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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

  • a bientot

Une Balade dans le Morvan

Posté par francesca7 le 1 mai 2013


La végétation se réveille doucement après les longs mois d’hiver. Ma petite voiture se faufile au gré des départementales tranquilles. Deux années d’observation, mais je continue de découvrir cette région à chaque voyage. De profondes vallées modèlent le granit. En quelques kilomètres, conifères. Ah ces «sapins » ! Impossible de ne pas penser à Noël quand on sait que la région fournit l’Europe entière et qu’on n’en parle jamais nulle part.

Un vieux point de pierre enjambe une rivière vive. Quelques pêcheurs surveillent attentivement les remous. La route remonte rude en plain bois, coupant une allée forestières. Idéale pour le VTT ou, les hivers enneigés, par le ski de fond. En cours de route, quelques arrêts permettent de faire le point sur les origines d’une église, de remplir les gourdes à la fontaine d’un lavoir, d’observer le panorama sur le Morvan encore blotti dans sa brume matinale.

Une Balade dans le Morvan dans HUMEUR DES ANCETRES morvan-300x204

Nous voici arrivés. Les chaussures de marche bien lacées, nous continuons par les sentiers. Au fond du vallon que nous choisissons, une prairie égayée par les touches jaunes des coucous et des fleurs de pissenlits accueille un ruisseau tortueux. Qu’elles sont donc communes ces fleurs de pissenlits, et pourtant, quelle délicieuse confiture on en fait. Le « miel de dents de lions », confectionné par exemple avec 400 fleurs cueillies à ras, que l’on fait bouillir dans un litre d’eau additionné de deux petits citrons pendant 3 minutes. Après 24 h d’infusion, on filtre le jus, on ajoute le poids égal de sucre avant de faire bouillir une heure à une heure et demie, sans trop laisser épaissir. Délicieux !!

De tous les côtés, des sources formées par les pluies énergiques des derniers jours jaillissent vigoureusement et se pressent de rejoindre la rivière. Notre chemin devient difficile ; demain, grâce aux efforts des mairies, les sentiers de randonnées auront retrouvé leur jeunesse, tissant un réseau varié aux quatre coins du pays. Nous débouchons sur une petite route, et le temps de quelques pas, des toits pointus en tuiles vernissées surgissent au ras des haies. Une des dernières tuileries spécialisées capables de réaliser ce type de couverture, notamment grâce à des fours à bois, se trouve un peu plus au nord. Quelques pas  e plus et l’édifice nous apparaît dans un ensemble, superbe château du XIIème reconstruit au XVIIème.

Plus tard, après un passage sur les deux plus hauts « sommets » de Côte d’Or, nous croiserons trois étangs cachés dans les sous-bois, réveillant au passage un héron étonné. Une heure s’écoule paisiblement, et au prix d’un ultime raidillon, nous bénéficions d’une vue générale sur la contrée. Entre les moutonnements des collines, émergent les toits des maisons du village.une multitude de fleurs accaparent les prés. Avant de disparaître entre les épicéas, cinq cavaliers longent la lisière opposée bordée de cornouillers aux baies si appréciées à l’automne, et pas seulement telles quelles. Tenez, essayez la liqueur de Bourgogne suivante :

Remplissez aux deux tiers un bocal de cornouilles broyées, couvrez de marc de Bourgogne à ras bord, fermez et laissez macérer un mois en secouant énergiquement de temps en temps. Ajouter alors une cuillère à soupe de sucre éventuellement, puis filtrez. Vous m’en direz des nouvelles, et quelle couleur.

Pour entrer à la capitale des Ducs, nous profitons encore une fois du réseau secondaire. Villages paisibles, châteaux, étangs… nous prenons le temps de vivre le pays, de redécouvrir une curiosité local, de repérer une auberge pour plus tard, de nous remémorer l’accueil sympathique qui nous attendit toujours au fil de nos rencontres.

morvan1-300x225 dans Morvan

Vous aussi, vous allez demain, partir à la découverte du pays de Saulieu, Liernais, Précy sous Thil et de ses environs. Prenez le temps d’en découvrir toutes les richesses, sportifs, amoureux de la nature, amateurs de vieilles pierres, gourmands ou tout à la fois. Croyez-mois il vous faudra des années pour en épuiser les réserves, et ce jour-là, qui sait, vous poserez peut-être vos mailles pour toujours dans la région !

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Droit de cuissage depuis le moyen âge

Posté par francesca7 le 1 mai 2013

 

 Droit de cuissage depuis le moyen âge dans HUMEUR DES ANCETRES cuissage-300x204

Le droit de cuissage, ou droit de jambage (et littéralement droit du seigneur ou droit de seigneur en anglais et néerlandais), est une prétendue coutume qui aurait permis à un seigneur d’avoir des relations sexuelles avec la femme d’un vassal ou d’un serfla première nuit de ses noces. Ce « droit » aurait été une déclinaison du droit de quittage, qui a réellement existé, qui obligeait un serf voulant marier sa fille en dehors du fief de son seigneur à payer au dit seigneur trois sous en échange de son autorisation symbolique du mariage.

Ce droit de cuissage, avec le sens qu’on lui donne aujourd’hui, fut évoqué pour la première fois chez le jurisconsulte Jean Papon, qui aurait conféré aux seigneurs du Moyen Âge, soit le droit de passer une jambe nue dans le lit de la mariée, soit celui de consommer le mariage. Aux xviiie et xixe siècles, des écrivains et historiens comme Voltaire dans son Essai sur les mœurs ou Jules Michelet ont accrédité cette thèse. Ce dernier multiplie les détails à ce sujet dans La Sorcière :

« Le seigneur ecclésiastique, comme le seigneur laïque, a ce droit immonde. Dans une paroisse des environs de Bourges, le Curé, étant seigneur, réclamait expressément les prémices de la mariée, mais voulait bien en pratique vendre au mari, pour argent, la virginité de sa femme » et plus loin, parlant des seigneurs : « On voit d’ici la scène honteuse. Le jeune époux amenant au château son épousée. On imagine les rires des chevaliers, des valets, les espiègleries des pages autour de ces infortunés. — « La présence de la châtelaine les retiendra ? » Point du tout. La dame que les romans veulent faire croire si délicate, mais qui commandait aux hommes dans l’absence du mari, qui jugeait, qui châtiait, qui ordonnait des supplices, qui tenait le mari même par les fiefs qu’elle apportait, cette dame n’était guère tendre, pour une serve surtout qui peut-être était jolie. Ayant fort publiquement, selon l’usage d’alors, son chevalier et son page, elle n’était pas fâchée d’autoriser ses libertés par les libertés du mari. »

En réalité, nul n’a jamais retrouvé mention de cet usage dans le droit positif français, ni dans les coutumes de France, ni dans les archives publiques du contentieux civil ou fiscal. Au contraire, on trouve des condamnations de seigneurs punis pour avoir abusé de leur position d’autorité pour commettre des abus sexuels.

