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Château de Bazoches en Bourgogne

Posté par francesca7 le 4 mai 2013

 

 

dans l’Yonne (89)

Le château de Bazoches connut quarante propriétaires successifs appartenant à vingt familles différentes ; mais ce sont toujours deux souches principales, les CHASTELLUX et les VAUBAN, qui s’entrecroiseront au cours de siècles, se rejoignant même en fin de parcours en la personne des actuels propriétaires qui se trouvent ainsi descendre, chacun de leur côté, de Jean de Bazoches qui construisit le château en 1180.

Ainsi, fort de son expérience mûrie par huit siècles d’Histoire et en prise directe avec les réalités présentes depuis sa récente ouverture au public (1997), le château de Bazoches aborde le troisième millénaire en entrant de plein pied dans le monde moderne par le biais d’Internet.

C’est au xiie siècle que Jean de Bazoches fait construire le château que nous connaissons.

Le château passe ensuite des Bazoches aux Chastellux.

En février 1675, le Marquis de Vauban, natif de Saint-Léger non loin de là, achète Bazoches qui avait appartenu à ses aïeux maternels. La somme de 80 000 livres reçue de Louis XIV après la prise de Maastricht lui permet de régler 69 000 livres à la veuve du comte de Melun, en y ajoutant 5 500 livres versés au duc de Nevers en vertu des droits féodaux.

Il fait alors modifier l’architecture et l’aménagement intérieur du château. Bazoches devient la demeure familiale de sa femme et de ses enfants, lui-même n’y fait que de rares et brefs séjours entre les campagnes militaires et le service du roi. Il profite de ces moments de repos pour parcourir la région. C’est à Bazoches qu’il rédige certains de ses ouvrages tels que ses « Oisivetés » et la fameuse « Dîme royale« .

Le château est également une garnison militaire : Vauban fait construire une grande galerie afin d’y installer ses ingénieurs militaires. C’est là que sont réalisés les études et les plans des nombreuses places-fortes que Vauban aménage au cours de sa carrière. Les communs du château abritent les écuries nécessaires aux chevaux des ingénieurs et des messagers.

Un site à visiter : http://www.chateau-bazoches.com/pratique.htm

Edifié à la fin du 12ème siècle, d’architecture trapézoïdale, typiquement féodal (la quatrième tour, à mâchicoulis, a été ajoutée au 14ème siècle). Le Maréchal Vauban (1633-1707) qui aurait dû en hériter, fit l’acquisition du domaine en 1675, grâce à une rétribution pour la prise de Maastricht (la ville du futur traité), le transformant en garnison. Récemment restauré et entièrement meublé, l’intérieur permet de mieux connaître ce brillant ingénieur qui fut aussi un écrivain éclairé. Il affectionnait beaucoup cette demeure et les nombreux souvenirs qu’il a laissés illustrent avec bonheur sa personnalité, sa famille, ses conditions de vie et de travail.

Château de Bazoches en Bourgogne dans Bourgogne bazoches

Dans les salons essentiellement meublés en Louis XV et Louis XVI, ne manquez pas la grande tapisserie d’Aubusson avec des motifs de paons (17ème siècle) et par les croisées, la belle vue sur la colline de Vézelay. La grande galerie que fit construire Vauban pour y travailler avec ses ingénieurs à l’édification de places fortes a été reconstituée. Pour un complément d’information sur la technique des fortifications, une visite de la Maison Vauban à Saint Léger s’impose. L’antichambre conserve quelques ouvrages du maréchal, dont l’œuvre porta non seulement sur l’art militaire, mais aussi sur la navigation, la statistique ou le rétablissement d e l’édit de Nantes (révoqué en 1685).

La chambre de Vauban remarquablement conservée et habillée de brocard rouge, a gardé son ensemble de mobilier fort rare, composé d’un lit et de six fauteuils tapissés d’époque ; au dessus de la cheminée, le portrait à cheval de Louis XIV par Van der Mulen. Sur le bureau hollandais, buste du maréchal par Coysevox. L’émouvant cabinet de travail, en forme de pentagone, touche par le bucolique décor aux oiseaux de son plafond et par une collection de petits portraits dont trois dus à Clouet, peintre à la cour des Valois. En bas de l’escalier d’honneur sont présentées les bibliothèques, riches de milliers de volumes anciens et d’éditions rares, certains ouvrages classés étant relatifs à Vauban.

Plafond peint et portes intactes, la chambre de la maréchale présente quelques souvenirs ainsi que le portrait de l’épouse de Vauban, administratrice de la propriété pendant ses campagnes. Elle mourut en 1705, deux ans avant son époux. Petite chapelle aux voûtes peintes attribuées à Jean Mosnier, décorateur de Chambord. Le tombeau de Vauban se trouve dans l’église Saint Hilaire (12ème – 16ème siècle), son cœur reposant dans le cénotaphe érigé à sa mémoire depuis 1809 aux Invalides à Paris.

Les écrits de Vauban
C’est à Bazoches également que Vauban rédigea bon nombre d’ouvrages touchant non seulement la vie militaire, les armes et 220px-Buste-du-mar%C3%A9chal-de-Vauban dans CHATEAUX DE FRANCEles fortifications, mais encore une multitude d’autres sujets (l’agriculture, les forêts, les monnaies, les sciences,…) que lui-même intitula, non sans humour, ses  » Oisivetés « .

Enfin, il faut mentionner de nombreuses études se rapportant aux problèmes économiques, politiques et fiscaux de son époque, dont la fameuse DIME ROYALE (exposée à Bazoches) qu’il publia sans autorisation à la fin de sa vie et qui lui valut une semi disgrâce de Louis XIV.

 

Outre les visites culturelles, le château de Bazoches propose désormais les prestations suivantes :

Mariage dans les jardins

Déjeuner ou dîner de prestige dans la galerie

Dîner d’exception dans la salle à manger !!

Publié dans Bourgogne, CHATEAUX DE FRANCE, Yonne | Pas de Commentaire »

La Vouivre de Bourgogne

Posté par francesca7 le 28 avril 2013

La Vouivre de Bourgogne dans Bourgogne vouivre

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De nombreuses vouivres sont représentées comme une sorte de dragon ailé qui porte une escarboucle sur le front. Cet œil, une gigantesque pierre précieuse, est parfois caché dans les roseaux des berges d’une rivière ou d’un lac tandis que la vouivre y pêche, et peut être subtilisé par un voleur audacieux.

 Cette pierre a fasciné les hommes. Leur convoitise se retrouve dans de nombreuses légendes de nos provinces et les amène à la tuer pour s’emparer du diamant comme dans les contes similaires du Cantal, du Puy-de-Dôme, de Vienne, de Basse-Normandie, de Bresse, du Revermont… Paul Sébillot, dans Le Folklore de France, a recensé beaucoup de légendes ainsi qu’Henri Dontenville dans sonHistoire et géographie mythiques de la France.

À Brétigny en Côte-d’Or, « Lai Sarpan du Bois du Roz » avait une couronne sur la tête, un œil de diamant, des écailles brillantes et sonores et un anneau à la queue.

 Dans le conte, Le Serpent au diamant, le bûcheron qui dérobe l’escarboucle apprend de la bouche du roi qu’elle a le pouvoir de transformer le fer en or.

 Les serpents volants ne sont pas rares. Tels ceux du château de la Fraudière à Jouhet (Côte-d’Or) et de Presly (Cher), la serpente volante du château de Rosemont à Luthenay-Uxeloup (Nièvre), la couleuvre volante du château de la Motte-Chevagnes (Allier) entre autres.

Toutefois, la vouivre peut avoir d’autres formes : on conte que les habitants du Valais se débarrassèrent d’un monstrueux serpent nommé la Ouïvra qui enlevait les bestiaux de la montagne de Louvye… La Ouïvra avait une tête de chat sur un corps de serpent…

 Les légendes locales gardent le souvenir de la vouivre de Blamont (Doubs) qui lavait ses ailes brillantes à la source de la Fuge, de celle qui hantait les forêts du mont Bleuchin (Doubs), de celle de Gémeaux (Côte-d’Or) qui se baignait dans la fontaine Demelet, de celles encore de Couches-les-Mines (Saône-et-Loire), de Vitteaux   (Côte-d’Or), de Beaulon (Allier), de Fleury-sur-Loire(Nièvre)…

 Dans Le Pape des escargots d’Henri Vincenot, le héros se déplace en suivant les chemins de la vouivre, les chemins qui serpentent dans les campagnes, ce que font traditionnellement tous les pèlerins.

 Dans les temps reculés, il y eut sans aucun doute en France, en de nombreux endroits, de culte à la Terre-Mère dont le serpent est l’attribut. Certains, comme à Longpont-sur-Orge ou à Montmorillon, furent des lieux de culte à Isis.

 Le serpent a été associé au féminin, et tout particulièrement aux Déesses-Mères. Son mouvement ondulatoire et sa forme l’associent à l’énergie sexuelle ; ses résurrections périodiques et ses mues l’associent aux phases de la lune qui incarnent le pouvoir régénérateur des eaux, mais aussi énergies latentes renfermées dans le sein de la terre. Il représente la force vitale, étant à la fois créateur et destructeur. Salus, déesse de la Santé et de la Guérison chez les Romains, a comme attribut le serpent. Asclépios, dieu de la médecine, est celui qui trouva comment faire revivre les gens en voyant un serpent amener une feuille dans la bouche d’un autre, le relevant en même temps.

