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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Tout devient patrimoine : l'architecture, les villes, le paysage, les bâtiments industriels, les équilibres écologiques, le code génétique.

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    Citation sur la France.
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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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L’euro et son pluriel français

Posté par francesca7 le 2 septembre 2015

Euro_banknotes_2002Il va bien falloir s’y faire ! Depuis déjà un certain temps, dans les magasins, le double étiquetage a permis de s’habituer à l’euro ! Voici maintenant, en ce 1 er janvier 2002, les pièces et les billets qui portent l’inscription « Euro » – billets anonymes représentant des idées de ponts, d’arches, de portes ou de portiques, de fenêtres à vitraux, tout ce qui filtre la lumière, laisse passer l’air ou le vent. On y lit : « 20 Euro », sans « s » !

Il n’en faut pas davantage à ceux dont le bagage grammatical est resté en transit dans quelque année scolaire indécise pour déclarer que le mot Euro est invariable ! Invariable certes, sur les billets et les pièces puisque ceux-là et celles-ci sont destinés à circuler dans une Europe où la règle du « s » pluriel n’est pas en vigueur partout ! En France elle l’est, « euro » est un nom commun, comme un autre ; et écrire avec son stylo ou avec son clavier « vingt euro, cent euro… », c’est faire la même erreur d’accord que celle qu’on remarque dans : « vingt banquier, cent million… » – au passage, remarquons que la liaison doit être faite : puisqu’on prononce « vingt-t-ans », quatre-vingts-z-ans, on prononce également : « vingt-t-euros, quatre-vingts-z-euros, cent-t-euros, cinq cents-z-euros ».

Inviolables, ces nouveaux billets ! Leur réputation a tenu pendant au moins trois mois : les premières falsifications ont commencé à sortir des scanners sophistiqués au printemps 2002, et poursuivent, par intermittence, leur carrière que la carte de crédit concurrence de plus en plus. Cependant, le système Monéo – la monnaie électronique –, mis au point pour les petits paiements, ne semble pas remporter le succès escompté : méfiants, les commerçants n’ont pas accepté qu’une commission jugée excessive soit prélevée sur chaque transaction.

Pièces

Toutes les pièces en euro possèdent une face européenne (1, 2 et 5 centimes : l’Europe dans le monde ; 10, 20 et 50 centimes : l’Europe comme une alliance d’États ; 1 et 2 euros : l’Europe sans frontière) et une face spécifique au pays émetteur de la pièce (y compris pour Monaco, Saint-Marin et le Vatican, États en union monétaire avec leurs voisins immédiats qui ont été autorisés à frapper leurs propres pièces).

Une nouvelle série de pièces est frappée depuis fin 2007 avec un décalage d’un an pour la Monnaie italienne (qui frappe aussi les pièces du Vatican et de Saint-Marin). Se calquant sur la pratique décidée pour les billets de banque, elle représente désormais l’ensemble du continent européen (membre ou non de l’Union), afin d’éviter de devoir frapper de nouvelles séries à chaque élargissement. Les frontières n’y apparaissent donc plus.

Toutes les pièces sont utilisables dans tous les États membres, à l’exception des pièces de collection, qu’elles soient ou non en métal précieux, qui n’ont cours que dans le pays d’émission. Des problèmes de compatibilité ont cependant été relevés sur certains automates (distributeurs automatiques, péages…).

Il existe également des pièces de collection, en métal précieux, qui n’ont cours légal que dans leur pays d’émission. Par exemple, gravée par Joaquin Jimenez (qui est également l’auteur de l’Arbre Étoilé des pièces de 1 et 2 euros), une pièce de 5 euros en argenta été frappée à deux millions d’exemplaires en 2008. Des pièces de 10 à 1 000 euros, en argent et en or, ont été mises en circulation de 2008 à 2010. Dans la pratique, ces pièces circulent essentiellement entre collectionneurs.

BilletsBillet de 50 €

Les billets, quant à eux, ont une maquette commune à toute la zone euro. Les ponts, portes et fenêtres des billets symbolisent l’ouverture de l’Europe sur le reste du monde et les liens entre les peuples.

Le choix du graphisme des billets est de la compétence de la Banque centrale européenne alors que celui des pièces est de la compétence des États, membres de l’Eurogroupe. La prochaine face commune a ainsi été décidée lors d’une réunion de l’Eurogroupe. Cette décision a provoqué une petite polémique de quelques députés par l’absence, selon eux volontaire, de la Turquie sur le dessin retenu, au contraire de celui des billets.

Le 2 mai 2013 a été mise en circulation un nouveau billet de 5 €. Il est le premier d’une nouvelle série de billets baptisée Europe. Depuis le 24 septembre 2014, c’est un nouveau billet de 10 € qui a fait son apparition

Du fait d’alphabets différents les noms et divisions nationales de l’euro ne s’orthographient et ne se prononcent pas de la même façon dans tous les pays de la zone.

Du fait de la diversité des règles grammaticales au sein de la zone euro, le mot « euro » sur les pièces et billets est invariable et ne prend pas de « S ». Toutefois, dans la langue française, alors qu’il ne se prononce pas ; par us et usages à l’écrit, un « s » est généralement ajouté au pluriel. L’Académie française s’est prononcée dans ce sens dans une note publiée au Journal officiel du 2 décembre 1997.

En revanche, en France, le terme « cent », prêtant à confusion, n’est généralement pas utilisé en français ; on parle de centime ou, dans une forme plus rare et déconseillée, d’eurocent (pour ne pas confondre avec les centimes de Franc pendant la phase transitoire). Pour des raisons similaires, il est dit centimo en espagnol, centesimo en italien, lepton (pluriel lepta) en grec, alors que ne se pose pas ce problème en anglais, par exemple, langue dans laquelle il est adopté tel quel.

La liaison avec l’adjectif antéposé et le nom euro suit la règle habituelle du français, on prononce donc un(n)eurodix(z)eurosvingt(t)eurosquatre-vingts(z)euroscent(t)euros, etc..

En France, deux imprimeries fabriquent des billets de 5, 10 et 20 euros : l’imprimerie de la Banque de France à Chamalières, dans le Puy-de-Dôme et l’imprimerie de François-Charles Oberthur Fiduciaire à Chantepie, en Ille-et-Vilaine. Ces billets sont destinés à remplacer ceux qui sont trop usés, en France et dans toute l’Europe. Quant aux autres coupures, elles sont fabriquées dans d’autres pays européens puis envoyées en France selon une sorte de contrat d’échange établi par la Banque centrale européenne. En revanche, les pièces françaises en euro sont toutes frappées à Pessac en Gironde, par la direction des Monnaies et médailles.

 

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Les trois Simone

Posté par francesca7 le 28 août 2015

 

 Il me paraît impossible d’imaginer pour l’Europe une renaissance qui ne tienne pas compte des exigences que Simone Weil a définies. »

 C’est Albert Camus qui l’affirme à propos de Simone Weil, née le 5 décembre 1909. Soeur du célèbre mathématicien André Weil, élève du philosophe Alain, normalienne et agrégée de philosophie, elle a laissé une oeuvre considérable, bien que la tuberculose l’ait emportée à trente-quatre ans. Sa pensée tient dans la conviction qu’il faut réhabiliter le rôle de l’individu dans la société dominée par les machines et les choses. Issue d’une famille bourgeoise, elle veut connaître de l’intérieur la condition ouvrière, au point de se faire embaucher aux usines Renault en 1935.

