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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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L’époque pisane et génoise de la CORSE

Posté par francesca7 le 21 février 2014

 

la Tour Genoise

la Tour Genoise

En raison des rivalités que connaît la Corse, au xie siècle, le pape accorde à l’évêque de Pise l’investiture des évêques corses et les Pisans commencent deux siècles de domination sur l’île. Sous le gouvernement des juges et des seigneurs pisans, des constructions sont édifiées (églises, ponts, etc.). Mais, Pise perd la protection pontificale et des rivalités internes l’affaiblissent. Gênes entre alors en conflit contre son ancien allié dans la lutte contre les Sarrasins. En 1284, à la bataille navale de Meloria, la flotte pisane est détruite. Plusieurs campagnes de Gênes (1289-1290) lui rallient les féodaux, alors que les Pisans renoncent à la Corse. La trêve signée par Pise en juillet 1299 accorde la domination totale de l’île par Gênes. Celle-ci devient génoise pour six siècles, en dépit du Saint-Siège, qui tente en 1297 de confier la direction de la Corse à la maison d’Aragon (Royaume de Sardaigne et de Corse). Les Génois doivent cependant défendre leur nouvelle conquête face aux menaces des Sarrasins (les tours qui ceinturent l’île sont construites plus tard dans ce but), des Aragonais, installés en Sardaigne, des Français, pour qui la Corse est un avant-poste contre l’Espagne. Mais Gênes fonde sa conquête sur sa puissance bancaire.

Gênes partage l’île en dix provinces, elles-mêmes divisées en pièves (les soixante-six pièves reprises du système féodal). Les Génois construisent (urbanisation : Bastia devient siège du gouverneur, ponts, routes, etc.), développent les vergers, importent de Corse vins, huiles, bois, huîtres, poix, mais imposent lourdement la Corse et s’assurent la quasi-exclusivité du commerce avec l’île. La langue et certains usages (religieux notamment) corses sont grandement influencés par l’occupant.

En 1297, le pape Boniface VIII tente de réaffirmer son autorité sur la Corse et la Sardaigne en y investissant Jacques II, roi d’Aragon, et en 1305, le pape Clément V renouvelle cette tentative. Les Aragonais ne s’attaquent qu’à la Sardaigne pisane, dans un premier temps. Les Génois, craignant de voir la Corse envahie, s’allient aux Pisans pour lutter contre les Aragonais en Sardaigne. Mais bientôt, Jacques II renonce à ses droits sur la Corse en échange de la paix en Sardaigne, et s’y installe. Cependant, en 1346, les troupes du roi d’Aragon Pierre IV débarquent versBonifacio, et une guerre éclate entre les Génois et les Aragonais et leurs alliés Vénitiens. Gênes sort victorieuse du conflit mais doit alors faire face à la montée de la puissance de la noblesse corse.

La rivalité entre les féodaux corses, les clans génois et le pape Eugène IV se conclut en 1453 par la cession du gouvernement de l’île à une banque, l’Office de Saint Georges. L’Office bâtit de nouvelles tours sur le littoral ainsi que des villes fortifiées : Ajaccio (1492), Porto-Vecchio (1539).

En 1553, les Corses, menés par Sampiero Corso, alliés aux Français et aux Turcs d’Alger, entament une révolution qui prend Gênes par surprise. Bastia tombe en quelques heures, Corte se rend sans combattre, Saint-Florent et Ajaccio ouvrent leur porte aux révolutionnaires. Bonifacio et Calvi, peuplées de Ligures fidèles aux Génois, résistent à l’abri de leur citadelle. La première tombe, la seconde n’est jamais conquise. L’amiral génois Andrea Doria contre-attaque avec une armada face aux Français, qui ont dégarni la Corse après la victoire et le retrait de leurs alliés turcs. Le général français de Thermes voit les villes tomber tour à tour : Bastia tient huit jours, Saint-Florent résiste trois mois. Sampiero récupère Corte et Vescovato. La Guerre de Corse s’enlise en guerre d’usure : De Thermes et Sampiero sont écartés par la France au profit du général Giordanno Orsini. Le moral des Corses révoltés est entretenu par une suite de guérillas, malgré des représailles jusqu’à la trêve de Vaucelles (5 février 1556), quand Henri II de France rend à Gênes certaines places fortes. Les Génois ne reprennent possession de l’île tout entière qu’avec le traité du Cateau-Cambrésis (3 avril 1559).

L'époque pisane et génoise de la CORSE dans Corse 220px-Corsica_Prehistory_Casteddu_d%27AraghjuL’Office de Saint Georges, qui reprend le commandement de la Corse, impose une série de mesures jugées dictatoriales. La révolte du peuple corse repart lors du débarquement de Sampiero, aidé par Catherine de Médicis, au golfe de Valinco (12 juin 1564). Les insurgés reconquièrent l’intérieur de l’île, laissant les villes côtières aux Génois. Malgré les renforts envoyés rapidement, Gênes n’inflige aucune défaite décisive à Sampiero. Des villages sont détruits, Cervione brûlé, mais Corte se rend aux insurgés. La République doit faire appel aux Espagnols pour reprendre certaines places (1566), tandis que les renforts envoyés par la France à Sampiero s’avèrent inefficaces. Après nombre de trahisons et de désertions dans les rangs insurgés, Sampiero est tué près de Cauro (guet-apens d’Eccica-Suarella, 17 janvier 1567). Son fils de 18 ans ne continue la lutte que deux ans avant de s’exiler en France (1er avril 1569).

La République de Gênes exploite le Royaume de Corse comme une colonie, moyennant des droits à payer à l’Office de Saint Georges. L’administration est réorganisée autour de paroisses démocratiques, une crise ravage l’économie, Calvi et Bonifacio bénéficient de franchises et d’exemption pour leur fidélité aux Ligures, le gouverneur de la colonie instaure un système juridique corrompu. Les Statuts (décembre 1571) garantissent un minimum de justice et le Syndicat défend, pour un temps, les autochtones. Le maquis devient le refuge des condamnés par contumace, mais l’insécurité est réduite par une redevance sur les ports d’armes. Les impôts comme le commerce sont iniques et les Génois se réservent des monopoles. Après 1638, une nouvelle politique économique est alors instaurée : plantation d’arbres et de vignes, accroissement du cheptel, etc. mais aucun Corse ne peut accéder à la propriété. Les bergers corses sont chassés peu à peu des plaines, les autochtones grondent. En 1729, éclate la guerre d’Indépendance.

 

 

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La brebis corse

Posté par francesca7 le 21 février 2014

- La brebis corse, qui permet de transmettre la longue tradition pastorale de l’île de Beauté. Sanson considérait la race corse comme  » une variété misérable du groupe des Pyrénées « . Ce qui est certain, c’est que, depuis très longtemps, le climat, la faiblesse des ressources alimentaires et le mode de vie ont modelé le type ovin Corse et expliquent les échecs des essais d’amélioration par des apports de sangs extérieurs (Mérinos, Dishley, Barbarin) au XIX ème siècle. Mais fallait-il véritablement promouvoir de tels croisements ? Boyer et Sajous rapportent qu’en 1922, la production laitière des brebis Corses était égale à celle des brebis Lacaune, nettement plus lourdes (et que leur lait était plus riche en matière grasse 79.7 contre 70.5g/l). Cette équivalence n’existe plus, mais une question reste posée pour les éleveurs de plaine qui, s’ils souhaitent augmenter leur productivité en introduisant des béliers Sardes, se voient contraints de rompre avec les systèmes pastoraux traditionnels (plein air, transhumance, etc..) 

 Standard de race … L’homogénéisation de la population a permis d’établir le standard de la race Corse, dont nous empruntons la description au Docteur Romani (revue Technique laitière n665) : 

Animaux de format réduit : la taille varie chez la brebis de 0.50 m à 0.60 m, le poids vif de 30 à 40 kg pour un poids de carcasse de 13 à 20 kg. La taille du mâle peut atteindre 0.65 m pour un poids de 50kg. 