Voltaire, dans le Dictionnaire philosophique, à l’article « Cuissage ou Culage, droit de prélibation, de marquette, etc. », se montre lui-même sceptique et convient que des grands ont pu jadis imposer la coutume par la force, mais ajoute : « Remarquons bien que cet excès de tyrannie ne fut jamais approuvé par aucune loi publique. Si un seigneur ou un prélat avait assigné par-devant un tribunal réglé une fille fiancée à un de ses vassaux pour venir lui payer sa redevance, il eût perdu sans doute sa cause avec dépens. ». La version libertine du « droit de cuissage » a été utilisée pour servir de thème à des œuvres littéraires galantes du xviiie siècle comme L’Innocence du premier âge en France ou histoire amoureuse de Pierre Le Long et de Blanche Bazu ; suivie de La Rose ou la fête de Salency, de Louis-Edme Billardon de Sauvigny, 1765. Elle est ensuite reprise dans un but idéologique afin de dénigrer l’Ancien Régime et son système féodal, par exemple dans le Mariage de Figaro de Beaumarchais. Ainsi est né le mythe du droit de cuissage, prétexte à des récits dont les lecteurs étaient friands. C’est ainsi que dans le Voyage Agricole, Botanique et Pittoresque, dans Une Partie des Landes de Lot-Et-Garonne, par M. de Saint-Amans, publié à Agen chez Prosper Noubel en 1818, on peut lire à la page 61 :

« Et veut-on savoir quelle étoit la nature de ces droits dont on stipuloit la conservation? Qu’on jette les yeux sur la pièce ci-après, qu’une suite de hasards heureux m’a procurée, et dont l’authenticité m’est garantie : encore ignorée , infiniment curieuse, je ne puis m’empêcher de la rapporter ici. Elle est écrite en langue du pays telle qu’on la parloit en Aquitaine aux treizième et quatorzième siècles, et la même à peu près qu’on parle encore aujourd’hui en Catalogne. Cette pièce est relative à un territoire voisin de celui de Buch, qui, sans doute, comme on le verra bientôt, étoit soumis au même régime. Je ne la traduirai point. »

Et le texte commence ainsi : « Aso es la carta et statut deu dreit de premici et de defloroment que Io senhor de la terra et senhoria de Blanquefort a et deu aver, en et sobren totas et cascunas las filhas no nobles qui se maridan en la deita senhoria lo primier jorn de las nopsas. » Il s’agit d’un document que personne n’avait jamais vu, dont personne depuis n’a constaté l’existence et dont l’auteur du livre se contente de dire qu’on lui en a assuré l’authenticité.

De nos jours, l’expression est largement utilisée, souvent de manière crédule, parfois en guise de métaphore. Ainsi dira-t-on qu’un supérieur s’est arrogé un droit de cuissage sur une employée quand il a abusé de sa position hiérarchique pour parvenir à assouvir une envie sexuelle. De tels abus sont considérés comme des délits graves puisqu’ils constituent des cas de harcèlement sexuel sur le lieu de travail (sollicitation de rapport sexuel au travail sous peine de sanction) ou de viol.

L’écrivain belge David Van Reybrouck rapporte dans son livre Congo, une histoire (2010) que dans les années 1980 l’ex-président zaïrois Mobutu a fait encore avidement usage de son jus primae noctis en vertu de son rôle de « chef traditionnel » : « S’il était en tournée à travers le pays les chefs locaux lui offraient toujours une vierge. C’était un grand honneur pour la famille si la jeune fille était déflorée par le chef suprême ». Van Reybrouck indique à ce sujet qu’il s’agit d’une vieille coutume congolaise.

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Les coquettes parisiennes

Posté par francesca7 le 1 mai 2013

  LA MODE de PARIS

(D’après Les Modes de Paris 1797-1897, par Octave Uzanne, paru en 1898)

Les coquettes parisiennes dans HUMEUR DES ANCETRES mode-paris-158x300Elle en avait constamment un toute la matinée qu’elle drapait sur ses épaules, avec une grâce que je n’ai vue qu’à elle. Bonaparte, qui trouvait que les châles la couvraient trop, les arrachait et quelquefois les jetait au feu ; alors elle en redemandait un autre. Elle achetait tous ceux qu’on lui apportait, de quelque prix qu’ils fussent ; je lui en ai vu de huit, dix et douze mille francs. Au reste, c’était un des grands luxes de cette Cour : on dédaignait d’y porter ceux qui n’auraient coûté que cinquante louis, et on se vantait du prix qu’on avait mis à ceux qu’on s’y montrait. »

La fureur des châles de cachemire, de Perse et du Levant, ainsi que tout le goût oriental qui dominait alors dans le monde des grandes coquettes, provenaient de l’expédition d’Egypte et des étoffes que nos vaisseaux avaient rapportées du Caire et d’autres lieux.

Joséphine qui avait déjà, à son retour d’Italie, mis en vogue les modes antiques dans les parures et principalement pour les bandeaux en camées, les bracelets et les pendeloques d’oreille, devait être aussi la première à faire circuler les broderies orientales, les turbans tissés d’or et toutes les soieries des Indes. D’humeur oisive et paresseuse, n’ayant aucun goût pour la littérature, ne lisant jamais, écrivant le moins possible, peu faite pour les travaux intellectuels, sa nature passive s’était entièrement donnée aux jouissances de la toilette et à l’ornementation de ses jardins et appartements.

Elle fuyait le théâtre et n’y allait guère qu’en compagnie de l’Empereur ; mais, sans sortir de son cercle, elle avait l’art de gaspiller l’or à pleines mains, au point d’en irriter Bonaparte qui cependant calculait peu et ne refusait rien à sa femme. La journée se passait en toilettes diverses ; le soir, elle apportait plus de recherche et d’élégance encore dans la disposition de ses robes ; généralement Joséphine se coiffait simplement, à la manière antique, entremêlant dans ses beaux cheveux noirs, relevés sur le haut de la tête, des guirlandes de fleurs, des résilles de perles ou des bandelettes constellées de pierres précieuses.

Le plus souvent elle portait ces robes blanches dont Napoléon raffolait et qui étaient faites d’un tissu de mousseline de l’Inde si fin et si clair qu’on eût dit une robe de brouillard ; ce tissu oriental ne coûtait pas moins de cent à cent cinquante francs l’aune. Au bas de la jupe se trouvaient des festons d’or brodé et de perles, et le corsage, drapé à gros plis, laissait les bras nus et était arrêté sur les épaules par des camées, des boucles de diamants ou des têtes de lion d’or formant agrafes.

L’Impératrice avait, comme la plupart des grandes élégantes de l’Empire, la curieuse préoccupation d’assortir toutes ses toilettes à la couleur du mobilier qui devait lui servir de décor et de repoussoir ; une robe d’un bleu mourant convenait aux salons de brocatelle jaune et une robe de Cour en velours vert myrte s’encadrait seulement dans des tentures de damas de soie ponceau. C’était là un grand souci pour toutes les dames aimant à paraître dans le triomphe de leurs atours, et, assure-t-on, lorsque la princesse Borghèse, ci-devant Mme Leclerc, fut reçue à Saint-Cloud, au lendemain de son mariage, elle faillit mourir de dépit en étalant sur le bleu profond des divans une somptueuse tunique de brocart vert entièrement brodée de brillants. Cette délicatesse était exquise ! que ne s’est-elle perpétuée !

