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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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La naissance de la charpenterie

Posté par francesca7 le 8 novembre 2015

 

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Dès que l’homme a cherché à se sédentariser, il a construit des abris avec les ressources naturelles qui l’entouraient. S’abriter et se déplacer sont donc les deux fonctions qui ont prévalu à la naissance du métier de charpentier. Jusqu’au Moyen Age, les artisans du bois ne sont pas spécialisés, ils savent à la fois couper le bois, fabriquer une charpente, un meuble ou un tonneau. Ce n’est qu’au XIIIe siècle que les différents corps de métiers du bois vont se structurer et se spécialiser en recevant des statuts particuliers. La corporation des charpentiers exerçait son autorité sur plusieurs métiers du bois : les huchiers, les tonneliers, les charrons, les couvreurs et les tourneurs. Au début du XIVe siècle ces prérogatives sont abolies et la corporation des charpentiers se divise en deux, d’un côté les charpentiers dits « de la petite cognée » qui réalisent les menus ouvrages en bois d’où le terme de « menuisier » de l’autre les charpentiers dits « de la grande cognée » qui réalisent les ouvrages de gros bois de charpente. L’apprentissage d’un charpentier durait six ans. Les charpentiers sont sous le saint-patronage de saint Blaise ou de saint Joseph.

« L’Antiquité. […] Sous le règne d’Auguste, au premier siècle de notre ère, les Romains fondent une ville sur la rive droite de la Seine, rive protégée des inondations, alors que la rive gauche était marécageuse et les îles instables. Cette ville, baptisée Rotomagus, se développe grâce à sa situation favorable : reliée par la Seine à Lutèce (Paris) et Juliobona (Lillebonne, qui était à l’époque romaine le port d’estuaire de la Seine, rôle rempli plus tard par Harfleur puis Le Havre). 
[…] Dans le courant du IIIe siècle, les quartiers périphériques sont abandonnés et la ville se rétrécit dans une enceinte carrée : c’est un castrum, c’est à dire un camp militaire. Cette transformation est la conséquence des premières invasions qui déferlent sur la Gaule. […]

Le Moyen Age. En 841, les Vikings remontent la Seine et attaquent Rouen. Ce n’est qu’avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte, qui cède la Normandie aux Vikings, que la ville peut de nouveau se développer. Le chef Viking Rollon devient le premier duc de Normandie et fait de Rouen sa capitale. La ville s’intègre ainsi à l’espace commercial du monde viking, qui comprend toute l’Europe du Nord et les îles britanniques. […]. 

Le rayonnement de Rouen se mesure à la présence d’un atelier monétaire dont les monnaies se retrouvent jusqu’en Russie ou dans les États Latins d’Orient, les Normands du XIe siècle ayant conquis la Sicile puis participé aux Croisades. 

[…] Le commerce est très actif, grâce aux relations avec la région parisienne et l’Angleterre : les Rouennais vendentdu sel et du poisson aux Parisiens et commercialisent le vin de Normandie en Angleterre. Ils ont aussi des liens commerciaux avec l’Irlande. La ville est en outre un centre intellectuel et artistique, stimulé par la construction de la cathédrale. 
La conquête de la ville par Philippe Auguste et le rattachement de la Normandie à la France ne freinent pas la prospérité rouennaise. Philippe Auguste maintient les privilèges communaux et laisse aux Rouennais le monopole du commerce sur la Basse Seine. La ville s’accroît et devient la seconde ville du Royaume, une place qu’elle conservera longtemps. […]
La cathédrale est construite tout au long du XIIIe siècle, après l’incendie de 1200. […]

Comme ailleurs en France, l’essor des XIe, XIIe et XIIIe siècles se trouve brisé au début du XIVe siècle par le retour desfamines et des épidémies et par les conséquences de la guerre de Cent Ans, qui commence en 1337. La guerre désorganise le commerce, mais c’est surtout la Peste Noire, qui touche Rouen en 1349, qui constitue la plus grande catastrophe. […] Les difficultés de l’époque amènent en 1382 une grave révolte urbaine connue sous le nom de Harelle. La répression royale sera très dure […] provoquant la fuite de nombreux habitants. […]. 

À la suite de la défaite d’Azincourt en 1415, les Anglais mettent le siège devant Rouen, qui doit capituler au bout de six mois en 1419. C’est dans une ville tenue par les Anglais que Jeanne d’Arc est jugée et condamnée […] le 30 mai 1431. Les Français reprennent la ville en 1449 et Charles VII fait réhabiliter Jeanne d’Arc en 1456. Le retour à la paix provoque une phase d’expansion de la ville […].

Rouen à la Renaissance. L’histoire de Rouen au début de la Renaissance, c’est celle d’une ville dynamique, la seconde du royaume, dominée par la personnalité de ses deux cardinaux successifs, Georges Ier d’Amboise de 1494 à 1510, puis son neveu Georges II, de 1510 à 1550 ; ils sont à l’origine de l’éclosion de la Renaissance à Rouen. […] Ce foisonnement est rendu possible par l’essor économique de la ville depuis la fin du XVe siècle : la draperie se développe, […] mais aussi la soierie, la métallurgie… Les Rouennais envoient leurs navires pêcher le hareng en Baltique, la morue à Terre-Neuve. […] Le commerce n’est pas seulement maritime, il est aussi fluvial et terrestre, grâce à l’amélioration des communications : on ne met qu’une semaine pour aller de Rouen à Lyon ! 

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[…] La ville est alors une ville très ouverte sur le monde, les étrangers sont nombreux à s’y installer, en particulier les Espagnols et les Italiens. […] Cette ouverture est aussi intellectuelle : l’imprimerie apparaît en 1484 et l’on compte déjà 10 ateliers en 1500. […]

Les guerres de religion (1562-1598) mettent fin à cette période brillante. La ville est investie par les calvinistes en 1562, puis reprise par les catholiques, puis en 1591-92, ce sont de nouveau les protestants d’Henri de Navarre, futur Henri IV, qui assiègent la ville, mais ils échouent. Pour reprendre du terrain aux protestants, les catholiques de la contre-réforme établissent des couvents et des collèges d’enseignement. […] 

Rouen au XVIIe siècle. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Rouen demeure la seconde ville du royaume de France et compte environ 75 000 habitants, mais à partir du milieu du XVIIe siècle, sa population stagne et la ville perd son dynamisme. Cependant, les Rouennais restent actifs sur toutes les mers, en particulier dans le nord de l’Europe, sur la côte d’Afrique et aux Antilles, ainsi qu’en Nouvelle France, où partent colons et religieux. […] 

Rouen au XVIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, Rouen continue d’être un grand port et un centre industriel textile. Le commerce triangulaire, qui consiste à échanger des produits de peu de valeur contre des esclaves en Afrique, puis de vendre ceux-ci aux Antilles contre du sucre, cédé au retour en Europe à un prix élevé, enrichit les armateurs. […] On décèle les prémices de la révolution industrielle dès le milieu du XVIIIe siècle, avec le développement des indiennes, tissus de coton imprimé bon marché. Ces nouvelles fabrications se font dans des manufactures, qui s’installent dans les faubourgs de la ville […].

Rouen pendant la révolution et l’Empire. Les débuts de la révolution à Rouen se déroulent sur fond de crise économique et sociale. La faim connaît son paroxysme au moment de la soudure, pendant l’été 1789, ce qui entraîne des émeutes. Les cahiers de doléances pour les états généraux sont rédigés au printemps ; celui du Tiers État, rédigé par Thouret, fait peu de place aux aspirations des plus pauvres et représente essentiellement les souhaits de la grande bourgeoisie de la ville. La noblesse et le clergé campent sur la défense de leurs privilèges. […] Après l’été agité de 1789, les nouvelles institutions se mettent en place, en particulier le conseil général de la commune, élu par les citoyens actifs. Rouen devient le chef-lieu du département de la Seine-Inférieure. […]
Pendant la période jacobine, Rouen, bien que plutôt favorable aux Girondins, ne participe pas à l’insurrection fédéraliste, qui se déroule pourtant dans des régions proches, en particulier en Basse-Normandie. […] La Terreur a surtout pour effet l’application du maximum des prix et des salaires et la déchristianisation : la cathédrale est transformée en temple de la Raison et Saint-Ouen en manufacture d’armes. De même que la période jacobine fut relativement modérée, la période thermidorienne ne voit pas à Rouen l’équivalent de la terreur blanche. Comme ailleurs, la misère est grande de 1794 à 1797 ; en l’an III, on recense à Rouen 50000 indigents sur une population de 80000 habitants. Cela amène de nombreuses émeutes populaires. La situation s’améliore à partir de 1797. 

Rouen du XIXe siècle à 1939. Le XIXe siècle est à Rouen comme ailleurs en France celui de la Révolution industrielle. Elle est basée dans la région sur l’industrie textile, plus précisément le coton. […] Rouen est reliée à Paris par le chemin de fer dès 1843. Les conditions de travail des ouvriers entraînent de nombreux conflits et la participation de Rouen à la révolution de 1848. […] Le Second Empire est une période de transformations importantes.[…]

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, Rouen est occupée par les Prussiens. L’essor de la ville se poursuit ensuite sous la IIIe république, avant et après la guerre 1914-18. 

De nouvelles constructions contribuent à modifier la ville. […]. C’est surtout par la vie culturelle que Rouen continue à rayonner tout au long du XIXe siècle, grâce à des écrivains comme Flaubert ou Maupassant, par les impressionnistes del’2cole de Rouen et la série des « Cathédrales de Rouen » de Monet, par la qualité de sa vie musicale symbolisée par le Théâtre des Arts. […]. Pendant la première guerre mondiale, la ville est une des bases arrières du front, et voit affluer les réfugiés du Nord de la France et de Belgique, puis les troupes et le matériel de l’armée britannique, qui contribuent à l’essor du port. L’entre deux guerres voit se poursuivre le développement de l’industrie sur la rive gauche : sidérurgie, industries chimiques, raffinerie de pétrole, chantiers navals, alors que se maintient l’activité textile, jusqu’à la crise de 1929, qui la touche durement. 

