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    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

  • a bientot

A la maison des fermiers

Posté par francesca7 le 12 avril 2013


De tous temps, les enfants participent à la vie de la maison et exécutent une quantité de petits travaux :

-       scier, fendre ou rentrer le bois, casser le fagot,

-       Garder les oies, les moutons, les vaches,

-       Nourrir et « curer » les lapins, les volailles,A la maison des fermiers dans HUMEUR DES ANCETRES 250px-50-aspetti_di_vita_quotidiana%2C_veglia%2CTaccuino_Sanitatis%2C_Ca

-       Mettre le foin en « bouillots » (tas),

-       Relever les gerbes, glaner les épis oubliés pour les poulets,

-       Echeniller les choux, récolter les doryphores pour les détruire,

-       Ramasser les pommes de terre,

-       Arracher les betteraves….

Lorsqu’il reste un peu de temps à soi, on en profite pour s’amuser un peu :

-       Traîner à travers la campagne,

-       Dénicher les oiseaux, les chasser au lance-pierre,

-       Poser quelques collets,

-       Braconner un peu dans les étangs…

Aujourd’hui, dieu merci ! c’est plus calme on a la télé !

LA TOILETTE : dans la cuisine, la seule pièce chauffée de la maison, la toilette se fait avec une cuvette d’eau, un gant, un savon et une serviette jusqu’aux années 1960. Depuis, la salle de  bains est aménagée à la place de la « chambre à four » ou de la « souillarde ».

LES REPAS : Le petit déjeuner des enfants se compose d’un bol de chocolat ou de café au lait avec du pain cassé dedans. A midi, les produits de la ferme sont à l’honneur : viandes (poulet, lapin, porc…) et légumes du jardin (beaucoup de pommes de terre sous toutes les formes de préparation), fromage. Le soir, on dispose souvent des restes ; soupe au lait ou grasse, quelques légumes, œufs, fromage, confiture. Les gâteaux, les crêpes, les gaufres et les tardes sont réservés aux dimanches, jours de fête et veillées entre voisins.

LA VEILLEE : Après le dîner, la journée d’hivers se termine par la veillée. Les familles voisines se regroupent chez l’une ou chez l’autre, à tour de rôle. Les plus courageux marchent même jusqu’au hameau, voire au village voisin. A la lueur de la lampe à pétrole, les hommes jouent au « cascaret » ou aux « tarots » tandis que les femmes cousent, brodent, raccommodent, tricotent au coin du feu en racontant quelques petites histoires ou en chantant. La soirée s’achève par une collation où l’on déguste les gâteaux, les gaufres, les tartes ou la charcuterie de la maîtresse maison…

 

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Une journée de Battage

Posté par francesca7 le 12 avril 2013

 La batteuse était installée dans la cour de la ferme depuis la veille au soir. A la pointe du jour, tous les hommes du pays se rendaient chez le cultivateur où elle était installée. Chacun allait prendre le café à la maison, puis le tracteur se mettait en marche et actionnait la batteuse à l’aide d’une grande courroie.

Le chef de l’exploitation distribuait les tâches ; les uns sur la batteuse, sur le tas de céréales, à la paille, les autres aux sacs, etc… tout ceci se déroulait dans un esprit de franche camaraderie.

A huit heures, un coup de sifflet ou de sirène et tout s’arrêtait. Chacun quittait son porte, se secouait un peu pour faire tomber la poussière qu’il avait sur le dos, puis se rendait dans l’habitation du cultivateur, où une grande table était dressée. On s’installait devant le couvert et savourait la bonne soupe au lard et ce qui suivait. Ce premier repas terminé, la batteuse ronronnait à nouveau ; chacun reprenait ses fonctions, ceci durant deux heures environ après lesquelles un nouveau coup de sifflet annonçait les « 10 heures ». Là, tout le monde se rassemblait autour des dames de la maison qui apportaient vers la batteuse un casse-croûte composé de lard froid, de saucisse, de pain, accompagné de vin et boissons diverses au goût de chacun.

Redémarrage à nouveau et à midi, nouvel arrêt. Réunion à table pour le repas, puis chacun à son poste jusqu’à 4 h – 4 h et demie. Nouvel arrêt et casse-croûte comme à 10 heures. Enfin, on repartait jusqu’au soir. Si la récolte du paysan n’avait pas été toute égrenée dans la journée, on reprenait le lendemain, puis la batteuse changeait de maison.

Les repas du soir étaient souvent plus longe que les autres.

La journée était terminée ; alors pour oublier la fatigue certains racontaient des histoires et d’autres chantaient puis on se quittait en se donnait rendez-vous pour le lendemain. Une journée de battage était fatigante, car on travaillait dur ; on respirait aussi beaucoup de poussière, mais la bonne entente et l’esprit de camaraderie qui y régnaient faisaient oublier tout cela.

Dans chaque village, les paysans ou ouvriers agricoles faisaient de 15 à 20journées de battage comme celle-ci. Le travail en commun rapprochait les hommes et entretenait entre eux un certain lien d’amitié, alors qu’actuellement, avec la vie moderne, cela n’existe plus et c’est bien regrettable.

A l’époque où se passaient ces journées de battage, l’entrepreneur déplaçait son matériel à l’aide de son tracteur et n’avait besoins de personne d’autres. Dans mon enfance, c’est-à-dire de 1943 à 1950 nous raconte le père MM. pour aller chercher ce matériel, c’était toute une expédition. Les paysans partaient le chercher dans le pays voisin avec une dizaine de chevaux ; quatre ou cinq étaient attelés à a batteuse et sa remorque, trois ou quatre à la machine à vapeur, un ou deux à la lieuse. A l’entrée du pays tous les gamins que nous étions, suivaient le long convoi. Ceci était, disons, l’événement de l’année !

Je reviens sur la machine à vapeur qui actionnait la batteuse ; elle m’a toujours attiré, et souvent, enfant, je restais vers celui qui en avait la responsabilité. Il fallait la remplir fréquemment de charbon qui flambait dans le gros foyer, maintenir le niveau d’eau et surtout .. je n’étais pas le seul, je suppose, à aimer tirer sur le sifflet pour annoncer les arrêts, repas et casse-croûte.

C’était le bon temps !

Une journée de Battage dans HUMEUR DES ANCETRES vieux-tracteur

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La femme adultère

Posté par francesca7 le 22 mars 2013

La femme adultère

par

Hippolyte Lucas

~ * ~

 

                                    Allez en paix et ne péchez plus.

La femme adultère dans HUMEUR DES ANCETRES fille1ON disait un jour devant une femme spirituelle que tromper son mari commençait à devenir bien vieux au théâtre, et que les auteurs devraient renoncer à ce moyen.

« Que voulez-vous ? répondit-elle malicieusement, c’est une chose aussi ancienne que le monde, et qui durera autant que lui. Le théâtre est l’expression de la société. »

Beaucoup de femmes se persuadent, en effet, que l’adultère est un corollaire du mariage ; elles se figurent n’avoir pas eu une existence complète si elles ne se sont, pour ainsi dire, élevées à leurs yeux du rang d’épouses à celui de maîtresses, comme à un degré supérieur dans l’échelle des passions.

L’adultère ! nous venons d’écrire là un mot qui se prononce rarement, même en ce temps, où la chose est si commune, et que l’on tient même pour un mot de mauvaise compagnie ; mais qu’il nous soit permis de l’employer. Ce mot, le désespoir des gens du monde, doit faire le bonheur des étymologistes. Aucune expression ne porte mieux son idée. Adultère vient d’un verbe latin qui signifie altérer, et rien n’altère, en effet, davantage les choses et les sentiments.

L’adultère ! quelle école d’hypocrisie et de dol ! il fait des femmes autant de Machiavels au petit pied. Non contentes d’introduire dans leur famille une bande de jeunes Lacédémoniens, si nous pouvons nous exprimer de cette façon, lesquels, comme habitués au vol dès leur naissance, s’en viennent enlever une part d’héritage aux légitimes enfants, elles vivent dans un état de dissimulation qui corrompt les bons instincts du coeur, et dégrade les meilleures natures. La pudeur s’y perd en même temps que la probité ; le mensonge s’incarne dans leur chair et dans leurs os, et plus elles ont d’égards, plus elles ont de torts ordinairement envers leurs maris ; elles passent avec leurs consciences de misérables transactions. A quel degré de mauvaise foi la femme qui manque à ses serments d’épouse arrive presque à son insu ! Chez elle le sens moral s’abolit peu à peu.

Voyez-la d’abord redouter en public la vue de son amant : ses joues se couvrent de pourpre aussitôt qu’un nom trop cher est prononcé, surtout en présence de son maître légitime ; elle croit qu’on aperçoit sur ses lèvres la trace de coupables baisers ; elle tressaille à toute heure comme si elle était devant un juge ; elle marche en baissant les yeux. Mais bientôt son front désapprend à rougir, ses nerfs se calment, son pas s’affermit, ses yeux s’enhardissent : elle a plus d’assurance que la vertu la plus éprouvée. Elle attire alors son complice sous le toit conjugal, il prend place à sa table, à son foyer. Elle cimente effrontément, entre cet homme et celui qu’elle déshonore, une amitié perfide. Il n’est sorte de bassesses auxquelles l’un et l’autre ne soient prêts pour cela, car l’adultère avilit jusqu’à l’amant, qui devient l’humble serviteur d’un homme détesté par lui. Écoutez leurs projets. Ils s’étudient à renouer le bandeau sur les yeux de la victime dont ils se raillent en secret. Un jour on substituera des lettres respectueuses, lettres officielles, aux billets mystérieux et passionnés de l’amour ; une autre fois un dédain affecté étouffera les germes d’un soupçon, et la réconciliation sera obtenue par le mari lui-même, à quel prix, grand Dieu !

