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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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LE MARI AUX DEUX FEMMES

Posté par francesca7 le 19 octobre 2015

 

 
 
Mettant en scène Eliduc, vassal du roi de la Petite-Bretagne, un conte du XIIe siècle, récit paradoxal où ce qui dans d’autres circonstances s’appellerait crime est présenté comme le comble de la vertu, présente la belle et amusante légende du mari aux deux femmes, dont les traits essentiels se retrouveront plus tard et notamment en Allemagne avec un bas-relief du Moyen Age immortalisant cette étrange aventure…

Eliduc

Les voyageurs qui visitent la ville allemande d’Erfurt, en Thuringe, s’arrêtent, dans l’église de Notre-Dame, devant un bas-relief du Moyen Age, d’exécution assez grossière, qui est encastré dans le mur ; il était auparavant dans l’église Saint-Pierre, aujourd’hui démolie, et formait, horizontalement posé, le dessus d’une tombe. On y voit un chevalier de haute taille étendu entre deux femmes. Le sacristain ne manque pas d’expliquer que ce chevalier est un comte de Gleichen — le château de Gleichen est près de là, la famille n’existe plus — qui eut une étrange aventure. Gaston Paris, de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, nous rapporte ainsi cette légende :

 

« Parti pour Jérusalem, il fut fait prisonnier et employé, chez le Soudan, aux travaux du jardinage. La fille du Soudan le vit, fut frappée de sa bonne mine, puis, quand elle eut lié entretien avec lui, charmée de ses discours, touchée du récit de ses malheurs. L’amour la disposait à se faire chrétienne ; les exhortations du comte l’y décidèrent. Elle proposa au prisonnier de l’épouser devant l’Eglise. Grand fut l’embarras du comte, car il avait laissé en Thuringe une épouse aimée. Mais le désir de la liberté l’emporta sur toutes les autres considérations : il fit à la sultane la promesse qu’elle exigeait.

« Elle sut préparer et exécuter son hardi dessein, et bientôt les fugitifs arrivèrent à Rome. Le comte de Gleichen alla trouver le pape et lui exposa le cas. Le mariage promis n’ôtait-il pas sacré ? La princesse qui avait risqué ses jours sur la foi d’un chevalier chrétien et qui demandait le baptême en même temps que le mariage, pouvait-elle être déçue dans sa confiance ? Le pape fut touché de cette situation. C’était peut-être le même pape qu’un miracle avait si sévèrement réprimandé pour n’avoir pas admis à la pénitence le chevalier Tanhauser, qui, désespéré, était retourné chez dame Vénus et s’était damné pour toujours.

« Le pape montra cette fois plus d’indulgence. Il permit au comte de Gleichen de contracter un nouveau mariage sans rompre le premier, et d’avoir en même temps deux femmes légitimes. Nos vieux conteurs n’auraient pas manqué de se demander si c’était en récompense de ses prouesses ou en expiation de ses péchés. Le baptême et le mariage accomplis, le comte reprit le chemin dé la Thuringe, ne sachant trop comment il se tirerait de la seconde partie, et non la moins difficile, de sa tâche. La Sarrasine, habituée à la polygamie, ne voyait rien de choquant dans le fait d’avoir une partenaire ; mais que dirait l’Allemande ?

« Le comte laissa sa compagne un peu en arrière, et vint seul au château de Gleichen, où sa fidèle épouse l’attendait en priant pour lui. Quand les premiers transports de joie furent passés, il lui raconta toutes ses aventures, lui peignit l’horreur de sa captivité, lui apprit par quels prodiges de courage et d’adresse la fille du Soudan l’avait délivré, lui dit qu’elle l’avait suivi et s’était faite chrétienne, enfin lui avoua la promesse de mariage et l’exécution que cette promesse, du consentement du pape, avait reçue à Rome.

« La comtesse, après l’avoir écouté en pleurant, déclara que celle à qui elle devait de revoir son mari s’était acquis sur lui des droits égaux aux siens propres, et demanda à l’embrasser. Il courut la chercher, la comtesse alla au-devant d’elle et se jeta dans ses bras, et la vallée, située au pied du château, où les deux femmes se rencontrèrent, prit alors et a gardé jusqu’à présent le nom de Val de Joie. Ils vécurent longtemps heureux dans cette union à trois que rien ne troubla. Au siècle dernier, on montrait encore à Gleichen le grand lit où le comte reposait entre ses deux femmes, comme il repose en effigie sur la pierre sépulcrale d’Erfurt. »

Cette légende se présente à nous pour la première fois en 1639. Elle était si connue en Allemagne et si peu discutée que Luther l’accepta comme précédent pour autoriser le mariage du landgrave Philippe de Hesse. Les variantes et les incertitudes du récit démontrent, suivant Gaston Paris, que nous avons là un des exemples si nombreux de ce qu’on a nommé la mythologie iconographique ; le peuple éprouve toujours le besoin d’expliquer les œuvres d’art dont le sens est perdu. Le tombeau à trois personnages, parmi les sépultures de la famille de Gleichen, ne portant aucun nom, on imagina que c’était un comte qui avait eu deux femmes, avec l’autorisation du pape, dans des circonstances extraordinaires, et telles que les croisades pouvaient en fournir.

 

hiteSnakeEn 1836, le tombeau fut déplacé, on fouilla le caveau sous-jacent, et un médecin, après avoir examiné les crânes qui s’y trouvaient, déclara que l’un d’eux présentait les caractères anatomiques d’une femme de race orientale. Or, il n’est pas même certain que ce crâne soit celui d’une femme.

On retrouve les traits essentiels de celte légende dans un roman français du XVe siècle ; le héros est un seigneur de Trasignies en Hainaut. La même donnée se rencontre, traitée un peu diversement, dans un conte emprunté au XIIe siècle, par une poétesse française, Marie de France, aux traditions celtiques. Ce conte est le plus beau lai d’Eliduc. Gaston Paris analyse ce récit breton.

Eliduc, vassal du roi de la Petite-Bretagne est disgracié ; il quitte sa dame Guildeluec, bien qu’il l’aimât, et s’embarque pour la Grande-Bretagne. Là, il délivre la belle Guilliadon, qui lui déclare son amour et lui offre sa main. Il n’ose dire qu’il est marié. Ils s’aiment platoniquement. Eliduc est rappelé dans son pays ; il va partir. « Emmenez-moi, dit la belle, ou je me tuerai ! » Il l’emmène. Un orage éclate sur mer pendant le voyage ; elle tombe inanimée. Il ne peut se résoudre à l’enterrer ; une fois à terre, il la place sur un lit.

« Belle, dit-il, à Dieu ne plaise que je continue à vivre dans le siècle ! Douce chère, c’est moi qui ai causé votre mort. Le jour où je vous mettrai en terre, je prendrai l’habit de moine, et je n’aurai d’autre adoucissement à ma douleur que de venir chaque jour à votre tombe. » Puis il gagne son manoir, où sa femme l’accueille avec grande joie ; mais il ne lui montre qu’un visage triste et ne lui dit pas une parole d’amitié. Chaque jour, dès le matin, il s’enfonçait dans la forêt et venait à la chapelle où gisait son amie. Il la contemplait longuement, émerveillé de lui voir toujours les couleurs et l’apparence de la vie, pleurait, priait pour son âme et ne rentrait chez lui qu’à la nuit close.

« Un jour qu’Eliduc avait été obligé de se rendre à la cour du roi, sa femme prit elle-même le chemin de la forêt et arriva dans la chapelle. En apercevant le corps étendu sur le lit, elle comprit tout ; mais quand elle vit la merveilleuse beauté de Guilliadon, encore fraîche comme une rose nouvelle et joignant sur sa poitrine ses mains blanches et ses doigts effilés, la jalousie fit place aussitôt dans son âme à un tout autre sentiment : C’est pour cette femme, dit-elle à l’écuyer qui l’accompagnait, que mon seigneur mène un si grand deuil. Sur ma foi, je le comprends. En voyant une telle beauté en proie à la mort, mon cœur se serre de pitié, en même temps que l’amour le remplit de douleur. Et s’asseyant devant le lit, elle se mit à pleurer celle qui avait été sa rivale. »

Elle est rappelée à la vie. Elle se réveille.

« — Dieu ! que j’ai dormi ! La dame l’embrasse et lui demande qui elle est : Dame, je suis de Logres et fille d’un roi. J’ai aimé un chevalier appelé Eliduc, qui m’a emmenée avec lui et cruellement trompée. Il avait une femme et ne me le dit pas. En l’apprenant, j’ai perdu connaissance, et voilà qu’il m’a abandonnée sans secours dans une terre inconnue. Il m’a trahie, et je n’ai d’autre tort que de l’avoir aimé. Folle est celle qui se fie à un homme !

« — Belle, répond Guildeluec, vous vous trompez. Eliduc, à cause de vous, ne connaît plus de joie dans ce monde. Il vous croit morte, et chaque jour il vient ici vous contempler en pleurant. C’est moi qui suis son épouse. La douleur où je le voyais vivre me brisait le cœur ; j’ai voulu savoir où il allait, je l’ai suivi, je vous ai trouvée, je vous ai rappelée à la vie et j’en ai grande joie. Soyez heureuse : je vous rendrai à celui que vous aimez ; je vous le laisserai et je prendrai le voile.

« Elle fait chercher Eliduc ; en voyant les transports de joie des deux amants qui se retrouvent, elle lui demande de la laisser partir, se faire nonne et servir Dieu, afin qu’il puisse prendre celle qu’il aime ; car il ne convient pas à un homme de garder deux femmes, et la loi ne peut le permettre. Elle se fait construire une abbaye autour de l’ermitage, et s’y enferme avec trente nonnes. Eliduc épouse la belle Guilliadon, et ils vivent longtemps heureux.

« Enfin tous deux sont las du siècle. Eliduc bâtit à son tour un couvent où il se retire ; Guilliadon va rejoindre dans son monastère Guildeluec, qui la reçoit comme une sœur : elles priaient pour leur ami et leur ami priait pour elles. Ainsi tous trois finirent leurs jours. De leur aventure, les anciens Bretons courtois firent un lai, dont Marie a mis le thème en vers dans la douce langue de France. »

Gaston Paris conclut en exprimant l’opinion que la légende a pris naissance dans l’Europe orientale. Il y voit surtout un exemple de vertu féminine et de tendresse conjugale, un pendant à l’histoire célèbre de la patience de Grisélidis. Paris se demande s’il ne serait pas possible de moderniser ce vieux conte si touchant. Il ne le croit guère : Goethe a échoué avec son drame Stella, qui n’était pas autre chose que le Mari aux deux femmes.

