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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Les bienfaits de l’artichaut de Bretagne

Posté par francesca7 le 7 décembre 2014

 

images (3)Bien que la pleine saison soit pratiquement terminée, on retrouve encore sur les étals de nos primeurs ces petites boules vertes ou violettes comestibles recouvertes de feuilles serrées les unes contre les autres qui font penser à des écailles, je veux parler de l’artichaut. Ce légume s’accommode de différentes façons en cuisine ; on peut le consommer froid ou chaud. Pour moi dans mes souvenirs j’ai toujours aimé l’effeuiller comme une marguerite pour arriver au cœur, la partie tendre qui avait et a toujours ma préférence.

Comme tout ce que Dame Nature nous offre, l’artichaut renferme également de nombreuses vertus pour notre santé.

La petite histoire de l’artichaut

Au départ cette plante se nommait cynara et était bien connue des Grecs et des romains. Ce nom lui viendrait d’une légende grecque sur une belle jeune fille du nom de Cynara qui aurait été punie par Zeus, celle-ci ayant osé repousser ses avances. Cynara fut alors transformée en une plante épineuse.

Mais plus sérieusement on pense que cette plante potagère était au départ un chardon sauvage, serait devenu ensuite le cardon, il est d’ailleurs aussi appelé « cardon d’Espagne » pour devenir suite à l’évolution de la culture l’artichaut. En fait c’est sa tête qui aurait été une fleur de chardon et développée et améliorée par des botanistes. Ce qui nous fait penser que l’artichaut est une évolution botanique du chardon.

L’artichaut était très cultivé dans le bassin méditerranéen, notamment en Tunisie non loin de Carthage et à Cordoue.

 

images (2)La richesse des produits de la Terre
Tous les produits de la Terre, fruits et légumes ont des propriétés qui vont bien au-delà des valeurs gustatives mais également de très nombreuses valeurs bénéfiques à la santé et au mieux-être.

Pour en bénéficier, il est important de choisir des produits « bio » dans la mesure du possible, sans pesticides, ni insecticides, non OGM. Ils doivent surtout être préparés en conscience, et avec amour. S’ils sont cuisinés, le micro-onde est à proscrire. En effet le micro-onde tue la vie présente dans les aliments. Il en résulte des produits « morts » sans aucune valeur énergétique.
La pharmacopée connue de tous, n’est qu’une pâle imitation de ce nous offre la Nature.

C’est au XVe siècle en Italie qu’un certain Filippo Strozzi aurait introduit quelques pieds venant de Naples. On doit sa présence en France grâce à Catherine de Médicis qui en raffolait et l’introduisit sur les tables royales.

On rapporte que lors d’un banquet à la cour pour un mariage celui du marquis de Loménie et de Mlle de Martigues : « La reine mère mangea tant qu’elle cuida crever et fut malade au double de son dévoiement. On disoit que c’étoit d’avoir trop mangé de culs d’artichauts et de crêtes et de rognons de coq dont elle étoit fort friande. Il n’y avait pas que les culs d’artichaut d’affolants ce jour-là, – puisque comme le dit Pierre de l’Estoile – en ce banquet les dames les plus belles et les plus honnêtes de la cour, étant à moitié nues et ayant leurs cheveux épars comme des épousées, furent employées à faire le service. » Ceci est tout à fait amusant de voir combien à cette époque les mœurs étaient aussi libertins.

Ce que nous appelons aujourd’hui fonds d’artichauts était communément appelé à l’époque « culs d’artichauts » on ne parlait pas de foin, mais de barbe ou de coton. C’est le cuisinier Antonin Carême (1784-1833) qui par pudibonderie imposa les termes qu’on utilise aujourd’hui.

Le roi Louis XIV raffolait également des artichauts et son jardinier bien connu La Quintinie en distinguait déjà 5 variétés : « le blanc », « le violet », « le rouge », et « le sucré de Gênes ». Le « gros Camus de Bretagne » fut créé et développé vers 1810 par un agronome de la région parisienne. Il est aujourd’hui l’artichaut le plus consommé en France.

Expression bien connue « Avoir un cœur d’artichaut »

Cette expression qui signifie tomber amoureux fréquemment et facilement, nous viendrait d’Irlande, plus précisément des forgerons de Culann dont le travail était comme les compagnons reconnus en Europe sous le nom de « l’Art du chaud ».

Travaillant sous de fortes températures les forgerons en France étaient souvent victimes d’insuffisances cardiaques et décédaient rapidement. On désignait ainsi les personnes qui avaient une faiblesse au niveau du cœur qui s’est ensuite transformée pour les personnes qui tombent facilement amoureuses, trop gentilles.

Un peu de botanique

Le terme « artichaut » est apparu dans la langue française sous la Renaissance en 1530. Dérivé du lombard articiocco, déformation de l’italien carciofo, qui l’aurait emprunté à l’Arabe al-harsufa qui voudrait dire épine de terre. L’artichaut (Cynara scolymus) fait partie de la famille des astéracées et parmi lesquelles on compte de nombreuses plantes médicinales : chardon-Marie, achillée, camomille, arnica ; mais aussi la chicorée, la laitue et les salsifis.

C’est une plante dicotylédone, c’est-à-dire qu’elle comporte deux cotylédons. Comme nous l’avons tous appris en sciences naturelles, les cotylédons sont les deux feuilles de la graine en germination. Comme nous l’avons déjà évoqué l’artichaut est un chardon qui a été domestiqué. L’artichaut se présente sous la forme d’une tige droite épaisse et cannelée pouvant atteindre 2 m de haut.

Le mot artichaut désigne la plante au complet y compris la partie comestible.
La partie comestible ou bourgeon floral est en fait l’inflorescence en capitule, c’est-à-dire la superposition de des feuilles comme des écailles que l’on récolte avant que les fleurs ne se développent. On consomme la base charnue des feuilles appelées aussi bractées ainsi que le fond d’artichaut constitué de foin qui est en fait le réceptacle de la fleur non épanouie. Lorsque le capitule se développe, il s’ouvre pour laisser place à̀ une « fleur » bleu à̀ violet.

L’artichaut est très cultivé en France. Le Finistère et les Côtes du Nord produisent 75 % de la production française (le Camus de Bretagne) Le Sud Est (Pyrénées Orientales, Bouches du Rhône, Var et Vaucluse) avec trois autres variétés qui représentent une part non négligeable de la production : le Violet de Provence, le Blanc Hyérois et le Castel.

Avec 1 200 000 tonnes d’artichauts produits par an l’Italie vient au premier rang mondial avec 33 % suivi de l’Espagne avec 21 %. La France n’est qu’au 5e rang avec 5 % après l’Argentine et l’Égypte.

images (4)L’artichaut et notre santé

L’artichaut est riche en vitamines, minéraux et oligo-éléments. Il contient également une quantité importante de fibres et un fort pouvoir antioxydant. C’est un légume pauvre en lipide et cholestérol. L’artichaut est peu calorique et 80 kcal/200 g.

Les feuilles de l’artichaut
Par ailleurs les feuilles d’artichaut qui poussent le long de la tige possèdent également des propriétés importantes sur la sphère hépatique :
• cholérétique c’est-à-dire qui augmente la sécrétion et l’élimination de la bile par le foie),
• cholagogue c’est-à-dire qui facilite l’évacuation de la bile située dans les voies biliaires extra-
  hépatiques et surtout dans la vésicule, vers l’intestin).
• elles ont également une propriété hépatoprotectrice et régénératrice de la cellule hépatique,
• hypocholestérolémiante et légèrement hypotensive,
• apéritive et digestive,
• diurétique et dépurative.

Des recherches effectuées en 1995 lors d’une étude auprès de 557 patients prenant une moyenne quotidienne de 1,5 g d’extrait d’artichaut, ont permis d’observer une diminution significative du cholestérol sanguin et des triglycérides sur une période de 43 jours (Fintelmann et Menssen, 1995).

Que retrouve-t-on dans l’artichaut

Des antioxydants
L’artichaut est riche en antioxydants dont des flavonoïdes et certains composés phénoliques ainsi que des anthocyanines. C’est le légume le plus riche en acide chlorogénique.
Comme nous le savons les antioxydants permettent de neutraliser les radicaux libres du corps jouant ainsi un rôle de prévention contre les maladies cardiovasculaires et certains cancers et dans ce cas préviendraient également contre le diabète de type 2.

Des fibres en abondance
L’artichaut contient des fibres en abondance : 100 g de chair contiennent plus de 8 g de fibres. Il renferme deux sortes de fibres à la fois des fibres solubles et des fibres insolubles. Dans le cœur de l’artichaut se trouvent 18 % des fibres insolubles et 27 % des fibres solubles. Les fibres insolubles favorisent le transit intestinal et les insolubles contribueraient à une meilleure prévention des maladies cardiovasculaires et également du diabète de type 2.

Des fructanes : l’inuline
L’artichaut contient de l’inuline, un fructane hydrosoluble, très présent chez les astéracées comme la chicorée et le pissenlit. Considéré comme un probiotique l’inuline n’est pas digérée, ni absorbée par l’intestin grêle et permettrait de développer des bactéries bénéfiques à l’intestin, comme les bifidobactéries. Elle permet de lutter contre les dérèglements de la flore intestinale et de réduire le risque de cancer de l’intestin. Comme l’inuline stabilise le taux de sucre dans le sang, l’artichaut est recommandé aux diabétiques.
Avez-vous remarqué que lorsque l’on boit un peu d’eau après avoir mangé la chair tendre du cœur d’artichaut, apparaît sur les papilles un léger goût sucré, c’est l’effet de l’inuline.

images (6)Une source de vitamines et de minéraux non négligeables pour notre système immunitaire.

