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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Propagande électorale de 1935 en campagne

Posté par francesca7 le 4 mars 2013

 

Propagande électorale de 1935 en campagne dans Côte d'Or la-propagande-electorale-178x300Traditionnellement, à chaque élection, une liste est ouverte et les habitants de la commune souhaitant faire partie du conseil municipal viennent s’y inscrire. Chaque électeur, ensuite, fait son choix de sorte que chaque liste déposée dans l’urne ne comporte que onze noms au plus. Tous les candidats ayant obtenu la majorité absolue, à l’issue du premier et du deuxième tour de scrutin, sont déclarés élus.

La lecture de près de 200 ans de registres de délibérations (1792 à 1989) montre que les Dompierrois ont jours su élire des représentants sérieux, compétents, respectueux des traditions républicaines et démocratiques. Dans le passé, la commune était pauvre, sans grandes ressources, avec des tas de besoins. Si quelquefois la population manifestait sa désapprobation et surtout son impatience, les décisions du conseil étaient inévitables et guidées par le bon sens. De nos jours, le système de rémunération des communes s’est beaucoup amélioré et la situation précaire du 19ème  siècle n’est plus. Finis l’écorçage des bois de Courcelotte ou l’abattage de quelques peupliers pour faire face à une dépense imprévue !

Voici un modèle de candidature aux élections de 1935 :

 

PROPAGANDE ELECTORALE

CHERS Concitoyens,

Sollicité par de nombreux amis, je viens poser ma candidature au scrutin de ballottage du dimanche 12 mai 1935.

Vous me connaissez tous depuis de longues années, je vis parmi vous comme employé agricole, je connais vos besoins et me crois hautement qualifié pour représenter vos intérêts au sein du conseil municipal.

Mon programme sera bref :

Néanmoins, je veux porter à votre connaissance ce que j’ai l’intention d’élaborer tout d’abord :

-       Empierrement des chemins ruraux.

-       Cylindrage, goudronnage des chemins d’intérêt communs avec trottoirs dans le village.

-       Création d’une cabine téléphonique ;

-       Adduction d’eau avec borne-fontaine.

-       Reboisement des pâtis communaux pour en augmenter le rapport.

-       Repeuplement en gibier d’une variété très productive.

-       Aaugmentation des cadres de la compagnie des sapeurs-pompiers à laquelle j’y adjoindrai un colonel. Pour y maintenir la bonne harmonie j’instituerai un banquet mensuel avec les mets les plus variés pour satisfaire les estomacs les plus délicats, de plus je doterai la compagnie d’une moto-pompe pour la lutte contre les doryphores.

 

Pour réaliser tout ce programme, je ne toucherai pas au budget communal, je ne voterai pas de centimes additionnels, je demanderai des secours à l’Etat, au Département, aux communes voisines. Je mettrai un impôt sur les célibataires, mariés et sur les pères de famille sans enfant. Avec une subvention du ministre de l’agriculture j’instituerai un concours de producteurs dont je ferai partie.

Je ferai délivrer des permis de pêche qui seront d’autant plus élevés que les besoins seront pressants.

Enfin, pour terminer, j’instituerai un syndicat d’ouvriers agricoles avec augmentation de salaire, diminution de travail, journée de huit heures, semaine anglaise, repos dominical sur toute la ligne.

Quant à mes opinions politiques, vous les connaissez, n’étant inscrit à aucun parti, je suis fermement attaché aux institutions républicaines, j’en suis un ardent défenseur, je favoriserai la petite exploitation, je lutterai contre le capitalisme et les magnats de la terre.

A dimanche donc, tous aux urnes ! pas d’abstention !

Vive la République laïque, démocratique et sociale !

VICTOR R.

-                                                                                                           Ancien combattant du 305è en temps de paix,

-                                                                                                           Membre de l’Institut conologique de France,

-                                                                                                           diplômé de l’Académie de Maison-Baude,

-                                                                                                            Créateur du syndicat des partisans du moindre effort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : 100 ans de vie rurale à Dompierre en Morvan A.Monin.

