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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Citation sur la France.
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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Cocteau, Piaf : les immortels

Posté par francesca7 le 2 novembre 2013

Le 11 octobre 1963, la France apprend à quelques heures d’intervalle la mort de la Môme et celle du poète. La première a-t-elle entraîné la seconde ? 

 Cocteau, Piaf : les immortels    dans FONDATEURS - PATRIMOINE images-16

Difficile d’imaginer deux artistes plus opposés. La Môme contre le Prince des poètes. La fille de saltimbanques, amie des putes et des maquereaux, contre l’académicien compagnon de Picasso ou de Stravinsky. L’alcool contre l’opium. Édith Piaf et Jean Cocteau étaient pourtant devenus très amis après leur rencontre en février 1940 et la mise en scène, quelques mois plus tard, du Bel indifférent, écrit par le poète pour la chanteuse. Ils l’étaient restés pendant près de vingt-cinq ans. 

Lorsque, le 11 octobre 1963, ils apprennent à quelques heures d’intervalle la disparition de l’un et l’autre, les journaux établissent immédiatement entre elles un lien de cause à effet : Cocteau, âgé de 74 ans, aurait été terrassé en apprenant le décès de la Môme. Celle-ci est morte la veille, dans le mas provençal proche de Grasse où elle a passé ses dernières semaines, mais son corps a été transporté en grand secret à Paris, où ses proches font établir un certificat de décès postdaté. Alors que, boulevard Lannes, des milliers d’admirateurs viennent se recueillir devant le cercueil de la chanteuse (certains de ses familiers fouillent, pendant ce temps, les tiroirs et les armoires), on apprend la mort du poète. Le 12 octobre,Le Parisien assure en une : « La mort d’Édith Piaf a tué Jean Cocteau. » Jean Marais a beau corriger, assurer que son ancien compagnon a succombé à un « oedème du poumon », la légende est née.

« Tiré de la mort (c’est notre truc) »

Rien qu’une légende ? L’amitié des deux artistes se renforce encore à la fin de leur vie, au point qu’un curieux parallélisme s’établit, au fil des mois, entre leurs maladies respectives. Jean Cocteau a été victime dans ses derniers mois de deux crises cardiaques ; Édith Piaf, à 48 ans, n’est guère en meilleure santé et a subi de multiples opérations du foie et des intestins. « Dans un mot, écrit le 31 août à son domicile de Milly-la-Forêt, note le biographe de Piaf Robert Belleret, Jean Cocteau [écrit ainsi] : Mon Édith. On nous a coupés pendant que je te disais ma tendresse fidèle. Je sors assez mal de mes disputes avec la mort, mais le coeur reste solide et t’aime. Quelques jours plus tard, il lui écrit encore : Tiré de la mort je ne sais comment (c’est notre truc), je t’embrasse parce que tu es une des sept ou huit personnes auxquelles je pense avec tendresse chaque jour. » Théo Sarapo, le dernier compagnon de Piaf, témoigne, lui, des appels quotidiens qu’elle échangeait avec l’écrivain. 

Plus troublant : selon Claude Arnaud, qui a écrit sa biographie, Jean Cocteau aurait dit, après avoir appris de sa cuisinière Juliette que son amie était morte : « C’est ma dernière journée en ce monde. » D’autres témoignages, cités par Violette Morin, professeur à l’École pratique des hautes études, dans un essai écrit en 1964 sur la mort des deux artistes, assurent en outre que Cocteau aurait dit : « La mort de Piaf a augmenté mes étouffements…, je sens que c’est fini. » « C’est le bateau qui achève de sombrer. » Il accepte pourtant une proposition d’interview de Paris Match, qui souhaite recueillir sa réaction à la mort de Piaf. Il n’aura pas le temps de la livrer. 

Ultime pirouette de l’histoire : il existe pourtant un hommage funèbre de Cocteau à Piaf, écrit « préventivement » et que cite Robert Belleret : « Édith Piaf s’éteint, consumée par un feu qui lui hausse sa gloire. Je n’ai jamais connu d’être moins économe de son âme. [...] Comme tous ceux qui vivent de courage, elle n’envisageait pas la mort et il lui arrivait même de la vaincre. Seulement, sa voix nous reste. Cette grande voix de velours noir, magnifiant ce qu’elle chante. » 

 

REGARDEZ les images de l’enterrement d’Édith Piaf, le 14 octobre 1963 :

vidéo les obsèques de PIAF

Image de prévisualisation YouTube

Obsèques de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt, le 16 octobre 1963.

publiée le 28 mai 2012 : http://edithpiafintegrale.blogspot.com

Les obsèques d’Edith Piaf, de son domicile du blvd Lannes au cimetière du Père Lachaise (bout-à-bout de séquences, dont certaines inédites).
 

 

 

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Ascension de LA TOUR EIFFEL AU 19ème siècle

Posté par francesca7 le 29 octobre 2013

(D’après Guide officiel de la Tour Eiffel, paru en 1893)

Ascension de LA TOUR EIFFEL AU 19ème siècle dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-tour_eiffel_1905_championnat_de_lescalierL’Ascension à pied :
Le piéton est mieux partagé pour cette première partie de l’ascension. L’escalier est droit, commode, facile, avec des paliers nombreux sur lesquels il peut. s’arrêter à tout moment pour admirer. Nous avons fait cette ascension un grand nombre de fois, et, chaque fois, avec un plaisir nouveau et grand !

Si les ascenseurs ont l’avantage de vous élever rapidement et de vous donner la surprise d’un changement subit, les escaliers vous permettent, par contre, de détailler le plaisir de la montée. C’est là une question de goût et de tempérament. En résumé, nous conseillons les deux modes d’ascension. Celui qui aura détaillé

son plaisir via-escalier, recherchera ensuite les montées rapides. Celui qui n’aura vu, de la cabine, en passant, que des broussailles de fer, ne sera pas fâché de monter une fois à pied, tranquillement, savourant à l’aise les cent tableaux différents découpés dans le panorama de Paris par les entretoises et les treillis. La montée via-escalier se faisant, par exemple, par la pile Ouest, on a tout de suite une vue cavalière des palais du Champ de Mars.

Un tournant d’escalier vous met devant les yeux les dômes du Palais des Beaux-Arts, énormes bijoux de turquoise, derrière lesquels apparaît, non moins énorme, le dôme des Invalides. Tout est colossal dans le colosse qui vous abrite. La montée par l’escalier peut seule donner l’idée de l’immensité du travail de fer accompli sous le premier étage et son admirable ordonnancement. Elle procure le sentiment de la sécurité parfaite donnée par l’édifice tout entier.

Lorsqu’on arrive aux trois quarts de la montée, à une quinzaine de mètres au-dessous du premier étage, on se trouve abrité comme dans une chambre, derrière les parois pleines qui forment à l’intérieur les encorbellements et les voussures qui supportent la galerie. Comme suspendues sous le premier étage, sont les cuisines et les caves des restaurants. Il est curieux de voir les chefs et les marmitons le nez à leurs fenêtres, si haut placées, et cependant en sous-sol.