« Notre bizarre légende semble donc bien morte, au moins pour la poésie dramatique. Elle contient cependant un élément vraiment poétique, je ne sais quoi de touchant et de rare ; dans le lai de Marie de France, elle nous apparaît belle et fraîche TOMBEAUencore, comme Guilliadon dans la chapelle, et qui sait si la fleur merveilleuse qui lui rendrait la vie est introuvable ? C’est le secret de ces enchanteurs qu’on appelle des poètes. »

Gaston Paris a voulu seulement constater le succès qu’obtint jadis ce récit paradoxal où ce qui dans d’autres circonstances s’appellerait crime, est présenté comme le comble de la vertu, et rapprocher l’une de l’autre les diverses formes qu’il a prises, en se modifiant suivant les temps et les lieux, en Allemagne, en Bretagne et en France.

(D’après « La Tradition », paru en 1888)

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Chèvre noire et divinités des Cimetières

Posté par francesca7 le 19 octobre 2015

 

 

La chèvre étant, de tous les animaux, celui que préfèrent les divinités de la terre féconde et des profondeurs infernales dans les plus anciennes conceptions de la mythologie grecque, et cette idée perdurant à l’époque gallo-romaine ainsi qu’en témoignent les nombreux sarcophages gallo-romains sur lesquels figure l’animal, faut-il y voir une explication à la légende relatant l’apparition d’une chèvre noire lorsqu’une ancienne croix fut mutilée dans un cimetière de la Drôme menacé par l’installation d’une gravière ?

divinité des cimetières

Le Zeus primitif, plus d’une fois symbolisé par des haches en pierre, fut le Dieu des cavernes et fut élevé dans un antre du massif crétois de l’Ida, au coeur de cette montagne qu’Hésiode appelait la Montagne aux Chèvres. Zeus passait pour avoir été nourri par la chèvre Amalthée, dans l’antre de Psychro, situé dans le mont Lassithi, au sud de la ville crétoise de Lyktos. Ce sanctuaire, où l’on a retrouvé de nombreux ossements de chèvres, était beaucoup plus ancien que celui de l’Ida et paraissait avoir été fréquenté surtout aux XIIe et XIe siècles avant notre ère.

Les idées romaines à ce sujet sont encore plus significatives, puisque la chèvre apparaît sur un très grand nombre de sarcophages. Pour ne citer que la Gaule seule, le recueil d’Espérandieu indique à Narbonne un tombeau sur lequel figurent des chèvres ; dans la région de Tarbes, un fragment de stèle avec des chèvres en train de brouter ; à Saint-Cricq, près d’Auch, un sarcophage où deux chèvres s’attaquent à coups de cornes. A Saint-Médard-d’Eyran, deux sarcophages représentent de nombreuses chèvres, isolées ou groupées, en même temps que les divinités chtoniennes (du mot grec signifiant la terre), allongées par terre et tenant à la main des cornes d’abondance. Si l’on ajoute ces innombrables bas-reliefs, où le Mercure gallo-romain est accompagné d’une chèvre, sans doute parce qu’il remplit ici le rôle d’une divinité psychopompe, l’on est obligé de reconnaître que la chèvre a pris, dans l’antiquité polythéiste, une grande importance dans les conceptions funéraires et infernales.

En outre, les dieux infernaux étant également les dispensateurs des richesses, il n’est dès lors pas étonnant : 1° que les cavernes, les puits funéraires et les tombeaux n’aient eu leurs chèvres, gardiennes ou symboles des trésors que renferment la terre et le monde infernal ; 2° que ces animaux, au service ou en rapport avec les dieux de la richesse, aient été représentés, dans l’imagination des peuples, comme étant en or ou en tout autre métal précieux.

En 1917, Anfos Martin, inspecteur de l’enseignement primaire et directeur de la revue Le Bassin du Rhône, rapporte une légende recueillie à l’occasion d’un de ses passages annuels aux abords du cimetière Saint-Paulet, situé à droite du chemin allant de Souspierre à Sallettes, dans la Drôme, et plus précisément entre la route montant à Eyzahut et le ruisseau le Vermenon – sur le terrain enregistré sous le n°117 du plan cadastral de Souspierre, section de Saint-Paulet, quartier de la Blanche. Il est si ancien que le plan cadastral et les matrices qui l’accompagnent n’en font pas mention, le terrain qu’il occupe n’étant au demeurant pas propriété communale.

L’inspecteur explique que ce cimetière est en passe d’être ruiné depuis qu’on vient y extraire du gravier pour les chemins. La coupe de terrain de la gravière montre, entre la couche de terre arable et le gravier que l’on extrait, une rangée de tombes ouvertes par où sortent des crânes, des tibias et divers ossements. Ces tombes sont constituées sur les côtés par de larges pierres plates posées de champ, les unes à la suite des autres, et, à la partie supérieure, de pierres semblables disposées de la même façon, mais posées à plat.

imagesDans la terre provenant de la couche arable, on trouve, avec les débris d’ossements, de petits vases en poterie bleutée. Le piédestal assez original d’une ancienne croix dont le bras horizontal manque, occupe l’angle du chemin de Salettes et de la nouvelle route d Eyzahut. Depuis neuf ans, je passe chaque année en cet endroit, et je m’y arrête dans l’intention de voir s’il n’y a rien à glaner pour l’histoire du pays, ajoute notre Anfos Martin. Je n’y ai encore recueilli jusqu’ici qu’une légende. Cette légende est d’autant plus intéressante que les fermiers des environs la tiennent pour un fait véritable.

En voyant la vieille croix mutilée, je demandai, il y a quatre ans, au propriétaire actuel du terrain, M. Chavagnac, qui habite dans une ferme à côté, s’il connaissait l’auteur de cette mutilation et de la mutilation d’ailleurs de toutes les croix des environs. Il me répondit qu’il ne le connaissait pas. Je le questionnai alors, et c’est là que je voulais en venir, sur l’ancienneté de la croix et sur le cimetière. Nous causâmes longuement. Je lui fis remarquer combien il était attristant, pour un homme qui avait un peu de cœur, de voir profaner un cimetière, de voir des squelettes humains foulés aux pieds et broyés par les roues des tombereaux ; je gagnai sa confiance et il me raconta ce qui suit.

« Mon père, lorsqu’il acheta, peu après la guerre de 1870, la propriété que je possède, trouva la vieille croix complètement démolie. Il la releva avec le concours des fermiers voisins et cela, à la suite de l’apparition mystérieuse, la nuit, sur le cimetière, d’une chèvre noire, qui sautait, bondissait, lançait des coups de cornes terribles dans l’air, puis disparaissait subitement, lorsqu’on voulait s’en approcher. » Cette Chèvre qui lui était apparue plusieurs fois ainsi qu’à d’autres personnes, ne se montra plus dans le cimetière dès que la croix en eut été relevée.

Mais… « Ah ! Monsieur quelle affaire ! Depuis que cette croix a été mutilée, la chèvre est revenue. Je l’ai vue, il y a peu de temps encore, une nuit de clair de lune, en rentrant un peu tard de la foire de La Bégude, où j’étais allé vendre des bestiaux. Elle était au-dessus des tombes et regardait dans la gravière. Tout à coup elle se retourna, tournoya dans les touffes de buis, se cabra et fonça tête basse dans la nuit. Je hâtai le pas pour être, au plus tôt, en sécurité, au milieu de ma famille. »

Ce récit d’un paysan que je jugeai superstitieux, poltron et sujet à des hallucinations après avoir bu, peut-être, plus que de coutume les jours de foire, aurait certainement disparu à mon esprit, si la lecture de l’article de notre collègue M. Guénin, de Brest, sur « La Chèvre en Préhistoire » ne me l’avait rappelé, poursuit Anfos Martin. Pensant que la chèvre du cimetière de Saint-Paulet pouvait bien être celle qui accompagne, sur les bas-reliefs, le Mercure gallo-romain, ou bien une de celles qui sont représentées sur les sarcophages de la Narbonnaise, et certainement une des chèvres légendaires qui peuplent les cimetières gallo-romains, j’ai profité, aujourd’hui, de mon passage annuel à Salettes pour faire une enquête sur ses apparitions.

 

Le secrétaire de mairie, M. Brès, qui s’est mis aimablement à ma disposition pour l’examen du cadastre, n’en avait jamais entendu parler ; mais il s’est rappelé, qu’il y a environ quatre ans, époque qui correspond a mon entretien avec M. Chavagnac, les gens de Souspierre et des environs furent bien surpris de voir, un beau jour, appendu à la vieille croix, un magnifique pain au-dessous duquel avait été placés quelques sous, cinq, dit-il, en menue monnaie. Ce pain et ces sous restèrent plus de trois semaines sur la croix. On ne sut jamais qui les avait mis. M. Brès pense maintenant qu’il y a un rapport entre ce fait et celui de l’apparition de la chèvre à cette époque. A son avis le pain et les sous étaient une offrande pour apaiser la chèvre irritée par la profanation du cimetière, et dont l’apparition était rendue possible par la mutilation de la croix.

Cette offrande, par sa nature, semble d’ailleurs bien être elle-même la survivance d’une coutume gallo-romaine. Le propriétaire de la ferme qui est un peu avant d’arriver au vieux cimetière, M. Armand, un homme de 73 ans, qui a tout son bon sens m’a déclaré qu’il n’avait jamais aperçu la chèvre, mais que son voisin, M. Thomas qui demeurait dans une ferme au dessus de la sienne et dont les trois enfants vivent encore, avait vu dans le cimetière, par une belle nuit étoilée, trois ou quatre chèvres qui se poursuivaient et se battaient, qu’il avait voulu s’en approcher, mais qu’elles avaient disparu tout aussitôt.

M. Armand était parmi ceux qui, vers 1873, relevèrent la vieille croix du cimetière ; il ne se permet pas de douter du dire de ses voisins, Thomas et Chavagnac. Questionné sur le pain et les sous qui se trouvaient sur la croix il y a environ quatre ans, M. Armand, assez embarrassé, m’a dit à peu près textuellement : « Ah ! Monsieur, vous savez, c’est là un vieil usage. Des gens qui avaient ou qui redoutaient un malheur dans leur maison, ont placé là ce pain et ces quelques sous pour que quelqu’un, en les emportant, emportât aussi avec lui le malheur ». Cette explication de M. Armand n’est pas en contradiction avec celle de M. Brès ; elle paraît au contraire la confirmer. Quoi qu’il en soit, j’ai été bien intéressé par mon enquête dont les résultats montrent, une fois de plus, combien, pour tout ce qui touche surtout au culte des morts, le passé, malgré les apparences, est encore vivant parmi nous.

