n’aient eu leurs chèvres, gardiennes ou symboles des trésors que renferment la terre et le monde infernal ; 2° que ces animaux, au service ou en rapport avec les dieux de la richesse, aient été représentés, dans l’imagination des peuples, comme étant en or ou en tout autre métal précieux.

En 1917, Anfos Martin, inspecteur de l’enseignement primaire et directeur de la revue Le Bassin du Rhône, rapporte une légende recueillie à l’occasion d’un de ses passages annuels aux abords du cimetière Saint-Paulet, situé à droite du chemin allant de Souspierre à Sallettes, dans la Drôme, et plus précisément entre la route montant à Eyzahut et le ruisseau le Vermenon – sur le terrain enregistré sous le n°117 du plan cadastral de Souspierre, section de Saint-Paulet, quartier de la Blanche. Il est si ancien que le plan cadastral et les matrices qui l’accompagnent n’en font pas mention, le terrain qu’il occupe n’étant au demeurant pas propriété communale.

L’inspecteur explique que ce cimetière est en passe d’être ruiné depuis qu’on vient y extraire du gravier pour les chemins. La coupe de terrain de la gravière montre, entre la couche de terre arable et le gravier que l’on extrait, une rangée de tombes ouvertes par où sortent des crânes, des tibias et divers ossements. Ces tombes sont constituées sur les côtés par de larges pierres plates posées de champ, les unes à la suite des autres, et, à la partie supérieure, de pierres semblables disposées de la même façon, mais posées à plat.

Dans la terre provenant de la couche arable, on trouve, avec les débris d’ossements, de petits vases en poterie bleutée. Le piédestal assez original d’une ancienne croix dont le bras horizontal manque, occupe l’angle du chemin de Salettes et de la nouvelle route d Eyzahut. Depuis neuf ans, je passe chaque année en cet endroit, et je m’y arrête dans l’intention de voir s’il n’y a rien à glaner pour l’histoire du pays, ajoute notre Anfos Martin. Je n’y ai encore recueilli jusqu’ici qu’une légende. Cette légende est d’autant plus intéressante que les fermiers des environs la tiennent pour un fait véritable.

En voyant la vieille croix mutilée, je demandai, il y a quatre ans, au propriétaire actuel du terrain, M. Chavagnac, qui habite dans une ferme à côté, s’il connaissait l’auteur de cette mutilation et de la mutilation d’ailleurs de toutes les croix des environs. Il me répondit qu’il ne le connaissait pas. Je le questionnai alors, et c’est là que je voulais en venir, sur l’ancienneté de la croix et sur le cimetière. Nous causâmes longuement. Je lui fis remarquer combien il était attristant, pour un homme qui avait un peu de cœur, de voir profaner un cimetière, de voir des squelettes humains foulés aux pieds et broyés par les roues des tombereaux ; je gagnai sa confiance et il me raconta ce qui suit.

« Mon père, lorsqu’il acheta, peu après la guerre de 1870, la propriété que je possède, trouva la vieille croix complètement démolie. Il la releva avec le concours des fermiers voisins et cela, à la suite de l’apparition mystérieuse, la nuit, sur le cimetière, d’une chèvre noire, qui sautait, bondissait, lançait des coups de cornes terribles dans l’air, puis disparaissait subitement, lorsqu’on voulait s’en approcher. » Cette Chèvre qui lui était apparue plusieurs fois ainsi qu’à d’autres personnes, ne se montra plus dans le cimetière dès que la croix en eut été relevée.

Mais… « Ah ! Monsieur quelle affaire ! Depuis que cette croix a été mutilée, la chèvre est revenue. Je l’ai vue, il y a peu de temps encore, une nuit de clair de lune, en rentrant un peu tard de la foire de La Bégude, où j’étais allé vendre des bestiaux. Elle était au-dessus des tombes et regardait dans la gravière. Tout à coup elle se retourna, tournoya dans les touffes de buis, se cabra et fonça tête basse dans la nuit. Je hâtai le pas pour être, au plus tôt, en sécurité, au milieu de ma famille. »

Ce récit d’un paysan que je jugeai superstitieux, poltron et sujet à des hallucinations après avoir bu, peut-être, plus que de coutume les jours de foire, aurait certainement disparu à mon esprit, si la lecture de l’article de notre collègue M. Guénin, de Brest, sur « La Chèvre en Préhistoire » ne me l’avait rappelé, poursuit Anfos Martin. Pensant que la chèvre du cimetière de Saint-Paulet pouvait bien être celle qui accompagne, sur les bas-reliefs, le Mercure gallo-romain, ou bien une de celles qui sont représentées sur les sarcophages de la Narbonnaise, et certainement une des chèvres légendaires qui peuplent les cimetières gallo-romains, j’ai profité, aujourd’hui, de mon passage annuel à Salettes pour faire une enquête sur ses apparitions.

Chèvre noire

Chèvre noire

Le secrétaire de mairie, M. Brès, qui s’est mis aimablement à ma disposition pour l’examen du cadastre, n’en avait jamais entendu parler ; mais il s’est rappelé, qu’il y a environ quatre ans, époque qui correspond a mon entretien avec M. Chavagnac, les gens de Souspierre et des environs furent bien surpris de voir, un beau jour, appendu à la vieille croix, un magnifique pain au-dessous duquel avait été placés quelques sous, cinq, dit-il, en menue monnaie. Ce pain et ces sous restèrent plus de trois semaines sur la croix. On ne sut jamais qui les avait mis. M. Brès pense maintenant qu’il y a un rapport entre ce fait et celui de l’apparition de la chèvre à cette époque. A son avis le pain et les sous étaient une offrande pour apaiser la chèvre irritée par la profanation du cimetière, et dont l’apparition était rendue possible par la mutilation de la croix.