 

 

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Coutumes avant et pendant le mariage

Posté par francesca7 le 4 mars 2013

  au 19 et 20è siècle

Outre les fêtes traditionnelles du calendrier, les célébrations religieuses de la plus jeune enfance jusqu’au mariage sont autant d’occasions de se réjouir, en commençant par le baptême, puis la première communion, la communion solennelle, la confirmation et enfin le mariage…

Coutumes avant et pendant le mariage  dans Côte d'Or le-mariage-300x232LA PRISE

Quand une fille du pays a décidé de se marier avec un garçon de l’extérieur, le jour où les bans sont annoncés à l’église, les garçons du village se retrouvent aux alentours de sa maison. Après quelques salves de fusils (à blanc) montrant par là leur répugnance de voir enlever une des leurs, ils apportent en signe de conciliation aux fiancés des cadeaux symboliques. Ils remettent d’abord à la jeune fille, pour qu’elle la transmette à son promis, une lettre que l’on appelle « LE COMPLIMENT », en fait, c’est l’explication des regrets éprouvés par les garçons du village de voir partir une de leurs amies dont ils vantent les qualités. Ils offrent aussi au jeune couple deux verres, généralement à pied ou décorés, pour bien montrer que ceux-ci sont réservés aux grandes occasions. Pour inciter le fiancé à donner à boire, ils ont apporté une bonne bouteille pour « amorcer la pompe » afin de trinquer à la santé des futurs époux. Le meneur de jeu offre, au nom de tous, des gâteaux secs en commençant par la jeune fille. Il lui présente dans une assiette décorée qu’elle conservera, celle-ci est doublée d’une autre ordinaire, qu’il laisse tomber quand la fiancée se sert. Le nombre des morceaux à terre indique soit le nombre des enfants à naître, soit le nombre des années de bonheur du jeune couple. Les garçons ayant participé à « la prise » sont généralement invités à partager le dessert du repas de noce.

LE MARIAGE

Pour manifester leur présence le jour du mariage, en signe de réjouissance, les jeunes gens viennent tirer des coups de fusil au départ du cortège de la maison à la mairie. Ils feront de même à l’église au moment du « oui » traditionnel, et à la sortie du jeune couple. Ces coups de fusils sont tirés en direction du coq qui surmonte le clocher. Dans le langage populaire, c’est un geste de réprobation envers « le coq qui n’a pas su garder ses poules ».

LE COMPLIMENT (1949)

le-mariage2-300x234 dans HUMEUR DES ANCETRESCe texte est adressé aux fiancés. En l’occurrence, il s’agit d’un « compliment » rédigé par les garçons du village qui voient partir une jeune fille du village avec son futur époux, lequel n’st pas du pays.

« Mademoiselle, Monsieur,

Permettez-nous de venir vous présenter nos félicitations avant que vous soyez unis par les liens du mariage ; excusez-nous si nous avons négligé quelques détails de cette « prise », la faute en est à la précipitation qui a régné sur nos préparatifs. Excusez-nous si vous nous trouvez importuns, en songeant que cette coutume est très vieille et qu’elle est à coup sûr un talisman infaillible pour faire durer toujours votre bonheur actuel.

Mademoiselle,

C’est avec beaucoup de regret que nous vous voyons partir. Vous avez partagé les mêmes bacs que nous à l’école, vus avez grandi dans le même cadre que nous, et nous avons su apprécier vos qualités. Nous savons que vous êtes toujours aimable, toujours adroite et toujours travailleuse ; ces qualités feront de vous une vraie maîtresse de maison, une vraie mère de famille. Votre mari aura la chance d’avoir une maison toujours en ordre, une femme économe et travailleuse et il peut être sûr de ne pas subir de scènes de ménage. Il ne pouvait pas mieux choisir et nous l’en félicitons.

Monsieur,

Si vous n’étiez pas un bon camarade, nous vous tiendrions rigueur de nous enlever ainsi une jeune fille du pays. Mais nous avons su vous apprécier au cours du séjour que vous avez passé dans notre commune. Quand vous êtes parti, vous avez laissé un vide parmi nous et nous avons vu qu’un bon « copain » était parti. Votre entrain, votre humeur, vous ont valu de bons amis. Cette gaieté naturelle était la marque d’un bon caractère et nous sommes sûrs que votre future femme a trouvé un mari aimant, dévoué et toujours de bonne humeur.

Mademoiselle, Monsieur,

Une nouvelle fois, nous vous renouvelons nos félicitations pour votre choix mutuel. Nous vous présentons nos vœux de bonheur, de prospérité et de richesse jusqu’à la fin de vos jours. Plus tard, quand vous serez blanchis et chenus, en retrouvant ces verres que nous vous offrons, vous saurez reconnaître que les jeunes de Dompierre en Morvan avaient deviné que vous seriez heureux. C’est tout  ce que nous vous souhaitons ! »

Source : 100 ans de vie rurale à Dompierre en Morvan A.Monin.

 

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Poser des « mais » aux portes des filles

Posté par francesca7 le 3 mars 2013

 

Dans les villages de l’est de la France, « le mai », c’est l’arbre individuel, l’arbre d’amour

 

Dans les années 1940, au soir du 30 avril, traditions de nos campagnes obligent, les garçons du village se réunissaient pour préparer la pose des « mais » destinés à toutes les filles qui sont « bonnes à marier » ou tout au moins à être courtisées.