Engagée aux côtés des républicains et des anarchistes en Espagne en 1936, elle doit rentrer en France à cause d’une blessure. Pendant la guerre, elle trouve refuge aux États-Unis puis à Londres où elle ne peut s’entendre avec les gaullistes. Elle meurt le 24 août 1943, au sanatorium d’Ashford. Ses oeuvres complètes sont publiées en 1988. Simone de Beauvoir est née le 9 janvier 1908 à Paris. Agrégée de philosophie, elle a partagé la vie de Jean-Paul Sartre.

Si elle partage avec lui les convictions existentialistes, elle enracine son expérience d’écriture dans le concret, dans l’autobiographie qui lui permet de conduire une réflexion directe sur le vécu. En 1949, la parution de son oeuvre Le Deuxième Sexe crée une onde de choc : elle y démonte de façon énergique et engagée l’idée de la prétendue infériorité naturelle de la femme. Le Deuxième Sexe devient l’ouvrage de référence du mouvement féministe dans le monde entier.

Simone de Beauvoir soutient Sartre dans ses activités politiques, voyage beaucoup, poursuit son action pour la libération de la femme. Elle est l’une des premières à prôner la libéralisation de l’avortement. Elle obtient en 1954 le prix Goncourt pour son roman Les Mandarins. Simone de Beauvoir est morte à Paris le 14 avril 1986.

Il reviendra à une autre Simone d’obtenir, en 1975, une loi sur l’interruption volontaire de grossesse : Simone Veil (avec un V, et non un W). Née le 13 juillet 1927, à Nice, Simone Jacob est arrêtée en mars 1944 par la gestapo et déportée à Auschwitz avec sa mère qui y mourra ainsi que l’une de ses soeurs.

Libérée au camp de Bergen-Belsen en 1945, elle revient en France. En octobre 1946, elle épouse Antoine Veil, futur collaborateur de Michel Debré. Après une carrière dans la magistrature, Simone Veil occupe le poste de ministre de la Santé de 1974 à 1979. Elle devient ensuite la première présidente du Parlement européen, jusqu’en 1982. Ministre d’État de 1993 à 1995, elle prend en charge les Affaires sociales, la Santé et la Ville. Depuis 1998, Simone Veil est membre du Conseil constitutionnel.

 

Simone de Beauvoir, Simone Weil et Simone Veil. Trois femmes qui, par leurs convictions et leurs combats, marquèrent la France du XXe siècle.

Elles ont toutes trois le même prénom et répondent à ce même engagement et militantisme pour une France plus juste, plus égalitaire, marquant ainsi de leur empreinte avant-gardiste le XXe siècle. L’une, compagne de Sartre, est la figure emblématique du féminisme; l’autre, un « brin » anarchiste, pointe du doigt l’existentialisme pur alors que la dernière, toujours en fonction, obtient la loi sur l’interruption volontaire de grossesse en France.

De 1908 à aujourd’hui, (re)découvrez ces trois Simone…

Simone de Beauvoir (1908-1986)

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Agrégée de philosophie, Simone de Beauvoir est l’auteure, notamment, du Deuxième Sexe, une œuvre controversée dès sa parution en 1949. Par des mots forts et percutants tels que: « Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité », l’œuvre démontre l’absurdité de la prétendue infériorité de la femme et devient très vite l’ouvrage de référence du mouvement féministe dans le monde entier – un livre vendu à plus de 22 000 exemplaires dès la première semaine, au grand dam du Vatican.

La compagne de Jean-Paul Sartre devient vite la figure de proue du féminisme – un rôle qu’elle adoptera à merveille tout au long de sa vie à travers divers combats pour la libération de la femme aux quatre coins du monde, ce qui lui vaut une reconnaissance internationale en tant que féministe engagée du XXe siècle. Tour à tour philosophe, militante, essayiste, écrivaine et romancière, elle reçoit le prix Goncourt en 1954 pour son romanLes Mandarins; une oeuvre parmi d’autres: L’Invitée (1943), La Force de l’âge(1960) ou encore Une mort très douce (1964), paraît-il, le préféré de Sartre.

Après une vie de militantisme sans limite inspirant bon nombre de monuments érigés en sa mémoire, celle que Sartre surnommait Castor est morte le 14 avril 1986 à l’âge de 78 ans.

Simone Weil (1909-1943)

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« Il me paraît impossible d’imaginer pour l’Europe une renaissance qui ne tienne pas compte des exigences que Simone Weil a définies » écrit Albert Camus, plusieurs années après la mort de cette dernière, à l’âge de 34 ans. Une courte vie durant laquelle elle a lutté contre la misère sociale et défendu le rôle de l’individu dans une société dominée par les choses et les machines.

Née le 3 février 1909, la sœur du célèbre mathématicien André Weil est agrégée de philosophie en 1931. Elle enseigne durant quatre ans dans divers lycées. Son ami, le philosophe Gustave Thibon, dit à propos de la jeune femme: « Elle vivait la distance désespérante entre « savoir » et « savoir de toute son âme » et sa vie n’avait pas d’autre but que d’abolir cette distance. » Ainsi, bercée par cette quête permanente du « savoir », et ce malgré sa santé défaillante, elle se fait embaucher dans les usines Renault – elle, issue d’une famille bourgeoise! – afin de connaître la vie ouvrière. Puis, engagée dans les mouvements républicain et anarchiste, elle se rend en Espagne où elle s’oppose au coup d’État de Franco. Pendant la guerre, elle trouve refuge aux États-Unis puis à Londres, d’où elle travaille comme rédactrice pour France Libre.

Elle succombe à la tuberculose le 24 août 1943, au sanatorium d’Ashford, laissant derrière elle une œuvre considérable, axée principalement sur la condition humaine. Ses œuvres complètes sont publiées en 1988.

 

Simone Veil, la femme préférée des Français

Simone Veil, en 1993.

Alors qu’une Simone (de Beauvoir) est l’une des premières à prôner le droit à l’avortement, une autre Simone (Veil, avec un V et non un W) fait adopter la « loi Veil » qui autorise l’avortement en France. Nous sommes en 1975, elle est alors ministre de la Santé.

Née Simone Jacob, le 13 juillet 1927 à Nice, la femme préférée des Français (selon un sondage réalisé en 2010 par l’Ifop) a parcouru un chemin que l’on peut qualifier d’épique: déportée à Auschwitz, rescapée de la Shoah, elle s’est imposée comme une ardente militante européenne. Petit tour d’horizon des prouesses de cette dame dont l’avenir lui fut présenté comme incertain, alors qu’elle perdait sa mère et l’une de ses sœurs dans les camps: ministre de la Santé de 1974 à 1979, elle devient ensuite la première femme à présider le parlement Européen, jusqu’en 1982 ; ministre d’État de 1993 à 1995, elle prend en charge les affaire sociales, la Santé et la Ville; de 1998 à 2007, elle est membre du Conseil constitutionnel. Ajoutons au palmarès de cette grande dame la Présidence d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, sa distinction de Grand officier de la Légion d’honneur ou encore sa récente élection à l’Académie française.