Cette offrande, par sa nature, semble d’ailleurs bien être elle-même la survivance d’une coutume gallo-romaine. Le propriétaire de la ferme qui est un peu avant d’arriver au vieux cimetière, M. Armand, un homme de 73 ans, qui a tout son bon sens m’a déclaré qu’il n’avait jamais aperçu la chèvre, mais que son voisin, M. Thomas qui demeurait dans une ferme au dessus de la sienne et dont les trois enfants vivent encore, avait vu dans le cimetière, par une belle nuit étoilée, trois ou quatre chèvres qui se poursuivaient et se battaient, qu’il avait voulu s’en approcher, mais qu’elles avaient disparu tout aussitôt.

M. Armand était parmi ceux qui, vers 1873, relevèrent la vieille croix du cimetière ; il ne se permet pas de douter du dire de ses voisins, Thomas et Chavagnac. Questionné sur le pain et les sous qui se trouvaient sur la croix il y a environ quatre ans, M. Armand, assez embarrassé, m’a dit à peu près textuellement : « Ah ! Monsieur, vous savez, c’est là un vieil usage. Des gens qui avaient ou qui redoutaient un malheur dans leur maison, ont placé là ce pain et ces quelques sous pour que quelqu’un, en les emportant, emportât aussi avec lui le malheur ». Cette explication de M. Armand n’est pas en contradiction avec celle de M. Brès ; elle paraît au contraire la confirmer. Quoi qu’il en soit, j’ai été bien intéressé par mon enquête dont les résultats montrent, une fois de plus, combien, pour tout ce qui touche surtout au culte des morts, le passé, malgré les apparences, est encore vivant parmi nous.

Marcel Baudouin, membre de la Société préhistorique française, explique à la suite de ce témoignage d’Anfos Martin que selon lui, l’origine de toutes ces affaires de chèvre est relative au signe du Zodiaque, bien connu, qui est le Capricorne. Celui-ci était au solstice d’hiver, quand, 1500 ans avant J.-C, le Bélier était à l’équinoxe de printemps et fut lui-même à l’équinoxe d’automne au Néolithique supérieur (8000 ans av. J.-C.). Or qui dit équinoxe d’automne, ajoute Baudouin, dit – Flammarion l’a reconnu il y a longtemps – Fête de la Toussaint, Fête des Sépultures, Fête des Morts ! D’où l’histoire des chèvres dans les cimetières… Et de conclure : on a une preuve matérielle : « Les Représentations de Mercure [le Dieu-Soleil de l’équinoxe], qui, pour le printemps, est accompagné du Bélier et du Coq, et qui, pour l’automne, est accompagné de la Chèvre, comme vient de le redire M. Anfos Martin.

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Contes, légendes et proverbes du Jura

Posté par francesca7 le 28 juin 2013

 

Contes, légendes et proverbes du Jura dans Jura vouivre

Les histoires de loups-garous, de sorcières, de « ioutons » et « fouletots » (noms comtois des lutins) et de dames blanches (les fées) ont alimenté longtemps les veillées comtoises. Les dons de dédoublement, d’ubiquité et de transformation en animaux de toutes sortes de ces personnages ont fait naître de nombreux comtes et légendes ; les enfants de la région de Montbéliard se sont répété longtemps l’histoire de la Tante Arie, Père Noël du pays d’Ajoie.

La Tante Arie – Chaque année, le soir du 24 décembre, Tante Arie quittait sa grottes du Lomont suivie de son âne à grelots, de gâteaux et de verges pour déposer ses présents au cours d’un voyage dans le pays d’Ajoie (région de Montbéliard). Personne ne sait exactement quelle est son origine ; peut-être est-ce l’ombre du souvenir d’Henriette qui épousa en 1407 le comte de Wurtemberg et que les habitants de la région appelaient « la bonne comtesse » à cause de sa générosité. Il se peut que les bienfaits de la châtelaine soient à l’origine des dons que dispense la Tante Arie, la fée de l’Ajoie, aux petits enfants de la région non seulement à Noël mais à diverses occasions de l’année.

La Vouivre – Il y avait une fois dans le Jura un château occupé par une princesse d’ne rare beauté mais au cœur incroyablement dur. Hautaine, cruelle et impitoyable, elle terrorisait les habitants du val. Et voici qu’un jour une date de noble allure vint lui rendre visite et s’entretint longuement avec elle sur la pitié et la générosité. Mais la dureté de la châtelaine demeura telle que la visiteuse, qui était fée, changea la méchante princesse en Vouivre (en patois, c’st l’équivalent du vieux mot français guivre, signifiant vipère). Devenue un serpent affreux affublé d’ailes de chauve-souris, la Vouivre portait néanmoins un diadème orné d’un magnifique rubis qui, disait-on, procurerait la fortune à celui qui le posséderait. Or elle ne déposait le joyau sur le rivage que pour  se baigner dans la Loue. Nombreux ont été les Comtois, qui dominant leur frayeur, ont tenté de dérober le bijou magique et ont ainsi perdu la vie, tués par des milliers de serpents.

La légende du lac de Saint Point – Sur les bords du Doubs, une ville entière vivait dans la débauche la plus complète ; les  habitants, farouches égoïste, savaient le cœur encore plus dur que les crêtes environnantes. Aussi, lorsque au soir d’une journée glaciale d’hiver une femme transie se présenta avec son enfant à la recherche d’un gît            accueillant et d’un peu de réconfort, ne reçut-elle que mépris et rebuffades. Alors, résignée à mourir, elle poursuivit son chemin quand, par bonheur, elle rencontra le moine saint Point qui lui offrir   l’hospitalité. Au matin,  son réveil, elle vit avec étonnement un lac à la place de la ville cruelle que Dieu avait châtiée en l’engloutissant sous les eaux d’un violent orage.

