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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    « Un monument restauré traduit les connaissances, les ambitions, les goûts, non seulement du maître d’oeuvre mais aussi du maître d’ouvrage : c’est le vrai révélateur de l’appréhension des édifices par une génération donnée, qui leur permet de reconnaître pour sien un édifice centenaire. » citation de Françoise Bercé.

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    Tout devient patrimoine : l'architecture, les villes, le paysage, les bâtiments industriels, les équilibres écologiques, le code génétique.

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    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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La naissance des collèges en France

Posté par francesca7 le 12 décembre 2015

 

Les collèges sont créés au xiie siècle en liaison avec les universités. Les collèges assurent à la fois l’hébergement et une assistance spirituelle, mais également des fonctions d’enseignement, en complément de celui de l’université.

Mais consacrent en même temps l’exclusion des filles de l’éducation et du savoir.

Alors que, la Gaule romanisée possédait des écoles municipales : un maître enseignant dans les écoles primaires, un grammairien dans les écoles secondaires et un rhéteur dans l’enseignement supérieur.

L’exclusion des filles s’était concrétisée lorsque Charlemagne crée au 9° siècle des écoles dans les abbayes pour éduquer le clergé et former un corps de fonctionnaires efficaces.

College_France de 1612

Or les femmes sont interdites de ces métiers. De plus, les cours sont données en latin, langue morte que peu de femmes connaissent. Seule une petite élite de femmes, issues de milieux intellectuels, comme Radegonde ou Hildegarde de Bingen se distinguent par leur savoir et leurs écrits. C’est aussi le cas d’Héloïse pour l’éducation de laquelle son oncle fait appel à Abélard comme professeur particulier.

Petit à petit, ces collèges deviennent autonomes vis-à-vis de l’université et leur enseignement tend à se suffire à lui-même.

Les collèges deviennent donc des établissements ayant leurs propres fonctions, assurant une formation de base à des élèves issus de la bourgeoisie ou de la noblesse. Il existe à la fois des « collèges de plein exercice » et des « petits collèges » dont les enseignements se limitent à deux ou trois classes. Si les uns et les autres dépendent des municipalités, les collèges de plein exercice sont généralement confiés à des congrégations religieuses enseignantes tandis que les autres relèvent de maîtres n’appartenant pas aux congrégations. À la veille de la Révolution, le royaume compte 271 collèges mais la moitié environ ne sont que des « petits collèges ».

L’enseignement comprend quatre classes de grammaire, une classe d’humanité et une classe de rhétorique, auxquelles s’ajoutent deux classes de philosophie. Il s’appuie sur les principes de la Ratio Studiorum ; les matières les plus enseignées sont le français, le latin et le grec ancien. Dans les années 1730, s’ajoutent l’histoire et la géographie, puis la physique. Les auteurs français commencent à être étudiés vers 1770.

Les femmes exclues de cet enseignement ne peuvent donc développer leurs connaissances que grâce à des pères, des frères, des maris lettrés et possédant des bibliothèques

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HISTOIRE pour les amoureux de chaussures

Posté par francesca7 le 10 décembre 2015

 

 FEREY MEDIEVAL
 
Jean-Baptiste Ferey n’est pas passionné par le Moyen Age. Il n’a pas non plus été formé au travail du cuir. Pourtant, il est l’un des seuls en France à fabriquer des chaussures médiévales.

« Vous savez moi, sur l’aspect historique, je ne m’y connais pas vraiment. » Jean-Baptiste Ferey est artisan. Au beau milieu de la campagne manchoise, à Moon-sur-Elle, installé dans le bâtiment attenant à la maison familiale, il travaille le cuir pour en faire des chaussures.

Rien qui ne semble exiger un goût prononcé pour les faits du passé donc. Sauf que les créations de l’homme de 29 ans ne se retrouvent pas aux pieds de M. Toutlemonde. Jean-Baptiste Ferey s’est engouffré dans une niche : celle de la chaussure médiévale. « La plupart du temps, mes clients font partie de troupes de reconstitution », indique l’homme au tablier bleu et aux longues dreadlocks. Dans son catalogue, près d’une trentaine de modèles. Du IXeau XVIIe siècle, de 100 à 600 € et du 18 au 51. « Tout est fait sur-mesure, et le plus possible à la main. »

Fournisseur du Puy du Fou

Jean-Baptiste était menuisier. Il y a quatre ans, il a lâché la planche de bois pour la peau de veau, à la suite du décès de son père : « C’était un autodidacte. Il était passionné par les Indiens, il a commencé à reproduire ce qu’il voyait dans les bouquins. Et puis, en 1997, une troupe médiévale a eu besoin de chaussures. C’est là qu’ils se sont lancés, avec ma mère. »

Vingt ans plus tard, l’entreprise familiale est toujours debout. Et fait mieux que résister : le Puy du Fou fait partie de ses fidèles clients. « Tous les ans, ils nous passent une nouvelle commande. Nous équipons les comédiens qui font les spectacles. » En 2015, 80 paires ont été achetées.

Pour le reste, les produits Ferey médiéval se vendent bien au-delà de l’Hexagone : « J’ai pas mal de commandes depuis l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas… J’ai même envoyé une paire à Wallis et Futuna. » Un succès que Jean-Baptiste Ferey explique assez simplement : « En France, seule une poignée d’artisans fabriquent ce type de produits. » Du côté de l’Europe de l’Est, la concurrence est plus rude. « Mais leurs chaussures sont moins résistantes. »

Si ses paires font la différence, le fabricant sait exactement pourquoi. Mais il ne le dira pas : « Je ne peux pas déposer de brevet, je dois donc faire attention à mes secrets de fabrication. » Dans son atelier, aucun apprenti n’est accepté, simple question de précaution. Les seuls à qui il acceptera de tout dévoiler ? Sa compagne — qui devrait prochainement rejoindre l’aventure — et son fils. À un an seulement, difficile de savoir si l’envie le prendra de marcher dans les pas de son père. Jean-Baptiste, lui, a déjà secrètement glissé cette idée dans sa botte…

Site Internet : http://www.fereymedieval.com

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L’idée de Nation

Posté par francesca7 le 9 décembre 2015

 

A NATIONElle s’est parfois imposée à partir d’institutions étatiques préexistantes ou, au contraire, a favorisé la construction d’États regroupant des populations précédemment dispersées sur plusieurs territoires.

En France et en Angleterre, c’est l’action centralisatrice et unificatrice du pouvoir royal qui a contribué de manière décisive à l’émergence de la nation. Mais le sentiment national, présent chez une élite restreinte, s’est diffusé assez lentement. Il faut en effet attendre la fin du XVe siècle pour que l’idée de nation devienne incontournable en France et en Angleterre. La guerre de Cent Ans (1337-1453) a soudé les populations dans l’adversité et contribué de manière décisive à l’émergence de l’identité nationale de part et d’autre de la Manche.

