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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Citation sur la France.
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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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PUNIR AU 17è SIECLE

Posté par francesca7 le 13 septembre 2015

 

Punir

Il y a bien des façons de punir: carcan, brodequins, mutilations, fouet, pendaison, décapitation, flétrissure, galères; le choix de manque pas. Le carcan était un collier métallique ou en bois servant à attacher un condamné. Surtout utilisé pour les petits criminels, on dispose le malfrat en public, pendant quelques heures, exposé à l’humiliation publique. Le fouet est également très répandu et populaire. Tant utilisé pour les soldats que les citoyens, on prévoit habituellement un trajet marqué d’arrêts où le bourreau chaque fois inflige 6 ou 7 coups au condamné, dépendamment de la gravité du crime commis.

 Sans titre

La flétrissure, une des multiples méthodes de châtiment non-mortels. Un des bourreaux applique le fer tandis qu’un autre agite une poignée de verge, appelée communément une « bourrée », d’où s’inspire le mot « bourreau ».

La flétrissure est le fait de marquer au fer rouge un condamné. Sous le régime français, on a l’habitude de marquer l’épaule ou la joue d’une fleur de Lis. On inscrit un « V » pour les voleurs, et « W »pour un voleur récidiviste. Nul besoin de mentionner que ces marques indélébiles changent définitivement la vie des affligés, notamment quand la flétrissure est au visage… et ça c’est quand la plaie ne s’infecte pas, ce qui est rare.

Après les avoir marqués des lettres « GAL » avec le fer, on expédie parfois les condamnés aux galères. Cette peine est une des pires imaginables, les chances d’y survivre étant quasi nulles. Les galériens sont expédiés en France, débarquent au port PUNIR AU 17è SIECLE dans AUX SIECLES DERNIERS Toulon-_Bagnardde La Rochelle ou autres, doivent traverser à pied une partie de la France, attachés à la chaîne des forçats, subissant les coups des gardiens en plus des injures et insultes des passants, pour enfin parvenir à Marseille. De là, embarqués à bord de ces galères glauques, propulsés par toute une force humaine asservie et maltraitée, ils sont nus jusqu’à la taille et enchaînés à leur banc jour et nuit, sous la menace constante du fouet. « À leur apogée, vers 1680, les galères du roi utilisaient un total de 7000 rameurs. » Considérées comme trop coûteuses et peu efficaces, les galères sont abolies en 1749, et remplacées par le « bagne », un établissement pénitentiaire de travaux forcés, alors appelés « galères sèches ».

Que faire quand, par exemple, un condamné est en fuite? La peine est-elle abandonnée? Non. En aucun cas la peine ne peut être abandonnée, car ce serait là montrer que des crimes demeurent impunis. En l’absence des criminels, le châtiment s’effectue « par effigie ». La méthode consiste à peindre une représentation du condamné et d’appliquer le châtiment à cette image. Une scène qui devait, on se l’imagine bien, être légèrement moins spectaculaire que celle d’un supplicié bien vivant.

Publié dans AUX SIECLES DERNIERS, HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

Plume de corbeau

Posté par francesca7 le 17 août 2015

 

Plume de corbeau dans FAUNE FRANCAISELes Français vont s’installer peu à peu dans une confortable collaboration avec l’occupant. Les fournisseurs s’empressent de répondre à ses besoins, d’autant plus qu’il paie bien, et comptant !

Le service des postes fonctionne lui aussi à plein régime : des lettres sans signature arrivent tous les jours dans les kommandanturs !

On y dénonce le voisin qui cache des Juifs, celui qui ravitaille la résistance, on révèle la véritable identité d’un étranger qui vient d’arriver sous un faux nom, on précise où se trouve l’aviateur anglais qui a été récupéré dans la nuit, on ajoute que l’argent parachuté pour la résistance a disparu, on se venge d’un amour déçu…

Bref, beaucoup de villes, petites ou grandes, beaucoup de villages sont devenus des corbeautières où s’installent des haines tenaces qui, souvent, vont se transmettre sur plusieurs générations.

Cependant, la collaboration n’empêche pas les occupants de se livrer au pillage économique de la France, avec pour conséquence des denrées contingentées et distribuées contre des cartes de rationnement.

Ce système permet le développement du marché noir : des denrées devenues rares sont vendues sans scrupule à prix d’or par ceux qui les possèdent ou par des intermédiaires. Untel fait du marché noir ? Vite, mon encre noire, et ma plume de corbeau…

Un marché noir relève généralement du secret de Polichinelle : tout le monde sait qu’il existe, tout le monde l’alimente (soit comme acheteur, soit comme vendeur). Une fraction des marchandises prévues pour le marché officiel est toujours détournée vers le marché noir, avec des complicités internes souvent à haut niveau ; cela accroît la pénurie et fait monter les prix au marché noir, au profit de ses organisateurs.

Les marchés noirs existent toujours et tendent à croître avec Internet. Ainsi, grâce à l’utilisation du réseau anonyme Tor, un marché noir nommé Silk Road spécialisé dans la vente de stupéfiants a vu son apparition.

Le monde du spectacle et de la musique est très touché par le marché noir. Environ 20 à 30% des places de spectacles et concerts sont récupérés par des réseaux revendant ces places au marché noir. A la mise en vente des places, des robots achètent les places automatiquement en très grand nombre provoquant une rupture de stock rapide. Ces places sont alors revendues auprès du grand public jusqu’à 10 fois leur prix d’origine. Le Prodiss, union du spectacle musical et de variété, a lancé le site levraibillet.fr  afin de sensibiliser le grand public et de lutter contre le marché noir.

LE CORBEAU

220px-Corbeau_et_croixLe corbeau, sans référence à une espèce en particulier, a une influence considérable sur la culture humaine, puisqu’on le retrouve aussi bien dans les mythes et contes traditionnels amérindiens nord-américains, sibériens ou nordiques, dans les légendes et la littérature de toutes les époques. Il y joue le plus souvent un rôle de fripon, de héros, ou contribue par sa ruse à la création de l’homme. Chez les inuits, le même mot désigne le corbeau et l’esprits des corbeaux réels.

Au fil du temps, ces oiseaux acquièrent une mauvaise réputation à cause de leur plumage noir, de leur cri rauque et de leur nécrophagie, en particulier dans l’Europe chrétienne, ce qui se traduit par une diabolisation progressive et une réputation d’oiseau de mauvais augure.

La plupart des références culturelles se rapportent à l’espèce commune du grand corbeau, mais il peut aussi se confondre avec la corneille. Sa symbolique a notamment intéressé le célèbre anthropologue français Claude Lévi-Strauss, qui suggère une hypothèse structuraliste selon laquelle le corbeau, tout comme le coyote, a obtenu un statut mythique parce qu’il était considéré comme un médiateur entre la vie et la mort…

Le grand corbeau vit dans des habitats sauvages variés, depuis les falaises côtières jusqu’aux hautes montagnes. On le trouve aussi dans les zones boisées et les forêts ouvertes, Grand Corbeaumême en terrain bas. Ils nichent dans les zones de falaises, mais on les trouve aussi dans la toundra et la forêt boréale, et même dans les zones urbaines. 
Le grand corbeau est résident dans son habitat. 