Rouen pendant la seconde guerre mondiale. Le 9 juin 1940, les troupes allemandes entrent à Rouen. L’armée française a fait sauter le pont pour empêcher le passage sur la rive gauche, mais n’a pu éviter l’occupation de la ville. […] Pendant 4 années, les Rouennais subissent la terreur nazie, les arrestations d’otages, les tortures, les exécutions, les déportations, les privations. À cela s’ajoutent les bombardements […] On compte 2000 victimes et 40000 sinistrés. Le 30 août 1944, les Canadiens libèrent Rouen. La ville est un champ de ruines. 

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Rouen depuis 1945. Les années d’après guerre sont celles de la reconstruction. […] Le choix est fait de conserver le plan ancien de la ville et la même largeur de rues. La croissance démographique et la crise du logement entraînent la construction de nouveaux quartiers.
Les transformations de la ville dans les années 70-80 sont liées à l’action de JeanLecanuet, maire de 1968 à 1993. Dans les années 70, on commence à restructurer le centre ville, […] Cependant, on prend vite conscience de la valeur architecturale des quartiers anciens […]. C’est l’époque de la restauration des façades, de la création des rues piétonnes. […] Les années 90 sont celles de la mise en service du métrobus de l’agglomération rouennaise, […] puis de l’Armada du Siècle (1999), et enfin de l’Armada Rouen 2003, de la poursuite des aménagements urbains, en particulier la transformation des quais rive droite en promenade urbaine, le retour des facultés de médecine et de droit en ville.

Rouen compte aujourd’hui près de 111.000 habitants. Elle était la ville la plus importante de la Communauté de l’agglomération de Rouen, établissement public de coopération intercommunale créé le 1er janvier 2000 et regroupant 45 communes. 

Depuis le 1er janvier 2010, cet établissement public s’est élargi pour devenir la Communauté d’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe (La CREA) qui regroupe 71 communes ; avec près de 500.000 habitants, c’est la première communauté d’agglomération française. ». 

(Texte de Jean Braunstein, agrégé d’histoire ).

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Histoire de la verrerie à Bayel

Posté par francesca7 le 8 novembre 2015

 

Bayel, cité du cristal, est un village situé sur la rive gauche de l’Aube en Champagne-Ardenne.

La prononciation de son nom a fortement évolué depuis les débuts du XXe siècle, car à l’époque le « l » final était muet, et un « e » remplaçait le « a ». On prononçait alors « Béyé ».

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C’est en 1300 que fut donnée la première autorisation du roi Philippe le Bel à Philippe de Casqueray pour établir une verrerie en Normandie. À l’époque, la verrerie était considérée comme un art noble. Le comte Thibaut de Champagne, célèbre pour avoir achevé l’Abbaye de Clairvaux, comprit le premier l’importance de permettre aux gentilshommes de s’installer dans sa province. Les verreries s’installaient aux abords de forêts afin de trouver le bois nécessaire aux fours. La région de Bayel était riche de toutes les matières premières requises pour la fabrication du verre (bois, fougères, sables, chaux, glaise) qui permettaient d’obtenir un verre d’une grande pureté. De très grands privilèges furent accordés aux verriers, et certaines ordonnances royales les assimilaient aux nobles.

En parallèle, depuis environ 1200, se développe la verrerie sur l’île de Murano à Venise, où l’art du verre atteint des sommets jamais inégalés.

En France, il faut attendre Colbert, premier ministre de Louis XIV pour voir apparaître la verrerie d’art. C’est à cette époque que Jean-Baptiste Mazzolay, verrier de Murano venu vivre à Paris et repéré par le roi, reçut l’autorisation d’ouvrir une verrerie en province. Il fonda alors en 1678 sa manufacture qui avait le privilège de fournir la cour des objets usuels jusqu’en 1727. La présence d’autres gentilshommes verriers aux alentours permit l’ouverture de la manufacture à Bayel et ils reçurent l’exclusivité de la production et de la vente entre Chaumont et Paris. Après une production florissante, la verrerie sombra petit à petit et en 1853, on ne contait plus qu’un seul maître-verrier à la manufacture. C’est alors qu’elle est rachetée par Alexis Marquot qui lui redonne vie, aidé par la construction du chemin de fer qui permettait de désenclaver le site.

À partir de 1955, Bayel devient progressivement une cristallerie, et délaisse définitivement le travail du verre au profit du cristal en 1966.

D’après les brochures du Musée du Cristal de Bayel :

  • De la manufacture royale en cristaux de Bayel à la cristallerie royale de champagne. Bayel : Musée du cristal de Bayel, [S.d],
  • Cristallerie royale de champagne de Bayel, guide de visite . Bayel : Musée du cristal de Bayel, [S.d]

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Le Cristal de Roche, un patrimoine méditerranéen

« Le cristal de roche, quartz pur, que les Grecs regardaient comme de la « glace » (krustallos), créée par les dieux, prend place parmi ces gemmes aux propriétés merveilleuses, qui, une fois taillées, évidées et polies, produisent des objets étonnants et fastueux. Les cours de l’Antiquité tardive les ont hautement appréciées, à la fois comme parures et comme talismans. À la veille des conquêtes islamiques du VIIe siècle, la Perse des rois sassanides était connue pour ses ouvrages en quartz : coupelles, gobelets, perles, sceaux, médaillons figuratifs en intaille, flacons gravés en nids-d’abeilles. Objets de belle facture, ils semblent avoir été réalisés sur la frange irakienne du royaume, si l’on en juge par l’abondance des cristaux sassanides découverts en Mésopotamie. Dès le Haut Moyen Âge, certains exemplaires iraniens préislamiques parviendront en Occident, comme la « Tasse de Salomon » et le « Vase d’Aliénor » déposés dans le trésor de Saint-Denis.

Après l’avènement de l’islam, les califes omeyyades et abbassides poursuivront les traditions iraniennes. Des écrivains arabes décrivent l’admiration d’un Bédouin devant la lampe en cristal (billawr), que le calife omeyyade al-Walîd avait fait placer dans la Grande Mosquée de Damas, au-dessus du mihrab des Compagnons du Prophète. Elle était si imposante que, plus tard, le calife abbasside al-Amîn, très amateur de cristaux, la fera transporter clandestinement à Bagdad. Au Xe siècle, l’encyclopédiste al-Birûnî, dans son livre sur les pierres précieuses, mentionne Basra comme étant un important foyer de lapidaires. Une lampe en forme de barque, ornée d’une tige d’acanthe, conservée à l’Ermitage, atteste ses liens avec l’art décoratif de Samarra et pourrait provenir d’un atelier irakien. Mais c’est en Égypte, pendant le règne des Fatimides (969-1171), et sans doute pour des raisons d’ordre ésotérique, que la taille du cristal de roche atteint une perfection inégalée et devient une véritable industrie, stimulée par les usages somptuaires des califes. Avec une habileté consommée, les lapidaires égyptiens ont donné naissance à une gamme d’objets divers et souvent de grand format. [...] Quelque deux cents oeuvres ont subsisté sur les milliers d’objets mentionnés par les chroniqueurs. L’Égypte, au tournant des Xe et XIe siècles est ainsi à la source de la plupart des objets en cristal de roche parvenus dans les trésors médiévaux de l’Occident. [...] »

R.G. Le cristal de roche [en ligne]. Quantara : patrimoine méditerranéen. Disponible sur : <http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=580> (consulté le 21/09/2012)

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Y aurait-il un Paradis Terrestre dans le Nord de la France

Posté par francesca7 le 3 novembre 2015

 

Jusqu’à la Renaissance, nombre de voyageurs, géographes, savants de tous horizons, ont tenté de déterminer l’emplacement du Paradis terrestre, le situant qui sur la Lune, qui en Afrique, qui en Babylonie ou encore dans le nord de la France, et rivalisant d’imagination pour étayer leur raisonnement, invoquant une série d’étymologies pittoresques

PARADIS

En l’année 1503, comme Varthema, l’aventureux Bolonais, se rendait aux grandes Indes en passant par la Palestine et par la Syrie, on lui fit voir la maison maudite qu’avait habitée Caïn ; ce n’était pas bien loin du Paradis terrestre. Maistre Gilius, le docte naturaliste qui voyageait pour le compte de François Ier, eut la même satisfaction.

La foi naïve de nos pères admettait sans la moindre hésitation ce genre d’archéologie. Ainsi, la fontaine divine dont les eaux rafraîchissaient l’Éden depuis l’origine du monde, donnait, d’après la tradition, naissance au Gange, au Tigre, à l’Euphrate et au Nil ; c’était la fontaine scellée, le fons signatus dont parle Salomon, et qui était le plus bel ornement du Paradis terrestre. On la voyait encore, dit-on, au XVIIee, entre Bethléem et Hébron.

Il serait long d’indiquer toutes les situations géographiques qui ont été assignées au Paradis terrestre depuis les temps antiques jusqu’au XVIIe siècle. Un savant prélat, qui a marqué sa place parmi les écrivains élégants du siècle de Louis XIV, Daniel Huet, évêque d’Avranches, essaya, en 1691, d’éclairer cette question difficile, et il convient lui-même qu’avant de se former sur ce point une opinion admissible, il s’est vu plus d’une fois sur le point de mettre de côté ce sujet de dissertation que lui avait donné à traiter l’Académie française.

« Rien, dit-il, ne peut mieux faire connaître combien la situation du Paradis terrestre est peu connue que la diversité des opinions de ceux qui l’ont recherchée. On l’a placé dans le troisième ciel, dans le quatrième, dans le ciel de la lune, dans la lune même, sur une montagne voisine du ciel de la lune, dans la moyenne région de l’air, hors de la terre, sur la terre, sous la terre, dans un lieu caché et éloigné des hommes. On l’a mis sous le pôle arctique, dans la Tartarie, à la place qu’occupe présentement la mer Caspienne. D’autres l’ont reculé à l’extrémité du midi, dans la Terre de Feu. Plusieurs l’ont placé dans le Levant, ou sur les bords du Gange, ou dans l’île de Ceylan, faisant même venir le nom des Indes du mot Eden, nom de la province où le Paradis était situé.