Marcel Baudouin, membre de la Société préhistorique française, explique à la suite de ce témoignage d’Anfos Martin que selon lui, l’origine de toutes ces affaires de chèvre est relative au signe du Zodiaque, bien connu, qui est le Capricorne. Celui-ci était au solstice d’hiver, quand, 1500 ans avant J.-C, le Bélier était à l’équinoxe de printemps et fut lui-même à l’équinoxe d’automne au Néolithique supérieur (8000 ans av. J.-C.). Or qui dit équinoxe d’automne, ajoute Baudouin, dit – Flammarion l’a reconnu il y a longtemps – Fête de la Toussaint, Fête des Sépultures, Fête des Morts ! D’où l’histoire des chèvres dans les cimetières… Et de conclure : on a une preuve matérielle : « Les Représentations de Mercure [le Dieu-Soleil de l’équinoxe], qui, pour le printemps, est accompagné du Bélier et du Coq, et qui, pour l’automne, est accompagné de la Chèvre, comme vient de le redire M. Anfos Martin.

(D’après « Bulletin de la Société préhistorique française »,
n° de mars 1916 et février 1917)

 

Publié dans FAUNE FRANCAISE, HISTOIRE DES REGIONS, HUMEUR DES ANCETRES, LEGENDES-SUPERSTITIONS | Pas de Commentaire »

Un fabuleux parcours sur nos terres de Légendes

Posté par francesca7 le 18 octobre 2015

 

 TERRES DE LEGENDES

 
Du vœu de Philippe-Auguste lui permettant de braver la mort, à la fontaine du Réveillon dont l’eau assure à qui la boit de revenir au toit natal sans périrsur des terres étrangères, en passant par l’invocation d’un saint Paterne ouvrant miraculeusement une chapelle murée aux fidèles qui se voient guéris de la peste, ou bien la tour de la Reine-Blanche juchée sur un souterrain recelant un trésor jamais découvert, le pays de Gisors est fertile en touchantes légendes

Dans ses Souvenirs et impressions de voyage, le vicomte Walsh décrit sa découverte de Gisors, explique s’être rendu, guidé par son ami Théodore de Ronaud, sur un pont, jeté au travers de l’Epte, qui coupe la ville en deux : sur un des parapets, consigne-t-il, s’élève une statue de la sainte Vierge.

Elle est là pour apprendre qu’un de nos plus vaillants rois, Philippe-Auguste, a failli périr dans cette petite rivière, dans une rencontre qu’il eut avec Richard Cœur de lion. Après avoir été privé de l’aide des chevaliers les plus renommés de son armée, accablé par le nombre, il avait été forcé de chercher un refuge dans Gisors ; mais, si pour charger l’ennemi, Philippe était toujours un des premiers, quand il s’agissait d’abandonner du terrain aux Anglais, il était loin d’être en tête…

 

Beaucoup de fuyards avaient donc passé avant le roi, sur le pont qui donnait alors entrée dans la ville… Et tout ce monde et tous ces chevaux l’avaient tellement ébranlé, que lorsque Philippe-Auguste fut au milieu, la voûte s’écroula , et le roi vêtu de son armure, et son cheval recouvert de son caparaçon de bataille, et les chevaliers bardés de fer qui se pressaient auprès du monarque, tombèrent pêle-mêle dans la rivière, dont les pluies d’automne avaient beaucoup grossi les eaux. Au moment d’être noyé, Philippe fit vœu à la sainte Vierge que, s’il échappait à ce péril, il lui élèverait une statue ; le vœu a été tenu.

Une croyance du pays, superstitieuse et touchante, a trait à la fontaine du Réveillon. Quand, après avoir visité le cachot du prisonnier, je me rendis à la tour de la Reine-Blanche sur le coteau de Neaufle-Saint-Martin, explique Walsh. Il faisait une extrême chaleur et, dans cette exploration, mon vieil ami me montra une source dont il vanta la fraîcheur des eaux, et m’invita à m’y désaltérer. Je suivis son conseil, et bus à longs traits à cette jolie fontaine, qui n’a pas d’autre nom dans le pays, que celui de Réveillon. Et quand je relevai la tête comme le soldat de Gédéon qui vient de boire au torrent, Théodore de Ronaud me dit :

– Je suis bien aise que tu aies bu de cette eau.

– Pourquoi ?

Un fabuleux parcours sur nos terres de Légendes dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Capitulation_de_Rouen_du_1er_juin_1204– Parce que cette eau est merveilleuse en ce point qu’il faut, quand on en boit, forcément revenir à Gisors, quelque part que l’on aille : du temps des croisades, raconte la tradition populaire, les pèlerins du canton qui avaient fait vœu de visiter la Palestine ne manquaient jamais d’aller boire au Réveillon, pour revenir au toit natal et ne pas mourir aux terres étrangères.

Du temps de l’Empire, alors que les jeunes Français étaient mis en coupe réglée, et que la gloire les emportait au loin, sur les pas du grand empereur, les mères des conscrits menaient leurs fils à la source qui rappelle, et leur faisaient boire de ses eaux. Touchante superstition que celle-là ! et si par hasard je m’étais trouvé sur le chemin d’une de ces femmes naïves et crédules, je n’aurais pas voulu, pour tout au monde, démontrer à la pauvre mère que les eaux du Réveillon n’avaient point de vertu particulière, point de puissance surnaturelle pour faire revenir au pays natal celui qui s’en est éloigné.

Quittant Gisors et Théodore, Walsh nous rend ainsi compte de la suite de son périple : je passai devant le beau château de Saint-Paër, qui appartenait naguère au vicomte d’Arlincourt, et qui va être démoli par la bande noire. Cette bande noire, mes jeunes amis, vous ne la connaissez peut-être pas, et si elle n’a rien détruit de vos souvenirs, rien abattu de vos manoirs de famille, je vous en félicite. Il y a en France, et un peu partout aujourd’hui, toute une classe d’hommes qui placent l’argent avant tout, et qui n’adorent qu’un Dieu : l’or !

Ces hommes ne tiennent aucun compte de ce qui ne rapporte pas, et n’estiment que ce qui augmente leur revenu ; vous leur diriez : N’ensemencez pas ce morceau de terre, n’y mettez pas à paître vos bestiaux, c’est de la terre sainte, c’est sous cette herbe que sont les cercueils de votre père et de votre mère ; ils la laboureraient !.. Cette église, que le temps et les prières des fidèles ont consacrée depuis six siècles ; cette antique et noble demeure, que la chevalerie a illustrée ; ne leur dites pas qu’elles doivent être conservées au pays, à cause de leurs vieux souvenirs, car ils se mettraient à éclater d’un stupide rire, et vous demanderaient ce que rapportent les souvenirs.

La bande noire se compose de ces hommes, et depuis quarante ans ce qui est tombé sous ses pics de fer est immense !… Ces impitoyables travailleurs ont couvert la France de la poussière qu’ils faisaient en abattant, en démolissant palais, églises, tombeaux, arcs de triomphe, oratoires des chemins, et hôpitaux des pauvres ! Ces hommes vont se mettre à l’ouvrage à Saint-Paër, et n’y laisseront pas pierre sur pierre. Alors le cœur du noble écrivain qui a vécu là saignera cruellement, et les pauvres seront tout déroutés dans leur misère, parce qu’ils n’y trouveront plus la Providence qui les y avait longtemps secourus !…

Voici ce que la tradition raconte de la chapelle de Saint-Paër, qui, ainsi que le château, va être démolie. Le saint sous l’invocation duquel était placé cet oratoire, était saint Paterne, fameux dans la contrée par les miracles qu’il y a faits, toujours en faveur des pauvres, des malades et des affligés.

Or, il arriva une année, que le pays de Normandie fut ravagé par de cruelles maladies ; il y avait tant de morts, que les cimetières devenaient trop petits, et que dans bien des paroisses il n’y avait plus de prêtres pour administrer les mourants, plus de fossoyeurs pour enterrer les morts. Ceux que le mal n’avait pas encore atteints, ceux qui souffraient déjà, mais qui pouvaient encore marcher, les femmes, les enfants, les vieillards, les riches chevauchant, les pauvres à pieds, venaient en pèlerinage à la chapelle de Saint-Paër.

Au commencement du fléau, le seigneur châtelain avait ouvert les barrières de son avenue et le porche de sa cour à cette pieuse affluence… Mais, au bout de quelques semaines, l’enceinte de son château devint semblable à celle d’un hôpital. Couchés sur de la paille, abrités par des draps tendus sur des perches coupées dans les bois, on voyait les moribonds luttant contre le mal, et les trépassés attendant la charrette des morts ; puis l’on entendait les cris et les gémissements de toute cette multitude affligée et souffrante. Ce spectacle était si attristant, et la contagion était tellement à craindre, qu’un jour le châtelain prit le parti de faire fermer aux pèlerins les cours, les grilles et la chapelle.

Alors, la foule s’irrite et maudit l’homme riche et sans entrailles qui la repousse, et qui ne veut pas qu’elle puisse prier saint Paterne, à l’endroit même où il a été enterré, et là où se sont opérés le plus de miracles. Une affreuse sédition allait éclater et ces hommes qui ressemblaient déjà à des spectres, s’étaient levés de leur paille, hideux et menaçants, quand un vieillard leur cria :

 

« Pour que Dieu nous guérisse, souvenons-nous de ses commandements ; il a dit : Tu ne tueras pas… Et si l’un de nous portait la main sur le riche qui nous ferme sa demeure, son sang versé nous serait non seulement une cause de mort, mais encore de damnation. Soyons donc résignés, pour ne pas mourir… et allons demander à nos prêtres de venir intercéder pour nous. » Les paroles du vieillard produisirent leur effet ; la colère des moribonds s’apaisa, et bientôt le châtelain n’entendit plus les cris de menace retentir sous ses fenêtres ; tous les pèlerins avaient quitté Saint-Paër… et le silence était venu s’établir là où s’étaient élevés des gémissements, des plaintes et des malédictions.

