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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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L’art et la manière des notaires du 15ème siècle

Posté par francesca7 le 22 juin 2013

(D’après « Revue du Midi », parue en 1902)

 

 L’art et la manière des notaires du 15ème siècle dans ARTISANAT FRANCAIS notaire

Avant la Révolution française, le nombre des notaires était grand, les actes mal payés, il fallait vivre cependant. Pour grossir un peu ou même un peu trop les revenus des grimoires on trouva des formules d’une longueur interminable, dont le moindre inconvénient fut encore le coût, puisque leur défaut de clarté devenait la source de nombreux procès.

Un curieux exemple de ces formules sans fin, où éclate surtout le besoin d’étirer la matière tant et tant qu’à la fin une copie de vingt lignes fournit la valeur d’un volume, vient des archives de l’évêché de Nîmes : c’est une transaction intervenue entre le prieur et les habitants de Goudargues en 1498.

Ceux ci étaient tenus de ne rien vendre ni acheter en fait de « chevaux, agneaux, lapins, lièvres, perdreaux, pigeons, oiseaux de chasse, poisson, œufs, fromages, poulets, poules et autres choses comestibles, sans les avoir auparavant présentés au seigneur abbé du monastère de Goudargues, lequel par lui-même ou par ses représentants voyait (videndo) s’il y avait lieu de les retenir pour la communauté au prix convenable (si ipse vellet emere). »

Les habitants ennuyés de se présenter tous les jours à la porte de l’abbaye, réclamèrent, et une transaction après plusieurs procès, intervint entre l’abbé Jean Ruben et les notables, représentant la commune. Les habitants désormais ne seront plus tenus de de porter leur produits au monastère pour les offrir (ad monstrandum), mais l’abbé devra envoyer ses serviteurs aux portes des habitants, pourtour demander ce qu’ils ont à vendre, et ceux-ci seront tenus de montrer leurs marchandises sans tromperie (sine malicia monstrare). La vente aura lieu de préférence aux serviteurs de l’abbaye, à un prix raisonnable (precio inter se amicabiliter concordare).

Ce prix à l’amiable ne devait pas tenter beaucoup les habitants, puisque la transaction porte aussitôt que ceux-ci seront tenus de ne point cacher leurs marchandises, chose pleine de malice (propris maliciis non celabunt). D’ailleurs, pour entretenir l’amiabilité, ceux qui seront surpris à ce jeu de mensonge verront confisquer leurs produits, ou leur valeur en argent au profit de l’abbé (res vendendae… confiscatae, seu eorum legitimus valor).

Cependant, avant d’arriver à la transaction, il y avait eu procès à plusieurs reprises ; pour dédommager l’abbé des frais subis par lui, en ces procès, les habitants consentent à lui payer huit salmées de blé conseigle (octo sarcinatus bladi consequalis) — ainsi appelé, parce qu’on le sème mêlé avec du seigle, consequalis étant employé pour consecalis, de secale, seigle — et, comme on n’est par riche, le blé sera livré en deux fois : la première moitié pour le 15 août, fête de l’Assomption, et la deuxième le même jour un an après.

La question est claire, simple, facile à rédiger. Etant donné que le parchemin mesure en largeur, deux pans un quart, ce qui fait environ cinquante-six centimètres, la longueur des lignes, entre les deux marges atteint 0,51 centimètre, et fournit une valeur moyenne de vingt-cinq mots. Nous croyons être dans le vrai en disant que trente lignes, soit 760 mots auraient pu suffire à la rédaction. Or le notaire a employé 75 lignes soit 1875 mots pour composer son acte, et le parchemin mesure une longueur consciencieuse de 0,70 centimètres. Nous allons analyser la fructueuse ingéniosité du scribe assermenté qui a signé cet acte.

Avant de pénétrer dans le dédale de notre grimoire, constatons qu’il est écrit en langue latine, dont la phrase est toujours plus courte que celle de la langue française. Ceci est évident pour quiconque a eu sous les yeux une traduction d’auteur latin, avec les deux texte sen regard, l’un sur le verso d’une page et l’autre sur le recto de la page suivante. Prenons par exemple une page de Virgile au hasard, nous trouvons que 23 vers de l’Enéide, d’inégale longueur et dont un bon nombre n’occupe pas toute la ligne, exigent en regard 34 lignes à caractères serrés de textes français. Malgré la concision du latin, le notaire a trouvé moyen d’allonger son texte en répétant sans cesse la même idée par quatre ou cinq mots synonymes et presque toujours inutiles, le premier excepté.

Voici d’abord l’énumération de ceux qui pourront connaître l’acte en question. Le mot universidevait suffire « que tous sachent etc. » Ce mot « tous » sera rendu par « universi et singuli tam praesentes quam futuri » — tous savoir : chacun, présent aussi bien que ceux à venir. Pour dire qu’ils auront eu connaissance de l’acte, on écrit « inspecturi, visuri, lecturi ac etiam audituri » — ceux qui examineront, liront, verront et même entendront lire. Mais ils liront quoi ? Cet acte pensez-vous. Point du tout, ils liront la suite, la teneur, de ce véritable, présent et public instrument (hujus veri proesentis et publici instrumenti seriem et tenorem).

S’agit-il de la transaction intervenue le 26 mars 1498, que l’on invoque, on dira que cette transaction a été faite convenue et passée (facta inhita et passata), et on la cite tout au long, répétant ainsi jusqu’à dix lignes absolument identiques, concernant les noms et les titres des parties, qui sont les mêmes que celles du présent acte. Pour designer les délégués de Goudargues, on dit « tous et chacun des hommes susnommés, restant et habitant à ces dits lieu, paroisse et mandement de Goudargues, tant en leur propre nom qu’au nom des autres hommes restant et habitant aux mêmes lieux, paroisse et mandement de Goudargues. »

On tient à affirmer la loyauté des contractants, qui agissent « sans violence, sans ruse, sans crainte et sans fraude, mais bien avisés et bien réfléchis » (sed bene advisati et bene consulti). Faut-il indiquer l’efficacité de l’acte, on y dit « qu’il durera, vaudra perpétuellement et que tous ensemble, aussi bien que chacun d’eux contractants en particulier, se garderont de le jamais révoquer, personne d’entre eux ne voulant discuter, faire opposition ni contredire ledit acte. » Pour le prieur, la forme est encore plus insistante.