« On l’a mis dans la Chine et même par delà le Levant, dans un lieu inhabité ; d’autres dans l’Amérique ; d’autres en Afrique, sous l’équateur ; d’autres à l’orient équinoxial ; d’autres sur les montagnes de la Lune, d’où l’on a cru que sortait le Nil ; la plupart dans l’Asie ; les uns dans l’Arménie Majeure ; les autres dans la Mésopotamie, ou dans l’Assyrie, ou dans la Perse, ou dans la Babylonie, ou dans l’Arabie, ou dans la Syrie, ou dans la Palestine. Il s’en est même trouvé qui en ont voulu faire honneur à notre Europe, et, ce qui passe toutes les bornes de l’impertinence, qui l’ont établi à Hesdin, ville d’Artois, fondés sur la conformité de ce nom avec celui d’Éden. Je ne désespère pas que quelque aventurier, pour l’approcher plus près de nous, n’entreprenne quelque jour de le mettre à Houdan. »

En poursuivant, du reste, on voit que l’évêque d’Avranches ne tarde pas à faire un choix au milieu de tant d’opinions diverses se contredisant parfois entre elles. Il place la demeure du premier homme « sur le canal que forment le Tigre et l’Euphrate joints ensemble, entre le lieu de leur conjonction et celui de la séparation qu’ils font de leurs eaux, avant que de tomber dans le golfe Persique. » Et en basant cette donnée sur les plus vastes lectures, le savant prélat n’hésite pas à dire que, de tous ses devanciers, c’est Calvin qui s’est le plus approché de l’opinion qu’il propose ; Scaliger n’a fait que le suivre dans cette voie pied à pied, ajoute-t-il. et l’illustre Bochart se soumet en quelque sorte à la science du réformateur.

Les études du savant prélat trouvèrent, du reste, un continuateur zélé plus d’un siècle après lui. Juan Bautista de Erro y Azpiroz reconnaît toute la valeur des recherches de son prédécesseur ; il modifie seulement d’une manière presque insensible le point où les recherches doivent s’arrêter pour avoir définitivement le lieu d’habitat où vécurent nos premiers parents. Le Paradis terrestre (la chose, selon lui, n’était plus douteuse) se rencontrait un peu au-dessous de l’antique cité d’Apamia, au confluent du Tigre et de l’Euphrate ; et, de même qu’il prouvait que les descendants immédiats d’Adam, si ce n’est Adam lui-même, parlaient la langue escualdunac, de même il n’hésitait pas à tracer d’une main ferme, sur une belle carte géographique dont il orna son ouvrage, les contours du Paradis.

Il faut reconnaître que ces dissertations ont moins d’agrément que les traditions du Moyen Age. A partir du IVe siècle jusqu’à l’époque de la Renaissance, rien n’est plus répandu que les légendes qui portent d’heureux voyageurs aux portes du Paradis terrestre. Ces sortes d’itinéraires sont mêlés ordinairement à d’autres récits.

Dans son fameux voyage, saint Brandan aborde bien le rivage désiré ; mais il n’y trouve plus qu’un désert, les délices en ont disparu pour reparaître un jour : un ange du ciel l’a prédit. Dans la légende plus fameuse encore qui porte le nom de saint Patrick, Oweins, le bon chevalier, quitte un moment l’Enfer et arrive, après maint danger, devant une porte qui s’ouvre pour lui laisser voir des jardins magnifiques : ce sont ceux d’Éden.

Godefroi de Viterbe renverse toutes les idées que ses prédécesseurs avaient réunies : le Paradis terrestre est au delà de la Bretagne, aux confins de la terre. De pieux voyageurs l’ont vu sur une montagne d’or, portant une ville toute d’or elle-même. L’Imago mundi — série de 12 traités du XVe paraissant pour la première fois sous forme imprimée en 1583 — le restitue au monde asiatique ; mais il le rend plus inaccessible encore : il le place derrière un mur de feu qui monte jusqu’au ciel. Jacques de Voragine a orné sa légende dorée de ces poétiques pérégrinations, et le monde oriental a célébré, par la voix de Moschus ou de Pallade, la sainte expédition de Macaire, auquel l’ange vengeur refuse l’entrée de l’Éden.

Rien de plus curieux, dans cet examen philosophique, que la série d’étymologies dont Erro consolide son opinion. L’Euphrates, par exemple, ne veut dire autre chose que jardin abondant en délices. Notre auteur le prouve ainsi : La voyelle e signifie suave, amène, mou, délicieux, et toutes les qualités que rappellent ces expressions ; le u exprime l’abondance ;faratzfaratza, jardin ; et la terminaison e ou es équivaut à l’article de. Le mot E-u-faratz-esou sa contraction Eufratus nous donne donc la signification voulue. Nous faisons grâce au lecteur des autres mots ainsi décomposés.

Mais parmi ces légendes nous ne connaissons en réalité qu’un seul voyage bien caractérisé par son titre, c’est le voyage de saint Amaro au Paradis terrestre. Sant Amaro est un saint voyageur essentiellement portugais, et dont les aventures merveilleuses ont été racontées dans la belle langue de Camoëns. Bien des gens seront surpris, nous n’en doutons pas, de l’aridité que présente le Paradis terrestre sous la main du miniaturiste plein de foi qui a essayé d’en offrir à son siècle une représentation. Ce n’est pas certainement par une fantaisie bizarre d’artiste ou de géographe que Fra Mauro, auquel nous empruntons notre gravure, a entouré de murailles crénelées le jardin où s’élève la fontaine qui devait rafraîchir l’Éden de ses eaux vivifiantes.

En agissant ainsi, il s’est conformé à l’opinion qui plaçait le Paradis terrestre en Judée. Le Cantique des cantiques célèbre, comme on sait, l’hortus conclusus (le jardin fermé). Fra Mauro s’est montré fidèle, sur ce point, à l’opinion répandue parmi les théologiens de son temps, et il ne pouvait pas manquer d’entourer d’une fortification élégante le jardin céleste garde par un ange vigilant.

Du reste, dans toutes les représentations de ce genre on rencontre la même monotonie, la même aridité. Que l’on consulte Lambertus, qui appartient au XIIe siècle, Honoré d’Autun, qui est du XIIIe (nous parlons ici des cartographes datant d’une époque où s’éveille le sentiment pittoresque), Henri de Mayenne, Guillaume de Tripoli, le docte Ranulphus, l’imagination des vieux peintres se montre partout aussi triste, aussi désolée. Il est vrai que c’est la main de l’érudition qui guide leur pinceau.

La poésie du Dante avait sans doute donné du Paradis une idée splendide, mais trop confuse pour inspirer les artistes. Milton leur fut plus favorable ; à sa voix, les murailles féodales s’écroulent, les enchantements du lieu de délices se révèlent, et les peintres modernes réalisent le rêve inspiré de l’illustre aveugle. C’était à peu près ce même Paradis terrestre qu’avait imaginé Colomb, grand poète aussi, quand, remontant le cours paisible de l’Orénoque, il s’attendait, en franchissant ces splendides paysages, à voir s’ouvrir la porte étincelante qui lui cachait le Paradis terrestre et que l’ange devait défendre.

Une des rêveries du grand homme, ce fut, en effet, de croire qu’il était parvenu aux régions où l’Éden doit commencer. Il décrit avec l’exactitude minutieuse d’un topographe la forme que doit nécessairement avoir le Paradis terrestre. Situé à l’extrémité du fleuve, le céleste jardin s’élève, dit-il, insensiblement comme un mamelon affectant la forme arrondie mais pyramidale d’une poire. C’est la dernière forme d’Éden du Moyen Age. Un pauvre Indien que rencontra Humboldt dans ces parages lui en exprima aussi toute la splendeur par ces mots : Es como el Paraiso, Señor ! (C’est comme le Paradis, Monsieur !).

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1864)

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L’histoire des fêtes françaises

Posté par francesca7 le 30 octobre 2015

 

Durant l’Ancien Régime, il existe dans l’année des dizaines de fêtes religieuses qui sont obligatoirement chômées, elles servaient alors souvent d’éléments chronologiques pour dater du jour.

La notion de fête légale se développe en France au cours du xixe siècle (la loi du 48 germinal an X – 2 avril 1802 – statue qu’aucune fête, à l’exception du dimanche, ne peut être fixée sans la permission du gouvernement) pour déterminer si elle inclut les fêtes civiles aux fêtes religieuses et pour savoir si elle doit être instaurée par un texte réglementaire ou par une loi. Dans le sillage du Concordat, le nombre de fêtes religieuses est ramené à quatre (fêtes conservées : Noël, Toussaint, Assomption, Ascension) suivant l’indult ducardinal Battista Caprara du 9 avril 1802. Parallèlement les jours de fêtes légales augmentent par l’adjonction de fêtes civiles, le pouvoir cherchant à en limiter le nombre et à les fixer sur un: jour férié déjà existant ou le dimanche pour des raisons économiques.

La fête légale devient dès lors un jour non obligatoirement chômé (sauf en Alsace-Moselle et sauf le 1er mai dans toute la France), donnant lieu, lorsque le jour férié est travaillé, à compensation financière si les conventions de branche ou d’entreprise le prévoient et à laquelle s’attachent un certain nombre d’obligations listées dans le code du commerce (exemple : dépôt de protêt impossible si la date d’échéance tombe sur un jour férié), le code de procédure pénale, le code électoral (exemple : délai de contestation prenant en compte le jour férié).

