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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Citation sur la France.
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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Traditions et art de vivre en Bretagne

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

 

téléchargement (4)À l’instar des grandes régions françaises, la Bretagne cultive son identité en entretenant jalousement une série de traditions séculaires, comme les pèlerinages ou les pardons encore empreints de ferveur. Religieuses, vestimentaires, linguistiques ou plus largement artistiques, ces coutumes traduisent une mentalité et une façon de vivre tout à fait particulières. Du renouveau de la langue bretonne à l’enthousiasme pour les concerts de musique celtique, certaines anciennes pratiques restent ainsi bien ancrées, tout en étant adaptées au goût du jour. Cet attachement aux traditions se prolonge jusque dans l’assiette avec une cuisine simple et conviviale, qui porte haut les couleurs d’un terroir entre terre et mer. Parmi les fleurons de la gastronomie bretonne, poissons, coquillages et crustacés rappellent ainsi l’omniprésence d’un littoral rythmé par le ballet des marins et autres adeptes de nautisme en tout genre.

Traditions et folklore

Si la Bretagne a plus changé au cours de la première moitié du 20 e s. qu’au cours des deux siècles précédents, elle a su retrouver depuis les années 1990 toute l’originalité de ses traditions, malgré le dépeuplement des villages et l’évolution économique et touristique de la région.

Symboles bretons

Premier des symboles, le drapeau breton , le fameux Gwenn ha du (blanc et noir) a été dessiné en 1925 par Morvan Marchal. Ses cinq bandes noires symbolisent les cinq anciens évêchés de haute Bretagne (Rennes, Nantes, Dol, St-Malo et St-Brieuc) et ses quatre bandes blanches ceux de basse Bretagne (Léon, Cornouaille, Vannes et Tréguier).

Les hermines, quant à elles, rappellent l’ancien duché de Bretagne. Au 13 e s., la fourrure de ce petit animal fut adoptée par les ducs de Bretagne comme symbole du pouvoir. Autre attribut, le triskell , ou triskèle, se présente sous une forme tournante à trois branches représentant la terre, le feu et l’eau. Son origine serait celte.

Costumes et coiffes

La Bretagne possède des costumes d’une variété et d’une richesse surprenantes. Transmis de génération en génération, ils étaient autrefois de toutes les fêtes familiales et publiques. Aujourd’hui, les costumes traditionnels ne sortent des armoires qu’à l’occasion des pardons ou des différentes manifestations folkloriques. De satin ou de velours, brochés et brodés, garnis de dentelles, les tabliers rivalisent avec les robes de cérémonie.

Généralement noires et souvent ornées de bandes de velours, celles-ci présentent parfois des broderies de soies multicolores et flamboyantes, comme à Quimper ou sur le costume bigouden de Pont-l’Abbé.

Parures de dentelle

La grande originalité du costume féminin breton reste néanmoins la coiffe , portée autrefois principalement dans le Finistère et le Morbihan.

images (4)L’une des plus attrayantes est certainement celle de Pont-Aven. Avec sa dentelle harmonieusement disposée autour d’un ruban de couleur, elle se complète d’une grande collerette empesée. La coiffe bigoudène (région de Pont-l’Abbé) est l’une des plus curieuses, et probablement la plus connue. Naguère de petites dimensions, cette ravissante et haute parure de dentelle a atteint, après 1930, des proportions déconcertantes. Il faut aussi évoquer la petite coiffe de Quimper, celle de Plougastel qui rappelle les hennins médiévaux, celle de Douarnenez qui est serrée sur le chignon, celle d’Auray qui ombre le front, celle de Huelgoat et sa résille en dentelle.

Encore une fois, la Bretagne se décline en variétés et diversités, et le voyageur curieux en prendra pleine conscience en visitant les musées de Quimper, Guérande, Rennes, Nantes, Dinan et Pont-l’Abbé.

Les pardons

Manifestations de ferveur religieuse, les pardons bretons ont lieu dans des églises ou chapelles consacrées par une tradition parfois millénaire. Les fidèles viennent y chercher le pardon de leurs fautes, exécuter un vœu ou demander des grâces. Si les grands pardons sont les plus spectaculaires, les petits sont souvent les plus fervents. Les uns et les autres offrent l’occasion d’assister à une cérémonie haute en couleur au cours de laquelle on porte en procession des bannières, des reliques, des croix et des statues. En général, les pardons sont clos par une fête villageoise plus profane, animée par des danses traditionnelles.

La grande troménie

Un sanctuaire druidique serait à l’origine de ce pèlerinage renommé, qui se déroule tous les six ans à Locronan. Ce parcours de 12 km à 12 stations, créé au 12 e s., ouvre, paraît-il, les portes du paradis à ceux qui le suivent rigoureusement. Il ne s’agit pas d’une fête folklorique mais d’un pèlerinage à marche lente, qui se déroule dans un esprit de dévotion.

Monsieur saint Yves

Saint Yves est l’un des saints les plus populaires de Bretagne. C’est le redresseur de torts et la consolation des pauvres. Fils d’un gentilhomme, Yves Hélori est né à Minihy-Tréguier en 1253. Magistrat et avocat, il a acquis une popularité inouïe par son esprit de justice et de conciliation. Un jour, un bourgeois assigne devant lui un mendiant qui, chaque jour, vient devant le soupirail de sa cuisine humer le fumet des plats. Yves saisit une pièce de monnaie, la fait sonner et renvoie le plaignant en disant : « Le son paie l’odeur. » Cet « avocat des pauvres » s’éteignit en 1303 et fut canonisé en 1347. En tant que patron des avocats et des gens de loi, son culte s’est étendu à toute l’Europe et jusqu’en Amérique. Cela explique que des délégations d’avocats étrangers se joignent à la foule des pèlerins qui, à Tréguier, assistent au « pardon des pauvres ».

Saints guérisseurs et saints protecteurs

Les relations des Bretons avec leurs saints ont toujours été empreintes de familiarité. Certains sont appelés pour combattre des maladies : sainte Apolline contre les maux de dents ; saint Colomban pour rendre l’esprit aux demeurés ; saint Hervé contre les maladies des yeux ; saint Hubert contre la rage ou la peur ; saint Mamert contre les maux de ventre ; saint Méen contre les troubles mentaux ; saint Mériadec contre la surdité ; sainte Eugénie contre la migraine… Ces saints guérisseurs exauçaient leurs invocateurs. Bien leur en prenait, car, faute de bienveillance, la statue était injuriée, quelquefois même fouettée ou traînée dans la boue !

images (5)Il y a aussi les saints protecteurs : saint Fiacre veille sur les jardiniers, saint Jacques sur les marins, sainte Barbe (invoquée par temps d’orage) sur les artificiers… Mais c’est à la Vierge Marie et à sa mère, sainte Anne, que va la ferveur la plus vive.

Sainte Anne

Son culte, répandu après les croisades, favorisé par la duchesse Anne, a fait de sainte Anne la patronne des Bretons. Le plus fameux pardon, celui de Ste-Anne-d’Auray, lui est consacré, de même que celui, très important de Ste-Anne-la-Palud, d’où ce dicton : « Mort ou vivant, à Ste-Anne une fois doit aller tout Breton. »

 

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Les mégalithes du Morbihan

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

candidats au Patrimoine de l’UNESCO

(Source : France 3 Bretagne)

 carnac

 
Ce lundi, se tenait la première réunion du comité scientifique chargé de l’élaboration du dossier de candidature des mégalithes morbihannais au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Le sud Morbihan concentre autour de Carnac une multitude d’architectures du néolithique unique au monde.

Début 2012, 27 communes du Morbihan possédant des sites mégalithiques et l’Etat ont créent l’association « Paysages de Mégalithes ». Son objectif : présenter d’ici trois ans un dossier de classement au Patrimoine Mondial de l’UNESCO de la concentration d’architectures du néolithique réparties autour du golfe du Morbihan.

Depuis 18 mois, l’association travaille au recensement précis des 556 sites et à la valorisation des lieux par la mise en place de circuits de découverte. En parallèle, elle crée des supports pour le public : site internet, applications mobiles, contenu pédagogique, géolocalisation, etc…

images (3)Le célèbre paléontologue vannetais Yves Coppens préside le comité scientifique chargé de l’élaboration du dossier. Il souligne la richesse du sud Morbihan en architecture néolithique : « un site remarquable, homogène et unique, qui s’étend de la rivière d’Étel jusqu’à la presqu’île de Rhuys, en passant par Carnac, Locmariaquer et le golfe ».

Le rôle du comité scientifique est d’évaluer la valeur patrimoniale des sites et d’élaborer un plan de gestion. En effet l’UNESCO va étudier dans le dossier de candidature, l’intérêt patrimonial des sites mais également la manière avec laquelle il sont mis en valeur et protégés. Le comité décidera aussi s’il faut présenter tous les sites mégalithiques ou seulement une partie auprès de l’UNESCO. L’enjeu est de taille. Pas question d’être approximatif. La concurrence est rude. La France ne peut par exemple présenter qu’un seul dossier par an auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Plus ancien que les pyramides d’Egypte
Cet ensemble de monuments mégalithiques est composé des vestiges architecturaux parmi les plus anciens au monde. Ces structures monumentales ont été érigées plus de 5000 ans avant Jésus-Christ, soit 2 000 ans avant les pyramides d’Egypte.

Point d’orgue de cette richesse mégalithique, les sites de Carnac, avec ses 4000 menhirs s’étirant sur près de 4 Kilomètres et 40 hectares. Ces alignements ont été inscrits en 1996 sur la liste indicative française du Patrimoine Mondial de l’Unesco, au titre des biens culturels ; une « pré-inscription » en quelque sorte pour être candidat au Patrimoine de l’Unesco.

Enjeu touristique
L’enjeu est énorme pour Carnac, car les mégalithes sont le premier site visité du Morbihan avec 600.000 visiteurs par an pour les alignements et 34.000 visiteurs au musée. En cas de classement, leur nombre pourrait passer à 1 million, soit 40 % de visiteurs en plus.

Thierry Peigné
France 3 Bretagne

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Dana Colchen : Chamane, conteuse et musicienne

Posté par francesca7 le 1 avril 2014

« Le Baiser du Loup » de Dana Colchen, chamane et somatothérapeute

 

Un « Kit » de travail sur soi ? par Enaurah Nieto

« Le Baiser du Loup » de Dana Colchen, chamane. Ce livre se base sur « comment retrouver sa véritable liberté ». C’est la quintessence de tout travail sur soi, quelle que soit la tradition culturelle, savante ou traditionnelle par l’élargissement de conscience et l’ouverture du chakra du coeur.

Pour ce faire, les mots de cette guérisseuse et conteuse ont le don de franchir les remparts de nos peurs, la prison de notre mental, et de toucher notre âme qu’ils viennent libérer.

Non grâce à un discours théorique, mais grâce à la vraie bienveillance et empathie qui se dégagent de chacune de ses lignes parsemées de citations, contes, et cas concrets qui vont résonner au plus profond de nous.

Le livre plaira autant aux adolescents qu’aux adultes, à ceux engagés dans une quête spirituelle qu’à ceux qui se posent tout simplement des questions sur comment améliorer leur vie…

L’auteure propose une façon originale de reprendre les rênes de sa vie, à la fois avec une extrême puissance, et une déconcertante et apparente simplicité, basées sur la reconnexion avec notre intuition, véritable « Maître intérieur », sur le rétablissement d’un réjouissant partenariat avec notre corps et avec notre enfant intérieur.

« Le Baiser du Loup » : Nous apprenons à guérir nos blessures et à nous donner tout l’amour dont nous avons besoin.

Avec une énergie contagieuse, l’auteure parvient à nourrir notre âme tout en nous donnant les clés et la force de dépasser ces obstacles. Comme un baume pour nos blessures, les paroles de Dana nous  amènent à prendre du recul grâce à l’apprentissage qu’amènent chacune des situations, et grâce aux cadres élargis proposés pour chaque exemple, porteurs de sens.dana mandala Su Do Kei

Puisque nous sommes créateurs de notre vie, l’auteure nous donne des outils pour que l’on puisse comprendre ce qui en nous a créé les événements désagréables, maladies, etc., qui se manifestent ; mais la prise de conscience n’est pas toujours suffisante. A nous d’agir !
Véritablement accompagnés dans une démarche tout à la fois ludique et efficace, nous pourrons réaliser les nombreux exercices proposés dans le livre et les méditations audio afin d’avancer vers notre liberté retrouvée.

Car la richesse de ce livre-kit réside dans sa conception originale où tous les éléments sont imbriqués et contribuent à aider le lecteur à élever son niveau de  conscience en s’adressant directement à son âme.Illustrations, contes en versions écrite et audio, citations, typographie, cahier blanc, fichiers audio avec méditations guidées et musiques pour méditer… tout est mis en oeuvre jusqu’à l’impression écologique en couleurs pour nous relier à la beauté en éveillant nos sens, et que le plaisir accompagne la découverte de la démarche. L’ensemble  crée un univers qui donne envie de s’y replonger encore et encore, univers à la douceur d’un « Chaudoudou » qui va pouvoir nous accompagner et nous faire du bien lors de notre cheminement vers le bonheur, si nous le souhaitons…
Laissons-nous porter par l’énergie de lumière qui se dégage de cette démarche résolument positive, qui nous sort  du « victimisme » avec une énergie époustouflante, qui nous aide à retrouver au fond de nous l’amour inconditionnel pour nous-mêmes, notre corps, notre vie…

Après avoir lu le livre, une petite voix intérieure nous souffle à l’oreille : « Mais oui, c’est possible de me changer et d’être heureux ici et maintenant ! ».