Ces « mais » étaient le symbole de l’arrivée des beaux jours, de la reprise des activités, contrastant avec le calme de l’hiver. Je m’en vais vous raconter cette belle tradition…. D’après les écrits du livre de l’instituteur de ma fille : M.Monin paru dans « Une école de son village » :

Dans nos campagnes, dans les années 1940, les jeunes sont nombreux à Dompierre en Morvan (21). Les garçons de la commune se divisent alors en trois équipes indépendantes, non rivales pour se partager le « travail » dans les différents hameaux. Un groupe sévit à Genouilly, un autre à Dompierre et Jadron et le troisième à Courcelotte et Villars. Il faut savoir que ces jeunes gens devaient honorer une bonne vingtaine de filles…

Les « mais sont de jeunes charmes repérés à l’avance dans la forêt.

Selon les années et le courage des garçons, leur diamètre varie de la taille du poignet à celle d’un bon piquet de clôture. En année normale, le feuillage d’un vert tendre commence à se développer. Le choix du charme provient vraisemblablement du fait qu’il pousse très tôt, qu’il symbolise la santé et la vigueur (ne dit-on pas ; se porter comme un charme…) et que son nom s’associe à « charmer » (les filles).

En attendant que le « pays » s’endorme, les histoires vont bon train durant cette veillée généralement bien arrosée. Au milieu des éclats de rire, on se remémore les bons coups des années précédentes et on prépare les nouveaux. A la nuit noire, les équipes partent abattre les ‘mais » avec leurs cognées et leurs lanternes. Il faut ensuite les apporter à leur destinataire, discrètement et sans trop les abîmer. Les arbres sont alors transportés à dos d’homme, ou parfois, quand le vois est loin, sur un chariot, jusqu’aux abords Poser des du village ; les « mais » sont alors dressés contre les maisons des demoiselles et quelquefois attachés aux gouttières si le vent menace de les faire tomber. Lorsque le printemps se montre en avance et que les lilas blancs sont épanouis, leurs branches odorantes garnissent aussi le « mai », au grand désespoir des quelques rares propriétaires de ce bel arbuste. Ceux-ci, parfois, offrent à boire aux garçons pour qu’ils ne massacrent pas leurs arbres ou, au contraire, montent « la garde » pour les préserver. Tout cela se passe dans un silence relatif…

Profitant de ce rassemblement de forces vives, le village fait l’objet d’un grand nettoyage de printemps. Tout ce qui traîne le long des rues est amené sur la place ; brouettes, charrettes, outils engins agricoles, barrières, volets, tas de bois, pots de fleurs, etc… Le lendemain, chaque propriétaire tente de retrouver son bien dans cet amoncellement hétéroclite. Cela lui donne l’occasion de mettre un peu d’ordre dans sa cour.

Comme l’ambiance de la nuit n’est pas vraiment mélancolique, il se trouve toujours un gars pour suggérer quelques farces… Boucher une cheminée avec une planche de tombereau ou autre chose, retourner un rouleau agricole, démonter un balancier de pompe, attacher la poignée d’une porte à un seau d’eau ou à une bille de bois placée en travers de l’huis, changer deux ânes d’écurie (de préférence quand leurs maître ne s’adressent plus la parole), etc… Plus subtil est de laisser croire qu’une farce a été faite alors qu’il n’y a rien, les intéressés cherchent alors vainement, pendant plusieurs jours, ce qui a bien pu leur arriver.

arbre-mai-02-300x232 dans HUMEUR DES ANCETRESLe dimanche suivant la pose des « mais » est celui de leur « arrosage ». Chaque équipe se rend tour à tour chez les filles qu’elle a décorées. Si un garçon a des vues particulières sur la fille de la maison, il entre le premier, sans faire de politesse à ses camarades, comme étant « en pays conquis ». C’est une façon de faire connaître ses prétentions, ce qui ne fait pas toujours plaisir aux parents de l’intéressée…

Les filles offrent à voire et des gâteaux tandis que le « mai » sera débité en bois de feu et en rames à pois. Selon le nombre de demoiselles à visiter et l’amabilité de la réception, on peut rester fort longtemps en leur charmante compagnie. Si bien que, les bonnes années, un seul dimanche ne suffit pas à tout arroser et que cela en nécessite un deuxième.

Il est à noter qu’une jeune fille ayant été trop volage ou trop désagréable au gré des garçons, au cours de l’année, peut se voir promettre un « mai » en « groettier » (cerisier sauvage) qui donne des fruits pour tout le monde ou un « gratte-cul » (églantier). Ce qui fait dire aux mauvaises langues que certaines jeunes filles se lèvent de très bonne heure le matin du 1er mai afin de vérifier l’essence de leur « mai ». Dans ces cas-là, il est préférable que cet arbuste insignifiant disparaisse car il peut faire autant de bruit, dans le village, qu’une série complète de casseroles …

L.DUGARREAU.