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Fêtes civiles

  • 1er janvier, Jour de l’an, nommé également « Nouvel an » : ce jour devient férié sous le 1er Empire par avis du Conseil d’État du 23 mars 1810.
  • 1er mai, fête du Travail : ce jour est, en premier, déclaré jour chômé le 23 avril 1919 en même temps qu’est ratifiée la journée de 8 heures. Pétain la travestit en « fête du Travail et de la Concorde sociale » en en faisant un jour férié, chômé et payé. L’instauration de ce jour commémorant les luttes de travailleurs n’aboutit qu’avec la loi du 30 avril 1947 (jour chômé et payé), modifiée par celle du 29 avril 1948 (« Fête du Travail »).
  • 8 mai, fête de la Victoire, commémoration de la « capitulation sans condition » (à ne pas confondre avec un armistice) de l’Allemagne nazie mettant fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe. Déclaré jour férié de commémoration, en France, le 20 mars 1953, le caractère férié est supprimé par le président Charles de Gaulle en 1959. Par la suite, le président Giscard d’Estaing supprime également la commémoration en 1975. Ce n’est qu’en 1981 que la loi rétablit le jour férié commémoratif sous la présidence deFrançois Mitterrand.
  • 14 juillet, fête nationale française, commémoration de la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 qui célébrait la prise de la Bastille l’année précédente. C’est sous la 3erépublique que ce jour devient la fête nationale par la loi du 6 juillet 1880.
  • 11 novembre : armistice, jour anniversaire de l’armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale et de commémoration annuelle de la victoire et de la paix, journée d’hommage à tous les morts pour la France.

L’histoire des fêtes françaises dans AUX SIECLES DERNIERS Proclamation_esclavage

  • 14 février : fête des amoureux, le jour de la Saint-Valentin
  • Premier dimanche de mars : fête des grands-mères
  • 8 mars : journée internationale des droits des femmes
  • Dernier dimanche d’avril : Jour du Souvenir des Déportés
  • 9 mai : Journée de l’Europe ; anniversaire de la Déclaration Schuman (9 mai 1950)
  • 10 mai : Journée annuelle de la mémoire de l’esclavage, commémoration de la reconnaissance par le Parlement français de l’esclavage comme crime contre l’humanité ; elle s’ajoute à celles de l’abolition de l’esclavage dans les régions ultramarines
  • Deuxième dimanche de mai : seconde fête nationale française ; la loi du 24 juin 1920 promulguée par le président Paul Deschanel dispose que La République française célèbre annuellement la fête de Jeanne d’Arc, fête du patriotisme, le jour anniversaire de la délivrance d’Orléans. Il sera élevé en l’honneur de Jeanne d’Arc, sur la place deRouen où elle a été brûlée vive, un monument avec cette inscription : « le peuple français reconnaissant ».
  • 5 jours en mai du mercredi au dimanche : fête de la Nature (date variable en mai, initialement le week-end le plus proche du 22 mai, Journée internationale de la biodiversité)Ibn_Badis_2 dans FONDATEURS - PATRIMOINE
  • Dernier vendredi du mois de mai : fête des voisins également nommée « Immeubles en fête » (Initialement le dernier mardi du mois de mai)
  • Dernier dimanche de mai : fête des mères. Si cette date coïncide avec celle de la Pentecôte, la fête des mères a lieu le premier dimanche de juin
  • 8 juin : journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine
  • Troisième dimanche de juin : fête des pères
  • 21 juin : fête de la musique
  • 24 juin : fête de la Saint Jean
  • 23 septembre : fête de la Gastronomie
  • 25 septembre : journée nationale d’hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives (texte officiel)
  • Dernier week-end de septembre : Rendez-vous « Sport, Santé Bien-être »
  • Premier dimanche d’octobre : fête des familles, créée par l’ancien député UDF Yves-Claude Heno.
  • 31 octobre : Halloween, fête d’origine irlandaise, fêtée depuis peu en France. Cette fête était le réveillon du jour de l’an qui était le 1er novembre, ce soir-là les gens se déguisaient en monstres, fantômes. Halloween était devenue la 3e fête commerciale en France à partir de 2000, mais ce fut passager. Malgré tout Halloween reste assez fêtée, notamment par les enfants. Cette fête n’est pas fériée en France.
  • 20 novembre : journée internationale des droits de l’enfant (depuis 1995). Le 20 novembre 1989, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté la Convention Internationale des Droits de l’enfant.
  • 5 décembre : Journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie

 

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Fêtes religieuses

Le jeudi de l’Ascension, la fête de l’Assomption, la Toussaint et Noël sont fériés à la suite de l’arrêté du 29 germinal, an X (19 avril 1802) découlant du Concordat et loi du 9 décembre 1905 (séparation de l’église et de l’état), article 42.

La loi du 8 mars 1886 ajoute le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte (ces lundis ne sont pas des fêtes liturgiques mais des jours de repos qui datent du gouvernement républicain de Freycinet; la fête religieuse a quant à elle lieu le dimanche correspondant).

  • Lundi de Pâques (1 jour après Pâques) : date variable (le 6 avril en 2015 et le 28 mars en 2016)
  • Jeudi de l’Ascension (39 jours après Pâques) : date variable (le 14 mai en 2015 et le 5 mai en 2016)
  • Lundi de Pentecôte (50 jours après Pâques) : date variable (le 25 mai en 2015 et le 16 mai en 2016).
  • 15 août : Assomption (fête religieuse célébrant Marie, sainte patronne de la France dès l’Ancien Régime mais institué jour chômé par Napoléon pour fêter son anniversaire)
  • 1er novembre : la Toussaint.
  • 25 décembre : Noël.

Fêtes catholiques

Certaines fêtes sont indiquées ici comme non fériées du fait qu’elles tombent toujours un dimanche, et sont donc en pratique comme fériées.Présentation de Jésus au temple, Andrea Mantegna, 1465

  • 1er janvier : Sainte Marie, Mère de Dieu
  • 6 janvier : l’Épiphanie. Célébrée en France le premier dimanche après le 1er janvier du fait d’un indult papal.
  • Date variable : Le Baptême du Christ (ou Baptême du Seigneur), célébré en principe en France le deuxième dimanche après le 1er janvier si l’Épiphanie du Seigneur n’est pas le dimanche 7 ou 8 janvier ; dans ce cas, le Baptême du Seigneur est célébré le lendemain de l’Épiphanie le lundi 8 ou 9 janvier.
  • 2 février : Présentation du Christ au Temple (fête de tous les consacrés), ou encore Chandeleur.
  • Mardi gras (soit 47 jours avant Pâques) : veille du Carême (le 17 février en 2015, le 9 février en 2016)
  • Mercredi des Cendres (46 jours avant Pâques) : début du Carême
  • Jeudi de la Mi-Carême (à mi-chemin entre les Cendres et Pâques)
  • 19 mars : Saint Joseph patron de l’Église (mémoire décalée au samedi 18 mars quand le 19 tombe un dimanche)
  • 25 mars : Annonciation. Si le 25 mars est un dimanche, la fête est décalée au lundi 26. Et si le 25 mars tombe pendant la Semaine Sainte ou la semaine de Pâques, elle est décalée au deuxième lundi après Pâques.
  • 7 jours avant Pâques : Le Dimanche des Rameaux, le 5 avril 2009 et le 28 mars 2010
  • 2 jours avant Pâques : Le Vendredi saint, le 10 avril 2009 et le 2 avril 2010 (férié en Alsace et en Moselle)
  • Date variable : Le dimanche de Pâques (calcul expliqué dans l’article Calcul de la date de Pâques), le 12 avril 2009 et le 4 avril 2010
  • 50 jours après Pâques : Le dimanche de PentecôteKorean ancestor veneration-Jesa-01.jpg
  • Date variable : La Sainte Trinité, le 7 juin 2009 et le 30 mai 2010
  • 1er mai : Saint Joseph Artisan, patron des travailleurs
  • 24 juin: Saint Jean Baptiste
  • 29 juin: Saints Pierre et Paul
  • 2 novembre : Fête des morts
  • 10 ou 11 novembre : Saint-Martin. Fête célébrée dans le nord de la France.
  • 22 novembre : Sainte Cécile, patronne des musiciens
  • 6 décembre : Saint Nicolas
  • 8 décembre : Immaculée Conception de la Sainte Vierge
  • 26 décembre : Saint Étienne premier martyr, (férié en Alsace et en Moselle)
  • Date variable : La Sainte Famille, le dernier dimanche de décembre (ou le vendredi 30 décembre si Noël est un dimanche), le 27 décembre 2009

 

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Franche-Comté, la belle verte

Posté par francesca7 le 27 octobre 2015

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L’Est de la Franche-Comté est jurassien, l’Ouest flirte avec la Bourgogne, le Nord est vosgien et le Sud presque bressan, le tout est franc-comtois. La Franche-Comté est une région qui se partage entre la sévère beauté des hauts plateaux, des cascades, des rivières et des forêts.

La Franche-Comté, paradis du tourisme vert ! La formule peut paraître sortie d’un dépliant touristique, mais elle colle parfaitement à ces quatre départements dont l’arbre couvre presque la moitié de la superficie. La forêt est omniprésente, et l’on peut se perdre dans des ensembles forestiers parfois très vastes, secrets et profonds. Si le vert tient une place prépondérante en Franche-Comté, le bleu n’est pas en reste, avec 5 350 km de cours d’eau navigables, plus de 80 lacs et quelques milliers d’étangs. On considère l’eau comme un bienfait de la nature. Il ne pleut pas plus qu’ailleurs, mais ici les saisons sont encore plus marquées : les étés sont chauds, les hivers rudes. Ce qui est un atout : lorsque la neige recouvre les montagnes jurassiennes, les skieurs remplacent les randonneurs dans les villages transformés en stations de sports d’hiver à taille humaine. Un pays qui compte tant de fromages au caractère puissant (morbier, comté, mont-d’or, cancoillotte…), de vins charpentés (vin jaune, champlitte ou arbois) et de produits dont le nom seul évoque les saveurs (la montbéliard, la morteau, le jambon de Luxeuil, les cerises de Fougerolles…) mérite qu’on y pose son sac un petit moment.