La Dame Blanche – Non loin de Lure, un château fut le théâtre d’une bien douloureuse histoire. C’était au temps où le seigneur des lieux vivait heureux, entouré de son épouse et de leurs enfants… du moins jusqu’à ce qu’un passant malveillant vint informer le châtelain des pratiques magiques auxquelles se livrait saint Desle, le fondateur de l’abbaye de Lure ; sans balancer le seigneur fait bastonner le malheureux moine. Dès lors, les malheurs ne cessèrent de fondre sur le château : mort des enfants, mort du seigneur, ruine da la famille. La châtelaine se livra alors aux pires exactions. Mais quand mourut le dernier de ses fils, elle se repentit et distribua ses richesses aux pauvres ; à l’exception toutefois d e son trésor qu’elle ne put se résoudre à abandonner. Aussi quand son tour vint de comparaître devant le juge suprême ne peut-elle être reçue au Paradis. Elle fut condamnée à revenir à son château tous les cens ans, jusqu’à ce qu’elle y rencontre une âme pure  à qui elle pourrait faire don de sa fortune. Mais le diable fait bonne garde. Aussi, les habitants de la région ont-ils parfois aperçu une dame blanche qui errait dans les ruines du château, un peu avant minuit.

Le sapin, une création du diable – Le diable, lassé par tous ses diablotins turbulents et farceurs qui l’empêchaient d’œuvrer correctement à la cuisson des damnés, décida un jour d’expédier tout ce petit monde facétieux sur la terre. Et voilà comment les « ioutons » et les « fouletots » vinrent peupler les monts du Jura. Mais bientôt, aveuglés par le grand soleil, écrasés de chaleur en été et meurtris par la longue froidure de l’hiver, ils voulurent retourner dans l’empire des ténèbres. Mais le diable, peu désireux d’avoir à les supporter de nouveau, préféra créer un arbre sous lequel ils pourraient se mettre à l’abri, le sapin.

pont dans LEGENDES-SUPERSTITIONSLe Pont du Diable – Sur la route de Crouzet-Migette à Ste Anne, le Pont du Diable fut à l’origine d’une curieuse aventure. Pour faciliter les communications entre la Montagne et le Bas Pays, on décida de bâtir un pont. Un maçon audacieux se chargea de la construction. Le but était presque atteint quand une nuit, l’ouvrage s’écroula. Le maçon tenace ne perdit pas courage et recommença. Mais le sort s’obstinait et le pont s’écroula de nouveau. Le maçon était sur le point de renoncer quand se présenta devant lui le diable en personne. Le malin s’avoua responsable des effondrements successifs et proposa de tout reconstruire, à une seule condition : que le maçon lui livrât en échange l’âme du premier passant qui emprunterait le fameux pont. Le marché était dur ; le maçon s’y résigna tout de même et la construction fit l’admiration de tous. Mais dans la nuit, l’imprudent fut pris de violents remords et dan s son délire appela un prêtre ; le curé, pour aller au plus vite, emprunta le premier le pont. Aussitôt le diable se précipita au-devant de lui pour s’emparer de son âme ; mais, ébloui par l’éclat du ciboire, Satan enjamba le parapet sauta dans le vide, d’où le nom du pont.

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L’île aux sorcières

Posté par francesca7 le 27 juin 2013

Légendes de Corse

 attention aux mazzeri ou la squadra !

 

 L'île aux sorcières dans LEGENDES-SUPERSTITIONS corse

Depuis sa naissance jusqu’à sa mort, tout est mystère, fatalité, incantation et sortilège pour le campagnard de la Corse d’autrefois. Aussitôt qu’il vient de naître, on commence par pronostiquer sur son avenir. Est-il né dans l’un des premiers jours de la semaine, pendant que la huche est pleine de pain ? Il vivra dans l’abondance ; est-il né au contraire un vendredi, alors qu’elle est vide, a meda biota, il sera toujours dans la pauvreté et la misère. Bien d’autres préjugés menacent ce pauvre petit être beaucoup plus que les maux inhérents à sa nature et à sa faiblesse. Voyez plutôt…

Sa mère le soigne, l’allaite et veille à ce qu’il ne lui arrive aucun mal ; mais quelles précautions prend-elle ! Elle commence par lui attacher sur l’épaule une petite branche de corail ou par cacher dans ses langes un morceau de chandelle — de celle que sa famille a reçue à la Chandeleur — ; cela suffit pour éloigner une foule de maladies et chasser la strega, la sorcière qui se tient toujours en embuscade, profitant de la moindre distraction de la mère pour tuer le malheureux bébé en lui suçant le petit doigt.

Si, malgré ces précautions, l’enfant tombe malade, la première pensée de la mère est de le croire innocchiato. Pour chasser ce mauvais sort, elle fait brûler, dévotement, mêlés ensemble : un rameau d’olivier, une croix de feuilles de palmier bénits le jour des Rameaux, un peu d’encens et un morceau du cierge qui se trouvait en tête du triangle pendant les offices de la Semaine sainte. Sur la fumée qui se dégage de ce bûcher d’un nouveaux genre, elle promène le corps du petit malade en faisant force signes de croix et en disant : « Je t’enfume et que Dieu te guérisse ! » Ou bien encore : « Que ton mal se dissipe comme cette fumée ! »

Si malgré cela l’enfant continue à dépérir, si le sort, ou plutôt le mal, ne s’en va pas, c’est à l’incantatrice que l’on a recours. Trois fois de suite, pendant trois jours consécutifs, la vieille procède à ses incantations : sur un peu d’eau qu’elle verse au fond d’une assiette, elle laisse tomber deux ou trois gouttes d’huile ; généralement une partie seule surnage ; l’incantatrice renouvelle l’opération, en changeant chaque fois l’eau de l’assiette. Par la disposition des gouttes, elle juge de la maladie ; si toute l’huile surnage, le mal est léger et l’enfant va guérir, sans quoi il a été frappé par les morts et nulle puissance humaine ne peut le sauver. Si, plus puissante que l’incantatrice, la nature guérit le bébé, c’est la première qui en a l’honneur ; s’il meurt, les morts seuls sont coupables.