Allons plus loin.

Cette femme, si réservée jusqu’alors, qui paraissait la plus chaste des mères, que déconcertait la moindre expression équivoque, qui se faisait une loi d’une économie austère, cette divinité du toit domestique se métamorphosera en bacchante échevelée, pendant que son mari consumera en longs travaux ses jours et ses nuits pour qu’elle puisse mener une existence décente et s’entourer de toutes les délicatesses de la vie intérieure ; elle se livrera aux joies prodigues de la courtisane, elle dépensera en folles aventures quelquefois le pain de sa famille, sans avoir le sentiment de sa dépravation. Comparez-la à ces autres femmes plus honnêtes qu’elle au fond, à ces femmes sans nom qu’un spirituel écrivain vous a dépeintes, et qui se donnent à tous sans faire tort à personne, elle criera à l’infamie, elle qui en est venue à mépriser son mari en raison même des affronts qu’elle lui fait.

Entrons plus avant dans ce sujet.

L’adultère n’est pas moins fâcheux pour les enfants que pour le mari : voilà souvent la cause des préférences ou des antipathies cachées. Tantôt les enfants du mari sont sacrifiés à ceux de l’amant ; tantôt les êtres malheureux nés d’un attachement passager, rompu avant leur naissance, se trouvent considérés comme un funeste résultat ; heureux si, conçus dans des circonstances périlleuses, ils ne font pas naître la pensée d’un autre crime, et si le sein qui les porte ne devient pas leur tombeau ! On voit quelles sont les honteuses et coupables suites de l’adultère, et combien une femme a lieu de s’en garder, si peu qu’elle ait de réflexion ; mais beaucoup de femmes manquent de réflexion.

Donnons un trait de plus à ce sombre tableau.

L’adultère engendre l’adultère. La femme une fois lancée dans cette route tortueuse ne peut plus s’arrêter. On croit n’être qu’une femme sensible en cédant à une première affection : cette affection brisée, et toujours elle se brise, on a besoin de la remplacer. Le vide du coeur ne se supporterait plus. D’ailleurs on cherche à s’étourdir sur une déception. L’amour-propre engage à oublier un amant infidèle, et surtout à lui prouver qu’on ne le regrette pas, et qu’un consolateur n’a pas manqué : on devient femme galante. Quand le remords n’entrave plus les pas, et le remords, comme une herbe gênante, est bien vite arraché du chemin de l’adultère, la pente est facile à descendre, les intrigues se multiplient, se découvrent ; il faut quitter sa famille, son pays, aller cacher sa honte dans quelque grande ville où l’on finit, faute d’appui naturel, par s’abaisser au rang de femme entretenue, à moins que le suicide ne l’emporte sur la prostitution. Nous posons en principe qu’il est, pour une femme, plus difficile de n’avoir eu qu’un amant que de n’en pas avoir eu du tout. Lorsqu’il s’échappe un grain du collier de sa vertu, les autres ne sont pas longs à défiler. Dans quels bras tombe-t-elle encore ! Le goût se perd en même temps que la pudeur. Où donc est la femme adultère qui n’a pas ses moments de vertige, et qui, comme la Titania de Shakespeare, n’entoure de ses bras caressants une tête d’âne aux oreilles velues.

fille2 dans LITTERATURE FRANCAISECependant le moraliste le plus sévère ne pourrait se dispenser de faire valoir les circonstances atténuantes servant parfois d’excuse à la femme soumise, il faut le dire, à de trop rudes épreuves pour sa faiblesse, et laissée au dépourvu. Ce serait injuste de ne pas présenter la défense de la partie adverse ; ce serait d’autant plus mal à celui qui écrit ces lignes, que sa plume ne s’est pas toujours montrée si rigoureuse en un pareil sujet. Dans un état social comme le nôtre, où les mariages consultent rarement les inclinations, où la fortune plus que l’amour procède à l’acte le plus important de la vie, il arrive inévitablement que le défaut de sympathie se remarque en un jour. On essaye de se résigner chrétiennement à son sort ; mais les reproches, les querelles, les ennuis, naissent de toutes parts. Alors paraît intolérable un intérieur où gronde un orage perpétuel. De la nécessité de supporter quelqu’un qui déplaît à l’espérance de trouver le repos sous l’abri d’une liaison étrangère toujours à proximité, il n’y a pas un grand écart pour la pensée ; et la vertu attaquée, minée en secret plus encore par la rudesse de l’époux que par les prévenances de l’amant, succombe après de longs combats. La faute en est souvent à l’inconséquence des parents, qui vendent en quelque sorte leur fille au premier venu, lorsque ce premier venu s’appelle un parti. La faute en est encore à l’imbécillité des maris.

Le mariage étant une des choses les plus importantes de la vie, il serait bon d’y regarder de près, et, par une bizarrerie incroyable, la plupart des hommes donnent plus de soins aux bagatelles les plus fugitives qu’à cette indissoluble convention, dans laquelle pourtant ils mettent leur honneur. Quelques personnes timorées ont pensé que les railleries jetées par la comédie à la tête des maris trompés attaquaient la société par sa base, en dégradant l’institution du mariage. Ces âmes honnêtes sont tombées dans une grande erreur. Il n’y a pas d’autre contre-poids à la cupidité qui préside si souvent au choix d’une femme. Ces sarcasmes mis dans le plateau de la balance l’emportent quelquefois sur le caprice et l’amour-propre, et empêchent un homme de compromettre dans une union mal assortie le bonheur d’une existence entière. La comédie est donc dans son droit, ainsi que le monde, en se moquant des disgrâces des époux, et les plaisanteries dont certains esprits délicats s’offensent n’en possèdent pas moins une très-haute valeur morale ; elles ne cesseront pas même d’amuser tant qu’il y aura des maris trompés en France, pays classique en ce genre, c’est-à-dire jamais.

On compte au répertoire du Théâtre-Français cinq cents pièces où les maris se trouvent plus avancés que le Sganarelle de Molière, ce Sganarelle qui ne se plaint que d’un mal imaginaire. Molière surtout a su allier une profonde philosophie à la liberté du théâtre. Lorsqu’on le lit avec attention, on comprend quelle haute idée il s’était faite du mariage, et jusqu’à quel point il le voulait basé sur la sympathie des caractères et sur les convenances sociales ; en deux mots, sur l’amour et sur la raison. Toutes ses plaisanteries ne tendent qu’à se moquer de ceux qui, comme Arnolphe ou Georges Dandin, s’exposent à de fâcheuses conséquences en bravant les plus simples lois du bon sens. Vouloir lier sa destinée entière à un être dont on contraint le penchant, n’est-ce pas mériter d’être puni ? sacrifier à des intérêts d’argent ou de vanité son repos domestique, n’est-ce pas appeler sur soi les sarcasmes des hommes ? Voilà ce qui ressort de toutes les comédies de Molière.

Le drame sentimental est cent fois plus pernicieux aux bonnes moeurs que ces franches saillies de Molière, qui ne tirent pas à conséquence : lorsqu’on colore le mal avec des semblants de passion, on le rend plus capable de séduire qu’en l’exposant dans sa nudité. Les transports romanesques, les rencontres fatales, les faiblesses involontaires ou repentantes, toutes les ressources du jargon passionné, ne font que donner au vice un prétexte de prendre des airs de vertu. Croit-on, pour ne citer qu’un exemple, que dans Misanthropie et Repentir, Madame de Meinau, sur les malheurs de laquelle l’on verse tant de larmes, offre un bien digne et bien sage modèle ? Ne pourrait-on pas inférer de cette pièce de Kotzebuë que, pour recouvrer une honorable position dans le monde, après avoir trahi son époux et abandonné ses enfants, une femme n’a besoin que de se repentir.

On peut diviser la classe des femmes parjures en trois catégories, selon que le coeur, l’esprit ou les sens, ont jeté ces dames hors du mariage. La première classe est celle que les romanciers ont adoptée, et qu’ils se sont plu à revêtir de toutes les séductions de leur talent. Ils ont décrit avec une extrême complaisance les luttes de la passion et du devoir ; ils ont enchâssé comme des diamants les larmes tombées des yeux de ces tendres coupables, sans trop s’inquiéter du danger de leurs peintures sentimentales. Il y a, en effet, un charme dans ces douleurs, et plus d’une faible épouse, en possession d’un honnête homme fort empressé de lui plaire, s’est mise à se créer de chimériques infortunes afin d’arriver au romanesque état de ces héroïnes ; elle s’est abandonnée à des caprices d’imagination, qui sont dégénérés à la longue et véritable catastrophe pour son époux. Un des effets les plus lugubres et les plus déplorables de la littérature moderne, et nous avons tous contribué à ce désordre, il faut en convenir, c’est qu’elle a peuplé la France d’une foule de femmes incomprises, que leurs maris arrivent à ne comprendre que trop. La femme dont nous venons de tracer le portrait, soit qu’un intérieur pénible, ou qu’un désenchantement imaginaire l’ait rendue infidèle, conserve une apparence de réserve et de candeur.