Mme de Rémusat, à qui il faut bien revenir pour tous les petits bavardages de toilette et les commérages du Palais, ne cache rien des prodigalités de Joséphine. « La moindre petite assemblée, le moindre bal lui étaient une occasion, dit-elle, de commander une parure nouvelle, en dépit des nombreux magasins de chiffons dont on gardait les provisions dans tous les palais, car elle avait la manie de ne se défaire de rien. Il serait impossible de dire quelles sommes elle a consommées en vêtements de toute espèce : Chez tous les marchands de Paris on voyait toujours quelque chose qui se faisait pour elle. Je lui ai vu, poursuit sa Dame du Palais, plusieurs robes de dentelle de quarante, cinquante et même cent mille francs. Il est presque incroyable que ce goût de parure si complètement satisfait ne se soit jamais blasé. Après le divorce, à la Malmaison, elle a conservé le même luxe, et elle se parait même quand elle ne devait recevoir personne… Le jour de sa mort, elle voulut qu’on lui passât une robe de chambre fort élégante, parce qu’elle pensait que l’Empereur de Russie viendrait peut-être la voir. »

Elle a donc expiré, – la sympathique femme ! – toute couverte de rubans et de satin couleur de rose. On conçoit que cette passion de l’Impératrice pour le luxe et la dépense devait causer d’émulation à la Cour et ce qu’il fallait chaque jour inventer, combiner, faire exécuter pour paraître honorablement autour d’elle, sans risque de faire tache ou d’indisposer Sa Majesté. La reine Hortense, la jeune épouse de Louis Bonaparte, déployait une grande richesse dans sa mise selon le ton de la Cour ; mais elle apportait dans son luxe beaucoup de discrétion, d’ordre et d’économie. Tel n’était pas l’esprit de Caroline Murat et de la princesse Pauline Borghèse, qui étaient prises de la fureur d’éclipser leur belle-sœur et qui mettaient toute leur vanité, tout leur plaisir dans la parure et l’ostentation.

Furieuses d’être placées… elles, – des Bonaparte, – au-dessous d’une Beauharnais dans la hiérarchie de l’Empire, elles ne savaient que trouver pour accentuer leur rivalité avec Joséphine et la piquer au jeu sous des allures cordiales et affectueuses. Elles ne paraissaient jamais aux Tuileries que dans des habits de cérémonie qui coûtaient pour le moins quinze à vingt mille francs et qu’elles avaient parfois la fantaisie de surcharger, au milieu de mille torsades de broderie, de tous les joyaux les plus rutilants de leurs cassettes. C’était là une note comique.

Parmi les grandes coquettes de la cour, Mmes Savary, plus tard duchesse de Rovigo, et Maret, future duchesse de Bassano, ainsi que Mme de Canisy, étaient mises au premier rang après les princesses ; on comptait qu’elles dépensaient annuellement plus de vingt mille écus pour leur toilette, ce qui était, relativement à la valeur de l’argent au commencement de ce siècle, une somme considérée comme excessive. Dans le fameux quadrille exécuté par la suite : Les Péruviens allant au Temple du Soleil, on calcula que le nombre de diamants porté par les dames de l’Empire se chiffrait par une somme de vingt millions de francs ; on ne manqua pas de crier à l’impossible, à la féerie, comme si Aladin en personne fût venu aux Tuileries. – A la fin de ce siècle, en ce moment même, nous serions plus croyants et médiocrement ébourriffés par ce chiffre de pierreries.

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A la mode 1800

Posté par francesca7 le 18 avril 2013

 

(D’après Les Modes de Paris 1797-1897, par Octave Uzanne, paru en 1898)

A la mode 1800  dans HUMEUR DES ANCETRES 1880Il arrivait à elle en conquérant et dédaigneux des sièges en règle ; il lui fallait lire dans deux beaux yeux que la place se rendait, et que là comme ailleurs la victoire lui était assurée. Au fond, comme la plupart des hommes de guerre, ce fut un piètre amoureux, plus despote que tendre, parfois brutal, souvent cynique, ayant comme un vernis de morale bourgeoise qu’il laissait voir à tout propos. Joséphine fut la seule femme qui, par ses abandons, sa douceur de créole, son manque de résistance et ses larmes, ait su le captiver quelque temps ; encore dut-elle subir toutes les fantaisies de ce maître inflexible qui poussait la cruauté jusqu’à attiser sa jalousie par le récit détaillé de ses caprices.

Mlle Aurillon, dans ses Mémoires, nous en fournit la preuve : « Comme l’Empereur satisfaisait ses petites passions sans que le sentiment y entrât pour quelque chose, il sacrifiait sans difficulté à sa femme les objets de sa jalousie; il faisait plus, et en cela je ne pouvais m’empêcher de le désapprouver fort ; lorsque l’Impératrice en parlait, il lui en disait plus qu’elle ne demandait à en savoir, lui citait même des imperfections cachées et lui nommait, à propos d’un autre aveu, telle ou telle dame de la Cour, dont il n’était nullement question, et qui n’avait rien à lui refuser. »

Napoléon était, il faut bien le dire, intrigué de toute part, aussi bien par des billets doux que par des démarches personnelles. Son génie, ses exploits incroyables, le prodigieux de sa fortune étaient bien faits pour bouleverser l’imagination de toutes les femmes et jeunes filles de l’univers ; bien plus, son visage (l’admirable portrait du baron Gros en est le témoignage) avait une beauté particulière, inoubliable, un charme à nul autre pareil, comme une attirance puissante que devaient sentir toutes les créatures de sa Cour ; aussi comprend-on qu’arrivé à l’Empire il ait fait tourner la tête de toutes les grandes coquettes de la capitale.

Constant, son valet de chambre qui, lui aussi, a laissé des Mémoires, se défend d’avoir jamais ouvert la porte aux innombrables solliciteuses d’amour qui venaient l’assiéger chaque jour : « Je n’ai jamais voulu, dit-il, à ce propos, me mêler d’affaires de cette nature ; je n’étais pas assez grand seigneur pour trouver un tel emploi honorable. Ce n’est pourtant point faute d’avoir été indirectement sondé, ou même ouvertement sollicité par certaines dames qui ambitionnaient le titre de favorites, bien que ce 

titre ne donnât que fort peu de droits et de privilèges auprès de l’Empereur… « Quoique Sa Majesté prit plaisir, dit-il, à ressusciter les usages de l’ancienne cour, les secrètes attributions du premier valet de chambre ne furent cependant pas rétablies, et je me gardai bien de les réclamer, assez d’autres étaient moins scrupuleux que moi. » Ce Constant déborde de dignité !

Parmi ses proches, hommes et femmes, Bonaparte trouva en effet plus de complaisance, et l’histoire anecdotique nous révèle mille et une aventures curieuses où de grands généraux et des parentes très proches de l’Empereur ne refusèrent pas de s’entremettre pour complaire aux fantaisies d’un moment du vainqueur de l’Autriche. Mais il ne rentre pas dans notre programme de parler ici de ces frivoles amours ; ces croquis de mode doivent s’arrêter à l’alcôve des monarques et même ne mettre en scène que ces personnages vagues qui, de tous temps, sont comme le porte-manteau des costumes et des idées. Aussi laisserons-nous Napoléon à ses gloires et à ses historiens, pour ne jeter qu’un rapide coup d’œil sur les aimables coquetteries de son règne, ainsi que sur les fastes et les pompes du Paris de 1806 à 1809.

L’Impératrice Joséphine avait six cent mille francs pour sa dépense personnelle, plus environ cent trente mille francs pour sa cassette et ses aumônes. On pourrait croire que cette somme était plus que suffisante pour faire face aux toilettes ordinaires et extraordinaires de sa Gracieuse Majesté ; mais Joséphine était si prodigue, si généreuse, si étourdie, si folle en ses caprices qu’elle se voyait continuellement endettée et obligée d’avoir recours à la bourse de l’Empereur.

Dans son intérieur, aux Tuileries, c’était le désordre même ; ses appartements étaient sans cessé assiégés de parents et de petits arrière-cousins pauvres, de marchandes à la toilette, de bijoutiers, d’orfèvres, de tireuses de cartes, de peintres et de miniaturistes qui venaient faire ces innombrables portraits sur toile ou sur ivoire qu’elle distribuait si aisément à tous ses amis, même aux négociants de passage et à ses filles de chambre. Elle ne pouvait se soumettre à aucun décorum ni à aucune étiquette dans cette vie privée où son indolence était à l’aise au milieu du fouillis des étoffes, des tapis bouleversés, des ballots entr’ouverts.

