• BONJOUR A TOUS ET

    bienvenue (2)

     CHEZ FRANCESCA 

  • UN FORUM discussion

    http://devantsoi.forumgratuit.org/

    ............ ICI ............
    http://devantsoi.forumgratuit.org/

  • téléchargement (4)

  • Ma PAGE FACEBOOK

    facebook image-inde

    https://www.
    facebook.com/francoise.salaun.750

  • DECOUVERTES !

    petit 7

  • BELLE VISITE A VOUS

    aniv1

    PETITS COINS DE PATRIMOINE QUI SERONT MIS EN LUMIERE AU DETOUR DE NOTRE REGION DE FRANCE...

  • Cathédrale St-Etienne-Auxerre

    St-Etienne Cathédral, Auxerre

    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

  • M

    JE SUIS ORIGINAIRE MOI-MEME DE LA BOURGOGNE....

  • FRANCE EN IMAGES

    G

    « Un monument restauré traduit les connaissances, les ambitions, les goûts, non seulement du maître d’oeuvre mais aussi du maître d’ouvrage : c’est le vrai révélateur de l’appréhension des édifices par une génération donnée, qui leur permet de reconnaître pour sien un édifice centenaire. » citation de Françoise Bercé.

  • amis

  • Méta

  • amis

  • Architecture Française

    5

  • Artisanat Français

    1

  • A

  • amour-coeur-00040

  • montagne

    Tout devient patrimoine : l'architecture, les villes, le paysage, les bâtiments industriels, les équilibres écologiques, le code génétique.

  • 180px-Hlézard1

  • Patrimoine Français

    3

    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

  • a bientot

Armagnacs et Bourguignons (1407-1435)

Posté par francesca7 le 26 juillet 2013

 

 Armagnacs et Bourguignons (1407-1435) dans AUX SIECLES DERNIERS armagnacs-bourguignons-1691989-jpg_1586627

 

Sous le règne de Charles VI, les maux de la guerre civile vont s’ajouter à ceux de la guerre étrangère. Deux puissantes factions veulent gouverner au nom du roi fou : d’un côté, celle du duc Louis d’Orléans, frère du roi ; de l’autre, celle de son cousin Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Après un semblant de conciliation, Jean sans Peur fait assassiner le duc d’Orléans à Paris, le 23 novembre 1407. Ce meurtre marque le début de luttes féroces. Le fils du défunt, Charles, étant marié à la fille du comte Bernard VII d’Armagnac qui prend fait et cause pour son gendre, ses partisans sont appelés Armagnacs, ceux de Jean sans Peur restant naturellement les Bourguignons. Les premiers choisissent comme signe de ralliement l’écharpe blanche, les seconds la croix de Saint-André. Chaque faction espère alors l’appui des Anglais. À la mort du roi Charles VI (21 octobre 1422), le dauphin devient Charles VII, mais le pays reste divisé. Le redressement opéré par Jeanne d’Arc permettra un rapprochement entre les factions. Après de longs pourparlers, le traité d’Arras (21 septembre 1435) scelle la réconciliation entre Charles VII et le duc de Bourgogne, au prix de gros sacrifices territoriaux pour la monarchie.

Retrouvez les personnages et événements clés de l’Histoire de France en partenariat avec Historia.

 

Publié dans AUX SIECLES DERNIERS, Bourgogne | Pas de Commentaire »

Nos ancêtres EDUENS

Posté par francesca7 le 16 juillet 2013

 

Selon César, les Éduens étaient le peuple le plus puissant des Gaules puisque qu’ils avaient de nombreux clients ainsi que le principat de toute la Gaule. Ceci devait être une fonction provisoire attribuée au chef d’une tribu par l’Assemblée des Gaules. Malheureusement, il y a peu ou pas de sources à ce sujet. On sait seulement d’après les Commentaires sur la Guerre des Gaules que César l’a convoqué et que ce n’était pas la première fois que les chefs de tribus se réunissaient. En revanche, on connait une assemblée similaire en Irlande : Lugnasad.

Nos ancêtres EDUENS dans Bourgogne carte

Durant la période connue par les historiens (début de l’alliance avec Rome), leur puissance a été contestée. En effet, les Arvernes ont menacé leur puissance mais ont été battu en -121 par les armées romaines venues au secours des Éduens. Il faudra alors attendre -60 pour voir la puissance éduenne menacée par les Séquanes.

Ainsi, les Éduens seraient Les ArdentsLes hommes de feu !

Les Éduens (Haedui en latin) étaient un peuple de la Gaule celtique.

Les Éduens étaient établis dans les actuels départements français de la Nièvre et de Saône-et-Loire ainsi qu’au sud de celui de la Côte-d’Or(correspondant approximativement à l’arrondissement de Beaune) et à l’est de celui de l’Allier. Bibracte était leur capitale. Ils disposaient des riches terres de la partie occidentale de la plaine de Saône. Leurs voisins et ennemis étaient les Séquanes au nord-est l’est et les Arvernesau sud-ouest. Les Lingons étaient leurs alliés au nord.

Ils étaient régis par un chef électif, le vergobret.

Les Romains firent, dès le ier siècle av. J.-C., alliance avec eux, et le Sénat romain les proclama frères de la république. Rome profita de la rivalité qui divisait les Éduens et les Arvernes pour intervenir dans les affaires de la Gaule et l’asservir plus facilement.

Alliés des Romains, ils avaient appelé ceux-ci à leur secours devant la menace des Helvètes. Fournisseurs de contingents militaires à César, ils se rallièrent tardivement (et non sans réticences) à Vercingétorix au cours de l’année 52 av. J.-C..

monnaie_dargent_de_la_tribu_des_eduens dans BourgogneLa cité éduenne est intégrée dans la Gaule lyonnaise avec la réorganisation territoriale des Gaules effectuée par Auguste, avec pour nouvelle capitale Autun (Augustodunum). L’empereur Claude leur accorda le droit de cité complet en 48, dans un discours fameux transcrit sur les Tables Claudiennes.

Tout comme à Rome, il existait un sénat réunissant les familles aristocratiques éduennes. Seul un membre de chaque famille pouvait y siéger, évitant ainsi la domination d’une seule famille sur la tribu. Au-dessus de cette assemblée, le vergobret, élu publiquement par un conseil dirigé par les druides, exerçait ses fonctions pendant un an. Pendant ses fonctions, il lui était interdit de sortir des frontières du territoire éduen. Ainsi, il ne pouvait commander l’armée et donc instaurer une monarchie. Chez les Éduens, il semble que le vergobret exerçait aussi un rôle judiciaire (César : B.G. I, 16).

Les druides occupaient également de hautes fonctions puisque Diviciacos fut l’ambassadeur du peuple éduen au sénat pour demander de l’aide contre l’alliance des Séquanes et des Germains d’Arioviste. Il dirigea même la cavalerie éduenne durant la guerre des Gaules.

 

Publié dans Bourgogne | Pas de Commentaire »

Résultat de fouilles en Bourgogne

Posté par francesca7 le 16 juillet 2013


 

VENEZ ME REJOINDRE SUR LE FORUM : http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

Résultat de fouilles en Bourgogne dans Bourgogne fouilles

Au 19ème siècle, furent découverts sur le territoire de la commune de Vic sous Thil (21) des instruments en silex taillés de formes diverses : points, grattoirs. On eut au moins en conclure que notre région a été foulée par des peuplades préhistoriques. De nombreux silex ont également été découverts à Nans sous Thil par M. Boyard, sous le « Poron d’lai Beuffenie   » ou « Poron des Crouèches ». Cette cavité naturelle a dû servir pendant de longs siècles d’abri sous roche ainsi qu’en témoignent les restes de foyers préhistoriques (époque néolithique, âge de la pierre taillée). L’âge du bronze nous a laissé neuf haches découvertes en 1866 dans un champ de la « Vesvrotte ». Ces armes sont aujourd’hui au Musée de Semur en Auxois. Enfin, en 1911, quatre sépultures ont été mises au jour au lieu-dit « La loi, Lou grand Vaigne », elles datent de l’âge de fer.

