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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Citation sur la France.
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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Un dramaturge breton

Posté par francesca7 le 23 juin 2013


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Tanguy MALMANCHE

Un dramaturge breton dans Bretagne tangyEn 2003, la Bretagne honorait Auguste BRIZEUX à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, la médiathèque de Lorient organisa des conférences et une exposition, le petit monde des généalogistes se souvint lui aussi, ainsi qu’en 2002 bicentenaire de la naissance de  » Marie » la muse du poète. L’année 2003 fut également celle du cinquantenaire de la disparition du dramaturge breton Tanguy MALMANCHE, mais l’évènement fut du plus discret. Ces deux écrivains proviennent de familles de notables, pour le premier de la ville de Lorient et le second de celle de Brest, ce qu’ils ont de commun : un père dans la marine militaire, une mère d’origine extérieure à la Bretagne, ils passèrent une partie de leur jeunesse à travers les landes d’une Bretagne celtique mystérieuse et poétique, Auguste BRIZEUX chez l’abbé LE NIR, frère d’un oncle paternel par alliance, au presbytère d’Arzano et Tanguy MALMANCHE chez sa grand-mère paternelle, née Marie-Thérèse LE BESCOND de COATPONT, au manoir du Rest, à Plabennec, leur inspiration provenant d’une  » Marie « , Marie PELLAN la fillette du Moustoir pour le romantique, Marie ROUS, la conteuse du moulin du Rest pour le dramaturge. Des compositeurs s’intéressèrent à leur œuvre, Hector BERLIOZ écrivit une musique pour deux poèmes de Marie et Jean CRAS nous laissa « deux chansons » de Gurvan.

Un ensemble scolaire de Quimper porte le nom d’Auguste BRIZEUX, verrons-nous bientôt un groupe scolaire dénommé Tanguy MALMANCHE ?

Tanguy MALMANCHE 1875 – 1953 : Tanguy MALMANCHE vit le jour à Saint-Omer (Pas-de-Calais) le 7 septembre 1875, chez ses grands-parents maternels, le grand-père étant un colonel d’artillerie en retraite. Son père Gustave MALMANCHE, originaire de Brest, commissaire de marine, demeurant à l’époque à Paris, sa mère Marie Louise PIEDALU originaire de Douai (Nord). Il est enregistré sous le prénom de Tanneguy, nous retrouvons cette orthographe dans le Guide Pittoresque du voyageur en France édité en 1838, parlant de Landuvez à 6 lieues de Brest et où « sont les vastes souterrains d’un château où naquit, dit-on, le fameux Tanneguy du Châtel », ce prénom est toujours donné de nos jours, par exemple nous relevons le général Tanneguy LE PICHON, qui en 1996 fut commandant de la région militaire Ouest, Tanneguy DE KERROS et Véronique DE LAVERGNE proposant des chambres d’hôtes au château de Saint Gabriel Percy dans le Calvados. Ces informations nous indiquent, qu’il n’y a pas eu d’erreur de compréhension du prénom lors de la rédaction de l’acte de naissance, car Tanneguy est dérivé de Tanguy. Les bretonnants actuels l’écrivent Tangi, mais nous respecterons la forme Tanguy. Laissons-lui la parole, il saura mieux que nous, décrire ce qu’il était :

Je suis, de métier, maître-forgeron.

Mon tablier n’a pas de trous.

Je sais comme un chacun,

construire une batteuse, ou des automobiles.

Tout le long du jour je travaille ;

je travaille âpre et dur : il faut gagner ma vie.

Mais, quand descend le soir, quand mon corps engourdi

pèse lourdement vers la terre,

quand se ferme mes yeux devant la vilenie

du monde, et devant sa misère,

mon esprit aime à s’envoler

de l’autre côté des étoiles

pour contempler mon pays tant aimé,

là-bas, et pour y conserver

d’anciennes choses disparues

avec nos grands-parents, ceux du très, très vieux temps

 

Ce que nous pouvons dire de Tanguy MALMANCHE, est que son ascendance provient d’horizons divers, celle-ci est plus bourgeoise que paysanne, mais en sortant de la ville sa sensibilité s’est développée par la découverte d’une Bretagne celtique, il s’imprégna de sa mythologie et de son légendaire, au contact des êtres et de leur lieu de vie où il a mûri. Son éducation, lui a permis d’observer, de réfléchir et de rêver sur ce qui l’entourait, ce que les enfants d’autres milieux ne pouvaient découvrir, leur horizon se limitant aux travaux des champs rythmés par le clocher de l’église de leur paroisse, comme  » Kou le corbeau  » qui fut amené à franchir les frontières de son univers restreint, pour découvrir d’autres réalités.

 

 

Publié dans Bretagne, FONDATEURS - PATRIMOINE, LITTERATURE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

JACQUES BUREL et OUESSANT

Posté par francesca7 le 23 juin 2013


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PORTRAIT D’UNE ÎLE ÉTERNELLE

JACQUES BUREL et OUESSANT dans Bretagne ouessant

Juillet 1945. Un jeune homme de 23 ans arrive à Ouessant pour la première fois. De son enfance passée dans les bois de Coat   Meur, à Landivisiau, Jacques Burel a gardé le goût des natures intactes. Ouessant va le combler. En quatre semaines il y accumule croquis, dessins et peintures. Il reviendra souvent.