Le R. P. s’engage « pour lui et pour ses successeurs postérieurs (sic) quel qu’ils soient, auxquels les habitants louent, approuvent, ratifient, homologuent, et confirment la transaction conclue, agréable, ferme, solide et irrévocable, concernant des choses conclues agréables, fermes et irrévocables, que les habitants veulent et consentent tenir perpétuellement ensemble sans qu’ils puissent en particulier jamais faire, dire, aller eux-mêmes ni par d’autres, contre ces choses. »

D’ailleurs ces promesses sont contractées « sous des obligations, engagements, renonciations et serments ci-dessous écrits. » On veut assurer leur exécution « mieux, plus fermement, plus sûrement et plus efficacement » (melius, firmius, tutius et efficacius). Quel sera le moyen ? Le voici : les habitants « engagent hypotèquent, déposent, soumettent, tous et entièrement et chacun des biens et droits de ladite communauté de Goudargues sans compter leurs biens propres meubles et immeubles présents et futurs. »

Et ils promettent encore « affirmant dans la parole de vérité, tous et chacun d’eux pour eux et pour les leurs que dans le passé, ils n’ont rien dit, ni fait, et que pour l’avenir ils ne diront ni feront rien contre toutes, entières, chacune, des choses dites ci-dessus ou à dire ci-dessous, et qui sont contenues dans le présent instrument », évitant ainsi tout ce qui pourrait « casser, rendre vain, ou par quelque manière que ce soit, par d’autres, annuler, annihiler ou briser ces engagements » (cassari, irritari, annullari, anichilari seu rescindi).

Ces mêmes habitants « renoncent pour eux etc., aux exception, ruse, mal, violence, crainte, fraude, erreur, injustice et contestation » (exceptionis, doli, mali, vis, metus, fraudis, erroris, lesionis, et decertationis).

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Ils renoncent encore à invoquer « le droit canonique, le droit civil, écrit et non écrit, le divin et l’humain, le nouveau et l’ancien, l’usage, la raison, la coutume, les décisions des anciens ou du lieu, soit celles déjà intervenues, soit celles à intervenir. »

L’acte notarié ne compte plus que dix lignes ; avant de finir par les formules d’usage, l’auteur a trouvé moyen d’allonger encore. Les contractants (énumérés pour la quinzième fois) promettent de « tenir, respecter, remplir et observer effectivement inviolablement et de ne rien jamais faire, dire, aller, venir par eux ou par un autre ou par plusieurs autres ni directement ni indirectement, ni par acte ni par consentement, ni par droit ni par jugement, contre les engagements tous, entiers, et chacun ci-dessus énoncés ou ci-après écrits dans le présent, véridique et public instrument. »

Enfin voici la conclusion : Acta fuerunt haec, l’acte a été passé à Goudargues, devant le baïle (dominus bajulus) du prieur seigneur du lieu. Les témoins étaient : messires Alexis et Antoine de Prat, prêtres, dudit lieu, y habitant, maître Mathieu Tardieu (Tardonii), notaire royal de Bagnols, et Simon Blisson clerc, habitant de Bagnols, greffier public, de la curie ordinaire de Goudargues, notaire apostolique et royal (apostolica et regia auctoritatibus notario). Et Simon Blisson a signé de son signe habituel « pour foi, valeur et témoignage de toutes, entières, et chacune des susdites affirmations. » Vraiment cet habile notaire pouvait signer en homme content de son œuvre.

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Exposition Jeu de Paume

Posté par francesca7 le 16 juin 2013

Photographie: le gouvernement demande au Jeu de Paume de se distinguer d’une exposition polémique

Le ministère de la Culture a demandé vendredi au musée parisien du Jeu de Paume de « compléter l’information » des visiteurs et de se « distinguer » de l’exposition polémique de la photographe palestinienne Ahlam Shibli, montrant notamment comment les familles d’auteurs d’attentats-suicide en Israël entretiennent la mémoire de leurs disparus

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Pour éviter toute confusion et toute caricature, le ministère de la Culture et de la Communication a demandé au Jeu de Paume de compléter l’information donnée aux visiteurs pour d’une part clarifier et mieux expliquer le propos de l’artiste et d’autre part distinguer la proposition de l’artiste de ce qu’exprime l’institution », a annoncé le ministère dans un communiqué.

Intitulée « Foyer fantôme », cette rétrospective organisée par le Jeu de Paume depuis le 28 mai comprend notamment une série récente intitulée « Death » qui « montre les efforts de la société palestinienne pour préserver la présence de ceux qui ont perdu la vie en combattant l’attaquant », selon le dossier de presse de l’institution culturelle.

Le président du Crif (Conseil représentatif des organisations juives), Roger Cukierman, avait écrit le 5 juin à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti pour lui demander d’intervenir, jugeant « particulièrement regrettable et inacceptable qu’en plein Paris, cette série fasse ainsi l’apologie du terrorisme ».

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Le ministère admet vendredi que cette exposition « suscite de nombreuses réactions compréhensibles » et que la « neutralité revendiquée » de l’artiste « peut, en elle-même choquer et donner lieu à de mauvaises interprétations puisqu’elle n’explique pas le contexte des photographies qui n’est pas seulement celui de la perte mais qui est aussi celui du terrorisme ».

Mais le ministère souligne aussi que « cette exposition s’inscrit dans la programmation de l’institution qui promeut la diversité des expressions artistiques autour de l’image sous toutes leurs formes » et qu’il « n’intervient pas dans la programmation des institutions culturelles, dont la responsabilité revient à ses dirigeants » au nom de « la liberté attachée à l’expression artistique ».

De son côté Le Jeu de Paume a déjà « réfuté fermement les accusations d’apologie du terrorisme ou de complaisance à l’égard de celui-ci ».

L’exposition qui se tient jusqu’au 1er septembre, a déjà été présentée au MACBA de Barcelone et ira ensuite à la Fondation Serralves de Porto, également coproducteurs.

Source : la presse « Le Point »

 

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La femme à barbe Clémentine Delait

Posté par francesca7 le 16 juin 2013

19 avril 1939. La femme à barbe Clémentine Delait, mascotte des poilus, meurt d’une crise cardiaque.

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Quand Barnum lui fait un pont d’or pour l’engager dans son cirque, elle refuse pour rester soigner son mari malade. La sainte femme !