Le premier Étage : 
Enfin, que vous émergiez de l’escalier, ou que vous sortiez de la cabine de l’ascenseur, quelle surprise ! C’est à n’en pas croire ses yeux. On ne sait, en vérité, où porter les regards. Tout vous sollicite et vous attire. Une petite ville de près de 5.000 mètres de superficie s’étale devant vous : salle d’exposition, restaurant, café, brasserie, luxueux et vastes comme les grands établissements des boulevards vous ouvrent des portes hospitalières ; çà et là, égrenés auprès des quatre grandes salles, les kiosques de vente, les guichets d’ascension, un graveur sur verre, un amusant découpeur de portraits-silhouettes, les bureaux d’administration, etc., qu’anime tout un monde cosmopolite de visiteurs ; la vie parisienne en petit, à la hauteur des tours 220px-Eiffel_Tower_and_the_Trocadero%2C_Exposition_Universal%2C_1900%2C_Paris%2C_France dans ParisNotre-Dame, et la vue du splendide panorama de la Ville-Lumière.

A quelques pas de là, des galeries donnent sur l’ouverture béante au fond de laquelle se trouvent les pelouses et les fleurs, entre les étonnants raccourcis des piliers de la Tour, avec des bonshommes. tout petits, tels que Gulliver devait les voir en Lilliput. Mais si l’on se retourne, c’est le merveilleux panorama de paris qui se développe et vous empoigne. On resterait des heures à le contempler. D’autant qu’on éprouve déjà, à cette hauteur, un véritable bien-être. On respire à pleins poumons un air pur, étant au-dessus de la couche plus ou moins altérée et chargée de microbes qui avoisine le sol de la capitale et en remplit les rues profondes. Nous voici sur la plate-forme du premier étage. Sachez que le pourtour extérieur de cette plate-forme est un immense carré de 70m,69 de côté, enfermant près de 5.000 mètres superficiels.

Je suppose l’arrivée au premier étage par le pilier Ouest, par ascenseur ou par escalier. On remarque aussitôt que le premier étage a deux niveaux : celui des restaurants et des cafés, balcons et terrasses et celui des galeries de pourtour, plus bas d’un mètre environ. Cette différence est rationnelle et ingénieuse, en ce qu’elle permet aux visiteurs des galeries de circuler sans obstruer la vue de ceux des restaurants et des terrasses. Douze escaliers mettent ces deux plans en communication.

Vous perdez le sentiment de la hauteur où vous êtes, et dès que vous mettez le pied sur le premier étage, vous ayez la sensation de l’entrée dans une ville. Si vous avancez sur la vaste terrasse qui s’étend devant vous, vers l’intérieur, vous arrivez devant une ouverture immense, béante, dans laquelle vous voyez, comme au fond d’un abîme, le pendule de Foucault, érigé sous la direction de M. Mascart (de l’institut) ; puis les jardins, les lacs, le départ des piliers de la Tour ; tout en raccourci, tout petit. Au milieu de ce paysage vu à vol d’oiseau, les hommes circulent comme des êtres lilliputiens. On s’identifie tellement avec le colosse de fer qui vous porte, que l’on voit tout, au-dessous de soi, avec des yeux de géant.

Devant chaque grande salle règne un balcon arrondi, partant des pans coupés des terrasses intermédiaires et formant un gracieux dessin d’ensemble. Le gouffre béant mesure environ 25 mètres d’ouverture.

Le Restaurant, la Terrasse, la Brasserie et la Salle des fêtes : 
Comme nous le disions plus haut, les quatre grandes salles du premier étage sont luxueuses et richement décorées. Le Restaurant occupe toute la surface du bâtiment située entre les piliers Est et Sud (côté Champ de Mars). On y sert, à la carte, d’excellents repas. La cave a même acquis déjà une renommée.

L’ancien Restaurant russe (côté Paris, entre les piliers Nord et Est) est aujourd’hui une annexe du restaurant ; complètement ouvert sur la façade, c’est une véritable terrasse particulièrement agréable pendant les grandes chaleurs, et il n’est guère nécessaire de dire que la carte et les prix y sont exactement pareils. Sur le côté Grenelle, nous trouvons l’ancienne salle de lecture de 1890, transformée aujourd’hui en café-brasserie. Enfin, la quatrième salle (côté Trocadéro) est convertie en salle de spectacle, où dans la saison d’été (du 1er juin au 15 septembre), sous l’habile direction de Bodinier, directeur-fondaleur du théâtre d’application, il y a représentation tous les soirs à 9 heures.

Image illustrative de l'article Le Jules VerneLa façade extérieure de chaque salle donne sur une terrasse de plain-pied, dominant la galerie du pourtour. De là, la vue est merveilleuse. L’admiration et l’extase, aussi bien que l’ascension et l’air vif, poussent naturellement à la consommation.

Les caves et les cuisines en sous-sol sont vastes et commodes. En sous-sol à 55 mètres au-dessus du niveau du Champ de Mars ! Lorsque vous monterez et que vous verrez par vous-même, vous direz que les phrases que vous venez de lire ne sont ni baroques ni fantaisistes. M. Eiffel vous élève à des hauteurs où les termes terre-à-terre de cette terre, sur laquelle nous rampons, ont besoin d’être corrigés, modifiés, élargis.

Le dernier mot n’est pas dit pour les installations à faire sous le sol du premier étage, dans les espaces vides si considérables que vous remarquez entre les fers de la charpente. Il y aura là, quelque jour, des installations de toutes sortes : étables, poulaillers, glacières et même des fours à pâtisserie, pour les restaurants et les bars : tout aussi bien que les caves et les cuisines qu’on y voit actuellement.

Qui sait, lorsque la Tour Eiffel sera, avec le temps, devenue un lieu hygiénique, l’équivalent d’une station balnéaire, le sanatorium des anémiés d’en bas, si l’on n’y installera pas des chambres, des salles de bains, de douches, de gymnastique et d’escrime ? Tout est possible dans ce vaste sous-sol… en l’air !

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Pascal Paoli, général de la Corse

Posté par francesca7 le 10 octobre 2013


Pascal Paoli, général de la Corse dans Corse 220px-paoliEn 1757, les Matra, appuyés par Gênes, et Colonna de Bozzi, allié de la France, soulèvent une révolte. Pascal Paoli, alors élu général de la Nation, les écrase. Il crée une marine qui lui permet de soumettre le Cap Corse en 1761 et de s’emparer de Capraia en 1767, mais échoue cependant dans sa tentative de prendre d’assaut les villes côtières génoises.

En 1756, les Français signent le traité de Compiègne qui accorde à Gênes des subsides et des troupes pour occuper Ajaccio, Calvi et Saint-Florentjusqu’en mars 1759. En 1758, Pascal Paoli fonde l’Île-Rousse. Quatre ans plus tard, il fait adopter le drapeau à la tête de Maure et crée une monnaie. Le 6 août 1764 est signé le second traité de Compiègne. Les troupes françaises s’engagent alors à tenir garnison dans les trois villes déjà occupées ainsi qu’à Bastia et à Algajola pendant quatre ans. En 1765, Corte devient la capitale de la Corse, et une université y est créée.

Bien que Pascal Paoli continue à correspondre avec le duc de Choiseul dans l’espoir d’assurer l’indépendance de la Corse, le 5 mai 1768, par le traité de Versailles, Gênes cède à la France la souveraineté sur l’île. Peu de temps après le Général tient le discours suivant à la consulta de corte:

« Braves Corses, courageuse jeunesse, mes chers et généreux compatriotes!

Toutes les Nations qui furent zélés pour leur liberté, comme l’est la nôtre, éprouvèrent des vicissitudes qui ont éternisé leur nom. On a que des peuples, non moins courageux, non moins puissants que nous, ont détruit la haine et fait échouer par leur fermeté les desseins démesurés de leur ennemis. Si pour maintenir la liberté, il ne fallait rien de plus que de désirer, certainement tout le monde en jouirait. Mais ce précieux joyau ne peut s’acquérir que par la vertu et le courage qui font triompher de tous les obstacles. La condition et les prérogatives d’un peuple libre sont trop considérables pour pouvoir en donner une juste idée; aussi sont-elles l’objet de l’étonnement et de l’envie de tous les hommes. Maintenant, intrépide jeunesse, voici le moment le plus critique.