Vitamine B1 : c’est une coenzyme, importante pour la production d’énergie puisée dans les glucides que nous absorbons. Elle favorise la transmission de l’influx nerveux et aide à une bonne croissance.
Vitamine B2 : importante dans la production d’énergie. Elle sert aussi à la fabrication des globules rouges et des hormones, ainsi qu’à la croissance et à la réparation des tissus.
Vitamine B3 : importante dans la production d’énergie. Elle participe également au processus de formation de l’ADN (matériel génétique), permettant ainsi une croissance et un développement normaux.
Vitamine B5 ou acide pantothénique : qui une fois dans l’organisme se transforme en coenzyme A et agit sur le système nerveux et les glandes surrénales, on l’appelle aussi « vitamine antistress ». Elle participe également à la formation et à la régénération de la peau et des muqueuses, au métabolisme des lipides et jouerait un rôle essentiel dans les mécanismes régulateurs de l’adrénaline, de l’insuline et de la porphyrine (un précurseur de l’hémoglobine).
Vitamine B6 : elle est essentielle car notre organisme ne sait pas la fabriquer et joue un rôle de cofacteur dans un grand nombre de processus liés au métabolisme des acides aminés et des protéines.
Vitamine B9 : joue un rôle essentiel dans la fabrication de toutes les cellules de notre corps, dont la production de notre matériel génétique, le bon fonctionnement du système nerveux et immunitaire.
Vitamine C : le rôle que joue la vitamine C dans l’organisme va au-delà de ses propriétés antioxydantes. Elle contribue aussi à la santé des os, des cartilages, des dents et des gencives. De plus, elle protège contre les infections, favorise l’absorption du fer contenu dans les végétaux et accélère la cicatrisation.
Vitamine K : joue un rôle essentiel dans la coagulation sanguine. Elle participe aussi à la formation d’une protéine de l’os : l’ostéocalcine et retarde l’apparition de l’ostéoporose en maintenant le calcium dans les os.
Potassium : (404 mg/100 g), important pour la croissance et l’entretien des cellules. Indispensable au système nerveux et à la contraction musculaire normale – y compris le muscle cardiaque. Le potassium est également un électrolyte qui aide à équilibrer les fluides du corps humain, important pour maintenir une bonne pression artérielle.
Calcium : (60 mg/100 g), joue aussi un rôle important dans la coagulation du sang, le maintien de la pression sanguine et la contraction des muscles, dont le cœur.
Cuivre : en tant que constituant de plusieurs enzymes, le cuivre est nécessaire à la formation de l’hémoglobine et du collagène (protéine servant à la structure et à la réparation des tissus) dans l’organisme. Plusieurs enzymes contenant du cuivre contribuent également à la défense du corps contre les radicaux libres.
Phosphore : (72,3 g/100 g) considéré comme le deuxième minéral le plus abondant de l’organisme après le calcium. Il joue un rôle important pour le maintien de la santé des os et des dents.
Zinc : joue un rôle important dans le cadre des réactions immunitaires, de la fabrication du matériel génétiques, de la cicatrisation des plaies et du développement du fœtus.

Les bienfaits de l’artichaut sur notre santé

Nous le savons, manger des fruits et des légumes diminuent les risques de maladies cardiovasculaires et de certains cancers.
L’artichaut a un effet important sur la sphère hépatique.

Il est diurétique et facilite l’excrétion de la bile ayant ainsi une action de prévention contre les calculs biliaires et de protection sur les cellules du foie. Son action est par ailleurs reconnue par l’EMA L’Agence Européenne des médicaments dans le cas de traitement de différents troubles digestifs.
En bref, l’artichaut, régule le transit intestinal, facilite l’élimination urinaire

Recommandé pour les femmes enceintes
Riche en vitamine B9 ou folates, l’artichaut cuit apporte à lui seul le 1/3 des besoins quotidiens. Les folates sont très importantes pour les femmes en début de grossesse car elles permettent de prévenir les anomalies de formation du tube neural du fœtus. Une carence en folates entraîne des risques de fausses-couches, de naissances prématurées.

Applications
Infusion en cas de d’insuffisance hépatique
Faire infuser, 40 à 50 g de feuilles dans un litre d’eau bouillante, pendant 20 minutes. Sucrer avec de miel. Boire une tasse d’infusion avant chaque repas

Mise en garde

Si l’artichaut est recommandé aux femmes enceintes il est par contre déconseillé en cas d’allaitement car il en modifie le goût et freine la lactation.
Il est également mal toléré en cas d’intestins fragiles et peut entraîner des flatulences.
Il est également contre-indiqué chez des sujets souffrant d’obstructions et de calculs biliaires.

Si vous êtes sous traitement médicamenteux, penser de le préciser à votre médecin avant tout traitement phytothérapeutique.

L’artichaut en cuisine

L’artichaut est un légume qui s’accommode très bien en cuisine. Il faut savoir que l’artichaut cuit doit être consommé rapidement car il s’oxyde très vite et peut produire des composants toxiques. On le mange, froid, chaud ou tiède.
Il peut également se consommer cru mais on lui préfère une cuisson à la vapeur et c’est la partie blanche de la naissance des feuilles que l’on mange après l’avoir trempée dans une vinaigrette, une petite mayonnaise, ou une sauce au yaourt citronnée. Je me souviens qu’enfant, j’attendais avec impatience d’arriver au cœur, le morceau roi de l’artichaut, si tendre si bon.

Et il me vient à l’esprit une phrase de Coluche qui disait : « L’artichaut c’est le seul légume qui prend le plus de place dans l’assiette après qu’avant l’avoir mangé. »

On peut les farcir avec du riz, sauté à la poêle, on utilise souvent le cœur comme accompagnement d’une viande ou de poissons. Le cœur peut également être intégré à des salades, avec des poivrons et des olives noires ou dans une quiche tout simplement. On l’appréciera nappé d’une sauce béchamel ou hollandaise ou cuit à la niçoise.

Une recette incontournable je veux parler des fameux artichauts à la Barigoule. Une recette qui nous vient de Provence.

Le Cynar est un apéritif italien composé d’un mélange de feuilles d’artichauts et de treize herbes aromatiques. Il constitue une excellente boisson digestive mais peut également être bu en apéritif additionné d’une tranche d’orange et de glaçons. Son goût est assez doux.

Quelques recettes

Artichauts à la barigoule

Ingrédients (pour 4 personnes)

4 artichauts de Provence (petits violets)images (7)

4 belles pommes de terre

2 belles tomates

1 carotte

3 gousses d’ail

1 oignon

300 à 400 g de lardons fumés

thym, laurier, romarin

huile d’olive

sel et poivre

eau

vin blanc

Préparation

Lavez et coupez les légumes.

Coupez les artichauts en deux, les pommes de terre en assez gros morceaux et le reste assez finement.

Faites revenir l’oignon et l’ail dans une cocotte en fonte avec l’huile d’olive.

Ajoutez les lardons.

Après quelques minutes ajoutez les pommes de terre puis les artichauts.

Enfin ajoutez la carotte et les tomates.

Laissez mijoter quelques minutes puis mouillez avec eau et vin blanc.

Ajoutez ensuite les herbes de Provence, salez et poivrez.

Laissez mijoter à feux doux à moyen en remuant délicatement de temps à autre.

Dès que les pommes de terre sont cuites, le plat est prêt à servir.

 

Tajine de poulet aux artichauts et aux citrons confits

Ingrédients (pour 4 personnes)

2 cuisses et avant cuisses de poulet

1 de bouillon de volaille

1 c. à c. de gingembre

1 c. à c. de cumin

1 c. à c. de curcuma

1 c. à c. de coriandre haché

4 pommes de terre

6 petits artichauts (conserves bocal en verre)

1 citron confit

12 olives vertes, farcies

huile d’olive

sel et poivre

Préparation

Salez et poivrez les morceaux de poulet après les avoir rincés.

Disposez-les dans le fond d’une cocotte bien huilée.

Versez le bouillon et ajoutez les épices.

Laissez cuire 10 minutes.

Ajoutez les pommes de terre épluchées et coupées en morceaux.

Couvrez et laissez cuire sur feu très doux pendant 20 minutes.

Ajoutez les artichauts que vous aurez égouttés dans la cocotte, le citron confit coupé en petits dés et les olives dénoyautées.

Couvrez à nouveau la cocotte et poursuivez la cuisson pendant 10 minutes.

Salez, poivrez, et arrosez avec un filet d’huile d’olive.

Couvrez et laissez mijoter doucement 5 minutes.

Servez directement dans le plat.

Jackie Thouny

Site web : La cuisine de Jackie

Principales sources :
• Bien-être au naturel : www.bien-etre-au-naturel.fr
• Bienfaits des fruits : www.bienfaits.fr
• Boite à recettes : www.boitearecettes.com
• iTerroir : www.iterroir.fr
• La Nutrition : www.lanutrition.fr
• Ma santé naturelle : www.masantenaturelle.com
• Mr Plantes : www.mr-plantes.com
• Passeport Santé : www.passeportsante.net
• Santé Le Figaro : www.sante.lefigaro.fr
• Santé-médecine Comment çà marche : www.sante-medecine.commentcamarche.net
• Wikipedia : www.fr.wikipedia.org

Vous pouvez reproduire librement cet article et le retransmettre, si vous ne le modifiez pas et que vous citiez la source : www.energie-sante.net

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Hommage à la Dame Blanche de Brocéliande

Posté par francesca7 le 6 décembre 2014

 

La Dame Blanche de Brocéliande nous a quittés…

images (8)Le 20 décembre 2011, dans son sommeil, la Dame blanche Annie de son prénom nous a quittés. Nous l’avons rencontrée, il y a trois ans à l’orée de la forêt des plus beaux chênes de France, en Brocéliande.

Pas question de ne pas la voir la Belle Dame. Toujours habillée en blanc, ses cheveux longs immaculés, tressés ou libres comme elle l’était. Tu croisais son regard bleu océan déchaîné et tu sentais les embruns de vérité de sa personnalité et de son attachement à l’authenticité. Elle était fille de radiesthésiste et son père du même nom, Masson, nous a laissé un livre, érudit sur le sujet. Elle aimait le vent, toutes les fleurs, la musique et le chant des oiseaux. Nous avons peu ou pas rencontré de telles personnes…

Un jour de canicule, à Rennes, nous sirotions des limonades et nous avons vu Annie tourner le coin de la rue d’allure à la fois médiévale et le visage déterminé évoquant Babayaga. Elle mar­chait lentement et en nous apercevant, elle vint à nous et partagea un jus de citron. C’était déjà pour nous beaucoup. Elle allait non loin de là chercher du fil d’argent pour réaliser ses magni­fiques bijoux, souvent au gré de son inspiration représentant des noeuds celtiques, des bijoux en forme de torques et des couronnes pour les che­veux des filles qui célébraient leur union devant les Dieux païens.

Elle était actrice à ses heures perdues puisqu’elle a tourné dans un film sur la Bretagne, a écrit un livre et nous conte «Cornélius, le Demi-Dieu».

Il est joint un CD incluant 8 textes extraits du livre, mis en musique par Myrdhin (Zil a récité). Son livre a bénéficié de la renommée d’un artiste incontesté de la musique celtique (harpe).

Quand elle n’écrivait pas ou ne vendait pas ses bijoux pour avoir quatre sous, elle aimait ses chiens, ses frères qu’elle admirait et nous toutes et tous. Elle m’a conté avoir un autel superbe où elle rangeait les photos de ses souvenirs an­ciens et de ses ancêtres.

Ne pleure pas, Païen ! Notre soeur nous manque parce qu’au fond, sa discrétion, sa révérence discrète à la nature et son amour profond pour les autres nous la rend encore plus présente. Mais la spirale du chaudron d’Annie fait que les Eaux sans fin nous la ramèneront tantôt, le plus long pour nous au fond mortels, c’est l’attente du retour de cet être hors du temps et hors du commun.

Que les Dieux t’accompagnent, Annie dans les bras de la Déesse.

http://lunebleuezine.files.wordpress.com

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La Glace et le Roitelet

Posté par francesca7 le 5 décembre 2014

 

Conte traduit du breton par Kazh ar c’hoad

Dans l’ancien temps, il y a très, très longtemps, une dispute éclata entre la Glace et le Roitelet. Personne ne sait vraiment pourquoi ! 