Elle avait fait de ses petits salons un temple à la toilette où tous les marchands étrangers et les vieilles brocanteuses de bijoux et de soieries avaient un facile accès. Bonaparte avait interdit l’entrée du Palais à toute cette horde mercantile, dépenaillée et sordide ; il avait fait formellement promettre à sa femme de ne plus recevoir à l’avenir ces échappés des Ghetto parisiens ; Joséphine jurait de ne le plus faire, pleurait un peu ; mais le lendemain elle trouvait encore moyen de faire monter à elle ces bazars ambulants et de vivre à sa guise dans la poussière des paquets défaits, curieuse d’inventorier les soieries orientales, les broderies persanes, les fichus et les pierreries d’occasion, charmée par le chatoiement des couleurs, par la finesse des tissus, par l’imprévu des déballages.

« On lui apportait sans cesse, dit M de Rémusat, des bijoux, des schalls, des étoffes, des colifichets de toute espèce ; elle achetait tout, sans jamais demander le prix, et, la plupart du temps, oubliait ce qu’elle avait acheté. Dès le début, elle signifia à sa Dame d’honneur et à sa Dame d’atours qu’elles n’eussent pas à se mêler de sa garde-robe. Tout se passait entre elle et ses femmes de chambre, qui étaient au nombre de sept ou huit. Elle se levait à neuf heures ; sa toilette était fort longue ; il y en avait une partie fort secrète et tout employée à nombre de recherches pour entretenir et même farder sa personne. Quand mode dans Paristout cela était fini, elle se faisait coiffer, enveloppée dans un long peignoir très élégant et garni de dentelles.

Ses chemises, ses jupons étaient brodés et aussi garnis. Elle changeait de chemise et de tout linge trois fois par jour et ne portait que des bas neufs. Tandis qu’elle se coiffait, si les Dames du Palais se présentaient à sa porte, elle les faisait entrer. Quand elle était peignée, on lui apportait de grandes corbeilles qui contenaient plusieurs robes différentes, plusieurs chapeaux et plusieurs schalls ; c’étaient en été des robes de mousseline ou de perkale très brodées et très ornées : en hiver, des redingotes d’étoffe ou de velours. Elle choisissait la parure du jour, et, le matin, elle se coiffait toujours avec un chapeau garni de fleurs et de plumes et des vêtements qui la couvraient beaucoup. Le nombre de ses schalls allait de trois à quatre cents ; elle en faisait des robes, des couvertures pour son lit, des coussins pour son chien 

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La mode sous le 1er Empire

Posté par francesca7 le 18 avril 2013

LA MODE SOUS LE PREMIER EMPIRE

(D’après Les Modes de Paris 1797-1897, par Octave Uzanne, paru en 1898)

Le luxe féminin à la cour et à la ville

La mode sous le 1er Empire dans HUMEUR DES ANCETRES empire

Le cercle intime de l’Impératrice, aux premiers jours de l’Empire, ce petit cercle d’où partait en somme un vague mot d’ordre sur le goût et la mode de la parisienne dont l’écho se répétait si loin, ce cercle était aimablement organisé sans trop d’apparat ; tout y était gai, futile et bon enfant ; on n’y voyait pas ces intrigues de palais qui en firent par la suite un endroit si périlleux, si rempli d’invisibles embûches pour les courtisans. A cette époque on recevait une ou deux fois par semaine quelques hommes de guerre, de sciences et de lettres à souper aux Tuileries.

« On s’y rendait à huit heures, raconte Mme de Rémusat, si précise sur tous les détails intimes des Tuileries ; on arborait une toilette recherchée, mais sans habit de Cour ; on jouait dans le salon du rez-de-chaussée qui fut plus tard celui de Madame. Quand Bonaparte arrivait, on passait dans une salle où des chanteurs italiens donnaient un concert qui durait une demi-heure ; ensuite on rentrait dans le salon et on reprenait les parties ; l’Empereur allant et venant, causant ou jouant selon sa fantaisie.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsA onze heures, on servait un grand et élégant souper : les femmes seules s’y asseyaient ; Le fauteuil de Bonaparte demeurait vide ; il tournait autour de la table, ne mangeait rien, et, le souper fini, il se retirait. A ces petites soirées étaient toujours invités les Princes et les Princesses, les grands officiers de l’Empire, deux ou trois ministres et quelques maréchaux, des généraux, des sénateurs et des conseillers d’État avec leurs femmes. Il y avait là de grands assauts de toilettes ; l’Impératrice y paraissait toujours, ainsi que ses belles-sœurs, avec une parure nouvelle et beaucoup de perles et de pierreries. Elle a eu dans son écrin pour un million de perles.

On commençait à porter beaucoup d’étoffes lamées en or et en argent, et la mode des turbans s’établissait à la Cour ; on les faisait avec de la mousseline blanche ou de couleur, semée d’or, ou bien avec des étoffes turques très brillantes ; les vêtements peu à peu prenaient une forme orientale. Les dames de la Cour mettaient, sur des robes de mousseline richement brodées, de petites robes courtes, ouvertes sur le devant, en étoffe de couleur, les bras, les épaules, la poitrine découverts. »

Rappelons que les femmes composant la maison de l’Impératrice étaient les suivantes : Dame d’honneur, Mme de La Rochefoucauld ; Dame d’atours, Mme de La Valette ; Dames du Palais, Mmes de Rémusat, Duchâtel, la duchesse de

Bassano, d’Arberg, de Mortemart, de Montmorency, de Marescot, de Bouillé, Octave de Ségur, de Chevreuse, Philippe de Ségur, de Luçay, la maréchale Ney, la maréchale Lannes, la duchesse de Rovigo, de Montalivet, de Lauriston, de Vaux, Mlle d’Arberg, depuis comtesse Klein, Mmes de Colbert, de Serant et enfin Mme Gazani, lectrice.

La Dame d’atours avait sous ses ordres une première femme des atours, Mme Aubert, qui avait pour charge de s’occuper des soins et entretien de toute la garde-robe. L’Impératrice avait en outre des huissiers et des dames d’annonce, des valets de pied d’antichambre, et deux pages pour porter la queue de sa robe quand elle sortait de ses appartements ou montait en carrosse. Mme d’Abrantès, qui était elle-même attachée à la maison de Madame Mère, et qui devint par la suite l’aimable gouvernante de Paris, a laissé quelques notes sur ces Dames du Palais.

Pour l’étiquette ordinaire des Cercles, il n’y avait aux Tuileries que les femmes présentées, en grande toilette, avec le manteau de Cour en velours ou en soie, brodé d’or, d’argent, et quelquefois enrichi de perles et de pierreries. Les hommes venaient en uniforme ou dans le costume de leur place, et quelquefois, ce que l’Empereur préférait, en habits de fantaisie de velours, soie ou satin, relevés de riches broderies, et l’épée au côté.

Dans ces réunions ultra-officielles, on parlait peu ; mais on observait beaucoup,

tout oreilles et tout yeux ; on se classait par petites sociétés, la vieille noblesse faisant dédain des parvenus de l’Empire. Aussi une sourde excitation régnait dans ces salons ; le dépit s’en mêlait et les pointes, les sous-entendus, les agaceries allaient leur train ; parfois, plusieurs familles prenaient feu parce qu’une petite comtesse du nouveau régime avait adroitement attiré dans son camp l’amant reconnu de quelque marquise de l’ancienne Cour.