De fait, les traces avérées d’occupation préhistorique sont nombreuses et remontent à – 75 000 ans, l’âge du plus ancien Bourguignon, l’homme de Genay et ses cousins : les Néandertaliens : L’étude du germe dentaire Genay (du nom du lieu de la trouvaille) a permis non seulement d’apporter de nouvelles données sur la présence des Néandertaliens dans ce site de Bourgogne, où le NMI est donc de 3 (deux adultes et un enfant de près de 2 ans), mais aussi de présenter une première molaire permanente droite, très bien préservée et de grandes dimensions, non altérée par l’usure interproximale.

DOCUMENT des découvertes réalisées : CLIC ICI

 De nombreux gisements moustériens (outils de silex) jalonnent la vallée du Serein  et surtout de l’Armançon : … Normier, Nan, Marcigny, Saux… Un sondage au Château de Thil  , au pied du rempart Est, atteste d’une occupation du site remontant à l’âge du bronze.

 Vient l’âge du fer, « le premier âge du fer », avec les nombreux amas de scories laissés par des bas fourneaux découverts tout au long du cours du Serein.

LE MENHIR DE MONTIGNY

montigny dans BourgogneCe fameux menhir se trouve au pied de l’église. L’utilité de ces monuments reste à éclaircir. Ils furent érigés entre – 3 000 et – 2 000 ans. Le menhir marquait sans doute un lieu de culte, c’est pourquoi la été renversé et le site christianisé avec le construction d’une église. La pierre de granite, d’environ trois mètres, a retrouvé sa position verticale en 1961.

 Celtes ou Gaulois ? Ce sont les mêmes, selon que l’origine du mot est grecque ou latine ! Les Celtes nous arrivent d’Europe centrale à partir de – 700. Voilà donc nos ancêtres les Gaulois mais ils ne nous ont pas laissé de traces monumentales sino l’exploitation probable du minerai de fer abondant sur le cours du Serin et de ses affluents, depuis  Villargoix jusqu’à Courcelles-Frémoy. Nous sommes sur la route de Bibracte à Alésia . Les habitants du pays sont les Eduens et les Mandubiens (Nord Cote d’Or).

Les Eduens finissent par renier leur alliance avec Rome au moment du soulèvement de Vercingétorix. Ils mettent alors leurs efforts pour aider le roi des Arvernes, leur ancien ennemi, et vont même jusqu’à le couronner roi à Bibracte, Viridomaros, roi des Eduens, le reconnaissant roi des Gaulois, leur capitale. Les Eduens restent pourtant fidèles à César. Ce n’est qu’après le siège de Gergovie, gagné par Vercingétorix, que Viridomaros souligne son souhait de se joindre à la révolte sans rien cacher à César qui l’avait mis à la tête des Eduens. Finalement, en -52, Vercingétorix ayant déposé les armes à Alésia, les Eduens voient Bibracte reléguée en petite cité. Ils se voient aussi cantonnés à une nouvelle ville, Augustodunum, l’actuelle Autun.

L’EPOQUE GALLO ROMAINE

La voie romaine reliant Alésia à Autun passait à Nan sous Thil. Dans le coteau, près de Thil la Ville, on a découvert les restes de villas romaines importantes contenant de nombreuses monnaies et médailles gallo-romaines (une notamment à l’effigie de l’empereur Vespasin, 69-79).

Des traces de notre passé gallo-romain ont été découvertes dans toutes les communes autour de Thil sur la butte de Thil

hache

 même. « Qui tient les hauts, tient les bas ». C’est une règle élémentaire de stratégie militaire ; le nom de certains villages en porte l’empreinte comme Précy sous Thil, par exemple, qui n’est autre que la maison de Priscus. La villa gallo-romaine est un domaine agricole portant le nom de son  propriétaire, c’est à dire une simple ferme constituée de bâtiments autour d’une cour fermée. N’oublions pas no plus les voies romaines ; Saulieu   – Semur par Précy.

 

Les Gallo-Romains se sont copieusement servis dans les gisements ferrifères de Thostes. En 1869, Jean-Marie Gueux, maître mineur, écrit « qu’il avait été devancé dans l’exploration des gisements métallifères, car le terrain, indépendamment d’amas de scories répandus sur place et à distance, était bouleversé sur différents points par des travaux considérables qu’on attribua à juste titre, pour la plus grande partie, à la période gallo-romaine ». S’en suit la liste d’objet retrouvés dans les galeries ; monnaies et médailles romaines, haches et marteau en fer forgé, coupes en terre et en verre, planchettes de bois façonnées à la hache, bois de mine servant à l’étayage… Ces pièces sont conservées au musée de Semur en Auxois (21).

 

 

Publié dans Bourgogne | Pas de Commentaire »

Histoire du sel du Jura

Posté par francesca7 le 9 juillet 2013

Histoire du sel du Jura dans Bourgogne salines_de_salins_18

L’histoire du sel du Jura est l’histoire du sel (« or blanc » ou sel gemme / halite issu des salines / mine de sel) du Trias à nos jours dans le Jura en Franche-Comté.

Durant le Trias supérieur (215 millions d’années), la mer Panthalassa qui recouvre tout l’est de la France (partie intégrante du supercontinent Pangée) se retire et laisse une lagune peu profonde de saumure d’eau de mer qui par évaporation forme une très importante couche de plus de 100m d’évaporite (contenant du sel halite / sel gemme) … recouverte avec le temps par différentes couches de sédimentation (plus de 200 m de marne et de calcaire). Le massif du Jura se forme il y a 35 millions d’années (Priabonien) par la compression / plissement exercée par les Alpes vers l’ouest (géologie du massif du Jura). La couche d’évaporite remonte par endroit vers la surface selon la forme des plis et l’érosion. De l’eau s’infiltre dans le sol par endroits, circule dans les gisements de sel puis resurgit par résurgence.

Les principaux gisements de sel industriels historiques du Jura se situent entre Besançon et la Bresse, en bordure des premiers contreforts du massif du Jura, avec les deux principales Lons-le-Saunier (Ledo Salinariusville du sel en latin, salines de Lons-le-Saunier) et Salins-les-Bains (source de la Muire, salines de Salins-les-Bains), mais également les gisements à Montmorot, Tourmont, Grozon, Poligny, Miserey-Salines, et se prolonge au-delà de la Franche-Comté, jusqu’en Lorraine, Champagne-Ardenne, Allemagne, Pologne … et jusqu’en Bresse et aux Alpes …

Exploitation des gisements

Le sel naturel est extrait soit de l’eau de mer (marais salants avec environ 30g de sel par litre d’eau), soit par extraction continentale (mine de sel avec environ 330g de sel par litre d’eau).

Néolithique

sel dans JuraLes sauneries du Jura se développent dés le Néolithique (vers -4000, durant la révolution néolithique avec la sédentarisation, l’agriculture et l’élevage). Le Jura est parsemé de sources résurgentes salées, dont les premiers sauniers extraient facilement le « sel ignigène » (sel né du feu), par simple évaporation par le feu de l’eau de la saumure naturelle qui court à fleur de sol. Les Séquanes (celtes de Franche-Comté de l’Âge du fer), puis les gallo-romains développent l’exploitation et le commerce par les routes du Sel de cette denrée essentielle pour l’homme et son contrôle est rapidement aussi important que celui du fer ou de l’or …

Le sel alimentaire joue alors un rôle vital dans l’alimentation culinaire (panification …), dans la conservation des aliments (salaison de viandes, poissons, légumes, fromages, au coté du séchage et du fumage, jusqu’à l’invention de la pasteurisation et de la congélation …), à l’élevage, au tannage, à la médications, et enfin aux échanges commerciaux et aux impôts (ressource financière importante pour la monarchie avec la gabelle du sel et pour la religion). Il attise les guerres frontalières incessantes entre royaume de France et Germanie …

Royaume de Bourgogne

Durant les migrations germaniques / invasions barbares du Ve siècle, les Burgondes fondent la Sapaudie / Royaume de Bourgogne en 443 ainsi que le comté de Scoding et la seigneurie de Salins qui intègrent le Jura et son industrie saline.