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A l’EPOQUE DES PREMIERES BIBLIOTHEQUES

Posté par francesca7 le 25 août 2015

 

220px-Bibliothequa_Smithiana_002Pendant toute la première moitié du Moyen Age, les livres furent écrits dans les couvents. Il y avait dans les monastères une salle qu’on appelait le scriptorium, c’est-à-dire l’endroit où l’on écrit, et là pendant de longues heures, silencieusement, des moines recopiaient les ouvrages des auteurs anciens, et les livres de piété qui formaient le fonds des maigres bibliothèques de ce temps.

C’était une des occupations les plus en honneur dans les couvents, et ce qui prouve bien le cas qu’on en faisait, c’est qu’on croyait qu’un travail de ce genre pouvait sauver de l’enfer l’âme de celui qui s’y livrait. On trouve dans un chroniqueur du XIe siècle, Orderic Vital, une plaisante histoire à ce sujet. Il y avait dans un couvent, raconte-t-il, un moine qui avait trop souvent manqué à la règle dans la maison ; l’abbé lui pardonnait cependant beaucoup d’erreurs dans sa conduite, car il savait écrire, il était assidu au travail, et il copia une grande partie de l’Écriture Sainte.

Bien lui en prit, comme on va voir. Il mourut ; aussitôt les démons réclamèrent son âme ; mais alors les anges prirent sa défense ; ils montrèrent à Dieu l’énorme livre que leur client avait copié, et, à chaque fois que les démons énuméraient un péché de l’âme qu’ils convoitaient, vite les anges mettaient en regard une des lettres du livre. A la fin le nombre des lettres se trouva de beaucoup supérieur à celui des péchés commis par le pauvre moine, et Dieu consentit à recevoir son âme au paradis.

Mais, à partir du XIIIe siècle, le besoin d’un nombre plus grand de livres se fit sentir, car il s’était fondé en plusieurs villes, notamment à Paris, de grandes écoles où affluaient les étudiants qui réclamaient les livres nécessaires à leur travail. Des copistes, le plus souvent de pauvres prêtres, se mirent, eux aussi, à copier des manuscrits, et alors apparut la profession de libraire. Il y avait alors deux sortes de libraires ; les premiers, qu’on appelait simplement libraires, recevaient en dépôt des manuscrits et les vendaient au public ; les autres, qu’on nommait stationnaires, d’un mot latin qui signifie étalage, commandaient eux-mêmes aux copistes les ouvrages dont ils voulaient avoir plusieurs exemplaires : ils correspondaient donc à nos éditeurs actuels. Il faut croire que la profession ne rapportait pas beaucoup, car, au XIIIe siècle, la plupart des libraires étaient en même temps cabaretiers.

Les libraires faisaient partie de cette grande institution qu’on appelait l’Université ; ils devaient prêter, au moins tous les deux ans, à celui qui était à la tête de ce corps, le recteur, un serment dont voici quelques passages. « Vous jurez que fidèlement vous recevrez, garderez, exposerez en vente et vendrez les livres qui vous seront confiés. Vous jurez que vous ne les supprimerez ni ne les cacherez, mais que vous les exposerez en temps et en lieu opportuns pour les vendre. Vous jurez que si vous êtes consulté sur le prix, vous l’estimerez de bonne foi, au prix où vous voudriez le payer vous-même. Vous jurez enfin que le nom et le prix du propriétaire seront placés en évidence sur tout volume. »

On remarquera cette dernière clause ; elle nous apprend que, dans ce cas, le libraire était un intermédiaire entre celui qui avait écrit le livre, et qui en gardait la propriété, et l’acheteur ; ceux qui avaient copié des livres les mettaient donc en dépôt chez le libraire comme aujourd’hui quelques artistes confient à des marchands de tableaux leurs oeuvres, laissant à ceux-ci le soin de les vendre. On disait alors que les libraires étaient des clients ou des suppôts de l’Université ; à ce titre, ils jouissaient des mêmes droits que les professeurs et les étudiants, et ils figuraient dans les processions religieuses, placés, il est vrai, tout à la queue du cortège, avec les écrivains, les enlumineurs, les parcheminiers et les relieurs, qui faisaient partie avec eux de la même corporation.

A l’EPOQUE DES PREMIERES BIBLIOTHEQUES dans ARTISANAT FRANCAIS 800px-Chinguetti-Manuscrit_%283%29

C’étaient là les avantages de cette situation ; mais elle avait aussi ses inconvénients. D’abord, les libraires étaient tenus de résider dans le quartier de l’Université : quelques-uns étaient groupés auprès de la rue Saint-André-des-Arts, où se trouvait l’église dans laquelle leur confrérie avait sa chapelle. Beaucoup d’autres avaient leurs boutiques dans la rue Saint-Jacques. On remarquera d’ailleurs qu’encore aujourd’hui la plupart de nos grands éditeurs sont demeurés sur la rive gauche. On ne faisait d’exceptions que pour ceux qui ne vendaient que des livres de messe, de prière et de piété ; ceux-là étaient autorisés à s’installer autour de l’église Notre-Dame.

Enfin l’Université reconnut à plusieurs d’entre eux, à partir du XVIIe siècle, le droit de tenir boutique dans la galerie du Palais, et c’est à leurs étalages que se munirent de projectiles les fougueux combattants dont Boileau nous a retracé les prodiges de valeur dans son amusant Lutrin. Il y avait d’autres prescriptions, les unes raisonnables, comme celle de savoir le latin, les autres plus bizarres, comme l’obligation où ils étaient d’allumer tous les soirs les chandelles dans les lanternes publiques ; ils ne furent déchargés de cette obligation qu’à la fin du règne de Louis XIII.

Mais la plus redoutable des prescriptions auxquelles ils étaient soumis, c’est qu’ils ne pouvaient publier aucun livre qui n’eût été approuvé par l’Université. A partir du XVIe siècle, ce furent les rois qui se chargèrent d’exercer cette surveillance ; un livre ne pouvait être imprimé qu’avec un visa des censeurs royaux, et il ne fallait point négliger cette précaution, car ceux qui l’omettaient risquaient, suivant la nature des livres dont ils avaient accepté le dépôt, de sévères châtiments et parfois même la mort.

Pendant la cruelle répression qui fut faite de l’hérésie huguenote à Paris, sous le règne de François Ier et de Henri II, il y eut plusieurs libraires qui furent brûlés de ce chef. Ce fut le cas du malheureux Étienne Dolet, qui, comme beaucoup de libraires de ce temps, était à la fois auteur, imprimeur et éditeur.

Les libraires avaient déjà comme concurrents les bouquinistes. Un écrivain du début du XVIIIe siècle nous apprend que c’étaient de pauvres libraires qui, n’ayant pas le moyen de tenir boutique ni de vendre du neuf, étalaient de vieux livres sur le Pont-Neuf, le long des quais et en quelques autres endroits de la ville. Ils n’étaient pas plus riches alors qu’au XVIIe siècle, si l’on en juge par la plaisante description que l’on trouve de ces pauvres gens dans un de ces pamphlets du temps de Mazarin, qu’on appelle à cause de cela des Mazarinades. L’auteur les plaint d’avoir été chassés de ce Pont-Neuf dont, suivant lui, ils étaient un des ornements.