Tête : elle est très fine avec une farce longue ; chanfrein plat ou légèrement brusqué chez la brebis, plus busqué chez le bélier ; présence d’un toupet sur le front. Les oreilles sont petites, implantées bas et portées le plus souvent horizontalement. Les cornes sont parfois absentes chez la femelles ; lorsqu’elles existent, elles sont petites, minces et aplaties. Chez le mâle, elles sont annelées, enroulées en spirales et rejetées en arrière. La couleur des muqueuses varie avec celle de la toison. Elles sont noires pour les brebis noires ou d’un rose plus ou moins soutenu si la toison est grise ou blanche. 

Corps : il est régulier avec un thorax développé en hauteur, un dos droit, une croupe étroite et un gigot bien peu développé. 
Queue : elle est longue et fine (30 à 35). Membres : ils sont remarquablement fins. Les onglons sont de couleur blanche ou brune. Mamelle : elle est développée et conformée en  » pis de chèvre « . Elle présente parfois des trayons supplémentaires. Laine : la coloration de la toison est assez variable avec des sujets tirant sur le blanc (environs 50 %), de couleur noire (environ 30 %), de couleur grise, rousse ou cendrée (environ 20 %). Les brebis entièrement blanches sont plus rares. La toison est très ouverte avec inexistence de laine sous le cou, sur les membres et sous le ventre. Elle pèse de 1kg à 1.200kg et est composée d’une laine grossière et jarreuse à brins longs qui ne peut trouver son utilisation que dans la confection de tapis et de matelas. 

 Aptitudes, Extension… La race corse se définit par un petit format, une grande rusticité et de bonnes aptitudes à la traite et à la production . Agile et bonne marcheuse, ellle vit en plein air dans des zones arides de parcours et de montagne méditerranéens. Elle est exploitée essentielllement pour la production de lait destiné à la fabrication de fromages régionaux : Niolo, Venaco, Sartène… de même qu’une spécialité devenue depuis juin 1983, produit d’appellation contrôlée : le brocciu ; une partie de la collecte est néanmoins exportée par des industriels sous forme de féta. La race corse est la seule race européenne où l’on trouve encore une très grande variation des couleurs de la toison. 

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Napoléon et Sissi y ont vécu

Posté par francesca7 le 1 février 2014

 

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 (Source : La Voix du Nord)

 Condamné pendant près d’un siècle aux oubliettes de l’Histoire, le Palais royal de Venise, construit sur ordre de Napoléon et habité par l’impératrice Sissi, a enfin rouvert ses portes au public sur la célèbre place Saint-Marc

Comment expliquer un si long silence ? « Dans la conscience populaire des Vénitiens, Napoléon reste avant tout celui qui a décrété la fin de la glorieuse République de Venise (697-1797) », explique Andrea Bellieni, directeur du Musée Correr, dont dépendent les appartements royaux. Quant à Sissi, elle reste avant tout un symbole du joug de l’occupant autrichien, une page de l’Histoire que les Vénitiens ont longtemps préféré ne pas mettre en avant.

Jusqu’à ce que le Comité français pour la Sauvegarde de Venise, présidé par Jérôme Zieseniss, décide de financer la restauration de ces somptueux appartements, réduits en piteux état après des décennies d’abandon. Grâce à un budget de 2,5 millions d’euros provenant entièrement de mécènes privés, il a pu restituer les salles de réception et l’appartement de l’impératrice tels qu’ils furent découverts en 1856 par Sissi (elle avait alors 19 ans !) et François-Joseph, deux ans seulement après leur mariage.

Les meubles de l’appartement respectent le goût de cette époque, notamment le style néo-baroque en vogue à la cour de Vienne. Une mention particulière pour le délicieux boudoir de l’impératrice, un petit bijou décoré d’allégories féminines et de guirlandes de bleuets et de muguets.

Même s’il n’y séjourna jamais, c’est Napoléon, proclamé roi d’Italie en 1805, qui décida en 1807 lors de sa venue à Venise la construction du palais au cœur même de la Cité des Doges, face à la célèbre basilique Saint-Marc. Edifié en six ans, le palais est aujourd’hui le seul palais royal néoclassique intact en Italie, oeuvre du décorateur Giuseppe Borsato, disciple des Français Percier et Fontaine, les pères du style Empire. L’escalier et le vestibule d’honneur, la salle de bal, la salle du trône et les appartements offrent aux visiteurs un beau panorama.

Le souvenir de Napoléon
« Nous sommes arrivés ici par pur hasard, nous sommes agréablement surpris, on pensait trouver simplement un musée avec des peintures. La salle de bal est très très belle », s’extasient Marc et Marie, un couple de trentenaires de Nîmes (sud-est de la France) en week-end à Venise. Le legs de Napoléon à la Sérénissime a donc retrouvé toute sa splendeur. « Napoléon, c’est sûr, a envoyé au Louvre nombre d’œuvres appartenant à l’histoire de Venise, à commencer par les chevaux de la place Saint-Marc, mais c’est aussi grâce à lui que beaucoup d’œuvres furent sauvées », souligne Andrea Bellieni.

S’il évoque le souvenir de Napoléon et de son beau-fils Eugène de Beauharnais, fils de l’Impératrice Joséphine et vice-roi d’Italie, le palais porte aussi la marque de la légendaire Sissi. « Une femme extraordinaire, non seulement belle mais d’une très grande sensibilité, et qui, dans ce lieu, a réussi à convaincre son mari de faire libérer des prisonniers politiques », note Jérôme Zieseniss. Après le retour de Venise dans le giron italien, Sissi, en route pour sa villa de Corfou, sera d’ailleurs reçue pour une dernière fois au palais en 1895 pour un thé par le roi Humbert Ier et la reine Marguerite. Parmi les autres hôtes célèbres de ce palais figurent des personnages controversés comme Hitler et Mussolini, mais aussi le dernier roi d’Italie Humbert II, qui y fit un bref séjour en 1946 avant son exil au Portugal.

Après les neuf pièces ouvertes au public cet été, Jérôme Zieseniss veut maintenant s’attaquer à l’appartement de l’empereur : quatre pièces dont la restauration nécessite 800.000 euros. Un oligarque russe et une maison de luxe se sont déjà engagés à participer au financement, et Jérôme Zieseniss espère bien pouvoir ouvrir deux et même peut-être trois pièces d’ici le printemps 2013. Un défi car « il faut tout reprendre, y compris les fenêtres et les portes… » soupire ce gentleman amoureux de Venise, que rien ne semble pourtant décourager.

Accédez à l’article source  (image)

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L’enfant corse de Bergerat

Posté par francesca7 le 22 décembre 2013

L’enfant corse. Conte corse

par

Émile Bergerat

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Aimez-vous les histoires corses, ou, pour mieux dire, de vendetta corse ? En voici une qui m’arrive de l’île de Colomba, et précisément de Sartène, dernier refuge de ce pauvre banditisme contre lequel on mène si rude guerre. J’ai laissé là quelques amis qui m’entretiennent encore des choses et des gens du pays. Ça n’a pas changé, m’écrivent-ils, depuis votre voyage, en 1887, et nous restons fidèles à nos moeurs comme à nos coutumes ethniques qui sont les bonnes. La Corse est l’île de l’honneur. Jugez-en, d’ailleurs, une fois encore.

Dans le triangle de maquis montagneux inscrit entre Sartène, Porto-Vecchio et Bonifacio, et qui forme la pointe méridionale de l’île, il y a, sous un contrefort du mont Scopeto, un hameau de deux cents âmes divisées par une vendetta séculaire, celle des Arboli et des Marata.

Le village est considéré par eux comme terrain neutre. Ils y vivent en face les uns des autres, et leurs maisons se regardent. Si les femmes de chaque famille se rencontrent à la fontaine ou à l’église, sur la place, et même y causent ensemble, les enfants restent séparés dans leurs jeux, et singent naïvement la haine de leurs pères. Ils en hériteront. Du reste, l’école est lointaine, quatorze kilomètres, et ils n’y vont pas. Quant au catéchisme, le recteur est un Corse lui-même et, sur la question de la vendetta, il ferme l’Évangile et corne son bréviaire. Amen.