Des signes d’occupation humaine datant d’environ 700 000 ans ont été retrouvés dans la vallée supérieure de la Saône, le versant sud des Vosges, la Trouée de Belfort, la bordure occidentale et les premiers plateaux du Jura. Ces hommes taillaient des pierres, confectionnaient des armes en silex ou en os et vivaient dans des cavernes. Une dent d’enfant datant de 400 000 ans a également été découverte à Vergranne, près de Baume-les-Dames. Ces découvertes attestent de la présence de l’homme en Franche-Comté au paléolithique inférieur.
Habitée au paléolithique inférieur, la Franche-Comté fut relativement unie dès l’Antiquité. À l’origine territoire des Séquanes, elle passa sous domination romaine après la chute de Vercingétorix. Occupée brièvement par les Burgondes après les Grandes invasions, elle fut annexée par lesFrancs en 534. Après la mort de Charlemagne, elle changea plusieurs fois de souverain, faisant partie, selon l’époque, du Royaume de Bourgogne, du Saint-Empire romain germanique, des Etats Bourguignons ou du royaume de France, elle fut une possession des rois d’Espagne de la maison de Habsbourg. Ce n’est qu’en 1678 par le traité de Nimègue que la Franche-Comté devient définitivement française, après une première tentative d’annexion, menée par Louis XIII, la terrible « guerre de 10 ans » (1635-1644), au cours de laquelle périrent plus de la moitié des Comtois de l’époque.

Durant la saison hivernale, les séjours se concentrent dans les massifs montagneux (stations des Rousses et de Métabiefprincipalement). La place du ski alpin est assez réduite ; en revanche, le ski de fond est pratiqué en de nombreux endroits.

Le marché de Noël de Montbéliard prend également une grande place touristique pendant le mois de décembre.

L’été, la Franche-Comté offre aux amateurs de randonnées, de cyclisme sur route (notamment grâce au ballon d’Alsace) et de VTT de nombreuses activités. On pratique également la pêche au bord des rivières et des lacs de la région, ainsi que le tourisme fluvial dans la vallée de la Saône. L’hôtellerie de plein air concentre près de 40 % de ses nuitées dans le Pays des Lacs avec la présence de campings de taille relativement importante. Tous hébergements confondus, près des deux tiers de la consommation touristique est faite d’avril à septembre.

Héritière d’une histoire mouvementée, la Franche-Comté conserve de nombreux monuments- son décor naturel, la variété de ses cristallisations et colorations, ses phénomènes géologiques et ses trésors historiques et préhistoriques en font un panorama époustouflant.

Franche-Comté, la belle verte dans Bourgogne 220px-MontbeliardeLe franc-comtois est une langue romane appartenant à la famille des langues d’oïl qui se parle notamment en Franche-Comté, mais aussi dans le canton du Jura en Suisse. Le franc-comtois fait partie d’un groupe linguistique qui comprend le picard, le wallon ainsi que le lorrain. Ces langues ont en effet un certain nombre de caractéristiques en commun, notamment une influence germanique.

La langue se retrouve sur les départements de la Haute-Saône, du Territoire de Belfort, du Doubs, dans la partie nord du Jura, ainsi que dans le canton du Jura et dans le Jura bernois (Suisse) ainsi qu’une petite partie du département du Haut-Rhin alsacien. Son domaine est limité au sud par les zones des parlers arpitans, à l’ouest par les parlers bourguignons et champenois et au nord par le lorrain.

En franc-comtois, Franche-Comté se dit « Fraintche-Comtè ».

Arpitan

La partie sud de la Franche-Comté (sud du département du Jura et du Doubs) fait partie de l’ensemble linguistique « arpitan ».

L’arpitan constitue l’une des trois grandes langues romanes avec l’occitan (langue d’oc) et le groupe des langues d’oïl. Cette langue possède de nombreuses variations locales et se décline en de nombreux dialectes. À mi-chemin entre le groupe des langues d’oïl et la langue d’oc, il constitue un groupe linguistique roman distinct. Il existe trois variantes dialectales parlées dans le sud de la Franche-Comté : le jurassien, appelé aujourd’hui arpitan comtois, le sauget, et le bressan.

L’arpitan comtois connait depuis 2012 un regain d’intérêt grâce à la sélection de l’artiste salinois Billy Fumey pour la demi-finale du LIET International.

En arpitan, Franche-Comté se dit « Franche-Comtât » (écrit en graphie ORB).

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La Gaîté Lyrique se met au rythme du Paris

Posté par francesca7 le 26 octobre 2015

 Musique Club du 24 octobre 2015 au 31 janvier 2016. Au programme : une exposition, des projections et des ateliers, ainsi que des lives et des DJ sets.

Paris musique

En collaboration avec le festival Red Bull Music Academy, le Paris Musique Club investit durant 14 semaines les sous-sols de la Gaîté Lyrique, le temps d’une exposition synesthésique dédiée au 4e art. Pour l’occasion, le collectif parisien Scale, composé d’artistes et de techniciens de divers horizons, ont élaboré six installations multi-sensorielles et immersives que le public, en tant qu’acteur, pourra expérimenter, voir et écouter.

En parallèle, le Paris Musique Club propose des ateliers ludiques pour petits et grands : le temps d’une visite, il sera possible de jouer le DJ ou le musicien et de créer des mix et des beats à l’aide des outils mis à disposition.

Aussi, 12 cartes blanches sont données à des labels et des agences de la scène musicale parisienne. C’est du côté du bar éphémère, installé pour l’occasion, que les différents artistes se succèderont pour des DJ sets endiablés et des lives déchaînés, à la manière d’un club de jazz. A ne pas manquer : les cartes blanches des labels ClekClekBoom et d’Antinote au cours de novembre, pour vibrer aux sons de leurs mix et découvrir leurs artistes grâce à leurs master-classes. Tout un programme, qui devrait ravir les mélomanes et les curieux de la capitale.

Paris Musique Club

  • Du 24 octobre 2015 au 31 janvier 2016
  • Jeudi et vendredi de 18h à minuit, samedi et dimanche de 12h à 19h
  • 7 euros l’entrée en plein tarif et 10 euros le Lives Club avec un accès à l’exposition
  • Gratuit pour les membres
  • Plus d’infos sur gaite-lyrique.net

 

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LA COURSE A LA LEGENDE DES PONTS

Posté par francesca7 le 26 octobre 2015

 

On attribua à des êtres surhumains la construction de certains ponts hardiment jetés entre deux collines escarpées ou sur le courant de fleuves renommés par leur impétuosité ou la soudaineté de leurs crues. Tantôt ils les bâtissent pour leur commodité personnelle, tantôt ils aident les hommes, exigeant pour leur salaire certaines récompenses. Et lorsqu’il s’agissait du diable lui-même demandant tribut, il n’était pas rare de voir les hommes le berner en lui livrant un chat au lieu du premier humain traversant le pont…

LA LEGENDE DES PONTS

Dans les Vosges, à Uriménil et au Val d’Ajol, se trouvent les ponts des fées. Ces bonnes dames avaient aussi, suivant la tradition, jeté un pont gigantesque du massif des Hochfelds ou Riesenfels jusqu’à la Roche de Châtepont, de l’autre côté du Val de la Lièpvre.

Dans le pays basque, ce sont les Lamignac, apparentés aux fées et aux lutins, qui ont bâti le pont du Licq. J.-F. Cerquand a recueilli un curieux récit que voici en substance. Les gens de ce pays ne trouvant personne pour entreprendre de jeter un pont sur le gave, convinrent d’en charger les Lamignac. Ceux-ci acceptèrent, et convinrent de le faire en une nuit, avant le chant du coq, mais à la condition qu’on leur donnerait en paiement la plus belle fille de Licq. L’amoureux de celle-ci trouva moyen de faire le coq pousser son coquerico avant l’heure. Les Lamignac venaient de soulever la dernière pierre à la moitié de sa hauteur. Ils la jetèrent à l’eau en maudissant le coq.

Dans les contrées du Nord, les géants prennent la place des fées des régions occidentales. La Norvège a plusieurs légendes de ponts bâtis par des géants ; tantôt c’est un jutul qui, pour aller voir celle qu’il aime, séparée de lui par une rivière, entreprend de bâtir un pont ; le soleil levant l’interrompt dans sa construction ; ou bien ce sont deux géants qui construisent un pont pour se visiter mutuellement ; d’autres géants se proposent aussi de bâtir un pont sur le Main, sans que l’on dise pourquoi.

Dans la région du Midi, surtout le long du Rhône, les architectes de ponts sont des bergers ou des humbles, qui, inspirés par Dieu lui-même ou par ses anges, finissent par élever un bel ouvrage sur un fleuve large et difficile. La plus typique de ces traditions est celle du pont de Saint-Bénezet à Avignon.

Au Moyen Age, il y a un constructeur de ponts qui l’emporte de beaucoup sur les fées, les géants, et même les saints inspirés d’en haut. Malgré l’institution des frères pontifes, c’est lui qui aux yeux du peuple, reste le grand ingénieur, le « summus pontifex ». Dans toute l’Europe, on rencontre des ponts dont la construction lui est attribuée, et la légende les lui fait bâtir avec une facilité si grande que l’on regarde comme toute naturelle l’exclamation que Goethe a mise dans la bouche de Méphistophélès : « Le beau passe-temps pour moi, s’écrie-t-il, j’aurais plutôt fait de bâtir mille ponts ! »

En France, le pont du Gard, ceux d’Orthez, de Cahors, de Bonnecombe près de Rodez, de Rilly dans les Ardennes, de Belz dans le Morbihan, du port de l’Arche, de Saint-Cloud, de Jouy aux Arches près de Metz, deux ponts en Corse, un grand nombre de ponts de la Savoie et de la région des Alpes, sont l’œuvre du diable. En Suisse, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Italie, dans l’Amérique, du sud, le peuple lui fait aussi honneur de ceux qui sont beaux et dont la construction a été difficile.

Voici en général comment se produit l’intervention de l’esprit du mal. Si les détails varient assez pour former des variantes de légendes, le thème initial est assez semblable partout. Bien que tous les rites prescrits par la religion officielle du pays eussent été observés, et que même, à côté de la cérémonie orthodoxe, on n’eût pas négligé certaines pratiques empruntées aux cultes déchus, il arrivait quelquefois que l’ouvrage commencé ne pouvait être achevé : les éléments le ruinaient, et parfois, sans cause apparente, il s’écroulait.