Après avoir fait les exercices et les visualisations, on a du mal à mettre des mots assez forts sur les changements profonds et le bonheur que l’on vit…

L’auteure et son équipe :

Dana ChapeauDana Colchen : Chamane, conteuse et musicienne, somatothérapeute et géobiologue, Dana fait partie de ces êtres qui ouvrent des voies, ouvre des  portes.

Elle vit en Forêt de Brocéliande, en Bretagne, lorsqu’elle n’est pas sur les chemins du monde pour ses conférences, soins individuels, ateliers ou spectacles avec ses partenaires de la Compagnie du Mascaret. Fin 1997, la vie de cette femme a été bouleversée par une morsure accidentelle de loup au visage chez un ami dompteur. Ce « Baiser du Loup » a permis à Dana de développer ses capacités extrasensorielles de façon fulgurante en la révélant chamane. Grâce à ses facultés très particulières, toujours dans la douceur de l’amour, elle donne à chacun des clés fondamentales pour la compréhension de nos vies. Son plus grand désir est de rendre l’Autre, acteur, créateur, conscient de la partie qui se joue dans sa vie. Souvent, embourbés dans nos problèmes, dans notre mental, dans notre petit soi, nous ne voyons pas de porte de sortie possible à nos difficultés.

Souvent, nous répétons encore et encore les schémas du passé, de notre famille, de nos sociétés. De manière très claire et pragmatique, Dana propose des outils quantiques efficaces pour soigner ses blessures, restaurer une confiance à tous les niveaux ; pour que les pouvoirs de la peur et de la colère cèdent le pas au pouvoir de l’amour jusqu’au plus profond de notre inconscient. Elle donne des conférences interactives sur de nombreux thèmes.

dana Mascaret 4.3L’équipe de la Compagnie  du Mascaret de Brocéliande

Aux côtés de Dana, des artistes aux talents multiples conjugent aussi leur art dans cette voie du développement personnel. A’Titâ, Lounea, Kali et Muakine nous offrent à découvrir différents spectacles et concerts accessibles à tous les publics.
Chaque spectacle est le reflet de qui ils sont, de ce qui les touche, de ce qui fait « sens » pour eux, sur le chemin d’initiation, et de découverte sur lequel ils avancent pas à pas. Ils amènent un partage profond et sincère, parfois drôle, parfois émouvant mais toujours bouleversant jusqu’au fond de l’âme.

Chamane, musiciens, conteurs, comédiens, peintre, photographe, artiste martial ou jongleur, auxquels se joignent Anne-Aëlle et Niko, tous ensemble, à eux sept, ils proposent de nombreux ateliers de pratique : Découverte des biotests, reconnexion au corps physique, au corps énergétique, reconnexion avec l’eau, photo intuitive, photoreading, Chi Gong, Tai Chi, jeu féérique, sophrologie, méditation, la nouvelle parentalité, le Masculin autrement, rêve éveillé, récapitulation chamanique, chants africains, N’goni, percussions, etc.
Partager est pour eux quelque chose d’essentiel. Donner à rêver est une chose. Apprendre à l’autre à se créer son propre rêve en est une autre. C’est pourquoi ils proposent spectacles et ateliers pour permettre à ceux qui en ont le désir de sentir, de vivre le pouvoir créateur qui est en eux à tous les niveaux.

Vous pourrez les retrouver sur les festivals et aussi par l’intermédiaire de leurs CDs de conte, de musique et des mandalas d’ÂTitâ, aux côtés de tous ceux qui ont envie de faire  découvrir leurs activités.

Compagnie du MASCARET de Brocéliande
2, Carhaillan 56430 MAURON
Tél : 02 97 22 73 16
Mobile : 06 28 23 41 56
E-mail : contact@mascaret.org
Site : www.mascaret.org

1-Couvertute baiser du loup miroirBAT def« Le Baiser du Loup »

Dana Colchen, Editions Compagnie

du Mascaret de Brocéliande

Prix 43 € + 5 € de frais de port

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L’Economie Bretonne

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

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Malgré un net recul, l’agriculture et la pêche ont encore toute leur place dans l’économie bretonne. Parallèlement, une activité industrielle performante s’est développée autour de secteurs tels que l’agroalimentaire (premier secteur industriel breton), l’automobile, la construction navale et les télécommunications (deuxième pôle national). Un dynamisme qui attire un nombre croissant d’entreprises de haute technologie, pérennisant sur place les formations supérieures des universités et des grandes écoles.

Agriculture

Comptant près de 38 000 exploitations, l’agriculture conserve toute son importance en Bretagne, avec des produits phares comme le chou-fleur, l’artichaut, le porc ou la volaille. Sa capacité d’adaptation et son besoin d’innover en permanence lui permettent d’être aujourd’hui la première région agroalimentaire d’Europe.

Plus d’une exploitation bretonne sur deux fait de l’élevage de bovins et 15 % sont orientées vers l’élevage granivore (porcs et volailles). Sur le plan national, la Bretagne se situe au premier rang en produisant 21 % du lait, 25 % des veaux, 63 % de la viande porcine, 42 % des œufs et 35 % des volailles de chair.

Elle est aussi une région légumière avec les primeurs cultivés en zone côtière sur le littoral nord. En 2007, elle a produit plus de 80 % des choux-fleurs et des artichauts français, 30 % des petits pois et haricots verts et 25 % des tomates.

Avec l’application de la politique agricole commune et des nouvelles réglementations pour préserver l’environnement, il est vrai que l’agriculture bretonne a connu une transformation sans précédent. Depuis les années 2000, le nombre d’exploitations a chuté de 26 % du fait de la mondialisation des marchés et de la concurrence des pays émergents.

C’est pourquoi aujourd’hui les agriculteurs locaux misent avant tout sur la qualité de leur production, avec notamment l’émergence de l’agriculture biologique qui attire un nombre croissant d’exploitants depuis plusieurs années.

Pêche

vlcsnap-2014-03-27-17h56m05s165Qu’ils pratiquent la pêche côtière, la pêche hauturière, la grande pêche ou la pêche aux crustacés, les marins bretons ont su s’adapter aux techniques les plus modernes, et la Bretagne reste la première région française pour la pêche (près de 45 % des poissons « français » y sont pêchés). Pourtant, si l’activité est d’une importance économique et sociologique cruciale, le nombre de navires a chuté de moitié en trente ans, passant de 3 500 à moins de 1 600 immatriculations. Confrontée au cadre réglementaire strict de l’Europe, à des problèmes de ressources et à un renouvellement de sa flotte, la pêche en mer ne cesse de régresser, faisant craindre aux 9 000 marins concernés la perte de leur emploi. Les nouvelles méthodes de pêche ou la valorisation du poisson apparaissent comme des pistes de réflexion pour sauver la profession du naufrage.

Paradoxalement, la pêche artisanale se porte plutôt bien grâce au dynamisme de petits patrons qui réagissent très vite aux nouvelles interdictions et aux quotas qui changent sans cesse.

La pêche côtière

Sole, turbot, raie, bar, dorade, crustacés, mollusques… faites votre choix ! Pour la coquille St-Jacques vous ne pourrez éviter l’escale à St-Quay-Portrieux, où débarquent les pêcheurs de la baie de St-Brieuc, l’un des gisements de coquilles les plus riches des côtes françaises. La production est toutefois loin de toujours répondre aux besoins locaux : une ville comme St-Brieuc est approvisionnée en partie par Lorient. Sur le littoral atlantique, la pêche à la sardine, semi-industrielle, constitue une activité saisonnière de juin à septembre, mais la pêche y est avant tout l’affaire d’artisans qui se focalisent sur des espèces nobles : langoustines, soles, lottes, bars…

La pêche hauturière

S’opposant au cabotage, la pêche de haute mer est pratiquée des côtes islandaises aux côtes africaines et représente la principale activité des grands ports. Le thon est pêché à la traîne ou à l’appât vivant dans le golfe de Gascogne, à la senne tournante le long des côtes africaines. La pêche au thon blanc (germon), de juin à octobre, débute entre le Portugal et les Açores et s’achève au large des côtes irlandaises. Le thon tropical (albacore ou listao) est pêché par une trentaine de grands thoniers-congélateurs armés à Concarneau et basés en Afrique-Occidentale car les pêches se concentrent au large de la Côte-d’Ivoire.

La grande pêche

Elle désigne la pêche à la morue, pratiquée sur les bancs de Terre-Neuve, du Labrador et du Groenland. Elle fit autrefois la célébrité de Paimpol et de St-Malo, mais, aujourd’hui, l’essentiel des prises se fait à partir de St-Pierre-et-Miquelon. Les chalutiers actuels sont de véritables usines, équipées d’installations de filetage mécanique et de congélation.

La pêche aux crustacés

Surtout pratiquée sur les côtes rocheuses à l’aide de casiers ou de nasses, elle s’est aussi développée un temps dans les eaux exotiques. Les langoustiers-congélateurs de Camaret et Audierne, équipés de viviers et d’installations de congélation, partaient en effet pour plusieurs mois, sur les côtes de Mauritanie notamment. Mais cette pêche lointaine s’est éteinte à la fin des années 1980.

Autres ressources de l’Océan

Aquaculture et conchyliculture


Dans les années 1970, on prédisait à l’aquaculture marine un avenir enthousiasmant. Trente ans plus tard, la filière est en crise. En eau douce, grâce aux truites fario et arc-en-ciel, la production bretonne de l’aquaculture dite « nouvelle » se situe tout de même au deuxième rang français, après l’Aquitaine.

Du côté de la conchyliculture, l’élevage des huîtres (ostréiculture) et des moules (mytiliculture) constitue une activité importante en Bretagne. Grande productrice d’huîtres plates appelées « belons », avec 1 500 tonnes par an, la région a aussi développé ses parcs d’huîtres creuses (fines de Bretagne), notamment dans la baie du Mont-St-Michel et plus précisément à Cancale. La production annuelle d’huîtres est de 43 500 tonnes, soit 34 % de la production française. Quant aux moules de bouchot, elles sont cultivées de la baie du Mont-St-Michel à la baie de St-Brieuc, et dans l’estuaire de la Vilaine. En 2005, la production de moules dans la région représentait 34,5 % de la production nationale, avec près de 1 530 élevages.

Les conserveries

C’est Fouquet, ministre de Louis XIV, qui encouragea la mise en baril des poissons, méthode qui supplanta peu à peu la salaison et le séchage. Au début confite dans l’huile, la sardine a bénéficié du procédé de mise en conserve élaboré en 1810 par Nicolas Appert. Cette industrie, qui a beaucoup souffert de la concurrence des pays du tiers-monde, est principalement localisée dans la presqu’île de Quiberon et dans les ports de Douarnenez et Concarneau, où quelques entreprises artisanales continuent de travailler en partie avec des pêcheurs bretons. D’autres établissements à St-Quay-Portrieux profitent des excédents saisonniers de matières premières pour utiliser des produits bretons. Mais ces pratiques sont désormais minoritaires.

Recherche et innovation

La recherche, tant privée que publique, constitue une activité essentielle en Bretagne, classée 6 e région française pour la 

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création d’entreprises innovantes et 4 e région française pour les dépôts de brevets. Elle s’articule autour de quatre pôles majeurs : Rennes, Brest-Quimper-Roscoff, St-Brieuc-Lannion et Lorient-Vannes. Les deux grandes villes universitaires sont Rennes et Nantes (même si cette dernière ne fait pas partie de la région Bretagne). La création de L’Université européenne de Bretagne en 2007 a permis de regrouper l’ensemble des acteurs universitaires, des écoles d’ingénieurs et des organismes de recherche. Véritable pôle de recherche et d’enseignement supérieur, elle concourt à renforcer la visibilité internationale des équipes de recherche et de l’offre de formation en Bretagne.

Les technologies de l’information et de la communication bénéficient également d’une implantation privilégiée qui s’appuie sur le partenariat entre les formations universitaires, les grandes écoles (Enst, Supelec, Enssat et Insa rien qu’à Rennes) et les industriels dominant le secteur. Ces entreprises sont organisées en pôles autour de grandes villes comme Rennes (Mitsubishi, Canon, Motorola), Lannion (Orange, Alcatel, Siemens) ou encore Brest avec Thalès. Le secteur emploie 42 000 personnes environ, dont 15 000 dans la recherche et développement.

Enfin, les sciences et technologies de la mer tiennent aussi une place prépondérante, grâce notamment au pôle européen de la recherche marine de Brest, qui a vu s’implanter l’Ifremer et le CNRS.

Technologies de l’information et de la communication

La Bretagne a acquis une réputation mondiale dans le domaine des TIC, du fait, notamment, des innovations majeures qui sont sorties de ses laboratoires publics et privés. Elle emploie 42 000 personnes environ regroupées autour de trois pôles, Lannion, Rennes et Brest, où ont vu le jour des technologies et des normes telles que le JPG, le MPG ou encore le MP3. Ce formidable potentiel de développement permet d’aborder l’avenir plutôt sereinement, notamment avec le développement du pôle de compétitivité Images et Réseaux, qui travaille sur le futur de la télévision numérique terrestre et de la TV 3D sur réseaux fixes et mobiles.

Pour favoriser l’accès d’un large public aux nouvelles technologies, 400 communes, regroupées dans le réseau « Cybercommunes », proposent depuis 1998 des espaces multimédias ouverts à tous, où des animateurs accueillent et guident le public. Ce réseau permet à chaque Breton de s’initier à l’informatique et à Internet à moins de 20 km de chez lui.