C’est donc hors du village que la chasse commence et que les Arboli et les Marata se guettent, aux coins des monts, le fusil au dos et la poire à poudre à la ceinture, depuis un temps immémorial. Ils ne savent même plus exactement eux-mêmes la cause originelle de leur animosité héréditaire. Ils ne cherchent pas à l’établir, encore moins à l’élucider ; le virus est dans le sang, il s’y perpétue de père en fils et jusqu’aux confins du cousinage. Le meurtre d’un Arboli nécessite celui d’un Marata, et vice versa, par loi de conséquence. Ça n’empêche pas de se reproduire dans chaque clan par des mariages, consanguins, d’ailleurs, que le curé bénit à vol de cloches.

Le pays où le Code Napoléon est le moins obéi est celui où son auteur est né. Quant aux gendarmes, ses organes bottés, vous devez vous rappeler encore en quel mépris on les tient dans l’île. En abattre un dans les lentisques parfumés, c’est acquérir une gloire à la Guillaume Tell, où le bon tireur s’exalte de l’homme libre.

Antonio Arboli, fils aîné du dernier Arboli, meurtrier du dernier Marata, – car nous en étions là, à Sartène, de leur duel centenaire, – s’étant payé, l’automne dernière, la peau buffletée de l’une de ces autorités ambulantes, avait pris le mâquis et il s’y terrait comme un lapin dans les romarins. Une battue stratégique, menée par un Pandore habile, le plus habile même que nous ayons, avait débusqué le jeune bandit de sa retraite. Cerné de toutes parts, il s’était réfugié chez le curé même de la paroisse, qui est un Arboli, et son parent. L’asile était bon et d’un choix ingénieux, car le prêtre n’était pas homme à laisser violer son presbytère ni par des civils, ni par des militaires, et il avait décroché à tout événement un lourd crucifix de bois, de fer et de bronze, qui pendait comme une hache de panoplie sur sa couchette.

Mais, la nuit venue, Antonio avait eu honte de la situation funeste où il plaçait le pauvre révérend en temps de République, et, bondissant par la lucarne du grenier, il avait pris sa course dans le village. Comme il passait devant la maison des Marata, il en vit la porte ouverte. Sur le seuil, Cara Marata, dame du logis, tordait le linge du mois, dont son petit garçon lui passait les pièces. L’enfant s’appelait Jean. Il avait six ans.

Antonio regarda la mère, et, d’un geste, sans un mot, il lui indiqua le presbytère, d’où venait un bruit de bottes et de sabres.

- Entre ! fit la femme corse.

Et elle tira la porte sur l’hôte.

Or, ne l’oubliez pas, le bandit traqué n’était autre que le fils aîné de l’Arboli qui avait tué le beau-père et oncle de Cara, soit le vieux Paolo Marata, propre père du chef actuel de la famille, père à son tour du petit Jean. Ce chef s’appelait lui aussi Paolo, comme le trépassé, et c’était entre lui et Antonio qu’était « la chemise sanglante ».

Donc Paolo rentra chez lui pour la soupe. – Journée perdue, fit-il, en déposant fusil et cartouchière. Je l’ai cherché là-haut, dans le mâquis, jusqu’à la chute de la lumière. Pas d’Antonio Marata. – Il est ici, dit simplement la femme. – Ah ! chez nous ? – Le village est occupé par la gendarmerie. Écoute. – Tu as bien fait, déclara Marata, un peu pâle. Mais je ne veux pas le voir. Cache-le bien et prends soin de lui. Je vais à Sartène et j’y resterai jusqu’à son départ. – Va, et sois tranquille, ils ne l’auront pas.

Puis, comme la gendarmerie y perdait son temps et ses peines, elle évacua le village.

L’enfant corse de Bergerat dans Corse 220px-Signature_BergeratLe lendemain, pourtant, le brigadier y reparut. Il était seul. Tout en feignant d’avouer sa déconvenue et ses excuses faites au curé, il se renseignait auprès des commères qui, chez nous comme ailleurs, sont bavardes autour des fontaines. Tout ce qu’il en apprit, cependant, c’était que la Gara Marata était allée étendre son linge au soleil sur les arbustes odorants de la montagne. Comme les Marata étaient notoirement les ennemis nés des Arboli, la nouvelle était pour lui sans indices. Quoiqu’il fût assuré que le bandit n’était pas sorti de la commune, il ne pouvait s’arrêter raisonnablement à l’idée qu’un Arboli fût caché chez un Marata, et surtout, s’il l’était, que son hôtesse eût laissé la maison déserte à la garde d’un enfant de six ans. Mais outre que le gendarme abattu par Antonio dans la brousse était son propre frère et que l’atmosphère même du pays activait son besoin de vengeance, il se méfiait terriblement des Corses, «capables de tout, disait-il, et bons à rien». Il fit donc à tout hasard un nouveau tour dans les rues du hameau et, parvenu devant l’habitation des Marata, il y vit le petit Jean à califourchon sur la balustrade de l’avancée en terrasse où se signe l’architecture locale de nos bastidons.

- Te voilà sur un beau cheval de pierre ! lui cria-t-il. Mais l’enfant, saisi de peur à la vue du bicorne symbolique, s’était enfui en lui faisant les cornes. – Attends, polisson ! Et le brigadier grimpa les degrés du perron. – Es-tu donc seul, fit-il, en lui pinçant l’oreille ? – Maman va venir. – Et c’est toi qui gardes la maison. A ton âge ? Tu dois t’ennuyer sans frère, soeur, ni camarades ? As-tu des joujoux ? Veux-tu que je t’en apporte d’Ajaccio ? – Oh oui ! si maman veut. – Eh bien ! mais il faut que j’y aille d’abord,à Ajaccio. Quelle heure est-il ?

Et le brigadier tira sa montre. Les yeux de Jean s’allumèrent comme tisons de braise. – C’est joli, hein ? Et ça chante. Écoute : tic. tac ; – Et il la lui mit à l’oreille. – La veux-tu ? – Oh ! oui, monsieur le gendarme. – Alors entrons.

Un quart d’heure après, Antonio Arboli, fortement garrotté, les cheveux pleins de paille et tout suant d’une lutte désespérée, descendait dans la rue sous le poing victorieux du gendarme et s’y rencontrait avec Cara Marata, muette d’épouvante. – Tu n’es pas une Corse, lui jeta-t-il. Mort aux Marata. Honte aux lâches.

L’enfant, sur le perron, écoutait, épanoui, le tic tac de la montre, et la malheureuse comprit. Elle hurla toute la nuit, comme une bête égorgée.

Au petit jour, Paolo parut : – Je sais, fit-il, j’ai vu passer Antonio enchaîné sur la place, à Sartène. Que tous les Marata soient ici, à midi, dans la maison de famille. Toi, femme, prépare l’enfant. – A quoi ? – Tu es sa mère. – Ah ! mon Dieu, Paolo, je n’ose deviner ! Mais nous n’avons que lui ! – Prépare l’enfant, te dis-je.

L’arrêt des Marata fut unanime.

Alors la mère, car il y en a de telles dans l’île de l’honneur, prit son petit sur les genoux, et doucement lui expliqua son crime. Elle lui dit en quoi il consistait, ce qui le rendait impardonnable, et de quel châtiment il fallait l’expier. – Tous les parents seront là pour te voir mourir, bien mourir, mon cher enfant. – Et toi, maman, y seras-tu ? – J’y serai, je te le promets. – Et mon papa ? – Ton papa aussi, fut la réponse. Et elle l’assura qu’il ne lui ferait pas de mal, il était le premier tireur de Corse, infaillible.

L’heure venue, ils conduisirent l’enfant au fond du jardin, les yeux bandés. Il avait demandé qu’on lui accrochât sur le coeur la montre « du méchant gendarme ». – Ne la manque pas, mon papa…

Et mon correspondant de Sartène termine par ce trait à la Mérimée : – Il n’a manqué ni la montre ni le coeur.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsJe ne me dissimule pas l’effet de révolte sentimentale que ce récit, dont j’ai adouci de mon mieux la « corserie », produira sur les âmes un peu moites de la plupart des lecteurs. Nous sommes ici dans l’île escarpée de l’honneur, vertu bête qui, comme l’amour, échappe aux lois de la moralité et du reste n’à plus guère de poètes. Peut-être vaut-il mieux laisser au compte de l’imagination vieux jeu de mon propre romantisme une histoire qui trouvera peu de crédules. N’en parlons plus, oubliez-la, et rentrons dans la République d’affaires.