Si nous ne nous forçons de braver le danger qui nous menace, c’est fait de notre réputation et de notre liberté. En vain jusqu’à ce jour nous nous sommes consolés par la considération de notre héroïsme. En vain nos ancêtres et nos chefs se sont donnés tant de pénibles soins; en vain ils ont répandu tant de sang d’une manière si glorieuse. Non, fameux et magnanimes défenseurs, qui avez sacrifié votre vie pour nous obtenir et conserver notre liberté, ne craignez pas que vos descendants vous faillent rougir de honte. Ils sont fermement résolus de suivre vos glorieuses traces, et de mourir plutôt que de porter le joug.

On nous fait craindre d’avoir à mesurer nos armes contre celles des Français; c’est ce que nous ne pouvons nous imaginer. Jamais nous ne croirons que le Roi Très-Chrétien, après avoir été médiateur dans notre différend avec les Génois, devienne aujourd’hui notre ennemi, et que Sa Majesté s’unisse assez étroitement à la République de Gênes pour vouloir soumettre un peuple également libre et plein de grandeur âme. Néanmoins au cas que la chose fût aussi réelle qu’elle parait être, et que le plus grand des monarques du monde s’armât pour faire la guerre à une nation si faible et si peu nombreuse, nous devons tout Portrait par William Beechey (1753-1839)espérer de notre courage. Persistons fermement dans la généreuse résolution de vivre et de mourir indépendants. Ce discours ne s’adresse point aux âmes lâches et timides. S’il s’en trouvait de telles parmi nous, nous les renoncerions pour nos compatriotes.

Tous les dignes Corses sont animés du plus beau feu, du plus intrépide courage, du zèle le plus ardent pour la liberté. Je compte autant de héros que de Corses. Voici l’occasion de vous montrer dignes de vous. Des troupes étrangères ont débarqué sur nos côtes pour risquer leur vie en sauveur d’une République tyrannique. Craindrions-nous de sacrifier la nôtre pour notre liberté et notre conservation. Généreuse jeunesse, chacun de nous est convaincu qu’il ne peut survivre à la perte de là liberté, à la ruine de la patrie. Jurons-tous de défendre l’une et l’autre jusqu’à la dernière goutte de notre sang. II n’est pas aisé de vaincre un peuple libre, et rien n’est impossible aux âmes nobles et magnanimes »

 

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La Bourgogne capétienne, terre des moines

Posté par francesca7 le 21 septembre 2013

La Bourgogne capétienne, terre des moines dans Bourgogne 220px-sculpture_-_saint_germain_lauxerrois

Saint Germain

La Bourgogne est une terre d’élection du monachisme. Au IXe siècle, malgré quelques foyers actifs de vie religieuse comme l’abbaye de Saint-Germain d’Auxerre et des fondations d’abbaye dont, parmi les plus célèbres, celles de Sainte-Marie de Vercellacus (Saint-Père sous Vézelay) pour les moniales (Vézelay) et des Saints-Pierre-et-Paul de Pothières pour les moines, (858-859), dues à la générosité de Girart de Roussillon, comte de Vienne, et de son épouse Berthe, les abbayes qui ont souffert des invasions en Bourgogne connaissent le déclin. Le renouveau arrive avec la fondation en 909 de l’abbaye de Cluny due à la donation d’une villa, simple rendez-vous de chasse, du duc d’Aquitaine Guillaume le Pieux au moine Bernon pour qu’un « monastère régulier y soit construit en l’honneur des apôtres Pierre et Paul » et placée sous la protection immédiate du Saint-Siège. Après des débuts difficiles, avec à sa tête une succession de grands abbés (Mayeul,Odilon de Mercœur, Hugues, beau-frère du duc de Bourgogne Robert Ier), l’abbaye accroît au XIe siècle son influence et atteint son apogée au XIIe siècle. À ce moment, près de 1500 monastères sont placés sous son autorité. L’influence de Cluny, à la fois spirituelle, économique, politique, artistique et intellectuelle, se répand dans toute l’Europe. Une grande impulsion de construction marque la Bourgogne et le moine Raoul Glaber d’écrire en ce début du XIe siècle que la Bourgogne se couvre du manteau blanc des églises.

Accordant la primauté à la liturgie et à la somptuosité de l’office divin, les bénédictins de Cluny, grands bâtisseurs, mettent en chantier de nombreux édifices. La Bourgogne voit Cluny poser les bases d’un art roman où les bénédictins donnent leur pleine mesure. L’art roman bourguignon, jusqu’alors influencé par les canons architecturaux venus de l’Italie du Nord, et d’abord appliqués par Guillaume de Volpianopour Saint-Bénigne à Dijon, fait éclater son propre style. L’église Saint-Philibert de Tournus, projet de l’abbé Wago, chef d’œuvre de cet art roman méridional, est avec Saint-Vorles de Châtillon-sur-Seine l’exemple du premier âge roman. Le style propre de Cluny apparaît d’abord dans la construction de l’immense église abbatiale, Cluny III, la plus vaste du monde chrétien jusqu’à l’édification de la Basilique Saint-Pierre. Construite en 1088 par l’abbé Hugues de Cluny, victime de la Révolution, il ne reste aujourd’hui de Cluny III que le haut clocher, dit de « l’Eau bénite » et la tour carrée « de l’Horloge ». Cet art roman bourguignon, manifestation artistique de l’élan spirituel qui marque le siècle, irradie toute la Bourgogne à partir de Tournus et de Saint-Bénigne. La pureté de cet art des maîtres bâtisseurs sous influence clunisienne peut encore s’apprécier en Brionnais, en Mâconnais, en Charolais ; Chapaize, Paray-le-monial, la Basilique Saint-Andoche de Saulieu, Semur-en-Brionnais, La Charité-sur-Loire, Brancion en sont des exemples.

Le temporel prenant le pas sur la préoccupation spirituelle, l’ordre de Cluny entre en décadence. En réaction à sa puissance, des candidats à la vie monastique en quête de pénitence et d’austérité arrivent en Bourgogne. Robert de Molesmes puis Bernard de Clairvaux et ses moines blancs trouvent les conditions pour y fonder leur vie communautaire. L’abbaye de Cîteaux fondée en 1098 par Robert de Molesmes deviendra, grâce au charisme de Bernard de Clairvaux, le berceau de l’ordre de Cîteaux. Les moines blancs font de cet ordre le nouveau foyer de la régénération de la vie monastique en Image illustrative de l'article Abbaye de PontignyBourgogne. En un siècle, il devient le plus puissant d’Europe avant de connaître à son tour, à partir du XIIIe siècle, une décadence progressive.Les cisterciens font considérablement avancer les technologies de leur temps et le patrimoine de pierre qu’ils ont légué à la Bourgogne met en valeur leur conception du monde spirituel, temporel et artistique. Pour traduire leur idéal de pauvreté, ils vont s’emparer des formes nouvelles de l’art gothique venues d’Ile de France et privilégier la sobriété des lignes architecturales dont la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay et Pontigny ont fait les premiers essais. L’abbaye de Fontenay donne un bon exemple de la remarquable architecture qu’ils ont légué à la Bourgogne.