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Mais, dira-t-on, pourquoi, au lieu de l’incantatrice, ne pas plutôt appeler le médecin ? A cause de la fâcheuse croyance répandue dans les campagnes que, pour les petits enfants, le médecin peut moins que celle qui conjure le sort ; et, il faut l’avouer avec regret, beaucoup de ceux qui se disent médecins ne justifient que trop ce préjugé.

Or, tandis qu’on se refuse énergiquement à croire à l’efficacité des prescriptions du médicastre, on admet le pouvoir de l’enchanteur ou de l’incantatrice, ces magiciens qui avec quelques paroles opèrent des prodiges et font pâlir devant eux la science la plus profonde.

Outre le mal occhio dont on a déjà parlé, les enchanteurs tuent les vers dans les intestins des enfants ; arrêtent les hémorragies ; guérissent les brûlures les plus profondes ; conjurent les effets du poison provenant de la piqûre d’un insecte venimeux ; et font disparaître le virus rabique communiqué par les morsures d’un chien enragé.

Est-ce que les plus éminents professeurs de la Faculté de médecine pourraient en faire autant, surtout avec tant de facilité et à si peu de frais ? Et cependant, il meurt peu d’enfants à la mamelle ; l’air pur, le soleil, ainsi que d’autres conditions favorables, entretiennent leur santé ; mais quelles sont les premières idées que l’on grave dans l’esprit de ces jeunes enfants dès que leur curiosité s’éveille ? Pas d’autres que les contes superstitieux de leurs vieilles grands-mères. A peine le petit a-t-il des dents pour mordiller dans la viande, qu’on lui défend de manger d’une queue de porc ou de mouton, sous peine de rester un nain. Et de peur de rester un nain, l’enfant n’en mangera pas.

Aux conversations de la veillée, il n’entend parler que de sorciers et de revenants : ces récits fantastiques, faits gravement par des personnes sérieuses, finiront par prendre possession de son imagination et il croira aux revenants comme à son existence ; il faudra môme que son esprit et sa raison soient bien solides si, avec l’âge, il parvient à renvoyer ces contes au pays des chimères. Le fait est si vrai, que l’on pourrait nommer des hommes ayant fait de fortes études et occupant dans l’Etat des positions très importantes qui prêtent foi à ces folles visions.

Si le jeune homme est appelé à la vie rurale, on lui recommande de ne tailler sa vigne, de ne greffer ses arbres, de ne faire ses semis que pendant que la lune est à son décours : alors il aura de bonnes vendanges, beaucoup de fruits, ainsi que les légumes désirables. Surtout, lui dira-t-on, malheur à toi si tu finissais tes semailles un vendredi ; ta femme mourrait dans l’année.

S’il a occasion de vendre du gros ou du menu bétail, il devra se souvenir de ne jamais livrer un bœuf, ou un mouton, sans avoir adroitement enlevé une touffe de poils de la queue du premier, ou un flocon de laine pris sur le dos du second, poils ou laine devant être jetés au milieu des bêtes qui lui restent : oublier ces prescriptions, c’est s’exposer à voir s’en aller ailleurs la fortune de l’étable ou du troupeau. Surtout, défense expresse de faire une vente un lundi : commencer à diminuer le troupeau le premier jour de la semaine, c’est le vouer à une diminution quotidienne, et finalement à une destruction totale.

Enfin, on lui fera connaître comment on peut détruire son ennemi quand on n’a pas la force de le faire par les armes, ou qu’on ne veut pas se compromettre : c’est de mettre une poignée de sel dans le bénitier du fond de l’église, en prononçant des paroles conformes au désir qui inspire cette action : c’est une variante de l’envoûtement du Moyen Age. Il faut ajouter que ce moyen d’atteindre son ennemi, n’est jamais pratiqué par un homme ; seules les veuves et filles orphelines y ont recours.

De son côté la mère recommande à sa fille — pour le temps où, à son tour, elle dirigera un ménage — de ne mettre des œufs à couver que lorsque la lune, dans sa splendeur, est bien visible au-dessus de l’horizon ; de ne faire une salaison de viande à conserver que si la lune ne s’est pas encore levée ; de garder soigneusement les branches d’olivier, les feuilles de palmier bénites, l’encens, et la chandelle nécessaires pour chasser le mal occhio ; et de conserver la coquille du premier œuf que ses poules pondront le jour de l’Ascension : cette coquille a le pouvoir d’éteindre les flammes en cas d’incendie.

Elle lui recommande de veiller à ce que son mariage n’ait pas lieu le même jour où une autre se marie. Si cela se produisait, il faudrait éviter à tout prix de suivre le même chemin ou de se rencontrer, soit en allant, soit en revenant de la mairie ou de l’église ; car si les pas de l’une devaient passer sur ceux de l’autre, celle qui aurait marché devant mourrait dans l’année.

Elle lui apprend ce qu’il faut faire pour prévenir les envies qu’éprouvent les femmes enceintes ; car, par exemple, le compère-loriot provient de la salive que l’une d’elles crache en se tournant vers une personne qui porte des fruits dont elle désire et qu’elle n’ose pas demander : cette envie apparaît sous la forme d’un bouton sur l’œil qui n’a pas su la voir ; de même que le fruit désiré naît sur la peau de l’enfant qu’elle porte dans son sein ; il faut donc être attentive, offrir généreusement et ne pas rougir de demander. Enfin, pendant le mois de mai, alors que la nature respire la joie et invite à l’amour, les bergers ne se marient jamais. Pourquoi ? On ne sait.

En Corse, les diseurs de bonne aventure prennent le nom de devins ; ils prétendent lire l’avenir sur un œuf ou une épaule de mouton : il va sans dire que l’œuf doit être frais et l’épaule livrée avec toute sa chair. C’est le devin qui doit la faire cuire et la dépouiller lui-même, afin de pouvoir lire sur l’omoplate. Les présages ont une grande influence sur l’imagination populaire. Au nombre des mauvais présages sont : le chant de la poule ; le cri de la Malucella, l’oiseau de mauvais augure ; et les hurlements des chiens.