Comportements : Le grand corbeau est attiré par les charognes, et les insectes qui vivent sur ces charognes. Il est friand du placenta des brebis et des grands mammifères en général. Il se nourrit sur le sol et stocke toute sorte de nourriture. Les adultes sont très méfiants quand ils approchent d’une nouvelle carcasse, préférant attendre qu’il n’y ait pas de danger pour se nourrir. 
Le grand corbeau communique par des vocalises, mais aussi par des parades. Le couple qui défend son territoire et son nid poursuit les intrus sur de longues distances, et peut engager des combats aériens. 
Il ne migre pas, mais on peut observer des mouvements saisonniers pour éviter des températures extrêmes. Cette espèce très intelligente peut survivre dans l’Arctique, aussi bien que dans le désert ou les régions tempérées. 
Les parades observées ont lieu tout au long de l’année, plus intensément en automne et en hiver, et comprennent des vols acrobatiques. Les couples restent ensemble toute l’année, et sans doute pour la vie. La parade nuptiale effectuée au sol comprend des courbettes, avec le cou allongé et les plumes de la gorge ébouriffées. Le mâle déploie ses ailes et la queue, tend son cou vers le haut en se courbant, mais avec le bec tourné vers le sol. La femelle l’invite à l’accouplement en s’accroupissant légèrement et en faisant trembler sa queue.

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À Tourves, on a le goût du bouchon

Posté par francesca7 le 15 août 2015

 

Chaque année, quelques milliers de nostalgiques se réunissent mi-août pour reconstituer le grand chassé-croisé des touristes dans un embouteillage festif.

Image DR

Image DR


Rappelez-vous les années 1960, la nationale 7, seule voie rapide endossant la transhumance vers la Côte d’Azur. Quelques sections seulement étaient passées à 2 x 2 voies, jouant sur la circulation les effets d’accordéon lorsque le tuyau s’étranglait. Le chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens se faisait à ce prix-là et donnait lieu à des bouchons mémorables dans les villages, sortis de leur torpeur pour assister à une joyeuse pagaille, celle des visages pâles croisant les bronzés déjà déprimés par le retour. Certains n’hésitaient pas à rouler de nuit, car les voitures « chauffaient ». Les garagistes se frottaient les mains : ils faisaient leur année en deux mois.

Eh bien croyez-le ou non, le 15 août prochain, le village varois de Tourves, entre Saint-Maximin et Brignoles, va retrouver son bouchon historique des années 1960, le vrai, avec voitures d’époque et figurants parfaitement raccords. Les plus récentes datant de 1968, année où la déviation du village a été mise en place. Il fallait quand même oser avoir cette idée pour le moins incongrue. Et cette idée folle a germé dans l’esprit de Thierry Dubois, dessinateur, auteur de BD, amoureux de voitures anciennes et passionné par les routes et en particulier par la N7.

De Lapalisse à Tourves

« Pour moi, la nationale 7 est aussi importante pour notre histoire qu’une route gallo-romaine. Je l’ai photographiée dans tous les sens, j’ai rencontré les riverains, recueilli des témoignages d’anciens chauffeurs, gendarmes, garagistes, répertorié les anciennes stations-service art déco – il en reste six. La N7, c’est le symbole des Trente Glorieuses. Les villages sont nés sur cet axe, ils ont souffert et se sont développés, les rois de France l’ont emprunté. La N7, avec la N6 également, est devenue un mythe. »

téléchargementAlors, quand on lui demande « et l’idée de recréer un bouchon ? », il sourit. « Elle est venue en 2006 à Lapalisse, dans l’Allier, lors de l’ouverture de la déviation de la N7. La mairie voulait commémorer l’événement. Alors, on a organisé le dernier bouchon de la ville avec des voitures anciennes. Deux cent cinquante propriétaires ont répondu présents. Mais attention, il ne s’agissait pas d’un défilé de voitures anciennes, mais de recréer toute une époque. Devant la demande, on a recommencé en 2008 : succès avec 350 voitures. L’année dernière, 800 passionnés sont venus de toute la France. La mayonnaise a pris pour le plus grand bonheur des habitants et des commerçants. »

Alors, quand Thierry Dubois vient voir Paul Castellan, le maire de Tourves, pour lui proposer de reconstituer le bouchon qui avait marqué tous les esprits jadis et rendu son village célèbre, il n’a pas hésité. « Rendez-vous compte, confie-t-il, les jours de grands départs, 20 000 voitures par jour se croisaient dans la rue principale du village. Le record fut le 2 août 1965 avec 28 000 véhicules. Au centre, la largeur de la voie ne faisait pas plus de 4 mètres. Deux caravanes ne pouvaient pas se croiser. Vous imaginez le spectacle. Ça alimentait les conversations. Quant à l’animation, le sport, c’était de contempler les Parisiens dans les embouteillages. Le garde champêtre ne savait pas où donner du képi pour régler la circulation. Il avait fallu détacher des gendarmes pendant les deux mois d’été. Tous les anciens s’en souviennent. Alors, pensez, reconstituer cette époque, on a dit oui tout de suite. »

Ça sent le bouchon

Bouchon-Tourves-2015« La première reconstitution du bouchon de Tourves s’est déroulée en 2011. Les habitants ont adhéré sans problème, tout le monde a joué le jeu jusqu’à mimer des disputes. Pour la deuxième édition, on a reproduit les anciennes plaques émaillées Michelin et, aux entrées du village, on va placer les anciennes bornes kilométriques blanches à chapeau rouge. Elles indiqueront également les lieux touristiques à visiter. » Le succès est au rendez-vous, attirant la grande foule autour des 137 véhicules d’époque attendus pour l’édition 2015. pour un joyeux embouteillage, car « celui-là est librement consenti et même provoqué », dit Christian Cadars, qui organise désormais l’événement. Thierry Dubois, l’inspirateur, viendra avec deux camions « et quelques surprises dans sa besace ».

Alors, le 15 août, ça va être chaud à Tourves. Cette année, on n’attend pas moins de 140 véhicules de 1935 à 1968, capables de reconstituer une véritable carte postale des années 1960 et des grands départs sur la N7. La police municipale a sensibilisé la population : pas de voitures modernes garées dans les rues, ce serait une faute de goût. Et si les spectateurs peuvent s’habiller en vêtements d’époque, c’est encore mieux.