L’île, alors, semble hors du temps. A 11 milles du continent, loin des innovations, on y a préservé des pratiques agricoles, techniques et sociales basées sur la solidarité : culture de la terre à la bêche, moissons à la faucille, battages au fléau …

Toute une série de dessins vont surgir de ces amitiés qui se nouent entre le jeune artiste et la population de l’île : portraits de femmes, intérieurs de maisons, travaux des champs, scène de cimetière … Tout cela est possible parce que le peintre est totalement accepté.

L’année suivante, Jacques Burel reviendra compléter son étude.

Rassemblés, ses dessins composent le portrait riche et nuancé d’une île éternelle : vastes espaces de champs ouverts, jardins bordés de murs de pierres sèches où poussent timidement quelques arbres, scènes de pêche à bord du Vive-Jaurès, atmosphère admirablement restituée du passage à bord du courrier où se côtoient les hommes et les bêtes …

Passionné très tôt par la Bretagne et les objets d’art populaire, Jacques Burel avait saisi toute l’importance documentaire de son travail. En mer, avec Henri Chalm, il n’oublie pas de relever le mécanisme du gui à rouleau, la forme exacte des casiers. A terre, il note soigneusement les gestes des champs, les détails d’un moulin, d’une façade, d’une hutte …

« Tout donc me paraissait beau, à la fois nouveau et antique, en tout cas précieux et à noter de toute urgence comme tout ce qui est menacé » … 

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Les Calvaires en Bretagne

Posté par francesca7 le 23 juin 2013


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Construits entre 1450 et 1650, les calvaires sont une création originale de la basse Bretagne. Œuvres anonymes d’architectes, de sculpteurs et d’ « ymageurs », transformés au cours de l’histoire, ils sont sans équivalent en chrétienté. Si la Passion en est le thème central, de nombreuses scènes de la vie du Christ et des figurations de saints honorés localement viennent s’y ajouter. Autant que la mort, c’est la vitalité de la foi qu’ont voulu figurer les riches paroisses qui les ont commandés.

Les tout premiers calcaires sont ceux de Kerbreudeur en Saint Hernin et de Tromoën (vers 1450), Pleyben (vers 1550), Quilinen et Saint Sébastien (1547), suivis à la fin du siècle par Cléden-Poher (1575) et Guimiliau (1581-1588). Même si Bastien et Henry Prigent, « ymageurs », signent le calvaire de Plougonven, les autres demeurent, pour la plupart, des œuvres anonymes, qui subissent au cours du temps divers remaniements ou bouleversements : ainsi Pleyben, commencé vers 1550, est-il déplacé et complété en 1650 par Ozanne, puis repris encore en 1738.

Les calvaires bretons représentent souvent d’autres personnages entourant la croix. Parfois, deux autres croix se dressent aussi sur le rocher, en arrière-plan ou de part et d’autre de celle du Christ : celle du « bon larron » et celle du « mauvais larron ». La Bretagne compte une multitude de calvaires préservés et particulièrement riches en personnages, dont le plus ancien est celui de la Chapelle Notre-Dame-de-Tronoën sur la commune de Saint-Jean-Trolimon au sud du Finistère, près de la Pointe de la Torche. Sept calvaires bretons sont dits « monumentaux », ceux de Saint-Thégonnec, Guimiliau, Pleyben, Plougastel-Daoulas, Plougonven, Guéhenno et de St Jean Trolimon.

Les Calvaires en Bretagne dans Bretagne calvaire-227x300

C’est à la chapelle de Notre-Dame de Tréminou que fut discuté et voté l’un des codes paysans. Réputé pour être le plus ancien monument du genre, le grand calvaire de Saint-Jean-Trolimon aurait donc servi de modèle aux constructions futures en imposant, notamment, l’emploi d’un important massif de maçonnerie. Sa datation est rendue possible par l’étude comparative d’œuvres de la même période comme la verrière de Lantic (1450-1460) où l’on a représenté des personnages portant des tenues vestimentaires similaires à l’œuvre de Saint-Jean-Trolimon. Ce monument Historique, soumis aux effets conjugués des embruns de la baie d’Audierne et des vents chargés de sable, souffre d’une importante érosion de ses motifs.

En tant que doyen, le calvaire de Saint-Jean-Trolimon introduit une certaine disposition dans la physionomie des calvaires monumentaux avec l’utilisation d’un imposant massif comportant des registres sculptés surmontés des croix de la crucifixion. La statuaire, réalisée en granit et en kersanton, serait l’œuvre de plusieurs ateliers dont un pourrait être localisé à Scaër.

Des scènes remarquables

  • Les anges de la Crucifixion recueillent le sang du Christ pendant que l’un d’entre eux écarte ses cheveux.
  • La Nativité propose une vision peu courante de Marie. Elle est représentée en couches, les seins dénudés.
  • Le baptême du Christ a été représenté à deux reprises sur le monument.