3roitelet huppeDSC_6285- Je viendrai à bout de toi ! dit la Glace.

- On verra ! dit le Roitelet. 

Il gela tellement cette nuit-là que les pierres se fendaient. Le lendemain, la Glace, en voyant le Roitelet bien vivant et tout joyeux :

- Où étais-tu donc cette nuit ?

- Là où étaient les femmes à faire la lessive.

- Ah ! Oui ! Bien ! Ce soir, je t’aurai !

- On verra. 

Cette nuit-là, il gela tellement que l’eau gelait sur le feu. Le lendemain matin, le Roitelet se leva aussi joyeux et en bonne santé que jamais.

- Quoi ? dit la Glace, surprise, tu n’es pas mort encore ?

- Comme tu vois.

- Où étais-tu donc la nuit passée ?

- Entre la femme et le marié !

- Regardez donc où se fourre ce sale oiseau-ci ! Mais qu’importe, je viendrai à bout de toi, puisque je l’ai dit ! 

Cette nuit-là, il gela tellement que furent raidis la femme et le mari dans leur lit.

- Cette fois-ci, il doit en être fait de mon ami, le Roitelet, se dit la Glace en elle-même. 

Mais quand elle le vit le lendemain matin aussi joyeux et vigoureux que jamais, elle fut très surprise.

- Où donc, par la foudre, étais-tu cette nuit ?

- Entre la queue de la vache et le trou de son cul !

- Bien ! Bien ! Voyez donc ! Qu’importe, cette nuit-là on verra

; fais bien attention !

- Oui, oui, joue bien ! 

Le Roitelet se retira dans un trou, dans le mur de la cheminée, proche du four. Et il y trouva une souris, et dispute entre eux ! Comme ils ne pouvaient s’entendre, il fut convenu qu’il y aurait un grand combat le lendemain entre tous les animaux à plumes et les animaux à poils qu’il y avait dans le pays, sur le Menez Bré (ndt : une haute colline du pays du Trégor dans le 22, un vieux site sacré où se trouve maintenant une chapelle, dédiée à St Hervé. Sous ce lieu est sensé dormir le devin Gwenc’hlan en attendant son retour). 

Le jour assigné, dès le matin, aussitôt que descendent les poules des perchoirs, ils allèrent tous vers le Menez Bré ; les vaches, les boeufs, les cochons, les moutons vinrent au-dehors de leurs crèches, les chevaux, de leurs écuries, et ils prirent tous le même chemin, et personne ne put les en empêcher. Aucun oiseau ne fut aperçu dans la campagne ce jour-là, ni corbeaux, ni merles, ni moineaux, ni pies, ni pinsons, ni roitelets ; ils étaient tous allés à Menez Bré. Il y eu là un terrible combat ! Comme on n’en vit jamais. Partout, des poils, des plumes, des cris, des plaintes. Les animaux à poils étaient sur le point de vaincre, lorsqu’arriva aussi l’aigle. Alors il en fut tout autrement ! Celui-ci mettait en pièce et charcutait tous les animaux poilus, coup sur coup. 

Le fils du roi était en train de regarder par une des fenêtres du château, et lorsqu’il vit cela, il descendit et avec un coup de sabre, il cassa une des ailes de l’aigle. Ce fut alors la fin du combat. Les animaux à plume avaient gagnés, et on entendit le Roitelet chanter sur l’eau de la chapelle Saint Hervé, qui est au sommet de la colline. 

- Maintenant, dit l’aigle au fils du roi, il te faudra me nourrir pendant neuf mois, avec de la viande de lièvre et de la viande de perdrix. 

- Je le ferai, dit le fils du roi, viens avec moi au palais. 

Au bout de neuf mois, l’aigle était bien rétabli, et il dit au fils du roi :

- Viens avec moi maintenant, pour voir mon château.

- Moi, je ne demande pas mieux, dit-il, mais comment y aller ? 

Toi tu voles par les airs ; et je ne pourrai jamais te suivre.

- Viens sur ma nuque. 

Il alla donc sur le cou de l’aigle. L’aigle monta si haut dans le ciel, que le fils du roi en vint à avoir peur, et dit :

- Je ne désire pas aller plus loin ; descends-moi en bas !

- Non ! Non ! Tu dois aller jusque mon château ! Nous ne sommes plus loin !

 

Et celui-ci de continuer à voler, par-dessus les bois, les mers.  Ils arrivèrent enfin :

- Bonjour ma mère, dit l’aigle.

- Comment ? tu es revenu mon fils ? Tu as été bien longtemps à faire ton tour ; j’ai eu bien du souci de voir que tu ne revenais pas. 

- J’avais été bien empêché, ma pauvre mère : mais voici le fils du roi qui est venu avec moi ici.

- Le fils du roi ? Celui-ci est bien nourri, et nous ferions avec lui un bon repas !

- O ! Non, ma mère, nous ne lui ferons aucun mal ; j’ai été bien nourri pendant neuf mois dans son palais, et je l’ai invité à venir ici passer un moment dans notre château ; il faudra bien se conduire à son égard. 

L’aigle avait une soeur qui était très belle… aussi belle qu’une jeune fille puisse être. Le fils du roi la regarda, et la voulut pour épouse. Mais la vieille lui répondit que celle-ci n’était pas pour son bec. Et voici qu’il ne se fatiguait pas à être chez l’aigle, trois mois, quatre, cinq, six ! Il ne parlait pas de retourner chez lui. Tant et si bien que la vieille se fatigua de lui, et lui dit qu’il fallait qu’il parte, ou il serait mangé. Un jour, l’aigle lui dit : 

- Allons jouer aux boules, pour passer le temps.

- Oui donc, dit l’autre.

- Quelle sera la récompense ?

- Ta soeur si je gagne, et ma vie si je perds.

- C’est dit ; allons jouer. 

Ils allèrent dans une grande allée, où étaient les boules. Hélas ! Quand le fils du roi vit ces boules-là ! Elles étaient en fer, et chacune pesait cinq cent livres ! L’aigle prit sa boule, et jouait avec elle, la jetait en l’air comme si c’eût été une pomme. Le pauvre prince ne put même pas bouger la sienne. 

 - Ta vie est à moi, dit l’aigle.

- Je demande ma revanche.

- Et tu l’auras ; cependant ce n’était pas dit ! Demain, nous jouerons à nouveau. 

images (7)Le prince alla trouver la soeur de l’aigle en gémissant, pour lui raconter ses malheurs.

 - Ce n’est pas grave, répondit-elle, tu serais prêt à m’être fidèle ?

- Oui ! Jusqu’à la mort !

- Bien ! Laisse-moi faire. J’ai ici une vessie, je la peindrai en noir et je la mettrai à côté de la boule de mon frère. Quand tu la prendras, tu n’auras qu’à dire :« Chèvre, cours à ton pays ; Tu es ici depuis sept ans, Tu n’as pas eu de bout de fer à manger !» Aussitôt, tu la verras s’élever, et elle ira en Egypte. Mais fais bien attention de prendre ta boule en premier. 

Le lendemain, ils allèrent de nouveau dans l’allée de boules. Le fils du roi prit tout de suite la vessie, comme si ç’avait été une boule, et il se mit à jouer avec, à la lancer en l’air, comme une vessie qu’elle était. Et voilà très surpris l’aigle, et inquiet : 

- Comment cela se fait-il ? dit-il. 

L’aigle joua en premier, et jeta si fort sa boule, qu’elle fut bien un quart d’heure avant de retomber sur terre. 

- Beau jeu ! dit le fils du roi ; à mon tour maintenant. Et il dit doucement :

« Chèvre, cours à ton pays ; Tu es ici depuis sept ans, Tu n’as pas eu de bout de fer à manger !» Et aussitôt, la boule s’éleva dans les airs, si haut, si haut, que l’on ne la vit plus, et on avait beau attendre, elle ne retomba pas. Elle était partie en Egypte. 

- Nous avons joué chacun notre tour ! dit le fils du roi. 

Et l’aigle retourna chez lui en criant, et partit conter ce qui était arrivé à sa mère, pour se plaindre ; sa boule était perdue, qui était si belle ; il ne pourrait plus jouer quand il aurait envie ; une sorcière devait être avec lui…. 

- Il faut le tuer, dit la vieille, pourquoi attendre plus longtemps ?

- Mais, je n’ai pas encore vaincu sur lui, ma mère, et je dois le faire. Demain, nous jouerons un autre jeu, et nous verrons comment il s’en tirera cette fois-là ! 

- Va me chercher de l’eau, je n’en ai plus du tout à la maison.

- Très bien ! Demain matin nous irons ! 

Et l’aigle dit au fils du roi :

- Demain matin, nous devrons aller chercher de l’eau pour ma mère, il n’y en a plus au château.

- Bien, comme tu veux ! Mais montre-moi avant les pots.

- Les voici. 

Et l’aigle lui montra deux cuviers de cinq barriques chaque ; sur chaque paume de la main il en tenait un sans mal. Le prince alla trouver la sœur de l’aigle, très inquiet, vous pouvez croire ! 

- Tu me seras fidèle ? lui demanda-t-elle.

- Oui, jusqu’à la mort !

- Bien ! Demain matin, quand tu verras mon frère prendre son cuvier, dis-lui : «Ba ! Laisse ici ces cuviers, et donne-moi une pioche, une pelle et une brouette.» 

«Pour faire quoi ?» répondra-t-il. «Pour quoi ? Pour ramener ici la fontaine, afin que nous ne soyons pas obligés d’y aller trop souvent, nigaud !» Quand il entendra ça, il ira chercher l’eau lui-même, car il désirera pas voir détruite la fontaine, ni ma mère non plus. 

Le lendemain matin :

- Bien ! Allons chercher l’eau, dit l’aigle.

- Oui, oui, quand tu veux.

- Prend ton cuvier alors !

- Des cuviers comme ça ? A quoi ça sert des cuviers comme ça ? A perdre son temps.

- Comment veux-tu faire ?

- Donne-moi une brouette, une pioche et une pelle.

- Pour quoi faire ?

- Pour quoi faire, nigaud ? Pour ramener ici la fontaine et ne plus être obligé d’y aller trop souvent. 

- Hola ! Hola ! Cette fontaine ne sera pas détruite ! Une si belle fontaine.

- Bien ! Va donc chercher l’eau toi-même si tu veux ; moi, je n’irai pas ! 

Et l’aigle alla chercher l’eau lui-même, avec ses deux cuviers, et très en colère.

- Comment de défaire de lui ? dit-il le soir à sa mère.

- Le mettre à la broche et le manger ! répondit la vieille.

- Non ! Non ! Demain je l’enverrai abattre des arbres avec une hache de bois, et nous verrons. 

Il lui dit avant d’aller se coucher :

- Aujourd’hui, j’ai fait le travail moi-même, et demain, ce sera ton tour.

- Qu’y aura-il à faire demain ?

- Ma mère a besoin de bois pour faire du feu dans la cuisine, et tu devras aller abattre une allée de chênes qui sont là, et avant le coucher du soleil, ils devront être tous abattus. 