 Les déesses-mères étaient souvent souterraines. La déesse au serpent du Fâ de Barzan est peut-être la transposition d’une déesse chthonienne gauloise.

Autrefois la vouivre était effectivement reconnue comme étant un grand serpent, avec une pierre précieuse sur son frond.

Un jeune homme était amoureux de la fille d’un notable du village. Le jeune homme étant pauvre, tenta quand même de demander la main de la jeune fille.
Le père refusa catégoriquement. Prétextant que la dot serait trop faible.
Le jeune fermier resta plusieurs jours à se morfondre. Il ne savait plus quoi faire.
Un jour il rencontra un vieil homme. Un ancien qui connaissait toutes les histoires de la région. Il lui dit de ne pas aller du coté des marais s’il tenait à la vie car la vouivre surveil son trésor. Le jeune homme cru d’abord à une légende de plus. Mais la curiosité le poussa à aller vérifier. Il aperçu effectivement l’animal. Après plusieurs jours d’observation, il constata un fait étonnant.
La vouivre lache sa pierre précieuse avant de se baigner dans le marécage.
Il se dit qu’il n’était pas assez fort pour l’affronter. Alors il retourna voir le père dont la réponse fut définitive. 
Il prit donc la décision de dérober la pierre afin d’obtenir gain de cause.
Il se rendit dans le marais, attendit que la vouivre s’éloigne et déroba l’objet avant de repartir le plus vite possible. Il courrut de toute ses forces.
Mais la vouivre s’en aperçut et le rattrapa. Il n’eut d’autre choix que de lacher la pierre afin de pouvoir s’échapper.
Une journée passa avant que le père ne vienne à la ferme.
Il dit au jeune fermier : « j’ai appris ce que tu as fait. Je sais également que tu n’a pas réussi à rapporter cette pierre. Alors, sois tu es fou, sois tu es vraiment amoureux. Afin de saluer ton courage, je t’accorde donc la main de ma fille »

Ce conte est relativement populaire, il y a évidemment des variantes.
Mais dans l’ensemble, c’est ainsi que se racontait cette histoire dans les campagnes.

Chez moi, en  Franche-Comté, on a nos légendes féeriques  venues d’Orient par les pèlerins, par les croisades ; celles qui sont venues du Nord par les guerres et les voyages ; et celles dont l’origine est si incertaine, dont la forme est si bien appropriée au caractère franc-comtois, que la région les revendique comme lui appartenant réellement. En voici donc une parmi d’autres….. 

Ainsi dans ses forêts, ses rivières, au fond de ses vertes vallées, au sein de ses lacs bleus, habitent les fées et les génies, les sylphes et les kobolds. Sur le plateau de Haute-Pierre, on a vu quelquefois passer une autre Mélusine, un être moitié femme et moitié serpent. C’est la Vouivre. Elle n’a point d’yeux, mais elle porte au front une escarboucle qui la guide comme un rayon lumineux le jour et la nuit. Lorsqu’elle va se baigner dans les rivières, elle est obligée de déposer cette escarboucle à terre, et, si l’on pouvait s’en emparer, on commanderait à tous les génies, on pourrait se faire apporter tous les trésors enfouis dans les flancs des montagnes. Mais il n’est pas prudent de tenter l’aventure, car au moindre bruit la Vouivres’élance au dehors de la rivière, et malheur à celui qu’elle rencontre. Un pauvre homme de Moustier, qui l’avait suivie un jour de très loin, et qui l’avait vue déposer son escarboucle au bord de la Loue, et plonger ses écailles de serpent dans la rivière, s’approcha avec précaution du bienheureux talisman ; mais, à l’instant où il étendait déjà la main pour le saisir, la Vouivre, qui l’avait entendu, s’élance sur lui, le jette par terre, lui déchire le sein avec ses ongles, lui serre la gorge pour l’étouffer ; et n’était que le malheureux eût reçu le matin même la communion à l’église de Lods, il serait infailliblement mort sous les coups de cette méchante Vouivre. Mais il rentra chez lui le visage et le corps tout meurtris, se promettant de ne plus courir après l’escarboucle.  

Dans la grange de Mont-Nans, il y a, depuis trois ou quatre générations, un esprit servant comme les kobolds de l’Allemagne et les trolls du Danemark, qui fait la bénédiction de la maison. C’est lui qui prend soin de l’étable, conduit les bestiaux au pâturage, protège la grange, prépare la litière des chevaux, et remplit chaque matin l’abreuvoir d’une eau pure et limpide. On ne le voit pas, mais sans cesse on reconnaît ses bons offices ; on s’aperçoit qu’il a veillé sur les récoltes et sur les moissonneurs. Pour le conserver, il ne faut que lui abandonner une légère part des produits de la ferme, lui garder à la grange ou au foyer une place très propre, et ne pas médire de lui, car il entend tout ce qu’on dit, et se venge cruellement de ceux qui l’injurient. Quant à la Dame verte, c’est la sylphide, la déesse, la fée des prairies de Franche-Comté : elle est belle et gracieuse ; elle a la taille mince et légère, comme une tige de bouleau, les épaules blanches comme la neige des montagnes, et les yeux bleus comme la source des rochers. Les marguerites des champs lui sourient quand elle passe ; les rameaux d’arbres l’effleurent avec un frémissement de joie, car elle est la déesse bien-aimée des arbres et des fleurs, des collines et des vallées. Son regard ranime la nature comme un doux soleil, et son sourire est comme le sourire du printemps.  

Le jour, elle s’assoit entre les frais taillis, tressant des couronnes de fleurs, ou peignant ses blonds cheveux avec un peigne d’or, ou rêvant sur son lit de mousse au beau jeune homme qu’elle a rencontré. La nuit, elle assemble ses compagnes ; et toutes s’en vont, folâtres et légères, danser aux rayons de la lune, et chanter. Le voyageur qui s’est trouvé égaré le soir au milieu des montagnes de Franche-Comté a souvent été surpris d’entendre tout à coup des voix aériennes, une musique harmonieuse, qui ne ressemblait à rien de ce qu’on entend habituellement dans le monde : c’étaient les chants de la Dame verte et de ses compagnes. 

Quelquefois aussi les malines sylphides égarent à dessein le jeune paysan qu’elles aiment, afin de l’attirer dans leur cercle, et de danser avec lui. Que si alors il pouvait s’emparer du petit soulier de verre d’une de ces jolies Cendrillon, il serait assez riche ; car, pour pouvoir continuer de danser avec ses compagnes, il faudrait qu’elle rachetât son soulier, et elle l’achèterait à tout prix. 

L‘hiver, la Dame verte habite dans ces grottes de rochers, où les géologues, avec leur malheureuse science, ne voient que des pierres et des stalactites, qui sont pourtant toutes pleines de rubis et de diamants dont la fée dérobe l’éclat à nos regards profanes. C’est là que, la nuit, les fêtes recommencent à la lueur de mille flambeaux, au milieu des parois de cristal et des colonnes d’agate. C’est là que la Dame verte emmène, comme une autre Armide, le chevalier qu’elle s’est choisi. Heureux l’homme qu’elle aime ! C’est pour cet être privilégié qu’elle a de douces paroles, et des regards ardents, et des secrets magiques ; c’est pour lui qu’elle use de toute sa beauté de femme, de tout son pouvoir de fée, de tout ce qui lui appartient sur la terre.  

Une autre fée franc-comtoise mérite que nous parlions d’elle, la fée Arie. Celle-ci n’a ni l’humeur aussi folâtre, ni la vie aussi joyeuse que la Dame verte ; mais c’est la bonne fée de nos chaumières ; elle aime l’ordre, le travail ; partout où elle reconnaît de telles vertus, elle répand ses bienfaits ; elle soutient dans ses devoirs la pauvre mère de famille et les jeunes gens laborieux. Presque jamais on ne la voit, mais elle assiste à tout ce qui se fait dans les champs ou sous le toit du chalet ; et si le blé que le paysan moissonne est mieux fauché, si la quenouille de la jeune fille se file plus vite et donne un fil plus beau, c’est que la fée Arie était là, et qu’elle a aidé le paysan et la jeune fille. C’est elle aussi qui récompense les enfants obéissants et studieux ; c’est elle qui fait tomber sur leur chemin les prunes des arbres voisins, et leur distribue, à Noël, les noix sèches et les gâteaux ; ce qui fait que tous les enfants connaissent la fée Arie, et parlent d’elle avec espoir. 