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Tradition de la Bûche de Noël au siècle dernier

Posté par francesca7 le 3 mars 2013

 Tradition de la Bûche de Noël au siècle dernier dans HUMEUR DES ANCETRES buche-de-noel

Dans nos campagnes au début du 20ème siècle, aux portes du Morvan (21), tradition obligeait, et encore en 1966, quelques jours avant Noël, depuis fort longtemps, que les enfants de l’école organisent un spectacle composé de saynètes, de chansons et de danses. Cette manifestation rassemblait une bonne partie de la population du village qui venait applaudir avec bienveillance, la génération montante après y être passée elle-même. L’ancienne école de filles désaffectée est transformée pour la circonstance en salle de spectacle. Autrefois cela se passait au presbytère. Les sommes recueillies à cette occasion constituent la recette essentielle de ce qui fut la « caisse de l’école » et que l’on appelle aujourd’hui : la coopérative scolaire. Cette fête est un des points forts de  l’animation du village et elle permet de financer, chaque année, une grande partie des clases de découverte (neige, mer ou nature).

buchben-300x200 dans HUMEUR DES ANCETRES

Le 24 décembre, la soirée commence par une longue veillée avant la messe de minuit ; pratiquement tout le village se rend à l’église pour célébrer la nativité du Christ autour de la crèche préparée par les enfants et le curé. Pour ceux qui ne fréquentent pas assidûment l’endroit, il paraît qu’une bonne messe de minuit vaut au moins sept messes ordinaires, de quoi voir venir…

De retour à la maison et en guide de réveillon, la famille se partage la bûche de Noël faite de pain d‘épice nappé de chocolat et arrosée d’une bonne « goutte ». pas de cadeaux ; les étrennes sont réservées au jour de l’an. Au début de ce siècle, le Père Noël n’a pas les moyens de visiter tous les foyers, mais il y parviendra petit à petit. Pour le remercier de son passage et pour lui donner du cœur à l’ouvrage, il trouvera sur chaque cheminée, un petit verre de « goutte » que l’on découvre toujours vide le matin de Noël….

 La tradition de la bûche de Noël est très ancienne. Avant d’être une pâtisserie, il s’agissait d’une véritable bûche creuse qui contenait, du moins le faisait-on croire aux enfants, des noix, des noisettes entreposée par les petits animaux de la forêt. Quelques-uns s’en souviennent avec émotions… 


Sans doute, quelques personnes de ma génération ont vécu ou entendu parler de cette jolie coutume. En ce qui me concerne, je pense que ce doit être le plus lointain de mes Souvenirs. J’avais alors trois ou quatre ans et cela se passait dans les années 1928 ou 1930 nous raconte C. EVRAD.

Cet événement avait lieu pendant la veillée de Noël, mais il était préparé de longue date. En effet, dès la coupe des arbres, les bûches ou les souches qui pouvaient convenir étaient sélectionnées ; assez grosses, bien noueuses, peut-être un peu trouées par les piverts, puis elles étaient rangées dans le bûcher.

Le jour de Noël venu, l’aïeul (en l’occurrence mon grand-père), entouré de tous ses petits enfants, allait choisir la fameuse bûche. Du bout de sa canne, il frappait les unes et les autres et nous, les enfants, tendions des oreilles attentives…

-       Sonnait-elle assez clair ?

-       Etait-elle de bonne taille ?

-       Bien sèche ?

-       Les écureuils, les loirs et autres petits rongeurs y avaient-ils bien entassé leurs provisions pour les jours de disette entre hiver et printemps ?

Au bout d’un certain temps, le grand-père trouvait la bûche qui, lui semblait-il, était celle qui rassemblait toutes les qualités requises !

Nous l’apportions alors dans la grande cheminée avec un soin tout particulier, nous la déposions doucement sur le brasier préparé à son intention et alors… Elle dorait sur toutes ses faces et nous la surveillions de très près.

-       Est-elle bientôt assez grillée grand-père ?

-       Pas encore, prenez patience !

-       Je crois que c’est à point grand-père !

-       Encore quelques minutes !

Avec le tisonnier, le grand-père grattait, frappait… et tout à coup :

-       Sauvez-vous au fond de la pièce, elle va bientôt éclater !

Alors il frappait un grand coup sec et … OH ! merveille ! Des noisettes, des noix, des anis et même quelques papillotes envahissaient la grande salle, et nous autres de courir, de ramasser à plat ventre sous l’armoire, à quatre pattes sous la table le merveilleux butin qui pleuvait à chaque coup de tisonnier.