Lorsque une poule se met à chanter, c’est un mauvais signe pour la la maison ; seulement elle ne chantera qu’une fois, par la raison que la première personne de la famille qui la voit se hâte de lui tordre le cou. Lorsque, pendant le silence et l’obscurité de la nuit, la Malucella fait entendre son cri sinistre, le trouble est dans la maison la plus voisine du lieu où elle a chanté. « Plutôt que de faire du mal à quelqu’un de ma famille, dit le père, je te voue mon cheval, ou tel autre animal qui te plaira. » « Emporte la plus belle de mes poules, dit la mère. »

Le chien n’étant pas au nombre des animaux que l’on offrait en sacrifice, n’est jamais désigné comme victime expiatoire. S’il arrive que, la nuit venue, le chien, in pippuli, regarde la maison de son maître et pousse des cris plaintifs, on dit qu’il pleure celui qu’il aime et l’avertit que le malheur est suspendu sur sa tête ; et si tous les chiens de la localité se rassemblent et aboient sur un ton lamentable, la panique devient générale.

iles

Jaquette du DVD de L’île aux Sorciers,
film fantastique réalisé en 2007

 

Dans le nord et la partie orientale de la Corse, on croit aux sorciers, streghe, qui vont pendant la nuit faire leur sabbat, et exécuter des danses funèbres dans les lieux sombres et les cimetières. Ces méchants esprits font tout le mal qu’ils peuvent aux voyageurs attardés, et aussi ils font pleurer les mères en tuant leurs petits enfants. Le chef des sorciers ou le grand sorcier, s’appelle lo stregone : c’est peut-être parce que lo stregone y exerçait plus particulièrement ses maléfices, que le nom en reste à la piève et au torrent d’Ostrigoni.

Dans le midi de l’île, on croit à l’existence des âmes en peine, lesquelles s’en vont errant dans les ténèbres et les lieux déserts, en poussant des gémissements désolés sans pouvoir trouver de repos nulle part. Ces âmes, dit-on, sont au nombre de celles qui furent chassées du Paradis au temps de la révolte de Lucifer, mais qui, s’arrêtant en route, n’entrèrent pas avec lui dans les enfers : ce sont elles qui prennent toutes les formes pour épouvanter les vivants.

I MazzeriAcciaccadori, ou Acciaccamorti, assommeurs, sont les esprits de personnes encore vivantes affiliées à la confrérie des morts. Pendant que le corps est endormi, l’esprit qui l’anime est forcé de répondre à l’appel toutes les fois qu’il est requis ; il prend la forme d’un fantôme et chasse pendant la nuit les personnes attardées auxquelles il donne le coup mortel. Pour mieux atteindre leur proie, les Mazzeri se partagent les rôles : les uns se tiennent en embuscade au fond des ravins, à l’entrée des chemins creux et obscurs, aux passages des cours d’eau ; les autres battent la campagne, et si, fuyant devant eux, ce gibier d’une nouvelle espèce tombe dans l’embuscade, le mazzeri l’acciacca, l’assomme.

C’est pour conjurer ce péril que les Corses font le signe de la croix dans les lieux sombres, franchissent les ruisseaux d’un saut s’ils le peuvent, ou passent vite. Ces chasses fantastiques sont annoncées par les aboiements d’une chienne et quelques cris que l’on entend de loin en loin et de distance en distance dans le silence et l’obscurité de la nuit, car souvent la poursuite est longue à travers les vallées, les monts et les bois. Citons le vas d’un vieillard portant le deuil de son fils unique qu’il affirmait avoir lui-même assommé dans l’une de ces étranges embuscades.

« Malheureux ! et vous avez pu frapper votre fils ? » lui disait-on ; il baissait la tête et répondait tristement : « Nous — i Mazzeri dont il croyait faire partie — nous ne connaissons ceux qui tombent sous nos coups que lorsqu’il n’y a plus de remède. Mon fils se présenta sous la forme d’un marcassin blanc ; au saut du ruisseau, je l’atteignis sur les reins ; il poussa un cri, je reconnus la voix de mon enfant, mais le coup était mortel : il tomba et se renversa sur le dos ; hélas ! il était mort. » Cependant ceux qui passent à travers une embuscade ne reçoivent pas tous le coup du Mazzeri, quelques-uns parmi les morts veillent sur ceux qu’ils ont aimés, et se manifestent à eux de différentes manières et sous des formes diverses, surtout sous celle d’un chien de garde.

Lorsque, surprise par la nuit, une personne gardée par un esprit est sur le point de s’engager dans la voie qui la mènerait dans une embuscade, un chien de forte taille au pelage d’un noir fauve, paraît tout à coup à ses côtés, puis la précède de quelques pas et marche en avant-garde. Au lieu périlleux, il s’arrête et regarde fixement du côté du Mazzeri, visible pour lui seul ; le coup ne tombe pas et la personne est sauvée, au moins pour cette nuit. Le chien continue sa marche jusqu’à ce que tout danger ait disparu, après quoi il s’en va comme une vapeur.

Mais la plus imposante et la plus terrible de toutes les apparitions est celle de la Squadra d’Arrozza, ou confrérie des morts. La squadra ne se montre que dans les occasions solennelles, pour des gens qui valent la peine qu’elle se dérange, pour des pères et des mères dont la mort est un malheur irréparable pour ceux qui restent. A l’heure de minuit, le tambour bat le rappel dans le cimetière et les morts se rassemblent : ils sont en nombre infini. Vêtus de longues chapes noires, les capuchons rabattus sur la figure, ils se mettent en marche lentement, gravement, en observant les distances comme dans une procession. Sur le devant du capuchon sont deux trous à travers lesquels on voit leurs yeux éteints.