Une petite ville des montagnes de Franche-Comté a été plusieurs fois témoin d’une apparition merveilleuse. A un quart de lieue du Maiche, au-dessus d’une colline, on aperçoit les restes d’un château entouré de broussailles et de sapins. Là vivait jadis un seigneur avare, dont le coeur était fermé à tout sentiment d’équité, et qui, pour assouvir sa passion sordide, soumettait sans cesse ses vassaux à de nouvelles exactions, et volait le bien de ses voisins. Il est enterré au milieu de ses trésors, mais il ne peut y trouver le repos. Il voudrait pouvoir échanger son sépulcre splendide contre la tombe de terre fraîche où dort si bien le paysan ; mais il est condamné à rester là où il a vécu, et il passe la nuit à se rouler sur son or et à gémir

Dieu, touché de ses souffrances et des prières que ses descendants ont fait faire pour lui, a cependant ramené l’espoir dans son coeur, et lui a permis de venir dans ce monde chercher quelqu’un qui le délivre. Tous les cent ans, à jour fixe, quand l’obscurité commence à envelopper les campagnes, le vieux seigneur sort de son manoir, tenant une clef rouge et brûlante entre les dents. Il rôde dans les champs, entre dans les enclos, et s’approche de la ville, offrant à tout le monde son visage cadavéreux et sa clef enflammée. Celui qui aurait le courage de prendre cette clef et de le suivre deviendrait à l’instant même possesseur d’immenses trésors, et délivrerait cette pauvre âme des tourments qu’elle endure. Jusqu’à présent, personne n’a encore osé se rendre à son appel…  

En Franche-Comté, lorsqu’une femme veut devenir sorcière, le diable, pour ne pas l’effrayer, lui apparaît sous la figure humaine et quitte son vilain nom de Belzébuth ou de Satan pour en prendre un qui caresse mieux l’oreille, tel que Vert-Joli, Joli-Bois, Verdelet, Joli, etc. Les sorciers sont tenus d’aller au sabbat. Ceux de la contrée de Saint-Claude avaient rendez-vous dans un champ écarté de toute habitation, et près d’une mare d’eau. Ils s’y rendaient habituellement le jeudi et les veilles de grandes fêtes, les uns en se mettant à cheval, les autres en montant sur un mouton noir.

Là se trouvait Satan, le monarque des enfers ; Satan, sous la forme d’un bouc, tenant une chandelle allumée entre ses cornes. Chaque sorcier était obligé de lui offrir une chandelle verte, et de lui faire une autre politesse, fort peu récréative. Puis, toute la gente ensorcelée chantait, buvait, mangeait, parodiait les prières de l’église et la messe, et l’orgie durait jusqu’au jour, jusqu’à l’heure où le coq chantait ; car on sait que le chant du coq a un grand pouvoir sur les mauvais esprits. Quelquefois l’âme seule s’en allait au sabbat. Le corps restait immobile et comme endormi ; l’âme s’échappait à la dérobée et passait la nuit dans son infernale réunion.  

Un jour, un paysan s’aperçut que sa femme couchée à côté de lui ne bougeait, ni ne soufflait. En vain, il l’appelle à haute voix ; en vain, il la tire par les bras. Impossible de l’éveiller. Mais, aux premiers rayons du matin, elle se leva en poussant un grand cri. Le paysan, tout troublé, s’en alla raconter cet événement : la femme fut interrogée, et déclara qu’il ne fallait attribuer son profond sommeil qu’à la fatigue qu’elle avait éprouvée la veille en travaillant tout le jour dans les champs. On ne la crut pas, et elle fut brûlée.  

Dans ces nuits passées au sabbat, on ne s’occupait pas seulement de boire et de manger. Il y avait quelquefois de graves conciliabules, où Satan donnait à ses adeptes des leçons de science cabalistique. Les vieilles sorcières racontaient avec orgueil leurs méfaits, et les jeunes s’instruisaient à cette édifiante école. A la fin de la séance, Satan avait coutume de demander aux jeunes femmes nouvellement enrôlées sous sa bannière une mèche de cheveux, ce qui fit dire que la façon de faire que les amoureux observent parfois d’avoir quelques bracelets de cheveux de leurs maîtresses procède du démon, les boucles de cheveux étant peut-être des chaînes magiques liant la conscience…      

Publié dans Bourgogne, LEGENDES-SUPERSTITIONS | Pas de Commentaire »

Le Renard en Bourgogne

Posté par francesca7 le 20 avril 2013

 

Le samedi 16 mars 2013, France 3 Bourgogne a diffusé à 15 h 20 « Le renard et nous », un film documentaire de Violaine Labrusse et Gilbert Loreaux qui permettra de mieux appréhender cet animal entre légendes et réalité, romantisme et réalisme.

Un renard roux (Vulpes vulpes) au British Wildlife Centre, en Angleterre. Il s'agit de l'espèce la plus connue et la plus répandue.

De tout temps, le renard a fasciné les hommes. Entre mythes et réalités, le film permet de pénétrer au plus près de cet animal. Ainsi, dans cette région d’éleveurs de volailles qu’est la Bresse, le renard roux est inévitablement considéré comme la « bête noire » par excellence. Il s’agit de faire face à une bête qui se voit proposer un véritable garde-manger en plein air ! Dès lors, une seule solution s’offre à l’éleveur : se faire piégeur et/ou avoir recours à un lieutenant de louveterie aidé de chasseurs pour organiser des battues. Car le renard roux est classé dans la catégorie des nuisibles. Il peut donc être chassé et piégé toute l’année.

Un animal particulièrement rusé

Si la profession agricole voit en cet animal un nuisible qui peut considérablement nuire à la rentabilité d’une exploitation, elle trouve face à elle de fervents défenseurs de la nature. Ces derniers estiment que le goupil est aussi et surtout un nettoyeur de la nature. Lui qui serait essentiellement un mangeur de campagnols. Ainsi, Serge Montagnon, photographe animalier, peut rester des heures à l’affût pour faire la bonne photo sans déranger l’animal. Quant à Marie-Noëlle Baroni, coach animalier pour le cinéma, elle n’hésite pas à aller à la rencontre du grand public pour faire plus particulièrement découvrir son couple de renards. Enfin, le centre Athénas, attaché à la sauvegarde de la faune sauvage, récupère des renardeaux orphelins puis les relâchent dans la nature. De son côté, Jean-Steve Meia apporte son regard de scientifique et fait partager sa parfaite connaissance de cet animal, dont il est devenu un éminent expert. Une vision plus chimérique est proposée par Vincent Durand-Dastès, spécialiste de la littérature chinoise, qui décrit la place qu’a le renard, ou plutôt la renarde, dans l’Empire du Milieu.

article de Régis Gaillard

Jusqu’à la fin du xixe siècle, et encore dans de nombreux dialectes français, cet animal est appelé un goupil. Le terme actuel de « renard », pour désigner l’animal, n’est autre qu’un prénom donné à un « goupil » dans le Roman de Renart. Au centre de ce recueil d’histoires imaginaires, le goupil Renart est très rusé et les tours qu’il joue aux autres animaux et aux humains ont rendu le personnage très populaire (on disait : « malin comme Renart »). De ce fait, son prénom s’est progressivement substitué au terme goupil comme substantif.

Renard a été graphié renart jusqu’au milieu du xvie siècle. Le nom propre est un anthroponyme d’origine germanique : Raginhard, composé des éléments ragin « conseil » cf. Renaud, et hard« dur » cf. suffixe français -ard. Il a pour équivalent le prénom allemand Reinhard.

Le mot goupil procède du gallo-roman *WULPĪCULU, variante du latin populaire vulpēcula « petit renard », diminutif de vulpēs « renard » en latin classique, avec passage à [w] à l’initiale dû à l’influence germanique, peut-être par analogie avec le mot wolf, loup, ensuite [w] évolue régulièrement en [gw], puis en [g], sauf dans les dialectes septentrionaux (ex : picard woupil).

Le terme latin est peut-être apparenté au sanskrit lopāśa-, voire au grec ancien, à condition de supposer des altérations irrégulières. La connexion n’est cependant pas aisée puisque le mot grec n’a jamais eu de ϝ / w initial (cf. l’arménien classique ałuēs).

Publié dans Bourgogne, FAUNE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

Les Belles Lettres de la Bourgogne

Posté par francesca7 le 9 avril 2013

 

Adoptons pour évoquer l’histoire des Lettre en Bourgogne, la règle du jeu de rôles, qui permet d’en faire ressortir la relative unité. Le contexte de référence étant la cour des ducs – qui employaient d’ailleurs  « une armée »  de copistes et calligraphes, miniaturiste et relieurs – faisons endosser à chaque écrivain, anonyme, méconnu ou célèbre le costume d’un personnage type : le chroniqueur (historien), l’orant (religieux), le chantre (auteur lyrique), le clerc ( savant) et le bouffon (amuseur).

Les Belles Lettres de la Bourgogne dans Bourgogne troupe-de-jacques-copeau-640x511-300x240

: le chroniqueur

Au « grand siècle » du duché, les Valois aiment à gagner des chroniqueurs qui relatent, plutôt en panégyristes qu’en moralistes, les événements marquants de leur règne : Philippe de Commynes, conseiller et chambellan du Téméraire et Olivier de la Marche, poète à ses heures, sont les plus célèbres de ces « historiens » (à noter que tous deux sont passés au service du roi Louis XI) ; ils eurent toutefois un digne prédécesseur en la personne de Georges Chastellain, membre du conseil privé de Philippe le Bon, chevalier de la Toison d’or et auteur d’un éloge d’icelui. Autre grande figure de la littérature médiévale, Christine de Pisan dédie à Philippe le Hardi sa Mutacion de fortune, qui lui commande la rédaction d’un portrait du roi défunt son frère : Livre des Fauets et bonnes mœurs du Charles V (1404) est l’œuvre de la première historienne de France.

Chacun a sa manière, les chroniqueurs s’inspirent des épopées légendaires relatées dans les chansons de geste, à l’époque de la chevalerie, où souvent le bourguignon s’oppose au carolingien. Dans Girart de Roussillon (13ème siècle), on raconte dans un dialecte entre le français et le provençal les mésaventures du fondateur du monastère de Vézelay face à Charles Martel).

Il est possible de faire remonter le genre de la chronique fort loin dans l’histoire de la Bourgogne. Dictés par César sur le mont Beuvray dans un latin parfait, les Commentaires sur la guerre des Gaules, destinés à faire connaître sa victoire à Rome, font partie de la grande littérature. Et aussi des livres de chevet de Charles le Téméraire, qui a demandé à Jean du Chesne de les lui recopier.