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Les moulins à marée de Bretagne

Posté par francesca7 le 23 juin 2013

 

 

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Le moulin a longtemps constitué un maillon privilégié de la société rurale. Dernier lieu de culte païen,  où l’on glorifiait la terre, l’eau et le vent, le moulin fascine. Le  seul mot évoque en outre deux images paisibles ; la colline et son moulin à vent, la rivière et son moulin à eau. Les moulins à mer ou « à eau bleue », moins connus, était une originalité du littoral Breton, surtout morbihannais, jusque dans les années soixante. L s épis étaient le fruit de la complicité de la terre et du paysan, la farine de blé « naissait » de l’alliance du vent et du meunier.

Les moulins à marée de Bretagne dans Bretagne mecanisme-moulin-300x294

La roue extérieure , est reliée par un essieu à une roue intérieure, appelée roue d’angle, plus petite, en fonte et garnie de dents de bois. Elle commande la rotation, par l’intermédiaire d’un pignon en fonte, d’un axe vertical, le « pied de fer », qui entraîne une ou deux meules, en pierre, coiffées d’un entourage de bois. Le grain tombe de la trémie dans l’auget , qui permet d’en régler le débit. La meule du dessus, la « coureuse », écrase le grain sur la meule du dessous, la « dormante ». La farine obtenue est recueillie dans une boîte

La marée conditionnait le fonctionnement des moulins à eau bleue : il arrivait ainsi que le meunier travaillât la nuit. Aux marées de morte-eau, le flot n’étant pas suffisant pour fournir l’énergie nécessaire, le meunier en profitait pour faire sa tournée ou « piquet » les deux meules (c’est à dire en recreuser, à l’aide d’un marteau spécial, les sillons que le travail avait émoussés). Souvent, il possédait aussi, perché sur une butte toute proche, un moulin  à vent qui lui permettait d’éviter le chômage technique.

Un moulin à marée est constitué d’une digue comportant des vannes à sens unique. La digue isole une petite baie appropriée, ou une partie d’un estuaire, afin de former derrière elle un bassin de retenue.

moulin dans BretagneÀ marée montante, la mer remplit le bassin. Lorsque la marée recommence à descendre, les vannes se ferment et empêchent le bassin de se vider. À marée descendante, quand la différence entre le niveau du bassin et de la mer est suffisamment important, les vannes sont ouvertes : l’eau du bassin se déverse alors dans la mer en actionnant la roue du moulin.

Compte tenu de son mode de fonctionnement, le moulin à marée ne peut fonctionner que durant une partie de la journée, lorsque le niveau de la mer est plus bas que celui du bassin (par exemple 6 heures toutes les 12 heures). Cette durée est plus courte lorsque le coefficient de marée est faible.

Les moulins à marée sont généralement situés dans les estuaires, suffisamment protégés des vagues mais assez proches de l’océan pour obtenir une amplitude de marée raisonnable. En Europe, ce type de moulin existe depuis le Moyen Âge et pourrait remonter à l’époque romaine.

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MALOUINIERES DE BRETAGNE

Posté par francesca7 le 9 juin 2013


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A la fin du 17ème siècle, enrichis par la course, et le contrôle de la Compagnie des Indes, les armateurs de la ville de Saint Malo construisirent en pleine campagne de grandes maisons de plaisance. Ces gentilhommières furent marquées par la sobriété toute militaire des architectes de Vauban. On en a recensé plus de cent douze, regroupées dans le Clos Poulet.

Les malouinières, malgré des différences de taille, ont toutes un air de famille ; leur architecture homogène comprend une façade crêpée de blanc, des bandeaux, des encadrements de portes et de fenêtre et des chaînons en granite. Les larges toits à pente raide sont presque toujours coiffés de pots à feu de plomb ou de terre cuite et de cheminées élancées. La symétrie des façades est soulignée par des lucarnes de pierre qui, dans la tradition du 17ème siècle, sont maintenues à l’aplomb des travées. Ce style austère est bien éloigné de celui des folies contemporaines construites à Paris, Nantes ou encore Montpellier.

MALOUINIERES DE BRETAGNE dans Bretagne malouniere

La corporation des menuisiers de Saint-Malo qui comptait un ou plusieurs représentants par quartier vivait grâce à la riche clientèle des familles installées dans les malouinières. Les registres de la capitation font apparaître que trois maîtres menuisiers étaient soumis à l’impôt en 1701. La corporation ne cessa de se développer et, en 1725, on compte encore onze membres actifs.

La décoration intérieure de ces demeures était souvent somptueuse. De leurs voyages, les armateurs rapportaient d u bois des iles pour le mobilier et pour les parquets, des porcelaines de la Compagnie des Indes, et du marbre d’Italie pur les cheminées. Les pièces sont lambrissées de chêne. Quant aux parcs, ils ont parfois conservé leur parterres à la française.

Habitées pour la plupart, plusieurs malouinières sont tout de même ouvertes à la visite lors des Journées du Patrimoine en septembre.

Les villes bretonnes connaissent deux étapes dans l’évolution de leur architecture. Le 17ème siècle voit disparaître, avec les « grandes brûleries », les traditionnelles maisons à pans de bois médiévales, qui sont remplacées par des maisons et hôtel particulier en pierre. Au 18ème siècle, sous l’impulsion des ingénieurs, l’urbanisme de ces constructions est rationalisé.