Mais le lendemain, dès l’aube du jour, le seigneur suzerain aperçut du haut de son donjon une longue procession qui s’avançait au milieu des champs que la maladie du pays avait fait laisser sans culture depuis plus de six mois. Les croix brillaient au soleil levant, et les bannières flottaient au vent du matin ; plus de dix paroisses s’étaient réunies pour venir implorer saint Paterne. Elles cheminaient en chantant les litanies, et quand la multitude chrétienne répondait, au nom de chaque saint, priez pour nous ! toutes les croix réunies n’en semblaient plus qu’une seule… Puis, par moments, des silences succédaient aux chants, et puis des chants aux silences !

Le doyen des prêtres, le curé de Bézu, marchait en tête de la procession… Il savait un sentier pour arriver à la chapelle sans passer par les cours du château, et c’était par ce côté qu’il avait dirigé la marche de gens qui, pour la plupart, semblaient être sortis du sépulcre, tant la maladie les avait rendus pâles, faibles et amaigris… O surprise ! ô douleur ! la grande porte de la chapelle est murée… et les petites portes latérales clouées, verrouillées et fermées par des barres de fer… Le curé ne perd pas courage, car il a mis sa confiance en Dieu. Il s’agenouille donc devant les grandes portes que les maçons ont bouchées pendant la nuit ; la procession entière l’imite ; et les voilà prosternés, priant ce même Seigneur qui fit jadis tomber les murs de Jéricho.

téléchargementSaint Paterne, priez pour nous ! crie le curé. Saint Paterne, guérissez-nous, répète la foule. Aussitôt la porte murée s’écroule, les petites portes s’ouvrent d’elles-mêmes, les mourants se précipitent dans la chapelle, y prient devant la sainte image du patron de la contrée, et en ressortent guéris… Mais, voyez la justice de Dieu !… La noble épouse du châtelain avait deux enfants jumeaux, entrant dans leur septième année. Jusqu’à ce moment , elle les avait préservés du mal contagieux qui désolait la province.

Ce matin-là même, elle était allée toute tremblante dire à son seigneur et maître : « Messire, vous empêchez ceux qui souffrent de venir prier dans notre chapelle, prenez garde que Dieu ne nous fasse souffrir… Hier au soir, une pauvre femme que vous avez, avec tant d’autres, renvoyée de la cour et de la porte de l’oratoire, où elle avait porté sa fille… s’est levée du seuil sacré, avec le désespoir dans l’âme, et, m’apercevant avec nos enfants à travers les vitraux, elle a haussé sa fille dans ses bras, toute raide et toute violâtre, et m’a crié : Dame châtelaine, ma fille ne serait pas morte, si ton mari ne nous avait pas chassés ; prends garde à tes enfants, car Dieu est juste ! – Laissez-moi, avait répondu rudement le seigneur de Saint-Paër, nos enfants se portent bien, cette femme n’est point prophétesse, et ces paroles ne leur porteront point malheur. »

Le châtelain se trompait quand il parlait ainsi, car soudain la femme qui avait soin du petit garçon et de la petite fille, entra dans la galerie, en s’écriant :

– Miséricorde ! miséricorde ! voilà le mal qui vient de prendre aux enfants de Messire et de Madame !…

– Je cours les porter à l’autel de saint Paterne, dit la mère effrayée…

– J’ai fait murer la porte, répondit le père.

– Vous avez voulu empêcher le saint de guérir les autres… Maintenant voudra-t-il guérir nos enfants ?

– Allez, vous qui êtes pure et pieuse comme un ange… allez ; moi, pendant ce temps, je vais prier ici, en me frappant la poitrine.

– Venez avec moi, Messire.

– Non, voyez tout ce peuple, il m’en veut de l’avoir renvoyé de notre enceinte, il me maudira et peut-être que ses malédictions retomberont sur ma fille et mon fils !

– Pour que Dieu et saint Paterne vous soient en aide, mettez, mettez l’orgueil de côté, et venez à l’oratoire.

– Allez chercher les enfants ; je vais vous suivre, dit le seigneur suzerain ;

Et, enveloppé de son manteau, le chapeau rabattu sur les yeux, il descendit les degrés de pierres de l’escalier tournant. Arrivé dans la cour, un de ses gens lui apprit comment les portes de la chapelle s’étaient miraculeusement ouvertes. « Dieu est pour eux, murmura le baron, sera-t-il pour moi ? » et il avança. Oh ! il fallait que l’amour paternel fût bien fort, bien avant dans son cœur, car alors son orgueil le faisait horriblement souffrir…

Un homme de la campagne lui barra le passage :

– Tu m’as renvoyé avant-hier de la chapelle, dit-il au châtelain, tu m’as empêché de prier, maintenant moi et tout ce peuple t’empêcherons d’aller porter tes enfants au saint qui guérit.

Hier j’ai péché, mon frère, repartit le seigneur de Saint-Paër… Laissez passer mes enfants avec leur mère… Et moi, qui ai fait murer la porte de la chapelle, je me punirai moi-même, je n’y entrerai pas, je me prosternerai en dehors, je m’humilierai pour que Dieu me pardonne et guérisse mon fils et ma fille.

Alors l’esprit de la multitude changea, la haine et l’exaspération s’en allèrent de toutes les âmes, et la foule, redevenant tout à coup respectueuse, se fendit pour laisser un passage au baron et à sa famille. Et, comme il venait de le dire, il n’entra point dans l’oratoire ; sa femme ses enfants, et les gens du château y pénétrèrent seuls, lui se prosterna au milieu des pierres éboulées du mur qu’il avait fait élever la veille, s’humiliant le front jusque dans la poussière, se frappant la poitrine, et priant avec ardeur.

Or, ce baron de Saint-Paër avait été jusqu’à ce jour le plus superbe, le plus orgueilleux de tous les châtelains du pays normand ; mais voyez-vous, dans le cœur d’un homme qui a des enfants, il y a quelque chose de plus fort que l’orgueil, c’est l’amour paternel… L’histoire que je viens de vous raconter vous le prouve, conclut Walsh.

Quittant le château de Saint-Paër, notre vicomte poursuit son récit. Entre Saint-Paër et Neaufles-Saint-Martin, il y a, de l’autre côté de la grande route de Paris à Rouen, une riche et belle vallée. On dit que Neaufles, en 856, était une ville considérable ; aujourd’hui, il n’en reste plus que la moitié d’une tour, mais cette moitié est encore de toute son ancienne hauteur ; on dirait que, depuis sa plate-forme jusqu’au sol, elle a été fendue en deux ; j’ai vu peu de ruines de cet effet, précise Walsh

Cette tour passe dans le pays pour avoir été habitée par la Reine Blanche, non la mère de Louis IX, mais Blanche d’Évreux, la princesse la plus accomplie de son temps, que Philippe de Valois, âgé de cinquante-six ans, épousa, alors qu’elle n’en avait que dix-sept ; cette union ne dura pas deux années, Blanche demeura veuve cinquante ans, et vécut loin des intrigues de la cour dans le château de Naufles-Saint-Martin, dont il ne reste que le débris dont je vous ai parlé, et qui s’aperçoit de bien loin au-dessus des bois qui recouvrent le coteau.

 

On prétend qu’entre la tour de Neaufles et le château de Gisors, il existait une communication souterraine. Pendant mon séjour chez mon ami Théodore de Ronaud, voici ce que j’ai lu dans le Mémorial des sciences et des arts : « La reine Blanche, assiégée dans Gisors par une armée formidable, fit une vigoureuse sortie contre les assaillants ; mais cernée par eux, et ne pouvant rentrer dans la ville, elle se réfugia au coucher du soleil, avec les chevaliers qui la suivaient, sur la montagne et dans le fort démantelé de Neaufles, à une lieue de la place. Les ennemis, campés dans la plaine, environnaient de toutes parts la tour, où ils étaient certains, au point du jour, de faire la reine prisonnière.

« L’aurore paraît, ils s’élancent impatients vers la citadelle ruinée, où Blanche ne peut s’échapper. Oh ! surprise ! Ils montent sans obstacle ; les murs sont déserts ! L’écho répond seul à leurs cris de guerre ; pas un soldat, pas une arme, pas un drapeau : les guerriers de Blanche et Blanche elle-même se sont évanouis avec l’aurore, comme les vapeurs de la vallée.

« Qui peindrait l’étonnement des soldats désespérés ? Les uns se persuadent que Blanche, protégée par les enfers, a été invisiblement enlevée avec ses troupes par les esprits du noir abîme ; les autres s’imaginent que la veille, à la chute du jour, en la poursuivant dans la vallée, ils ont été abusés parles brouillards de la rivière, qui, sans doute, à leurs yeux avaient pris la forme fantastique d’un bataillon fuyant. Tandis que sous les remparts solitaires de Neaufles, leur imagination se nourrit de fantômes et se perd en conjectures, Blanche soudain s’élance hors des murs de Gisors, fond comme la foudre sur l’ennemi épouvanté de ces sortilèges, et remporte une victoire complète.

« Comment expliquer le miracle ? Rien de plus facile ; la tour de Neaufles-Saint-Martin et la citadelle de Gisors, quoiqu’à plus d’une lieue l’une de l’autre, se communiquaient sous la vallée et la rivière qui les sépare, au moyen d’un long souterrain, et ce souterrain était inconnu à l’ennemi. »

Le long souterrain de Naufles existe encore, écrit le vicomte Walsh en 1842 : on y entrait il y a peu d’années. Dans une note d’un de ses ouvrages, le vicomte d’Arlincourt a écrit qu’un ouvrier qui a travaillé dans ces souterrains l’a assuré avoir vu et touché de belles grilles de fer ; dans le pays, parmi les gens de la campagne et parmi bien des habitants des petites villes, on prétend que d’immenses trésors sont cachés derrière ces portes de fer.

Louis Antoine François de Marchangy.pngMarchangy en avait entendu parler, et dans son Tristan le Voyageur, on lit : « Il est à savoir, mes beaux seigneurs, que de la citadelle de Gisors au château de Neaufles est un souterrain immense. On voit de loin la belle tour de la Reine-Blanche, au-dessus des bois de Saint-Eloi et de Bézu-le-Long. Aujourd’hui, ces lieux dévastés par les guerres que se firent sans cesse les rois de France et d’Angleterre sur ces frontières de leurs États, sont rendus à une nature sauvage, qui de toutes parts revient sur les plateaux agrestes, dont elle était expulsée. Les créneaux s’écroulent dans les fossés et se cachent sous la mousse et les fleurs ; l’érable perce les fortes murailles que n’avaient pu renverser les béliers ennemis ; le souterrain, fermé de vingt portes à barreaux de fer, recèle des trésors qui feraient la fortune de bien des rois.