Industrie

Les chantiers navals

Bien qu’ayant perdu en dix ans plus du tiers des effectifs, la construction navale reste le quatrième secteur industriel en Bretagne et représente encore 4 % de l’emploi. Ce secteur sinistré pendant des années regroupe les chantiers de construction et de réparation navale militaires et civils, au service de la pêche, de la plaisance, de l’océanographie et du transport de passagers.

Avec les Chantiers de l’Atlantique à St-Nazaire, un site d’envergure mondiale capable de mettre en chantier des navires de 500 000 t, la construction navale s’est tournée vers la production de porte-conteneurs, de plates-formes de forage et de navires de croisière ; l’année 2003 restera dans les annales avec la construction du plus grand paquebot du monde, le Queen Mary 2 . C’est grâce à ce secteur de prestige que les chantiers ont pu prouver leur dynamisme et leur savoir-faire.

Le secteur automobile

L’implantation de Citroën dans l’agglomération rennaise dans les années 1960 a entraîné l’essor de l’industrie automobile en Bretagne autour d’un important réseau d’équipementiers et de sous-traitants. La filière Véhicules Bretagne se distingue par son expérience et son savoir-faire dans le domaine du véhicule spécifique et dédié. L’activité est très concentrée, notamment avec l’usine PSA (Peugeot Citroën) à Chartres-de-Bretagne employant 80 % des effectifs du secteur. Si on y ajoute les équipementiers, la zone d’emploi de Rennes concentre 88 % des effectifs bretons.

Ce secteur est aujourd’hui fortement soumis à la concurrence internationale et aux aléas de la conjoncture. Dans un contexte économique difficile, les industriels et équipementiers installés dans la région cherchent non plus seulement à accroître leur compétitivité mais aussi malheureusement à rationaliser leurs coûts de production.

Transports

La Bretagne est traversée par deux axes rapides qui aboutissent à Brest. La N 165 longe le littoral sud au départ de Nantes et rejoint Brest en passant par Vannes, Lorient et Quimper. Au nord, la N 12 aboutit à Brest après un long périple depuis le parvis de Notre-Dame à Paris, en desservant au passage Rennes, St-Brieuc, Guingamp et Morlaix. Sur ces deux axes, le trafic a augmenté de 20 % entre 1997 et 2004. Aujourd’hui, la priorité est à la desserte est-ouest avec l‘achèvement de la mise à deux fois deux voies de la N 164.

L'Economie Bretonne dans Bretagne 220px-TER_Breizh_trainLe train, notamment l’arrivée du TGV à Rennes et à Nantes, a fortement contribué au désenclavement des départements bretons en mettant les deux « capitales » régionales à 2h de Paris, et des villes comme Quimper et St-Malo en liaison directe avec la capitale (bien qu’à vitesse classique). Le projet BGV (Bretagne Grande Vitesse), mettra Rennes à 1h27 de Paris, Brest et Quimper à 3h08 (4h20 actuellement). Début des travaux en 2010.

Le transport maritime, enfin, voit sa fréquentation diminuer depuis dix ans, notamment avec une baisse du trafic transmanche passant sous le seuil des 800 000 passagers embarqués en 2007 contre 1 200 000 auparavant. La concurrence des compagnies à bas coût depuis les aéroports de province explique en grande partie cette baisse.

Tourisme

Le secteur touristique fait vivre près de 5 % des Bretons actifs, c’est dire son importance économique. En termes de fréquentation, la clientèle française est de loin la plus massive, avec plus de 73 millions de nuitées pour la seule année 2007 (dont plus de 17 % de Bretons !), devant la clientèle étrangère qui représente 3,8 millions de nuitées pour la même année (Britanniques 36 %, Allemands 15 %, Belges 8 % et Néerlandais 19 %).

Les atouts de la Bretagne sont multiples avec ses 2 730 km de côtes (un tiers du littoral métropolitain), ses 800 îles et îlots, ses fonds marins exceptionnels favorisant la biodiversité. Ce n’est donc pas un hasard si elle est la première destination maritime française. Aux plaisirs de la plage et aux sports nautiques associés (planche à voile, surf, plongée…) s’ajoutent la plaisance et la thalassothérapie.

Mais si la Bretagne est bleue, elle se veut également verte. Les parcs, réserves et espaces protégés sont nombreux, et il est possible de marcher, rouler ou trotter sur 3 700 km de sentiers de randonnée. Et si le temps ne s’y prête pas, la région recèle un patrimoine culturel et vivant d’une rare diversité.

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La Bretagne et le tourisme vert

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

 

170px-Huelgoat-1Quels chemins emprunterez-vous pour découvrir la Bretagne ? Suivrez-vous les traces des marins disparus, à la conquête de l’ Armor et de ses côtes aussi belles et sauvages que terrifiantes lorsque le vent se déchaîne ? Ou bien parcourrez-vous les chemins des parcs naturels de l’Argoat , cette Bretagne intérieure plus confidentielle qui dissimule tous les mythes celtiques ainsi que la légendaire forêt de Brocéliande ? Que vous optiez pour le sentier du littoral ou les rives du canal de Nantes à Brest , qui se jette dans la mer d’Iroise, vous ne serez jamais très loin de la grande bleue. 

Magique et envoûtante, cette « terre d’âme », comme l’appelait Julien Gracq, abrite encore toute la spiritualité des cultures celtique et chrétienne, des mégalithes du Morbihan aux enclos paroissiaux de Basse-Bretagne. Les esprits romantiques pourront revivre les pages les plus tourmentées de l’œuvre de Chateaubriand, inspiré par des falaises granitiques cernées d’écueils de Crozon ou de la pointe du Raz .

Que ceux que le climat décourage sachent qu’« en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour », comme le dit un ancien dicton. Les avis pourront diverger à ce sujet, mais finiront forcément par se rejoindre autour d’un verre de cidre et des bons petits plats au goût de la mer ou de beurre salé . D’ici 2012, le TGV devrait relier Brest et Quimper à environ trois heures de Paris : une aubaine pour les amateurs de festivals si nombreux dans une région en pleine effervescence culturelle.

Tourisme vert, maritime ou culturel… Grâce à la diversité de ses paysages et à la richesse de son patrimoine, la Bretagne est la quatrième région touristique de France. Même les étrangers, qui sont de plus en plus nombreux à choisir d’y résider, le reconnaissent : il fait bon vivre en Armorique. Relation de cause à effet Le renouveau de la culture bretonne vient cimenter davantage une société régionale de plus en plus attractive sur le plan culturel, ce que confirme le succès grandissant des grands festivals devenus des événements européens. L’économie aussi compte des secteurs très dynamiques et, forte de ses pôles d’enseignement et de recherche, la région est par exemple très bien classée en matière de création d’entreprises innovantes.

La société bretonne a entamé le siècle avec un dynamisme certain, stimulé par une économie saine, un engouement touristique qui ne se dément pas et une hausse de la démographie qui ne se limite pas au retour des retraités : elle séduit désormais des Européens en quête de littoral et de « celtitude ».

Démographie

Arvor d’abord

La densité moyenne en Bretagne est sensiblement la même que celle de la France, soit 115 hab./km ² . La particularité bretonne est que les habitants sont concentrés sur le littoral et les villes (71,5 % de la population). La côte méridionale est de loin la préférée, puisqu’elle est habitée en continu de St-Guénolé à Vannes. Au nord, les Bretons se rassemblent dans les grandes villes comme Brest, Lannion, St-Brieuc ou St-Malo. Si l’on excepte Nantes, les grands pôles urbains de la région sont Rennes, devant Brest, suivis de villes intermédiaires comme Lorient, Vannes, Quimper, Lannion…

Le grand « retournement »

S’agissant de la démographie bretonne, certains observateurs s’amusent à parler de grand « retournement » par évocation du « grand dérangement » d’Amérique du Nord. Cette référence est suscitée par le solde migratoire positif de la région, c’est-à-dire qu’il y a plus d’arrivées que de départs. La tendance tient à différents facteurs, au nombre desquels il faut citer le retour au pays de retraités originaires de la région et surtout l’attractivité économique de la Bretagne, qui incite les actifs de plus de 30 ans à venir s’y installer.

La Bretagne et le tourisme vert dans BretagneAvec en moyenne 25 000 habitants supplémentaires par an depuis 2000, la population bretonne ne cesse d’augmenter. En 2008, la Bretagne se plaçait au 7 e rang des régions françaises avec 3 103 000 habitants.

Les nouveaux Bretons

Attirés par le climat, les infrastructures publiques et par la beauté du littoral, les étrangers sont de plus en plus nombreux à choisir la Bretagne pour lieu de villégiature ou de retraite. Confirmant une tendance amorcée il y a une dizaine d’années, les Britanniques sont de loin les plus nombreux à devenir Bretons, devant les Hollandais et les Belges.

Rayonnement

De nos jours, les Bretons émigrés sont estimés à 9 millions. Leur première région d’élection est la région parisienne, qui accueillerait toujours 1 million de natifs ou de personnes originaires de Bretagne (pour mémoire, on en comptait plus de 2 millions à la fin du 19 e s.). Tout le littoral français, riche en chantiers navals et en ports, est également une zone de prédilection pour les Armoricains, présents de Dunkerque à Bordeaux. En dehors des marins expatriés par voie maritime, portés par un esprit d’aventure certain, quelques vagues d’émigration collective (1921-1959) ont conduit nombre d’entre eux en Amérique (Argentine, États-Unis et Canada). Les Bretons sont partis de par le monde et partout ont fait souche. Ce qui caractérise le plus la diaspora, c’est son indéfectible esprit communautaire. Où qu’ils se trouvent, les Bretons se rassemblent en associations, communiquent, éditent, partagent et parlent du pays.

Culture

Considérées par l’Unesco « en danger sérieux d’extinction », les langues bretonnes (le breton et le gallo) sont aujourd’hui trois fois moins parlées qu’en 1900, avec 172 000 locuteurs. Cette remarquable différence n’est pas synonyme de régression culturelle, bien au contraire. Elle masque paradoxalement le renouveau de la culture bretonne. Jamais les éditeurs de la région n’ont publié autant de livres en breton. Pour redonner place aux langues bretonnes dans la société contemporaine, des moyens financiers et humains importants ont été mis en œuvre : apprentissage du breton à l’école, formation de nouveaux professeurs et développement des activités périscolaires bilingues. Créées en 1977, les écoles diwan ont aussi permis de préserver la vitalité de ces langues en proposant une scolarité tout en breton, de la maternelle au baccalauréat.

La volonté de décentralisation et les subventions européennes ont également beaucoup aidé les structures associatives à perpétuer la culture bretonne, mais rien n’aurait pu se faire sans la volonté locale d’irréductibles bretonnants.

Des fêtes locales aux festivals

Les grandes manifestations culturelles et les festivals sont assurément les vecteurs les plus charismatiques de la culture bretonne. Pourtant, ces grands rassemblements ne sont pas les seuls moments pendant lesquels la culture régionale s’exprime ; celle-ci se vit au quotidien au travers des pardons, des fêtes folkloriques ou familiales…

La culture bretonne rayonne de nouveau et s’inscrit dans un vaste mouvement européen de reconnaissance et d’affirmation des cultures régionales.

 

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Tout est bon chez les Bretons

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

 

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Un délicieux kouign-amann bien doré, de savoureuses crêpes sucrées, d’onctueux caramels au beurre salé, un plateau de fruits de mer coloré, et une bolée de cidre pétillant : la Bretagne se caractérise par la richesse de ses spécialités culinaires, la simplicité et la convivialité de ses plats, et bien souvent, la cuisine bretonne est perçue comme un véritable symbole de la culture bretonne.

Une véritable cuisine traditionnelle qui de générations en générations continue à plaire en France, qui se fait même un nom dans les autres pays et qui fait plaisir aux nombreux touristes de passage en Bretagne (ils repartent rarement sans avoir fait escale dans une crêperie, un restaurant typiquement breton ou un petit paquet de caramel ou biscuits bretons déniché dans une boutique de souvenirs !).