Quant à l’architecture traditionnelle des campagnes bretonnes, dans sa grande variété, reflète l’originalité de chaque terroir. Elle est aussi révélatrice du cloisonnement du conservatisme qui ont dominé la société rural jusqu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.

La Bretagne n’est pas seulement le pays du granite, c’est aussi celui du schiste, du grès et du pisé (terre) . Il arrive souvent que l’on utilise plusieurs matériaux pour la construction d’un seul et même bâtiment. Les toits, à forte pente, sont depuis le siècle dernier, recouverts d’ardoises d’Angers, et no plus de chaume, jugé trop dangereux. Depuis la ferme basse, à étage unique, où sont logés ensemble bêtes et gens, jusqu’aux maisons d’artisans, de tisserands, de négociants ou même d’ecclésiastiques, qui constituent l’aristocratie rurale, l’éventail est large ; chaque région a ses traditions ; maisons à avancé du nord du Finistère, maisons basses de l’est du Morbihan, et maisons en pisé du bassin de Rennes.

 

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INITIATION A LA TERRE BRETONNE

Posté par francesca7 le 28 mai 2013


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Par Julien GRACQ – Lettrines II Corti 1974

 

INITIATION A LA TERRE BRETONNE dans Bretagne bretagne

 Pour qui a décidé de la traverser vite – trop vite – peu de pays en France quand on les visite protestent aujourd’hui aussi prosaïquement — aussi sainement — que la Bretagne contre une certaine idée convenue qu’on s’est faite d’eux par les vieux livres. Pour elle, comme pour nous, les temps sont allés vite, et elle ne les récuse pas. La Bretagne a cessé de vivre, si elle l’a jamais fait, de souvenirs et de légendes. Pennbaz, terre-neuvas, binious et bombardes, diablotins, korrigans et lavandières de nuit, toutes ces images d’Epinal d’un répertoire un peu falot qui ne mérita jamais beaucoup mieux qu’un moment de triomphe au music-hall ont réintégré le musée folklorique, et c’est tant mieux: l’essentielle, la solide Bretagne n’a jamais rien eu à voir avec le pittoresque. La campagne fait peau neuve ; le bocage aux chemins creux de Jean Chouan s’en va par plaques ; les goélettes des pêcheurs d’Islande sont depuis longtemps motorisées. Le pays de Cadoudal est devenu celui du syndicalisme paysan le plus avancé, le plus combatif de France. A travers la grisaille des champs et des vagues, on distingue partout le labeur pauvre encore (déjà moins pauvre), mais nullement routinier, et encore moins résigné, d’une race noueuse et tenace, tout ensemble rêveuse et brutale, qui ne plaint pas sa peine et se réconforte parfois dans ses fatigues à des alcools plus violents que la chanson des flots bleus.

     Qu’on ne vienne donc pas chercher dans ce Finistère — une des provinces les plus humanisées de la France — les bruyères d’Ossian ou les solitudes de l’Ecosse ou de la Cornouaille. En avançant vers la pointe de Penmarc’h, quand les lignes d’arbres du bocage se couchent à terre l’une après l’autre, fauchées par la mitraille du noroît, c’est le troupeau des maisons basses qui les relaie jusqu’à la mer et s’ébroue comme dans une prairie à travers la presqu’île – et par les brumes opaques du  » miz du  » (mois noir) dans le claquement perpétuel du linge qui sèche derrière les petites maisons, si on se promène le long du rivage tragique de la Chapelle de la Joie, de tous côtés, à six heures du soir, la corne de brume est relayée par la sirène des conserveries. La Bretagne d’aujourd’hui n’est pas complaisante à la rêverie facile. Ni déserte, mais fertile en hommes, et le sang tiré à la peau comme «  corps qui respire bien  ». Ni même grise, pour la mélancolie qui se promène sur la lande de René; la Bretagne de main d’homme est blanche, de tous ses pignons chaulés à cru, et presque autant que la Grèce ou que l’Andalousie; appliquée seulement, on dirait, au travers de ses pluies, à nous faire comprendre que le blanc puisse être la couleur parfaite du deuil. Peu importe ces surprises du tourisme trop bien informé; une certaine frontière intime d e l’âme s’éveillera toujours en Bretagne: celle où le sentiment nu de la solidité élémentaire est confronté à tous ses dissolvants.(…)