La seconde catégorie renferme la femme dont le manque de foi est inexcusable, la femme adultère par excellence. La trahison est pour elle une occupation d’esprit, un besoin de ruse, d’activité, de mouvement, un véritable plaisir. La créature décevante dont parle Figaro, et de qui l’instinct est de tromper, se montre ici dans tout son éclat. Recevoir des billets galants, en écrire, se ménager des rendez-vous, courir mille risques, compromettre jusqu’à sa vie, voilà un jeu pour son génie inventif. La vanité la guide la plupart du temps. Elle aime à ravir, par exemple, à une de ses amies (car ce sont ses amies qu’elle choisit de préférence pour victimes) les attentions d’un homme à la mode ; elle est tranquille sur le résultat de ses amours. Sa progéniture, quelle qu’elle soit, est traitée également : la même indifférence, la même négligence règne pour tous. Une nourrice élève ses enfants jusqu’au moment où le collége les reçoit. La sécheresse de l’esprit a remplacé les entraînements du coeur et les erreurs de l’imagination. Elle admet avec une facilité extraordinaire les paradoxes au moyen desquels on a essayé de justifier les atteintes portées au mariage ; elle s’en amuse avec ses amants. On lui accorderait plusieurs maris, comme à certaines femmes de l’Asie, que cela ne la satisferait pas. L’intrigue n’y serait plus, c’est l’intrigue qui lui plaît avant tout.

Comment déterminer d’une manière précise la variété qui comprend la troisième catégorie de notre division ? Il est encore de nos jours plus d’une Abisag, vierge charmante condamnée à la couche de quelque David énervé ; il est des Héloïses renfermées dans le sanctuaire conjugal, ainsi que dans un cloître austère, et forcées de revêtir leur corps jeune et ardent du cilice de la mortification. Combien enfin de belles fleurs, l’amour et le désir des jeunes gens, qu’on voit flotter sur la surface du mariage, ainsi que des nénuphars sur des eaux solitaires et tièdes ! Ces belles mariées, sans maris, vivront-elles toujours dans un veuvage auquel la loi actuelle les enchaîne impitoyablement ? Non, assurément. Elles trancheront le noeud gordien avec l’épée d’Alexandre ! A-t-on trop le droit de les blâmer ?

L’adultère est un canevas qui est le même partout, mais que chaque pays brode à sa façon. Nulle part il ne s’étale avec plus de liberté qu’à Paris : voilà sa patrie. Si l’adultère n’avait pas existé depuis la création, Paris l’aurait inventé. C’est là qu’il est à l’aise, qu’il se pavane, et qu’il relève sa tête, humblement baissée en province. Vous le voyez marcher bras dessus bras dessous avec le mariage, qui lui sert quelquefois de patron ; vous le coudoyez à chaque pas que vous faites sur les boulevards ; il vous couvre de flots de poussière au bois ; il s’accoude sur le velours de la meilleure loge de nos théâtres ; il affectionne surtout le drame moderne, créé en son honneur ; il sépare la femme du mari, auquel il envoie des lettres de faire part lors de la naissance de son enfant ; il ose demander à l’époux s’il veut en être le parrain : mais l’adultère ainsi audacieux et consenti, l’adultère officiel perd le prestige du mystère. Détournons les yeux de ces ignobles tolérances, de ces marchés scandaleux. L’adultère, le véritable adultère, digne de son nom, se maintient toujours dans des conditions de silence et de dissimulation. Il sait ce qu’il est : il a honte de lui.

De quelle façon, me dites-vous, se pratique l’adultère ? Contez-nous-le, si vous le savez. Peignez-nous l’adultère de bon ton, l’adultère bourgeois, l’adultère chez le peuple.

Vous le voulez ? Eh bien ! voyons :

Remarquez ce fiacre (un fiacre, notez cela) traversant quelque rue silencieuse et écartée ; il se dirige, avec des stores hermétiquement fermés, vers une maison discrète qui semble se cacher au milieu des autres. Le véhicule numéroté s’arrête devant une petite porte qui s’ouvre d’elle-même : au premier étage, derrière des persiennes entr’ouvertes, un blond jeune homme, aux cheveux bouclés, aux petites moustaches frisées, avance le cou imprudemment, et vous qui passez là par hasard, revenant de visiter une vieille parente, vous avez surpris un regard de femme parti du fiacre et adressé au joli garçon, dont la tête s’est retirée de la fenêtre avec précipitation. Un peu de curiosité fait que vous vous retournez : soudain, légère comme une sylphide, une gracieuse femme, coquettement habillée, s’élance de la voiture, en effleurant à peine le marchepied. Un voile d’un tissu serré enveloppe son chapeau. Elle a passé comme l’éclair, et la porte s’est refermée promptement sur elle. Bien qu’à deux pas, à peine avez-vous pu distinguer sa taille souple et son pied mignon que vous croyez avoir vu descendre d’un brillant équipage aux Bouffes et à l’Opéra. Vous êtes sûr que cette femme est des plus élégantes, et des mieux titrées. Elle a jeté dans l’air en passant des parfums comme la divinité de Virgile. Recueillant alors vos souvenirs, vous vous rappelez qu’un soir au théâtre vous avez observé des signes d’intelligence entre ce blond jeune homme qui vous est bien connu et l’une de nos femmes à la mode les plus adorées. Soyez discret, je vous en prie, c’est la grande dame adultère !…

Pour quoi donc, visiteur malencontreux, êtes-vous allé chez la femme de cet agent de change, de ce négociant, de ce banquier votre escompteur, à l’heure de la Bourse et des affaires ? Vous avez trouvé madame assise dans son boudoir, car les femmes d’agent de change, de négociant, de banquier, ont toujours des boudoirs : elle sort du bain ; elle a pour toilette un simple peignoir de mousseline claire retenu par une ceinture qui dessine sa taille, et laisse apercevoir, à travers la transparence du corsage, des chairs blanches et rosées. Son pied, un peu large, est enfermé dans une babouche turque. Ses cheveux, négligemment tournés, retombent en boucles sur son cou. Mollement inclinée sur un divan, elle tient un livre pris soudain à votre arrivée, et qui paraît l’occuper beaucoup. Ce livre est donc bien agréable ; est-ce un nouveau roman de George Sand ? D’où vient que la belle lectrice semble si contrariée de votre présence ? Vous jetez un coup d’oeil à la dérobée sur cette oeuvre attachante, c’est unTélémaque ou un Robinson Crusoé, laissé sur le divan par un fils, jeune collégien de beaucoup d’espérances. Voilà qui est étrange ! Si vous avez la maladresse de vous asseoir et d’engager une longue conversation sans vous apercevoir de la mauvaise humeur avec laquelle on vous répond, vous ne savez pas vivre, permettez-moi de vous le dire. A un coup de sonnette qui ne tardera pas, vous verrez la lèvre supérieure de votre interlocutrice s’avancer sur la lèvre inférieure, et son sourcil se froncer ; puis on introduira un grand beau brun, dont vous aviez déjà soupçonné les assiduités dans quelques soirées : c’est lui qui tourne la musique au piano. On recevra ce jeune homme comme un étranger, avec une froideur de glace. Si vous m’en croyez, partez au plus vite ; vous êtes de trop chez la bourgeoise adultère.

Voulez-vous connaître à présent les grandes causes qui ont provoqué l’infidélité de ces deux femmes ? C’est un noeud de ruban tombé dans un bal du sein de la baronne, et furtivement relevé par le jeune homme aux blonds cheveux, ce même noeud qu’on faisait entrevoir discrétement placé sur le coeur pendant que Rubini roucoulait mélodieusement Il mio tesoro…. C’est un succès colossal obtenu par le beau brun, premier clerc de notaire, aux soirées de la femme du banquier, avec les chansonnettes de mademoiselle Loïsa Puget ou de M. Amédée de Beauplan.