Légende corse / source BERGERAT, Émile (1845-1923) : L’enfant corse : Conte corse (1919).

 

 

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L’IMPRIMERIE EN EUROPE AUX XVe ET XVIe SIÈCLES

Posté par francesca7 le 1 novembre 2013


Les premières productions typographiques

et les premiers imprimeurs.

~*~

En dehors de l’intérêt que présente cet opuscule à tous ceux qui s’intéressent aux débuts de l’imprimerie, il offre une particularité curieuse qui réside dans sa confection même.

Depuis plus de quatre siècles la composition typographique a toujours été exécutée à la main. Ce qui faisait dire souvent à ceux qui ont discouru des choses de l’imprimerie que la typographie, en ce qui concerne spécialement la composition, était restée dans les limites que lui avaient assignées Gutenberg, Fust et Schœffer.
L'IMPRIMERIE EN EUROPE AUX XVe ET XVIe SIÈCLES dans Alpes Haute Provence yriarte02
Il était réservé au XIXe siècle – et les tentatives premières qui remontent presque au début de ce siècle se sont formulées plus nettement et ont abouti à de sérieux résultats dans ces vingt dernières années de donner une formule nouvelle à la composition typographique.

Jusqu’à cette heure le progrès le plus réel qui ait été réalisé dans la composition mécanique semble dû à la Linotype (machine qui compose, espace, justifie, fond et distribue), dont l’idée première appartient à James C. Cléphane, typographe à Washington et qui a été perfectionnée à la suite d’incessantes et patientes recherches par Mergenthaler.

La Linotype, véritable merveille de mécanisme, est appelée dans un prochain avenir à prendre dans l’imprimerie la place importante que lui assignent, dans notre siècle de vapeur et d’électricité, la rapidité de travail qu’elle donne et l’économie de temps et d’argent qu’elle permet de réaliser.

L’Imprimerie en Europe aux XVe et XVIe siècles a été, sauf les premières pages, entièrement composé par la Linotype, et la composition a été exécutée par un seul ouvrier en une journée de 10 heures.

C’est l’un des premiers travaux qui aient été exécutés en France, à l’aide de la Linotype. Les imperfections matérielles qu’on pourra rencontrer dans cet ouvrage sont inséparables des premiers essais. Mais déjà les résultats s’améliorent et sont de nature à satisfaire les esprits les plus rebelles.

En publiant ces notes chronologiques, nous devions au lecteur quelques éclaircissements sur la confection matérielle du volume et dégager ce point spécial qu’un ouvrage relatant les labeurs accomplis patiemment et péniblement par la main des ancêtres typographiques, il y a quatre siècles et plus, est aujourd’hui mis à jour presque automatiquement, grâce aux combinaisons ingénieuses et multiples d’une machine à composer.

AVANT-PROPOS
Le relevé chronologique des premières productions de la typographie en Europe et des noms des imprimeurs qui, les premiers, ont exercé l’art d’imprimer depuis Gutenberg (XVe siècle) jusqu’à la fin du XVIe siècle, nous semble devoir offrir quelqu’intérêt aux érudits et aux amateurs bibliographes.

Des monographies spéciales à certains pays ont été publiées et contiennent des indications plus ou moins étendues sur les origines de l’imprimerie dans telle ou telle partie de l’Europe, dans telle ou telle ville.

Mais nous ne pensons pas qu’un travail d’ensemble présentant les noms des premiers typographes en Europe et les titres des premiers ouvrages qui virent le jour du XVe au XVIe siècle ait été publié jusqu’ici.

Nous aidant des renseignements divers empruntés aux historiens de l’imprimerie, aux bibliographes, aux manuels et catalogues les plus complets, nous avons dressé un relevé aussi précis que possible, nous attachant à la reproduction fidèle des titres des ouvrages, dans leur orthographie souvent bizarre, complétant ces indications sommaires par des notes intéressantes touchant l’histoire de l’imprimerie.

Nous souhaitons que l’aridité apparente de ce travail qui nous a demandé de patientes recherches soit excusée et que ce modeste essai soit accueilli avec une indulgente faveur.
L. D.

FRANCE
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220px-Buchdruck-15-jahrhundert_1 dans Ariège
ABBEVILLE (Somme), 1486.

L’imprimerie est exercée dans cette ville dès cette date. Jehan Dupré, l’illustre typographe parisien qui imprimait le « Missale » de 1481 confie à un artisan d’Abbeville, Pierre Gérard, les caractères et le matériel nécessaires a l’établissement d’une imprimerie considérable. Premier livre imprimé la « Somme rurale», complétée par Jeban Boutillier.

AGDE (Hérault), 1510.

Le premier livre paru dans cette ville, « Breviarium ad usum beatissimi protomartyris Agathi Diocaesis patroni », a été imprimé par Jehan Belon, qui avait également des presses à Valence en Dauphiné, sa patrie.

AGEN (Lot-et-Garonne), 1545.

On attribue l’introduction de l’imprimerie dans cette ville et l’impression du premier ouvrage à Antoine Reboul, qui fit paraître à cette date un ouvrage du célèbre César Frégose, devenu évêque d’Agen en 1550 : « Canti XI de le Lodi de la S. Lucretia Gonzaga di Gazuolo », etc.

AIX (Bouches-du-Rhône), 1552.

Le premier livre imprimé est un « Règlement des advocats, procureurs et greffiers et des troubles de cour », etc., par François Guérin. L’imprimeur est probablement Pierre Rest, ou Roux, bien que des privilèges aient été accordés en 1539 et 1545, aux libraires d’Aix, par François Ier, et que l’imprimeur de Lyon, Antoine Vincent, ait obtenu la permission pour trois ans (1536-39) d’imprimer les Ordonnances du pays de Provence.

ALBI (Tarn), 1529.

Le premier livre imprimé à cette date dans la quatrième des cités de l’ancienne Aquitaine est : « Sensuyt la vie et légende de madame saincte Febronie, vierge et martyre ». Le présent livre faict imprimer par Pierres Rossignol, marchât et bourgioys Dalby.

ALENÇON (Orne), 1530.

Le premier livre connu, « Sommaire de toute médecine et chirurgie », par Jean Gouevrot, vicomte du Perche, sort des presses de maistre Simon du Bois. A la fin du XVIe siècle et pendant tout le XVIIIe, une famille d’un nom très connu, les Malassis, fournit de nombreux imprimeurs à Alençon.

ANGERS (Maine-et-Loire), 1476.

C’est la cinquième ville de France dans laquelle ait pénétré l’imprimerie. Le premier ouvrage imprimé est la « Rhetorica nova » de Cicéron, qui dispute la priorité au « Coustumier d’Anjou », le plus ancien Coutumier français que l’on connaisse. La « Rhétorique » porte à la fin : « Audegani per Johanem de Turre atque Morelli impressores. »

ANGOULÈME (Charente), 1491.

Tous les bibliographes font remonter à cette date l’introduction de l’imprimerie dans cette ville par la publication de cet ouvrage : « Auctores octo Continentes libros videlicet », etc. etc. Le nom de l’imprimeur est inconnu. Au XVIe siècle, il faut citer parmi les imprimeurs la famille des Minières.

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Pascal Paoli, général de la Corse

Posté par francesca7 le 10 octobre 2013


Pascal Paoli, général de la Corse dans Corse 220px-paoliEn 1757, les Matra, appuyés par Gênes, et Colonna de Bozzi, allié de la France, soulèvent une révolte. Pascal Paoli, alors élu général de la Nation, les écrase. Il crée une marine qui lui permet de soumettre le Cap Corse en 1761 et de s’emparer de Capraia en 1767, mais échoue cependant dans sa tentative de prendre d’assaut les villes côtières génoises.