     La mer, bien sûr, est le spectacle envahissant et plus changeant encore vers lequel la terre — pénétrée, déchirée par elle — dévale de partout: jusqu’à des lieues à l’intérieur la côte ici est placée sous son invocation: Ar Mor. C’est une mer plus que sérieuse, encore parée de ses attributs les moins rassurants, où les canots de sauvetage ne chôment pas, et où la Société des Hospitaliers et Sauveteurs bretons garde du pain sur la planche. Une mer encore fée, et parfois mauvaise fée, grosse encore de prodiges, comme lorsqu’elle poussait au rivage des auges de pierre, ou la voile noire de Tristan de Loonnois. Il faut l’entendre, au creux des nuits d’hiver, lorsque le grondement des rochers de la Torche, à vingt-cinq kilomètres, éveille encore vaguement les rues mouillées de Quimper comme une préparation d’artillerie. Et quiconque l’a beaucoup regardée, aux avancées sauvages des Pois ou du Raz, à Penmarc’h couvrant furieusement les toits au loin d’une neige terne d’écume fouettée, dormante aux étranges rives japonaises de la rade de Brest vers Roscanvel, sous les levers de soleil de Morgat, ou dansante, nue et ivre, dans ses très beaux jardins de rochers et d’écume de Ploumanac’h, ne désirera plus beaucoup la voir ailleurs.  » Ce qu’il y a d’agréable en Bretagne, a écrit Roger Nimier, c’est qu’il n’y a pas de monuments à visiter.  » Pour ceux qu’elle aura choisis, c’est peu de visiter la Bretagne ; il faut la quitter en souhaitant d’y vivre, l’oreille contre ce profond coquillage en rumeur, et son appel est celui d’un cloître au mur défoncé vers le large : la mer, le vent, le ciel, la terre nue, et rien : c’est ici une province de l’âme. « Les Celtes, écrit Flaubert dans Salammbô, regrettaient trois pierres brutes, sous un ciel toujours pluvieux, au fond d’un golfe rempli d’îlots. »


Lettrines
, extrait de Tableau de Bretagne, p.217 et suivantes.

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Au phare de Saint Mathieu

Posté par francesca7 le 28 mai 2013


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Au phare de Saint Mathieu dans Bretagne st-mathieu

En compagnie de son ami Maxime du Camp, Gustave Flaubert (1821-1881) parcourt à pied Bretagne et Normandie, de la Loire à la Seine, au printemps de 1847. Le futur auteur de Madame Bovary, encore influencé par le romantisme ambiant, consigne ses impressions dans un recueil intitulé Par les champs et par les grèves, œuvre publiée après sa mort. Le voici  à la pointe du Finistère, le regard tourné vers l’océan :

Au phare de Brest. (Saint-Mathieu) — Ici se termine l’ancien monde; voilà son point le plus avancé, «sa limite extrême». Derrière vous est toute l’Europe, toute l’Asie; devant vous c’est la mer et toute la mer. Si grands qu’à nos yeux soient les espaces, ne sont-ils pas bornés toujours, dès que nous leur savons une limite? Ne voyez-vous pas de nos plages, par delà la Manche, les trottoirs de Brighton, et, des bastides de Provence, n’embrassez-vous pas la Méditerranée entière, comme un immense bassin d’azur dans une conque de rochers que cisèlent sur ses bords les promontoires couverts de marbres qui s’éboulent, les sables jaunes, les palmiers qui pendent, les sables, les golfes qui s’évasent? Mais ici plus rien n’arrête. Rapide comme le vent, la pensée peut courir, et s’étalant, divaguant, se perdant, elle ne rencontre comme eux que des flots; puis, au fond, il est vrai, tout au fond, là-bas, dans l’horizon des rêves, la vague Amérique, peut-être des îles sans nom, quelque pays à fruits rouges, à colibris et à sauvages, ou le crépuscule muet des pôles, avec le jet d’eau des baleines qui soufflent, ou les grandes villes éclairées en verres de couleur, le Japon aux toits de porcelaine, la Chine avec les escaliers à jour, dans des pagodes à clochettes d’or.

C’est ainsi que l’esprit, pour rétrécir cet infini dont il se lasse sans cesse, le peuple et l’anime. On ne songe pas au désert sans les caravanes, à l’Océan sans les vaisseaux, au sein de la terre sans les trésors qu’on lui suppose.

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Rance (fleuve)

Posté par francesca7 le 28 mai 2013

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Rance (fleuve) dans Bretagne rance-300x199En Bretagne, il y a bien longtemps, la Rance n’était qu’un mince filet d’eau parcourant une faille du massif hercynien et se jetait dans une mer bien plus éloignée des côtes actuelles !

Issue de profondes modifications géologiques sans doute influencées par les éruptions volcaniques dont la Bretagne était le théâtre, son environnement s’est formé et adouci au cours des siècles.

Poussées par les vents violents qui balayaient la Bretagne, les terres ont recouvert, petit à petit, un sol rude composé alors en grande partie de rochers et de failles.

De filet d’eau, la Rance devint ruisseau, se scindant en deux bras, l’un se dirigeant vers la pointe du Décollé, l’autre se faufilant entre l’actuelle île de Harbour et la « Pierre du Jardin » après avoir longé le Petit Bé. Ils alimentaient au passage une succession de prés et de marécages. Les forêts se sont alors développées, entrecoupées de prairies verdoyantes, une faune et une flore variées se sont acclimatées … et l’homme est venu.

La côte d’Emeraude, du Cap Frehel jusqu’à la pointe de La Hague, était une vaste forêt : la forêt de Scissy. La plupart des îles et rochers, visibles maintenant à marée basse uniquement, faisaient partie de terres parcourues et exploitées par les hommes qui s’y installèrent. Ils établirent quelques villages dans les herbus qui allaient jusqu’à Cézembre et les Pointus.

La Rance traverse deux départements et les communes suivantes (d’amont en aval) :

  • Côtes-d’Armor 
  • Ille-et-Vilaine 

La longueur de son cours d’eau est de 102,2 km.