Ces pauvres gens chaque matin
Sur l’espoir d’un petit butin
Avecque toute leur famille,
Garçons, apprentifs, femme et fille,
Chargé leur col et pleins leur bras
D’un scientifique fatras,
Venaient dresser un étalage
Qui rendait plus beau le passage.

Mais les libraires étaient impitoyables ; à maintes reprises, ils exigèrent des édits du roi pour chasser du Pont-Neuf et des quais ces misérables concurrents, qui ne tardaient pas d’ailleurs à venir reprendre possession de l’étalage dont ils avaient été chassés par la cupide jalousie de leurs puissants adversaires.

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Les mensonges de l’Histoire de France

Posté par francesca7 le 24 août 2015

Du petit arrangement avec les faits à la vraie imposture, l’histoire a souvent été réécrite avant d’arriver jusqu’à nous. Florilège de petits et gros mensonges, parfois encore enseignés en classe.

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Photos, films, livres et sport

Posté par francesca7 le 21 août 2015

 

Savez-vous que la fameuse photo de Robert Doisneau Le Baiser de l’Hôtel de Ville a été prise en 1950 ?

270px-Photographers_Robert_Doisneau_(left)_and_André_Kertész_in_1975_bCette même année, Fernand Léger peint Les Constructeurs ; Matisse et Nicolas de Staël, en pleine maturité créatrice, offrent au public le meilleur de leur création : le premier en 1951 achève la décoration de la chapelle du Rosaire de Vence, le second, en 1952, commence, avec Les Grands Footballeurs, une sorte de révolution contre l’abstraction absolue. Au cinéma, on va voir, en 1949, Jour de fête de Jacques Tati, ou bien, en 1956, Et Dieu créa la femme, de Roger Vadim, avec Brigitte Bardot, ou bien encore, en 1960, À bout de souffle de Jean-Luc Godard, avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg. Albert Camus, en 1947, écrit La Peste, Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve, en 1950 ; la même année, Marguerite Duras publie Un barrage contre le Pacifique.

Des exploits sportifs ? En 1948, Marcel Cerdan est champion du monde de boxe, aux États-Unis ; en 1954, Louison Bobet remporte son deuxième tour de France et devient champion du monde de cyclisme ; en 1956, Alain Mimoun remporte l’épreuve du marathon aux jeux Olympiques de Melbourne ; Just Fontaine devient, en 1958, le meilleur buteur de la coupe du monde de football en marquant treize buts !

 

Jeunesse grise derrière les rideaux de macramé d’une famille petite-bourgeoise, il apprend à 15 ans le métier de graveur lithographe à l’école Estienne et entre dans la vie active en dessinant des étiquettes pharmaceutiques. 
C’est chez André Vigneau, dont il devient le jeune opérateur en 1931, qu’il découvre le monde de la création artistique qui l’animera désormais. Quatre années au service publicité des usines Renault soldées par un licenciement pour retards répétés, lui permettent d’accéder au statut convoité de photographe indépendant.

«Toute ma vie je me suis amusé, je me suis fabriqué mon petit théâtre.»

Robert Doisneau

La guerre éclate alors mettant un frein brutal à ses projets. Dans l’euphorie des années d’après-guerre, bien qu’il soit quotidiennement soumis à la commande pour des raisons matérielles, il accumule les images qui feront son succès, circulant obstinément « là où il n’y a rien à voir », privilégiant les moments furtifs, les bonheurs minuscules éclairés par les rayons du soleil sur le bitume des villes.

Quand il meurt en Avril 1994, il laisse derrière lui quelques 450 000 négatifs qui racontent son époque avec un amusement tendre et bienveillant qui ne doit toutefois pas masquer la profondeur de la réflexion, la réelle insolence face au pouvoir et à l’autorité et l’irréductible esprit d’indépendance.

Un site à consulter : http://www.robert-doisneau.com/fr/robert-doisneau/

 

Robert Doisneau photographed by Bracha L. Ettinger in his studio in Montrouge, 1992.jpgRobert Doisneau est l’un des photographes français depuis 1944 les plus connus à l’étranger notamment grâce à des photos comme Le Baiser de l’hôtel de ville. Ses photographies noir et blanc des rues de Paris d’après-guerre et de sa banlieue ont fait sa renommée.

Doisneau est un passant patient qui conserve toujours une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Il guette l’anecdote, la petite histoire. Ses photos sont souvent empreintes d’humour mais également de nostalgie, d’ironie et de tendresse.

Robert Doisneau travaillait sur Paris, ses faubourgs et ses habitants : artisans, bistrots, clochards, gamins des rues, amoureux, bateleurs, etc. Il enregistra pendant près d’un demi-siècle des milliers de portraits du petit peuple de Paris.

Il a participé au Groupe des XV aux côtés de René-Jacques, de Willy Ronis, de Pierre Jahan, dans les années (1950)

Robert Doisneau utilisait comme appareils photo des Rolleiflex format 6×6, Nikon F et Leica format 24 × 36.

 

 

 

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Pierre Mendès-France bac en poche à Quinze ans

Posté par francesca7 le 21 août 2015

220px-Pierre_Mendès-France_1932 Seize ans : Sciences Po ! Dix-sept ans : adhésion au parti radical, opérations coup de poing contre les Camelots du roi et l’Action française. Dix-neuf ans : plus jeune avocat de France. Service militaire dans l’aviation. En 1932, élu député de l’Eure – plus jeune député de France.

Vous l’avez reconnu, il est né le 11 janvier 1907 à Paris : Pierre Mendès France. En 1938, il fait partie du deuxième gouvernement du Front populaire, Léon Blum l’ayant nommé sous-secrétaire d’État au Trésor. Aviateur pendant la campagne de France en 1940, il part ensuite avec d’autres parlementaires afin de continuer la lutte au Maroc. Rapatrié, il est arrêté et condamné au terme d’un procès inique.

Il s’évade et rejoint Londres en février 1942. Il retrouve son escadrille lorraine en 1943, participant à des combats dans la Ruhr et dans le nord de la France. En 1943, de Gaulle l’appelle afin de lui confier le poste de commissaire aux Finances du Comité français de libération nationale. En 1944, Mendès est ministre de l’Économie du gouvernement provisoire. À son plan de rigueur, de Gaulle préfère celui de René Pleven qui prône la relance par l’emprunt et la fiscalité.

En 1953, il échoue à la présidence du Conseil. Il reçoit alors le soutien d’un nouveau magazine hebdomadaire, L’Express, fondé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud. Cet hebdomadaire – lieu de rencontre des trois M : Mendès, Mauriac, Malraux – va mobiliser l’opinion en sa faveur.