Les hauts faits d’armes ne sont pas indispensables. Les « petits faits vrais », cela  nourrit aussi la matière de romans. Par exemple, Restif de la Bretonne, littérateur fécond, né à Sacy près de Vermenton ; son œuvre souvent licencieuse est fondée sur du vécu, et constitue une précieuse source de renseignements sur la société de latin du 18ème siècle. Dans la vie de mon père, il décrit la condition paysanne dans son pays. Plus tard, Jules Renard (1864-1910) QUE L’ON CONNAIT POUR SON INCONTOURNABLE Poil de carotte, a fait preuve d’un sens aigu de l’observation dans ses Histoires naturelles, développé au cours de ses long séjours dan le Morvan. On y trouve aussi de jolies formules : « Le Papillon », ce billet doux plié en deux, qui cherche une adresse de fleurs. L’enfant adoptif de Gevrey Chambertin Gaston Roupnel, fidèle interprète du terroir, enseignant et romancier (Nono), occupa la chaire d’histoire bourguignonne à la faculté de Dijon en 1916.

Dernier et authentique chroniquer celui là, Georges Duby qui recherchait dans le Mâconnais, autour de Cluny bien sûr, les tracés de ces Français de l’an mille.

: L’orant

Le lien se fait tout seul. Au Moyen Age, l’étude, l’écriture et la diffusion du savoir se réalisent autour des églises et des monastères : l’abbaye de St-Germain d’Auxerre a ainsi joué le rôle d’une véritable université au temps de Charlemagne (les étudiants viennent de l’Europe entière) et, un peu plus tard c’est de l’abbaye de Cluny que rayonne la vie intellectuelle (trait d’union : Odon, qui enseigna à St Germain avant de devenir abbé de Cluny).

Saint Bernard domine le 12ème siècle de sa personnalité et de son génie : il réunit à Clairvaux une bibliothèque remarquable (une partie est conservée à Dijon) et nous apparaît lui-même comme l’un des grands écrivains de son temps. De sa plume, il nous reste des Lettres, des sermons et quelques traités, tout en latin. De la Renaissance on retient les noms de Pontus de Thiard, né au château de Bissy sur Fley en Mâconnais, grand philosophe et théologien, membre de la Pléiade et de Théodore de Bèze, originaire de Vézelay, humaniste rallié à la Réforme, auteur de nombreux ouvrages dogmatiques dont une Vie de Calvin, à qui il avait succédé à Genève puis à la tête du protestantisme en France.

Le 17ème  siècle est dominé en Bourgogne par la grande figure de Bossuet, dijonnais de naissance, prélat, théologien et orateur (Les Oraisons funèbres). « Qu’il y ait un seul moment où rien ne soit, éternellement rien ne sera »  a-t-il écrit, stoïque, dans son Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même.

Le père Lacordaire, né à Recey sur Ource dans le Châtillonnais, fut prédicateur de Notre Dame. Il s’associa à Lamennais pour créer un mouvement catholique libéral. C’est lui qui, en 1843, rétablit en France l’Ordre des dominicains. Notre contemporain Christian Bobin, auteur dans la tradition catholique d’un fervent Le Très Bas consacré à François d’Assise, est né au Creusot qu’il n’a jamais quitté.

: Le chantre

D’une vogue durable, le conte de La Châtelaine de Vergy marque les débuts du roman d’amour courtois. On y raconte dans une langue recherchée la noble et terrible histoire d’un chevalier aimant en secret la nièce du duc de Bourgogne. La littérature médiévale se prolonge dans les Mystères et les Passions – forme populaire du théâtre – Mystère de Jason, Mystère d’Hercule et Passion d’Autun. Passion de Semur ont connu un vif succès.

On peut citer le nom du poète Jehan Régnier, né et mort à Auxerre (1393-1465), envoyé par Philippe le Bon en mission secrète à Rouen auprès des Anglais et sauvé par sa femme alors que Charles VII avait ordonné sa mise à mort. Ses rondeaux inspireront François Villon. Dans la poésie française, Lamartine tient assurément une grande place. Son influence dans le mouvement romantique au 19ème siècle a été considérable ; parmi les méditations, il exalte les charmes de Saint Point et de Milly, la terre natale qu’il retrouve « en exil » sous le Second Empire (La Vigne et la Maison – 1857). Plus introvertie et secrète, Marie Noël, grand prix de poésie de l’Académie française en 1962, fut longtemps la voix d’Auxerre, aux accents de l’innocence. Autre femme écrivain, universellement connue, Colette a évoqué son enfance à Saint Sauveur sur un ton souvent moins châtié, mais ô combien ardent. De son côté, la terre nivernaise a été chantée par Achille Millien, poète qui recueillit aussi les traditions morvandelles, et par Maurice Genevois. Le romancier Henri Vincenot (1912-1985), ne à Dijon, a évoqué avec tendresse la vie des paysans bourguignons pendant l’entre deux guerre (La Billebaude). Le vagabond La Gazette nous entraîne dans Le Pape des escargots auprès des hauts lieux de Bourgogne.

: le clerc

tout imprégné d’humanisme, le 16ème siècle a connu avec Guy Coquille, né à Decize, un célèbre jurisconsulte qui écrivit « Les Coutumes du pays et duché de Nivernais ». Au siècle suivant, plutôt teinté d’absolutisme, le grand ingénieur militaire Vauban fut aussi un écrivant de talent, comme en témoignent ses « Oisivetés » et son « Projet d’une dame royale ». Les Lumières ont sans conteste pénétré la province. Tandis que l’académie de Dijon récompensait un mémoire de Rousseau, Jean Bouhier, président au Parlement, correspondant avec toute l’Europe, écrit « La Coutume de Bourgogne » ; Charles de Brosses, conseiller et qui deviendra à son tour Premier président en 1775, se révèle un conteur plein devie dans ses « Lettres familières écrites d’Italie », qui réjouiront Stendhal (dont celle-ci : L’amour de la patrie, vertu dominante des grandes âmes, me saisit toujours à l’aspect d’une bouteille de vin de Bourgogne).

Enfin, Buffon, l’enfant de Montbard, a joué un rôle de premier plan dans le rayonnement de la science française. Les immortels ont accueilli avec des applaudissements son fameux Discours sur le style (« Le style, c’est l’homme »). La tentation encyclopédique s’est de nouveau manifestée à travers le grand œuvre du lexicographe Pierre Larousse, né à Toucy dans l’Yonne et, dans une moindre mesure, par les travaux du Dijonnais Adolphe Joanne, auteur des premiers guides touristiques (Voyages en France).

Parmi les savants lettrés de notre siècle on retiendra surtout les noms du Tournusien Albert Thibaud et, critique littéraire à l’influence immense, et de Gaston Bachelard en un sens son successeur, enseignant à Dijon dans les années 1930 et auteur de L’Eau et les Rêves – ainsi que d’études sur la Siloë de Roupnel. Pour clore la rubrique sur le même thème de l’humaniste, on peut invoquer le normaline Romain Rolland, un sage né à Clamecy, à qui l’on doit Jean Christophe et Colas Breugnon.

Le bouffon

Que serait la cour sans cette figure ? Philippe le Bon adorait les récits assez gaillards et un peu paillards, dans le ton des fabliaux. Les Cent Nouvelles, nouvelles qui lui furent offertes relèvent de ce registre. Le dernier historiographe de la maison de Bourgogne, Jean Molinet (1435-1507) a exercé le meilleur de sa verve dans des pièces parodiques à la fantaisie débridée, pleines de savoureuses trouvailles (Faitz et Ditz). A la Renaissance, on ne craint pas d’attaquer la religion chrétienne avec les armes du rire. C’est le cas de Bonaventure des Périers, d’Arnay le Duc, ami de Clément Marot, conteur malicieux, souvent mordant et satirique. Etienne Tabourot, lui avec ses Escraignes restitue dans toute sa familiarité la vie de Dijon. Sous Louis XIV, c’est Bussy-Rabutin qui donne, en particulier dans la correspondance avec sa cousine Mme de Sévigné (qui fit, durant sa jeunesse, quelques séjours au château de Bourbilly), un tableau juste et parfois cocasse de la société de son temps. Le règne suivant voit s’exercer le talent de Crébillon père avec des tragédies chargées d’horrifiques rebondissements et le vilain génie d’Alexis Piron, auteur de la truculente Métromanie ainsi que de Poésies à l’esprit très mordant.

Le Beaunois Xavier Forneret a prolongé le lyrisme lamartinien dans la couleur noire, avec un humour extravagant qui plus fort au pape du surréalisme André Breton (« Bâtissez un pont de papier de soie et jetez-y le bien que font les hommes, il tiendra bon »). Après que Claude Tillier, auteur de Mon oncle Benjamin s’est illustré dans le pamphlet anticlérical, relais fut pris par l’humoriste Franc-Nohain, né à Corbigny, pour se moquer des mœurs de la bourgeoisie nivernaise. D’origine bourguignonne, le comédien-écrivain Jacques Copeau, rénovateur du théâtre, quittant la compagnie du Vieux-COLOmbier pour poser sa troupe des « Copiaus » à Pernand-Vergelesses (ce nom leur est donné par les vignerons ») à relancé entre les deux guerres l’esprit des fabliaux et de la commedia d’ell’arte. Nul doute que son Théâtre populaire (1942) est en point de mire dans l’action de Dominique Pitoiset à la tête du Nouveau Théâtre de Bourgogne.