Pendant que nous remplissions nos mains et nos poches, celles de grand-père plongeaient à nouveau dans la grande poche de sa veste qui était la vraie réserve, non pas des écureuils, mais de l’amour de ce grand-père pour ses petits-enfants et de la joie de Noël.

Bien entendu la bûche finissait de se consumer, après avoir réchauffé nos cœurs, elle réchauffait encore nos petits pieds.

 

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Vie quotidienne des enfants moines

Posté par francesca7 le 28 février 2013

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Comment vivent ces enfants moines ? En principe, comme leurs frères adultes, « sous le joug de la Sainte Règle ». En réalité, la présence de bambins pleurant, babillant et s’agitant est pour moniales et moines une charge très lourde. Mais c’est aussi, souvent, le seul exutoire à une tendresse humaine qu’il leur est par ailleurs interdit d’exprimer. 

Jusqu’à 15 ans, les enfants sont confiés au cellérier, comme les vieillards et les hôtes. Il leur fournit au réfectoire ce que réclament « les égards dus aux enfants et aux vieillards, surtout pour la nourriture ». Ils ne sont pas dispensés de petit déjeuner, et le lait est autorisé une fois par semaine. Au choeur et à table, les enfants occupent parmi les moines la place qui correspond à leur date d’admission. Au dortoir, on peut ne pas suivre cet ordre mais il convient de ne pas laisser leurs lits trop rapprochés les uns des autres et il est prudent de les intercaler parmi ceux des anciens, qui sont toujours au moins deux. Ils telechargement-4 dans HUMEUR DES ANCETRESne doivent jamais être livrés à eux-mêmes ou laissés en compagnie d’un seul maître.

Si, la nuit, un garçon doit sortir pour ses besoins, il doit être accompagné par un maître et un autre garçon avec une lanterne. Enfin, les garçons ne doivent jamais se toucher l’un l’autre et il est interdit à tout moine d’avoir le moindre contact physique avec eux, et même de toucher leurs vêtements.

Comme les adultes, les enfants ne peuvent parler que s’ils en ont la permission. La règle les associe cependant à tous les exercices de la communauté : assis sur des troncs d’arbre, des tabourets ou à même le sol, ils sont témoins d’actes administratifs et participent aux délibérations capitulaires car la sagesse peut sortir de leurs lèvres. C’est ainsi que l’évêque Herman de Verdun demande aux enfants de la communauté de Saint-Vanne de désigner le prochain abbé et suit leur conseil. 
Pendant la liturgie quotidienne, les oblats ont la charge spéciale de réciter le martyrologe où sont mentionnés les moines défunts, liant ainsi la nouvelle génération aux disparus; pendant la messe, même le baiser de paix — le seul contact physique au­torisé aux moines adultes — est explicitement interdit aux oblats. 

S’ils commettent une offense en chantant les psaumes ou de quelque autre façon, on les frappe avec une canne légère et polie. La règle revient plusieurs fois sur les modalités de correction « des enfants d’âge tendre ». Tous les matins, le maître doit brandir sa verge au-dessus de leur tête. L’abbé doit tenir compte de leur âge quand il est obligé de les punir. La règle affirme qu’une peine afflictive impressionne toujours plus les enfants qu’une humiliation. Concernant l’ordre dans la communauté, les petits sont soumis à la surveillance de tous les frères, demandant le plus expressément de les traiter avec modération.

En l’an 1080, un certain Vivien donne son fils Boson au monastère.

Dans la charte de donation, il explique : Mon fils Boson, que je vous remets à perpétuité, en accord avec mes héritiers et descendants,  est dès à présent et dans l’avenir l’avocat perpétuel pour mes péchés afin d’apaiser la colère du Jugement que j’ai mérité… C’est pourquoi je donne mon fils afin qu’il soit fait moine sous le joug de la Règle de Dieu et qu’en ce lieu, en tout temps, il travaille pour moi et intervienne pour mes péchés. 

Boson devient un oblatus, « donné ». Il ne doit pas être confondu avec le nutritus « nourri », confié aux moines pour être instruit et qui, au terme de son enfance, retourne dans le monde. L’oblat, par volonté parentale, est moine dès l’entrée au couvent. Irrévocablement. La lecture du cartulaire de Nouaillé révèle que Boson n’est pas seul; les petits Constantin, Frodon, Raynaud et Richard sont pueri monaci, enfants moines.

Dans la seconde moitié du XIe siècle, Ulrich de Cluny observe qu’après qu’ils ont une maisonnée de fils et de filles, ou s’ils ont des enfants boiteux ou estropiés, sourds et muets ou aveugles, bossus ou lépreux, ou encore des enfants qui ont la moindre tare qui les rendrait moins désirables dans le monde laïc, [les parents] les offrent comme moines avec les plus pieux des voeux [...] en sorte qu’ils se trouvent dispensés de la peine de les éduquer et de les nourrir, ou parce que cela tourne à l’avantage de images-8leurs autres enfants. 