- S’il n’y a que ça ! dit le fils du roi ; mais il était en fait très inquiet, bien qu’il ne le montrât pas. 

Il alla alors trouver à nouveau la soeur de l’aigle.

-Tu me seras fidèle ? dit-elle.

- Oui ! jusqu’à la mort.

- Bien ! Quand tu seras arrivé dans le bois, avec ta hache de bois sur l’épaule – car il ne te donneras qu’une hache de bois – retire ta veste, metsla sur le tronc d’un vieux chêne que tu verras là, déterres ses racines, prends ta hache de bois et frappe sur l’arbre, et tu verras ce qui arrivera. Il alla le lendemain matin au bois, sa hache en bois sur ses épaules ; il retira sa veste, la jeta sur le tronc d’un vieux chêne, déterra ses racines ; il prit alors sa hache de bois : 

- Une hache de bois, pour abattre de si grands arbres ! Mais qu’importe, je verrai.

Il frappa un coup sur le tronc de l’arbre, et aussitôt, il tomba, avec un grand bruit.

- Très bien, dit-il.

 images (9)

Il alla vers un autre, et pareil ! Chaque coup, il tomba un arbre, et ainsi, en peu de temps, l’allée d’arbres fut abattue. Quand vint l’aigle, pour voir, vers le coucher du soleil, il fut très surpris. Il se mit à geindre, et alla trouver sa mère : 

- Hélas, chère maman, je suis vaincu ! Je ne puis plus jouer avec cet oiseau-là : un sorcier ou un magicien quelconque doit être avec lui ; voici abattu l’allée d’arbres jusqu’au dernier ; je suis très chagriné avec lui ! 

Pendant qu’il était ainsi à se plaindre, le fils du roi arriva :

- Je t’ai vaincu trois fois, dit-il, et ta soeur est à moi !

- Oui, hélas ! Envoie-la avec toi, et pars le plus tôt possible !

 Le prince retourna au château de son père, et avec lui, la soeur de l’aigle. Mais celle-ci ne demandait pas à être mariée tout de suite, ni même aller avec lui au palais du roi ; elle dit alors qu’elle irait servir dans une maison quelconque en ville pendant deux ans, sans dire qui elle est, pour voir s’il lui restera fidèle, comme il lui avait juré par trois fois. 

- Voici, dit-elle, avant de se quitter, la moitié de mon anneau et la moitié de mon mouchoir, afin que tu penses toujours à moi. » 

Elle fut prise comme femme de chambre chez un riche orfèvre, et le prince retourna au palais de son père. Il oublia rapidement la soeur de l’aigle, et il vint à tomber amoureux d’une princesse qui était à la cour. Voici qu’ils furent fiancés, le jour du mariage fut décidé, et les anneaux furent donnés à faire chez l’orfèvre chez lequel travaillait la soeur de l’aigle. Et il fut invité beaucoup, beaucoup de monde aux fêtes du mariage ; l’orfèvre et sa femme furent invités aussi, et même leur femme de chambre, étant donné qu’elle était une fille avait de très bonnes façons. 

Celle-ci demanda alors à son maître de lui faire un petit coq et une petite poulette d’or.

- Pour quoi faire donc ? dit sa maîtresse.

- Laissez-moi faire, ma petite maîtresse, vous verrez très bientôt pourquoi. 

Et il fut fait comme elle avait demandée. Lorsque le jour du mariage fut arrivé, l’orfèvre, sa femme et leur femme de chambre allèrent au palais, et comme le prince et sa future femme étaient très contents des anneaux et des bijoux qui avaient été fait pour eux, ils en furent très bien accueillis. La soeur de l’aigle avait emmené le coq et la poulette d’or, ainsi que les moitiés de l’anneau et du mouchoir dont le prince avait les autres moitiés. A la fin du repas, elle fut à côté de la nouvelle épouse ; et elle tira alors la moitié du mouchoir de sa poche.

- Tiens ! dit la future épouse, j’en ai un pareil au vôtre ! 

- Montrez un peu !

- Tenez ! Oui, ils sont identiques !

Et aussitôt que les deux moitiés furent rejointes, elles se recollèrent !

- Ceux-ci ont toujours été ensemble, dit la femme de chambre. 

En retirant le mouchoir de sa poche, le demi anneau tomba sur la table. La future épouse, quand elle le vit, le prit et l’approcha de l’autre moitié qui était avec elle ; et ils se recollèrent aussitôt, comme le mouchoir. Elle en fut très surprise :

 - Ne vous étonnez pas, Princesse, ceux-ci ont toujours été ensemble !

Elle sortit alors de sa poche le petit coq et la petite poulette d’or, et elle les mit sur un plateau d’étain.

- Quelles belles choses ! dirent-ils tous. 

Elle tira alors un petit pois d’or de sa poche et le mir sur le plat. Aussitôt, le petit coq l’attrapa et l’avala.

- Il est encore parti avec toi, dit la poulette.

- Chut ! la prochaine fois, il ira avec toi.

- Oui ! le fils du roi me disait aussi qu’il me serait fidèle, quand il était en train de jouer aux boules avec l’aigle. 

Le prince, quand il l’entendit, se retourna pour voir. La femme de chambre mit un deuxième pois d’or sur le plat. Le coq l’avala aussitôt : 

 - Il est encore parti avec toi, dit la poulette.

- Chut ! La prochaine fois, il ira avec toi.

- Oui ! le fils du roi m’a aussi dit qu’il me serait fidèle, quand il lui avait été dit par l’aigle qu’il devait aller chercher de l’eau.

 Tout le monde fut très surpris, et se demandèrent les uns aux autres :

- Qu’est-ce donc que ceci ? 

Le prince écoutait et était plus attentif que les autres. La femme de chambre retira un troisième pois de sa poche et le mit dans le plat, et, pour la troisième fois, le coq l’avala aussitôt.

- Il est encore parti avec toi ! dit la poulette.

- Chut ! la prochaine fois, tu l’auras.

- Oui ! le fils du roi me disait aussi qu’il me serait fidèle, lorsqu’il a été envoyé par l’aigle abattre une allée de chênes, avec une hache de bois !

 - Hola ! dit le fils du roi, en se levant, il en est assez !

Et de se tourner alors vers son beau-père et de dire :

- J’avais, mon beau-père, un trésor qui était tenu sous une petite clef parmi les plus belles ; je perdis ma clef et j’en fis faire une nouvelle ; peu de temps après, je trouvais mon ancienne clef ; me voici maintenant avec deux clefs, de laquelle dois-je me servir, de la neuve ou de l’ancienne ? 

- Respect et honneur sont toujours dus aux anciens.

 - Bien ! Mon beau-père, gardez votre fille, car j’en ai aimé une autre avant elle : elle était perdue, et je l’ai retrouvée, la voici ! 

Et alors ils se jetèrent dans les bras l’un l’autre, en pleurant de joie ! Ils furent fiancés et mariés, et pendant trois mois, il y eu des fêtes et des jeux, des danses et de la musique, et toujours du bruit !

Conte Breton paru au Magazine Lune Bleue 2007

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Les Fées : enquête

Posté par francesca7 le 27 novembre 2014

Mythologies, Contes et Apparences

S’il y a des êtres qui nous accompagnent depuis notre enfance, au travers des histoires, des légendes, des romans et des films, ce sont bien les fées. Partenaires des sorcières et des mages, des artistes et des chamans, leurs relations sont souvent intenses, toujours imprévisibles.

Mais qui sont les fées ? D’où viennent-elles ? A quoi ressemblent-elles ?

Cette première partie tentera de répondre de fa­çon résumée à ces trois questions. La seconde traitera plus en avant de la magie des fées selon un point de vue pratique. Enfin, une troisième partie viendra étayer ce dossier en abordant l’aspect spirituel d’une relation avec les fées.

les-fees• Qui sont les fées ?

Il semblerait, tout d’abord, que ces êtres qu’on nomme fées n’aiment pas être appelés ainsi. A juste titre d’ailleurs. C’est en réalité tout un peuple aux races et moeurs différentes qui porte cette appellation. Leur seul point commun réside dans la capacité à se fondre dans l’invisible. Certains elficologues en ont déduit que ces êtres appartenaient au monde éthérique (situé entre le monde physique et le monde astral) et n’étaient discernables qu’avec la vision psychique (par le 3ème OEil ou double vue). Bien que la plupart des fées ne sont pas censées discerner le bien du mal de la même façon que les humains, elles aimeraient se faire appeler plutôt « les bonnes gens » ou « le bon petit peuple » – même si certains membre sont bien plus grand qu’un humain.

Le plus souvent, les fées sont consi­dérées comme ou associées aux esprits de nature (esprit des fleurs, des arbres, esprits des éléments…). Elles sont parfois confondues avec certaines divinités voire avec les anges et ont bien sou­vent été diabolisées par les cultures patriarcales répressives.

D’où viennent les fées ?

Si nous sommes familiers, en France des contes de fées, des légendes et des lieux portant leur nom (la roche aux fées, ainsi que tous les noms comportant fées, fey, fay, fata, fada, fae…), la plupart des cultures de par le monde font aussi allusion à leur consoeurs et leurs confrères. Ainsi, avec quelques différences dans l’apparence et les moeurs, nous retrouvons largement en Europe les Fées (Fatas, Fairies…), les Elfes (Elves, Elben…), différentes sortes de Lutins (Korrigan, Kobold, Leprechauns, Brownies…), les Ondines et Sirènes (Nymphes, Néréïdes, Naïades, Mary Morgan, Selkie…) etc.

En Inde, il est souvent question des Dévas pour parler d’esprits des bois. Le terme, cependant, désigne un être lumineux et spirituel, une description qui n’est pas souvent utilisée pour dépeindre les fées en occident. Les amérindiens, eux, les appelaient, dans certaines nations, les Kachinas. De façon générale, chaque culture anciennes fait référence aux esprits de la nature. Certaines mythologies sont même principalement basées sur eux. Quant aux autres, nous trouvons fréquemment une divinité1, un saint ou un avatar qui y est rattaché. Et lorsque ce n’est pas le cas, les fées prennent alors l’apparence de démons2.

Les sceptiques verront une personnalisation des forces inexpliquées de la nature par les humains d’antan, peu au fait des manifestations physiques de la nature. Certains considéreront qu’il s’agit en réalité d’énergies conscientes, capables de se jouer des formes et des époques. D’autres enfin, ont pris le parti de croire que les fées telles que dépeintes par les contes, les mythes et les légendes existent vraiment. Mais, hormis les clairvoyants ou les personnes chanceuses – ou malchanceuses selon les cas – ayant pu les rencontrer, d’où nous viennent les images des fées telles que nous les connaissons ?

La Mythologie : dans le monde occidental, l’image des fées est clai­rement influencée par la mythologie celtique et celle nordique.