 

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L’art moderne et l’art contemporain de Bourgogne

Posté par francesca7 le 9 avril 2013

 

Les arts créés au cours du 19ème siècle, ont leur source scientifique dans la « vallée de l’image » : c’est la photographie d’abord, avec Niepce qui l’invente près de Chalon (très riche musée des techniques et des arts graphiques), puis le cinéma grâce au précurseur Etienne-Jules Marey qui transmettra ses découvertes aux frères Lumière.

En ce qui concerne l’architecture, l’ingénieur dijonnais Gustave Eiffel (1832-1923) s’est spécialisé dans la construction m2tallique : ponts, viaducs, gare de Budapest… Son nom reste lié à la tour qu’il éleva à Paris pour l’Exposition Universelle de 1889, dont la structure repose sur le principe de la « poutre en treillis ». Le visionnaire Claude Parent, concepteur des centrales nucléaires, a dessiné l’église Ste Bernadette de Nevers en se référant pour partie à l’art cistercien. La force architecturale de St Philibert de Tournus à influencé pour sa part le compositeur Edgar Varèse, au même titre que les contrepoints de Dufay.

La sculpture est représentée d’un côté par les très académiques Jouffroy (« La Seine » statue ornant le bassin des sources) et Eugène Guillaume (Le Mariage romain au musée de Dijon) et de l’autre par François Pompon créateur des formes animalières schématiques qui sont un pan de la figuration moderne. Les peintres ont pour amis de grands noms, tels le Beaunois Félix Ziem, proche de Corot (qui a peint la campagne de Lormes) ou Alphonse Legros, né à Dijon, dont le style réaliste et les thèmes ruraux font évoquer son aîné Courbet. La veine de Legros pour les scènes d’intérieur s’est en quelque sorte perpétuée au travers du penchant intimiste de Vuillard – né à Cuiseaux en 1868 – sensible surtout dans sa période nabis. Pus proches de nous, Jean Bertholle, né à Dijon en 1909, décédé en 1996, a travaillé avec les Delaunay avant d’adopter l’abstraction : accueilli près de Clamecy, le grand affichiste Charles Loupot introduisit dans la réclame de cubisme et le constructivisme : l’Avallonnais Gaston Chaissac, « peintre rustique moderne » ou « Pablo morvandiau » selon ses propres termes, fut l’explorateur infatigable des supports et techniques inédits vite étiquetés « art brut » ; Balthus, immense artiste, dont la présence a Chassy dans les années 1950 nous vaut une vision élégante et tout à la fois organique du Morvan. Les sites où l’expose l’art contemporain ne manquent pas en Bourgogne. Dans les communs du château de Tanlay ; au palais synodal de Sens ; à l’artothèque de l’abbaye st-Germain à Auxerre ; au musée des ursulines à Mâcon ; dans la galerie de Ducs à Nevers ; au musée René Davoine à Charolles ; au château de Ratilly… à Vézelay, la fondation Zervos et animée de l’esprit de la donation Granville à Dijon. L’art brut a trouvé un lieu privilégié à Dicy près de Joigny (La Fabuloserie), l’acier inox brille dans des œuvres monumentales à Gueugnon en Saône et Loire et les sculptures dues à Arman, Gottfried Honegger ou Karel Appel ont transformé le campus universitaire de Dijon en véritable musée de plein air.

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Alise Sainte Reine et son histoire

Posté par francesca7 le 4 avril 2013

 

Alise Sainte Reine et son histoire dans Bourgogne vercingetorix-126x300Une ambiance de chasse au trésor anime ce village depuis plus d’un siècle. Photos aériennes, fouilles interminables, thèses minutieuses… rien n’a été oublié dans cette longue quête. L’enjeu est de taille car il s’agit de prouver que le site est bien celui de la célèbre bataille d’Alésia. Un honneur disputé par de nombreuses communes, mais remporté de haute lutte par Alise-Ste-Reine.

La situation : Côte d’Or (21) – 16 km au nord-est de Semur en Auxois (D954). Le site est adossé au mont Auxois, butte de 407 m aux versants abrupts, qui sépare les vallées de l’Oze et de l’Ozerain et domine la plaine des Laumes.

Le nom : Alise Ste Reine tire la première partie de son nom d’Alésia, capitale des Gaulois Mandubiens installés sur le plateau puis cité gallo-romaine. La seconde partie évoque le souvenir d’une jeune chrétienne martyrisée en cet endroit au 3ème siècle dit-on, et dont la fête, en septembre, attire les pèlerins.

Les gens : 667 Alisiens. Un jeune cultivateur d’Alise, Victor Pernet, a dirigé avec une compétence incroyable les recherches ordonnées par Napoléon III. Il était assisté par de nombreux paysans recrutés pour leur connaissance du terrain.

Comprendre le débat pour une grande défaite.

Le siège d’Alésia – Après son échec devant Gergovie, fief des Arvernes, près de Clermont-Ferrand au printemps de 52, le proconsul César bat en retrait vers le Nord, afin de rallier, près de Sens, les légions de son lieutenant Labienus. Cette jonction opérée, et alors qu’il regagnait ses bases romaines, sa route est coupée par l’armée gauloise de Vercingétorix. Malgré l’effet de surprise et l’avantage du nombre, les Gaulois subissent un cuisant échec et le chasseur devenu chassé décide de ramener ses troupes dans l’oppidum d’Alésia .

Commence alors un siège mémorable. Maniant la pelle et la pioche, l’armée de César (50 000 hommes) entoure la place d’une double ligne de tranchées, murs, palissades, tours ; la contrevallation, première ligne de fortifications, face à Alésia, doit interdire toute tentative de sortie des assiégés, la seconde, la circonvallation, tournée vers l’extérieur, est faite pour contenir les assauts de l’armée gauloise de secours.

Pendant six semaines, Vercingétorix essaie en vain de briser les lignes romaines. L’armée gauloise de secours, forte de près de 250 000 guerriers, ne parvient pas davantage à forcer le barrage et bat en retraite. Affamés les assiégés capitulent. Pour sauver ses soldats, Vercingétorix se livre à son rival. Celui-ci le fera figurer dans son « triomphe » (statue au capitole) six ans plus tard et concomitamment étrangler au fond du Tullianum, un cachot de la prison de Rome.

Une « bataille » d’érudits – L’emplacement d’Alésia a été vivement contesté sous le Second Empire par quelques érudits qui situaient le lieu du fameux combat à Alaise, village du Doubs.

Pour mettre fin à ces controverses quelque peu politiques, Napoléon III fit exécuté des fouilles autour d’Alise Sainte Reine en 1861. Ces recherches permirent de découvrir de nombreux vestiges d’ouvrages militaires attribués à l’armée de César, des ossements d’hommes et de chevaux, des armes ou débris d’armes, des meules à grain, des pièces de monnaie. L’érection, sur le plateau, au terme des fouilles en 1865, d’une statue de Vercingétorix n’a pas mis fin aux polémiques.

Des photographies aériennes et des sondages ont été effectués à l’appui de la thèse bourguignonne ; des bornes et plaques posées le long des routes qui entourent le mont Auxois signalent les endroits où ces routes recoupent des fossés reconnus par les archéologues du site comme des tranchées romaines et plus exactement comme les circonvallation et contrevallation creusées par César autour d’Alésia.

Pour découvrir le Mont Auxois : A l’Ouest du plateau, à proximité de la colossale statue en bronze de Vercingétorix, œuvre du bourguignon Millet, le panorama s’étend sur la plaine des Laumes et les sites occupés par l’armée romaine lors du siège d’Alésia ; au loin, la région de Saulieu.

Les fouilles à Alice Ste Reine : Au sommet de l’oppidum de 100 ha s’étendait une ville gallo-romaine dont la prospérité semble liée à son importante activité métallurgique. Au cours de la visite on observera sa distribution en quartiers assez distincts autour du forum. A l’Ouest, le quartier monumental regroupe le théâtre (dont le dernier état date du 1er siècle de notre ère), le centre religieux et une basilique civile. Au Nord s’étend un secteur prospère réunissant des boutiques, la grande maison de la « Cave à la Meter » équipée d’un hypocauste (système antique de chauffage par le sol) et la maison corporative des bronziers au Sud-Est le quartier des artisans présente de petites maisons, souvent accompagnées d’une cour où s’exerçait précisément l’activité artisanale au Sud-Ouest, les vestiges de la basilique mérovingienne Ste Reine, entourée seulement d’un cimetière, marquent la fin de l’occupation du plateau par la population qui s’installe dès lors à l’emplacement du village actuel.

Le Musée d’Alésia : Même conditions de visite que les fouilles (fin mars à mi novembre). Propriété de la Société des sciences de Semur en Auxois, ce musée renferme des objets découverts au cours des fouilles de la ville gallo-romaine.

Nous pouvons également y visiter :

la Fontaine Sainte Reine : On rapporte qu’une source miraculeuse aurait jailli sur le lieu où fut décapitée sainte Reine, jeune fille au teint de rose élevée dan la foi chrétienne, qui refusé d’épouser le gouverneur romain Olibrius. Jusqu’au 18ème siècle, la vertu curative de ses eaux fut renommée. Près de la fontaine, fréquentée par de nombreux pèlerins depuis le Moyen Age et encore de nos jours, une chapelle abrite une statue vénérée de la sainte (15ème siècle). L’hôpital à proximité fut créé en 1660 sur les instances de Saint Vincent de Paul.