  1. La crêpe : pas besoin de se crêper le chignon, la crêpe, ça défonce le pancake ou tout ce qui se fait de similaire. Si vous en avez marre de la traditionnelle beurre-sucre, on vous propose 10 recettes insolites pour changer un peu…
  2. La galette saucisse : le « hot-dog breton », un élément majeur de la gastronomie bretonne, pas trop compliqué à faire : vous avez une galette ? vous avez une saucisse ? Bah voilà vous avez une galette saucisse. Preuve de son succès interplanétaire, les supporters du Stade Rennais en ont fait une chanson : « Galettes saucisse, je t’aime ! / J’en mangerai des kilos (et des kilos !) / Dans tout l’Ille-et-Vilaine / Avec du lait ribot ! »
  3. Le beignet au pommes : comme au McDo. Mais en meilleur. Et avec de la compote à température ambiante, pas à 800 degrés comme ceux servis par Ronald.
  4. Le Far Breton : plus efficace qu’un Smecta pour vous coller l’estomac bien au fond. Du flan, des pruneaux, le Breton n’est pas du genre à faire des machins en neige pour épater la galerie.
  5. Le Kouign-amann : peut-être le gâteau le plus difficile à épeler, rien que ça. Ah si, et le plus riche en calorie du monde aussi. Une bouchée et vous sentez votre sang s’épaissir dans vos artères. Du coup les Bretons n’en mangent presque jamais et en vendent par palettes entières aux touristes en ciré.
  6. Le Quatre-quarts : et oui, le gâteau star de toutes vos boums d’adolescents vient de bretagne. Pourquoi ce nom ? Facile, les 4 ingrédients (farine, sucre, beurre, œufs) sont en quantité égale.
  7. Les Galettes de Pont-Aven : avant d’être un film aux répliques cultes de Jean-Pierre Marielle, c’est aussi un gâteau
  8. Les fraises de Plougastel : c’est depuis l’un des plus jolis coins de Bretagne, au bord de la rade de Brest, que l’on inonde depuis plus d’un siècle l’Europe de fraises et de confitures. Et la « Fête des fraises », le 2ème dimanche de juin, est un événement incontournable.
  9. Les palets bretons : 1 cm et demi d’épaisseur, un goût de beurre qui ne se cache pas, et un biscuit qui ne trouve pas de rival quand il s’agit d’accompagner un café.
  10. Le pâté Henaff : si la Sarthe a ses rillettes, la Bretagne peut compter sur ces conserves de pâté fabriquées par une entreprise qui a toujours revendiqué son ancrage dans la région. Et pour une fois qu’une spécialité bretonne n’est pas constituée à 50% de beurre, on va le noter.
  11. Le cidre breton : autrefois, le Breton buvait du vin. Comme un trou. Du coup les autorités ont cherché à imposer une boisson un peu plus light, avec le même « voltage » que la bière, pour contenir les drames. Le cidre s’est imposé, et est devenu le compagnon idéal de la galette.
  12. Le chouchen : une légende veut que parfois, le venin de l’abeille reste dans cette boisson à base de miel, et que certains ivrognes peu attentifs basculent sur le dos. Le chouchen, c’est un peu le « fugu » breton.
  13. L’Andouille de Guémené : on pratique l’andouille dans plusieurs bourgades de France, mais la rivalité se joue clairement entre ces souillons de Vire en Normandie, qui se contentent de bourrer des lambeaux de tripaille dans un gros intestin et celle de Guémené, plus rafinée, qui présente des cercles concentriques de boyaux enfilées les uns dans les autres. Bon, ceci dit, ça reste des abats de porc.

Mais aussi le Coco de Paimpol, les spécialité d’Artichaut et le caramel au beurre salé… Et vous, quel souvenir vos papilles ont gardé de la Bretagne ?

source http://www.topito.com/top-cuisine-bretonne

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L’artichaut est le fleuron du terroir breton

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Artichaut ou camus de Bretagne.

290px-ArtischocketoskanaIl descend du chardon sauvage, et serait originaire d’Afrique du Nord, d’Égypte ou d’Éthiopie. Son nom, qui provient de l’arabe al-haršwf (épine de la terre), apparaît en France à la Renaissance. On dit que c’est Catherine de Médicis qui l’apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa le roi de France. C’set sans doute peu après qu’il arrive en Bretagne, et l’appellation « camus de Bretagne » fait son apparition vers 1810.

Sa culture est délicate, et il a trouvé en Bretagne son terroir de prédilection : il craint le froid et le gel en hiver, et la chaleur en été. Le savoir-faire des producteurs est essentiel.

Le plant d’artichaut reste plusieurs années en terre. Au moment des récoltes, le producteur passe dans le champ, coupe un à un les capitules arrivés à maturité. Deux variétés de gros artichauts sont cultivées : le traditionnel camus de Bretagne et le castel, qui en est issu, cultivé depuis 1994.

 En Bretagne, on cultive surtout le plus volumineux des artichauts : le camus de Bretagne (deux ou trois têtes suffisent pour faire le kilogramme). Son capitule vert tendre, présente une forme arrondie et globuleuse. C’est ce bouton floral de la plante, constitué de bractées (ou feuilles) et d’un réceptacle (ou fond) qui fournit sa partie comestible. La plante, qui porte plusieurs capitules, monte à environ 1 mètre de hauteur. Ses gros capitules se cueillent lorsqu’ils sont jeunes, avant l’apparition des fleurs. La récolte se fait dans de vastes champs : les « artichautières ».

L’artichaut se reproduit par semis ou par « éclatage » (on repique les drageons apparus autour de la souche). La plantation des drageons s’effectue de mars à mai. En mai-juin, on butte ces drageons dans le champ. Après un éclaircissage, la récolte s’effectue l’été de la seconde année. La troisième année, intervient une nouvelle récolte, cette fois de mai à juin. Plus rarement, on laisse la culture en place une année supplémentaire.

L’artichaut en général (et le camus en particulier) est peu calorique, riche en fibres et en minéraux. Excellent pour le foie, il est aussi reconnu pour ses vertus diurétiques, dépuratives et antitoxiques. Plus filandreux que les autres variétés d’artichauts, le camus se consomme bouilli ou à la vapeur : ce sont ses feuilles charnues que l’on trempe dans une vinaigrette. Les fonds d’artichauts peuvent aussi être farcis.

Plante méditerranéenne (introduite en France par Catherine de Médicis qui l’apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa Henri II), l’artichaut est issu de l’évolution du chardon sauvage. Il se complait en Bretagne, au point de devenir le légume phare avec le chou (chou-fleur, brocoli, chou pommé) de la « ceinture dorée » : cette frange côtière autour de Roscoff, dans le Léon, s’étendant sur Trégor et le Goëlo, propice aux primeurs car fertile en limon et peu affectée par les variations de températures.

La présence de l’artichaut est signalée, avant la Révolution, à Belle-Île et autour de Saint-Malo, dans le Pays bigouden et le Quimperois. Mais, c’est autour de Roscoff (Léon), où il dispose des meilleurs sols pour s’épanouir. En général, on plantait de l’artichaut, une fois les pommes de terre arrachées. Au début du XXe siècle, l’artichaut se démocratise, quittant son statut de « légume de luxe ». Le camus de Bretagne (créé en 1810 par un agronome parisien) devient le préféré des français, dépassant le petit violet. Les années 70 marquent l’âge d’or de l’artichaut breton avec 100 000 tonnes produites sur la « ceinture dorée » ! En 1990, l’artichaut violet méditerranéen sera acclimaté avec succès en Bretagne, occupant des surfaces importantes. Malgré un « tassement », la Bretagne maintient son hégémonie sur l’artichaut devant le Languedoc-Roussillon et la Provence, assurant les trois quarts de la production nationale.

L’ Artichaut, une plante nommée cynara était connue des Grecs et des Romains. Reste à savoir à quoi elle correspondait exactement. On lui a attribué des pouvoirs aphrodisiaques. Il semble cependant que l’artichaut que nous connaissons ne soit apparu en Europe qu’à la fin du Moyen Âge, et qu’il s’agisse d’un chardon transformé par sélection par les horticulteurs (tout comme le cardon).

Il serait originaire d’Afrique du Nord, d’Égypte ou d’Éthiopie. Il est régulièrement cité par les agronomes arabes ; Ibn Al-’Awwâm, agronome andalou du Moyen Âge, décrit sa culture et sa reproduction par œilletonnage, les Andalous sélectionnent des variétés à grosse tête, écrit-il (art. 2 Chap. XXVIII du livre d’agriculture), ce qui montre qu’ils le consomment.

Sa culture est mentionnée en Italie du Nord à partir du xve siècle1. En 1532, on trouve la première mention de l’artichaut en Avignon, d’où il est diffusé dans le Comtat et le Languedoc. Cette fleur de chardon améliorée par les Arabes, a été apportée de Naples à Florence en 1466 par Filippo Strozzi. La tradition veut que son introduction en France soit liée au personnage de Catherine de Médicis, qui était très friande de fonds d’artichauts. La Florentine en apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa le futur roi de France, Henri II. Les explorateurs français et espagnols l’importèrent en Amérique. Louis XIV aurait été également un grand consommateur d’artichauts.

  • Le camus ou camus de Bretagne : le plus gros des artichauts (300 à 500 g/pièce) ; son capitule, vert tendre, a une forme très arrondie aux bractées très serrées, courtes et larges ; créé en 1810 par un agronome parisien, il est produit de mai à novembre dans l’Ouest de la France, notamment en Bretagne ; il se consomme bouilli ou à la vapeur, avec une vinaigrette, de la mayonnaise ou de la crème fraiche ; les fonds d’artichauts peuvent aussi être farcis.

L’herboristerie traditionnelle utilise l’artichaut en feuilles fraîches ou séchées, en jus (de plante entière ou en divers extraits liquides) ou en extraits solides. En France, la Note Explicative de l’Agence du médicament (1998) admet qu’il est possible d’utiliser la feuille d’artichaut

  • pour faciliter les fonctions d’élimination urinaire et digestive ;
  • comme cholérétique ou cholagogue ;
  • pour favoriser l’élimination rénale de l’eau.

Les effets bénéfiques de l’artichaut sur le foie et la vésicule biliaire sont connus depuis longtemps et habituellement appréciés au lendemain de réveillons copieusement arrosés. Mais comme le remarque un peu sardoniquement Bruneton12 « Pour nombre de pharmacologues, les affections traitées par cholagogues et les cholérétiques auraient pour seule origine des irritations de la muqueuse gastrique : dans ces conditions, l’intérêt d’accroître la sécrétion de bile ou de stimuler la contraction vésiculaire n’apparaît pas très clairement. »

Contre-indications :

  • calculs biliaires ou obstruction des voies biliaires parce que l’artichaut stimule la production de bile
  • allergie aux plantes de la famille des composées (marguerites, asters, camomille, etc.)

L’extrait d’artichaut manifeste une aptitude à retarder l’oxydation des lipoprotéines de basses densité LDL (mauvais cholestérol). Et comme on sait que la lutéoline (et dans une moindre mesure la lutéoline 7-0-glucoside) manifeste aussi cette activité, on est en mesure de supposer que l’activité antioxydante de l’artichaut relèverait en partie de ses flavonoïdes. Rappelons que l’oxydation du LDL provoque sa précipitation sur les parois vasculaires et la formation de cellules spumeuses qui réduisent le diamètre des vaisseaux sanguins.

 

 

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Episode du siège du Mont St.-Michel

Posté par francesca7 le 22 mars 2014

 

par

M. Éphrem Houel 

 

                              A noble family, for all the brothers were vaillant and all the sisters virtuous.
                              C’était une noble famille dont tous les hommes
                            étaient  vaillans et toutes les femmes fidèles.

 

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LES Anglais, maîtres de toutes les places environnantes, avaient fait plusieurs tentatives inutiles sur le Mont-St.-Michel. Vers 1423, une armée formidable, sous les ordres du comte de l’Escale, vint l’assiéger en forme. Le sire d’Estouteville s’y enferma avec cent-vingt chevaliers dont l’histoire a conservé les noms. Après une défense héroïque, après trois longues années de privations et de combats, ils chassèrent les Anglais et conservèrent à la France ce rempart, auquel peut-être elle dut alors la conservation de sa nationalité. Si la Grèce a ses Thermopyles, la Normandie a son Mont-St.-Michel ; ses héros furent aussi braves, mais plus heureux, car ils vainquirent.

Dans un petit manoir du comté de Mortain, vivait, à l’époque dont nous parlons, une jeune fille nommée Guillemette Avenel. Belle et naïve comme l’innocence, elle avait donné son coeur à un jeune écuyer nommé Robert, seigneur de Beauvoir, près la mer. – Robert était poursuivant aux fins de chevalerie ; il savait manier un cheval et mettre la lance en arrêt ; déjà dans maintes rencontres, escarmouches et détroussées, il avait essayé de briser le joug honteux que l’Angleterre appesantissait sur sa patrie. Il avait trois idoles dans le coeur : Dieu, le Roi et la France. Quant à Guillemette, elle était sa vie Guillemette descendait des fiers Avenels, barons des Biards, qui combattirent à Hastings.

Des Biards i fiers Avenals.

Ce noble nom venait de s’éteindre en Angleterre. Il ne résonnait plus sur la terre étrangère que dans les chants sauvages de la tribu écossaise ; mais il brillait encore dans la mère patrie, où les orages l’ont respecté jusqu’à présent.

Robert de Beauvoir ne se fit pas attendre à l’appel du vaillant d’Estouteville. Comme ses compagnons de gloire, il quitta tout, fortune, amis, parents, tout ce qui attache à la terre, pour s’enfermer dans une étroite prison, où tout espoir, hors celui de vaincre, était interdit, où la chance la plus probable était la mort.

Il dit adieu à Guillemette : Nous avons juré sur l’Évangile, lui dit-il, de ne pas abandonner un instant la défense du Mont avant la levée du siége. – Nous avons juré de triompher ou de mourir. – Me garderez-vous votre foi, Guillemette ? Toujours, répondit-elle ; et il partit.

Trois années se passèrent.

Cependant les Anglais pressaient le siége avec vigueur ; plusieurs assauts avaient été donnés à la place. Mais rien encore ne faisait présager de quel côté pencherait la victoire. – Robert était partout, soldat et capitaine ; il se battait comme un lion sur la brèche et dans la mêlée, et dirigeait ses hommes d’armes avec la prudence d’un vieux guerrier. – Il fut fait chevalier après une sortie. Le brave d’Estouteville lui donna l’accolade. – Mais Guillemette n’était pas là pour lui ceindre l’écharpe de chevalerie ; il en prit une noire : était-ce un présage ?