Le 18 juin 1954, Pierre Mendès-France est investi à la présidence du Conseil. Il conçoit son action gouvernementale comme un contrat avec la Nation, la considérant adulte et jugeant qu’il n’est pas utile de lui cacher les difficultés auxquelles elle doit faire face. Chaque samedi, il s’adresse simplement aux Français à la radio. Pour lui, la conjoncture de l’époque nécessite la décolonisation : il règle la crise indochinoise, commence son action en faveur de l’indépendance des États africains, mais la guerre d’Algérie va avoir raison de lui.

Le 5 février 1955, après sept mois et dix-sept jours de présidence du Conseil, il démissionne, l’Assemblée lui ayant refusé sa confiance. Président du parti radical, il devient ministre d’État du gouvernement Guy Mollet en janvier 1956, mais démissionne en mai, n’approuvant pas la politique menée en Algérie. Soutien de Mitterrand en 1974 et 1981, il s’engage pour la paix au Proche-Orient, organise des rencontres entre Israéliens et Palestiniens.

Le 18 octobre 1982, il s’éteint à sa table de travail. Le pays tout entier lui rend hommage en lui faisant des funérailles nationales. 

Très tôt opposé dès les années 1920 à l’Action française, Pierre Mendès France continue toute sa vie à lutter contre l’extrême droite. Il a été le seul député à s’opposer à la participation française aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. « Les jeux olympiques, que les nazis présentent déjà comme leur triomphe, vont s’ouvrir à Berlin. La France doit-elle participer à ces fêtes qui seront celles du racisme autant que du sport ? Mendès, comme les communistes, estime qu’il faut s’y refuser. Mais au moment du vote des crédits à l’Assemblée nationale, Maurice Thorez et ses amis se réfugient dans l’abstention (l’électorat ouvrier ne comprendrait pas). Seul PMF vote contre. »

Pierre Mendès-France bac en poche à Quinze ans   dans FONDATEURS - PATRIMOINEPierre Mendès-France a été toute sa vie une cible de l’antisémitisme. Le sommet en est atteint lorsqu’en 1940, Pierre Mendès France est accusé par le régime de Vichy de désertion pour s’être embarqué à bord du Massilia. Selon Éric Roussel, président de l’Institut Pierre Mendès-France, cela l’a marqué pour toujours.

Après la guerre, il continue d’être visé par les antisémites et l’extrême droite. Outre les attaques sur sa politique économique, financiaire et ses positions européennes critiquées vertement par le « lobby betteravier, c’est-à-dire les MRP, la droite du parti radical et l’extrême droite », c’est aussi au juif Mendès que l’on s’en prend. « À l’époque où l’antisémitisme servait de toile de fond à une campagne basée sur le progressisme, au début de l’été 1954, Jacques Fauvet rapporte que des parlementaires (dont un de bonne foi) répandent, photocopie à l’appui, l’idée que Mendès portait un faux nom, qu’il s’appelait en réalité Cerf, et qu’il comptait un traître dans son gouvernement : François Mitterrand. » C’est d’abord à Mitterrand que s’en prend l’avocat d’extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour, avant de considérer qu’il faut « frapper plus haut ». En 1956, quand Mendès France se désolidarise de l’action franco-anglaise sur le canal de Suez, on l’insulte, on le menace, on crie : « À Moscou! » et Tixier : « À Tel-Aviv! ».

Ses origines juives, ses positions sur la décolonisation et sa politique de fiscalisation des bouilleurs de cru font de Pierre Mendès France l’une des cibles favorites de l’extrême droite et du mouvement poujadiste. Pierre Poujade lui lance ainsi, en 1955 : « Si vous aviez une goutte de sang gaulois dans les veines, vous n’auriez jamais osé, vous, représentant de notre France producteur mondial de vin et de champagne, vous faire servir un verre de lait dans une réception internationale ! C’est une gifle, monsieur Mendès, que tout Français a reçue ce jour-là, même s’il n’est pas un ivrogne. » En effet, en 1954, Pierre Mendès France, alors Président du Conseil, organise la distribution de lait dans les écoles et casernes de France.

Le 11 février 1958, il se fait violemment prendre à partie à l’Assemblée nationale par le jeune député d’extrême-droite Jean-Marie Le Pen : « vous savez bien, monsieur Mendès France, quel est votre réel pouvoir sur le pays. Vous n’ignorez pas que vous cristallisez sur votre personnage un certain nombre de répulsions patriotiques et presque physiques ».

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Mend%C3%A8s_France

 

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Jules Bonnot, Raymond la science, l’homme à la carabine

Posté par francesca7 le 13 août 2015

 Jules Bonnot, Raymond la science, l’homme à la carabine dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Fiche_de_Police_de_Raymond_Callemin_%28AKA_Raymond_la_Science%29« La caisse ! » L’employé de la Société Générale de la rue Ordener à Paris hésite. Les bandits, eux, n’hésitent pas : ils ouvrent le feu, blessent grièvement le caissier, et s’enfuient dans une automobile pétaradante !

Nous sommes le 21 décembre 1911. C’est le début de l’épopée sanglante d’une bande commandée par Jules Bonnot, un ouvrier mécanicien, faux-monnayeur et militant syndicaliste. On y trouve Raymond Callemin, dit Raymond la Science tant sa soif de lecture est grande ! On y trouve Soudy qui n’a rien à perdre : tuberculeux, pauvre, l’aventure tragique le rend célèbre, il devient l’homme à la carabine.

On y trouve Carouy, un ancien tourneur sur métaux, une armoire à glace ! On y trouve deux anciens déserteurs : Garnier et Valet. Cette bande va de nouveau attaquer la Société Générale le 25 mars 1912, à Montgeron et Chantilly, tuant deux employés. Le 24 avril, à Ivry, les bandits sont cernés dans une maison. Ils sont presque tous arrêtés. Jules Bonnot, qui a tué le sous-chef de la police, est parvenu à s’enfuir. Il s’est réfugié chez un garagiste à Choisy-le-Roi. Le 29 avril 1912 à l’aube, le garage est encerclé. Le préfet de police, le chef de la sûreté, le procureur de la République et une nuée de reporters sont là !

Tous se sont donné rendez-vous pour l’hallali : la bête féroce va être abattue. Trente mille curieux se pressent sur les lieux. L’assaut est donné. Bonnot se défend comme un diable, mais tombe sous les balles. Le 15 mai, Garnier et Valet sont rattrapés à Nogent-surMarne, et abattus ! Anarchiste, Bonnot ? Plutôt l’homme d’une idée, l’idée du théoricien du groupe, un certain Kilbatchiche, fils d’immigrés russes né à Bruxelles.

L’anarchie théorique qu’il développe est transformée par Bonnot en actes criminels. Les deux hommes rompent leurs relations. Bonnot s’enfonce dans le crime. Kilbatchiche, à l’issue du procès du 28 février 1913 – Raymond la Science et l’Homme à la carabine sont condamnés à mort, l’armoire à glace aux travaux forcés à perpétuité –, écope de cinq années de réclusion. Libre, il deviendra l’écrivain Victor Serge, collaborateur de Trotski. Il mourra en 1940, à Mexico.