Reste la femme du peuple. Celle-là aime à cueillir avec un jeune ouvrier des bluets dans les blés, ou à s’égarer dans les bois de Romainville et de Meudon, le dimanche, tandis que son mari garde les enfants lassés. Mais l’adultère est avant tout un fils de l’oisiveté et de l’ennui ; il a moins de prise sur cette classe laborieuse, où le travail entretient l’honneur. Chez la femme du peuple, l’adultère a été souvent le fruit de la violence. La femme du peuple s’est vue longtemps en proie à la débauche des grands. Qu’on se rappelle les mystères du Parc-aux-Cerfs. Des historiens un peu aventureux ont cherché à démontrer, à ce propos, l’heureuse influence de l’adultère sur la civilisation moderne. Ces singuliers philosophes ont prétendu que l’adultère, comme un rat, a rongé les mailles de l’énorme filet  aristocratique par lequel le peuple était emprisonné, c’est-à-dire que les faiblesses des grandes dames, et les convoitises roturières des grands seigneurs, en mêlant un sang vulgaire au pur sang des ducs et des princes, ont porté un coup mortel à l’hérédité des priviléges, et détruit aux yeux des nations les illusions de la noblesse et de la royauté.

filleIl ne nous siérait pas d’agir ici la grave question du divorce, palliatif insuffisant lui-même à ce fléau qui dévore les familles comme une lèpre secrète, et contre lequel les lois n’ont pas de remède ! La loi ne répare le mal que quand il est fait. Il n’y a que l’exemple des bonnes moeurs et la résignation qui puissent avoir quelque efficacité. Cependant il est bon de rappeler que, dans tous les temps, la femme adultère a été rigoureusement punie, parce que le repos des sociétés est fondé sur le mariage. Les Hébreux la lapidaient avant que le Christ eût dit qu’il fallait être sans péché pour lui jeter la première pierre ; les Grecs et les Romains la condamnaient à la flétrissure publique, à la déportation. En France, on la privait autrefois de sa dot et de ses conventions matrimoniales, puis on la reléguait dans un monastère ; de plus, on la fouettait dans les rues : mais on renonça bientôt à cet infâme traitement, de peur, dit avec naïveté un écrivain, que cet affront n’empêchât les maris de reprendre leur femme, comme Ménélas reprit la sienne après qu’elle eut passé dix années en pérégrination. Maintenant le mari, dans certaines circonstances, a droit de vie et de mort sur sa femme ; il ne tient qu’à lui d’user de l’article 137 du code pénal, article ainsi conçu : « La femme convaincue d’adultère subira la peine de l’emprisonnement pendant trois mois au moins, et deux ans au plus. » Le mari peut toujours arrêter cette condamnation, car le crime d’adultère chez nous est considéré comme privé, quoiqu’il soit souvent excessivement public.

La loi française contre l’adultère a été faite évidemment par des maris trompés, s’il faut dire la vérité : tout y est contre les femmes et rien en leur faveur. L’épouse convaincue d’infidélité est punie d’un emprisonnement qui peut s’élever jusqu’à deux années. Le mari qui entretient une concubine, et encore faut-il qu’il l’ait fait entrer chez lui, n’est passible que d’une simple amende. Le Code accorde en quelque sorte au mari outragé le droit de venger de ses propres mains l’affront qu’on lui fait lorsqu’il en est témoin ; le code se tait à l’égard de la femme qui surprendrait dans le lit conjugal une maîtresse de son mari. En présence d’une pareille législation est-il donc étonnant que les femmes, qui, si elles ne règnent pas sur les codes, règnent sur l’opinion, compensent par un peu de ridicule l’inégalité des peines ? aussi rit-on généralement des maris malheureux.

L’adultère, du temps de Faber, était considéré comme une espièglerie de société. Notre société n’est pas moins espiègle que celle d’alors, et l’on pourrait se plaindre, comme les anciens auteurs, de ce que cet amusement est trop fréquent dans le royaume.

Aristote raconte avec naïveté que dans les eaux du Phase il croissait de son temps un petit arbuste dont un rameau, cueilli par l’époux et caché dans le lit conjugal, rendait la femme chaste. Excellent Aristote ! où donc est-il ton rameau ? Il s’en est allé avec ta Poétique ; car l’on ne conserve pas plus le coeur de sa femme avec ce procédé, qu’on ne fait de bonnes tragédies au moyen des tes maximes dramatiques. L’heureux choix, la sympathie, les soins constants, voilà les meilleures sauvegardes de l’honneur d’un mari.

Montaigne, ce profond esprit, qui a si bien résumé la sagesse antique, a écrit dans ses Essais quelques lignes belles, nobles et engageantes, dans lesquelles le mariage est bien dignement apprécié. Nous voulons terminer par ces lignes cette physiologie de la femme adultère, afin de faire excuser, en faveur du but où nous arrivons, les sinuosités du chemin que nous avons été obligé de parcourir avec quelque liberté. « C’est une douce société de vie, dit-il, que le mariage, plein de fiance et d’un nombre infini de bons et loyaux services et obligations mutuelles : à le bien façonner, il n’en est point de plus belle dans la société ; aucune femme qui en savoure le goût ne voudrait tenir lieu de simple maîtresse à son mari. »

Heureux ceux dont la vie peut prendre pour épigraphe la phrase de Montaigne, et pour lesquels le mariage est cette fidèle union qui consola nos premiers parents de la perte de l’immortalité.

 

SOURCE : Texte établi sur un exemplaire (BM Lisieux : 4866 ) du tome 3 des Francais peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du XIXe siècle publiée par L. Curmer  de 1840 à 1842 en 422 livraisons et 9 vol. 

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Les Bagaudes de l’an 300

Posté par francesca7 le 9 mars 2013

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Les bagaudes (bagaudae en latin) étaient, sous l’empire romain du IIIe et IVe siècle, le nom donné aux bandes armées de brigands, de soldats déserteurs, d’esclaves et de paysans sans terre qui rançonnaient le nord-ouest de la Gaule. Le poids de la fiscalité romaine conjugué à la misère causée par le refroidissement du climat et les pillages des barbares venus du nord semble être, pour la plupart de ces hommes, le motif de vouloir vivre de rapines. Ce nom bagaude dérive du mot celtique qui a donné le breton bagad, qui signifie troupe, groupe, troupeau. Certaines bagaudes se doteront d’une organisation politico-militaire. Dans leur plus grande extension, elles couvriront les deux cinquièmes du territoire de la Gaule (Nord-ouest principalement).

On peut aussi faire un rapprochement avec les usurpations contemporaines qui semblent également la conséquence des problèmes sociaux et de l’agitation politique de l’époque, même si elles ne concernent pas les mêmes classes sociales et ne sont pas identifiées comme bagaudes. Par exemple, en 281 les habitants de Lugdunum soutinrent l’usurpation de Proculus, riche propriétaire terrien qui arma ses 2 000 esclaves. Il prit la fuite dès que les légions impériales s’approchèrent.

En 284 sont apparues les premières bagaudes menées par Pomponius Élien dans une Gaule du Nord à peine remise des ravages de l’invasion germanique de 276. Des paysans gaulois se révoltèrent contre l’administration impériale. Ils prirent Autun et la saccagèrent. Contenus quelque temps par Aurélien et Probus, ils se révoltèrent de nouveau sous Dioclétien, ayant à leur tête un certain Amandus. Elles furent vaincues en 286 par l’empereur Maximien Hercule.

Les révoltes bagaudes reprirent au IVe siècle, lors des invasions germaniques en Gaule et en Espagne. Les ravages exercés sur la population rurale et urbaine, et l’anarchie développée par le recul de l’autorité impériale parfois remplacée par des dominations barbares moins assurées induisirent de nouveau le regroupement de bandes armées de paysans ruinés et de déserteurs, auxquelles se joignirent depuis les villes des esclaves fugitifs et des citadins endettés, luttant pour leur survie ou tentés de se joindre aux pillages des barbares. Certains historiens y ont vu aussi des aspirations autonomistes contre l’empire romain, dans les interactions entre les bagaudes et les réfugiés bretons d’Armorique ou les tribus basques en Espagne. Mais la faim et l’appât du gain facile semblent des motivations suffisantes lors d’une telle époque de bouleversement.

Aurelius Victor signale des attaques de bagaudes vers 360 à la périphérie des villes. Un soulèvement de bagaudes eut lieu vers 410 assez loin des régions habituelles, dans la basse vallée de la Loire.

En 435, Tibatto est le chef d’une bagaude qui, selon la Chronica gallica, provoqua la sécession de la Gaule ultérieure et à laquelle se joignirent tous les esclaves. Tibatto est vaincu et capturé en 437. Une légende tirée de sources ecclésiastiques, notamment de l’abbaye de Saint-Maur, situe ces événements sur les bords de la Marne au lieu Bagaudarum castrum aujourd’hui appelé Saint-Maur-des-Fossés, près de Paris. Les fossés en question étaient ceux qui auraient protégé leurs camps mais ces fossés remontent à une date beaucoup plus ancienne. Une porte de Paris du côté de Saint-Maur aurait reçu, en mémoire des Bagaudes, le nom de porta Bugaudarum, et, par abréviation, porta Bauda. Elle était située sur le terrain appelé depuis place Baudoyer (derrière l’hôtel de ville de Paris actuel). Il s’agit en fait d’une interprétation étymologique erronée. D’ailleurs il n’est nullement démontré que ce lien supposé avec les Bagaudes concernerait l’époque de Tibatto plus que celle d’Aelianus et d’Amandus.

Peu après cette date, une révolte bagaude fut réprimée en Espagne par les Wisigoths, sur ordre des autorités romaines.


En 448, une nouvelle bagaude en Gaule centrale est dirigée par un médecin nommé Eudoxe. Battu, il se réfugia à la cour d’Attila.

Un texte de 638 relatif à Saint-Maur-des-Fossés, dans la région parisienne, mentionne un retranchement des bagaudes dans la localité.