En 1756, les Français signent le traité de Compiègne qui accorde à Gênes des subsides et des troupes pour occuper Ajaccio, Calvi et Saint-Florentjusqu’en mars 1759. En 1758, Pascal Paoli fonde l’Île-Rousse. Quatre ans plus tard, il fait adopter le drapeau à la tête de Maure et crée une monnaie. Le 6 août 1764 est signé le second traité de Compiègne. Les troupes françaises s’engagent alors à tenir garnison dans les trois villes déjà occupées ainsi qu’à Bastia et à Algajola pendant quatre ans. En 1765, Corte devient la capitale de la Corse, et une université y est créée.

Bien que Pascal Paoli continue à correspondre avec le duc de Choiseul dans l’espoir d’assurer l’indépendance de la Corse, le 5 mai 1768, par le traité de Versailles, Gênes cède à la France la souveraineté sur l’île. Peu de temps après le Général tient le discours suivant à la consulta de corte:

« Braves Corses, courageuse jeunesse, mes chers et généreux compatriotes!

Toutes les Nations qui furent zélés pour leur liberté, comme l’est la nôtre, éprouvèrent des vicissitudes qui ont éternisé leur nom. On a que des peuples, non moins courageux, non moins puissants que nous, ont détruit la haine et fait échouer par leur fermeté les desseins démesurés de leur ennemis. Si pour maintenir la liberté, il ne fallait rien de plus que de désirer, certainement tout le monde en jouirait. Mais ce précieux joyau ne peut s’acquérir que par la vertu et le courage qui font triompher de tous les obstacles. La condition et les prérogatives d’un peuple libre sont trop considérables pour pouvoir en donner une juste idée; aussi sont-elles l’objet de l’étonnement et de l’envie de tous les hommes. Maintenant, intrépide jeunesse, voici le moment le plus critique.

Si nous ne nous forçons de braver le danger qui nous menace, c’est fait de notre réputation et de notre liberté. En vain jusqu’à ce jour nous nous sommes consolés par la considération de notre héroïsme. En vain nos ancêtres et nos chefs se sont donnés tant de pénibles soins; en vain ils ont répandu tant de sang d’une manière si glorieuse. Non, fameux et magnanimes défenseurs, qui avez sacrifié votre vie pour nous obtenir et conserver notre liberté, ne craignez pas que vos descendants vous faillent rougir de honte. Ils sont fermement résolus de suivre vos glorieuses traces, et de mourir plutôt que de porter le joug.

On nous fait craindre d’avoir à mesurer nos armes contre celles des Français; c’est ce que nous ne pouvons nous imaginer. Jamais nous ne croirons que le Roi Très-Chrétien, après avoir été médiateur dans notre différend avec les Génois, devienne aujourd’hui notre ennemi, et que Sa Majesté s’unisse assez étroitement à la République de Gênes pour vouloir soumettre un peuple également libre et plein de grandeur âme. Néanmoins au cas que la chose fût aussi réelle qu’elle parait être, et que le plus grand des monarques du monde s’armât pour faire la guerre à une nation si faible et si peu nombreuse, nous devons tout Portrait par William Beechey (1753-1839)espérer de notre courage. Persistons fermement dans la généreuse résolution de vivre et de mourir indépendants. Ce discours ne s’adresse point aux âmes lâches et timides. S’il s’en trouvait de telles parmi nous, nous les renoncerions pour nos compatriotes.

Tous les dignes Corses sont animés du plus beau feu, du plus intrépide courage, du zèle le plus ardent pour la liberté. Je compte autant de héros que de Corses. Voici l’occasion de vous montrer dignes de vous. Des troupes étrangères ont débarqué sur nos côtes pour risquer leur vie en sauveur d’une République tyrannique. Craindrions-nous de sacrifier la nôtre pour notre liberté et notre conservation. Généreuse jeunesse, chacun de nous est convaincu qu’il ne peut survivre à la perte de là liberté, à la ruine de la patrie. Jurons-tous de défendre l’une et l’autre jusqu’à la dernière goutte de notre sang. II n’est pas aisé de vaincre un peuple libre, et rien n’est impossible aux âmes nobles et magnanimes »

 

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l’Histoire de la Corse

Posté par francesca7 le 10 octobre 2013


l’Histoire de la Corse dans Corse 220px-corsica_prehistory_casteddu_daraghjuLes traces des premières occupations humaines datent du IXe millénaire avant l’ère chrétienne, notamment sur le site dit A Teppa di U Lupinu à Santo-Pietro-di-Tenda (Haute-Corse). La présence de plusieurs groupes humains est attestée au VII-VIe millénaire, au nord comme au sud de l’île. Il s’agit de groupes de chasseurs-cueilleurs et certainement pêcheurs, se nourrissant entre autres du lapin-rat (pika endémique du genre Prolagus) et également de coquillages. De cette époque ont été datés plusieurs sites et notamment celui de l’Araguinna Sennola, près de Bonifacio. Ce site, dont les fouilles ont commencé en 1966, a révélé un squelette féminin datant de -6500. À ce premier peuplement, dont on suppose aujourd’hui qu’il s’agissait avant tout de simples fréquentations épisodiques de groupes en provenance du littoral italien, succède une véritable colonisation de l’île avec la venue de communautés agropastorales néolithiques. L’arrivée de ces populations villageoises débute vers 5700 avant J.-C.

D. Binder et J. Guilaine font remarquer dans leur rapport Radiocarbone et processus de la néolithisation en Méditerranée centrale et occidentale que « dans la zone tyrrhénienne (Sardaigne,Corse, Latium, Toscane, Ligurie), les premiers horizons néolithiques dans la première moitié du VIe millénaire montrent généralement des styles céramiques structurés du Cardial et de l’Impressa ». La datation au carbone 14 a en effet donné de 5750 à 5350 av. J.-C., soit des dates contemporaines des autres sites italiens en Méditerranée.

Ce « néolithique ancien cardial » a été identifié en divers endroits comme à Saint-Florent, Vizzavona ou Filitosa et à Aleria (site de Terrina). Le premier néolithique en Corse appartient à la grande culture céramique de type Cardial ou Impressa (Gabriel Camps, 1988). Ce premier Néolithique est diffusé à travers toute l’île et a des caractéristiques très proches de la facies toscane méridionale, dite de Pienza. Gabriel Camps conclut : « C’est donc avec la Toscane voisine que la Corse présente [...] les plus grandes ressemblances », il insiste sur « la primauté des relations entre la Toscane et la Corse. » Cette primauté des relations remonte sans nul doute déjà au mésolithique et explique les dernières découvertes qui permettent de conclure sur cette période, sur le premier peuplement de la Corse : dès le néolithique, les Corses seraient une population venu de la péninsule italienne, dont la langue aurait été proche des parlers de Toscane et de Ligurie (sous-groupe dit tyrrhénien). Cette variante aurait été ensuite successivement influencée par la Sardaigne en ce qui concerne la Corse du Sud (dont la population aurait été proche des Ibères), puis par les Ligures (ou Celto-Ligures) pour toute l’île mais surtout la Corse septentrionale.

Les anciens parlers en Corse, avant l’occupation romaine, avaient donc probablement un fonds commun proto-toscan (ou proto-etrusque) avec diverses influences de peuples méditerranéens(Ibères, Ligures, Celtes, Peuples de la mer) et ont ensuite été profondément romanisés. Ils ne constituent au plus qu’un lointain substrat au corse moderne (et sa variante du Nord de la Sardaigne, le gallurais) qui est une langue très proche du toscan archaïsant. L’interjection répandue Ajo ! en est sans doute un reliquat.

À partir de -5000 le peuplement de l’île s’intensifie avec l’arrivée de migrants vraisemblablement Ligures venus par cabotage par l’archipel toscan. Dès le VIe millénaire, ces nouveaux groupes néolithiques amènent avec eux les céréales et les animaux domestiques (le chien, les ovins, les caprins et les porcins), pratiquent le défrichage; ce qui conduira à l’extinction d’une partie de la faune endémique. De nombreux échanges existent entre Corse et Sardaigne. Ils concernent l’approvisionnement des néolithiques corses en obsidienne et silex sardes, roches utilisées pour confectionner de nombreux outils. Des influences continentales sont aussi décelables. Au IVe millénaire la production lithique et céramique de l’île s’inscrit dans le courant chasséen du néolithique de l’ouest méditerranéen. À la fin du IVe millénaire, une métallurgie du cuivre local apparaît sur le site de Terrina. On peut dire qu’à cette époque existe une véritable société insulaire organisée en villages ayant entre eux un réseau d’échanges et où l’île entretient des rapports commerciaux constants avec ses voisins.