L’Eglise Saint Léger : cette église des 7ème et 10ème siècle restaurée dans son état primitif, a été construite sur le plan des anciennes basiliques chrétiennes avec une nef couverte en charpente et une abside en cul de four. Le mur Sud est mérovingien, le mur Nord carolingien.

Le Théâtre des Roches : Il a été créé en 1945, sur le modèle des théâtres antique,s pour accueillir les représentations du Mystère de Sainte Reine.

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La Bourgogne de la Renaissance au Romantisme

Posté par francesca7 le 1 avril 2013


Dans l’histoire de l’art, une hypothèse donne le réalisme gothique franco flamand, lequel s’est splendidement exprimé en Bourgogne, comme la véritable Renaissance. Selon Vasari, en effet, les caractéristiques de celle-ci tiennent à l’imitation du naturel et à une vision neuve de l’homme. Cela dit, l’art bourguignon influencé par l’Italie suite au 16ème siècle une orientation nouvelle, marquée par un retour aux canons antiques.

La Bourgogne de la Renaissance au Romantisme dans Bourgogne meuble-210x300Pour l’architecture, la transition s’effectue en douceur. En Bresse, encore partie du duché de Savoir, l’église de Brou (1513-1532) relève essentiellement de l’art gothique flamboyant. L’église St Michel de Dijon est composite : tandis que la nef – commencée au début du 16ème siècle – est de style gothique, la façade, dont la construction s’échelonne entre 1537 et 1570, est un exemple d’intégration d’éléments Renaissance ; c’est le triomphe des lignes horizontales et des arcs en plein cintre. On sculpte désormais en façade des médaillons à l’antique, des bustes en haut relief, tandis que les sujets religieux font place à des sujets profanes. C’est dans les années 1520 que sont sculptées les stalles de l’église de Montréal, œuvre d’inspiration local, où pétille l’esprit bourguignon. Le peintre sénonais Jean Cousin réalisé les cartons de vitraux pour la cathédrale St Etienne jusqu’en 1540, date à laquelle il part à Paris. Dans la seconde moitié du 16ème siècle se répand à Dijon la décoration ornementale telle que la conçoit Hugues Sambin, auteur de la porte du palais de justice et semble-t-il d’un grand nombre d’hôtels particuliers.

La Bourgogne n’a certes pas connu une floraison de châteaux de plaisance comme le Val de Loire, mais elle compte toutefois de grandioses demeures comme Sully, Tanlay ou Ancy le Franc. Les fresques couvrant les murs d’Ancy (dont le nouveau propriétaire a permis la restauration), dues aux élèves du Primatice et de Nicolo dell’Abate, évoquent nettement Fontainebleau.

Le style baroque, plus enclin à la fantaisie qu’au respect du « bon goût », fait son apparition en Bourgogne sous le règne de Louis XIII dans les ors et la décoration profuse du château de Cormatin. Le sculpteur Jean Dubois, né à Dijon en 1625, réalise dans cet esprit la statuaire et le mobilier de nombreux édifices.

A l’opposé, imité du Louvre et plus tard de Versailles, l’art classique est marqué par la recherche de l’équilibre rationnel ; à Dijon l’on aménage la place Royale et l’on construit le palais des Etats de Bourgogne selon les plans d’Hardouin-Mansart, les familles de parlementaires se font édifier des hôtels particuliers. Bien qu’ayant gardé les caractères de la Renaissance, l’hôtel de Vogué (1607-1614) présente le disposition nouvelle d’un corps de logis retiré au fond d’une cour, l’accès à la rue se faisant par une porte cochère, l’autre façade s’ouvrant sur des jardins. L’ordonnance des châteaux classiques édifiés ou agrandis aux 17ème  et 18ème siècle se signale par la rigueur et la symétrie, des ailes en retour ou esquissées par des avant-corps, un façade à fronton triangulaire ou un pratique qui rappelle le temple grec. On peut citer Bussy Rabutin, Commarin, Talmay, Beaumont sur Vingeanne, Pierre de Bresse, Drée. Le style néoclassique trouve en Germain Soufflot, née à Irancy, l’un de ses fiers représentants : la partie fera de son église St Geneviève le Panthéon.

En peinture, l’avancée de la classe bourgeoise trouve son chantre en la personne de Tournusien Greuse, fort apprécié de Diderot, mais dont la renommée s’éteint avec David. C’est l’élève favori de David, Girodet – né à Montargis – et un enfant de Cluny, Prud’hon, élève lui de Devosge à l’académie de Dijon, qui reprennent le flambeau et deviennent peintres de l’Empire. Les figures rêveuses et sensuelles de celui-ci, les images traitées avec ardeur par celui-là font partie de la première iconographie du romantisme. Vingt ans plus tard, le Dijonnais Rude adopte le même parcours en sculpture : après des débuts proprement néoclassiques, il a illustré avec sa « Marseillaise » de l’arc de triomphe de Paris la fougue du tempérament romantique.

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Le style gothique de Bourgogne

Posté par francesca7 le 1 avril 2013

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Dès le milieu du 12ème siècle, la croisée d’ogives apparaît en Bourgogne, prélude à une orientation nouvelle de l’architecture : allégement des voûtes, élargissement des baies, suppression des chapiteaux. A l’extérieur, les arcs-boutants dispensent les murs de porter, lesquels en profitent pour s’orner d’immenses verrières.


Architecture
 : En 1140, la tribune du narthex de Vézelay est voûtée d’ogives. Les cisterciens sont parmi les premiers à adopter cette formule des arc diagonaux brisés et l’utilisent vers 1150 à Pontigny . A Sens, (alors domaine royal) est érigée selon les directives de l’archevêque Sanglier la première grande cathédrale gothique (1135-1176), dédiés à saint Etienne. L’emploi de voûtes sexpartites permet de remplacer les piliers uniformes par une alternance de piles fortes et de piles faibles.

Un style « bourguignon » se précise avec Notre Dame de Dijon, construite d’un seul jet de 1230 à 1251 : au-delà du transept, le chœur, assez profond, est flanqué d’absidioles – deux généralement – et terminé par une haute abside ; un triforium court au-dessus des grandes arcades, tandis qu’au niveau des fenêtres hautes, le mur de clôture de la nef, un peu en retrait, dégage une seconde galerie de circulation. Dans l’ornementation extérieure, la présence d’une corniche – dont la forme varie d’un monument à l’autre – se développant autour du chœur, de la nef, de l’abside ou du clocher est un mode de décoration typiquement bourguignon. Parmi les édifices élevés selon ces principes, on peut citer la cathédrale d’Auxerre, la collégiale St Martin de Clamecy, l’église Notre Dame de Semur en Auxois. Dans cette dernière, l’absence de triforium ajoute encore à l’impression de hauteur vertigineuse qui se dégage d’une nef étroite. L’église de St Père présente certaines ressemblances avec Notre Dame de Dijon. Mais elle en diffère par son élévation qui est à deux étages avec une galerie devant les fenêtres.


L’architecture se fait à la fin du 13
ème siècle d  plus en plus légère et défie les lois de l’équilibre. En témoigne, aérien, le chœur de l’église de St Thibault en Auxois, dont la clef de voûte s’élève à 27 m sur une largeur de 9,26 m.

En ce qui concerne les monuments civils, Dijon et un certain nombre de villes ont conservé des hôtels particuliers ou des maisons à colombage édifiées au 15è siècle, par de riches bourgeois ; ainsi à Flavigny sur Ozerain et à Château neuf. C’est également de cette époque du gothique tardif que datent une partie du palais des Ducs de Bourgogne à Dijon (tour de la Terrasse, cuisines ducales), le palais synodal à Sens et l’Hôtel Dieu de Beaune, triomphe de l’architecture de bois. Parmi les châteaux, dont nombre ont gardé l’allure des forteresses du 13ème siècle, signalons Châteauneuf, construit par Philippe Pot, sénéchal de Bourgogne, Posanges et le palais ducal de Nevers.

Sculpture, peinture

Les œuvres de pierre héritent au 13ème siècle de l’influence de l’Ile de France et de la Champagne en ce qui concerne la composition et l’ordonnance des sujets traités. Dans des statues-colonnes d’un grand raffinement, le hanchement se fait prononcé afin de marquer les mouvements ascendants du corps. Le tempérament bourguignon apparaît dans l’interprétation même de certaines scènes, où les artistes locaux ont donné libre cours à leur fantaisie.

Parmi la statuaire de cette époque épargnée par la Révolution, il reste quelques exemples intéressants. A Notre Dame de Dijon, les masques et figures sont traités avec un réalisme très poussé, certains avec une telle vérité dans l’expression bonhomme qu’ils laissent à penser que ce sont là des portrait de Bourguignons fait d’après nature. Le portail de St Thibault en Auxois présente plusieurs scènes consacrées à la Vierge mais surtout cinq grandes statues figurant le duc Robert II et sa famille. A St Père, le décor sculpté du pignon se double d’une fraîche décoration florale sur les chapiteaux. Le tympan de la porte des Bleds à Semur en Auxois rapporte, avec peu d’élégance, la légende de saint Thomas. Ce style progresse avec le siècle : les bas-reliefs au soubassement des portails de la façade occidentale de la cathédrale d’Auxerre, sculptés avec délicatesse, ouvrent même la voie au maniérisme.