Le départ du « convoi » aura lieu dans un endroit qui sent le bouchon, à la cave viticole – il y a pire comme endroit -, et l’aller et le retour à travers le village se feront sur deux heures. Ensuite, à midi, aïoli géant organisé sur le cours de la République. Pour les possesseurs d’Eriba et autre Tesserault, un rétro camping est même prévu. En fait, Thierry Dubois souhaitait créer un esprit nationale 7 : « Nous voulons faire la fête en retrouvant toute une époque. On a un présent pas très drôle, un futur incertain. Alors, on retient le bon côté du passé. » Ses successeurs poursuivent l’aventure qui a déjà inspiré d’autres événements sentant le bouchon sur le parcours de la N7.

Pour en savoir plus:- L’association Routes nationales 6, 7, 86 historiques regroupe les communes riveraines. Son but : promouvoir le tourisme et le patrimoine existant autour de ces routes. Contact : Mairie de Tain-l’Hermitage, 2, rue Frankin-Roosevelt, 26600 Tain-l’Hermitage. Pour rejoindre le site nationale 7 : - http://routenationale7.blogspot.fr/- routenationale7@orange.fr – À lire, indispensable : C’était la Nationale 7, de Thierry Dubois, édition Paquet, 208 pages, 30 euros. Des centaines de témoignages, 650 photos d’époque, 65 dessins originaux. La bible de la N7 par le spécialiste incontesté.

ANDRÉ DEGON Publié le 14/08/2015 à 06:45 | Le Point.fr

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Publié dans HISTOIRE DES REGIONS, HUMEUR DES ANCETRES, VILLAGES de FRANCE | Pas de Commentaire »

Le mirliton

Posté par francesca7 le 3 août 2015

La colonne Vendôme ! Le symbole de la barbarie guerrière ! Le souvenir des guerres impériales ! Il faut la détruire. La décision est prise le 12 avril 1871.

Elle ne sera exécutée que le 16 mai 1871. Le peintre Gustave Courbet, membre du comité central de la Commune, dirige la destruction de ce qui, malgré tout, ressemble à une oeuvre d’art – mais qu’il appelle le mirliton. Un lit de fumier et de fagots a été préparé pour la recevoir au sol.

Malheureusement le lit n’est pas assez épais : elle s’écrase, et se brise en mille morceaux ! Beaucoup des débris sont jetés, on récupère ce qu’on peut – c’est-à-dire très peu – du bronze des canons d’Austerlitz… En juin, Courbet sera arrêté et emprisonné, puis rendu responsable de la destruction de la colonne. Enfin, on le contraindra à financer sa reconstruction. Il devra s’exiler en Suisse, l’État français se payant en confisquant ses oeuvres !

La nouvelle colonne Vendôme est identique à la première, mais contient fort peu de souvenirs concrets de la bataille du 2 décembre 1805.

 Vendome_column_reconstruction_1873

Dès la déchéance de l’Empire et la proclamation de la République le 4 septembre 1870, des voix s’élèvent dans Paris pour réclamer la mise à bas de la colonne Vendôme, considérée comme l’odieux symbole des malheurs de la France. « Ainsi donc, au lendemain de Sedan, un violent orage grondait contre la colonne Vendôme », écrira Jules Castagnary en 1882 dans son opuscule intitulé Gustave Courbet et la colonne Vendôme, Plaidoyer pour un ami mort. Dans ce concert de revendications, Courbet s’exprime dans les colonnes du Bulletin officiel de la municipalité de Paris : « Attendu que la colonne Vendôme est un monument dénué de toute valeur artistique, tendant à perpétuer par son expression les idées de guerre et de conquête qui étaient dans la dynastie impériale, mais que réprouve le sentiment d’une nation républicaine, [le citoyen Courbet] émet le vœu que le gouvernement de la Défense nationale veuille bien l’autoriser à déboulonner cette colonne. » Cette proposition resta sans suite. Mais le projet fut repris par la Commune qui le vota le 12 avril 1871, tout en décidant la démolition du monument qui eut lieu le 8 mai  

La place Vendôme, voulue par Louis XIV, est dessinée par Jules Hardouin-Mansart et comportait en son centre une statue équestre du Roi-Soleil. La place était baptisée place Louis le Grand. En 1792, les révolutionnaires détruisirent la statue, symbole du pouvoir royal.

C’est en 1800 qu’un décret envisage la construction d’une colonne, au chef-lieu de chaque département, et dédiée aux braves du département. À Paris, une colonne nationale sur laplace de la Concorde, dédiée à la Nation et une départementale sur la place Vendôme furent décidées le 20 mars (29 Ventôse an VIII), par Bonaparte Premier Consul. La colonne nationale ne vit jamais le jour, celle projetée sur la place des Piques (place Vendôme) eut un début d’existence : Lucien, frère de Napoléon Bonaparte et ministre de l’Intérieur, posa la première pierre du monument le 14 juillet 1800 (25 Messidor An VIII). Sans aboutir, l’idée fut reprise en 1803 par le Premier Consul qui confirma la construction d’une colonne place Vendôme « à l’instar de celle élevée à Rome, en l’honneur de Trajan », ornée de 108 figures des départements montées en spirale et surmontée de la statue de Charlemagne ». D’abord dédié à la Gloire du Peuple Français, la colonne deviendra rapidement à la gloire de Napoléon Ier. Mais la construction fut lente et il fallut attendre 1805 et la fonte de 1 200 canons pris à l’ennemi, principalement russes et autrichiens, (au total 180 tonnes) pour que le projet, relancé par Vivant Denon, avance. C’est le fondeur Jean-Baptiste Launay qui l’a réalisée. Achevée en 1810 et dédiée à la gloire des armées victorieuses, la colonne fut baptisée colonne de la Grande Armée. Une statue de Napoléon en César par le sculpteur Antoine-Denis Chaudet (1763-1810) fut placée au sommet.

En 1814, lors de l’occupation de Paris par les troupes alliées, la statue fut enlevée à l’initiative du marquis de Maubreuil et de Sosthène de La Rochefoucauld et remplacée par un drapeau blanc fleurdelisé pendant la Restauration. En 1818, elle fut fondue pour réaliser la statue équestre de Henri IV sur le Pont Neuf.

La même année le goguettier Émile Debraux composa une chanson : La Colonne, à la gloire de la colonne et de Napoléon 1er. Elle eut immédiatement un très grand succès. Cette chanson lança son auteur et connut durant longtemps la célébrité. Elle est à présent tout à fait oubliée par le public.

Sous la monarchie de Juillet, une nouvelle statue de l’empereur, en petit caporal, par Charles Émile Seurre, (aujourd’hui aux Invalides), est placée au sommet de la colonne le 28 juillet 1833, en présence de Louis-Philippe, soucieux de capter à son profit un peu de la gloire de l’Empire.

Napoléon III, estimant que cette précieuse statue était en péril au sommet de la colonne, la fit déposer et remplacer en 1863 par une copie de la première statue en empereur romain de Chaudet, réalisée par le sculpteur Auguste Dumont.