« Il est un jour, une heure, un moment dans l’année où il est possible de pénétrer dans cette caverne profonde ; c’est tandis que le prêtre lit la généalogie de Jésus-Christ, à la messe de minuit… J’entendis des femmes qui, ne sachant ce qu’étaient devenus leurs maris, pensaient qu’ils étaient engouffrés dans cet abîme, et les appelaient à l’entrée avec des cris épouvantables. On nous raconta des aventures sinistres, qui nous firent perdre l’envie de descendre dans ce souterrain. »

(D’après « Souvenirs et impressions de voyage », paru en 1842)               

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La Symbolique des chiffons

Posté par francesca7 le 17 octobre 2015

 

 
 
symbolique des chiffronsDans les années 1917-1919, Edouard Harlé, membre éminent de nombreuses sociétés scientifiques, ingénieur des Ponts et Chaussées ayant su acquérir des connaissances en géologie, paléontologie et archéologie, publie le résultat de ses recherches menées en Gironde et relatives aux chiffons placés au bord de sources ou sur des buissons et permettant de sécher le mal, ainsi qu’au sou dans la main des morts pour payer l’entrée du Paradis

J’en ai signalé à la source de Las sègues, aux environs de Bagnères-de-Bigorre, écrit Edouard Harlé. Depuis, je me suis souvenu que mon fils Jacques, ayant été à pied de Cazaux à Lugos (limite de la Gironde et des Landes), pour rechercher et étudier les dunes créées par l’étang de Sanguinet, m’avait raconté être passé à une source avec chiffons sur les buissons.

Impossible d’avoir par lui d’autres renseignements : le pauvre Jacques a été tué à l’ennemi, en mai dernier. J’ai cherché sur ses cartes et j’y ai trouvé, écrits à la main, à un kilomètre et demi à l’est de Sanguinet (Landes), les mots « Hount sant », qui signifient, en langue du pays, « Source sainte ».

 

J’ai été au point ainsi désigné, rapporte notre narrateur. Il y a là deux sources saintes : Sainte Rose et Saint Basile, toutes deux près du moulin de la Grande Mole, sur le ruisseau de La Gourgue, et toutes deux issues de petits marais. La source de Sainte Rose est au nord du ruisseau. C’est celle où mon fils avait vu des chiffons sur les buissons. Elle est insignifiante. Pas de chiffons, quand je l’ai visitée.

La source de Saint Basile est renommée et l’on y a mis une croix en fer. Elle est au bord et au sud de La Gourgue. J’y ai vu un chiffon blanc sur la croix, un tombé au pied de la croix, et cinq sur les branches des buissons voisins. La vieille femme qui m’a guidé m’a dit :

« II y avait beaucoup de chiffons sur les buissons des deux sources ; mais, depuis la guerre, on n’en met pas : la guerre arrête tout. Quand mon fils était tout petit enfant, il lui est venu une mauvaise plaie à la figure. J’ai pensé que c’était le Mal de Saint Basile et j’ai été chercher de l’eau à la source de Saint Basile dans un petit flacon. J’ai lavé la plaie avec cette eau trois jours de rang. Le premier jour, la plaie a blanchi ; le second, elle a diminué ; le troisième, elle a disparu. Mon mari est très malade. Je l’ai lavé avec de l’eau de la source de Saint Basile et de toutes les sources du pays ; mais cela ne lui a rien fait. Par malheur, je ne sais pas de quel saint est son mal. »

Pourquoi met-on des chiffons ? Les nombreuses personnes des environs que j’ai interrogées m’ont répondu, explique Harlé : les unes, que c’est par superstition ; les autres, que c’est pour se débarrasser des chiffons, après leur emploi pour panser les plaies. Il me semble que le fait qu’on place les chiffons sur les branches des buissons, au lieu de les jeter simplement à terre, indique autre chose que le seul désir de s’en débarrasser.

Si j’habitais Sanguinet, écrit notre ingénieur en 1917, je ferais des fouilles dans la vase et le sable de la source de Saint Basile, avec l’idée d’y trouver des offrandes de dévots du temps des romains, des gaulois, de l’Age du bronze ou de la pierre polie. La vieille m’a dit avoir vu, auprès de cette source, un tronc, où les dévots mettaient des sous ; mais les non-dévots volaient les sous ; on a transféré le tronc dans l’église.

Marcel Baudouin qui, comme Edouard Harlé, est membre de la Société préhistorique française, tient à rappeler que rien n’est plus comparable à la Source de Saint Basile que laSource de la Fontaine Saint-Gré, en Vendée, invoquant son mémoire sur la fontaine thérapeutique d’Avrillé, où l’on retrouvera la Croix de Fer, le Tronc transporté à l’Eglise, à cause des voleurs, etc. Tout se répète, constamment et partout, affirme-t-il encore.

L’année suivante, Albert Hugues, autre membre de cette Société, désireux d’apporter sa modeste contribution au même sujet, relève ce qu’il a pu observer dans le Gard. La Source d’Estauzens, placée à la limite des communes de Nîmes et de La Calmette, est renommée pour la guérison des maladies du foie, coulant au pied de la commune que surmonte l’Enceinte préhistorique, à quelques mètres des restes du vieux monastère de femmes de Notre-Dame d’Estauzens, prieuré rural déjà ruiné au XVIe siècle.

La Source d’Estouzïn (en patois languedocien) est connue des habitants de Nîmes et des villages environnants pour ses vertus médicinales. L’analogie de son nom lui donne une vertu particulière pour guérir les maladies du foie (estourïn dans le patois local) Pendant neuf jours consécutifs, et bien avant le lever du soleil, le malade est tenu de boire à la source et d’y faire ses ablutions. Eviter toute rencontre de quidam, à l’aller et au retour de ces visites, procure à celui qui peut y réussir une guérison plus rapide et plus sûre !

Quand je visitai la source pour la première fois, en 1904, poursuit Albert Hugues, je remarquai de nombreux chiffons, dans les alentours, soit à terre, soit sur les buissons de ronces ou de chênes kermès ; et je crus au séjour en cet endroit d’un campement de bohémiens ! Le valet de ferme à mon service, intelligent et très actif, qui m’avait signalé les vertus de la source pour avoir été guéri dans son enfance à la suite d’une neuvaine, me déclare que ces chiffons servaient à éponger les malades et restaient sur place, afin que chacun ne put emporter chez soi lou vérin (le venin) de la maladie expurgé par l’eau et dont le morceau d’étoffe se trouvait imprégné.

Chiffon_VracLa coutume de glisser, en cachette, un sou dans la main du mort est d’usage assez fréquent chez les catholiques des villages des environs d’Uzès et du Malgoirès, ajoute-t-il, précisant que la pièce de monnaie doit être mise en cachette et que, dans sa région, à population mi catholique, mi protestante, si certaines pratiques sont communes aux adeptes des deux religions, il en est qui, acceptées par les uns, sont rejetées par les autres.

En 1919, Edouard Harlé revient sur les rites liés aux chiffons et au sou. Il y a deux sources guérisseuses à chiffons dans la commune de Mios, explique-t-il : l’une, dans le bourg, est sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste ; l’autre, près du hameau de Florence, sous celui de Saint- Jean-l’Evangéliste.

De cette dernière, le Dr Peyneau, maire de Mios, écrivait : « Il y a cinq ans, ma domestique ayant aux jambes des maux dont elle ne pouvait guérir, s’en fut à cette fontaine pour les laver. On lui avait recommandé de laver chaque plaque malade avec un chiffon distinct et d’étendre ensuite tous ces chiffons sur le petit mur qui entoure cette fontaine, afin de les y faire sécher. Elle se conforma scrupuleusement à ce rite et son mal sécha petit à petit et il disparut. »

Ceci explique probablement, conclut Harlé, pourquoi la plupart des dévots étendent leurs chiffons sur des buissons, au lieu de les jeter à terre : le mal doit sécher comme le chiffon. Selon le curé, bon nombre de dévots jettent en guise d’offrande des sous dans le puits où sourd cette fontaine ; les bergers volent ces sous.

Croisant dans le train une femme très âgée, à Gazinet, près de Bordeaux, Harlé lui demanda : « Vous venez sans doute, Madame, de consulter la fameuse sorcière de Gazinet ? – C’est moi, Monsieur ! », répondit la dame, furieuse… La sorcière refusa de lui faire savoir comment, en examinant le gilet de flanelle d’une personne éloignée, elle reconnaissait sa maladie, mais elle voulut bien lui dire que l’usage de munir les morts d’un sou est très répandu : « Et plutôt une pièce d’or qu’un sou, car, dans l’autre monde comme dans celui-ci, on obtient plus avec 20 francs qu’avec 5 centimes. »

Souvent, on met le sou dans la bouche du mort ; d’autres fois, dans sa poche (on habille les morts). L’essentiel est que, d’une manière ou d’une autre, le mort soit muni d’une pièce de monnaie. « A-t-il son sou ? » demandent les parents qui viennent le voir.

Déjeunant, à Bourg-sur-Gironde, chez un de ses amis, il demanda à sa vieille cuisinière si l’on enterrait les morts avec un sou : « Certainement, Monsieur ; et, il y a deux mois seulement, quand on a enterré ici Madame…, on lui a mis un sou dans la main. Ce ne sont pas ses parents qui ont fait cela, car ils n’y croient pas ; c’est sa domestique. » Et Edouard Harlé de confier s’être dit : « J’ai des bonnes dévouées ; pour sûr, moi aussi, je partirai pour l’autre monde avec un sou dans la main ! »

Un jeune homme de Bourg-sur-Gironde, mobilisé à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), ayant été très grièvement blessé par une bombe d’un avion allemand, sa femme, qui avait réussi à l’y rejoindre, assista à ses derniers moments et à ses funérailles. « Je n’ai guère de religion, dit-elle à son retour à Bourg ; mais cependant j’ai tenu à lui mettre un sou dans la poche, pour qu’il puisse payer l’entrée du paradis à Saint Pierre. »

L’usage de munir les morts d’une pièce de monnaie existe dans de nombreux pays civilisés, précise Harlé : Japon, Indochine, Siam, Inde, etc. La raison donnée diffère suivant les peuples et, souvent, elle est mal définie ; mais l’on est d’accord sur un point : pour qu’un mort entre dans l’autre monde en bonnes conditions, il faut qu’il y paye quelque chose à quelqu’un.