Les vestiges laissés par la préhistoire en font en outre l’un des endroits privilégiés de l’Europe pour l’étude de cette période, et l’île représente aussi la plus grande concentration de statues-menhirs et menhirs de toute la Méditerranée. À noter aussi la présence d’une peinture rupestre sur la commune d’Olmetta, la grotta scritta, datant d’environ 2000 ans avant J-C.

  • Les constructeurs de mégalithes220px-Monument-Solaro dans Corse

Les statues-menhirs qu’on trouve en divers endroits de l’île ; érigées entre -1500 et -800, représentent des guerriers portant épées courtes, ceintures ou baudriers, cuirasses sculptées en bas-relief. Celles-ci semblent monter la garde dans l’attente d’éventuels envahisseurs, comme pour en conjurer la venue. Ces statues-menhirs sont sans doutes autant de conjurations contre cet ennemi que de victoires dans un premier temps remportées sur lui.

Il convient de préciser que la Méditerranée, à cette époque, connut un développement économique important, avec l’expansion du commerce des métaux. Cet essor a sans doute contribué au renforcement des inégalités et a favorisé les actes de piratage. Les populations se sont alors retrouvées contraintes de se protéger, en édifiant des forteresses, à l’image des « castelli » de Corse ou des « nuraghes » (voir culture nuragique) de Sardaigne.

Proto-histoire

L’île est sans doute connue des Phéniciens, auxquels elle devrait son nom de Korsai.qui signifie « couvert de forêts » Les Phéniciens propagent dans leur sillage l’agriculture : la vigne et le vin, l’olivier et l’huile, le blé et le pain ; leur organisation de la cité et l’écriture. Ils exploitent et commercent dans le monde antique les mines de cuivre, de plomb, d’étain, d’argent et de fer.

Les Phéniciens sont considérés comme parmi les meilleurs navigateurs du monde antique de cette époque. Ce sont avant tout des commerçants, non des colons, ils ne s’installent qu’entre terre et mer, sur des îlots, dans des criques protégées, dans l’arrière-pays desquelles ils cultivent ce qui est nécessaire à l’alimentation de leurs comptoirs et au remplissage de leurs entrepôts pour le ravitaillement de leur navires. Malte, les îles Pélages, Utiqueet Motya en Sicile, Tharros et Nora dans le sud-ouest de la Sardaigne sont autant d’étapes sur leur route. Il n’est guère possible qu’ils n’aient abordé les rivages corses, même s’il ne subsiste aucune trace de leur passage sur l’île. Les cités côtières étrusques et ses ports, comme Pyrgi ou Populonia, sont autant de comptoirs pour eux et, pour conserver de bons rapports avec le pays des Tyrréniens, sans doute jugent-ils préférable de leur laisser la prérogative du commerce avec l’île d’Elbe et la Corse dont ils trouvent les produits sur les marchés d’Étrurie.

Les Étrusques entreprennent réellement l’exploitation de la Corse. Ils se sont en effet tacitement partagé la domination de la Méditerranée occidentale avec les Carthaginois (voir Carthage) pour en contrôler le commerce. Aux Carthaginois reviennent la Sardaigne, l’Afrique du Nord et le sud de l’Espagne, aux Étrusques la Corse et le littoral gaulois.

  • Le monde tyrrhénien

Selon Servius (Aen. X, 172), mentionné par Mario Torelli dans son Histoire des Étrusques, il est fait allusion à la fondation de Populonia (du nom du dieu étrusque Fufluns -Bacchus-), grand port et principal centre métallurgique de l’Étrurie, par les Corses, chassés par la suite par les habitants de Volterra. Ceci suggère qu’avant la naissance de l’Étrurie, lors de la période de la culture de Villanova, la population corse et la population de l’Italie centrale face à la Corse doit être sensiblement la même, et que pour le moins ils entretiennent des rapports étroits et se connaissent bien.

Le même texte fait également allusion à une histoire de piraterie sarde et corse dans l’aire tyrrhénienne, et ce durant le premier âge de fer. La barque votive figure dans les bronzes sardes et semble assez populaire dans ces îles de la Méditerranée occidentale. Les échanges commerciaux entre l’Étrurie, la Sardaigne et la Corse semblent avoir été particulièrement intenses à cette période. Sur cette toile de fond viennent s’insérer les Phéniciens, probables médiateurs, et tirant les ficelles des relations commerciales de la région.

220px-PirateLe latrocinium (la piraterie) qui est relaté par les sources anciennes, n’est que l’autre facette du commerce maritime, et semble marquer les relations de deux entités qui d’une part s’affrontent et d’autre font du commerce : d’une part la légendaire occupation corse de Populonia, et d’autre la relative domination étrusque le long de la côte orientale de la Corse à l’époque historique.

Les sources écrites, principalement grecques, sont souvent contradictoires et, en en recomposant le puzzle de bribes éparses qu’elles forment, on parvient à situer la Corse et son histoire dans le monde méditerranéen et particulièrement sa place et son rôle en Méditerranée occidentale, mais on ne sait que relativement peu de chose sur la vie de sa population. C’est davantage grâce aux fouilles archéologiques effectuées dans l’île qu’on peut en avoir une idée plus précise.

L’Antiquité

Les Phéniciens, venus de Tyr, commercent avec la Corse, mais ne s’y arrêtent pas.

Les Grecs de Phocée essaiment en Méditerranée occidentale et fondent vers 600 av. J.-C. une nouvelle Phocée (Marseille), puis, vers 565 av. J.-C.Alalia, sur la côte orientale corse. Quand on dit qu’ils fondent, ce n’est pas le terme exact : les Phocéens avaient pour habitude de fonder un comptoir commercial dans une ville déjà existante. Aussi bien à Phocée/Marseille qu’à Alalia, ils ont trouvé des populations regroupées en agglomération et ayant déjà des productions. Pour preuve, la rapidité avec laquelle les habitants d’Alalia ont maîtrisé les techniques de poterie des Phocéens (un siècle plus tard, ils produisaient des céramiques semblables, ce qui s’explique si l’on se souvient de la présence de Terrina (qui a donné son nom au Terrinien), site se trouvant dans le périmètre de la cité d’Alalia.

Chassés d’Asie Mineure par les Perses en 546 av. J.-C., les Phocéens se réfugient dans leurs comptoirs. Ils contrastent avec la population locale. Ils construisent une cité en dur, introduisent la vigne, l’olivier et le blé, enseignent l’écriture, exploitent les gisement d’argent, de fer et de plomb, tandis que les autochtones se replient sur les hauteurs, le maquis et la forêt pour y vivre de l’agriculture, de la récolte du miel et surtout de l’élevage (chèvre). Cependant, le commerce existe entre les deux.

Après l’invasion de l’île d’Elbe, les Étrusques, venus de Toscane, s’allient aux Carthaginois, héritiers des Phéniciens et maîtres des rivages nord-africains et de la Sardaigne. En 535 av. J.-C., leurs flottes affrontent celle des Phocéens au large d’Alalia. Après cette bataille, une partie des Phocéens émigre pour fonder Élée. La population du comptoir devient largement cosmopolite, et les trois peuples y cohabitent.

Cependant, en 453 av. J.-C., les Syracusains débarquent sur l’île et chassent les Etrusques (ce qui n’est pas le cas à Alalia qui demeure opulente et cosmopolite). Ils aménagent un port dans un golfe du sud de la plaine orientale : Port Syracusain (Porto-Vecchio). Plus tard, vers 280 av. J.-C., les Carthaginois, reviennent prendre la place des Syracusains. Seuls maîtres de l’île et de sa plus grande ville, Alalia, ils déciment la Corse en détruisant nombre d’arbres fruitiers et de plantes comestibles et en interdisant toute agriculture.