Lors de l’insurrection de la Commune de Paris, le peintre Gustave Courbet adresse une pétition au gouvernement de Défense nationale le 14 septembre 1870 demandant « à déboulonner la colonne, ou qu’il veuille bien lui-même en prendre l’initiative, en chargeant de ce soin l’administration du Musée d’artillerie, et en faisant transporter les matériaux à l’hôtel de la Monnaie ». Il n’a en fait que l’intention de la faire reconstruire aux Invalides. La Commune de Paris au pouvoir, les fins en Vendome Column A.jpgdeviennent plus radicales :

« La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : article unique – La colonne Vendôme sera démolie. »

Le 16 mai 1871, la colonne est abattue, non sans difficulté. Les plaques de bronze sont récupérées. Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide en mai 1873, de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Gustave Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt avant d’avoir payé la première traite.

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La commune : une idée du Moyen Âge

Posté par francesca7 le 1 août 2015

 L’idée de la commune est née de l’essor du commerce au XIe siècle.

 La commune, c’est un groupe humain correspondant à une ville, petite ou moyenne, dans laquelle les liens entre les individus vont être renforcés par un pacte de concorde, par l’assurance que chacun va agir pour la paix. Il s’agit pour les gens des villes, quelles qu’elles soient, de s’assurer une sorte d’indépendance par rapport au seigneur. Indépendance morale et financière.

 Leur direction est assurée par les membres les plus influents du groupe – en général par les marchands fortunés. La ville draine le fruit du commerce qu’elle effectue, elle redistribue ses richesses, notamment par l’utilisation du crédit. Peu à peu, au XIIe siècle, les communes favorisent l’émergence de la classe bourgeoise qui concurrence l’aristocratie et le clergé. Elle permet également à beaucoup de petites villes, de petits bourgs de demander l’exemption des charges les plus lourdes exigées par le pouvoir central.

Celui-ci va réagir avec Louis IX – Saint-Louis – qui, voyant le pouvoir monarchique s’émietter et prendre le risque de disparaître, exige de tous les maires, en 1256, un état annuel des comptes de leur commune. Le pouvoir central reprend ses droits, par la ruse ou par la force, et peu à peu, les communes se fondent dans l’unité nationale. Mais jamais l’idée de commune n’a disparu. Elle revit pendant la Révolution, entre 1789 et 1795. Elle renaît en 1871, pour soixante-douze jours.

 La Porte Cailhau à BordeauxPlace François Rude à Dijon200px-Notre_Dame_de_Paris_by_night_time

Le décret de l’Assemblée nationale du 12 novembre 1789 disposait « qu’il y aura une municipalité dans chaque ville, bourg, paroisse ou communauté de campagne ». La loi du 14 décembre 1789 proclamait « Les municipalités actuellement subsistantes en chaque ville, bourg, paroisse ou communauté, sous le titre d’hôtel de ville, mairies, échevinats, consulats, et généralement sous quelque titre et qualification que ce soit, sont supprimées et abolies, et cependant les officiers municipaux actuellement en service, continueront leurs fonctions jusqu’à ce qu’ils aient été remplacés ». Ainsi furent créées les communes françaises telles qu’elles existent encore aujourd’hui.

Malgré les disparités de population et de superficie entre les communes, toutes ont la même structure administrative et les mêmes compétences légales (à l’exception de Paris, Lyon et Marseille régies par la loi PLM). Les communes d’Alsace-Moselle ont des spécificités juridiques héritées de la période 1871-1919, lorsque l’Alsace et la Moselle étaient allemandes. Les communes des départements de la petite couronne ont également des règles particulières, notamment en ce qui concerne la police administrative.

Une commune est administrée par un conseil municipal dont les membres sont élus au suffrage universel (suffrage direct) pour six ans. Le mode de scrutin pour ses conseillers est, pour les communes de moins de 3 500 habitants un scrutin majoritaire plurinominal à deux tours avec possibilité de créer une liste qui pourra subir un panachage. Et pour les communes de plus de 3 500 habitants, un scrutin de liste proportionnel bloqué avec une prime majoritaire de 50 % à deux tours. Le conseil élit en son sein un maire chargé de préparer et d’appliquer les décisions du conseil, et qui dispose de compétences propres. Le maire est assisté d’un ou de plusieurs adjoints, qui peuvent recevoir des délégations.

Le nombre de conseillers municipaux est fonction de la population de la commune, le minimum étant de 9. Les séances du conseil sont publiques mais seuls les élus peuvent s’exprimer.

Une commune est une collectivité territoriale, une personne morale de droit public et dispose d’un budget constitué pour l’essentiel des transferts de l’État (dotation globale de fonctionnement notamment) et des impôts directs locaux : taxes foncières (portant sur les propriétés), d’habitation et professionnelles (acquittées par les artisans, les commerçants et les entreprises) ; elle s’occupe de l’administration locale (gestion de l’eau, des permis de construire, etc.). En tant que représentant de l’État dans la commune, le maire a la charge des actes d’état civil (naissance, mariage, divorce, décès…) et dispose d’un pouvoir de police (sauf à Paris où la compétence relève du préfet de police, sous l’autorité du gouvernement).

Les décisions des conseils municipaux et des maires peuvent être contestées devant le tribunal administratif.

Les trois communes les plus peuplées (Paris, Marseille et Lyon) sont divisées en arrondissements municipaux (rien à voir avec les arrondissements départementaux, une autre division administrative française) mais leurs compétences sont réduites (ils n’ont pas de budget propre, par exemple).

Les compétences des communes sont essentiellement régies par les parties législative et réglementaire du Code général des collectivités territoriales (CGCT).

Affiche Chemin de Fer du Nord - Enghien-les-Bains.jpgIl y a en France environ 500 000 conseillers municipaux (maires inclus), certains étant de grands électeurs élisant les sénateurs.

La taille moyenne d’une commune de France métropolitaine est de 14,88 km2. La taille médiane des communes de France métropolitaine n’est que de 10,73 km2, à cause du nombre élevé de communes de faible superficie (là encore, la France fait figure d’exception en Europe : en Allemagne, la taille médiane des communes de la plupart des Länder est supérieure à 15 km2, en Italie elle est de 22 km2, en Espagne 35 km2, en Belgique 40 km2). Plus de 35 000 communes s’étendent sur 2,5 à 10 km2. Dans les départements d’outre-mer, les communes sont généralement plus grandes qu’en France métropolitaine et peuvent regrouper des villages relativement distants.

La commune la plus étendue est Maripasoula (Guyane avec 18 360 km2. Sur le territoire métropolitain, Arles (758,93 km2) et les Saintes-Maries-de-la-Mer (374,45 km2), toutes les deux dans les Bouches-du-Rhône, sont les deux communes les plus étendues. La plus petite commune est Castelmoron-d’Albret (Gironde avec 0,0376 km2. Plessix-Balisson (0,08 km2, Côtes-d’Armor, entièrement enclavée dans Ploubalay) et Vaudherland (0,09 km2, Val-d’Oise) sont les deux autres communes les plus petites.