→ Dans la mythologie celtique, les fées prennent principalement deux aspects. Tout d’abord, nous trouvons le mythe des Tuatha de Danan (les enfants de la Déesse- Mère Terre Dana – Anu ou Eriu comme l’Irlande, aussi nommée Eire). Ce peuple considéré tantôt comme des dieux, demi-dieux ou des mages aurait repoussé et vaincu les Formoires et Fir Bolgs, anciens habitants de l’Irlande, prenant leur place et instaurant la paix dans ce pays. Lorsqu’arrivèrent ensuite les Gaëls (autre peuple celte venu d’Espagne), les Tuatha de Danan s’exilèrent sous terre et se fondirent dans la nature, devenant ainsi des esprits de l’Irlande.

Une autre vision des fées, alimentée par la mythologie celtique serait les Dames-Fée. En dehors des esprits et consciences qui animent chaque chose (animisme), il est souvent fait allusion à des femmes aux pouvoirs étonnants, habitant les bois et étant reliées à l’Autre-Monde. Outre leur grâce exceptionnelle et leurs pouvoirs semi divins, nous pouvons bien sûr songer que ces femmes se révélaient, en réalité, des sorcières, magiciennes ou guérisseuses ayant impressionné des esprits simples. Toutefois, ces récits ont continué de se multiplier. Avec le christianisme et l’image négative de la femme, les Dames-Fée ont souvent laissé la place à des esprits féminins séduisants mais violents et démoniaques. Autre fait intéressant concernant ce type de fées : il est très rarement fait allusion à des représentants mâles contrairement aux Elfes dans la mythologie nordique3.

→ Dans la mythologie nordique : parmi les neuf mondes soutenus par l’Arbre/ Axe cosmique de vie (Yggdrasill), nous trouvons le royaume des Elfes lumineux (Ljosalfheim) et celui des Elfes ténébreux (Svartalfheim). La notion de lumière et d’obscurité peut être largement discutée. Ainsi, les Elfes lumineux seraient tout simplement ceux qui vivent à la lumière du jour (les grands Elfes tels que nous les connaissons). Les Elfes ténébreux seraient ceux qui vivent sous terre (les Nains pour une bonne part)4.

 

Les contes et Légendes

wcztz2l5Sur la base de croyances et d’expériences, d’inspiration et d’intuition (n’oublions pas que l’imagination est fortement reliée tant à l’inconscient personnel et collectif qu’à l’intuition qui perçoit le vrai et l’invisible), les contes de fées naquirent. Des histoires de plus en plus nombreuses furent écrites et racontées sur les Fées et les êtres féeriques. Les images se multiplièrent. Avec le développement des communications, de nombreuses informations devinrent accessibles, occasionnant – hélas – des canulars et occultant parfois les données les plus essentielles. Néanmoins, nous retrouvons certains traits et aspects, moeurs et attitudes dans les histoires sur les Elfes et les Fées.

→ Les Contes de fées : malgré leur nom, ces derniers seraient bien loin d’être les plus réalistes concernant nos amies. Toutefois, l’aspect initiatique et symbolique est un élément clé de la tradition féerique. Ainsi nous retrouvons les notions de quête d’identité, l’importance des choses simples (celles naturelles), les valeurs sûres (la pureté, la confiance, l’amitié…) et la nécessité de voir au-delà des apparences.

→ Les légendes du terroir : bien que les témoi­gnages évoluent avec les époques, il s’agit d’une source importante d’informations sur les fées. Toute légende comporte une part de fabulation, de symboles mais aussi de vérité. Il est d’ailleurs amusant d’observer que certaines croyances se perpétuent dans plusieurs pays aux cultures différentes. Ainsi, on retrouve régulièrement la croyance qu’une offrande de beurre, de lait ou de miel (voire de chocolat pour les Brownies) est une offrande appréciée par les esprits féeriques.

→ Les récits actuels : avec les ouvrages fantastiques et l’avènement en puissance de la Fantasy, les fées ont vu leur portrait dessiné sous tous les angles et toutes les couleurs. Ainsi certains auteurs réinventent les moeurs et apparences des fées (selon leur fantaisie ou leur expérience), d’autres tentent d’être fidèles à la tradition ainsi qu’à leurs lectures et le reste se livrent à un mélange joyeux entre les deux principes. De cette façon, il devient difficile de s’y retrouver. A moins, bien sûr de partir de l’idée que les fées se jouent des apparences5.

 

Apparences des différentes fées :

A travers les mythes, les récits, les témoignages et les romans, voici une possible distinction des fées par race (la liste n’est qu’une partie émergée de l’iceberg) :

¤ Les Fées ou Dames-Fée ressemblent à de splendides femmes. Elles habitent les bois. A l’instar des êtres féeriques, elles possèdent de nombreux pouvoirs et peuvent se rendre invisibles ou non.

¤ Les Pixies sont les petites fées ailées, parfois assimilées aux libellules et papillons dont elles possèdent les ailes. Vulgarisées à l’époque victorienne, elles ont souvent l’apparence de fillettes joueuses.

¤ Les Elfes sont de taille humaine (souvent plus grands), avec des cheveux longs et les oreilles pointues (propres à la plupart des êtres féeriques). Créatifs et sages, ils sont d’une grande habileté.

¤ Les Lutins mesurent généralement de 10 à 50 cm. Cependant il en existe de toutes sortes. Souvent jovials et facétieux, ils jouent parfois des tours pendables.

¤ Les Dryades sont souvent considérées comme étant les esprits des arbres. Elles sont omniprésentes dans les bois.

 

¤ Faunes et Satyres sont des musiciens joueurs. S’ils ne sont pas particulièrement beaux, ils se révèlent de gais compagnons et des artistes inspirés. 

¤ Les Nains sont travailleurs. D’un caractère souvent bougon ils font néanmoins preuve d’une  force exceptionnelle. A l’instar des Lutins et d’autres fées, on trouve de petits et de grands nains. 

¤ Les Gnomes sont souvent travailleurs. Reliés à l’élément terre, il en existe de nombreuses races. ¤ Les Ondines sont sensuelles et délicates. Si les fées des eaux sont réputées pour leur humeur changeante, elles n’en restent pas moins d’une beauté sans pareille. 

¤ Les Salamandres se révèlent les moins connus des élémentaux. Liés au feu, ils possèdent d’étonnants pouvoirs magiques. 

 ¤ Les Sylphes sont gracieux et plein de sagesse. Ces fées de l’air sont souvent associées aux esprits des fleurs.

 

Résumé

Pour conclure cette brève présentation, nous pouvons remarquer que les fées sont souvent associées aussi aux esprits des morts (Dames blanches, Banshees…), aux aliens (cercles de fées et agroglyphes) ou à des phénomènes tout simplement physique (exemple des lucioles). Toutefois écarter leur existence par simple scepticisme serait faire acte de mauvaise volonté. L’une des meilleurs façons de comprendre et découvrir ce que sont les fées est justement d’aller à leur rencontre.

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1 Déesses et Dieux liés aux fées : Cernunnos, Dagda, les Dakinis, Epona, Faunus, Frey et Freya, l’Homme Vert, les Khadromas, Inanna, Pan…

2 Le terme démon, vient du grec « daemon », cor­respondant en réalité au génie, la part divine présente en chaque être.

3 On peut penser que les fées sont et ont été des transpositions du mythe de la princesse charmante tout comme les vampires (créatures souvent associées aux fées) ont parfois pris la place du mythe du prince charmant à l’heure actuelle.

4 Dans cette mythologie, nous retrouvons aussi les dragons et les géants parmi d’autres êtres magiques et féeriques.

5 La glamour, ou voile magique utilisé par certaines fées, consiste justement à tromper les apparences.

Pour aller plus loin :

Elfes et Fées, de Sirona Knight, éditions Marabout

Enquête sur l’existence des Fées et des Esprits de la nature, d’Édouard Brasey, éditions J’ai Lu ; Histoires de Fées, de Doreen Virtue, éditions Exergue

SOURCE : Texte issu du Mag des Païens d’Aujourd’hui

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Mona, la fille de la terre – conte Breton

Posté par francesca7 le 22 novembre 2014

 

58956077korrigan-jpgUn peuple marin hante les profondeurs ouessantines : les Morgans. Ce sont des hommes et des femmes d’une grande beauté. Seule, Mona Kerbili, une jeune Ouessantine qu’on disait belle comme une Morganès, vit leur palais au plus profond de l’océan.

Le roi des Morgans, ébloui par la beauté de Mona Kerbili, saisit l’adolescente et l’emporta au fond de l’eau. Dans le palais, au milieu des richesses abyssales, Mona, resplendissait. Le vieux roi en était fou amoureux. Son fils aussi… Le vieux Morgan refusa l’alliance des deux jeunes gens. Il força son fils à se marier avec l’enfant unique d’un des grands de sa cour. La noce fut belle : on mangea, on but abondamment.

Or, le soir de la fête, le père cruel décida de mettre à mort Mona, la fille de la terre. F-M. Luzel, dans l’un de ses contes, décrit la scène…

 « Vers minuit, les nouveaux mariés se retirèrent dans leur chambre nuptiale, magnifiquement ornée, et le vieux Morgan dit à Mona de les y accompagner et d’y rester, tenant à la main un cierge allumé. Quand le cierge serait consumé jusqu’à sa main, elle devait être mise à mort. La pauvre Mona dut obéir. Le vieux Morgan se tenait dans une chambre contiguë, et, de temps en temps, il demandait :

- Le cierge est-il consumé jusqu’à votre main ?
- Pas encore répondait Mona.

Il répéta la question plusieurs fois. Enfin, lorsque le cierge fut presque entièrement consumé, le nouveau marié dit à sa jeune épouse :
- Prenez, pour un moment, le cierge des mains de Mona, et tenez-le, pendant qu’elle nous allumera un feu.

La jeune Morganès, qui ignorait les intentions de son beau-père, prit le cierge. Le vieux Morgan répéta au même moment sa question :
- Le cierge est-il consumé jusqu’à votre main ?
- Répondez oui, dit le jeune Morgan.
- Oui, dit la Morganès.

Et aussitôt le vieux Morgan entra dans la chambre, se jeta sur celle qui tenait le cierge, sans la regarder, et lui abattit la tête, d’un coup de sabre; puis il s’en alla. » Le lendemain, lorsqu’il s’aperçut de sa méprise, le roi entra dans une grande colère. Puis il s’apaisa et donna son consentement au mariage de son fils et de Mona ».

Mais Mona s’ennuyait de son île bretonne. Elle obtint enfin l’autorisation de retourner dans sa famille. Elle y fit sensation. Puis le vent chassa jusqu’au moindre souvenir de ses aventures sous-marines. Jusqu’au jour où le jeune roi vint la chercher. La jeune fille se jeta dans ses bras… et on ne la vit plus, à jamais... »

 

SOURCE / http://www.bretagne.com/

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Le Barbe-bleue breton

Posté par francesca7 le 17 novembre 2014

 

 

morgane-foret-nroceliande-default-bigC’est peut-être bien en Bretagne qu’a pris naissance la fameuse histoire de Barbe-bleue au VIe siècle.