Les architectes, après s’être voués à tous les saints, après avoir essayé de nouvelles combinaisons qui ne réussissaient pas à assurer la solidité de leur œuvre, finissaient par invoquer, en désespoir de cause, les divinités du temps jadis, et surtout le diable. Celui-ci qui est aux aguets, et qui parfois a contribué à la ruine de l’œuvre entreprise, survient tout à coup, prend au mot l’imprudent, et promet de terminer le pont moyennant un certain salaire Il ne se montre pas trop exigeant en apparence. Habituellement, il se contente de l’abandon de la première créature vivante qui traversera le tablier du pont après son achèvement.

En Franche-Comté, lorsque l’on construisait pour la première fois le Pont-du-Diable que l’on voit entre Sainte-Anne et le Crouset, le diable venait chaque nuit renverser les travaux qu’on avait faits pendant le jour. Le maître maçon, sur le point d’être ruiné, appelle le démon à son secours, et celui-ci lui promet de ne plus le troubler dans ses travaux, à la condition d’avoir, corps et âme, la première personne qui passera sur le pont. Le maître maçon tombe presque aussitôt malade et ses ouvriers vont chercher le curé du Crouset pour l’administrer.

Ce fut lui qui le lendemain passa le premier sur le pont nouvellement achevé. Le diable était là, mais au moment où il s’apprêtait à saisir le prêtre, le bon Dieu que celui-ci portait dans ses mains apparaît dans toute sa majesté, et le diable épouvanté tombe dans un gouffre sans fond.

On racontait que le bailli de Saint-Cloud qui n’était pas sorcier, mais que les sorciers avaient engagé à entrer en négociation avec le diable, convint avec lui qu’aussitôt le travail terminé, il lui donnerait la première créature qui passerait dessus. Le jour fixé, il se présenta devant l’entrée du pont et lâcha un chat caché dans sa large manche.

Dans le Morbihan, saint Cado se fit construire un pont par le diable et lui donna aussi un chat au lieu d’une âme. On remarque de notables interruptions aux parapets du pont, auxquels la ville de Pont-de-l’Arche doit son nom ; le diable qui l’avait construit de compte à demi, n’ayant eu qu’un chat pour son salaire, refusa de le terminer. Le diable fut aussi trompé à Rilly, dans les Ardennes, où il s’était engagé à construire le pont en une seule nuit, en stipulant qu’on lui abandonnerait l’âme de la première personne qui le traverserait avant le lever du soleil ; on s’arrangea de façon à y faire passer un chien.

LA COURSE A LA LEGENDE DES PONTS dans COURS d'EAU-RIVIERES de France 220px-Lavacherie_Pont_SuspenduQuand Guillaume, duc de Toulouse, dit le Marquis-au-Court-Nez, qui allait souvent visiter son ami saint Benoît au couvent d’Aniane, voulut construire un pont sur l’Hérault, au lieu ordinaire de sa traversée, le diable renversait la nuit ce qui avait été édifié à grand’peine pendant le jour. Guillaume finit par se lasser : il appela le diable, et fit un pacte avec lui, aux conditions ordinaires : le premier passager lui appartiendrait. Le saint duc, plus rusé que Satan, fit connaître le marché à tous ses amis pour les en préserver ; puis il lâcha un chat qui le premier traversa le pont, et dont le démon fut bien forcé de se contenter. Depuis ce temps, dans le pays, les chats appartiennent au diable, et le pont à saint Guillaume.

En Corse, du temps de la domination génoise, il y avait sur les rives du Golo, non loin du village de Castirlo, un moulin à farine qui desservait toute la vallée. Pour communiquer d’une rive à l’autre, on traversait la rivière à gué ou sur une passerelle mobile et des plus primitives. Il arrivait souvent que le passage était intercepté et la passerelle emportée par les crues. Ces accidents contrariaient particulièrement le meunier qui, privé de communications, se trouvait dans la nécessité de faire chômer son moulin.

Un jour, à la tombée de la nuit, au moment où il allait passer la rivière avec son âne chargé de farine, une forte crue survint subitement. Le meunier dans cet embarras se lamentait en lançant des imprécations : un étranger apparut, qui lui demanda pourquoi il était en si grande colère. Le meunier ne lui en cacha pas la cause et l’étranger lui promit que s’il voulait lui livrer son âme, il s’engageait à jeter un pont en pierres sur le torrent avant minuit sonnant. Le meunier accepta cette proposition inespérée et avantageuse. Peu d’instants après, la rivière était le centre d’un horrible mouvement : l’œuvre commencée se poursuivait avec une activité diabolique et tout faisait prévoir que la promesse de l’inconnu serait réalisée.

Le meunier, qui n’avait pas tout d’abord réfléchi aux conséquences du contrat, devint perplexe. Cet inconnu pouvait être Lucifer et il lui avait livré son âme. Son angoisse allait grandissant avec l’avancement des travaux. Elle fut à son comble quand il vit que les trois voûtes étaient fermées et que l’on commençait à maçonner les tympans. L’ouvrage ne pouvait tarder à être achevé et minuit était encore loin. Une idée lui vint. Sans plus attendre une seconde, il alla réveiller le curé du village et lui raconta le pacte qu’il avait conclu. Après quelques instants de réflexion, le curé lui dit : « As-tu un coq parmi tes poules ? » Et sur sa réponse affirmative, il ajouta : « Va vite, remplis une cruche d’eau, et jette-en une partie sur lui : en sentant la fraîcheur de l’eau, le coq battra des ailes et chantera. Pars, et si tu arrives avant l’heure convenue, tu es sauvé. »

Le meunier se hâta de suivre le conseil du curé, et avant minuit le coq chanta. Il ne restait plus que les parapets à construire. Un épouvantable fracas suivit le chant du coq et fut répété par les échos de la vallée. Avant que le pont ne fût restauré et élargi pour l’usage de la route forestière numéro 9 qui l’a emprunté, on découvrait sur la chaussée une large pierre portant l’empreinte d’un pied fourchu. Une autre légende raconte qu’en Corse, un coq blanc, que réveille le bon ange de saint Martin, pousse un cocorico strident et met en fuite le diable au moment même où il s’apprête à poser la dernière pierre d’un pont.

Suivant diverses légendes provençales, le diable a construit le pont du Gard et a reçu pour son salaire tantôt un lièvre, tantôt un chat. Jules Baissac, l’auteur de la Diablerie chrétienne, les a fait suivre d’une dissertation. Nous ne chercherons pas s’il a eu tort ou raison de rattacher à l’ancien culte de Diane le lièvre ou le chat qui sont offerts au diable à la place d’un être humain. Ce qui nous paraît le plus intéressant dans sa démonstration, c’est la partie, assez sommairement traitée, dans laquelle il exprime les idées suivantes : le diable, en ce qui concerne les ponts, a pris — comme en maints autres cas — la 220px-Pont_du_diable_%C3%A0_Mercus-Garrabet dans HISTOIRE DES REGIONSplace d’une divinité antique, à laquelle jadis un sacrifice était fait au moment de la construction ou de l’achèvement du pont ; à l’origine ce sacrifice était celui d’un homme ; l’adoucissement des mœurs amena la substitution d’animaux ou d’effigies aux hommes qui primitivement étaient immolés, et les animaux divers que l’on fait passer sur le pont, après le pacte conclu avec le démon, sont un souvenir de l’époque à laquelle des sacrifices avaient lieu réellement.

Lorsqu’ils ont cessé d’être en usage, le souvenir en est resté, mais est allé en s’affaiblissant et, devenu simplement légendaire, a été transformé : au lieu d’un rite, il n’y a plus eu qu’un « bon tour » joué à l’ennemi du genre humain. Les nombreuses légendes où l’on force le diable à accepter un animal au lieu d’un homme, ne seraient autre chose qu’un écho affaibli et transformé, de l’époque où la construction était nécessairement accompagnée de cérémonies religieuses et de sacrifices réels.

D’après « Revue des traditions populaires », paru en 1891

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DES LIEUX ETONNANTS EN France

Posté par francesca7 le 23 octobre 2015

 

 
 
Des monuments parisiens aux superbes paysages du sud de l’Hexagone en passant par les châteaux de la Loire, notre pays regorge de merveilles. Cependant, d’autres sites étonnants, moins connus, méritent le détour. Sélection.

Les orgues d’Ille-sur-Têt
Sculptées par les intempéries et l’érosion, ces falaises des Pyrénées-Orientales forment un ensemble homogène d’une grande beauté. Surplombées par des « cheminées de fée », des colonnes de roches friables dont le sommet est constitué de roche plus résistante à l’érosion, les façades ont été creusées par l’eau et le vent, donnant l’impression d’une ondulation, comme si les falaises étaient cachées par un grand rideau de pierre. Une petite promenade sur un sentier balisé est nécessaire pour rejoindre le site.

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Grotte de l’Aven Armand
Au sud de la Lozère, loin des grands centres, se trouve l’une des plus belles grottes de France. Après une descente de 100 mètres en funiculaire, les visiteurs arrivent dans une imposante salle souterraine abritant une forêt de 400 stalagmites, dont le plus grand jamais découvert, atteignant 30 mètres de haut. Elle porte le nom de son découvreur, Louis Armand, forgeron dans une ville voisine qui y descendit le premier en 1897. Qualifiée de « rêve des Mille et Une Nuits » par Edouard-Alfred Martel, l’un des fondateurs de la spéléologie moderne, les nouveaux aventuriers seront subjugués par ce lieu semblant irréel.

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Bécherel, la cité du livre
À l’est de la Bretagne, cette petite ville de moins de 1000 habitants est la plus grande concentration de métiers liés aux livres de France. Une initiative datant de 1986 avec l’installation de l’association « Savenn Douar » (le tremplin en breton), décidée à faire de la commune la première cité du livre en France. Au total, pas moins de quatorze librairies sont installées dans les maisons de granite et trois festivals annuels se déroulent à Bécherel en plus de l’important marché du livre qui se tient tous les premiers dimanches du mois. Un détour obligatoire pour les amoureux de littérature.