Un soir Robert était assis près d’une de ces petites fenêtres en ogive, que l’on remarque encore maintenant sur la façade de l’abbaye, au-dessus de la porte. Il regardait les étoiles qui brillaient sous un ciel sans nuages, car Guillemette lui avait dit un soir. – « Cette étoile que voilà, près de la grande voie blanche, c’est la mienne ; et celle-là, à côté, c’est la tienne, Robert. – Tous les soirs j’irai regarder nos deux étoiles, et je leur confierai des mots d’amour qu’elles te rediront.» Ainsi tous deux froissés sur la terre, ils faisaient intervenir le ciel dans leurs amours ; les étoiles étaient leurs messagères et leurs mystérieuses confidentes ; ainsi chaque soir Robert ne manqua pas de venir s’asseoir près de la fenêtre en ogive et jusque-là il n’y avait eu pour lui de jours malheureux que ceux où le ciel était sombre. Ce soir-là, les astres brillaient d’un vif éclat, et pourtant il ne pouvait se défendre d’une pensée triste. Tout-à-coup un vieux serviteur de la maison d’Avenel parut devant lui. Après bien des fatigues et de périlleuses chevauchées, il était parvenu à franchir les lignes ennemies, et à pénétrer dans la place. – Il remit à Robert une lettre de Guillemette ; elle lui mandait : «que Nicolas Burdet, un des généraux qui commandaient l’armée anglaise, l’avait demandée en mariage, que sa mère, dont tous les domaines étaient au pouvoir des vainqueurs, avait quoiqu’à regret consenti à cette union, que dans deux jours elle devait être sa femme ! Mais, lui disait-elle en finissant, comme cela ne se peut pas, comme je suis à toi, je crois bien que je serai morte auparavant. »

Tout ce que l’enfer a de feux passa dans l’âme de Robert, il se roula sur la terre comme un homme qui a perdu la raison ; quand il revint à lui, mille pensées lui traversèrent l’esprit. Une seule, aller plonger un poignard dans le coeur de Burdet, dominait toutes les autres ; mais son devoir de soldat, son voeu de chevalier !!! Pour la première fois il maudit l’honneur, et sans le souvenir de Guillemette, il l’aurait foulé aux pieds ; il écrivit à Burdet :

« Monseigneur Burdet, 

Vous voulez épouser Guillemette Avenel sans son vouloir et bonne volonté ; cela est d’un félon et déloyal chevalier. Guillemette est ma fiancée, elle a reçu mes sermens et j’ai les siens. Vous pouvez être plus beau et plus riche seigneur que moi ; mais vous n’aurez jamais le coeur de ma dame. Au nom de Dieu et de sa glorieuse mère et de monseigneur St.-Michel, pour la cause duquel je suis réduit en si triste état que d’implorer votre merci, faites-lui grâce, monseigneur. Mais si vous persistez dans votre injuste poursuite, je vous en avertis, Monseigneur Burdet, il vaudrait mieux pour vous vous briser la tête contre votre forteresse d’Ardevon. »

Un page fidèle porta cette lettre au camp anglais ; Burdet était un de ces hommes qui affrontent également un crime et une lance ; il était à table : «Je bois à ton maître ! dans deux jours sa dame sera lady Burdet, et quant à son insolente menace, dis-lui que j’y répondrai à la première occasion, de manière à le guérir pour toujours de sa passion amoureuse.» Et il jeta au page son gantelet de fer, gage de combat.

Un soir, la chapelle du manoir d’Avenel était ornée comme pour une fête ; un prêtre bénissait deux époux de haut lignage, une assemblée nombreuse entourait l’autel ; déjà la cérémonie s’avançait, l’officiant allait prononcer les paroles sacrées, un mot encore et Guillemette Avenel était à jamais l’épouse de Nicolas Burdet. – Tout-à-coup la fiancée chancelle, Burdet s’élance pour la soutenir : – « Damoiselle, vous tremblez ! » – Non, je meurs ! répondit-elle ; c’était le premier mot du coeur qu’elle eût dit à Burdet. Le lendemain, il y eut un cercueil de plus dans la chapelle du château, et un ange de moins sur la terre.

Robert aiguisait une lance quand cette nouvelle lui fut annoncée ; il la supporta avec plus de calme qu’on n’eût pu le penser ; toute la nuit il pria à deux genoux.

Episode du siège du Mont St.-Michel dans BretagneLe siége traînait en longueur ; le comte de l’Escale avait tout tenté inutilement pour réduire cette place évidemment protégée par le ciel ; il ordonna un assaut général. C’était par une belle matinée d’été ; à mesure que la mer se retirait, on voyait descendre sur les grèves les bataillons réguliers des Anglais ; les uns venaient du fort d’Ardevon, les autres des bastilles de St.-Jean-le-Thomas ; d’autres, enfin, du Mont-Tombelaine. – Ils apportaient une foule d’engins et machines de guerre, et deux immenses canons que l’on avait fait construire exprès pour cette expédition. Tout ce que le courage d’une armée aguerrie et brave peut tenter, tout ce que la fureur de victorieux arrêtés dans leur course peut inspirer, tout fut mis en usage par l’armée anglais et ses vaillans capitaines ; mais plus s’augmentaient les périls, plus aussi semblait s’augmenter l’héroïque vaillance des assiégés ; ils renversaient les échelles, écrasaient des bataillons entiers sous une grèle de traits, et semblaient amortir par leur présence les coups du bélier et ceux du canon, dont les boulets de pierre venaient se briser contre les remparts et les glacis du rocher. Cependant accablés par le nombre, ils semblent fléchir, ils reculent ; déjà quelques assiégeans ont planté les léopards sur les tours avancées, déjà un cri de victoire s’élance de l’armée anglaise : tout-à-coup la porte s’ouvre, les chevaliers français, armés de toutes pièces s’élancent sur les assaillans ; semblables à une gargousse de mitraille qui s’échappe de la gueule du canon, montés sur d’agiles coursiers, ils fondent sur l’armée ennemie, et un combat furieux s’engage de toutes parts. – Robert de Beauvoir cherchait Burdet ; il le reconnaît à ses armes brillantes, il s’élance pour le joindre, un flot de combattans se jette entre eux. Robert, la lance basse, suivait sa route comme un sanglier dans le taillis qu’il brise en courant ; mais un Anglais, d’une haute stature, armé d’une énorme hache, lui avait barré le passage ; Robert jette sa lance, saisit sa hache, et furieux de voir retarder sa vengeance, il commence avec lui un combat à mort. Burdet s’avançait aussi pour délivrer son gage de bataille. Un frère d’armes de Robert se présente à lui. – « Défendez-vous, Monseigneur, » lui crie-t-il, et il lance son cheval de toute sa vigueur. – Burdet, de son côté, se dispose à recevoir le choc ; il fut tel que les chevaux plièrent sur leurs jarets, et, ne pouvant dégager leurs pieds de la grève humide, chancelèrent et s’abattirent ; les deux champions mettent l’épée à la main et s’avancent l’un contre l’autre. Cependant Robert s’étant débarrassé de son adversaire cherche des yeux Burdet ; il le voit aux prises avec un chevalier dont il reconnaît le cimier et le blason d’or et d’azur : « Sire Thomas, cet homme m’appartient, épargne-le, je t’en supplie ; c’est à ma lance qu’il doit son sang, à mon poignard qu’il doit son dernier soupir. » Et il s’élançait comme un vautour qui, planant aux nues, a vu l’oiseau dont il veut faire sa pâture ; mais comme il rejoignait les combattans, Burdet tombait baigné dans son sang ; l’épée du chevalier normand s’était engagée dans sa gorge entre le casque et la cuirasse. Robert le crut mort, et dans sa fureur : « Sire Thomas tu m’en devras compte. » Pourtant un signe de vie se décela, Robert espéra que des soins empressés pourraient le rappeler à la vie. Le combat avait cessé ; les assiégeans pressés de toutes parts, avaient regagné leur redoutes ; le retour de la marée avait hâté leur fuite et précipité leur défaite. Les blessés et les prisonniers furent conduits au Mont. Robert ne quitta pas Burdet, il le fit lui-même porter dans un lieu séparé des autres blessés ; sa plaie fut sondée avec soin, elle était peu profonde, et laissa espérer une prompte guérison. 

Chaque matin, un jeune moine se rendait au chevet du malade et lui prodiguait les soins les plus empressés, les baumes les plus efficaces, les mets les plus savoureux. – Vingt-quatre jours se passèrent, au bout desquels Burdet fut complètement rétabli ; mais il était prisonnier, et pensait avec tristesse qu’étant un des plus actifs et des plus renommés capitaines de l’armée anglaise, il lui serait difficile d’être admis à rançon. Il avait, un jour, confié son chagrin au moine qui le servait : – « Guérissez-vous, lui avait répondu celui-ci, et laissez faire le ciel. » Le jour où sa guérison fut achevée, le moine entra dans sa cellule : « Vous êtes libre, lui dit-il, voilà votre épée ; pour votre rançon je vous requiers un don. – Je n’ai rien à vous refuser : quel qu’il soit, je vous l’accorde. – Seigneur, reprit le moine, je ne suis, comme vous le voyez, qu’un pauvre serviteur de Dieu, peu expert au métier des armes, et pourtant faut-il que j’aie une injure à venger, une injure de mort ; je vous requiers donc, sire chevalier, que vous me vengiez de mon ennemi ; jurez de ne pas l’épargner, quand vous le verriez abattu à vos pieds, vous criant merci ; car, par St.-Michel ! autant il en fera lui, si victoire lui advient. – Vous n’aurez pas loin à l’aller chercher ; il viendra lui-même s’offrir à vos coups dans un lieu que je vais vous dire. A deux journées d’ici, au-dessus du bourg de Pont-Farcy , sur la Vire, près la chapelle de Plaine-Seuvre , se trouve une bruyère aride et déserte, des rochers, des vallons profonds, une immense solitude, une rivière écumante que traverse le pont d’Avenel ; voilà où vous le trouverez le trentième jour de la lune qui commence. Vous le reconnaîtrez à ses armes noires et à son écu blasonné de gueules au poignard d’argent. – Par St.-Georges ! dit Burdet, tu fais payer de nobles rançons, l’ami ! elles sont dignes d’un chevalier ; il y a là du mystère comme dans la ballade d’un minstrel. – Par la croix de mon épée ! je ferai ce que j’ai promis. – Adieu, moine, je te remercie de tes soins et du prix que tu y as mis. »

275px-Mountsaintmichi1756 dans EGLISES DE FRANCEMille événemens que je ne ferai qu’esquisser ici, suivirent la défaite des anglais sous les murs du Mont-St.-Michel. L’Escale, fatigué d’un siége inutile, pendant lequel il avait perdu un grand nombre de ses meilleurs soldats, songeait à se retirer et à joindre les forces, dont il pourrait disposer, aux autres armées d’outre-mer, qui commençaient à payer chèrement leurs funestes victoires de Crécy et d’Azincourt. – Un renfort puissant arriva aux défenseurs du Mont ; un parti de chevaliers bretons, conduits par Brient, de Château-Briant, car il y a des noms qui ont affaire dans toutes les gloires, vint ravitailler la place et hâter l’accomplissement des projet de l’Escale, qui leva le siége, et dispersa son armée dans les villes voisines. Depuis cette époque, le Mont-St.-Michel n’eut plus à redouter les attaques de l’étranger ; nos discordes civiles y ramenèrent encore néanmoins l’image des combats ; les noms de Bellille, de Kérolan de Montgommery et autres s’y firent entendre, mêlés au bruit des mousquets et au cliquetis de l’acier. Les degrés qui conduisent à l’abbaye furent souvent teints de sang français, répandu par des mains françaises, digne prélude à l’abîme de honte où est venu s’engloutir tant de gloire !

Il y avait un mois que la scène que nous avons décrite plus haut s’était passée dans une haute cellule du Mont-St.-Michel ; deux jeunes chevaliers chevauchaient lentement sur les bords de la Vire. Leurs armures étaient noires, et l’un d’eux portait un bouclier rouge au poignard d’argent ; l’autre était sire Thomas, celui qui avait blessé Burdet, à la bataille du Mont. Deux pages les suivaient et portaient de fortes lances, comme on en portait en guerre dans ce temps. Bientôt ils arrivèrent sur la bruyère de Plaine-Seuvre, lieu sauvage que la superstition de cette époque peuplait de génies malicieux, et où il se passait, la nuit, des choses mystérieuses. Elle est assise sur de vastes collines, bordées de rochers de granit ; la Vire vient à droite parmi les saules et les branches tombantes des ormes marins ; elle écume sur un lit de graviers ; elle passe en blanchissant sur de grands blocs de granit, et vient se diviser en six branches sous les arches du pont d’Avenel. – Les planches d’Avenel, ce sont des chênes voisins, jetés selon leur longueur, et deux à deux, sur des assises de pierres inégales et sans art, détachées du rocher, sans doute, par un éclat de la foudre. La vue s’étend sur le cours sinueux de la Vire et sur les croupes verdoyantes de trois immenses collines coupées de ruisseaux. Les planches d’Avenel, ornent le fond de la vallée ; elles rappellent seules l’idée de l’homme oublié dans cette atmosphère nuageuse, mais de l’homme de la nature, de l’homme primitif, qui jette sur le cours du fleuve le tronc abattu par le vent, et passe à la rive prochaine comme un voyageur inconnu. Un autre guerrier s’avançait aussi par la campagne : c’était le capitaine Nicolas Burdet, suivi de cinq pages, portant des armes en rechange et menant en laisse un superbe coursier de bataille. Je ne décrirai point le combat ; il ressemble à tous ceux que se livraient à cette époque les hommes qui portaient l’éperon d’or. – Nicolas Burdet, après une résistance digne d’un meilleur sort, tomba sur la bruyère ; son adversaire lui mit le pied sur la poitrine, et, levant sa visière, lui montra la figure du moine de St.-Michel, mais furieuse et vengeresse : « Reconnais-moi, lui dit-il, et meurs, toi qui as désolé le coeur d’une jeune fille, tué Guillemette Avenel ; » – Et il lui plongea trois fois son poignard dans la gorge.