Un boulevard des Bagaudes existe entre les communes de Saint-Maur-des-Fossés et de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) ; la plaque porte la mention « peuplade gauloise ».

 

 

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Dompierre en Morvan après la guerre

Posté par francesca7 le 7 mars 2013

 en 1918

Le 11 novembre 1918 la guerre se termine enfin, mais vingt et un jeunes hommes de Dompierre ne rentreront pas au pays. Cela représente une proportion d’environ un sur cinq mobilisés. Le dernier poilu tombe le 5 novembre 1918, six jours seulement avant l’arrêt des combats…. C’est cher payer, mais c’est sans doute le prix de la liberté !!!!

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Le 20 mars 1919, « M. le Maire appelle l’attention du conseil municipal sur la question de commémorer le souvenir des morts de la Grande Guerre.

A cet effet, il est sûr de traduire le sentiment de chacun en associant la commune de Dompierre en Morvan au mouvement général d’admiration et de pieuse reconnaissance qui se manifeste partout à l’égard des héros qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la Défense Nationale ; un monument serait élevé pour perpétuer le souvenir des enfants de la commune morts ou disparus au cours de la guerre 1914-1918. »

Ce monument sera érigé en 1919, devant l’église, sur l’emplacement de l’ancien cimetière redevenu place publique. Il sera financé par la commune de Dompierre et par des souscriptions faites auprès des habitants du village. La construction est confiée à M. Etienne Labrosse, ancien entrepreneur de travaux publics, demeurant à Courcelotte.

Le 22 juin 1919, « M. le Maire invite le conseil municipal à voter l’adresse suivante en l’honneur de l’armée américaine !

 

« Le conseil municipal de Dompierre en Morvan envoie au général PERSHING, commandant en chef des troupes américaines en France, l’expression de sa reconnaissance la plus vive et de sa sympathie la plus cordiale pour le concours précieux et désintéressé que la grande République Américaine a prêté à la France pendant la guerre et qui a permis aux Alliés d’arracher aux Barbares germaniques la victoire finale » adopté à l’unanimité ».

Le 22 mai 1921, à 14 heures et demie, sous la Présidence de M. le Maire de la commune de Dompierre, assisté de tous les conseillers municipaux (en présence de M. le conseiller géénral, M. le conseiller d’arrondissement, des combattants, des instituteurs et du curé), de toute la population de la commune et de beaucoup d’étrangers,

Après la cérémonie religieuse et la bénédiction du monument,

A l’issue d’un banquet public et gratuit offert aux invités et aux démobilisés,

A eu lieu l’inauguration officielle du monument élevé par la commune de Dompierre en Morvan aux soldats morts pendant la guerre de 1914-1918.

La population entière a travaillé à l’ornementation du monument, à la décoration et au pavoisement des édifices communaux, des rues et places.

Des discours ont été prononcés, des sonneries de clairons et de tambours et des chants patriotiques ont été exécutés pendant la cérémonie qui s’est terminée à 16 heures et demie…. »

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Issu de 100 ans de vie rurale à Dompierre en Morvan A.Monin. (Editions de l’Armançon 1990).

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La guerre de 1935-1945

Posté par francesca7 le 7 mars 2013

 à Dompierre en Morvan (21)

La guerre de 1935-1945 dans Côte d'OrCette période de la vie du village de Dompierre en Morvan (21), comme dans beaucoup d’autres d’ailleurs, est assez confuse et demeure un sujet délicat à traiter.

Dès le début de la « drôle de guerre », l’armée française fait installer un « poste de guet », à la sortie sud du village.

« Le 22 octobre 1939, la municipalité procède à l’achat de planches et de tôles  sur la demande du lieutenant commandant le poste de guet ».

Ce poste, construit en planches, sur des pruniers, est sensé surveiller les passages aériens. Lors de l’avance allemande du printemps 1949, il sera promptement abandonné.

Au début de l’hiver 1939, « le conseil municipal, à l’unanimité, décide de payer à M. le Curé qui a envoyé un passe-montagne aux mobilisés, la laine qu’il a acheté en partie. Il décide en outre, d’acheter de la laine pour leur faire tricoter des gants, des chaussettes et des genouillères (par M. le Curé, les enfants de Dompierre et Genouilly dans les leçons de couture) afin que la commune puisse s’intéresser à leur sort et envoyer un colis aux mobilisés nécessiteux (domestiques) sur le front et un colis de Noël à tous les mobilisés.

Une souscription sera ouverte à la mairie ».

D’autre part, « le conseil municipal proteste énergiquement. La commission n’a pas tenu compte suffisamment des charges de famille et de la situation familiale des mobilisés. De nombreuses femmes de mobilisés restent seules avec leurs parents âgés de plus de 70 ans qui ne peuvent plus travailler pour nourrir leurs enfants… »

Dompierre en Morvan s’installa dans la guerre… comme en 14, mais…

Au printemps 1940, les convois de réfugiés fuyant devant l’armée allemande encombrent les routes. Des files ininterrompues de pauvres gens qu’il faut ravitailler au passage cheminent péniblement pendant des jours. Certains de nos Dompierrois prennent peur et tentent de s’enfuir aussi ? rassemblant à la hâte quelques affaires, on rejoint les colonnes après avoir lâché les lapins, les volailles et laissé la main ouverte pour éviter la casse. Une quinzaine de kilomètres seulement sont parcourus la première journée, c’est si peu qu’on décide finalement de rentrer chez soi.

A la mi-juin 1940, l’armée allemande se déploie dans le village et les champs des alentours. Les habitants se cachent ou se sauvent dans les bois. Comme avec toute armée en pays conquis, on assiste au « pousse-toi d’là que j’my mette ». Les caves sont vidées, les objets de valeur disparaissent et les meilleures maisons sont réquisitionnées, ainsi que le château de Villars, pilé lui aussi. Rien de bien grave en vérité, car aucun crime n’est à déplorer.

Il y a belle lurette que les Dompierrois n’ont pas connu d’occupation étrangère. La dernière remonte à juin 1814, où des détachements autrichiens et prussiens, occupés à plumer l’aigle impérial (Napoléon 1er) nous rendirent une courte visite.

Néanmoins, il faudra cohabiter quelque temps avec ces hôtes encombrants, qui exigent que les rues du village soient balayées tous les jours, qui confisquent tous les fusils de chasse (presque), qui imposent la fourniture de quantités exorbitantes de produits agricoles ; chevaux, vaches, porcs, volailles, œufs, beurre, foin, paille, blé, orge, avoine, pommes de terre, rutabagas…

Dans le même temps, l’armée allemande fait construire un poste de surveillance au lieu-dit le « moulin à vent », point haut dominant le village, à l’Ouest et ayant des vues lointaines sur la RN 70. Occupé par une dizaine d’hommes, ce poste doit surtout observer les mouvements aériens et renseigner le commandement, par radio. Les habitants du village sont tenus de le  ravitailler en eau et en vivres.

La résistance s’organise …

Deux groupes de résistants se constituent dans notre région (Morvan) : le groupe Bourgogne et le groupe Bayard.

On entre dans la résistance par connaissance, par conviction, par inconscience aussi et enfin par nécessité si l’on est recherché, évadé ou réfractaire au S.T.O. dans ce cas, il faut disparaître de la circulation et rejoindre le « maquis » le plus proche. Terrés dans les bois, ces groupes organisés militairement comptent jusqu’à cent cinquante hommes et exécutent les coups de mains classiques de harcèlement de l’ennemi : embuscades, sabotages (voies verrées, ponts) abattis, piégeages…

Les résistants n’ont pas besoin de se cacher : honorables artisans ou paysans le jour, c’est dès la tombée de la nuit qu’ils s’activent. Comme ils ne sont pas soupçonnés, ils se déplacent librement et font circuler l’information, les consignes, les messages, les renseignements, les matériels, le ravitaillent. Ils jouent à cache-cache avec l’ennemi, lui retournent les poteaux indicateurs, collent des affiches entre deux patrouilles, distribuent des tracts…


Le groupe Bayard intervient à Dompierre, le 28 Juillet 1944. Par un beau matin, des camions déversent leur contenu d’hommes en armes rue du Préna, à 1 km Sud-Est du poste allemand. Les maquisards s’approchent de l’objectif sous le couvert des haies, puis dans les champs de céréales bonnes à moissonner à cette époque. L’encerclement en place, on s’apprête à donner l’assaut mais le groupe de soldats allemands se rend sans coup férir. Pour ces gens relativement âgés, la guerre est finie depuis longtemps.

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  Zone contrôlée par Henri Bourgogne : fin 1942

Extrait de : NOTRE MAQUIS du docteur N.Pardon

« Trois postes de gué, c’est-à-dire trois fortins très bien bétonnés et terrassés, piquetaient la carte de notre secteur de petites croix gammées fort désobligeantes (Bar-le-Régulier, Marcigny et Dompierre). (…)

Le lendemain, ce fut un cérémonial à peu près identique pour le poste de Dompierre en Morvan. Mais l’habitude aidant, nous nous ruâmes dessus sans attendre la réponse allemande et toute résistance était déjà vaine, quand le rituel drapeau blanc fut hissé au mât.

C’est dommage, c’était le dernier !