Clémentine Delait est barbue et fière de l’être. À la fin de sa vie, elle exige qu’on inscrive sur sa pierre tombale : « Clémentine Delait, née Clatteaux, la femme à barbe ». Le jour d’exaucer son voeu arrive le 19 avril 1939, quand la célèbre femme à barbe de Thaon-les-Vosges meurt d’une crise cardiaque à 74 ans. Sans doute qu’elle est alors montée au ciel pour tenir la promesse faite dans son autobiographie, publiée quelques années auparavant. « Ma dernière exhibition sera devant saint Pierre. En riant, je me rappellerai mes multiples aventures. Et peut-être, songeant à ma dernière demeure, je me réjouirai du bon tour que je jouerai à saint Pierre, quand, me présentant à lui, je lui dirai : Mon vieux saint Pierre, je parie cinq cents francs qu’il n’y a pas une barbe aussi belle que la mienne dans ton paradis ! »

Un duvet prometteur

Bien que n’ayant aucun ancêtre portugais, la jeune Clémentine assiste dès sa puberté au développement d’une exceptionnelle pilosité sans qu’elle en prenne ombrage. « Je peux vous assurer qu’à dix-huit ans ma lèvre supérieure s’agrémentait déjà d’un duvet prometteur qui soulignait agréablement mon teint de brune. » Ah ! La coquette ! Elle refuse la proposition de NRJ12 d’intégrer Les anges de la téléréalité, le programme la rase trop… Devenue femme, elle parvient à séduire un certain Joseph Delait, boulanger à Thaon-les-Vosges, qui l’épouse. Brave homme. Mais il faut avouer qu’à cette époque, le poil n’était pas encore devenu l’ennemi n° 1 des femmes. La culture du ticket de métro ou du maillot brésilien n’a pas encore envahi les salles de bains. Quelques poils au menton ou une jungle épaisse à un endroit que la décence interdit de nommer n’effarouchent pas ces messieurs. 

C’est vrai que dans le cas de Clémentine, ce n’est pas quelques poils au menton, mais une forêt d’une vigueur peu commune chez une honnête femme. Aussi prend-elle soin de se rendre régulièrement chez le barbier du village, en rasant bien évidemment les murs. La forte pilosité n’est pas le seul trait masculin qui l’honore, elle possède également une forte carrure, parle fort et jure comme un charretier. Parfois, on l’arrête dans la rue pour lui demander un autographe, la confondant avec Sébastien Chabal… Inutile de préciser qu’elle porte la culotte à la maison, d’autant que son époux, perclus de rhumatismes, renonce rapidement au fournil. Le couple vend donc la boulangerie pour acquérir un café, moins pénible à tenir. Attention, quand un client éméché fait du grabuge, c’est elle qui se charge de le vider. Ne pouvant avoir d’enfant, le couple adopte une petite fille. 

Madame, vous avez plus de barbe que moi

Et cette barbe, alors ? Voilà, voilà, nous y arrivons. Lors de la Pentecôte 1901, Clémentine et son époux prennent une journée de congé pour visiter la foire de Nancy. Lui trottine derrière son bonhomme de femme quand soudain elle s’arrête devant une baraque de foire. Un panneau invite à entrer pour admirer la femme à barbe. Intriguée, Clémentine entraîne son époux à l’intérieur où ils découvrent une maigre femme avec, effectivement, du poil au menton. Cette dernière observe les deux arrivants, fixe Clémentine droit dans le menton, puis se penche vers elle : « Madame, vous avez plus de barbe que moi ! » La cafetière n’est pas peu flattée du compliment d’une professionnelle. Le lendemain, en servant ses habitués, elle ne peut s’empêcher de narrer l’anecdote. Et de jeter aux ricaneurs : « Bande de cons, si je me laissais pousser la barbe, vous verriez ce que c’est qu’une vraie barbe. »

Dans les bars, il y a toujours un poivrot plus malin que les autres. Ce jour-là, c’est un certain Oscar, qui la met au défi de laisser pousser sa barbe pour 500 francs. Pari tenu. Quelques semaines plus tard, une épaisse barbe frisée orne le menton de Clémentine. Depuis ce jour, elle ne la quitte plus, et son bar ne désemplit plus. On vient de loin admirer cette étonnante pilosité. Du moment que le tiroir-caisse se remplit, cette curiosité ne la gêne absolument pas. Au contraire, même ! Elle rebaptise son établissement « café de la Femme à barbe ». Quant au mari, il n’a apparemment pas voix au chapitre. Il ferme sa gueule et ravale sa barbe. Clémentine est une vraie femme d’affaires, elle édite une quarantaine de cartes postales qui la montrent dans des scénettes : en train de poser dans une cage aux lions, de promener son chien, ou encore en tenue masculine. Leur vente lui rapporte une petite fortune.

Elle salue le prince de Galles !

Survient alors la Première Guerre mondiale. Naturellement, elle devient la mascotte des poilus. Au lendemain de l’armistice, la santé de son mari se dégradant encore, elle abandonne son café pour tenir une mercerie à Plombières, où Joseph peut soigner ses rhumatismes. C’est là que Barnum vient la trouver pour lui offrir une fortune si elle accepte de s’exhiber dans son cirque : 2 000 francs par semaine. Mais cette femme admirable préfère rester près de son mari malade. Ce qui ne l’empêche pas pour autant de faire quelques extras en allant saluer des personnalités qui la demandent, comme le prince de Galles à Londres ou encore le Chah de Perse à Vittel.

Devenue veuve à 63 ans, elle peut enfin donner libre cours à sa carrière de femme à barbe. Elle retourne à Thaon-les-Vosges pour ouvrir un bar où elle va jusqu’à organiser de modestes spectacles la mettant en scène avec sa fille adoptive et un perroquet. Avant de s’éteindre à 74 ans, victime d’une crise cardiaque. Comme un homme !

REGARDEZ un montage photo de la femme à barbe : Image de prévisualisation YouTube

 

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Les Chrétiens assaillis

Posté par francesca7 le 13 juin 2013

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Les Chrétiens assaillis dans AUX SIECLES DERNIERS chret

Le 7 juin 1099, les croisés arrivent enfin en vue de Jérusalem, la ville du Saint-Sépulcre. Beaucoup pleurent de joie. Tant d’efforts, tant de souffrances, pour toucher au but. Tant de massacres, tant d’horreurs, pour délivrer la ville sainte des Turcs. Et, l’autre, là-haut, qui professe de tendre l’autre joue à son ennemi… Cela fait presque trois ans qu’à la tête d’une large troupe duc Godefroy de Bouillon a quitté son duché de Basse-Lotharingie pour la terre sainte. N’ayant pas trouvé de charter direct, il a fait plusieurs escales. Une première à Constantinople, où l’empereur byzantin les oblige à lui jurer allégeance, puis à Nicée (aujourd’hui, Iznik en Turquie), qui se rend sans combattre, et à Antioche, qui résiste six mois avant de se livrer, enfin à Édesse (Urfa). Le circuit touristique n’est pas terminé, les croisés visitent encore Tripoli, Beyrouth, Ty, Haffa et Rama avant de débarquer devant Jérusalem, aussi frais que Beigbeder après une semaine d’immersion dans un night-club. Que la ville est grande et que les murailles sont hautes ! Et pour compter sur un coup de main du Père qui se prélasse sur son nuage, ils peuvent se brosser.