En 523, traqué par trois fils du roi francs Clovis Ier durant la guerre de Burgondie, le roi des burgondes Sigismond se réfugie dans son abbaye de Saint-Maurice d’Agaune qu’il a fondée en 515 en Valais, à qui il fait don de ses riches biens du Jura : Salins-les-Bains (dont la saline de Salins-les-Bains), le château de Bracon, le val de Mièges (riche des forêts utiles à l’évaporation de l’eau des saumures), le monopole de la partie la plus considérable des mines de sel du Jura, les deux tiers des péages du sel assurant une grande prospérité au couvent durant près de quatre siècles, et s’assurant ainsi avec son martyre la canonisation.

Comté de Mâcon

En 932, le comte Aubry Ier de Mâcon (premier comte de Mâcon du début de la féodalité) s’approprie contre promesse de restitution à l’abbaye d’Agaune, tous les biens de cette dernière des comté de Scoding etcomté de Warasch, dont l’industrie du sel (mines, chaudières, péages …). Incapable de défendre ses biens, ni de les récupérer, l’abbaye les perd définitivement.

En 1224, pour payer des dettes, Marguerite de Salins (petite-fille du comte Géraud Ier de Mâcon) et son époux le seigneur Jocerand V Gros de Brancion échangent avec la duchesse Alix de Bourgogne (veuve du duc Eudes III de Bourgogne, et régente du duché de Bourgogne pour son fils Hugues IV de Bourgogne) la baronnie de Salins contre le château d’Aignay-le-Duc et d’autres biens du duché de Bourgogne …

Maison de Chalon-Arlay et comté de Bourgogne

En 1237, le comte Jean Ier de Chalon (fils du comte Étienne III de Bourgogne et époux de Mahaut de Bourgogne, sœur du duc Hugues IV de Bourgogne) fonde la puissante maison de Chalon-Arlay en échangeant avec son beau-frère le duc Hugues IV de Bourgogne, les comté de Chalon et comté d’Auxonne contre une quinzaine de seigneuries du Jura dont la seigneurie de Salins (alors deuxième cité plus importante ducomté de Bourgogne). La possession des riches exploitations de sel lui donne la fortune pour devenir une des plus puissante lignée de seigneurs du comté de Bourgogne. Il développe son domaine en traçant de nouvelles routes du sel à péages fortifiées par une trentaine de châteaux-forts qu’il fait construire dont le château de Nozeroy (sa fastueuse résidence et celle de ses descendants durant trois siècles), le château de Lons-le-Saunier (actuel hôtel-de-ville), le château-fort d’Arlay, lechâteau du Pin … et fonde de nombreuses nouvelles localités ..

En 1248, suite à la disparition du comte de lignée germanique Othon III de Bourgogne sans descendant, le richissime seigneur Jean Ier de Chalon devient également régent du puissant comté de Bourgogne pour son fils Hugues de Chalon marié avec la comtesse héritière Adélaïde Ire de Bourgogne et pour son petit-fils héritier le futur comte Othon IV de Bourgogne.

saline_royale_darc-et-senans_2 dans Les spécialitésSaline royale d’Arc-et-Senans

Aux xviie siècle et xviiie siècle, la salines de Salins-les-Bains demeure l’une des plus importantes salines européennes mais les ressources en bois alentour s’épuisent. Dans les années 1780, 135 000 litres desaumure par jour sont transférés par le saumoduc de Salins-les-Bains à Arc-et-Senans souterrain de 21 km à la nouvelle saline royale d’Arc-et-Senans de 10 hectares (fondée par l’architecte urbaniste Claude Nicolas Ledoux sous le règne du roi Louis XV de France), proche de la foret royale de Chaux (une des plus vastes forêts de France avec 20 mille hectares) et du port de Lesney sur la Loue. En 1806, le bois est remplacé par la houille.

Au xixe siècle, le développement fulgurant du train permet la propagation d’un sel marin bon marché. La saline Royale ferme ses portes en 1895 et la saline de Salins ferme ses portes en 1962 (avec une production de 1 000 tonnes de sel par an en 1958).

Thermalisme

Au xixe siècle, les sites de Lons-le-Saunier (thermes Lédonia), Salins-les-Bains (thermes de Salins-les-Bains) et Miserey-Salines (Besançon-les-Bains) se reconvertissent en station thermale (thermalisme).

 

Industrie chimique moderne Solvay

En 1930, suite aux importants progrès de l’industrie chimique du xxe siècle, l’important complexe industriel chimique belge Solvay (fondé en 1861 par le chimiste et industriel Ernest Solvay) s’installe à Tavaux près de Dole sur une étendue de 300 hectares. L’entreprise extrait le sel par hydrolyse / électrolyse à partir de saumure de gisement salifère de Bresse et de Poligny et de calcaire de Damparis. Elle produit et transforme 700 000 tonnes de sel par an (composé de 39 % de sodium et 61 % de chlore) et le transforme en de nombreux produits chimiques industriels dérivés : chlorure (plasturgie), hypochlorite de sodium (eau de Javel), soude caustique (détergent), chlorure de méthylène, chloroforme, tétrachlorure de carbone, perchloroéthylène, acide chlorhydrique, hydrofluorocarbure …

En 2007, 257 millions de tonnes de sel sont produites dans le monde à la hausse avec l’expansion de l’industrie chimique (dont 6 millions de tonnes produites en France en 2008).

 

Publié dans Bourgogne, Jura, Les spécialités | Pas de Commentaire »

Certains préceptes ruraux

Posté par francesca7 le 27 juin 2013

Des  préceptes ruraux 

(D’après De Re rustica de Palladius Rutilius, écrit vers le IVe siècle avant J.-C.)

Du labourage des champs maigres, des apprêts de la vendange, de la rupture des mottes de terre des vignes dans les pays froids
On commence, à la fin du mois l’août, vers les calendes de septembre, à labourer les terrains plats, humides et maigres. On prépare maintenant avec activité les travaux de la vendange dans les pays voisins de la mer. On brise aussi, à présent, les mottes de terre des vignes dans les pays froids.

Certains préceptes ruraux dans Bourgogne ruraux-300x164Comment on répare un vignoble maigre et chétif
Avez-vous un vignoble maigre et des souches plus chétives encore, semez-y, à cette époque, trois ou quatre boisseaux de lupins par arpent, et brisez les mottes de terre. Quand ces lupins seront venus, vous les retournerez en terre, et ils engraisseront parfaitement vos vignes. Le fumier ne convient pas aux vignobles, parce qu’il nuit à la qualité du vin.

De l’épamprement, de l’extirpation de la fougère et du caret
On épampre maintenant la vigne dans les pays froids ; mais, dans les pays secs et brûlants, on met les raisins à l’ombre afin que l’ardeur du soleil ne les dessèche point, si toutefois le peu d’étendue des vignobles ou la facilité de se procurer des ouvriers le permet. On peut également, ce mois-ci, arracher le caret et la fougère.

De la nécessité de brûler les prairies
Mettez à présent le feu aux prairies, afin de réduire à leurs racines les brins qui montent trop vite, et de faire succéder à l’aridité une végétation vigoureuse.

Semez encore, à la fin de ce mois, des raves et des navets dans les pays secs, de la manière indiquée ci-dessus. Semez-y également des raiforts que vous consommerez en hiver. Ennemis du tuf et du gravier, ils aiment, comme les raves, une terre grasse, ameublie et longtemps remuée. Ils se plaisent sous un ciel nébuleux, et demandent à être semés sur de grands espaces fouis profondément. Les meilleurs sont ceux qui viennent dans les sables. On les sème immédiatement après la pluie, à moins qu’on ne soit à même de les arroser. Dès qu’ils sont semés, on les recouvre de terre à l’aide d’un léger sarcloir. Deux setiers, ou quatre, suivant quelques-uns, remplissent un arpent. Couvrez ces semences de paille : le fumier les rendrait fongueuses. Elles acquièrent un goût plus délicat quand on les arrose souvent d’eau salée.