Un tambour précède la squadra et joue des marches funèbres. A son apparition, les chiens, s’enfuient et se cachent sans oser aboyer. Arrivée sur la place de celui qui va bientôt quitter la vie, l’horrible confrérie se range en cercle, place au centre une forme de cercueil et fait les mêmes cérémonies que les vivants accomplissent pendant le jour. Et quand les funérailles sont finies, elle remporte la bière en chantant comme cela se pratique pour celui que l’on va mettre en terre : celui ou celle à qui la squadra a rendu ces honneurs, ne vivra pas au-delà de vingt-quatre heures.

Rencontrer la squadra est un présage funeste ; celui qui a cette mauvaise chance a beau être armé ; s’il fait feu la poudre ne s’allume pas ; s’il fuit ou s’il se laisse envelopper il est perdu. S’il accepte ce que les morts ne manquent pas de lui offrir avec insistance, malheur ! Car les fantômes disparaissent aussitôt, ne lui laissant que des ossements ou un cadavre dont il ne pourra se débarrasser.

Certains estiment qu’il faut avoir perdu tout bon sens pour accorder une foi quelconque à ces étranges et fantastiques visions, et l’on peut rester confondu en les entendant raconter par des hommes sérieux et graves, voire même par des prêtres qui vous disent hardiment : Je l’ai vu.

Imaginez-vous un jeudi soir, par une nuit obscure de la fin d’automne. Un laboureur attardé se hâtait de rentrer chez lui. S’il était encore dans la campagne à cette heure indue, c’est qu’il avait tenu à finir ses semailles ce jour-là, car finir le lendemain, vendredi, c’était condamner à mourir dans l’année sa femme qu’il aimait. Il marche donc en pressant le pas, mais la nuit est noire, le chemin mauvais, le ciel orageux. Les feuilles sèches, emportées par le vent qui siffle, forment dans les airs des bruits sinistres qu’il prend pour les gémissements plaintifs d’esprits errant à travers l’espace.

Afin de conjurer leurs maléfices, il fait force signes de croix et se recommande aux saints qui protègent les vivants contre les fantômes. Le voilà sur la colline d’où il peut voir son village, mais il faut passer à côté du cimetière et il a peur. Néanmoins, il se fortifie par de nouveaux signes de croix, marmotte une prière pour le repos de ceux qui dorment en ce lieu, et passe. Mais à quelques pas plus loin, il s’arrête, frappé de stupeur, en voyant venir à sa rencontre une longue file de lumière. « Malheur à moi, se dit-il, voilà la squadra ! » et ses cheveux se dressent sur sa tête. Que faire ? Fuir ? Ce serait tomber dans une embuscade et y être assommé par l’acciaccadore.

Le désespoir lui donne du courage : il s’adosse à un pan de mur, met entre ses dents le manche de son couteau en tournant la pointe de la lame vers la squadra et attend. Cependant la procession avance toujours, bientôt un murmure confus frappe ses oreilles, enfin il entend prononcer son nom. Plus mort que vif, les yeux égarés, la figure baignée d’une sueur froide, il ne s’aperçoit pas qu’à côté de lui le mur écroulé offre une brèche par laquelle une partie de la squadra se glisse et l’entoure. Aussitôt qu’il est cerné, le chef de la squadra s’avance vers le malheureux qui ne sait plus ce qu’il fait, lui présente un objet soigneusement enveloppé, et d’un geste impérieux lui commande d’accepter ; l’autre accepte…. Au même instant la squadra s’évanouit comme une ombre vaine, et il se retrouve plongé dans l’obscurité… Des ricanements qui se perdent au loin dans les ténèbres, achèvent de le convaincre que la rencontre qu’il vient de faire lui sera fatale.

Après avoir repris un peu de courage, il ferme son couteau et se met en devoir de regagner son logis, mais il est tout engourdi ; toutefois il se remet en marche, se traînant lentement, péniblement, et avec effort affecté par une odeur cadavérique qui le suffoque, plus encore que par l’abattement de ses membres : c’est de l’objet qu’il a eu le malheur d’accepter et dont il ne peut se débarrasser que cette odeur se dégage. Arrivé près de sa porte, il veut voir, avant d’entrer, le don fatal qui lui a été fait : il tire la toile qui le couvre ; elle se déchire comme du carton pourri et laisse voir un corps blanc comme du marbre, froid comme de la glace… Horreur !… mon enfant !… Et ses yeux se voilent, la tête lui tourne, il chancelle et tombe pour ne plus se relever…

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Fosse au Dragon, à Mézières (Ardennes)

Posté par francesca7 le 9 juin 2013

  (D’après « Revue d’Ardenne et d’Argonne » paru en 1894) 

Tous les Macériens (noms des habitants de Mézières, avant sa fusion avec Charleville en 1966) connaissent la Fosse au Dragon, écrit Paul Hanrion en 1894. C’est un trou, dans le lit de la Meuse, situé au sud du faubourg de Saint-Julien, derrière la maison qui porte l’enseigne du Beau Séjour, poursuit-il. La rivière est en cet endroit assez profonde et les tourbillons nombreux qu’elle y forme ont causé souvent la mort de baigneurs imprudents : de là une mauvaise réputation qui remonte à plusieurs siècles. Mais d`où vient ce nom de Fosse au Dragon ? La légende nous le dira

Fosse au Dragon, à Mézières (Ardennes) dans LEGENDES-SUPERSTITIONS fosse-au-dragonUn des treize chanoines du chapitre de l’église collégiale de Mézières, qui vivait vers la fin du XIIe siècle, s’était épris, dit-on, d’un amour terrestre pour une nonne d’un couvent voisin d’Annonciades Célestes. L’annonciade ne sut pas y rester insensible ; mais Dieu punit terriblement les coupables. La nonne donna le jour à un petit monstre, qui, en grandissant, devint un dragon d’une méchanceté sans pareille. Il dévorait les enfants et les jeunes filles, et rendait la ville déserte par ses hurlements et par l’odeur empoisonnée qu’il dégageait. On résolut de l’enfermer, afin de pouvoir l’enchaîner plus facilement. Prêtres et chevaliers sortirent par la porte Saint-Julien en longue procession à la rencontre de la bête ; un saint évêque s’avança intrépidement et l’aspergea d’eau bénite. On enferma le monstre vaincu dans une cave, mais on jugea plus prudent de le faire périr ; on le traîna à grand’peine hors de la ville et on le précipita dans la Meuse. Il fit de vains efforts pour s’échapper, et, en se noyant, il creusa le gravier du fleuve de ses longues griffes. Depuis lors, il y a en cet endroit, un trou qui prit le nom de Fosse au Dragon, et dont on n’a jamais, paraît-il, pu trouver le fond. 