Combien sont-ils de chrétiens à mettre le siège devant la ville sainte ? Environ 1 500 chevaliers sur les 7 000 partis d’Europe. On imagine les 5 500 veuves en train de ferrailler avec leur ceinture de chasteté… Des 20 000 piétons qui ont pris la route, il en reste peut-être 12 000 en comptant large. En tout cas, les croisés sont en nombre insuffisant pour ceinturer hermétiquement Jérusalem. Godefroy de Bouillon, Robert de Flandre et Robert de Normandie se postent au nord et au sud de la ville sainte. Tandis que Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, plante ses tentes à l’ouest.

Avant de passer à l’attaque, il faut trouver de l’eau et de la bouffe. Un calvaire dans ce pays désertique. Rien à becqueter, même pas un agneau pascal, et surtout rien à boire ! Les seules sources du coin sont dans la ville. C’est le monde à l’envers : les assiégés ont de l’eau et de nombreuses provisions, tandis que les assiégeants manquent de tout. Au point que plusieurs dizaines d’entre eux meurent de faim et de soif. Comment franchir les murs ? Le mieux serait de louer de vieux hélicos soviétiques. Faute de pouvoir y recourir, les croisés se mettent aussitôt à fabriquer des échelles en bois. Impatients de libérer le Christ, mais aussi de piller la ville, ils montent à l’assaut des remparts le 13 juin. Cependant, les Fatimides qui tiennent la ville n’ont aucun mal à les repousser.

Assaut le 14 juillet

Le siège menace de s’éterniser. Par manque de vivres, mais également en raison de leurs incessantes chamailleries, les assiégeants sont dans une situation désespérée. C’est l’UMP aux plus belles heures de Copé et de Fillon. Heureusement, plusieurs navires génois abordent Jaffa avec des vivres. Les croisés se ressaisissent, lancent une expédition en Samarie pour rapporter le bois nécessaire à la construction de hautes tours montées sur roues. Pour signaler à Dieu de se tenir prêt à leur filer un coup de main – après tout, c’est pour son fils qu’ils ont fait tout ce chemin -, les croisés organisent une procession autour de Jérusalem. Les prêtres marchent en tête, pieds nus, portant des reliques et chantant des cantiques. Du haut des murs, les sarrasins se fichent de la gueule de ces galeux d’infidèles en brandissant de fausses croix. Mais les chrétiens sont désormais remontés à bloc. Ils achèvent la construction des tours et donnent l’assaut le 14 juillet.

Malins, les croisés changent l’emplacement des tours d’assaut durant la nuit qui précède l’offensive, de façon à les placer devant des portions de mur non renforcées par les défenseurs. Au petit matin, l’attaque est donnée. Les chrétiens utilisent des balistes pour balancer des pierres, des flèches, mais aussi de la paille enflammée et des poutres trempées dans du soufre par-dessus les murailles. Des fantassins retirent des pierres à la base des remparts sous une pluie de flèches. Jérusalem résiste encore quand la nuit tombe. Lorsque le soleil, curieux de la suite des opérations, jette un premier rayon sur la cité, la bataille reprend, plus féroce que la veille.

Durant la nuit, les Turcs ont construit de nouvelles machines pour projeter de lourdes pierres sur les machines adverses afin de les démolir. À midi, le désespoir gagne le camp des assaillants. Les murs de la ville restent entiers et sont toujours couverts de défenseurs. Heureusement, Dieu veille, car les chrétiens reprennent du poil de la bête. Sur le mont des Oliviers, un chevalier brandit son bouclier pour galvaniser les troupes. Les croisés repartent à l’assaut. Les archers arrosent les murailles de flèches enflammées qui font fuir les défenseurs. Les assaillants en profitent pour baisser les ponts-levis montés sur les tours en bois. Deux frères flamands, suivis de Godefroy de Bouillon, sont les premiers à les emprunter pour pénétrer dans Jérusalem.

« Je ne porterai pas une couronne d’or »

Les chrétiens dévalent dans Jérusalem, où ils font sauter les têtes ennemies comme des bouchons de champagne. Devant une telle furie, les défenseurs courent se réfugier dans la mosquée d’al-Aqsa. Ils sont peut-être 10 000 à l’intérieur. Du pain bénit pour les chrétiens qui les saignent. L’affrontement le plus violent se déroule dans la tour du Temple, où le gouverneur de la ville a trouvé refuge. Finalement, celui-ci se rend au comte de Toulouse, qui, bon prince, le fait conduire indemne à Ascalon. Durant ce temps, la boucherie continue. C’est au tour des juifs de s’enfermer dans la grande synagogue.

Mal joué, les « Latins » mettent le feu. Voilà ce que c’est que de trop écouter Johnny : « Allumez le feu… » Un témoin de la prise de Jérusalem écrit : « Il y avait un tel massacre que nos hommes pataugeaient dans le sang jusqu’aux chevilles… Puis les croisés se sont rués dans toute la cité, s’emparant de l’or et de l’argent, des chevaux et des mules, et pillant les demeures remplies d’objets précieux. Puis, se réjouissant et pleurant d’un trop-plein de bonheur, ils sont tous allés adorer et rendre grâce à Jésus Notre Sauveur. » Si la soldatesque s’en donne à coeur joie, elle ne tue cependant pas tous les habitants. Beaucoup, musulmans et juifs, peuvent fuir vers Ascalon ou Damas.

Dès le lendemain de la prise de la ville, les milliers de cadavres, qui commencent déjà à se décomposer et à puer à la chaleur, sont entassés au-delà des portes pour être brûlés en tas immenses. Godefroy de Bouillon refuse d’être couronné roi de Jérusalem. « Je ne porterai pas une couronne d’or là où le Christ porta une couronne d’épines. » Il préfère devenir l’avoué du Saint-Sépulcre. Son frère n’a pas cette pudeur et prend le nom de Baudouin Ier de Jérusalem. La ville du Christ restera aux mains des chrétiens jusqu’à sa prise par Saladin, en 1187.    

Source : http://www.lepoint.fr/

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La maîtresse de Louis XV

Posté par francesca7 le 13 juin 2013

En 1733, la jolie Louise-Julie, 23 ans, épouse de son cousin, le comte de Mailly-Rubempré, prend le premier relais. Elle n’a pas de mal à séduire Louis XV en mal d’amour. Durant trois ans, leur liaison reste secrète. La jeune femme n’acquiert le statut de favorite officielle que vers 1736 ou 1737. La jeune femme aime sincèrement son petit Louis. Elle n’est guère intéressée ni par les honneurs ni par le pouvoir. Leur bonheur aurait pu être éternel si, en 1739, Louise-Julie n’avait pas introduit le loup – ou plutôt, la louve – dans la bergerie, sous la forme de sa petite-soeur Pauline-Félicité.