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Le Colorado provençal
Au cœur du Vaucluse, les ocres de Rustrel offrent un paysage riche par ses reliefs variés et très colorés, près de vingt teintes, allant du jaune au rouge foncé, ont été recensées sur les falaises environnantes. Surnommé le « Colorado provençal », en référence à l’État américain, célèbre pour ses déserts et canyons de même couleur, le site fut exploité pendant plus de 200 ans pour l’ocre, utilisée comme pigment dans la maçonnerie ou les beaux-arts. Étendue sur plus de 30 hectares, le site promet une balade étonnante à travers les galeries creusées par l’homme et les vallons escarpés du massif du Luberon, offrant un beau panorama sur la région.

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Le Palais idéal
L’histoire de ce monument est liée à celle de son unique bâtisseur : Ferdinand Cheval. Ce facteur de la commune de Hauterives, dans la Drôme, a travaillé seul pendant 33 ans pour construire cet incroyable édifice de pierre, décorée de nombreuses statues d’animaux, d’escaliers en spirale et de colonnes taillées. Achevé en 1912, le palais est inhabitable mais est devenu un site touristique majeur de la région. Il est également utilisé par la mairie pour accueillir des concerts. Après avoir terminé son chef-d’œuvre, Ferdinand Cheval va utiliser les dernières années de sa vie pour ériger un imposant tombeau dans le cimetière de la ville, où il repose depuis sa mort en 1924. Le palais a été classé Monument historique en 1964.

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Les Machines de l’île
Sur l’île de Nantes, de gigantesques machines métalliques sont installées sur le site des anciens chantiers navals. Capables de se déplacer, les visiteurs pourront profiter d’une balade à bord de l’emblème du lieu, un éléphant de douze mètres de haut qui offre depuis la terrasse installée sur son dos une vue superbe sur la cité des ducs. À côté, la visite des locaux de la compagnie, la Machine, à l’origine du concept, permet de se rendre compte du travail nécessaire pour construire de pareils engins avant de poursuivre la visite dans le carrousel des mondes marins, un manège de trois étages pouvant accueillir jusqu’à 300 personnes.

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Les rochers sculptés de Rothéneuf
Tout comme le Palais idéal, les centaines de statues taillées directement sur les rochers de la côte bretonne sont l’œuvre d’un seul homme : Adolphe Julien Fouéré, dit abbé Fouré. Sculpteur de passion, cet ecclésiastique, retiré à Rothéneuf près de Saint-Malo, entreprit, entre 1894 et 1907, ce travail colossal avant d’être frappé de paralysie, le contraignant à cesser toute activité. Au total, plus de 300 réalisations de taille très différentes, représentants aussi bien les personnes présentes dans l’actualité à cette époque, que les grandes figures de la région comme l’explorateur Jacques Cartier, ont été immortalisées dans la pierre.

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Le château fort de Guédelon
Depuis 18 ans, des dizaines d’artisans bâtissent un château médiéval au cœur de la forêt de Guédelon, dans l’Yonne, en utilisant les outils et techniques du Moyen-Âge. Épaulés par des historiens et des experts, ils travaillent sous le regard des milliers de visiteurs, venus chaque année assister à ce spectacle unique au monde. Le site a également un but éducatif, chaque artisan devant expliquer à qui veut l’entendre son métier, la manière de travailler de l’époque et les différentes étapes de la construction. Un véritable voyage ludique au temps des chevaliers.

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Les cavernes de Dénezé-sous-Doué
Une des grandes énigmes archéologiques de notre époque. Découverte une première fois au XVIIe siècle par un curé d’un village voisin, les caves ont été rapidement condamnées et oubliées sur la volonté de l’ecclésiastique, horrifié de voir des sculptures nues aux grimaces inquiétantes. Il faut attendre les années 30 pour que deux ethnologues de la région redécouvrent l’entrée des cavernes et son contenu. Datant probablement de la seconde moitié du XVIe siècle, une théorie avance qu’elles seraient des critiques politico-religieuses de la société française et notamment des catholiques, les cavernes des Pays de la Loire ayant servi de refuge pendant les guerres de religion, régulières à cette période. Néanmoins, le doute demeure et le mystère reste entier.

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Le musée Robert Tatin
Imaginées comme un lien entre les civilisations, les œuvres de l’artiste Robert Tatin sont imprégnées de références religieuses et de courants artistiques qu’il a pu découvrir lors de ses nombreux voyages. En 1962, il achète une maison ancienne près de Laval, en Mayenne, où il décide rapidement de faire un musée d’art naïf, destiné à accueillir ses créations. Un travail acharné qui va durer jusqu’à sa mort en 1983. Les visiteurs pourront découvrir « l’Allée des géants » ou encore le « Jardin des méditations » dans cette exposition à ciel ouvert.

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UN PAYS DE MOULINS

Posté par francesca7 le 23 octobre 2015

 

AU PAYS DES MOULINSLa Journée du Patrimoine de Pays et des Moulins est un événement national qui offre l’opportunité de découvrir des sites patrimoniaux ou des savoir-faire traditionnels grâce à de nombreuses animations : visites de sites, circuits de découverte, expositions, dégustations, découverte de métiers et savoir-faire…1500 animations, pour connaître et aimer le patrimoine, les paysages et les savoir-faire traditionnels.

Partout en France, 1 500 animations gratuites (sauf exception) sont organisées à l’initiative d’associations principalement, mais aussi de collectivités, de professionnels du tourisme, d’artisans spécialisés ou encore de particuliers animés par l’amour du patrimoine. Le visiteur a l’occasion de découvrir le patrimoine d’un bourg sous un autre angle, de visiter des sites habituellement fermés au public – des sites historiques, des ateliers d’artisans, des lieux de production, comme les moulins, les tanneries… et de s’initier à des savoir-faire spécifiques, à l’occasion de démonstrations et d’ateliers encadrés par des professionnels.

200 000 visiteurs participent chaque année à ces manifestations contribuant ainsi à l’animation locale et à la valorisation des territoires ruraux. Une belle façon de redécouvrir le riche patrimoine local et les hommes qui le font vivre. Il y a plus de dix ans, des associations se réunissaient pour promouvoir le patrimoine rural, la Fondation du patrimoine se créait pour devenir un acteur incontournable de la préservation du patrimoine non protégé et le Ministère de l’Agriculture lançait son opération « patrimoine rural » : c’est dans ce contexte qu’est née en 1998 la Journée du Patrimoine de Pays qui se tient chaque année au mois de juin. Depuis 2006, la Journée des Moulins, initiée par la FFAM (Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins), est associée à l’événement.

A côté des cathédrales, palais, châteaux et autres merveilles connues et protégées, il existe d’innombrables témoignages plus modestes de l’art et des savoir-faire. Publics ou privés, ils sont évalués à plus de 400 000. Ce patrimoine, héritage de la vie quotidienne passée, est l’âme de nos campagnes, de nos villages et des quartiers anciens de nos villes. Il se caractérise par sa richesse et sa diversité.

Il comprend à la fois :
le bâti traditionnel : fermes, maisons, moulins, pigeonniers, chapelles, fours à pains, oratoires, croix…
les sites et paysages, naturels ou façonnés par l’homme (jardins, murs, arbres, haies, bosquets, forêts…)
le patrimoine immatériel, notamment les techniques et savoir-faire traditionnels ou les langues régionales, les coutumes et fêtes…

Aujourd’hui, avec les mutations économiques, techniques et sociales, ce patrimoine est menacé. Les éléments bâtis ont souvent perdu leur fonction et ils sont détruits ou mal entretenus. Les paysages sont envahis de constructions sans caractère. Les éléments immatériels se perdent. Pour préserver leur authenticité et les transmettre aux générations futures, il faut comprendre et expliquer ces héritages du passé, en faire un bien collectif partagé.

Cette 14e édition, dimanche 19 juin 2011, aura pour thème « le patrimoine caché ». L’occasion est donnée de découvrir ce qu’il y a de plus secret dans le patrimoine qui nous entoure en suivant différents thèmes comme :

L’archéologie : nos sous-sols recèlent des vestiges dissimulés par le temps et oubliés par les hommes. Durant cette journée, nous vous proposons de venir redécouvrir ce patrimoine témoin du passé grâce à des visites commentées ou à une participation active à des chantiers de fouilles, l’exposition des résultats, la visite de sites archéologiques,…

Insolite : nous vous proposons de venir découvrir des éléments insolites du patrimoine, cachés ou méconnus. Pour cela, vous devrez faire preuve de curiosité et sortir des chemins battus afin de profiter des richesses de ce patrimoine « inhabituel »…

Le patrimoine caché des communes : les communes de France vous livrent leurs secrets. Au détour des rues, venez découvrir un patrimoine dissimulé ou ignoré de tous, le temps d’une balade qui ne manquera pas de vous faire changer de regard sur ce qui vous entoure.

Le patrimoine « souterrain » : nous vous proposons de venir découvrir un patrimoine étonnant, riche et diversifié, lié à la pierre, à la terre et au sous-sol. Ce patrimoine, qui n’est souvent accessible qu’aux initiés, vous est dévoilé au cours de visites, d’expositions ou bien encore de conférences vous permettant de découvrir caves, carrières, souterrains, galeries naturelles, grottes, mines, et autres éléments « souterrains ».

Portes-ouvertes exceptionnelles : au cours de cette journée, nous vous proposons d’assouvir votre curiosité en franchissant le seuil de sites et monuments habituellement fermés au public. Ouvertures exceptionnelles de propriétés privées et réouvertures de monuments vous permettront, l’espace d’une journée, de découvrir une richesse patrimoniale ordinairement cachée.