Dans d’autres pays, l’idée de nation s’est développée en l’absence d’un cadre étatique unitaire. Ainsi, en Allemagne, l’existence d’une langue et d’une culture communes a permis de concevoir la nation en l’absence de toute unité politique avant 1871. De même, en Italie, le sentiment national a servi de ciment idéologique préalable à l’unification de l’État.

La double dimension – objective et subjective – de l’idée de Nation trouve un écho dans la formulation à la fin du XVIIIe et au XIXe siècles de deux concepts distincts de la nation par des penseurs français (Renan, Fustel de Coulanges) et allemands (Herder, Fichte), qu’on présente souvent comme la « conception française » et la « conception allemande » de la nation.

Johann Gottfried Herder (1744-1803) propose une définition de la Nation fondée sur le sol et une langue commune, et Johann Gottlieb Fichte (1762-1814), dans ses Discours à la nation allemande , insiste sur l’idée de peuple et l’importance de la langue.

Ernest Renan (1823-1892), dans sa célèbre conférence de 1882 intitulée « Qu’est-ce qu’une Nation ? », pose, quant à lui comme critères de l’appartenance nationale, « le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » Selon lui, « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours. »

État, Nation et État-Nation

Réalité historique et politique, objet de réflexion et de débats théoriques, la Nation est également devenue depuis la Révolution française une notion juridique à part entière. L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dispose ainsi que « le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »

En application de ce principe, la Nation est devenue la source des différents pouvoirs, se substituant au droit divin qui légitimait le pouvoir monarchique. La désignation des détenteurs du pouvoir par le biais de l’élection et le principe d’égalité des citoyens devant la loi et les charges publiques découlent de cette conception de la Nation. Celle-ci peut être L’idée de Nation dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Claude_Monet_043définie comme le peuple constitué en corps politique, dont la volonté est mise en œuvre par des représentants élus, sans qu’aucun corps intermédiaire ne puisse y faire obstacle.

La constitution du peuple en un corps politique, la nation, détentrice de la Souveraineté, modifie par ailleurs la conception de l’État en le soumettant au principe démocratique. La nation le relie ainsi à la société en lui conférant une légitimité démocratique.

Pour cette raison l’État et la nation sont très souvent associés, au point que pour certains toute nation a le droit de disposer d’un État et tout État doit s’appuyer sur l’existence d’une Nation. L’existence des États-nations apparaît dès lors comme une conséquence logique du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, dont le principe s’est imposé au XXe siècle dans la conduite des relations internationales. L’État se caractérise alors par la superposition d’une entité politique souveraine avec un ensemble culturel unifié du point de vue linguistique ou religieux.

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Les Voies rapides de circulation

Posté par francesca7 le 8 décembre 2015

 

images (1)Une nouvelle terminologie apparaît dans le vocabulaire routier français, avec la création, décidée en septembre 1968, des voies rapides, sur proposition d’Albin Chalandon, ministre de l’Équipement et du Logement. Du point de vue juridique, a fait remarquer le ministre, il existait jusqu’à présent deux catégories de routes : les unes à caractère traditionnel, comme les nationales, les départementales et les communales ; les autres à destination spéciale, comme les autoroutes. Différence essentielle : les autoroutes appartiennent au domaine public de l’État et les riverains ne jouissent pas du droit d’accès.

Sécurité plus grande

Les nouvelles voies rapides pourront rester départementales ou communales selon les cas ; mais elles posséderont certaines propriétés des autoroutes : 
– Les propriétaires riverains n’auront pas le droit d’y installer de passage direct ou de commerce, sauf s’il s’agit de stations-service autorisées exceptionnellement par les Ponts et Chaussées ; 
– Les véhicules ne pourront accéder à ces routes qu’aux carrefours aménagés, même si elles ne comportent pas de clôture contiguë tout au long de leur parcours ; 
– Certaines catégories d’usagers ou de véhicules pourront être exclues des voies rapides, comme c’est déjà le cas sur les autoroutes, ou sur la voie express de Paris, la traversée de Lyon ou la liaison Saint-Nazaire – Pornichet – La Baule.

L’objectif est d’obtenir une sécurité plus grande pour les automobilistes aussi bien que pour les riverains. En même temps, une accélération du débit d’écoulement du trafic, notamment pour les accès des grandes villes, est attendue de cette création, qui, fin 1969, devrait être appliquée à une cinquantaine de routes françaises — ou de tronçons de route.

TARIFS DANS LES ANNES 1969

Hausses dans 5 secteurs

images (2)– La majoration du taux de la TVA (de 20 à 25 %) provoque une hausse de 5,8 %, à partir du 1er janvier 1969, sur tous les modèles des constructeurs français. Par ailleurs, les modèles étrangers subissent une hausse variant entre 5 et 6,9 %.

– L’extension de la TVA au marché de l’automobile d’occasion provoque un développement des ventes directes, de particulier à particulier, qui échappent à l’impôt. Le taux de la TVA pour les automobiles d’occasion, primitivement fixé à 25 %, est ramené à 15 % le 15 avril.

– Mesure temporaire : le prix de la vignette délivrée en novembre 1968 a été doublé pour les véhicules d’une puissance égale ou supérieure à 8 CV.

– Les tarifs d’assurance automobile obligatoire ont été augmentés de 5 %, à compter du 1er septembre 1968.

– Le prix des carburants a subi des hausses importantes. La majoration de la fiscalité, s’est élevée, en 1968, à 7,87 centimes par litre pour le super et à 7,67 centimes pour l’ordinaire, à quoi s’ajoute la hausse de 3 centimes le 1er janvier 1969. En outre, la revalorisation de 2 centimes/litre de la marge des compagnies pétrolières et des pompistes a été mise, en juillet 1968, à la charge des automobilistes.

 

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La France occulte

Posté par francesca7 le 8 décembre 2015

 

On les croyait disparus, remplacés par les augures des réseaux sociaux et les grand-prêtres de l’informatique. Pourtant, l’ombre des sorciers, des druides, des rebouteux et des médiums plane toujours.

À l’heure des nouvelles technologies et d’internet, dans un monde où la science pèse chaque jour davantage sur notre quotidien, l’univers de l’étrange et de l’occulte semble appartenir à un lointain passé. Pourtant, le recours à l’irrationnel et à l’ésotérique est loin d’avoir disparu en France. Bienvenue chez les guérisseurs, les rebouteux, les magnétiseurs, les médiums, les sorciers et les druides. Des femmes et des hommes qui, tout en suivant des chemins différents, témoignent de croyances en un autre monde, où les champs du possible seraient quasiment infinis. Où la nature et les choses ne sont pas inanimées, mais possèdent des capacités particulières et accessibles à ceux qui peuvent ou veulent les sentir.

 France occulte

Bien sûr, certains ne sont que des charlatans. Des marchands de fausses potions et d’espoirs déçus, qui profitent sans vergogne de l’angoisse et de la crédulité des gogos. Tout ou presque, chez eux, est payant et le résultat, toujours garanti. La connaissance est un chemin ponctué de diplômes sans autre valeur que le montant acquitté par les malheureux candidats à l’illumination. Ceux-là sont au mieux des escrocs, au pire des rabatteurs de mouvements sectaires. Paradoxalement, ces faux mages et ces guérisseurs d’opérette sont souvent sur le devant de la scène. Dans les tribunaux comme dans les médias, où leurs numéros d’illusionnistes amusent, effraient et fascinent à la fois.