C‘est là une des variantes de la légende. L’histoire était connue depuis fort longtemps ; elle a dû être maintes fois modifiée et amplifiée par l’imagination populaire. Une autre version a été conservée par dom Ganneron, chartreux du Mont-Dieu, dans ses Centuries de l’Etat ecclésiastique du pays des Essuens (1640). Ce récit est curieux ; aussi le reproduisons-nous en entier. 

« Il arriva autrefois qu’un chanoine de ladite église [l'église collégiale de Mézières, fondée vers 1190 par Manassés VI, comte de Rethel et son fils Hugues], homme curieux des secrets de nature, voulut expérimenter que deviendrait, un ver de terre qui pourrait vivre longuement. Il en enferma un dans une petite fiole, lui donnant aliment convenable pour sa sustentation. Quand il le vit grossir et que la fiole ne le pouvait plus contenir, il le mit dans une bouteille, et à mesure qu’il grossissait, il le transportait de vase en vase, de plus grand en plus grand. Enfin il devint si gros, qu’il fut contraint de le mettre en un tonneau ; mais comme sa curiosité ne se bornait point, voulant en avoir le passe-temps jusqu’au bout, il fit faire une cage de fer en sa cave où il le mit ; mais telle épreuve lui coûta la vie et la perdition de la ville, pour l’infection de l’air qui s’en allait suivre. Car, comme ce ver était devenu dragon, jetant feux et flammes, le pauvre chanoine fut contraint d’en raconter l’histoire à ses amis pour tirer conseil d’eux, comme il se devait délivrer du malheur qui le menaçait et toute la ville. 

« Conclusion fut prise de le tirer de la cave et de le jeter dans la rivière de Meuse. Cela fut aisé assez dire, mais Dieu sait si ceux qui eurent charge de le traîner avec sa cage sur le pont, eurent belle peur d’être infectés de l’haleine de ce dragon. On trouve donc invention de le tirer et de le mener à la vue du monde sur le pont, d’où il fut précipité dans la rivière, en laquelle, après avoir fait quelques sauts et virevoltes, il s’alla enfin noyer à quelque espace de là ; depuis quoi, on ne le vit plus, et le peuple remarqua fort bien la place où il fut abîmé. 

« Voilà, se dira quelque Aristarque, un beau petit conte qui sent le papin des enfants du Rethelois et les élans de quelque vieille édentée de Mézières. Je l’ai cru ainsi auparavant, mais depuis que des gens honorables et personnes religieuses me l’ont assuré ainsi, j’ai changé de croyance. On fait annuellement une procession à Mézières, au lieu où ledit dragon fut abîmé, qu’on appelle la procession des jambons, à cause que chaque ecclésiastique doit avoir pour son assistance et distribution un jambon, selon les termes de la fondation. Cette histoire aussi est dépeinte aux vitres de l’église, et dit-on que le chanoine s’enfuit, craignant la fureur du peuple ». L’usage de fournir ce jambon est constaté notamment en 1764, dans le bail de la cense de Saint-Julien à Pierre Lacatte (Archives départementales des Ardennes). La procession se faisait après le mardi de la Trinité et c’était le fermier de cette cense qui le donnait au doyen de Mézières. 

Comme on le voit, précise Paul Hanrion, un des vitraux de l’église rappelait aux habitants de Mézières la légende du dragon, qui avait fourni matière au grand vitrail, placé derrière le maître-autel. Le bombardement de 1815 l’avait laissé intact : il fut détruit en 1870. On a replacé dans la fenêtre flamboyante qui surmonte la porte de la sacristie, au sud de l’abside, tous les débris qu’on a pu retrouver. Ces débris, provenant de tous les anciens vitraux de l’église, ont été réunis de manière à occuper toute la fenêtre. Ils ne présentent aucune unité et sont placés pêle-mêle. En haut et à gauche de ladite fenêtre, on voit un fragment, bien petit, de la superbe verrière. Du dragon, il ne reste qu’un morceau d’environ 8 centimètres de hauteur sur 10 de largeur. Le monstre a la face grimaçante : on dirait qu’il possède une tête de singe : la partie antérieure du corps est verte ; ce qui en reste est jaunâtre. Il est encastré dans un panneau représentant un évêque, levant le bras comme pour bénir ou jeter de l’eau sainte ; à côté de l’évêque on a rassemblé un arbre couvert d’oiseaux, une tête de chien et un grand lévrier jaune, qui faisaient peut-être partie du vitrail primitif. 

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Rond de sorcière

Posté par francesca7 le 9 juin 2013

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Faux Rond de sorcière

Le rond de sorcièrescercle des fées ou mycélium annulaire est un phénomène naturel, consistant en une colonie de sporophores pérennants alignés en une formation plus ou moins circulaire, en sous-bois ou dans les prés.

Les véritables ronds de sorcières voient leur rayon croître par pas de 20 à 40 cm, le record étant atteint par le Catathelasma imperiale avec un accroissement de son rayon d’un mètre par an. La fréquence de ces « bonds » , chaque année, dépend de l’espèce considérée.