Il était d’usage qu’à ces réunions l’Impératrice se plaçât à une table de whist avec les trois seigneurs les plus titrés et qualifiés de l’assemblée, on faisait cercle autour de la table ; l’Empereur jouait rarement ; il allait d’un salon à l’autre, parlant brièvement à chacun et s’arrêtant de préférence au milieu des femmes, avec lesquelles il aimait à plaisanter avec plus de bonhomie que de malicieuse galanterie. Napoléon aimait la femme plus et mieux qu’on a voulu le dire, mais il sentait le danger de s’abandonner à elle ; il craignait son influence et ses perfidies ; et il avait toujours présent à l’esprit l’apologue de Samson et de Dalila.

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Particularités des fermes du Morvan

Posté par francesca7 le 18 avril 2013

 


Particularités des fermes du Morvan dans HUMEUR DES ANCETRES moulinToutes les fermes gardent des pigeonniers
plus ou moins importants. Des grandes constructions circulaires surmontées d’un toit conique couvert de tuiles plates ont occupé la cour des fermes les plus importantes. Ailleurs, de simples niches de bois suspendues sous les auvents des grandes ont abrité des couples de pigeons.

L’élevage des pigeons remonte à une époque où il était obligatoire d’entretenir un certain nombre de ces volatiles en fonction du nombre d’hectares de l’exploitation. L’agriculteur se devait de fournir au seigneur du lieu, chaque année, cet impôt en nature ; cette pratique a disparu depuis longtemps mais les fermiers ont continué d’élever quelques pigeons pour leur propre compte.

Le moulin à vent : l’Argentalet, petite rivière aux eaux claires, alimente une succession d’étangs en serpentant au fond de sa vallée voisée, taillée dans le granit. C’est la seule force motrice de proximité puisqu’aucun autre cours d’eau ne traverse la commune. Les eaux de l’étang de Cassin ont entraîné la roue à aubes du moulin Cassin jusqu’en 1927. Ce moulin très ancien, a transformé en farine panifiable ainsi qu’en farine pour animaux la récolte de céréales des habitants de la commune. Au début du siècle, le meunier, portant un bonnet de coton blanc, passe chez les gens avec son âne afin d’y prendre le grain à moudre qu’il rapportera, transformé en farine, la semaine suivante.

Au pied de la digue de l’étang de Matrot, au lieu-dit « le Battoir », on devine encore les ruines d’un ancien moulin à écorces. A c ôté de l’actuelle cascade (trop plein de l’étang) ce moulin traitait l’écorce des chênes abattus dans les bois environnants. Les écorces étaient séchées puis pulvérisées par le moulin pour obtenir le tan, abondamment utilisé pour le tannage des peaux d’animaux. Le tanin contenu dans l’écorce de chêne a la particularité de rendre les peaux imperméables, et imputrescibles après une longue macération dans l’eau additionnée de tan. Le cuir est une matière première essentielle constituant le harnachement des animaux de trait, entre autres choses.

Jusqu’au milieu du 19ème siècle, un moulin à vent a agité ses grandes ailes au point le plus haut du plateau dénudé qui domine Dompierre, le long de l’actuelle départementale 70. Sur cet emplacement « stratégique », les Allemands ont construit un poste de surveillance durant la 2è guerre mondiale (la cabane des « boches »). 

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L’habitat rural au 19ème siècle

Posté par francesca7 le 18 avril 2013

 

L'habitat rural au 19ème siècle dans HUMEUR DES ANCETRES paysansLa commune de Dompierre se situe juste à la limite du massif granitique du Morvan et de la dépression argileuse de l’Auxois. Les maisons du village sont construites en pierres du pays, extraites sur le site ou à proximité comme la carrière de « Bretagne ». Des moellons de granit y côtoient tout aussi bien la marne à huitres et le calcaire ; les murs sont enduits à la chaux fabriquée au « fourneau ». Les toitures, après la disparition des chaumes de seigle, sont faites de tuiles plates ainsi que de tuiles mécaniques provenant des tuileries de Précy sous Thil et de Thil la Ville.

Quelques toitures du village sont en ardoises. En Morvan, au 19ème siècle, les nourrices qui laissent leur village pour élever les « enfants de la ville », reviennent au pays, après environ 18 mois à 2 ans, avec en poche une somme d’argent suffisamment importante pour commencer la construction ou la rénovation de leur maison. Les jeunes femmes s’entendent à deux pour avoir un enfant en même temps. Pendant que l’une d’elles va tenter sa chance à la ville, l’autre élève les deux bébés. Deux ans plus tard, elles recommencent en inversant les rôles et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elles aient mené à bien leurs projets.

Pour montrer leur différence et une certaine réussite sociale, les nourrices font alors couvrir leurs maisons d’ardoises, plus chères que la tuile locale. A Dompierre en Morvan, il ne semble pas qu’il y ait eu ce genre de nourrices mais les « nourrices sur lieu » recueillant chez elles de jeunes enfants orphelins ou abandonnés, moyennant salaire, ont existé de longues années. Quelques toits d’ardoises témoignent de ce souci de montrer sa différence et une certaine richesse.

 

La grande ferme aligne ses bâtiments autour d’une cour fermée ; une grande maison d’habitation de plusieurs pièces, une grange, une écurie, une ou deux étables, une porcherie, une bergerie, un poulailler, un hangar à matériel, un pigeonnier, le grenier au-dessus de l’habitation, les remises à fourrage au-dessus des étables et écuries. La fermette, caractéristique à Dompierre, se compose d’un seul bâtiment allongé comprenant l’habitation surmontée du grenier, au milieu la grange, à l’opposé l’étable avec le fenil au-dessus, en retour d’angle les soues (cochon, volailles, abri à matériel), devant une petite cour avec le puits.

La maison de l’artisan comprend l’habitation avec la cave en dessous, le grenier au-dessus et l’atelier. A l’écart se trouvent la grange, l’étable, les soues… la maison du domestique est une maisonnette d’une seule pièce, sans dépendances, entourée ou non d’un petit jardin. L’intérieur de ces habitations est le plus souvent constitué d’une seule grande pièce aux murs chaulés, avec une cheminée. Le sol est couvert de dalles en pierre. Une grande table et deux bancs occupent le milieu de cet espace, les coins sont pris par deux lits, l’armoire et un bahut contenant vaisselle et provisions. Quelque fois, il existe une petite pièce attenante, sans feu : on l’appelle le « cellier » ou la « souillarde ».

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L’école de nos ancêtres

Posté par francesca7 le 15 avril 2013

L'école de nos ancêtres dans HUMEUR DES ANCETRES 320px-Anker_Die_Dorfschule_von_1848_1896

Bien qu’on vienne à l’école depuis toujours pour apprendre à lire, écrie et compter, le but de la scolarité primaire n’est plus du tout le même ; jusqu’aux années 1950, l’école primaire prépare, en sept ans, au « certif » (certificat d’études primaires). Avec cet examen en poche, le jeune qui sort de l’école entre rapidement dans la vie active (généralement on lui offre un vélo pour y aller encore plus vite) avec un bagage intellectuel nécessaire et suffisant pour faire face à quasiment toutes les situations de sa future vie de paysan ou d’artisan.

Depuis, l’école primaire n’est plus qu’une étape dans une plus longue scolarité où l’on essaie « d’apprendre à apprendre » car il faut de plus en plus de connaissances de plus en plus spécialisées. En aucun cas, l’école primaire d’aujourd’hui ne peut fournir le minimum que nécessite actuellement le marché du travail, désormais en perpétuelle évolution. Ce minimum sera bientôt du niveau baccalauréat. Pour se rendre à l’école, jusque dans les années 1960, les enfants marchent à pied. Certains comme ceux du moulin Cassin (21) ont plus de 3 kms de mauvais chemin à parcourir matin et soir. A midi, ils restent à l’école pour y déjeuner en réchauffant « la gamelle » sur le poêle à bois.