«Pourtant, le monde des guérisseurs, par exemple, est à l’opposé des paillettes et de l’argent, assure Déborah Kessler-Bilthauer, ethnologue, auteur du livre Guérisseurs contre sorciers dans la Lorraine du XXIe siècle. La plupart d’entre eux ne demandent qu’une participation symbolique en fonction des moyens de chacun. Ils ne font pas commerce de leurs dons et, le plus souvent, ne se font connaître que par le bouche à oreille. Certains, comme les “barreurs de feu”, ceux qui “soignent” la douleur des brûlures, peuvent même travailler occasionnellement en milieu hospitalier. Mais, en général, ces personnes préfèrent l’ombre à la lumière.»

Les témoignages de guérison sont légion et demeurent souvent mystérieux. Tout le monde ou presque connaît quelqu’un qui en connaît un, lequel a soigné un mal de dos que la médecine traditionnelle ne parvenait pas à soulager ou a fait disparaître un problème dermatologique tel que l’eczéma ou des verrues. Mais d’où vient un tel don? Comment l’expliquer? Où commence l’irrationnel? Et comment faire le tri entre les «bons», les «vrais» et les «bonimenteurs» parmi les quelque 10.000 guérisseurs qui vivraient actuellement en France? Réalité ou autosuggestion? Ces questions demeurent sans réponse. En l’absence d’études scientifiques, il est difficile d’aller plus loin. D’autant que certaines guérisons tiennent tout simplement du miracle.

 guérison

L’irrationnel a toujours fasciné les hommes

Seule certitude dans cet univers particulier: tout repose sur les notions subjectives de confiance et de croyance. Ainsi, celui qui fait appel aux pouvoirs supposés d’un sorcier ou d’un rebouteux assume-t-il implicitement sa «foi» en ses capacités d’agir sur le monde et la souffrance qu’il ressent. Mieux, il assure la plupart du temps que ses problèmes sont résolus. Cette lecture «magique» des choses est loin d’être un phénomène marginal.

«À l’époque où les sciences et la technologie triomphent, on pourrait penser que la sorcellerie appartient définitivement au passé, explique Dominique Camus, docteur ès sciences de l’Ecole des hautes études en sciences sociales et l’un des meilleurs spécialistes actuels de sorcellerie en France. C’est faux. Car beaucoup de gens pensent encore aujourd’hui que certaines personnes possèdent des pouvoirs hors du commun. Un savoir ésotérique et mystérieux qui leur permettrait d’agir sur autrui par l’emploi d’étranges rituels. Que l’on y croie ou pas, le phénomène est infiniment plus profond que ce que l’on pense généralement. Et, dans ce contexte, le “pouvoir sorcier” doit être considéré sérieusement.»

Pour Dominique ­Camus, de tout temps, l’homme a essayé de découvrir ce qui était caché, à l’image des sourciers et des radiesthésistes, par exemple, ces personnes capables de ressentir les vibrations ou les radiations émises par les nappes ­phréatiques ou les veines de minerais souterraines. Dans le même esprit, la divination n’a jamais cessé d’influencer les sociétés humaines, depuis les oracles de la pythie de Delphes jusqu’aux prédictions de la diseuse de bonne aventure ou de la tireuse de cartes. «Mais attention à ne pas tout mélanger, prévient Dominique Camus. Le monde des sorciers, par exemple, repose sur une transmission du savoir et un investissement personnel qui va bien au-delà de la notion de don, de connaissances empiriques ou de savoir traditionnel et local. L’irrationnel aussi à sa hiérarchie. Il ne faut jamais perdre de vue que ces notions s’appuient sur une croyance bien réelle: la sorcellerie est jugée efficiente par ceux qui y ont recours et la tentation de recourir à l’occulte repose sur le même principe. 

 

Selon Radio Astro, une Française sur cinq et un Français sur dix consulteraient aujourd’hui un voyant ou un médium. Et plus de 15 millions de nos concitoyens avouent croire aux prédictions des voyants. Des hommes illustres, et non des moindres, se sont passionnés pour les phénomènes paranormaux et l’irrationnel. Le célèbre astronome Camille Flammarion, dans la seconde moitié du XIXe siècle, s’est enflammé pour l’étude des manifestations spectrales et les maisons hantées.

À la même époque, le spiritisme fascine la bonne société du second Empire et ébouriffe les crinolines. Le spirite Allan Kardec bouscule la science de son temps. Victor Hugo lui-même adoucit ses tristes soirées d’exil à Jersey par d’interminables séances de spiritisme. L’écrivain reçoit ainsi la visite de sa fille défunte, Léopoldine, noyée en 1843 près du Havre. Puis viennent tournoyer autour de sa table: Platon, Jésus-Christ, Racine, Dante ou Molière… Plus tard, au cours des années 20, sir Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes, tente d’entrer en communication avec les ­esprits grâce à un appareil radio.

Dernièrement, l’écrivain Didier van Cauwelaert a publié Dictionnaire de l’impossible, un ­livre consacré aux phénomènes inexplicables. Un effet de mode? Pas seulement. Cette démarche intellectuelle autant qu’artistique est un avatar de notre ­penchant pour le mystère et l’inexplicable. Passé 22 heures, le paranormal fait les choux gras des chaînes de télévisions et le web regorge de fantômes filmés en direct par des experts en canulars et en expériences surnaturelles. «Mais, dans toute caricature, il y a un fond de vérité, ­rappelle Dominique Camus. L’adhésion au magique et à l’inexplicable se transmet par le vécu de celui qui croit en son existence. Et sa conviction, réelle ou symbolique, suffit à l’inscrire dans une forme de réalité qui n’est pas près de disparaître de nos sociétés modernes. Ni demain, ni même après-demain.» ­Difficile, dans ces conditions, de penser comme Voltaire, qui ­déclarait en 1756: «Il n’y a plus de sorciers depuis qu’on ne les brûle plus…»

article FIGARO MAGAZINE

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Il a découvert l’humain à travers l’animal

Posté par francesca7 le 6 décembre 2015

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Boris Cyrulnik est âgé de sept ans. Un soir à Bordeaux, à l’heure de la Libération, il est par hasard le témoin impuissant de l’assassinat d’un milicien par les libérateurs. Etrange : ceux-ci tiennent le même langage que les occupants de la veille, justifiant leur crime au nom d’une vérité qu’ils disent cohérente. Que se cache-t-il donc derrière les belles paroles des hommes ? Première attitude éthologique. Une envie puissante de décoder le monde qu’il habite envahit Boris Cyrulnik.