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L’Arrestation des Desmoulins

Posté par francesca7 le 10 septembre 2013

30 mars 1794. Arrestation de Camille et Lucile Desmoulins qui s’aiment à en perdre la tête.

 

La guillotine va régler cela en la leur coupant, à une semaine d’intervalle. Lucile a préféré suivre son époux dans la mort.

L'Arrestation des Desmoulins dans AUX SIECLES DERNIERS mars-535459-jpg_1121936

Le dimanche 30 mars 1794 sonne le glas du plus bel amour de la Révolution française. Des soldats se présentent chez Camille Desmoulins pour l’arracher aux bras de son épouse Lucile. Avec Danton, Delacroix et Philippeaux, il est accusé d’affairisme et de mollesse par le Comité de salut public. Robespierre, qui avait été le témoin de mariage de Camille, n’ose pas prendre sa défense. Au moment où les soldats arrivent chez les Desmoulins, au troisième étage du 2, place de l’Odéon, Camille marche de long en large, sous les yeux épouvantés de son épouse. Il jette un regard désespéré à son bébé, Horace, qui est endormi. On tambourine à la porte. Camille et Lucile se regardent, affolés. C’est donc vrai, Robespierre a osé ! Desmoulins secoue sa femme : « On vient m’arrêter ! » Elle s’agrippe à lui, pleure, supplie les soldats qui sont entrés, manque de s’évanouir. Mais rien n’y fait, il faut partir. Camille embrasse une dernière fois le petit Horace et sa femme avant de se laisser entraîner au palais du Luxembourg transformé en prison. 

Dès le lendemain, il lui écrit :

« Adieu, ma Lucile, ma chère Lucile !

Adieu, Horace, Annette ! adieu, mon père !

Je sens fuir devant moi le rivage de la vie. Je vois encore Lucile ! je la vois, ma bien-aimée Lucile ! mes bras entrelacés te serrent, mes mains liées t’embrassent ! et ma tête séparée repose encore sur toi ses yeux mourants. Je vais mourir. »

Elle lui répond aussitôt :

« As-tu pris quelque moment pour endormir ta douleur, mon bon loup, unique bien, bonheur de mon âme, mon ami, calme tes esprits ; songe à ta santé, ta Lucile t’en conjure. As-tu reçu mes cheveux… ? »

Héros

C’est beau comme l’antique. Ce grand amour naît en 1783 quand le jeune étudiant en droit de 23 ans croise la belle madame Duplessis dans une allée du jardin du Luxembourg où elle promène ses deux filles. Camille tombe raide amoureux de cette femme qui a la réputation d’être l’une des plus grandes beautés de Paris, mais aussi la plus sage des femmes. C’est à peine s’il fait attention à la gamine de 13 ans qui reste dans ses jupes, la petite Lucile. Durant quatre ans, Desmoulins fait une cour assidue et vaine à la mère avant de découvrir les charmes de la petite Lucile devenue femme. Depuis quatre ans, celle-ci l’aime en secret. Desmoulins demande sa main. Refus du père ! Pas question de confier le bonheur de sa fille chérie à cet avocaillon de province sans le sou.

Camille, inébranlable, poursuit sa cour tout en devenant l’un des plus virulents héros de la Révolution naissante. N’est-ce pas lui qui, le 12 juillet 1789, appelle la foule au soulèvement populaire, monté sur une chaise du jardin du Palais-Royal ? Dix-sept mois plus tard, M. Duplessis jette enfin l’éponge au soulagement des deux amoureux. Le 29 décembre 1790, Lucile et Camille se marient en l’église Saint-Sulpice avec Robespierre comme témoin du marié. La timide Lucile épouse la ferveur révolutionnaire de son époux, elle partage ses fièvres, ses espoirs et ses rêves. 

« Ô joie ! »

Après l’arrestation de Camille, Lucile Desmoulins se bat comme une lionne pour l’arracher aux griffes des ultras et à la guillotine. En vain. Le 5 avril 1794, il est condamné à mort par le tribunal révolutionnaire en compagnie de Danton et de quelques autres. Les condamnés sont immédiatement transférés place de la Révolution (la Concorde) pour être livrés à la guillotine. Sur la charrette qui les emporte, Desmoulins crie sa douleur d’abandonner sa femme et son fils. Les poignets déjà liés, il demande à Danton d’extraire de sa poche la mèche de cheveux de Lucile pour la lui glisser dans les mains. Au pied de l’échafaud, il prie le bourreau de remettre cette mèche aux parents de sa femme après sa mort ! L’homme s’exécutera. Au moment où le fer de la guillotine lui tranche le cou, Camille appelle : « Lucile… »

Celle-ci ne tarde pas à le rejoindre. Faussement accusée d’avoir voulu faire évader son mari, elle est guillotinée une semaine plus tard, à 24 ans. Ses dernières paroles sont pour son mari : « Ô joie ! Dans quelques heures, je vais donc revoir Camille ! » 

Source http://www.lepoint.fr

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Adgar Allan Poe épousa sa cousine

Posté par francesca7 le 10 septembre 2013

16 mai 1836. À 27 ans, Edgar Allan Poe épouse sa cousine âgée de 13 ans.

 

Lui est dépressif et alcoolique, elle finira tuberculeuse. Mais ils s’aiment d’un amour tendre et chaste malgré leurs difficultés.

À 27 ans, il est journaliste après avoir été artilleur, poète, élève de West Point. À 13 ans, elle est très belle avec une chevelure de jais et des yeux violets. Ils sont cousins germains. Il est sombre, tourmenté et dépressif. Elle est fraîche et vivante. Il se vautre dans le vice. Elle est innocente. Ils tombent amoureux. C’était aussi improbable que Johnny et Adeline, mais c’est comme ça. Lui s’appelle Edgar Allan Poe. Elle se nomme Virginia Clemm. Ils veulent se marier. Scandale. Un cousin que cette union effraie propose à Maria, la mère de Virginia, d’accueillir sa fille chez lui pour la protéger d’Edgar. Fureur et désespoir de ce dernier, qui se remet à boire. Il envoie à la mère de Virginia une lettre dans laquelle il se dit « aveuglé par les larmes en écrivant ». Se laissant fléchir par l’amour désespéré du jeune écrivain, elle accepte le mariage, mais à condition qu’il reste secret dans un premier temps. 

Edgar obtient une licence de mariage le 22 septembre 1835. Il faut attendre le 16 mai 1836 pour que la cérémonie officielle soit célébrée par le révérend presbytérien Amasa Converse, éditeur duSouthern Religious Telegraph. Comme, avec ses 13 ans, Virginia est encore trop jeune pour se marier, un ami de la famille affirme sous serment qu’elle en a 21. La cérémonie se déroule dans la pension Yarrington, où loge la famille Clemm. Une dizaine d’invités, tout au plus, assistent à la bénédiction avant de s’attabler devant le repas de noces cuisiné par la mère de la jeune mariée et la logeuse. Le lendemain, les deux jeunes mariés partent pour Petersburg, en Virginie, afin d’y passer une rapide lune de miel. La nuit de noces est aussi torride, croit-on, qu’une soirée dominos entre Édouard Balladur et Liliane Bettencourt. En fait, Edgar et Virginia sont deux gosses qui s’aiment d’un amour pur. On dit qu’il lui aurait fait l’amour pour la première fois quand elle avait 16 ans. D’autres encore prétendent qu’elle mourra vierge. Qui sait ?