On regarde comme les femelles des raiforts ceux qui, moins âcres, ont les feuilles plus larges, plus lisses et d’un beau vert. Vous en recueillerez la graine. On croit qu’ils grossissent davantage lorsqu’on en arrache toutes les feuilles en ne leur laissant qu’une tige mince, et qu’on les couvre souvent de terre. Si vous voulez en adoucir l’âcreté, détrempez-en la graine pendant un jour et une nuit dans du miel ou dans du passum. Les raiforts, ainsi que les choux, n’aiment pas les vignes : semés autour d’un cep, ils s’en éloignent par antipathie. On sème encore les panais ce mois-ci.

Des arbres à écussonner, et des abeilles
On écussonne aussi à présent les arbustes. Presque tout le monde greffe maintenant le poirier, et le citronnier dans les terrains entrecoupés d’eaux vives. Les frelons incommodent, ce mois-ci, les ruches : il faut les pourchasser et les détruire. On fait aussi, à cette époque, tout ce qu’on a omis en juillet.

De la découverte de l’eau
Si vous manquez d’eau, vous devez maintenant chercher à en découvrir. Voici comment vous pourrez y parvenir. Dans l’endroit où vous voulez trouver de l’eau, étendez-vous tout du long, avant le lever du soleil, le menton appuyé contre terre et les yeux tournés vers l’orient. Si vous voyez alors se lever, sous la forme d’un nuage, une vapeur légère qui répande une espèce de rosée, marquez la place à l’aide de quelque souche ou de quelque arbre du voisinage ; car il y a de l’eau cachée dans tout lieu sec où se manifeste un tel phénomène.

Vous observerez aussi la nature du terrain, afin de pouvoir juger de la quantité d’eau plus ou moins grande qu’il renferme. L’argile donnera des veines maigres et d’un goût peu agréable ; le sablon mouvant produira aussi un filet d’eau d’un mauvais goût, trouble, et qui se perdra dans des couches profondes ; la terre noire donnera goutte à goutte une très petite quantité d’eau provenant des pluies et de l’humidité de l’hiver ; mais cette eau sera d’un goût parfait. Le gravier donnera des veines médiocres et incertaines, mais d’une douceur remarquable ; le sablon mâle, le sable et le carboncle, des veines sûres et intarissables. Celles des roches rouges sont bonnes et copieuses.

Vous examinerez si les eaux découvertes ne fuient pas à travers des crevasses ou des excavations souterraines. Au pied des montagnes et dans les roches siliceuses les eaux sont abondantes, fraîches et salubres ; dans les terrains plats, elles sont saumâtres, lourdes, tièdes et désagréables. Si, par hasard, elles ont bon goût, c’est une preuve qu’avant de couler sous terre elles sortent d’une montagne. Du reste, elles acquerront, même dans les plaines, la douceur des eaux des montagnes, si elles sont ombragées d’arbustes.

vieux dans HUMEUR DES ANCETRESVoici d’autres indices propres à éclairer vos recherches (on peut s’y fier, lorsqu’il n’y a point de mares dans l’endroit, et que l’eau n’y séjourne ou n’y passe point habituellement) : ce sont les joncs déliés, le saule des forêts, l’aune, l’agnus-castus, le roseau, le lierre et les végétaux aquatiques. Vous creuserez l’endroit où se trouveront ces indices jusqu’à cinq pieds de profondeur sur trois de large ; et, vers le coucher du soleil, vous mettrez dans cette fosse un vase d’airain ou de plomb propre et graissé dans l’intérieur, l’orifice tourné vers le fond de la fosse. Ensuite vous étendrez sur les bords une claie de baguettes et de branchages, et vous recouvrirez le tout de terre. Le lendemain, en ouvrant la fosse, si vous trouvez que le vase sue en dedans ou que l’eau en dégoutte, n’en doutez pas, cet endroit renferme de l’eau.

Mettez aussi dans cette fosse un vase de terre sec et non cuit, et recouvrez-le de la même manière. Le lendemain, s’il y a une veine d’eau, il sera dissous par l’humidité dont il aura été imprégné. Une toison de brebis, également déposée dans la fosse et recouverte de même, vous indiquera qu’il y a là beaucoup d’eau, si elle dégoutte quand on la pressera le lendemain. Cet endroit renfermera encore de l’eau, si, après avoir mis dans la fosse recouverte une lampe allumée et pleine d’huile, vous la trouvez éteinte le lendemain, quoiqu’elle n’ait pas manqué d’aliments. De même, si vous vous faites du feu quelque part, et que le sol échauffé exhale une fumée épaisse et nébuleuse, vous saurez qu’il y a de l’eau dans cet endroit. Quand ces découvertes seront confirmées par des indices certains, creusez un puits pour tâcher de découvrir la source ; s’il y en a plusieurs, réunissez-les en une seule. Au reste, c’est particulièrement au pied des montagnes et du côté du nord qu’il faut chercher les eaux, parce que nulle part elles ne sont plus abondantes ni meilleures.

Des puits
Quand vous creuserez des puits, vous examinerez s’il n’y a pas de danger pour les ouvriers, parce que la terre exhale ordinairement une odeur de soufre, d’alun et de bitume qui empoisonne l’air, saisit vivement l’odorat, et asphyxie, à moins qu’on ne se retire promptement. En conséquence, avant qu’ils ne descendent au fond, vous y placerez une lampe allumée : si elle ne s’éteint pas, il n’y aura aucun danger à craindre ; si elle s’éteint, vous abandonnerez un lieu rempli d’exhalaisons mortelles.

Si néanmoins vous ne pouvez pas trouver d’eau ailleurs, vous creuserez des puits à droite et à gauche jusqu’au niveau du liquide, et, dans l’intérieur, vous pratiquerez des soupiraux ouverts de chaque côté en forme de narines, par où s’échapperont les vapeurs délétères ; ensuite vous soutiendrez les parois des puits au moyen d’une maçonnerie. La largeur d’un puits doit être en tous sens de huit pieds, sur lesquels la maçonnerie en prendra deux. Celle-ci sera étayée d’espace en espace avec des pièces de bois, et construite en pierre de tuf ou en caillou. Si l’eau est limoneuse, vous la corrigerez en y jetant du sel. Si, en creusant le puits, la terre, trop friable, vient à s’échapper ou à se détacher par le contact de l’eau, vous la maintiendrez de tous côtés avec des planches droites soutenues par des traverses, afin que l’éboulement n’écrase pas les travailleurs.

De l’essai de l’eau
Voici la manière d’essayer l’eau nouvelle. Vous en verserez dans un vase d’airain bien net ; si elle n’y fait point de taches, c’est une preuve qu’elle est bonne. Elle l’est également, lorsqu’après avoir bouilli dans un vase d’airain, elle n’y dépose ni sable ni limon. Elle sera aussi de bonne qualité, si elle peut cuire promptement des légumes, ou si elle est transparente, dégagée de mousse et exempte de toute espèce de souillure. Quand les puits sont sur une hauteur, on peut en faire jaillir l’eau par en bas, comme celle d’une fontaine, en perçant la terre jusqu’à son lit, si la vallée le permet.

Des aqueducs
eauPour amener l’eau d’un lieu dans un autre, on a recours à des ouvrages de maçonnerie, à des canaux de bois, à des tuyaux de plomb ou d’argile. Si elle passe dans un canal en maçonnerie, vous le consoliderez pour qu’elle ne fuie pas à travers les joints. La largeur en sera proportionnée au volume d’eau. S’il traverse un terrain plat, vous lui donnerez une pente insensible d’un pied et demi sur soixante ou cent pieds de longueur, pour faciliter l’écoulement. S’il rencontre une montagne, vous dirigerez l’eau sur ses flancs, ou vous la ferez passer par des souterrains construits au niveau de la source. Si c’est une vallée, vous élèverez des piliers ou des arcs jusqu’à la hauteur du plan que l’eau doit suivre, ou bien vous la ferez descendre dans la vallée au moyen de tuyaux de plomb, qui lui permettront de remonter ensuite quand elle l’aura traversée.