Humain animal 

Pour lui, le mélange des genres, l’approche conjointe du corps et de l’esprit, de la parole et de la molécule, de l’homme et de l’animal est un parcours indispensable pour mener à une compréhension globale de la dimension humaine. Une démarche d’homme libre. Une fois sur cette piste, il ne s’arrète plus, accumule une foule de documents, travaille sur la biologie de l’affect, le pouvoir du langage, les signes du corps, applique à l’homme des méthodes d’études réservées jusqu’ici au milieu animal – ce qui lui vaut immédiatement de solides ennemis chez ses confrères psychanalystes et neurobiologistes -, parcourt le monde et créé un groupe transdisciplinaire de recherche en éthologie clinique à l’hôpital de Toulon-La-Seyne.

Objectif : étudier le développement humain, la complexité des systèmes relationnels, l’influence du verbe, de l’inconscient et des signes de communication non verbaux sur la biologie et la construction psychologique d’un individu. Très vaste programme, qu’il embrasse pourtant avec aisance, humour, générosité.

Certaines personnes attendent, par exemple, de leur chien qu’ils défendent la maison. Ils développent une peur relative de l’environnement qui va être perceptible par l’animal. Face à cette émotion enregistrée par différents canaux, le chien va alors adopter une attitude menaçante que les propriétaires vont analyser comme un comportement de défense de la maison.

Boris Cyrulnik : Ce n’est pas de la transmission de pensée, je dirais que c’est de lamatérialisation de pensée. Dans certaines pathologies comme les maladies maniaco-dépressives, où les gens sont tantôt euphoriques tantôt mélancoliques, jusqu’à se sentir responsables de toutes les plaies du monde, on voit que le chien s’adapte impeccablement à l’humeur du propriétaire. Quand le propriétaire est gai, il va se mettre à aboyer, gambader, quand il est triste, le chien ne bouge pas, il se met à trembler. J’avais un patient qui faisait des bouffées délirantes à répétition. Selon l’accueil que me faisait son chien, je savais dans quel état il se trouvait où allait se trouver.

Le chien qui vit dans un monde de sympathie est hypersensible au moindre indice émis par le corps du propriétaire adoré. C’est donc bien une matérialisation de la pensée humaine transmise au chien qui façonne ce dernier. Les vétérinaires avec lesquels je travaille montrent, chez des chiens, des troubles d’hypertension, de diabète, d’ulcères hémorragiques gastriques, des dermatoses suppurantes… de graves maladies dont le point de départ se situe dans la pensée du propriétaire. On rencontre souvent le cas d’un chien choisi pour remplacer le chien précédent décédé. De même couleur, de même race, on lui attribue la même place à la maison, parfois un nom identique. Que se passe- t-il ? L’animal souffre de la comparaison affective de son propriétaire avec le disparu au point d’en tomber malade. Comment peut-il en effet se sentir valorisé ? Quoi qu’il fasse, il est moins beau que l’absent, moins performant, sans cesse comparé au disparu idéalisé. Il est bien connu que seuls les morts ne commettent aucune faute. L’histoire du propriétaire et la représentation mentale qu’il a de son chien transmet à l’animal des signaux contradictoires, incohérents. Il devient impossible pour lui de trouver et d’utiliser un code clair de comportement avec son maître. Ces émotions vont fabriquer des troubles métaboliques et, à long terme, des maladies organiques ou des comportements altérés. Un symptôme est une proposition de communication. Le chien se lèche la patte jusqu’au sang, se réfugie derrière un meuble, présente des troubles sphinctériens, des gastrites, une hypervigilance avec tremblements, etc. La guérison du chien passe pas une restructuration de l’imaginaire du propriétaire qui doit faire le deuil du premier chien et envisager le second comme un être différent.

Pour mener un raisonnement comme celui-là, il ne faut pas être un neurobiologiste ou un psychanalyste, il faut être transversal. Il faut être capable de parler avec un propriétaire, un vétérinaire de se donner une formation de psychiatre et de psychologue et de pouvoir communiquer avec un chien. Faire se rencontrer un psychologue et un vétérinaire, il fallait oser !

Lorsqu’un bébé humain pleure, cela nous trouble profondément. Si l’on enregistre ces cris et qu’on les fait écouter à des animaux domestiques, on assiste à des réactions intéressantes : les chiennes gémissent aussitôt, couchent leurs oreilles. Elles manifestent des comportements d’inquiétude, orientés vers le magnétophone. Les chattes, elles, se dressent, explorent la pièce et poussent des miaulements d’appel en se dirigeant alternativement vers la source sonore et les humains. Il semble exister un langage universel entre toutes les espèces, une sorte de bande passante sensorielle qui nous associe aux bêtes. Dès qu’il s’agit de captiver l’animal, le sens du toucher devient aussi un instrument efficace. Chez l’homme, le toucher est un canal de communication très charpenté parce que c’est le premier à entrer en fonction, dès la septième semaine de la vie utérine. Cela dit, l’absence de toucher et au contraire l’approche neutre donne aussi des résultats. Il y a quelques années, j’ai amené des enfants dans l’enclos des biches du parc zoologique de Toulon. Parmi eux, des psychotiques. A notre grande surprise, nous avons vu une petite fille trisomique, élevée en milieu psychiatrique, se serrer contre une biche, qui l’avait laissée venir à elle sans bouger le moins du monde.

La même biche sursautait lorsqu’elle approchait un enfant non handicapé, en s’enfuyant à vive allure, dès qu’il se retrouvait à trois mètres d’elle. Nous avons filmé et analysé ces séquences. Les enfants psychotiques, perdus en eux-mêmes, évitent le regard, marchent de côté et doucement. Les autres enfants regardent les animaux en face, sourient et montrent les dents, ils lèvent la main pour caresser l’animal et se précipitent vers lui. Autant d’actions interprétées comme des agressions.

Première certitude à abandonner : les animaux ne sont pas des machines. J’insiste beaucoup là-dessus : le jour où l’on comprendra qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires. Nous avons peut-être une âme, mais le fait d’habiter le monde du sens et des mots ne nous empêche pas d’habiter le monde des sens. Il faut habiter les deux si l’on veut être un être humain à part entière. Il n’y a pas l’âme d’un côté et de l’autre la machine. C’est là tout le problème de la coupure. Il y a aussi la représentation qu’on se fait de l’animal et qui lui donne un statut particulier, et cela explique un grand nombre de nos comportements. Les chats ont été divinisés dans la Haute-Egypte et satanisés au Moyen âge chrétien.

Les feux de la Saint-Jean sont issus de la diabolisation des chats. On avait rapporté les chats des croisades, ils représentaient les Arabes, alors on les brulait. Considérant le chien comme un outil, si le chien est cassé, on le jette. Quand j’ai fait mes études de médecine, on nous apprenait que l’animal ne souffrait pas et on nous faisait faire des opérations sans anesthésie. L’animal criait, et lorsqu’on s’élevait contre ça, on nous répondait qu’il s’agissait d’un réflexe ! Le bénéfice de l’esprit cartésien, c’est l’analyse, qui nous a donné le pouvoir. Le maléfice du cartésianisme, c’est aussi l’analyse : on a coupé l’homme de la nature, on a fait des animaux des choses, on a dit qu’un animal ne possédant pas l’organe de la parole ne souffrait pas, et là-dessus, on en a déduit qu’un aphasique n’était pas un humain, qu’un enfant qui ne parlait pas ne devait pas non plus éprouver de douleur.