Baudouin, également membre de la Société préhistorique française, ajoute avoir lu dans O’Sullivan (Irlande, p. 11) : « Les Irlandais ont l’habitude de suspendre des haillons aux branches des arbres, près des fontaines, coutume dominante parmi les peuples de l’Orient ; l’olivier sauvage d’Afrique et l’Arbre sacré des Indous portent ordinairement ces marques d’adoration et rappellent l’Irlande… Charles O’Connor, dans sa 3e lettre signée Columbanus, dit qu’il a demandé pourquoi on suspendait des morceaux de linge aux branches des arbres :C’est pour s’attirer les faveurs des Daoini Mailhe (Les Fées), lui répondit-on. »

On lit dans les voyages d’Hauwaq : « Je vis près de l’eau une grande quantité de morceaux de linge, suspendus aux branches d’un arbre ». Les chiffons des Sources sont donc classiques en Irlande.

Et Baudouin de rappeler « qu’une pièce de monnaie n’est que la Rondelle à Animaux du Paléolithique et un objet du Culte stello-solaire, représentant le Pôle, c’est-à-dire l’empire des Morts ou les Enfers ; et le Soleil anthropomorphisé ! Qui se ressemble s’assemble… »

(D’après « Bulletin de la Société préhistorique française »,
paru en 1917, 1918, 1919)

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L’eau : mode d’emploi

Posté par francesca7 le 17 octobre 2015

 

Chaque nouvel été, de nombreux départements sont confrontés aux restrictions d’eau. Dans les jardins publics comme chez les particuliers, l’économie est de mise et le tuyau d’arrosage est à manier avec dextérité. Pour de nombreux jardiniers, il ne faut pas céder à la panique mais tout mettre en oeuvre pour que leurs petites protégées ne succombent pas à la sécheresse.

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Certains auront eu la bonne idée d’anticiper en se prémunissant de citernes et autres récupérateurs de pluie, augmentant ainsi considérablement leur capacité en eau. Mais pour eux comme pour les autres, l’objectif est d’optimiser au mieux les modes d’arrosage. Première consigne : arroser lentement afin de permettre au sol de bien s’imprégner. Le début de la matinée ou la fin de la journée sont les moments les plus favorables, car l’eau ne s’évapore pas sous les rayons du soleil.

Pour les plus volontaires, un binage de terre meuble ou un paillage du sol avec les matériaux du bord sont également de bons moyens pour maintenir la fraîcheur aux pieds des arbres, des plantes ou des fleurs. L’affaire se complique malheureusement sur les plus grandes surfaces à protéger, comme les pelouses. Dans ce cas, il est conseillé de ne pas couper le gazon trop court pour protéger les racines du soleil, à défaut d’avoir choisi un gazon plus rustique et peu exigeant en eau.

Car c’est bien dans le choix des végétaux qui constituent un jardin éco responsable que le problème récurent de l’arrosage peut être évité. Deuxième consigne : privilégier des espèces qui résistent à la sécheresse. Par exemple, les plantes au feuillage gris, comme la lavande, les santolines ou les armoises, réfléchissent la lumière et limitent ainsi l’échauffement de leurs cellules. D’autres, comme les coriaces ou les succulentes, savent se protéger de la déshydratation ou émettre des réserves d’eau grâce à la constitution même de leur feuillage.

Autre astuce, sélectionner des végétaux adaptés au climat de votre région, à la nature du sol et à l’exposition. Si un jardin de cactées va aisément supporter les canicules estivales du sud de la France, il aura du mal en revanche à survivre aux gelées hivernales du nord de l’Hexagone. A ce sujet, de très nombreux guides sur les plantes indigènes sont à consulter.

Et si cela ne suffit toujours pas, un dernier recours consiste à sélectionner des espèces réputées pour leur robustesse et leur résistance à la sécheresse mais aussi au froid, comme les arbres, les haies et les arbustes.

Tombée du ciel

A l’heure ou l’eau potable est considérée comme une denrée à économiser, il serait vraiment dommage de se priver de toute cette eau qui nous tombe gratuitement du ciel. Ainsi est né le récupérateur d’eau de pluie, également appelé réservoir, collecteur, cuve ou citerne. Qu’il soit hors sols ou sous terre, en plastique ou en bois, acheté dans un magasin spécialisé ou fabriqué de manière artisanale, il va permettre de récolter l’eau depuis un toit et de la stocker. Un procédé avantageux pour arroser le jardin, remplir une piscine ou alimenter une salle de bain, mais aussi et surtout faire de belles économies sur la facture d’eau, diminuer le taux de calcaire dans les canalisations et soulager les réseaux de distribution d’eau, surtout en période de sécheresse.

Comment réduire sa facture d’eau ?

L’arrosage est loin d’être la seule consommation d’eau à surveiller. Selon les sites spécialisés, chaque individu en gaspillerait 20 à 30 % en moyenne au quotidien. Une perte qui se solde bien évidemment par des crises de nerfs et de larmes au moment où la douloureuse facture arrive dans la boîte aux lettres. Voici donc quelques conseils qui devraient permettre de limiter les dégâts :

  • Dans la maison en général, vérifiez régulièrement qu’il n’y a pas de fuite dans vos installations en contrôlant le compteur d’eau et coupez l’eau avant de partir en week-end ou en vacances.
  • Dans la salle de bain, prenez une douche plutôt qu’un bain et stoppez l’eau quand vous vous savonnez ou lorsque vous vous brossez les dents. Selon vos installations, il est possible d’ajouter un réducteur de débit, un stop douche ou un mitigeur thermostatique.
  • Un lave-vaisselle et un lave-linge de catégorie A consomment beaucoup moins d’eau que de laver la vaisselle ou le linge à la main. Installez un mousseur-aérateur sur l’évier et n’hésitez pas à réutiliser l’eau claire pour arroser les plantes.

 

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La planète a soif

La Journée mondiale de l’eau 2012 (tous les 22 mars), coordonnée par l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a débattu cette année sur le thème de « L’eau et la sécurité alimentaire ». Partant du principe que le monde a « soif » à cause de nos besoins alimentaires et qu’il faudra nourrir 9 milliards de personnes d’ici 2050, le programme propose plusieurs solutions : sécuriser l’accès mondial à une eau de bonne qualité et en quantité suffisante, produire plus avec moins d’eau, réduire les pertes et les gaspillages de nourriture (30% de la nourriture produite dans le monde n’est jamais consommée) et adopter des régimes alimentaires durables, ayant des conséquences moindres sur l’environnement. Un travail qui s’annonce de longue haleine quand, aujourd’hui, près de 25% de la population mondiale n’a toujours pas accès ni à l’eau potable ni à l’assainissement. En France, la polémique perdure quant au manque de transparence des acteurs du marché, la variabilité des prix selon les régions et la qualité même de l’eau consommée.

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Les terreurs de l’an 1000

Posté par francesca7 le 13 octobre 2015

 

 anmil1« Les terreurs de l’an mil sont une légende romantique. Les historiens du XIXe siècle ont imaginé que l’approche du millénaire avait suscité une sorte de panique collective, que les gens mouraient de peur, qu’ils bradaient tous ce qu’ils possédaient, mais c’est faux », écrit Georges Duby, auteur de An 1000-An 2000, Sur les traces de nos peurs.

De cette époque reculée, on n’a retrouvé qu’un seul témoignage. Un moine de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire confie : « On m’a appris que, dans l’année 994, des prêtres, dans Paris, annonçaient la fin du monde. Ce sont des fous, il n’y a qu’à ouvrir la Bible pour voir que l’on ne saura jamais ni le jour ni l’heure ».

Pour comprendre les peurs de nos ancêtres, il faut se replonger dans l’histoire du Moyen Age. Au Xe siècle, la Picardie comptait environ 1 200 000 habitants pour une surface englobant, en gros, l’actuel département de la Somme et les deux tiers de l’Aisne. La vie rurale y était rude et l’homme médiéval vivait dans un dénuement complet, au quotidien. A Amiens, les mendiants, les paupéres, hantent les rues. L’insécurité est permanente. Pour faire face à cette montée de la délinquance, les sanctions sont terribles : « on coupe l’oreille, on perce la langue au fer rouge, on ébouillante les faux monnayeurs, le tout en public », rapporte Claude Vaquette dans son livre intitulé Vivre en Picardie au Moyen Age.

Face à ces tribulations, les gens avaient donc dans l’espoir que, passé une succession de troubles terribles, l’humanité irait vers une longue période de bonheur, de paix et d’égalité. Les terreurs de l’an mil seraient un mythe intronisé comme fiction littéraire par les romantiques du XIXe siècle…

En revanche, si Georges Duby considère les terreurs de l’an mil comme une fiction littéraire, il est persuadé, comme bon nombre d’historiens médiévaux, que pendant ce millénium, les chrétiens ont éprouvé une angoisse de type apocalyptique. « Je suis certain qu’il existait à la fin du Ier millénaire une attente permanente, inquiète de la fin du monde… ».

Comme en écho à ce millénarisme montant, les hommes et femmes de l’an mil redoutent, non seulement, les cataclysmes célestes et terrestres, signes de la colère divine, mais aussi les épidémies de lèpre et de peste noire. « On essaie d’apaiser le courroux céleste en supprimant le jeu, la boisson et les blasphèmes. Les pénitents parcourent les rues pieds nus, portant des cierges et se flagellant », écrit Claude Vaquette. Ces épidémies sont vécues comme une punition du péché…

BIBLIOGRAPHIE

> Vivre en Picardie au Moyen Age, Claude Vaquette, éditions Martelle
> An 1000-An 2000, Sur les traces de nos peurs, Georges Duby, éditions Textuel

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Plus grands mythes et légendes de France

Posté par francesca7 le 11 octobre 2015

 

legendes françaisesNombreuses sont les légendes, les contes et les mythes qui ont traversé l’Histoire de France et façonné le pays tel que nous le connaissons aujourd’hui. Occultes, effrayantes ou étonnantes, ces histoires sont autant d’énigmes mystiques et obscures à décrypter. Après vous avoir fait découvrir les mystères de Paris, Gentside vous propose sa sélection des mythes et légendes de France. 