Comorre était un redoutable seigneur dont le château pourrait se situer dans la forêt de Carnoët près de Quimperlé (Finistère). On lui comptait déjà six épouses assassinées de ses propres mains lorsqu’il demanda en mariage la fille de Varoch, comte de Vannes, la douce Triphine.

Une prophétie prétendant qu’il mourrait tué par son fils; il prenait les devants en faisant passer de vie à trépas ses épouses dès qu’elles étaient enceintes. N’ayant pas osé s’opposer à ce puissant seigneur, le comte de Vannes organisa la cérémonie du mariage avec la bénédiction de saint Gildas.

La tête tranchée

  • Les premiers mois se déroulèrent sans nuages jusqu’au jour où Comorre surprit, au retour d’un long périple, sa jeune femme brodant de la layette. Au cours de sa fuite, elle mit au monde le petit Trémeur. Mais le terrible seigneur réussit à la rattraper et lui trancha la tête. Trémeur fut alors recueilli par saint Gildas qui, volant au secours de Triphine, la ressuscita également. On raconte que saint Gildas lança alors une pluie de pierres sur la forteresse de Comorre qui, tel un château de cartes, s’effondra sur son monstrueux seigneur.
  • Selon la version en cours à la chapelle Saint-Trémeur, de Bubry(Morbihan), c’est seulement une fois décapitée par Comorre et ressuscitée par saint Gildas, que Triphine donna naissance à Trémeur.

Elevé au monastère de Saint-Gildas-de-Rhuys, l’enfant se retrouva un jour face à son père qui s’empressa de le décapiter. Ce serait, par la suite, des chevaliers alliés au comte de Vannes qui auraient eu raison des jours du Tyran.

Variante au Guilvinec

  • On raconte ici que Comorre vécut dans le manoir de Kergoz avec son fils Trémeur et son épouse Triphine. Celle-ci, malheureuse, souffrait du comportement brutal de son mari. Une sorte de malédiction voulait qu’elle pâtit de la sorte tant que son époux n’aurait pas trouvé son maître. Trémeur décida donc de battre son père à la  » soule « , un jeu de ballon. Il y parvient si bien au cours d’une partie que le terrible seigneur s’effondra de fatigue.

 

  • Néanmoins, après avoir repris suffisamment de forces, il rattrapa Trémeur et, de rage, lui trancha la tête. Pas  » démonté  » pour autant, ce dernier ramassa sa tête et la glissa sous son bras. C’est alors que Comorre rendit son âme au diable. On dit que Trémeur continua à jouer à la soule et que, ces jours-là, il laissait sa tête au manoir pour être plus libre de ses mouvements.Une chapelle lui fut dédiée. On peut l’y voir représenté, tenant sa tête décapitée (d’après un extrait de la Revue Dialogue n° 16 et n° 17).

 

  • On peut contempler également une belle statue de Trémeur portant sa tête décapitée sous le bras, dans une niche du grand portail flamboyant de l’église de Carhaix-Plouguer (Finistère), dédiée également à Saint Trémeur.

 

  • La chapelle Sainte-Triphine, à Pontivy (Morbihan) rappelle aussi le martyre de cette sainte, au fil de neuf tableaux peints sur les lambris.

SOURCE / http://www.bretagne.com/

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La faune marine Bretonne

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

La situation géographique de la Bretagne, lieu de transition entre la Manche et l’océan Atlantique, favorise le passage de nombreuses espèces migratrices et offre un cadre de vie d’exception à une infinie variété de mammifères, de poissons et de coquillages.

Oiseauximages (5)

Le goéland argenté est l’oiseau le plus commun du littoral breton ; il repousse même son habitat jusqu’au cœur des villes (à Rennes, sa présence est attestée depuis 1987). Il se reconnaît au gris clair qui recouvre ses ailes (1,40 m d’envergure) et à ses pattes roses. La mouette tridactyle , que l’on confond souvent avec le goéland argenté, est nettement plus petite (1 m) et l’extrémité de ses ailes est noire, ainsi que ses pattes. Avec 1,70 m d’un bout de l’aile à l’autre, le fou de Bassan est le plus imposant des oiseaux de mer. Sa tête jaunâtre achève son long cou et domine de grandes ailes dont la pointe est teintée de noir. Légèrement plus petit (1,50 m) legrand cormoran se distingue de son cousin huppé par sa taille et son corps plus imposants. Tous deux de noir vêtus, ils arborent un bec en forme de spatule de couleur jaune. La plupart des sternes ont le dessus de la tête couronné de noir et n’excèdent pas 90 cm d’envergure (pour la sterne caugek). Leurs ailes et leur queue pointues permettent de les identifier à coup sûr. Le fulmar boréal est assez proche des goélands par la taille, mais il se distingue par la rigidité de son vol plané et par les deux narines tubulaires qui dépassent de sa mandibule. Le fulmar boréal partage cette singularité avec les puffins , les océanites tempête et les albatros , autres espèces de la même famille. L’océanite tempête, justement, est le plus petit volatile à fréquenter les côtes bretonnes. Ses 25 g pour 40 cm d’envergure, ses plumes brun-noir et ses mœurs nocturnes en font aussi le plus difficile à observer.

Le macareux moine , rare et donc aussi difficile à observer, est nettement plus reconnaissable grâce à son bec tricolore et son œil cerclé de rouge. C’est un oiseau pélagique, c’est-à-dire qu’il passe le plus clair de son temps en mer, mais on peut l’observer facilement sur l’île Rouzic, dans l’archipel des Sept-Îles (Côtes-d’Armor).

Coquillages, mollusques et crustacés

À marée basse, la mer dépose sur la grève planctons, micro-algues et autres nutriments qui favorisent la colonisation de l’estran par les coquillages et autres mollusques. Ces derniers font à leur tour le délice des oiseaux, des poissons… et des pêcheurs à pied.

Les bivalves

Le plus célèbre, et le plus consommé des coquillages, est certainement la coque . Vivant en groupes, elle s’enfouit de 10 cm dans le sable humide. Tout aussi réputée, la coquille St-Jacques se pêche quant à elle en mer, surtout du côté de St-Quay-Portrieux qui en est devenu la capitale.

Plus difficile à trouver, car solitaire, la palourde se repère grâce aux deux petits trous qu’elle laisse en surface (à ne pas confondre avec la clovisse , nettement moins savoureuse). Elle adore les cailloutis et noircit au contact de la vase. De son côté, la praire préfère les sables grossiers et il faut aller la chercher loin dans l’estran. On ne la ramasse pas en dessous de 4 cm.

Huîtres et moules sont parmi les plus faciles à repérer : elles restent accrochées à leur rocher, émergeant à marée basse. Les premières font la réputation de Cancale ou de Bélon et, les secondes, de la baie du Mont-St-Michel. Le dernier des bivalves pêchés sur la grève est le couteau , qui se trouve aisément grâce au trou en forme de huit qui aère sa galerie verticale.

Les monovalves

Les monovalves les plus courtisés sont les patelles et les berniques , reconnaissables à leur coque tronconique. Elles ne quittent pour ainsi dire jamais leur rocher. Les bigorneaux , que l’on peut ranger dans cette catégorie, cachent leur coquille en colimaçon dans les algues dont ils se nourrissent. Mentionnons ici un crustacé qui échappe à toute catégorie : le pouce-pied . Constitué d’un pédoncule mou (le pied) et d’un corps recouvert de plaques blanches, il foisonne particulièrement sur les rochers de Belle-Île où sa pêche est très réputée.

Les nageurs et les marcheurs

images (6)Les crevettes sont également très présentes sur les grèves. Il s’agit pour l’essentiel de crevettes grises, aussi appelées crevettes des sables. Plus rares, les bouquets se dénichent dans des mares profondes. De leur côté, les crabes sillonnent l’estran dès la marée descendante. Les verts sont de loin les plus fréquents et parfument à merveille les soupes de poisson. Nettement plus coriace, l’ étrille est également plus recherchée pour sa saveur que l’on compare souvent à celle du homard . Vous aurez peut-être aussi la chance d’attraper un jeunetourteau , reconnaissable à ses pinces disproportionnées. En revanche, ne comptez pas trop attraper un grand crustacé comme la langouste . Autrefois négligée, elle est aujourd’hui victime de son succès et a quasiment disparu des côtes bretonnes. Le homard, quant à lui, ne fréquente que les fonds rocheux proches du littoral et aurait aussi tendance à se raréfier.

Poissons et autres nageurs

Pour les découvrir, vous pouvez visiter un aquarium ou assister à un retour de pêche.

Sardines et maquereaux composent le gros de la faune aquatique côtière. Les premières possèdent un corps fin, élancé et une peau argentée recouverte de fines écailles. Les maquereaux sont beaucoup plus gros, jusqu’à 30 cm, et le dessus de leur peau présente une irisation bleu-vert. Ces deux espèces se déplacent en banc. Vous avez peu de chance de vous retrouver face à face avec une lotte , aussi appelée baudroie. Ce poisson particulièrement hideux – son horrible tête représente la moitié du corps – vit dans les fonds vaseux et peut atteindre 50 kg. Le lieu jaune , à ne pas confondre avec le lieu noir qui fréquente les eaux écossaises, est un poisson très prisé des amateurs ; il mesure jusqu’à 1,30 m. Le bar , poisson très combatif apprécié des pêcheurs pour sa sportivité est également recherché par les gourmands. Pouvant peser 8 kg, il se rencontre dans les eaux agitées et se reconnaît à ses deux nageoires dorsales de même taille et à sa grande tache noire proche de l’ouïe.

Ces vingt dernières années, pas moins de vingt-cinq espèces de mammifères marins ont été observées le long des côtes bretonnes. Phoques gris et veaux marins les fréquentent assidûment, tout comme les dauphins (bleu et blanc, grand dauphin) qui résident à l’année en Bretagne. Vous les verrez en cabotant notamment autour de l’île de Sein ou encore en mer d’Iroise. Le rorqual à museau pointu se laisse aussi régulièrement apercevoir, alors que le rorqual commun est… rare.

Du côté des cétacés de grande taille, on observe au large la visite de quelques spécimens de baleines à bosse et de cachalots.

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L’Armor et les îles

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

Les quatre cinquièmes du pourtour breton sont baignés par les flots. Les Gaulois appelaient cette zone « Armor », ou plus rarement « Arvor », ce qui signifie « pays au voisinage de la mer », par opposition à l’Argoat, le « pays de l’intérieur ».

images (3)La côte bretonne

Extraordinairement découpée, elle totalise 2 700 km ; elle n’en mesurerait que six cents si elle s’était contentée d’être rectiligne. Cette longue dentelle rocheuse compte une multitude de paysages magnifiques composés de criques et de grèves, de hautes falaises comme à Quiberon, de caps déchiquetés comme à la pointe du Raz, d’îles et d’écueils comme à Ouessant, de larges baies comme à Morlaix, d’amas granitiques comme à Ploumanach, de promontoires escarpés comme à Fréhel, de golfes comme celui du Morbihan et de rias comme dans les Abers. Tous ces panoramas sont rythmés par le va-et-vient régulier des marées et le ballet incessant des bateaux. Cette merveilleuse diversité fait toute l’originalité de la côte bretonne.