Les enfants du péché sont légion, et d’abord les enfants de prêtres ou de moines, qui rachètent ainsi à peu de frais une faute qui est aussi sociale. Dans un premier temps, les autorités ferment les yeux, à condition que les rejetons, fruit de pareille pollution, [n'aient] point part aux biens de leurs parents, et [demeurent] à jamais asservis à l’Eglise à laquelle appartient le prêtre ou le religieux qui les a ignominieusement engendrés, comme le prescrit le IX` concile

Le temps liturgique rythme l’année, la semaine, la journée. Sept offices, auxquels viennent s’ajouter les messes solennelles et privées, se succèdent toutes les trois heures, de l’aube au coucher des moines (prime, tierce, sexte. none, vêpres, complies), puis une fois au milieu de la nuit (matines). Un horaire qui sauva la vie des moines quand le mur nord de la nef s’écroula en pleine nuit sur leur dortoir vide. en 1103 ! 

Le temps se mesure à la romaine, selon la position du soleil, les premières horloges n’apparaissant qu’au XVe siècle. Le lever de l’astre marque la première heure, et son coucher la douzième. La durée des heures évolue donc au fil des saisons, l’horaire d’été faisant une place à une sieste réparatrice. Les nuits plus courtes ne laissent en effet pas le temps de se recoucher entre matines et prime à l’aube.

 

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Faussaires de l’Histoire

Posté par francesca7 le 18 février 2013

Faussaires de l’Histoire :
responsables mais pas coupables…

(Éditorial du 15 juin 2011 paru dans le N° 39 de
La France pittoresque – juillet/août/septembre 2011)

Archiviste du Gard, auteur de nombreux romans historiques et d’aventures, Alexandre de Lamothe anathématise en 1873 dans Les métiers infâmes, les « faux monnayeurs de l’Histoire » qui mettent à profit la liberté de la presse pour perpétrer, impunément et à dessein, des mensonges parmi les plus exécrables en se jouant de la paresse d’esprit naturelle d’une majorité de nos concitoyens.

Faussaires de l'Histoire dans HUMEUR DES ANCETRES faussaireTout ce que journalistes et écrivains relatent n’est pas nécessairement frappé au coin de l’authenticité, exprime-t-il en substance, confronté aux stigmates d’une désinformation médiatique déprédatrice. Prenant l’exemple de la Révolution française dont on a glorifié à l’envi certains instigateurs – parmi lesquels les philosophes des Lumières – tout en flétrissant à loisir les figures de l’Ancien Régime, il dénonce une « galerie de faux portraits gravés par des mains criminelles (où) toutes les illustrations les plus pures sont présentées sous les traits les plus repoussants et sous les couleurs les plus calomnieuses, tous les êtres les plus abjects hypocritement transfigurés et proposés à l’admiration populaire, comme les modèles les plus accomplis de toutes les vertus. »

Aujourd’hui encore, l’Education nationale, délivrant à nos enfants un récit aseptisé et controuvé de cette période sombre de notre Histoire, entretient le mythe d’un soulèvement mené pour et par le peuple, cependant que l’on avait en réalité pris auparavant soin d’agiter et d’affamer ce dernier, l’historien Gustave Bord écrivant en 1908 qu’à la veille de la Révolution, « le déficit financier n’eut de gravité que parce que les adversaires de la monarchie s’en firent une arme. (…) À l’extérieur, la France était puissante et respectée. Aucun pays ne jouissait alors de plus de libertés, d’esprit de tolérance. (…) Son gouvernement paternel était d’une douceur extrême, souvent même débonnaire. »

Mais « le malhonnête du livre ou du journal (…) n’a à craindre ni les gendarmes ni la prison », sa tromperie ne relevant « que de l’honneur et de la conscience », observe encore, lucide, notre pamphlétaire qui ajoute : « Le mensonge est bien plus attrayant que la vérité, et puis désapprendre ce qu’avec tant de peines on a appris dans un collège, est chose pénible et décourageante. On se laisse aller au courant de l’erreur qui vous porte tout doucement, au lieu de se fatiguer à le remonter ; seulement, au lieu d’aborder au rivage, on échoue sur un écueil. Les faussaires profitent de cette apathie ; ils se copient les uns les autres, chacun ajoutant sa petite dose de mensonge, et la fausse monnaie de l’histoire continue à circuler en s’altérant de plus en plus, grâce à l’impudence des uns et à la coupable complaisance des autres. »