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Démons

Sarah Elmira Royster Shelton, qui avait été l’amour de jeunesse d’Edgar, laisse une curieuse description du jeune couple. « Je me rappelle avoir vu Edgar et sa merveilleuse femme très peu de temps après leur mariage – je les ai rencontrés -, je n’oublierai jamais les sentiments que j’éprouvais alors. Ils étaient indescriptibles, presque agonisants. Toutefois, en un clin d’oeil, je me suis rappelé que j’étais une femme mariée, et je les ai bannis de mes pensées, comme je l’aurais fait avec un serpent venimeux. » Charmant. Poe, lui, voit sa jeune épouse d’un oeil différent, amoureux. Il écrit : « Je ne vois personne parmi les êtres vivants d’aussi magnifique que ma petite femme. »

Le jeune couple emménage chez Poe, à Richmond, en Virginie. La mère de Virginia les accompagne. Malgré la description de Sarah Elmira, ils paraissent heureux. La carrière journalistique et littéraire de Poe semble sur une bonne voie. Mais ses démons le reprennent. Il boit, fume de l’opium, courtise d’autres femmes. Il quitte le journal qui l’emploie, alors qu’il avait commencé à y faire paraître sous la forme d’un feuilleton Les aventures d’Arthur Gordon Pym. Il ne retrouve pas d’autre emploi. C’est la dèche. En janvier 1842, drame : Virginia se met à vomir du sang. Elle n’a que 18 ans. On la croit perdue.

« Vous prendrez soin de mon pauvre Eddy »

Elle survit, mais reste très affaiblie, recrachant à l’occasion. Poe boit encore plus. Il s’échappe même pour retrouver une mystérieuse Mary Starr qu’il avait aimée autrefois, puis revient. Sa célébrité augmente. En 1844, Virginia et lui partent s’installer dans le nord de Manhattan. Au début, tout va bien dans le meilleur des mondes. La santé de la jeune femme s’améliore. Poe arrête de boire. Il écrit plus que jamais, retrouve un emploi dans un journal. Le couple est heureux. Pas normal.

En 1846, le poète retombe dans son ivrognerie, tandis que Virginia se remet à cracher du sang. Il faut déménager dans un village loin de la grande ville pour trouver un air plus sain. À l’automne, c’est à son tour d’être gravement malade. Plus de revenus. C’est la misère. Deux journaux pour lesquels il avait travaillé lancent un appel à leurs lecteurs pour lui venir en aide. Le 30 janvier 1847, après presque 11 ans de vie commune, Virginia Poe s’éteint. La tuberculose a raison d’elle. Avant d’expirer, elle confie Edgar à sa mère : « Chère… vous consolerez et prendrez soin de mon pauvre Eddy, vous ne l’abandonnerez jamais ? » Celle-ci ne le quitta effectivement jamais, jusqu’à sa mort, seulement 33 mois plus tard.

SOURCE : http://www.lepoint.fr  

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A la mort d’Henri IV

Posté par francesca7 le 10 septembre 2013

18 mai 1610. Trois jours après sa mort, les entrailles d’Henri IV sont transportées à Saint-Denis.

 A la mort d'Henri IV dans AUX SIECLES DERNIERS

Miné par les maladies vénériennes, le Vert Galant n’aurait sûrement pas fait de vieux os, même si Ravaillac avait raté son coup…

Le 18 mai 1610, les entrailles d’Henri IV, assassiné trois jours plus tôt, sont transportées discrètement à Saint-Denis où elles sont entreposées dans le caveau de cérémonie en attendant l’arrivée du reste du corps. Elles ont été retirées deux jours plus tôt lors de l’autopsie. Il y a le foie, l’estomac, les intestins, la vessie, la prostate et les poumons, tous serrés dans un vase. Rien de bon à transplanter… En effet, à sa mort, le roi de France est dans un triste état physique, miné depuis une vingtaine d’années par d’innombrables maladies vénériennes… Manque le coeur. Ce noble organe, symbole de la vaillance, fait urne à part. Il sera offert quelques jours plus tard aux Jésuites de La Flèche après un traitement spécial pour résister aux outrages du temps. L’embaumeur royal l’a ouvert, nettoyé, puis mis à tremper plusieurs jours dans l’esprit de vin, et de l’huile de térébenthine rectifiée. Ensuite, il l’a garni d’une dizaine d’aromates, de teintures et d’huiles essentielles avant de le glisser dans un sac de toile cirée. Lequel a été scellé dans une boîte en plomb, entourée d’une étoffe de taffetas. Enfin, le tout a été déposé dans une boîte en argent en forme de coeur.

Un roi mort, surtout assassiné, ne rejoint pas son sépulcre à la va-vite. La préparation du corps et les cérémonies funèbres s’étalent sur de longues semaines. Henri IV n’y échappe pas. Sitôt après l’attentat de Ravaillac, le corps est rapporté au Louvre où il est déposé sur un lit dans le petit cabinet de la reine. Tous les grands du royaume, les médecins, les chirurgiens, se bousculent pour le pleurer. À minuit, la toilette mortuaire du roi débute. On lui retire son « habit de satin noir égratigné », on le lave, puis on l’habille d’un pourpoint de satin blanc. Le corps est alors transporté jusqu’à sa chambre pour être déposé sur le lit. Le mois de mai est chaud cette année 1610, aussi faut-il embaumer le corps rapidement.

La recette de l’embaumement

Dès le lendemain après-midi, l’autopsie est entreprise en présence de dix-huit médecins et de onze chirurgiens. C’est probablement le docteur Jacques Guillemeau qui s’en charge, car, quelques années plus tard, il publiera le compte-rendu de l’autopsie. « S’est trouvé… une plaie au côté gauche, entre l’aisselle et la mamelle sur la deux et troisième côte d’en haut, d’entrée du travers d’un doigt, coulant sur le muscle pectoral vers ladite mamelle : de la longueur de quatre doigts, sans pénétrer au-dedans de la poitrine. » Il s’agit de la blessure occasionnée par le premier coup de couteau de Ravaillac qui ne fait que glisser sur les côtes. Suite du rapport : « L’autre plaie en plus bas lieu, entre la cinq et sixième côte au milieu du même côté, d’entrée de deux travers de doigts pénétrant la poitrine et perçant l’un des lobes du poumon gauche et de la coupant le tronc de l’artère veineuse à y mettre le petit doigt, un peu au-dessus de l’aureille gauche du coeur : de cet endroit l’un et l’autre poumon a tiré le sang, qu’il a jeté à flots par la bouche… » C’est donc le deuxième coup qui est mortel.

Guillemeau vide le corps de ses viscères et du coeur. La dépouille peut être désormais remise à l’embaumeur. Son rôle consiste à préparer le corps pour qu’il puisse affronter six semaines de cérémonies sans se décomposer et empester. Un ouvrage publié quelques décennies après la mort d’Henri IV décrit la procédure employée. On croirait une recette de cuisine de Topchef. Normal, les premiers embaumeurs sont des maîtres queux ! La voici : « Débarrassé de tous les organes putrescibles, y compris la langue et les yeux, le cadavre fut d’abord lavé à l’aide de vin balsamique contenant du girofle, des roses, du citron, de l’orange, de la coloquinte, du styrax et du benjoin. Des boules de coton vinrent obturer la bouche, les yeux, le nez et les oreilles. On enveloppa ensuite le corps dans de la toile cirée avant de le remplir de différents baumes (…) : écorces de cyprès, lavande, thym, sauge, romarin, sel, poivre, absinthe, benjoin, styrax, myrrhe, origan, cannelle, aneth, clous de girofle, écorces de citron, anis et encens ».