La Luftewaffe avait perdu en trois jours, à heure fixe, et presque sur rendez-vous : trois postes de repérage, dix-neuf hommes, vingt fusils, des mitraillettes, trois mitrailleuses légères, une grosse quantité de munitions et de matériel divers. De notre côté, les pertes ne se chiffraient qu’à 150 kg de plastic utilisé de notre mieux pour transformer en matériel volant des installations qui n’avaient certainement jamais été conçues dans ce but.

Les Allemands ne pouvant supporter de sang-froid la prise d’assaut de leurs trois postes se décidèrent à réagir. Ils le firent à l’Allemande, sur les civils ».

 

Le poste d’observation que les Dompierrois appellent la « cabane des boches » sera immédiatement détruit à l’explosif. Le symbole local de l’occupation vient de sauter, juste quatre ans après l’invasion. Mais la menace de représailles sur le village et ses habitants a plané quelque temps.

A partir du 22 août 1944, le groupe Bourgogne a stationné une dizaine de jours entre Courcelotte et le moulin Cassin. Le campement est établi avec les moyens du bord. Les tentes sont des toiles de moissonneuse-lieuse ou de parachute jetées sur quelques banches. Le ravitaillement en nourriture est assuré par les paysans du secteur, tandis que les armes, les munitions et l’argent tombent du ciel, la nuit, accrochés à de grands parachutes. La toile de ceux-ci est récupérée par les jeunes filles pour y découper quelques vêtements et surtout pour y broder des croix de Lorraine qui seront l’insigne des F.F.I (Forces Françaises de l’Intérieur).

Dans le sillage de l’armée du général De Lattre de Tassigny, en marche pour libérer Dijon, certains membres des groupes de résistants s’engagent « pour la durée de la guerre » dans un des régiments qui la constituent. « Tous gaillards, pas de traînards » telle est la devise du 35è R.I qui en accueille quelques-uns, mais avec ces gars-là, c’est une évident ! Les autres retourneront à leur établi ou à leur charrue.

Collecte de légumes.

Si Dompierre respire mieux et n’a pas trop de problème de nourriture en étant à la source, les villes sont affamées et sur le bureau du maire arrivent de nombreuses demandes d’aide alimentaire.

Le 3 décembre 1944, « le conseil municipal décide, après avoir pris connaissance de la lettre du secours social, de demander aux instituteurs et institutrice de procéder à la collecte des légumes destinés à la cantine scolaire et aux vieux de Montbard ».

Des gens originaires de Villars et vivant à DIJON viennent s’approvisionner chaque fin de semaine, à vélo (70 km)

LES NOUVELLES

En 1943-1944, je suis employé des P.T.T nous raconte J. DUGARREAU, à Paris. Mon service de nuit et un laisser-passer permanent me permettent de regrouper, une ou deux fois par mois, des jours de repos que je passe régulièrement à Villars. Mon frère étant déporté en Allemagne, je viens aider mes parents aux travaux de la ferme.

Le voyage s’effectue à bicyclette car les trains qui partent péniblement à l’heure sont fréquemment stoppés par les bombardements, les destructions de ponts … Le vélo est donc le plu sûr moyen de ne pas perdre  de temps malgré une dizaine d’heures de route … Mais nous sommes jeunes. A cette époque d’étranges convois militaires encombrent nos routes. Les Allemands transportent des sous-marins qui transitent de la Seine à la Saône passant ainsi de la Manche à la Méditerranée et inversement. Le sous-marin est arrimé sur une sorte de long berceau à roues que tirent et poussent des tracteurs poussifs. Une partie de l’équipage reste à bord afin d’aider lors des manœuvres délicates. J’ai vu démolir des immeubles et des maisons, à Saulieu, pour élargir les virages. Les colonnes font souvent halte à Villars permettant aux tracteurs de « reprendre haleine » et aux hommes de se ravitailler. Nous raconte J.Dugarreau.

Depuis le 15 août 1944, à Dompierre en Morvan, nous sommes sans électricité, donc sans radio, complètement isolés et sans nouvelles de l’évolution de la guerre, en ces mois décisifs.

D’où l’idée de fabriquer un modeste poste à galène. Mais il faut regrouper les composants nécessaires, pas facile en ce temps-là… Chance ! Je retrouve dans mes tiroirs, un petit morceau de cristal de galène. Un dé à coudre percé et monté sur le couvercle d’une boîte à cigares servira de support. Une aiguille de phonographe fixée au bout d’un petit ressort constitue l’essentiel du récepteur. La ligne électrique, sans courant, fait office d’antenne. La prise de terre existe déjà, c’st celle de la radio inutile. Les écouteurs sont récupérés sur un simple poste téléphonique ; problèmes ! Il me faut des condensateurs afin d’éliminer les parasites et sélectionner les émetteurs captables de Villars (21).

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Les voisins m’apprennent alors que le curé de Thostes est un bricoleur en la matière… Je saute sur mon vélo jusqu’au village voisin, mais le prêtre a quitté les lieux. Après quelques pourparlers avec les  gens de Thoste, je pénètre dans son « atelier » et – chance encore ! – j’y trouve des condensateurs fixes et variables, ainsi qu’un casque avec écouteurs. De retour à Villars, je termine l’installation de mon récepteur. Après pas mal de tâtonnements patients, je capte tout de même quelque chose de valable. Les voisins et amis, autour de moi, attendent les premières nouvelles dans un silence impressionnant.

Enfin ! Nous ne sommes plus coupés du monde ! Nous apprenons la libération de Paris, nous suivons l’avance des troupes alliées qui progressent dans le nord et l’ouest du département, ainsi que celles qui arrivent par le sud, dans la vallée du Rhône et de la Saône : Lyon, Chalon, Beaune, Dijon et surtout la jonction à Sombernon.

Durant près d’un mois (sans électricité), notre maison de Villars est, tous les soirs, le lieu de rendez-vous des habitants de Dompierre en Morvan qui viennent aux nouvelles. Je consigne sur un carnet les informations que crachotent mes écouteurs et le « bouche à oreilles » en assure la diffusion locale.

Nos rassemblements sont quelque peu risqués car les convois allemands passant sur la route toute proche sont harcelés par la résistance local (abattis, mines, embuscades) et nous redoutons toujours des représailles (incendie du village, exécution d’otages).

A la mi-septembre 1944, Dompierre en Morvan se trouve « libéré » ! (Témoignage de J.DUGARREAU)

Issu de 100 ans de vie rurale à Dompierre en Morvan A.Monin (Editions de l’Armançon 1990).

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Le Monde Moderne de 1895

Posté par francesca7 le 5 mars 2013

 

Quatre personnes traversent notre douce région, à bord d’une automobile, en 1895….

-       René Boylesve, l’auteur,

-       M. d’Esprouesse, le conducteur,

-       MM. Ottimo, un passager,

-       M. Dardare, le mécanicien,

-       Azurine, l’automobile.

Le Monde Moderne de 1895 dans Côte d'Or tacot1-263x300

« … Bien nous prit de chanter au départ, ca ce jour devait être celui de notre marche la plus pénible ; nos avions à escalader la Côte d’Or, et toujours Azurine manifesta un médiocre entrain pour les pentes. En revanche, le pays est plus beau et nous avons la consolation, lorsqu’un de ces maudits brûleurs nous fait faux bond, soit à une côté, soit à une descente, de reposer nos yeux décontenancés sur des environs pittoresques. Dieu sait, et Dardare aussi, pour avoir manié et remanié le contenu de ses petits tiroirs, et tourné la manivelle, combien d’endroits charmants reçurent la caresse de nos mélancolies… (…)

 Entre temps, nous nous livrons à la chasse involontaire des vaches du pays qui sont blanches et peureuses. Ces bêtes fuient devant la voiture et nul chien au monde, nulle voix de crécelle écorchante de petite gardeuse aux abois ne peut les faire retourner. Il faut stopper. Remarquez qu’en ces moments, les brûleurs fonctionnent toujours à merveille. Par contre, au premier village qui nous contemple avec ébahissement, nous voici encore arrêtés sans rime ni raison.

-       Dardare, n’avez-vous donc pas changé le pétrole ?

-       Monsieur ne m’a pas dit de le changer ; j’ai mis seulement le nouveau par-dessus.

-        !!!

Il ne nous reste plus qu’à vider complètement le carburateur qui contient le mélange du pétrole ancien et du nouveau. Azurine, après cette opération, et nourrie d’un plus pur aliment, est prise d’un regain de vélocité. N’étaient les maudites côtes, nous avancerions, ais l’intelligent ingénieur qui traça ici la route nationale épris de la ligne droite jusqu’à la croire constamment idéale, l’a appliquée sur tus le pays sans aucun souci des variations de niveau ; bonnes, collines, monts et vallées lui sont indifférents ; il va droit son chemin.

Depuis cinq grandes heures nous n’avons pas vu âme qui vive ; des mamelons, des vallons, des bois silencieux et déserts. Le soleil baisse : nous commençons à manquer d’eau ; la carte n’indique ni filet bleu ni village. Enfin une mare à cinq cents mètres de la route. Ferons-nous ce détour ? Il le faut. Et, arrivés à cette flaque d’eau isolée, large comme un petit lac, où le couchant envoie ses opales, ses émeraudes et des lambeaux épars d’orangé qui s’éteint, la beauté de l’heure nous retient et nous voilà accroupis près des roseaux, immobiles et insoucieux du reste.