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

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Réveiller nos ancêtres

Posté par francesca7 le 15 février 2013

« Petite Histoire » vs « Grande Histoire »
dogmatique voire idéologique

(Éditorial du 26 avril 2012 paru dans le N° 41 de
La France pittoresque – printemps-été 2012)

Réveiller nos ancêtres dans HUMEUR DES ANCETRES age-de-pierre

Et si la « grande » Histoire ne devait d’être vivante et captivante qu’à la « petite » Histoire, outil sans prétention auquel G. Lenotre, pseudonyme de Théodore Gosselin descendant par sa mère du célèbre jardinier de Louis XIV et élu à l’Académie française en 1932, s’appliqua à conférer ses lettres de noblesse pour le plus grand ravissement du public ?

Pourtant, celui que Jean d’Elbée, dans la Revue hebdomadaire, qualifie d’explorateur curieux et de défricheur inlassable n’eut d’abord pour toute gratification que préjugés et méfiance de ses pairs : « On commença bien par ne pas prêter beaucoup d’attention à cet assembleur de puzzles, patiemment penché sur ses mille brimborions bizarrement découpés et coloriés, jusqu’au jour où leur assemblage révéla un ensemble singulièrement frappant par son importance, sa vérité et sa vie. Et d’autant plus frappant que les figures et les sujets du tableau ainsi obtenu n’étaient pas du tout conformes aux modèles que l’on voyait déjà accrochés et exposés partout dans le bâtiment Histoire. Les maîtres du Bâtiment sursautèrent à cette vue et s’avisèrent que l’humble assembleur pouvait être quelqu’un d’assez dangereux, avec ses peintures nouvelles, qui, si elles ne ressemblaient pas aux prototypes chers aux Pontifes, reproduisaient les originaux mêmes avec des traits et des accents qui ne trompent pas. »

Aux yeux de Lenotre, réveiller fructueusement les fantômes du passé suppose de recréer l’atmosphère où ils ont respiré, jusqu’à leur table de travail, leur fauteuil, leur encrier, leurs souvenirs : détacher cet ensemble de l’homme civilisé revient à défigurer l’Histoire et la vider de son âme. Je n’invente rien, avait-il confié, considérant combien s’affranchir d’un goût insensé pour le romanesque, dépassait si facilement en intérêt l’imagination lyrique d’un Michelet et débouchait sur des leçons salutaires. Et d’Elbée d’ajouter : « Ne rien inventer, voilà la grande méthode. Ne se servir dans la formation des personnages, dans la construction de l’œuvre que de matériaux vrais, que de traits authentiques, même pour les plus infimes : le résultat est que lorsque la dernière touche est donnée, lorsque la dernière parcelle est posée, le miracle de la conscience et de la patience, ces deux mamelles de l’historien, apparaît tout à coup ; c’est la vie. »

En revenant aux fondamentaux, en exhumant sans fioritures la vie de nos ancêtres, en s’imprégnant patiemment et simplement de leur quotidien et du contexte au sein duquel ils évoluaient, n’approchons-nous pas davantage la vérité historique, ainsi libérés de l’influence parfois prégnante de l’Histoire dogmatique voire idéologique véhiculée par les manuels scolaires et des productions littéraires parfois pontifiantes ?

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

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Gouvernement du monde

Posté par francesca7 le 14 février 2013

Quand Sots corrompus
et trompeurs gouvernent le monde…

(Éditorial du 11 juin 2007 paru dans le N° 23 de
La France pittoresque - juillet/août/septembre 2007)

Dans La satire en France au Moyen Age, Charles Lenient qualifie en 1893 le Vieux-Monde d’une des meilleures sorties politiques. Écrite au début du XVIe siècle, elle met en scène Monde, vieillard décrépit, ennuyé, qui tousse, crache, baille et se voit conseiller par Abus, s’apitoyant sur ses fatigues et le cajolant, de prendre du repos. Il finit par se coucher, Abus étant chargé de tout conduire pendant son sommeil et appelant à lui la bande des Sots, ses amis.

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Le premier qui accourt est Sot Dissolu, habillé en homme d’Église, l’œil allumé, le teint vermeil ; Abus lui donne Sot Glorieux pour compagnon, fanfaron bruyant, vêtu en gendarme, criant d’un air comiquement terrible : « A cheval, sus en point, en armes ! ». Puis Sot Corrompu, au nez fin, à la démarche discrète sous sa robe de procureur ; Sot Trompeur, avec sa grosse face béate et sournoise de marchand ; Sot Ignorant, grand niais qui va chantant un refrain sans le comprendre. Enfin Sotte Folle, enragée brouillonne, qui persuade aux autres sots de tondre le vieux Monde endormi. Le bonhomme tondu semble si laid qu’on le chasse honteusement ; mais l’assemblée des Sots convenant de bâtir un autre monde sans qu’il y ait consensus, Abus propose de lui donner pour fondement Confusion ; lui-même dirigera les travaux à titre d’architecte, chaque sot fournissant son pilier à l’édifice avec les vices de son état.