Lorsque, suivant la méthode la meilleure et la plus avantageuse, vous conduirez l’eau dans des tuyaux d’argile, donnez-leur deux doigts d’épaisseur, en les rétrécissant par une de leurs extrémités, afin qu’ils puissent s’emboîter sur la longueur d’un palme, et bouchez-en les joints avec un mastic de chaux vive et d’huile. Mais, avant de l’y introduire, passez-y de la cendre chaude mêlée d’un peu d’eau, pour remplir les fissures des tubes. La pire des méthodes est d’employer des tuyaux de plomb : ils rendent l’eau dangereuse à boire, parce que le frottement produit de la céruse qui nuit à la santé. Un bon agronome construira ses réservoirs de manière que le plus petit filet lui procure de l’eau en abondance.

Du verjus confit dans du miel
Versez deux setiers de miel bien battu sur six de verjus, et faites confire ce mélange aux rayons du soleil durant quarante jours.

Publié dans Bourgogne, HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

Les Fromagers et les fruitiers du 19ème siècle

Posté par francesca7 le 8 juin 2013

comment rejoindre le FORUM : http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

                                                                      Les Fromagers et les fruitiers du 19ème siècle dans ARTISANAT FRANCAIS epicerie

au Musée de l'épicerie

 

On ne se douterait guère que les crieurs de fromage à la crème dont les rues de Paris étaient sillonnées de toutes parts à la belle saison, aient été une des plus anciennes et des plus importantes corporations des vieux temps. A dire le vrai, ils rentraient dans la catégorie des regrattiers, soit des revendeurs, gagne-petit portant de porte en porte leur marchandise et l’offrant aux ménagères ; mais ils avaient reçu comme les autres des règlements dès la fin du règne de saint Louis.

Aussi bien le fromage n’était-il point d’invention récente au treizième siècle même ; son nom dérivé du mot latin forma, forme, indiquait suffisamment la manière dont on le fabriquait. Dès le neuvième siècle, l’abbé Hilduin en parle dans sa charte aux moines de Saint-Denis, et plus tard Hincmar, dans ses recommandations aux archidiacres, leur enjoint de ne point charger trop les prêtres du diocèse dans leurs tournées pastorales, et de ne leur réclamer que le poisson et le fromage obligés.

Au treizième siècle, les redevances en fromages se payaient couramment ; souvent elles se transformaient en argent comme la plupart des corvées ou des prestations en nature, et elles devenaient un droit, un fermage, qui se louait dans certaines villes comme les droits de boucherie, de vin, ou autres. Nous ignorons si ses variétés étaient aussi nombreuses qu’elles le sont de nos jours, mais il est vraisemblable que les provinces avaient déjà à cette époque leur spécialité comme encore aujourd’hui, suivant qu’elles employaient le lait de vache, de brebis ou de chèvre.

Au temps de Philippe III le Hardi, les mesures de police sur la vente et l’achat du fromage étaient des plus démocratiques. Il était interdit aux marchands d’aller guetter dans les faubourgs de Paris les gens de campagne apportant leur fromage au marché, pour le leur acheter avant qu’on ne l’eût exposé sur la place publique. Cette précaution avait surtout pour but de prévenir la fraude sur la qualité du fromage, mais elle avait aussi un motif bien extraordinaire au treizième siècle, celui de laisser le fromage à la portée de tous, afin « que li povres hommes puissent prendre part avec le riche » ; car si les marchands revendeurs eussent pu accaparer, ils eussent élevé leurs prix et porté leur marchandise à un taux trop haut pour le pauvre monde.

D’autres prohibitions concernaient les acheteurs qui venaient parfois au marché réclamer aux fromagers la part du roi, c’est-à-dire ce droit qu’avait le roi de prendre à plus bas prix les denrées sur les places : certaines ménagères peu délicates se disaient attachées aux cuisines royales et obtenaient à deniers moindres les œufs et les fromages. C’était chose « griève » et que les statuts flétrissaient.

Les fromagers suivirent au Moyen Age la fortune des fruitiers, avec lesquels ils se confondent assez étroitement pour que nous n’ayons point à étudier ces derniers. Les statuts de la corporation des fruitiers furent publiés en 1412 et renouvelés sur la fin du quinzième siècle, au temps du roi Charles VIII. Henri IV en 1608 et Louis XIII en 1612 les homologuèrent à leur tour. Les fruitiers-fromagers avaient des maîtres et des maîtresses, des apprentis et des apprenties ; mais nul fruitier ne pouvait être facteur des marchands forains.

L’industrie des fromages en tant que fabrication n’est point aussi ancienne qu’on pourrait le croire. Les fabriques de Gruyère ne datent guère que du dix-huitième siècle ; et les ramifications dans la Franche-Comté ne remontent point au delà de 1751. Pourtant le gros fromage rond se faisait isolément dans les villages depuis le seizième siècle, puisque nous voyons les moines de Beaume-les-Messieurs, près de Voitteur, dans le Jura, stipuler dans leurs baux l’obligation pour le fermier de fournir « un gros fromaige tel qu’ils ont accoustumé de les faire. » Les habitants des campagnes jetaient souvent la plus grande partie de leur lait aux pourceaux ou dans les fumiers.

La vente des fromages se faisait le plus généralement sur les places pendant toute la partie qui précéda le seizième siècle. Depuis, les fruitiers ouvrirent boutique et les fromages se vendirent « à fenestres » Les marchands ambulants restèrent malgré tout les plus nombreux de la corporation. Au seizième siècle, ils crient « Fromaige ! » dans les carrefours.

Au dix-septième, nous les trouvons portraiturés par Bonnard sous les traits d’un grand gaillard portant hotte et paniers chargés :

Pour faire trouver le vin bon,
Et dire les bons mots et les fines parolles
Au lieu de trenches de jambon,
Prenés fromage de Marolles.

Donc, au dix-septième siècle, le marolles avait déjà un certain renom. Il en était de même du fromage à la crème.

Au dix-huitième siècle, on appela « faire des fromages » ce jeu qui chez les jeunes filles consiste à tourner quelques instants sur soi-même et à s’abaisser ensuite subitement pour faire bouffer la jupe et lui donner en effet l’aspect d’un gros fromage rond. Madame Campan raconte dans ses Mémoires que se trouvant à l’âge de quinze ans en qualité de lectrice à la cour, elle s’amusait, malgré la solennité du lieu, à faire des fromages au milieu des salles. Un jour le roi entrant subitement dans une chambre trouva la jeune lectrice enfouie dans la soie de sa robe : il en rit de bon cœur, et, ayant fait venir mademoiselle Victoire : « Ma fille, lui dit-il, faites donc renvoyer un peu dans son couvent la petite lectrice qui fait des fromages, elle pourra en faire là tout à son soûl. »

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, Bourgogne, Epiceries gourmandes | Pas de Commentaire »

Etangs, creux, mares, fontaines et puits

Posté par francesca7 le 28 mai 2013

VENEZ ME REJOINDRE SUR LE FORUM : http://devantsoi.forumgratuit.org/

Etangs, creux, mares, fontaines et puits dans Bourgogne leau

L’eau est partout présente dans toutes les petites communes de France. Par chez moi en Bourgogne, le sol retient facilement celle qui tombe, qui ruisselle ou qui s’infiltre. Presque toutes les maisons du village possèdent un puits ou disposent d’un point d’eau à proximité :

-          Creux de la Pageosse,

-          Creux du Chine,

-          Creux des Abreuvoirs,

-          Creux de la Fontaine St Pierre,

-          Creux de la Maison Auclair,

-          Creux de la Mouille,

-          Creux de la Mouillotte,

-          Creux de la Fontaine Chevalier,

-          Creux de Pierre Grosse,

-          Creux du Ru Connais,

-          Creux Vivier,

-          Etang des Méchants Prés

-          Etangs des Vernots,

-          Etangs du Pautet

-          Etang de Cassin

-          Etang de Matro….

 dans COURS d'EAU-RIVIERES de FranceLes creux et mares étaient loués par les cultivateurs qui les utilisaient comme abreuvoirs et aussi pour leurs canards et leurs oies. Malgré les locations à des particuliers, dont bénéficiait la commune, l’accès libre de tous à ces points d’eau, était la règle.