Et, comme si cette grande variété ne suffisait pas au plaisir des yeux, l’Armor a comme fractionné la totalité de son littoral pour mieux nous envoûter. En effet, au gré des promenades, on remarquera que la végétation est brûlée par le vent salin là où la côte est exposée, qu’elle est exubérante là où elle est abritée et qu’y poussent sans effort mimosas, palmiers, eucalyptus, lauriers-roses et autres plantes emblématiques des climats méridionaux.

Les îles

Les côtes bretonnes sont les plus riches de France en îles, îlots et archipels. On en compte plus de cent vingt, dont une petite vingtaine est habitée. La plus vaste, 86 km 2 , est Belle-Île , suivie de loin par Ouessant (18 km 2 ) et Groix (15 km 2 ). Toutes les autres n’excèdent pas 3 km 2 , la plupart étant d’une superficie inférieure au kilomètre carré.

Toutes les îles bretonnes appartiennent au Massif armoricain, qui, loin de se limiter aux terres visibles, se prolonge sous la mer. Au large du Léon et du Trégor, le massif court sur plusieurs kilomètres, et repousse ses limites jusqu’à 50 km dans les zones du golfe normando-breton et le long du Morbihan. Le littoral de Bretagne Sud, justement, est longé par une dorsale rocheuse qui supporte Belle-Île, Groix, Hœdic et les Glénan . Au nord et à l’ouest, les fonds marins sont composés de dépôts grossiers de graviers qui soutiennent des myriades d’affleurements rocheux (les Sept-Îles , Bréhat , Callot , Cézembre , etc.).

Quelle que soit leur taille, les milieux insulaires, même à un jet de pierre du continent, sont d’une importance écologique primordiale. Isolés et faiblement bâtis, ils constituent des sites de préservation exceptionnels de la faune et de la flore.

Les oiseaux sont les premiers à apprécier les îles, qui sont des sites de nidification et d’élevage privilégiés grâce à l’absence de prédateur naturel. Certaines îles ont bien été colonisées par des rats échappés de navires ou négligemment importés par l’homme, mais le Conservatoire du littoral et d’autres associations s’attachent à restaurer ces écosystèmes en faisant disparaître les prédateurs gourmands en œufs frais. C’est notamment le cas dans l’archipel des Sept-Îles au large de Perros-Guirec, et particulièrement de l’île Rouzic qui accueille plus de 15 000 couples de fous de Bassan.

Vagues et marées

L’Armor est continuellement frappé par les vagues, qu’éloignent ou rapprochent les marées.Les vagues , ou, comme disent les marins, les lames, sont un mouvement ondulatoire produit par le vent. Même lorsque la brise ne souffle plus, l’ébranlement se propage à de grandes distances : c’est la houle . Par une illusion d’optique, l’eau semble se déplacer, mais il suffit de regarder flotter un bouchon pour constater qu’il reste immobile. Près du rivage, le mouvement ondulatoire des vagues est freiné par le fond : un déséquilibre se produit et la crête de la lame s’écroule en longs rouleaux d’écume avec un bruit sourd et rythmé, c’est le ressac . Quand la vague atteint un obstacle abrupt, rocher ou falaise, elle est soulevée, lance des embruns, puis retombe de tout son poids. Les jours de tempête, le spectacle peut être prodigieux.

Curieux phénomène que celui des marées . Il est causé par l’attraction de la Lune et, dans une moindre mesure, par celle du Soleil. Lorsque la Lune est au-dessus de la mer, elle attire l’eau vers elle, le niveau de la mer s’élève : c’est la marée haute. Six heures plus tard, la Lune n’est plus au-dessus de l’eau, l’attraction n’opère plus : c’est la marée basse. Lorsque le Soleil et la Lune sont à peu près alignés par rapport à la Terre, l’attraction est plus forte : c’est la marée de vive eau ou grande marée. Ce phénomène se reproduit tous les quinze jours, lors de la pleine lune ou de la nouvelle lune. En Bretagne, les plus importantes se produisent en mars et septembre, lors des équinoxes.

L’amplitude des marées varie selon les zones littorales qu’elles concernent. Dans la baie du Mont-St-Michel, elle atteint un record avec 14 m de marnage . En allant vers l’ouest, ce dernier diminue peu à peu jusqu’à se limiter à 6 m à Brest. En Bretagne Sud comme dans tout le golfe de Gascogne, l’amplitude moyenne des marées est de 5 m.

Quelle que soit son importance, la marée transporte de gigantesques quantités d’eau, qui soumettent la faune et la flore à de fortes turbulences et à des périodes successives d’immersion et d’émersion. Leur régime provoque aussi la formation de courants plus ou moins puissants selon la morphologie des côtes. Dans les baies (comme St-Brieuc, Douarnenez, Mont-St-Michel, Morlaix, etc.), ils sont relativement faibles et excèdent rarement 1 nœud, alors qu’ils atteignent facilement 3 nœuds sur le littoral nord. Dans les passages très étroits, comme les raz de Sein et d’Ouessant, ils peuvent monter jusqu’à 9 nœuds, soit 4,50 m/s !

images (4)La flore

L’autre grande richesse des littoraux est la flore, dont les conditions de vie fluctuent énormément au rythme des marées et du climat.

Certaines plantes sont baignées plusieurs heures par jour par l’eau salée, comme la soude maritime ou l’aster. D’autres sont fouettées jour et nuit par les embruns. D’autres encore baignent dans des vasières (spergulaires), s’épanouissent dans les dunes (oyats et liserons des dunes) ou dans les baies (salicornes). Toutes font preuve d’une extraordinaire capacité d’adaptation en créant des stratégies de croissance et de reproduction en synergie avec leur milieu, si dur soit-il. Si les îles et les îlots représentent l’essentiel des espaces protégés, c’est justement pour pérenniser la richesse et la diversité de ces plantes, et des animaux qui les fréquentent.

 

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Une Bretagne de mégalithes

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

téléchargement (2)Ces monuments de pierre brute ont été à la source d’une inépuisable série de légendes et d’interprétations. La potion magique de nos irréductibles Gaulois n’est néanmoins pas responsable de toutes ces pierres levées qui ne cessent de nous intriguer par leur aspect colossal.

Une constellation de pierres levées

Que sait-on au juste de cette mystérieuse civilisation des mégalithes qui a atteint son apogée dans le pays vannetais bien avant qu’Obélix ne devienne le plus illustre des tailleurs de menhirs

On dénombre en Bretagne quelque 6 000 menhirs et plus de 1 000 dolmens, sans compter les cairns, comme celui de Barnenez dans la baie de Morlaix, et les dépôts funéraires (la Table des Marchands à Locmariaquer).

Les cairns sont apparus au néolithique ancien (vers 5 000 av. J.-C.). Géographiquement cantonnés au littoral, ces assemblages de dolmens prennent des formes variées, tantôt agencés en coude, en transept, en V ou en simple couloir comme à Gavrinis. Au cours du néolithique moyen (vers 4 000 av. J.-C.), les chambres funéraires se sont allongées et ont progressivement changé de type architectural tout en se dotant d’un art pariétal très riche. À la fin du néolithique, elles évoluèrent en allées couvertes (comme celles de la Roche-aux-Fées ou de Gavrinis), parallèlement à l’apparition de sépultures à entrée latérale. À la différence des cairns, menhirs et dolmens, les allées couvertes se répartissent sur l’ensemble de la Bretagne.

Les constructeurs

L’homme est présent en Bretagne depuis quelque 600 000 ans. À l’ Homo erectus qui domestique le feu vers 450 000 av. J.-C. succède, vers 35 000 av. J.-C., l’homme « moderne », chasseur-cueilleur nomade qui se sédentarise progressivement. Vers 7 000 av. J.-C., les agriculteurs du Proche-Orient colonisent l’Europe. Vers 5 000 av. J.-C., l’océan Atlantique stoppe net leur progression. Arrivés à la fin de la terre (Finistère), ils vont remplacer les communautés locales et prendre possession du sol. Et voici que, pour enterrer leurs morts, ils élèvent des mégalithes, des « grandes pierres ».

Face à ces témoignages du passé, l’homme et la femme d’aujourd’hui ne peuvent manquer d’être impressionnés par leur masse, leur aspect cyclopéen. En effet, un mégalithe peut peser plus de 300 t. Le déplacer nécessitait donc le concours de plusieurs centaines de personnes. Soit on faisait rouler la pierre sur des rondins (jusqu’à 10 km), soit on la plaçait sur un radeau pour descendre la rivière ou traverser la baie. Pour la dresser, on la faisait glisser dans une fosse sur une rampe inclinée, puis on la stabilisait avec de la terre et des cailloux. Et le tour était joué !

Religion et société

Il va de soi que seul un pouvoir politiquement fort avait la faculté d’« inviter » ses sujets à construire des tombes gigantesques pour une petite élite. Un pouvoir fort et des divinités puissantes. Au néolithique, il s’agit de la femme et du taureau. La femme est présente sous forme d’écussons ou de stèles anthropomorphes, le taureau n’est bien souvent représenté que par un simple U figurant ses cornes.

Les mégalithes avaient une fonction funéraire et de prestige. Placés sur des hauteurs, taillés dans des roches nobles, ils étaient visibles de loin. Ces symboles des divinités tutélaires veillaient sur les villages et structuraient le territoire. Les alignements paraissent orientés en fonction des équinoxes ou des solstices, mais il serait imprudent de se laisser aller à des théories astronomiques hasardeuses. On peut supposer que, dans une société d’agriculteurs, les travaux étaient rythmés par des cérémonies, comme ce fut le cas chez nous jusque dans les années 1950.

Survivances et folklore

Nombre de légendes se sont attachées à expliquer les mégalithes, de même qu’une myriade d’interprétations romantiques. Les unes et les autres ont engendré fées et farfadets sur un lit de superstitions. La réalité est plus simple.

Au 2 e millénaire, à l’âge du bronze, le mégalithisme est progressivement abandonné. À l’âge du fer, certains mégalithes sont démolis et réincorporés dans d’autres ensembles. Eh non ! Les Gaulois n’élevaient pas de menhirs, dommage pour Obélix… Les Romains, eux, s’en servaient comme bornes routières. Les Bretons ont cependant toujours éprouvé du respect pour ces grandes pierres, d’où un culte païen qui a survécu à tous les efforts d’une Église oscillant sans cesse entre destruction et tentative de récupération ; de nombreux menhirs sont ainsi christianisés, comme ceux de Brignogan-Plages par exemple.

Des légendes pittoresques sont nées au cours des siècles. Ne dit-on pas que le soir de Noël, les menhirs de Carnac vont boire sur la grève de Saint-Colomban…

images (2)Fouilles et conservation

Depuis quelques années, les sites mégalithiques de Bretagne sont victimes de leur succès. Le meilleur exemple en est Carnac . Du fait d’une forte fréquentation, des allées ont commencé à se creuser entre les blocs, déchaussant ces derniers. Pour la sécurité du public et la préservation des alignements, le site a donc été clôturé. La question se pose aujourd’hui de son devenir et de son mode d’exploitation, sachant que la décision servira sans doute de modèle à d’autres sites confrontés aux mêmes problématiques. Comme pour tous les grands sites, la question se pose de l’équilibre à maintenir entre l’ouverture au public et la préservation du patrimoine.