Réserves de musées : saisissez l’opportunité qui s’offre à vous et venez découvrir un patrimoine dont on ne soupçonne pas la richesse puisque d’ordinaire inaccessible au public. Les réserves de musées vous ouvrent exceptionnellement leurs portes…

Secrets de fabrication : les savoir-faire traditionnels et secrets de fabrication se transmettent de génération en génération. Nous vous proposons d’entrer dans la famille et de vous initier à ces pratiques ancestrales qui font la richesse de notre patrimoine culturel en découvrant par exemple le secret de l’utilisation des plantes médicinales, le savoir-faire des artisans,…

La Journée du Patrimoine de Pays et Journée des Moulins est coordonnée par un comité de pilotage national réuni au sein d’une association, l’Association pour la Journée du Patrimoine de Pays. Elle est composée de cinq membres organisateurs que sont : la Fédération Patrimoine-Environnement, Maisons Paysannes de France, la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins (FFAM), la Confédération de l’Artisanat des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) et les Architectes du Patrimoine.

Renseignements pratiques : 
Programme complet des animations et visuels disponibles en téléchargement surhttp://www.journeedupatrimoinedepays.com

Contact : Fédération Patrimoine-Environnement
146 rue Victor Hugo 92300 Levallois-Perret. Tél. 01 41 18 50 70. Mail jpp@associations-patrimoine.org

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L’INTERDICTION A LA MENDICITE

Posté par francesca7 le 21 octobre 2015

 

Mendiante_de_GuémenéAu milieu du XIXe siècle, Cherbuliez, correspondant de l’Institut de France et docteur en droit et en philosophie, remet en question le bien-fondé de l’interdiction de la mendicité, mesure qui selon lui « ne restreint la bienfaisance privée qu’en lui substituant une bienfaisance publique plus coûteuse, plus envahissante, plus dangereuse », fallacieux « cache-misère » traduisant la démission d’un État auquel la notion de justice sociale commanderait plutôt d’assurer le nécessaire à ceux qui en sont réellement dépourvus

Entre le misérable que des vices honteux rendent incapable de pourvoir à ses besoins, d’entretenir sa famille, d’élever ses enfants, et l’ouvrier laborieux qui n’a eu que le tort d’engendrer une famille trop nombreuse, il y a un abîme, dont ni le particulier charitable ni l’Etat ne peuvent faire abstraction, explique Cherbuliez ; le premier, parce que sa conscience ne le lui permet pas ; le second, parce que ses actes ne doivent jamais se trouver en désaccord avec la morale publique.

 

D’ailleurs, s’il est vrai que le père de famille qui tombe dans l’indigence puisse toujours l’imputer à un défaut de prévoyance dont il est strictement responsable, peut-on en dire autant des êtres qui dépendent de lui : de sa femme, de ses enfants, qui ne peuvent avoir d’autre volonté que la sienne dans tout ce qui concerne leur intérêt commun, l’intérêt économique de la famille ? N’est-ce pas malgré eux, souvent à leur insu, peut-être en dépit de conseils donnés ou d’efforts tentés par eux en prévision de ce malheur, qu’ils ont été entraînés dans l’indigence avec l’homme à qui incombait le devoir de les en préserver ?

Ici encore la bienfaisance rencontre ce dilemme impitoyable, qui ne lui laisse que le choix entre l’abandon de sa tâche et la violation d’un principe salutaire, entre une inconséquence et un danger. Si elle n’assiste pas les enfants et la femme du père de famille imprévoyant, elle fait injustement peser sur eux la responsabilité qu’il devrait supporter seul ; elle frappe l’innocent avec le coupable. Si elle les assiste, elle affranchit le père de famille imprévoyant d’une grande partie de sa responsabilité ; elle assiste de fait le coupable avec l’innocent ; elle s’expose à produire par là, chez tous les pères de famille pauvres, une attente dont l’effet sera déplorable.

Enfin le critère dont il s’agit, en supposant qu’il fût applicable à la bienfaisance privée, ne devrait pas s’appliquer à la bienfaisance publique, dont le but principal est d’empêcher que l’indigence ne devienne une cause de scandale ou d’insécurité. Les indigents les plus vicieux et les plus pervers sont précisément ceux qu’il importe le plus à l’Etat de soustraire au vagabondage, à l’oisiveté, aux dangereuses suggestions de la misère. Ces indigents-là doivent donc être les premiers, Cherbuliez allant jusqu’à dire qu’ils devraient être les seuls objets de la bienfaisance publique.

Pour l’Etat, l’indigence est une maladie du corps social ; ce qui le concerne et l’intéresse, dans ce fait, ce ne sont pas les privations et les souffrances individuelles des indigents, c’est uniquement l’influence que la somme de ces maux individuels peut exercer sur la vie sociale et sur le développement économique. C’est contre ce malaise social qu’il doit lutter ; c’est ce malaise qu’il a mission de repousser, par tous les moyens dont il dispose, comme il repousserait la peste, la guerre ou l’émeute.

Dans cette lutte contre les effets sociaux de l’indigence, contre le fléau du paupérisme, l’Etat doit sans doute s’abstenir, autant que possible, de favoriser l’accroissement du mal qu’il combat ; mais ce n’est pas à des distinctions morales qu’il doit avoir recours pour cela, puisque ce correctif serait en contradiction avec le but même que l’Etat se propose, avec le service que la société attend de son gouvernement.

Abordant la question de l’interdiction de la mendicité, notre auteur estime qu’avec son cortège inévitable de dispositions et d’habitudes vicieuses, elle devient aisément un mal social, un danger, une menace pour la sécurité générale et l’ordre public, dont la sauvegarde est confiée au gouvernement. L’Etat intervient alors pour la protection de ces grands et légitimes intérêts ; il interdit la mendicité ; il en érige les actes en délits, et les punit de peines plus ou moins graves, selon le degré de civilisation auquel la société est parvenue.

Or, l’Etat ne peut pas appliquer ce correctif à la bienfaisance privée sans s’imposer l’obligation d’assister lui-même les indigents qu’il prive de leur unique ressource. La somme d’indigence qu’a produite la bienfaisance privée, et que révèle la mendicité, est un fait donné, qu’on ne supprimerait pas en le négligeant, une charge actuelle, que la société s’est peu à peu imposée et qu’elle ne saurait secouer tout à coup. L’Etat peut statuer pour l’avenir, selon ses lumières ; mais il doit avant tout pourvoir aux besoins présents, que l’aumône a créés et auxquels l’aumône va être retirée.

 

En lui-même, d’ailleurs, l’acte de mendier n’a rien d’immoral, rien de répréhensible. Quoi de plus naturel et de plus légitime, pour celui qui manque du nécessaire, que d’implorer la pitié ou la charité de ceux qui ont le superflu ? Un tel acte ne devient immoral que si la privation du nécessaire n’existe pas, si elle est simulée et faussement alléguée, en vue d’exploiter la pitié et la bienveillance d’autrui ; car, alors, il prend le caractère d’un mensonge intéressé, d’une fraude calculée, en un mot d’une escroquerie.

Pour que l’Etat puisse ériger en délits tous les actes de mendicité, il faut donc qu’il leur donne à tous ce caractère de mensonge intéressé, en fournissant et en assurant le nécessaire à ceux qui en sont réellement dépourvus. Une justice évidente et une logique rigoureuse imposent donc à l’Etat, qui veut interdire la mendicité, l’obligation d’assister les mendiants. L’obligation ne naîtrait pas si l’interdiction n’était pas prononcée ; mais l’interdiction prononcée ne se réaliserait pas, elle serait nécessairement éludée, violée, bientôt mise en oubli, si l’obligation n’était pas acceptée ou si elle n’était pas remplie.

Or, une fois que la bienfaisance publique est ainsi organisée en vue des besoins présents, elle produit son effet normal, qui est d’entretenir, de perpétuer, d’accroître l’indigence, par conséquent de se perpétuer elle-même et de s’étendre en se rendant de plus en plus nécessaire. L’interdiction de la mendicité ne restreint la bienfaisance privée qu’en lui substituant une bienfaisance publique plus coûteuse, plus envahissante, plus dangereuse ; c’est un correctif illusoire et fallacieux, semblable à certains remèdes, qui, étant appliqués à une éruption locale, refoulent dans la masse du sang l’humeur que cette éruption en faisait sortir, et ne guérissent le mal visible qu’en y substituant des ravages latents, beaucoup plus graves et plus douloureux.

L’état du paupérisme dans un pays est communément apprécié, surtout par les étrangers, d’après le nombre des mendiants qu’on y rencontre. C’est un jugement tout à fait erroné. Les populations de mendiants ne se multiplient point, comme celles qui sont régulièrement assistées par la bienfaisance publique ; elles tendent, au contraire, à décroître.

L’INTERDICTION A LA MENDICITE dans AUX SIECLES DERNIERS 1024px-Mendiant_Saint-Eloy_PloudanielPlus loin, Cherbuliez confie que, bien loin d’admettre que l’étendue relative de l’indigence dans divers pays soit en raison directe du nombre des mendiants qu’on y rencontre, il est porté à croire, sans oser toutefois l’affirmer, qu’elle y est en raison inverse de ce nombre. La mendicité est une chose visible, que l’on mesure de l’œil par le bruit et le mouvement qu’elle occasionne, tandis que l’indigence générale est en grande partie latente et ne se révèle, dans ses proportions véritables, qu’aux regards d’un observateur très patient et très attentif.

Mesurer la seconde par la première, c’est mesurer la profondeur des eaux par l’agitation qui se produit à leur surface. Le bruit même et le mouvement qui accompagnent la mendicité, contribuent à empêcher l’indigence de s’accroître, en tenant l’attention du public constamment éveillée sur les symptômes par lesquels se révèle cet accroissement.

Cherbuliez avertit le lecteur de ne point donner à ses conclusions un sens absolu. L’interdiction de la mendicité n’est point une mesure économique ; c’est une mesure ou une loi d’ordre public, dont les motifs appartiennent à un ordre d’idées très différent de celui dans lequel il se renferme ici, précise-t-il encore.

(D’après « Précis de la science économique
et de ses principales applications » (Tome 2), paru en 1862)

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