 - Les 3000 menhirs de Carnac :

Si vous vous promenez dans la région de Carnac, en Bretagne, vous tomberez forcément sur les alignements mégalithiques, ces rangées de menhirs au nombre de 3000 qui ornent le paysage local. Erigés il y a plus de 6 millénaires, on ne sait toujours pas exactement par qui ni comment ces rochers ont été placés ici. On prétend que leur emplacement est lié à des rites funéraires sacrés ou bien destiné à l’observation des étoiles mais le mystère reste entier.

 - L’énigme des cavernes de Dénezé-sous-Doué :

 Situées dans le Maine-et-Loire, les cavernes sculptées de Dénezé-sous-Doué demeurent un grand secret. Composées de 400 statues taillées dans la pierre veillant autour d’un puits, on ne sait toujours pas qui est à l’origine de cette chambre souterraine. De simples tailleurs de pierre, des artistes contestataires, des guérisseurs invoquant de puissantes forces telluriques ? Les hypothèses sont nombreuses et les cavernes restent toujours une source d’interrogations.

 - Le mythe du château de Montségur :

Érigé en 1206 sur le point culminant de la montagne « Pog » par les cathares, le château de Montségur est un lieu entouré de légendes. Il a été en effet pendant longtemps considéré comme étant le château du Graal, une des pièces du trésor de l’église cathare enfoui dans la forteresse. On raconte également que chaque année, lors du solstice d’été, les rayons du soleil traversent le château et les quatre archères du donjon se voient alors alignées avec une précision millimétrique. Ce phénomène a laissé penser à l’existence d’un culte solaire voué par les cathares au sein du château.

- La bête du Gévaudan :

Tout le monde ou presque connaît la célèbre histoire de la bête du Gévaudan, ce monstre sanguinaire qui avait fait une centaine de victimes dans la région de la Lozère au XVIIIe siècle. Le mythe naît de plusieurs meurtres commis dans la province du Dauphiné. Dès lors, la panique saisit les habitants, l’imaginaire dépasse les faits et la légende voit le jour. Loup, monstre sauvage ou tueur en série, nombreuses sont les hypothèses avancées qui participeront à construire le mythe de la bête.

- L’énigmatique château du Plessis-Bourré :

 Si le château est célèbre, c’est avant tout pour les somptueuses fresques qui ornent le plafond de la salle des gardes. Véritables énigmes réalisées par un artiste inconnu, certains y voient un ciel alchimique qui abriterait en codes cryptés le secret de la pierre philosophale et de l’élixir de longue vie. 

 - Le comte immortel de Saint-Germain :

Très apprécié du roi Louis XV, le comte de Saint-Germain est un personnage énigmatique de l’histoire de France. Baroudeur polyglotte et très fortuné, on ne sait toujours pas comment il a pu amasser tant de richesses. Il aurait été une sorte de chimiste, fabriquant des cosmétiques et des pierres précieuses, mais personne n’a jamais su quelle était sa véritable activité. L’un des mystères qui entourent également son existence est son âge, qu’il dit lui même ne pas connaître. Des témoignages de l’époque racontent l’avoir rencontré à 50 ans d’intervalle le physique inchangé. A propos d’une histoire qu’il raconte, un domestique lui aurait répondu un jour : « Je n’en ai pas connaissance, Monsieur le Comte oublie qu’il n’y a que 500 ans que j’ai l’honneur de vous servir ».

- La légende de Carrouges :

Le château de Carrouges est une belle et grande demeure, dans l’Orne. La légende veut que le seigneur du château, Ralph, ait été surpris par sa femme dans les bras d’une autre, une fée d’une beauté sans pareil et aux pouvoirs envoûtants. Furieuse, la comtesse poignarda la jeune femme. La fée entreprit alors de se venger et de maudire la famille de Carrouges. Le lendemain du meurtre, Ralph fut découvert assassiné et une tâche rouge apparut sur le front de la comtesse. Par la suite, elle accoucha d’un fils marqué de la même tâche au front, et l’histoire se répéta pendant 7 générations.

- L’abbaye hantée de Mortemer :

 Depuis plusieurs siècles, on raconte qu’une femme hante les ruines de l’abbaye. Il s’agirait de Mathilde l’Emperesse, plus connue sous le nom de « Dame Blanche ». Fille d’Henri Ier d’Angleterre, elle aurait passé une partie de son enfance à l’abbaye mais, traumatisée de vivre à l’étranger, serait revenue hanter les lieux après sa mort. Plusieurs clichés de la Dame Blanche auraient été pris dans les années 90 et certains personnes affirment avoir senti une présence autour de l’abbaye.

images- Le mystère de Rennes-le-Château :

Le secret qui entoure Rennes-le-Château est certainement l’un des plus grands mystères historiques de France. En 1885, l’abbé Saunière investit le village et entreprend des grands travaux de rénovation dans son église. Il y aurait découvert un trésor et de mystérieux parchemins, qui expliqueraient son brutal changement de train de vie. L’abbé se met en effet à dépenser sans compter dans l’achat de terrains et de constructions dans son église. L’origine et l’existence du trésor sont à ce jour toujours inconnues. Il pourrait provenir du trésor des Templiers, ou encore du pillage d’anciennes tombes du cimetière. Ce curieux site attire en tout cas encore de nombreux visiteurs convaincus que le trésor y est toujours enfoui.

 - L’effroyable Barbe Bleue :

Gilles de Rais, aussi connu sous le nom de Barbe Bleue (en référence au conte de Charles Perrault) était un seigneur de Bretagne qui résidait au château de Tiffauges. Personnage énigmatique doté d’une fortune colossale qui s’adonnait selon la légende à l’alchimie et à des invocations diaboliques, il est condamné en 1440 pour avoir violé et assassiné plus de 140 enfants. C’est l’amalgame qu’on fit par la suite avec le monstre du conte de Perrault qui participera à construire le mythe de Barbe Bleue. 

En savoir plus : http://www.gentside.com/france/

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Une fleur pour chaque papa

Posté par francesca7 le 7 octobre 2015

 

Les hommes eux aussi aiment recevoir des fleurs, surtout lorsqu’elles sont offertes par leurs enfants. Le week-end du 15 juin, la Fête des pères est l’occasion de manifester son affection de la manière la plus naturelle envers son papa, en lui faisant livrer une plante ou une composition florale. Voici quelques conseils pour choisir le bon cadeau pour la Fête des Pères !

Fete des pères

L’histoire de la Fête des Pères

Les origines de la Fête des Pères sont encore méconnues. On sait qu’au Moyen Âge, les catholiques célébraient les pères de famille le 19 mars, jour dédié à Saint Joseph, que l’on considère comme le père nourricier de Jésus. Tombée en désuétude au fil des siècles, cette fête a réapparu sous une forme non religieuse en 1912 aux Etats-Unis, gagnant peu à peu les pays du monde entier à des moments du calendrier aussi divers que variés. En France, le producteur de briquets Flaminaire serait l’instigateur de cette fête considérée désormais comme commerciale. En 1952, les pères font leur entrée officielle au calendrier et sont depuis à l’honneur, chaque troisième dimanche du mois de juin. 

A l’instar de la Fête des Mères, cette date précédant le début de l’été est l’occasion de retrouvailles familiales durant lesquelles les enfants offrent des cadeaux. En cette période festive de l’année où la nature est particulièrement luxuriante et généreuse, le présent végétal reste le plus plébiscité pour rendre un hommage fleuri à tous les papas.

Pour un papa « gâteaux »

Protecteur, c’est un papa qui veille sans cesse sur sa progéniture et n’hésite pas à mettre la main à la pâte pour assurer le bien-être de ses enfants. Optez pour un olivier en pot accompagné d’un cadeau qui lui sera utile en cuisine, comme une huile d’olive.  
 
 Pour un papa « champêtre »

Bricoleur, il aime la nature et se soucie de son environnement. Offrez-lui une plante, olivier, vigne ou bougainvillier, dont il aura le plaisir de s’occuper et qu’il pourra même replanter, qu’il dispose d’un grand jardin ou d’un simple balcon.
 
 

Pour un papa « tendance »

Séducteur, il aime s’occuper de lui et fréquente assidûment les salles de sport. Adepte des nouvelles technologies, il se veut résolument à la mode. Sachez que l’art floral propose aujourd’hui des compositions de fleurs piquées modernes et design.
 

 Pour un papa « actif »

Artiste ou homme d’affaires, c’est un père qui passe plus de temps dans son environnement professionnel qu’à la maison. Préférez une plante fleurie comme une orchidée, qu’il pourra disposer sur un bureau et qui lui demandera moins d’entretien.
  
 Pour un papa « loin des yeux »

Pour tous les enfants qui n’ont pas l’opportunité de célébrer la Fête des pères en famille, la livraison d’une plante accompagnée de champagne ou de chocolats est la manière la plus naturelle d’exprimer ses sentiments et de toucher son papa droit au cœur.
  
 

SOURCE : http://blog.interflora.fr/

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La Ste-Catherine entre mode et tradition

Posté par francesca7 le 7 octobre 2015

Le 25 novembre, on célèbre les Catherinettes ! Savez-vous de qui il s’agit ? Ce sont les jeunes femmes de 25 ans qui ne sont pas encore mariées. Même si elles assument et profitent aujourd’hui pleinement de leur célibat, la Sainte-Catherine reste une bonne occasion de faire la fête. La Catherinette devient alors reine d’un jour, couverte de fleurs jaunes et vertes et coiffée d’un chapeau extravagant ! Zoom sur une fête traditionnelle remise au goût du jour…

saintecatherine

Qui était Sainte Catherine ?

Catherine d’Alexandrie naquit en Egypte vers 290. Très tôt elle s’intéressa aux arts, aux sciences et à la philosophie. On dit qu’une nuit, le Christ lui apparut : elle décida alors de lui consacrer sa vie.
 
L’Empereur de Rome, Maximien, organisait à Alexandrie des fêtes païennes. Agée de seulement 18 ans, Catherine s’opposa ouvertement à ces mœurs et tenta de convertir l’empereur au catholicisme. Agacé, Maximien mit la jeune fille à l’épreuve en lui organisant un débat avec ses savants. Mais Catherine parvint à réfuter toutes leurs théories et les convertit un à un à sa foi. Impressionné par tant d’intelligence et de beauté, Maximien demanda Catherine en mariage, mais essuya un refus catégorique, celle-ci se considérant comme spirituellement fiancée au Christ. Humilié, il la condamna à la torture au moyen d’une machine infernale faite de roues agrémentées de pointes acérées. Mais sous la protection du Seigneur, on raconte que les roues se brisèrent. Catherine fut malgré tout décapitée le 25 novembre de l’an 307 et de sa blessure, dit-on, coula du lait…
 
Sainte Catherine deviendra ainsi la patronne des jeunes filles vierges, et au fil du temps, des jeunes filles à marier, adulée pour sa fidélité au Christ.