 

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Histoire de la liberté Bretonne

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

Dans l’imaginaire populaire français, la Bretagne druidique occupe une place de choix, au point d’avoir donné naissance au sympathique personnage d’Astérix qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. Les sources manquent, il est vrai, sur ces premiers âges, permettant ainsi la libre interprétation. Et les impressionnants mégalithes, menhirs et autres, dressés sur les terres bretonnes bien avant l’arrivée des Celtes, ne font qu’ajouter au mystère… Ce n’est vraiment qu’à partir du Moyen Âge que les chroniqueurs commencent à relater en détail l’histoire bretonne, enrichie des heures de gloire de Du Guesclin et d’Anne de Bretagne, reine d’un duché encore distinct de la couronne de France. Plus tard, du 17 e s. au 19 e s., les armateurs, les corsaires et les pêcheurs succéderont à ces figures historiques, construisant à leur tour la légende et liant indéfectiblement la Bretagne à la mer.

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L’antique Armor

L’homme manifeste sa présence en Bretagne il y a près de 600 000 ans. Quelque 150 000 ans plus tard, voici qu’un Homo erectus y taille des galets, puis, vers 35 000 av. J.-C. passe un chasseur-cueilleur nomade, qui se sédentarise au mésolithique, soit vers 7 000 av. J.-C.

Avant l’ère chrétienne

6 e s. av. J.-C. – Les Celtes arrivent dans la péninsule, pour eux Armor (pays au voisinage de la mer). Ils succèdent à un peuple mal connu, dresseur de mégalithes.

56 av. J.-C. – César détruit la flotte des Vénètes, le peuple le plus puissant d’Armorique, et conquiert tout le pays.

Des Romains aux Francs

Pendant quatre siècles, la civilisation romaine accomplit son œuvre. Puis les invasions barbares ruinent l’Armor.

460 – Arrivée des Celtes de Grande-Bretagne (dénommée alors Bretagne, Britannia ). Ces colons évangélisent l’Armorique, qu’ils nomment Petite Bretagne. L’État reste anarchique.

799 – Charlemagne soumet toute la Bretagne.

Le duché de Bretagne

En 826, Louis le Pieux fait duc de Bretagne un seigneur vannetais, Nominoé, qui se libère de la suzeraineté franque. Il rassemble toute la Bretagne sous son autorité et ouvre une dynastie royale indépendante. En 952 meurt le dernier roi de Bretagne, Alain. Suit alors une période de désordre et de misère qui se prolongera jusqu’à la fin du 14 e s.

1341 – La guerre de Succession s’ouvre à la mort du duc Jean III. Sa nièce, Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois, que soutiennent les Français, et son frère Jean de Montfort, allié des Anglais, se disputent le duché.

1364 – Charles de Blois est battu et tué à Auray, malgré l’aide de Du Guesclin Cette guerre ruine la Bretagne.

Réunion de la Bretagne à la France

De 1364 à 1468, les ducs de la maison de Montfort relèvent la Bretagne. C’est la période la plus éclatante de son histoire. Les ducs, véritables souverains, ne rendent qu’un hommage théorique au roi de France.

En 1488, le duc François II, entré dans la coalition féodale dirigée contre la régente de France, Anne de Beaujeu, est battu à St-Aubin-du-Cormier et meurt. Sa fille, Anne de Bretagne, lui succède.

1491 – Anne de Bretagne épouse Charles VIII, mais reste duchesse et souveraine de Bretagne.

1498 – Charles VIII meurt accidentellement, Anne retourne dans son duché.

1499 – Anne redevient reine de France en se mariant avec Louis XII. Le duché reste distinct de la Couronne.

1514 – Anne de Bretagne meurt. Sa fille, Claude de France, hérite du duché. Elle épouse François d’Angoulême, futur François I er .

1532 – François I er fait ratifier l’union définitive de la Bretagne et de la France par le parlement de Vannes.

Loyalisme et révoltes

En 1588, la Bretagne se soulève contre son gouverneur, le duc de Mercœur, qui veut profiter des troubles de la Ligue pour s’approprier la province. Trop mystique pour verser dans le protestantisme, celle-ci ne connaît pour ainsi dire pas les guerres de Religion, d’autant plus qu’en 1598, Henri IV vient à Nantes signer l’édit qui met fin aux luttes religieuses.

1534 – Le Malouin Jacques Cartier découvre l’estuaire du St-Laurent.

1664 – Création à Lorient, par Colbert, de la première Compagnie des Indes orientales.

1675 – Révolte dite du « papier timbré », qui dégénère en jacquerie.

1720 – La tentative du marquis de Pontcallec d’établir une République bretonne échoue.

1764 – Le parlement de Rennes et son procureur général La Chalotais s’opposent au gouverneur d’Aiguillon. Le prestige de l’autorité royale est entamé. La Révolution s’annonce.

1765 – De nombreux réfugiés acadiens s’installent à Belle-Île.

1773 – Naissance de Surcouf à St-Malo.

La Révolution

1789 – Les Bretons accueillent la Révolution avec enthousiasme.

Dès la session des États de Bretagne de janvier 1789, la bourgeoisie régionale se heurte à la noblesse. Le conflit qui s’ensuit fait notamment 3 morts à Rennes. La Révolution passe mais les paysans bretons, qui représentent près de 90 % de la population, se méfient de plus en plus d’une bourgeoisie dont ils perçoivent mal les desseins.

L’exécution de Louis XVI, la persécution des prêtres et la campagne de conscription nationale (300 000 hommes doivent être enrôlés dans l’armée) finissent de les convaincre de rejoindre l’insurrection royaliste.

1793 – Noyades en série à Nantes par le sinistre Carrier. Les prisons étant saturées, et la guillotine jugée trop lente, il ordonne que l’on fasse couler des bateaux entiers chargés d’hommes et de femmes. Avertie, la Convention le rappelle à Paris. Il est guillotiné à son tour en 1794 pour excès de violence…

Histoire de la liberté Bretonne dans Bretagne 220px-R%C3%A9volte_FouesnantLa Chouannerie

1793-1804 – La chouannerie est le nom donné à l’insurrection royaliste dont les artisans avaient adopté le hululement du chat-huant comme signe de ralliement.

Parallèlement au soulèvement de la Vendée, les chouans mènent leur propre mouvement dès l’automne 1793. Ils ne sont alors qu’une poignée d’hommes sans expérience, sans équipements et sans réel espoir de succès face à l’armée républicaine qu’ils se contentent de harceler.

Le renfort d’effectifs de l’armée vendéenne, défaite à Savenay, et le ralliement de nobles exilés leur permettent de s’organiser et d’obtenir des promesses de soutien des Anglais. Dans le même temps, les républicains négocient la paix en leur promettant liberté de culte et amnistie. Le traité signé au château de la Jaunaye le 17 février 1795 est rapidement dénoncé par Charette. Les chouans doivent soutenir un important débarquement d’émigrés à Quiberon en juin de cette même année. Les troupes royalistes remportent quelques succès, mais les rivalités entre les chefs provoquent de grosses erreurs stratégiques. Repoussées dans la presqu’île, elles sont défaites et massacrées par les troupes du général Hoche.

La reprise des persécutions religieuses en 1797 marque le début du troisième et dernier mouvement chouan qui s’achève en 1804 par l’exécution de Cadoudal . Ce dernier, fils d’un cultivateur des environs d’Auray, était l’un des principaux chefs de la chouannerie bretonne avec le marquis de La Rouërie , né à Fougères et instigateur du mouvement.

1832 – Échec d’une tentative de révolte, organisée par la duchesse de Berry, à Nantes. C’est le dernier soubresaut.

Le 20 s. et l’essor d’une grande région

1909 – La grève des soudeurs des conserveries concarnoises dégénère en émeute.

1914-1918 – La Bretagne paie un lourd tribut en vies humaines à la Grande Guerre (plus de 250 000 victimes).

Après les mesures de débretonnisation de la III e République, la région va voir briller le flambeau du nationalisme breton. En attendant, l’aviateur morbihanais Le Brix prend de l’altitude et effectue, avec Costes, le premier tour du monde aérien en 1927-1928.

1918 – Fondation du parti nationaliste breton Breiz Atao (Bretagne toujours) qui donnera lui-même naissance au PAB (parti autonomiste breton) en 1927 et au PNB (parti nationaliste breton) en 1932.

1940 – Les habitants de l’île de Sein sont les premiers à rallier le général de Gaulle.

1941 – Le gouvernement de Vichy décide de redessiner le paysage régional français. La ville de Nantes et la Loire-Atlantique (Loire-Inférieure) sont séparées de la Bretagne. Ce découpage sera repris sous la IV eRépublique, lorsque la Loire-Atlantique sera rattachée administrativement aux Pays-de-Loire par décision ministérielle (1956).

1942 – Audacieux coup de main anglo-canadien contre la base de St-Nazaire. Il porte le nom d’opération « Chariot ».

1944-1945 – La fin de l’occupation nazie en Bretagne voit se multiplier les destructions, notamment à Brest, Lorient, St-Malo et St-Nazaire.

1951 – La formation du Comité d’études et de liaison des intérêts bretons (Celib) prélude au renouveau économique de la Bretagne.

1962 – Première liaison de télévision par satellite réalisée à Pleumeur-Bodou.

1965 – La langue bretonne est admise parmi les épreuves du bac.

1966 – Mise en service de l’usine marémotrice de la Rance et de la centrale nucléaire des Monts-d’Arrée.

1967 – Le naufrage, en mars, au large des côtes anglaises, du pétrolier Torrey Canyon engendre la première « marée noire » en Bretagne.

1969 – Création du Parc naturel régional d’Armorique.

1970 – Création du Parc naturel régional de Brière.

1975 – Premiers forages pétroliers entrepris en mer d’Iroise.

1977 – Naissance de l’école Diwan , bilingue breton-français.

1978 – Institution de la Charte culturelle et du Conseil culturel de Bretagne. Échouage de l’ Amoco Cadiz devant Portsall. Près de 80 communes refusent les indemnités et se portent partie civile contre le pétrolier.

1985 – Mise en place d’une signalisation routière en français et en breton.

1990 – Les Côtes-du-Nord deviennent les Côtes-d’Armor.

1992 – Indemnisation des communes sinistrées par l’ Amoco Cadiz .

1994 – Grand incendie du parlement de Bretagne à Rennes.

2004 – « Brest 2004 » sacre la fête de la voile dans une Bretagne plus que jamais maritime.

2007 – Vote du budget de la LGV (ligne grande vitesse) Bretagne-Pays de la Loire, qui doit mettre Rennes à 1h30 de Paris. Le lancement des travaux est prévu pour 2010.

 

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