A partir des années 1960, les enfants les plus éloignés se rendent à l’école en vélo et quelquefois en voiture ; depuis 1975, un circuit de ramassage dessert les communes de Dompierre en Morvan, de Lacour d’Arcenay et leurs hameaux.

Les enfants sont admis dans les écoles de la commune, à 5 ans depuis toujours et à 4 ans depuis 1975, grâce au regroupement pédagogique Dompierre-Lacour. Ils passent six heures par jour à l’école, généralement de 9 h à 12 h le matin et de 14 h à 17 h. toutefois, à Genouilly notamment, les horaires de classe sont aménagés de façon à ce que les élèves sortent plus tôt l’après-midi, afin de participer aux travaux saisonniers et surtout garder les animaux sur le pâtis communal.

Le 3 août 1902, la commission scolaire examine les motifs d’absence invoqués par les parents pour justifier les manquements de leurs enfants. « La commission, considérant que les absences du mois de juillet et d’août, d’ailleurs peu nombreuse s, ont eu pour cause les travaux pressants de la saison ; fenaison, moisson, garde du bétail ainsi que les indispositions des parents, estime, à l’unanimité, que ces absences sont justifiées et qu’il n’y a pas lieu d’appliquer les pénalités stipulées par la loi du 28 mars 1882 ».

L’écolier du début du siècle travaille beaucoup sur l’ardoise. Cet objet ressert perpétuellement tandis que le papier coûte cher. Au cahier, il écrit avec une plume d’acier qu’il trempe dans un encrier placé dans un trou aménagé au coin de son pupitre. Le porteplume sera de rigueur jusqu’aux années 1960. Depuis, les stylos à plume et à bille ont envahi petit à petit les trousses alors que le bon vieux plumier a disparu.

La classe austère, aux murs nus, où seule est suspendue la carte de France, prend progressivement de la couleur grâce à de nombreux affichages. De même les manuels scolaires, rares et peu illustrés, sont devenus nombreux, variés, rivalisant d’attrait pour les jeunes yeux qui les découvrent.

Jusqu’en 1969, les écoles de la commune sont chauffées au bois, le poêle occupant le milieu de la classe. Les enfants de « fin d’études » s’occupent, à tour de rôle, de l’allumage et de l’approvisionnement des feux. De grands poêles à mazout prennent le relais jusqu’en 1985 laissant à leur tour la place à des convecteurs électriques. L’éclairage est inexistant jusqu’en 1929, dans les classes. Les cours d’adultes du soir (1895-1914) étaient dispensés à la lueur des lampes à pétrole. La municipalité fait électrifier les bâtiments communaux en décembre 1929, après la mise sous tension de la ligne traversant la commune, le 28 novembre de cette même année.

Les enfants du début du siècle sont vêtus d’une grande blouse de drap noir, d’une culotte courte (ou robe)à et chaussés de grands bas et de sabots noirs. Les plus aisés ne portent jamais de sabots. Le dimanche, on porte des sabots  « enclavés », jaune, vernis avec une bride de cuir décoré. Petit à petit le noir devient bleu ou gris ; les sabots laissent progressivement la place aux chaussures de cuir. Pour noircir les souliers, faute de cirage, on utilise la suie de la cheminée.

Dans la cour de récréation, les jeux de tradition enfantine y sont pratiqués depuis toujours ; les écoliers jouent aux billes, à chat perché, aux gendarmes et aux voleurs, à la chandelle, à la corde à sauter, etc. Avec l’apparition d plastique, s’ajoutent maintenant toutes sortes de jeux de ballon, de balles et de raquettes.

Le sport à l’école est réduit à peu de chose, au début siècle ; les garçons font des mouvements militaires et pratiquent le tir à la carabine. A part quelques promenades, les filles ne font pas de sport, mais apprennent la couture. De nos jours, les enfants grimpent, sautent, courent et lancent régulièrement de même qu’ils s’initient aux sports collectifs ainsi qu’à la pratique du ski à l’occasion de classes de neige.


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A travers les champs au 20ème siècle

Posté par francesca7 le 15 avril 2013

 

 

A l’exemple de ma campagne, la commune de Dompierre en Morvan (21) possède une superficie de pâturages communaux importante de pâtis qui sont livrés, de mai à novembre, au pacage des bestiaux, moyennant une taxe par tête de bétail perçue au profit de la caisse communale.

Chaque habitant possédant peu ou pas de terre t des animaux à nourrir (vaches et moutons) a un « droit de parcours » sur les pâtis communaux ainsi qu’au bord des routes et des chemins ; d’autre part, la caisse municipale ne saurait se passer de la recette relativement importante que procure la taxe acquittée par tous les bénéficiaires.

Du 15 novembre au 1er mars, les moutons sont autorisés à se nourrir sur les pâtis communaux. Le reste du temps, ceux-ci sont réservés aux vaches. A Genouilly, par exemple, les horaires de l’école sont spécialement aménagés, chaque année, pour permettre aux enfants de cette époque-là à aller « en champ les vaches », l’après midi.

A Dompierre, sur le pâtis des méchants prés, les enfants gardent aussi les bestiaux. Comme il n’est pas passionnant de regarder une vache brouter pendant des heures, les filles passent le temps à raccommoder, à tricoter sur un pliant .. Passe un cousin, c’est l’occasion d’une petite escapade, on laisse le tricot sur place, la surveillance des bêtes se relâche… Lorsqu’on revient, un moment après, on trouve les vaches en train de déguster le tricot, les pelotes de laine alors que le chapeau de paille est déjà englouti. Catastrophe !!!

-       Et si une vache a avalé une aiguille ?

-       Va-t-elle en réchapper ?

-       Coment expliquer la disparition du chapeau ?

Les pâtis communaux sont actuellement reboisés en résineux (épicéas et mélèzes).

Les « Treuffes » et les « biottes » : Après labours et semailles (orge, avoine…), on plante les « treuffes », en mai et, un peu plus tard, on sème les « biottes ». Les pommes de terre sont jetées, tous les 30 cm environ, dans un sillon ouvert par la charrue. Au début du siècle, la maison Melou de Dompierre invente un semoir à betteraves simple qui sera utilisé dans toutes les fermes. Plus tard, les betteraves sont semées à l’aide d’u semoir spécial tiré par un cheval ; l’écartement des roues donne la distance entre les rangs, au milieu une sorte de soc étroit et creux ouvre la terre et laisse tomber quelques graines, provenant d’une petite trémie, avant que le sillon ne se referme, tassé par un petit rouleau de fonte. Ce n’est pas l’unique façon de semer les « biottes » qui peuvent aussi être repiquées. Un mois plus tard, pommes de terre et betteraves ont bien poussé, mais les mauvaises herbes aussi. Il faut donc désherber et buter les « treuffes », puis piocher les « biottes ». Ce travail fastidieux nécessite toute la main-d’œuvre disponible (hommes, femmes et enfants).

A travers les champs au 20ème siècle dans HUMEUR DES ANCETRES foin-280x300

la laine : En mai, il faut penser à tondre les moutons. Un spécialiste de ce travail fait la tournée des fermes pour débarrasser les « queusses » (brebis) de leur manteau d’hiver, inutile. Les toisons doivent être nettoyées. Des grandes marmites d’au sont mises à chauffer où la laine trempe un bon moment. Celle-ci est ensuite lavée au savon et aux cristaux (de soude). Le rinçage, se fait à l’étang des Vernots dont les eaux (alcalines) possèdent des vertus particulières pour alléger cette tâche. Après le séchage, la laine est cardée à la main et sert à garnir les matelas. Pendant la pénurie due à la deuxième guerre mondiale, les toisons sont filées au rouet, teintées puis tricotées.