Georges Becker signale deux types de faux cercles : celui dont un arbre est le centre, et où le mycélium ne fait que suivre la progression des radicelles périphériques, et le cas des ronds qui apparaissent spontanément tout formés et ne progressent pas.

Selon Henri Romagnesi, ces formations circulaires ont pour origine une unique spore qui germe puis émet son mycélium dans toutes les directions, à une vitesse de croissance sensiblement égale. Quand le sol est épuisé, le mycélium colonise une nouvelle bande de terrain. Il s’ensuit au cours des ans une progression de la colonie en un cercle de plusieurs dizaines de mètres de diamètre, voire plusieurs centaines de mètres pour les plus anciens.

Dans les immenses prairies des États-Unis et du Canada, certains spécimens atteignent plus d’un kilomètre de diamètre, et Georges Becker a repéré, près de Belfort, un rond de sorcière d’environ 600 mètres produit par un Clitocybe gigantea.

La distance franchie annuellement par le mycélium annuaire étant connue, on peut en déduire son âge. Les cercles d’une dizaine d’années sont les plus courants, mais les ronds de sorcières de plus d’un siècle ne sont pas rares. Celui de Belfort cité plus haut est ainsi estimé à plus de 700 ans. Même quand ils sont aussi anciens, ils restent aussi prolifiques qu’au premier jour; V. Piane a compté plus de 700 exemplaires de Pieds bleus (Lepista nuda) dans un cercle d’une cinquantaine de mètres de rayon.

La variation de couleur de l’herbe et du comportement de la végétation est issue de deux phénomènes :

  • Le dépérissement s’explique par l’épuisement des substances nutritives du sol au profit du mycélium ou la production de toxines sécrétés par ce dernier, notamment une quantité excessive de nitrates et de substances antibiotiques.
  • Mollard explique la formation d’un anneau de végétation luxuriante par les mêmes nitrates (sels ammoniacaux) qui, dilués par les pluies et atteignant un taux comparable à celui aux engrais horticoles, perdent leur nocivité et favorisent la croissance de la végétation.
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Cercle de fées

Tous les Hygrophores des sous-genres Limacium et Camarophyllus, la plupart des Psalliotes et des Hébélomes, la majorité des Tricholomes et desClitocybes, beaucoup de Cortinaires et de rares Amanites peuvent produire ce type de formation circulaire. Les plus typiques sont celles produites par le Tricholome de la Saint-Georges, le Marasme des Oréades et le Clitocybe géotrope.

Ces cercles de champignons ont donné naissance à de nombreuses et anciennes légendes pour tenter de les expliquer : Nymphes et dryades, elfes etgnomes en seraient les responsables. Au Moyen Âge, les hommes y voyaient la trace de la « danse des sorcières pour évoquer le démon », celle des fées, la main du diable ou celle de génies nocturnes tels que korrigans et farfadets.

La couverture herbeuse dépérit fréquemment sur cette zone dénudée où apparaissent plus tard, en saison, les nouveaux champignons. L’intérieur du cercle se distingue par une végétation maladive, alors qu’à l’emplacement du cercle de l’année précédente, l’herbe forme un anneau luxuriant d’un vert foncé. Ces cercles sont ainsi repérables avant l’apparition des champignons sur leur pourtour. Les plus grands cercles sont plus aisément repérables d’une hauteur ou à bord d’un avion.

 

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la légende héraldique

Posté par francesca7 le 7 juin 2013


UN FORUM à votre disposition : http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

la légende héraldique dans AUX SIECLES DERNIERS legendeDifférentes disciplines scientifiques servent à étayer des légendes héraldiques fantaisistes mais flatteuses pour la famille qui portent ces armoiries légendaires. La géographie, la généalogie, la philologie, ainsi que, curieusement, la géologie, servent à nourrir ces légendes ; ces dernières, presque toujours issues des récits imaginaires et faussement érudits des hérauts d’armes des xivet xve siècles, se colportent jusqu’au xviie siècle par le biais des publications et des manuscrits de ces hérauts, mais aussi par les traditions orales familiales, comme en attestent de nombreux auteurs héraldistes qui relatent les circonstances de leur découverte de ces légendes. Ces dernières expliquent la nature des motifs héraldiques des armoiries des familles par un système assez simple d’analogies plastiques. Ainsi, des bandes horizontales sur un écu pourraient par exemple rappeler un fleuve, une disposition géographique ou une anecdote le plus souvent flatteuse sur les origines de la famille concernée. Une attention particulière a été ici apportée au cas de l’hermine de Bretagne, expliquée par plusieurs légendes mobilisant l’histoire antique, ou des récits romanesques concernant des princes bretons. L’examen détaillé de ces dires montre une véritable érudition, fondée sur l’imagination ou la réputation, qui se met au service des connaissances héraldiques.

La fable aux origines des armoiries

Les érudits du xviie siècle, même « Ménestrier », dans une certaine mesure, rapportent volontiers des prodiges, des concessions fabuleuses, ou des exploits aussi fabuleux, aux origines de certaines armoiries. Il existe de très nombreux exemples d’armoiries de familles dont l’origine est réputée être un exploit guerrier remarquable ou extraordinaire, au cours d’une bataille, d’une chasse ; cet exploit fait parfois lui-même référence au motif de l’écu, mais il peut aussi s’agir d’une concession royale accordée suite à cet exploit. Il existe aussi des histoires de miracles, souvent liés à un événement mystique, faisant par exemple allusion à la vision de Constantin au pont Milvius, ou à un miracle eucharistique.  Il est intéressant de constater que le xviie colporte un grand nombre de ces légendes, mais en exclut certaines, comme la légende des armes de la famille de Lalaing, pourtant célèbre : ce travail ne concerne donc que les légendes rapportées au xviie siècle ; les autres sont en général redécouvertes au xixe siècle, friand de ces récits flatteurs pour la noblesse, ou les nations.

 

 

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