 

L’avènement des Grands Ducs Valois correspond pour la Bourgogne à une époque de rayonnement artistique. Pour décorer la chartreuse de Champmol, Philippe le Hardi dépense sans compter, attirant à Dijon nombre d’artistes, surtout hollandais et flamands. Des sculpteurs ayant successivement travaillé à la réalisation de son tombeau (musée de Dijon), Claus Sluter est le plus grand. Il a pu mettre dans ses personnages du tempérament (Claus de Werve, son neveu et élève, poursuivra l’œuvre du maître avec une plus grande douceur). Du portail de la chapelle il a aussi exécuté les statues du mécène et de son épouse, qui seraient d’authentiques portraits : les draperies et les vêtements traités avec un art consommé soutiennent l’expression des personnages, d’un réalisme saisissant. La sculpture s’oriente là vers une manière toute nouvelle : les statues cessent désormais de faire cops avec l’architecture, et la physionomie est traitée de façon naturaliste, n’hésitant pas à accuser les aspects de la laideur ou de la souffrance. Les pleurants serviront référence aux monuments funéraires du siècle en France, à commencer par le mausolée de jean sans Peur et de Marguerite de Bavière et le singulier sépulcre de Philippe Pot, sénéchal de Bourgogne (copie à Châteauneuf). La tradition de Sluter se prolonge dans  les Mises au tombeau.

Autour de la chartreuse de Philippe le Hardi, les peintres ne sont pas en reste : Jean Malouel, futur auteur d’un portrait de jean sans Peur, le Brabançon Henri Bellechose et Melchior Broederlam réalisent des œuvres de haute colée d’où ressort une rare unité de style. Dus à ce dernier, les revers du retable de la Crucifixion (bois sculpté par jacques de Baerze) font preuve d’un sens du détail, d’une maîtrise de la palette et d’un travail de l’espace qui seront la marque du « gothique » international.

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Sous Philippe le Bon, le style spécifiquement bourguignon apparaît, aux proportions plus harmonieuses et aux draperies plus sobres. Les œuvres les plus connues de cette période sont le polyptyque de l’Hôtel Dieu de Beaune, dû à Rogier Van der Weyden et la Vierge du chancelier Rolain décorant en 1435 la chapelle du commanditaire dans la cathédrale d’Autun (désormais au Louvre), magnifique icône élaborée par jan Van Eyck, « valet de chambre » du duc à Bruges. Commandées elles aussi par Nicolas Rolin, les tapisseries de l’Hôtel Dieu de Beaune comptent parmi les plus belles de l’époque.

N’oublions pas pour fermer le ban du 15ème siècle, le n nom de Pierre Spicre, peintre dijonnais, auteur des fresques de l’église Notre Dame de Beaune.

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L’art cistercien de Bourgogne

Posté par francesca7 le 1 avril 2013

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Dans la première moitié du 12è siècle, le plan cistercien fait son apparition en Bourgogne. Caractérisé par un esprit de simplicité, il apparaît comme l’expression de la volonté de saint Bernard édictée dans la Charte de la charité (1119). A la théorie des grands constructeurs des 11ème et 12ème siècle, comme saint Hugues, Pierre le Vénérable, Surger, qui estiment que rien n’est trop riche pour le culte de Dieu, il s’oppose avec violence et passion. L’architecture dépouillée qui’ préconise reflète bien les principes mêmes de la règle cistercienne, qui considère comme nuisible tout ce qui n’est pas indispensable à la bonne marche de la vie monacale.

Les cisterciens imposent un plan quasi unique à toutes les constructions de l’Ordre, dirigeant eux-mêmes les travaux des nouvelle abbayes. Fontenay montre la disposition habituelle des différents bâtiments, qui s’est  répandue à travers toute l’Europe, de la Sicile à la Suède.

En ce qui concerne l’abbatiale, la façade est l’élémentaire, sans portail, avec un lanterneau mais pas de clocher (nul besoin d’appeler les fidèles), la nef aveugle est couverte d’un berceau brisé comme dans l’architecture clunisienne, les collatéraux sont voûtés de berceaux transversaux en contrebutée à hauteur, le transept déborde largement (croix latine), deux chapelles carrées s’ouvrant à chaque croisillon et le chœur, carré et peu profond, se termine par un chevet plat, éclairé par deux rangées de fenêtres, en triplet. Cinq fenêtres sont percées au-dessus de l’arc triomphal et chaque travée des bas-côtés est également éclairée par une fenêtre. On trouve près de 600 églises de ce type.

En évitant tout décor peint et sculpté, en éliminant pratiquement tout motif d’ornementation (vitraux de couleur, pavements ou chapiteaux historiés), les cisterciens parviennent à exécuter des monuments d’une remarquable pureté. A l’instar des verrières en grisaille, même les enluminures deviennent monochromes (La Grande Bible de Clairvaux). C’est la lumière seule, la Lumière d’en Haut, qu’il convient de glorifier.

Sa sculpture romane

Avec le choix du support, tympan et chapiteaux, la sculpture monumentale se lie à L’architecture ; Le Brionnais, où l’on trouve une concentration exceptionnelle de portails sculptés, est le plus ancien foyer de sculpture romaine bourguignonne. Dès le milieu du 11ème siècle, un style un peu rude, maladroit, naît à Charlieu et dans la région : les figures sont ramassées et leurs mouvements peu aisés. Mais après avoir travaillé à Cluny, appelés par l’abbé Hugues de Semur en Auxois qui appartenait à la famille des Seigneurs du Brionnais, les artistes insufflèrent à leurs oeuvres une grâce nouvelle, allongeant les figures et créant des compositions plus souples.

La grande abbaye bénédictine draina en effet sur son chantier de très nombreux sculpteurs et imagiers des régions voisines, devenant un centre de création pendant une vingtaine d’années (de 1095 à 1115). Un art délicat voit le jour, formant ce qu’on a appelé « le classicisme roman ». Sur les chapiteaux du chœur – rare témoignage parvenu jusqu’à nous, présentés dans le farinier – une végétation variée et des personnages aux attitudes adroitement observées révèlent un goût nouveau pour la nature (allégie des saisons, fleuves du paradis). Les figures sont drapées de tuniques flottantes où les plis déterminent un modelé en harmonie avec la sérénité recherchée, preuve que l’on commence à s’émanciper des contraintes formelles du chapiteau.

Dans le domaine du ciseau, l’influence clunisienne s’est bien exercée à Vézelay. Outre ses chapiteaux historiés, l’église de la madeleine abrite un grand portail sculpté dont le tympan représente le Christ envoyant ses apôtres en mission avant son ascension au ciel. La composition est envahie par un mouvement magistral où souffle d’Esprit ; les corps s’agitent et les draperies, sillonnées de plis aigus et serrés, bouillonnent.

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Cette œuvre, réalisée vers 1125, présente des points communs avec le portail du Jugement dernier de St Lazare d’Autun (1130-1135), aux figures très allongées, aux draperies plissée,s encore plus fines et moulées sur les corps. Le sculpteur Gislebertus s’est attaché à rendre toute la diversité des attitudes et des sentiments humains. Les chapiteaux de la nef et du chœur évoquent, de façon vivante, des scènes de la Bible et de la vie des saints, dont s’inspireront avec talent les artistes de St Andoche à Saulieu.

Une volonté de renouvellement du style se fait jour au milieu du 12ème siècle sur les portails de St Lazare à Avallon : on y trouve conjointement une décoration luxuriante où apparaissent des colonnes torses, expression de la « tendance baroque » de l’art roman bourguignon, et une statue colonne qui fait songé à celles de Chartres. Les rondes-bosses du tombeau de St Lazare à Autun (1170 – 1184) annoncent également par leur troublante présence, l’évolution vers le gothique.

La peinture romane

La crypte de la cathédrale d’Auxerre renferme des fresques du 2ème siècle, dont une représentation exceptionnelle du Christ à cheval, tenant à la main droite une verge de fer (à comparer avec celle du Christ en majesté peint dans le cul de four de l’abside, daté du 13ème siècle).

A Anzy le Duc, un important ensemble de peintures murale,s mis au jour au milieu du 19ème siècle, fait montre d’une tout autre technique : teintes mates, très atténuées, dessins au trait sombre recouvrant un fond composé e bandes parallèles. Une tradition à fonds bleus apparue à Cluny III fut reprise dans la chapelle du « château des Moines » à Berzé la Ville – une résidence des abbés, à travers de belles compositions (description à Mâconnais), probablement exécutées par les artisans de l’Abbaye. L’imposant Christ en majesté, entouré de six apôtres et de nombreux autres personnages, a un air de famille avec le s mosaïques de l’impératrice Théodora à Saint Vital de Ravenne (6ème siècle). Cette correspondance entre l’art clunisien et l’art byzantin s’explique par l’action prépondérante de saint Hugues, inspiré qu’il était des basiliques romaines et carolingiennes, et par le savoir-faire d’ateliers empruntant, via l’Italie, à l’Orient.

Considérant cette influence de Cluny sur tout l’art du 12è siècle, on peut dire que la destruction de la grande abbatiale au début du 19ème siècle, a véritablement amputé notre patrimoine. 

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L’Art Bourguignon

Posté par francesca7 le 25 mars 2013

 

Carrefour de première importance, la région a connu depuis la plus haute Antiquité les migrations de peuples et subi l’influence de civilisations diverses. Sous le règne du monachisme, l’art roman fleurit autour de Cluny et de Cîteaux comme nulle part ailleurs. Une autre période très riche sur le plan de la création artistique est celle du gothique tardif déployé à la cour des grands ducs. Philippe le hardi puis Philippe le Bon sont les mécènes d’une pléiade de peintres, sculpteurs, musiciens, originaires pour la plupart des « Pays Bas » du duché. A propos de ces artistes, on a parlé d’une école bourguignonne.