220px-Saintdevota

Sainte Devote

Les divisions politiques de l’île 

Au dire de Pline, les Romains divisèrent l’île en 33 civitates, civitas étant une commune étrangère ; cité, municipe ou colonie, elle se composait, en dehors de la ville quand il y en avait une, d’un territoire plus ou moins étendu. Ce territoire renfermait des vici, bourgs, des pagi, villages, des castella ou oppida, réduits fortifiés, des fermes et des grandes propriétés, fundi, villa et prædia. Cette dernière expression s’est conservée et, sous le nom de presa, les Corses désignent la partie cultivée du territoire par opposition à la portion réservée au libre parcours.

 

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la Corse et ses Légendes

Posté par francesca7 le 10 octobre 2013

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De l’origine des noms « Corsica » et « Cyrnos » 

Bien des légendes existent sur l’origine du nom donné à l’île de Corse. Parmi les plus tenaces, celle qui veut que les Grecs l’aient appelée Kallistê (en grec ancien Καλλίστη / Kallístê), et dont on sait aujourd’hui qu’elle est fausse.

Des historiens ont écrit :

  • « De vieux auteurs l’assurent et, dans la légende qu’ils nous ont transmise, une réalité précise apparaît sans doute. Une femme de la côte de Ligurie, voyant une génisse s’éloigner à la nage et revenir fort grasse, s’avisa de suivre l’animal dans son étrange et longue course. Sur le récit qu’elle fit de la terre inconnue qu’elle venait de découvrir, les Liguriens y firent passer beaucoup de leurs compagnons. Cette femme s’appelait Corsa, d’où vint le nom de Corse. C’est la légende éponyme que nous retrouvons à l’origine de toutes les cités antiques ; mais elle est de formation récente, car le premier nom de l’île est Cyrnos et non pas Corsica.

Vue de KarystosLa difficulté n’était point pour embarrasser les vieux chroniqueurs, grands amateurs de merveilleux et habitués à ne douter de rien. Il y a d’autres légendes, et plus prestigieuses, sinon moins fantaisistes. Un fils d’Héraclès, Cyrnos, aurait colonisé la Corse en lui donnant son nom. Giovanni della Grossa croit que la Corse a été peuplée par un chevalier troyen, appelé Corso ou Cor, et une nièce de Didon, nommée Sica, que Corso a bâti les villes de l’île et leur a donné les noms de ses fils et de son neveu, Aiazzo, Alero, Marino, Nebbino. C’est ainsi que la Grande-Bretagne a eu son Brut, la France son Francus et que la Corse a son Corso, neveu d’Enée ».

  • « L’île de Corse, nommée Cyrnos par les Grecs, était baignée au nord par la mer de Ligurie (Ligusticum mare), à l’est par la mer Tyrrhénienne, au sud par le détroit Taphros ou Gallicum qui la séparait de la Sardaigne (Sardinia), à l’ouest par la mer Ibérique ».

Plus loin, dans son étude sur l’occupation de l’île, Xavier Poli écrit : « L’unique texte sur lequel nous pouvons nous appuyer, pour avancer que les Libyens ont occupé la Corse, est tiré de la Phocide de Pausanias, qui écrivait au iie siècle de notre ère : « A peu de distance de la Sardaigne il est une île appelée par les Grecs Cyrnos et par les Libyens qui l’habitent Corsica ». Une partie non minime de la population, écrasée dans une sédition, passa de cette île dans celle de Sardaigne et se tailla dans la montagne un territoire où elle s’établit. Les Sardes nomment ces émigrés du nom qu’ils ont apporté de leur pays, Corses ».

« La légende est plus précise, Sardus fils d’Hercule et fondateur mythique de la Sardaigne aurait eu un frère Cyrnos. À la tête d’une nombreuse armée de Libyens, l’un et l’autre auraient quitté l’Afrique pour venir s’installer, le premier en Sardaigne, le second en Corse, donnant leurs noms aux deux îles ».

Selon Ptolémée « L’île de Cyrnos, qui est aussi appelée Corsica (variantes : Corsa, Corsi, Corsia), est bornée au nord et à l’ouest par la mer de Ligurie, à l’est par la mer Tyrrhénienne, au sud par la mer qui la sépare de l’île de Sardaigne … ».

Et Xavier Poli de conclure : « C’est de Chalcis, principale ville de l’Eubée, que partit la plus ancienne colonie que la Grèce envoya vers l’Occident ; elle alla fonder Cumes entre le XIe et VIIIe siècles av. J.-C.. Nous savons qu’un des points du territoire de Carystos, une des plus jolies villes de l’Eubée, portait le nom de Cyrnos. Il semblerait donc vraisemblable que Corsica fut baptisée Cyrnos par les colons de Cumes ; mais il convient aussi de dire que Cyrnos est un nom propre d’homme que nous trouvons dans Hérodote et dans Stobée ».

  • Pour sa part, dans son ouvrage Histoire de la Corse depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours édité en 1839, Camille De Friess-Colonna exprime : « Aucun historien n’a jusqu’à ce jour donné une étymologie satisfaisante des noms de Cyrnos et de Corse. Les uns assurent que Cyrnos était un fils d’Hercule, qui donna son nom au pays que nous connaissons. Les autres, et Samuel Bochard est de ce nombre, prétendent que le nom de Cyrne voulant dire, en langue phénicienne, couvert de forêts, ce nom dut être imposé à la Corse d’aujourd’hui par les voyageurs phéniciens, qui furent frappés de la richesse de ses forêts.

220px-Porto-Vecchio_port_de_commerce dans LEGENDES-SUPERSTITIONSQuant au nom de Corse, il y a également des historiens qui veulent qu’il ait été donné à la Corse par Corsus, fils d’Hercule ; Bochart le fait dériver d’un mot phénicien, qui voudrait dire cornue, nom qui lui aurait été imposé à cause des nombreux promontoires qui s’avancent en pointe dans la mer, et des pics élevés qu’on aperçoit de loin, avant de l’atteindre. Filippini rapporte deux versions, que nous croyons devoir transcrire ici, pour faire voir jusqu’où peut aller la manie des étymologies. Voici la première : une femme de Ligurie, appelée Corsica, ayant suivi un taureau qui se rendait à la nage dans une terre inconnue, fut rejointe par ses parents, qui, étant arrivés sur ses traces dans un pays de très belle apparence, et où les pâturages étaient excellents, s’y établirent et appelèrent ce pays Corsica, du nom de la femme qui les y avait attirés. La seconde est qu’un neveu d’Enée appelé Corsus, ayant enlevé une nièce de Didon, appelée Sica, s’enfuit dans l’île à laquelle il donna le nom de Corsica. ».

 

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Ile de Beauté en randonnée

Posté par francesca7 le 23 septembre 2013

Ile de Beauté en randonnée dans Corse 220px-Porto_Golfe1JPG

La Corse est une île de la mer Méditerranée et une région française, ayant un statut spécial (officiellement « collectivité territoriale de Corse »), composée de deux départements : la Corse-du-Sud (2A) et la Haute-Corse (2B). Après avoir fait partie pendant quatre siècles et demi de la République de Gênes (qui laissait une large autonomie à ses communautés locales), elle fut indépendante le 30 janvier 1735 et donna le jour à la première Constitution démocratique de l’histoire moderne (1755), avant d’être conquise militairement par la France lors de la bataille de Ponte Novu, le 9 mai 1769. Depuis 1735, elle a eu pour hymne le Dio vi Salvi Regina.

Elle est surnommée l’île de Beauté.

La Corse est située à 177 km environ au sud-est de la Côte d’Azur, à l’ouest de la Toscane (85 km) et au nord de la Sardaigne (12 km). Île plutôt boisée et montagneuse, sa côte méridionale est formée de hautes falaises (Bonifacio).

La distance la plus courte entre la France continentale et l’ile, de Cap Martin à la pointe de la Revellata, est de 170 km ; l’île est située à 85 km de l’Italie continentale et à 28 km des îles de l’archipel toscan (Capraia).

La Corse se situe avec la Sardaigne sur une microplaque continentale : « (…) c’est au cours de l’Oligo-Miocène (au milieu du Cénozoïque entre environ 22 à 25 millions d’années) que le bloc corso-sarde et la lanière continentale s’écartent progressivement du bloc ibérique, ouvrant derrière eux le Bassin Provençal, la Mer d’Alboran, le Bassin Algérien et la Mer Tyrrhénienne. La dynamique cesse avec le blocage de l’arc contre les domaines externes, apulien et africain ».