Les traditions de la Sainte-Catherine

Les coutumes de la Sainte-Catherine naissent au Moyen Age. Des moines du mont Sinaï auraient découvert le corps intact de Sainte-Catherine. La légende se répandit en Occident au moment des Croisades et l’histoire de la sainte inspira de nombreux artistes.
 
Commença alors la dévotion à Sainte-Catherine. Chaque 25 novembre, les jeunes filles de 25 ans qui n’étaient pas mariées, les « Catherinettes », arboraient des tenues et des chapeaux extravagants. Elles se rendaient ensuite à l’église au pied de la statue Sainte-Catherine qu’elles couvraient de fleurs, et l’imploraient de leur trouver un époux dans l’année ! On les voyait aussi au bal coiffées de leurs chapeaux aux couleurs jaune et verte ; le jaune symbolisant la foi, et le vert la connaissance, en référence à la martyre. Elles montraient ainsi qu’elles étaient un cœur à prendre !

La dimension religieuse s’est affaiblie avec le temps et la fantaisie des accoutrements a inspiré le domaine du stylisme, au point que Sainte-Catherine est devenue également la sainte patronne des couturiers et des modistes.
 
Ainsi à partir des années folles (dans les années 1920), on assista à Paris à une étrange parade. Chaque 25 novembre était l’occasion de grands défilés organisés par les maisons de haute couture. Les Catherinettes qui y travaillaient confectionnaient leur coiffe, originale à souhait, puis se rendaient dans le 2e arrondissement, à l’angle de la rue Cléry et de celle des Petits Carreaux. Devant un large public, elles montaient courageusement le long d’une échelle de pompier pour accéder jusqu’à la statue de Sainte-Catherine et la couvraient de fleurs ! Un jury désignait ensuite la coiffe de Catherinette la plus réussie.

La Sainte-Catherine aujourd’hui

téléchargement (1)Avec l’émancipation des femmes et les changements de la société, ne pas être mariée à 25 ans est devenue plutôt la normalité ! Les régions rurales perpétuent cependant les traditions de cette fête, principalement dans le Nord et l’Est de la France, en organisant des bals de Catherinettes, des foires et des concours de la plus belle coiffe. L’une des plus célèbres reste la foire de Vesoul(Haute-Saône), qui attire des milliers de curieux ! On s’envoie aussi en guise de clin d’œil des cartes et des fleurs aux couleurs de la Sainte-Catherine.
 
La Sainte-Catherine se fête aujourd’hui beaucoup dans les entreprises. Le 25 novembre, il est de rigueur que les collègues de la Catherinette lui confectionnent un chapeau avec des fleurs et des éléments jaunes et verts rappelant son métier. Elle est alors la star de la journée et doit arborer fièrement sa coiffe ! Vous êtes une entreprise ? Découvrez nos bouquets Sainte-Catherine spécial Entreprises en cliquant ici ! 

  • Avez-vous déjà entendu l’expression« coiffer Sainte-Catherine » ? Liée à la tradition de renouveler la coiffe de la statue, elle signifie tout simplement pour une fille ne pas être mariée à l’âge 25 ans. 
  • Les garçons aussi ont leur Sainte-Catherine ! Elle correspond en fait à la Saint-Nicolas, le 6 décembre, et met à l’honneur les garçons de 30 ans qui n’ont pas encore la bague au doigt. Une expression désigne même leur situation : « porter la crosse de Saint-Nicolas » ! 
  • Le 25 novembre est un jour favorable pour les jardiniers, car comme le dit le dicton : « A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » !

Enfin, la Sainte-Catherine est aussi l’occasion de faire la fête entre copines, un peu à la manière des enterrements de vie de jeune fille. Les amies couvrent la Catherinette de fleurs, en chapeau ou en bouquets. Elle sort ensuite faire la fête, chapeau sur la tête !

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7 règles insolites pour observer les animaux sauvages du Val de Loire

Posté par francesca7 le 4 octobre 2015

 

voici quelques principes pratiques, parfois déroutants ainsi que quelques secrets pour observer les animaux sauvages en forêt, photographier les oiseaux du val de Loire.

Par Denis Chuit

Comment observer les animaux sauvages

Image de prévisualisation YouTube

En regardant cette vidéo, vous vous demandez comment observer les animaux sauvages en forêt, comment photographier les oiseaux en forêt du val de Loire ? Vous connaissez déjà les règles de bases telles que la discrétion, la patience mais voici quelques principes pratiques, parfois déroutants ainsi que quelques secrets pour réussir de bons clichés que nous dévoilent des photographes animaliers professionnels. Avec le développement de ces magnifiques zoos parcs animaliers, on est habitué à prendre au beau milieu de la vie secrète des animaux sauvages le maximum de photos extraordinaires en un minimum de temps mais en pleine nature, notamment en période de Brame du cerf (voir le guide pratique LoireXplorer), c’est nous qui sommes les invités et le spectacle a lieu seulement si les acteurs le veulent bien.

1. D’abord, repérer et connaître les animaux sauvages

La première règle est de connaître les animaux que l’on cherche et connaître le lieu. La première étape est donc le repérage et la connaissance car si l’animal est dérangé, le résultat peut être frustrant pour le photographe. Pour se familiariser avec le comportement de l’animal, il est recommandé de s’exercer dans un zoo ou sur les observatoires du domaine de Chambord. Gratuit, ils permettent d’entendre et de voir les animaux à coup sûr. Avec le développement des zoos parcs animaliers, on est habitué à prendre, au beau milieu de la vie secrète des animaux sauvages, le maximum de photos extraordinaires en un minimum de temps. En pleine nature, notamment en période de Brame du cerf, il en va différemment. C’est nous qui sommes les invités et le spectacle a lieu seulement si les acteurs le veulent bien. Voir ces vidéos d’animaux insolites.

2. Distinguez le son des animaux du bruit de la forêt

Avant de partir de bon matin observer les animaux sauvages en forêt, vous pouvez déjà vous familiariser en apprenant à reconnaitre les cris des animaux. Durant l’expédition, se taire absolument et communiquer par signe devient impératif car les animaux ont une ouïe bien plus fine que la notre. Ainsi, nos oreilles petit à petit, distinguent le langage de la faune du bruit de la forêt. Calme et avec un peu d’entrainement nos sens s’éveillent et s’affinent. Pour améliorer votre ouïe, mettez vos mains en forme de pavillon derrière vos oreilles.

3. Apprenez à vous déplacer sur la pointe des pieds

Sur les chemins, les sentiers et dans les bois, pour observer les animaux sauvages:

  • vous savez peut-être qu’il vaut mieux marcher sur un sol mou, légèrement boueux plutôt que sur les feuilles sèches, branchages, graviers ou cailloux pour éviter tout craquement.
  • Mais savez-vous qu’il vaut également mieux avancer au quart de sa vitesse habituelle?
  • Evitant de déposer le talon en premier. Posez la pointe d’abord, ou le pied à plat, mais doucement avec légèreté. C’est en même temps bon pour la stature du corps. Voir l’article de LoireXplorer sur marcher pieds nus.

4. Pour éviter de signaler votre odeur, observez sous le vent

Dans la nature, notre odeur alerte très vite les animaux qui nous craignent, alors pas de parfum, pas d’anti transpirant, pas d’anti moustique. Si l’on ne peut éviter la transpiration, la sueur, il faut prévoir des temps d’arrêt pour que celle-ci s’évapore et surtout  progresser dans le sens contraire au vent. Voir cette vidéo exceptionnelle d’un cerf prenant son bain.

5. Observez les animaux sauvages avec votre vision périphérique

En observant les animaux sauvages, nous n’utilisons souvent qu’une infime fraction des capacités de nos yeux. En effet, nous sollicitons avant tout le centre de notre rétine où notre acuité visuelle distingue mieux les détails mais inefficace dans la pénombre ou en cas de mouvement. Habituez-vous alors à regarder avec le pourtour de votre œil. Moins précis, il permet d’avoir une vue d’ensemble saisissant toute action dans un rayon de 180 degrés, toute ombre d’un animal dans l’obscurité.

6. Explorez en ouvrant votre esprit

L’instructeur de survie, David Manise remarque que si vous vous concentrez à chercher des champignons, vous aurez toutes les chances d’en trouver tout en passant à quelques mètres d’un cerf sans même vous en rendre compte. Relevez la tête, fixez un point imaginaire, un peu surélevé par rapport à l’horizon, et évitez de laisser vos yeux faire le point sur quoi que ce soit. C’est la technique d’observation qu’emploient les félins quand semblant dormir, ils bondissent sur leur proie. Voici quelques outils d’aide à l’identification des animaux.

7. Sept secrets des photographes animaliersCamouflage

  1. La première règle est de connaître les animaux que l’on cherche et de connaître le lieu.
  2. Surtout ne pas oublier les jumelles et d’abord prendre le temps d’observer.
  3. Pour prendre des bonnes photos, un objectif de 200, 300 mm sera plus adéquate. Il faut     absolument prévoir un trépied.
  4. Photographier à vitesse élevée permet de mieux saisir les attitudes des animaux. Toutefois, cela peut avoir pour conséquence d’assombrir exagérément les photos prises à l’aube ou au crépuscule. Il est donc conseillé d’augmenter la sensibilité des ISO’s. Toutefois, les petits appareils digitaux auront du mal à faire la mise au point dans ces conditions.
  5. En jouant sur la profondeur de champ, vous faites surgir l’animal de l’image. Une très longue focale réduit la zone de netteté et permet de l’isoler. Pour former un halo flou, il suffit de placer volontairement quelques herbes devant la lentille.
  6. Choisir le lieu et la meilleure orientation par rapport à la lumière naturelle pour capter leurs meilleures attitudes.
  7. Pour les mammifères, il faut s’insérer dans leur territoire et se faire oublier avec un bon camouflage, une tenue aux couleurs neutres et connaître la distance d’approche limite de sécurité pour chaque animal.

  1. Voir la vidéo d’un photographe rencontrant un cerf.

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