L’art gallo-romain

La capitale éduenne, Bibracte  , rassemblait de nombreux artisans qui excellaient dans le travail du bois, de la céramique et de métaux comme le fer, le bronze puis l’argent. Des sanctuaires votif, souvent en bois, jalonnaient le les grandes voies de communication. Vers 5 avant Jésus-Christ, Auguste décide de construire un nouveau chef-lieu selon les principes romains : plan orthogonal, axes routiers. Ce transfert est un succès et Augustodunum (Autun) devient une ville phare au niveau culturel. D’autres cités comme Alésia, Mâlain, Entrains se développent sur les sites où l’artisanat  prospère. Il faudra attendre le 2ème siècle pour qu’apparaissent les premiers éléments (castrum de Divio) de la future capitale, Dijon.

La nouveauté apportée par les Romains est le travail de la pierre, dont les monuments culturels sont les premiers champs d’application. Beaucoup mieux conservés que les sculptures en bois, ils nous permettent aujourd’hui d’apprécier l’art de la période gallo-romaine. L’examen des styles ou des sanctuaires est révélateur des différents degrés de romanisation dans les grandes villes, l’influence de Rome est assez hégémonique et de nombreux temples sont élevés en l’honneur d’Apollon, souvent associé à des divinités indigènes ; dans les campagnes, le panthéon romain parvient plus difficilement à assimiler les dieux celtes, qui résistent bien. Les matres gauloises, divinités de la prospérité et de la fécondité, ressent très vénérées ; les sources sont encore fréquentées par leurs pouvoirs curatifs ; les ex-voto anatomiques en bois y sont progressivement remplacés par d’autres en pierre (belles pièces au musée de Châtillon sur Seine). Une grande importance est donnée aux monuments funéraires et les stèles de plus en plus expressives et réalistes donnent une image fidèle de l’organisation de la société gallo-romaine (riche idée que de visiter les musées de Sens).

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L’influence romaine est également très perceptible dans l’architecture. Les riches propriétaires se font construire des villas à la romaine : la cella gauloise est entourée de portiques, décorée de colonnes et de mosaïques, agrémentée de thermes et de salles chauffées par hypocauste. A l’aube de la culture chrétienne, amorcée à Autun par le martyre de saint Symphorien (tableau d’Ingres dans la cathédrale St Lazare) et accélérée par l’évangélisation énergique de saint Martin, de nouvelles inspirations apparaissent qui vont considérablement changer et marquer l’art de la région.

L’Art Carolingien

Après la période d’éclipse du haut Moyen Age, l’époque carolingienne (8 ème 9ème siècle)   connaît un renouveau de l’architecture faisant la synthèse des styles byzantin, oriental et d’antiquité tardive. Les éléments novateurs sont la crypte annulaire sous le chevet, la crypte-halle aux dimensions d’une véritable église souterraine, le chapiteau cubique. Les plans des édifices religieux sont simples et la construction, faite de pierres grossièrement taillées, rudimentaire. Une partie de l’ancienne crypte de St Bénigne à Dijon, celles de Ste Reine à Flavigny sur Ozerain et de St Germain d’Auxerre en témoignent.

carolingien dans BourgogneLa sculpture s’exprime alors assez maladroitement : deux chapiteaux de la première représentent, sur chaque face, un homme en prière, les mains levées vers le ciel. Travaillée sur place, la pierre témoigne des tâtonnements du sculpteur ; certaines faces sont restées à l’état linéaire. Vestige de la basilique construite au milieu du 8ème siècle, la deuxième conserve quatre fûts de colonnes dont trois semblent être romains et un seul carolingien ; les chapiteaux présentent un décor de feuilles plates, d’une facture très fruste.

A la même époque, fresques et enduits ont été employés dans la décoration. D’admirables fresques représentant avec beaucoup de vivacité la lapidation de saint Etienne ont été mises au jour en 1927. L’attention portée au statut des images distingue de Byzance l’art carolingien, dont l’un des domaines privilégiés est l’enluminure.

 

Le Roman

Bénéficiant de conditions particulièrement favorables à son expansion – villes nombreuses, riches, abbayes, matériaux abondants – l’école romane bourguignonne s’est développée avec une extraordinaire vitalité au 11ème et 12ème  siècle, en particulier dans la région de l’actuelle Saône et Loire (avec environ 300 édifices contre une quarantaine dans l’Yonne et la Côte d’Or).

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L’an mille correspond à un élan nouveau dans le désir de bâtir qu’expliquent la fin des invasions, l’essor de la féodalité et du monachisme, la découverte de nouveaux procédés de construction et… la croissance démographique. Il reste malheureusement très peu de monuments civils ou militaires de l’époque – souvent construits en bois – c’est pourquoi on confond souvent art roman avec art religieux. Parmi les abbés constructeurs d’alors, Guillaume de Volpiano édifia à Dijon, sur l’emplacement du tombeau de saint Bénigne, une nouvelle basilique. Commencée en 1001, elle était consacrée en 1018. Les travaux de décoration furent confiés à un artiste unique, le moine Hunaud. L’abbatiale ayant complètement disparu dès le 12ème siècle par suite d’un incendie, c’est l’église St Vorles de Châtillon sur Seine – profondément modifiée dans les premières années du 11ème siècle par un parent de Guillaume, l’évêque de Langres brun de Roucy – qui permet de définir les caractères de l’art préroman : construction sommaire faite de pierres plates mal assemblées, piliers massifs, décoration très rudimentaire de niches creusées dans les murs et de corniches à bandes lombardes.

D’aucun considèrent que tout l’art roman bourguignon est issu de St Philibert de Tournus, dont le narthex et son étage composent les parties les plus anciennes. On est écrasé par la puissance de cette sobre architecture.

L’école clunisienne

Si l’art roman à ses débuts doit beaucoup aux influences étrangères, méditerranéennes surtout, la période suivante voit avec Cluny le triomphe d’une formule nouvelle, un art opulent dont les caractères vont se répandre à travers toute la Bourgogne et au-delà. Edifiée entre 955 et 981, l’abbatiale dite Cluny II est déjà dotée d’une grande abside originale et d’un chevet à chapelles échelonnées et orientées ,  St Pierre et st Paul – Cluny III – commencée en 1088 et achevée vers 1130, a des dimensions proprement gigantesques, supérieures même à celles des futures cathédrales gothiques.

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En 1247, un religieux italien de passage observait « que l’abbaye de Cluny est le plus noble couvent de moines noirs de l’ordre des Bénédictins de Bourgogne. Les bâtiments en sont si considérables que le pape avec ses cardinaux, toute sa cour, celle du roi et de sa suite peuvent y loger simultanément sans que les religieux en éprouvent aucun dérangement et soient obligés de quitter leur cellule ».

Les vestiges de l’abbatiale, encore impressionnants par leur ampleur, permettent de dégager les caractères généraux de cette « école ». La voûte est en berceau brisé, véritable innovation par rapport au plein cintre, issu de l’époque romaine. Chaque travée comporte un arc doubleau : en diminuant les poussées, les arcs brisés permettent d’alléger les murs et d’élever ainsi les voûtes à une très grande hauteur. Les piliers sont cantonnés de pilastres, cannelés à l’antique ; au-dessus de ces grandes arcades aiguës court un faux triforium où alternent baies et pilastres ; des fenêtres hautes surmontent l’ensemble, alors qu’auparavant la lumière venait des tribunes et des bas-côtés.

Cette ordonnance à trois niveaux, coiffée d’une voûte ogivale en berceau, se retrouve dans de nombreux édifices de la région. L’église de Paray le Monial, elle aussi connue par saint Hugues, apparaît comme une réplique. L’influence clunisienne est manifeste à La Charité sur Loire, autre prieuré dépendant de l’abbaye. A st Lazare d’Autun, consacrée n 1130, on reconnaît le plan clunisien, très simplifié ; cependant, la traduit « romaine » reste présente : par exemple, sur l’arcature du Brionnais, l’élévation de l’église approche celle de Cluny. Au revers de la façade, la tribune en surplomb rappelle la tribune St Michel. Enfin, la collégiale St Andoche de Saulieu est aussi de la famille des grandes églises clunisiennes.

Parmi les églises de village construites sous l’inspiration de Cluny, celles du Brionnais sont remarquables : Bois Ste Marie, Blanot, Monceaux l’Etoile, Varenne l’Arconce, Vareille, Châteauneuf, Charleu, Iguerande. Face à cette école clunisienne, le cas de la basilique de la Madeleine à Vézelay est à part. Construite au début du 12ème siècle, la nef est voûtée d’arêtes alors que jusque là seuls les collatéraux, de faibles dimensions, l’étaient. Les grandes arcades sont surmontées directement par des fenêtres  hautes qui, s’ouvrant dans l’axe de chaque travée, éclairent la nef. Les pilastres sont remplacés par des colonnes engagées, à l’encontre des édifices de type clunisien et les arcs doubleaux, soutenant la voûte restent en plein cintre (peut-être l’église d’Anzy le Duc a-t-elle servi de modèle. Pour rompre la monotonie de cette architecture, on a recours à l’emploi de matériaux polychromes : calcaires de teintes variées, claveaux alternativement blancs et bruns. En tant que lieu de pèlerinage, la basilique est agrémentée d’un chevet à déambulatoire et de chapelles rayonnantes.

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