L’effigie du roi défunt

Le 23 mai, le corps du roi est enfin prêt à affronter les cérémonies publiques. Il est allongé sur un lit couvert de draps d’or dans la grande chambre de parade du Louvre. Chaque jour, durant dix-huit jours, cent messes basses et six grand-messes sont célébrées. Le 10 juin, le cercueil est transporté dans la salle des fêtes du Louvre, l’actuelle salle des Cariatides, où il est déposé dans un châlit surmonté d’un « lit d’honneur » occupé par l’effigie du souverain défunt. À partir de ce moment, il y a deux rois : le cadavre couché dans son cercueil et son clone reconstitué en cire et osier que les visiteurs saluent comme s’il était encore vivant. Le visage et les mains jointes sur la poitrine sont des moulages en cires très réalistes, façonnés par les meilleurs artistes de l’époque. Le corps, en osier, est revêtu d’un pourpoint en toile d’argent doublé de taffetas blanc, de chausses de satin blanc de Florence, de bas de soie, d’une camisole de satin rouge cramoisi, d’une dalmatique, d’une tunique et de bottines satin violet cramoisi, d’un manteau de velours de Tours doublé de taffetas. L’effigie arbore tous les insignes de la royauté : couronne, sceptre, décorations. Le drap mortuaire, le dais et le manteau royal sont ornés de 6 736 fleurs de lys brodées. L’illusion est parfaite, le roi semble dormir. Du reste, on lui sert deux repas par jour. Ainsi montre-t-on symboliquement que la dignité royale ne meurt jamais. Durant onze jours, la foule défile pour rendre un dernier hommage au souverain.

Les funérailles proprement dites débutent le 29 juin. « Les maistres de cérémonies firent mettre l’effigie du roys sur une litière portative couverte des susdicts draps mortuaires de velours noir et drap d’or frisé… sur les deux heurs après midy l’ordre du convoy commença à cheminer depuis le Louvre par dessus le Pont-Neuf jusques à Notre-Dame, les ruës tenduës de drap noir… » Le convoi est suivi par tous les corps constitués. Dans la cathédrale, le corps embaumé d’Henri IV et son effigie sont mis sous la Chapelle ardente que viennent entourer les « grands et principaux officiers,… chacun selon son rang. » Les messes et offices se succèdent jusqu’au lendemain. Vers 14 heures, le convoi se reforme pour se rendre à la nécropole royale de Saint-Denis.

Le lendemain, jeudi 1er juillet 1610, quatre grandes messes achèvent la cérémonie funèbre. L’assassinat d’Henri IV ayant pris tout le monde de court, on n’a pas eu le temps de lui sculpter de tombeau. Aussi descend-on le cercueil dans le caveau de cérémonie où il est abandonné sur des tréteaux en fer. Tous les Bourbons le rejoindront dans cette étroite crypte qui sera violée le 12 octobre 1793 par les sans-culottes. (voir éphéméride).

Lire la suite sur le site d’origine…. 

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l’histoire de Bernard Loiseau en Bourgogne

Posté par francesca7 le 4 septembre 2013

l’histoire de Bernard Loiseau en Bourgogne dans Bourgogne 310px-la_cote_dor_01

Il naît le 13 janvier 1951 à Chamalières en Auvergne dans un milieu modeste. Sa mère est une fine cuisinière qui lui transmet l’amour de la cuisine française et ses recettes de prédilection : la tourte aux champignons et l’épaule d’agneau. Il épouse Dominique Brunet en 1989, avec qui il aura 3 enfants Bérangère, Bastien et Blanche.

En 1968, il entre en apprentissage à l’âge de 16 ans chez les frères Troisgros à Roanne, l’année où le restaurant obtient sa troisième étoile au Guide Michelin, et obtient son CAP de cuisine en 1971.

Il est engagé par le chef Claude Verger à La Barrière de Clichy à Paris, qui lui confie dès 1975 la gérance du restaurant qu’il vient d’acheter, La Côte d’Or de Saulieu en Bourgogne, où le chef Alexandre Dumaine a contribué à la gloire de la gastronomie française de 1935 à 1964.

En 1982, après sept ans de gérance, Bernard Loiseau achète La Côte d’Or de Saulieu, en Bourgogne, en s’endettant lourdement et voue alors sa vie à refaire de cet établissement, après Alexandre Dumaine qu’il admire, l’un des hauts lieux de la gastronomie et du prestige culinaire français.

 

En 1991, il obtient la consécration du milieu gastronomique, trois étoiles au Guide Michelin, et publie son premier livre L’Envolée des saveurs.

Il sélectionne les meilleurs produits du terroir bourguignon, limite l’usage du beurre et de la crème, et privilégie les jus de cuisson. Sa cuisine aspire à la simplicité et à l’équilibre, aux goûts du terroir francs et puissants.

Il devient un chef populaire grâce à son sens des médias dont il se sert pour acquérir la renommée et pour faire vivre son établissement.

En 1995, il ouvre la Boutique Bernard Loiseau à côté de son hôtel-restaurant de Saulieu, dans lequel sont proposés des produits gourmands du terroir bourguignon, des vins sélectionnés, des accessoires et du textile de cuisine, des livres de cuisine, ainsi qu’une sélection d’articles issus de l’artisanat régional bourguignon.

Comme ses pairs Paul Bocuse, Joël Robuchon, Georges Blanc, Alain Ducasse ou Marc Veyrat, il souhaite développer des produits dérivés sous son nom, ce qui se révèle indispensable pour équilibrer les frais que génère la gestion d’un établissement comme La Côte d’Or, situé loin d’une grande ville. Deux restaurants ouvrent à Paris : Tante Louise et Tante Marguerite. Il développe aussi une gamme de plats cuisinés pour la grande distribution avec la société AGIS.

220px-bernard_and_dominique_loiseau-copie dans FONDATEURS - PATRIMOINEEn décembre 1998, il fonde la société Bernard Loiseau SA qu’il introduit sur le second marché boursier devenant ainsi le premier chef au monde à être coté en Bourse, ce qui lui vaut la une du New York Times. Il poursuit ensuite son programme de développement dans son établissement bourguignon ; un spa de charme et une piscine extérieure sont créés.

En 2003, tout le programme d’embellissement du Relais & Châteaux est terminé, Bernard Loiseau conserve sa troisième étoile au Guide Michelin. Malgré cela, il fait l’objet d’une rétrogradation de 19/20 à 17/20 dans le guide Gault et Millau et d’une vive critique de François Simon dans Le Figaro début février 2003 qui indique qu’il perdrait légitimement sa troisième étoile. Très affecté par ce jugement, Bernard Loiseau indique à ses proches que les médias veulent sa peau. Il met fin à ses jours sans explication le 24 février 2003, à l’heure de sa sieste habituelle, à l’âge de 52 ans, dans sa maison de Saulieu (Côte d’Or 21).

Suite à sa disparition, son groupe et son épouse Dominique Loiseau, ainsi que le chef Patrick Bertron (son élève et bras droit durant 21 ans), ont repris le restaurant La Côte d’Or, qui, à ce jour, possède toujours ses trois étoiles au Guide Michelin et ce depuis 20 années sans discontinuer.

Ses enfants Bérangère, Bastien et Blanche sont tous les trois impliqués dans l’entreprise et souhaitent perpétuer l’œuvre de leur père.