 

La maîtresse de Louis XV dans AUX SIECLES DERNIERS louis-15

« Je gouvernerai ma soeur, le roi, la France et l’Europe« 

Celle-ci insiste tellement pour sortir de son couvent afin de paraître à la cour dans le sillage de sa soeur que cette dernière cède. Elle est à cent mille lieues de se méfier de cette petite peste qui est moche et possède une « taille hommasse ». Comment le roi pourrait-il s’y intéresser ? Donc, le 8 juin 1739, Pauline-Félicité fait son apparition à la cour. Louise-Julie ignore alors que sa soeur complote sa perte. Pauline aurait confié à une amie : « J’irai à la cour auprès de ma soeur Mailly ; le roi me verra ; le roi me prendra en amitié, et je gouvernerai ma soeur, le roi, la France et l’Europe. » L’ambitieuse petite garce ! Ne comptant pas sur sa beauté difficile, elle mise tout sur sa vivacité d’esprit et son inépuisable énergie.

Effectivement, le roi est conquis par Pauline qui l’amuse, le fait sourire, lui redonne goût à la vie. Elle le change, en tout cas, de Mme de Mailly, qu’il avait appris « à regarder comme un écho ». Ses continuels caprices changent le roi de la soumission obséquieuse de son entourage. Bientôt, il ne peut plus se passer de la présence si rafraîchissante de Pauline-Félicité, même si « elle avait la figure d’un grenadier, le col d’une grue, une odeur de singe », comme l’écrit une de ses soeurs cadettes.

Un jour, le roi avoue à sa favorite « aimer sa soeur autant qu’elle ». Mais pas question de la fourrer dans son lit tant qu’elle n’est pas mariée. Aussi lui trouve-t-il vite un mari complaisant en la personne de M. de Vintimille, petit-neveu de l’archevêque de Paris. Le mariage a lieu le 27 septembre 1739. Louis XV a-t-il remplacé le marié dans le lit de noces, comme l’écrit un certain Soulavie ? C’est peu probable. En tout cas, la passion du roi ne fait que grimper. C’est le coeur lourd que Mme de Mailly voit sa soeur lui chiper sa place. Mais que faire. Elle aime tant le roi qu’elle préfère fermer les yeux plutôt que de faire une scène et être chassée de la cour.

Aigre et méchante

Peu à peu, Pauline prend un total ascendant sur Louis XV. Si quelqu’un désire une faveur du roi, une charge, il faut passer par elle. Elle se mêle de politique et de la nomination des ministres. Elle pousse à la guerre contre l’Autriche, tentant d’insuffler un peu de fierté nationale à ce grand mou de Louis XV. Grâce à elle, il prend goût au gouvernement de la France qu’il avait entièrement délégué au cardinal de Fleury. Pauline lui donne même des cours accélérés de gestion, en commençant par lui apprendre à gérer ses dépenses personnelles. Elle lui fait renvoyer un domestique qui lui vole son vin de Champagne. Le roi se prête au jeu. Mme de Vintimille ne rêve que de faire virer le vieux cardinal de Fleury du gouvernement de la France pour le remplacer par de jeunes ministres capables.

Naturellement, Pauline tombe enceinte du roi. Sa grossesse est laborieuse, douloureuse. Lors d’un séjour au château de Choisy en mai 1741, elle tombe malade, il faut la saigner. En août, alors qu’elle entre dans son huitième mois de grossesse, la fièvre la saisit. Sa santé se dégrade, elle souffre. Mais elle se tait devant le roi, refuse de répondre à ses questions quand il s’inquiète. Elle fait la gueule. Il s’en émeut : « Je sais bien, madame la comtesse, le remède qu’il faudrait employer pour vous guérir, ce serait de vous couper la tête ; cela ne vous siérait pas mal, car vous avez le col assez long ; on vous ôterait tout votre sang et l’on mettrait à la place du sang d’agneau, et cela ferait fort bien, car vous êtes aigre et méchante. » 

Le 24 août, elle regagne Versailles en voiture. Le vendredi 1er septembre, dans la nuit, elle accouche en présence du roi qui reçoit l’enfant. C’est son onzième. Mais la fièvre ne veut pas quitter la jeune accouchée. Sa soeur et le roi se relaient à son chevet. Le 8 septembre, les médecins, qui ne savent faire que cela, la saignent de nouveau. D’atroces douleurs la prennent. Elle hurle, des convulsions la saisissent. C’est horrible. À 7 heures du matin, elle est morte. La cour défile dans sa chambre, où elle gît, nue sur son lit, figée dans la douleur.

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Le coeur de Louis XVII

Posté par francesca7 le 13 juin 2013

Qui n’a jamais rapporté chez lui une petite babiole, un souvenir emprunté sur son lieu de travail ? Une gomme, un croissant, la femme de son chef ? C’est humain. Le docteur Philippe-Jean Pelletan ne fait que succomber à ce petit travers quand, le 9 juin 1795, il empoche le coeur du gamin de la prison du Temple qu’il vient d’autopsier. Pour faire bonne mesure, il prélève également une touffe de cheveux. Pauvre ex-futur Louis XVII, enfant martyr. Son papa et sa maman ont été guillotinés, et lui se fait voler son petit coeur par un médecin indélicat.

Les derniers jours de l’orphelin royal font pitié. Depuis quelques semaines, il ne fait que s’affaiblir dans sa geôle. Sa maigreur devient effrayante. Son gardien, Étienne Lasne, s’en inquiète, il réclame la venue du docteur Desault, responsable de la bonne santé du jeune Capet. Mais celui-ci meurt le 1er juin. Le 5 juin, le docteur Pelletan est désigné pour lui succéder. C’est un ambitieux qui n’hésite pas à se montrer féroce révolutionnaire pour supplanter ses confrères. Médecin à l’Hôtel-Dieu, il est soupçonné de servir d’espion au Comité de sûreté générale pour dresser la liste des victimes à guillotiner à la prison Saint-Lazare. 

Quand le gardien du petit Louis lui fait parvenir un billet pour l’appeler au chevet du garçonnet, il ne montre aucun empressement. Il prend sa plus belle plume pour répondre : « Citoyens, l’état du malade ne peut être rendu très inquiétant par les circonstances que vous me détaillez. Quoique je sois extrêmement fatigué de mes travaux du jour, et qu’il soit onze heures du soir, je me transporterais sur-le-champ auprès de l’enfant si je sçavois lui être de la moindre utilité. » Cela sonne comme une condamnation à mort.