Depuis la loi Marcellin de 1971, qui avait l’objectif de réduire le nombre des communes, les ministres de l’Intérieur ont suscité de nouvelles structures intercommunales possédant de plus en plus de compétences, en laissant subsister la commune qui progressivement se vide d’attributions et tend en milieu rural à devenir une « coquille vide ». Ils ont ainsi créé un niveau supplémentaire d’administration et de gestion entre la commune et le département, avec un coût total de fonctionnement plus élevé qu’auparavant. Ce que Raymond Marcellin, qui avait écarté une formule de regroupement, voulait éviter.

 

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Le recyclage ne date pas d’hier

Posté par francesca7 le 30 juillet 2015

 

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Voici plus d’un siècle, et devant les quantités importantes de déchets domestiques abandonnées aux poubelles comme denrées négligeables, ingénieurs et médecins s’interrogent quant à la possibilité de les recycler utilement, les premiers y voyant matière à fournir l’électricité nécessaire tant aux usagers qu’aux tramways, les seconds aspirant à collecter certains débris de viande ou de légumes mal exploités, en vue de confectionner des repas pour les miséreux

On a posé récemment sur les grands boulevards des corbeilles où les passants sont invités à déposer les papiers qu’ils ont l’habitude de jeter sur la chaussée, écrit Jean Frollo, du Petit Parisien, en 1908. Jusqu’à présent, il faut constater que le succès n’a pas répondu à cet effort, mais il n’est point hors de propos d’ajouter que l’initiative de la voirie a été accueillie sans mauvaise humeur. Il en fut tout autrement au moment où les « poubelles » firent leur apparition. Les chiffonniers se crurent ruinés ; il y eut des meetings de protestation, des articles virulents dans les journaux, même une interpellation à la Chambre. Puis le silence se fit et tout rentra dans l’ordre. Aujourd’hui on n’en parle plus.

Cependant, ces jours-ci, on a reparlé des poubelles. Les ingénieurs d’un côté, les médecins de l’autre se sont avisés de réclamer le contenu de ces boîtes. Modestes comme ils le sont, les médecins prétendent seulement pouvoir sustenter tous les miséreux de la capitale avec les déchets de notre vie domestique. Les ingénieurs ont des visées plus hautes. Dans les usines d’électricité, disent-ils, on brûle de la houille pour faire marcher les dynamos qui fabriquent de l’énergie électrique. Livrez-nous vos poubelles et à ce prix, c’est-à-dire en brûlant leur contenu dans nos usines, nous nous faisons forts de vous chauffer, de vous éclairer et de faire marcher vos tramways et votre métro, tout cela à l’électricité.

L’offre est tentante. Mais auriez-vous jamais pensé que nos poubelles renfermaient de telles richesses ? Serait-il donc vrai qu’en abandonnant nos boîtes aux chiffonniers et aux « boueux », nous nous livrons à un véritable gaspillage ? Médecins et ingénieurs sont d’accord sur ce point. Toutefois, ce reproche est-il justifié ? Je ne saurais mieux répondre à cette question, explique notre journaliste, qu’en vous racontant comment les choses se passent ailleurs, à l’étranger, à Munich, par exemple.

A Munich, l’enlèvement des ordures ménagères se fait par les soins d’une société industrielle. Tous les matins, ses voitures parcourent la ville, vident les boîtes placées devant les maisons et s’en vont avec leur chargement à Puchheim, petite localité voisine où se trouve l’usine de cette société. Une fois là, les voitures sont déchargées et leur contenu passe successivement à travers une série de passoires gigantesques à mailles de plus en plus serrées. Automatiquement et à des intervalles réguliers, ces passoires se renversent sur des « tables », espèces de larges lanières en cuir qui courent à côté. Masqués et gantés, des ouvriers et des ouvrières, revêtus d’un costume spécial, font, sur ces lanières, le tri des objets qui passent devant eux.

Tous les jours on rampasse ainsi quatre à cinq cents kilos de croûtes de pain, qu’on vend comme comestible pour les bestiaux. Les boîtes en fer-blanc sont lavées, laminées et expédiées en Hollande au prix de cinq cents francs le wagon. Dans un autre atelier annexé à cette usine, les débris de viande et de poisson, le cuir des vieilles chaussures sont transformés en une sorte de poussière qu’on vend comme engrais. Rincées et désinfectées dans un autre atelier, les bouteilles sont cédées à bon marché aux brasseries. Les chiffons et les vieux journaux sont pris par les fabriques de papier. Ce qui reste, après ce tri, est brûlé dans un four spécial. Et la chaleur qui se forme pendant la combustion de ces déchets est utilisée pour actionner une dynamo. On fabrique ainsi assez d’électricité pour faire marcher les moteurs de l’usine et pour éclairer la petite ville de Puchheim.

Vous avez certainement deviné que c’est précisément cet art d’accommoder les restes, qui séduit aujourd’hui nos ingénieurs. Ils veulent bien abandonner aux chiffonniers le premier tri des poubelles. Mais ils demandent que ce qui s’entasse dans les voitures des boueux, soit brûlé et transformé en électricité, comme à Puchheim. Au reste, ce n’est pas seulement à Puchheim qu’on utilise de cette façon les ordures ménagères. A Kiel, à Wiesbaden, à Manchester, ailleurs encore, la chaleur que donne leur combustion sert d’abord à chauffer l’eau des bains publics, ensuite, quand elle est transformée en électricité, à faire marcher les tramways et à éclairer les rues.

Il semble même que plus la ville est importante, plus grand est le parti qu’on peut tirer des déchets de la vie domestique. C’est ce qui ressort du moins des calculs établis par un ingénieur allemand, M. Dittmar, qui vient d’imaginer un four perfectionné, nous apprend Jean Frollo. En y brûlant les ordures ménagères, il se fait fort de fournir, aux villes de plus de deux cent mille habitants, non seulement la totalité de la lumière électrique, mais encore la moitié de la force motrice.

Voilà ce que disent, voilà ce que nous promettent les ingénieurs. Mais à leur tour les médecins, comme je l’ai dit, poursuit le journaliste, réclament nos poubelles. Eux aussi, ils les ont inventoriée, et l’on devine ce qu’ils y ont trouvé. Cependant, tout comme les ingénieurs, ils crient au gaspillage. Pourquoi, disent-ils, jeter sous là pierre à évier les feuilles de choux qui sont tout aussi nourrissantes que les meilleurs légumes ? Pourquoi aussi dédaigner les fanes de carottes, de salsifis et de navets qui sont aussi riches en fer que les épinards, dont elles ont, du reste, la saveur délicate ?