Les animaux ne sont pas des machines, ils vivent dans un monde d’émotions, de représentations sensorielles, sont capables d’affection et de souffrances, mais ce ne sont pas pour autant des hommes. Le paradoxe, c’est qu’ils nous enseignent l’origine de nos propres comportements, l’animalité qui reste en nous… En observant les animaux, j’ai compris à quel point le langage, la symbolique, le social nous permettent de fonctionner ensemble. Pourtant, je constate à quel point nous avons encore honte de nos origines animales. Lorsque j’ai commencé l’éthologie humaine, on me conseillait de publier mes travaux sans faire référence à l’éthologie animale. La même chose m’est arrivée encore récemment. Choisir entre l’homme et l’animal, entre celui qui parle et celui qui ne parle pas, celui qui a une âme et celui qui n’en possède pas, celui qu’on peut baptiser et celui que l’on peut cuisiner. A cette métaphore tragique, qui a permis l’esclavage et l’extermination de peuples entiers, a succédé l’avatar de la hiérarchie, où l’homme au sommet de l’échelle du vivant se permet de détruire, de manger ou imagesd’exclure de la planète les autres terriens, animaux et humains, dont la présence l’indispose. La violence qui me heurte le plus vient justement de la non-représentation du monde des autres, du manque d’ouverture, de tolérance, de curiosité de l’autre.

À lire :

  • Les vilains petits canards, de Boris Cyrulnik, éd. Odile Jacob.
  • La plus belle histoire des animaux, collectif. éd. Le Seuil.
  • La fabuleuse aventure des hommes et des animaux, collectif.

Sans les animaux, le monde ne serait pas humain, Karine Lou Matignon, éd. Clés / Albin Michel.

Découvrez le dossier « Nos animaux : compagnons ou protéines » dans len°98 de CLES.

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Le nouveau code de la route des années 1969

Posté par francesca7 le 6 décembre 2015

 

Tout en annonçant leur décision de suivre cet exemple, les pouvoirs publics proclamaient leur intention de s’attaquer, comme en Grande-Bretagne, à cette autre cause importante des accidents de la route : l’alcoolisme.

L’ivresse au volant

Un rapport rédigé par le ministère britannique des Transports, et publié en novembre 1968, indiquait une baisse d’environ 20 % par mois du nombre des accidents grâce à l’emploi de l’alcootest. « Le total des accidents de la route l’an dernier en Grande-Bretagne est le plus bas depuis quatre ans, en dépit d’un accroissement d’un tiers du volume de la circulation, et cela grâce à la lutte entreprise contre l’ivresse au volant » indiquait ce rapport.

Le nouveau code de la route

codeDevant une opinion traumatisée par les accidents, la réforme du code de la route, promulguée à la fin de 1968, devrait permettre de renforcer la sécurité. Cette importante réforme — la dernière remontait à près de quinze ans — a demandé deux ans d’études et un examen minutieux du Conseil d’État et des principaux ministères intéressés : Équipement et Logement, Intérieur et Justice. Elle concerne les règles de la conduite, les conducteurs et les véhicules. Les points les plus importants sont les suivants.

Règles de circulation

– Circulation par files ininterrompues. Le principe adopté consiste à demeurer dans la file où se trouve chaque conducteur, donc à ne quitter celle-ci que pour un changement important de direction et en observant les plus grandes précautions. Naturellement, si une file avance momentanément plus vite que la file située sur sa gauche, cette forme particulière de dépassement à droite devient légalement autorisée.

– Carrefours saturés : interdiction au conducteur de s’engager dans une intersection, même au feu vert, si son véhicule risque d’y être immobilisé et de barrer le passage.

– Avertisseurs : leur usage est interdit dans toutes les agglomérations.

– Chemins de terre : même situés sur la droite d’une route, ils perdent leur ancienne priorité de droite. Il en va de même pour les accès privés ou les aires de stationnement.

– Intervalle de 50 m : celui-ci était obligatoire, hors agglomération, pour les véhicules à partir de 3 500 kg, mesurant 11 m au moins. Désormais, cet intervalle obligatoire s’applique à tout ensemble à partir de 7 m de long, donc à certains ensembles voiture-caravane ou voiture-remorque.

– Conducteurs novices : pendant un an après la délivrance du permis de conduire, son titulaire ne doit pas dépasser 90 km/h. Sa voiture doit porter un dispositif amovible indiquant ce plafond de vitesse.

– Rapports piétons-conducteurs : les nouvelles règles précises applicables aux piétons lorsque ceux-ci ont à utiliser la chaussée s’accompagnent d’obligations renforcées à l’égard des conducteurs, le but étant une protection particulière du piéton. Interdiction de dépasser à l’approche d’un passage pour piétons, notamment.

Conducteurs

– Permis de conduire : la visite médicale pour les conducteurs de la catégorie C (camion de 3,5 t et plus) devient obligatoire tous les cinq ans dès la délivrance de ce permis et non plus seulement à partir de trente-cinq ans. Cette visite médicale devient obligatoire pour tous les conducteurs déférés devant une commission de suspension.

Le nouveau code de la route des années 1969 dans AUX SIECLES DERNIERS– Motifs de suspension. La liste des infractions susceptibles d’entraîner une suspension du permis de conduire englobe désormais, outre les délits (homicide, état alcoolique, etc.), la plupart des infractions retenues jusqu’ici en cas de récidive : circulation à gauche de la chaussée, chevauchement ou franchissement d’une ligne jaune pleine, changement de direction non signalé, excès de vitesse dans les virages, les sommets de côte et les routes étroites, dépassement dangereux, accélération d’allure par un conducteur sur le point d’être dépassé, non-respect de la priorité de droite, non-respect du feu rouge ou du signal stop, arrêt ou stationnement dangereux, maintien des feux de route gênant les autres usagers, circulation nocturne sans éclairage, manœuvres interdites sur une autoroute. En revanche, la procédure de l’avertissement est instituée, afin d’éviter de sanctionner dès la première faute les conducteurs qui méritent des circonstances atténuantes.

 

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La vie Monastique en France

Posté par francesca7 le 3 décembre 2015

 

Benedictines--officeCelui qui, se posant la question d’une vocation monastique, se présente au monastère, est tout d’abord accueilli à l’hôtellerie pour un ou plusieurs séjours à proximité de la communauté. Il est alors appelé « regardant ».
Après ces quelques séjours, s’il ressent toujours un appel, il entrera au noviciat (lieu du monastère où vivent les novices) sous la direction du Père Maître : il devient « postulant ». Le maître des novices est choisi en fonction de son aptitude à gagner les âmes ; il doit être prudent, bien imprégné de la discipline monastique, sachant communiquer aux jeunes la sagesse des Pères et capable de leur servir de guide.