Robert de Beauvoir se fit moine au monastère de St.-Michel.

Extrait de HOUEL, Éphrem (1807- 1885) :  Episode du siège du Mont St.-Michel (1835).

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Le Géant de la forêt de Brocéliande

Posté par francesca7 le 6 mars 2014

Le Géant  de la forêt de Brocéliande

confronté
au pouvoir des fées

(D’après « Revue du traditionnisme », paru en 1908)

180px-Brocéliande166Amené à rencontrer le géant de la forêt de Brocéliande à la disposition duquel il se met en échange d’une vie insouciante durant un an, Jean Le Gouic renonce bientôt à sa vie débauchée et se promet de vivre en honnête homme. Trop tard… Le géant entend bien profiter du pacte, et lui demande des services surhumains dont le jeune breton ne s’acquitte que grâce à l’intervention d’une fée devenue elle-même l’esclave du magicien de Brocéliande. S’ensuivent ruses et courses effrénées pour échapper au géant et tenter de le terrasser…

Voici longtemps, rapporte au début du XXe siècle Etienne Péan, sabotier dans le bois de la Fleuriais, à Ercé-en-Lamée, un jeune homme de Plélan dans le pays Gallo, dissipa, en quelques années, une fortune péniblement gagnée par des parents laborieux. Une fois ruiné et abandonné de tous ceux qui l’avaient aidé à manger son bien, il n’eut pas assez de courage pour se mettre au travail, et, ennuyé, résolut d’en finir avec la vie.

Afin d’exécuter son dessein, il s’en fut dans la mystérieuse forêt de Brocéliande où, jadis, l’enchanteur Merlin et la fée Viviane se donnaient rendez-vous. Là, errant tristement près de la fontaine de Barenton, sous les vieux chênes, il se vit arrêté soudain par un Géant, qui se campa fièrement devant lui en disant : « Jeune homme, je sais ce que tu viens faire ici ; je connais aussi bien que toi l’état de ta bourse, aussi je vais t’offrir !e moyen de te tirer d’embarras. Ecoute-moi bien : si tu consens à revenir ici, dans un an, te mettre à ma disposition, tu pourras jusque-là continuer ta vie de plaisir. – J’accepte, répondit l’étourdi. Donnez-moi de l’or et dans un an je serai votre esclave. – Cherche dans ta poche, reprit le Géant, tu as des louis, et il y en aura toujours. Va, amuse-toi, mais reviens ici à l’époque convenue. »

Jean Le Gouic – c’était son nom – recommença à semer l’or à pleines mains. Mais les plaisirs qui le charmaient autrefois finirent par le fatiguer et l’ennuyer. Les idées sérieuses s’emparèrent de son esprit. Il délaissa ses-compagnons de débauche et rentra dans la voie du devoir. Les bons principes que sa mère lui avait inculqués dans son enfance, germèrent enfin dans son cœur, nous apprend encore la légende. L’or, qui provenait d’une source douteuse, fut désormais employé à secourir les malheureux, et croyant que le géant en voulait à ses jours, il résolut de vivre en honnête homme et de mourir en chrétien.

Le temps s’écouta vite, et le jour fatal arriva. Brave comme un breton qu’il était, il n’appréhenda point la mort, et se rendit sans crainte au rendez-vous. De retour dans les sentiers de la grande forêt, Jean aperçut un homme qui venait vers lui, courant à toutes jambes, et emportant dans ses bras une robe rose qu’il cherchait à cacher sous sa blouse. Reconnaissant aux allures de cet homme un voleur, Le Gouic se précipita sur lui, le saisit au collet, et lui arracha le vêtement des mains, en lui demandant où il l’avait pris. Le fripon, surpris au moment où il y pensait le moins, perdit contenance, se jeta aux pieds du jeune homme et lui demanda grâce en lui racontant qu’il avait dérobé cette robe à des jeunes filles qui étaient à se baigner dans un étang voisin.

Jean, d’un air de mépris, repoussa du pied le voleur, s’empara du vêtement et s’empressa d’aller le rapporter aux baigneuses de l’étang. Il les découvrit, cachées sous les oseraies, au nombre de trois, jolies à ravir et couronnées de fleurs. Deux d’entre elles parées, l’une d’une robe blanche comme la neige, l’autre d’une robe d’un bleu d’azur, étaient occupées à remplacer le vêtement absent de leur sœur par des feuilles de roseaux et des guirlandes da myosotis. Elles jetèrent de légers cris en apercevant l’étranger ; mais rassurées en le voyant s’avancer timidement vers elles, tenant son chapeau d’une main et de l’autre la robe dérobée qu’il leur offrit en expliquant comment elle était en sa possession.

Après avoir remercié le jeune homme du service qu’il venait de leur rendre, elles lui exprimèrent leur crainte de le voir en ces lieux. « Vous ignorez, sans doute, lui dirent-elles, que vous êtes sur les domaines du géant de la forêt de Brocéliande, et que s’il vous voit, c’en est fait de votre liberté. – Hélas ! je ne le sais que trop, répondit-il, je lui appartiens corps et âme, et c’est ici qu’il m’a donné rendez-vous. » Il leur dit en deux mots son histoire, et les engagements qu’il avait contractés. Elles le plaignirent sincèrement, et lui promirent de faire tout ce qui dépendrait d’elles pour lui être utile. « Nous aussi, ajoutèrent-elles, nous sommes ses esclaves ; mais filles d’un magicien, moins puissant que le géant, nous possédons cependant des talismans qui pourront peut-être vous servir dans les épreuves que vous fera subir le maître de ces lieux. » Elles lui promirent de revenir le lendemain, au même endroit, et s’éteignirent dans la crainte d être surprises par le géant.

Le Géant  de la forêt de Brocéliande  dans BretagneCelui-ci arrive bientôt et félicita Jean de son exactitude. « Je vois bien, dit-il, que je n’ai pas affaire à un ingrat, aussi je veux bien faire quelque chose pour toi. Je te récompenserai selon tes désirs, si dans trois mois tu m’as construit sur les landes incultes que tu aperçois du côté de Concoret. une ferme avec des étables pouvant contenir un troupeau de trois cents têtes, et si tu as transformé le sol en prairies, étang et terres labourées. – Ce que vous exigez est impossible, lui répondit tristement Le Gouic. La vie entière d’un homme ne suffirait pas pour créer ce que vous demandez. – Rien n’est impossible à l’homme courageux et bien doué. D’ailleurs c’est ton affaire ; réfléchis et mets-toi à l’œuvre ou sinon tu iras pour le reste de tes jours, augmenter !a nombre de mes serviteurs. »

Le géant s’en alla, laissant le pauvre garçon tout penaud de ce qu’il venait d’entendre. Jean passa la journée à gémir sur son sort, et le lendemain, la jeune fille à la robe rose le trouva au même endroit, plus accablé que la veille. Elle releva son courage, l’assurant que ce qu’on lui demandait n’était pas impossible. En effet, trois mois n’étaient pas écoulés, qu’à la place du sol ingrat qui ne produisait que des bruyères et des ajoncs, s’élevait une ferme magnifique avec jardin, prairies, étang et terres en plein rapport. Rien ne manquait. Ce prodige était dû, il est vrai, au pouvoir de la jaune fille. Le géant, prévenu de la transformation de son domaine, vint féliciter Jean et lui dit : « Je suis content de toi ; mais cela ne suffit pas. Il faut encore que tu abattes, dans l’espace de quinze jours la moitié de la forêt qui est devant toi. – Vos exigences n’ont pas de bornes, répondit le jeune homme indigné. Je le vois bien, vous en voulez à ma vie. Prenez-la plutôt à l’instant et que ce soit fini. »

Le magicien ne répliqua pas et s’éloigna. Grâce encore au concours de l’enfant à la robe rose, la forêt fut abattue dans le délai fixé. Le géant, ravi et étonné en même temps, supposa que Le Gouic possédait un talisman, et voulut se l’attacher. Tiens, lui dit-il, je veux être généreux envers toi, je te rends la liberté. Cependant, si tu voulais encore essayer de ravir à un magicien de mes ennemis, un oiseau d’une rare beauté, qu’il tient enfermé dans une tour et que je convoite depuis des années sans pouvoir réussir à m’en emparer, je te donnerais pour femme la plus jolie créature du monde. »

Jean songea aussitôt à sa protectrice et répondit : « Maître, je veux bien essayer ; je ne réponds pas de réussir, mais je promets de faire tout ce qui dépendra de moi. – Va, lui dit le géant, si tu parviens à satisfaire mon désir, je n’aurai rien à te refuser. » Jean Le Gouic, effrayé de son audace, attendit avec impatience le moment où il pourrait revoir celle qu’il aimait plus qu’il n’osait se l’avouer à lui-même. Il s’en alla l’attendre sur les bords de l’étang où elle le rejoignit bientôt. En apprenant ce dont il s’agissait, elle rougit, devinant le motif qui avait guidé le jeune homme ; mais promptement remise de son émotion, elle lui dit : « La tâche que tu as acceptée est vraiment téméraire. Il y va de notre vie à tous les deux. Je crains bien que nous ne réussissions pas mais puisque tu as promis d’essayer, mettons-nous à l’ouvrage. »

Ils se dirigèrent vers la tour renfermant l’oiseau tant désiré. Malheureusement ils avaient été devancés par le géant qui passait sa vie à rôder autour de la demeure de son ennemi. En l’apercevant, la jeune fille s’écria : « Nous sommes perdus, si le magicien nous voit ensemble. Il m’exilera dans un pays où tu ne pourras me retrouver, aussi n’hésite pas, coupe-moi bien vite par morceaux et enfouis moi sous le gazon de la forêt. Seulement n’oublie aucune partie de mon corps, car autrement quand je reviendrai à la vie, il me manquera la partie de moi-même que tu auras néglige d’enterrer. »

Bien qu’il lui en coûtât de déchirer le corps de la charmante enfant, il fit ce qu’elle lui demandait, et cacha, au pied d’un arbre, sous les feuilles et la mousse, les membres chéris de sa bien-aimée. Le géant, qui l’aperçut, vint le remercier de l’empressement qu’il mettait à accomplir son dessein. « Je réfléchis, répondit Jean, aux moyens à employer pour m’emparer de l’oiseau ; mais pour cela j’ai besoin d’être seul afin de me recueillir. » Le magicien lui renouvela ses promesses et prit congé de lui.

Le malheureux jeune homme était fort inquiet. Aussi, dès que le géant eut disparu, s’empressa-t- il de déterrer le corps de son amie. Il rapprocha les uns des autres les membres déchirés. les oignit d’un onguent que la jeune fille lui avait remis à cet effet, et sa joie fut extrême lorsqu’il la vit renaître et s’animer. O ciel ! Dans sa précipitation, il avait oublié d’enfouir l’un des doigts de la main gauche, et déjà sans doute, un animal carnassier l’avait emporté, car il fut Impossible de le retrouver. Les deux amoureux étaient désolés. Malgré tout son pouvoir, l’infortunée magicienne ne pouvait remplacer le doigt perdu. Elle oublia néanmoins son chagrin pour consoler Jean, et afin de le distraire elle lui parla des moyens à employer pour ravir l’oiseau.

 dans LEGENDES-SUPERSTITIONS« Ecoute bien, lui dit-elle, je vais te changer en milan. Ainsi métamorphosé, tu t’en iras tournoyer au-dessus du donjon, assez loin pour éviter tes flèches des gardiens, et cependant assez près pour attirer leur attention. Moi, ajouta-t-elle, je vais prendre la forme d’une souris pour me glisser dans la tour. Une fois là, je deviendrai un aigle, et de mes serres puissantes je saisirai la cage d’or qui renferme l’oiseau, que j’enlèverai dans les airs, si les gardiens m’en donnent le temps. Maintenant à l’oeuvre et du courage ! Si je réussis, j’irai m’abattre au bord de l’étang, témoin de notre première rencontre. Si au contraire j’échoue et je succombe, pense quelquefois à moi, et sauve-toi au plus vite car le géant exaspéré te ferait un mauvais parti. »

Voyant que Jean s’attendrissait à l’idée de ne plus la revoir, elle ajouta : « Le moment est venu d’agir, du courage et en avant ! » De sa baguette magique, elle le toucha et aussitôt un terrible milan s’éleva dans les airs et s’en alla planer au-dessus du château. Les gardiens lui lancèrent des flèches qui ne l’atteignirent pas.