27892943Avec ces feuilles et ces fanes convenablement cuisinées une ménagère pourrait faire des soupes délicieuses. Qu elle mette encore dans cette soupe une tête de congre, de colin ou de tout autre gros poisson, et elle aura une sorte de bouillabaisse qu’aucun gourmet ne refuserait ! Cela se fait couramment en Bretagne et sur toute la côte : pourquoi ne pas imiter cet exemple à Paris et dans les autres grandes villes ? Après chaque repas on secoue la nappe et sans plus de cérémonie on balaie les miettes de pain : soigneusement ramassées et mises de côté, elles pourraient servir à confectionner, à la fin de la semaine, un pudding savoureux.

Mais ce qui exaspère les médecins c’est la façon dont le gaspillage s’opère aux Halles et dans les marchés publics. C’est par tombereaux, disent-ils, qu’on y enlève, tous les matins, des feuilles et des fanes de légumes, des débris de viande, des têtes de gros poissons. Et que fait-on avec ces montagnes de substances alimentaires ? De l’engrais. Mais aujourd’hui l’agriculteur ne veut plus de cet engrais, qui est mal assimilé par le sol, qui gêne la végétation et abîme les machines agricoles. Or en organisant des cuisines spéciales, une société philanthropique trouverait dans ces déchets de quoi nourrir, avec une dépense minimum, des milliers et des milliers de miséreux.

Philanthropie ou énergie électrique, tel est l’enjeu de la bataille qu’ingénieurs et médecins sont en train de se livrer autour des voitures des boueux. Entre les deux le choix est difficile. Je vous avoue cependant que pour ma part, conclut Frollo, il me plairait assez d’être chauffé et éclairé par ma poubelle.

D’après « Le Petit Parisien », paru en 1908

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Le plus joli du monde

Posté par francesca7 le 20 juillet 2015

 

« Elle avait le plus joli – ici, le terme employé par Bonaparte est censuré, on peut trouver l’équivalent de sa pensée, si tant est qu’en ce domaine c’en est une, dans le dictionnaire, au mot callipyge – du monde ! »

Le plus joli du monde dans HUMEUR DES ANCETRES 220px-Jos%C3%A9phine_Imp%C3%A9ratrice_des_Fran%C3%A7ais_et_reine_d%27Italie.Marie-Josèphe Rose Tascher de La Pagerie – surnommée Yéyette dans son enfance martiniquaise – devient l’épouse de Bonaparte le 9 mars 1796. Veuve d’Alexandre de Beauharnais, guillotiné cinq jours avant le 9 thermidor, elle a bien failli elle aussi monter à l’échafaud. Aussitôt son mariage, Bonaparte part pour la campagne d’Italie. Il supplie Joséphine (Marie-Josèphe) de l’y rejoindre. Elle y va, accompagnée de… son amant, le beau lieutenant des hussards Hyppolite Charles ! Afin de se procurer de l’argent, elle trempe dans un trafic de chapeaux de paille et de saucissons destinés à l’armée ! Elle dépense beaucoup, Joséphine ! Aime-t-elle son mari ? Ce n’est pas sûr : ils envisagent même le divorce en 1799. Mais lorsque le vent tourne en faveur de Bonaparte, Joséphine se ravise. Impératrice en 1804, répudiée en 1810, elle meurt en 1814. L’amour qui n’avait peut-être jamais existé entre les époux impériaux avait été remplacé par la tendresse et la fidélité du coeur.

Il semble que Joséphine de Beauharnais ait eu trois vies. Née Marie-Josèphe-Rose, elle est appelée tout simplement Rose dans son enfance, à la Martinique. Elle grandit dans une noble famille de planteurs et est envoyée en métropole à 16 ans. Elle se marie presque immédiatement à Alexandre de Beauharnais, jeune homme qu’elle connaît depuis longtemps, et ami de la famille. Elle devient alors très proche de la noblesse française dès son arrivée à Paris, sa famille étant très ancienne… Son mari, Alexandre, n’est pas très bien vu. Il ne parvient pas à gravir les échelons de la noblesse, son patronyme est méconnu, et certaines disent que leur mariage a été considérablement fragilisé par ses guerres de pouvoir.

Alexandre de Beauharnais ne cesse d’avoir des aventures, laissant Rose souvent seule avec leurs deux enfants. Le couple se sépare à l’amiable 8 ans après, juste avant la révolution de 1794… Ce sont effectivement des temps troublés qui attendent Rose : son mari est guillotiné et elle même échappe de peu à la condamnation à mort. Elle ne reste emprisonnée que quelques semaines avant d’être relâchée, et parvient à sauver ses enfants. Rose est à présent une jeune veuve… Elle parvient à se remettre peu à peu et sa grande beauté lui permettra de rebondir très vite d’un point de vue sociale : c’est une personne extrêmement bien vue par toutes les strates de la population. Elle est accueillie dans les salons de dames les plus prisées, elle joue avec la mode, elle semble déjà avoir une passion pour les belles toilettes. N’ayant pas de revenus fixes, elle contracte dès lors de nombreuses dettes… Dont elle semble se sortir sans aucunes embûches. Elle acquiert très rapidement une réputation de passionnée de mode, et engendrera de nombreuses tendances!

Passionnée de botanique, elle contribue à introduire de nombreuses espèces florales en France, notamment des plantes d’origine subtropicale dans ses serres chaudes du château de la Petite Malmaison. L’impératrice est à l’origine de la première impulsion quant à l’acclimatation de végétaux exotiques sur la Côte d’Azur. Elle entreprend une correspondance suivie avec le préfet des Alpes-Maritimes, M.-J. Dubouchage et envoie sur la riviera française de nombreuses plantes en provenance de La Malmaison.

Bénéficiant de l’aide de l’État, et étant nostalgique des végétaux exotiques de La Martinique, elle réunit dans les serres de son château de la Malmaison de nombreuses plantes étrangères remarquables. Joséphine est ainsi à l’origine de l’introduction d’espèces nouvelles dans les Alpes-Maritimes, plantées dans le jardin botanique créé en septembre 1801 dans l’enceinte de l’École centrale du département, quartier Saint-Jean-Baptiste à Nice, sous l’égide de la Société d’agriculture des Alpes-Maritimes. Ce jardin botanique comprend deux parties dont l’une, d’une surface de 30 perches est destinée « à cultiver et à acclimater des plantes exotiques » et l’autre, d’une surface de 25 perches, comprend une grande serre.

 

Bien que sujette à de nombreux malaises, elle accepte de recevoir le tsar Alexandre Ier dans le château de Saint-Leu de sa fille Hortense, le 14 mai 1814. C’est pour s’être promenée avec lui dans le jardin, vêtue d’une simple robe d’été, qu’elle prend froid et contracte une pneumonie qui l’emporte le 29 mai 1814 vers midi, dans sa grande chambre du château de La Malmaison. Les médecins pratiquant l’autopsie confirment la pneumonie accompagnée d’une angine gangréneuse.