Au bout d’un an, si la communauté l’accepte, il prendra l’habit monastique et deviendra novice. Chez les cisterciens, l’habit de novice se compose d’une robe, d’un scapulaire et d’une chape blanche, en plus d’une ceinture. Le maître des novices aide les débutants à s’intégrer dans la famille monastique. Il les initie aux pratiques monastiques, particulièrement à l’œuvre de Dieu, à la lectio divina, à la prière et au travail manuel. Par leur prière et leur exemple, tous les frères les soutiennent et les entraînent à persévérer.

Au cours du noviciat on examine soigneusement si le novice tire un profit spirituel de sa participation à la vie monastique. Si vraiment il cherche Dieu, s’il est empressé à l’œuvre de Dieu, à l’obéissance, et, s’il est apte à vivre correctement, dans la solitude et le silence, les relations communautaires qui tissent la vie cistercienne dans l’Ordre, la communauté pourra l’admettre à la profession temporaire s’il le demande librement et une fois le noviciat accompli.

La profession temporaire est habituellement d’une durée de trois ans. Le scapulaire du jeune profès est noir et sa ceinture en cuir. Les vœux du moine sont au nombre de trois : vœu de stabilité, vœu de conversion de vie (chasteté et pauvreté) et vœu d’obéissance.
Après un ou deux ans, ou parfois quelque temps seulement avant sa profession solennelle, le jeune profès quittera le noviciat pour prendre sa place parmi les frères de la communauté. Il ne sera plus sous la direction du Père Maître, mais directement sous celle du Père Abbé.
La formation monastique se poursuit pendant le temps des vœux temporaires. Celle-ci est élaborée de telle sorte que, de plus en plus, les nouveaux profès entrent dans la connaissance du mystère du Christ et de l’Église ainsi que dans celle du patrimoine cistercien qu’ils s’efforcent de les faire passer dans leur vie.

Au terme de la période des vœux temporaires, après avoir mûrement réfléchi et pris conscience de la gravité de l’acte qu’il s’apprête à poser, le frère, en toute liberté, présente à l’abbé sa demande en vue de la profession solennelle. Si celui-ci le juge apte, il l’y admet. Le profès pourra alors prononcer ses vœux solennels et être définitivement membre de la communauté monastique. Il revêtira alors la « coule » (une aube à longues manches), véritable habit du moine. Certains enfin, selon les besoins de la communauté et selon leurs désirs propres, seront appelés au sacerdoce.

Tout au long de leur vie, les frères exerceront différentes charges au service de la communauté dans une inlassable recherche de Dieu. Animés du souffle de son Esprit, dans la charité fraternelle et la fidélité à l’égard de l’Église, ils s’acheminent joyeusement vers la plénitude de l’amour, sous la protection de la bienheureuse Vierge Marie, Reine de Cîteaux, à la rencontre du Père.

La vie monastique est facilement associée au Moyen Age, une époque où elle avait un rôle important dans la société. Mais ce rôle a disparu et les moines existent toujours. 

Ce simple fait indique que l’importance de la vie monastique se situe sur un autre plan que celui de l’action extérieure. Le monachisme se dédie à l’humilité plus qu’au prestige, au silence habité plus qu’à la prédication, au retrait plus qu’à la visibilité. 

La vraie aventure de ces hommes et de ces femmes est avant tout intérieure : par la prière, par le renoncement, dans la foi, l’espérance et l’amour, surtout avec l’aide de Dieu lui-même, moines et moniales cherchent à ouvrir leur coeur de plus en plus à l’amour de Dieu et des hommes.

TOUTE UNE HISTOIRE

Dès la fin du IIIe siècle de notre ère, c’est-à-dire à une époque où le christianisme est encore interdit et réprimé dans l’Empire romain, des groupes de chrétiens vivent une existence ascétique dans les déserts d’Egypte et de Palestine, dans la chasteté, la mise en commun des biens et le renoncement au superflu, et surtout la recherche de Dieu

moines-repasAu IVe siècle, les moines Antoine (pour les ermites) et Pacôme (pour les moines qui vivent à plusieurs) sont les pionniers de l’institution monastique, qui se diffuse très vite dans tout l’Empire où les chrétiens ne sont plus persécutés. On trouve déjà des moines en Gaule, notamment sur les îles de Lérins, et près de Tours, où saint Martin a créé un monastère. 

Au Ve siècle, les invasions germaniques et la chute de l’Empire romain d’Occident n’arrêtent pas la diffusion du monachisme. Il est très actif notamment en Irlande, dont les monastères rayonnent sur l’Europe, grâce à des moines comme saint Patrick et saint Colomban

Au VIe sièclesaint Benoît de Nursie écrit sa Règle, qui influencera profondément le monachisme d’Occident. 

Au VIIIe siècle, les monastères sont déjà nombreux en Gaule. 

Au IXe siècle, les invasions des Vikings détruisent de nombreuses abbayes. Mais les moines ne renoncent pas.
Par décision de l’empereur Louis le Pieux, la Règle de Saint Benoît est étendue à tous les monastères d’Occident. 

Au Xe siècle, fondation de l’abbaye de Cluny et installation des premiers moines au Mont Athos, la sainte Montagne. 

Au XIe siècle, fondation de la Chartreuse, de Cîteaux et de Grandmont, qui donnent naissance aux Ordres monastiques correspondants. 

Au XIIe siècle, l’Ordre de Cîteaux crée plusieurs centaines d’abbayes en Europe. 

Au XIIIe siècle, tandis que l’apparition des Ordres mendiants (Dominicains, franciscains) donne un nouveau visage à la vie religieuse, sainte Claire d’Assise renouvelle la place de la pauvreté dans la vie monastique féminine, en fondant l’Ordre des Clarisses

Au XVIe siècle, sous l’impulsion de la moniale carmélite sainte Thérèse d’Avila, l’Ordre du Carmel connaît une nouvelle vitalité: de nombreux monastères de Carmélites sont fondés. 

Au XVIIe siècle, les bénédictins et les cisterciens connaissent eux aussi des mouvements de réforme et de revitalisation. 

Au XVIIIe siècle, la Révolution française entraîne la fermeture de tous les monastères de France et des pays atteints par les troupes françaises. Mais certaines communautés s’enfuient en Europe centrale (les Trappistes), pendant que des communautés féminines se cachent pour continuer la vie monastique en secret. La Révolution permet d’autre part de redistribuer les richesses amassées en excès par certains monastères, et de supprimer certains abus, ce qui finalement aura rendu un service évident à l’institution monastique. 

Au XIXe siècle, les monastères renaissent en France, dans la pauvreté qui convient à des moines mais avec une grande vitalité. 

Au XXe siècle, les Ordres et congrégations contemplatives (notamment ceux réapparus en France au XIXe siècle, l’Ordre cistercien de la Stricte Observance, Congrégation de Solesmes, filiation de la Pierre-qui-Vire…) essaiment sur tous les continents

Aujourd’hui, la vie monastique catholique recrute moins dans les pays de « vieille chrétienté » (Europe, Amérique du Nord), et davantage là où le christianisme est plus jeune. 