La fauchaison : Fin juin, arrivent ensuite les foins qui mobilisent également tout le monde. Les hommes fauchent, les femmes et les enfants fanent au râteau ou à la fourche ; lorsque l’herbe semble suffisamment sèche, elle est rassemblée au râteau de bois, ou plus tard, avec la « râteleuse » qui amasse devant ses grandes dents courbes, le foin étalé sur le pré. Quand le conducteur de l’attelage juge la quantité suffisante, il appuie sur une pédale qui fait se soulever l’ensemble des dents, libérant ainsi un « route » de foin que commis, femmes et enfants viennent mettre en « bouillots »  (en tas). Un jour ou deux plus tard, selon le temps, le fourrage est chargé en vrac sur le chariot dont le dernier rang est arrimé à l’aide d’une perche ou d’une grosse corde tendue par une sorte de treuil à cliquet. Le chargement est amené devant le « chauffaud » (fenil » où chaque fourchée s’engouffre péniblement par une petite ouverture ; dans une pénombre chaude et poussiéreuse, quelques paires de bras s’activent en une chaîne qui s’efforce de libérer sans cesse ce petit carré de lumière et d’air pur.

 

A partir des années 1960, apparaissent les premières presses-ramasseuses qui mettent le foin d’abord en bottes, un peu plus tard en ballots plus denses puis, de nos jours, en « balles rondes ». la fourche hydraulique a remplacé la fourche à trois dents et le stockage se fait désormais en ras du sol, sous des hangars nouvellement construits.

LA MOISSON ; les foins sont à peine terminés qu’il faut penser à la moisson. Au début du siècle, on moissonne au « râtelot » ; c’est une faux équipée de quatre longues dents de vois qui recueillent la brassée d’épis au moment de la coupe et la déposent au sol, bien rangée, en fin de mouvement. Un bon faucheur laisse un minimum de chaume et couche ses javelles sans les éparpiller ; le geste doit être précis, régulier, puissant mais parfaitement contrôlé ; précis car la lame doit couper toujours la même quantité de tiges à chaque mouvement ; régulier car le rythme doit être soutenu pendant plusieurs heures ; puissant mais contrôlé car un geste trop mou ne sectionne pas tous les épis et provoque le mélange des tiges coupées avec celles qui ne le sont pas, par contre, un geste trop énergique expédie au loin la brassée en l’éparpillant. Derrière les faucheurs, suivent les femmes qui rassemblent les javelles et les lient en gerbes serrées sous le genou, avec des liens de seigle tandis que les enfants glanent les épis oubliés.

Les gerbes sont ensuite entassées de telle sorte que les épis ne soient pas mouillés en cas d’orage. La précieuse récolte est ensuite chargée sur le chariot, les épis toujours vers l’intérieur, et amenée dans la grange où les gerbes sont soigneusement empilées en attendant le battage. La dernière charrette est ornée d’un bouquer de céréales et (ou) de fleurs des champs, c’est la « paulée » petite fête marquant la fin de la moisson (récolte la plus importante de l’année ; celle du blé donc du pain ). La « paulée » qui marque également la fin de la fauchaison est souvent une très mauvaise époque pour le coq de la basse-cour…. Les premières machines à moissonner font leur apparition dans les années 1920. La javeleuse d’abord qui est une faucheuse équipée d’une demi-douzaine de râteaux en bois. Ceux-ci libèrent périodiquement et à tour de rôle une javelle qui s’est accumulée sur un « tablier » en arc de cercle. La conduite de l’engin et des chevaux qui le tirent n’est pas de tout repos ; après son passage, il faut lier à la main des javelles plus ou moins éparpillées.

La moissonneuse-lieuse qui succède assez rapidement à la javeleuse est un progrès décisif. Cette machine coupe les céréales qui tombent, grâce aux rabatteurs, sur une toile tendue derrière la scie. Les tiges sont amenées au fur et à mesure entre deux autres toiles qui les conduisent au lieur. Là, les épis s’accumulent bien rangés. Lorsque leur quantité est suffisante, leur poids enfonçant une sorte de pédale, déclenche un mécanisme remarquable qui noue une ficelle autour de la gerbe et éjecte celle-ci sur le champ. Cette machine, tirée par des chevaux, plus tard par un tracteur, sera utilisée jusqu’aux années 1960. Enfin, la moissonneuse-batteuse, telle qu’on la connaît aujourd’hui, a envoyé progressivement la bonne vieille « yeuse » aux orties.

LA BATTAGE : A la mi-septembre et en octobre, le battage des céréales commence. Avant les batteuses, les gerbes étaient déliées sur l’aire d’argile de la grange et battues au « fiais » (fléau). Au début du 19 ème siècle, les machines à battre font leur apparition. La batteuse est calée devant la grange. C’st la mobilisation générale car la machine exige une bonne vingtaine d’hommes pour fonctionner. Avant le locomobile à vapeur, la batteuse est animée par la forces des animaux :

-       D’une part, le « manège » où les bêtes tournent en rond en entraînant une couronne dentée, un pignon, un arbre, une poulie,

-       D’autre part, le « gra-gra » qui est un plan incliné sur lequel marchent deux chevaux ; ceux-ci font du « sur-place » ; à chaque pas, le tapis descend et tourne sous leurs pieds. Le mouvement est transmis à la batteuse par poulie et courroie.

Vers 1907-1908, la vapeur vient au secours des pauvres bêtes. Après le « café la goutte » du matin et au coup de sifflet de la machine à vapeur, l’engin s’ébranle lentement, mais bruyamment, dans un nuage de poussière grandissant. Chacun est à son poste ; aux gerbes, aux sacs, au chaudron,  à la paille, à la « bouffes » (balles)… Tout ce que l’on propose à la batteuse vorace doit être évacué au fur et à mesure ; pendant au moins deux heures pas question d’interrompre le battage. Un nouveau coup de sifflet annonce à tous la pause tant attendue. Les gosiers desséchés par la poussière vont être enfin abreuvés.

Le travail reprend ainsi jusqu’à midi où un copieux repas bien arrosé attend tout le monde. Les femmes ont préparé l’événement en plumant quantité de volailles, puisé dans le saloir, chauffé le four pour le pain, les pâtés, les tartes…. Le « battoir » c’est la fête, on célèbre le fruit du labeur et la solidarité paysanne. C’est aussi le grand moment des farces, des défis de toutes sortes. Le repas du soir se termine fort tard, malgré la fatigue de la journée, on chante et on danse aussi quelquefois. Le lendemain, au petit jour, la batteuse est « décalée » pour être « recalée » dans la cour du voisin. Les fermes importantes battent pendant plusieurs jours. La tournée du battoir dans la commune dure environ un mois et demi.

RECOLTES D’AUTOME : L’automne est là et l’ouvrage ne manque toujours pas. Pour oublier la poussière de la batteuse, on retroune aux champs. Les pommes de terre attendent d’être arrachées. Chaque rangée est retournée à la charrue et toute la famille ramasse les précieux tubercules qui sont triés et mis en sacs ; d’un côté, les « treuffes » pour la consommation humaine, de l’autre, les « patates à cochons » qui seront cuites dans le fourneau puis écrasées pour les animaux.

A leur tour les betteraves sont arrachées. Une main élimine l’excédent de terre de la racine qui est décolletée par l’autre main d’un vif mouvement tournant. La « biotte » est ensuite jetée dans le tombereau ou en tas, sur le champ, que l’on recouvrira de feuilles ; comme les pommes de terre, les betteraves sont stockées dans une cave pour leur conservation. L’automne est aussi les aussi la saison où l’on prépare la prochaine « campagne ». La charrue est de nouveau attelée pour labourer les champs destinés aux céréales d’hiver dont le blé en particulier ; après les derniers coups de herse, l’hiver n’est pas si loin. N’ayant plus rien à brouter dans leur pré, les vaches retournent à l’étable. La corvée du pansage biquotidien reprend, il en est ainsi de novembre qu’à avril.