300px-Château_de_Malmaison_à_Rueil-Malmaison_003La veille de sa mort, elle faisait encore visiter son beau domaine à l’empereur de Russie. Elle meurt des suites d’un refroidissement attrapé sur l’étang de Saint-Cucufa.

Les funérailles solennelles ont lieu le 2 juin avec la plus grande pompe, dans la modeste et petite église du village de Rueil. Joséphine est inhumée en l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Rueil-Malmaison d’abord dans un caveau provisoire dans la cave du presbytère. Ce n’est en effet que le 28 septembre 1825 que ses cendres sont transférées dans le tombeau commandé par ses deux enfants Eugène et Hortense, ces derniers passant plus de dix ans à lever les obstacles auprès des autorités pour faire ériger ce mausolée. Son monument funéraire, œuvre de l’architecte Louis-Martin Berthault et du sculpteur Pierre Cartellier, est surmonté d’une effigie en marbre de Carrare de Joséphine dans la même attitude que dans le tableau du Sacre de David. Berthault construit quatre colonnes ioniques supportant une voûte plein cintre. Cartellier sculpte la statue de Joséphine en orant et en costume de cour, disposant habilement le peigne de sa coiffure de manière à simuler le diadème alors que le gouvernement de la Restauration avait défendu de représenter Joséphine avec aucun des attributs impériaux

Nous pouvons également nommer la grande-duchesse de Bade, née Stéphanie de Beauharnais, nièce de son premier mari et adoptée par Napoléon. Mariée au grand-duc Charles II de Bade en 1806, elle est l’ancêtre des maisons royales de Roumanie et de Belgique, de Yougoslavie, de Grèce, d’Italie et de la maison grand-ducale de Luxembourg.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_de_Beauharnais

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14 JUILLET 2015 EN FRANCE

Posté par francesca7 le 13 juillet 2015

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S’il y avait davantage de créatures qui travaillent avec désintéressement et abnégation pour le bien de tous, la face du monde serait changée. Ce pour quoi je souhaite participer ! 

aussi longtemps que les humains n’auront pas de vrais critères pour analyser l’origine de leurs exigences et de leurs revendications, la scène politique restera un lieu d’affrontements.

chacun doit avoir pour première préoccupation de développer ses aspirations spirituelles et de donner aux autres les possibilités de les développer aussi. Il faut une telle force de caractère pour résister aux pressions de l’entourage ! 
Alors plus nous serons nombreux et plus nous seront entendus !

Merci Osia pour cette belle initiative !

GRANDE MEDITATION DU 14 JUILLET pour envoyer de l’Amour sur la France

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Propos de OSIA  : 

dans la vie, nous devons assumer ce que nous sommes… nous devons nous aimer tel que nous sommes..

je veux que la Vie continue… Malheureusement, dans les prochains jours, il risque d’y avoir du « grabuge » en France et je n’aime pas ça Evil or Very Mad 

Sur Facebook et sur G+, nous avons pris l’initiative avec Fabrice Vanderheggende de faire une grande méditation qui permettra d’apaiser les esprits et d’envoyer de l’amour et de la Paix sur notre beau pays 

J’ai pensé à vous et je me suis dit qu’il aurait été dommage de ne pas vous inclure à cette Grande méditation / https://www.facebook.com/events/846852718731380/853123504770968/

SOYEZ NOMBREUX A VENIR NOUS REJOINDRE

SUR : LA VIE DEVANT SOI

Omraam a dit un jour : 

«Tu sauras que tu es parvenu à t’unir avec l’idée de la paix et l’égrégore de la colombe lorsque, même si la mer de ta vie quotidienne se déchaîne en tempête, tu es capable de garder ta vision intérieure claire du royaume idéal de la paix et ainsi demeurer, quoi qu’il advienne, en harmonie, en contact avec l’Esprit divin qui plane au-dessus des eaux parfois troubles du monde. L’esprit de la Paix est au-dessus de toi, au-dessus du monde, des formes, des guerres et discordes en tous genres. Lorsque tu  Parviendras à entrer en contact avec lui par ton intériorité, alors il embellira ta vie. »

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Le Radar de 1925

Posté par francesca7 le 12 juillet 2015

Verbalisation-Automobile

 
1925 : la préfecture de police s’apprête à mettre en place un dispositif pour le moins rudimentaire de contrôle de la vitesse des automobiles dans la capitale, suite à la décision du Comité de la circulation

La décision prise mercredi par le Comité de la circulation a jeté la consternation chez les conducteurs d’automobiles. Nous sommes allés demander à la préfecture de police la façon dont seraient relevées les infractions à la limitation de la vitesse.

— Toucher à la vitesse, avons-nous dit à notre interlocuteur, c’est toucher à la déesse du jour que nous adorons tous, selon nos moyens, à l’allure du pas gymnastique, du tramway au ralenti ou du cent à l’heure… La Vitesse (je n’ose plus écrire ce mot qu’avec un grand V)… vous allez la réduire à rien !

— Tant pis pour elle ! C’est une déesse à qui l’on fait trop de sacrifices… humains. Je bouscule l’idole. Désormais, toute vitesse qui dépassera pour l’auto, quarante à l’heure sera réputée dangereuse…

—Et comment saura-t-on qu’une voiture dépasse quarante à l’heure ?

— Nos agents auront des montres à secondes, à l’aide desquelles ils calculeront le temps passé à couvrir un trajet de longueur connue. Un coup d’œil sur la montre, un autre sur le barème, un troisième sur le numéro de l’auto… Et voilà une contravention imposée suivant des constatations mathématiques, chronométriques.

— On ne pourra plus dire qu’il n’y a pas d’heure pour les braves ; mais jusqu’à présent, il n’y avait donc rien de mathématique en ce qui concerne la limitation de vitesse ?

— L’article 7 disait seulement que chaque conducteur doit rester maître de sa vitesse. C’était bien vague, car, lorsqu’il perdait le contrôle de sa vitesse, on ne pouvait s’en apercevoir qu’en cas d’accident. Il était prescrit aussi de ralentir aux carrefours ; mais si l’on va trop vite aux carrefours, c’est que l’on y arrive trop vite.

Certes, des difficultés d’application se dressent : c’est la nuit que, par suite des excès de vitesse, se produisent les plus graves accidents ; or, c’est la nuit que les constatations seront les plus difficiles.

— Y a-t-il d’autres grandes villes où la vitesse des autos soit limitée ?

— A Londres, on ne doit pas dépasser 36 à l’heure ; à New-York 38. Dans toutes les grandes villes de France des arrêtés municipaux modèrent l’ardeur des automobilistes. Paris seul échappait à la règle.

— Votre projet n’a-t-il pas rencontré de graves objections ?