220px-bernard_and_dominique_loiseauEn juillet 2007, son épouse Dominique Loiseau fait l’acquisition d’un quatrième restaurant, Loiseau des Vignes à côté des hospices de Beaune à Beaune, proposant plus de 70 grands vins au verre au cœur du vignoble bourguignon. Loiseau des Vignes obtient sa première étoile au guide Michelin en mars 2010. Au début, leur histoire commence en 1986, à l’occasion d’une manifestation professionnelle à Vichy, elle rencontre le jeune chef étoilé qui va infléchir définitivement sa destinée et qu’elle va épouser en 1989. Quelques mois après la naissance de leur premier enfant, elle rejoint son mari Bernard Loiseau à Saulieu, pour le seconder dans son hôtel-restaurant « La Côte d’Or ».

 

En À son arrivée au sein de l’établissement « La Côte-d’Or » de Saulieu en 1990, Dominique Loiseau est d’abord à l’écoute pour comprendre tout le fonctionnement de cette maison tenue par un chef charismatique, son mari Bernard Loiseau. Elle est plus particulièrement en charge de l’aspect hôtelier, de la communication et de l’édition. Par la suite, elle participe aux différents travaux de rénovation décidés pour offrir aux clients un lieu privilégié. Les grands travaux commencés dès l’été 1990 s’achèvent en 2000 avec le spa et la piscine. Entre autres réalisations, Dominique Loiseau s’est plus particulièrement investie dans l’aménagement du jardin anglais, de la boutique (1995), de l’hôtel (tranches de 1995 et 1998) et du spa.

Elle devient effectivement Directrice de l’hôtel Relais & Châteaux. En 1998, Dominique Loiseau est nommée Administrateur de Bernard Loiseau SA lors de l’introduction en bourse.

Une fois la rénovation du Relais & Châteaux aboutie, Dominique Loiseau peut enfin développer la commercialisation à l’étranger, surtout aux États-Unis (ce qui a permis au Relais Bernard Loiseau d’être référencé au sein du prestigieux réseau d’agents de voyages très haut de gamme américains et australiens Virtuoso).

Quelques jours après la disparition de Bernard Loiseau, le 24 février 2003, Dominique Loiseau est nommée par le Conseil d’Administration en qualité de Président-Directeur Général de Bernard Loiseau SA. Depuis le 30 juin 2004, elle est présidente de Bernard Loiseau SA. Dominique Loiseau, née Dominique Brunet, est une femme d’affaires française, épouse de Bernard Loiseau.

Elle est PDG du groupe Bernard Loiseau depuis 2003 et vice-présidente du réseau d’hôtels de charme et de restaurants gastronomiques Relais & Châteaux.

  •  2007 le film Ratatouille rend hommage à Bernard Loiseau sous les traits du Chef Gusteau.

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Colette et la côte cancalaise

Posté par francesca7 le 24 août 2013


 Le blé en herbe - . Colette

Initiation amoureuse sous le signe de la mélancolie


Colette et la côte cancalaise dans Bretagne 200px-sidoniegabriellecolette

Roman paru en 1923.Eveil de l’ amour pour deux adolescents. Philippe et Vinca passent, comme d’ habitude, leurs vacances en Bretagne, près du bord de mer, au rythme des marées. Le paysage est magnifique et propice aux confidences, loin des oreilles indiscrètes. Ce sont des amis d’ enfance, très proches, et, jusqu ‘à l’été dernier, rien ne les séparait, ils vivaient une relation amicale simple, sans complications, ils se disaient tout, n’ avaient pas de secrets l’ un pour l’ autre. . .Mais cette année, âgés de 16 et 15 ans, ils découvrent tous deux, qu’ une certaine gène s’installe entr’eux.. Philippe voit Vinca d’ une autre façon, et le trouble le saisit devant la jeune fille. Le dialogue se complique et leur relation commence à en souffrir. La confusion dans laquelle ils se trouvent tous deux, les renvoie à eux-mêmes, à des sentiments plus ou moins avouables, qui, malgré leur amour profond, les obligent à une certaine réserve l’ un vis-à-vis de l’ autre. Et c’ est ainsi que ce nouveau comportement pousse Philippe à cacher à Vinca la rencontre faite sur la plage, et qui l’ entraine à une vie de mensonges et de tromperies qui entâchera leur amour.

Extraits.

 Toute leur enfance les a unis, l’ adolescence les sépare. L’ an passé, déjà, ils échangeaient des répliques aigres, des horions sournois; maintenant le silence, à tout moment, tombe entre eux si lourdement qu’ ils préfèrent une bouderie à l’ effort de la conversation. Je n’ ai donc jamais su ce qu’ elle pensait? Tais-toi, méchant, tais-toi. . . Qu’ est-ce que tu m’ as fait. . .Vinca et moi, un être juste assez double pour être deux fois plus heureux qu’ un seul, un être qui fut Phil-et-Vinca va mourir ici, cette année.. Il n’ imaginait pas qu’ un plaisir mal donné, mal reçu, est une oeuvre perfectible

« Leur humeur d’adolescents était vieillie par l’amour prématuré, le secret, le silence et l’amertume des séparations.« 

Je crois que cette phrase est un bon résumé de la relation de Vinca et Philippe. La fin du roman transmet le passage de l’enfance à l’adolescence quand une amitié se transforme en amour. Ils ont compris dans ce point que leurs relations ont dépassé cette amitié pure et simple et qu’un autre saison de leur vie est prête à commencer.

«    Une villa au bord de la côte cancalaise, où deux familles liées par l’amitié se retrouvent chaque année pour les vacances d’été. Les « enfants »: Phil (16 ans) et Vinca (15 ans), aux yeux de pervenche. « L’amour, grandi avant eux, avait enchanté leur enfance et gardé leur adolescence des amitiés équivoques. Moins ignorant que Daphnis, Philippe révérait et rudoyait Vinca en frère, mais la chérissait comme si on les eût, à la manière orientale, mariés dès le berceau… » Et puis, Phil rencontre inopinément, dans les dunes, la mystérieuse « dame en blanc », locataire d’une villa voisine qui ne tarde pas à l’envoûter… Suit le récit d’une double initiation amoureuse qui est aussi un adieu à l’enfance – sa pureté ou son inconscience, une initiation amoureuse marquée du sceau de la mélancolie et qui laisse un arrière-goût un peu amer: « un peu de douleur… un peu de plaisir… » Ce n’est que cela… 

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Côte Cancalaise 1896

   C’est très joliment écrit. Colette a des accents d’une sensualité frémissante pour décrire le trouble naissant entre Phil et Vinca, les couleurs changeantes de la mer et la caresse du vent sur la peau des baigneurs. C’est magnifique bien sûr, mais cela me laisse sur ma faim… Je me prends à penser que, compte tenu des sentiments en jeux, ce livre aurait dû brûler de toute l’intransigeance passionnée de l’adolescence… Et puis, non… « Le blé en herbe » m’a procuré deux jours de lecture très agréables, mais il ne m’a pas fait vibrer. D’où une cote éminemment subjective et qui peut paraître sévère pour un livre aux qualités indéniables. »

Colette s’appelait Sidonie Gabrielle Colette, mais on disait Colette. Elle était née en 1873 d’un papa militaire. Et dans un monde bien misogyne, elle sut préserver la plupart du temps la liberté de sa vie. Croit-on que ce 19ème siècle put être aussi moderne! Colette fit tant de choses. Elle aima des hommes, elle aima des femmes. Elle écrivit, bien sûr, romans, commentaires et articles, mais elle présenta également des numéros de music-hall plutôt suggestifs. On peut s’en étonner, mais cela ne l’empêcha pas d’être élue membre de l’Académie royale de langue et de littératures françaises de Belgique puis plus tard, membre de l’académie Goncourt . Lorsqu’elle mourut, en 1954, l’Eglise lui refusa les obsèques religieuses, pour sa «mauvaise vie», mais la France elle, lui offrit des funérailles nationales. Elle repose au Père Lachaise. 