Pendant que le milan faisait ses évolutions, une toute petite souris montait prestement les degrés de ta tour, et se glissait dans la pièce où se trouvait l’oiseau dans sa cage d’or. Tous les gardiens étaient sur la plate-forme, essayant d’atteindre le milan. Prompte comme l’éclair, la souris se changea en aigle, enleva la cage et l’oiseau, en passant par-dessus la tête des hommes qui, tellement surpris, ne songèrent même pas à tirer sur le ravisseur. L’aigle alla s’abattre au bord de l’étang. Le milan l’y suivit. Tous les deux reprirent leur forme première, et vraiment heureux de leur succès, s’embrassèrent avec effusion. « Il n’y a pas un instant à perdre, dit la jeune fille, nous pourrions être poursuivis ; porte cet oiseau au géant, et profite de sa joie pour obtenir ce que tu désires, car bientôt il n’y consentirait plus. »

Jean s’empressa d obéir. Le magicien, en apercevant l’objet de ses rêves, devint fou de bonheur. Il embrassait Jean et prodiguait à l’oiseau les noms les plus tendres. Il dansa autour de la cage comme un insensé. Le Gouic lui rappela sa promesse. « Oui, répondit le géant, je consens à te donner pour femme l’une de mes trois jolies esclaves. Je vais les faire venir, recouvertes d’un voile qui leur cachera la figure. Le hasard décidera de ton sort. » Le jeune homme allait protester contre cette manière de faire, lorsqu’il aperçut sa bonne amie derrière la porte qui, un doigt sur la bouche, lui faisait signe de se taire en lui montrant sa pauvre main mutilée. « C’est vrai. pensa-t-il, je la reconnaîtrai toujours, et il accepta l’offre du maître. »

Les trois jeunes filles furent introduites, recouvertes d’un voile qui les dérobait à tous les regards. Une main seule paraissait. L’amoureux n’hésita pas et se précipita aux pieds de la jeune fille en disant au géant : « Voici celle que mon cœur a choisie ! » Le magicien avait une préférence marquée pour cette esclave et sembla contrarié. Il ne sut même pas cacher son mécontentement et répondit d’un air de mauvaise humeur : « Jeune homme, tu as la main heureuse ! »

Cependant les fiançailles eurent lieu le-jour même, et la noce fut fixée à bref délai. Après la fête, les deux jeunes gens se rendirent au jardin pour causer de leur bonheur. La jeune fille fit remarquer à son fiancé la contrariété du maître.

– C’est vrai, répondit Jean tout à sa joie, mais maintenant il n’y pense plus.
Tu ne le connais pas encore, reprit la magicienne. Heureux aujourd’hui d’avoir obtenu un oiseau qui n’a pas son pareil au monde, demain il aura oublié ce qu’il te doit et suscitera des empêchements pour retarder notre union.
– Alors que faire ? Partons ! Fuyons cet être fantasque et méchant.
– C’est le seul parti raisonnable. Allons chez mon père qui est roi d’un pays lointain. Ce pauvre vieillard est dans les larmes, depuis le jour où ma sœur et moi avons été enlevées à sa tendresse, par le géant jaloux du bonheur des autres.
– Fuyons au plus vite, répétait Jean.
– Oui, mais pour cela, reprit la jeune fille, il faut profiter des ténèbres, et exécuter fidèlement ce que je vais te dire.
– J’écoute, répondit l’impatient amoureux.
– Lorsque la nuit sera venue, tu te glisseras dans l’écurie du géant, et là tu prendras et selleras le cheval le plus laid, le plus maigre, le plus misérable que tu rencontreras.
– Pourquoi cela ?
–Je n’ai pas le temps de te répondre. Cours, pendant que je vais, de mon côté, tout préparer pour notre départ.

Le soir même, Jean se rendit à l’écurie du géant, et remarqua dans un coin, une pauvre vieille haridelle qui n’avait que les os et la peau, et paraissait incapable de faire un pas, tant elle était éreintée. Au lieu de suivre les conseils de sa fiancée, Jean crut qu’il valait mieux, pour eux, prendre le cheval fort et vigoureux qui se trouvait placé à côté du premier ; cet animal semblait, en effet, devoir dévorer l’espace. Son choix fait, il rejoignit la jeune fille qui, selon son habitude, lui avait donné rendez-vous au bord de l’étang. Celle-ci jeta les hauts cris en voyant la bête, et reprocha à son ami de n avoir pas eu confiance dans ses paroles. « Le cheval que tu as pris, lui dit-elle, serait bon dans une autre occasion ; mais il ne pourra jamais lutter de vitesse avec celui dont tu as fait fi, et qui, tâtonna par le géant, fera ses vingt lieues à l’heure. Néanmoins, ajouta-t-elle, contentons-nous de ce que nous avons, et sauvons-nous au plus vite ! »

Jean s’élança sur le coursier. La jeune fille prit place en croupe derrière lui et ils partirent au galop, voyageant ainsi toute la nuit. Le matin, lorsque le soleil commença a briller, le cheval déjà fatigué ralentit le pas, et la peur d’être poursuivis s’empara des cavaliers qui osaient à peine se communiquer les tristes pressentiments qui les obsédaient. Leurs craintes ne se réalisèrent que trop tôt, et un nuage de poussière qu’ils aperçurent derrière eux vint confirmer leur appréhension. Pour comble de malheur, une rivière leur barra le chemin, et à la suite de pluies torrentielles, le passage à gué, qui existait en cet endroit, n était plus praticable.

La jeune fugitive recouvra son sang-froid ; elle eut recours à la baguette magique qui lui avait été donnée par une fée sa marraine, en toucha son compagnon, et tous les deux, abandonnant le cheval à lui-même, furent immédiatement changés en ablettes qui se précipitèrent dans la rivière. Le géant avait tout vu. Une fois sur le bord de la rivière, il prit la forme d’un brochet, et continua sa poursuite au fond de l’eau. Malgré leur agilité, les petits poissons auraient sans doute été dévorés par le monstre, s’ils ne s’étaient rapprochés de la rive et métamorphosés en rats des champs, qui se sauvèrent à travers les foins. Le brochet, à son tour, se changea en belette, et la chasse recommença de plus belle.

Les malheureux rats sentaient leur poil se soulever sous le souffle de l’animal qui les poursuivait, lorsqu’ils prirent soudain la forme de deux alouettes qui montèrent dans l’air comme une fusée. La belette devint faucon et s’élança dans les nuages. Les petits oiseaux se laissèrent tomber comme une balle au milieu d’un buisson touffu qui les déroba à l’œil de l’oiseau de proie. Une fois sur le sol, ils se changèrent en vers de terre, se blottirent sous une motte de gazon, et purent ainsi échapper à leur ennemi. Celui-ci chercha vainement sans pouvoir deviner ce qu’ils étaient devenus. Il avala même des cailloux, supposant que ce devait être eux, puis enfin de guerre lasse s’en alla, croyant les avoir mangés.

Lorsque Jean Le Gouic et sa fiancée eurent la certitude d’avoir échappé aux poursuites du géant, ils reprirent la forme humaine et continuèrent leur voyage. Ils arrivèrent dans la ville où Jean était né, et où il avait une sœur qu’il aimait tendrement. Manifestant le désir de la voir, il pria la princesse de l’accompagner. « Non, répondit-elle, je ne veux être présentée à ta famille que lorsque je serai devenue ta femme. » Jean insista mais sans succès. « Conduis-moi dans une hôtellerie où tu viendras me reprendre, lui dit ta jeune fille. Seulement n’oublie pas encore les recommandations que je vais te faire, il y va de notre bonheur. Tu ne peux être embrassé par aucune femme, pas même par ta sœur, sous peine de perdre la mémoire. Tu oublierais tout ce qui s’est passé, et tu ne songerais même plus que je t’attends pour me conduire chez mon père. »

Jean, bien que surpris, jura de ne se laisser embrasser par aucune femme, et se rendit chez sa sœur. Cette dernière, en revoyant l’enfant prodigue qu’elle croyait perdu, voulut s’élancer à son cou mais il sut éviter ses caresses en se précipitant sur ses neveux qu’il dévora de baisers. La jeune femme fut très contrariée de voir que son frère cherchait à la fuir, n’en faisant rien paraître cependant, et la journée se passa en festins pour célébrer le retour du voyageur. Le soir venu, il se retira dans la chambre qu’il habitait autrefois et où rien n’avait été changé parce qu’on espérait toujours son retour. Exténué de fatigue il se coucha et s’endormit presque aussitôt. Sa sœur voulant avoir une explication au sujet de la froideur de Jean, se rendit dans sa chambre, mais le trouvant endormi, ne voulut pas le réveiller et, s’approchant doucement de son lit, l’embrassa sur le front, comme elle le faisait lorsqu’il était enfant.

Le lendemain, Jean se réveilla tard. Il lui sembla avoir fait un singulier rêve, se rappelant confusément un voyage dans une forêt, la rencontre d’un géant et de magiciennes roses, blanches et bleues ; mais tout cela était tellement vague dans son esprit qu’il n’y fit pas grande attention. Sa sœur désira le garder près d’elle, et comme il était intelligent et instruit, son beau-frère lui procura un emploi suffisamment lucratif et qu’il remplit consciencieusement. Des mois et des années s’écoulèrent ainsi. Un jour que Jean était allé à la chasse, par une chaleur excessive, il fut pris d’une soif inextinguible qui l’obligea à chercher une ferme pour se rafraîchir. Dans la métairie où il entra, ce fut une servante fort jolie qui lui servit à boire. Il regarda attentivement la figure de cette jeune fille, lorsque, soudain, la main mutilée qu’il aperçut lui rappela tout son passé.

Il se mit à pleurer comme un enfant, et se jeta aux genoux de sa fiancée pour lui demander pardon. « Relève-toi. Jean, lui dit-elle. Tu n’as pas manqué volontairement à ta promesse, la fatalité seule est cause de notre malheur. » Elle lui raconta alors ce que lui-même ignorait, c’est-à-dire le baiser de sa sœur, et par suite l’oubli complet de tout ce qui lui était arrivé.

– Et toi, lui dit-il, qu’es-tu devenue depuis notre séparation ?
– Je suis restée aussi longtemps que mes ressources me l’ont permis dans l’hôtellerie où tu m’avais conduite. Puis, n’ayant plus d’argent, il me fallut chercher une occupation pour pouvoir vivre. J’aurais peut-être pu m’en aller, en mendiant, jusqu’aux états du roi mon père, mais je n’ai pas eu le courage de quitter le pays que tu habitais. Je vins ici, sous des habits de paysanne, demander à entrer comme servante ; on m’accepta et j j’y suis restée. »

Sans plus tarder, Jean Le Gouic voulut partir pour le pays du père de sa bien aimée. Ils achetèrent un cheval pour continuer leur voyage comme ils l’avaient commencé, et, cette fois, le trajet se fit sans encombre. L’infortuné roi, en revoyant sa fille, versa des larmes de joie. Lorsqu’il eut connaissance des projets formés par les deux jeunes gens, il en fut ravi, espérant bien trouver dans son gendre un fils dévoué et soumis. Le mariage eut lieu ; et aussitôt après, sur les conseils de sa femme, Jean enrégimenta des soldats, les forma à tous les exercices de la vie militaire, et ne tarda pas à avoir une armée assez forte pour lui permettre d’aller combattre, avec des chances de succès, le géant de la forêt de Brocéliande, afin de délivrer les deux autres princesses.

La nouvelle épouse voulut accompagner son mari pour l’aider de son pouvoir. Le roi, fier de leur audace, les encouragea, et le moment de la séparation arrivé, leur donna sa bénédiction. L’entreprise réussit. Le Gouic et le géant combattirent corps à corps. Le jeune breton prouva, par son courage et son sang-froid, qu’il était de noble race. Il parvint, après une lutte qui dura plus d’une heure, à terrasser son ennemi. Les jeunes filles furent ainsi délivrées et ramenées à leur père. Par reconnaissance, le roi se démit de sa couronne en faveur de son gendre, qui n’accepta que sur les instances de toute la famille. Son règne fut des plus heureux, et l’union la plus parfaite ne cessa d’exister à la cour du jeune roi breton.

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Benodet un petit port du Finistère

Posté par francesca7 le 6 mars 2014

Arrivée_course_croisière_à_Bénodet_en_aout_1936

A 15 km de Quimper, Benodet se présente comme un petit port de charme et une station balnéaire familiale. Le slogan de la ville est « Bénodet. Bonne idée ! » auquel s’est récemment ajouté « la station cinq étoiles ». C’est une station balnéaireclassée. La commune se dénommait Perguet jusqu’en 1878

Le 5 mai 1597 des bateaux appartenant à la troupe du soldat ligueur et brigand Guy Éder de La Fontenelle, qui prend ce jour-là momentanément Quimper avant d’être repoussé, attendaient dans le port de Bénodet pour prendre part au pillage, mais « frustrés de leurs espérances, s’en retournèrent à vide comme ils étaient venus » écrit le chanoine Moreau12.

 Des annotations de Berthou de Launay jointes à une carte datant de 1723 met en avant les qualités nautiques du site de l’estuaire de l’Odet (l’orthographe de l’époque a été respectée):

« Dans les marées ordinaires, il reste dans le canal de la rade cinq ou six brasses d’eau, la brasse de cinq pied de Roy. La coste du bon mouillage depuis l’anse de Sainte-Maraine du costé de Combrit jusqu’à l’anse de la Vieuville est roide (…), ayant au pied des roches qui se découvrent dans les basses mers deux ou trois brasses d’eau, on y pouroit fabriquer de beaux quays et de beaux magazins, la pierre étant sur les lieux. Pareillement depuis la pointe nommée pointe de la Pierre jusqu’à l’autre pointe du nord-est contigu, (…), où on pouroit fabriquer des quays de carrénage et de beaux magazins, ayant la pierre sur l’endroit, et même étant proche de la belle pierrière du manoir de Kergos et des anses du dit Kergos et de Penfoul, où on pouroit former des chantiers de construction et de radoub. Dans le bourg de Saint-Thomas [il s'agit de Bénodet], il y a plusieurs maisons ruinées qu’on pouroit rétablir, outre celles qui sont sur pied qui sont logeables, avec de beaux emplacements pour bâtir. On peut mettre facilement ce port hors d’insulte, bâtissant sur les pointes de saint Gildas et du corps de garde de Combrit des batteries de 30 canons de 24 et en augmentant le fort de 20 pièces de 36 (…). Outre que l’on pourrait fermer le port en cas de nécessité, de bonnes estacades en forme de « V », liées de grosses chaînes dans l’espace de la Pointe du Coq à l’autre pointe oposée du coté de Combrit, qui ne contient de distance que 130 toises. (…) »

Au xviie siècle, Bénaudet (orthographe utilisée à l’époque) est sous la mouvance des seigneurs de Bodigneau (Bodinio) en Clohars-Fouesnant, mais fait partie de la paroisse de Perguet : plusieurs actes notariés des juridictions de Kemper-Corentin et de la baronnie du Pont attestent de l’existence du village à cette époque.