De très nombreux puits ont été creusés un peu partout dans le village et ses hameaux. Le puisatier recherche l’eau avec une baguette de noisetier ayant la forme d’une fourche. Il cherche pas à pas l’endroit où il faudra creuser et trouve celui-ci lorsque la baguette se met à s’agiter, à tourner dans ses mains. Là où son instrument « réagit » en venant de plusieurs directions indique le lieu idéal. Le puisatier peut également trouver l’eau avec un pendule ; ce dernier indique aussi la profondeur à laquelle se trouve la source ou la nappe ; arrivé au bon endroit, le pendule tourne. On met des petits cailloux dans la main libre de celui qui tient le pendule, jusqu’à ce qu’il s’arrête d’osciller ; a ce moment, il suffit de compter les cailloux pour connaître, en mètres, la profondeur à creuser.

A l’étang des Vernots par exemple, situé au creux d’un vallon entre Dompierre en Morvan et Villars, est à la dispositoin des habitants depuis la fin du 19ème siècle. Ses eaux sont particulières car elles ont des propriétés alcalines (basiques) qui ont la réputation de rincer comme aucune autre la toison grasse des moutons. On vient également y faire la lessive de Dompierre et de Villars, en cas de sécheresse, mais en prenant bien soin de rester chacun sur sa rive pour éviter les conflits. Avant 1900, près de cet étang, au lieu-dit de « Bretagne », les habitants creusaient des fosses d’une certaine profondeur pour y mettre à tremper le chanvre récolté dans les chènevières. Il séjournait dans l’eau une quinzaine de jours, avant d’être lavé puis séché pour en retirer la filasse que les femmes filaient à la quenouille ou au rouet. Les écheveaux de fil obtenus était ensuite tissé et servaient à fonctionner les draps, les sacs, les habits. Cette rude toile bise s’appelait la « bouège ».

Extrait d’une rédaction de J.C en CE2 de juin 1922

« Un jour, j’ai suivi le Ru Chaudin qui coule dans un pré au-dessous du village ; le sol est humide et l’air frais. Le ruisseau est bordé de saules, de chênes et de frênes. L’eau coule sur le sable fin, la cascade fait tourner le moulineau de bois. Un petit pont le traverse. Le ruisseau est bordé de joncs et de roseaux. Des fleurs nombreuses y poussent ; des reines des prés, des jeannettes….

Le ruisseau est très utile parce qu’il abreuve les vaches, les moutons et arrose les prairies ; il clapote en arrivant sous l’arche du pont. Il va se jeter dans le Serein et le voilà englouti. Il  est l’image de la vie. Quand l’enfant est petit, il est insouciant puis il grandit, il travaille, meurt sans pouvoir recommencer sa vie ; le ruisseau ne peut pas remonter à sa source… »

 

Publié dans Bourgogne, COURS d'EAU-RIVIERES de France | Pas de Commentaire »

La légende de La Soupe au caillou

Posté par francesca7 le 26 mai 2013

 

 

Venez me rejoindre sur le forum  http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

une très ancienne légende portugaise ramenée en Bourgogne.

 

 La légende de La Soupe au caillou dans Bourgogne moine

Il était une fois un moine qui demandait l’aumône. Il arriva chez des paysans, mais ils ne voulurent rien lui donner. Le moine qui était mort de faim leur dit :

« Bien, je vais voir si je peux faire un bouillon de pierre. »

 Il ramassa un caillou sur le sol, secoua la terre, et se mit à regarder le caillou pour voir s’il était à sa convenance pour faire la soupe. Les paysans se mirent à rire et se moquèrent de lui. Le moine leur dit :

« Alors, vous n’avez jamais mangé un bouillon de pierre ? ».

 Ils lui répondirent :

« On voudrait bien voir ça. »

 C’était ce que le moine souhaitait entendre. Il lava le caillou et dit :

« Si vous pouviez me prêter une marmite ? »

 Ils lui donnèrent la marmite. Il la remplit d’eau et mit le caillou au fond.

« Maintenant si vous me laissiez mettre la marmite sur le feu. »

 Quand l’eau commença à bouillir, il dit :

« Avec un peu de lard, la soupe serait meilleure. »

 Les paysans allèrent chercher un morceau de lard. Les paysans ébahis, regardaient la soupe qui bouillait. Le moine goûta la soupe, et dit :

« Elle est un peu fade. Il lui manque un peu de sel. »

Ils lui donnèrent du sel. Il sala, goûta et dit :

« Maintenant si on rajoutait un cœur de choux, même les anges en mangeraient. »

 La maîtresse de maison fut au jardin et en ramena deux choux. Le moine les lava et les mit dans la marmite. Quand les choux furent en train de bouillir, il dit :

« Avec un petit morceau de saucisson fumé, ce serait parfait… »

 Ils lui donnèrent un peu de saucisson, qu’il mit dans la marmite et pendant que la soupe finissait de cuire, il alla chercher un morceau de pain dans sa besace et se prépara pour se mettre à table. La soupe sentait si bon que c’était un régal. Il mangea toute la soupe et se lécha les babines. La marmite était vide, et il n’y restait que le caillou. Les paysans, qui ne le quittaient pas des yeux, lui demandèrent :

« Monsieur l’Abbé, alors ce caillou ? »

 Le moine leur répondit :

« Le caillou, je vais le laver, et l’emporter pour une autre fois. »

Et de cette façon, le moine mangea, partout où les gens ne voulaient rien lui donner.

 

L’histoire d’un conteur de Bourgogne : Etienne BRETON-LEROY

Publié dans Bourgogne, LEGENDES-SUPERSTITIONS | Pas de Commentaire »

La légende de La pierre à faire de la soupe

Posté par francesca7 le 26 mai 2013

 

Venez me rejoindre sur le forum  http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

 Cette légende que vous allez lire n’est pas de moi. Mais j’ai envie de vous la raconter tellement son personnage principal est un bel exemple de débrouillardise mercurienne. Je me souviens l’avoir lue il y a de cela très, très longtemps lorsque j’étais enfant. Malheureusement, le nom de l’auteur m’échappe et si jamais quelqu’un le connaît, je serai heureuse qu’il ou elle me le fasse savoir.

Je vous demanderai également de me pardonner si ma mémoire, ma subjectivité et mon trop-plein d’imagination me font broder des détails un peu farfelus et pas toujours exacts.

La légende disait à peu près ceci :

La légende de La pierre à faire de la soupe dans Bourgogne legendesIl y a très longtemps, dans les campagnes, vivait un mendiant qui parcourait les fermes et devait compter sur la charité des bonnes gens pour se nourrir et se loger. Plus souvent qu’autrement, lorsqu’il frappait aux portes, il se voyait refuser l’asile car la plupart des habitants du pays étaient très pauvres et avaient eux-mêmes plusieurs bouches à nourrir.

Puis un jour, il eut une idée géniale. Il frappa à la porte d’une ferme et demanda à la brave dame qui lui ouvrit (sans doute la femme du fermier parti aux champs) si elle avait quelques vieilles croûtes de pain à lui donner. Comme il s’y attendait, elle lui dit d’un air penaud « Je suis vraiment désolée, mon bon monsieur, mais nous sommes très pauvres et avons nous-mêmes à peine de quoi nous mettre sous la dent. » Et pendant qu’elle se confondait en excuses il voyait, dans l’entrebâillement de la porte, une demi-douzaine d’enfants en haillons et pieds nus qui s’avançaient timidement pour voir de plus près ce curieux personnage qui parlait à leur mère. Juste comme elle allait refermer la porte, il lui dit « Attendez, je pourrais peut-être vous être utile. » Il sortit alors de son baluchon un gros caillou arrondi, de la grosseur d’une pomme de terre, et le lui montra en disant « J’ai ici une pierre merveilleuse : c’est une pierre à faire de la soupe. » Perplexe, la mère examinait et tâtait le caillou pendant qu’il poursuivait son boniment :

« Bien sûr, je ne voudrais pas abuser de votre temps mais si vous me le permettez, je pourrais vous montrer comment il fonctionne. »

 La mère hésitait encore mais la curiosité l’emportant, elle ouvrit la porte toute grande et le fit entrer dans la chaumière.