Mais l’essentiel se trouve au-delà des statistiques: dans le coeur de chaque moine ou moniale, 
où brûle l’appel du Seigneur à Le chercher sans partage. 

site à visiter : http://www.abbaye-aiguebelle.cef.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=26:nous-rendre-visite&catid=27:nous-rendre-visite&Itemid=485

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La mode à grands traits et à toutes jambes

Posté par francesca7 le 29 novembre 2015

 

La France aux frontières ne sera-t-elle donc jamais une réalité ? On ne peut pas encore l’affirmer. Toujours est-il que ce document prospectif, riche en idées, aura provoqué une prise de conscience et stimulé une politique d’aménagement harmonieuse de l’espace français.

Reste à savoir si un gouvernement peut lutter contre les déterminismes industriels et humains. Même s’il a, pour le moment, l’appui objectif des sociétés multinationales.

Territoire

Comment les citadins jugent leur ville

L’urbanisation à outrance qui menace l’Hexagone est-elle déjà ressentie par ceux qui habitent les grandes agglomérations françaises ? L’image de la ville corruptrice des bienfaits de la civilisation correspond-elle à une réalité ? Qu’en pensent les citadins eux-mêmes ? Comment jugent-ils leur ville ?

Une enquête que Le Point et la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) ont demandé à l’IFOP de réaliser permet de répondre à ces questions. Reprenant une première enquête effectuée en 1967 pour la Datar, l’enquête de 1974 autorise des comparaisons et permet de mesurer l’évolution des préoccupations des Français durant ces sept années ; du moins l’évolution de ceux qui vivent dans l’une des quinze métropoles d’équilibre : Bordeaux, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lille-Roubaix-Tourcoing, Lyon, Marseille, Metz, Nancy, Nantes, Nice, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg et Toulouse.

Pour ces citadins, la ville ne représente pas seulement une somme de problèmes, elle possède aussi des agréments. Si, en sept ans, les Français semblent avoir perdu la préoccupation du logement en faveur des équipements collectifs (spécialement des équipements hospitaliers), les problèmes de l’automobile et des transports en commun restent un de leurs soucis. Mais les espaces verts, les rues piétonnières et, d’une façon plus générale, ce qu’on nomme la qualité de la vie sont largement entrés dans leurs préoccupations.

Au cours de cette enquête, 4 367 personnes habitant les métropoles concernées ont été interrogées ; il a été tenu compte d’un échantillonnage adapté à chaque ville selon les données du recensement de l’INSEE.

(Nous devons à la courtoisie du Point de pouvoir reproduire cette enquête.)

Bordeaux

67 % des Bordelais estiment que la vie est agréable dans leur agglomération, un chiffre identique à la moyenne des 15 villes de l’enquête. Ce pourcentage est en nette augmentation sur celui de 1967, où 58 % seulement des Bordelais se déclaraient satisfaits de leur ville.

La mode à grands traits et à toutes jambes dans FONDATEURS - PATRIMOINE 1024px-Bordeaux_rue_Sainte-Catherine_avril_1905

À la question : qu’est-ce qui a changé en dix ans, 73 % répondent la construction d’immeubles, et une majorité estime que c’est une bonne chose. 47 % parlent aussi des conditions de circulation automobile, mais ils se répartissent en deux groupes sensiblement égaux : ceux qui pensent que c’est une bonne chose et ceux qui pensent que c’est une mauvaise chose. Plus de 4 Bordelais sur 10 citent aussi la transformation du centre, l’ouverture des magasins le soir, l’aspect de la ville et l’architecture, en estimant que ces changements sont positifs. Par contre, 27 % des habitants de Bordeaux parlent de changements regrettables, intervenus dans les espaces verts.

12 % des Bordelais estiment que leur agglomération est « une très grande ville ». En sont-ils satisfaits ? Ils sont 64 % à considérer que l’évolution démographique de leur ville est une bonne chose, mais ils étaient 75 % en 1967.

On a demandé enfin aux Bordelais quels étaient les milieux influents de leur ville. En 1974 comme en 1967, ils placent en tête les commerçants (51 %). Puis les Bordelais citent les professions libérales (49 %) et les universitaires (40 %). Les industriels, jugés influents par 44 % des Bordelais en 1967, ne le sont plus aujourd’hui que par 25 %. De la même manière, les fonctionnaires passent de 33 à 17 %.

Clermont-Ferrand

57 % des Clermontois estiment que la vie est agréable dans leur ville. Le taux de satisfaction enregistré en 1967 était de 64 %.

En haut : la place de Jaude en 2007.Au milieu : la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, le tramway et la statue de Vercingétorix en 2007.En bas : l'Opéra-Théâtre (époque opéra municipal en 2005).

77 % des Clermontois citent l’apparition de nouveaux immeubles comme le changement notoire de ces dix dernières années et ils s’en montrent satisfaits dans l’ensemble. Par contre, ils sont partagés sur l’évolution des conditions de circulation automobile : 57 % ont noté un changement ; 42 % en sont satisfaits et 46 % mécontents.

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Les RÉSEAUX et les FEMMES

Posté par francesca7 le 27 novembre 2015

 

Étudier les réseaux que des femmes ont pu mettre en place de l’époque moderne à nos jours et leur présence au sein de réseaux rassemblant des individus des deux sexes permet d’envisager l’histoire des femmes sous un double aspect. Il s’agit de contribuer à l’histoire des femmes, en tant que groupe ayant son identité, ses normes, ses préoccupations et ses spécificités par rapport aux hommes, mais aussi, de réfléchir, à travers les réseaux mixtes, dans une perspective de genre, de comparaison entre les deux sexes. Par leur nature et par leur objet, les réseaux sociaux impliquant des femmes sont multiples, ce projet concerne donc les champs de l’histoire politique, économique et sociale – tant celle des élites que des catégories plus modestes – culturelle et religieuse.

MAINS FEMMES

Le terme de réseau devra être affiné à partir de son étymologie latine, rétis, soit le filet. Il sera pris dans son sens le plus large de relations entre les individus, englobant les différentes parentés, les clans et clientèles, les liens de sociabilités, jusqu’aux groupes de pression en passant par les différentes formes d’engagement et d’action politique – dont les partis pour l’époque contemporaine. Ces liens entre les individus – plus ou moins structurés selon leur nature, l’espace et le temps dans lequel ils s’inscrivent – ne créent pas tous de véritables réseaux sociaux (social network) au sens où l’entendent les sociologues. Pour dépasser la simple métaphore, il est nécessaire que ces réseaux soient exploités –voire instrumentalisés – sous une forme ou une autre.Il s’avère donc essentiel de cerner finement l’objet « réseau » et ses limites (seuil numérique, frontière par rapport au lien) avant de le confronter au sujet « femmes ».