Benodet un petit port du Finistère dans Bretagne 220px-B%C3%A9nodet_au_d%C3%A9but_du_XX%C3%A8me_si%C3%A8cleLe 5 août 1669, Nicolas Euzenou, chevalier, capitaine garde-côte de Bénodet et de l’Île-Tudy, seigneur de Kersalun et du Cosquer (en Combrit), marié avec Claude Guégant de Querpiguet, demande, tant pour lui que pour ses héritiers dont René Euzenou, chevalier, seigneur de la Vieuville, son fils aîné à être reconnus comme « nobles, issus d’ancienne chevalerie et extraction noble ». C’est lui qui fut pendu le 23 juin 1675 à une fenêtre de son château du Cosquer par des paysans révoltés lors de la révolte du papier timbré. Sauvé momentanément par un paysan de Combrit, Mathieu Mendez, il mourut le 1er juillet 1675 à Pont-l’Abbé des suites de ses blessures.

Le bailli de Quimper François-Marie de Kerguélen de Penanjeun écrit en 1709 : « Le port de Benodet est très mal gardé, qu’il vient tous les jours des battaux pecheurs se rendant à Quimper qui y acheptent des blets, du pain et des provisions qu’ils vendent aux grenesiens (Guernesiais) et cela de nuit et de jour. Il parait, Monseigneur, qu’il seroit à propos de faire aborder au fort tous les bataux entrant et sortant. Comme se sont quatre ou cinq péïsants des paroisses voisines mal disciplinés qui montent à leur tour cette garde, si sa Majesté le juge à propos, j’aurez le soin d’en faire la visite toutes les semaines et de remédier à ce désordre, sans en atteindre aucune rétribution que l’honneur de vous en rendre compte, et de marquer par là à votre Grandeur le zèlle que je conserverai toujours pour les intérêts du Roy ».

600px-Plage-Avant-apres-2 dans Finistère

Benjamin Girard, dans son livre « La Bretagne maritime », publié en 1889, décrit ainsi Bénodet les siècles précédents :

« Bénodet était il y a trois siècles un hameau habité par quelques familles de pêcheurs. Dès cette époque, son mouillage offrait un abri précieux aux navires surpris par le mauvais temps entre les Glénan et Penmarc’h. (…) Pendant les guerres du Premier Empire, un grand nombre de navires, chargés d’approvisionnements divers à destination de Brest, purent aborder à Bénodet, en échappant à des croiseurs anglais, obligés, par les dangers de la côte, à se tenir au large. Une corvette de la marine impériale s’y réfugia ; bientôt attaquée par des péniches anglaises armées d’artillerie légère, elle repoussa cette attaque grâce à l’appui des batteries de côte dont les défenseurs furent efficacement secondés par les habitants du pays. (…) Bénodet est un lieu de relâche très fréquenté : le mouillage y est excellent et on y trouve, à certains endroits, plus de 10 mètres d’eau à mer basse. La Compagnie des Indes eut, dit-on, le projet d’y faire un port. Deux fanaux, l’un à la pointe du Coq, l’autre à la Pyramide, indiquent la direction à suivre pour entrer dans l’Odet. Un troisième feu, situé sur la rive de Combrit, près du sémaphore, sera prochainement allumé. (…) Les ouvrages du port actuel comprennent un quai de 53 mètres de longueur et une cale perpendiculaire à ce quai, dont la longueur est de 66,50 mètres. À l’extrémité de cette cale les navires trouvent, à haute mer 4 m en vive eau ordinaire et 2,83 m en morte eau. Le commerce local consiste en quelques expéditions de poteaux de mines vers l’Angleterre et de bois à brûler pour les ports voisins ; 18 chaloupes y font la pêche côtière, principalement celles du congre et duhomard. »

Le bulletin du Conseil général du Finistère de décembre 1877 écrit : « Le conseil municipal de Perguet demande que la commune soit autorisée à échanger le nom de Perguet contre celui de Bénodet » ; le Conseil général donne un avis favorable dans sa séance du 23 décembre 1877.

La commune de Bénodet est née le 15 mars 1878 par décret du Président de la République, maréchal Mac Mahon. Jusqu’à cette date, elle s’appelait Perguet, du nom de la paroisse de Perguet qui, jusqu’au début du xixe siècle, se composait d’une multitude de petits hameaux agricoles, constitués de fermes et de penty à l’intérieur des terres, et d’un hameau de pêcheurs et de marins pratiquant le cabotage, constitué autour de la chapelle Saint-Thomas, au port.

C’est au cours du xixe siècle que ce hameau de pêcheurs devient le centre névralgique de la commune avec la construction de la mairie, de l’école mixte et l’agrandissement de l’ancienne chapelle Saint-Thomas, élevée au rang d’église paroissiale. Bénodet comptait environ 150 habitants en 1878. C’était la seule agglomération de la commune et seules quelques routes encaissées y menaient.

Marius Sepet visite Bénodet en 1894 et en fait cette description : « Environné de belles habitations, Bénodet est fréquenté par les Quimperrois (sic), qui se baignent sur une plage de sable en arc de cercle (grandes cabines), située en avant du petit fort, ou batterie de Bénodet. Deux phares, l’un à feu fixe rouge et haut de 10 mètres, l’autre à feu fixe blanc et haut de 17 mètres, signalent l’entrée de l’Odet. Il existe en outre un sémaphore sur la rive droite. Ce ne sont plus seulement les Quimperrois qui fréquentent la plage de Bénodet et la riante verdure qui la couronne, elle est en train de devenir, grâce aux facilités de circulation, une station recherchée de loin, même des Parisiens et des Parisiennes ».

Cette autre description de Bénodet date de 1899 :

« Bénodet, modeste village, assis au pied des collines de la rive gauche de l’Odet et près de l’embouchure de ce fleuve, n’a été pendant longtemps fréquenté que par les habitants de Quimper ; mais, attirés par ce site ravissant et un climat doux et régulier, des visiteurs de plus en plus nombreux viennent chaque année passer la saison ici ; un très confortable hôtel et plusieurs villas ont été construits de sorte que Bénodet est en passe de devenir une plage à la mode ; il le mérite à tous égards. »

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En 1890 la mise en service de deux bacs charretiers de 10 mètres de long et trois mètres de large est un grand progrès ; un essai de service assuré par une régie départementale échoue et le bac est à nouveau affermé (à Pierre Caoudal); en 1902 l’un des bacs fait naufrage en raison de son manque d’entretien et de sa vétusté sans faire de victimes et est renfloué, reprenant du service jusqu’en 1905, le second continuant toutefois à fonctionner. En 1906, Adrien de Baroncelli écrit : « Au hameau de Sainte-Marine, un grand bac à rames permet de traverser l’embouchure de l’Odet. Ce bac transporte au besoin des automobiles, néanmoins l’embarquement et le débarquement ne sont pas commodes ; enfin si plusieurs voitures doivent passer, on risque d’attendre longtemps son tour ». Le tarif est alors de 5 centimes pour les piétons, 10 centimespour les bicyclettes, 2 francs pour les automobiles et la durée de la traversée est estimée à six minutes. En 1908, Gordon Sturrock note que le tarif de la traversée est de 30 centimes par personne, mais que ce prix ne comprend pas le passage de la bicyclette.! La différence de tarif indiquée par ces deux auteurs, à deux ans d’intervalle, est surprenante.Le premier bac à vapeur, long de 15 mètres et large de huit mètres, est mis en service le 1er août 1911 : il est tracté par des chaînes mouillées s’enroulant autour d’un tambour, mais il doit cesser son fonctionnement dès 1925 car le mécanisme a mal vieilli et les pannes étaient trop fréquentes.

André Chevrillon décrit ainsi le départ du bac en 1920 :

« Maintenant le bac va partir. Il est amarré à la grève ; on a mis des planches sur les goémons pour que deux chars à bancs qui attendent puissent embarquer. C’est très difficile de caser ces deux hautes voitures, avec leurs chevaux, dans le radeau creux où de massives bigoudens, des pêcheurs avec leurs paniers de poisson, doivent aussi trouver place. Les passeurs crient, les cochers huent en faisant « culer » leurs bêtes : Zous ! An dré ! Chom azé (…) L’ordre est fait ; le calme règne. Les bons chevaux patients sont installés avec les charrettes paysannes dont le devant est peinturluré de fleurs naïves. Il reste même un peu de place entre les coffres et les redoutables bigoudens. Nous embarquons. Penchés en arrière, appuyant ensemble d’un grand effort sur leurs longues gaffes, les rameurs « poussent ». »

Un nouveau bac à vapeur est inauguré le 26 juillet 1929, mais coule lors d’une tempête (le patron aurait oublié de fermer l’un des hublots !) dans la nuit du 4 au 5 décembre 1929 dans le port de Bénodet ; il est renfloué et reprend du service après réparations le 20 avril 1930 jusqu’au 11 octobre 1944, jour où les Allemands le dynamitent. Une vedette à moteur, puis un chaland provisoire en bois le remplacent alors, la liaison n’étant rétablie avec une véritable bac qu’en 1951 : ce bac peut charger un maximum de 20 voitures et, très vite, est engorgé, principalement en saison estivale, en raison de l’accroissement du trafic (28 000 véhicules en 1951, 135 000 en 1964, 290 000 en 1971, le bac fonctionnant alors 18 heures par jour). Le temps d’attente avant d’embarquer peut être supérieur à une heure et de nombreux automobilistes, ainsi que les poids lourds, doivent faire le détour par Quimper où la rocade sud et le pont de Poulguinan (qui permet de traverser l’Odet juste en aval de Quimper) n’existent pas encore (mis en service en 1974).

Bénodet, aujourd’hui station balnéaire réputée de la côte de Cornouaille, a toujours été un lieu reconnu pour son intérêt géographique d’embouchure de l’Odet, navigable jusqu’à Quimper. Sa situation lui vaut son nom en breton de  » tête de l’odet « . Pendant tout le Moyen âge, Bénodet servit d’avant port commercial à Quimper pour le trafic des céréales, vins, toiles, bois, poissons et autres matières de cabotage vers l’Espagne, Bordeaux, l’Angleterre ou les Pays-Bas.

L’essor actuel de Bénodet débuta au début du siècle dernier par le développement du tourisme et la vogue des bains de mer puis du nautisme. Ses charmes alliant les douceurs champêtres de sa rivière à la rudesse de l’océan donnent à Bénodet son climat spécifique si apprécié par tous ceux qui le découvrent.

Des écrivains de talent comme Emile Zola, André Suarez, Frédéric le Guyader, Guillaume Apollinaire y ont traduit leurs émotions. De nombreux artistes-peintres ont idéalisé ces moments de lumière et d’émotions comme André Dauchez, Lucien Simon, Eugène Boudin.

 

L’église Notre Dame de la Mer située sur le port est dédiée à Saint-Thomas Becket. Edifiée au XIIIe siècle, elle ne comptait à l’origine qu’une nef et un petit clocher. Elle fut agrandie au cours du XVIe puis remaniée au XIXe avec réemploi d’éléments anciens.

Eglise d’architecture contemporaine, construite en 1968 sur l’avenue de la Mer.

Curiosité : Une piéta en bois de la fin du XVe siècle.

Musée du Bord de Mer

Un voyage dans le temps est proposé au visiteur pour découvrir la Belle Plaisance, les origines du yachting à Bénodet, ainsi que la magie de l’estuaire de l’Odet.

Exposition permanente : Art de vivre à la mer

Dans une ambiance marine, découvrez le monde des loisirs au bord de mer. Bains de mer, tourisme et hôtellerie se développent au début du XXéme siècle. Films inédits, photos d’époque, bateaux modèles et tableaux des peintres officiels de la marine agrémentent le parcours du visiteur. Un lieu à découvrir en famille!

Nouvelle exposition : A bord des paquebots

Embarquement immédiat pour 2 années de voyage avec l’association French-Lines pour  découvrir l’art de vivre A BORD DES PAQUEBOTS.

Jusqu’au printemps 2014, documents iconographiques, films et maquettes feront revivre au public cette fantastique épopée dans une reconstitution ludique accessible à toute la famille. Les loisirs à bord seront évoqués durant 2012, l’art de la table et la gastronomie à partir d’avril 2013.

Port de Bénodet vu de Sainte Marine.Exposition produite et réalisée par la ville de Bénodet et l’association French-Lines avec le concours de Franck Senant, ingénieur du patrimoine, spécialiste de l’histoire des paquebots.
Le musée est ouvert tous les jours (sauf mardi et mercredi) de 10h à 13h et de 14h à 18h. Ouvert tous les jours en Juillet-Août.

Exposition permanente sur le thème de la Belle Plaisance.

phare de la Pyramide

D’une hauteur de 48 mètres, il fut construit en remplacement d’une ancienne balise en bois en forme de pyramide qui servait d’amer aux marins pour l’entrée de l’Odet.

 

Phare du Coq

Balisage par alignement avec le phare de la Pyramide à l’entrée de l’Odet, il doit son nom à une roche immergée dont la forme étrange évoque un coq.

 

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