Le coeur de Louis XVII dans AUX SIECLES DERNIERS louis

Taches violettes, tumeurs et tubercules

Effectivement, le 8 juin, l’héritier du trône de France meurt. Une autopsie s’impose et, tout naturellement, elle est confiée au docteur Pelletan, assisté de trois autres médecins. Ils se présentent vers 11 heures du matin à la porte du Temple. On les mène jusqu’à une pièce où le petit cadavre gît sur un lit. Un premier examen montre des taches violettes, ce qui est habituel sur la peau d’un cadavre, et une putréfaction qui gagne déjà le ventre, le scrotum et l’intérieur des cuisses. Dans le rapport d’autopsie signé par les médecins, la présence de plusieurs tumeurs est signalée sur le corps. 

Pelletan ouvre la dépouille avec un bistouri. « À l’ouverture du ventre, il s’est écoulé plus d’une pinte de sérosité purulente, jaunâtre et très fétide ; les intestins étaient météorisés, pâles, adhérents les uns aux autres… Les intestins, ouverts dans toute leur longueur, étaient très sains intérieurement et ne contenaient qu’une petite quantité de matière bilieuse. » L’estomac et le foie, la rate, le pancréas, les reins, le coeur et la vessie sont eux aussi trouvés sains. « Le cerveau et ses dépendances étaient dans la plus parfaite intégrité. » Les médecins trouvent néanmoins de nombreux tubercules lymphatiques qui les amènent à conclure à « l’effet d’un vice scrofuleux existant depuis longtemps et auquel on doit attribuer la mort de l’enfant ». Traduction : les médecins supposent le garçonnet tuberculeux.

L’autopsie achevée, les confrères de Pelletan s’éloignent pour le laisser recoudre le cadavre seul. C’est alors que le médecin prélève d’abord une touffe de cheveux, qu’il remet à l’officier municipal Damont en guise de souvenir. Puis il s’empare du coeur qu’il glisse dans sa poche. Connaissait-il le docteur Chris Barnard (auteur de la première transplantation cardiaque en 1967, NDLR) ? « Je l’entourai de son, l’enveloppai d’un linge et le mis dans ma poche, sans être aperçu », écrira-t-il quelques années plus tard. « J’espérais bien qu’on ne s’aviserait pas de me fouiller en sortant de la maison. » Exact. Le corps du jeune Capet est inhumé au cimetière Sainte-Marguerite.

Insurrection parisienne

De retour chez lui, Pelletan dépose le coeur dans un vase rempli d’esprit de vin – de l’alcool éthylique -, qu’il planque derrière les livres de sa bibliothèque. Une dizaine d’années plus tard, le voleur retrouve le vase, dont l’alcool s’est totalement évaporé. Le coeur est devenu un petit morceau de cuir qu’il jette dans un tiroir avec d’autres « souvenirs ». Un de ses élèves, à qui il avait raconté son larcin, dérobe à son tour le coeur en 1810. 

Cela ne lui porte pas chance, car il meurt de la tuberculose peu après. Juste avant d’expirer, il demande à sa future veuve de rendre le coeur à Pelletan. En le récupérant, ce dernier décide alors de le retourner à la famille royale. Mais il a beau avoir le coeur sur la main, celle-ci doute de l’origine de l’organe. Pelletan fournit des preuves écrites, fait appel à des témoignages, en vain. Le coeur lui reste sur les bras. Faute de mieux, le 23 mai 1828, il remet la relique à monseigneur de Quélen, archevêque de Paris, qui la reçoit « comme un dépôt sacré » et promet de faire son possible pour la remettre au dernier tonton du gamin encore en vie, Charles X. Pelletan peut alors s’éteindre, le coeur léger.

Mais l’archevêque n’a pas le temps d’honorer sa promesse, car, durant les Trois Glorieuses de juillet 1830 qui marquent l’insurrection parisienne contre Charles X, l’archevêché est pillé. Un ouvrier imprimeur s’empare de l’urne de cristal contenant le coeur avec l’intention de le rapporter au fils de Pelletan, mais le brave homme se fait disputer son butin par un autre insurgé. Dans la bagarre, l’urne se brise sur le sol.

Deux siècles d’errance

Lescroart, c’est le nom de l’ouvrier, doit s’enfuir les mains vides. Quelques jours plus tard, quand Paris retrouve son calme, il revient avec le fils Pelletan pour fouiller l’archevêché. Miracle, ils trouvent le coeur dans un tas de sable. Philippe-Gabriel Pelletan le conserve jusqu’à sa mort en 1879, puis le lègue à l’architecte Prosper Deschamps. Lequel le lègue à un proche. La relique est devenue la patate chaude qu’on se refile. De fil en aiguille, elle échoue entre les mains d’un certain Édouard Dumont, qui la remet en 1895 à un représentant du duc de Madrid, prétendant légitimiste au trône de France. Après un crochet par Venise, le coeur prend enfin un repos bien mérité dans la chapelle du château de Frohsdorf, près de Vienne.

Mais voilà que la mortelle randonnée reprend ! Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la princesse Massimo, fille du duc, emporte le coeur en Italie. En 1975, les filles de la princesse l’offrent au Mémorial de France à Saint-Denis pour qu’il soit déposé dans la nécropole des rois de France. Là où il aurait toujours dû se trouver. Enfin, en 2000, une analyse ADN confirme que le coeur appartient à un parent très proche de Marie-Antoinette. Forcément à son fils. Aujourd’hui, l’urne funéraire contenant le coeur de Louis XVII est dans la chapelle des Bourbons. Enfin !

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le Pétomane

Posté par francesca7 le 8 juin 2013

 1er mai 1894. Pujol, le Pétomane, fait souffler un vent de folie sur Paris. Vidéo

 

Sous contrat au Moulin-Rouge, Joseph Pujol produit son anus à la Foire du Trône. Le voilà avec un procès aux fesses !

le Pétomane dans FONDATEURS - PATRIMOINE petomane1

Chaque soir, ils sont des centaines à s’entasser dans la salle du Moulin-Rouge pour se tordre de rire aux performances de l’anus de Joseph Pujol. Cet immense artiste pète comme il respire. C’est-à-dire à volonté. Le Pétomane entame son récital par une cavalcade de prouts tous plus stupéfiants les uns que les autres. Interminables, trépidants, aigus, graves, écrasés, détonants, fringants, craintifs, colériques, conquérants, coulants, caquetants, il en a pour tous les goûts. Jean-Marie Bigard lui écrit ses dialogues…