Fils d’un cordonnier, Narcisse Callemin, Raymond est un ami d’enfance de Viktor Kibaltchich, le futur Victor Serge, mais également de Jean De Boë et d’Édouard Carouy, deux autres membres de la future bande à Bonnot. Il fait des études jusqu’à l’âge de 16 ans et apprend le métier de photographe.

Raymond Callemin participe en 1911 au groupe qui publie le journal libertaire L’Anarchie, dans un pavillon de la rue du Chevalier-de-la-Barre à Romainville, à l’époque où bon nombre de rédacteurs sont des « individualistes scientifiques » qui pratiquent une forme d’ascèse libertaire (pas de vin, de café, de sel, de viande ou de tabac…). Il y fait fonction de caissier et de typographe. C’est dans ce milieu qu’il rencontre entre autres Octave Garnier,André Soudy ou René Valet et retrouve Édouard Carouy.

Son surnom de « Raymond la Science » lui est donné, d’après Jean Maitron, en raison de son goût immodéré de la lecture. Les journaux de l’époque avancent une autre explication : « Callemin ne cessait, dans les parlottes anarchistes, d’appuyer les moindres affirmations sur l’autorité de la science. Son sobriquet lui fut décerné par dérision par ses camarades. » Callemin lui-même aurait dit : « On m’appelle ainsi parce que je connais pas mal de choses et que pour mes amis j’ai autant de science en mon cerveau que l’on peut en trouver dans les livres. »

Raymond Callemin participe aux actions les plus retentissantes de la bande à Bonnot : l’agression de deux employés de la Société générale, rue Ordener, le 21 décembre 1911 ; le meurtre de l’agent de police Garnier, place du Havre, le 27 février 1912, et l’attaque de l’agence de la Société générale à Chantilly le 25 mars 1912 au cours de laquelle deux employés sont tués.

Il est arrêté le 7 avril 1912, 48 rue de La Tour-d’Auvergne à Paris.

Il comparaît à partir du 3 février 1913 devant les assises de Paris, en compagnie de dix-neuf autres accusés, parmi lesquels se trouvent Victor Serge et Rirette Maîtrejean en tant que gérants du journal L’Anarchie.

Au procès, Bonnot et Garnier étant morts, Callemin fait figure de chef. Il assume d’ailleurs ses responsabilités avec fierté.

Il est l’un des quatre accusés à être condamné à mort. Après le verdict, il tentera de disculper Eugène Dieudonné, également condamné à mort pour sa participation supposée à l’agression de la rue Ordener. Dieudonné sera gracié.

Son exécution a lieu le 21 avril 1913, en même temps que celles d’Étienne Monier et d’André Soudy

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Citations Lors de son arrestation  : «  Vous faites une bonne affaire ! Ma tête vaut cent mille francs, chacune des vôtres sept centimes et demi. Oui, c’est le prix exact d’une balle de browning !  »

  • « Qu’est ce que le crime? Un attentat contre la vie humaine perpétré dans certaines conditions. Cela veut dire, que parfois, la suppression des vies humaines est récompensée de façon honorifique. Tandis que, dans d’autre cas on voue l’individu à l’exécration universelle. »
  • En montant sur l’échafaud : « C’est beau hein, l’agonie d’un homme… 

Anecdote

En 1974, Guy Debord compose une chanson sur l’attentat d’Émile Henry contre le siège des mines de Carmaux à Paris, le 8 novembre 1892. L’auteur attribue, par fantaisie, La Java des Bons-Enfants à Raymond Callemin. La chanson figure sur l’album Pour en finir avec le travail, un recueil de « Chansons du prolétariat révolutionnaire » paru sous forme de disque vinyle en 1974 et réédité en CD en 1998.

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Félix Faure sans connaissance

Posté par francesca7 le 12 août 2015

 FfaureLe médecin : « Monsieur le Président a-t-il toujours sa connaissance ? » Les domestiques : « Non ! On l’a fait sortir par derrière ! » C’est le dialogue qu’on a pu entendre le 16 février 1899 à l’Élysée : le président de la République Félix Faure – très hostile à la révision du procès Dreyfus – vient d’avoir un malaise dans les bras de sa « connaissance » Marguerite Steinhel, une demi-mondaine.

 Il ne s’en relèvera pas. Le président Soleil comme on l’appelait à cause de son goût pour le faste – c’est un ancien ouvrier qui a fait fortune – collectionne les conquêtes jusqu’à ce jour fatal. Il n’est pas le seul : Clemenceau affiche lui aussi une robuste santé, multipliant les aventures féminines – son épouse américaine se console dans les bras de ses amants jusqu’au jour où le Tigre la découvre en pleine consolation, et la renvoie aux États-Unis, en troisième classe sur le bateau, après en avoir divorcé !

La palme de la vigueur revient sans doute à Ferdinand de Lesseps : à soixante-quatre ans, il épouse une jeune fille de vingt-deux ans qui lui donnera douze enfants ; ce qui ne l’empêche pas de rendre des visites régulières dans les maisons closes. À quatre-vingt-cinq ans, il manifeste encore sa présence auprès de trois ou quatre de leurs pensionnaires, plusieurs jours par semaine…

Félix Faure, dont on a dit qu’il était plus célèbre par sa mort que par sa vie, mourut au palais de l’Élysée le 16 février 1899, à l’âge de 58 ans. Des quatre présidents morts en fonction, il est le seul à être décédé dans le palais présidentiel.

En 1897, il avait rencontré à Chamonix, Marguerite Steinheil dite « Meg », épouse volage du peintre Adolphe Steinheil, auquel fut confiée la commande officielle d’une toile monumentale intitulée « La remise des décorations par le président de la République aux survivants de la redoute brûlée. ». De ce fait, Félix Faure se rendit souvent à la villa « Le vert logis », au no 6 de l’impasse Ronsin à Paris, où résidait le couple Steinheil. Marguerite devint rapidement sa maîtresse et le rejoignait régulièrement dans le « salon bleu » du palais de l’Élysée.

Le 16 février 1899, Félix Faure téléphona à Marguerite et lui demanda de passer le voir pour 17 heures après son conseil des ministres consacré à l’affaire Dreyfus. Bien qu’elle fût arrivée, les entretiens du président avec l’archevêque de Paris François-Marie-Benjamin Richard et Albert Ier de Monaco, venus intercéder en faveur du capitaine Dreyfus, se prolongèrent, aussi absorba-t-il probablement une trop forte dose de cantharide officinale, puissantaphrodisiaque mais aux effets secondaires importants (à moins qu’il ne s’agît de l’aphrodisiaque à base de quinine qu’il se faisait apporter par son huissier comme à son habitude, afin de se montrer à la hauteur avec sa maîtresse). Peu de temps après que le couple se fut installé dans le « salon bleu » de l’Élysée (ou le « Salon d’Argent » selon d’autres versions), le chef du cabinet Le Gall, alerté par des cris, se précipita et découvrit le président sans autre vêtement qu’un gilet de flanelle, râlant, allongé sur un divan et la main crispée dans la chevelure de sa maîtresse, tandis que Marguerite Steinheil déshabillée réajustait ses vêtements en désordre. Félix Faure mourut vers 22 heures d’une congestion cérébrale comme on disait à l’époque.