Le cours de la Rance peut être divisé en trois parties :

  • La Rance fluviale de la source jusqu’à hauteur d’Évran où le canal d’Ille-et-Rance la rejoint.
  • La Rance fluviale canalisée jusqu’à l’écluse du Châtelier.
  • La Rance maritime jusqu’à l’usine marémotrice de la Rance et ensuite son estuaire jusqu’à la Manche.

Le nom primitif de la Rance désormais reconnu est Reginca dérivé fomé avec le suffixe : inco sur la racine celtique : reg arroser, baigner.

Le terme viendrait du gaulois *rinc- «bruit strident ». Des formes moins anciennes attestées sont Renc et Rinctus (ixe siècle).

Son nom est Renk en breton.

Son nom participe à la toponymie du canal d’Ille-et-Rance, à la communauté de communes Rance – Frémur, au SAGE Rance Frémur Baie de Beaussais5 et à de nombreuses communes : Le Minihic-sur-Rance, Plouër-sur-Rance, Pleudihen-sur-Rance, Langrolay-sur-Rance, La Vicomté-sur-Rance, Saint-Samson-sur-Rance.

La Rance (Renk en breton) est un fleuve côtier de l’ouest de la France, au nord de la Bretagne. Elle prend sa source dans les monts du Méné à Collinée, dans le département des Côtes-d’Armor, et se jette dans la Manche entre Dinard et Saint-Malo dans le département d’Ille-et-Vilaine.

Elle n’est pas à confondre avec la Rance, rivière du Cantal passant notamment à Maurs, ni avec le Rance coulant dans l’Aveyron et le Tarn.

  • La Rance est barrée près de son embouchure par le barrage à écluses de l’usine marémotrice de la Rance qui exploite les ressources des fortes marées s’engouffrant dans son estuaire pour produire de l’électricité.
  • L’écluse du Châtelier marque la limite entre la Rance fluviale (eau douce) et la Rance maritime (eau saumâtre), soumise aux marées décalées de l’usine marémotrice.
  • D’autres écluses permettent aux bateaux de rejoindre le canal d’Ille-et-Rance.
  • Le barrage de Rophémel sur la commune de Guenroc, près de Caulnes, retient 7 millions de m3 d’eau.

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Salaün le Fou

Posté par francesca7 le 5 mai 2013

Vie de Salaün ar Foll
ND du Folgoët
Récit d’Albert Le Grand publié en 1636

Salaün le Fou dans Bretagne salaun

L’histoire Miraculeuse de Nostre Dame du Follcoat, au Diocese de Leon, a esté ecrite par Jean de Land-Goëznou, Abbé du Monastere de Land-Tevenec, Ordre de S. Benoist, Diocese de Cornoüaille, lequel est témoin oculaire; & de luy l’a prise Messire René Gaultier (1) qui l’a insérée en sa Legende, & est telle: Environ l’an de grace 1350, seant en la Chaire Apostolique le Pape Clement VI, Charles IV du nom tenant les resnes de l’Empire, & le Roy Jean regnant en France, durant le plus fort des guerres Civiles entre le Duc Jean de Montfort (depuis surnommé le Conquerant) et Charles de Chastillon, dit de Blois, Comte de Penthévre, devers sa femme, pour la Duché de Bretagne, Guillaume de Roche-fort estant Evesque de Leon, vivoit, au territoire de Les-Neven, un pauvre garçon idiot, nommé Salaun, qui signifie Salomon, lequel avoit l’esprit si grossier, qu’encore qu’il fust envoyée de bonheur aux écolles, jamais il ne peut apprendre autre chose que ces deux mots: Ave Maria; lesquels il récitoit continuellement avec grande devotion & consolation de son Ame.

II. Ses parens estans decedez, il fut contraint de mendier sa vie, ne sçachant aucun mestier pourrait gagner. Il faisoit sa demeure dans un bois, à l’extrémité de la Paroisse de Guic-Elleaw, prés d’une fontaine; n’usant d’autre lict que la terre froide, sur laquelle il se couchoit, à l’ombre d’un arbre tortu, qui luy servoit de Ciel & de pavillon. Il estoit pauvrement vestu, deschaux la plus part du temps. Il alloit, tous les matins, à la Ville de Les-neven, distante de demie lieuë de son bois, où il entendoit la Ste Messe, pendant laquelle, il prononçoit continuellement ces mots: Ave Maria, ou bien en son langage O! Itroun Guerhez Mari, c’est-à-dire: O! Dame Vierge Marie! La Messe oüye, il alloit mendier l’aumône par la ville de Les-Neven, que luy donnoient volontiers les Citoyens & Soldats de la Garnison; puis; s’en retournant à son Hermitage, rompoit son pain & le trempoit dans l’eau de sa fontaine & le mangeoit sans autre assaisonnement que le saint Nom de Marie, qu’il repetoit à chaque morceau. Lorsqu’il faisoit froid, il se plongeoit dans l’eau de sa fontaine jusques aux aisselles et y demeuroit longtemps, chantant toûjours quelque couplet ou rythme Breton à l’honneur de N. Dame: puis, ayant repris ses accoutremens, il montoit dans son arbre, &, empoignant une branche, se bransloit en l’air, criant à pleine teste: O! Maria, O! Maria!