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SECHERESSE : en 1893, le fragile équilibre permettant aux agriculteurs de la commune d’alimenter les animaux est rompu par une sécheresse catastrophique. Les cultivateurs demandent, à l’initiative de la municipalité, un secours au Conseil Général. En décembre, les habitants de Courcelotte souhaitent une extension de parcours dans les bois communaux pour nourrir leurs bestiaux ; ils sollicitent également l’autorisation de ramasser gratuitement les feuilles mortes de la forêt. « La plus grande partie de la maigre récolte de paille est utilisée pour l’alimentation du bétail et il est très difficile de se procurer de la litière pour recouvrir le sol des étables… »

LA VIGNE : jusqu’aux années 1964-1965, la vigne est cultivée, dans quelques fermes, à Villars, à Genouilly et à Dompierre (21). Cette culture n’a jamais été prépondérante dans la commune, le sol granitique sans versants bien exposés n’y est pas très favorable. La dernière vigne est encore exploitée à Villars. Par contre, on connaissait le raisin dans la commune car toutes les façades des maisons étaient ornées de longues treilles.

LA GOUTTE : S’il n’y a pas eu de gelées tardives et que l’on a récolté des fruits (des prunes surtout), le bouilleur de crus et son alambic distilleront la « goutte », breuvage essentiel (antigel, antiseptique, antigrippe, antidouleur ;..) pour passer un hiver convenable.

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Journée à la ferme au 20ème siècle

Posté par francesca7 le 12 avril 2013

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A la campagne, les enfants participent aux travaux des champs ; il y a toujours une besogne pour eux et pendant ce temps-là, ils ne « trainent » pas.

Le monde agricole a connu des bouleversements extraordinaires au cours de ce dernier siècle. Le travail évolue assez peu jusqu’à la guerre de 1914 et se fait entièrement à la main. La campagne est riche de bras, l’agriculture y est intensive et plus de la moitié du territoire communal est cultivé. A cause de la guerre et des mobilisations, on ne peut plus labourer toutes les terres. La proportion entre herbage et cultures va s’inverser progressivement jusqu’à la deuxième guerre mondiale et se stabiliser ainsi.

Le contingent américain, venu prêter main-forte aux alliés, apporte aussi dans ses bagages quelques machines. Les toutes premières (faucheuse et moissonneuse-lieuse) apparaissent toutefois dès 1909-1019. La mécanisation des exploitations commence alors dès 19919- 1020. Peu à peu le cliquetis des faucheuses, des javeleuses, puis des moissonneuses-lieuses remplace le crissement du « dard » ou du ratelot ». La liste des jurons proférés habituellement est en même temps en plaine évolution car ces machines américaines conçues pour fonctionner paisiblement sur un terrain plat ont quelque fois du mal à  s’adapter au relief vallonné, aux fonds humides, aux cailloux, aux taupinières, aux « bouchures » trop expansives, aux recrus coupés trop haut…

Quelques années après la deuxième guerre mondiale, le tracteur remplace à son tour le cheval. On en garde tout de même un pour buter les « treuffes » et sarcler les « biottes ». On adapte les bonnes vieilles machines à chevaux en remplaçant les limons par une flèche. Il n’est pas question de tout acheter d’un coup. Vers 1950, il faut sacrifier de cinq à dix vaches pour s’offrir un tracteur, alors… Aujourd’hui, il faut en aligner de trente à cinquante.

Le Commis : La journée du domestique de culture commence vers 5 h 30 ou 6 h. Après une toilette rapide dans une cuvette d’eau froide, il se rend à la cuisine pour y boire le café. En hiver, deux heures de pansage l’attendent. Le commis va alors distribuer le foin en vrac, aux vaches et aux chevaux, par des ouvertures pratiquées dans le mur de la grange et qui débouchent sur le râtelier. Il « cure » ensuite « l’écurie des chevaux » et « l’écurie des vaches » avec sa fourche à quatre dents et sa brouette. Dehors, à un endroit visible de tous, il entasse soigneusement le fumier car un beau et gros tas de fumier signifie que la maison est riche et bien tenue.

Notre homme  prépare ensuite la « pouture » qui est un mélange de « biottes » (betteraves) « mincées » dans le « coupe-racine », et de « bouffe » (enveloppes de grains triées par la batteuse). Chaque animal a droit à sa ration déposée dans la crèche au moyen d’une grande manne d’osier. Une fois par jour, il faut abreuver les bestiaux qui sont alors détachés et conduits au « creux ou au puits. Exercice qu’il ne vaut mieux pas pratiquer en même temps que les voisins pour éviter de mélanger les troupeaux.

Vers 8 heures, le pansage terminé, tous les hommes se retrouvent à la cuisine pour manger une soupe au lait, des œufs au lard ou les restes de viande de la veille (le dimanche donne droit au chocolat ou au café au lait).

Les « Bouchures » : La journée d’hiver est occupée à l’entretien et aux réparations, à l’abattage et au stockage du bois de chauffage, des fagots. « Râper » les kilomètres de « bouchures » assure un long travail hivernal au commis ; armé d’un « volant » (croissant) ou d’un gouet, il remet en état le « piéchis ». C’est un travail de spécialiste qui consiste à transformer une haie plus ou moins haute et plus ou moins épaisse en une « brosse » étroite, d’environ, 1,20 m de haut, infranchissable par les bestiaux ; pour cela, des tronçons d’arbres verticaux sont conservés régulièrement au milieu desquels des perches sont entrelacées en position oblique ; celles-ci proviennent d’arbustes épineux droitement entaillés à leur pied pur qu’ils se couchent facilement, qu’ils ne se redressent pas et surtout qu’ils restent vivants ; tout l’excédent est supprimé, les meilleures rames feront des fagots pour le four à pain ou les petits pis du jardin, les plus grosse branches serviront de bois de chauffage, les brindilles, ronces et épines sont entassées et seront brûlées « le jour des Bordes » (premier dimanche de Carême, après le Mardi-Gras).

Le travail dure ainsi jusqu’à la tombée du jour et en rentrant à la ferme, c’est encore le pansage, comme au matin.

Labours et semailles : Au printemps, le tombereau est chargé avec le fumier accumulé pendant l’hiver. Le lourd véhicule est ensuite vidé, par petits tas bien alignés, dans le champ à fumer. Avant le labour, ce fumier est épanché à la fourche pour être enfoui par la charrue, tirée par deux paires de bœufs, de vaches de travail ou deux ou trois chevaux attelés de front. Avec les bœufs, il faut être deux ; « le piqueux » marche devant les animaux avec son grand aiguillon, tandis que le laboureur, conduit la charrue. Avec des chevaux, celui-ci travaille seul, dirigeant ses bêtes grâce à ses guides et surtout en vociférant sans cesse derrière l’attelage. Ce travail est épuisant ; si l’on admet qu’un sillon mesure une trentaine de centimètres de large, le laboureur parcourt plus de trente kilomètres pour retourner un hectare, plié en deux sur la charrue, tirant à droit, poussant à gauche les mancherons, avec un pied dans la « raie », l’autre sur le chaume.

L’unité agraire couramment employée est le « journal » ; c’est l’aire que peut labourer, semer et herser un homme en une journée de travail. Cette unité est extraordinairement élastique car elle varie facilement de 15 à 33 ares selon la qualité du terrain à cultiver.

 

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