Chaque salve déclenche un mistral de rires. À s’en péter les boyaux. Son anus a également l’oreille musicienne, il joue La Marseillaise et même « ‘O Sole Mio » en soufflant dans un ocarina par l’intermédiaire d’un tuyau relié à son fondement. Lequel tuyau sert aussi à souffler une chandelle située à plusieurs mètres de distance ou encore à fumer. Dans la salle, le public hurle de rire à s’en faire exploser les côtes. Un journaliste écrit : « Il avait su attirer au Moulin-Rouge, nez au vent et bouche bée, les foules idolâtres. » Le prince de Galles, le roi des Belges, Léopold, et même Sigmund Freud font partie de ses plus fervents admirateurs. Sur Europe 1, Jean-Marie Le Pen se lâche : « Maintenant, je n’ai plus honte en société ! » 

« Vous chantez aussi du derrière ? »

Comment est-il devenu l’attraction principale du célèbre établissement parisien ? Dans ses Mémoires, Yvette Guilbert narre son audition par le directeur, M. Zidler : « C’est au Moulin-Rouge que j’ai entendu les plus longs spasmes du rire, les crises les plus hystériques de l’hilarité. Zidler reçut un jour la visite d’un monsieur à visage maigre, triste et pâle, qui lui confia qu’étant un phénomène, il voulait vivre de sa particularité.

- En quoi consiste-t-elle, votre particularité, monsieur ?

- Monsieur, explique l’autre en toute gravité, figurez-vous que j’ai l’anus aspirateur…

Zidler, froidement blagueur, fit :

- Bon, ça !

L’autre continua, d’un ton de professeur :

- Oui, monsieur, mon anus est d’une telle élasticité que je l’ouvre et le ferme à volonté…

- Et alors…, qu’est-ce qui arrive ?

- Il arrive, monsieur, que par cette ponction providentielle j’absorbe la quantité de liquide qu’on veut bien me confier…

- Comment ? Vous buvez par le derrière ? dit Zidler, effaré et aguiché. Qu’est-ce que je puis vous offrir, monsieur ? fit Zidler, cérémonieux…

L’autre, de même :

- Une grande cuvette d’eau, monsieur, si vous le voulez bien…

- Minérale, monsieur ?

- Non, merci, naturelle, monsieur.

Quand la cuvette fut apportée, l’homme, enlevant son pantalon, fit voir que son caleçon avait un trou à l’endroit nécessaire. S’asseyant alors sur la cuvette remplie jusqu’au bord, il la vida en un rien de temps et la remplit de même.

Zidler constata alors qu’une petite odeur de soufre se répandait dans la chambre : « Tiens, vous fabriquez de l’eau d’Enghien ! »

L’homme sourit à peine.

- Ce n’est pas tout, monsieur… Une fois ainsi rincé, si j’ose dire, je puis, et c’est là où est ma force, expulser à l’infini des gaz inodorants, car le principe de l’intoxication…

- Quoi ? Quoi ? interrompit Zidler, parlez plus simplement… Vous voulez dire que vous pétez ?

- Heu… Si vous voulez, concéda l’autre, mais mon procédé, monsieur, consiste dans la variété sonore des bruits produits.

- Alors, quoi ? Vous chantez aussi du derrière ?

- Heu… Oui, monsieur.

- Eh bien, allez-y, je vous écoute !

- Voici le ténor… un ; 
voici le baryton… deux ;
 voici la basse… trois ;
 la chanteuse légère… quatre ; celle à vocalises… cinq.

Zidler, affolé, lui cria :

- Et la belle-mère ?

- La voici ! dit le Pétomane. »

Et sur ce, Zidler l’engage, faisant inscrire sur les affiches :

« Tous les soirs, de 8 à 9, 
LE PÉTOMANE, 
le seul qui ne paie pas de droits d’AUTEUR ! »

Sans trucage

Dès le premier soir, une femme enserrée dans son corset rit tellement fort qu’elle ne parvient plus à retrouver son souffle. La voilà qui tombe évanouie, il faut la faire évacuer. Depuis ce soir-là, le patron du Moulin-Rouge place une infirmière en habit blanc dans le public. Pour couper à toute rumeur de trucage, Pujol accepte de se produire lors de spectacles privés, en présence d’hommes exclusivement. Il troque alors son habit rouge pour un costume de bain doté d’un trou assez large pour laisser apparaître le véritable « performer ».

Durant deux ans, le Pétomane connaît au Moulin-Rouge un succès phénoménal. Son cachet est dix fois supérieur à celui de Sarah Bernhardt. Mais, bientôt, le voilà qui fait un pet de travers : en 1894, pour faire plaisir à un ancien camarade, malgré son contrat d’exclusivité signé avec le Moulin-Rouge, il se produit à la Foire du Trône. Furieux de cette prestation, la considérant comme une rupture de son contrat, Zidler lui intente un procès le 1er mai 1894. Joseph Pujol prend le vent du large pour se produire, dès lors, dans son propre théâtre, le Pompadour. Son succès dure jusqu’à la guerre de 1914. Son anus expire son dernier vent en 1945. Il a 88 ans. Une école médicale parisienne offre à ses héritiers de racheter le rectum du pétomane pour 25 000 francs. Mais Louis, son fils aîné, refuse : « Il y a des choses dans la vie qui doivent être simplement traitées avec révérence. »

Regardez le vrai Pétomane filmé par Thomas Edison. Muet…

http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/1er-mai-1894-depuis-deux-ans-le-petomane-fait-souffler-un-vent-de-folie-sur-paris-video-01-05-2012-1456867_494.php

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Energies nouvelles sacrifiées

Posté par francesca7 le 10 mai 2013

 sur l’autel de lobbies cyniques

(Éditorial du 11 décembre 2009 paru dans le N° 33 de
La France pittoresque - janvier/février/mars 2010)

Energies nouvelles sacrifiées dans HUMEUR DES ANCETRES energies

 « Gouverner, c’est prévoir », soutenait au XIXe siècle Emile de Girardin. Au lendemain de la première Guerre mondiale, l’écrivain et médecin Octave Béliard pose dans Lectures pour tous la question selon lui pressante de l’épuisement des réserves de charbon d’un monde énergivore : « toute notre industrie s’alimente sur des magasins très limités et dont le stock ne sera pas renouvelé. Nous vidons en ce moment les caves de la Terre (…). En moins de cent cinquante ans, nous avons déjà consumé la plus grande partie d’une provision de millions d’années ; on entrevoit la fin des houillères. Quant au pétrole, dont l’utilisation industrielle est bien plus récente, il n’y faut pas compter pour l’avenir : le Federal Oil Conservation Board estime que les puits américains seront vides dans six ans ! »

Au problème crucial de l’humanité se résumant déjà à « chercher d’autres sources d’énergie ou se résigner à mourir », il entr’aperçoit la solution providentielle et viable de production d’une énergie gratuite, renouvelable et propre. Suggérée par Jules Verne en 1869 dans son Vingt mille lieues sous les mers et modélisée par Jacques-Arsène d’Arsonval en 1881, elle venait d’être communiquée à l’Académie des sciences le 15 novembre 1927 après de fructueux essais, par Georges Claude, élève, ami de ce dernier et cofondateur d’Air Liquide, qui s’appuyait sur une simple application des principes de la thermodynamique : « extraire de l’énergie de la mer en quantité illimitée, en tirant parti des différences des températures entre l’eau superficielle et l’eau profonde » ; une technique qui acquiert ses lettres de noblesse avec la réalisation en 1930 d’un premier prototype de turbine, puis la création en France, au milieu du XXe siècle, de l’Energie des mers, société dévolue à son expansion.