N’avions-nous pas espéré atteindre DIJON dans la soirée ! Hélas, nous arrivons à la nuit en un petit endroit nommé PRECY SOUS THIL (21) où nous coucherons à l’auberge.

Une nuée de gamins tout près d’aller au lit s’abat autour d’Azurine rongflante ainsi qu’àà ses plus beaux jours. Nous avançons parmi la marmaille criante, sifflante, chantante, et d’un effet pittoresque inouï dans la pénombre que nous perçons de nos feux blancs.

Nous devons à la vérité de dire que ce lieu de PRECY SOUS THIL nous fut mal favorable. A la suite de cette journée fertile en accros, M. d’Esprouesse, fatigué sans doute de tenir perpétuellement le guidon et de surveiller sa machine depuis trois jours, gagne aussitôt  sa chambre par le moyen d’un escalier de pierre d’un aspect étonnamment romantique, et nous abandonne sa part de dîner. Las ! Nous lui fîmes trop d’honneur pour la tranquillité de notre nuit et tentâmes d’oublier nos déboires par des lhotel-300x230 dans HUMEUR DES ANCETRESmoyens trop vulgaires.

Une insomnie insurmontable me tenant vers l’heure de minuit seule avec Phoebé qui planait, pure, sur PRECY SOUS THIL endormi, j’entends tout à coup des aboiements furieux mêlés à une vois humaine, s’il est juste de qualifier ainsi la vocifération de notre excellent ami Ottimo aux prises dans la cour avec le molosse de l’hôtel du Commerce et de l’Industrie.

-       Qu’y a-t-il donc, Monsieur Ottimo ?

-       Mais, clame mon infortuné compagnon, n’est-il pas apparent qu’il y a là une rosse de chien vis-à-vis d’un homme incommodé ?

-       Aussi quelle idée de s’exposer à pareille heure à la sévérité de ce gardien d’ailleurs honnête, j’en suis convaincu ?

-       Je vous en souhaite en effet de plus continente, monsieur le maître d’école, me lance Ottimo dans l’instant qu’il atteignait, au fond de la cour, le lieu sans doute de tous ses désirs ; mais faites donc taire cette maudite bête, car ajoutait-il, par une lucarne en cœur, je compte repasser… malgré que ma santé soit altérée.

Et j’avisais un pot de fleurs que j’eusse certainement sacrifiées aux dieux Pénates, pour le repos de la maison, sur le dos du chien, quand différentes têtes apparurent aux croisées en même temps que grognaient des voix épaisses de sommeil. Quelqu’un cueillit sur l’appui de sa fenêtre des bribes de chaux et les lança à l’animal hurlant. Phoebé qui vit ce spectacle dut sourire. Mais la maîtresse de l’hôtel en faillit gronder. Elle se montra sur un palier de pierre, en jupe courte et camisole. C’était une personne accorte et de tournure imposante ; le seul timbre de sa voix adoucit l’animal et nous engagea tous à la conversation. Elle s’établit sur le sujet de l’indisposition d’Ottimo que l’on nommait « le monsieur de la voiture ». De sorte que lorsqu’il se montra, il n’y eut qu’une voix aux cinq ou six fenêtres qui donnaient sur cette cour, pour lui demander de ses nouvelles.

-       Mais, cela va, dit-il, le mieux du monde !

-       Et son sang méridional reprenant le dessus, il esquissa, tourné vers la lune, quelques entrechats qui tassèrent son indisposition, et le rendirent aussitôt populaire … »

 

(tome 2, juillet à décembre 1895) - Issu de 100 ans de vie rurale à Dompierre en Morvan A.Monin.

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Les pompiers de 1899

Posté par francesca7 le 4 mars 2013

 

LE SERVICE DE LA POMPE A INCENDIE

Les pompiers de 1899 dans ARTISANAT FRANCAIS 220px-FeuerwehrNuernberg1661Depuis toujours, les petites communes villageoises possèdent un corps de pompiers bénévoles assurant une intervention rapide en cas de sinistre. Il y a 100 ans, son existence fut capitale car beaucoup de maisons dans le village étaient encore ouvertes de chaume…..

« La séance ouverte (du 7 mars 1895), M. le Maire expose que la subdivision de compagnie de sapeurs-pompiers de la commune de Dompierre en Morvan (21) n’a pas d’existence légale. Ce défaut d’organisation a été souvent la cause de démissions non justifiées et d’adhésions peu sérieuses. Dans ces conditions, le service de la pompe à incendie ne présente pas toutes les garanties désirables et il y aurait lieu d’organiser le corps de pompiers actuellement existant conformément au décret du 29 décembre 1875.

Le conseil,

Considérant que la question qui lui est soumise intéresse au plus haut degré la sécurité publique,

220px-Keeling-fire-engine-illustration dans Côte d'OrConsidérant d’autre part que la commune possède depuis longtemps déjà :

  1. Un matériel de secours pouvant suffire à tous les besoins ; pompe avec tous ses accessoires,
  2. Des effets de petite tenue pour au moins vingt hommes, en même temps que des effets d’équipement pour sous-officiers et caporaux,

Que tous les ans, le conseil municipal montre sa sollicitude pour le corps de pompiers en votant une indemnité de 9 F à chaque homme,

Que l’organisation légale de la subdivision n’occasionne par suite aucun surcroît de dépenses à la commune,

A l’unanimité, est d’avis que le corps de pompiers soit organisé conformément à la loi ».

Quelques années plus tar, le 5 Juin 1899,

« Le conseil,

Considérant que les effets d’habillement servant à la subdivision de pompiers sont, par suite d’un long usage, presque entièrement usés, qu’il est juste de tenir compte du dévouement des pompiers en fournissant à ce corps d’élite un uniforme digne de la mission qu’il est appelé à remplir.

A l’unanimité, décide que les quinze hommes formant la subdivision de pompiers seront pourvus d’uniformes neufs en treillis bleu (vestes, pantalons et képis)… »

Cette compagnie de sapeurs-pompiers bénévoles s’est toujours maintenue jusqu’à nos jours, avec un effectif d’environ une douzaine d’hommes. Elle constitue un groupe de « première intervention » rapidement disponible, en cas de sinistre dans la commune, et un renfort appréciable pour le centre de secours du chef-lieu de canton de PRECY SOUS THIL  (21).

Une manœuvre mensuelle assure l’entretien du matériel et la cohésion du groupe.

A l’occasion des manifestations dans le village (source à pied du 8 mai, fête d’été du mois d’août), les pompiers règlent la circulation, assurent aussi la régularité des épreuves, la  sécurité et l’ordre.

REGLEMENT DE LA COMPAGNIE

DE SAPEURS-POMPIERS

Article 1 – La compagnie de sapeurs-pompiers sera composée de quinze hommes, y compris officier, sous-officier et caporaux.

Article 2 – Pour entrer dans la compagnie, il faudra être de bonne vie et mœurs, sans distinction de taille, être robuste et d’un dévouement connu aux incendies.

Article 3 – En cas d’incendie ; chacun devra se rendre autant que possible au magasin des pompiers en casque et ceinture de manœuvre pour se munir des agrès nécessaires, il devra en même temps prévenir les membres de la compagnie qui se trouveront sur son passage afin d’accélérer les secours.

Article 4 – La compagnie aura un caissier qui sera chargé de recevoir les amendes.

Article 5 – Dans le cas où un incendie éclaterait en dehors de la commune tout pompier se trouvant dans la commune de Dompierre en Morvan doit se rendre sur le lieu de l’incendie en casque à moins d’être passible d’une amende ;

Article 6 – Cependant, si un incendie arrivait à Dompierre, il ne serait pas tenu d’avoir son casque, mais autant que possible il doit le mettre pour sa sécurité personnelle.

Article 7 – L’incendie apaisé, nul ne pourra quitte le lieu du sinistre sans la permission du chef et avant que les seaux et les autres agrès ne soient recueillis et comptés au magasin destiné à cet effet.

Article 8 – Tous les mois, on essaiera la pompe pour s’assurer si son jeu ne laisse rien à désirer ; si les boyaux n’ont pas besoin d e réparations.

Ces réunions seront l’occasion d’une parade et de dissertation sur les ressources et les besoins de la compagnie.

Article 9 – Tout pompier, qui prévenu d’un incendie soit à domicile, ou au son de caisse, aura négligé (s’il n’est absent ou malade) de se rendre sur le lieu du sinistre paiera 3 F d’amende ; en cas de récidive sera rayé du contrôle.

Article 10 – Celui qui, invité à un réunion ou à une assemblée concernant le service de la compagnie ne se sera pas rendu au lieu de la réunion fixé par le chef, sera passible pour :

-          La première fois, d’une amende de 3 F.

-          La deuxième fois, d’une amende double,

-          La troisième fois, sera rayé du contrôle.

Article 11 – Aucun motif ne pourra dispenser les membres de la compagnie de se présenter à la réunion ou assemblée, dont il est parlé à l’article 1O, excepté en cas de maladie ou d’indisposition reconnue.