Selon Pierre Darmon, historien de la médecine, il s’agirait d’une légende : Félix Faure présentait des signes de tachycardie. Une rencontre houleuse avec le prince de Monaco (dreyfusard demandant que l’Allemagne se portât caution pour l’innocent capitaine) aurait aggravé l’état du président. Celui-ci aurait ensuite passé quelques minutes avec sa maîtresse avant de défaillir et de rejoindre son bureau. C’est entouré de sa famille et de son médecin qu’il serait mort. Mais la presse aurait surenchéri.

Cause du décès

La nouvelle que le président était mort dans les bras de sa maîtresse se répandit rapidement. Si certains journaux affirmèrent, tel le Journal du Peuple du 18 février, qu’il était mort d’avoir « trop sacrifié à Vénus », c’est-à-dire d’avoir abusé de ses forces durant une relation sexuelle, d’autres, tel La Presse du 22 février, se demandèrent s’il « …n’avait pas été victime des dangers inhérents à sa haute fonction, si pour être plus catégorique, il est bien mort de mort naturelle. ». Ce journal évoquait l’hostilité à son égard provoquée par son attitude dans l’Affaire Dreyfus, thèse qui fut reprise par Édouard Drumont dans son journal La Libre Parole, où il affirmait qu’un cachet empoisonné avait été placé par des « Dreyfusards » parmi ceux que prenait le président.

 

Les circonstances croustillantes du décès prirent rapidement le pas sur la tragédie d’une mort subite. La légende rapporta que l’abbé Herzog, curé de la Madeleine, fut mandé par Mme Félix Faure pour lui administrer les derniers sacrements mais, sans attendre son arrivée, il fut remplacé par un prêtre de passage devant l’Élysée qui, en demandant à son arrivée : « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? » se serait entendu répondre : « Non, elle est sortie par l’escalier de service ! ». Mme Félix Faure habitant l’Élysée et pour éviter le scandale, la maîtresse dut en effet s’éclipser tellement vite qu’elle en oublia son corset – que le chef de cabinet Le Gall gardera en souvenir.

La rumeur populaire colporta que c’était une fellation prodiguée par sa maîtresse qui avait provoqué un orgasme fatal, ce qui valut à Marguerite Steinheil le surnom de « la pompe funèbre ». Les chansonniers de l’époque affirmèrent : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée » allusion au goût du président pour le faste et à la fellation qui provoqua prétendument sa mort. Cette phrase a été attribuée également à Georges Clemenceau, qui ne l’aimait guère. Ce dernier aurait également déclaré à cette occasion : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui. » et « Ça ne fait pas un Français en moins, mais une place à prendre. ».

 Félix Faure sans connaissance dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Perelachaise-FelixFaure-p1000345

Le président eut droit à des obsèques nationales, célébrées le 23 février 1899. Elles furent marquées par une tentative de coup d’État de la Ligue des patriotes fomenté par Paul Déroulède, qui essaiera en vain de faire prendre d’assaut le palais présidentiel. Félix Faure est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, 4e division. Son gisant en bronze, réalisé par le sculpteur René de Saint-Marceaux, le représente couché sous les plis des drapeaux français et russe, pour rappeler son rôle dans l’Alliance franco-russe.

 

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Le pistolet de Gambetta

Posté par francesca7 le 8 août 2015

 

Gambetta_by_Lége,_ParisLe 27 novembre 1882, dans une maison de Ville-d’Avray, on entend un coup de feu ! On accourt et on trouve Léon Gambetta, sérieusement blessé au bras : une artère est touchée.

 En déchargeant son pistolet pour le nettoyer, il a fait un faux mouvement. Immédiatement, des rumeurs circulent : c’est un attentat des jésuites, des anarchistes, c’est la vengeance de Léonie Léon, sa maîtresse. Le médecin prescrit alors du repos au bouillant député.

Erreur fatale : ce repos contraint exacerbe une inflammation du péritoine dont Gambetta souffre depuis longtemps. Une grave occlusion intestinale se déclare. On ne sait trop si on doit opérer. La mort vient dissiper le doute : elle survient le 31 décembre 1882. Léon Gambetta avait quarante-quatre ans.

C’est comme orateur que Gambetta sort de l’anonymat. Est-ce à ses ascendances méridionales, génoise par son père, gasconne par sa mère, qu’il doit sa faconde et sa puissance verbale ? En 1857, il a quitté l’épicerie familiale, le « Bazar génois » de Cahors, pour étudier le droit à Paris. Il obtient sa licence en 1860.

 

Son premier souci est le maintien de la cohésion nationale. Il craint l’insubordination de la province, où il place des préfets au patriotisme bon teint, et de l’armée, à laquelle il s’adresse : « Le nom de République veut dire union intime de l’armée et du peuple pour la défense de la patrie. »

Pour rendre autorité et énergie à la délégation du gouvernement réfugiée à Tours, il décide de la rejoindre : le 7 octobre, il s’envole en ballon de la place Saint-Pierre à Montmartre et atteint Montdidier, d’où il gagne Tours. Il ajoute alors à ses fonctions celle de ministre de la Guerre. Pendant quatre mois, assisté de Charles de Freycinet, il organise la résistance : il parvient à faire enrôler plus de 600 000 hommes, à créer de nombreux corps francs. Il s’insurge violemment contre le défaitisme, s’opposant ainsi à Thiers, qui souhaite négocier la paix et se déclare révolté par « cette politique de fou furieux ».

 

Mais la capitulation de Metz (27 octobre), l’échec de l’essai de jonction entre les forces parisiennes et l’armée de la Loire, la prise d’Orléans (3 décembre) et la capitulation de Paris enfin (28 janvier 1871) rendent inutiles ses efforts. S’il ne parvient pas à chasser l’ennemi du sol de la patrie, il espère du moins que celle-ci se prononcera en faveur de la république. Pour suppléer au manque de ferveur républicaine de la province, il voudrait que tous ceux qui ont servi sous l’Empire soient déclarés inéligibles, mais il n’est pas suivi par les républicains modérés, qui le forcent à démissionner (6 février).

Aux élections du 8 février, Thiers, l’homme de la paix, l’emporte sur les radicaux. Gambetta est cependant élu par neuf départements ; il opte pour le Bas-Rhin. La cession de l’Alsace à l’Allemagne, contre laquelle il a solennellement protesté, annule son mandat. Il s’exile à Saint-Sébastien.

Gambetta souhaite former un grand ministère d’Union républicaine. Des refus successifs le font échouer, et c’est un ministère d’hommes jeunes, de « commis » dit-on alors, qu’il présente le 14 novembre 1881. Son action rencontre l’opposition des droites, des radicaux et notamment de Clemenceau – qui, malgré l’amnistie des communards, obtenue grâce à ses efforts en 1880, attaquent son opportunisme –, d’Henri Rochefort, qui l’insulte dans l’Intransigeant, de certains républicains eux-mêmes – inquiets des rumeurs qui courent sur les goûts de luxe sinon de confort de leur chef, sur ses relations dans les milieux financiers et aristocratiques –, des « revanchards », qui lui reprochent son manque de fermeté, des pacifistes, pour lesquels il demeure l’« homme de la guerre ». Si bien que, lorsque le 26 janvier 1882 Gambetta demande une Le pistolet de Gambetta dans FONDATEURS - PATRIMOINEfois encore le retour au scrutin de liste, il est battu par 268 voix contre 218 et démissionne. Son ministère n’a duré que 72 jours, et son rêve de réaliser l’unité nationale a vécu.