— La plus sérieuse est celle-ci : « la limitation de la vitesse peut ralentir l’écoulement du flot. » Mais à quarante à l’heure le défilé n’est-il pas assez rapide ? Il faut tout de même penser aux piétons ! A certains endroits, il leur est impossible de traverser !…

(D’après « Le Petit Journal », paru en 1925)

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Où sont passés les Patois de France

Posté par francesca7 le 12 juillet 2015

Patois

 
 
De même qu’il y a eu jadis dans chaque pro­vince de France des coutumes, des usages, des costumes particuliers, de même il y eut aussi une grande variété de langages. Frères aînés de la langue française et liés, tels des fruits se nourrissant du sol et du climat, aux contrées au sein desquelles ils prirent racine, constituèrent longtemps autant d’idiomes locaux façonnant les intelligences enfantines : une richesse littéraire et ethnique que l’unicité de notre langue moderne ne doit point éclipser.

Au Moyen Age, le système féodal, essentiel­lement particulariste, ne contribua pas peu à maintenir les différences provinciales dans la langue, aidé en cela par la diversité des intérêts et surtout par les difficultés des communications. Peu à peu cependant, et sous l’influence de causes principalement politiques, ce fut le dia­lecte de l’Ile-de-France qui commença à prédo­miner.

Insensiblement, gagnant de proche en proche, il arriva au rang de langue nationale. Mais les autres dialectes ou patois, ses frères, n’en subsistèrent pas moins autour de lui : un baliveau qui devient un arbre de haute futaie ne fait pas pour autant disparaître le taillis d’où il s’est élevé.

Après la magnifique floraison littéraire du XVIe siècle et les grands écrivains du XVIIe, l’unité de la langue française, de la langue parlée par la noblesse et la haute bourgeoisie, fut à peu près complète. Mais dans la petite bourgeoisie des villes, chez les artisans et les cultivateurs, les dialectes provinciaux demeurèrent d’un usage courant. Au début du XXesiècle, plus de 25 millions de. Français parlaient encore concurremment la langue nationale et un patois. ll était même des contrées reculées où certains habitants, principalement les vieil­lards et les enfants, ne savaient pas un mot de français.

Mais dès le milieu du XIXe siècle, depuis la généralisation de l’instruction à l’ensemble des communes, les patois commencèrent de décliner ; le service militaire et la fréquence des communications leur portèrent de terribles coups. Néanmoins, un demi-siècle plus tard, dans aucune région, quoique moins em­ployés, ils n’avaient complètement disparu. Même dans les villes, on rencontrait une foule de mots, de locutions, d’idiotismes qui n’étaient que des survivances des patois parlés autrefois par tout le monde.

Y a-t-il lieu de s’affliger de cette persistance, de cette vitalité extraordinaire de ces parlers locaux ? s’interroge en 1903 l’historien et député du Doubs Charles Beauquier. Nous ne le pensons pas, répond-il. Du moment que la langue nationale ne leur est pas sacrifie, du moment que tous nos paysans sans exception auront passé par l’école et parleront clairement le français, nous ne voyons que des avantages dans le maintien des patois.

Les patois ne sont pas, comme on le croit généralement, des jargons infâmes, grossiers, desdéformations du français, comme on l’a dit trop souvent, ajoute Beauquier. Ce sont de véritables langues qui ont leur syntaxe, leurs conjugaisons, leurs règles sou­vent plus rationnelles que celles de notre langue nationale. Nous aimons à le répéter, nos patois sont les frères du français ; celui-ci ne saurait mieux être comparé qu’à un enfant qui, seul d’une nombreuse famille, aurait réussi à faire une brillante fortune ; c’est le hasard, c’est la chance qui l’a servi : ne méprisons donc pas ces dia­lectes modestes qui auraient pu aussi bien de­venir langue nationale si, par exemple, un grand écrivain avait choisi l’un d’eux pour en revêtir sa pensée.

Cette situation modeste, effacée, du patois vis-à-vis de la langue française, sa grande sœur, lui donne un charme intime, familial, naïf, qui n’est pas fait pour déplaire. Si le français est la lan­gue académique, officielle, protocolaire, la langue des discours au Parlement, la langue de la Politique, des intérêts généraux, la langue de la centralisation, le patois, plus local, plus près du sol natal, du terroir, du berceau, est bien la langue de la décentralisation !

Quand nous parlons du français, sérieux, guindé, haut en cravate, nous devrions dire qu’il est notre langue paternelle et réserver le mot de langue maternelle pour ce parler intime et familier avec lequel nous avons été bercés, poursuit l’historien. N’est-ce pas avec une chanson patoise que la femme des champs endort son nourrisson ? Et les premiers mots que le petit paysan entend et comprend, ne sont-ce pas des mots patois ? Pourquoi mépriserions-nous ces idiomes locaux qui servent au développement des intelligences enfantines, qu’ils marquent de leur empreinte spéciale, auxquelles ils doivent donner un ca­ractère tout particulier ?

Patois-2

Cette variété extraordinaire de dialectes se transformant non seulement de province à pro­vince, mais souvent de village à village, doit certainement provenir des conditions différentes du sol, du climat, de la nourriture, etc., qui, mo­difiant l’organisation physique cérébrale des hommes, modifient par suite leur langage. Comme la parole et la pensée sont unies par des liens si étroits qu’elles se confondent presque, il en résulte qu’un certain parler doit donner une tournure spéciale à la pensée, à l’esprit, et réciproquement. Il y a là une action et une réaction forcées, indéniables, de l’intellect sur la langue et de la langue sur l’intellect.

A ce point de vue psycho-physiologique, les patois jouent un rôle considérable comme élé­ments de différenciation entre les habitants de nos provinces. C’est pourquoi, avance Beauquier, nous devons en tenir grand compte, nous, les régionalistes, qui cherchons à maintenir et à faire renaître les ori­ginalités ethniques au moyen de la décentrali­sation littéraire.

Il ne suit pas de là que nous ayons l’idée folle et antipatriotique de dresser un patois quel­conque — fût-ce le provençal qui est du reste un dialecte parlé dans une vaste région — en face du français, pour combattre et essayer de le détrôner de sa situation de langue nationale. Les plus enragés régionalistes n’ont d’ailleurs jamais caressé sérieusement une pareille idée. Le point raisonnable et soutenable, c’est de dire que les idiomes locaux peuvent avoir leur utilité au point de vue même de la littéra­ture française parce qu’ils renferment des tré­sors d’expressions neuves, hardies, fraîches, savoureuses, piquantes, qu’un écrivain habile peut mettre en œuvre au grand bénéfice de son renom ; et aussi, parce qu’ils expriment nette­ment et sincèrement la tournure d’esprit des ha­bitants de chaque région.

Ces influences locales du terroir ne peuvent que servir à diversifier notre littérature, menacée d’uniformité par la centralisation et la domination tyrannique de la capitale. Une des conditions essentielles du Beau n’est-ce pas la variété dans l’unité ? conclut Charles Beauquier.

(D’après « L’Idéal du foyer », paru en 1903)

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