 À son invitation, il s’assit à la grande table, au milieu de l’unique pièce de la maison, et toute la famille s’y attroupa, curieuse de voir de plus près cette pierre merveilleuse. Puis il demanda à la mère si elle aurait bien l’amabilité de lui faire bouillir une marmite d’eau. Toujours un peu perplexe, elle acquiesça tout de même de bonne grâce et pendant qu’elle s’affairait, il fit aux enfants le récit de ses nombreuses aventures.

 Quand l’eau commença à bouillir, il déposa la pierre à faire de la soupe au fond de la marmite et tous les yeux s’y rivèrent en même temps. Après de longs moments sans résultats, l’on commençait à croire à une supercherie et à douter du pouvoir magique du caillou. Puis soudain, quelqu’un crut voir flotter quelques débris de matière à la surface. Était-ce de simples poussières qui se détachaient du caillou? L’imagination aidant sans doute, quelqu’un d’autre affirma « Si, si, il y a bien quelques morceaux minuscules qui commencent à apparaître là, au fond du chaudron. Regardez! ».

 Profitant de la bousculade générale et de l’excitation montante, il dit à la mère « Je ne voudrais surtout pas abuser de votre générosité, madame, mais… vous n’auriez pas un peu de sel ? Ça rehausserait grandement le goût de la soupe. » Et la mère, peu à peu gagnée par l’enthousiasme général et plutôt fière de participer à ce moment magique, alla prestement aux armoires et revint avec trois grosses pincées de sel qu’elle versa dans le chaudron. Quelques instants plus tard, tandis que tous anticipaient le miracle, il dit à mi-voix, comme s’il se parlait à lui-même « Ah, quel dommage que nous n’ayons aucun légume. Vous n’avez pas idée comme cette soupe peut avoir bon goût lorsqu’on y ajoute ne serait-ce qu’un petit morceau de légume. » En moins de deux, la mère courut chercher quelques vieux morceaux de navets défraîchis qu’elle découpa et jeta à la marmite.

 Enhardie par ce geste, l’aînée des filles dit « Nous avons aussi quelques pommes de terre et trois carottes un peu molles, et puis un demi chou un peu flétri mais qui ferait sûrement l’affaire dans cette soupe. » Puis regrettant sa témérité, elle jeta nerveusement un coup d’œil à sa mère qui acquiesça tout de même de la tête. Et la jeune fille accourut chercher les légumes et les ajouta au bouillon, qui commençait à sentir drôlement bon.

 Et puis à force d’imagination, on finit bien par dégoter quelques pois, fèves, oignons et tomates, des épices, un peu de vinaigre et même, puisque le cœur était à la fête, un beau morceau de bœuf qu’on ajouta au pot-au-feu, qui dégageait à présent un fumet des plus appétissants. Et petit à petit, la marmite se remplit tant et si bien qu’à la fin, tout le monde put manger à sa faim. En fait, tous se régalèrent d’un festin tel qu’ils n’en avaient pas mangé depuis bien longtemps. À la fin du repas, il se leva et remercia chaleureusement ses hôtes. Il ouvrit son baluchon et y glissa la pierre à faire de la soupe, que tous reluquaient timidement.

 Puis lorsqu’il leur serra la main un à un sur le seuil de la porte, il vit passer dans les yeux de la mère un tel nuage qu’il ne put s’empêcher de rouvrir son baluchon.

 Il en ressortit le précieux caillou et le lui déposa au creux de la main, en guise de remerciement.

Sur ce, il les salua tous une dernière fois et s’en fut au loin, de par le vaste monde.

Et jamais plus on n’entendit parler de ce mystérieux personnage qui leur avait fait cadeau de la fameuse « pierre à faire de la soupe ».

 

L’histoire d’un conteur de Bourgogne : Etienne BRETON-LEROY

Publié dans Bourgogne, LEGENDES-SUPERSTITIONS | Pas de Commentaire »

la soupe au caillou en Bourgogne

Posté par francesca7 le 26 mai 2013

 

Venez me rejoindre sur le forum  http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

la soupe au caillou en Bourgogne dans Bourgogne histoire-de-choux

Dans notre sujet du 26 janvier dernier, sur les veillées qui n’ont pas disparu en Bourgogne, nous évoquions un certain nombre de contes et d’histoires.

Aujourd’hui, nous dressons le portrait d’un conteur d’une autre époque et une histoire parmi les plus racontées de nos jours. Retour à la version originale.

Beaucoup d’histoires racontées lors des veillées se retrouvent non seulement en Bourgogne, mais aussi dans le Jura, en Lorraine, Franche-Comté ou même en Suisse. Autrefois, les colporteurs et autres marchands ambulants, qui vendaient des almanachs, des revues ou des livres (sous forme de cahiers que les plus riches faisaient relier), traversaient une bonne partie de ces coins. Un peu partout où il s’arrêtaient, afin de gagner quelque argent, ils racontaient les histoires entendues çà et là ou lues dans les ouvrages qu’ils vendaient, lorsque les populations illettrées le leur demandaient. Tous les colporteurs, pourtant, ne savaient pas lire. Quant à la comptabilité, elle était parfois spéciale…

Récolteurs de mémoires, assimilateurs d’historiettes, parleurs à la belle voix grave, rusés au point d’adapter leurs récits en fonction de leur auditoire, le visage buriné par les vents des quatre chemins à force de les parcourir et de dormir à la belle étoile ; leurs paroles, leur barbe longue, leur odeur de tabac à pipe et leurs gestes sont restés profondément gravés dans les esprits.

La disparition des colporteurs et de bien d’autres métiers date des années 1950, avec l’arrivée massive des automobiles à faible prix et la reconstruction d’après-guerre, véritable restructuration de la société. Au tout début des années 1980, il restait quelques-uns de ces commissionnaires pour les anciens des villages qui n’avaient plus la force d’aller au marché. Arrivés en fin de vie, ils trouvaient refuge dans les foyers des environs de Dijon. L’un d’eux, en particulier, traînait dans le quartier du Port du Canal, quémandant du pain à la boulangerie face à l’église Sainte-Chantal, racontant à qui voulait l’entendre qu’il était venu en ville parce que son logeur du côté de Corcelles-lès-Monts avait vendu la grange qu’il lui prêtait jusque-là pour la nuit.

« la rude vie d’un porteur de mémoire »

Ne pouvant plus vivre de son métier de porteur-livreur, il avait passé une vingtaine d’années à vivoter, rendant de menus services dans le coin, entre Chenôve, Marsannay et Corcelles. Ses plus grosses rentrées d’argent était durant les vendanges. Bien entendu, aucune cotisations sociales ni de déclarations de revenus. Pas même un nom : fils d’immigrés venus de Pologne avec cet unique enfant dans les années 1910 en Lorraine, il avait été placé çà et là dans des fermes jusqu’à finir en Bourgogne. On l’appelait le gamin, puis le gars et enfin, le vieux. Un repas par-ci par-là, issu du braconnage de lièvres et d’oiseaux ou d’une part offerte par une bonne âme locale. L’homme n’avait qu’une existence précaire, mais il ne voulait connaître que cela. Il déplorait la construction de maisons neuves, sans grange, avec des garages fermés et sans paille : le monde avait pris une accélération qui le dépassait. Tout ce qu’il avait dans ses dernières années, âgé d’à peu près soixante-dix ans faute d’avoir une date de naissance établie, c’était des histoires qu’il racontait aux gamins du coin.

Il arrivait souvent que les parents des rejetons, à la sortie de l’église, lui donnent la pièce. En échange, debout devant un auditoire composé des enfants les plus jeunes du quartier, il racontait en toute simplicité, citant les personnes et les lieux d’où il les tirait, des histoires de la Côte, de la Bresse, du Morvan et du Jura.

Aujourd’hui, à l’écoute d’une histoire d’un conteur moderne, il ne fait aucun doute que ces histoires-là sont toujours vivantes. Ce sont les mêmes et cela est conforté par les recherches actuelles : d’un bout à l’autre de notre région, les traditions orales se sont transmises. Le plus curieux est de constater que ce sont souvent des personnes d’origine étrangère à la Bourgogne qui transmettent le mieux cette mémoire. La Bourgogne reste fidèle à sa tradition de terre de passage : en récompense de cet accueil, les passants respectent les valeurs et l’identité de cette région en oeuvrant pour qu’elle garde ses qualités.