La distance entre le point Nord et le point Sud de la Corse est de 184 kilomètres.

Bien que de nombreuses espèces endémiques aient disparu lors de la Préhistoire ou peu après, comparativement au continent et aux îles bretonnes, la Corse bénéficie d’un environnement relativement préservé, tant sur terre que sur la côte et en mer.

220px-bonifacio dans CorseL’île abrite un parc marin international, des réserves naturelles (de Scandola, Finocchiarola, Biguglia, Cerbicale, Bouches de Bonifacio et Tre Padule de Suartone) et le Parc naturel régional de Corse, et des zones communautaire pour les oiseaux. Un observatoire conservatoire des insectes de Corse vise à conserver les espèces patrimoniales et de la biodiversité ordinaire. Le risque d’incendie constitue une menace pour la biodiversité, alors que (en 2006) plus de 50 % des dégâts découleraient de 12 % des mises à feu liées aux pratiques d’entretien de pâturages ou chemins et zones de chasse. 15 % des incendies seraient dus à la foudre, mais n’étant responsable que de 1 % des destructions (en surface). Durant la canicule de 2003, près de20 000 ha ont brûlé avec environ 500 mises à feu, le problème des incendies pourrait croître avec le réchauffement climatique. 402 000 hectares sont couverts de forêt en Corse.

L’Assemblée de Corse (loi du 13 mai 1991) bénéficie d’une compétence particulière en Environnement, avec un Office de l’environnement de la Corseet un Observatoire de l’environnement.

Lorsqu’ils évoquent la Corse, les écrivains antiques sont unanimes à y représenter l’homme – à l’image de la nature qui l’environne – comme hostile :

« L’île de Cyrnos est connue des Romains sous le nom de Corsica. La vie y est partout misérable, la terre n’est que rocs, la plus grande partie du pays totalement impénétrable. Aussi les bandits qui occupent ces montagnes et vivent de rapines sont-ils plus sauvages que des bêtes fauves. Parfois les généraux romains y font des incursions, et après les avoir vaincus ramènent de très nombreux esclaves, et Rome voit alors avec stupéfaction à quel point ils tiennent du fauve et de la bête d’élevage. En effet, ils se laissent mourir par dégoût de la vie, ou excèdent à tel point leur propriétaire par leur apathie et leur insensibilité qu’ils lui font regretter son achat, si peu qu’il ait dépensé. Il y a cependant certaines portions de l’île qui sont, à la rigueur, habitables, et où l’on trouve même quelque petites villes, telles que Blésinon, Charax, Eniconiae et Vapanes »

— Strabon, Géographie, V, II, 7

à l’issue d’un scrutin historique, et au terme d’un vote largement majoritaire (36 voix sur 51, soit 70 % des votants), l’Assemblée de Corse vote l’adoption d’un statut de coofficialité pour la langue corse, assorti d’un programme de revitalisation linguistique. Après son interdiction pure et simple en 1850, sa persécution sous la IIIème République, sa marginalisation de 1948 à nos jours, la langue corse renaît de ses cendres et se trouve à nouveau portée par la majorité des élus de gauche, communistes et front de gauche compris, la totalité des élus nationalistes, qu’ils soient autonomistes ou indépendantistes, et une partie des élus de droite. L’opinion corse, de son côté, est quasi unanimement favorable au bilinguisme et à la réintroduction de la langue (90 % des personnes interrogées, selon un sondage Opinion of Corsica publié par le journal Corse Matin en date du 9 avril 2013). La mise en œuvre de ce statut, porté par l’ensemble de la société civile et qui transcende tous les courants, rend nécessaire une révision de la Constitution française et l’adoption pour l’île d’un nouveau statut adapté.

La Corse comptait 294 118 habitants au 1er janvier 2006 et 302 966 au 1er janvier 2008.

Au 1er janvier 2012, l’Institut national de la statistique et des études économiques recense une population légale 2009 de 305 674 habitants

 

 

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réserves naturelles de Corse

Posté par francesca7 le 23 septembre 2013

Par son foisonnement d’espèces, la Corse est sans conteste l’enfant gâtée de la Méditerranée. Mais le parc naturel corse a su sauvegarder la faune et la flore de ce magnifique territoire…

Arbres uniques, fleurs rarissimes et espèces endémiques s’assemblent pour former des milieux particuliers. La liste des joyaux du parcu di corsica est longue et poétique : escarpements vertigineux où planent de grands rapaces ; maquis vivace ; lacs d’altitude ; brillantes pozzines, ces petites mares incrustées dans un gazon vert…

Mais la Corse est une terre habitée de longue date et la lointaine tradition montagnarde a donné naissance à des trésors culturels également inestimables. C’est dans ce dialogue harmonieux entre le précieux patrimoine humain et le milieu remarquable où il s’épanouit que le parc naturel corse trouve sa vocation.

Le parcu di corsica pourrait ainsi ressembler à une grande toile où chaque détail aurait sa place. Le fond vert, chatoyant, serait rehaussé ça et là de savoir-faire artisanaux uniques, de fêtes traditionnelles, d’une langue riche et chantante. L’ensemble, ponctué de bergeries restaurées, de chapelles romanes et de vestiges archéologiques, forme le socle d’une terre prête à avancer avec raison vers un développement durable et dynamique.

réserves naturelles de Corse dans Corse images-7

Dans un recoin du monde il est un petit coin de tendresse […] N’en cherchez pas de semblables Vous n’en trouverez pas de pareil

Ces quelques paroles d’une chanson traditionnelle corse traduisent tout l’amour que l’île de Beauté peut inspirer à ses habitants comme à ses visiteurs. Pour preuve, cette fille gâtée de la Méditerranée s’attache depuis plus de 30 ans à protéger ses richesses naturelles.

Le plus bel exemple est le parc naturel régional de Corse qui protège et met en valeur plus d’un tiers de l’île, en mettant en avant ce que cette terre a de plus précieux, la symbiose entre les hommes et la nature. Il suffit d’arpenter les 1 500 kilomètres de sentiers qui le sillonnent pour comprendre ce que signifie le développement d’un territoire exceptionnel.

Du nord au sud, six réserves naturelles ont été également créées. Les parcs marins de la réserve de Scandola et des Bouches de Bonifacio abritent une vie sous-marine foisonnante qu’une excursion aux îles Lavezzi permettra d’immortaliser. De leur côté, les îles corses Cerbicale et Finocchiarola sont aujourd’hui des sanctuaires où s’épanouissent des colonies d’oiseaux.

Enfin, deux réserves, l’étang de Biguglia aux abords de Bastia et les Tre padule de Suartone près de Bonifacio recèlent des zones humides exceptionnelles en Europe où les randonneurs peuvent admirer flamands roses et fleurs rares. Le paradis du tourisme vert !

Si la Corse est le merveilleux résultat du travail patient de la nature et du hasard, le parc naturel régional de Corse est assurément une formidable création issue de la collaboration des hommes. En 1972, les institutions et les scientifiques ont ainsi su allier leurs forces pour étendre sur un tiers de l’île ce label de protection du territoire.

Comme une grande étole, le parc naturel corse recouvre l’ensemble des massifs montagneux, une partie de la riche Castagniccia et les exceptionnels escarpements de Scandola, sur la côte occidentale.

Protéger la nature ne s’est pas résumé à la mettre sous cloche, bien au contraire. Dans le parc naturel corse, le renouveau rural, outre l’encouragement des activités pastorales, est passé par la création d’un impressionnant maillage de sentiers balisés.

Comme des petites veines irriguant le cœur de l’ « île de Beauté », les 1 500 km de chemins de randonnée ont conduit les visiteurs émerveillés jusqu’aux villages, à la rencontre des artisans, des restaurateurs et des hôteliers qui ont ouvert pour eux les portes de leurs antiques demeures.

C’est ainsi qu’a vu le jour le fameux GR20 mais également les chemins de grande randonnée mare a mare, menant d’une mer à l’autre et repoussant au passage les risques d’incendie et le braconnage.

 

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