III. Les villageois du voisiné, voyans ses déportements, le jugerent fol, & ne l’appeloit-on partout autrement que Salaun-ar-foll, c’est à dire, Salomon le fol. Une fois, fut rencontré par une bande de Soldats qui couroient la poule sur la campagne, lesquels l’arresterent & luy demanderent qui vive: « Je ne suis (dit-il) ny Blois, ny Mont-fort (voulant dire, qu’il n’estoit partisan ny de Charles de Blois, ni du Comte de Mont-fort), VIVE LA VIERGE MARIE! » A ces paroles, les Soldats se prirent à rire, l’ayant foüillé, ne luy trouvant rien qui leur fust propre, le laisserent aller. Il mena cette maniere de vie l’espace de 39 ou 40 ans, sans jamais avoir offensé ny fait tort a personne. Enfin, environ l’an 1358, il tomba malade, & ne voulut, pour cela, changer de demeure, quoy que les habitans des villages circonvoisins luy offrissent leurs maisons. Il demanda le Curé de Guic-Elleaw, auquel il se confessa, &, peu aprés, deceda paisiblement, le premier de Novembre, jour de Toussaints. Son corps fut enterré dans le cimetiere de Guic-Elleaw (& non au lieu où il mourut, qui estoit terre prophane) sans autre solemnité. Mais Dieu vouloit que sa sainte Mere fust glorifiée en ce sien serviteur, & fit paroistre aux yeux de tous combien cette devotieuse affection qui portoit à la glorieuse Vierge Marie luy avoit esté agreable.

IV. Car, comme on ne parloit plus de Salaun & que sa memoire sembloit avoir esté ensevelie dans l’oubliance, aussi-bien que son corps dans la terre, Dieu fit naistre sur sa fosse un Lys blanc, beau par excellence, lequel répandoit de toutes parts une fort agreable odeur; &, ce qui est plus admirable, c’est que dans les feuilles de ce Lys estoient écrites en caractere d’Or ces paroles: AVE MARIA! Le bruit de cette merveille courut, en moins de rien, par toute la Bretagne, de sorte qu’il s’y transporta une infinité de monde pour voir cette fleur miraculeuse, laquelle dura en son estre plus de six semaines, puis commença à se flétrir; & lors fut advisé, par les Ecclesiastiques, Nobles & Officiers du Duc, qu’on fouiroit tout à l’entour de sa tyge, pour sçavoir d’où elle prenoit sa racine, & trouva-t-on qu’elle procedoit de la bouche du corps mort de Salaun; ce qui redoubla l’estonnement de tous les assistans, voyans un témoignage si grand de la Sainteté & Innocence de celuy que, quelques années auparavant, ils estimoient fol. Lors, par deliberation commune des Seigneurs qui se trouverent là & des Officiers du Duc, fut conclu est arresté qu’en memoire de cette merveille on édifieroit, au lieu mesme où Salaun avoit fait son Hermitage, une Chappelle en l’honneur de Nostre-Dame, qui seroit appelée Ar-Follcoat, c’est à dire le bois du fol. Le Duc Comte de Mont-fort, adverty de ces merveilles & de la deliberation de ces Seigneurs, approuva leur dessein, & promit à Dieu & à la Glorieuse Vierge, que si, par son assistance, il devenoit paisible possesseur de son heritage de Bretagne, il lui édifieroit l’Eglise du Follcoat, la dotteroit & donneroit salaire aux Ecclesiastiques pour y faire le divin Service.

V. Et de fait, ce Prince, ayant deffait ses ennemys à la bataille d’Auray, l’an 1364, où son competiteur Charles de Blois fut tué, s’alla faire reconnoistre par toutes les villes de son Duché, &, estant à Les-Neven, au mois de Janvier 1365, il fit ladite fondation, & assigna des rentes pour les Doyens, Chanoines, Chappellains &, Sallette du Follcoat, fit prendre les fondemens de l’Eglise & y posa la premiére pierre. On continua le bastiment jusqu’à l’an 1370, que la guerre commença entre le Roy de France Charles VI (1) & le Duc, de l’obeïssance duquel la plupart de ses sujets se revolterent, en haine de ce qu’il avoit logé des Garnisons Angloises à Morlaix, Kemper & Les-Neven, où ils commirent des insolences si grandes, que tout le païs se rua sur eux & les chasserent hors. Cette guerre dura jusques à l’an 1381; pendant laquelle, l’ouvrage ne s’avança aucunement, les deniers qui y estoient destinez ayant esté divertis pour subvenir aux frais de la guerre, laquelle estant sur le point de se rallumer, l’an 1388, à cause de l’emprisonnement du Connestable Olivier de Clisson au Chasteau de l’Hermine, à Vennes; &; l’an 1392, le Roy de France Charles VI menaçant de fondre sur la Bretagne, les susdits deniers furent de rechef arrestez pour survenir aux necessitez occurrantes du païs; enfin, le Duc, mourant au Chasteau de Nantes, l’an 1399, le jour de Toussaints, enchargea trés-expressement à son fils, le Comte de Mont-fort, qu’au plustost que faire se pourroit il s’aquitast de cette fondation; à quoy il ne manqua.