Aujourd’hui, alors que le métier de conteur a refait surface depuis les années 1990, bien que quelques-uns des chantres de nos contrées font figure de vieux de la vieille en revendiquant à juste titre une ancienneté plus lointaine, les centaines d’histoires différentes qui font nos contes et légendes sont facilement dénichables et de nombreux recueils en gardent la trace écrite. Certaines de ces histoires sont communes aux quatre départements et ne varient que dans quelques détails.

L’histoire qui suit se retrouve un peu partout, notamment dans divers albums pour enfants, avec des protagonistes bien différents de la version d’origine. Elle serait basée sur une histoire vraie et s’intitule : la soupe au caillou (au singulier, s’il vous plaît). Chose rare dans le monde des contes (mais fréquente dans celui des anecdotes), la soupe au caillou peut être datée des années 1870, même si aucune preuve ne l’atteste formellement.

« une histoire vraie et datée »

Un soldat se retrouve démobilisé, sans son arme qu’il a rendue aux Prussiens ou à ses supérieurs Français. La guerre est finie, ou du moins une trêve a-t-elle été signée. Nous serions donc en février ou mars 1871. Le soldat doit rentrer chez lui. Sa maison, son pays, sont par-là : il entend le nom d’une ou de deux grandes villes par lesquelles il lui faudra passer. Ensuite, il se reconnaîtra bien. Il garde l’uniforme, qu’il a acheté lui-même en juillet 1870 comme cela se faisait, ainsi que son paquetage, c’est à dire une couverture roulée sur un sac bien maigre.

Hélas, le bout de pain et la gourde de vin donnés au moment du départ sont vite passés dans son estomac qui grogne et gargouille à tire-larigot. La neige des chemins lui offre une bien maigre consolation.

Arrivant dans une ville, il constate qu’elle a été en partie incendiée : ils ont eu l’Alsace et la Lorraine, se dit-il, comprenant que les combats qu’il a menés ne se sont sans doute pas déroulés au bon endroit ni au bon moment. La désorganisation continue : il dort là où il peut, dans une maison en ruines. Il marche sans presque s’arrêter, sans reconnaître les terres sur lesquelles il passe, perdu face à l’immensité blanche de la neige, incapable le plus souvent de se diriger dans la brume. Mais il marche toujours par là-bas, dans la direction du bras de cet officier dont il n’a même pas su le nom.

Après des collines et des vallons, comme un décor minuscule se répétant sur nombre de kilomètres, il arrive dans un village. C’est là que les versions diffèrent en indiquant que c’est dans le Châtillonnais, le Beaujolais, dans le nord de l’Yonne, perdu dans la Nièvre, sur les hauteurs du Morvan, dans le Jura ou la Bresse du côté de Beaurepaire. Enfin, c’est tout de même un village et la disposition des maisons lui rappelle quelque chose : son pays n’est plus très loin, juste une bonne centaine de kilomètres !

Tout semble désert, sauf la dernière maisonnée faite de petites pierres grises entassées comme on monte une cabotte, une cadole, une cabioute. La mousse du toit fait l’étanchéité et permet de garder la chaleur donnée par la cheminée qui laisse s’échapper de la fumée dont l’odeur promet une bonne soupe. Le soldat tape à la porte et doit insister pour qu’elle s’ouvre. Une vieille femme est là, qui ne veut pas le laisser entrer. Après une âpre discussion, elle accepte qu’il aille dormir dans la grange, s’il trouve de la paille. Mais elle n’a rien à lui donner à manger. Elle lui concède cinq minutes près du feu, le temps qu’il sèche ses affaires trempées par la brume verglacée. Dommage qu’il n’y ait qu’une toute petite bûche et rien dans la marmite. La guerre a tout pris à la vieille femme. Elle a juste un peu de neige à faire fondre et la solution de boire cette eau chaude. Le jeune homme lui propose alors de faire une soupe de chez lui ou, selon les versions, une soupe à soldats. Il sort et va choisir dans la cour devant la petite maison un caillou, rond, blanc ; bref, un beau petit caillou qui donne envie. Le caillou est mis dans la marmite et le soldat touille avant de goûter : « c’est bon, mais chez nous, on mettrait juste un peu de sel ». La vieille hésite et demande : « du sel ? il doit m’en rester une poignée.

Si je t’en donne, tu me feras goûter ? ». Le soldat acquiesce et voit l’ancienne ouvrir une boîte remplie à ras-bord. Il prend une pincée, la met dans la marmite, tandis que son autre main met une pleine poignée de sel dans la poche de sa veste. La grande louche en bois remue l’eau, le sel et le caillou. 

La vieille s’impatiente : « c’est prêt ? ». Pas encore, répond notre malin, et puis, chez nous, on y mettrait un bout de pain, même dur, pour que ce soit meilleur. Tu me feras goûter ? Bien sûr ! Et la villageoise de dénicher un pain entier, rond, presque trop frais pour être mis dans une soupe. Le soldat coupe la miche en deux, en met la moitié sous sa veste et découpe l’autre pour en plonger les morceaux dans la marmite.

La scène se poursuit avec les différents composants d’une bonne et vraie soupe : pommes de terre, carottes, vin qui remplissent autant la marmite que les poches ou le sac à dos du soldat. De quoi manger pour le dernier trajet jusqu’à chez lui.

Lorsque tout les ingrédients sont là (et le conteur peut se faire un malin plaisir de demander à son auditoire ce que chacun rajouterait pour annoncer que, justement, la petite vieille en a !), le soldat déclare que, chez lui, une bonne soupe se mange correctement, avec une nappe sur la table, des bougies pour éclairer et de la belle vaisselle. La brave vieille s’exécute, sort sa nappe blanche qu’elle a reçue lors de son mariage, et paix à son défunt mari, ses couverts en argent (que le soldat ne vole pas, s’il vous plaît), et le jeune homme invite la vieille femme à s’asseoir.

Alors, il lui offre le meilleur et le plus beau repas qu’elle n’a jamais eu de toute sa vie. C’est la première fois qu’elle se voit invitée à une si belle table ! Après le repas, partagé en parts égales, et le soldat tient à ce partage équitable, la bonne dame prête l’un de ses deux matelas au jeune homme qui passe la nuit près de la cheminée. Au petit matin, il remet veste et sac sur le dos et laisse la veuve avec ses larmes comblant les rides d’un visage usé par les petits malheurs du monde de ce temps-là. La silhouette s’éloigne dans le brouillard : elle voit partir celui qu’elle aime comme un fils maintenant, en serrant le poing dans la poche de son tablier. Dans le creux de cette main hier encore froide, une chaleur énorme dégagée par un tout petit rien : le caillou de la soupe au caillou. Avec tout ce que la guerre a pris, c’est toujours ça de gagné !

 Etienne BRETON-LEROY

Note : il semblerait que le soldat ne soit pas rentré chez lui et qu’il soit mort en chemin. Du moins les villages où la scène se serait déroulée n’ont-ils plus jamais eu de nouvelles de lui. La soupe au caillou s’est répandue, certainement parce que la vieille dame de l’histoire en a transmis la recette à ses voisins ou des proches. C’est aujourd’hui un grand classique des contes, que nombre d’enfants connaissent, sans se douter que les protagonistes ont sans doute réellement existé. Pour certains, cette histoire date de bien avant 1871 et serait une reprise d’une tradition du moyen-âge ayant subi une adaptation. Les versions que nous avons recueillies sont suffisamment précises pour que l’histoire se déroule effectivement en hiver 1871. Elle est à rapprocher de contes traditionnels russes, similaires sur bien des points… dont un exemple concerne un soldat napoléonien de 1812 !

L’histoire d’un conteur de Bourgogne 

Publié dans Bourgogne, LEGENDES-SUPERSTITIONS | Pas de Commentaire »

1...7891011...13
 

leprintempsdesconsciences |
Lechocdescultures |
Change Ton Monde |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | C'est LE REVE
| Détachement Terre Antilles ...
| ATELIER RELAIS DU TARN ET G...