En dépit, cependant, de probants résultats et de chocs pétroliers successifs augurant une ample crise énergétique, les choix politiques consistent, des décennies durant, à délaisser au profit de combustibles fossile et nucléaire inadaptés au développement durable, une ressource prometteuse et non polluante capable d’assouvir plusieurs fois la voracité de la planète : faut-il voir dans cette façon de gouverner le cynique dessein de préserver les intérêts financiers de certains pourvoyeurs d’énergie, doublé du pouvoir d’exiger des sacrifices économiques d’un peuple dont on échauffe opportunément la conscience écologique ?…

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

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Le suffrage universel

Posté par francesca7 le 10 mai 2013

:
pernicieux leurre démocratique ?

(Éditorial du 12 mars 2010 paru dans le N° 34 de
La France pittoresque – avril/mai/juin 2010)

Le suffrage universel  dans HUMEUR DES ANCETRES suffrage

En 1871, cependant que les destinées de la France sont depuis près d’un quart de siècle confiées au suffrage universel, l’économiste Antonin Rondelet, parmi les premiers ayant analysé les rapports entre morale et économie politique, dénonce dans Les limites du suffrage universel le bien-fondé d’un système électif passant « dans le monde complaisant des naïfs, pour une institution éminemment démocratique, fonctionnant pour la liberté de tous et plus particulièrement dans l’intérêt des petits », mais qui à son sens, et comme l’affirmait déjà Rochefort, repose sur des professions de foi et des déclarations de principes « dans lesquelles on promet au peuple tout ce qu’il aime, à charge, une fois l’élection terminée, de lui donner tout ce qu’il n’aime pas ».

L’année suivante, dans L’esprit du suffrage universel, l’avocat Lapeyre ne cache pas son désarroi face à cette « utopie pernicieuse » présupposant la capacité et le devoir de l’électeur « de s’éclairer sur toutes les questions qui touchent aux grands intérêts de l’Etat (…). Pour voter en pleine connaissance de cause sur toutes les questions de constitution, de finances, d’équilibre européen, etc., il faudrait être un savant non pas dans une branche spéciale de la science, mais un savant universel, un homme d’Etat consommé. (…) Sans parler de la moralité, que l’on ne saurait négliger sans risquer de tout perdre, tout ce que l’on fera pour l’instruction des masses, n’aboutira jamais à les initier complètement à la délicatesse des affaires diplomatiques, à la complication des rouages administratifs, à la profondeur des principes constitutionnels, à la difficulté des questions financières ».

S’il lui semble chimérique d’attendre du seul mécanisme intrinsèque d’un suffrage universel déficient, qu’il accouche de dirigeants vertueux, il aspire en revanche à l’émergence de candidats à l’élection dignes et désintéressés, convaincu de la détestation viscérale du peuple pour des « hommes gonflés d’or, d’égoïsme et d’orgueil qui affectent à son égard l’insulte et le dédain ».

Mais est-il aujourd’hui raisonnable d’espérer d’appareils politiques s’accommodant d’institutions dont ils se repaissent périodiquement des bienfaits par le jeu des alternances, qu’ils soumettent enfin aux votes des électeurs des hommes et des femmes d’une moralité sans tache, ou longtemps encore leur seule réponse consistera-t-elle en la stigmatisation, lâche et confortable, de citoyens refusant pour certains simplement de cautionner un suffrage universel dévoyé ?

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

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L’illusion d’une promesse

Posté par francesca7 le 10 mai 2013

Une centralisation étatique
préfigurant la banqueroute

(Éditorial du 14 juin 2010 paru dans le N° 35 de
La France pittoresque – juillet/août/septembre 2010)

L'illusion d'une promesse dans HUMEUR DES ANCETRES chats-rigolo

Vouant une inébranlable confiance dans l’exercice de la liberté, l’économiste et homme politique bayonnais Frédéric Bastiat, trop conservateur pour les républicains, trop républicain pour les conservateurs, dépeint vers 1850 au fil de pamphlets pédagogiques confinant parfois à l’ingénieuse fable satirique, les sophismes contemporains et vices à venir d’un État-Providence dont il déplore l’interventionnisme s’accentuant, et qu’il regarde comme la « grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ».

Réformateur résolu, farouche partisan de l’assurance sociale, il annonce dans ses Harmonies économiques les effets pervers d’une centralisation étatique d’associations ouvrières pour l’heure libres et dont les membres exercent, avec succès, une surveillance vigilante mutuelle : « Supposez que le gouvernement intervienne. (…) Il nommera des vérificateurs, des contrôleurs, des inspecteurs. On verra des formalités sans nombre s’interposer entre le besoin et le secours. (…) Les ouvriers ne verront plus dans la caisse commune une propriété qu’ils administrent, qu’ils alimentent, et dont les limites bornent leurs droits. Peu à peu, ils s’accoutumeront à regarder le secours en cas de maladie ou de chômage, non comme provenant d’un fonds limité préparé par leur propre prévoyance, mais comme une dette de la Société.

« Ils n’admettront par pour elle l’impossibilité de payer, et ne seront jamais contents des répartitions. L’État se verra contraint de demander sans cesse des subventions au budget ». Conséquence inéluctable, « les abus iront toujours croissant, et on en reculera le redressement chaque année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour de l’explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance ».

Condamné à prodiguer d’illusoires promesses, car d’une part accusé d’impuissance s’il refuse d’assouvir les exigences des citoyens, d’autre part fustigé lorsque pour s’aviser d’y répondre il frappe la population de taxes redoublées, l’État démocratique se trouve réduit à « user du crédit, c’est-à-dire dévorer l’avenir » – pis-aller éphémère évoquant selon Bastiat « le spectre de la banqueroute » – avant de lancer une ultime offensive pour se maintenir et prévenir une révolte qu’il sent sourdre : « il étouffe l’opinion, il a recours à l’arbitraire, (…) il déclare qu’on ne peut administrer qu’à la condition d’être impopulaire ». Un discours prémonitoire ?…

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

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