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Esnest Renan et la Bretagne

Posté par francesca7 le 24 août 2013

Esnest Renan et la Bretagne dans Bretagne 220px-ernest_renan_1876-84Ernest Renan et Tréguier

 Dans sa vieillesse, le philosophe jette un regard sur ses jeunes années. Il a presque soixante ans quand, en 1883, il publie ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse, l’ouvrage par lequel il est le plus connu à l’époque contemporaine. On y trouve cette note lyrique, ces confidences personnelles auxquelles le public attache une grande valeur chez un homme déjà célèbre. Le lecteur blasé de son temps découvre qu’il existe un monde non moins poétique, non moins primitif que celui des Origines du Christianisme et qu’il existe encore dans la mémoire des hommes sur la côte occidentale de la France. Ces souvenirs sont pénétrés de la magie celtique des vieux romans antiques tout en possédant la simplicité, le naturel et la véracité que le xixe siècle apprécie alors si fortement. Mais son Ecclésiaste, publié quelques mois plus tôt, ses Drames philosophiques, rassemblés en 1888, donnent une image plus juste de son esprit, même s’il se révèle minutieux, critique et désabusé. Ils montrent l’attitude qu’a envers un « socialisme instinctif » un philosophe libéral par conviction, en même temps qu’aristocrate par tempérament. Nous y apprenons que Caliban (la démocratie), est une brute stupide, mais qu’une fois qu’on lui apprend à se prendre en main, il fait après tout un dirigeant convenable ; que Prospero (le principe aristocratique, ou, si l’on veut, l’esprit) accepte de se voir déposé pour y gagner une liberté plus grande dans le monde intellectuel, puisque Caliban se révèle un policier efficace qui laisse à ses supérieurs toute liberté dans leurs recherches ; qu’Ariel (le principe religieux) acquiert un sentiment plus exact de la vie et ne renonce pas à la spiritualité sous le mauvais prétexte du changement. En effet, Ariel fleurit au service de Prospero sous le gouvernement apparent des rustres innombrables. La religion et la connaissance sont aussi impérissables que le monde qu’elles honorent. C’est ainsi que, venant du plus profond de lui-même, c’est l’idéalisme essentiel qui a vaincu chez Renan.

Renan était reconnu de son vivant, à la fois par les habitants de sa région trégorroise comme par toute la Bretagne, y compris par ses ennemis, comme un grand intellectuel breton. Il parlait le breton dans sa jeunesse et n’en perdit pas l’usage.

Quelques citations extraites de l’ouvrage de l’universitaire Jean BalcouRenan et la Bretagne :

  • « Il est certes évident qu’un Renan breton n’est pas tout Renan. » (p. 9) ;
  • « Qu’Ernest Renan soit un des auteurs les plus importants de la culture française, nul ne le contestera. Qu’il ait, avec deux autres Bretons, Chateaubriand et Lamennais, orienté le romantisme, un historien de la littérature comme Thibaudet l’avait déjà établi en démontrant que le xixe siècle tout entier reposait sur cette assise granitique. » (p. 10) ;
  • « (…) il y a dans l’œuvre de Renan la permanence d’une musique bretonne et celtique. » ;
  • « (…) à travers le destin d’un homme exceptionnel confronté à la modernité, et qui fait cette modernité, nous touchons, par-delà l’Histoire, à ce qu’il faut bien appeler une nouvelle matière de Bretagne. » ;
  • « (…) j’étais, je suis patriote et je ne me désintéresserai jamais de la Grande patrie française ni de la Petite patrie bretonne. » (p. 27) ;
  • « (…) nous autres Bretons, nous sommes tenaces… En cela, j’ai été vraiment breton. ».

 

Ernest Renan (1823-1892) est, à juste titre, l’écrivain breton le plus connu avec Chateaubriand. Maître à penser de son temps, il écrit deux des œuvres clés du 19ème siècle : LA VIE DE JESUS (1863) qui est une bombe, et l’AVENIR DE LA SCIENCE, rédigé dès 1848 mais publié en 1890. Il est aussi l’écrivain providentiel de Tréguier et de la Bretagne. Elève doué du collège ecclésiastique de Tréguier, il est attiré à Paris par l’abbé Dupanloup. Il passe sept ans au séminaire, où il traverse une effroyable crise spirituelle, intellectuelle et morale ; ses connaissances en hébreu, l’influence de la philosophie allemande, son impossibilité à croire et à obéir à une vérité imposée, sa difficulté à prier, l’arrêtent eu seuil d’un engagement définitif. Il consacre sa vie à l’histoire critique et rationnelle du christianisme. Dès lors il s’exile et, en 1883, publie les Souvenirs d’enfance et de jeunesse. Il revient au pays et, de 1885 à sa mort, passe l s mois d’été à Rosmapamon en Louannec, près de Perros Guirec, qui devient le lieu de rendez-vous de l’intelligentsia bretonne : Le Braz, Luzel, Le Goffic et Barrès qui en ramena ses HUIT JOURS CHEZ M.Renan, y séjournèrent.

 

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Statue de Renan à Tréguier

Voici un Extrait de SOUVENIR D’ENFANCE ET DE JEUNESSE de Esnest Renan – 1883 chez Gallimard :

« C’est dans ce milieu que se passa mon enfance, et j’y contractai un  indestructibel pli. Cette cathédrale, chef d’œuvre de légèreté, fol essai pour réaliser en granit un idéal impossible, me faussa tout d’abord ; les longues heures que j’y passais ont été la cause de ma complète incapacité pratique. Ce paradoxe architectural a fait de moi un homme chimérique, disciple de Saint Tudwal, de saint Iltud et de Saint Cadoc, dans un siècle où l’enseignement de ces saints n’a plus aucune application. Quand j’allais à Guingamp, ville plus laïque, et où j’avais des parents dans la classe moyenne, j’éprouvais de l’ennui et de l’embarras. Là, je ne me plaisais qu’avec une pauvre servante, à qui je lisais des contes. J’aspirais à revenir à ma vieille ville sombre, écrasée par sa cathédrale, mais où l’on sentait vivre une forte protestation contre tout ce qui est plat et banal. Je me retrouvais moi-même, quand j’avais revu mon haut clocher, la nef aiguë, le cloître et les tombes du XVème siècle qui y sont couchées ; je n’étais à l’aise que dans la compagnie des morts, près de ces chevaliers, de ces nobles dames, dormant d’un sommeil calme, avec leur levrette à leurs pieds et un grand flambeau de pierre à la main […]. Le digne patron des avocats est né dans le minihi de Tréguier, et sa petite église y est entourée d’une grande vénération. Ce défenseur des pauvres, des veuves, des orphelins, est devenu dans le pays le grand justicier, le redresseur de torts. En l’adjurant avec certaines formules, dans sa mystérieuse chapelle de Saint Yves de la Vérité, contre un ennemi dont on est victime, en lui disant : « Tu étais juste de ton vivant, montre que tu l’es encore », on est sûr que l’ennemi mourra dans l’année ».

Publié dans Bretagne, FONDATEURS - PATRIMOINE, LITTERATURE FRANCAISE, POESIE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

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