VI. Car, incontinent qu’il fut de retour de France, en l’an 1404, il vint à Les-Neven; il fit son entrée & reçeut les hommages des Nobles de la Comté de Leon, fut au Follcoat, fit venir des ouvriers de toutes parts et y fit continuellement travailler, en sorte que l’Eglise, parfaite, fut dédiée, l’an 1419, par Allain, Evesque de Leon, peu avant qu’il fut transféré à l’Evesché de Treguier par le pape Martin V. Cette Chapelle est l’un des plus devots Pelerinages de toute la Bretagne, renommée par tout pour les grands Miracles que Dieu y a opéré par l’intercession de sa sainte Mere. Tous nos Princes, depuis Jean le Conquereur jusques à François II, y ont fait plusieurs voyages, &, en leurs affaires les plus urgentes, s’y sont voüez. La Reyne Anne de Bretagne, estant venue faire un tour en son païs de Bretagne, y vint en Pelerinage, l’an 1506, y fit sa neufvaine, y laissa de riches presens, comme aussi le Roy François Ier, en Septembre l’an 1532, à l’issuë des Estats de Vennes, où la Duché de Bretagne fut incorporée & inseparablement unie à la Couronne de France.

Cette Histoire est prise de René Benoist, en sa legende, laquelle il a tiré d’un extrait authentique tiré du manuscrit Original, à luy envoyé par feu Rolland de Neufville, Evesque de Leon et Abbé de Mont-fort, partie aussi des memoires manuscrits de Messire Yves le Grand, Chanoine de S. Paul de Leon, Recteur de Ploudaniël, Aumosnier et Conseiller du Duc François II, le tout rendu conforme aux Annales de Bretagne.

Frère Albert Le Grand
Religieux, Prêtre de l’Ordre des Frères Prêcheurs de Morlaix
Vie des Saints de la Bretagne Armorique - 1636

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Château de Montmuran (les Iffs)

Posté par francesca7 le 4 mai 2013

 (les Iffs) en Bretagne

Petite visite en vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xa7ma7

Il est formé de deux tours semi-circulaires du 14ème siècle, unies par une toute petite courtine et équipées de mâchicoulis. Herses, pont levis et douves en défendent encore l’entrée. Le châtelet est relié aux deux autres tours rondes par la courtine ouest, qui sert d’appui au nouveau château. A l’étage, dans la salle des Gardes, on peut assister à la manœuvre du pont levis ; au centre, on trouve une construction classique du 18ème siècle, et au nord, deux tours aux toits coniques juxtaposées (12ème et 13ème siècles). Au rez de chaussée se trouve un petit musée. Situé dans la commune des Iffs, dans le département d’Ille-et-Vilaine, entre Rennes (28 kilomètres) et Saint-Malo (49 kilomètres).

C’était autrefois le chef-lieu de l’importante châtellenie de Tinténiac. Le château initial, qui datait du 11ème siècle, se situait à Tinténiac même. Au 13ème siècle, non loin de là, les seigneurs en bâtirent un autre, où résidèrent les familles les plus illustres de Bretagne. La famille de Laval garda pendant deux sicles le fief de Tinténiac-Montmuran. En 1547, l’héritière, Charlotte de  Laval, épouse Gaspard de Coligny, alors amiral de France. Lors de leur visite dans la région, le fastueux banquet donné en leur honneur dura trois jours ; les fameuses toiles de Tinténiac prospérèrent avec l’appui es Laval jusqu’aux guerres de Château de Montmuran (les Iffs) dans Bretagne 320px-Chateau-de-montmuranReligion ; la conversion du couple au calvinisme, qui intervient entre 1557 et 1559, sonna la fin des jours de Gaspard. Il mourut assassiné durant la nuit de la Saint Barthélemy, le 24 août 1572 – à Paris, en sa demeure de l’hôtel de Ponthieu – et sa dépouille fut portée au gibet de Montfaucon. Les Coligny possédèrent Montmuran jusqu’en 1643. Une certaine Henriette, jeune, jolie et dépensière, lui préféra les plaisirs de Versailles : elle vendit la propriété. Puis d’autres familles illustres se succédèrent en ces murs : les Coëtquen, les La Motte Rouge et, aujourd’hui, encore les La Villéon. L’ouragan de 1987 a malheureusement détruit la belle allée d’arbres qui conduisait aux grilles du château.

En plaine guerre de Succession, la veuve d’un seigneur de Montmuran, Alan de Tinténiac, mort lors du combat des Trente, convia les seigneurs des environs à un banquet, en l’honneur du maréchal de France d’Audreheim. Ce dernier arriva au château, ce jeudi saint 1354, accompagné d’un jeune officier breton, nommé Bertrand Du Guesclin. Montmuran était alors pris entre les deux citadelles anglaises de Bécherel et de Hédé. Pensant que les Anglais profiteraient de l’aubaine pour tenter une attaque, le jeune Bertrand devança l’ennemi dans ses intentions ; l’embuscade qu’il leur tendit vers Bécherel leur fut fatale ; tous périrent sous les coups et les flèches. Le lieu fut baptisé « chemin sanglant » et Du Guesclin fut alors adoubé chevalier dans la chapelle de Montmuran. Beaucoup plus tard, il allait y épouser en secondes noces une toute jeune fille, Jeanne de Laval. Ce geste lui fut d’ailleurs reproché.

 

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