Les réseaux féminins

Au-delà d’un effort d’inventaire, aux différentes époques, des réseaux mis en place par des femmes et dont elles constituent les seuls membres mais également des secteurs concernés, il conviendra de questionner leur délimitation. Sont-ils exclusivement composés de femmes par nature, par nécessité ou par volonté d’exclure les hommes ? Les conditions entourant la naissance de ces réseaux sont diverses : passé commun, activité partagée ou projet de nature religieuse, politique ou de promotion de la femme. Les modalités d’adhésion ou de recrutement peuvent être multiples ; les formes prises par le réseau varient de la correspondance aux rencontres plus ou moins formalisées. De l’appartenance à un ou plusieurs de ces réseaux découlent des solidarités multiples. Des liens personnels plus ou moins profonds ont pu naître à la faveur d’un réseau : amitiés, alliances ou parentés spirituelles.

De ces différents constats découle toute une série de questionnements liée à l’insertion de ces réseaux dans la vie des sociétés les englobant. Certaines périodes et certains milieux ont-ils été plus favorables à la naissance de réseaux féminins? Les élites nobiliaires et bourgeoises sont les seuls groupes où, à l’époque moderne, les sources permettent de repérer des embryons de réseaux féminins. Mais les solidarités entre femmes analphabètes et préoccupées de la survie quotidienne de leur famille peuvent-elles être qualifiées de réseau ? Au XXe siècle, la féminisation progressive de certains métiers ou secteurs entraîne‑t‑elle la création de réseaux spécifiquement féminins ou l’insertion dans des réseaux mixtes ? Un milieu fortement masculin – la politique jusqu’à une période très récente, les cadres supérieurs ou les hauts fonctionnaires – ne conduit-il pas souvent à l’existence de réseaux de femmes, plus ou moins connus et plus ou moins puissants ?

Enfin deux dimensions ne doivent pas être négligées. Comment le reste de la société se représente-t-il ces réseaux féminins ? Comment sont‑ils décrits ou mis en image  par les contemporains ? Quant à la comparaison avec les réseaux masculins, elle est indispensable. Par exemple, les formes de solidarité entre les femmes de ces réseaux sont-elles identiques à celles nées de réseaux strictement masculins ?

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Les réseaux mixtes

Étudier les réseaux impliquant des hommes et des femmes nécessite un effort d’identification et d’inventaire. À l’époque moderne, ces réseaux s’appuient souvent sur des parentés étroites ou élargies, sans oublier les parentés spirituelles. La distance peut séparer ces parents entre villes et campagne, entre capitale et province. L’éloignement peut être encore plus important et les liens affectifs entretenus par la correspondance et le partage d’activités professionnelles. Ces réseaux mixtes peuvent, à toute époque, être de nature professionnelle, religieuse, politique, syndicale ou encore intellectuelle. D’aucuns sont officiels et ont « pignons sur rue » comme certains groupes de pression, d’autres sont virtuels voire clandestins.

Les modes d’insertion des femmes dans des réseaux primitivement masculins interrogent aussi l’historien. L’accès des femmes à l’enseignement secondaire puis supérieur, la mixité des établissements scolaires, la féminisation de nombreuses professions a-t-elle ouvert aux femmes l’accès à des réseaux masculins ? Certains réseaux masculins restent fermés aux femmes : quels sont alors les discours tenus à leur propos par les femmes ? Quelles stratégies de contournement ont-elles imaginées ? Inversement, quelle est l’attitude des femmes face à l’entrée des hommes dans des réseaux liés à des métiers traditionnellement féminins ou à la promotion de la femme ?

Quelles que soient la nature, les conditions de naissance et de développement, d’accession à la mixité de ce type de réseaux, les questions fondamentales restent identiques : quelle est la place dévolue aux femmes et quel est leur poids numérique ? Leur position y est-elle subalterne ou motrice ? Enfin, les rapports entre les sexes au sein de ces structures reproduisent-ils les schémas de la société environnante ou bien sont-ils des champs d’expérimentation de rapports différents en particulier au sein de réseaux clandestins?

Parmi des réseaux mixtes, une place particulière sera faite aux réseaux élitaires et aux réseaux éducatifs. Dans les premiers, peut-on repérer une participation féminine et si oui, sous quelle forme et quelles sont alors les conditions de la reconnaissance de leur rôle ? Au sein des mêmes élites, se repèrent dès l’époque moderne, des réseaux éducatifs : certaines familles placent leurs enfants dans les meilleurs établissements à la faveur de puissants liens de clientèle. À l’université, la période contemporaine a vu se développer de multiples réseaux nés de la fréquentation d’une même faculté.

Enfin comme pour les réseaux féminins se pose le problème de leur représentation dans le reste de la société. Comment sont-ils perçus par les contemporains qui n’en font pas partie ? Ces réseaux sont‑ils dévalorisés ou valorisés par leur mixité ? Le regard porté par les générations suivantes est-il identique ?

Les femmes de réseaux

Reste à étudier les femmes ayant peuplé ces réseaux à travers une démarche sociologique, biographique et prosopographique. Plus que la notice individuelle, on cherche ici à répertorier l’existence ou non de déterminants sociaux, culturels ou politiques pour expliquer l’insertion de femmes dans tel type de réseau à un moment donné.

Pour l’époque moderne, l’appartenance aux élites nobles et bourgeoises n’entraîne pas nécessairement pour une femme l’insertion dans un réseau. Quels en sont donc les facteurs ? Le milieu familial et la culture qui lui est propre, les activités professionnelles et/ou politiques du père et l’éducation reçue semblent jouer un rôle essentiel. Dans les réseaux négociants, par exemple, la place des femmes s’explique par leur situation familiale comme fille, femme ou veuve de marchand. Le questionnement est du même type à l’époque contemporaine : il s’agit d’estimer le poids du milieu social, de l’origine géographique, de l’éducation mais aussi des facteurs religieux et culturels.

L’appartenance à un réseau peut avoir eu une incidence momentanée ou durable sur la vie de ces femmes. À toutes les époques, elles ont pu y rencontrer un homme, une femme avec qui elles ont noué des liens qui ont pu laisser des traces dans leur vie : choix du conjoint, maternité, homosexualité, inspiration littéraire ou artistique née de ces rencontres. Dans leur vie professionnelle, le maintien de relations avec d’ancien(nes) camarades de classes a pu jouer un rôle déterminant dans l’évolution d’une carrière. Un moment clé mérite d’être étudié avec soin, celui du passage pour certaines du réseau caritatif, associatif à l’engagement politique, puis à l’action publique en tant qu’élues.

On ne saurait enfin laisser de côté le regard des autres contemporains et générations suivantes. Qu’en est-il de la perception de ces femmes par le reste du corps social, par les hommes et par les femmes de leur temps qui n’ont pas voulu ou n’ont pas pu entrer dans ces réseaux ? La postérité a-t-elle été plus critique ou plus indulgente à leur égard ?

Carole CARRIBON, Bernard LACHAISE, Dominique PICCO

 

source : http://cemmc.u-bordeaux3.fr/ports.html

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