Article 12 – Toute désobéissance ou insubordination envers les chefs sera jugée par l’officier commandant et, suivant la gravité, par la commission choisie à cet effet.

Article 13 – Le sous-lieutenant paiera les amendes simples, ainsi que le sergent et les caporaux ; pour les amendes doubles ces sommes seront doublées.

Article 14 – Tout pompier qui, dans une réunion ou assemblée, se portera à des voies de fait envers un autre membre de la compagnie sera immédiatement et définitivement expulsé de la compagnie.

Article 15 – Le plus profond silence doit être observé dans les réunions et défense de fumer pendant les séances.

Article 16 – Tout pompier qui aura des observations  à faire ne pourra les faire qu’après avoir demandé la parole au sous-lieutenant ou au chef qui présidera la réunion.

Article 17 – Le produit des amendes ou gratifications sera indexé tous les ans et l’emploi en sera réglé en assemblée générale.

Article 18 – Tout individu qui se présentera pour entrer dans la compagnie, ne sera reconnu pompier qu’après avoir été accepté par la majorité de la compagnie.

Article 19 – En rentrant d’un incendie, un appel sera fait et une amende sera appliquée au contrevenant.

Article 20 – Tout pompier de la compagnie n’habitant pas la commune ne pourra pas e faire remplacer et sera rayé des contrôles ;

Article 21 – En cas de décès d’un membre de la compagnie, tous les autres seront tenus d’assister à ses funérailles ou à moins passibles d’une amende comme à l’article 19. 

Article 22 – Le présent règlement est obligatoire et sera signé par tous les membres de la compagnie.

Il restera entre les mains de l’officier chef des pompiers et sera lu dans les réunions.

 les-pompiers dans HUMEUR DES ANCETRES

Issu de cent ans de vie rurale à Dompierre en Morvan (21) d’A.MONIN

 

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Foires et Marchés : La Louée de Précy

Posté par francesca7 le 4 mars 2013

 

Foires et Marchés : La Louée de Précy dans ARTISANAT FRANCAIS la-louee-300x187Pour vendre leurs produits fermiers et acheter ce dont ils ont besoin, les habitants de la commune de Dompierre en Morvan (21) se rendent régulièrement aux foires de la région : PRECY SOUS THIL ROUVRAY, SAULIEU et SEMUR en AUXOIS.

Pas question de rater une foire ! On s’y rend à pied, à cheval, en voiture ou à vélo. ‘est essentiellement une affaire d’hommes ; les femmes et les enfants sont volontiers laissés à la maison en ce 19ème siècle.

Les plus importantes, à PRECY, étaient « La Louée » en février et « La foire aux châtaignes » en novembre.

Donc, le 19 février de chaque année, se tient « La Louée » des domestiques », à PRECY. Le directeur des enfants assistés de Saulieu vient avec un certain nombre de jeunes garçons et de jeunes filles. Il installe un bureau « de placement »’ à l’ancienne mairie (salle Sainte-Auxille actuellement). Les patrons, à la recherche de domestiques, y viennent faire leur choix, se présentent au responsable, s’étendent sur un prix et signent un contrat annuel. L’argent du gage est versé au directeur qui le dépose sur un livret de Caisse d’Epargne. Le pupille ne pourra disposer de ce magot qu’après ses 21 ans révolus.

Comme il a été convenu avec le directeur, le patron doit donner à son employé de l’argent de poche chaque mois, lui laisser un jour de repos par semaine (le dimanche) et subvenir à son entretien en fournissant nourriture, vêtements, sabots, etc. Tous ces jeunes gens ne tombent pas toujours très bien…es autres domestiques et commis, non protégés par l’Assistance Publique, se tiennent sur la place et attendent qu’un employeur s’intéresse à eux. Après un marchandage plus ou moins long, on tope là. L’affaire conclue, tout le monde se retrouve au café.

 

Issu de 100 ans de vie rurale à Dompierre en Morvan A.Monin.

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A l’assassinat du Président S.CARNOT

Posté par francesca7 le 4 mars 2013

 

Portrait officiel du président Sadi Carnot.Le 24 juin 1894, à Lyon, le Président de la République française, Sadi CARNOT, est assassiné par un anarchiste….

 

« L’an 1894, le 26 juin, à 8 heures du matin, le conseil municipal de Dompierre en Morvan (21) s’est réuni d’urgence pour voter une adresse de condoléances à la famille Carnot, à l’occasion de la mort de M. le Président de la République.

Le conseil (tous présents),

Encre sous le coup de l’émotion profonde et indignée qu’a produite la mort si tragique de Monsieur le Président de la République, se fait un devoir d’exprimer à Mme Carnot, ainsi qu’à toute la famille Carnot ses témoignages de vive et respectueuse sympathie à l’occasion du deuil qui vient de la frapper si cruellement et qui a impressionné si péniblement la France entière.

Le conseil se fait aussi l’interprète des instituteurs et de la population en lui transmettant également l’expression des sentiments de regrets et de profonde douleur que la mort de M.Carnot a provoqués dans toute la commune (…)

Le conseil tient aussi à associer la commune de Dompierre aux protestations indignées qui s’élèvent de toutes parts contre le monstrueux attentat dont M. le Président de la République a été victime et au deuil général que sa mort a causé.

Pour tout le monde M. Carnot personnifiait l’honneur, la générosité, l’ordre et la paix ; les populations rurales, sans distinction de parti, avaient pour lui un profond respect à cause de son nom illustre et ses vertus civiques (….)

La municipalité croit aussi pouvoir affirmer que ce triste événement, loin d’affaiblir l’attachement des populations pour le gouvernement de la République, contribuera, au contraire, à le fortifier ».

Le 10 Juillet 1894, le conseil municipal, sur l’invitation de M. le Maire,

« Considérant que la célébration de la Fête Nationale enlèverait à notre deuil national le caractère de calme et de recueillement qu’il convient de lui conserver,

A l’unanimité,

Décide que la Fête Nationale n’aura pas lieu cette année, mais que toutefois, les édifices publics conserveront leurs drapeaux en berne.

Il décide en outre que pour rendre un nouvel hommage à la mémoire du regretté président Carnot, une somme de 20 F sera prélevée sur le crédit précédemment affecté à la Fête Nationale. Cette somme sera versée, à titre de souscription communale, entre les mains du président du Comité républicain de PRECY SOUS THIL (21 )  , qui a ouvert une souscription en vue de contribuer à l’érection d’un monument à l’ancien Président de la République ».

A l'assassinat du Président S.CARNOT dans Côte d'Or carnotLe 9 septembre 1894 (…) « en réponse aux théories subversives de certains individus et au lendemain de l’attentat de Lyon, il est bon que jusque dans les petites communes de France, on exalte les vertus et les actes des grands hommes et que leurs noms soient gravés dans tous les cœurs (…) C’est pourquoi M. Simon propose, au conseil, de remplacer les appellations insignifiantes « de Grande, d’en Bas, du Prénat » qu’ont les rues du chef-lieu de la commune (DIJON) par les noms des Pasteur, des Carnot, des Thiers, des Gambetta, des Joigneaux, qui, à des titres divers, ont honoré l’humanité, leur patrie, leur région (…)

Le conseil accepte la proposition en ce qui concerne le nom de Carnot seulement, qui désormais désignera la Grande Rue du village de Dompierre et dont le changement sera mentionné sur le plan cadastral et le plan d’alignement.

Le reste de la proposition est rejeté, la majorité considérant le peu d’importance des autres rues du chef-lieu de la commune, et craignant aussi le ridicule en allant trop loin dans la voie proposée ».

Finalement, Pasteur ne sera pas oublié non plus…

Le 14 novembre 1895, « le conseil, considérant que M.Pasteur s’est acquis par ses découvertes, son patriotisme, sa vie tout entière, de nombreux titres à la reconnaissance de tous les Français, vote sur les fonds libres en caisse, une somme de 10 Francs pour contribuer à l’érection d’un monument à Louis pasteur. Cette somme sera versée à M. le Trésorier du Comité d’initiatives d’Arbois (39).

le-petit-journal dans HUMEUR DES ANCETRES

POUR RAPPEL : le Président Sadi CARNOT est assassiné par Jéronimo Caserio le 24 Juin 1984 à Lyon. Il est inhumé au Panthéon après des funérailles nationales.

Caserio Santo Jéronimo, né en Lombardie en 1873, apprenti boulanger, devient anarchiste. Ses activités politique lui valent une condamnation puis l’exil. Le 23 juin 1894, il prend le train pour Lyon. Le 24 Juin, Sadi Carnot est en visite à Lyon, Caserio le poignarde, Sadi Carnot meut quelques heures plus tard ;

La veuve de Sadi Carnot reçoit le lendemain une photographie de Ravachol expédié par Caserio, avec cette inscription : « Il est bien vengé ».

Condamné à mort, il accueillera sa  sentence au cri de « Vive la Révolution sociale ». Il est exécuté le 15 août 1894.          

                                                                                                                                                                                

Issu de 100 ans de vie rurale à Dompierre en Morvan A.Monin.

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