Une mort prématurée

Alerté en juillet par la gravité de la crise égyptienne, il fait à la tribune sa dernière apparition pour préconiser l’intervention française aux côtés des Anglais à Alexandrie. Il séjourne le plus souvent dans la propriété qu’il a acquise aux Jardies à Ville-d’Avray. C’est là qu’il se blesse à la main droite en manipulant un revolver le 27 novembre. L’alitement prolongé qui lui est alors prescrit provoque une septicémie qui l’emporte le 31 décembre 1882.

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La vierge rouge

Posté par francesca7 le 8 août 2015

Louise-MichelLouise Michel, née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte, Haute-Marne et morte le 9 janvier 1905 à Marseille, alias « Enjolras », est une institutrice, militante anarchiste, franc-maçonne, aux idées féministes et l’une des figures majeures de la Commune de Paris. Première à arborer le drapeau noir, elle popularise celui-ci au sein du mouvement libertaire.

Préoccupée très tôt par l’éducation, elle enseigne quelques années avant de se rendre à Paris en 1856. À 26 ans, elle y développe une activité littéraire, pédagogique, politique et activiste importante et se lie avec plusieurs personnalités révolutionnaires blanquistes de Paris des années 1860. En 1871, elle participe activement aux événements de la Commune de Paris, autant en première ligne qu’en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en France en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur desprolétaires. Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit inlassablement son militantisme politique dans toute la France, jusqu’à sa mort à l’âge de 74 ans.

Elle demeure aujourd’hui une figure révolutionnaire et anarchiste.

 Au coeur de la mêlée : Louise Michel, surnommée La vierge rouge de la Commune. Fille naturelle d’une femme de chambre et d’un aristocrate, elle est née en 1830. Devenue institutrice, fascinée par Victor Hugo, elle lui envoie ses poèmes et le rencontre en 1851.

Défenseur des droits de la femme, engagée en politique aux côtés de Vallès – de Théophile Ferré aussi, son seul amour, jamais déclaré, et qui, à vingt-quatre ans sera exécuté le 8 novembre 1871 –, elle lutte de toutes ses forces contre les Versaillais.

Après la Commune, elle sera déportée en Nouvelle-Calédonie où elle soutiendra les Canaques. Revenue en France, elle publie de nombreux ouvrages et donne des conférences. Elle meurt en 1905.

Fille naturelle, à la paternité incertaine, d’une domestique et d’un membre de la petite noblesse, on sait peu de chose sur la vie privée de Louise Michel, surnommée par Verlaine (ou par Clovis Hugues), la Vierge Rouge. Sa proximité avec Victor Hugo, son amour (platonique ?) avec Théophile Ferré, ses compagnonnages féminins avec Paule Minck et Nathalie Lemel, sa longue relation avec Charlotte Vauzelle, qu’elle nomme sa « compagne depuis 15 ans » à la fin de sa vie. À son enterrement, c’est Séverine, libertaire et féministe qui prononce l’éloge funèbre. « Dans notre langage d’aujourd’hui, nous imaginerions facilement une relation lesbienne mais Louise Michel était souvent critiquée pour son comportement, plutôt qualifié de puritain. »

Ses positions sur les relations hommes/femmes sont connues : « Si l’égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine. En attendant, la femme est toujours, comme le disait le vieux Molière, le potage de l’homme. Le sexe fort descend jusqu’à flatter l’autre en le qualifiant de beau sexe. Il y a fichtre longtemps que nous avons fait justice de cette force-là, et nous sommes pas mal de révoltées. [...] ne comprenant pas qu’on s’occupe davantage des sexes que de la couleur de la peau. [...] Jamais je n’ai compris qu’il y eût un sexe pour lequel on cherchât à atrophier l’intelligence. »

Sur la prostitution, ses propos sont sans ambiguïtés : « Il y a entre les propriétaires des maisons de prostitution échange de femmes, comme il y a échange de chevaux ou de bœufs entre agriculteurs ; ce sont des troupeaux, le bétail humain est celui qui rapporte le plus. [...] Si les grands négociants des marchés de femmes qui parcourent l’Europe pour leur négoce, étaient chacun au bout d’une corde, ce n’est pas moi qui irais la couper. [...] Est-ce qu’il n’y a pas des marchés où l’on vend, dans la rue, aux étalages des trottoirs, les belles filles du peuple, tandis que les filles des riches sont vendues pour leur dot ? L’une, la prend qui veut ; l’autre, on la donne à qui on veut. La prostitution est la même [...] Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme du prolétaire ».

Louise Michel et la franc-maçonnerie

Lors de ses funérailles, de nombreux orateurs prennent la parole et, parmi eux, le vénérable de la loge « Fraternité Universelle »1 de la Grande Loge symbolique écossaise mixte et maintenue, une obédience maçonnique qui n’existe plus aujourd’hui33. Selon Jean Maitron, « des insignes ou emblèmes maçonniques ayant été déposés sur le cercueil, les organisateurs des obsèques firent remarquer que Louise Michel n’appartenait à aucune association »1.

En fait, le 20 juillet 1904, sur proposition de Madeleine Pelletier (qui selon Françoise Hecque, « revendique l’honneur d’avoir amené Louise Michel en franc-maçonnerie »), Louise Michel est invitée à la loge « Fraternité Universelle », pour y prononcer une conférence de réception. Lors de cette réunion, elle est cooptée, les membres de la loge s’estimant honorés par son acquiescement à leur offre d’adhésion. Cette date ne doit pas être confondue, comme le fait André Combes, avec celle La vierge rouge dans FONDATEURS - PATRIMOINE 170px-Louise_Michel2de son initiation qui a lieu quelques semaines plus tard : le 13 septembre 1904 à la loge no 3 « La Philosophie sociale » de la même obédience, une loge qui admettait les femmes. Elle est initiée en même temps que Charlotte Vauvelle (son amie et compagne depuis 1895) et Henri Jacob. Le lendemain de cette initiation, le 14 septembre 1904, Louise Michel tient une conférence devant la loge « Diderot » de la même obédience, du thème La femme et la franc-maçonnerie qui commence par ces mots : « Il y a longtemps que j’aurais été des vôtres si j’eusse connu l’existence de loges mixtes, mais je croyais que, pour entrer dans un milieu maçonnique, il fallait être un homme ». Et encore « Le pouvoir abêtit les hommes ; aussi devons-nous non point le conquérir et nous l’arracher entre hommes et femmes, mais l’éliminer de la société en faisant de celle-ci une grande famille libre, égalitaire et fraternelle, selon la belle devise maçonnique », et sur la Commune « Les hommes de la Commune étaient individuellement énergiques, d’une grande valeur. Membres de la Commune, ils ne furent pas à la hauteur de leur tâche ». Ses propos sont rapportés par le bulletin de la Grande Loge

 

 

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