Sot Corrompu ne peut s’accommoder de Justice ; on va chercher Corruption, qui loge au Palais. Sot Trompeur entasse l’un sur l’autre UsureLarcin et Fausse Mesure. Cependant Sot Ignorant, qui dans la pièce de l’auteur représente le peuple, s’impatiente et se plaint qu’on l’oublie. On lui propose Innocence,SimplicitéObéissance ; mais il n’en veut point, et préfère MurmureFureur et Rébellion. Ces piliers debout, on place dessus une grosse boule, le Monde Nouveau, les sots engageant un débat pour savoir qui possédera la main de Sotte Folle, avant de culbuter, dans leur empressement, le frêle édifice fraîchement élevé. FurieuxAbus les renvoie tous dans le sein de leur mère, Confusion. Le théâtre est jonché de débris. Le Vieux Monde reparaît et déplore l’imprudence des jeunes sots.

Et Lenient de voir en la chute de ce monde improvisé par les sots, une condamnation des chimères et promesses trompeuses auxquelles s’était laissé prendre tant de fois l’opinion publique. Ainsi s’écoulent les siècles, confortant l’hypothèse de l’éternel retour déjà chère aux Stoïciens…

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

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Valeurs inversées du Monde

Posté par francesca7 le 7 février 2013

(Éditorial du 22 novembre 2012 paru dans le N° 42 de
La France pittoresque – automne-hiver 2012/2013)

C’est en 1877 qu’une chroniqueuse du Journal de la Jeunesse, par le biais d’une anecdote confinant à l’allégorie, entreprend de brosser le portrait d’un « monde renversé » vers lequel semble naturellement porté l’être humain et dont il doit pourtant chercher à se préserver. Il y avait autrefois, à la maison paternelle, nous explique-t-elle, une vieille image grossièrement peinte qui éveillait singulièrement sa curiosité. Où donc l’artiste avait-il été prendre des scènes semblables ? s’interroge-t-elle. Dans quel monde avait-il pu copier ses bizarres sujets ? Rien n’était à sa place.

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Ici, un brochet vorace, la gueule fendue jusqu’aux ouïes, pêchait tranquillement à la ligne et déposait sur le rivage un homme suspendu à l’hameçon. Là, un gros chat, renfermé dans une souricière, où il faisait la mine du diable en un bénitier, servait de divertissement à une troupe de jeunes souris, toutes rondes de graisse, qui prenaient leurs ébats autour du prisonnier, sans crainte de ses yeux flamboyants et de ses moustaches hérissées. Un peu plus loin, debout sur ses pattes de derrière, un lièvre audacieux couchait en joue un chasseur à qui l’effroi donnait des jambes. Plus loin encore, un bœuf attelait à la charrue le laboureur qui lui remettait l’aiguillon, tandis que, dans le champ voisin, Robin mouton portait la houlette et que le berger paissait l’herbe tendre. Dans un coin du tableau, se cachait tout confus maître Renard pris au piège par la gent volatile. Enfin au premier plan, attirant tous les regards, le maître d’école, coiffé du bonnet d’âne, était agenouillé au beau milieu de la classe, tandis que ses élèves émancipés s’étalaient en grappes joyeuses sur l’estrade jusque sur le pupitre du pauvre pédagogue. « Cela n’a pas le sens commun », déclarait-elle un jour, choquée d’une telle invraisemblance.

« Qu’en pensez-vous, enfants ? Devinez-vous mieux que je ne pouvais le faire à votre âge le sens profondément philosophique de ma vieille estampe ? Hélas ! en avançant dans la vie, combien en rencontre-t-on, autour de soi, de ces moutons portant la houlette, de ces poissons devenus pêcheurs, de ces écoliers en rupture de ban ? Vous, au moins, ne contribuez pas, en ce qui vous concerne, à établir autour de vous le monde renversé. Laissez la houlette aux mains de vos conducteurs naturels, n’enlevez pas l’aiguillon à ceux qui savent s’en servir et n’oubliez pas que les fleurs hâtives du printemps ne peuvent remplacer les fruits murs de l’automne. »

Mais ce monde aux valeurs inversées dont un artiste anonyme avait ébauché l’esquisse et que d’aucuns redoutaient au XIXe siècle, n’est-il pas celui au sein duquel se battent, s’ébattent et se débattent nos contemporains ?…

Valéry VIGAN - Directeur de la publication - La France pittoresque

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